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The Red Bulletin Decembre 2016 - FR

Page 1

FRANCE

HORS DU COMMUN

HISTORIQUE !

François D’Haene a vaincu le GR  2 0 en moins de 32  h eures

FACEBOOK.COM/THEREDBULLETIN

Comment le triple médaillé d’or de natation Anthony Ervin a touché le fond pour revenir au top

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MAGAZINE SPONSORISÉ DEC. 2016


JUSTIN HILL CAPTURED ON GOPRO


VIDEO STABILIZATION

WATERPROOF

VOICE CONTROL


14

LE MONDE DE RED BULL

Y’A PHOTO !

En 2016, de l’action, il y en a eu, et de la bonne ! Ce portfolio vous fera mal aux yeux.

ERRANCES

4

« Je savais qu’à Rio, je pouvais faire bien mieux que lors des jeux de 2012. »

CHRISTIAN ANWANDER (COVER), MARCIN KIN

On lui pardonnerait presque d’avoir battu Florent Manaudou à Rio. Avec son parcours fou – des sommets jusqu’au fond du bassin, puis retour – l’Américain Anthony Ervin est un sujet unique. Médaille d’or aux Jeux Olympiques de 2001, à 20 ans. Puis drogue, fête et moto prennent le dessus sur sa vie rêvée d’athlète (en avait-il vraiment rêvé ?). Ervin arrête la compétition, revend sa médaille olympique (pour une bonne cause). Devenu professeur de natation à New York, il se repointe dans le game, d’abord à Londres, puis à Rio, pour y remporter deux médailles d’or. Et ne tire que du positif de ses errances. Ce qu’il vient vous révéler dans ce nouveau numéro. Bonne lecture ! Votre Rédaction.

ANTHONY ERVIN, PAGE 28

THE RED BULLETIN


DÉCEMBRE 2016

54 AVIS DE...

D’UN COUP D’AILES

La tempête, un windsurfeur déteste ça... mais les pros du Red Bull Storm Chase, eux, n’attendent que ça !

BULLEVARD 9 INSPIRATION  Des talents motivants.

REPORTAGES

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14 Best of photo 2016

Laissez vos players YouTube de côté un instant pour un plein d’action fixe.

SEBASTIAN MARKO, KLAUS FENGLER, SONYMUSIC, MANFREDI GIOACCHINI, DAMIEN ROSSO

28 À contre-courant

Entre deux titres olympiques, Ervin se met la tête à l’envers, et ça lui réussit.

36 SYMPARCTIQUE

Une expédition risquée jusque dans les tréfonds de l’Arctique, pour y concrétiser une ascension inédite. Et vivre, encore.

36 Faire le mur

Stefan Glowacz voulait juste se faire une paroi, au bout du bout du monde.

LE TOP, OU RIEN

Zara Larsson a foulé le gazon de l’Euro avec David Guetta. Pour la Suédoise de 18 ans, rêves et objectifs ne font qu’un.

48 Le coin des héros

Punk rockeurs ou réalisateur, à leur contact, vous déborderez d’envies.

54 Folie pure

Attendre une tempête des semaines et s’y jeter en wind. Oui, c’est un sport.

66 31 h 06

Le temps qu’il faut à François D’Haene pour parcourir les 180 km du GR 20...

48 FACE À SES HÉROS

Des Daft Punk (sans masques) à Quincy Jones, les plus grands producteurs ont adhéré à la création de Xavier Veilhan. THE RED BULLETIN

66 FRANÇOIS PRÉSIDENT !

Se priver ? Jamais ! Quand l’utra-trailer François D’Haene se joue du GR 20 en 31 h 06, il en retient surtout du plaisir.

ACTION ! 75 À VOIR. À VIVRE. À FAIRE.  Voyages, gadgets, montres, zik et moteurs. 91 SPÉCIAL  Gamer est-il ? 98 MAKES YOU FLY  La vague boréale.

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THE RED BULLETIN BACKSTAGE DÉCEMBRE 2016

CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS

SEBASTIAN MARKO

Lucky : le photographe Christian Pondella sur le Kilimandjaro.

Un safari photo autour du monde De l’enduro hardcore en Pologne, un grimpeur sur un glacier du Kilimandjaro, du skate comme jamais vu dans un toboggan aquatique et à vide de Dubaï : pour notre best of photo Action 2016, nous avons disséqué des productions planétaires. Toutes ont demandé du courage, non seulement aux athlètes, mais aussi aux photographes impliqués, comme le dit l’un d’entre eux, Jimmy Chin : « J’ai shooté un grimpeur à 200 m de haut sur une arche de roche en Chine. Accroché à une corde, entre paradis et enfer. » Action ? Page 14.

Le photographe de sport autrichien a suivi les windsurfeurs les plus ­tenaces sur le Red Bull Storm Chase. « On a subi des rafales jusqu’à 160 km/h, et j’étais fixé au sol pour tenir en place sur le shooting. » P. 54.

AUTOUR DU MONDE KLAUS FENGLER

L’Allemand est un pro des photos d’outdoor et d’escalade. Depuis 10 ans, il suit le grimpeur Stefan Glowacz dans les spots les plus ­reculés. Ses photos du trip de Glowacz sur l’île de Baffin en p. 36.

The Red Bulletin est publié s­ imultanément dans neuf pays. Ici, la couverture du magazine sud-africain, avec la star locale, le chanteur Black Coffee. Toutes les éditions : redbulletin.com

MAKING OF LE SHOOTING DU MOIS

« Son rencard suivant après nos photos ? Le président Barack Obama ! » LE PHOTOGRAPHE CHRISTIAN ANWANDER, SUR NOTRE COVER-STAR ANTHONY ERVIN. « Son énergie est unique ! » Connu pour ses photos d’artistes comme les Daft Punk, l’Autrichien de New York trouve un sujet déterminé et loufoque dans le nageur trois fois médaillé aux JO. Plongez dans l’East River avec Anthony Ervin en page 28.

6

Anwander et un cas unique, M. Anthony Ervin, à New York.

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BULLEVARD INSPIRANTS, DIVERTISSANTS, INNOVANTS : DES PROFILS À PART

L’HOMME PLURIEL

MARK MANN/AUGUST

EDDIE REDMAYNE ACTEUR POLYMORPHE BRITANNIQUE AIMANT LES DÉFIS. FILMS DE SF, THÉÂTRE, COMÉDIE MUSICALE OU ­BIOPIC : AUCUN GENRE NE LUI FAIT PEUR. C’est pendant ses études au prestigieux Eton College qu’Eddie ­Redmayne se passionne pour le théâtre. Depuis, il ne s’est jamais ­arrêté de tourner et de collectionner les récompenses. Au théâtre, tout d’abord, avec des pièces comme Red qui lui vaut un Tony Award. À ses succès sur les planches, s’ajoute la variété de rôles qu’il campe sur grand écran : Marius, dans le film musical tiré des Misérables (2012), de Victor Hugo, puis celui du physicien Stephen Hawking dans Une Merveilleuse Histoire du Temps (2014), lequel lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur. Peu de temps après, il s’attaque à un autre rôle complexe, celui de l’artiste transgenre Lili Elbe dans le film The Danish Girl (2015). Le film fantastique reste alors le seul domaine encore inexploré : c’est bientôt chose réparée puisque sort le 16 novembre Les Animaux Fantastiques, premier volet de la trilogie dérivée de la saga Harry Potter. Curieux de nature, il explique son parcours surtout par sa capacité à laisser parler son instinct.

THE RED BULLETIN

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BULLEVARD

LE DUEL DUR DE PARLER DE LITTÉRATURE SF FANTASY SANS PENSER À CES DEUX GÉANTS : CE MOIS-CI, ON S’EST AMUSÉ À LES COMPARER.

vs GEORGE R.R. MARTIN

ROBERT KIRKMAN

USA. 68 ans. Écrivain/auteur de la saga Game Of Thrones.

POIDS

1:0

Avant la plume

Au début des années 70, GRRM a été tour à tour objecteur de conscience, superviseur de tournois d’échecs et prof de journalisme en université religieuse, « boulot qui lui a enfin permis de joindre les deux bouts », confiera un proche.

DÉBUTS DIFFICILES

2 :1 FANITUDE

789 000 followers Twitter

RÉSEAUX SOCIAUX

Alors même que son compte n’est pas hyper actif. Contrairement à son blog : Not A Blog. Nous, on s’en fiche, tant qu’il écrit.

HBO en salive

GRRM prépare l’après-GoT avec la série collective de SF Wild Cards, 23 tomes, racontant une histoire de virus s’abattant sur la Terre et créant des super-pouvoirs.

Martin pêcheur

Fils de docker, GRRM en revendique le code vestimentaire, époque 1900 : casquette, g­ ilet, bretelles, pipe et barbe de capitaine.

8,89 millions

… de téléspectateurs aux States lors du dernier épisode de la saison 6 de GoT, soit 4 fois plus que le 1er épisode en 2011. Ça continue, au point que George s’est fait devancer par la série, qui avance sans lui vers la saison 7, et la finale.

Après une première BD auto-publiée en 2000, Kirkman sort la série The Walking Dead trois ans plus tard. Les ronds tombent avec son adaptation TV dès 2010.

Des dettes aux dead

Fiction, réalité ?

Vous n’êtes pas un vrai fan de la saga tant que vous n’avez pas appris à parler le Dothraki et à cuisiner les plats de Westeros. Des livres leur sont dédiés.

20 millions de dollars

3 :1 4:2 AUTRES MONDES

4:3 LE STYLE

4:3 ( Z É R O P O I N T É P O U R L E S D E UX   ! ) AUDIMAT

4:4

Alors qu’il tente de percer dans la BD, il collectionne petits jobs et factures non-payées, ce qui ne manque pas de le paniquer. « Si je devais recommencer à zéro, a-t-il déclaré, je renoncerais et deviendrais employé de banque. »

Roi de la fête

Parmi les déguisements favoris d’Halloween aux USA, et un groupe FB très actif, les Spoiling Dead Fans, des pros des prédictions de scénario de la série.

605 000 followers Twitter

En 7 ans, pas moins de 4 000 tweets, même si la plupart font la promotion de Skybound, des BD de Kirkman et la société de prod.

Triplé gagnant

Kirkman est sur trois séries de BD mensuelles : The Walking Dead, ­Invincible (superhéros adolescent) et Outcast, dont l’adaptation en série TV est diffusée aux USA depuis juin.

Geek assumé

Avec sa barbe bien soignée, ses tee-shirts à logo et ses joues dodues, Robert Kirkman affiche un look de nerd branchouille qu’adoptent ses fans.

14,19 millions

… de fans ont vu le dernier épisode de la saison six de TWD aux USA, soit trois fois plus que lors du premier épisode. Son spin-off, Fear The Walking Dead, affiche le meilleur score de lancement de série jamais enregistré aux USA.

CITATIONS

Garçon naïf

« Quand j’ai commencé, je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer et où cela me mènerait... Je pensais tenir trois bouquins, étalés sur trois ans... Quel innocent j’étais ! »

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Notes en bloc

4:5

Kirkman semble avoir la manie du multitasking : «Je suis toujours en train de prendre des notes, où que je sois, ­raconte-t-il. Si je n’ai pas un nouveau projet sur lequel ­travailler, je ne me sens pas bien. »

THE RED BULLETIN

EBAY, ROGER VIOLLET/PICTUREDESK.COM (3), GETTY IMAGES (2)

65 millions de dollars

12e sur la liste 2016 des auteurs les mieux payés, George R.R. Martin démarre en 1971. Il devient connu en 1996 avec la publication du cycle de fantasy Le Trône de Fer.

USA. 37 ans. Auteur de la BD The Walking Dead.


BULLEVARD

LE DON EN HÉRITAGE LILY COLLINS PLUS QU’UNE FILLE DE STAR, LILY MÉRITE BEL ET BIEN SON SUCCÈS GRANDISSANT À HOLLYWOOD.

JUSTIN R. CAMPBELL/CONTOUR BY GETTY

Enchaîner les petits rôles, puis retomber dans l’oubli. Tel est souvent le destin des fils ou filles de stars à Hollywood. Mais le rejeton de Phil Collins a su montrer qu’elle avait pour la comédie un don certain. ­Élevée en Californie, la demoiselle se passionne d’abord pour le journalisme (elle écrit des articles depuis son adolescence) avant de tourner ses premiers longs métrages. C’est à 23 ans qu’elle décroche son premier grand rôle au ­cinéma dans Blanche-Neige. Dès lors, plus rien ne pourra entraver son ­ascension : suivent des rôles principaux dans La Cité des ­Ténèbres, L’Amour Malgré Tout, puis Love, Rosie. On la ­reverra au printemps dans Rules Don’t Apply (au ciné le 12 avril 2017), ­film dirigé par Warren ­Beatty. Fille d’idole, Lily connaît bien les rouages et les pièges du star système : « J’en ai ­expérimenté toutes les ­facettes, positives et ­négatives, cela m’a apporté force et lucidité. »

« H OLLYWOOD EST SI CAPRICIEUX, MIEUX VAUT SAVOIR SUIVRE LE COURANT SANS TROP RÉFLÉCHIR.  » THE RED BULLETIN

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BULLEVARD

PENSEZ RÉSEAUX

L EURS VÉRITÉS

SUIVEZ, AIMEZ ET RETWEETEZ POUR UN MOIS BIEN REMPLI.

TOUT EST DANS LE MENTAL. AU TRAVAIL, EN AMOUR OU DANS LA VIE, UN GRAND PROJET SE CONSTRUIT SUR DES BASES SOLIDES. CES CÉLÉBRITÉS LIVRENT LEUR VISION.

« La vie ne s’observe pas, elle se vit. J’aime être dans la participation. La vie est un vrai cadeau et j’adore cette aventure. »

DEEP SEA NEWS

NICOLE KIDMAN, ACTRICE OSCARISÉE

« Savoir gérer sa vie pro, c’est être capable de ­s’arrêter de travailler à la fin de la journée pour rentrer chez soi et ne plus penser ensuite au travail. À trop travailler, on n’a plus de temps pour les idées ­intéressantes.  » SUSAN WOJCICKI, PDG DE YOUTUBE

« Le futur récompense ceux qui ne lâchent rien. Je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. Je n’ai pas le temps de me plaindre. Je ne vais rien lâcher. »

« Une belle chose à dire à une femme : tu es sexy. » SCARLETT JOHANSSON, ACTRICE SEXY

« Tout se passe dans ta tête : ce n’est ni ton environnement, ni personne autour de toi qui va influencer ton état d’esprit. Toi seul peux décider comment tu te sens et quels seront les changements dans ta vie, c’est aussi simple que ça. »

twitter.com/­ deepseanews Du nouveau en direct des profondeurs de la Terre : alors que nous n’avons jamais été aussi bien informés de ce qui se passe au-dessus de nos têtes, le fond des océans est encore en grande partie inexploré. Ce compte est ­spécialisé dans les news du monde du silence et des fonds sous-marins.

RONDA ROUSEY, COMBATTANTE

« Nous avons deux règles dans notre couple : donner à ma femme [Jessica Biel] l’impression qu’elle peut ­obtenir tout ce qu’elle veut. Et lui donner tout ce qu’elle veut. Jusqu’ici, ça marche parfaitement. » JUSTIN TIMBERLAKE, PRAGMATIQUE

WOODY GOOCH instagram.com/ woodygphoto Photographe de surf, un métier qui donne envie ! Et Woody Gooch en est assurément un des meilleurs représentants. Alors que d’autres se concentrent sur des belles photos de vagues, il rend compte de la beauté du surf de ­manière magistrale et n’hésite pas à pénétrer le monde privé des sportifs qu’il photographie.

BARACK OBAMA, 44 E PRÉSIDENT DES USA

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THE RED BULLETIN

GETTY IMAGES (6)

MUNCHIES facebook.com/­ munchies L’empire médiatique Vice a également une section consacrée à la bonne bouffe, celle qui fait plaisir à regarder, et surtout celle que l’on peut déguster tout simplement au coin d’une rue ou cuisiner chez soi. Recettes, street food et articles sur les soupes, tout ce qui touche au ­palais y est.


BULLEVARD

LA FORCE EN CHIFFRES

MATT HEAFY LE GUITARISTE ET CHANTEUR DE TRIVIUM EXPLIQUE COMMENT LE JIU-JITSU BRÉSILIEN A TRANSFORMÉ SA VIE ET SA MUSIQUE.

3 750 CALORIES CONSOMMÉES PAR JOUR D’ENTRAÎNEMENT « Je ne savais pas du tout le nombre de calories que je brûlais en faisant du sport : j’en consommais 2 000, mais devais sans doute en éliminer 1 500. Quand j’ai commencé à travailler avec les poids, 4 fois par semaine, je suis monté jusqu’à 4 250 calories par jour et pesais 88 kg. »

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WILL IRELAND/TOTAL GUITAR MAGAZINE VIA GETTY IMAGES, PICTUREDESK.COM

JOURS PAR SEMAINE DE JIU-JITSU EN TOURNÉE « Je dispose mes nattes d’entraînement, et mon manager me rejoint pour une séance. J’ai amélioré mes performances musicales et vocales grâce au JJB. Ça demande la même discipline et la même concentration que pour la musique. »

109 LE NOMBRE DE KILOS QU’IL EST CAPABLE DE SOULEVER « Je n’ai jamais été très costaud, et avant de me mettre au jiu-jitsu ­brésilien, je faisais de la ­musculation uniquement pour des raisons e­ sthétiques. En commençant le JJB, je me suis concocté un programme muscu bien particulier afin d’éviter les risques de ­blessure. Du coup, j’ai tellement gagné de force dans mes mains que j’ai dû augmenter la hauteur des cordes sur ma guitare. »

THE RED BULLETIN

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HEURES DE JIU-JITSU BRÉSILIEN PAR JOUR « Quand je suis chez moi, je m’entraîne 2 à 3 heures par jour, six jours par semaine, dont une heure de muscu, de fitness ou de yoga. En JJB, pas possible de tricher, tu t’améliores uniquement à force de pratiquer. Le JJB est un sport où la technique compte bien plus que la force, c’est donc une philosophie de vie et une force de caractère que cette discipline m’a apporté. Elle m’a permis de mieux me connaître. »

STATISTIQUES VITALES

Discipline Dieu du metal Âge 30 ans Taille 1,91 m Poids 84 kg Palmarès Guitariste et chanteur d’un des meilleurs groupes US de la scène metal, Trivium. Sept albums depuis les ­débuts en 2003 avec Ember to Inferno. Celui sorti en 2015, Silence in the Snow, s’est hissé à la 19e place des meilleures ventes aux USA et au Royaume-Uni.

KILOS PERDUS APRÈS AVOIR COMMENCÉ LE JJB « Quand j’ai commencé ce sport, j’ai dû perdre presque 20 kg. Il faut dire que j’en étais à deux séances par jour, je m’épuisais ­littéralement. Mes potes et des coachs sportifs m’ont conseillé de ­freiner un peu et de me soucier davantage de mon ­régime alimentaire. Depuis, j’évite les fast-foods et la bouffe de rue. Sans être maniaque, hein ! Je tiens quand même à mes 3 bières par jour ! »

OBJECTIF FORME CÔTÉ SANTÉ, ILS SONT AU SOMMET.

L’APPLI MAPMYFITNESS

Interface hyper résistante et manipulation simplissime, ce compagnon de fitness permet de suivre pas moins de 600 activités différentes, et ­prévient quand tu dois changer de shoes. mapmyfitness.com

LA TECH GARMIN FORERUNNER 735XT

Montre-GPS de luxe avec cardio au poignet : à utiliser en indoor ou à l’extérieur pour la course, la natation, le vélo, etc. Plus besoin de sangle pour mesurer ta fréquence cardiaque. Bref, un gadget fort utile. garmin.com

LE FUEL LES AMANDES

Entières, elles peuvent améliorer votre endurance, selon une étude parue dans le Journal of the International Society of Sports ­Nutrition. Testées sur des cyclistes en contre-la-montre, elles ont entraîné une hausse d’endurance de 10 %. jissn. biomedcentral.com

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ACTION  LE BEST OF

PHOTO DE L’ANNÉE THE RED BULLETIN REVIENT SUR DOUZE MOIS D’ACTION HORS DU COMMUN AVEC UNE SÉLECTION DE DIX PHOTOS À COUPER LE SOUFFLE. ÊTES-VOUS VRAIMENT PRÊT ?

TEXTE : ROBERT SPERL


POUDREUSE JAUNE  LE SPOT Les Deux Alpes, France  PHOTO

Bartek Woliński

« J’ai passé quelques jours près d’un Bike Park avec des potes, pendant l’été 2015. Dans des conditions idéales : beaucoup de soleil, beaucoup de poussière, un sol moelleux à souhait.

Ce n’est pourtant pas là que j’ai pris ce cliché de Nick Pescetto, mais sur un chantier de piste de ski, que nous avions décou-

vert un jour où notre Bike Park était fermé. Il y avait une route pour les camions, ­recouverte de 30 centimètres de poussière, on était heureux comme des skieurs dans de la poudreuse ! » 15


FIN DE PARTIE

LE SPOT Massif du Kilimandjaro, Tanzanie  PHOTO

Christian Pondella

« J’avais prévu depuis longtemps de faire cette expédition avec le Canadien Will Gadd, un pro de l’escalade sur glace. Sur le plus haut massif du ­continent africain, le réchauffement de notre planète prend une dimension particulièrement visible et

tragique : la photo est prise sur le Kibo, le plus haut sommet du massif, qui culmine à plus de 5 800 mètres. Un défi autant technique que sportif pour Will, tant ces impressionnantes parois de

glace sont instables et fragiles. Les débris de glace qui entourent la paroi sont la preuve alarmante de son inexorable extinction. Le glacier disparaît quasiment sous nos yeux : dans 4 ans, il n’en restera sans doute plus rien. »

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LE PLEIN DE VIDE

LE SPOT Le parc aquatique Aquaventure à Dubaï

RED BULL CONTENT POOL

PHOTO

Hannah Bichay et Stefan Eigner

« Les skateurs qui se sont un jour trouvés devant l’Aquaconda de Dubaï ont tous eu le même rêve : pouvoir couper l’eau, et rider sur leurs skates les tubes interminables du plus grand toboggan aquatique du

monde. Un rêve ­devenu réalité en ­janvier dernier pour les skateurs Alex Sorgente, Milton ­Martinez et Jan ­Hoffmann : alors que ce labyrinthe de glisse était fermé pour quelques jours de maintenance, les trois chanceux ont eu la

possibilité de se lancer dans le toboggan à sec. Du jamais vu dans le monde du ­skateboard. Un rêve de rider, et aussi pour nous, photographes. »

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TOUT EN PUISSANCE

LE SPOT BC One Cypher Event, Le Cap, Afrique du Sud  PHOTO

Tyrone Bradley

« Cette photo a été prise le jour où j’ai emménagé dans ma première maison. En habitué des BC One Cyphers qui se déroulent en Afrique du Sud, je m’étais dit que

j’arriverais sans ­problème à gérer le déménagement et le shooting. Mais en arrivant au stade du Cap,

choc : une ambiance de dingue, le spot est plein à craquer, impossible d’avancer ! Heureusement, j’ai réussi à prendre le B-Boy Toufeeq juste au moment où il se tournait vers moi. Cette photo honore son talent. »


ATMOSPHÉ(E)RIQUE  LE SPOT Bundoran, Donegal, Irlande  PHOTO

Ian Mitchinson

« L’Irlandais Cian Logue est l’un des meilleurs de son pays, notamment quand il s’agit de prendre des tubes en backside. Ce qui me plaît le plus dans cette photo de lui, c’est l’atmosphère magique qui y règne : alors que le ciel était très couvert et sombre, un rayon de lumière a transpercé les nuages juste au moment où j’enclenchais. Ça confère à

l’ensemble un caractère dramatique. L’éclairage ­particulier de cette image tient du m ­ iracle, tant les ­conditions n’étaient pas réunies au départ. Sans ­oublier les ­cheveux de Cian qui lui barrent le visage, alors qu’il venait de se prendre une vague juste avant la photo. La ténacité et le ­courage de ­l’athlète, la beauté de la vague... le tout b ­ aigné dans une lumière ­providentielle ­incroyable... Tout y est, et c’est ce qui rend ce cliché unique. »

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AU DOIGT ET À L’ŒIL

LE SPOT Grande Arche de Gêtu, province du Guizhou, Chine  PHOTO

Jimmy Chin

« La Grande Arche de Gêtu est une petite merveille de la nature. Un massif calcaire de plusieurs kilomètres, percé en un endroit par un impressionnant tunnel dont le plafond se situe à 200 mètres au-dessus du sol. Les parois,

­recouvertes de concrétions calcaires, et la variété des voies, en font un spot très couru des grimpeurs. Mais très peu réussissent le tour complet de l’Arche. C’est l’Espagnol Dani

­ ndrada qui a accomA pli le premier cette véritable prouesse physique. Cela demande une concentration hallucinante. La photo que j’ai prise montre le Brésilien Felipe ­Camargo en train d’essayer une nouvelle voie. J’étais moi-même accroché à une corde, les pieds dans le vide. »

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SNOOOOW LIMIT!

LE SPOT Lac Okeechobee, Floride, États-Unis  PHOTO

Jon DeVore

« Photographier les sauts en parachute, cela représente déjà un défi, mais photographier le parachutiste Sean ­MacCormac représente carrément une folie. C’est le genre de mec qui va te demander de le photographier en plein orage. Fixé à une

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planche de snow. Un projet qui m’a tout de suite plu : alors que j’ai sauté des milliers de fois en tant que photographe, jamais je n’avais sauté en plein déluge de foudre et de tonnerre, et pour cause : c’est une ­météo que les parachutistes fuient ! Un seul est assez fou pour sauter quand même :

Sean Mac­Cormac. Comme il l’explique, “le risque de se faire frapper par la foudre est bien moins grand que la peur que l’on s’en fait”. »


RED BULL CONTENT POOL


LA COURSE OU LA VIE  LE SPOT Kleszczów, Pologne  PHOTO

Marcin Kin

RED BULL CONTENT POOL

« Le Red Bull 111 ­Megawatt à Kleszczów est l’un de mes événements préférés. J’y ai déjà fait de très belles photos. Ce fut pareil cette année : le ­responsable de l’événement, Łukasz ­Nazdraczew, est un bon ami et m’a assuré un bon emplacement pour suivre la course. À un moment, j’ai vu une horde de pilotes foncer sur moi, et je

me suis dit que ça ­devenait intéressant pour mon appareil... et très dangereux pour moi. Je me suis donc retrouvé au ­milieu de la piste, en ayant à choisir entre une bonne photo et ma propre vie. C’était comme d’être reporter de guerre en plein bombardement. Du coup, je ne sais plus trop à quel moment ni comment j’ai fini par prendre cette photo du Polonais Marcin Kurowski. Tout ce que je voulais, c’était ­survivre.  » 27


NAGE LIBRE

Il fut un temps où le poids d’une médaille d’or était trop lourd à porter pour ANTHONY ERVIN. Et puis il a appris que l’anxiété, ça s’accepte, que la rébellion, ça s’encourage, et qu’il lui faudrait repasser par le plongeoir pour enfin se retrouver lui-même. TEXTE : JOSH DEAN  PHOTOS : CHRISTIAN ANWANDER


Ervin a marquĂŠ les JO de Rio avec sa victoire sur 50 m.

29


En un sens, c’est dans cette piscine miteuse et mal éclairée que tout a commencé. En 2006, Anthony Ervin est au fond du trou quand il taxe tout juste assez d’argent pour se payer un aller simple pour New York, une ville qu’il n’a jamais visitée. À 25 ans, il est fauché, a arrêté la fac et quitté son groupe. Quant à son statut d’ex-champion international de natation qui ne sait pas quoi faire de sa vie, il ne sait plus quoi faire pour l’oublier. Un vieil ami avec lequel il nageait à l’université de Californie lui propose un boulot de prof à mi-temps à l’école de natation qu’il a cofondée quatre ans plus tôt. Ervin se demande alors ce qu’il a à perdre. Il tente sa chance à New York. Six ans après avoir remporté l’or au 50 m nage libre aux JO de Sydney lors de sa première année de fac, Ervin embarque sa guitare et s’envole vers l’est pour aller apprendre à nager à des gamins. « J’ai passé du temps ici », souffle Ervin en se vautrant dans une chaise pliante sur une plateforme qui surplombe la piscine de l’est de Manhattan où barbote une ­nouvelle génération d’enfants. Son ancien employeur, Imagine Swimming, est désormais la plus grande école de natation de New York. Et Ervin, à 35 ans, est de nouveau médaillé d’or olympique sur 50 mètres – nageur le plus rapide au monde – 16 ans après sa première victoire. Ervin a les yeux rouges. Les paupières tombantes. Il est en plein rhume et rentre tout juste du Brésil où il a participé à une course de démonstration qu’il a remportée avant de prendre un vol de nuit pour New York. Demain, il s’envolera pour 30

Washington pour rencontrer le Président. Depuis Rio, Ervin n’a pris que deux jours de repos. Le reste du temps, il se contente de « surfer sur la vague tant que ça dure », comme il dit. Il participe à des compétitions pour se faire de l’argent, donne des conférences et a droit aux réceptions rémunérées réservées aux stars des JO. La première fois, Ervin n’a rien fait de tout ça. C’était un ado qui venait de passer du statut de nageur non classé à celui de champion olympique. En un an. Comme beaucoup d’autres jeunes stars, il n’a pas pu le supporter. En trois ans, il a arrêté la natation, quitté la fac et commencé à ­mener une vie où, en gros, il se contentait de suivre ses envies. THE RED BULLETIN


New York reste le foyer spirituel d’Ervin.

« Il y a un certain recentrage sur soi qui est vraiment propre à ce sport. L’esprit s’évade. »

THE RED BULLETIN

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Dans les articles évoquant son retour, il est souvent question de drogue, alcool, suicide – et ce n’est que la vérité. Mais si l’on replace les choses dans leur contexte, c’est moins glauque. Si on avait dit à Anthony Ervin à 24 ou 27 ans qu’il reparticiperait aux JO un jour, et qu’en plus, il gagnerait, ça l’aurait bien fait marrer. Même après avoir déménagé à New York et commencé son boulot de prof, il raconte qu’il n’était pas fier de sa médaille. Plus un boulet qu’autre chose pour lui. « Ce n’est pas un rôle que je voulais assumer. Ça ne me convenait pas. » Ervin en avait fini avec la natation. « Mais il me fallait un boulot. »

E

t c’est ce boulot, justement, qui a fini par rallumer la flamme qui s’était éteinte depuis bien longtemps. Avec le temps, Ervin a fini par se rendre compte que tout ce qu’il avait fait pendant ces neuf années sans nager l’avait rendu plus fort. Son talent était toujours là, et maintenant, en plus, il avait la sagesse, la maturité et la capacité de tirer parti de son ­anxiété et de se concentrer. Il a été au sommet, il a été au fond du gouffre, et il en est ressorti avec l’impression de s’être réellement trouvé lui-même. « C’est une histoire plutôt cool », s’exclame-t-il. 32

Si vous voulez savoir exactement par quoi Anthony Ervin est passé après ­Sydney, vous devriez lire son livre, ­Chasing Water, coécrit avec un autre ­instructeur d’Imagine, Constantine ­Markides. L’une des bios de sportifs les plus honnêtes que vous lirez jamais. L’histoire d’Ervin, sans fard. Sur fond de sexe et de drogue, entre courses à moto débridées, passages dans des groupes et même une tentative de suicide, quand il avale un flacon entier du médicament prescrit pour calmer son syndrome de Gilles de la Tourette. Mais il a aussi connu des périodes plus calmes. Il s’est plongé corps et âme dans le bouddhisme et la méditation, il a cherché à en savoir plus sur ses origines afro-américaines – le père d’Ervin est noir, sa mère est juive – et il a même mis sa médaille d’or de 2000 aux enchères afin de lever des fonds en faveur des victimes du tsunami de 2004 en Asie. « Dans le livre, il est beaucoup ­question du rejet de l’autorité et de la ­résistance au pouvoir et au contrôle », ­explique Ervin en arpentant la prome-

nade déserte le long de la plage de ­Rockaway Beach à New York, au lendemain de son discours face à un groupe de nageurs. Ne vous y trompez pas. Dans les a ­ rticles évoquant son retour cet été, il a souvent été question de drogue, d’alcool, de suicide – et ce n’est que la vérité, après tout – mais quand on resitue les choses dans leur contexte, c’est moins glauque. « Quand je me lançais dans quelque chose, ça pouvait sembler impulsif, mais ce n’était jamais une passade, dit-il. La moto, par exemple, des mois durant, j’en ai fait tous les jours, pendant des heures et des heures. Ou bien quand j’ai commencé la musique, je jouais sans arrêt. [Quoi que je fasse,] j’essaye toujours d’aller au fond des choses. Ce truc de se planter intentionnellement, ça peut paraître impulsif pour un œil extérieur, mais ça ne l’est pas pour moi. Je cherchais quelque chose, et j’ai fini par le trouver. » Rien de tout cela ne fut une perte de temps pour lui. Dans chaque nouvelle ­obsession, il a trouvé une part de vérité qu’il a intégrée à sa vie et a fait de lui une meilleure personne. La méditation, par exemple. Ervin ne médite plus comme il le faisait, mais il connaît le processus, il l’a intégré et il peut d+onc y avoir recours dès qu’il en a besoin. C’est l’art « de se connaître soi-même au lieu de se laisser diriger par ce que l’on perçoit de son ­environnement. Il faut en être pleinement conscient. Ne pas le rejeter ». La pratique du zen lui a appris qu’un esprit vide, c’est quelque chose de fugace. Personne ne peut rester comme ça très longtemps. « Il peut y avoir des moments où vous n’avez absolument rien à l’esprit. Mais inévitablement, la pluie tombe, l’eau arrive et s’écoule sur le rocher. » Plutôt que de se fixer sur une pensée, on l’accueille, on l’assimile, et puis on respire et on la laisse s’en aller. C’est une bonne manière de gérer son stress. Ça a commencé à le démanger quand son ami Erik Vendt, médaillé d’argent aux JO de 2004, a quitté Imagine pour s’entraîner en vue des JO de 2008 à Pékin. Ervin a rejoint l’équipe des masters du club et a participé à une course chronométrée pour la première fois en cinq ans. Il a été plus rapide qu’il ne l’aurait cru, mais ça lui a fait bizarre. « Par-dessus tout, je me disais : “Mais pourquoi est-ce que je ferais ça ?” J’essayais juste de reprendre le contrôle. De retrouver ma condition physique. » Ervin regardait les enfants s’éclater en nageant et c’est ça qui l’a aidé à redécouvrir l’amour de la natation. Il s’est rendu compte que ce qu’il aimait dans le fait de nager, c’était la même chose qui lui ­plaisait dans la musique, la méditation et THE RED BULLETIN


Si Ervin ne pratique plus autant la méditation qu’avant, il peut y avoir recours quand les choses se corsent.

« J’ai appris l’art de se connaître soi-même au lieu de se laisser diriger par ce que l’on perçoit de son environnement. Il ne faut pas le rejeter, mais en être pleinement conscient. »


Ervin sur la plage de R ­ ockaway Beach.

« Je sais qu’aujourd’hui, je suis bien plus sous les feux des projecteurs qu’avant. Je n’ai pas envie que ça me change, mais c’est inévitable. J’espère que ce n’est qu’un changement en surface, que je ne vais pas devenir celui que je ne veux pas être. »


les drogues hallucinogènes. « Un certain recentrage sur soi qui est vraiment propre à ce sport. L’esprit s’évade. » Mais l’heure du come-back n’avait pas encore sonné. Toujours prof à la piscine, il jouait aussi dans des groupes et sortait beaucoup, souvent affublé d’un trench-coat et d’eye-liner. Il fumait toujours, des cigarettes et des joints. En 2010, Ervin retourne en Californie avec sa copine, obtient les derniers ­crédits qui lui manquent pour décrocher sa licence et s’inscrit en master. Il n’a toujours pas repris l’entraînement, mais on ne peut pas dire qu’il ne fait rien. Ervin est quelque part entre les deux quand il regarde l’équipe de Californie remporter le 4×100 mètres nage libre au championnat national en mars 2011 et qu’il se dit : « Je veux faire partie de cette énergie. Je veux reprendre la compétition. » L’été suivant, il participe de nouveau aux JO. Aux sélections américaines, il a terminé deuxième sur 50 mètres, à seulement un petit centième de la première place. À Londres, à peine deux ans après être sorti de neuf ans à « ne rien faire », il termine cinquième. À la minute où il sort du bassin, il décide de s’entraîner pour Rio. « Je savais que je pouvais faire bien mieux que ça », dit-il. Mais à l’époque, Ervin a 31 ans, ce qui lui en fera 35 aux JO de Rio – cinq ans de plus que le plus vieux médaillé d’or en natation individuelle. Il lui faudra trouver la motivation et s’entraîner aux côtés d’athlètes de 10 voire 15 ans de moins que lui, tout en luttant avec son propre corps vieillissant. Mais il a un avantage : son esprit. « Les jeunes n’ont aucun mal à rebondir mais ils ne pensent pas nécessairement à leur énergie mentale et émotionnelle. Ils ont plein d’énergie qu’ils pourraient utiliser à bon escient, mais une grande partie de leur temps passe dans des frivolités. » Ervin ne ressent alors aucune des distractions qui l’ont assailli à l’époque de sa première médaille. Il aime s’entraîner et n’a pas besoin de se secouer tous les matins pour aller nager. Il se lève tôt, avant que son réveil ne sonne. Ervin a déjà participé à trois JO, il a donc beaucoup d’atouts pour Rio. Les jeunes, eux, sont souvent terrifiés. Ils se laissent distraire. Mais lui, il sait comment ça se passe. Il sait le peu d’espace personnel qu’il aura, que la bouffe à la cafétéria des sportifs sera dégueu. Ervin est censé participer au 50 mètres et au relais 4×100 mètres

UN PARCOURS UNIQUE D e l’o r a u d éso rd re, et inve rse me nt  : se p e rd re p o u r mie u x se retro u ve r. 1981 Naissance à

Ervin échoue aux portes des demi-finales du 50 m.

Valencia (Californie) ; il s’éclate dans la piscine dès le plus jeune âge.

2004 Met un terme

2000 Plus fin que

2005 Met sa

la plupart de ses concurrents, Ervin remporte le 50 et 100 m nage libre aux championnats NCAA lors de sa première ­année à l’université de Californie à Berkeley.

Été 2000 Aux JO de Sydney, le jeune homme de 19 ans remporte l’or sur 50 m, ex-aequo avec Gary Hall Jr., véritable légende de la nage libre ; il remporte également l’argent au relais 4×100 m. 2001 Aux championnats du monde de ­natation au Japon, il remporte deux fois l’or sur 50 et 100 m nage libre, mais sa motivation faiblit, son envie de faire la fête augmente.

2003 Aux championnats du monde de ­natation en Espagne,

à sa carrière.

­ édaille d’or aux m enchères sur eBay. Il fait don des 17 100 $ obtenus à l’UNICEF suite au tsunami dévastateur qui a eu lieu en Indonésie.

2005-2007 Il

devient prof de natation à New York, mais passe la majeure partie de son temps à essayer de ­percer dans la musique et à tester des drogues hallucinogènes.

2010 Suit un cursus de master à Berkeley, arrête de fumer et recommence à nager. 2012 Termine 5e sur 50 m aux JO de Londres. 2016 Remporte la médaille d’or sur 50 m aux JO de Rio, devenant ainsi le plus vieux ­médaillé d’or en natation individuelle.

nage libre. Mais la veille de la demi-­ finale du relais, les entraîneurs lui ­annoncent qu’il est remplacé par un ­nageur plus jeune. « Je me suis effondré », se souvient-il. Auparavant, ça l’aurait complètement dévasté. Mais Ervin laisse les pensées venir et commence à y faire face. Et il reçoit même un peu d’aide. La veille de la finale du 50 mètres, sa marraine l’appelle. Elle lui dit que la décision des entraîneurs est peut-être injuste, mais que c’est du passé, contrairement aux JO. En s’apitoyant sur son sort, il se fait du mal à lui-même et « à tous ceux pour qui [il voulait] faire ça à la base. Ma famille et mes amis ne voulaient pas me voir nager quand je n’étais pas présent. Je suis un spécialiste de la nage libre. Je n’ai qu’à nager librement ». Il n’oubliera jamais cet appel de tata.

« Il est toujours plus facile d’arriver au sommet que d’y rester. C’est en toute naïveté qu’on y parvient. Tout ce qu’on voit, c’est la route qui mène à la plus haute des marches. » THE RED BULLETIN

P

our la finale du 50 mètres, ­A nthony Ervin est à la ligne 3, juste entre F ­ lorent Manaudou, champion olympique en titre, et Ben Crowe, jeune star montante de la natation en Grande-­ Bretagne. Lui qui est réputé pour ses ­départs tranquilles, il se retrouve donc coincé entre deux spécialistes des démarrages r­ apides, probablement les meilleurs du monde d’ailleurs. « Deux ans plus tôt, j’aurais été paniqué et je me serais dit : “Oh, merde, je vais les voir tous les deux devant moi et craquer direct sous la ­pression.” Cette fois, j’ai pensé : “Bon OK, ils vont plonger et leur vague va me porter et me pousser vers l’avant.” » Ervin a aussi pris le temps d’expliquer quelque chose d’essentiel aux e­ nfants à la piscine : « Il est toujours plus facile ­d’arriver au sommet que d’y rester. C’est en toute naïveté qu’on y parvient. Tout ce qu’on voit, c’est la route qui mène à la plus haute des marches. » Mais une fois tout en haut, on réalise soudain qu’il y a des centaines de nageurs qui voudraient être à notre place – à sa place, à lui, en ce moment. Il n’exclut pas la possibilité que ça ait des conséquences sur ce qui se passera l’année prochaine et tant qu’il continuera la natation. Il a toujours eu une priorité : être lui-même, tout simplement. « Je sais qu’aujourd’hui, je suis bien plus sous les feux des projecteurs qu’avant. Je n’ai pas envie que ça me change, mais c’est ­inévitable. J’espère juste que ce n’est qu’un changement en surface et que je ne vais pas devenir celui que je ne veu pas être. » Cette fois-ci, il accueille le succès à bras ouverts. Il est fier de sa médaille, et de la première aussi. Il envisage même de la racheter un jour. Ervin n’a pas annoncé son souhait de participer à ses quatrièmes JO en 2020 à Tokyo, mais il ne l’a pas exclu non plus. Il voit les choses comme ça : il sera « bien occupé » pendant 3 ans et puis – avec le début de l’entraînement pour les JO – il pense « s’y mettre sérieusement et tenter le coup pour de bon ». Il aura alors 39 ans. Il est parfaitement conscient qu’il y aura une nouvelle génération de nageurs pour le détrôner et il sait que, selon toute vraisemblance, il ne réussira pas à défier le temps qui passe et à les surpasser cette fois encore. Mais ça lui va. Sa cible a changé. « Mon véritable objectif, ce serait d’arriver en ­f inale des sélections olympiques, déclare Ervin. Histoire de montrer que je suis ­encore sacrément bon. » Suivez-le sur Twitter : @anthonyervin

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JUSQU'AU BOUT DU

MONDE

Q u a n d s e r e n d r e n ’ i m p o r te o ù e n m o i n s d e 24 h e u r e s e s t p o s s i b l e, l ’a v e n t u r e d e v i e n t l a r e c h e r c h e d e l a r e d é co u ve r t e d e l a l e n t e u r, co m m e l ' ex p l i q u e l e g r i m p e u r a l l e m a n d S t efa n G l o wa cz p a r t i à p i e d e n Te r r e d e B af f i n co n q u é r i r l e m u r d o n t i l s’e s t é p r i s . T E X T E   : W E R N E R J E S S N E R P H O T O S   : K L A U S F E N G L E R 36


La solitude, durant quatre semaines : Stefan Glowacz et Robert Jasper traversant l’île de Baffin.


«  PAD ORI T TÊ T RI ERU N E N R I C H I S S E M E N T ET NON UNE MENACE. »

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Traîneaux, rickshaws, sacs à dos, ou comment transporter ses affaires sur des terres vierges en l’absence de tout chemin.


Ici, tout est hostile à l ’ê t r e h u m a i n . To u t e s t glacial, impraticable, imp r é v i s i b l e . C ’e s t l ’ i n s t i n c t qui dicte aux ours blancs q u a n d s e m e t t r e à l ’a b r i . Stefan Glowacz, 51 ans, s ’e s t i m m i s c é p a r m i e u x pour escalader une ­m o n t a g n e e m b l é m a t i q u e   : l e Tu r r e t . S a n s m o y e n s mécaniques, il a vécu pendant un mois en autarcie, se déplaçant avec s e s p r o p r e s f o r c e s à l ’a s saut d’un monde auquel l ’ H o m m e n ’a p p a r t i e n t p a s .

40

S

Le camp de base de l­ ’aventure : chacun porte ce dont il a besoin. Il faut donc privilégier le strict nécessaire.

olitaire, il se tient là, sa forme rappelant « El Capitan » dans le parc national de Yosemite, image standard de millions d’écrans d’ordinateurs Apple. Le Turret domine de 800 mètres un fjord sur l’île de Baffin, au bout du monde. La majestueuse paroi ouest n’a été gravie qu’en 1987, une voie que la légende de l’escalade décrit comme « esthétique et logique ». D’après les calculs, l’escalade, point d’orgue solitaire de cette expédition, devrait prendre près de 24 heures. Par respect pour un monde majestueux, l’entière expédition devrait pouvoir se faire sans aide technique. Cela signifie que les aventuriers vont transporter de leurs propres forces tout le nécessaire à leur survie – on ne compte pas les raisons de ne pas survivre en Terre de Baffin – pendant un mois à travers pierres et mottes de terre, gués et ruisseaux, sur un traîneau en fibre de carbone conçu spécialement pour l’occasion. Le village de 900 âmes de Clyde River est le point de départ de l’expédition. Puis débute le vide. Plus de chemin, il n’y a plus qu’un désert de glace et un horizon à perte de vue, des jours d ­ urant. Avec pour seule présence la compagnie peu amène des ours blancs errants. Partir sans armes ni munitions serait imprudent : les contacts avec eux sont quasi quotidiens. Après seulement quelques heures de grimpe sur la fameuse paroi, une pierre se détache et tombe, heurtant la main de Stefan Glowacz. L’aventure est sur le point d’être remise en question, mais il serre les dents et continue. Vingt heures plus tard, il est au sommet du Turret. Pas le temps de reprendre son souffle : le dégel a débuté. Chaque jour supplémentaire rend l’expédition plus dangereuse. La prochaine trace de vie humaine se situe à 15 jours de marche. THE RED BULLETIN


«  L A

L I B ED E RP O TU V OÉI R PA R T I R E S T ANCRÉE EN MOI. »


Atteindre cette paroi, c’est la motivation suprême sans laquelle on serait incapable de se lancer, même s'il ne s’agit que d’un objectif en plus dans la vie.


«   I L FA U T Q U E J ’ É P R O U V E D E

L’ E ND ETVAHN T OU N EUPASR O II, A S M E U N E M O N TA G N E .   »

the red bulletin : Qu’as-tu contre les motoneiges ou les hélicoptères ? stefan glowacz : Avant, les hommes se déplaçaient à pied car ce n’était pas possible autrement. Aujourd’hui, nous pouvons atteindre n’importe quel endroit pour peu qu’on ait les moyens financiers et la logistique pour cela. Il faut se poser la question de savoir ce qui définit et ce qu’on entend par « aventure ». Pour ma part, il s’agit d’essayer de réduire au minimum les moyens mécaniques et de me focaliser sur mon expérience, mon savoir et mes forces mentales. Tout le reste est facultatif.

THE RED BULLETIN

Le Turret : une vue qui ne vous quitte plus quand vous êtes mordu de ­parois à gravir.

Parce que l’aventure commence dans la tête ? Exactement, c’est ce qui est beau dans l’alpinisme : chacun peut le faire à sa manière. Il n’y a rien de vrai ou de faux, tout est subjectif. Pour moi, ce qui est correct c’est de me rendre de région en région à pied pour atteindre mon objectif, m’en rapprocher lentement plutôt que de bêtement gravir un mur, peu importe combien il est beau. Tu as pourtant été pendant des années l’une des plus grandes stars des sports de grimpe… La vitesse n’a jamais été un critère pour moi. L’important a toujours été la recherche de l’esthétique de la ligne et le défi. Il faut que j’éprouve de l’enthousiasme devant une paroi, une montagne. Quand tu vois le Turret, tu ne peux ­t’empêcher de vouloir le gravir. Qu’est-ce qui t’attire sur l’île de Baffin ? Les régions froides me fascinent plus que la jungle. La chaleur et la végétation piquante, venimeuse, ce n’est pas mon truc. En Terre de Baffin, au Groenland ou en Antarctique, les formations de roches sont aiguisées par les glaciers. On ne trouve cela nulle part ailleurs. Les parois sur l’île de Baffin sont simplement magnifiques et le T ­ urret est une formation rocheuse dont on tombe amoureux rien qu’en la voyant. Peux-tu décrire le moment où tu ­atteins la nature à l’état sauvage et où tu ­comprends que toute voie sera ­désormais difficile  ? Les traces de vie se font plus rares, il n’y a plus ni maisons, ni chemins. D’un côté, c’est un sentiment sublime car je considère toujours cela comme un immense privilège : pouvoir décider de partir puis de revenir chez soi. La deuxième sensation, c’est la joie que l’aventure commence enfin, mêlée à l’incertitude quant à la question de savoir si tout se passera bien, si j’ai réellement pensé à tout. La préparation pour cette expédition a tout de même pris un an. Comment se sont passés les premiers jours ? On organise la journée, on lui donne une structure, mais ce processus est totalement inconscient. Le soir, l’un monte la tente, l’autre gonfle les matelas, le troisième monte la barrière de protection contre les ours. Une sorte d’accord tacite se met en place. On établit une routine. On part en expédition, on réalise un immense rêve pour lequel on a investi une année de travail de préparation, et la première chose que l’on fait une fois en route, c’est « établir une routine » ?! C’est inscrit au plus profond de l’être humain : si tu n’as en tête que ton objectif final, tu désespères. Sur l’île de Baffin, tu 43


aperçois tout au fond quelque part une formation rocheuse et tu sais que tu ne l’atteindras que dans des jours. Quand tu es chez toi et que tu vois une montagne, tu prends ta voiture et tu y es en sept ­minutes. La définition de distance ne prend du sens que lorsque l’on doit réaliser par soi-même le moindre petit pas. Et c’est là que cette routine est nécessaire. Car dans la routine, on réfléchit en continu, mais de manière déstructurée. L’esprit commence à vagabonder et l’on ralentit. Car on n’est plus habitué à la lenteur. C’est comme si l’on te tendait un miroir qui te montre comment on fonctionne au quotidien. Ok, donc l’être humain a besoin de routine. Oui, ainsi que d’un objectif. Là, ça ­devient philosophique. On est toujours à la ­recherche d’un objectif plus grand. Ne sommes-nous sur cette Terre que pour nous reproduire et puis c’est tout ? Peutêtre que c’est effectivement bien banal. Mais on se réalise en se hissant d’un but secondaire à un autre, en se fixant des étapes. Lors d’une expédition comme la mienne, il s’agit tout simplement du prochain bivouac, du camp de base, et d’être enfin sur ce mur. Je crois que l’être humain ne serait pas capable de vivre sans ces béquilles et ces étapes qu’il se fixe. Certains craignent les grandes ­étendues désertes. Tout à fait. C’est là que l’on cherche des points d’orientation. Un point GPS représente plus que des chiffres sur un écran. Il s’agit véritablement d’un endroit concret sur la Terre. De la glace, un rocher, un sommet, un lieu de nostalgie. C’est plus compliqué avec l’eau, les océans : une masse mobile sans points fixes et tu dois faire confiance au fait qu’à l’autre bout, il y a de nouveau la terre ferme. Ça a dû être incroyable pour les gens auparavant qui partaient en bateau sans savoir ce qui les attendait, ni même si quelque chose les attendait. Aujourd’hui, nous sommes capables – du moins de manière abstraite – d’anticiper et nous ne sommes plus surpris. Ça enlève une bonne part de mystique à la découverte. On ne peut absolument plus rien découvrir aujourd’hui, sauf à propos de soi-même. Et de quelle manière ? Se libérer de la vitesse permanente est un bon moyen. On ne voit pas un champ de fleurs de la même manière depuis la fenêtre d’une voiture qui roule ou lorsqu’on le traverse pieds nus. À la maison, je m’entraîne beaucoup sur un vélo de course et je prends les routes latérales et les détours : des chemins que je ne prendrais jamais en voiture car on choisit 44

LA ROUTE

L’ î l e d e B a f f i n e s t l a cinquième plus grande île du monde. Pour atteindre la montagne, il a fallu passer par les terres intérieures, l e r e t o u r s ’e s t f a i t e n l o n g e a n t l a m e r. GROENLAND

CANADA

USA

Départ et arrivée LE TURRET

CLYDE RIVER ÎLE DE BAFFIN

Aller Retour


Il aura fallu 20 heures pour venir à bout de la paroi ouest du Turret. Degré de difficulté : 9­/A1.


Les traîneaux sont conçus de telle manière qu’ils peuvent également servir de radeaux.


MUBEA CARBO TECH GMBH

toujours les routes les plus rapides. Sur ces chemins, on voit le monde totalement différemment et perçoit des choses que l’on n’aurait jamais vues de sa voiture. C’est le but. Lorsque tu marches à travers des régions auxquelles tu n’appartiens pas, où tu ne peux être que de passage, ce sentiment est encore bien plus fort. La science-fiction se nourrit pourtant de cette idée : je pars sans savoir ce qui m’attend. C’est valable également pour les romans d’aventure et de découverte. Ce que les uns considèrent comme dangereux rend les autres curieux. Lorsque l’on ose se lancer vers l’inconnu, on peut accomplir des choses merveilleuses. A ­ urais-je entrepris cette aventure si j’avais su ce qui m’attendait sur l’île de Baffin ? La réponse est non car ma curiosité aurait déjà été satisfaite. Que dis-tu à ceux qui hésitent ? J’aimerais les inspirer à aller à la découverte de nouveaux horizons, à quitter leur zone de confort, à sortir de la voiture et à s’attacher plutôt à un traîneau qu’à un siège. Pas obligatoirement pour un désert de glace, la prochaine prairie suffit. Il faut sortir de son environnement habituel pour en découvrir plus sur ce qui nous entoure et sur nous-mêmes. Partir doit être un enrichissement, et non une menace. Cela requiert une profonde confiance en soi… Celle-ci se construit au fur et à mesure des départs. Dans mon cercle amical, il y a des filles qui ont voyagé seules pendant des semaines en Amérique du Sud ou en Asie. À leur place, je n’oserais même pas ! Elles le font, tout simplement. Chacun doit instaurer sa propre frontière entre aventure et imprudence. D’où vient cette passion des départs à l’aventure ? De mes parents je suppose. Nous partions chaque weekend faire de l’alpinisme. J’ai toujours adoré cette aventure. Le rêve de mon père était de s’acheter un combi VW et de prendre la route. Il ne l’a jamais réalisé mais sa passion a fait de moi un chauffeur de bus convaincu. La liberté de pouvoir partir est ancrée en moi. Et la possibilité de rester où je veux et non où les autres veulent. Une fois que tu es conscient de ce désir, tu ne te remets plus en question. Tu acceptes cela comme un mode de vie et beaucoup de choses se font plus facilement. Plus tu découvres ta passion tôt, plus c’est facile. Pour moi, c’était l’escalade combinée au fait d’être sur les routes. Qui peut marcher pendant un mois sur l’île de Baffin et se tenir ensuite au sommet du Turret ? C’est une chance énorme. Aujourd’hui, tu as les photos de ton expédition devant les yeux chez toi. THE RED BULLETIN

TRAÎNEAU, RADEAU, R I C K S H AW, T E N T E … Aperçu des détails techniques de cet engin high-tech.

TRACTION Au début du voyage, chacun ­devait tirer 80 kilos.

­LÉGER Le matériel conçu par les spécialistes autrichiens de Carbotech ne pèse que 16 kilos, roues et barres d’attelage comprises.

MODÈLE UNIQUE Le traîneau est fabriqué en carbone et est 100 % réalisé à la main.

COUPE SUR MESURE 220 cm de long, 75 cm de large. La coque peut être transformée en tente une place.

POIGNÉES Les roues se fixent et se démontent rapidement et facilement. Le traîneau se transforme en rickshaw.

Trouves-tu que ce soit une bonne chose ? Dans ma jeunesse, on guettait les magazines qui parleraient des voies que l’on souhaiterait grimper soi-même. Maintenant, il n’y a plus de voies difficiles, elles sont dépassées quasi quotidiennement. N ­ aturellement je joue un rôle ici, mais selon mes propres

«   C H A C U N D O I T I N S TA U R E R SA PROPRE FRONTIÈRE ENTRE

AV E N T U R E E T ­I M P R U D E N C E .   »

règles : transparence totale et honnêteté. Personnellement, je n’ai ­aucun problème à passer une semaine sans ­smartphone car je me rappelle encore très bien quand nous avons eu notre premier téléphone. J’avais 10 ou 12 ans, il était dans le couloir, un c­ ompteur fixé au-dessus. Chacun devait noter avec qui et combien de temps il téléphonait. J’étais là aussi pour les ­premiers téléphones satellites, des caisses énormes, lorsqu’une minute coûtait 100 dollars. C’est certainement plus difficile pour la jeune génération d’y ­renoncer. Pour moi, c’est un peu comme avant. Ne rate-t-on rien ? C’est merveilleux de s’en rendre compte : on ne manque rien lorsque l’on ralentit le rythme dans la communication. Les choses qui importent vraiment se comptent sur les doigts d’une main. Ce qui est important, c’est d’atteindre le mur, d’escalader la montagne et de rentrer sain et sauf à la maison. glowacz.de

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Xavier Veilhan a sculptĂŠ les dieux de la musique.


HÉROS

« L’ART EST MON LAISSEZ-PASSER » XAVIER VEILHAN a « transformé » en sculptures la

crème mondiale des producteurs de musique. Ou quand rencontrer ses héros devient création.

MANFREDI GIOACCHINI

L

’homme qui reçoit en son atelier parisien représentera la France lors de la Biennale de Venise (mega événement d’art contemporain). Il tombe les écouteurs. « J’écoute le dernier PNL. » On suit l’artiste, 53 ans, dans son bureau. Et on croit trébucher sur un gosse. En fait, il s’agit d’une sculpture représentant l’un de ses potes. Xavier aime partir des gens et en faire des représentations, des sculptures de toutes échelles. De producteurs monstrueux (Daft Punk, Giorgio Moroder, Rick Rubin, Quincy Jones ou The ­Neptunes) il a réalisé des créations de bois ou d’aluminium. Réalistes. Pour cela, il s’est rendu partout sur la planète, les a rencontrés et leur a ­proposé de rester immobiles (et muets) une vingtaine de minutes pour les « scanner » en 3D avant de les scuplter. Tous étaient pour Xavier des talents essentiels. Tous ont dit oui. the red bulletin : Pourquoi êtes-vous fasciné par les producteurs de musique ? xavier veilhan : Si tu prends Michael Jackson, il y THE RED BULLETIN

a l’image, le génie du mec qui chante et qui danse, mais en fait, le bain, le magma dans lequel on est immergé, c’est son producteur, Quincy Jones. J’ai commencé à m’intéresser à la signature sonore des producteurs, et me suis dit que ça pouvait être intéressant de travailler sur l’image de ces personnes-là, ces gens dans l’ombre pour le grand public. Comment fait-on, quand on n’est pas un musicien de renom, pour approcher des personnalités auxquelles l’humanité doit tant de hits ? Pour un projet lié à l’architec­

Qu’est-ce qui a bien pu les séduire dans votre ­démarche artistique  ? Venir d’un autre domaine que le leur aurait pu être un désavantage, mais ça nous a aidé, au contraire. On a abordé la plupart d’entre eux indirectement, par quelqu’un dans leur entourage, à qui on expliquait bien le projet, et qui, à son tour, leur expliquait bien le projet. Ils ont été étonnés autant que satisfaits que quelqu’un s’intéresse à eux en tant que figures physiques, et de l’hommage rendu aux mecs qui travaillent en studio. Approcher les Daft Punk semble pourtant délicat, ils cultivent l’anonymat... Je les ai contactés via leur

à Pharrell : « Sans ton pote, tu n’es pas dans mon projet » ? Pas de la sorte (rires). J’ai vu ça avec son management. Je voulais travailler sur le duo Neptunes, pas juste sur lui. En dix ans, les Neptunes ont créé 600 morceaux, ils ont monopolisé les charts US. Sur une année précise, plus de 40 % des hits du billboard américain étaient produits par ou liés à eux. Je trouve cela dingue. Une fois face à ces talents que l’on admire et qui font danser la planète, comment rester focus sur sa mission ? Quand tu es en Californie chez Rick Rubin (il a découvert les Beastie Boys ou Slayer, ndlr), partout il y a des sonos incroyables, et lui se balade

« LES DAFT PUNK M’ONT RÉPONDU : TU VEUX NOUS REPRÉSENTER EN TANT QUE PRODUCTEURS ? ALORS, CE SERA SANS MASQUES. » ture, je me suis retrouvé à travailler, voire à habiter dans des maisons de grands architectes américains, et je me suis rendu compte qu’il n’aurait pas été possible de le faire autrement. L ­ ’activité d’artiste devient ton laissez-passer. L’argent ou des relations ne t’auraient pas ­permis d’accéder à ces choses-là. Vous dites être un artiste « inconnu » aux yeux de toutes ces autorités du monde de la musique.

management, de manière classique. Je pensais faire leur portrait masqué, mais ils m’ont dit : « On a réfléchi, quand on va en studio, on ne porte pas de masques, si tu veux nous représenter en tant que producteurs, c’est nous, mais sans masques. » Est-il vrai que vous ne vouliez pas sculpter Pharrell Williams si vous n’aviez pas également accès à Chad Hugo, son partenaire au sein des Neptunes ? Peut-on dire

avec son iPhone et te balance des playlists mortelles. Là, tu te dis que tu pourrais passer trois jours avec lui et en même temps, tu es là pour un truc précis, et tu dois repartir avec dans la boîte. Tu n’as pas le droit de te planter, car tu n’auras pas de deuxième chance. Alors, tu passes à l’action. PH Camy Xavier Veilhan en guest du Red Bull Music Academy Festival Paris sur fr.redbullmusicacademy.com

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LE GOÛT DU RISQUE GREEN DAY reste la référence mondiale

de la scène punk rock et bouscule ses fans depuis presque trois décennies... en n’hésitant pas à se renouveler, quitte à ne pas plaire.

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T

rente ans de carrière dans les jambes et 75 millions d’albums vendus : on pourrait croire Green Day au bord de l’essoufflement, et pourtant, rien n’a changé : l’énergie, les fans, les albums… Actuellement en tournée, ils joueront à Paris ­Bercy le 3 février 2017 suite à la sortie de leur nouvel album Revolution Radio. Billie Joe Armstrong, frontman et ­chanteur du groupe, revient sur un succès qui dure.

the red bulletin : Monsieur Armstrong, vous dites que seule la prise de risques ­permet aux artistes de ­durer. Pour quelle raison ? b. j. armstrong : L’audace, c’est ce qui te permet d’entretenir la flamme. C’est parce que nous avons toujours pris des risques que nous sommes encore là aujourd’hui. À quoi sert de prendre des risques quand on est déjà un groupe reconnu et acclamé ? Vous parlez comme notre ­maison de disques ! C’est elle qui nous incitait déjà, en 1994, à faire un album similaire à Dookie après le succès qu’il avait eu. Alors que ce que nous voulons, c’est être là où on ne nous attend pas, surprendre nos fans. Et je pense que c’est précisément pour cette raison qu’ils nous sont restés fidèles. L’audace ne paie pas ­toujours... Disons que la défaite fait partie du jeu. Il est clair que notre dernier projet était un peu trop ambitieux (la ­trilogie de 2012, ¡Uno!, ¡Dos! et ¡Tré! n’a fait que deux millions d’albums vendus, ndlr). Mais nous avons trouvé l’idée tellement absurde et géniale, que nous nous sommes jetés dans l’aventure sans réfléchir. Vous regrettez ? Non, c’est important de se tromper. Avec des millions en banque, on peut se le permettre. On a toujours pris des risques, même quand on galérait financièrement. Nous avons souvent dû imposer nos choix face à des maisons de disques qui ne pensaient qu’en termes de business. Alors quand tu ­finis par t’imposer, mais que ça ne marche pas comme prévu, tu te sens mal, quelque soit le résultat financier. Que fait-on, dans ces cas-là ? On se relève. Et on se relance dans une autre aventure, avec encore plus de rage ! Mieux vaut se tromper que ne rien faire du tout ! Marcel Anders Nouvel album : Revolution Radio ; greenday.com THE RED BULLETIN

FRANK MADDOCKS, SONY MUSIC

Billie Joe ­Armstrong (­milieu), 44 ans et aventurier : « Être là où personne ne nous attend. »


« VISEZ HAUT ! » ZARA LARSSON fixe la

barre très haut. Pourquoi viser les étoiles pour faire décoller sa carrière ? C’est ce que la jeune star de la pop nous explique.

the red bulletin : Avec ­David Guetta, vous avez ­signé l’hymne officiel de l’Euro 2016. Plutôt pas mal pour une jeune femme de 18 ans. zara larsson : En fait, j’avais espéré arriver bien plus loin à 18 ans. La majorité des jeunes de votre âge sont contents ­d’obtenir leur bac… Ma devise a toujours été : vise toujours plus haut et tu iras toujours loin. Ceux qui font une différence entre les rêves et les objectifs compromettent leur succès. N’est-il pas plus raisonnable de se fixer des objectifs ­réalistes  ? Il n’y a pas d’objectifs non réalistes. Point. Si d’autres parviennent à être numéro un des hits aux USA, pourquoi pas moi ? Peut-être que cela prendra dix ans, mais est-ce une raison pour se décourager ? Non. La patience est la clé d’une grande carrière. Florian Obkircher zaralarssonofficial.com

Zara Larsson est insatiable : « Et pourquoi pas moi ? »


Jim Jarmusch, 63 ans, ne reçoit pas d’e-mails mais il donne des interviews déconcertantes.


« MAIS QU’EST-CE QUE JE VOUS RACONTE ? » JIM JARMUSCH, le réalisateur culte, sait comment

se débrouiller dans la vie : téléphoner avec les dieux, chasser les moutons, se passer d’e-mails.

JEFF VESPA/CONTOUR BY GETTY IMAGES

T

he red bulletin : Paterson, le héros de votre nouveau long-métrage, refuse de se procurer un téléphone. Est-ce que vous en possédez un ? jim jarmusch : Oui, j’ai un iPhone et un iPad. Mais ce ne sont que des outils, tout ­dépend de comment nous nous en servons. Ils peuvent être très utiles, mais ils peuvent également vous submerger. Lorsque je lis quelque chose à propos de nouveaux musiciens, je vais habituellement écouter leurs morceaux sur Spotify ou YouTube. Mais je n’ai jamais eu d’ordinateur portable et je n’ai pas, non plus, d’adresse électronique personnelle. Et pourquoi ? Pour ne pas avoir à me débattre avec mes e-mails pendant une demi-journée. J’ai déjà assez à faire qui m’empêche d’écrire et de faire de la musique. Je veux lire, réfléchir et faire mon boulot. Joe Strummer de The Clash disait : « Pas d’input, pas d’output. » Il faut donc prendre le temps d’absorber les choses. C’est le seul moyen de produire quelque chose soi-même. THE RED BULLETIN

Revenons là-dessus, qu’en est-il des portables ? À New York, c’est une plaie – tu te balades dans la rue et tout le monde trifouille son téléphone. Ça me donne envie de tous les bousculer et de leur dire : « C’est quoi votre problème ? Il y a un fichu monde là dehors ! » Mais tu ne peux pas les bousculer. Ils sont tous comme des moutons. Meeh ! Meeeh ! Il ont l’air cool en fait. Pas toujours. J’ai surtout du mal avec les objets inertes. Des fois, je laisse tomber ma tasse de thé ou je bousille les

j’ai étudié auprès d’un Sifu, un maître, et j’ai beaucoup lu. Mais j’ai aussi un grand nombre d’amis indiens. Ils me donnent beaucoup d’espoir, car ils comprennent comment tout est lié sur terre. Il y a une énergie qui nous anime, nous hommes et toutes les choses. Cela me confère un bon sentiment, malgré le fait que la planète va à sa perte à cause de la surpopulation. La nature est en train de faire le ménage et la plupart d’entre nous vont y passer. Avez-vous peur de la mort ? Non, mais je veux être prêt. Mon père est déjà mort, j’ai perdu un grand nombre d’amis au cours des dix dernières années, et ma mère

un breuvage u ­ tilisé par les ­Indiens d ­ ’Amazonie, en est une forme. On peut aussi la fumer (changa), et cela répond mieux à votre question que je n’en serais capable. Vous semblez bien informé, en avez-vous pris ? Une seule fois. C’est une substance secrétée par le cerveau lorsqu’on meurt. Elle ouvre donc une sorte de fenêtre. Le philosophe Terence McKenna, qui a étudié les drogues hallucinogènes et le chamanisme, a beaucoup écrit à ce sujet, comme son chef-d’œuvre La nourriture des dieux. Il explique que lorsque tu prends ce genre de drogues, c’est comme si tu recevais un appel avec un message.

« LE PRÊTRE A DIT QUE MON CHAT N’IRAIT PAS AU PARADIS. JE NE SUIS PLUS JAMAIS RETOURNÉ À L’ÉGLISE. J’AVAIS DOUZE ANS. » volets. Ça me rend fou. Et comment faites-vous pour vous calmer ? Je fais des trucs comme du tai chi et me dis : « Allez, résigne-toi. Accepte le fait que ta maison est pleine d’objets cassés et que tu as mis ta chemise à l’envers. Tu es tout simplement un imbécile. » Êtes-vous un adepte des ­philosophies orientales  ? J’ai une vision bouddhiste du monde, mais je ne suis pas pratiquant. Pour le tai chi,

est très âgée. Je l’adore, et comme je sais qu’elle ne sera pas là pour toujours, je lis le livre tibétain des morts en ce moment. Lorsque votre chat est mort, il paraît que vous avez demandé à un prêtre si son âme irait au paradis. Il a dit que non et je ne suis plus jamais retourné à l’église. J’avais douze ans à l’époque. Mais avez-vous entendu parler d’une drogue qui s’appelle la DMT ? L’ayahuasca, qui est

Retiens le message et après, tu raccroches. J’ai pris tout cela à cœur. – Mais qu’est-ce que je vous raconte ? Je n’en reviens pas. Nous devrions donc nous taper un trip ? Je ne vous encourage ­certainement pas à consommer cette drogue. Mais elle m’a donné des réponses très ­importantes. Rüdiger Sturm Paterson : le 21 décembre au ciné

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Briselames Texte : Andreas Rottenschlager Photos : Sebastian Marko

Affronter des rafales de plus de 100 km/h, des tempêtes déchaînées qu’aucun pro n’est encore parvenu à apprivoiser : l’élite mondiale des windsurfeurs de l’extrême part à l’assaut de la plus violente tempête de 2017 lors du Red Bull Storm Chase. Ou comment augmenter sa confiance en soi dans l’écume de vagues g ­ igantesques.


RED BULL CONTENT POOL

Dany Bruch (GER) et des rafales à 105 km/h en Cornouailles, lieu de l’étape finale du Red Bull Storm Chase 2014. Fort.

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.

Avıs de tempête Le Red Bull Storm Chase 2017 a lieu entre début janvier et mi-mars. Dès qu’une violente tempête se forme sur l’hémisphère Nord, la mise en alerte se déroule de la manière suivante :

96 h

ALARME

60 h

ANNONCE

48 h

ULTIME OPTION

24 h

ARRIVÉE

0 h 56

Une tempête à vents de force 10 arrive sur le spot de surf. Les organisateurs de la compétition donnent leur feu vert. Dernière chance ­d ’annulation, en cas d’accalmie. Les 8 athlètes arrivent des quatre coins du monde.

ACTION Le Red Bull Storm Chase démarre au cœur de la tempête.


Boujmaa Guilloul (à gauche) et Julien ­Taboulet en 2013 lors de la première étape en Irlande à Brandon Bay. Le vent a atteint des pointes de vitesse record de 140 km/h.


« En pleine tempête déchaînée, l e c h a o s r è g n e s u r l a m e r. L e s m â t s se brisent, les voiles se déchirent. Une rafale peut arracher et emporter un rider pendant un saut. Une chute de dix mètres de hauteur dans la furie. » 58


Un pied en Tasmanie : les windsurfeurs du Red Bull Storm Chase 2013 foulent le sol de l’aérodrome local.

Dany Bruch « Ta panique, tu dois pouvoir la contrôler ! »

Dany Bruch, wind­ surfeur allemand, vétéran du Red Bull Storm Chase, repart à la chasse aux ­tempêtes en 2017. Cas d’urgence : si un windsurfeur (ici sur l’image : Boujmaa Guilloul) perd le contrôle pendant un saut, il jette sa planche pour ne pas se blesser en ­retombant dessus.

The Red Bulletin : Dany, vous avez surfé en 2013/14 lors du Red Bull Storm Chase dans des tempêtes avec des vents de plus de 100 km/h. D’où vous vient cette confiance en vous nécessaire à une telle folie  ? Dany Bruch : De mes nombreuses années d’expérience du windsurf, y compris dans des zones difficiles. Mais ce qui est tout aussi important que la confiance en soi, c’est la capacité à s­ avoir maîtriser la panique. Comment contrôle-t-on la panique  ? En s’encourageant soi-même. Un jour, j’ai même dérivé en mer avec une planche cassée. Je me répétais : « Dany, tu vas y arriver. Reprends-toi. » Ça paraît trop simple. Mais ça marche. Il faut parvenir à ­activer le bouton Reset dans ta tête. Et si je suis bloqué dans l’ascenseur, ça marche aussi  ? Oui, et il faut bien respirer, tout simplement, trois fois profondément. Et qu’est-ce qui vous aide les jours où vous doutez de vous  ? Ma routine du matin : boire deux verres d’eau, faire des exercices pour le dos et des pompes.


Thomas Traversa aux prises avec les ­vagues démesurées de Cornouailles.

L’

après-midi du 10 février 2014, le Français Thomas Traversa se tient debout sur la baie de Cornouailles, sur la côte sud-ouest de ­l’Angleterre, et observe la tempête de grêle qui éclate au-dessus de l’Atlantique. Il est équipé d’une combinaison en néoprène de 5 millimètres d’épaisseur, à capuche. Il met son bras à son visage pour se protéger des petits morceaux de glace qui volent dans tous les sens. Des vents cinglants de 100 km/h fouettent par rafales l’océan. Sur la plage de The Bluff où Traversa s’apprête à se l­ ancer dans les minutes suivantes, déferlent de gigantesques vagues qui se brisent dans un chaos de gris. Leur claquement sourd résonne, comme si des bâtiments ­s’effondraient. La Cornouailles est la dernière des trois étapes de la compétition du Red Bull Storm Chase, réservée aux windsurfeurs de l’extrême. Le but est de dompter des tempêtes dans des conditions déchaînées qu’on pensait impossibles : avec des vents au minimum de force dix selon l’échelle de Beaufort (de 89 à 101 km/h), soit, selon la définition, des rafales capables de « déraciner des arbres » et « de provoquer de lourds dégâts sur les maisons ». Les athlètes s’engagent pour plusieurs mois (en 2017, de début janvier à mi-mars) à se rendre à tout moment dans la région où s’annonce une tempête dès que les organisateurs donnent leur feu vert pour un spot. Les participants n’apprennent la destination du trip qu’après être arrivés sur le lieu de ­rendez-vous des compétiteurs. Le windsurf en pleine tempête est un sport que seule une poignée de professionnels intrépides maîtrise. Par des vents d’une vitesse dépassant les 100 km/h, les mâts se brisent et les voiles se déchirent. Une rafale peut arracher et emporter un rider pendant un saut. Il ne peut plus contrôler ensuite sa chute de dix mètres de hauteur dans l’eau. En Cornouailles, la forte pluie n’empêche pas la grêle. Traversa saisit sa planche à voile, s’élance vers le long banc de sable et s’avance dans l’Atlantique. Dans son gilet de sauvetage 60

Thomas Traversa « La nervosité est excitante, elle te dit que ta vie devient captivante. » The Red Bulletin : Thomas, vous êtes le vainqueur en titre du Red Bull Storm Chase et êtes considéré comme le meilleur windsurfeur de l’extrême au monde. Êtes-vous ­toujours aussi nerveux quand vous surfez dans une tempête  ? Thomas Traversa : Bien sûr. C’est impossible de s’entraîner pour une tempête avec des vents de force dix. Il faudrait une équipe complète de sauvetage et des jet-skis pour nous accompagner et nous protéger. Et il reste toujours un risque. D’où toute la tension. Lorsque vous surfez dans des ­rafales aussi puissantes, vous ­devez garder un contrôle absolu pour chaque décision. Quel est votre truc pour rester calme  ? Juste avant le départ, j’observe mes collègues. Si eux aussi sont nerveux, je me sens mieux. Je suis moins seul avec ma nervosité. Que faites-vous s’ils restent totalement détendus devant la tempête  ? Ça ne risque pas d’arriver (rires). Avez-vous un tuyau pour les gens normaux comme moi pour surmonter le stress  ? Comme par exemple lorsque je dois prononcer un ­discours devant mes boss  ?

Oui, essayez de vous amuser dès que vous sentez que vous devenez nerveux. Comment ça marche  ? Avec de l’humour, la meilleure arme contre la nervosité. Être drôle, c’est mieux que de s’angoisser, le cerveau y remédie tout seul. Comment être spontanément drôle quand on est anxieux  ? Vous n’êtes pas obligé d’être ­spontané. Apprenez une blague par cœur. Et dans l’urgence, vous pouvez toujours vous moquer de vous-même. Qu’est-ce que cela apporte  ? L’interaction. Les autres vont vraisemblablement réagir à la blague. Ou en feront eux-mêmes une. Il n’y a rien de pire que de rester silencieux et assis dans un coin juste avant un défi. Cela rend encore plus fou. Y a-t-il également des avantages à être nerveux  ? Bien sûr. Avec le bon dosage, la ­nervosité est excitante. Elle te dit qu’il est en train de se passer quelque chose de captivant dans ta vie.


Le tenant du titre du Red Bull Storm Chase, Thomas Traversa : « Il reste toujours un risque. »


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LA TEMPÊTE DÉCISIVE L’image satellite montre la tempête au-dessus de la Cornouailles (Angleterre), spot final lors du Red Bull Storm Chase le 10 février 2014. Cette a­ nnée-là, des pointes de vent ont été relevées à 61 nœuds (soit 112 km/h).

CORNOUAILLES

À gauche, Josh Angulo dans la Brandon Bay, au sud de l’Irlande. À droite, toujours en Irlande, le juge Klaas Voget vient interrompre la compétition en raison d’une mauvaise visibilité.


L’Anglais Duncan Coombs est chef de jury du Red Bull Storm Chase et du PWA World ­Windsurfing Tour.

Duncan Coombs « Le courage est très souvent inné. » The Red Bulletin : Monsieur Coombs, vous avez été durant 33 ans un windsurfeur de compétition et avez accompagné les meilleurs windsurfeurs aux quatre coins du monde en 2013/14 pour le Red Bull Storm Chase. Le courage, ça s’exerce  ? Duncan Coombs : D’après mon expérience, le courage est très souvent quelque chose d’inné. Les enfants les plus casse-cou qui grimpent dans les arbres les plus hauts sont aussi ceux qui font partie des athlètes les plus courageux plus tard. Mais il doit y avoir des moyens de s’entraîner à être plus courageux  ? Certainement. Vous devez apprendre à croire en vous.Commencez tout simplement par vous lever de votre canapé. Allez faire du vélo, apprenez le skate, progressez petit à petit, pour viser toujours un peu plus haut. Un programme progressif pour ­devenir courageux  ? Exactement. Sans confiance en soi, on n’arrive à rien. Peu importe si vous surfez dans une tempête, si vous demandez une augmentation à votre chef ou si vous invitez une jolie femme. En fin de compte, on en revient à la même chose : la soif de vivre.

se trouve un émetteur GPS. Deux jet-skis de sauvetage en mer veilleront sur lui aux alentours dans la baie. Avec ses 73 kilos, Traversa est le plus ­léger des vingt participants. Un inconvénient lorsque l’on est littéralement livré aux bourrasques pendant les sauts. L’océan accueille Traversa dans un sifflement de rafales et le grondement assourdissant des vagues. La mer est blanche d’écume, l’eau glacée compte à peine quatre degrés. Traversa ne porte pas de gants pour mieux sentir et ne pas perdre le wishbone. Après seulement quelques minutes, ses doigts se crispent sous les crampes. Traversa dompte les premières vagues géantes. Puis il choisit le mauvais angle, la vague l’arrache de la planche. Il doit nager le crawl, puis remonte en équilibre sur son ­surfboard en recrachant de l’eau salée. Durant quinze minutes, il lutte contre une mer difficile lorsqu’une déferlante s’enroule sur lui : la rampe parfaite. Traversa se dirige vers elle. Le vent le catapulte dans les airs. Il s’élève, toujours plus haut : sept, dix, douze mètres. Puis, durant deux secondes, le temps s’arrête. Au plus haut point d’un saut, racontera Traversa, on ressent le calme un bref instant. On s’élève suffisamment pour échapper aux rafales et à leur sifflement, juste au-dessus de la surface de l’eau. Un moment surréaliste. Deux secondes plus tard, Traversa retombe dans l’océan. Pendant sa chute, il fait une rotation avant de 360 degrés avec sa planche de windsurf et effectue un front loop dans les vagues en se posant. Depuis sa chaise haute sur la plage, le juge Duncan Coombs observe d’abord avec sa paire de jumelles puis regarde, incrédule, les visages de ses collègues. Coombs, larges épaules et accent du sud de l’Angleterre, attribue depuis 16 ans les points aux concurrents du PWA World ­Windsurfing Tour. Il dira plus tard que c’est un mystère qu’un homme qui ne pèse que 73 kilos réussisse à tenir une voile dans ce chaos. Son jugement d’expert : « Thomas en a dans le ventre. » Après vingt minutes passées dans l’eau, Traversa se traîne vers le rivage. Il ne sent plus ni le froid ni la douleur de ses doigts pris de crampes. L’adrénaline se propagera pendant encore une heure dans son corps. Même après une douche brûlante. Sur la plus haute marche du podium lors de la remise des prix, Thomas Traversa, 73 kilos, maître absolu de la chasse aux tempêtes. Red Bull Storm Chase 2017 : de janvier à mi-mars 2017 ; surfeurs et infos : redbullstormchase.com et facebook.com/redbullstormchase

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I l d i ra p l u s t a r d q u e c ’e s t u n m y s t è r e qu’un homme qui ne pèse que 73 kilos réussisse à tenir une voile dans ce c h a o s . S o n j u g e m e n t d ’ex p e r t   : « Ce Thomas en a dans le ventre. » Dany Bruch en 2014 en Cornouailles, Angleterre.


Quand il n’est pas pris par ses vignes, cet homme se régale dans l’endurance extrême.

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« LA VIE,

DAMIEN ROSSO/RED BULL CONTENT POOL

AVANT TOUT ! »

180 km en 31 heures et 6 minutes. Le 4 juin dernier, l’ultra-trailer François D’Haene installe un nouveau record de la traversée du GR 20, en Corse. Une épreuve ? Du plaisir, surtout. TEXTE  : PH CAMY


V 68

Corps solide et mental d’acier, une évidence quand l’épreuve se compte en dizaines d’heures.

DROZ0PHOTO.COM, DOMENIQUE GRANGER

ous avez dormi deux nuits, bossé une journée, pris du bon temps. Pendant ce temps, en Corse, il s’est enfilé les 180 kilomètres du GR 20. En trente et une heures et six minutes. De course à pied. « Il », c’est F ­ rançois D’Haene, un Français de 30 ans, figure mondiale de l’ultra-trail, la course d’endurance nature. François a gagné, entre autres, celui du Mont Fuji, au Japon, en 2014 (168 kilomètres en 19 heures) et la Diagonale des Fous, à la Réunion, la même année (171 kilomètres en 24 heures). Concept ? Partir, aller vite, ne pas lâcher, et arriver. En s’autorisant entre les 100 et quelques bornes, de ­petites pauses ravitaillement (dormir ? no way !), et alternant course et « marche », selon l’hostilité d’un terrain souvent très pentu. Comme sur le GR 20, fameux et ­costaud sentier de randonnée en altitude. Le GR 20, vous pourriez le boucler entre potes en quinze jours. Lui aussi pourrait être votre pote, car un type convivial et accessible, un ex-kiné devenu viticulteur à mesure qu’il progressait dans la pratique du trail. Mais à la différence de vos potes, François D’Haene est l’homme qui a parcouru le GR 20 le plus rapidement, en juin dernier. Sur le papier, un enfer.

«  S i c’est juste pour battre un record, ça n’a aucun sens. »


14 000 mètres de dénivelé positif, la pluie, la nuit, le froid, les risques de chute et de blessures. François n’en retiendra que le plaisir pris en le préparant, et le battant. La chance d’évoluer dans les ­paysages fabuleux qu’offre la Corse. Voici l’ultra-trailer ultra-normal, le père de ­famille et phénomène de la course ­d’endurance, qui sait vivre et ne se prive jamais d’un bon plat et d’un verre avec ses amis. Un athlète, mais pas que, qui ­performe parce qu’il est épanoui. the red bulletin : François, vous êtes connu pour souvent évoquer le plaisir que vous procure la performance. Où, exactement, le trouvez-vous ? françois d’haene : Le plaisir est surtout dans tes choix. Pourquoi faire le GR 20, et comment faire le GR 20 ? Pour faire un parallèle avec la vigne, si tu n’es pas content d’aller chaque jour dans la vigne, et que tu fais le travail à l’arrache, ça se ressentira dans le vin, il ne sera pas bon, on ne ressentira pas l’amour que tu as mis dedans. Pour le GR 20, c’était pareil. L’ultra-trail, ou toute course d’endurance, c’est donc aussi de l’amour ? Si, à la base, le défi en lui-même ne te plaît pas et que tu vas juste là-bas pour battre un record, qu’il n’y a pas d’histoire derrière, je ne pense pas que tu iras au bout. Ça n’a aucun sens. Ça ne se ressentira pas dans l’entraînement. Si c’est quelque chose qui te tient à cœur, que tu te motives à fond, ça va être beaucoup plus facile de t’entraîner et de te préparer pour tout ça. Positiver serait donc le secret pour se dépasser ? Tu sais que tu vas en baver, mais tu vas t’amuser dans ta préparation pour que ça se passe mieux. Alors, tu fais de longues sorties, tu passes du bon temps sur des sentiers, avec tes copains. Si tu t’es amusé dans les préparations, dans la logistique qui mène à ton record, au moment de l’épreuve, quand c’est dur, tu auras vécu tellement de bons moments pour en ­arriver là que ce sera cool. Il faut prendre tout ça avec de l’autodérision. Tu ne peux pas t’attendre à une promenade de santé quand tu veux faire le GR 20 d’une traite, sachant que d’habitude les gens mettent 15 jours. Tu l’as bien cherché (rires). Quelle est la part de mental dans votre réussite ? Le physique, c’est une chose, l’équilibre autour, le moral, la motivation, c’est plus important. Le physique ne va pas sans le mental. Tu as beau être super fort physiquement, le meilleur du monde, si derrière tu n’as pas une force mentale qui te pousse, une motivation, quelque chose 69


Derrière François, des pacers, en soutien dans les bons comme les mauvais moments de son record du GR 20.

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La Corse en 31 heures Un challenge aux allures de mission suicide pour François D’Haene. 180 km, d’une traite, sur le GR  2 0. Et faire moins que les 32  h   5 4 de Guillaume Peretti. 4 h du matin, D’Haene est au

départ

avec une météo peu engageante.

Calenzana

mi-route jonction NordSud de la Corse, le parcours est plus filant.

Vergio

Vizzanova

l’enfer est

10 min de break en refuge, à

derrière lui après le premier quart, et le « Cirque de la Solitude ».

1 750 m

Usciolu

et une vue sur l’Incudine, le point culminant en Corse du Sud. Conca

Le GR 20 est vaincu, en

31 h 06 min

et le précédent record amélioré de 54 minutes. 2 319 m

2 100 m 1 350 m

1 600 m

Usciolu DAMIEN ROSSO/RED BULL CONTENT POOL

Vergio

Vizzavona

Calenzana 360 m

Conca 377 m 180 kilomètres

Sur le parcours, François D’Haene est épaulé par 4 pacers (coureurs et amis de l’athlète) qui vont se relayer à ses côtés. Plus une vingtaine de t­ railers locaux venus le rejoindre au fur et à mesure, pour un bout de chemin avec

lui. François a dû s’arrêter aux 15 points de passage obligatoires en refuges, et en a profité pour se ravitailler (et par endroits sur le parcours). Sur les 31 h 06 min du record, il ne s’autorise pas une seconde de sommeil.


qui fait que tu as envie d’être là, ça ne passera jamais. Un record du GR 20, 180 km en 31 heures et 6 minutes, ça s’attaque d’un bloc, ou on compartimente le défi, par étapes ? Ça n’est même pas une histoire de ­kilomètres. Au bout de 12 ou 13 heures sur le GR 20, j’étais tellement dans l’adaptation que je n’avais même pas réalisé que je courais. Pardon ? Cela paraît impossible ! Tu te focalises sur d’autres choses, en fait : quel temps il va faire là-haut, qu’est-ce que je vais trouver, est-ce que ça va être gelé, ne pas te faire mal, ne pas glisser, bien penser à récupérer tes gants et une veste en route parce que ça caille à mort... S’adapter ! Si je faisais 40 heures d’effort dans une salle fermée, je tiendrais deux heures, j’arrêterais direct. Un running de 160 kilomètres, je me ferais chier ! Sur un tel record, tu n’oublies pas que tu cours, mais tu n’es pas là à compter les ­kilomètres. Ma montre, sur le GR 20, je ne l’ai jamais regardée. Dans la section dite du « Cirque de la Solitude », dans la brume, le froid, le glauque, même là, vous avez trouvé du plaisir ? Bon, tu n’as pas le côté plaisant de te dire « c’est le farniente, j’ai une super vue, je me fais bronzer sur les rochers... » (rires), mais j’en suis ressorti en me disant que malgré le fait que ça glissait, que c’était casse-gueule dans le brouillard, je me suis bagarré et j’ai assuré chaque pas. Là, tu as la satisfaction de t’être sorti du truc. Même des conditions de merde ­n’entament pas votre volonté ? Quand ça fait déjà une dizaine d’heures que l’on évolue sur les cimes de la Corse, qu’il fait froid et gris, on ne doit avoir qu’une envie, abandonner... Tu ne le vois même pas qu’il fait gris. Dans ma tête, pendant le « Cirque de la Solitude », j’avais le souvenir de mon ­passage au même endroit douze ans avant, avec mes copains, en mode sac à dos, sous un grand beau temps, et que c’était génial. Dans des conditions difficiles, dans l’épreuve, il faut toujours essayer d’associer le moment à quelque chose de positif. Finalement, vous devez presque en arriver à souhaiter une météo difficile pour encore plus vous éclater sur un ultra-trail ? S’il fait beau constamment, tu n’apprécies même pas le beau temps. Quand tu es dans le brouillard et que tu en sors pour te retrouver au-dessus d’une mer de nuages, tu trouves ça magnifique. En Corse, si je n’avais eu que du soleil depuis 72


DAMIEN ROSSO/RED BULL CONTENT POOL, DOMENIQUE GRANGER

Que fait François D’Haene après avoir crapahuté 30 heures et plus ? Pas la sieste. Discussion à propos de son nouveau record dès la ligne d’arrivée.

« Être dans la privation ? Surtout pas ! Ce serait la plus grosse des erreurs. »

le début, cette même vue, je ne l’aurais pas appréciée autant. Dans votre vie « normale », vous est-il arrivé de rester éveillé 31 heures ? Ouais, j’ai fait deux ou trois belles soirées quand même (rires). Pour tenir debout aussi longtemps, il faut une grosse dose de motivation, ou d’alcool. L’un des deux (rires). On peut être l’un des meilleurs trailers au monde, capable de méga performances, et ne pas se priver de manger et boire les semaines qui précèdent un gros challenge ? Il ne faut surtout pas se priver. Ça serait la plus grosse des erreurs ! Sur un 10 kilomètres ou un marathon, peut-être, mais honnêtement, je ne pense pas. Les gens seront encore plus heureux au départ s’ils ne se privent pas. Tu vois bien comment est la société aujourd’hui, plus personne ne veut rien manger, il faut faire attention à tout, il ne faut plus rien boire, ne manger que du bio, du local, du sans gluten. Il y a un moment où il faut arrêter les conneries. J’exagère un peu là, mais il faut s’amuser aussi. Si les gens s’éclatent à manger d’une certaine manière et faire attention, alors tant mieux, mais s’ils sont dans la privation, c’est dommage. Il ne faut pas fonctionner avec la privation. Dans la performance et les efforts très longs, pour aller chercher au fond de soi, toutes ces privations n’aideront pas. C’est l’ultra-trailer d’expérience qui parle, pas simple pour tout le monde de faire preuve du même état d’esprit. Ça ne vient pas du jour au lendemain. Il faut s’être déjà retrouvé deux ou trois fois en situation d’échec pour penser ainsi.

Quand j’étais plus jeune, j’avais déjà fait des courses où le mois avant, je ne partais pas en vacances avec ma famille, je ne ­faisais plus tel ou tel truc avec mes potes. Et quand le jour de la course, on t’annonce qu’elle est annulée parce qu’il fait mauvais, là, tu te dis « putain, je me suis privé de tout ça pour rien » ! Quels enseignements tirez-vous de vos préparations et d’un exploit comme ce record sur le GR 20 ? Qu’il faut arriver à faire la part des choses. Il est important de conserver une vie sociale, s’amuser dans la vie de tous les jours, et arriver sur ton objectif en bénéficiant de tout ça. C’est quoi le plus important ? Mon cercle social, ma famille, mes amis... Il faut que je prenne du plaisir avec ça. Si j’arrive bien équilibré et serein dans ma tête le jour de l’épreuve, je serai d’autant plus fort. Malgré tout, vous ne maîtriserez jamais à 100 % un facteur, le jour sans, l’échec. Ce GR 20 on l’a préparé pendant un an, et à un jour près on a failli l’annuler parce qu’il faisait mauvais. Un truc comme ça, tu peux en ressortir totalement frustré et tu ne t’en remets jamais. Mais si tu t’amuses tout du long de ta préparation, tu t’en remettras plus vite ! Si la course est une réussite, tant mieux, si ce n’est pas le cas, ça fait un an que tu t’éclates à la préparer. Tu rebondiras, ça ne sera jamais un échec. francoisdhaene.com Le record comme si vous le viviez, dans le documentaire Crossing Corsica - The GR 20 Trail Quest, sur la chaîne Trek le 22 nov., et prochainement sur Red Bull TV.

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SébaStien Loeb,

oFF RoaDS à l’epreuve du dakar

*

* hors du commun

Disponible Dès le 29 novembre à 22h sur redbull.tv


À voir. À vivre. À faire.

AC T I O N !

VOYAGES

TOMBEZ DE HAUT

Accédez au camp de base de l’Everest, par dessus.

PAUL-HENRY DE BAURE

Un saut en parachute s’effectue généralement à 4 000 m d’altitude mais avec un aéroport situé à 3 800 m au-dessus du niveau de la mer que l’on atteint au bout de trois jours d’ascension et d’acclimatation, cela oblige à aller encore plus haut pour sauter, à 7 000 m, avec une vue imprenable sur la plus haute montagne de la planète. Une aventure ouverte à tous, même aux débutants. Si, si.

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VOYAGES

MATOS

MOTEURS

CULTURE

AGENDA

ET SI… 75


ACTION

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L’ivresse de ­l’altitude.

L’ART DE LA CHUTE De quoi tomber à la renverse.

L’air de rien

Le néant n’a jamais été aussi spectaculaire qu’au-dessus du désert du Namib au sud-ouest de l’Afrique. Du sable à perte de vue. skydiveswakop.com

PAROLE DE PRO

« Les parachutistes connaissent l’hypoxie légère, une carence en oxygène sans conséquence pour la santé. Mais à altitude ­extrême, un masque à oxygène est nécessaire, dit Noonan. Sans quoi on risquerait de perdre ses facultés cérébrales. » Syangboche NÉPAL Lukla, Népal Planifiez votre saut en parachute en toute quiétude sur everest-skydive.com

la météo varie d’une heure à l’autre. Il peut neiger puis faire 26 °C. Et quand la montagne s’entête, ­impossible de sortir. » Pas de saut sans conditions optimales. « Sur l’Himalaya, les variations d’altitude et de topographie ne permettent pas de sauter à pic et il est essentiel d’atteindre un point de largage sûr en tenant compte des ­courants aériens.  » Pour un saut en solo, une expérience d’au moins 200 sauts est requise, mais pour un baptême en tandem il suffit d’une bonne forme générale, de peser moins de 95 kg et ne pas avoir de métal dans le corps (un atterrissage brutal peut endommager des vertèbres en cas de fusion de la colonne). Il faut aussi en avoir les moyens. Deux sauts en solo coûtent 20 000 euros. De quoi s’offrir bien d’autres aventures uniques. « Chaque année, des milliers de randonneurs gagnent le camp de base, mais aucun n’admirera l’Himalaya comme avec nous, à savoir depuis le sommet sans avoir à l’escalader, assure Noonan. Vous débutez par une chute libre face à de ­gigantesques monolithes, puis le parachute s’ouvre, le grondement de la vitesse cède alors au calme plat et vous volez en admirant la face sud de l’Everest… Un ­plaisir renouvelé à chaque saut. »

Un bond à la Bond

Le remake du saut à l’élastique depuis le barrage de Verzasca vu dans le film Goldeneye. Si Pierce Brosnan, alias James Bond, y arrive, vous le pouvez aussi. trekking.ch

Montagnes pas russes

Le grand huit du parc d’attractions Six Flags n’est peut-être plus le plus rapide au monde mais demeure (avec ses 139 m) le plus haut. sixflags.com

THE RED BULLETIN

TOM NOONAN, PAUL-HENRY DE BAERE

« L’Everest, Sagarmatha en ­népalais ou Chomolungma en ­tibétain, désigne en réalité le nom d’une déesse protectrice des hommes et de la terre. Lorsque nous la foulons, nous lui rendons hommage pour la bienveillance qu’elle accorde à nos actions », explique Tom Noonan, instructeur en chef chez ­Everest Skydive. L’homme sait de quoi il parle. Depuis neuf ans, il consacre sa vie à cette montagne, période au cours de ­laquelle il effectue plus de 120 sauts de parachute sans le moindre incident au-dessus du relief colossal. Visiblement Sagarmatha lui porte chance. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas, notamment à son arrivée en 2008. « Nos blousons portaient l’inscription ­Everest Skydrive et non Skydive parce qu’avant notre arrivée, les Népalais n’avaient jamais entendu parler de saut en parachute. » Moins d’un an après son lancement, la compagnie basée en ­Angleterre met la clé sous la porte. Mais au lieu de retourner chez lui, Noonan ­s’associe avec les meilleurs éléments de son équipe et monte une nouvelle société, népalaise cette fois. « Les propriétaires des avions utilisés sont népalais tout comme les p ­ ilotes. Nous formons trois guides locaux à sauter en solo, et cent pour cent des p ­ rofits restent dans le pays, explique-t-il. Une manière pour nous d’œuvrer pour un tourisme d’aventure ­socialement ­responsable.  » Les Népalais y voient un bon karma. Et ce type d’aventure en a bien besoin, à commencer par l’aéroport de S ­ yangboche niché à 3 780 mètres. « Nous décollons à une altitude où normalement les ­parachutistes sautent de l’avion, précise Noonan. L’accès par les airs n’est pas une option car l’acclimatation à la haute montagne doit être progressive, une ascension à partir de 2 600 m s’impose. Par ailleurs,

VOYAGES


ACTION

MATOS

CE MONDE QUI BOUGE La technologie nomade vous accompagne partout, de manière active, en vous notifiant les points d’intérêt en route vers votre destination.

TomTom VIO

Apple Watch Series 2

Le GPS pour deux-roues. Contrôlé via un ­smartphone, il vous guidera étape par étape en affichant infos trafic, zones de danger ainsi que les appels entrants. L’écran tactile est même adapté aux gants. tomtom.com

La smartwatch d’Apple évolue. Elle intègre désormais un GPS pour suivre vos activités sportives sans smartphone et une fonction pour la natation. Elle est étanche à 50 m. Son appli Breathe vous aide à garder le cap ou à récupérer. apple.com

La Series 2 est toujours en aluminium et acier inoxydable, la version 18 carats est remplacée par un modèle en ­céramique blanc.

Trace

Wistla

iPhone 7 Plus

Le tracker des sports de glisse ou de vélo. Il suit votre effort physique et mesure les vagues, ­virages et sauts effectués avec précision. ­Connecté à votre GoPro, il affiche les données ­recueillies sur vos vidéos. traceup.com

Remettre du social dans les réseaux sociaux. Cette appli permet de siffler (to whistle en ­anglais) vos amis à propos de vos activités ou l­ocaliser les wistlers des alentours en ­téléchargeant photos ou vidéos. wistla.com

La plus populaire des caméras se dote d’une plus grande ouverture pour les photos en faible luminosité, d’un objectif à six éléments, une gamme de couleurs élargie, un grand-angle et une caméra frontale 7 Mpx pour des selfies de folie. apple.com

THE RED BULLETIN

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ACTION

MATOS

Tristan Duke a créé les hologrammes gravés sur les vinyles de la BO Star Wars.

L’HOMME Tristan Duke, 35 ans En 1977, les cinéphiles du monde entier découvrent les hologrammes dans Star Wars, dans la scène où Skywalker apprend que la princesse Leia a dissimulé un message dans R2-D2. « Star Wars popularise ­l’holographie », dit Duke, artiste d’effets visuels qui remet les hologrammes dans la célèbre franchise en 2016 en les gravant sur le vinyle de la BO de l’épisode Le Réveil de la Force. Une performance qui vaut à Duke et Walt Disney Records le Clio Award. La Force était avec eux. ­infinitylightscience.com

D’où vous est venue l’idée des gravures ?

Du travail de William J. Beaty. En 1990, cet Américain passionné de science voit dans un parking une lumière de la forme d’une main flottant au-­dessus d’un capot de voiture. Il venait d’assister à un hologramme accidentel. Le polissage de la voiture a occasionné des rayures qui réagissaient à la lumière en créant la main. Je me suis dit que la photographie était au dessin ce que l’holographie était… à quoi au juste ? J’en ai conclu que le dessin holographique consistait à graver des miniréflecteurs, des sillons sur une plaque holographique.

Vous faites de la gravure sur vinyle ?

Jack White (The White Stripes) m’appelle un jour et me dit qu’il veut un hologramme sur son prochain ­album, dans les 3 semaines… et me demande si c’est faisable. Je lui réponds que non, mais que je peux toujours essayer. Je lis tout ce que je peux sur

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Duke grave ses hologrammes sur des vinyles. Quand le disque tourne, la lumière fait apparaître une image 3D du Faucon Millenium et d’un TIE.

la fabrication de disques, fabrique ma propre presse à partir d’une presse à livre et de plaques chauffantes et commence à graver sur de vieux disques en les faisant fondre.

C’est là que les gens de Star Wars vous contactent ? J’étais aux anges. Je sens tout de suite que ça va le faire. L’univers Star Wars fourmille d’objets se prêtant à l’hologramme et sur un vinyle, ils donnent l’impression de flotter dans le vide de l’espace. L’hologramme de Star Wars est mon premier sur un ­vinyle avec ce qu’on appelle une ­occlusion, où certaines parties ­solides disparaissent lorsqu’elles sont cachées par d’autres.

Comment transférez-vous un objet 3D de votre esprit sur une surface 2D ?

Dans un premier temps, je dessine l’objet sous différents angles afin de maîtriser sa structure tridimensionnelle. Je dois trouver un angle

À l’origine, un hologramme est un objet éclairé au laser reproduit ensuite sur un film holographique à haute résolution.

i­ nexistant dans l’espace en considérant l’objet d’un point de vue abstrait quadridimensionnel. Il m’a fallu imaginer différentes règles de géométrie me permettant de créer une figure holographique 3D.

Pourquoi ne dispose-t-on pas d’hologrammes aussi réussis que ceux du film ?

Les attentes de l’équipe du film dépassaient de loin les possibilités de l’holographie où il faut capturer des schémas d’interférences microscopiques plus petits qu’une onde de lumière. Une photo est floue si l’objet ou l’appareil bouge. En holographie laser, il suffit d’un mouvement aussi infime qu’un tiers d’onde de lumière pour vous priver d’image. Quant au moulage, il doit se faire grandeur nature. Pour un hologramme de la Tour Eiffel, il faudrait une plaque de la même taille. Le dessin holographique élimine cette contrainte. Ainsi, je dessine les objets qui me passent par la tête au lieu d’aller à leur recherche.

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HERI IRAWAN

INNOVATION P ­ ERSPECTIVE FORCÉE


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ACTION

MATOS

MONTRES

par Gisbert L. Brunner

SOUS PRESSION

Tag Heuer Aquaracer 300M Calibre 5 Black Titanium

L’étanchéité de la montre est assurée par un joint en caoutchouc. Pensez à le changer une fois par an.

La montre-bracelet étanche serait née le 21 octobre 1927, tandis que la nageuse britannique Mercedes Gleitze traversait la Manche à la nage, une Rolex Oyester au poignet. La réalité est un peu différente. Tout d’abord, la tentative de Gleitze est un échec – le deuxième en quinze jours – elle abandonne à 11 km du but. De plus, elle porte la montre autour du cou et non au poignet, détail important. Car si la Rolex « a défié les éléments » comme les journaux le claironnent alors, au poignet son sort aurait été tout autre. La montre aurait subi la pression causée par le choc du bras avec l’eau. L’étanchéité se mesure en bars de pression (1 bar correspond à 10 m de profondeur). Mais ne plongez pas à 30 m avec une montre résistante à 3 bars, les courants et les mouvements de bras lui feront prendre l’eau. Si vous cherchez une montre capable de subir les humeurs de la mer, optez plutôt pour la Tag Heuer Aquaracer 300M Calibre 5, dernière née d’une série parée contre les conditions maritimes difficiles. Résistante à 30 bars, cette version présente des fonctionnalités épurées, un boîtier en titane, des chiffres bleus bien lisibles sur le cadran noir mat et une lunette en céramique. On notera aussi le joli casque de plongée gravé à l’arrière de la montre. tagheuer.com

ZONE DE FOND

Plongez avec ces trésors enfouis.

Certina DS Action Diver DS comme Double Sécurité, un système à boucle déployant de sécurité et d’extension de plongée, un verre saphir anti-rayure et un fond renforcé conforme aux spécifications de la norme ISO 6425. certina.com

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Citizen Eco-Drive Promaster Diver BN0150-10E Elle a tout d’une montre de plongée pro : boîtier anti-corrosion, couronne vissée, lunette unidirectionnelle étanche à 200 m et bracelet en caoutchouc extensible au-dessus de la combi. citizenwatch.com

Mido Multifort Diver Two Crowns La particularité de cette montre de 42 mm étanche à 200 m est sa double couronne dont une pour régler la lunette de durée de plongée avec des chiffres luminescents blanc et orange lisibles même en grandes profondeurs. midowatch.com

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ACTION

MOTEURS

PRODUITS DÉRIVÉS

Ferrari GTC4Lusso : puissance 4.

Du bouton de manchette à l’appli, boostez vos accessoires.

Boutons de manchette Bugatti ­Veyron

UNE TRANSE ALPINE

Ferrari propulse la sportive à hayon vers de nouveaux sommets. Sur la route des Dolomites, Shmee150 est ravi. La FF inaugure le style à hayon chez Ferrari – 4 places, 4 roues motrices, Ferrari 4. Sa descendante, la GTC4Lusso, pousse le concept plus loin et change de nom. Quid de l’appellation FF2 ? Oublions la question et engageons-nous plutôt sur un col transalpin. La nouvelle dénomination est aussi tortueuse que ces belles routes sont sinueuses mais le 4 conserve son importance. À présent, il désigne aussi une direction à quatre roues. À faible vitesse, les roues arrière tournent en sens inverse pour un braquage plus serré et plus de grip. À grande vitesse, elles adoptent le sens des roues avant pour plus de stabilité. La GTC4Lusso est plus puissante que la FF – de 0 à 100 km/h en 3,4 secondes – mais aussi plus ­docile en mode confort où l’accélération et la direction se font plus souples et la ­climatisation plus discrète. Même le coffre est motorisé. Elle incarne l’esprit GT. Je ne suis pas fan du mode confort, les 13 000 km de ma FF effectués en neuf mois en mode sport pour l’essentiel en attestent. Cependant, je ne sais pas si c’est l’air de la montagne mais l’échange me tente. Et il suffit d’un coup d’accélérateur pour que les collines s’animent au son du moteur Ferrari. ferrari.com

Tim Burton, alias Shmee150, est expert des supercars et très suivi sur les réseaux sociaux. Tim partage désormais sa passion avec The Red Bulletin. Vous pouvez visionner le focus vidéo de la voiture du mois sur le site redbulletin.com.

On les doit à TMB Art Metal, qui les réalise en aluminium cerclés de bronze récupéré sur une authentique roue de course de Veyron OZ. tmbartmetal.com

Aston Martin by Hackett L’agent 007 a désormais sa boutique. La collection automne/hiver Aston Martin de Hackett inclut entre autres cette veste en cuir avec ceinture et boutons ­hachurés façon grille de chauffage vintage. Daniel Craig va adorer. hackett.com

UNE PURE ÉMOTION

FERRARI S.P.A.

MINI Cooper S JCW : bien en théorie, meilleure en pratique. John Cooper est à ­l’origine de la métamorphose de la Mini et son succès au Monte Carlo. Depuis, chaque Mini John Cooper Works est conçue pour la performance. La S JCW n’échappe pas à la règle. 228 chevaux et 1 205 kg la propulsent de 0 à 100 km/h en 6,3 s avec une vitesse de pointe à 246 km/h. La Mini, c’est aussi le ­plaisir. La conduite est ferme et la direction

THE RED BULLETIN

précise. Son centre de gravité bas lui assure une parfaite tenue de route, virages compris. L’intérieur propose un affichage tête haute qui change de couleur selon le mode de conduite. Le mode sport s’affiche en rouge avec un comptetours et son moteur qui va avec. Pas besoin d’une voiture surpuissante pour s’amuser. Cooper l’avait compris il y a 50 ans. mini.com

L’appli Shmee150 Prenez la route avec lui et ­vivez les tests des supercars en 360 ° au côté de Tim Burton grâce à son ­appli smartphone. Profitez également des infos auto et d’un accès direct à la ­boutique de Shmee 150. shmee150.com

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ACTION

CULTURE PARLEZ-VOUS L’E.T. ?

Dans le film Premier Contact, les humains décodent un dialecte alien. Des précédents ?

Le Klingon (Star Trek) Une langue créée en 1979 pour Star Trek, le film. James Doohan (alias Scotty) en est l’inventeur initial, le linguiste Marc Okrand la dote ensuite d’une structure de langue. Phrase type : « IwlIj jachjaj! », un toast que l’on peut traduire « aux hurlements de ton sang » !

Assassin’s Creed ou acheter des épées le vendredi noir ? Une erreur de débutant.

UN PAS DE GÉANT

Assassin’s Creed, jeu vidéo au parcours ­haletant, débarque le 21 décembre sur grand écran. Damien Walters, doublure de Michael Fassbender, r­ evient sur les cascades du film. Comment devient-on la doublure de Michael Fassbender ? Le coordinateur des cascades est un ami, je suis fan du jeu et je connais les trois premiers volets sur le bout des doigts. J’étais fou de joie qu’on me le propose. Je passe mes journées avec ­Michael à mettre au point les combats et les scènes où il est ­relié à un câble, dans une entente parfaite. Un chic type. Au fond, vous recréez un personnage de jeu vidéo sans ­recourir à l’infographie, non ? Le réalisateur Justin Kurzel voulait aller aussi loin que p ­ ossible physiquement afin de créer un mouvement réel et ­organique en limitant l’usage du câble. Les sauts sont réels. Il tenait à préserver un peu de fébrilité pour que mes gestes restent spontanés. Il n’y avait aucun risque mais certains sauts entre bâtiments ­atteignent 20 m de haut. J’atterris sur un airbag mais encore faut-il éviter les obstacles sur la trajectoire du saut. Parlez-nous du saut de la foi, l’acrobatie mythique du jeu. Votre chute frôle les 100 km/h au point d’impact… Il y a peu de candidats pour sauter de cette hauteur mais le fait que je pratique beaucoup cette cascade nous pousse à tenter un vrai saut de la foi. Je suis allé jusqu’à 30 m de haut durant mon unique jour de répétition. Le jour du tournage, on décide d’aller plus haut, émotion garantie. C’est moins la hauteur qui inquiète que la réception. Il faut arriver bien à plat sur le dos pour répartir le choc d’impact. Il s’agit d’un saut de 40 m de haut avec seulement 3 m pour amortir l’impact, autant dire qu’une réception ratée serait une mauvaise nouvelle car même sur le dos l’impact reste violent. Que vous êtes-vous dit au moment de sauter ? Débrouille-toi pour atterrir sur le matelas de sauvetage !

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EN CLASSE ACTION

Ces trois gestes de légende sont dignes du saut de la foi. Le One inch punch par Bruce Lee Introduit par l’icône des arts martiaux en 1964, ce coup de poing réalisé à très courte ­distance est associé à la légende Bruce Lee. 40 ans après, la mariée dans Kill Bill: Volume 2, l’utilise pour briser le cercueil dans lequel on l’a enfermée. Le 360 ° par Jean-Claude Van Damme Coup de pied circulaire typique des jeux vidéo de combat ­exécuté en vrai par Van Damme, ex-champion de kickboxing, dans Bloodsport, film qui le révèle au grand public. Ses perfs sont en revanche moins probantes dans les pubs.

Le Gungan (Star Wars : Épisode I – La Menace Fantôme) Dérivée de l’anglais, on en sait peu de chose. Ahmed Best (Jar Jar Binks) pense que George Lucas s’est inspiré du phrasé de Jett, fils du réalisateur alors âgé de 6 ans. Phrase type : « Mesa greeting. In peles mesa comen. » (« Salut. Je viens en paix. »)

Tom Cruise s’accroche à tout Le plus connu des acteurs de cinéma se passe de doublure, notamment dans la franchise Mission Impossible. On le voit agrippé héroïquement à un train, un gratte-ciel et très ­récemment à un avion au ­décollage, tout ça pour amuser la galerie.

Langue sacrée (Le Cinquième Élément) Dialecte inventé par Luc Besson et Milla Jovovich pour le film sorti en 1997, langue qu’ils utilisent et ­perfectionnent entre deux prises. La réplique culte de Jovovich est « Mul-ti-pass ». Phrase type : « Mu fryesh akta simoulai. » (« Vos actes m’ont offensée. »)

THE RED BULLETIN

KERRY BROWN, TWENTIETH CENTURY FOX, GETTY IMAGES (2)

CINÉ


CULTURE

LA PLAYLIST PIXIES

À LA RADIO Dédiée au bon son, la RBMA Radio est accessible H24 en streaming. À son (copieux) programme, entre autres : mixes, lives, interviews d’artistes influents. Voici un avant-goût de sa grille. rbmaradio.com

TRAVIS SHINN, PIAS RECORDINGS, BACKROOM ENTERTAINMENT, TORVIOLL JASHARI, PHILIP COSORES / RED BULL CONTENT POOL

Le point commun entre Nirvana, Radiohead, Blur et The Strokes ? Ils ont tous été influencés par les Pixies. Kurt Corbain affirmait même que Smells Like Teen Spirit était calqué sur le style du groupe originaire de Boston. Avec leur approche unique de la musique indé de la fin des années 80, un mélange de surf rock, mélodies pop séduisantes et samples de bruits variés, le quartette a créé d’inoubliables hymnes tels que Gigantic et Where Is My Mind?. À l’occasion de leur retour avec un 6e opus, Head Carrier, le guitariste Joey Santiago ­révèle cinq morceaux parmi ceux qui ont nourri le son légendaire des Pixies. pixiesmusic.com

DES MUSIQUES DE FILMS

Jimi Hendrix

Neu!

Purple Haze

Super

« J’ai appris la guitare à cause de Jimi Hendrix. Sur les vidéos de ses concerts, il fait totalement corps avec l’instrument. J’adore son premier album Are You E ­ xperienced, avec ce morceau, ­surtout à cause de l’accord d’ouverture (7/9), le ­fameux accord hendrixien, que nous utilisons comme arme secrète dans Like Tame. Un accord au son insolite s’entendant comme une question ou une réponse. »

« Le guitariste Michael Rother forme ce groupe après la séparation de Kraftwerk. On s’attend à ­entendre des synthés mais à la place, il nous donne du protopunk dont ce concentré d’énergie où ils hurlent de bout en bout. Et surtout, le morceau est d’une simplicité ­déconcertante. Deux accords et pas un de plus, un coup de génie. J’ai d’ailleurs toujours pensé qu’un riff de plus de cinq accords ne passait pas. »

Jack Nitzsche

Them

The Lonely Surfer

One Two Brown Eyes

« Je ne suis pas un surfeur dans l’âme mais, adolescent, écouter du surf rock des années soixante ab ­ eaucoup influencé mon jeu de ­guitare. Ce morceau de Jack Nitzsche, plus connu pour avoir été le producteur et arrangeur de Neil Young et des Rolling Stones, est l’un de mes favoris. La guitare baryton et la section des cuivres vous submergent comme une vague. La majesté et la beauté combinées. »

« Dans ce titre garage-rock, l’interaction entre la voix et la guitare est fantastique. Au Gonna Cut You Down To My Size de Van Morrisson, la guitare répond par un son ­évoquant le bruit du couteau. Une technique que j’applique à plusieurs morceaux des Pixies. Avec Dead, les paroles m’évoquent la scène de la douche dans Psychose, d’où le riff imitant le son strident accompagnant les coups de poignard. »

Canned Heat Poor Moon « Ce petit bijou a presque cinquante ans et me fascine toujours autant, les chœurs en particulier. Ils sont étranges, un peu comme un Kermit la grenouille qui se mettrait à ­débiter du charabia. J’ai composé River Euphrates dans la même veine. J’apprécie aussi tout particulièrement le trémolo de la guitare, l’un de mes effets fétiches, comme une variation du volume sonore imitant le bruit des vagues. »

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ACTION

Le compositeur Brian R ­ eitzell (Lost In Translation, Hannibal) vous initie à la musique de film en discutant avec des réalisateurs tels que Gaspar Noé, ou en analysant des BO cultes comme Apocalypse Now avec leurs créateurs. 1er lundi du mois, 20 h UTC.

EARL SWEATSHIRT L’enfant terrible du rap US aux manettes de son émission sur Red Bull Music ­Academy R ­ adio. Au menu : morceaux de jazz insolites, échanges avec ses pairs tels que Knxwledge, et nouveautés en avant-première. 4e vendredi du mois, 20 heures UTC.

LE GADGET

The Lyric Speaker Ce nouveau type d’enceinte connectée incluant un accès à une base de 120 millions de titres, affiche sur son écran LCD semi-transparent les paroles de la chanson en écoute, agrémentées de clips typographiés. L’analyse du genre et du style de musique agit aussi sur le mode d’affichage. lyric-speaker. com

KINDNESS

Le chouchou british de la pop indé vous emmène dans un voyage acoustique, à la rencontre d’artistes qu’il admire, allant du producteur pop star Dev Hynes au photographe des stars du hip-hop Eric Johnson. 4e jeudi du mois, 22 heures UTC.

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ACTION

« Ma volonté de descendre les chutes du Niagara suscite soit l’enthousiasme, soit le doute quant à ma santé ­psychique.  » Rafa Ortiz, kayakiste de l’extrême

Kayakiste en eaux vives expérimenté, l’Américain Evan Garcia fait partie de l’équipe qui a filmé l’aventure d’Ortiz.

AU PROGRAMME EN DÉCEMBRE

TOUJOURS À CONTRE-­COURANT Ce mois-ci, ça bouge sur Red Bull TV. Nous suivons un kayakiste sur les chutes du Niagara, des innovateurs inspirés et les rois du breakdance. Accrochez-vous !

CHASING NIAGARA  AVANT-PREMIÈRE 25 DÉCEMBRE, 21 H Dans ce nouveau film, le kayakiste pro Rafa Ortiz s’attaque aux chutes du Niagara. Une aventure de trois ans en compagnie du célèbre paddler Rush Sturges (et d’une bande de potes) qui les mène de la jungle mexicaine aux chutes d’eau du nord-ouest des USA avant un dénouement palpitant sur celles du Niagara.

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CULTURE LES TEMPS (TRÈS) FORTS

FINALE MONDIALE DU RED BULL BC ONE LIVE 3 DÉCEMBRE

À Nagoya (Japon), l’édition 2016 de la plus grande compétition de break lance son ultime défi. Doublé pour Victor (US), tenant du titre ?

DISTANCE BETWEEN DREAMS FILM 19 DÉCEMBRE, 22 HEURES

REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT Red Bull TV est une télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en direct ou en différé. Le plein de programmes originaux, forts et créatifs. Vivez l’expérience ici : redbull.tv

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MARCOS FERRO/RED BULL CONTENT POOL (2), LANE JACOBS/RED BULL CONTENT POOL, NIKA KRAMER/RED BULL CONTENT POOL, SHANE GRACE, PETER HAMBLIN, RED BULL TV

Le célèbre surfeur Ian Walsh et son frère se mesurent aux vagues géantes d’El Niño dans le Pacifique. Ou comment repousser les ­limites du surf depuis votre salon, ou ailleurs.

THE RIPPLE EFFECT : SAISON DEUX SÉRIE 12 DÉCEMBRE, 21 HEURES

La série à succès est de retour avec son lot de portraits ­d’innovateurs, d’acteurs influents et d’entrepreneurs originaux qui façonnent la technologie, les médias et la culture de demain.

SKY TRIPPERS SÉRIE 26 DÉCEMBRE, 21 HEURES

Une série originale où trois des meilleurs paramotoristes au monde nous feront découvrir les régions les plus reculées et les plus ­sauvages de l’Asie du Sud-Est. Ces spots révèlent aussi des ­spécificités culturelles parmi les plus intéressantes de la planète.

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ACTION

AGENDA AUSSI AU MENU

Forfait en 2015, favori en 2016. Pinturault is back à Val d’Isère.

Du cinoche au festoche, l’action ne break pas.

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novembre Neiges éternelles Montagne en Scène, le festival du film de montagne, a entamé son Winter Tour européen. En France, il compte 18 dates en un mois. Au programme, 4 films époustouflants pour donner le frisson aux amateurs de sensations enneigées. m ­ ontagneen-scene.com

1

Avec un géant et un slalom, le week-end masculin du Critérium de la première neige défie les meilleurs spécialistes de la Coupe du monde sur le tracé olympique très sélectif de la Face de Bellevarde. Forfait l’an dernier, Alexis Pinturault, n° 2 mondial en Géant la saison passée et vainqueur du slalom en 2012, est encore le favori numéro un du clan tricolore. Mais la Wunder Team autrichienne veille… valdisere.com

8-9 décembre Ça bosse Val Thorens

3 décembre Salon nautique Paris

La saison de skicross démarre à Val Thorens, station du champion olympique Jean-Frédéric Chapuis, vainqueur en Savoie en 2015. Cette année, la FIS booste sa Coupe du monde avec le Cross Tour Alps, mini-circuit de six épreuves regroupant 4 étapes, du 9 au 22 décembre, de Val Thorens à San Candido (Italie). Ca va être show. valthorens.com

Bienvenue dans « le plus grand port indoor de France ». Pendant neuf jours, les visiteurs peuvent découvrir les innovations en matière de bateaux à voile et à moteur. Mais il y a aussi toute la place donnée aux sports de glisse avec de nombreux exposants et de superbes animations. À l’extérieur, le salon offre sa Nautic SUP Paris Crossing, superbe course de paddle sur la Seine à travers Paris. salonnautiqueparis.com

10-13 novembre Photos ? Matons ! Paris La 20e édition de la Foire internationale dédiée à la photographie d’art, installée au Grand Palais depuis cinq ans, s’annonce exceptionnelle. Sous la grande verrière, on trouvera rassemblé le travail de centaines d’artistes, comme celui de l’Allemand Horst P. Horst (photo), de galeries internationales et d’éditeurs pour régaler des dizaines de milliers de visiteurs. parisphoto.com

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décembre Trans... mutation Les Trans Musicales se vivent aussi côté Bars en Trans, festival off et dément qui envahira une douzaine de bars et trois clubs de la ville de Rennes entre le 1er et le 3 décembre. Guettez aussi les lieux insolites où se tiendront de belles fêtes. barsentrans.com

3

décembre Battle mondial The World Street Dance va secouer la Sportica de Gravelines (Nord) le temps d’un week-end. L’event international de breakdance 100 % powermove réunit huit délégations internationales, un vrai ­championnat du monde des nations. sportica.fr

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ERICH SPIESS/ASP/RED BULL, CHRISTOPHE PALLOT/AGENCE ZOOM, THE CONDÉ NAST PUBLICATIONS

10-11 décembre Coupe du monde de ski alpin Val d’Isère


ET SI…

ACTION

ON TENTAIT ­DE S’EXTIRPER D’UNE CAMISOLE DE FORCE

Un défi pour les plus téméraires : le secret du célèbre tour de ­magie de Harry Houdini… Le 6 novembre 1916, une foule se rassemble à Pittsburgh, USA, à l’angle de Liberty Avenue et de Wood Street. Au cinquième étage d’un ­immeuble, un homme pendu par les pieds, tête en bas, tente de se libérer d’une camisole de force. Un instant plus tard, un tonnerre d’applaudissements retentit. Harry Houdini, génie de l’évasion, a encore frappé. Le lendemain, l’exploit d’Houdini fait la une des journaux, le jour de la première de son spectacle. Pour le centième anniversaire de l’icône, le magicien originaire de Pittsburgh, Lee Terbosic, reproduit le tour au même coin de rue. Mais avant l’exploit, il nous en révèle le secret… en partie. houdini100.com

la 1 Enfilez camisole

« En la passant, gonflez vos poumons pour éviter que la ceinture ne soit trop serrée et pour gagner du mou. Une autre méthode consiste à exercer une résistance avec les bras au moment où ceuxci sont attachés en croix sur le ventre et ce, en écartant légèrement les coudes vers l’extérieur. S’assurer du mou au niveau des bras est crucial car ce sont eux qu’il faudra libérer en priorité. »

MARK THOMAS

2

Utilisez votre tête

« L’idée de passer une camisole rend nerveux. Restez calme, vous débattre ne ferait que vous épuiser. Quand vos bras sont attachés, glissez votre main droite sur l’épaule gauche, ce qui créera un espace assez grand pour passer votre tête. Mais attention à votre cou, cela m’a coûté de nombreuses élongations musculaires. En passant la tête dans l’ouverture, vos mains se libèrent. Trouvez à tâtons les boucles situées au bas du dos et sur la nuque, ­défaites-les et le tour est joué. »

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de la 3 L’avantage posture

« Être suspendu tête en bas contribue essentiellement à rendre le tour plus impressionnant. Les ­chevilles font un peu mal mais l’impératif reste le même, à savoir : se donner du mou, la gravité facilitant la manœuvre. Sur les vidéos, on voit un Harry Houdini gesticuler pour y parvenir. Mais s’habituer à être la tête en bas exige une préparation pour ne pas s’évanouir. La table à inversion d’une salle de sport fera l’affaire en effectuant des séances de 10 à 15 minutes. »

en forme 4 Soyez pour vous évader

« N’essayez pas de vous désarticuler – ça ne marche qu’au cinéma – mais la souplesse est un atout. ­Retirer la camisole demande un ­effort intense, tenir la forme vous sera donc très utile. La chose m’était plus difficile du temps où j’avais quelques kilos de trop. Je maîtrisais la technique mais j’étais à bout de souffle. »

méthode 5 Sineaucune marche, trichez

« Il existe des camisoles truquées où vous gardez le contrôle avec des sangles que vous pouvez desserrer sans que nul ne s’en aperçoive. L’œil exercé remarquera un léger mouvement de main dans la manche qui n’est pas censé avoir lieu. Ceux qui utilisent des fausses camisoles sont pour la plupart en apprentissage. Elles font office de stabilisateur. Pour ma part, j’utilise une camisole d’hôpital. Leur ­production n’est plus aussi importante, mais on peut en commander une sur-mesure. En revanche, elle ne comportera aucun trucage. »

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34 VILLES FRANCE SUISSE BELGIQUE ROYAUME - UNI


S P É C I A L J E U X-V I D É O

READY P L AY E R O N E JOUEZ PARTOUT – CHEZ VOUS, DEHORS, D A N S L’ A R È N E O U D A N S L A R É A L I T É V I R T U E L L E .

JEUX MOBILE La console la plus populaire du monde ? Elle est dans votre poche ! Certains jeux pour smartphone sont parmi les plus ­esthétiques et les plus aboutis du moment.

Tomb… avec vue Tomb Raider prend un peu l’air. Lara Croft GO, c’est un jeu de plateforme, mais c’est surtout un jeu de réflexion au tour par tour. Bien pratique pour jouer à l’extérieur. iOS, Android ; laracroftgo.com

Mama mia ! Bat mobile Les jeux consacrés au Dark Knight n’ont rien à envier aux films. D’ailleurs, Batman: The Telltale Series ressemble à du cinéma avec ses montages rapides et ses prises de vue. Il sort en épisodes. iOS, Android ; telltale.com THE RED BULLETIN

Le héros de Nintendo s’attaque à New York Le plombier débarque enfin sur l’iPhone avec un mix de jeu de plateforme classique à la Super Mario et d’endless runner. Ce Super Mario Run affiche un gameplay à une seule main conçu pour smartphone – tapotez l’écran pour le faire sauter et progresser dans le jeu face à Bowser. iOS ; supermariorun.com 91


JEUX MAISON Puissance sans limites, graphismes d’exception et expérience de jeu ­immersive. Rien ne vaut une bonne vieille console. Les récents titres parus sur les dernières consoles sont parmi les plus dingues de l’histoire du gaming.

Plan large

Voyez les choses en grand Pour profiter du rendu 4K des nouvelles consoles de Sony et Microsoft (quatre fois supérieur à une résolution HD classique 1 080 px), il vous faudra la TV qui va avec, comme la LG B6 65 pouces : vidéos HDR (contraste super élevé) et écran OLED pour un noir ­profond et un blanc intense. lg.com

Bataille virtuelle

Cramponnez-vous !

Vous en voulez ReCore ?

Battlefield 1 transporte les joueurs en pleine Première Guerre mondiale. À dos de cheval, dans un tank, un biplan ou même un zeppelin dans un jeu de guerre de très haut niveau. PS4, Xbox One, PC ; battlefield.com

Voilà FIFA 17 : mise à jour des équipes et des maillots, IA améliorée, mouvements plus ­réalistes et un nouveau mode histoire où l’on incarne une star montante du ballon rond. PS4, Xbox One, PC ; easports.com

Le créateur de Mega Man et les concepteurs de Metroid Prime présentent ReCore. Sur une planète déserte, vous fumez des robots hostiles pour faire avancer votre propre troupe. Xbox One, PC ; recoregame.com

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S P É C I A L J E U X-V I D É O

M ATOS SU R MESURE L’essentiel pour un système de divertissement et de jeu au top du top.

Changement de station La nouvelle PlayStation4 Slim est plus compacte et moins chère, avec deux fois plus de mémoire et pas grand-chose d’autre. Avec la PS4 Pro, vos jeux passent en 4K avec une expérience de jeu plus fluide et esthétique sur les jeux Pro Enhanced. playstation.com

Devenez la perf !

Prenez la main

Vivez le sport extrême Steep, c’est le plus près que l’on pourra jamais s’approcher de la pratique extrême du snow, du ski, du wingsuit et du ­parapente. Baladez-vous en toute liberté dans un immense monde ouvert à l’image des Alpes, trouvez de nouvelles ­descentes, mesurez-vous à d’autres joueurs en ligne et ­immortalisez vos exploits grâce à la GoPro intégrée au jeu. PS4, Xbox One, PC ; steep.ubisoft.com

Xbox One S, pour « smaller/plus compacte » (40 %) ou « sharper/plus nette » – c’est un lecteur Blu-ray Ultra-HD 4K. Et son disque dur (2 To) a aussi pris du grade, comme la manette sans fil (deux fois plus de portée). xbox.com

Bonne conduite Le volant, un must pour exploiter vos jeux de voiture. Le Thrustmaster T300RS est doté d’un moteur sans balais qui assure un pilotage fluide, d’un retour de force à courroie et de solides palettes en métal. thrustmaster.com

Excès de fun

Les titans se clashent

Immersion sonore

Pilotez plus de 350 voitures – de la Reliant Robin à la Lamborghini Centenario – dans un jeu en monde ouvert recréant (à peu de choses près) l’Australie sur Forza Horizon 3. Dingue ! Xbox One, PC ; forzamotorsport.net

Un FPS avec des soldats en mode parkour et des exosquelettes mécaniques géants à diriger de l’intérieur – vous allez adorer Titanfall 2 ! Cette fois-ci, il comporte une campagne solo. PS4, Xbox One, PC ; titanfall.com

La barre de son Samsung HW-K950 est le système audio pour les jeux et les films. Quinze haut-parleurs, chacun doté de son propre ampli, font vivre une expérience sonore en trois dimensions, 100 % immersif. samsung.com

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RÉALITÉ VIRTUELLE La vraie RV a enfin débarqué cette année, mais c’est en 2017 que cette nouvelle techno pleine de promesses montrera ce dont elle est capable. Guettez donc ces produits.

Consolez-vous La RV pour tous

Le PlayStation VR de Sony a un gros avantage sur ses copains : moitié moins cher, et il ne nécessite pas un PC de gamer onéreux. Il suffit de le brancher à votre PS4 (il faudra aussi une caméra et deux manettes PS Move) et il fonctionnera avec les meilleurs jeux. playstation.com

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Pour une poignée de RV

Chef de file

Le HTC Vive offre une qualité d’image et de mouvement identique à celle de l’Oculus Rift (à droite), mais il est livré avec deux contrôleurs manuels et deux capteurs externes qui permettent au joueur de se déplacer en jouant. vive.com

L’Oculus Rift a popularisé la RV après une campagne de financement qui a réuni 2,4 millions de dollars. Livré avec une manette Xbox One, mais les contrôleurs Touch arrivent bientôt. oculus.com

Pilote automatique

Bricolo

Tenez bon

Dans Driveclub VR, depuis le cockpit, vous pouvez prendre le volant de 80 voitures. En ligne sur 114 circuits, choisissez le mode cruise control pour vous balader en toute liberté. playstation.com

Dans Fantastic Contraption, fabriquez d’incroyables machines virtuelles de vos propres mains pour résoudre des énigmes. Un jour, les machines seront toutes fabriquées comme ça. fantasticcontraption.com

Grimpez une falaise en escalade libre au-­dessus des eaux de la baie d’Ha Long (­Vietnam). Spectaculaire et terrifiant, The Climb illustre à quel point la RV peut être criante de réalisme. theclimbgame.com

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E-SPORT

S P É C I A L J E U X-V I D É O

Être payé pour jouer aux jeux vidéo, ça semble trop beau pour être vrai, mais pour les e-gamers pro, c’est une réalité plutôt lucrative. L’élite de l’e-sport n’attend peut-être que vous...

LIGUE DES CHAMPIONS Le pro-gamer est un sportif pro comme les autres : il lui faut du matériel de précision.

Question de perception Dans l’e-sport, il est essentiel pour le joueur d’avoir une bonne perception de ce qui l’entoure. Le casque HyperX Cloud Revolver a une portée en profondeur et en largeur qui permet un positionnement audio précis des adversaires, et il est confort ! hyperxgaming.com

Gros bonnet

Force intérieure

Un jeu à regarder

Les portables de jeu sont les plus puissants, et le Razer Blade Stealth est le meilleur d’entre eux. Pour les e-gamers, même ce notebook 4K ultra-fin aura besoin d’un boost : le boîtier pour carte graphique Razer Core pour une puissance de feu. razerzone.com

Suite à sa sortie en mai, Overwatch, jeu de tir par équipe en vue subjective, a fait vibrer la scène e-sport. Pas une surprise quand on sait qu’on le doit aux créateurs de StarCraft II – un jeu qui a participé à l’émergence de l’e-gaming. Retransmis à la télévision, l’Overwatch Open de septembre a offert un prix de 300 000 $. playoverwatch.com

La souris sert L’extension du corps du pro. La Corsair M65 Pro RGB est dotée de boutons programmables pour tous styles de jeu et d’un capteur optique d’une précision au pixel près. Elle s’adapte ­automatiquement à sa surface de jeu et son centre de gravité est réglable. corsair.com

Vieux briscard

Du garage au stade

Le vétéran des jeux de baston a toujours la cote. En juillet, 5 000 joueurs se sont affrontés à Street Fighter V pour remporter un prix doté de 5 000 $ lors du tournoi Evo 2016 retransmis à la télé. streetfighter.com

En août, la finale du championnat de Rocket League – du foot avec des bolides – a été visionnée par plus d’un million de personnes sur Twitch. En 2017, le total des prix se montera à 250 000 $. rocketleaguegame.com

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Lumineux Logitech G910 Orion Spark : clavier pro. Avec des touches plus réactives qui s’éclairent dans plus de 16,8 millions de couleurs pour afficher les commandes de jeu, neuf boutons programmables et un dock pour smartphone (pour l’appli Arx Control). gaming.logitech.com

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Directeur d’édition Robert Sperl Rédacteur en chef Alexander Macheck Contributeur indépendant Boro Petric Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Stefan Wagner (Chef de service), Ulrich Corazza, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager Contributeurs indépendants : Muhamed Beganovic, Werner Jessner, Martina Powell, Clemens Stachel, Florian Wörgötter Édition web Kurt Vierthaler (Senior Web Editor), SchinSu Bae, Christian Eberle, Vanda Gyuris, Inmaculada Sánchez Trejo, Andrew Swann, Christine Vitel

THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel Contributions, traductions, relecture Étienne Bonamy, Susanne & Frédéric Fortas, Claire Jan, Suzanne Krizenecky, Audrey Plaza, Claire Schieffer, Gwendolyn de Vries Country Manager & Publicité Leila Domas leila.domas@fr.redbull.com Abonnements Prix : 12 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com Siège de la rédaction 12 rue du Mail, 75002 Paris, +33 (0)1 40 13 57 00 Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Les journalistes de la SAS L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SAS L’Équipe n’est pas ­responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.

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THE RED BULLETIN Allemagne, ISSN 2079-4258 Country Editor Arek Piatek Relecture Hans Fleißner Country Channel Management Christian Baur Responsable de la publicité Martin Olesch, martin.olesch@de.redbulletin.com

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MAKES YOU FLY

« Une expérience unique. » Le longboarder Justin Quintal (26 ans) surfe la vague éclairée par les aurores boréales.

FJORDS DE L’OUEST, ISLANDE

CHRIS BURKHARD

Le film Under An Arctic Sky suit l’itinéraire de six surfeurs en quête de spots inédits près des îles islandaises. À cette époque de l’année, le jour dure seulement quatre heures, du coup certains se mettent à l’eau alors qu’il fait encore nuit, comme ici l’Américain Justin Quintal après le coucher du soleil. Il est parmi les premiers à ­surfer sous une aurore boréale. Le film est en avant-première sur underanarcticsky.com

THE RED BULLETIN NUMÉRO 61 SORTIRA LE 14 DÉCEMBRE 2016. 98

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www.tropheeandros.com

ème

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2016 - 2017

! ! ! S é R V I G S DE S U O V Z E D N E LE R

• VAL THORENS (73)

Sa. 03 et Di. 04 décembre 2016

• GRANVALIRA / PAS DE LA CASA (And)

Ve. 09 et Sa. 10 décembre 2016

• ALPE D’HUEZ (38)

Ve. 16 et Sa. 17 décembre 2016

• ISOLA 2000 / ALPES MARITIMES (06)

Ve. 06 et Sa. 07 janvier 2017

• HAUTES ALPES / REGION PACA (05) Serre Chevalier

Sa 14. et Di. 15 janvier 2017

• LANS EN VERCORS (38)

Ve. 20 et Sa. 21 janvier 2017

• CLERMONT-FERRAND / SUPER BESSE (63)

Sa. 28 janvier 2017


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