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No 11 l'Ecole primaire, 15 avril 1886

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Une partie générale traite des sujets intéressants et instructifs, se rapportant aux diverses branches de l"économie sociale. - Des sujets de lecture expliqués en vue des questions qui peuvent être adressées aux recrues. - Des sujets de composition (sujets des examens), accompagnés de directions et explications sur les lettres et autres actes usuels. - De l'arithmétique (problèmes donnés aux examens), avec problèmes expliqués et le calcul du tant pour cent. - De la géographie, de l'histoit·e, de l'instruction civique, traitées au point de vue le plus pratique possible, et résumées par des questions qui ont pour but de donner aux jeunes gens une idée exacte des connaissances exigées par Les examens auxquels ils sont appelés. Le Jeune citoyen forme chaque année un volume d'environ 200 pages, paraissant en 10 numéros, de novembre à mars. - La série de 18851.886 sera livrée, brochée, pour le prix de 1 fr., plus les frais dl:' port, à toute personne qui en fera la demande à M. Payot, libraire, à Lausanne, ou à l'éditeur de l'Ecole primaire, à Sion. Disons, en terminant, que le comité airecteur, de rédaction et collaborateurs du Jeune Citoyen est ainsi composé: L. Beausire, F . Gaillard-Pousaz, P . Golaz, L. Pelet, C. Pelichet, A. Rcitzel, E. Trolliet, P. VHLoz, tous à Lausanne, A. Matthey, à Montreux, L. Genoud, à Onnens (Fribourg), H. Gobat à Corgémont (.Tura-B.), C. Thorens, à Lancy (Genève), P. Pignat, à

Sion.

tym• ANNÉE

SION 15 Avril 1886.

Pli lAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE J,A

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION

Jtetite poste. - MM. L. JIL à R.; F. R. à D. -:Merci pour envoi du n° 9 de l'Ecole.

................................... REQU de la librairie F .

PAYOT,

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GILI.IÈRON, maître de mathématiques. Cet ouvrage comprend 3 séries : 1r• Nombres entiers, 25 c. - zm• Fractions décimales et syst. métr. 25 c. - 3m• Fractions ordinaires, règles de trois et celles qui en découlent, 35 c. (Chaque série se vend séparément sans les réponses. Avec celles-ci, le prix du livre est 1 fr. 25 cart.)

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L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît le 10 et le 25 de chaque mois, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement ponr la Suisse, 2 f'r. -Union postale, 2 f'r. 50.

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Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recena doux exemplaires aura droit à une annonce ou à compte-rendu, s'il y a lieu.

SO:MM.AIRE

ATELIER DE

RELIUR~~

ET

Encadrement de .rravures Travail soigné - Prix modérés. Ant. CABRIN, Sion, rue de Conthey.

Alleluia ! - Expositions scolaires locales et annuelles. - Culture du cœur.- L'école buissonnière. - De la récitation à. l'école primaire au point de vue intellectuel, moral et patriotique. - De l'enseignement collectif.- La gaieté à. l'école.- Pédagogie au jour le jour. - Variétés : Quelques anomalies de la languE~ française. - Poésie : L'envers du ciel. - Anecscolaires.

Tout oe qul oonoerne la publloatlon doit être adressé à l'éditeur : liL P. PIGNAT, seorét. au Départ. de l'lnstruotlon publique, à Sion.

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A nos abo11Dés.

!f• 11.

Sion, 15 Avril.

1885-88.

La conférence Taidc! est jointe il celte linaison, ne nous éta nt arriYée, contre notre attente, a~sez tûl pour partir aYec le numéro to annon~ait la contenir. ' ORGANE DE LA

A PLUSIEURS ABONNÉS Qnelqncs souscripteurs cln Centre ct rl'aillenrs dnin•nt encore lenr abonJtemeul de 188f)-86 à l'Ecole primaire. Xous alle11ùrous jusqu 'au 1•· mai arant de prendre en retuholtl':>tmenl k IIWlllanL dù, aliu de (Jermettre aux intéressés d'ntilber lïnten·ailc j)t)lll' s'acquitte•· directement ou par J'em·oi de timbres-postr. Il y a une petite économie pour eux à payer de la mauiP-rc indiquée ci-haut. Ceux qui doi,·ent également encore poul' fourniture de Bons petits Lirres ou autres ohjrls, penrcnt ri.•glcr ces montants jusqu'à la susdite date auprès elu Secrétariat de L'Instruclion publiq1tc. 4

I ...E Sl:T1-l,TIOPFIONE Organe international ct polyglotte tirs instituts de sou!'ds-muets. clïdiots ct d'areugles, parais~ant le L"' de chaqnc mois en li\'l'aisoas de 32 p11ges. Prix d'abonnement poul' J'Union postale: 8 ft•. Pnnr la l'èllaction r t les ahonuCHlCnts, ,.\adresser il M. Th. 1\Tcttenet, officiet· d'Académie, à Bourogne, près Belfort (Fmuce). Nous ne pon,·ons que recommander cette utile publication, dont le p micr numéro, qui Yient de paraître. 11ous est atTiré ces jours. Le maire en est intéressant et cette JtOuYclle revue promet de ren<lrl' réels services. Aussi. sonhaitous-nous arec plaisir la biem·enuc ù ce 11 veau confrère: en faisaut des nnux IJUUL' sa prospérité. AVIS OFFICIE 1. Le Dôpartcment tl<' l'instruction vnhliquc rapprllc aux in8titntrnrs et inf'ti. tutriccg, dont ln bl'Het temporaire est expiré, qu'ils ont à subir, à la cllltnro dr l'i•cole normale, un examen en YIH' dr l'obtrntion tin brrwt Mfinitif. CrUe obligation vise crux rjui ont été antori~é:; ou dipWmés ::ous la loi actuelle :-;ur l'instruction pnbliqne, ainsi que ceux qui :;;e tronYent dans le cas préYn à l'article 4ü du Règlement du J!J nm·eiilb1·e 18ï 1 sw· l'outention du b1·eret d'instituteur. Dans le but de fournir aux instituteurs et aux institutrices ùes deux langues l'occasion de passer aYec su<·<·ès l'rxamen prescrit, un cours de répétition s'ounira à Sion et à B1·igue, le lundi .']mai prochain. Le personnel en;;eignant qui, lors des examens de clùture de l'annee dernière, n'a pu être brevet e, est obligé d'y prendre part. Les instit uteurs et les inst itutrices qui, sans motifs reconn us fondés par le Département, ne se présenteront pas pour subir l'examen exigé d'eux, perdront le droit à un subside en ne régularisant leur position que lors d'un

• SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION • A l'occasion de la grande solennite de Pâques, qui approche, nous ouvrons le présent numéro par la nouvelle charmante production qu'on va lire, et que l'auteur dedie en primeur à l'Ecole primaire pour la circonstance. Grand merci une fois de plus à Mario de ses aimables attentions pour notre modeste revue.

.A.LLELlJI.A.!

Avril est revenu. L'hiver a replié ses pavillons. De la plaine aux coteaux, la terre partout a mis sa robe de verdure et son manteau de broderie, riant, clair et chaud. Tout verdoie et fesLoie, tout chante et tout nous crie : Alleluia 1 Du brin d'herbe au grand chêne chacun s'habille à nouveau, et se revêt de ce qu 'il a de plus beau. La violet.te fleurit le gazon, et J'aubépine les buissons. Mille doux parfums flottent dans l'air. C'est l'encensoir des campagnes : Alleluia 1 Le soleil dore nos vallons. Sous la ramée, dès le matin, les oiseaux nous font entendre de beaux concerts. Tout renaît et palpite. Il n'y a pas jusqu'au plus petit ruisseau qui ne chante et gazouille, et dans son langage ne nous dise : Alleluia 1 Avec avril voici Pâques, la fête solennelle, Pâques, la fête fleurie, la vieille fête toujours jeune, et qui apporte avec elle un parfum de renouveau. C'est la journée que pour nous le Seigneur a faite. Réjouissons-nous en elle : Alleluia 1 Et Pâques, c'est la fête la plus belle, la fête des noces de l'Agneau. Au royal banquet~ riches et pauvres sont conviés. Pour y entrer point n'est besoin d'or ou d'argent, mais il faut revêtir la robe d'innocence, et du fond de son cœur dire aussi : Alleluia 1 La nuit est passée. Du premier jour de la semaine voici l'aurore. Déjà du tombeau un ange a soulevé la pierre. Il a parlé aux saintes femmes, et leur a dit : • Ne craignez point.» C'est Pâques, la fête de ceux qui croient et qui espèrent. Le Christ était mot1, - il est ressuscité : Alleluia 1 MARio... EXPOSITIONS SCOLAŒES LOCALES ET ANNUELLES

De quoi se plaignent, en général, l e~ mattres, les autorités locales, les personnes qui, à un titre quelconque, s'occupent de nos


162 écoles de village 'l- De l'indifférence des parents. Cette indifférence peut être le résultat de bien des causes diverses: mais la principale est certainement que la plupart d'e11lr'eux ne peuve 11 t apprécier les bienfaits d'une culture qu'ils n'ont pas reçue euxmêmes. Dès lors, ne serait-il pas bon, pour les intéresser à l'école. de leur faire voir ce qu'on y fait, de leur faire toucher du doigt; pour ainsi dire, les r ésul tats qu'elle produit, de leur faire constater à eux-mêmes les progrès de leurs enfants! Les distributions de prix y aident bien, mais on n'en fait guère que dans les localités importantes. Une exposition scolaire annuelle et locale serait, à notre avis, bien plus efficace. L'une, d'ailleurs, n'empêcherait pas l'autre. L'exposition serait J'accompagnement naturel de la distribulion des prix là où celle-ci existe; elle en tiendrait lieu où la distribution n'existe pas. Voici comment celte exposition pourrait être organisée. Les élèves laisseraient à l'école, jusqu'aux vacances, tous leurs travaux de l'année: cahiers d'écriture, de dictées, de problèmes, de narrations et de leltres, de géographie, de dessin, de mesurage, de cubage, etc.; les petites filles y laisseraient, en outre, leurs derniers ouvrages de tricot el de couture. Les instituteurs conserveraient, réunies en liasses, toutes les compositions hebdomadaires de l'année; ils établiraient un 1·egis!Jre d'honneur, sur lequel ils feraient transcrire toutes les semaines la meilleure composition faite dans chaque cours, ou un devoir ordiHaire exceptionnellement bon. Ce registre d'honneur serait conservé dans les archives de l'école, et, après quelques années, le rapprochement de tous c.es registres, de ces livres d'or de l'école, pourrait donuer lieu à des comparaisons fort intéressantes. Le moment venu, ils orneraient les murs de la classe de dessins, de cartes, de plans faits par les élèves: ils y ajouteraient des sentences morales, des maximes de coHduite, écrites par les plus habiles. Ils seraient naturellement portés à donner à leur école pour la circonstance, et peut-être à leur conserver dans la suite, cet aspect qui inspire la gaieté et la gravité, l'attrait et le recueillement, ce je ne sais quoi qui devrait toujours caractériser une maison d'éducation. Beaucoup d'entr'eux voudraient sans doute aussi, pour ce moment-là, étaler aux yeux leur mobilier enseignant; ils s'ingénieraient à compléter, à enrichir leur musée scolaire; ils orienteraient leur classe en dessinant au plafond une rose des vents ; ils confectionneraient un mètre linéaire, un mètre carré et même nn mètre cube réels; ils \'Oudraient avoir une balance, des mesures effectives, les corps géomf>triqucs les plus usuels, un fil i.l plomb,

168 un niveau de maçon, voire même un niveau d'eau, une chaine et un~ équerre d'arpe~leur; puis que_lques tuyaux de drainage, un petit syyho~, un relief en ~e1:re glaise ou en mastic représentant approXImativement le ternt01re de la commune avec ses principaux accidents, des échantillons des diverses espèces de terres du pays, des graines qu'on y sème et des plantrs qu'on y cultive des échantillons aussi des principaux centres industriels de la ré~ gion, des insectes utiles et des insectes nuisibles, etc: tous ces objets,en un mot qui parlent aux yeux,aident à rendre l'enseignement clair et intéressant, et permettent de développer l'intelligence des enfants en leur donnant sur tout ce qui les entoure des notions instructives et variées. L'exposition s'ouvrirait le dimanche qui précède les vacances, et le~ parents seraient invités à venir la visiter, pendant toute la semame, après les heures de classe. On comparerait les travaux faits au commencement et à la fin de l'année: on conf:ltaterait les progrès. accomplis. L'instituteur pourrait même interroger quel~u~s éleves en présence des visiteurs ; il leur ferait lire une page m teressante, resoudre un problème usuel, expliquer l'utilité de t~~ objet, les avantages de telle pratique. Il ne manquerait pas d mterroger de préférence les enfants sur des choses immédiatement applicables dans le milieu où ils vivent, intéressantes par conséquent, et utiles à connailre pour les pal'ents eux-m~mes afin de les convaincre de vis'Mde l'utilité pratique de son ensei~ gnement. Les parents verraient mieux ainsi ce qui se fait à l'école · nul doute aussi que ceux d'entr'eux qui ne se seraient pas asse~ gênés pour y envoyer leurs enfants, remarqueraient leur infériorité relativemen~ à d'autre!:' du même âge~ mais plus assidus, et que la. constatatiOn des conséquences de lenr négligence leur ferait fa1re sur eux-mêmes et sur la manière dont ils s'acquittent de leurs devoirs un retour salutaire. Le dimanche suivant, les autorités locales se joindraient à l'in~tituteur pou~ procéder à la distl'ibution des prix, et, s'il n'y avait pas de pnx, au moins à la proclamation solennelle des places méritées d'après la moyenne des compositions et des examens de fin d'année. . Nous aimons à penser que cette fête des enfants, cet inventaire mtellectuel et moral de l'année intéresserait la famille et que toute. la population de l'endroit s'y associerait. Les autorités lo~ales et la commission scolaire ne se refuseraient certainement pas a seconder les mattres dans celle œuvre, au moins par leur présence et leur haute approbation. Ils trouveraient là d'ailleurs une occasion excellente et toute naturelle de rappeler aux familles les


164 graves devoirs qui leur incombeut dans l'éducation de leurs enfants. (A.rrangé d'après un chapitre tiré des Souvenirs de dix ans d'inspectwn, par J. Carré.)

CULTURE DU Ca:!:UR. Protection des animaux.

II. Les animaux qui vivent autour de nous contribueut à notre nourriture. à nos travaux et à notre birn. Les uns sont domestiques, corrime le chien, le cheval, le bœuf, la vache, le mouton, la chèvre, les animaux de basse-cour; les autres sont att,Xiliaires, comme les oiseaux insectivores, la taupe et. le hibou, la chauvesouris, le crapaud, etc. Ces derniers, quoique ne vivant pas sous le toit de l'homme, détruisent, au profit de l'agriculture, un gL"and nombre d'animaux qui dévoreraient nos céréales et nos plantations. ll est donc très important - dit justement la Revne poptûaire illustrée de la Suisse romande, à laquelle nous empruntons les lignes suivantes - de bien connaître Je rôle des animaux dans la nature, afin de n'en détruire aucun par ignorance, ou par l'odieux plaisir d'ôter la vie à un être animé, auquel le Créateur a fait une part de vie et de bonheur. Mais lorsque notre intérêt nous oblige à nous débarrasser d'animaux manifestement nuisibles, il faut s'efforcer d"amoindrir l'horrible supplice de l'agonie, car les animaux ressentent, comme l'homme, les atteintes de la donleur. Si nous devons épargner toute souffrance inutile aux bêtes malfaisantes que nous sommes obligés de détruire, à plus forle raison devons-nous aux animaux domestiques, des soins, un abri convenable, une nourriture suffisante, et toujours de la douceur et de la bienveillance. L'industrie et l'agriculture ne se seraient point développées si les animaux domestiques ne nous avaient apporté le secours de leur force obéissante ou de leur intelligence dévouée. Etre doux et bienfaisant envers ces collaborateurs si peu exigeants, est un acte de juslice. Notre intérêt nous apprend aussi à ne point maltraiter les animaux. Le chien aime davantage et garde mieux la maison d'un bon maitre. L'intelligence du cheval se développe sous la direction d'un laboureur ou d"un voHurier qui n'est pas bL"utal. Le cheval comprenant mieux, obéit plus vite, il se fatigue moins, il n'est jamais rétif ni découragé, sa vie est plus longue; enfin la chair

165 des animaux de boucherie qui ont été bien traités est plus savoureuse et plus saine. Chacun se rendra facilement. compte de tous les avantages qui résultent pour l'homme de boos traitements envers les animaux· On pourra également évaluer ce que coûte, à la fortune individuelle ou publique, notre brutalité ou notre incurie mais il suffit d'écouter son cœur pour être convaincu que tortur~r un animal qui nous est livré sans défense est une action odieuse. Du reste nous n'avons pas deux natures, l'une cruelle envers les bêtes' l'autre bienveillante envers nos Sl:'mblables : celui qui brutalis~ son cheval est enclin à battre sa femme et ses enfants. Il n'est ja.m~i~ trop,.tard .pour ense!gner à l'homme les égards, les bQns procedes qu Il doit aux ammaux ; mais les habitudes s?nt .tellemen~ coriaces ~t dures à entamer qu'il est toujours plus difficile de fatre empremte sur les vieux que sur les jeunes. L'enfant est plus ou moins malléable; l'homme d'un certain âge rompt plus souvent qu'il ne plie. C'est donc le cas de s'adresser de préférence et avant tout à l'enfant, soit qu'il s'agisse de parler à l'intelligence, soit qu'il s'agisse de parler au cœur. Nous avo~s dans les ville~, ~ussi bien que dans les campagnes, des gens qm passent leur VIe a malmener les animaux sans le moins du monde s'imaginer qu'ils commettent ainsi j~urnelle­ men~ de très mauv~ises actions. A leurs yeux, la peau du cheval a éte créée pour le fouet, le cuir du bœuf pour l'aiguillon, Je mouton pour exe~cer la dent du chien, et celui-~i à son tour pour essuyer la mauvmse humeur du maitre et lm Jéchf:r la main après cela. Ils ne voient pas dans la bête l'être qui souffre. qui sent ou se réjouit à l'occasion, l'être qui se souvient d'une caresse et se révolte sous une brutalité. Si l'homme gagnait quelque chose à se conduire en sauvage vis-à-vis de ses animaux de rente ou dP travail 1 mais au lieu d'y gagner, il y perd. Une bête maltraitée ne prend point la graisse et ne donne pas de lait comme une bête traitée avec douceur. Un cheval de trait brutalisé, élevé à coup.s d~ fou~t, à coups de pied, devient forcément vicieux, plus ou moms mlraltable et songe plus à prendre sa revanche qu'à rendre des services. Conseillons la douceur à l'endroit des animaux. Conseillons-la s~r les ~anc.s de !"école, au .royer domestique : appelons à notre rude les m~.tltute_urs et aussi les mères de famille, qui ont plus que nous l mtelhgence du cœur, et nous n'aurons pas de pl:'ine à former une génération qui honorera le passé. Le jeune âge est sans pitié, dil-on. Enseignez-lui donc la compa.ssion pour les bêtes. Souvenons-nous qui:' les hommes ont besom de développer en eux les sentiments sympathiques, la pitié,


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la générosité, aussi bien que les sentiments du beau et du vrai. Rappelons-nous que les guides de la nation, les membres des autorités municipales, les instituteurs et les éducateurs des générations futures sortiront de la jeunesse qui peuple aujourd'hui nos écoles.

L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE Oauserie pédagogique. (Suite et fin.)

Le caractère spécial de ces leçons saisies pour ainsi dire en l'air est d'être absolumenl improvisées, lestement tournées, toujours très brèves : de toutes petites leçons, des diminutifs, des embryons de leçons. Trois minutes, c'est assez: cinq, ce serait déjà beaucoup 1 -Vous ne sauriez prolonger davantage: car il ne faut pas faire confusion des moments et des choses, transformer une promenade en une classe, un exercice hygiénique en un travail intellectuel. Chaque chose à sa place et à son heure. Mais, dans les limites discrètes que je viens d'indiquer, ces petits incidents, ces rapides explications appelées par l'occasion, sollicitées par la curiosité, accueillies sans effort, ne peu vent qu 'apporter un élément de variété, une diversion parmi les jeux mêmes.Pour être vivement, et très sommaires, elles n'en sont pas moins fructueuses, ces leçons buissonnières; elles profitent, d'abord, de ce que nulle préparation ne saurait donner: l'imprévu, la coïncidence, l'instant heureux, le trait vif qui vous saute aux yeux, et qu'on ne retrouverait pas à volonté. - Puis elles habituent l'enfant à regarder autour de lui, à s'intéresser aux choses ambiantes. Elles lui font sentir que si ce n'est pas toujours le moment d'étudier, de travailler, c'est toujours le moment d'avoir l'œil et l'esprit ouverts, de voir ce qui se montre et de regarder ce qui passe. Or, disions-nous en commençant, cette manière de s'instruire sur mille choses par des observations fugitives et des idées prises au vol, est tout à fait dans la nature de l'enfant., ou plutôt c'est sa nature même. Et., si l'on m'en croyait, on multiplierait ces sortes de leçons-là, fallM-il prendre un peu sur le temps des autres. De ce qu'un enfant est assis sur les bancs de classe, de telle heure à telle heure, il ne s'en suit pas • qu'il soit là, • vous savez. Il est peut-être bien loin; la fantaisie entraîne on ne sait où cette mobile pensée, que les vagues perceptions d'un milieu trop habituel, d' objets trop connus, ne retiennent pas dans la réalité.Mais, au jardin, à la promenade, sans doute • il est là • ; les sensations plus vives et plus fraîches le ramènent aux choses présentes. A

vous de mettre la main sur ce papillon quand il va s tel objet, sur telle idée. ' e poser sur Ceci , est à la. leçon- de, choses proprement d1"te• classz·que s1· vous vou 1cz me permettre d employer ce mot ce qu'une e '· au dessin fini. Malgré la légèreté du trait et r1·mpr squtJssde eslt ~ . - · , omp u e a 01 me, pmsque c est, au fo~d, une leçon, les préceptes généraux de la leçon de choses .sont egalement de mise ici; il suffit de faire abst: actwn de. ce qm ~st prépara.Lion, développement; il reste, vom Je fon?, 1observatwn sur le VIf, le raisonnement immédiatemeHt a~pele en face de la cho~e vue, l"esprit. de la généralisation et, pour. _la forme, le langage s1mple, clair. familier le geste et 1~ ton va_~Jes. ~n croirait. q~'il ~st un don, pour certai~es personnes - et J en a1 connu qm l avment, - un art inné d'intéresser le~ enf~nts par l~urs moindres paroles, sans effort; de jeter leurs pe.t!Les c~use.ms avec un tel charme de simplicité qu'on se deman?e ou _est le charme, et de semer les idées à la volée comme on. sem~rait 9e~ fle~rs. Mais cela peut aussi, jusqu'à ur~ certain poml, s acq~enr. L ,habitude donne la facilité. Le soin de pré arer les leçon~ developpe~s et règlementaires est le meilleur ex~rcice SP iaço~ne: a l art plus délié des petites leçons improvisées e . a ca~sene a travers choses. Qui travaillera bien les une~ ar~·n:-era a enlever facilement les autres; c'est par l'enseignement s~1~1 de la ~la.sse qu'on se préparera à faire avec grâce, avec attrait, avec irmt, ce que nous avons appelé l'école buissonnière.

sour

C.

DELON.

De la récitation à l'école primaire au point · d vue intellectuel, moral et patriotique. e

Il m'est

~vis

qu'on ne peut espérer des résultats réels à l'école

sa~s obtemr des enfants une étude sérieuse attentive pénibl'

meme ; car la p~ine es.t le tt~ autem du progrè~ en toute~ chosese •t Ldes écoles famles, dit M. Ch. Rozan, ne font que des paresseux. e es sots. » Q~and le maître o_u la maîtresse auront parlé, expliqué, développ,~, ,que rester~-t-11 de leur enseignement dans l'esprit mobile de 1eleve? Une Impression fugitive et bien vite effacée s'il nè ~·epa~se, dans son livre l'objet de la leçon jusqu'à ce ,1'u'ill'ait 1mpnme dans sa mémoire. Ap,rès don~ ql:l'on l~i a expliqué, commenté une page, il faut qu.e l enfant et~dw, qu il apprenne par cœur, qu'il soumette ensmte ~on trava1! d~ mé~oire au contrôle de la récitation. • Ce ~~16 1 on conçmt b~r.n s énonce clairement, • ce que l'on récite 1en e~t ~ne conquete, pourvu que l'on se défende du psittacisme ou récitation à la manière du perroquet.


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La récitation, je veux dire l'exercice de la mémoire, est un puissant moyen de culture intellectuelle ; elle alimente l'imagination, elle féconde l'esprit, elle développe la facilité d'élocution. Quand les enfants apprennent beaucoup par cœur, • la phrase française, avec toutes ses nuances de forme, se moule si bien dans leur esprit, qu'elle sort ensuite naturellement correcte de leurs lèvres ou de leur plume; et non seulement la texture de la phrase leur devient aisée, mais les idées, les expressions, les faits, les sentiments répondent à leur appel lorsqu'ils veulent parler ou écrire. La stérilité de leurs rédactions diminue à proportion des richesses accumulées dans leur mémoire. • Il faut surtout faire la part de l'éducation morale, dans Je choix des morceaux que l'on donne à apprendre. Le mérite littéraire entrera en ligne de compte, sans doute, moins cependant que l'excellence des pensées et des maximes. Il y a des pages très bien écrites, gracieuses pour la forme, brillantes par l'expression, on dirait de J'or pur. Les soumeton à J'analyse, on n'y trouve qu'un plomb vil recouvert de dorure. La littérature contemporaine, j'entends celle dont le vulgaire raffole, cette littérature, dis-je, offre bien des passages peu dignes d'entrer dans la mémoire des enfants. Ce sont, en général, des plantes sans vertu, parmi lesquelles beaucoup de poisons entremêlés de rares fruits sains. Mais à côté des auteurs qui ont asservi leur talent, d'autres conservent heureusement les traditions du 1>eau, du vrai et du bien. Ceux-ci, avec les gl'ands écrivains du grand siècle, sont i.e grenier d'abondance où nous devons puiser préférablement, je dirais volontiers exclusivement, pour élever l'âme et le cœur des jeunes générations, pour former à la patrie des citoyens libres, forts , capables de tous les dévouements, de tous les sacrifices compatibles avec l'honneur. Ah 1 on se plaint que le patriotisme sommeille, qu'au nom de patrie les cœurs restent froids, inertes ; que le détestable moi réduit le cercle de l'activité volontaire aux limites étroites de l'intérêt personnel. J'avoue que si j'ignorais comhien Dieu a profondément imprimé dans l'âme humaine l'amour de la terre natale, je m'étonnerais que ce sentiment n'ait pas entièrement succombé sous les coups de bélier de la mauvaise littérature, sans compter les assauts de divers genres qu'il subit tous les jours. Les enfants ont encore l'âme susceptible de mouvements généreux : cette heureuse disposition, il faut la nourrir et la développer. Faisons-leur admirer le dévouement sous toutes ses formes, dans toutes les situations, par mille exemples que notre histoire nous offre à toutes les époques.

La connaissance des beaux exemples ne suffit pas pour former des héros, mais elle gourmande la pusillanimité ; elle est, dans les circonstances difficiles, un précieux renfort pour la conscience. N'oublions pas, d'ailleurs, que le fondement d11 patriotisme, c'est la vertu, c'est l'habitude de se vaincre, c'est un idéal au delà de cette vie, en un mot, c'est la religion. (L'Ecole et ta Famille.) D!l r.•B1'1'811:1Gl'I':Eil\IIII:NT oor.r.!IOTD" De l'enseignement collectif. -Avantages et inconvénients. - Quelles sont les matières du programme qui le comportent ou ne le comportent pas f

Enseignement collectif... , cela veut dire, il me semble, enseignement donné à la fois à une collectivité, à un groupe d'élèves plus ou moins nombreux, supposés d'ailleurs en état de le suivre et d'en tirer quelque profit. J'ai dans ma classe quarante ou cinquante enfants formant le cours élémentaire, le cours moyen et le cours supérieur, ou bien seulement une division, une nuance de l'un de ces cours; je m'adresse à tous, je leur fais la même leçon, je leur corrige les mêmes devoirs: je fais de l'enseignement collectif. Je suis seul pour toute une école ; j'ai devant moi le cours supérieur, le cours moyen, le cours élémentaire avec ses diverses sections ; je vais de l'un à l'autre, ou bien j'en réunis deux pour la circonstance, ou bien encore ma leçon est appropriée aux trois à la fois : je fais encore de l'enseignement collectif. J 'étends cet enseignement au plus grand nombre, je le restreins à un seul groupe, il n'importe : du moment que je m'adresse à plusieurs enfants pour les faire participer à ma leçon, je fais de l'enseignement collectif, et, comme mon école est organisée pour cet objet, on dira que je suis le mode simultané, par opposition au mode individuel et même au mode mutuel, parce que je me charge moi-même de l'enseignement et que je n'en confie tout au plus que la partie routinière ou mécanique à des aides ou moniteurs. Est-il rationnel d'agir ainsi î Si je le pouvais, ferais-je, comme ont fait ceux qui nous ont précédés , comme font peut-être encore quelques maîtres attardés, de l'enseignement individuel1 En d'autres termes, l'enseignement collectif présente-t-il des avantages tels qu'on doive le préférer quand même et le considérer, notamment à l'école primaire, comme le seul qui soit fécond en résultats tant au point de vue de l'éducation qu'au point de vue de l'instruction î Je n'hésite pas à répondre affirmativement. L'enseignement collectif, c'est comme l'enseignement public: il met en contact les caractères, les volontés, les intelligences. Il use les angles par le frot. tement; il expose les volontés â des heurts salutaires : il met en commun le trésor des facultés et des aptitudes ; il choque les intelligences et en fait jaillir des étincelles. Voyez ce groupe d'enfants qui se pressent autour d'un maître pour l'entendre faire une leçon de morale, de grammaire, d'histoire, de géographie, de calcul, etc., ou


170 pour suivre une correction 1 • , • yeux brillent, les physiono~~e:a s adrcss~r a t?us. ct à. chacun. Les - ce que nous ne devons as sont plcmps cl ammatwn. A moins f~oid ou pédant, qu'il n/sac~~Plloser - que le maitre ne se fasse d exubérante activité tendre ~~s mettre en œuvre ces éléments agir sur ces énergies' qui se ot~t ete?dre ces ressoJ'ts à son gré de ~umière, que de saillies h:e. ent a sa di~l~osition, que de trait~ habJ.lement manié ct sagement! ~~~es ~ont s echapper de ce groupe se~tlr, ces esprits chercher ces . dmt 1 Coml?e ces cœurs vont Vri:, ces Volontés s'élance; Versor:l~~:. S? reJ:?plJr, ces bouches s'oupatience et qui va se faire da , •te qm est attendue avec imments ! Et puis, il y aura des ~fcf~r:change de p~nsres et de sentid~s revers, des triomphes et de d. s et des défaites, des succès et s f ~convenues, des gloires qui ne laJssent point d'orgueil de honte, des approbations' u·s con USJons qui ne laissent point de n'engendrent ni c~Ières ~i Jhn~ gonflent pas, des. contradictions qui sans aigrir . il y aura ém l t' ames, d<.'s comparmsons qui é<·lairent 1 · ! . u a Ion entraînement d b ·' a VJe en nJJmature et par suit~ 'd . u nom re; Il y aura M . . l' • , e ucat10n . ais, SI enseignement collectif . de vue de l'éducation ct d l'' t .. presente de tels avanta"'<.'S au point l'école primaire parce qu: sten le~clt de la ler;o.n, il s'impos: en outre à • ure~1 peut s'adapter aux h esoms · auxquels e Ilo a a· satisfaire et aux gr~mmes sont très r•har,.'és. et -~ource~ dont elle dispose. Nos pro~~ltre ou qu'une seule m~îtressc )ous n av.ons souvent qu'un seule eleves et quelquefois plus Ave Jou~ qua~ ante, cmquanto, soixante des semaines, des mois, de~ ann~e es .Journ~es scolaires de 6 heures, au~res circonstances on vo. t l s tronquees par les congés et mille 9'UI.P?urrait être fait'e à ch: u! e~l~uvre .part de soins et de temps IndJVJdueJ. Qui multipliera ~eS U art, SI nO~S employions le mode . foule ~ui nous suit immense tq a1rqu~s pams du désert pour la collectif. Grâce à ce' facteur .e '. ;,tmee? Ce sera l'enseignement de nos auditeurs ce qui est d}~l cr~It en mêrue temps quo le nombre t,ous, et l'on peut appliquer à l~ul ait pour un, es~ dit ou fait pour lamour maternel : eçon cc que V1ctor Hugo dit de ' Ch~cun en a sa part et toue l'ont tout entier. . T_ous ... C est la que gît la difficulté . .

vements que peut présenter l' . et que se revelent les incono~t mal assor.ti, si les éléments ef~~~g~lement collectif. Si le groupe se compose sont par trop disparates, SI les intelligences ' gré de développement à eu rèsn·~ sont pas arrivées à un deperdues : pour ceux-ci v~us pv0 1 eeal, vos paroles seront souvent raserez t rop 1a terre. · Plus ' haut , pour ceux-la· vous le o-r erez trop . sera nombreux, plus il y aura deo~pe ,wquel vous vous adresserez tr?p ou trop peu, pour que votre l!l:noes pou~ que vous vous éleviez faibles ou pour qu'elle soit déd . , ,on ne smt pas suivie par Jes vous teniez pas au niveau voufJg~ee p~ lo~ forts, pour que vous ne tent un autre inconvénient. u. es euectJfs trop chargés Pl'ésen( A suivre)

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LA GAIETÉ A L'ÉOOLE Maîtres et maîtresses, déridez-vous quelquefois dans vos classes. Je n'aime pas le maître dont le front est constamment plissé, le regard froid et sévère, le ton de voix grondeur ; le maître qui ne paraît jamais satisfait et dont l'esprit chagrin paralyse, chez le petit peuple qu'il gouverne, toute bonne humeur et toute initiative. Entendez-le, il prête à ses élèves tous les défauts : « Ce sont des paresseux, des indociles, des enfants mal élevés l Ils n'ont aucun courage, aucune intelligence, aucun goût l Ils n'apprennent rien ! ,. Depuis la première heure jusqu'à la dernière, ce maître tonne, menace, punit. Jamais ou presque jamais il ne récompense; s'il le fait par hasard, c'est souvent sans mesure, Regardez de près sa classe. Vous trouverez qu'en effet les résultats sont médiocres. Les cahiers sont peu soignés, les fautes y sont nombreuses ; on sent, à l'examen des devoirs, que le désir de bien faire n'existe pas. Interrogez. Tout le monde restera bouche close; on vous regardera d'un air hébété. Vous lirez sur quelques visages l'expression de l'étonnement; sur d'autres, celle de la crainte ; sur presque tous, vous trouverez les signes de l'indifférence ou de l'ennui. Vous serez tentés de vous écrier avec le maître: « Ce sont là, en effet, de détestables enfants; que la tâche de l'instituteur est pénible et ingrate l » Combien cependant tout cela changerait d'aspect si un peu de gaieté pénétrait dans cette classe ! Il m'est arrivé souvent de rencontrer de ces maîtres et de ces maîtresses que je plains plus encore que je ne les blâme. La plupart du temps, ce sont des gens fort dévoués, qui s'épuisent à la peine sans obtenir jamais ce contentement que le succès donne à tant d'autres. Je crois avoir réussi à en amender plusieurs en leur donnant le conseil par lequel j'ai commencé : « Déridez-vous quelquefois. » Comment les ai-je convaincus? - Par l'exemple. - J'entre dans leur classe avec la :figure souriante : « Eh bien, monsieur l'instituteur, êtes-vous content de ces enfants?» On connaît la réponse chagrine qui m'est faite invariablement. - « Allons l allons, vous êtes trop exigeant, vous voulez trop bien faire. Je suis sûr que votre classe vaut plus que vous ne croyez. Vous allez voir! • Je m'adresse alors aux élèves ; je les appelle «mes amis ». Ils me regardent étonnés. A l'aide d'une ou deux questions, je trouve une note gaie qui amène le sourire sur leurs lèvres. Ah l tout d'abord, ce sourire est indécis ; les yeux vont du maitre à l'inspecteur, et semblent demander s'il est bien vrai qu'il soit permis de rire un peu. Mais la gaieté est communicative; un courant sympathique s'établit entre eux et moi, et j'obtiens enfin des réponses. On me dit à moi ce qu'on n'avait jamais osé dire au maître ; il en est souvent luimême très étonné. On me répond bien quelques bévues; mais qu'importe~ une mauvaise réponse ne devient-elle pas l'occasion d'un bon conseil ou d'une utile remarque~ La vie est revenue dans l'école,


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par ce que j'y ai fait r entrer la confiance avec la gaieté si naturelle et si nécessaire à l'enfance. d « L:enfant, dit Rousselot, a besoin pour vivr e d'une atmosphère e ,.gai.eté , de tendresse, de confiance. » C'est encore avec r aison qn Il aJ.oute u.n ~eu plus loin : « Un enfant troublé nar la colèr e de shes maitres, Irrité contre eux, mécontent de son so'rt et de toutes c os~s, ne peut s'appliquer à l'étud e. » F aites comme moi, monsieur l'instituteur , et vous verr ez dans ~~tre cl~sse, avec toutes leurs heureuses conséquences l'entrain emu atwn et l'application. ' ' O_n l'a. ~it sur tous les tons ; on ne saurait trop le répéter : l'affec~wn reCiproque du m~itre et des élèves est, à l'école, un puissant e':'1er . Ayez la sympathie de votre classe, et j e vous prédis des mervei 11es. Mais,. de gr âce,, d~ridez-vous; ne soyez ni le maussade magister que Delille nous depemt :

tout au moins étais-je for t loin d'avoir donné à sa curiosité légitime, puisqu'elle P?uvait être satisfaite, ce qu'il était en droit d'attendre de mon savotr. » Cette première expér ience m'a rendu très circonspect et aussi très embarrassé. Chaque j our maintenant j e m'aperçois que j e sais réellement beaucoup moins que je ne le croyais : aussi non seulement je ne tranche plus comme au début, mais je me surprends à balbutier, voulant retenir à moitié dite une chose dont je ne suis pas bien sûr ; j'élude des développements où j e pourrais me fourvoyer; je tremble sur tout devant des questions de mes élèves que probablement je ne saurais pas résoudr e ; contrairement à ce qui nous a été recommandé à l'école normale, jo me renferme, pour ne pas avoir à y répondre, dans une di scipline préventive , qui clot la bouche à mes bambins, mais qui comprime aussi, je le sens bien, leur expansion naturelle. » Que faire~ Je ne veux pas, comme autrefois, r isquer de les induire en erreur, et j e ne peux pourtant pas non plus me laisser surprendre en fl agrant delit d'insuffisa nce. » Je vais vous gronder, mon cher ami,' mais laissez-moi vous dire tout d'abord que j'aime à vous voir dans ces dispositions, bien qu'elles vous paraissent et qu'elles soient en effet pénibles, et bien qu'à tout prix il faille en sortir. Le bon esprit que l'esprit qui doute ! Le point d'interrogation est le commencement de la sagesse ; c'est aussi, en ce qui concerne le maitre, l'éveil de ce qu e j 'appellerai la conscience pédagogique, mais, pas plus en pédagogie que dans tout le r este, il ne faut pousser la conscience j usqu'au scrupule. Je ne suis point étonné que ce soient les questions de vos élèves qui vous aient fai t faire cc tour sur vous-même. Tous les enfants, même les moins éveilles, sont toujours, comme on dit, des enfants terribles. Tout petits, ils voulaient la lune ; grandis dans la continuation toute naturelle de leur ignorance, ils veulent encore .. . d'autres lunes . Pour d'excellentes raisons, vous ne les leur donnerez point, mais quel service vous leur rendr ez en leur montrant, j e dis en leur montrant , en leur faisant voir ct toucher du doigt que ce ne sont que des lunes 1 Et quel ser vice plus gr and encore, si, par hasard, la question qu'ils fo nt étant raisonnable, vous y r épondez, comme il doit être répondu! Et, c'est pourtant, mon cher ami, cc ser vice que vous, maître, leur r efusez, avec votre discipline préventive 1 D'eijx mêmes ils seraient venus au-devant du savoir, et vous leur avez barré la route. Leur attention était excitée, lenr esprit aux aguets, ils levaient le doig t, et vous les faites taire ! Votre scrupule d'aujourd'hui est pire que votre charlatanerie naïve d'autrefois. Du moins, au r isque de vos erreurs, ils avaient le bénéfice de leur spontanéité. J 'aime encore mieux, mal pour mal , les voir trompés que passifs. Mais quoi 1 vous ne voulez pas être pris en faute 1La belle raison 1 Avez-vous donc la prétention de tout savoir 1 Il le faudrait, à ce compte, car la curiosité de l'enfant est absolument illimitée. Vos

l

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• ·····. inexo~·able aux moindres négligences, Tant 1l a pns à cœur le progrès des sciences. , . m le maitre dont « le front ténébreux » inspire à l'écolier de

~m e Desbordes-Valmore cette plainte si naïve et si vra iment cnfan-

tme :

• ~oi, j e v~is à l'école: i l faut apprendre à lire ; Ma1a le maitre est tout noir, et j e n'ose pas rire. »

Au .contraire,. qu~ la bonté qui est au fond de votre cœur, si vous ête~ reell~ment ms~Ituteur, rayonne quelquefois sur vos traits, qu'ell e att1re, qu elle captive les enfants qui vous sont confiés. Votre r écompense ne se fer~ pas attendre. Vous la trouverez dans leur r espect, d ans leur affectiOn et aussi dans leurs progrès. J. GAILLARD, inspecteur prim aire de la Seine. PÉDAGOGIE AU JOUR LE J OUR (Observations consignées dans le Manuel général.)

, « I~ se pas~e en moi ~uelq';lc chose de sing ulier . Quand j'ai débuté, l an.nee dermèr e_, dan~ l enseignement , je trouvais tout facile, j'allais dr?It devant mot,. tOuJour~ prê! et. toujours alerte ; prépar ant avec som mes leçons,. Je ne prevoyais rien qui pût mc faire broncher . q~elques questiOns d'enfants venaient bien de temps à autre m~ decon?erter un peu, mais j 'y r épondais, il me sem blait que j'y répondais. , »Un jour pourt~nt , ~près ma classe, me remettant en présence d une de c~s quost10~s a laquelle j 'avais r épondu, j'ai bien été obligé de convemr avec mot- même que ma r éponse ne laissait pas d'avoir que~que c~ose de louche, et de là, passant au point de doctri ne qui avait motry~ la_ question , j 'ai encore été obligé de convenir que ma thèse, ausst etat~ tant. soi~ peu b_oi.teuse; r ecourant aux sour ces, j'ai dO m avouer qu en defimbve, st JC n'avais pas trompé mon élève,


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réflexions vous ont porté à comprendre que vous saviez peu. Je dis que cela ne suffit point, et qu'à mesure qu e vous ava ~e:erez_ d~n~ la vie et dans la science, vous serez de plus en plus determm e a conclure que vous savez infin iment peu. Le vrai savoir consiste précisément à distinguer du pe~it gr ai n de ce qu'on sait l'éno~m e mas~e de ce qu'on ne sait pas, et a aj outer de temps en temps a ce pet1t grain un atome. Pourquoi vous feriez-vous devant les enfants autre que vous êtes 1 Croyez-moi , de ce tout P?tit peu qu e vous savez, vous dominez de bien assez haut toute leur tgnorance. Vous commencez à rire de l'inanité de votre savoir ; prenez garde qu'eux, ils n'en aient peur. J e conclus mon cher ami, en vous di sant : « Ce qui importe, ce n'est pas tant le savoir, touj ours, quoi que vous fassiez, très restreint et très court, que vous donnerez à vos ~lèv~s, c'es~ bien plutôt la méthode : il faut que vous leur appremez a travatller av~c _vous, pour qu'ils sachent un jour travailler sa ns vous,. sm·~o ut, SI fat re.se peut, pour qu'ils aiment à travailler . Il fa ut auss1 qu '1ls se convamquent que la s~ience ne se donne d'ell?-même ~ p~rsonn;, que l'effort est nécessaire a tout le monde, au ma1tre ausst b1en qu aux enfants. D'après cela , que craindriez-vous de leur laisser voir la trace du vôtre~ Apportez d'abord à vos élèves une classe bien p~éparée, où vous aurez pré>u tout ce qu'il vous était donné de prév01r ; pour le r este s'il y a lieu et suivant l'âge de vos élèves, travaillez devant eux ~t avec eux · Üs seront un peu plus près de vous, et leur foi en vous, je puis m'~n porter g arant, ne fera que grandir par cette communication directe et intime.

C'!'st un bien mince bagage que je t'enToie. Cependant j 'espère qu'il te sera do quelque utilité: je tâcherai de le grossir peu à peu. Voici un premier danger que j e te signale: Tu as lu. certitude que u llég<T (rendre léger) s'écrit avec deux l, et tu crois bonnelJlent que rûotwdu· (rendre lour d) doit s'écrire aussi deux ll, ca.r l':malogie eRt parfailc. Fatale confiance, qui te ferait perdre le premier prix d'orthographe, objet de ton ambition ! Ce mot perfide n'a qu'un l . C'est un de ces mille traquenards qui se cachent dans les dictées et les exer cices littéraires. Note en passant quelques singularités du méme genre, triées sur l e volet : aggraver a.grandir. a llonger aligner. annihiler anéantir. attarder atermoyer. Attm per a pour racine trappe, c'est l'Académie qui le dit. Naturellement tu es porté à écrire le verbe avec deux p . Anête, malheureux, tu vas tomber dans une trappo et perdre encore l e second prix. Cout"'i1", com·eut· n'ont qu'un ,. : pourquoi c01u·rier en a-t-il deux ? Mystère que j e ne me charge pas d'expliquer. Toi, prends-y garde. Les dérivés des mots terminés par on redoublent la consonne finale: action actionnaire. faction factionnaire. raison raisonner poison empoisonner, etc., etc. C'est la règle général e. Oui, mais toute règle génér ale est une boîte à surprises. Nous voyons sot·tir de celle-ci avec une seule consonne : saumoné· de saumon. époumoner de poumon. de timon. timonier et quelques adjectifs en al: national de nation. régional de r eg10n. Rationnel et t·ationaliste sont frèr es, et ne Ae ressemblent paH. Cauon, qui a deux sens bien différents, donne naissance à canonique et à canounie1·; d on à don nr-1· et à don at·ion , donateu.r, etc.; 110111 à nommer et à nomination. Tu écris, « cm·rente calamo •, honneu!", honnête; mais le mot honore se présente sous ta plume: gare la trappe! Si je ne t'avais pas averti , tu allais l'écrire avec deux n. Voici d'autres anomalies aussi dangereuses: imbécil e imbécillit6. siffler persifler. gratter égratigner. Les verbes déri vés de substantifs en ot , comme pivot, r a bot, sanglot, sabot, {agot, etc., ne redoublent pas le t final : pivoter, raboter, sangloter, etc. Mais il ne faut jamais compter sans les exceptions: trotter, par exemple. NP. va pas t'imaginer que rafraîchi!· prend deux {, sous prétexte que raffermi?·, t·o f fi1te1·, ra{fole1·, en ont deux. Que te dirai-j e des scél érats de noms féminins en ote, dont les uns prennent deux t et les autres se contentent d'un seul ? Ne pouvant établir de règle, je les cite, du moins ceux que j 'ai recueillis: capote carotte cocote calotte échalote gélinotte

VA1\%BTBS Quelques anomalies de la langue fra n çaise.

Mon cher neveu, Tu t'es dit, mon petit Jules: Voilà un vieux professell!, q~i a e~sei?né pendant plus de quarante ans dans des lycées et collèges ; 11 d01t sa vou 1 orthographe. Si je m'adressais à lui, pour qu'il m'apprit à éviter les pièges que nous tend à chaque instant l a langue française ? C'était assez logique.Mais t out ce beau raisonnement est échafaudé sur une proposition fausse : • il doit savoir l'orthograp~e J. . . • Eh bien, non, j'ai beau l'apprendr~ tous l~s JOurs, Je ne l a .sa1s pa~,: .11 est est à croire que j e ne la saurai jama1s. J e 1 avoue sans rougu , car J a1 cela de commun, j 'en suis sûr, avec des bommes ~ès savants, m~e avec les auteurs du Dictionnaire qui est pour nous la 101 et les prophètes. A.h ! quand j e suis sorti frais émoulu des établissements supérieurs, j'avais de moi une tout autre opinion. Depuis, j'ai bien été obligé d'en rabattre. Néanmoins,comme il m'en coî'l.tait beaucoup de répondre à ta demande par un refu s, j e me suis _mis à l'~t~de, et J'ai fait po:ur .toi c~ que j'a,urai~ ~ft .faire pour moi-même. J'ai • comp1le, compilé , l e DJctJonn_au e de .1 Academ1e, ?t le résultat de mon travail est, pour l e moment, un petit recueil de mots t res usités dont on ne se défie pas : mais, a vec leur air candide, que de mauvais tours jouent à ceux qui sont obligés d'éviter comme des crimes les fautes d'o1·thographe !

ha


f76 matelote gavotte hotte papillote marmotte pelote marcotte redingote bouillotte menotte glotte, épiglotte, polyglotte. Défie-toi, mon ami, défie-toi des verbes qui commencent par ap. Appauvrir, appesantir, etc., redoublent la première lettre du radical: on ne voit pas, mais pas du tout, pourquoi aplani1·, aplatir, apa1·ser, apitoyer, etc., n'en font pas autant. Quant au verbe apercevoir, je me fais un scrupule de te le signaler : celuiIl, tout le monde l'écrit bien ; je ne sais pas pourquoi, car, d'après son étymologie, il devrait avoir deux p. Attention an mot homicide, tiré du latin, homo et non de homme ! Je me borne pour aujourd'hui l ce petit envoi, dont tu pourras profiter pendant que je continuerai ma moisson. Je souhaite plus que jamais que tu aies le premier prix d'orthographe :je commence l le trouver glorieux. Ne va pas le manquer, au moins 1 Ton oncle en serait tout aussi affligé que toi. (Musée des familles.) F. MussAT,

NOUVELLE CONFÉRENCE S UR

L'ENSEIGNEliENT DE L'E~RITURE FAITE LE 29 AVRIL 1880

AUX INSTITUTEURS PRIMAIRES

ancien profeeeeur.

POÉSIE

DU CANTON DE CllÉCY-EN-BRIE

L'envers do ciel.

(SEINE-ET-MARN E)

« Pourquoi, dit un enfant, ne vois-je pas reluire

• Au ciel les ailes d'or des anges radieux? • Sa mère répondit avec un doux sourire : « Mon fils, ce que tu vois n'est que l'envers des cieux. • Et l'enfant s'écria, levant son œil candide Vers les lambris divins du palai~ éternel: « Puisque l'envers des cieux, ô mère, est si limpide, • Comme il doit être beau l'autre côté du ciel! • Sur le vaste horizon, quand la nuit fut venue A l'heure où tout chagrin dans un rève s'endort, Le regard de l'enfant s'élança vers la nue; n contempla l'azur semé de perles d'or. Les étoiles au ciel formaient une couronne, Et l'enfant murmurait près du sein maternel: « Puisque l'envers des cieux si doucement rayonne, J Oh 1 que je voudrais voir l'autre côté du ciel! • L'angélique désir de cette âme enfantine Monta comme un envers au céleste séjour, Et quand le soleil vint derrière la colline, L'enfant n'était plus là pom· admirer le jour...

PAR J , TAICLET ANCIEN

INSTIT UTE UR A

M ET Z

OPFJClER DE L'INSTRUCTION PUDLlQUE, CU EYA LIBR DE LA L ÉGlON ti•HONNEUR

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PARIS

Anecdotes scolaires. " • " Réponse authentique donnée l un examen pédagogique: L'examinateur. -M. l'Instituteur, voudriez-vous me dire comment, à votre avis, il faut s'y prendre pour maintenir dans sa classe une discipline ferme et sévère P Vous même, comment faites-vous ? L'instituteur, prenant un air terrible. - Je pro111ène sur mes élèves un regard sévère et inquisiteur, moyennant quoi ceux mêmes qui n'ont pas lieu de trembler ne peuvent s'en défendre.

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LIBRAIRIE CLAS S IQU E DE PAUL DUPONT l1l 1 RUE JEA!'l-JA CQ UES- ROU SS EAIJ

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A MESSIEURS LES INSTITUTEURS

NOUVELLE CONFiRENCE SUR

L'ENSEIGNE~fENT :MoNSIEUR ET CHER CoLLABORATEUR,

Le 29 avril dernier, j'étais appelé à Crécy-en-Brie pour faire connaître aux Instituteurs du canton, réunis en conférence sous la présidence de l\1. A. Dethomas, membre du Conseil général de Seine-et-Marne, assisté de M. Château, inspecteur primaire de l'arrondissement de Meaux, les principes fondamentaux sur lesquels doit reposer, suivant moi, une bonne méthode d'écriture. Quelques jours plus tard, ~1. l'Inspecteur d'Académie daignait m'informer que ma Conférence, dont il avait bien voulu reconnaître l'importance au point de vue pédagogique, paraîtrait dans le numéro 69 du Bulletin de l'Instruction publique du département. En présence de tels encouragements, j'ai cru devoir publier cette nouvelle Conférence, et j'en fais parvenir aujourd'hui un exemplaire à tous les Insti tuteurs de France, dans l'espoir qu'ils l'accueilleront avec la même faveur que celle que j'ai faite autrefois à la Sorbonne, et que je leur ai adressée en 1876. Je serais heureux, mon cher Collaborateur, si cette communication était appréciée par vous et pouvait contribuer, dans une certaine mesure, aux progrès de vos élèves. Ce serait pour moi une satisfaction d'autant plus grande qu'elle viendrait justilier, en quelque sorte, les nombreux témoignages de confiance que les Instituteurs ont Lien voulu m'accorder jusqu'à œ jour. Veuillez agréer, Monsieur et cher Collaborateur, l'assurance de mes sentiments d'a!Telllucuse confraternité, et m.e croire votre bien dé1•oué. TA! CLET, Ancien inslilulew· à JIIelz, Actuellement à Paris, rue Toullier, H. Paris, le 20 juin 1830.

DE L'ÉCRITURE

MESSIEURS ET CHERS COLLABORATEL'RS,

D'après une decision ministerielle en date du 6 novembre 1879 relative aux livres classiques, les Instituteurs et Institutrices de chaque canton, reunis en conferences pedagogiques, vont avoir à établir très prochainement la liste provisoire des ouvrages qui devront, après approbation de cette liste par l'autorite academique, être employés, dès la renb·ee prochaine des classes, dans les écoles primaires publiques de leurs departements respectifs. Ces ouvrages comprendront necessai~ement des methodes d'écriture. Je crois donc aller au devant de vos desirs, en vous indiquant, par la Conférence que j'ai eté appele à vous faire, les moyens aussi faciles que sûrs, surtout pour des hommes du metier, de reconnaître, parmi les nombreuses methodes qui existent, celles qui sont réellement bien appropriées aùx. écoles primaires. Avant de vous exposer ce qui doit être, selon moi, un hon enseignement de l'écriture, permettez-moi de vous présenter quelques reflexions concernant surtout le procédé d'exécution qui, j'en ai l'experience, est le plus favorable aux premiers exercices d'ecriture, quelle que soit, d'ailleurs, la méthode que suive le maître. La lecture et l'écriture sont, vous le savez, les auxiliair es indispensables de l'enseignement du calcul et de l'orthographe; il imlJorte donc que les progrès des elèves soient rapides dans ces branches des etudes élementaires. Mais pour que ce resultat puisse être sûrement obtenu en écriture comme il l'est déjà, en general, en lecture, il est absolument neces-' saire que les principes (éléments des lettres) de la metho de employée par le maître soient fondes sur la nature et conformes à la raison.


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DE L ÉCRITURE 'ENSEIGNEUEI\T

4 Par ces principes, maître et élèves sont pour a~nsi dire dirigés instinctivement : le maître, dans ses démonstrabons au tableau; les élèves, dans leur travail d'exécution. . 11 est éualement nécessaire qne les premters exerctces, non moins bien~:> gradués que ceux des honnes méthodes de l~cture, ~ons~ tituent pour la jeune main une véritctble gym_nasttque. qm lm communique ce qui lui est indispensable pour executer factlement : l'assurance, la légèreté et la hardiesse. Pour cela, il importe beaucoup qu'il ne soit fait usage, pour l'exécution de ces premiers exercices, que d'un crayon tendre ou que d'une plume à bec large, afin qu'~ll_e tende au~si à rendre promptement faciles à la main fai~le. et hesttante .les diVe;s mouvements qu'exige la formation des dtfferents caracteres d_e l alph.abet, surtout le mouvement si important de bas en haut qm prodmt les déliés et les liaisons : il réclame un exe1·cice p1·éparatoire sm· le délié, pour assouplir les doigts. Car, pour reproduire ce que l'œil voit et l'esprit conçoit, il faut, tous les maîtres le savent, que la main ait été exercée, dès les premières leçons, à l'exécuter avec

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facilité et sûreté. n est d'autant plus utile que ces premières leçons soient données en vue de ce résultat, que la main dToite d'un jeune enfant a enco~e moins d'assurance, pour exécuter un simple jambage, que la mam gauche d'un adulte. Toute main novice. ne se forme, vit~ et ~ien, que par des exercices de moyenne écrttU1·e, les plus factles a ~ra­ cer, et que par l'emploi, d'abord, d'un crayon tendre, et ensmte, d'une plume à pointe large. Le crayon tendre combat très heureusement chez les commençants la grande et si fâcheuse disposition qu'ils ont à .appuyer sur la plume et à la serrer entre les doigts : aussi les exerctces au crayon sontils, en quelque sorte, pour la main ce que la gym.nastique est pour le corps. La plume à hec large en per.mettant, _comme le cra~on (taillé ni très fin ni trop allongé), d'obte~tr les p,lems sans pr~s~wn pour ainsi dire, achève de former la mam et d assurer aux eleves une exécution facile et hardie. Dès lors, plus de mains allourdies par la grosse écriture ou par l'usage de plumes très fines, et, par suite, des progrès plus rapides ct des écritures plus satisfaisantes sous tous les rapports.

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Le calque au crayon - nouveau procédé d'exécution- assure surtout ce double résultat: il est pou1· l'écriture ce que la vapeur est pour la locomotive. DE L 'ÉCRITURE La plus prompte à tracer et la plus facile à lire,

Des divers genres d'écriture en usage, la Cursive est l'écriture qui, par sa forme simple et gracieuse et son exécution facile et rapide, répond le mieux au goût et aux besoins de notre époque affairée. C'est, en outre, l'écriture qui s'enseigne le plus facilement et qui s'apprend le plus promptement. Il convient donc d'enseigner tout d'abord la Cursive, notre véritable écriture nationale depuis plus d'un demi-siècle : elle figure, au surplus, en première ligne dans les programmes officiels, ce qui prouve, de la manière la plus évidente, toute son importance. Mais il y a plusieurs espèces de cursive, et toutes ne sont pas propres à assurer à notre pays une écriture expédiée qui puisse être, par sa simplicité et sa fermeté, bien lisible pour tout le monde: Il importe, par conséquent, que le genre de cursive que présente une méthode soit l'objet de l'attention la plus sérieuse des personnes chargées de l'examen compamtif des méthodes et des cahiers d'écriture, surtout des cahiers qui sont en si grand nombre. Il est si désirable que la France soit au plus tôt en possession d'une écriture usuelle digne d'une grande nation! La question d'écriture, ne l'oublions pas, chers Collaborateurs, est une question qui intéresse tous ceux qui Jisent et écrivent. Les maîtres de l'enfance peuvent puissamment seconder les vues de l'Autorité pour l'amélioration de l'écriture usuelle, la seule vraiment utile dans toutes les positions. Une voix autorisée n'a-t-elle pas dit en parlant de leur dévouement : « Les Instituteurs sont les pre· miers ouvriers de tous progrès dans l'instruction et dans l'éducation.» DES

CO~DI'I'IONS

Que doit réunir nne méthode d' écriture destinée aux écoles primaires.

Pour qu'une méthode d'écriture soit bien appropriée à l'enseignement collectif, elle doit présenter : 1 • Un plan comprenant deux parties très distinctes : l'une1 con·


G

ENSEIGNEMENT

t~na?t des Cahiel's d'exe1·cices élémentaires, tout préparés, tout r egles, ayant pour base le Calque et l'Imitation convenablement gradués, pour faciliter le travail des commençants et hâter leurs progrès; l'autre partie, renfermant des cahiers de modèles détaché~ théorique et pratique à la fois, afin d'assurer aux. élèves des divi~ sions supérieures une bonne et belle écriture courante, une vérita- \ ble Cursive française, qui tienne de la Bâtm·de pour la force et l'égalité du plein, et de l'Anglaise pour l'élégance et la légèreté des formes.

Ma~s ce résultat ne saurai t être sûrement obtenu qu'en cessant de fai~e usage,. s~rtout pour l'expédiée, de plumes très fines qui p~o~Uisent ces ecnt~:es maigres, serrées et microscopiques, trop generalement peu llSlbles, notamment pour les vues faibles ou les yeux fatigués. , . 2• ~ne. ~a:che d"e !eç.ons qui fasse arriver rapidement les jeunes eleves a l ecnture qu eXIgent les devoirs et les dictées, but qui ne peu~ être att~int qu'~n l~s. faisant commencer par une moyenne écrltur~ ~e cmq ?u Six millimètres de hauteur ; car débuter par la grosse ecnlure, c est prendre la route la plus longue à parcourir et la plus difficile encore à suivre. La grosse écriture, par ses principes de forme et d'exécution constitue une espèce de syntaxe de l'écriture. II est donc aussi pe~ rationnel de débuter par elle, qu'il serait peu logique de commencer l'étude de la grammaire par la partie syntaxique. . 5• Une ~ra~ation dans tous les exercices élémentaires propre à faire obtemr VIte au commençant, tout en exerçant bien le mécanisme de la main, l'intelligence et la mémoire des formes. Ce double but ne peut être atteint sûrement qu'autant que les lettres de l'alphabet sont, dis~osécs en plusieurs séries bien distinctes, non pas seulement d apres la ressemblance ou l'analogie des (01·mes, mais surtout d'après les mouvements semblables qu'exi()'ent l'exécution . . 0 des caracteres qui composent chacune d'elles. Les maîtres observateurs ont pu remarquer que ce n'est qu'en répétant souvent et de suite une même forme, un même mouvement, que les jeunes élèves parviennent à se les rendre faciles. , .Q~ant a~x ~odèle~ d'a~plication pour les diverses grosseurs d ecriture, tls do1vent etre hien gradués aussi et en nombre suffisant,

DE t'ÉCRIT URE

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afin d'exciter sans cesse, par la variété et la nouveauté, l'émulation des élèves avancés pour la belle écriture. 4° Une combinaison de procédés consistant dans des exercù:es comparatifs sur les deux genres de caractères d'écriture et d'imprimerie, si différents de forme, afin que le jeune élève soit mis à même, sans autre leçon spéciale, d'apprendre à connaître le nom des lettres et la valeur des syllabes et des mots qu'il trace, et de pouvoir lire l'écriture aussitôt que le caractère imprimé, chose plus difficile que ne le pensent certaines personnes. 5o Cette méthode doit, en outre, offrir des conseils sur la position la plus naturelle du corps, afin qu'elle ne facilite pas seulement l'exécution, mais qu'elle ménage encore la santé des enfants. Ce point est d'autant plus digne de toute la solliciwde des maîtres, qu'une fausse position, répétée journellement, peut la compromettre gravement, surtout dans le jeune âge. 6° Enfin, des modèles renfermant des textes propres à agrandir les idées et à éclairer la conscience, à former le cœur et à élever l'âme, en un mot, à développer et à fortifier tous les bons sentiments chez les enfants. Tous les modèles n'offrent pas encore des textes ayant cette haute portée; aussi ne sera-t-il pas inutile, peut-être, de rappeler à ce sujet certains passages de ma Con(é1·ence à la Sorbonne en 1867. Un auteur éminent a dit, faisant allusion à ces phrases nulles ou banales, et surtout à certains textes dangereux:« Un fétu enflamme l'œil; un mot peut pervertir une intelligence, une ligne fausser l'esprit, corrompre l'âme. » . Des effets heureux ou très regrettables peuvent donc être produits sur le jeune âge par les textes des modèles , surtout que rien ne les grave mieux dans la mémoire que la copie réitérée. Combien n'importe-t-il pas, par suite, que la semence jetée dans les âmes jeunes et pures, par le modèle d'écriture, soit de bonne qualité! Est-il, d'ailleurs, quelque chose de plus capable de toucher les jeunes cœurs, que de leur parler encore, par le modèle d'écriture, de Dieu et de leurs parents, de la patrie et des diverses autorités, de leurs semblables et d'eux-mêmes! Et puis, les impressions sont si vives dans le jeune âge, et l'esprit retient si aisément un précepte de conduite, une pensée morale ou religieuse qui a été lue et relue,


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ENSEIGNEMENT

DE !:ÉCRITURE

copiée et recopiée, meditée et expliquée, et ensuite reproduite de mémoire comme exercice complémentaire des leçons d'écriture.

qu'à la première instruction de l'enfance : car il sera pour les élèves un nouveau conseiller quotidien. Encore un mot, Messieurs et chers Collaborateurs, sur les bons textes et les pensées qui rappellent un devoir : vous m'y engagez par l'intérêt que vous prêtez à ces réflexions. Vous n'êtes pas sans avoir constaté, et avec bonheur, que vos élèves ont souvent reproduit, avec beaucoup d'à-propos, dans leurs compositions de style, des pensées morales que vous leur aviez dictées et expliquées : ils en avaient donc été vivement impressionnés. Mais à tout âge on reçoit des impressions, souvent ineffaçables , de pensées qui parlent à la conscience, au cœur ou à l'esprit. Moimême, à mon début dans l'enseignement, j'en ai reçu de certaines pensées pédagogiques en les méditant avec le désir de m'en bien pénétrer. Elles m'ont été fort utiles; car elles m'ont procuré des satisfactions qui attachent aux fonctions d'institutem·s et contribuent à conser ver le zèle toujours jeune et un amour persévérant de l'enfance. Vous me paraissez désirer, Messieurs, vous surtout mes jeunes Collaborateurs, connaître ces pensées: en voici justement quelquesunes qui sc présentent à mon esprit.

UNE OPINION Qu'il peut 6tre utile de voir se modifier.

n est cependant des personnes, même très désireuses du progrès de la jeunesse dans le hien, qui ne croient pas que les enfants puissent recevoir des impressions durables des textes des modèles qu'ils copient. Les deux exemples suivants prouveront le contraire. Une institutrice dont je visitai un jour l'école pendant la classe d'écriture, me fit cette confidence: «J'ai rcçuhier, me dit-elle, d'une de mes élèves - une enfant de dix ans - une leçon que je mettrai à profit. Vo~ci à quel sujet. cc Comme j'allais examiner sa page d'écriture, elle me posa naïvement cette question : cc Est-il vrai, mademoiselle, que la beauté soit cc une vertu, ainsi que me l'apprend mon modèle? J'en serais bien cc contente, j'en posséderais au moins une: car on me répète souvent cc que je suis belle. » J'ai eu occasion de revoir un jeune instituteur qu[ avait assisté à une de mes conferences. Il s'empressa de me dire qu'il avait déjà pu constater que les bons textes laissent, en effet, dans l'esprit des enfants de vives et salutaires impressions. cc Un de mes jeunes élèves, ajouta-t-il, qui venait de copier un modèle où il est parlé des grands-parents, s'est exprimé ainsi à mon approche, et avec un sentiment de bonheur qui se lisait dans ses yeux : «N'est-ce pas, monsieur, que mon grand-papa est deux fois mon cc papa, et ma grand'maman deux fois ma maman? N'est-ce pas que « je dois aussi les aimer deux fois? >J . L'instituteur de la jeunesse a donc un double intérêt à donner aussi toute son attention aux textes des cahiers préparés et des modèles détachés qu'il aurait à examiner. Le modèle d'écriture, s'il est bien composé pour le texte, bien gradué pour l'étendue, et appliqué comme je l'ai indiqué quelque part, doit devenir pour tout maître dévoué un moyen sûr d'éducation, et être, pa1· suite, non moins favorable à l'enseignement même de la calligraphie

PENSEES PÉD&GOGIQUES

1r• PENSË:E. - L'éducation, comme une institutrice douce et persuasive, tend à rendre la vertu plus facile en la rendant plus aimable. 2• PENSf:E . - Quelle mission plus belle et plus méritoire que celle qui a pour but de former les cœurs à la vertu, et de contribuer au bonheur des individus, des familles et de la société ! 5• PENSÉE. - Sous un sage instituteur, le cœur de l'enfant s'ouvre pour ainsi dire de lui-même à la vertu, comme le calice des fleurs aux rayons bienfaisants du soleil. 4• PENSÉE. - Les soins d'une bonne maîtresse sont comme la rosée qui féconde également toutes les plantes, les plus communes aussi bien que les plus rares. 5• PENSÉE. - Un maître moralise moins ses élèves par ses leçons


10

ENSEJGNEliENT DE L'ÉCRITURE

que pa.r ses actes; s~u.vent il touche moins leurs jeunes cœurs par un precepte de chante que par un regard d'affection. 6" PENSÉE. - L'instituteur qui tient ses élèves par le cœur a trouvé le moyen le plus sûr de leur faire tout le hien possible. ' 7" PENSÉE. - Pour faire une leçon profitable aux enfants, il ne suffit pas de se bien pénétrer •le ce qu'on veut leur enseigner ; il faut encore étudier la manière de leur dire. 8" PENStE. - C'est en développant chez les élèves les vertus lili~les qu'un maître s'attire la confiance des parents, et qu'il obbelQt le concours dont il a besoin pour faire tout le bien qui est en son pouvoir. g• PENSÉE. - Les leçons de morale faites froidement ne sont pas plus profitables aux jeunes cœurs que la gelée blanche aux j'eunes plantes. 10• PENSÉE.- Une bonne école est celle où la méthode générale a pour but d'assurer à la fois l'instruction et l'éducation, et où les méthodes particulières ont en vue de hâter les progrès de tous les élèves, dans chacune des branches qui leur sont enseignées. fi• PENSÉE . - Il faut aimer les enfants pour trouver le chemin · de leur cœur, et être aimé d'eux pour en obtenir l'entrée. 12" PENSÉE. -Le désir de réussir appelle le succès ct le zèle le prépare; mais le dévouement seul l'assure. Continuons, Messieurs et chers Collaborateurs, à nous communiqner, en vue de l'intérêt de tous, le résultat de nos méditations et de notre expérience; rien ne saurait concourir plus efficacement au progrès de la science pédagogique comme l'échange des idées entre les personnes vouées à l'enseignement. En nous efforçant d'améliorer les procédés, de perfectionner les méthodes, en un mot, de favoriser les progrès de l'instruction et de l'é.ducation, nous acquerrons chaque jour plus de titres à la bienveillance de l'Autorité ct à l'estime publique, en même temps que nous nous assurerons de douces jouissance~ dans le présent ct d'agréables souvenirs pour l'avenir. F l!.'l

Bien des Instituteurs, depuis quelque temps surtout, me font l'honneur de me consulter sur certains points de l'enseignement de l'écriture, et particulièrement sur la meilleure manière de donner les leçons aux jeunes enfants et aux élèves avancés, sous le double rapport pratique et théoriq11e. Je crois être agréable, au moins à quelques-uns de mes jeunes Collaboratems, en donnant, à la suite de ma Con{é1·ence, une réponse très développée à chacune des deux questions reproduites ci-après. Ils y trouveront, je l'espère, des dù·ections et des conseils de nature à seconder leur zèle et à assurer le succès de leurs efforts. l'" QUESTION Quelle doit être, en écriture, la part de l'enseignement oral?

1\ÉPONSE

Les élèves ne tont généralement bien que ce qu'ils font volontiers, les adultes comme les enfants. li impMte donc, avant toute chose, de lew· faire aimer l'exercice d'écriture; ce qui est d'autant plus facile qu'il a pour eux beaucoup d'attrait dès les premières leçons. Pour obtenir ce résultat, trois choses sont à observer, quelle que soit d'ailleurs la valeur de la méthode que l'on suive: 1• exciter sans cesse la bonne volonté des élèves; 2• surveiller avec intérêt leur travail quotidien; 5• encourager toujours leurs efforts, leurs progrès. Chacun sait que tout orateur s'applique à bien disposer, dans son exorde, les auditeurs qui viennent l'entendre; chacun sait aussi par soi-même que de cette impression première, si elle est favo~·abl.e, résultent les succès. C'est donc ainsi que doit procéder tout mshtuteur, tout professeur, chargé de faire des cours publics. Quoi de plus capable, en effet, d'intéresser les élèves, d'éveiller leur attention, de provoquer leur confiance, que quelques paroles qui


12

ENSEIGl'iE:IIENT

touchent et éclairent, adressées à tous au commencement de la leçon ! Quoi de plus propre à soutcni: l'ardeur · des élèves pour l'étude, que la sollicitude persévérante du maître pour leur avancement! Faire sentir l'utilité des leçons, n'est-ce pas les faire désirer, y attacher les élèves? Leur en faciliter l'application par des conseils qui guident et dirigent, n'est-ce pas bâter et assurer leurs progrès? Cependant, l'écriture est encore enseignée, dans certaines écoles, d'une toute autre manière : ici, on sc contente de remettre aux elèves des cahiers préparés ou des modèles, . souvent même sans venir en aide à l'exécution et à l'imitation; là, on trace, il est vrai, sur le tableau noir les exercices à l'étude, mais sans aucune explication orale qui captive et fixe l'attention , quelquefois même sans aucune démonstration qui parle à l'esprit en même temps qu'aux yeux. ERt-il étonnant que l'enseignement de l'écriture, ainsi donné, trouve les élèves froids et indifférents et que les cahiers et les a dit que Pa0cres d' écr.ilure laissent à désirer? n y a longtemps qu'on . le travail sans application est comme une roue qur tourne sans avancer. En toute chose, pour réussir, la connaissance des principes ou des rèalcs est absolument nécessaire; les élèves doivent les connaître ~t les avoir toujours présents à l'esprit. Pour cela, il faut les rappeler souvent, et même bien souvent. Ainsi, tout en s'efforçant de faire aimer les lecons d'écriture, il faut commencer chaque leçon par montrer ou rappeler, de vive voix, comment on doit tenir le corps, le cahier, la plume; et faire, de plus, toutes les recommandations concernant la forme et l'exécution. Ces conseils, si nécessaires aux élèves, si propres à les bien disposer pour le travail, ne suffisent cependant pas; il en faut encore surveiller attentivement les applications, en passant près de tous, afin d'empêcher les mauvaises habitudes. Il est, en effet, bien difficile d'obtenir que les élèves, même les plus dociles, observent ce qui leur est recommandé, sous le rapport de la position du corps surtout. Voici comment t~ut ~~ître peut prévenir ou combattre les mauvais effets de celte dr_sposibon. Une fois par semaine, le lundi, par exemple, la surverllance de

i3

l'instituteur devra avoir plus particulièrement pour objet la position du corps et du papier, la tenue de la main et de la plume, chose crénéralement un peu négligée. 0 On rappelle aux élèves, au commencement de la leçon, les conseils qu'ils doivent appliquer ; et on les ~:évient, en les .sti.m~la nt par quelques mots d'encouragement, qu Ils seront surverlles a cet égard pendant toute la durée de l'exercice. On peut aussi, et souvent avec plus d'avantages, n'appeler l'attention des élèves, d'une manière spéciale, que sur un seul point à la fois: d'abord, sur la position du corps, puis sur celle du cahier ; ensuite sur la tenue de la main, et un autre jour sur celle de la plume. n est hien entendu que maître ct élèves donneront en même temps tous leurs soins à la forme graphi~ue. · . . . Rien n'est plus utile que cette surveillance, ams1 exercee, au commencement de la leçon : elle éclaire l'instituteur sur les dispositions des enfants; lui apprend ce qui est à faire pour les uns, ce qu'il y a à réprimer chez les autres; et, _par sui~~· _lui fournit le moyen de donner à chacun d'eux, en corngeant l ecnture, les conseils particuliers dont il peut avoir besoin. Les enfants ne peuvent apprécier tous les avantages d'une position convenable, toute l'utilité d'une bonne écriture. La plupart ne s'inquièten t plus de la forme graphique dès qu'ils s_ont p~rvenus à tracer quelques mots; à leurs yeux, le but est attemt : Ils savent écrire. Ils ne sont plus stimulés que par la manière dont l'écri ture leur est démontrée, et par la nature des encouragements qui leur sont accordés. Rien n'excite plus vivement l'ardeur des elèves que quelques bonnes paroles prononcées à propos. Après avoir présenté le travail sous une forme intéressante, elles ont encore pour effet d'entretenir l'emulation de tous en encourageant les efforts de chacun.

..


14

ENSEIG~E)[El'iT

~·

QUES'I'ION

Dans quelle mesure les leçons d'écriture doivent-elles être théoriques?

RÉPONSE

Pour certaines branches de l'enseignement primaire, 1a pratique precède quelquefois necessairement la théorie. Il ne faudrait pas cependant comprendre par là que le premier travail demandé aux enfants doive être exécuté d'une manière toute machinale. Peu de connaissances, même parmi les plus élémentaires, sont facilement acquises par les jeunes enfants sans explications et sans raisonnements de la part du maître. Le seul soin important qu'il ait à prendre, c'est de bien graduer ses premières explications, ses premiers raisonnements; de les mettre, colllme les premiers exercices qui y donnent lieu, à la portée des enfants; de les proportionner, enfin, à leur âge et à leur degré d'intelligence. Les premières leçons de lecture, par exemple, peuvent être données sans Lheorie : car il ne s'agit ici pour les jeunes élèves que d'être attentifs, de répeter le nom des lettres montrées ct prononcées par le maître. Mais bientôt il doit en être aulremcnt. On sait que les enfants prennent, et souvent pendant lougtemps, le d pour le b, l'u pour l'n, le q pour le p. Comment, sans quelques mots d'explications sur la légère différence de forme de ces lettres, leur apprendre à ne pas les confondre, etc.? L'œil trompe souvent les enfants, et la mémoire leur fait aussi fréquemment défaut. L'écriture veut être enseignée de la même manière. Quel intérêt offrirait, en effet, à un enfant de cinq à six ans, une théorie savante de la position du corps, et une longue analyse de la forme des divers caractères d'écriture? De quelle utilité pourrait être pour lui une leçon qu'il ne saurait encore ni comprendre ni appliquer? On conçoit, dès lors, qu'il n'est pas raisonnable de déterminer la forme des lettres par des règles entièrement mathématiques, ni de la faire exécuter d'après des tracés géométriques, quels qu'ils puissent être. Pour les jeunes enfants, même pour les adultes qui dési. rent perfectionner leur écriture, les principes et les premiers exet'ciccs demandent à être présentés plutôt à lrt main qu'à l' esp1·it. Toute autre marche est contraire aux progrès : elle fatigue l'attention, ins-

15 pire l'ennui et le dégoût, paralyse les mouvements de la main, et rend, par suite, à peu près nuls les efforts du maître et des élèves : _les commençants ont bien plus besoin d'être aidés que conseillés. Pour la première leçon, l'élève a presque besoin d'être conduit : ne faut-il pas lui montrer comment il doit prendre la plume, cornment il doit la tenir et la diriger? Il suffît, ensuite, de surveiller attentivement le travail des élèves. Un peu plus tard, quand les enfants ont acquis, par l'exercice, une certaine habitude de la position indiquée, il importe de leur expliquer pourquoi on exige qu'ils tiennent le corps et le papier, la main et la plume, les bras et les pieds, etc., de la manière prescrite par les bonnes méthodes. Éclairer les élèves sur la position qui leur est conseillée, leur en faire apprécier les avantages, n'est-ce pas les disposer à l'obserrer? Rien ne doit être négligé pour obtenir ce résultat. Pour ce qui concerne la forme graphique, tout doit à peu près se borner, dans les commencements et si l'on fait usage de cahiers préparés, à apprendre aux enfants à couvrir d'encre les traits et les lettres en couleur; à leur montrer, princi paiement au tableau noir, comment ils doivent exécuter les lettres; achever celles qui ne sont que commencées ; grossir les traits des lettres esquissées; placer, enfin, dans les lignes blanches, les lettres et les mots des premières phrases, suivant le modèle de leur cahier préparé. Pour cela, quelques mo ts d'explication suffisent, surtout s'ils sont répétés à chaque leçon: on apprend mieux par les yeux que par les oreilles. Mais une fois que l'exécution est devenue familière aux élèves , qu'il s'agit de perfectionner l'écriture, et que la main est assez sûre pour trouver la forme conçue par l'esprit, alors peuvent ct doivent commencer les explications détaillées, les démonstrations raisonnees, en un mot, l'enseignement théorique. Entendues et données de la sorte, les leçons de calligraphie sont toujours couronnées de succès; elles ont C?nstamment de l'attrait pour les élèves; et les écritures, loin de dégénérer dans les classes avancées, ce qui arrive quelquefois, s'améliorent sans cesse, se perf~tionnent même : tous peuvent ainsi posséder, en cessant de fréqttenter l'école, outre une écriture satisfaisante, des conseils et des préceptes propres à la conserver.


eonrs tir rt'•pctition nlleriem'. JI<: pou rron t êg-alewt>nt, :<tüvant 1Pnrs nutes d les circonstancrs, ètrc t'•loignés de l'en~eig-ncment. Les inscrip1ions an tlit roHr~ tif'\ ,·ont 1•\I'C aJTÏ\ ers jus<In'au :.?8 tic ce HlUis au pins tard au f;ecrNariat <in Dôpartt·mcJlt.

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C.HOIX DE (j,\.~TIQ,UES (J ..\. TJIOI,.,IQ"UES a J'usage de l'église. des école!-> ct des familles, rreucillis par F.-O. Wolf,

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profcsse tll' au colh':xe ct organiste de la cathédrale de Sion. - Approuré par !\l~1· l'éyêqnc dn diocèse ct recom1nanM vour les (•cl)lcs cl collèges dn canton du Yalais par le lh;parlemcnt de l'lnstrndion puhliquc.

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«Cc rrcnl'il, dit la rwcilirl, [':\('l'! lrnlc pntitc pnhlit•ation i·diti•e pal' ),L .T. (hu·tl el', a Brmcnurt (.Tm·a-B.). est 1111 tli'S meilleur~ ti C ef'liX !{IIi ont paru 1'11 Sni~sc, et il SI'J'a trt'·~ ut ile dans ll's ec·oh'~ pt <lans ll's [H\l'OÎS~!'S pour les oflicrs ex tra-liturgiques.» En releYant r<>ttc appr(•ciation d'un coufr{•J'(' c·om pi·tent, no us ajouteron s que Je recueil comprend 70 morceanx dont Yoici les t itre;;. i. 0 ganctissima.- 2. Cantique. - 3. Cantique de St-Alphom:<' de Ligori. - 4. La fleur de 1\faric . - 5. L a mi-ri' Lie mi><c•J•irordr. - li. .\n ~a int c"·m· de :\laril' . - 7. La rn i·r<' <l e~ p!·o-;eJ·its. - ~. Cantirptt' de~ pi·IPI'ins. - !1. Homwa;.:-e ù la ~aint<' \'ÏL'I'~e.- 10..Je Yons salue, ::\laric. - 11. .lanna et..! i. - 1~. Imitation an l'lill!' de Marie. - 1:~. Le mois t!P mai . - l!1. "\ la n'ille tin ciel.- 1.:>. La mëre tl'atllict ion . -Hi. L'i ma~c·. - 17. LI' :saint nom dt• :\Jaric. - 18. 0 Domina mL'a. - 10. Ya;; insit!:HC tlcYotioni,;. - 20. H.eg-iua. martyrnm.- 21, 2~. AYI' maris ~t,,lla . - 2:1, :ZL Aw 1.fari,•.- :.?:>, 2l), 2i . Litania lauretana . - :.?ft Lonang-c,; it I'Encilaristil'. - 20. :J,,.,. l'''(llliL·~ me:t in srerulnm s:l'culi. - :~O. E!:·o dormio et cor mcnm Yig-ilnt. - :~1. Di><eitP a mc quia mitis snm ct humili;; cort!P.- ~2. 0 C'~l'n Yiatol'lllll.- 83, 3'1, 11. 0 salutaris. - 33. Verbum snpernum. - 3fi. 0 esca 'iatorum. - 37..J!·~u8 Deus, amor meus. - 3R. Panis angc licns. - 3fl. Ave Yertlm. - !!0. An ima Christi. - !.l2, lt3, 41, 17. 'l'antnm ergo. - 4:>, Itô. Pant;e lingua. - 48. AdoramnR te. - '10. 0 bonc .Jès u. - 30. P endant 1'.\xent. - :>1. « loria. 5~. Sur la venue de .Jésn!!:-Christ.- :>:1. Dans la nuit de :\'oi•l. - :l'L Hvmnn;: .1, llernardi (le :-i. ~omiuP .Ji-:;11. - !'">:!. H.ep;ret l't amom·. - ;)(i. Snr 1;, m y;;ti•r(' de la croix. - 37. Yer·c langnore,; nostro~.- :JX. In dominiC'is qnadJ'.O!!e:;:irme. - 5fl. HésUI'l'L'Ctinn dl' i.\otrc-Sei~nelll'. - Invocation à I'E~pJ•it saint. - Gl, 02. Ycni Creator. - 0:~. La Tr·inité . - 0'1. Saint An~e g ardien. n:>. Te })eum laudamns. - ()(i. Salut catholique .- ôi. Cantique pour la bonne mort. - 08. Cantique de S. Frant;ois- XaYier. - 00, 70. :\l olcts.

Ce recueil coftte 1 fr. 20, prix relatiYemen l modéré. Tonte personne qui en demandeea i2 reccua gratis le 1~m•. On expédie contre remboursement ou envoi préalable des espèces. Ecrire à l'édileue de l'Ecole primaire, à Sion. LA FUTURE MÉNAGÈRE

Lectures et leçons suL· l'économie domestique, la science dn ménage,


rhygiène et les connaissances nécessaires à une maîtresse de maison, par M11• Ernestine WIRTH, sm• édition, cartonné, 470 pages.

f'r,,.

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Division des parties et chapitres. tr• PARTIE. - Notions préliminaires. l. La fa mille et le foyer domestique. 2. La femme de ménage. 3. De l'esprit de famille. 4. De l'économie domestique. nm• PARTIE . - Organisation mm·a.le de la maison et qualités d'une bonne menagèl·e. 1. La prévenance. 2. Les fêtes ct r éunions de famille. 3. Devoirs du voisinage. 4. La lecture et la bibliothèque de la maîtresse de maison. 5. Dn r ôle de la femme dans l'éducation des enfants. nrme PARTIF. . Organisation materielle et administration economique de la maison. 1. Apprentissage de l'économie domestique . 2. Des qualités de la bonne ménagèr e. 3. De l'économie. 4. Emploi de la j ournée d'une maîtresse de maison. 5. Installation d'un ménage. O. Distribution intérieure de la maison. 7. Cuisi ne, office, boulangerie, ustensiles et accessoires de cuisine. 8. Des domestiques. 9. Blanchissage et entretien du linge. 10. Entretien et con~crvation des aliments. il. Des travaux à l'aiguille. 12. Des provisions. 13. Manière d'ordonncr un dîner. 14. De l'apprentissage de la cuisine. 15. Notions élémentaires de cuisine. 16. La ferme ct la fermièr e. 17. Le j ardin potager. 18. Chauffage et éclairage. 10. Recettes et connaissances utiles. 20. De la comptabilité. 21. Conseils d'hygiène. Ensuite de nos conventions avec la librai rie Hachette, qui édite cet excellent ouvrage, at-rivé aujourd'hui à sa 3"'• édition, nou.s pouvons continuer à ''enùre la Fu/ure ménagère a u prix réduit de f fr. '50 au lieu de t fr . 80 qu' il coûte en librairie.

ANNÉE

SION 15 J.Uai 1886.

N o 12.

LIGILE PIIIAIIE 1

REVUE PÉDAGOGIQUE P UBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCI[TE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît le 10 et le 25 de chaque mois, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la Suisse, 2 Cr.- Union postale, 2 Cr. 50.

Livres de p~x. - En raison de l'approche de la fin de l'année scolaire, nons croyons a propos de rappeler que l'on peut se procurer au Secr étariat du Département de l'Instr uction publique , à Sion , entr'autres ouvrages propres à être donnés cn prix, La Future menagère, joli volume cartonné (466 pages) dont l'acquisition a été viveme nt recommandée l'année dernièr~ aux adm inistrations communales par circulai re spéciale du Département. Le prix en est de 1 fr. 50 l'exemplair e, au lieu de 1 fr. 80 en librairie. • A la même adresse, on peut acquérir également l'ouvrage illustré, intitulé L es oiseauœ utiles. Ce dernier coûte 1 fr. 50 broché.

Tout ouvrage dont l'Ecole primait·e r ecevra deux exemplaires aura droit à une aunonce ou à compte-rendu, s'il y a lieu.

Absences. - Avec l'approbation de l'autorité supérieure, quatre régents d'une commune du district de Martigny, qui n'avaient pas transmis à l'autorité municipale la, liste. ~os a~sences n?n justifiées (pour 1884-85), ont été condamnés par 1 admm1strat10n au patement de celles-ci, le nombre en fig urant dans le r egistre matricule adr essé à :M. l'Inspecteur.

A mes chers abonnés et lecteurs. - La botanique. - La comptabilité agricole. - Le respect dû à. l'enfant.- Comment utiliser les connaissances de l'enfant qui entre à. l'école primaire pour commencer son instruction. - L a phraséologie et le style à. l'école primaire. - De l'enseignement collectif. - Echos des conférences. - Style épistolaire.

~ongés: -

Ailleurs, un rég~nt qui tenait u~e conduite extérieur e plus ou

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SO~IRE

mou~s édi~ante, et se per~ett~tt de donner frequemment des congés,parfois de

plus1eurs JOurs, sans autor1satwn aucune de la part de la commission scolaire et sans même avertir celle-ci, a été mis à pied ces jours-ci, avec l'approbation du Département. L'école en question a été r éunie à une autre pour terminer l'année scolaire sous une meilleure direction.

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'édtteur : M. P. PIGNAT, secrét. au Départ. de l'Instruction publique, à Sion.


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No 11 l'Ecole primaire, 15 avril 1886 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu