11'U'J:
DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'EDUCATION - -- ~
L'Ecole primaire donne de I 5 à 18 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8 à 16 pages pendant l'année ordinaire de 12 mois.
Prix d'abonnement : Suisse fr. 2.50 Union postale fr, 3 Tcut cc qui ccncc1,nc la publication dcit être adressé directement 1e1• secrétaire à l'instruction publique, à Sien.
à M. P. PIGNAT,
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On ne doit ve1·se1.• dans l'esprit des enfants qu'on souhaite y voh- r4',ster toute la vie. J l
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Sommaire de ,,l'Ecole" du .janvier 1904 :
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A nos abonnés et lecteurs. - Nos rnaîtr.es. - Le travail de l'esprit. - De l'enseignement intuitif à l 'école primaire. - Du respect humain et de l'f'mpire de l'opinion chez l'enfant. - Au ,s uje t de la composition française. ~ e négligeons pa,s les relations avec lf's fomi!Jes. Heureuse initiati,e !l\m inRtituteur. - Véeole et l'arnonr d<> l'é('o le. - lmport;:rnce de la lect ure. - J>éconition a rtistique de l'école. Conseils d'un directeur d'école à un adjoint qui déhnte. - Partie pratiqu e: Cn ln1l mcnt:11 (ExamPns des 1·f>erncs, aut ornn<• 1003). - Variétés. -o-
Snpplément an n° l de ,,l'Ecole" SOMMAIRE. - Prière du soir en <·omrnun. - La chute des feuilles. La fernme dans l'Eglise.-LR ménagèrp ù ln cmnpagne. - Que ferons-nons de nos fill<>s"? - Amour dn lravRil. - Un t·on:sL'ÎI aux j0uncs. - Pour souh1ger. - L'l1:,giène cornpa1·éc. - Le Yœ n. ~lon clrn pelet. - Recettes et conseils. -- De la lPcture d el'Entngile. - La fête des ai·bres. - Travail d'hi,er. :--oins des animaux en automne. - Du chanffogP. - Lf'S f·.h aussm·f>s des en fants. Chroniqne :;wif'ntifiquc. L'ag'l'itultnre. - Xotre nwilleur ami. - L'<>nfant du cimetière. - Infr1TPn! ion des ùrnes des trépassés. - Au pm·f!;afoief' . - ,J'ai pleu1·é ,Rur ,Tésns. - Le 1wfrt doigf dP nrnman. La cornmuniou cks ;,,aintR. - Vm·iétés. Ce snppléuœut nt de la page 1 à ~2.
Avis important );fos a liouués re<;oiYcut cc jonr le JH'Plllif'r ::'ll' 0 de l',,Ecole primaire", pour le coueR scolaire rno~-04. ll est enYo._ré à tout le corps ensc•ignan l prï111air<' Ya.laümn, ainsi qu'ù toutes lf's ad 1·< ·sses nou n' llt•:s qut· nous a l'Ons pn
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n ous procurer. Cette première li.naison sera GR.ATUI'fE P01, R TOUS, sans que son acceptation engage dès lors pour l'abonnement. Le N° 2, par contre, deyra être renvoyé, en ca:s de refus, et porter dans ce cas la signafitre de la personne qui réexpédie.
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Il re,ste q uelqn es collections disponibles de l',,Ecole 1)l'imafre" (l!l0:2/03). Ell<:'s peuvent f>iTe cédées a u prix réduit de 2 fr. au lieu de 2.50. Le text~ de la publication compte 17:! pages; les supplémcniis (y compris la pctrtie officielle) i:32 pages, cc (JUi fonne uu ,olunw ile p lus de 400 pages. Aucnnf' publicatiou similail·f' n ' offre une ti>lll' abonda:nee de matières pour un peix d'abonnc·ruPnt a us,si minime.
Décisions du Co11seil d'Etat intéressant l'instruction primaire /prises depuis le te1• août 1903! (8 aoîit.) - Le Conseil d'Etat cRtinw qu'il y a lie n d'atiriùne1· Rnx irnd itntenn, b1·cyctés, tl!argés exc·lnsi ,·pmpnt du <·oms de répéhtion, une parl du s nbsidf' dP l'Etat proportionnelle à la. dur ée de ces com··s , soit 50 francs. (18 :sept.) - M. lt• C lwf du Départellll'lll dl' l' Irn; t rnl'tion pnùliq1w !'Olllrnuniq LH· les d1iffres <lPs dépPnSP,H prnjetées pal' lt••s toum11111e:s en nw d'f>trc mii,ws an béuéfiu• dt>,s s 11Lwentions seolai1·t•s fédéralPs, <.lépen,:;,c•s dont le rnou t,rnl s'<,]èl'<· it v11Yi1·on 70,000 fran<:R. Le Co11stJil d 'Etat dé<'icl<·, eu !'e qui concerne la r ép:nlit iou dPs di h·s su bn•ntions, q ne e<:> l les-ci 11<· ponnon t t· 11 an<·tm cas C•tn• :H.:eordéPs aux com;tl'n('ti ons fa itt·H a nté1·i Ptn·t•m1>1it ù l'nnnéP l!llJ:l, ni a ioutP autre dépt·nHP ,s!'olai·1·e antfriPnrP à tette date. (:!.6 S('pf.) - T,e Conseil d'Ehtt <lécide de prnposn an U-nrntl Consei 1 (Jill' IP,:s dépe11ses des (·0111mmws résulta.nt tlP c·o1H, tt·nd io11s et !le tl':msforrna t ion R flp
bàlimcnts ,srnlail'es dfcetuécs en l!JOJ liLé dl' B:1.gne,s tc·ndant. à obteni 1· la fuseront mi.ses au bénNÏ'ce d'un subside sion des écoles de Cotterg et de Vild11 25 % sur les subventions fédérales lette. Il est pod(, un anêté fix;int 1Ps a1·à l'école p1·ima ire. En ouln·, po11r appliqupr Il' soldP de rondissPrnf'nts d 'inspection Ùl"S éc-olcs, la snbYcntion scolaire à pere<'Yoir pour ainsi qne ks t1·aifrnwnts et les indernni1 és allouéi,; a nx insp<"<· t e nrs. 1!)();{, ks romrnimes ,s enmt engag-éPs à l'PHOUY<'lPr et co111 plé te1· lelll· waté1·ic>l seolafrP; à eette fin, il leur s<>rn ac-cordé Ami de l'Enfance nui> 8nbveni ion <:>xfrao1·dinai1"<' ,s'éh~rnnt :111 75 %, laquelk n<> ponnra touCe classi(JUC a été rtsimp1· imé tout iefois <.lépassn le taux de 40 cen1.irnes dc1·nièr<:>111ent, l'édit ion en ayant (>té par [1111<:> d e popu la tiou. Les eom m unes 1'pttis<~P. On a prnfité de la. d1·<·011Rt:mH<~ront rcudnes ath>nli\'es qne <"f' snbsi- <·<> pour appo1ter dans la 1101nPlk une dP est <'X\·Pptiounel d nl' µo,u !Ta être arn<'.il.ion1 (ion ::Wn8iblc, 'Sans ton cltpr <'lll'Pnou,·elé à l 'avenir f]ll<' dans une p1·0- t·o1·l', pottr le rno11wnt, au kxtP pro,preportion trPs réùuitc. uwnt dit", malgré les elia11gPlllPnts -Pt (JO scJil.)- 8ont adjugés l<>s fravanx rdonclw8 dont !'<:"lui-ci serait {S\181·epde (·onsti-ndio11 <li> la halJ.e de gymnas- ( ibk. L'in11orntion 1·é;t.lfo,ée, (Jtte l'on apti<JH C an biüinH-•11t du cullPge e t de l'é- pr(,eiP1·a (·t~rt a inl'mt•n t·, consistl' dans l'illnst-ra.t i on de l'on ,Tage, (J ni rnnticut !'Ole nornrnlc de 8iou. (13 oGL.) - J,e Conseil d'l<~tal Pstirne 1111P vingtainP de YignPttes 'Sans qt1c, qne st•u·ll:l lPs i11stitutc-'urs enst·ignuut po ul' t·el~t, le p1·ix du line ait été aug<lans •l1•s (,colPS pu bliq U<'S du t,mton menlé. -0011t choit aux i;1·aitcnwnis et anx suù:,;ides p1·(,vns par Ja loi du :!.G mai 1!)02 Cabiers sons-main. 1:'t. l'exclt1sio11 de <·e11x des éeok8 pri.\. la d1•nrn.mlP f1n·lll1iléP vai· Mill. ](•;; YPt•s). lns1Jl'cte1n·,s seolui1·e.s. que le Dépôt d<>s Inlerprétant 11ne clé!'i,sion prise line8 d'frolP soit (,ga!Pnwnt a.ppro•via11téri<•111'emeni. lP ('0111:;Pil d'Etat· déti- ,s ionn é en fou nütm·es dP b n rea n e l no, dP qu<· la part- des s nb\' en tion8 seolai- tam111pnt l'n papier, le dit Dépôt n fait 1·ps f(,déralos t·PSl'HC'l' à l'a<·q1tisition, l'acq11iRition d'tm<' <·ertn.ine qua,n tité par l<>s c·orn111mw;;, du rnobilil'r et d11 dt> c:1liie1·s-s0Hs-rnai.n, dont 1111 spfri· 11tntériPl de• dasse, I)l'Ht êtte appliqué men fo t adre,s sé l':mné<:' dnnière à tout ù l'ad.1:1.t dP bancs. tables, pupifr1·s, ta- lP pPrsomwl t•nsPignant. La nou l'Plk bl<:>:rnx. u11·tc's. s pliéreR, etl'., ain;;i f(lll' provision qni en vient cl'êtrP faite, de d'pngin;; dP gym11a,stiqne (al't. 3, C'l!. ::1 meilleure q na.lité et ù des conditions de la loi fédfr:ilP), mais 110n à la clistri- plus fa ,·orable.s <·neorf' q ne rn·cStfdPw lrniion grntnitP on ù prix t'Pdnit du ma- 111e11 t, permet au Dépôt Ùl· li vrl'r <·es 1ériel d'frole nfressa ire a.nx flèyes (·:thiers avc•t nne plus fodp remii,;p ;;u11· 1a rt. 2. cl1. ;{ de la lo i féd.). ll's a uC'Ïens prix. (Voil· l'aunoncP .spc~( "l.0 oct.) - :H. Lonis ~\ Jld, ù ~ion, da lP figurant ù la •c ouYedure l)Olll' plus est nommé iuspedt·111· seolain~ de l'ar- d<:> <létai18.) -oronrlis-se rnell't de Si1m, en remplaremont de 11. Jn-Ch. de Co urten, dont la Les poètes valaisans. dcSmission n;t acceptée an·e reme11·cieS'il est un 011,rage arrivant bien à nwnts ponr ]pi,; seniccs rendus. Il est décidé de n e pas entrer en ma- son h e ure, à cette époque <l'étrennes, tière s ur l a demande de la )Iunicipa- c'est assurén1ent celui qui yient de pa-
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SION, 1er Janvier 1904: raitre et de nous parvenir. Par son titre et son objet, il a sa place marquée d'avance dans toutes les bibliothèques du canton, lorsque nous aurons dit qu il est consacré aux poètes du « Valajs romand >> . C'est M. le Conseiller national Henri Bioley, président de la Cour <l'Appel, qui a élevé ce nouveau monument à l'honneur des lettres valaisannei,, qui lui doivent déjà « Les gerbes poétiqtws ))' de Louis Gru.s s. Aujourd'hui, l'ltonurnble magistrat s' est insJJÎl'é d'une pensée non moins noble et patriotique pour trouver, au milieu de ses nombreux travaux, le temps de publier un ou nage des pl us intéressants qui, par son caractère, térnoigne encore de l'érudition de ,son au le ur et des paticnles recherches qu'il lui a coüLées. Le titre en est: TJ.E·S Pûl";:TE,S DU VA.LAIS ROJiAND
C'est un ,olume qui se présente trèi, avantageusement a u double point de Yne du fond el de la forme. Lïwpression est, eu effet, soignée, et les e;iuq porti·aits dont il est omé en r cltansseut la Yalem. Mais ce qui ajoute au mérile de l'ouvrage et nous le fait eneore daYanlage apprécier, <:'est la « l'réfaee », de M . Virgile Rossel, suivie de l' << lutroduction », de l\f. Bioley, c•t s urt ont les noiiees b iog-rnphiqu0s dout ce del'nier a accompngné la mention de cl1aque nom. C'est ainsi qu'it p:il"i Il• cô té littérair<:>, le volume préseute encore un inttirêt hi.stol'ique, en ce qu'il ne fait pas sen l1•·111f'nt <·ounaître les œn1Tf'.S de nos poèlf's, mais qu' il l'appelle aussi cel'hi.ins événements J1JHl'<11ia11ts de !'<-poque où ils véeureut et nuxqnels 1'1111 ou l'autn· se irouYa mènw rnêlti. La uot ic·e ton1·n·uaut, pa.r 1•xcrnpll', l'.-Jo s. de RiediuaUen, ,a permis it .'1. Bioley de dire 11uelques mots dt>s (>vé11ernents se rattaebant à la proclamation de l 'indépendance du BasValai,s dans laquelle il joua 1111 rOle ('(m,sidfrable, bien gne trnp peu connu. <.;'est p;:i.r ce nom qne s' ouvre la gale-
riP des poètPs valaisans, rar cet anrien officier aux ga.rùes, qui naquit Pt mourut à Sion (1744-UU4) était uu esprit très cultivé qui vivait en France aux plns beanx jonl's du philosophisme. C'est ainsi eucot·<:> que, en s'oen1pa11t dn thans0D uic1· Félix Bonnar,, s e üonVP érnqnéc l'époque ag-itéc~ d1• rn;t~, où fu l débattue la 1·evision d<~ la Cous1i tntion fédPl'ale dl' J87G, difr padP l{ossi, etc. En nn mot, ·l e livr<"' de M. Bioh:..v 1u i a JJL· rmis de m pl_Jder les œnlTCS littérnires l'i l1i1,doriqucs qui onl fait l'objt>t de l'acthité de nos poètes, à c.:ôté de leurs procludions ve1·sifiécs. Au suqilus, pon1· mieux faire eonuaî1Tc le but et le genre de la uon vea.nté que r1ous signalons, Yoici les prindpaux passagei, de la préface de ~I. Virgile Rossel, par laqll(•lle s'ourre uotl'e authologie rn Iaisaune.
L'ECOLE PR IMAIRE ORGANE DE LA
SOCIETE VJ.LAIBAlfBE D'EDUCATION A nos abonnés et lecteurs
Nous Rom 111es bic11, au Uonscil uatiou:1!, ll'ois ou qrnüre ù parlc1· de JJoésie entre denx llébats peu clil·ertissau ( s ou deux trop longues séances. Ji.Jviclern111ent, la plupart de uos collôgues goû teu t l'art des vers pour le moi us autant que le style des mcssflges officiels, ca t· ils tiennent ù leur ré.pntatiou ù11ornrnes graves. Et !'ou ne sait que trop d'ailleurs que la politique et la Jiltérn lu l'e ne se re ucout.reut guère. C'est cepeJ.1llaul au cours ù'uue session des Chambres que 1\f. Henri Bioley a bien voulu me soumettre Je 11nwuscrit ile son aJ1thologie des poètes vn,l nisaus. L'amour des lettres est uu lien qni eu va.ut tl'autres; je n'en connais 11as beaucoup clc pins l:lolicles entre gens que tant de choses peun~ut séparer. On n'est ni llu même cauto11 ni clu mê1ne .parli, ni cle la rnême Egli se, ~u 1:1 la même grande patrie, on se retrouve aussi, cœun; 011 vert.; et mains tendues, dnJJs ces tcmpllt scrcnci oü ou ne célèlJre que Je culte désintéressé du Beau. Nons a.ssistous, depuis GO aus et vlu,;, il 1·~vènemeut d'uue litténlturc (Jlli n'est pas étroitemeut geueyoise, yaucloise, ucuchft teloise, fribonrgcoise et vrtla.isrume, comme jadis, mais qui est rom:111cle, qui teuù rt u mê111c lmt et s'iuspire llu lllfaue idéal. Nous ayons nos histoires littéraires roma11des, uom; ayons 110s revues roma.ncles, uous avous 110s anthologies romaudes encore; llOus « vivous de notre yie » et nous u·arvous pas s ujet de
XXIIJme année
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Au seuil d'une nouvelle année nous ne saurions mieux l'ouvrir qu'en adressant nos meilleurs vœux à tous nos abonnés et lecteurs. Que Dieu les conserve en grâce et en parfaite santé ainsi que tous ceux qui leur sont chers. En formulant ces souhaits à l'aurore de 1904, l'Ecole primaire revient frapper à la porte de ses amis fidèles et dévoués du corps enseignant primaire. Aussi bien, il lui tarde de renouveler tout d'abord connaissance avec eux, de se montrer enfin après s'être fait quelque peu· attendre. Ensuite; elle se hasardera timidement à franchir la frontière valaisanne pour rappeler son existence en particulier à nos chers amis du canton de Fribourg et du Jura catholique, chez lesquels elle a toujours eu la bonne fortune de rencontrer de nombreuses et chaudes sympathies. Elle compte ainsi sur cette nouvelle année pour reprendre ses relations, d'une manière plus suivie et plus durable avec tout le corps enseignant primaire valaisan, tout en resserrant encore les liens qui doivent
nous unir avec tous les éducateurs de la Suisse catholique, sans distinction de èantons. Pour bien atteindre ce but, notre revue continuera en outre à servir de tribune à MM. les Instituteurs et à Mesdames les Institutrices du Valais et d'ailleurs qui voudront bien, en y collaborant, faire profiter la collectivité du fruit de leurs connaissances et de leur expérience. En commençant cette nouvelle année, nous ferons encore part à nos chers abonnés et lecteurs d'une transformation que nous réalisons dès maintenant à la demande d'un certain nombre d'entr'eux, de Fribourg et du Jura en particulier. Au lieu de commencer l'année de l'Ecole du 1er novembre à fin avril, comme précédemment, - ce qui convenait surtout à nos abonnés valaisans nous la ferons partir de janvier, comme toutes les publications en général. Dans les mois d'école en Valais (janvier, février, mars, avril, novembre et décembre) elle paraîtra chaque quinzaine, et une fois par mois de mai à octobre, de manière à distribuer ses livraisons en tenant compte tout à la fois de nos besoins et des préférences et désirs qu'ont
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manifestés à cet égard des souscripteurs d'autres régions où l'organisation scolaire est sensiblement différente de la nôtre. Nous espérons concilier par là tous les vœux et exigences légitimes qui nous ont ~té exprimés avant ce jour. C'est dire que le nombre des N°s de l'Ecole primaire et de2ses supplém~_n ts ~e subira aucune diminution de ce fait, au contraire. Ainsi notre organe pédagogique se publiera désormais du 1er janvier à fin décembre, pour former au bout de l'année ordinaire une collection qui représentera le total de plus de 400 pages (suppléments compris) comme ·cela a été le cas pour la dernière période de l'Ecole primaire.
Nous espérons que tous les intéressés nous sauront gré de cette transformation en raison :des avantages qu'elle comporte pour la généralité de nos lecteurs et;abonnés,' que nous espérons dès lors rencontrer toujours plus nombreux et fidèles pour travailler avec nous à la réalisation de la belle et noble devise : Pour Dieit et la Patrie.
La Rédaction.
------·--~~--*Nos maÎtres
Chers enfants, avant de Yous parler de vos maitre,s , c'est-à-dire de nous-mêmes qui vous instrnfs?ns,_ il sera bon de faire un peu d histoJrc. Aujourd' hui, l'institute?-r es~ nn hon~me revêtu d'une fonction bien déter minée. Il n 'exerce que celle-là et elle l'absorbe tout entier. Si l'on songe aux
devoirs qu'il doit remplir, il est ~acile de comprendre qu'il n'a pas touJours tout son temps. Les choses ne se .sont pas toujoms passé0s ainsi. ll suffit retourner en arrière de moins d'un s.iècle pour s'en assurer. Les hommes qui ont maintenant cinquante ans ont connu des vieillards qui ont pu leur raconter ,sur l'école et les maitres d'école de leu'r t emps, des anecdotes pleines de charme et de saveur. Je me rappelle encore avec quelle curiosité, étant écolier J·e m' asseyais au village près des ' . vieux paysans qui racontaient, sous les hangars, des histoires du t e:mps passé. Ils disaient: (( Vous ête,s mieux serv1s que nous, jeunes gars d'aujourd'hui. Vous avez une école, un maitre ayant fait des études solide1s, et· toute l'année sauf quelques semaines de vacances,' yous allez vous instruire fo~t régulièrement. Ohez nous autres, 11 n' en était pas ainsi. La maison d'école n'existait pas. Nous avions pour m aitri> un Yieux tourneur sur bois, vétéran des armées de Napoléon. En été, il cultivait ses champs comme tout le monde. E~ hiver, il nous enseignait à lire et à écrire, t out en fai,sant pirouetter son ~our. Nous arrivions à l'école, c'est-à-dire à son atelier, chacun avec sa bûche sous le bras, pour entretenfr le feu. ~es p1:emiers arriYés prenaient les chaises disponibles et les bancs. Les autres s'asseyaient sur des blocs, des planches, sur l'établi ou par t erre. Plus tard, no~1:a eûmes comme maitre un homme VlO· lent, étranger an ,illage. Quand la classe était finie, des ch eveux de toutes couleurs jonchaient le sol. Il se démenait parmi nous comme un dompteur parmi lc,s fauYes. Le dimanche>, l'un de nous avait commission de tailler, dans les bois voisins, tout un fagot de baguettes de coudrier que le maHre ca~sait sur notre dos le long de la semaine. Tantôt la classe durait une heure, tantôt elle se prolongeait indéfiniment. Alor,s pendm1t que criaient nos estoma ~s, le maitre mangeait devant
nous des plats de choucroute et de lard. D'autres fois, nous venions en classe, mais pour trouver visage de bois. Il n'y avait personne et nous retournions <l'où nous étions venus, sans explication aucune. >l
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Voilà les renseignements piquants
et bien d'autres encore que ces bons
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anciens du village nous donnaient sur l'école de leur jeunesse. Dans certajnes contrées, aujourd'hui encore, pour des raisons de force majeure, l'école ne fonctionn e qu'en hiver. J'.ai vu cela dans certains cantons de la Suisse. Tant que dure l'hiver, les enfants suivent l'école. Dès que fondent 'les neiges, ils suivent, dans la montagne, les troupeaux au pâturage. Comme les pâturages sont fort éloignés du village et très dispersés, les familles s'éparpillent et il n'y a plus moyen de songer à l'école. Pendant les longs mois d'interruption, les enfants oublient une bonne partie de ce qu'ils ont appris et tont est à recommencer. Que font alors les instituteurs et les institutrices? Ils ferment l'école et s'en vont exercer leur activité ailleurs, qui comme comptable, qui comme arpenteur, charpentier ou même maçon. Quelques-uns se font ,s ommeliers dans les hôtels pendant la belle saison, et les institutrices exercent 'la fonction de sommelière. Quand on a l'occasion de s 'entretenir avec ces personnes de leur carrière intermittente, elles expriment une grande triste,sse. Rien n'est plus instable qu'une position ainsi ballottée, et quel résultat sérieux peut-il être attendu des études? Heureusement, l'école primaire a pu de plus en plus devenir une institution stable et l'instituteur un fonctionnaire régulier. Cela n'empêche pas se,s fonctions d'être parmi les plus difficiles qui soient. De toutes les œuvres humaines a ucune ne dépasse en importance l'œuvre d'éducation et d'instruction. Car elle s' adresse à notre intelligence
et à notre cœur, et doit former en nous l'esprit et le caractère. On ne peut pas parler a ux fleurs de leur jardinier et le leur recommander, afin qu'elles lui rendent en affection ce qu'il leur p rodigue ,en soins. Ces fleurs n'entendent ni ne voient. Mais vous, vous êtes des phtnteis vivantes. On peut vous parler. Ecoutez bien, le sujet en vaut la peine. Quand vous venez à l'école, portez votre attention sur le maitre lui-même. Ayez vos de-voirs prêts et sachez vos leçons, observez le ,s ilence et que votre attitude soit respectueuse; mais ayez encore par dessus tout cela une attention spéciale pour le maitre. Avez-vous déjà remarqué que cet homme est seul, alors que vous êtes nombreux ? Chacun de vou•s n'est chargé que de soi, lui est chargé de tons. Quand on est 40 ou 50 ou quelquefois 60 contre un, ne doit-on pas s'en souvenir pour être plus juste? Ne vous associez pas pour rendre µ lus pénible la tflche du maiüe, car il est seul. Mais, autour de sa solitude, que de figures invisibles! Le maître n 'est pas là en son nom. Il est d'abord le délégué de vos parent,s, qui YOus ont confié à ses soins. Derrière cet homme vous apparaissent donc vos pères et vos mères. Il est ensuite le délégué de la patrie, chargé de von,s enseigner son histoire et de vous interpréter sa mission. Par lui vous entendez nommer nos héros; et plus d'une le~on qu' il vous donne est l'écho de leur grande âme. Le maîüe est encore, auprès de rous, le délégué de l'humanité, car cequ'il vous enseigne n'est pas la propriété exclusive d'nne nation, mais Je patrimoine commun de la famille hu maine. (A suivre.)
•• Le T1•avai1 de l'Espl'it. La rentrée de n os classes donne à l'article qu'on va lire un intérêt qu<> personne n e méconnaîtra. En le met-
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4 tant sous les yeux de nos lecteurs, nous but fixé et se poursuivant au ha.s ard espérons qu'il stimulera chez nos en- de l'association des idées; cette rêverie fants le goût du t ravail et qu'il exer- rngue est plutôt un repos. Mais le litcera une heureuse influence sur les ré- térateur qui cherche l'expres,s ion de sa sultats de l'année scolaire dans laquel- pensée; le peintre qui combine des lignes et des couleurs; le musicien qui le nous venons d'entrer. En quoi consi•ste le travail intellec- compose un morceau d' après les règles tuel'? La lecture, la réflexion doivent- de l'harmonie, tous ces artistes précielles être considérées comme des tra- sent et coordonnent des idées, soit absvaux de l'esprit? Y a-t-il un moyen de traites, soit vis twlles, soit a uditives; ce distinguer ces travaux des ,s imples ré- sont des travailleu rs de l'esprit, comme le s.axant occupé à résoudre des proeréations ou délassements'? Nous répondrons affirmativement: blèmes. Ils fatiguent leur cerveau exacce q ui earactérise le travail mental, tement comme le porte-faix fatigue ,ses comme le travail physique, c'est l'ef- épaules, et il convient de ne pas oufor t, donc, on peut appeler travail de blier que la composition d'un sonnet l'esprit toute occupation nécessitant la exige souvent un labeur plus pénible concentration de l'attention sur un su- que l'extraction d'une tonne de houiljet dét erminé et la tension de la volon- le. Le t ravail de l'esprit, remarq uonsté pour entretenir l'activité des facul- le bien, n'est pas proportionnel à l'intés psychiques; par cont re, t oute occu- tensité de l'effort; un même trava il pation q ui ne nécessite point cet ef- exige plus ou moins d'effort, ,s elon les fort ne con stitue qu' un passe-temps. aptitudes individuelles, l'habitude priDans le premier ca,s, l'occupation fati- s fi, la méthode suivie, etc. Dans cette vie, nous n'arrivons à rien gue; dans le ,second cas, elle délasse. L'écolier ét ablit instinctivement cet- que par l'effort. E tre affranchi de l'efte distinction lorsqu'il soupi re en se fori· dans le présent, signifie simplemettant à fair e ses devoirs et qu' il lit ment q u'il y a eu de l'effor t amassé a u contraire ou écoute lire ayec tant d e dans le passé. Un homme ne peut êt re plaisir les œuvres d'im agination. C'est affranchi de la néce,s sité de travailler, que, pour faire un devoir, il faut met- par ce seul fait q ne lui ou ses pères, tre en action la mémoire, le jugement; avant lui, ont t ravaillé avec fruit. Si il faut cool'donner les idées, raisonner. la libPrté ainsi acquise est bien emploBref, il faut peiner, travailler; t andis yée, et si l'homme fait encore un traq u'une lecture facile à comprendre et vail actuel, quoique d'espèce différen~ dont on ne s'applique pas à garder le tP, soit comme écrivain, soit comme gésouvenir ne demande presque aucun ef- néra 1, soit dans le champ de la politifort. Mais le tra vail comm ence dès qu' que, soit dans le champ de l'exportaon s'attache à ret enir ce qu' on lit, et i'l tion et de l'aventure, il montre qu'il devient très sérieux si on rédige un r é- mérite sa bonne fortune. )fais s'il traisumé de ce qu'on a lu. Il n'y a pas d'e- t e cette période où il est affranchi de xercice plus profitable à l'esprit que de l:t néce!'1sité du labeur actuel comme prendre des notes sur les lectures q ue une période de simple jouissance, quoil'on fait ; rien ne fortifie davantage que non peut-être de vicieuses jouisl'attention et la mémoire, rien n'ap- sancPs, il montre qu'il est simplement prend mieux ù: préciser les idées et à les un encombrement à la surface de la coordonner. Préci,s er et coordonner des terre. Il est dur d'échouer, mais il est pire idées, voilà en définitive ce que produit l<> travail mental; on ne saurait de n'avoir jamais essayé de réussfr. donc donner ce nom à la réflexion sans Il en Pst dP même dPs nations q ue des
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individus. C'est une contre-vérité de dire: « Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire! >l Trois fois heureux, au contraire, est le peuple qui a une glorieuse histoire. L'amour du travail fait surmonter les souffrances physiques les plus aiguës, et si l'on supprimait de la vie ce q11i se fait a u milieu de la douleur et en dépit d'elle, on en supprimerait la moitié la plus utile, peut-être la pl us bell e ! Et ce serait rayer souvent du même coup des langues humaines les mots: sacrifice, dévouement, devoir ... re serait effacer la plus belle pi-euve <le la supériorité de l'âme sm· le corps. '1\falheureusenwnt, les hommes se croient tonr à tou r beaucoup plus faibles et beaucoup p l us forts qu'ils ne le sont réellement. Plus fort s quand il s'agit de leur:s plaisirs, plus faibles quand il s'agit de leur devoi r. - - - - --
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* De l'enseignement intuitif à l'école primaire
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C'est par l:1 perception que notre àme arr i ve à. ronnaître, à acquérir des connaissances. La plupart de ces connaissa nces parvil•nncnt à notre esprit p:ar l'intermédiaire df>s sens, et c'est particulièrement celui de 1a vue qui est le pl us en j eu. C'est pourq uoi t out enseignc•ment doit être, à l'école primaire, aussi i ntuitif que possible. Il jo ue un rôle important en éducation et spécia lement dans l'instruction. Grâce à l'ensPignement intuitif, l'enfant acquiert l'espl'it d'observation, source de 1·onnaissancc,s solides et dtmables. En plaçant l'objet sous l es yeux des enfants, le maître parle beaucoup moins, car avec quelques mots d'explication, les enfant s arriveront à avoir une idée exa cte de l'objet en question. S'agit-il d'un corps r ugueux ou poli? faites-le leur toucher; d'une forme ou d'une couleur? fai tes-leR voir . Airnsi en géographie, si vous dites : (< La terre est
ronde», il est probable qu'ils se la représenteront comme un plateau rond, un disque. Si vous leur montrez une boule, en leur disant: « Voilà la fo rme de la t erre, quoiqu'elle soit immensément plus grosse ll , je vous assure qu' alors ils s'en feront du premier coup une idée parfaitement juste, et de plus r lle sera frappan te et n e s'échap_2era point de l'esprit. S'agit-il d'un phénomène intérieur, comme la joie, la tristesse, la colère, on profite du moment où le phénomène se produit eh ez l'enfant; on bien on fait a.p pel à son expérience passée. 'L'emploi du tableau noi r eist indispensable pour l'enseignement intuitif. Ainsi sans tablea u noir, l'enseignement d e la lecture, de l'écriture, de l'artihmétique, de la géométrie pratique et du dessin ,serait manqué. Il est aussi très utile pour fa lecture courante, l'orthographe et la rédaction, l'histoire et la géographie; en un mot pour toutes lPs branche,s de l'enseignement. Mais on le comprend, il est souvent diffi cil'e et même impossible de montrer et de faire étudier tous le,s objets. Dans cc cas, on les remplacera, non par des signes arbit raires et de convention, mais, aut ant que possible, par des représPntations matérielles exactes, c'est-à-di re des modèles en relief ou des dessins. C'est ainsi qu'à chaque cours de géographie, on doit se servir du dessin: en indiquer le contou r de chaque canton ou de chaque contrée; tracer les rivièr es, leis montagnes et les villes. Cette manière d'enseigner produit d'excellents résultats. Mais pour mieux assurer la bonne JD'a.rche des exercices i,n tuitifs, il faut y joindre des explications orales et des exercices de langue . .Sur chaque objet q ui se présent e au cours d'une leçon , le maître doit donner des détails et quelques explications, ce qui seconde utilement l'intuition et en a.ssure les bons résultats. L'élève doit être appe-
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lé à rendre compte de ce qu'il a vu observé, entendu et compris; à rési;mer et à fornrnler la vérité qu'il a acquise et qu'il doit garder. . ,Mais l'emploi trop exclusif de 'l 'intuition pourrait avoir ses inconvénients et ses dangers. Les enfants ,s'habitueraient peut-être à ne recevoir d:ans leur esprit que ce qui d' a bord a passé par les ~ens. Il tant se hâter de prévenir cet rncon vément en restreignant peu à peu l'emploi de l'intuition sans toutefois l'abandonner complètement. MICHELLOD P.-J., Inst. à P.
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1•espect humain et de l'empil'e de l'opinion chez l'enfant
Le respect humain consiste dans l'acceptation ,sans examen des maximes eonr-~ntes _qui justifient l'usage reçu. Il ~ffre év1demmi:'ut des dangers puisqn'1l tf:'nd à nffaiblir l'exercice de la volonté, d'abord chez 'l'enfant, puis <"h<>z !'-homme fait. Cepcnda ut on peut Pn tirer parti dans l'éducation en ce ' l'enqu ,·1 1 permet de donner en exemple fant bien élevé et l' honnête homme. Il faut rapprocher du r<>spect humain la eoutagion morale l'empire de l'opinion, l'influenee des /c1ations) des camarades, des compagnons, des amiis, des lecteurs et des spectacles. Le mal, 0~1 ne le sait que trop, s'imite plus faci lelllent que le bien: il faut donc sur,·eiller avec soin chez l'enfant les effets de l'instinct d'imitation. « Il faut éviter les préventions et les << préjugés, comme l'a dit Nicole n'y << ayant rien qui nous engage à ta~t de << jugements t éméi·a ires, et qui nous << fait comlllei.ire tant d'injustices, que « de se lais,s er prévPnir trop légère<( ment. Il fa ut se défier des maximes « générales parce qu'il y a peu de véri« tés générales. Elles om toutes leurs << exceptions et leurs bornes, et l'on << peut en faire des applications très
« fausses, parce que l'esprit étant oc« cupé_ de la vérité apparente de la « maxi~ne, examine souvent avec peu <( de som les sujets où il l'applique ii . (1)
Les arguments tirés de la coutume et de l'opinion ne sont donc le plus souv_ent que des sophismes de justificaho~. Comme l'enfant a besoin d'approb:üion, on peut, pour profiter de l'habitude qu' il contracte très aisément de conformer sa conduit e à celle de ceux qui l'entourent favoriser en lui les s entirne1;1ts de syn'..pathie qni le porteront à faire effort pour complaire à ceux qui l'aiment , à le,s imiter et à suivre leurs conseils. Enfin, il faut l'habit uer à se condu_ire par lui-même et à n'accepter les rms_ons qu'on lui donne qu'après les avmr pesées et examinées. Il fa ut en fa.~re u1;1 homme et non un automate que fait agir la volonté d' un autre. Ce but ne SPra atteint que si l'on ,s'attache à fm:tifier en lui le sentiment de la d ignité per,s onnelle et du respect de soirnêllle .
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Alfred Charron, ancien professeur, offecier d' Académie.
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An sujet de la composition française Je n'aime guère rencontrer, en fe uilletant des cahiers d'élèves, des sujets de composition française comme ceuxci: <c Vous avez 1appris qu'une de YOS cousines avait manqué de respect à ses parents; vous lui écrivez pour lui m ontre1· . . . i i Ou mieux encore: (< Un de vos amis a émis, dans une de ses lettres, l'opinion que le patriot isme ne peut guère être qu'une vertu particulière aux hommes. Vous lui répondez en prouvant par des exemples, que les femme,s ne sont pas étrangères à ce sentiment ... n, etc., etc. (1) Nicole. Essais de morale
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Est-il rien de plus faux et de plus ridicule? De plus faux; car, je vous le demande, où habit ent cette cousine, ces aruis qu'il faut morigéner ou mstr uire? Et quoi de plus ridicule quC' cette prétention d'ériger des gamins pt· des gamines en censeurs sévères 011 en pédants graves, que cette prétention de les faire di,sserter doctement sui: des Droits de l'Homme et du Oito_yen on sur le patriotisme des femmes? · Faites donc, Mesdallles et Messieurs, j e n'ose vous blftmer, des devoirs de morale et d'instruction civique d'histoire et de géographie, de scie~ces et d'économie domestique ... en guise de composition franç:aise; mais, pa,r Dieu, ne donnez pais à ces exercices la forme, ni même le nom de lettre. Que ,si vous croyez utile d'enseigner la composition française, si vous pense.Il qu' il ne ,serait pas absolument mauvais d'apprendre à vos élèves à faire simplement, prosa:ïquement, mais à peu près cor~·ectement, une petite lettre, si les devons dont nous venon<:i de par l( ·l' leur en laissent le tempo; eh bien, fait es écrire des lettres, mais de vraie~ lettres . . . non pas à des ctoi1sines imaginaires ou à des amis i nconnus, mais à des personnages de eh:iir et d'os, à des personnages bien vivants. l'l y a bien quelque part un frère qui. fait son service militaire, une sœur en pension ou en service à la ville, quelqu'un des nôtres éloigné de la famille, et qu' il faut tenir au courant de tout ce qui l'intére8se: la santé des vieux parents, des frères et de,s sœurs, l'état des récoltes , les menus événements du village, etc. Il y a bien quelque cousin ou quclqw~ cousine, quelque tante ou quelque oncle réel qu'il faut inviter à une fête <le famille on à une fête locale, on qui aura lancé une invitation à laquelle il faut répondre soit pour accepter, sGit po ur refuser. Il y a bien parfois des commandes à faire, des délais à dem,tuder, des remerciements à envoyer, que
sais-je? Pères et mères ont la main lourde , les doigts peu souples,. . . il serait b~n que gentilles écolières et graves écoliers pussent les remplacee. Tout cela, s:ms cloute est un peu plus prosaique qu'une dissertatiou sur le patriotisme ... mais tout cela cist pratique. Or, s'il est bon de mettre un pe11 d'idéal dans l'éducation, ... il ne faut pas non plus négliger le sens commun.
Ne négligeons pas les relations avec les familles. Que d'occasions peuvent se présenter, qui p ermettront à l'instituteur de se montrer aux familles tel qu'il est, d'ouyrir son cœur, et ainsi de dissiper les prévent ions et de conquérir J'estime à laquelle il a droit ! Il est peu de parents qui ne désirent faire connai,ssance avec l'homme à qui ils confient ce qu'ils ont de plus cher. Le moindre incident de la vie scolaire peut motiver la venue de la mère à l'école. Quant :a ux maîtres, je voudrais que t ous ils n'at tendent pas n on plus qu'on vienne à eux. C'est leur devoir de ne pas ·s'enfermer dans une abstention qui pourrait, à bon droit, pa.s,ser poul' indifférence ou orgueil ; c'est leur devoir de prévenir la timidité ou la négligence; c'est leur devoir enfin de faire des avances, auxquelles leur tact et leur discrétion empêcheront toujours qu'on ne prête les apparences d'une fâ. cheuse import unité. C'est aussi, bien entendu, leur intér.ét ; mai,s il faut qu' on sache, et personne ne pourra s'y tromper, que leur intérêt personnel s'efface devant l'intérêt de l' enfant, que leurs démarches n 'ont d'autre mobile que leur désir sincère de le corr iger de ses défauts, de l'exciter au travail, de le ramener à l'obéissance, d'obtenir, en un mot de lui tout ce qu'il peut donner. C'est, en effet, l'enfant surtout qui profitera de cette entente en vue de son progrès intellectuel et moral. Les
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parents, malgré leur bon vouloir, sont en général d'une grande inexpérienee en matièr e pédagogique pratique, et cela se comprend: le bon seus et l'affection n'y sauraient suffire. Par des entretiens familiers, exempts de morgue et de pPdantisme, l'instituteur pourra souvent les éclairer sur l'objet d'une éducation rationnelle. Il dégagera en les formulant les principes justes, mais un peu troubles, qui les guident, et il enrichira les données encore incomplètes de leur <>xpérience. Il aura lui-même beaucoup à apprendre; en échange de quelq ues directions générales, indiquées asec diserét ion, il pourra recueillir Rur ehacun d<>s cnfflntR dont il a chai·ge, sur son attitud<> à la. maison, sur ses goîtts, sur ses fréqu0ntations, une fou l<> de J'enseignc•mentt~ précis dont il fera son profit pour le plus gran d bien de ses tSlèves. Il r is quera. moins de se tromper sut• leur caractère, car les enfants s<:> montrent so uvent à l'étole tout différents de <·e qu'ils sont an dehor,s; il s'expliquera mi<>nx, connaissant le milieu dans lequel ils vivent, certaines ntSgligences, certaines déffl illances qu'il était disposé à juger avec sévérité, qua nd ],a cause lui en éehappa.it. Il •s <>ra plus ind ulgent, parce qu'il sera mieux informé; et il sera plus juste, parce qu'il sera plns indulgent. I l me parait difficile qu'ainsi a rm0 pour la lutte un maître ne puisiw triompher des difficuHés qui rendent Ra tâche parfois si rude, et qu'il n'exer ce pas enfin ·S ur tous les élève-a, sur le,s esprits les moins ouve1-ts, sur les earactères les plus rebelles, cette action salutaire que la patrie attend de lui pour assurer son aYenir. (,,Bulletin de la Meuse".)
•• Heureuse initiative d'on instituteur. Un instituteur, reconnaissant la nécessité d'établir un lien entl'e les fa-
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milles et l'étole, eut l'idée de réunir les parents de ses élèves; il les invita un soir. Plus de 150 personnes répondirent à ,s on appel. Il rend compte de cette séance: << En une causerie familière, je leur exposai l'importance pour leurs enfants de l'assiduité en classe, de l'exac · titude et aussi dPs bonnes habitudes d'hyg·iène. J'essayaj de détruire ce préjugé que renseignement ne Yaut que par la longueur des leçons étudiées, le nombre des problèmes à résoudre et d€ pages de devoirs à rédiger ou à. retranscrire, mais que le temps passé à développer le jugeruent df>s élèves est presque perdu, attendu qu'il nP se formera qn'a,ec l'ùge. J'attaquai fermement l'<>rrem· éducative q ne commet tc>nt cntains pan>uts, proruettunt à lcun,1 enfants d<>s récompenses à tout propos: et pour le travail quotidien, et pour 11n ltSger senice et même pour leur faire a bsorbcr certains aliments. P ouvais-je aussi ne pas leur dire combien il est danger<>nx de leur offrir des liqu<>nr,s alcooliques ou de leur laisser fumer d!'s dgarett<'S, f ussent-elles en feuilles de cacao, et de rire de le ur gaucherie <>t d!'s pelits accidents rés ultant de ces malheureux essais? « Enfin je m'éle,ai hauh'm<>nt contre la fnncst<> habitude d<> faire devant l'enfant tontes sort<>s de réfl<>xions contre les livres, les enseignements, les mo,1ens disciplinaires, les maitres, et d<> sourire de fa\,'On eomplaisnnte au récit de quelque malin tonr fait en classe on dans la rue. Cette attitude d<>s p,nents rend l'enfant raisonneur, insoumis, beautonp plns préoccupé de donner lib1·e C'ours à ses instincts pervers qu'à former sa 1·aison et à meubler son e,s prit de connaissancc,s indispensables . « Tl me semble avoir fait œuYre util<>, car les carnets de correspondance mis quotidiennement à la disposit ion des parents montr<>nt , par les ob, se1·vations qu'on y peut lire, qu'ils s'in-
téressent de plus en plus à l'école et nous prêtent un concours beaucoup plus effectif.»
en somme, n'est qu'une existence er· rante, pleine d'ennuii;i, de risques et de privations. Une telle liberté est un misérable esclavage, surtout si l' on y joint le malheut· de grandir sans insL,école l'amour de récole truction. D'autres enfants ne fréquentent pas L'apprentis,sage du métier magnifi- l'école, mais non pour des motifs semque de citoyen peut se faire en partie blables. Us ne sont ni abandonnés, ni à l'école. L'école est une petite cité mal gardés; mais ou bien leur .santé dans la grande. Au sortir de l'ensemble délicate les empêche de profiter de l'éfamilial, chacun de nous y fait la ren- ducation en commun, ou bien la discontre d'un ensemble plus considéra- tance de l'école ne leur permet pas de ble. Une école est un peuple en minia- s'y r endre. Tant de r aisons peuvent ture. Ce peuple a sa. loi, ses tradition•s, s'opposer à la fréquentation régulière ses coutumes. Tout enfant qui entre à de l'école! Tous ces enfants sont privés l'école acquiert par là même une sort e d' un des avantages les plus estimade « bourgeoisie ,scolaire >>. Mais il fa ut bles de la vie: la fréquentation de l'élli<'n comprendre oc mot de bom·geoisie. cole publique. Un bourgeois, dans le sens primilif de Je voudeais vous faire bien comprence mot, n'est pas du tout un homme en dre l'école et son esprit, afin que vous redingote, par contraste avec celui qui l'aimiez beaucoup. po1-terait le bourgeon ou la blouse. L'école n'est pas seulement un lieu Bourgeois vient de «bourg» . Un bourg clos et couvert, où des enfants alpest une petite ville, et en général une prennent ensemble à. lire, écrire et calville. Et un bourgeois est un homme culer. C'est la bonne maison où la Paqui a droit de cité da ns une ville. En trie invite ses pet its enfants, afin de les Suisse, c'est un grand honneur d'être nourrir de ce qu'elle a de meilleu r. Ici, bourgeois dans Genève, Berne, Zofin- vous êtes ses invités. Elle vous raconte gue et ailleurs. Dans l'antiquité, on se son bï,stoire, comme une mère la raconréclamait avec orgueil des droits de ci- te rait à ses enfantR. Les plus grands, toyen romain, par exemple, et il était elle les tient debout devant e'l le, dans défendu de faire ,s ubir certaines pei- une attitude respectueuise, comme il nes, comme celle du fouet, à un citoyen convient à des hommes en herbe. Elle romain, en raison de ·sa dignité. Quant leur forme l'<>sprit et le cœur, et tremà vous, vous êtes revêtus de la dignité pe leur caractère et leur courage en particulièl'e que j'appellerai: « bour- le ur di-sant la n oble et g-rande histoire geoi,s ie scolaire >>. du passé, pleine de beauté, de souffranUn enfant qui ne fréquente a ucune ce, de graves le~oll's, d'exemples r éconécole se trouve privé de cet a,vantage. fortants. Lors donc que vous venez ici, vous C'est une sorte d'he i,matlose, c'est-à-dire de « •sans-patl'ie ». Les enfants négli- restez sans doute chacun l'enfant de gés, dont personne ne se soucie, qui ses parents. V os pères et vos mères courent les rues ou les bois sans sur- vous envoient, et parfois vous a mènent veillance ni soin, ont certes p'lus de li- ou viennent vous attendre à 'la sortie berté que vo u,s, en apparence. Aucune pour vous embrasser pluR vite. IlR sacloche ne les appelle. Toutes les heu- vent bien que vous n'êtes pa~ moins res leur sont égale,s. Ils n'ont ni cama- leurs enfants parce qu<> vous avez rades à ménager, ni maitres à écout er; quitté la maison pat ernelle pour aller mais ils paient cher cette liberté qui, vous asseoir dans la mai•s on commu-
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nale. Mais, pour cela même que vous entrez ici, Yous êtes investis de votre qualité d'enfanfa du pays. Ici, le fils de Pierre et la fille de Jacques, l'enfant du paysan, de l'ouvrier du médecin, du juge, du notaire, p~end conscience de sa qualité d'enfant de la nation. Un lien commun vous unit donc une même bonté vous reçoit et vous en-' veloppe. Un même toit vous couvre qui est celui de la Patrie et vous y êtes les bienvenus, tous au môme titre. J'estime que cet avantage est immense et que cette leçon de ·c hoses, que donne par elle-même une as'Semblée d'écoli_ers de toute provenance, devrait pouvoir être donnée à tous les enfants de la nation, indistinctement, pendant les premières années de la vie. S'être assis tous sur les mêmes bancs, avoir entendu tous le même enseignement large, humain, fraternel; avoir communié avec la Mère-Patrie dans les ré· cits de son histoire, dans les actes de ses héros, dans les colllseils et la pensée de ses meilleurs fils, c'est avoir de puissants motifs pour ·se sentir frère'S à. travers tout l'avenir, malgré les distances que les idées ou les intérêts peuvent plus tard créer. Quand on est jeune, on est isociable. Même les plus méchantes bêtes, vous 'le savez tous, sont gentilles an début de leurs jours. Ce n'est que plus tard q u'elleis deviennent féroces et s' entredéchirent. Mais, quelquefois, la bonne accoutumance du commencement empêche leur férocité de se donner carrière. Le,s chats et les chien,s, c'est connn, se persécutent entre eux. Il y a là une animosité ancienne, qui se manifeste tous les jours par de nouveaux coups de griffes et de nouve:rnx coups de dent. Mais ne connaissez-vous pa:s des exemples de chats et de chiens, aya.nt comme les autres des griffes et des dents, et qui pourtant ne se griffent ni ne se mordent entre eux? Ils dorment paisiblement au même foyer, le museau fraternellement barbouillé de
la même cendre; ils mangent à la même gamelle et, au besoin, montent .s ur les genoux de la même maitresse. Quelle est la source de ce miracle? C'est l'é· ducation en commun. Ces bêtes ont été petites ensemble et sont restées amies. Pourquoi les hommes ne seraient-ils pas sen sibles aux mêmœ procédés? Si les hommes vivent si mal ensemble et se disputent, se griffent, se mordent dans la vie, c'est parce qu'ils ne se conn~issent pas assez, n'ayant pas été habitués les uns anx autres. Augmentons les points de contact, nous augmenterons les chances d'entente. Pour que les citoyens, une fois devenus adultes, ne se ru ent pas les uns sur les autres comme rhiens et chats, fai,sons-les fraterniser tout jeunes, alors que les griffes n'ont pas encore poussé et que toute patte est naturellement une patte de velours. (A suivre.)
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Importance de la lecture. Parlez moins, faites lire davantage, - ce sera profit et pour vons et pour vos élèves. D'abord utilisez les li vrcs de classe: ce sont des outil,s aux mains de YOS élèves. Qu'ils les connaissent bien, qu' üs sachent en tirer tout le profit possible: n'est-ce pas ainsi qu'on forme des apprentis? Nos écoliers ne seront pas toujours en classe et, une fois sortis, ils n'auront plus d'autres professeurs que leurs livres. Ne se diront-ils pas: « Nous les avons maculés, déchi<< rés, martyrisés, les pauvres! ... on ne « nous 'les a point fait aimer!! A l'é« col,e on ne nous a même pas appris à « nous servir de nos livres!» Ingéniezvous pour ne point mériter un tel reproche. Lisez-leur vous-mêmœ, et faites-leur lire des textes classiqu es, de La Fontaine, notamment, si français,siintéressant, quand on se donne la peine de le commenter. C'est le moyen de leur fai-
re aimer et apprécier nos bons auteur,s. Conseillez ensuite la lecture des journaux d'enfants: abonnez-y vos élèves. Attendus d'ordinaire avec impatience, ils bénéficient, à la lecture, de cet état d 'esprit. Pour lire à la maison, la bibliothèque scolaire fournira la plupart des livres spéciaux de lecture adaptés a u programme: ces livres, généralement intéressants, - surtout les livres du maître, - seront lus avec profit par les parents aussi bien que par les enfants. Ce que j'aurais vouln établir -surtout, c'est que la lecture est - à l'école primaire - sinon la seule, du moins la grande pourvoyeuse d'idées, de mots. et d'expressions. Elle vous donnera davantage, si vous savez le lui demander. Ainsi elle deviendra, si vous voulez, votre profess.eur de d1étoriq ue: non de cette rhétorique des lycées « trop verie » pour des primaires, mais de cette rhétorique pratique, à notre portée, qui emprunte aux bons auteur,s leurs procédés, leurs tournures, 'leurs artifices · même, grâce à une imitation intelligente des modèles qu'ils nou1s ont laissés, - rhétorique suffisante. sans prétention, capable néanmoins de donner à nos modestes écrits une certaine sa• veur, un coloriis, une certaine originalité, cette variété d'expressions qui nous feront lire avec intérêt •s inon avec plaisir. H. LESUR.
Décoration artistique de l'école. La propre1é et l'ordre sont les conditions premières. de toute décoration scolaire. Celle-ci doit, de plus, être inspirée par les deux principes suivants: sobriété, variété. Dans la cour de récréation, plaçons des arbustes, des plantes en pot, à condition qu'ils ne gênent pas les jeux; sous les préaux, nous mettrons les trophées qui se trouvent à tort dans les classes et dans les couloirs, les gran-
des affiches murales enluminées de couleurs vives. Pour la décoration artistique p1·oprement dite des salles de classe, on pourra se procurer qu elques beaux plâtres, des gravures artistiques comme « les chefs-d'œuvre des grands maîtres » ou les simili-aquarelles de Hugo d' Alesi, chez Hachette et 0°. Proscrivons les scènes de pillage, de meurtre, d'alcooUsme; n'usons qu'avec discrétion des images guerrières. Il ne faut pas laisser croire aux enfants que les seuls grands hommes sont des ca· pitaines: les g rands savants et les bienfaiteurs de l'humanité sont, à pins juste titre, dignes de notre admiration. Il ne suffit pas de décorer le·s murs de fa classt' et d'e·x poser de belles œu vres aux regards des enfants, il faut aussi les leur expliquer, leur montrer comment et pouI'quoi elles sont belles, comment et pourquoi eJles sont plus belles que d'a ut res. On insistera surtout sur la pensée littéraire ou morale qu'évoq ue un tableau déterminé; on apprendra aux enfants à bien observer et à ana lyser le sujet représenté; on comparera les belles œu ,Tes entre elles et même avec des œuvres médiocres ou de mauvais goOt; enfin, on parlera au cœul' autant qu'à l'esprit en s'aidant du chant et de morceaux de récitation. 11 serait bon de consulter !'«Histoire de l'Art», de Pécaut, et d'abonner l'école à un périodique illustré. Comment se procurer les objt'ts nécessaires à la décoratiou artistique de la salle? Les moyens suivants pourront être employés: 1° intervenir auprès des muri.icipa:lités et des personnes étrangères à l'école (souscriptions, dons en nature, dons en espèces); 2° y intéresser les élèves par de légères cotisations, des dons en nature, des travaux personnels; 3° il faut, enfin, que le maître lui-même contribue aux décors de l'école par quelques petits 1
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13 sacrifices pécuniaires, s'il est besoin; par ·sa collaboration constante avec les élèves.
•••• Conseils d'un directeur d'école à un ndjoint qui débute 1. - Chaque soir, après l'~cole, il faut préparer la classe du lendemain: le cahier spécial doit porter les indications d e cette préparation_ Le bon instit uteur prépare consciencieusement toutes ses lec:;:ons, avant d'entrer en clas-s e où il ne doit ,s 'occuper que de ses élèves. - Attention au choix des devoirs. 2. - Le bon maître n'abandonne pas ses élèves pendant les récréations: il surveille leur langage (an point de vue moral surtout) et leurs jeux, d'une manière attentive, - il cherche à connaitre leur caractère. 3. - Pour les Jec:;:ons, cherclier (si possible) à montrer les objets dont on parle, ou des gravures, des dessins. Si vous faites une lel,:on sur Je charbon, ayez de la houille, dn coke, du charbon de bois, etc. -(pas de Jec:;:ons de choses, sans les choses, autant que possible); consultez au besoin un musée scolaire; soyez ingénieux, - et mus aurez une classe vivante. 4. - Il fant fair<' chanter ces prtits élèves, trois ou quatre fois par jour, en entrant en classe, et en sortant. Cherchez à mettre de la gaité dans votre petite classe, afin de fail'e aime1· l'école à ces petits enfani s, encore bien caressés par les mamans! - (Bien ent endu, ne les frappez jamais.) - Si vous savez vous y prendre (être très actif, et Yoir partout à 'la fois) , mus aurez peu d'occasions de punir et vous serez très aimé de vos élèves. 5. - Tous les samedis (au soir), tons les mercredis (au soir), il faut relever les cahiers d'écriture et les caihiers de devoirs des élèves, afin d'y jeter un
coup d'œil; puis on les met en ordre sur le bnn•au (ou sur l'étagère). De temps en temps, quand c'est possible, y mettre aussi une courte annotation: bien, asse7, bien, mal, etc., etc. - Corrigez les devoirs au tableau noir. 6. - Prenez soin de votre salle de classe qui doit toujours être propre; cherehez à l'orner. 7. - Les enfants doivent toujours être occupés; soignez surtout la lecture, l'écriture, l'orthographe et le calcul. - (Rappelez-vous que la répétition est l'/\.me de l'école.) Faites une revi- . sion le samedi. 8. - Apprenez à voR élèves quelques morcf'aux dP récitation -simples, courts et bien appropriés à. leur /\.ge. 9.- Tous les exercices doivent être gradués: J)asse7, toujours du connu à l'inconnu, servez-vous de leurs connaissancPs aéquises actuellement pour leur en faire aeqnérir de nouvelles. 10. - Vous ferez lP possible ponr faire connaissance nyec les parents de vos élèves (sinon a,,ec tous, du moins avec cenx que vou,s pouvez voir). Jnqniétez-Yous des enfants absents, malades, etc. 11. - Suivf'z le mieux possible votre emploi du temps et le tableau de répartition des matièrE's. 12. - Ne pas néglige-r la gymnastique f't l'hygiène_ 13. - Tous les mois (le ll'r ou le 2) von,s en verrE>z des rarnets de correspondance chez les parents. 14. - Veillez à l'éducation des élèves: ordr<", propreté, politesse, etc., apprenez-leur à dire la vérité et ù bn:ir le mensonge.
Partie pratique
pour 140 frs de fruits. Combien reçoit-il? 3. 100 kilogrammes de JJoudl'e d'os coütoo.t 14 frs. Que coûtent 250 kilogrammes ? 2. On compte que le bétail de boucherie li'Vre 5/8 de kg de viande sur un kg cle son. poids vif. Combien un bœuf gras qui pêse vivant IOG4 kg fournira-t-il par conséquent de kg de viande? 1. Un piltur,a,ge où l'on perut esti.ver 20 pièces de bétail a êt6 payé 15,000 rrs. A quel taux ce capital est-il placé si l'on estime à 30 frs l'estivage de cbaque- pièce de bétai-1?
2 4. Un menuisier doit 175 frs ·p our du bois et 65 frs pom· des ferr ures. Combien cela fait-il en tout? 3. Un hôtelier reç;oit 15 bois de lit à 28 frs la piêce. A combi en se monte la facture du menuisier? 2. 120 m' de plnnches à 1,50 fr. ont été payés ,a,vec 2 % d'escompte. Que!le som me a.-t-on ve1·sé comptant? 1. Que cofitent 10 planches de sapin ayant c hacune 5 m de long, 40 cm de large et 5 cm d'épaisseur, à raison de 40 fr.s le m•?
3 4. Un négocia.nt ,achète le quintal à 192 frs
et veut gagner 33 frs par quintal. A quel prix doit-il le revendre? 3. Charles reÇ;oit 60 ldlogrammes de café à 1 fr. 55 cents. Combien doit-il? 2. J'achête l'bectoHtre il raison de 80 frs et j'ai 17 1/2 % de frais divers. A combien me revient le litre? 1. Deux colis d'une même m11,rcbandise pèsent 225 kg et 475 kg. Comment se répartisse.nt sur chacun d'eux 5G fr. de frais cakulés en proportion du poids?
4 4. Que coütent deux billets de chemin de fer à 2 frs 40 cts chacun? 3. De combien 2 billets aller et retour à 3 frs 30 cts sont-ils meilleur marché que 4 billets simple course à 2 f i·s 75 cts? 2. A combien se monte le port de 50 q sur un parcours de 200 kilomêh·es si la taxe pour 1 q est cle 1 2/5 fr. par 100 kilomè-
3. Chrétien dépense 50 cts par semajne pour
se faire raser. Combien par année? 2. Georges dépose à la caisse d'-épargne les
2/5 de son r evenu annuel qui est de 1825 fr,s. Quelle somme aura-t-H économisée a.u bout de c iinq ans (intérêts non compris)? 1. Quel est le oopital qui, placé au 4 %, rapporte un intérêt annuel permettant de dépenser 80 cts pa,r jour?
6 4. Nicolasr écolte 60 quintaux de fruits. Il en 1' end d'abord 24 qui,ntaux, pui-s 16 quin-
taux. Combielll lui en reste-t-il? 3. 15 hectolitres d'a.voine p èsent 690 kilogrummes. Combien pèse 1 hectolitre? 2. Un q de fouITage cencentré contient 48 kg
de matières nutritives. Quelle est par conséquent la quantité de m,a.tières nutJ.1ti,v es conte.nues dans 625 kg de ce fourrage? 1. Le ~ôté d'un champ de pommes de terre de form e carrée mesure 40 cm sur le plan (échelle de 1 : 200). Qua!le récolte y ferat-on si 100 m' p1·oduiflent en moyenne 1,5 q?
7 4. Un serrurier livre un fourneau de cuis ine pour 140 frs et un poêle pour 105 frs. Combien a-t-il à réclamer? 3. Que doit-on pour 62 heures de traviaH à 45
cts l'heure? 2. Le prix de revient d'un m euble est de 160 frs. A quel .prix faut-il le revendre pour gagner 15 %? 1. Un mor<eeau de tôle de 2 m. de long sur 1 m. de large pèse 48 kg. Quel est le poids d'une feuiUe carrée de la même tôle dont le côté mesure 50 cm de long?
8 4. Dans un commerce, on a encaissé hier une
somme de 145 frs et l'on a dépensé 128 frs. Combien reste-t-H en caisse? 3. Que content 45 kilogna.mmes d'une certai,ne denrée, le kilogramme à 1 fr. 80 cts? 2. Sur un envoi de 4 1/2 q, il y a 11,25 frs de frais divers. Combien cela fait-il pour 100 kg? 1. Une demée pèse 1250 kg poids brut (y compris l'f>tmbalb1ge) et 1200 kg poids net (sans emba llage). Combien % clu premie·r poids la 1)3,re (l'emballage) fait-elle?
CJaleul mental
tres de parcours? 1. Le port de certain es marchantlises a ét6 réduit de 12G frs à 90 frs par wa.gon. Combien % de rabais cela fait-il?
(Examens des recrues, a utomne 1903.) 1
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4. Antoi-ne paye pour six mois 18 fl's de coti-
4. Je gagne 120 frs par mois et je dépense 75
sa tions de s ociétés; combien cela fait-il pour une année entière?
frs. Combien me reste--t-il? 3. François paye 55 frs par mois pour se.
4. Jacques a vendu pour 750 frs de béta.il et
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i4 chambre et sa pensio,n. Combien cela tlaitil pour l'année entière? 2. André emploie le 4 % de 1750 frs pour des assurances. Combien cela fait-il? 1. Il est dfi 1675 frs à A e t 825 frs à B., mais ils ne reçoivent ensemble que 1000 frs. Combien chacun .reçoit-il proportionnellement à sa réclamation?
de 3 mois (sans intérêts). Quel est le mont,,ant de chaque paiement? 1. Une pierre de taille de 2 m de long sur 1 m de large et 80 cm de haut doit être chargée sur un char. Quel est le poids de cette charge sachant que le dm' de piene pèse 2 l/2 kg?
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4. Une marchandise pèse 92 kilogrammes
4. J'ai payé 35 frs, prns 40 frs. Combien me
resta-t-il des 100 frs· que j' avais? 3. Un héritage de 9200 frs doit être réparti en parts égales entre 5 héritiers. Combien chacun reçoit-il? 2. Une surface de 15 m de ,long sur 1,4 m de ~arge doit être vernie à l'huile. A combien se monteront les frais si 1 m' cofit<J 1,60 fr.? 1. Elu cédant une certaine quantité de marchandises pour 630 frs, on perd 10 % sur le .prix de revient. Quel était ce prix?
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avec La caisse, la marchandise seule pèse 75 kilogrammes. Combien pèse Ja caisse? 3. Maurice paye un loyer annuel de 300 frs. Combien cela fait-il par mois? 2. A, B et C se partagent 750 kg de .pommes de terre; A en prend les 8/15, B les 4/15 et C le reste. Combien de kg chacun a-t-il? 1. Une -construction doit avoir 12,5 m de rlong, 12 m de large et 10 m de haut. L'architecte comptant le m• à 24 trs, on demande à quelle somme se montera le devis.
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11 4. Piene a 54 ans., sou fils Paul eu a 19. Quelle est 1,a différence d'âge? 3. Rodolphe paie le quintal de marchandises 36 frs plus 3 frs 60 cts de frais divers. A combien reviennent 20 quintaux? 2. Jacques a vendu 6 q de fromage. à 180 frs et 4 q à 175 frs. Quel est le prix mo-yen? 1. Un chef d'exploitation touche 2 1/2 % du bénéfice net, ce qui fait 245 frs pour cette année. Quel est le bénéfice totaJ?
4. Walter avait 185 frs; il a d'abord dépensé 25 frs, puis il ia de nouveau reçu 30 frs.
Combien a-t-il maintenant? 3. 30 hectolitres de vin reviennent à 1560 frs,
y compris les frais divers. Que coüte 1 hectolitre? 2. Combien faut-il de tuiles de 1/4 m de large pour encadrer une plate-bande dont chacun des 4 côtés mesure 8 1/2 m? 1. Gustave .a placé son ca,pital de 24,000 frs 3 3/4 pour mille sur la fortune mobilière. Que lui reste-t-il de ses intérêts annuels?
12 4. Jean · a récolté 38 quintaux de grande·s pommes de terre et 15 quintaux cle peti-
tes. Combien cela fait-il de quintaux tout? 3. Que valent 38 quintaux de pommes terre il. 5 frs 50 cts? 2. Combien faut-il de litres de Lait à 15 pour payer l' intérêt annuel de frs 450 4
%?
en de cts au
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1. Quel e·st le poids d'un tas de foin de 8 3/4
m. de long sur 4 m. de large et 2 2/5 m de haut, si 1 m• pèse 3/4 de q en moyenne?
13 4. Un voiturier doit 140 frs a.u charron et 260 frs au maréchal. Combien ceLa fait-il? 3. Que coüte le voiturage de 35 quintaux à 25 cts? 2. Robert achète un cheval pour 42 pièces de vingt francs; il paye immédiatement les 7/8 de cette somme et le reste au bout
16 4. Combien me doit-on pour 12 jours de travail à 4 frs? 3. Gaspard ga,gne 5 frs 50 cts en 10 heures de trav,ail. Combien gagne-t-il en 32 heu-
res? 2. Martin a payé 2700 frs pour un terra.in à bâtir de 25 m de long sur 16 m de large.
A combien r evient le m2 ? 1. Une lettre de change de 1600 frs a été négociée à. 1a banque 45 jours avant son échéance. Que va.ut-elle comptant? (Escompte 5 %-)
Variétés L'ENFANT Petit oiseau, viens avec moi; Vois la cage si bien posée, Les fruits que j'ai cueilli s pou[· toi, Les fleurs humides de rosée.
L'OISEAU Petit enfant, je vis heureux:; Etre libre est ma seule envi e; Mon humble nid me plaît bie11 mieux Que la cage la plus jolie. L'ENFANT Petit oiseau, le doux printemps Ne dure pas toute l'année; Que fe11a,s -tu lorsque les vents Auront dépouillé la ramée? L'OISEAU Vers le midi je cherche1'ai P lus beau climat, plus sfir feuillage; Puis au printemps je reviendrai T'amuser de mon doux ram,a ge. -0--
Balayage à la neige Voilà un procédé de balayage assurément original: << Depuis l'an dernier je fai,s employer la neige pour le ba,layage de ma classe, et je m'en trouve bien: aucune poussière, et nettoyage bien plus simple qu'avec le classique arrosage. C'est la sciure humide à bon marché. Ce procédé me semble r,ecommanda.ble au point de vue de la propreté de nos classes et de l'hygiène des enfants. ii Recommandé là où le procédé est possible.
--oiio--
Oui, il faut aimer Mochon - Ma.dame, il y a un nouveau. - Ah! tant mieux. Où est-il ? - Là-bas ... Tenez, il se bat avec un grand. - Comment! déjà? Mais, vite, les enfants s'élancent -p our appeler le !.)a.tailleur. Il arrive, haletant, campe ses yeux droit sur la maîtr.esse, et dit sans façon: - B'jour, m'dame. Mme Dalbert regarde curieusement ce petit taillé en hercule, poings énormes, Jarges épaules, grosse tête ronde à l'air décidé. - Quel îtge avez-vous, mon eufant? - Dix ans à Pâ.ques., Ma.da.me. - Vous allez être dans le premier cours. - Madame, - et le petit .s ourit, un peu gêné, - j' sais pas lire. Mme Dalbert ne peut reœnir un mouvement de surprise. - Où donc avez-vous été en classe? - J' sais pas . . . , partout!' Les écoliers, qui écoutent cet interrogatoire éclatent de rire. L'enfant les regarde d'un' air impatient, et reprend:
- A Mar,Seille, à Villeneuve, à Pa.ris, chez Mlle ,l ob. - Bien, mon enfant; dites-moi votre nom, et entrons en classe, il est l'heure. Mme Dalbert éprouve une impression très singulière: tout lui dépla.ît dans ce je1t1ne garçon. Sa force brutale n'a rien de sympathique, il est sale et paraît fort peu discipliné. Que va-t-elle faire de ce mauvais garnement qui ne rêve, sa.ns doute, que plaies et bosses et dont toute l'ardeur se porte au je'u? Cependant elle le met à l'épreuve: c'est vrai, il sait à peine épeler, écrit un peu et compte bien; mais le r este est pour lui lettre morte. Il est remuant, s'impatiente, et demande tout haut à chaque tintement de cloche si c'est la récréation. Et la récréation arrive, et Mme Dalbert obs.erve toujours son « nouveau ii. Lucien décide qu'on jouera au cirque, et il semble bien plus au courant des faits et gestes de Chocolat que de ceux de Charlemagne, - Toi, tu sera,s un clown; moi, je dresse les chevaux; ici les petits, galopez, et gare à celui qui tombe! Bon, en voilà un par terre. Lucien accourt et le relève avec une bourrade. Mme Da.Ibert s'apprête à intervenir; mais non, elle préfère attendre encore quelques instants. . .. Oh! très peu de temps, caJ.· le directeur du cirque a décidément la main leste: clown, chevaux et spectateurs reçoivent qui une gifle, qui un coup de pied, qui un coup de , poing. La maîtresse s',a pproche et sépare le directeur de sa troupe. - Mais on ne se bat pas le~; vos petits oa,. ma.rades ne sont pas faits à ces manières, Lucien; il faudra eu perdre l'habitude. Et le soir, tout en songea,n t il. la triste re· crue qu'elle a faite, Mme Dalbert rentre chez elle, où elle trouve son journal. « Il faut aimer Moellon ii, dit un article spirituel et touchant Mochon le mauvais élève, toujours malprop{·e et souvent grossier, qui u',a rien pom· lui et ne fait rien pour les au· tres. Et elle songe que jadis le petit Chose, lui aussi, a aimé Banban, le pauvre infirme, toujours dépeigné, mal soigné, la boute de la division. - « Il faut 1aimer Mochon >J, se ditelle. C'œt facile à écrire, ces choses-là; mais l'amour. c'est un don, et cela ne vient pas à l' appel. Ah! certes, Et c'est bien en vain qu'on 1'1a,ppelle S'il lui convient de refuser! Du moins,, pense-t-elle, on peut et l'on. doit se comporter comllle si on le ressentait. -
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16 Eh bien, soit; nous essaierons d'aimer :'1Iochon. .Mais chaque jour apporte une nouvelle cléconvenue à la maitresse. Mochon <lit des mots énormes, il bat sans trêve se.s camarades de toute la force de ,son poing de jeun e athlète, il n e songe véritablement qu'à jouer, à semer le désordre d ans l'étude, dans les rangs, dans la classe; C'est un élève détestable: Mme Dalbert est découm.gée. Et voici qu' tm jour, à tm e nfant docile et travailleur, elle <lit ces seuls mots: -C'est bien, Fernand, vous êtes mon petit garçon. Et l'intorua,t ion affectueuse complète pour l'enfant ce que la phrase a de trop écourté. Soudain elle entend une voix près d'elle\ qui demande timide et câline: - Et moi, Madame, est-ce que je suis aussi votre petit ga.rçon? Surprise, elle voit Lucien qui la rega,rde a~rec des yeux où s.e lit enfin lie la t endl'esse. Son cœur de mi\re n'y résiste pas : elle attire la grosse tête ronde près d'elle et lui dit: - Oh! comme vous ,seriez mon petit garçon, que j 'aimerais bea.ucoup, si vous vouliez être docile et sage, et doux ,a,vec les autres! - Madame, je serai comme ça. - Allons, c'est bien. L 'enfant ,s'en va jouer, et la maîtresse émue se dit: C'est fait, j'aime Mochon. Et v1,ajment il essaie de ,se corriger, et cela dure quelques jours: il s'a,pplique à lire. il écrit même si bien qu'il est premier en composition. Il ne s'en tient pas là: il veut à tout prix ,s econder la maîtresse, et, tout bas, il dit à ses camarades, avec cette rudesse qu'il ne peut dépouiller tout d'un coup: - Vous savez, vous ,autres, le premier qui cause en classe .. Et il montre un gros .poing feQ·mé. Mais huit jours de sagesse, c'est lourd, et le Mochon reparait ... Sur ces entrefaites, la mè1,e de Lucien e.•n venue voir son fils, et Mme Dalbert, qui ne néglige aucune ocCla,sion de mieux connaître .ses petits élèves, s'entretient avec elle. Oh! l'étrange histoire que ce•rte dame lui conte avec une volubi.Jité naïve! - Nous habitions Marseille, lui dit-elle, où Lucien fut six mois à l'école. Au bout de et> temps, ma belle-mère nous le demande. Nous le lui donnons. mais la brave femme, qui le trouve trop jeune pour travailler, n'imagine rien de mieux que de le laisser courir clans les rues du village. Mon mari le reprend, comme bien vous pensez, puis,, deux mois
après nous v,e nons habiter la capitale. Je mi s tout d'abord mon bonhomme dans une petite pension, à Villeneuve, chez une vieille de· moiselle, mais il y battait les autr~s. â ce qu'il pam1t, et on nous le rendit. Nous l'envoyâmes a lors au lycée, comme externe sur, veillé, Madame, car la. pension ,est bien trop ch ère pour nous dans ces gr ands éta.bJi.ssements; ma,i s il nous rentrait le solr juste au moment où ·son père et moi nous aurions voulu aller au théâtre, et cela était bien gênant, con'Venez-en. Alors nous avon s pensé à l'internat dans un collèg,e des environs. Et voHà. 1 ,_,;:i;l' Eh oui, voilà! comment ce pauvre 'petit être ba.Ilotté d'école en école, de maison en maison, a pris tous les travers des milieux où il a passé sa ns avoir eu le temps d'y l'ien prendre de bon. Et Mme Da.Ibert se sent des trésors d'indulgence pour ,son m auvais élève. - l\fia.is vous, ,Madame, voyons, êtes-,ous satisfaite de mon polis.son? me le changer ez. vous'! - .Te vous promets, Macla.me, de m 'en oçcnper beaucoup, et j 'ai confiance, car il est a,f fectueu.x, et c'est lil une grande r essource. - Eh bien, donc, t ant mieux, dit ln. mère, qui s'éloigna sans penser il toutes les joies ctont elle se privait e11e-même. Et chaque jour Mme Dalbert .se dit : « Il faut ai,mf'.J.' :vrochon. i> ~!Jais non, ce n'est plus à faire, et c'est chose f3ite, enteudue. Entre la maîtr·e sse et l'élève s'est établi comme un accord tacite; il fait ce q u'il peut pour devenir meilleur, et elle ferme les yeux sur les incn,rtades sans gravité. Los vacances de Pi'iques arrivent; Lucien, encha nté, s'en r etourne à Pa1·is, et quand sa mère le ramène, c'est un chant d'n.ctions de grâ ces: - Comment ,a.vez-vous fait pour nous changer notre démon? Il a ét é d'une sagesse exemplaire. Cro,il'iez-vous qu'il a passé une partie de ses vacances auprès clu lit de sa gra,ud' ma.man ! Mon mari ne le reconnaissait plus. En aurez-vous dit des paroles pour obtenir u,n t el r ésultat! - Non, vraiment: Lucien s'est a.mélioré tout seul, pa.rce qu'il a lion cœur et qu'il a senti que j e l'aima,i.s. La grosse tête ronde a deux yeux bien tendres en regardant sa mère, mais bien tencù·es anssi quand il les tourne ver s ·s a ma,itresse .. et Mme Dalbert, joyeuse, se dit tout bas : - .J'nirnerai maintenant tous les Mochons du monde. JULIE SEVRETTE.
le regretr.er. Si la France nous Ignore, s i la Suisse allemande même nous connaît pC'U, uons ue ùésespérous point ùe nous imposer à leur attention. Celui qui, eourageusernent, accomplit .sa tâche peut ,a vok foi en l'avenir. Nous avons nos an thologies ro!ll::1J1des, disais-je. Nous avons égalemcut nos anthologie s locales, si je puis m'exprimel' aJnsi, et il n ' est pas de raison ponr que nous n'ayom point les unes et les autres. li importe que les divers es partie:; d'un tout ne s'ané miem point, si l'on désire q ue le tout lui-même d emeure sain et vigoureux. Que les ruisseaux lia LJillcnt, que les riyières chantent avant de eonfonùre leurs eaux dans le lit du flem·e ! 'l'andis que Genève, Vaud, N,euchâteil, l,' ribourg, Je Jura-B ernois ont leurs anthologies plus ou moins brilla.utes, plus ou moins corn· piètes, le Valais ne possédait ri en (le semùlabJ.c. Plus qu'aucune autre eontréc de la Suiss e romande, il a été absorbé et presque épuisé par 1a lutte coutre la nature. II a dû arracher, morceau par morceau, il la tene ingrate, le so.J de ses vigucs, lie ses prés, (le ses champs. Ce dur travail ne lui a pas laissé de loisirs pour les jouissances et les rêves cle l'art. Que relicmlrons-nous de ceci '? Uue vopulation (k et•nt ruillf' ftm<'~, }):ll'()t1(•c <k1-rii'rt• 8 P;! monta;.we;; f't eontl:1o11m(•e il plorer sou ,; Je faix des souds matériel s, u e poun1it :noir nne littérature il soi. Du moins, elle n' a, vu rn.Yoir ou <'omniencer il )'a voir, qu'apr?>s ,s ·être mise en r ela,tions plus suivie,~ ,lYCC: ses vniHins f'l qu' mpl'ès 1-l'Hre Hevée il tme rchLtive ai sance p a r le plus ollstiné lles la.beul'S. Ln. poôsie valaisanne eëx:istc à peine a v:m t Ch.L. de Hous. Bllc cxi,-te. ù. rei.te henre, et (le j eunf'.S 1.a,l ents nous appork,n t cléj:t plu s lJU e tl<'H prom c:<seH. f-nn,; rl onte. stu· les l)ords clu Hllûne. <·omme ,;n'r lt'K rives lln L i'm:111 ou tln lac <lt' l\'t'tll'h,Hcl, t,,,- (·el'ivains sont (l es :11na l<-u1·s plus (}lit' llN, arli,;tes . On ne rit pa,; cle ""· plum<', llaus llot.re SuisHe ro111:mllt•, où il n·y .a, 1rn s tl"n ut.re Cfl.LTii-re litt ôr:i ire que eelle (111 jonrualiHlllf'. Nous sommes tons mé<lec;rn,, a.Yoc-a t,;, profcrs scurs, a.vaut tl'ètre ll es hom 111es de lettres. Ln litt.érnt.m·e est notre s nper. f'ln, If' ln:x:e <1(•1ie a t; e,t motleste tl e quctqucsuu~ C't le 1rnùlic n e nons g:'i te point, e t iJ nons Pst difficile de fran chir J'espll ce hol'Jlê de l:1. << pcUte pat.ri e J>! l\'fai s nous n'en écoutons Jm8 rnoin::; la chanson des voix div,ines d, de plus au plus, uous essaJ'ons tl" êil:e 111i t'ux que cl e vagues ,Hlet tnnti. Pn.rc·ourez les ,,Poètes valaisans" , de l\I. H enri Bioley ! Vous
vous convai11 en:z qu'H est, pan11i nos con· trnnpornins jmmédiats, des mu:sophiles plus n.mhitieux et mie ux a rmés que Louis Gros,s! lis n e clironl plrns, après lui: A fail'e cle ùous vers je 11e vrenùs [auc-u n soiu, Ils ornt la pa.ssion du cc hou vers >> sans lcq uel on 11'c::;t l)Oint poète. Et si lûs chefsd'œuvre n' abondent l)as - ils sont rares en tout pays - et s i :'IL Biole~, 11' :1. pas ra,ssemblé sn.ns peine la matière, inégale mais intéressante, de son recueil, l'anthologie qu'on m'a gracieusement llernanllé cle préfacer n'en est pas moins un signe des temps. Partout l' << fimc r omande >J prend conscience ùe soi. partou t la littérature rorua.nde creuse sou sillon et fait ses semailles . Bemc, 9 nov. lû03. Virgile Rossel.
Kons donnons maintenant l'introdudion proprement dite. << L e
fayorable a ccueil qui a. Glé fait aux JJ, de Louis Uross 111' a engagé il él'iger cc nou veau et modeste monu!llcll t eu rJ1011neur ùei; leli:res vaJ.aisaunes. Comme il anive uéccssairemen t à toute anthologie, les tliverses parties cle ce rceueil sont de Yalem· bien i11Gga le; elles n'eu llGmonirerout pa s llloius que les choses de l'esprit ne sout pas auss i tléllaignées chez -11ous qu'on le eroit génf•rnlelllent. D"aille urs, si les lettres et les arts sont plus cnltivés ll:rns les autres e:llltous de ln. Sui sse rnmanllc que ùans le nôtre, il est assez naturel q uc nous ne puissiom; p:1s riYalise r, dan s ce donrninc, n.vee ees cout.rées to11ogrnplliquemenl ùési· gnées pour ê tre le sièg·e de cilés populaÎl'es et rle grnucls centres iu tellecluels, où fleurissent des a,ca tl émies e t de,; universités séculaire,;. Les encourn.gemeuts qui, clans les Yilles, vont au clcYant des produc tions littérnire,; el arti;;tiqucs, font, eu eff e t, prest1ne complètem ent tléfa ut dans les pay s agricoles. ~\.m;si, ecux qui i,,e Yotient chez nous aux œ uvres de l'imaginat ion, sont-ils es;;e11ti cllernent tle:,; clltetta11ti, qui s"offrcnt :'t enx-mêllles le luxe ou l'agrément d'un lléla s:,;elllt'nt llloins tene il t erre. Dans ecs conditions, nou s songeons moins encore il éùiter le peu que nous pro(luisons, que nous ne solllrnes en mesure de protluire be.tucoup. Et cepentlant, après avoir parcouru la ga lerie que j 'ou vre dcYallt lui, te leetcur reconnaitra , je l'espère, que notre indigence lit téraire n'es t point aussi réelle que le;; a.pparencès peuYent le faire supposeT. San s franc!Jir le domaine de la poésie, et sans parler de ceux tles écriYains Yalaisans qui ont chanté dans la belle langue de Schiller et cle Gü·
« Gerbes poé tiques
:Ile, je me <:onteuterai de pré;,;en ter le ;;roupe :Je nos concitoyens romands auxquels la lluse a daigné sourire: les uns, moissollllant Jans les <:11:unps du rêve et de l' imagination; J'autres s'inspira.nt ùe la splendeur de 110s ites alpes tres, de nos coutumes, et de nos lé;endes séculai res, ou 1Jien des souv enirs d'un riassô glorieux; quelques-uns, enfin, simples chansonniers villageois, vet·sifiant, pour les lnieux graver dans la mémoire popula.ire, les faits ou les événcmOllts locaux qui 011t a t tir é ou qui méritent de f ixer l'attention par le piquant 011 l'originalité des situations. Ce Lléfilô coutriùuera à mettre en pins co mplè te lumière le tableau cl e nos mœurs et ùe nott-e l'h·ilisatiou, tout eu rappL•laut parfois let> tra11sforn1alious qu'elles out dû suùir au cou rs du siècle qui vient de s'écou ler. Certes, CP u'est vas que uotre modeste travai l 11l'éteudc à une valem· psychologique quekonquc; mais, si l'on admet généralement que le style revèle l'llomrne, ne peu t-on pas dire tout aussi bien que la poésiP' d'un peuple est la manifestation de so11 iirne'/ A ec poiut de ,·ue, <:'est llicn l'ilme Yalais auuc que l'on Ya n•utoutrer à tra ven; c:es pages., écri ters par des enfants du pays, apparte nant à toutes les tonùitions et fL toutes les <:anières sociales. Et eette :1uu.\ je me plais à. le consta ter, :.t garùé la fraîcheur et ln. pureté Llc uos neiges iwma<:ulées, en même tet11ps qu'elle a le doux 11arfuw de nos <:lrn mps ou des frnits de nos l'Jteaux. Y,L tlon<:, pe ti t l ine, ,a tranquillement Lon cheu1in en jetaut aux échos tes notes grav"" ou folles, pures toujours. )louthey, octoùre 1!)03. H. B.
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Eu a Il e nda nt * que* l'occasion noml soit df> uouyeau offerte de 1·epa l'ler de l'oun-ag-e qui a fa it l'objf't de cet article, nous pensous que l'on prendra connaissance avec plaisil' des auteurs et der,; œun es qui y sout vassés en 1·en1e et qne Yoici, d'après la taule clef! ma tit>rei,;. L'rnHlŒ-J 08. DE IUEDi\IATTl!l.N. -
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l)itro à 1110n frère IL - ..i. )Ille J. Ci - .Jourunl tle ca111pagnc, ii. ma sœ ur. - Cha nson vom· M. le Curé de Vercorin. CU.-L. DE BONS. - Ll' rén'il des bironllelles. - Sous-Yent. - L e Yieux curé. - La lia taille (épisode du poèrne «Divicon »). li'ELlX HONNAZ (c!J:rnsouuier). - L'ornhre de la Liber té et l'antipac li ste à la tou r de )Iartigny. - Un patriote à Ja chapelle de Guillaume Tell. - Le drapeau fédéral.
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)L\ U RlCJ<.; HE88E DE:5 LARZES. - Le Grand-St-Hernard. - Uu vieillard pla11tant un jeune arbt·c. ALPIIO.NSE BKCK. - A. la. méwoire ùe Cb.-L. de Bons. LOUI8 GROSS. - Le r êve et la. réalité. L'Erwitage tl e Longeùorgue. - Souvenirs. Daute eu exil. - A Elle. AUGUSTE BilUTTIN. - l'rès tl'un llercca.u. LOUIS DIRAC.-Premlèrc brise. - L'aigle. ·- L e chûtcau tle Uanlovall. - L' hornrne et le .serveut. - Les moi s. HOUER DE B O:N:5. - Le moine de Sthlauricc. GEOIWES BIOLEY. - L'agri<:ulteur. En printemps. - La c:hamlelle et la bougie. - D eux opiuioui:; sur xn iut Laurent. - La paillasse tl u sn i II t l!ornwe. ..HülAND DE ltl ED)lATTEN. - J<.;xtraits de F a ust. ,\LFHED HE88E D.l!JS L.\.R~J::S. - La violette. - Au co in tlu fe u. - L'hil'ondelle et l e poète. - L' envers ùu ciel. - La ncuvaiue Liu piusou. E)ll LJG D}<]LAVY. - L e R!Jûue et Je Lé111:rn (POP Ille).
HILAiltE GAY. - L '.\.ugelm, du soir. Le sa ug des Suisses. LOUI8 CO GUTIIION. - La w:u·gueritl'. - Romlel. )LUUUS :\IAWl'lN . :Uoiueanx. - .\ l'Harmouie. - L es ,ll'w oi ries de ) lonthey. ALHEH'l.' DU l tU'l,. - .l!Jlégie. - l'om· les t1·é1rnss(•s. - La Tngela. YIC'l'OHlJ::.'J DAllBJüLL.\Y. - Les voi x de la lllOJJ tagm'. - L'orphelill. J U LE8 GROSS. - Sal yau. Le Ya l-d'Il liel'.. - Saucycr. - Le sapiu. - LP ?lloutIllant. L es Jil a,;. - L' Llirondelll'. - L' llil'er ,Ill Gr:rn(l-St-Bcrnanl. Bou ton flNri. - La chanson des lJisscs. CH.\1-tLES J:'-,1-ALBON. - Yei lle de t>t'in temps. - P remi er soir de printc111ps. - La ronde des mouettes. - La ballade Ll<'s llerccaux. - 'l 'oast à la. Suisse. - Salut au Ya lais. Credo. - ltomance d'aut.onrne. OSC.\U l'ERHOLL.A.Z. - Brnue 111ècbe. ~ Bras dessus, bras d<'ssous. - )lyosotis. A~o::-;Y)l ES. - La g ro tte et le la<: de1 ~'ées. - La loi du pnrclou. - A mes jeunet :unis A et W. de V'' . - Le son ùe la cloche. (L es portraits du l'etuei I sont tL'UX
de l'. -J . de Riedmattt•n, Ch.-L. de Bous, Louis Gross, Georges Biolcy, Chal'le~ In-Albon, tous morts à l'exception de ce dernier.)
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Almanach du Valais 1904. Cette PXCE>llPnte publication, qui en e~t à. la 4me année, a paru dPpuis peu et sera la bienvenue'da.ns nos foyers. Le contenu en est cette année plus jntéressant encore que les précédentes. Ce ·qui en fait le mérite particulier c'e,st la couleur loca:le, Je cachet essentiellement va,laisan qu e l'Almana,ch sait conserr er, alors que tant de puib li cations similaires n'offrent guère que des sujets quelconques. Il est bien valaisan t;Omme on peut Je voir par l'énumération suivante des articles qu' il t'enferme: Sommaire des principaux articles contenus dans la nouvelle édition : Calendrier. - Tableau des foires et marchés. La dévotion à Saint Joseph, par t S. S. Léon XIII. Une noce en Valais au bon vieux temps (1352), par Oscar Perrollaz, avec une ancienne vue de Sion et une chanson d'amom·, annotée. - André, par Stephen Lefranc. -- Nanette la fileuse, par .Mario. Annibal a-t-il traversé le Grand-St-Bernard, par .Jules Monod (auteur du < Guide du Valais • ). - Une victime, (histoire vraie dédiée à l' c Almanach du Valais • ). Salvan et sa Pierre-Bergère, par L. Coquoz. - La vallée de Nendaz, par Guy du Ramier. - Elle était veuve, ils étaient orphelins, (nouvelle), par A. Perraudin. Les patois, par un Valaisan à l'étranger. Gt·uyère et Géronde, par All. Right (avec vues), - Dans les mines de la Bâtiaz (légend e). A l'Eggishorn, par V. Tissot . - Le bétail au pâtiwage, - La bergère de Suen (St-Martin), conte féodal, par Solandieu. - L'Envers de11 cieux (avec gravure), poésie par A. Besse des Larzes. -- Mario (avec portra.it). - Revue des événements, pa.r Ch. St-Maurice. - Règles d'or pour le commerce, etc.
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Un supplément spécial apporte les portraits de S. S. Pie X, de Mario, de IDI. H. Bioley, H. de Torre>ité, R. Evéquoz, préfet, L. Rey, conseiller d'Etat et député aux E tats, Chef dn
Dépa1·temcnt de l'lnstrurtion publique. Cette publication forme une belle brocl1ure de 84 pages de tex te, non compris celles d'annonces, l e tout revêtu d'une belle couverture coloriée avec écussons des districts, du canton et de la Confédération.
L'almanach au détail 30 centimes
Pour le personnel enseignant et ses élèves, le prix de l'Almanach est réduit du 33 %, soit porté à 20 et. l'ex.
Pour 26 et. il peut être expédié 17 ex. ; pour 40 et. 34: ex. S'adresser à Almanach du Valais, Sion.
* * * Voici eomment l'un ou l'a utrP journal étranger au canton apprécie !',,Alma nach du Yalais": « Bien venu !',,Almanach du Valais" avec sa jolie couYertm·e qui apporte l es armoiries des districts, autant ù'étoilcs gui bl'illent sur l'écusson cantonal. Cet a lwanach est l'un des wieux imprimés de la Suis,se romande. Il s'adeesse s urtout à. des lecteurs catholiqu es, mais il est fait pom· intére:tser 1ont le mond<·. Cl'Ue auué<!, il nous appol'te pl nsh.·m·s articles or1g111aux, dont l' un, de long ue hale ine, œ t intitulé : « Une uoce an bon vieux temps. n L'aute ur, l\f. Oscae P e rrollaz, est nn C'Onteur a1 trayant. M. St ephen LPfrane a envoyé un 1·écit populaire:« André». - De ~fnrio, signalons nue jolie petite non,·plJ e: <<Nmwtt<• la. fi l<> use »; de 1I. ,Tn l<s l\lonod, 1111 rll'ticle doeum<>nté: « Annibn I a -t -il tl'aversé l<' Grnn<l-Stlkl'Tlard '? n l'ui s, q1wl<Jnf>s notices hi ~toriqn t•s, bibliogrnphiqnes on agl'icol<>s. l ',,Ahuauaeh du Valais", parun choix frès varié ,Jps ,snjf'l s, Pst 1·apid<'nwnt df>,•<>n u populairP. Les illustrations sont nombreuR<:>s et bien v<>nnf>s. >) Apr<'•s l' in<,ritahlP <'a.lP1Hll'in 0t 1<' ta bl(•an dPs foir<'s <>t mar1·h Ps, se présen1<' 11n0 s uctt~~sion Yariée d'artir lPs h is to1·iqtw~. f:wéti<·~ r t bonR mots, lP ton t ('omposant une lPel ure nttaehante. TT ne plunw frihon rgeoise y a fait l'éloge de l'ins t itnt de Rain1 -Joseph ou dPs sourds-mnf>ts df> Gruyère. en même tempR q11e de la mai~on. de GérondP, n.nint Pn \ ' nlais l:i mt'rn P <lPstiuntion et I'Pndnn t lf>s m(lmes lll'P<'Î<>nx S<'r, ices. Tous ces articles sont illu strés, Pt nn supplément y ajontP le porl rait de P i<' X, très r~nssi, ainsi qn<> la photo~raphiP dP plu,si<'m's mn gif'ltrats , :ilaisans C't d<> la <'Pl/\hrt> i\fa rio. Rans plu~ dP détai ls, d isons qu e r .,Al0
8 nanach du Va.lais" (30 centimes) méri:e de pénétrer da1;1s toutes les f_amille~, 'ar il constitue une lecture same, éditiante, instructive et récréat ive dans P meilleur genre.
Bibliographie CALENDRIE R LAUTERBOURG. - .Parmi les nombreux calendriers à ~ffeuiller, celui qu'édite la Fabrique . de re~1stJ·e_s de Bienne (S. A.), le Calendrier smsse a _effeuiller de Lauterbourg m érite une mention "péciale. Le contenu est en parfatite h~rmonie avec l e gracieux décor sur lequel. Il es_t monté. Chaque feuille est la r epr~du.ctio~ artistique - dessin ou photographJ.e - cl une vue ou d'un portrait ,accompagné. d'une c?urtc notice géographique ou histonque qrn en augmente encore la valeur. -0-
BTRENNES FRIBOURGBOISES, pon_r !1904-. (lmp. Ii'rnguière.) - Les nou:elles ctreunes viennent de paraitre, en1 belhcs et >1.méliorées. L"cxécution typographique en est p :1rfnite. Comme pur le pa ssü, les .étrenne~ uons donnent ln, 'biogr aphie des hommes mat-
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qua.nts que le canton de Fribourg a perdus depuis un an, et pa.rmi lesquel~ _figure M. Chardonneus, mort il Sion en JUillet_ 1902. Nous y trouvons ensuite une succ~ss1on de renseignem ents, de données histonques, d~ variétés et de bons mots. Les ,,Etrennes seront bien accueillies par leurs nombreux lecteurs. -0-
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Prière du soir en commun Combien sont-ils dans cette heureuse famille? ... J ' en vois onze: le père, la mère, un valet de ferme, une servante et sept enfants . .. •L a journée est finie, journée de labeur, et l'heure e,s t venue de prendre un ,repos bien gagné. Maisavantldes'endormir, la famille du fermier s'est souvenue qu'il lui restait encore un devoir à remplir. Et elle s'est agenouillée tout entière autour de 1Ja vaste cheminée, où s'éteint lentement le feu qui a servi à préparer le frugal repas du soir, et où ,s cintille, avec un crépitement léger, la petite chandelle de résine. Un Christ de plMre doré, souvenir d'une mis,s ion récente, est appendu au mur de la cheminée, et, au-dessous du Christ, une Madone de faïence, legs des anciens, entourée de chandeliers d'étain et d'images pieuses, semble trôner comme sur un autel et sourit d'amour à toute la maisonnée. Oh! 1e ravissant tableau! Le père est encadré de ses garçon8: Jean-Louis, son aîné, est à sa droite; Pierre, le cadet, est à sa gauche avec le valet Jean-Marie. La mère est encadrée de ses filles: Marie et Rose sont à sia diroite; LooJi.se est à sa gauc,he a vee Pwrnline, la ·s·errivante. Deux enfants font bande à part: le petit Jaicques est hissé sur ·l,e grand coffre qui longe le foyer, pour appuyer ses coudes sur le bord du lit, tandis que la petite Eugénie, qui a déjà fait un somme sous •l es vertes couvertures où elle est comme enfouie, se réveille, joint les mains pour recommencer sa prière, regarde le ciel et sourit aux Anges. Alors s'élève sous l'humble toit de chaume une voix grave et solennelle, c'est la voix du chef de famille. On di-
rait lJa voix des patriarches antiques, pontifes et pères tout à la fois. « Mettons-nous en la présence de Dieu et adorons-lei>, dit le fermier. Et voilà ces rustiques, transportés devant le trône du Roi des rois! C'est leur devoir et c'est leur grandeur. « Remercions Dieu des grâces qu'il nous a faites », continue le fermier. La recoll'nai,s,sa:nce est un !d~voir des p1u,s sacrés. Les chiens eux-mêmes ont nne manière d'être reconnaissants. Uimpie n'e:n a point: ciela ne prou,ve pas q,u'H soit Ue moins bête. '« Examinons-nous sur le mal corn.mie envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes>>. Ces ignorants savent qu'ils ont, à la fin de ohaque journée, des comptes à régler avec leur Créateur. •U impie ne 1sait pas cela, ou il feint de l'ignorer: le soir venu, il se met dans son lit, - comme une pierre... « Excitons-nous au regret d'avoir of· fensé Dieu . .. Faisons un ferme propos de ne plus pécher ... i> Ces humbl08 se frappent la poitrine, mai,s ils se reconnaissent capables de vertu et ile veulent être vertueux. ,L'impie avale l'iniquité comme 11'eau et n'a point de remords ... « Recommandon!l-nous à Dieu, à la Sainte Vierge et aux Saints. >> Le sommeil est l'image de la mort; la mort, c'est le dernier sommeil, et le dernier sommeil peut venir cette nuit: ·ces humbles savent cela. 1Uimpie, lui, re· garde la vie comme une amusette: il gambade du matin au soir et du soir au matin. Est-ce que iles singes font autrement? « Prions pour les vivants et pour les fidèles trépassés. >J Parents, bienfaiteurs, amis, supérieurs de ;tout genre, inférieurs de toute sorte, pauvres, affligés, pécheurs, ceux qui paissent encore au chemin de la vie, et ceux qui, déjà passés, se reposent là-bas sur un lit de feu, le villageois revoit tout le monde dans sa prière.
tluei magnifique tour du monde! Et comme ce chrétien nous paraît grand qui embrasse ainsi dans sa charité l'univers tout entier. L'impie, l ui, se renferme da!ILs son étroit égoïsme, ,c omme '1e limaçon dans sa ooq uille .. . Il est m oins grand que le limaç'.on. Sont-ils onze ou douze dans cette heureuse famille? . . . J 'en vois onze ..., et pourtant ils sont douze, et le douzième, c'est Celui qui a dit: « Quand deux ou pluisieurs sont réunis en mu11 nom pour prier, je suiis au milieu d'eux.» · ·. i Et la prière du soir s'est achevée doucement sons la bénédiction du 'l'rèsHaut. Les anges gardiens ont enveloppé de leurs ailes les habitants de la chaumière; le silence s'est fait, la chandelle s'est éteint e , et sur les just es endormis Dieu veille ...
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La chnte des feuilles Lorsque vers le milieu de l'<wi'o,mne, commenoe à s,ouffl.er le v,ent q ui appo,rt e les gelées, et que déjà les arbres se pl.laquent, dans les forêts, d-e teintes dorées et violettes ; lor.sque le soileil a desséché la t,erre •e t brû,lé le monde de ses feux et que les .premiers brouillards qui annoncent la ma,uvaise saison ont fol"cé .J'hirondeJ.le à no,ns idire son dernier adieu; lorsque la V'-Oüte céleste se couvre de nrnages roses qui ,s'amoncellent, ou diS1p~raît de p'1us en plus sourvent, vers Ie soir, sous ·un triple linceu[ de vaipeurs menaçantes ,qui vont déiver,se·r su:r les ca.IR1pagnes de bj,enfaisantes ondées ou de t err~bl es inondatlÏons; alors commen ce sur le bord des €!aux, dans les avenues et dans les forêts, œtte chute des feuilles que Mi1levoye chantait il y a envi1ron un siècle dans une de ses plus t,ouchantes élégies : cc La chute des feuHles. >> Assis sur un bloc ,de gra·nit recouvert des plus beHes espèces de mou,s-
ses, le promeneur, que le mu,rmure dei,i souirees coulant en filets argentins .sur 1es pierres ,et les l"acines, nue,s et Les fibri'11'es ,des arbres, a plongé ,d ans la plu s ,d:o,u0e rêver1e, le promeneur se .p,laît à respirer l'air frais de la forêt, à surprendre les secrets de ,l a nature, à. écouter les battements d u cœur de la montagne et les mi IIe petits bruits mel'vei lleux des oiseau;x qui gazouill<cnt, des be1rgers qui chantent dans le 'loint a in, du cor des A lp,es qui r etentit sur les h auteurs ,e t des feuiHes qui s'entll.'echoqnent et tombent lentement à terre, multipliant sous l'effort <les brisea <l'équinoxe, les flocons de leur neige ,d'or. Et pour lui, q uel sujet de rêveries que ces feuilles désormais oephelines. Il en est qui tombent v•erücalemen1 , comme u11 fruit mür qui s'abat. H en est que le ·vent emporte et qni vont tomber bien loin. Il en est qui, r.oulées en ,cornet,s, tournent sur elles-mêmes comme rnne vrillP qui éprouve de la peine à percer lia ,oouche d'adr .q ui sépa:re la branche du sol. Il ,en est qui décrivent de ,J arges zigzaigs, et, iaprès avoir évolué de <l:roite i'I gauche, puis de gauche à droite, comme une feuille de pa:pier qui glisse d'un burea,u, finissent par s,e ret rouver ex:=wtement au-dessous du rameau d'où elles se sont envolées. Et le s,p,ect acle ide cette chute éveille· des pensées différentes, selon l'état d'esprit ·die ceux qui sont à même de le contempler. Pou:r l 'enfant, 'la vue de ces cbosc·s jaunes qui vont, ·viennent, toul'biHonnent, se h eurtent , se frois,s ent, s'en tassent lentement imr la terre, n'est qu'un a musement de pilus, une féerie qu'il pens·e imaiginée, comme les a ntres, lJOnr la satis.factfon de ses yeux. Poor le vieillard, cette même chute est un a,vertissement luigubre, qui lui ra;pipelle combien -p,eu il tient Iui-mêmt' au rameau diessécbé id;e la vie. Les jeunes gens et les hommes mOrs, e ux, peuvent avoi,r devant le même ta-
bleau, ,d es pensées diverses. Le 1poète y Jl!Uise un éternel sujet die rêv,eirie, gé-
néralement douce et mélanc,o[ique. Le ·phûosophe song,e aux lois immu,ables de la nature. Le natm,a liste pense à .ra sève quj s,e .rC!pose ,e t aux pha,se.s harwon iques die la végétaüon. Le journa,. lis te ra:p,proche dans son esp,r it fa chute dl'.8 feuiUPs de la chute des portefeuillrs. Le pùtre a.u sein des nues salm:, a.1··ec joie ces signes ,a,vant-cournu,rs ùe la saison des loisirs et ra:pipeHre à sa. m émoire 1cs vi eilles légendes qui, dans l e.a \'eillées ,d'hi ver tomberont nue à u,ne de ses lèvres vénér·éies, semant e!Jes aussi, l'Omme les feui;lles qui fombent, la rnélauco,J-îe dans ,les camrs qui savent l es entl'ndil'l'. Le peinfre stt:V!O~H'P -des i.eJntes idéa les où lia vourpœ èt ,l'o,r, intimcnwnt mêlés, forment ,p,ar leur combinaison, des nuances propres à découra,ger la p,l11s studieuse palett e. L'homme religieux prnse à l'éternité, vers laquelle c·hia,que nouvel auitoimne nous fait fairP Uil pas, pa,S inse11sib]P COffilile ]e bru,it cl'une d r ces feuill es lég01·es qui, ap,rès lt>urs oa,br ioles dans l'espœce, vont se poser doucement sur le gazon. Rn:r les avenut>s, dans les ja:i,dins, dans la campagne, la disrpa,rition des fpuiJlcs a quelqueclwse de révélute1u,r. Ce <Jne l e décor perd en ga:iclé, i l le gagn<' Pn lnmi?>re. « Le bo,c,age est sans mystère>>. Le soleil d 'automne éclafre triomphak•ment de ses rayons des asi1~,s qu'ig:no,rait I,e s,ol,eil d'été. L'holl'iwn i,'a.grand.it à mesure que la. terre devirnt triste. Le ·p romencm·, d'un SC'n'! rf'gard, embr asse pJ,ns de choses . Le fi n grill.age dl;s raJueamx ,dépouillés à mesure que l'hiver s'a,pprochr, lui küsse Yoir de jou,r en jom' un peu plus loin. Ainsi chrnque illusion qn1i s'envo}e de l'âme permet à l'ho,mme d'acpcrce,1ofr avec une netteté croissa,nte le monde Jwéds. ides réa,l ités. Il est des .arbres t oujo,urs verts, qui ne ecmiaissentpa.s :Iesfeurncs mortes, et il c,s t à not er que ce sont ces arbres-là 1
que ]:on plante le plus volontiers da.ns les cimetièr es, où vont pourtant dormir l'une a,p rès l' autre ·les générations h umaines, dont l a ,d estinée ressèmble si fort à ceUe ,de.s feuillages flétris·. Ce choix pe,ut donc · déconcerter au pI'temier aibord; majs un instant <le réfl exion le fait admirablem ent ,comprendr,e. Ce q;u'on a voulu ,symboliser dans les ·c imetières ce n'est pas la mol't; c'est la vi e. Le cyprès, l'arbre de,s tombeaux par excellence, a une Terdure sombre comme le deiuil, une cim e légP,re comm e Fespéranoe. Il se termine en pointe vers J,es deu•x comme s'i,1 vou,lait les percel'. Mais il ne voit pas fomber autou·r de lui des f euilles j a unissanJ-eR, comme tant ,d'autres a;rbres qui déeo,rrnt les parcs l es plus gracieux et les vi llas somptue-us•e,s q u1 sembknt, dans ces tésidences des heureu,x du m onde, uniqu ement di,sposés de manière:\ faiire entre,r Ja joie dans !,es yeux. « Hum! qud bien g'rave sujet!)) di1•0:it h ,s lecteurs. C'est Yrai, mais la chute de:s f<>uill es ne porte pas à plaisn uter, d pl us que t on t a,utre, ne <lois-· j,e pa,s écoutel' !Pm' sjlenc~e:use leç.on't Est-il r ien qni lem· ress·em ble ,plus, en effet, qu•e ees fcuille,s volantes, noirdes dn griffonna.ge ,cl'un jour et livrées à l'attention distr:iite ,d es hommes qni demain n'y songeront plus ? Que d~ beaux articles, que de considérations é loquc:utes, que de chroniques é tincela ntes d'humour, que de récits d ramati.ques dont I,a lecture nous charma, cliarma nos pères, ,cba·r ma nos ancêtres r eculés, sont aujourd'hui « feuilles mortes )) enta.ssées dans la poussière dus bibliothèq ues, où nul n'ira jamais les cher.cher! Et pourt ant ch:ique écrivain, en wo~rcissant ,son :p,a pj pr, , ruvait rêvé la. gloire, c'est-à-dire la vif\ peut-' être l'immortalité. ' Mais l'immortalité plane au-dessus de toutrs ces chose spérissables, etc'estr.ar une a.v0nue joncbl"e <1e feuilles moirte 1,
4 o'-est-à-dire en foulant a111-x ·pieds tourtes les .v anités de rJ.a terre, que ·l 'homme pa1"V'ient à œa -boca:ges tou1ours fleull'is oo bon Fénelon, royaume de l'éterne:I ,printemps. J. M., inst., aux H.
····-
La femme dans l'Eglise Pairm.i les discours pronoooés 3/tL récent Congrès de l'Œurvire de :lai protection de la jeune fiille, à Fribot11'g, ool,oi die M. le chanO!i.ne ~aooère mérite UJDe plaee ~ailafo, qrue noue ·l!U::i donnons aujourxl'hui. Oe discOIU!rs, TILein de charme et die oha~eur, envisa1~ à un pornt de vue générail et sUJpérieœr l'a1ction sociale de la femme à fa lumière dies enseignements die l'Ev!angiil·e et de l'Eglise. Voratflen:r ,préci•se d'a;boJ'ld les IOlbje<:tl.ons qui sont faJ.tes à l'Eg.lise catholique aiu iSujet de la femme, de son ,rôle, dJe ,sa, mis,sion S01cia:le. l'i montre les écrivains antireligieux s'rrupp11'Ya.nt ,s ur dies textes bihliques pour ipr:étend1re q~ la religion et ,ses prêtres méprisent ila femme, ra,baissent son •r ôle et fa tienœnt ·p<mr un être inférieur. Il examine ensuite l'orientatio!Il que le prêt<re doit prendre en ~ce .des problèmes Mministes, tels qu'Hs se ,poSe'Ilt maintenant et remarqU!e, avœ une ·grande jU!st esse, qrue icettJe question n10'.uvelle, ou posée en tout -<!88 en termes nouvearnx, jette beaucoUfP d'~prits da'Ils un trowbJe imprévTU. 1
Pas plus, dlt-il, qu'il n'a suffi d'évoquer le aermon de Jésus-Christ sur la montagne et l'exemple de saint Vincent d~ Paul pour rêeoudre la question socl-ale a1U XIXe siècle, pas plus il ne suffira. d'invoquer sainte Paule, nl sainte Catherine d'.Alexandrie, nl sainte Thêrêse p&ur résoudre au XXe siècle la • question féministe ».
n prouve ensuite que ~e n'est pi3Js l'EglÎISe qni œstirieindra ila lfüerté d'·espl'irt de ceux .qui cherchent, JPOur un !p'ro1rès de boo aloi, à 00110Hier ·lee ensei-
gnements hruprescr:iptibles a\o1ec fes formes SOlciales nouve·Hes ·e t les besoinis nés Ide l'évolution hisforique et id'rune 1civiHsation différente: « Lorsqu'on reproche à l'Eglise catholique de tenir la femme en suspicion, on lui fait l'injure de la confondre avec la synagogue. Il était au.ss,i impossible à la Bible de ne pas refléter, .dans s,ai manière de parler de la femme, les idées sémitiques cour.a!lltes,, au moment otl. elle a été rêcligée, qu'il était mipossible aux Juifs, à l'époque d'Abraham, d'user dans les transactions de pap'ier-monDAie ou même de pièces de métal. Si l'on veut juger en quelle estime l'Egli.se cathoUque tient lai femme, en quelle estime donc doivent la tenir ceux qui, par office, vont dem=der à cette Eglise les prlnctpes de leur enseignement, qu'on reste dl!.I1S le (< Nouveau Testament», qu'on oublie l'Eve sémitique et qu'on daigne regarder cette nouvelle ,E ve qui domine la première: l'Eve catholique, la Vierge Marier L'idée. seule de lai Vierge que l'I<Jglise place Bi haut dans son culte et dams son amour exprime la revendication fémi.n.Lste, la protestation' du Nouve,a,u Testament contre la clvilisatlon antique. Cet être /IJSServ1, méprisé, humilié a des droits infl,,us, de cette infinité essentielle et unique que comporte la perfection morale d'un être humain.
,I/101rateur mont,œ ensuii!e ,qu,e ,Ja femme e:st ru,n élément d'unité, ,d~ ,staibiliM, d,e ·CO'Ilservtation. La femme, dit-i:1 enûore, est u,n être enseigné, un être confi(ltnt et 1un être instïnctif, et il déploie une ,g rand·e richesse de pensées à nous Ie prourver. 1.'anclis que l'homme, avant d'entrer dans l'enceinte du temple pour s'y agenouiller, n 'a repos ni trêve qu'il n'en ait examiné les fondements, considéré les contours et ne se BOit démontré à lui-même le devoir qui s'impose il, lui d'y entrer pour rendre ses homm.aiges à l' Hôte divin, la femme pénètre d'un coup jusque danB l'enceinte du Banctuaire; d'un mouvement instinctif, ,s es genoux se ploient, ses lèvres s 'entr'ouvrent pour bénir ou supplier le Créateur, et les larmes brûlantes montent de Bon cœnr à ses yeux pour dire au Maître qu'elle croit en sa ,puissance, en 811 bonté, en son dêslr miséricordieux d'adoucir toute souffrance humaine; et quand elle se relève, pleine de confiance, ce n'est que par un mouvement 1·êfJexe de son esprit qu'elle
demande si erlle ,aJ eu raison de -,•agenouiller.
11e
Nou:s .sommes :f\oiraés de rpa.sse,r uin chapitre important de ,ce füs·cour·s ayant trait aux devoirs des, cathoHque~ dans .Ja question fémini1ste, ,pour a;rnver à la magnifique •c,Qnclusion <le cette savante conférence. IS 'a,dressant a'llx membres de l'Œuv•r e, M. l'abbé Laigardème •l es encouirage à mrurcher de .l'avant sans se lais,s er décourager par la tempête d'athéisme qui ,sévit autour d·e nous:« Votre rupostoùat ne sera ipoint fotécond· car, eom: me le ddsait Coppée : BeaUJcourp pa.rnn ·l es :fummes, même les moins pratiquantes, ont gairdé dans 111n ·ooin d,e ~eur cŒluir un peu idu trésor de notre. foi .. . et il aurait pu aj1otuter, beau,cooip dJu trésor de notre dlévoUJement. » Cette oonetance de la femme d!ans l'amour de Notre-Seigneur et des àmes ,diate de loin.: s,u:r ·lie tragique Golgotha, quand: le divin Orudfié eut exhalé son dernier souffle dans un .grand eTi, entre les deux l<ail'rons, qurund il n'y eut iplu s là, éri,gés ,sous le ciel ora~euix ~t si1;1istre que trois cadavres et trois ,gibets; quia.nd tout Ie monde, bouTreaux, slO[dat,s Romains icanaille de Jérusalem s'ren 'fut allé, queI était dionc ce petH g,roupe de formes humaines au pied die la croix. Etaient.ice des ·A pôtres, des disicip,les, des mala~s ou des infirmes guéri,s par le Maître ? Hélas! t?us _ceux. là étaient loin, la peur les 1a va.it ,d~sperséis. Non, ces quelques figures voHée.s qui se rpressent en des attitudes de doulewr et d'acca1blement, 80US Je,S pieds c:loués et sanglants du Dieu surpplid.é, c'étaient deis femmes. Les femmes sont fidèles à J és,11s-Ch1·ist del_)uis le Cal,,aiœ · Jésus-Christ leuir es-t resté et Iieuir ;.estera fi.dèle éternellement. » 1
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La ménagère à la campagne neplüs q·n'P.'lques années, d,ans tous les ~aJ:_;;1_ vli. ;;1,: _Qréoccupe de plus. en
plus de la eituation et de 'l'éducation de la femme. ·on étudie les moyens de lui créer une position plus indépendante · on recherche quels ,Sont lee mé' peuvent lm. conven1r, . en raptiers qui port avec ses goO.ts et ees aptitudes. on rêve même d'en faire des législateurs en jupon@, des avocats, des médecins . . . et le reste. . . . Il me paralt qu'ici comme en beaucoup d'autrea choses on s'occupe trop de l'accessoire po~r négliger le principal, on discute ila couleur des vernts aloNI que le meuble n'eet pas même terminé, on cherche bien loin ce que l'on a to0,t prè• et on oublie de faire de la femme tout bonnement une vraie ménagère comme nous la comprenons, et qui e1t un trésor dana la maison. Il y a quelque trois 1iècle11, O~ivier de Serree a dit: « La femme fait on défait la maison.» Ce qui était Trai alors l'est bien davantage aujourd'bul où les maieons, grandes et petite•, n'ont plus la solidité matérielle et morale de cellefl dfautrefoie. Une mauvaise ménagère met en fuite ,s on mari et ruine sa mai80n à brè"Te échéance. Ses repas sont irrégulier,, monotones peu appéUssants; elle ga.11pille son ;rgent et ses provi11ions. Le désordre, l'incurie et la misère s'installent à son foyer. Une bonne ménagère Mit tirer pia.rtl de· tout; économe et pratique, elle fait de sa maison un lieu où 1l'on se pls.tt; ses repas sont simplel!t et parfaitement apprêtés. Elle donne à tout ce qu'elle fait bon air et bon ,go'flt. Sans aller peut-être aus1!!l loin que Brillat-Savarin, qui prétendait que lei destinées des nartione dépendent de la manière dont elles se nourris11ent, noue osons cependant affirmer que les de11tinées des natione dépendent de l'état plus ou moins prospèr~ des familles dont elles •se composent, et nou11 1a,, v,ons frU!ssi que fa santé. lia bonne h'll• m,eur, l'harmonie de la ,f8!Jll;iJ,le dép;en·
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dent pour beaucoup de la tenue du ménage, de la nature des repas et du ,imvoir-faire de la femme. Si cela est vrai pour chaque rném1ge en génércaJ, combien, à plus forte rais.on, une bonne femme est-elle indispensable dans une famille de paysans où les frais sont nécessafrcmént réduits, où il entre peu d'argent danR la maison, où il faut que le,s ressom·ces p1rnur J,a no1ur:riture des h;rbitantis· soient puisées en grande partie dans la bonne et intelligente utili<.'lation des produits de la ferme. ,L'homme de•s champs, qui fournit presque en tout temps une somme considérable de travail manuel, doit être bien nourri dans toute l'acception du terme. Il faut donc à 1l'agriC'uJteur une femme aimant la vie des champs, ayant des goûts simple,s et des habitudes d'ordre et d'économie, sage et prévoyante, .s:1chant as,s urer au mieux le ntvitaHlenient de t_o ut son personnel. ·,Du · ravitaillement régulier d'une armèe dépend souvent sa supériorité; la boon•e nourriture à Œa ferme assrnre de la force, du fonds dan,s le travail, de la Lonne humeur et de la gaité pour accomplir ,le labeur de chaque jour. . Permettez-moi de vous JWésenter la bonne ménagère comme je la Colllprends, celle qui, debout dès l'aube•, va-que à tous les travaux de h maison, a déjà préparé le premier repas, se met en devoir de faire cuire les aliments du dîner, puis, quand tout est en ordre dans l'intérieur, que le feu chante dm1s le poêle, s'en va an ja11:din po- · tager repiquer dP j etmPs pl:rnts, arra (·ber le-s manvaisC's berbe-s qni pourraient leur nuire, enlève, pour le repas du· lendemain, les légumes pa.rv<:'nns :'t lenr croissance, pa,sse à la basse-cour recueillir ces bons œufs frais doilt Plie fera des omelettes dorées, donne quelques épluchures au ·c lapier où se n<mrrissent les futures gibelottes et les « la1
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pins sautés>> qu'on offrira aux parents et aux amis dans une occasion qup,Jconque, jette un coup d'œil à la porcber-ie, où donnent paresseusemPnt le,~ compagnons de Saint Antoine, qui vont lui fournir tantôt dP,s jambons bien dodus, du lard rose et des saucisses appétissantes. La nourriture c•st cuite à point et lPR repn s sont tO'uijours servis à tem.ps. Les vêtements i:wnt appropriés et r::iecom1uodés. Dans la maison tout est en ordre: une place pour chaque cbo:-:e et chaque chose à sa place. Le,s fenêtrPs des chambres à coucher rcstPnt ouvertes toute la journée; les lits sont aérés; la bonne ménagère connaît t onte la valeur d'une bonne hygiène dont l'ail' et la lumière sont 'les deux farteurs principnux, elle sait combien il est plu s facile de prévenir que de guérir. Comme elle-rnêmP, RCR enfantR sont habillés simplement, ma is proprement, ilfi sont gais et contents, a1·dent,iil an ti,avai-1 qu'ils f.o1nt fo1c-Hement, eommil tout ce qui s'exécute snns contrainte. Le soir vient, les travaux sont finis, Ie personnPl de la ferme va Ae rcpoRc'r et re,p rendre de no,u-veiles fo1,ces prour le lPndernain, la mère de famille consacre encore quelques insta.nt,s à ses fleurs, ses cc chères adoréf's » qu' elle cultive avec amour, dont elle orne son jardinet en été et dont elle fleurit ::.la chambre en hiver. Harmonie dans la nature, barmoni<' des cou1leurs, liarmonie dans ln maison! Voilà •cc,rtes, me d'irc'v,101u:s, un tableau quelque peu idéal de la fPmnw du paysan et combien peu t"C'•sscmbJa,nt au portrait que vous venez de tra.cer. C'est justement la lacune que nous aimerions voir combler en dotant les ménages de nos agriculteurs de femme1~ qui apportent avec elles tout re qu'il faut pour faire le bonheur de la maison.
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Que ferons-nous de nos filles Un iourna'l américain a,yant promis un prii à ee1lui de -se,s a;bonntés qui _ferait la -mei.Jleure réponse à la ·q uestion ci-dessu~, a eouronné la réponse suivante, que bien des mères pourront méditer avec profit: << Quie ferons-nous die nos filles? D' abor,d' des chrétiennes, pui,s donnez-leur nne bonne instruction élérne.ntaire. » Apprenez-ùeur à 1préparer un repris convenable, à laver, repas-ser, raccomIDOder des ba,s, coudre des boutons, :\ faire une cbemi,se ,e t à tailler tous leur~ habits. Qu'e~1les sa·chent -cuire leur pain et -se rapp•ellent qu'une ,bonne cuisine épargne bien ides dépenses de pharmacie. » Dites-leur qu' un écu de 5 fr. se compl()se de C(·nt so•us; ,q~e, ·po~r épa~gner, il faut dépenser moms, qu on doit s'attendre à la misère lorsqu'on d:éJ>ense pdus quie ses revenws. Enseigne_zleur ,q~1'une robe ,de coton payée _habille mieux qu'un vêtement de soie sur lequel on ,d,o:it de l'ai•gent. Qu',elles ~achent ide bonne heure a,cheter et faue I.e compte de leurs -dépeil'ses. » Répétevleur qu'un honnête ?uvrier en tahlier et en bras ùe chemise f'St cent foi,s plus estima.b'le, n',e ût-il pas un sou, qu'une dü'Uzaine de jeunes é,léga.nts vaniteux et imbéciles. » Apprenez-leur à aimer ,l es f.leur~ et en génér·al toutes les œuvres de Dieu. » A:près cela, faites-leur donner des Jei;on!I de piano ,e t de peinture si vous f'n avez les moyens, mais sllich'ez que (ff!S arts s·ont bien se,c on.daires -et tiennent peu de -plaice dans •l 'ex.i.stence. Qu'elles apprennent -enc-o,re à méprtser les vaines apparences et que leur oui soit oui, et ,leur non, non. Quand "·,iendra ,l e moment de ·Jes marier, persua,dez-les que le bonheur, dans lP ménage, ne viendra pas .de la fortune ou d·e la situaition que possèd.'e
i,
Ienr mari, mais .de ses qu,aŒités morales et ·d e -son caractère. >> Si vous avez ipesé tout oeci et si el'l es v•ous ont 0om;pris, tenez pour oertai,n que vos filles seront heureuses et trouveront 1leur voi.e. Pour le reste, lai.ssez-le faire à Dieu.»
••• Amour du travail •
Nous sommes tous nés pou11.· le travail· J'illlaction et l'oisiveté ne sont paiS dan~ notre nature. Bien pJus, •l',aiction est nécessaire à notre existence, die telle sort e que le traviaiJ, q·u i •est une des joies de l'homme, est aua,s,i •pû'U'r lui un ill!strument de bonheur et de santé. L'inaction en.gendre le dégofl.t, l'ennui, qui dégénèrent en mélancolie, et eelile-ci pro-duit le spleen. V1:1e iper11~nne inoccupée, indolente, devient triste, maussade égoïste; mécontente d?e!Uemême et 'des a'UrtJres, elile traîne Uill.te existence maladive, inutile, et ,l'eI111.ui qui la ronge est <.'la juste punition. Aimons donc le travail; il amène à sa suite santé, bonheur, richesse. Miais aimons surtout le travail si nous 'S()IID· mes appelés à diriger un jour une maison. On ne saurait être une bonne maitresse de maison si l'on ne conna:rs,sait le prix d•u temps, si l'on n'aimait à l'employer utilement, en ~1n m,ot si _l'on n'avait le 0<roftt d,u trm1ml. N ou,b'hons pas que, po ur bien c.ommander, il fa.ut Ravoir comment s'exécute ce qne l'on commande. Afin de vous mettre en état de diriger plU!s tard votre mais·on, aimez à être oc."Cuipée; awliquez-vous à tous les ouvrag,es commll'ns à notre sexe ne demeurez étrangère à rien de ce ~ni constitue •l'éoonom.ie d.ome~tique; partagez d"ès à présent Il es soms dlu ménage ruvec votre mère. Mettez. la main à touit, voire même à -la m:a.rm1te,
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8 a~ ourvier: la théorie ne sutffit pas en ffilt de ménage, il faut y joindr'e la prat~que. Et ne trouvez pas .ces ocioupatione au-dessous d:e voit:re diigmité, de votre « ramg ». Il n'y a pas de honrte à s'ooculper de ces humbles détails d'in· térieur; 'bien foin d,e ,s'abaisser la femme q UI. oomprend ·vraiment ison' rôle d,e maitresse die maison et qui •se falit gloire die son titre de femme de ménage est celle qui mérite des éloges à tous égards. Q~e faisait, en effet, Qa femme à q,ud la Bi!ble a décern6 ,J,e ·g lorieux titre (].~ « femme forte »? « Levée avant le jour e11~ pourvoyait à tout dans la maison' · avt:1.1"t ·l' œ1··1 sur tou't:e.s c·hoses veUJait' SU!I' la· ,conduite d'e ·s:es dom~tiq,u:es · B08 doigts ne mépris•atlent ni le fuseau' c'est-à-d!ire il es ourvra1ges manuels, ni Œ ,e~ traviaux plus rudes; eHe ga,gnait sa vie par 8?~ tr:awail, doos sa propre mai,son, au. IIDhe11 de ,ses hiens, mêmes. » D'ailleurs, :la maît!resse de maison tllo.it l'exemple à tout ie monde. EN~ se fera ourv,rière au milieu des ourvriè1"€'8 qu'elle oocupe; Sl()ID gottt diri'gera, aie leur; son adivité sHmulera leur indo. lein'Ce; el'Ie leur montrera à fai're mi.eux et pl'US vite en faisa.n,t devaint e1lfos vite et bien. Ceux. qui fa rnient vive, agi•ssante, ne oramdiront pars :la besogne n'oseront se livrer à la !pfü"ess,e en prl seD"oe d'une maitresse si fa'borieuise. La mère doit too~ourrs être en droit de dire a,ux enfants, la mattresse aux d!omestiqu~: Me voyez-vous les br•as •croi~és? Et eette ,leç.on est 1p}u;s efficace que ton.t les conseils ou ·1es ·repro,ohes.
Un consAil aux jeunes 1Rien n'entretient et ne resserre .Jes ·liens ,fammaux comme les petites attentiOIIls. 'Les gr~'Cieusetés, 11'es· prévenances s:Ofnt adm1sf>s 'diarns ltes relations mondaines, mais ce n'est pars seulement
amrx amis qu'on dloit .fos prO'(liguer la meiUeure part revient 'de droit à ·c~ux qui 'P'arta,gent av,ec nous J'i,ntimité dJu foyer, faite dlheures noires a,uitant :q ue d 'heures ,sereines. . 1 Ceux qui devraient être comhrlés d'attentions, ce ,sont surtout Ies ·gens â:gés. Ils sont du côté /d'e la m-0ntaigne où· 'J'oln des·c end ,OO'Ilstamment 1 où -l'a mélaill'c.oiie ·d'es choses qui -vo~t finir pou1rrait les ~treinidlre s'ils n'étaient d:ii8'traits et consolés p~·r les éfa~dis alfectueux de ceux qui ·les entourent. Les personnes bien diO<Uées 1ont '[ 'intuition de toutes les délfoatesses, eHes s1a·vent aller au devant de,s désirs ldle l'arïeu~,. lui éviter une petite fati'gue, uine perne, eHes lui ·M"all'cero!nt ,so.n fauteuil, le rou,leront au sdlefl rlor""'u'elles 1s ' ~perç_on~ent · ' ~'1 qu'il regard1e le rayon b1enfa1sant avec convoitise et cela· afin. ·qu'i11 ne s'ap·e rçoive pas 'que le faurteuirl est ·l oo~d 'à remuer et ·q.u'il ne faS1se une réflexio,n triste SUT Ja diminution d'e ,ses forces; ieIŒes :l ui mettr:ant ses ,lunettes .s ous fa main :Jor.squ'il tâtonne sur l:a table rpour ~es •cherc<her r aa.m que quelque peüt, ,s ans pitié oom-' me est l'enlfa;nce, nie soit tenté ,èJe rire lo11squ'H 0herohe à côté; pa.r :miille mo-. .rens iillgénieux, e:füeis évi•te:ro1nt q1u'i~ s'aperçoive de •sa déerépitrnde et qu'il se laimente siur ses infirmités. Aur oontraire, se vioyant ohoyé et aimé, i,l •sera tenté de trouver que ,l a vieillesse a du 1
oon.
Et tous ces petits services ldloivent êt're renJdinrs aivec urne •bonne gr:1oe enj·~_uée q.ui en _darnble le prix, jrumais d 1mipatienrce, Jamlaiis crette hâte de se d~arraiss:er ·qu1i ferait croire à l'aïeul qu'i,l est peut-être devenu une charge. Il faut semer arutour de lui 1J1a, gaieté comme une jonchée tde :fll.,eurs; :l'éc-Oluter qu1anid' il parle et s'intéresser à ,ce qu'il r~onte, l'olrs même qu'i>I aurait déjà fa.i.t souvent Je même récit. Riien de vit,aim comme 1Ie ·s ans-gêne d'un enfant mal él1e~ di,sant: « Nous •savons ça,
c'est a,1] moins la: vingtième foi1s que tu norus le racont·es. » ·Da déférence pour les gens âgés, partout, au foyer a,wssi bien que ldans :les saA.101ns ou da:ns ,la rue, êst une des ,p remière,s ,preurves de ·b onne édlueaition, un des si,gnes les plus évident•s d'un bon cœu~ 1 Si :Je cœur mamq,ue, si ce n'·est pas ,dJ'iJnstill'ot que l'on pratiq1u,e ,l a bonté, qu'on le frus,s e alor,s par intérêt, en :songeamt rqu'on se.ra iv.ieux ,un j()lur et qru e tout ,ce que nouis aurons fait a;ux a:utres nous sera rendu. Le dernier âge de la vie récolte de.s fleu11s d~amaJbilité, ,ale tenldres1se, de prévenances q,u'H ·aJura semées d'urant le COUJI'.S de soo exi.ste,nce. Pour deveni,r attentionné, prétven:a nt a'Vec les bon,s vieurx: d'e 'l'a famille, si Œ'affection, par malheur, est absente, il faut qiue le raisonnement la rempla1ce et se dire: <c Je 1doii:s être einviers ·eUJX oomme je v101uidlr ais qu'on fût envers moi, si j'étais à 1eiur pilaJoe. » Ces attentions, qui folnt •l e phrs gr,and ch:a;rme ,d,u foyer, n 1e doivent pas être uni,q uement ,po11r les gens âgés, mai•s exi,s ter entre toUJs les membres die fa· fami'lle, à titre réciiproqiu:e. On n'a pas toujKJrurs Foccasion de témoigner .s on affeotron par d~ gran:a.s a:c~€'s id'e diévioiuement, tefs qu1e rveiUer un n,alade, ·SaJuver {IU:elqu?un 1d:',u n d.an1g,er, tlli,1•e une démarche p€1Irible; non, iJ:a vie é1ant faite d'UJne muiltitude die petits dtv-0irs, c'est par ,d~s préve,u ances inC€'lts1a nteis ,qu?on prouve son déSlir de reldre !les isiens heureux. Les .att,entiois sont ,la ga,r niture ,c apiltonnée ld'rwn mte'llbl,e q,uii. e n a;dlOucit ·Je ,eontruct. De mar doit capit01Uner l'ex~stence ,a:e sa femne, Œa femme ·celle de son mari, ,fo.s enofaiit,s, de leUJl'ls mains dél'i,oaros, doivent ~tenfü,e p,artourt la ornwtie d~s ,petites )révooarnces qui •a,tt~nue les duretés dela vie. Etrt rattientiornné, ·c~esrt ,prévoir ,les besoirn les d~sirs; ,c'est chen:füer à sac tiisfaü't 'les uns et les aUJtres ldlruns la 1
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mesure du ipos,sib1e; c'est montrer de la sympathie, idle J'iemrpres•sement à se rend!re a.gréa!b[,e et utile, sa!n'S olbséquios.ité ni servilité, mais avec Uille grâce qui rend h1i elJ!olse toute s~mplè et la fait paraitre naturelle. D'instineot, rles natm1es impressioinnelle.s sont ruttentionnées. Haibîtuées à songer aux autres wvant de 1s<m,g,er à elles-mêmes, e-Hes tr1Y111vent le mot qui calime et réconror.te. On dit ,d'1elll·es,: <c Loll'sque :cette personne me fait visite, je ne se'Il!S plu1s molll mail et 1),e poid•s die mes s101uds ·s emble moins· lüUJl'ldl. » C'est comme si awec s•a :s ympathie eUe prenait la moitié du fan:l'eau ou die Ja souffrance. Un rien d!otimé à propos, une fleuT, Uin fouit nouveau offert gracieu1sement semMent, grâ-ce ruu ta1ct de cette ·a~t,entiO'li, être un présent de valeur. «Tiens, gra.nid-mère, prends cette pêche fondante, je l'ai ,choisie ipo1t1r t,oi. Tiens! ces fraises très mûres qui, aJve•c du sU!cre et une goutte de bon vin, t,e mettront en tête dre j•olies hist'Oü~es que tu nou:s ra:c,ornteras. » J'ai v,u ce speetacl"P- chaI"lilanit: die jeun·es filles d'oirlort'ant l'aïeule, Lui choisis1sant •l es mets de fac;;o1n qu'elle oublie 1'.a,bi;ience de se:s dents, Œ'ins'Uiftisa,n,c;e de •ses y•eux, a,a m'aladre.ssei de se:s ,piauvres doigts tr:emfblants, et j'ai trouvé touch'alnt au p01ssfüle 1d:e 1J'olbliger à prendre Je vin rvieux, m~eessa~re à ,sa débilité, ,p ou1r qu'e'lle pulis•se, après, cc rac:01Dter de 1belles histoir·es. J> ·La gr'and'mère croyait tout 0e1a ou feignait die :le ,cr:oâre; on s'empar,e a;v;ec tant ;de boniheur 1dles dernières iHusions· ! Voir les heur·e ux ·que Fon fait avec de petites et idé1ieates attentions, est 'la meilleure ré0ompense des bons cœUJrs. La jofo ,est rayomDJante, c'·es<t le sioqeiJ ,diu J\oiyer; clarté, 1sourire, félilcité, s'oo <dégœgent et ,se répa;ndent sur toius les membre•s die .la fanill.lé, ex·c epté sur les ,~goïstes, .po111r qu<i le 'bon'heur des amtre:s ~s·t lettre morte. 1
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L'6goïste n'est pa.s dans le ·c ourant sympathiq,ue éta1bli entre les êtres qui s'ianiment assez pour savoir s'oJUblier. Il est bor's d,e s rayons du sol eil intél"ieur , comme le gourman,d caché dans UJn coin pour manger· sa pomme sans piarta,g•er avec le r.etit frère. « Les attentions, a-t-01I1 di t maintes foris, sont '!,a monnaie dJU dév,ouement. » Les ri1ches de cœnr, se uls, en p10,ssèdent u·n fon,dJs iuépuisa b'lc Tly a amt,a,nt die mérite à distribuer sou trésoT en menue monnaie, pour ·en faii,c jouir les siens à tO"us le's instants ict,e la •vie, qu'à donner une geosse part, une fo[s, dans wn colup d'enthousiaismc qui fait par•aitre les lendemains rp,lws ternes et plus durs. Soyons donr: ha bil'uellement préwnants et attentionnés ip-our ceux qui nous e.ni10 uir·e nt, et, tou,t le monde l'étiaint, la Yie deviendra pour c,bacwn pfaEi do,uce et plus faci1J.e. 1
Pour soulager Ici-bas les décom,agés ne se comptent plus. Je n'ai pas la prétention de pouvoir les consoler; je voun.rais a.u mojns les soulager un peu, si je puis. Mais, dans toute maŒadie, le di1a1gnostic, qui détermine l,a nature et la ca.use du mal, doit précéder la thérapeutique, dont l'a fonction est le tnaitement proprement dit, l'application des remèdes et des divers moyens cnrahlfs. Comme aussi la médecine tout entière a pour premiers ôléments l'hygiène. Cetll.e--ci est l'avant-garcle de celle-là, et souvent sa rivale. Prévenir, a-t-on dit, vaut mieux que g uérir. Appliquons ces principes à cette grave et s,i fréquente ma1laclie cle l'être moral le plus intime: le découragement. II naît des fai1s extériem·s sans cloute, mais il tr·ouye clans l'être intêrienr, comme les mirrohes ~,~ 11til~ 11n milie1· pl-1 s rn;. 1)1o·ns prédispo·sé. On se. décourage avant d'être découragé; ceoi n'est pas auta111t une vérité à la Palisse qu'on potll'rait le croi re. Je veux dire que les sentiments y contribuent ,au moins autant que les faits, sinon davantage mêm& /_ :
Et parmi les faits, les plus petits sont souvent les plus délibé.rants, surtout << à la longue>) et par lem- répétition cruelJe. On supporte mieux un frœd vif et sec, n'est-ce pas, qu'une atmosphère consta:çnment humicl e et chargée de cette ,c crudité i> qui fait frissonner? L'illustre T,arta,rln de Tarascon, immo~ialisé par la plume humoristique d'Alphonse Daudet, s'écrie en s'1al(}ressan.t à ses ingrats compatriotes: « Des coups d'épée, messieurs, des coups d'épée, mais pas des coupR d'épingle! .. . )) Eh! eh! le b Olll Tartarin, dans certains cas, n'est point ,si grotesque après tout, et nous aussi nous düio.ns volontiers à la Destinée: « Des coups d'épée si tu v,eux, mais pas de coups d'épingle! >) Mais est-ce blien à la D estinée qu'iJ faut demander cela? N'est-ce pas plu.tôt à nos selmblable.s? Car si l es grandes ép.reuves viennent directement d'une Volonté supérieure - qu'elles s'appe,llent pauvreté, ma~a1Clie ou deuil - c'est de nos semblables que viennent les tracasse1ies, les mortificatioillS et tout le col'tège des petites misèrE'>s qui empoisonnent la vie. Ne sem.it-ce pas il nos sembla.bles qu'il faufu,ant donc dire - et cela à charge de iieva:nche: « Des coups d'épée, messieurs. o.e,s coups d'épée, mais 11as de coups d'épingle! » Ou bien, mieux encore, ne serait-ce pas à nous-mêmes qu'il faudrait recommander, soit l'usage d'un bouclier ou d'une cuirasse, soit nn certa,in épaississement de l'épHleirme? ,J e ne dirai pas u.n endurcissement du cœur, Di.eu m'en garde, oar alors le remède serait pire que le mal! Récapitulons: Le découragement vient moins des chose.elles-mêmes - petites ou grandes - que de; êtres, et parmi ces êtres, il provient moiIS des autres qu e de nous-mêmes. Le découragement provient moin.~, auœment dit. de la vie el1e-même que de nore manière de preno.re la vie, avec son long ortège o.e devoirs et de souffmnces. Nous a.vous ainsi déliuùté le terrai.n, Jrécisé le siège o.u mal, établi notre cliagncitk, et nous le formulons ainsi: « hypersensPilité des muqueuses de l'être moral, in-ita>ilitê du moi pensant et atm!illJt, d'où affl,x: de souffmlllce et hypertrophie lacrymale.
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Voilà le mal, mais *le *remède? ... or.plutôt les remèdes, car la pharmacie mor.a!, pour
être g ratuite, ce qui la distingue de l'autre, n'en a pas moins cO<IIlme elle ses cornpJi.cRtions. Un bon vieux remède e.st celui-ci: <c On trouye toujours un plus ma~l1ew·eus: que s·oi. ii De deux cho,sos l'une: ou vos ma.ux sont imaginaires, on ils •sont réels. S'ils sont imagin,ai.res, le spectacle de vraies dou1eu1'.s remettra les choses au point et vous fera rentrer en vous-mêm("S. S'ils sont réels, vous en trouverez autonc de vous de pl us cruels, encore, mais ôtez vos lnnettes de m yopes.. . et peut-être d'égoïstes, .po.ur voir avec le clair Teg,a rù vivüfié pa,r la compassion. l'ifa.is vol.1- ne s uffit pas: il faut agir, et l' un pousse i1 l'autre, car comment rester l es bras croi,:é,s, les yeux secs et le cœur froid en face de la r évéla tion de tant de misères, parmi lesquelles JI en est de clécbfrautes? .. . On m',aœrêter.a ici avec un mot: l'ingratitude!. .. De tous les d6couragements, le plus atroce eist celui des cœurs g6né11enx, ajgris pour avoir ét é dupés, trahis, méprisés. Affreux découragement e,n effet, vrai.e mort spirituelle, que celui qui tait dire :u1 seuil <l'une bonne action: « A quoi bon? ,i et fait rPtornber, lasse et comme J}a1ralysée, la majn qui allait se tendre et s'ouvrir, fraternelle. _. OUJi, c'est atroce, cela. Ici, nu seul mot intervient: « Quand-même·! >l Le deYoir se suffit. Attendre nn merci en r etour, c'est encore de l'=our-prop1·e, c'e,st un reste vivace et tenace du vie-ux « mo,i ». Si l'on est découragé, c'est que l'on demandait Il ta, tene ce que la terre ne eompcrte pai, - ou 11e compo,rte plus, on ne compor te pas encore: le bonheur . 011 a rêvé un idéal, qu'on yeut voir en bloc pn sser da.us la réalité. Et alo,i·s, le moindre frois~ement, la mo:iuclre déception provoqu ent l'effondrement de cette idole aux pieds d'm:gi le. Ou comptait s ur quelque cbose, et ce quelque chose mrui.que, cl'où découragement, accablement - toute la lyre du plus morbide pessimisme. Il Ya ucl rait mieux - c'est là une ùorune petite l)hilosophie pratique - ne compter wr personne et .ne compter stu· rien - i.ci-oos. Et alors, au lieu d'avoir coustnmment des surprises désagréables en exposnnt son idéal chem in, on aurait de temps à autre d'a,gréables s urpr.ises en rencontr31Ilt mieux que l'on n'osait espé1,er.
On veut que le bonhe1ur soit la r ègle et la. douleur l'excaption, et la réalité démolit cette illusion. Si l'on se décidait à renverser les termes, à faire de La souffrance - non l'état normal - ma.is l'état habituel et <c actuel >) de l'homme, on jouirait de chaque joie rencqntrée comme d'une grâce r eçue et immé1·itée. Et, cho,se curieuse : moins l'on comptesurle bonheur, et plus le bonheur se renco.n.t re. Dt~ jom où l'on se résigne à ne plus voir e1: )Ul qu'1me exception on commence à vé1:1fler qu'il se peut faire, ailleurs que cla3:1s les li:7res ùe grammaire, q ue les except10n.s s01ient a,u,ssi nombreuses que la règle . .. Les exceptions d'aujour,d'hmi, en tout CRS, sero,nt la règle de demain - l a regle de plus tarcl et la règle de plus ha.ut - la r ègle de toujours. Vous voyez d'ici leR consêqueuces cle ce dép~a,cement d'axe comme remède au découragement. Vous voudriez qu'il n'y ait pa.s de malhe'Ur du tout là où il y a ta.nt de mal! Alor,s à chaque instant cléoeptions, froissement~, meurtrissures, bless•Jies s,a.ign,antes. C'est l'inév.Jtabl,e. Vous vous dites au conti,aire: l'êt11.t a.ctuel de l'être n'étant pas son éfat normal, ,c nouil n'a,von.s pas droit RU, bonheur >J. • C'est là le seul sce1pticisme perrru,s aux croy:mts. car il s'appelle repentance et h~1mllité. II ne se défie de La t erre que pour mieux se confier au ciel. .. Et 1a~o1·s, à cha,que instant. ce sont d'agréables !=llU'prises. Vous ne sourcillez pas aux du:res paroles, aux ma.uvais regards, ŒUX allusions bles.sa.ntes, aux procécl.€)s mesquins: c'est le pain quotidien, cela. :ldais un,e joyeuse ,surprise met tme clarté sur votre front, n.n somire sur vos lèvres: vous avez rencont ré de1s atto ntio,n,s ianmables, des cœrn·s :urds, des âmes a!imante.s. C'est bien un joli mot que celui-ci: c, J'ai été stu"11ris en bien! l) Ceux qui n,e sont pa,s trop ambitieux dans leurs désins, trop exigea,nts dans l,emis vœux, ont, le Ciel en soüt loué! 11lus d'une foi,s l'occasion cle dire, malgré tout: cc J',aii été suqJri,s en bien! >l Et, dame! pour que le pro chain nous four;1is~,e cette occasion , rien de plus simple que de commencer p~r laluifoumk no.us-mêmes. C'est le vieux remède de l'Evangile: trouvez mieux si vous pouvez, je l'ira.i dire à Rome. PIERRE-
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L'hygiène comparée L'hygiène est l'ensemble des règles qui cLoiv:ent être suivies rpo1U1r éear.tea· les maladies, conserver la santé, rendre le corps humain le plus sain, le plus robuste possible. C'est la sœur ainée de la médecine. 1Si la médecine guérit les maladies, l'hygiène les priévient. En un mot, c'est prendre dès le jeune âge de bonnes habitudes, pour les conserver, les mettre à profit pendant toute sa vie. Ce sont aussi les mesures de salubrité que l'homme doit prendre vis-àvis des animaux. •L'hygiène privée a pour objet de prescriore les règïles qme d:oit suivve l'individu, pris isolément, pour conserver ,sa santé, en tenant compte soit de l'âge, soit du genre de vie, soit de quelque ,p artie du corps en particulier. L'hyg,iène publique a pour but d'éta,blir des règles analogues pour 1' homme vivant en société, pour les populations prises en mas·ses. A elle appartient la ,surveillance des fraudes qui peuvent rendre dangereuses les substances alimentaires ou autres, l'exécution des mesures propres à prévenir l'extension des épidémies, toutes les précautions qu'il appartient aux pouvoirs publics de prendre .sans que les simples particuliers aient à intervenir. La boilJile nourriture, Ie logement ,salubre, le vêtement convenable, la propreté sont les principaux facteurs de la isanté, facteurs qui, il y a ent ans, étaient très peu répandus dans les villes, presque inconnus dans le·S campagnes. A ceux-là nous pourrions encore ajouter la sobriété, sous tous les rapports, qui maintient l'homme au niveau auquel le Créateur r a p'lacé; le travail qui ·honore ceux qui le pratiquent et aigui,s e l'appétit. Le cultivateur comprend maintenant que, comme l'animal ou la plante, l'espèce humaine a besoin de soins, que plus l'homme est fort, solide, plus il 1
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peut fournir de travail. Sans doute, 'l a nourriture campagnarde est encore frugale, mais combien elle est plus variée, plus substantielle, plus saine qu' autrefois. Nos ancêtres n'avaient que de misérables logis. Ils habitaient ces « réduits» sans air, sans lumière, qu'ils partageaient fréquemment avec les animaux. Aujourd'hui, grâce à des habitations très confortables, nous pouvons avoir en abondance ces, deux facteurs qui faisaJent défaut à nos devanciers. Le vêtement a aussi changé beaucoup. 'l'andis qu'autrefois l'habitant des campagneis était vêtu tout à fait primitivement, seulement couvert d'un misérable vêtement, presque toujoul"S le même hiver comme été, maintenant chacun a un habillement approprié au froid et à la chaleur. L'usage des étoffes de coton qui s'est répandu pendant le XIXe siècle a puissamment contribué à ce progrès.
Ajoutons encore à ces fâcheuse,s conditions au point de vue de la santé le manque absolu de propreté, la vermine qui couvrait l'homme, on ·se rendra compte alors des ravages terribles qu'exerçaient les maladies épidémiques. Point de médecins, point de médi~aments. Quelques ,sorciers ou rebouteurs. La mortalité était énorme. Aujotur,d'hui, heurellisiement, la prO!preté entre peu à peu dans nos habitudes. La vermine ne se montre plus sur les individus qu'à l'état d'exception. Les maladies contagieuses: gale, variole, autrefois si connues, ont presque disparu. ' L'importance de l'hygiène est grande et variée, elle est utile et avantageuse. Les Grecs, les Romains, l'avaient déjà compris avant nous. Chez les premiers, on est étonné des nombreux exercices physiques imposés à la jeunesse guerrière: KY.lllllWstique, danse, chant, lut-
te, course. Chez les seconds on admite encore les magnifiques travaux publics exécutés dans la grande Rome: aqueducs, conduites d'eau, etc., tout cela en vue de l'hygiène. Nous progressons, mais il a fallu du temps et des efforts. Le premier et le plus grand but que poursuit l'hygiène, c'est de diminuer la mortalité. Dans les société modernes où les règles de l'hygiène sont mieux .suivies, la durée moyenne de la vie humaine a augmenté. L'.hygiène, avons-nous dit, a une grande importance. En effet. Toutes les fauteis que nous commettous contre ses lois pendant notre jeunesse ·sont crue1Iement expiées plus tard. L'hygiène ne se borne pas seulement à conserver la ,santé du corps, elle s'étend encore à la ,s anté du cœur et de l'esprit. Elle est donc à la fois physi-
sique, moraLe :intel1l:ectu.ellle. Formons lie jeune esprit, 1(1:év.e1'<1ppons ce faible cœur, en veillant à ce que le jeune
homme ne lise que des livres sains, ne fréquente que de bonnes sociétés, qu'il fuie le vice avec tous ,ses poisons pernicieux pour l'intelligence et pour l'âme. Si l'air est le premier a.liment du corps, la vérité est celui de l'esprit, la justice celui du cœur. Pour faire de l'hygiène bien entendue, il faut toujours se ra,ppeler que dlams .cette science e'est la vie qui est en jeu. On doit combattre l'ignorance, l'indifférence, les préjugés qllt règnent, hélas! trop souvent e n maHres et qui sont autant d'entraves à ,son développement. On se gardera des recettes plus ou moins reconnues comme efficaces, recettes qu'il ne fa.ut pas du tout confondre avec l'hygiène et moins encore avec la médecine. Dans ce domaine, il faut non seulement instruire, mais per,suader. Veiller constamment contre l'invasion des maladies qui nous g·uettent, qui profitent du plus pPtit moment d'inattention, du moindre
rna1111uc de snrvcillance pour envruhh· ht place. Ayant été créés, nous sommes responsables de notre merveilleuse machine. . . notre corps. Nous devons donc, par tous les moyens possibles mis à notre disposition, le maintenir en bon état, éloigner les causes de destruction qui le menacent sans ces,se. Nous préviendrons ainsi la ma:ladie physique ainsi que la souffrance morale. Henri IV disait: « Je ne comprends pais qu'on soit incivil et sale quand il suffit d'un coup de chapeau pour être poli et d'un verre d'eau pour être propre. >>
-···· LE VŒU
André et Annette avaient grandi ensemble; la jeune fille, orpheliu.e dès l'âge le plus tendre, avait été ado,ptée pai· la veuve Servian. Et, tout enf.a nt, André et ,sa sœur adoptive s'étaient mutuellement identifiés à ce premier sentiment quJi porte l'enfant à aimer de cette innocente et profonde amitié que la verdeur et les grâces de l'adolescence challlgent le plus souvent en amour. Il y avait dans la tendresse de la jeune fille pour André cette abnégation touchante et protectrice naturelle aux femmes et qui se rencontre plus particulièrement encore chez la Valaisanne. Son âme, dans toute sa ea,ndeur naïve, n'avaJt point eu le temps de se froisser au contact amer des· déceptions de la vie, et des larmes très lomdes coulaJent sur ,ses joues. Prosternée devant une image de la Vierge, elle prie: « COlllsolatrice de.s affligés, Notre-Dame du Scex, toi dont l'intercession est toute puliis· samte au ciel, rends un fils ù. sa mère, rend.smoi André mon fiancé. Sitôt son retour, reine dos Anges, nous i.rons tous les deux te por· ter nos actions de grâces, dans la petite chapelle qui sort des rochers à St-Maui·ice. » Un peu calmée par sa confiance en Celle qu'elle implore-, Annette se relève, et au moment où elle s'apprête à faire passes.· da.ns le cœur ulcéré de la vieille Servian, l'espoir qui la soutioot enco1·e, apprura.ît sur le s0Ull, le curé, a,ccouru pom• offlir aux
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i4 deux pauvres affllÎgés le baume de la parole consolatrice. « Béni soit, dit-il en entra.nt, s oit celui qui a mis son espoir dans le Seigneur, son a.ctente ne sera point vainc. >> III L'aubecrge de la Couronne à Champé.l·y se remplissait de ses fidèles habitués. La fille du tenancier, joyeuse Hébé de l'cudroit, apportait l'eau-de-vie et Je vin clairet qrni pétillait d1a.ns les verres. On s'enb·etenait à voix basse de l'orage de la Yeille et on déplorait le sort du jeuue AndJ:é, de la maJheureuse mère, lH'ivée de sou Ulllique appui. Parti la veille au matin avec des touristes, après avoir dit a u revoir à sa mère et à sa fiancée, ,Anœré ,aivait gaîment commeucê l'ascension cle l:t Dent du Midi. Le soleil s'(!. truit levé radi'eux, et ses rayons, tomb::r nt d'aplorub s m· les piques de.s bâtons de montagne, faisait présager une mont(~ facile et hem·euse. En effet, I.~, carnvanc atteint le sommet sans peine, et déjà elle se préparait à rentrer, quand toul-à-coup lo ciel se couvrit de nuag,es coIDme d'un vaste linceul, le tonnene gronda sourdement, annonrant ainsi la lutte qui bientôt allalÏt s'engager entre les éléments. André songea à trouver une r etraite, il tâtonnait à t'lroite, à gauche, ·avançant, reculant, ,suiyi des trois touristes apeurés, lorsqu'une bom·rasque violente l'emporta dü:: mètres plus bas où il eut encore le bonheur de s'accrocher à une pointe. meurtri, blessé. Séparés de leur guide, les voyageurs se blo,tt irent de leur mieux dans un semblant d'excavation. Mais le vent augmentait de minute en minute. Andr6 se voit perdu. D6j:'L il sent ses for ces qui r abru1dollillent, un affreux bourdonnement résonne à se.'3 oreilles; un hordble vertige s'empare de ses scus de,ant le vide qui est sous ses pieds. Un soupir brisé s'échappe de sa poitrlne, une de1·uiùre lai·me de regret monte dans ses yeux. . . . A.dieu, ma m ère chérie, adieu, ,mon Annette, ma fia.ncée, ,afüeu bonbeur que je ne devaJis pas connaitre! Adieu; vous tous qui m'avez aimé et que je ne verrai plus! Son âme tout entière se concentre clnns cette I)ensée suprême, et une avalanche, co1nme un vaste suaire, recouvre le corps du malheureux guide. C'est à ce moment qu'Annette déposadt sou vœu aux pieds de Notre-Dame du Scex ... III La tempête sur les h11.u teurs n'est jamais de longue dur{'e qua nd elle éclate ayec au-
ta.nt de violence. Au bout de quelques heures, les touristes sortil·eut de leur retraite et se mirent à la recherche de leur dévoué et hé1·oïque guide. Ils 1311.)erçm-ent au-dessous d'eux un objet inform e qu'en approchUJ1t ils supposèrent être le coo·ps du naufragé. Les t ouristes crurent ne relever qu' un cadavre, tant était faible le lien qui 1'€tcnait enco.re à la vie cette froide dépouille. Les yeux éteints clu gu.Lclc, 1a, rigidité glaciale tLe ses mombres laissaient en eïiet pcn d'espoir tl'y rappeler quelque chaleur. Cependant, g1·âce à la position verticale qu'André avait pu maintenir :1 vec toute l'énergie du dêSospoir de l'IJornwe face ù face IUIV0C la mort, grâce aussi à la prompte dé· croissance de l'orng.c, la vie ue s'était pas entièrement relirée tlu guicle. Les secours intellig~nts qui lu i furent prorupternent donnés rappelèru 1t la chaleul' dans ses mewbres. André sentit b:tttre ,<ion cœtn·; ses yeux se ro11vrirent: il renais.sait. Interrogeant <ln regm·(l ceux qu i l'entonraieut de soins si ùienveillants, il sc rnppc'l:i, jusque tians ses rnoindre.-; d6tails, le souvenir dn danger auquel il venait si ruil"aculeuselllent cl'(•c·ha1iper. Et cette pauvre âme, revenue de ,;i loin, fi t n10nter a,·cc effusions s,a première aspiration Yers Djcu; la 1:;econde fut pour sa wêre et pom sa fiancée. Los trois tomi,st es sou ti m·ent cle leur mieux André 1wm· la marche du retom·. Ou coucha a.u refuge et le surlendemain ou se reruit en 1·oute. Les deux femmes désolées l'evem1icnt depu is trois j oms im pied de la rnonlague, i.aJ1S but, ·presque saus espoir. La veuve, l'œil fixé sm· les sommets, semblait les int,e rrogcr. Sa jeuue compagne iutenogcait aYiderne.nt le sentier, dout un lieau soleil l'OU· ch131llt frisait capriciern;ement les contours. La jeunesse n'abandonne jamais entièrement toute cspéra,nee, et puis Annette avait foi dans son v~u. Tout à coup un cri ineffable s'échappe de sa poitrine hnJetante. - Mère, c'est lui, ce sont eux ... c'est Anclr6 ... A..t1ili·6 qui nous revient. La vieille se dressa fic toute sa hauteur. - Anuette, füs-tu v1·a.i, ne te trompes-tu pas? ... Oh! c·est que, vois-tu, ce scrail :l 1·11 moul'ir. - ::-7on, mère, non, je ne m'abuse polnt ... Tenez, lil.-lJas ... le voyez-vous? il nous a reconnues .. . il nous a fait signe. La jeune Valaisa.uue oubliait l1UJ1s le d!ilire de sa joie que les yeux de la vie:illc, a ffaiblis par les larme,s autant que pn.r le~
wnées, ne pouvaient apercevoir aussi lo:i.11 que les siens. - Oh! mon Dieu, soyez béni, dit .a~ors la pauvre mère; soyez cent fois béni pour avoil· pris ma doulem en pitié; et succomba.nt à la violence de son émotion, elle tombe inanimée dans les bras d' Annette. Lorsqu'elle revint il. elle, ce fut sm· le sein de l'enfant chéri, qu'elle n'espérait plus revoir et qui la couvraJit de ca1'€sses. Il eOt .tiallu voir alo,i•s la figure de la yeuve, rayon.uant du splendide éclat de la maternité heureuse et triomphante. Le logis fut bientôt encombré de tous les jeunes gens du village. Avertis par la rumeur, si prompte en pareil cas, du retour inespéré et presque mimculeux cle leur camal'lrude, ils ve,naîent lui offrir leurs naïves et sincèr es fé licitations et j oindre Jours actions de grâces à celles des <leux femwes, épPrdues d'allégresse. - Enfants, clit le curé, en déconnant sa tête vénérable, n'oubliez j amais que ccln l qui met sa confiance clans le Seigneur doit être cxaoUcé, et que son espoir ue peut être vain.
Le vœu d' Annette fut religieuse.meut accompli le jour de son mariage, tl'Ois s eruaincs ap1·t1s ces événements. André et sa femme flirent leur voyage de noce à ::-7otre-Dame du Scex, Vierge protech-ice des guides et tles cha.<1tes nmours. ,.Jacques DESCHAMPS.
______ ________ Mon chapelet -0-
Que je t'aime belle couronne, Que parcourent 1nes doigts pieux, Pendant que ruon cœur s'abandonue A des pensers mystérieux! 'l'n me dictes, lorsque je prie, Les mols du message divin Qui fut la gloire de Marie Et le salut du genre huma.in. J'aime, ta forme symbolique, Ton nom emprunté d'une fleur, Rappelant la Rose mystique, Reine des jardins du Seigneur. Mon chapelet! je ûe regarde AYec respect, avec espoir, Comme un tendr e ami qui me g,a rde Dans la. pratique du devoi1·. Ne me quitte pas, douce chaine, Et que ton anneau précieux Me ratta,clle .à l'aimable Reine Que je voudrais bénir aux cieux!
Recettes et conseils NOURRITURE DES PORCS. - On donne
généralement aux porcs une nourriture_ trop ::i.queuse, mieux vaut leur donner clu sohde et les laisser boire e nsuite. 'fous les animruux sont ainsi nourris, pourquoi donc fa.ire exception pour le porc et le forcer il ingurgiter avec sa nourrit ure solide uue grande quantité d'eau dont il se passcra.it peut-etre. L'eau .a.ide il la digestion sans doute, mais quand on en absorbe trop, elle devient pJutôt nuisiùle, il faut donc laisser à ces a.niwaux le choix de la quantité de boisson à absorber, leur instinct les gtùdera et pom· cela ils doivent pouvoir malllger le solide il sec et boire ensuite. Cette nourdture aqueuse colllrnc on la distribue aux porcs doit aussi aYoir une influence sur la qualité de la viande, il serait intéressant que cles es~,aos renseignent positi ye:meut là-dessus.
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'rRAIREJ LES V ACHES. - On donne, sm la manière de traire les y,a,cbes pour obtea:ür le nrnximurn du lait, quantité et richesse en crème, les conseils s uivants: 1. Opérer rapidement; 13 lenteur fait perdre une partie de la crème du lait. 2. Traire :'i. fon(l, jusqu'à la dernière goutte, le lait de la f,iu étant le mcilleul'. 3. Traire n.ux mêllles hcm·os tous les jours. <J.• Traire en croix, c'est-à-dire un triaiyon d"a vant, :'L cll-oJte, avec un trayon d'arrière, à gauche, et vice versa; le lait sort a.insi plus abonctamlllent qu'en tmiyant parallèlement. 5. Traire ayec les cinq doigts et non pas avec l'i ndex et le pouce, défaut t rop commun des vachers et '\-achères. 6. Rejeter tontes les machines à traire. 7. Pour traire les v,a,cbes jeunes et rétives, leur tenir levé un pied de devant; ne' jamais les frapper. 8. A voir toujours les mains propres, ainsi que le pis, de la vac:lle et les ustensiles de la laiterie. 9. Panda.nt l.a. traite, êvùter tout ce qui pourrait di straire ou agiter l<'!S vaches. Les maintenir clans la plus grande tranquùlldtê. Ceux qui n'observent pas toutes ces pre:;ctiptions subissent infailliblement une clim inution de la-it recueilli.
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* CONSERVA.TIO:N DES ECHALAS. Il y a. clans nos ,·ignobles, des millions d'é-
.1~11111,é , ..o
,r,.icceptatit1n d é/i,nilive
XXIII0 année challas en service et l'on comprend que nos vignerons aient à cœur de renouveler ce matériel le moins so1n-eut possible. Nous leur signaJons avec intérêt les recherches. faites à ce sujet par M. Dufour, professem· à Lausanne. M. Du.foUJr a institué des essais comparatifs sur les échalas ayant subi divers traitements: créosotage, sulfatage, goudronnage, sublimage, traitement au sulfate de zinc. Les expériences, divisées eli plusieurs sélies, ont eu une durée de 17 ans. Les résultats qu'il a obtenus sont consignés .éLans le tableau cidessous :
souls ingrédieuts à employer. Prenez un œuf f11alis, battez-le avec du jus de citron et avalez le méla.nge ·d 'un trait a.vaut de vous mettre au lit; répétez la dose le lendemain matin. 'Denez vous bien -au chaud et prenez encore deux œufs avec du jus de citron; vous serez de cette façon, prétend-on en Suède, débari<ais,s és de la grippe. II ne coûte rien de faire l'essai de ce remède, car il ne saurait faire de ma.J. On n'en pourrait p.as dire a.uta.nt de tous les la.utres remèdes qu'on préccmise pom· guérir cette maladie.
Proportion
ENF.ANTS. - Dès qu'on -s 'aperçoit qu'un enfant s'enrhume, lui passer de la pommade camphrôe autour du nez, sur le front, le sommet de la tête et l.a ,p oitl·ine. Que de bébés ont/ été ,s auvés p.a.r ce remède si si mple. Quand on a de jeunes enfants, il ne faut jamais manquer d'avoir de la pomma.de camphrée chez soi pom· J.',employer dès qu'on s'111Perçoit que bébé tousse ou éternue.
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Echalas traités à la créosote 0,7 - au sublimé conosif 13 5 - au sulfate de cuivre (échaLas fendus) 13 7,7 Echalas traités au sulfate de cuivre (échalas coupés) 13 29,6 Ech. traités au chlorure de zinc 13 78 - sa.us traitement 13 89 - a.yalllt au les pointes brfllées 13 99 - traités aux acides gras 13 100 Echalas sidérés 10 40 - gypsés 10 83 - sans tt·aitement 10 100 EchnJas goudronnés à chaud 7 10 - à froid 7 31 - sans traitement 7 64 Ech. traités au sulfate de cuivre 3 O - .sans traitement 3 17,5 Comme on le voit, c'est le créo•sotage qui a produit le maximum d'effet. Voici comment on opère pour avoir de bons résu.ltat.s: Les échaLa.s, par paquets, sOIIlt placés dans une chaudière, de façon qu'ils puissent tre mper de 60 centlmêtiies environ dans l'huile de créosote; puis, on chauffe jusqu'à ce que la température du liquide atteli;:-ne 80 ° c. On éteint le feu et on laisse refroidir pendant 10 ou 12 heures. On retire Les échalas et on les laisse sècher. Il est bon de pouvoir laisser les échalas un an avant de s'en servir; on peut aussi recourir au sulfatage qui consiste à tremper les échalas pendant 4 ou 5 jours dans uue solution de 3 ou 4 % de sulfate de cuivre.
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• CONTREJ LA GRIPPE. - Le citron, raf1•atchisœnt, ~t -les œuf,s, fortifiants, sont les
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ORGANE
* * LES RHUMES CHEZ* LES JEUNEJS
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DE L A
SOCIÉTÉ VALAISANNE D ' EDUCAT IO N
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L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant d:' suppléments de 8 à 16 pages pendant l'aonée ordinaire de 12 mois.
* VERTUS DES FRUITS. -
Voici, d'après l'école de Sallirne, les principales vertus de quelques fruits usuels: Enfin qu'en l'ordre tu ne pêches, Dedans le vin, mange Ja pêche; Avec le nadsin, mets la noix Et n'en mange pas jusqu'à trois. Le raisin cuit nuit à la rate, Et sert au poumon qu'il dilate, Est utile au foye et aux reins, N'en mangeiant ny peau ny pépins. Qui a soif, la mûre il a,pprête, La mûre récrêe la luette, Et le gosier pareillement; Si notre schole point ne ment, Manger la figue est chose saine A qui a mal à la poitraine; Poitrine dire se devoit, Mais faire rire on te vouilolt. Prairlons encore de la figue: Du veutre elle lilche la digue, Crue ou c1ùte, il n'importe peu, Elle ,purge fort bien par bas: EJ!le nourrit bien et engraisse, Elle guérit mainte bosse êpa1s.se. Glandes, érouelles, tumeurs S'en vont p.lus vite que fruits meurs, Mettant dessus figue bouillie ; Même, et ce n'est point menterie, Elle tire les os du corp,s, Sil.s sont rompus et les met hors.
1904
Prix d'abonnement : Suisse f r. 2 .5 0 U nion J)ostale fr. 3 T oul cc qui concer.ne la publication doit être adres sé direct ement à M. P . P IGNAT, 1er secrét aire à l 'i nstruction publique, à Sion.
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--HL a ci vilité el1rétienn e est un té1noi1m11g e s ensiblP
----~- - de la chnrité iotérieu1·e.