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No 09 l'Ecole primaire, 10 Avril 1897

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-8querelles ; le père, la mère, les enfants, tous paraissaient les plus heureux du monde. Jean no pouvait voir un pareil tableau, ·qui contrastait si fort avec sa situation, sans éprouver un grand étonnement et même une sorte de jalousie. Uo jour enfin il voulut en avoir le cœur net : c Voisin, dit-il ·à Pierre, je voudrais bit>n connaitre votre secret; on dirait que vous avez le talent de changer les francs en napoléons. • - Mon cher, répondit Pierre, je vais vous donner ma recette, ce ne _sera pas long et elle vo.u s sera très facile, Mettez tous les samedis dans une petite bourse un des francs que vous destinez ·au cabaret pour le dimantlhe, et, avant cinq mois, votre pièce de 1 fr. sera changée en pièce de 20 fr.

* J'ai roulé des milliards de fois, la pensée de l'infini dans mes yeux et dans mon esprit, en regàrdant du haut d'un promontoire ou du pont d'un vaisseau le soleil se coucher sur b mer et plus encore an voyant c l'armée des étoiles • commencer, sous un beau firmament sa revue et ses évolutions devant Dieu. Quand on p~nse que le télescope d'Herschell a compté déjà plus de cinq millions d'étoiles, que chacune de ces étoiles est un monde plus important que ce globe de la terre ; que ces cinq milhoos de mondes ne sont que les c bords • de cette crPation ; que si nous parvenions c sur le plus éloigné • nous apercevrions de l~ d'autres abîmes d'espace infini semés d'autres mondes IDcal<lulables : et que ce voyage durerait des myriades de siècles sans que noue puissions atteindre jamais les limites entre Je néant et Dieu, on ne compte plus ; on reste frappé de vertige at de silence, ou adore et l'on se tait... .

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L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DB LA

SOCIETE VALAISANNJ D'EDUCATION

Pensées

* La plupart des hommes

XVI•• ANNEE

LAMARTINE,

font consister le bonheur dans ce qu'ils n'ont pa3, ou dans ce qu'un autre possède. On a dit avec raison: « On regarde l'envers de sa vie et l'endroit de la vie des autres t Alph. KARR, • Ne suivez pas la foule pour faire le mal; et quand il s'agit de prononcer un jugement, ne vous inquiétez pas du nombre, cherchez seulement où est la vérité. MOISE,

L'ÉCOLE PRilllRE parait chaque q11inzaine, de IOYembre l lai lnclulJemen~ en llm.lsons de t8 pages. Pris •·•••-e•e•t poar la aaJ••e, 1 &. 10. IJDIOD po•tale 3 !Ir. baoaee•, p,u 20 ""'· la lig• oa •Ott apu.. Tout OU'Yl'&ge dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaire, aun droit à une annonce ou à un compte-rendu, a'il y a lieu.

SOMMAI RE: Société valaisanne d'éducation. ( Appel.} - L'art d'être bon maitr:e, (La foi du maitre.) - Eloge de la grammaire. - .L'ense1g?eme~t de l'c!criture. - Calcul pour les tout petits. - ~ enseignement oral. - Echo des conférences. fC:ont/uy, Surrr.l - Variét4s. (Histoire d'une fmnille. Max11n~s et conseils p édagogùjlus.l - Bibliographie. /Choix de canttq11es catltoliques.) - Supplément.

Tout ce qui concerne la publication doit itre 1dre116 à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1• secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.

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SION. 10 Avril

chronique=et avis scôlaire. Entremont. _ La confér~nce de . ce

district est ft1ée à Or~ières, jeudi, 22 avril, à 9 b. du m. B éren&. _ MM. les Iosliluleurs de ce district sont informés que le~r conf~rence annuelle aura lieu à Vex, lunc.t1, 3 mai prochain, à 9 b. du m. (Joars de répétition. - .MM. les Instituteurs dont le brevet temporaire e.s~ échu sont informés qu'un cours ~e répét1~1on se tiendra pendant les deux mois proc~a1ns. Il commencera le S mai pour se te.r~10Pr vers fin juin ou commencement de JUlllet. MM. les régents intentionnés d'y p~endre part sont priés de s'inscrire au s .,crétar1at de I Ia_struc• tion publique, à Sion, jusqu'au 25 a~nl, au plus tard. (Communiqué.) Bsamen• d'éaanclpatio~. - L_e Département de l'lostroclion publtqu~ fait connaitre par la voie du Bulletin officiel,. auquel nous renvoyons pour plui amples informations à cet égard - que ces examens auront lieu pour les districts de langue française aux dates suivant0s ~ . . Le 26 avril à Sion, le 2, à V1sso1P, le ~8 à Sierre1 le t•• mai à Orsières, le 3 mat à Bagnes, le 5 mai à Riddes, le 6 mai. à Martigny, le 8 mai à Vétroz, le 10 m~1 à Vex, le 22 mai à St-Maurice, le 29 mat à Monthey et le 31 à Vouvry. . Tous les é!èves garçons des écol• s primaires nés du l" janvier au 31 décembre 1882 (~u l'année antériere s'ils n'ont pas été émancipés) sont tenus de se préfenter devant la commission d'examen.

Que •tlonnalre 4'bl1tolre su ~•e

- Oo peut se procurer au dépôt des h vres d'école ou également auprès d~ l'éditeur de l'Ecole t>rimaire, à Sion, au prix d~ 20 cent., le questionnaire d histoire de la Suigse 11dap_lé ao manuel en usage dans les écoles. du Valais, soit Abrégé d'Histoire de la Suisse, par J .

St. W ., avec caries.

1896-97

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION Société valaisanne d'éducation ..ê:...FFEL pour la réunion générale à Monthey, le Jeudi 29 Avril 1897. La S0c1éle valuisanne d'füLucatton- tieuJra à Monthey, le Jeudi 21} Avril prochain, sa XIIIe réunion générale. L'importance capitale des questions de hau t intérêt qui y seront cliscutées et dont les conclusions pratiques doiven t servir de guide aux parents et aux institu teurs, le sympath que accueil que nous réserve la trad itionnelle et large hospitalité du r.hef-lieu du District, que nous avons choisi pour tenir nos assises, les liens puissants de noble et franche amitié qui s'y resserreront davantage encore entre les membres du corps enseignan t, et surtout l'intérêt général toujours croissan t qui se rattache à la cause de l'éducation et de l'instruction pop ulaire, tout nous fait espérer que les mem bres actifs de notre Société se feront un plaisir, et surtout un vrai devoir de participer tous, sans exception, à cette fête de l'in telligence et du cœur, et que les membres honoraires viendront, par une large participation, encourager nos travaux, nous éclairer de leurs lumières, et prendre part à nos discussions. Est-ce trop demander, ou serait-ce témérité de notre part, que de faire appel au sympathique concours de tous, pour travailler au développement moral et matériel de notre cher Canton ? Nous savons que nos amis et instituteurs du Haut-Valais seront largement représentés à la réunion de Monthey, car cette fête n'est-elle pas celle de toute la famille enseignante valaisanne ? L'accueil le plus chaleureux leur est résérvé


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par leur.s collègues du Centre et du Bas-Valais, qui seront heureux. de leur serrer la main, en renouvelant à Monthey et consolidant les liens d'amitié et de solidarité qni les avaient uuis à l'école normale. Cbers amis, délégués de la Société (ribourgeoise d'Education, une hospitalité simple, mais cordiale vous attend, et a tous nos collègues et hommes d'école de Fribourg ou du Jura, qui voudraient honorer de leur prêsence notre modeste congrès pédagogique, un accueil non moins cordial leur est réservé. En attendant le moment si désiré du revoir, nous adresons notre salut patriotique à tous les membres de la Société, et à tous les amis de l'éducation populaire et catholique. A tous, au revoir à Monthey le Jeudi 29 Avril prochain. Le Comité cantonal. PS. - MM. les Instituteurs qui cultivent le chli.nt sont priés d'exetcer spécialement pour la réunion les Nos 123, 124 et 128 du recueil Dieu et Patrie. Les conclusions de MM. les rapporteurs seront jointes au prochain N°. En attendant nous donnons avec le présent la carte de légitimation pour ceux de nos abonnés qui peuvent être dans le cas de l'utiliser.

L'art d'être bon maître LA FOI DU MAITRE

La foi est une croyance et un principe de vie. En tant que croyance, la foi est une adhésion de l'esprit aux vérités révélées. L'objet qu'elle embrasse comprend Dieu créateur, l'âme immortelle, les devoirs de religion qui attachent l'âme à Dieu, Jèsus-Cbrist, le Fils de Dieu fait homme, rédempteur des âmes, l'Eglise qu'il a fondée pour étendre sa médiation à tous les siècles et à tous les pays. · On ne peut être vrai chrétien qu'à la condition de croire fermement ces points fondamentaux et leurs conséquences dogmatiques. En tant que principe de vie, la foi communique à l'esprit, au cœur et à la volonté du fidèle une manière d'être et d'agir qui caractérise la vie chétienne. - Dans l'esprit,

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la foi gouverne les idées et les jugements, les rend conformes aux maximes évangéliques : ainsi elle étab lit celte conviction que la vie présente n'est qu'une préparation de _la vie future: q~e la v.aleur des choses doit être appréciée par _rapport a l au-dela. - Dans le cœm; la foi éveille des s~nt1ments conformes aux convictions de l'esprit; elle inspire. les bons mouvements de piété, de charité, de compass10n, de détachement des choses qui passent. •. - Dans la volonté, la foi d_evient le ressort de l'action: elle fait appel à la Wâce_ de Dieu par la prière, elle livre à la grâce les énergies vitales de la nat ure, po ur accomplir et même pour dépasser le devoir. T~ll? est la foi, acte de soumission et principe de fécond1te, que tout éducateur prendra gr1t·nd soin de nourrir en son âme. Je ne dirai pas ici comment cette foi le sauve : pou~ en montrer la nécessité, je ne veux envisaaer que les besoins mêmes de son ministère. . e La foi lui donne -un but, lui montre un idéal. Par la foi il con~ait l_a p~rtée de son œuvre: il sait que, de ces enfants, 11 doit faire des hommes honnêtes, des chrétiens fi. dèlcs, capa~I.es, en suivant leur carrière ici-bas, de gagner le ciel et d etendre sur la terre le rèane de Dieu. Sans la foi,_ que pourrait-il avoir en vue? Faire des hommes instrmts e~ ~onnêtes, sans Joute. Mais à quoi bon ? Que gagnera~t-1! a ce _d ur !~beur? Au reste, saura-t-il ce qui est honnete, ce q~1 est Juste, puisque les hommes qui ne croyent pas en disputent encore? Qu i ne sait aujourd'hui que la banqueroute de l'éducation laïque ·sera le résultat fatal de l'absence de tout idéal ? . Le terme une fois marqué, il faut l'atteindre. Mais le che1;11m est ardu, _la route est longue et coupée de traverses: tout cd ucat~ur a bien senti les difficultés de sa lâche. Quelle force le soutiendra? S1tns doute la crainte de briser sa carrière et tomber dans l'indigence pourra le retenir lié à 1;on trava~~- Mais qui me garantira qu'il s'applique à son œuvre, qu 11 en prepare le succès ? Sa conscience seule peut répondre_ de la con,~ta~c~ de l'effort. Or, la conscience suppose le sentiment de l 10v1s1ble : elle naît et elle vit de la foi.


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Jamais il ne se lasse et ne se décourage le maitre qui dit : <c Je fais la volonté de Dieu , je travaille sou3 le regard de Dieu; il tient le compte fidèle de mes efforts et de mes souffrances. » Non seulement la foi découvre le but et donne le courage de marcher dans la voie, mais elle devient enco~e un puissant moyen d'action sur les âmes: par e_lle, le ma1t,re a plus de prise sur les enfants. ,11 leur _apparait rnvest1 d ~ne autorité supérieure. Tandis qu une vo1_x. p~1r_emen t. h'.1mame ne ferait qu'effleurer les esprits, la voix dm,ne q_u~ vibre e_n lui ébranle et pénètre les âmes. De plus, l expenence demontre que le sentiment de 'l'honnêteté pu~ement_ humarne a peu d'efficacité pour amener ~es enfant~ a c?~nger leurs mauvaises tendances; au contraire, la f~1 chretrnnn~ bien vive, faisant appel tonr à tour aux sen~1me_nts _de 1amour et à ceux de la crainte, est la grande rnsp1ratnce des plus généreux efforts. Les maîtres savent, _e n effet, que la f?~ au regard intime de Dieu est le plus pmssant ressort d~ 1edu, cation. (A suivre.)

Eloge de la grammaire On nous écrit des bords de la Seine : De l'avis de tout le monde, • la clarté est la première et la plus nécessaire qualité Ju style. Uu écrit peut à_ la rigueur se passer ~'agréments; s'i.l n'intéresse pas, du m01~s il sera compris; mais, sans la. clarte, toutes les autres _qualltes sont perdue3 et disparaissent. Il es,t d_'~illeurs un certam nom~ bre d'écrits, tels que les lettres d aflaires ou les rappo~t8,, qui par lem nature excluent tout, autre mérit_e. que celm. d un.e clarté parfaite; la recherche d autres quahles y serait deplacée et choquante. » !) Or, un moyen d'écrire avec clarté, c'est de placer l~s mots dans le discours suivant les règles d_e la syntaxe. Rien , de plus juste que de s'assujettir_ aux_ l01s de la lan_gue que l on parle, lois fondées sur une dialectique fine et tres solide, sur 1) Deltour, inspecteur général de l'Université.

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une logique naturelle, avec laquelle naissent tous les hommes bien organisés; lois qui accoutnment l'esprit à une marche toujours droite et toujours ferme dans les diverses routes qu'il peut se frayer. Un écrivain correct dans son style s'exprime toujours d'une manière si claire et si intelligible, que rien de ce qu'il veut dire n'échappe à la vue des esprits les moins pénétrants. Qu'on ne dise point que la grammaire nuit aux. élans du génie, aux grâces de l'imagination, et à la chaleur du sentimeu t. Il est constant qu'on habile écrivain peut, sans cesser d'être correct jusque dans son orthographe et sa ponctuation, embellir le discours de tous les agréments dont il est susceptible. Les idées les plus profondes, les plus brillantes, les plus sublimes, se montrent sous sa plume avec toute leur force , tout leur éclat, toute leur grandeur, sans que les règles de la langue soient violées. Si celte vé_rité pouvaiL être contestée, il serait assurément bien faci le de citer en preuves une infinité d'exemples tirés de nos meilleurs écrivains. Tout homme qui les a lus avec q·uelque attention, a <lû voir que non seulement leurs plus beaux morceanx s0nt précisément ceox oû les lois grammaticales sont observées avec la plus grande exactitude, mais encore qu'il y en a bien d'au tres auxquels il ne manque pour être vraiment beaux, que l'arrangement des mols et des phrases selon ces mêmes lois. Boileau avait donc grandement raison de dire: Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée : En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux; Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme : Sans la langue, PD un mot, l'antenr le plnll divin Est toujours, quoiqu'il fassP, un méchant écrivain.

Convenons cependant avec les grammairiens mème les plus rigides, qu'il est des circonstances où le génie, l'imaginatiou et le sen timent ne doiven t poin t s'allacher en esclaves servile:; à certaines lois de la grammaire. Bien plus, elles autorisent elles-mêmes la violation de ces règles, et dèi> lors les fautes cesseqt d'être fautes. S'il est quelquefois permis d'en fa ire dés réelles, elles ne doivent nuire en aucune ma-


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nière à la clarté du discours : elles doivent être légP.res et de plus rachetées par des beautés saillantes. En voici un exemple oû Brébeuf embellit l'idée de Lucain sur l'écriture: C'est de loi tJ que nous vient cet art ingénieux De peindre la pa1ole et de parler aux yeux, Et par des traits divers de figures tracé!'&, Donner de la couleur et du corps aux pensées.

On a remarqué avec raison que les règles exactes de la langue ne sont point observées dan s le dernier ,ers. Il aurait fallu dire, de donner. Voilà une fau t.e légère qui disparaît à la faveur- de la beauté de la pensée. ***

L'enseignement de l'écriture Les premiers exercices d'écriture peuvent commencer sur l'ardoise factice. Cependant, si l'on veut obtenir plus rapidement un e bonne écriture, il fa11t le plus tôt possible abandonner l'ardoise, qui rend la main lourde, et employer le~ cahiers réglés à modèles gravés et gradués, dans lesquels l'enfant repa.~se les lettres, on les imite, au crayon ct·abord, puis à l'encre. On peut donner aussi à imiter les lettres italiques mobiles ou des modèles au tableau. La pente de l'écriture approche de la diagonale du carré. Les lettres à boucle sont deux fois et demie plus longues que le corps d'écri ture, le d, le p et le q deux fois; let un e fois, les, le p dépassent un peu le corps d'écriture. Telles sont les proportions de l'écri Lure anglaise. L'écrit ure américaine est anguleu~e. les liaisons s'y font en haut et en bas du corps d'écri tu re. L'écriture française, préconi sée par M. Flament, de l'ancienne académie de Douai, remet en honneur la vieill e bâ,tarde de nos pères, exige l'emploi de plu mes ad hoc; elle est moins expéditive que l'anglaise, mais elle est plus lisible. Il faut faire éc1·ire l'enfant dès le premier jour qu 'il vient à l'école, lui Jonner les premières notion s relatives à la tenue du corps et de la plume, et ne le faire travailler que vingt minutes le matin et vingt minu tes le soir. On doit, d'ai lleurs, dans l'enseignement de l'écriture, envisager un double but : 1 ) Cadmus, personnage semi-mythique auquel on attribue l'importation de l'alphabet en Grèce et l'invention de l'écriture.

premièrement, apprendre à ecnre à l'enfant; secondement lui apprendre à bien écrire. En outre, on veillera à ce que les cahiers soien t toujours propres et nets. On emploie aujourd'hui, surtout au début, les cahiers à mod èles de Victorin , de Godchaux, de Taiclet, de Gedalge, de Flament, de Clerget, de Manoury, de Grinal, de Maire, de Reverdy, etc., ou les méthodes de Régnier , de Taup ier, àe Rousset, de Verdet de .Taiclet, etc. Quelle que soit la méthode adoptée, il fauÎ tou3ours chercher à former une bonne éciture courante, lisible et correcte, en même temps que gràcieuse. D'ailleurs, dans les méthodes d'écriture, comme dans celles de lecture, il fa ut aller du connu à l'inconnu, dn simp le au composé : et, pour compléter l'analogie, ou doit enseigner ces deux facuUés simu ltanément. La méthode Thiollat peut être employée utilement dans ce bol.. On commence d'abord naturellement par les principes et on con tinue par des 'mo ls et des phrases. An début l'élève peut se servir de· plumes parisienne;;, à bec un peu gros. La leçon du maîlre est collective: il montre au tableau noir la manière de s'y prendre pour former les lettres, il indique la tenue du corps Jes doia ts de la plume ùu cah10r, etc.; il fai t observer les liaisons, les pleins et les délié:;. Le porte-plume Lacaire qst utile pour habituer l'enfant à la bonne tenue des doigts. La correction doit èt re faite individuellemen t sur chaque cahier. L'écrit ure er.pédiée sera enseignée aux élèves du cours supérieur, ainsi que la ronde, la bàtarde et même la gothique, bien qu'elle ne so it plu:; guère usitée. On pourra aussi, dam la division supéri eure, fai re dresser des comptes au tableau, un peu de ten ue de livres, enseigner à mettre l'adresse selon la prescription de l'administration des postes. L'enseignement de l'écriture doit contribuer, comme celui des antres matières, au perfectionnement intellectuel et moral de l'élève, c'est po urquoi les !Jhrases qui servent de moclèles, to ut en étant courte:; et faciles à retenir, consisteront le plus souvent en notions utiles, en préceptes de conduite, en maximes morales concernant les devoirs des enfank ALFRED CHARRON, ancien professeu r. .

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Calcul pour les tout petits Vos enfa11ts, dites-v ous, comptent, sans faute et tout d'une haleine, jusqu'â. cent, jusqu'à deux cents; ils répètent ou, plu tôt, ils chantent - sans hésitation toute la table de multiplication; ils écrivent des nomLres, font des additions de nombres de deux et trois chiITres. Tout cela es t peut-être bien, mais ne voyez-vous pas qu'ils n'ont aucune idée des nombres don t ils cb antenL ou rèpètent les noms, ne voyezvous pas qu'i ls calc u\en t machinalement, sans rien en tendre à l'ingénieux mécanisme de la numération? Le jeune enfant ne devrait pas d'ailleurs se servir de nos procédés habituels de t;a\cul, car il ne peut pas les comprendre, et ll'il avait a résoudre quelques petites questions pratiques sur les nombres, il vaudrait mieux pour lui qu'il en trouvâ.t la ~olution par les procédés ordinaires de laméthode intuitive. Donnez à l'enfant l'idée du nombre par une démonstration sensible, qui saule aux yeux, pour aller de là, naturellement et sans effort, jusq u'à son intelligence. Ce que nous vo udrions, sur i. out au début, ce serait que l'enfant ne confon dît jamais le nombre avtc le chiffre. Le nombre est ulle grandeur réelle qui tombe sous les sens de la vue et du toucher; il parle .à l'intelligence par les di verses manière., de le composer, de le ùécomposer, d'en combiner les éléments. Le chiffre, an contraire, est un signe abstrait, froid, tout de convention, qui ne dit rien par luimême. Les exercices prélimi oaires de tout enseignement rationnel du calcul doivent être selon nous des exercices sans chiffres; ils donneront la mesure exac te de ce que l'enfant comprend et de ce qu'il ne comprend pas. Ces exercices se font d'abord à l'aide d'objets matériels, bûchettes, billes, caillou x, etc.; ils se traduisent ensni le au tableau noir et sur J'ardoise au moyen de signes, d'étoiles, de croix, elc. De cette manière les erreurs disparaissent sa ns laisser il e trace, et le travail de l'enfant peut touj ours êl.re propre. La variété des exercices préviendra l'ennui, charmera l'es-

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prit en quête de nouveautés, habituera l'enfant à un travail personnel, puisque ses petits doigts y auront une part aussi grande que son intelligen ce. C'est-à-dire que les eofants ap pren dront en même temps les quatre opérations, mais expérimentalement et par les seuls procédés intuitifs de la composition et de la décomposition des nombres. Ils comprendront le but et l'usage que l'on peut faire de ces opérations, mais ils n'opéreront que sur des grandeurs <lont leur esprit puisse se rendre maitre; à mesure que leur horizon s'élargira, ils manieront (c'est le terme qu'il faut employer ici) des nombres pins importants. Croyez-vous que des enfan ts ainsi préparés ne seraient pas aptes à trouver plus tard eux-mêm6s des simplifications ingénieuses du calcul habituel ? En effet, le mécanisme de la formation des nombres n'aurait plus de secret pour eux, ils le connaîtraient bien mieux que par cles définitions, puisqu'ils l'auraient cr·éé eux-mêmes, et nous aurions contribué, selon l'expression de Montaigne, à former des « t ètes bien faites, pl utôt que des têtes bien pleines ». (Manuel général.) R. CLÉMENT.

L'enseignement oral L'enseignement oral a eu pour but de substituer en partie à la lettre morte du livre dont l'emploi était exclusif, la parole vivante, animée du maître. Dans noire pensée, nous n'admettons don c pas qu'on ait pu songer un instant à bannit· le livre de l'école, loin de la! S'il faut le repousser comme moyen exclusif d'enseignement, il faut le considérer comme un auxiliaire indispensable; tous les maîtres sont du reste de cet avis. Cepend ant, à entendre certain es leçons orales, on est en droit de se demander si l'instituteur se préoccupe suffisamment du caracière de cet auxiliaire d'autant plus utile qu'auj ourd' hui les bons li vres ne manquent pas; s'il lui a réservé le rôle sp écial qui lui revient; s'il a fait en sorte que l'enfant retrouve dans le man uel qui lui est donné une leçon (règle, résumé, récit, développemen t)


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dont l'exposé du maître a été l'introduction, la p1'.éparation~ La leçon exclusivement orale laisse des souvenirs_ vagues,. fuITitifs courant le risque de s'effacer bientôt; le hvre, ou. à ~on 'défaut un résumé, lui donne de la consistance et de la précision. . Si l'on veut que l'enfant puisse étudier personnellement avec fruit, il faut que le li vre lui offre une leçon dont le plan ne diffère pas de celui qu'a suivi le maître .. P_ms, en admettant que les élèves comprennent le sens general ~u texte qu'ils ont à .étudier dans leur manuel, est-on certam qu'ils ne se trouveront pas eu présenc? de quelques te_rmes dont la signification leur échappe? Des lor_s, . une fois_ la leçon indiquée, l'idée générale dégagée, les pnnc1pa_ux points relevés et commentés, le maître fera lire et expliquera le texte renfermé dan s le livre, mais le texte résumant ce que la leçon a d'essentiel, ce qui doit être appris par ~œur. C'est à dessein que nous employons ces mots appris par cœur, car trop souvent les jeunes maîtres surtou_t se fi~ur~nt qu'uni:: leçon qui a été exposée oralement doit avoll' et~ retenue. C'est confondre le rôle de l'entend ement et celm de la mémoire c'est enlever à la leçon orale, en la rendant incomplète, le' bénéfice réel qu'elle présente, c'est faire tourner un de ses plus précieux avantages au détmnent _de l'éducation de l'enfant comme nous l'établirons plus Jorn. Cette idée qu'une i'eçon orale, par cela même q?'elle a été exposée, doit être retenue, paraît telleme11t ancree ~ans l'esprit de certains maitres, qu'ils ne tiennent. pas qmttes les élères tant que ceux-ci n'ont pas reprodmt , et on Y arrive à. force de répétitions, les parties de la leçon à confier à. la mém0ire. Un peu de réflexion amènerait à comprendre que si daus ces conditions les élèves ont retenu, c'est uniquement par l'audition; le ur rôle a été purement passif, et comm~ ils croient ~avoir, ils n'apprendroot pas, retiendront peu~-etre, mais bien superficiellement et pour peu de temps. Ils oublieront surtout parce qu'ils n'ont pas prorluit d'effortpour ~e~e?ir, l'effort personnel pouvant seul développer cette quahte importante de la mèmoire: « la ténacité pour conserver •.

On a ·dit tellement de mal de cette pauvre mémoire qu'on en est arrivé à la négliger. Elle est pourtant bien utile, puisque • c'est par elle que l'homme unit le pass~ au présent, accumule des co nn aissances et en fait une riche provision pour l'avenir. • Nous ne devons clone pas redouter de recourir à la mémoire, si préalablement toute satisfaction a ét.é donnéA à l'entendement. Après le tranil en commun gu idé par le maître, et qui a mis en jeu le jugement et le raisonnement, vient le travail personnel de l'élève, au moyen encore de ces deux facultés, mais heureusement complété cette fois par l'action de la mémoire. Notre crain te, on le comprend, est de voir l'enseignement oral, comme il est entendu dans un certain nombre de classes, dispenser l'enfant de l'effort personnel. Pour résumer ces qnelqnes co.nsidf.rations, nous dirons que l'enseignement · oral n'exclut pas le rôle du livre; que toute leçon orale résumée dans ce qu'elle a d'essentiel comporte une partie qui doit être apprise par cœur; que dan s l'exposé oral, c'est surtout la partie afférente à l'entendement qui doit préoccuper le maître. A l'élève, par son effort personnel, de cherch1ir ensuite, non seulement à comprendre de nouveau, mais à retenir. (Bulletin de la Côte-d·or.) UN INSPECTEUR PRJi\IAlRE.

Echo des conférences Conthey. -

Les instituteurs de notre district se sont réunis

à Ardon, le 30 mars, pour leur conférence annuelle. M. l'in-

specteur Gauye, curé de Nendaz, présidant l'assemblée, ouvre la séance par une courte prière et souhaite la bienvenue à. MM. le curé-doyen d'Ardon, le Prieur de Vétroz 1 Naville, curé de Conthey, Hammer, curé de Chamoson, Hopfner, directeur de l'Ecole normale, le préfot Evéquoz, J. Carrupt, président de la commission scolaire de Chamoson, Molk, membre de celle d'Ardon, ainsi qu'aux membres actifs. Sur les 25 instituteurs du district, un seul a brillé par son absence. A la lecture du protocole suivit celle du résumé des travaux présentés à la dernière conférence. Cette lecture ne


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donnant lieu qu'à une petite discussion, on passa à l'élection du bureau. Sur la proposition de M. l'inspecteur, les deux titulaires sont confirmés. Cinq instituteurs désignés par le sort donnent ensuite connaissance de leurs compositions sur le sujet à l'ordre du jour. Des principales idées émises dans ces travaux et de celles jaillies d'une discussion très intéres_sante entre les membres honoraires et quelques instituteurs, on a pu conclure que pour maintenir l'attention à l'école le maitre: 1o Tâchera d'obtenir la plus grande discipline. 2° Y habituera les enfants dès leur plus bas âge. 3° Fera suivre chaque leçon d.e quelques applications, afin de s'assurer si l'attention a été générale. 4° Posera la question d'abord, désignera ensuite l'élève qui devra répondre. 5° Emploiera une parole douce, s'adressant au cœur de l'enfant. 6° Rendra la leçon attrayante, cela en la préparant bien d'avance. 7° Eloignera de l'enfant tout ce qui pourrait le distraire. 8° Variera souvent les leçons en les faisant alterner dans une sage mesure. 9° Ne se confiera pas trop aux moniteurs. 10° Tâchera d'inculquer aux enfants l'amour de l'étude, la paix intérieure et l'ordre en dehors de l'école. 11 ° Empêchera les sorties trop fréquentes. 12° Ne s'occupera jamais lui-même, pendant les cours, de choses étrangères à l'école. Comme couronnement de cette partie de la journée si bien remplie, l'aimable M. Hopfner nous donna en guise de clesse1·t les résultats obtenus aux derniers examens de recrues. Nous constatons avec satisfaction un nouveau progrès. Par contre, nous remarquons que notre canton, tout en ayant une place honorable dans la Confédération pour la lecture, l'histoire et la géographie, deux autres branches, Je style et le calcul, sont encore presque au bas de l'échelle. Cultivons donc activement ces cieux matières et.... allons maintenant dîner, il est 1 heure. On se rend au Restaurant clu M.idi pour une séance d'un aspect différent. Tout d'abord règne un silence presque solennel; tous connaissent le « jeu des fourchettes », je me dispenserai d'en parler. Bientôt cependant l'appétit étant un peu satisfait,

les langues commencent à se délier sous l'action du fumet cl ' Ardon . Le nouveau major de table M. Molk, assisté de M. Naville institutem à Ardon, nommé Kapellm eister, s'acquitte à mer~ veille de sa tâche. Les toasts et les chants se succèdent avec un entrain admirable, surtout au moment de la dégustation du délicieux vin offert par M. le curé Delaloye. Cette gaieté devait bientôt être troublée par la no uvelle apportée du déplacement de M. Gauye et de sa nomination à la cure d'Hérémence. Son changement est regrettable, car par son zèle et son clévoûment , il a grandement contribué à rehausser le niveau de l'instruction et de l'éducation dans notre district. Mais M. Gauye nous dit, en termes très touchants, qu'il restera toujours par la pensée au milieu de ·nous. Pour faire diversion à nos regrets, il fallait terminer la fête par une « nouveauté » . Un monologue très comique, joué par M. J. Pralong, instituteur à Chamoson, provoque une hilarité générale. Nous nous séparons en nous écriant : Vive l'hospitalière commune cl' Ardon ! au revoir le 29 avril, à Monthey. Conthey, le 1°" avril 1897. F. B

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* Le 16 mars dernier, St-Léonard avait revêtu ses habits de fête. C'est qu'il était l'hôte d'un jour des instituteurs du district de Sierre, réunis en conférence annuelle sous la présidence de M. le révérend curé Rey, inspecteur. ' MM. Hopfner, directeur, délégué du Département, Allet, viceprésident de la municipalité de Sion, les Rcls curés de Chippis Chalais, Ayent et St-Maurice de Lacques, un religieux ligorie~ d'Uvrier, le conseil municipal et la commission scolaire de la commune, au complet, nous encouragèrent par leur sympathique présence et ne contribuèrent pas peu à la réussite de notre réunion. Après la prière d'usage, M. le président ouvre la séance en nous rappelant la perte que le Valais a éprouvée récemment dans la personne de Mgr Blatter, surnommé, non sans raison, le Dom Bosco de notre pays. Après la lecture du protocole, approuvé sans discussion, ou confirme les deux titulaires dans leurs fonctions respectives et l'on passe ensuite à la lecture des compositions. Les cinq travaux qui sont lus valent à leurs auteurs les éloges de l'assistance. Dans la discussion qui s'ensuit, quelques membres

Sierre. -

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honoraires nous démontrent les avantages du livret scolaire; toute l'assemblée émet le vœu qu'on l'introduise à bref délai dans nos écoles (1). M. le directeur Hopfner passe en revue les principaux moyens d'obtenir l'attention <les élèves et fait _ensuite un exposé fort intéressant sur le résultat des dermers examens de recrues, par lequel il prouve une fois de plus combien il nous aime et avec quelle ardeur il travaille au progrès de nos écoles. . Au sortir de cette séance, close à 12 1/ 2 h., une surprise bien agréable nous attend : la fanfare de la localité, drapeau déployé, est rangée sur la place. Au~sitôt la colonne se _forme et se rend à la salle çlu banquet, sise au sommet du village, entraînée par les sons harmonie1:1x d'une musique bien exercée. Et nous voilà devant une table bien dressée, ornée de gracieux pots de fleurs; un dîner confortable nous est servi, a:-rosé par les meilleurs crus de la commune de St-Léonard qm, avec le vin d' honneur offert par M. le Rd doyen Sierro, animent bientôt les convives. Sous l'habile direction de M. Allet, nommé major de table, les toasts et les chants, agréablement rehaussés par la vaillante fanfare. se déroulent avec un joyeux entrain, jusqu'au moment où l'horaire vient nous avertir que, dans une demi-heure le train est là. Il faut se quitter, quoiqu'il en coûte : encore une poignée de mains et l'on se dit au revoir à Monthey le 29 avril prochain, et à Lens en 1898 pour notre conférence de district. A FAVRE.

HISTOIRE D'UNE FA MILLE Sous ce titre, nous extrayons d' un ouvrage intitulé Devoirs d'écoliers américains le morceau suivant qu'on lira sans doute avec plaisir et qui rend d'une manière aussi spirituelle qne juste le rôle des dix parties du discours. 4: J'ai eu dernièrement l'avantage de faire la connaissance d'une famille dont je me propose de vous raconter l'histoire . Mes souvenirs me rappellent l'harmonie qui régnait dans cette maison. Tout le monde y était gouverné par certaines règles dont on ne s'écartait jamais. Cette famille se composait de dix (1) Réd. - Ce sera. définitivement un progrès accompli pour l'automne prochain, le modèle de ce livret étant arrêté et sous pi·esse.

143 membres: M. Nom, Mme Verbe, sa femme, et leurs huit enfants. Le père, M. Nom, était un vieux bourru despotique et rempli d'amour-propre; il gouvernait toujours sa femme, qui était forcément obligée de s'accorder avec lui dans toutes les choses personnelles. Parfois il devenait si terrible qu'il agissait dans une indépendance complète à l'égard de toute la famille, alors sa femme s'écartait généralement de lui. Quoiqu'il fût propre, :;a famille le tenait en général pour un vieux bonhomme commun. Pronom, son fils ainé, était d'une intelligence remarquable ; -son père avait beaucoup de confiance en lui et il l'autorisait à traiter les affaires à sa place. Il était égoïste : Moi, toujours le premier en tête. Il parlait soit relativement aux idées de son _père, soit pour en démontrer le sens, mais quelquefois il était un peu pe1·sonnel dans ses remarques. Peut-être n'apprit-il jamais le quatriè me commandement, car il ne respectait pas sa mère comme il aurait dû la respecter; il la brusquait souvent comme le faisait son père. Lui et son père s'accordaient généralement à merveille. De temps en temp~, JVlme Verbe se mettait à la voix active <et déclarait que Pronom et son père étaient tous deux ses .sujets. Souvent aussi le mari et le fils passaient à l'état de simples compléments. Quand elle se mettait dans un de ses modes impératifs, elle donnait ses ordres avec beaucoup de précision. Elle avait en général beaucoup d'ordre et de régularité pour tout ce qui lui appartenait, quoiqu'elle laissât parfois les choses aller d'une manière irrégulière et défeclive. Elle avait le tempérament nerveux et quelquefois elle avait un si joyeux entrain qu' elle paraissait ne vivre que pour le présent; puis elle s'assombrissait et s'attristait, et disait qu'elle était un _pauvre être imparfait; mais bientôt elle s'imaginait qu'elle était parfaite, et si vous discutiez avec elle, elle vous renvoyait au futur. Article et adjectif étaient les deux garçons qui venaient après · Pronom. Ils sautillaient devant leur père. Article essayait de :restreindre le pouvoir dé son père, mais son influence était souvent indéfinie. Adjectif décrivait toujours son père, dont il s'efforçait de faire une personne de qualité. La jeune Participe était la fille aînée, elle ressemblait à sa ::mère. Son caractère avait beaucoup de rapports avec celui de :son frère Adjectif. Adverbe, sa seconde fille, était une demoiselle très imperti-


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nente, critiquant les manières de sa mère, et disant le temps et le lieu où l'on devait mettre les choses. Celle qui venait après dans la famille était la petite Conjonction, elle n' était pas aussi intelligente que les autres, mais elle était très utile dans certains cas. Préposition était le fils cadet, il courait autour de son père, et comme il lui ressemblait un peu, il voulait quelquefois le gouverner. Inte1jection était la dernière née, c'était aussi l'enfant gâté de la famille et par conséquent elle faisait tout ce qu'elle voulait. C'était un petit être volontaire et délicat qui jetait les hauts cris si quelque chose ne lui convenait pas. Si quelques-uns de mes amis voulaient avoir d'autres détails sur cette famille, ils peuvent les avoir en s'adressant à .... la. MARILL.A., A., âge: 16 ans. Grammaire. »

Maximes et conseils pédagogiques

*** Bienheureux celui dont l'enfance a été remise en des mains pures, et dont le cœur n'a pas été souillé de bonne heure par la corruption des mauvais exemples ! Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui conduisent la jeunesse dans les voies de la piété; qu'elles sont belles et saintes les mains deceux qui guident l'enfance dans les sentiers du bien et de la. vertu. (DE S1-For.)

BIBLIOGRAPHIE Choix de cantiques catholiques à l'usage de l'église, des; écoles et des familles, par F.-0. Wolf, professeur et organiste· de la cathédrale de Sion. On lit dans le Courrier de Genève : La Cœcilia, revue musicale de Porrentruy, signale ce recueil comme un des meilleurs de ceux qui ont paru en Suisse et d'une réelle utilité dans les écoles et dans les paroisses pour les offices extra liturgiques. Cet ouvrage comprend 70 morceaux... (paroles et musique) dont une trentaine environ étant dédiés à la sainte Vierge peuvent très bien convenir pour le mois de Marie. Les autres seront chantés qe préférence <lans différentes solennités de l'année, comme à Noël, Pâques, aux fêtes et saluts du Saint-Sacrement. Ce recueil coûte 1 fr. 25. Prix de faveur 1 fr. pour les abonnés de l'Ecole primaire. Sur 12 le 13e en sus.

l ouwenlr de l 'espo•Hlon naHonale A_ propos ~u petit album ~uvenir de l'Exposition nationale, nous avoos le plaisir d'informer le persoooel ooseignaot, et par son intermédiaire la population scolaire, qu'il en reste chfZ l'éditeur un stock qu'il céderait au prix de faveur de iO cent. au lieu de 50 cent. l'exemplaire. Aussi les écoliers qui désireraient avoir ce souvenir pourront l'ob, tenir par l'intermédiaire de leurs iostituieurs et inslilulrices, qui n'auraient qu'à adresser leur demande en y joignant la valeur à la rédaction de l'Ecole primaire~ laquelle la fera parvenir à qni de droit. La provision restante étant toutefois limitée à un certain chiffre ceux qui désirent avoir à prix réduit ce pe~ lit album feront bien de . se bàter.

Franc,b lse postale. - A l 'occasioo de BAS r;1pports officiels avec le Département de l'lnstruclion publique ou MM. les Ioapecteurs, il <St de touveau l'appelé au personnel enseignant qu' il jouit de la franchise de port f'n observant les formalités postales requises. L'expéditeur doiL ooo seulement inscrire sur l'enveloppe le mol officiel, mais donner BOD nom et sa qualité, et éviler dans l'adresse l'Amploi d'on nom propre. Ainsi il faut éorire : M. le Chef du D~partement, ou au Secrétariat du Département, ou M. l'inspecteur scolaire du district de . . . à . . • Si ces formal i' és ne sont pas remplies, les plis arrivant taxé3, courent le risque d'être refusés et le sont ordinairement.

P ré paration àa recratemen&: - Le Secrétariat de l'Iostruclion publique, à Sion, dispose encore dans ce but d'une certaine quaotilé d'imprimés renfermant des morceaux de lecture et des problèmes (écrits et oraux) donnés dans lEIB examens des r<'oroes. Il remet gratuitement le nombre nécessaire de ces formulaires joPqu'à épuisement do stock disponiblP. 11 y a lieu toutefois, eu adreseant la demande de préciser le nombre strictement néceBBair~, afto qu'il puisse être autant que poBSible satisfait à tous les désirs.


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Importance de l'élevage de la chèvre en Suisse

Henri ·Gautie~, éditeur

à l a~peler, . s1 souvent et avec raison, n'a pas encore réussi à attirer sur elle toute l'attention qu'elle mérite Cependant le service qu'elle rend à la classe peu aisée·

~a chèvre, ~ette vache du pauvre, comme on se plaît

55, Quai des Aug;istins, Paris

Plèee• de tbéaltre pour Jeune• l'en• GARC'IA ?doRENO, président de la république de l'Equateur, drame en 3 actes, par Aug P11ul . . • • 1.50 M. CRÉDULE en Bretagne, comédie 4 actes, par Y. Br6zonèc . • . • . . • • . • • . • • • 0 .40 DEVANT L'ENNEMI, comédie en 1 acte, par A. DE CHAUVIGNÉ • . . . . • . , , . . , . , . . 0.50 BERTBA.NO DU GUESCLIN ET ÛLIVIEB DE CLISSON. tableaus historiques et dramatiques en 5 actes, mêlés de cb&ots, par F. Heurapea. • . • • • • • . . • . 0.1.0 ARTHUR bE BRETAGNE, drame en 4 actes, par L. TtERCBLIN •

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0.50

LE MARTYRE DE SAINT TAROISIUS, mystère en 5 parties, tiré de FABIOLA., par M. Prévost. • 1.25 LA FiTE DU DIRECTEUR, com6 lie en 1 actE>, par A. de Cbau'figné . . . . . • . . . . . • . . 0.50 LES SUITÈS o'uNE FAUTE, comédie en 1 acte, par A. DE CHAUVIGNÉ • . • • . . • . • • . . . • 0.50 SCANDER-BEY ou le HÈROS CHRÉTIEN, drame biatoriqoe en 4 actes, par R. Faurrèe. . • . . • . . 0.30 UNE aoNVERSION sous D10CLÉTIEN, au IV·· siècle, par A. de Cbauvignft. . . . . • . , . . . . 0.50 LEs DEUX Ron1Ns0Ns DU CHATEAU Nora, comédie, pu A.. de Chauvigné. . . . • . • . . • . . 0 .50 SoLIMA.N ou L .ü1BASSADE D'UN MOINE, drame hiak)•ique eo i actes, par Pbausindl. • . • . • • • • 0.80 LA PREMIÉRE :tTAPE, scène de la vie militaire, pièce en 2 aotes, par A. Hervo. . • • . . . . . . 0 50 HIEROCLÉS, drame en 3 actes aveo chœura par P . Croiset., • • • • • . • • • • • • • • • 1.LA GRÈVE DES BOULANGERS, comédie-opéreLte en 1 acte, paroles d'H~rvo et musique de Merky. - NE JrRoNs DE RIEN, folie-proverbe eo 1 acte avec oouplets, t volume . . . . . . . . . . . . . . . 2.0

surtou~ dans les hautes vallées, sont considérables, et n~ pourra1e~t. être rendus par aucun autre animal dans des conditions analogues. Si le gros bétail est indispensab~e aux grands propriétaires, la chèvre ne l'est pas moms aux petits cultivateurs. Ses détracteurs, nous ne l'ignorons point, lui reproc~ent une ~uant1té de défauts, mais ils seront forcés d avouer qu elle possède beaucoup de qualités qui lui font pardonner des torts en partie contestables. De ~ombreux progr~s on~ été réalisés de nos jours ~ans l.élev~ge du ?éta1l bovm, mais qu'a-t-on fait pour l améhorl:lt1on ~e l espèce caprine 'P Peu de chose, pour ne P.as dire.: rien. - Sauf quelques auteurs qui l'ont étudiée sérieusement, l~s autres n'en ont parlé que pour la reléguer à l'amère-plan de l'économie rurale Aux yeux .de be~ucoup d'agronomes, il n'y aurait qu~ la culture 10t~ns1ve 9ui mérite d'être encouragée. Or, comme on. sait que l étayage de la chèvre n'est point de 1~ c1;1I,ture mte~s.1ve - s1 nous pouvons nous exprimer ams1 -:- on sa1s1t ce prétexte pour le prohiber, Par bonheu~,. tout le mond~ ne tient p~s ce langage, e~ persona~ n ignore que, s1 la culture mtensive est r~m~nér.atrrne dans certains cas, il n'en est pas toujours ams1 ; bien des agriculteurs ont, du reste, payé cher cet entêtement à leur égard. Parce que les propriétaires de chèvres sont généralement peu fortunés, est-ce une raison pour se désintéresser com~lèment d_'eux 'P Nous estimons, au contraire, que les sociétés agricoles et les autorités oiviles agissent trè~ sagement et travaillent au bien-être de l'humble ~ult1vateur, en lui enseignant à tirer le meilleur parti possible de son menu bétail, et en ouvrant à son commerce de nouveaux débouchés. 8 96/7


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Nous savons phr expérience qu'il n'y a que la marchandise de qualité qui se vende à l'étranger. Dans les paturages élevés où l'herbe est basse et menue, le mouton prospère et fait la richesse de l'éleveur, mais sur les rochers escarpés gui n'offrent presqu'exclusivement que des végétaux ligneux, la chèvre seule trouve sa nourriture. Grâce à la conformation de son pied, elle gravit sans difficulté les rochers les plus abrupts, car son pas est assuré et le vertige lui est inconnu. C'est donc le seul animal domestique qui puisse tirer profit de ces herbages et les transformer en lait. Elle digère ~ans peine les produits ligneux, et même elle les recherche avec avi_dité. Relativement à la quantité de nourriture consommée, elle donne beaucoup de lait, qui contient plus de beurre, plus de caséine, mais moins de sucre que celui de vache. On sait en outre aujourd'hui qu'elle est réfractaire à la tuberculose qui fait tant de ravages, et qui se communique si facilement à l'homme par le lait des vaches phtysiques. Voilà certainement un bon point en faveur de la chèvre. Les troupeaux de chèvres que nous voyons circuler matin et soir dans la plupart de nos villes, telles que Genève, Lausanne, Montreux, etc. sont une preuve que leur lait est justement apprécié au sortir du pis (aussitôt après la traite). A leur passage, que le pâtre annonce par un chant monotone ou par quelque ritournelle, les amateurs accourent, un vase à la main, tandis qu'à l'appel de leur gardien, les biques complaisantes viennent tour à tour présenter leurs mamelles gonflées de lait. Cet usage, assez récent chez nous est, parait-il, répandu depuis longtemps dans les villes du midi de l'Europe et de l'Egypte. Une des causes qui a peut-être le plus contribué à discréditer la gent caprine, c'est la funeste et malheureuse habitude qu'on a prise de laisser brouter les troupeaux de chèvres dans les plantations et les jeunes forêts. Mais quel est ici le vrai coupable, n'est-ce pas l'homme 1 Et la vache fait elle moins de tort aux forêts que la dent de la chèvre 1 Nous nous permettons d'en douter, d'autant plus que l'on est trop souvent d'une indulgence excessive à l'égard des maraudeurs et des contrebandiers. Jusqu'à présent nous n'avons considéré . dans la chèvre que la production abondante de lait; c'est sa fonction économique la plus importante, mais elle possède

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un autre avantage sur lequel nous devons insister : c'est sa chair. Nos chèvres des Alpes s'engraissent facilement et à bon marché, et lorsqu'elles n'ont pas atteint un â.ge trop avancé, leur chair est très délicate. Dans beaucoup de hautes vallées de la Suisse, la chèvre constitue souvent l'unique provision de langue salée dans les ménages où la viande de porc manque parfois au grenier. Qui n'a entendu vanter ces fameux gigots de chèvres fumés, si appréciés des gourmets, dans les traditionnelles tournées de cave, en Valais 1 Le recensement que nous publions à la fin de ce volume, établit d'une façon évidente .l'importance de l'élevage de la chèvre pour la Suisse, et en particulier pour les cantons montagneux. Si ces pages écrites sans aucune prétention littéraire, contribuent à mieux faire connaître une espèce domestique qui compte 415,000 sujets en .Suisse, et qui commence "à être l'objet .d'une exportation assez importante, j'am·ais atteint le but que je me propose et je ne regretterai pas les veilles que j'y ai consacrées. Je tiens avant tout à remplir un devoir, en remerciant ici les gouvernements et les personnes qui on\ bien voulu me fournir de précieux renseignements pour la rédaction de ce modeste volume publié sous les auspices de la Société romande pour l'amélioration du petit bétail. Saxon, 10 Septembre 1896. (Signé) N. JuLMY. Réd. - L'article qui précèJe a élé tiré de l'ouvrage recommandé l'écemment, Monographie de la chèvre, par M. Julmy, professeur à Econe

Idéal! Enthousiasme ! Sursum Corda I Ça ne rapporte rien, dit-on 1... et, dans l'ivresse alourdissante d'un siècle qui a déifié la matière, on a renié cette force invincible de notre âme : nous avions des ailes, et on nous les a coupées 1 C'est la réflexion que je me faisais tout récemment en sortant d'une réunion où pourtant nous n'avions été que des jeunes ; l'aîné, trente-cinq ans au plus ; le cadet, à peine dix-huit printemps. Et alors, je pensais tristement à toutes çes faillites ~u'on nous annonce : faillite


de la science, faillite du patriotisme, faillite de la religion, sans compter celles de l'honneur et de la vertu qui semblent déjà accomplies. Eh bien, faillite tant qu'on voudra, je veux être pour la réaction et je dis que c'est stupide de prophétiser avec autant d'assurance la fin de toutes ces choses, tant que nous voyons pousser · la patrie sur les ~enoux des mères et l'Errlise sous les voûtes de nos éghses et de nos cathédral:s ; c'est odieux de proclamer la banqueroute de l'idéal et de l'enthousiasme à l'heure mê~e où un petit pepple se soulève contre un tyran s~ngu1naire pour reconquérir son indépendance et sa hberté. Et si la faillite est quelque part, elle est au cœur des lâches; tant pis pour ceux qui le sont 1 Non, non I L'idéal n'est pas mort ; mais on l'enveloppe dans la boue du vice, on l'étouffe entre les serres crochues de toutes les convoitises ; on le met au-dessous de tous nos intérêts de toutes nos mesquineries, de toutes nos étroitesse~ de clocher ; on l'empêche de prendre son essor et de flotter, bien haut, au-dessus de nos têtes, dans l'air pur et libre du bon Dieu. L'idéal n'est pas mort, mais il a quitté nos cités modernes, où tout évoque les hontes du paganisme antique, où tout respire le lucre, la fièvre d_e l'argent, la satisfaction du ventre et de ses vils appétits. L'idéal n'est pas mort; mais il habite dans des régions plus sereines où ne l'atteignent ni l'air enfumé des brasseries, ni la ritournelle malpropre des chants de cafés-concerts 1 Mais comme il est placé plus haut que nous, plus haut que les divinités du Carnaval et des Babylones modernes, il faut s'élever pour l'entrevoir, s'élever pour le saisir, s'élever pour l'embrasse1· et s'unir à lui. Et il faut bien le dire, puisque nous. devons avouer quelque chose, le monde, tel que nous le voyons, tel que nous l'entendons, ne nous élève pas : il n'apprend qu'à ramper. Et on lui obéit trop souvent 1 Il rampe, l'étudiant fin de siècle qui reste sourd 8:UX appels d'en haut, celui qui souille le nom de sa famille et les couleurs de son drapeau dans l'oisiveté la plus abjecte et qui promène avec arrogance son encombrante nullité sur les trottoirs de nos villes universitaires. Il rampe, le jeune lycéen qui attend avec impatience le jour de son émancipation, quand il pourra, sans gêne aucune, livrer son corps et son âme aux jouissances

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malsaines qu'il aura apprises, en cachette, dans la lecture d'infâmes romans. Il rampe, le jeune ouvrier, employé ou apprenti, qui chercho l'atelier avec ses honteuses promiscuités, le cabaret avec ses compagnies louches, le bouge avec ses obscénités. Il rampe, en un mot, ce fils du XIX• siècle, qui ne rêve aucun combat, qui ne suit aucune étoile, et qui sacrifie son âme au plaisir, sa famille au sourire des courtisanes, sa patrie et son Dieu à la bohêmo des rues. Tous ces reptiles de l'ordre social ne sont pas rares, hélas! les prisons, les hôpitaux, les maisons de (fous ne renferment même qu'une partie de ceux qui sont descendus, en rampant, jusqu'aux derniers abimes. Et ceux qui ne sont pas allés jusque-là sont précisément ces éléments de corruption qui alimentent l'armée des meneurs, des déclassés et des fruits secs, et qui se retrouvent, un jour ou l'autre, pour former les bataillons du socialisme et de l'anarchie. N ous en conviendrons sans peine: l'idéal est mort, bien mort même, chez ces gueux qui déshonorent l'humanité I Mais les monstres qui remplissent la nature n'ont jamais pu porter atteinte aux magnificences de la création elle-même, et le péché, ce chancre hideux qui défigure l'homme dans la partie la plus noble de son être, n'empêche point la grâce de conduire l'âme aux cimes les plus élevées de la sainteté et de la perfection. L'idéal, d~ même, existe, malgré la tourbe de ceux qui le repoussent, car l'idéal revêt des formes indestructibles ; il se confond, en quelque sorte, avec l'essence divine : et Dieu ne meurt pas. Si l'idéal n'existait pas, il faudait l'inventer 1 Sans lui, plus d'amour, plus de justice, plus de liberté 1 Sans lui, plus de progrès I Car le progrès, séparé de l'idée supérieure de bien-être physique et de bonheur moral, n'est qu'un monstre; il n'est plus que l'esclavage antique sous un masque nouveau: il n'est plus qu'une idole avide du sang de ses adorateurs. Sans enthousiasme, sans cette flamme intérieure qui nous pousse vers l'idéal entrevu et aimé, l'Eglise resterait sans apôtres, la patrie sans soldats ijt la vérité sans martyrs. Or, si déchus que nous soyons, l'histoire d'hier et l'expérience de chaque jour nous apprennent qu'il y a


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encore des apôtres, des soldats et d~s martyrs ; hier. et. aujourd'hui nous répondent de ce qut se passera daman~. De quoi vous plaignez-vous, hommes de p~u de foi, et de quel droit venez· vous condamner ce qui _ne peu~ mourir 'f Finissez donc de pleurer sur des ruines qut n'existent que dans votre cœur, et avouez que vous n'êtes que des sépulcres blanchis. Faites place, vous dis-je, à ~eux qui_ conservent .encore le courage de jeter le cri de ralliement à l.a Jeunesse et de lui montrer dans la personne du Christ cet idéal auquel vous ne croyez plus, et qui résume toutes nos espérances: Ne les 01µpêchez point de parler, de crier même s'il le faut, leur haine du mal, leur amour du bien le~r soif de vérité et de charité. Il leur faudra moins de puissance pour réveiller les énergies qui dorment au fond des consciences, qu'au prophète pour rendre la vie à des cendres et à des ossements ; chez les uns comme chez l'autre, c'est Dieu qui parle, c'est Dieu qui agit, c'est Dieu qui fait les miracles. . Ah! pauvres gens ! pauvres cœurs I pourquoi fixez-vous les yeux sur la t-'r1·e 'P Voyez plutô~ le ciel;, reçar~ez encore une fois là-haut... sur la colhne de l expiation, sur la montagne du sacrifice ... cette .croix,. cette croix large, aux bras immenses, cette croix qu_1 cherche à étreindre les millions de créatures humames que les puissances infernales disputent à son emp.ire. , Dites-vous encore que Ça ne rapporte rien, que. ça n. a jamais rien rapporté... et que ça ne rapportera Jamais rien °l Dites... Parlez !... Répondez !... . Vous vous taisez je le comprends. Vous ne saviez pas que l'idéal qui' ne peut mourir... c'est J~sus-Çhrist... et que l'enthousiasme n'est autre !JUe la fo1 et l amour qui poussent les hommes vers Lm. . . Vous l'ai-je appris 'P Non, je ne le crois pas. Poissé· je au moins vous l'avoir rappelé. Et maintenant, ne l'oubliez plus 1 (La Concorde/ L. WEINSTEFFER.

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Recettes et conseils utiles Les animaux qu'il ne fa.ut pas tuer. - La bête à bon Dieu (coccinelle), qui se nourrit. de .pucerons. Le petit grillet ou carabe doré, qm fait la guerre au:it chenilles, aux limaçons, aux hannetons.

Les araignées (excepté dans nos appartements) qui détruisent les mouches. Les crapauds, qui maogent les limaces et les fourmis, L'engoulevent ou crapaud volant, qui extermine des milliers de cousins. La chauve-souris, qui fait aux papillons de nuit et aux hannetons la guerre de l'hirondelle aux moucherons. L'orvet, sorte de petit serpent non vénimeux, qui croque les sauterelles. Le hérisson, qui fait la chasse aux insectes, aux vers blancs, aux reptiles de toute sorte et même aux vipères. La musaraigne, qui vit de vers de terre comme la souris <lu blé. Le coucou, dont la nourriture préférée est la chenille. Le gri~pereau et la fauvette, ennemis des guêpes. Les moineaux qui exterminent tant d'insectes nuisibles aux grains. Les étourneaux, qui passent leur vie à manger des larves. . Les mésanges, dont chaque couple prend en moyenne 120,000 vers ou insectes pour élever leurs petits. La chouette, qui fait la besogne de plusieurs chats en mangeant par an plus dA 6,000 souris. R~surrec.tion des roses. - Voulez .vous, comme par magie, avoir des roses, de véritables roses, en hivt3r, sans serre-chaude et sans souci des saisons T C'est là en vérité, un charmant problème à résoudre, et voici l~ solution que nous indique un journal français: ~ueillez des boutons de roses assez près d'éclore, mais non ouverts ; faites dessécher du sel dans une petite marmite de fonte que vous mettrez sur le feu couverte en partie pour garantir vos yeux de la crépitation du sel. Le sel finira par se réduire en une poudre trèsfiae et parfaitement sèche ; étendez une couche de ce sel au fond d'un vase ; rangez les boutons de façon qu'ils ne se touchent pas ; recouvrez-les entièrement de sel et bouchez parfaitement le vase pour que l'air n'y puisse pénétrer. Au bout de plusieurs mois, retirez les boutons, qui vous paraîtront tous desséché'3 ; coupez le bout de la queue, que vous avez dû cootierver, et placez-les dans une carafe à fleurs remplie d'eau. Vous les verrez peu à peu se ranimer et finir par s'épanouir.

Pour nettoyer les lampes et les bidons à pétrole.

- On prépare un lait de chaux léger ; eu rinçant bien avec ce lait de chaux le récipient sali, il se forme en~


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tre lui 'et le pétrole une émulsion savonneuse qu'il est facile d'évacuer. On peut de plus enlever toute trace d'odeur au récipient et accélérer beaucoup l'opération en faisant tiédir le lait de chaux et lui ajoutant une petite quantité de chlorure de chaux. Confitures moieiee. - La moisissure sur la marmelade, si elle provient du fait que la marmelade n'a pas été cuite assez longtemps, peut disparaître par le moyen suivant: Il faut enlever la couche de moisi qui recouvre las pots, faire recuire les fruits pendant le temps suffisant. On la remettra dans des pots bien propres; laisser refroidir et couvrir comme d'habitude.

XVl• • ANNEE

SION

• L'ECOLE PRIMAIRE •o

JO

SIS a.vrU 1891

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIO BOUS LES AUSPICES DE LA

. Pensées • Un écolier presse une cerise entre ses lèvres et en rejette le noyau: un vieillard la relève et l'enfouit.dans une terre labourée, aux yeux de l'enfant qui rit d'un tel soin. Plus tard, l'enfant repasse au même lieu, et voit le noyau devenu arbuste. Le vir,illard est encore là, qui le taille, le greffe, le défend contre toute atteinte. A quoi bon tant de fatigues ? pense l'adole~cent. Mais, devenu homme, et longeant la route poudreuse, il retrouve l'arbre couvert de fruits qui le désaltèrent, et il comprend enfin la prudence du vieillard. Qui de nous n'a point été cet enfant, cet homme ? Combien de projets abandonnés sur la route et qu'un plus prudent relève après nous I La plupart des hommes vivent au hasard, sans songer que tout germe recueilli devient l'objet d'une moisson, et que la moindre de nos BossuET, actions est le noyau d'un cerisier. * La foi, l'espérance et l'amour I Voilà à quel1es flammes il fant s'échauffer quand on veut être prêtre. Encore une fois, élargissez vos horizons et soyez braves ; que celui qui ne l'est point se retire ; il nous faut aujourd'hui une armée choisie comme celle de Gédéon. Cardinal MERMILLOD. (Aux élèves du Séminaire d'Orléans 1866.) ~ La conversation doit être comme les jeux où l'on Mm• DE STA.EL. jette la carte chacun à son tour. * Elle est bien heureuse la négresse pouvant se vanter d'avoir passé une nuit blanche.

SOCIETE VALAISANNE D'EDUC!TION L'ÉCOLE PRIIAlRE parait chaque quinzaine, de lnmre à lat inclusinment, ~ s· de 18 pages. Pris d'abonnement poar la 8al••e• 2 f'r. 30. IJalon pe11tale 3 f'r. JJN 20 cal, la Jipe oo ,on upaee. Tout ouvrage 4ont l'Ecole primaire recewa deux exemplaires aura .~ une annonce CMt • un compte-rendu, 11'il y a lien.

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S OMMAIRE : , .société vala.isanitt d:éducation. - La Justice. - L 'art d etre bon ~aitre. ( Suite} - Méthologie des travaux manuel~: ( Son importance ; principes relatils à l'institutrice} De l 1.mportance morale du sentiment religieux dans l'éducation. - De la surveillance des enfants en dehors de l'éco~e. - ~cho des. conférences. {St-Maurice-Montkey.l Pa~1~ pra!~que. (Su;ers de compo~ition) - Variétés, { Compost~taus elèves. Maximes et conseilspédagogiques.! JeanDamel Pitteloud. - Bibliographie. / Ckoix de cantiques catholiques.) - Supplément,

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rout ~e qui concerne la publication doit être adressé a l'éditeur : M. P. PIGNAT, , .. secrétaire au Département de !'Instruction publi11ue, à Sion.

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No 09 l'Ecole primaire, 10 Avril 1897 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu