SUISSE DÉCEMBRE 2018, CHF 3,80
HORS DU COMMUN
PLUS : MATOS POUR LA NOUVELLE NEIGE
Les meilleurs freeriders sur la glace : ils perdent le contrôle et en redemandent
LE GRAND FRISSON
SUV by Renault KADJAR & CAPTUR
Pour que l’aventure soit un réel plaisir: Kadjar et Captur avec des primes attractives. Off res réservées aux clients particuliers sur véhicules identifiés dans le réseau Renault participant en cas de signature du contrat et d’immatriculation entre le 01.11.2018 et le 30.11.2018. Exemple de calcul: Captur Life TCe 90, 5,7 l/100 km, 127 g CO2/km, catégorie de rendement énergétique F, émissions de CO2 liées à la fourniture de carburant et/ou d'électricité 30 g/km, prix catalogue Fr. 18 500.–, moins prime Swiss Fr. 2 600.–, moins prime sur stock Fr. 1 300.– = Fr. 14 600.–. Moyenne de toutes les voitures de tourisme immatriculées pour la première fois 133 g CO2/km. Renault recommande
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ÉDITORIAL
LA CLÉ DU BONHEUR ? Fait-on du sport parce qu’on est heureux ou est-on heureux parce qu’on fait du sport ? L’escrimeuse Ysaora Thibus nous déclare page 54 que « pour être performant, il faut être heureux ». Et le prince Jigyel du Bhoutan, à l’initiative du Tour of Dragon, une course VTT infernale d’une journée, s’interroge page 64 : « Une nation qui ne pratique pas de sport peut-elle être heureuse ? » Pour d’autres, le sport est plus qu’un facteur de vie saine, il est une religion, voire une addiction.
OSKAR ENANDER (COUVERTURE)
Le champion Sven Schubert (devant), le photographe Konstantin Reyer (milieu) et son assistant Roland Zygmun dans un toboggan aquatique page 42. Le sport peut aussi être un facteur fun (à prendre très au sérieux !)
Comment retrouver le frisson des débuts quand on peaufine sa technique jusqu’à ce qu’elle devienne une seconde nature ? En oubliant tout ce que l’on a durement appris, en perdant tout contrôle. C’est ce qu’Oskar Enander nous montre page 26 dans son époustouflant reportage sur le Titlis : skier un glacier, il fallait oser ! Ça vous serait venu à l’idée ?! Votre Rédaction
THE RED BULLETIN
CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
JÜRGEN SCHMIEDER
L’auteur bavarois, mais domicilié en Californie, collabore régulièrement avec le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung entre autres. À la suite de son entretien avec le rappeur américain Pusha T, lequel a donné une conférence durant la Red Bull Music Academy à Berlin, il déclare : « Le seul a rtiste qui m’ait autant marqué que lui est Pharrell Williams. Pas étonnant que les deux soient d’excellents potes. » P. 36
OSKAR ENANDER
Originaire de la côte ouest de la Suède et désormais basé à Engelberg (OW) en Suisse centrale, Oskar Enander a apporté ses contributions à de nombreux magazines de snow à l’international. Pour The Red Bulletin, il est l’auteur du photo-reportage de ski sur glace : « Il y avait une grotte que nous voulions traverser, mais d’abord, il nous a fallu la descendre en rappel pour vérifier qu’il n’y avait pas de crevasses. » P. 26
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SOMMAIRE décembre
REPORTAGES
2 6 G risant et flippant
Le massif d’Engelberg-Titlis sert de cadre à une session de freeski sur glace où les pentes sont lisses et vierges de toute prise. Un seul mot d’ordre pour les athlètes : glisser dans la perte de contrôle.
36 L a rime franche
Le rappeur Pusha T pèse aux États-Unis, et il a des convictions. Son « patron » Kanye West est un peu plus dur à suivre...
4 2 L’autre glisse
Gamin vous en rêviez, les Allemands l’ont fait : descendre un toboggan à la piscine peut vous faire accéder au podium.
5 2 C ours la France
50 bornes par jour, et l’équivalent de cinq Everest à gravir : un Anglais s’est envoyé le tracé du Tour de France, en courant.
5 4 F rench touche
Guadeloupe, métropole et désormais Los Angeles. Pour atteindre les sommets de l’escrime, Ysaora Thibus a fait des choix, et s’est mise en difficulté.
6 4 S ouffrir-plaisir
Au Bhoutan, le sport est une cause nationale. Et le prince local est très fier du Tour du dragon, une course VTT de l’enfer.
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TUBE DE L’HIVER
The Red Bulletin a testé pour vous : la glisse sur toboggan aquatique en moins de 20 secondes.
KONSTANTIN REYER, OSKAR ENANDER, RAINER HOSCH
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SKI SUR GLACE
Un désert de glace, une poignée de freeskieurs de très, très haut niveau, et de la chute libre.
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THE RED BULLETIN
54 FINE LAME
Ysaora Thibus est l’ambassadrice passionnée d’un sport encore amateur : l’escrime. Depuis L.A., elle raconte ses choix déterminants.
BULLEVARD Un mode de vie hors du commun
6 Elle a 17 ans et pourrait être
la première femme sur Mars
10 Le volant du champion du
monde de F1… virtuel
11 Le son sud-af’ par Petite Noir 12 Un ride VTT sur le fil du rasoir 14 Danitsa a l’ego bien placé 16 Le plus gros avion du monde 18 Depuis 1980, David envoie
la sauce, et il amasse l’oseille !
20 Usain Bolt est en apesanteur,
alors fais péter le champagne
22 L’autre pays de l’escalade 24 Si vous tombez sous la glace
en Sibérie… relisez cet article
GUIDE
Faire. Voir. Avoir. 77 Voyage : elles ont ramé... 82 Matos : le bolide de Seb Ogier 84 Fitness : Big Nasty va te pécho... 86 Agenda : ils donnent des ailes 88 Red Bull TV : restez branché 90 Bien stylé pour les pistes 96 Ours : ils et elles font le TRB 98 Photo du mois : foil que j’y aille ! THE RED BULLETIN
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BULLEVARD UN
STYLE
DE
VIE
HORS
DU
COMMUN
LA PREMIÈRE MARTIENNE
À trois ans, ALYSSA CARSON décide d’être astronaute. Quatorze ans plus tard, elle est en passe de devenir le premier être humain à marcher sur une nouvelle planète.
E
n septembre dernier, Alyssa Carson participait à un voyage scolaire de géologie en I slande. Située sur la ligne de faille entre deux plaques tectoniques majeures, l’île est une zone d’activité géothermique intense, parsemée de geysers et de volcans actifs pris sous d’immenses glaciers. Un lieu hors de tout pour le commun des mortels, mais pour Carson, c’est un avantgoût de ce qui l’attend.
L’étudiante américaine de 17 ans est pressentie pour être « la première astronaute à aller sur Mars », une annonce prématurée – la première fenêtre pour une mission sur Mars n’étant pas prévue avant 2033 (le rayonnement solaire sera le plus faible et la Terre à la plus courte distance de Mars) – mais non dénuée de fondement. En tous les cas, Alyssa s'y prépare depuis… quatorze années. Depuis qu'elle a vu, toute petite, un dessin animé
racontant un voyage sur Mars. Dès lors, elle n'aura de cesse de peaufiner son CV : « C'est à ce moment que j'ai décidé que rien ne m’empêcherait d’aller sur Mars », se souvient-elle. À huit ans, elle remporte le Right Stuff Award, un concours Space Camp de la NASA. À 15 ans, elle obtient le niveau 1 de licence de pilotage de fusée sanctionnant la capacité de construire et de coder une fusée de A à Z. Elle est aussi la plus jeune
SOFIA MALAMUTE POUR DESIGUAL
Alyssa Carson, future astronaute, ici dans une campagne publicitaire pour la space marque Desigual, ayant pour thème la planète Mars.
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« S’IL FAUT RESTER SUR MARS, ÇA ME CONVIENT ! »
personne à être diplômée de l’Advanced PoSSUM Academy (un programme de formation sur la science suborbitale p olaire en mésosphère supérieure) qui forme les futurs astronautes. Mais comme toutes les grandes aventures spatiales, cela exige des sacrifices. En plus de son cursus scolaire qu’elle suit en quatre langues (anglais, français, espagnol et chinois), elle consacre tous ses loisirs à suivre des formations liées à l’espace et à un entraînement physique : résistance à la force g, à la décompression, à l’hypoxie, plongée sous- marine et microgravité via le vol parabolique. « Cela vous retourne l’estomac, mais j’y remédie en jeûnant toute la journée », confie-elle. Après ses études secondaires, elle
rojette d’étudier l’astrobiolop gie à l’Institut de Technologie de Floride, avec l’espoir d’intégrer l’équipe d’experts de la mission Mars ayant pour tâches de t ester des échantillons de sol, chercher des signes de vie bactérienne dans l’eau et étudier l’histoire de la planète rouge. « Sa biosphérisation (transformation d’un environnement n aturel en vue de le rendre h abitable pour l'homme, ndlr) prendrait environ 300 ans. Ce ne sont que des estimations parce que personne n’a encore terraformé une planète », glisse-t-elle en riant. Le zèle et les capacités de Carson l’ont érigée au rang d’enfant modèle des rêves spatiaux de l’humanité. En 2014, à l’âge de 13 ans, elle donne une conférence TED intitulée Réaliser l’impossible et une
« L’exploration de l’espace ne fait que commencer » : Alyssa Carson, 18 ans en mars, possède une licence de pilotage de fusée de niveau 1 et vise la première mission habitée pour Mars, prévue en 2033.
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autre lors d’un événement marquant le dixième anniversaire du Mars Rover organisé par la NASA et la Smithsonian Institution. L’an dernier, elle a participé à un documentaire de Netflix, La g énération Mars, et est à présent ambassadrice du groupe privé Mars One, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans la même capsule. « Agence gouvernementale ou privée, j’embarquerai avec le premier prêt à y aller. » Là se situe le véritable sacrifice. Mars se trouve à environ 64 millions de kilomètres de la Terre et il faut six mois pour l’atteindre. La température moyenne y est de – 63 °C et le dioxyde de carbone compose 96 % de l’atmosphère. Le risque de mort est donc élevé, et en cas de survie, elle n’aurait que deux options, dont l’une serait de rester pour c oloniser la planète. « Un voyage aller-retour serait préférable, mais s’il faut rester, je serais toujours partante », affirme-t-elle. Elle laisserait derrière elle son plus grand fan, son père Bert qui l’a élevée seul et aidée à réaliser son rêve. « Ce n’est pas ce qu’il souhaite, mais il me soutient parce qu’il sait que l’enjeu dépasse nos deux personnes. En se limitant à une seule planète, l’espèce finira un jour par disparaître. Mars est une première étape d’exploration. » En mars, Carson fêtera ses 18 ans. Si la première mission habitée sur Mars a lieu en 2033, elle aura 32 ans. Aussi, avoir une relation ou fonder une famille n’est envisageable qu’après son retour. Carson sait bien que laisser une famille sur Terre serait émotionnellement difficile pour tous. Pour l’heure, seul l’avenir occupe son esprit. « Affirmer à trois ans que je voulais aller sur Mars était le plus insensé des choix, mais je m’y tiens. Espérons que la prochaine génération verra un autre enfant rêver d’aller sur une lune de Jupiter ou ailleurs. L’exploration de l’espace ne fait que commencer. » Instagram : @nasablueberry THE RED BULLETIN
KATIE CAMPBELL SPYRKA, NASABLUEBERRY.COM
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4x4
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L’hiver en toute décontraction Chute de neige imprévue? Chaussées glissantes? Routes de montagnes recouvertes de neige? C’est là le lot de tous les hivers en Suisse. Une ŠKODA 4x4 vous permet d’arriver à destination facilement et en toute sécurité. Grâce au réglage électronique de sa traction intégrale intelligente, elle réagit en quelques millièmes de seconde aux conditions sur la route et transmet ainsi la force au sol de façon optimale. Bien entendu, nos modèles 4x4 OCTAVIA, SUPERB, KAROQ et KODIAQ existent également avec boîte automatique. ŠKODA 4x4. Made for Switzerland.
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LES CHAMPIONS L’ADORENT Ce mois-ci, nous connaîtrons le plus grand pilote de Formule 1 Esports au monde et il aura ce volant entre les mains.
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éunis dans une salle à Londres les 16 et 17 novembre prochains, seize simulateurs de course identiques, occupés chacun par un pilote représentant une écurie de F1. L’enjeu de la course ? La victoire au F1 Esports Pro Series et un chèque de 170 000 €. Les pilotes Red Bull Racing et Toro Rosso, Max Verstappen et Pierre Gasly, observeront les concurrents qu’ils ont euxmêmes présélectionnés pour les représenter. Que de chemin parcouru depuis les premiers jeux ! Thomas Jackermeier en sait quelque chose.
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Sa passion pour le gaming le pousse, il y a vingt-et-un ans, à fonder la société Fanatec afin de créer de meilleures manettes. « Notre premier volant n’avait pas d’effet de retour, juste un simple ressort et un design moche, se souvient-il. L’avancée était néanmoins majeure. » Aujourd’hui, les v olants Fanatec séduisent même les pilotes de F1 comme Verstappen. « Le pilote brésilien Rubens Barrichello en a acheté un sans nous le dire, confie Jackermeier. S’il avait sonné, on le lui aurait envoyé. » Mais c’est bien la F ormule 1 qui sollicite à présent Fanatec pour produire le volant officiel F1 Esports Series destiné à la compétition et à l’entraînement, conçu en aluminium, avec poignées Alcantara.
Le pédalier CSL Fanatec est compris. Usage optimal avec un siège conducteur.
Pour Barrichello comme pour vous, le prix est de 600 € – pédalier à courroie et effet de retour inclus. La Podium Edition, version haut de gamme à transmission directe avec un couple supérieur à une vraie F1, est prévue pour l’an prochain. Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle : « Sans relations ni argent, les circuits auto restent inaccessibles, mais grâce aux F1 Esports Pro Series, des millions de pilotes pourront s’exprimer et un jour viendra peut-être où un gamer deviendra pilote de F1… » fanatec.com
TOM GUISE
Fanatec F1
FANATEC
poignées Alcantara
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Petite Noir
CAP SUR SES CLASSIQUES Musicien « noirwave » (son expression) venu du Cap, il partage une sélection de quatre titres essentiels qui reflètent son pays.
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i l’on vous parle de musique d’Afrique du Sud, les noms de Miriam Makeba et de Hugh Masekela sont les premiers qui vous viendront à l’esprit. Mais c’est sans compter les jeunes artistes stimulants émergés ces dernières années. Parmi eux, il y a Yannick Ilunga aka Petite Noir. Des sons électro-pop, des beats polyrythmiques et des paroles très engagées : ce sont les ingrédients de son nouvel album La Maison Noir / The Black House avec lequel le musicien de 28 ans a gagné des fans influents, dont Mos Def et Solange Knowles. Retrouvez l’album visuel produit avec Red Bull Music : lamaisonnoir.com
BATUK DANIEL (2016) « Ce collectif est dirigé par la chanteuse Manteiga et le producteur Spoek Mathambo, l’un des producteurs de musique indépendante les plus célèbres d’Afrique du Sud. Il m’a profondément influencé. Sous le nom de Batuk, ils ont créé cette incroyable dance pan-africaine qui rassemble des artistes et des sons du continent entier. À voir en live. »
KHULI CHANA TSWA DAAR (2012) « Khuli Chana est originaire de Mafikeng, située au nord-ouest du pays. Là-bas, on cultive le motswako, un genre qui mélange anglais et setswana, le dialecte local. Ses punchlines sont au top, et ses beats sonnent comme les tambours sud-africains. Au lieu d’essayer de sonner américain, il intègre ses racines dans sa musique. »
TYRONE BRADLEY
FLORIAN OBKIRCHER
YOUNGSTACPT YASIS (2017)
SHO MADJOZI HUKU (2018) « C’est une vraie racaille. J’adore la façon dont elle mixe sa langue natale, le tsonga, avec le swahili, qu’elle a appris quand elle habitait en Tanzanie, tout en rappant sur un beat gqom de fou. Le gqom, c’est un style de dance qui a ses origines à Durban et qui envahit le monde. Ces beats noirs et épars collent avec l’ambiance moite des rave parties underground. »
« Venu du Cap, c’est mon artiste local favori en ce moment. YoungstaCPT donne une nouvelle dimension à la musique sud- africaine, avec son talent pour le hip-hop (il rappe avec son accent du Cap, qui est historiquement et socialement stigmatisé) et représente fièrement un pan du pays qu’on connaît très mal. Suivez-le, c’est une étoile montante. »
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B U L L EVA R D Pour en savoir plus sur le style « vulnérable » de Tassan et le voir en action sur ce sentier de montagne : redbulletin.com
Cédric Tassan
SUR UNE LAME
CÉDRIC TASSAN/VTOPO
TOM GUISE
Cédric Tassan ne se considère pas comme un vététiste de l’extrême, mais plutôt comme un rider vulnérable, sur d’improbables sentiers à flanc de falaises. « Je ne suis pas le meilleur des riders, ni un spécialiste du saut. Technique certes mais pas rapide, confie le Français de 41 ans. En revanche je sais me déplacer sur de grandes falaises. Je n’ai pas le vertige. » On le voit ici sur le Tre Cime di Lavaredo dans les Dolomites italiennes. « C’est une via ferrata, un itinéraire pédestre avec un câble réservé aux grimpeurs, explique Tassan. Pour gagner la corniche, j’ai grimpé en tenant le câble d’une main et le vélo de l’autre. Toute chute est fatale. » Il parcourra 70 % de la piste. « Impossible d’apprécier sur le moment car je dois rester concentré. Mais après coup, quel rush ! »
instagram.com/vtopo.fr 12
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Danitsa
« L’EGO EST UN POUVOIR INSOUPÇONNÉ »
La nouvelle star suisse du R’n’B, Danitsa, révèle pourquoi nous devrions cesser de n égliger cette source d’énergie qu’est l’ego.
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est Act Romandie aux Swiss Music Awards, SRF 3 Best Talent et un calendrier de concerts estivaux chargé i ncluant une prestation à OpenAir Frauenfeld, le plus grand festival hip-hop d’Europe : Danitsa a véritablement pris son envol avec Ego, son premier album, et son mix accrocheur de sonorités R’N’B, rap, soul et trap. La Genevoise de 23 ans nous dit comment utiliser son propre ego comme une source d’énergie grâce à laquelle on peut arriver à tout.
Je voulais juste tester la thèse de votre nouvel album, Ego. Obtient-on toujours ce que l’on veut avec un gros ego ? Ça dépend de ce que l’on entend par là. Pour moi, l’ego est une énergie profondément positive qui sommeille en nous. Nous pouvons l’exploiter et devenir plus courageux.
the red bulletin : Je suis content de pouvoir enfin vous rencontrer. Annulez tous vos rendez-vous, je suis la personne qu’il vous faut pour votre prochain clip ! danitsa : J’aime les gens qui disent ce qu’ils veulent. On te trouvera un rôle.
Si c’est si simple, pourquoi tout le monde ne le fait pas ? Parce que depuis que nous sommes petits, nous sommes vaccinés contre l’ego qu’il faudrait contrôler et contenir.
Comment puis-je puiser dans cette source d’énergie ? En apprenant à t’écouter et à ne faire que ce que tu veux vraiment.
Votre titre Captain célèbre le pouvoir de l’ego. Vous chantez : “I’m the captain of my life now, if you want a seat, you better keep up with the speed.“ Exactement. Je ne donne plus rien à ceux qui veulent m’entraîner vers le bas parce qu’ils n’aiment pas ce que je fais.
Je lis des commentaires négatifs qui proviennent de types que je n’ai jamais rencontrés, qui ne vivent même pas dans le même pays que moi. Mais ça va, je ne fais pas de la musique pour ces personnes, je la fais pour moi. Et si quelqu’un touche un point sensible ? Dans ce cas, il est évident que ça peut nous faire mal. Mais cela permet de réfléchir et de se remettre en question. Les critiques sont constructives, elles permettent de s’améliorer. Elles ne sont pas toutes bonnes à prendre mais le plus important est de se faire confiance. Ainsi, un ego fort aiderait à tirer le meilleur parti de chaque situation ? Non, pas forcément. Dans chaque chose, il y a du bon et du mauvais. Le plus important est d’apprendre à maîtriser ses émotions. Dans notre société, avoir un ego fort est perçu comme quelque chose de négatif. Mais si on en tire quelque chose de positif, ainsi notre ego peut nous donner la force de réaliser ou obtenir ce que l’on veut. Il faut prendre l’ego comme un autre personnage qui nous accompagne dans notre voyage.
Ego, le premier album de Danitsa, est disponible chez Evidence Music ; evidence-music.ch
NADJA STÄUBLI / RED BULL CONTENT POOL
REINER KAPELLER
La chanteuse Danitsa sait comment chacun d’entre nous peut devenir son propre capitaine.
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Stratolaunch
LARGE D’ÉPAULES
L’avion le plus grand au monde est si puissant qu’il peut transporter-lancer des fusées dans l’espace.
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nstallé en Floride, le célèbre Cap Canaveral possède une piste imposante de 4,5 kilomètres de long. Les locaux la surnomment « le solarium des alligators » en raison des reptiles des marais qui s’y prélassent. Autrefois, elle accueillait d’autres bêtes, les navettes spatiales, ralentissant leurs atterrissages avec ses rainures de près d’un demi-mètre d’épaisseur g ravées dans un béton à haute friction. À présent, un monstre encore plus puissant risque d’y atterrir : le Stratolaunch. Doté d’un double fuselage de 73 mètres de long, 28 roues et 6 moteurs Boeing 747, un poids maximum de 590 tonnes au décollage et une envergure de 117 mètres, il surclasse de 29 mètres l’Antonov An-225, le plus grand avion en activité. Il peut soulever une charge utile jusqu’à 227 tonnes à 10 668 mètres d’altitude ! Car le Stratolaunch a vocation à transporter et lancer des vaisseaux spatiaux en o rbite.
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Conçu par Burt Rutan, c réateur de l’avion spatial SpaceShipOne, et financé par le cofondateur de Microsoft Paul Allen, le Stratolaunch entend faciliter le lancement de satellites et le transport de touristes dans l’espace. En août, la société a annoncé quatre lanceurs détachables : la fusée Pegasus vieille de trente ans, deux lanceurs moyens (MLV) et une navette spatiale. En février, Stratolaunch a réussi un roulage à 74 km/h sur la piste de Mojave (Californie). Le baptême de l’air du Stratolaunch est prévu pour 2019 et les vols commerciaux à partir de 2020. Pour cela, il devra quitter les 3,8 kilomètres de Mojave (distance minimale de décollage) pour la piste de Cap Canaveral plus longue, sonnant au passage la fin de la bronzette pour les a lligators. stratolaunch.com
Datas du Strato Lanceurs
Pegasus
MLV
Charge utile : 370 kg
Charge utile : 3,4 tonnes
MLV - lanceur lourd
Navette spatiale
Charge utile : 6 tonnes
Charge utile moyenne ou passagers
Dimensions
UNE ENVERGURE DE 117 MÈTRES SOIT 29 MÈTRES DE PLUS QUE L’ANTONOV AN-225.
Moteur Six turboréacteurs Boeing 747 pouvant transporter 227 tonnes de charge utile.
Envergure
117 m
88 m
An-225
3 Plan de vol
1
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L’avion atteint son altitude de croisière.
Décollage
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TOM GUISE
10 668 m d’altitude
STRATOLAUNCH CHRISTINA NOCK
La charge utile est libérée et se met sur orbite.
Retour à la base en attendant la prochaine mission.
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Sriracha
E
n 2015, Kylie Jenner, mannequin et star des réseaux sociaux, poste un selfie pull rouge et cheveux verts avec cette l égende : « Nous sommes tous fans de Sriracha », occasionnant plus de 1,1 million de likes. Un hommage que cette sauce piquante n’a pas attendu pour s’imposer de manière unique. David Tran, réfugié vietnamien arrivé à Los Angeles en 1980, est l’inventeur de la Sriracha, une sauce piquante à base d’une épice douce produite à Si Racha (Thaïlande). Il baptise son entreprise du nom du cargo sur lequel il a fui le Vietnam, le Huy Fong, et utilise son signe du zodiaque chinois, le coq, comme logo. « Je n’avais aucune attente », se souvient Tran, 72 ans. L’an dernier, Huy Fong Foods a vendu plus de 35 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 109 millions de dollars. Tran attribue son succès au fait de ne pas avoir déposé le nom Sriracha.
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TOM GUISE
Ce condiment fait partout sensation. Une recette magique défiant toutes les règles du guide de l’entreprise.
Il n’a jamais eu recours à la publicité non plus, réalisant que ses imitateurs étaient ses meilleurs ambassadeurs auprès des clients. En 2013, le fabricant de chips Lay’s lance la saveur Sriracha, et en 2016 Lexus sort une voiture rouge vif au nom de la sauce, boostant la popularité de celle-ci. Avec un prix resté inchangé, les restaurants privilégient Huy Fung Foods à la concurrence. L’entreprise ne poursuit pas non plus ceux qui utilisent son logo pour du pop-corn, de la viande séchée ou de la bière : « Nous accordons des licences libres de droits en échange de l’autorisation à vendre ces produits dans notre boutique », précise Donna Lam, directrice des opérations. L’homme d’affaires américain Mark Cuban a même créé un porte-clés Huy Fung Sriracha. L’an dernier, une bouteille de la sauce a été vue flottant dans la Station spatiale internationale – l’apothéose pour Tran. « Mon rêve n’a jamais été de devenir milliardaire, confie-t-il. C’est l’amour d’une sauce épicée bien faite qui a toujours été la motivation première. » huyfong.com
En 1980, David Tran produisait sa sauce dans un local de 460 m². Aujourd’hui, ses locaux totalisent 60 000 m².
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ALAMY, HUY FONG FOODS INC
LA SAUCE SECRÈTE DU SUCCÈS
La clé d’une sauce réussie ? Les piments sont cueillis et transformés dans la même journée.
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B UL L EVA R D
Reims, France
PLUS VITE QUE LA GRAVITÉ
Si le sprinteur du siècle Usain Bolt (32 ans, au centre) prend son envol, ce n’est pas dû à son départ explosif ! Il fait une course en apesanteur avec l’astronaute Jean-François Clervoy (à g.) et le designer industriel Octave de Gaulle, à bord d’un Airbus A300 Zero-G. La raison ? La présentation d’une bouteille de champagne pour touristes de l’espace.
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REUTERS
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Excalibur wall
UNE AUTRE MONTAGNE
Lassé de ne pas avoir de montagne à escalader dans son plat pays, un grimpeur finit par en créer une.
Gert van der Veen : proprio du centre d’escalade Bjoeks et créateur d’Excalibur.
GERT VAN DER VEEN
TOM GUISE
es Pays-Bas sont l’autre plat pays. Une réalité frustrante pour Gert van der Veen, jeune alpiniste en herbe et adolescent en 1982. Il renonce à son rêve pour devenir tour à tour avocat, cadre en relations publiques puis politologue sans jamais vraiment s’épanouir. La montagne l’obsède, mais la plus proche est à 500 m. En 1996, il décide en désespoir de cause de se construire son propre mur. À Groningue, Excalibur, clin d’œil de van der Veen à l’épée légendaire, est une lame d’acier de 37 m de haut avec un dévers de 11 m, « elle s’enfonce dans une immense dalle en béton ». Craintifs et novices s’abstenir. « Cela exige une bonne maîtrise technique. Les débutants disposent de cordes accrochées au sommet, mais cela reste une expérience qui se mérite. » Le mur de 45 tonnes résiste à des vents de force 12, grâce à sa flexibilité. Le gravier amortit la chute, mais s’avère vain au-delà des premiers mètres. Car pour van der Veen l’essentiel était de reproduire les émotions authentiques d’une escalade en plein air. « Une sensation de liberté au cœur des plaines », conclut-il. bjoeks.nl
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Photo © stefcande.com
ANOTHER BEST DAY
SKIEZ SANS LIMITE
TEmplAR impAcTS
ExpERiENcE 88 Ti
AllTRAck pRO 110 lT
L’aventure est partout, sur les pistes parfaitement damées, sur une pente vierge à quelques encablures d’un télésiège, ou dans un champ de bosses bien engagé, soyez créatifs et n’ayez plus aucune limite ! La fusion des technologies inspirées de la course avec celles issues du freeride offre désormais une pratique moderne universelle: celle du Ski dans toute sa diversité.
B U L L EVA R D
Comment…
Résister au choc de l’eau froide
SURVIVRE SOUS LA GLACE SIBÉRIENNE
« En tombant dans l’eau avec une température extérieure de − 54 °C, vous rentrez rapidement en hyperventilation, le manque d’oxygène autour du corps favorisant le phénomène. Contrôler sa respiration est primordial pour lutter contre le choc de l’eau froide. »
Tom Hardy est connu pour ses rôles virils, mais en plongeant dans l’eau glacée de l’Arctique, il livre sans doute la plus difficile de ses performances.
Ne brisez pas la glace
Le lac Baïkal est gelé de janvier à mai. Hardy et Kane ont dû y passer en voiture.
« Les gens nagent naturellement vers l’avant, mais cela brise la glace censée être votre salut. Repérez d’abord la zone du trou où la glace est la plus épaisse. Posez-y vos mains aussi loin que possible sans la casser, les jambes à plat derrière vous sans les remuer. Si vous avez un sac à dos ou des bâtons de ski, sortez-les en priorité, puis hissez-vous hors de l’eau à la force des bras. »
Préparez-vous à la défaillance
Tom Hardy, acteur, et Aldo Kane, explorateur qui assiste les équipes de tournage en situation extrême.
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Surveillez vos arrières
«Si vous passez à travers la glace avec un sac à dos sur les épaules, la première chose à faire est de s’en délester. Quand je marche sur de la glace, je porte le sac sur une seule épaule. Optez pour un sac à dos imperméable qui servira de bouée de flottaison. »
Séchez-vous rapidement
« Ayez toujours des vêtements de rechange secs. Retirez ceux qui sont mouillés et roulezvous dans la neige pour vous sécher. Trouvez ensuite un abri et enfilez les vêtements secs. Il m’est arrivé d’être déjà en hypothermie une fois hors de l’eau. Ma tension artérielle chutait, et le froid ne faisait qu’empirer mon état. J’ai sauté dans le Land Rover avec le chauffage en marche, et me suis réchauffé lentement avec une boisson chaude. »
Instagram : @aldokane THE RED BULLETIN
MATT RAY
Hardy, vedette du documentaire. « Pour nous entraîner, nous avons fait un trou dans la glace, explique Kane. Tom a sauté dans une eau presque deux fois plus froide que celle utilisée en exercice par les Marines. C’est un vrai dur à cuire. » Kane livre cinq conseils si la glace cède sous vos pieds.
TUUL AND BRUNO MORANDI/ALAMY, ALDO KANE
L
a ville d’Oïmiakon en Sibérie est l’endroit habité le plus froid au monde. « Jetez de l’eau bouillante en l’air, elle se transforme illico en poussière de glace, explique Aldo Kane, expert en survie. Perdez vos gants et vous y laisserez vos doigts. Le froid est tel qu’il brise les tuyaux en caoutchouc, alors on ne coupe jamais les moteurs des véhicules. Et si vous passez à travers la glace sibérienne, paix à votre âme. » Pour le film de 2013 Driven To Extremes: Coldest Road, Kane, un ex- Marine de la Royal Navy de l’armée britannique, fait appel à son expérience de l’Arctique pour acclimater l ’acteur Tom
« Le corps commence à ne plus répondre lorsque le sang se concentre autour des organes vitaux et se retire des extrémités – les premières gelures et engelures se font alors sentir. L’eau est au-dessus de zéro, mais constitue un excellent conducteur de chaleur, du coup l’hypothermie menace. Hors de l’eau, le corps ne répond plus. À − 54 °C, l’eau restée à la surface de la peau gèle, causant d’irrémédiables dommages. »
L’ É VO LU T I O N CONTINUE A PA R T I R D U 5 N O V E M B R E . | V I S I T E Z B U R T O N . C O M / S T E P O N P O U R P L U S D E D É TA I L S .
Les meilleurs freeskieurs au monde renoncent à tout contrôle sur les g laciers du massif du Titlis qui e ncerclent le village d’Engelberg (canton d’Obwald). Pourquoi ? PARCE QU’ILS VEULENT APPRENDRE QUELQUE CHOSE SUR EUX ET SUR LA VIE.
Grisant et flippant Texte WERNER JESSNER Photos OSKAR ENANDER 26
Le Suédois William Larsson réalise un backflip dans le désert de glace. Piers S olomon commente : « Le ski sur glace, c’est un frisson d’excitation. On va s’en payer sans compter. Ça aiguise les sens. »
P
as de poudreuse. Mais des champs de glace, des pentes lisses, et une avalanche de questions : est-il possible de descendre un glacier… à ski ? Un terrain qui n’offre aucune prise, sur lequel on ne peut ni diriger ni ralentir ? Et sur lequel on accélère comme en chute libre ? Est-il possible de lâcher tout contrôle, de s’en remettre entièrement à la force des éléments et de s’en sortir indemne ? Comment anticipet-on une épreuve à laquelle aucun entraînement ne prépare vraiment, car ce n’est qu’une fois en plein dedans qu’on ressent toute sa puissance ? Le photographe Oskar Enander et quelques-uns des meilleurs freeskieurs au monde s’y sont frottés. « C’était plus raide et bien pire que ce à quoi je m’attendais, raconte Henrik Windstedt. J’avais l’impression de skier sur des plaques d’acier, et il n’y avait aucune prise sur la p aroi. » Malgré un effort de visualisation o ptimal, m algré la routine et le savoir-faire, l’issue de leur entreprise restait en majeure partie incertaine. « L’espace de quelques instants, vous faites aveuglément confiance aux forces de la nature, comme les surfeurs de big wave. Ce genre d’expérience vous inculque l’humilité et force le respect vis-à-vis de l’environnement, résume Piers S olomon, natif des Alpes suisses. Le contrôle absolu est une illusion. Il est nécessaire de se remémorer cela de temps à autre. » 28
1 RE E X P É R I E N C E
EN CAS DE DOUTE, ALLER TOUT DROIT « Ce n’est pas skiable ! », se dit Oskar Enander, auteur de cette photo, en suivant des yeux le duo suédois Johan Jonsson et Henrik Windstedt. « J’entends encore leurs skis taper contre la glace, bam-bam-bam. D’un coup, ils étaient en bas. Ils l’avaient fait. » Comment ? En choisissant le chemin le plus court. En cas de doute, filer tout droit. Ça vaut pour la glace et toutes les situations délicates du quotidien.
2E EXPÉRIENCE
LA PREMIÈRE FOIS EST LA PLUS JOUISSIVE Ses parents sont moniteurs de ski, il a grandi avec des skis aux pieds et il est actuellement le meilleur freerider de toute l’Argentine. Mais même si les murs de glace des Alpes suisses ont fait plier Santiago Guzman, elles ne lui ont pas volé son radieux sourire.
3E EXPÉRIENCE
VISUALISEZ VOTRE DÉPART ET VOTRE ARRIVÉE, ET ENTRE LES DEUX, LÂCHEZ PRISE ! Les athlètes (ici, l’Américain Marcus Caston) ont consacré beaucoup de temps à la recherche du meilleur angle pour appréhender les descentes et trouver des zones enneigées pour freiner. Entre les deux, c’était la chute libre. « L’accélération sur les plaques de glace était démente », selon Henrik Windstedt.
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4E EXPÉRIENCE
VOUS AVEZ PEUR ? TRÈS BIEN. APRÈS COUP, VOUS EN SEREZ FIER ! Piers Solomon négocie un gigantesque champ de glace sur le versant nord-ouest du Steinberg. Freiner, contourner, contrôler ? Rien de tout cela.
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5E EXPÉRIENCE
SAISISSEZ L’OPPORTUNITÉ. MAINTENANT !
Piers Solomon (ici, en l’air) et Oskar Enander avaient repéré ce spot singulier entre la roche et le glacier, et l’avaient déclaré skiable, du moins sur le moment. « Quelques jours plus tard, un énorme bloc de glace avait cédé et bouché l’entrée de la grotte. Le spot n’existe plus. »
6E EXPÉRIENCE
L’ILLUSION DU CONTRÔLE ABSOLU Ceci n’est pas une patinoire bien entretenue, c’est de l’eau gelée dans son état le plus naturel. Tous les signaux d’alarme sont enclenchés. On se concentre sur sa ligne, et on lâche prise. Piers Solomon a baptisé cette descente : « Rodéo à la montagne ».
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Figure incontournable de l’industrie musicale américaine, Pusha T reste encore cantonné, en Europe, à la scène hip-hop.
La rime franche Il allume son boss au grand jour, lequel n’est autre que Kanye West. Il refuse de fabriquer des hits. Et, surprise, il livre l’un des meilleurs albums hip-hop de l’année. The Red Bulletin vous ouvre la voie de l’Américain PUSHA T. Texte JÜRGEN SCHMIEDER Photos FABIEN MONTIQUE
P our qui veut comprendre quel type d’homme est Pusha T, il lui suffit d’écouter très attentivement la chanson Infrared qui égrène subtilement les commentaires sur l’industrie musicale et les attaques contre Donald Trump. “When the CEO’s blinded by the glow it’s different“ (trad. C’est différent quand le patron est aveuglé par tout ce qui brille). Les paroles, par ailleurs bourrées de sous-entendus, sont autant de balles tirées sur la politique et la société, à la manière d’un bon vieux titre old school. La phrase ci-dessus, a llusion directe à Kanye West, démontre que le rappeur répondant dans le civil au nom de Terrence LeVarr Thornton, a une sacrée paire de couilles. L’offense la plus recherchée fait partie du hip-hop autant que de la boxe, évidemment. C’est pourquoi il est important de savoir que Thornton est lui-même patron du label G.O.O.D. Music depuis trois ans. Lequel appartient à Kanye West. Ce morceau et l’album Daytona (paru cet été) ont été créés pendant les Wyoming Sessions, pour 38
Go West! Pusha T, qui vit a ujourd’hui à Los Angeles, a grandi à Virginia Beach (Virginie).
« Je m’autorise le luxe de prendre mon temps et de ne balancer un morceau que quand j’en suis entièrement satisfait. »
l esquelles West s’était retiré dans un studio à la montagne, un voyage à la fois créatif et spirituel – d’après lui – et où il a produit cinq albums, un pour lui et quatre pour d’autres artistes : un solo pour Nas, Teyana T aylor et Pusha T, et un en duo avec Kid Cudi. De ces cinq albums, c’est le Daytona de Pusha T qui, à la surprise générale, a été l’un des albums hip-hop les plus aboutis de l’année. De ce Pusha T, on peut en apprendre un rayon sur la vie, l’univers et tout le reste. Il n’y a pas de honte pour un Européen à ne pas (encore) connaître celui qui témoigne du quotidien des Afro-Américains depuis plus de deux décennies, en duo (avec son premier groupe, Clipse) ou solo. Le bruit court que Pusha T serait l’auteur du jingle de McDonald’s I’m loving it… Le rêve américain pour Thornton, ce n’est pas tant devenir célèbre que de gagner en liberté et suivre son propre chemin sans en dévier. « Au bout de toutes ces années, je peux m’offrir le luxe de prendre mon temps et ne balancer un morceau que quand j’en suis entièrement satisfait », déclare-t-il à The Red Bulletin un jour de battement entre deux concerts à Detroit et Chicago. « Je me vois comme un artisan du texte, je peaufine mes métaphores, je raconte une histoire et peins une image avec des mots. Ça n’a pas l’ambition de plaire à tout le monde. Je me focalise sur une petite communauté qui comprend vraiment ce que je veux dire. » Cette communauté a bien poussé. Daytona atterrit en troisième place des charts américains. Thornton, né il y a 41 ans dans le Bronx, a grandi un peu plus au sud sur la côte est, à Virginia Beach, dans l’État de Virginie. Il commence à se faire de l’argent non pas avec sa musique mais en revendant des substances illicites. Avec la complicité de son frère Gene, aka No Malice, avec
l equel il formera Clipse, il refourgue de la cocaïne. Tandis qu’un type du coin n’arrête pas de les baratiner avec « sa putain de musique », dixit Pusha T. Le type en question, c’est le fameux Pharrell Williams, de l’entité de production The Neptunes, aujourd’hui mondialement connu et incontestablement l’une des pointures les plus influentes de la pop. Williams a le chic pour dédramatiser : « Quand ça va mal, dites-vous qu’il y a quelqu’un sur Terre qui va plus mal que vous. Je suis convaincu qu’à la fin, ce sont toujours les bons qui gagnent. » De Pharrell, Pusha T retiendra notamment cette dynamique positive et de persévérance. « Pharrell m’a appris à toujours viser l’exceptionnel et ne pas me satisfaire de la première idée venue. C’est un prof fantastique. Voilà le message que j’aimerais faire passer aux jeunes artistes : trouvez votre voix/ voie et efforcez-vous de ne toujours vouloir que le meilleur du meilleur. » C’est exactement ce que Pusha T a réalisé avec Daytona : un chef-d’œuvre minimaliste au succès tant artistique que commercial qui offre enfin à Pusha, la quarantaine passée, une place dans le mainstream (américain, du moins). L’album est un recueil de chansons sur son vécu et la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui : il y parle de Trump et du mouvement #MeToo. En parallèle, il poursuit ses joutes verbales avec Drake qu’il accuse d’avoir fait un bébé à une star du X (ce que Drake a reconnu) et d’employer un ghostwriter pour écrire ses textes (ce que Drake a plus ou moins avoué). « Il a attaqué ma bonne foi, dit Thornton. Celui qui en met plein la vue ne doit jamais déterminer les actions de celui qui est loyal. » L orsqu’il n’est pas sur scène, Thornton est poli et modeste. Pendant notre entretien, il réfléchit longuement avant de nous 39
La galaxie de Pusha T Amis, protecteurs, ennemis : Pusha T entretient des liens plus ou moins… disons, affectueux selon la superstar dont il est question. Guide de la constellation d’une grande étoile du rap.
Pharrell Williams Le propulseur C’est à Virginia Beach que la star de Happy se lie d’amitié avec Thornton, le pousse à faire ses premiers pas dans le hip-hop, et lui procure même un contrat avec une maison de disques. Il l’a accompagné tout au long de sa carrière.
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Kanye West Un boss influent La star du rap signe Pusha T sur son label G.O.O.D. Music en 2010 et l’en nomme président en 2015 pour l’optimiser.
Grimes La collègue, puis l’amie En 2012, la Canadienne apparaît avec Pusha T sur un remix du rappeur Dominic Lord. En 2018, Pusha T invite Grimes à son mariage à Virginia Beach.
Kim Jones L’assurance style Le nouveau directeur créatif de Dior Homme a dessiné le costume de cérémonie de Pusha T pour son mariage : veste blanche et pantalon de smoking noir. Le rappeur est un fan de longue date de la marque française.
THE RED BULLETIN
Lil Wayne L’ennemi originel En 2006, alors qu’il fait partie du duo Clipse dans leur titre Mr. Me Too, Pusha T embrouille Lil Wayne pour une histoire de fringues. Leur battle de chiffonniers par réseaux sociaux interposés commence.
Drake Le rappeur qu’il se plaît à humilier
Timbaland
GETTY IMAGES (7)
Un terrain commun Ce producteur et Pusha T vivaient à quelques bornes l’un de l’autre à Virginia Beach (comme Missy Elliott, pour laquelle Timbaland créera des bombes) et se sont influencés musicalement. En 2015, il produira le single de Pusha T, Untouchable.
THE RED BULLETIN
Le rappeur canadien est historiquement dans le viseur de Pusha T (« la gloire lui est montée à la tête ») car il est sous contrat avec Lil Wayne. En 2012, Drake lance des piques avec la chanson Tuscan Leather, et la querelle repart de plus belle. En 2018, Pusha T sort Story of Adidon avec une photo de 2006 sur laquelle on voit Drake, visage maquillé de noir, comme dans une mascarade raciste en mode blackface. Drake s’en expliquera sur Instagram, mais Pusha s’en tape.
r épondre d’une voix à peine audible. Cet homme a fait envoyer un camion-citerne d’eau potable dans le Michigan à l’époque du scandale sanitaire sur l’eau contaminée au plomb. Cet homme s’affichait ostensiblement pro- Hillary Clinton pendant la campagne électorale pour les élections présidentielles de 2016, et préconisait à Donald Trump, à coups de tee-shirt à message, de supprimer son compte Twitter. « Il me tenait à cœur de m’exprimer et de me positionner sur ces sujets, déclare-t-il. Des catastrophes comme la crise de l’eau potable sont la preuve irréfutable que la politique échoue dans ses engagements et que c’est à nous, citoyens, de prendre nos responsabilités. » De l’autre côté, vous avez Kanye West avec Ye vs. The People, morceau dans lequel il soutient qu’il aurait donné un nouveau sens au slogan Make America Great Again barrant la casquette rouge de Trump. Avec des paroles comme : « J’ai développé l’empathie, la sollicitude, l’amour et la sympathie. » Avant cela, Kanye West fut vivement critiqué pour avoir été vu plusieurs fois coiffé de la casquette de Trump. Les deux amis ne se seraient-ils pas méchamment embrouillés à ce propos pendant qu’ils bossaient en studio sur D aytona ? « C’est un des nombreux sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord. Cette casquette, c’est l’habit du Ku-Klux-Klan de cette génération, poursuit Pusha T. Nous en avons discuté en long et en large. On parle d’êtres humains bien réels, de persécution, d’injustices, de vie et de mort, de familles divisées… Il faut se montrer circonspect. Je suis un type loyal, honnête et droit. Je dis ce que je pense. Et Kanye sait maintenant qu’il a plutôt intérêt à éviter de parler de ça quand je suis dans les parages. » Il dit aussi, et c’est important qu’il l’exprime
exactement ainsi : « Je crois que toute cette agitation a fait du bien à l’album. Kanye est un historien de la musique, un gardien, il en sait plus que personne sur ce rayon. Et il sait aussi pertinemment que je suis toujours sincère et que je dis ce que je pense. Il comprend pourquoi une de mes punchlines doit se trouver à un endroit précis, il comprend sa raison d’être là. » Thornton peut donc se permettre d’être cash avec son boss tout en restant fidèle à lui-même. West est-il capable de faire la part des choses et de séparer le politique de l ’artistique ? Thornton quant à lui semble totalement intransigeant sur les questions qui préoccupent sa nation et les Afro-Américains en particulier. C’est cette rigueur qui fait de Pusha T l’un des artistes les plus fascinants du m oment, car il devrait influencer encore longtemps le hip-hop à la fois comme artiste et comme homme d’affaires. Si nous sommes désormais mieux informés à propos de son profil, il reste toujours délicat de d échiffrer les nombreux sous-entendus dissimulés dans ses textes. C’est pour cela qu’il les explique sur le portail Genius : « Je veux donner la possibilité à mes auditeurs de décoder mes métaphores et ainsi vraiment comprendre ce que je veux dire. » Pusha T parle beaucoup car il a beaucoup à dire. Et nous avons beaucoup à apprendre de Terrence LeVarr Thornton. Il suffit de l’écouter. Enfin, Pusha T nous confirme qu’il est bien l’auteur du jingle pour la plus célèbre des chaînes de fast-food américain. « Absolument ! À 100 % ! » Instagram : @kingpush
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THE BULLETRIED TESTÉ P N A O VO U S U R
L’AUTRE GLISSE
Plus question de parler d’un loisir : en Allemagne, la discipline sportive de GLISSE SUR TOBOGGAN AQUATIQUE a le vent en poupe. Notre auteur s’est entraîné une matinée durant avec le champion allemand Sven Schubert – et a défié le colosse de 100 kilos sur le Black Mamba. Texte DAVID MAYER Photos KONSTANTIN REYER
Il a tout bon Le champion de descente de toboggan Sven Schubert (chimiste au quotidien) suit la trajectoire idéale dans le parc aquatique Galaxy Rutschenwelt en Bavière.
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T
out à coup, le vent généré par la vitesse siffle autour de mon visage, les joints du toboggan en acier défilent de plus en plus vite sur mes omoplates, et au-dessus de moi, les arcs de la coupole en verre tourbillonnent. Je viens de lever mes fesses en position de course pour la première fois et suis époustouflé par l’accélération instantanée. Un sentiment grisant s’empare de moi, avant de disparaître d’un coup lorsque, dans un double virage, mes jambes basculent brusquement et que je dois rétablir l’équilibre en tendant mes bras vers le côté. À peine recentré, j’atterris déjà dans le bassin d’arrivée et l’eau s’engouffre dans mes narines ; je refais surface le cœur palpitant : voilà ce que l’on ressent lors d’une descente de glisse sur toboggan aquatique. « Pas mal ! », s’exclame Sven depuis le bord de la piscine – et rajoute : « Mais viens essayer autre chose que le toboggan pour familles. » Nous sommes un mercredi à la fin de l’été, dans le parc aquatique Galaxy Rutschenwelt aux bains d’Erding près de Munich. Depuis ce matin, le quadruple champion d’Allemagne de descente de 44
Avez-vous l’étoffe d’un glisseur ?
t oboggan, Sven Schubert, essaie d’améliorer mon niveau sur le toboggan aquatique. Pourquoi donc ? Lors d’une recherche sur internet, je suis tombé sur Sven par hasard et ai été instantanément électrisé : comment pratique-t-on la glisse sur toboggan aquatique ? Comment un adulte en arrive-t-il à pratiquer ce sport ? Et quelle aubaine cela serait-il, un jour, de donner des tuyaux à mon fils qui vient d’avoir deux ans et demi – vu que je ne risque pas de lui apprendre grand-chose en matière de construction de machine à vapeur ou de systèmes planétaires. Lorsque je passe un coup de fil à Sven pour lui parler de mon idée d’entraînement à deux, il me rétorque : « Bien sûr, on va se faire ça ! »
L
e règlement pour les courses de glisse est très simple : la personne qui descend le plus vite, les pieds en avant, sur un toboggan aquatique équipé d’un chronomètre a gagné (en réalité, c’est un peu plus complexe – on y reviendra). Sven parle d’un groupe de mordus de
UNE QUESTION DE POIDS Notre auteur doit encaisser une première défaite lorsqu’il prend sa douche, car Sven (à gauche, 98 kilos) pèse plus que lui (72 kilos). Et plus le glisseur est lourd, plus sa vitesse p otentielle est élevée. C’est la raison pour laquelle l’association prévoit des catégories de poids.
(FONDA)MENTAL Pour atteindre des vitesses défiant toute concurrence sur un toboggan, il faut surtout un bon mental en plus de la tension du corps et de la technique. « La glisse est un sport mental, dit Sven. Un simple mauvais mouvement du pied au départ peut décider d’une victoire ou d’une défaite. »
THE RED BULLETIN
Incroyable… … mais vrai ! Notre auteur (à droite) est en tête lors du virage. La raison ? Le champion de la glisse lui a laissé deux secondes d’avance au départ.
Les règles sont simples : ne glisser ni sur les coudes ni sur les genoux, pas de crème, pas d’huile et pas à poil.
La torpille Le pro de la glisse Sven Schubert fonce avec une tension du corps maximale : sur toboggan, l’ancien amateur d’aviron et fan d’échecs utilise ses capacités physiques autant que tactiques.
Faut que ça glisse Sven (en haut à droite) et notre auteur s’entraînent à faire des virages par transfert de poids sur les omoplates.
la glisse sur toboggan qui veulent en faire un sport d’envergure en Allemagne. Pour être en tête de l’élite nationale de la glisse, il suffit au chimiste de s’entraîner une fois par semaine, sur son toboggan local à Hanovre. Pour l’instant. « La concurrence n’est pas loin », dit Sven au téléphone. Lors des compétitions qui ont lieu le week-end, ce sont désormais des centièmes de seconde qui font la différence. Au niveau international, la discipline a également du succès. En Norvège, la star de la glisse saute dans le toboggan au démarrage. « Mais ça ne rapporte quasiment aucun avantage côté temps », estime Sven. Le jeune homme de 26 ans est arrivé la veille de Hanovre, et maintenant, à 9h30, soit trois heures et demie avant son ouverture officielle, nous nous tenons fraîchement douchés à l’entrée de l’aquaparc d’Erding. Dix-huit toboggans différents s’entremêlent sous un dôme de 25 mètres de haut, il y en a pour tous les goûts : toboggan pour bébé, avec tremplin ou encore le toboggan grande vitesse, le Fazer (72 km/h). « Pour faire de la glisse de compétition, les toboggans de vitesse moyenne allant jusqu’à 50 km/h sont les meilleurs », explique Sven. Les variantes encore plus rapides sont habituellement toutes droites, donc c’est simplement la personne la plus lourde qui gagne. Pour notre entraînement, nous choisissons trois toboggans, du plus facile au plus difficile : le Family Slide, le Speed Racer et le Black Mamba.
Introduction sur la technique : trois points pour foncer Pour commencer, nous nous entraînons au bord de la piscine. Sven, presque 100 kilos, musclé jusqu’au petit orteil, se couche sur le carrelage. Il croise les jambes au niveau des chevilles, allonge les bras derrière la tête (les pointes des doigts se touchent) et tend son corps vers le haut, de sorte que son talon gauche et ses omoplates soient les seules surfaces de contact. « Et maintenant, on contracte tout, s’exclame-t-il. Serre bien les pieds et les doigts. » THE RED BULLETIN
« La glisse sur toboggan aquatique est un sport mental, dit Sven le pro. Un simple faux mouvement avec le pied lors du départ est décisif. » Il ressemble un peu à un bodybuilder qui essaierait de faire la danse du sapin abattu dans une école Waldorf. Grâce à une tension du corps à peu près correcte, j’arrive à effectuer la position à trois points de contact du premier coup, mais mes jambes se mettent à trembler au bout de 20 secondes. « C’est bien plus amusant sur le toboggan », dit Sven pour me rassurer et se dirige vers le F amily Slide. Le but du jour qu’il me fixe : moins de 19 secondes pour descendre sur le Black Mamba.
Entraînement à sec et science des matériaux
S
ven s’est retrouvé glisseur de compétition un peu par hasard. Lors de ses études de chimie, en allant à la piscine d’Osterode (Basse-Saxe) avec ses condisciples, il voit une inscription pour un concours de descente de toboggan. Il y participe pour s’amuser et se retrouve deuxième. Une histoire à succès qui suit son cours : Sven devient membre de l’union allemande de sport de glisse sur toboggan, participe à des concours dans toute l’Allemagne et remporte les championnats allemands tous les ans, depuis 2014. Dans le milieu, c’est une star. Sauf que le milieu n’est pas très grand. Il y a à peu près quarante glisseurs de compétition en Allemagne, estime Sven. Ils s’entraînent régulièrement et voyagent pour se rendre aux compétitions. Presque toutes les courses de glisse sont ouvertes à tout le monde, donc un grand nombre de participants est issu de la population locale, qui font ça pour s’amuser une fois, sans jamais recommencer dans le cadre d’une compétition. Il suffit d’un toboggan équipé d’un chronomètre. Les règles sont simples : ne pas glisser tout nu, ni sur les coudes ou sur les genoux, et ne pas utiliser d’huile ou de crème.
LA GLISSE N’IMPORTE OÙ ou presque. Du moins pour ce qui est de l’entraînement. Pour perfectionner la technique à trois points (voir les indications à gauche), Sven recommande de se mettre en position de glisse de compétition dans toutes les situations possibles – comme dans son salon, devant la télé.
LES DÉTAILS Sven adapte sa technique au matériau du toboggan. Il soulève bassin et fessiers pour ne mettre en contact avec la surface que la partie supérieure du dos. Pour quelle raison ? Aucune idée, mais ça marche, en tout cas sur l’acier.
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N
ous répondons largement à tous ces critères lorsque nous nous élançons pour la première fois sur le toboggan Family Slide depuis la barre de fer – un simple toboggan en acier, ouvert, avec une pente moyenne pour les petits et les grands. Un bruit de tonnerre résonne dans l’aquaparc lorsque Sven se jette sur la trajectoire, et tandis que je suis encore épaté par le son qui résonne, le bras de Sven apparaît trois virages plus loin. Aucune idée comment il a fait pour arriver là aussi vite, mais voilà que c’est déjà mon tour. Peu avant, Sven m’a montré sa routine de départ : pour une adhésion maximale à la barre, il commence par bien se sécher les mains, puis la barre, avec une serviette de bain. Puis il la saisit, la secoue (« pour créer une tension »), place ses pieds à environ 1,50 mètre derrière, saute en l’air trois fois et, lors du troisième saut, il se jette sur le toboggan. Je n’ai aucun mal à tout bien sécher, le reste prend un peu plus de temps. La première fois, je jauge tellement mal le moment où lâcher la barre que je percute le toboggan avec le dos (je sens encore mes contusions à la colonne vertébrale en écrivant ces lignes). Mais avec chaque nouvel essai, mon départ devient plus souple, et lors du septième départ, j’ai l’impression de voler jusqu’au premier virage. Sven hoche de la tête avec satisfaction. Le sport en soi est encore bien plus important à ses yeux que sa propre carrière de glisseur. « Peutêtre pourrons-nous organiser une sorte de compétition fédérale à partir de l’année prochaine. » Pour l’instant, il passe beaucoup de temps à persuader les piscines d’organiser des compétitions, car comme il l’explique, « les courses sont le meilleur moyen de trouver des adeptes de cette discipline ». Avec son association, Sven propose des kits de compétition de glisse en échange d’une modeste indemnisation – avec des formulaires d’inscription, des diplômes et des coupes. Il y a une cinquantaine de compétitions par an en Allemagne, avec une tendance à la hausse. La haute saison pour les compétitions est lors des mois d’hiver. 48
« En été surtout, les toboggans en plastique ont tendance à sécher à cause du soleil, ils deviennent rugueux », explique Sven, qui ne peut réprimer une grimace rien que d’y penser.
Départ à la barre pour les plus expérimentés
L
es conditions sont idéales (un matin de septembre frais, le soleil encore t imide) lorsque Sven et moi montons vers le Speed Racer, un toboggan double et ouvert de 14 mètres de haut et 130 mètres de long, relativement raide. Dans une ligne droite, j’arrive à prendre tellement de vitesse grâce à ma technique à trois points que je me retrouve sur le ventre au virage suivant. « Tu viens d’effectuer ton tout premier flip », me félicite Sven lorsque j’atterris dans la piscine. Il rajoute en passant qu’il n’y a plus de courses effectuées sur ce toboggan depuis qu’un glisseur a failli être éjecté complètement dans un virage. Pas franchement rassuré, je refais quelques tours et réalise que je gagne en assurance à chaque descente. Mon corps sent les virages avant qu’ils n’arrivent et se penche vers le côté au bon moment. En clair : chaque toboggan est différent, et plus on le descend souvent, mieux on s’y adapte.
À SEC Pour un départ en flèche, il faut une prise en main maximale et une barre parfaitement sèche (comme les mains). Avant chaque descente, séchez-la bien avec une serviette de bain. Si les mains brûlent légèrement après le départ parce qu’elles ont frotté contre l’acier, c’est bon signe.
En piste : bien connaître le p arcours pour gagner du temps Cela semble banal, mais c’est une différence de taille entre Sven et ceux qui pratiquent la glisse pour s’amuser, comme moi. Sven fait ses descentes avec un certain
ET C’EST PARTI Tenir fermement la barre avec le pouce, prendre de l’élan en sautant ou en balançant la jambe, passer en dessous comme aux barres fixes et atterrir après un bref envol à la verticale (c’est normal si ça tape un peu).
Dans une ligne droite, j’arrive à prendre tellement de vitesse grâce à ma technique à trois points que je me retrouve sur le ventre au virage suivant. « Tu viens d’effectuer ton tout premier flip », me félicite Sven. THE RED BULLETIN
Le charme discret… … d’un dos. Les reins de Sven sont rouges à force d’avoir glissé sur des kilomètres et des kilomètres.
s ystème, il réfléchit à une stratégie pour chacune de ses courses et arrive toujours la veille des compétitions pour se familiariser avec le toboggan. Au téléphone, il m’a bien fait comprendre qu’il fallait absolument que je regarde des vidéos en ligne des toboggans (il en existe toujours, pour chaque toboggan de la planète), afin de bien mémoriser le parcours. J’y ai consenti avec réticence et n’ai regardé chaque vidéo que deux ou trois fois sans trop me concentrer. « C’est tellement chouette de faire ces descentes en glissant que je ne remarque même pas qu’il faut remonter toutes ces marches », luidis-je au bout de la trente-sixième descente. « Oui, répond-il sèchement, mais tu te rends compte de l’effort fourni avec ta performance de glisse qui décline. » Et lorsque je me perds à regarder le photographe lançant son drone avant de prendre le départ du troisième et dernier toboggan, Sven me regarde l’air légèrement agacé parce qu’il préfèrerait étudier le parcours avec moi encore une fois. Pour lui, le loisir est devenu un sport axé sur les résultats. Sven aime le regard intéressé des gens lorsqu’il leur dit qu’il est glisseur de compétition, mais lorsqu’il s’entraîne, ça ne rigole plus. Cela devient encore plus clair avant de démarrer sur le Black Mamba, un toboggan blanc et fermé de 14 mètres de haut et 145 mètres de long. C’est là qu’a lieu le championnat d’Allemagne – et notre dernière grande épreuve. Les visiteurs qui viennent d’arriver attendent derrière nous, mais cela n’a pas l’air de préoccuper Sven. Il tape dans ses mains, attrape la barre, respire bruyamment en sautant et se propulse dans la gorge du serpent lors du troisième saut. Une minute plus tard, les feux de signalisation sont verts pour moi. J’accélère à chaque virage, l’eau éclabousse mon visage, puis j’arrive à l’endroit que Sven m’a signalé. « Juste avant l’arrivé, il y a un tremplin, explique-t-il. Il faut que tu maintiennes ta position et que tu sautes par-dessus. » Je décolle effectivement, tout mon corps est contracté, et j’atterris en 50
Sven m’avait prévenu : « Juste avant l’arrivée il y a un tremplin, il faut le passer en sautant à un certain moment… » tapant sur l’eau. Lorsque j’atteins la piscine d’arrivée, le chrono affiche 19,84 secondes, croix de bois, croix de fer… « Ce n’est pas mal du tout comme temps », me rassure Sven, mais je vois bien à son regard qu’il est déçu lui aussi. Il voulait me faire passer sous la barre des 19 secondes. Nous regravissons les marches pour un ultime essai.
La dernière course : décoller une dernière fois pour le but ultime Tandis que je me traîne en montant l’escalier, je repense à mon dîner de la veille. À l’auberge à Munich, Sven m’avait raconté en passant qu’il était champion junior d’échecs de Basse-Saxe à treize ans avant de se mettre à l’aviron, où il a remporté le titre de vice-champion junior à huit. Lorsque je lui ai demandé le secret de son succès, il a réfléchi brièvement avant de répondre : « Je suis doué pour trouver les activités qui me vont bien. » Avec sa taille et son corps musclé par l’aviron, il est parfait pour descendre un toboggan aquatique à toute vitesse. Et comme il aime penser de manière stratégique – comme aux échecs – l’idée de développer et de promouvoir une nouvelle discipline sportive lui plaît beaucoup, même si la glisse sur toboggan existe depuis une trentaine d’années en Allemagne, il n’existe aucun manuel. Sven a développé l’intégralité de ses techniques lui-même, en s’inspirant de conseils qu’il est allé pêcher sur internet. Et même si c’est son loisir aussi, bien sûr, Sven a trouvé une mission qui lui va comme un gant. Lors de sa dernière descente sur le Black Mamba, le chrono affiche 17,32 secondes et Sven a atteint
son but (qui était de passer sous les 18 secondes). Moi, en revanche, j’accuse la fatigue de ces quatre heures d’entraînement. En accélérant, je n’arrive plus à garder la tête haute dans l’un des virages. Je sens les joints frôler mon crâne, puis je d écolle. En atterrissant, ma tête percute le toboggan, je vois des étoiles... et je n’arrive pas à m’expliquer comment j’ai réussi à améliorer mon temps à 19,15 secondes. C’est en tout cas la fin de mon entraînement, et mon objectif de passer sous la barre des 19 secondes attendra une prochaine fois.
C
e que je raconterai à mon fils de mon entraînement avec Sven, le champion allemand de glisse sur toboggan aquatique ? Par exemple que le plus important, une fois dans le tube, c’est la tension du corps (surtout en vol), que l’on peut tout diriger avec son talon et qu’il faut bien sécher la barre avant de se lancer. Mais surtout, je lui raconterai que Sven m’a montré quel beau parcours on peut faire lorsqu’on poursuit ses passions jusqu’au bout. Et là, nous glisserons jusqu’à faire chauffer nos omoplates sur le Family Slide. Retrouvez les dates des prochaines compétitions (pour l’instant seulement en Allemagne et en Suède) : drv-rennrutschen.com
Ça devient vite fun Notre auteur arrive à réaliser des virages impeccables (en haut) et n’oublie pas de remercier son maître (en bas).
TAK E F I V E
Le coureur Peter Thompson veut…
VOUS POUSSER À DÉPASSER VOS LIMITES Réalisé du 19 mai au 25 juillet, le Tour de France à pied (!) signifiait avaler 50 km par jour pendant dix semaines et grimper cinq fois l’Everest. L’Anglais de 34 ans explique que c’est sa force mentale plus que sa résistance physique qui l’a amené à franchir la ligne d’arrivée.
2 Identifiez votre motivation
Je suis incroyablement compétitif quand j’ai décidé de m’investir à fond. Collecter des fonds pour une cause m’est très important. Des amis ont souffert de troubles psychiques, et j’ai été témoin de la façon dont cela affectait leur vie. Ce fut un puissant moteur pour sensibiliser le public aux troubles mentaux. Cumuler les sources de motivation est une stratégie payante.
3 Fragmentez !
J’essaye de ne pas me projeter trop en avant. Je ne pense à la ligne d’arrivée qu’à la moitié de la course. Imaginez : 3 350 km en 70 jours, c’est une perspective redoutable. Alors je me concentre sur les prochaines 24 ou 48 heures. Sur la route du Tour de France, j’enquillais 50 km par jour que je fragmentais en blocs de 10 km. Je ne pensais qu’à finir un bloc pour arriver au suivant. Car quand vous êtes à 2 km du suivant, vous vous dites que vous êtes à mi-chemin, et à mi-chemin, vous êtes presque déjà aux 10 km suivants.
4 Sollicitez des appuis
Thompson s’entraîne à Bournemouth (Angleterre), sa ville d’origine. En 2017, il a couru 44 marathons en 44 jours consécutifs dans 44 pays d’Europe.
Pas besoin d’être un athlète de haut niveau ; il suffit de vraiment le vouloir. » PETER THOMPSON
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1 Même pas peur
Prendre le départ est souvent plus difficile que de finir la course. Il faut accepter la potentialité de l’échec. Cela ne vous rend pas faible, simplement réaliste. Si je m’écroule au bout de cinq jours, au moins, j’aurais essayé. Partez dans l’optique que vous avez réussi quelque chose : vous aurez consacré une période de votre vie à vous entraîner pour ça. L’un des plus gros défis consiste à se présenter au départ. On ne se pointe pas « juste pour voir ».
Un jour, mon genou s’est mis à enfler au point que je me suis demandé si je serais capable de courir le lendemain. Heureusement, j’étais avec un groupe d’amis. Ils m’ont rassuré et m’ont aidé à garder mon sang-froid. Même en étant le gars le plus motivé au monde, il y a des moments où l’on a besoin de se laisser porter par la confiance et la motivation de son entourage. Aussi têtu que je sois, j’avais besoin de leur soutien pour continuer.
5 Misez sur votre mental
Pas besoin d’être un athlète au top de sa forme pour faire ce que je fais ; par contre, il faut le vouloir vraiment. Pour relever le défi du Tour de France, je courais 6 à 7 heures par jour. N’importe qui avec un mental d’acier peut faire ça ou plus, sans être surentraîné. Les gens sont capables de réaliser bien plus que ce qu’ils imaginent. Entretien MARK WILDING Photo DAN ROSS THE RED BULLETIN
French touche
Guadeloupe, 1998. Une gamine accompagne son petit frère à son initiation d’escrime. « Tu veux essayer ? », propose le maître d’armes… Vingt ans plus tard, YSAORA THIBUS est la meilleure fleurettiste française. Texte PH CAMY Photos RAINER HOSCH
Ysaora Thibus, 27 ans, meilleure fleurettiste de France, donne tout pour s’élever vers des cieux olympiques.
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« Je n’ai pas choisi l’escrime, c’est elle qui m’a choisie. »
C 56
alifornie, 2018. C’est ici, à Santa Ana, qu’Ysaora Thibus habite désormais, avec son compagnon, l’escrimeur américain Race Imboden. Tous les deux sont coachés par une légende, l’Ukrainien Sergei Golubitsky. Cette vie, la Guadeloupéenne la doit à ce fameux jour de 1998, quand elle n’a pas pu s’empêcher d’essayer l’escrime elle aussi. Pas pour faire comme son frère, mais parce qu’elle est alors et déjà une gamine combative et compétitive. Mais pour en arriver au plus haut niveau et à cette aventure californienne, Ysaora Thibus a dû s’investir, s’acharner, sans cesse, faire des choix et accepter de « se reconstruire ». « Ce n’est pas moi qui ai choisi l’escrime, c’est l’escrime qui m’a choisie. » Il est 9 heures aux US. Au téléphone, la Française de 27 ans revient pour The Red Bulletin sur LA rencontre qui a changé sa vie. Elle est alors une gamine de 7 ans, pratiquant la danse classique, et vivant aux Abymes, commune de 60 000 habitants, dans une famille où le sport est seulement un loisir. Rien ne la prédispose donc à devenir une championne. La compétition, avec son frère, pour sûr, elle la pratique. « On se bagarrait, on se piégeait, on se chamaillait, on faisait des jeux de combats, pour s’amuser. » Tout de même, Ysaora préfère quand c’est elle qui a le
dessus. Alors, quand il faut accompagner sa maman et le frangin à son premier cours d’escrime, elle a « absolument envie d’essayer ». « Très vite, l’escrime est devenue une passion. Ce sport complet et complexe m’a permis d’évoluer, et grandir », dit Ysaora, meilleure fleurettiste française (depuis 2013) et actuellement classée au cinquième rang mondial. Elle est aujourd’hui une jeune femme totalement épanouie dans son sport et dans son mode de vie où se mêlent musique, style, mannequinat (elle est ambassadrice de l’eau guadeloupéenne Karuline, de la marque Garnier, et athlète adidas), voyages et compétition au plus haut niveau mondial. Une virée sur son compte Instagram donne un aperçu du lifestyle copieux de cette athlète. Un post attire tout particulièrement notre attention. Publié le 8 septembre dernier, « journée de l’escrime », il résume parfaitement la vision d’Ysaora sur sa spécialité, comme sa p ersonnalité enjouée : « Qu’est-ce que l’escrime ? Plus un sport élitiste comme avant. Ni Zorro, ni Star Wars, ni les Trois Mousquetaires. Pas ce sport compliqué que personne ne comprend. Ce n’est pas non plus une chorégraphie, même si le rythme et la coordination y sont importants. C’est un sport de combat, même s’il THE RED BULLETIN
Cela fait vingt ans que la Française monte en puissance dans sa discipline. Et n’hésite pas à se mettre en danger.
Depuis l’an dernier, Ysaora partage sa vie affective et sportive avec l’Américain Race Imboden. Installés en Californie, les deux escrimeurs ont confié leur destin sportif à l’exigeant coach Sergei Golubitsky.
100 % escrime ! C’est ainsi que l’entraîneur Sergei Golubitsky voit l’investissement d’un champion en fleuret.
« S’entraîner avec lui, c’est comme renaître, réapprendre des choses, apprendre l’escrime différement », précise Ysaora Thibus à propos de son coach Sergei Golubitsky. Âgé de 48 ans, il fut médaillé d’argent en fleuret en inviduel aux JO de 1992, champion du monde 1989 par équipe (avec l’URSS), et en individuel en 1997, 1998 et 1999. Apprécié pour son style unique et sa prise de risque, Golubitsky quitte la compétition alors qu’il domine sa discipline. Depuis, il transmet à de nouveaux talents, avec exigence. « Sergei est comme un général, un militaire, explique Ysaora. On doit suivre ses ordres. Pour lui, si tu veux atteindre les plus hauts objectifs, tu dois être concentrée à 100 % sur l’escrime, tout doit être lié à l’escrime, ta vie ne doit être dédiée qu’à l’escrime. » Ce que confirme Race Imboden, qui a déjà pratiqué Golubitsky pendant un an quand Ysaora le rejoint en Californie. Elle aussi avait fait le choix de se plier à son expertise et à sa dynamique, alors elle devait s’accrocher. « Pour Sergei, tout est discipline, s’amuse l’Américain. Ce que tu manges, ce que tu bois, comment tu dors. C’est le seul humain que j’ai vu à ce point dédié à un objectif. » Imboden a été bluffé par le souci de précision de son coach. « Sergei porte une attention au moindre détail. Par exemple, il m’a fait prendre conscience du clignement de mes yeux… de penser au clignement de mon œil dans les moments critiques d’un duel. Pas pour tenter de les éviter, mais pour prendre conscience qu’ils pourraient arriver à un instant particulièrement précis. L’instant où je pourrais perdre le combat par leur faute. » THE RED BULLETIN
ne vous servira pas à grand-chose en boîte de nuit. C’est un vrai sport. Et les escrimeurs ne pratiquent pas que tous les quatre ans aux JO. Mon seul avertissement : faites attention, l’escrime, c’est super addictif ! » L’addiction pour la lame s’amplifiera chez Ysaora à mesure qu’elle s’améliore et s’engage en compétition en Guadeloupe. Pour elle, le processus est alors « naturel ». Jeune, elle avance avec insouciance. « C’est en prenant de l’âge que j’ai commencé à agir consciemment, à faire des choix. » Le deuxième plus important de sa vie et de sa carrière arrivera à ses 17 ans : quitter la Guadeloupe pour intégrer le pôle espoirs PACA de l’Équipe de France d’escrime à Aix-en-Provence. « En Guadeloupe, j’obtenais les résultats que je souhaitais, mais j’arrivais à un point où je manquais d’opposition. Alors, je suis partie. Pour grandir », explique-t-elle. Elle quitte donc sa famille et son cadre d’entraînement pour rejoindre la métropole, Aix, où un objectif s’installe dans son esprit, pour ne plus en sortir : des anneaux, aux cinq couleurs, et la médaille d’or, suprême, qui va avec. Un but olympique qui devient le turbo d’Ysaora, quand le moteur de sa passion semble ne jamais vouloir faire de pause. Un an à peine après son installation en métropole, la suite, déjà, lui fait envie : intégrer l’équipe de France d’escrime, au sein de l’INSEP, en région parisienne. « Elle fera tout » pour y entrer le plus tôt possible, à 18 ans, pour y « apprendre le haut niveau » et entamer une première « reconstruction ». À l’INSEP, elle monte en puissance dans ce sport de précision, ultra-rapide, où la victoire se joue à une fraction de seconde, avec la touche fatale et finale qui peut faire basculer ces duels qui, s’ils ne les ont pas f orcément toujours compris, ont toujours excité les téléspectateurs français. « En escrime, plusieurs aptitudes sont sollicitées, explique Ysaora : la technique, le mental, la tactique, la rapidité, l’intensité, la cognition, le physique… » Au sein de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, Ysaora devient bientôt un élément essentiel, tant en solo (elle devient championne de France et atteint le top 5 mondial) qu’en équipe (médaille d’argent aux championnats du monde cet été). La structure qui l’encadre et l’épaule est sûre, « confortable ». Les entraînements,
« S’entraîner avec Sergei, c’est comme réapprendre à marcher. » déplacements et compétitions d’Ysaora sont gérés par un staff. En France ou à l’étranger, l’athlète peut ainsi se concentrer sur l’essentiel : s’améliorer, obtenir des résultats et puis des titres. Et pour ça, la championne ne débourse rien. En 2013, Ysaora entre sous contrat image avec la police nationale, et en 2015, la société Eventeam commence aussi à la sponsoriser. En p arallèle, elle étudie à l’École supérieure de commerce de Paris, et validera un d iplôme salué par le prix Bernard D estremau de l’Académie des sciences m orales et politiques, qui récompense sa maîtrise équilibrée des études et d’une carrière sportive de haut niveau. Pourtant, dans le cadre sécurisant de l’INSEP, une envie d’autre chose, et d’ailleurs, commence à occuper son esprit.
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n 2016, lors des JO de Rio, Ysaora discute avec l’escrimeur américain Race Imboden, actuel numéro trois mondial de fleuret, qui vient alors d’empocher le bronze par équipe. Une passion plus que sportive les rapproche. Ils se revoient à New York, et s’aiment. Mais Race a décidé de s’installer en Californie pour se rapprocher d’un coach exceptionnel, l’Ukrainien Sergei Golubitsky, quatre fois champion du monde de fleuret avant le nouveau siècle (voir notre encadré ci-contre). Un an plus tard, en septembre 2017, dénuée de sponsoring de la police et d’Eventeam depuis 2016 et l’après Rio, Ysaora rejoindra Race aux USA, déterminée à entamer sa seconde r econstruction sportive. « Ce quotidien avec Ysaora, avec laquelle je partage ma vie et mon sport, c’est quelque chose d’unique, dit Race Imboden à propos de leur aventure californienne. On s’entraîne à fond, mais on s’éclate beaucoup aussi, notre quotidien 59
La France à l’attaque : Race et Ysaora dans ce qu’ils savent faire de mieux, au Golubitsky Fencing Center situé à Tustin, Californie.
« Race a été un pilier pour moi. Ensemble, nous formons une équipe. »
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« Pour être performant, il faut être heureux. »
Modèle à ses heures : l’escrimeuse représente une eau guadeloupéenne et une fameuse marque de cosmétiques.
Ysaora s’investit au quotidien pour l’escrime, mais en France, son sport reste amateur.
est un peu comme une comédie. » Témoin privilégié de la nouvelle vie d’Ysaora, Race peut attester du changement radical qui attendait sa belle à son arrivée en Californie, sous l’ère Sergei. « Les USA, la Californie, c’est la terre de ceux qui veulent réaliser leurs rêves, mais pour Ysaora, cela impliquait beaucoup de changements, beaucoup de pression et une certaine maturité ». La Guadeloupéenne reste une sportive représentant la France, mais elle a souhaité s’affranchir de l’INSEP, et tout assumer : entraînements et déplacements sur les compétitions, de par le monde, sont désormais à sa charge. Et côté jet lag, la Californie n’est pas la p rovenance la plus favorable quand les épreuves ont lieu en Europe.
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u-delà des considérations strictement logistiques de sa nouvelle vie – qu’elle appréhende en « chef d’entreprise » de son projet sportif – c’est l’encadrement du coach ukrainien qui sera son défi le plus costaud. S’entraîner avec une légende de sa discipline a un prix. « Quand j’ai rencontré Sergei, il m’a dit que je maîtrisais très bien ce que je faisais, se souvient Ysaora, mais qu’en ne changeant rien, je n’irais pas plus loin qu’une cinquième place mondiale. » Accepter d’être coachée par Sergei, « le Général » – comme elle le surnomme affectueusement – c’était accepter d’être confrontée à un discours très direct, d’évoluer bien au-delà de sa zone de confort, de répondre à une nouvelle vision de l’escrime, celle d’un homme tenace, qui ne vous laissera pas de répit, si votre but véritable est de devenir la meilleure au monde. Race ayant pratiqué Sergei depuis un an déjà, Ysaora savait à quoi s’attendre en s’engageant auprès de l’Ukrainien, mais la réalité du système Golubitsky fut plus exigeante que ce qu’elle avait pu appréhender. « Je suis entrée dans une zone de difficultés beaucoup plus dure que prévue, relate-elle. À l’INSEP, je menais de front un double projet, études et escrime. Avec ce coach, un seul objectif : l’escrime, du lundi au samedi. » La dynamique reconstructrice et intense appliquée par le coach. « Il m’a contrainte à changer plein de choses, mes positions, ma respiration… S’entraîner avec lui, c’est comme réapprendre à marcher », précise la fleurettiste. L’INSEP est loin, avec ses partenaires d’entraînement idéales. « Ici, au centre de Sergei, on THE RED BULLETIN
s ’entraîne avec des escrimeurs d’un n iveau inférieur à celui que je connaissais en France, mais plutôt qu’être dans l’aisance face à eux, je dois m’y confronter en travaillant avec des handicaps. La progression compte plus que le résultat. » Cette nouvelle donne sportive entraînera son lot de découragements et de passages à vide sur l’année écoulée, avec notamment des Championnats d’Europe en Serbie difficiles. Mais dès les Mondiaux en Chine dans la foulée, en juillet, avec de l’argent en individuel et du bronze en équipe, la fleurettiste est dans le concret : la méthode Golubitsky commence à payer. « Pour Ysaora, le plus dur à gérer aura été la flexibilité, explique Imboden. Pas physiquement, mais dans la quantité de choses que Sergei lui demande de travailler à la fois. Dans un cadre classique d’entraînement, tu te concentres sur un aspect de ton escrime, mais notre coach intègre plein de choses à appréhender toutes à la fois. » L’Américain de 25 ans aura été le plus fervent soutien d’Ysaora sur cette entame
de renaissance sportive et personnelle. « Race a été un pilier pour moi cette année, notamment pendant mes compétitions cet été, dit Ysaora. Quand il n’était pas sur place, il se montrait disponible pour me proposer des t actiques ou r épondre à mes messages. C’est lui le premier que j’appelle après un combat. Ensemble, nous formons une équipe. » Quand on questionne Ysaora sur sa capacité à équilibrer son quotidien sportif exigeant, sa vie de couple et son goût pour le divertissement et la culture, elle réplique d’une touche de bon sens : « Dans mon univers, comme dans d’autres, pour être performant, il faut être heureux. » Alors que nous bouclons ce numéro, la Française nous annonce qu’elle s’engage auprès d’un nouveau coach, l’Italien Stefano Cerioni. Réputé pour faire pleuvoir l’or sur ses champions, il vient de s’installer en C alifornie exclusivement pour encadrer nos aventuriers du fleuret...
Instagram.com/ysaorathibus 63
LE BONHEUR DE SOUFFRIR
Considéré comme la course de VTT la plus difficile au monde, le Tour du Dragon dans l’Himalaya oriental du Bhoutan inclut une ascension sinueuse de 4 500 mètres en une seule journée. Mais dans le pays de la promotion du bonheur, cette fête de la souffrance fait partie d’une campagne royale visant à encourager le bien-être. Texte SCOTT YORKO Photos JUSTIN BASTIEN
Camions, boue, vaches, voitures, cascades, glissements de terrain et dénivellations ne sont que quelques-uns des dangereux obstacles du Tour du Dragon.
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La météo au Bhoutan peut changer d’un instant à l’autre. Elle passe d’une pluie torrentielle à un ciel d égagé et un soleil radieux, dévoilant un magnifique paysage.
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ébut de septembre. Une nuit noire et humide. Il est 2 heures du matin, ça sent la bouse de vache. Sous la lueur des projecteurs, l’équipe de sécurité routière bhoutanaise se met en branle, pendant que la sonorité délicate d’une flûte asiatique flotte en arrière-plan. La plupart des habitants de Bumthang (6 000 habitants), au Bhoutan, sont ici pour assister à la cérémonie et attendent le début de la course. Sur la ligne de départ, 48 vététistes s’alignent sur une route badigeonnée d’huile alors que les feux de position arrière clignotent en rouge sur leur visage. Je ressens soudainement le besoin de me débarrasser de mes barres alimentaires supplémentaires pour m’alléger de quelques dizaines de grammes. Certains coureurs font des blagues désinvoltes pendant que ma vessie est gonflée avec une envie nerveuse d’uriner pour la troisième fois au cours des vingt dernières minutes. Avant de monter sur mon vélo pour les douze prochaines heures au moins, j’essaie de me détendre en respirant profondément, mais mon intestin reste crispé par la tension. Juste avant le coup de pistolet, un officiel de course en combinaison orange tape sur un microphone et fait une annonce rapide : « La météo est mauvaise. Les routes sont glissantes. Nous vous prions de ne pas faire appel à notre équipe médicale. » BANG ! Nous pédalons dans les ténèbres.
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« Les routes sont glissantes, merci de ne pas solliciter les secours. » L’organisation de la course
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Scott Yorko, l’intrépide auteur de ce reportage, traverse l’un des nombreux obstacles rencontrés sur la route entre Bumthang et la capitale, Thimphou.
Le Tour du dragon : la course de VTT d’une journée la plus difficile au monde...
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e me suis rendu au Royaume du Bhoutan pour tenter le Tour du Dragon (TOD), une course à vélo de 268 kilomètres sur une route rudimentaire et sinueuse qui traverse quatre cols de montagne – dont trois atteignent plus de 3 000 mètres d’altitude – le tout en une longue et cruelle journée incluant 4 500 mètres d’ascension. À titre de comparaison, les étapes les plus dures du Tour de France en 2018 incluaient près de 4 000 mètres d’ascension en une journée, avec des vélos de course ultra légers sur des routes goudronnées. Avec ses conditions apocalyptiques, la TOD est considérée comme « la course de VTT d’une journée la plus difficile au monde » et il est impossible de faire ce parcours sur les pneus étroits d’un vélo de route. « Il vous faut compter sur tout ce que vous avez pour tenir le coup », prévient Joel Einhorn, fondateur de Hanah, entreprise de compléments à base de plantes médicinales qui s’approvisionne en herbes anciennes au Bhoutan. Einhorn a été le seul Américain à franchir la ligne d’arrivée de la course l’an dernier alors qu’il a échappé à deux glissements de terrain, à des centaines de vaches, à des singes et à des camions diesel déchaînés pendant qu’une boue épaisse a usé deux jeux de ses freins jusqu’au métal. Quand Einhorn m’a invité à le rejoindre pour cette course en septembre 2018, j’ai dû chercher le Bhoutan sur une carte. Niché au-delà de la pointe nord-est de l’Inde, le Bhoutan possède une frontière septentrionale avec le Tibet qui longe un filon dangereux de la chaîne de montagnes de l’Himalaya oriental. C’est ce qui, historiquement, a protégé ce pays de la taille de la Suisse de toute influence extérieure et lui a permis de demeurer l’une des seules nations au monde à ne jamais avoir été conquise, c olonisée ou dirigée par une puissance extérieure. Jusqu’à tout récemment, cet isolement géographique et politique a retardé les progrès du Bhoutan vers la modernisation. Beaucoup de Bhoutanais vivent encore de la terre, la première route goudronnée n’a pas été achevée avant 1962 et le gouvernement n’a ouvert ses frontières aux visiteurs étrangers qu’en 1974. Et pas un feu de signalisation dans tout le pays. L’itinéraire du Tour du Dragon, de Bumthang à Thimphou, la capitale, peut être dangereux. « La Route » subit des glissements de terrain quotidiens qui doivent être déblayés trois à quatre fois par semaine. Pendant l’été, la saison de mousson de trois mois érode tellement la terre que des blocs rocheux de la taille d’un camion tombent régulièrement sur la route. Les bus d’excursion peuvent rester bloqués pendant des jours alors que les rambardes endommagées demeurent suspendues au-dessus de sections de chaussée déplacées et de falaises effondrées. Et pourtant, La Route est malgré tout une merveille d’ingéTHE RED BULLETIN
En bordure de route, de joyeux moines cueillent des pommes pour un encas.
nierie qui s’enroule miraculeusement sur les flancs des pentes abruptes des montagnes dans un délicat ruban de terre et d’asphalte. Grâce à un généreux usage de dynamite, certaines parties de la route traversent des dalles de roches blanches et escarpées en surplomb. Il n’y a pratiquement pas de sections plates, mais il y a des centaines de stupas, de croix commémoratives, de sanctuaires, de moulins à prières hydroélectriques et de panneaux d’avertissement avec des messages comme : « Veuillez ne pas être imprévisible ». Malgré la terreur générée par le seul fait de conduire – pour ne rien dire de celle générée par le fait de la parcourir en vélo dans l’obscurité sous la pluie –, la route et la course sont d’énormes sources de fierté pour le peuple bhoutanais. Au cours des dix dernières années, le Bhoutan a davantage retenu l’attention avec sa promotion de la philosophie du bonheur national brut (BNB) en tant qu’indice officiel de prospérité et de qualité de vie qu’avec son produit intérieur brut. D’abord inventé par le quatrième Druk Gyalpo (« roi dragon ») Jigme Singye Wangchuck, en 1979, l’acronyme BNB a été inscrit à l’article 9 de sa Constitution de 2008 peu après que le roi eut dissous la monarchie absolue du 69
Des écoliers bhoutanais en habit traditionnel, le gho, alignés le long de la route viennent apporter leur soutien aux coureurs en leur criant : “Do your best! Do your best!”
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« Une nation peutelle être heureuse si elle ne pratique pas de sport ? » Prince Jigyel
« Cette boue… J’ai l’impression que l’on a fixé une corde de bungee à la tige de ma selle. »
Bhoutan, formé une démocratie parlementaire et abdiqué en faveur de son fils aîné, Sa Majesté Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, le cinquième roi. Après le passage de la couronne à la génération suivante, le BNB est devenu un outil de sélection des propositions de politiques et des partenariats commerciaux potentiels qui repose sur quatre piliers directeurs : la bonne gouvernance, le développement socio-économique durable, la préservation de l’environnement et la promotion et la préservation de la culture. Ces systèmes de valeurs sont à l’avant-garde des initiatives politiques et sociales du pays afin de maximiser le succès de ses citoyens. En d’autres mots, le Bhoutan accorde la priorité à la recherche du bonheur. À 63 ans, l’ancien roi reste un fervent cycliste que l’on peut régulièrement voir sur son vélo de montagne à suspension intégrale en fibre de carbone à travers les collines. « C’est un cycliste hardcore, dit son mécanicien, Kinga Wangchuck. Il n’abandonne jamais. » Bien que le roi actuel aime aussi le vélo, c’est son frère cadet, Son Altesse Royale le prince Jigyel Ugyen Wangchuck, qui a hérité de la passion de leur père. Athlète depuis toujours – il joue régulièrement au basket-ball avec son équipe de sécurité – il lui a donc semblé tout naturel de faire du vélo de montagne dans un pays où l’Himalaya oriental est son terrain de jeu. « Le cyclisme est un sport très important dans la promotion du bonheur et du bien-être national, déclare le prince par courriel. Mon but est depuis toujours de créer un événement cycliste de classe mondiale au Bhoutan. » En 2010, le prince a fondé le Tour du Dragon. La première année a essentiellement été une année d’essai. Sur les 23 participants, neuf d’entre eux seulement ont terminé la course, incluant le prince, mais ils ont néanmoins démontré que l’épreuve était surmontable. Depuis, le TOD est devenu une compétition annuelle qui attire de nombreux participants de la région et un petit nombre d’Occidentaux. De nos jours, le prince dirige également le Comité olympique du Bhoutan dans ses efforts constants pour encourager la condition physique à travers le pays. « Comment une nation peut-elle être heureuse si ses habitants ne font pas de sport ? », interroge-t-il. Il est indéniable que l’amour de la famille royale pour le vélo a poussé les Bhoutanais à faire de même. Les magasins de bicyclettes et les clubs de cyclisme pour les jeunes se multiplient à travers le pays et de plus en plus de villages sont reliés par des réseaux de pistes. Même ceux qui n’ont pas accès à des bicyclettes sont gagnés par la fièvre : plus de mille bénévoles prennent position le long du parcours bien avant le lever du soleil et y restent toute la journée afin d’aider les cyclistes de quelque manière que ce soit, qu’il s’agisse d’assurer une présence dans les postes de secours ou de 72
alayer le gravier dans les virages. Cette assistance b se compose de moines chauves en robe orange et de femmes âgées, tous souriants, ainsi que d’écoliers qui brandissent des signes d’encouragement et offrent de l’eau et des barres chocolatées.
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n début de course, je pédale avec effort juste derrière le petit groupe en tête, devant le peloton principal. Je suis le rythme d’un investisseur allemand de capital-investissement nommé Heinz qui a deux feux aveuglants montés sur son casque et son guidon. Ensemble, nous esquivons les nids de poule, les spectateurs camouflés, les pierres de la taille de roues de vélo et les vaches errantes. Les gens du coin campent au bord de la route avec de petits feux de camp en attendant d’applaudir les c yclistes qui passent. Il fait encore nuit lorsqu’à 4 h 09 du matin, nous nous approchons du sommet de 3 430 mètres du Yotung La, le premier col de montagne. Commencer la journée avec une montée de presque 1 000 mètres a été un choc mais mon niveau d’adrénaline initial se maintient. À quelque trois cents mètres du sommet, S.A.R. le prince Jigyel surgit dans la direction opposée, vêtu d’un gho blanc, l’habit traditionnel, flanqué de son garde du corps. « Bon travail les gars, dit-il d’une voix douce et grave. Tenez bon. » Sous les encouragements du prince, nous avons atteint le sommet devant une foule de bénévoles et de spectateurs enthousiastes qui se tiennent sous un dais de drapeaux de prière en lambeaux. Au sommet, il fait 6 °C. Je m’arrête alors pour revêtir un coupe-vent pour la descente de 39 kilomètres sur plus de 1 200 mètres de dénivelé vers Trongsa Viewpoint. Heinz poursuit sans moi. Je vais bientôt rouler seul sur un épouvantable tronçon de route surnommé « Nyala Duem » en l’honneur d’une démone locale, en pleine excavation en prévision d’un goudronnage. À certains endroits, la boue est si épaisse que j’ai l’impression que quelqu’un a fixé une corde de bungee à la tige de ma selle et je dois pédaler fort pour descendre la pente sans m’enfoncer plus profondément dans la boue. À 4 h 30 du matin, je suis couvert de boue et on dirait qu’un éléphant m’a éternué dessus. C’est à ce moment qu’une grosse motte de terre me heurte à l’œil droit. J’essaie de me débarrasser du gravier et du sable qui se sont logés sous ma paupière mais j’ai du mal à voir où je vais dans le noir alors que je prends des virages serrés à grande vitesse. Il ne faudrait surtout pas que la batterie de ma lampe meure mais c’est exactement ce qui se produit. Soudain, je dévale une falaise abrupte qui descend à des milliers de mètres en contrebas, sans rambarde et dans l’obscurité totale. Dans l’obscurité, mon œil gauche s’ajuste rapidement et je distingue la couche de nuages qui flotte bien en dessous de moi. « Si tu THE RED BULLETIN
On croise beaucoup de stupas sur la route du Tour du Dragon ; ces sanctuaires bouddhistes abritent des reliques et servent de lieu de méditation.
tombes dans l’une de ces falaises, personne ne te trouvera », m’a dit un cycliste local la veille. Ce n’était pas exagéré. Ne souhaitant pas m’arrêter, j’essaie de naviguer au clair de lune, mais le voile épais de cyprès forme un tunnel d’ombres. Il me reste encore une heure avant que le soleil ne se lève dans la Vallée de Trongsa (ou Mandge Chhu), alors je ralentis presque jusqu’à l’arrêt complet puis j’entends ce qui ressemble à un cri de guerre. Un Bhoutanais athlétique du nom de Kora fonce, sans tenir son guidon, en agitant les bras comme un coureur afin de se réchauffer. Je me laisse entraîner dans son sillage et sa lumière brillante illumine le chemin pour nous deux jusqu’à ce que le soleil projette une THE RED BULLETIN
lueur chaude sur la vallée et sur nos dos. Plus que 190 kilomètres et deux cols de montagne à parcourir. Quatre soldats de l’armée royale du Bhoutan sont toujours en tête du peloton. Ils pédalent à fond sur leurs vélos (offerts par le prince) et imposent un rythme effréné à tous ceux qui espèrent se hisser parmi les cinq premiers. L’un de ces soldats est Tshering Dendup, 28 ans, de Tashigang. Bien qu’il ne fasse du vélo que depuis un an, il s’entraîne parfois sur son engin pendant 24 heures d’affilée. À d’autres moments, il divise ces 24 heures en sessions de huit heures réparties sur trois jours consécutifs. De petite taille et timide, ses pommettes hautes se relèvent davantage lorsqu’il sourit et confesse son amour du vélo. « Je le 73
De quoi affronter le Dragon
Vous ne survivrez à cette course de VTT parmi les plus dures au monde qu’avec le bon équipement. Voici quelques indispensables pour avoir une chance de terminer la course.
Specialized S-Works Epic Hardtail XX1 Eagle
Un VTT de montagne semi-rigide de 8 kg aussi léger que votre vélo de route, c’est le pied, c’est une bombe ! Son amortisseur avant Brain ne se comprime que lorsque vous heurtez des bosses et vous ne gaspillez donc pas toute votre énergie à pédaler sur la suspension lorsque vous montez les pentes. 7 500 € ; specialized.com
Ergon GS3
14 h de compression du nerf ulnaire sur un guidon qui vibre peuvent causer un engourdissement grave des mains et des doigts. Ces poignées légères en caoutchouc (ailes flexibles et extrémités des barres à trois doigts) offrent de nombreuses positions de préhension. 60 € ; ergonbike.com
Smith Forefront 2 Garmin Edge 520 Plus
Si vous prévoyez de rouler avec un ordinateur de bord, embarquez-en un qui vous donne la température, la pente, le dénivelé et la direction en plus de la vitesse, de la distance et du temps. Le 520 Plus est livré dans une unité compacte avec un écran ajustable et en couleurs. Sa batterie d’une autonomie de 15 heures est idéale pour les longs trajets d’entraînement. Les mises à jour les plus récentes incluent la possibilité d’ajouter des cartes routières spécifiques au vélo. 300 € ; garmin.com
Protection et ventilation de la tête : il fait d’une pierre deux coups avec son matériau Koroyd fait de petits tubes dans une structure en nid d’abeille qui se compriment à l’impact et absorbent ainsi l’énergie cinétique. Une doublure MIPS détourne les coups sous tous les angles tandis qu’un bandeau contre la transpiration évite les lunettes embuées. 230 € ; smithoptics.com
Light & Motion Seca 2500 Enduro
Évitez le piège du vélo dans l’obscurité avec une lumière LED qui peut produire 1 250 lumens pendant cinq heures ou 2 500 lumens pendant deux heures et demie. L’ensemble est complètement submersible et le faisceau est ajustable (large ou étroit). Fixez-le à votre guidon, à votre casque ou à tout autre endroit où vous avez déjà un support GoPro. env. 350 € ; lightandmotion.com
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Hanah One Go-Pack
Le supplément de super-aliments ayurvédiques signature de Hanah combine le miel, le ghee et l’huile de sésame avec des herbes anciennes pour une source d’énergie à combustion lente et durable qui est facile à absorber lorsque votre corps est à un niveau critique. 12 pour env. 49 € ; hanahlife.com
Son Altesse Royale le prince Jigyel Ugyen Wangchuck salue les écoliers au bord de la route.
fais pour ma condition physique, mais j’ai aussi l’impression de servir mon pays en faisant du vélo. » Deux jours avant la course – entre les cérémonies d’allumage des lampes à beurre dans l’ancien temple bouddhiste Jambay et le site sacré de Burning Lake – le prince m’a demandé si je m’étais bien entraîné chez moi au Colorado. Je lui ai confirmé que c’est ce que j’avais fait et lui ai expliqué que l’entraînement m’avait fait découvrir de nombreux nouveaux sentiers et nouvelles routes dans mon coin. « C’est ce qu’il y a de mieux avec le vélo de montagne, a-t-il répondu avec une conviction royale et ferme, son épée à manche d’or attachée à la hanche. Et ça nous apprend tellement sur nous-mêmes. » Après m’avoir remercié d’être venu, il s’est mis à conseiller les jeunes du club VTT de Thimphou sur la bonne alimentation pour la course avant de souligner l’importance pour les Bhoutanais de devenir compétitif au niveau international. Aaron Bayard, un Américain de 34 ans vivant à Thimphou, qui a fait du bénévolat en tant que formateur en mécanique dans l’un des magasins de vélos locaux, est l’un des habitués du soutien du prince. THE RED BULLETIN
Les riders ont pissé dans leur short tout en roulant pour gagner du temps.
En 2016, les moussons de fin de saison ont rendu les routes extrêmement boueuses et provoqué les conditions les plus misérables de l’histoire de la course.
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aron avait atteint le fond du col de Dochula, qui culmine à 3 111 mètres, avec sa montée finale de 40 kilomètres devant lui lorsqu’il s’est effondré physiquement et mentalement. « Je marchais, poussant mon vélo en boitant, m’a-t-il dit lors d’un barbecue d’avant-course devant le palais royal de TK à Bumthang. J’ai appelé ma femme et je lui ai dit que j’étais sur le point d’abandonner et de prendre le bus. Dix minutes plus tard, le prince est arrivé en voiture, m’a aspergé les jambes d’un spray magique et est monté sur son vélo pour me suivre. Il n’arrêtait pas de dire : “Tous ces gens làhaut t’encouragent. Tu peux le faire.” Lorsqu’on roule avec lui, on oublie qu’on souffre. J’ai dépassé l’heure limite d’une minute. C’est grâce à lui que j’ai fini. » Le col de Dochula est l’endroit où la plupart des coureurs abandonnent. Les virages en lacets sont sans merci et chaque virage serré cède la place à des virages encore plus serrés avec des pentes toujours
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plus abruptes et sans répit. Après une d escente d’une heure depuis le col de Pelé La (3 416 mètres), j’atteins le village de Messine au pied de Dochula, tandis que je passe par une chaleur de 33 degrés à 1 410 mètres. Un coup d’œil derrière moi me fait voir plusieurs kilomètres de route qui serpentent le long de crêtes bosselées et de vallées tortueuses comme un intestin ratatiné. Je ne vois personne. Mon corps transpire tellement que la boue séchée s’écoule sur ma peau. Je n’ai pas absorbé a ssez de calories avec les bananes et les barres chocolatées aux postes de secours et je délire. À cause de mes crampes aux cuisses, je commence à faire des embardées. J’ai tellement mal au cou que je n’arrive plus à garder la tête relevée. Comme mes muscles du bas du dos se contractent de plus en plus à chaque coup de pédale, j’ai peur qu’ils ne se cassent comme des cordes de guitare trop tendues. J’inspecte l’accotement dans un brouillard à la recherche d’une zone d’ombre pour descendre et m’étirer mais quand j’arrive dans un virage, je vois 100 écoliers en peignoir bleu qui hurlent comme si j’avais amorcé un court sprint, agitant des écharpes blanches en khata et scandent “Do your best! Do your best!” (trad. Fais de ton mieux !) Une onde d’énergie me frappe. Je ne peux pas m’arrêter là ! Après une brève averse de soleil en après-midi, je grimpe dans un voile de nuages noirs et je demande à un moine qui passe en Suzuki à quelle distance se trouve le sommet. « Mmmmm, assez loin », dit-il avant de sourire et de s’en aller. J’ai trop mal aux fesses pour rester assis, je grimpe en danseuse. Mais quelques minutes après mon passage devant le moine, les derniers drapeaux de prière qui ornent le sommet apparaissent à l’horizon. La descente vers Thimphou est parsemée de virages serrés, et je roule à droite dans la circulation du samedi. Je franchis la ligne d’arrivée sous la tour de l’horloge de la place centrale de Thimphou en 13 heures, 45 minutes et 24 secondes, une honorable quatorzième place. Sur les 48 coureurs en lice, 26 seulement arriveront avant 18 heures à Dochula. Presque tous les coureurs de l’armée royale du Bhoutan ont chuté, mais ils terminent malgré tout dans une impressionnante sixième, cinquième, troisième et deuxième place. Le gagnant ? L’Américain Aaron Bayard par 50 minutes avec un temps de 11 heures 11 minutes. Les gens du coin considèrent Aaron comme faisant partie de leur communauté et ils sont contents pour lui. Le lendemain, lors d’un barbecue en contrebas du palais du quatrième roi, les riders racontent comment ils ont brisé leurs chaînes, crevé de nombreux pneus et pissé dans leur short tout en roulant pour gagner du temps. Les Bhoutanais me questionnent avec empressement : « Reviendras-tu courir l’année prochaine ? » 75
DES AIIILES POUR L’HIVER. AU GOÛT DE PRUNE-CANNELLE.
AU NOUVE
STIMULE LE CORPS ET L‘ESPRIT.
guide au programme
LA FORD DE SEB
C’EST MUSCLÉ
BIEN ÉQUIPÉ
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Tout savoir sur le bolide dans lequel Sébastien Ogier a roulé en WRC cette saison.
Florian Munteanu, alias Big Nasty, monte sur le ring dans Creed II, et vous motive à 200%.
Arpentez les pistes enneigées avec un équipement et un look de pro.
JOEL KRAHN
AU LONG COURS
Huit femmes, un canoë et 715 km pour la plus longue course à la rame, la Yukon River Quest. Page 78
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Faire.
La surface vitreuse du lac Laberge peut vite devenir agitée en cas de mauvais temps.
YUKON RIVER QUEST
UN FLEUVE SANS FIN Hallucinations, hypothermie et 715 bornes à la pagaie : l’auteure Eva Holland se lance dans la plus longue course de kayak à travers la nature sauvage canadienne.
J
e n’ai jamais été aussi fatiguée de ma vie. Mes poignets brûlent de douleur, la tendinite est permanente et le buste est ankylosé. Mes jambes ne tiennent plus en place, je lutte pour ne pas m’effondrer. Les fessiers sont à vif, irrités par
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les heures passées assise sur un banc en fibre de verre dur. J’aborde les dernières heures de la Yukon R iver Quest au Canada, une course de 715 km en canoë, kayak et SUP et je suis à bout. Hormis deux pauses obligatoires totalisant 10 heures, je pagaie
Au départ de la Yukon River Quest à Whitehorse.
THE RED BULLETIN
USA
CONSEILS DE VOYAGE
DANS LE SILLAGE DE LA RUÉE VERS L’OR Pagayer sur le fleuve Yukon est une façon unique d’explorer la nature sauvage de l’Amérique du Nord. Ce qu’il faut savoir sur le territoire et son âge d’or.
Le Yukon prend sa source en Colombie Britannique, au Canada, et se jette dans la mer de Béring, en Alaska aux ÉtatsUnis. La course se déroule dans le Yukon canadien. À mi-course, pause obligatoire de 7 heures. Des bénévoles remettent le matos en état.
ve Fleu
n ko Yu
USA Anchorage
Canada Dawson City Whitehorse
HISTOIRE ÉTHYMOLOGIE Le nom est une contraction de « Yu-kun-ah », qui signifie « grande rivière » dans la langue des Gwich’in, peuple des Premières Nations.
HARRY KERN (3), JOEL KRAHN
EVA HOLLAND
Protection pour les mains pour éviter les ampoules dues aux pagaies.
non-stop depuis trois jours. Notre embarcation approche de Dawson City, dans le nord-ouest du Canada. Le fleuve Yukon coule à vive allure et glisse le long de parois hautes et rugueuses parsemées de conifères, je tends le cou pour admirer les falaises qui nous surplombent. J’éprouve alors une colère monstre en découvrant des graffitis, des tags et des symboles de paix peints à la peinture à bombe, une injure à la nature sauvage. « Comment peut-on faire une chose pareille ? », me dis-je. J’apprends plus tard que ce que j’ai cru voir n’était qu’une hallucination liée à l’épuisement extrême. Le réel m’échappait.
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J’ai vomi pardessus bord et me suis endormie en pagayant. La Yukon River Quest est la plus longue course annuelle de canoë-kayak au monde. Elle suit le fleuve Yukon à partir de Whitehorse, capitale du territoire du Yukon située au nordouest du Canada. Elle traverse la région sauvage subarctique et s’achève à Dawson City, repère de la ruée vers l’or du Klondike. Les participants se lancent en aval en kayak ou en canoë, seul
POPULATION Avec 482 443 km², le territoire Yukon correspond aux deux tiers de la France mais abrite moins de 34 000 habitants (contre 66,9 millions).. LA RUÉE VERS L’OR DE KLONDIKE La découverte d’or dans un ruisseau local en 1896 attire 100 000 prospecteurs dans le Yukon. Trois ans plus tard, la plupart repartent vers de nouveaux champs aurifères dans l’ouest de l’Alaska.
À VOIR (PRÈS DE WHITEHORSE) RÉSERVE SAUVAGE DU YUKON Une boucle de 5 km à faire à vélo, à ski ou en raquettes. On y croise des caribous, des bisons et des lynx. MILES CANYON Jadis un site intimidant et périlleux pour les chercheurs d’or. Aujourd’hui, un panorama grandiose. SOURCES DE TAKHINI Deux piscines thermales naturelles (37 à 42 °C) utilisées par les Premières Nations depuis des siècles.
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Faire.
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SE PRÉPARER
À FOND SUR LE YUKON
Réagir à une attaque d’ours, utiliser un préservatif pour soulager sa vessie sans faire de pause ou comment se préparer à survivre à la plus longue course à la pagaie au monde.
TRAVAILLER LA BASE La course est trop longue pour la seule force des bras. Un buste en béton est le meilleur allié.
CRÈME APAISANTE Pour les éruptions cutanées et les bobos mal placés. Ils augmentent au fil des heures de navigation.
UN RYTHME DE MARATHON Un coup de pagaie court et rapide est moins énergivore et réduit le souci lié aux blessures d’usure.
PRÉSERVATIF CATHÉTER OU URINOIR FÉMININ Pour un pipi sans faire de pause. S’y familiariser avant la course !
NOURRIR LE PEPS Boissons et gels pour les uns, soda et tabac à chiquer pour d’autres, à chacun de trouver ce qui lui convient.
LA YUKON RIVER QUEST EN CHIFFRES Longueur totale du fleuve 3 185 km
Nombre d’équipes en 2018 103, un record
Nombre de ponts 4
Nombre d’équipes ayant fini la course 76
Distance de la course 715 km
Pays représentés en 2018 15
Record actuel 39 heures 32 minutes 43 secondes (2008)
Années d’existence de la course 20
Les coureurs disposent de cartes et du GPS. Prendre le bon courant dans les méandres du fleuve est vital.
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Les Tough Birches abordant les Five Finger Rapids, le seul vrai rapide sur 715 km.
ou en tandem, en canot de quatre à dix pagayeurs, ou en paddle. La plupart des terres traversées sont inhabitées. Les participants emportent tente, sac de couchage et nécessaire de feu imperméable, indispensable pour lutter contre l’hypothermie en cas de chavirage dans l’eau glacée et en attendant accroupi sur la berge l’arrivée des secours. Je fais partie d’un canot de huit femmes, pour sept d’entre nous cette course est une première. Nous nous sommes baptisées les Tough Birches (trad. Les bouleaux costauds), et notre o bjectif, modéré, est de réaliser un temps situé entre 55 et 60 heures, hors pauses obligatoires de dix heures. En comparaison, le gagnant met environ 40 heures, et le plus lent près de 80. J’ai entrepris ce défi pour comprendre ce que c’est que d’aller au bout de soi, voire au-delà. À présent, je le sais : ça fait mal. Je suis aussi stupéfaite par la capacité de mon corps à tenir. Je vomis par-dessus bord, l’eau glacée anesthésie l’agonie de mes poignets, je m’endors en pagayant et malgré tout j’avance toujours. Ces derniers jours, nous affrontons les principales
difficultés du fleuve, le lac Laberge en fait partie : cinquante kilomètres sous un soleil de plomb. Le vent génère une houle atteignant jusqu’à deux mètres de haut, mais le lac se fait vitreux à notre passage et cette nuit-là, une fois le lac passé, nous avançons en chantant durant les brèves heures d’obscurité de l’été subarctique – avec quasiment vingt-quatre heures de jour nous pouvons naviguer la nuit dans les méandres du fleuve. Puis, sous le ciel éclairé de minuit, nous glissons à travers les Five Finger Rapids, en référence aux cinq canaux, ou doigts, qui traversent quatre colonnes de basalte, celle du m ilieu et celle la gauche pouvant être mortelles. Nous passons la ligne d’arrivée au bout de 57 heures 42 minutes et 5 secondes, en plein milieu de l’objectif fixé et en vingt- cinquième position au général. Je suis épuisée, désorientée, gelée mais ressens de la fierté sous une montagne de douleur. Nous avons réussi. Et ce n’est pas une hallucination. L’aventure vous tente ? Inscription pour la prochaine édition (26 au 30 juin 2019) sur yukonriverquest.com
THE RED BULLETIN
EVA HOLLAND
PRÉPARATION
SPRAY À OURS Si vous croisez un grizzli ou deux sur le rivage, utilisez en dernier recours un spray répulsif.
JOEL KRAHN, JOEL KRAHN/YUKON NEWS
À EMPORTER
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Voir. MA VOITURE
Ford Fiesta WRC de M-Sport
À 34 ans, ce pilote « sensible » a cinq titres de champion du monde WRC.
SÉBASTIEN OGIER
UNE MACHINE À SENSATION Le champion Sébastien Ogier nous dit qu’il peut sentir le potentiel d’une voiture de course. Exemple : sa Ford Fiesta WRC de M-Sport.
«Q
uand je monte dans une voiture, je ressens tout de suite une certaine impression. Je sens ce dont elle est capable, explique Sébastien Ogier. Lorsqu’en 2016 j’ai pris place pour la première fois dans ma Ford, j’ai senti son potentiel – et nous avons remporté le championnat du monde. » Pour la saison 2018, désormais quintuple champion du monde, Ogier fait de nouveau confiance au constructeur et dit de sa Ford Fiesta WRC 2018 de M-Sport, 380 chevaux, 1 190 kg, qu’elle est « incroyablement maniable ». Ogier apprécie tout particulièrement un aspect : « Les suspensions. Quand je glisse sur les routes, la sensation est unique. Cette voiture est faite pour la glisse. » Ogier joue lui-même un rôle majeur. À la demande du pilote français, M-Sport a changé de fournisseur d’amortisseurs en cours de saison afin d’être encore plus performant sur terre : « Il y a toujours des choses à améliorer. Et maintenant, on a l’impression qu’elle est encore meilleure. »
FICHE TECHNIQUE
MOTEUR À injection directe, 4 cylindres, 1,6 litre, V16 PUISSANCE 380 chevaux COUPLE 450 Nm
SUSPENSIONS Jambes de force MacPherson AMORTISSEURS Reiger (asphalte) ou ZF Sachs (terre)
SUR LA ROUTE AVEC SÉBASTIEN La finale du Championnat du monde des rallyes 2018 : le rallye d’Australie, en direct sur Red Bull TV du 15 au 18 novembre. Infos : redbull.tv
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mon matos
MES ACCESSOIRES
Des performances additionnelles sur trois niveaux : les aides techniques de Sébastien Ogier. LE TEMPS RICHARD MILLE RM 67-02 SÉBASTIEN OGIER « Le timing est un élément clé des week-ends de rallye. Mon partenaire R ichard Mille a conçu une montre spécialement pour moi : légère, s olide, à peine perceptible au poignet et, cerise sur le gâteau, aux couleurs du drapeau français. »
DIMENSIONS LONGUEUR 4,13 mètres LARGEUR 1,87 mètre POIDS 1 190 kg
MAURICIO RAMOS/RED BULL CONTENT POOL, PHIL GRAYSTON PGDESIGNS.CO.UK (3)
ACCESSOIRES EN OPTION Ailerons avant et arrière, commande hydraulique des palettes de changement de vitesses au volant
CHRISTIAN EBERLE-ABASOLO
L’ÉQUILIBRE iPhone X
THE RED BULLETIN
« Pendant une semaine de course, mon iPhone m’est aussi important que la clé de ma voiture. Dès que j’arrive à l’hôtel, je passe des appels vidéo avec mon fils. C’est ce dont j’ai besoin pour mon équilibre intérieur. C’est ma façon de décrocher et de penser à autre chose qu’au rallye. »
L’ORIENTATION LE CAHIER DE NOTES DE JULIEN INGRASSIA « Dans un rallye, le pilote est perdu sans son copilote. Et sans son cahier de notes. Toutes les informations dont j’ai besoin pendant une course se trouvent dans la “bible” de Julien, qui est à mes côtés depuis 2006. L’apport de Julien est la partie la plus importante de mon équipement. »
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Faire. S’ENTRAÎNER SELON…
deux fois par jour en alternant la boxe et le porter de poids. Ado, je travaillais un groupe de muscles par jour, quatre ou cinq exercices par groupe, quatre répétitions par exercice. En ce moment, je fais du CrossFit pour renforcer puissance, rapidité et coordination. »
LA VOIE DU DRAGO
Florian Munteanu, fils de Drago dans Creed II, sait ce qu’il faut pour être le boxeur le plus redouté de l’histoire du cinéma. Et comment vaincre des adversaires plus forts que lui.
« MON PÈRE M’A ENSEIGNÉ LA MOTIVATION »
« VIKTOR DRAGO, C’EST MOI À 90 % » « Quand on m’a proposé de passer le casting, j’ai immédiatement su que j’aurais le rôle, parce qu’il est tellement moi, dit Munteanu. Le personnage était facile à jouer. » De même avec la boxe, il travaille ses points forts. « Bien que je fasse partie de la catégorie poids lourds, ma manière de boxer est
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« TOUT CE QU’ON VOIT À L’ÉCRAN, JE LE FAIS EN VRAI » Aucun Rocky ne serait complet sans les séances d’entraînement, et Creed II ne fait pas exception à la règle, quoique l’équipement de Viktor soit moins à la pointe que la super salle de gym soviétique de Rocky IV. « Au début, Viktor s’entraîne à l’ancienne, dit Munteanu. Lui et Ivan habitent dans un trou, ils n’ont pas un rond, alors ils ne font que des haltères et de la course à pied. Puis ça devient plus moderne. C’est tout ce que je suis autorisé à dire… » Munteanu peut en revanche révéler le détail de son propre entraînement qu’il a, à ses dires, intégré à 100 % au film. « J’ai grandi en faisant de la boxe, donc c’est la plus grosse partie de mon entraînement, avec les combats, et la course pour entretenir mon endurance. Je m’entraîne
POINGS FORTS
Comment devenir le roi du ring DÉFINIR UN OBJECTIF « Les scènes de combat entre Lundgren et Stallone dans Rocky IV sont légendaires. Leur but commun était de mener un combat de ce niveau-là. Mike et moi avons fait du bon boulot aussi. On a terminé à 20 antidouleurs par jour. » RAVALER SON EGO « Comme je suis nouveau dans le métier, Stallone m’a donné des conseils sur le business, m’a dit ce que lui ferait à ma place. J’apprécie, car il sait de quoi il parle. » MANGER SAIN (ET S’ACCORDER DES ÉCARTS) « Je me nourris bien : viande, riz, patates, beaucoup de légumes. Et je m’autorise deux écarts par semaine. Pizza ou gâteaux, c’est bon pour ma santé mentale. » LA RAGE POUR MOTEUR « Viktor emporterait le combat contre Florian parce qu’il souffre intérieurement. Ne sous- estimez jamais un gars qui monte sur le ring avec sa douleur, parce qu’il va la décharger sur vous. Et vous n’aurez plus aucune chance. »
La dynamique père/fils joue un rôle important dans Creed II car « Viktor écoute son père qui le coache, sans le contredire, mais se rend compte que son approche n’est peut-être pas la meilleure », dit Munteanu. Sa propre expérience avec son père est plus positive. « Mon paternel était toujours en train de s’entraîner. Il m’emmenait partout avec lui quand j’avais 5 ans. La leçon la plus importante qu’il m’ait apprise, c’est de toujours penser avec le cœur. Nombreux sont ceux qui ont la mauvaise source de motivation : devenir riche rapidement par exemple. Mon père me disait que tout ce que je faisais, je devais le faire pour ceux que j’aime. Si mes motivations sont nobles, j’atteindrai mon but. »
« MICHAEL B. JORDAN M’A PROUVÉ SON ENGAGEMENT » Viktor Drago, c’est un sacré morceau, mais la vraie star du film, c’est Adonis Creed, joué par Michael B. Jordan. Cela n’a pas perturbé Munteanu : « Physiquement, il n’est pas aussi grand que moi, mais il est dans une forme extraordinaire. Bien sûr, quand on en vient à la boxe, j’ai plus d’expérience que lui. Alors je lui ai conseillé d’utiliser ses jambes, car il est rapide. » Et le jeu de jambes, c’est 80 % de la boxe. « C’est avec les jambes que vous définissez l’angle de frappe et le coup qui vient après. Mike apprend vite, il travaille beaucoup. C’est ce qui m’a le plus épaté, car il a déjà un CV en béton, et il continue de se donner à fond pour apprendre. C’est lui qui m’a montré que 100 %, ce n’est pas assez ; parfois il faut se donner à 200 %. » Creed II au ciné le 9 janvier 2019
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TOM GUISE
très souple. Je ne tiens pas toujours ma garde parce que je me sens plus à l’aise les mains en bas. Mon style de combat est basé sur les réflexes et la rapidité : c’est une habileté naturelle que j’ai développée avec mes coaches. La vitesse, je l’ai toujours eue. »
ANDIKO PHOTOGRAPHY, WARNER BROS, INSTAGRAM/FLORIAN MUNTEANU
En construisant le casting de la suite de son film d’action Creed (2015), Sylvester Stallone se confronte à une tâche quasiment impossible : trouver quelqu’un capable de surpasser le pire ennemi de Rocky (Ivan Drago interprété par Dolph Lundgren dans Rocky IV) et susceptible de remporter l’adhésion du public dans le rôle de son fils. C’est en Florian Munteanu que Stallone a trouvé son homme. « Nous avons skypé une heure et je l’ai convaincu », dit le boxeur, acteur et mannequin de 28 ans, 193 cm et 111 kilos, véritable centrale de muscles prête à frapper. « Stallone sur mon écran… J’avais du mal à y croire. Je me suis concentré sur ce que j’avais à lui dire. » D’origine germano-roumaine, Munteanu s’est bâti une carrière avec la même détermination. Il commence l’entraînement à cinq ans avec son père, boxeur, et fait son entrée dans l’âge adulte avec un diplôme en sport, médias et management événementiel de la très renommée université de Munich. Actuellement, c’est sous le nom de « Big Nasty » qu’il poste des clips d’entraînement pour ses 120 000 followers Instagram. Avec Creed II, son fan club est voué à grossir. Voici comment il est devenu Viktor Drago…
fitness Est-ce que vous refuseriez à ce gars une pizza deux fois par semaine ?
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Faire.
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décembre-janvier
décembre Race The Face Un sommet à 4 000, deux skieurs, un duel : Jérémie Heitz, 29 ans, freestyler suisse qui a conquis 15 montagnes de 4 000 mètres à ski, contre Daron Rahlves, 45 ans. L’Américain a remporté douze coupes du monde de ski et est sorti vainqueur sur la Streif à Kitzbühel. Heitz vs Rahlves : un combat impitoyable sur une pente spectaculaire. Les skieurs se lanceront du sommet du Hohberghorn (4 219 m) pour un slalom à 12 portes. Le gagnant ? Vous le verrez dans Race the Face. Verkehrshaus, Lucerne ; redbull.com
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décembre
RED BULL ITEMANIA
Quatre équipes s’affrontent lors de l’Itemania pour montrer qui est en tête de la League of Legends (LoL). Le plus grand défi : avant de pouvoir jouer, chaque équipe doit se procurer son kit de héros pendant une vente aux enchères. Les géants de la LoL doivent ensuite se débrouiller avec les six personnages du kit – passionnant !
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novembre Groove Session Jeunes talents du breakdance et stars confirmées se réunissent pour une session de break commune avec un objectif : le plaisir de danser ensemble et d’apprendre, quel que soit son âge, son style ou sa nationalité. Point fort de la Groove Session : les battles de duos où chaque équipe comprend une star et un jeune amateur. Seront de la partie : Bruce Almighty et Wingzero. Centre de Vie, Neuchâtel ; groovesession.ch
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décembre Audi FIS Ski Cross World Cup Sauts risqués, virages serrés – lors du Ski Cross, quatre athlètes dévalent la pente coude à coude dans le but de rester sur la meilleure ligne. La course de nuit promet des scènes impressionnantes – pas de risque de s’ennuyer avec un parcours aussi spectaculaire. Kulmwiese, Innerarosa ; arosalenzerheide.swiss
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au 19 janvier Laax Open L’élite et les newcomers – champions olympiques et jeunes sportifs pleins d’espoir se rencontrent à l’occasion du Laax Open, pour les disciplines freestyle de slopestyle et de halfpipe. Lors de la finale, il s’agit non seulement de remporter le titre, mais aussi une récompense de 250 000 francs. Crap Sogn Gion, Flims ; open.laax.com
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JEAN-CHRISTOPHE DUPASQUIER/RED BULL CONTENT POOL, MIKA MERIKANTO
Verkehrshaus, Lucerne ; redbull.com
P RO M OT I O N
must-haves
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1 SWISS ARMY STEEL : LE PARFUM POUR HOMME
Résolument puissant et magnétique, il capture l’essence de l’homme moderne : dynamique et raffinée. Inspiré de la force de l’acier, ce parfum énergique marie notes aquatiques vivifiantes et charme charismatique. Brut et puissant, Swiss Army Steel évoque l’esprit d’entreprise, l’ambition, l’aventure et la joie de vivre. victorinox.com
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2 STEP ON : RÉVOLUTION DANS LE SNOWBOARD
Sûr et prêt à affronter la montagne tout entière, le système d’attache boot- fixation Step On est d’une simplicité extrême tout en offrant un niveau inégalé de sécurité, de confort et de performance. Les f ixations sont universellement compatibles avec tous les systèmes de fixation actuels. C’est tout simple : Step On et c’est parti ! burton.com
5 3 EASTPAK PUFFER LAB
Inspiré par les anoraks des années 90, voici le Padded Pak’r XXL en version Puffed Black avec ses finitions métalliques mates. Fabriqué en nylon noir avec des pièces de métal noir mat, ce sac fait partie de la ligne Eastpak LAB, des collections capsules haut de gamme u ltra innovantes. eastpak.com
4 VENTUROUS BOMBER JACKET
Cette veste aviateur de la marque Icebreaker vous tiendra chaud avec élégance. Elle utilise une membrane en polyester 100 % recyclé, avec une finition DWR résistant aux précipitations l égères. Son matelassage en MerinoLOFT, à base de laine mérinos, est une a lternative naturelle aux isolations synthétiques, qui garde efficacement la chaleur, même p ar temps de pluie. icebreaker.com
5 SÉRIE GBA-800 AVEC STEP TRACKER INTÉGRÉ
Équipée d’un accéléromètre à 3 axes, la montre mesure le nombre de pas quotidiens ainsi que la vitesse de marche ou de course. Grâce à la technologie Bluetooth, elle se connecte au smartphone et envoie les données capturées à l’application G-SHOCK Connected, fournissant à l’utilisateur une assistance optimale pour suivre sa condition physique. watchzone.ch
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Voir.
EN SCÈNE, EN NEIGE, EN SELLE !
Battle de rap en espagnol, snowboard en folie et du motocross dans tous ses états sont au menu des temps forts de ce mois.
REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT
Red Bull TV est une chaîne de télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en direct ou en différé. Le plein de contenus originaux, forts et créatifs. Vivez l’expérience sur redbull.tv
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décembre LIVE
RED BULL BATALLA DE LOS GALLOS WORLD FINAL 2018
Les MC’s hispanophones du monde entier régalent dans des duels de verve lyrique à l’occasion de la 12e édition du concours, installé cette année à Buenos Aires. Le Mexicain Aczino a remporté chez lui l’édition précédente en venant à bout du jeune Argentin Wos. Le nouvel espoir argentin Dozer sera-t-il lui aussi profiter de l’avantage d’un jeu à domicile ?
Barjots latinos : Thorny (à droite) et Danyelus se clashent en Argentine.
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novembre / décembre
Musique de très haute qualité et interviews d’artistes influents. Restez à l’écoute…
Dozer (à droite) bat son acolyte MC Stuart et remporte la finale nationale en Argentine en août.
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GUSTAVO CHERRO/RED BULL CONTENT POOL (2), ORCHARD ENTERPRISES NY (2), METHOD MAGAZINE/RED BULL CONTENT POOL, CARYS HWUS
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décembre AVANT-PREMIÈRE
DROP EVERYTHING
Réalisateurs primés, les gars de Matchstick Productions (Claim, Days of My Youth) proposent un film chargé de cool dans l’univers du ski freestyle : décors sublimes, une bande-son puissante et une réalisation léchée.
FIRST FLOOR
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novembre AVANT-PREMIÈRE
METHOD MOVIE 3
Le dernier volet de cette série de Method Magazine nous livre à nouveau des moments déments de snowboard à travers le monde. « Une planche, des potes et un coup de pouce de Dame Nature ! », résument ses concepteurs.
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novembre À L’ANTENNE
Tous les jeudis à 21 heures (heure de Paris), l’animateur Shawn Reynaldo passe en revue les nouveautés house, techno, disco et plus encore et s’entretient avec certains des artistes concernés (l’émission a entre autres accueilli Mr. Fingers, Peggy Gou et Bicep). De plus, en cette fin 2018, Reynaldo consacrera plusieurs rendez-vous au bilan de l’année.
décembre AVANT-PREMIÈRE
MOTO 9: THE MOVIE
MOTO 9: The Movie vous emmène (presque) partout où s’exprime le motocross. Avec les arrachés du guidon dans les bois jusqu’au championnat AMA en passant par d’autres spots fous, il y en aura pour tous les goûts.
À ÉCOUTER SUR REDBULLRADIO.COM
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Slope stylé Partez à la conquête des sommets enneigés avec un équipement classieux et à la pointe du progrès. Photos JAMES PEARSON-HOWES
David porte des lunettes OAKLEY Fall Line Factory Pilot Blackout, oakley.com ; sweat à capuche ARC’TERYX ertices, arcteryx.com ; veste PROTEST Decay, protest.eu ; sac à dos DOUCHEBAGS Hugger 30L, douchebags. V com ; gants OUTDOOR RESEARCH Riot, outdoorresearch.com ; casque Unity de PICTURE ORGANIC et pantalon Naikoon, picture-organic-clothing.com ; chaussures NITRO Team TLS, nitrousa.com ; planche CAPITA The O utsiders 155, capitasnowboarding.com ; avec des fixations UNION Contact Pro, unionbindingcompany.com
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Dean porte un casque purple kojak de MARKER marker.net ; et des lunettes infrarouge perspective MARKER marker.net
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Sens des aiguilles d’une montre depuis le bas : planche BURTON Talent Scout + fixations Step On, burton.com ; skis HEAD Kore 117, head.com/fr ; planche CAPITA Jess Kimura 146, capitasnowboarding. com, + fixations UNION Rosa, unionbindingcompany.com ; planche GNU Ladies Choice, gnu. com, fixations BENT METAL Upshot, bentmetal.com ; skis ATOMIC Redster Redster X9 + fixations X 12 TL OME, atomic. com ; skis K2 Pinnacle 85, k2skis. com ; planche BURTON Free Thinker + fixations Step On, burton. com ; skis SALOMON X S/Race Rush GS, salomon.com.
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Dean porte un casque MARKER Phoenix MAP, marker.net ; lunettes SCOTT SPORTS Fix, scott-sports.com ; tour de cou BUFF Arrowhead Multi Buff, buffwear.com ; pull demi-zippé MONS ROYALE Olympus 3.0 Half Zip, monsroyale.com ; veste SPYDER Pinnacle GTX, spyder. com ; sac à dos ARC’TERYX Alpha SK32, arcteryx.com ; skis ATOMIC Redster X9 avec fixations X 12 TL OME, atomic.com ; gants QUIKSILVER Travis Rice Natural Gore-Tex, quiksilver. com ; pantalon JACK WOLFSKIN Exolight, jack-wolfskin.com ; bâtons K2 Freeride Flipjaw, k2skis.com ; chaussures SALOMON QST Pro 120, salomon.com
Dean porte des lunettes VON ZIPPER Capsule Halldor Satin/Wild Quasar Chrome SSP, eu.vonzipper.com ; bonnet PROTEST Lake 18 et pantalon Oweny, protest.eu ; maillot à manches longues UYN Ambityon UW, uynsports. com ; veste QUIKSILVER Travis Rice Stretch Shell, quiksilver.com ; gants MARMOT Ultimate, marmot.com Ella porte des lunettes de ski ADIDAS Backland Spherical, adidassporteyewear.com ; bandeau BUFF Knitted Polar, buffwear.com ; sweat à capuche SALEWA Ortles PTC Highloft W, salewa.com ; veste en duvet JACK WOLFSKIN Mount Floyen, jack-wolfskin.com THE RED BULLETIN
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GUI D E Ella porte un bonnet JACK WOLFSKIN Stormlock Pompom Beanie, jackwolfskin.com ; lunettes ADIDAS Backland Spherical, adidassporteyewear.com ; écharpe BUFF Polar Shading Blue, buffwear.com ; pull à manches longues demi-zippé ICEBREAKER 250 Vertex, icebreaker.com; sweat à capuche fonctionnel LÖFFLER, loeffler.at ; veste MONTANE Phoenix Flight, montane.eu ; gants PROTEST Fingest 17, protest.eu ; pantalon BLACK YAK Gore-Tex C-Knit, global. blackyak.com ; skis K2 Luv Machine 72TI, bâtons Style Composite et chaussures Luv 110, k2skis.com
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Derrière, de g. à dr. : chaussures DEELUXE ID 7.1, deeluxe.com ; chaussures Ivy SALOMON, salomon.com ; chaussures BURTON Limelight Step On, burton.com Devant, de g. à dr. : chaussures K2 Recon 130, k2skis.com ; chaussures SALOMON X Max 110, salomon.com ; chaussures HEAD Kore 1, head.com ; chaussures ARC’TERYX Procline AR, arcteryx.com
Jenny porte des lunettes MARKER Perspective+, marker.net ; casque PICTURE ORGANIC Tempo, veste Katniss et gants McPherson, picture-organic-clothing.com ; salopette BURTON Avalon, burton.com ; chaussures NORTHWAVE Domino, northwavesnow.com ; planche GNU Ladies Choice, gnu.com ; avec des fixations BENT METAL Upshot, bentmetal.com
Mannequins ELLA WALKER @ W Model Management ; DEAN @ B rother M odels ; JENNY NICHOLLS ; DAVID THOMPSON Coiffure & maquillage KATIE BEVERIDGE avec produits C linique Assistant photo JAMES PROCTOR Merci à THE SNOW CENTRE, Hemel Hempstead, thesnowcentre.com THE RED BULLETIN
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MENTIONS LÉGALES
THE RED BULLETIN WORLDWIDE
The Red Bulletin est actuellement distribué dans sept pays. L’édition américaine consacre sa une à la skieuse Lindsey Vonn et à son incroyable palmarès, au crépuscule de sa carrière. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com
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Rédacteur en chef Alexander Macheck Rédacteurs en chef adjoints Waltraud Hable, Andreas Rottenschlager Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English, Tara Thompson Directeur photos Fritz Schuster Directeurs photos adjoints Marion Batty, Rudi Übelhör Responsable de la production Marion Lukas-Wildmann Managing Editor Ulrich Corazza Rédaction Christian Eberle-Abasolo, Arek Piatek, Stefan Wagner Maquette Marion Bernert-Thomann, Martina de Carvalho-Hutter, Kevin Goll, Carita Najewitz Booking photos Susie Forman, Ellen Haas, Eva Kerschbaum, Tahira Mirza Directeur global Media Sales Gerhard Riedler Directeur Media Sales International Peter Strutz Directeur commercial & Publishing Management Stefan Ebner Publishing Management Sara Varming (Dir.), Magdalena Bonecker, Manuela Gesslbauer, Melissa Stutz, Stephanie Winkler Marketing & Communication Alexander Winheim Directeur créatif global Markus Kietreiber Solutions créatives Eva Locker (Dir.), Verena Schörkhuber, Edith Zöchling-Marchart Maquette commerciale Peter Knehtl (Dir.), Sasha Bunch, Simone Fischer, Martina Maier Emplacements publicitaires Manuela Brandstätter, Monika Spitaler, Andrea Tamás-Loprais Production Wolfgang Stecher (Dir.), Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Michael Menitz (Digital) Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Nenad Isailovi c,̀ Maximilian Kment, Josef Mühlbacher Fabrication Veronika Felder Office Management Yvonne Tremmel (Dir.), Alexander Peham Informatique Michael Thaler Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Klaus Pleninger (Distribution), Nicole Glaser (Distribution), Yoldaş Yarar (Abonnements) Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, 1140 Vienne, Autriche Téléphone +43 (0)1 90221-28800, Fax +43 (0)1 90221-28809 Web redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals bei Salzburg, Autriche, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Directeur de la publication Andreas Kornhofer Directeurs généraux Dietrich Mateschitz, Gerrit Meier, Dietmar Otti, Christopher Reindl
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BILL WYMAN DISRUPTED MUSIC WITH THE ROLLING STONES, LONDON, UK The ROLLING STONES SASCHA ZAHND HELPS ELON MUSK WITH MODEL 3, PALO ALTO, CA, USA ROYA MAHBOOB SERIAL-ENTREPRENEUR, RESISTED THE TALIBAN, HERAT, AFGHANISTAN FUMBI CHIMA SHE SMASHES GLASS CEILINGS AT CORPORATIONS, LOS ANGELES, CA, USA SHANE LUKE REVOLUTIONIZES THE WAY WE WORK OUT, PORTLAND, OR, USA JAMES MONSEES CO-FOUNDED AN E-CIGARETTE UNICORN, SAN FRANCISCO, CA, USA DOMINIC PRICE CAN SEE INTO THE FUTURE OF WORK, SAN FRANCISCO, CA, USA & MORE WORLDWEBFORUM, 7TH ANNUAL MEETING ZURICH, JANUARY 17-18, 2019
Le plein d’action.
makes you fly
Du vent ? Des vagues ? Obsolètes pour Kai Lenny et son hydrofoil. Grâce à cette technique, le surfeur donne l’impression de voler à la surface de l’Hudson (NY). Une aile immergée sous la planche assure la portance, tandis qu’une simple pression du pied la fait avancer.
Le prochain THE RED BULLETIN sortira le 2 décembre 2018 98
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KYLE LIEBERMAN/RED BULL CONTENT POOL
Foil que j’y aille !
COMING SOON
RACE THE FACE JÉRÉMIE HEITZ VS. DARON RAHLVES 6 DÉCEMBRE 2018 PREMIÈRE AU CINÉTHÉÂTRE LUCERNE MUSÉE SUISSE DES TRANSPORTS
CR E ATE YO U R OW N PATH . Performance trifft Design. Ein SUV mit dem Herz eines Sportwagens. Das ist der CUPRA Ateca. In ihm vereinen sich zwei Welten, die sonst nicht zusammenkommen . • 300 PS. 4x4. DSG. • Ab Fr. 47’500.– • Jetzt bei Ihrem CUPRA Partner Probefahren. CUPR A Ateca 2.0 TSI, 300 PS, 7-Gang DSG, 4Drive, Empf. Bruttoverkaufspreis Fr. 48’500.– ./. Fr. 1’000.– SWISS CUPR A Bonus (gültig bis 31.1 2.2018) = Empf. Nettoverkaufspreis Fr. 47 ’500.–. Normverbrauch gesamt 7.4 l/100 km, 168g CO 2 / m (1 33 g Ø Neuwagen), 38g CO 2 /km Eng. Bereitstellung, Energieeffizienz-Kategorie: G