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montrent moins exigeants, sans même rapprocher le terme de nouvelles revendications. Les instituteurs du bon vieux temps, de regrettée mémoire, avec Jeurs dispositions à la somnolence, au doux far-niente, et leur léger bagage scientifique et pédagogique, auraient-ils aujourd'hui efficacement contribué à un résultat aussi r~jouis<Jant, en laissant après nous Berne et Vaud 'f Non seulf1ment le Valais serait dépassé par tous les Etats· de l'Europe, il coudoierait même, en fait de développement intellectuel, lss contrées où la civilisation est encore à son berceau. Et quelle belle figure nous ferions aujourd'hui, au milieu de nos Confédérés, moralement, intellectuellem1>nt et watérielJemeat, si les éternels partisans du statu-quo avaient, depuis un demi-siècle, V·'llX prépondérante au Chapitre, · si la carrière de l'enseignement, chez nous, n'é tait vraiment qu'une simple sinécure ! Uo simple coup d'œil sur le plan horaire, si ce plan est scrupuleusement suivi, nous prouve que pendant les six heures de classe journalière les moindres loisirs sont inconnus de l'instituteur, et il est évident que ce plan est suivi, sioon le Valais n'aurait pas obtenu Je succès que nous connaissons. Quant à la théorie de la • page suivante • et du rôle 'exclusif que jouent les manuels au sein de la classe, l'exagération est par trop outrée. Les manuels sont indi~p ensables dans toutes les écoles; on a essayé un moment de les supprimAr, mais on n'a pas tardé à être contraint de les réintégrer. Ils aout un guide, sans lequel Je maître le plus capable risquerait de se fourvoyer, de suivre une marche régulière, de laisser des lacunes, de ne pas gradu• 1· suffisamment son enseignement, car la mémoire n'est pas touj vurs assez fidèle ou assez pr_ompte pour ne rien omettre, ou éviter une perte de temps, bien que l'on possède parfaitement les branches qua l'on enseigne. Mais Je livrn ne joue à l'école qu'un rôle secondaire; le rôle principal appartient à la partie du maitre, pour expliquer, commenter, et au besoin pour compléter le livre; tandis que jadis le livre était tout, et le maître rien : c'est pourquoi la vieille école n'a pas fait merveille. (A
suivre./
XVIIm• ANNEE
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SION 10 Janvier 1898
L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE parait chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages._ Prix d'abonnement pour la 8nlHe, 2 fr. 30. Union postale 3 fr. Annonces, pria, 20 cent. la ligne ou ,on e,pace. . Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à· une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAIRE: , J:?e la, ~élation comme moyen disciplinaire. - Encore l ant~~etique dans les écoles primaires. - Progressons! L ecole et les travaux domestiques. - Sacs d'école et serviettes. - Placement des instituteurs en Valais. Mile Emma Bochatay, institutrice. Partie . pratique. ,fr~blèmes donnés a~x derniers examens de recrues. { Calcul ecntl. - Style. ( Su;ets donnés aux dernz'ers examens de recrues. - Anecdotes scolaires. - Supplément.
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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, t•• secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.
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Avis à nos abonnés Nos abonnés sont priés de réserver bon accueil aux cartes de remboursement qui vont être lancées ponr la perception de l'abonnement à l'ÉCOLE PRIMAIRE. Pour diminution de frais et simplification d'écritures, nous ajouterons, là où ce sera.le cas de le faire, la fourniture de l'OPTIMUS ou d'autres objets scolaires dont le règlement n'au. rait pas encore eu lieu jusqu'ici,
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* * Le présent N° est daté du 10 janvier au lieu du 5. Ce retard provient des nombreux. jours fériés qu i marquent l'époqne comprise du 20 Décembre jusqu'aux Rois, et des travaux pressants dont les imprimeries sont chargées vers la fin de l'année. Nous ferons le possible d'éviter désormais tout retard . Le nombre des livraisons promises paraîtra d'ailleurs sans faute jusqu'à la fin du cours scolaire.
Chronique et avis scolaires Oonfèrenee d'lns&Uoteors en 189'7 .. 9s lllar&lsny. - Les instituteurs de ce district sont convoquée en conférence ordinaire le m• rdi 1.. février prochain à la Croix (Martigny-Combes). Voir dans l'Ecole primaire le sujet à traiter. Obant. - Noue avons le plaisir d'offrir à nos abonnés, pour leurs écoliers, un chant intitulé le Pâtre sur la Montagne avec paroles en français et en allemand. La quat1tité disponib.e étant limitée, on voudra bien préciser exactement la nombre nécessaire pour chaque école. Il va de soi d'ailleurs que nous ne ferons cette expédition que sur demande affranchie et pour autant que la provision restante nous le permettra.
BIBLIOGRAPHIE .Les cAlès de tante dalle par Gorgibus, illustrations de J. Fontanez. - Ch. Egglmann et Cie, éditeurs, Genève. Ce farceur de Gorgibus nous rnient cette année avAC un joli petit volume jaune canari qu'il inlitule les Câfés de tante Julie. Inutile, n'est-ce pas, de vous dire que ces câfé13-là sont d'un joyeux à faire mourir de rire, et ne prédisposent i:(Uère, par conséquent, à l'hypocondrie. Les auteurs gais deviennent tellement rares qu'on ne saurait trop louer les courageux littérateurs qui ont pris pour tâche d'amener le rire sur les lèvres de leurs contempor ~ins, Gorgibus est un de ceux-là. Sa verve bon enfant ne blesse personne et
se
contente de faire pouffer, maie là, vous savez, de bon cœur. Dans ses œ~vres, vous n~ trouverez p~ut-être pas des mots d'esprit bien étrncolants, car 11 se borne simplement à nous conter de joyeuses histoires, bien amenées, et qu'on aura un vif plaisir à lire le soir, en famille, au coin de son feu. SO.r, les Cdfés de tante Julie ne vous donneront pas de cauchemar 1 oartes pos&ales suisses. - La maison Bareiss, Wieland & C1•, à Zurich, vient d'éditer un jeu complet de cartes postales aux armoiries des cantons. (2~ cartes). Li:is armoiries sont exécutées en couleur le plus soigneusement possible et présentent une collection comme il n'en existe pas encore en cette matiére sous le rapport de l'originalité: On livre ces cartes par collection complète de 24 dans une couverture, ou assorties au choix, (La collection complète, fr. 3,25.) .& la montagne, la jolie publication si rir,hement illustrée de M. G. Pfeiffer, constituera, sans contredit, le plus bel ouvrage qui ait paru chez nous, pour cette fin d'année. Nous en avons sous les yeux toutes les livraisons qui, on le sait sont au nombre de 12. L'auteur nous promène dans les caverne& de Naye, dans le délicieux vallon de Novel, sur le Blanchard, au lac de Lovenex, au dessus du brouillard, à la pointe de Savoleyres, à la crevasse de Sembrancher, à Savièze, au Grand-Muveran, à la Tour Sallières, etc. De superbes illustrations complètent ces récits. La perfection typographique de cet ouvrage et le bon goût qui y préside font de , A la montagne , un ouvrage de luxe, comme on n'en fait pas ailleurs.
Tableau d'blt1Jtolre suisse L'éditeur Emile Birkhauser, à Bâle, et le peintre Karl Jauslin, ' à Muttenz, viennent de mener à bien une œuvre nationale au premier chef, d'achever un vrai monument à notre histoire. Leur superbe publication Tableaux d'histoire suisse, est terminée. Les 20 dernières planches ont paru: elles ont été l'objet des mêmes soins que les précédentes et ne leur cèdent en rien. Le tout forme un superbe album de 84 grandes planches, donnant, artistiquement reproduites par la phototypie, les principales scènes de l'histoire aui11se, depuis les lacustres à l'entrée des Bourbakis. Chaque planche est la reproduction d'un dessin original de Karl J auslin, que son goût, ses études, son talent et son ardent amour pour sa patrie rendaient tout particulièrement apte à cette entreprise. Le dessin, de 20 sur 30 cm. est reporté sur beau et fort carton de 43 sur 51 cm. Chaque planche forme un tableau qui ne déparerait pas un salon. C'est une publication d'un très haut intérèl historique et artistique, et absolument unique en son genre. Aucun pays ne peut en montrer da semblable. Nous l'avons déjà dit en toute sincérité et nous le répétons en toute conscience. Et cela n'est pas un éloge banal comme les journaux, chez nous, sont forcés d'en distribuer à tort et à travers; c'est notre conviction intime. Nous recommandons chaleureusement ce bel ouvrage à toutes les
p_ersonnee pouvant en faire l'acquisition; il devrait se trouver ~JDOn da~s toutes les familles, au moins dans toutes les écoles, car 11 rendrait de grands services pour l'étude de l'histoire nationale ~I conslitue également le plus bel ornement de salon que l'on puisse trouver. On paie parfois bien cher des publications exotiques qui sont loin d'avoir la valeur de celle-ci. C'est le plue bea_u cadeau que l'on ~uisse faire à des jeunes gens ou à dea a~1s. Il conservera touJours sa valeur. L'auteur et l'éditeur ont fait là une œuvre méritoire et patriotique, dont il faut les féliciter et les remer~ier, et qui devrait_être honorée de la souscription dea Etats. C~u:1-:c1 souv~nt subve.nt1onnent et honorent de souscriptions des pubheat1ons qui sont 1010 d'avoir le mérite de celle-là. L ouvrage a tenu et au-delà toutes les promesses du début (Il se Vef:ld à raison de 5 fr. la l!érie de 4 planches, ou 2 fr. 50 pai planche isolée). Chaque planche fait l'objet d'une notice historique explicative, rédigée avec autant de clarté que de compétence p11r le Dr Hotz. L'ensemble de ces notices forme une brochure de 56 pages grand format. 1
Prime aux abonnés de l'Ecole primaire PRATIQUE!
c/lffenfion
Pour faire connaître cet utile auto-relieur, et dans la pensée de rendre service à nos abonnés, noue avons passé un traité avec Pour ~ollectionner et relier BOi-même la Société des Reliures les publications pénod1ques, JOurnau x i]Lustrés etc Optimus, Vevey, nous perau fur et à meaure de la réception des ·numéro;,' chacun devrait posséder le nouveau classeur breveti mettant de leur fournir ,, 0 P T I M U s " l'Optimus format Ecole prile seul qµi maintienne les livraisons en bon état maire, au prix de grande et qui ,permette de les étaler entièrement p• la lecture, f d SIMPLICITt n RAPIDITt D"EMPLDI I aveur e 70 centimes (au ClaBBeur perpétuel ou reliure définitive lieu de 1. fr. 50). l'Optimus est ce qu'il y a de plus parfait • Pour recevoir un exemde plus pratique et de meilleur marché. 8 gra_odeors pour !On! formais de journaux. plaire, P:ière de remplir Numéro spécial reoommandé P' cahiers de musique. Je bulletm de commande , . joint au dernier N° et de nous 1adresser sous ph ouvert affranchi de 2 cent Non~ engageons vivement no; lecteurs à profiter de cette occasion exceptionnelle. L'Administration de l'Ecole primafre. OPT~US. - Ceux de nos lecteurs à qui 1'0ptimus n'a pas ~t~ expédié co~tre-remboursement, sont informés que le prix en sera Jomt, pour moms de frais, à l'abonnement de l'Ecole primaire. Les demandes affluent d'une manière réjouissante.
SION, 10 J a.nvier
1897/98
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION De la délation comme moyen disciplinaire La méthode que l'on suit encor~ trop ~onvent pour découvrir l'auteur inconnu d'un méfait scolaire ressemble beaucoup à une investigation policière. Bien des maîtres, en ce cas, annoncent bruyamment à leurs élèves _la f.al~te commise, et, si le coupable ne se déclare point 1mmediatement, toute la cla8se est punie à la fois. C'est encourager la délation, triste moyen disciplinaire, qni conduit les enfants de nos écoles au mensonae et détruit entre eux. la sy~pathie. Il faut absolumen°t proscrire ce procédé de ren~eignement. D'ailleurs il est loin d'être infaillible et n amene pas toujours la découverte du coupable. Deux. cas, en. effet, peuvent se présenter. Ou bien personne ne le connait, ou bien il a une telle influence sur ses cama.rades que nul n'ose le dénoncer. Que fera alors le maitre? C'est par une tout autre méthode qu'il doit faire entrer dans le c°'.ur de ses élèves les sentiments de moralité qu'il faut leur 1~culquer. Si l'on permet, si l'on ,enco~rage _la délation, il n'y a plus de camaraderie, plus d affect10n rec1proque, plus de solidarité entre les élèves d'aujourd'hui, et, plus tard, entre les citoyens. La porte est ouverLe à l'aversio?, . à la haine à la venaeance. C'est ainsi qu'un instituteur mmtelligent et malad;oit peut détruire chez l'enfant l_a ~ignité el la fermeté du caractère, la franchise, la spont_ane1te, ,le co urage. Il est nécessaire, d'ailleurs, que la condui~e de l enfant, comme celle de l'homme, soit basée sur le sentimen t profond du devoir. Si le maitre exerce une surveillance constante, il n'~ur_a pas besoin de recourir à la délation pour assurer la d1sc1-
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pline dans sa classe. Il saura surtout prévoir· les incartades (le ses élèves, ce qui vaut beaucoup mieux que d'être obligé de les réprimer lorsqu'elles sont commises, et il punira moins sévèrement l'enfant qui avoue franchement sa faute que celui qui la dissimule. D'ailleurs, s'il a su gagner la confiance de ses élèves, ceux-ci n'hésiteront pas à lui avouer franchement leurs fautes. Cependant, il faut veiller avec soin à ce que la franchise de l'enfant ne devienne du cynisme. Il serait fâcheux, il serait irréparable qu'il en arrivât à perdre sa sincérité et sa. candem· natives, ce qui pourtant se voit trop souvent de nos jours, où l'impudence et l'effronterie semblent pénétrer de plus en plus dans nos SENEcrus. mœurs.
Encore l'arithmétique dans les écoles primaires Nous avons vu par un article paru dans le ter N° de l'Ecole primaire combien les ,élèves de nos écoles sont faibles en arithmétique, puisque nôus n'occupons dans les examens de recrues que le vingtième rang en cette matière; c'est pourquoi il importe beaucoup que tons les hommes qui ont à cœur l'avancement de nos écoles et désirent une éducation plus complète de nos enfants, s'occupent à rechercher les causes de cette faiblesse, qu'ils les signalent au personnel enseignant et qu'ils trouvent les moyens de mieux enseigner cette branche, d'y consacrer plus de temps, s'il le faut, afin que nous obtenions des résultats plus satisfaisants. Il me semble, à moi qui suis un peu novice dans la partie, qu'une des causes de notre faiblesse, c'est la manière routinière avec laquelle nous avons procédé à l'enseignement de cette branche. D'abord, nous n'attachons pas assez d'importance au calcul oral, nous ne l'enseignons pas avec assez de méthode; beaucoup trop de jeunes gens ne savent pas décomposer les nombres, ils procèdent dans les opérations de calcul oral, comme s'il s'agissait du calcul écrit, et alors
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ils s'embrouillent d~ns les opérations. Par exemple, veut-on trouver la somme de 86 et 48, ils diront 8 et 6 font 14, je pose 4, je retiens 1 ; 8 et 1 font 9, ce qui fait 134 ; au lieu de dire 86 et 40 font 126 et 8 font 134. Soit à trouver combien il faut ajouter à 76 pour obtenir 124. 113 feront généralemeni une soustraction, au lieu de dire plus simplement de 76 à '100, il faut 24 et 24 font 48, nombre cherché. Autre exemple: quelle est la différence entre 126 et 7 4. lis font de nouveau une soustraction, an lieu de dire: de 74 à 100, il faut 26 et 26 font 52. S'agit-il de la multiplication, il est nécessaire que les élèves apprennent certaines combinaisons, telles que 4 X 16 est la même chose que 8 X 8; que 3 X 24 = 6 X 12; que 6 X '15 = 2 X 45; que 8 X 25 = 2 X 100; que 36 X 75 = 9 X 3 plus 00 à droite; que l'intérêt de '1200 fr. en 9 mois à 4 °lo donne 12 X 4 = 48, le quart de 48 est 1'i, et J X ·12 = 36 fr., réponse dem andée. Quel est le capital qui à 4 °/0 rapporte 480 fr. Solution: le quart de 480 donne 120 qui X 100 = 12 000 fr. On doit 1620 fr. pour une certaine marchandise, mais on reçoit 25 °lo de remise. Combien faudra-t-il payer? '1620: 4 = 405 qui ôté de '1620 = 1215. Et maintes autres combinaisons encore, avec lesquelles il faut que les élèves soient· bien familiarisés pour pouvoir travailler avec plus d'intelligence le calcul écrit. Mais pour arriver à la connaissance de ces divers procédés, le maître devra suivre l'un ou l'au tre mauuel traitant avec méthode et gradation le calcul oral, afin que les élèves parviennent à manier les chiffres, à déwmposer les nombres et à suivre lès marches les plus simples pour arriver vite et sûrement aux résultats demandés. Le calcul oral journellement bien soigné, sera un puissant secours pour la marche rapide du calcul écrit. Maintenant, s'agit-il du calcul écrit, il est tout d'abord nécessaire d'habituer les élèves à faire des chiffres lisibles et réguliers, pour ne pas s'exposer an moment de la cor1
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rection de confondre les chiffres les uns avec les autre.;;. on y gaguera déjà beaucoup de temps. ' Il est bien étonnant, en effet, que la plupart des maîtres et des élèves ajoutent si peu d'importance à la formation des chiffres. Tout le monde estime une écriture régulière, belle et moelleuse, et fort peu de personnes font attention à la manière de faire les chiffres. Que d'heures consacrées à l'écriture dans les écoles primaires! Combien de maîtres qui daignent seulement prendre une heure pour exercer leurs élèves à faire des chiffres réguliers et agréables? En second lieu, les élèves doivent apporter les mêmes soins à ces sortes de devoirs que pour les devoirs de style ?u de français, c'est les habituer à fairn un travail propre, a leur donn.er du goût et les mettre en état de tenir plus tard un registre avec soin et propreté. . On fait bien de partager la page en deux, par une ligne a encre, allant du haut en bas; la première moitié est réservée aux solutions qui doivent toutes être soianeusemeut indiquées; les opérations sont faites sur l'autre<:) moitié vis-à-vis, jamais les élèves ne calculent sur une ardoise ou wr un chiffon de papier quelconqne. Toutes les opérations seront proprement faites sur le cahier même, et l'on n'admet d'autres abréviations que celles qni peuvent être faite.; oralement et voici les raisons de ce procédé: D'abord les opérations faites avec propreté et soin demandent l'attention de l'élève, elles facilitent beaucoup le contrôle elles mettent l'élève à même de tenir plus tard une c~mptabilité et !'_obligent à les faire lui-même et à ne pas copier une simple réponse d'un voibin complaisant. Sans doute, la coprn est encore possible, ajoutera-t-on: c'est vrai, avec la grande différen~e cependant que l'élève est forcé de copier toutes le.~ solnt10ns avec toutes les opérations correspondantes s 11 ne veut pas se dénoncer lui-même, travail aussi long et aussi pénible pour lui que s'il faisait lui-même se.:; opérations, et travail qui ne sera pas tout à fait inutile pour lui, à cause de l'attention avec laquelle il est obliaé de le faire. Ceci dit, je vais encore essayer de raisonn:r
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deux problèmes différents, afin de montrer les dispositions à prendre, le genre de solution à exiger et les opérations correspondantes à côté, afin de généraliser ce procédé dans
toutes nos écoles ; . car j'ai la persuasion que s'il est bien su ivi, nos élèves montreront bientôt plus de goût à l'enseignemeut de l'arithmétique, et réussiront dans cette branche aussi bien que dans les autres où nous sommes généralement plus avancés . 1. On fait transporter à 86 kilom. de distance un bloc de marbre ayant 3 m. 20 de longueur, 1 m. 80 de largeur et 0 m. 98 d'épaisseur: on demande quelle somme on devra payer, sachant que le décimètre cube de ce marbre pèse 2 kilog. 717, que le transport coûte O fr. 16 par tonne et par kilomètre, et qu'on obtient un rabais de 6% sur le prix du transport.
Solution La colonne de marbre
=
3,20 X 1,80 X o,98 = 53 6448. Le poids = 2,717 X 5644,8 = 15336 kg . 92. Le prix du transport = 0,16 X 86 X 15,3369 = 211 fr. 036. . 6 X 211,036 Le rabais = = 12,662. 100 La somme à payer= 211,036 - 12,662 = 198 fr. 374.
3,2 1,8 256 32 5,76
5,76 9,98 4608 5184 5,6448
86 0,16 211,036 - 516_ __ 6 86 12,66216 21] ,036 12,662 198,374
5,6448 2,717 395136 56448 395136 112896 15336,9216
15,33692 13,76 92 02152 1093 5844 46Ul 076 153a6 92 - 2iî;o"360192
2. Pour obtenir une bonne récolte, il faut fournir à la terre 31 kilog. 45 d'azote par hectare. Or, le fumier contient 4 kilog. d'azote sur un poids de 1000 kilog. ; le sang liquide des abattoirs contient 29 kilog. 50 d'azote sur 1000 kilog., et les tourteaux des huiles contiennent 46 kilog. 40 d'azote sur 10()0 kilog. : combien faudrait-il de kilog. de chacune de ces trois sortes d'engrais pour former, 1 ° un terrain d'un hectare, 2° un terrain de 1785 a1;es 26?
-
70 . Quan t1'té de fum1er
=
1000
=
Solution X 31,45 4
7862 kg. 50.
=
Quantité de sang liquide
1000 X 31,45 29,50
=
1066 ,lO.
Quantité des tourteaux
1000 X 31,45 46 40
'
=
=
677,80.
Quantité de fumier pour 17,85
7862,5 X 17,8525
=
=
19032,656.
Quantité de tourteaux 178525
=
12100,49.
314500(295 1950 10651 1800 ' 325 300
314500(46,4 3610 677 8 3520 ' 3720 02
17,8525 78655 892630 357052 1071166 1448208 1249682 140355,04750 17,8525 1066,1 178526 1071156 1071156 178625 19032,65686
=
140366,047.
Quantité de sang liquide 17,8525
31450J4 34 7862 5 24 ' 10 20
=
=
1066,1
X
677,80 X
17,8426 677,8 1428228 1240782 1244682 1071156 12100,49248
Progressons ! Progressons ! voilà, dir:\-t,on, un appel qui n'est pas nouveau; un cri que l'on entend de tous côtés et jamais plus qu'en ce siècle de lumières. Cependant, cet appel n'est jamais suranné; progresser, c'est un besoin au:;si ancien que la chute de l'humanité; un besoin impérieux passé eo axiome; un besoin au service duquel beaucoup consacrent leur vie, tandis que d'autres l'entravent par leur coupable indifférence ou leur mauvais vouloir. Puisse ce faible appel être entendu des intéressés et contribuer au progrès de l'éducation et de l'inst.ruction dans notre cher Valais ! Dans l'adoption de notre excellente loi sur l'instruction publique, nos législateurs ont été fortement pénétrés de l'importance du savoir de l'instituteur, car personne ne peut donner que ce qu'il a. C'est pourquoi ils ont fait pour l'époque un pas de géant en portant la durée de l'école normale, de quatre ou même de deux, à vingt mois. Aujourd'hui, ce minimum nous parait encore trop restreint
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pour que nos maîtres puissent être à 1~ hauteur de leurs collègues confédérés, et beaucoup, parmi les plus soucieux des intérêts du pays, salueraient avec joie une plus longue dnrée. Mais cette prolongation peut-elle avoir lieu dans les conditions actuelles? Non, elle est irréalisab le à canse du surcroît de dépen::;es qu'elle entrainerait sans compensation aucune dans la position si précaire déjà des instituteurs valaisans. Par contre, notre canton peut se flatter .d'avoir des institutions rl'élite pour la formation de son personnel enseignant : preuve en est dans les brillants résultats des examens des recrues. A bien des collègues qni gémissent sur notre infériorité. je vais donc indiquer un antre moyen_ infail~ible_ pour s~rtir de l'ornière, c'est de mettre en pratique l ancum « A1detoi, le Ciel t'aidera », ignoré, ce semble, de beaucoup. Croirait-on à l'encontre de l'expérience, q11e le stock amassé est inépuisable? De même que le meilleur sol a be.,oin d'être souvent et énergiquement labouré et amendé, de même la culture de l'intelligence réclame le travail et l'application. Con vaincu qne qui n'a van ce pas recule, le législateur ne s'est pas contenté d'oblioer l'instituieur à acquérir les con<> d . naissances indispensables à sa mission, à traiter es su1ets pédagogiques et à assister aux conférences. mais il a encore fondé pour lui dans chaque district une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages et alimentée chaque année par la caisse de l'Etat. Devinez combien d'instituteurs eu profitent... Le quart, le tier~ an plus! N'est-ce pas le cas de s'incliner devant un tel flegme? Il n'y a pas longtemps, l'inspecteur scolaire d'un district que je ne veux pas nommer ici s'en plaignait. et . assurait que sa bibliothèque n'était utilisée que par trois rnst1tuteurs. Beaucoup ignorent sans doute qu'il en existe une, ainsi que me l'a déclaré, il y a quelques mois, une excellente institnLrice, après bien des années -d'école. Il est douteux, invraisemblable même vu l'exiguïté du traitement, que chawn de ces ahstinents n~uveau genre ait pu se procurer une bibliothèque de choix. li en est cependant de réjouissantes exceptions, qui en profitent largement et ceux-là seuls savent
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qu'il y a toutes les facilités possibles pour en jouir. Dan~ chaque district les envois se font gratuitement et officielle~ ment par l'inspecteur qui en a le dépôt et qui se fait un plaisir d'obliger les le0teurs. Comme toutes les bibliothèques je le crois du moins, sont pourvues d'un catalogue et qu~ chaque instituteur en a un exemplaire, il est facile d'obtenir le volume désiré. Il arrive cependant quelquefois que l'ouvrage demandé se trouve en course; pour ne pas avoir l'ennui de recevoir des ouvrages qu'on a lus et relui!, il y a un moyen bien simple de le prévenir : c'est d'accompagner toutes les demandes du catalogue, en y faisant une annotation des volumes lus, en la désignant à l'inspecteur qui enverra ensuite un volume de son choix. Une mesure s'impose pour tenir toujours à jour les catalogues des bibliothèques. Qu'on me permette de la proposer. Ce serait de publier chaque année dans l'Ecole primaire les titres des ouvrages nouvellement acquis. Tout instituteur ajouterait chaque année une note à son catalogue, et la réimpression n'en serait néce:1saire qu'après bien des années. Une autre mesure, dout les résultats deviendraient excellents, serait d'ajouter à l'extrait du rapport de gestion du Département de l'instruction publique une colonne, dans laquelle il serait fait mention pour chacun dans quelle proportion il utiJise la bibliothèque. ~ous sommes de l'espèce humaine et il faut toujours nous prendre par le point faible: l'amour-propre. Je soumets humblement l'examen de ces deux questions à qui de droit. Instituteurs dévoués, pénétrés de votre mission et soucieux du bonheur de vos élèves aussi bien que de l'honneur de notre pays, secouez votre apathie, accourez plus nombreux à vos bibliot bèques, puisez-y largement, retrempez-y votre amour de la science, la. recrudescence de zèle qui en sera le fruit se fera sentir dans une vigoureuse poussée au char d n progrès. Et vous, timides institutrices, en général passionnées pour la lectur~, ne reste_z point en arrière et ne soyez point effarouchees par le titre de Bibliothéques des instituteurs,
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ainsi dénommées que pour se conformer aux règles de la priorité. Puisez-y sans scrupule, car elles sont aussi votre propriélé et elles ne contiennent aucun fruit défendu. Tous alors nous aurons la douce satisfaction de bien ~mployer le temps, d'augmenter chaque jour et sans frais nos connaissances et d'être toujours à la hauteur de notre mission. M. S., inst.
L'école et les travaux domestiques II Le :mjet déjà traité dans un précédent article est si vaste que nous avons préféré le résumer en quelques points ·qui nous paraissent aboutir à une conclusion décisive: 1• Personne ne niera que dans la majeure partie de nos ,écoles, on rencontre de nombreuses physionomies qui attestent un affaiblissement physique, une très grande indifférence morale; or cela tient évidemment à l'excès de travail imposé. Nos enfants, au lieu d'arriver en classe, gais, joyeux, alertes et dispos, y apportent une inquiétude permanente : les devoirs ne sont pas faits ou mal faits. Il est des tempéraments sensibles, et c'est le grand nombre, qui sont facilement troublés par la perspective de ce qui les attend en classe. Après les travaux de la veille, il leur eût fallu plus de détente, de grand air, de repos, dtl jeux. 2• Beaucoup d'enfants trouvent dans leur famille uil inLé· rieur agréable et tous les avantages désirables pour exécuter leurs tâches, mais est-ce le cas pour tous? ci li n'y a peutêtre qu'une seule chambre pour la famille, on y fait le ménage, la cuisine et le reste; c'est peut-être l'atelier du père, les petits frères tripotent autour des cahiers, il n'y a pas de place pour écrire; on cause, on s'agite autour de l'écolier, on exige de lui un autre genre de travail, on l'interrompt à tout instant; il doit faire vite, il doit ècrire lestement. Le lendemain, les cahiers ouverts sur une table malpropre sont tachés de graisse ou d'encre, les livres sont déchirés, il sera grondé, puni. On le traitera d'élève peu soigneux et mal éduqué.
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3° Il y a des enfants qui s'assimilent aisément les explications du professeur, mais le grand nombre ne possède pas l'esprit primesautier. En rentrant chez lui, l'élève commence à soupirer, il recourt alors à un camarade complaisant dont il copie servilement le travail; ou bien il s'adresse à papa ou à maman, surchargés eux-mêmes de préoccupations. Ceux-ci leur aident, s'ils ont le temps ; mais ils se servent de méthodes autres qui embrouillent encore les idées de l'enfant, ou bien ils lui refusent lenr concours et souvent d'une façon peu gracieuse. Tout cela n'est pas fait pour développer chez l'enfant le goût de l'étude. Qui ne sait combien les devoirs domestiques ont pousaé l'élève au mensonge, à la déloyauté, sans augmenter en rien la somme de ses connaissances. 4° Il s'établit souvent sur ce terrain une concurrence ma lad roi te et ridicule entre les classes. Toi professeur sera réservé dans les devoirs qu'il exige, tel autre, croyant briller ou voulant se distinguer, parce qu'il sait que beaucoup de gens jugent un enseignement d'après la quantité de tâches à faire, réclamera plus de devoirs écrils. Plusieurs membres du corps enseignant croient que les autorités scolaires et les parents apprécient ses leçons d'après les devoirs écrits faciles à produire. Dès lors, la comparaison entre la valeur des classes devient impossible et souvent injuste.
(A suivre.)
Sacs d'école et serviettes On parle beaucoup de • scolioses » au jour d'aujourd'hui. Qu'est-ce que cela? se demande M. le D' Krafft dans un intéressant article de la Famille. En deux mots, dit-il, c'est une courbure anormale de la colonne vertébrale. Les vertèbres posées les unes sur les autres comme une série de larges anneaux sont retenues ensemble par des ligaments et des muscles qui se font équilibre et maintiennent le corps droit; survienne une cause quelconque qui rompt ceL équilibre, et voilà toute la tige osseuse qui se plie. Connaître
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ces causes et les éviter, voilà certainement de quoi tenter les parents qui préfèreront toujour.; prévenir le scoliose plutôt que de devoir, pendant de lougs . mois ou même pendant des années, faire masser, gymnashq u~r ou_corseter leur progéniture. Ceil ca.uses sont multiples: rnscnvons en premier lieu l'affaiblissement du système musculaire dans Jes familles qui, depui~ plusieurs générations, négligent de faire travailler leurs bras et leurs jambes, puis les longues heures de station admises dans les écoles, ou encore l'exercice, commencé trop tôt sur un instrument qui oblige la torsion du torse, le violon, par exemple, ou bien les positions forcées qu'on doit prendre pour écrire de la « belle anglaise ,, et quoi encore? ... Nous en saurons pour arriver aux grands portefeuilles d'écoliers qu'on est convenu d'appeler « serviettes ». M. le fils a dix. ans, mademoiselle en a huit; tous deux. vont en classe. Dans le temps, chacun avait un petit sac sur le dos, retenu par deux. courroies pas8ant sur lei; épaules, et dans ce sac un inspecteur aurait trouvé autant de pommes et de vroûtes de pain qne de livres et de cahiers. Ce petit sac appuyait sur chacune des deux épaules et avait de plus l'avantage de favoriser une tenue parfaitement droite; or, un enfant est en route pour le collège ou en revieut de son pas trainard d'écolier; or pendant une ou deux heures par jour, en comptant les quatre courses, cela fait une moyenne de tenue wrrecte obligatoire de H heures par semaine, de 36 heures ou un jour et demi par mois; ce n'est pas peu de chose quand il s'agit ù'un corps souple qui grandit et prend les plis bons ou mauvais qu'on lui donne. Mais ... dans la Grand'Rue, sur le Grand Pont, à travers la Grande-Place, porter un sac d'école, qnel déshonneur t « Non, jamais! s'entendent dire les parents de notre époque par leurs très distingués petits héritiers ; un sac sur le dos comme..... » Les parents cèdent et on fait l'achat d'une serviette. Avec une serviette, au moins, on a l'air de quelque chose: c'est avec une serviette que les avocats vont à l'audience; c'est la serviette sous le bras que les notaires
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vont faire signer les contrats de mariage et les testaments; les étudiants ont des serviettes ; c'est encore une serviette que portent les commis de banque quand ils vont chercher le courrier ou toucher des chèques : c'est donc chic, une serviette 1 « J'aurai une serviette, j'ai une serviette et je suis content. » A côté des serviettes, il y a les sacs à la main ou les livres, liés par des courroies qui, au point de vue de l'hygiène, présentent les mêmes inconvénients. Or, ce n'est pas des pommes que les écoliers apportent à l'école en l'an de grâce 1898, ce sont des chrestomathies, des dictionnaires, de gros manuels et des monceaux de cahiers, plusieurs kilogrammes de science à digérer qui passera, soit dit sans méchanceté, moins facilement que la pomme d'antan. Ces kilogrammes de livres portés par un seul bras, toujours le même, ont une influence déplorable sur la colonne vertébrale, l'équilibre se rompt, une épaule tombe, l'autre s'élève, les bronches suivent le mouvement, et notre beau monsieur de 12 ans et notre graciwse demoiselle s'en vont, promenant avec morgue un corps démantibulé. Revenons donc aux anciens et modestes sacs d'école. Ce n'est pas un mince avantage que d'avoir un corps d'aplomb ; il vaut bien la peine pour le conserver de rester de son âge. (La Famille.)
Placement des instituteurs en Valais La loi sur l'instruction publique du Valais admet trois espèces de bnwets pour le personnel enseignant : le brevet provisoire, le brevet temporaire et le brevet définitif. Le brevet provisoire est un certificat de capacité délivré aux élèves de l'école normale qui, à la fin d'un cours régulier de vingt mois, ont réussi à passe1· d'une manière satisfaisante l'examen de dôture. Ce brevet provisoire autorise les jeunes instituteurs à enseigner dans le canton pendant la durée d'une année. C'est un stage auquel on les soumet pour éprouver leurs dispositions à l'enseignement. Si, après cette épreuve les instituteurs res-
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pectifs sont contents des procédés à l'égard de.s élèves, de la conduite dans et hors de la classe, des efforts farts pour donner l'éducation et des progrès réalisés, ils donnent un avis favorableau Département de l'instruction, qui délivre ensuite aux jeunes. débutants des brevets temporaires de 4 ans. Le jeune homme, muni de ce certificat, peut prendre alors,. envers la commune où il enseigne, un engagement de 4 ans, car il est à remarquer que se sont nos communes qui, sur la proposition de la commission scolaire, font les nominations de. leur personnel enseignant, avec la réserve toutefois du contrôlegénéralement très actif du Département de l'Instruction publique, auquel ces nominations sont soumises, et qui peut les annuler si le personnel nommé ne réunissait pas les conditions exigées par la loi scolaire. Ainsi, une municipalité pourrait, par raisons politiques, ou spAculations mercantiles, ou un népotisme trop intéressé, comme cela arrive parfois, donner la préférence à un de ses ressortissants qui n'aurait pas de brevet, ou dont le brevet serait périmé, ou dont la conduite laisse à désirer, ou dont le dévouement en classe serait fort en baisse et les progrès des élèves bien problématiques. Dans ces cas, le Département; non seu-. lement se réserve le droit, mais même a le devoir d'annuler la nomination municipale, et d'imposer à la commune un maître mieux qualifié, pour ne pas laisser toute la jeunesse à la merci d'un homme incapable ou peu soucieux- de l'avancement de ses élèves mais par contre plus consciencieux à toucher son traitement que de surveiller ses élèves aux offices religieux. Après cinq ans d'enseignement, l'instituteur qui a donné des preuves non équivoques d'une conduite irréprochable, de son savoir-faire et de l'intérêt qu'il porte à l'éducation de la jeunesse, et qui s'est révélé instituteur zélé, a le devoir de se soumettre à un second examen ; s'il le subit avec succès et qu'on soit content de ses années de service, le Gouvernement lui délivre un brevet définitif qui l'autorise à enseigner toute sa vie dans le canton. Cette seconde épreuve a pour but d'obliger les jeunes insti~ tuteurs à répéter les matières apprises à la hâte, et souvent trop superficiellement, à étendre le cercle de leurs connaissances, à tenir une conduite honnête et chrétienne et à montrer un, grand dévouement à la jeunesse. (A suivre./
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3, Combien coûtent 218 kilogrammes de viande à 1 fr. 55 cent. le kilogramme ? 2. Un solde de drap de 7.5 m. est cédé à 42 fr. Que coûte le mètre? 1. Dans une faillite il est dû à A. 2460 fr., à B. lti50 fr., ~ C. 1490 fr. Ils reçoivent ensemble fr. 2105. 60. Exprimer le % de la dette payée? 11. 4. Au mois de décembre dernier, le chemin de fer du Zurichberg a fait une recette de 7093 fr. ; la r ecette de décembre de l'année précédente était de 6820 fr. De combien est la différence? 3. La compagnie du Central-Suisse a acquis 18 wagons pour voyageurs, au prix de 306,000 fr. A combien revient un wagon? 2. La commune de Langnau (Berne) possédait en 1893 un revenu imposable de 484,000 fr.; elle en a retiré un impôt communal de 6 Ofo. Quel est le produit de cet impôt? 1. Sur le plan de la ville de Berne, à l'échelle de 1/ 20ï1J, la « Plateforme > (promen:ide publique) a une longueur de 4.5 cm., une largeur de 3.4 cm. Quelle est la surface réelle de la place? 12. 4. On a chargé une voiture de 450 kilos de farine, 264 de sucre, 83 de café et 112 de riz. De combien de kilos est ce chargement? 3. Une personne achète une pièce de vin étranger de 226 litres pOUl' 135 fr. A combien lui revient le litre de ce vin? 2. Un are semè en froment donne en moyenne 25 1. de grain et 28.2 kg. de paille_ On demancle 1° la quantité de grain et 2° celle de paille rapportées par un champ de 14 1/ 2 ares? 1. Un réservoir rempli d'eau a 18 m. de long, 5.4 m. de large et 3.5 m. de profondeur; on fait écouler l'eau qu'il contient dans un second réservoir, qui a 15.12 m. de long et 9 m. de large. A quelle hauteur s'élèvera-t-elle?
EMMA BOCHATAY, institutrice
Le jour des Rois a été ensevelie, à Marligny-Ville, d'où elle était originaire, M11 • Emma Bochatay, décédée à l'âge de 20 ans seulement, après une maladie de deux ou trois semaines. C'est au typhus compliqué d'une pneumonie qu'elle a succombé. Mu· Bochatay avait débulé comme institutrice à la Bâtiaz en 1895-96. L'année suivante, nous la voyons dirigeant l'éGole élémentaire mixte de Vernayaz, poste qu'elle venait de reprendre et que la mort l'a obligée à abandonner après deux mois à peine. W1• Bochatay avait obtenu d'excellentes notes, et le meilleur éloge de son enseignement est résumé dans la mention suivante, conteune dans les rapports de M. l'lnspecte.ur scolaire pour 1896-97 : (< La maîtresse a montré beaucoup d'activité et de dévouement. Elle entourait ses enfants d'une maternelle affection. i, En présentant nos condoléances à la famille, que cette perte vient d'éprouver si cruelleme11t, nous nous faisons un devoir de recommander la regrettée défunte au bon souvenir et aux prières de ses compagnes d'école normale. Pour la Rédaction de l'Ecole pri'maire. P. P_
STYLE SUJETS DONNÉS AU RECRUTEMENT DE 1897
Décrivez la ferme où vous êtes occupé?
PARTIE PRATIQUE
Je suis occupé à la maison paternelle qui se trouve au village de ...... sur la commune de ...... Quoique d'apparence tout à fait modeste, notre demeure réunit à la fois l'utile et l'agréable. Située un peu au midi du village elle se trouve bien exposée au soleil, ce qui la rend saine et bien aérée. Les arbres qui l'entourent en font un lieu de séjour des plus charmants. Au rez-de-chaussée se trouvent deux caves et un petit atelier où l'on répare les divers outils de la ferme. La plus grande des caves sert pour le vin, tandis que la plus petite est destinée à la conservation des légumes et autre~ denrées. Dans le premier étage se trouvent plusieurs chambres et une vaste cuisine avec dépense. C'est là que la famille est installée. Le second étage, à peu près identique au premier, est utilisé en partie comme grenier ou remise. Tout à côté de la maison se trouve l'écurie pour les ani-
Problèmes donnés aux derniers examens de recrues CALCUL ÉCRI'l' 9. 4. Un poêlier demande 640 fr. pour la construction de trois poêles neufs. En deux fois il retire 125 fr. et 340 fr. Que lui reste-t-il encore redû ? 3. Quelle est la valeur de 4294 kilogra._mmes de foin à 14 centimes · le kilogramme? 2. Pour son bâtiment administratif à Berne la Compagnie du JuraSimplon a dû faire un emprunt de 400,000 fr. et en paie les intérêts au 3 3/ 4 Ofo. Quel est l'intérêt annuel? 1. Lors du creusage d'un canal, 567 m. 3 de terre doivent être emmenés. Combien de charretées y aura-t-il et que coûtera le transport si la caisse du char a une longueur de 1 3/4 m., une largeur de 90 cm. et une profondeur de 40 cm., et si la charretée est payée fr. 1.50? 10. 4. Au lieu de 12,500 fr., prix du devis, une construction a coftté 16,292 fr. Quelle est la différence?
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maux, et au-dessus la grange pour les divers fourrages. A quelques pas coule une petite fontaine qui suffit aux besoins du ménage. Au bas de la maison nous avons un grand jardin qui nous fournit d'abondants légumes pour toute l'année, et ses espaliers nous donnent une quantité de fruits. Plus loin se trouve déssiminés les vignes, les prés et les champs dïvisés en menues parcelles, ce qui est un obstacle pour établir une bonne R. culture et un sujet de perte. de temps inutile.
Quelle société y a-t-il dans votre localité et quelle en _est l'utilité? La plus importante société que nous ayons dans notre commune est la société militaire de tir. Elle a pour but d'exercer nos miliciens au tir et de les préparer à la défense de la patrie, si jamais un ennemi voulait nous inquiéter. En effet, à quoi leur serviraient leurs fusils s'ils ne savaient les utiliser. Dans un combat, une poignée de bons tireurs vaudra infiniment mieux qu'une compagnie de soldats ne sachant pas se servir de leurs armes et manquant le but à atteindre s'ils sont. appelés à faire feu. Il est donc de la plus haute importance que chaque soldat devienne bon tireur; et c'est un devoir pour un chacun de s'y perfectionner. C'est ce qu'a fort bien compris la Confédération en obligeant tous nos troupiers, jusqu'à ceux du landsturm, à prendre part chaque année à des exercices de tir. Les dépenses faites à cette fin sont donc certainement des R. mieux justifiées et des plus utiles à l'armée suisse. ANECDOTES SCOLAIRES Une leçon de ponctuation. -- 1\'1ademoiselle, dit un joui- Mlle de la Virgule à Mlle Cédille, avant de nous lier, j'ai voulu prendre des renseignements sur votre caractère, et j'ai appris par JI'.[. du Tréma qui, par Parenthèse, vous connaît depuis longtemps, que vous n'étiez pas des plus aimables, veuillez donc renoncer à tout Trait d'union entre nous. ll'.Ille Céclille, piquée au vif par ces paroles pron'.>ncées avec un Accent aigu, répondit d'un Accent grave: Mademoiselle, je .... - A.ssez, Mademoiselle, Point d'exclamation .... car je ne subirai Point d'interrogation/ .... La pauvre Cédille, sous le coup d'une telle .Apostrophe, courba la tête en manière d'Accent circonfiexe, et, toute confuse, sortit .en serrant les Deux points. •** Un brave campagnard entre chez un libraire : Je voudrais, dit-il, un livre de lecture pour mon enfant qui va à l'école ... Vous savez bien, je pense, quel livre il lui faut... - Dans quelle classe est-il? - Comment dites-vous? - Je vous demande s'il va en première classe, en seconde, ou en troisième? ... - Hélas! nous autres pauvres gens, nous allons toujours à. pied... mais je puis cependant vous payer votre livre, lors même qu'il serait un peu cher.
Supplément à. l'ECOLE PRDl!IRE Rapidité de la vie A l'occasion du dernier jour de l'année, image du dernier soir de la vie, on relira ou plutôt on méditera avec profit cette page admirable de l'immortel Bossuet : c La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est un précipice affreux. On nous avertit dès le premier pas ; mais la loi est prononcée, il faut avancer toujours. Je voudrais retourner sur mes pas: Marche. marche. Un poids invincible, une force irrésistible nous entraine ; il faut sans cesse avancer vers le précipice. Mille traver!!es, mille_ peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la route. Encore si je pouvais éviter ce précipice affreux f Non, non, il faut marcher, il faut courir : telle est la rapidité des années. On se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des objets qui nous ttivertissent, des eaux courantes, des fleuves qui passent. On voudrait s'arrêter : Marche, marche. Et cependant on voit tomber derrière soi tout ce qu'on avait passé : fracas effroyable, inévitable ruine r On se console, parce qu'on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu'on voit se faner du malin au soir, quelques fruits qu' on perd on les gofttaot. Enchantement I toujours entrainé, tu approches du gouffre affreux. c Déjà tout commence à s'effacer ; les jardins sont moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires ; tout se ternit, tout s'efface; l'ombre de la mort se présente; on commence à sentir l'approche du gouffre fatal. Mais il faut aller sur le bord ; encore un pas. Déjà l'horreur trouble les sens, la tête tourne, les yeux s'égarent; pius de moyen : tout est tombé, tout est évanoui, tout est échappé. . c Ce chemin c'est la vie, ce gouffre c'est la mort. >
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Indulgences pour les vendredis S. S. le pape Léon XIII vient d'accorder une indulgence plénière à tous les fidèles qui, le 1e• vendredi d& ~~
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chaque mois, après s'être confessés et avoir communié, méditeront un peu sur la bonté infinie du Sacré- Cœur de Jésus et prieront selon les intentions du Souverain Pontife. En outre, une indulgence partielle de sept années et de sept quarantaines est accordée pour toue les autres vendredis suivants du mois. ~
Un Noël au Moyen-Age CONTE VALAISAN
La nuit était glaciale, mais une superbe June l'éclai-
rait de sa lumière d'argent; de tout petits flocons de neige tourbillonnaient dans l'air; c'était le 24 décembre de l'an 1291, sous l'épiscopat du prince-évêque Boniface de Challant. Au château de Cbâlillon, une vive animation régnait, Le passant attardé pouvait voir passer et repasser, derrière les petites fenêtres aux vitres niellées, les costumes chatoyants des dames et des seigneurs, se préparant à partir pour la messe de minuit. Sur la route, arrivaient, un à un; . conduits par les vassaux, les chevaux et les mules destinés à transporter les châtelains à l'église de Tourtem_a gne, où les seigneurs du dizain s'étaient donné rendez-vous, en cette nuit mémorable entre toutes. Les lou.r des portes du castel grincèrent sut· leurs gonds massifs, un cbœur de voix mâles et de voix grêles s'éleva comme une flambée vers le Ciel, et, à la lueur des torches; défilèrent, dans le sentier sur roc qui mène de la forteresse à la grand'route, les turbulents seigneurs de la 'four et toute leur suite. Les vassaux s'étaient rangés, sur le chemin glissant que commençait à recouvrir une mince couche de neige. Ils tenaient leurs montures par la bride. Dames et seigneurs enfourchèrent l'étrier, aidés par leurs écuyers ; puis la longue caravane se mit en loute, précé :lée d'une !Jelite armé~ de vassaux, hommes-liges, serfs, taillables, chargés de chasser les loups et d'écarter tout danger du chemin. Une meute de gros dogues échappés du chenil avtient déjà pris les devants et hurlaient dans les bois. Les pages et les ménestrels fermaient la marche de ce brilJant cortège. Sous le reflet blafard da cette pleine lune de décem-
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bre, le paysage était d'une bAauté aussi ètraoge que sévère. D'un côté, la masse noire des forêts . qui recouvraient la p 1 aine, de l'autre, sous le ciel d'un gris d'acier avec des myriades d'étoiles, les silhouettes neigeuses des hautes montagnes, pareilles à de fabuleux fantômes, avec Jeurs gigantesques contreforts de rocs nus, et sur ces rocs, perché co.m me l'aire d'un oiseau de proie, le château de Châtillon, à l'énorme carrure, avec ses hauts pignons à meurtrières, son beffroi, ses créneaux et ses tours à mâchicoulis. La course du manoir à Tourtemagne se fit sans incident; c'est à peine si l'on entendait, par intervalles, dans le silence religieux de cette belle nuit, les voix retentissantas des farouches seigneurs se mêler aux piaffements des chevaux superbement caparaçonnég, Au nombre des invités du seigneur de Châtillon, se trouvait Clotilde de Mannenberg, surnommée Le lys de la vallée, à cause de son teint pâle et des vertus dont son âme éLait parée. Elle était montée sur un noir palefroi, toute de fourrure vêtue, portant, sur son opulente chevelure blonde, une magnifique toque de velours noir surmontée d'une aigrette blanche. Son fougueux coursier était conduit par Huguee Werner, vassal du sire de Mangepan, un orgueilleux seigneur de Mœrell, qui aspi• rail à la main de la vertueuse Clotilde. . Minuit sonnant, les nocturnes voyageurs a"rrivaient à Tourtemagne. D 3vant l'église, débouchant de tous les chemins, de longues files de cavaliers arrivaient, et, quittant aussi·ôt leurs montures, se rangeaient en demicercle de chaque côté du porche, pour saluer,, à l'arrivée, le très noble p;erre IV de La Tour-Châtillon, dont l'avant-garde venait d'annoncer la présence à grands sons de trompe. Parmi les seigneurs présents, on remarquait Thomas de Ruogne, Jocelon, comte de Blandrate, les comtiis Tourtemagne, Jean Asperlio, P ierre Ab-Mund, les Saxo, les de Vinéis, les de Rarogoe-Montville, les d'Ornavasso, les de Curia, soit la fl iur du Valais épiscopal. Les seigneurs et les dames occupaient le premier rang du cerclE> ; der.rière eax se tenaient les pages et les ménestrels, puis, à quelques pas en arrière, la foule des pay$ans, vassaux, hommes-liges, serfs à la glèbe et taillables à miséricorde, portant des flambeaux de résine qui répandaient un parfum d'oncens et projetaient, dans h pâle nuit, des lueurs fantastiques. QJand le seigneur
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de La Tour arriva vers l'église, les pages et les ménestrels entonnèrent un chant de bienvenue en s'accompagnant de leurs luths, tandis que les seigneursvassaux mettaient l'épée au clair et que les nobles dames s'inchnaient profondément. Pierre IV, superbe et hautain, salua de son épée et pénétra immédiatement dans l'église, suivi de toute son escorte; puis tout ce qui portait blason entra dans le sanctuaire, le menu peuple s'entassa sous le porche pendant que les vassaux veillaient à la garda des coursiers, derrière les murs de la vieille église. L'office commença et se poursuivit dans le plus religieux recueillement; il se termina par un Te Deum chanté par les dames et les pages aux accords mélodieux des lyres frémissantes sous les doigts agiles des minneerengers. Un cliquetis d'épées et d'éperons annonça la fin de la cérémonie, les dames, aux bras des seigneurs, se dirigèrent vers la porte tendue de riches draperies, et, conduites par le vénérable chapelain, se rendirent au presbytère où il leur fut servi, dans des coupes d'argent ciselées, un vin chaud réconfortant et d'appétissantes gauffres amoncelées sur de grands plats d'étain armoriés ; les pages faisaient l'office d'échansons ; les ménestrels, rangés autour de la salle, faisaient alterner des chants guerriers avec des lais d'amour et des hymnes d'actions de grâces. · Pendant ce temps, les vaseaux et les serfs, groupés dans la cour du presbytère, devisaient entre eux des beautés de la cérémonie, en buvant avidement un vin aigrelet récolté sur les côteaux de Gettwing et que leur présentaient, dans de grandes chdnes d'étain, les hospitalières du lieu, tandis que les chevaux, impatients de retrouver l'étable, secouaient furieusement leurs lourds harnais, devant un maigre foin de marécag~. L'heure du départ sonna. Aux sons des cors et des trompes, les seigneurs et les dames rejoignirent leurs montures, la blonde Clotilde marchait au bras du sire de Maogepao. Werner, le vassal à qui avait été confiée la garde du coursier de la douce châtelaine, s'était endormi sur une couche de paille, à deux pas de son cheval. L'orgueilleur seigneur de Mœrell le réveilla en lui cinglant le visage d'un coup de cravache. Le sang jaillit et le pauvre serviteur ne put retenir un cri de douleur. Ce que voyant, la vertueuse Clotilde, profondément émue. retira vivement sa main de celle de son cavalier en lui
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disant, sur un ton d'indignation non dissimulée : • Que cette cruauté vous soit rendue 1 • Le sire pà'it sous le regard courroucé de la noble dame, et honteux, balbutiant quelques mots inintelligibles, s'en fut retrouver sa monture. Les jours suivants, on n~ parlait plus, dans le pays, que du départ de la belle Clotilde de Mannenberg. Le lys de la vallée était allé prendre le voile dans un cloitre, au comté da Savoie. Quant à Werner, qui n'était autre qu'un gentilhomme dépossédé épris secrètement de la belle Clotilde, et qui avait volontairement pria rang de vassal en épousant la cause des paysans, il ne craignit point de provoquer son faro·1che agresseur en champ-clos et eut l'hoooflur de le mettre hors de combat. Après cette victoire, Werner, enlevant son casque, se fit reconnaître à son adversaire et lui dit : • G'est ainsi, lâche et vil oppresseur, qu'un paysan sait se venger d'un seigneur. > On dit que Maogepan en mourut de dépit. ( Liberté} SoLANDIEu.
Aujourd'hui et autrefois (Souvenirs d'un "Vieux ré,ren& valal1an) (Suite et fin) Depuis la création des conférences pédagogiques, une seule fois la question d'uoe augmentation de traitement des in2titoteurs primaires a été sur le tapis, puisque l'objet à l'ordre du jour était la revision de la loi .scolaire, et il était tout naturel que l'on abordât les arllcles relatifs aux traitements ; mais la conférence consacra une place recpectable à des intérêts sr,olaires de premier ordre, où l'adoucissement de la douce sinécure de l'enseignement n'entrait absolumAnt pour rien. Au moment où la pétition des instituteurs allait être présentée au Grand Conseil, quelques paroles furent échangées à ce sujet, mais, sauf cet incident, la totalité de la séance fut remplie, comme à l'ordinaire, par les questions pédagogiques · l'ordre du jour. Les séances des conférences pédagogiques s'ouvrent ordinairement à 9 h. du matin, et le plus souvent 1 h. de l'après-midi a sonné lorsqu'il est permis de satisfaire les légitimes exigences de l'appétit. Et pendant ces séances de 4 heures, au moins, de quoi s'occupe-t-on !
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Des moyens de ~erfectionner l'enseignement et le personnel enseignant lui-même, de l'extirpation des abus dans le _même dom~ine, d'améliorer constamment l'enfance et la Jeunesse, d élever le niveau moral et intellectuel des jeu~es génér~tiona et favoriser par là même leur prospérité matér1el\e, de f_ormer des citoyens utiles, honnêtes, bons et éclairés qui, après avoir paosé sur cette terre en faisant le bien, ~ivant dans l'amour de leurs semblables, le r~spec~ des lois et des autorités, le dévouement à la patr10, so10nt dignes des immortelles destinèes pour lesquelles Dieu a créé l'homme. Le ban_q uet, q ui constitue la ·seconde partie de la journée offic1elle, a encore, dans les toasts et les discours qui y sont prononcés, une tendance instructive et moralisatrice. A 4 1/a h,, les membres des conférences se dispersent pour ~entrer au foyer, emportant toujours, d'une semblable Journée, les imperssioos les plus salutaires dont le pays tout entier est appelé à bénéficier dao; une large me~ure, ce qui ne doit pas faire regretter la dépense, relallvement ir,fime, inscrite au budget de l''.Etat. ~fin d'.utiliser }_es I_oi~irs que les soins de l'école pourra10nt laisser à 1 mshtu•eur, il est enjoint à ce dernier sou_s peine. d'am~nde, d~ t.r aiter convenablement., pa; écrit, 1~ su1et qui fera I ob1et de la discussion dans la procb~m.e conférenc e de district. En outre, les ouvrages des ~1bhotbèques d arrondisl:!eme~t sont à la disposition des .1nst1tuteur s, afin que ceux-ci augmentent encore inFens1blement, ou comervrnt du moins les connaissances acq~ises à l'Ecole nor malP, pour être en état de maintenir nos écoles primaires à une hauteur honorable au milieu des progrès qui se réal sent constamment autour de nous. Quand _l'on dit_ que les instituteurs sont assf-z payés, a;t-~n p~~s la peme de comparer ce que C( û te aujourd but à l 1Dst1tuleur son inslruc 1ioo, en temps et en argent, e~ ce qu' elle ccûtait autrefois 'f Se rend-on compte rle la d1flérence ~e poids entre les connaissances qu'il fa.ut P?Bséder mamtenant et celles qui suffisaient jadis 't S PXphque-t-on cette différence, qui s'accentue chaque année, sans que l'on sache nous prédire quand prendra fin ce mouvement toujours ascendant, et qui demande ~e la part d_e tous les instituteurs un travail de perfectionnement 10cessant, et des dépenses toujours croissantes, sa~s que _l'on song? à rétablir l'équilibre par une étr1but1on équitable T C est qu'il en est de ce mouve1
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ment com~e des armements formidables de l'Europe: n ul n 1 est disposé à donner le premier l'exemple du dés armement, afin de ne pas être victime de sa bonne foi. D'autres puissantes considérations militent encore en faveur d'une émulation qu'il n'est pas plus permis, à nous, d'étouffer, qu'à nos voisins. Mais l'instituteur valaisan ne se plaindrait ni du travail, ni des déboires, si l'on était plus soucieux de ses intérêts maté riels, et il continusrait à seconder, avec un nouvel élan, les efforts du canton, afin que le Valais ne subisse plus la honte d' être traîné à la remorque par d'autre!! Etats confédérés, et ne soit pas honoré de la tutelle fédérale. Quant à la prétendue prérogative que lègue à l'instituteur la carrière de l'enseignement, en lui facilitant d' une façon exceptionnelle l'acquisition d'une ménagère, l'h.abitude de se trouver au milieu d'une nombreuse famille, aux. tempéraments si divers, lui donne ordinairement peu envie d'augmenter, du moins trop tôt, le nom• bre de ses soucis, et de lui rendre en même temps dé· mesurémeot aisé l'emploi des revenus qu'il tient de la munificence publique. D'autre part, la nature des charmes extérieurs, simples ou composés, na turels ou artificiels, étant un reflet à peu près fidèle des qualités morales, pas n'est qesoin d'être un observateur perspicace pour porter un jugement presque infaillible sur ces éta• lages ambu lants qui s'exhibent aux re~ards, et les connaissances pédagogiques acquises facilitent encore cette é tude. Aimi, la théorie des rayons Rœntgen n'est pas une découverte nouvelle ; elle n'est que l'accessoire d'une science qui a vu le jour en même temps que l'invention des colifichets, fanfreluches et Ci•, Pour ce qui est de3 marques d'une sympathie sincère ou superficielle que l'instituteur rencontre dans ~es _rapports avec une population au milieu de laquelle 11 vit, il ne se trompe cependant guère sur la valeur distincte de ces témoignages, bien qu'il lui soit parfaitement loisible d'avoir l'air de ne pas savoir distinguer entre la boune et la fausse monnaie. Nous savons parfaitement qu'en ce bas monde tout ne se paie pas avec dt3 l' argent, mais l'instituteur, qui n'appartient ordinairement pas à la classe opulente, échangerai t volontiers de prétendues démons1rations qui ne cofttent rien, même si elles étaient réelles et sincères, contre des avantages plas palpables. Ah I s'il étai\ possible de les convertir en espèces sonnantes qui sont plus
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maigre, et ne pas laisser croitre autour de l'arbre les plantes dévorantes qui trop souvent l'étouffent. o oc c&oo oo
TraTaus del!I ebamps pour ebaque mots
Janvier. - Ce mois ne permet aucun travail, ni dans les jardins, ni dans les champs. On abat les bois dans les forêts et on leq façonne. Si la température le permet, on extirpe les haies et on répare les chemi ns ruraux. Dans tous les cas, c'est le moment de réparer les outils et de mettre en ordre les magasins On termine les battages. (Extrait des Etrennes fribourgeoises.)
Guides suisses dans les Andes C'est un guide suisse, Mathias Zurbriggen, de SaasFée (aujourd'hui domicilié sur le versant italien des Alpes, à Macugnaga) qui a accompli, avec deux Anglais, les d1:mx plus hautes ascensions connues jusqu'à ce jour, En 1892, il a atteint avec M. Cooway, le sommet du P ic des Pionnie. s, dans l'H' ma laya occidental ; en janvier dernier, avec M. Fitz G erald, il a escaladé !'Aconcagua, la plus haute cime de la Cordillère des Andes. Le Pic des Pionniers mesure 7000 mètres. !'Aconcagua en a 7300. L' an prochain, toujours avec Zu rbriggen, M. Fitz Gerald compte s'attaquer au G aurisa okar, le géant de !'Himalaya, d'une al titude de 8800 mètres. Jamais être humain n'a respiré, autrement qu'en ballon, a. des hauteurs pareilles. Daus eon f\Xpédition à !'Aconcagua, M. Fitz Gerald avait emmené avec lui, comme aides et comme porteurs, pour seconder Zurbriggen, trois vaillants montagnards de St-Nicolas, près de Zt-1rmatt, en Valais: les deux frères Pollinger et Joseph Lochmalter. Il convient de rendre justice à ces modestes collaborateurs d' une grande entreprise et de revendiquer pour eux une petite part de la gloire du hardi explorateur des Andes. Un instantané pris, il y a quelques semaioAs, à la gare de St-Nicolas, permet heureuseIUent à la Patrie suisse de léguer leur image aux générations futures. En nous remettant ce cliché, M. Ruffieux nous a ra-
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conté comment il fit inopinément en pleine Cordillère la r encontre du plus jeune des Pollinger. C'était en février dernier. Avec deux de ses compatriotes, M. Je major Castan et M. Wi lczek, professeur de botanique à l'Université de Lausanne, M. Ruffieux, revenant de l'Araucanie, gagnait Mendoza, dans la Rép ublique Argentine, en traversant les Andes. Au col de Puente del Inca, à 2300 mètres, en attendant un changement de chevaux, M. Ruffieux se promenait dans le voisinage de la misérable auberge qai sert de relai de poste. Il fumait sa cigarette, sans penser à mal, contemplant justement !'Aconcagua - qu'on voit de là, à une vingtaine de kilomètre11, comme on voit le Grand Combio du sommet de la dent de Morcles, - lorsqu'il s'entend tout à coup interpeller en pur patois suisse allemand. - Eh I bonsoir M. Ruffieux, que faites-vous donc là Y Tout interloqué de se trouver des connaissances dans le pays des lamas et des condors, à 2500 lieues de Lausaune, notre ami se rAtouroe et il aperçoit, non sans stupéfaction, un guide de S t-Nicola•, le jeune Pollinger, qu'il avait connu lors de ses séjours Pn Valai s. Voua imagine~ bien qu'on ne fut pas long à se tendre la main, à s'expliquer et à aller prendre ensemble un verre de bière à la gargotte prochaine. Là, le drapeau suisse, qui ne quittait pas nos compatriotes, fut joyeusement déployé, et bieo~ôt les chants patriotiques retentirent. Wilczek et Pollinger, beaux jodleurs tous deux, firent assau t de « coraules , retentissantes. Jamais la Cor dillère n'avai t vibré de tels échos 1 Le campement de M. Fitz Gerald était tout près. Puante del Inca avait été le centre d'opérations de la caravane. C'est de là qu'elle ét.llit parlie et qu'après toute une série d'1:1sRais infructueux, Zurbriggen, s1:1ul d'abord, avait réussi, le 14, janvier, à atteindre Je sommet de !'Aconcagua. Peu après, M. Fitz Gerald et nos trois hommes dti St-Nicolas avaiPnt aussi posé le pied sur la cime jusqu'lllors inviolé!>. Et quelques jours avant le .passage de M. Ruffieux, Zurbriggen était retourné au sommet pour y prendre le drapeau fédéral qui y flottait depuis Je jour de sa conquête. Les trois guides de la vallée de zqrroatt re louroerontils jamais de l'autre côté de !'Océan 't I ls u'Pn ont guère envie. Que valent ces Cordillères énormeR, pelées, sans verdure, sans arbres, foueLtées sans cesse pRr un vent
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horrible et poussiéreux, source d'ophtalmies et de maux de tête chroniques, à cô té des Alpes, tour. à tour ~raeieuses et splendides avec leur couronnA étincelante de glaciers, leurs forêts d'arolles ou de mélèzes, leurs pâturages tout émaillés de fleurs, leurs blanches cascades et leurs lacs d'émeraude f Oh I la joie de retrouver, dans la vallée natalP, autour de la vieille église, les belles prairies vertes et les beaux a,azots brunis, l'air calme et les eaux bondissantAs, et la bonne Eieste, au soleil, sur le foiu parfumé I Noo, l'or parcimonieusement m_esuré de l'A oglais ne tent3ra plus nos montagords ; ils resteront fidèles à leurs montagnes. D'ailleurs, est-ce une véritable course dr montagne que cette ascension de l'Acoocagua f Oa n'y rencontre, paraît-il, aucune de ees difficultés qui passionnent_ le guide: une • vire • vertigineuse à passer, une mauvaise <rimaye• à fraacbir, une escalade dans le rocher où la force du poignet doit égaler la solidité de la tête . Rieo 1 .. On y irait sans piolet, disait PollinJ;?M. Oui, sans piolet I Maii il y a ce tonnerre de souffl~ qu'on ne peut pas ravoir I Autant alors rester chez soi et respirer sous une cloche 1 • G. R. 1Patrie suisse./
Jouets de l'ouragan, les volets, sur la pierre, Battent violemment; dans l'étroit corridor La rafale s'engouffre et va pleurer misère Par la porte disjointe ou le frêle enfant dort. Adieu, rêve étoilé r la pauvre créature Dont rien ne garantit la chaste nudité, Des amorces du vent doit subir la torture, Et des rigueurs du temps souffrir l'intensité; Car dans l'affreux logis où la bis~ pénètre, Pas une seule bllche à b riller au fourneau ; Le givre cependant envahit la fenêtre, Déjà d'épais glaçons couvrent vitre et panneau. Dans sa couche b lotti, l'enfant se pelotonne ; Comme l'oiseau privé de plume et de duvet, Sous ses hardes, tremblant, il grelotte et frissonne Et d'un torrent de pleurs inonde son chevet. Quelques tristes rayons, messagers de l'aurore, A travers les carreaux apparaissent enfin, Et celui que Je froid dès la veil_le dé!ore, Croit de ses longs tourments von· arriver la fin . Cruelle illusion I l'affreuse destinée Ne lâche pas sitôt celui qu'elle p oursuit : Sans cesse à l'enlacer, comme une pieuvre acharnée, · Elle en fait son esclave et le jour et la nuit. A l'annonce du jour, écartant paille et har.de, L'enfant quitte son lit, revêt son v10ux haillon, Puis tout transi gelé, sortant de sa mansarde, Va, pour se réchauffer, boire un maigre bouillon . Mais qui saura jamais dépeindre sa tristesse, Et ses chagrins amers en face du malheur Qui tout à coup venait accroitre sa détresse Et verser dans son cœur le fiel et la douleur ? Elle n'était plus là cette vertu si chère, Ce trésor de bonté, cet ange du foyer Qu'un jour auparavant il appelait sa mère : La fièvre, dans ie ciel, venait de l'envoyer. Un seul et même soufilr, à la fois, vint étein_dre Et la flamme dans l'âtre et la mére en son ht ; Et le pauvre orphelin fut bi~ntôt plus à l:'laindre Que l'oisillon privé d'une mare et d'un md . Aujourd'hui sans soutien, sans secours et san~ guide, Il tend aux bons passants une trembl.a nte mai_n ; Sa voix chagrine et faible et sa paupière _humide Trahissent sa douleur, sa misére et sa faim. Voyez comme il a froid, comme il e~t tri<1te et ~A.le: De ses souliers fendus, sortent ses pieds meurtris ;
.L'enfant malheureux Par ces temps de frimas, d'épreu va et de souffrance, Pensons à l'orphelin, à tous les malheurnux: C'est en séchant des pleurs qu'on acquiert l'espérance D'être de ceux que Christ appelle • bienheureux. • Voici déjà décembre el son triste cortège De brume et de frimas, de givre et de glaçons; Sous son aile appariant la souffrance et la neige, li va semant le froid dans nos étroits vallons. Et l'âpre vent du nord qui nous cingle la face, S'acharne à tourmenter le tilleul et l'ormeau Dont les profonds soupirs semblent la voix qui glace1 Les longs gémissements sortant d'un noir tombeau. Par degrés augmentant, la tourmente fait rage : Des tourbillons neigeux se croisent en tous sens ; Leurs flots tumultueux emportés par l'orage Courent éperdument, glacés et mugis.,ants. Il semble qu'on entende à. travers vingt tempêtes, Adamastor lui-même, essouflé, haletant, Secouer rudement le ciel noir sur lei, têtes Et vomir la fureur comme un léviathan.
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- u Pour vêtement il n'a qu'une guenillu sale Dont lea trous laissent voir ses membres amaigris. Son œil éteint et triste et son regard candide, Ses pieds, ses petits doigts que le froid a gercés, Son corps chétif et grêle et sa face livide Sont les muets témoins de ses malheurs passés. S'il ~e ~ent défai~lir_ sous,_la faim qui Je ronge, Un !1m1de et cra10bf • s 11 vous plait, donnez-moi , Expire sur sa lèvre, et son bras qui s'allonge Pour recevr.ir l'aumône exprime son émoi. ' Par ces temps de frimas, d'épreuve et de souffrance Pensons à l'orphelin, à tous les malheureux : ' C'est en séchant des pleurs qu'on acquiert l'espérance D'être de ceux que ChriE,t a ppe!le « bienheureux , • Martigny-Ville, le 28 novembre 1897. D. Inst.
r,o-=Recettes et conseils utiles Dl')
Le vin et les enfant11 M. le D· Roubmovitch, chef de clinique de la Faculté de médecine de Pal'is, dans une brochure qu'il vient de publier, raconte l'histoire suivante d'une fille âoée main0 tenant de treize ans. _ ' • ~nfant d'ouyriers, elle fut envoyée en nourrice ; à partir ~e 12 !1101s on lui donna du vin à chaque repas. A partir de I âge. de 3 ans, elle fut au même régime que ses parents; aus8I à 9 ans, commença-t-elle une série de maladies. Elle était trap petite, à peine avait-elle la taille d'une enfant de 5 ans ; son ventre était devenu énorme et_ le médecin constata que, sous l'influence du vin, s'é~ tait formé~ une maladie de foie. Son intelligence ne se développ~1t p~s, e~le était pres_que idiote, ne savait pas compter Jusqu à dix, ne pouvait pas trouver son chemin habituel dans les rues et se perdait sans cesse. Elle entre à l'hôpital, on l'interroge, l'examine ; on comprend que la maladie vient d'un mauvais régime · on la met au lait et à l'eau. Petit à petit, son intellige'nce se ~éveloppe, et l'enfant commence à grandir, l'eau qui était_dan~ son ventre, disparaît sous l'influence d'une mod1fi.cat1on de régime; enfin, elle devient une enfant comme une autre, grâee, je vous l'ai dit, à deux choses bien simples, au lait et à l'eau. , Parents, ne donnez donc plus de vin à vos enfants, ni
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de bière, et surtout pas de liqueur, à moins d'un ordre (,:X.près du médecin. Mettez vous eo garde contre tous les cognacs ferrugineux, alcool de menthe et autres préparations de ce genre. · Parents si vous êtes obligés de mettre vos enfants en nourrice, prenez bien vos informa~io~s, et_ré~ervez strictement que l'on ne lui donnera nt vrn, n1 liqueur. Utilisation des pommes de terre g-elées. - Le procédé le plus simple et le plus efficace pour rendre les pommes de terre gelées maogeables consiste 1° à les dégeler à une température douce, puis à les laver à grande eau dans laquelle on les laisse tremper pendant une heu~e. On les place ensuite dans des claies et on les fait sécher lentement à un courant d'air. L'opération terminée au bout de cinq jours, rend aux pommes. de terre leur gotlt primitif. (Monde de la Science.) Papier à filtre très résistant. - On <;>btient un filtre filtrant très bien, et présentant· une résistance e~ceptionnelle en imprégnant tout simplement du papier à filtt·e ordinaire d'acide nitrique à la densité de 1,42, puis, en le lavant à grnnde eau et le laissant sécher. Restauration des vieilles photo,.rr&phies. - On peut restaurer les vieilles photographies, c'est-à-dire leur enlevel' la teinte jaunâtre provenant de la vétusté, en les immergeant dans une solution très faible de bichlorure de mercure. Ensuite on sèche bien au buvard. lmper~éabilisation des chaussures. ---: Au moment -0ù l'hiver apparnit avec son cortège de n61ge fondue et de bouP voici une formule pour imperméabilir er les cbaussur~s. On dissout jusqu'à refus de la cire jaune dans de la beozinP on cbauffo ensuite la dissolution au bain-marie et on 'y ajoute 1110 de blanc de baleine préalablement fondu. Le mélange est appliqué chaud, bien entendu. Alimentation d'hiver. - alors que la température descend au-dessous de O il est à recommander de donner à ses volailles la pâtée chaude : il est très utile. de tempérer aussi leur eau de boisson. Cette précaution contribue Afficacement à acti\"er la ponte. Toujours droit. - On ne peut pas assez répéter que la position penchée en avant lorsqu'on es_t . assis est ~ la longue, préjudiciable à la santé. Cette pos1hon com_pr1me l'estomac, le foie, et les mouvements du cœur sont gênés.
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Les intes tins aussi sont gênés dans leurs mouvements si nécessaires aux fonctions digestives. D a là la nécessité pour les personnes que leur état oblige à rester assises de s'habituer à une position correcte du corps et, même en cas de fatigue, à se redresser autant que possible ou à s'étendre sur le dos pendant un moment.
VARIETES ....:.... Dans une visite du 1•r janvier, le général de Bonis disait à une dame du monde, dont il connaissait la piété : Madame, j e vous svuhaite une bonne mort. La dame resta d'abord interdite. Puis, comprenant soudain tout ce qu'il y avait de bon, de beau, de chrétien dans cette grande parole d'un tel héros, elle répondit avec émotion et respect : Général, je vous remercie I Elle avait raison. La bonne mort, c'est la mort suivie du paradis. *• * Ampère, revenant de la Sorbonne à son appartement de la rue · St-Marcel, fut assailli par une pluie diluvienne. Mais son parapluie - un parapluie historique - a des proportions telles que pas une goutte d'eau ne mouille le savant. Il arrive à sa porte, entre dans sa chambre où l'attend un bon feu. Le lit est prêt, les rideaux soigneusement écartés, la couverture repliée à demi. Que fait Ampère 'P Il couche soigneusement son parapluie ruisselant et s'en va, lui, se planter sur son paillasson, où ta vieille domestique le réveille une heure après.
* Faisons triompher Dieu ; qu'il dispose du reste. · P IERRE CORNE ILLE .
* E otre l'erreur et la vérité qu'y a-t-il donc 'P •• • La cloison de l'orgueil. RAYMOND BRucKER . * Les végétations politiques ressemblent aux végétations réelles; les plus beaux, les plus hauts, les plus solides de tous les arbres sont ceux qui croissent le plus lentement. JOSEPH DE M AISTRE . • Reconnais, ô mon âme, que la souffrance, qui doit te procurer une couronne immortelle, est uoe chose nécessaire ; ne la méprise pas: c'est une faible semence, mais un fruit sublime doit en sortir. S AINT B ERNARD.
XVll"'" ANNEE 11° 6
SION 20 Janv ier 1898
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAlRE parait chaque quinzaine, de Novembre à Mai Il inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prb d'abonnement pour la 8u1He, 2 t'r . 30. IJnlon po•tal e 3 t'r.
~nnonee•, prfa, 20 cent. la ligne 011 , on espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAIRE : De l'enseignement du style. - De l'emploi des moniteurs. - L'école et l'amour de la patrie. - Instituteurs et autorités scolaires ( Suite/. - Une question opportune. - Encore l'arithmétique dans les écoles. - )?lacement des instituteurs en Valais (Suite}. Partie : pratique. Problèmes donnés aux derniers examens de recrues. {Calcul écrit!. - S tyle. ( Classe de filles.} - Variétés. - Supplément. Tout ce qui concerne la p·ublication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.
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