N• 2.
Janvier.
1881-82.
!6 Livret fournit et dont personne ne conteste la nécessité pour assurer tout succès. Nous ne saurions encore mieux en faire l'éloge qu'en ajoutant que dans la dernière conférence des instituteurs de l'arrondissement occidental V. Débonnaire, inspecteur, l'approuva hautement et le recommanda à l'attention du personnel enseignant. Nous n'en dirons pas davantage aujourd'hui, attendu que nous croyon~ que l'E.rpédition du Supplément se propose d'en adresser un exemplatre a tous les abonnés. Nous ajouterons se~ement .qu'on ~ut se J?rocu~er _les Livrets de correspondance au ~ecrétartat de l Instrucllon publique a Ston, au prix de~ fr. le cent. A. M., instituteur.
CHRONIQUE ET AVIS SCOLAIRES Conférences.- Nous avons reçu de M. Peter, instituteur à Ayer, un intéreuant compte-rendu de la conférence tenue à Venthône le 29 novembre der· nier, des instituteurs du district de Sierre. Malheureusement le peu de place dont nous disposions encore lorsqu'il nous est panenu, nous empêche de l'insérer et même d'en donner un résumé. Ce sera dono pour notre numéro de janvier. A propos de conférence, nous sommes en mesure d'annoncer que celle du district de Sion est convoquée au chef-lieu pour jeudi 12 janvier 1882. Moyens d'érnulation et d'enseignement. - L'on continue à trouver au &crétariat de J'Instruction publique, à Sion, des formulaires de Tablea_u d'h~ neur et de Téln()ignag~ de satisfaction, à 1 fr. 60 le cent des preDllers et 1 fr. celui des seconds. Au même dépôt, l'on pourra aussi acquérir au prix réduit de 2 fr. 70 le Dictionnaire complet (illustré) de Larousse. Le dépôt des cahiers effectué à la même adresse en comprend pour le moment les quatre numéros ci-après indiqués, soua lesquels on est prié de les spécifier dans les commandes.
N°4.
N°7.
22 lignes p• page. 18 lignes p' page.
N°10.
N°16.
141ignes p• page.
Ces cahiers, pourvus d'une couverture bleue ot comptant 24 pages, coûtent 6 c. pièce. Les mêmes marginés, 7 c. ; les cahiers n' 10 seront remis à 5 c. .6.~~~~-~ZOJI'
Les personnes auxquelles est adressé le présent numéro du SoPPLilŒNT et qui ttf. l'auront pas refusé jusqu'au Nouvel-An, au plus tard, en en donnant avis à l'Editeur, par écrit ou de toute autre fllanière, seront considérées comm~ abonnées. Le prix d'abon11ement est d'an franç seulement, et les livraisons qui seront au nombre de 6·7 (16 pages chacune) pour l'année scolaire, paraîtront entre le 10 et le 15 de chaque mois, jusqu'à l'tfai inclusivement.
SU PPL[M ENT VALAISAN AU BULLETIN PÉDAGOGIQUE
publié sons les ansuices de la Société valaisanne d'Education. SoJOLURE. - Examena des recruea. - Encore la parole de l'Institut.,ur.- Education des filles de la campagne -Ecoles mixtea.Encore le livret de correspondance. - Bibliographie. - Chronique et avia scolaires. - Variétés (Lea deux Réveils).
EXAMENS DES RECRUES Après que le Bulletin otfù;iel du canton vient de jeter aux quatre vents des cieux la peu réjouissante nouvelle que les huit districts de langue française de notre cher Valais envoient, à eux seuls, ensuite des derniers examens pédagogiques , ni plus ni moins que 150 recrues à l'école complémentaire fédérale, iJ sera bien permis à l'auteur de ces lignes, qui a vu à l'œuvre, pendant les opérations militaires du recrutement dans la partie du canton appartenant à la I•• Division, et l'expert pédagogique fédéral et les recrues elles-mêmes, de faire part aux lecteurs du Sttpplément des impressions que lui a laissées le rôle de simple spectateur qu'il a rempli en cette occurence. ll profiLera de cette occasion pour signaler à MM. les Instituteurs chargés de préparer les futures recrues, les améliorations facilement réalisables qu'ils peuvent introduire dans le système d'enseignement en faveur dans les écoles de répétition, pour assurer un meilleur résultat des prochains examens. Pour celui qui écrit cet article, il est hors de doute que notre cher canton obtiendra, par les derniers examens de ses recrues, une note inférieure à ~elle qu'il a eue l'année précédente. S'ensuit-il nécessairement que le niveau général de lïnstruction ait baissé en Valais, ou que, par un brusque retour des choses d'icibas, il se trouve relégué au dernier rang dans la statistique fédérale, après avoir occupé en 1880 la 22• place sur 25 ~ Nous ne le pensons pas, et nous pourrions au besoin donner des preuves convaincantes du contraire. Mais, si nous avançons d'un pas nos confédérés pourraient avancer davantage encore, car tous sont ani-
18 més en cela d'une louable émulation et luttent à l'envi pour conquérir un rang plus élevé ou conserver celui qu'ils ont.Nous inclinerons même à croire, sauf à voir les évènements nous infliger un démenti, que le Valais n'aura malgré tout ni une note ni une place moindœs, et voici les raisons qui militent à l'appui de cette manière de voir. L'expert pédagogique fédéral, M. Scherf, instituteur à Neuchâtel, a dl1 se montrer, en rais011 d'instructions plus rigoureuses et plus précises que leurs devancières, moins coulant que le titulaire qui avait fonctionné au même titre l'année précédente. Nous ne croyons pas exagérer en avançant que, d'après notre estimation, ce dernier eût donné, par exemple, la note 2 où son successeur marquait le chiffre 3, et ainsi de suite dans cette progression. Loin de nous, du resle, Ja pensée de vouloir, par cette constatation, insinuer que ce dernier ait outrepassé ses instructions ou voulu traiter notre canton plus sévèrement que d'autres, mais, d'un autre côté, nous devons croire que si l'on s'est servi ailleurs des mêmes poids et mesures dont on a usé chez nous, Ja place assignée aux divers cantons et la note dévolue à chacun d'eux n'auront pas pour effet d'imprimer au nô tre le brusque mouvement de recul que, sans cela, nous eussions redouté pour lui. Hâtons-nous d'ajouter ici, à propos d'expert, que M. Scherf n'était cependant paR homme à brusquer ou effaroucher nos jeunes gens, car nous l'avons constamment vu procéder avec calme et patience dans les questions qu'il leur adressait. Nous en dirons autant de son aide, M. P.-J. Rouillel', instituteur à Mar-tigny-Ville. Cela ne nous a pas empêché de nous convaincre de visu, que la timidité naturelle à nos jeunes gens a été pour beaucoup d'entre eux la cause de leur insuccès, et nous en connaissons qui, placés à l'école en face de leur instituteur, eussent répondu convenablement et sans trouble à des questions pour lesquelles ils venaient échouer pitoyablement devant l'expert fédéral. Nous venons de parler de sévérité. A Dieu ne plaise que nous voulions par là faire notre mea culpa en frappant sur la poitrine des autres. Voyons plutôt l'état de notre conscience, et demandonsnous si l'école ne pourrait pas, avec un peu plus de bonne volonté et de savoir-faire, tirer meilleur parti du temps et des moyens d'enseignement dont elle dispose. Et, bien que nous ayons dit plus haut que l'on s'est montré cette dernière année relativement plus exigeant que la précédente, voyons un peu si, absolument parlant, ces examens sont réellement trop sévères. Savoir lire quelques lignes et posséder ainsi une connaissance minime du sujet, n'est pas assurément au-dessus de la portée du
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commun des mortels. Et dire qu'avec cela on obtient une note moyenne, c'est-à-dire juste assez pour ne pas rester à la queue du bataillon 1 Pour nos leeteurs que cela pourrait intéresser, prenons au hasard, dans les Recrutenp1·ülwngen, le morceau de lecture suivant. On pourra se convaincre si réellement les examens sont trop rigoureux. Nous citons : « Une scène _ émouvante. s'est pa~sée à Langw~esen : Des enfants jouaient au bord du Rhm ;_un gam,m de tro1s an1 tombe a l'eau et est emporté par le courant. A ses ens, son pere accourt et se jette à la nage ; mais ses habits l'empêchent de poursuivre; il revient à bord;. se désha!,ille promptement et nage avec l'énergie du désespoir vers son Iils qui tend encore les bras et l'appelle avec des cris déchirants. Quelques instants encore et le père touche au but 1Mais soudain, le tourbillon engloutit Je petit enfant qui quelques minutes plus tard, fut rejeté inanimé sur la rive. » ' Voilà, comme nous l'avons dit, un spécimen des sujets de lecture. Tous les autres morceaux, au nombre d'une vingtaine, empruntés pour la plupart aux journaux politiques ou à l'histoire naLionale, sont à l'aveJJant. Encore une fois, est-ce trop demander? Pour la composition, les sujets sont ordinairement empruntés au genre épistolaiœ et aux circonstances ordinaires de la vie pratique. Or, écrire une simple lettre, comme qui dirait un mot de billet, avec écriture et style faibles, afin d'être cependant intelligibles, ce n'est pas, semble-t-il, quelque chose d'exorbitant. Calculer médiocrement, c'est-à-dire connaître au moins les quatre règles fondamentales de l'arithmétique, afin de ne pas se laisser trop duper dans Jes ventes et aèhats, sur les marchés, en voyage, partout, c'est nécessaire à chacun. Avoir certaine connaissance de quelques faits et quelques noms de l'histoire et de la géographie, est-ce trop demander à des citoyens suisses qui vont voter, qui signent des pétitions, des adresses, des protestations, qui sont solidairement responsables des destinées de la patrie suisse, valaisanne et communale? Reste maintenant à savoir si nos écoles de répétition font tout ce qu'elles peuvent et tout ce qu'ellel:l doivent pour mettre l'enseig~lement en harmonie avec les programmes qui leur sont traces. A en juger par les résultats obtenus, il serait permis d'en douter. N'e~t-il pas~ s~pposer qu~ la grammaire soit encore pour beaucoup Je ll.vre prmcwal pour l enseignement de la langue maternelle, !andts que le hvre ~e lecture est relégué à l'arrière-plan? N'estJ~ pas peesque certam que l'on s'attache trop, ici et là, aux minuties, aux subtilités grammaticales pour négliger l'essentiel, le prin-
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cipal; nous voulons dire la reproduction orale et écrite d'un morceau? Ce que nous venons de dire du français s'applique aussi à l'arithmétique. Rien de trop est ici une maxime de toute rigueur. Plutôt que de s'évertuer à faire comprendre et rabâcher à nos élèves le calcul si compliqué des fractions ordinaires, enseignons, avant tout, ce qui est usuel et d'un emploi journalier. Peu ou presque point de théorie, mais beaucoup de pratique, souvent du calcul mental et, pardessus tout, la connaibsance parfaite du livret. n ne faut pas perdre de vue que si parfois les examinateurs posent des questions un peu difficiles et qui semblent, de prime abord, sortir du cadre de notre programme cantonal, c'est uniquement dans le but de s'assurer du degré des connaissances et des aptitudes de l'élève. L'examinateur qui, dans une seule journée, a des questions multiples et variées à poser à la fois, sait à quoi s'en tenir sur ce point. A propos de calcul écrit, voyons également un échantillon des problèmes donnés à nos recrues. Ici encore nous prenons au hasard des questions déjà résolues, en faisant observer que le chiffre placé devant chacune d'elles indique la note donnée pour une solution satisfaisante. 1. Un marchand vend, avec 20 Ofo de bénéfice sur Je prix de vente, 67 quintaux d'huile d'olive à 172 fr. 65 le quintal. Quel est le prix total de l'achat? 2. Un champ rectangulaire mesure 894m de long et 27"" de large. Que coûte-t-il si Je mètre carré est vendu 1 fr. 45? 3. 8 personnes se partagent également 2 créances, l'une de 715 fr. et l'autre de 2345 fr. Combien reçoit chacune? 4. (57+ 128-1- 345)- 469 = Nous le demandons, faut-il accomplir de vrais tours de force pour résoudre convenablement de tels problèmes, les deux derniers surtout qui donnent encore la note 3 ou 4. A propos du 4m• nous avons vu un certain nombre de recrues ignorer la valeur des signes d'arithmétique ou être littéralement déroutées par les parenthèses enfermant certains nombres. MM. les Régents feront donc bien d'éclairer les jeunes gens sur ce point. Sous le rapport des connaissances civiques, soit la géographie, l'histoire et la constitution politique, nous sommes encore, avouonsle, passablement arriérés, au point de confondre conseil communal et conseil fédéral, conseil d'Etat et conseil des Etats, conseil national et grand-conseil, etc., etc. Et pourtant, est-il une branche plus attrayante et partant plus facile à apprendre que la géogra-
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phie? Comment donc se fait-il que des jeunes gens qui ont été pendant de longues années assis sur les bancs d·'une école n'aient jamais appris à connaître une carte et commettent aux examens des recrues les hérésies géographiques les plus renn~rsantes? Au surplus, voici comment se répartissent pour chaque branche et chaque note les 672 recrues examinées, appartenant à la partie du pays comprise entre Sim-re et Monthey. Ce tableau a son éloquence et ses chiffres en disent plus que de longs corn· mentaires. Note.
Lecture
Composition.
CALCUL Oral.
Ecrit.
Connaissances Civiques.
30 36 5 22 13 124 62 47 \H 73 18!) 222 196 224 '147 280 179 228 221 IV 282 60 198 231 112 207 v Si, pour nous rendre compte de la note moyenne obtenue par chaque recrue dans ces diverses branches, nous faisons un calcul, nous trouvons que le côté le plus faible de l'instruction de nos jeunes gens est toujours la composition. Voici d'ailleurs (1 =très bien, 5 = très mal), la note obtenue, en moyenne, par chacune d'elles dans les matières indiquées ci-haut: Lecture et compte-rendu, 3.25. Composition, 3.85. Calcul écrit, 3.8f./ 3 60 • mental, 3.46.! · · Géogr., hist. ct instr. civ. 8.60. La meilleure note étant 4 et la moindre 20 pour l'ensemble des épreuves, il se trouve que la note moyenne obtenue par chaque recrue est 14.30, chiffre qui indique un degré d'instruction plus que médiocre. Les notes des recrues des districts allemands n'ayant toutefois pas concouru à la formation do cette moyenne, non plus que celles données à des jeunes gens (étudiants ou instituteurs) qui ont obtenu la 1·· note dans toutes les branches sans examen, nous comptons un peu sur ces deux derniers facteurs pour arriver à obtenir une note meilleure pour l'ensemble du canton. Nous resterons aujourd'hui sur ces réflexions pour ne pas allonger d~mosurém~nt cet article. Aussi bien, vu l'importance de la quest1on soulevee, nous nous résen'ons de revenir sur ce thème P. P. dans un prochain numéro.
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Encore la parole de l'instituteur.
dans la famille, su~tout s'il s'agit .de sile,nce e.t de tranquil,l_ité.. Etablissez maintenant le parallele entr~ la famJ_lle, 111!1se decharge sur l mstituteu~ du devoir de l'instr~ctio~. et l'ecole, qm reçOit le~ enfant~ de toutes ~es fam~lles. L'école doit les mst~mr~ ; dans ce but elle dOit ohtemr _de .tous a. la fo1s ce ue la famille peut a peme, ou ne peut pas du tout obtemr dun pet1t nombre; ~t pour arriver à ce résultat, l'instituteur n'a. pas a sa disposition autant de moyens énergiques i ~terdits a !:école. No_us d~rons en ~assant que. ~es .derniers aigrissent certams caracteres, tandiS qu 1ls sont d une efficacite reelle ~ur d'autres. Nous avons entendu souvent des mrres s'écrier: • Comment l'instituteur, avec tant d'enfants, peut-il parven~r à faire respecter sa volonté quand nous, qui n'en avons que deux ou trOis, nous ne pouvons arnver afaire respecter la nôtre ? , . . . . ,. . ' Dans les pensionnats les ecoles supeneures, la vo1x de l mstttutcur peut touiours être calme ; d'~bord parce qu'on n'y reçoit pas les mauvais caractèrês, les naturels tarés, et que les récidives sont punies de l'expulsiOn, tandis que l'école. primair~ reçoit to~t, et que ~es expulsJOns n'~ sont qu? temporaires. Les elèves qm font partie de ces ecoles y sont entres ..pousses par J'amour de l'étude et le désir d'élar~ir le cercle. de leurs connat~s~n.c_es; les deux tiers de ceux qui composent l'ecole pnma1re, ct celle de repetition, seraient au comble de la joie si on leur permettait de n' y plus remet~re les pieds. Dans les écoles supérieures, les élèves de même force _sont_réums dans une seule division; ils rorment une classe séparée sous la directiOn altern.ative de plusieurs maitres do n.t la par~le n'est .P<:t~ étouffé_e,_ou rendue peu dt~ tincte par le bruit de l'etud e dune dtvtswn voisme, pendant qua J'écol~ primaire, qui réunit tous les degTé.s, !l ?e.fait gimultanément qu~lqu~ fuis quatre leçons différentes .dont_ 1~ bruit m ev1_table, q~elque modere qu 1l soit, rendrait la parole du ma1tre mmteliLgible st ce dermer ramenatt le ton de sa voix au diapason du S chu l(1·eund. On n'entend jamais les élèves se pl_aindre q!le !'.instituteur p~rle trop haut dans ses leçons, mais on a entendu d1re que lmstituteur parl~tt trop bas. et qu'il était difficile de saisir ses paroles, surtout dans les dictees. Le _Schul(1·euu.d aurait· il donné le con_ scil de parler t,rè~:bas dans le, b!J-t de fa1re acquérir aux élèves une exc'".sstve fines?e. del ome? Nous _repeto.n~ que Ct1la peut se pratiquer dans les ecoles supeneures parce que la, les eleves, a~ant déja acquis une connaissance suffisante de leur langue maternelle, devmeraient les mots que leur oreil!e n'aurait pu saisir; mais il faudrait encore qu'il n' y eût aucun élève atteint de surdité, car nous ~out?ns fo~t qu'un t?n très-bas soit un remède suffisamment efficace pour fa tre d1sparattre cette mfirmité, et que même, à titre provisoire, il puisse tenir lieu 11e cornet acoustique. Ce que nous venons de dire touchant la surdité est aussi applicable à !_'école prima ire. En outre, dans les écoles de la campagne, la langue française étant très-peu familière, si vous parlèz bas, les élèves ne saisiss.ent qu'imp~r faitement, et même quelques- uns pas du. tout, la parole du ma!tre, malgre le ~ilence le plus parfait ; l'expérienre est la pour _le prouver. Et SI, pend~ nt que l'instituteur est occupé à faire une leçon orale a une ou plusteurs sectwns, la. SI'Ction inférieure se trouve di~sémi née aux différents tableaux de lecture , comment sera-t-il entendu et compris s'il parle très-bas, attendu que l'on ne peut et ne doit pas exiger que, pour l'étUdt; des tableaux, moniteurs et élèves se parlent à l'oreille? . Si l'instituteur parle bas, un ~utre incon vénient ~e pré~entera. L'enfant, etant imitateur par excellence, fera comme son mattre ; Il parlera bas, et
Sous ce titre, nous lisons dans le N• de décembre du Supplément valaisan, un articlfl du Scht1l{reund qui mérite une attention particulière de la part du personnel enseignant. Ce sont des Cl•nseils précieux que t•mt instituteur devrait méditer et suivre à la lettre. Nous l'avons lu et relu, et nous ne saurions v trouver un mot superflu. Se conformr'r aux enseignements qui y sont donnés est, a notre avis, une condition vitale, une garantie de succès pour toute école. Le premier alinéa, cependant, prête quelque peu à la discussion. Il est dit dans ce passage que la parole de l'instituteur doit être calme. et qu'il est bon, qu'il est nécessaire que les enfants parlent haut, bien haut; mais que l'instituteur doit parler bas, si bas même qu'il faille le silence le plus absolu, l'attention la plus rigoureuse pour bien l'entendre. L'auteur de l'article cité n'a, paraît-il, jamais enseigné dans une école réunissan t tous les degrés; il n'a probablement pas été non plus inspecteur d'écoles primaires et, s'il rtait l'un ou l'autre aujourd'hui, ses idées sur le diapason de la voix de l'instituteur se modifieraient insensiblement. Si le collaborateur du Schulfreund a dirigé une école primaire, celle-ci n'aura été composée que d'un ou de deux degrés au plus, ou il n'aura jamais visité que des classes supérieures, car là seuh:ment il a pu concevoir cette idée et la voir appliquer aver. un succès plus ou moins complet et constant. « La voix de l'instituteur doit être calme. ' Oui, elle doit être calme ; mais comme il n'y a pas de règles sans exceptions, dans certaines écoles, avec certains élèves indisciplinés que les punitions tolérées ne ramènent pas au devoir, qui n'obéissent que lorsque la patience du maître est visiblement lassée, la voix de l'instituteur peut-elle être toujours calme?... La pauvre humanité étant parfois sujette à des faiblesses, bienheureux le maître qui a l'âme toujours assez forte pour exercer un empire absolu sur lui-même, au détriment peut-être de la discipline, et ne jamais exhaler l'impatience que lui causent le naturel pervers, ou vif, ou turbulent et incorrigible, peu ou pas du tout habitué à la contrainte, ne peuvent nullement ou difficilement se faire à la discipline scolaire, conséquence presqufl toujours inévitable du régime àomestique, attendu que les habitudes de la maison se dessinent par faitement à l'école. Si Je divin Créateur n'était pas parfait, on pourrait croire qu'il ignorait qu'un jour on instituerait des écoles, et qu'il faudrait choisir parmi le commun des mortels des instituteurs pour les diriger; on se plaindrait qu'il n'eût pas créé des êtres ad hoc, comme, par exemple, le saint homme Job, ou le théologien Abauzit. Si le bon et immortel Fénelon n'a pu se défendre de quelques impatiences et d'élever même la voix quand il faisait l'éducation du jeune duc de Bourgogne, aurait-on raison de condamner l'instituteur dont la patience ne serait pas supérieure a celle du Cygne de Cambrai? Pestalozzi, qui était doué d'un caractère très-doux, a dù, non-seulement élever la voix, mais il a été contraint de recourir a des punitions corporelles : les élèves d'~ujourd'hui auraient-ils plus de mansuétude que ceux d'autrefois? Consultez les vi0illards, ils vous diront que les temps sont entièrement changés, et que l'obéissauce n'est plus qu'un mot. En effet, il existe des famillès où les enfants commandent et les l?arents obéissent: c'est tout à fait l'inverse des temp~ passés ; c'est la logique a rebours. Demandez aux pères et mères de famille qui comprennent leurs devoirs et qui savent les remplir, si toujours une voix calme a suffi pour maintenir leurs enfants dans l'obéissance et l'accomplissement de tous les préceptes qu'ils ont à observer ? Sou vent on ne peut se faire obéir
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24 l'instituteur éprouvera une peine inouïe à l'habituer à parler haut; entraîné par l'exemple, instinctivement il reprendra toujours le ton du maitre et il ne y' abandonnera qu'à la longue; les bons conseils sont une excellente chose, mais l'application en est souvent plus difficile que la concelJiion. Nous nous résumerons donc ainsi : la parole de l'insti tuteur doit être calme autant que possible, et il modulera sa voix selon les circonstances et les conditions dans lesquelles se trouve l'école qu'il dirige.
c. w.
Education des filles de la campagne. (Suite.) Venons à la géographie. Il ne suffit pas de posséder quelques notions sur l'histoire de la patrie; il faut bien aussi connaître un peu cette patrie elle·même: sa physionomie, ses richesses, son sol. Si la jeune fille est desti· née à ne jamais quitter le foyer domestique, c'est une raison pour ne point y enfermer son esprit, mais le faire voyager vers les autres régions dont les habitants sont nos frères, parlent notre langue et sont protégés par les mê· mes lois auxquelles nous obéissons. A cette connaissance de notre pays il n'est point superflu d'ajouter quelques notions de géographie générale. Au· jourd'hui mille relations unissent tous les peuples du monde. Nos chemins de fer, nos bateaux à vapeur, en rendant les communications si promptes et si faciles, ont invité tous les homme5 à J'accomplissement du précepte évangé· lique: «Aimez vous les uns les autres 1» Ne convient-il pas de connaître au moins le nom et la position de ces peuples, les divers produits qu' ils échangent. N'est-il pas honteux d'ignorer d'où viennent le sucre, le café, les épices et les autres denrées exotiques dont nous usons chaque jour ~ 3• Enfin il est nécessaire d'étouffer en la jeune villageoise les germes du mal qui se manife~te chez tout être raisonnable, d'arracher de son cœur la mauv<~ ise herbe des inclinatitlns vicieuses et d'y cultiver les sentiments généreux et les vertus qui devront en faire une femme selon l'expression de l'E· criture. C'est précisément parce que cette fille vivant dans un milieu obscur, est oœupée de soins vulgaires, qu'il faut la relever et lui montrer, au dessus des grossiers intérêts, les nobles jouissances que procure une bonne éducation. Dans les campagnes et par la force même des choses, les individus sont trop attachés à la terre. Us ne connaissent que le bonheur d'entasser leurs graines, d'ajouter un champ à un autre. Dieu me garde de critiquer l'économie, source de la r ichesse publique, et de trouver mauvais qu'un ménage rural tire le meilleur parti du coin de terre qu'il exploite. Ce que je crains c'est que cette économie ne dégénère en avarice, c'est que l'amour de l'argent ne remplisse ces cœurs et n'y laisse plus de place aux sentiments généreux. Hélas 1 on a pu voir quelquefois tout patriotisme expirer en face d'une pièce d'or! Si, comme on l'a très-bien dit, l'instruction n'est qu'une méthode d'éducation, si l'on ne peut orner l'intelligence et la mémoire ;;ans développer en même temps le sens moral, c'est à l'école encore que la fi lle des champs viendra puiser cette instruction si propre à l'élever au niveau des femmes intelligentes qui sont la joie, en même temps que l'honneur, des ramilles et de la société toute entière. C'est l'école aussi qui éveillera dans la jeune fille l'esprit de société, si naturel à l'homme qu'un philosophe l'a défini : «un être fai t pour vivre en société •· La réunion d'enfants du même âge et du même sexe forme les ca·
ractères, excite les bons sentiments d'amitié, de charité, de bienfaisance, car l'école, c'est la société en miniature, avec ses bons et ses mauvais cotés. Comme les fragments de rocher qu'entraîne le cours d'ea u s'arrondissent it la longue en se frottant les uns contre les autres, ainsi, à l'école, les manières se polissent par le contact permanent des élèves : c'est encore un avanlai!:e de l'éducation publique. La jeune villageoise qui en profite sera, au sortir de l'école, non pas une demoiselle élégante capable de figurer avec süccès dans Je monde, mais une fille bien élevée dans toute la sincérité de l'expression, une personne aimant à rendre service, supportant avec patience les défauls des autres, tout en s'appliquant à ne point les incommoder par ses propres travers. Elle ne connaîtra point sans doute les formules d'une politesse étu· diée, mais elle observera cette bienséance naturelle dictée surtout par le cœur; elle sera parée de cette grâce naïve qui plait à tout le monde, aux gens ordinaires comme à ceux de la meilleure compagnie. (A suivre.)
Ecoles ruixteH. n Le
sort en est jeté ! " tel est le début solennel d'un article paru dans le dernier numéro du Supplément valaisan au Bulletin pédagogique. 1\1. C. W., faisant allusion aux paroles du grand guerrier romain, y déclare qu'il fran· chit le Rubicon .... ou plutôt la Borgne, et qu'il descend dans l'arène. Ne dirait-on pas, de prime abord, qu'il s'agit de marcher à la conquête d'un nouveau mollde? Vous le savez, ami lecteur, ce qui a provoqué cette humeur guerrière, c'est la cause dea écoles mixtes, dont il s'est constitué le défenseur intrépide. Cette fois-ci, 1\1. O. W. gémit sur le peu de sympathie qu'a rencontré son idée, pendant qu'il espérait que tous les lecteurs éclairés la salueraient comme l'aurore d'un grand progrès. J'ai essayé de lui faire comprendre, par une courte réponse, qu'il n'était pas de saison de résoudre une question, que les autorités compétentes avaient examinée et depuis longtemps résolue. Du reste, les raisons apportées dans l'article étaient-elles suffisantes pour déterminer, qui que ce fût, à y reTenir? .Malgré la sincérité avec laquelle j'ai reconnu la droiture de ses intentions, ainsi que ,.son désir généreux de réveiller une idée assoupie et de déposer un germe qui aurait pu prospérer dans l'intérêt intellectuel et matériel du pays", M. O. W. m'accuse de n'avoir pas compris suffisa=ent l'excellence de son idée, et d'exagérer les dangers que peuvent présenter les écoles mixtes. Il déplore mon aveuglement et sen;tble nous dire: Le canton n'est pas encore m1Îr pour le progrès qu'on voudrai: lui imposer. Franchement, s'il ne s'agissait que du simple développement intellectuel des filles, je partagerais volontiers sa manière de voir; mais, comme l'Mucation entière de la femme est en cause et pèse dana la balance pour lo moins autant que l'instruction, je partage l'avis d'hommes compétents dans la partie, ct maintiens qu'il faut séparer les garçons des filles dans les localités où le dédoublement des classee est possible. L'expérience n'a-t-elle pas démontré péremptoirement que la fille gagne généralement sous le rapport moral, religieux et social, à être élevée par la femme? Bien des familles, j'en ai l'intime conviction, ne confieraient leurs grandes filles qu'avec une extrême répugnance à certains instituteurs, dont les habitudes ne sont pas des plus recommandables. On pourrait ajouter peutêtre que, sous le rapport de l'instruction, les classes de filles dirigées par les
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régentes et placées dana des conditions identiques soutiennent générablement, -etsouventmîime avantageusement la comparaison :tvec les classes de garçons. Les écoles mixtes, nous dit-on, existent dans les cantons protest ants ; je ne l'ignore pas, et je sais aussi qu'elles sont chaudement recommandées par les libres penseurs et tous les amis de l'enseignement exclusivement laïque, ou do l'enMignement non confessionnel, comme on se plaît à l'appeler encore. Est-ce là une raison pour les imposer à notre canton catholique ? M. O. ·w., pour nous prouver le peu de danger que courent les élèves dans les écoles mixtes, fait un calcul inadmissible. Il dit que sn1· 168 heures, dont se compose la semaine, les enfants on passent 130 hors de la classe, sanR surveillance aucune. Voyez donc avec quel sans-gêne M. O. W. parle des parents! Illes croit donc si peu soucieux de leurs devoirs qu'ils n'exercent nul contrôle snr la conduite de leurs enfants? Mais, où ceux-ci sont-ils, en général, mieux surveillés, plus retenus, moins exposés à s'écarter de la bonne voie, que sous les yeux de leurs parents ? Où les bonnes mœurs sont-elles mieux sauvegardées que dana l'intérieur de la famille? Le fils se permettra-t-il jamais des libertés déplacées sous l'œil vigilant de sa mère? Prononcera-t-il des paroles équivoques en présence de son père ? N'est-ee pas dans les familles chrétiennos que les enfants conservent le mieux leur innocence, que les passions sont le moins attisées, que la crainte de Dieu est le mieux implantée dans les cœurs? N'est-ce pas là qu'on manifeste le plus de répugnance pour le vice? Que cos familles soient réunies autour de la table, qu'elles entourent le poële pendantl'hiver ou qu'elles travaillent dans les champs pendant la belle saison, les enfants y out leur place et se trouvent sous la surveillance de leurs père ct mère. Sans doute, parmi les parents, vous pouvez en rencontrer parfois qui sont indifférents, négligents, qui ignorent même leurs devoirs ; mais ne peut-on pas di.re qu'ici l'exception confirme la règle? On objectera peutêtre que, dana la famille, les sexes sont aussi mêlés; c'est très vrai, mais qui ne sait que là ce mélange ne présentera jamais les mêmes dangers que dans une école mixte? D'ailleurs, le calcul de M. O. W. n'est qu'un château de cartes que renverse le moindre souffle, et ne fournit aucune preuve à l'appui de sa thèse, puisque toutes ces circonstances restent les mêmes avant comme après l'établissement d'écoles mixtes. Après avoir accusé les parents de négligence dans la surveillance de leurs enfants, M. O. W. leur reproche l'ignorance de leurs devoirs et le peu d'assiduité aux offices religieux; il recommande vivement à MM. les réYérends curés de les inatruü·e n par lem·s homélies, leurs sermons à l'église et, cas échéant, par des avis, des conseils, des avertissements donnés chez eux ou à ùomicile. Le 4• précepte mérite, selon l ui, les plus ft·équents et les plus amples développements. " Il me répugne de suivre M. O. W. sur ce terrain, où son rôle ressemble trop à. celui de Gros-Jean. Ses appréciations, qui ne sont que des horsd'œuvre, me paraissent. sinon gratuites, du moins très hasardées, peut-être locales ; c'est pourquoi je me contente de dire que j'ose espérer que MM. les eccléaiastiq ues, pour obtempérer aux sages avis de M. C. W., prendront bonne note de ses recommandations, et ne négligeront même pas les mesureR nécessaires pour que n chaque paroisse soit pourvue d'un suisse d'église" qui réveille les dormeurs et empêche les discussions politiques dans le saint li eu. Pour prouver à M. O. W. que mes craintes vis-à-vis de certaines écoles mixtes, ne sont pas aussi exagérées qu'il semble le croire, je lui dirai que je les conseillerais dans les localités où les enfants seraient trop nombreux, ou bien la salle trop exiguë, pour les réunir tous à la fois. Di viser les enf~nts
d'~près le!ll's ~01:ces, et prendre les plus forte avant midi et la division la plus fa1bl.~ aprea midi, sans egard pour les sexes, aerait, dans ce cas, la meilleuro mamero de g!lgner ~u temps et d'obtenir lm petit résultat. M. O. W., mterpretaut les paroles de Quintilien que je lui ai citées pour lui mon~rer q~e l_'id~e de la _séparation d~s sexes n'es~ pas neuve, me répond: ",Ce rheteur .ecnv_att au sem du pagamsme, à une epoque de corruption. u 0 e~t très vrat, mais aux yeux de ce païen, quel était le meilleur moyen d'a· méh orer les mœurs? li nous l'indique cl airement: l'établissement d'écoles de _filles; et l'on vou?rait prouver aujourd'hui que les écoles mixtes sont érr~.II~emment propres a conserver la pureté des mœurs ! Le christianisme aurmt-11, par hasard, changé la nature de l'enfant? Les élèves régénérés par les eaux du ba.pt~me, seraient-ils sans mauvais penchants, 'sans passions? Quels arguments etranges ! M~ O. \V. ajoute encore que "l'Eglise ne défend nullement les écoles mixtes. En. effet~ elle ~e les conda?lne pas, et probablement elle ne les con~a.mnera Jamrus, car il y en a toujours eu, et beaucoup de localités deVI'ont s e.n contenter longtemps encore ..Elle ne les défend pas plus que certaines fou~es .de gou~ernement; elle smt, en effet, s'accommoder de la démocratie, de 1 ~nstooratie et .de ~a m?~ar?hie, pourvu que ces gouvernements soient ho_nnetes, et que la Justice, 1 cqmté, l e droit, la vérité et les bonnes mœurs y sOJent respectés.; de même,_ elle a des ~énédictions pour toutes les écoles où les. vertus chrétiennes fleurissent à côte de la vérité et des connaissances h umames. M. O. W. n'a.pas apporté d'autres arguments à l'appui de son opinion et s~n arde~r belliqueuse l'abandonnant subitement, il promet même de se re~ t~rer de 1 arêne e~ ~~ ne plus entrer en lice pour la cause des écoles mixtes ; c est ce dont ~e feliCite VIV:ement le lecteur assidu du Supplément tout en lui serrant la. mam et en se disant ' Son dévotté Collègue.
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ENCORE LE LIVRET DE CORRESPONDANCE . Bien que .1~ dernier Nro du Supplément nous ~it ~éjà. donné un aperçu du ?wret, de _co11 espond~nce, nous ne croyons pas mut1Je de revenir encore auJOU!d hm,sur cet oi>Jet qu1 peut rendre d'exce~Ients services a nos écules pri· maœe?. L ';1Sage du lt~ret co~r~spoud en eiJet a toutes les exigences actuelles pour etabhr des r~lat1ons smv1es entre parents, instituteurs et autorités scol~lres. qutre cela 11_ n'y a aucun moyen d'émulation et de uisdpline qui réu~sse m1eux en lm ~eu! l'ava~tage des puni.tions et des récompenses. En dl'~t. pour les ~O!JS el~ves ce_hrret est une recompens(l, tandis qu'au cont~atre pour les ele1·es t?soum1s, p_a~esseux _et, mécbant~, ils~:~ change en punttlon p~r les n_1auva1~€S notes mentécs qm s y trouvent inscrites. Ce qui en~m:e do~t le fatre prefére~ il. bien d'autre:; systèmes disciplinaires ct d'émul ,~tlon. c est q.ue son rmplo1 _es~ des pl~s Simples et son intelligJ•nce il. la. por'!·c de tout l•: m?ntle: On d1ra1t de pnme abord que son introdnction <Jans 1éco_Ie devra1t necesstter une surcharge de besogne pour l>: maitre ; il n'en <'St nen cepend<:J.nl, car nous .P?uvons affirmer par ex~~~ricnce qu'avec une beure par ~ema!ne on peut a1sement en remplir de 50 a 60. D:1os chaque colonne on mscnra e~ loutes hUres h·s notes méritées par ks élüves. Par exemple on mettra Bten, Passable, Médt"oc1·e, lJ[al, Pct?"esseux, Menteur, etc., et~. Ajouton.s en passa_nt que le formulaire joint au dernier Suppléme11t, pourrat! encore etre Slmphfié en ce sens qu'on pourrait réduire les colonnes des
28 notes â. quatre. La. première serait_ pour les a.~~cnces, la deuxième_pour la. conduite, la. troisième pour le tra.va.tl_et la. qua.tnem~ pour la _proprete. E~fi.n, pour qu'il puisse mieux répondre a tous les besoms des dl\r~rses _ loca!He~, rien n'empêcherait d'y ajout~r !!ne ~inquièm~ col?nne ~aJ?S tttre tmprmul. Chaque instituteur la remphratt sutvant qu'tlle JUg-eratt a propos et uttle pour son école. Puis une seule colonne, pour la signature d~ chef de la famille, serait suffil'ante. Ces livrets devant servir (JOUr un tmn es~r~ MM. les inspecteurs, les commissions scolaires ont, en les ex_a_mmant, une tdee Pxacte de ce que chaque enfant fait en classe. De la la fact!lté pour ad ~ess~r des obSPrvations générales à. l'école et méme des remontrances p~rtJcuhèrcs aux élèves les plus mal notés. - Dans l_a règle ces livrets s~ront, pour _être remplis. recueillis le samedi_ par le ma1tre et r.~nd~s ensmte le lundt. Ch~que élève devra toujours en ~tre portel!-~ l or~qu tl vtent_en c~asse, a.fiu d_e n être pas pris au dépourvu, lors d'une vtstte d école. Arrtve-t-ll enfin u~_Jour, . cc qui est assez fréquent, qu'un enfant se conduise mal en rou~e, qu tl arnve en retard, ou qu'il n'y vienne même pas du tout, au moyen du hvret de correspondance les parents soucieux des progrès d~ leurs enra~~s ~?urrootcbaque semaine s'assurer et de la conduite et du travatl de ceux-ct a~ ecolesaos_se transporter auprès des instituteurs. Nou:; avons méme remarque que ~cl!l sllmu~e les parents et les engage à seconder le _m aitr~ _dans ~a déltcate tntSSIOJ?. Pots, a Je fin de chaque trimestr~. pourquot ne dehyreratt-on pas un tém~tgnage de satisfaction aux élèves qut ont obtenu les metlleures notes. Ce seratt, croyon~ uous, un des meiJI eu~ moyens ~'ému!ation à employer dans ,nos cl_asse;; Prt: ntaires. Pour conclusiOn, nous dtrons a nos chers coll èg u~ den fatre 1 rssat et ils verront qu'ils seront am plement dédommagés des pemes censacrées a ces inscriptions, par les avantages qu'ils en retireront. . R. M., •nst. Note de la Réd. - Nos bien sincères remercîments à l'auteur des li_gnes ci-haut pour son article sur le livret de corresp01tdance. Nous souhaatons vivement que le système d'émula!~on qu'il pré~oo_i~e se propage et qu.; MM. los Instituteurs en comprennent lmcontestablo ullhté.
BIBLIOGRAPHIE MÉTHODE INTUITIVE. EXEROlCES ET T-RAVAUX POUR LES ENFANTS, selon la méthode et les procédés de Pestalozzi et de Ft·œbel, par Mme Fa!my G!'· Delon et M. Ch. Delon. Paris, llachette, 79, Boulevard St-Germam. PrlX fr. 7. . .. , Que n'a-t-on pas déjà dit sur la méthode mtuJti~e! Que d ?uvrag~s un engouement qui n'avait guère sa raison d'êt~e, ~·~-t-Jl pa.s prodmt dcp~ts qu_e les Allemands eurent adopté la méthode wtuJtive comme busc de 1 enset· gnement primaire ! . . . Nous annonçoi18 ici un ouvrage qUI, avec un titre tout à frut modeste, renferme pourtant des matières fort étendues. . . . Que se propose le maîtt·e qui re9oit pour la premtèro fms de petits enfants dans son école? Son but est de développer toutes les forces, toutes les facultég de cette frôle créature, de lui faire acquérir les notions fondamentales et usuelles en tout ordre de connaissances, de le rendre, dan~ la mesure du possible, et toutes proportions gardées, observate~r et travatlleur.. Nous ne pouvons, dès son entrée en classe, hab1tuer ce ~out p~tit enra_nt à raisonner: son intelligence trop j eune ne peut pas abstraire, rrusonner , par
contre, ses facultés perceptives sont très actives ; développons donc ces dernières par l'intuition, par les leçons de choses. L'élève, si jeune encore, ne s'appliquera guère, pendant doux heures, même si on ne lui fait que des leçons de choses. Nous connaissons l'esprit mobile des enfants; eh bien, pour diversifier,pour reposer leur esprit, varions, alternons, prévenons la satiété, la lassitude : qu'à une étude de raisonnement succède un travail attrayant, un de ces exercices récréatifs si ingénieux, combinés par Frobel, alors, l'enfant se plaira en classe. L'objet de cet ouvrage est donc de faire toucher du doigt au rn attre, les moyens dont il dispose pour varier ses leçons et en bannir la monotonie. A.près avoir indiqué la marche à suivre dans les leçons d'intuition les auteurs exposent la méthode créée par Pestalozzi et dont Frobel a développé les procédés. Parmi les objets matériels que Frobel recommande, nous remarquons un certain nombre de dons, tels que les petits cubes, les bt\tonnets, les l attes, les anneaux, et pour complément, le découpage de l a feuille de papier pliée en divers sens. Vingt-quatre planches tirées en bleu représentent de nombreuses figures construites avec les objets ci-dessus énoncés. Tout en amusant les enfants, ces divers travaux leur développent l'œil, instrument de la perception, et la main, instrument du travail. .Nous avons dit quel était le but pratique de ce livre; si nous le recommandons, ce n'est pas à dire que ceux des mattres ou surtout celles des institutrices qui l'emploieront, devront s'y conformer strictement. Les auteurs se sont surtout attachés à bien graduer les exercices; les mattres s'y rapporteront donc suivant les circonstances dans lesquelles ils se trouvent. G. •
CHRONIQUE ET AVIS SCOLAIRES
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Nos chers abonnés ne trouveront pas déplacé que nous disions ici quelques mots de l'accueil qui a été réservé au pr N• du Supplément. Empressons-nous de constater que cette petite publication a été très favorablement reçue par la généralité des membres du corps enseignant. Nous n'en sommes pas trop étonné à vrai dire, car il s'agit en premier lieu d'une feuille qui s'adresse gratuitement à MM. les Instituteurs en retour de la cotisation qu'ils sont tenus de verser dans la caisse de la Société valaisanne d'Education. En seconde ligne, les abonnés payants s'on tirent, croyons nous, à assez bon compte aussi, car il ne peut décemment se trouver personne, à qui tiennent à cœur les choses de l'école, que la perspective de payer un franc doive effrayer, alors surtout qu'il s'agit de se familiariser avec des questions éducatives, ct en particulier avec les affaires scolaires de notre cher Valais. .Nous devons cependant enregistrer quelques refus, et cela non-seulement de la part de personnes qui eussent dû payer la minime valeur en question, mais même d'instituteurs qui logeraient Je diable dans leur bourse. Entre autres lettres re· çucs à ce sujet, en voici une que nous reproduisons textuellement, laissant dans l'ombre la signature pour ne point trop blesser l'amour-propre de l'auteur. "Quoique je reconnaisse bien les immenses avantagea que fournit le Supplement valaisan au Bulletin pédagogique, à. tout le personnel enseignant, je viens vous donner avis que je ne suis pas intentionné de le recevoir pendant l'année 1882. " Que ce Monsieur et ceux qui nous ont honoré d'épUres du même gonre nous permettent de douter qu'ils reconnaissent , les immenses avantages " qu'ils
80 paraissent attacher à la réception du Supplément, car s'il en était ainsi, nous voulons croire qu'ils n'eussent pas regardé de si près pour se le procurer. Nous doutons même qu'ils se soient donné la peine de découper les feuillets de cette publication, car le premier article leur eût appris qu'ils n'avaient que la peine de la recevoir. Assez sur cet incident ; aussi bien les régents de cet acabit sont-ils heureusement clair-semés- rari nantes. - Nous ne leur adressons pas moins le N' 2, espérant qu'il sera mieux reçu par eux que son devancier, et qu'ilsle liront peut-être cette fois, au moins dans le passage où nous leur faisons l'honneur de nous occuper d'eux. Nous savons que la position de notre personnel enseignant, quoique améliorée, n'est pas si brillante encore qu'il ne doive viser à des économies; mais, d'autre part, il ne faut pas que celles-ci poussent à la lésinerie. Nous connaissons des refusants qui sont moins chiches lorsqu'il s~agit de s'arroser peu modérément le gosier. Pour faire la contre-partie, voici, reproduite en partie, une lettre qui, quoique particulière, peut néanmoins être transcrite ici. " Ce cher nouveau-né (le Supplémrnt) s'est fait impatie=ent attendre. Co=ent, disait-on, les vœux unanimes de l'assemblée de Martigny étaient d'assurer son existence pour de nombreuses années, et maintenant on ne nous en souffle plus un traHre mot, on enterre notre jeune ami civilement,sans invitation, sans un seul coup de cloche Il! Mais voici qu'au moment où nous y songions le moins, notre cher protégé franchit les distances au cœur de l'hiver, grimpe dans nos villages les plus escarpés, pénètre jusqu'au pied des glaciers et vient chanter à nos fenêtres: Heureux Noël. En entendant sa voix j eune, forte, sympathique, nous nous écrions tous: Qu'il vive, s'épanouiwse et soit toujours le bienvenu dans nos régions. Nous allions nous mettre en frais pour le recevoi.f dignement, lorsque notre hôte répond: Halte-là, mes amis, M. le Président ne veut plus que vous dépensiez un liard pour ma réception. Je viendrai tous les mois vous voir, guider vos pas, encourager vos efforts, dérider votre front, consol er votre cœur et jamais vous ne vous dérangerez pour me recevoir. " Collab01·ateurs.- lls sont peu nombreux encore, mais nous ne désespéron11 pas, b;en au contraire, car la lecture de ce numéro révèle déjà plusieurs produits essentiellement valaisans. Nous remercions bien sincèrement ceux qui s'intéressent ainsi à notre petite feuille, qu'ils se multiplient, c'est notre vœu 1 Nous avons notamment aujourd'hui la bonne fortune d'annoncer que notre cher ami et abonné, M. Achille Chappaz, de Monthey, dont nous ne relèverons pas les titres, car ils sont connus de MM. les instituteurs, a bien voulu, en des termes les plus aimables, saluer l a réapparition du Supplément et nous offrir sa collaboration. Inutile d'ajouter que nous saisissons au vol sa proposition et que nous en remercions bien sincèrement son auteur. Nous espérons que MM. les régents auront déjà. l'avantage de voir dans le numéro de février un article dtî à. sa plume, qui est celle d'un membre de l'Académie de StMaurice. D'autres travaux nous sont encore promis; pour l'heure donc pas de disette. Puisse-t-il en être toujours ainsi 1 Viticulture. - La Société sédunoise d'agt·iculture a décerné le 10 novembre dernier un certain nombre de brevets de capacité comme vignerons à des élèves qui ont suivi avec succès le cours de viticulture. Nous avons l e plaisir de relever à cette occasion les noms des instituteurs ci-après nommés : MM. Baillifard Maurice, Maret François et Michelod Louis, tous trois de Bagnes ;
31 Basile li:sborrat, de Val d'Illiez, Duchoud Imery, de Charrat, Hischier Léon, d'Ems. Une mention honorable a été conférée à M. Carraux Mastaï de Vouvry. Nos félicitations à Messieurs les lauréats! Ecoles normales.- Nous remercions bien sincèrement la direction de nos deux écoles normales pour avoir recommandé à leurs élèves l'abonnement à. cette petite publication, et ceux-ci pour avoir suivi le conseil donné. Institutt·ices. - Mm.. les Institutrices ont, pour la presque unanimité, accepté le numéro de décembre du Supplément. C'est dire que nous avons dû aussi essuyer quelques refus de ce côté. Nous essaierons néanmoins de nous présenter de nouveau, persuadé qu'on sera plus aimables cette fois et qu'au moins, avant de nous écondmre définitivement, c'est-à-dire de nous renvoyer sans nous lire, l'on prendra la peine de lier plus ample connaissance avec nous, en découpant les feuillets du Supplément et prenant connaissance de son contenu. Nous voulons espérer ensuite un retour à de meiUeurs sentiments, et comme bouquet, de sérieuses convet·sions. Le montant de l'abonnement (1 fr. seulement) peut nous âtre adressé directement ou, à moins de frais, par l'intermédiaire des conférences, en remettant cette petite valeur à. MM. les Instituteurs. Commission~ d'école. - Dans le but d'intéresser le plus possible les commissions au x choses de l'école, le Département de l'Tnstruction a décidé de leur faire tenir gratuitement le Sttpplément pour 1881-82. Ouvrages scolaù·es. - Nous joignons au présent numéro un prospectus du Dictinnuaire complet (illustré) de Larousse, avec cette observation que le Nouveau Dictionnait·e proprement dit, du même, ne se trouve pas aux bureaux du Secrétat·iat de l'I nstruction publil)tte. L'on trouve toujours en revanche à cette adresse, le Dictionnait·e complet au prix de 2 fr. 70 au lieu de 3 fr. pris en librairie. Postes. - Pour simplifier la tâcl:.e de l'Expédition du Supplément et aussi diminuer les frais de poste pour l'envoi direct et individuel de chaque numéro, une personne de bonne volonté sera chargée dans chaque commune de la distribution des numéros aux co-abonnés. Par la même occasion, nous informons le personnel enseignant qu'il ne jouit ·plus, pour le moment du moins, du droit de s'adresser officiellement au Secrétariat. Tout pli doit être préalablement affranchi pour arriver à cette dernière adresse, ou être envoyé directement au Département pour jouir de l'officialité. Les plis qui ne remplissent pas ces conditions et parviennent grevés d'une taxe sont refusés. Conférences.- Nous rendronR compte en février de la conférence de Bierre en même temps que de celle de Sion. Le 15 février, à Martigny-Bourg, conférence des instituteurs du district de Martigny. Celle de l'arrondissement occidental aura lieu à Monthey, le jeudi 26 de ce mois. Nous ignorons si d'autres conférences sont convoquées pour des époques également déterminées. Le sujet à l'étude pour la seconde conférence est celui-ci: , Utilité de cul tiver le chant dans les écoles primaires et manière de l'enseigner"
V AB.liiTBS Les deoi Réveils. Comme les mots sont d'imparfaites images des choses 1Le même mot a un sens tout différent, éveille en nous des idées toutes différentes, si les ob-
32 jeta auxquels ils s'appliquent <liftèrent. Par exemple : Quoi de plus charmant que ce mot, le réveil d'un enfant? quoi de plus triste que celui-ci, le réveil d'un vieillard ? L'enfant s'éveille comme la fleur s'ouvre. La nuit a travaillé pour lui comme pour elle. La fleur s'ouvre au matin, plus fratche, plus parfumée, plus épanouie, L'enfant s'éveille plus rose, plus gai, plus fort. Ses lèvres brillantes et humides semblent couvertes de rosée; ses petits cheveux frisés et collés aux tempes par la légère sueur du matin, lui font comme une couronne; ses bras et ses jambes sortant à demi et par échappée de dessous ses draps ont l'air de marbre rose; à peine ses yeux ouverts, il se met à rire ... A quoi ritil? ... A la viel C'est une amie qu'il retrouve! Si radieuse est sa figure qu'il semble revenir d'un paradis et rentrer dans un autre. ll ne descend pas de son lit, il saute à bas, demi-nu, et dès le premier pas, le voilà en possession de tout lui-même : ses mouvements sont libres, faciles, mœlleux ; il est toute souplesse et toute grâce. Le réveil du vieillard est triste et lent. On dirait que le repos l'a fatigué. Il s'enfonce sous ses couvertures, de peur que l'air ne le frappe ; ses yeux ont peine à soutenir la clarté du jour; sa tête est lourde. S'il a quelque souffrance habituelle, elle s'éveille en lui, avant lui, elle semble l'attendre, et il est encore engagé dans les limbes du sommeil, que son infirmité lui dit tout bas: Je suis là! Ses membres sont raides comme des ressorts rouillés ; il entre péniblement dans la possession de chacun de ses organes; respirer, se mouvoir, parler, sont autant d'actes qui ne vont pas pour lui sans effort. La résllrrection même de ses facultés ne se fait pas d\m seul coup ; elles renaissent en lui l'une après l'autre; il lui semble qu'il ait appris la mort et désappris la vie. Voilà, certes, deux spectacles bien différents; autant l'un est riant, autantl'autre est sombre. Eh bien, vieillard, veux-tu que ton réveil soit le plus beau des deux~ Cela dépend de toi. L'enfant qui s'éveille ne pense qu'à l ui-même; toi, ne pense qu'aux autres. L'enfant s'éveille pourjouer, ~ourjouir, pour être heureux; tous les projets qu'il forme pour cette journée qm commence n'ont pour objet que des châteaux en Espagne d'amusements et de plaisir! Toi, éveille-toi pour méditer, pour travailler, pour souffrir patiemment, et organise dans ton imagination ce jour de plus que Dieu t'accorde, en vue de la joie de tout ce qui t'entoure. L'enfant n'a guère pour vertu que de ne pas faire le mal; que la tienne soit de faire le bien ! Je ne sais, certes, rien de plus touchant que l'hymne dicté par le poète à l'enfant qui s'éveille. Ce petit être s'agenouillant sur son lit à la voix de sa mère, et mêlant sa faible voix au chœur universel qui glorifie le Créateur, nous émeut comme la vue même de l'innocence et de la pureté. Mais que demande-t-il à Dieu? ll le prie, prière bien touchante, de donner la santé à celui qui souffre, la liberté au prisonnier, une demeure à l'orphelin, le morceau de pain à l'indigent! Eh bien! toi, vieillard, tu peux mieux faire encore, supplie celui qui tient en sa. main les âmes et les choses, supplie-le de mettre en toi, de te donner à toi, la charité qui nourrit le pauvre, la piété qui console le malade, le courage qui brise les captivités injustes, la paternité qui adopte l'orphelin, et alors, crois-moi, l'hymne même de l'enfant ne sera pas pl us beau que la prière du vieillard à son réveil. Ernest LEGOUVÉ, de l'Académie française. ~----
N• S.
Février.
1881-82.
SUPPL[MENT VALAISAN AU BULLETIN PÉDAGOGIQUE D .Dblié sons les ansvices de la Société valaisanne d'Education. SoiŒ.ilRE. Manière d'ensei ner 1 cole à un seul maître. _ E~ucati~ gr:mma1re aux enfanta _ L'éInstruction civique. _ Le cale n es filles de la campagne _ 1 tique!. - Bibliographie _ Ch u_ mental. -:- Questions d'aritbmé. ronique et avis scolaires.- Variétés.
Manière d'enseigner la grammaire aux enfants. ~
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La. grammaire est comme un édlfice dont l'intérieur renferme p111B u~ trésors que n'en iodique le portique. (Q
La grammaire est la hase d UllfTILxu.J toutes les sciences et à tous les a~t!ont~s~I~s ~ty.~es, J'ini~iation à doit renoncer à rien savoù· • Elle · • e Ul qu~ zgnore, d1t Bacon, qu'elle ne paraît Yêtre par ~a défin1.~~t • pl(uQs _liD_P_ortante au fond rait donc porter trop de soin à c lOD • m~blien). On ne sanbonnet> méthodes pour réussir à f.tte é~ude, ncl emplorer de trop donner à l'enfant quelques définit' ens~gt~e~. ell~- qw _consiste à un perroquet, sans corn rendre Jons a sI ru tes qu il réelle comme laborieusement retenu, ~st la pl ie sens d~ ce q~e sa ~émoire a infructueuse. On peut s'tm conva~s commo mms auss1 la plus élèves qui, après a'roir assé Incre par_ e grand nombre des classe, sont incapables d'écrirequatre ~u cmq ans d~ns la même ou de trouver la moindre r ~?rrec ement ~e Simple phrase les jours devant les yeux. ~t 5oous;~~~~ ~l~s~~ SUJet qu'ils ont tous les règles de la grammaü·e élém t . • D' ent ~ peu près toutes regrettable insuccès Du rn en aue. où VIent donc un si la mémoü·e sans rieJ; exi er a~eque de m~thode. Tout de~ander à mettre en jeu les autre: fac ~~~a r:nefJOn, de 1obsel'vatiOn, sans l'éviter, il faut contraindre l'u ! s t ~ esp~H, voilà le maL Pour par contrainte, je n'entends ~~e~n de ~ravml_ler p~r lui-même, ct seulement la nécessité de se . ~· nen d emp01té, mais écouter le maltre et répondre~mr contm~eUement en éveil pour Cette méthode d'ensei r a ses qnesho_ns. socratique, parce que So~~~!re tol~L ~~~bquesthili~ns s'appelle méthode ' e re P osophe, s'en servait
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