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No 08 l'Ecole primaire, 25 Février 1890

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,Aux hommes d'école très nombreux qui repror.haient aux cahiers Ziibriuger l'ablimee complète de théorie, l'ouvrage otl're un exposé tbéorsque clair, sobre et 1uffisamment complet, et ré11lisan1 en bonne partie, par luc boix drs problèmes le désir de ceux qui réclamaient un plus grand nombre de données relatives aux .;.•• tières agricoles et aux opérations journalières du ména~te champêtre Sans entrer sei dar.s la discussion de la méthode, je ~rarde d'un examen aueulif dG manuel la conviction sincère qu'il renferme un excellent cours d'arithmétique. J'apprécie surtout le grand nombre et la progression bien graduée des problèmes." L'ouvrage a également été accueilli nec faveur d-ans diverses écoles d'autrea. cantons. Les SOLUTIONS RAISONNÉES de l'ouvrage coûtent t fr. 50. Pour prévenir lr.s abus qui pourraient être faits du li'Dre du maitre, l'éditeur restrein1 dra la vente des Solutions au Corps enseignant el a raison d'une exemplaire seule. ment par personne. On ne p!lurra se les procurer que chez lui, allendu qu'il n'en aer• pas remos aux libraires ou détaillants.

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PRIX - a&

Baatuao Grammaire du Valais, • La rive Il: Fleury Grammaire préparatoire - Ill) • XXX Catèchisme du diocèse - 50 • XXX Ami de l'en{a11ce, tèr livre de lecture, tOme édition - Ill) GUYAU 2me Li'Dre de lect11re (livre de l'élève) 1 Ill) " » (livre du maitre), 3 li& Eléments de géographie à l'usa~e des écoles prim, ·- .sr. • 80URQUARD Bible illustrée a l'usage de ln Jeunesse 1 • s. l\1. Méthode de lecltlre correspondant avec les tableaux du même - 45 Abrégé d'histoire de la Suasse, suivi d'un précis d'inst. civ. - 70 • J. ST. w. Elémenls d'arithmétique, suivi de 2000 exercices el problèmes à l'unge des écoles primaires 1 • Kœhl, prof. Recueil de chants pnur l'école el la famill e, précédé d'une méthode élèmentaire el d'un petit solfège ') 1 25 • PBRRIARD el Au:J: recrues suisses, opuscule spécialement destiné aux élèves des cours de répétition - 60 GO LAZ Dictionnaire complet de la langue française, Illustré, 3 50 • LAROUSBB Nouf!eau dictionnai1·e de la langue française, illustré, 2 Ill) " Carte de la Suisse pour les écoles tpapier japonais) - iiO • Lau:nlfGBR Sujets et modèles de leçons de choses 1 Soxx11R Culture des arbres frvitiers a tout 'Dent - 60 }SSARTIIR Nou'Delle méthode de calcul oral (maitre) 1 30 HBilfRICB Géographie illustrée de la Suisse 1 WASBR Mithode analytique Ile style (année préparaloire) 1 10 • Frère P. (tre année t 10 , (2e l'lnée) 1 10 " L" Lif!re du maitre pour chacun des cours, 3 -

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2:S Février 1890

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE parait chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages.

OUVRAGES ET MATÉRIEL SCOLAIRES TITRE

SION

L'ECOLE PRIMAIRE

Les acquéreurs des .Solutiom sont bien priés de nous signaler les erreurs que pourrait contenir l'ouvrage, afiu que nous puissions lt>s corriger dao8 les exemplaires •·estants, auxquels, au besoin, sera intercalée une liste d'errata. Si les coquilles sont très rares, comme nous l'espérons, elles seront redressées à la plume. On conçoit sans peinequ'uo livre bourré de chiffres et d'une exécution typographiqu& longue et difficile puisse, en première édition surtout, contenir quel· ques fautes. AUTEUR

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IX•• ANNEE

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Pris d'abonnement pour la Suisse, 2 l'r. 50. IJnlun postale 3 l'r. "'nnonces, pria. 20 cent. la ligm ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole pr1:m ai1·e recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

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SOMMAIRE:

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1Jne remise de 1 0 % est aeeordée sor le pris des ooYraae• marqué• d'un • au personnel enaela-nant et, d'one manl~re .lénérale, aas autorité• eommonal e• et détaillant•. J) 1 fr. pour les abonnés de l'Ecole primaire.

Il

Une leçon sur l'adverbe. cation. -

L'exemple, moyen d'édu-

Du travail personnel chez l'instituteur. -

commissions scolaires. -

Les études faciles. -

(La mode, suite, Anecdotes scolaires). -

Des

Variétés

Correspondance.

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur: M. P. PIGNAT, secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.

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Solutions des Problèmes d' arithmétique. QuelquAs inexactitudAs se sont glissées dans le livre du maitre de nos Eléments d'arithmétique. Lct choRe est d'autant plus comprébensibiA qu'il s'agit d'un ouvrage à sa première édition. et bourré dP ch!ffres . Nous rectifions donc ci-après les erreurs qut nouP. ont été signalées jusqu'ici, priant d'ailleurs les acquéreurs d~s soluh?ns de vouloir b ien nous indiquer les autres fautes qu'Ils anratent encore pu remarquer. Numéros. 252. Au Jieu de 17000, lisez 17100. 255. Lisez : Ce domaine coùtait 71450-5800 1205 = 66855 fr. 368. Lisez : Il avait 75 X (25 1) = 1950 fr. 505. Lisez : Preuve= 15466 : 418 = 37 ou encore 418 X 37 = 15466. 828,67 793. Lisez : 3• Prix du kg. de la 3• vente= , X ( fi _ 40) = 2 fr. 35. 10 075 7 802. Lisez : Prix du kg. = 2,30 (6 : 75) = 2 fr. 38. 803. Lisez : Lisez Puisque pour reudrt! égaux etc. 827. Lisez : Les autres jours = 9 X (7,15 0,42) = 830. LiAez : 3 Dm. 76 cm. = 842. Ltsez: Longueur = 182 m. 15 = 18 D m. 21f•. 8~. Lisez : 18 Dm 754 = 849. Lisez : 750 Mm. 15 Dm. 962. Volume = 3,85 X 0,05 X 0,003 etc. 991. n a gagné 1791 - (149,328 x 9,75) = 335 fr. 66. 994. Volume du charbon = 10298,8 : 240 = 42 m3. 911. Nombre de stères = 42,911 : 0,384 = 111,7. 1026. La 2• en aura vendu 27 L. 4 - etc. 1505. 8/J - 1jg = 17/9 etc. - - -- - - - - -

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Choix de Cantiques catholiques l'usage de l'église, des écoles et des familles, recueillis par F_.-0. Wolff, professeur au collège et ot·ganiste de la cathédrale de S10n. c Ce recueil, dit la Cecilia, excellente petite publication éditée par M. J . Gurtler à Bon?ourL (J~ra-B.), est un. des meilleu~s de ceux qui ont paru en Su1sse, et tl sera très ut1le dans les ecoles et dans les paroisses pour les offices extra liturgiques.

Ce recueil comprend 70 morceaux dont voici les titres : t . 0 sanctissima. - 2. Cantique . 3. Cantique de St-Alphoose de Ligori. - 4:. La fl.Aur de Marie. - 5. La mère de misé.ricorde. - 6. Au saint cœur de Marie. - 7. La mère des proscrtts . - 8. Cantique des pèlerins . - 9. Hommage à la sainte Vierge. 10. Je vous salue, Marie. - 11. Janua cœli. - t 2. Invitation au culte de Marie. - 13. Le mois de mai. - 14. A la reine du ciel.

SION, 25 Février

1889-90

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION UNE LEÇON SUR L'ADVERBE.

Mes enfants, nous en sommes, en grammaire, à l'adverbe. Voilà un mot nouveau pour vous; il faut d'abord vous l'expliquer. Vous savez déjà que ad signifie auprès, cette particule forme aussi le mot adjectif que vous connaissez depuis longtemps et qui veut dire placé auprès du nom. Adverbe signifie placé auprès du verbe. C'est, en effet, un mot que l'on joint au verbe pour en compléter, pour en modifier le sens, la signification; il remplit, en quelque sorte, auprès du verbe, les fonctions que l'adjectif remplit auprès du nom. Exemple : Cet enfant parle distinctement. L'adverbe indique la manière dont parle l'enfant. Mais là s'arrête leur vraisemblance. Tandis que l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, l'adverbe, lui, reste toujours invariable. Il suffit donc, pour bien l'orthographier, de savoir le reconnaître. Malgré son nom, l'adverbe ne se met pas seulement auprès du verbe, il peut aussi se placer encore auprès de l'adjectif et même d'un autre adverbe pour les modifier. Ex. : Jean est très malade. Nous avons passé la journée fort gaiement. Les adjectifs très et fort modifie l'adjectif malade et l'adverbe gaiement. Certains adjectifs s'emploient aussi quelquefois comme adverbes et sont alors inrariables. Tel est l'adjectif fort, dont je viens de me servir comme adverbe dans la dernière phrase, et les adjectifs : juste, clair, net, ferme, haut, soudain, etc. ; ex. : chanter jrlste, voir clair, parler

net, frapper ferme~ lire haut, sortir soudain. Il y a différentes sortes d'adverbes, adverbes de manière : hien, mat, prudemment, agréablement, bonnement, justement, sagement, poliment, etc., et de temps : jadis, bien, demaitJ, tantôt, aujourd'hui, alors, autrefois, bientôt, déjà,


j~mais,

tard, t?ujours, etc., de comparaison et de quantité : plus, f!~Or.ns, aussi, assez, beaucoup, guère, peu, tant, trop, que (s1gmfiant combien), etc., de lieu : ici, là, dess~s, dess~us, de~ans,

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dehors, ailleurs, a/entour, ci, loin, ou, est, d affirmatiOn : oui, certes, a.~surèment, certainement etc. , de dénégation : ne, non, nullement, etc., d'ordre ; auparavant, d'abord, ensutïe, premièrement, secondement,

etc. On appelle locution adverbiale plusieurs mots faisant ensemble l'office d'adverbes : à propos, tout à {ait, tout de suite, tout à l'heure, peu à peu, côte à côte, etc. Vous venez de voir, mes enfants, que certains adjectifs peuvent être employés comme ad verbes. Cela nous conduit à ~e~arquer qu'il y a beaucoup d'adverbes formés par Jes adJectifs, tels sont les adverbes de manière terminé.; en ment : prudemment de prudent, poliment de poli, sagement de sage, agréablement d'agréable, équivaut toujours à une préposition suivie de son complément; ex. : prudemment signifie avec prudence, etc. L'orthographe des adverbes n'offre pas beaucoup de difficultés. Cependant il ne faut pas confondre là, adverbe de lieu avec la pron.om per~onne.l. Là, adverbe, prend un accent grave : C'e.st la que Je vazs, la, article ou pronom personnel ne prend pas d'accent : Aimez vutre mère et respectez la. Ne confondez pas non plus l'adverbe y avec le pronom personnel y, qui s'écrivent de la même manière. L'adverbe Y signifie là: J'y vais, J'y suis, Je m'y plais. Le pronom personn~l y a le sens de à lui, à elle, à eux, à elles, à

cela : J y pense, J'y travaille.

Voyons maintenant, mes enfants, si vous avez compris et retenu la leçon. Il en sera ainsi si vous répondez bien aux questions que je vais vous faire : 1) Que veut dire le mot

~dverbe '1 2) Q'!''est-ce que le nombre '1 3) L'adverbe esttl un mot varzable ou invariable ? 4) L'adverbe ne se met-il ,qu'auprès de lui '1 5) Citez des adjectzfs qui peut,ent s employer comme adverbe '1 6) Quelles sont les les. dtfférentes sortes d'adverbes 'J 7) Comment sont formes la plupart des adverbes de manière? 8) A quoi

équivaut un adverbe en ment? 9) Quelle re rr.arque y a-

t-il à faire sur l'adverbe là ? t 0) Quelle remarque y at-il à {aire sur l'tldverbe y '1 Voici maintenant la série d'exercices relatifs à l'adverbe que vous aurez à faire, aujourd'hui et les jours suivants : t) Reconnaître dans les phrases données, les adverbes, les analyser de vive voix; 2) Les classer en adverbes de manière, de temps, de comparaison, etc.; 3) Conjuguer oralement des verbes accompagnés d'un verbe différent à chaque personne; 4) Former des adverbes de manière avec des adjectifs donnés; 5) Joindre d'une façon convenable, des cldverbes aux adjectifs indiqués; 6) Joindre des adverbes aux adjectifs et aux adverbes donnés; 7) Remplacer par un adverbe en ment la préposition arec le nom qui la suit; 8) Remplacer, dans les phrases données, les points par là, adverbe, ou par là, soit article, soit pronom; 9) Analyser oralement, dans les exemples donnés, y pronom, ou y, adverbe ; to) Exercice d'invention : Ecrire le contraire des adverbes donnés dans l'exercice. ALFRED CHARRON.

Nota. - Les exercices sont toujours composés de phrases complètes.

Réd. - Nous avons appris avec plaisir en recevant L'article qui précède, la nomination de notre excellent et assidu collaborateur M. A. Charron, au poste de professeur à l'école professionnelle de Montargis (Loiret). Nos sincères félicitations. L'EXEMPLE, MOYEN D'ÉDUCATION. Qui veut la fin, doit vouloir les moyens.

L'exemple exerce sur tout le monde une influence très efficace. Le proverbe, expression laconique d'une vérité' banale, le dit : « Les paroles émeuvent, l'exemple entraîne. , La puissance de l'exemple se constate à chaque pas : Mattez à la tête d'une entreprise; d'une commune, d'un Etat, des bommes exemplaires et vous reconnaîtrez bientôt l'influence salutaire de leur noble conduite. De là les dictons : Tel maître, tel valet ; tel père, tel fils. C'est surtout au moment suprême du péril que la fascination du dévouement est vertigineuse. Que de Césars par leur initiative courageuse, intrépide, n'ont pas rallié leurs ba taillons chancelants, raffermi, exalté les courages et ramené la victoire ~ous leurs drapeaux 1


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Par contre, malheureusement, grAce à notre nature dépr~vée, le scandale est pestilentiel au premier chef et peut operer en un temps relativement court, les dévastations les plus étendues dans le domaine religieux et moral de toute une nation. Un seul homme influent peut ainsi, par sa conduite détestable, projeter comme un souffle empoisonné sur tous ses subordonnés. Que dans la chaleur de l'action, un des chefs lâ~he pied et abandonne le champ de bataille à l'instant le général a les bras cassés : toute résistance esi brisée et une déroute honteuse rompt tous les rangs. Lorsque l'armée d'Alexandre le Grand, se trouvant arrêtée. d~ns ses ~xpé~itions par de grandes masses de neiges, hésitait et craignait de ne pouvoir vaincre les obstacles, le roi prit lui-même. résolument les devants, et l'exemple de son courage fut SI entraina.nt que tous le suivirent joyeux et confiants. Quand Clovi11, roi des Francs, se fit baptiser, sa conversion ne fut pas seulement suivie de celle de 3000 de ses principaux sujets, mais de celle de presque tout son peuple. Quand le prophète Jonas cria, dans la capitale de l'Assyrie : ' Encore quarante jours et Ninive sera détruite 1 • le roi, à cette menace, eut le cœur brisfl de douleur et de repentir, il fit pénitence. Aussitôt, ce peuple naguère sans frein, renonce à ses désordres et sauve la ville d'une ruine prochaine. Mais si les grands et les chefs, au lieu d'édifier, donnent mauvais exemple, la prévarication a bientôt envahi tout le peuple. Le roi Balthazar profane les vases sacrés du temple, et les siens imitent son sacrilège. Jéroboam, roi d'Israël, offre de l'encens au veau d'or et aussitôt so.n peuple abandonne le Dieu unique et véri: table, et se hvre au culte infâme des idoles. Saül se suicide, son écuyer aussi. Saint Bernard est si certain que les désordres des chefs pervertissent le peuple, qu'il s'écrie à propos d'Hérode et des Juifs : ' 0 11ation digne de pitié, tu languis sous le sceptre d'Hérode; qui peut douter que tu ne prennes part à ses méchancetés ? » L'histoire de toutes les nations nous atteste que toujours

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la conduite vicieuse des grands a été imitée bien vite par le peuple. Le libertinage, l'immoralité des gouvernants, a été, toujours et partout, la cause de la ruine générale des mœurs. Il ne fa.ut, du reste, être nullement surpris de l'ascendant mllral des personnes haut placées; car comme c'est à la tête de l'homme que l'on reconnaît le plus vite et le mieux ce qu'il a de désagréable, d'odieux, ou de beau et d'imposant, de même le· vice et la vertu des supérieurs se projettent sur les inférieurs. Il est vraiment étonnant qu'il y ait si peu de gens capables de se raidir contre ce penchant à l'imitation. Ce ne sont pas seulement les classes inférieures de la société, ~ais ~nc.ore le grand nombre d'hommes de tout rang, qui s assuJettissent aux modes les plus ridicules, les plus insensées, écloses du cerveau d'un seul individu. Critique-t-on ces folies, chacun s'excuse sur l'exemple des autres; voilà cependant la tyrannie de l'entraînement, même sur les hommes faits. Combien plus l'exemple doit-il agir sur le cœur des enfants qui, par instinct, singent touL ce qu'ils voient pratiquer par les autres, surtout par leurs parents et leurs maîtres! L'efficacité de l'exemple laisse loin derrière elle celle de toute parole et instruction, de toute exhortation ou réprimande. La raison en est toute trouvée. L'esprit de l'enfant veut s'aider des mains pour tout palper. des yeux pour tout voir. Les paroles s'effacent, entrent pat· une oreille et sortent par l'autre; mais si on met devant les yeux de l'élève un modèle sensible et bien approprié, une vérité ou une vertu en quelque sorte incarnée, i'image s'en imprimera profondément, dans le cœur encore tendre de l'enfant, comme dans la cire molle, et cette emp•einte s'y développera avec les années. Pour que le jeune âge se pénètre et s'éprenne d'une vérité, d'un devoir, d'un progrès, il faut. que la nécessité et la possibilité lui en sautent aux yeux. Montrons-lui des enfants qui ont pratiqué joyeusement et entièrement leurs devoirs, et qni se posent devant lui comme des modèles vivants. Prêchez tant qüe vous voulez certains devoirs ou vertus, tels que l'obéissance, la diligence, la pureté, etc., et metj '


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Sa nécessité et ses avantages; Satisfactions qu'il procure ; . Moyens que vous avez à votre disposition pour vous y hvrer sans trop de fatig ne ni de dépense. Co~me je vous le, disais tout à l'beure, cette expression, travail personnel, n est pas nouvelle pour vous. Mainte fois on J'a prononcée quand on vous recommandait de ne pas vous ,:ontenter d'écouter vos maîtres, de revenir sur leurs leçons, de vous les approprier par l'étude solitaire et obstinée, en société de vos livres et de vos notes· tantôt de les résumer, de les condenser, d'en extraire en 'quelque sorte la moelle et la substance, tantôt, au contraire de les développer, de les étendre , de revêtir de muscle~ et de chair ce ~ui n'avait pu vous être donné qu'à l'état de squelette. Ma1s on la pr·ononçait aussi quand on vous engageait à mettre à profit votre temps libre pour faire des lectures ou des études propre:~ à vous fortifier sur un point faible, à nourrir votre intelligence et votre cœur à élever ~os pensées et vos sentiments, en un mot, à v~us porter a un plus haut degré de culture intellectuelle et morale. Eh bien, .:'est du travail personnel, compris de cette dernière façon, que je viens vous parler aujourd'hui et dont j'établis d'abord la nécessité. N'avez-vous pas remarqué plus d'une fois que, à votre reto~r des vac~nces, quand vous avez laissé dormir quelques semames vos hvres et vos cahiers, substitué à l'étude et au travail le.; excursions sans fin, les courses folles, les fines parties, ou . simplement les délicieuses flâneries du foyer paternel , b1en des choses vous avaient échappé pendant ce court laps de temps: que vos souvenirs étaient déjà moins présents et qu'il fallait les rdviver pour reprendre la marche en avant, que votre esprit lui-même s'était quelque peu engourJi, était devenu plus paresseux à se tendre et à comprendre, comme s'il eût perdu de 80n activité et de sa pre~iè~e vig~eur '! Cela vous avertissait de ce qui vous amvera1t mfa1lhblement si vous ne reveniez pas sans cesse sur vos premières études, si vous négligiez d'entretenir vos connaissances acquises. Peu à peu, ces connaissances s'affaibliraient, et un jour qui viendrait vite, vous vous réveilleriez presque ignorants, amoiudris à vos propres yeux et

tez en réqui:;ition toute votre éloquence, conformément aux règles de l'art, vous n'obtiendrez jamais l'effet que produit un seul exemple bien choisi. (..4 suivre.) DU TRAVAIL PERSONNEL CHEZ L'INSTITUTEUR

Quand nos jeunes élèves régents viennent de conquérir leur brevet, ils sont souvent tentés de croire qu'ils ont suffisamment acquis de connaissances pour la carrière qui leur est ouverte, « Enfin, me disait l'un d'eux, je vais donc me reposer de ce lourd travail de l'école normale; je vais donc me sentir vivre, et me sentir libre.... » Je lui répondis et je réponds à tous ceux de ses jeunes collègues et surtout à ses futurs collègues qui pensent comme lui - et cette pensée est si naturelle qu'elle semble légitime : « Mes bons amis, il faut travailler encore, travailler peut-être plus que jamais. » « Nous entendons, me répondez-vous en vous-mêmes, nous allons avoir notre école ou notre classe à diriger, nos leçons à faire, nos devoirs à choisir et à corriger, peut-être une commune à présider. Mais cette tâche ne nous effraie pas. Il y a longtemps que nou:~ l'avons prévue, que nous la désirons : elle est notre but, notre destinée; loin d'attrister notre existence, elle en fera la joie et la dignité. Nous ne nous en plaindrons pas plus que ne se plaint de la science l'ouvrier ou l'homme des champs. Si c'est de ce travail que vous venez de nous entretenir, vous aurez peu de peine à nous convàincre, vous prêcherez des convertis... » Non, ce n'est pas de cette tâche obligatoire et quotidienne que je viens vous parler. Celle-là est votre raison d'être; elle est pour vous une condition d'existence, ellfl résu lte de vos engagements envers l'Etat et envers la société; elle s'impose à vos consciences, et je suis sûr qu'aucun de VûUS ne songe à s'y soustraire. Le travail que j'ai en vue est tout autre; il porte un nom qui n'est pas nouveau pour nous : il s'appelle travail personnel. Pour soulager vos esprits et pour soutenir votre attention, je divise tout de suite mon sujet en quatre ou cinq points que voici: Définition du travail personnel;

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bientôt aux yeux de vos élèves eux-mêmes. Que voulez-vous? la nature a voulu qu'il en fût de notre esprit comme du soc de la charrue qui se rouille dès qu'on le laisse en repos. Mais admettons que vous soyez doués d'une mémoire particulièrement heureuse, qui ne soit point comme ce vase fêlé auquel nous compare un poète latin, qui retienne fidèlement tout ce qui lui a été une fois confié, le travail personnel n'en serait pas moins une nécessité pour nous. Vous avez eu de bons professeurs; vous les avez suivis, vous les avez compris; vous êtes tout pleins d'excellents enseignements qu'ils vous ont donnés et que l'exercice de la profession, - vous l'espérez du moins, - empêchera de vous échapper. Sortis victorieux dea épreuves qui vous ont été imposées, vons croyez savoir quelque chose, peutêtre roême vous croyez-vous savants. Hélas 1 mes bons jeunes gens, détrompez-vous : au fur et à mesure que vous allez croître en âge et en expérience, vous vous apercevrez que Socrate avait bien raison de s'avouer, à la fin de sa carrière, qu'il ne savait qu'une chose, c'est qu'il ne savait rien. Honteux de vous trouver un bagage de connaissances si léger, vous sentirez le besoin de perfectionner le peu que vous avez acquis et d'y ajouter sans cesse par ce travail personnel dont nous parlons. Et, du reste, ce travail vous offre des avantages inappréciables. Non seulement il vous emrêche de déchoir, mais il vous élève et vous ennoblit. Vous connaissez le proverbe : « Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es. » Eh bien, le travail personnel vous place dans les premiers rangs de la société; sans vous déclasser, il vous met en commerce habituel avec ce que le monde a produit de plus grand et de plus digne; il fait des lettres et des sciences la nourriture de votre esprit, de la vertu l'aliment de votre âme; il vous conduit par l'épanouissement de toutes vos facultés à ce perfectionnement continu qui est la loi de notre nature et vers lequel tend quiconque se sent une autre fin que celle de vivre de la· vie purement matérielle. Du reste, il vous fera hon()re1·, il vous donnera du prestige et assurera votre autorité auprès de vos élèves e~ de leurs familles: l'enfant, et ses parents avec lui, ne

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tarde pas à distinguer le maitre qui travaille, qui vit dans le m~lieu intellectuel où. le relèguent en quelque sorte ses fonctiOns, du maître qm est plus assidu à des réunions peu faites pour lui qu'à son cabinet et à sa bibliothèque. Et qnelle3 intimes satisfactions ne procure pas le travail personnel ! Celui qui l'aime ne connaît point l'ennui et encore moins le désœuvrement. Il ne trouve dans sa vie ni vide ni temps perdu; tous les moments lui ont profité, à lui et aux autres, car il est impossible que le trav~~l personnel ne déteigne pas autour de nous, qu'en facthtant notre propre tâche, il ne rende pas nos leçons plus fructueuses pour cenx qui nous écoutent. li ne l~.isse après lui ni regret, ni remords, ni dégoût, ni lassitude, pourrait-on dire, puisqu'il est de son essence d'être libre et de se soutenir surtout par l'attrait. Du reste, il est Je P.artage des esprits délicats: les âmes vulgaires et les grossières natures ne sauraient s'y plaire ; pour en conuaître les charmes, il faut non perdre terre, mais planer un peu et n'être pa~. comme le grand nombre, sans idéal. Mais, me direz-vous, comment pourrons-nous nous livrer à ce travail personnel que vous nous conseillez si fort? Où trouverons-nous pour cela du temps et des ressources ? - Du temps, messieurs, quand on n'en a pas, on en crée. On en crée en ordonnant sa vie, en se levant tôt, en se couchant tard, en ne donnant au sommeil que ce qu'autorise l'école de Salerne. On en crée par l'énergie, par l'activité. par ces habitudes de régularité qui doublent la durée de la vie. « Le temps est l'étoffe dont la vie est faite » ; gardez-vous de Je gaspiller ; souffrez qu'on vous vole plutôt votre bourse que vos chers moments de répit et de recueillement. Du temps... on en trouve dans les veillées de famille, dctns les promenades, dans les voyages où l'on peut toujom·s avoir un compagnon utile; le livre de p<•che et de chevet. « Mais ne prendrons-nous jamais de repos? » - Si, mais un repos qui ne soit pas perdu, celui qu'un poète (Horace, je crois), appelait otium occupatum. C'est vous dire que je ne considère pas comme tel le temps que vous consacrez à des lectures frivoles, qui ne sont pour l'esprit que ce que l'opium et le pavot sont au corps:


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c Un lecteur sage fuit un vain amusement Et veut mettre à profit son divertissement. • Non, le temps ne vous manquera pas pour le travail pergonnel. Les ressources ne vo us manqueront pas non plus. On a fait de vos livres d'école normale votre propriété: voilà des amis à placer en bon lieu et à cultiver. Vous en avez d'autres dans vos cahiers d'histoire, de littérature, de sciences diverses : revoyez-les , char~ez-les de nouvelles notes, fruit de vos ler.tures et de vos observations, bien personnelles maintenant que vous êtes abandon~és à vous-mêmes et dans les mains de votre propre conseiL A ce premier fonds que, pour ma part, je déclare inépuisable, vous aurez bien l'occasion de joindre quelques ouvrages choisis suivant vos goûts, vos aptitudes, la spécialité ~ui vous attire. D'ailleurs la bibliothèque des régents est faite pour vllus; elle est suffisamment riche p~ur vous, ~ournir à peu près tout ce dont vous avez besom. Et d allleu~s, il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup de livres à sa disposition pour entretenir ses connaissances et pour. en acquérir de nouvelles : examinez les bibliothèques les mieux pourvues, vous n'y trouverez guère qn'une dizaine de volumes et encore! qui soient réellement lus ou feuilletés ; le reste dort d'un profond sommeil « combattant tristement les vers et la poussière 11. Ainsi donc, quand l'inspecteur délégué par le Département, après avoir visité votre école ou vott·e classe, vous interrogera amicalement sur la manière dont vous arrangez votre vie et vous conseillera d'y introduire le travail personnel, vous ne pourrez lui objecter votre isolement et le manque de ressouw~s . En résumé, le travail personnel est pou1· vous une nécessité ; sans lui, vos connaissances iraient vite en s'affaiblissant; votre éducation ne s'achèverait pas; vous reculeriez au lieu d'avancer et de vous perfectionner. Il vous offre mille avantages, entre autres celui de vous placer plus haut dans votre propre estime et dans celle .des autres: JI est un refuge contre bien des dangers que Je . vous. a1 fait au moins entrevoir. Il vous procure des satisfactions délicates et de bon aloi. Enfin, ni le temps ni les moyens ne vous manquent pour vous y livrer. Ne négligez donc point le travail personnel. Donnez-en l'exemple et le goût

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à vos élèves afin que, pour eux comme pour vous, il prolonge aussi loin que possible la vie intellectuelle r.ommencée sur les bancs de l'école. Un vieux praticien. DES COMMISSIONS SCOLAIRES. On dit quelquefois que certains maitres n'on~ pas réussi dans l'enseignement, qu'ils n'ont su ni établir Dl maintenir la discipline dans leur école, et cela sans chercher les causes qui onL oc('asionné ces résultats. Je conviens que des instituteurs échouent quelquefois, ainsi que l'on en a eu eonvent des exemples, à cause du peu de temps, du manque d'inté1·êt et de soins qu'ils sacrifient à leur école; mais on en rencontre aussi souvent qui n'ont pas atteint leur but malgré leur bonne volonté et les peines qu'ils se SOI}t imposées pour bien remplir leurs devoirs Et alors, certaines gens, qui ont moins de raison que de barbe au menton, de jeter les hauts cris, qu'on paie des paresseux, qu'on fait perdre le temps à leurs enfants, etc., sans se demander si eux-mêmes ont bien rempli leurs dP.voirs de parents, et si ceux qui devaient surveiller la marche de l'école ont été à la hauteur de la tâche qui leur était départie. Qu'on regarde donc si tous ont f,lit ce qui dépendait d'eux pour le progrès de l'instruction ; si les parents ont soutenu le mailre devant lflurs enfants et surtout si la Commission scolaire a fait régulièrement et légalement ses visites à l'école, et après cela on jugera bien souvent mieux le personnel enseignant. Oui, certes, il y aurait certainement bien des choses à dire sur certaines Commissions scolaires et sur la manière dont elles remplissent leurs devoirs; mais on garde le silence quelquefois pour ne pas se faire des ennemis et d'autres fois parce qu'on trouve quelque petit bénéfice à se tairo. Mais enfin, à chacun son métier et les vanhes seront bien gardées; et si toutes les Commissions remplissaient bien leurs devoirs, certaines classes donneraient certainement de meilleurs résultats quf! ceux que l'on constate chaque année. Pour moi, je serais un ingrat de pt·étendre que notre Commission actuelle ne remplisse pas bien ses devoirs (et c'est un progrès que je suis heureux de constater chez nous depuis quAlque temps); mais il n'en a pas toujours été ainsi. Et pendant la période écoulée depuis un peu plus d'un an, il y avait un :nembre de la Commission scolaire et conseiller en même temps, plus remarquable par sa physionomie étrange et ses idées biscornues que par sa science (et Dieu sait s'il croit en posséder beaucoup Ill) et sa raison, ce magistrat, dis-je, s'est avisé d'exciter les élèves du cours de répétition à résister à leur maître. Dans ces temps où l'esprit de révolte n'est déjà que trop ancré dans le cœur de la jeuness~ 1 (Corr.} -


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les menées de ce p~rsonnage auraient pu avoir les plus funestes conséquences, si la plupart des élèves n'eussent connu leur homme et si leur maitre eût faibli devant quelques mau· ·vais garnements. HeureusemEint, l'instituteur demeura ferme à son devoir. Du reste certain lecteur de cette revue connaît autant que moi ces falts et pourrait sans doute en dire plus long. Au sujet des visites de la Commission, il s'en faut de baa~­ coup qu'elles soient faites régulièren~;eot partout. J~•.dots avouer que, lors de mes débuts dans 1enc:tetgnement, J a1_ ~u plus souvent la Commission visiter la cave de la bourgeoisie que l'école que je dirigeais. Heureusement, je n'eus pas de rebelles parmi mas élèves, sinon j'aurais peut-ê~re dû lu~ter seul avec eux . Sans doute, ces respectables t;nagl~trats massuraient de leur meilleure volonté; mais, disatent-Jls, pe,nda~t que vous n'avez pas de plaintes enver:s vos élève.s, qu est ·Il besoin que nous allions vous déranger 'P Et puts, nous ne sommes pas trop payés pour perdre notre ~em~s à vous re~­ dre des visites (1) C'est ce qu'ils ont consctencte~s~m~nt mt.s en pratique, en annt soin toujours, lorsque la veillee Jls dal· gnaient quelquefois prendre le regi~tre pour y apposer leurs signatures, de s'assurer que les robmets des tonneaux coulaient dans leurs coupes 1 Evidemment, le nombre requis des visites .fut présenté. à l'Inspecteur ; mais Dieu sait si ces visites avaient toutes eté faites Il 1. . .. . Et l'on dira encore que toutes les Co~missions scol~nes comprennent leurs devoirs et les remplissent 11• • qu e.lles sont toujours là pour soutenir les instituteurs dans les dtfficullés 1.. • Assurément, je ne puis en dire aut.ant! 11 S~ns doute, ces cac ' deviennent tous les jours plus rares, Dteu merci mais ils sont. malheureusement encore trop nombreux· Et le' jour où ils disparaitt·ont, si la chose ~st réalis~ble, ce jour-là aussi bien des écoles marcheror:tt mteux et bten des difficuUés pour les maîtres seront aplames. P. M.

LES ÉTUDES FACILES Le système qui consi"'te à instruire l'enfant en l'amus~nt a de quoi séduil'e et renferme ~'ailleurs _un~ part de vénté. Il est applicable dans le premier âge ; 11 tm porte,. en effet, de ne pas rebuter le tout petit enfant, de ne pas fatiguer son attention si mobile, de lui inspirer le goût de l'étude. Mais bientôt, dès l'âge de 8 à 9 aus, l'éducation e~clusive­ meut attrayante ne serait plus possible. Elle serait même funeste, au point de vue psychologique et moral. . 1. Au point de vue psychologique. Les facultés ne se ?ev~­ loppent pas sans un certain effort. Les sens mêmes o am-

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vent à des perceptions pt·écises que par l'attention. Voir, entendre, ne suffisent pas: il faut regarder, écouter. La plus élémentaire leçon de choses exige déjà de la part de l'enfant qu'il regarde l'objet qu'on lui présente, qu'il écoute l'explication qu'on lui donne. La lecture, l'écnture, ne s'apprendront jamais, si l'élève ne discerne pas la forme des lettres, le~ sons divers qui traduisent leur rapprochement dans les syllabes et les mots: Rien de tout cela ne va sans quelqt:es efforts, qui rendent peut-être nécessaire une certaine contrainte. A plus forte raison, les facultés proprement intellectuelles, jugement, raisonnement, etc., ne pourront-elles se manitester si l'on n'habitue de bonne heure l'enfant à réfléchir; or, réfléchir c'est appliquer volontairement et avec efiort son esprit. Sans prétendre exagérer le rôle de la mémoire, on peut dire qu'elle est une condition indispensable de toute instruction. Or, l'exercice de la mémoire implique toujours un effort, surtout au début de la vie intellectuelle. C'est là unEJ peine qu'il est impossible d'épargner à l'enfant. Appliqué trop longtemps et exclusivement, le système aurait donc pour résultat de laisser eo fl'iche toutes les faeultés de l'esprit. Sans effort et sans peine, qu'apprendrait l'enfant? Quelques faits peut-être, et encore isolés ; saisir des rapports, suivre des conséquences, demandent une contention d'intelligence dont il serait à jamais incapable. :a. Au point de vue moraL Tout S9 ramène ici à l'exercice de la volonté. Il ne faut pas confondre l'activité naturelle de l'enfant avec la volonté. Celle-ci suppose un but rationnel et moral poursuivi avec persévérance, à travers tous les obstacles suscités soit par les circonstances extérieures, soit par les passions. Celle-là va d'objet en objet, inconstante et frivole , et n'est que l'exprAssion de ce besoin de mouvement qui existe même chez les jeunes animaux. La v1e est un combat et le devoir est souvent douloureux à remplir, d'où nécessité de préparer l'enfant à l'intelligence de cette double vérité. Ici la tâche de l'instituteur est délicate. Présenter la vie et le devoir sous des couleurs trop sombres, c'est s'exposer à rebutet· une volonté encore débile, à énerver par une tristesse peut-être sans remède un caractère qui se forme. La joie, l'espérance, la confiance sont des fot·ces morales. Aussi faut-il faire trouver à l'enfant un plaisir dans l'effort même; il y a une satisfaction profonde dans le sentimeut de la difficulté vaincue. Le tout est de proposer aux élèves des difficultés qui n'excèdent pas leurs forres , et de varier les exercices dès qu'on aperçoit des marques trop vives de lassitude et de découragement. D'ailleurs le maître qui se préoccuperait exclusivement d'instruire les élèves en les amusant, ne parviendrait pas plus


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à les amuser qu'à les instruire. L'enfant ne s'amuse véritablement que si lui-même invente ses jeux, les prolonge ou les r.bange comme il lui plaît. Si parfois il se prête à MUX u'on lui suggère, se~ exigences croissent avec l'empresse~ent qu'on met à le satisfaire. L'éducatio~ attray~nte cess~­ rait bientôt d'avoir quelque attrait pour lUI, et lm parattra1~ plus fastidieuse que celle qui fait appel à sa volonté et ~u1 impose quelque contrainte. Celle-c.i seule , p01·tera des frmts et fera sentir à l'enfant tout le pnx du delassement.

Y.&BIB.ÎIS LA MODE (SuitP). - Je comprends maintenant où passe votr.e traiteme~t qui a au moins triplé rien que d11 mon souvenir. Aussi, on se plamt de toute part qu'on est écrasé par les impôts, tandis que vous mêmes vous vous trouvez toujours n'avoir pas assez. Ce n:est pa~ iltonuant1 la mode est un grippe-sous qui vous enverra fimr vos JOurs à. l hôpital Mi vous n'y prenez garde. Il me semble que vous pournez en rabattre les trolS quartM sans que l'on vous taxe d'être une revenant~> d 'un autre siêcle. Qu'en dites-vous, chére Demoiselle?... . . . - Quelles idées baroques vous trottent par la tête auJourd· ~w. Voudriez-vous que nous autres institutrices, qui avons été à S10n, capitale du Valais, soyons vêtue~ comme les l?aysannes? Cela ne se peut. Allons donc, Monsieur, 11 faut être raisonnable ... - Croyez-vous donc que ce soit tout ce clinquant dont vous vous surchargez qui vous rehausse aux yeux d'une populatiOn et vous fassè estimer de vos élèves. A coup sùr non.. Du reste, je puis vous affirmer qu'une institutnce qui d01t en tout et partout prêcher bien plus d'exemples que de paroles , ne mt: parait pas comprendre sa mission en venant étaler l?s excentricités de la mode au milieu de ses élèves. Cela leur fait tourner la tête et les porte à la vanité, au luxe. Or, vous savez que pour des montagnards comme nous il ne sied J?as à nos femmes et à nos filles d'imitPr les folles des grandes VIlles. - Mais, mais, mais, cher Monsieur, vo?a êtes d'u~e humeur massacrante et d'une Hévérité outrée. Vos Idées excentnques vous montrent tout en noir. A 'Vous entendre on dirait que c'ebt nous autres pauvres institutrices qui sommes la cause .de tou~ ce qu'on dépense follement P?Ur s'habil~er. Vous m~ .par~Issez, s1 économe que cela frise l'avance. Je pane que vous mez Jusqu à refuser un bout de ruban pour orner un chapeau si l'une de vos nièces se hasardait à vous en. faire la demande ?..: ,. . - Mademoiselle, Il y a une grande différence entre 1 economie et l'avarice. Autant la prt>miére est à recommand~r, .autant la. seconde est d<ltestable · mais passons. Avec votre permission, exammons un peu en gros, ~ans ~ascendre dans les détails et surtout sans y regarder de trop pres, ce que. vous pour~1ez rogner sur ce q?e .~ mode vous imvose sans rabaisser le moms d~ monde votr~ digmte aux yeux du public. Soyez bien sllre. que . s1 vous . adoptiez une tenue plus simple l'on ne vous en estimerait pas moms. La femme

127 n.e do.it. .!?as briller pa~· _l',éclat de . ses parures, mais bien par sa S1mphc1te et son humilite. Elle d01t, à l'exemple de l'humble violette rest,er à l'~cart et répandre autour d'elle, par le charme de ses vertu~ et l affabilité de son humeur, les qualités qui font l'apanage des familles chrétiennes. - J'écoute, Monsieur, parlez ? Après avoir allumé sa vieille et grosse pipe en bois notre bon homme ne put s'empêcher de laisser échapper un long t~ oupir. P•lis après une longue pause, il continua. ' - Mademoiselle, comment nomme-t-on ce rondin à poils de matous dans lequel vous fourrez vos mignonnes mains blanches chaque ~ois . qu'u,ne bi~e un peu âpre se fait sentir. S'il y a une parure mutile, c est b1en ça. Vous vous attendrissez les doigts à force de les dorloter. ~uis c'est encombrant, vous n'osez le poser à terre et vous me paraissez y mettre autant de soin à le lisser qu'une maman en met pour soigner un bébé. - Ecoutez, Monsieur, vous voudriez donc qu'on gèle? Etant obligée de par notre position à rester en chambre, vous comprenez qu~ nous ressentons plus vtte le froid qut! ceux qui doivent travalll~r S;U de~ors. Non seulement cela nous est utile, mais il nous est SI necessaire que nous ne saurions nous en passer. Vous êtes décidément sans pitié, vous avez un cœur de bronze plus fr?id que les glaçons !... puis ... puis... ' -Dites?... - Oui, voyons ce que vous avez encore ? - Votre chapeall: qui est une vraie jardinière artificielle, avec un tube haut et pomtu, une visière en avant et une aile retournée me fait rêver au carnaval chaque fois qut! j'ai l'honneur de vou~ voir passer. Nos petites bambines se le montrent du doigt, nos filles l'admirent et les vieilles mamans en rient, tandis qne les personnes seot~ées doutent si une pareille coiffure est digne de figurer sur une tête dont les idées sont saines. A mon avis, laissez-ruoi vous le dire. sans arrièr~-pensée '· quelque c~ose de plus simple et de plus pratique ne ferait que mieux ressortu les traits de votre beauté naturelle. - Vous voudriez donc nous voir porter des chapeaux de quatre sous, pas encore Monsieur 1... Ce ne serait pas digne d'une institutrice qui a fait des études et qui en sait autant que toutes les femmes d'un village réunies. - Ce n'est pas ça que je vous dis, vous interprétez mal mes intentions, et vous passez d'une extrémité à l'autre; ne vous fâchez pas Mademoiselle... - On ~il que la patience e.st la mère des vertus et que les personnes qUI se vouent à l'enseignement doivent en être fortement munies; continuez, Monsieur, je vous écoute? - Lorsque vous m'avez interrompu tout à l'heure j'allais justement vous demander si c'était pour l'enseignement intuitif que vous portez, sur votre partie postérieure, cette bosse de dromadaire qui se redresse comme un épileptique lorsque vous vous baissez. Si vous y ajoutiez un chapeau on pourrait dire que Mademoiselle est toujours debout malgré qu'elle se baisse. En Rupposant que cela impose dans une classe, et empêche des égratignures en tombant 1


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sur le verglas, je ne trouve pas ces raison!! suffisantes pour porter de pareilles charge!. Notre jeune maltresse n'osait se retourner, ni s'enfuir. Elle aurait cependant voulu être assise sur une autre sellette. Rouge de colère et de hont~, elle levait haut la tête alors que dans son fort intérieur elle sentait vivement les traits mordants que le paysan lui envoyait. - Ce n'est pas tout, fit un moment après l'homme du peuple, votre poitrail prend des dimensions si considérables qu'il vous empêche de voir où vous mettez les pieds lorsque vous marchez. C'est vrai que cette manière de faire a l'avantage de mieux faire ressortir le cordon et la chaine de montre en forme de serpent qui l'orne et se croise en tout sens. On dirait un orvet étendu au soleil lorsque le temps va changer. Puis enfin que signifient ces robes étroites qui vous enserrent les jarrets comme si on vous les avait attachés de crainte de vous voir aller trop vite. (A suivre.)

Anecdotes seolalres.

t Bernard, dites-moi quel est le savant qui s'est aperçu le premier de la loi de la chute des corps ? (L'élèvP, après un moment de réflexion) - M'sien, c'est le premier qui s'est flanqué par terre. On nous écrit du district de St-Maurice : Le No de l'Ecole Primai1·e, du 10 janvier, dans son article de fond, ou plutôt dans un petit avis du commencement, portait à la conna1ssancb du lecteur que des membres du personnel enseignant du Valais ne sont point abonnés à cette publication. Nous sommes à nqus demanddr quels sont donc les motifs qui font mettre ce journal à l'mdex par certains éducateurs. Serait-ce peut-être parce que cette lecture est mauvaise ? Ou manquerait-elle de charme, de variété, de bon go1lt et d'apropos? Nous ne le croyons pas. Pour la juger il faut la connaitre et, conséquemment, ne la cannait pas qui nt> l'a pas lue. Nous couseillerions donc à ces entêtés de l'essayer. Plus que cela, nous leur conseillerions même d'en rehausser l'attrait en y collaborant. Après avoir subi de brillants examens, et avoir après 18 mois d'études pénibles, apporté dans vos foyers un excellent brevet de capacité, nous nous le demandons, avez-vous achevé votre tâche, Messie1us et Mesdames du corps enseignant? Avezvous reçu la lumière pour la mettre sous le boisseau? A l'exemple du serviteur de l'Evangile, allez-vous mettre votre talent en terre de crainte de le perdre? Hélas 1 s'il en est ainsi vous êtes bien à plaindre, car vous aurez un terrible compte à rendre 1 Les peines de vos professeurs d'Ecole Normale ont bien été inutiles, vos travaux, vos fatigues bien ridicules, car à quoi bon ramasser ce qui ne sert à rien. Notre plume doit bien se rouiller dans cet état, et bientôt cette rouille s'étendra daus tout votre être, car s'il est une vérité c'est bien celle qu'en matière d'instruction qui n'avance pa11 recule: Du courage donc, et que dès ce jour chacun apporte à notre revue pédagogique ses connaissances, ses observations fruits de l'expérience. Que ce modeste journal ne soit plus réduit à aller glaner à l'étranger ce qui doit abonder dans son pays: des abonnés et des corresponC.V. dants.

- 15. La mère d'affiiction. - 16. L'image. - 17. Le saint nom de Marie. - 18. 0 doll).ina mea. - 19. Vas insigne dl3voti,)nis. 20. Regina martyrum. l - 21, 22. Ave maris stella. - 23, 2~. Ave Maria. - 25, 26, 27. Litania lauretana. - 28. Louange à l'Eucharistie. - 29. Hrec requies mea in sreculum sreculi. - 30. Ego dormio et cor meum vigilat. - 31. Discite a me quia mitis sum et bumilis corde. - 32. 0 esca viatorum. - 88, 34, 41. 0 salutaris - 35. Verbum superoum. - 36. 0 esca viatorum. - 37. Jesus Deus, amor meus. - 38. Panis angelicus. - 39. Ave varum. W. Anima Christi. - 42, 43, 44, 47. Tanum ergo. - 45. 46. Pange lingua. - 48. Adoramus te. - 49. 0 bone Je•m. - 50. Pendant l'Avent. - 51. Glo1·ia. - 62. S11r la venue de Jésus-Christ. -53. Dans la nuit de Noël. - 54. Hymnus S. Bernardi de S. Nomine Jesu. - 55. Regret et amou1·. - 56. Sur le mystère de la croix. - 57. Vere languores nostros. - 58 In domini quadragesimre. 59. Résurrection de Notre-Seigneur. - 60 Invocation à l'Esprit saint. - 61, 62. Veni creator. - 63. L:s Trinité. - 64. Saint Ango gardien. - 65. Te Deum laudamus. - 66. Salut catholique. - 67. Cantique pour la bonne mort. - 68. Cantique de S. Françoi!!Xavier. - 69. 70. Motets.

Ce recueil coûte f fr. 20, seulement. Par douzaine, le 13m• en sus.

!londe de la Science e& de l 'lndus&rle. Nous avons le plaisir d'informer nos lecteurs qu'ensuite d'entente entre la rédaction de l'Ecole primaire el les éditeurs du Monde de la Science et de l'industrie, l'abonnement à cette dArnière publication ue coûtera par notre intermédiaire que fr. 4. 25 par an au lieu de 6 fr. 50. Ce prix se1·a maintenu pour les renouvellements. Cet avantage IO'Xceptionnel permettrait ainsi au pli1s grand nom· bre de nos lecteurs de souE:crire à cette utile publication, qui entre dans sa xnrm• année d'existence et jouit d' une estime justifiée. Le Monde de la Science tient ses abonnés au courant de tomes hlJs nouveautés scientifiques et compte parmi s~s collaborateurs des savants de haute réputation. Comme informations générales et rapides, à la portée de toutes Jes personnes cultivées, Le Monde de la Science rend certainemerJt de véritables services; nous n'hésiton3 donc pas à recommander cette 1·evue mensuelle et à engager ceux de nos lecteur qui vous· draient s'y abonner à profiter de la réduction de prix que nous sommes autorisé ~ leur faire.

OUVRAGES ET lltiA.TÉRIEL SCOLAIRES AUTEUR

TITRE Grammaire du Valais, • La rive d: Fleury Grammai1·e préparatoit·e • XXX Catèchisme du diocèse • XXX Ami de l'enfance, 1er livre de lecture, 10me édilion Guuu 2me Li"re ck lecture (livre de l'èlève) , » (livre du maîlre ) , •

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1Jne remise de 1 0 % est accordée sur le prix des onvra~es marqné• d'on "' au penonnel enseignant et, d'une manière générale, aux autorités communales et détaillants.

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L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION Prix d'abonnement pour la 8u1RIIe, 2 rr. 30 • 1Jnion postale 3 Cr. -'nnoneeR, pri11. 20 cent. la ligfte ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte·rendu, s'il y a lieu.

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L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 18 pages.

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Encore le style dans nos écoles primaires. - Du perfectionnement de l'instituteur. - L'exemple, moyen d'éducation. - Soyons véridiques avec les enfants. - Le talent de bien lire. - Punitions corporelles. - Variétés (Clair de lune, par Mario. La mode, fin.). - Partie pratique (Dictées). - Correspondance.

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé

à l'éditeur: M. P. PIGNAT, secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.

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No 08 l'Ecole primaire, 25 Février 1890 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu