Skip to main content

No 02 l'Ecole primaire, 5 Février 1912

Page 1

Le rem LE FOYER ET LES CHAMPS

Petits

•

IDensonges.~

L'enfant qui, ayant à compter jusqu'à cent pour donner aux autres le temps de se cacher, avale la moitié des nombres pour aller plus vite; l'écolier qui, avant de remettre son devoir, jette un coup d'œil furtif sur celui de son voisin; l'adolescent qui dissimule une légère désobéissance, une escapade peu grave en elle-même; le père de famille qui, revenant de l'étranger avec du tabac sous son gilet, répond au douanier qu'il n'a rien à déclarer; la maman qui, pour faire l'économie d'une demi-place, attribue sept ans moins un jour à son garçon ou à sa fillette dont les sept ans ont sonné hier; tous ceuxlà ne commettent pas des actions criminelles, mais ils manquent tout de même à la probité. Les petits mensonges, les petites improbités, émoussent peu à peu la délicatesse morale et amènent par degrés à commettre des actes beaucoup moins inoffensifs.

ÉCONO~IE DOMESTIQUE Tablier-ré&ienle.

Faites une couture tout du làrge, fixer ce pli, puis une seconde CO\lltuJ• en dedans du pli, à un peu plus centimètre de la première; ceci y passer un cordon coulant. A 19 timètres au-dessous de la couture, repliez de nouveau 1.. .,.•.,,.__ c'est là le bas du tablier-réticule, remontez-la au niveau du premier et formez-en un semblable, avec le te de l'étoffe, en faisant deux res correspondantes à celles du pli cédent, et laissant ouverts les bouts, pour y passer le cordon Vous a vez ainsi un tablier, dans le bas par un réticule, pour mettre votre ouvrage. On serre les dons coulants à volonté, pour la sécurité de ce que l'on place dans petit sac. Les cordons seront ornés deux pompons. Peignez ou brodez sur la soie, à l des coins du réticule, en bas, une fleur bouquet, ou un papillon. Ce tablier-réticule est fort comm pour les personnes qui tricotent en promenant ou qui emportent leur vrage au jardin.

l'élevage des rats

Il y a en Autriche une ferme modèle Soie légère, noire ou de couleur, 40 où l'on n'élève ni des poules, ni dea centimètres de largeur, en comptant porcs, mais des souris, des rats, et dea les ourlets de chaque côté, d'un centi- cobayes. C'est une femme qui dirige mètre de profondeur. Longueur: 1 mè- tout ce petit monde, et elle se promètre 1 centimètres. Faites quelques plis ne au milieu de ces légions de ronau haut du tablier, obtenant ainsi une geurs, sans le moindre effroi. Ceux-ci largeur de 20 centimètres, à adapter se promènent en liberté, exception est à la ceinture de même étoffe, qui est faite pour quelques rats particulièreformée par une bande repliée en deux; ruent dangereux. cette ceinture a deux centimètres et Cette fermière originale fait d'exceldemi de largeur; longueur: celle du J~ntes affaires; elle fournit à tous les tour de taille. lal•0ratoires d'Allemagne, d'Autriche A la longueur de 40 ~;~r~-~ '~t de Russie des sujets servant aux extablier, repliez votre étoffe et formez périences scientifiques. Elle vend ainsi un pli de 7 centimètres de profondeur. jusqu'à mille rats par mois.

stme année

ment de 191 ~ à r ./!,·cote prtmatre sera pns une des livraisons prochaines No • 5 Février 1912

vtmatve (QI lr{{ ijffi\l~J ~ DE LA

-

Soeiêtè valai~at)Qe

d ·édu~aticn Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecole primaire donne de 10 à 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque fois il est en outre apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé: Le Foyer et les Champs.

Suisse fr. 2.50

Pur an

Union

poMt&IP.

fr. 3

Les abonnements se règlent par chèque postal II 56 où à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout ce qui c;onc;erne le~ publlc;e~tlon doit être e~dressé dlrec;tement à son gérllllt, M. P. PIQNAT, Chef de S er\:'ice au Dépe~rtement cle l'Instruc;tion publique, à Sion.


2

Sommaire dn présent N° Les deux mains (le prêtœ et l'institUrteur). - Hyf!iène de l'instituteu.r. L'art d'être bon maître (suite). - Le Crucifix et l'Enfant. - Pour âévelopper l'esprit d'observation. - L'habitude de l'ordre. - La raison de l'enfant. -Le travail, devoir et ioie. - L'enseie:nement de l'ortho[!raphe. - fustice à observer entre tous les enfants. - La leçon de choses. - Partie pratique: leçons de momie. - Miettes pédaf!Of!iqu.es. -0--

Sommalre do Supplément N° 2 Etre bon. - L'écho. - Le beurre. Un neurasthénique. - L'Aluminium. - Pour conserver lies fruit:s. - Variétés.

-oEeoles normales.

La visite semestrielle des écoles normales par la Commission cantonale de l'enseignement primaire est fixée ·corn· me suit: Sion, Ire lundi 26 féwier Bri[!ue, le mercredi 28 février. -o-

Dhttrlet de Sion. Nous avons annoncé que M. l'Ins·pecleur scolaire du district de Coothey est prov;soirement chargé d'exercer le; mêmes fonctions pour l'arrond. de Si<m iu:squ'à la fin de la présente légi•slature. Sur sa demandè d'êrre déchargé dan~ un.e certaine mesure, UJn auxiliaire lui a été · adioint en la personne de M. le député PraJong. de Salins, viœ·p·résident de la conférenœ des imtitule'"rs du dis trict de Sion. Ce dernier procèd.::ra à l'inspection de .toutes les écoles des communes rura~·es de l'arrond. ain-si que de la banlieue de Sion, la visite des écoles p·rimaiTes et secondaires de Sion-VÜle se trouvant réservée à M . de Cocatrix.

3

Le Beenell de Chant. La nl(}uvelle édition de ce a!Ctuellement solftie de presse, se s:ente notablement transformée, q · moins volumineuse que sa dev Ce cla;ss1ique, ·comme l'indique. la ce, (:pécialement destiné à l'école maire, peut servir encore à l'école plémemtaire et aux sociétés de gen~. La plupart des chants à 2 peuvent être ·chantés. à une voix, le ~annel oos.eignant devant prendre p règle de n'aborder la seconde voix lorsaue ·les élèves seront Eûrs. <!e la pifemière. Le ton des a été choisd dans le diapason des voix d'enfant. 35 morceaux des tians françai·se et allemande ont la me mélodie. Les. ,c hants dont l'es sont identiqœ~ dans l'une et l' ont été tirés de l'ancien recueil Patrie dont on retrouvera aoins'i ahants' préférés. On a ajouté quelqu chœurs d 'homn!es pouvant ·s.eJrvir cconféren:ces d'ins.tituteulffi. Pou1r- faci:1ite:r aux · maîtres le ch gradué d~s chant;. il a été établi cla!S.sification suivante: Cha1t1its très faciles: les Numéros 17. 18, 19, 42,25 . 30 36, 1, 34, 24, 23, 11' 27 . 39' 42, 49, 54, 56. Chants mO/;ns faciles: les N 2, 4, 6, 12, 20, 22, 26, 40, 47, 50, 10, 31, 15, 16, 21, 28, 44, 51, 55. L'ouvrage :s'ouvre d'ailleurs, P•récédemmmt, par une partire th aue embrassailit Ullle vingtaine de ges et dans lesquelles sont su<:ce~>SIV' ment exposés les Principes res de la 'Musique (1 0 leçons) eXlercioe!S de solfèf!e. L'oUJvrage. en vente (60 cent.) au pôt cantonal des livres scolaires, orése1111t'e avamtageusement comme · P·reSJs.ion et reliMe. ·Pour bien l' cier aru point de VUJe intrinsèque,

faudra l'avoir expérimenté avant de

porter un jugement quelconque. -o~e

.reune Ctrtltolique.

(i his et recomman~ali~ns. ) lin certain nombre d mst1·tuteurs et d'institutrices n'ont pas encore indiqué le chiffre exact des abonnés pour I 912 l ce petit périodique: le W 2 de· vant paraître le 15, Il_Importe de con~ naître ce détail au m~ms pour le 10 de tt mois, afin que ·l'e brage de la livraisoit de février puii'SISe être 11églé en conséquence et de faoon auS~Si exacte que possible. L'impression de numéros supolémenta ires entraînant de grands frais parfois sans compensation, la Direction du journal .a décidé, par raison d'économie, de llimiter au ,gtfi.cv nécessaire le tira•ge de l'édition de 1912, en1 prenant comme base les adhésions et souscriptioniS. nouvelles ou anciennes arrivées ou maÏ!ntenues dans le délai ci-

qr,

dessus. 11 e.;t rappelé, en outre, que les mem-

bres du personnel enseignant .abonllléS à un seul exemplaire du {eune Catho[iJ. que ne jouiront plus dorénavant du prix de faveur de 1 franc qu.i leur avait été exceptioniJ1eUement concédé en 1911 en leur qualité d'abonnés de F Ecole primaire. Comme il a résulté de ce mode de faire des incoovénienf!s e~ des com· olication.s d'écriture, il a été convenu aue t'O us les souscrip~eurs s.an's exception à un seul aboonement le p;üeront au prix indiqué de 1. 50. Le Comité du iouma.l ·a vant résoiu d 'accorder [!ratuiltment un abonnement par 10 exemol.aires, estime cette concession suffisante et regrette. vu 'l e bon marché du Petit journal, de ne pouvoir étendrre davantage les faciHt'és actuelles (in diQuées en 1re pag'e ou oSu:r les imprimés f.ransmis p:Ju,r adhésions). Encore une fois, nous recommanderon5. DOUr le oai:emenf des abonnements d'u ·

tiliser le Chèque posfœl, à l'' aide des bulletins de versement que l'on peut se pr-o{;urer dam les. bureaux de po·ste lorsqu'ils ne sont pas joints au journal-luimême. On peut fai-re une communication au dos du coupon de droite. A remarquer enfin que ~chaque bulletin doit être majoré de 5 cent. (par ex. 1. 55 er non 1. 50) vu la retenue de 5 cent. opérée v·ar le bureau des ·chèques. à titre de ta:x:e pour chaque bulletin transmis.

-oLe Cu bage des bols. Les personnes que œci intéresse ap.. prendront avec plaisir et profit que l'A{!enda du Valais 1912 contient une tabelle très pratique pour le cuba~e des bois en gaurne. Afin de simplifier, autant que possible, l'usage de cette tabile, on l'a ét·ablie en supposant qu'il s'agit d'un;e pièce de bois d'une loogueur fixe de 1 m. Il suffira donc de multiplier le cube indiqué en face du diamèt·re moyen ou de la circonférence moyenne oar la longueur de la pièce, pour avoir le volume ou cube cherché. Plusiηewrs pages sont ensuite consacrée:; à la mesure des fif!ures e:éométriqu.es usuelles. Ces pages, ornées de vignettes. constituent une partie absolument neuve de notre Af!enda. Elles rendront à leur tour de précieux services. Rappelons en terminant, que l'Ae:enda du Valais est en vent:e danrs les dépôts o·rdina:i.re3. Les personnes qui en sont encore dépourvues peuvent donc se le procurer auplfès. d'eux, ou awssi en s'a~ssant simplement comme suit :

Case postale 14046, Sion.

*

•

*

Les abonnés de l'Ecole primaire peuvent continuer à jouir d'une remise du 20 % sur le prix de l'Af!enda du Valais (2 fr.) pour autant que le permettra lia on)vision encore disponible oui


••• ne va . pas tarder à ê~e totalement épuisée. De nombreux instituteurs ont du reste iusqui'ici pro.fité de cette faveur.

Bibliographie CARTE MURALE ET DE POCHE DE LA SUISSE (marque Stella). Léon Martinet, éditeur, rue de Bourg 3, Lausanne. Prix: 80 centimes. Nous venons de recevoir cette carte. Nous ne croyons pas qu'il soit possible de réaliser quelque chose de mieux pour un prix aussi minime. On ne sait, en effet, ce qui enchante le plus dans cette carte, de la netteté absolue de la gravure, de la précision des détails ou de la finesse des couleurs. On y trouve les communes de la Suisse avec l'indication du nombre de leurs habitants, les rouies de plaine et de montagne, ,les eaux courantes, les chemins de fer avec indication des doubles voies, voies étroites, crémaillères et même les chemins de fer en construction, les sommets avec leurs altitudes. etc., etc. Nous y trouvons même le contour du Parc National et les limites de la zone franche et de la zone neutre de Savoie. ce qu'aucune carte n'a jamais donné Et tout cela est traité avec un goùt et une Eûreté irréprochables.

Cette carle, à l'échelle du 400,000me sure 102 centimètres sur 82; ellè um'.,,...,. donc une admirable carte murale. part, grâce à la souplesse de son le même que celui des cartes vlll.u"u"~ ~ e plie aisément pour la poche. Celle combinaison assure à cette carte succès le plus complet: en elfe! tout le pourra l'utiliser, le voyageur comme l de bureau_. l'écolier comme le père de le cycliste ou l'aUtomobiliste comme le ple p;éton. Elle a sa place dans tous les lieux. puisque son prix de 80 centimes permet l'achat aux bourses les plus tes. Notons enfin que les trois langues nales sont rigoureusement respectées et même, dans les Grisons, les noms roma sont exactement donnés. Tout le monde voudra posséder. cette à la lois si complète o:i pratique et si. · sante.

SION,

o Février

ann~e

ORGANE DE LA

SOCIETE VALAISAliliE D'BDUCA.TIO!f Les deux mains. {Le prêtre et l'instituteur)

---·------

JEUNE .CATHOLIQUE •ra .,.

Sim•

L'ECOLE PRIMAIRE

C'est le titre d'un beau et bon Hvre, dont l'auteur, très avallltageusement connu, est oo simple vkaire de paroisse de Paris. M. l'abbé LoutiL Il écrit sous le pseudonyme modeste de Pierre l'ErmJJe, des arlicles et des ouvrag-es. pétillants d'esprit et de bon sen:s. Si Les deux mains de· l'institutern- et du curé · pouvai1ent se ioindr:e partout! S'il pouvait .se créer « une atmosphère • . A l'école .. de sympathie entre ces! deux êtres si ' . 1\'l'sieu le régent, est-ce que les mots « bien faits pou.r se comprendre et pour quotidien " ont w1 féminin? s'aimer dans la sublimité de leur tâche - Oui mon petit, c'est " peine respective! » ne ". 'Tel est le rêve de Pierre l'Ermite; tel Le bambin ayant posé sa question en est le rêve d'autres prêtres, dans bien >'-antant, le maître lui répondit éur le ton. d'autres régions que la France. Car, sé----~• parées, Les deux mains ne répandent ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ qu'à moitié la bonne semence qui fécon-

,L~E

191~

1

~~. ~lf: x:'~~~:ta~~:~o~!~~~~~t 1

Pa2'e, ·comme la préface du livre? C'est un premier entretien entre le prêtrt et l'instituteur. Celui-ci. Olivier Bernard, est venu à Grez avec l'idée bien arrêtée d'y établir dans l'âme des enfants la morale sans Dieu. Premier résultat: son élève préféré, Ernest Morrain, s'est pennh un ~ol qui l'a fait mettre en PTison. Au lendemain de ce fait, Bernard, -conduit par les cinxmstances chez l'abbé Lon4!UJet, a avec lui un entretien au cours duquel le ·curé est amené à dire: - ... DailiS une f!énération, notre pays devra tendre les bras à l'idée religieuse, ou mourir sans elle, gorgé d'or, de flatteries et de prog-rès. - C'est vOitre opinion. - Hélas non, ce n'est pas une opinion., c'est une loi de l'histoire. C'est ainsi qu'ont fini Athènes et Carlliage, et Rome, et Constanti111ople, en pleine phase brillante... Une nation ne peut pas soutenir le lourd poids de ~es ins-. titutions sans une base morale officiel· Ien1·ent indiscutée. Cette base vous manque absolument... Oui, ie sais ... i'ai lu _yos auteurs... la solidarité... le progrès indéf.ini... Une p~·aisanterie... Vous avez vu ·comme elle a retenu Ernest Mor-

ce riche terrain, si plein d'espérance de moisson dorée, de la jem1esse du pays. Et, pourtant, ne se séparent·-elles pa:s trop souvent, Les deux mains, celles du On ne s'abonne pas pnor moins d'ou an curé et de Fi111stdtuteur? Ce dem~er ne Le Jeune Catholique se:publie · en livraisons de 16 pages chacune e·~ s'éc~te-t-il pas, parfois, de son auxi- 1 • 1 à la fin de l'année un joli volume d'environ 200 pages. liaire pu:issant et naturel? ra111 .... L'abbé Longuet n'avait pas prévu Un abonnement d'un an coûte . Fr. 1.50 Pierre l'Ermite, daJIJs son ouvrage, dont nous recommandons hautement la qu'il touchait l'endroit sensible. 25 · 2 à 4 ~ sous la même bande 1 chacun · A <ee nûm, évoquant tant d'amertu~ » · 1. lecture, 1 ) , évoque une histoire qui fera 5 et p1us 1 1 » . . 1.une impression profonde. C'est pod- mes, O'ivier, qui écoutait, la tête dans Cbaque 10 abonnements donne droit à un nme gratuit ~ant. et c'est vrai. les mains, se redresse les yeux brillants. - Mais chez vous, M. le Œré, dans Pour s'abonner ou recevoir un numéro d'essai s'adresser simplement-ainsi : Veut-on nous permettre d'en citer une votre parti, n'y a-t-il donc que des , Jeune Cat!tolique", SIOlt 1 saints.... ? · ) • Les deux mains ». Un volume illustré. iiiïiiïiiïiiïiiïiiïiiïiiiiiiiiiiiiiiiiiiïiiïiiïiiiiiiiiiiïiiïiiïiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiïiiïiiïiiiiiiiiiiïiiiiiiiiiïiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiïiiil • A la Bonne Presse •, rue Bayard, Paris. _:_ Il y en a eu au moins quelques-.. .-rBN' .. .,. .,..,. • .-r~TBÉ p~ ENI!'..tNTS 7. . . g 0 jA~ .-.~~ .Lw.,"' paraissant à Sion chaque mois

.,,

-.;.

-.;,

. , -.;

---


18

ùliS, et indiscutables! ... Mais je réponds à votre question: Chez nous, cher Monsieur, il v a des ..huttes, il y en aura touÏOU:r$, car l'humanité est une chose bien m·isérabh~. - Moi-même, quand je me con" fesse , ie trouve, hélas, toujours quel que chose à dire. - Alors voke argument ne vaut • 1 nen ..... - Il vaut beaucoup ... Car il y a un abîme entre un pauvre diable de chez nous., qui tombe en des fautes même très e-raves, et qui dit. levant les yeux hien haut vei\S l'idéal auquel il croit, et auquel il mesure la profoodeu~ de -sa chu~ te: « Je suis un misérable!... mais j'irai trouver le p•rêtre et je me relèverai!... » Il exisJe un abîme, vous entendez bien, entŒ'e cet homme et votre Ernest Merrain qui répond: «Je ne suis pas tombé du tout! Tombé d'où ... ? La morale n'existe pas!. .. Le bien et le mal sont des mots pour les imbéciles!... » Vous ne sentez pas que fun a tout pour se relever, mais que l'au-tre est perdu, car chez vous towt se justifie, sauf la verlu qui devient une incons,équence! Il y ewt un silence, com,me une sorte de suspension des hostilités. Le soleil pâle éclairait sans chauffer, et, suivant le mouvement d'un if du jardin, allumait ou assombrissait le.> vieibles briques mal encau~tiquées du salon. - Au fond, recommence Bernard, ce que je vous reproche à vous tous, prêtres catholiqu~. c'est d'échafauder un mooument sur du sable ... ; c'e.>t de parler sans cesse de choses que vous n'a" v~z jamais vues. - Comme vous ... - Comme moi...? -:- Oui, et comme tous vos savants qui par,lent de la force, qui en utilisent ies propriétés, sans l'avoir jamais vue non plus! L'abbé allongea les bras, et prit un silex qui servait de presse-papier sur une table:

Essayez de briser cette La force immense et silencieutSe réside!... Qui la connaît... ? Qui dire sa nature ... ? Rien que pour la 1er avec un peu d'acier, la flamme iaiHit !. .. Qtœl X!. ... - Oui, mais au nom de votre X tuez ... , ·vous torturez .... vorus brûlez! L'abbé Longuet se mit à rire la figure tragique de l'instituteur. - M. Bernard, ne me servez pas arguments indignes de l'homme · g-eltt que vous êtes. D'abord, je l'ai dit: Paflt1out où l'humanité vient, il y a un coefficient ,-~,...,......., 4..~ tion et d'erreur. Ensuite, au où tout le monde croyait, la n'était Pa§ la même qu'aujourd'h comportait une énergie plus pour la _défense de ce que ·chacun sait alors être la vérité... · vôtres n-'ont pas toujours eu la lég·ère! ... Voyons ... avouez!... Dioclétien n'étaient pas des u•to""''l:u commodes tous les joors! Vous mettez avec obstination la thélemy SU'f le dos, mais vous bien, devant la calme histoire, que fut un crime poli-tique, préparé, par Catherine de Médicis .... Et camo1tez les horreurs de 93, les rettes se SUiCCéd'ant sans .arrêt, 1 faud en permanence place de la lution, les hideux massacres de br'e, Fouquier- Tin ville, naissance des enfants, pour les mères dix jours après, en relevailles!... Vous oubliez l'épouvantable Marat. Robespierre, pluiS près de nous, la rue Haxo, les ges. l'exil de milliers de bons Fr et cette chose urnique dans les de l'hist'Oire, le vol légal des Jv'llua••.. mortuaires. garanties par tous les cles .... Mais cela ne compte pas!. .. loups altérés de sang, ce sont les tholiques !.... Rien qu'eux!. .. Vous tres, vous êtes les moutons ... , les

19

aaneaux tout blancs!

Alors l'abbé, que ces demiers souve- une hyg:ène .de tout éta-t, du reste, de toute profession. EUe doit nous donner GJn remuaient plus qu)·il n'aurait vou- les d'obtenir le plus de résullp. se lève, et se met à se promener de tats moyet:Is possibles avec un minimum d'ef)ba$[ en larg~ dans la pièce. et de fatigut. _ Et puis, pourquoi discutons-nous? forts . 0 !1 ~éd~in aliéniste ·très d:stingué Rien n'est plus impropre que la discu&dl'Sait ~~~va~Iablement aux neurasthéni~ à faire jaillir la vérilté !... On y e, à bâtons rompus, le dernier ques q_ut lw étaient présentés et qui se et ce derD:'ier mot ne prouve rien ... trou~ai~nt dans cet état vo-isin de la fo'ai besom de croire à une sur- !Ie ou 1es.pnt, sans échapper tout à fait tfeL. J'ai besoin de trouver une cause a la v~lonté, col!lmence à battre la camau monde qui m'eniou~e et m'écrase de pagne· « Trav:aiilez! travaillez! » A ses ,. .rrandeulf'!... J'ai besoin d'expliquer Y;~x. le travall étai~ le meilleur moyen Je terrible mystère de la douleur et d'é- d _e~apper aux habitudes vicieuses gui dairer d'immortalité le noir atro~e de la deonment _Pr~~~tur~ment la substance tombe!... J'ai besoin d'une reHgion et ne!veus_e, a !Idee fiXe et à l'hypoconavec moi, l'immense majorité du g;nr~ dne qut sorut les symptômes ordinaires humain ... Et je ry'en connais pas de plus du détraquement cérébral. belle que la mienne; donc, pour moi Travail_, .c'est joie et santé· mais il eile est vraie! Vous, paraît-il, vous pou: f~ut ~av?ir t~avaiUer. Savoir t~avaiHer, vez vous en passer! ... ·Mais alors lai~ c.est-a-dire ~~m~r s~n travail et s'y passez-oous tranquilles!... Ne noUJS men- swnn~r. ma1s ~ arreter à temps, quand tez pas comme la franc-maçonnerie 1 ~ fat!gue surnent et que la tension de nous a menti!... Ne nous traquez pa& 1espnt _est trop forte, se délasser d'une Je iOW: et la nuit, comme des bêtes occupatiOn P·ar une. autre, moins ab3orb~t~ ?'~ plus en rapport avec le mode mauvruse~!: · - Que lui reprochez-vous à notre r~~~~n ... ? Est-ce l'existence de d actiVIte du moment, mais avant tout ~être mfmtment parfait qu'on appelie amJOrter dans le tra.vail de la bonne huDieu ... ? Est-ce l'espoir immense qu'il meur : ~u~ e~t là. Cela nous est aisé ~~e... ? Est-ce le Christ si doux, q_uand Il s agit de cultiver notre esprit qw a d1t: «Il n'y a qu'un commancte- simplem:e~t . par goût, de nous livrer mmt: Vows aimerez!... Et nous par Plaisir fi d_es études de perfecHonnous efforçon~ ?'aimer!... Vous ai-je mal nemeryt; ma.ts st un travail important à reçu •. vous qut etes pourtant arrivé dans ~ourm: dans un. temps donné nous est œ vlllage spéciarlemenlt pour me faire Impo~e. er rye husse aucune place à la la ~uerre ... ? Non! ... Alors pourquoi à fa:nta~sie, SI _nous_ avons, par exemple, mon cœur qui s'ouyre... qud s'offre... op- 11!1 ,examen ~ preparer, une discipline posez-vous tranqutllement votre haine ·sev_ere ne s Imposera-t-eiie pas alors unplacable.. :? Pourquoi, vous qui pré- dans ~'e~mloi de notre activité? Comtendez ne. nen savoir, imposez-vous à ment ~v1ter le ~urmenage au sens pamon besom d'espérer le doJ:rme du thologique du mot. lorsqu'à notre ·beDéant...? s~gn: professionnel'le, déjà fort charg-ee. a toutes nos obligations, très nombr~uses. ~'ajoute le travail inf!ense de la preparation d'un examen! BJclène de l'ln•tttatear c~ _ t our 'de force ~t . ~ssible, à la Il V ~ une hygiène de l'instituteur condLüon d employer lUdtcieusement son l'UIIInre 11 Y a ooe hygiène du soldat: temps, de .travailler avec méthode et

•••


21

20

de ne pas éparpiller ses efforts. Eparpiller ses efforts, c'est l'écueil où se heurtent souvent les esprits curieux, ayides de savoir, vou~ant tout connaître, tout approfondir, se passionnant pour toutes les manifestations - de la pensée moderne. Qui est pris dans ce toUJTbillon risque d'y gagner des migraines, sans grand profit pour sa culture intel~ lectuell~,

Qll''il prépare des examens ou qu' il travaille.. de façon désintéressée au développement de son esprit, l'instituteur se doH avant toot à sa dasse. Une classe bien prép·arée, faite avec goût et méthode, où maîtres et élèves sympathisent, n'e.>t iamais une classe fatigante. Ce qui fatigue le maître et l'énerve, c'est le désordre et l'indiscipline, nés d'une insuffisante préparation de la dasse, d'un dégoût profond de la profession, ou du defaut d'aptitude pédagogique; c'est le trava.n fiévreux. la leçon peu mürie et faite à la hâte, les efforts pour relever en peu de temps une cla~se longtemps néllli~ée... Mai~ le travail intelligent, méthodique, et surtüut le travail assaisonné de bonne hwnetlif n'est iamais du surmen~e.

* ** là, dira-t-on, une existence de bénédictin que vous proposez, comme idéal, à l'instituteur, et encore les bénédictins ont-ils leMs loisirs, leurs heures de récréation! » Une part doit être faite, ie suis le premier à le reconnaître, à l'activité physique, qui est le correctif indispensable de l'activité cérébrale. Une récréation ne doit pas être seulement tme lecture éliU coin du feu, l'hi· ver, ou sous ·les &bres de la cour, l'été; il faut mouvoir ses membres, « fouetter 'le sang», si l'on veut éVliter la paresse l'atonie des organes, les mauvaises digestions, les migraines, et tout un cortège de oetit!es ou de grandes infirmités qwi rendent plus pénible la profession ~ C'~t

et qui embrument l'existence. Les ce.> sont utiles auoc maîtres autant aux élèves. Il faut en user Auutne époque de l'année n' si favc·rable aux sports, que la des vacances. Profitons-en jouissons de notre liberté, imitons ieunes écoliers à qui noUJS avons les portes de la cag-e. Pédalons « à bes que veux-tu», sur les rootes breuses; allons humer, le matin, que ne s'évapore la rosée, les ques sen_teurs des bois. fuyons la prenons contact avec la teTre, où, veaux Antées, nous puiserons de velles ror.ces! Nous aurons fait ainsi, pour ·ta trée, de larges provisions de · Mais il ne faudra pas, pour cela, ses ses muscles en repos, car une d'inaction physique nous. ferait le bénéfice de nos' vacances. Si les. sports ne nous sont pas mis, ayons recours à la « suédoise». Rien n'est commode, quand on a de temps à consacrer aux exercices ~iques ou que le matériel '"''·"'""''._." défaut, <:omme cette gymnastique nelle, qui n'exi~e aucun appareil pendieux ou encombrant, aucun vement péruible ou dangereux et demande que de cowrtes séances. les matins, au saut du lit, dans sa bre, si l'on veut, W1 quart d'heure gymnastique suédoise, quatre ou mouvements à peine pouvant mettre ieu les muscles les plus. importants: la suffit pour donner force et pour « dégoŒdir » des organes dans l'inaction habitueUe où nous ~enons, remplissent ma~l leurs •v''"' ..v• On peut dooc travailler bien se pQrter. On peut remplir ment et avec zèle sa tâche, tout tant sur sa santé; c'est même un de <:Onserver pour nous et pour les tres cet outiJ. précieux.

L'art d'être bon maître (Suite.)

vrai d.anger, sinon pour la croyance, du' moms pour la vie de la foi. C'est par l'atmosphère rationaliste et positiviste que la croyance même est !llenacée. Cet air vicié nous enveloppe; Il n'~st_ pas de .solitude si fermée qu'il ne penetre dans ses germes morbides · à force de le respirer, nos tempérament~ chrétiens se débilitent. Et d'où sorlen•t les éléments qui empoisonnent ainsi le milieu moderne? Ils ne sortent pars seulement des Livres. des revues et des journaux, mais aUissi de la conversation de la tenue et des moindres gestes des hommes et de ce temps. Innombrable est la foule de ceux qui ne croyent pas. Parmi ceux qui croyent combien rai~ sonnent. agissent, comme s'ils ne cro· vaient pas? Les pl'u s fidèles mêmes sont timides et réservés en. faœ de tout sumatuorel. Elevée dans un air si pauvre en foi, comment la génération pourrait-elle être fortement trempée dfesprit chrétien? Cepeudant la foi reste vive encore dans nombre de ieunes âmes. Mais au contact de l'air méphitique du monde ces jeunes plantes garderont-elles la vi~ et seront-elles fécondes? ÜU!i, pourvu qu'elles gardent leurs racines plongées. dans les profonds mystères de la foi. AUissi menacée qu'indispensable la foi du maître est dooc un trésor s~ lequel il doit veHler. Comment s'y prendra-t-il pour la préserver et pour la développer? -

1~ plus précieux tréqu'un maître p~usse ouvri~ aux enqu'il élève. La est l'a SC1ence par. ;"•ICtJ~elllce. sam lqq uelle tout au!tfe sainutile; là se prend l'o. ""flmtatic>n vraie. sans laquelle toutes les s'égarent; là se puisent les énerpnaturelles, sans lesquel'les ne aarai!ent vivre les vertus quJ fructifient JMMU' J'éter.!'üté. Et si telle est, P.our les enfanfs. J'Jmportan<:e de la foi, avec quelle sollicitude le maître ne doit-il pss Ja nourrir en son âme? car, <:'est au foyer vivant de sa foi que l'es enfants allumeront et fortifieront la flamme de la leur. Autant la foi est nécessaire au maître. autant elle est difficile à conserver adive et pure dans son âme. Pewt-être cette proposition surprendrart-elle quelques lecteurs. C'est qu'il règne à ce suiet une illusion dangereuse: en génér.al. nous croyollJs bien notre vertu me.aac:ée. mais nous regardons notre foi comme assurée; aussi nous veill'ons sur notre vertu, et nous ne venions pas sur notre foi. Et p~urtant notre foi s'affaiblit par la routme ; elle tend à se corrompre dans l'atmosphère de naturalisme que DOitS respirons. L'habihrde des choses relig-ieuses no~s famitia~ise avec elles; les idées q_w nous avaient le plus vivement saiSIS dans notre ieunesse ce5sent de nous Ur~ t>ieuœ uwuiater· f1'anc-11Wntagnat·d. impressionner. Ce n'est pas qu'elles Ptrdent de leur éclat; mais nos- yeux ~umés à la lumière n'en sont pluG Btlows Les pr~ières touches de la Le Craelftx et l'enfant nous avaient donné conune la - ..... u,,H de la p·ré~ence de Dieu dans A l'école, le cr"U'cifix d'abord. On âmes : Je commer<:e quotidien que vante beaucoup auiourd~hwi' ·les leçons BOus entretenons avec lui a lentement de choses. Quelles leçons plus éloqueru~Oussé notre sensibÏH'té. Cette dispar- tes et plus effkaœs que celles qui tom~-des .io-ies sens.ibles, jo.intes à la bent du <:rucifix! L'enfant a besoin de ...W\.l:UpatlOn des affaires. devient un discipliner -Sta volonté par l'obéissan~e:

fnf.io. la foi est

••


22 qw'il re2"arde sur le crucifix Celui qui une autre voix continuât ce qu'elle avait fut obéissant iusqu'à la mort, et à la Mais hélas! il n'y avait personne dans Je n'osais lever les yeux sur elle mort de la croix. L'enfant a besoin de chambre. peur d'y voir les traces de la mort.... • combattre l'égoïsme: qu'il regarde Ce• Il y avait déjà longtemps que j'étais ltJii qui aima tous les hommes et qui se sorbé dans mes réflexions, lorsqu'un livra pour eux. L'enfant a besoin de ré- ment de ma mère me fit tressaillir. Je la prtmer l'orgueil et l'impatience: qu'il gardai : elle était pâle et me fit signe de regarde Celui qui fut douoc et hum- metlre à genoux. Je m'évanouis, pas vite cependant pour ne pas avoir vu le bre de -cœur. L'enfant a besoin de ré-. de celle qui venait de me quitter fréner l'amour désoordonné de la iouis- sur la croix de chêne. Maintenant je suis sance: qu'il regarde Celui qui a tant ie n'ai que toi! Tu resteras avec moi ju souffert. Celui dont les plaies ont éfé jour où j'irai rejoindre dans le ciel ceux j'ai aimés sur la terre. • creus~ par la sensualité. L'enfant, appelé à vivre dans la vallée des lar0 folie! Ô mme de Ces lUQJUÇUI mes. trouvera sur son cllemin la tris- qui enlèvent le crucifix des yeux, tesse et l'épreuve: qu'il regarde le cru- mains, du cœur de l'enfant! C'est cifix: c'est de lui gue descend la con- ravir la consolation; c'est lui ravir solation. pérance! Nous ne réSiistons pas au besoin de Avec le crucifix, l'école conswve citer ici la pa~e suivante. trouvée dans l'enfant, la prière, la prière dont un les notes d'un pauvre orphelin, mort à nen~ académkien, M. Legouvé, 14 ans, Lisez, vous tous, et faites goû- ciait ainsi l~s bienfaits: « Pour ter cette page si profondément attelll- disa1it-it je ne crains pas de l' driSSélll1te: Sli i'étais forcé de choisir J>Ollif c Oh! que je t'aime, mon crucifix, le seu\ fant entre savoir pri'er et savoir ami que Dieu m'ait laissé sur la terre. Ton <Lirais: · Qu~il sache prier. Car image noircie par le temps me vaut plus que c'est lire dans le plus beau des l'or du Pérou, et, à mes yeux, tu es plus beau au front de Celui d'où éma.n1ent que to~ les trésors de la terre. • Je me rappelle que, du temps où vivait lumière. toute ius,tiœ et toute Lumière. justice et bonté. quoi de ma grand-mère, tous les ans tu étais orné de buis. Souvent, dans l'année, je l'ai vue se nécessaire pom- l'enfant? prosterner devant toi pour adorer celui dont tu rappelles le sacrifice. • Plus tard, quand elle mourut, ma pauvre mère prit soin de toi et lorsque, accablée par son chagrin, elle était portée à murmurer, je l'ai vue plus d'une fois te regarder: et des larmes silencieuses coulaient de ses yeux. Lorsqu'arriva Pépoque fatale où notre père fut enlevé à notre tendresse, je me rappelle que c'est toi qui consolas ses dernier:s instants. • Je me souviens encore de cette époque terrible pendant laquelle je devins orphelin. Un jour:, ma bonne mère couchée dans ~on lit, me dit: • Louis, je vais te quitter... S01s toujour,s bon et sage, et tu seras heureux... Nous sommes pauvres ... Je n'ai que le grand crucifix de chêne ... garde-le bien, promets-moi de ne jamais t'en séparer... • Ma mère se tut; j'écoutais toujours, comme si j'attendais qu'

Peur développer l'e•prlt d'o Je ne crois pas inutile de un moyen qui a fait ses preuves et donne cfexcellents résultats pour la ture de l'esprit d'observation chez enfants: je veuoc parler du registre « Pourquoi? • Dans [a d'asse se trouve un sur lequel sont consignées par le tre toutes, les questions in•<>n.......,...,. concernant les observations que les ves ont faites et l'explication des mènes observés. Sous quelle fonne

IDO'fl1el1t seront ~osées 1~ ques. comment le maitre Y repondra; Ïà une affai~e de détai~, que c~a~ peut régler a sa maruere. VoiCI questions trowvées dans un ~~!Witte des «Pourquoi? » dans la clasécole primaire rurale: « Pouréteint-on une bougie en soufflant et pourquoi au contraire soufsur Je feu pour l'al'lumer? · fa.it-il plus froid all' sommet des montagnes que dans le.; vallées enviroooantes? on est œ~dat:J.t plus près du soleil! - Pourquoi taille-t-on les arbres pour les transplaJIJ.ter? - Pourauor. lorsqu'on croise Ull1 ti-ain express aui siffle. observe-t-on que la hau,teur du son donnée par le 'Sifflet change quand Je train s'éloiJrDe? - Pourquoi quand on regarde un arbre vert à travers un verre rouge, voit-on les feumes noires? etc. On remarquera que les que<>tions sont tds variées et que le~ enfants qui les. IIÛ posées ont fait preuve, pour quelques-unes du moins. d'un esprit d'observation assez développé. On ne :saurait croire combien cet exercice développe le senti'rrÎ.ent de l'émulation J)armi les élèves d'une cla,sse. Tous veulent trouver quelque chose et tous observent, réfléchissent, que<>tionoent. et ainsi ils prennent l'habitude, salutaire entre .toutes, de regarder aufour d'eux. de vouloir s'expliquer tout ce qu'ils voient. Il peut arriver parfois. que certains llves, avec les meilleures intentions du monde, posent des questions puériles; H faut bien se garder de les tourner en ~u.Je, de peur de les décourageT; on doit, au contraire, relever discrètement leur erreur et les féliciter pour l'effort IIU'iis ont fait. Certaines questions peuvent être emllarrassantes pour le maître; il peut" se lnluver à court pour donner une réponlf; et qu'importe? Il avouera fu-anche-

ment son ignorance. Cette attitude coura,geuse ne nuir.a P'a s à son autorité, bien au contraire, parce que ses élèves J:•ïg;nopent poirnt qu'il sait beaucoup de choses; et ils J'estimeront davantage de n'qvoir pas voulu les leurrer en l'e ur d-onnant une explication dont ils auraient senti le vague ou peut-êbre deviné :.a fausseté. Ce sera, du reste, une ex cellente leçon de modestie, utile aux jeunes gen:s qui s'imaginent souven.t tout savoir parce qtt'ils. ont quelques ,connaissanœs sc:'entifiques ou littéraires. Concunemment avec le registre des « Pourquoi? » qui est la propriété de la classe, on pourrait faire tenir aux élèves U!n camet individuel sur Iequel ils. ins.cr,iraient le résultat des observa. tions qu'-iqs auraient faites à propos de certains phéruomènes naturels. Ils devraient répondre, par exemple, aux questions suivantes: « Quel jour avezvous vu la première hirondelle? Quel iour avez-vous entendu chantier le premier ros·signol? - Dressez la liste des arbres fruitiers de vo.tre jardin à mesure qu'ils se couvrent de fleurs . A quel moment le prix des bœufs a-t-il au~rmenté? Pourquvi? Quelle variation St!bissait au même moment le prix des foins? Pourquoi? », etc. l'l est facile de multiplier les questions et d'obliger ainsi les enfants à observer noo seulement la nature, mais encore les phénomènes économiques et mêmes sociaux dont ils. sont les témoins.

L'habitude de l'ordre. Donnons l'habitude de l'ordre à nos élèves. - C'est par l'exempte que nous leur ferons acquérir cette qualèté. On a dit que l'o~dre a trois avantages : « il économise le temps, soulage la mémoire et fait durer les choses. » · De cette qualité dépendent d 'ail·Ieurs


24

beaucoup d'autres. L'ordre, c'est d'abord le travail régulier et bien exécu·té, c'est l'exactitude en toutes choses, c'est l'économie. la prévoyance, c'est la tran~ quillité et souvent l'indépendance. C'est parce que je vois daillS l'ordre la source de nombreux avantages que ie place ce~ qualité au premier rang au po-int de vue éducatif, et que je m'efforce de la faire acquérir aux enfants qui me sont ·confiés. Pour cela, j'estime qu'il ne suffit pas de leur parler de l'ordre: il faut, en toute chose, leur donner l'exemple. Nous voulons que nos élèves soient exacts en classe: rentrons toujours à l'heure; nous voulons qu'ils soient propres. que leurs vêtements soient bien tenltls: sovons nous-mêmes d'une propreté irréprochable. Que la salle de classe. la cour. les préaux. les cabinets, toutes les dépendéliilices de l'école soient touiours en parfait état de propreté, que tout y soit rangé arvec soin. Pour rna part j'attache une grande importance aux mille petits. riens dont l'ensemble cons.titue l'ordre en général et qui habituent l'enfant à cette qualité. J'exige que mes élèves place[llt avec soin leurs livres et leur:s cahiers dans leurs bureaux, ie veille à ce que les miens soient toujours bien ran1g éssurmatable, ie leur demande de recouvrir leurs livres: les miens sont toujours recouverts de papier fort. Ai-ie à prendre quelque objet dans le petit musée scolaire? Je le trouve sans recherche pa11ce que tout v est à sa place ; pour éviter aux enfants une perte de temps pour trouver la page de la leçon à expliquer, j'exige que -cette pa,ge soit marquée à l'aide d'une bande de papier, tout comme je l'ai fadt mo·i-même; je recommande à chaque enfant de placer le buvard ~ous la main chaque fois qu•n·s écrivent; je n'oubJiie jamais de le fadre; si je passe au tableau pou'r esquisser un dessin ou indiquer un devoir, ie ne manque pas

25 de replacer le chiffon et la craie à place respective. Cest par mille petits. détaHs de genre. et en m'observant beaucoup même. qll'e je suis arrivé à donner bitudé de l'ordre à beaucoup de élèves. De même qu'il n'y a pa~ de tits défawts, il n'y a pas de petites lités.

du parlicl:lliet: au général ou - •..r·"'' au p-arfi.culler.

l'enfant,

encore

,fTle, peut faire de faux

, , _ .M .....

qU"on distingue en• soet en paralogismes.. Le sophispeu habit:U!el à l'élève, qwi pas encore farder la vérité, est de mauvaise foi; quant aJogisme. sans être de maubien qu'il soit sincère, c'estraiso~nement faux, soit que les, préen soient ·erronées., soit que la ne découle pas exactement prémisses. Un espr.it juste enchaîne ses idées manière confonne à la nature choses; mais l'esprit faux iuge à c:ontre·sens: on doit donc essayer, dans ce dernier cals. de réformer T'esprit de renfant. L'étude des mathématiques pourra alors être un certain scienticisme. et amener l'élève à n'accepter pour mi Que ce qui peut être démontré. bien aue l'on soit convaincu qu'il y aH des ftrités certaines dont on ne peut cepen~ dant vérifier l'existence d'une manière mdente. L'étude des sdences. physiaues et nafurelles, et celle de la <:...omposition française habitueront aussi l'enfant à raisonner juste. L'instituteur n'aura qu'à suivre attentivement. dans Ja conversation et dans les. devoirs de l'élève, la filiation des idées, pour réformer oo'Ssitôt tout faux raisonnement, et faire en sorte qu'e l'enfant s'habitue à parler et à écrire, non seulement avec lim:érité, mais encore avec justesse.

;iltjiSJDie5

Pfoj

La raison de l'enfant La raison ou l'esprit préside aux de ta pensée; elle a, par conséq une part très importante dans la vie tellectuelle et moral'e. C'est d'elle v~ent 1~ raisonnement ou la faculté rdver à la connaissance de 1a Par le raisonnement l'esprit passe ne affi.rmation à oo,e autre. il connu à l'inconnu, c'est-à-dire proposition posée à d'autres tions qtlli se trouvent liées avec la mière d'une façon plus ou moins te ci nécessaire. Il se sert de la pour connaître et pour juger, il che et allègu'e des arguments pour ouver une opinion. Dans l'enfant me daniS l'homme, la raison est la cuité fondamentale. H faut donc la oecter et y faire toujours appel; les raisonnements par analogie que J'élève- n:e doivent point lui être · dits. Mais on doit lui apprendre v a plusieuTs espèces de "".'.,"" 111 '~m•m et parlicuHèrement l'induction et dudion. L'induction consiste à un faoit d'un premier fait connu. d'autres termes. quand on pose d' des propositions particulières, à des faits deià observés, et qu'on lève à Ulfle affirmation générale ou urne loo. on induit. La déduction. contraire. tire des conséquenœs culières d'un fait connu; elle d'une proposition générale aux sions qu'eUe implique. Ainsi on 1

Le travail, devoir et joie =

Le travail, tout utile qu'il es.t pour

la conservation et pour le développelient de la santé, doit être proportionné à la résistance de ·chaque individu. Ddoit notamment être variable suivant 1''-te: nul ~chez les tout petits, en tant

que travaiL comm:andé (car il y aura pour eux un mouvement suffisant pélii' les occupations et les jeux de leur âge) il sera gradué dans la seconde enfance et dans l'adolescence et approprié au développ-ement successif des organes et des fonctions. et il atteindra son plein exercice pendant tout le cours de l'âge adulte: il sera réduit ensuite à mesure que le déclin des forces s'accusera avec la vieillesse, mais il ·conviendra de ne lie diminuer que le mo·ins pocssible et le plus lentement qu'on pourra, soUJS peine de concourir. par une inaction vo· lontaire, à l'amoindrissement général de l'être quJi es.t déjà l'effet naturel de l'involution sénHe. Ce qUii précède s'applique, dans sa généralité, au travail intellectuel aussi bien qu'au travail physique, ces deux travaux avant d'ailleurs p·l us d'lUle analogie dans leurs conséquences physiolo-g"iques. Il n'y a pas lieu d'ÏJIJSister :ici sur les pai1tku1arités relativies à l'exerdce des facultés. qui présiden,t à leur a.ccomplissement; c'est là l'<>biet principal de la pédagogie. Qu'il suiffise, au point de vue qu:i nous occupe, deJ marquer expressément l'avan~e qu'il v a à vari~ et à faire alterner, dans: des proportions convenables, le travail intellectuel et le .t ravail physique, chamn d'eux étant pour t'autre à la: fois une diversion et un repas, ménageant ainsi le3 organes dans leur fonctionnement et leuT évi~ant la fatigue. Le travail est un devoir «Tu ~ragneras ton pain à la su!eUir de ton front » : ainsi a parl'é Dieu dans la Genèse. C'est par le travail que l'hom· me doit acquérir sa subsistance, qu'il doit a1ssurer le plein exercice de ses fa~ cuités "cl de ses fondions, qu'il doit r:emplir son rôle dans la sodéte. qu'il doit vivre en un mot pour lui~même et pour les autres. Nul n'a le droit de se soustraire à cette oblÏR"ation, quel que soit le sort que la Providence lui ait ré-


26

servé et quelle que soit la forme sous laquelle cette obligation doive se traduire: l'ouvrier comme le savant, l'artisan comme le penseur et comme i'artiste. tous doivent également, chacun. dans sa sphère, apporter à l'œuvre commune la Slomme ·de labeur dont ils sont capables, et aucun ne peut se prévaloir du privilège de ne rien faire, n'étant alors qu'une bouche parasite et un membre inutile. Le droit au repos n'apPéllftient même qu'à ·Celui qui a bien travaillé suivant la mesure de ses forces.

27

rendent égaux le berger et le roi, le et le sage. ,.

•••• L'en•elgnement de l'orthogrnp

Beaucoup de maîtres n'emploient core, pour enseigner l'orthographe, la dictée, plus ou moins rajeunie. lectures, les. exercices diV'ers de qui con1ribueraient efficacement à sultat, sont considérés PM eux, tort, à de tout autres points. de vue. Le travail est une ;oie résulte que .J'orthographe est Il n'y a pas de satisfaction plus inti- au oetit bonheur, souvent même me et p(us vive que celle de celui qu1i n'es-t point sue. Cela tient à la met la dernière main à son œuvre, crité et à l'insuffisance de la après avoir rempli sa tâch!e. Quelle comme moyen d'enseignement de joie pure et profonde quand on a·rrive thographe. Sans doute, les dictées au moment du repos, apr~ ooe jour- nent lieu à l'application de · née bien t:emplie! Les labor.ieux con- gle.> de g-rammaire et nélfÏssent seu·ls et sonlt seuls capab-les de Ce titre, à faire contracter 1 savourer les délices d'une distraction. raisonner l'écriture des mots d'une partie de p}.aisiT, d'un voyage qu' Elles contiennent aussi, ils peuvent s'offrir après avoir fourni quelques vocables dont la fMme une belle carrière de travaH opiniâtre. peut se graver dans la mémoire, si Ah! ie vais donc pouvoir me donner un s'inspire des données récentes de la peu de bon temps! Par contre . les oi- chologie du souvenir. Mais les sifs. les désœuvrés, les frelons, les pa- que l'on fait au cours d'une année rasites. les mouches du coche. toll's les réservent pas aux règles une part paresseux et les inutiles ne font que norüonnée à leur importance: ce promener parlout leur ennui. souvent les mêmes qui Après le travail peut venir la récom- tant pis pour celles qui n' ont donné pense sous forme de distractions, de à aucune application! Il en va ainsi ;eux et sulftout de repos. QU'and on a mots : en g·énéral, aucune méthode bien travaillé, le repos a son charme suivie dans lieur présentation aux et le sommeil es.t bon en même te:mps ves. L'enfant conna-îtra-t-il au moins que réparateur. Qu'on nous permette, forme des plus us.uels à la fin de sa à ce propos, de rappeler à peu près larité? Rien de moins sûr, car les ce que l'illll'stre auteur de Don Qui- tées ne les lui ont paS! chotte fait dire à Sancho Pança sur les montrés. Il es.t vrai qu'elles lui ont mérites du sommeil. « Quand ie dors, vélé peut-être des mots peu usités, à je n'ai ni plaisir ni peine, ni chagrin sonnance barbwe, et qui n'entreront ni joie, et béni soit celui qui inventa le tainement jamais dans son sommeil: c'es.t le manteau qui couvre Singulière compensation! Comment concevoir l'enseignement la pensée humaine. la monnaie qui paye toute chose, la b~ance et le poids qui )'·orthographe pour qUe 1

et l'orthographe de règles soient rénéralement respectées?" arrivera. pour la dermere, en Yune étude spéciale et systématide la grammaire. Il est à remarqu'a:u point de vue de l'orthograles mots variables sont seu.ls réelà considére~. On s'en occupe.ra tout particuhe~em~nt.. Les vanadu nom, de 1 ad]echf, du verbe, du pronom seront enseisimultanément car, d'ans la phrase présentent généra.Jenœnt enet l'une entraîne le plus ordi-11111... l'autre. E.t qu'on ne dise pas c'est là compliquer les ch-oses. et J'enfant n'est accessible qu'à ce qui e&t simple. C'est, au contraire, les pré~eGter comme elles sont, et si cela de1110de Wl peu plus d'attention au déJJut. cella habitue au moin.:s l'enfant à ne pas s'éloigner de la réalité. Avec nobe manie de tout décomposer, les élè• ne voient plus que les parties et point }'ejliSemble. Les règles capitales et -ques exceptions usuelles à propo:3 de chaaue pa.rVie considérée feront l'objet de notre étude et eHes se graveront factlemen1. grâ·ce à l~a répétition. Règles et exceptions, naturellement inférées de aombreux exempiles, seront revues à lftOOS des leGtUI"ies, donneront lieu à de; exeïcices d'application. Reste l'orthographe d'usage. C'est surtout ici qu'il convient de rompre ayeç les procédés en <:ours. A notre Iris. l'enseignement de l'orthographe <>.ll'l~tt!l(r.. doit aller de pair avec l'étude vocabubire. Elle en est le compléant indispensable. On enseigne la forme des mots, après en avoi.fl révélé l'existence, le sens et l'usage. L'étude cie l'orthographe suit ainsi une marche ~essive. On va du connu à l'incon111, du concret à l'abstrait, parcourant chaque année un cycle un peu plus étenda et suivant un développement parailie à celui de ·!·'expérience de l'enfant. 1

Les formes se lUavent par les exercices éocits qui accompagnent les leçons de langa,Q;e (souvenirs visuel et graphi· que), par l'impression qu'elles produisent sur l'ouïe (souvenir auditif) et par l'effort d'articulation nécessaire pour les prononcer. Elles se fixent encore par l'assodation qui se fait dans l'esprit entre l·a forme et 'le contenu du mot, car on a eu soin d'insister sur le sens., de le mett:re à la portée de chacun en obligeant à construire des phrases où entre le mot considéré. L'enseignement· de l'orthographe, rendu ainsi pJus métho·dique et p;Jus comp1let, donnera, croyonsnous, de meiJ.leu!fs résultats. Et la dictée, disparaîtra-t-elle des classes? On la wnservera, mais on lui réservera une moins grande plc1ce. Elle ne servira plus à enseif[ner l'orthographe, mais à vérifier si l'orthographe a été élJJ)prise. Elle oous fera connaître, en outre, si l'élève a bien· compris ce qu' on lui a didé: 'les confusions entre homomymes, les accords Înal faits, les nonsens seront nos indicateurs-. Enfin, par des questions appropriées, nous pourrons nous rendre compte de la comprèhension générale du morceau, et il nous sera facile, selon les cas, de provoquer, à propos de tel ou tel passage, des j ugements relatifs à ce qui est vrai, à ce qui est beau, à ce qu! es.t bien. Par là, la dictée deviendra, avec la composition française, un des moyens de se renseigner avec fruit sur la culture générale des écoliers.

••• JaBtlee à observer entre tons les enfant• La forme sous laquelle la iUJStice du maître se manifeste d'abord à ses élèv.es es.t celle de l'égalrité qu'il fait régner parmi eux; .si tous lui sont chers, tous· récl'ament ses soins au même titre, la confian-ce de l'auttor.ité et ce11'e de


28

leuirs parents, la faiblesse de leur âge

et le besoin qu'ils ont de ses. leçons. Votre devoi-r est d'accepter les. enfants comme il~ sont, de les aœueillir tous avec la même bonté, de leur prodiguer l~ mêmes soins. et de les élever le mieux que vous pourrez. La Providence a ses vues en les plaçalllt soos votre tutelle; c~ n 'est pas sans raison qu'elle vous a in~piré votre vocation. et elle ne vous a chargé de cultiver des intelligences si diverses. que parce qu'elle ré~ervaH un prix plus grand à vos efforts. L'enfant docile et instruit, qui a vu placer un camarade avant lui par la seule raison que son père est plus riche que le sien, ~'en .afflige et s'en irrite; il ne croit plus à la justice du maître, il lui retire sa confiance et son attachement; il n'a plus qu'un pas à faire J?OUr arriver au manque de respect et a la désobéi.ISsance. En même temp.s qu~ l'esprit de résistance a pris racine chez lui le découragement s'v est mêlé; il re~once à faire d'es efforts qui seraient méconnus. ou à tenter des succès dont un autre lui ravirait le prix. C'est Je maître qui apprécie tout ce que ses élèves font à l'école, qui les punit ou les récompense dans cette enceinte dont les limites sont celles de sa iur'diction; dès lors il est à leurs _veu.x la iustice en personne. et sa volonte fmt en quelque -sorte la l'Oi. Us doivent donc se proposer, pour premier but de leurs efforts de bien faire pour mériter son approbation, et d'éviter de faire le mal pour lui dépl~ire. Il faut pour cela qu1 ils. l'-aiment plus qu'ils ne le craignent; mais Hs ne l'aimeront, et ce désir de se conformer à sa vohmté ne deviendra la source et l'aliment de leur émulation, qu'autant qu'il sera juste, qu'il sera bon, qu'il sera ferme et exact, doux sans faibless.e, et sévère sans rudesse e~ sans colère. Le mattre colère ne sauraif être jus-

29 i.e. parce qu' il cède aux mouvement\ son humeuT, et qu'il est trop ooUir raisonner les châtiments. qu'il flige. Pour ne point franchir les borne~ la justice impo§.e à la punition, ne fligez jamaÏI$ sous l'empire du que l'a faute vous a causé; vous bien, pesez f!foidement sa rapprochez-en la puniti'On , et •·~~~~···- · rai·son et la coru;cience vous ont la solution du problème que vous tez, rappelez à l'enfant sa faute en de mo·ts, fa1tes~lui sentir en quoi ble&&é la règte et, l'obligeant s'avouer à lui-même son propre d'un ton en même temps ferme et tré. et qui laissera percer dans vos roles le chagrin que vous punir, pTon'On.cez la peine, pas promptement pour ne pa.s paraît're nir .avec trop de précipitation, mais sez tôt pour que, dans l'esprit! de lève. elle restie inséparable de l' qui la h,t.•i a fait encourir. Tout n'est pas matière à dans lq, conduite des enfants; il est étourderies, des actes de légèreté, certain éloignemen,t pour !"étude, .certaine mollesse datllS le travail, proviennent de l'ascendant · du caractère et de la ..v,,·.,.u•u••vll' l'enfant, qu~l lui sont préj .......,..·"•u•~ mais qu~ ne troublent pas l'ordre classe: ce sont fautes vénielles que châtiments .n'atteindront jamais, ou positions naturelles qu'ils sont sants à modifier; wsez ici droit de pun~r; vous tempèrerez la gue du caradre par les conseils, l'irriteriez par les châtiments. Vos hortartions, vos encouragements, procédés ingénieux prêteront des traits au travail et le feront arimer; punit•ions, en v associant l'idee d'un plaisir ou d'une privation!, l'élève et lui inspireraien:t, pour 1 de, une aversion que rien plus tard pourrait vaincre.

de choses

dique avec les produit5 des champs et de l'Jndustrie, à l'observation, à la réflexion. Présentez à l'enfant un morceau de charbon: sans l'aide d'une directiou sérieuse. son esprit et ses sens ne travai.Heront pas ; le maître au contraire par une série de réUexions. l'amènera à trouver ce qu'il veut lui apprend11e. Historique de la question. - L'idée de la leçon de choses es,t déià très. an'cienne. Rabelais exprime très nettement son opinion à ce sujet et préconise l'en· seignement direct. au moyen de la nature elle-même. Son élève doit -connaitœ « les oiseau.'< qui volent dans l'air, les herbes, et les métaux cachés dans les abîmes ». RoMseau proteste à son toiJif -contre ce qui éloigne l'enfant du monde extérieur. Emile, avec lui, ne recevra pas l'enseignement livresque, mais ses courses à travers la campagne et ses observations personnelles développeront rapidement son intelligence, Bernardin de Saint-Pierre et Victor Hugo (Cf. aux Feuillantines) reprennent des théories an10üogues. Pestalozzi et Froebel en Allemagne firent les premiers essai·s avec des balles de couleUir.s différentes et de petits bâtons. Mais leur but était moins d'apprendre quelques notion·s nouvelles aux enfants que de les exercer à l'élocution et à une parole correcte et gentille, ils visaient plus la forme que le fond. Utilité de la leçon de choses. - a)

innovatio~ de _I'er:•seigneprimaire, comme 1 exphcahon des est la grande innovation de l'en~.-WilieD'Ilem secondaire. Elle a inA:roduit .dans l'école, à -côté du maître et des ~. de nouveaux, ~rsonnag-es., ,.les t/JOSIS qui parlent a 1 enfant et 1 mstruïsent. Elle a ouvert la porte de l'école au monde extérieur, et les produit.s c1es chéllJlps et des bois, les cailloux du cbemin, les ustensiles du ménage, tout œta est eiJtré dans la salle de classe, mettant l'enfant, ce qui est le grand 1XÏJlclpe de la leçon de ·choses, e~ contad direct avec la nature, suppnmant ces intermédiaires abstraits qu'étaient le livre et la parole du maître. Mais pourquoi, dira-t-on, procéder dans l'école à ce contact factice qui existe natUirellement partout en dehors? C'est que œ con,t ad journalier, quoique réel n'est pa:s éducatif, -c'est qu'il est laissé au ha!Sard, c'est qu'il se produit pour chaque enfant touiours dans les mêmes circonstances restreintes. C'est que, livré à lui-même. l'enfant ne sait pas CO!ITIPrendre la valeur instructi- Discipline de la classe et effort intellectuel. - L'attention est très difficile à ft des choses. Il ne saisit d'elles qu'une fixer chez les enfants qui vivent entièYœ fragmentaire et superficielle. Un paysage, par exemple, le frappe; il re- rement par les .sens. La leçon de chomarque quelques traits saillants. ses très concrète occup~ leurs sens, capOue ce paysage se représente de nou- Nve leur aHention, les intéresse et est veau à lui, loin de pénétrer plus avant pour eux une source de plaisir. C'est dans la connai6sance qu'i·l en possède donc la garanti·e de l'ordre et de la disdéjà, les caractéristiques précédemment cipl1ne dans les d'asses en même temps observées le frap,peront seules au détri- que d'tm réel effort intellectuel. mtnt de toutes les autres. b) Connaissance supérieure des chol'école l'oblige à un contact métho- ses. - Rien ne supplée à la connais-

Ja .rraatde


30

sanre intuitive immédiate d'Uiil objet, rien ne remplace l'expérienœ et cest iu.stement cette méthode expérimentale qui fait la va~leur de la leçon de choses. I.'en:seümement secondaire et supérieur n'emploient pas pour les sciences une méthode différente. Autrefois les collections scientifiques. da!1JS les pen~­ sionnats lo1'squ'i•l en existait, n'étaient montrées que rarement aux élèves. De nos jours. on vise à leur mettre, autant aue possible, les objets entre les mains. En Sorborune, par exemple, chaque élève fait les expériences.. les dissections et manipule lui-même les appareils. Gardons toujours soigneusement à cette leçon ISOn. oearadère concret et intui-tif, UJile connaissance approfondie des objets en sera le résultat pratique. c) EdlllCation des sens. - C'est à la leçon de choses qu'on s:aperçoit le plus facilemenrt: des imperfections des sens. fréquemment l'enfant observe d'Uiile façon incompJète, fréquemment é~ale­ ment · H interprète mal ce qu'il voit. ces défauts sont beaucnup plus réparr1dus qu'une altération réelle de l'organe. Il faut savoir regarder et l'élève apprendra PM les exerdces de la leçon de chos.es: ·c'est par l'interprétation des données sensibles que l'e~prit juge les objets qui l'environnent·. d) Education du raisonnement. L'enfant· doi·t réfléchk pour comprendre l'utiilité des objets. présentés, leur provenance et pour les comparer à d'autres objets. Son intelligence s'exerce par tourte une gamme d'opérations intdlectueUes depuis •l 'analyse de la simple sensation jusqu'aux opérations les plus compliquées. On lui donne l'habitude de tirer l'intelligible du sensible, de p_enser non in abstracto, mais au sujet des choses. Il gard.era cette prédeuse disposition d'esprit dans l'existence. e) Education morale. - Le -contact direct avec les choses telles qu'elles sont, la nécessité d'une exactitude ri-

Sl

gowreuse, développe chez les besoin de la loyauté, de la sincérité, l'exacUtude. La probité scientifique essentiellemerut éducative.

Partie pratique Compo•ltlon frauçal•e Les devoirs de l'homme envers même reposent sur re principe: tht dévelopner son <<humanité ». eu être raisonn2.ble. Ces devoirs sonnets se divisent en deux gr.oupes devoirs à l'égard du corps, les ffi.Vers J'âme. Si tranchés que ces pes apparaissent. il·s offrent u<;c:u•uu~ bien des points de ·contact; moral sont en effet étroitement réagissent l'un sur l'autre; de telle te que, séparés en théorie, il arrive en pratique les soins de l'âme et du corps se rejoignent. Parmi les devoirs envers le corps I'I:incipa_ux semblent être ; les '"'"'''""prop_reté, de décence, de Nous nous. contenter<>ns de les Parmi les vertus morales, nous tin~uerons en premier Heu la vis-à-vis de soi-même. C'est le souvent répété, de Socrate: « toi .toi-même. » Cette vertu est la t.jon de toutes les autres. Nous savorr quelles son~ nos tendances, défauts, nos qualités; nou'S devons avouer à nous-mêmes les motifs de décisions et les mobiles de nos En un mot, édairer notre nous soumettre nous-mêmes à scrupuleuse enquête. Rien n'est plus vorable au mal que le demi-l!rouble on laipse même au fond dJune âme nête. que le mensonge captieux qui guise adroitement une laide · Loyaux vis- à- vis d~ nousmes, il nous fault être à l'égard des biens qlllÎ s à nous. De même qu'il existe

=·

tempérance matérielle il existe une teniance morale: qu.'i,l s'.a~i:sse de sad'affection ou ~ achv1te. N~us ne ckWflS pas nous la1sser asservir par Q1IOÎ que ce soit. J.l faut conserver des. dloses et des hasaros. La torce est encore nécessair~. pour résis~er aux -douleurs de la Vte, aux sur~nses des .,a)adies de la mort, des rumes. Non Jllœ q~ J'esclava,ge des appétits imno~s ne de~ons accepter celui . , besoins massouv1s. fpfin rJO·US devons être soucieux de notre dienifé, c'est-à-dire que, vis-à-vis des autres. il nous faut maintenir notre caractère d'homme droit et libre. Nous avons à défendre les croyances . les opi., les certitudes que nous possé· d n," Je·s actes que nou:s avonoS posés après mûre réflexion. Ce n'est qu'après nous être ainsi formés. nou~mêmes que ODUS serons aptes à remplir nos devoirs familiaux et sociau,x. Rlfléchir à cette question. - De la c:alture intellectuelle. Son rôle dans la vie morale.

-h"és.

SUJE'I: DE DEVOIR. - Les principaux moyens qui peuvent servir à développer la

eoascience morale. Une leçon de morale

Utilité de la morale. - Grâce à eUe, nous pourrons combattre nos défauts - acquérir des qualités - poursuivre toujours notre amélioration morale en essayan.t de nou:s rapprocher le plus possible de la perfection. Elle nous rend capables de bien nous conduire dans la vie et de remplir notre rôle dans la société en faisant le PlUiS de bien possible autour de nous. Nécessité d'étudier la morale. - On ne peut rien reprocher à celui qui, ignorant le bien et ·le mal, néglige l'un et accomplit l'autre; tandis que celui qui agit en connaissance de cause est responsable de ses actes. Exemple: votre maître adresse une lettre à vos pélrents pour les informer d'une faute grave que vous avez commise. La lettre est SUif la table. Votre petit frère. bébé inconscient, la prend et la déchire. Il n'est pas répréhensible. Suupposez que la lettre soit détruite par vo·u s dans le but d'éc-happer à des réprimandes méritées! L'action matérieHe est la même et cependant vous êtes _coupable, parce que vous savez que vous ne deviez pas agir ainsi: (Animer le récit. Faire trouver d'autres exemples. Exercer le ;l/Jf{ement des enfants.) Donc, il faut savoir ce qui est bien

Objet de la morale. Son utilité. Nécessité d 'étudier la morale. Comment doit-on l'étudier.

ou ma~ et, pour cela, il est nécessaire d'étudier la morale.

Obiet de la morale. - Me.; enfants, ~ u; ê ~::;; à l'école , non seulement p::ur l{!Ut l ir les connaissan.ce;; nécc:s.s::tires à la ';e. !!:d;; e.~~core poulf a.j)pre,;cir.: à bien vivre, c'est-à-dire à remplir toujours votre devoir, en tnut temps et en toutes choses. Mais Püt!Jf bien rempl'ir son devoi·r, il faut le bien connaître; c'est-à-dire savoir discerner nettemen.t le bien du mal, ce qui est iuste de ce qui ne l'est pas, ce qu'on doit faire et ce qu'on doit éviter. C'est là l'objet de lél morale.

Vous voÜ·s appliquerez pendant les leçons de morale à sentir autant qu'à retenir. Vous. .apporterez à l'étude de la morale toute votre attention, toute votre intelligence et surtout tout votre cœur. Il faut qu'après cha:cune des leçons, vous vous sentiez meilleurs, plu:s disposés à faire le bien, plus sévères. pour vous-mêmes et plus indulgents pour les autres. Ce sera pour vous l'heu. re des pensées généreuses et des bonnes résolutions que vous aurez à mettre en pratique.

Comment doit-on étudier la morale?


enf au 3-~o 2 de ,f &cole,,

32

La morale vous fera mettre le devoir au-dessus de tout, elle vous indiquera le chemin à suivre pour l'accomplir tou.. jours, et gràce à elle, vous saurez tenir honorablement la place qui voUJS est réservée dans la vie. Résumé. - La morale a pour objet la science du devoir. Elle nous apprend à bien connaître notre devoir et à le remplir. Grâce à eNe, nous pouvons poursuivre notre .amélioration personnelle et nous savons mieux remplir notre rôle dans ·~a vie. Il est nécessaire d'étudier la morale, afin d'apprendre à d~scerner nettement le bim et le maJ pour faire l'un et éviter l'autre. Il faut étudier la morale en s'efforçant de sentir autant que de retenir. Il fawt y apporter tous ses soins et surtout tout son cœUJT a.fin de savoir metire toujours le devoir au-de55us de tout et de l'accomplir conscierlcieusement.

Jtllettes péda"oglqae1 == L'enseignement de l'histoire locale S'il est utile de faire connaître à l'enfant l'histoire du pays où il est né et dans lequel il est destiné à vivre, il ne faut pas pour cela lui laisser négliger l'étude de l'histoire nationale, qui doit toujours occuper la première place. Il ne s'agit pas d'étudier séparément la région et le pays, encore moins d'opposer l'une à l'autre; l'élude de la région doit, au contraire, rester en harmonie avec l'étude du pays, et même lui ven ir en aide, l'éclairer, la rendre plus concrète, plus intéressante, plus profitable. Il faut surtout prendre de l'histoire locale ce qui peut être utile à l'enfant pour connaître et aimer son pays considéré comme une partie d'un tout, comme jouant un rôle dans un ensemble. L'amour de la région provoque l'amour du pays tout entier, mais seulement s'il est réfléchi, ~inon il peut présenter des dangers et faire perdre de vue l'intérêt général, et, par exemple, dans certains cas, provoquer d'injustes revendications.

xxx.

La classe-promenade Il ne faut la confondre ni avec scolaire, purement hygiénique et sorte de récompense exceptionnelle, classe en plein air, .spéciales à la té et aux écoles mal aérées, et qui de la classe normale que par le rieur. La classe-promenade est à la rieu·se comme celle-ci et libre comme elle associe étroitement l'éducation au n-at_ut1el, p.ris comme élément « elle met au premier plan les d'intuition ou d'observation (géographie sique, agriculiure, lèçons de choses) lise • les sciences abstraites ' r2pproche les laits lointains l'imagination par le spectacle des fennit le sens moral et social par d'e la vie et des hommes. Elle sert d à contrôler les notions acquises, de éveiller des idées nouvelles.

xxx • Préparer sa classe? disait un jeune t.re, voi là bien une idée d'inspecteur. bon cela pour les vieux maîtres. moi, je suis abonné à un excellent dagogique. J'y trouve tout ce dont soin, des exercices abondants, avec gés, des plans de leçons très bien • Trop bien faits, cher Monsieur, lui dit un confrère, et pouvani convenir à à la population bariolée d'une école ou aux classes homogènes d'une le à plusieurs classes; en un mot, gogie passe partout. Votre revue pé<lagop vous fournit des documents, vous idées; elle ne peut faire, ni remplacer travail. • « Préparer ~. ce n'est pas seulement courir des manuels destinés aux élèves instruit, c'est aussi s'instruire sur les tions qu'on veut enseigner, dana des pour les maîtres; c'est encore chercher explications, ses exemples, dans la vie milieu immédiat.

-----------

• Un inspecteur scolaire à un régent: j'espère que vous n'oubliez pas de mettre élèves en Ja'arde contre les dangers de Jisme. - Oh non, M. l'Inspecteur. leur dites-vous? - Qu'il ne faut pas ner à l'ivroi?Jlerie avant d'avoir atteint de raison.

Etre bon .

trop volontiers qu'êUs l·ma<Yinons Nou• no'est "' la char1't'e, e t sm1p - 1ement {aire bon, c Et les pauvres, c'est celui que -uvres. • - 1e, et qm. mend-Je, d ans rtre dégueml ~c~~t ~lui pour qui _l'on quête à l'éc'est ~el_m que, d'aventure, 1· domicile; ·ter dans sa mtserable demeure, et, YI VISI J'on dorure, avec quelques sous et quelqui bons de pain et de chauffage, des conet des paroles de consolation. n en résull~, ~t ~i tant est que nous accom lissions vts-a-vJs de ces pauvres notre selon les exigences éclairées de n~tre conscience que nous nous croyons volonhers alfrallchis 'de toute obligation à l'égard du reste de nos sembl_a?les, du moins d~ ceux avec qui les condrhon.s de notre extstence nous mettent en rapports plus ou moins fréquents. . C'est trop facile, et ce n'est nt selon l'Enagile, ni selon. l'humanité, pui:que, au lieu d'enrichir notre nature et notre ame, c'est les amoindrir. en les assujettissant à un égoLme etl une dureté progressifs, et qui ne tardent pu 1 devenir tout à fait prépoudérauts. ftre bon, sous la garde de sa conscience et d'un esprit averti, c'est être disposé à donner de soi, d'une manière habituelle, donc, consute, dans la mesure de ses moyens, selon sa position et selon les circonstances. C'est donc ne pas éliminer systématiquement et pour des raisons pius ou moins vaiaea de tranquillité, ceux qui ont affaire à nous, Ja vie le~ ayant placés près de nous, et quels que .soient leur condition, leur éducation, leurs besoins et même leurs détresses morales et leurs fautes. Cest s'intéresser alors à tout ce qui les touche, <j.e quelque manière que ce soit. Et il a s'agit pas seulement ici du parent, :le l'enflllt, du collègue, de l'élève, de la personne de notre rang- ou dont quelque chose nous Datte. Il s'agit de tous, du parent plus hum· hie et plus éloigné, de l'inférieur, du domestique, du fournis~eur, de celui qui, recomman· d6 à nous, se recommande surtout du fait de a requête, et de la confiance qu'il nous té-

et

= .,!r,

IIIOigne.

C'est faire preuve sans cesse d'un esgrit bien comprendre la pensée d'auIrai, son état d'âme, sa position, ses besoins, 11118 parti pris, en toute bienveillance. C'est ~. po~r

dans la mesure du possible, à ce point de vue, se substituer à lui. C'est offrir un cœur sensible, tendre, corn· palissant à l'égard de tout, absolument toui ce qui atteint le prochain, tout ce qui le fait souffrir, tout ce qui le blesse, alors que, plus forts ou plus heureux, nous avons peine à nous en faire une id:ée. C'est se mettre à sa disposition pour l'assister et non en lui faisant valoir nos services, mais en nous adaptant à lui et à ses be-soins, fût-ce à ses exigences exagérées et avec une telle plasticité de cœur et de procédé& qu' il semble que tout ce qu'on lui offre vienne de lui~ et que, plus volontiers, l'on se croirait son obligé. Etre bon, c'est savoir aussi se garuer à ceux que l'on aime et qui vous aiment, <:t quoi qu'il arrive, dussent l'amour-propre ou la situation en souffrir, leur rester fidèles d-..ns l'amoindrissement et l'adversité. Etre bon, c'est encore, entre autres choses, résister enver.s et contre tout à l'égoïsme ambiant, et laisser son cœur sereinement ouvert et prodigue de soi quand l'usure de la vie, quand l'indifférence commune, quand l'oubli des services rendus, quand le mépris même de qui les rend, devraient bien plutôt le fer· mer et l'endurcir. .M.ais l"Evangile ruisselle de bonté, et c'est toujours Notre-Seigneur qui peut le plus heureusemeJli nous servir de modèle, Lui dont la bonté fut divine et humaine, tout ensemble, infinie, àppropriée à tous, inconditionnée, in· lassabJ.e, tendre, et si souvent même auda· cieuse.

----------~·~···-----------

V écho M. Nartem, fabricant de bougies, - les bougies • fiat lux "• exiger la marque et l:r signature, se méfier des contrefaçons, - avait amassé une fortune rondelette en répandant la lumière· il avait cédé la fabrique et était venu se retirer dans son pays natal, un village du département de l'Aisne, d'où il était parti sans un sou tren~e ans auparavant. Quand on a réussi, on est toujours heu· reux de revenir dans son pays et de voir des compatriotes qui vous regardaient à peine autrefois, vous saluer jusqu'à terre. Il était venu avec sa femme et ses Q.eux fil.


11

10 les, Gertrude et Apolline, deux filles à ma· rier qui n'étaient pas jolies, jolies, mais que les écus de leur père embellissaient considérablement aux yeux des prétendants. Le fabricant avait acheté un parc immense dans le ~tyle rococo avec des ponts-levis, d~s tour~lles des clochetons, - chacun prend son plaisir où il le trouve. II recevait nombreuse société, donnait des dîners, invitait à ses chasses. • C'était un des seigneurs de l'endroit; je dis un, car il avait pour voisin un autre châ· telain, le baron de Lustros, banquier enrichi, qui était possesseur d'une grande propriété attenante à celle du fabricant. Les deux châtelains recevaient à qui mieux mieux. La nature avait doté le parc du baron de lustros d'un écho qui faisait l'admiration du pays, un écho qui répétait trois fois les phrases qu'on voulait lui confier. C'était la merveille du canton. M. Nartem en entendait constamment parler; il ne donnait pas un dîner, il ne pouvait pas faire visiter son château sans que les hôtes lui en fissent l'éloge: -- Avez-vous entendu l'écho du baron de lustros? - Votre parc est superbe. quel dommage qu'il n'y ait pas un écho comme chez Monsieur de Lustros! - Quel malheur qu'une si belle propriété ne possède pas d'écho; elle n'aurait rien à envier à celle de Monsieur de Lustros! Cela a2"ar;;ait Nartem. Le baron était plus fier de son écho que de ~a fortune; il le vantait à tout le monde. Les journaux du département le citaient. L',Echo de l'Avenir" le prônait dans ses colonnes. Les poètes le chantaient. Un rimailleur du cru avait composé une pièce de vers en son honneur. Elle se terminait ainsi: Et, sortant de la chapelle, Si, doucement je t'appelle. Gentil écho; · Tu réponds: écho. Rimes riches, harmonie imitative, rien n'y manquait; la pièce eut du succès. Cela horripilait M. Nartem. L'amour-propre s'en mêla; le fabricant résolut de posséder un écho, quitte à dépenser n'importe quelle somme. Il fit venir un célèbre architecte de Paris

et lui commanda de lui livrer un écho que coûte. . L'architecte visita la propriété et décidt l'mslaller au fond d'un petit ravin qu·1 trouvait à une extrémité du parc. n traça plans, établit des devis, fit construire J!rotte, l'entoura de rochers de granit qu'il hl envoyer à grands frais des Vosges. - Vous serez content, dit-il au d'après mes calcuJs, il devra se prod fond de la grotte une répercussion des sonores qui répètera les sons. Quand tout fut terminé, on grotte: pas le plus petit écho. L'architecte fit ·ses calculs, démolit tout, changea les chers de place. Les ondes sonores restèrent sourdes à les les combinaisons. Sous un prétexte quelconque, s'introduisit chez le baron de Lustros, les lieux où se produisait le célèbre se dissimulant, il prit des plans, pu·u''"'l{r;1a le terrain et, muni de tous les reproduisit exactement le site dans le M. Nartem. C'était à s'y tromper; il ne manquait l'écho. Furieux, M. Nartem renvoya 1 mais il ne renonça pas à son projet. Posséder un écho devint pour lui une s_ession. - J'ai trouvé! s'écria-t-il un jour. - Il d,evient fou, se dit sa femme. Le fabricant avait une idée; il avait qué dans le vilage un jeune paysan à 1 J!ence très éveillée; il alla le chercher et conduisit dans le parc. - Tu sais ce que c'est qu'un écho? demanda-t-il. -Oh! oui, monsieur, dit l'enfant. - Tu en as déjà entendu? - J'ai entendu celui de monsieur le de Lustros. - J'en étais sûr! s'écria le fabricant; rais-tu l'imiter? L'enfant se mit à rire, croyant que le telain plaisantait. - Je parle sérieusement, reprit le cant. - Je crois que oui, répondit l'enfant; ne doit pas être difficile. - Essaie; répète la phrase que je m:ononcer: fera-t-il beau! - Je n'en sais rien, monsieur, dit - Il ne faut pas répondre, il faut la phrase.

J

comprends, dit l'enlant; fera-t-il beau? :bricant continua l'exercice ju~qu'à ce le paysan eut bien saisi ce qu'il attendait

j;

='rk

fit venir le lendemain et les jours suiil Je posta dans le ravin, derrière un et recommença la leçon, l'exerçant à quatre fois les phrases qu'il pronon~ rendant. exactem~nt l'i_n!onation de la et en dimmuant l'mtenslfe du !>On pro:• .uven~eni de manière que, la dernière fois, ptu:ase n'arrivât plus à l'oreille que comme 1111 ldJo lointain. L'enfant se prêta de son mieux aux fautailieS du châtelain. _ Quand tu imiteras bien l'écho, lui dit œ dernier, je te ferai ap~ler souvent et je. te doDJlera.i œnt sous par seance. Cela te va-t-11? _ Monsieur, dit le paysan, pour cent sous, Je ferai tout ce que vous voudrez. Le châtelain lui recommanda la plus grande discrétion, sous peine de perdre l'emploi. Après un mois de répétitions, l'enfant était IJ'rivé à imiter très bien l'écho. Le châtelain ae décida à instruire sa femme de ses expé.rïenœs et à donner une répétition en sa IaJi~~~~• ~

_.,.r

:X

'Vtllf·

Mme Narton trouva le procédé original, lais elle émit des craintes.

- Réfléchis bien, dit-elle à son mari, si cela ne réussit pas, nous serons couverts de ridicule. - Tu vas en juger, dit Je châtelain, mon sujet imite l'écho à s'y méprendre. L'enfant se plaça comme d'habitude dèr, rire un rocher. - Echo gentil, dit le châtelain. L'enfant répéta quatre fois la phrase en affaiblissant graduellement le son. -· C'est merveilleux, dit Mme Nartem; si je n'étais pas prévenue, je jurerais que c'est un écho véritable. - Tu es convaincue! exclama son mari triomphant, je continue. - Je suis l'écho, cria-t-il. - Je suis l'écho, redit quatre fois l'enfant. - L~cho de monsieur Nartem, reprit le chltelain. - Echo de Monsieur Nartem, répéta l'enfant. - C'est pariait! s.'écria le châtelain. - Parfait, parfait, parfait, pariait, dit l'écho. - II est étonnant! - Etonnant, tonnant, tonnant, t01mant.

- Cela suffit, dit le châtelain, tu peux quitter ta cachette. Il recommanda de nouveau la plus grande discrétion à ~on acolyte. - Jeudi, lui dit-il, j'aurai du monde; tu viendras prendre ta place de bonne .heure et tu imiteras l'écho. - J'y serai, monsieur, dit l'enfant. Le jeudi suivant, de nombreux invit~s s'étaient rendus diez le châtelain: pendant le dî· ner, il amena la conversation sur les échos; aussitôt chacun cita celui qui existait dans la propriété du baron de Lustros. - Moi, dit Nartem, j'en ai découvert un qui est supérieur. - Pas possible! s'écrièrent les invités. - Celui de monsieur de Lustros ne redit les paroles que trois fois ; le mien les répète quatre fois. - - Où se trouve-t-il? demandèrent les hôtes. -- Dans le parc, dit Nartem; je m'en suis aperçu par le plus grand des hasards. - Vous nous le ferez entendre? - Quand vous voudrez ; après le dîner. - Monsieur de Lustros va être furieux, remarquèrent les dames, lui qui est si jaloux de son écho. - Je l'espère bien, se dit Nartem. - Les invifés passèrent au salon, prirent le calé; on était au mois de juillet; par les fenêtres ouvertes, on voyait onduler, sous les caresses du vent, les arbres du parc couverts de feuilla~e; le spectacle était ravissant. - Allons entendre l'écho, dirent les invités. - Je vous précède, dit Nartem qui prit les devants; il est au fond du parc. Les invités suivirent, un peu incrédules. Arrivé au bord du ravin, Nartem s'arrêta; les invités formèrent le cercle autour de lui. - Echo, es-tu là? dit le châtelain d'une voix vibrante. Et l'écho répondit: - Oui, monsieur, j'y suis depuis deux heures. Eugène FOURRIER.

Le Beurre Le be~rre est une substance formée par la réunion de toutes les particules graisseuses du lait, auxquelles viennent s'ajouter quelques sels du lait, un peu de lactose et de caséine. Le beurre donne, à l'analyse chimique, de


12

13

la butyrine, de la caprine, de la margarine, malade dépassait cetie mesure, il s de la stéarine, de l'oléine. Le beurre de chè- à l'embarras gastrique et à la diarrhée vre contient en plus de l'hircine, qui lui don- tarderait pas à l'épuiser et à lui faire ne une odeur particulière. ce qu~il aurait gagné. • C'est à l'acide butyrique volatil que le L'obèse, le goutteux et l'arthritique beurre d.oit son odeur c sui generis». vront user du beurre avec circcms]pec:tio n. Le beurre participe des qualités de la crè- aliment fermentant facilement dans me et du l'ait dont il prov~nt. Selon la race digestif indolent et ralentissant les des vaches qui le produisent et la qualité des Le beurre compense la suppression des pâturages, le beurre a un arôme plus ou drates de carbone chez les diabétiques. moins fin., une saveur plus ou moins délicate. pourront en prendre deux cent& grallll11es Le beurre entraînant avec lui une grande jour et s'aideront des légumes verts pour partie des ferments microbiens du lait, s'altè- faire tolérer à leur estomac. re promptement lorsqu'il est exposé à l'air. Le beurre chaud doit être rayé des II rancit alors, prend une nuance plus foncée rations culinaires destinées aux dy et un goût âcre. Pour conserver le beurre aux malades atteints d'éruptions frais, il faut le placer dans une cave, dans dues à un déplorable fonctionnemen+ une pièce d'une grande fraîcheur oi:t ne rési- nal, d'acné ou d'eczéma; mais le beurre de aucune matière végétale ou animale pou- ne leur e~t pas interdit. vant entrer en décomposition, où il n'y a ni L'action calmante du beurre frais peut fromages ni boissons fermentées; il faut le utilisée chez les hyperchlorhydriques. préserver autant que possible du contact de Pour conserver le beurre par la l'air, on peut aussi le saler. on incorpore 80 gram. environ de A l'état frais, le beurre est d'une digestion à un kilograrrm1e de beurre, et on facile, grâce à l'extrême finesse des particu- tout. I.e sel entraîne, en fondant, toute les qui le composent; il devient lourd et in- restée dans le beurre. On le met ensuite digeste quand on l'a fait chauffer. La chaleur des pots de grès secs qu'on recouvre évapore l'eau qui sépare les particules et le couche de sel, d'un linge blanc fin et d'une pote de papier. La saumure qui se forme rend attaquable par les sucs digestifs. Le beurre noir redevient facilement diges- . Je pot quand le beurre se dissout doit être tible, la haute température par laquelle il a levée de temps en temps et remplacée par l'eau salée. passé produisant une dissociation partielle Le beurre ainsi préparé se conserve des graisses en acides. Dans les pays froids, dans nos contrées, s'altérer pendant plusieurs mois. Quand on veut le conserver pendant en hiv~r, il est bon de faire une grande consommation de beurre. Les graisses luttent an, il faut le faire fondre dans une contre la déperdition de la chaleur; elles res- de fonte, sur feu doux, en ayant soin de treignent les dépenses, exercent sur nos échan- tirer avant qu'il roussisse et lorsqu'il est ges une action d'épargne et constituent des pide. Les déchets, les substances étrangères matériaux de réserve. Les tartines de beurre remplacent donc précipitent au fond de la chaudière. l'huile de foie de morue chez les débilités, les On laisse refroidir un instant le anémiques et les enfants qui éprouvent de la fondu, et l'on en coule la partie claire répugnance à la prendre. Pour éviter les trou- des pots en grès qu'on place dans un bles gastriques, il est bon de restreindre la frais et sec pour éviter la moisissure à ration de beurre au moment des grandes cha- surface. MONTENAILLES. leurs. Les abus de beurre fatiguent le foie, et les acides gras auxquels ii peut donner naissance par sa fermentation ont tendance à s'élimi~eurasthénique ner par la peau et l'irritent au passage. = Le beurre est recommandé aux tubercuC'était il y a deux cents ans, peut-être leux. Son bénéfice se traduit par une diminution dans les pertes en phosphore et en azo- cents. On ne sait plus au juste. Les te et par une augmentation de poids. 100 à se sont perdues. Peut-être n'ont-elles J 150 gra~s par jour sont suffisants. Si le existé. Peut-être n'y a-t-il eu jamais que la 1

Un

. 'est transmise de génération en qut s les bruyères roses de BretarillllfrltUCibnC:If du flot tantôt chanteur, tantôt

·re est simple, extrêmement simple sans détail. On n'en ferait pas un . on n'en ferait pas un drame on' ne peut faire le pain des petite bouc~ée du pain des cœurs. un jeune se1gneur breton. Il désans maladie caractérisée. Il ne dorU ne dormait j~is. Qll} avait sommeil! • On ne satt. Peut-etre un cllqrin d'amour; peut-être la vague inquiétu• de René; peut-être un mal se~et et profaad• peut-être un remords; peut-etre ce retrel 'particulier que j'ai appelé quelque part fe ~t de l'avenir. Il exist~ chez les ê~res l jJIIIgination ar~ente et spac1euse. Ils votent tout J'avenir posstble, sous toutes ses formes, beaucoup trop de formes et ils souffrent 10111 d'avance du regret d'y être inférieur et de J'impUissance à l'~mbras~e~ . . Que sais-je en!tn? Il etait tns~e à mounr et ne pouvait trouver le somme1!. Un neurasthénique de. la clientèle du Docteur DudwJ1ps lùi disait naguère : • Il me semble que • je pouvais dormir deux ans seulement je .sais guéri •. Notre seigneur breton n'en de..,.tait pas tant. II disait: • Si je pouvais dormir seulement deux heures! • Son souhait modeste n'était jamais exaucé. 0 courait après Je sommeil; c'est-à-dire qu'il ~mposait de l?ngues marches sur_ les grèves ou parmi les aJoncs de la lande. Rten, que de la fatigue et qui semblait chasser le sommei~ plu encore que ne faisait le repos. _Partout, st Je corps était brisé, les yeux resta1ent ouvert, plonieant au profond ciel des nuits. Il- disait 8ernellernent: c Requiescam! » et je ne sais quelle voix, qui semblait le suivre et retentir toujours derrière lui, lui répondait: •Veille!• C'était tout simplement un neurasthénique CIDIIIIIIe disent les médecins d'aujourd'hui ou Ill psychasténique; car de mots qui disent œ n'est jamais avare, on n'est jamais à court. u médecine est très verbale, sans vouloir dire qu'elle soit verbeuse. Ah! s'il suffisait de trouver un mot pour définir, et s'il suffi•it de définir pour connaître, et même s'il lllflisait de connaître pour guérir. Mais dans œ temps-là on ne définissait même pas, ce 4Ui. du reste, valait peut-être encore mieux. Et notre malade non défini se désespérait, liOil pas sans douie de n'être pas défini, ce QUI sans doute lui étai-t égal, mais de ne pas

•::lllf4DII(III&n•~

,-·--·s. r

être guérissable, ce qui, en tout temps, fut douloureux. Un jour il arriva près de Périn, qui lui-même est à • une lieue de pays • de Saint-Brieuc. Le site était sauvage et plutôt inhospitalier qu'accueillant et plutôt hostile que consolateur. Des cailloux, qui se souvenaient vaR"uement d'avoir été des galets; point de lavande ni de thym aux senteurs de quoi notre jeune malade avait mis jadis quelque confiance et dont il ne désespérait pas encore complètement. Ce n'était pas encore ici • le pays où l'on dort » dont a parlé le bon La fontaine. Le jeune seigneur s'assit accablé, les yeux pleins de lannes et t_out à coup lui vint une inspiration. Quelqu'un à qui il n'avait jamais songé se présenta à sa pensée et il s'écria: • 0 bonne sainte Vierge, faites que je dorme! • Il ne fit aucun vœu, il ne promit rien, quoique cela soit permis. Il ne fit aucun engagement, soit qu'il ne songeât point, soi-t qu'il eût à cela quelque scrupule; mais il fit sa demande avec beaucoup de foi et de résignation. Il s'abandonna. Peu à peu ses yeux se fermèrent, comme sous une main très douce et il dormit. II dormit longtemps, très longtemps, plusi~urs jours et plusiettrs nuits, peut-être sur la terre dure, sous la voûte du ciel. Il se réveilla. Peut-être eût-il mieux valu qu'il ne se réveilla point, diront les sceptiques. Pour moi, j'estime qu'il vaut mieux qu'il se soit réveillé pour la consolation et le réconfort des malades semblables à lui. Il se réveilla et aussitôt qu'il eut les yeux ouverts il fit un vœu de faire bâtir là, sur le roc nu, une petite chapelle dédiée à • Notre Dame du bon repos ». Vous la verrez si vous allez à Plérin. Vous la verrez même si vous vous faites envoyer la carte postale qui en donne la fidèle image. EIIe n'est point belle. Elle est rustique; un humble toit mi-aigu sur un bâtiment très simple en carré long. Point de clocher; une simple bretèche très modeste et très • bon enfant "· Mais c'est la chapelle de « Notre-Dame du bon repos • et, comme me l'écrit une main chère, « c'est dans la solitude de ce lieu béni qu'on vient demander la paix du cœur et l'accalmie de la souffrance •. C'était un neurasthénique. Je ne fais point de sermon; je n'en ai pas l'habitude et n'y aurais aucune autorité. Mais voyez, même mécréants, ce qu'il faut conclur~ de cette histoire. La cure de la neurasthéme, de la psychasténie et autres as.thénies est surtout une


15

14 cure morale. Elle ne dépend pas de nous et dire pareille chose serait d'une ridicule infatuation; mais elle dépend beaucoup de la paix que nous saurons mettre dans notre âme de la résignation à ce qui nous dépasse et rtous surpasse, de la • non-révolte » et de l'espérance. Noire neurasthénique breton a espéré. Tout est là. Quand je dis tout à mon tour ., pè ) J es re trop; mais du moins quelque chose est là, un grand élément, sinon de guérison, du moins de soulagement. Petit breton qui veillâtes si cruellement et qui finîtes paç dormir, priez celle qui vous a exaucé d'endormir les haines, les soucis, les soupçons, les rancunes, les ambitions et avec eux ceux qui les éprouvent. Emile FAGUET, de l'Académie française.

L'Aluminium Lorsque l'aluminium fit son apparition, il v a une soixantaine d'années, les savants le surnommèrent aussitôt le «métal de l'avenir». Ils ne croyaient peut-être pas si bien dire, car, à cette ép·oque, il n'était guère possible de prévoir l'essor prodigieux de nos plus réœnts moyens de locomotion; l'élilltomobile et l'aéroplane. D'ailleurs, l'aluminium put longtemps passer pour un métal précieux, puisqu'à l'origine il ne cot1tait pp.s moins de 1000 francs le kilogramme. En 1870, son prix était déjà rédui.t à 300 francs le kilogramme. Dès lors, et grâce à l'application de la nouvelle méthode d'extraction par électrolyse, l'ah~minium tomba à 2 fr. 50 le kilog·ramQle autour de 1900. Ensuite de diverses circonstances, le prix du kilof,?;ramme remonte à 5 francs en 1904, pour diminuer de nouveau progressivement, en sorte qu'il oscille aujourd'hui entre 1 fr. 50 et 1 fr. 80. Pendant longtemps, la France fut seule à fabriquer le précieux métal. Encore m<ljintenant, ·c 'est dans ce pays que se trouvent les principaux gisements de

de théâtre et aussi dans la fabrication la matière première, crannées- Plus réc~ent a ét~ o~­ des réticules et des foulards . nium ou « bawdte » , qui à l'exploitation 1 usme de Chtppts Enfin, le prix élevé du cuivre a engadéparte111ents du Var, des: .I.JVI'I.UIII'!t. Valais qui dispose d'une force de gé certains industriels à substituer l'aRhône et de l'Hérault. La chevaux alimentée par la Navi- luminium au métal rouge, notamment des bauxites s'est ·-=-•·"'"' d'une part. et par le Rhône, oour la fabrication des câbles électrices dernières années et uc•.,a:.:sP :._._._ pélrl Les installations sont fai- ques. Sans pousser trop loin l'optimislement 200,000 tonnes. L ' <>v•·~_. __, vue d'un mouvement annuel de me, on pewt donc fonder toutes les esdu minerai se fait sur une grande wu:ons. pérances sur l'emploi toujours plus géle par le~ ports de Marseille, T à une entente conclue entre les néral d'un métal qui a déià permis la Saint-Raphaël. producteur~. le prix ~u kilo~ réalisation des plus géniales inventions C'est en 1889 que fut fondée en ~lrramme ava•it acqms une certame sta- du :siècle. se l'usine de Neuhausen, près L'établissement de nouvelles usi(Revue suisse pour l'enseif!.nement Schaffhouse. Sa prodtlJCtion nes a eu pour conséquence la ruptUre commercial). s'élevait primitivement à 40,000 syndicat et la concurrence a engen~ grammes élJU prix moyen de 10 fr. dre une brusque chute des prix. Pour Or, pendant les neufs premiers empêcher J'avilissement de ceux--ci, de 1910, l'exportation a été de 2,261 nouvelles négociationts ont été entakg. valant 4,355,000 fr. On peut j mieS l'année dernière en vue de limiter du chemin parcouru. Il résulte d'expériences faites l'an la production, mais elles sont restées Jusqu'à l'ouverture des usines tusQu'ici sans résultat, ensuite de l'at- dernier que : Niagara, la Suisse a réglé le 1. Les fruits enveloppés dans du patitude prise par les produdeurs améril'aluminium. Auiourd·hui, la pier de soie se sont parfaitement concains. tion suisse se trouve distancée de Mais comme nous l'avons déià fait servés jusqu'à la fin de l'expérience; la coup par celle des Etats-Unis qui remarquer. c'est à l'aluminium qu'ap- matm:ité s'est poursuivie régulièrement, dent de riches gisements d 'un autre oartient l'avenir. Sa densité. qui ne dé- les fruits ont conservé une saveur et une de d 'alw.ninium, le «corindon», en oasse pas 2.67, le rend indispensable apoarençe irréprochables. me temps que de puissan~es sou.r:ces 2. Dans la fibre de bois, composée dans ta construction des automobiles. ners.rie électrique. D'autre part, les de minces copeaux très étroits de sapin des ballons diri!leables et des aéroplanes françaises. se sont multipliées nes Il a bien d'autres avanlt'a!!es: il ou de peuplier, les poires et les pomla région des. Alpes, princi~.~a..~...u•...u, a'emoloie dans la métallunzie de la fon- mes éta·ient bien conservées, mais cepenSavoie, dans la vallée de la tt et de l'acier. On l'utilise de olus en dant étaient inférieures à celles du lot ne, où l'on compte six fabriques olus oour la fabrication de la batterie précédent; sant d'une force totale de 80,000 3. Dans la paille d'orge, le fruit n'ade cuisine et de l'article de ménage vaux. En y joignant encore deux Dans la gobeletterie. la bimbeloterie la vait ni taches ni de saveur désagréable usines, on estime à 100,000 chev naoeterie. les apolicafions de l'alumi- mais il avait perdu de sa fraîcheu!f et force employée en France à la nium sont innombrables. C'est ainsi sa maturité était moins avancée que tion de l'aluminium et susceptible Qu'on fabrique des fers à -cheval. des dans les lots 1 et 2 ; foJ,lrnir annuellement à la "v''"v..4. Les poires et les pommes conserarrafes inoxydables. des oapiers en tion vingt-cinq mille tonnes de alumirium. emoJovés pour la rlécora- vées dans un regain de fOU!fraJ;~;e posséPour le moment, la production est tion ou oour envelopper certaines den- daient un arrière-goût de foin pronon45,000 tonnes. cé; elles se tachaient et pourrissaient. fte!; alimentaires. etc .. etc. La « Société suisse pour 1 5. La sciure de bois donne de très L'aluminium vient aussi ôe trouver de l'aluminium», à Neuhausen, '"' Jln11vel emnloi dans l'industrie tex- mauvais résultats; les fruits étaient pitant vu~ dans la nécessité d'établir fil~ MélanP"é à de la soie. il sert à fa- rwés, flétris., sentaient le bois et ét-aient suocursqles à l'étranger, les usines briautr un tissu t~ès brillant auquel on en somme invendables; Rheinfelden badois, en Allemagne, 6. Dans la menu~paille de blé, les IIC!Ut. donner la couleur que l'on veut. de Lend Oastein, en Aut·riche, Ce tissu. est employé pour la confection poires étaient assez bien conservées, sucessivement ét-ablies, il y a une des habits de cérémonie, des costumes par contre, les pommes étaient flétries,

xxe

au

Pour conserver les fruits


I201Février 1912 16

les unes et les autres avaient!: pris le goût du moisi; 7. Dans les feuilles sèches, les pommes étaient assez bien conservées., quoique flétries; les poires étaient très tachées et très flétries; 8. Les fruits qui avaient été abandonnés sur les tablettes d'un fruitier étaient assez bien conservés, mais placés dans une chambre ·chauffée, c'est le lot qui .a le plus souffert de la flétrissure. 9 . Les lots en,fouis dans le sable étaient moins avancés en maturité que tous les autres lots; c'est la meilleure méthode lorsqu'on veutt .conserver des fruits pendant très longtemps.; avant de les enfouir dans le sable, il est préférable, recommande Ommis, qui rend compte de ces expériences, de les envelopper dans un papier de soie.

Variétés LES RECRUES ANGLAISES Un journal de Londres, le ,Spectator" pttblie Ies résultats d'une enquête sur l'instruch t des jeunes soldats anglais. On a posé à trente-cinq fantassins, ayant passé par les écoles, une quinzaine de questi ns. La première était celle-ci: • Qu'est-ce qu'Alfred-le-Grand? » Trois seulement ont bien répondu; dix-huit avaient des notions vagues, ~ouze ne savaient rien; les deux autres ont <lit, l'un qu' Alired-le-Grand était renommé pour ses «cakes», l'autre qu'il avait gagné la bataille de Trafalgar. - Qu'est-ce que Nelson? Quinze soldats l'ignorent complètement; - Wellington? Quatorze ne s'en doutent pas; une recrue le prend pour un lord-maire. une autre le confond avec Washington. - Shakespeare? La moitié de J'escouade le connaît plus ou moins, citant même de ses pièces; un jeune soldat le désigne comme un • prophète» (pour «poète •, probablement), un autre comme un brigand célèbre par plusieurs crimes. - Qu'est-ce que les Etats-Unis? Quinze n'en savent rien ou croient que c'est une colonie anglaise. - La révolte des Indes? Six bonnes réponses, cinq

médiocres, le reste nul; quelqu'un écrit: • lèvement des flots de la ·mer. • que Napoléon? Un garçon qui a dix d'école, répond: «Il a aidé nos troupes 'gner la bataille de Waterloo. » - Seize dats sur trente-cinq nomment le premier nistre: dix-neuf ignorent ce que c'est france; huit ne peuvent désigner les du drapeau; deux n'ont jamais entendu !er de Londres; mais tous ont une idée te de l'aéroplane. - Qu.'est-ce que Quinze le savent bien, cinq quatorze ·pas du tout; le dernier, dit que c'esl un music-hall. - En elut le ,Spectator", l'érudition de nos . n'est guère supérieure à celle des françaises; mais cela ne les empêche · faire de bons soldats.

vtmatre (Ô\~ ([j !Al ~Il~ ,dl-(\ ....~(/" u~~

X>< Y LA CRAYON ELECTRIQUE Après le porte-plume réservoir, voici fort, le crayon électrique. Avec ce paraît-il, chacun peut écrire même salle sans aucun éclairage. La nouvelle tion consiste en un crayon affectant la d'un cigare, près de la pointe du.quel se. ve une minuscule ampoule électnque qu1 lume dès qu'on presse sur un bouton. La batterie alimentant ce • foyer • que est à l'intérieur du crayon. ~e qui, dit-on, a obtenu un grand sucees apparition, se vend en nickel et en

xxx

VIEUX DICTONS Nul bien sans haine. Qui trop tire, casse. Mieux vaut plier que rompre. Rosée de mai vaut chariot de roi. Il faut faire bonne figure à mauvais Ce que l'on achète coûte trop cher, n'en a pas besoin. . On danse toujours assez b1en quand la fortune qui joue du violon. A tout moulin il faut de l'eau.

,

>C•O<

DE LA

Soeiétè valai~at)lJ€ d ·édu<!ation Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecole primaire donne de 10 à 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). . Chaque mois il est en 'outre:apporté un supplément Illustré de 8 pages intitulé: Le Foyer et les Champs.

Suisse fr. 2.50

Par an Union postale fr. 3

Les abonnements se règlent-par 'chèque postal II 56 ou à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Teut c:e qui c:enc:erne lll publlc:lltien deit être 11clress~ dlrec:tement à sen g~rllnt, M. P. PIQNAT, Chef de SerY"ic:e au Dépllrtement de l'Instruc:tien publique, à Sien.

* A l'école. -

Pourquoi as-tu été absent? Maman s'est cassé un bras. Mais tu as été deux jours sans Elle se l'est cassé à deux endroits.

s'accoutumer aux efforts de l'étude comme Mme rio .''ltn o"l


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
No 02 l'Ecole primaire, 5 Février 1912 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu