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No 03 l'Ecole primaire, 5 Janvier 1897

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pire hantaient les salons secrets de Ml~e J:enor.man~. Nous avons connu un libre-penseur qu1 n osa Jamais passer sous un pont, sous un viaduc ni F.ous ~n tu~ne.l, parce que cette farceuse lui avait prédit qu tl p~rt~a1t sous une voûte. Il ne croyait qu'au tarot, mais 11 Y croyait bien. Cooiu.Ns, * Au récent congrès de Salzbourg, plusieurs. orateurs ont proclamé ce mot de ralli.e~en~ des Cat~oltqttes autrichiens: , Faisons du chr1stiamsme pratique au de' hors.> Le cardinal Haller, archevêque de Salzbourg, a complété la devise par ce mot: , Faisons avant tout du , christianifme. pra!ique au dedans. • * On dit qu'Alf.:x:rndre-lf ·Gra[)d, cir;glant Bf:l bauto .mer découvrit lui srnl, et premièremenli l'Arabie heu-: rfus'e à l'odeur des bois aromaliques qut y sont: aussi lui seul y avait rn prétention. Ceux qui prétendent au · pays étercel, quoique cinglant en la haut e mer. des affaires de ce monde ont un certain pressfnhment du Ciel, qui les anime e't les encournge merveilleusement; mais il faut se tfnir en proue et le nez tourné de ce rôté là. St Frarçois de Sales. * Quand je crois avoir raison, je ne crains person.ne; mais si je sens que j'ai tort, un stagiairn me battrait. DUPIN.

• Celui qui veut faire du bien aux hommes doit s'ex ercer àe bonne heure à en recevoir du mal. C'est par les travaux du corps et par l'injustice des hommes que vous fortifiez à la fois votre corps et votre rœur. BERNARDIN D .

S T· PIERRE.•

* Les grandes prospérités aveuglent et font oublier

Dieu. BosrnET, "I' La politique ne ménage que ce qui ~ésiste: . CoNSTANS, ancten mm1stre. • Il ne faut qu'un verre d'eau pour être propre et un coup rlA chapeau pour être poli. HENRI I~: * Ll dernière hérésie sera l'athéisme et la dermere morale, le matériali8me absolu. LEIBNITZ . . * Il est impossible d'admettre qu'un mortel put avoir la scierice des lois de l'humanité, telle qu'elle se trouve dans l'Evangile. F rédéric BA.s Tr.l T.

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SION S Janvier 1897

l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES D;E LA

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SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION

en 1896,

L'ÉCOLE PRIIAlRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages.

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Pris: d 'abonnement pour la 8a1He, 2 rr. 30 . 1Jnion po•tale 3 rr. Annonee•, pr i:z, 20 cent. la ligne 011 , on e, pace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE : Attention . - Conférences d'instituteurs 1896-97. - La dévotion au Sacré·Cœur et l'éducation. - L 'enseignement de la chimie agricole dans les écoles rurales. - Exercices d'invention et de langage dans les petites classes. Les trois vertus essentielles de l'instituteur. - L 'enseignement du catéchisme (suite}. - Guerre au patois. - Partie pratique. ( Calcul écrit} - L 'Enfant et la Grand'mère.

Tout ce qui concerne la publication doif être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1"' secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.


1n11&roctlon publique. - Romdaot compte de la partic1paLion de la Suisse romande à l'Exposition natiooalA de G0oèv~ (groupe scolaire) le Bulletin pédagogique de Fribourg s·exprime ainsi : Faisant suite à notre exposition, se présente celle de nos sympathiques collèguAs du Valais. Moins fournie que la oôrre, 1:-110 offre aussi au regard une série assez complète de cahiers d'élèves; mais le pittoresqoe désordre de leur classement n•était, pas olus que chez nous. un bel effüt de l'art. Tous les travaux valaisans se distinguent par btiaucoup de soin et de netteté ; on aurait pourtant voulu y lire en tête un aperç11 des procédés méthodologiques s..iivis daog les écoles des bords du Rhôo~. Meotioonoos les cahiers d'une jeune fi.lie, Mil• Défago. Cette colleotion des travaux d'une même élève pendant toute sa scolarité primaire avait bien sa valeur; aussi a-t-elle été fort apprécié~. Le traité de géographie de M. Boov10, à Sion! a également droit à une mention spéciale ; ;e puis bien dire avec Je correspondant d'une revue vaudoise que c'est une petite merveille de travail artiRtique. (•) ( 1) M. Fr. Bonvin, de Lens, maitre de l'école

supérieure (primaire) des garçons de Sion, souedirecteur de la communauté locale des Rév. Frères de Marie, est l'auteur du petit chef-d'œuvre de cartographie en question, qu'on peut admirer au Département de l'Iostruction publique. - ( Réd.)

~e• Veillées des ftayens Sous ce titre, il vient de paraitre à la librairie Ch. Eggimano, à Genève, un charmant volume de légendes et traditions valaisannes recueillies par notre compatriote, M. Louis Courtb100, de Bagnes. L'ouvrage, qui s·ouvre par une préface de M. Ed. Rod, !'écrivain bien coooo, et est enrichi d'1llustrations par M. H. van Muyden, compte 220 pages dans lesquelles le narrateur passe en revue un certain nombre (40) de traditions et de légendes valaisaones, dans lesquelles intervieonent successivement la sorcellerie, les fées, les diables, les dragons, les reveoaots et les loupe-garous. Quelques chansons terminent le livre dont le prix est de fr. 3. 50. Nous ne saurions mieux taire coonaitre cette nouveauté qu'en en citant la préface que voici : Voici un livre qu'il est bien superflu de recommander aux habitués de oos villages alpestres, aux touristes épris des beautés du ,n

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core quelque traits Que de fois, en v gnard3 ployés sous bien, le soir, en les ment et silencieuse repos de la journée mandé quelles étaie f ose dire, leur • phil ficile à lraocb11r, c CAUX de là-haut, ils affaires, ils gard1,nt res •, étaot d'instinct volontiers que lei ge et facétieux, se servi poùr les tourner en il@ possèdent tout uo sens parfois profond, enfermé leur concepli cupatioos bab1tuelles, veoirs. Ils se les rac daot les longues soir vieux poëleà gradins q ou cinq générations, • croïjet , . Eit-ce qu'1 Le<.1 plus sceptiques pourtant bieo sûrs qu food de vérîté; les p conservent des dout blent d'apercevoi r montera sur une éc de leur • bonne amie désir de s'en aller, à PâquAs ou le soir chercher parmi les ru tour le tréRor que ga ou une ouïvre tembl M. Louis Cour1bio réussi à recueillir u légendes, qu'il a gro rac tère, en leur cons gioale. Peut-êLre dao 11 quelques-unes qui du Valais: gra ines loin, apportées par l'imagioalion populai coup d'un pays à l'a complisseot volontiAr longueur étonne. M charme n'y perdent ces récits, je préfère eux-mêmes, si l'on d'origine, ceux qui so c'est-à-dire les lége là une mine d'autant lais a une histoire ad

SION, 5 Janvier

1896-97

L?ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION .A.TTE~TJ:0~ Les personnes qui ont accepté les N°s 1 et 2 de l'ÉCOLE PRIMAIRE, étant censées abonnées, sont priées de faire bon accueil aux cartes de remboursement qui seront in· cessamment mises en circulation. L'ÉDITEUR.

Conférences d'Instituteurs 1896-97 MM. les Instituteurs sont invités à traiter le sujet suivant mis à l'ordre du jour des conférences qui se tiendront pendant le cours scolaire actuel :

Des principaux moyens d'exciter et de soutenir l'attention des élèves à l'école primaire.

La dévotion au Sacré-Cœur et l'éducation Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon cœur, et il n'en sera jamais effacé. (N.-S. à la B. Marguerite-Marie.) Quelle consolante promesse ! quelle source de bénédictions et de paix I N'y a-t-il pas là de quoi engager tout le monde, et surtout nous autres maîtres d'école à travailler activement à l'extension de la dévotion au Sacré-Cœur? Les premiers nous en retirerions de précieux avantages, sans compter l'heureuse influence qu'en ressentirait notre enseignement. Puissent les rét1exions qui vont suivre être goûtées des lecteurs de « l'Ecole primaire » et trouver de nombreux adhérents dans les rangs des instituteurs et institutrices du Valais. Il en sera ainsi si Dieu daigne bénir ces lignes.

I Pour être réellement fructueuse, avons-nous dit

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teur et Education, n• 1), l'éducation doit reposer sur Jésus-Christ, centre de toute sagesse et de toute force. Co~séquemment les sentiments du cœur adorable de no,t~e divin Maître doivent être la base et la substance de 1 education chrétienne. Il est dès lors absolument nécessaire que le maître soucieux de l'accomplissement de sa ~issio~. s'approprie l~s désirs du Cœur de Jésus et, une fois qu il en aura pris l'habitude, il esL impossible qu'il ne se sente pas porté. à travailler de toutes ses forces à la réalisation de ces désirs. Quand en Jésus-Christ on s'est accoutumé à voir un ami et le plus tendre des· amis, il est impossib!e. qu'on. ne cherche pas à le faire aimer. Comment. pourra1t-1~ e? etre autrement chez les instituteurs du Valais? Appeles a former la jeunesse d'un peuple qui naguère, . lors d~ l'in.oubliable démonstration religieuse du 22 mai 1893, ~ Vale~e, se consacrait wlennellement au divin Cœur de Jesus, ils doivent chercher par tous les moyens à développer chez leurs élèves cette dévotion à laquelle ces dermers sont ' des promesses de leurs parents ; c' est notre tenus en vertu devoir d'être, en un mot, de vrais apôtres du Sacré-Cœur. II Qu'on ne nous taxe pas d'exagération si, sans préjudice des moyens spéciaux que l'expérience peut signale_r, nous a~rmons que la dévotion au Cœur de Jésus, bien comprise, est un moyen général, d'une efficacité incomparable pour assurer le succès de l'éducation. Ce que nous entendons ici par la dévotion au Cœur de Jésus, ce n'est pas une pratique extérieure quelconque, c'est l'esprit que les pratiques sont destinées à dével?ppe~ dans les âmes: esprit d'amour cordial, dévoué, pa_ss10nne pour le divin Sauveur. Tant. que n?us ne serons point parvenus à animer de cet esprit les Jeunes âmes que nous lançons au milieu du champ de bataille du monde, nous pouvons craindre pour elles les plus tristes défaillances. Aucune autre armure ne suffira à les défendre. A tout cœur humain, mais surtout aux cœurs de vingt ans, il faut un amour ; et, par conséquent, il sera presque

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impossible, à ceux que l'amour du Cœur de Jés11s n'affranchira pas, d'éch.apper aux chaînes d'un autre amour. Quand 1a religion ne règne pas dans le cœur, elle n'est plus qu'une sorte de vêtement, dont on s'est bien vite dépouillé; disons mieux, tille est un joug gênant dont on a Mte de s'affranchir. Le mot de saint Augustin restera vrai tant que la nature humaine n'aura pas changé : Mon amour est le poids qui m'entraîne; partout où je vais c'est lui qui m'y

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porte. · · pas la 1·b · 1·1 en d"mge · Ce po1·ds ne detrmt 1 erte,· mais ~onstamment l'exercice. Nous sommes libres d'aimer ce qne nous voulons; mais nous ne lé sommes pas de résister habituellement à l'impulsion de l'amour qui domine en nous. Cette impuissance n'est jamais plus grande que dans la jeunesse, où l'âme est dominée, plus que dans un autre âge, par sa sensibilité et ses affections, Si donc nous voulons que ces jeuntis âmes, dont l'éducation nons est confiée se portent vers tout ce qui est noble et pur, qu'elles soient fortes contre toutes les influences qui tendraient à les souiller et à les avilir, animons-les du plus noble et fort de tous les amours, inspirons-leur un vrai dévoûment pom· le Cœur de Jésus. Telle est la mission du maître chrétien, telle est notre mission. L'apostolat du Cœur de Jésus n'est donc nulle part mieux placé que dans les écoles; c'est là qu'il trouve son {lXercice le plus fructueux et le plus indispensable. ~

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suivre.)

L'enseignement de la chimie agricole dans les écoles rurales Au nombre des différentes branches de la chimie agricole, figurent l'étude des principaux élément.s qui entrent dans la composition du sol, et celle des engrai8. Il n'en est actuellement pas de plus utile à counaître que cette dernière. La question des engrais intéresse snrtoùt les agriculteurs, chaque année ceux-ci consentent à d'importantes dépenses


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pour acheter soit des phosphates, soit du nitrate de soude~ l'azote qui donnera la vigueur nécessaire au blé. Le nombre des agriculteurs qui abandonnent la vieille, routine pour entrer désormais dans la voie du progrès s'accroît de JOnr en jour. Les statistiques des syndicatSagricoles montrent chaque année une augmentation dans l'achat des engrais chimiques. Si les bons résultats obtenus par les fumures complémentaires, décident cbaque jour plus d'agriculteurs à avoirrecours aux engrais chimiques, le progrès n'est pas encoreassez rapide par le fait de l'ignorance qui règne dans. l'application des fumures appropriées aux besoins du sot Les différentes formules d'engrais employés aujourd'hui sont sans doute très commodes, mais leur t9rt est de s'adresser seulement à telle ou telle culture, sans tenir compte de la composition du sol. Tel engrais composé, vendu par exemple pour la betterave ou la pomme de terre est semé indistinctement sur des sols de composition différente.. Il n'est donc pas étonnant si les écarts sont souvent considérables dans les résultats. Bien des agriculteurs voudraient connaître la formule exacte qui convient à leur terrain, les nombreux manuels de chimie agricole leur enseignent bien quels sont les engrais qui conviennent aux sols argileux, aux sols calcaires, anx terrains légers, humides, etc. La. grande majorité des agriculteurs n'a pas les connaissances suffisantes pour les consulter avec fruit. Il existe maintenant des laboratoires d'analyses qui rendent des services toujours plus nombreux, en indiquant, d'après la quantité d'éléments fertilisants que contient le sol. les engrais qui lui conviennent. L'emploi des engrais chimiques a pris un grand essor, quand l'enseignement de cette branl'..he a commencé dans les écoles rurales. Dans des pays voisins, l'instituteur qui enseigne la chimie agricole. est. chargé en outre d'ajouter à son enseignement théorique des démonstrations pratiques qui intéressent d'autant plus vivement l'élève. Rien ne vaut un enseignement par les yeux, et l'élève qui a vu ce que l'on peut obtenir avec

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<JUelques grammes de nitrate, une poignée de superphosphate, :5'en souviendra pour plus tard. Dans la suite, devenu agriculteur lui-même, il sait sur ·{Juelle augmentation de récolte il peut compter. en se servant des engrais chimiques. Ayant appris à l'école l'énumération des engrais utiles employés couramment, il peut mieux se reconnaître au milieu des mélanges qui lui sont ,offerts, il saura pourquoi il emploie de l'acide phosphorique, de l'azote, de la potasse. Rendu _prudent pour avoir appris à connaître les fraudes dont 1es engrais sont l'objet, il se <léfendra mieux contre des vendeurs souvent peu scrupuleux, il se gardera d'acheter sans contrôle des produits dont la composition se cache sous des noms fantaisistes. Le jeune agriculteur perdra les préjugés qui ont encore trop souvent cours dans l'emploi des engrais chimiques, préjugés qui ne sont pas seulement répandus dans les campagnes. Les enfants ainsi munis de connaissances pratiques ont un avantage marqué sur leurs pa1·ents, da.ns la lutte actuelle où il faut produire au plus bas prix possible, sur la même surface, une récolte supérieure à celle qui suffisait autrefois. Les conditions de culture ont énormément changé ces <lernières années, les bas prix des matières premières, telles que les phosphates, les nitrates, les mettent maintenant à la portée de tous les agriculteurs. C'est ce que l'on ne -saurait trop répéter, mais il faut apprendre à appliquer les cengrais suivant les besoins du sol. Ce sont ces notions qui commencent à être apprises dans les écoles rurales. Dans le domaine de la chimie agricole, il faut donner .aux élèves, l'explication sommaire des lois scientifiques et de leurs applications utiles à l'agriculture. Le développement de cet enseignement est considéré actuellement comme le facteur indispensable de tout progrès en agriculture. H. AURIOL.

Exercices d'invention et de langage dans les ' petites classes J'assistais dernièrement à une leçon de lecture dans une bonne classe d'école enfantine, et l'institutrice attachait


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beaucoup de soin à l'exercice matériel, mais sans provoquerdes enfants la moindre explication. Plus tard, ayant demandé les motifs de cette manière de faire, il me fut répondu que les élèves de six ans étaient trop jeunes po~r fournir le sens des mots et des phrases. « Cependant, fis-Je « observer à cette maîtresse, les enfants de six ans parlent « beaucoup et parlent même bien; vous ne les accoutumez c donc pas aux exercices de langage? » « Non, monsieur, « j'ignore même ce qu'on entend par des exercices de c~ « genre. » Il me fut facile de donner à cette brave femme, déja d'un certain âge, une excellente leçon de choses en faisant causer les pelits garçons à l'aide de quelques billes qua· j'avais dans ma poche; puis ce fut le tour des fillettes que je questionnai sur la corde à sauter; les idées étaient. nombreuses et variées; les phrases, courtes d'abord, deîinreut bientôt plus longues et mieux ordonnées. Enfin, je chargeai un petit garçon d'écrire au tableau noir trois ou quatre· phrases qui furent lues, expliquées de nouveau, et enfin récitées de mémoire, le tout résumant ce qui venait d'êtredit sur la corde à sauter et sur le jeu de billes. La maîtresse comprit bien vile que, dans dix minutes, nous avions fait une leçon de lecture, d'écriture, d'orthographe et de· rédaction, en même temps que des exercices de langage et d'invention; mais, pour compléter son instruction théorique et celle de quelques-unes de ses compagnes, nous avons cru bon de rappeler à ce sujet quelques conseils pratiques. Les idées, dit M. Gréard, ne venant pas d'elles-mêmes à. l'enfant, il faut lui apprendre à les trouver. Encore moins prennent-elles toutes seules l'ordre et la forme qu'elles doivent revêtir, il faut lui apprendre à composer. Or, c'est de très bonne heure qu'on peut commencer avf.C profit ces. exercices d'invention et de composition. L'enfant, ~i jeune qu'il soit, est capable de créer lui-même les exemples sur· lesquels on lui fait reconnaitre la nature et l'usage de& mots de la langue; il a dans l'esprit des propositions simples toutes faites; il les possède, fort inconsciemment. sans doute, mais il les possède; ses jeux, les objets qui

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l'entourent lui en fournissent incessamment la matière; il ne demande . qu'à les exprimer. La seule chose nécessaire alors, c'est, d'amener les élèves à exprimer correctement leurs propres idées. Mais avant tout il faut des idées, et les enfants n'en ont guère; ou, s'ils en ont, elles sont tellement confuses qu'il faut un véritable effort pour les débrouiller et ponr les mettre en ordre. Les élèves les plus avancés et les plus intelligents sont seuls capables de cet effort. N'est-ce pas un tort d'abanJonner les enfants complètement à eux-mêmes pour cet exercice si important: ou fü ne disent rien ou presque rien, ou bien ils commettent les plus grosses erreurs. Dans un cas comme dans l'autre, c'est du temps perdu. Henreux encore lorsque, en réunissant les meilleurs morceaux, l'instifn leur peut arriver à en former un corrigé passable. A mon avis, jusque dans le cours moyen au moins, les sujets de rédaction doivent être étudiés en commun et préparés collectivement par le maitre et par les élfwes. Les idées principales doivent être recherchées et le plan détaillé écrit au tableau noir. Parfois même la rédaction peut être faite ainsi entièrement phrase par phrase, relue, puis effacée pour être reproduite. La préparation du plan ne serait même pas toujours superflue au cours supérieur. C'est donner aux enfants de la besogne toute mâchée, me dira-t-on. Qu'importe I si la besogne est bonne. Cela ne vaudrait-il pas mieux que ces prétendues compositions françaises auxquelles personne ne comprend rien, l'auteur tout le premier, et que, avec la meilleure volonté du monde, il est absolument impossible de corriger. Avant de demander à nos élèves de voler de leurs propres ailes, attendons que les ailes leur soient poussées et n'oublions pas qu'il faut pour cela bonne et solide nourriture 1 « Les idées ne viennent pas d'elle:;-mêmes à l'esprit de l'enfant, a dit M. Gréard; il faut lui apprendre à trouver. Encore moins prennent-elles toutes seules l'ordre et la forme qu'elles doivent revêtir; il faut lui apprendl'0 à composer. » LE MAGISTER. ~


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Les trois vertus essentielles de l'instituteur M. l'abbé Thollon, ancien principal de collège, a prononcé récemment un discours sur les vertus que doivent s'efforcer d'acquérir les éducateurs de l'enfance. Nous donnons ci-après une brève analyse de ce discours: « Il est des vertus, dit l'orateur, qui tendent directement à éclairer notre esprit, co:nme la sagesse, la prudence, la raison ; d'autres onr pQur but la perfection de notre cœur comme la charité, la justice, la force morale, la tempérance; d'autres enfin mettent de la grâce et de la dignité dans toutes nos actions, dans toutes nos manières, dans tout notre extérieur. « Parmi ces vertus, quelles sont celles que vous devez surtout rechercher, acquérir pour les inculquer à vos élèves? Que sommes-nous? Des hommes, c'est-à-dire des êtres raisonnables; des membres de la société religieuse, c'est-àdire chrétiens; des membres de la société civile, c'est-à-dire citoyens. Les éducateurs de la jeunesse doivent donc posséder à un très haut degré les vertus essentielles de l'homme, du chrétien et du citoyen ». L'orateur démontre ensuite que la raison est la vertu essentielle de l'homme, et que tout homme doit régner sur lui-même par la raison éclairée par les lumières de la foi. « Assujetti:isons donc à la raison toutes nos autres facultés, cette imagination légère, étourdie, capricieuse ; ce cœur livré peut-être à la haine, à des désirs pervers; ce corps sensuel et paresseux. Qu'en tout et partout l'on voie briller en nous la raison; qu'elle règle notre travail et notre conduite; qu'elle préside à nos conversations et à nos jeux ; qu'elle commande en souveraine à nos pensées les plus secrètes et à toutes nos actions. » Les paroles suivantes servent de conclusion à la seconde partie du discours: « La première vertu du chrétien est la charité; son premier devoir, c'est l'amour de Dieu et du prochain; la qualité distinctive de l'éducateur sera donc d'avoir un cœnr aimant, un cœur dévoué, un cœur plein de zèle pour le bien. »

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Enfin, M. l'abbé Thollon démontre qu'un éducateur doit se distinguer surtout par un grand sentiment de respect et de bienveillance, par la douceur du langage et une grande dignité de manières. Il conclut par ces mots qui forment la synthèse de son discours : « L'homme doit être prudent et raisonnable, le chrétien doit surtout être charitable, et que celui qui est chargé de l'éducation des autres doit toujours être d'une correction parfaite. « La vertu, cette aimable fille du ciel, est si belle et si touchante par elle-même, qu'elle n'a pas besoin d'un éclat emprunté et qu'il suffit de montrer pour lui gagner tous les cœurs. • Courage donc, mes amis, volez à cette noble conquète . La vertu que l'insensé dédaigne et repousse loin de lui, la vertu, que vous recherchez vous-mêmes avec ardeur, n'est pas le partage des âmes lâches et pusillanimes. Elle ne peut pas s'acquérir sans efforts et sans peines. • Verltl signifie force, magnanimité, courage ; son nom seul vous fait comprendre qu'elle ne s'obtient que par la violence et par le triomphe sur soi-même; que pour la conserver au milieu des orages de la vie, il faut une attention soutenue et une fermeté inébranlable. « Courage, encore une fois : s'il y a des obstacles, ce n'est pas un motif pour reculer. La vertu est un bien préâeux, digne de tous vos désirs, qui seule vous renflra honorable aux yeux du monde et vous procurera une gloire immortelle. »

L'enseignement du catéchisme {Suite)

Méthode à suivre dans les leçons. Je suppose maintenant que le catéchiste a sectionné ses élèves en deux ou trois cours gradués, que chaqne cours est bien organisé avec un programme déterminé par écrit oans le Journal des Catéchismes,· avec un ordre du jour fixe. De plus le prêtre a eu soin de se procurer un catéchisme en images, celui du Pélerin, si possible: comment


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enseignera-t-il alors les prières, !'Histoire Sainte et la doctrine catholique proprement dite 'l A. Les priéres. - Le moyen qui nous parait le plus facile et le plus rapide pour en graver le tette dans la mémoire des commençants, c'est de leur faire répéter ces. prières peu à peu, avec lem·s condisciples plus avancés.avant et après le catéchisme et, dans les villages où il existedes écoles catholiques, à l'école avant et après la dasse. Ainsi la prière qui ouvre et clôt la classe sera récitée bien distinctement, dévotement, avec des pauses, par tous les enfants ensemble. Chaque texte sera coupé en petites phrases,. en rapport avec la force de la respiration, et ces panses auxquelles les enfants s'habituent bien vite, seront toujours les mêmes, de façon que chaqne mot, chaque syllabe soit articulé par tous à la fois. Pour !'Oraison dominicale nous dirons: Notre Père, qui êtes aux cieux - que votre nom

soit sanctifié, etc. - Sainte Marie, mére de Dieu - priez pour nous, pauvres pécheurs, - maintenant et à l'heure· de notre mort. - Ainsi soit-il. Lorsque le Pater et l'Ave seront connus de tous les enfants, on y ajoutera le Credo, auquel on substituera plus tard le Confiteor, puis les Commandements de Dieu et de l'Eglise, puis les Actes de Foi, d'Espérance, etc. Les enfants qui savent lire s'aideront de leur catéchisme. Au bout de quelques mois, si nous avons le concours de l'instituteur, ils auront ainsi parcouru et sauront par cœur toutes les prières que l'on peut apprendre dans le premier âge. Cette méthode peut être cont.inuée même dans les cours moyen et supérieur, alors que les élèves connaissent le mot à mot de leurs prières. Mais ce n'est pas assez de les habituer aux prières vocales, il faut encore de bonne heure les former à la piété proprement dite. Dans ce but nous leur ferons comprendre les prières qu'ils récitent, aussitôt qu'ils seront à même desaisir nos explications. De plus, dès les premières leçons de catéchisme, nous les habituerons peu à peu à exciter dans leur jeune cœur, des sentiments de piété en rapport avec les connaissances que nous venons de leur donner-.

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Leur ~v~ns-nous fait connaître Je mystère de la sainte Eucharistie, nous leur apprendrons la manière de bien faire la .génuflexion, les sentiments d'adoraLion et d'amour qui do!_vent_ accomp~gner cet acte. J'ajouterai que chaque fois qu Ils v10nnent a passer près d'une église, ils doivent saluer. d~ns leur âme, Jésus présent dans le saint tabernacle, en d!sant: « M?n Jésus, je vous adore ou je vous aime, » ou d autres oraisons jaculatoires. Si dans notre leçon de catéchisme il_ a été question de la mort, je leur inspirerai diverses pnères à la sainte Vieroe et à saint Joseph pour leur faire demander une bon~ne mort pour eux e't pour leurs parents. Il est à désirer aussi que Je catéchiste assiste parfois avec les e_nfants ~oit à la messe, soit à leur préparation à la C?nfess10n et.? .la comm~nion, et qu'il leur suggère les. sent.1~ents de p10te et les diverses prières en rapport avec les circonstances, en les récitant au milieu d'eux à bau tevo~x o~ même encord en les composant et en les appropnant a leur âge, à leur développement et à Jeurs besoins. Apprenons-leur à invoquer mentalement la Vieroe Marie• 1eurs patrons, leurs anges gardiens pour eux, pour leurs père _e t _mère, pour_notre Saint Père le Pape, pour l'évêquedu d10cese, leurs bienfaiteurs, etc. Epargn?ns-leur ~·en~ui _des prières vocales trop longues, des e~erc1ces de ?e_vot10n rnaccessibles à leur esprit. Faisonsleur aimer la reltg10n et la prière. Surtout n'allons jamais leur donner, comme punition, des prières à réciter ou à copier. La piété leur deviendrait ainsi odieuse. Aux oraisons jaculatoires si propres à alimenter et à former la piété, nous ajouterons des actes de vertu, tels que .des . actes de c!J~rité envers Je prochain, de petites mortificat10ns, etc., qui seront ainsi l'application et le fruit de nos Jeç?ns. D~~s nos recommandations ne leur proposons pas vmgt pneres ou actes différents· un seul suffit Sachons le préciser de la manière suivant~: « Nous venon~ d~ voir, mes enfants, combien Je blasphème outrage le boo Dieu'. Répar_ons .dan~ la mesure de nos moyens, ces injures horribles faites a Dieu. Dans cette intention nous dirons ~

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et moi, tous les soirs durant cette semaine, avant de nous endormir: Mon Dieu, je vous demande mille fois pardon, par les mérites de Jésus-Christ et de la sainte Vierge, pour tous les blasphèmes qui ont été proférés en ee jour sur la terre ». La semaine suivante nous leur proposerons une pratique ,en rapport avec notre leçon ou avec les besoins spéciaux <le l'époq ne. Comme les enfants aiment le chant, nous ne manquerons pas d'user de ce moyen en vue de leur rendre nos leçons plus agréables, et nous clôrons le plus souvent nos catéchismes par un cantique chanté avec âme et recueillement comme une prière. B. Histoire Sainte. Comme la connaissance de l'Histoire Sainte n'egt pas indi::;pensable au salut, nous n'irons pas lui sacrifier l'enseignement de la doctrine. Nous lui donnerons en conséquence une étendue plus ou moins grande selon le temps dont nous di:sposons, comme nous l'avons déjà dit. Il est à souhaiter que cet enseignement puisse être donné à l'école par le maître. Le cours inférieur en étudierait, au moyen d'images, les scènes les plus intéressantes et les plus fécondes pour l'enseignement religieux. Un manuel servirait à étudier l'Ancien et le Nouveau Testament dans le cours moyen, et s'il est possible, nous parcourrions un résumé d'histoire ecclésiastique dans le cours supérieur. Au prêtre, au curé, appartient le droit de contrôler cet enseignement, s'il est donné par l'instituteur: il le surveillera donc et en fera de fréquentes applications dans ses leçons. Le résumé de l'histoire de l'Eglise comprendrait les points suivants que l'on pourra développer indéfiniment: Etat du monde païen au moment de l'avènement de Jésus-Christ. - Introduction du christianisme par les apôtres. - Son triomphe sur le paganisme dans l'empire 1·omain. - Sa victoire sur les hérésies. Conversion des peuples barbares qui se sont établis dans notre pays. - Bienfaits de l'Eglise au moyen·â.ge en faveur des pauvres, des malheureux et des serfs. - Ses bienfaits spécialement pour notre patrie. - Les erreurs qui se sont ré-

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pandues dans notre pays: leurs fauteurs et leur réfutation. - Diffusion du catholicisme au XVIe et XVII· siècle. Les nouveaux ordres religieux et les saints, surtout ceux.. de la. Suisse. - Souffrances de l'Eglise sous la Révolution~ Mais, ne nous faisons pas illusion, ce programme ne pourra. ê~re rempli que dans certaines paroisses privilégiées où l'on dispose d'un temps considérable. (A suivre.)

Guerre au patois Dans no~re siècle de lumière- des sociétés se forment partout: depms la plus grande cité au hameau Je plus minuscule et le plus reculé. Sous ce beau nom rien ne s'arrête · le~ arts et les sciences, l'agriculture, le co~merce et l'indue~· trie, tout avance, tout prospère. Veut-on absolument mener quelque entreprise à bonne fin 'i' on se dit : , L'union fait la force •, on s'associe et immédiatement les difficultés sont surmontées, les plus ·grands obstacles aplanis. J'ignore si la société dont je viens vous entretenir est nouvelle; en tout cas, que les amateurs du nouveau ne se dérangent pas à ce titre, car c'est très peu de chose. Cette sociét& n'est pas ce que vous pourriez vous imaginer au premierabord, elle ~ é~é fondée dans une humble petite classe du Centre dans l umque but de combattre le patois. Je ne me propose pas aujourd'hui de vous démontrer les funestes effets. que produit parmi la gent écolière cet idiome tant en vogue dans _nos campagne~ ; des plumes pl!-JS e~périme.ntées eL plus aut_orisées que la mienne en ont déJà fait le suJet dfl maints. art!cles, q~u ont été. très goiîtés de tous ceux qui s'intéressent à, 1 éduca_t1on de la Jeunesse. Je viens seulement, dans l'espoir d être utile à quelques-uns de mes collèguf!s, leur indiquerun moyen très efficace, infaillible même pour guérir nos élèves de cette fâ.c~euse endémie qu'on appelle le patois, et qui est sans contredit une des plus grandes entraves aux progrès. Je ne trouve pas tout à fait inutile d'en dire quelques mots :pour . entrer en matière, les bonnes choses, on ne les répète Jamais trop souvent. En général, toutes les branches de l'enseignement ont à compter . avec ce redoutable ennemi. D'abord il est certain que celui qm parle français dans son bas âge a une avance surles autres en entrant en classe, car il n'y a point d'arrêt dans le développement de ses facultés, l'éducation du maitre succédant immédiatement à celle de la mère. Au contraire, cela.


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ne peut arriver chez Ct>UX qui, à six ou sept ans, nous vienDent sans comprendre un seul mot de fraaç ds. La lecture et le style sont les premières branches qui subissent la mau"'aise influence du patois. De 7 à 15 ans, nos petits campagnards ne se servent que du patois en dehors des heures de elasse, heureux encore si l'ennemi ne va pa<! jusqu'à pousser l'audace de franchir le seuil de l'école. Faut-il s'étonner dès lors si, malgré le dévouement et toue les efforts des éducacaleurs, on entend encore dans la lecture des phrases· telles que celles-ci : ll faut parti, tu vené, il a troué son couteau... et mille autres pareilles. Ne dit-on pas ainsi ea l'ato1s 't N'avez-vous jamais entendu . rouler quelque conversation sur ce ton: T"en souviens de cette histoire? Oui je m'en rappelle...

As-tu pas vu? il est arrié mon fr.ère... ll a pris tout ce

qu'il a-ait besoin. Oa pourrait citer l.Hen d'autrn8 phrases ana• logues dans lesquelles la cause de ces irrégularités serait toujours notre fameux charabia qui, s'il a horreur des v, des r et des négations, se soucie bien peu des compléments des verbes; on dirait plutôt qu'il s'est donné pour mission de faire un massacre des règles de l'Académie. L~s mêmes fautes qui se rencontrent dans la cooverdation' se retrouvent dans le style; il sera composé de phrases boiteuses, traduites littéralement du patois, et monotones en ce qu'elles seront toutes construites sur le même modèle. Cet affreux jargon est, à n'en plus douter, une pierre d'achoppement sur la route de l'instituteur. Aujourd'hui ce mal est découvert. Oui, cette maladie est le pat0is, et le malade est l'élève. Q·ui sera le médecin T Nécessairement le maitre et••• aussi les parente. De même que le plus habile médecin serait impuissant sans médicaments, il reste encore à découvrir le remède, et un remède énergique en rappo1·t avec la f"rce du mal; mais découvrir n'est pas toujours chose facile, et c'est ce qui a fait longtemps mon cauchemar au début da ma carrière. ( A suivre/ ~

PARTIE PRATIQUE Calcul écrit Problèmes donnés aux examens de recrues de 1896 8. 4. Dans une forêt il y a 4867 sapins et 9835 hêtres. Combien d'arbres y a-t-il dans cette forêt? 3. Que coûtent 115 sacs de pommes de terre, le sac à 4 fr. 65? 2. Le canton de Schaffhouse a une superficie de 294,2 km2 et une population de 37 783 habitants. Combien d'habitants y a-t-il par 1 km2? (2 décimales). 1. Un tonneau contenait 270 kg. d'huile. Par suite d'une avarie, une

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certaine quantité d'huile se perdit pendant le transport. Lors d'un nouveau pesage on ne constata plus que 244,35 kg. De combien pour % est la perte? ~. 4. 9,uel9.n'un a une fortune de 16 000 fr. Par suite de cautionnement! il ,doit. P.a yer _895 fr. Que lui reste-il encore? 3. L !1-dmims_tration des forêts de N. a vendu 1265 stères de bois de b?is de. di~érentes qualités, à 16 fr. le stère en moyenne. Les frais ~ exploitat;on se montent à 3,60 fr. par stère. De combien les iecettes depassent-elles les dépenses? 2. Dans un débit de sel on vend par an 4.'> 368 kg. de sel, à 15 cts. le kg. Le vendeur a un bénéfice de 4 % de la recette. Quel est son bénéfice ? 1. 50 A.ppe~zell, Rhodes. intérieures, avait 11 272 habitants; en 8 i1. comptait 12 888 habitants. De combien % est cette augmentation? . 10. 4. A. la ~n d'une année, la fortune affectée à un établissement d'ins~uction ~e monta!~ ~ 58 416 fr. ; au commencement de cette meme ~nnee elle n etait que de 54 837 fr. De combien est l'augmentation? 3. Un domaine renferme 3 hectares de prés, à 3850 fr. l'hectare, et 4 hec~ares de champs à 4140 fr. l'hectare. Quelle est la valeur du domame? 2. Quelqu'i:,n achète une maison_ pour 40 500 fr. Il loue 2 appartements, l un à 640 fr., l'autre a 660 fr. Combien doit-il compter pour son propre logement, sachant que l'intérêt de la somme représentant l'achat est au 4 % ? 1. Quelq~'un vend 17_8 m. de drap à 1,35 fr. le mètre et gagne alora 26,70 .fr. De combien pour % est le gain? 11. 4. Le Rhin a une lon~~ur de_ 1225 kilomètres; 348 kilomètres de ce fleuve. sont sur terntoll'e smsse. Combien y en a-t-il en dehors de la Smsse? 3. Une barre de zinc pour. soudure, pesant 1 quintal, vaut 315 fr. On en a employé 27 kilogrammes; combien vaut encore le zinc restant? 2. En 1890 il Y avait dans le canton de Fribourg 341 hectares plantés en tabac et rapportant 305 666 fr. Quel a été le rapport par hectare? 1. Quel est l~ poids d'un plateau de fer ayant une surface de 1 mi et une épaisseur de 4,5 cm, (poids spécifique = 7,25)? 12. 4. ;A-c~uelleme~t se p1;1blient en _Suisse 563 journaux allemands, 17 italiens, 20~ français, 3 anglais et 2 romanches. Combien de journaux y a-t-il en tout? 3. U!l marchand achète 45 mètres de drap pour 306 fr. ; il revend le metre pou~ 8 fr. 75 cts. Combien gagne-t-il? 2 , A quel pnx un négociant vendra-t-il le kg. de café s'il l'a acheté 2 fr. 80 cts. le kg. et s'il veut fairs un bênéfice de 's 1; o;O? 1. Tfn kectare rapporte 190 fr. Les frais de cultlll'e et !e fumure s _éléyept à 135 fr. Quelle valem· représente ce champ en comptant ' l'mteret ou 3 1; 2 % ? 13. 4. L~ poste fêdérale a employé dans un hiver 2969 chevaux, l'été suivant seulement 2174; quelle est la différence ?

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48 3, Un·.ménage a dépensé au mois de mars 91,45 fr. Quelle est sa dépense journalière? 2. Un domaine qui a été acheté pour 185 000 fr. doit être revendu a.vec une perte de 12 1;2 Ofo. Quel sera le prix de vente? 1. En 1888, le canton ùe Fribourg avait 81 335 Mbitants parlant. français et 37 434 parlant l'allemand. Combien pour 0/0 y avait-il d'habitants de langue française et de langue allemande? . 14. 4. Un canton avait, il y a vingt ans, 69195 habitants; actuellement . _ il y en a 85 621. Quelle est son augmentation de population ? 3. Combien pèsent 650 briques, si le cent a un poids de 4 quintaux? 2. En 1894, le canton du Valais a récolté 130 520 hectolitres de viu. sur un vignoble -de 2 5H5 hectares. Combien cela fait-il par hectare? 1. Quel intérêt rapporte la somme de 4 850 fr. placée au 4 3/ 4 %, du, 13 mars au 23 septemb ,e (365 jours)? lo, 4. TTne propriété mesure 8 329 ares. Une forêt en occupe 416 ares et 49 ares sont pris par des chemins et des bâtiments. Combien d'are~ peuvent être cultivés? 3. Lors d'une fête de société, 486 cartes de fête ont été délivrées, à. 6 1/ 2 fr. la carte. Quel en a été le produit? . 2. Le poids moyen de 1 hectolitre d'avoine est de 45,25 kg. Combien. de litres cl'avoine compte-t -on pour un double quintal? 1. En 1894, 290 000 quintaux de blé furent emmagasinés au ~épôt de Rorscharch. Sur cette quantité, la Suisse n'en a fourrn que 18 850 q. Le combien% dn total cela fait-il? 16, 4. L'étoffe et les fournitures nécessaües à un vêtement coûtent 36 fr, 75 cts; les frais de confection se montent à 22 fr. 50 cts~ A combien revient le vêtement complet? 3. Un artisan a un salaire ùe 197 fr. par mois; un employé de bureau un traitement de 115 fr. pendant le même temps. De combien lesalaire de l'artisan dépasse-t-il annuellement le traitement de l'employé? 2. Que c0ûtent 35 m. de toile de coton, à 1,25 fr. le m., avec un. rabais (escompte) de 3 % ? 1. Un capital joint à son intérêt de 3 1;2°lof ont ensemble 5040,45 fr. Quel est le capital?

L'Enfant et la Grand'Mère < Grand'mère, d'où vient donc que vos cheveux sont blancs ? Mon enfant, c'est l'hiver, c'est la neige des ans. Grand'mère, d'où vient donc que vous avez des rides? Le chagrin a creusé tous ces sillons arides. Pourquoi tenir si bas, si courbé, votre front ? C'est pour mieux voir la terre, où mes os blanchiront- Et que murmurez-vous toujours, mère chérie, Même quand votre enfant vous embrasse? - Je prie. L. R.

pUcit.ê et de poésie. p818E'r des mootaloorde chargA, 011 dao, fumer graveeurs pipes, daos le êe, je me suie dears pi:aneées et, si liP. • Q JeStlOn difD8 parleot gutire, ootent point leurs os Jeurs • bistott méti>tnt, croyaot la ville, moquei:rs t de leurq propos aoterie. Pourtant, r de légende11, au lesquelles ils ont la vie, leurs préocs eoucis, leurs aout, à la veillée, peo'biver, autour du · chauffé déjà quatre a lueur falote du oient ? A moitié. urie ot sans être y a pas là uo pAtit aïf~, de leur côté, il y en a qui tremr, pendant qu'elle le pie 1 de chèvre qui ont uo grand iou1t, la veille de a Séliot-Sylvestre, de quelque vieille o dragon fabuleux

i est d 11 pays, a od nombre de ces d'après leur cat leur saveur oriombre, y eo a-tt point originaires gères, venues dt! nt d., hasard. Ciir ressemble beaut les légendes acvoyages doot la r iolérèl et leur epeodaot, pirrui qui porteot en ire, leur marque emmenl valaisaos, iak>riqoes. Il y a ohe, que le Va-

_ _ ___._ ....a.n1111Ld.l'a.mlll.L.

des républiqaee italiennes du moyen-âge. Un beau sujet pour M. Courthioo, qui peut-être y 11ara cooduit par la suite de ses recherches. Eo attendant qu'il l'aborde, il a su nous cooLer avec bAaucoop de tac.t, en respectant IAur forme o~ïve, ces cootes et ces légendas q,1'il a eu aussi le mérite de recueillir, Je suis persuadé que tous ceux qui aiment les Aip~s ltrnr fo,1ront boa accueil, et que les Veillées des Mayens preodroat pliicti d ,•ns 1.. urs b1b1101.béqu"'s, non loin des Souvenirs d'un alpiniste. de JavellP, et de Un vieux pays. d"' M,1r10. t',tr111, 3 décAmbrA 1896. Edou,ard Ron. Blcbe11 mendlan&•. - L'Almanach Rackette pour 1897 nous révèle des choses bitio curit,uses: l'art de choisir uoe épouse d'après sa pbysiooomie, et l'art de coonaitre les faux pauvres également par leur physionomie. Ce n'est pas toujours facile. • R<>gardez cette belle 1ète de , Père EtProel ,, llsons- uous dàos l'Amanach Hachette, qui nous donne la reproducuon photographiq ue d 'uoe d1uioe de portraits de meodiaots célèbr.-s, voui croiriez que cet homme-là pose daos l~s altil iers. Noo, il mendia. il a toujours meodié. Il a déjà récolté M condamoa\ions; jllmais elles ne l'oot corrigé taot le métier est boa. , Et la photographie de cet autre ne ressemb.e-t-11 pas à quelque saiot, comme on eo voit dans les vitraux. En fait de sainteté 11 n'a qu'uoA saiote horreur du travail. _: , Voilà la 56° fois que vous comparai~sE'Z devaot la Ju·r nce ,, lui disait un jour le Président du Tribunal. - < Que voulez-vous mon Présideor, répood le weodian t, je n'ai jamais travaillé. Ce n'est pas à mon âoe que Je commeocerais l , ., , Protée iosais1ssable, la mendicité revêt tous les déguisements, saisit toutes les actuallté :1 pour mieux apitoyer la compassion des passants. c C'est 110 art 111i a ses hommes de géoie, ses professdurs, ses traditioos, ses légeo<1es et qui ne compte pas de martyrs. c Chaque année, oo signale la trouvaille daos les bardes de quoique mendiant décédé, de sommes con~idérables qui auraient pu llll parmet!re uoe vieillesse honorable. Par cupidité, , t aussi par habitude, il continuait soo odieu1 métier, car, on peut l'affirmer iuLlamAn.t.

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A-mandiA

andia.l 'L


m, 18 au, r1maua, en mendiant, la somm, cléftnitiona sur toutes choies

midable de 96,000 fr., qo'uo héritier avis4 l(êograpbie, le~ sciences, lea. a eouTrit dans la bo88e artificielle que If domealiqoP, 1agriculturP, 1ho x pauTre e'6tait confectionnée pour atteo, d6couTerte11, l'hygiène et la mê ir les pa88ants. osuel, les jeux et sports, les ~ c Le nenu qui a h6rit6 de Cfl joli ma,o· Citons parmi les arliel_es in au un petit profe11&eur qui, dans aa vh année: LPs montagnes qu~ mai Uère d'6cra1!1Dt labeur, ne serait j1mait trait du foleil, les Pierres qu~ t~m Tê bien certainement l fcooomiser un, foudre et les foudroyés, L h1st retlle sommP. en 4. p11ge11, Lf'B enfants des so • Les vieux P1risien•11e souviennent eoror• rope \63 portraitll), l'Eglise c mendiant qui tre1111U de la paille à No· irouvernement, le p~pe, les c -Dame-dea-Victoirea, tout en sollicU-aot let 6 gravure11), Combien les p 11.ôoea des p1111ots. La lêgeodP prêteo- d'alccool et combien ils fu it qu'il recevait des ,ecoura de Napolêo1 de la Fraor.e politique et Jitté et de l'Impêratrioe. A 11. mort, on appri !'.icieos cél~bres, Les r~aots o 11 était propriétaire de plu&ieurs immPU· de PP mar1Pr (8 portraits), C ea dans Paris et que sa fortune approchai on df'ler, Les commandement demi-millio~. m1sîtresse de maiscn, Les rhat • Dana le n ème voisin&gfl, vlcut long- La danse (9 figure11), LPs. ~au mJ)tl une vieille femme qui meodiah autou1 portraits), Les modes fém101n Balles. Qoacd elle mourut, on découvri· tl1turPP), Comment conserver rmi ses bardes une •omme de 150,000 fr. L'histoire de la coiffure en t8 ohêe dans des paqueta de vieux journaux Les lots non réelamé11, . Comm • n convien& encore de citer le Crfl'u1 journal, Les nouveaux t1mbresea mendiants; bien que possédant une for- L'artillerie frBDçaisP, Les sal ne de trois milliooP, il contiDU11it à solliei· (6 photogravures), Les bons r Ja charité publique. Quand on conatruiai champignons (12 figures), L' fgliee de la Trinité, le jury d'n:propriatio1 tlgure11 ). Les hôtes de Ja basse prit avee stupeur que le véritable proprié· res), Comment nourrir nos besl 're d'un immeuble pour lequel il veoai de cartes (6 figureP), Les aon 'aoeorder une indemnité de 800,000 fr. étai1 me (7 photogravures)l Comm mendiant bien connu qui vivait de cru}- rbieos courants (13 figures), de pain qu'il allai& quémander de port, faire avec un chapeau (21 ph 288 recettes culinaires facil . porte. , Heureux pauvre, f Riches mendiants I de toutes les bourse11, foot ~ - - - - - - - - - - - - - - - - l'Almaoach un petit tréeor d ()artea de •oi§I. _ Sooa Je titrA dfl: . L'Al~nach _Hachette est c Le Village suis,e en miniature ,, M. F die uo1versell.e lllustréP, on ré Boissoonaa vient d'èditu de cbar01antes pe- te:. les conna1ssaocea humain tes cartes faotaisiP, qui sont de nature i Cett~ année, le nombre d Jaire l ceux qui regrettent ce aracieux re- tes l l acheteur a 616 q~adru oin de l'EsposaUoo 'ù lia ont pa886 tant nombre de 57. Ceux qui ha 'hearee agréables. On retrouve dans ces car- pe~veot 11:l ème bénéficier de des vuee réduites de toutes les partief pbie ,ratuate •. plus int6re11aotea du Village aui88e. Euore un joli souvenir l conserver ou à enoyer aux puent& et amis. 1.. qualité

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Supplément à l'ECOLE PRHUIRE

Un village de montagne. - Lens P armi l~s villages de montagae qu'il m'a été tdonné de vi~iter, Len~ ~ient, sans contredit, pour le tcachet grandiose et origmal, le premier rang, et haut la main. Ou y arrive de la station de Granges-Lens, en deux be.ures, par une route alpestre de premier ordre qui grimpe mollement la colline en serpentant dans les pampres, les vergers et les bois. Si, durant la montée vous vous retournez un instant et plongez le regard d;ns la vallée du Rhône qui s'éten~ à vos pieds, vous aurez, ~eva~t vous, un des plus riants paysages qu'on puissa 1mag10er. C'est d'abord Granges, avec les ruines du château de l'évêque Boson et la maison fort bien conservée des Tavelli, les derniers seigneurs du lieu; puis c'est Grône avec la châtellenie des Marestel; Chalais, ~vec sa vieill~ tour à l'aspect sombre, où vivaient au XIII• siècle les nobles ~e Chaley, puis les de Chev~on, qui furent l~ngtemps v1domnes du lieu ; au couchant le beau village de Bramois, à l'entrée des sauvages go;ges de la Borgo~ Où s.e cache l'hu~ble ermitage de Longeborgne, et que d~mment les anciennes majories de Nax et de VernaD11èze; au leyant, Géronde avec son petit lac qui fait songer aux sirènes, et dans lequel l'antique Chartreuse fondée en 13?1 par _l'évêque Aymon de La Tour, reflèt~ la masse sévere et imposante de ses hautes murailles· en.fia, au dernier plan, comme un phare émergeant des brumes, la tour Goubin, qui évoque le nom de Platéa, une des plus illustres familles du Valais féodal. Rieu que ce coin de pays, que l'œil embrasse d'un seul regard, représente, par les événements qui s'y sont d~roulés, une des pages les plus intéresssantes de l'histoire du Valais, au temps des seigneurs. La colline s'arrondit en dos d'âne, un chalet noir fièr~men? campé sur. ses pieds de granit, se profile dans le Ciel dune pureté idéale, une croix de bois massive ét~nd ses bras nus sur un tertre 1ocheux, un clocher po10te au dessus des guérets, puis, derrière des vergers clos, toute une ligne de toits aigus s'alloDge dans l'es-


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pace infini, avec des jets de fumée bleue qui monte gaiement vers le ciel; c'est Lens. Le coup d'œil est féerique: d'un côté toute la chaiue des ~hautes cimes valaisannes et bernoises, avec leurs pics fraîchement blanchis; le Rawyl, Weisshorn, le Wildstrubel, le Sax, le Rothorn, Schwarzhorn et l' Altels; à l'aurore, tout le Valais épiscopal, de la Raspille aux contreforts du Simplon; au midi, plongeant sur l'Italie, la Bella-Tola, le Weisshorn, le Dent Blanche; au couchant, tout le Bas-Valais et les ramifications de la chaîne savoisienne. Le site est enchanteur, il est plus: grandiose et mer• veilleux; c'est l'Alpe dans toute sa beauté, c'est le village alpestre dans toute son originalité, sa fraîcheur et sa grâce bucolique, la montagne dans sa quintessence. Voici la vieille église avec sa tour massive en pierres de tuf; sur une de ses façades un cadran solaire est surmonté d'une sentence écrite en alexandrins que le grand maître de la rime française ne désavouerait pas; la voici: Le temps passé n'est plus; !'Eternité commence, Pensez-y bien, mortels, et pensez-y d'avance.

A deux pas, le prieuré avec ses hauts pignons, la maison d'école avec fronton armorié, le vicariat, autant de très avenantes demeures en pierres de taille qui forment le quartier moderne de Lens. Puis, livrées aux caprices du terrain, toute une enfilade de ruelles sinueuses, du plus étrange pittoresque, où les habitations, raccards, les mazots, les fenils se coudoient, s'entassent et dégringolent dans un désordre très harmonieux. De belles fontaines ornent les places du village, les petites vaches montagnardes se désaltèrent avec bonheur ; un ruisseau qui borde la chaussée principale est trans·formé en un lavoir où de jeunes lavandières très accortes battent le linge de leurs bras vigoureux tout en saluant d'un air malicieux qui semble friser l'ironie. L'Angelus tinte dans le vieux clocher, le chemin de l'église se transforme en une grappe humaine qui s'égrena sous le porche gothique; tous ces braves gens saluent réyére~~ieusement en jetant vers moi un furtif coup d'œil, mqmsiteur et sympathique à la fois. Cette politesse montagnarde est significative, elle est la pierre d'angle du caractère de ce peuple des champs qui ne connaît rien de notre civilisation étriquée, mais qui se développe et

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mûrit sous l'influence intuitive d'une nature grandiose qui élève l'âme haut et trempe le cœur vigoureusement. Il est six heures, une brume semblable à nne gaze blanche se détoule lentement sur le village, les maisons de pierre s'y noient les premières, puis les chalets brunis s'enfoncent à leur tour dans cette trame grandissante ne laissant voir_ leurs silhouettes que vaguement, comm~ -à travers un voile transparent ; puis ce sont les montagnes qui se confondent avec l'immensité, estompant de leur masse noire l'horizon qui finit par se fondre aussi dans le brouillard envahissant; tout disparait et semble se figer dans cette humidité laiteuse qui est la brume du soir des derniers beaux jours. Le carillon de l'église se met en branle, annonçant aux fidèles la solennité du lendemain, fête de la Toussaint. Quelques beuglements dEI troupeaux à l'abreuvoir rompent encore le silence religieux du soir, mais aucune voix humaine n'éclate plus dans ces hauts parages où. la vie parait s'étei_ndre avec le jour. Quand je m'arrachai à ce spectacle si attachant d'un paysage alpestre au crépuscule, quand je dis un adieu -ému 9:u clochef de L~ns, le riant village de montagne rentrait dans l obscurité de la nuit avec autant d'austérité qu'il en était sorti, à l'aurore, plein de vie et de SoLA.NDIEU. .splendeur.

Hygiène de la vue Si la vue est le plus noble et le plus admirable des sens dont le Créateur a doté notre humanité son organe, l'œil, est sans contredit celui dont la c~netroction et le fonctionnement sont le plus merveilleux. Il est aussi le plus délicat, et il suffit de la moindre altération, du plus petit choc pour provoquer des troubles plus ou moins gravea dans la vision. Dans sa prévoyance, la nature a iastallé nos yeux dans des bottes osseuses, de manière à les garantir le plus possible contre tout accident extérieur; en outre leur ~ace, seule par_tie découverte, est protégée par le; s~urc1ls et les paupières, et celles-ci sont pourvues de 01ls formant un rideau qui préserve l'œil de la poussière. Ne ~emble-t-il pas qu'~n agencement at1ssi intelligent, aussi prudent, devrait rnculquer à l'homme un profond


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respect pour cet organe incomparable, en même temps qu'une certaine intuition des soins et des précautions à. prendre pour prévenir tout ce qui pourrait nuire au bon fonctionnement des yeux et alté1·er leur faculté visuelle t Hélas I c'est moins l'admirable harmonie et les magnificences de la création qui nous rendent sages, 9ue. les coups que nous attirent fréquemment notre folle imprévoyance et surtout l'abus que nous faisons de nos plus belles facultés. Au fur et à mesure que l'instruction se répand et pénètre dans toutes les classes àe la société, nous apprécierons davantage la valeur du sens de la vue et nous aurone mille fois raison, oar ·nous expérimentons combien précieux est son concot;rs, non seulemen~ pour jouir des avantages que nous offre la vue, mais pour pouvoir exercer notre observation et notre jugement personnel sur tout ce qui existe ou se meut en dehors de la portée de nos autrès organes. Il serait à désirer que nous apprissions dans la ~ème proportion à apporter au maintien de notre sens visuel les soins ies plus élémentaires qu'il réclame, à la ménager dans la mesure du possible, en un mot, à ne pas en abuser. Malheureusement, c'est le contraire qui a lieu, et, plutôt que d'avoir à constater un état normal et réjouissant de la vue, maintenu par des soins intelligents et une hygiène éclairée, nous voyons un affaiblissement général se produire peu à peu et s'accentuer surtout dans les classes aisées et instruites. Qu'il résulta d'ignorance ou de légèreté. il y a évidemment dans ce fait quelque chose d'anormal, une lacune grave qu'il importe de signaler et de chercher sérieusement à combler. Laissons de côté ce qui touche aux diverses maladies qui peuvent atteindre nos yeux et appartient au domaine médical et bornons-nous à rechercher quelles sont les causes principales de l'affaiblissement actuel de la vue et les moyens à la portée de chacun d'y remédier. a) Une des premières causes de ce déclin provient de la mauvaise habitude contractée par les enfants de regarder de trop près quand ils travaillent à l'école ou préparent leur devoirs domestiques. La distance normale pour le travail est de 25 à 35 cm.· Il est très important que les parents et les instituteurs surveillent constamment les enfants à cet égard.

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Si l'on découvre la moindre anomalie chez tel enfant: nécessité de regarder de trop près, vision trouble, trop forte tension, fatigue ou maux de tête dans un travail quelque peu prolongé, etc., il est nécessaire de faire examiner la vue de l'enfant par un.e ·personne compétente, gui jugera de la nature du cas et donnera des instructions précises pour la suite. L'habitude de regarder de trop près engendre la myopie, or qaand celle-ci est progressive, elle devient une maladie qui peut avoir de bien graves conséquences. b/ Une seconde cause plus importante encore, quoique moins répandue que celle que nous venons de mentionner, proviennent du surménage dont souffrent certains élèves dans beaucoup de élasses et qui obligent à travailler tard dans la nuit, surtout à l'approche des examens, au grand préjudice de leur santé et surtout de leur 'ITUe. Cet état de choses est fâcheux et il n'est pas facile d'y remédier; néanmoins les déplorables conséquences qui en résultent peuvent ê tre, sinon évitées, du moins fortement atténuées par une hygiène stricte appropriée à la position et anx circonstances de chaque élève. Les règles suivantes doivent être dans ce cas-là rigonreui;;ement observées. Diminuer autant que possible le travail de nuit. Veiller à avoir une forte clarté, sans faux reflet, donnée par une lampe munie d'un grand abat-jour et distante d'environ 30 centimètres du travailleur, elle doit être placée de manière que la lumière tombe en plein sur le livre ou le cahier employé. Discontinuer le travail quand les yeux se congestionnent, que la vue se trouble ou que les maux de tête se font sentir. Il est trop tard quand ce sont les yeux qui refusent leur service. Les hahitudes vicieuses contractées par les jeunes gens contribuent pour une large part à l'affaiblissement de leur vue; celle de lire au lit est aussi très nuisible. Eofin, une autre cause notable du déclin de l'acuité visuelle, très généralement répandue, provient de la déplorablo légèreté avec laquelle on se procure les verres dont on estime avoir besoin. Las uns s'adressent au premier marchand de lunettes venu, colporteur décoré du titre d'opticien, bazar, march1nd forain, quincailler, etc. ; et pour peu qu'ils voient mieux avec tel verre convexe ou concave de leux choix.


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l bas pri:1 1 vite, ils l'achètent, tout heureux d'avoir ob-

tenu des lunettes à bon compte. Les autres se laissent séduire par les prétendues vertus magiques que le marchand peu consciencieux et fort ignorant attribue a sa marchandise. Ils paient très cheI"" des!verres qui'n'ont comme matière et exactitude de taillage aucune valeur quelconque. D'autras personnes encore ont pour principe de n'em-ployer des verres que quand elles ne peuvent absolument plus s'en passer et de les défendre aux jeunes gens dans n'importe quel cas, prétextant qu'une foisl'habitude prise .d'en porter, il faut fréquemment changel" de verres et prendre un numéro plus fort. Ce préjugé ne repose sur aucune base sérieuse at son application a été profondément regrettable dans bien des cas. Lee oculistes les plus éminents sont d'accord au contraire, pour affirmer qu'en cas de myopie, d'hypermétropie, d'astigmatisme et de presbytie, c'est-à-dire quand le défaut de vision ne provient que d'une anomalie da conformation et non d'une maladie, le port de verres correcteurs, parfaitement appropriés à chaque œil, produit le plus heureux résultat et ramène à peu d'exceptions près, la vue normalo, quel que soit l'âge du patient. L'action de ces verres est de rendre les images nettes tout en diminuant la contraction du mnscle ciliaire, ils suppriment de cette façon la fatigue, qui est un des principaux agents du déclin de la vue. Il est facile de comprendre d'autre part que des verras faussement appliqués ou de qualité inférieure ne peuvent avoir qu'un effet nuisible alors même qu'ils donneraient une plus grande netteté dans la vision. Les défauts de réfraction provenant d'une conformation anormale des yeux et particulièrement du cristallin, sont très fréquents; quelquefois ils sont difficiles à déterminer d'une manière précise, et ce n'est que par un examen bien minutieux et à l'aide d'in9truments d'optique perfectionnés que l'on parvient à un résultat certain. A combien plus forte raison faut-il éviter de s'en remettre au premier charlatan venu. Nous sommes persuadé que si les quelques directions que nous venons de donner étaient suffisamment connues et mises sérieusement en pratique, l'état général

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de la vue s'améliorerait sensiblement et que des générations futures en bénéficieraient pour une large part. Dans ce moment de l'année où, après les vacances d'été, le travail ardu va recommencer pour la plupart, il nous a paru utile et même nécessaire de plaider la cause de notre vue; nous espérons vivement que notre faible voix sera entendue. dans l'intérêt de la santé de nos enfants, de nos jeunes gens et de tous nos concitoyens. ----•i:::l=>OO~IOO<=r-----

Une déplorable habitude Dans notre époque où le manque de princ:pes ou la légèreté des mœurs sont à l'ordre du jour, la calomnie n'est plus un passe-temps accidentel, mais une partie intégrale de notre vie. En un mot, la calomnie est devenue une monnaie courante. Il ne se fait plus de réunions, il n'existe plus de conversations sans commérages, sans calomnies. Chacun semble savoir quelque chose sur son prochain. On l'a vu de ses yeux, ou, plus souvent, on l'a entendu dire. Et ce , quelque chose > non vérifié, non prouvé, le plus souvent logiquement improbable, impossible même, devient pour les auteurs avides un fait avéré, que chac_un d'eux répète, grossit et dénature avec plus ou moms d'amplifications sous lesquelles,la plus petite parcelle de vérité disparaît pour faire place aux inventions p_ura~. Ces calomnies répétées à tort et à travers deviennent à la longue si différentes de la version primitive que celui qui la formula le premier aurait de la peine à la reconnaître. 1. Il est donc évident qu'un commérage débité par légèreté - pour passer le temps - prend en se transmettant de bouche en bouche un caractère de malignité qui désolerait celui qui l'a lancé le premier sans mauvaise intenlion ou pour quelque raison futile. Le plus souvent les personnes qui parlent des affaires d'autrui le font par dérnmvrement ou pour mettre une pointe de piquant dans des causeri~s sans_ saveur. Ce sont parfois de bonnes ge~s sans mail~~' qui n~ refuseraient pas de rendre service à ceux qu ils se plaisent à déchirer inconsciemment et qui ne se rendent pas compte comment leurs , paroles en l'air , produiront da mal et d'injustice.


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Il y en a d'autres qui se sentent tout contents de trouver à critiquer les faits et gestes d'autrui; n'est-ce pas un moyen de se placer sur un piédestal en comparant ses mérites et ses vertus avec les fautes et les vices supposés de son prochain t De plus, l'intérêt que ces gens sont sûrs d'inspirer en racontant des nouvelles épicées et à sensation, les met sur l'heure au diapason de communauté avec tous leurs auditeurs. Oa se comprend, on fraternise pour le quart d'heure et cela pour noircir des individus ne se doutant même pas, le plus souvent, qu'ils sont la proie des méchantes langues. Il est reconnu -que nul récit n'est écouté avec autant d'attention bienveillante et crédule que celui dont les commérages font tous les frais, Les relations de famille, les actions les plus pi·ivées sont commentées, noircies. On les analyse sans pitié, sur des apparences souvent trompeuses, et tout ce qui constitue la réputation et l'honneur d'un individu est jeté en pâture à des êtres lâches, à des natures mauvaises et envieuses, toujours contentes de proclamer le mal et d'applaudir aux scandales. Mépriser la calomnie quand elle vous atteint est sans doute ce qu'il y a de plus sage à faire. Mais c'est plus facile à dire qu'à exécuter. Chacun n'en a pas la force moraie ni la stoïque philosophie. Il n'est pas étonnant qu'on en ressente une amertame que rien ne saurait réconcilier avec une société aussi pervei·tie et aussi légère. Pour lutter contre le fléau de la calomnie, il faudrait inculquer aux jeunes plus de respect pour l'individualité humaine et inspirer à tous plus de toi dans le vrai et le bon. Si l'on voulait se mettre en garde contre les racontars sans fondement et les on-dit si crédulement écou• tés, on éviterait souvent à sa conscience des reproches amers. « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose 1 • a dit Beaucnarchaia, et il disait plus vrai qu'il ne le pensait alors.

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L'été de la Saint-Martin Sur la route nue et déserte qui longe la vallée, une femme d'une cinquantaine d'années s'en va, d'un pas

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pressé le buste dans un châle de laine noire croisé sur la poitrine et dont les extrémités vont se rattachant sur le dos. C'est Madeleine, la veuve du me_nuisier Fran• çois du village des Saulnes. Elle cache frileusement ses mai~s sous son tablier de cotonne rayée, car il fait bien froid. C'est le 11 novembre, jour de la Saint-Martin. Un brouillard intense, froid et pénétrant, remplit l'air; c'est à peine si la pauvre femme voit à dix pas devant elle, et cette brume glaciale lui rougit les yeux, d'où s'échappent, par instants, des larmes furtives qu'elle essui~ du revers da sa main. Ah I c'est qu'elle a le. cœur terriblement angoissé la pauvresse I Son fils u!liqu~, t~ut _son espoir en ce monde, son bon Jules, celui qui doit bientôt remplacer au foyer le père gue la 1;1ort a moisso!1oé avant le temps, doit passer ce Jour meme, au chef-heu, l'examen définitif qui doit lui ouvrir les portes d'une honorable carrièi·e. Grand Dieu, s'il allait échouer 1 Tout en marchant, elle songe, la bonne mère, à l'heureux temps passé que le deuil est venu si soudaine~ent assombrir. Elle avait épousé, il y a un peu plus de ~rngt ans François, le menuisier de son village, un b rave artisan, travailleur, économe et bon comme le pain, dont les affaires étaient modestes mais prospères. lis n'eurent qu'un enfant, le petit Jules, qui montra de bonne heure d'heureuses dispositions pour l'étude et qu'on envoya, dès l'âge de quatorze ans, au lycée cantonal, puis à l'école de droit. Trois ans plus tard, l'excellent homme, le modèle des époux et de!l pères, était bru~quement enlev~ à l'affection des siens dans une épidémie de typhus qui décima le village. La malheureuse veuve en serait morte de chagrin sans ce fils qui lui restait et qu'e~le chérissait, son _bon .Jules, tout le portrait de son pere, tant au physique qu'au moral. . Cette intime affection rattacha la veuve à la vie. Pour élever son enfant jusqu'au bout, pou~ ~e protéger _et le conduire jusqu'au jour où le pauvre ois11lon pourrait vo:ler de ses propres ailes, il fallait qu'elle vécftt. So~ mari n'était plus là pour subvenir aux frais de la pension et des études du garçon, mais que ne peut l'amour d'une mère I Madeleine se fit couturière et Dieu sait combien de nuits elle passa sur ses ourlets et ses boutonnières pour arriver à gagner de quoi vivre chétivement et payer les notes de l'internat. IL y avait maintenant sept ans ~u'elle peinait pour atteindre le but si chèrement désiré


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et le grand jour était là qui allait décider du sort des deux éprouvés. Le fils de la veuve allait passer, ce onzième jour de novembre, ses examens définitifs de droit qui devaient lui conférer le diplôme de notaire, et la pauvre mère que nous venons de voir hâtant le pas, dans le froid brouillard du matin, n'avait pas voulu attendre l'arrivée de son fils pour l'lavoir comment cela s'était passé. Elleétait si impatiente d'arriver au chef-lieu que par instants elle courait, tout en récitant une neuvaine à saint Antoine de Padoue qu'elle avait choisi pour protecteur de son enfant. Enfin, vers ·midi, elle arriva à destination, la respiration haletante, le visage rougi par les morsures du froid. L'émotion qui l'étreignait était si forte qu'elle n'osa d'abord se reodre à l'Hôtel-de-Ville où avaient lieu les. examens. Elle se rendit chez une amie et, après s'être reposée et avoir repris un peu d'assurance, elle se dirigea, le cœur battant, vers la maison communale. Elle eut 19 bonheur d'y rencontrer son cher Jules, qui en sortait, l'air heureux. Il avait réussi au delà de ses espérances et avaü mérité les félicitations du Jury pour la manière distinguée dont il avait soutenu sa thèse. Ce fut, entre ces deux êtres si étroitement unis, une explosion de tendresse et de joie ; l'héroïque mère eu pleurait de bonheur. Après avoir été rendre grâce à Dieu dans la cathédrale, ils quittèrent la ville eu toute hâte. Le brouillard s'était dissipé, un gai soleil reluisait sur la terre, d'un ciel bleu comme aux plus beaux jours d'été. Madeleine, marchant au bras de son fils, reprit le chemin du village, le visage épanoui, le front serein. Sous les mêches de ses 'cheveux un peu grisonnants,, ses yeux doucement alanguis rfflétaient toute la joie de son cœur, la jeunesse semblait renaître enfin dans cette bonne nature arrivée au déclin de la vie. Le jeune homme assistait, transporté, à cette tranefiguration dont il sentait bien qu'il était bien un peu la cause. Chemin faisant, il fit part à sa mère de ses projets d'avenir, lui promettant de lui rendre l'existence heureuse, de remplacer, aulant qu'il était à son pouvoir, l'absent tant pleuré dont ils vénéraient la mémoire, de ne jamais la quitter enfin, de l'aimer toujours davantage et de faire si bien que l'âge n'aurait plus de prise sur elle. La pauvre mère l'écoutait sans mol dire, souriant à.

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travers ses larmes à cet excellent fils dont elle se sentait légitimement fière. Alors Jules, se jetant au cou de de cette mère si bonne, lui dit encore : c Ma tendre mère, vons voilà rajeunie de vingt ans, et j'en loue le Seigneur du plus profond de mon âme 1 , - < Mon enfant, reprit la digne femme, je suis à l'automne de ma vie ; comme l'année qui s'achève, j'arrive, après bien des orages, aux trois quarts du chemin, mais un nouveau soleil est éclos dans mon cœur. Parfois le temps a de cee bienfaisants retours, et, comme pour lui, c'est aujourd'hui que commence pour moi, avant les neiges de l'hiver, le riant été de la Saint-Martin. , (Liberté) SoLANDIEU,

Sans la lettre 4 A la suite d'un pari, un de nos confrères s'était engagé à écrire un article sur un sujet quelconque qui lui serait donné, sans· mettre une seule fois la lettre A ; nous sommes heureux de le publier à titre de curiosité. UNE CROISIÈRE En mer entre le 348 lt, et le 308 lgt, Bien chère petite cousine, Les reproches que vous m'envoyez sur le temps très long qu'ont mis mes lettres pour venir jusqu'en votre demeure sont un peu, rien qu'un peu mérités, et comme je n'fgoore point que chez vous ou trouve toujours des trésors d'indulgence pour ceux qui sont négligents comme moi, je me montre moins inquiet. Toutefois, pris de remords, je vous écris cette fois un long récit trop long peut-être - de notre croisière en Orient. Or donc, cousine, déchiffrez mes hiéroglyphes si vous pouvez. Le 12 octobrP, je prends posession de mon poste sur notre croiseur et vérifie si tout est bien en règle ; depuis les soutes jusque et y compris les huniers, tous les hommes sont prêts. L'officier de service ordonne les honneurs prescrits que doivent recevoir nos trois couleurs, lorsque le soleil se lève: le cri retentit : < Envoyez pour les couleurf! 1 • Deux coups de fusils répondent, et le glorieux emblème tricolore est hissé en bout.


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Nos yeux, nos lèvres et nos cœ11rs envoient un dernier souvenir sur cette terre chérie et le , Kléber • que pousse un léger vent nord-ouest, quitte Toulon pour se rendre directement sur le Pirée. Nous filons une vitesse moyenne de dix-hait nœuds. En cours de route nous distinguons les rives de Corse, puis les trois iles du golfe le plus joli du monde (et dont le père de mon père fut gouverneur en 1816) non loin desquelles on voit le Vésuve, toujours en éruption et toujours superbe. Nous longeons vers le déclin du jour le détroit de Messine et de loin, de trop loin, croyez-le bien, les jolies :siciliennes (oh combien, combien jolies 1) nous disent un bonjour enjôleur. Le vent qui s'élève est plein des senteurs des lyliums et des roses, on devine de loin l'existence des clôtures légères où fleurissent les cystes et les myrtes : c'est le dernier bouquet que nous envoient les rives que nous côtoyons. ... Nous sommes en mer depuis trois jours et demi. Il est midi. Une lumière trop intense, trop vive, inonde les flots qui perdent un peu leur belle couleur d'un bleu :fio pour devenir comme un miroir de fer poli qui vous éblouit. Vers le soir, une ligne point trop nette nous indique les ilôts grecs : nous diminuons les feux et modifions notre course pour ne toucher terre que sur le petit jour. Combien ici les nuits sont douces, chère cousine, et quel bien-être semble nous env ,1opper l Les yeux fixés sur cette voûte immense constellée de millions d'étoiles, on éprouve un bonheur infiai d'écouter les voix mystérieuses et profondes de cette mer des Ioniens et des Hellènes, voix qui vous bercent et vous portent bien loin vers les régions du rêve. Peut-être n'est-ce simplement qu'un effot réfl~xe des lieux qui nous entourent; l'ile Cérigo est proche et on ne peut oublier qu'elle fut Cyt.hère, île des doux secrets et des fêtes du cœur, Eden cé!èbre où l'ombre de Vénus semble flotter encore comme un encens. Oh I pourquoi ces belles nuits fiaissent-elles si vite T .... Le jour se lève: l'horizon est noyé de tous côtés en une brume légère qui n'empêche point, toutefois, les couleurs de percer une buée irisée qui monte du dessus des flots. De temps en temps, un point plus sombre, un moment entrevu, indiq11e l'existence d'une ile ou d'un rocher ; les mouettes viennent voler sur nos têtes

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et se po,ser sur les vergues et les huniers. En voici les

côtes : c est le Pirée ; nous touchons terre.

Sur le port, on voit remuer et ge1>ticuler une foule rieuse et multicolore qui semble guetter le moment où no~s q~itterons notre bord pour nous rendre en ville; ceci umquement pour voir nos uniformes. Nous descendons. Les gens du fisc en leur costume peu propre, leur tenue désordonnée et leur physionomie presque féroce bouleversent les colis des touristes qu'ils doivent con~ trôler, .furieux évidemment de leur bon ordre et de leur symétrie... Les . rues d1:1 Pirée n'ont rien de bien joli et les prem10res 1mpress1ons que l'on ressent ne sont point heureuses. , N?us ne restons point ici .et nous profitons, quelques offic1en de mon ho.rd et moi, du temps de Jiberté que ~~us donne 1~ service pour nous diriger vers Colone l 1mmortelle cité de l'Hellénie vieillie, terre de Sopbocl~ et !ample des événements douloureux. de son héros Œd1pe: que de souvenirs évoquent toutes ces ruines! ~outes les l?çons d'hiEtoire grecque enseignées en nos v1~ux .et froids collèges de province nous reviennent en memo1re et nous font rAVivre trois lustres plus tôt Vous les po~sédez comme moi, cousine, mieux que moi-même, pmsq.~e vous êtes une lettrée sérieuse et une érudite de prem10re force. Je n'en dis donc rien et je vous réserve pour mon retour le récit des sentiments éprouvés. Noue .ae s~journons que trois jours en Grèce, puis nous filons ~1rectement sur Smyrne ; j'évite de toucher Hermo~op?hs, Myenoï et Chio pour ne point perdre de temps rnutilement. D.e Smyrne, je n'en peux rien citer pour cet excellent mot!~: c:est que je ne suis point descendu de mon bord. Des ~nd1gènes de Degnizli montés sur notre croiseur mums d'une permission en règle m'ont vendu deux touffes de figues que je vous env~le · vous les trouverez bonnes je crois. ' ..... Une grosse houle et un vent violent nous ont rendu les mouvements de sortie fort difficiles · l'évitée ~t les ~cu.eils très ~ombre~x de ce~ régions s~nt touJours 1 ~nique souci des pilotes et Je vous certifie que leur peine est très rude. Nous forçons les feux et nous nous ~!oignons vivement des côtes pour nous trouver en pleme mer,


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Le vent souffle plus violemment encore ; le ciel est gris, puis noir comme de l'encre. Les flots viennent se

briser furieux et comme en délire sur les deux côtés du c Kleber ,, ils secouent follement leur crinière hérissée d'écume : le gros temps devient tempête. Couché sur le côté, les voiles et les vergues dressées comme elles sont, notre croiseur semble un énorme serpent percé de flèches qui glisse douloureusement sur cette mer démontée. Nous bourlinguons terriblement; il tombe une pluie diluvienne, Le grincement strident, qui nous énerve, des -drisses sur les pouJis des hunes et des vergues, les pistons des cylin~res qui semblent hoqueter, le bruit d'enfer des trombes qui s'écroulent sur le pont, les roulements du tonnerre qui nous tire des bordées ininterrompues, offrent un concert peu commun, croyez-le. Ce joli petit temps dure depuis plus de dix heures ; les jours et les nuits se suivent et ne se ressemblent point, chère cousine! Nous somme-s près de l'île de Rhodes, bonjour pour l'ex-colosse (dire que nous trouvons le moyen de rire tout de même en pleine tempête 1); nous continuons sur Chypre. Le temps redevient meilleur et le ciel se pique de point en point d'un peu de bleu; nous respirons un peu. Ouf! Chypre. Nous stoppons juste le temps de remettre le c K leber , en bon ordre ; personne ne quitte le bord et en route pour le vieux Joppé. Ici, une fois le service réglé, je descends pour visiter cette vieille cité où le souvenir du Premier Consul est toujours présent. Je me dirige ensuite sur Silo, Béthel et Jéricho: je cherche de tous côtés et inutilement l'usine d'un nommé Gédéon renommé pour l'excellence de ses trompettes, on me dit que depuis qu'elles font tomber les murs son commerce est défendu et il en est mort... depuis fort longtemps. Je descends sur Bethléem; le médecin du bord, qui me suit, est éreinté ; heureusement, plus que seize petits kilomètres, et nous coucherons chez un mufti qui nous offre le gite et le souper. Nous cootiouoos ensuite sur cette mer Morte de l'histoire religieuse des premiers siècles et nous revenons sur le chef-Heu d'une des plus vieilles provinces de Judée pour voir le Sépulcre de Celui qui fut le plus réel des philosophes, le Christ qui ne voulut prêcher que concorde, justice et bonté.

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• Ici,. toute .des~riptioo pompeu~e est superflue, et puis, Je do~s le d1~e, 10 ne trouve point de mots pour rendre mes 1mpress1ons. Pour vous donner une idée du lieu je ne peux que vous prier de lire le joli livre du vi~ comte Robert de Flers, , Vers l'Orient , vous serez Mi- . fiée, je l'espère. - ' ... ' · Rien n'eat éternel, surtout les belles excursions. Nous r~ven.ons sur '!oulon et ne toucherons en Egypte que c1nq. JO~rs, puis com~e derniers ports, Tunis et Bône. B1entot, chère cousine, si Dieu et mon ministre le permettent, .vous recevrez de. vive voix et mieux que sur cette feu11le, tous les meilleurs compliments de votre cousin, PIERRE.

Recettes et conseils utiles Hy!!'iène des poulains. - Un poulain qui reçoit une nourriture forte sous un petit volume est léger. S'il exerce sur un terrain dur, le boulât ne se porte presque pas en arrière, la pince des sabots s'use, les talons s'élèvent; l'animal reste droit s'il vit à l'écurie sur une épaisse litière, son sabot ne s'use pas, acquiert une grande longueur et le boulet est rejeté en arrière. Si l'on ne donne pas assez de liberté au poulain sa poitrine se. retréci t ; la pince du sabot est reporté~ en dehors et 11 a des tendances à devenir panard. Une trop forte iocJinaison du sol de l'écurie donne aux jarrets un poids trop fort à supporter · alors ceuxci fléchissent et se cordent. ' , Che.z. le poulain qui a .continuellement le pied dans l hum1d1té, le sabot s'élargit, s'évase; la corne s'amollit. Au contraire, lorsque le sol est sec, la corne durcit et le sabot devient petit. Lorsque, dans une écurie, la porte où se fait habituellement le serv~ce se trouve derrière le poulain, celui-ci se tourne contrnuellement de ce côté, sans que ses pieds changent de position. Les talons du pied sur lequel il se tourne se portent en dehors ; au bout d'un certain temps, le jeune animal devient panard d'un côté et cagneux de l'autre. On . voit quels soins il faut apporter à 'élev11ge des poularna, car la plupart des défauts de leurs membres p roviennent presque toujours de l'incurie de l'éleveur.


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Pour la. conservation des g-elées ',de fruits. - Oa recommande comme le meilleur moyen d'empêcher les moisissures de se former sur les gelées, confitures, etc., de répandre sur la surface des pots une légère couche . e_e ..p_!:!rafine. Voici la manière de procéder : On fait foildÎ'6' ·wr 'Je ' feû une ,}:!l\Utité suffisante d9 parafine (on l'obtient dans toutes les drogueries), _on la verse avec précaution sur les gelées 9ua?d cell~s-c1 sont bien prises, de façon à ~es recouvrir ~ une mm~e couche de parafine. Celle-ci se prendra vit~, on n a P.lus besoin que de l'envelopper dans du papier. On enleva le couvercle de parafine lorsqu'on veut entamer le pot. Quand on a un certain nombre de ces couvercles on les fond ensemble et on conserve cette masse pour s'en servir à nouveau à l'occasion. Brûlons nos ordures. - On ne saurait trop le répéter. Brûlonl3 les ordures des grandes villes, déchets de mém,ge, de r.uisine, d'ateliers, balayures de rues, de balles, de marchés, source d'ennuis et de dangers. MM. Clœs et Mœns viennent de le démontrer en étudiant les tas d'ordurns, les gadoues de la ville de Bruxelles. lis y ont trouvé, comme matières nuisibles pour la culture, des tessons de verre et _de porcelain~, des couteaux ébréchés, des clous, des épmgles, des aiguilles, dont la coupure ou la piqure ble~sent l~s pieds, occasionnent des furoncles, des traumatismes internes, cardite, péricardite, stomatite, pneumonie, entérite, abcès et kystes. 0 grande et fâcheuse puissance des ordures ménagères 1 Ils y ont trouvé aussi des déchets de couleur, cé~use, minium, arséniates, tous toxiques. Et aussi les horribles matières organiques en décomposition qui n'ont plus de nom dans aucune langue, pain moisi, viandes gâtées, linges souillés, dont le contact même est un danger grave. Les terrains sur lesquels on étend ces horribles résidus, !!ans les retourner à fond deviennent dangereux pour l'homme et les animaux. Brûlons nos ordures 1 • L'un des malheurs du monde, c'est de n'avoir au• cune idée de ce qu'enseigne l'Eglise. La plus grande force de la polémique contre nous consiste à nous prêter des dogmes que nous n'avons pas. R. P. GRATRY.

XVI•• ANNEE

SION

110 4

20 ,anvler 1S!l1

l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaqué quinzaine, de Novembre à AYril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Pris d'abonnement pour la 8olsr,e, 2 Ir. 30. IJnlon po•tale 3 Ir. ~nnonee•, pria, 20 cenl, la ligm 011 son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonCil ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE: Attention. - La dévotion au Sacré·Cœur et l'éducation (suite). - L'attitude du maître à l'école. - De l'enseigne· ment du dessin à l'école primaire. - L'enseignement du catéchisme (stlite}. - La botanique. - Guerre au patois. - Partie pratique. ( Calcul oral, Dictées} - Variétés. Le laboureur. Le clocher du 11z'llage. - Supplément.

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.

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No 03 l'Ecole primaire, 5 Janvier 1897 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu