Ils .devront aussi. bien prcctser les numéros en consultant la liste a~_res. ou. celle q~t figure au dos de ~a couverture des Bons petits Livres. L mdJCatwn ?u titre des opuscules n est donc pas nécessaire. Lecture. Ecrtture.
LP-ctures.
Connaissances utiles., Histoire naturelle
1 Alphabet. 22 LA FONTAINE. 44 Géomètrie ~., • 2 Civilité. 23 FÉNELON. Choix. 45 l't!écani u~ g :: ~es !~sectes. 3 Exemp. Ecriture. 24 Style épistolaire. 46 Ar ent:f e • ~ ot~mque.. 64 Langue françai~e. 25 CENT Lec~ures. 47Ex!c.d'frithm. ~' Instmct Animaux. LHOIII?ND 26 Lecture Dtma';lche 48 _ Géomètrie. , ~ j Agréable et utile. 4 Grammrure. 27 BoiLEAU. Chotx. 49 o· t. c · 65 E phé mendes •· 5E · ) ,. 28 'th 1. E h 1c onversatlon hiat. x:ermces. "" ., .a a le st er. 50 La Santé 66 Solfège Rod 1 h 6 Corrigé· ;;: ,..~ C · op e. 7 Anal se. ~ s ~og 1 • omme.rce. Lectures. 67 Dessinateur. 8Ditea ~te• ae !" lti29 Anthmétlqu~. 51 B C'L • 68Gymnastique{00fig ' .~ "' 30 Tenue des LIVres. UFFON. ~ "OIX. . . Reh{/lon. L 152 Etudes Nature. Hutozre. 9 FLEURY. Catéch. ectu~es. 53 CHATEAUBRIAND. 69 Les Croisades. 10 Christianisme. 31 Mythologi.e(revue) Connaissances utiles. 70 Armées et Marine. 11 Les Apôtres. 32 CENT Récits. /54 Astronoinie 71 H!stoire d'Algérie Géographie. SS'FLORU.N. Fables. 55 G'eo1ogie. · = j72 Histoire de Paria . . 12 Géographie génér. Connal8sanc!!s utzles. 56 Minéralogie. ~~ Lectures 13 T~ur du .Monde. 3~ Trayauxd'aiguille Un lillf'e utile. 73 Gerbe. · 3aMusiqueavecnotes 74 c b '11 ~~ 14 Geogr. France. 15 Tour de France. 36 Algèbre. \ 57 Contre IvROGNERIE or. et e. 3 llistoire. 37 Exerc.d'.Algèb. ~ et TABAC (ouvrage 75 Abc1~le. g 16 Histoire sainte. 38 La Chimie. couronné). 76 Mosatque. ~ 17 ancienne. 39 La Physique. (g Histoire naturelle. Lecture.s. :1' 18 moyen âge. 40 Agri?ulture. (~ 58 L'Homme. 77 Ornements. ij 19 moderne. 41 Jardmage. '~ 59 Les Mammifères. 78 Trésor. =1 20 de_France. 142Dessi~.li~ér&:ire 1 ~ /60 Les Oiseaux. 79 Lépreux. 21 umverselle. 43 - dmutation 61 Les Poissons. 80 Voyage. ·'"" Corneille Racine Bons auteur• (Chefs-d'œuvres) 93 LA ToucHE, Iphigénie eu. 81 Le Cid Esther ? réunis 94LAFossxllanlius (Tauride 82 Horace Athalie } n• 28 95 DuCis, }[acbeth 83 Cinna. 96 Hamlet 1 88 Britannicus 84 Nicomède 89 Andromaque Sujets français 85 Rodogune 90 Mithridate 97 RAYNOUARD, Templiers 86 Polyeucte 91 Iphigénie 98 CHiNIBR, Charles IX 87 Menteur 92 Les Plaideurs 9!1 Du BELLOY, Siége Calais .. 100 Jeanne d'Arc (Excellentes éditions, ~vec n~mbreuse~ notes, commentaires, notices historiques.)
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SION 10 Mars 1886.
N • 9.
l~~CILE
PIIIAIIE
REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
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NB. Le _POrt _de 1en vot é~~nt a la charge des souscripteurs, ceux-ci ''Rudront b~en aJouter 2 c. s Ils ne souscrivent qu'à un exemplaire, 5 c. s. tls en dés1rent 7, 10 c. pour 15, et pour un plus gt·and nombœ propol'twnnellement, so1t 5 c. par 7 exemplaires en moyenne. .Jusqu'!\ ee jour i l a été éeonlé plus de I:iOO BONS PETIT8 LIVIC~~S. Nombreuses commandes re111tent 1\ serwir et e ontinuen& 1\ arriver.
ATELIER DE
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît le 10 et le 25 de chaque mois, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la Suitlse, 2 Cr.- Union postale, 2 f"r. :iO. Annonces, prix 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à compte-rendu, s'il y a lieu. .
SO~RE
Les écoles du Valals (suite).- La composition française à l'école primaire. La. stabilité de l'instituteur (suite).- Préparation des classes.- Pédagogie au jour le jour.- Bilan géographique de l'année 1885. - Style épistolaire. - Variétés : Toujours debout. Un examen au temps jadis. -Anecdotes scolaires.
RELIURJ1~
ET
Encadrement de ~:ravures A nt. CABRIN, Sion, rue de Conthey.
Tout oe qui ooaoerne la publloattoa doit être adressé à l'éditeur : 111. P. PIGNAT, secrét. au Départ. de l'lastruottoa publique, à Stoa.
N• 9.
Sion, 10 Mars.
1886-86.
<JONFÉBENCES D'INSTITtJTEIJBS St-Maurice-Monthey. - La 2m• conférence des instituteurs de l'arrondissement occidental aura lieu à Salvan même mardi 27 avril pro-
chain. (Voir le sujet au numéro 7 de l'Ecole.) ' Sion-Hérens. - MM. les instituteurs de ces deux districts son convoqués en conférence commune à Sion, pour jeudi, 29 avril prochain à 9 h. du matin. ' . . Nous annonçons pouvoir joindre à notre prochain numéro la Con-
féren_ce Taiclet sur l'écriture, pour tous ceux de nos souscripteurs, lesqu~:>ls so~t a _cette heure à peu près aussi nombreux que les abonnés de l'Ecole prlmazre, ce que nous constatons avec plaisir.
-------------------------------------------------------A PLUSIEURS A BONNÉS
Quelques souscripteurs du Centre et d'ailleurs doivent encore leur abonnement de 1885-86 à l'Ecole primaù:e. Nous attendrons jusqu'au 25 de ce mois avant de prendre en remboursement le montant dù, afin de permettre aux intéressés d'utiliser l'inten'alle pour s'acquitter directement ou par l'envoi de timbres-postE'. Il y a une petite économie pour eux à payer de la manière indiquée ci-haut. Ceux qui doivent également encore pour fourniture de Bons petits Livres ou autrE's objets, peuvent règler ces montants jus4u'à la susdite date auprès du Secrétal'iat de l'Instruction publi4ue. Ceux d~:> nos abonnés qui ne font pas la collection de l'Ecole primaire et qui pourraient disposer du numéro 6 de cette année, nous obligeraient en voulant bien nous le céder. Accidentellement cette livraison a été imprimée à un chiffre un peu inférieur au tirage ordinaire, de manière qu'il manque quelques numéros pom· satisfaire tous les souscripteurs.
ATTENTI ON Le supplément relatif au Moniteur de l'Exposition scolaire permanente ~~ li,ribourg, !l'ayant pu arriver, contrairement à nott·e attente, pour être JOint au dermer numéro, est expédié avec la présente livraison.
Echos des conférences. IJ~tremont.
--: 0~ til dans l'~mi dtt peuple ?:alaisan: Jeudi, 25 révrier, a été un beau JOur pour les mst1luteurs de 1 Entremont. Ils sc trouvaient réunis en conférence au cher tieu, .sous la présidence de leur nouvel Inspecteur, M. le Préret Troillct de Ba~ goes. Pourrait-on ne pa!; sc natter d'avoir aussi à rclalcr les noms amis de 1\1. l'Jospecteur E. Gross de Martigny, de 111. P. Pi~nat, secrétaire à l'Instruction publique et llirec· t,eur tle l'.excellen~ organe de~ ré~ent~, l' .I!,èole 1Jrimair~. M. le Chef du Département de 1I~strnct1on pubhqu~ !lous lcmOJgnall, par un télégramme. son vif regret de ue pou· v01r. se trouver ~u m11Jeu de nous. La lecture en fut saluée par de chaleureuses accla~na~lons: ~- le ~lrcc.teu~ de l'E~~le normale, invité à la rête, nous raisait savoir qu' une J~dl~posJtJon lm rav1ssmt le pla1sn· de nous voir. l\1. le Rév. Curé de Sembrancb~r. amst que sept autres membr.:s du clergé, en partie membres de commissions scolaires était pour nous un véritable encouragement. '
ORGANE DE LA
• SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION •
LES ECOLES DU VALAIS Jaeur infériorité. - Causes de cette infériorité. - B.emèdes. (Suite et fin.)
Quant à l'action sur les parents, il y a un moyen moral et un moyen extérieur ou matériel. Le premier consiste à faire comprendre aux parents ]a nécessitéet les avantages de l'instruction, l'obligation rigoureuse de procurer à leurs enfants l'instruction religieuse, l'instruction profane et les bienfaits de l'éducalion chrétienne ; à leur faire comprendre que les petits services des enfants sont loin de compenser les lods que l'ignorance pourra leur causer plus tard ; que leur nég1igence ou leur faiblesse les exposent à n'avoir pour enfants que des fainéants qui dans J'avenir pourraient devenir leur bonte. Que de parents, à qui la malheureuse habitude de ne pas réfléchir a empêchés d'entrevoir toutes ces choses, seraient épouvantés si l'on pouvait leur faire toucher du doigt les conséquences de leur léthargie, dissiper leurs préjugés et leues illusions. Que tous ceux donc qui, par leur autorité, par leur position, ont quelque autorité sur nos pauvres paysans, que ceux qui ont droit et mission de les instruire et de les reprendre, se mettent à l'œuvre; qu'ils emploient m1e pruden te discrétion pour leur faire comprendre leur devoir et la nécessité de se conformer à la loi, en vue de leur bien en particulier, de celui de leurs enfants et du bien public. Si les moyens moraux sont impuissants, il reste les moyens matériels. La loi a prévu ce cas: elle a prononcé une amende pour toute absence non justifiée, or la sanction n'est emcace, et le paysan ne s'émeut qu'autant que l'amende est perçue. Ne pas l'exiger, c'est enhardir les récalcitrants ; la laisser faire boule de neige, c'est souvent mettre les coupables dans l'impossibilité de payer, et la loi se trouve ainsi éludée. Il faudrait donc faire rentrer les amendes tous les quinze jours ou tous les mois, ainsi que cela a été ordouné, il y a quelques années déjà, par circulaire du Département de l'Instruction publique. Les listes d'absences ne signifient rien, si elles ne pas contrôlées : ce contrôle doit porter sur le nombre et les motifs des absences. Ce contrôle ne saurait blesser les in-
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stuuteurs: il n'est point d'administration où le contrôle n'existe, et aucun employé fidèle ne s'en plaint. L~ contrôle. séri~ux ~ettrait fin à ces listes fictives, peu nombreuses 11 est vra1, ma1s q~, nous le savons sont encore présentées par des personnes qm ne se croient p~s coupables en dissimulant la vérit~, par le motif_ que cette dissimulation évite aux parents des dJtlicultés. Les hstes contrôlées les motifs examinés, il s'agit de punir les coupables. Une com~isération hors depropos n'aura jamais raison d~ la négligence et du mauvais vouloir. Le paysan est intéressé, quelquefois cupide, c'est par les courroies de sa ~o.urse qu'on le ~ène. Pre~que tout dépend de l'énergie et de la v1gtlance des comités scolrures. Cette institution est tellement utile qu'à l'exemple de la Suisse, elle a été introduite en Allemagne et eu France. Si les membres des commissions craignaient, en faisant Leur dev?ir, de se créer des ennemis ils feraient mieux de se démettre : tl faut dans les commissions' des hommes conciliants, mais énergiques et sans peur. Les commissions, dan~ le cas q~ nous occu~e, onL une ~n tluence énorme. Nous pourrwns mentiOnner la capitale, où grace à l'énergie de la commission, les absence~ s~~t devenu~s à peu près nulles. Aussi, y voit-on Les enfants regul~ereme.nt frequenter l'école. Nous pourrions citer telle autre locahté qm. a une commission ultra débonnaire ; aussi les recrues de la dlle commune · semblent-elles avoir pour mission de faire baisser chaque ~nn~e la note moyenne du district; une voisine la seco?de,..et le dJstrict a le plus souvent le triste honneur de former l amere-garde de ceux du canton. Nous pourrions encore nommer une commune voisine du chef-lieu où la commission était présidée, il n'y a pas encore bien longte:Ops de cela, par un homme instruit et actif: les écoles marchaient fort bien , les rapports des inspecteurs étaient élogieux. Le président est remplacé. par u?. homm~ plus préoccupé de sa popularité que des progres de lmstruction, et qui non content de visiter rarement les écoles, prend sous son bonnet de faire grâce des amendes encourues, et se permet même d'empiéter sur les attributions de l'inspecteur en libé~ant de 1~ fréquentation de l'école des élèves non encore .ém~nCipés. Auss1 la situation scolaire de cette commune est-elle lom d être actuellement aussi florissante qu'autrefois. Et ce n'est pas dans un hameau isolé, au fond d'une vallée latérale que cela se passe: les mêmes irrégularités se commettent un peu partout, et n?s ~n virons en pourraient fournir des exemples. Et pourtant la JUStice et l'équité veulent que la loi soit appliquée et observée partout de la même manière. Que les instituteurs, les commissions et les autorité? ti~D:nent donc la main à ne laisser impunie aucune absence JllégJbme ;
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que l'instituteur, par l'attrait de son enseignement et l'urbanité de sa conduite, cherche à attirer et à retenir les enfants à l'école, et bientôt nous verrons le niveau de notre instruction populaire se relever. Voyons un peu au-delà de nos frontières; calculons, si nous Je pouvons, les sacrifices que les catholiques belges et fr·ançais s'imposent pour avoir des écoles, et au bonheur quïls éprouveraient de posséder des écoles chrétiennes comme les nôtres, sachons apprécier ce que nous avons, et faisons nos efforts pour conquérir un rang de plus en plus digne d'un pays libre et catholique. L.tl. COMPOSITION FR.lNÇ.tl.ISE .tl. L'ÉCOLE PRIM.tl.IRE
Nous avons très probablement tous remarqué combien les éléves sortis de nos écoles primaires ont de peine à s'exprimer clairement et correctement, de vive \'Oix et par écrit. Cela semble d'abord assez naturel lorsqu'il s'agit de jeunes enfants qui fréquentent encore les classes. En effet, leur connaissance de la vie est très incomplète, leurs rapports avec le monde extérieur limités et peu réfléchis, et enfin leur vocabulaire pauvre et confus. Mais ces raisons ne sauraient être admises quand il s'agit des adultes qui Ruivent nos cours du soir. Ces jeunes gens. ces hommes faits connaissent mieux la vie que des enfants, ils ont l'usage de la réflexion, et leurs idées sont à la fois plus nombreuses et plus vastes. Et cependant, je ne sais si la comparaison, lorsqu'il s'agit de rendre la pensée, est à leur avantage. Ils ont une peine étrange à expliquer les mots dont ils se servent continuellement, et donl ils savent au moins la signification actuelle et courante. Pour eux, ces vers célèbres de Boileau semblent se trouver en défaut: Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Ils ne peuvent, en général, écrire la lettre la plus simple. Quant aux descriptions et aux narrations, il ne faut pas leur en demander. D'où vient. donc ce manque d'aptitude à formuler facilement et clairement sa propre pensée, surtout par écrit? Ce ne sont pourtant point les exercices écrits qui manquent dans nos écoles. Ne serait-ce point qu'avant d'écdre, il faudrait savoir penser et parler, comme l'a dit le judicieux poète que nous avons déjà cité: Avant donc que d'écrire apprenez à penser.
Nos élèves font une foule de devoirs écrits, le plus souvent sans réflexion, et restent muets quand on les interroge, ou , s'ils
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ouvrent la bouche, c'est trop souvent pour faire rougir Je rnaJtre par.leurs réponses. Est-ce bien là ce qu'enseigne une saine pédagogie ? Nous ne le cmyons pas. Les enfants qui fréquentent n classes ont, surtout les ~lus jeunes, peu d'idées emmagasin~ da~s leu~ c~rveau. Ces .Idées, d'ailleurs, ne sont ni justes, Di claires, m raisonnées. Sm~ant en cela les excellents préceptes d Fénelon dans son Educatwn des filtes, il faudrait, pendant que le ~erveau est.encore mou et reçoit facilement les impression: ~u. on yeut lut ~onner, apprendre aux enfants à classer lell1'8 1dee~, a les expliquer, à les commenter, à les développer à le exprrmer,. d'.abord de vi~e voix. II faudrait les compaœ; entr! elles! et ams1 f?rmer des Jugements, des réflexions utiles. Et puis aux Idées acquises naturellement, on peut et on doit en ajoutt>; d'autres, graduellement, mais sans arrêt. Le fa~sons-nous tous? Donnons-nous, même et surtout aux plus petits enfants, de.s leç?ns de chos~s régulières et sagement coord~nnées?U faut bien d1re que, géneralement, les instituteurs en presence du progra~me saus cesse élargi, des exigences croi~ santes et cependant raisonnables de l'administration supérieure, et surtout du peu de. tell!ps ~ont ils disposent, craignent de perdre, en efforts peut-etre mutiles, dans l'emploi d'une méthode ~ouvelle,,.ce temps précieux dont il lui sera demandé compte au JOUr de ~ mspect10n. Et c~pendant, si nos élèves ne savent point penser, Ils ne sauront pomt parler et encore moins écrire. II faut enfin rompre avec la routine. . Puisque nous reconnaissons qu'il faut apprendre à nos élèves a ~enser et à p~~er pour qu'ils puissent plus tard exprimer facilement leurs. Idees et leurs besoins, cherchons donc la mé~)IO~e la plus ratiOnnelle et la plus propre pour arriver au but mdiqué. On .peu.t ~i.viser les enfants de toutes les écoles en trois classes OU trOIS dlVISlOnS: f• les ~nfants qui viennent rentrer et qui, le plus souvent, ne savent nen encore de ce qu on enseigne dans ~os cl~sses ; 2~ ceux d~ moyenne force; s· ~es plus avancés. De la trms cours elémentaire, moyen, supérieur. Les élèves d.u ~urs. él,é~entaire. ne. savent encore, dans la plupart ~es cas, m lire, m ecrire ; wa1s Ils savent déjà parler. Nos exercices, dans ce cours, seront donc purement oraux. Ils consisteront d'abord dans l'explication des mots contenus dans la méth~de de lectur~, en récits enfantins faits par le maître et reprodmts .Pa.r les éleves! en leçons de choses à leur portée, en petites descrip~wns des objets que les élèves auront observés ou qu'on leur presentera. En même temps on leur apprendra sans liVI'e ce que c'est qu'un nom, un article, un adjectif, un 'pronom, u~
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un adverbe; on pourra même leur faire conjuguer oraleles verbes les plus faciles de nos quatre conjugaisons, mais d'une manière abstraile et mécanique. Cette conjugaison sera toujours faite avec un sujet et un complément. L'instis'appliquera aussi à réformer le langage souvent vicieux des enfants, surtout dans les écoles rurales. Dès que les élèves commenceront à lire, on fera hien de mettre entre leurs mains des livres ornés de gravures, lesquels peuvent, entre tes mains d'un instituteur intelligent, devenir une mine profonde de leçons de choses, de récits, de descriptions, en un œot d'exercices de langage de toutes sortes. Le premier cours de Rapet renferme aussi d'excellents exercices pour les jeunes enfants. Il ne faut pas se dissimuler que cette première partie de la tâche de l'instituteur est difficile. Il lui faut se faire petit avec les petits, enfant avec les enfants, mettre son langage, ses expressions, ses raisonnements, à leur portée. Ce n'est qu'à ce prix qu'on parvient à éveiller leurs sens et leur imagination, à délier leur langue et à cultiver leur intelligence. (La fin au prochain numéro.) LA STABILITÉ DE L•INSTITUTEUR (Suite ct fin.)
Il est encore bon que le jeune homme qui embrasse la carrière pédagogique sans autre stimulant que l'appàt du gain, soit tenu à régenter hors de chez lui, car il devra penser, non seulement aux espèces sonnantes qui lui seront comptées à la fin de la campagne scolaire, mais encore aux moyens à mettre en œuvre pour les mériter; il sera contraint à se faire violence s'il veut continuer à jouir de la confiance de ceux qui le payent, attendu que chez soi on est généralement moins exigeant. Mais l'inst.ituteur qui n'entre dans l'enseignement que mû par la pensée du gain, sera difficilement un homme de dévoùment et de zèle, et jamais son école ne brillera au premier rang. . Lorsque j'affirme qu'un étranger à la commune régentera presque toujours mieux que l'un de ses ressol'tissants, je suis certain de ne pas être contredit par les gens compétents ; mais quelle différence cependant, quant aux avantages matériels et pécuniaires, il y a à régenter chez soi ou ailleurs. Dans sa commune, on peut manger chez ses parents, leur êtt·e utile dans ses loisirs; on n'a pas de frais de déplacement, les visites que l'on fait aux siens ou celles que l'on en reçoit n'entraînent aucuns frais, aucuns débours, tandis qu'ailleurs il faut payer une pension, ou se procurer des
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denrées à prix d'argent c . sa.fam~lle; il Y a encor~ ~a~~. r~~Ient t~s ~ber que pris dans raient mconnus chez soi Tou nus ~ais a supporter qui sement, la différence pécu~iaire\c1mpt~s faits, a~ec un égal traitenotable, sans tenir compte des p t~t clotu~e de l école serait assez l" ·u . e 1 s serv1ces que l'o t é , n peu . rendre à sa 1am1 e ct qm au bout de r qui n'est pas à dédaigner pour an~ et representent une valeur Ces déplacements sont don une or une modeste. stituteurs, mais ils sont un c ~e ~erte pour les familles des inpopulaire, et l'intérêt généra1r:~·t bi~n en [,~ve?~ de l'instrnction 1 ces conditions cependant le rec tpnm~t·d ~~teret particulier. A rait devenir un peu plus' diffi ru emen ~ 1é?ole normale pour1 ferait peut-être quelque peu~ e t~t une pe~une d'i~stituteurs se Jeunes gens n:embrassent la c:~/r, vu éau un .certam nombre de poir de régenter un ·our chez lere P . agog1que que dans l'espensation une légère Jau men ta .eux ; ma~s en accordant en comllinsi que cela a déjà ét~ form t~~n de t~aitement aux instituteurs par es qui ne reraient cependant aucun se rétablirait, et grâce à ~ soir .~ c;t~ augmentation, l'équilibre struction populaire entrerait daICI u e ont elle serait l'objet, l'inDans ces circonstances 1 ns ~ne nouvelle phase. ou le Département de l'I~st~u~~f~ssité ~es n~min~tions par l'Etat cesser ~éanmoins d'être le désidé~a~eraltdmoms Im~érieu~e, sans des meilleurs gages de la ros . .um e c.eux qm y vOient. un par cette voie mettraient so~ven1e~té . scolai~e.. Les ~ominations couperaient court à un reste d''1 t . n a de pembles mcertitudes riYue, et surtout au qui a toujours été une des struction populaire : les Etats rue~ es plus douleureuses de l'innation en sont satisfaits et neqm ont :dopté. ce mode de nomipourquoi donc cet exem le ne s son.ge.n pas ~ :evenir au passé : nou~ dir.a que c'est là uge attein~~~~ r~s S~lVl chez nous? On celUI qm paye ses fonctionnaires a Je dr~·te~lcommunale, et que 1 e es nommer. Pauvre argument. D'abord cette rè le tionnaires d'un Et~t sont-il~ est-elle ~~nérale ? Tous les fancles payent? Les communes nen~mm s ~~ecte~ent par ceux qui p~ur les employés qu'elles nom~~t-:~e~ Jamrus. de débours que dira-t-on. Eh bien! augmentons n · e s~nt la des exceptions, libertés funestes qui sont un da~es excep~wns aux dépens des un instrument pour faire ses g~r P'}I~etuel pour les peuples 81 terie: si telles ne sont pas a ou ceux d'une hier, elles le seront peut-êtreJ d~r . m ~!!khbertP;s, elles l'étaient le devoir même de sauve ard mam,,e . tat d01t aV(lÏJ' le droit, Le cas serait différent s'ilg s'a~fssle.~ J~ter~ts ~e. ses administrés. mdividu, maisinspirera il s'agit d'une société publique aux membal res de1Jn1aquelle l'Etat
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le plus souvent plus de confiance que. la municipalité. L'Etat, à ce que je crois, représente aussi bien le peuple que la municipalité, avec cette différence qu'il y aura là plus de lumières et d'Unpartialité. L'inégalité des traitements dans les situations identiques, ou le manque de proportion selon la durée de l'année scolaire et \e nombre des élèves admis à l'école, sont aussi une cause du défaut de stabilité de l'instituteur. S'il y trouve un avantage pécuniaire, ou une besogne également rétribuée mais moins pénible, il quittera son dernier poste pour celui qui, d'une manière ou d'une autre, améliorera sa position. Toutes les écùles du canton ont droit à une égale sollicitude, mais celleR qui sauront le mieux reconnaître les services de l'instituteur, seront aussi celles qui se verront le mieux desservies. Comme il y a, cependant, peu de règles sans exceptions, on trouvera des instituteurs novices beaucoup mieux rétribués que des instituteurs expérimentés : il y a là une véritable anomalie. Ce qui est plus regrettable encore, c'est la situation précaire faite à l'instituteur, lequel n'est souvent pas sûr du lendemain avec la sincérité, la bonne foi, la franchise qui président aux nominations par c.ertains conseils communaux. Un instituteur, par exemple, comptant sur une réélection, refuse les offres avantageuses d'une autre commune, ne voulant pas quitter une école qu'il a formée, qu' il aime, et parce qu' il veut continuer une œuvre bien commencée, se voit mis de côté pour faire place à un compétiteur plus adroit que délicat. Après ce gracieux tour de main, la victime accepte la nomination qu'il avait d'abord refusée, mais il arrive trop tard, la place est occupée. Voilà donc un instituteur dévoué assis ent.re deux chaises; cependant l'Autorité supérieure nr le laissera pas sans emploi, s'il existe encorE.' quelque poste vacant. Mais ordinairement ces écoles qui courent après les maitres ne sont pas des plus lucratives; on a l'habitude de les réserver aux débutants ; cette fois, ce sera un maître expérimenté qui y sera appelé, tandis que c'est dans une école plus importante qu'il serait à sa place; mais là encore une heureuse médiocrité aura su parvenir à capter la faveur municipale : si le droit de nomination appartenait à l'Etat ou au Département de l'Instruction, les écoles seraient pourvues d'une façon plus rationnelle et plus conforme à leur importance et à leurs besoins. L'instituteur devrait être tenu à diriger la même école aussi longtemps qu'il n' aurait pas de motif sérieux de la quitter, et les communes devraient garder leurs instituteurs tant qu'elles n'aurairnt pas de raisons graves de les renvoyer. Il est Pntendu qu' avant de prendre une décision, ces raisons et ces motifs de-
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vraient être pesés par l'Autorité supérieure. Ainsi les écoles verraient plus longtemps les mêmes maîtres à leur tête ; elles seraient mieux dirigées ; les petits surtout ne manqueraient pas des soins qu 'ils méritent ; insensiblement les écoles qui jusqu'alors auraient végété s'amélioreraient, et les meilleures continueraient leur mouvement progressif. L'instituteur s'attacherait de plus en plus à sa classe, la voyant chaque année de plus en plus prospère· il éprouverait une rüelle jouissance en contemplant son ouvrag~ auquel il consacrerait, avec une nouvelle sollicitude, ses soins les plus dévoués et Jes plus assidus. Dans ces conditions, beaucoup d'excellents sujets, qui deviendraient par la suite des maîtres distingués, n'éprou~·eraient plus pour la cal'l'ière pédagogique celle répulsion parfois invincible qui les en éloigne, et ce sera là un gage de plus de la prospérité sans cesse croissante de l'instruction dans notre canton, comme aussi une certitude d'occupet· à l'avenir une place plus honorable dans les rangs de nos confédérés. C. W.
dri ou annihilé l'action, se retrancheraient en tout et partout derrière le pouvoir central, et abandonneraient à celui-ci le soin de donner seul toute l'impulsion nécessaire. Si l'on songe aussi que l'élection par l'Etat est une arme aux mains de ce dernier, et que le maniement en peut être plus ou moins heureux suivant le temps et les hommes, l'on conviendra que le système recommandé n'est pas tout à fait exempt d'inconvénients et que sa pratique peut être grosse de conséquences à divers titres. A considérer enfin qu'à l'heure présente bien des communes en quête d'instituteurs se déchargent du soin de leur en procurer sur le Département de l'Instruction publique - qui s'efforce de répondre de son mieux à leur appel- on admettra que l'Etat n'est pas si désintéressé qu'on semble le croire dans les choix du personnel enseig nant. Pour preuve et en guise de conclusion, qu'il nous suffise de reproduire les deux articles cités plus haut :
Note de la R éd. - Nous avons goûté dans son ensemble l'article dont on vient de lire les dernières lignes. Il contient bien des vérités et des r éflexions judicieuses. La première partie surtout, parue dans le précédent numéro, est marquée au coin de la justesse et de l'apropos. Par contre, nous avons quelques réserves à faire à l'endroit des opinions de l'auteur lorsqu'il préconise le mode d'élection des instituteurs par l'Etat ou le Département de l'Instruction publique, en lieu et place des communes. Sans contester quelques-uns des avantages que fait r essortir notre excellent et dévoué collaborateur à l'appui de sa thèse, nous ne pensons pas que le procédé patronné remédierait , autant qu'il le suppose, aux inconvénients signalés. Le fait que l'on se trouve bien ailleurs de ce système ne nous semble pas prouver nécessairement sa supér iorité et son excellence en ce qui nous concerne, car les habitudes et les besoins varient plus ou moins de pays à pays. Ce qui convient à l'un peut ne pas faire le compte ni le bonheur de l'autre. Nous croyons que le canton de Fribourg - pour ne citer que celu i-là - où le gouvernement nomme, entr'autrcs, les syndics (présidents de commune) et les instituteurs, a fait jusqu'ici une heureuse expérience de ce mode d'élection et qu'il s'en accommode on ne peut mieux. Quant à innover chez nous sous ce rapport, la nécessité nous en est d'autant moins démontrée que les art. 28 et 29 de la loi scolaire donnent au Département de l'instruction publique le droit de s'immiscer, pour les contrôler et les ratifier, dans toutes les nominations faites par les administrations communales. Transférer cette compétence à l'Etat po urrait avoir pour effet de désintéresser dans une certaine mesure les autorités locales de la marche des écoles et de les laisser indiffére ntes anx progrès de l'instruction. Dans ce dernier cas, les r esponsabilités de l'Etat s'en accroîtraient d'autant, sans que le but à poursuivre soit plus parf:l.itement atteint, car les administrations, dont on aura ainsi amoin-
.Art. 28. Les instituteurs sont nommés ptir les conseils municipaux. Ds seront choisis parmi les instituteurs brevetés et à défaut de ceux-ci parmi les instituteurs porteurs d'un brevet provisoire. Le choix des instituteurs devra. être soumis au Département avant le i •• octobre. Art. 29. Les instituteurs brevetés sont nommés pour quatre années pendant lesquelles ils ne pourront être renvoyés que pour des motifs graves et avec le consentement du Département. (D'après l'art. 56, les communes encourent une amende de 50 à 100 fr. pour contravention à l'art. 28, 1•• alinéa - de 5 à 50 fr. pour inobservation de l'alinéa. 2 du même art.)
PBÉP ~RA.TION DES CLA.SSES (Corr.)- Le succès d'une leçon quelconque dépend en grande partie de la manière dont elle a été préparée. Cette préparation présente un double intérêt. i • C'est elle qni inspire à l'instituteur le goût de l'étude, un amour de ses fonctions toujours croissant et qui le met réellement à la hauteur de sa belle, mais pénible tâche. Le respect et la confiance des enfants à l'égard de leur maitre dépendent aussi beaucoup de cette prt'lparation, car, celui-ci, préparant sa classe, sera toujours à même de r épondre clairement à toutes les questions que ses élèves peuvent lui poser, et cela, sans la moindre hésitation. Certain ludimagisters diront : Nos classes de villages ne nécessitent » point une préparation si minutieuse; nous saurons toujours ré» pondre aux faibles explications que nos bambins peuvent nous » demander. » Cependant il peut se trouver dans la lecture et même dans les leçons, des mots qui nécessitent un développement particulier et une explication nette ct étendue ; si le maitre ne les développe pas, s'il n'explique pas, non seulement le mot à mot, mais encore le sens de la lecture ou de la leçon, qu'arrivera-t-il~ les élèves liront mécaniquement et réciteront comme des perroquets. D'un autre côté, si le
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régent doit recourir au livre pour chaque question à lui posée, ce n'est pas lui qui possède les matière~ ; ce n'e~t point. lui qu~ enseigne, ce sont les matières qui le domment et c est le hvre qm enseigne. L'ordre et la discipline souffrent beaucoup de cette manière d'agir, et les progrès de la classe sont, sinon _impossibles, du. ~oin,s tr~s difficiles, car, pendant la leçon, le maitre, ~tant obh ge ~ ~v01r constamment les yeux sur son livre, est absor.be et préocc~pe! Il ne peut, par conséquent avoir les yeux sur ses elèv~s, ce qm ~a1t que ceux-ci, ne se sentant pas dominés par une ~u~velllance ~ontmuelle, et étant abandonnés à eux-mêmes, seront diSSipés malgre les exhortations et les avis répétés de leur maître. . . . Le deuxième avantage que procure aux Jeunes mst1tuteurs, une bonne préparatio~ des leçons est d:habitu?r. ceux-ci ~ bien formuler leurs questions, a coordonner la suite des Idees, ce qm les empêchera de sortir du sujet ou de se tromper. En préparant sa classe, l'éducateur se rend capable d'expliquer avec clarte et précision, non seulement le mot à mot de 1~ leçon mais encore les divers éléments qui peuvent se rapporter a cette lecon. Cette explication se fait avec une telle précision, quel' on, n'est pa·s exposé à empiéter sur le temps qui doit être consacré a une autre matière, ce qui est très important. . . . Par cette préparation, les pensées sont plus lummeuses,les defimtions plus claires et plus exactes, le débit plus facile et les comparaisons plus justes. . . Pour que les branches les plus simples et les plus faciles acquièrent une certaine importance, soient considérées avec goût et attention, il faut qu'elles ne soient pas traitées d'une manière routinière ou mécanique. Les peines occasionnées par cette préparation seront amplement récompensées par la confiance et l'estime qu'elle fera na.îtr.e chez les enfants à l'égard de leur maître, et les t~avaux de celui-CI, travaux hérissés de difficultés et d'entraves, deviendront plus fructueux et plus consolants. E. St.
charge de l'exécution et croit devoir prévenir le nouveau maitre. L'inspecteur, de même, est averti ; quand, par hasard, il s'avise d'interroger cet inintelligent par destination : « Ah 1 monsieur l'inspecteur, de grâce, adressez-vous à un autre, celui-ci ne vous répondra pas. -Et pourquoi ne me répondra-t-il pas î - Vous savez ... il n'est pas intelligent. » Vous savez, c'est-à-dire vous n'ignorez pas que, dans toute école, dans toute classe, il y a comme cela une petite catégorie de non-valeurs, qui restent non-valeurs, parce qu'il est reconnu qu'elles ne sauraient être autre chose. Quelquefois on le dit tout bas, quelquefois tout haut et sans gêne, de façon que l'enfant l'entende : il le sait, on le lui a dit, on le lui répète, quand il y a lieu, pour que nul n'en ignore, pour que lui moins que personne n'en ignore : il est inintelligent. Et vous comprenez qu'il agit en conséquence. Et bien ! j'y insiste, c'est souvent sur des témoignages qui ne sont rien moins que certains qu'on proclame l'inintelligence d'un enfant. Souvent, par exemple, vous pouvez attribuer à l'esprit ce qui vient du caractère, prendre pour de l'inintelligence ce qui est timidité, réserve extrême, méfiance même, méfiance peut-être trop explicable, hélas ! Sans affection, rudoyé, contraint à la maison, l'enfant craint de l'être encore à l'école: la sensitive a replié ses feuilles; la bouche se ferme, l'œil est mort. Et vous dites, - cruelle méprise 1 - « il est inintelligent:., quand il n'est que malheureux. D'autres enfants ont un développement tardif et lourd ; ce sont des tortues à qui tous vos lièvres font du tort, mais qui sauront néanmoins, lentement, sûrement, aller au but. Ce serait à vous de le leur montrer, ce serait à vous de leur donner ou d'augmenter en eux cette confiance en euxmêmes qui fait que les tortues devancent les lièvres, et c'est tout le contraire que vous faites. Que de fois encore prend-on pour de l'inintelligence une simple insuffisance de mémoire, à laquelle il serait facile de remédier, qu'on peut suppléer au besoin, que remplacent, dans bien des cas, d'autres qualités plus hautes! Aussi arrive-t-il que, certain jour, quand, malgré lui ou sans son escient, l'éclosion s'est faite, le maître tout étonné voit cet inintelligent d'hier se révéler mûr et plus productif que ceux qu'illui avait injustement préférés. Pour combien ne faut-il pas encore compter telles dispositions physiques, anémie ou nervosité, dont les enfants ne sont pas responsables, qui ne sont pas irrémédiables non plus, et qui devraient les attacher à vous, ne fût-ce que par pitié naturelle, pour les aider à s'en rendre maîtres 1 Ces réflexions me sont suggérées par un fait dont j'ai été témoin l'autre jour, dans ma visite à l'école de X. J'avais prié le maître de faire la classe devant moi. Après un développement oral vinrent des interrogations. Il y avait de l'entrain, de l'élan. Les mains se levaient, les yeux s'animaient, les réponses pleuvaient, pleuvaient même quelquefois trop dru. Je remarquai un élève, au bout du 1er banc, tout près de l'estrade, à qui le maître s'adressait avec complaisance, et qui, à toutes les questions, levait la main et répondait surle-champ, quand même, ce qui lui passait par la tête, un peu à tort
PÉDAGOGIE AU JOUR LE JOUR
(Obsenations consignées dans le Manuel général.)
Les maîtres cela se concoit, n'aiment pas les élèves qu'ils jugent peu intelligents. Mais avec q·uel soin scrupuleux ils devraient se garder de le leur montrer ! D'abord sont-ils bien sûrs de ne pas 'se tromper î J'ai souvent remarqué qde c'est sur de bien faibles indices qu'on octroie à un enfant un certificat d'inintelligence. Et, une fois qu'il l'a, il le garde, et en voilà pour toute une année, quelquefoi~ même pour p~us ~·une année, car le maître en remettant sa classe, n est pas sans d1re a son successeur : «Celui-ci est intelligent, celui-là non». Et ainsi, de tradition, le pauvre enfant est toisé, avant même de s'être a~sis à ~a pl a~e. Ou bien c'est le directeur qui, sur les rapports qu on lm a fa1ts, se
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i40 et à travers. Le maitre, quand celui-là se trompait, ne disait rien, passait à un voisin , jusqu'à ce qu'il eût obtenu la réponse juste. Un autre petit, à un des derniers bancs, suivait tout ce mouvement sans paraître y prendre grande part. A un moment cependant, il se leva, allongea la main: «Comment 1 c'est-toi, Lucien, lui dit le maitre, qui demandes à répondre 1 prends garde; tu vas dire quelque sottise 1:. L'enfant se le tint pour dit, baissa la main, ne persista pas. A la fin de la séance, je pris à part le maitre, et j e lui demandai pourquoi il avait ainsi parlé à ce petit du dernier banc, et la réponse ne se fit pas attendre: « Vous savez ... il ne répond presque jamais rien, il n'est pas intelligent. - Et un tel, du premier banc, continuai-je, vous ne l'avez pas fait taire ; cependant, plusieurs fois, il a répondu des incohérences. - Ah 1 c'est qu'un tel est étourdi, mais il r épond souvent si bien et il est si intelligent 1 - Eh bien 1 mon cher instituteur, repris-je, je crois que vous avez fait doublement fausse route ; il eût fallu arrêter un tel pour le corriger de son étourderie, qui vient peut-être, qui vient sans doute de sa vanité ; et il eût fallu laisser parler le petit du bout du banc, pour encourager son effort, et, tout en rectifiant son erreur, s'il y avait eu lieu, lui montrer par votre bienveillance qu'il aurait tout à gagner à se corriger de son apathie. X .... , inspecteur primaire. BILAN GÉOGRAPHIQUE DE L'ANNÉE 1885. (Suite et fin.)
L'Etat libre du Congo, constitué par suite de la Conférence de Berlin, a pour souverain le roi des Belges, Léopold II, qui avait supporté depuis 6 ans tous les frais de colonisation de la r égion. Il comprend la plus grande partie du bassin du grand fleuve, jusqu'aux lacs Albert, Tanganika et Banguéolo. Son étendue est évaluée à près de 2,000,000 de kilomètres carrés, soit 4 fois la superficie de la France. C'est joli comme surface. ll y a là, croit-on, 10, 15 ou 20 millions de Noirs qu'il s'agit d'amener à la civilisation. Le geme actif de l'américain Stanley a su donner à l'Etat du Congo un commencement d'organisation ; plus de 40 stations sont échelonnées sur les rives du fleuve, jusqu'à 400 lieues dans l'intérieur, et une flottille de bateaux à vapeur porte le pavillon bleu étoilé depuis la mer jusqu'aux Stanley-Falls. Au sud de l'embouchure du Congo, s'étend la côte portugaise de l'Angola, suivie de la nouvelle colonie allemande de Damara, ou de la Hottentotie, confinant au delà de l'Orange avec la colonie anglaise du Cap et de Natal. Dans l'Afrique orientale, la France, après une longue guerre, vient de soumettre à son protectorat la magnifique île de Madagascar et s'est fait céder une partie de la côte N.-0., ainsi que la baie de Diégo Suarez, près du cap d'Ambre. Toutefois l'au~orité. de la reine des Hovas est reconnue sur toute l'île, qu'elle contmue a gouverner sous la surveillance d'un résident français.
Rien de neuf dans le Mozambique portugais; mais au Zanguebar les Allemands s'établissent dans l'Ougara sur le chemin des grands lacs, nonobstant les réclamations du sultan de Zanzibar, qui sera peut-être obligé de subir lui-même le protectorat de l'empire germanique. Reste la côte orientale du Somaul, que convoitent encore les Allemands. Plus au nord, les Anglais sont à Berbera, peut-être même à Zeilah ; les Français s'étendent dans la baie de Tadjourah et à Obock jusqu'au détroit Bab-el-Mandeb, en face de la côte asiatique. ASIE. Peu s'en est fallu que les Russes, qui avancent toujours, n'arrivassent à Hérat, la grande ville, située dans l'un des couloirs qui mènent aux Indes. La diplomatie anglaise a réussi encore une fois à arrêter les Cosaques ; la paix est faite, mais sera-ce pour longtemps 1 A l'autre extrémité de leur empire des Indes, les Anglais, par un coup heureux, ont opéré la conquête du royaume de Birmanie, dont le tyran Tibôo avait assez fait parler de lui par ses massacres. Cette annexion sommaire est le contre-coup de celle du Tonkin, car les Anglais se ménagent par la Birmanie et l'Irraouadi, comme les Français par le fleuve Rouge, une voie commerciale vers le Yunnan et les provinces centrales de la Chine. La France au Tonkin a éprouvé, une fois de plus, qu'il est souvent plus facile de conquérir un royaume barbare, que de le conserver et de l'organiser. Le soulèvement des Annamites a mis l'armée fra ncaise dans un embarras sérieux, et leur r age s'est exercée sur les malheureux chrétiens indigènes dont plus de 30,000 ont payé de leur vie l'avantage d'être de la religion des Blancs. L'opinion en France a paru se prononcer pour la liquidation de cette malheureuse affaire tonkinoise et pour l'évacuation du pays, et c'est à grand' peine que le gouvernement de la République a pu obtenir de la Chambre l'argent nécessaire pour continuer la guerre. OcÉANIE. L'Allemagne, cette année, a fait coup double en Océanie en se faisant adjuger le 'tiers N. E. de la grande ile de la NouvelleGuinée, devenue actuellement « la Terre de l'empereur Guillaume:., puis l'archipel de la Nouvelle-Bretagne, qui a reçu immédiatement par un nouveau baptême le nom «d'archipel de Bismark ». Encouragée par ce succès, la Prusse aurait voulu mettre la main sur les îles Carolines ; mais le chancelier allemand avait compté sans la fierté castillane qui le força à accepter la médiation du Pape ; et celui-ci reconnut les droits historiques de l'Espagne sur ces îles, dont le nom vient d'un roi espagnol, Charles II. La Prusse s'est dédommagée en annexant l'archipel Marshall, _ l'une des rares parties océaniennes qui restent sans maîtres. D'autre part, la Couronne britannique, selon sa pratique de selfgovernment, vient d'autoriser les Etats australiens, jusqu'aujourd'hui séparés, à se réunir en une Confédération autonome. Cette union les rendra plus capables d'agir en puissance politique dans
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cette partie du monde, et d'y opposer leur influence à celle des autres compétiteurs. L'Australie anglaise paraît être destinée à jouer dans l'extrême Orient le rôle des Etats-Unis sur le continent américain. AMÉRIQUE. On parle du projet d'un chemin de fer gigantesque, capable de transporter les plus grands navires à travers l'isthme de Téhuantépec au Mexique. Cette voie plus courte pour relier les ports des Etats-Unis sur les deux Océans ferait une rude concurrence au canal de Panama en voie de construction. Tel est, le plus sommairement qu'il nous a été possible de le faire, le résumé des principaux faits de géographie politique et coloniale, pendant l'année 1885.
tre à sa fille sont pleines d'a.lfe~tion, de galté et .d'esprit. Après oe.s noms viennent dans l'ordre chronologique, Mme Swetcbine,.le P. Lacordaire, Eugénie de Guérin et aussi Louis Veuillot. Enfin, elle lw recommande les lettres écrites par les saints.
STYLE ÉPISTOLAIRE 17. PAUL à LOUlS. Il vient de conduire le cheval dans le pré de Baptiste, qui à force de singer le grand seigneur, a fini par faire faillite. Tous ses biens ont été vendus ;leur père a acheté le pré qui avoisine leur jardin. Il remarque que les grenouilles de notre temps n'ont pas plus de sagesse que celle dont La Fontaine a raconté la fin désastreuse, etc. 18. RENÉ à DENIS. Denis avait oorit à René, racontant avec charme les mœurs des paysans, les douceurs de la vie champêtre. René leur parle de certains écrivains du jour, de la licence de leurs écrits. Il félicite son ami d'avoir pour compagnons particuliers des canards, des poulets, etc. Il n'est pas toujours si agréable de vivre avec les hommes. Il le remercie de sa dernière lettre, toute pleine de cœur et d'esprit et termine en l'engageant à prier pour le pauvre citadin. 19. AUGUSTINE à ELÉONORE. Augustine vient de perdre son père; elle annonce cette triste nouvelle à son amie Eléonore. Cette perte, aussi prompte qu'inattendue, la jette dans un grand accablement; elle n'a pas la force de prier, elle n'a que des larmes. Elle sollicite des prières de son amie. 20. ELÉONORE à AUGUSTINE. Elle partage ses douleurs et joint ses larmes aux siennes. Après lui avoir rappeM les paroles de St-Paul aux âmes affiigées, elle l'exhorte à mettre son espoir en Dieu. Elle lui dit de ne pas s'affliger outre mesure; sa santé et sa vie sont nécessaires à sa pauue mère, à ses frères, etc. Elle la presse surtout de prier beaucoup : la prière soulage et fortifie. 21. UNE MAITRESSE à son ANCIENNE ÉLÈVE. Réponse à une jeune fille qui demande à son ancienne institutrice quels sont les auteurs qu'elle doit lire de préférence, afin de se former dans le style épistolaire surtout. Elle lui recommande les lettres de St-FrançoiH de Sales, lettres attrayantes, imagées et respirant un parfum de sainteté. Après lui elle cite Mme de Sévigné, bien qu'il r ait une espèce d'idolê.trie dans les sentiments qu'elle a pour sa fille. Les lettres de :Mme de Maintenon sont d'un style pur, la raison y domine, mais avec charme; celles de Racine sont écrites avec simplicité et naturel. On trouve dans celles de Fénelon une grande science du monde, une bonté et une délicatesse exquises; celles de Joseph de Mais-
VAB.IB~B• TOUJOURS DEBOUT
Nous venons de recevoir la jolie variété suivant~. ~·auteu;, en nous faisant l'envoi a bien voulu accompagner celm-01 des hgnes suivantes bien aim~bles et flatteuses pour l'Ecole primaire: « Je saisis cette occasion pour vous dire combien j'appr~cie ce~ exc~llent journal pédagogique aussi intéressant qu'instrnct1f, et Sl émmemment pratique, qu'on pourrait l'appeler le Journal pour tous. • Faites silence, ô poètes sans espoir, et cessez de nous redire e!l vos folles clameurs que tout est songe et vanité. Ces pa~oles sont ~ures et VIdes de sens. Endormeurs d'Ames que vous êtes, sachez voir la réahté. Il faut espérer et croire, et savoir rester debout. L'espoir de toute Ame sincère du tombeau traverse la nuit. La vie est un combat, la mort n'est pas son terme. Poussière, retourne en pou~siè~e! n'a pas été dit à l'esprit. Le doute pèse à notre Ame. Nous avona besom d aimer et de croire, et nous voulons rester debout. Ni les plaisirs, ni la tristesse, ne sont le but ni le chemin. La Tolu~té est un poison qui tue, et la tristesse un feu consumant. Nous d~vons agu sans cesse, et oombattre en travaillant, pour que chaque lendemam nous trouve plus avancés que la veille, et encore toujours debout. Notre tâche est grande, et le te.mps s'envol.e. Dans ~.a lutte souvent le cœur saigne. Comme un tambour voilé de cr~pe,ll.fautqu 11 bat~e une mar.che vers le tombeau. Maie la douleur est feu qw purifie. A souft"nr on deVIent fort, et l'on apprend à rester debout. Ne nous fions pas à l'avenir, si riantes que soi.ent ses coul~urs. Les a.lfections sont fragiles, et le siècle e?~ tro~peur. La1~son,s la folie. enter~er ~es marta, et travaillons pendant qu il est JOUr. Le soir n est pas lo1n, qu01 qu on en dise. Il faut savoir rester debout. La voix des saints nous crie que nous pouvons rendre sublime notre ~ie, et en partant laisser sur le sable une empreinte qu'un frère égaré découvrira peut-être, et dont la vue relèvera son courage. Vers ce but il faut marcher. Ainsi, debout, quoiqu'il arrive, toujours debout. L 'exemple des forts nous apprend comment notre œuvre nous ~unit. Du matin au soir, et jour et nuit sans nous lasser, sachons pourswvre notre tâche. Jusqu'~ l'aube du dernier jour, tenons nos lampes allumées, et de l'un à l'autre disons-nous: Frère, il faut rester debout. Mario***· (Imité de Longfellow.) Un examen au temps jadis. Une remarque préalable. Nous n'offrons pas comme modèle à suivre l'examen dont on va lire le très véridique récit. Autres temps, autres mœurs. Mais dans ces histoires de jadis tout n'est pas non plus à jeter au vieux. fer. Il s'exhale de ces respectables antiquités un parfum de piété et de séneux
qu'il est salutaire de respirer; et sur le fonds presque noirci d'une époque bien moins privilégiée que la nOtre sous bien des rapports, se détachent des oaraotères d'un vif et singulier relief. Piété vivante et simple tout ensemble caractères intègres et forts ..... hélas ! mais où sont les neiges d'antan? ' Il y a bien une soixantaine d'années de cela. Il était près de midi, lorsqu'un jeune instituteur fit son entrée dans la cure de Frommern, en Westphalie. Tout était silencieux, ni allanta ni nnanta; le tic tac monotone de la pendule était le seul bruit entendu; la poule avait rassemblé ses poussins sous ses ailes ; le vieux chien dormait au soleil, le chat s'était perché sur le pommier et faisait les yeux doux aux pigeons qui ne s'y laissaient pas prendre. Le jeune homme qui venait de franchir la porte du presbytère n'avait rien TU de tout cela; il avait trop à regarder en dedans pour laisser le spectacle du dehors solliciter ses yeux. C'était un instituteur à see débuts, un aspirant à la place de régent, chantre et organiste d'un village voisin, et qui, selon la coutume d'alorB, devait d'abord sc faire examiner par l'inspecteur ecclésiastique. Pour commencer, il e~t pu, s'il ellt été comme tant d'autres, dire : Pas de chance 1 Il n'aTait trouvé personne pour le recevoir et pour le conduire ; il avait heurté à plusieurs portes et n'avait entendu ni voix ni réponse. Enfin il en avise une entr'ouverte et demeure immobile ; car devant lui il a vu le vieil inspecteur, les cheveux blancs, le dos cow·bé par l'Age, le front sur l es mains et faisant un petit somme. La vue du vieillard lui rappela-t-elle un autre vieil1ard, son pè'te? Ou bie'n songea-t-il que, pour lui aussi, jeune et vigoureux aujourd'hui, la vieillesse viendrait à grands pas? Ou enfin sa pensée se porta-t-elle de l'examen qu'il allait subir au grand examen qui nous attend tous, vieux et jeunes ? Bref, une invincible émotion le saisit à l'heure même : instinctivement ses mains se joignirent et une muette ruais intime prière s'éleva de son cœur jusqu'au trOne du Très-Haut. Combien de temps cela dura-t-il? nous l'ignorons. Le fait est que sa prière silencieuse se répandait à la fin si librement, si joyeusement devant le Seigneur, qu'un .dmtn prononcé à haute voix sembla ré'feiller le vieil inspecteur et lni fit jeter un cri. c Qui est là? , Le jeune instituteur s'annonce ; il s'excuse d'avoir dêrangê le pasteur. Celui-ci l'envoie commander à la cuisinière deux tasses de café. A son retour, notre régent trouve l'inspecteur prêt à charger sa pipe. Les idées d'émancipation étaient-elles inconnues à cette époque? Ne parlait-on pas encore de la pantoufle et des moyens de B'y soustraire? Le fait est que l'aspirant prie le vieillard de lui confier sa pipe une minute, et dans un tour de main, avec une plume et quelques gouttes d'eau, il l 'eut si bien nettoyée, que lorsque l e fumeur la reprit, il déclara que depuis longtemps le tabac ne lui av'ait semblé si bon et le tuyau si doux. Puis il se mit à vanter eon varina:s, venu directement du Brésil par la Russie et par l'Espagne, à travers la Buisse, la Hongrie, la Hollande et l'Allemagne, si du moins il en fallait croire son fournisseur de tabac. Le jeune homme se tut un instant, tout étonné de ce parcours qu'on lui disait si direct et qui l'essemblait fameusement à un chemin d'écolier. 11 se mit à refaire le voyage, tel que le tabac l'avait sans doute fait le premier, pour arriver directement à sa destination. ( .d suivre.) ~
Anecdote scolaire.
• * • Voici une nouvelle .théorie des
fractions: L'instituteur. - Lol'sque d'un nombre entier vous retirez 4 fois un quart, qùe reste-t-il ?... (Silence complet.)- Comprenez-moi bien 1 Si vous coupez une poire en quatre morceaux que voue mangez, qu'est-ce qu'il en reste ? • (Tuus les gamins ensemble.) - M'Pieu 1. •• les pepins.
Le personnel enseigoa_nt du district, presque au compte~, était heureux _de sec~uer une fois de plus la pousstère de l'école et de se serrer la n.am dans une cordtale étremte. Dans le sujet principal à l'ordre du jour il était question de discipline scolair~ . Les instituteurs (bien disciplinés dans cP. cas-ci) ont, à l'exr.eption de trois ou quatre, tratté le suj~t à l'étude; en général. travaux soignés et surtout pratiques se complétant d'une manièrt~ avantageuse, au dire des membres honoraires présents. Dans ces modestes congrès, nous pui;;ons d'utiles leçons daoc; l'expérience de chacun. C'est un témoignage rendu a l'utilité des conférences d'instituteurs. Comme le temps passe quand on est bien 1Il est une beure 11 et personne ne songe an dîner si ce n'est le cuisinier. La première partie de la fête est close. Le fumet qui s'échappait de la cuisine des demoiselles Luder, réveilla subito notre estomac, et nous voila llnvant et mangeant, en un mot faisant honneur au menu ropieux et fort bien servi par de fort bonnes demoiselles. Il n'est pas nécessaire de dire que la gaîté la plus franche et la plus cordiale, l'entrain le mieux soutenu, furent le partage de rette partie de la fête t:e n'est qu'un feu croisé de chants, de toasts. où tous ceux qut ont des droits à la reconnaissance, aux bons souvenirs de l'a~semlllée ne sont point oubliés. Qu'il nous soit permis d'adresser ici nos plus virs remerciements il M. Pignat et à .M. Gross pour leur bonne visite. Ils sont venus de hien loin :leur présence n'en est que plus chèr~ aux instituteurs. Nous souhaitons les voir le plus souvent possible à nos réunions. L.-A. M. inst.
Note de la Réd. - La reproduction qui précède était déjà livrée à lïmpression, lo1·sque nous est arrivé un compte rendu, émané du nouveau secrétaire de la conférence. Pour édter un double emploi, nous nous voyous obligés de mettre de côté la dernière relation reçue, dont nous remercions du reste fauteur. Nous ajouterons seulement qu'elle ment ion ne la nomination de M. l'abbé Marquis, professeur, à Bourg S'-Pierre, comme vice-président, M. Jos. Cavé, à Ot·sières, comme secrétaire de la conférence, en remplacement des anciens titulaires, qui a'·aio:mt décliné une réélection. Elle signale également les recommandations faites par .M. P. concernant la prépat'ation des recrues et la révision des statuts de la conférence. Ce dernier point a été admis en principe et rem-oyé à nue commission spéciale, composér. de six membres. St-Maurice-Monthey. - Nous avons reçu de la conférence de l'arrondissement· occidental, un compte-rendu, proYenant de deux som·ces diffPrentes. Nous allons utiliser de notre mieux ces rrlatious en les eomplélant l'une par raulre. La i•• confMence annuelle des institutcur3 ùe l'arrondissement occidental s' e~t lenne pour la première fois à Troistorrenls, le ~5 ft}vrier. sous la présidence de M. I'Inspreteur Débonnaire. Sur les 36 instituteurs laïques des deux districts, 30 étaient prrsenls. ainsi que deult Frères de Monthey. L'autonté civile ct ecclésiastique locale, M. le 1\é\'. Cbau. Fournier, les présidents de la Municipalité et de la commission scolaire de Yald'Illiez ct M. llarlatey,jugc d'appel, figuraient également parmi les mcmhres honoraires. Au début de la séance, il a eté donné lecture d' un télégramme de .M. Bio!cy, pr(·~i dent de la Société cantonale d'Education, exprimant ses regrets de ne pouvoir as~is let· a la conrérence. Puis on passa à l'ordre du jour. portant successivement l'appel nominal, le rendement des comptes de la bibliothèque, l'élection du vice-président et du secrétaire de la conférence ; ces deux dernières charges ont été con nées respcctiYement à ~lM . Jules Jl(ottet, a Evionnaz, et Jos. Gi1·aud, à Vernayaz. Ces opérations terminées, dilt instituteurs, désignés par le sort, lurent leur:> travaux. Plusieurs compositions étaient très soignée~, quelques-unes bien, doux médiocrement. La lt'cture de ces mémoires fut suivie d'une discussion à laquelle prirent part MM. Ecœur, curé, Dé-
llonnaire. et l'un ou l'autre instituteur.Le premier a complimenté, en termes bien sentis les auteur5. et a pris ensuite la défenstl des commissions scolaires qui étaient asse; mal menées par un ou deux instituteurs. Il dit que le per:>onnel enseignant ne doit pas se gêner de demander l'appui des commissions aussitôt que le besoin s'en fait sentir, et que lorsqu'elles verront qu'on a confiance en elles, les commissions rempliront toutes leurs devoirs. Parmi les obstacles aux progrès et à la discipline énumérés dans quelques travaux est mentionnée la diversité des manuels scolaires. La bigarrure constatée est surtout 1~ fait de la période de transition que nous traversons actuellement. On a aussi critiqué amèrement les modifications apportées au catér-hisme, dont on regrette les anciennes éditions. Le Département n'a rien à voir en ceci non plus que dans le cartonnage de ce classique, Qui arrive de Genève. Quant aux: desideratas, formulés sur les autres ouvrages, le Département s'empressera toujours de tenir compte, dans la mesure du possible, des légitimes aspirations du corps enseignant et des parents. A titre de motion individuelle, un instituteur (d'ailleurs des mieux: rétribués) a 1 appelé en termes assez aigres une proposition qu'il fit à ses collègues, à Monthey, il y a deux ans, en vue d'obtenir une indemnité d'itinéraire pour assistance aux réunions pédagogiques ou une augmentation de traitement. Son initiative a été naturellement applaudie avec chaleur. Aussi a-t-il été décidé de nantir les autres conférences de la résolution confirmée à Tr01storrents, et de s'entendre d'un commun accord pour réclamer collectivement de l'Etat ou des communes un dédommagement des débours nécessités par les conférences. Nous souhaitons que le succès couronne cette démarche. Cependant nous ne voudrions pàs bercer d'illusions les promoteurs du projet. On agira en tout cas prudemment en ne formulant p~s de trop fortes exigences, afin de ne pas courir le risque de voir la motion obtenir un enterrement Je première classe. Ath. messireGaster, invoquant à son tour ses droits,non moins impérieux et reconnus que tant d'autres, il fallut bien lui donner satisfaction, ce qui n'exigAa du reste pas beaucoup de tiraillements. Un bon dîner fut donc servi, arrosé d'un vin qui coula à tlots et délia les langues. Toasts, chants, participation de la fanfare de Troistorrents, rien n'a manqué pour exciter l'harmonie et la gaîté. Aussi bien, jamais, depuis l'établissement des conférences, y eut-il autant d'entrain que cette fois-ci. Le succès en revient en partie à l'administration de Troistorrents qui fit une réception cordiale et hospita· lière à la moins belle moitié, hélas! du corps enseignant des deux districts inférieurs.
Conthey. - Le compte-rendu de la confét·ence de Chamoson paraîtra dans le prochain numéro, étant arrivé trop tard pour celui-ci.
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SION
N• 10.
2li ltlars 1886.
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