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No 09 l'Ecole primaire, 5 Avril 1895

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Du sel ajoutè à un bain le rend presque aussi fortifiant qu'un bain de mer. Si l'on saupoudrait les tapis de sel, avant de les balayer, on verrait que la poussière ne s'élèverait pas et que les tapis deviendraient très brillants comme couleurs. Le sel jeté sur de la suie éteint les flammes; si on en jette sur un poêle où bout un mets quelconque, on fait disparaître toute odeur désagréable, si l'on en jette sur des charbons sur lesquels on fait griller de la viande, on rend le feu clair et brillant. Pour enlever dea taches de vin rouge, mettez-y tout de suite du sel, rincez à l'eau froide. Pour enlever les taches d'œufs des cuillers, frottes avec du sel humide. Si vous lavez la paille tressée nee de l'eau salée, elle paraîtra neuve.

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XIV•• ANNEE

• ''ECOLE PRIMAIRE 3 .&.vril 1 8 9 5

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION

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Pensées • Oui, la science est admirable et belle, mais l'étude du monde matériel ne peut apprendre que la matière,. si l'on s'y emprisonne comme dans la seule réalité. Or, ce qu'on appelle aujourd'hui la science n'est que l'étude du monde matériel, c'est-à-dire un simple fragment de la science totale, qui comprendrait ces trois mondes: la

Nature, l'Homme, Dieu. Que sont nos soi-disant savants t De simples naturalistes: et quand ils l'auraient étudiée dans toutes lea planètes et toutes les étoiles, ils ne connaîtraient jamaia que la Nature, comme un sourd-aveugle pourrait palper tous les corps de l'univers sans prendre idée des mondee, de la couleur et des sons ; ils ne seraient que des naturalistes, c'est-à-dire des tiers de savants, et les autres mondes, l'Homme et Dieu, les dépasseraient jOUrS, déroulant, loin de la portée de leur VUe orn,aaiAM et savamment matérielle, des immensités et des •uu:.~aa•r-1 d'un autre ordre et d'un éclat plus sublim.s que triUions de lieues ét les milliards de soleils. J. SERRB. :;: On ne peut croire au devoir sans croire en temps à la liberté, à l'immortalité. J u LEs SIMON , Le Devoir, préface.

SION

PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de1 Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de f6 pages. Prix d ' abonnement pour la Suisse, 2 t"r. 30. Union postale 3 Cr. ~onooees, prù 20 cent. la ligne o~o son espace.

Tout ouVI·age dont l' Ecole primaire recevra deux exemplaires aura à une annoncE> ou à un compte·rendu, s'il y a lieu.

SOM MA~ RE:

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M e Adèle Gailland. - Perfectionnement des instituvalaisans (à sui~we). - Emancipation (suite/ . - Rôle de l'école et du maître dans l'éducation populaire. L'économie domestique à l'école primaire (suite). va lentement arrive à son but. - Echo des confé- Partie pratique: Dict ees. - Variété. - Recil"i:t.uoxl. Supplément de 16 pages.

ce qui concerne la publication doit être adressé

à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.


Chronique et avis scolaires

SION. 5 Avril

Conférences d'Instituteurs

L'ECOLE PRIMAIRE

8&-Jiaurlce-ltlontbey. - La conférence dA cet. arron me~t aura lieu à Vouvry le jeudi 18 de ce mois, à 8'/11 b. du et non à Cbampéry, comme cela avait d'abord été annoncé, président de la municipalité locale n'ayant pas répondu à la tion posée par M. l'Inspecteur de l'arrondisl'lement, à savoir commune ~~>rait disposée à recevoir la conférence, ce que la mune de Vouvry a déclaré avec empressement voul01r acce,ow• Entremont. - La conférence des instituteurs de ce aura lieu à Bagnes, mardi le 23 de ce mois, à 9 b. du m. 81on. - La confér~>nco dAs insti tuteurs . de cet arrondise a eu heu le 3 avril à Veysonnaz même et non à Sion, cela avait d'abord été anuoncé. Cours de répétition. - Ua cours de répétition pour tituteurs aura lieu en mai At juin dfl cette année, et pnur i triees en septembre et octobre. 'Le Département adressera une vitation spécialeï au personnel spécialement intéresflé à de l'occasion de se perfectionner et de régulariser sa position. Ecole primaire. - Le proobain N• du journal vet·s le 20 de ce mois, apportant, avec l'appel pour la r~uni néral de Sion du 30 avril, la carte de légitimation pour jouir demi-taxe en chemin rie fer. Il sera joint à cette livraison; les rapports dont il devra être donné lecture, au moips les closions· de ceux-ci. Le mois dfl mai apport~>ra ensuite les li dernières 11 et 12 du cours scolaire 1894-95. Plus tard nous publierons aussi les nouveaux renseigne qui nous sont parvenus au sujAt du person ~Al enseignant val l aï que ou coogréganiRta profes~ant bor!'! du canton. pour cla!!lser ses 1mportants. Très

que. Cbaque serviette a 1'J pa rtiments et un Plus de pertes, plus d t.Ont réuni eosemb.~. de familles, Contrats, ces d'assuranoos, Cer Papiers privét~, Obh Créances, Quitta Troi~ formats: I f.r. 3.-; II. 33;24 c ti.-; III 38/28 cm. fr 'i.-, port payé. Envoyer mandat, ti poste ou demander expédition contre rAmboursement. Adresser: Ed. Burc kbardt, B Ai e, rue Au, 85 .

1894-95

ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION t

Mlle

Adèle Gailland, institutrice

Un nouveau vide des plus sensibles vient de se produire dans les rangs de notre personnel enseignant primaire. La mort, en effet , a ravi à l'affection des siens, le dimanche 24 mars, :Mlle Adèle Gailland, de Bagnes. La défunte, qui fut l'une de· nos meilleures institutrices, devait reprendre son poste à Saillon pour 1894-95 lorsque, quelques jours avant la rentrée, elle tomba assez gravement malade pour devoir exprimer aux autorit és locales son regret d'être forcée d'abandonner pour ce cours la direction de sa chère école. Hélas, l'on ne ,pouvait alors prévoir que, quelques mois plus tard, cette excellente maîtresse paierait déjà à la mort Je tribut que nous lui devons tous. M lle A. Gailland n'avait que 39 ans, dont 22 passés dans la pénible et ingrate carrière de l'enseignement. Rappeler aujourd'hui son nom est pour l'Ecole pt·imaire un devoir tout à la fois pénible et doux. Pénible, parce que la perte est grande, doux parce que la défunte laisse le meilleur souvenir_ Après avoir fait son école normale, Mlle Gailland dé buta dam , l'enseignement à St-Luc. Depuis, nous la voyons se dévouer à l'éducation de la jeunesse de plusieurs autres localit és, car, en examinant ses états de service, nous la retrouvons successivement dans sa paroisse natale, à Lens (Montana), à Bourg-St-Pierre, à Collonges, puis de nouveau à Bagnes, à Sembrancher, à Vétroz, et enfin à Saillon, où, comme dans ses précédentes places, elle dirigeait depuis un an l'école des filles à la plus complète satisfaction des autorit és. Aussi, depuis qu 'elle obtint (en 1884) le brevet définitif, M11 e Gailland futelle constamment au bénéfice de la prime d'encouragement, qui lui fut accordée tout récemment pour le cours scolaire 1893-94, le dernier de sa laborieuse et féconde carrière. La population de Bagnes a fait un magnifique ensevelisse-


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ment à Mlle Gaillan<!, donnant ainsi un suprême témoignage d'estime et d'affection à celle qui fut non seulement une maîtresse d'école exemplaire, mais une mère de famille pour ses frères et sœurs dont elle était l'aînée, et de l'avenir desquelles elle eut encore en cette qualité à se préoccuper, se dévouant ainsi jusqu'au bout aux siens et à la société. Maintenant que Dieu a rappelé à Lui celle qui a si bien rempli sa mission ici-bas, nous demanderons à ses compagnes et à toutes les personnes qui peuvent lui garder un sympatique et reconnaissant souvenir, de ne point l'oublier dans leurs prières, afin que, si le bonheur du ciel n'était pas encore devenu son partage, elle soit admise au plus tôt à jouir de ce repos éternel et de cette lumière céleste à la possession desquels nous aspirons tous. P. P . 1•

Perfectionnement des instituteurs valaisans La formation de nos instituteurs ne peut être que très incomplète: ce n'est pas en 18 ou 20 mois, qu'un jeune homme, qui n'a fréquenté d'autre école que celle de son village, peut recevoir une culture suffisante en vue de l'enseignement. Cependant, la durée de notre excellente école normale n'a pu être prolongée jusqu'à présent: ce sont, d'un côté, les ressources qui manquent à notre gouvernement et, d'un autre côté, est-il -possible d'imposer 30 ou 40 mois d'études, avec des frais assez . considérables, à des jeunes gens qui, dans leur future carrière d'instituteur, ne toucheront que 300 fr. de traitement? Si donc, dans l'avenir, il doit être question de prolongation d'étude dans notre école normale, la nécessité d'améli+fr le traitement des instituteurs s'impose tout d'abord. . Ceci dit, MM. les instituteurs comprennent que 18 mois sont insuffisants pour les former, même d'une manière incomplète, à l'importante mission de l'enseignement primaire, puisqu'ils peuvent tout au plus acquérir les connaissances strictement nécessaires à leur vocation, sans qu'il puisse être question d'une formation complète, comme on la désire aujourd'hui du personnel enseignant. C'est pourquoi une fois sorti de l'école normale, il incombe à un chacun, pourvu ou non d'un brevet, la rigoureuse obligation de compléter lui-même ses faibles connaissances, s'il veut arriver à la hauteur de sa noble vocation. Remarquez-le bien, plus il sera capable, s'il est sincèrement

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dévoué à ses élèves, plus il leur communiquera des connaissances et mieux il s'acquittera de ses pénibles obligations. Il est incontestable qu'un maître bien instruit et en même temps bien zélé réussit mieux dans l'enseignement, communique beaucoup plu; de connaissances à ses élèves, qu'un autre qui en possède fort peu lui-même. Plus sûr dans ses explications, son exposé devient plus clair 1 plus intéressant, plus correct et aussi plus attrayant, et lui gagne plus facilement la confiance, l'estime et l'affection de ses élèves. Un autre grand avantage doit engager le maitre à se perfectionner par une étude suivie, c'est son propre avenir. Plus un instituteur est habile. instruit et ,respecté, plus il mérite l'appui et la protection de ses supérieurs: on songe à lui pour les bonnes places, les positions les plus lucratives des communes rurales l'attendent· ses concitoyens lui confient, même souvent beaucoup trop tôt,' les postes d'honneur. II peut, si sa c~nduite reste honnête et digne d'un éducateur, envisager l'avemr avec confiance. S'il ne veut pas persévérer dans l'enseignement, il trouvera facilement, soit des postes assez avantageux dans les compagnies de chemins de fer, ou dans les administrations de ' poste et de télégraphe. . ,. . , , Qui dès lors ne verrait pas qu il a tout mtéret a se perfectionner à acquérir des connaissances solides et variées? C'est s~rtout les premières années dans l'enseignement, qu'il doit avoir à cœur de bien étudier, pendant que ses facultés sont encore fraîches, sa mémoire fidèle, son imagination vive .et prompte, car alors le succès couronne facilement ses peines. (A suivre.}

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Emancipation \ :)nue)

Si dans tous les districts du canton, les examens se passent de 1~ sorte, si toutes les absences non justifiées sont amendées et les ignorants ajournés, il est indubitable que ce nouveau contrôle ne manquera pas de contribuer à la hausse de la moyenne valaisanne, but pour lequel il a été établi. En effet, sa durée est à peine de trois ans, et déjà on remarque une grande amélioration dans les résultats obtenus : des écoles dont, en 1891, aucun élève n'a pu être émancipé, en comptent plusieurs à présent.

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nous de développer en même temps leurs sentiments religieux .et moraux, et soyons persuadés que, de cette sorte, nous travaillons à leur vrai bonheur. tA suivre)

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Nous sommes donc bien assurés des bous résultats que ces examens produiront peu à peu; il suffit de les continuer, de chercher à les simplifier et à les rendre uniformes autant quepossible. L'examen pédagogique fédéral a heurté, à son origine, à bien des obstacles, soulevé beaucoup de poussière, mécontenté une foule de personnes et blessé maintes susceptibilités· on l'a continué, et maintenant, il nous semble que si l'on v~ut être franc et juste, on est forcé d'avouer qu'il a fait faire un grand pa~ à l'instruction primaire dans toute la Suisse en général, mats surtout dans Je Valais; si bien que cette institution tant décriée à ses débuts, a porté d'excellents fruits, et il ~erait regrettable qu'elle ne fût pas appliquée à toute la jeunesse suisse. Notre canton, entre autres, serait-il jamais arrivé à réduire ses illettrés de 49% à 12%, sans ce puissant stimulant? Nous ne le pensons pas. Mais, pour savoir l'apprécier, il faut envisager l'instruction comme un immense bienfait, et l'ignorance comme un grand malheur. Sans doute, l'instruction peut devenir une cause de perdition pour les uns, mais aussi une source de bonheur pour les autres. Il importe de bien la diriger et de la faire servir à l'accomplissement de ses devoirs, c'est la tâche des parents et des éducatPurs. Laisser un peuple dans l'ignorance, sous prétexte de l'empêcher de lire de mauvais livres serait à notre avis un triste calcul! Ne vaut-il pas infiniment'mieux l'instruire et lui donner de bons livres? Un hom~e in~truit, consciencieux et bon, n'est-il pas beaucoup supéneur a un autre également bon, mais fort ignorant ? Quelle heureuse influence le premier ne peut-il pas exercer sur ses semblables par ses conseils, ses travaux et ses vertus? Les él~ve~ s~c~ant , bien. lire et écrire ne sont-ils pas plus propres a s asstmller 1ensmgnement religieux que les ignares? La jeunesse valaisanne est-elle plus mauvaise depuis que la plupart reçoivent une instruction primaire ordinaire, que lorsque les 49/ 100 ne savaient ni lire ni écrire? Si l'examen des recrues a favorisé les proarès de l'instruction sans nuire en rien à l'éducation chrétie;ne, pourquoi J'examen d'émancipation, qui a déjà produit d'excellents résultats et en promet de plus grands encore dans l'avenir serait-il dangereux? Maintenons le donc, dussions-nous encore ;encontrer de nombreuses difficultés ! Prenons les meilleurs moyens pour donner à nos élèves l'instruction nécessaire; mais efforçons-

Rôle social de l'école et du maitre dans l'éducation populaire.

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Le rôle de l'école primaire consiste, sans doute, à doter de l'instruction élémentaire les enfants du peuple; mais si l'instituteur bornait là tous ses efforts, il n'accomplirait point toute la tAche qui lui est imposée. L'enfant doit sortir de l'école muni des armes qui lui seront nécessaires dans la lutte pour la vie, aujourd'hui plus acharnée que jamais. L'instruction, évidemment, lui est indispensable; mais il ne faut point que le jeune homme se fasse illusion sur ce point, et s'imagine que ses connaissances, tout étendues qu'elles peuvent être, lui suffiront pour faire son chemin dans la société. C'e:St-à-dire, comme on l'a dit mille fois, que le savoir seul ne constitue point l'homme complet, et qu'il faut joindre l'éducation à l'instruction. L'école doit donc contribuer, autant qu'il se peut, à former chez l'enfant la personne morale, à lui iuspirer l'amour du travail, à lui donner l'habitude de la probité, de l'ordre et de l'économie, sans négliger, au contraire, de lui inspirer, envers ses semblables, des sentiments de charité, de fraternité et de solidarité sociales. Si, à ces sentiments, ne viennent point se joindre, ce qui serait d'ailleurs un non sens, des ferments secrets d'égoïsme et d'envie, l'enfant sera plus tard, autant qu'il est possible, heureux en travaillant, et satisfait de lui-même en remplissant ses devoirs d'homme et de citoyen. Aussi la responsabilité sociale du maître est-elle considérable. La société attend de lui des élèves véritablement éclairés, qui auront sucé comme avec le lait des idées de stricte justice et de sage tolérance, et qui auront contracté, dès l'école, des habitudes d'esprit modestes, au lieu de l'<>utrecuidance souvent insupportable de nos jeunes gens

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t des mœurs ne semble guère contribuer à accroître l'é-

d'aujourd'hui. Nos écoles primaires ne doivent point former des citoyens jaloux les uns des autres, pleins de haine pour ceux de leurs émules qui semblent réussir, et toujours prêts à applaudir aux déclamations éternelles des mécontents et des fauteurs de désordre.

~ergie des caractères et à consolider l'union des citoyens.

L'instituteur peut d'ailleues exercer sm· l'élève une réelle influence éducative par son exemple, par ses leçons et par ses conseils. Ce doit être un citoyen modèle, remplissant scrupuleusement tous ses devoirs publics et peivés, et dont le souvenit· doit rester comme un préservati( moral dans le cœur de l'élève. Dans toutes ses leçons, spécialement dans celles de morale, d'instruction civiqne et d'économie poli· tique, il s'efforcera d'expo:;er clairement les devoü·s de l'homme et du citoyen. Sans prétendre qu'il doive présenter à l'enfant comme parfaite l'organisation de la société actuelle, on peut cependant lui demander de prémunir son élève contre les systèmes des utopistes modernes, qui voudraient substituer à cette société je ne sais quel régime sous lequel disparaîtraient tou te liberté et tou te initiative. A ses leçons il joindra de bonnes lectures faites dans les ouvrages de la bibliothèque scolaire prêtés aux enfants pour être lus dans la famille et dont il se fera rendre compte o1·alement et par écrit.

Economie domestique dans l'école primaire

Le maitre peut et doit pl'Olonger son influence éducatrice au-delà. de l'école, et cela lui sera d'ailleurs assez facile . Dans ce but il lui faudra orgauiser un cours d'adultes s'il n'y eu a déjà un dans la commune, et là, il ponna donner aux. jeunes gens les leçons et les conseils de l'école primaire. En outre l'instituteur, chez lui et au dehors, dans ses con''ersations, ne cessera de préconiser les idées qu'il enseigne dans sa classe, et, sans doute, sa dou0e influence, mise au service de sa parole honnête et convaincue, agira snr l' espnt de ses eoncitoyen:; et les défendra contre certaines théories plus ou moins dangereuses, malheureusement trop répandues aujourd'hui, surtout dans les ville:> industrielles. C'est ainsi que l'instituteur doit remplir sa mission sociale d'éducateur public, surtout à une époque où l'indépendance des esprits

Envoyé à l'Ecole primaire par ALF~ED CHARRON, ancien professeur, à la Chalette, pat· Montarg1s, (France.)

tSuite} Un autre point essentiel e.ur lequel s'exercent l'ordre et la vigilance de la ménagère, c'est la visite fréquente de .s~s vêtements, de ceux· de son mari et de s~s enfants. A.ussltot qu'on les quitte, ils sont nettoyés. et remis en place ; SI quel: ques dégradations s'y sont. prod~1tes, elles sont r~paré~s a bref délai et avant qu'elles awnt pns de plus grandes proportwns. C'est un moyen de conservation qui épargne de plus grandes dépenses. . Quant au linge, il est soigneusement _Phé, marqué, ~epassé et rangé symétriquement dans les armoires ; chaq~e pile est numérotée, de manière à ce que l'on trouve a~sément, au moment de s'en servir, les pièces dont on a besom. On ne voit jam~is rien traîner sur les m~ubl~s o~ d~ns les tiroirs; chaque obJet a sa place marquée et n est JamaiS ailleurs, ce qui évite des recherches et des pertes de te~ps. ~n un mot, dans le ménage de la bonne maîtresse de maison, Il Y, a: < Une place pour chaque chose, et chaque chose est a sa place. :1> , ·t L'ordre est éminemment conservateur, et 1 on ne sa~ra~ trop en pénétrer l'esprit des enfa~ts, des jeu~.es fil~es prmcipalement. Veut-on garantir les obJets, q~1els qu Ils soi.ent, de, la déperdition et en prolonger la durée? 1l faut en soigner l arrangement et l'entretien. V~ut-0~ les trouver san~ perte de temps , lorsqu'on en a besom? Il faut les ranger. V~ut-o.n multiplier ses ressources? le moyen est de mettre de l erdre dans ses affaires dans ses revenus comme dans ses dépenses. Pour économiser' le temps, le plus précieux des bie~s, il faut mettre de l'ordre dans la distribution de chaque JOUrnée et dans l'emploi des moments. Le désordre cr~e .mille difficul~és, mille entraves· il est la cause la plus ordma1re de la rume. L'ordre est sdrtout nécessaire aux familles nombreuses dont beaucoup n'ont d'autres ressources que le produit du travail

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d_u chef de la maison; il est pour ces familles la condition smon d'une large ais~n.ce, a~ moins d'une aisance relative q ut leur procure la sérémte. Moms on possède, plus il importe de ménager. . Si donc,.- ~t c'es~ là notre conclusion pratique, - l'ordre JOUe un role SI considérable dans la vie de la famille · s'il contri_bue da~s un~ si large ~esure à la prospérité de la' maison, a la paix et a la sécunté du ménarre · en un mot s'il ~st la pierre ,fon~amentale de l'économie d"oU:estique, de quelle Importance n est-tl pas pour les institutrices de cultiver d'enra~iner cette pré.cieuse ~ ualité chez les jeunes filles qu'elles dOivent préparer a devemr de bonnes ména,.ères? L'instruction qu'elles ont le devoir de distribuer à leu~s élèves est nous l'avons déjà dit, incontestablement nécessaire à celles-ci'· mais el_l~ ne peu~ p_roduire les ~ruits qu'on en attend, qu'à 1~ con~ItJon de s allier aux quahtés morales qui doivent surtout disti~guer l~ femme, eu égard à la position que la Providence lm a ass1gn~e dans la famille, et l'ordre est une des premières de ces qualités. (A suivreJ

Qui va lentement arrive à son but L'instruction est sans contredit un des plus puissants que nùus. ayons entre les mains pour nous créer un meilleur aventr, et nous assurer une position convena~le. _Un bel hèritage, une fortune co3sue ne sont jamais à l_~brL d~s coups du sort; une mauvaise opéi·ation finanCiere, Sl commune de nos jours, deux ou trois enaaaements ruineux et voilà une famille au bord de l'abîm:. ~ Les connaissances, au contraire, dont nous avons meublé notre esprit, demeurent notre propriété; en toute circons· tance, nous pouvons faire appel à leur concom·s et :rràce à elles, triompher des plus grandes difficultés de la' vie. .Aussi est-ce .une raison pour que tout bon père de famille cherche a donner à ses enfants l'insLruction nécesllaire, et exigée par les cit·constances actuelles. Et en cela il a parfaitement raisou, car s'il néaJiaeait ce facteur il se ren~rait coupable, à l'égard des sie~s.~ d'une faute q~'il ne serait plus ~n ~esure de réparer. Cependant, eu partant de cette tdee Il est encore facile de se tromper souvent. moyen~

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Notre programme actuel est peut-être uu peu trop étendu ilt le surmenage scolaire porte atteinte au développement physique de la jeunesse. Prenez un enfant dont la constitution est affaiblie déjà par l'hérédité. Pour que l'on puisse avec quelque certitude croire qu'il se déveleppe, il faudra sans aucun doute, vouer plus de soins à son corps, à ses facultés physiques qu'à son esp1·it et qu'à ses aptitudes intellectuelles. Ces cas sont exceptionnels; cependant il ne faut pas les négliger en élaborant les programmes. Si certains enfants sont assez robustes pùur supporter une application sérieuse, d'autres en souffrent. D'ailleurs, il faut bien peu connaîtt·e l'enfant, ses besoins, ses goûts, son tempérament pour charger dès son jeune Age, sa mémoire, de choses sinon inutiles, du moins peu pratiques. L'enfant hait la cùntrainte, il ne soupire qu'après la libei·té. Nous n'avons qu'à nous rappeler notre propre jeunesse car chacun a à peu près les mêmes goûts. Un demi-savoir est pire que l'ignorance; c'est pourtant un peu le résultat de nos classes primaires; convient-il de tout effieurer, de tout voir sans rien approfondir ? Aller d'un extrême à l'autre n'est pas p1·écisement une preuve de sagesse. C'est cependant ce qui se passe de nos jours. Autant on paraissait se contenter de peu, il y a quelque trente ans, autant, à présent, on exige en général beaucoup trop. C'est reconnu que le programme de nos écoles primaires est trop étendu, eu égard au temps que les élèves fréquentent les classes. Lorsque la nourriture intellectuelle est trop abondante, les fonctions céréb•·ables se lassent, s'émoussent et s'usent. Je n'ai pas la prétention de '\"Onloir critiquer notre plan d'étude, cependant mon expérience dans l'enseignement primaire m'a souvent démontré que la plupart des enfants élevés en serre chaude n'out pas répondu à ce qu'on attendait d'eux. Ce qui prouve qu'obliger l'enfant à travailler trop et trop jeune est contraire au but même que l'on se propose. Sachons donc c.onserver une sage mesure en toutes choses, et n'allons pas de gaîté de cœur tarir les sources de la vie active de notre jeunesse, si nous voulons qu'elle

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écoute avec plaisir les conseils de l'instituteur. Un seul regard jeté sur l'enseigoement dans les écoles et sur le· temps nécessaire pour accomplir les devoirs à domicile, suffit pour prouver que les premières nécessités de la vie, telles que la nutrition, le sommeil et le séjour à !"air libre ne peuvent être satisfaits d'une manière suffisante. Donc si l'on a jugé bon, utile et même absolument indispen: sable d'augmenter le programme, c'est qne les besoins de l'existence se sont décuplés et qu'à un àge nouveau il faut des chos~s. nouvelles; mais avouons qu'on est allé trop loin. Pour fac1hter la tâche de l'école populaire, la mettre en ~esure de r~aliser _so~ programme minimum , il faut que l enfant, du JOUr ou Il entre en classe, la fréquente le plus régulièrement possible. Le programme devrait réduire ses exiaences au strict nécessaire. Trois branches sont particulière~ent à cultiver : l'instruction religieuse, la langue maternelle et le calcul. Les 'autres .branches seraient reaardées comme secondaires ~ et n entreraient dans le plan d'étude qu'à titre d'exercices de récréation, de conversations familières entre le maître et ses élèves. Pour finir, on pourrait faire une comparaison. Poussez dans .Ja Vie deux gat' ÇODS également doués; l'un aura suivi un.e ecole dont le programme était trop surchargé; il cannait une foule de choses. L'autre sait bien lire écrire et calcule1·, il connaît les premières notions inté;essant son pays et c'est tout. .Eh b~en ! i1 se produira, neuf fois snr dix, le phénomene smvant : le dernier garçon, à vingt ans sera plus. développé que le premier. Q. Je~n, inst.

Echo des conférences Sierre. - Le 26 mars, les instituteurs de ce district se renc?ntraient à Chippis pour leur conférence annuelle. Ils étaient réums dans la salle d'école des garçons, convertie pour lors en salle de séance. L'assemblée a été honorée ùe la présence de MM. les direc-

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teurs Hopfner et Lamon, Allet, professeur, Morard, doyen du décanat de Sierre, de MM. les curés de Chippis, Simn, Challais, Miège, le vicaire de Savièse, le recteur de Sierre, de tous les membres de l'administration locale et de MM. Candide Rey, Epiney, juge, membres de commission scolaire. Tous les instituteurs, sauf trois qui ont justifié leur absence, avaient ré·· pondu à l'appel. Il est 10 h.; la séance s'ouvre. Après avoir imploré les bénédictions du Ciel sur les travaux de la journée, M. le Président souhaite la bienvenue, puis, dans un langage élevé, rappelle les pertes cruelles qu'ont éprouvées MM. Roten, président, et Pignat, 1er secrétaire du Département de l'Instruction publique, et invite l'assemblée à se lever en signe de deuil. c Messieurs, dit-il, qu'il me soit permis, au nom de la conférence de Sierre, d'exprimer à M. le Chef du Département et à son 1el· secrétaire la part que nous prenons à leur deuil en offrant nos prières par l'oblation de l'Hostie qui chaque jour s'immole pour les vivants et pour les défunts. Après la lecture et l'adoption du protocole de la dernière réunion, l'assemblée confirme les membres du bureau dans leur fonction et l'on passe au sujet mis à l'étude. Quelques instituteurs désignés par le sort, nous récréent par la lecture de leurs travaux. En voici les principales conclusions : 1o L'enseignement oral est d'une grande importance; il est indispensable : a) pour tous les exercices intuitifs ; b) pour faire comprendre par un développement préalable, l'objet de chaque leçon ou exercice; cJ pour reprendre plusieurs fois et sous des formes différentes la même leçon afin qu'elle soit bien comprise . Mais, pour en retirer tout le fruit possible, il faut: a) préparer sérieusement chaque leçon : telle préparation, telle classe ; b) employer un langage à la portée des élèves et adapter son enseignement à la force de sa classe ; c) graduer cet enseignement et procéder du connu à l'inconnu, du simple au composé, du facile au difficile; d} éviter les digressions oiseuses, c.·à.-d. être concis autant que possible ; e) exiger que chaque réponse ait un sens complet. La parole du maître peut seule rendre réellement fructueux · l'enseignement oral.


140 2° Le livre est un auxiliaire, un guide indispensable pour l'élève et le maître. Son but est de fixer dans l'esprit les acquisitions de l'intelligence; d'où nécessité de faire suivre les leçons orales des études et des devoirs écrits. II est du reste des leçons, comme celles du catéchisme, de l'histoire sainte, etc., qui exigent l'étude littérale du texte. Et d'ailleurs, il faut que l'élève sache que le travail est la condition de l'homme ici-bas, et qu'il prenne de bonne heure l'habitude du travail personnel et des études solitaires. Pour obtenir des progrès réels dans l'enseignement, il faut ·donc que la leçon du maître et le travail personnel de l'élève interviennent dans une juste mesure. Une discussion suit la lecture de ces compositions et vient eompléter les idées émises. M. le directeur Hopfner nous intéresse ensuite par l'exposé des notes obtenues au dernier recrutement. Chacun constate .une fois de plus que nos élèves obtiennent de meilleures notes pour le calcul, l'histoire et la géographie que pour la lecture: l'enseignement de cette branche est donc toujours prétérité dans nos classes. Il y a progrès cependant, et progrès réels; ·mais ne nous arrêtons pas en si beau chemin. L'assemblée proteste énergiquement contre la question de grève mise en avant par la circulaire signée c l'initiative:.. Ce principe subversif est indigne des membres du corps enseignant. Si un mouvement devait s'opérer dans le sens indiqué, il faudrait le poursuivre par des voies honnêtes, conformes à la dignité de l'instituteur. 1 A 1 / 2 h. M. l'inspecteur lève la séance et nous invite à passer à la salle inférieure où des tables dressées attendent les convives. Sérieuse, presque imposante au début, cette seconde partie de la journée ne tarde pas à devenir intéressante, l'entrain et l'animation se mettant de la partie à mesure que les esprits se réconfortent. Tout gai et animé, l'après-midi ne laisse pas d'être instructif. Sous l'habile direction de M. Allet, professeur, qui veut bien remplir les fonctions de major de table, toasts, chants et propos joyeux se succèdent avec un infatigable entrain. En si agréable société, les moments passent vite : il faut cependant songer à la retraite. Encore un verre à la santé de l'administration et de l'hospitalière population de Chippis, et

141 l'on se met en route, se promettant de garder de cette jour-· née un long et précieux souvenir. Le cœur content, l'estomac garni, chacun regagne ses pénates : la fête était déjà passée! J .-B. S., inst.

PARTIE PRATIQUE Dictée sur l'Agriculture LES PRAIRIES ARTIFICIELLES Les prairies artificielles sont compoilées de ~Jantes a~nuelles ou. vivac!'s, qu e l'on cultive pendant une ou plus1e~r~ sa1sons, J?O.ur être donuées aux animaux domP.stiques. E lles different des prames naturelles, en ce qu'elles ne sont q_u? tem~or~ires, qu'elles n'ont· pas besoin d'être irriguées. Les prau1es artificielles procurent, au printemps et tout l'été, une nourr~tu~e fraichtJ et abondante; elles_ permettent d 'entretenir sur 1'exploi_ta twn be.a ucoup de bestiaux et d'obtenir ainsi une grande quantite de fumier; ce sont des cultures améliorantes.

Dictées sur le participe passé dans lesquelles on a laissé les par~ici~es invari~bles afin que les élèves aient le mérite de faire l'application des regles. 1o Repoussé et battu de toutes parts, les enneJ?lis dem~.>urère~t_ convaincu de leur infériorité, et ne parurent J?lus d1sposé à Pn vemr aux mains avec une armée aguerri et depUIS longte.m_PS r~douté. Ces peuples, autrefois craint et respecté. dP leu~s vois~ns, mstrUit. dans toutes les sciences, estimé des nations élmgné~ n ont p lus la réputation mérité dont ils jouiHsaient alors; ~ccoutl!me à la mo~lesse! nourri dans l'oisiveté, découragé, abattu, 1ls tram_ent une v1e qUI leur est à charge à eux-méu:.es. Ces da.me~, attendn ~u~ le sort des. malheureux qu'elles ont rencontré, et smcerement afi11ge de ne pouvoir les secourir aussitôt, leur ont parlé avec bonté et les ont engagé à venir chez elles. D'abord elles leur ont donné les. cho~es de première nécessité, et leur ont inspiré le go\1t du trav~1l. Bientôt ces malheureux, que la misère av~it abattu, ayan.t repr~s courage. sont sorti pour jamais de la situation affreuse où Ils étatent t~mbé. 2o Mes cousins m'ont envoyé des fruits. que j'ai t.r ouvé déhc1eux; je les en ai remercié dans la lettre que Je. leur a1 ad~essé. Quant aux pomm~s que j'ai reçu de mes neveux, Je ne !es a1 pas trouvé si bonnes que celles qu'Ils m'ont donné ~·an dermer ; cependant ce sont les mêmes arbres qui les ont pro~Uit . N?us avons enfin obtenu la permission que nous avons demande, ~ais nous. la devons ,au zèle que nos amis ont apporté à nous servn·, au~ d~marches qu Ils. ont fait, aux peines qu'ils se soot .donné pour reum~ t?u.t ce qu1 pouvait convaincre le ministre q01 la leur a accorde. J ai vu ces

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143 dames,. et leur. ai dem~ndé des nouvelles de leur voyage. Elles m'ont raconte les f~bgues qu elles ont essuyé, et les plaisirs qu'elles ont eu à parcouru les belles contrées qu'elles ont vu. Que de consaissances. elles ont acquis en peu de temps 1 Que d'ob&ervations elles ont fa1t, et quelle. belle ?escriplion elles m'ont donné des sites qui ont le plu~ frappe leur 1magmation 1 Rien, je crois, n'a échappé à leur attention. . 3• Cette demoiselle ~ ,toujours surmonté les difficultés qu'elle a

Ienc~ntré. Il en es.t qu1 1 ont ,em~arrassé, qui l'ont arrêté, mais elle a, fim par l~s va1~cre, et 1 habitude .qu'elle a pris de redoubler d efforts et d attentwn dans tout ce qm lui parait obscur l'a rendu maltre~se de tout ce qu'elle a vu jusqu'à présent. Les fr~ils que je vous .al envoyé, je les ai cueilli sur des arbres que nous avons plante ensemble, il y a .quelqulls années : je suis persuadé qu'ils _vous auront paru peu dignes de vous · mais sans cette circonstance Je ne, vous les aurais point offert. To~s les efforts que j'avais fait Jusqu ~lor~ pour v.amcre les difficultés que j'ai rencontré étaient de-v:eou mu~1.1e.s ; ma1s, au moyen de l'ordre que j'ai établi et de l'attention que J a1 apporté dans mes études, tous les obstacles ont disparu.

. 4• J'ai re9u, ma chère fille, la le~tre que vous m'avez adresRée; j'y at, remar9ue quelque~ fautes .~ue J.e vous ai déjà reproché, et qui m ont 6te la sat1sfact10n que 1 aura1s eu à la communiquer à beaucoup de personnes qui m'ont demandé de vos nouvelles; efforcezvo~s de plus en plus de vous r~ndre digne de la bonne opinion qu on a conçu de vous ; les progres que vous avez fait l'an dernier vous ont mérité l'intérêt de tous ceux: qui vous ont vu dans votre e~fan_ce; et les prix qui vous ont èté accordés vous ont pour ainsi ?ue 1mposé l'obligation d'en obtenir de nouveau. Alexandre a subJugué tout~.s les nations auxquelles il a fait la guerre, tous les peupl~s qu 11 ~ attaqué, et a gagné toutes les batailles qu'il a livré. Il ~va1t pousse. s~s conquêtes si loin, que ees soldats, effrayé de le vou ~alade, d1sa1ent, s'il venait à mourir, qu'il ne leur 11erait phts perm1s de retourn~r dans un pays d'où Ils étaient sorti depuis longtemps, de revou une patrie qu'ils avaient quitté depuis tant d'années. fi• Des frais lettres que j'ai écrit à ma ta11te, la première seulement est parvenu ; cependant j'ai rPçu les trois siennes exactement. II nous reste donc à ~ui dire toutes les peines qui nous sont survenu, les chagrma qm nous ont accablé, les malheurs que la famille a éprouvé dans la perte de son chef. 0111 combien cette chère tante sera d~solée : l'amitié qu'elle a eu pour son frère, les attPntions et les soms que ce père a eu pour elle, l'harmonie qui a toujours régné entre eux, tout ne me persuade que trop qu'elle partagera les do.uleurs que nous a vans ressenti. Vos parentes sont désolé des pemes que vous avez ~ouffert et des privations que vous avez ec.d?-ré .à .cause d'èlles. St elles avaient prévu que cette traversée fll.t s1 pemble,. non.seu)ement elles n'auraient point consenti à votre départ, ma1s encore elles s'y seraient oppoHé. Elles se sont bien

promis de ne plus s'exposer à l'avenir à des chances qui les on tant inquiété, qui leur ont donr.é tant de chagrin. 6• Ces fleuves coulant avec tant de rapidité se sont creusê un lit profond. Dans sa maladie, non-seulement cette dame a perdu !!a fralcheur, mais encore ses forces se sont affaibli, sont front s'est sillonné, et ses joues se sont creusé. Ces auteurs Stl sont longtemps creusé le cerveau pour faire une tragédie qui a été sifflé et une comédie qui n'a pas complètement réussi: au,;si se sont-ils abstenu de traiter d'autres suJets qu'ils s'étalent choisi. Les propriétés que vous avez acquis en ce pays vous ont coO.té des sommes considé · rables qui vous eussent donné de plus grands rev11nus, si vous les eussiez placé sur l'Etat. Ces objets nous ont Co11venu, et nous les avons acheté aussit6t, mais nous les avons payé cher: on nous a dit que nous nous les serions procuré un quart meilleur marché si nous étions allé les prendre dans des magasins qu'on nous a nommé. Nous noua en sommes rapporté à la bonne foi du marchand, et nous avons été trompé: cet exemple nous a instruit pour l'avenir. 7• De combien d'éloges n'a-t'on pas comblé ces enfants 1 Combien de louanges ne leur a-t-on pas donné pour l'application qu'ils ont mis à leurs devoirs. Les prix qu'ils ont gagné, les couronues qu'ils ont obtenu les ont rendu chers à tous ceux qui lP-s connaissent ; partout ils ont été accueilli, partout ils ont été fété. Quoique ces voyageurs fussent partis après nous, ils nous avaient devancé ; mais fatigués par les nuits qu'ils avaient passé sans dormir, ils se sont vu forcé de s'arrêter, et nous les avons r11joint. Ils ont quitté leur voiture, et sont monté dans la n6tre; nous avons Pu lieu de nous féliciter: comme ils onQibeaucoup voyagé, qu'ils ont parcouru l'~ncien et le nouveau monde, et qu'ils ont demeuré assez longtemps chez les peuples qu'ils ont visité pour en connaltre les mœurs et les usages, nous nous sommes b~aucoup instruit par leur conversation. Ils nous ont entretenu à leur tour, et nous ont égalewent intéressé. 8• Ces demoiselles se sont d'abord attiré l'amitié de tous ceux qui les ont connu, et l'ont conservé pendant plusieurs années; mais elles l'ont perdu pour un moment par la conduite qu'elles ont tenu à l'égard de leurs tantes qui les ont toujours chéri, qui les ont recommandé et traité comme si elles avaient été leur~ propres filles. c~s jeunes personnes ont senti leurs torts, elles les ont reconnu, et se sont bient6t occupé à les réparer. A cet effet, ello>s ont employé l'intermédiaire d'une amie qui, après leur avoir vivement reproché leur ingratitude, s'est chargé de solliciter leur pardon qu'elles ont obtenu. Elles l:lOnt donc rentré dans les bonnes grâces de leurs tantes, aux genoux desquelles elles se sont jeté. Mais celles-ci ému jusqu'aux larmes, les ont relevé aussit6t, el les ont embral'sé. Comme ils avaient été chargé d'une mission importante, et qu'ils ne l'avaient pas rempli, ils furent cité devant les juges, et leur peine fut prononcé; ils auraient été plus rigoureusement puni, si on n'eùt pris en considération l'exactitude qu'ils ont apporté dans la fonction délicate qui leur avait été précédemment confié. 9• Heureux ceux qu'une bonne Mucation a éclairé, que le travail

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Tandis que ~es appareils à:polycopie dits Hectographes ne fo urmssent que q uarante à cinquante copies d'un violet pâ le, souvent illisibles, avec

t4.4 a soutenu, et qu'une longue habitude du bien a assez affermi pour qu'ils résistent à J'empire des passions. Cette famille si aimé, si honoré, a éprouvé des revers qui l'ont ruiné. Ces malheureux ont succombé à leur chute, et leurt~ parents désolés ne sont pas arrivé assez t6t pour recueillir !~ ur dernier soupir. Après avoir longtemps attendu de ses nouvelles, nous en avons enfin reçu par des personnes qui se sont dit être lié d'amitié avec lui. La plupart des hommes désirent plus être admiré que d'être aimé. Si ces savants se sont contredit sur divers points , ils se sont trouvé d'accord sur d'autres. Il y a plus de cinquante ans que furent con!ltruit les édifices que vous avez vu et VISité hiPr. Pendant les deux ans que nous avons demeuré dans cette ville, nous y avons fait des connaissances avec lesquelles nous avons entretenu Jusqu'ici des rapports d'amitié. Une sédition a éclaté dans ce régiment, mais bient6t les séditieux ont été arrêté et puni.

LE PROTOCOPISTE CLOT à

pâ;te :n.o1re

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ou obtient plus de cent épreuves d'une netteté irréprochable ; de plus, )l'l tirage termi né, il n'est pas nécess aire de laver la pâle à fo nd pour effacer l'encre. Quelq ues passes d'éponge imbibée d' ea u fraîche suffisent pour mettre l'appareil en état de recommencer un no uveau tirage. D e là économie de temps et d~ pâ te. 1-4

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L'ENCRE NOIRE A POLYCOPIE récemment découverte, est b ien supérieure à l'encre vio~et~e à _cause de sa. fl uidité remarquable, sa nette té, sa J OI~ e _temte ~t. p~r 1 abonda nce de ses copies. Cette encre notrmt en vte tlhssant, tandis que la violette pâlit. Prix pour nos Abonnés : Un pro_tocopiste comp1e1 de :.!8X23, avec un flacon enct·e notre . . . . . fr. 5. U n kilo pâte noire, avec un flacon encre noire fr. 4. Un flacon encre noi re . fr. 1. 8'adr e sser à ()b. Durie u, Science pratique, We"e y (Suisse).

Prière d'une mère MPrci 1 Dieu tutélaire; Car vous avez pE>rmis Que je fusse la mère D'un enfant bien Eoumis. Merci 1 car sa jeune âme Est tout mon ornement; Et sa bonté proclame La v6tre à tout moment. Merci. 1 car s'il rencontre Le pauvre en son chemin, Son œil mouillé me montre L'indigP.nt... et son pain, Son pain blanc, qu'il lui donne. Si ma voix répond : Oui ; Et son tront, sous l'aumone, Rayonne épano ui. Merci 1 car chaque larme Qu~ répand la douleur, L'attendrit et l'alarme, E t tombe sur son cœur... Merci 1 car chaque mère Souhaiterait pour soi Sa tête blondn et chère, Qui s'incline vers moi.

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T.El..\IJ:C>:J:GrN".A..GrE S

Je suis très content de mon protocop iste et je vous prie de m'en expédier uu semblable. F. ANSERMoz, instituteur, à Bursins. Je vous écris pour vous due combien je s uis content de votre excellent appareil. C'est l e meilleu r des polygraphes. Nous nous en sommes servis dix fois; c'eRt vraiment admirable to ut ce que l'_on pt!ut obtenir avec le Protocopiste; enfin nous ne pouvons nen souha1ter de mieux. Eugène BovET, à Neuchâtel.

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: P. F~}!~AT ~

N. M.

~ Portraits, reproductions, instantanés pour enfan ts. ~

Rectification. - A l'avant-dernière strophe de la poésie L a leçon paternelle, parue en variétés dans le dernier N° (P. 128) lire : Puis-je à son trône, et non c: tour :. parvenir.

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par Mario***.

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Sur la tombe à peine refermée de ces deux humbles figures, je veux graver quelques mots: Tous deux chargés d'ans, - et l'on m'en croira ou non,.- le fih~ en paraissait plus riche que la mère, en un rien de temps, à une semaine de distance l'un de l'autre, ils ont pris le chemin du funèbre enclos. -:- Q~and je serai là-haut, je te viendrai chercher, avait dit en partant la mère au fils infirme éploré de la voir mourir. ' Et elle a tenu parole. Les prières des mères ne forcent-elles pas le PSI'adis î Pour lui, impotent, décharné, déjà cadavre avant d'avoir ces.s~ de vivre, il atte~dait le coup le dernier. L'ange de la dehyrance ne pouvalt tarder. Moins de huit jours en efiet, Il passa, avança sa main sur les paupières de l'infortuné, dont l'âme s'envola sans secousse vers la mère qui d'En haut lui faisait signe. Deux ~mes simples, ai-je dit,- prenant la vie comme elle venait, les maux comme les biens. Dans ce partage, hélas, les maux étaient les plus nombreux. La mère, de son p~tit nom Marie, mais plus familièr~ment appelée MarJOn, - appartenait à la génération d1sparue, comme une de ces feuilles qui tiennent encore à l'arbre, alors que les autres sont déjà depuis longtemps tombées. Pour marcher avec le siècle car elle était entrée ainsi qu'elle le disait, dans ses' nonantecinq- elle était restée J·eune de cœur' enJ·ouée, candide . comme à qumze ans. Les années n'avaient ni affaibli ses sens, ni courbé ses épaules. La taille encore droite avec je ne sais quoi de dégagé dans les allures Je~ traits fins, l'étincelle aux yeux, c'était une de ces v'ieilles avenantes q?i ont un sourire et une bonne parole pour chacun. Cmq ans encore, et elle eût traversé le siècle d'un bout à l'autre du même pas tranquille, avec les mêmes étonnements n:Jïfs d'oiseau qui sort du nid. Car elle n'analysait guère, la Marion. Elle acceptait

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le fait, mais ne s'ingéniait pas à en sonder les profondeurs. D'année en année elle avait vu défiler les quatre saisons, la pluie et le soleil féconder la terre, des catastrophes, des épidémies semer la terreur parmi la population, des jeunes partir avant les vieux, des innocents porter la peine des coupables, que loin de s'étonner de quoi que ce fût, elle se disait qu'ainsi on va par le monde, et que le mieux était de prendre son mal en patience. La patience, - c'était son grand remède, - celui qui aide à supporter tous les maux, et on n'en avait jamais trop. Puis n'était-ce pas le bon Dieu qui dirigeait toutes choses ici-bas ? - La volonté du boo Dieu constituait toute sa science, et aussi toute sa théologie. L'humble vieille n'en connaissait pas d'autre, et n'en savait pas plus long. Sans s'agiter, sans se morfondre à remuer les idées, elle avait trouvé la clef du grand problème qui en a fait pâlir, et des plus savants, sur les thèses longuement et péniblement élaborées dans la poignante incertitude des heures de luttes, entre la foi qui éclaire la voie, et le doute qui l'assombrit. Une croix bien lourde pour ses vieilles épaules, l'attendait à la fin. A l'Age où le corps et l'esprit demandent du repos, sa patience devait être mise à une longue et cruelle épreuve. Mourir n'est rien, semble-t-il, quand on est ras3asié de jours, - et le voisinage du Paradis donne à l'âme croyante un élan joyeux vers l'au-delà. Mais souffrir, et surtout voir souffrir les siens, et tant que dure le jour, tant que dure la nuit, être témoin de leurs angoisses, de leurs tortures, c'est la pire agonie, et la pauvre Marion en fit l'expérience. Son fils François, déjà un vieillard, bien que par habitude elle continuât à le traiter en jeune, - il avait dépassé la soixantaine - fut atteint à une jambe d' un de ces ulcères qui n'abandonnent le malade qu'avec la vie. D'année en année, à mesure que gagnait le mal, les souffrances allaient en empirant. - Ça me brûle 1 ça me brûle 1 - tel fut le cri que dans sa détresse, cet être torturé poussait nuit après nuit. Et la Marion aussitôt debout, essayait par tous les moyens à sa portée, de calmer l'aiguillon de ce mal inexorable. Elle ne pouvait fermer l'œil. Un moment après le même appel déchirant l'obligeait à se redresser, à re-

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.commencer vingt fois le même pansement et les mêmes -exhortations à c patienter ,, ' Toutes les nuits il en alla\t ainsi - 4u jour_ d'~ujourd'hui, les je~nes gens n'ont plus de patience, dlsa1t-el~e quelquefois quand à bout d'argu.m eots, elle ne pouva1t obtenir dix minutes de sommeil Se faire aider 1... Ab 1 bien oui. · · S'avisait-on de lui en parler 1 - Les autres, répondait-elle, ont besoin de sommeil • et. puis ça o~ c~onaît pas les façons de s'y prendre ave~ lu!. _Pour mo1, c est une habitude... et puis le Boo Dieu m a1dera à prendre patience.. Qnalq.u~ personne bien intentionnée faisait-elle aux deux VIeillards la surprise d'un petit cadeau, sous la iorme d'un de ces riens qui réjouissent le cœur des malades, la Marion, toujours facile à charmer avait à leur vue des épanouissements juvéniles. ' - Q?e I.e. Boo Dieu et la Sainte Vierge vous bénis:seot 1 s écr1a1t-elle dans le transport de la joie. !1 suffit de si peu de chose pour égayer ces natures na1ves, que nous nous étonnons toujours qu'on n'y ·mette pas plus <t'empressement. Le~ saisons . succédaient aux saisons, les prés verdoyaient_. fleurissaient, jaunissaient; - sous le pauvre toit la ~1tuation ~amblait s'éterniser. Chaque jour, cba.que .nUit ramenait les mèmes douleurs et les mêmes gém1ssemeo ts. Un jour vint cep9odant où, dans l'état de l'infirme il se fit DfD une amélioration, mah un soulagement lo~s­ .péré. L enflure du memb~e gangrené disparut, les écailles tombèrent pour ne la1sser à leur place qu'une jambe d~charnée, pareille. à un os dal!lséché. Le corps s'était fa1t. squelette, le v1sa~e plus terreux, l'œil plus terne. .Ma1s en même temps que les souffrances diminuaient la vie s'en allait. ' Un ~près-midi que nos pas nous avaient porté vers la _maisonnette, nous l'avions trouvé seul, de grosses bésu~les .s~r les yeux, lisant attentivement le Chemin ~~ la Croux:. D'un œil attendri , nous pûmes contempler l1nfirme prenant sa v~lée du côté des cieux par la voie do~loureuse, avant 101 parcourue par le Divin Maitre. .J?éJà parvenu, comme qui dirait, à l'avant-dernière statiOn, Il approchait du terme. - ~laise à Dieu qu'il parte avant moi et je mourrai tranqu11le... soupirait la mère. '

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- Pourvu qu'elle ne me laisse pas en arrière, se disait le fils. Mais telles n'étaient .pas les vues du Tout-Puissantt qui leur gardait cette dernière épreuve que Marion partirait avant François. Fatiguée par le cruel biver qui en avait brutalement jeté tant d'autres au cercueil, la courageuse femme voyant arriver l'beure décisive, eut encore, ainsi que nous l'avons dit plus haut, des paroles d'esp<'ir et de réconfort pour l'infortuné témoin de ses derniers combats. Et quand sa mère partie, François, non sans effroi, se trouva seul dans la chambre dé~er~e, il attendit la promesse de la mourante. Il lui fut fait aelon sa foi. C'est ainsi que la semaine suivante, on put voir son cercueil porté par des bras vigoureux, prendre le chemin du cimetière où pas loin de la tombe de sa mère, l'attendait une fosse ouverte. Heureux les cœurs simples. Heureux ceux qui n'ont pas vu, mais qui ont cru, le Paradis est à eux. . Sierra, 19 mars 1895. MARio***

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EJ:ECTC>Fl. ou les BuiteiJ de l'lv.roxnerie (Nouvelle vdlageoise par SoLANnmu) C'était le lundi de Pâques de l'an de grâce 1868. Jamais soleil plus beau n'avait brillé dans un ciel plus bleu. La petite ville d'E . .. était en fête; ses vieilles murailles semblaient rajeunies, ses maisons étaient enguirlandées ; ses rues balayées, propres comme des ves· tibules d'hôtel, regorgeaient de monde; les toilettes claires des jeunes filles, leurs chapeaux de paille blancs, aux larges ailes, ornés de rubans aux multiples couleurs, jetaient une note joyeuse dans cette foule endimanchée et pleine de gaité 1 Des rires frais éclataient comme des fusées, les jeunes garçons, le chapeau aur l'oreille, faisaient crânement résonner le pavé de la chaussée, avec, sut· le visage, cet air de triomphe que promet une journée de printemps consacrée aux vieilles traditions, aux innocents plaisirs du jeune âge. Une partie de ce petit monde enfiévré prenait la route des champs, une autre celui du relai de poste, une au-

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ts 1re enfin se dirigeait vers l'embarcadère des bateaux à vapeur, vers ce joli petit port d'E. qui n'est plus, hélas, aujourd'hui, qu'une morne plage marécageuse, triste lot fait à la vieille cité par la correction des eaux du Jura pour le dessèchement des marais d'Anet. - Le bonheur <les uns fait quelquefois le malheur des autres. . Un superbe bateau à v,a peur, le Gaspard Escher, sohdement ancré au pont d abordage, se balançait mollement sur l' onde qu'agitait une légère brise, fier de sa robuste carène, de son beau mât aux couleurs helvétiques, de sa prou~ majestueuse, de sa vaste cheminée, d'où s'échappaient, par saccades, de formidables jets de fumée noire qui, en de capricieuses arabesques, allaient se perdre dans le lointain vaporeux. C'était un bien beau jour. L~ lac, d'un bleu pâle, était ce jour-là d'une beauté sereme, et comme les Ondines, Rous la nappe humide, eussent voulu prdndre leurs ébats aussi, l'eau profonde se soulevait doucement, chassant de petites vagues, qui en murmurant allaient expirer sur les galets, baignant le seuil des maisons et le!! murs sombres de l'antique château de Cbenaulx. Les cy~nes, ces hôtes vénérés du lac, se p:omeoaieot triomphants dans leur aquatique domaina, suivant le sillage de nombreuses chaloupes ·pavoisées qui glissaient, pleines de mollesse, sur les flots irisés. - Ab 1 quel beau jour 1

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11 I l existe, dans l'ancienne Nuilhonie, une coutume plusieurs fois séculaire qui doit remonter au boo vieux ·temps des coraules. Cette tradition, fi 1èlemem perpétuée à travers les âges, est surtout en honneur dans la HauteBroye, où elle a pris le caractère d'une fête populaire. Cette vieille coutume s'appelle dans le langage du pays: la pujuée des œufs. Pendant toute la s ~maine Sainte, les ménagères s'ingénient à teiod r·~ les œufs dans les tons les plus variés. Le lundi de Pâques, ces œufs sont partagés entre les enfants l•e chaque famille et transP<;~rtés dans de petits paniers à l'endroit choisi pour la .ptquée. Cette innocente joute consista à choquer des deux bouts les œufs tein ts les uns contre les autres. Le joueur qui a brisé les deux extrémités de l'œuf de son adversaire en devient possesseur. I l s'ensuit d'énormes -cassées d'œufs qui se transforment en d'appétissantes .salades et quelquefois en dd terribles indigestions.

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Laissons les promeneurs que le bateau va emporter surla rive neuchàteloise et ceux que la diligence, au galop· de ses deux chevaux, emmène vers la capitale ; prenons. le chemin qui, à travers les guérets, conduit au petit village de Lully, et suivons ces groupes joyeux jusque sous le séculaire tilleul de l'église où ils vont piquer les œufs et danser les vieilles rondes du pays. - Parmi ces jeunes gens se trouve Hector Chalant, un gars de 22. ans, fils d'un notaire du chef-lieu; c'est un garçon à la figure rose et épanouie, à l'œil malin, aux épaules robustes ; une fine moustache blonde orne sa bouche rieuse et superbement meublée. A le voir constamment rire et papilJonner, on devine le jeune homme insouci.tot et heureux, fier d'un nom rE\spectable autant que d'une jolie fortune que sa qualité de fils unique lui réserve,. fier a'ussi d'une belle santé et d'une belle figure. Près de lui marche, les yeux chastemenL baissés et le sourire légèrement amer, une jeune fille d'une vingtaine d'années, au visage gracieux, à l'air délicieusement naïf; c'est Jeanne Lormeau, la fille ainée d'un honnête in-dustriel et la fiancée d'Hector Chalant. - Elevés côte à côte, dans la même maison, am1s d'enfance par l'âge et amis de jeunesse par le sentiment, Hector et Jeanne étaient tout désignés pour s'appartenir un jour. Les parents avait conçu à l'égard des deux enfants les plus beaux projets d'union. Hector prendrait l'étude de son père dès son mariage, et continuerait avec ses parents cette douce vie de famille qu'il avait toujours goûtée sous le toit paternel où le Ciel avait répandu tant de bénédictions.

III Hélas, le bonheur le plus parfait en apparence cache souvent un noir chagrin ; le plus beau fruit nourrit. quelquefois un ver rongeur. Hector, avec tous les dons que la nature lui avait départis et tous les avantages. que sa famille lui avait créés, devenait insensiblement. le jouet d'une tèrrible passion: l'ivrognerie. Ce n'était pas là une prédisposition naturelle, ce n'était pas non plus un de ces tristes moyens que recherchent souvent. les natures faibles pour détourner un chagrin, car Hector n'en avait pas, Il était aimé, choyé, adulé, la fortune lui souriait, sa santé était florissante, rien n'eût, chez lui, justifié cette supposition. D'ailleurs il avait Je cœur gai et par le fait heureux et bon, un cœur enthousiaste qui lui montrait la vie sous les plus sédui-

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santes couleurs; mais hélas, il buvait. Pourquoi 1 Par entraioemen t. Il existait en ce temps à E une société de jeunes bommes de 20 à 25 ans qui s'appelait !e Cercle des bons vivants. Il se composait d'une douzame ~e ~és~u­ vrés, futurs petits héritiers qui semblai~nt avoir JUre d_e manger leur foin en herbe;_ chaque ~o1r les retrouvait réunis dans une salle spaCieuse de l hôtel de la Rose, au premier étage. Autour d'une vaste table ronde, .~os bons vwants jouaient eo face d'un tonnea~ de_ b1ere qui était l'enjeu de 1~ so~rée. En outr~ trots. fo1s par semaine, le lundi, le JeUdi, et le sam~d1, un dlDer _extra attendait les bons vivants chez Dubots, le tenancier de la Rose, où ces agapes se terminaient toujo~rs daf:ls l:orgie, et les patrimoines si pénible_ment acquts subtssat~nt de terribles accrocs. Hector était un de~ me~~res Influents de ce pauvre cercle ; il s'y rendait à lmsu de ses parents qui le croyaient à sa besog~e, chez le notaire Picholet où il faisait son stage. Ptcholet, ho~me faible, n'osait point prévenir les parents et ceux-c1,_ en voyant le soir rentrer leur fils un peu ému, le tanç~1ent affectueusement et ne se doutaient pas des tewbles progrès que la passion faisait ch~que . jour dans cette nature si foncièrement bonne, mats st dangereusement faible. - Si bien qu'au moment où. nous le trouv~os, sur le chemin de Lully eu compagme de sa promtse, Hector Challant est, sou~ l'appareoc~ ?'un homme r~ogé, un malheureux ivrogne que la fatalite pousse tOUJO~rs plus au bord du précipice, et qui marche avec une msouciance effrayante vers l'abime qui ~oit. briser le til d'or de sa destinée. Jeanne, elle, coonatssaJt un peu la passion de son fiancé, qu'elle appelle indulgemment un dtfaut elle en souffre secrètement, et cette souffrance donne' à son joli visage un air de tristesse qui n'échappe pas à l'observateur. Ses parents lui ont exprimé leurs craintes à ce sujet, mais l'affection est restée plus forte, elle croit que le mariage changera tout cela.

IV Et maintenant les voilà sous le mémorable tilleul de Lully, devant l'humble église qui comman~e ~·entrée du village. Les groupt~s se rassemblent, co s ass1ed sur la pelouse · de larges serviettes d'une éclatante blancheur s'étaleni sur l'herbe printanière, le~ vins sortent des paniers le vin blanc de Cheyres pétille dans les ~erres, on t;inque, on fredonne, la joie est sur tous les visages,

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la fête commence. La piquée des œufs suit aussitôt le repas champêtrd, les œufs peints aux vives couleurs passent de mains en mains, s'entrechoquent, se brisent, quittent leurs coques e\ tombent dans les saladiers. L'agape recommence suivie des rondes du pays, exécutées avec un entrain charmant que rend un peu bruyant le briulet de Cbeyres, si capiteux et à la teinte rosée si tentante. Hector, un peu aUumé, veut quitter un moment son amie sous prétexte d'une commission chez le syndic pour affilire d'administration communale. Jeanne, devenue subitement triste, sent son cœur se gonfler, elle lève sur Hector ses beaux yeux de vierge et lui dit timidement: • N'est-ce pas, mon cher ami, que vous ne ferez pas longtemps, j'attends votre retour impatiemment et songez qu'en votre absence, je serai bien triste. 11 En disant cela, deux larmes furtives vinrent briller dans ses yeux, mais elle se contint, elle serra avec force la main d'Hector en lui disant d'une voix tremblante : Revenez bien vite 1 Oa ellt dit que la pauvre fille pressentait un malheur. Après le départ de son fiancé, une vague terreur s'empara de Jeanne; un morne pressentiment envahit toute son âm~, elle seotait les sanglots lui monter à la gorge, elle s'enfuit vers l'église, se glissa derrière les fonts naptismaux et, agenouillée devant l'image de Marie, elle cacha son visage dans ses mains et donna libre cours à ses larmes. Elle pria avec ferveur pour son fiancé, supplia le Sauveur et sa divine Mère d'éloigner le danger qui menaçait de troubler leur bonheur, puis elle s'abîma dans un monde de pensées tantôt sombres tantôt riantes, où lui apparaissaient tour à tour les visions les plus étranges.

v Combien Jeanne resta-t-elle de temps en méditation, voilà ce qu'elle n'aurait su dire; dans la fraîcheur de l'église, dans le demi-jour austère du saint lieu qui porte à la somnolence, sous le reflet bigarré des VItraux, à tt·avers lesquels le gai soleil d'avril tamisait ses tièdes rayons, la jeune fille agenouillée s'était assoupie. Un bruit insolite, fait de bruyantes clameurs, de cris affreux et de piétinements, la tirèrent soudain de son engourdissement ; elle se raidit un instant, jeta un dernier regard suppliant vers l'image de la mère de Dieu et s'enfuit hors de l'églit~e. Le crépuscule descendait sur la terre. La cloche de l'Angelus tintait mélancolique-

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ment dans le vieux clocher noir et là, derrière le cimetière, sur la route du chef-lieu, la foule houleuse, .surexcitée, vociférait autour de deux gendarmes coodutsaot un jdune homme. Les gendarmes avaient dégainé et avaient peine à protéger leur prisonnier contre la foule menaçante dont la fureur était portée à son comble. .Jeanne sentit de petits friss!>ns lui monter vers les tempes, de pénibles convulsions secouer tout son corps, les sombres présages que la prière avait un moment éloignés revenaient l'assaillir. N'écoutant que son affection et au mépris de toute convenance elle se hissa sur le mur du cimetière pour voir passer le sinistre cortège. Soudain un cri rauque s'échappa de sa poitrine, elle. pâlit affreusement et tomba inerte sur le sol, évaooute.

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VI Le prisonnier qu'on amenait, le lecteur l'aura deviné, n'était autre que le pauvre Hector Challaot, le fiancé de Jeanne. Après avoir quitté le champ de fète sous le faux prétexte qu'il avait trouvé, il s'était rendu à l'auberge du Chasseur où la j~unesse de l'endroit festoyait bruyamment. Là, excité déjà par les premières vape~rs du vin, il s'était imprudemment mêlé à la cooversatton des paysans, que son sans-gêne et son air légèrement moqueur avait eu le don d'indisposer dès son entrée dans la salle. Au lieu d'écouter les sages conseils de l'aubergiste qui l'invitait à rester à sa table et à laisser les villageois à leurs j~ux, il s'obstinait à se mêler à leurs discours, à boire à leur table, à les irriter par des remarques blessantes pour leur fierté campagnarde. Hector subissait à chaque nouvelle rasade l'influence pernicieuse du vin; son esprit s'exaltait, son caractère devenait querelleur, son air provocateur. A une dernière injonction des villageois d'avoir à se retirer, le fils du notaire leur décerna l'épithète d'ânes. - Ce fut le sigoal d'une de ces batailles d'auberge trop fréquentes en pays vinicole ; la colère des paysans longtemps contenue éclata avec fureur, ils se ruèrent sur le pauvre Hector qui, lui-même affolA, voyant rouge, sortit son couteau et frappa en plem cœur un des assaillant.s. La victime tomba lourdement sur le carreau, expirante. .Deux gendarmes, attirés par le bruit, firent irruption dans la salle au moment où Hector allait succomber sous les .coups qui pleuvaient sur lui et entrainé dans la rue où, meootté, entre les deux agents de la force publique.

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nous l'avons vu tout à l'heure, reprenant la tète bass& et ensanglantée le chemin du chef-lieu. ÉPILOGUE Dans un couvent de Visitandines, derrière les triples grilles d'une chapelle, une jeune Sœur vient de pronon-cer ses derniers vœux. Elle a quitté le monde où le le désespoir la consumait; elle cherche, dans la retraiteet la prière, l'oubli d'un passé douloureux où se dresse le fantôme d'un être aimé, marqué au front d'une tache sanglante : c'est Jeanne Lormeau, en religion Sœur Agathe. Derrière d'autres grilles, suant le crime, à L'ombre de ces portes massives constellées de clous, à tranches blanches et noires, qui cachent l'infamie, un jeune hommeà la figure hâve et défaite, à l'œil creux et injecté, se tord dans les affres de la folie: c'est le N° 9, ci-devant Hector Challant, licencié en droit. Le tribunal, en appliquant à l'assassin toute la rigueur de la loi, l'a condamné à vingt ans de travaux forcés. Dans le vaste cimetière d'E. deux tombes jumelles. sous un saule pleureur, étalent tristement leurs croix de bois noir avec cette inscription : • Ici reposent, dans la paix du Seigneur, Jérôme Cballant, notaire et Victorine Cballant son épouse. R. 1. P. • SoLANDIEU ..

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Au pied de la Croix Nous empruntons à on charmant ouvrage intitulé Paillettes d'or, la magnifique page ci-après, de tonte· actualité. Le long du chemin qui mène d la vie, Dieu, dans sa miséricorde, a établi pour les âmes qui montent, deux sortes de stations où elles doivent toutes s'arrêter un temps plus ou moins long, et qu'elles rencontrent toujours et plus rapprocbéell les unes des autres, à mesure qu'elles-mêmes s'approchent du but. L'une, l'Eucharistie, c'est la force qui relève et soutient., l'alimentation qui ravive, l'espérance qui rasserène. L'autre, la Croix, c'est la douleur qui écrase, qui déchire, qui ensanglante, mais qui purifie. 0 vous, enfants, encore à l'entrée du chemin, devant qui le ciel est si pur et les heures si embaumées, vous-

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comprendrqz à peine cette page écrite pour v~s mèr~s, pour vos sœurs,. pour nous to.us que, plus d UJ?e fots, vous avez surprts les yeux ple10s de larmes, mais conservez-la pieul!ement ; un jour elle vous consolera comme . elle no~s a consolés 1 Elle est pour vous, pauvres âmes désolées, qui, à cette heure le cœur saignant, l'âme presque sans amour et l'int.eiÏigence sans lumière, vous trouvez ~rrètées à la station de la Groix et qui, comme Jésus, dites, avec cett~ voix du cœur si déchirante, alors même quelle est s1 résignée: Mon Dieu 1 mon Dieu 1 pourquo~ m'avez-vous abandonnée ?

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Ecoutez-la elle est sortie du cœur ému dun évêque, et elle a été' pieusement recueillie sur ses lèvres. • 0 Jésus, quel est ce groupe fidèle qui se tient debout au pied de votre croix 'P • ,. C'est Marie votre mère: c'est Jean, le diSCIJ:Ile préféré· c'est Madeleine ce sont ceux qui vous ont le plus aimé et que vous av~z le plus aimés sur la t~rre ... Et voilà ce que vous avez choisi pour eux 1 _You~ les avez placés le plus près possible de votre Cl'orx, J'lkXta crucern· vous les y avez placés dehout, Stabat Mater . . • Oui,' debout 1 Dans votre implacable tendresse, vous avez exigé qu'ils fussent comme un reflet de vous-même par la farmeté ainsi que par les douleurs. . ,. . ,. Vous n'avez point pris en compassiOn que ~ et~Ient des femmes, après tout faib~es el tendres; que c était un homme jeune et peu aguerri encore aux ~uttes de.s grandes souffrances. Vous n'avez point permts ~u brisement de leur cœur de briser leur courage, de le Jeter à terre dans la prostraüon de la douleur. "Vous n'avez pas même perm~s à ~ette doul~ur de s'appuyer sur la croix dont le souhen lut coûlatt si cher: non, il a fallu qu'ils restassent d~bout, seantes 1 Debout sous votre croix, debout à vos pieds, ne per,dant pas le bruit du brisement d'un de vos muscles, dun~ goutte de votre sang tombant sur la terre dure . .. , 01, quand est venue l'beure suprême, d'un des tremblements de votre haleine inégale, oppressée par la mo~t. . , Juxta crucem . .• 0 Jésus, c'est donc ainsi que vous en agissez a"ec ceux ·qui vous sont chers 1.•• " Vous les associez noblement à l'œuvre de la .rédemption ; vous retracez en eux votre image, et si parfois, car, Seigneur, ils ne sont que des hom.mes .et vou~ s.avez de quel limon vous nous avez pétns, BI parfois Ils


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succombent sous le po ids des douleurs, surtout quand vous lPs comblez par l'amertume de vos délaissements la plus cruelle de toutes; alors pour les relever et le~ soutenir, vous vous penchez à l'oreille de leur cœur et rappelant au miroi~ de leur pensée ce groupe d~ 1~ crotx, vous leur dttes tout bas, avec cette puissance .(}'accent qui n'appartient qu'à vous et qui remuerait des mondes : Je vous crucifie, donc je vous aime l , 0 mou Dieu, comment arrivez-vous à transformer notre nature au point de lui proposer la souffrance comme une preuve d'amour, et conséquemment comme désirable 't • Comment avez-vous pu dire à l'homme charnel et désireux de jouissances, sans qu'il s'élevât contre vous de to~te la for~e de sa lib,re volonté : Je vous crucifie, donc 1e vous azme 1 Oh 1 c est que le premier, vous nous avez aimés jusqu'au crucifiement de tout vous-même : cructfiement barbare de tout votre corps par les tortures physiques, crucifiement cruel de votre cœur par la méchanceté des hommes et l'abandon de Dieu, crucifiement de votre dme par la vue divine de tant de pauvres insensés qui oe voudraient pas profiter de votre mort. , Et, comme l'amour cherche toujours à confondre ceux qui s'aiment dans une parfaite harmooie de situation et de sentiments, vous nous dites eo portant sur nous la main do l'amour, de l'amour inflexible comme toutes les forces: Je vous crucifie, donc je vous aime 1 . , ~t, v~us a~outez: VoyezMarie, ma mère, voyez mon dt~ctple b.t en-atmé, voyez Madeleine ; tandis que, de ma votx détatll~nte., ~ont. les accents les faisaient palpiter tous les trots, J at prté pour mes bourreaux et j'ai eu de miséricordieuses promesses pour Je bon larron · pour ~ je n'ai e~ que 1~ silence, ou cette dure par~le, au heu des sentiments d une sainte affection : Femme, voilà

votre fils.

, Oui, mais à leur cœur qui s'unissait au mien dans une inexprimable communion de douleur et d'amour je diaair, par une vibration intime et ineffable: Je v~us

crucifie, donc je vous aime 1

• Et vous aussi, mes élus, élus par conséquent de la souffrance et de l'épreuve, n'Arrêtez point vos pas dans les sentiers épineux où je vous fais marcher, ne détournez pas vos . lèvres de la coupe que je voas présente. Ne vous platgnez pas, surtout, que je vous laisse et que

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je vous. oublie dans la solitude et la désolation; n'allez p~s cr01re qu~ vo~re martyre échappe à mon regard indifférent ou dtstratt; non, mille fois non 1 Vo·1s soutrrez vous pleurez, vous agonisez peut-être 1 ••• mais écou:. tez: Je vous crucifie, donc je vous aime 1 , Voua surtout qui suivez les sentiers du Calvaire en demandant après moi la rédemption des âmell marchez marchez toujours : 1rainez, traioez-vous Je m~ins possi~ ble. Ne me marchandez pas un sacrifice que je puis vous demander. • MarchPz courageusement et toujours, en tenant vos yeux élevés vers moi qui suis crucifié au sommet et ven~ mes chers bien-aimés, placés à mes côtés. ~ Achevez votre journée laborieuse ouvriers magnanimes, et, si le prix ne vous en t=!st pas donné avant la fin du travail, soyez eOrs que vous le trouverez après votre réveil du lendemain. • ~es .regards sont attachés sur vous, et je ne frustrerai po10t vos touchantes espérances : Je vous crucifie, donc je vous aime 1 • "~.;.:...

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Cultivons et soignons le groseillter {lJédié à l'Ecole primaire.) Voici un arbuste peu connu et peu apprécié, da moins dans notre canton, malgré les nombreux services qu'il peut rendre à l'agriculteur, au jardinier comme à l'exigeante c.uisinière. Si l'utile doit être préféré à l'agréable le grosetller devrait être plus estimé que le rosier si ~ec~erché dans le monde entier pour l'ornement de ~os Jardms, à cause de ses fleurs au parfum exquis et pénét.rant, aux couleurs éclatantes et variées. Si ses fleurs modestes ont une odeur moins suave, des couleurs moins vives, moins séduisantes, il a en revanche des fruits d'or ou de rubis qui charment agréablement et la vue ~t le gollt. ~endant quelques semaines, ils font les déhees des gosiers enfantins, qui s'en donnent à bouche que veux-t~ ; ce q~i reste, est transformé en compotes. gelées ou strops qut font 1 orgueil et la gloire de la sage ménagère. Rares sont les jardins sans rosiers, et nombreux le sont ceux sans groseillers; n'allez cependant pas extirper ceux-là pour ceux-ci, car il y a place pour les deux.

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Autant les premiers tiennent à briller à occuper le point le plus en évidence du parterre, auta~t les seconds recherchent les lieux les plus humbles, les plus reculés e~ semblent cacher avec un soin jaloux, leurs fruits auxq~els on en veut. Leur fertilité est proverbiale: Jamais, d1t-on, on ne verra groseillers sans fruits. ,.Il es~. très facile d'écouler les groseilles chez nous; 1 mdustr1e d~s Con~erves alimentaires de la vallée du RM~e, ~tabhe deputa quel9ues années avec siège commerCial a ~axo~, le,s accueille avec faveur. Aussi, sur le d~cha de 1 été, 11 n est pas rare de voir des caravaues d enfants et même de grandes personnes aller en cueillir ~ans les hauts pâturages de nos montagnes pour les hvrer ~u. commerce à un prix assez élevé. Cultives ~an~ no.s pr0priétés au sol plus riche et entourés de so1ns ec.la.u és, les groseillers donneraient chaque a~née une. prodigieuse récolte de beaux fruits et on s épa~gnera1t, une grande perte de temps. Propager les groseillers, c est augmenter à peu de frais ses revenus et e~ même temps faire une œuvre patriotique par u~ appu1 efficace au développement d'une industrie cantonale. Différentes espèces de groseillers à l'état de nature se rencontrent fréq~emm?nt dans nos forêts, depuis les bords du. Rhône Jusqu au pied des glaciers. On les divise en groseillers à m9:quereau épineux et en groseillers à grappes ~t. sans épmes. Les premiers ne peuvent guère être cult1ves au-.dessu~ de 1100 mètres et se propagent s.~rtout par sem1s, qUI ont produit les nombreuses varlet~s . dont quelques-unes sont d'une grosseur extrao~dlnalre et. d'un gollt suer~, exquis, guère surpassé par d autres f~u1ts. Ils e:z:tgent .tres peu de soins et produisent beaucoup, pour avo1r tOUJOurs de beaux fruits il faut rabattre .les br~nches qui produisent depuis t;ois ans. Leurs ~rUI~s mllnssent en juillet et commence.nent d'aollt, Pe':l dtffiCJle~ sur le ~hoi~ du terrain, ils s'accommodent factlement d un terra1n pleJ·reux maid frais. Ils c,·oissent naturellement dans les forêts de nos côteaux où malgré un. abandon regrett~ble et la pauvreté du s~l, leurs fru~ts abondants attetgnent quelquefois la grosseur d'une cense. Ces gro.seillers .épineux sont d'une grande utilité pou~ los p~opr1été~ qu1 ont besoin d'une clôture efficace; (uo1que, d une .momdre hauteur, ils devraient être préérés à 1~ubépme; même abandonnée!! leurs touffes ne se dégarnissent pas et forment une haie impénétrable.

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A défaut de meilleures, on ne doit point dédaigner cette espèce sauvage; la culture et la qualité du terrain en -amélioreront les fruits. Les groseillers à grappes sont plus estimés, plus répandus et plus producLifs encore que ceux à maquereau. Ils préfèrent les terres douces et fratches, sans excès d'humidité. Les principales variétés sont: celle à fruite .acides, d'un beau rouge qui croit naturellement dans les hautes forêts, côte à côte du pin des Alpes et du rhododendron; celle à fruits limpides, cristallins tirant sur le doré, acides aussi, mais beaucoup moins que les précédents ; et celle appelée cassis à fruits rouge-sombre -ou noirs, de la plus grande douceur eL qui fournit la liqueur qui porte son nom. . Ces trois espèces conviennent particulièrement comme bordure ou haie des vergers et jardins ; elles peuvent recevoir différentes formes et même être mises en espalier; cependant, vu leur destinalion ordinaire, il vaut mieux les élever en touffes. Leur multiplication est des plus faciles : on coupe des bourgeons de la dernière ou avant-dernière poussée et -on les met en terre en automne ou au printemps aussitôt après le dégel. Pour la partie qui doit être enfoncée en terre et destinée à produire des racines, on veille à la conservation da l'anneau de la naissance du bourgeon ; il s'y trouve beaucoup d'yeux latents d'où naissect de nombreuses radicelles qui contribuent à former des souches vigoureuses. On peut aussi les multiplier en prenant une branche quelconque, mais il faut l'entourer d'un peu plus de soins. La reprise sera plus assurée dans un terrain humide ; s'il ne l'est pas assez, on y rémédiera par de fréquents arrosages. Dans les haies formées de cet arbuste, on comble les vides qui peuvent s'y produire en couchant une branche en terre et en ayant soin de la détacher de la branche mère après la reprise. Aucune difficulté ne se rencontre pour la taille et pas n'est besoin d'être vigneron; les quelques remarques suivantes pourront cependant être de quelque utilité. La première année après la reprise, afin de faire naître de nombreux bourgeons ac ras du sol et d'avoir des touffes bien garnies, on taille très court; ce but atteint, on taillera plus long les années suivantes et l'on devra toujours se rappeler que les groseillers ne donnent une abondante récolte que sur le bois de deux ans. Le gro-


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seiller cassis fait exception, car le bois d'un an porte fruit et peut être rabattu plus souvent. On laisse se développer chaque année les branches nécessaires pour avoir de belles touffes; il est très important d' enlever les bourgeons qui partent du p1ed, appelés gourmands ; eeux-ci accaparent la plus grande partie de la sève destinée aux branches fruitières et à leurs fruits et en diminuent la quantité et la qualité. Après six ou sept ans, les vieilles branches deviennent trop élavées, se dégarnissent du bas, ne donnent plus que des fruits de médiocre valeur. Dans ce cas on conserve cependant les jeunes bourgeons qui partent du bas et qui sont destinés à les remplacer. Vous le voyez, le groseiller peut être l'ornement du jardin, une ressource pour l'agriculteur, un trésor pour la cuisinière, et cela presque sans travail et sans peine~ Ne l'oubliez donc pas, mais au moment voulu multipliez-le le plus possible. Ménagères, insistez auprès de vos maris pour obtenir d'eux de nombreuses boutures de ce précieux arbuste, dont ils pourront utiliser même leR rameaux pour des tuyaux de pipe, si pipards~ ils sont, comme hélas! il y en a beaucoup dans le monde. M. S. ins t

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a péri parce que Dieu en avait été chas!!lé ; la nouvelle est souffrante parce que Dieu n'y est pas entré. Ceux qui frémissent encore à l'apparition d'une soutane ont beau se targuer d'être des hommes de progrès, ils ont beau s'affubler deR noms de philosophes et de libres- penseurs : ils ne sont que des hommes du passé momifiés dans des formules vieillies, captifs d'une tradition surannée. Ils n'ont ni l'intelligence, ni la force de se dégager des lisières de leur enfance et des préventions de leur éducation. Ce sont eux les rétrogrades ; c'est l'anticlérical, le mangeur de curés qui retarde sur le siècle. En craignant d'être dupes da l'Eglise, ils sont le jouet des préjugés d'un autre âge. A. LEROY-BEAULIEU. L'un des malheurs du monde, c'est de n'avoir aucune idée de ce qu'enseigne l'Eglise. La plus grande force de la polémique contre nous consiste à nous prêter des dogmes que nous n'avons pas. P . G RATRY'

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SOMMAIRE : Société valaisanne d'Education, assemblée générale. P erfectionnement des instituteurs valaisans (à suivre). Préparation de la classe (à suiv re). - Un moyen. d'occuper les petits e nfants dans les écoles à classe u~~qu~. -:La lecture à l'école primaire. - A propos de 1 mstmc~­ - - Un procédé p our intéresser les élèves à ~a. c~mpos1~ tion française. - Les écoles primair~s am~ncames ( tZ szti1,re}. - Echo des conférences. - Part1e prat1que : Style. - Supplément : Conclusio1ts de rapp or ts.

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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé

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à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétair.e au Département •

de l'Instruction publique, a Sion.

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No 09 l'Ecole primaire, 5 Avril 1895 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu