Skip to main content

No 02 l'Ecole primaire, 10 Décembre 1894

Page 1

:Z:..,ire a "V"ant de refuser . _ . -

16 -

meilleur qu'un liniment fait d'ail, de sel et de vinaigre ou encore d'ail mélangé avec du salpêtre et du vin, et pour la teigne et la gale, un liniment d'ail, de miel et de beurre non salé. La décoction des aulx entiers donnée en clystère ou appliquée sur le ventre ou en forme de fomentation 1 soulage les tranchées et les douleurs d'entrailles, et j'ai même lu quelque part que, dans les cas de coliques extraordinaires, il suffisait de prendre trois gousses d'ail, de bien les écraser, puis les ayant délayées dans un demi-setier de vin blanc, de bouillon ou de lait chaud, de faire prendre cette potion au malade, pour obtenir une guérison radical9. Dam; les maux de dents violents et provenant de refroidissement, le meilleur remède pour obtenir un prompt soulagement était d'appliquer sur la dent quelques gousses d'ail pilées avec du vinaigre. Les mères devraient avoir soin de faire manger à leurs enfants qui souffrent des vers un peu d'ail avec du beurre frais ou de leur en faire un cataplasme sur le creux de l'estomac, car l'ail est un vermifuge excellent.

Pensées •** La question vivante qui agite le monde moderne, c'est de savoir si le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ, demeurera sur les autels, ou si, sous une forme plus ou moins adoucie, la déesse Raison le supplantera au milieu de nous. Et la question ainsi posée ne comporte pour aucun chrétien l'abstention et la neutralité, n'est susceptible d'aucune transaction ni d'aucun atermoieCardinal Pu.:. ment. Dieu a deux manières de nous teair : par ses commandements flt par les événements. BossuET. • *• Rien de méprisable comme certains préjugés qui ohangent de signification selon les lieux. Chez les lod ous par exemple, il faut être do la caste noble pour être cuisinier ou tailleur. Chez nous, on croirait presque déroger si l'on sait préparer son repas ou faire une reprise à son vêtement. Celui-là seul déroge qui ne faisant r ien est à charge aux autres.

***

• :

SION 10 Décembre HJ94

ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS L ES AUSPICE S DE LA

VALAISANNE D'EDUCATION PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de .Novembre à An11 inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d ' abonnement pour la 8ols111e, 2 fr. 30. (Jalon postale 3 fr. A.anooces, p.,.ia, 20 cent. la ligne

011

•on upace.

ouvrage don t l' E cole primaire recevra deux exemplaires aura une annoncP ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAlRE: . - Noël. - L 'art de faire apprendre. - La lectur e primaire. Encore des ouv rages manuels. ie d omes tique à l'école primaire. - Travaux des d'instituteurs. - Partie pratique: Szqets donnés ""'"'rnP J'H de rccmes de I89.f.· Calcul écr it. - Dictées. - Bibliographie. - Supplément.

ce qui concerne la publication doit être adressé l'éditeur : M. P. PJGNAT, 1.. secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.


SION, 10 Décembre

Chronique et avis scolaires (Jbanta. - Nous aurons le plaisir de joindre l notre prochain No uo supplément dA 8 pages, contenant trois chants nouveaux intitulés : Hymne au Valai3. La Promenade, tous deux empruntés à l'ooéra de Blanche de Mans, de M. Charles Hœnni, et Mélancolie, par M. Ulrich Parvex. Ces morceaux ftgureront désormais dans l'excellent Recuetl de Chants f.OUr l'Ecole et la famille de M. J. Kœhl, professeur l 1école normale de Sion. Doa aa penonnel enrteltrnant. - Le Département de l'Instruction publique a décidé de faire l'acquisition (sur lA crédit figurant au budget sous la rubrique Traités à distribuer au personnel enseignant) d'une certaine q•1anti1é d'exemplaires de l'ouvrage 190 Contes pour les enfants par le chanoine Sebmtd, traduits de l'allemand. Cet ouvragA, illustré de 29 gravures sur bois, et qui est très répandu en France dans les familles et les écoles, oftre au::r. mattres et aux maltresses un choix varié dA récits morau::r. et instructifs propres l servir de sujet d'exercices de style ou de dictées. Avant de remettre ce livre au::r. membres du corps enseignant, lA Département le fera toutefois relier et l'expédiera c:msuite dans le courant de janvier. Tableau do penonnel enael8'nant. -

Nous donnerons avec le prochain N• le tableau du personnel ensc3ignant primaire pour 1894-95, n'ayant pu le .ioindr~ à cAlai-ci, comme nous l'espérions.

LiŒllidation do DRDiHrs DOSlH Hl HBVHlODDHS. nous avons on mai ll2 II'lli'on enYeloppes que gasin et les -.endons l Fr. 2. ~0 jusqu'l Fr. 4. - le mille.

700,000 feuilles papier poste s~~~~ r::uis

loo

feuillf's, Octave Format Fr. 1. 50 la rame. Echantillons gratis et franco. Tous les envois sont expédiés franco de port, si la somme est payée d'avance, autrement en remboursement. A. lWiederbAaaer, Fabrique d'article11 dA papeterie en tous genres, Gransres (Ct. de Soleorn)

1894-9~

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION ..A.T TE~T:CO~ Tontes les personnes qui recevront les Nos 1 et 2 del'ÉCOLE PRIMAIRE sans les avoir refusés, dans le délai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est nécessaire pour eonstater dûment le renvoi de la publication. Nons appelons l'attention de nos lecteurs sur le fait que des suppléments de 8 à 16 pages sont joints presque à. chaque No de l'ÉCOLE. Ces annexes doublent pour ainsi dire au bout de l'année le volume de la publication, sans en augmenter le prix qui reste fixé à 2 fr. 50 par an. L'ÉDITEUR.

Noël Le mois de décembre est marqué par l'une des plus grandes solennités de l'Eglise. Doux, en effet, et consolants sont les souvenirs que cette fête rappelle au chrétien; avec quel saint enthousiasme n'adore-t-on pas le Fils de Dieu venant au monde pour le salut des hommes, et quel tendre amour ne doit-on pas exciter et entretenir dans son cœur pour l'Enfant-Jésus, en même temps qu'on le remercie du bienfait de la Rédemption dont sa naissance est le principe et le gage. Nous devons spécialement entrer dans les vifs sentiments d' humilité, de détachement et de pénitence exprimés d'une manière si touchante par Jésus-Christ dans la crèche de Bethléem. Nous arrêtant à la première de ces vertus, qui renferme pour ainsi dire toutes les autres et en est comme la source, nous voudrions, à cette occasion, pouvoir en tirer des conséquences pratiques pour l'apostolat du Maître, dont Jésus est le divin modèle.


-

18 -

Mais qu'est-ce que l'humilité, l'une des pr~mières et plus essentielles vertus chrétiennes, prêchée st souvent le divin Maitre, et enseignée ~i fortement par l~s buwllllèl."'• tions de sa naissance de sa v1e, de sa mort? C est, COlllllll• on l'a fort bien défini, la connaissance profonde l'homme a de lui-même, et par laquelle il ~e méprise. connaissance de soi produit donc l'humilité : ou p l'humilité n'est autre chose que la véritable de soi. Le monde est plein d'aveugles volontaires qui fuient lumière. Or, si cette ignorance de notre propre cœu_r la source de bien des vices, nous pouvons d1re auss1 la connaissance de nous-mêmes est le fondement de des vertus. D'où vient, en effet, que tant d'bommes si durs pour leurs semblables, si orgueilleux, si vi même; et, parlant de notre particulier, nous. nous uooau.. ••ugo• rons d'où vient que tant de maîtres sont Sl souvent tains et imprudents, si peu retirés; pourquoi t~nt d'aut manquent de savoir-faire et n~gligent leur perfe?honnement pourquoi enfin, il y en a ,u~ _par leur condmte souvent leur caractère et s av1hssent aux yeux des tions? Ah! c'est que trop souvent on ne co~naît cœur, on ne veut pas voir ses travers et ses tm---·-~'··~~··Si quelques qualités nous manquent, nous nous conten d'en avoir l'apparence, et nous affich~ns avec ostent les qualités qui peuvent nous relever a nos propres De faux-frères nous aidant dans cette tâche, nous en tenons en nous l'illusion que nourrit l'amour-propre et flatterie. Combien de cruelles déceptions et d'amers déboires nous serions épargnés si, déchirant le voi~e. épais dont. rewuvrons tous nos défauts, nous nous etwus montres que nous sommes, pour nous juger avec la même sév que nous jugeons le prochain! . Avet: quelle ardeur ne nous serions-nous_ pas mis travail, dès le premier jour d'enseignement, s1 nous envisagé bien en face notre grossière ignorance et peu d'aptitude! Mais nous fermons les yeux, et les au

19 -

leçons de l'expérience ne peuvent nous guérir de notre -cécité. Il est donc grand temps que, rentrant sérieusement en nous-mêmes, nous profitions des enseignements du bon Jésus pour prendre une ferme résolution, ensuite nous instruirons avec plus de fruits la jeunesse qui nous est confiée. Car, ne l'oublions pas, le même fond de misères qui nous déplaît dans nos disciples se trouve aussi en nous; ne les en accablons pas, mais que tout ce que nous savons nous fasse supporter charitablement ce qui est en eux. Oh! s'il est vrai de dire que l'ianorance de nos dil-fauts produit la dureté, par un effet ~ontraire la connai3sa~ce de nos misères doit produire la pitié et la commisératiOn. Mai~ cet amendement n'est possible qu'avec une ferme ·volonte soutenue par la grâ.ce que nous devons instammeu t -demander à Dieu. Profitons donc de ce saint temps pour rentrer en nou smêmes et travailler sériememP.nt à notre connaissance personnelle: les tout premiers nous en retirerons des fruit;; ies élèves en bénèficieront ensuite. UN INSTITUTEUR. '

L'art ~prendre .Si le.~ ~~fants n~ c?mprennent point ce qu'on leur ense1gne a 1ecole pr1ma1re, autant vaudrait qu'ils restassen r. chez leurs ~arent~. Ce n'est pas pour en faire des perroquet :> plus ou moms bien stylés qu'on les oblige à écouter le:·leçons d'un maitre pendant les longues années de leu r enfance. ,Le but que l'on se propose est bien différen t. Outre qu on veut leur donner une forte éducation moralè. o~ veu~ encore les munir des connaissances qui leur serou necessaires da~s leur vi~ d'homme et de citoyen. Or, pou. 9ue ces .co~natssances soient complètement en leur posses~ion . Il est mdispen~~bl~ qu'ils aient bien compris les leçon.' dans lesquelles lmstltuteur aura essayé de les leur inculque•· Comprendre, c'est saisir à la fois dans leur ensemble toute::. l~s . faces d'u~e ~uestion, c'est percevoir exactement le~ drtierences qm existent entre les cbosed. Aussi, le rôle de


-

20 -

l'intelligence et de la mémoire ne doit-il pas être semblableà celui d'une aiguille enfilée qui réunit des perles et en forme un collier. Si le lien qui rassemble ces perles vient à se rompre, le collier n'existe plus. Il en est de mêmedes connaissances mal comprises qu'un lien solide ne réunit pas entre elles; elles finissent par s'égrener et par dispa· raître une à une. Il est donc indispensable que l'instituteurs'atta~he à bien faire comprendre ses leçons, s'il veut faire bien apprendre à ses élèves les matières de son enseignement. Pour y arriver, il ne suffit point d'exposer purement et simplement aux enfants l'objet de la leçon de chaque jour. il faut le leur expliquer, et recommencer l'explication jus· qu'à ce qu'ils aient bien saisi la question proposée. A la méthode expositive, employée dans l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, il convient de substituer, dans l'enseignement primaire, toute autre méthode, (intuitive. socratique, etc.,) pourvu qu'elle nous conduise au but. Et puis, une fois la leçon donnée, assurons-nous, par des. questions appropriées, qu'elle a réellement profité à nos élèves, et qu'ils se la sont tout à fait assimilée. Enfin, aux leçons orales convenablement préparées et bien présentées, ajoutons des devoirs d'application, où l'enfant devra montrer qu'il a compris et retenu ce que l'instituteur a voulu lui enseigner. Ce n'est que de cette manière et non autrement que l'instituteur pourra parvenir, avec peine sans doute,. mais avec fruit, à rendre profitable son enseignement. C'est en cela que consiste tout « l'art de faire apprendre » aux jeunes enfants qui lui sont confiés les matières Je l'enseignement primaire. A. CHARRON. ~

La lecture à l'école primaire Ce sujet n'est pas nouveau, et nous-mêmes nous avons déjà eu plus d' une fois occasion d'en parler à cette place, sans cependant nous être jamais livré à une étude appro· fondie de chacune des trois parties qu'il comporte, c'est· â-dire du parti que l'on peut tirer de l'exercice de lecture,. au triple point de vue du vocabulaire, de la grammaire et de la composition.

-

21 -

Quand on parle de la lecture à l'école primaire, on en1end évidemment la lecture étendue aux trois cours de J'école pendant toute la durée des études. Or, dans le cours élémentaire, nous avons à nous tenir en garde contre une tendance que l'on a justement reprochée aux procédés actuels, celle de prodiguer les explications et de sacrifier un pe11 trop ce qui fait l'objet principal et nécessaire, le mécanisme de la lecture, c'est-à-dire l'énoncé, sans hésitation, des syllabes et des mots. Il importe avant tout que le jeune enfant lise couramment. Tant qu'il est absorbé par le son articulé ou non que présente l'assemblage des lettres, il ne peut donner qu'une faible attention au sens des mots et des pensées. Pour lui, les signes peignent des sons, mais non des idées. Pour que le texte parle à son esprit, il est nécessaire que Je maitre le lise lui-même, à haute voix, avec les intonations réclamées par le sens, et en accentuant les mots de valeur. C'est alors seulement que les phrases ont une signification pour le jeune élève. Mais avec un a~ditoire de ce genre et d'une attention si fugace, on eonç01t que les explications doivent être courtes, précises. et ne prendre qu'une faible partie du temps consacré à l'étude. Parvenu au cours moyen, l'enfant de 9 à f l ans a triomphé de toutes les difficultés de l'assemblage des lettres · il lit couramment, il est capable de retemr plus lougtemp; son attention sur le sens des mots et des phrases. On peut alors don~er plus de temps aux explications du texte par·Couru. Mais, de même que pour le cours élémentaire, le .m aitre devra lire tout ou partie de la leçon, avec les nuan· e~s d'intonation que comporte le sens, tout en se gardant bien d'affecter un ton déclamatoire. Enfin, l'enfant est entré au cours supérieur. Il ht avec une certaine aisance un texte de prose et même de poésie d'un genre simple et familier, comme la plupart des fables de La Fontaine, de Florian et d'autres encore. JJ a des notions. plus ét~n.dues s~r le~ diverses parties .des programmes; Il a récite avec mtelhgence et expression des mor· ·ceaux qui lui ont été expliqués et qu'il peut expliquer


-23-

-22passablement lui-même; il sait un peu l'histoire et la géographie; il fait peu de fautes d'orthographe; par les leçons. de choses auxquelles il a pris part, il a meublé son esprit de connaissances élémentaires variées relatives aux. sciences. physiques et naturelles. On pourra donc faire avec lui une part plus grande à des explications, qui seront alors une. source féconde pour consolider ses connaissances ou pour les étendre. Cette rapide exposition suffit, croyons-nous, pour montrer dans ?uelle mesure il faut concilier, pour chaque cours, les exigences de la lecture proprement dite avec le désir,.. d'aill~urs très légitime et très rationnel, de profiter de cet exerCice fondamental pour cultiver l'intelligence des élèves et augmenter leurs connaissances, en dehors des leçons. spéciales sur chacune d'elles. Le sujet que nous traitons veut que nous montrions, en premier lieu, comment la lecture peut servir à l'étude d11 vocabulaire. Nous aHons essayer de nous faire une idée bien nette de cette expression. On a cru pendant bien longtemps, et cette croyance n'a pas encore complètement disparu, que Je but final des études grammaticales était la possession de l'orthographe. C'était là une grave erreur qu'on s'étonne à bon droit d'avoir vue persister si longtemps. Ce but est d'arriver à exprimer avec clarté et correction des idées et des seutiments, c'est-â-dire à n'employer que les mots qui peignent exactement les idées et les sentiments que l'on veut émettre.. puis. à donner à ces mots la forme orthographique qu'Ils doivent revêtir et la pla~e qu'ils doivent occuper dans la proposition ou dans la phrase, suivant les règles.. de notre langue. c.e sont précisément ces choses essentieiles qui manquent au Jeune écolier, surtout à celui des campagnes qui est él~~é dans un milieu où l'on parle mal, où les mots qui designent les êtres et les objets, ou qui représentent les idées, sont plus ou moins défigurés. Celui de la classe inférieure des villes a ordinairement l'esprit plus vif, plus prompt à saisir ; son vocabulaire, au début, est ordinaire-

111ent

un peu plus étendu, mais en somme il ne parle guère mieux. Pour l'un comme pour l'autre, nous sommes donc obligés de recourir aux procédés les plus ingénieux, de faire les efforts les plus persévérants, dans le but de les meUre en possession des deux éléments sans lesquel~ ils ne pourront jamais parler et écrire correctement: les 1110ts avec leur propriété respective, puis la forme sous laquelle ils doivent figurer et la place qu'ils doivent occuper dans la phrase. -"~--~~,~ ~~~ (A suivre)

Encore des ouvrages manuels Personne n'en contesle l'importan~e dans les écoles de filles, et méconnaître l'utilité de ~et enseignement serait une preuve qu'on a une fausse idée de l'intérieur d'un ménage. Ce que la jeune fille ne sait pas en quittant l'école, elle ne l'apprendra pas davantage quand elle aura assumé les redoutables obligations de mère de famille. Pour assurer le bonheur des ménages, l'institutrice n'a pas seulement la mission de remplir la tête de ses élèves de connaissances variées, elle doit aussi les initier aux divers travaux du ménage, leur inspirer le goût et l'habitude de l'ordre et de la propreté. Afin de les encourager à s'appliquer aux raccommodages, elle leur dépeint le dégoût qu'inspire une femme dont les vêtemenls sont dér.hirés, et l'aspect repoussant qu'inspire son triste ménage; par contre elle ne tarit pas d'éloges pour celle qui veille à la propreté de tout son intérieur. L'institutrice ne permet pas, ~omme cela arrive souYent, que les mamans raccommodent les vêtements de leurs enfants, elle engage les élèves à les apporter en classe, après qu'ils sont bien lavés, et leur montre comment elles doivent les raccommoder. Pourquoi l'ouvrage manuel ne serait-il pas euseigné avec autant d'ordre et de suite que les autres branches? An lieu de laisser l'enfant choisir l'ouvrage qu'il lui plaît,. toutes les élèves d'une même division devraient être astreintes à un même ouvrage, cela les stimulerait et faciliterait la ta.cbe déjà assez pénible de l'institutrice. Je n'ap-


-2'-

prouve cependant pas la manière d'agir de certaines insti· tutrices qui, sous prétexte que le crochet est défendu dans les écoles, ne permettent pas à une élève de refaire l'attache de son bonnet ! L'institutrice fait bien de se mettre à la portée de tout le monde et d'avoir en vue l'avenir de la j eune fille. Pour contribuer au bien-être des familles, il faut que les élèves apprennent l'entretien du linge, les soins à donner aux vêtements, la façon d'une robe, la coupe d'une chemise, le remaillage des bas, la confection des petits habillements tricotés tels que bonnets, brassières, jupons, bérêts pour enfants, occupations qui s'imposent journellement à la ménagère. Si elle ne les connaît pas, elle es\ obligée de les confier à quelque ouvrière ou plutôt elle les négligera. Alors ce sera le désordre dans la maison, les vêtements en lambeaux, la malpropreté du linge, du ménage, les dépenses fréquentes, ruineuses, qu'exigeront les achats qu'on aurait pu éviter si la femme avait eu un peu plus de connaissances. Tout cela contribuera à rendre triste pour le présent, plein d'alarmes pour l'avenir, le foyer domestique, ce sanctuaire de la famille. Selon la direction que la femme saura donner à son intérieur, le résultat sera l'ordre ou le désordre, la gêne ou l'aisance, la maison sera un asile où l'on vit heureux, où l'on rentre avec plaisir, ou un réduit négligé où rien n'attire, rien ne sourit. L'institutrice doit donc s'efforcer de faire acquérir aux jeunes filles qui lui sout t.iOufiées, les qualités qui en feront plus tard de bonnes ménagères. A. M.

L 'économie domestique à l'école primaire L'étude de l'économie domestique est à l'ordre du jour. Cette science, - car c'eo est une, -figure au programme ·des écoles de filles; de partout sont faits des efforts pour la mettre en honneur. Déjà même, dans quelques grandes Tilles, on essaie de passer du domaine de la théorie à celui de la pratique, en initiant le& élèves à l'art de la cuisine,

-

25

-

~omme le comporte une famille d'ouvriers à la ville ou à la campagne, et en les habituant à tous les détails de la tenue du ménage. A notre avis, on ne saurait mieux faire. Pourquoi d'ailleurs n'appliquerait·on pas à tout ce qui concerne la vie .domestique ce qui se fait depuis longtemps pour les tra· -vaux à l'aiguille "! L'un et l'autre de ces arts entrent dans l'éducation d'une bonne ménagère, et nous ne voyons pas pourquoi on donnerait à l'un tous les soins possibles à l'exclusion de l'autre. L'ouvrière la plus habile en con· faction n'arrivera à aucun résultat sérieux si, dans son ménage, elle manque d'ordre, d'économie et de prévoyance, si elle ne sait pas tirer parti de toutes les ressources dont elle dispose ; en un mot, si elle dépense au delà de ce que rapporte le travail de son mari, si elle ne sait pas, comme on dit, équilibrer son budget. De nos jours, la femme n'est pas appelée seulem~nt à diriger une maison. Son rôle a pris de l'extension. Avec le luxe qui nous envahit, la soif d'égalité et de bien-être qui nous dévore, la maîtresse de maison a besoin d'une instruction solide qui l'éclaire sur ses devoirs et d'une fermeté de caractère qui la mette à même, au point de vue du bonheur et de la tranquillité de sa famille, de résister aux entraînements dont elle est continuellement entourée. L'enseignement de l'économie domestique est donc d'une incontestable utilité pour les jeunes filles. On peut même ajouter qu'elle est nécessaire à toutes, quelle que soit la position de fortune de leurs parents. Sans doute, il est indispensable qu'une jeune fille sache lire avec fruit, qu'elle sache écrire de manière à exprimer ses pensées dans un langage correct, exécuter avec aisance les calculs qui sont du ressort de la vie usuelle; il faut qu'elle connaisse l'histoire et la géographie, au moins celles de son pays; il faut en un mot qu'elle ait l'intelligence ouverte et des habitudes d'ordre et de travail, qu'alle connaisse et qu'elle aime les soins du ménage, choses indispensables sans lesquelles toute son instruction lui serait peu utile, du moins en tant que ménagère.


-

26

Rien n'est plus précieux, en effet, ni plus aimable, dans une famille, qu'une femme qui connaît ses devoirs et qui s'y dévoue, qui dirige tout avec sagesse et maintient tout dans la paix, dont l'esprit attentif et le cœur délicat épargnent aux siens la peine que leur causeraient des abus que seule, elle peut prévenir et réformer. C'est ainsi qu'une :fille s'attire le sourire et la bénédiction de son père, qu'une mère obtient le respect de ses fils, qu'une maîtresse de maison acquiert l'estime de tous ceux qui l'entourent.. Mais pour parvenir à un tel honneur, il faut y avoir été préparée par une forte et solide éducation, à l'école aussi bien qu'à la m:oison. Mais pour que cette éducation porte tous ses fruits, des paroles ne suffisent pas : la pratique est nécessaire, et cela dès le jeune âge. L'économie domestique donne à la jeune fille qui l'étudie et qui la pratique, le relief le plus honorable et le plus heureux. Aussi, le nombre des jeunes personnes pour qui cette étude n'ait pas de charme, est-il relativement restreint. c L'économie, dit une femme célèbre, offre un faisceau de qualités presque toutes également nécessaires au mérite des femmes : l'ordre, la propreté, la prévoyance, l'amour du travail, la connaissance usuelle et pratique de tout ce qui concerne la science du ménage. « L'ordre, ce sage régulateur des choses, équilibre les dépenses et les recettes, diminue les besoins, augmente les ressources, emploie utilement le temps et l'argent. Sans l'ordre, il n'existe ni véritable prospérité, ni solide bonheur. • La prévoyance accepte une privation immédiate pour assurer un résultat heureux, quoique lointain. C'est une qualité éminemment maternelle, car elle accomplit, dan~ l'intérêt de la famille, des sacrifices ignorés et quotidiens,. plus méritoires, plus difficiles que des actes de dévouement éclatants, mais accidentels. c La propreté, hygiène salutaire, conservateur universel,. ornement dont aucun autre ne saurait se passer, est aussi la plus aimable qualité d'une mère de famille, d'une maitresse de maison. • L'amour du travail naît des circonstances où l'on &

-

27 -

vécu d'une heureuse disposition de l'âme, de l'habitude, de }:exemple. L'amour du travail est le palladium de la vertu des femmes, et l'on peut toujours supposer qu'une JDère de famille laborieuse mérite l'affection et le respect des cœurs honnêtes et de tous les siens. De ce qui précède, on peut déjà conclure que l'économie domestique a surtout pour objet l'avenir, mais qu'elle n'est as étl'aogère au présent. Pour beaucoup de personnes, la P science du ménage semble une science toute matérielle, ne s'étendant pas au-delà de la cuisine ou de la basse-cour. Elles ignorent que cette science enseigne les qualités et les u.Jents qui apprennent à amasser, à conserver, à utiliser,. A réparer, à embellir, c'est-à-dire tout cet ensemble de. vertus qui font le bonheur des familles. (A suivre). CH. V.

Travaux des conférences d'instituteurs { Les conférences sont certainement un des meilleurs moyens. de perfectionnement pour notre personnel enseignant, sous 1 Je double rapport de la pédagogie et du style. On com-prend que chacun pouvant être appelé, par le sort, à lire. son travail en présence de ses collègues et aussi des membres honoraires qui assistent aux conférences, fait généralement son possible pour bien traHer convenablement le sujet mis à l'étude. Cependant, comme il arrive que dans toutes les conféreuces il n'y en a guère qu'une demi douzaine qui soient appelés à donner lecture de leur composition, il en est qui escomptent à l'avance ce qu'ils appellent un bon numéro, et partant ne vouent pas tous les soins ~ l'étude du sujet à traiter. Ce cas se rencontre assez fréquemment e& c'est regrettable, car une conférence ne sera réellement intéressante, et profitable, qu'autant qu'on aura préalablement bien étudié, sous toutes ses faces, la question soumise à l'examen. C'est seulement après cela qu'on peut profiter des idées émises par ses autres collègues ; idées. ~i viennent pour ainsi dire nous confirmer dans nos pensées par leur similitude et parfois parachever, en ouvrant de


-

28 -

nouveaux horizons, ce qu'on avait édifié soi-même. il est évident que parmi les travaux qui restent à lire, y en a qui contiennent d'excellentes choses qui ignorées, grâce à la timidité qui tient un certain nombre l'écart de la discussion. Eh bien, afin d'améliorer et d'augmenter le.; fruits ces conférences, il serait à désirer que dans chaque dissement les instituteurs tis~ent leurs travaux sur un de même format pour les réunir en un volume, qui chaque année augmenter nos bibliothèques d'arro Ce procédé serait, pensons-nous, un excellent stimulant forcerait pour ainsi dire tout le monde à travailler de mieux. Ensuite, nos bibliothèques s'enrichiraient de de pédagogie, si bien que dans quelques années on n'a qu'à revoir l'un ou l'autre volume pour connaître les rentes appréciations du corps enseignant sur tel ou sujet mis à l'étude. R.-M.

PARTIE PRATIQUE Sujets donnés aux examens de recrues de 1894 CALCUL ECRIT

(Suite)

12. 4. Un père de famille gagne par jonr fr. 3.75 ; son fils fr. 2.30. bien gagnent père et fils en 2 jonrs ? 3. Un paysan vend une vache ponr 360 fr. Combien, avec somme, peut-il acheter de quintaux de paille, le quintal fr. 4.50? 2. Un marchand achète le kg de beurre pour fr. 2.20 et gagne le revendant le 15 Ofrr Quel est son gain en vendant 85 kg. ? 1. 20 480 fr. rapportent en 5 mois un intérêt de 320 fr. A quel cette somme a-t-elle été placée ? 18. '· Un marchand prend 2000 fr. pour aller à la foire: Il achète cheval ponr 768 fr. et une vache ponr 485 fr. Que lui encore? 3. Une machine livre 4 clous en 3 secondes. Combien de clous en 12 henres ? 2. Quel intérêt rapportent en une année: 355 fr. à 4 % et 980 à 31/~ % 1. Une moitié de mon capital est placé à. 4 Ofo, l'autre moiti6 ' 1/ , Ofo. Les intérêts annuels font ensemble fr. 2 018.75. Quel ce capital? U. 4. Dana une caisse se trouvent 1000 fr. Tous les jonra on en 1 fr. Qu'en reste-t-il encore au bout de deux ana? 3. Le Canton de Vaud a 6713 hectares de vignes. Quel est le

-

29

port total si l'hectare donne en moyenne 34 hectolitres ; l'hectolitre à. 53 fr, ? . , Une propriété de 3 ha. 22 a. est achetée à ra1son de 95 fi. l are 2' Le prix de l'achat porte un intérêt de 4 % Quel est l'intét·êt annuel ? . · é • é · 1 1 Que vaudra au bout de 2 ans, eap1tal et mt rets r uws, a somme-

' de 12 800 fr. si la. première année elle est placée à 3,75 Oj01 et la deuxième ~nnée à 3,5 % et si chaque année les intérêts sont ajoutés au capital? . J6. 4. Combien de jours y .a.-t-il dans 3 ans ? s. Combien coûte un kilogramme de thé, sachant que 25 kilogrammes valent 164 fr. ? 2 A combien se monte l'empierrement d'une place, longue de 12,8 · m. et large de 12,m, si le roZ revient à .55. ct. ? 1 Une propriété ayant coûté 44 800 fr. do1t etre revendue 19/ 7 °/~ ' plus bas que son pt'Ïx d'achat. Quel sera son prix ? l8. 4 Un employé a un traitement annuel de 2400 fr. ll paye pour la ' pension fr. 547.50, pour d~penses diverses 985 fr. Qu'économise-t-.i l? a. Combien coûtent 281/ 2 kilogrammes de savon, à 68 et. le kilogramme ? . 2 Le quintal d'une marchandise coûte à. .Amsterdam 250 fionns (1 ' :florin = fr. 2.10.) Combien coûte le quintal chez nous, si l'on compte 15 % de frais ? . 1. Quel capital dois-je placer au 3'{4 Ofo, pour po~vol.l' payer avee les intérêts ma. location de 3 mots, se montant a. fr. 162.50

DICTÉES LA VIE DES CHAMPS D fait si bon au village que souvent le citadin, fatigué, ~égol\té des villes, vient à la campagne chercher le repos et la pa1x. Les plus beaux édifices du monde, les p~us belles pJaces, les plus. belles rues, ne sont rien comparé~ aux , plames verdo;yantes, a1;1x b01s, aux ·vergers, au x prairies et sur~ out ~ !a votl.te du.c~el, que rten ne cache aux yeux. Mienx vaut respuer 1 a1r pur et VIVIfiant des caml?agnes qus l'air vicié des villes · mieux vaut entendre le chant des OlSeaux el le bêlement des troup~aux que le bruit assourdissant des rues et leurs cris discordante.

L'ORDRE EST NÉCESSAIRE AU CULTIVATEUR Le cultivateur doit avoir de l'ordre dans les idées et dans les travaux. Avant de prendre une exploitation, il doit savoir ce que nut la ter re ce qu'elle prodmra, et par où s'en iront les produits. Longtemps d'avance l'assolement e~ra combin~ et arrêté ; la veille au soir les opérations du lendemam seront reglées de telle sorte que les cas d'empëcbement seront prévus et que, à d~faut ~·un travail projeté, on puisse en exécuter un aut~e .. ~es _opérations faites aans prévoyance, au jour le jour, amènent 1 hesttahon, les fausses manœuvres et les per tes de temps. Il faut se rendre un compte exact des recettes et des ressources


-

30 -

31

,de cba~ue jour, les marquer sur un regiatre, les additionner les mots ou tous les quinze JOurs. LE CIDRE Le ci~re eet u?e bois~on nourrissante et très agréable ·On fabnque le ctd~e solt avec des pommes seules, soit pommes et des poues. Les pommes et les poires à cidre les gourmands; elles ont une aussi belle apparence que de table, mais elles sont dures et amères. On les écrase au so~a une meule de boia qu'un cheval fait tourner. Le jus de fru1ts est d'abord très sucré ; mais il ne tarde pas à bouiiJir pe~dre ~a douceur. Quand Je cidre est fabriqué seulement avec potres, il prend Je nom de poiré.

n•···---

AUX HABITANTS DES CAMPAGNES , . Aujourd:hui, chacun s'efforce de aubstituer le luxe à la sim I eclat de _1 extérieur à l'aiaance du ménage. Le villageois son fils nchesses et honneurs; il ne cesse d'exciter sa jeune -en off~ant à ses regards un tableau riant des prospérités du ~on, il n~ veut pas que ce .fils bien-aimé vienne avec lui .slll?n p~nible dans les plaines · il se hâte de l'envoyer où il crott que la fortune l'attend. 11 a résolu d'en faire un '!ID nég?ciant, un juge, un avocat; il sourit à son b 11 le v:o1t travers~nt les mers sur ces vaisseaux chargés chan~ ses, ou savantant à la téta des armées, ou bien paratssant _avec éclat aux tribunes publiques. Bon prépares bten des chagrins en agissant ainsi · blite-toi tea vues. ' DEVOIRS ENVERS LES ANIMAUX ~';homme a dressé pour son usage certains animaux doux pa~1bles. Le .cheval, le _mulet, l'âne et le bœuf sont de ceux-là. do_tt donc tratter en amts, non en esclaves, ces bons serviteurs l~1 don~en~ toutes leurs forces, toutes leurs sueurs, jusqu'à Vle, qw lu1 app~rtent par leur travail, par leurs fatigues, le lagement et le bten-être. Donner aux animaux toute la dont ils ~mt besoin, les abriter convenablement, les bien arJrltt•l :e. leur lmpQser. que de!' charges en proportion de leurs Vlter tout ce. qn1_ pourratt leur causer une fatigue excessive la souffrance muhle, tels sont les devoirs qu'impose la sance envers ces êtres que nous devons regarder comme des Il nous est permis d'en u11er, non d'en abuser. LA MAISON PATERNELLE Un jeune homme avait fatt de longd voyages. Il avait visité plus bea_ux et l~s .Plus lo_intains pays du monde. Comme on dema~dalt qu~l et~1~ le l~eu q,ui bi avait paru le plus beau tou_s, ~~ rép~ndtt: J a1 admiré b1en des merve1lles dans l' .ma1s nen na pu m'émouvoir aussi délicieusement que je l'ai

au retour, en apercevant à travers les arbres de notre pauvre village les blanches murailles de la maison paternelle. J'ai vu dea 11eurs superbes, mais nulle ne m'a paru aussi belle que le simple œillet qui croit à la porte de notre chaumière, l'œillet que mon père a planté, que ma mère arrose, et que ma sœur vient de cueillir à mon retour, pour en fleurir ma boutonnière. LE MEILLEUR ET LE PLUS FORTIFIANT DES LÉGUMES Savez-vous quel est le meilleur et le plus fortifiant des légumes r C'est le haricot. Il renferme tant d'azote, qu'il pourrait presque remplacer la viande : il a même sur elle l'avantage d'être trés riche en charbon, le seul inconvénient est la peau qui enveloppe le grain; elle est indigeste et lourde. Cet inconvénient disparalt r:ti l'on a soin de réduire les grains en purée et de passer cette purée de façon que les eaux restent dans la passoire. Ainsi préparé, le haricot est un aliment excellent, c'est la viande du pauvre. Les fève!! et les lentilles sont loin de l'égaler.

---

Lettre d'un Jeune homme à ses pat•ents pou' les pr1er de lut permettre de rentrer ti ta maison paternelle. CHERS PARENTS,

Dix-huit mois se sont écoulés depuis que je vous ai quittés pour venir en Amérique àl a recherche d'un nouveau Pactole. Je me .figurais qu'il suffisait de traverser l'Océan pour être en peu de temps riche à millions. Hélas 1 de cruelles déceptions m'attendaient dans le pays de l'or, dans cette Californie qui a fait couler tant de larmes aux adorateurs de Mammon, ou pour dire plus vrai, aux paresseux qui se berçaient, à leur départ du vieux continent, des rêves les plus doux, et nourrissaient les illusions les plus perfides. A mon arrivée à San-Francisco, ma bourse se trouva épuisée: confiant en ma future fortune, j'avais fait bonne chère pendant la traversée. Après avoir vainement cherché do l'ouvrage pendant plut::ieurs jours, je fus réduit à une indicible misère et me crus trop heureux d'accepter la garde d'un troupeau de moutons, moi .qui ne rêvais que richesses, honneurs et plaisirs quelques jours plus t6t. Les espérances pernicieuses que j'avais nourries à mon départ et pendant le voyage, s'étaiant évanouies, une seule chose me préoccupait: gagner l'argent nécessaire pour rentrer au pays, témoin des heureuses années de ma jeunesse. A force d'économies et de privations, je suis parvenu à économiser une petite somme et je viens vous prier, bien-aimés parents, d'être assez bons, assez complaisants pour me permettre de rentrer au foyer domestique que je n'aurais jamais dtl quitter. Oubliez mes torts, ne voyez plus en moi qu'un fils repentant et malheureux qui après avoir suivi l'enfant prodigue dans la voie du mal, tâchera de l'imiter dans lt- sentier de l'honneur et de la vertu. Je vous prie instamment de ne pas m'interdue l'entrée de la maison paternelle: je travaillerai désormais avec assiduité et application p our vous faire oublier mes torts et être l'appui de vos vieux jours. Recevez, chers parents, mes embrassements.


-

32 -

Lettre à un ami pour lui raconter une j ournée de guignon MoN cHER AMI,

La douce intimité qui nous unit depuis notre tendre enfance, rapports intimes qui ont toujours existé entre nous, me font la liberté de venir te faire part d'une aventure de chasse, journée de guignon. Comme tu le sais,j'ai la réputation d'être un braconnier réputation plus ou moins gagnée par le nomb1·eux gibier dans mes pièges. Lundi dernier j'ai failli payer de ma liberté de ma vie ma passion pour la chasse. Parti la veille de M. me trouvais dès J'aube sur une hlllle sommité italienne. chamois, sans se douter de ma présence, paissaient à quelques pas de mon poste d'observation. Déjà je crois et, oubliant • qu'on ne doit pas vend?·e la peau de l'ours de l'avoi?· tuée, • je calcule le gain de la journée. Je tire; m passe à quelques centimètres de l'animal visé et .}es trois 1Tn•>l11'n. pèdes de prendre la poudre d'E-scampette. Je me mets à la rec.berch• d'une autre piste et ne tarde pas à apercevoir une maRUJIDQ'ue marmotte. Pour le coup je crus être plus heureux. L'anim fracassée par une balle que je lui envoi'!, glt par terre et je m·.,nn...... à Je ramasser quand trois douaniers que je n'avais pas aperçus apparaissent à quelques pas de moi en s'écriant: " de la loi, rendez-vous. • Déconcerté, je lance mon fusil par je m'e11fuis à toute vitesse. Après une course vertigineuse je n<>•rVl ,A n• à gagner le territoire suisse, uu faux pas me fait rouler précipice. Je me relève, une épaule démise, deux côtes ca plusieurs contusions à la tête. A grand peine, je regagne mes dans un état bien piteux, mais heureux encore d'avoir pu m à ce compte.

BIBLIOGRAPHIE Agenda de• ~cole• pour l'année 1893. -Toutes les que nous avons eu à rendre compte des calendriers scolaires Suisse ou en Allemagne, nous avons exprimé le vœu que française publiât aussi un agenda spécial pour les in Notre vœu est aujourd'hui réalisé, grâce à l'initiat1ve toujours intelligente de M. Payot. Noua l'en remercions de tout cœur au nom du corps "u'"'"l~u••u.. Le charmant agenda que nous annonçons s'ouvre par photographie de M. Daguet; puis, après le calendrier vient une série de pages réservées aux notes avec 40 pages renfermant divers tableaux statistiques : superficie de la population, commerce, examens pédagogiques, altitude lagnes, continents, planètes, composition chimique des pr:inc.ipa:as. aliments, etc., etc. Nous recommandons vivement cet agenda à nos lecteurs.

~e• (Jomml••lon• de no• éeole•, qui, pendant l'biver, distribuent des soupes aux enfants demeurant bors de ville, ou loin de l'école, feront bien de se rappeler, que la Fabrique des Produits Alimentaires Maggi à Kemptthal, offre à prix réduits, au:r. écoliers nécessiteux, dea potages en rations, dits • militaires • grAce auxquels on parvient à préparer à boo marché de succulentes soupes saines et réconfortantes. On profitera volontiers de cetle occasion d'autant plus avantageuse que les Produits Maggi sont très-substantiels tout en étant très-savoureux.

Fracno pour fr.2 au lieu de r ~.......................... fr. 4. 70 ~ 11 ' rd . ~ Nécessaire complet d'écri- ~ mUSHH DHua~OOIUUH ture ou

p~~~!!IE àpt~;d.:

La ~:~:~. ~. Mu-~ 8

U ae belle et forte boite - ..W sée pédagogique a l'honl OO feuilles doubles de ne ur d'aviser les autopapier à lettré 2.10o fines enveloppes, ritésscolaires et le corps enseignant, que les loen deu:r. grandeurs 1.t 2 bonnes plumes d'acaux du dit Musée, sicier -.30 tués à côté de la Pré1 manche de plume - · 10 facture, sont ouverts 1 crayon -. tO 1 flacon d'encre de gratuitement les jours bureau trè<J noire - .80 d'œuvre(saufle mardi), 1 morceau de ROmme da 9 b. 1 midi et de élastique - .20 · 2 b à 5 h d · 1 bâton de cire à · · u SOir. cacheter -.20 Les locau:r. sont 8 feuilles àe papier ~ chauffés. On peut obbuvard - .tO tenir en communication P rix de veute ordinaire 4. 7Ù la plupart des ouvrages Tous ces objets, placé;:; portés au catalogue, dans une élégante botte ..,. dorée et cloisonnée, ont ~ lequel est délivré graune valeur réelle de fr. 4.70 t m e o t . e t sont vendus pour fr. 2. (Communiqué/

j

..._ ~,..

t

...11111

Papeterie A. Hiederhiuser Gr&n2'8B (Soleure)

~

~ ~

~

•••••••il


Le soussigné se charge d'envoyer contre mandat de n'importe quelle valeur et aux prix de magasin

Supplément à l'ECOLE PRDI!IRI (1894·95)

Montres de ~ontian~e

LES VOIX D'OUTRE-TOMBE

garanties trois ans

pour Dames et Messieurs. - Nickel de US à 25 fr. - Argent de i5 à 50 fr. - Or depuis 50 fr., provenant d'une des premières maisons de Genève . Billets de loteries de Fribourg et de Gœschenen par mandat ou timbres, plus 10 cts pour le port..

B. 81XT, Genève, Quai des Bergues, 7.

NOHL et ~

IOUVELerAI ~~w~~

r-:rtcs tfe visite ct tfe gratufation 1

avec ou sans enveloppes, sont livrées promptement et a des prix très modérés, par l'Imprimerie et Lithographie

KLEINDIENST & SCHMID, SION.

dédiées à l'Eco:r.E PRIMAIRE. Qu'est-ee donc que la vie t - Comme l'herbe des champs fteurie le matin, j'ai été foulé aux pieds le soir r Mes années se sont évanouies comme la fumée 1 le Seigneur les a emportées comme la tente du pasteur~; tel qu'un tisserand 1 II a eo.up~ ~es jours au milieu de leur trame 1 du matm au so1r, j'al passé 1 Ces plaintes, nous les entendons nombreu11es s'échapper des sillons du trépas où tant de pauvres âmes, transportées déjà depuis longtemps peut-être par les anges de la mort, attendent encore les secours de la terre. Les infortunées 1 elles crient dans leur douleur comme le petit de l'hirondelle 1 De loin, elles aperçoivent les champs verdoyants et les gras pâturages de !a terre de bénédictions, et là elles meurent de faim 1 •••• Revêtues, jadis, d'une robe éclatante, leur corps est aujourd'hui couvert de sordides haillons : , ... Ah 1 si mes genoux avaient encore la force de leur jeunesse l s'écrie une voix lamentable, je me lèverai du lit de ma douleur 1 Pourquoi mon père et ma mère m'ont-ils abandonné t Pourquoi mon épouse et mes enfants ont-ils disparu de mes yeux comme la douce vision qui s'évanouit. - Mon âme est un désert de solitude •. .. Ah 1 mon Dieu 1 mon Dieu 1 pourquoi m'avez-vous abandonné 'l' Vous m'avez tiré des entrailles de ma mère, et vous m'avez fait boire avec son lait le parfum de l'espérance. Secourez-moi dans la détresse où est plongée mon âme, ne me châtiez pas dans votre colère. Ayez pitié de moi qui suis sans force, guérissez-moi 1 relevez-moi 1 secourez-moi 1 Que d'âmes oubliées ainsi au lieu des suprêmes et nécessaires réparations 1 Elles pleurent dans l'abandon et la solitude, et il n'y a personne pour les consoler parmi ceux-là mêmes qui leur étaient chers. Ds ont entendu mes gémissements et ils ne m'ont point donné de consolations 1


-

3 -

2-

Certes nous ne voudrions rien dire qui pàt blesser, ·De seraii-ce qu'one â.me o~ frois~er le_ plus délicat d~s sentiments do cœur hum1un, ma1s qu1 donc est oubhé comme sont oubliés les morts? Tant que nous avons joui de la présence deceuxque nous limions leur souvenir est resté dans nos âmes. Leur image, ~ne fois disparue, leur souvenir s'est peu l peu -effacé avec elle. Nous leur avions bien dit pourtant, à l'heure des séparaUons suprêmes, en pressant dans nos mains ~eors mains déjà glacées par la mort, en collaut nos levres sur leurs lèvres expirantes : • Tu ne mourras pas tout entier, ô toi qui vas pattir et qui ne peux m'entendre, tu vivras immortel dans mon cœur. • Et le temps a fait un pas et l'oubli est venu engloutissant les souvenirs ! Et ces âmes appellent encore et personne ne leur répond plus 1 Elles souftrent encore de ces souffrances auxquell~s r1en ne saurait être comparé, et personne ne compatit plus à leurs douleurs 1 elles gémissent et personne ne les console plus ! , La terre ne leur offre plus que l'oubli. A part 1aumône générale du prêtre c'est l'oubli sur leur vie qu'aucune parole ne rappelle plus, l'oubli sur leur nom que personne ne prononce plus, l'oubli sur leur tombeau que personne ne visite plus, l'oub,li su~ leu~ mort, sur leurs souftrances, l'oubli partout, 1 oubh t~uJours. . Ab 1 c'est fini! c'est à jamais fini! d1sent-elles, lls ,nous ont tous oubliés 1 et voilà que plus même un souvenir ne nous rattache à la terre ! ... Malgré des adieux si pleins de regrets, malgré des protestations si pleines de tendress~, et malgré d~s eerments si pleins d'immortalité, vo1là pourtant ou tout aboutit parmi les vivants, à l'universel oubli des morts l Personne pour prier, personne mèma pour se sou-venir 1 . Si vous saviez, chrétiens, que parmi ~es Infortunés -qui sont là, depuil'l des semaines, des mols, des années, au sommet d'une montap;ne de feu ou au fond des plus tristes demeures, regardant, éc~utan,t, souftrant dans 'l'attente d'une prière, d'un soupir, dune bonne œuvre de la terre des vivants, se trouvait votre père, votre mère, votre époux, :vo\re é~ou~e, votr~. fils., votre fille ; si sa délivrance était au pnx dune pr~ere, dune messe, .d'une aumône, que ne voudriez-vous pas donner' Vous

,0 o

pourriez pas compter avec l'amour qui souffre et vous tend la main, comme vous laisseriez parler votre cœur 1 Vous vous priveriez vous-même, s'ille fallait, pourvu que votre aumône leur ouvrit Je Paradis 1 Eh bien 1 ce que vous feriez pour vos proches, veuil-lez le faire pour ces abandonnés. Dites, en laissant tomber votre aumône dans la main brftlante de nos frères trépassés: « Si ceci n'est pas pour mon père, pour ma mère, pour mon fils, pour ma fille, pour mon époux, pour mon épouse, c'est pour ceux qui a'ont ni père, ni mère, ni amis, pour les oubliés, les délaissés! Ob 1 oui, encore une fois 1 du fond de vos cœurs -émus, écoutez tous la supplication de l'invisible misère -qui vous crie par une faible voix : Ayez;pitié 1 ou1 pi Lié pour las exilés, pitié pour les orphelins, pitié pour les prisonniers, pitié pour l'amour qui souffre 1 Si le monde Jes oublie, si Ids indifférents les délaissent, vous du moins qui pouvez être leurs amis, leurs seuls amis, aeors derniers amis, ab! encore une fois, ayez pitié ! .ayez pitié 1 X. ~ui

LA CAVE Il est très important pour celui qui r6colte du vin d'noir une bonne cave ; car une mauvaise cave est la source de bien des ennuis et souvent de pertes importantes. Une bonne cave, dans laquelle le vin se mûrit convenablement, doit en première ligne avoir une tempéra!ure aussi égale que possible et doit, pour cela paraître ebaude en hiver et froide en étl\. Pour cela, il est fort a désirer quelle soit un peu enterrée, la température -est plus égale. Dans une cave chaude, les vins se clarifient beaucoup -plus promptement que dans une cave froide, aussi les transvasages doivent-ils se faire beaucoup plus vite. J'ai ·vu une cave chaude, dont le vin était fort bien soignée par son propriétaire; faire le transvasage du vin rouge déjà en décambre ; il était à peu près limpide, et au second transvasage, peu de temps après, bon à être livré à la consommation. Si on n'avait pas soin de faire .ces transvasages de bonne beure, lis lies remonteraient,


-

4-

troubleraient le vin qu'on aurait ensuite .beaucoup de peine à éclaircir, si toutefois on y parvenait. Ces caves · sont de mauvaises caves, mais il faut souvent s'en servir, tout le monde ne pouvant construire. Par contre, les caves froidEis ont l'inconvénient de ne mflrir le vin que très lentement ; la fermentation dure longtemps, les lies descendent lentement, et il n'est pas rare de voir les vins placés dans ces conditions être encore louches au mois d'avril lors des transvasages. La température que ne doit pas dépasser une bonne cave est de 12 degrés environ; si cette température ne dépasse pas 10 de~rés, c'est encore mieux. Cependant, pour le vin nouveau, cette température peut ètre dépassée, car ces vins se dépouillent mieux à une température un peu élevée que celle nécessaire aux vins vieux. Pour maintenir l'égalité de température daus la cave. au moins autant que faire se peut, il faut fermer les ouvertures, ne jamais laisser la porte ouverte. Ces moyens ont cependant l'inconvénient de mair;ttenir de l'humidité dans la cave. Il faut, pour y remédter, profiter d'un temps venteux et établir pendant un ou deux j ours un courant d'air. Il y a naturellement une mesure à garder dans tout cela, car s'il ne faut pas trop . d'humidité qui pourrit les boiM, produit des champt~nons dans la cave, rouille les cet·cles de tonneaux, tl ne faut pas non plus trop de sécheresse qui produirait un trop grand déchet pour le vin qui doit nourrir le bois. La propreté dans une cave est de toute nécessité. Il ne faudrait pas dans une cave garder des provisions de ménage, qui peuvent s'altérer et donner lieu à des champtgoons. Pour la conservation de bois et les cercles de tonneaux, on se trouvera bien de les badigeonner de temps en temps avec du pétrole, avec de la chaux, ou encore mieux avec une dissolution d'acide sulfurique au dixième. On se trouvera également bien de badigeonner les supports des vases de cave ; ces supports, ordinairement en bois, se couvrent de champignons pour peu que la eave soit un pen humide ; il faut les détruire, . car ila sont nuisibles et pourrissent promptement le b01s. (Journal d'Agriculture)

5 -

LE CHEVAL Si le cheval pouvait parler, voici ce qu'il dirait. Quand il fait un froid de Sibérie, ne m'attachez pas à un poteau ou autre objet de fer, car la peau de ma aogue m'est nécessaire. Ne me laissez pas attaché la nuit dans un entredeux dont le sol est dangereux pour se coucher ; car je suis attaché et incapable de choisir l'endroit où je me cou~he.

Ne me forcez pas à manger plus de sel que j'en veux en en mettant dans mon avoine ; je sais mieux que nul autre animal combien il m'en faut. Ne c_royez pas qo~ parce que je m'empresse sous le fouet, Je ne me fahgue pas ; vous vous trémousseriez autant que moi si l'on vous y contraignait à coups de fouet. Ne vous figurez pas que parce que je sois un cheval je suis capable de manger toute sorte de mauvaises herbes. Ne me donnez pas des coups de fouet p:trce que j'ai en peur de quelque chose le long de la route ; car la fois suivante je m'en souviendrai et il pourrait vous arrivar malheur. . Ne .me fa~tes pas trotter en montant une côte, oar là Je suts obhgé de vous monter, vous et votre voiture avec moi-même. Faites-en vou&-même l'essai; essayez de monter une côte avec une lourde charge en courant. Ne me laissez pa'l dans une écurie plongée dans les ténèbres, car quand vous m'en faites sortir, la lumière me fait mal à la vue, surtout quand la terre est recouverte de neige. Ne dites pas heu (arrête) à p~opos de rien. Ne me dites d'arrêter que quand je dois arrêter et apprenez-moi i le taire au premier mot ; si vos guides viennent 1\ casser, vous ne vous repentirez peut-être pas de m'avoir appris à m'arrêter à la parole. Ne me faites pas boire de l'eau glacée ; ne me mettez pas dans la bouche un mors gelé, mais réchauffezle en le tenant durant une minute collé eur mon corps. Ne me demandez pas de reculer en me bouchant les yeux, car j'ai peur de le faire. Ne me faites pas trotter en descendant noe cOte 011


-

6-

peu raide, car si quelque chose se cassait, je pourrais. à mon tour vous faire casser le cou. Ne me mettez pas uoe bride dont les œillères me fassent mal à la tête, ou m'empêchent de voir en avant. Ne soyez pas assez négligent au sujet de mon harnais pour ne vous occuper de le réparer que quand vous vous apereev;;z qu'il m'a fait un douloureuse bles- , sure. , Ne me prêtez pas à un écervelé qui ait moins desprit que moi-même. . . . N'oubliez pas qu'on lit dans un v1eux hvre ama de tous les t>pprimés : • L'homme juste a de la miséricorde même pour sa: bête, mais le méchant est sans entrailles. •

Comment faut-il se chauffer ? Sous ce titre, l'Eeho du Rhône publie l'article suivan~ à la fois sérieux et humoristique : Nous voici à l'approche de l'biver. Nous avons eu. tout juste le temps d'oublier les c.i nq mois d'é~é, à pe_ine le loisir de dire un suprême ad~eu ~u dor01er b~~alle en virgule emporté par le dernter snoco,_ que deJà le. thermomètre s'est mis à jouer avec persistance à la baisse. Il faut songer à se ebaufler. Comment' C'est là le problème. Si l'on n'a pas un bon ft;tmi~Le de profession le mieux est de se consulter soi-meme et de tâcher' d'être soo propre fumiste, dans la bonne acception du terme : c'est cette courageuse décision que nous allons ttcher de motiver. Pour la chambre à coucher, le bureau, le salon, pas. d'hésitation possible. La cheminée, la bonne petite cheminée, pas trop compliquée, avec un bon tirage et un bon feu de bois bien sec dans son àtre, occupe le premier rang, bors concours. C'est ~lus qu'un ~ppareil _ de. chaufiage vulgaire, c'est plus qu un appareil v~lgaare. c'est un collaborateur intime, avec ses bruits discrets,. ses flammes qui montent comme des espérances ou se tordent comme des regrets, et sa faculté de se laisser tisonner. La cheminée chauffe, ventile, égaie. La cheminée, chauffée au bois, est l'appareil de chauffage par excellence; c'eet la santé et le confort. Son inconvénient, majeur, hélas 1 est de coûter fort cher d'en-

-

7 -

tretien; mais c'est li un défaut secondaire si l'on se pose avant tout le problème d'être bien chauffé. Quand on a un gros appétit de chaleur et le souei de ne pas • flamber fioances •, il faut se résoudre au poèle, triomphe du fumiste sous une des innombrables formes par lesquelles on s'efforce dEl nous séduire. Le vilain instrument que le poêle 1 On a beau le sculpter, l'émailler, le décorer avec astuce, il ne reste tolérable et admissible que SOU'~ deux formes. En premier lieu, celle du poêle du corps de garde, solide, rustique comme un bon troupier, ronflant comme une fanfare, impétueux, et chauffant d'une façon incohérente. Mais ce n'est pas le poêle des familles que ce reître. Plus discret, plus convenable, tiède et musical, est le poêle en faïence. L'hygiène l'approuve : il ne s'emporte jamais, n'asphyxie personne et, dans ses moments de vivacité, se contente d'un doux ronron. En ouvrant sa porte on p'3ut même voir du feu dedans et se chauffer l'œil, ce qui est indispensable à la bonne humeur et l la santé. Tels sont les deux types principaux du véritable chauffage par poêles. Toutes leurs variantes, à la condition d'avoir un tirage direct, sont également admissibles, sinon recommandables ; il faut que tous le!J gaz de la combustion puissent s'échapper directement dans l'atmosphère par un bon tuyau, bien large, bien droit, comme un conduit de cheminée. Cela coûte du bois et du charbon et il arrive parfois que le poêle s'éteint ; mais on est sûr, du moins, de n' être pas asphyxié par lui, et c'est bien quelque chose. Dussions-nous aller à l'enc~ntre de quelques convictions honorables, nous accablerons d'anathèmes les innombrables appareils dont nous sommes menacés sous le nom de poêles mobiles ou de cheminées mobiles. Mieux vaudrait retourner à l'époque où l'on ne se chauffait pas que d'introduire dans un intérieur qui a la prétention d'être confortable ces appareils chargés de crimes contre l'hygiène. Luxe et misère, telle est leur devise 1 Leurs innombrables inventeurs se sont posé le problème suivant : c mettre du charbon allumé dans un poêle et l'empêcher de brûler. • Ils sont parvenus, et nous ont consternés avec leurs expériences de combustion lente. Le résultat est de distiller le charbon, au lieu de le brûler ; c'est ce que l'on a fait dans uoe cornue à gaz ou dans un gazogène, et alors, si vous n'avez

1


-

8-

pas, jour et nuit, un chauffeur diplômé attaché à votre de distillation, il en sort des quantités fâcheuses d'oxyde de carbone, gaz sans odeur et sans couleur, qui jouit des heureuses propriétés suivantes : 1° vous asphyxier s'il est à la dose voulue; 2• vous décolorer le sang, vous anémier et vous névroser, lorsqu'il est à dose constante et modérée. Les poêles mobiles ont les allures d'un véritable tléau ; on ne peut s'imaginer rien de plus macabre qu'un père de famille roulant d'une pièce à l'autre, jusque dans la chambre de Bébé, l'appareil qui avale la santé de la maisonnée. Cependant on raffole volontiers des poêles mobiles : d'une part, en vertu de ce principe que ce sont des appareils économiques et qu'il y a nombre de frileux qui poussent l'économie jusqu'à la mort ; d'autre part il y a beaucoup de walina, parfaitement ignorants, qui aiment à se vanter de savoir diriger avec sécurité un poêle mobile. Cette supériorité les pose dans leur entourage et ils exécutent un tour de foree équivalent à celui qui "Consisterait à passer son bras entre les barraux de la cage d'une bêté féroce dans une ménagerie. Un beau matin ils sont anémiés à fond, le teint verdâtre, le cœur décroché; mais l'économie est sauve et le principe de la combustion lente a triomphé sous la forme de la consomption. On devrait réserver logiquement ces ingénieux appareils pour le séchage des plâtres dans les immeubles modernes' nommés maisons de rapport, dont les architectes font le moulage, avec un rare talent, par l'emploi du papier mâché. ~ppareil

De l'inexactitude L'inexactitude est le défaut dominant de beaucoup de gens. Pour eux, être en retard, arriver en retard, on dirait que c'est une des conditions de la perfection. Tel n'était point l'avis de Samuel Smiles , et nous citons volontiers son portrait dd l'homme inexact, espérant ainsi contribuer à faire réfléchir les retardataires: ' c L'homme inexact porte partout Je désordre et ne fait que troubler la paix et la sérénité des autres. n

-

9-

jette tour à tour ceux avec qui il a affaire dans un état d'anxiété et de surexcitation. Il est toujours et systéDlatiquement en retard, régulier seulement dans son irrégularité; traînard par système, il arrive toujours an rendez-vous après l'heure ; à la station du chemin de fer après que le train est parti ; à la botte aux lettres après que la boite est fermée ; il jette, par sa conduite le désordre dans toutes les affaires donL il se mêle et fait perdre patience à tous ceux qui, pour leur malh~ur ont affaire à lui. Aussi n'est·il pas étonnant que l'o~ a~t géné~alement observé que les hommes qui ont l'habitude d être en retard sur l'heure ont aussi celle d'être en retard sur le succès, et que le monde lassé d'eux finit par les jeter _de côté et par les envoyer grossir le~ rangs de ceux qu1 ne savent que se plaindre de la fortune et maudire leur sort.

Recettes et conseils utiles La chevelure. - Il est une très mauvaise pratique pour _les cboveux : c'est l'usage régulier de l'eau et des ablutions savonneuses ou non. Ces habitudes sont une des principales causes de la calviiie précoce. Sous l'inAuenc~ de l'eau, la racine du cheveu se gonfle et tinU par fatre tomber le cheveu lui-même; de plus celui-ci devient terne, sec et cassant. ' Les ablutions, si on veut les pratiquer, doivent être faites au plus une fois par mois avec de l'eau de son tiède, dans laquelle on fera dissoudre quelques cristaux de borax. Quels sont les cosmétiques qu'il faut employer ! A p~opre~ent parler il n'y en a point. Cependant l'utilité d'1mpr1mer à la_chevelure un~ direction harmonique et de rendre la coiffure plus facile rend nécessaire l'usage 4~s pommades _et des huiles. Mais les pommades raneissent très facilement pour la plupart et laissent sur la Ute un résidu compact et résineux toujours nuisible. Oua~t aux. huil~s, E"lle~ sont également sugceptibles de rancir, ma1s mo1ns facilement (surtout l'huile de ricin qui _est assez ~table) et d'ailleurs elles n'ont pas l'incon.= vén1ent de laisser sur la tête un magma visqueux, La glycérine possède les propriétés physiques des huiles sans avoir l'inconvénient de rancir; mais ce qui


-

10

doit en restreindre l'emploi pour la chevelure, c'est qu'elle est loin d'assouplir et de lustrer les cbeveus ; elle les ternit plutôt et les agglomère. Une assez ~onne préparation pour les cheveux et la barbe, a~ poant de. vue hygiénique, est le mélange connu du pubhc sous le nom de brillantine ; c'est de l'alcool ~ 86° dans leq~el on dissout un dixième de glycérine bten pure ou d'bulle de ricin très récente, et que l'on parfume à volonté. (D• E. MoNIN.)

Fumure des arbres fruitiers. - A ce propos l& Messager donne le bon conseil suivant : • C'est maintenant une des époques le plus favorables pour fumer les arbres fruitiers. On trace autour de l'arbre un cercle ayant la même dimension que la couronne ; ce cercle est bordé par une tranchée d'environ 30 cent. de large, de 20 à 30 cent. de profondeur. On a préalablement soigneusement découpé la croûte de gazon qu'on dépose à côte de la tranchée, on remplit celle-ci de fumier d'étable, on recouvre de terre et ou replace les moUes sur le tout. Au printemps oc aura sous l'arbre une belle végétation et l'arbre lui-même manifestera une vigueur nouvelle et payera largement les fraiR de fumure et de main d'œuvre. , On sait que la pratique, encore usitée pourtant, de disposer un rond de fumier autour du tro~c et tout près de ce dernier' est inefficace .et même Il .faut - nuts1ble. que l'engrais arrive aux petites rae~.nes, et ces rac1nes s'étendent sous terre à peu près autant que les branches. (couronne). La saison actuelle se prête aussi très bien à la plantaUon de jeune~:~ arbres fruitiers et à l'émondage-nettoyage des arbres existants. La conservation dea fûts vides. - Quand on lai~se les fûts vides au bout de peu de temps, même lorsqu ou les a rincés ~t bouchés, les parois internes des douves se dessèchent et se recouvrent d'efflorescences dues au développement des champignons microscopiques ap.p&lés moisissures. 8i les fûts sont laissés ouverts, et st l'ou se trouve dans un pays chaud, alors les accidents sont encore plus caractérisés. . Il est pourtant très simple de conserver uue futatlle parfaitement s~ine jusqu'au moment . o\\ l'on doit s'e~ servir, et d'évtter ces go\\ls de fô.t s1 fréquents et qu1 gitent le meilleur vin.

-

11 -

Pour conse"er les tonneaux parfaitement saics, il suffit d'y brlller du soufre. L'acide sulfureux qui se dégag~ rend le milieu improp~e à toute végétation cryptogamique, et préserve la futa1lle contre toute altération. Pour mécher un f\\t, on fixe à la face interne de sa bonde un fil de fer de la longueur de 25 cent. Ce fil de fer supporte accroché un morceau de mèche soufrée. Après l'avoir allumée, on introduit la mèche dans le f\\t en bouchant la bonde hermétiquement. Le soufre brftle jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'oxygène libre dans le tonneau, puis il s'éteint Froid aux pieda habituel. - Cet état, commun chez les anémiques et lymphatiques, se guérit par la douche froide des pieds, administrée tous les matins, pendant 40 secondes, sur chaque pied, et suivie de frictions vives avec la laine. En biver, on peut faire les frictions avec de la neige, qui dispense de la douche des pieds. Rien ne décongestionne mieux les organes internes, rien n'enraye plus efficacement la prédisposition aux rhumes et aux angines. Chemises de toile et chemises de laine. - Au commencement de ce siècle, on ne connaissait que les chemises de toile, les chemises de coton étaient rares et réservées seulement aux classes riches. Les chemises de toile n'avaient pas seulement l'avantage d'être durables et peu collteuses, mais elles erupêcbaient les refroidissements et tenaient la peau en parfait état de propreté. Puis, elles étaient assez longues pour garantir suffisamment les cuiss&s, et assflz amples, de façon à faire des plis, comme une ceinture, autour du ventre. Si un vêtement était apte à retenir la chaleur du corps e'était la chemise dont je parle ; en recélant dans ses plis une quantité d'air tempéré, elle interceptait l'accès du froid. De plus, la chemise de grosse toile faisait fonction de brosse et stimulait l'activité des pores et de l'épiderme. De nos jours, il est de mode de ne porter ni chemise de percale ni chemise de toile : on s'enveloppe tout entier dans un étui de laine, il n'y a pas seulement les chemises de laine, il y a les caleçons, tricots de laine, et cette manière de se calfreutrer en biver a fail des gens perclus de rhumatismes et torturés de douleurs. Je découvre aussi régulièrement la chemise de laine ehez ceus qui se plaignent de froid aux pieds et de l'afflu de sang à la tête.


-

12 -

La laine s'adapte étroitement à 1&: peau e~ développe beaucoup plus de chaleur que la to.lle ; or c e~t le corps qui fournit les éléments de ce calorique, et 9m, par, c~n­ séquent, en fait les frais. Quand la che~1se de ,la10e est entièrement pénétrée de chaleur, celle-cl rayonne a~ dehors· de là une déperdition, une grande usure, qua tourne ~u détriment de l'économie. . Par la soustraction de toute cette chaleur ammale, l'organisme se débilite et s'affaiblit, et nous aUrapons, au moindre passage du froid an chaud ou du chaud au froid, des rhumatismes, des crampes et. des douleurs ; alors c'en est fait du bien-être et de la Vl.e. Sébastien KNEIPP. Comment on s'appauvrit par de p~titea nésrlie:eneea. - On use des cuillers d'argent pour racler les chaudrons. On fait perdre leur arôme au café, au thé, au poivre et aux épices en ne les couvrant pas. . Les balais ne sont jamais suspendus et s'usent b1entôt. Dans la cave les pommes de terre germent, et comme on n'enlève pas les pousses, elles sont bientôt perdues sans ressource. , Les manches de couteaux sont mis dans l eau chaude. On laisse le linge sur la corde et le vent le met en pièces. . h 1 ·1 t On laisse les cuves et l~s bar1ls sée er au so e1 e ils se disjoignent. . Ou ne prend pas soin à temps des fru1ts séchés et ils deviennent pleins de vers. . On jette dans le feu les chiffons, les cordons, le pap1er. On laisse se gâter des restes de _:viande et de légumes qui pourraient, réchauffés e~. serv~s de nouveau, être tout aussi bons que la prem1ere fo1s. Nouvelle colle liquide. - M. Braud prépare ~ne colle de peau toujours prête pour l'usage e.t qu1 se conserve parfaitement, en faisant di.ssoudre ? ktlogr. de borax dans 10 kilogr. d'eau bouillante, &Joutant à la solution .lOO grammes de potasse c.alcinée ~ 90 pour 100 et versant enfin ce mélange touJours bouallaut dana 15 kilogr. d'une solution chaude de colle forte ayant une densité de 12• Baumé. Nettoyatte de l'ar~enterie. - Le procédé le plus simple est l'emploi ,t'une solution d'hyposulfite de. soude. Un linge ou une brosse trempés dans cette s,oluhon e~­ lèvent les taches et donnent du brillant à l argenterae,

13

10rtout si l'on prend un peu de craie en poudre très fine. Un nouveau beurre. - Nous lisons, dans les faits divers d'un journal, une recatte économique pour faire du beurre. Ne l'ayant pas essayée nous ne pouvons la garantir. Voici : . Pour obtenir un beurre excellent et fait dans tous les ménages, nous indique la recette en question, on prend la crème cuite (appelée vulgairement la peau du lait), mise de côté pendant trois ou quatre jours dans un ustensile quelconque; puis égoutter le peu de lait qui reste et battre avec une fourchette. Bientôt on voit se former le beurre qui doit être maintenu sous le robinet d'eau, lavé et toujours battu, et devient en peu d'instants un morceau de bon beurre. Ainsi rien n'est en perdu, car dans beaucoup de ménages on jette la crème cuite. Distillation des vina. - Il arrive qu'un vin est tellement altéré qu'aucun traitement n'est plus capable de le rendre propre à la consommation. Dans ce cas, il ne reste d'autre moyen de l'utiliser que celui d'en reLirer l'alcool par distillation. On peut obtenir ainsi d'excellentes eaux-de-vie de vin, dont on aura toujours facilement l'émploi ou l'écoulement. Même avec des vins fortement piqués, cette opération est praticable. Il suffit dans ce cas de neutraJiser préalablement l'excès d'acide acétique par addition de soude ou de marbre pulvérisé. Voici quelques renseignements sur les formalités à remplir vis-à-vis do la régie fédérale des alcools, lorsqu'on se trouve en présence d'une quantité importante de vin à faire passer à l'alambic. La régie fédérale ne prélève la finance de monopole, calculée à raison de 80 cent. par hectolitre et par degré d'alcool, que sur les vins de provenance étrangère. La distillation de vins du pays est libre et exempte de

droits.

Lorsqu'on désire distiller un vin de provenance étrangère, il faut préalablement adresser une demande d'autorisation à la régie, en indiquant aussi exactement que possible la quantité à distiller. On doit accompagner cette demande de l'envoi d'un demi litre du vin à distiller, échantillon qui servira à déterminer la teneur en alcool, base pour le calcul de la finance de monopole. La demande d'autorisation doit également ren'!leigner la régie sur le pays d'origine du vin à distiller.


-

14: -

Le pain de bois. - La fabrication de pain :l. l'aide

de sciure de bois est sortie de l'état d_'étude po~r entrer dans le domaine pratique. Une u~me berhno1se . en fabrique environ '!00 quintaux par JOUr et 1~ Soc1été des tramways berlinois en nourrit une parhe de ses chevaux 3/4 :l. 2!3 de sciure avec 1/4 :l. 1/3. de son de farine d~ seigle formés en pain qui sont cu1ts au four, fournissent à l'homme une nourriture absolument pr?fitable et possèdent un certain goût de ~iscuit Le pr1x du pain de bois est de 5 mar.cks p~r qomta.l ; pour un cheval 10 à 15 kilos sont necessatres par JOUr. . Cela donne à réfléchir. Jusqu'ici on avait tout falstfié; Mais le vin ' le lait ' le sucre ' le café, J·usqu'aux œufs. . ées. Il on avait au moins du pain fait avec des gram~n paraît que Je progrès aidant, nous devons en fa1re notre deuil. lllachinea à piocher. - Les perfectionnements du matériel agricole sont incessants et amèo~nt dan,a les ~x-: ploitations les plus heureuses transformations. C est a1ns1 que deux constructeurs de talent .viennent d~ rendre pratique une machtne à piocher, qut parait devotr rendre de grands services. Un seul homme peut exécuter à l.a ma~hine le même travail que cinq ou six ouvriers, eL b1en mteux .. De plus, l'homme n'a plus besoin de se courber pour p10cher, et c'est un solide avantage au point de vue de l'hy~iène. L'invention est simple. L'ouvrier pousse un charlot à quatres roues et en même temps ac~ionne ~n arbre horizontal sur lequel est fixé un cyhndre ~locheur. C~ cylindre est armé de grandes dents en p10chons, qut pénètrent dans le sol. , Pour mettre la machice en mouvement, il suffit dagir sur deux manivelles qui, à l'aide d'e~grenages, font fonctionner le cylindre pioch mr. L'ouv~ter exer~e un effort de 5 kilog. sur les manivelles, qui se tradutt par l'intermédiaire de bras de levier en un effort final de 250 kilog. sur la pioche. La terre est soulevé~ par la piocheuse et des couteaux intermédiaires aux dents arrachant les mauvaises herbes. Avec un grand modèle, du poids de 160 kilogr., on pioche à 15 centimètres de profondeur sur 65 d~ largeur. Avec un petit modèle à deux roues, du poids de 60 kilog., on pioche de 12 centi?lètres. sur 45 à :so. de large. Il est donc possible que l10ventwn soit pr~t1q~e et puisse être employée avantageusemen. pour le )ardt-

-

15 -

uage et pour la culture de toutes les plantes en lignee ' vignes, betteraves, pépinières, houblons, etc. Le champa~ne du pauvre. - On peut obtenir un très estimable champagne, une véritable boisson de mén~ge. V~ici la m~nière de procéder. On prend du cidre b1en clatr que 1 on met dans une bouteille en verre doub~e (bouteille à champaRne) on y ajoute 5 grammes .de bicarbonate ~~ soude, ~.~ gra~mes d'acide citrique ; on bouche auss1tot la bouteille b1en solidement en assuj~ttissant le bouchon avec un fil de fer. Six heures apres le chawpagne est mtlr, on peut le servir. *~*.Quel ques so~s dépensés sagement en précautions san1tanes peuvent epargner par la suite plusieurs pièces .de cmq .francs, dépensées en soins et médicaments, et nous éviter, en outre, la souffrance et la maladie.

Les truits dans la maladie Chaque année la consommation des fruits augmente · c'est chose naturelle, car dans l'état de santé comm~ dans celui de maladie l'usage en est très salutaire. Rien . ne J!l~t~ mieux aux convalescents que le jus de .ces fruits deh.c1eux qui ~ont un spécifique dans divers ma~x. La cer1se, . rafraich1ssante et aciele, guérit les maladies de la vessie et des reins. ~n racont~ qu'un cas d'asthme a été guéri par un régi~e conststant à manger cinq ou six oranges tous :les Jours pendant plusieurs semaines. Un j~un~ homme, qui fit la même expérience avec .de~ ~enses et qui ne mangea rien autre chose pendant huit JOUrs, constata que, sous l'influence de ce régime les frissons, la. fièvr~, les a~cès bilieux avaient disparu: le~ quatre mois suivants Il gagna dix-huit livres en po~ds en se nourrissant exclusivement de fruits et de pa10. A~tre exemple de la valeur thérapeutique des fruits. Un Jeune ho~me pris ~e la grippe, loin de chez lui, et .~ac~ant .qu Il ne fallait pas qu'il ftlt malade parce .qu Il n aura1t personne pour le soigner, se coucha, envoya chercher deux douzaines d'oranges garda le lit pendant deux jours, ne maogea pas autre ~bose que des


16 fruits. Il se trouva guéri totalement et en état de · reprendre son travail. Dans un cas semblable, une jeune femme ne prit, pendant deux jours, que des citrons et resta tranquillement dans sa chambre. Les résultats furent excellents. Avec des précautions d'une telle simplicité, on éviterait souvent les covséquences fatales de la grippe. Un large usage de!\ fruits, surtout des fruits a~pro­ priés à la saison, favorise la digestion. Les groseilles. mllres, les pommes douces, les poires, les pèches, etc., ne font aucun mal à l'estomac, si l'on est bien pllrtant, et dans les cas de maladie, elles sont d'une haute valeur thérapeutique. Si l'organisation manque d'acides, les fruits acides sont les meilleurs. L'atonie du foie et des reins et la prédisposition à la fièvre et aux éruptions sont grandement diminuées si l'on mange des fruits simultanément avec un régime nourrissant et non stimulant. Il y a des gens qui s'effraient énormément de voir les fruits donner la diarrhée aux enfants, tandis qu'ils ne redoutent pas les affections intestinales dues à l'absence de fruits dans le régime. Les fruits frai~ empêchent le scorbut et sont très salutaires pour les gens atteints de cette maladie. Pendant la guerre, beaucoup de soldats, qui souffraient de 1& diarrhée et de la dyssenterie, se guérirent en se glissant bors du camp pour manger tous les fruits qui leur tombaient sous la main, surtout des airelles. Des fruits mûrs fraîchement cueillis, tels que les pèches et I~MJ raisins par exemple, sont excellents dans les fièvres de consomption, Si les gens à tempérament _bilieux voulaient mettr& de côté leurs médicaments et étudier la bienfaisante nature, elle les tenterait comme Eve, dit-on, tenta Adam en lui présentant ses fruits. Le tempérament bilieux est un de ces démons qui peuvent âtre exorcisés par un régime convenable et par de l'exercice en plein air. Les fruits acides et astringents étant plutôt un médicament qu'un aliment, sont beaucoup moins nuisibles qu'on le suppose aux gens bien portants et aux enfants. Ils rendent de grands services dans les inflammations. Les personnes au sang lourd et épais ne peuvent rien manger qui leur convienne mieux hygiéniquement qu& les fruits, lesqnels ont la propriété de mettre le sanif en mouvement (Mesaager/.

XIVID· ANNEE

1:.

SION ~5

Décembre 1 SU

'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclnsivement, en livraisons de 16 pages. Prii d'aboooemeot puur Ja 8oill8e, 2 lJoloo po11tale 3 ~r. ~oooucell,

~r.

30.

pri.x 20 cent. la ligne ou son espace.

Tout ouvrage dont l'Ecole primaire r ecevra deux exemplaires aura à une annone'' ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAI RE: Avis important. Petites réflexions (à suhwe). - La orale à l'école p r imaire (ù suivre). - L'économie .est~q~e à l'école primaire (naù). Le principe de dtgmte de la femme enseigné et obse rvé à l'école. cation intellectuelle et l'éducation morale. La à l'école primair e {suite}. - Partie pratique : Caloral (à suivrt'}. Comp osition. V ariét és. Supplé -

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, t·· secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
No 02 l'Ecole primaire, 10 Décembre 1894 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu