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No 08 l'Ecole primaire, 20 Février 1898

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est belle dans l'homme mftr qui retranche une heure à ses affaires pour la donner aux affaires de la souffrance; elle est belle dans la femme qui s'éloigne un moment du bonheur d'être aimée, pour porter l'amour à ceux qui n'en connaissent plus que le nom ; elle est belle dans le pauvre qui trouve encore une parole et un denier pour le pauvre; mais c'est dans le jeune homme qu'elle apparaît tout entière, telle que Dieu la voit en lui-même au printemps de son éternité, telle que Jésus la vcyait, aux jours de son pèlerinage, sur le front de Saint-Jean. Cardinal MERMILLOD, * Il est aussi visible, historiquement, que notre civilisation prodigieuse a pour auteur le Christ qu'il est visible, géographiquement, qu'elle a pour théâtre l'Europe. L'œil du corps voit le globe terrestre, moitié dans la lumière et mo;tié dans la nuit. La moitié lumineuse est celle qui fait face au soleil. Précisément de même, il y a, dans le genre humain, qui couvre tout ce globe, la partie échirée et la partie obscure. La partie éclairée est celle qui regarde le Christ, et la partie obscure est celle qui ne l'a.perçoit pas. R. P . GRA.TRY. * Tout prêtre est à la fois sacrificateur et victime. Destiné à servir les hommes, il est pris parmi eux pour offrir les dons et les sacrifices ; nul ne doit s'attribuer cet honneur, il faut qu'il soit appelé de Dieu comme Aaron ; il doit être arraché à la condition de ses semblables pour élever vers le ciel !'Hostie pacificatrice et faire descendre sur les générations le pardon, la paix et l'espérance. Cardinal MERMILLOD. * Notre pain quotidien l Je l'ai répétée bien des fois, la belle prière ; car, non seulement, elle berce avec une douceur infinie celui qui souffre, mais elle lui donne aussi le courage et l'espérance. Tout est contenu dans cet admirable Pater, même la solution du problème social. Le pain quotidien l Oui, c'est tout ce que l'homme devrait demander à la vie et attendre d'elle. Si nous nous souvenions mieux des enseignements donnés, voilà près de deux mille ans, sur la Montagne, si nous nous aimions vraiment les uns les autres, comme le voulait Jésus, nous l'aurions tous, ce pain quotidien, et nous serions bien près du règne de la justice, du règne de FRA.Nçorn CoPPÉE. Dieu.

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L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAlRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Mai Il inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour l a 8oiHe, 2 f r. 50. Union postale 3 f'r. "'nnonces, pi·ia, 20 cent. la ligne ou son espace.

Tout ouvrage dont l' Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE: De l'hygiène dans nos écoles primaires. L'agriculture expérimentale à l'école primaire. - Une question opportune (Suz'te}. - De l'interrogation. - Quelques mots sur la gymnastique. (Suite et /ill.) - De la mémoire. Echos des conférences. - Partie pratique ( Colllposition.l Variétés. - Supplément.

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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.

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Conférence des instituteurs Oontbey. - Pour ce district, la conférence aura lieu le jeudi 10 mars prochain, à 9 b. du malin, à Vétroz. Le sujet à traiter eat celui indiqué dans < l'Ecole primaire•. MM. les instituteurs voudront bien préparer les N" 60, 94, 95, 96, 113 et 121 du Recueil de chants pour l'Ecole et la Famille. MM. les membres des Commissions scolaires et les amis de l'lostruction sont cordialement invités à la conférence. Future• recrues. - Nous publierons par commune, avec le prochain N• la liste, telle qu'elle est parvenue au Département des jeunes gens de langue française nés en 1879, et qui doivent a~ présenter au recrutement cette année. Nous ferons figurer à leur tête le commandant du peloton, c'est-à- dire le nom de l'instituteur chargé du cours de répétition respectif. Examens des recrues. - Un correspondant jurassien de 1'11ducateur, organe de la Société pédagogique de la Suisse romande, dans un article consacré aux examens das recrues et énumérant les progrès réalisés dans certains cantons en matière d'instruction publique, termine sa revue par les lignes suivantes que noue reproduisons avec plaisir : < Malgré cette énumération déjà longue, je ne puis résister au désir de citer encore l'exemple du Valais. Il y a quelques années, ce canton occupait un rang des moins réjouissants pour Je corps enseignant valaisan. Il est vrai que, dans ce canton, les instituteurs sont peu rétribués, les vacances durent presque tout l'été et l'organisation des écoles laisse à désirer. Il serait curieux et peut-être édifiant pour nous d'entendre quel langage tenaient ces braves gens en présence du résullat attristant des examens. S'ils avaient raisonné comme tel et lei, ils se seraient croisé les bras et auraient attendu paisiblement qu'il plût aux experts fédéraux de reconnaître la qualité supérieure de leurs connaissances. Mieux avisés, ils ont recherché dans les défectuosités et les lacunes de l'enseignement la cause de leur infériorité. Ils ont fait mieux : ils ont cherché à y porter remède. Une vaillante revue pédagogique, l'Ecole primaire, ne cessait d'encourager les uns, de relever l'espoir des autres, de stimuler le zèle de tous en entretenant parmi les membres du corps enseignant une noble émulation . Cette sage conduite a porté de bons fruits. Aujourd'hui le Valais a dépassé Scbwylz, Lucerne. Fribourg, Vaud, Berne, etc. Voilà l'exemple que nous devons imiter. En agissan~ ainsi, nous pourrons espérer de voir, un jour, notre cher Jura occuper un rang honorable. Mais pour atteindre ce noble but, il faut le concours de tous les amis de l'instruction et de la jeunesse. .T urLLERAT.

Bibliographie Dangers de l'abus des boissons alcooliques Manuel d'instruction populaire à l'usage des Instituteurs, par Mgr Thierrin, curé de Promasens (Fribourg). 1. vol. br. 125 p.

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Le titre seul de cet opuscule en indique le but : prémunir l'enfance contre les abus de la boisson et lui faire prendre des habitudes d'ordre, de sobriété et d'économie. L'auteur veut associer à cette croisade les hommes modestes, utiles et dévoués qui, par leur influence sur la jeunesse, par les rapports con8tants qu'ils ont avec les parents, et plus encore par l'éducation et les qualités morales qu'ils inculquent à leurs élèves, sont particulièrement bien placés pour rendre de grands services sous ce rapport. Mais, pour que la collaboration des amis de l'enfance produise tous les résultats qu'il est permis d'espérer, il importe qu'ils aient des idées parfaitement nettes et précises sur les questions qu'ils auront eux-mêmes plus tard à expliquer et à développer. C'est à cet effet qu'a été rétligé, à leur usage, un manuel d'instruction populaire sur les dangers de l'abus des boissons alcooliques. Cet ouvrage contient des propositions, des sentences, <les préceptes faciles à faire pénétrer dans l'esprit et à graver dans le souvenir des jeunes enfants. L'instituteur pourra ainsi puiser dans ce livre les éléments des conférences d'un ordre plus élevé qu'il fera dans la suite, sur le même sujet, pour les adultes. On ne saurait mieux se rendre compte du contenu de cet excellent petit volume qu'en donnant le titre des chapitres le composant, après quelques pages d'introduction qui s'adressent spécialement aux instituteurs : I . Lois anciennes relatives à l'ivresse. _:, II. Les avertissements de la Sainte Ecriture. - - III. L'enseignement des Pères et des Docteurs de l'Eglise. - IV. Caractèrns de l'ivresse alcoolique. - V. La peste du schnaps. - VI. Des différentes boissons spiritueuses que l'on consomme en Suisse. - VII. Liqueurs dites apéritives. - VIII. Le vermouth et le bitter. - IX. La liqueur de la Grande-Chartreuse et l'eau de mélisse des Cannes. - X. Du danger des alcools pris à jeun. - XI. Avis sur les dangers de l'abus des boissons alcooliques. - XII. Les causes de l'intempérance, - XIII. lVIonographie de l'ivrogne. - XIV. Les maladies des ivrognes. -- X V. La mort cle l'ivrogne. - X VI. La famille de l'ivrogne. X VII. Une victimo de l' ivrognerie - X VIII. L'intempérance


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et le paupérisme. - XIX. L'épargne et la tempérance. XX. L'intempérance et la criminalité. - XXI. Boissons salubres. - XXII. Boissons hygiéniques non alcooliques. -- XXIII. Remèdes souverains contre l'intempérance. - Conclusion. Disons, pour finir, que ce manuel, qui se vendait autrefois en librairie 90 cent., peut être cédé aujourd'hui, dans un but de propagande, pour le prix de 60 cent. Ajouter à ce montant 5 cent. pour l'affranchissement dans l'intérieur de la Suisse, et 15 cent. pour les pays de l'Union postale. Adresser les demandes à l'imprimerie Kleindienst & Schmid, à Sion.

Souvenirs de Terre-Sainte PAR MARIO

C'est le titre d'une substantielle brochure de 75 pages dans laquelle l'auteur, « à l'exemple des anciens pèlerins - comme il s'appelle lui-même - va faire sans art ni méthode le simple et naïf récit d'une partie des joies qu'il a éprouvées dans un voyage qui a dépassé toutes ses espérances. » Tout en prétendant, par modestie, ne « faire qu'un naïf et simple récit », Mario a réussi à nous offrir, dans ce petit volume, une superbe relation de son voyage aux Lieux-Saints. Avec lui, nous visitons successivement Jérusalem et Nazareth, puis après une halte à Tibériade, il nous promène de Narn1·eth à Beyrouth par Mont- Carmel. Toujours avec cet aimable guide, nous rentrons en Europe en traversant l' Archipel, auquel l'écrivain a consacré quelques pages de toute beauté, dans lesquelles, poul' parler encore son poétique langage, « les images radieuses et aimées émergent des profon(leurs dn passé sur les tristesses de l'heure présente... Mais ceux qui reviennent de là-bas, y reconnaîtront les contours des horizons lointains dont le seul souvenir, même ici, même au sein de nos plantureux vallons, comme à l'ombl'e de nos forêts de sapin, comme au pied de nos neiges immaculées, fait toujours bondir notre cœur. » Toutes les relations contenues dans cette jolie brochure, respirent le même souffle élevé et poétique. On peut se procurer les Souvenirs de Terre-Sainte pour 50 cent. seulement. Pour la Suisse ajouter 5 cent. pour le port, pour l'étranger 10 cent. Imprimerie Kleiudienst & Schmid, à Sion.

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L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION De l'hygiène dans nos écoles primaires Dans un corps sain, une âme saine. Dans la plupart des familles, l'enfant e5t rendu attentif aux premières règles d'hygiène. Cela ne suffit pas: l'école aussi a besoin d'intervenir dans cet enseignement pour Je compléter là où il a été commencé, et pour en inculquer les principes là où les parents l'auraient négligé. Les communes valaisannes ont fait beaucoup pour favoriser l'hygiène de leur jeunesse. Nombre de nouvelles mai!sOns d'écoles ont été bâties; d'autres, réparées ou agrandies. Cependant bien des communes se sont contentées jusqu'ici de promettre d'améliorer leurs classes, Promettre et tenir sont deux ; attendent-elles des ordres de la part des autorités compétentes pour se mettre â l'œuvre et suivre l'élan donné? En général, la conception des plans de toutes les nouvelles constructions d'écoles n'a peut-être pas assez tenu compte des règles d'hygiène. Beaucoup de ces bâtiments se trouvent au milieu d'agglomérations de maisons, l'air pur et libre, ainsi que la lumière leur manquent; les entrées ne sont pas plus commodes, il y manque place e_t cour. D'autres fois, dans leur voisinage, se trouvent des étables. dont les accessoires inévitables ne contribuent ni à orner ni à assainir le quartier scolaire. Ailleurs, ce sont les lieux d'aisances qui laissent à désirer ; presque partout on a eu la malencontreuse inspiration de les placer dans l'intérieur des maisons d'école, où elles sont une source d'infection et de malpropreté. Le plus souvent, il n'existe qu'une simple loge devant servir à une quarantaine ou à


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cinquante enfants· c'est un vrai bouge, un foyer pestilentiel, situé au fo~d d'un corridor, en face d'une salle de classe. Est-ce favoriser la santé des èlèves el économiser leur temps? Quel dérangement incessant en classe par suite des courses continuelles occasionnées par les sorties successives I Ne vaudrait-il pas mieux de construire des cabinets d'aisances indépendants du bâtiment scolaire, suffisamment édairés, aérés et assez nombreux pour permettre lea sorties oénérales ? Combien les classes gagneraient au point de vu: de la santé des maitres et des ~l~ves ! L'or· dre y serait favorisé, les études et la morahte y trouveraient leur compte. C'est évidemment à MM. les inspecteurs qu'incombe le devoir d'apporter des changements dans les classes confiées à leur vigilance, surtout. si l'état topographique le permet aisémenl, la santé des enfants est si précieuse que la plupart des communes ne reculeront pas devant quelq_ues petites dépenses pour la favoriser. ( A suzvre.)

L'agriculture expérimentale à l'école primaire L'instituteur d'une commune rurale est mieux placé que tout autre pour rendre l'enseignement de l'agriculture expérimental et concret. Il se trouve, comme l'élève, en présence des faits à étudier, à observer, il a sous la main tout ce qui peut rendre ses leçons intuitives : le sol, les plantes, les semences, les engrais, etc. Selon les saisons, il peut varier son enseignement, organiser les promenades et des excursions scolaires, les herborisations, les visites dans les fermes, etc.; enseigner sur place tout ce qui concerne les végétaux, surtout pendant le printemps et l'été. Pendant le second semestre, il enseignera le reste, répartissant ainsi son programme avec intelligence. Les institutrices s'occuperont particulièrement de tout ce qui concerne l'économie du ménage et de la ferme. Elles indiqueront aux jeunes fil les tout ce que la basse-

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tour et le ~étaü peuvent. avo~r .de r~~unérateur pour une femme mtelhgente qm doit etre ventabl0ment l'aide de son mari. -~es soins à. do~r- aux animaux domestiques, leur hyg1ene, leur ahmentat10n, la conformation de l'appareil digestif des ruminants, l'élève des vers à soie les abeilles seront le sujet des conversations intéresfiantes'. Les élèves verront les choses autant que possible, ce qui n'est pas bien difficile. A cela, il faut joindre les lectures appropriées, les promenades et les excursions non moins profitables aux jeunes filles qu'aux garçons. C'est dans leur propre jardin que l'instituteur et les institutrices feront, devant leurs élèves, les expériences les plus concluantes en s'attachant à propager les meilieur0:; espèces de légumes et de fruits . S'il y a lieu d'insister sur ce point particulier, la culture fruitière et potaoère peut leur permet tre de faire œuvre utile, sans sortir° de leur rôle, tout en y trouvant personnellement la source de quelque profit. Toutes les élèves s'exerceront à. l'arrosaoe au sarclage, etc. Ils répandront le fumier, ils pourroè)llt établir des couches à primeurs, assisteront à la taille do::; arbustes et de la vigne. On pourra même, dans les localités où. se trouvent. des vignobles phylloxérés, leur apprendre a greffer la vigne sur table. Ils butteront, procèderont aux menues façons du sol, au lavage, à la destruct ion de_s mauvaises herbes. Dans la basse-cour, les jeunes filles s01gneront les animaux domestiques, poules, canards, pigeons, lapins, chèvres, etc. Elles pourront même, suivant les locali.tés, se livrer à. l'élevage des vers à soie et des abeilles. C'est ainsi que nos élèves conserveront le août de la vie et des travaux agricoles au lieu de soncrer aller s'engouffrer dans les villes. J è) A. C.

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Une question opportune Ill Il est plus facile de découvrir l'existence et les causes de l'çtlcoolisme dans la population enfantine que de dire


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les moyens à prendre pour assurer une défense énergique et une réparation efficace. Voyons pourtant: sans faire du rêve, ni de l'exaltation, sans entrer dans le domaine des impossibilil.és, que demandera-t-on chez nous de l'école populaire dans la lutte contre l'alcoolisme ? D'abord, c'est de toute évidence, l'école ne doit rien faire qui favorise le mal. Ni la conduite du maître, ni son enseignement, ni son intervention dans les fêtes, sorties, promenades où figurent les enfants, ne devront être de nature à éveiller chez le disciple ce que nous appellerons le penchant alcoolique. Puis viendra l'action directe de l'œuvre scolaire contre la • grande plaie », action qui s'exercera par l'éducation, par les branches d'instruction et par les organisai.ions ou institutions spéciales, dont on a constaté ailleurs l'efficacité. Le premier de ces moyens, on n'y prend peut-être pas assez garde, le plus sûr at le plus durable dans ses effets, c'est l'éducation, et nous entendons spécialement par là une bonne formation religieuse, le sentiment profond de la dignité personnelle et le développement de la volonté. Il ne s'agit pas, dans ces rapides articles, d'écrire un traité sur la matière. Nous abandonnons donc les deux premiers points, développés mieux que nous pouri·ions le faire par les auteur:i pédagogiques, pour n9us arrêter avec insistance sur le troisième : la formation de la volonté. Si l'enfance, aplatie sous un système disciplinaire fait de compression plus que de respect et de sentiment du devoir, reste passive, elle obéit sans dignité et sans vrai mérite. Dès que la surveillance a cessé, que l'œil sévère de l'autorité est détourné, l'indocilité se manifeste, sans que le regard intérieur de la conscience maintienne le respect et fasse persévérer dans le devoir. La jeunesse vient après l'enfance, héritière de son éducation et incapable comme elle de se maîtriser autrement que par la crainte, incapable dès lors de vaincre le res-

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pect humain et de résister aux entrainements du jeu, de la boisson et des plaisirs défendus. Que de développements on pourrait donner ici, que d'exemples se présentent à notre mémoire et se pressent sous notre plume 1 Il faut donc que la population scolaire apprenne à se maitriser, à vouloir contre elle-même, à faire des sacrifices généreux. Et cela ne vient pas tout seul, les exercices y sont nécessaires, c'est une vraie formation à entreprendret et assurément la plus digne, la plus belle, la plus relevante possible. Si tous nos garçons sortaient de l'école bien pénétrés de cette pensée : << Je dois devenir un homme, je veux être un homme », et que des sacrifices rèpétés et bien voulus aient affermi en lui cette décision fondée sur les commandements de Dieu et le sentiment du devoir, la question serait résolue, les défections devien· draient rares, l'alcoolisme ne prendrait pas.

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.De l'interrogation 1

11 y a deux sortes d'interrogation : celle qui conduit l'élève, de question en question, à la découverte de la vérité qu'on veut bien lui enseigner, et celle qui sert à apprécier, en même temps que sa capacité, l'attention qu'il a prêtée.· La première est connue sous le nom prétentieux d'interrogation socratique, bien qu'on ne doive et qu'on ne puisse lui donner le même tour que Socrate. La seconde, qui n'est pas absolument étrangère à la première, est d'un usage fréquent à l'école. C'est de cette dernière qu'il sera plus particulièrement question ici. Pour être moins épineuse que l'autre, elle ne va pas cependa.nt sans difficulté; on peut même dire que la chose !Il'est pas à la portée de tout le monde, et qu'il n'y a que Jes maîtres réfléchis qui soient capables de bien interroger. Retournons la proposition : est-il facile de répondre exactement à up~ question posée, même quand on sait bien la

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matière sur laquelle on est interrogé ? Assurément non, parce qu'il est difficile, quelque perspicace que l'on soit, de voir ou de deviner au juste la pensée de l'interrogateur. Considérez maintenant combien la difficulté va être augmentée si la question ne vient ni en son temps ni à sa place, si elle n'est pas posée dans de5 termes clairs et précis ; si elle est vague, mal délimitée, et surtout si elle n'est pas à la portée de l'élève interrogé. Elle ne peut amener qu'une réponse inexacte, ou tout au moins incomplète, confuse, si elle amène une réponse. Appliquons ces réllexions à la leçon de lecture, par exemple. Quand convient-il d'interroger l'élève ? Avant ou après les explications données par le maître? Pour peu qn'on réfléchisse, on verra que le maître doit commencer à parler. C'est lui qui, après avoir lu la leçon, en expliquera les mots difficiles ou inconnus anx élèves, ainsi que les idées qui leur échappent. Il ne serait pas rationnel, il serait même injuste de procéder autrement. Pourquoi questionnei· un enfant sur un mot qu'il ne connaît pas ou une idée qu'il ne peut avoir ? C'est d'abord du temps perdu, parce que l'enfant n'inventera rien de bon ; c'est, en outre, un danger, celui de conduire l'esprit de l'élève a des idées étranges et baroques. Tous les maîtres ont entendu de ces réponses malheureuses qui exciteraient l'hilarité, si elles ne faisaient pas naître la pitié. Eh bien t ne vaudrait-il pas mieux que ces réponses n'eussent pas été faiLes, et, par suite, que les questions n'eussent pas été posées ? C'est enfin une injustice, parce qu'il n'est juste de demander à un élève que ce que sa capacité intellectuelle peut fournir; et le maitre, qui a le devoir de connaître son élève, n'a pas le droit de lui demander ce qu'il ne sait pas. Supposons donc que le maître ait soigneusement expliqué la leçon. Comment va-t-il procéder? Pourra-t-il improviser les questions? Nous ne le pensons pas. Il ne réussirait pas mieux que les élèves appelés à improviser des réponses. Il y a, pour une leçon déterminée, uu choix et un ordre de questions qui s'imposent. Ce qui démontre en passant que la préparation de la leçon de lecture comporte la préparation

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des questions. Voilà donc le maître fixé sur les points a élucider. Il n'est pas encore au bout des difficultés ; c'est ici, au contraire, que pour les bons maîtres commeuce l'embarras. Comment aborder l'esprit d'un enfant? Comment arriver à se faire comprendre? Il y faut un esprit sûr et ingénieux, qui précise la question en limitant étroitement l'objet, qui la pose en termes exact.3 et clairs, propres à conduire l'enfant sur la voie de la réponse. Si votre élève ne répond pas bien, ne soyez pas prompt à lui en imputer toute la faute; dites-vous que vous avez peut-être manqué d'habileté ; revenez à la question, présentez-la sous une nouvelle forme, efforcez-vous de faire un peu de lumière dans l'esprit de l'enfant, et sans aucun doute vous serez en suite plus satisfait de lui et de vous. Il arrive souvent, très souvent, que, si l'élève interrogé ne répond pas ou répond mal , le maître passe tout de suite à un second élève, à un troisième, etc. Ce procédé est blâmable, s'il est un peu fréquent, car i'élève vous observe, il connaît vos habitudes; il conclut qu'il n'a pas besoin de se mettre l'esprit à mal; il n'a qu'à passer la main à son voisin. Et c'est ainsi que les élèves faibles, indifférents, qui sont très nombreux, se dispensent de tout effort intellectuel. Il faut absolument que chaque élève interrogé sache que sa responsabilitè est engagée et que le maître ne le lâchera pas facilement. De cette façon, chaque élève se tiendra sur ses gardes, et, quand on lui posera une question, il fera des efforts pour répondre. N'exigez pas, comme on le fait si souvent, que l'enfant réponde avec précipitation; c'est ouvrir la porte aux réponses fausses et saugrenues ; bien plus, c'est encourager ou faire naître la légèreté d'esprit, le plus détestable des défauts intellectuels. Donnez au contraire à l'enfant le temps de la réflexion; imposez-le lui au besoin : vous obtiendrez de meilleures réponses, ..et pardessus tout vous aurez donné une bonne habitude d'esprit à vos élèves.


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Quelques mots sur la gymnastique ( Suite et fin) On le voit, la gymnastique et l'hygiène ont un but .commun, quoique plus général chez l'une que chez l'autre. Ces deux sciences sont donc étroitement liées, indépendantes, et nous ne surprendrons personne en disant que la gymnastique se base entièrement sur la médecine et l'hygiène, et que cette dernière, en partie du moins, doit .aussi se baser sur la gymnastique. C'est ce qu'a admirablement compris un médecin allemand, le D' Schreber, qui a composé un système de gymnastique médicale, consistant exclusivement en mouvements hbres (préliminaires), qui s'applique à la conservation de la santé et à la irnérison d'un certain nombre de maladies. Ce qui semble dé~ontrer que son système a de la valeur, -c'est que le livre où il l'expose : Gymnastique médicale et ,hygiénique, a été tiré à plus de 150,000 exemplaires jus.qu'à maintenant en Allemagne. En fait, la santé n'est-elle pas pour l'homme le bien le plus précieux?... Interrogeons là-dessus ceux qui sont malades; demandons-leur si les richesses les plus fabuleuses peuvent seulement leur sembler comparables. Ils répondront, et avec raison, non . L'homme physiquement malade, l'est aussi moralement: il devient triste, morose; sa souffrance, en bourreau impitoyable, torture son corps et son esprit, absorbe ses facultés ; il ne peut ni penser, ni agir, il est incapable de travailler, même s'il en avait envie. Il est malheureux au point de vue moral, intellectuel et physique, et cette triple souffrance, cette conscience de son inutilité lui rendent la vie insupportale. Puis, cet état moral influe sur ceux qui l'entourent; devenant soucieux, eux aussi, ils perdent leur gaîté et leur contentement qui sont des états normaux chez l'homme sain : eux donc aussi semblent devenir malades. Chacun sait ces choses-là et nous n'avons nullement la prétention d'émettre des idées nouvelles, mais seulement ,de rappeler que la santé est précieuse et que les moyens

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.de la conserver devraient être employés par chacun, et que tout homme devrait prendre pour règle l'application continuelle des préceptes de l'hygiène. Nous ne voulons pas dire que celui qui observe ces préceptes ou qui se livre à une gymnastique rationnelle ne saurait devenir malade; non, car les causes de maladies sont trop nombreuses, l'homme est à chaque pas trop exposé à des circonstances qui peuvent mettre sa vie ou sa santé èn danger, pour que nous prêtions à l'hygiène une valeur absolue. Mais l'homme doit faire ce qui lui est possible, et puisqu'on lui donne les moyens de fortifier et d'endurcir son corps, il doit les employer. La bûche de bois dur ne résiste-t-elle pas plus longtemps à l'action du feu ou du temps que celle de bois tendre ? Passons maintenant à un autre point de vue et considérons la gymnastique, non plus comme exercice hygiénique, mais comme agent de développement de l'individu moral, comme agent éducatif, c'est-à-dire au point de vue de son utilité générale. Posons d'abord en principe ce que la science a démontré déjà, à savoir que les différentes facultés de l'individu sont en liaison étroite comme les membres d'un même corps, et que l'état de non développement de l'une ou de l'autre de ces facultés nuit à leur ensemble. Ces facultés, dont les germes existent déjà chez tout enfant normal, doivent donc, pour être fortes, être développées également et harmoniquement, quoique dans ,le même temps l'on cherche à élever, à développer chacune d'elles jusqu'à la perfection.

De la mémoire La mémoire joue un tel rôle dans l'éducation, son importance est si grande, elle rend de si nombreux services qu'il convient de lni faire, à l'école primaire, la place qu'elle mérite. Elle est la faculté du souvenir; par elle nous revivons le passé, notre esprit se reporte aux événements divers


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qui ont agité notre existence et c'est d'elle que découle l'expérience que nous avons pu acqué~ir des hommes et des choses. L'enseignement ne saurait se passer_ de son aide, car pour que les leçons de l'é.cole_ ne soient pas perdues, il faut absolu;?ent qu? l,~ memoire en conserve le souvenir et puisse l evoquer a l rnstant. Cette vérité a été si bien reconnue, que pendant un certain temps on lui a fait, en éducation, nne part prépondérante. On a vu, en effet_, certains systèmes d'~du~ation où l'instruction ne reposait que sur la ~~ule me~01r_e et nous savons qu'il existe encore no~bre d eco~es pnmaires où il en est ainsi. On en a profite pour crier conlre la mémoire. Mais, de ce que l'on peut abuser des mei~leures choses s'ensuit-il qu'on doive les proscrire completement? Est-ce une raison, parce que la mémoire a _trouvé ses détracteurs, pour cesser de la cultiv_er ? Non, il fau\ en toute chose savoir conserver une Juste mesure; une culture excessive de la mémoire serait dangereuse, sans doute, mais celle de toute autre faculté intellect~el~e poussée à l'extrême, ne le serait p~s. moins: un sa~e eqt~1libre entre chacune d'elles est le ventable moyen d assnrer le développement normal et intégra~ de l'intelligence. . L'utilité de la mémoire ne saurait donc être contestee: « Sans elle, dit M. Guizot, les plus beiles facultés r~stent inutiles. » Sans invoquer d'ailleurs l'autorité de q.m que ce soit, nous pouvons apprécier ~ar nou~-mêmes, a cba~ que instant, les nombreux services qu elle nous r~nd , deux minutes de réflexion suffisent pour nous convarncre de sa nécessité. Que deviendrait l'homme s'il était totale. ,• ment dépourvu de mémoire '1 S'ü en est ainsi, on comprend sans peme que l_ed~cation de cette faculté doit être l'objet de soms parti~uhei:s de la part de l'instituteur. li s'adresse à de j~unes mtelhgences auxquelles il doit inculquer des conna1ssanc~s nombreuses et variées dans un espace de temps relati~em~nt restreint; ses moyens d'action ne s'exerçant _q~e difficilement en dehors de l'école, il est souvent oblige de lutter avec des influences extérieures qui viennent neutraliser ou

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détruire l'effet de ses leçons; il est donc dans l'obligation· de donner à son enseignement des bases sérieuses, rationnelles, inébranlables ; or, si la mémoire fait défaut, ces bases elles-mêmes manquent et l'édifice des connaissances, élevé avec tant de peine, ne peut être consolidé. /A suivre./

ECHO DES CONFÉRENCES Martigny. - Mardi 1er février, les instituteurs du district de Martigny étaient réunis à la Croix, en conférence ordinaire, sous la présidence de leur nouvel inspecteur, M. P.-J os. Rouiller. Nous croyons que MM. les régents, nos collègues, nous sau-· ront gré que nous nous fassions ici leurs interprètes pour dire en l'honneur de Martigny-Combe et de son honorable administration que nous conserverons un durable et heureux souvenir de notre réunion de 1898. Cette journée, qui a été une vraie fête, nous a donné l'agréable satisfaction de pouvoir constater que les rapports entre instituteurs et autorités communales vont chaque année s'améliorant, à mesure que ces dernières savent mieux apprécier les avantages de l'instruction et les services du corps enseignant. Dans une de ces réceptions enthousiastes, de ces agréables surprises qui font honneur à ceux qui en 1irennent l'initiative en même temps que plaisir à ceux qui en sont l'objet, la population de Martigny-Combe et son intelligente administration ont voulu se montrer reconnaissantes envers les autorités supérieures, d'abord pour l'honneur qu'elles ont fait rejaillir sur la commune en appelant à de hautes et importantes fonctions un de ses dignes ressortissants; ensuite, envers le nouvel inspecteur pour la manière dont il a débuté dans ses fonctions ; et enfin, envers les instituteurs pour l'empressement qu'ils ont mis à saluer le choix de ce fonctionnaire et l'activité qu'ils ont déployée dans l'accomplissement de leur ingrate et pénible mission. Les égards et les attentions dont nous avons été entouré& et l'unanimité avec laquelle les diverses autorités de la commune ont pris part à nos délibérations nous sont une preuvede l'intérêt qu'on porte à Martigny-Combe aux importantes


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•:q uestions de l'éducation et de l'instruction. Nous avions aussi la bonne fortune de compter parmi nous M. ,Chappaz, président du Département de l'Instruction pu. blique, M. le Rév. Prieur Meilland et plusieurs autres mem. bres de l'autorité ecclésiastique, MM. Gross, président du Tribunal de Martigny; Hopfner, directeur de l'école normale. Lamon, Troillet et Giroud, inspecteurs primaires ; Pillet, pré: sident de la commission scolaire de Martigny-Ville, etc., etc. Tout en rehaussant par leur présence l'éclat de notre petite fête, ces messieurs nous ont prodigué des paroles d'encouragement ainsi que des avis et des conseils que seule la science unie à l'expérience peut fournir ; ils ont aussi contribué à répandre et à entretenir parmi nous ce joyeux entrain et cette franche gaîté qui n'ont cessé de régner jusqu'à notre séparation qui fut aussi pénible que tardive. Il nous a été agréable de constater que tous les instituteurs du district ont répondu à l'appel. Après la lecture du rapport, qui fut approuvé sans discussion, on passa à l'élection du bureau qui fut composé comme · suit : M. V. Darbellay, instituteur à Martigny-Ville, a été appelé aux fonctions de vice-président, en remplacement de M. P.Joseph Rouiller, qui est devenu notre inspecteur. M. Luisier, Jules, instituteur à Leytron, a été confirmé secrétaire. · Le sujet mis à l'étude était le suivant : De l'éducation morale et religieuse à l'école primaire. - Son importance. - Moyens à employer. Six instituteurs désignés par M. l'inspecteur ont donné lecture de leurs compositions, qu'ils avaient en général fort .bien traitées. Tous ont été d'accord sur ce point que l'école est la pé· pinière où se forment les jeunes générations, que l'éducation est ce qui élève, qui anoblit l'homme, qui lui inspire les nobles pensées, les beaux enthousiasmes et les grandes vertus, .qu'elle est seule capable d'adoucir les mœurs, de faciliter les relations sociales, de faire enfin de l'homme un être qui , a vraiment conscience de la noble mission qu'il a à remplir sur cette terre, et qu'il est nécessaire dès lors que l'enseignement . primaire soit avant tout éducatif, c'est-à-dire que l'instituteur doit s'efforcer de former l'homme dans l'enfant et de profiter , des multiples occasions qui se présentent chaque jour à l'é-

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cole, pour faire germer dans le cœur de l'enfance les senti-'· ments qui distinguent le bon camarade, le bon élève le bon fils, le bon frère et qui feront, plus tard, l'homme ~u com-merce facile, au cœur d'élite, le bon citoyen, le père de fa.mille modèle et le parfait chrétien. Une courte discussion s' ouvrit après la lecture de ces tra-' vaux; elle consista surtout en remarques, observations et con~ seils qui vinrent combler les petites lacunes laissées dans les compositions. Une exposition de chiffres à la planche noire termina la séance; ce tableau-statistique fut apprécié fort différemment; un physionomiste eût eu de quoi s'occuper s'il avait voulu noter les diverses impressions qui se traduisaient sur nos figures, selon que les 1 ou les 4 se montraient no ID'--· breux dans les notes des recrues que nous avions instruites ·· mais en somme le tableau était plus agréable à voir que ce~ années dernières, ce qui nous a prédisposés à la joie et à là gaîté pour l'après-midi. Quelques participants.

PARTIE PRATIQUE COMPOSITION L'ÉVANGILE SUJET A TRAITER

Sommaire. - Nul livre ne répond mieux à tous les besoins de l'âme humaine. - Lecture de l'Evangile, le dimanche, dans une paroisse de campagne (Tableau). - Ce sont les bergers qui les premiers ont entendu le céleste cantique : Gloire à Dieu... - La plupart des paraboles du Livre saint sont empruntées à la vie rustique: le Semeur, le Père de familler le Bon grain et les mauvaises herbes. - La morale de l'Evangile n'a que des bénédictions pour les humbles de la terre. SUJET TRAITÉ

Quel livre répond mieux à tous les instincts religieux de l'âme humaine? Un enfant le comprend·, et jamais la science et le génie les plus pénétrants n'en épuiseront la profondeur_ Entrez le dimanche dans une paroisse de village, au moment où le prêtre lit à son auditoire l'Evangile du jour, en français. Quelle attention l Quel recueillement! Hommes et femmes, jeunes et vieux, grands et petits, tous ont fos regards. tournés vers le prêtre : le récit des plus grands miracles lesravit sans les étonner; les· œuvres de Dieu les plus merveilT··


i26 1euses semblent n'avoir rien que de familier pour eux. Ne sont-ce pas, en effet, les pasteurs de Bethléem qui ont .été les premiers saluer l'Enfant divin dans la crèche et auxquels il a été donné d'entendre le céleste cantique : Gloire à

Dieit au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! N'est-ce pas le long des campagnes, au bord des grands lacs, dans le désert où le suivait une multitude affamée de l'entendre, que Jésus-Christ répandait avec le plus de complaisance sa doctrine et ses miracles ? Ces paraboles, pleines de mystères, n'en ont pas pour ces pauvres gens. Ils en pénètrent le sens avec une satisfaction naïve. Tout y est emprunté à leur vie rustique, aux images que leur offrent leurs travaux de tous les jours : C'est le semeur qui sort pour semer la parole; ce qui tombe sur un terrain aride se sèche et se flétrit ; les ronces et les épines, les soins et les soucis de la vie étouffent la semence et l'empêchent de monter en épis; la bonne terre, le cœur doux et sincère s'ouvre à la semence céleste, la reçoit, l'embrasse avec joie et la reproduit au centuple. La moisson est mûre : le père de famille ordonne à ses serviteurs de recueillir le bon grain et de le serrer dans ses greniers. Quant aux mauvaises herbes que le père de famille a laissé croître jusqu'au temps de la moisson pour ne pas arracher le blé avec elles : Coupez-les, liez-les en bottes, et qu'elles soient jetées dans un feu qui ne s'éteindra jamais l Quelle consolation et queue épouvante! Rien de trop élevé pour ces hommes simples dans la doctrine évangélique ; ils comprennent avec leur cœur. Et cette morale si rigoureuse en apparence, si rude aux riches, si fâcheuse aux puissants et aux heureux de ce monde, comment ne l'aimeraient-ils pas ? Elle n'a que des bénédictions pour eux. S. DE SACY.

Au Château de la Bâtiaz ÉVOCATION 0 toi qui fus témoin de ces temps de souffrance, D'abandon, de misère et d'asservissement _Pour le pauvre opprimé rêvant sa délivrance,

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Pour celui qui n'était qu'un servile instrument Au pouvoir d'une caste inhumaine et cupide, Traitant les travailleurs comme un troupeau stupide, Toi qui dois à ces temps ta haute et vieille tour Et tes remparts massifs, conte-nous les mystères Qui, dans le sombre enclos de tes murs séculaires, Se sont déroulés tour à tour. Depuis quand sur ce roc, que semble la nature Avoir fait tout exprès pour ton emplacement, Lèves-tu vers le ciel ta haute architecture, Dis-nous combien de serfs courbés servilement Sous le poids des fardeaux et d'un joug tyrannique, Ont employé leurs bras à l'œuvre titanique Qui longtemps sut braver la fureur des autans, Le courroux des guerriers et celui de la foudre, Les assauts du bélier, les efforts de la poudre Comme les injures du temps. Les fantômes voilés qui hantent tes murs sombres Quand la cloche a sonné l'annonce de minuit, Seraient-ils les esprits, les fugitives ombres Des guerriers que la mort qui, pas à pas nous suit, A surpris, autrefois, au millieu des batailles, Pendant qu'ils défendaient l'abord de tes murailles? Dis-nous par quel mystère il se fait que, le soir, On entende des chants, des plaintes douloureuses Sortir des profondeurs des voûtes ténébreuses Où s'abîmait le désespoir. Orgueilleux châtelains, sont-ce vos voix funèbres Qu'on entend aujourd'hui gémir et soupirer Dans ces profonds cachots, dans ces lieux de ténèbres, Où tant de malheureux sont venus expirer, Dont le seul crime fut d'avoir trop de droiture? Sont-ce vos doux accents, orphelins d'Octodure? Venez-vous appeler ceux qu'un fer meurtrier Immola sous ces murs? Oui, j'entends vos phalanges _Moduler les doux chants enseignés par les anges A l'humble fils du roturier. Combien de fois vis-tu le sang rougir la plaine, Le fer choquer le fer, les guerriers se heurter, Le barbare braver la vaillance romaine, Que le vice plus tard devait enfin dompter,


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L'impétueux torrent rouler de noires ondes, De sable et de limon couvrir les moissons blondes, Balayer les hameaux, ravager les cités, Forcer leurs habitants à gagner les collines, Ne leur laisser pour biens qu'un amas de ruines, Des prés et des champs dévastés ? Ah ! tu ne réponds rien, je comprends ton silence : Tu ne veux point trahir les terribles secrets Qui pourraient soulever soudain la conscience Du monde curieux, des chercheurs indiscrets ; Tu préfères garder ton mutisme paisible Que d'arracher des cris à notre âme sensible; Tu ne veux émietter de ce triste passé Que la fleur de l'oubli, laissant toute la gloire Aux savants érudits de retracer l'histoire D'un âge à jamais effacé. Victorien DARBELLAY, Inst ., à Martigny.

ANECDOTES SCOLAIRES Le maitre : On ne peut additionner ensemble que des objets de même nature. Ainsi un porc et un cheval ne font ni deux porcs ni deux chevaux. Citez-moi deux choses qu'on peut additionner. - Moi, Monsieur. - Eh bien! Pierre? - Un litre de lait et un litre d'eau font deux litres de lait. **11< Dans une classe, sur la rive droite du Rhône : Le maitre : - Auguste, quelle est la limite naturelle du Valais, au sud? - Silence de l'élève. - Le maitre: Quel est le pays qui nous avoisine au sud? - L'élève: L'Italie. - Le maitre: Bon; maintenant, pouvez-vous voir d'ici l'Italie? - L'élève: Non, m'sieu le régent. - Qu'est-ce qui vous en empêche? L'élève : Les rideaux! (Authentique.) *** Trouvé dans une composition d'élève: Après la bataille de Morat, Charles-le-Téméraire s'enfuit dans toutes les directions. Dans une autre: Après le péché de nos premiers parents, Dieu dit au serpent : Tu tremperas ton ventre dans la poussière de la terre, etc. *** Le comble de la délicatessse pour un imprimeur : Ne pas oser ouvrir les guillemets pendant les froids rigoureux de l'hiver.

A l'école. -

Supplément à l'ECOLE PRDUIRE

Le Mort d'Eindzon (LÉGENDE DE LA VALLÉE DES DIABLERETS)

(Suite et fin) Il en advint cependant autrement. Jean-Claude le cossu avait acheté quelque temps auparavant une magnifique vach~, le ty~e de son espèce, ve~ant tout droit des écuries des sires de Rarogne. C'était le bouquet de la foire, aussi en avait-il donné eans regret ufle bourse d'or. Elle portait un drôle de nom allemand que son nouveau propriétaire n'a pas retenu, mais comme elie était très vive, il l'appela Dragon. Après quelques barres (1) de côté et d'autro, Dragon et Bellone se rencontrent et s' c empoignent li brusquement sans c faire tète ,. Jamais on n'avait vu un spectacle aussi beau et ausei effrayant à la fois; jamais duel de ce genre n'a été plus acharné, les spectateurs regardaient terrifiés..... Après un quart d'heure de gymnastique Bellone décampa. Le vacher pâlit, pui!'l il épancha uu torrent de larmes; la vache da ses gros yeux pleura aussi, et tous deux en seraient devenus malades si Dieu ne les avait visiblement protégés. Dans un cruel abattement, le pauvre homme considérait cette épreuve comme au-dessus de ses forces. « Serat-il dit que ma fière Bellone s'est vue supplantée par cette vieille de Jean-Claude 't s'écriait-il dans un accent de désespoir. Comment se fait-il qu'elle ait déchu de son rang et déshonoré ainsi sa patronne f (car c'était à dessein qu'il l'avait mise sous la protection de la déesse la guerre). Le cruel destin veut-il que je change son nom "/ Cela est impossible, il faut que je me venge ; comme par le passé, elle sera encore reine et se nommera Bellone. li Dès ce moment il ne songea qu'à mettre à exécution son projet de vengeance, Faire périr Dragon serait le moyen le plus sür de reconquérir son titre, mais sa conscience se révoltait à cette pensée, et tôt ou tard son méfait serait découvert. Une haine féroce, fermentant avec sa vive imagination, lui fit trouver quelque chose de plus simple, Sachant que la force, ou plutôt le courage des vaches consiste en grande partie dans leur son1) Gombat de vaches.

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naille, comme la force de Samson dans ses cheveux, Il profita d'une nuit où le troupeau était seul, pour se ren. dre au djétroz (2). Après avoir privé la vache à Jean. Claude de sa chère sonnette, il lui amena la sienne Encouragée par la présence de son maître et voyant aâ rivale dans ce triste état, Bellone tend ses nerfs et en. gage une lutte en règle ; Dragon épouvantée et décon. certée en se voyant privée de son plus bel ornemeo~ sent son courage l'abandonner, se laisse repousser sana trop de résistance et se voit précipitée au bas d'une pa. roi de rocher où elle est tuée net. Le vacher, saisi de frayeur, descend par un sentier contournant le roc, ratta. che la sonnette au cou de la victime affreusement &11utilé e, et remonte accablé déjà par le poids du remords, Le lendemain, de très grand matin, un jeuna berger, attiré vers cet endroit par les cris des oiseaux de proie qui déjà se partageaient les dépouilles de la pauvre bête, fit la triste découverte et l'annonça aux pâtres. Le vacher qui avait agi à l'insu de tout le monde, joua si bien la surprise que personne ne le soupçonna, d'autant plaa que les déchirures du gazon au-dessus du -précipice, étant la preuve d'une récente barre, amenaient la supposition probable d'un accident. Cependant le coupable sentait sa conscience le bourreler ; comme il aurait alors volontiers échangé son sort contre celui de son adversaire I Il lui etlt été pourtant facile de donner Bellone - à laquelle il ne tenait plus d'ailleurs - en réparation de la perte causée, mais une honte funeste lui tenait la bouche close. En vain, espé· rait-il que le temps calmerait sa peine, elle ne faisait que s'aggraver. A mesure qu'il s'éloignait de cette nuit malheureuse, il se sentait aussi de plus en plus rapprocher du jour redoutable où il devrait rendre compte à Dieu de ses acte.s. Le remords, ce monstre sans pitié, imprime toujours des traces visibles dans l'âme qu'il déchire, quelle qu'en soit la force de caractère ; en vain le pauvre pâtre s'efforçait-il de paraître gai comme à l'ordinaire, sa tristesse et sa douleur n'échappaient pas à ses compagnons, mais ceux-ci attribuaient ce malaise à une Indisposition physique plutôt qu'à une maladie morale. Ce fut la dernière année de sa carrière comme vacher à Eindzon. Il passa le reste de sa vie sans avoir 2) Lieu en plein air où reposent les vaches.

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80 jamais le courage d'avouer sa faute. Quelque temps 1 rès sa mort et durant des centaines d'aonées, il jeta

~s. mortels de la vallée cet appel sinistre et monotone :

~ Jci

la sonnaille I • Ce cr~ a d'abord effray~ bien des gens , mais comme on St\ fait à tout on s habitua à cette ,oix' et, à l'exception des moins braves, on n'éprouvait plus' que quelques frissons passagers en l'entendant. Quant à dèlivrer la pauvre âme en peine, nul n'y songeait ou plutôt nul ne savait s'y prendre ou ne supposait ;ussi facile. Ce ne fut qu'au commencement de ce siècle qu'une personne très pieuse eut le bonheur d'opérer ' cette délivrance. A un appel du malheureux, elle Joi demanda : , Que voulez-vous, de la part de Dieu ? , A l'ouïe de ces paroles, le mort se manifesta et loi raconta son histoire. Entre autres choses il lui dit : , Deuis que je suis là-haut sous ce rocher à expier ma peine, j'ai vu changer trois fois la fin d'Erbin. , On sup:ose qu'il voulait désigner par là l'étendue des champs en amont de Riddes. Dès lors son cri n'a plus troublé la quiétude des braves gens de la vallée. Cette personne s'éta,nt. chargée de la réparation, l'âme du pauvre vacher d E1ndzon eut ainsi sa feuille de route signée pour son entrée au paradis. F. B., instituteur. 1 • L'hygiène

L'hygiène est l'art de se bien porter, c'est la partie de la médecine qui a pour objet c!e conserver ou de rélablir la santé et de prévenir les maladies, en plaçant l'homme pris individuellement ou réuni en société dans les conditions les plus favorables au développement normal et au maintien de son organisation physique, intellectuelle et morale. C'est une science tonte pratique dont le nom provient du mot grec huyiainein qui signifie être bien, se bien porter, dont la connaissance est utile, même nécessaire à chacun, p uisque son application dans la vie journalière permet d'éviter une grande partie des souffrances auxquelles l'humanité est si souvent soumise. La sauté c'est-à-dire l'exercice régulier des fonctions de nos org~nes, est le bien terrestre le plus précieux, car s1;1ns elle, que sont tous les biens de la terre ! Il en est malheureusement de la santé comme de beau-


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coup d'antres choses dont la possession nous semble toute naturelle : on ne commence à l'appréci~r que lorsqu'on en est privé, et c'est à ce moment-là que beaucoup de gens donneraient tout ce qu'ils possèdent pour la re. couvrer. Il est cependant moins difficile de conserver sa santé que de chercher à l'avoir à nouveau après l'avoir per. due. Dans beaucoup de cas il suffit de quelque at,tention aux simples lois qui régissent les fonctions vitales de notre être pour éviter la souffrance et toutes ses con. séquences désastreuses. C'est un fait avéré que la pins grande partie des maiadies qui affligent l'humanité sont le résultat plus ou moins direct de la transgression des lois naturelles. Il est vrai cependant que malheureusement un trèa grand nombre de personnes ne sont pas dans une situation financière suffisante pour pouvoir s'appliquer à toutes les règles que commande l'hygiène, le travail dans des locaux, dans des industries malsaines, à des travaux qui nécessitent le séjour dans l'eau. Pour beaucoup aussi, la nécessité de travailler, même dans les moments où l'on ne se trouve peu bien et aurait besoin de repos, la nécessité dans laquelle se trouvent des mères de recommencer un travail dur et astreignant trop tô t ,après les couches, tout cela et bien d'autres choses encore sont des transgressions aux lois de la nature, mais qui ne peuvent pas être évitées dans l'état social actuel ; ce sont des maux que le monde devra subir, en tant que les générations qui nous suivront n'auront pas réussi à réorganiser la société de manière à les éviter. Il est cependant quelques règles très simples qui, si elles sont suivies, maintiennent le corps plus ou moins parfaitement dans sa force naturelle et que chacun-peut Natiquer, dans quelle position sociale qu'il se trouve. Nous les mentionnons ici brièvement et en faciliterons l'application dans les conseils que nous continuerons à donner sous la rubrique , hygiène , • 1. Respirer en abondance de l'air pur et ne pas craindre de s'exposer aux rayons bienfaisants du soleil, surtout dans cette saison, pendant ses courtes apparitions. 2. Donner suffisamment d'exercice à chaque muscle du corps. Celui qui a un travail manuel assis, fera bien de faire des promenades pour donner de l'exercice à ses jambes. Celui que sa profession oblige de marcher beaucoup doit procurer un exercice à ses bras pour maïa-

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tenir l'équilibre de la dépense des forces. 3. De n'introduire dans son estomac qu'une nourriture et des boissons saines. Dans l'alimentation, plus que partout ailleurs, le meilleur marché est toujours le plus cher. 4. Eviter les excès de toute nature. 5. Maintenir une propreté exemplaire sur soi et autour de soi. 6. Jouir de plaisirs sains et de la paix que procure une bonne conscience et l'application de ses devoirs. (Extrait du Conseiller.)

Bibliographie En 8ulsse, pèlerina2es célèbres et sentiers inconnus, par G. Félix. - Prix 3,50. Sous ce titre, M. Alf. C11ttier, éditeur, à Tours (France) vient d'enrichir la Bibliothèque illustrée d'un charmant volume que nos contrées doivent bien accueillir. L'auteur y affectionne particulièrement notre patrie, mais son âme si religieuse recherche surtout les sites, les wonuments ou les souvenirs catholiques. Son livre est embaumé du double parfum de la poésie et de la piété ; aussi la lecture en est-elle aussi salutaire 11our le cœur que délicieuse pour l'esprit, Très variés sont les 26 chapitres qui le composent et dont nous donnons plus loin l'énumération. Tous présentent un vif intérêt et plusieurs nous rappellent des scènes attendrissantes, des paysages pittoresques ou des traditions effacées. Trois se rapportent au Valais et nous transportent successivement aux Mayons de Sion, dans la nllée d'Anniviers et à Lens. Parlant entr'autres des Mayens, l'auteur donne une charmante description, que nous voudrions pouvoir reproduira ici, -des promenades qu'on y fait et des distractions dont on y jouit, Il a dû s'y trouver à l'aise et s'y plaire, à en juger les pa::isages suivants: c: Cette société de Sion est charmante. La beauté y est de race ; on sait combien le sang est beau dans les bonnes familles valaisannes, mais ce qu'il y a de plus captivant, c'est l'amabilité générale. , Un salon aristocratique pourrait offrir peut-è tl'8 plus de talents réels, de haute science et fournir des sujet


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de conversation plus variées, mais je ne sais s'il serait possible d'y trouver plus d'esprit d'apropos, et surtout plus d'aisance et de naturel. Ces qualités appartiennent · en propre à la société sédunoise; on ne les rencontre nulle part ailleurs à ce degré, Tout y est simple et de bonne marque; point de minauderies ni d'embarras, ni de l}ompliments inutile11, mais une politesse toujours exacte et un accueil toujours gracieux ... , Hélas I ces vieilles coutumes et ces joies toujours neuves, les Sédunois sauront-ils les garder longtemps encore 'P Les étrangers, qui depuis quelques années viennent nombreux aux Mayens, n'emporteront-ils pas ces parfums du vieux temps ! Ils ont découvert les sentiers, ils ont traversé les remparts de verdure. Dieu veuille qu'ils ne réussissent pas à remplacer l'ombre des grands arbres par l'ombre des grands hôtels 1 , Plusieurs mayens ont leur chapelle partieulière dont quelques-unes sont ouvertes à tout le monde. L'une de ces dernières, vrai bijou caché dans les arbres de la forêt, a tenté le pinceau de plus d'un a rtiste, La poésie qui l'enveloppe invite à la méditation et au repos, et l'on se dit que du petit sanctuaire la prière monte vers le ciel plus sereine et plus confiante. L'environnante splendeur des mélèzes la dérobe aux regards, les gigantesques rameaux que le temps a noués, crispés, se sont enlacés à la roche nue, et les troncs chenus, sillonnés, labourés par les siècles font à la chapelle un incomparable frontispice >,

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Mais nous ne saurions mieux faire connaître l'esprit et le but de l'ouvrage qu'en citant la préface que voici : , Aller où les autres ne sont pas allés, voir ce qu'ils n'ont pas vu, s'agenouiller aux endroits qu'ils ont dédaignés, baiser le sol qu'ils ont foulé sans s'apercevoir qu'il était saint, se perdre parfois dans une gerbe de montagnes aux cimes neigeuses et, de là haut, contempler à loisir les vallons fleuris et les vertes C->llines, croiser le long du chemin des âmes simples et bonnes dont la franchise éclaire le sourire, n'est-ce pas faire un heureux voy~ge? , Dans cette course sans but, nous n'avons suivi que la fantaisie de notre cœur qui nous poussait là où nous étions sûrs de rencontrer, avec l'eau des fontaines et les senteurs des aromates sauvages, des populations hospitalières et catholiques, des églises où l'on dit la

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~esse, des clochers où l'on sonne l'Angelus des cimehères pl~ntés de croix. En Suisse, nous n'a;ons vu ni B~rne, n1 Genève, ni Zurich, mais nous avons visité les coms perdus, les hameaux que menace l'avalanche ou que. protége 1~ rocher inaccesssible, Nous avons salué la vraie Suisse inconnue, celle qui se cache et garde son mystère, celle qui veut rester ignorée. La plus belle peut-être. - belle de cette beauté austère et grave qu'il faut étudier pour la comprendre, - mais qui captive sans retour ceux qui l'ont contemplée. • Nous y avons gravi bien des sentiers difficiles nous Y av:ons co~d?yé beaucoup de braves gens, m;is les sentiers pla1sarnnt à notre pied encore ferme et sûr, et le o~ntact de ces braves gens nous a appris que l'humamté n'est pas partout aussi laide qu'on le dit., Çà. et là, nous avons cueilli des souvenirs et des fleurs · nous ayons noté de vieilles et naïves coutumes à la ve'ute de disparaître ; nous nous sommes arrêtés devant de grandes et nobles figures trop peu connues elles aussi. Nous avons bénéficié du petit bonheur des' surprises, de l'imprévu des rencontres, des hasards de la route du beau temps et de la pluie, de ce mélaoge d'heureus~s fortunes et de désagréments légers qui sont le plus grand charme des voyages, Nous sommes rllvenus la pensée satisfaite l~ cœur ému et les mains pleines d'une odorante moisson; c est tout ce que nous étions allés che1·cher. » Voici maintenant le titre des différents chapitres dont SA compose le volume : I. D'où nous venons. - II. Fluhll. - III. Sachseln. - IV. La bénédiction des montagnes. - V. Les vieilles cloches. - VI. Le peintre Paul Daschwanden. - VII. Le chapelain J acob Mathys de R9rk,m baeh. - VII[. La montagne des Angos. - IX. Le Rayon. - X. EioRiedeln. -: XI. La fêle des mendiants à Gersau. - XII. Le • Pelerinage de Rome > à Lucerne. - XIII. La cavalc~de du jour de !'Ascension à Munster. - XIV. S. Adrien près de Valschwyl. - XV. Nœfels. - X VI. Un grand philanthrope. - XVII. Notre Dame de la Prnrre, ::- XVIII. Poètes ioconnus, poètes oubliés. - XIX. Dom ~ermano, - XX, Gédéou Waldvogel ou l'oiseau d~s bois.. - XXI. Les mayens du Valais. - XXII. Un vieux village (_Viss?ie). - XXIII. Le vœu d'un pestiféré. - XIV. Histoire d une abbaye. - XXV. La guerre de Trente Ans. - XXVI. La moisson dans le Jura Suisse. En résumé, cet ouvrage a sa place marquée non seule-


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ment dans les bibliothèques paroissiales, mais dans les familles chrétiennes. Autant, sinon plus que bien d'autres, il mériterait d'être donné en prix dans nos écoles et collèges à la fin de l'année scolaire.

'XVII•" ANNEE

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SION 10 1'1ars 1898

VARIETES

l'ECOLE PRIMAIRE

t..e11 blenfalteurll du people li y a dans le christianisme une telle fécondité de miséricorde sociale que, jusqu'à présent, les novateurs les plus décidés à se montrer audacieux n'ont pu qu'inventer avec beaucoup de peine ce qu'il avait enseigné et pratiqué depuis longtemps. Mais aucun de ces novateurs n'a tenté d'imiter, même de loin, les deux hommes &uecités par le souffle fraternel du christianisme qui, malgré les siècles écoulés entre eux, se complètent si admirablement: François d'Assise et Vincent d/3 Paul. Fraoçoia a surtout été touché de la souffrance morale du pauvre: l'humiliation ; et, pour le consoler, sachant bien qu'il est impossible de détruira l'inégalité, il a ' épousé la Pauvreté, avec elle, il a vécu en mendiant. Vincent a été ému surtout de la souffrance physique du pauvre: le dénuement; et na sachant comment lui donner une part des biens de la terre, il s'est fait le prédicateur de la compassion et a procuré aux pauvres des servantes gratuites: les Sœurs de Charité. Hommes du peuple, chaque fois qu'on parlera de porter la main sur la religion de l'Evangile, rappelez-vous que vous lui devez François d'Asei_se et Vincent de Paul, les deux amis les plus désintéressés et les plus tendres que vous ayez eus sur cette terre I Et vous, Chefs des Etats, quand vous serez tentés de détruire la foi aux cœurs des malheureux, dites-vous bien que ceux auxquels vous aurez enlevé le ciel de la vie future, tôt ou tard vous en demanderont un compte dans la présente, et Dieu fasse que ce ne soit pas par la force et par le fer. JuLES SIMON.

Pour détruire les mites. - On conseille de verser du vinaigre chaud sur une pierre ou sur une plaque de fer chauffée et de diriger les vapeurs de vinaigre vers les objets attaqués par les mites, meubles, tentures, tapis, vêtements, etc. Si l'on doit laisser la maison inhabitée pendant un certain temps, cette précaution est très utile.

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Jfai Il inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la 8uis8e, 2 fr. 50. Union postale 3 fr. ..l.nnonces, pria, 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE: Um métier qui n'est pas ~ comme un autre >. - De l'hygiène dans nos écoles primaires. ( Suite et fin) - De la mémoire. (Suite} - Une question opportune. - Qui parle bas, mieux on l'écoute. - Dangers à éviter et conseils à suivre. - L'alcoolisme. - Partie pratique ( Composition, Style. Dùtees.l - Variétés. - Supplément. 1

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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PICNAT, 1" secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.

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No 08 l'Ecole primaire, 20 Février 1898 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu