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No 02 l'Ecole primaire, 15 Janvier 1904

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Ai11,,11éro il:acceptatitJn dé/biil i v e XX:111° année ATo :I

19 challas en service et l'on comprend que nos vignerons aient il cœur rle renouveler ce matériel le moins sotP: eut possible. Nous leur sigm~1lons avec intérêt les recherches. faites il ce sujet piu· M. Dufour, pro.fessem· à Lausanne. M. Dufour a ins,titué des essais comparatifs sur les écbailas ayant subi diver s traitementis: crêosotage, sulfatage, goudronnage, sublimage, traitement au ,sulfate de zinc. Les expériences, divisées en plusi.eurs série-s, ont eu une durée de 17 ans. Les résultats qu'il a obtenus sont consignés d.a,ns le tableau cidessous:

s euls ingrédients à employer. Pren ez Un œuf fllads, battez-le a vec du jus de citron et avalez le mélange d'un trait avant de vous mettre a u lit; ré,pét.ez la. dose le lendemain matin. Tenez vous bien au chaud et prenez enco1·e deux œufs avec du jus de citron; vous se1sez de cette façon, prétend-on en Suède, déba.n1a,s,sés d e la g1·ippe. Il ne cotlte rien die faire l'essai de ce remède, car il ne saurait faire de maJ. On n 'en pourrait pas· dire autant de tou,s les la.utres remèdes qu'on préconise pour guérir cette maladie.

Proportion

ENFANTS. - Dès qu'on s'.aperçott qu'un enfant s'enrhume, lui passer de la pommade camphrée autour du .nez, sur le front, le sommet de la tête et ·La .poitrine. Que de bébéS on1J été ,sauvés p;a;r Cl! remède .si simple. Quand on a de jeunes enfants, il ne faut jamais manquer d'avoir de la pommade camphrée chez soi pour d'~mployer dès qu'on s'81I)erçoit que bébé tousse ou éternue.

i PROCEDES

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Echalas tmités à la créosote 17 0,7 - au sublimé cori·osif 13 5 - au sulfate de cuivre (échalas fendus) 13 7,7 Echalas traités au sulfate de cuivre (échalas coupés) 13 29,6 Ech. traités au chlorure de zinc 13 78 - sans traitement 13 89 - ayia:nt eu l@s. pointes brfilées 13 09 - traités aux acides gras 13 100 Echalas sidérés 10 40 - gypsês 10 83 - sans traitement 10 100 Echn.las goudronnés à chaud 7 10 - à f roid 7 31 - ,sans traitement 7 64 Ech. traités au sulfate de cuivre 3 O - sans traitement 3 17,5 Oomme on le voit, c'est le créosotage qui a produit le maximum d'effet. Voici comment on opère pour avoir de bons résultats: Les êchnLa,s, ,pa1· paquets, so:nt placés dans une chaudière, de façon qu'ils puissent m:emper de 60 centimètres environ dans l'huile de cr·é osote; puis, on chauff e jusqu'à ce que la température du liquide atteigne 80 ° c. On éteint le feu et on laisse refroidir pendant 10 ou 12 heures. On retire les échalas e t on les laisse sêcher. Il est bon de pouvoir laisser les échalas un an avant de s'en servir; on peut aussi recourir au sulfatage qui consiste à tremper les échalas pendant 4 ou 5 joU!l"s dans une solution de 3 ou 4 % de sulfate de cuJ.vre.

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* * - L~ citron, ra• CONTRE LA GRIPPE. f1,atchismnt, et les œufs, fortifiants, sont les

*

*

ORGANE

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* LES RHUMES CHEZ LES JEUNES

DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ED U CA T I O N

* * *

Voici, d'après J'école de SalQrne, les principales vertus de quelques fruits usuels: Enfin qu'en l'ordre tu ne pêches, Dedans le vin, mange Ja pêche; Avec le m•isin, mets la noix Et n 'en mange pas jusqu'à trois. Le raisin cuit nuit à la rate, Et sert au poumon qu'il dilate, Es t utile au foye et aux reins, N'en .mangeant ny peau ny pépins. Qui a soif, le. mûre il apprête, La mfü·e récrèe la luette, Et le gosier pareillement; Si notre schole point ne ment, Mranger la figue est chose saine A qui a mal à la poitraine; Poitrine dire se devoit, Mrus fake rire on te voulolt. P,a!l'lons encore de la figue: Du veutre elle lâche la digue, C1~ue ou culte, il n'importe peu, Elle purge fort bien par bas: E lle nourrit bien et engraisse, E lle guérit mainte bosse êpalsse. Glandes, érouelles, tumeurs S'en vont plus vite que fruits meurs, Mettant dessus figue bouillie; Même, et ce n'est point menterie, Elle tire les os du corps, Sils sont rompus et les met hors.

1904

L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 1 6 pages chacune, non compris la couverture, et autant d.e suppléments de 8 à 16 pages pendant l'année ordinaire de 12 mois.

* VERTUS DES FRUITS. -

Prix d'abonnement : Su isse fr. 2. 50 Uni on 1•ost.ale f r. 3 T cut ce qui concer.ne la publication doit ~tre adressé direct ement

à M . P . PICJN AT, 1er secrét o.ire à l'instruction publique, à S ion.

\

- -HLa civilité cbrétienne est un té10ob:m1ge sen s i blP

de la charité intérietll'e.


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SION, 16 Janvierj l904: XXIIIme année ==========~===~=====:========

Conférences d'instituteurs 1903-04 ,S ujet ruis à l'étude par le Département : ne l'hygiène à l'école vriinai,_'c. - Son importnnce et son but. - Devows des cicl·,niuistrations coinmmwlcs et dn perso11 -

ncl enseignant conccrnnnt l'hygiène. Infltwnce q11r pcnt exercer l'école sw· l'u· 1néliorntion des con cl'itions hygiéniques de lei population.

•• District de Oonthey. l.t~f . les Jnstituteurs de ce d isfrict sont convoqués en conférence annue lle ordinaire à la mafaon d'école d u Bourg- de Contlley, po ur le j eudi, 28 janvie r courant, à 9 heur-es prét:i ses du ma t in. OH1DRE DU JOUR Jutérêt s de la Confér ernce. - Affaires proto colafres. P artie pratiqu e (évcntuellew cnt visite de clUJsses). 1

.A'7':C:S Le rembonrs pour l'abonnement à l'ECOLE PRIMAIRE sera. pris avec les plus prochaines livraisons, soit dans le courant de février et portera naturellement sur l'année entière (2 fr. 60). En conséquence l'acceptation dn présent N° implique celle de l'abonnement, de sorte que le refus d'une prochaine livraison ne sera plus pris en considération. Comme l'année dernière, c'est le Dépôt du matériel scolaire qui effectuera la perception du prix d'abonnement. -

(}--

S ommaire de ,,l'Ecole" du 15 janvier 1904 : Difficultés d u début. - Les petit s rebelles. - Récl'éations o n sortieis .seolaircs. - fat fran chise. - La civilité puérile et h onnête. - Qni aime bien châtif' bien. - X os m aîtres (fin). - D u calcul m en tal . - La m éthode p r éven tive. - Petits soins pédagogiques. -

Et ude d n s uje t fi xé par k Dépa rtement de l'Ins frn ctiou pu bliq ne. Propos itio ns individ twlles. 1 h. B anq ue t C lrnuls: .Xumh·os fi4 (!H>), 7!), ~O (ti!I), !JS, 12fi (135). (Lrs ch iffre,s •Pntre pal'!'ll· thèsPs désigne nt les nuwéros de l'nud e nne éditi on.) Le8 a utoril és <·owm uu a.11•.s, les l'orumi 88ious i·wola ii-cs et les 1wr,sonues :,; 'intéi-essallt p al'tirnliè1·<,went à l'école soul C'Ol'dial em enl inYiires. l 'a rtic praliq111': <'a leu I énil (l'to blè 1nt'S don nés aux exa mens de i-t'. er ues). 1'ariétés: H u eœ m· (p oi"sit>). Max iwes ùe l'étole. La r éfo 1·mp or thogr a phiq ul'.

- o-

Sommaire dt1 Su1•pl é m ent Po ur l'a il qui c·o wtncul'c. Le t Pmµ s. De l'épa r gn e ù. l'école. In struction et rd nea tion. - La p1·é,·<'· na))(·e . - ·E conotnie dom eHti<pte tl' ali me,nta t iou. lf':,; soupe:,;, ll'S Jégnme:,;) . En pays s ic·rrois (La d iapelh-· de l '1·etcl). - Lf's ma ladic~H dt> l'h iH·t· d w v. le~ enfa,nt s (le,; en/.!;<•ln rcs). - .-\..11H.'> liorai ion Ù P nos µ1 ·aüics ei p,"tt 11raµ:rs . - De la prop1·pi é. - )fou <Tnci fix. - Les étrennes de La lo nette. - Yariétés.

Cahiers s ous-main.

,\ la dt'ma nde formnli"e par ;,n r. Jps h 1.s1w<"tt> 111·s Sl'Olait-es, q ue le Dépôt des livres d' fro le s oit t>ga lcmenl app r ovi:,;ionnfi eu (ournitun•s de bm·eau e t notu nrn1 ent en papi tw, lP dit Dépôt a l'a it l'a cq tü sition d'une ce·r ta ine <piautité de cah ier s so us-main, dont uni spécimen •

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIETE VALAISAN1iE »·EDUCATION * Difficultés du début

fessionnel qu'o.n rougit de montrer, à d'autr.es, qu'on ignore têlle question pédagogique, il convient d'être p lus moJe visita1s l'autre jour la cla,sse d'un deste, de s'en tenir à une pl us saine jeune maître sorti tout récemment de appréciation de sa va.leur et de renonl'école normale. Ce n'était pas brilla.nt, tant s'en cer à la prétention. de tout savoir et de faut; le pauvre jeune homme se débat- tout connait re, dès son entr ée dans tait au milie u d'une cinquantaine d'en- l'enseignement. Ce premierr avertis'Sement donné, fants, tous p lus 1:emua.nts les uns que j'indiquais à ce jeune maitre quelques 'les autres, les ,s ermonnant à propos de règles à suivre pour s,e faire obéir des tout et de r ien, au moyen de longues bara.ngues, dont le premier résultat élève,s. La première, c'est de bien se ét-ait de leur faire perdre un temps posséder, c'est-à-dil'e, de ne pas ,se mettre en colère, de faire ses observ,ations précieux . à dem i-voix, sans emportement. La 1seL'attitude de ces enfants me surprit; conde, c'est de ne pas réprimander hors je les avais vus l'année dernière, et les de propos; les enfants finissent pars'ha· avais trouvés ,s i rai8onnables avec le bituer aux remontrances trop souvent prédécesseur de leur maître actuel, renou Yelées. La troisième, c'est d'évique j e n'en pouvais croire à mes yeux. ter d·' aig1·ir le c.a.ra.ctèr,e des enfants Je passais une heure péni ble dans paJ· quelque parole dure qui les humicette classe et je vis arriver avec sa- lie. Saohonis respecter la person nalité tisfaction le moment de la sort ie. de l'enfant. La quatrième, c'est d' être Après ·l'école je demandais à ce dé- jwste, de ne punir que ceux gui le mébutant s'il était content de sa classe ritent et de se garder de s'en prendre et de ses élèves. « Non, M. l'inspecteur, toujours aux mêmes élèves; le même me répondit-il; je ne puis venir à bout esprit de justice doit régner dans la disde ces enfants; ils sont turbulents et tri bution des récompenses. La cinquiène m'écoutent presque pais; j,e sais que me, c'esi d'être exact à son travail, de je n'ai pas assez d'autorité sur eux, je faire chaque exercice à l'heure voulue, suis vivement peiné de ne pa:s pouvoir de bien préparer sa clas:se ,afin de ne me faire obéir. J'attendais votre visite, point perdre le temps à chercher leçons M. l'inspecteur, pour vous prier de et devoirs et de ne point laisser les envouloir bien me donner des conseils que fants inoccupés; c'est encore de faire je n' ose pas demander à d' autres. >) mouvoir les d ifférentes divisions de sa ,Je fis remarquer tout d'abord à ce cla,sse 1a. vec l'aide des moniteurs, pour jeune maitre qu'il avait tort de ,se gê- que les enfants soient constamment ner avec ceux qui peuvent le conseil- surveillés. La sixième, c',est de rendre ler , il fa.ut s'aguerrir ert montrer qu'on l'enseignement intéressant, de le meta du caractère; si c'est par respect pro- tre à leur portée et de veiller & ce que


18 tous en profitent; on évite ainsi que les enfant,s ,soient pri,s de lassitude et s'amusent pour chasser l'ennui d'un exercice monotone. La septième, c'est de conformer sa conduite à son la.ngag·e, d'avoir une bonne tenue qui inspire le respect aux élè,es. La huitième c'est d' être à la fois ferme et bou, d~ chercher à prendre les en.fants par de bonis sentiments, plutôt que de recourir 1·onstamment aux punitions. J'aun1is pu multiplier ces r ègles à l'infini : je m'arrêtai à. la neuvième car . ne voulais . p,as faire un décalogue ' Je uo un>iau, m ais je m e résumai en recommandant ù ce jemw 1·égent de méditt:'r les parolt:'s de Fénelon sur l'art de puuir :

« Souvent, dit Fénelon, il fa ut tolérer les cho1ses qui a uraient besoin d'êt1·e eorrigée,s et attendre le moment où l'espr it de l'enfant sera disposé ù profite r de la correction. :Ne le reprenez Jamais, ni dans son premier mouvement, ni dans le vôtre. S i· ,·ous le faj. tes dans le ,ôtre, il s'aper<:oit que vous agisisez par humeur et par promptitude, et non pal' rai,son et par amitié; ,·ons perdez sans ressource votre autorité. Si vous le reprenez dans son premier motwement, il n''a pa:s l'esprit as~ez libre pour avouer sa faute, pour Yamcre sa pas,sion et pour sentir l'impor·tance de 1•os a.-is; c'est même exposer l'enfant à perdre le respect qu'il mus doit. ... il faut que la joie et la confiance soient leur disposition o·rdinaire; .autrement on obscurcit leur esprit, on abat leur courage; s'ils sont ,ifs, on les irrite; s'ils sont mous, on les rend stupides. La crainte est comme les r emèdes violents qu'on emploie da ns les maladies extrêmes; ils purgent, mais ils altèrent le t empérament et usent les organes; une à me menacée par la crainte en est toujours plus faible. » T*****

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* Les petits rebelles << Le.s hommes ne sont que des enfants qui ont grandi, >> disait ce grand éducateur que fut le Père Lallemand; et dans le même ordre d'idées, Victor Hugo écrivait: « Dans tout homme il y a un enfant; dan,s tout enfant il y ,a un homme. >) Ce sont là des paroles qui devraient êtr·c· dernnt les ye ux de ceux qui ont assumé la chargp ùe prévurer les génén ltions de l'avenir. Devant un enfant, on ne doit jam ais oublier q u'on est deYant nn homme en miniat11Te. L'enfant peut aimc·1·. haïr, ,souffrir a Yec presque autant dïnteusité que l'homme fait et les m&mcs orages pc u n·nt ra yagc·r son cœur. L'objet sc·ul Pme1lt de sa hai- ' ne ou d e son amonr est moindre, la r a ison d(, sa son ffrance est plus 1wtite; mais les résultats sont identiques au fond et l'on ne peut sans inconscience en dénier la g ravité. La cour d'une école est un microcosme, une société en réduction, et t outes les parties ridicules ou tra.giqueR s'y jouent qui se jouent dans la vie, r t l'on y rencontre en germe les mêmeR actions, les mêmes dévouements, ks mêmes révoltes, les mêmes trahisons. M. Lino Ferriani, q ui depuis vingt ans s'occupe d'analyser l'i\me enfantine, et qui a écrit sur le sujet un grand nombre d'ouvrages où il se révèle psycholog ue expert autanrt que savant parfaitement documenté, 'a publié dernièrement une étude sur les petits rebelles. P lus que jamais la question e.st actu elle. Le vent de rérnlte qui souffle sur le monde a agité aussi l'âme des enfants. Demandez a ux éducateurs quelque peu averüs. Ils vous diront que jamais les enfant,s n'ont été si difficiles, si peu r espectueux de l'auto rité. Mettant même à part les cau ses .ataviques, les influences héréditaires du milieu qui pcuv0nt a llumer l'instinct de

la rébellion, on doit constater q ue cet instinct - bien plus fo<rt que celui de la vanité ou de la gourmandi,se, réputées par excellence comme des tares enfantines - gouverne, domine presque tous les enfants. Lino pose d'abord un p1·incipe qui paraît in contestable. Si la rébellion gou,erne à ce point l'enfance, c'est qu' il y a chez 1'enfant un sens viviace, vigoureux, profond de la justice. << La justice, d1sait Mirabeau, a t oujour,s eu pour les peuples quelques chose de sacré». « La justice est la vertu socia le prur excellence, s'écrie Barthélemy Saint-Hilaire, elle e<st le fondement et le lien de la sodété. )) Encore une fois, il convient de se ,souvenir que l'enfant est un petit homme et q ue les mêmes passions, les mêmc•s sentiments l'agitent qui agitent les grands. Seulement si l'enfant a le sen s vigoureux et vivace de la justice, il n'en a pas le sens exact. Il ne sait pias de fai;on précise ce qui est juste et injust e, il n'a enco1·e ,sur le n ai et le faux que des notions rudimentaires et incomplètes. Et de là vient que sa rébellion, justifiée toujours dans son esprit, Dl:' l'est pas tonjonrs dans le fait.

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( A .~ulv1·e.)

* Réc1•éatious ou so1•ties scolaires

Dans nos écoles de mont agne, l'ha bitude des récréat ions ou des sorties sc:olaires n'a pa,s encore pris. Les considère-t-on <:omme une pert e de temps? Ce serait un tort. Le mall(1ue de cour da.ns certaine·s communes, où le maitre n' est pas partisan de ce (< dérangement >) entre les heures de clas,se, fera ajourner à jamais cet «entremets» dont l'utilité est incontestable. Les récréations 1;éveillent l'élève endormi par de trop longues explicationis, de sorte que, a près les dix minutes

passées dans la cour, il travaille tout aussi bien et peut-être mie ux qu'au commencement de la classe. Toutes les heures sont doue ainsi employées avec fr uit. Sou Yent l'on entend dire: « L'éruulaüon, l'application, la discipline manquent dans votre école; vos élèves ne 1·épo11denl qu'après les avoir tourmentés fo rt longtemps. » C'est possible, mais à quoi donc attribuer tout cela? Je dirai d'abord q ue généralement n ous chauffons trop nos ,salles de clas,s e, de sorte que les élèves sont dans une torpeur telle, qu'ils écoutent sans ent endre et regardent sans voir: Puis, ne sait-on pas q ue le désordre a généralement pour cause la fatigu e de l'esprit ou ·celle du corps '? Peut-on être raisonnablement stupéfié des mauvai,s résultats à la fin dn cours? Ce n'est pas t out: Voici un bambin de 9 ans. Son esprit doit être occupé pendant trois heur es consécutives. N'est-il pas trop demandé à une intelligence si jeune, si folâtre'? L'arc t ouj ours t endu fi nit par se briser. Il fa ut donc le délendré de t emps en temps. L'instituteur, nous dit la pédagogie, doit développer les q ualités physiques, intellectuel les et mora les de ses élèves. D'accord. )fafa que fait-il pour la culh1re des facultés phJrsiques? LPs ma ll· Yaise,s habitudes contractées à l'école, concel'nant la tenu e du corps, constitueraient-elles un développement physique? Une âme saine da.u s un corps sain, ne l'oublions pws. Comme on le voit, une interruption de travail ent re les heur es de class,e est nécessaire. ,Mais que fe ront les élèves pendant les sorties? Ils peuvent faire ce qu'il leur plaît sauf rester inact ifs: ils joueront ou f eront de la gymnastique sous la direction du maître. Toutefois., q u' ils ne r entrent pas à l'é· cole avant d'avoir pris leurs précautions de façon à éviter tout dérangement pendant les h eures de travail. Il e,s t bien entendu que les sorties et les


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20 rentré.es doivent se faire en ordre, pour que m la morale ni la discipline n'en souffrent. Et puis, toutes nos salles de classe n'ont pas trois mètres de hauteur; où chercher l'air respirable après les trois heures que nos 50 bambins y ont passées? La récréation nous fournit donc l'occasion d'aérer convenablement nos appartements. Comme la routine a place partout, il peut se trouver des maîtres qui, sous prétexte d'économie ou . à cause du froid, n'ouvrenrt: jamais les fenêtres de leur école. Ils sont coupables, parce qu'ils 'Compromettent 1a santé de leurs élèves et la leur. D'autres trouveront que ces récréations conetituent une pure perte de temps. A ces Messieurs si affairés, je dirai seulement: « Employez bien le reste du temps et tout le monde sera _content de vous. N'oubliez pas que les Jeux font aimer et le maitre et l'école. >> Gibé, inst. à Combaneire.

------------* La francltise

~haque homme po,s sède plus ou ~01~s de ~onnes quailités. On appelle ~ms1 certames bonnes di,spositions qu' 11 a apportées en naissant ou contractées par suite de l'habitude, et qui sont de nature à le faire aimer de ses ,semblable~. Mais., parmi les bonnes qualités fJUJ peuvent caractériser une personne, les unes sont préférables aux autres. Ainsi, on considère avec raison la franchise comme occupanrt: le premier rang parmi les vertus et elle mérite cet honneur. ' La sincérité est la base de l'amitié. Là où elle manque, il ne saurait y avoir de vrais amis. Les personnes droites méritent l' estime de leur entourage. Chacun aime à fréquenter des camarades qui parlernt toujours franchement; ou a du plaisir à converser

av~c eux, parce qu'Hs ne trompent jamars. Voulez-vous un ami véritable à . ' q m. vou,s pmssiez confier vos secrets'? tùchez de g-agner l'affection d'un jeune homme vra.i, sincère, honnête et loyal. Dans une ùme où règne la frandlise, ,la voix de la conscience est é(;OU· tée. Le vice opposé à la sincérité e'e.st la fourberie, la duplicité; il est d'autant plus odieux que la loyauté est plus belle. l'our moi, je ne hais rien tant que les menteurs; je ne puis vivre en bonne hannonie avec ces caractères trompeurs q~1i, en ma présence, s'appellent ~es meilleurs amis, mais qui, par dernère, me déchirent à belles dents. Prenez part à lems conversations et vous en_serez bientôt dégoütés. De quelque suJet qu'il ·S'agisse, ils vous disent tout, ~auf la vérité. Aussi ces gens sont-ils Justement détestés de tous ceux qui 'les connaissent. Ils ,se créent difficilement des amis, et encore sont-ils obligés de les (;hoisir parmi ceux qui leur ressemblent, car les hommes bien élevés rejettent leur prétendue amitié. Si donc nous voulons gagner l'estime des pe_rsonnes au milieu desquelles nous vivons, respectons les lois de la franchise et haïssons le mensonge haï de Dieu et des hommes. RappeÎonsnous aussi ce proverbe si plein de justesse: « Le menteur n'est plus écouté quand même il dit la vérité.>> De plus: une vertu aussi précieuse que la droiture tiendra une grande place dans les préoccupations du maître chrétien. C!ue les enfants qui sortent de nos écoles brillent, au milieu d'un monde pervers, comme des flambNrnx dans les ténèbres. Dans cette vue, rappelonsleur sou \·eut ·les beautés de la franchise Pt (;Orrigeons dans leur vie ·l es plus légères apparences du mensonge.

-·· ..

Rondewit.

li est à noter que les articles précédés de

ce .signe

* sont inédits.

* La civilité puérile

et ltonnête N'est-il pas fâcheux que l'habitude de la grossièreté ,soit tellement répandue et enracinée, qu' on ne rencontre presque personne qui n'eût besoin d'apprendre les règles de la civilité puérile et honnête. Voilà un village où il n'y a pas de plus méchantes geD's qu'ailleurs; mais où i.J ne s e trouve peutêtre pas une maison, ni une famille où l'on ait quelques égards les uns pour les autres, et où l'on s'a:ppliqueaperdre un peu de cette rudessedelangageetde manit>res qui nuit tant aux rapport,s des hommes entre eux. Ces braves gens se piquent d'être grossiers. Il leur s.emble que c'est un signe d'indépendance que de ne rien faire pour autrui, de ne témoigner ni déférence ni respect à personne et de prendre le ton du ,commandement pour dire bonjour ou bonsoir. La bienveillance et l'affection même doivent ,s'émousser à force de rudoiement et de bourrades, et des hommes qui, dès le début d' uue conversation, ont ,]'habitude de se renvoyer des injures, ne doivt>nt jamah; se i·encontrer avec plaisir. Je ne puis croire que ce soit du temps perdu (]ne d'apprendre aux enfants à être doux, poJiis, complai,sants, proprc,s et rangés sur leurs personnes et dfms ·leurs habitudes à avoir de la déférence pour les pers~nnes âgées, à prendre, en un mot de certaines manières qui montrent qu' on respecte les autres et soi-même. Cette fac;:on d'être préviendrait bien du bruit et des querelles et permettrait à la bonne intelligence de se faire jour et de se développer en liberté. L'homme ne se forme plus à son âge mür; l'emprefate de son éducation première restera gravée dans son cœur pendant toute sa vie. De même que l'arbre devenu grand est réfractaire aux soins d'un jardinier qui voudrait voir sa cime s 'élancer droite vers

le ciel, ainsi il est difficile de réformer le caractère et les habitudes d'un homme à 30 ou 40 ans. C'est pourquoi commençons par inculquer la civilité aux enfants. Il ne s'agit pa,s de faire de beaux messieurs et de belles dames de,s enfants de nos laboureurs et de nos ouvriers; mais seulement de leur donner la tenue de gens civilisés. Au reste, je le sais, la civilité que j'ai en vue porte sur de petites choses, et la r,ecommander seule, serait ne vouloÏl' nettoyer que le dehors de la coupe et du plat. Le deda,ns doit l'être aussi: c' est l'œuvre la plus importante; ,c 'est une œuvre bien plus difficile encore; c'est l'œuvre de Dieu; et quand elle est opérée, les dehors même s'en rf'ssentent. Mais en attendant qu'elle se fasse, ne négligeons pas ces petites choses qui peuvent à leur tour y être une préparation. Il faudrait que dans toutes les fa. milles on essayât, ne fùt-ce que quelqu,es jours, de cette civilité que l'on redoute comme une si grande gêne. J'en citerai quelques-unes des plus simples règle,s; instituteurs, engageons les enfa nt,s à mettre ces préceptes en pratique. Otez Yotre chapeau quand vous entrez dans une chambre. Parlez doucement et poliment. Remerciez quand on vous rend quelque service. Fermez la porte, sans 1a pousser avec fracas. Ne crachez pas par terre. Eternuez dans votre mouchoir. Soyez attentifs à ce qui peut être agréable aux autres et rendez-leur tous les petits services que vous pouvez. Ayez des égards pour les femmes et les vieillards. Cédez-leur votre place quand ils n'en ont pas et parlez-leur avec déférence. Abstenez-vous de toute parole o_ffensante et grossière, de t?ut geste mconvenant ou trop familier. Supportez la contradiction sans vous mettre en colère et dites tranquillement vos raisons. Parents et mai-


22 tres, reprenez sans crier; faites-vous obéir sans fra,p per; et vous, enfant-s, ne donnez pas lieu à la colère de vos ,s upérieurs par votre ton impertinent et votre manque de respect. Mangez proprement ; ne répandez ni soupe ni vin sur la table; servez poliment les autres. Toutes œs choses ont l'air de puérilités; mais dans la pratique, ,elles sont très importantes, et ,s uffiraient presque, si on les observait soigneusement, pour faire d'un homme grossier un homme bien élevé. Mais souvenonsnous que pour être civils, il faut être plus que civils. Je ne ferafa aucun crus d'une civilité qui cacherait de mauvais desseins ou de mauvais sentiments. Il ne s'agit pas seulement, pour vivre en paix avec tout le monde, de tirer son chapeau à propos et de parler sans ébranler les vitres; le p,lus sûr pour cela est d 'aimer son prochain comme soi-même, et de faire aux autres ce que nous voudrions qui nous fût fait. Quand on se le p r opose sérieu,sement, on s'aperçoit bien vite que la politesse fait partie de la charité. Anton,ius.

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* Qui aime Men, châtie bien C'est en pensant aux enfants que l'on répète souvent: « Qui aime bien, châtie bien. » On aime naturellemen t les enfants, mais on ne le,s aime pas tou jours bien. 'l'rop souvent, 011 aime les enfant s pour soi: il est s i doux de voil' :·w u rire C-Ps <'hers petits, d 'cntendr<· km· langag e m1ïf, d 'appfaudi1· à lf'1ms saillies ; on aime tant leur s ea resses, que l'on veut à tout prix ne pas les mécontenter. Il est si pénible de fa.ir.e couler .le urs larmes, on risque de les détacher un moment de soi. On n'a pas le coura.ge de les punir, quand ils font le mal, ce qui souvent est le seul moyen de leur faire

distinguer le bien du mal. En ·agi,ssa.nt ainsi, on évite de leur faire de la peine et de s'en faire à soi-même, ce qui est plus égoïste que sage. Sans doute, cette conduite est moins blâmable que celle d 'une personne qui prendrait plaisir à châtier des enfants dont les fautes ,s ont toujours en partie excusables. Mais, si impatientants que soient certains enfants, il est bien rare qu' on oublie à qui l'on a affaire au point de se plaire à -les fai r e souffrir. Toutefois, le résultat de l'éducation d 'un enfant traité t r op sévèrement serait peut-être préférable à celui qu'on obtiendrait en n e punissant jamais.. Un enfant ainsi élevé prendrait de mauvaises habitudes dont il ne serait pa,s la seule victime, mais dont il souffrirait cependant le tout premier. JI ne faut pa,s oubli.er, en effet, que naturellement nous sommes portés an mal comme au bien; et, comme le mal est plus facile à faire, c'est de ce côté que l'enfant se tournera si, en l'avertissant par quelque châtiment, on ne lui a pprend à suivre le bon chemin. Le châtiment, la punition, vient Pu aide à sa conscience qui n'est pas encore assez éclairée et assez puissante pour l'empêcher de mal faire; comme les récompenses d'ailleurs, le,s punitiollls doivent tendre à se rendre de moins en moins nécessaires. Mais cela ne se produit qu e quand l'éducation est terminée; c'Pst ponrqnoi cenx-là, parents ou maJtrei,;, montrent qu'il,<; ai111en1- bien les enfants, <'.'ei,;t-il -dirP qu'il:,; n •u lc>nt sinehemc11i d 11niqueme11t le 111· biPn et non kur affertiou, Pll les punissant au l'Ïs.q uc de leur faire dP la pPirn• et mêmP d'exriier leur r essentiment. Il est abominable de faire souffrir inutilement les enfants; il est indigne d ' un homme ·Sérieux de les taquiner; c'est une conduite làche et égoï,s te que de n'avoir pa.s le courage de les punir, quand il y a lieu de croire que la punition les r eu-

23 dra meilleurs; il est sage, au contraire, il est juste, il est bon de les châtier avec la discrétion et l'apropos que commande leur âge. Ur,, débutant des bords de la Morge.

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Nos maîtres (Sttite et fin) Les meilleul's écoliers sont ceux qui rq~ia.rdent leur maitre avec le respect Je plus profond, non seulement en raison de sa fonction, mais en raison de tout ce qu'il représente. Jamais ils ne franchissent le ,seuil de l'école ,sanis un sentiment de piété vérita,ble allant à tout ce qui s'enseigne de grand et d 'humain dans cette maison. Ils ne la choisissent pas pour y exercer leur malice, mai,s pour y former leur e,sprit et leuir cœur. Le ,sérieux du labeur d'éducation qui s'y accomplit les enveloppe, les empêchant de commettre un acte et même de dire une parole qui ne soient pas dignes d'un semblable endroit. Jusqu'aux murs, aux bancs, aux images. ils étendent le ,sentiment de fi lia le vénération qui les pénètre. Un élève qui se trouve dans ces intenitions-là profite de l'école et lui fait honneur. Il est la joie de 'Son maître. Or, faire plaisir à son maître et lui donner de la satiisfaction, doit être -une des premières préoccupations d'un écolier de cœur. Nous oublions trop, qu1and nous sommes jeunes, toutes les misères de l'enseignement. Le fardeau que porte le maître intéresse peu l'élève. Et, cPpendant, qui peut consoler un maître des déboires, des difficultés, de,s fatiguP>s inhérentes à sa fonction, si ce n'est le1s hons élèves qui l'aim ent et sont, par lem· 1'Pnne et leur succès , la récompense· de stt peine. Lorsque vous quittez en eonntut et en chantant la maison d'é<·ole, I<> maître reste souvent soucieux. 11 a fait de:,; expériences découragcanÜ'J;:(, usé Hon eœm· et s.a bonne vofonté conlre les mauvai:,;e:,; têtes et les can-

cres sans entrailles. Vous sortez de classe comme les poulains de l'écurie; lui il en ,sort courbé, avec une ento1,se à l'esprit. Pour qu'il recommence demain courageusement, aimez-le bien et trouvez des formes pour le lui montrer. Sans doute, c' est un homme de courage et de com~age à 'l ongue haleine. Il a cela de commun avec le laboureur que si une culture manque, il remet la charrne aux champs et en refait une autre. Ses provisions de patience ,sont comme celle,s d es bonnes ménagères qui ne sont jamais prises en défaut par l'appétit d'un hôte imprévu . Et de sa bonne volonté on peut dire: « Quand il n'y en a plus, il y en 1a encore». Mais laissez-moi vous le dire: un bon écolier, un écolier reconnaissant et affectueux peut faire cette merveille: enrichir enco,re le trésor existant, et cette autre: donner une pure joie du cœur à qui s'emploie si vaillamment. N'e:st-ce pas justice ? Bien souvent j'ai entendu dire cette phrase aux iil'stituteurs et aux institutrices: « Il v a des moments durs, mais les bons petit,s élèves consolent de tout. )) Quand on est un bon élève, il y en a pour longtemps, il y en a pour toute la vie. A mesure qu' un maître avance en âge, il a derrière lui plusieuvs générations d'élèves qu'il voit grandir et entrer dans -leur carrière. S'il e-st séd entaire en quelque tranquille village, au bout de 25 ou 30 ans, il est une sorte de patriarche qui a fourni les premiers éléments des connai,s sances humaines à la plupart des habitants. Il voit vivre ceux qu' il a vus ja.dis assis devant lui au banc des écoliers. Souvent, à leurs faits et gestes d'hommes mûrs, il r econnaît les disciples d 'antan. Mai-s, si même la vie l'éloigne des milieux où il a d'abord exercé l'enseignement, les bons élèves savent le retrouvP1·. S'ils ont des s uet:ès de l:t gloite, ils DC s'en remettent pas au ha.sard on à la rnn1t:'111· pnbliqtH' d 'en :ncrlir Jenr bon vieux maît1·c. Eux-mêuie~

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24 tiennent à le mettre au courant. Ne lui doivent-ils pas la première b~se de leur instruction, pierres fondamentales de l'édifice de leur éducation'? Et ne doitil pas, un des premiers, être avisé d~ tout ce qui se passe d'intéressant dans la carrière de ses anciens élèves? ,Savez-vous que le travail d'in;struction serait une bien mélancolique occupation, s'il consistait à voir simplement passer devant soi des fournées chaque année renouvelées de jeunes têtes à dégro,ssir? N'e:st-il pa.s naturel de ,s e demander de temps en temps, quand les promotions d'élèves ,sont dispersées dans la vie, ce que sont devenus touis ces élèves jadis groupés autour du même maitre? Un pépiniériste qui passerait tout son te~ps à semer des pépins, à émonder de Jeunes powsses, à greffer de petits s,auvageons, mais qui, après cela, ne reverrait jamais aucun des petits arbres de sa pépinière, devenus grands et garnis de fruits, serait un tiravailleur privé du plus· précieux des encouragements. Manger une poire d'un poirier qu' on a tenu dans sa main sous la forme d'un pépin, c'est fort intéressant. Et si le,s arbres fruitiers savaient penser et parler, ils offriraient les prémices de leurs produits à leurs jardiniers avec une extrême satisfaction. On rencontre des personnes qui méprisent tout ce qu'elles oDJt connu dans leur jeune âge. Il s'y attache, à 'leurs yeux, je ne ,sais qu el caractère d'enfantillage. Il ,suffit qu'elles aient lu un livre à l'ftge de dix on douze ans, pour penser toute leur vie que c'est là une lecture bonne tout au plus pour des gamins_ Les plus grands che.fs-d'œuvre, s'ils les ont connus enfants, leur a.pparaiis,s ent comme des hochets. Lafontaine, pour eux, est une nourrice radotante, et les principes de la bonne vie, qu' on leur a exposés à l'âge ,scolaire, demeurent confondus pour leur mémoire dans ,la masse des puérilités qui les occupaient à cet âge lointain. Répudier

ainsi et rejeter ses souvenirs d'enfance est un mauvais ,s igne, le signe d'une âme sans générosité et d'un ,esprit de <!Ourt e portée. Que d'instituteurs ont été oubliés, parce qu'ils avaient parmi lem'ls anciens élèves une trop grande proportion de ces hommes qui ,s 'imaginent qu'on se grandit en oubliant qu'on a été petit. Les bra.v es cœurs aiment au contraire à se ra,p peler leur jeune temps et consacrent une affection spéciale à, ee qui s'y rapporte, aux figures qui les entom·èreut alo1,s. Et, parmi ces figu 1res, chers enfants, à, côté de YOS parents et de vos grands-parents, que celle de vos maitres ,ajt sa place d'honneur! C. WAGNER. (,,Manuel général") 1

••••• Du calcul mental Son import<wce. -

Comment do-it-il être, com-

pris dans tes trois cours de l'école pr·i-

inaire.

I. -- L'enseignement du calcul mental paraît un peu négligé dans nos écoles. Bien des maîtres, convaincus pourtant de son utilité et de son importance, mais n'ayant réussi qu'à y intéresser une faible partie de leur,s élèves, et appréhendant, en outre, le trouble inévitable que cet exercice produit dans la discipline, n'en font plus qu'à de rrures intervalles ou abandonnent un enseignement pénible et sans résultat. II. - IMPORTA NOE DU CALCUL MENTAL. - Personne ne conteste l'importance du calcul mental et son utilité pratique. ' a) 11 est le plus employé dans la vie courante. On n'a pa,s toujours une plume et du papier, et l'ouvrier sur le chantier, le commer<:ant à son comptoir doivent résoudre menta1'ement erf: avec rapidité une foule de petits problèmes. b) L'habitude de retenir, pour les

combiner ensemble, trois ou qu,atre données fort diverses, développe la mémoire des nombres. c) Le calcul mental constitue une excellente gymnastique intellectuelle. Il exige de l'élève une tension continuelle de l'esprit. L'attention, le jugement constamment en éveil s'affermissent et se développent. d) Il est enfin une préparation naturelle nu ca:lcul écrit dont il do it pourtant se distinguer nettement par la méthode et les procédés employés. HI. - ,CARkC'fÈRE DE L'EN,SEIGNE~1ENT. - Distinction nécessaire, ca,r des exercices de calcul résolus mentalement, par des procédés analogues à ceux dn ca.Icul écrit, peuvent bien développer la mémoire mais n'ont aucune action sur les facultés intellectuelles. Soustraire 342 de 565, ce n'est pas se représenter lPs deux nombres, écrits l'un sous l'autre, séparés du résultat par un trait horizontal et dire: 2 ôtés de 5, il reste 3, etc.; ma~s bien proc-éder ainsi: 300 ôtés de 500, restP 200. 42 ôtés de f.î5, reste 23. Au total: 200 23 = 22320 D'une manière générale, peu d'enfants s'intéressent au calcul mentail. La cause réside, selon nous, dans une défectueuse manière de procéder. On pose une question à toute la classe et on demande à la hftte la réponse à tous les élèves à la fois. Or, le plus habile ou le plus impatient la fournit toujours. Quelques bons élèves essayent de lutter de rapidité avec 'lni; ma.is les autres restent indifférents et inertes; ils ne sont pas stimulés à chercher un résultat qu'ils n'ont pas le temps de trouver et de formuler. Un résultat aussi déplorab1'e serait évité si l'on employait, pour l'enseignement du calcul mental, la méthode Tabaraud, plus connne sous 'le nom de méthode Lamartinière, du nom de l'é1

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cole où eHe est appliquée à tous les exercicesMéthode active par excellence, elle néressite seulement l'emploi d'une ardoise ,et d'un morceau de craie. . Soit à résoud[·e cette question_(cours mo,ycn): P'artager une somme de 824 fr. entre 4 personnes. Quelle ,sera la part de chacune d'elles? L'ardoise étant placée devant l'élève, la craie dans la rcinure de la table, dix secondes sont accol'dées pour résoudre le problème. Le temps écoulé, à un ,signal convenu, cbiacun écrit à la c,raie la réponse en gros caractères puis retourne vivement l'a rdoi,se en la tenant par les deux extrémités. Au deuxième ,s ignal, toutes les ardoises se dressent en l'air à une hauteur d'autant plus grande qu'on aviance vers le fond de la classe. Rapidement ensuite, les résultats sont contrôlés pa:r le maître. Les avantages de cette méthode sont incontestables: tous les élèves devant fournir une réponse ,sont obligés de s'intéresser à l'exercice, le temps dont ils disposent ne leur permet pas d'employc1· les procédés du calcul écrit. 30 secondPs, en effet, suffisent pour poser une question de difficulté moyenne, la résoudre et vérifier les réponses; 20 petits problèmes peuvent ainsi être résolus en 10 minutes s,ans que l'exercice rebute les élève,s qui y prennent un goùt très vif à caus~, sans doute, des mouvements qu'il néceissite et de la certitude où ils sont que le maitre suit et constate leurs efforts. 3° Il convieni" également, dans les questions posées, de ne faire usage que de nombres concrets. Le calcul mental conserve ainsi son caractère pratique et devient la préparation naturelle nn calcul écrit dont il est un précieux at,xiliaire. Il serait même de bonne pédagogie de faire résoudre les problèmes, d'abord ,sur de petits nombres mentalement, ensuite, par écrit, sur des nombres plus grands. La rsuite naturelle 1

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26 des opérations apparaîtrait mieux à l'élhe et les problèmes seraient compris sûrement. IV. - ENSEIGNE'MENT DlJ CAL CUL MENTAL DANS LE'S TROIS COURIS. io Cours élémentaire. - Les enfant1s ont rarement une idée exacte de la val~ur des nombres; ils calculent par routin~, comptent .s ur leurs doigts et l'intel_hgence ne prend nulle part au travail purement mécanique. li est_ complètement oiseux d'essayer de pratiquer le calcul mental avec des élèves q ni n' ont pas une coruception nette. de l'unité, dt> la di;,:;aine, de la centarnP. Le cour,s élémentafre doit ,se borner à donner à l'élèYe une connaissance approfondie des cent premiers nombres. Tfu: he essentieHe à laquelle deux ans au moins sont nécessa ires. l:ier,s de chaqne leç·on, 10 minutes environ, seira employé à des exercices de _ca kul ~enfol et une leçon par semarne ent1èremenrt con sacrée à cet ensPignenH'nt. Voici un exemple de ce qui peut utilement être fait an cours élémentaire: Etude du nombre 12: Addition: 12 = 11 1 12 = 10 2 12 = 9 3. Soustraction: 12 - 1 = 11 12 - 2 = 10 12 - 3 = 9. Mult·iplication: 12 = G X 2 12 ;--- 4 X 3 12 = 3 X 4. Division: 12 12 12 -=6 -=4 - =3.

L:

+

2

=

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3

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4

•) . moitié de 12 ; ;.: = <JtWrt de 1...,, ,1 = tiers de 12. 2° Cours moyen. - Les élèves ayant une conmaissance approfondie des cent premier,s nombres et de la signification exacte des termes usuels: paire, double, moitié, quart, et c., on étudiera au cours moyen les principes particuliers au C. :M:. applicables à la recherche rapide des résultats des quatre opéG

rations fondamentales. Ces procédés se trouvant dans la plupart des traités d'arithmétique, il n'entre pais daus le cadre de ce devoir de les reproduire. Rappelons seulement les principes fondamentaux sur lesq uel,s ils reposent: I. - L'on décompose, complète ,et combine les nombres, de manière que l'on p uisse calculer sur des nombres exacts de dizaines, de centaines, de mille, etc. On rectifie ensuite les résu ltats obtenus. 11. - On annoncera les opérations par les plus hautes unités des nombres. D~rns l'addition et la soust:Taction, les denx nombres pourront être exceptionnell ement décomposés, le deuxième l'étfmt toujours. Dans ia multiplication et la division, le premier nombre (mult i plicande et dividende) sera toujours décomposé. 3° Cours sitpél'ieur. - Le programme du f'. S. sera le MYeloppemPnt de •ee lui du cours moyen: les nombres étant quekonques, plus grands qu e 1000, cntie-1,s ou décimaux. Le calcul m ental sera appliqué à la 1·echerche des problèmes présentant un caractère utilitaire: calcul de l'intérêt par la méthode des parties a.liquotes , recherche de l'escompte, mesure des surfaces et des volumes simples. V. - CONCLUSiION. - Ainsi comprÎls, l'enseignement dn calcul mental est att1~ayant et pratique; il est l'auxiliaire précieux d u calcul écrit dont il se distingue poll'l'tant par les procédés et la méthode.

La 1néthode p1·éventh'e N 'a rons-nou::; pns a,s sez de rnéU..1odes et les classifications des pédagogues en chambre ne s.OI1t-0lles pas a·sscz nombreuses? Pourquoi n ous gratifier d'une nouvelle appellation? C'est que, chers lecteurs, nou·B ne voulons pas, à proprement parler, vous

entretenir d'une méthode particulière d'enseignement; nous désirons simplement appeler votre at tention sur la valeur spéciale d'une méthode générale d'éilucation. Mieux vant prévenir qu e punir. Voilà un axiome pédagogique dont on ne comprend pas assez la portée disciplinaire et éducative. Pour s'en convaincre, il faut savoir l'abus que certains maîtres font des punition·s ; il faut sentir combien la pratique jonrnalière est éloignée des idées des théoriciens les pl us compétents et les plns convaincus. La classe commence: la préparation est bonne, la parole du maître vive et alPrte, les lc~ons intéressantes; les élèves ne sont pas inertes; ils écoutent et comprennPnt; mais demain, saurontils? Leur 1.rn vail personnel aura-t-il comp:lété vos efforts? Vous le croyez, et vous avez raison ·s'il s'agit d'une élit <> ordinaire, d'un trop petit nombre d'enfants; mais les autres, ceux dont l'excessive mobilité vous décourage, cenx chez qui les impressions s'effacent et les souvenirs se dispersent en eoup de vent, qu'en ferez-vous? Ponr eux, c'est la retenue, le pensum, et tout cela se greffe, s'accumule; c'est un engrenage; les indolents s'y prennent et le maitre aussi; et vous avez beau dire que vous n'infligez pas de punitions, que le travail supplémentaire est une suite naturelle, une conséq nen ce fo1·cée ùe ln nég,li gence et d~ ln paresse, vous 1J1·ovoqnez q nand m ême 1P dét:onragemf·nt; Yous vous h eurt<>r- à ('dt(> réflcxiou que vous faites 1wifre sou vent fürns l'e,sprii de l'cnfani: « L'institnienr ru1· punit. donc il ue m'aimP pas! » Et Yous perdez ainsi tout le profit que vous pourriez retirer des mobiles de l'affection et de la confiance. Fant-il, pour cPla, proscrire la punition? Non, car nous savons bien que eela C'St impo·s sible; mai,s, au moins, est-il indispensable de l'a considérer

comme un moyen exceptionnel, employé en dernier ressort, et quand tout à été préalablement tenté pour l'éviter. Ah! c'est qu'il y a beaucoup à faire avant le pensum, la tâche supplémentaire ou la punition. Il y a à bien établir la part de la responsabilité enfantine, à se rendre compte de ce qui peut être imputé à l'inintelligence, à l'étonrüerie, à l'insouciance, ou à la mauvaise volonté et à l'entêtement, à bien contrôler auss,i par un sérieux 0xamen de conscience, votre part de responsabilité, qui peut parfois être lourde. Insistez longuement; ne vous la,ssez jamais; prenez-les à part, ces· petits rebell0s d'inielli gence ou de caractère; et, si cela est possible, gardez-les sous vos yeux, avant l'heure de la leçon; obligez-les à étudier, à réfléchir, à se rappeler; glissez un mot, une explication nouvelle qui seront, peut-être, pour quelques-uns, fa l umière soudaine, et faites que vous n'ayez pas à les punir. CombiPn sernnt-ils heureux de répondre comme leurs camarades mieux doués! Ils n 'a.mont pas à souffrir de la comparaison défavorable à eux-mêmes, qu'ils établissent involontairement quand toute . l'attention d'une classe est captivée par les réponses de leurs condisciples plus intelligents. Combien vous serez heureux vous-mêmes rtnand vous vous apercevrez que vous faites œnvre bonne et charitable, œuYre éminemmc>nt soc'Ïa.lc snrtout, en tem péi-ant, ponr lPs déshérités de la na ru l'e, lPs duretéii et le rigorisme de la justice absolnc>. puisque Yotre paticure et votre persévérance auront contribué à diminuer dans l'esprit d'une catégorie de vos élèves, le sentiment toujours très vif des inégalités naturelles. La reconnaissance que vous ferez éclore aill'si s' unira plus tard à des souvenirs de bonté, <le clémence et de pardon, pour rendre moins brutales le,s compétitions futures, pour diminuer l'é-


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29 goisme de l'individu et lui faire sentir que la perfectibilité des ·hommes et de leurs institutions exige la modération dans les reYendications s~ciales. Cette méthode préventive est donc bien une méthode générale d'éducation, puisqu'il nous est permis d'en espérer d'aÙssi beaux résultats, au point de vue moral et social. C'est encore une méthode disciplinaire: les recommandations ne sont jamais superflues, ainsi que les explieations particuli?>res; il fa ut l0s répétel', en donner les raisons, en IJl'éciser la portée, agil' en sorte qu'elles soient constamment présentes à. l'esprit de l'enfant, et savoir les arrêter juste au moment où l'élève s'en fatiguerait et oublierait que fa sanction dont il vous plait de retarder le plus pos,s ible l'application, est néanmoins une sanction inévitable et nécessaire au bien de l'école. Vous vous éviterez a.in1si des déboires, des ennuis, des tracas inutiles ; votre école sera gaie si vous avez assez de patience pour employer la méthode préventive. Cela est difficHe, délkat, mais n·on pas impos sible. Faut-il donc se lasser de croire et de répéter que notre œuvre est de celles qui dèmandént le dévouement le plus absolu et la foi la plus inébran,la.ble? Charles TRIA UD. 1

•• Petits soins pédagogiques. Sous ce titre, M. Reynat, inspecteur primaire, donne les conseils suivants: « Dès que 'l'enfant ,s 'exerce à manier le crayon ou la plume, il faut ne lui rien laisser faire négligemment, mais le surveiller, ou le faire surveiller par un aide, pour empêcher qu'il ne cède à son caprice ou à sa fantaisie. Il doit travailler sérieusement et non s'amuser, à moins que l'application ne devienne pour lui un amusement. On l'o-

bligera d'abord à prendre toutes lea précautions pour ne pas tenir son cahier malpropre et ne pas le corner ruux angles; à cet effet, on usera d'un protège-cahier, ou bien une feuille de papier sera étendue sur la table et le cahier, ouvert ,s ur cette feuille; un morceau de papier buvard sera placé entre le cahier et la main de l'enfant. On veillera ensuite à ce qu'il écrive toujours avec application et on lui retirera le cahier dès que son trnvail sera fini; car, si on le lui laisse, il le maltraite. C'est dès le début de l'enseignement écrit qu'il faut lui donner des llabitudcs de propreté, de soin et d'ordre. Lui propose-t-on la copie de quelques lignes de son livre, ou de quelque exercice fait préalablement au tableau noir, il faut s'assurer auparavant qu'il peut lire couramment le texte à copier; puis on exigera qu'il le copie lisiblement, en séparant bien les mots, en n'oubliant ni accents, ni signes de ponctuation, ni majuscules. Comme souvent les enfants ne savent pas faire toutes le.s majuscules, il importerait d'en afficher le tableau complet dans toutes les classes. Ont-ils à faire des problèmes, des opérations de calcul, que leurs chiffres soient nettement tracés, bien alignés, bien groupés par tranches, bien séparés en entiers et décimaux, bien placés les uns sous le,s autres dans les opérations. D'une manière générale, que les devoirs ne soient ni trop longs ni trop difficiles, afin de ne pas excéder la somme d'effort dont l'élève est capable; il est évident que quand ou lui propo,se, par exemple, de longues dictées, il est incapable de s'en acquitter avec une constante application: ce travail excessif devient fastidieux pour lui; il le fait machinalement, sans attention, sa.us goût, sans profit. On exigera qu'il écrive bien tous se,s devoirs, qu'il lais.se une ligne bla.nche, ou tire un trait propre à la plume, entre un devoir et le suivant, qu'il ménage une marge convenable et mette

les dates précises en tête du travail écrit de chaque jour_ « Le maitre est tenu de donner l'exemple de l'application dans cc qu'il écrit au tableau noir, dans les corrections et annotations, en un mot clans tout ce qu'il écrit cle,·ant ,s es élèves, car il ,sera sûrement imité. >)

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Partie pratique Calcul écrit (Examens des recrues 1903.)

1 4. Un cultivateur a p.a yé 13 frs 50 cts pour des impôts, 15 frs 90 ct,s pour des se11;1ences et 24 frs 60 cts pour di ver,s llStens1les.

Combien a-t-il dépensé? 3. 100 kilogi·ammes de folll'rage concEintrê co(ltent 17 frs, que cofitent 7G5 kilogmmmes? 2. Un chemin de forêt revient à 465 frs. A en paye les 11/25, B les 8/25 et C le 1-este. Combien chacun doit-il? 1. Dans une g1,ablge le foin et le r egain sont entassés sépa.rément, de telle façon que chaque espèce de fourrage occnpe une surf.ace de 8,2 m de long ;;ur G,5 de large. Le tas de foin a une hauteur de 3,6 m et celui du re·gai:n de 2,9 m. Quel est le poids de tout ce fouLTage sl le m' pèse 0,84 q en moyenne?

2 4. J'évQlne un trava.il comme suit: 1) 15 frs 20 cts pour les matériaux, 2) 14 frs 50 c~'> pour les journées, 3) 4 frs pour !es fra1,s divers, 4) 6 frs 30 cts pour le gam. Combien cela fait-il en tout? 3. Une marchandise a coütê lli:>5 frs. Combien en retire-t-on si, en liru revendant, on fait une perte de 1/7 du prix d'achat? 2. Que coCltent 10 fenêtres si chacune a 1,65 m de hauteur et 0,9 de largeur et que le m' ravienne à 14 frs? 1. Le maçon Piene doit construire 182 ~/2 m' de maçonnerie et le mortier nécessaire forme le 24 % de ce vohun~. Com~e il compte que pour 1 m' de mo,rt1er 1l lU1 faudra! 1/3 m' de chaux grasse et 1 1/3 m'. de sable on demande combien il emploiera de chaux grass.e et de sa·bJe.

3 4. On a 985 kilogra,mmes et l'on en vend 380 et 275. Combien en reste-t-il? 3. Que "'a"'ne-t-on .sur 42 quintaux si l'on a quintal 39 frs 7::l cts et qu'on le pa,yé revende 50 frs? 2. Un tonneau rempli de pét.J:oJe pèse 212 kg ; le tonneau vide pèse 36 kg. Combien ce tonneau contient-il de litres si 1 litre de pétrole pèse 0,8 kg? 1. R reçoit d'Autriche 100 q de marchandises à 19 20 couronnes le quintal (100 couronnes v~len1J 105 frs). Les frais se montent ii. 18 3/4 %, A. comhie,n revient tout l'envol en valeur suisse et 1't quel prix faut-il vendre le q polll' gagner 17 % ? (Indiquez le dernier rés.ulbait en francs.)

b1/

4 4. Je paye pour des a.bo.nnements 13 frs 50 c., G frs 60 cts et 4 fr.s 20 cts. Co,mbien en

tout ? 3. Eu une an.néef un ménage a encaissé 1600 frs et il a llép,ensé en moyen.Ire 3 frs 9:i cts par jour. Que lui reste-t-il? 2. A et B a chètent en commun 135 kg de café. A en prend les 5/9 et B le reste. Les déboursés se montent à 229 1/2 frs. Etablir pollr chacun la part du café et les déboursés. 1. Un capital de 2400 frs est placé au 3 1/2 %· A combi-en se montera-t-il au bout de 4 ans a) à intérêts s imple.s, b} à intérêts composés, c'est-à-dire si, à l;i, fin d·e chaque année, on ajoute les intérêts au capital?

5 4. J e ·r eçois 725 frs 25 cts et je paye 468 frs 45 cts pom· les intérêts. Combien me restet-il? 3. Quel est le poids de 135 mètres cu bes de foin si Je mètre cube pèse 79 kg? 2. Une vache pesa.nt 5,80 q a donné en une année 3335 kg de lait. Combien de fois Je poids du lait fia:it-il l,e poids du corps? 1. De quelle dette hypothécafre peut-œ:i payer l'intérêt au 4 1/4 % avec le produit de 3335 kg de lait à 13,60 frs les 100 kg? 6 4. Francois demande 215 frs pour exécuter un t;avail et J.ean 192 frs 50 cts. Quelle est la différence? 3. Plusieurs plllluchers mesurent ensemble 68 mètres carrés. Que cofitent-ils à G frs 75 cts le mètre carré?


• St

M 2. Une construction était devisée à 865 frs, mais elle a co1lté 16 % de plus. A combien ~·evient-elle donc en réalité? 1. On a besoin pour une construction de 35

mètres cour3nts de granit taillé dont la coupe transvers,a,le mesure 20/30 cm. Le fournisseur A demande 6,30 ft'S du mètre courant et B 105 frs du mètre cube. De combien l'une de ces offres estelle meH· leur marché que l'autre?

7 4. Un négociant reçoit 240, 500 et 175 kilogrammes. Combien en tout? 3. Que cofitcnt en tout 240 kilogrnmmes de café à 1 fr. 40 cts, 500 kilogrammes de 1iz à 33 cts et lî5 kllogrammels de sucre à 45 cts? 2. J'ai livré à un client 37 1/2 kg de ca.fé à 1,68 fr., mais je perds les 7 /10 du montant de ma vente. Combien est-ce que je perds et qu'e,st-ce que je reçoLs? 1. Au détail, 1 q cofite 168 frs, en gros, 138,60 fr,s. Combien % du premier prix: le rabais fait-il?

8 4. Antoi'lle doit 232 frs et 175 frs. Il rem-

bourse 125 frs et 130 frs. Combien doit-il encore? 3. 18 personnes ont 877 frs fiO ct<s à payer. Combien chacune doit-elle? 2. I,w circonférence de tout cercle est 3,14 fois plus grande que le dia.mètre. Que mes ure par con séquent a) la circonférence, si le diamètre est de 1,25 m. b} le diamè· tl'e, si ln circon férence e.~t de 70,fi5 m? 1. Un ilommc tl'affail·es a emprnnté 1200 ft·s le 15 mars; il les rembour~t· asec 4 1/ '7o d'intérêts le 30 noYembre de la. même année. Quelle somme doit-il ? (4 1/2 % pour 360 jours.)

dant 210 jours son bétail pesant vivant 6000 kg? l. On veut étendre sur un terrain de 280 m' un monceau de t,erre mesurant 4,8 m de long, 2,5 m de larg.e et 1, 75 de haut. Quelle sera l'épaisseur de la couche de terre?

10 4. Un qui.ntal co1lte 28 fos 60 ct,i. que coO· tent 3 quintaux? 3. Que content 26 mètres com·ants de poutrelles de fer si le m pèse 6 kilogrammes et que le kilog1,a11Drne coO.te 18 centimes? 2. 'I'homas paye l'intérêt de 4876 frs au 4 1/:.l % et cle 5984 frs au 4 1/4 %· Quelle som· me cela fait-il? 1. Les 4 pai·ois d'une chambre mesurant 4,5 m de long s ur 4,5 m de large et 2i8 m de ha.ut doivent êh·e tapissées. Combien faut· il de ronJeaux de tapisserie de 8 m de long sur 0,45 m cle large? (Point de dé· duction pour les mor ce1rn:x qui tombent et pour les restes.)

11 4. Un négociant calcule '1omme suit le prix

de revient du quintal : 1) prix d'achat 48 frs 50 cts, 2) douane 6 frs, 3) frais divers 3 frs 75 cts. Combien ,cela fait-il eu tout? 3. L'année derruère. une maison ùe corn· m erce a fait pour 10,245 frs d'affaires. Combien par mois? 2. B acilùte 20,25 q de mnrchandi,ses ii. 7ti frs et 6,75 q à 92 frs le quinoa~. Quel est le prix moyen du kilogiiamme ? 1. 12,5 kg d 'une certaine marchauclisc coG· tl•nt 357 frs y compri s lcR frais Lli vers. Que g-ag,ue+on % Ri l'on rcnncl le k~ il raison de 35 cts?

Variétés

9 4. Pendant les deux dernieres anuées,, un ·

cultivatoor a livré 9040 et 8695 kilogra,mmes de lait à la fromagerie. Quelle füffé· renœ y a-t-il? 3. Un veau a reçu 931 litres cle lait en 19 sem,wines. Combien par semaine? 2. Les vaches laitières doivent consommer journellement (sur 1000 kg tl e leur poids vif) 2,G kg d'albumine, 0,4 kg de matières grasses et 12,5 kg de carbone. Combien fa u t-H par conséquent d.e chacune de ces ma tiêres à un paysan pour nourrir pen.

*

D11 cœur.

Le.'l âpres vents du nord, que 1~ printemps [ enchaîne, Ont rompu leurs liens et désolent la plaine. Hélas! tout est clrnngé: l'hiver est lii, vain· [queur, Ln nature a repris son grand manteau d'iler1.rnine, Mais le pauvre, nus pieds, sur la glace che[mine: Ayons pour lui du cœur.

Voyez ce frêle en.fiant, qui pleure et se désole: Le cher êtr e, privé de l'ange qui console\. Semble dire à cilacun: <c Soyez mon protec[teur! » Hélas! être orphelin, être un enfant sans [ mère, De toutes les douleurs voiln. la plus amère: Ayons pour lui du cœu1·. Et cette femme pâle, éplorée et pensive ... A ,s es petits enfan ts, cette mère attentive Partiruge un dernier pain qu'ils demandent [en chœur. Les chagrins ont creusé des sillons sur sa [ fac~ Elle est veuve, elle est faible, elle est hon[teuse et lasse, Pour elle ayons du cœur. Et 111., s ur ce grabat, sans amis, solitaire, Ce ma.Iade qui tousse et que la fièvre altère... A pci'lle a-t-il enco,re un reste de vigueur Pom se pla indre et gémir; sa tempe est [ruisselante, Son ha,Jeine agitée et sa lèvre brfilante: Ayons pour lui du cœur. Combien de malhemeux dont la vie est un [ drnme 00 chaque 1a•cte est tisséd'unen·agiquetrame! Combien, cl ont Je desti.n est .souffrance et ri· [rigueur ! 0omùil'U. dont le rnisseau flottant il la dé· [rive, Triste épave, s'en va rouler de rive en rive! Ayo,us pour eux du cœur. Combien qui. tl3ns la fo ule, indifférente, pns[sent, Que les br3,S inhumains de la misère enla cent !Dt qui choient sm· ln route, épuisés de lolll· [gueur! Combien de travailleurs que le cilûmage af. [fame, Et que le désespoir pousse à la haine infll.me! Ayons pour eux du cœur. Pitié pour la douleu1\ vous dont le front [rayonne; Pitié pour ceux snrtoutquelahonte ba.illonne, Que l'orgueilleux méprise et voit cl'un œil [moquem; P i tié pour l'opprimé, pour Je faib le, l'infirme; Pitié pom tous ceux llont la .souffran ce s'af. Ayons pour eux du cœur. [firme: Pitié, l'hivru· est dur et les temps difficiles; Pitié, car c'est la loi des divins Evangiles,; Pitié, car c'est le vœu de Notre-Rêdemptem, De ce Dieu qui disait, parlant à ses a.pôtres:

« Pour être heureu..ir, il faut s'aimer les uns [ les autres, II feiut avoir du cœur. » V. DARBELLAY.

-oHoMaximes de l'école I. - Ailne tes comprugnons d'école qui clevi,endront tes comp3guons de travail. II. - Aime l'instrnction qui est le pain de l'esprit; ,s ois reconnaissant n. ton instituteur comme :\ ton père et à ta mère. III. - Efforce-toif pour être heureux, cl'ac· complir chaque jour une action bonne et utile. IV. - Honore les honnêtes gens, 1·especte le clroi1. de chacun, ne te courbe devant per·SOrDDe.

V. - Ne hais et n'offense personne, ne te venge pas, mais défends ton droit et résiste à l'arbitraire. VI. - Ne sois pas lâche, protège les fai· bles et ,aJme la justice. VII. - Son.ge que tous les biens de la terr e proviennent du travail; celui qui jouit de ces biens sans travaHler vole le pain du h·11.· vailleur. VIII. - Observe et réflêcllis pour connaître ta, vérité. Ne crois pas ce qui est contraire à la ra i,soo, ne trompe ni toi-même, ni autrui. IX. - Ne crois pas que celu i-là est un bon pah·iote qu i hait ou méprise les autres peup.les, ou qui désire leur faire la guerre. La g-uene est un reste de ba.rboric. Ke fais la guene que pom· clefenfü·e ta pa.trie. X. - Aspire 1.1u jour où tous les ilommes el tous les peuples yiyront frateruellemeut entre eux, dans la paix: et la prospérité.

•• La réforme Ot"thographiqae Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a remarqué les biza,rreries de notre orthogrliliphe et essayé de met tre un peu d'ord,re et de méthode dans notre vocabulaire. A peine Fmnçois I er ,a1va.i t-il rendu la langue française officielle en bnlll:Dissant le latin de tout acte public (1539), que d'ardents novaœurs pro· posaient déjà des réformes orthograpbiquœ. Les grammairiens,. les érudits ont su ccessivement pr·oposé des modifications à la ma. nii!re d'écrire les mots. Pendant que Ménage, ComeiHe, Bossuet, demandruent quelques sages simplifications, l'Académie s'occupait


• 92 de rédiger s on cêlèbre dictionnaire. Dans la première édition, qui ;parut en 1694, les mots n'étia,ient pas rangés pa1· ordl·e alphabétique, mais par familles, c'est-il-dire que les composés et les dérivés étaient groupés autour de leur racine. Cette disposition, heureuse pour les gens insh'uitfèl, était peu pratique pour le vulgaire, et elle fut 1·emplacé.e par l'ordre alphia·,bétique dans l'édition stUvante, qui parut en 1718. Les autres ·éclitions se .succédèrent apportant de notables changements et simplifiant des milliers de mots. En 1835, par exemple, fut enfin cons.acré le changement de ois en ais dans Anglais, Français, aim,a.is, etc., qu'on avait écrit jusqu,e-lù, An glois, l!'retnçois, aimois, etc., malgré les réclamations de Vo,Jta,iJ'e, qui avait introduit cette réforme clirnns tautes ses œ u.vrns.. Il faut bien l'avouer, ces corrections un peu timides étaient toujours en r etai·d sur l'esprit public. En dedans et elll dehors de l'Académie, des néographes convaincus., mais de valeur inégale, proposèrent successivement leurs réformes. La docte com1,agnie échappa à ces pressions divei·,s es par la force d'inertie, par l'impersonnalité de l'œuvre commune, peutêtre aussi par la lassitude et l'abandon que devmJt fatalement aJilener un tra.vail si grwdlose et d'aussi longue haleine. Cependant de hardis nov-ateurs voulurent révolutionner complètement l'alphabet, mais ils ne réussirent pas. Ils voulurent, j)a1· des innO'Vation.s 118/dicales, amener violemment notre orthographe à une forme pul'ement phonêtique, c'est-à-dire à une reproduction exacte de la parole par l' êcriture. Rien de plus séduisant au premier a,spect que cette règle unique : écrire comme ou parle, rien de plus chimérique à un sérieux examen. Ec1ire comme on parle ... ; mais on, c'est vous, c'est moi, c'est tout le monde, et parlons-nous tous de la même maniêre? Si l'on doit écrh'e comme l'on prononce, comm ent le Picard et le Gascon, le Provençal et le Normrnnd pourront-i.Js avoir une orthographe commune? comment distingura-t-on saint, S11in, sein, seing, cinq, cei,nt qui représent.ent Je même son et devront avoa· les mêmes lettres·, Une foule de mots qu'on ne distingue plus l)R-r la prononciation seront aussi confondus par l'écriture. Notre langue peœdra ,s a marque miginale, et dans cet a.mas de mots d'un aspect et d'un sens douteux, le françajg de'Viendra illisible, même pour ceux qui le parlent. Et puis, où s'arrêter,a, la rêfo.rme, dans quelle mesure appliquera-t-on cette règle unique aux 32,000 mots de notre dictionnaire? Les modérés

3

écriront peut-être de beaus an-imams, mais les intrausigeants qui se vantent de suivre jusqu'au bout la logique, devront écrire de ùôz n nim6. En supposant qu'on 1a1rrive à mettre un jour .!'écritm·e d'accord avec la prononciation, cet accord ne s.erait-il pas détruit Je lendemain 'I La prononciation ne change pas seulement d'homme ù homme, elle vfllrie encore avec .J'ftge, av&c le lieu, a.v.ec le temps; 1·ien de plus ,l éger, de plus mobile, rien de plus difficile à fixer sur les lèvres. Où en sel'ions.-nous si l'Académie avait ,suivi toutes ces fluctuations et conformé dans c)]a1que édition nouvelle son orthographe il la prononciation? l'écriture doit justement fail,e contrepoids à cette mobWté extrême et maintenir autant que possiùle la tradition. Les purs fonéUstes ne veulent pas voir qu,e des changements trop précipités feraient de notre lang.ue nu illiom e nouveau pour chaque génération et que nous aul'ions i1 ·l1P· prendre tous les vingt ans une nouvelle orthographe. Eln face se dresse un autre système: c'est l'orthog.ra,p lie étymologique, chère aux philologues et aux saNants. Cette orthographe,. fondée sur ,l'éty.mo.Jogie, comme celle du pr,emier clistionnaire de l' AcaMlmte, reproduirait les principaux caractères des mots anciens ou étrangers dont noh,e lamgue est formêe. Malheureusement, elle est aussi impraticable que l'orthographe phonétique. Le mot orthographe lui-même est un exemple des maiuvais tom,s que pomu·ait nous jouer l'êtymologie. On devrait dire orthograVlt.ie, comme nous disons yéogra,vhie, oosmor;retJ)h'ie, en réservant le nom de cosmographe, véogi·aphe à celui qui s'occupe de l'une de ces sciences; mais l'usage 1a prévalu conh·e la raison. Nou s ne nous arrêterons pa.s clavantia.g e il faire ressortir Jes inconvénients de l'orthographie étymologJ .. que qui, du reste, n'a, que peu de crédit. Les réformes à opérer, et il y en a, se feront avec le temps. L'Aca.démie en a, déjà autorisé une bonne pairtie; plusieur,S règles des participes ont été simplifiées; c'était justice et La.biche avait r aison de dire: « On ne sait par quel bout lei, prenùre; tantôt ils s'accordent, tantût Hs ne ,s'accorcleut pas. . . Quels fichus emractères ! >>

-++-

*

EN FRANCE. -

Le pan-ain de Bob lui demande: - Dans quelle école iras-tu à la rentrée, mon cher? - Et Bob énergiquement: Je yeux allell: dans celles qu'on a fermées.

fu t adreRsé l'a nnée dernièr e à tout le personnel en seignant. L a nouyellc provision qui en vient d'être faite, de m eillf>nre qua lité et à des conditions plus fa.vorn bles en('Ol'e q ne précédemment, permet a u Dépôt de li,rer ces ea,hiers avec une plus f orte rcnii,sc s ur les anl'iens prix. (Voir l'annon ec spéciale fig·nra.nt à la couYe rtnr,e pour plus de dé-

j~~J . Le Dépôt tlu matériel scolaire remettra avec plaisir au personnel enseignant la quantité qu'il désire des ditt1 cahiers et s'offre à attendre ,jusqu'à la fin des classes pour le règlement de cette fourniture, cela en vue de faciliter l'écoulement de ce matériel tout en permettant à ses acquéreurs de réaliser un petit bénéfice qui n'est pas à dédaigner, puisqu'il représente 2 fr. oO pour 100 cahiers. -o-

A propos de congés, il f'S{ r e r (•n11 an J >ép.nl'lf'llH:'llt qne de:; mr· mbn·i,; du eorps t"llSf' ignant el dl's l'OT11111ission s scolnire:; se permettent d'a ('('Orde1· de k •m· propre cb e.f cks rnca n <.: es an-d elà du uombre et dn temps f ix(> pa t' le 1·èglt>n1t>nt dl',:,; é('olcs priU.1a it·f>s. Il 1<'111' Ps t L'n c011JSP(J 11euce 1·appelt'> q u' f' n d t>LOL's des nmg-t'>s pré vus à l'art. t) d u s usdit l't>gkment, aurnnc va.r·a nL·e n e doit ètre dom1t'>e .. \ ce t égard l<' lJf' J·.sonnt•l f' n.s<'ignan t 1°n parti c11lie1· est invité ù obse n-er l'art. 41 du règ lement, lequel (:'St nius i tonçn : « ~i l'ins tit nt eur L·st dans le r:as de s'.abs.e-nter, il doit p1·éah1.1Jh•mPnt en obtenir la p<~rmi ssion d n présid ent de la r omm isi'lion s rnla ire. Si l'a bsence doit cln n=•r plus de ;{ joms, la 1w1·mission sera demandé<" à l'inspecteur. l> ~i cfos infradions à l'a rtiele 1·i-dess11s lui sont en ('ore ·sig nalées, le Dépa rtemen t aYisera à sé vir rontre les institnteur.s on les cornmis1s ions scolaires c11 défa ut. (Ooinwuniqué.) 1

-

0-

Matériel scolaire. Le Dépôt du mat érie l scolaire fait connaître qu e toutes lPS dema ndes d' objets d'école ,a ni,·ées pour bénéfi· cier des subH•ntions fédèn1.les S('l'Omt :,;ervies jn s(J11',1 la. fin de ce mois. Il r egreUc d',a ,·oi1· dû faire attendre l'ex6cntion dP diYers ordrf's, mais il a ét é dt'> bordé par lPs demande:,, venues dP tontes parts Pt prt'squ e en ill f'lll<' temps, n0c1°ssitnn( aiusi des ('Ornmandes de fournitures qui ont dépassé lP chiffre ordinaire c-t dont nue cc r,t-a.inP quantit é uf' lni a pas eneore ét é lhrfr. Il m e U ra d'ailleurs toute la célérité et la bonne volonté d0si1·,ables à Sf'rvi1· t o11jours et vo11r le mi enx, anis si r apidenwn t <Ill l' possible, les dnnandes de matériel <Jni l ui parvi endront. ( Commun iqué.) - u-

Almanach du Valais 1904. exl'<-'lleute pu blicn1ion, qui en est à la -!me nnnée, a par11 depuis pen et sera la. bienvenue dallis nos foyers . Le contenu eu est cette a nnée pl us intér essant euco1·e que les pr écédeutes. Cc qui en fait le mérite pa rtk ulier c'e,s t la coule111· lol',Tle, le enchet e ssentie.Jlc mL'nt va;lai s,1n qu e l'A lma uad.1 sait conser 'Yer, alors ,que tant de pulblicalions similaires n'offrent g uèr e qu e des sujets qu e l<-OIHJIIL'8. Il pi,; j bi<·n Yalaisan eomlll f' on pe ut le Yoir· par l'énumér a üou sui vant e des a r li<.:les qn ' il 1·enferme : 1 \pti(•

Sommaire des principaux articles contenus dans la nouvelle édition : Calendt·ier . - Tableau des foires et m ar chés. - La dévotion à Saint Joseph, par t S. S. Léon XIII. Une noce en Valais au bon vieux temps (1352), par Oscar P errollaz, avec une ancienne vue de Sion et une chanson d'amour, annotée. A ndré, par St ephen Lefranc. -- Nanetfe la fileuse, par Mario. Annibal a-t-il traversé le Grand-St-Bernard, par ,J ules Monod (auteur du • Guide du Valais •). - Une victime, (histoire vraie dédiée à l'• Almanach du Valais•). Salvan etsa La vallée Pier re-Bergère, par L . Coquoz. de Nendaz, par Guy du Ramier. - Elle. était veuve, ils étaient orphelins, (nouvelle), par A.


4 Penaudin. - Les p atois, par un Valaisan à l'étranger. - Gruyère et Géroncle, par .A.li. Right (avec vues), - D ans les ritines de la Bâtiaz (lége~de). A l'Eggishorn, par V. Tissot. - L e bétail au pâturage, - L a bergère cle Suen (St-Martin), conte féodal, par Solandieu. - L'Envers des cieitx (avec gravure), poésie par A. Besse des Larzes. Ma rio (avec portrait). - Revue des événements, par Ch. St-Maurice. - R ègles d'or pour le commerce, etc. Un supplément spécial apporte les por traits de S. S. Pic X, de Mario, de MM. H. Bioley, H. de Torre"lté, R. Evéquoz, préfet, L. Rey, conseiller d'Et at et député aux Etats, Che( du Département de l'lnstriicti on publiqite. Cette publication forme une belle br och ur e de 84 pages de tex te, non compris celles d'annonces, le tout revêtu d'une belle couverture coloriée avec écussons des districts, du canton et de la Confédération. L 'almanach au détail 30 ce11times

Pour le personnel enfleignant et ses élè,es, le prix de l' Al.lllanach est réduit du 33 %, soit porté à 20 et. l'ex. Pour 26 et. il peut être ex pétlié 17 ex. ; pour 4:0 et. 34: ex. S'adresser à Almanach du Valais, Sion.

Supplément .au JV 2 de f ,,&cofe" (1901t) 0

Bibliographie Nouvea u Lat·o osse illustré. D au s l'l's pa c e d e de ux 111ois, le .NOU\'E.\ l ~ L . \.HO U SSE l L LUS'rHJ;J v rc 111. ll' c,n regis t rc l' pl 11,; !le 8000 s ou scriptions 11ouyelles : il at t e in t anjounl'llui Jp chiffre Yé ri ta,ble rnemt 111·orligieu x (lf• 1 G0,000 ,;o,usf·r ip lem ·;:;., d <'e c hiffre cou ti1111 P iL a ug lllell ter tous les jour,;. •~ussi bieu, s i é tonnant (]Ut' s oit nu tel s uccè,-J. le colllp r end -011 ~a111s pe ine, pourn1 <]li ' ou jef1c les yenx s u i· d es fa;;<·icnle$ auss i iu tén •,;sanf,,; et a.ussi mr r vPilleu,.erneut illu,;tré,; que les d 011 x l]lli pa.rai·ss rnt c0lh• SI'· mniue 11n r f!Xe mp.le. lls c,mtieuuent it peu prfo;:; ~00 ;:?;nwmes ù l'UX d eu x, tlo nt 42 tr ès be,rn x vor tuaib; Pt un ta blcn u sy11thét ifJUe fort. inst n1d if qui u on s montre tou t!'s les foI •llles rl e Scie:; e u u sa ge <lan;:; le s tliffért>.nfp,- intlus tl'lt>s .•~ noter, ®Ire n u t r p,; ;1r !'i f'1 (':;, onÜ'(' rie très u olll\J l'P 11SP8 lliogrnpllit>s, <·om , 111c f'e llt>s d t> ,J.-B. S::iy. LéoH Say, Seh c lli,11 ~. SC'1.1 iller, SC'hl l'g el, H o rt <'UHl' Schnt•i tler , A u n'lie u Sch ol\. SC'h op e nllnuer. Sclrnl>nt, Jl':; 1uo ts S cnltlc. S<·nll(lina.vl'. Str.1,ra b él'. Scn.rln.t i11c , Sce,p fki s 111e. Scie, Selli s nm . Scie11t·P. e te. (L e 1 f a sci cule ;:iO f'en tiwcs chez tous i cs liLJra ires.)

PlusdB cahiBrs

Pour l' a.n qui commence 1M,aintenant que 1903 eist descendu dans les profondeurs ~épulcra1es des temps et que l'aurore de 1904 luit à nos veux c' est l'heure de jet er un regard • . . sur le' passé et de songer à· l' avemr Puissent seulement •s'être achevées pour tous, avec l'an écoulé, les tristesse,s dont la justice, la charité et l'héroïme ont été abusés ces dernières années et qui ont jeté le déshonneur sur l'humanité entière. P uisse l'année nouveUe, en se débarra,s sant de ses perfides éléments, inaugurer une ère de paix, de travail, d'harmonie et de pros. périté. ,Si j'avais la baguette d'une fée, Je ferais sul'gi,r une année, oh! une année comme il n'y en a pas, ,comme il n'y en a jamais eu, un an heureux qui couvrirait la terre, o.ffrant 1s es douces et joyeuses ,surprises à toutes les créat~res, gens et bêtes, . où toutes les conditions humaines trouveraient ce qui leur manque, un au enfin, où il y aurait de quoi pour chacun et le reste pour tous. Un an à ;joyeu x nids et à douillets berceau~, rom les petits enfan ts , pour les petits 01-

par le

[ seaux!

Cahier sous-main

1: 1:

envente pour le Valais au Dépôt du matériel scolaire, à Sion 90 centimes la douzaine Les paquets condit i on n és rent'er:rrient deux d o uzaines de cahiers. On les obtient pour l.~O .Port co.lllpris. - L e cent coûté fr. ? .50.

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~ ~

"

* * A tous les malheureux d'abord, aux petits miséreux, de bons vêtements <le laine t>t des chanssures bien chaudes, un père qui ne soit pas ivrogne, une mère qui leur fasse goût er, à défaut des douceurs de l'opulence, la joie et Fattrait du travail et du devoir. Au mendiant, qui va sans feu, ni lieu, la rencontre chaque soir d'une ferme ho,spitalière, où il trouve sa petite place au foyer qui flambe, et la nuit un bon gîte, un bon lit ou une paille bien sèche. Aux vieillards, aux infirme,s, aux souffreteux, qui traînent dans l'ombre

de la vie les inénarrables détresses du dénuement et de l'abandon, je leur donnerais de s'abriter •sans cesse sous les ailes de ces asiles que quelques inconscients veulent détruire. Dans toutes les conditions de la vie, à ceux qu'un chagrin mystérieux consume et qui rampent plutôt qu'ils ne marchent, aux déshérités, :aux persécutés, un cœur compatissant qui s'ouvre à leurs tristes confidences, la parole amie qui console, le baiser qui fait rayonner le soleil dans le cœur, la main charitable qui relève du désespoir. A ceux qui portent le poids du jour et de la chaleur, qui reposent sur la dure, le bonheur de comprendre que dans toutes les conditions, la félicité yraie et durable est celle qui provient de la conscience pure et de la tâche bien remplie. Au foyer où règne l'amour, la béné· diction des longs jours, au père qui marche dans les justes voies, une prospérité flori1ssante, une épouse toujours chè1·e et qui ne cesse pa;s d'être reine; aux époux vieillis dans le devoir, le bonheur d'éprouver, comme dit la chanson: Qu'il est des amours de tout âge Et des flem·.s de toute saison!

Quel sera le lot de ces heureux qui passent r iant et chantauit? Jeunesse, santé, gaîté, beauté, ils ont tout; que veulent-ils encore? - Doubler le tout! E-h bien! soit, à vous, jeunes gens et je unes fill es, encore plus de santé, plus de gaîté, de beauté, un bonheur infini, nne joie insondable. ,A ceux qui s'aiment je donnerais les fiancés de leurs rêves et des noce,s joyeus,es et tout ce qui s'en suit: E t .des petits berceau x dans toute,s les ehau[mières. Et des enfants à plein le giron des gr,alnds' [mèr es!

Là est la bénédiction des peuples et le trésor des patries. De l'arbre aux ra-


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34 meaux d'or, que les branches se renouvellent, car le nombre est infini des indigents de toute espèce et de ceux qui espèrent et de ceux qui aspirent. Doux ministres des ans, gardiens des éphémères destinées, donnez à tous les âges ce qui leur convient: à l'enfance à l'adolescence, l'innocence et la doc{ lité; à là jeunesse, la réflexion et la constance; à l'âge m-0.r l'endurance ,~t la modération '

moyennant le temps, Dieu créateur . agissant dans l'ordre de la nature fait' de_ la graine une tige et de la tige un épi; de même que de l'enfant qui vient ?e naître il fait un adolescent, puis un Jeune homme, puis un homme, et ainsi de tout le reste que nous voyons · icibas s'épanouir et gvandir · de même moyennant le temps, Dieu' ·s anctifica-' t~ur fait de l'_enfant un baptisé, du baptisé un chrétien croissant en grâce, en A la. veillesse enfin, l'espoir d'un jour plus vertu, en mérite, ·e t de ce chrétien un . . [bea111, élu et un saint. ·David disait que « la Et la pa1x qui rayonne aux portes du tomterre est toute pleine de la miséricorde [beaule t·emps en est rempli lui Aux favoris de l'opulence, aux par- de Dieu»; aussi,. et cette miséricorde, qui se' dévenus ?e. la_ fortune et de l'intrigue, aux pr1v1lég1és de toute marque, a'h! cJiare de moment en moment tout le alors, donnez, non ce qu'ils demandent lon~ de notre existence, implique ,]'opération et comme le concours de tous mai_s ce dont ils ont le plus besoin, l~ h·s .attributs de Dieu . .. désmtéres•sement et la cha,r ité. ~'il en est ainsi, quelle valeur n'acEst-ce aspirer trop haut? Non! Sei- qmeit pas le temps de notre vie, puisgneur, car Vous connaissez votre puis- que, à chacun des instants dont elle sance. Notre fée, ce sera la prière qui est (;Omposée, vous pouvez, non seulevers ,ous montera pour deli1ander tout n:ient vo1~s assurer l'éternelle possesce qu'il nous faut dans cette année s10n de Die u, mais vous e11richir davannouvelle. Demandez, et vous recevrez. ~age de ce~te posses,gion bienheureuse ; J'ai exprimé ce que je voudrais pour Je veux dire monter dans la véritt'.\ toute âme ici-bas en l'an nouveau; à vous épanouir da.ns la lumière, croîtr~ chacun de travailler pour l'obtention en beauté, vous dilater dami l'amour de ce qui manque à son bonheur. dans la sainteté, <>nfin dans la félicité Yoilà l'année que je demanderais! la plus enivrante. A voir comme les voilà ce que, pour 1904, je •souhaite à hom11!-es intelligents, prudents, actif,s, tous les ledeurs de la revue pédagogi- laboneux, savent utiliser le tempR que !',,Etole primaire". A.. de la Tour. pour acquérir des biens humains, peuton as~ez s'é_tonner de ce que, parmi les chrétiens, 11 y ait pour obtenir Je.s biens divins, si p~u d'•empressement d'ambition et de courage? On a dit: ~ temps c'est de l'argent· dalliS l'ordl'e Considérez le temps comme un vase spirituel, le temps est ~ille fois plus: toujours ouvert, que Dieu tient incliné c'est de la perfection, c'est du· bonheur vers vous, pour vous verser la grâce c~est ,de la _gloire céleste. Saint Augus~ dont il l'emplit sans ces,se; considérez ti? l a écrit: « Le tell!ps vaut ce que que dans ·l 'œuvre de votre sanctifica- Dien vaut. » Il est comme une monnaie tion le temps est le serviteur de votre dont Dieu même est le prix. Et comme Père céleste, l'instrument qu'il emploie 1~ te1;11ps_ nous e.st livré avec une prorour vous imprimer peu à peu à son digalité mouïe, on est en droit de dire image, ce qui est la condition de notre que. c'est une monnaie courante. N'estunion parfaite avec lui. De même que, ce pas le talent dont Notre-Seigneur 1

---- ----·9--<·-·-----Le temps.

dit dans l'Enuigile: « Faites-le valoir jusqu'à ce que je vienne?>> Que pensent donc ceux qui ne savent qu'en faire et que font ceux qui le perdent? Le temps perdu, n?est-ce pa,s !la vie pe!'due, et perdre ainsi ,sa vie, croyezvous que ce soit le moyen de sauver son âme? Eclairée à ·cette lumière, la vie, telle que le monde l'entend, est une vraie folie. Si nous gérions naitre fortune comme nous gérons cet incomparable bien qui est le temps, inévitableme.n t et vite nous irions à la ruine. A laquelle allollls-nous? Quelques-uns parlent de tuer le temps; le temps tué tue les âmes. Mgr GAY.

De l'épargne à l'école Est-ce suffisant de communiquer à l'enfant les connaissances que comportent nos programmes? Au point de vue théorique c'est bien assez sans doute, car, soyons avant tout pratiques. Aujourd'hui on demande beaucoup à l'école: les nécessités de la vie, la pression que la lutte pour l'exiistence et les revendications sociales exercent sur l'aurore du XXe siècle, ont pénétré même le sanctuaire de l'écolé et nous devons y Yoir le principe de l'utilité immédiate, qu' on a baptisé d'un mot quelque peu sonore <( l'utilitari,s me », prendre une grande place dans les préoccupations des éducateurs. Que ne font pas nos gouvernements romands sous ce rapport? Travaux manuels, sous toutes les formes, écoles professionnelles, écoles agricoles, laitières, écoles ménagères. 'T out cela greffé en quelque sorte sul' l'enseignement proprement dit. Que de sacrifie~ pour que ces enfants, ces jeunes gens deviennent des générations pratiques et utiles au pays. En retour, certainement les autorîtés ont droit de demander des hommes de cœur et d'intelligence.

En présence de ces exigences contradictoires, quelle position doit prendre l'éducateur chrétien. Doit-il s'indigner contre le matérialisme du temps ou réagir par un enseignement purement intellectuel contre ces tendances invincibles à acquérir cette matière périssable et qui bon gré mal gré un jour ne sera plus notre possession? Sans pouvoir résoudre cette importante question, nous répondrons, cependant, qu'il appartient plutôt à l'éducation chrétienne de corriger, par le contrepoids de l'influence religieuse, ce que l'utilitarisme peut avoir de brutal. Le,s caisses d'épargne auxquelles on fait tant de reproches, ont pourtant, il est certain, un but éducatif. Ce seul but est donc déjà une :baute importance pour la formation de l'enfant vers cet avenir qu'il doit affronter. Voyons ce que dit Littré, comment il définit l'épargne. <( L'épargne, dit-il, c'est l'administration des dépenses telle que celles-ci soient moindres que les recettes.>> De cette définition nous devons donc conclure que l'épargne est le fruit d' une sage prévoyance dans l'usage de nos biens. On nous a fait remarquer que l'épargne était capable de conduire l'enfant au vol ou à l' avarice. Il n'est, cependant, plus aucun esprit sensé qui puisse faire encore un semblable rapprochement. On a dit, avec beaucoup de raison, que l'épargne et la prévoyance sont le résultat de la civilisation. Cela est vrai. On voit en effet les ,sauvages couper l'arbre pour avoir le fruit savoureux; détruire l'essaim d'abeilles pour extraire le miel, sans songer que, par ce procédé, ils se privent à tout jamais de nouveaux produits. Cette insouciance s'explique dans un pays où le ,soleil, par ses bienfaisants rayons, fait continuellement m-0.rir des produits nouveaux et que l'homme n'a qu'à ouvrir la main pour la porter rem-


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36 plie à la bouche. Il n'en serait pas de a des paroles très sévères pour cêux même pour nous ou pour les habitants qui dilapident et dissipent leurs biens; du Nord où il faut souvent disputer à que Dieu ne saurait, en règle générale, une nature marâtre le fruit de nos la- pourvoir à tous nos besoins sans que beurs. Pourtant, disons immédiate- nous nous donnions la moindre peine; ment que l'imprévoyance n'est cepen- qu'il est dans sa volonté que la misère dant pas l'apanage seulement de ces soit la conséquence naturelle et inévisauvages privilégiés, mais aussi des table de l'imprévoyance et de la prodihabitants qui n'ont pas l'habitude de galité. Joseph, intendant des greniers compter, de nos villes et de nos villa- du roi sauva l'Egypte et sa famille par la prévoyance inspirée de Dieu. Et la ges. Ou a dit que l'épargne, Yertu très parabole des talents, des trois servipratique, ne peut être chez tous; qu' teurs auxquels le maitre avait remis à elle résulte plutôt d'un certain équili- l'un cinq, à l'autre trois et au dernier bre dans la répartition des facultés de un talent, n'est-elle pas une sage leçon l'esprit, et les hommes poussés par les d'économie? Après la multiplication préoccupations de la science, de la poé- des pains, le Sauveur a recommandé sif', etc., ne s' abai,s sent pas à de sem- à ses apôtres de recueillir les morceaux blables considérations. Il faut recon- de manière que rien ne se perde. Après naître qu'on peut posséder de grandes de tels exemples, qui voudrait prétendre qu,e la confiance chrétienne et l'é· facultés intellectuelles et morales et pargne bien entendue s'excluent? manquer totalement de prévoyance, témoin une foule de bienfaiteurs de l' humanité dont nous p ourrions citer les noms et qui ,s e sont continuellement débattus pendant leur longue carrièDe tous les bienfaits que la société re contre les difficultés que leur créait l'imprévoyance naturelle de leur carac- peut répandre autour d'elle, sur les privilégiés comme sur les déshérités, sur tère. les riches comme sur les pauvres, il n'y Les partisans du déterminisme vont même jusqu'à dire que l'on naît prévo- en a pas de plus précieux que l'instrucyant ou imprévoyant et que l'éduca- tion pour tous. Instruire, c'est améliorer le présent, tion, si bien dirigée soit-elle, n'y changera rien. Pour thèse on vous citera la prépare1· l'avenir; c'est poser pierre à fable de l'abeille et du papillon ou en· pierre les bases de l'édifice qui abritecore la cigale et la fourmi, éternels ra un jour les générations futures. L'instruction moralise, console, relèsymboles, il est vrai, de l'économie et de la prodigalité. Mais l'homme qui est ve; elle donne des forces aux faibles, un être pel'fectible doit moralement de l'héroïsme aux vaillants. En élargissant la pensée, en élevant parlant savoir régler ses dépenses sur ses revenus. Voilà pourquoi il est bon l'esprit, en formant la conscience, elle d'enseigner à l'enfant l'économie, l'é· devient l'égide et le soutien de l'hompargne étant une valeur moralisatrice me; elle le pousse invinciblement vers le bien, le préservant, au milieu des incontestable. l'ar un faux spiritualisme on a fait épreuves de l'exi,stence, des faibles·ses, à notre principe des objections basées des défaillances et des lâchetés qui déssur des idées religieuses. On a pré· honorent et avilissent la nature hutendu que l'épargne ,est contraire à maine. L'instruction recule devant nous les l'ordre évangélique. On oublie que Dieu

Instruction et éducation

espaces, elle tend à faire, des nations dispersées sous toutes les latitudes, une seule et même famille, ouvrant à nos yeux éblouis tous les horizons. Voyez! ici, c'est l'histoire des siècles passés avec ses obscurités, ses légendes, ses drames terrib1'es et sanglants, ses gloires et ses martyrs. Là, ce sont Jes merveilles de la nature ·· la nature! cette source éternelle de rêveries et de joies où le regard patient et investigateur de l'homme a peu à peu, à force d'efforts et de temps, fait ses plus glorieuses découvertes. Plus loin, l'art et ses prestiges, l'industrie avec ses étonnants progrès, la navigation avec ses audaèes, le ciel avec ses étoiles, ,ses mondes, ses mystères inviolés! . . . Cependant, il faut J'avouer, si savoir est beau, bien a.gir est mieux encore. L'instruction donne des connaissances; l'éducation développe les facultés. L'une s'adresse surtout à l'esprit, c'est le vrai; l'autre surtout au cœur, c'est le bien. Séparées, elles ne peu vent que former des hommes incomplets; unies, confondues, marchant de front, semblables à deux sœurs, elles ont pour mission d'élever un être à sa vraie dignité en développant à la fois son âme, son esprit et son cœur. L'éducation morale est donc une œuvre immense et essentielle; chaque homme, magistrat ou ouvrier, roi ou paysan, a pendant sa vie une tâ.che à remplir. La manière dont il vivra, dont il agira, dont il instruira ceux qui grandissent aut our de lui aura une influence décisive sur les affaires humaines en général. « Il n'y a point d'aristocratie dans la pratique du bien))' a dit un écrivain éminent. Cette parole est juste; les petits et les humbles doivent, eux aussi, participer aux bienfaits d'une bonne éducation. L'instruction s'élève ou s'abaisse, elle est plus étendue chez celuici, moindre chez· celui-là ; maj,s l'éducation, qui repose sur les règles des

lois éternelles, doit être féconde et complète chez tous. Dans nos campagnes comme dans nos ville,s, en hal!t ou en bas de l'échelle sociale, l'enfant qui grandit doit connaitre Dieu, la patrie, l'humanité. Dieu, c'est le but, la ·S uprême espérance. La patrie, c'est cette mère qui nous nourrit, nous garde et nous appelle un jour pour la servir et la défendre. L'humanité, c'·est tout ce qui vit, lutt e, ,s ouffre, et à qui nous devons offrir sans cesse, sans nous lasser jamais, aide et compassion, nous estimant heureux et fiers si nos veilles opiniâtres, nos travaux, nos fatigues ont fortifié une volonté ou essuyé une larme. C'est en ayant une foi, un but, des espérances communes que lagénération qui croît deviendra vraimentpuissante, parce qu'elle puisera dans l'éducation nationale des forces pour ses jours de grandeur et ses heures d'orage, forces toujours appropriées à ses besoins, à son siècle et à son pays. * * * Nous venons de démontre1· n.Tec con viction, quoique d'une manière bien imparfaite, les avantages de l'éducation; n' est-ce pas le moment de se de· mander qui donc, dans notre société si troublée, déposera dans l'âme de l'enfant les premiers germes d'une bonne éducation? Nous répondrons sans hésiter: la mère. <c Une mère! C'est ce qu'il y a de plus vénérable, de plus généreux, de plus doux sur la terre. » Une mère! Ab! aujourd'hui en core, même après la chute originelle, la couronne de la dignité maternelle est belle et sainte; cette couronne descend des cieux, c'est Dieu qui la dépose sur le front de la vertu, et quand rien n'en flétrit la splendeur, ce diadème paraît plu,s brillant a ux ye ux et pèse moins au cœur <J ue eelui des rois. »


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38 Oui, c'est à la mère que revient cette mission délicate et difficile d'être l'éducatrice de l'homme. L'enfant! c'est si doux et si grand! Espoir de la famille et du pays, tant de rêves reposent sur une frêle tête blonde! L'enfant! c'est un cœur pur, des yeux vrai,s, une fleur qui s'entr'ouvre, exhalant les parfums du ciel. Au début, c'est aussi une pierre informe d'où une main habile fera jaillir la statue inspirée. La famille sera toujours, quoiqu'on en dise, la première école; aussi le fo. yer doit-il être l'école de la sagesse et de l'honneur. Or, la gardienne de ce sanctuaire, c'est la femme; elle a pour tàche de le réchauffer, de l'embellir, de soutenir .l'énergie de l'homme et de murmurer à l'oreille de son fils les mots de devoir et de charité. Pl~s t~rd, ·aux· jou~s difficiles de la jeunesse, lorsque l'adolescen! se tro~vera livré à l'éducation publique, efficace et virile, ,san sdoute, mais incomplète sous certains rapports, c'est la mère encore qui s'armera de courage pour l'initier aux dures obligations de la vie. Il faut qu'il comprenne de bonne heure que la loi du travail, loi de miséricorde et de régénération, a été imposée à tous. Les uns cheminent à pas lents vers la fortune, les autre.~ consument leur existence à la poursmte d'un bien insaisissable, ceux-là se débattent contre la faim. . . Tous portent un regret, une douleur, un fardeau. . L'éducation doit fortifier, prémurnr, armer en un mot l'enfant insouciant et léger contre toutes le,s batailles et tous les hasards. M. de BESNERAY.

La prévenance Ne voilà-t-il pas un mot d'une signification bien claire et expressive? Pré-

venance: action de venir avant, au-devant de· de rendre un service avant qu'on vo~s le demande; action de v~~ir a u-devant des désirs et des besoms d'autrui. On veut limiter la prévenance au domaine des qualités de la femme. Et l'on a tort. Pour être plus rare chez les hommes, elle n'en a que plus de prix; et nous demandons à toutes fos mères d'inculquer à l~urs fils dès l'enfance les principes de la complaisance d'abord de la prévenance ensuite. Car, être ~omplaisant, ce n'est pas être prévenant. Prenons donc le développement de cette qualité, aimable entre toutes, chez l'enfant, premièrement. Habituons nos enfants, garçons ou filles à se rendre entre eux de mutuels servi~es; qu'ils s'ingénient vis-à-:is d~s personnes plus âgées qu'eux, _v1s-à:vis de leurs cadets aussi, à devemr utiles de mille manières. Quelques exemples : Le tout petit de la famille, un ~ébé qui ne sait pas encore marcher, laisse, du haut de sa chaise, tomber un jouet: que l'un ou l'autre deis aînés le lui ramasse. De même si la bob-ine ou le dé de la maman roule à terre. Et que cela n'occasionne aucune chicane de mauvais · aloi. - Vient-il une visite? Qu'ils avancent une chaise. Si le père rentre de son bureau, de son magasin, qu'on lui apporte ses pantoufles, qn'on le débarrasse de son par dessus et de son chapeau ... Et qu'on apprenne aux enfants à_être ,polis et préYenants avec lem,s mférieurs aussi bicu qu'avec Jeurs supérieurs. La. servante de la mais()n ne sera-t-elle pas touchée, si, chargé~ d' un l()urd pla.tea n de Yaisselle, elle ,oit une jeune fille lui ouvrir la porte? 1!n pauvre homme qui s'est reposé un rnstant sur une borne et qui a peine à remettre sa hotte sur son dos, et à reprendre ses paniers en se baissant, n'au~·at-il pas bonne opinion de ce collégien

qui, au lieu de se moquer de lui, se détache du groupe de ses camarades pour lui donner un coup de main? Les jeunes gens habitués à la prévenance deviendront, soyez-en sürs, d'excellents maris, 'surtout ceux qui n'ont à offrir à leur femme qu'une modeste position. Si le jeune ménage ne peut s'accorder le luxe d'une domestique, le mari aura cent occasions de s'aider à la besogne quotidienne, et de soulager ainsi sa femme de bien des petits travaux: il y a tant de choses qu'on peut faire à deux et d'autant plus joyeusement! La jeune femme bénéficiera donc de l'éducation qui aura été donnée à son mari. S'il n'est pas prévenant, s'il n'a pour elle aucune attention aimable: un bouquet, une bagatelle, de temps à autre qu'elle se garde de se relâcher dans ses',soins affectueux de chaque instant; qu'elle se garde davantage de lui montrer du mécontentement, soit par sa froideur, soit plus encore par ses reproches. Au contraire, elle devra redoubler de tendresse et entreprendre de corriger son mari par l'exemple; c'est la meilleure des politiques. De cette façon, si chacun y met sa petite goutte d'huile, le rouage tournera tout seul. L'idéal de la vie conjugale, n'est-ce pas que chacune des deux parties sacrifie absolument et sans arrière-pensée son <<moi», pour le bonheur et la commodité de l'autre? 1Soyons prévenants enve~s tout lè monde sans exception: la vie nous en sera facilitée. Si chacun agissait de la sorte, l'â.ge d'or reviendrait sur terre : la chose est malheureusement impossible. Il v aura des enfants irrespectueux en;ers les cheveux blancs, des maris paresseux, qui railleront ceux qui sont prévenants et obligeants en disant d'eux: (( Ils font des ouvrages de femmf' ! »; des femmes orgueilleuses et égo'istes, qui s'inquièteront fort peu des occupations, de la santé même de leuri;;

maris, et dédaigneront de se prêter à la moindre complais,ance; des récalcitrants, qui croiront s'humilier en offrant la plus petite parcelle de leur temps, de leur argent, de leur. plaisir. Ah! combien de nous savimt être humbles? Combien s'efforcent d'effacer leur personnalité pour ne songer qu'au bien-être du prochain, des membres de la famille d'abord, et de la grande famille humaine ensuite? Travaillons chacun dans notre modeste sphère; aidons-nous, ce qui revient à dire: Aimons-nous les uns les autres! Elargissons le plus possible le cercle de ceux à qui nous pouvons être de quelque secour,s. Soyons prévenants non 'seulement pour nos parents et nos amis, mais. encore pour ceux qui nous sont indifférents, ceux que nous n'aimons pas, ceux même qui nous sont inconnus. La p révenance a ce privilège de pouvoir s'exercer partout: au salon à table, à l'atelier, dans la cuisine, da~s l'école, dans la rue, en société comme dans l'intimité, à tou s les pns , à chaque heure du jour. La complaisance ne vaut pas la prévenance: elle est pour ainsi dire d'un demi-ton trop bas. Ne forçons pas la note cependant, et gardons-nous d'être obséquieux. ,Si l'on refuse nos prévenances, ayons Je tact de ne pas insister; nous deviendrions importuns. 1Enfin, soyons prévenants sans ostentation et non pas pour qu'on nous en vante. La modestie est une fleur exquise qui parfume cette vertu plus encore que tout autre. Accomplissons notre œuvre de renoncement sans bruit; ne faisons jamais remarquer à nos obligés que nous leur avons rendu service. La vraie prévenance ne doit réclamer aucun d~dommagement, pnisqu'elle est un plaisir autant qu'un devoir, et qn 'elle trouve sa récompense en elle-mêm e.


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lir le porc à une température de 80 à 90 degrés au moins. L'alimentation. - Les soupes. Le lait et les œufs peuvent rempla· Les légumes. cer avantageusement la viande. MalL'alimentation doit réparer les for- heureusement, dans les villes, le lait Cet;; et permettre la croirssance du corps est rarement bon, et les œufs atteitant qu'il n'a pas atteint son plein dé- gnent encore un prix aJSsez élevé quand veloppement. Le soin d'alimenter con- on veut les avoir frais. Mieux vaut s'en venablement les membres de la famille passer, que d'absorber des produits aconstitue l'objet des préoccupations variés. Un œuf est bon à manger constantes de la ménagère, quand il q uand, placé ent re l'œil et la lumière, n'est pas, en raison de 'la médiocrité il apparaît transparent, ou bien, quand des ressources familiales, un problème agité dans fa m.'ain il ne produit pas de extrêmement difficile à résoudre. ballottement, les œufs étant d'autant Dans les villes s urtout, beaucoup de moins pleins qu'Hs sont plus vieux. mères de famille doivent réaliser des de viande, d'œufs ou de lait, prodiges d'ingéniosité et d'activité lesA défaut ménagère,s avisées et entendues pour constituer aux leurs un régime une précieuse ressource dans alimentaire suffi,sant, complet et va- trouvent la confection des soupes et des plats rié. de légumes qui, bien préparés, judiUn repais complet est, tout le monde cieusement choisis et variés, constile sait, celui qui se compose de viande, tuent des mets à la fois nourrisis ants de légumes et de pain. Mais, dans beau- et rafraichissants. co up de ménages, on ne peut guère se La plus nourrissante des soupes est permettre de manger de la viande qu' la soupe au lard et aux légumes. Les une fois par semaine. légumes, pommes de terre, choux, hariIl est bon, alors, de ohoisir un mor- cots verts ou écossés, pois, fèves, caceau de viande très saine. La viande rottes, doivent, après avoir été soigneuavariée, qui se vend à bas prix, peut sement épluchés et lavés, jetés à l'eau causer des troubles digestifs très gra- bouillante. On aj oute, quelque temps ves. La viande de bœuf de bonne qua- après, un morceau de lard, mélangé de lité est d'un beau rouge, entourée de gras et ,de maigre et assez mince. Puis graisse légèrement jaune, sa surface on laisse bouillir le tout ensemble penest humide. Le veau (beaucoup moins dant une he ure et demie au moins. La nourrissant que le bœuf) doit être d'un soupe est d'autant meilleure, d'autant ro se pâle. Le mouton ne doit dégager plus liée, que la cuisson a été longue. aucune odeur de suint ou de laine, sa L'insipidit é, le peu de va·I eur nutritive thair doit être ferme et serrée. de la plupart des soupes viennent le A la campagne, on cousomme sur- plus souvent de l'insuffisance et de la iout la viande de porc, qui est très rapidité de leur cuisson. Et cependant, 'llourrissante, mais très difficile à digé- quand elles sont bien faites, les soupes rer pour les estomacs délicats. Elle constituent un mets très nourrissant peut aussi être la source de maladies et très économique à la fois. Une soupe graves quand on la consomme crue, à la viande revient à peu près à quatre sous forme de saucisses fumées et sé- sous par tête, qu~nd on la fait pour chées. Ou diminue encore la digestibi- 4 ou 5 personnes; une soupe maigre, lité de la viande de porc, mais on atté- faite exclusivement avec des légumes, nue le,s chances de transmission des ne coûte pa!S, en été, plus d' un sou ou maladies parasitaires en faisant boui!- deux par tête.

Les légumes sont en général meil- et les blancs battus en neige; on enduit leurs et plus nourrissants quand on les de caramel le fond et les parois d'une fait cuire que quand on les consomme casserole de fer battu, on y ve-rise le crus, bien qu'un certain nombre d'en- mélange de riz et d'œufs, et on fait cuitre eux soient souvent mangés crus. re pendant un quart d'heure an bainLa ménagère doit conn aitre ceux qui marie. On renverse sur un plat pour sont plus nourrissant,s que les aut res et servir. On ,a ainsi un mets agréable, ceux qui sont surtout rafraîchissants. nourrissant et assez peu coût eux. Elle emploiera surtout les dernie1~s les jour s où elle pourra avoir de la viande, tandis qu'elle r ecourra aux autres quand ils devront constituer 'le plat de La chapelle de Cretel résistance. Les carottes, les navets A deux lieues environ de Sierre, au sont très aqueux, peu nourrissants et même assez difficiles à. digérer, ils ac- haut d'une contrée ravissante et ferticompagnent très bien un plat de vian- le, si bien qu'on l'appelle « La Noble de (bœuf à la mode avec les carottes, Contrée >> s'élève à quelques minutes de canard avec les navets). L'oseille, le'S Randogne, un s~rnctuaire vénéré, q ut épinards, la chicol'ée cuite ont des pro- la piété de son fondateur a dédié à la priétés tafraichissantes, ils facilitent Sainte Vierge. Honneur a ux Valaisans! Les sancla digestion de la viande, mais ils sont peu riches en sucs nutritifs. Au con- t uaires sont nombreux dans not re cher traire, la laitue cuite, les scorsonères, pays. Aussi longtemps que la frêle silles haricots verts, les pois, les fèves, houette de leurs pittoresques clocheles pommes de t erre, tout en étant as- tons enverra au ciel le,s prières fersez fac ilement digestibles, sont très ventes de tant de fidèles, la foi, celle pour qui nos pères ont ver sé si souvent nourrissants. Les fruits constituent a ussi un élé- leur sang, fa. foi, sera encore vivace et ment important dans le régime alimen- pure dans l'es.prit du peuple valai,s an. taire. On a a vantage à les consommer, )fais revenons au sanctuaire. eux aussi, plutôt cuits que crus. Diverses circonstances ont détermiLes fromages enfin, à la condition de né la construction de ces asiles de la n'être pas t rop faits, sont une précieu- prière: tantôt c'est l'ex,écution d'un se ressou rce pour les mères de famille vœu, tantôt l'effet d'un miracle, peutdont le budget est modeste. Le froma- être encore, d'un avertissement divin. ~e de oTuyère est. parait-il, le plus A cette dernière cause se r atta che l'élé0 nourrissant de tous. Q.u elques hyg1"é- vation de la chapelle de Cretel, comnistes affirment qu'un repas composé me le montre l'historique affiché sur de pain et de fromage est un repas com- une des pa rois de la petite chapelle, et plet et parfaitement suffisant. dont je vais faire ici un résumé. RECETTES P AR'rI CULIÈRES C'était vers l'an 1706. P endant trois Gâtean de riz: Laver une on deux poi- nuits consécutives, Jean Clivaz, de gnées de riz, les faire cuÎl'e doucement Randogne, vit en songe la Sainte-Vieraprès les avoir recouvertes d'eau. ge à l'endroit où s'élève aujourd'hui le Quand l'eau est absorbée, on ajoute du sanctuaire. Cet avertissement, quoique lait de façon que le riz soit toujours extraordinaire, ne l'ayant pas encore suffisamment mouillé. Quand il est bien convaincu, Dieu en permit un aucuit, on ajoute une cuillerée de sucre tre qui acheva de persuader Jean que en poudre par poignée de riz, un peu la Vierge Marie vo ul ait voir là une de zeste de citron, deux jaunes d'œufs, chapelle érigée ,s ous son patro,nage.

Economie domestique

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En pays sierrois


42 Qu_elques jours après donc, Jean revenait de la montagne hissé sur son cheval. II ne fut pas plutôt arrivé à l'endroit miraculeux que le cheval, sans cause apparente ,s'emballe et se dirige au galop du côté de la plaine. Un affreux précipice se trouvait àquelques cents mètres au-dessous. Dans sa course folle, l'animal et son cavalier allaient y rouler ... Un pas encore ... et l'on _était dans le précipice. . . Mais, ô miracle, la monture s'arrête soudain. Frappé de cette étrange coïncidence Jean reconnut que Dieu désirait à tout prix qu'on érigeât un sanctuaire en cet endroit. Il résolut donc, de concert avec sa femme 'Marie Lovi d'y construire une chapelle. ' Le sanctuafre, commencé en 1706, fut élevé sur le rocher nommé Crete!. La main-d'œuvre était confiée au maitre Berna.rd .M:a.ttéo, un Italien, tandis que Christian Brunner, de Glarey se chargeait de la sculpture. ' Le 5 août 1707 en avait lieu la dédicace. L'évêque, étant empêché de s'y rendre, délégua pour la cérémonie le Curé Christian Zina, de ,St-Maurice de Lacques, qui officia~ assisté de M. Scheffer, doyen et curé de Sierre, et de M. Etienne de Mondere,ssi, curé de Venthône. Antoine de Lovina, notaire, dressa l'acte. Une messe était fondée par Jean Clivaz, et la fête solennelle de la chapelle, célébrée depuis régulièrement le 5 août, jour de Notre-Damedes-Neiges. La renommée des grâces (JUe les pèlerins y obtinrent souvent de la puissance divine se répandit bientôt dans les alentours. II y eut même des prodiges éclatants. D'année en année, le nombre des pèlerins augmentait, on compta même jusqu'à 5000 communions. Trop exignë pour tant de monde, il fallait songer à l'agrandir. Un nouvel avertissement fit devancer le projet. Le 4 août 1726, veille de la fête pa-

tronale de la chapelle, M. Clivaz, se trouvant ce jour-là, qui était un dimanche, retenu à Randogne par un rhumatisme, vint, pendant la messe. à l'aide de deux bâtons, prier à la chapelle. Il y était à peine que deux femmes, malades comme lui, y vinrent aussi. Tous les trois se mettent à prier le Rosaire. Des bruits mystérieux parviennent à leur.s oreiiles. C'était le bruit de la hache du charpentier, le .m:arteau des tailleurs de pierre, le roulement des chars. Les trois malades sortent pour se rendre compte de ce qui se passe. A leur grand étonnement, ils ne voient personne. Ils rentrent et par quatre fois les mêmes bruit,s se font entendre. C'était un signe convaincantqueDieu voulait l'agrandissement. Jean s'entendit avec son beau-frère Joseph Masserey, de Venthône, et aidés de quelques gens généreux ils se mirent à l'œuvre. On creusa dans le roc, sous le couchant, un second chœur où l'on établit le Saint-Sépulcre. Deux ans après, ce travail était achevé. Ce n'était pas tout encore. 1730 et 1737 voyaient s'élever successivement la sacristie, le clocher et l'ermitage. Cette dernière année, l'évêque de Sion, Mgr Jean-Joseph Blatter visitait Cretel, accompagné de M. le chanoine Sébastien Briguet et Christian Hagen, ci-devant curé à Sierre. Sa Grandeur témoigna sa vive satisfaction aux généreux fondateurs et accorda plusieurs indulgences, auxquelles vinrent s'ajonter encore celles de quelques papes, à eeux qui viendraient prier en ce sanctuaire. Monseigneur, s'ét:rnt assis devant la chapelle pour prendre quelques rafraichissements, trouva le site délicieux. «I1 fait bon ici» , a-t-il dû dire, d'après la chronique. En effet, quel admirable panorama que celui qui s'y déroule devant l'œil ravi du pèlerin. En face, c'est la pittoresque et romantique vallée

d' Anniviers aux abords terrifiants et sombres, à l'intérieur verdoyant, au Weisshorn en noce, au Rothhorn en deuil. Beauregard, qui en garde l'entrée, triste et accablé, se penche comme pour regarder le passé, un t emps de gloire dont six siècles le séparent. En bas, à vos pieds, Venthône avec son antique vidorna.t, le château d'Anchet, autrefois aux illustres de Platéa, depuis le 16e siècle aux de Preux, de non moins noble lignée, puis c'est le coquet chef-lieu, Sierre, qui s'étend le long de la montagne. Plus loin, les deux lacs de Géronde, joyaux d'azur au centre d'un vignoble aux pampres verts. Pour compléter le tableau, Géronde et le Rhône aux eaux parfois turbulentes et inquiètes traçant leurs bleus méandres sur la plaine que l e fleuve prétend gouverner. Après que les regards du pèlerin ont été fascinés par cc spectacle de la nature, involontairement il les tourne de nouveau vers le vénéré sanctuaire, et de son cœur de catholique une flamme sa.crée s'écbappt>, c'est celle de l'amour plus intense de Dieu, l'auteur de toutes ces meneilles, depuis la nature jusqu'à la petite chapelle qu'il contemple. Maintenant que deux s.iècles se sont écoulés depuis sa fondation, toujours au 5 aoùt l'on verra la foule se heurter, se presser, dans le saint asile et prier avec ferveur la Mère dn genre humain. Aloès.

Les maladies de l'hiver chez les enfants Les engelures l'auvres petiots! Voici que la brise âpre et dure de décembre imprime sa morsure ,sur leur visage de li,s et de rose. Voici que le.ors oreilles délicates se coupent . .. .. Voici que les doigts de pied ou le talon se tuméfient. Et yoici que les phalanges des mains rou-

gissent, empêcha.nt l'enfant de tenir son crayon ou son porte-plume. C'est }';engelure qui fait des siennes. Petite misère, c'est bien vite dit. -Elle est pourtant redoutée des enfants puisqu' en e amèn€ des réprimandes, puisqu' elle vaut à ces malheureux enfants d'inexorable,s punitions pour mauvaise page d'écrihme ... Je vous indiquerai d'abord comment prévenir ces petits maux, comme,nt ensuite les guérir s'ils sont venus à fleur d'eau. Pour empêcher les engelures de se produire chez les enfants qui y ,sont prédis.posés, il faut proscrire absolument l'eau chaude de leur toilette et leur faire frotter vigoureusement les parties menacées avec de l'eau savonneuse, de l'eau très froide, même avec de la neige ou de la glace, si on en a sous la main. Les lotions à l'alcool camphré, à l'eau de Cologne, à la teinture de benjoin, a u yin aromatique ou au simple vin pur sont d'un bon effet. Il est nécessaire d'éloignel' du feu les enfants prédispo,sés aux engelures ou qui en sont atteints. On leur recommandera aussi d'éviter de sortir brusq urement d'une pièce chauffée pour entrer en contact avec l'air frais du dehors. Ces consens ne sont pas toujours exécutables, car les études ont leurs exigences irréductibles. Ce qu'on peut toujours faire, c'est munir les enfants de gants qui amo,rtissent l'action irritante du froid extérieur. Voyons maintenant le traitement. S'il n'y a que rongeur et cuisson c'est déjà trop! - ou se contentera d'appliquer sur les surfaces atteintes, de la glycerine neutre, du glycérole · d'amidon ou au tannin. Voici une formule simple et agréable qui donne souvent d'excellents résultats: Sulfate d'alumine, grammes 4. Cold-cream cc 30. Cette pommade parfumée a souvent


44 barré la route à des gerçures, ou mê· me à ces ulcérations aUant jusqu'à l'os, qui néces'sitent la cautérisation au ni· trate d'argent et même au fer rouge. C'est dire que, quand on est arrivé là, il faut faire appel au chirurgien. Les engelures des oveilles et du uez exigent des soins s,p éciaux. S'il n'y a que des rougeurs à l'orieille, on Ja recouvJ.'le ma'tin et soir avec des compresses imbibées d'eau-de-vie camphrée ... S'il y a ulcération, on applique des catapla,s mes de fécule de pommes die terre ou de glycerine boratée. La localisation au nez est une des plus agaçantes. Il rsemble qu'une mou· che s'acharne à titiller cet appendice. ... Et puis, chez les fiHettes, la quest ion de coquetterie entre en jeu. Ce nez rouge et luisant ne leur dit rien qui vaille. Allons! mignonnes, ne pleurez pas. Vous laverez ce petit naseau avec de l'eau de feuilles de noyer froide, puis vous l'enduir1ez consciencieusement de la pommade suivante : Beurre de cacao, 20 grammes Huile de noisettes, 10 grammes Acide citrique, 25 centigr. Précipité blanc, 15 centigr. Teinture de musc. 10 gouttes. De même que les champignons, les lichens et les mous,ses poussent surtout sur les arbres maladifs ou vieillis, de même les engeluves reposent habituel· lement sur un fonds constitutionnel mauvais. L'huile de foie de morue, le sirop d' iodure de fer, le sirop iodotanique conviennent à ces tempéraments lymphatiques. On y ajoutera des vêtements chauds, des exer cices soutenus, des bains d'air et de soleil. 1

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•••• Amélioration de nos prairies et pâturagfs · Dans presque toute la Suisselesprairies et herbages forment sous plus d'un

point de vue la principale partie de l'exploitation, et cela pour le motif bien justifié aujourd'hui que les agriculteurs donnent plus de prépondérance à l'élevage du bétail. Ve:xteinsion de l'élevage a pour conséquence nécessaire l'extension simultanée de la production fourragère. Car on sait qu'une production maxima en lait, viande, graisse et os ne devient possible que par une alimentation rationnelle avec de bons fourrages riches en matières nutritives. De toutes les cultures fourragères, ce sont incontestablement les prairies bien traitées et bien fumées qui fournissent, avec les pâturages, le meilleur et le plus profitable fourrage. Il est, par conséquent, bien naturel que chaque agriculteur doit penser d'abord à l'amélioration de ,ses prairies et pâturages, au maintien et à l'augmentation de leur fertilité. Le moyen le plus efficace à cet effet est, outre un bon hersage et éventu:ellement le drainage et l'irrigation, une bonne et rationnelle fumure. Oh'ez nous, dans toute la Suisse, il s'agit en premier lieu et dans la grande majorité des cas d'un apport d'acide phosphorique, vu que la plus grande partie de nos sols sont absolument trop pauvres en acide phosF)horique; l'absence des aut res principes nutritifs essentiels est beaucoup moins fréquente, et se fait beaucoup moins sentir dans les prairies et pâturages. L'expérience a démontré qu'il est plus avantageux d'y appliquer l'acide phosphorique sous la forme de scories Thomas. L'emploi de cet engrais dans les prairies et pâturages a pris, d'ailleurs, une extension inattendue. C' est, du reste, la meilleure preuve des effets extraordinaires des scories. Par une dose appropriée, - a,u besoin en çom· binaison avec des sels de potasse, on n'obtient pas seulement des rendements doubles, voire même triples et 1

4uadruples en foin, en i·egain ou en fourrage vert, mais la qualité du fourrage obtenu devient beaucoup meilleure. Par une application répétée d'une quantité suffisante de scories, il est possible d'améliorer en deux ans déjà les prairie,s et pâturages qui n'ont produit jusqu'ici que des plantes de mauvaise qualit é de façon à les transformer, en quelque sorte, en trèflières. Quant à l'époque où l'on doit appliquer les ,scories, on doit recommander leur épandage, si possible, en automne immédiatement après la récolte du regain ou après la cessation du pfi.turage. Mais les scories peuvent encore être utilement répandues durant tout l'hiver et jusqu'au printemps, si le temps le permet; leur effet ,s era assuré. Une fumure isolée aux scories ne suffit cependant pas; pour avoir un plein effet, il faut la répéter. Pour la première fois, on donnera alor,s 600 à 800 ki lg.; on peut, dans ce cas, compter sur une plus-value de rendement de 3000 à 4000 kilg. de foin et de regain par hectare. P l us tard, on pourra appliquer des doses plus faibles. Pour ce qu'il en est des différentes espèces de scories, offertes par le com· merce, on sait que la marque « Etoile», si ava1I1,t ageusement connue, offre les plus grandes garanties à l'acheteur. En achetant des scories marque « Etoile », il faut contrôler si les sacs portent la marque <c Etoile i>, Je dosage des scories et s'ils sont plombés. W . M.

••• De la propreté La propreté est une conséquence de l'ordre : la ménagère qui a de l'ordre est nécessairement propre. La propreté est la vertu des riches et le luxe des pauvres. EHe rend la pauvreté moins pénible et rapproche

de l'aisance. Ùli se p.lait dans une maison propre et l'on oublie qu'elle est pauvre; le père de famille se sent joyeux et presque reposé de ses rudes travaux, lor,squ'en rentrant chez lui il trouve répandu sur tout ,ce qui l'environne la fraicheur, le parfum d'une ex· quise propreté. 1Entronrs dans un de ces intérieur,s d'ouvriers ou de petits employés, où l'ordre et la propreté règnent en souverains et y entretien.nent l'aisance et la bonne humeur. Aucune toile d' araignée ne tapisse les murs ou le pla· fond; le plancher a été balayé et netto· yé dès le matin; les vitres sont transparentes, et les modestes rideaux qui les garnissaient sont du plus beau blanc. Les ·c haises ont chacune leur place dans les angles de la chambre; elles sont bien empaillées et ne sont pas embarrassées par des objets qu'uu y a jetés en passant. L'armoire, le bois de lit, les pieds de la table et des chaises bien reluisants, témoignent que la maîtresse dulogis le sfrotte tous les jours et connaît la recrttie de l'encaustique (c'est tout ,simplement éîe la cire jaune fondue et un peu d'eau de le8· siv,e [ de cendre de bois]) pour vernir les meubles à bon marché. Le lit a été fait avec soin et symétrie: la couverture, bien ti,rée et rebordée du haut, ne fait pas un pli; la couture des draps occupe bien le milieu du lit; la plume de l'oreiller et de l'édredon a été bien remuée, puis égalisée. La table est mise. C'est l'heure du frugal repas. La nappe a été reprisée en dix endroits, mais elle est d' une blancheur éblouissante; les as siettes et les plats sont de la faïence Ia plllis ordinaire, mais resplendissants de propreté; les couverts sont mi s avec une grande symétrie; les verres paraissent être de cristal: ,servi ainsi, le menu Je plus simple doit paraitre délicieux. La ménagère ouvre son armoire; je· tons-y un regard en passant. Elle n'est 1

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46 pas à demi pleine de chiffons, et la pe- mais ceHe-ci est un des principes de tite provision de linge de la famille leur activité, de leur humeur, de leur n' est pas éparpillée ça et là. Chaque satisfaction intérieure et même, à cerespèce forme une pile et est pla;ée tains égards, de leur moralité. C'est avec :symétl'ie sur les rayons de 1 ar- dans les villages et les m~sures sans moire. Les habits de la ménagère, ceux propreté qu'habitent de préférence_ la de son mari et des enfants, bien bros- paresse, l'abrutissement, la mauvaise sés et retournés, sont accrochés au- foi, le vol, tous les vices. Le défaut de propreté ne nuit pas seulement à la dessous des rayons. pureté du corps, il nuit à celle de l'à.Si de la chambre nous aHons à la me. La maîtresse de maison aimera ' nous y ,errons le même ordre, donc cette précieuse qualité, la proprecuisine le mêm'e soin. La petite batterie de cui- té. qu'on a si justement appelée une sine, bien frottée, bien reluisante, gar- «demi-vertu», et elle habituera de nit le mur. La vaisselle est rangée sur bonne heure ses enfants à être propres le dressoir en bois blanc comme la ta- sur leur personne, à avoir soin de leurs ble· Je fourneau a été frotté avec de la vêtements et de tout ce qui est à leur mi~e de plomb. L'évier n'·est pas encombré par de la vaisselle sale et ne n~ag:e. répand pas d'odeur nauséabonde. Les enfants, débarbouillés et bien :Uon crucifix ieianés ont un air de santé et de proQmwù je tombe il me relève; I. b ' preté qui fait plaisir à ,oir. Tout d ans Quand je pleure il me console ; Quand je souffre il me guérit; ce gentil intérieur, dont l'ordre et l_a Quand je tremble jl me rassure ; propreté constituent le seul luxe, fait Quand je J'appelle il me répond. le plus grand honneur à la ménagère Il est la lumi ère qui m'éclaire, qui Je dirige et lui concilie l' amour de Le soleil qui me réchauffe, son mari et l'estime de tous. C'est que L'aliment qui me nourrit. la propreté dans une maison indique La source qui me désaltère, La douceur qui m'enivre, des habitudes laborieuses, le respect de Le baume qui me guérit, soi-même et des autres, qui commande r,a beauté qui me charme. lui-même le respect. Nous pouvons aIl est la solitude où. je me repose, jouter q Ul' la. propreté contribue a.~rec La forteresse oil je me renferme, rordl'c à la durée et à 1'a conservation La fournaise où je me consume, L'océan oil je me plonge, ùrs objets. L'a•bîme où. je me perds. ,La propreté à l'intérieur des ~~bitations ne suffit pas; il faut y Jomdre la propreté 1s ur soi-même: la pil"opreté du corps pré,ient en notre faveur et inspire la sympathie; la malpropreté Ce joUl'-là, 1er janvier 1897, le quartier du n'inspire que de la répugnance. _La propreté du corps nous est encore 1m?osée 172e de ligne fut subitement éveillé, à. 6 h . par l'hygiène, car la malpropreté du ùu matin, par la diane jouée en fa.nfare au milieu de la g1•aJ1de cour de la caserne. Dans linge, des vêtements ou du ~orps engen- la ch:1mbrée 28 B, le fantassi n Lalouette, un dre des maladies, la vermme, et nous excellent einfant de la Bretagne récemment rend un objet de dégoO.t pour les au- arriv6 .au régiment, s'étira, grommel-a1 finit pur s'lLSseoir su1· son lit, et se mit à r ~fl(,. tres. La propreté enfin influe sur le mo- chir. Pas folichonnes d'ailleurs les réfleXJons Lalouette. Alors que ses camarades étaient ral. Non seulement la santé des hom- de pour 1,a plupart en possession de quelques mes dépend beaucoup de la propreté,

Les étrennes de Lalouette

tr&11c11 arrivés la veille du pays à l'occa.sioo du renouvellement de l'année, Lalouette, lui, se trouvait sans un lil!Jl'd en poche. La situation manquait décidément de gaîté et le pauvre garçon se demandait avec angoisse comment il allait passer cette journée du premler de l'an, dont chacun escomptait, depuis des jours et des jours les mirifiques jouissa.nces. A la fin, n'y tenant plus, Lalouette soupira: - Bon sang de bon sang! Avec quoi vaisje t'y donc faire la fête aujourd'hui. Mais avec quoi? V'là c'que je me dema.nde. Ces simples paroles eurent le don d'attirer l'attention de Lafood, le vois.in de lit de Lalouette, un bon camarade mais qui aimait la gaudriole et se payait volonfiei:s la tête du Breton. II faut dire aussi que la naïveté de ce dernier dépassait vraiment les bornes et qu'elle était devenue proverbiale au sein de l'escouade. - Quoi donc, mon vieux Latouette? Interrogea, La.fond. T'es malade? T'as des chagrin.a? Allons, pas de bêtises! Nous t'emmenons, les copains et mol. Il y a apéritif à onze heures au XXXe siècle, déjeuner chèz Durand, dîner à Bellevue, visite de la ménagerie l'ap.rès-midl, puis, le soir, rendez-vous général au théâtre. Une bombe soignée, quot! Lalouette, bouche bée, écoutait l'énumération des plaisirs promis par ce programme si riche et si varié. Les mots magiqtult> d'apéritif, de déjeuner, de dîner, de ménagerie, de représentation théâtrale faisaient na,ttre en lui une envie démesurée d'être aussi de la partie, de manger et de boil·e à son saoQl, de s'empl.i,r l'estomac, de s'amuser, royalement, comme les autres. Quelle noce, saperliP?pette! Rien que d'y songer, ses grosses lèvres se:qsuelles en devenaient humides. - Eh bien, reprit Lafond, ça te v.a.? - Sans doute que ça me va, pour sO.r. Seulement com'blen que ça coO.tera, ce balthazar? - Peuh! fit Da.fond, de' l'air dégagé d'un homme que la question finance intéresse médiocremeàlt. J'sals pas, moi. . . Dans les dix ou douze francs. P't-être plus, p't-être moins. Ça dépend de ce qu'on boira. - Bon sang de bon .sang, répétai Lalouette. O'est-y pas malheureux de se trouver dans une dêche aus.si supérieure que la mienne?... - T'es dans la dêche? Interrompit Lafond. Dans ce cas, mon cher, y a rien de fait Rien de rien. Tu comprends, les restaurateurs ça se fait payer ... y faut de la braise .. . - Turellement, opina Lalouette. Il y eut un silence. Ma.is tout à coup La-

fond, qui venait de découvrir un nouveau moyen de se divertir aux dépens du Breton, s'écria joyeusement: - Dis donc, Lalouette, j'ai ton affaire. T'as pas de galette, t'en a.m·as! • - Pas possible! - O'est comme j'ai l'honneur de te l'affirmer. Ecoute un peu. Gageons que tu n'as pas encore souhaité la bonne annêe ia.u colonel? -Non. - Eh bien vrai, mon fiston, tu es un fichu cornichon, permets-moi de te le dire. Comment, tu ne possèdes pas de quoi te distrail'e et tu négliges d'aller présenter tes vœux au chef du régiment, à notre père à tous! Ça n'a Pail Je sens commun. Aillons, oust, ha1bllle-toi, cire tes godillots, et cours chez le « colon ». Il n'y a pas un instant à perdre. - Et quoi donc que je dirai? - C'est bien simple. Tu .sonnes, Ja bonne vient t'ouvrir, on t'introduit, tu déb1tets ton petit compliment. Après quoi le colonel te remercie, t'offre un marsala ou un madère, fouille ,s es poches et te glis!!e un demi louis ... - Tu crois? interrogea Lalouette, émerveillé. - Si je le crois! Mads j'en suis sfir. Tu n'es pas encore parti? En présence d'une pareille conviction, Lalouette n'hésita plus. D'un bon 11 fut debout. Prestement il enfila son pantalon, passa sa tunique de grande tenue, y fixa les épaulettes, donna un coup de bouchon à .son ceinturon, lustra ses souliers d'ordonnance et ajusta son képi. - Suis-je t'y bien? demanda-t-il lorsqn'il ffit prêt. Lafond, qui se tenruit il. quatl'e pour ne pa.ci éclater de rire, procéda à l'in'Spection, le fit tourner et retourner, baisser la tête, lever les pieds: - Il manque bien un clou à tes godilJots, déclara-t-11 finalement. Mlaii5 à. part ça ... Tu peux aller. Et sul'tout fais vite, nous t'attendons. Lalouette s'éloigna. ta.nclis que, dans la chambrée, les rires fusaient de toutes parts. Le colonel habitaJt, à l'extrémlté de la ville, un charma.nt cottage. Lor sque Lalouette arriva devant la grille qui fe1·mait la coquette villa, il eut un instant d'appréhension. Néanmoins la détresse drun:s laquelle il se trouvait lui donna le courage nécessaire pour tirer la ,s onnette. Oomme LafOiild l'avait prévu, ce fut la bonne qUi vint ouvrir. - Bonjour, mamz'elle, dit-il en portant po-


XXD1° année

1904

48 iiment Ja main à la vis.ière de son képi. Je voudrais parler au colon<>l. - Au colonel! s'exclama la soubrette. Eh ben, vous n'avez pas peur. En v'lil. rune santé! Mais Il n'est pas levé, le colonel. - Comment, pas le'vé? Y a cependant long. temps que le ,r ôveil a sonné. Que pewt-il bien ficher dans son lit à c'te heure? Y va se faire coffrer. Dites-lui que le soldat LaJouette, matricule 16,459, déske lui parler. C'est pressant! - Si c'est vraiment urgent, déclara la femme de chambre, je veux bien l'éveiller. Ma fois, tant pis pour vous. - Quand je vous dis qu'on .a,ttend la réponse pour l'apéritif, le déjeuner au XXXe siècle et le reste. S'agit pa.s de blagues, je suppose! Devant cette insistance, la bonne fit entrer Lalouette et alla frapper à la. porte de la chambre à coucher de l'officier. Celui-ci, qui avalt quitté depuis peu son édredon, était justement en train de se faire la barbe. Volontiers, il etlt envoyé au diable l'importun, mais comme la servante affirmait qu'll s'agissait d'un message important, il donna l'ordre d'introduire le militaire. Lalouette s'avança gauchement, son képi à la main: - Pardon, excuses, mon colonel, dit-il, je me nomme Lalouette, je venais ... A cet endroit de son <liscours il s'arrêba net. - Et après? questionna le commandant. - Après? Ben, mon colonel, .sauf .vot'respect, je venais, j 'étais venu ... je voulais ... - Mais parle donc, animal! rugit l'offi cier , qui dans un mouvement un peu brusque, venait <le se taillader la joue (1roite. Que veux-tu? Qu'y a-t-il? - Ben, mon colonel, voici la chose ... Je venais ... - Encor e! - Je venais pour apporter à mon colonel mes vœux de bonne année et' lui souhaiter, ainsi qu'à sa da.me, des jours n'heui-eux, d'la santé, et le bouheur dans le ménage. - Tiens, tiens, fit le colonel, touché. C'est très bien cela, mon garçon . Je te remercie... - Y a pas de quoi! répondit vivement Lalouette t out heureux de la tournure que prenaient les choses. - Mais si, mais s i. C'est tri'!s gentil de ta p81-t. Aussi voilà 20 fr. pour boire un verre à ma santé avec les camarades. - Oh! c'est trop, mon colonel. Lafond m'avait parlé d'un demi louis. 15 fr. me suffisent amplement pour fme la fête, voir la ména-

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g()l'ie, etceptern, etoeptera. J'veux pas vous filouter, moi! Tenez, 1·eprenez les cent sous de surplus. Faut être juste, que diable!

------- ....,,. _______ Variétés

* Avec la mauvaise saison nous avons moins souvent la facilité de nous retremper au gr and air. Vivant davantage chez nous, nous devons aér er nos appartements, Je plus fréquemment possible. Pendant la nuit, il serait e!Xcellent de laisser entr'ouvertes les fenêtres de nos chambres, afin de renouveler constamment l',a.i.r que nous respirons. Et si nous ne voulons pas recourir à ce procédé en honneur chez les Américains, les Allemands, les Anglais, etc., gardons-nous en tous cas d·encombrer les pièces où nous dormons. Tapis, tentures, rideaux de lit, etc ... , sont contraires à l'hygiène. Les courtes-pointes et autres housses qui recouvrent Je lit, empêchent l'iaération et conservent les miasmes et microbes. Autant que possible, il faut garnir nos cha.mbres de plantes vertes qui aseptisent l'air et n'épandent pas une odeur violente. Essayez et vous vous en trouverez à merveille. C'est une recette simple et facile, qui vaut bien des élixirs de longue vie! HONTEUSEJ EXPLOITATION. - A l'Hô· tel-Dieu cle Rei ms, les Sœurs Augustines soignaient toutes les misères humaines depuis l'année 882. On les avait ainsi supportées pendant 1022 ans! C'était donc t emps d'en finir. AuRsi, profitant des bonnes dispositions de Combes le maire de Reims, socialiste plus que millionnaire, en a ordonné la prompte et brutale expulsion. Elle s'est accomplie le 14 novembre. En vain, les religie·uses ont supplié d'ajourner jusqu'au 10 l'exécution de La tyrannique sentance, pour n'être pas obligées de voyager le dimanche ni exposées à se trouver sans mobilier sur la terre étrangère. A cause du danger que courait la ,patrie, elles ont dtl sans retard débarrasser de leur présence la France épou,v antée. Et le bon peuple a laissé faire! * LE PETIT TOMY. - Papa, j'ai r amassé aujourd'hui 1 fr. dans la rue. - Et tu l'as rendu à son possesseur, nat urellement? Oui , père. - C'est très bien ça, mon enfant. Il faiut dire aussi que je pouv.ais difficilement faire a utrement; il me tenait par l'oreille.

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