FRANCE DÉCEMBRE 2018
HORS DU COMMUN Richard Permin sur les toits d’Avoriaz
EN KIOSQUE CHAQUE 3 e SAMEDI DU MOIS AVEC MAGAZINE SPONSORISÉ
Ridez local
Suivez les pros du ski et du snow sur les meilleurs spots de France
ÉDITORIAL
Les riders – hommes et femmes – à l’honneur ce mois-ci ont pour habitude d’envoyer du gros en Alaska, au Japon ou au Canada, souvent suivis par des hélicoptères et de grosses équipes de production vidéo. Pourtant, ces skieurs et snowboardeurs s’expriment aussi très bien en France, chez eux (chez vous ?), en solo ou avec quelques potes. À l’image du freeskieur Richard Permin venu s’amuser à Avoriaz pour sa vidéo Good Morning, ils vous présentent en page 26 leurs spots locaux favoris.
C’est à Los Angeles, avec une athlète guadeloupéenne, que nous avons connecté le photographe autrichien Rainer Hosch. Au-delà des photos d’escrime, Ysaora Thibus a aussi pu poser en mode lifestyle page 48.
C’est par contre à l’étranger, aux US, que l’escrimeuse Ysaora Thibus page 48 est venue se challenger aux méthodes strictes d’un coach intransigeant. Et c’est hors le ring que la légende du catch, le costaud Triple H, agit désormais page 70, en costard, pour le rayonnement de l’industrie de la baston-spectacle. On se retrouve ici ou là-bas ! Votre Rédaction
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CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
JÜRGEN SCHMIEDER
L’auteur bavarois, mais domicilié en Californie, collabore régulièrement avec le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung entre autres. À la suite de son entretien avec le rappeur américain Pusha T, lequel a donné une conférence durant la Red Bull Music Academy à Berlin, il déclare : « Le seul artiste qui m’ait autant marqué que lui est Pharrell Williams. Pas étonnant que les deux soient d’excellents potes. » Page 40
NIELS SAINT-VITEUX
Le photographe et DA de 30 ans a réalisé la une de ce numéro avec Richard Permin, pendant le tournage de la vidéo Good Morning. « Rider les toits d’Avoriaz, une idée folle ! Derrière l’objectif, beaucoup d’adrénaline, fallait que ça rentre, pas le droit à l’erreur. » Et il ne devait pas être visible dans les plans de caméra. « En échangeant et en partageant avec Richard, cela m’a permis de réaliser de meilleurs clichés. » Page 26
THE RED BULLETIN
NIELS SAINT-VITEUX (COUVERTURE)
ÇA ARRIVE PRÈS DE CHEZ VOUS
SOMMAIRE décembre
REPORTAGES
2 6 R idez local !
On a demandé à huit athlètes des neiges qui parcourent la planète de nous parler de leur spot favori, en France ! Et ça tombe bien : ça n’est qu’à quelques heures – ou minutes – de chez vous.
40 L a rime franche
Le rappeur Pusha T pèse aux États-Unis, et il a des convictions. Son « patron » Kanye West est un peu plus dur à suivre...
4 6 C ours la France
50 bornes par jour, et l’équivalent de cinq Everest à gravir : un Anglais s’est envoyé le tracé du Tour de France, en courant.
4 8 F rench touche
Guadeloupe, métropole et désormais Los Angeles. Pour atteindre les sommets de l’escrime, Ysaora Thibus a fait des choix, et s’est mise en difficulté. Au Bhoutan, le sport est une cause nationale. Et le prince local est très fier du Tour du dragon, une course VTT de l’enfer.
7 0 L’après catch
Il ne casse plus des bras mais signe des contrats. De la troisième corde au business du catch : Triple H a fait le grand saut.
70
BIZCOTEAUX
Triple H avait pour habitude de détruire ses adversaires, c’est désormais l’avenir du catch qu’il construit.
RAINER HOSCH, DOM DAHER/RED BULL CONTENT POOL, PER BERNAL
5 8 S ouffrir-plaisir
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FAIT MAISON
Si vous ne saviez pas où aller glisser cet hiver, suivez les pros à Avoriaz, La Mongie ou Serre Chevalier.
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THE RED BULLETIN
48 FINE LAME
Ysaora Thibus est l’ambassadrice passionnée d’un sport encore amateur : l’escrime. Depuis L.A., elle raconte ses choix déterminants.
BULLEVARD Un mode de vie hors du commun
8 Elle a 17 ans et pourrait être
la première femme sur Mars
12 Le volant du champion du
monde de F1… virtuel
13 Le son sud-af’ par Petite Noir 14 Un ride VTT sur le fil du rasoir 16 Usain Bolt est en apesanteur,
alors faites péter le champagne
18 L’autre pays de l’escalade 19 Depuis 1980, David envoie
la sauce, et il amasse l’oseille !
20 Elle est Kravitz : Zoë fait le job 22 Le plus gros avion au monde 24 Si vous tombez sous la glace
en Sibérie… relisez cet article
GUIDE
Faire. Voir. Avoir. 77 Voyage : elles ont ramé... 82 Matos : le bolide de Seb Ogier 84 Fitness : Big Nasty va te pécho... 86 Agenda : ils donnent des ailes 88 Red Bull TV : restez branché 90 Bientôt Noël : faites vos jeux 96 Ours : ils et elles font le TRB 98 Photo du mois : foil que j’y aille ! THE RED BULLETIN
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BULLEVARD UN
STYLE
DE
VIE
HORS
DU
COMMUN
LA PREMIÈRE MARTIENNE À trois ans, ALYSSA CARSON décide d’être astronaute. Quatorze ans plus tard, elle est en passe de devenir le premier être humain à marcher sur une nouvelle planète.
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n septembre dernier, Alyssa Carson participait à un voyage scolaire de géologie en I slande. Située sur la ligne de faille entre deux plaques tectoniques majeures, l’île est une zone d’activité géothermique intense, parsemée de geysers et de volcans actifs pris sous d’immenses glaciers. Un lieu hors de tout pour le commun des mortels, mais pour Carson, c’est un avantgoût de ce qui l’attend.
L’étudiante américaine de 17 ans est pressentie pour être « la première astronaute à aller sur Mars », une annonce prématurée – la première fenêtre pour une mission sur Mars n’étant pas prévue avant 2033 (le rayonnement solaire sera le plus faible et la Terre à la plus courte distance de Mars) – mais non dénuée de fondement. En tous les cas, Alyssa s'y prépare depuis… quatorze années. Depuis qu'elle a vu, toute petite, un dessin animé
racontant un voyage sur Mars. Dès lors, elle n'aura de cesse de peaufiner son CV : « C'est à ce moment que j'ai décidé que rien ne m’empêcherait d’aller sur Mars », se souvient-elle. À huit ans, elle remporte le Right Stuff Award, un concours Space Camp de la NASA. À 15 ans, elle obtient le niveau 1 de licence de pilotage de fusée sanctionnant la capacité de construire et de coder une fusée de A à Z. Elle est aussi la plus jeune
SOFIA MALAMUTE POUR DESIGUAL
Alyssa Carson, future astronaute, ici dans une campagne publicitaire pour la space marque Desigual, ayant pour thème la planète Mars.
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« S’IL FAUT RESTER SUR MARS, ÇA ME CONVIENT ! »
personne à être diplômée de l’Advanced PoSSUM Academy (un programme de formation sur la science suborbitale p olaire en mésosphère supérieure) qui forme les futurs astronautes. Mais comme toutes les grandes aventures spatiales, cela exige des sacrifices. En plus de son cursus scolaire qu’elle suit en quatre langues (anglais, français, espagnol et chinois), elle consacre tous ses loisirs à suivre des formations liées à l’espace et à un entraînement physique : résistance à la force g, à la décompression, à l’hypoxie, plongée sous- marine et microgravité via le vol parabolique. « Cela vous retourne l’estomac, mais j’y remédie en jeûnant toute la journée », confie-elle. Après ses études secondaires, elle
rojette d’étudier l’astrobiolop gie à l’Institut de Technologie de Floride, avec l’espoir d’intégrer l’équipe d’experts de la mission Mars ayant pour tâches de t ester des échantillons de sol, chercher des signes de vie bactérienne dans l’eau et étudier l’histoire de la planète rouge. « Sa biosphérisation (transformation d’un environnement n aturel en vue de le rendre h abitable pour l'homme, ndlr) prendrait environ 300 ans. Ce ne sont que des estimations parce que personne n’a encore terraformé une planète », glisse-t-elle en riant. Le zèle et les capacités de Carson l’ont érigée au rang d’enfant modèle des rêves spatiaux de l’humanité. En 2014, à l’âge de 13 ans, elle donne une conférence TED intitulée Réaliser l’impossible et une
« L’exploration de l’espace ne fait que commencer » : Alyssa Carson, 18 ans en mars, possède une licence de pilotage de fusée de niveau 1 et vise la première mission habitée pour Mars, prévue en 2033.
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autre lors d’un événement marquant le dixième anniversaire du Mars Rover organisé par la NASA et la Smithsonian Institution. L’an dernier, elle a participé à un documentaire de Netflix, La g énération Mars, et est à présent ambassadrice du groupe privé Mars One, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans la même capsule. « Agence gouvernementale ou privée, j’embarquerai avec le premier prêt à y aller. » Là se situe le véritable sacrifice. Mars se trouve à environ 64 millions de kilomètres de la Terre et il faut six mois pour l’atteindre. La température moyenne y est de – 63 °C et le dioxyde de carbone compose 96 % de l’atmosphère. Le risque de mort est donc élevé, et en cas de survie, elle n’aurait que deux options, dont l’une serait de rester pour c oloniser la planète. « Un voyage aller-retour serait préférable, mais s’il faut rester, je serais toujours partante », affirme-t-elle. Elle laisserait derrière elle son plus grand fan, son père Bert qui l’a élevée seul et aidée à réaliser son rêve. « Ce n’est pas ce qu’il souhaite, mais il me soutient parce qu’il sait que l’enjeu dépasse nos deux personnes. En se limitant à une seule planète, l’espèce finira un jour par disparaître. Mars est une première étape d’exploration. » En mars, Carson fêtera ses 18 ans. Si la première mission habitée sur Mars a lieu en 2033, elle aura 32 ans. Aussi, avoir une relation ou fonder une famille n’est envisageable qu’après son retour. Carson sait bien que laisser une famille sur Terre serait émotionnellement difficile pour tous. Pour l’heure, seul l’avenir occupe son esprit. « Affirmer à trois ans que je voulais aller sur Mars était le plus insensé des choix, mais je m’y tiens. Espérons que la prochaine génération verra un autre enfant rêver d’aller sur une lune de Jupiter ou ailleurs. L’exploration de l’espace ne fait que commencer. » Instagram : @nasablueberry THE RED BULLETIN
KATIE CAMPBELL SPYRKA, NASABLUEBERRY.COM
B U L L EVA R D
DRS
limiteur de vitesse
compteur
empattement à courroie avec effet de retour
indicateur régime
joystick pour vision circulaire
pour rétrograder
pour monter les rapports
palette en aluminium
LES CHAMPIONS L’ADORENT Ce mois-ci, nous connaîtrons le plus grand pilote de Formule 1 Esports au monde et il aura ce volant entre les mains.
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éunis dans une salle à Londres les 16 et 17 novembre prochains, seize simulateurs de course identiques, occupés chacun par un pilote représentant une écurie de F1. L’enjeu de la course ? La victoire au F1 Esports Pro Series et un chèque de 170 000 €. Les pilotes Red Bull Racing et Toro Rosso, Max Verstappen et Pierre Gasly, observeront les concurrents qu’ils ont euxmêmes présélectionnés pour les représenter. Que de chemin parcouru depuis les premiers jeux ! Thomas Jackermeier en sait quelque chose.
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Sa passion pour le gaming le pousse, il y a vingt-et-un ans, à fonder la société Fanatec afin de créer de meilleures manettes. « Notre premier volant n’avait pas d’effet de retour, juste un simple ressort et un design moche, se souvient-il. L’avancée était néanmoins majeure. » Aujourd’hui, les v olants Fanatec séduisent même les pilotes de F1 comme Verstappen. « Le pilote brésilien Rubens Barrichello en a acheté un sans nous le dire, confie Jackermeier. S’il avait sonné, on le lui aurait envoyé. » Mais c’est bien la F ormule 1 qui sollicite à présent Fanatec pour produire le volant officiel F1 Esports Series destiné à la compétition et à l’entraînement, conçu en aluminium, avec poignées Alcantara.
Le pédalier CSL Fanatec est compris. Usage optimal avec un siège conducteur.
Pour Barrichello comme pour vous, le prix est de 600 € – pédalier à courroie et effet de retour inclus. La Podium Edition, version haut de gamme à transmission directe avec un couple supérieur à une vraie F1, est prévue pour l’an prochain. Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle : « Sans relations ni argent, les circuits auto restent inaccessibles, mais grâce aux F1 Esports Pro Series, des millions de pilotes pourront s’exprimer et un jour viendra peut-être où un gamer deviendra pilote de F1… » fanatec.com
TOM GUISE
Fanatec F1
FANATEC
poignées Alcantara
THE RED BULLETIN
B U L L EVA R D
Petite Noir
CAP SUR SES CLASSIQUES Musicien « noirwave » (son expression) venu du Cap, il partage une sélection de quatre titres essentiels qui reflètent son pays.
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i l’on vous parle de musique d’Afrique du Sud, les noms de Miriam Makeba et de Hugh Masekela sont les premiers qui vous viendront à l’esprit. Mais c’est sans compter les jeunes artistes stimulants émergés ces dernières années. Parmi eux, il y a Yannick Ilunga aka Petite Noir. Des sons électro-pop, des beats polyrythmiques et des paroles très engagées : ce sont les ingrédients de son nouvel album La Maison Noir / The Black House avec lequel le musicien de 28 ans a gagné des fans influents, dont Mos Def et Solange Knowles. Retrouvez l’album visuel produit avec Red Bull Music : lamaisonnoir.com
BATUK DANIEL (2016) « Ce collectif est dirigé par la chanteuse Manteiga et le producteur Spoek Mathambo, l’un des producteurs de musique indépendante les plus célèbres d’Afrique du Sud. Il m’a profondément influencé. Sous le nom de Batuk, ils ont créé cette incroyable dance pan-africaine qui rassemble des artistes et des sons du continent entier. À voir en live. »
KHULI CHANA TSWA DAAR (2012) « Khuli Chana est originaire de Mafikeng, située au nord-ouest du pays. Là-bas, on cultive le motswako, un genre qui mélange anglais et setswana, le dialecte local. Ses punchlines sont au top, et ses beats sonnent comme les tambours sud-africains. Au lieu d’essayer de sonner américain, il intègre ses racines dans sa musique. »
TYRONE BRADLEY
FLORIAN OBKIRCHER
YOUNGSTACPT YASIS (2017)
SHO MADJOZI HUKU (2018) « C’est une vraie racaille. J’adore la façon dont elle mixe sa langue natale, le tsonga, avec le swahili, qu’elle a appris quand elle habitait en Tanzanie, tout en rappant sur un beat gqom de fou. Le gqom, c’est un style de dance qui a ses origines à Durban et qui envahit le monde. Ces beats noirs et épars collent avec l’ambiance moite des rave parties underground. »
« Venu du Cap, c’est mon artiste local favori en ce moment. YoungstaCPT donne une nouvelle dimension à la musique sud- africaine, avec son talent pour le hip-hop (il rappe avec son accent du Cap, qui est historiquement et socialement stigmatisé) et représente fièrement un pan du pays qu’on connaît très mal. Suivez-le, c’est une étoile montante. »
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B U L L EVA R D Pour en savoir plus sur le style « vulnérable » de Tassan et le voir en action sur ce sentier de montagne : redbulletin.com
Cédric Tassan
SUR UNE LAME
CÉDRIC TASSAN/VTOPO
TOM GUISE
Cédric Tassan ne se considère pas comme un vététiste de l’extrême, mais plutôt comme un rider vulnérable, sur d’improbables sentiers à flanc de falaises. « Je ne suis pas le meilleur des riders, ni un spécialiste du saut. Technique certes mais pas rapide, confie le Français de 41 ans. En revanche je sais me déplacer sur de grandes falaises. Je n’ai pas le vertige. » On le voit ici sur le Tre Cime di Lavaredo dans les Dolomites italiennes. « C’est une via ferrata, un itinéraire pédestre avec un câble réservé aux grimpeurs, explique Tassan. Pour gagner la corniche, j’ai grimpé en tenant le câble d’une main et le vélo de l’autre. Toute chute est fatale. » Il parcourra 70 % de la piste. « Impossible d’apprécier sur le moment car je dois rester concentré. Mais après coup, quel rush ! »
instagram.com/vtopo.fr 14
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Reims, France
PLUS VITE QUE LA GRAVITÉ
Si le sprinteur du siècle Usain Bolt (32 ans, au centre) prend son envol, ce n’est pas dû à son départ explosif ! Il fait une course en apesanteur avec l’astronaute Jean-François Clervoy (à g.) et le designer industriel Octave de Gaulle, à bord d’un Airbus A300 Zero-G. La raison ? La présentation d’une bouteille de champagne pour touristes de l’espace.
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REUTERS
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Excalibur wall
UNE AUTRE MONTAGNE
Lassé de ne pas avoir de montagne à escalader dans son plat pays, un grimpeur finit par en créer une.
Gert van der Veen : proprio du centre d’escalade Bjoeks et créateur d’Excalibur.
GERT VAN DER VEEN
TOM GUISE
es Pays-Bas sont l’autre plat pays. Une réalité frustrante pour Gert van der Veen, jeune alpiniste en herbe et adolescent en 1982. Il renonce à son rêve pour devenir tour à tour avocat, cadre en relations publiques puis politologue sans jamais vraiment s’épanouir. La montagne l’obsède, mais la plus proche est à 500 m. En 1996, il décide en désespoir de cause de se construire son propre mur. À Groningue, Excalibur, clin d’œil de van der Veen à l’épée légendaire, est une lame d’acier de 37 m de haut avec un dévers de 11 m, « elle s’enfonce dans une immense dalle en béton ». Craintifs et novices s’abstenir. « Cela exige une bonne maîtrise technique. Les débutants disposent de cordes accrochées au sommet, mais cela reste une expérience qui se mérite. » Le mur de 45 tonnes résiste à des vents de force 12, grâce à sa flexibilité. Le gravier amortit la chute, mais s’avère vain au-delà des premiers mètres. Car pour van der Veen l’essentiel était de reproduire les émotions authentiques d’une escalade en plein air. « Une sensation de liberté au cœur des plaines », conclut-il. bjoeks.nl
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Sriracha
LA SAUCE SECRÈTE DU SUCCÈS
Ce condiment fait partout sensation. Une recette magique défiant toutes les règles du guide de l’entreprise.
ALAMY, HUY FONG FOODS INC
TOM GUISE
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n 2015, Kylie Jenner, mannequin et star des réseaux sociaux, poste un selfie pull rouge et cheveux verts avec cette l égende : « Nous sommes tous fans de Sriracha », occasionnant plus de 1,1 million de likes. Un hommage que cette sauce piquante n’a pas attendu pour s’imposer de manière unique. David Tran, réfugié vietnamien arrivé à Los Angeles en 1980, est l’inventeur de la Sriracha, une sauce piquante à base d’une épice douce produite à Si Racha (Thaïlande). Il baptise son entreprise du nom du cargo sur lequel il a fui le Vietnam, le Huy Fong, et utilise son signe du zodiaque chinois, le coq, comme logo. « Je n’avais aucune attente », se souvient Tran, 72 ans. L’an dernier, Huy Fong Foods a vendu plus de 35 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 109 millions de dollars. Tran attribue son succès au fait de ne pas avoir déposé le nom Sriracha.
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La clé d’une sauce réussie ? Les piments sont cueillis et transformés dans la même journée.
Il n’a jamais eu recours à la publicité non plus, réalisant que ses imitateurs étaient ses meilleurs ambassadeurs auprès des clients. En 2013, le fabricant de chips Lay’s lance la saveur Sriracha, et en 2016 Lexus sort une voiture rouge vif au nom de la sauce, boostant la popularité de celle-ci. Avec un prix resté inchangé, les restaurants privilégient Huy Fung Foods à la concurrence. L’entreprise ne poursuit pas non plus ceux qui utilisent son logo pour du pop-corn, de la viande séchée ou de la bière : « Nous accordons des licences libres de droits en échange de l’autorisation à vendre ces produits dans notre boutique », précise Donna Lam, directrice des opérations. L’homme d’affaires américain Mark Cuban a même créé un porte-clés Huy Fung Sriracha. L’an dernier, une bouteille de la sauce a été vue flottant dans la Station spatiale internationale – l’apothéose pour Tran. « Mon rêve n’a jamais été de devenir milliardaire, confie-t-il. C’est l’amour d’une sauce épicée bien faite qui a toujours été la motivation première. » huyfong.com
En 1980, David Tran produisait sa sauce dans un local de 460 m². Aujourd’hui, ses locaux totalisent 60 000 m².
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uand votre père est la rock star Lenny Kravitz et votre mère l’héroïne de télé Lisa Bonet, les attentes sont haut placées. À 29 ans, la mannequin, chanteuse et actrice Zoë Kravitz a fondé son propre groupe (Lolawolf) et est apparue dans de nombreux blockbusters dont Mad Max: Fury Road et autres shows télévisés comme Big Little Lies. Elle est actuellement à l’affiche du deuxième volet des Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, sous les traits de Leta Lestrange. « J’ai ce métier dans les gênes, mais je n’ai j amais ressenti de pression à cause de la notoriété de mes parents », dit-elle. Au contraire, Kravitz estime que leurs conseils prudents et une éducation réaliste ont tempéré ses attentes. the red bulletin : Donc, en grandissant, vous n’avez jamais eu envie de devenir aussi célèbre que vos parents ? zoë kravitz : Quand j’étais petite, je ne me rendais pas compte qu’ils étaient célèbres. Mais je savais qu’il était hors de question que j’aie un boulot classique. Au lycée, j’adorais le théâtre, je passais mon
Quelle a été la réaction de vos parents quand vous leur avez appris que vous vouliez faire carrière dans le showbiz ? Mon père a émis des réserves, ma mère aussi. Elle a connu la célébrité très vite et très jeune. Je ne crois pas que ce fut une décision consciente ; elle essayait juste de se faire un peu d’argent en tournant des pubs jusqu’à ce qu’on la prenne pour le Cosby Show. C’est pour ça qu’ils voulaient être sûrs que je savais ce que je faisais. Quels furent leurs conseils ? De ne pas prendre tout cela trop au sérieux. C’est probablement pour ça que j’ai réussi à garder la tête froide. Je vois des gens qui prennent vraiment trop la grosse tête avec Hollywood et la gloire. Alors que ce n’est qu’une illusion, c’est juste un boulot. Nous sommes tous égaux. Comment gérez-vous votre notoriété grandissante ? En ne vivant pas à Los Angeles, où l’on se sent très vite isolé. Comme la ville est très étendue, on passe beaucoup de temps dans sa voiture, tout seul. Vous choisissez les gens que vous côtoyez et ceux que vous évitez. C’est pour ça que j’habite à New York. J’aime me promener en ville, me poser sur un banc, circuler en transports en commun. J’ai besoin de ces interactions avec les autres. J’aime les gens.
De ne pas les désirer. Si vous les désirez, vous ne les aurez pas. J’ai décroché des rôles que je pensais impossibles à avoir. Je ne voulais même pas aller à l’audition de Mad Max parce que j’étais persuadée que je n’avais aucune chance, mais mon agent m’a forcée à la passer. Pour Les Animaux fantastiques, je me disais que c’était cuit d’avance. Et en fait, ça m’a donné une liberté de pensée et d’action qui faisait que ça m’était relativement égal au final. Et décrocher le rôle, au fond, ce n’est plus qu’une question de chance.
Les Animaux fantastiques, au cinéma depuis le 14 novembre ; fantasticbeasts.com
Zoë Kravitz
GLOIRE ET ILLUSION
Être actrice à Hollywood, c’est juste un boulot : pour la jeune Américaine à l’affiche des Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, rien ne sert d’avoir la grosse tête : le succès, au fond, est souvent une question de chance. RÜDIGER STURM
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temps à jouer dans des pièces et des comédies musicales, c’est ça qui me rendait heureuse. Je créais des shows pour mes grands-parents, je les faisais même payer pour me voir chanter les tubes de Grease. C’est à cette époque que j’ai monté mon premier groupe (Elevator Fight, ndlr) et nous avons commencé à faire de la musique. Tout s’est passé très naturellement.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui rêve d’endosser des rôles comme les vôtres au cinéma ? 20
THE RED BULLETIN
« POUR MAD MAX, JE NE PENSAIS PAS AVOIR MES CHANCES. »
B U L L EVA R D
Stratolaunch
LARGE D’ÉPAULES
L’avion le plus grand au monde est si puissant qu’il peut transporter-lancer des fusées dans l’espace.
I
nstallé en Floride, le célèbre Cap Canaveral possède une piste imposante de 4,5 kilomètres de long. Les locaux la surnomment « le solarium des alligators » en raison des reptiles des marais qui s’y prélassent. Autrefois, elle accueillait d’autres bêtes, les navettes spatiales, ralentissant leurs atterrissages avec ses rainures de près d’un demi-mètre d’épaisseur g ravées dans un béton à haute friction. À présent, un monstre encore plus puissant risque d’y atterrir : le Stratolaunch. Doté d’un double fuselage de 73 mètres de long, 28 roues et 6 moteurs Boeing 747, un poids maximum de 590 tonnes au décollage et une envergure de 117 mètres, il surclasse de 29 mètres l’Antonov An-225, le plus grand avion en activité. Il peut soulever une charge utile jusqu’à 227 tonnes à 10 668 mètres d’altitude ! Car le Stratolaunch a vocation à transporter et lancer des vaisseaux spatiaux en o rbite.
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Conçu par Burt Rutan, c réateur de l’avion spatial SpaceShipOne, et financé par le cofondateur de Microsoft Paul Allen, le Stratolaunch entend faciliter le lancement de satellites et le transport de touristes dans l’espace. En août, la société a annoncé quatre lanceurs détachables : la fusée Pegasus vieille de trente ans, deux lanceurs moyens (MLV) et une navette spatiale. En février, Stratolaunch a réussi un roulage à 74 km/h sur la piste de Mojave (Californie). Le baptême de l’air du Stratolaunch est prévu pour 2019 et les vols commerciaux à partir de 2020. Pour cela, il devra quitter les 3,8 kilomètres de Mojave (distance minimale de décollage) pour la piste de Cap Canaveral plus longue, sonnant au passage la fin de la bronzette pour les a lligators. stratolaunch.com
Datas du Strato Lanceurs
Pegasus
MLV
Charge utile : 370 kg
Charge utile : 3,4 tonnes
MLV - lanceur lourd
Navette spatiale
Charge utile : 6 tonnes
Charge utile moyenne ou passagers
Dimensions
UNE ENVERGURE DE 117 MÈTRES SOIT 29 MÈTRES DE PLUS QUE L’ANTONOV AN-225.
Moteur Six turboréacteurs Boeing 747 pouvant transporter 227 tonnes de charge utile.
Envergure
117 m
88 m
An-225
3 Plan de vol
1
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L’avion atteint son altitude de croisière.
Décollage
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TOM GUISE
10 668 m d’altitude
STRATOLAUNCH CHRISTINA NOCK
La charge utile est libérée et se met sur orbite.
Retour à la base en attendant la prochaine mission.
B U L L EVA R D
Comment…
Résister au choc de l’eau froide
SURVIVRE SOUS LA GLACE SIBÉRIENNE
« En tombant dans l’eau avec une température extérieure de − 54 °C, vous rentrez rapidement en hyperventilation, le manque d’oxygène autour du corps favorisant le phénomène. Contrôler sa respiration est primordial pour lutter contre le choc de l’eau froide. »
Tom Hardy est connu pour ses rôles virils, mais en plongeant dans l’eau glacée de l’Arctique, il livre sans doute la plus difficile de ses performances.
Ne brisez pas la glace
Le lac Baïkal est gelé de janvier à mai. Hardy et Kane ont dû y passer en voiture.
« Les gens nagent naturellement vers l’avant, mais cela brise la glace censée être votre salut. Repérez d’abord la zone du trou où la glace est la plus épaisse. Posez-y vos mains aussi loin que possible sans la casser, les jambes à plat derrière vous sans les remuer. Si vous avez un sac à dos ou des bâtons de ski, sortez-les en priorité, puis hissez-vous hors de l’eau à la force des bras. »
Préparez-vous à la défaillance
Tom Hardy, acteur, et Aldo Kane, explorateur qui assiste les équipes de tournage en situation extrême.
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Surveillez vos arrières
«Si vous passez à travers la glace avec un sac à dos sur les épaules, la première chose à faire est de s’en délester. Quand je marche sur de la glace, je porte le sac sur une seule épaule. Optez pour un sac à dos imperméable qui servira de bouée de flottaison. »
Séchez-vous rapidement
« Ayez toujours des vêtements de rechange secs. Retirez ceux qui sont mouillés et roulezvous dans la neige pour vous sécher. Trouvez ensuite un abri et enfilez les vêtements secs. Il m’est arrivé d’être déjà en hypothermie une fois hors de l’eau. Ma tension artérielle chutait, et le froid ne faisait qu’empirer mon état. J’ai sauté dans le Land Rover avec le chauffage en marche, et me suis réchauffé lentement avec une boisson chaude. »
Instagram : @aldokane THE RED BULLETIN
MATT RAY
Hardy, vedette du documentaire. « Pour nous entraîner, nous avons fait un trou dans la glace, explique Kane. Tom a sauté dans une eau presque deux fois plus froide que celle utilisée en exercice par les Marines. C’est un vrai dur à cuire. » Kane livre cinq conseils si la glace cède sous vos pieds.
TUUL AND BRUNO MORANDI/ALAMY, ALDO KANE
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a ville d’Oïmiakon en Sibérie est l’endroit habité le plus froid au monde. « Jetez de l’eau bouillante en l’air, elle se transforme illico en poussière de glace, explique Aldo Kane, expert en survie. Perdez vos gants et vous y laisserez vos doigts. Le froid est tel qu’il brise les tuyaux en caoutchouc, alors on ne coupe jamais les moteurs des véhicules. Et si vous passez à travers la glace sibérienne, paix à votre âme. » Pour le film de 2013 Driven To Extremes: Coldest Road, Kane, un ex- Marine de la Royal Navy de l’armée britannique, fait appel à son expérience de l’Arctique pour acclimater l ’acteur Tom
« Le corps commence à ne plus répondre lorsque le sang se concentre autour des organes vitaux et se retire des extrémités – les premières gelures et engelures se font alors sentir. L’eau est au-dessus de zéro, mais constitue un excellent conducteur de chaleur, du coup l’hypothermie menace. Hors de l’eau, le corps ne répond plus. À − 54 °C, l’eau restée à la surface de la peau gèle, causant d’irrémédiables dommages. »
EXPERIENCED DRIVER DEPICTED
WHAT AR E YOU BUILD ING FOR?
D É V E LO P P É À PA RT I R D ’ E X P É R I E N C E S … AC Q U I S E S S U R L E T E R R AI N BFGO ODRICH.COM/KM3
LES JOIES DU FAIT MAISON Et si le meilleur spot au monde, c’était près de chez vous ? Alaska, Géorgie, Japon, Canada… ils rident partout sur la planète, mais pour eux rien ne vaut le home sweet home, le retour au bon petit run maison. Richard Permin (ici en photo en action à Avoriaz), Victor de Le Rue, Tess Ledeux et d’autres stars de la glisse sur neige vous disent pourquoi leur camp de base, en France, c’est le top. En trois ans, la snowboardeuse Marion Haerty a dû faire le tour de la planète, au fil des étapes du Freeride World Tour et de tournages de vidéos. Chili, Japon, Alaska, Russie… Pour se rendre compte, plus que jamais, que le bonheur est dans le « près ».… de chez soi ! « En France, on a quand même une chance fabuleuse, dit Marion, autant de montagnes dans un si petit pays. Ici tout est proche, pas besoin de faire des heures de voiture pour passer d’une pente à l’autre. Pas besoin de motoneige comme en Amérique du Nord, on a des télécabines qui nous emmènent faire plus de 2 000 mètres de dénivelé en quelques minutes. » « Alors okay, le meilleur cumul de neige, c’est au Japon. Les meilleurs couloirs, c’est dans les Dolomites (Italie) pour moi, pour certains autres, c’est en Alaska, analyse le skieur Enak Gavaggio. Mais pour rider, pourquoi partir loin alors qu’on a tout chez soi ? » Bonne question… Qu’ils soient nichés dans les Alpes ou les Pyrénées, les riders pros nous livrent leurs spots et leurs bonnes adresses en station. Des plans et des pistes à garder en mémoire pour ce début de saison. Prudence : côté hors-piste et autres spots non accessibles au public, seuls des athlètes de leur niveau, super entraînés et préparés, sont à même de s’y aventurer.
NIELS SAINT-VITEUX
Texte MARK BAILEY
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Quand Richard Permin s’offre une petite sortie dans la station, pardon, sur les toits d’Avoriaz, ça devient vite fou.
Ridez local
RICHARD PERMIN Freeskieur professionnel Avoriaz
« Pour le tournage de ma nouvelle vidéo, Good Morning, j’ai eu la chance de pouvoir vivre une vraie saison là-haut. Je dis là-haut car non seulement Avoriaz est une station perchée sur les falaises, mais en plus, j’ai passé mon temps sur les toits ! En hiver 2016, au lancement du projet, je m’y étais fracturé les deux talons. Mais le concept était tellement original, et la station s’y prêtait totalement avec ses codes couleurs et graphiques uniques qu’il était impensable d’abandonner. Cela dit, entre le repérage qui avait été fait à l’été 2015 et la réalité, il y avait un gap : les toits où je d evais rider étaient pentus mais pas a ssez longs pour y prendre suffisamment de vitesse. Il a fallu trouver des astuces, comme me faire tracter au winch ou par bungee. Au niveau des sensations, je n’étais pas dans ma zone de confort, car je ne suis pas freestyler. Mais passer un mois et demi sur des toits, ce n’est pas banal, et quand on voit les premières images, je me dis que ça valait le coup. On les a montrées à des Américains, et ils ont halluciné sur l’architecture, cette station
erchée sur une falaise, ils n’ont pas ça p chez eux. Ça rend le tout très esthétique et ça fait passer le message : le ski, ce n’est pas que de la performance, c’est fun et c’est cool ! À Avoriaz, je suis très sensible à cette h armonie autour du bois, jusqu’au Stash, le premier snowpark écolo local créé il y a dix ans. J’aime cette idée de station sans voiture, où l’on se déplace en ski, où tout est à portée de marche, où on croise des calèches et où l’on peut se promener la tête en l’air. Quand on est làhaut, on est comme dans une bulle ou dans un bateau, on a envie de débrancher. Et pour peu qu’il y ait une bonne tempête de neige, on est t otalement coupé du monde : un sentiment rare à une époque où l’on est sans cesse connecté. Côté ski, j’ai eu de la chance cet hiver, surtout en janvier, d’avoir des conditions exceptionnelles : 1,50 mètre de poudreuse, ce qui m’a permis d’explorer l’immense domaine. J’ai noté qu’il y avait de tout question freeride : de la forêt côté Lindarets, et des bords de pistes totalement a ccessibles pour les débutants. » Good Morning, sur Red Bull TV.
La cachette de Richard « J’ai reçu un super accueil au magasin Vuarnet pour la préparation de mes skis. Cette famille est une institution à Avoriaz, car c’est Jean (Vuarnet) qui est à l’origine de la création de la station. J’ai passé beaucoup de temps avec les locaux à La Cachette. Comme son nom l’indique, ce resto est caché dans une petite galerie commerciale : on y mange des planches de fromage, de la charcuterie… L’accueil et le rapport qualité-prix est top, loin de l’attrape-touriste. » pierrevuarnetsport.com ; lacachetteavoriaz.com 28
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TEDDY MORELLEC FOR WINGS FOR LIFE WORLD RUN, NIELS SAINT-VITEUX
Richard fait le mur lors du tournage de Good Morning, une vidéo dans laquelle il exploite des lignes insolites.
« À Avoriaz, on est comme dans une bulle, on a envie de débrancher. »
Ridez local
VICTOR DE LE RUE Snowboardeur professionnel
« Dans ces deux spots, j’ai tourné mon dernier film Frozen Mind. Parce que dans les deux cas, il y a de la glace ! Quand du haut de l’Aiguille du Midi à Chamonix, je me lance dans le Frendo, un couloir de fou, et qu’on ride ce gros spine (éperon de neige, ndlr) sous les câbles, et qu’après avoir tiré six rappels, on ne sort pas les cordes mais qu’on t raverse direct sur la glace vive sous 5 centimètres de poudreuse, c’est chaud ! Si tu pars, t’es en bas, et dans un sale état… Je voulais montrer la haute montagne, de la pente raide et du couloir. Et c’est difficile de trouver mieux que Chamonix pour ce genre de production. Avec mon pote Pierre Hourticq, on a fait de superbes lignes, notamment la face nord de l’Aiguille du Plan où je décolle en parapente, ce qui, je pense, n’a jamais été fait. La face nord d’Argentière, personne ne l’avait plus descendue d epuis dix ans, car les conditions n’étaient pas assez bonnes. Comme je l’explique dans le film, on est partis des Pyrénées (Victor est originaire de Saint-Lary, ndlr) pour affronter les géants. Et on a été servis ! À Saas-Fee, station suisse où les locaux se déplacent en mini-voiture électrique, changement de style. J’ai voulu mixer backcountry et freestyle dans les séracs. Résultat : ça donne des images et des couleurs incroyables. Pour rider au milieu de cet énorme glacier, j’ai invité Freddy Kalbermatten, une légende du snowboard qui aime shaper des gros kickers. Après s’être fait une grosse frayeur en tombant dans une crevasse, il a attaqué direct le kicker suivant au-dessus du sérac ! » Frozen Mind, sur Red Bull TV.
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TEDDY MORELLEC/RED BULL CONTENT POOL, ANTOINE TRUCHET
Chamonix et Saas-Fee
Le plan logement de Victor
« À Chamonix, j’ai trouvé un appartement idéalement situé grâce au Airbnb des sportifs, Sportihome : les propriétaires sont soit pratiquants, soit sympathisants, donc de bon conseil. À Saas-Fee, Freddy loue des appartements écologiques qui font face aux remontées mécaniques. » sportihome.com ; apartment-dorfblick ; saas-fee-hotels.com
Victor de Le Rue, rider sans frontières. Cette fois, c’est à Saas-Fee (Suisse) qu’il s’exprime.
Ridez local
Freeskieur professionnel Les Arcs
Enak, ou Rancho, est aussi à suivre dans des web-séries déjantées.
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« Si je me suis arrêté à 18 ans aux Arcs, ce n’est pas un hasard : je bouffais les vidéos d’Apocalypse Snow en boucle, moi qui venais d’une station où le hors-piste était interdit dans mon club de ski. Je ne rêvais que de ça ! Ma première sortie en poudreuse, je l’ai faite à 19 ans à l’Aiguille Grive. Le déclic ! J’y suis resté, ça fait vingt ans maintenant et je ne l’ai jamais regretté. Ce qui fait la magie des Arcs,
Le plan local d’Enak
« Je pourrais en donner cent, mais j’ai envie de parler du resto L’Ancolie. Parce que c’est Jeannette Poisson qui en est l’âme, une vraie bulle de bonheur cette femme, et quand on s’est farci 2 000 m de dénivelé, ses terrines, les meilleures du monde, sont à chaque fois un petit miracle pour nos cuisses en feu et nos estomacs creux. » L’Ancolie, tél. 04 79 07 93 20
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DOM DAHER
ENAK GAVAGGIO
c’est que c’est ouvert à 360 °. On peut skier toute l’année, par tous les temps, vent, neige, brouillard, car la station a été intelligemment pensée avec de nombreuses zones de repli dans la forêt. Je crois même que pour mes plus belles journées de ski, il faisait mauvais temps ! Avec tous les villages disséminés dans la montagne, les zones sauvages, on peut vite se sentir seul au monde. Évidemment, il y a du gros freeride engagé. Je me souviens avoir passé une journée entière sous la benne de l’Aiguille Rouge avec mon pote Romain R aisson, à monter et descendre, on se gavait tellement, on ne pouvait plus s’arrêter ! Ce que j’aime aussi aux Arcs, c’est que les pisteurs sont de vrais passionnés, toujours prêts à filer le tuyau du jour. C’est une vraie station de riders, qui attire la nouveauté et qui a toujours été à l’avant-garde, notamment avec le snowboard. »
Ridez local
TESS LEDEUX
Championne du monde 2017 de ski slopestyle La Plagne
PETER MORNING/RED BULL CONTENT POOL, CHRISTIAN PONDELLA/RED BULL CONTENT POOL
Tess, le futur du ski acrobatique féminin, n’a que 17 ans.
« La Plagne, j’y suis née, je n’ai pratiquement connu que cette station jusqu’à mes onze ans. Même si je connais le domaine skiable gigantesque, un des plus grands d’Europe, sur le bout des doigts, je ne pourrais jamais m’en lasser. Mon spot favori se trouve à Plagne Centre : la forêt du Colorado, auquel on accède par le téléski du même nom. Là, tout est possible : il y a des pistes de tous niveaux, mais surtout un super
hors-piste entre les sapins. Parmi tous les souvenirs que j’ai dans cette station, un me reste en tête : un lendemain de chute de neige, il fait un grand soleil et on part faire des sauts avec mon club. Je devais avoir 10 ou 11 ans, j’avais tellement envie d’en profiter ! Je me prenais boîte sur boîte, des énormes plat-dos, mais la poudreuse était si épaisse que je ne sentais rien… Un pur moment de bonheur, la journée parfaite. »
La Plagne gourmande de Tess « La crêperie Caprice des neiges, mon rituel pendant mes années d’école. Je m’y arrêtais pour manger une crêpe au Nutella ou une beurre-sucre. Un délice ! La Plagne étant vraiment une station très famille, j’ai envie de parler de la mienne, et du restaurant de ma mère, Pépé and Cie : si vous avez envie de manger une excellente pizza cuite au feu de bois, c’est la bonne et unique adresse ! » Caprice des neiges : facebook.com/pg/nonorazmokette ; Pépé and Cie, tél. 04 79 06 03 46
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Ridez local
VALENTIN DELLUC Speedrider professionnel
« Vue du ciel, Avoriaz est toute blanche, plus blanche que n’importe quelle autre station. Cette sensation de pureté vient du fait qu’il n’y pas de voiture et que les piétons et les skieurs apparaissent comme des points minuscules au milieu des calèches. Quand j’ai commencé à voler au-dessus du domaine et alentour en 2010, je me suis vite rendu compte qu’il était parfaitement adapté à la pratique, et super pour progresser : pas d’énormes dénivelés, mais une grande variété de reliefs qui permet de bien jouer, avec toutes sortes de pentes plus ou moins raides, des petites barres rocheuses, des forêts de s apins… Quand les conditions sont top, il m’arrive d’enchaîner une trentaine de vols dans la journée, soit 12 000 mètres de dénivelé. C’est impossible à ski ! L’hiver, je repère des lignes en ski de rando, l’été en ULM pour pouvoir encore plus explorer ce domaine qui semble toujours offrir des spots à défricher, même après tant d’années (Valentin a appris à skier à Avoriaz, ndlr). »
Les adresses de Valentin
« Le resto Les Alpages, route des Lindarets, le QG des speedriders et des moniteurs de l’ESF entre midi et deux. Après le coucher de soleil à la tête des Lindarets, une bière à l’Happy Hours. Et pour voler, direction l’école Airéole d’Albert Baud, pionnier du vol libre local. » Les Alpages, tél. 04 50 74 13 81 ; @HappyHoursBar ; aireole.com 34
STEFCANDE.COM/RED BULL CONTENT POOL
Morzine / Avoriaz
« Ce domaine est parfaitement adapté à la pratique du speedriding. » THE RED BULLETIN
Valentin en mode nocturne : séquence à retrouver dans la vidéo Moonline.
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« Ces lignes, je peux les faire cent fois sans m’en lasser. »
Pierre Vaultier en liberté, hors du cadre olympique où il excelle.
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Ridez local
PIERRE VAULTIER
Champion olympique de snowboardcross 2014 et 2018
Les classiques de Pierre
« Le Royal, un bar extra, situé à Chantemerle. À l’heure du café, avant d’aller glisser, on y refait le monde entre locaux. Le Café Soleil, j’y monte en piéton par la télécabine pour y déguster des burgers de fous en terrasse. Ce que j’aime, c’est leur petite touche gastronomique sur des plats simples. » Le Royal, Chantemerle ; lecafesoleil.com
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DOM DAHER/RED BULL CONTENT POOL, LIUBOMIR ASENOV/RED BULL CONTENT POOL
Serre Chevalier « Serre Chevalier, j’y suis né, alors cette station, je la porte dans mon cœur. Et cet hiver, je vais encore me régaler, car je vais pouvoir emprunter une nouvelle remontée mécanique qui va débloquer des lignes sympas ! J’arrive toujours à trouver des nouveaux coins : l’été, je repère beaucoup à vélo et je découvre la richesse du domaine. L’hiver, j’ai l’impression qu’il n’y a jamais assez de pentes, alors que quand je suis sur mon vélo, je m’aperçois qu’en fait, c’est super engagé ! En snowboard, je fais certaines lignes des centaines de fois. Mais je ne me lasse pas. Je suis un compétiteur et j’aime la répétition, aller plus vite pour être meilleur ! Ce qui est typique des Alpes du Sud, ce sont ces forêts ouvertes, recouvertes de mélèzes. Une espèce noble, exigeante. Autour, rien d’autre ne pousse. C’est l’arbre d’ici et les jours blancs, en cas de vent, je me sens comme dans un cocon dans cet écrin de bois. Quand ça pose bien, que la neige rend tout silencieux, c’est le kif de se retrouver seul, d’être le premier à tracer la belle ligne ! Un scoop : cet hiver, j’ai un projet vidéo pour lequel je vais shaper avec une équipe, un parcours inédit, mix de pumptrack et de b oardercross. Il y aura des gaps de quatre mètres, des bosses et des cubes de neige, et du beau spectacle pendant les tournages. »
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MARION HAERTY
Championne du monde de snowboard freeride 2017 Chamonix
Habituée du Freeride World Tour, Marion est une sportive engagée.
« Chamonix, j’y habite depuis deux ans, et je découvre peu à peu l’étendue du terrain de jeu : immense, mais très concentré. En quelques minutes, on grimpe à 3 800 mètres et l’Aiguille du Midi, bien que très fréquentée, reste un des spots mythiques pour évoluer en zone glaciaire. J’y apprends la pratique de la haute montagne, les manipulations de corde, le snow de pente raide dans les couloirs comme celui des Cosmiques, face au mont Blanc, où l’on est obligé de mixer snow et grimpe.
À Cham’, on se sent toujours tout etit. C’est le royaume du freeride, il y a p un gros niveau, des riders pros de tous les pays, mais il y a aussi des terrains plus accessibles vers Brévent et Flégère. Quand il neige, on a l’embarras du choix. Cet hiver, entre deux compétitions, j’ai fait une journée de ride incroyable. Avec des amis, sans pression de tournage, juste pour le partage, on a enchaîné la Vallée Blanche par l’Envers du Plan, puis le Pas de Chèvre et le Glacier Rond. C’était juste après une grosse chute de neige fraîche, magique. »
L’après-snow de Marion « Le Moö, c’est un vrai repaire de locaux et de riders (Seth Morrison est un habitué) ; quand on revient d’une grosse journée en montagne, on est heureux de la partager à une bonne table à des prix raisonnables. J’aime aussi beaucoup l’ambiance du Rocky Pop Hotel, bien fun, et les soirées salsa à la Maison des Artistes. » moobarcuisine.com ; rockypop-chamonix.com ; maisondesartistes-chamonix.com 38
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BASTIEN MONTÈS
MATHIS DUMAS, JAN FARRELL , DAVIDAGUERO.ES
Champion du monde de ski de vitesse 2017 La Mongie / Grand Tourmalet
Le Palois Bastien Montès peut skier à plus de 250 km/h.
« La grande chance qu’on a avec ce domaine, c’est qu’il a plein de versants et surtout, son Pic du Midi perché à plus de 2 800 mètres et qui offre 1 000 mètres de dénivelé via sa télécabine. Une fois arrivé au sommet, on est forcément scotché par le décor. Les coupoles givrées des observatoires, la vue à l’infini : par beau temps, on voit le Massif central. Côté ski, cela fait plusieurs hivers qu’on cumule des hauteurs de neige de malade. Tout là-haut, au Pic, c’est un domaine hors-piste. Il y a deux itinéraires possibles : la face sud, la plus facile qui passe au bord d’un lac et la face nord, avec son mal nommé couloir des Poubelles, où il faut installer un rappel quand il n’y a pas assez de neige. Sinon, c’est un saut de 15 mètres pour s’engager dans la face, donc il ne faut pas se rater. Ce qui me fait toujours revenir ici avec plaisir, c’est la nature sauvage. Les paysages sont peu marqués par la main de l’homme. L’accueil est chaleureux, comme l’accent, et côté gastronomie, on est plus garbure (une soupe aux haricots tarbais) que raclette, ça change ! Je compare toujours les Pyrénées à un marché, contrairement à certaines stations des Alpes qui ressemblent plus à des centres commerciaux. Car ici, il y a moins de touristes. Et quand il y en a trop, on prend sa planche de surf et en moins de deux heures, on est à Bidart au Pays Basque, pour glisser, toujours, mais sur l’océan cette fois ! »
La très bonne étape de Bastien « Impossible de passer à côté de L’étape du Berger, une grande cabane au sommet du ourmalet. Le berger, c’est le patron, les agneaux viennent de Campan, et quelle que soit la carte du jour, on est sûr de repartir le ventre plein. T Tous les week-ends en hiver, il y a des soirées avec des chanteurs pyrénéens, on y monte en motoneige et on redescend aux f lambeaux. » etapeduberger.com THE RED BULLETIN
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Figure incontournable de l’industrie musicale américaine, Pusha T reste encore cantonné, en Europe, à la scène hip-hop.
La rime franche Il allume son boss au grand jour, lequel n’est autre que Kanye West. Il refuse de fabriquer des hits. Et, surprise, il livre l’un des meilleurs albums hip-hop de l’année. The Red Bulletin vous ouvre la voie de l’Américain PUSHA T. Texte JÜRGEN SCHMIEDER Photos FABIEN MONTIQUE
P our qui veut comprendre quel type d’homme est Pusha T, il lui suffit d’écouter très attentivement la chanson Infrared qui égrène subtilement les commentaires sur l’industrie musicale et les attaques contre Donald Trump. “When the CEO’s blinded by the glow it’s different“ (trad. C’est différent quand le patron est aveuglé par tout ce qui brille). Les paroles, par ailleurs bourrées de sous-entendus, sont autant de balles tirées sur la politique et la société, à la manière d’un bon vieux titre old school. La phrase ci-dessus, a llusion directe à Kanye West, démontre que le rappeur répondant dans le civil au nom de Terrence LeVarr Thornton, a une sacrée paire de couilles. L’offense la plus recherchée fait partie du hip-hop autant que de la boxe, évidemment. C’est pourquoi il est important de savoir que Thornton est lui-même patron du label G.O.O.D. Music depuis trois ans. Lequel appartient à Kanye West. Ce morceau et l’album Daytona (paru cet été) ont été créés pendant les Wyoming Sessions, pour 42
Go West! Pusha T, qui vit a ujourd’hui à Los Angeles, a grandi à Virginia Beach (Virginie).
« Je m’autorise le luxe de prendre mon temps et de ne balancer un morceau que quand j’en suis entièrement satisfait. »
l esquelles West s’était retiré dans un studio à la montagne, un voyage à la fois créatif et spirituel – d’après lui – et où il a produit cinq albums, un pour lui et quatre pour d’autres artistes : un solo pour Nas, Teyana T aylor et Pusha T, et un en duo avec Kid Cudi. De ces cinq albums, c’est le Daytona de Pusha T qui, à la surprise générale, a été l’un des albums hip-hop les plus aboutis de l’année. De ce Pusha T, on peut en apprendre un rayon sur la vie, l’univers et tout le reste. Il n’y a pas de honte pour un Européen à ne pas (encore) connaître celui qui témoigne du quotidien des Afro-Américains depuis plus de deux décennies, en duo (avec son premier groupe, Clipse) ou solo. Le bruit court que Pusha T serait l’auteur du jingle de McDonald’s I’m loving it… Le rêve américain pour Thornton, ce n’est pas tant devenir célèbre que de gagner en liberté et suivre son propre chemin sans en dévier. « Au bout de toutes ces années, je peux m’offrir le luxe de prendre mon temps et ne balancer un morceau que quand j’en suis entièrement satisfait », déclare-t-il à The Red Bulletin un jour de battement entre deux concerts à Detroit et Chicago. « Je me vois comme un artisan du texte, je peaufine mes métaphores, je raconte une histoire et peins une image avec des mots. Ça n’a pas l’ambition de plaire à tout le monde. Je me focalise sur une petite communauté qui comprend vraiment ce que je veux dire. » Cette communauté a bien poussé. Daytona atterrit en troisième place des charts américains. Thornton, né il y a 41 ans dans le Bronx, a grandi un peu plus au sud sur la côte est, à Virginia Beach, dans l’État de Virginie. Il commence à se faire de l’argent non pas avec sa musique mais en revendant des substances illicites. Avec la complicité de son frère Gene, aka No Malice, avec
l equel il formera Clipse, il refourgue de la cocaïne. Tandis qu’un type du coin n’arrête pas de les baratiner avec « sa putain de musique », dixit Pusha T. Le type en question, c’est le fameux Pharrell Williams, de l’entité de production The Neptunes, aujourd’hui mondialement connu et incontestablement l’une des pointures les plus influentes de la pop. Williams a le chic pour dédramatiser : « Quand ça va mal, dites-vous qu’il y a quelqu’un sur Terre qui va plus mal que vous. Je suis convaincu qu’à la fin, ce sont toujours les bons qui gagnent. » De Pharrell, Pusha T retiendra notamment cette dynamique positive et de persévérance. « Pharrell m’a appris à toujours viser l’exceptionnel et ne pas me satisfaire de la première idée venue. C’est un prof fantastique. Voilà le message que j’aimerais faire passer aux jeunes artistes : trouvez votre voix/ voie et efforcez-vous de ne toujours vouloir que le meilleur du meilleur. » C’est exactement ce que Pusha T a réalisé avec Daytona : un chef-d’œuvre minimaliste au succès tant artistique que commercial qui offre enfin à Pusha, la quarantaine passée, une place dans le mainstream (américain, du moins). L’album est un recueil de chansons sur son vécu et la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui : il y parle de Trump et du mouvement #MeToo. En parallèle, il poursuit ses joutes verbales avec Drake qu’il accuse d’avoir fait un bébé à une star du X (ce que Drake a reconnu) et d’employer un ghostwriter pour écrire ses textes (ce que Drake a plus ou moins avoué). « Il a attaqué ma bonne foi, dit Thornton. Celui qui en met plein la vue ne doit jamais déterminer les actions de celui qui est loyal. » L orsqu’il n’est pas sur scène, Thornton est poli et modeste. Pendant notre entretien, il réfléchit longuement avant de nous 43
La galaxie de Pusha T Amis, protecteurs, ennemis : Pusha T entretient des liens plus ou moins… disons, affectueux selon la superstar dont il est question. Guide de la constellation d’une grande étoile du rap.
Pharrell Williams Le propulseur C’est à Virginia Beach que la star de Happy se lie d’amitié avec Thornton, le pousse à faire ses premiers pas dans le hip-hop, et lui procure même un contrat avec une maison de disques. Il l’a accompagné tout au long de sa carrière.
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Kanye West Un boss influent La star du rap signe Pusha T sur son label G.O.O.D. Music en 2010 et l’en nomme président en 2015 pour l’optimiser.
Grimes La collègue, puis l’amie En 2012, la Canadienne apparaît avec Pusha T sur un remix du rappeur Dominic Lord. En 2018, Pusha T invite Grimes à son mariage à Virginia Beach.
Kim Jones L’assurance style Le nouveau directeur créatif de Dior Homme a dessiné le costume de cérémonie de Pusha T pour son mariage : veste blanche et pantalon de smoking noir. Le rappeur est un fan de longue date de la marque française.
THE RED BULLETIN
Lil Wayne L’ennemi originel En 2006, alors qu’il fait partie du duo Clipse dans leur titre Mr. Me Too, Pusha T embrouille Lil Wayne pour une histoire de fringues. Leur battle de chiffonniers par réseaux sociaux interposés commence.
Drake Le rappeur qu’il se plaît à humilier
Timbaland
GETTY IMAGES (7)
Un terrain commun Ce producteur et Pusha T vivaient à quelques bornes l’un de l’autre à Virginia Beach (comme Missy Elliott, pour laquelle Timbaland créera des bombes) et se sont influencés musicalement. En 2015, il produira le single de Pusha T, Untouchable.
THE RED BULLETIN
Le rappeur canadien est historiquement dans le viseur de Pusha T (« la gloire lui est montée à la tête ») car il est sous contrat avec Lil Wayne. En 2012, Drake lance des piques avec la chanson Tuscan Leather, et la querelle repart de plus belle. En 2018, Pusha T sort Story of Adidon avec une photo de 2006 sur laquelle on voit Drake, visage maquillé de noir, comme dans une mascarade raciste en mode blackface. Drake s’en expliquera sur Instagram, mais Pusha s’en tape.
r épondre d’une voix à peine audible. Cet homme a fait envoyer un camion-citerne d’eau potable dans le Michigan à l’époque du scandale sanitaire sur l’eau contaminée au plomb. Cet homme s’affichait ostensiblement pro- Hillary Clinton pendant la campagne électorale pour les élections présidentielles de 2016, et préconisait à Donald Trump, à coups de tee-shirt à message, de supprimer son compte Twitter. « Il me tenait à cœur de m’exprimer et de me positionner sur ces sujets, déclare-t-il. Des catastrophes comme la crise de l’eau potable sont la preuve irréfutable que la politique échoue dans ses engagements et que c’est à nous, citoyens, de prendre nos responsabilités. » De l’autre côté, vous avez Kanye West avec Ye vs. The People, morceau dans lequel il soutient qu’il aurait donné un nouveau sens au slogan Make America Great Again barrant la casquette rouge de Trump. Avec des paroles comme : « J’ai développé l’empathie, la sollicitude, l’amour et la sympathie. » Avant cela, Kanye West fut vivement critiqué pour avoir été vu plusieurs fois coiffé de la casquette de Trump. Les deux amis ne se seraient-ils pas méchamment embrouillés à ce propos pendant qu’ils bossaient en studio sur D aytona ? « C’est un des nombreux sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord. Cette casquette, c’est l’habit du Ku-Klux-Klan de cette génération, poursuit Pusha T. Nous en avons discuté en long et en large. On parle d’êtres humains bien réels, de persécution, d’injustices, de vie et de mort, de familles divisées… Il faut se montrer circonspect. Je suis un type loyal, honnête et droit. Je dis ce que je pense. Et Kanye sait maintenant qu’il a plutôt intérêt à éviter de parler de ça quand je suis dans les parages. » Il dit aussi, et c’est important qu’il l’exprime
exactement ainsi : « Je crois que toute cette agitation a fait du bien à l’album. Kanye est un historien de la musique, un gardien, il en sait plus que personne sur ce rayon. Et il sait aussi pertinemment que je suis toujours sincère et que je dis ce que je pense. Il comprend pourquoi une de mes punchlines doit se trouver à un endroit précis, il comprend sa raison d’être là. » Thornton peut donc se permettre d’être cash avec son boss tout en restant fidèle à lui-même. West est-il capable de faire la part des choses et de séparer le politique de l ’artistique ? Thornton quant à lui semble totalement intransigeant sur les questions qui préoccupent sa nation et les Afro-Américains en particulier. C’est cette rigueur qui fait de Pusha T l’un des artistes les plus fascinants du m oment, car il devrait influencer encore longtemps le hip-hop à la fois comme artiste et comme homme d’affaires. Si nous sommes désormais mieux informés à propos de son profil, il reste toujours délicat de d échiffrer les nombreux sous-entendus dissimulés dans ses textes. C’est pour cela qu’il les explique sur le portail Genius : « Je veux donner la possibilité à mes auditeurs de décoder mes métaphores et ainsi vraiment comprendre ce que je veux dire. » Pusha T parle beaucoup car il a beaucoup à dire. Et nous avons beaucoup à apprendre de Terrence LeVarr Thornton. Il suffit de l’écouter. Enfin, Pusha T nous confirme qu’il est bien l’auteur du jingle pour la plus célèbre des chaînes de fast-food américain. « Absolument ! À 100 % ! » Instagram : @kingpush
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TAK E F I V E
Le coureur Peter Thompson veut…
VOUS POUSSER À DÉPASSER VOS LIMITES Réalisé du 19 mai au 25 juillet, le Tour de France à pied (!) signifiait avaler 50 km par jour pendant dix semaines et grimper cinq fois l’Everest. L’Anglais de 34 ans explique que c’est sa force mentale plus que sa résistance physique qui l’a amené à franchir la ligne d’arrivée.
2 Identifiez votre motivation
Je suis incroyablement compétitif quand j’ai décidé de m’investir à fond. Collecter des fonds pour une cause m’est très important. Des amis ont souffert de troubles psychiques, et j’ai été témoin de la façon dont cela affectait leur vie. Ce fut un puissant moteur pour sensibiliser le public aux troubles mentaux. Cumuler les sources de motivation est une stratégie payante.
3 Fragmentez !
J’essaye de ne pas me projeter trop en avant. Je ne pense à la ligne d’arrivée qu’à la moitié de la course. Imaginez : 3 350 km en 70 jours, c’est une perspective redoutable. Alors je me concentre sur les prochaines 24 ou 48 heures. Sur la route du Tour de France, j’enquillais 50 km par jour que je fragmentais en blocs de 10 km. Je ne pensais qu’à finir un bloc pour arriver au suivant. Car quand vous êtes à 2 km du suivant, vous vous dites que vous êtes à mi-chemin, et à mi-chemin, vous êtes presque déjà aux 10 km suivants.
4 Sollicitez des appuis
Thompson s’entraîne à Bournemouth (Angleterre), sa ville d’origine. En 2017, il a couru 44 marathons en 44 jours consécutifs dans 44 pays d’Europe.
Pas besoin d’être un athlète de haut niveau ; il suffit de vraiment le vouloir. » PETER THOMPSON
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1 Même pas peur
Prendre le départ est souvent plus difficile que de finir la course. Il faut accepter la potentialité de l’échec. Cela ne vous rend pas faible, simplement réaliste. Si je m’écroule au bout de cinq jours, au moins, j’aurais essayé. Partez dans l’optique que vous avez réussi quelque chose : vous aurez consacré une période de votre vie à vous entraîner pour ça. L’un des plus gros défis consiste à se présenter au départ. On ne se pointe pas « juste pour voir ».
Un jour, mon genou s’est mis à enfler au point que je me suis demandé si je serais capable de courir le lendemain. Heureusement, j’étais avec un groupe d’amis. Ils m’ont rassuré et m’ont aidé à garder mon sang-froid. Même en étant le gars le plus motivé au monde, il y a des moments où l’on a besoin de se laisser porter par la confiance et la motivation de son entourage. Aussi têtu que je sois, j’avais besoin de leur soutien pour continuer.
5 Misez sur votre mental
Pas besoin d’être un athlète au top de sa forme pour faire ce que je fais ; par contre, il faut le vouloir vraiment. Pour relever le défi du Tour de France, je courais 6 à 7 heures par jour. N’importe qui avec un mental d’acier peut faire ça ou plus, sans être surentraîné. Les gens sont capables de réaliser bien plus que ce qu’ils imaginent. Entretien MARK WILDING Photo DAN ROSS THE RED BULLETIN
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French touche
Guadeloupe, 1998. Une gamine accompagne son petit frère à son initiation d’escrime. « Tu veux essayer ? », propose le maître d’armes… Vingt ans plus tard, YSAORA THIBUS est la meilleure fleurettiste française. Texte PH CAMY Photos RAINER HOSCH
Ysaora Thibus, 27 ans, meilleure fleurettiste de France, donne tout pour s’élever vers des cieux olympiques.
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« Je n’ai pas choisi l’escrime, c’est elle qui m’a choisie. »
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alifornie, 2018. C’est ici, à Santa Ana, qu’Ysaora Thibus habite désormais, avec son compagnon, l’escrimeur américain Race Imboden. Tous les deux sont coachés par une légende, l’Ukrainien Sergei Golubitsky. Cette vie, la Guadeloupéenne la doit à ce fameux jour de 1998, quand elle n’a pas pu s’empêcher d’essayer l’escrime elle aussi. Pas pour faire comme son frère, mais parce qu’elle est alors et déjà une gamine combative et compétitive. Mais pour en arriver au plus haut niveau et à cette aventure californienne, Ysaora Thibus a dû s’investir, s’acharner, sans cesse, faire des choix et accepter de « se reconstruire ». « Ce n’est pas moi qui ai choisi l’escrime, c’est l’escrime qui m’a choisie. » Il est 9 heures aux US. Au téléphone, la Française de 27 ans revient pour The Red Bulletin sur LA rencontre qui a changé sa vie. Elle est alors une gamine de 7 ans, pratiquant la danse classique, et vivant aux Abymes, commune de 60 000 habitants, dans une famille où le sport est seulement un loisir. Rien ne la prédispose donc à devenir une championne. La compétition, avec son frère, pour sûr, elle la pratique. « On se bagarrait, on se piégeait, on se chamaillait, on faisait des jeux de combats, pour s’amuser. » Tout de même, Ysaora préfère quand c’est elle qui a le
dessus. Alors, quand il faut accompagner sa maman et le frangin à son premier cours d’escrime, elle a « absolument envie d’essayer ». « Très vite, l’escrime est devenue une passion. Ce sport complet et complexe m’a permis d’évoluer, et grandir », dit Ysaora, meilleure fleurettiste française (depuis 2013) et actuellement classée au cinquième rang mondial. Elle est aujourd’hui une jeune femme totalement épanouie dans son sport et dans son mode de vie où se mêlent musique, style, mannequinat (elle est ambassadrice de l’eau guadeloupéenne Karuline, de la marque Garnier, et athlète adidas), voyages et compétition au plus haut niveau mondial. Une virée sur son compte Instagram donne un aperçu du lifestyle copieux de cette athlète. Un post attire tout particulièrement notre attention. Publié le 8 septembre dernier, « journée de l’escrime », il résume parfaitement la vision d’Ysaora sur sa spécialité, comme sa p ersonnalité enjouée : « Qu’est-ce que l’escrime ? Plus un sport élitiste comme avant. Ni Zorro, ni Star Wars, ni les Trois Mousquetaires. Pas ce sport compliqué que personne ne comprend. Ce n’est pas non plus une chorégraphie, même si le rythme et la coordination y sont importants. C’est un sport de combat, même s’il THE RED BULLETIN
Cela fait vingt ans que la Française monte en puissance dans sa discipline. Et n’hésite pas à se mettre en danger.
Depuis l’an dernier, Ysaora partage sa vie affective et sportive avec l’Américain Race Imboden. Installés en Californie, les deux escrimeurs ont confié leur destin sportif à l’exigeant coach Sergei Golubitsky.
100 % escrime ! C’est ainsi que l’entraîneur Sergei Golubitsky voit l’investissement d’un champion en fleuret.
« S’entraîner avec lui, c’est comme renaître, réapprendre des choses, apprendre l’escrime différement », précise Ysaora Thibus à propos de son coach Sergei Golubitsky. Âgé de 48 ans, il fut médaillé d’argent en fleuret en inviduel aux JO de 1992, champion du monde 1989 par équipe (avec l’URSS), et en individuel en 1997, 1998 et 1999. Apprécié pour son style unique et sa prise de risque, Golubitsky quitte la compétition alors qu’il domine sa discipline. Depuis, il transmet à de nouveaux talents, avec exigence. « Sergei est comme un général, un militaire, explique Ysaora. On doit suivre ses ordres. Pour lui, si tu veux atteindre les plus hauts objectifs, tu dois être concentrée à 100 % sur l’escrime, tout doit être lié à l’escrime, ta vie ne doit être dédiée qu’à l’escrime. » Ce que confirme Race Imboden, qui a déjà pratiqué Golubitsky pendant un an quand Ysaora le rejoint en Californie. Elle aussi avait fait le choix de se plier à son expertise et à sa dynamique, alors elle devait s’accrocher. « Pour Sergei, tout est discipline, s’amuse l’Américain. Ce que tu manges, ce que tu bois, comment tu dors. C’est le seul humain que j’ai vu à ce point dédié à un objectif. » Imboden a été bluffé par le souci de précision de son coach. « Sergei porte une attention au moindre détail. Par exemple, il m’a fait prendre conscience du clignement de mes yeux… de penser au clignement de mon œil dans les moments critiques d’un duel. Pas pour tenter de les éviter, mais pour prendre conscience qu’ils pourraient arriver à un instant particulièrement précis. L’instant où je pourrais perdre le combat par leur faute. » THE RED BULLETIN
ne vous servira pas à grand-chose en boîte de nuit. C’est un vrai sport. Et les escrimeurs ne pratiquent pas que tous les quatre ans aux JO. Mon seul avertissement : faites attention, l’escrime, c’est super addictif ! » L’addiction pour la lame s’amplifiera chez Ysaora à mesure qu’elle s’améliore et s’engage en compétition en Guadeloupe. Pour elle, le processus est alors « naturel ». Jeune, elle avance avec insouciance. « C’est en prenant de l’âge que j’ai commencé à agir consciemment, à faire des choix. » Le deuxième plus important de sa vie et de sa carrière arrivera à ses 17 ans : quitter la Guadeloupe pour intégrer le pôle espoirs PACA de l’Équipe de France d’escrime à Aix-en-Provence. « En Guadeloupe, j’obtenais les résultats que je souhaitais, mais j’arrivais à un point où je manquais d’opposition. Alors, je suis partie. Pour grandir », explique-t-elle. Elle quitte donc sa famille et son cadre d’entraînement pour rejoindre la métropole, Aix, où un objectif s’installe dans son esprit, pour ne plus en sortir : des anneaux, aux cinq couleurs, et la médaille d’or, suprême, qui va avec. Un but olympique qui devient le turbo d’Ysaora, quand le moteur de sa passion semble ne jamais vouloir faire de pause. Un an à peine après son installation en métropole, la suite, déjà, lui fait envie : intégrer l’équipe de France d’escrime, au sein de l’INSEP, en région parisienne. « Elle fera tout » pour y entrer le plus tôt possible, à 18 ans, pour y « apprendre le haut niveau » et entamer une première « reconstruction ». À l’INSEP, elle monte en puissance dans ce sport de précision, ultra-rapide, où la victoire se joue à une fraction de seconde, avec la touche fatale et finale qui peut faire basculer ces duels qui, s’ils ne les ont pas f orcément toujours compris, ont toujours excité les téléspectateurs français. « En escrime, plusieurs aptitudes sont sollicitées, explique Ysaora : la technique, le mental, la tactique, la rapidité, l’intensité, la cognition, le physique… » Au sein de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, Ysaora devient bientôt un élément essentiel, tant en solo (elle devient championne de France et atteint le top 5 mondial) qu’en équipe (médaille d’argent aux championnats du monde cet été). La structure qui l’encadre et l’épaule est sûre, « confortable ». Les entraînements,
« S’entraîner avec Sergei, c’est comme réapprendre à marcher. » déplacements et compétitions d’Ysaora sont gérés par un staff. En France ou à l’étranger, l’athlète peut ainsi se concentrer sur l’essentiel : s’améliorer, obtenir des résultats et puis des titres. Et pour ça, la championne ne débourse rien. En 2013, Ysaora entre sous contrat image avec la police nationale, et en 2015, la société Eventeam commence aussi à la sponsoriser. En p arallèle, elle étudie à l’École supérieure de commerce de Paris, et validera un d iplôme salué par le prix Bernard D estremau de l’Académie des sciences m orales et politiques, qui récompense sa maîtrise équilibrée des études et d’une carrière sportive de haut niveau. Pourtant, dans le cadre sécurisant de l’INSEP, une envie d’autre chose, et d’ailleurs, commence à occuper son esprit.
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n 2016, lors des JO de Rio, Ysaora discute avec l’escrimeur américain Race Imboden, actuel numéro trois mondial de fleuret, qui vient alors d’empocher le bronze par équipe. Une passion plus que sportive les rapproche. Ils se revoient à New York, et s’aiment. Mais Race a décidé de s’installer en Californie pour se rapprocher d’un coach exceptionnel, l’Ukrainien Sergei Golubitsky, quatre fois champion du monde de fleuret avant le nouveau siècle (voir notre encadré ci-contre). Un an plus tard, en septembre 2017, dénuée de sponsoring de la police et d’Eventeam depuis 2016 et l’après Rio, Ysaora rejoindra Race aux USA, déterminée à entamer sa seconde r econstruction sportive. « Ce quotidien avec Ysaora, avec laquelle je partage ma vie et mon sport, c’est quelque chose d’unique, dit Race Imboden à propos de leur aventure californienne. On s’entraîne à fond, mais on s’éclate beaucoup aussi, notre quotidien 53
La France à l’attaque : Race et Ysaora dans ce qu’ils savent faire de mieux, au Golubitsky Fencing Center situé à Tustin, Californie.
« Race a été un pilier pour moi. Ensemble, nous formons une équipe. »
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« Pour être performant, il faut être heureux. »
Modèle à ses heures : l’escrimeuse représente une eau guadeloupéenne et une fameuse marque de cosmétiques.
Ysaora s’investit au quotidien pour l’escrime, mais en France, son sport reste amateur.
est un peu comme une comédie. » Témoin privilégié de la nouvelle vie d’Ysaora, Race peut attester du changement radical qui attendait sa belle à son arrivée en Californie, sous l’ère Sergei. « Les USA, la Californie, c’est la terre de ceux qui veulent réaliser leurs rêves, mais pour Ysaora, cela impliquait beaucoup de changements, beaucoup de pression et une certaine maturité ». La Guadeloupéenne reste une sportive représentant la France, mais elle a souhaité s’affranchir de l’INSEP, et tout assumer : entraînements et déplacements sur les compétitions, de par le monde, sont désormais à sa charge. Et côté jet lag, la Californie n’est pas la p rovenance la plus favorable quand les épreuves ont lieu en Europe.
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u-delà des considérations strictement logistiques de sa nouvelle vie – qu’elle appréhende en « chef d’entreprise » de son projet sportif – c’est l’encadrement du coach ukrainien qui sera son défi le plus costaud. S’entraîner avec une légende de sa discipline a un prix. « Quand j’ai rencontré Sergei, il m’a dit que je maîtrisais très bien ce que je faisais, se souvient Ysaora, mais qu’en ne changeant rien, je n’irais pas plus loin qu’une cinquième place mondiale. » Accepter d’être coachée par Sergei, « le Général » – comme elle le surnomme affectueusement – c’était accepter d’être confrontée à un discours très direct, d’évoluer bien au-delà de sa zone de confort, de répondre à une nouvelle vision de l’escrime, celle d’un homme tenace, qui ne vous laissera pas de répit, si votre but véritable est de devenir la meilleure au monde. Race ayant pratiqué Sergei depuis un an déjà, Ysaora savait à quoi s’attendre en s’engageant auprès de l’Ukrainien, mais la réalité du système Golubitsky fut plus exigeante que ce qu’elle avait pu appréhender. « Je suis entrée dans une zone de difficultés beaucoup plus dure que prévue, relate-elle. À l’INSEP, je menais de front un double projet, études et escrime. Avec ce coach, un seul objectif : l’escrime, du lundi au samedi. » La dynamique reconstructrice et intense appliquée par le coach. « Il m’a contrainte à changer plein de choses, mes positions, ma respiration… S’entraîner avec lui, c’est comme réapprendre à marcher », précise la fleurettiste. L’INSEP est loin, avec ses partenaires d’entraînement idéales. « Ici, au centre de Sergei, on THE RED BULLETIN
s ’entraîne avec des escrimeurs d’un n iveau inférieur à celui que je connaissais en France, mais plutôt qu’être dans l’aisance face à eux, je dois m’y confronter en travaillant avec des handicaps. La progression compte plus que le résultat. » Cette nouvelle donne sportive entraînera son lot de découragements et de passages à vide sur l’année écoulée, avec notamment des Championnats d’Europe en Serbie difficiles. Mais dès les Mondiaux en Chine dans la foulée, en juillet, avec de l’argent en individuel et du bronze en équipe, la fleurettiste est dans le concret : la méthode Golubitsky commence à payer. « Pour Ysaora, le plus dur à gérer aura été la flexibilité, explique Imboden. Pas physiquement, mais dans la quantité de choses que Sergei lui demande de travailler à la fois. Dans un cadre classique d’entraînement, tu te concentres sur un aspect de ton escrime, mais notre coach intègre plein de choses à appréhender toutes à la fois. » L’Américain de 25 ans aura été le plus fervent soutien d’Ysaora sur cette entame
de renaissance sportive et personnelle. « Race a été un pilier pour moi cette année, notamment pendant mes compétitions cet été, dit Ysaora. Quand il n’était pas sur place, il se montrait disponible pour me proposer des t actiques ou r épondre à mes messages. C’est lui le premier que j’appelle après un combat. Ensemble, nous formons une équipe. » Quand on questionne Ysaora sur sa capacité à équilibrer son quotidien sportif exigeant, sa vie de couple et son goût pour le divertissement et la culture, elle réplique d’une touche de bon sens : « Dans mon univers, comme dans d’autres, pour être performant, il faut être heureux. » Alors que nous bouclons ce numéro, la Française nous annonce qu’elle s’engage auprès d’un nouveau coach, l’Italien Stefano Cerioni. Réputé pour faire pleuvoir l’or sur ses champions, il vient de s’installer en C alifornie exclusivement pour encadrer nos aventuriers du fleuret...
Instagram.com/ysaorathibus 57
LE BONHEUR DE SOUFFRIR
Considéré comme la course de VTT la plus difficile au monde, le Tour du Dragon dans l’Himalaya oriental du Bhoutan inclut une ascension sinueuse de 4 500 mètres en une seule journée. Mais dans le pays de la promotion du bonheur, cette fête de la souffrance fait partie d’une campagne royale visant à encourager le bien-être. Texte SCOTT YORKO Photos JUSTIN BASTIEN
Camions, boue, vaches, voitures, cascades, glissements de terrain et dénivellations ne sont que quelques-uns des dangereux obstacles du Tour du Dragon.
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La météo au Bhoutan peut changer d’un instant à l’autre. Elle passe d’une pluie torrentielle à un ciel d égagé et un soleil radieux, dévoilant un magnifique paysage.
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ébut de septembre. Une nuit noire et humide. Il est 2 heures du matin, ça sent la bouse de vache. Sous la lueur des projecteurs, l’équipe de sécurité routière bhoutanaise se met en branle, pendant que la sonorité délicate d’une flûte asiatique flotte en arrière-plan. La plupart des habitants de Bumthang (6 000 habitants), au Bhoutan, sont ici pour assister à la cérémonie et attendent le début de la course. Sur la ligne de départ, 48 vététistes s’alignent sur une route badigeonnée d’huile alors que les feux de position arrière clignotent en rouge sur leur visage. Je ressens soudainement le besoin de me débarrasser de mes barres alimentaires supplémentaires pour m’alléger de quelques dizaines de grammes. Certains coureurs font des blagues désinvoltes pendant que ma vessie est gonflée avec une envie nerveuse d’uriner pour la troisième fois au cours des vingt dernières minutes. Avant de monter sur mon vélo pour les douze prochaines heures au moins, j’essaie de me détendre en respirant profondément, mais mon intestin reste crispé par la tension. Juste avant le coup de pistolet, un officiel de course en combinaison orange tape sur un microphone et fait une annonce rapide : « La météo est mauvaise. Les routes sont glissantes. Nous vous prions de ne pas faire appel à notre équipe médicale. » BANG ! Nous pédalons dans les ténèbres.
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« Les routes sont glissantes, merci de ne pas solliciter les secours. » L’organisation de la course
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Scott Yorko, l’intrépide auteur de ce reportage, traverse l’un des nombreux obstacles rencontrés sur la route entre Bumthang et la capitale, Thimphou.
Le Tour du dragon : la course de VTT d’une journée la plus difficile au monde...
J
e me suis rendu au Royaume du Bhoutan pour tenter le Tour du Dragon (TOD), une course à vélo de 268 kilomètres sur une route rudimentaire et sinueuse qui traverse quatre cols de montagne – dont trois atteignent plus de 3 000 mètres d’altitude – le tout en une longue et cruelle journée incluant 4 500 mètres d’ascension. À titre de comparaison, les étapes les plus dures du Tour de France en 2018 incluaient près de 4 000 mètres d’ascension en une journée, avec des vélos de course ultra légers sur des routes goudronnées. Avec ses conditions apocalyptiques, la TOD est considérée comme « la course de VTT d’une journée la plus difficile au monde » et il est impossible de faire ce parcours sur les pneus étroits d’un vélo de route. « Il vous faut compter sur tout ce que vous avez pour tenir le coup », prévient Joel Einhorn, fondateur de Hanah, entreprise de compléments à base de plantes médicinales qui s’approvisionne en herbes anciennes au Bhoutan. Einhorn a été le seul Américain à franchir la ligne d’arrivée de la course l’an dernier alors qu’il a échappé à deux glissements de terrain, à des centaines de vaches, à des singes et à des camions diesel déchaînés pendant qu’une boue épaisse a usé deux jeux de ses freins jusqu’au métal. Quand Einhorn m’a invité à le rejoindre pour cette course en septembre 2018, j’ai dû chercher le Bhoutan sur une carte. Niché au-delà de la pointe nord-est de l’Inde, le Bhoutan possède une frontière septentrionale avec le Tibet qui longe un filon dangereux de la chaîne de montagnes de l’Himalaya oriental. C’est ce qui, historiquement, a protégé ce pays de la taille de la Suisse de toute influence extérieure et lui a permis de demeurer l’une des seules nations au monde à ne jamais avoir été conquise, c olonisée ou dirigée par une puissance extérieure. Jusqu’à tout récemment, cet isolement géographique et politique a retardé les progrès du Bhoutan vers la modernisation. Beaucoup de Bhoutanais vivent encore de la terre, la première route goudronnée n’a pas été achevée avant 1962 et le gouvernement n’a ouvert ses frontières aux visiteurs étrangers qu’en 1974. Et pas un feu de signalisation dans tout le pays. L’itinéraire du Tour du Dragon, de Bumthang à Thimphou, la capitale, peut être dangereux. « La Route » subit des glissements de terrain quotidiens qui doivent être déblayés trois à quatre fois par semaine. Pendant l’été, la saison de mousson de trois mois érode tellement la terre que des blocs rocheux de la taille d’un camion tombent régulièrement sur la route. Les bus d’excursion peuvent rester bloqués pendant des jours alors que les rambardes endommagées demeurent suspendues au-dessus de sections de chaussée déplacées et de falaises effondrées. Et pourtant, La Route est malgré tout une merveille d’ingéTHE RED BULLETIN
En bordure de route, de joyeux moines cueillent des pommes pour un encas.
nierie qui s’enroule miraculeusement sur les flancs des pentes abruptes des montagnes dans un délicat ruban de terre et d’asphalte. Grâce à un généreux usage de dynamite, certaines parties de la route traversent des dalles de roches blanches et escarpées en surplomb. Il n’y a pratiquement pas de sections plates, mais il y a des centaines de stupas, de croix commémoratives, de sanctuaires, de moulins à prières hydroélectriques et de panneaux d’avertissement avec des messages comme : « Veuillez ne pas être imprévisible ». Malgré la terreur générée par le seul fait de conduire – pour ne rien dire de celle générée par le fait de la parcourir en vélo dans l’obscurité sous la pluie –, la route et la course sont d’énormes sources de fierté pour le peuple bhoutanais. Au cours des dix dernières années, le Bhoutan a davantage retenu l’attention avec sa promotion de la philosophie du bonheur national brut (BNB) en tant qu’indice officiel de prospérité et de qualité de vie qu’avec son produit intérieur brut. D’abord inventé par le quatrième Druk Gyalpo (« roi dragon ») Jigme Singye Wangchuck, en 1979, l’acronyme BNB a été inscrit à l’article 9 de sa Constitution de 2008 peu après que le roi eut dissous la monarchie absolue du 63
Des écoliers bhoutanais en habit traditionnel, le gho, alignés le long de la route viennent apporter leur soutien aux coureurs en leur criant : “Do your best! Do your best!”
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« Une nation peutelle être heureuse si elle ne pratique pas de sport ? » Prince Jigyel
« Cette boue… J’ai l’impression que l’on a fixé une corde de bungee à la tige de ma selle. »
Bhoutan, formé une démocratie parlementaire et abdiqué en faveur de son fils aîné, Sa Majesté Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, le cinquième roi. Après le passage de la couronne à la génération suivante, le BNB est devenu un outil de sélection des propositions de politiques et des partenariats commerciaux potentiels qui repose sur quatre piliers directeurs : la bonne gouvernance, le développement socio-économique durable, la préservation de l’environnement et la promotion et la préservation de la culture. Ces systèmes de valeurs sont à l’avant-garde des initiatives politiques et sociales du pays afin de maximiser le succès de ses citoyens. En d’autres mots, le Bhoutan accorde la priorité à la recherche du bonheur. À 63 ans, l’ancien roi reste un fervent cycliste que l’on peut régulièrement voir sur son vélo de montagne à suspension intégrale en fibre de carbone à travers les collines. « C’est un cycliste hardcore, dit son mécanicien, Kinga Wangchuck. Il n’abandonne jamais. » Bien que le roi actuel aime aussi le vélo, c’est son frère cadet, Son Altesse Royale le prince Jigyel Ugyen Wangchuck, qui a hérité de la passion de leur père. Athlète depuis toujours – il joue régulièrement au basket-ball avec son équipe de sécurité – il lui a donc semblé tout naturel de faire du vélo de montagne dans un pays où l’Himalaya oriental est son terrain de jeu. « Le cyclisme est un sport très important dans la promotion du bonheur et du bien-être national, déclare le prince par courriel. Mon but est depuis toujours de créer un événement cycliste de classe mondiale au Bhoutan. » En 2010, le prince a fondé le Tour du Dragon. La première année a essentiellement été une année d’essai. Sur les 23 participants, neuf d’entre eux seulement ont terminé la course, incluant le prince, mais ils ont néanmoins démontré que l’épreuve était surmontable. Depuis, le TOD est devenu une compétition annuelle qui attire de nombreux participants de la région et un petit nombre d’Occidentaux. De nos jours, le prince dirige également le Comité olympique du Bhoutan dans ses efforts constants pour encourager la condition physique à travers le pays. « Comment une nation peut-elle être heureuse si ses habitants ne font pas de sport ? », interroge-t-il. Il est indéniable que l’amour de la famille royale pour le vélo a poussé les Bhoutanais à faire de même. Les magasins de bicyclettes et les clubs de cyclisme pour les jeunes se multiplient à travers le pays et de plus en plus de villages sont reliés par des réseaux de pistes. Même ceux qui n’ont pas accès à des bicyclettes sont gagnés par la fièvre : plus de mille bénévoles prennent position le long du parcours bien avant le lever du soleil et y restent toute la journée afin d’aider les cyclistes de quelque manière que ce soit, qu’il s’agisse d’assurer une présence dans les postes de secours ou de 66
alayer le gravier dans les virages. Cette assistance b se compose de moines chauves en robe orange et de femmes âgées, tous souriants, ainsi que d’écoliers qui brandissent des signes d’encouragement et offrent de l’eau et des barres chocolatées.
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n début de course, je pédale avec effort juste derrière le petit groupe en tête, devant le peloton principal. Je suis le rythme d’un investisseur allemand de capital-investissement nommé Heinz qui a deux feux aveuglants montés sur son casque et son guidon. Ensemble, nous esquivons les nids de poule, les spectateurs camouflés, les pierres de la taille de roues de vélo et les vaches errantes. Les gens du coin campent au bord de la route avec de petits feux de camp en attendant d’applaudir les c yclistes qui passent. Il fait encore nuit lorsqu’à 4 h 09 du matin, nous nous approchons du sommet de 3 430 mètres du Yotung La, le premier col de montagne. Commencer la journée avec une montée de presque 1 000 mètres a été un choc mais mon niveau d’adrénaline initial se maintient. À quelque trois cents mètres du sommet, S.A.R. le prince Jigyel surgit dans la direction opposée, vêtu d’un gho blanc, l’habit traditionnel, flanqué de son garde du corps. « Bon travail les gars, dit-il d’une voix douce et grave. Tenez bon. » Sous les encouragements du prince, nous avons atteint le sommet devant une foule de bénévoles et de spectateurs enthousiastes qui se tiennent sous un dais de drapeaux de prière en lambeaux. Au sommet, il fait 6 °C. Je m’arrête alors pour revêtir un coupe-vent pour la descente de 39 kilomètres sur plus de 1 200 mètres de dénivelé vers Trongsa Viewpoint. Heinz poursuit sans moi. Je vais bientôt rouler seul sur un épouvantable tronçon de route surnommé « Nyala Duem » en l’honneur d’une démone locale, en pleine excavation en prévision d’un goudronnage. À certains endroits, la boue est si épaisse que j’ai l’impression que quelqu’un a fixé une corde de bungee à la tige de ma selle et je dois pédaler fort pour descendre la pente sans m’enfoncer plus profondément dans la boue. À 4 h 30 du matin, je suis couvert de boue et on dirait qu’un éléphant m’a éternué dessus. C’est à ce moment qu’une grosse motte de terre me heurte à l’œil droit. J’essaie de me débarrasser du gravier et du sable qui se sont logés sous ma paupière mais j’ai du mal à voir où je vais dans le noir alors que je prends des virages serrés à grande vitesse. Il ne faudrait surtout pas que la batterie de ma lampe meure mais c’est exactement ce qui se produit. Soudain, je dévale une falaise abrupte qui descend à des milliers de mètres en contrebas, sans rambarde et dans l’obscurité totale. Dans l’obscurité, mon œil gauche s’ajuste rapidement et je distingue la couche de nuages qui flotte bien en dessous de moi. « Si tu THE RED BULLETIN
On croise beaucoup de stupas sur la route du Tour du Dragon ; ces sanctuaires bouddhistes abritent des reliques et servent de lieu de méditation.
tombes dans l’une de ces falaises, personne ne te trouvera », m’a dit un cycliste local la veille. Ce n’était pas exagéré. Ne souhaitant pas m’arrêter, j’essaie de naviguer au clair de lune, mais le voile épais de cyprès forme un tunnel d’ombres. Il me reste encore une heure avant que le soleil ne se lève dans la Vallée de Trongsa (ou Mandge Chhu), alors je ralentis presque jusqu’à l’arrêt complet puis j’entends ce qui ressemble à un cri de guerre. Un Bhoutanais athlétique du nom de Kora fonce, sans tenir son guidon, en agitant les bras comme un coureur afin de se réchauffer. Je me laisse entraîner dans son sillage et sa lumière brillante illumine le chemin pour nous deux jusqu’à ce que le soleil projette une THE RED BULLETIN
lueur chaude sur la vallée et sur nos dos. Plus que 190 kilomètres et deux cols de montagne à parcourir. Quatre soldats de l’armée royale du Bhoutan sont toujours en tête du peloton. Ils pédalent à fond sur leurs vélos (offerts par le prince) et imposent un rythme effréné à tous ceux qui espèrent se hisser parmi les cinq premiers. L’un de ces soldats est Tshering Dendup, 28 ans, de Tashigang. Bien qu’il ne fasse du vélo que depuis un an, il s’entraîne parfois sur son engin pendant 24 heures d’affilée. À d’autres moments, il divise ces 24 heures en sessions de huit heures réparties sur trois jours consécutifs. De petite taille et timide, ses pommettes hautes se relèvent davantage lorsqu’il sourit et confesse son amour du vélo. « Je le 67
De quoi affronter le Dragon
Vous ne survivrez à cette course de VTT parmi les plus dures au monde qu’avec le bon équipement. Voici quelques indispensables pour avoir une chance de terminer la course.
Specialized S-Works Epic Hardtail XX1 Eagle
Un VTT de montagne semi-rigide de 8 kg aussi léger que votre vélo de route, c’est le pied, c’est une bombe ! Son amortisseur avant Brain ne se comprime que lorsque vous heurtez des bosses et vous ne gaspillez donc pas toute votre énergie à pédaler sur la suspension lorsque vous montez les pentes. 7 500 € ; specialized.com
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14 h de compression du nerf ulnaire sur un guidon qui vibre peuvent causer un engourdissement grave des mains et des doigts. Ces poignées légères en caoutchouc (ailes flexibles et extrémités des barres à trois doigts) offrent de nombreuses positions de préhension. 60 € ; ergonbike.com
Smith Forefront 2 Garmin Edge 520 Plus
Si vous prévoyez de rouler avec un ordinateur de bord, embarquez-en un qui vous donne la température, la pente, le dénivelé et la direction en plus de la vitesse, de la distance et du temps. Le 520 Plus est livré dans une unité compacte avec un écran ajustable et en couleurs. Sa batterie d’une autonomie de 15 heures est idéale pour les longs trajets d’entraînement. Les mises à jour les plus récentes incluent la possibilité d’ajouter des cartes routières spécifiques au vélo. 300 € ; garmin.com
Protection et ventilation de la tête : il fait d’une pierre deux coups avec son matériau Koroyd fait de petits tubes dans une structure en nid d’abeille qui se compriment à l’impact et absorbent ainsi l’énergie cinétique. Une doublure MIPS détourne les coups sous tous les angles tandis qu’un bandeau contre la transpiration évite les lunettes embuées. 230 € ; smithoptics.com
Light & Motion Seca 2500 Enduro
Évitez le piège du vélo dans l’obscurité avec une lumière LED qui peut produire 1 250 lumens pendant cinq heures ou 2 500 lumens pendant deux heures et demie. L’ensemble est complètement submersible et le faisceau est ajustable (large ou étroit). Fixez-le à votre guidon, à votre casque ou à tout autre endroit où vous avez déjà un support GoPro. env. 350 € ; lightandmotion.com
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Hanah One Go-Pack
Le supplément de super-aliments ayurvédiques signature de Hanah combine le miel, le ghee et l’huile de sésame avec des herbes anciennes pour une source d’énergie à combustion lente et durable qui est facile à absorber lorsque votre corps est à un niveau critique. 12 pour env. 49 € ; hanahlife.com
Son Altesse Royale le prince Jigyel Ugyen Wangchuck salue les écoliers au bord de la route.
fais pour ma condition physique, mais j’ai aussi l’impression de servir mon pays en faisant du vélo. » Deux jours avant la course – entre les cérémonies d’allumage des lampes à beurre dans l’ancien temple bouddhiste Jambay et le site sacré de Burning Lake – le prince m’a demandé si je m’étais bien entraîné chez moi au Colorado. Je lui ai confirmé que c’est ce que j’avais fait et lui ai expliqué que l’entraînement m’avait fait découvrir de nombreux nouveaux sentiers et nouvelles routes dans mon coin. « C’est ce qu’il y a de mieux avec le vélo de montagne, a-t-il répondu avec une conviction royale et ferme, son épée à manche d’or attachée à la hanche. Et ça nous apprend tellement sur nous-mêmes. » Après m’avoir remercié d’être venu, il s’est mis à conseiller les jeunes du club VTT de Thimphou sur la bonne alimentation pour la course avant de souligner l’importance pour les Bhoutanais de devenir compétitif au niveau international. Aaron Bayard, un Américain de 34 ans vivant à Thimphou, qui a fait du bénévolat en tant que formateur en mécanique dans l’un des magasins de vélos locaux, est l’un des habitués du soutien du prince. THE RED BULLETIN
Les riders ont pissé dans leur short tout en roulant pour gagner du temps.
En 2016, les moussons de fin de saison ont rendu les routes extrêmement boueuses et provoqué les conditions les plus misérables de l’histoire de la course.
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aron avait atteint le fond du col de Dochula, qui culmine à 3 111 mètres, avec sa montée finale de 40 kilomètres devant lui lorsqu’il s’est effondré physiquement et mentalement. « Je marchais, poussant mon vélo en boitant, m’a-t-il dit lors d’un barbecue d’avant-course devant le palais royal de TK à Bumthang. J’ai appelé ma femme et je lui ai dit que j’étais sur le point d’abandonner et de prendre le bus. Dix minutes plus tard, le prince est arrivé en voiture, m’a aspergé les jambes d’un spray magique et est monté sur son vélo pour me suivre. Il n’arrêtait pas de dire : “Tous ces gens làhaut t’encouragent. Tu peux le faire.” Lorsqu’on roule avec lui, on oublie qu’on souffre. J’ai dépassé l’heure limite d’une minute. C’est grâce à lui que j’ai fini. » Le col de Dochula est l’endroit où la plupart des coureurs abandonnent. Les virages en lacets sont sans merci et chaque virage serré cède la place à des virages encore plus serrés avec des pentes toujours
THE RED BULLETIN
plus abruptes et sans répit. Après une d escente d’une heure depuis le col de Pelé La (3 416 mètres), j’atteins le village de Messine au pied de Dochula, tandis que je passe par une chaleur de 33 degrés à 1 410 mètres. Un coup d’œil derrière moi me fait voir plusieurs kilomètres de route qui serpentent le long de crêtes bosselées et de vallées tortueuses comme un intestin ratatiné. Je ne vois personne. Mon corps transpire tellement que la boue séchée s’écoule sur ma peau. Je n’ai pas absorbé a ssez de calories avec les bananes et les barres chocolatées aux postes de secours et je délire. À cause de mes crampes aux cuisses, je commence à faire des embardées. J’ai tellement mal au cou que je n’arrive plus à garder la tête relevée. Comme mes muscles du bas du dos se contractent de plus en plus à chaque coup de pédale, j’ai peur qu’ils ne se cassent comme des cordes de guitare trop tendues. J’inspecte l’accotement dans un brouillard à la recherche d’une zone d’ombre pour descendre et m’étirer mais quand j’arrive dans un virage, je vois 100 écoliers en peignoir bleu qui hurlent comme si j’avais amorcé un court sprint, agitant des écharpes blanches en khata et scandent “Do your best! Do your best!” (trad. Fais de ton mieux !) Une onde d’énergie me frappe. Je ne peux pas m’arrêter là ! Après une brève averse de soleil en après-midi, je grimpe dans un voile de nuages noirs et je demande à un moine qui passe en Suzuki à quelle distance se trouve le sommet. « Mmmmm, assez loin », dit-il avant de sourire et de s’en aller. J’ai trop mal aux fesses pour rester assis, je grimpe en danseuse. Mais quelques minutes après mon passage devant le moine, les derniers drapeaux de prière qui ornent le sommet apparaissent à l’horizon. La descente vers Thimphou est parsemée de virages serrés, et je roule à droite dans la circulation du samedi. Je franchis la ligne d’arrivée sous la tour de l’horloge de la place centrale de Thimphou en 13 heures, 45 minutes et 24 secondes, une honorable quatorzième place. Sur les 48 coureurs en lice, 26 seulement arriveront avant 18 heures à Dochula. Presque tous les coureurs de l’armée royale du Bhoutan ont chuté, mais ils terminent malgré tout dans une impressionnante sixième, cinquième, troisième et deuxième place. Le gagnant ? L’Américain Aaron Bayard par 50 minutes avec un temps de 11 heures 11 minutes. Les gens du coin considèrent Aaron comme faisant partie de leur communauté et ils sont contents pour lui. Le lendemain, lors d’un barbecue en contrebas du palais du quatrième roi, les riders racontent comment ils ont brisé leurs chaînes, crevé de nombreux pneus et pissé dans leur short tout en roulant pour gagner du temps. Les Bhoutanais me questionnent avec empressement : « Reviendras-tu courir l’année prochaine ? » 69
Baston ! Paul Levesque, Triple H dans le monde du catch WWE, 49 ans, a atteint le sommet de cette industrie en commençant sur le ring, où il fut proclamé quatorze fois champion du monde.
DÉTRUIRE
Business ! Pour lui, les choses étaient claires dès qu’il prit les fonctions de vice-président de la World Wrestling Entertainment : il s’agit d’une société de divertissement.
CONSTRUIRE
GETTY IMAGES, PERBERNAL.COM
Dans un ring de catch, il faut attirer l’attention, car les c ombattants s’affrontent pour le spectacle, pas seulement pour la gagne. TRIPLE H, désormais l’un des dirigeants de la WWE et ancien catcheur, nous dit comment réussir à captiver le public, l’une des clés lors de la s élection de nouveaux lutteurs. Réputé pour anéantir ses adversaires, c’est désormais l’avenir de sa discipline qu’il construit à bras le corps. Texte MARCO PAYÁN
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riple H, également connu sous le nom de Paul Levesque, n’est pas seulement un ancien catcheur de la WWE (World Wrestling Entertainment), il se charge désormais de faire de cette compagnie américaine une affaire florissante. Comment un athlète chargé de sauter, de donner des coups et de provoquer son adversaire sur le ring a-t-il fini à la tête du business de la WWE ? Pour être aussi à l’aise en dehors qu’à l’intérieur du ring, Triple H a dû certes s’adapter, mais s’est surtout servi de ce qu’il avait appris dans ses années de castagne pour l’appliquer… dans l’arène des affaires. En discutant avec lui, on se dit qu’on peut se prendre une mandale à tout moment. Bon, pas exactement, mais c’est que cette voix nous est très familière. Chaque événement, retransmis ou en direct, de la WWE (et de ses marques : RAW, SmackDown et NXT) est marqué de son empreinte. Oubliez le mythe de l’homme fort et courageux et écoutez ce qu’a à dire cet homme sur la façon de raconter des histoires, d’attirer l’attention et de captiver l’audience. Cela inclut aussi sa façon de parler et, croyez-moi, il est impossible de ne pas être attentif à ses propos (surtout si on a la sensation qu’il va nous frapper d’un moment à l’autre). Parmi ses nombreuses activités actuelles, il s’occupe de l’ouverture dans le monde entier de Performance Centers. Ce sont ces centres d’entraînement pour les candidats catcheurs de la WWE, qui, comme vous pouvez l’imaginer, disposent d’une salle de sport complète, d’une piscine, de rings et, surtout, de micros. Parce que tous les catcheurs de la WWE sans exception dominent l’art de la harangue, de la provocation verbale. Et ce n’est pas un hasard. « C’est une chose pour laquelle on s’entraîne », me dit avec sa voix assurée et son articulation parfaite le King of Kings, qui fait désormais partie de l’aristocratie du catch. Comment est-il parvenu 72
WWE, GETTY IMAGES
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à ce statut ? Ce n’est pas par un miracle divin, mais parce qu’il a été quatorze fois champion du monde. Il a affronté The Rock, Stone Cold Steve Austin, Ric Flair, Shawn Michaels, The Undertaker, John Cena et même l ’actuel président de la WWE, Vince McMahon. Quel est leur point commun à tous ? Ils sont de la même école. Mieux encore, ils ont fait école. Et ce sont leurs enseignements que Triple H cherche à faire perdurer dans les Performance Centers. Il se souvient de ses débuts dans ce métier extravagant pour le commun des mortels et c’est précisément pour cela qu’il sait quoi dire aux jeunes
« Ce qui compte, puisque le catch de la WWE est un sport- spectacle, c’est sans aucun doute la personnalité. »
THE RED BULLETIN
À gauche : au Performance Center, les rings ne représentent qu’une petite partie de l’entraînement. En bas : Triple H à l’ancienne. Sur cette photo d’archives, il renvoie le terrifiant Undertaker là d’où il vient… dans sa tombe.
qui arrivent au centre pour tenter leur chance ou bien la provoquer. Des milliers de participants s’inscrivent aux épreuves pour entrer à la WWE et rares sont les élus. Il y a en permanence une centaine de candidats qui se préparent dans les centres sans être sûrs de participer à une compétition. Que faire face à une telle incertitude ? Se distinguer. Les mecs de base n’ont pas leur place ici. C’est maintenant ou jamais. Il ne s’agit pas seulement du physique mais d’une s érie d’aptitudes à avoir, sauf que si celui qui les a ne sort pas du lot, personne ne s’en rendra compte. THE RED BULLETIN
Il y a tant de similitudes entre ces épreuves et d’autres métiers que Triple H les définit ainsi : « C’est la meilleure école pour Hollywood. » Et ce n’est pas faux, puisque c’est de là que vient The Rock, spécialiste des superproductions à gros régime, l’un des acteurs les mieux payés de l’industrie du spectacle. Quand les jeunes arrivent ici, ils ne savent pas à quoi s’attendre et c’est tant mieux. Dans ce cadre nouveau, ce seront tant leurs capacités d’adaptation que leurs aptitudes à faire le show qui seront décisives. Car la WWE n’est ni plus ni moins qu’un spectacle sportif. Un pur divertissement. 73
the red bulletin : Quelle est la meilleure attitude pour attirer l’attention lors d’une épreuve de sélection permettant d’intégrer la WWE ? triple h : Ce qui est le plus important pour nous, puisque la WWE est un sport-spectacle, c’est d’avoir de la personnalité, d’avoir quelque chose qui attire l’attention. Ce n’est pas comme dans les autres sports, ici on recherche certaines caractéristiques. Plutôt que d’être très compétitifs, on demande aux athlètes de savoir travailler en équipe, de s’entraider. Comment déterminez-vous si quelqu’un a ce charisme ou cette capacité à travailler en équipe ? Quelle épreuve vous dit si cette personne a de l’avenir ? Lorsqu’ils arrivent aux épreuves de sélection, plusieurs candidats sont éliminés au fil des jours. Vu la durée des épreuves physiques, la fatigue se fait sentir et c’est là qu’on voit la véritable personnalité de chacun. On recherche des personnes ayant une personnalité forte et qui se soucient des autres. Qui font preuve d’enthousiasme. Nous découvrons leur véritable personnalité au fil du processus, lequel peut durer trois ou quatre jours, pas sur une épreuve en particulier. On examine tous les aspects pendant le temps qu’ils passent avec nous. On observe comment ils sont quand ils sont fatigués, quand ils arrivent face à un groupe de personnes inconnues, comment ils gèrent la situation avec les personnes qui sont à leurs côtés. On veut voir l’énergie et la ferveur qu’ils dégagent. C’est notre façon de les tester. Quelle est la manière la plus « facile » ou idéale pour devenir une star du catch ? Faut-il être un athlète ou un acteur avant de rejoindre la WWE ? Il n’y pas de caractéristique particulière à avoir. Il faut avoir du talent, c’est vrai. Le fait d’être un athlète aide à un certain niveau, en raison de l’exigence de la WWE, mais nous avons eu des personnes qui n’avaient jamais fait un sport athlétique. Il y a de nombreux facteurs en jeu, comme le fait de venir d’un sport professionnel, d’être acteur ou actrice, ou d’appartenir au monde du divertissement. Cela varie dans chaque cas. Il n’y a jamais un seul chemin, l’important c’est de rester toujours actif. Comment l’histoire créée derrière un personnage ou catcheur de l’entreprise WWE voit-elle le jour? Ça dépend du talent. Certains sont déjà des personnages dans leur propre vie. John Cena est de ceux-là. Certains aspects sont liés à eux, d’autres viennent de nous. 74
Tout repose sur le fait que s’ils ne s’identifient pas eux-mêmes au personnage, s’ils ne l’intériorisent pas, ça ne servira à rien. Nous prenons parfois des aspects de leurs propres vies et nous les exacerbons. Il doit y avoir quelque chose de personnel dans le personnage. Est-ce qu’il y a une épreuve au cours de la sélection où les athlètes ont plus de difficultés ? Ça dépend de chaque individu. Certains sont très athlétiques. Quand ils montent sur le ring, ils possèdent une très bonne condition physique, mais dès qu’ils se retrouvent à devoir parler en public dans une salle bondée, beaucoup s’effondrent. Ils doivent parler en articulant, faire comprendre l’idée qu’ils veulent transmettre et maintenir l’intérêt du public, et ça, face à la foule, c’est difficile pour la plupart d’entre eux. Le fait de se retrouver devant
20 000 personnes ou devant les caméras est une situation que beaucoup n’arrivent pas à surmonter. Les apprentis catcheurs s’entraînent aussi à parler en public, n’est-ce pas ? Bien sûr. On ne s’attend pas à ce que, dès le premier jour, ils parlent devant des milliers de personnes sans entraînement. L’autre jour, une catcheuse imposante racontait que, lors de sa première journée
« On veut voir l’énergie et la ferveur que les catcheurs dégagent. C’est notre façon de les tester. » THE RED BULLETIN
devant un micro, elle s’était mise à pleurer. Pour elle, ça a été un moment très émouvant. Aujourd’hui, c’est l’une de nos principales promotrices. Maintenant, elle le fait très naturellement et avec beaucoup de facilité. C’est quelque chose qui peut s’apprendre. Il faut se sentir à l’aise. Pour ce qui est des scénarios, que doit intégrer l’histoire de chaque personnage de la WWE ? Quand on travaille à la WWE, on est vraiment au cœur d’une fabrique d’histoires. Qu’est-ce que ça veut dire ? Nous sommes un show de télévision, avec des protagonistes et des antagonistes. Les histoires peuvent varier énormément ; il y a parfois des conflits mais il y a tant de scénarios possibles que nous cherchons ceux qui fonctionnent dans l’ambiance d’un ring. C’est là qu’on se rend compte s’ils marchent bien ou pas.
Les femmes occupent une place importante dans l’industrie de ce sport-spectacle.
Dans votre cas, quelles compétences apprises en tant que catcheur vous ont aidé à être homme d’affaires ? L’une des choses les plus intéressantes quand on parle avec ceux qui ont réussi après être passés par la WWE, comme The Rock, c’est que ce qu’on enseigne ici est la première leçon du « divertissement réussi ». C’est un processus d’apprentissage. Si nos catcheurs vont sur les plateaux des chaînes de télé de sport comme ESPN ou Fox Sports, ils sont à l’aise devant les caméras ; ils se souviennent de tout leur scénario, ils sont très tactiques lorsqu’ils parlent. Ils apprennent à diriger et à faire le spectacle face à la caméra. Quant à moi, ça m’a aussi servi pour créer
CRAIG AMBROSIO, MIKE MARQUES
Avec Triple H, le biz se gère au bord du ring.
des personnages et être derrière les caméras. Quand j’ai naturellement rejoint le segment business de la WWE, j’avais vingt ans de carrière comme catcheur et j’ai appris tout cela jour après jour. Il y a un processus d’apprentissage pour faire de la télé ou même des films. De plus, c’est un domaine dans lequel la pression est très forte. Et ce n’est pas par hasard si nous enseignons tout cela au Performance Center d’Orlando (Floride). Parlez-nous de #BestForBusiness, hashtag que vous poussez sur Twitter. C’est ma façon d’appréhender les affaires. On se met à la place du public et ainsi, on ne peut pas se tromper. Qu’est-ce que les gens voudraient voir ? Comment je peux le leur fournir ? C’est l’univers WWE. Nous cherchons à impliquer les fans, qu’ils participent, fassent des suggestions et diffusent des contenus. C’est le genre de choses que nous recherchons. C’est là qu’apparaît la trame narrative. Ce sont les fans qui la contrôlent. Et ils le savent, notamment quand ils partagent ce qui leur plaît le plus. En tant que fans de cette discipline, ils participent beaucoup plus que dans d’autres sports. On écrit les histoires en fonction de ce que les fans veulent voir. On peut l’entendre aussi bien dans l’arène que sur les réseaux sociaux. C’est ça, best for business. Combien d’athlètes viennent s’inscrire au Performance Center ? Est-ce que n’importe qui peut y entrer s’il le souhaite, comme dans un club sportif ou quelque chose de ce style ? Nous avons près d’une centaine d’athlètes à tout moment. L’inscription se fait en ligne et les gens viennent de partout : de Chine, d’Inde, du Mexique, d’Angleterre, du monde entier. Lorsqu’ils postulent, nous cherchons le talent qui nous intéresse. Nous continuerons probablement à ouvrir d’autres Performance Centers, peut-être en Europe ou au Royaume-Uni. L’objectif est de reproduire ce modèle au Moyen-Orient pour lancer une marque làbas. La même chose en Amérique Latine : vous savez à quel point les fans de la WWE sont des passionnés, là-bas. Ils voient des catcheurs de chez eux réussir et cela est uniquement dû à leur talent. Nous faisons tout notre possible pour aider justement à faire éclore tous ces talents dans d’autres régions du monde. Nous voulons découvrir les perles du catch dans le monde entier. C’est le combat que l’on mène dans notre business : l’excellence.
Instagram : @tripleh THE RED BULLETIN
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guide au programme
LA FORD DE SEB
C’EST MUSCLÉ
GAMING MANIA
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Tout savoir sur le bolide dans lequel Sébastien Ogier a roulé en WRC cette saison.
Florian Munteanu, alias Big Nasty, monte sur le ring dans Creed II, et vous motive à 200%.
Si vous êtes sportif(ve) électronique, ou pas, voici de quoi entamer votre liste de Noël.
JOEL KRAHN
AU LONG COURS
Huit femmes, un canoë et 715 km pour la plus longue course à la rame, la Yukon River Quest. Page 78
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Faire.
La surface vitreuse du lac Laberge peut vite devenir agitée en cas de mauvais temps.
YUKON RIVER QUEST
UN FLEUVE SANS FIN Hallucinations, hypothermie et 715 bornes à la pagaie : l’auteure Eva Holland se lance dans la plus longue course de kayak à travers la nature sauvage canadienne.
J
e n’ai jamais été aussi fatiguée de ma vie. Mes poignets brûlent de douleur, la tendinite est permanente et le buste est ankylosé. Mes jambes ne tiennent plus en place, je lutte pour ne pas m’effondrer. Les fessiers sont à vif, irrités par
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les heures passées assise sur un banc en fibre de verre dur. J’aborde les dernières heures de la Yukon R iver Quest au Canada, une course de 715 km en canoë, kayak et SUP et je suis à bout. Hormis deux pauses obligatoires totalisant 10 heures, je pagaie
Au départ de la Yukon River Quest à Whitehorse.
THE RED BULLETIN
USA
CONSEILS DE VOYAGE
DANS LE SILLAGE DE LA RUÉE VERS L’OR Pagayer sur le fleuve Yukon est une façon unique d’explorer la nature sauvage de l’Amérique du Nord. Ce qu’il faut savoir sur le territoire et son âge d’or.
Le Yukon prend sa source en Colombie Britannique, au Canada, et se jette dans la mer de Béring, en Alaska aux ÉtatsUnis. La course se déroule dans le Yukon canadien. À mi-course, pause obligatoire de 7 heures. Des bénévoles remettent le matos en état.
ve Fleu
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USA Anchorage
Canada Dawson City Whitehorse
HISTOIRE ÉTHYMOLOGIE Le nom est une contraction de « Yu-kun-ah », qui signifie « grande rivière » dans la langue des Gwich’in, peuple des Premières Nations.
HARRY KERN (3), JOEL KRAHN
EVA HOLLAND
Protection pour les mains pour éviter les ampoules dues aux pagaies.
non-stop depuis trois jours. Notre embarcation approche de Dawson City, dans le nord-ouest du Canada. Le fleuve Yukon coule à vive allure et glisse le long de parois hautes et rugueuses parsemées de conifères, je tends le cou pour admirer les falaises qui nous surplombent. J’éprouve alors une colère monstre en découvrant des graffitis, des tags et des symboles de paix peints à la peinture à bombe, une injure à la nature sauvage. « Comment peut-on faire une chose pareille ? », me dis-je. J’apprends plus tard que ce que j’ai cru voir n’était qu’une hallucination liée à l’épuisement extrême. Le réel m’échappait.
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J’ai vomi pardessus bord et me suis endormie en pagayant. La Yukon River Quest est la plus longue course annuelle de canoë-kayak au monde. Elle suit le fleuve Yukon à partir de Whitehorse, capitale du territoire du Yukon située au nordouest du Canada. Elle traverse la région sauvage subarctique et s’achève à Dawson City, repère de la ruée vers l’or du Klondike. Les participants se lancent en aval en kayak ou en canoë, seul
POPULATION Avec 482 443 km², le territoire Yukon correspond aux deux tiers de la France mais abrite moins de 34 000 habitants (contre 66,9 millions).. LA RUÉE VERS L’OR DE KLONDIKE La découverte d’or dans un ruisseau local en 1896 attire 100 000 prospecteurs dans le Yukon. Trois ans plus tard, la plupart repartent vers de nouveaux champs aurifères dans l’ouest de l’Alaska.
À VOIR (PRÈS DE WHITEHORSE) RÉSERVE SAUVAGE DU YUKON Une boucle de 5 km à faire à vélo, à ski ou en raquettes. On y croise des caribous, des bisons et des lynx. MILES CANYON Jadis un site intimidant et périlleux pour les chercheurs d’or. Aujourd’hui, un panorama grandiose. SOURCES DE TAKHINI Deux piscines thermales naturelles (37 à 42 °C) utilisées par les Premières Nations depuis des siècles.
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Faire.
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SE PRÉPARER
À FOND SUR LE YUKON
Réagir à une attaque d’ours, utiliser un préservatif pour soulager sa vessie sans faire de pause ou comment se préparer à survivre à la plus longue course à la pagaie au monde.
TRAVAILLER LA BASE La course est trop longue pour la seule force des bras. Un buste en béton est le meilleur allié.
CRÈME APAISANTE Pour les éruptions cutanées et les bobos mal placés. Ils augmentent au fil des heures de navigation.
UN RYTHME DE MARATHON Un coup de pagaie court et rapide est moins énergivore et réduit le souci lié aux blessures d’usure.
PRÉSERVATIF CATHÉTER OU URINOIR FÉMININ Pour un pipi sans faire de pause. S’y familiariser avant la course !
NOURRIR LE PEPS Boissons et gels pour les uns, soda et tabac à chiquer pour d’autres, à chacun de trouver ce qui lui convient.
LA YUKON RIVER QUEST EN CHIFFRES Longueur totale du fleuve 3 185 km
Nombre d’équipes en 2018 103, un record
Nombre de ponts 4
Nombre d’équipes ayant fini la course 76
Distance de la course 715 km
Pays représentés en 2018 15
Record actuel 39 heures 32 minutes 43 secondes (2008)
Années d’existence de la course 20
Les coureurs disposent de cartes et du GPS. Prendre le bon courant dans les méandres du fleuve est vital.
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Les Tough Birches abordant les Five Finger Rapids, le seul vrai rapide sur 715 km.
ou en tandem, en canot de quatre à dix pagayeurs, ou en paddle. La plupart des terres traversées sont inhabitées. Les participants emportent tente, sac de couchage et nécessaire de feu imperméable, indispensable pour lutter contre l’hypothermie en cas de chavirage dans l’eau glacée et en attendant accroupi sur la berge l’arrivée des secours. Je fais partie d’un canot de huit femmes, pour sept d’entre nous cette course est une première. Nous nous sommes baptisées les Tough Birches (trad. Les bouleaux costauds), et notre o bjectif, modéré, est de réaliser un temps situé entre 55 et 60 heures, hors pauses obligatoires de dix heures. En comparaison, le gagnant met environ 40 heures, et le plus lent près de 80. J’ai entrepris ce défi pour comprendre ce que c’est que d’aller au bout de soi, voire au-delà. À présent, je le sais : ça fait mal. Je suis aussi stupéfaite par la capacité de mon corps à tenir. Je vomis par-dessus bord, l’eau glacée anesthésie l’agonie de mes poignets, je m’endors en pagayant et malgré tout j’avance toujours. Ces derniers jours, nous affrontons les principales
difficultés du fleuve, le lac Laberge en fait partie : cinquante kilomètres sous un soleil de plomb. Le vent génère une houle atteignant jusqu’à deux mètres de haut, mais le lac se fait vitreux à notre passage et cette nuit-là, une fois le lac passé, nous avançons en chantant durant les brèves heures d’obscurité de l’été subarctique – avec quasiment vingt-quatre heures de jour nous pouvons naviguer la nuit dans les méandres du fleuve. Puis, sous le ciel éclairé de minuit, nous glissons à travers les Five Finger Rapids, en référence aux cinq canaux, ou doigts, qui traversent quatre colonnes de basalte, celle du m ilieu et celle la gauche pouvant être mortelles. Nous passons la ligne d’arrivée au bout de 57 heures 42 minutes et 5 secondes, en plein milieu de l’objectif fixé et en vingt- cinquième position au général. Je suis épuisée, désorientée, gelée mais ressens de la fierté sous une montagne de douleur. Nous avons réussi. Et ce n’est pas une hallucination. L’aventure vous tente ? Inscription pour la prochaine édition (26 au 30 juin 2019) sur yukonriverquest.com
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EVA HOLLAND
PRÉPARATION
SPRAY À OURS Si vous croisez un grizzli ou deux sur le rivage, utilisez en dernier recours un spray répulsif.
JOEL KRAHN, JOEL KRAHN/YUKON NEWS
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Voir. MA VOITURE
Ford Fiesta WRC de M-Sport
À 34 ans, ce pilote « sensible » a cinq titres de champion du monde WRC.
SÉBASTIEN OGIER
UNE MACHINE À SENSATION Le champion Sébastien Ogier nous dit qu’il peut sentir le potentiel d’une voiture de course. Exemple : sa Ford Fiesta WRC de M-Sport.
«Q
uand je monte dans une voiture, je ressens tout de suite une certaine impression. Je sens ce dont elle est capable, explique Sébastien Ogier. Lorsqu’en 2016 j’ai pris place pour la première fois dans ma Ford, j’ai senti son potentiel – et nous avons remporté le championnat du monde. » Pour la saison 2018, désormais quintuple champion du monde, Ogier fait de nouveau confiance au constructeur et dit de sa Ford Fiesta WRC 2018 de M-Sport, 380 chevaux, 1 190 kg, qu’elle est « incroyablement maniable ». Ogier apprécie tout particulièrement un aspect : « Les suspensions. Quand je glisse sur les routes, la sensation est unique. Cette voiture est faite pour la glisse. » Ogier joue lui-même un rôle majeur. À la demande du pilote français, M-Sport a changé de fournisseur d’amortisseurs en cours de saison afin d’être encore plus performant sur terre : « Il y a toujours des choses à améliorer. Et maintenant, on a l’impression qu’elle est encore meilleure. »
FICHE TECHNIQUE
MOTEUR À injection directe, 4 cylindres, 1,6 litre, V16 PUISSANCE 380 chevaux COUPLE 450 Nm
SUSPENSIONS Jambes de force MacPherson AMORTISSEURS Reiger (asphalte) ou ZF Sachs (terre)
SUR LA ROUTE AVEC SÉBASTIEN La finale du Championnat du monde des rallyes 2018 : le rallye d’Australie, en direct sur Red Bull TV du 15 au 18 novembre. Infos : redbull.tv
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mon matos
MES ACCESSOIRES
Des performances additionnelles sur trois niveaux : les aides techniques de Sébastien Ogier. LE TEMPS RICHARD MILLE RM 67-02 SÉBASTIEN OGIER « Le timing est un élément clé des week-ends de rallye. Mon partenaire R ichard Mille a conçu une montre spécialement pour moi : légère, s olide, à peine perceptible au poignet et, cerise sur le gâteau, aux couleurs du drapeau français. »
DIMENSIONS LONGUEUR 4,13 mètres LARGEUR 1,87 mètre POIDS 1 190 kg
MAURICIO RAMOS/RED BULL CONTENT POOL, PHIL GRAYSTON PGDESIGNS.CO.UK (3)
ACCESSOIRES EN OPTION Ailerons avant et arrière, commande hydraulique des palettes de changement de vitesses au volant
CHRISTIAN EBERLE-ABASOLO
L’ÉQUILIBRE iPhone X
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« Pendant une semaine de course, mon iPhone m’est aussi important que la clé de ma voiture. Dès que j’arrive à l’hôtel, je passe des appels vidéo avec mon fils. C’est ce dont j’ai besoin pour mon équilibre intérieur. C’est ma façon de décrocher et de penser à autre chose qu’au rallye. »
L’ORIENTATION LE CAHIER DE NOTES DE JULIEN INGRASSIA « Dans un rallye, le pilote est perdu sans son copilote. Et sans son cahier de notes. Toutes les informations dont j’ai besoin pendant une course se trouvent dans la “bible” de Julien, qui est à mes côtés depuis 2006. L’apport de Julien est la partie la plus importante de mon équipement. »
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Faire. S’ENTRAÎNER SELON…
deux fois par jour en alternant la boxe et le porter de poids. Ado, je travaillais un groupe de muscles par jour, quatre ou cinq exercices par groupe, quatre répétitions par exercice. En ce moment, je fais du CrossFit pour renforcer puissance, rapidité et coordination. »
LA VOIE DU DRAGO
Florian Munteanu, fils de Drago dans Creed II, sait ce qu’il faut pour être le boxeur le plus redouté de l’histoire du cinéma. Et comment vaincre des adversaires plus forts que lui.
« MON PÈRE M’A ENSEIGNÉ LA MOTIVATION »
« VIKTOR DRAGO, C’EST MOI À 90 % » « Quand on m’a proposé de passer le casting, j’ai immédiatement su que j’aurais le rôle, parce qu’il est tellement moi, dit Munteanu. Le personnage était facile à jouer. » De même avec la boxe, il travaille ses points forts. « Bien que je fasse partie de la catégorie poids lourds, ma manière de boxer est
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« TOUT CE QU’ON VOIT À L’ÉCRAN, JE LE FAIS EN VRAI » Aucun Rocky ne serait complet sans les séances d’entraînement, et Creed II ne fait pas exception à la règle, quoique l’équipement de Viktor soit moins à la pointe que la super salle de gym soviétique de Rocky IV. « Au début, Viktor s’entraîne à l’ancienne, dit Munteanu. Lui et Ivan habitent dans un trou, ils n’ont pas un rond, alors ils ne font que des haltères et de la course à pied. Puis ça devient plus moderne. C’est tout ce que je suis autorisé à dire… » Munteanu peut en revanche révéler le détail de son propre entraînement qu’il a, à ses dires, intégré à 100 % au film. « J’ai grandi en faisant de la boxe, donc c’est la plus grosse partie de mon entraînement, avec les combats, et la course pour entretenir mon endurance. Je m’entraîne
POINGS FORTS
Comment devenir le roi du ring DÉFINIR UN OBJECTIF « Les scènes de combat entre Lundgren et Stallone dans Rocky IV sont légendaires. Leur but commun était de mener un combat de ce niveau-là. Mike et moi avons fait du bon boulot aussi. On a terminé à 20 antidouleurs par jour. » RAVALER SON EGO « Comme je suis nouveau dans le métier, Stallone m’a donné des conseils sur le business, m’a dit ce que lui ferait à ma place. J’apprécie, car il sait de quoi il parle. » MANGER SAIN (ET S’ACCORDER DES ÉCARTS) « Je me nourris bien : viande, riz, patates, beaucoup de légumes. Et je m’autorise deux écarts par semaine. Pizza ou gâteaux, c’est bon pour ma santé mentale. » LA RAGE POUR MOTEUR « Viktor emporterait le combat contre Florian parce qu’il souffre intérieurement. Ne sous- estimez jamais un gars qui monte sur le ring avec sa douleur, parce qu’il va la décharger sur vous. Et vous n’aurez plus aucune chance. »
La dynamique père/fils joue un rôle important dans Creed II car « Viktor écoute son père qui le coache, sans le contredire, mais se rend compte que son approche n’est peut-être pas la meilleure », dit Munteanu. Sa propre expérience avec son père est plus positive. « Mon paternel était toujours en train de s’entraîner. Il m’emmenait partout avec lui quand j’avais 5 ans. La leçon la plus importante qu’il m’ait apprise, c’est de toujours penser avec le cœur. Nombreux sont ceux qui ont la mauvaise source de motivation : devenir riche rapidement par exemple. Mon père me disait que tout ce que je faisais, je devais le faire pour ceux que j’aime. Si mes motivations sont nobles, j’atteindrai mon but. »
« MICHAEL B. JORDAN M’A PROUVÉ SON ENGAGEMENT » Viktor Drago, c’est un sacré morceau, mais la vraie star du film, c’est Adonis Creed, joué par Michael B. Jordan. Cela n’a pas perturbé Munteanu : « Physiquement, il n’est pas aussi grand que moi, mais il est dans une forme extraordinaire. Bien sûr, quand on en vient à la boxe, j’ai plus d’expérience que lui. Alors je lui ai conseillé d’utiliser ses jambes, car il est rapide. » Et le jeu de jambes, c’est 80 % de la boxe. « C’est avec les jambes que vous définissez l’angle de frappe et le coup qui vient après. Mike apprend vite, il travaille beaucoup. C’est ce qui m’a le plus épaté, car il a déjà un CV en béton, et il continue de se donner à fond pour apprendre. C’est lui qui m’a montré que 100 %, ce n’est pas assez ; parfois il faut se donner à 200 %. » Creed II au ciné le 9 janvier 2019
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TOM GUISE
très souple. Je ne tiens pas toujours ma garde parce que je me sens plus à l’aise les mains en bas. Mon style de combat est basé sur les réflexes et la rapidité : c’est une habileté naturelle que j’ai développée avec mes coaches. La vitesse, je l’ai toujours eue. »
ANDIKO PHOTOGRAPHY, WARNER BROS, INSTAGRAM/FLORIAN MUNTEANU
En construisant le casting de la suite de son film d’action Creed (2015), Sylvester Stallone se confronte à une tâche quasiment impossible : trouver quelqu’un capable de surpasser le pire ennemi de Rocky (Ivan Drago interprété par Dolph Lundgren dans Rocky IV) et susceptible de remporter l’adhésion du public dans le rôle de son fils. C’est en Florian Munteanu que Stallone a trouvé son homme. « Nous avons skypé une heure et je l’ai convaincu », dit le boxeur, acteur et mannequin de 28 ans, 193 cm et 111 kilos, véritable centrale de muscles prête à frapper. « Stallone sur mon écran… J’avais du mal à y croire. Je me suis concentré sur ce que j’avais à lui dire. » D’origine germano-roumaine, Munteanu s’est bâti une carrière avec la même détermination. Il commence l’entraînement à cinq ans avec son père, boxeur, et fait son entrée dans l’âge adulte avec un diplôme en sport, médias et management événementiel de la très renommée université de Munich. Actuellement, c’est sous le nom de « Big Nasty » qu’il poste des clips d’entraînement pour ses 120 000 followers Instagram. Avec Creed II, son fan club est voué à grossir. Voici comment il est devenu Viktor Drago…
fitness Est-ce que vous refuseriez à ce gars une pizza deux fois par semaine ?
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novembre au 14 février Jackson exposé Michael Jackson aurait eu 60 ans cette année. L’exposition Michael Jackson : On the Wall (en référence à son cinquième album paru en 1979) lui rend hommage. Elle met en avant l’influence de l’artiste dans la musique et l’art. Dessins, peintures, sculptures, photos ou vidéos issus de collections publiques et privées témoignent de sa fantastique carrière. Paris, Grand Palais ; grandpalais.fr
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novembre / décembre au 9 décembre Coupe du monde de ski cross Les Coupes du monde de ski cross, femmes et hommes, reprennent avec une toute première étape à Val Thorens. La piste permanente de la station savoyarde sert déjà de base d’entraînement pour l’équipe de France. C’est l’occasion pour ses coureurs et coureuses d’y briller, comme Jean-Frédéric Chapuis, skieur val thorinois et champion olympique en 2014. Val Thorens ; valthorens.com
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au 16 décembre Critérium de la Première neige Cinq manches de Coupe du monde hommes et femmes entament l’hiver européen. Un géant, où Alexis Pinturault s’est imposé l’an passé, et un slalom spécial Hommes ouvrent les festivités les 8 et 9. Puis au tour des skieuses avec des épreuves de vitesse : Combiné, Descente et Super G (14, 15 et 16). À fond. Val d’Isère ; worldcup-valdisere.com
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RED BULL DERNIER MOT
Après le Bataclan en 2017, la finale du Red Bull Dernier Mot va encore faire causer en s’installant dans la salle du Trianon. Au milieu des seize MC’s qui s’inviteront dans les battles d’impro de la soirée, Res Turner remet son titre en jeu. Les qualifs à Nantes, Marseille et Paris ont rodé les rimes et les punchlines. Sur scène, face à face, les mots devront faire mouche pour ne laisser le plaisir d’avoir le dernier mot qu’au seul vainqueur. Paris, Trianon ; redbullderniermot.com
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au 16 décembre Paris est nautique Au salon nautique de Paris, il y a des bateaux à voile et à moteur qui vont sur l’eau mais que l’on admire dans les allées du plus grand port indoor de France. Les sports de glisse y tiennent aussi leur place. Sur la Seine, on les célèbre avec le Nautic Paddle, la grande course urbaine de stand up paddle. Huit cents participants, pro ou non, seront sur leur planche tôt le dimanche 9 pour un parcours allant de la Bibliothèque Nationale au Quai de Javel. Tous à l’eau ! Paris, porte de Versailles ; salonnautiqueparis.com
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HÉLÈNE HADJIYANNI/RED BULL CONTENT POOL, ARTHUR LOCKHART/NAUTIC 2017/AFP SERVICES
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EN SCÈNE, EN NEIGE, EN SELLE !
Battle de rap en espagnol, snowboard en folie et du motocross dans tous ses états sont au menu des temps forts de ce mois.
REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT
Red Bull TV est une chaîne de télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en direct ou en différé. Le plein de contenus originaux, forts et créatifs. Vivez l’expérience sur redbull.tv
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décembre LIVE
RED BULL BATALLA DE LOS GALLOS WORLD FINAL 2018
Les MC’s hispanophones du monde entier régalent dans des duels de verve lyrique à l’occasion de la 12e édition du concours, installé cette année à Buenos Aires. Le Mexicain Aczino a remporté chez lui l’édition précédente en venant à bout du jeune Argentin Wos. Le nouvel espoir argentin Dozer sera-t-il lui aussi profiter de l’avantage d’un jeu à domicile ?
Barjots latinos : Thorny (à droite) et Danyelus se clashent en Argentine.
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Musique de très haute qualité et interviews d’artistes influents. Restez à l’écoute…
Dozer (à droite) bat son acolyte MC Stuart et remporte la finale nationale en Argentine en août.
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GUSTAVO CHERRO/RED BULL CONTENT POOL (2), ORCHARD ENTERPRISES NY (2), METHOD MAGAZINE/RED BULL CONTENT POOL, CARYS HWUS
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décembre AVANT-PREMIÈRE
DROP EVERYTHING
Réalisateurs primés, les gars de Matchstick Productions (Claim, Days of My Youth) proposent un film chargé de cool dans l’univers du ski freestyle : décors sublimes, une bande-son puissante et une réalisation léchée.
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novembre AVANT-PREMIÈRE
METHOD MOVIE 3
Le dernier volet de cette série de Method Magazine nous livre à nouveau des moments déments de snowboard à travers le monde. « Une planche, des potes et un coup de pouce de Dame Nature ! », résument ses concepteurs.
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novembre À L’ANTENNE
Tous les jeudis à 21 heures (heure de Paris), l’animateur Shawn Reynaldo passe en revue les nouveautés house, techno, disco et plus encore et s’entretient avec certains des artistes concernés (l’émission a entre autres accueilli Mr. Fingers, Peggy Gou et Bicep). De plus, en cette fin 2018, Reynaldo consacrera plusieurs rendez-vous au bilan de l’année.
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MOTO 9: THE MOVIE
MOTO 9: The Movie vous emmène (presque) partout où s’exprime le motocross. Avec les arrachés du guidon dans les bois jusqu’au championnat AMA en passant par d’autres spots fous, il y en aura pour tous les goûts.
À ÉCOUTER SUR REDBULLRADIO.COM
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CE QUE LE GAMER VEUT Pilote auto de salon, adepte des jeux en équipe ou fan de jeux rétro, chaque gamer joue à sa manière. Voici de quoi contenter tout le monde. Texte MAXIMILIAN GAUB
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Du moteur, c’est tout Ce qui compte, c’est la vitesse maximale, le vrombissement du moteur, le crissement des pneus. Ce type de gamer aime les courses sous toutes ses formes, de la Formule 1 au rallye en passant par la caisse à savon. Essentiel à son bonheur : se sentir comme dans un vrai c ockpit, avec les gouttes de sueur qui tombent sur le volant.
La Dodge Ice Charger de Fast & Furious (ci-dessus) roule sur la piste Carrera d’Anki-Overdrive.
LE CHAUFFARD DE SALON ANKI OVERDRIVE
Les jeux ne nécessitent pas tous des écrans : Anki Overdrive est une piste Carrera conventionnelle avec des voitures autonomes et un soupçon de jeu vidéo. En plus des courses à plusieurs, il y a aussi le mode solo contre l’ordinateur – avec la récente Fast & Furious Edition, où l’on retrouve les situations du film. Le joueur investira l’argent gagné dans des armes ou des moteurs plus puissants. Un conseil d’ami : enfermez votre chien dans une autre pièce avant de donner le signal de départ. env. 180 € ; anki.com
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GUI D E PILOTER COMME LES PROS CSL Elite McLaren GT3
Tous ceux qui savent ce qu’est le point de f riction optimal au moment de l’embrayage au départ d’une course adoreront ce volant fidèle à l’original (disponible sur PS4, Xbox et PC). Parce que cette réplique possède un mode où vous devez trouver exactement ce point. Les pros de la Formule 1 le savent bien : c’est ainsi qu’ils se préparent avant le départ. env. 150 €
POUR LES DRIFTS VIRTUELS THRUSTMASTER TSS HANDBRAKE SPARCO
Avec ce frein à main progressif (disponible sur PS4, Xbox et PC), le réalisme atteint des niveaux rarement égalés : il peut évidemment être utilisé comme frein à main pour tous les adeptes du drift, quand bien même celui-ci sera virtuel, mais également comme boîte séquentielle. env. 250 € ; thrustmaster.com
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Essentiel au bonheur du coureur : se sentir comme dans un vrai cockpit.
Voyage dans le temps : grâce à sa taille miniature, ce jeu rétro tiendra parfaitement sur votre bureau.
Jouer rétro
Plus gros est le pixel, plus grand est son sourire. Le gamer rétro aime retrouver l’univers numérique de son enfance et cette époque lointaine où les jeux arrivaient encore dans des grosses boîtes en carton et où les manuels comptaient plusieurs centaines de pages.
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JEU À EMPORTER GALAGA MICRO PLAYER
Existe-t-il meilleur symbole de la préhistoire du jeu vidéo que le jeu d’arcade ? Probablement pas. C’est pourquoi les nostalgiques adorent le Galaga Micro Player, un jeu miniature d’environ 16 centimètres avec son écran de 2,75 pouces et le jeu Galaga (de 1981). Fonctionne avec un câble micro-USB ou quatre piles AA. env. 30 € ; myarcadegaming.com
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L’amoureux du rétro : plus gros est le pixel, plus grand est son sourire.
REVIVAL 90’S PLAYSTATION CLASSIC
1994 a été une année importante pour les ama teurs de consoles alors que la première Play Station voyait le jour. Presque 25 ans plus tard, elle fait son come-back sous le nom de Play- Station Classic. Mais cette fois-ci, elle est deux fois plus petite, compte 20 jeux classiques pré installés (comme Final Fantasy VII, Tekken 3 et Ridge Racer Type 4) et est livrée avec deux ma nettes et un câble HDMI. « Regardez les enfants, c’est comme ça qu’on jouait avant », pourront dire les darons avec fierté. env. 100 €
20 JEUX, LE JOYSTICK EST CHARGÉ SPEEDLINK COMPETITION PRO EXTRA
Rembobiner une cassette, se servir d’un téléphone à cadran : si ces gestes vous ramènent à votre enfance, vous connaissez alors le clic de ce classique du joystick. Une version mise à jour avec un taux de rapport plus élevé pour les jeux d’arcade rapides et incluant vingt jeux rétro sortira à la fin novembre. 29,99 € ; speedlink.com
3 Jouer, mais en société
Les applaudissements de vos adversaires n’auront rien de virtuel !
ÉNERGIE POUR DEUX VENOM XBOX ONE
Plus il y a de joueurs, plus il y a d’accessoires à recharger : pour solutionner ce problème, Venom a développé cette double station d’accueil pour les manettes de la console XBox One : un indicateur de niveau d’énergie prévient le joueur du niveau de chargement alors que des batteries de remplacement assurent un approvisionnement constant en énergie. env. 20 €
Danser, chanter ou répondre à un quiz : pour ce gamer, l’apogée du jeu survient après chaque tour, avec les applaudissements de ses adversaires. Il lui faut donc des jeux et des accessoires conçus pour jouer en groupe.
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VOTRE VOISIN VA ADORER BOSE COMPANION 2 SERIES III
Avec ces enceintes, le niveau sonore peut monter très haut, surtout s’ils sont utilisés par un groupe de joueurs déchaînés lors de jeux musicaux (comme Just Dance ou Singstar). Les enceintes sont plutôt conçues pour PC mais ils peuvent être connectés à d’autres sources grâce à l’entrée AUX. En outre : une prise casque – pratique si le voisin, avec une batte, vient sonner chez vous et que, curieusement, il n’a pas envie de danser… env. 100 € ; bose.fr
LA CONSOLE TOUT-EN-UN NINTENDO SWITCH
Conçue pour jouer à plusieurs : chaque console contient deux manettes – et des jeux comme Mario Party fournissent deux manettes supplémentaires. Vous jouez ensuite avec des amis dans le salon (sur la télé), partagez l’écran (dans le train) ou bien jouez seul en mode portable (dans la salle d’attente du médecin). env. 320 €
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S’approcher du plus haut niveau
RÉSEAU D’OREILLES SENNHEISER GSP 600
Le gamer de haut niveau est-il un combattant solitaire ? Pas du tout : lors de ses sessions marathon, il est en contact avec des joueurs du monde entier. Grâce à son casque, qu’il aura choisi scrupuleusement. Question qualité, la marque Sennheiser est une référence, et le GSP 600 a été spécialement conçu pour les joueurs professionnels. D’un confort optimal avec ses coussinets ergonomiques et muni d’un micro anti-bruit, il assure un réalisme audio exceptionnel. env. 250 € ; sennheiser.fr
Pour ce type de gamer, le jeu, c’est toute sa vie. Il rêve secrètement d’une carrière d’athlète d’esport, ce qui montre bien qu’il a tout compris au futur du monde compétitif. Exigeant et intraitable sur la qualité, son matos se doit de ne pas le lâcher.
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Fauteuil Maxnomic en cuir synthétique haut de gamme : robuste, pratique, confortable.
ON Y PLONGERAIT LG 32GK850G-B
Plonger, s’immerger dans des mondes étranges aussi réalistes que possible : c’est exactement ce que vous permet l’écran LG 32GK850G-B d’une grande netteté. Spécialement développé pour le gaming, ce modèle offre une résolution WQHD (2560 x 1440 pixels) pour une reproduction parfaite des couleurs ainsi que la technologie G-Sync pour un plaisir de jeu garanti. env. 700 €
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LA TROUSSE DE SURVIE XBOX ONE X ROBOT WHITE SPECIAL EDITION
On est quel jour déjà ? C’est une question qui ne manquera pas de surgir à la fin d’une partie de Fallout 76, jeu de rôle apocalyptique très attendu et prévu pour mi-novembre. Ici, la boîte qui contient aussi la console XBox One X Édition spéciale Robot White + Fallout 76. env. 500 € ; xbox.com
L’ART DE S’ASSEOIR : NIVEAU AVANCÉ NEED FOR SEAT MAXNOMIC REWINSIDE PRO Les muscles fessiers ne suffisent pas toujours – surtout pendant les sessions marathon, lorsque jusqu’à deux douzaines de joueurs attaquent un puissant dragon dans World of Warcraft. Le gamer professionnel a besoin d’un équipement de haut niveau comme le Maxnomic Rewindside Pro de NEEDforSEAT. Fabriqué dans un cuir synthétique haut de gamme et très hygiénique, ce siège procure un confort d’assise optimal et ajustable pour toutes les morphologies. Pour pouvoir enfin passer des heures devant son écran sans risquer d’user ses lombaires. env. 350 € ; needforseat.fr
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5 Passer de l’autre côté
Regarder de belles images sur un écran ne suffit plus pour ce gamer : ce qu’il veut, c’est pénétrer complètement les univers fantastiques. La technologie de la réalité virtuelle rend cela possible. Prérequis : un processeur puissant, des jeux VR et des lunettes high-tech.
Toujours plus loin : l’univers de la réalité virtuelle.
ORDI MORDANT PREDATOR ORION 5000
Les lunettes VR ont besoin d’un puissant animal électronique pour déployer tout leur spectaculaire potentiel. Comme par exemple, l’Acer Predator Orion 5000, véritable prédateur informatique qui dévorera les cartes graphiques de GeForce GTX 1060 à 1080 Ti, le disque dur SSD (128 à 512 Go), le second disque dur (un à deux téraoctets) et 8 à 16 Go de RAM. entre 1 600 et 3 300 € ; acer.com
DES RÉALITÉS À SUPPORTER VR-BACKPACK ZOTAC
Jusqu’à quel point l’expérience cybernétique est-elle réaliste si votre exploration est limitée par un câble ? Les propriétaires du sac à dos de jeu VR Zotac sourient gentiment lorsqu’ils entendent cette question : ils portent tout simplement le monde virtuel sur leur dos. En sus : une carte graphique GeForce GTX 1070 et deux batteries rechargeables d’une heure chacune. env. 1 800 € ; zotac.com
CROYEZ-EN VOS YEUX VIVE PRO
Votre ordinateur a assez de puissance, votre maison assez d’espace, votre compte détient 1 000 euros à flamber ? Le casque VR Vive Pro offre plus de confort que ses prédécesseurs et la plus haute résolution sur le marché actuellement, grâce notamment à une plus grande densité de sous-pixels, qui amoindrit le fameux « effet moustiquaire ». 880 €, vive.com THE RED BULLETIN
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MENTIONS LÉGALES
THE RED BULLETIN WORLDWIDE
The Red Bulletin est actuellement distribué dans sept pays. L’édition américaine consacre sa une à la skieuse Lindsey Vonn et à son incroyable palmarès, au crépuscule de sa carrière. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com
Les journalistes de la SAS L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SAS L’Équipe n’est pas r esponsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.
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THE RED BULLETIN n° 83 sortira le 15 décembre 2018 98
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