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The Red Bulletin CF 11/20

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SUISSE NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2020 CHF 3,80

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HORS DU COMMUN

KAI LENNY

L’APPEL DE LA MER Le prodigieux waterman hawaïen redécouvre la douceur de vivre


ALPHATAURI.COM


Éditorial

PRENEZ VOTRE TEMPS Natascha Badmann est assise à l’arrière de sa maison, de bonne humeur. Elle est heureuse que ses courgettes poussent, arrache quelques mauvaises herbes au gré de la discussion, et s’amuse de l’homme en motocyclette qui nous interrompt. Pendant longtemps, cette triathlète extraordinairement douée était connue pour son ésotérisme. En fait, elle a compris bien avant tout le monde à quel point l’entraînement mental est important, et jusqu’où la puissance de l’esprit peut renforcer le corps. Le temps a donné raison à cette athlète Red Bull. Dans ce numéro, nous avons demandé à des personnes très différentes ce que le temps représentait pour elles. Le freeskieur Nicolas Vuignier, 29 ans, nous dit que « c’est le passage de l’idée à la réalisation » (concrètement : sept ans), le chronométreur du Tour de France Pascal Rossier, 54 ans, que « c’est une finale d’étape au millimètre près » (exactement : 0,0003 seconde). Maintenant, vous avez tout votre temps pour lire la suite de ce magazine…

FRED POMPERMAYER (COVER), GIAN PAUL LOZZA, JONO JEBUS

Belle lecture ! Votre Rédaction

CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS

BERTRAND MONNARD

Le journaliste suisse aime les histoires humaines liées au sport. Il a été publié par L’Illustré, L’Hebdo ou Le Matin Dimanche. Il raconte ici la touchante saga du footballeur genevois Denis Zakaria, qui joue en Bundesliga avec Monchengladbach, et est convoité par les plus grands clubs. Connu pour son sourire et sa modestie, il estime tout devoir à Rina, sa maman. P. 64

TYRONE BRADLEY

« J’étais un BMXer sponsorisé en Afrique du Sud et c’est le BMX qui m’a fait découvrir la photo, dit cet habitant de Cape Town qui a réalisé notre portfolio à Lagos. En 2017, je suis allé au Nigeria pour faire des photos de musique et on m’a présenté aux riders. Coup de foudre ! Ils avaient la même excitation et la même fougue que ceux d’Afrique du Sud au début du siècle. Pas facile d’être un BMXer au Nigeria… Leur amour et leur dévouement sont une inspiration constante. » P. 24 Natascha Badmann, chez elle, tout sourire en se remémorant sa brillante (et douloureuse) carrière.

THE RED BULLETIN

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CONTENUS

novembre-décembre 2020 24 Roues de secours

Ce qui est arrivé à des jeunes de Lagos au Nigeria en grimpant sur des BMX.

38 Lenny gravite

Immobilisé, le waterman Kai Lenny revient sur son parcours copieux et ses envies renouvelées.

48 Natascha Badmann

« Abandonner » ne fait pas parti du vocabulaire de la triathlète.

54 Quel temps est-il ? Des secondes qui peuvent changer le cours des choses.

64 Le monde à ses pieds Le jeune prodige du foot raconté par sa mère.

72 Guidé par les étoiles Le temps est subjectif. Voici comment ces hommes ont vécu des instants inoubliables.

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Galerie : le sport s’offre parfois de surprenants terrains Des courses automobiles qui promettent un coup de propre Quand le rockeur Josh Homme joue les rebelles sur sa moto, il écoute quoi ? Un vélo qui fait parler de lui avant même de rouler Et si les action sports faisaient un peu moins mâle ? Le premier masque traducteur Le surf sur la vague LGBT Le prix de votre prochain apéro sera stratosphérique

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Vélo : passez en catégorie pro sans vraiment toucher le sol Fitness : le running souriant Matos : sessions hachées Gaming : Call of… success Plein écran sur votre agenda Spécial montres : des classiques revisités pour l’homme d’action Ils et elles font The Red Bulletin Le beach-volley en ascension

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Denis Zakaria, le footballeur qui valait des millions, en toute modestie. THE RED BULLETIN

DANIELE MOLINERIS/RED BULL CONTENT POOL, ROBERT EIKELPOTH, TYRONE BRADLEY

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Au volant de la Polestar 2, on est si bien qu’on oublie qu’on conduit.


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La scène BMX de Lagos (Nigeria) prend de l’ampleur, et motive les riders locaux au-delà du vélo.

THE RED BULLETIN

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SEBASTIAN, FLORIDE, USA

Canaux de traverse Pour le champion du monde de wakeboard Massimiliano Piffaretti, toute surface est une occasion de faire la démonstration de son talent. Par chance, l’Italien est tombé sur ce bateau abandonné (victime de l’ouragan Dorian en 2019) lors du South Florida Loop Trip de l’équipe professionnelle de wakeboard Red Bull en juin dernier – une aventure de 350 km le long de l’Intercoastal Waterway, un réseau de canaux et de voies navigables sur le littoral américain. Le photographe Bryan Soderlind, surnommé « Bear » (ours), était là pour immortaliser ce moment. Instagram : @thegoldenbear


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BRYAN SODERLIND/RED BULL CONTENT POOL


ROSTREVOR, IRLANDE DU NORD

Rattrape-moi si tu peux ! Tracer en vélo de descente et tenter de ne pas se faire rattraper par deux champions du monde, Loïc Bruni et Myriam Nicole, c’est ce que propose le Red Bull Campo organisé à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes). Pensé sur la base du Red Bull Foxhunt (dont notre photo montre les participants rejoindre le départ d’une édition en Irlande du Nord), ce défi atypique réunira des riders amateurs hommes et femmes sur un parcours de pistes d’environ 5,2 km. Il faudra tracer et filer très vite dès le début de la course pour s’échapper de la mass start que pourchasseront les deux pros français dans la foulée. Ce 7 novembre, 250 amateurs pourront se vanter d’avoir roulé « au niveau mondial ». redbull.com


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SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL


MONT ELBROUZ, RUSSIE

Vitesse de croisière

Quand on a deux records à son actif, on a le droit de se la jouer un peu. Comme le Russe Dmitry Mityaev, 28 ans, photographié par Danil Kolodin à l’occasion de la course de l’Elbrouz (The Mountain race), 111 km jusqu’au sommet, avec une ascension de 5 600 m. En juillet dernier, Mityaev l’a courue en 13 h 9 min, battant le record en 2 h 34 min de moins. Encore plein d’énergie, il a continué à courir 30 km et a brisé le record du monde de « vitesse de croisière ». « En franchissant la ligne d’arrivée, j’ai compris qu’en étant bien préparé, on peut faire des prouesses ! » Instagram : @danilkolodin


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DANIL KOLODIN/RED BULL CONTENT POOL


Une auto nettoyante Ce SUV électrique promet des courses au bout du monde qui font le ménage.

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L’Odyssey 21 est à peu près tout ce que l’on peut attendre d’un SUV conçu pour la course – cette bête tout-terrain de 550 ch, 1 650 kg et 2,3 m de large est capable de grimper une pente de 130 % à 200 km/h, en départ arrêté. La surprise vient de son moteur : un gémissement proche de celui d’un bourdon provenant de deux groupes motopropulseurs électriques. Ce E-SUV à zéro émission a été créé pour Extreme E, un nouveau championnat mondial de rallye d’Alejandro Agag, l’un des fondateurs de la série de courses de voitures électriques Formula E. L’Espagnol espère faire plus que divertir les fans de course : sauver le monde ! « Avec la Formule E, nous avons eu l’idée de promouvoir les voitures électriques pour les villes ; ainsi, nous voulions

THE RED BULLETIN

TOM GUISE

ODYSSEY 21

MCH PHOTO, EXTREME-E.COM

L’Odyssey 21 E-SUV, à émission zéro et à propulsion durable : conçu pour sauver la planète (en quelque sorte).

montrer les dégâts causés par le changement climatique et la pollution dans les endroits les plus reculés, en y organisant des courses électriques. » Dans ce qui pourrait sembler contre-productif, chacun des cinq lieux de la course a été choisi pour mettre en lumière une crise environnementale spécifique : la fonte des calottes glaciaires, la désertification, la pollution des océans, la disparition de la glace de montagne et la déforestation. L’impact environnemental inévitable de cette « course sans trace » sera compensé par des initiatives telles que le nettoyage du plastique sur les plages de Dakar et la plantation d’un million de mangroves au Sénégal. « Le résultat sera au-delà du sans trace », promet Agag. Les piles à combustible de l’Odyssey 21, qui fonctionnent à l’hydrogène provenant du soleil et de l’eau, font partie de cette promesse. Ces piles peuvent être produites durablement sur place, mais elles seront également transportées sur les courses à bord d’une base d’opérations flottante. « C’est le message : nous pouvons produire notre propre énergie sans pollution, déclare M. Agag. Si nous pouvons le faire en Arctique ou en Amazonie, tout le monde peut le faire où qu’il soit. » Extreme E prévoit également d’être le premier sport automobile à offrir une véritable égalité des sexes ; chaque équipe est composée d’un pilote masculin et d’une pilote féminine, qui se relaient à chaque tour. « Ils sont tout aussi décisifs dans la victoire », déclare M. Agag. Extreme E est prévue en Arabie saoudite en mars, sauf complications liées au coronavirus. Alejandro Agag avait de toute façon prévu que ses courses se déroulent sans spectateurs. Leur présence pourrait être source de pollution. extreme-e.com


SEU LEMENT AU CINEM A

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JOSH HOMME

« Judas Priest, ça vaut le sexe »

Le leader de Queens of the Stone Age partage ses titres pour prendre la route à moto et se la donner – ou supporter le trafic infernal de Los Angeles.

Judas Priest

Cheap Trick

Dean Martin

« Vous n’avez rien vécu tant que vous n’avez pas roulé sur Hollywood Boulevard en passant ce morceau si fort que ça fait peur aux gens, vous voyez ? D’après les réactions des piétons autour de vous, vous savez avec qui vous traîneriez, avec qui vous seriez pote. C’est comme une carte de visite. »

« Je n’ai jamais vraiment compris Judas Priest jusqu’à ce que je me mette à faire de la moto. Écouter Enfreindre la loi en roulant, c’est dément. Sérieux, sillonner la ville avec cette chanson dans le casque, incognito, c’est du bonheur, c’est l’une des meilleures choses qui soient. C’est presque mieux que le sexe. »

« Sur ma Harley, je peux écouter ma musique préférée, comme les trois premiers albums de Cheap Trick. Ils sont top du début à la fin. Surtout leur single de 1977, Southern Girls – cette chanson a été écrite pour être jouée sur une moto tout en se frayant un chemin dans la circulation. Alors pourquoi rester là ? On se barre putain ! »

« J’adore écouter Dean Martin sur ma meule, je pense que personne d’autre ne fait ça. C’est un super sentiment quand on sait qu’on fait un truc qui n’est pas habituel. Mambo Italiano à bloc sur une moto, ça te file la trique. On peut entendre Dean sourire en chantant – c’est bon… Quand on parle d’apporter de la joie au monde. »

Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976)

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Breaking The Law (1980)

Surrender (1978)

Mambo Italiano (1969)

THE RED BULLETIN

ANDREAS NEUMANN

AC/DC

MARCEL ANDERS

Lorsque les titans du rock US Queens of the Stone Age prennent congé – c’est le cas actuellement – leur boss Josh Homme aime faire revivre sa collection de motos bien-aimée, qui comprend une Falcon, un chopper Exile et une Harley avec des haut-parleurs géants. Il appelle son ride de deux heures entre sa villa de Palm Desert et son studio de Burbank une « méditation », le meilleur moyen de se vider la tête, de s’inspirer et de se libérer. Du haut de son 1,93 m, avec son cuir, ses bottes et ses solaires foncées, le musicien est un véritable killer. Voici ce qu’il écoute lorsqu’il grimpe sur sa meule… qotsa.com


PERPÉTUER L'ESPRIT PIONNIER. Un hommage aux tout premiers aviateurs et explorateurs qui ont partagé leur histoire avec Longines.

Howard Hughes est considéré comme l'un des pionniers de l'aviation civile pour avoir réalisé le tour du monde en un temps record. Pour s'orienter, il fit confiance aux chronomètres de navigation et aux chronographes développés par Longines.

En 1935, Howard Hughes fut l’aviateur le plus rapide du monde en établissant son record de vitesse à 566 km/h. Cependant, ce qui rend l’histoire de Hughes si particulièrement impressionnante est qu’il avait conçu lui-même l’avion qu’il pilotait. Hughes n’était pas un pilote ordinaire qui battait des records – il était également ingénieur aéronautique, homme d’affaires et producteur de films hollywoodiens à succès. Son esprit combattif et son courage face au danger le poussèrent à aller au-delà de ses limites. À peine quelques années plus tard, Hughes fit le tour du monde.

Son périple lui prit seulement 3 jours, 19 heures et 14 minutes... Et bien sûr, il fut l’homme le plus rapide à accomplir cet exploit. Hughes se fia toujours à son chronomètre de navigation céleste Longines pour déterminer la position exacte de son appareil en pleine nuit, dans l’obscurité totale et au-dessus des nombreux et vastes océans qu’il survola.

La collection Longines Spirit a été conçue dans cet esprit. Un mélange d’élégance, de tradition et de savoir-faire rassemblant les mêmes caractéristiques que celles mises au point pour assister les tout premiers aviateurs : une précision à toute épreuve, une couronne caractéristique des montres pilotes, des chiffres très lisibles et des aiguilles luminescentes.

C’est à sa façon d’aborder la chute que se distingue un esprit pionnier. Essayer, échouer, se battre et triompher avec élégance. C’est ce dont on se souvient lorsque tout le reste a été oublié.

Un puissant hommage à l’esprit pionnier qui se perpétue.


Le PRO (en photo), est le plus élaboré des deux modèles.

BABYMAKER

Votre nouveau vélo

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hasard en Chine alors qu’ils faisaient du couchsurfing. Une amitié est aussitôt soudée autour de leur amour commun « des vélos, de la vitesse et de l’aventure ». Très vite, ils développent le concept d’un nouveau genre de vélo électrique équipé d’un puissant moteur dans l’élégante enveloppe d’un mono-vitesse urbain. « Quelque chose de rapide qui ferait s’exclamer les gens sur son passage », explique l’Américain. Le Babymaker, avec son moteur de 250 w et sa vitesse de pointe de 40 km/h, entre

STEALINGLIGHT PRODUCTIONS

Le Babymaker est le petit dernier de la startup FLX Bike, de San Diego. Ce concept de vélo électrique aux couleurs vives a récolté plus de 10 millions de livres sterling sur IndieGoGo, soit la plus grosse somme réunie sur la plateforme de financement participatif cette année ; mais avant même sa commercialisation, il essuie de nombreuses réactions négatives de la part de l’industrie du cycle et du public. Le Babymaker a été inventé par Rob Rast et Peter Leaviss, qui se sont rencontrés par

LOU BOYD

Certains cyclistes en raffolent, d’autres le conspuent. Pourquoi est-ce que ce vélo électrique, fruit d’un financement participatif, est-il si clivant ?

techniquement dans la classe des vélomoteurs au RoyaumeUni et en Europe. Il faut donc posséder un permis et une immatriculation ainsi qu’une assurance pour pouvoir rouler avec en toute légalité. Entretemps, l’industrie du cycle a rejeté en masse le design de Rast et Leaviss, se moquant ouvertement de l’absence de fiche technique ou de tracé géométrique. D’autres internautes ont pris le nom du vélo en grippe, même si le duo explique que l’idée était d’attirer un maximum d’attention. Une stratégie qui a fonctionné puisque les apports financiers ont augmenté. Selon Rast, « toutes les industries sont résistantes aux changements, surtout quand l’argent passe de ceux qui vendent des vélos de route à 10 000 $ à celles de Pete et Rob et leur vélo dingo à 1 000 $ ». Le financement est maintenant terminé et les premiers modèles commenceront à être expédiés en décembre. Rast est persuadé que le public va adorer ce vélo. « Le cycle est une telle niche qu’il est devenu quasiment impossible pour le commun des mortels de s’y faire une place ». Et de poursuivre : « On ne veut pas que le Babymaker participe au Tour de France, on est juste là pour s’amuser. » flx.bike

De fiers parents : Rob Rast (à g.) et Peter Leaviss de FLX Bike. THE RED BULLETIN


3 JOURS, 19 HEURES, 14 MINUTES C’est le temps qu’il faut à Howard Hughes pour boucler en 1938 le tour du monde le plus rapide de l’histoire. Dans les moments les plus difficiles, de nuit ou au-dessus de l’océan, il s’en remet à son chronomètre de navigation Longines pour déterminer la position de son avion.

Howard Hughes

THE PIONEER SPIRIT LIVES ON. LONGINES SPIRIT COLLECTION


À la rencontre d’une aventurière et entrepreneure américaine qui œuvre pour un monde plus équitable, une tâche à la fois. Et grâce à vous.

Jen Gurecki n’est pas de celles qui acceptent le statu quo. Basée dans le Nevada, l’aventurière et entrepreneure a dédié une grande partie de son temps à abolir les barrières dans le domaine de l’aventure et des sports d’action. En 2014, irritée par l’approche marketing américaine du “shrink it and pink it” (littéralement « rétrécissez-le et mettez du rose ») des marques de mode pour les collections féminines, Gurecki lance Coalition Snow, une entreprise de ski et de snowboard qui conçoit des équipements pour les femmes qui « assurent », et soutient le travail des athlètes et des créatrices féminines. Plus récemment, la PDG de 42 ans s’est tournée vers l’édition. L’hiver dernier, Lauren Bello Okerman, sa directrice artistique, et elle ont créé Sisu, un magazine ciblé sur l’outdoor, qui présente des voix diverses et rares. Jen Gurecki nous parle de l’importance de secouer l’industrie actuelle et de ce que ces sports devraient faire pour devenir plus inclusifs et ouverts.    : Quelle est l’idée derrière votre entreprise ?   : Coalition Snow a toujours été une grande expérience sociale. Que se passerait-il si les femmes décidaient de fabriquer des skis et des planches de snowboard ? Car d’ordinaire, elles ne confectionnent pas d’équipement. Elles ne sont pas encouragées à cela, ne sont pas poussées à l’être ni à trouver des

mentors. Elles sont invitées à faire des bonnets et de jolis pulls. Je me suis dit qu’il serait intéressant de sortir des sentiers battus pour s’essayer à quelque chose dominé jusqu’ici par les hommes. Comment réagirait l’industrie ? Et la communauté ? Y aurait-il une clientèle ? La part en moi qui prône la justice sociale est très curieuse ; une autre part en moi ne peut s’empêcher de me susurrer : « Voyons ce qu’il se passe si on met un peu le bordel. » Comment Coalition Snow a-t-elle été accueillie ? L’industrie ne sait pas très bien comment s’y prendre avec nous car nous sommes une marque de ski audacieuse, féministe, et qui ne s’excuse pas d’exister. Nous ne sommes pas la boîte de ski des jolies filles d’à côté. Comment avez-vous abordé la conception de l’équipement de snow pour les femmes ? Lorsque nous avons commencé, la stratégie marketing qui ciblait les femmes consistait à prendre un produit, à le rétrécir, à mettre du rose dessus et à le rendre doux. Les femmes ont été mises à l’index par l’industrie lorsqu’on a réalisé qu’il s’agissait d’un marché émergent. Nous ne fonctionnons pas comme ça ; nous réalisons les produits dont nous avons envie. Nous ne prétendons pas avoir trouvé une nouvelle technologie ni faire de la recherche et du développement. On fait juste des trucs qu’on aime. Nous savons qu’ils plairont aux autres femmes.

Pensez-vous que le secteur des sports d’action est en train de s’ouvrir à l’inclusion ? Il y a de plus en plus de discussions sur l’inclusion et la diversité qui émergent globalement dans l’industrie de l’outdoor, du moins aux États-Unis, mais beaucoup moins dans les sports de neige. On est en train de vérifier des étiquettes, pas tellement de changer de manière systémique. Le vrai changement est ardu et désordonné, et nécessite beaucoup de ressources. C’est à chacun de faire une introspection, d’être ouvert à l’idée que son expérience est valable et réelle, tout en sachant que chacun vit des choses complètement différentes. Penchez-vous sur les systèmes que vous soutenez dans vos loisirs et votre vie quotidienne, et demandez-vous s’ils rendent difficile la participation d’autres personnes. C’est alors que vous pourrez commencer à les remettre en question afin de les remodeler.

coalitionsnow.com ; sisumagazine.com

Pourquoi vous est-il apparu opportun de publier Sisu ? Il y a plusieurs raisons à cela. Coalition Snow avait grandi et était devenue une plateforme de référence. 18

LOU BOYD

De l’action pour tous et toutes, maintenant

Avec le temps, les gens ont vraiment écouté ce que nous avions à dire. Parler de nous ou des sports de neige, ça nous limitait beaucoup, car il se passe tellement plus de choses dans le monde. Si vous vous engagez pour la justice, l’équité, la diversité et l’inclusion, cela signifie que vous vous engagez à ouvrir votre plateforme pour permettre à d’autres voix de se faire entendre. Ce magazine est un recueil de pages vierges à remplir avec des perspectives non-normatives qui ont toujours existé. Prenez l’artiste américain Shoog McDaniel. Il est non-binaire, il se dit gros et queer. Ses photographies sont une célébration de tous ceux qui s’identifient à lui : gros, queer, noir ou arabe. On s’écarte de la mentalité qu’on retrouve dans tant de photos de gens qui évoluent en plein air et dont la devise semble être « suer, souffrir ». Son travail n’est pas seulement vivifiant, il est révolutionnaire.

CHARLIE SHOEMAKER

JEN GURECKI

THE RED BULLETIN


« Voyons ce qu’il se passe si on met un peu le bordel. »

THE RED BULLETIN

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Puis-je vous aider ?

Bonne figure Un fabricant de robots a conçu un masque pour nous rapprocher, tout en respectant les gestes barrières. Quand il s’est avéré que le port du masque deviendrait inévitable dans nos interactions sociales quotidiennes, les équipementiers sportifs, les marques de mode et les producteurs de textiles se sont mis à créer leur propre version. Un fabricant de robots japonais s’est aussi prêté au jeu. Donut Robotics a réalisé le tout premier masque intelligent : il vous protège – bien sûr – et vous permet de prendre vos appels, de minuter vos conférences, d’amplifier votre voix et même de traduire vos propos en huit langues ! Le business plan de Donut Robotics a beaucoup évolué durant l’année écoulée. Fondée en 2014 dans le garage de son concepteur, Taisuke Ono, pour « apporter des solutions robotisées à des problèmes de la 20

vie en société », la boîte venait tout juste de décrocher un contrat pour construire une flotte de robots-conseillers à disposition des voyageurs de l’aéroport de Haneda (Tokyo). Mais avec la pandémie et les restrictions de voyage, il a fallu revoir les besoins et les priorités du marché. « Nous avons travaillé dur pendant plusieurs années pour développer nos robots, explique Ono. Nous avons réussi à recycler cette technologie pour concevoir un produit qui puisse répondre aux dispositions en vigueur imposées par l’apparition du coronavirus. »

Le C-Mask est équipé d’un routeur wifi et du Bluetooth pour se connecter avec votre smartphone ; il enregistre vos propos et amplifie votre voix. Les logiciels de traduction utilisés originellement pour les robots de l’aéroport sont couplés avec une technologie qui décrypte le discours en topographiant les muscles faciaux. Le masque écoute les mots prononcés et transmet l’information audio à une appli qui le retranscrit en texte dans la langue cible choisie. Le projet mis en ligne sur la plateforme de crowdfunding Funddido devait aider à récolter 56 000 €. L’engouement fut tel que la somme fut atteinte en moins de 7 minutes. « Nous avons arrêté la campagne au bout de 37 minutes et 220 000 €, affirme Ono. Nous espérons que ce produit sera utile dans une société où la distanciation sociale est désormais une norme. » Les premiers masques seront commercialisés au Japon début 2021, puis aux USA, en Chine, et en Europe. en.donutrobotics.com THE RED BULLETIN

EN.DONUTROBOTICS.COM

C-FACE

LOU BOYD

L’alternative intelligente pour parler d’une voix TRÈS FORTE et trèèèèèès leeeeente.


STEPHEN MILNER

Vague d’amour

STEPHENARTHURMILNER.COM

LOU BOYD

L’artiste californien recadre l’iconographie hyper masculine du monde du surf pour faire émerger une voix queer encore inédite dans ce sport.

Depuis le début des années soixante, quand les Beach Boys chantaient (big up Laurent Voulzy) et que deux jeunes Californiens passaient leur Endless Summer (le documentaire fondateur des films de surf) à la recherche de la vague parfaite, le monde du surf s’est développé dans un univers hyper masculin, en mettant l’accent non seulement sur le sable, la mer et l’excitation, mais aussi sur le sexe et la THE RED BULLETIN

façon dont le sport pouvait le vendre. L’artiste californien Stephen Milner présente avec son ouvrage A Spiritual Good Time une version narrative du surf plus accessible à la communauté LGBTQ+. Bien qu’il ait grandi à Long Beach, scène majeure du surf aux USA, Milner, porté par l’amour de la vague, ne pouvait se défaire de la sensation que ce sport ne lui était pas ouvert. « Le récit autour de la culture

du surf m’a toujours passionné, explique Milner. Mais ce n’est qu’en entrant à l’université que j’ai eu l’idée de dresser le portrait de l’identité gay dans ce sport. Mon travail tourne essentiellement autour de l’idée de représentation de la virilité dans une communauté, en explorant ce que cela signifie, et en quoi ce concept est fragile. » Jonglant entre les vieilles photos de surf et des images de magazines érotiques homos, son livre A Spiritual Good Time donne une vision du surf à travers le prisme queer. Et ouvre une dimension alternative à la camaraderie, en montrant diverses formes d’intimité entre surfeurs. « Quand j’étais jeune adulte, je feuilletais les magazines de surf et je me faisais des films en m’imaginant sur place, ou bien en étant comme les surfeurs sur les photos, mais en fait, je ne pouvais jamais vraiment m’identifier, se remémore Milner. Je me focalisais toujours sur les gars un peu à l’écart qui mataient le beau gosse sur sa planche, et je prenais conscience de leur proximité. Dans mes images, je coupe ou j’extrapole ces détails pour renforcer le degré d’intimité, ou juste pour brouiller les pistes. » Milner se concentre maintenant sur l’avenir de la représentation queer dans le monde du surf. « Je ne suis qu’une petite voix dans l’océan. Je suis un homme blanc, gay, ce qui n’est qu’une minuscule partie du spectre LGBTQ+. Il y a tant de gens dont on devrait entendre les voix, et s’en faire l’écho. Je suis très fier d’avoir contribué à enclencher une discussion, aussi modeste soit-elle, et je suis impatient de voir la suite. » meteoroeditions.com 21


Vue imprenable Cette entreprise prévoit d’élever ses passagers jusqu’à la stratosphère dans une montgolfière digne d’un film de science-fiction.

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Imaginez-vous un cocktail à la main, en train d’admirer l’océan, les pieds… non pas dans le sable chaud mais au chaud dans une cabine pressurisée. Cette expérience encore très abstraite pourrait devenir réalité dès l’année prochaine. En effet, la start-up Space Perspective, cofondée par Jane Poynter et Taber MacCallum, proposera des voyages spatiaux touristiques à la limite de la stratosphère, à une altitude de 30 km, à bord d’une cabine pressurisée nommée Neptune, elle-même attachée à un ballon d’hydrogène. Le vaisseau décollera du Kennedy Space Center, une base de la NASA. Les voyageurs de l’espace auront plusieurs heures à leur disposition pour contempler la planète bleue depuis les grands hublots de la capsule, avant de redescendre sur Terre. Le tourisme spatial existe depuis que l’entrepreneur américain Dennis Tito a réservé un

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LOU BOYD

PERSPECTIVE SPATIALE

SPACE PERSPECTIVE

Un ballon de 198 mètres de diamètre vous porte à 30 kilomètres au-dessus de la surface terrestre. Bon voyage !

vol dans la Station spatiale internationale (ISS) en 2001 pour une valeur de 20 millions de dollars. Dès lors, les voyages de ce type sont l’apanage des ultra-riches. La navette spatiale Neptune, en plus de vous emmener au seuil de l’espace, promet d’être nettement plus abordable. « Nos forfaits commencent à 125 000 dollars et devraient baisser rapidement », explique MacCallum. L’expérience Space Perspective semble accessible par d’autres biais. Pas de pression : vous n’êtes pas en situation d’apprentissage pour devenir astronaute. L’expérience se veut relaxante ; le bar est bien rempli, et les toilettes offrent « la plus belle vue sur l’univers connu ». « Prenez une coupe de champagne, et profitez de la vue. Comme il y aura même du wifi à bord, précise MacCallum, vous pourrez mettre vos photos en ligne direct. Ce sera le post ultime ! » Poynter et MacCallum ont travaillé plusieurs décennies dans le développement spatial et ont participé à une expérience de deux ans au début des années 1990, enfermés dans le système écologique Biosphère 2 au cœur du désert de l’Arizona, afin de mieux anticiper les défis de la colonisation spatiale. « Plus les gens penseront le monde au sein d’un système solaire, plus on trouvera de soutien dans les programmes spatiaux et les sciences. Des organisations telles que Space For Humanity (une ONG qui prône la démocratisation des voyages spatiaux, ndlr) nous approchent pour envoyer des enseignants, des poètes et des artistes dans l’espace, car ils souhaitent ouvrir les consciences. Ces expériences et ces discussions sont primordiales pour prendre en compte la planète dans son contexte, et réaliser que nous sommes tous concernés par son devenir. » thespaceperspective.com


PROMOTION

POUR DES VIRÉES ENCORE PLUS LONGUES

HUSQVARNA E-BICYCLES/MARTIN ERD

Totalement polyvalent, le Mountain Cross 7 est l’un des modèles les plus populaires de Husqvarna E-Bicycles. Grâce à son moteur Shimano EP8 innovant, il appartient à une nouvelle génération de VTT motorisés qui poussent l’aventure du sentier à un niveau supérieur.

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Compact et puissant En mode trail, les 85 Nm fournis par le moteur EP8 vous permettent d’affronter les passages ardus en toute sécurité et en toute confiance. Les modes sont aussi parfaitement ajustés entre eux, vous permettant de jongler de l’un à l’autre. Plus de puissance et un dosage parfait Avec le couple maximum porté à 85 Nm, même les montées les plus raides peuvent désormais être conquises et les sentiers les plus difficiles maîtrisés. L’EP8 offre une puissance directe et sans faille, vous permettant de conserver un contrôle optimal. Une durée de vie plus longue Pour prolonger l’aventure le plus possible, Shimano a poussé la capacité de ses batteries à 630 Wh. Les batteries qui alimentent le système EP8 conservent 60 % de leur capacité maximale après 1 000 cycles de recharge complets. Une expérience personnalisée de l’E-MTB Avec l’application E-TUBE PROJECT, les paramètres du système peuvent être adaptés aux conditions de chaque terrain et selon vos préférences. Ces informations peuvent être sauvegardées sous deux profils d’utilisateur.


Roues

de secours

Le hasard a mené des jeunes des quartiers pauvres de Lagos (Nigeria) à acquérir des BMX d’occasion, sans imaginer à quel point, en sept ans, ils allaient leur donner de la motivation, au cœur de l’une des villes les plus inégales au monde. Texte ANDREAS WOLLINGER

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Photos TYRONE BRADLEY


Le mur des motivations Matthew Temitope aka Starboy (@official_starboybmx) est l’un des premiers acteurs de la scène BMX de Lagos, agglomération de 14 millions d’habitants (la plus importante du pays). Il travaille en tant que mécanicien dans le garage de son père, et profite de ses pauses déjeuner pour s’évader un peu.


« Un jour sans rouler est un jour sans joie. » Oluwasegun Adosu, aka SKing

City rider À l’origine, aucun d’eux ne savait à quoi pouvait bien servir un BMX. C’est en épluchant la toile que Matthew, Oluwasegun and co ont compris ce qu’ils avaient dégoté. Le dimanche, ils se réunissent en centreville, dans le parc de la Liberté (où se trouvait jadis une prison, sic), pour distraire les passants avec leurs figures. Ci-contre, Oluwasegun Adosu aka SKing (@skingbmxnigeria), showman dans l’âme, ride la rue avec élégance. 27


Haute distinction La superstar internationale du BMX Courage Adams (@courageadams), invité à Lagos. Né au Nigeria, il a grandi en Espagne. C’est via Instagram qu’il a appris l’existence de la bande de Matthew. Afin que Courage puisse réaliser ce saut à risque, il a fallu lui improviser une piste de réception en contreplaqué.


Onyemechi Samuel En route vers la ­Liberté  : Samuel est connu pour son approche intrépide de toutes sortes de figures en BMX.

Oluwasegun Adosu SKing s’identifie tellement au BMX qu’il a demandé à un artiste de peindre un vélo sur la façade de sa maison.

Matthew Temitope Starboy prend la pose en « bleu » de travail, devant le garage de son père. La décontraction est une seconde nature chez lui.

Oladejo Ibrahim aka Keke Money est professeur des écoles. Il adore le BMX, au grand dam de sa famille, qui s’imagine qu’il met son avenir en péril.

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« Le BMX te montre ce qu’il est possible de faire, et ce dont tu es capable. » Oladejo Ibrahim aka Keke Money

Sans la roue Keke Money réalise sa figure fétiche au stade national de Lagos : un wheelie avec un BMX sur lequel on a démonté la roue avant. À votre avis, quelle est la plus grosse difficulté de cet exercice ? Exactement : le happy end. Keke Money roule autant qu’il peut. Malheureusement pour lui, pas autant qu’il le souhaiterait, car sa famille l’en empêche. Dommage, s’accorde-t-on à dire dans le monde du BMX, car avec son talent et son style, il pourrait aller très loin. 30


L’autre monde SKing habite à Makoko. Ce village de pêcheurs illégal a émergé directement sous le pont qui relie le continent à l’île Victoria, où loge une population aisée. Makoko est un monde à part entière, régit par ses lois. Le gouvernement a tenté à plusieurs reprises de disperser sa population, sans succès.

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« C’est grâce au BMX que je suis devenu celui que j’ai toujours voulu être. » Matthew Temitope aka Starboy.

En piste ! Alors que SKing (à droite) est spécialisé dans les figures de freestyle, Starboy est plus dans le street riding traditionnel. Il y existe de nombreux endroits près de la mairie de Lagos où ils peuvent montrer ce qu’ils ont appris au cours des sept dernières années. Starboy réalise ci-contre un Bunny Hop par-dessus SKing. 35


Le sens de la vie Depuis que SKing a découvert le BMX, plus rien d’autre n’a de valeur. Sa coiffure le prouve, ses tattoos aussi. Il détient à coup sûr le record du plus grand nombre de tatouages relatifs au BMX.

Là où tout a commencé C’est dans ce magasin de vélos situé près du garage du père de Matthew, que se trouvaient les BMX. Starboy continue de venir ici, soit pour une réparation, soit pour repérer de bonnes occasions. 36

THE RED BULLETIN


Ça se passe à la casse La toile de fond de cette puissante figure de Sharad Fatai (@Chad_Sharon) est la casse de Lagos, une zone aux dimensions presque incroyables. Pas vraiment un terrain de jeu idéal pour le BMX, mais ces gars sont des maîtres de l’impro.


Kai Lenny, 28 ans, dans le puissant swell d’El Niño. La nouvelle mini-série Life of Kai raconte la vie de ce surfeur exceptionnel.

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FRED POMPERMAYER

Séance de surf à Jaws, Hawaï, 2016


AUX SOU RCES DU WATERMAN

L’Hawaïen KAI LENNY est un as des sports aquatiques. Qu’il s’agisse de grosses vagues, de windsurf, de kitesurf ou de stand up paddle, il est l’un des meilleurs au monde dans chacune de ces disciplines. Mais en 2020, il a dû se réinventer. Texte CHRISTINE YU


Séance photos, Hawaï, 2019

Lenny pose devant les vagues chez lui, à Paia sur Maui.


JAKE MAROTE

K

ai Lenny est l’un des meilleurs athlètes nautiques au monde. Mais aussi l’un des pires couch surfeurs. Quand l’athlète originaire d’Hawaï ne peut se dépenser au milieu de la nature, il s’agite intérieurement. Vous le sentez quand vous l’avez au bout du fil. « Mes parents m’emmenaient tous les jours à la plage quand j’étais petit afin de m’épuiser pour que je dorme toute la nuit », raconte-t-il. En ce moment même, il préfèrerait sûrement être sur une plage plutôt que de donner une interview. Quoique « sur la plage » soit une description prudente du lieu de loisir favori de Lenny. L’Hawaïen est considéré comme le plus talentueux des athlètes nautiques actuels. Dès ses seize ans, il maîtrisait les vagues du spot de surf Jaws, très apprécié des professionnels à Hawaï. Deux ans plus tard, il remportait son premier titre de champion du monde de stand up paddle. Lenny maîtrise également le kitesurf, le windsurf et le foiling à un niveau professionnel. Et il fait partie du nombre restreint de personnes qui, avant Nazaré, au Portugal, performent sur le circuit des grosses vagues. Mais même un sportif d’exception comme Lenny a eu à relever de nouveaux défis en 2020. Il y a quelques mois encore, Kai Lenny prenait l’avion chaque semaine environ pour se rendre sur un spot de surf quelque part dans le monde. Mais il y a eu la quarantaine. Et Kai a été confiné sur son île natale, Maui. « C’est probablement la plus longue période passée à la maison depuis mes 12 ans. » Plus d’événement, de rendez-vous, de compétition. Pendant quelques jours, Lenny a eu le vague à l’âme. Puis il a réalisé que si toutes les contraintes liées à la vie d’un athlète professionnel avaient disparu, alors il était désormais libre de faire ce qui lui plaisait. « Je croyais que c’était ce que je faisais. Mais j’avais complètement oublié à quel point ma vie était malgré tout pleine de contraintes. » En juillet, il a donc fait un voyage impromptu en catamaran à foils avec John John Florence, double champion de la World Surf League. « J’ai appelé John et lui ai dit : “J’ai une idée géniale.

Et si nous naviguions sur ton catamaran d’Oahu à Kauai ?” » Ce sont 174 kilomètres qui séparent l’île principale d’Oahu de l’île voisine de Kauai, au nord-ouest. Une semaine plus tard, ils étaient à bord du Flying Phantom de Florence. Le catamaran a des ailes courbes (appelées foils) sous les coques qui soulèvent le bateau hors de l’eau et le font « voler » à une vitesse d’environ huit nœuds (un peu moins de 15 km/h). Résultat : Lenny et Florence ont gagné Kauai en neuf heures. Et ils ont été complètement enthousiasmés par leur voyage. Mais ce qui a emballé Lenny n’est pas tant le défi de la traversée du canal que la spontanéité derrière cela. En temps normal, il aurait fallu un an ou plus pour réaliser quelque chose de semblable. Lenny et Florence (et leurs équipages) auraient dû coordonner leurs horaires. Entre les compétitions, les obligations liées au sponsoring et les autres projets, les chances de trouver un jour ou deux de chevauchement où les deux auraient été chez eux à Hawaï auraient été pratiquement nulles. Mais le monde avait appuyé sur la touche pause, de sorte que Lenny et Florence pouvaient faire ce qu’ils voulaient, sans condition ni restriction. Non pas que Kai Lenny se soucie vraiment des limites. « Il a une incroyable mentalité de faiseur – “Je peux le faire, je vais le faire” – pendant que tout le

Le jeune Kai Lenny à Maui au milieu des années 1990, sur une planche de foil. Prodige célèbre, il a aussi essuyé des critiques.

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North Shore, Haleiwa, Hawaï, 2014

monde dit : “Tu es complètement fou, mec” », explique Johnny DeCesare, le fondateur de Poor Boyz Productions qui filme Lenny depuis ses 11 ans. « Il voit les choses différemment. Ce qu’il voit vraiment, c’est l’occasion et la possibilité. » Lenny avait des projets ambitieux pour 2020 : voyager avec ses amis, pourchasser les vagues gigantesques de toutes les grandes houles du monde tout

La série Life of Kai, montre aussi les moments difficiles de sa carrière de surfeur. 42

en se donnant à fond sur le circuit de la compétition. « Cela devait être la plus grosse année de ma carrière et soudain, le monde entier s’est arrêté », dit-il. Nous pouvons entre-temps nous consoler du fait que nous ne reverrons pas Lenny de sitôt dans des compétitions avec son dernier projet, Life of Kai. Alors que les autres séries web de Lenny – Positively Kai et 20@20, en ligne depuis l’été – montrent ses aventures qui défient la physique, Life of Kai donne un aperçu plus profond de la vie de l’athlète. « Les gens pensent que pour les athlètes professionnels, il ne suffit que d’y aller et de le faire, dit Lenny. Mais c’est plus que cela. Je voulais montrer tout le chemin qui je dois faire pour arriver au podium ou sur la plus grosse vague de ma vie – les bons moments, les moins bons et

les plus difficiles. » Mais Lenny veut aussi inspirer les autres. « Combien de toi es-tu prêt à investir, quelle passion alimente ce feu ? J’espère que j’inspirerai les jeunes à réaliser leurs rêves avec confiance. » Life of Kai a été filmé l’automne et l’hiver derniers et suit Lenny à travers une saison écourtée de grosses vagues. La série nous montre comment Lenny se prépare, physiquement et mentalement, à des conditions de surf extrêmes, comment il apprend dans les camps de survie à se relever après les chutes sévères. Le film présente également la manière avec laquelle Kai utilise ces connaissances au championnat Jaws Big Wave à Hawaï en décembre et au Nazaré Tow Surfing Challenge au Portugal en février. Mais Life of Kai va encore plus loin. La série donne au public une idée de qui est THE RED BULLETIN

BRIAN BIELMANN/RED BULL CONTENT POOL

Lenny a remporté son premier titre de champion du monde en stand up paddle à dix-huit ans.


vraiment Lenny, de la façon dont il fait les choses, en apprenant et en se réinventant constamment afin de conserver une longueur d’avance sur la concurrence. Comment il s’adapte aux conditions, comment il compense les pannes d’équipement et fait face aux imprévus météorologiques, comment il tire encore davantage profit des planches de surf et des foils.

JAKE MAROTE

L

es extraordinaires capacités de Kai Lenny sur l’eau ont été très tôt manifestes. Né en 1992, il est le prodige dont les parents ont quitté le continent pour s’installer à Maui et faire du windsurf. Il a lui-même commencé avec cette discipline. Bientôt, son incroyable talent pour toutes sortes de sports nautiques s’est révélé : quoi que Kai Lenny ait essayé, il a été parmi les meilleurs en un rien de temps. Kitesurf. Stand up paddle. Et, bien sûr, surf. Néanmoins, pendant longtemps, il n’a pas été pris au sérieux en raison de sa polyvalence. Même ses mentors comme la légende du windsurf Robby Naish ont essayé de le préparer mentalement au jour où il devrait se concentrer sur un seul sport. Son père Martin se souvient que des jeunes demandaient à son fils pourquoi il ne se focalisait pas sur le surf. Sa réaction : « Pourquoi voudrais-je faire cela ? Tout ce que je fais est tellement chouette. » Aujourd’hui, il est plusieurs fois champion du monde de stand up paddle et a remporté les Molokai 2 Oahu Paddleboard World Championships, probablement la course de SUP la plus difficile au monde. Mais il a également gagné le respect de ses pairs en surfant sur les grosses vagues. Lenny surfe sur les énormes vagues de Pe’ahi, break de surf mondialement connu de Maui, que beaucoup connaissent sous le nom de Jaws depuis qu’il a seize ans. Grâce à sa formation en windsurf et en kitesurf, il y parvient avec une précision incroyable. Ceux qui le regardaient en souriant avec suffisance ont déchanté. « On a réalisé que Lenny n’était pas un surfeur unidimensionnel, mais un surfeur complet, des belles aux grosses vagues, du Pipeline aux figures aériennes de shortboard et aux vagues géantes en haute mer que l’on ne peut atteindre qu’en jet-ski. » La scène du surf a véritablement pris conscience du potentiel de Lenny lorsqu’il a remporté la compétition de Puerto Escondido au Mexique en 2017. En février de cette année, il a remporté le Nazaré Tow Surfing Challenge au Portugal avec son coéquipier Lucas « Chumbo »

Chianca. Lenny et lui sont à la fois amis et adversaires. Ils étaient ensemble au camp de survie surf et ont développé une amitié et une confiance aveugle l’un envers l’autre, nécessaire pour sortir l’autre avec un jet ski de la zone de danger des vagues atteignant 20 mètres de haut. Cette solide camaraderie a permis à Lenny d’aborder la compétition en étant calme, concentré et serein. Leur talent sur les grosses vagues est évident au Portugal. « Lucas et moi voulons surfer sur les plus grosses vagues du monde, mais pas seulement glisser dessus et survivre. Nous voulons accomplir des manœuvres géantes, dit-il. Depuis des années, je me concentre sur la manière dont je peux transposer les figures de snowboard vers le surf sur grosses vagues. Ces gars peuvent le faire sur de grosses montagnes en Alaska. Pourquoi ne pourrais-je pas le faire sur d’immenses vagues ? »

Une minute de calme

Lenny savoure une pause après une séance à Ho’okipa, le 6 octobre 2019.

Tous deux avaient l’air de bien s’amuser. Deux heures après la fin de la compétition, ils étaient encore sur l’eau. « Pour moi, il n’a jamais été question de battre quelqu’un d’autre, mais plutôt de me battre moi-même », souligne Lenny. D’une certaine manière, le fait d’être coincé chez soi pendant la quarantaine a été comme un retour au passé. Lenny peut maintenant surfer selon ce que la journée lui permet. Il a tout le matériel nécessaire dans sa camionnette : planches de windsurf, kites, wings et plusieurs planches de surf arborant un bleu cobalt brillant avec une bande rouge au milieu. Peut-être qu’il ajoutera aussi quelques pagaies pour faire bonne mesure. Il a aussi pris le temps de faire des choses qu’il ne peut pas s’accorder d’habitude : du VTT, s’entraîner sur son tout nouveau vélo de route, aller à la salle de sport. Kai Lenny voit cet arrêt forcé comme suit : « J’ai maintenant la possibilité de


Surf de big waves, Nazaré, 2020

PEDRO MESTRE, KEITH CARLSEN/RED BULL CONTENT POOL (2)

Lenny maîtrise désormais, en plus de toutes les autres disciplines, la plus grosse vague surfable du monde.


« Tant que j’aurai des objectifs, j’aurai toujours du plaisir. »

Kai Lenny le kitesurfeur : sous le Pont du Golden Gate à San Francisco, en 2013. Cette année, il a lancé un défi à un yacht de la Coupe de l’America.

Kai Lenny le windsurfeur : toujours dans la baie de San Francisco, toujours en 2013. Il maîtrise la planche à voile depuis qu’il est ado.

me concentrer sur ce qui a attiré mon attention quand j’étais petit, lorsque je suis tombé amoureux de ce sport, c’està-dire le sport lui-même, pas ce qui l’entoure. » Après des mois de reconstruction à la maison, d’entraînement, de bricolage et d’expérimentation sans distractions ni obligations externes, il ne serait pas surprenant que Lenny explose à nouveau au commencement de la prochaine saison. Il est impatient de retrouver tout cela car il a encore beaucoup d’objectifs. « Avec le foiling, je veux chevaucher une énorme houle au milieu de l’océan et voyager d’un continent à l’autre. Avec le big wave riding, je veux surfer sur les plus grandes vagues au monde et sur des parties de la vague que personne

ou presque n’a jamais faites, s’exclamet-il. Il y aura peut-être aussi une suite à Life of Kai. » Dans un élan d’enthousiasme, Lenny ajoute : « Ce que je veux, c’est tout faire. Je vois quelqu’un à l’autre bout du monde réaliser quelque chose d’incroyable et il faut ensuite que je m’y essaie. L’approche de ces personnes m’inspire tellement. Je ne cherche pas absolument à atteindre le même but, c’est le chemin pour y arriver qui m’intéresse. » Avant de conclure : « Tant que j’aurai des objectifs devant moi, j’aurai toujours du plaisir. » La série Life of Kai est disponible sur YouTube. Retrouvez tous nos articles dédiés au surf sur redbull.ch/surf

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POUR PLUS DE LIBERTÉ Vivre des aventures passionnantes et découvrir de nouvelles régions en toute liberté, vous en avez rêvé, le VW Multivan 6.1 le fait. Les 24 heures de TestDays vous permettront de découvrir un van d’une polyvalence inédite.

Explorer les sentiers en VTT ou glisser sur un lac en stand up paddle est de prime abord enthousiasmant. Mais lorsqu’on envisage de charger l’équipement dans la voiture, le coffre suffit rarement. Originaires du Seeland bernois, Mélanie et Alain connaissent bien le problème. Aussi, ils n’ont pas hésité à sauter sur l’offre d’essai de 24 heures du nouveau VW Multivan 6.1 et ses 4 300 litres d’espace de chargement. Vélo, randonnée, trail running, stand up paddle ou escalade, le van, long de près de cinq mètres, s’adapte à toutes vos activités. Nos deux jeunes de 34 ans ont choisi d’explorer la région d’Engelberg, en Suisse centrale, à bord de ce minibus très polyvalent.


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Liberté et flexibilité maximales Après une agréable étape sur l’autoroute au volant du Multivan 6.1, Alain se réjouit d’aborder la route sinueuse menant à Engelberg. « La voiture est incroyablement maniable et souple malgré sa grande taille. Le moteur diesel est puissant et répond parfaitement », explique l’enseignant d’éducation physique. Arrivés à Engelberg, les voyageurs se garent sans difficulté grâce à une position assise élevée et aux nombreuses fenêtres qui offrent une vue à 360 °, très pratique pour manœuvrer le VW Multivan 6.1 dans un parking. Après une première visite culturelle du célèbre monastère bénédictin, les deux aventuriers enfourchent leurs VTT et grimpent en direction de Gäntiegg et Hüethütte, en profitant d’une vue

imprenable sur le Titlis. Après cette séquence très sportive, nos héros reprennent leur souffle et sont pris d’une nouvelle envie. Rien de plus simple avec notre van polyvalent. Ils chargent rapidement leurs vélos en les arrimant aux stand up paddles, consultent le système de navigation qu’arbore le tableau de bord connecté, et reprennent la route pour Sarnen. Ils sont attendus par l’eau cristalline du lac, l’instant rafraîchissement tant attendu peut commencer. Leur aventure de 24 heures ne prenant fin qu’au petit matin, le couple opte pour la détente et conclut cette journée par un pique-nique en amoureux non loin de la jetée. De quoi savourer chaque minute de cette escapade en VW Multivan 6.1, le tout à titre gracieux.

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Natascha Badmann, ici chez elle à Zofingue (AG), est une athlète Red Bull depuis 25 ans.

Lovitatur se plit voluptas doloria et a il ea que ra et reptatius mod qui sum eatur sum verum ides.


« J’ai pleuré, j’ai râlé, mais je n’ai jamais abandonné » NATASCHA BADMANN, 53 ans, est considérée comme la reine du triathlon. La Suissesse a remporté l’Ironman d’Hawaï à six reprises. Nous l’avons rencontrée chez elle à Zofingue, en Argovie, pour parler d’une vie cadencée à la minute, d’une envie irrésistible de chocolat et du triomphe de la beauté sur les pires douleurs. Texte WOLFGANG WIESER

THE RED BULLETIN

Photos GIAN PAUL LOZZA

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A

Gothard, Nufenen, Furka. Je pourrais vous dire exactement à quel virage du col de la Furka j’ai craqué, quand j’ai su que la pente la plus raide arrivait bientôt, la plus raide de toutes, et que je me suis dit que je n’y arriverais jamais. Je me suis arrêtée et j’ai fondu en larmes.

Lors de son premier triathlon en 1996 à Hawaï, Natascha termine 2e.

   : Est-ce que je vous empêche de vous entraîner ?   : À vrai dire, oui. (rires) Il fait beau aujourd’hui, mais il fera beau aussi demain. Vous aurez 54 ans en décembre. Estce que vous vous entraînez encore beaucoup ? J’essaie de m’entraîner tous les jours. Mais à une intensité qui varie selon mes envies et mon humeur. Pendant des années, mon programme d’entraînement a été réglé comme du papier à musique. Aujourd’hui, j’aime bien faire du jardinage. J’en fais jusqu’à en avoir mal aux bras. Avant, je ne m’y serais jamais risquée, ça n’aurait pas été bon pour ma préparation. En fait, votre programme n’était pas calé à l’heure mais à la minute près. Oui. En période de compétition, il n’y avait que trois choses qui comptaient dans ma vie : m’entraîner, manger, dormir. En cette période si particulière, on n’est sûr de rien. Pensez-vous qu’il est toujours pertinent de s’entraîner alors qu’on ne sait même pas si la prochaine compétition aura lieu ? Oui, c’est une évidence pour moi aujourd’hui : c’est une manière saine de vivre, et j’aime ça. Il n’y a rien qui puisse m’empêcher de faire du sport. J’ai pleuré, j’ai râlé, mais je n’ai jamais abandonné… Pleuré ? Pourquoi ? Parce que c’était dur. Je m’en souviens comme si c’était hier, c’était sur la boucle 50

Vingt ans plus tard : Natascha lors de l’épreuve de vélo à Hawaï.

« J’ai réalisé à quel point j’étais forte dans ma tête. C’est là que j’ai pris conscience des immenses possibilités qui restaient inexploitées sur le plan mental. » « En période de compétition, il n’y avait que trois choses qui comptaient dans ma vie : m’entraîner, manger, dormir. »

Pouvez-vous nous décrire les souffrances que l’on ressent en tant que triathlète ? Quand j’ai commencé le triathlon, je me suis dit que je ne pouvais pas faire ce sport si je pensais à la souffrance à chacun de mes entraînements. Alors j’ai rayé ce mot de mon vocabulaire. Ce n’est pas de la souffrance que je ressens. Je peux peut-être trouver l’entraînement difficile, éprouvant, mais pas douloureux. C’est toujours le mental qui flanche en premier, bien avant le physique. C’est là que le contrôle des pensées a toute son importance – et j’ai réalisé à quel point j’étais forte dans ma tête. Même quand je passais pour une ésotériste au début. Comment cela ? Cela remonte à une époque où la préparation mentale n’était pas encore à l’ordre du jour. Quand j’ai remporté le Powerman, j’ai fait une danse de la joie à l’arrivée. Un journaliste m’a demandé : « Pourquoi êtes-vous si contente, pourquoi dansez-vous ? » Je lui ai répondu : « C’était extraordinaire, ce calme dans la forêt, entendre le bruit des gouttes qui tombent sur les feuilles des arbres, le chant des oiseaux » – et (elle se tape le front) je suis tout de suite passée pour l’ésotériste et la cinglée de service. Mais c’était ma façon à moi de ne pas penser à la souffrance. Une sensation si belle dans le sport, combien de temps est-ce qu’elle dure ? Pour toujours, je l’espère. Il y a le souvenir de la course. Franchir la ligne d’arrivée à Hawaï, c’est une sensation de bonheur indescriptible… C’est trop pour moi, j’ai besoin de la partager. Je ne peux pas mettre de mots là-dessus, il m’arrive de penser encore aujourd’hui : du bonheur pour tout le monde. Vous en avez les larmes aux yeux. Eh oui, c’est tellement beau. THE RED BULLETIN

GETTY IMAGES, JESPER GRONNEMARK/RED BULL CONTENT POOL

vant toute chose, trois chiffres pour les non-habitués du triathlon : 3,86 km à la nage, 180,2 km à vélo et 42,195 km – la distance d’un marathon – de course à pied. Trois chiffres qui, pendant un quart de siècle, ont profondément marqué la vie de Natascha Badmann, véritable légende Red Bull. Aujourd’hui, elle donne des conférences sur la slow life, la diminution du stress et le parfait équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Avec son coach, qui est aussi son compagnon, elle entraîne des triathlètes sur l’île de la Grande Canarie et continue de participer à des compétitions.


Au mur de sa salle d’entraînement : les couronnes remportées lors de ses victoires à Hawaï, la photo d’une Natascha exultant au moment de franchir la ligne d’arrivée et, en bas à droite, une statuette d’aigle – un rapace qui revêt une signification particulière à ses yeux.

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Les yeux fermés, un sourire confiant aux lèvres. Natascha sait toute l’importance de la force mentale pour une vie sportive réussie.


entraînement. Pour Toni, c’était la preuve que j’étais capable de faire des choses que je n’avais jamais faites avant. Il a su déceler cette volonté en moi.

Comment avez-vous découvert la préparation mentale ? Grâce à Toni. Sans lui, je n’aurais jamais eu la carrière que j’ai eue. Je ne me serais certainement jamais mise au triathlon. Mais Toni m’a toujours dit que j’étais bien plus forte que je ne le pensais.

D’où venait cette volonté soudaine ? Je pense qu’elle a toujours été là, mais qu’on ne l’avait jamais laissée s’exprimer, parce que je n’ai pas eu une enfance facile. Toni a découvert quelque chose en moi que j’avais par nature – et ça m’a permis de trouver ma voie.

D’où vous vient cette force ? De l’entraînement, un entraînement en pleine conscience. J’ai appris à programmer mon corps à travers des mots de puissance et des mots d’apaisement. Qu’est-ce qu’un mot de puissance ? Le premier que j’ai intégré à ma préparation, c’était « aigle ». L’idée d’être un aigle, grand, fort et majestueux, ça m’a donné la force de continuer dans des situations extrêmes. L’aigle était toujours là quand j’avais besoin de lui, pour me porter jusqu’à la ligne d’arrivée. Avant ma dernière victoire à Hawaï (en 2005, ndlr), je me suis approprié un nouveau mot de puissance, je ne sais pas pourquoi, il m’est venu comme ça – et c’était « loup ». Les années précédentes, j’avais toujours terminé première au vélo et je n’avais personne à rattraper. Mais cette année-là, c’était différent, je n’étais pas la première et j’ai dû passer en mode poursuite. Comme un loup en chasse.

DPA PICTURE ALLIANCE, MIRJA GEH/RED BULL CONTENT POOL

Revenons un peu sur les étapes de votre vie. Vous êtes devenue mère à 17 ans. Comment envisagiez-vous l’avenir à cette époque ? Il me semblait sombre et triste. J’étais trop jeune, je n’avais pas encore fini de grandir. Mon copain, mon premier grand amour, m’a laissée seule avec l’enfant. Comment vous en êtes-vous sortie ? Ça a été un long processus. Je me suis plongée dans le travail, j’ai mangé beaucoup de chocolat et j’ai fait des régimes de dingue. Et puis, j’ai rencontré Toni. Il m’a dit : « Mademoiselle, vous n’arriverez à rien comme ça, cela ne vous rendra pas heureuse, vous devriez mieux manger. Et aussi faire un peu de sport. » Et vous êtes donc passée d’un peu de sport à triathlète de haut niveau. Vous avez dit à ce sujet que ça n’avait pas été une question de talent mais de volonté. Est-ce que c’est vrai ? Absolument. J’avais deux mains gauches, deux pieds droits, rien n’allait. À l’une de nos rencontres, Toni m’a dit qu’il allait courir avec un ami autour du lac de Hallwil. Je lui ai dit que je viendrais, mais je suis arrivée trop tard. Alors j’ai couru toute seule 21 kilomètres. Sans THE RED BULLETIN

Natascha franchissant la ligne d’arrivée lors de la 20e édition du triathlon. En 1998, elle remporte la victoire en 9 h 24 min 16 sec.

Combien de temps vous faut-il pour vous remettre d’un Ironman ? Certaines années, j’étais épuisée et je n’ai pas voulu participer à d’autres courses pendant six mois. J’étais vraiment à plat. Physiquement et mentalement. Et puis, il y a eu d’autres années où j’étais tellement pleine d’énergie que j’étais tout de suite en mode « à quand la prochaine ? ». En 2004, vous avez remporté le titre après la disqualification de Nina Kraft pour dopage. Avez-vous quand même eu le cœur de fêter cette drôle de victoire ? C’était nul de ne pas avoir pu franchir la ligne d’arrivée en tant que gagnante.

Détour par l’Autriche : Natascha à l’Ironman de Sankt Pölten en 2012.

« À Hawaï, j’allais nager à cinq heures et demi du matin. S’entraîner comme ça, à l’aube, c’est exceptionnel. Je suis une femme d’émotions, j’aime la chaleur. » « Ce que j’ai appris, c’est que cela ne sert à rien de s’entraîner quand on n’en a pas envie. »

En 2007, vous avez fait une terrible chute : un motard vous a fait sortir de la route, alors que vous étiez au top de votre forme. Vos blessures étaient si graves que vous n’arriviez même plus à essuyer vos larmes. Le seul os encore entier, c’était la clavicule. Les médecins pensaient d’ailleurs qu’elle était cassée… Ça a duré un moment avant que je m’en rende compte. Ce qui a tout changé, c’est quand je me suis fait opérer des deux épaules et que je me suis réveillée avec les bras comme ça (elle les lève). J’avais l’impression d’avoir tout perdu. Mais là, j’ai entendu cette autre voix dans ma tête qui me disait : « Tu es tellement ingrate, tu n’as pas tout perdu, dis-toi que tu es toujours en vie. Fais quelque chose avec ta tête » – alors, j’ai commencé à nager dans ma tête. Imaginez-vous une vie sans triathlon ? Oui, bien sûr. Mais c’est tellement beau de se retrouver face à un lac ou à la mer le matin et de ressentir ces frissons. Retrouvez le film Two Fast – The Journey of Triathlon Legends sur redbull.com/ch-fr/films/two-fastironman-world-championships

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Beaucoup de fumée autour de Nicolas : le freeskieur a un faible pour les gestes symboliques.

LE

TEMPS C’EST RELATIF

0,0003 seconde d’avance à l’arrivée, 15 secondes de tension au départ, 6 mois de cache-cache passionné. Le temps, c’est ce que nous en faisons. Bonus : nos 8 montres préférées. Texte WOLFGANG WIESER

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7 ANS « Ça a commencé avec une chanson de Radiohead. » Nicolas Vuignier, 29 ans, freeskieur

Swatch Big Bold Chrono Black

Dernier modèle de la collection Big Bold de Swatch, le géant de 47 mm est disponible pour la première fois avec des fonctions de chronographe. Tout le reste relève de la qualité Swatch habituelle. Bracelet en silicone, boîtier en plastique. Prix : 145 CHF ; swatch.com

IL A SON AVATAR GRÂCE A UNE COMBINAISON DE MOTION CAPTURE

SEBASTIEN ANEX

Le clip de House of Cards de Radiohead est légendaire. L’animation 3D a été créée au moyen de rayons laser : « Cette œuvre d’art déterminée par des données numériques m’a fasciné », déclare Nicolas. Sept ans plus tard, le skieur existe également en version numérique grâce à des enregistrements avec combinaison de motion capture. THE RED BULLETIN

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Très concentré au départ : Loïc avant la deuxième manche du slalom d’Adelboden où il allait terminer neuvième.

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15 SECONDES « Ce sont les derniers instants avant le départ, quand je ne pense qu’à la course. » Loïc Meillard, 23 ans, skieur de compétition

Longines Heritage Classic Chronograph

Un modèle qui a résisté à l’épreuve du temps. Si vous aimez les montres anciennes, ce chronographe vous ramènera en 1946, lorsque le modèle original de cette montre fut présenté. Réinterprétée et équipée d’un mouvement chronographe exclusif, cette montre séduit encore aujourd’hui.

PICTUREDESK.COM, CHRISTOPH KÖSTLIN

Prix : 2 850 CHF ; longines.ch

AVEC LE FLOW, TOUT VA BIEN

« À partir du moment où je lève les bâtons pour déclencher le chronomètre, je m’isole complètement dans mon monde, explique Loïc Meillard. J’entends encore le bip à dix secondes, je me donne les dernières recommandations comme : “Reste stable !”, et puis ça commence. Je suis mon instinct, mes sensations. Quand je vais avec le flow, tout va bien. » THE RED BULLETIN

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1:37 MINUTE « Le temps nécessaire pour refaire surface après une plongée. »

6 MOIS « Il fallait que j’empêche ce savoir unique de disparaître. » Charles Vermot, horloger

PLANS ET PIÈCES EMMURÉS DANS UN GRENIER

Qui veut comprendre cette histoire doit savoir que « El Primero » est un mouvement chronographe légendaire développé par Zenith. Dans les années 1970, il a dû faire place au boom du quartz. Les machines et les documents liés à sa fabrication auraient dû être détruits. Mais l’horloger Charles Vermot a caché le prototype dans un grenier après six mois de labeur. Lorsque les montres mécaniques ont fait leur retour dix ans plus tard, il a révélé son secret et a été célébré comme un sauveur.

Zenith Chronomaster Revival Shadow

Inspirée d’un prototype de 1970 disparu depuis longtemps, cette montre a été complètement remise au goût du jour : équipée du mouvement automatique El Primero 4061, boîtier de 37 mm en titane microbillé, bracelet en caoutchouc noir avec coutures blanches.

Rolf Studer, PDG, Oris

RIEN QUE TOI ET LA NATURE DANS UN BLEU INFINI

« C’était en 2013, dans une petite baie au large de Majorque. Nous étions avec la plongeuse en apnée Anna von Boetticher. Au troisième ou quatrième essai, j’ai réussi à descendre à 20 mètres de profondeur. Et puis tu remontes, cela devient plus lumineux et il y a tellement de niveaux de bleu. Il n’y a que toi et la nature. Rien d’autre, et c’est incroyablement beau. »

Prix : 8 400 CHF ; zenith-watches.com

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Lentement vers la surface : une expérience que Rolf Studer n’a toujours pas oubliée.

Oris Carysfort Reef Limited Edition

Cette montre limitée à 2 000 pièces est livrée dans un coffret en algues et représente la collaboration d’Oris avec la Coral Restoration Foundation, qui s’engage à préserver le récif de Carysfort en Floride. Un détail intéressant de ce modèle Oris est l’échelle de 24 heures gravée au laser dans la lunette en céramique, qui affiche trois fuseaux horaires simultanément.

ZENITH, ORIS, GETTY IMAGES

Prix : 2 850 CHF ; oris.ch

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2 MINUTES « Toutes les chances étaient en ma faveur, mais j’étais plus nerveux que jamais. » Markus Eder, 29 ans, freeskieur

LA DERNIÈRE COURSE A FAIT DE MARKUS LE CHAMPION DU MONDE

Finale du Freeride World Tour à Verbier : « Je savais que je n’avais qu’à descendre pour devenir champion du monde, se souvient le Tyrolien Markus Eder. J’étais plus nerveux que jamais. » Les vidéos le montrent, fébrile au départ, sur le Bec des Rosses. La course elle-même dure près de 50 secondes. Markus l’a couronnée par un backflip : 1 500 points, 6e place, champion du monde !

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Alpina AlpinerX Alive

Elle a l’air d’une montre normale ? Détrompezvous. Cette Alpina combine l’horlogerie traditionnelle avec une Smartwatch décontractée. Cela veut dire qu’elle vérifie votre rythme cardiaque et la qualité de votre sommeil, mesure régulièrement votre pouls, affiche la météo et – grâce au GPS – évalue vos activités sportives.

DANIELE MOLINERIS/RED BULL CONTENT POOL

Prix : 995 CHF ; alpinawatches.com

Le freeskieur Markus Eder fait la démonstration d’un switch right cork 540. THE RED BULLETIN

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0,0003 SECONDE

La finale folle : l’Allemand Marcel Kittel l’emporte devant le Norvégien Edvald Boasson Hagen.

« Je n’oublierai jamais cette fin d’étape du Tour de France. » Pascal Rossier, 54 ans, chronométreur

Tissot Tour de France 2020 Special

Une montre dans l’esprit de la course cycliste la plus légendaire du monde. Si vous y regardez de près, vous pourrez voir le vélo de course en filigrane sur l’aiguille des secondes du chronographe à quartz de 45,5 mm. Les couleurs noires et jaunes de l’édition spéciale font naturellement référence au Tour de France.

GETTY IMAGES, XEPO W.S.

Prix : 425 CHF ; tissotwatches.com

C’ÉTAIT UNE QUESTION DE MILLIMÈTRES

En route pour la 7e étape du Tour de France 2017 : 213,5 km, de Troyes à Nuits-Saint-Georges. En fin de compte, c’est une question de millimètres : trois dix millièmes de seconde. Pascal Rossier, responsable du chronométrage : « Je n’oublierai jamais cette course. Nous savions que quelqu’un était arrivé devant l’autre, mais il a fallu du temps pour savoir qui. » 62

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7 HEURES « Époustouflant. » Thomas Morgenstern, 33 ans, pilote d’hélicoptère

L’HEURE BLEUE « Un moment pour moi tout seul. » Alain Silberstein, horloger, designer, artiste LE PLUS BEAU MOMENT DE LA JOURNÉE

TRAJECTOIRE ROYALE

MARKUS BERGER/RED BULL CONTENT POOL, SILBERSTEIN

Thomas Morgenstern en route pour une compétition d’hélicoptère en Angleterre. Le vol dure sept heures et l’emmène au-dessus de la France, de la Manche, des falaises blanches de Douvres jusqu’à Londres. Et là, il vole le long de la Tamise à une altitude de 200 m, « au-dessus du Tower Bridge, de Westminster, du London Eye… Époustouflant. »

L’heure bleue est la conclusion parfaite de nos moments instantanés. La plupart du temps, il ne s’agit pas d’une heure complète, parfois c’est 50, parfois 30 minutes. Pour le maître du design Alain Silberstein, c’est le plus beau moment de la journée : « Il est temps de faire une pause. Un moment pour moi tout seul. »

Régulateur Louis Erard

Une double première : en 90 ans d’existence, Louis Erard n’avait encore jamais donné de carte blanche à un créateur, et le designer Alain Silberstein n’avait jamais conçu de « Régulateur ». Le résultat de la collaboration : une montre merveilleusement enjouée. « J’adore les couleurs », éclaire Silberstein. Prix : 2 900 CHF ; louiserard.com

Breitling Endurance Pro

Un incontournable de 44 mm de diamètre, un bracelet en caoutchouc (choix de cinq couleurs), et étonnamment léger, grâce au matériau résistant Breitlight. Equipé d’un mouvement SuperQuartz extrêmement précis. Prix : 2 950 CHF ; breitling.com THE RED BULLETIN

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Du haut de son 1,92 m, Zakaria conjugue force athlétique, technique et vitesse phénoménale, un cocktail rare dans le football.

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COURTISÉ PA R L E S PLUS GRANDS Formé au Servette, DENIS ZAKARIA, 23 ans, est convoité par les plus grands clubs du monde. Il deviendra sans doute bientôt le joueur suisse le plus cher de l’histoire. Mais il est resté le même, modeste avec son sourire et sa joie de vivre. Tout ce que lui a enseigné sa maman originaire du Sud Soudan. Témoignages. Texte BERTRAND MONNARD Photos ROBERT EIKELPOTH

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ina Zakaria est arrivée à Genève à 30 ans, « avec presque rien » dit-elle, de son Soudan natal ravagé par la guerre. « C’est le destin qui m’a amenée ici. J’ai tout fait : réceptionniste, nounou à la mission du Qatar, aide pour personnes âgées. Dans la vie, ce n’est pas l’argent qui rend heureux », nous raconte-t-elle dans son appartement de la veille ville de Genève avec son sourire plein de philosophie. Elle a eu trois enfants, une fille et deux garçons, Richard et Denis, qu’elle a élevés toute seule. « J’ai dû me battre dans la vie et j’ai toujours enseigné à mes enfants qu’il fallait faire des efforts pour réussir. Mes enfants c’est toute ma vie, c’est ce que j’ai de plus cher. J’ai toujours été là pour eux. J’ai essayé de leur donner ce que je n’ai pas eu. » Aujourd’hui, Denis, son cadet, 23 ans, connu pour son sourire et son éternelle bonne humeur, star montante du football international, est convoité par les plus grands clubs du monde. « Il le mérite car il a travaillé dur. » Formé au Servette et passé par les Young Boys, Denis Zakaria joue depuis 2017 avec le Borussia Moenchengladbach, l’un des meilleurs clubs allemands. Cette saison, il s’est imposé comme la révélation de la prestigieuse Bundesliga avant qu’une blessure ne le prive du sprint final. Opéré d’un genou en mai, Denis Zakaria a repris l’entraînement cet été avec le groupe et devrait rejouer normalement depuis l’automne avec le Borussia Moenchengladbach, également qualifié pour la Ligue des champions. Milieu défensif, il a l’art de récupérer les ballons et de se projeter vers l’avant avec la formidable force athlétique de son 1,92 mètre et une vitesse phénoménale. Ses qualités hors du commun, il les connaît. « Ma rapidité est plutôt inhabituelle pour un footballeur de ma taille, je suis robuste, agressif et tenace. Mes longues jambes me permettent de restreindre la liberté de mouvement de mes adversaires », confiait-il récemment à l’Illustré. Aujourd’hui il se trouve entre autres

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dans le viseur de Liverpool, Manchester United, Tottenham, Inter Milan, rien que ça. Il partira très certainement lors du prochain mercato estival même s’il est sous contrat jusqu’en 2022.

Vers un transfert record L’hiver dernier, Manchester United avait fait une offre de 60 millions que le Borussia, trop dépendant de sa perle rare, avait refusée. Au fil de sa progression, sa valeur n’a cessé de prendre l’ascenseur : 400 000 francs suisses pour passer du Servette à YB en 2014, 14 millions payés par Moenchengladbach en 2017. Selon une étude du CIES (Centre international d’études du sport à Neuchâtel), la valeur marchande de Zakaria dépasse les 50 millions aujourd’hui. Granit Xhaka, acheté 45 millions par Arsenal en 2016, reste le joueur suisse le plus cher de l’histoire. Mais ce record, Denis Zakaria va bientôt le faire exploser. Le Genevois Laurent Falbo, manager bien connu, n’en doute pas une seconde. « À 23 ans, Denis est à un âge idéal et à son poste de demi axial, il présente l’un des plus gros, si ce n’est le plus gros, potentiel au monde. Je pense qu’il signera bientôt en Angleterre. » Cette Angleterre qui a toujours fait rêver le jeune Genevois avec son football calibré pour son jeu si athlétique. « Pour moi, tout en haut, il y a la Premier League anglaise », dit-il. Rejoindra-t-il à Manchester Paul Pogba son idole ? Ces rumeurs, le jeune Genevois rechigne à en parler. « Je me concentre sur mes performances et je laisse les spéculations aux autres. » De même Rina, la maman, préfère ignorer tout ce qui se trame autour de son fils. « Les gens en parlent trop. Denis, c’est mon fils et c’est tout, et il sait d’où il vient. » Malgré ces folles convoitises, la philosophie de Denis n’a pas varié. « J’essaie simplement de m’améliorer à chaque entraînement. Travailler dur pour forcer le destin et aller le plus loin possible. » THE RED BULLETIN


C’est toujours sous le maillot du Borussia Moenchengladbach que Denis Zakaria jouera la prestigieuse Ligue des champions cette saison.

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Si sollicité, Denis Zakaria est resté le même, relax et modeste. « Ce qui m’arrive ne fera pas de moi un autre homme. »

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Gamin, sous le maillot du Servette où Denis a fait toutes ses classes.

Rina Zakaria, la maman, dans les rues de la veille ville de Genève. « Je lui dois tout », estime Denis.

« J’essaie de m’améliorer à chaque entraînement. Travailler dur pour forcer le destin et aller le plus loin possible. » Son manager Mathieu Bédat est très confiant pour l’avenir. « À chaque fois qu’il a eu une marche à franchir, Denis l’a fait sans souci. Il reste concentré sur ses objectifs à court et moyen terme. »

Retour sur ses origines Tous ceux qui le connaissent en témoignent, entre le gamin grenat et le crack d’aujourd’hui, Denis Zakaria n’a pas changé. Ancien entraîneur adjoint de l’équipe suisse et consultant de la RTS, Michel Pont le connaît bien. « Denis est un garçon adorable, un bosseur, qui a un vrai rayonnement, il est juste heureux et sait le transmettre. Il a une grande force intérieure qui fait la différence. » Un avis que Denis lui-même partage totalement. « J’ai eu la chance d’avoir une famille qui m’a bien éduqué. Chez mes proches, tout le monde continue à me parler comme si j’étais resté le petit gamin du Servette. » Entre le Zakaria sur le terrain et en dehors, c’est un peu Docteur Jekkyl et Mister Hyde. « Autant je suis agressif et opiniâtre en match, autant je suis joyeux et cool en dehors. » Selon lui, l’insouciance et l’éternel optimisme qui le caractérisent sont liés à ses origines africaines. Durant son enfance, Denis Zakaria a fait plusieurs voyages sur place, au Congo chez son père et au Sud-Soudan, avec sa mère, dans la tribu ou elle a vécu. « Denis et Richard ont joué au foot avec les enfants du village et ils ont adoré. Je leur ai appris le bari, le dialecte local. » Ces voyages ont profondément marqué Denis. « Je suis heureux d’être allé là-bas et de me rendre compte à quel point les conditions de vie y sont difficiles, THE RED BULLETIN

je suis d’autant plus conscient de la chance que j’ai de faire ce que je fais. » Les Zakaria ont toujours habité rue du Perron, au pied de la veille ville de Genève. « On allait tous les jours jouer au foot un peu plus haut à la Treille, se souvient Richard le frère aîné. Comme Denis était plutôt petit pour son âge, il se donnait à fond pour ne pas être exclu et cela a forgé son caractère. » L’appartement portait les stigmates de leur passion. « Il n’y avait plus de vases, plus de fleurs tant ils cassaient tout », raconte Rina qui se souvient du jour où Denis à 5 ans lui a demandé : « Maman tu m’inscris au Servette ? » « Je travaillais la journée et je préférais qu’il joue au foot plutôt que de traîner dans la rue. J’allais le chercher au stade de Balexert après le travail à la fin de ses entraînements. Quand il ne pouvait pas aller au foot, c’était grave pour lui. Une fois, il devait avoir 9 ans, je l’ai amené trop tard et il a raté le bus pour aller au match. Il a pleuré toute la journée. J’ai eu si mal au cœur. Comme je travaillais souvent le samedi, je ne pouvais pas aller voir tous ses matches, mais je lui disais toujours : “Vas-y, je suis là avec toi.” Jamais, je n’aurais imaginé qu’il en arrive là où il en est aujourd’hui. »

« Je veux aller au Servette » José Polidura a été l’un de ses premiers entraîneurs au Servette. « On l’appelait jambes de gazelle tant il allait vite avec ses immenses foulées, il avait toujours la banane. » Humainement il en garde un souvenir à part. « À 9 ans, outre la passion du foot, Denis avait déjà des valeurs, il était honnête, courageux, on sentait qu’il avait une bonne éducation. Alors que beaucoup de parents poussent leurs enfants à cet âge-là, sa maman, qui l’accompagnait 69


souvent, avait une toute autre approche : à ses yeux, le foot pour Denis, c’était simplement une école de vie, un jeu et rien d’autre. » Autre ancien coach de Denis au Servette, William Niederhauser l’a eu dans son équipe lors de sa dernière saison en junior. C’est lui qui a eu l’idée de le faire jouer comme milieu défensif, là où il brille tant aujourd’hui, alors qu’il avait jusque-là été ballotté à tous les postes. « Outre ses grosses qualités athlétiques, Denis savait relancer, orienter le jeu. Très à l’écoute, il aimait s’entraîner avec cette joie si communicative, cette envie de progresser tous les jours. » Les deux hommes restent en contact étroit aujourd’hui. « Denis a dû batailler pour réussir, c’est sa force. » Révélateur de sa détermination sans faille: intégré à la première équipe du Servette à 18 ans, Denis était resté quasi une saison entière sur le banc, en acceptant ce rôle ingrat, sans jamais baisser les bras. « Je ne me suis jamais dit que je n’allais pas réussir à m’en sortir. Dans la tête c’était rageant, mais finalement ma chance s’est présentée et j’ai su la saisir. » Tiber Pont, le fils de Michel, était le capitaine du Servette lors des grands débuts de Denis en première équipe, c’était le 18 mars 2015. « Un garçon très agréable, respectueux qui avait une très grande envie de réussir. Sa trajectoire est impressionnante. »

Une maman si importante En Allemagne, Denis joue dans cet ovni de la Bundesliga qu’est le Borussia Moenchenglabach issu d’une petite ville de 200 000 habitants et qui continue de tutoyer les grands comme le Bayern avec un état d’esprit différent, sans bling bling, ce qui correspond bien à la personnalité du Genevois. « II n’y a pas de star au Borussia. Il règne un véritable esprit de famille. » L’éloignement d’avec les siens, il en souffre un peu. « Quand j’habitais à Genève, je vivais avec ma mère et mon frère, et leur présence est la chose qui me manque le plus. Ma maman c’est tout pour moi. » Il l’appelle souvent. « Denis me demande comment ça va, si j’ai besoin de quelque chose », raconte Rina. Il reste aussi fidèle au même groupe d’amis, du Servette et de sa jeunesse. « Je suis si heureux de ce qui lui arrive », poursuit Bruno Caslei, l’un d’eux, qui joue avec le Stade Nyonnais. Autre ami d’enfance, Kevin Pagliuca, qui évolue en troisième division allemande, ajoute. « Avec Denis, on est comme des frères, on a grandi ensemble au Servette, on se téléphone tout le temps. La famille et les amis, c’est sacré pour lui. » Aujourd’hui, Denis Zakaria constitue un maillon essentiel de l’équipe suisse. « Et il en sera le leader à l’avenir », promet Michel Pont. Mais s’il s’approche des sommets, le jeune Genevois garde plus que jamais les pieds sur terre. «Ce qui m’arrive ne fait pas de moi un autre homme », conclut-t-il, fort de cette détermination empreinte de modestie que lui a enseigné sa maman.

Le Borussia Moenchenglabach continue de tutoyer les grands comme le Bayern avec un état d’esprit différent, sans bling bling.

Le plaisir de jouer, l’art du dribble et de se faufiler partout, malgré une très grande taille.

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Un rire aux éclats, sa signature. « Il est juste heureux et sait le transmettre », relève Michel Pont, l’ex-entraîneur adjoint de l’équipe suisse.

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La Polestar 2 est une voiture électrique aux caractéristiques extraordinaires : elle parle, utilise la technologie des blockchains et vous montre là où vous vous trouvez. Mais surtout : elle roule merveilleusement bien. Nous avons pris la route avec elle.

Un élément central qui ressemble à une tablette. Avec lui, vous contrôlez toutes les fonctions de Polestar 2.

Texte WOLFGANG WIESER

Guidé par les étoiles Vue d’ensemble de la berline électrique. Elle est aussi disponibles virtuellement sur l’écran de bord de la voiture.

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Vue de face masculine distinctive avec un vrai sourire. Vitesse maximale : 205 km/h.

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Sascha Heiniger Le directeur général de Polestar Suisse au volant de « sa » voiture. Les ceintures de sécurité orange vif sont une marque de fabrique de la voiture : «Quand vous accélérez, ça fait pffft – et vous laissez tous les autres derrière vous.» La portée ? 480 km.

Feu arrière distinctif : le meilleur des 288 feux à diodes électroluminescentes.

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Puis nous parlons du travail à domicile. Des lieux de vie. De la croissance des villes. De la mobilité en tant que forme de liberté.

Belle vue : la Polestar 2 mesure 4 606 mm de long et 1 479 mm de haut.

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out à coup, je me vois d’en haut. Je me vois manœuvrer avec précaution. Approcher le trottoir avec une précision millimétrique. Signaler à droite. En arrière, à gauche, un piéton passe en trombe, comme une ombre. À droite, une cycliste s’approche ; devant moi surfe un skateur débraillé. C’est un spectacle surprenant. Et pas que pour moi. Il n’est pas étonnant d’avoir demandé à Sascha, sans réfléchir, où se trouvait le satellite qui permettait cette prise de vue sur l’écran format tablette. Et pourtant… La Polestar 2 qui apparaît sur l’écran est blanche, mais la mienne est couleur gris métallique. Les concepteurs de la lointaine Suède auraient-ils permis à leurs véhicules d’avoir un satellite pour compagnon ? Cela dépasse l’imagination. La réalité est tout autre : « Ce n’est évidemment pas toi, dit Sascha, et si tu activais maintenant ton clignotant, tu ne le verrais pas non plus. » La vue d’en haut est un plaisir totalement virtuel. Quatre caméras – une à l’avant, une à l’arrière et une dans chacun des deux rétroviseurs latéraux – créent une illusion réaliste à 360 degrés.

« Que peut-on faire de mieux… », poursuit Sascha – il fait une brève pause, tapote l’écran et choisit la vue de la caméra frontale pour l’écran. Soudain, le monde réel se transforme en une joyeuse excursion dans un brillant scénario de jeu vidéo. Sascha Heiniger est le directeur général de Polestar Suisse. Il est mon copilote et je conduis le long du lac de Zurich une voiture qui n’est produite que depuis le début de l’année et qui sera lancée en Suisse en novembre : la Polestar 2. Nous roulons en direction de Rapperswil. C’est l’une des dernières journées chaudes de l’été. Partout, on nous jette des regards étonnés, interrogateurs. À l’arrêt aux feux de circulation ou sur l’un des quais de ferry. Un conducteur de cabriolet jette un regard admiratif sur notre Polestar 2 : « Belle voiture, très cool. » La première chose que j’ai remarquée est évidement la conduite à une seule pédale qui permet d’accélérer, de maintenir la vitesse ou de freiner (en la relâchant). Pour maîtriser la manœuvre, 4,7 secondes suffisent. C’est le temps que met la Polestar 2 pour passer de zéro à 100 km/h, l’un des plus grands plaisirs que peut offrir la berline à hayon à cinq portes. Deux moteurs électriques assurent une puissance totale de 300 kW, ce qui correspond à 408 ch : « Quand tu roules sur une autoroute et que tu accélères de 80 à 120, cela fait pffft – et tu laisses toutes les Range Rovers et les Porsche derrière toi », dit Sacha. C’est aussi un plaisir de converser avec l’assistante Google. Sacha ordonne : « Hey Google, température à 21 ». L’assistante numérique lui répond : « Aujourd’hui, à 21 heures, il fera probablement 17 degrés à Küsnacht. » C’était un malentendu. Sacha parlait de la température dans la voiture, mais a oublié le mot « degrés ». Nouvel essai : « Hey Google, température à 21 degrés. » Maintenant, ça marche : « D’accord. La température a été ajustée à 21 degrés. » On réalise que la voix aime la précision. Si vous cherchez une station de recharge, ne demandez pas une stationservice.

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La carrosserie est faite de cinq types d’acier différents.

Une puissance attrayante : deux moteurs de 150 kW fournissent une puissance équivalente à 408 PS.

8. Les nouveaux phares à LED de la Polestar 2 se composent chacun de 84 LED à pixels contrôlés individuellement. La large bande de feux arrière à LED comprend 288 feux à LED individuels.

À formulation précise, réponse précise. Je demande une station de recharge à Milan. « La station de recharge de la Via Spezia se trouve à 204 kilomètres. »

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n réalité, la Polestar 2 est le premier véhicule au monde à être équipé du système d’exploitation Android Automotive OS. Il a été développé en coopération avec Google et comprend l’assistant Google, Maps et Play. L’interface utilisateur de l’écran tactile de 11,5 pouces a été développé par Polestar. L’assistant Google peut également être utilisé pour contrôler les fonctions du véhicule telles que la climatisation – à condition de le formuler avec suffisamment de précision. Sacha évoque les efforts pour la durabilité, mentionne le rembourrage végétalien WeaveTech anthracite. Il fait référence à la technologie blockchain, garantit que seul du cobalt extrait de manière responsable est utilisé pour les batteries (soit dit en passant, seulement deux fournisseurs dans le monde ont satisfait à toutes les exigences en la matière) et dit apprécier le fait que la Polestar 2 n’utilise pas de combustible fossile. Puis nous parlons des temps nouveaux. Du travail à domicile. Des lieux de vie. De la croissance des villes. De l’effet de nos modes de déplacement.

Pourquoi la Polestar 2 est si spéciale 11 infos à savoir au sujet de la Polestar 1. Polestar était à l’origine une écurie de course qui a été reprise par Volvo. 2. Le designer allemand Thomas Ingenlath est le PDG de Polestar depuis 2017. L’entreprise est basée à Göteborg, en Suède.

3. La Polestar 2 est la première voiture entièrement électrique de l’entreprise. 4. Polestar s’est fixé pour objectif d’accélérer la transition vers la mobilité durable. 5. Un affichage central remplace presque tous les interrupteurs, les boutons et les molettes que l’on trouve dans une voiture classique. 6. C’est la première voiture à être équipée du système d’exploitation Android Automotive OS, développé en collaboration avec Google.

9. La Polestar 2 peut mettre un bateau à l’eau sur une rampe. L’arrière du véhicule peut aller dans l’eau car la batterie et le contrôleur sont scellés et protégés. 10. Un capteur situé sur le siège remplace le bouton de démarrage classique, détecte que le conducteur est assis et prêt à partir. 11. La console supérieure projette le logo Polestar sur le toit panoramique en verre. Le « polestar », c’est-à-dire l’étoile polaire, tenait lieu autrefois de repère lumineux pour les marins. Aujourd’hui, suivant les principes de l’entreprise, le « polestar » se veut un repère lumineux pour l’industrie automobile.

7. La carrosserie est fabriquée à partir de cinq types d’acier différents, dont l’acier au bore, particulièrement résistant.

De la mobilité en tant que forme de liberté. Nous parlons des sources énergétiques, y compris de celle dont les voitures électriques comme la Polestar 2 ont besoin. Et nous parlons de la vie. J’en avais oublié que je conduisais une voiture. Parce que c’est tellement facile, tellement naturel, presque comme si nous étions en train de nous faire conduire. Prix : 57 900 CHF ; polestar.com

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P RO M OT I O N

must-haves

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1 VIU – EN MODE INDIGO

Coup de coeur pour la teinte « Indigo Havana » déclinée sur les modèles THE MAIDEN & THE AMBITIOUS. Zoom sur un acétate transparent et un bleu profond pour un effet marbré glacé. Ces modèles sont nés de l’envie de retrouver un bleu inspiré par Henri Matisse, Pablo Picasso ou encore Yves Klein. Disponibles en optique et en solaires. shopviu.com

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2 QWSTION ROLL-PACK

Le label suisse QWSTION offre une alternative viable au tissus synthétiques qui ont actuellement le monopole dans l’industrie du sac. Ils ont développé Bananatex®, un matériau élégant et imperméable fabriqué à partir de fibres de bananiers 100 % naturelles. Elles sont utilisées pour leur Roll Pack, un sac de taille moyenne avec un volume ajustable pour le quotidien. qwstion.com

3 CHAMPION 4 EVER

Coupes surdimensionnées, tons unis, mélanges de matériaux : Champion règne, et son fameux C plein s’est imposé depuis longtemps comme une manufacture de vêtements de sport et de streetwear de haute qualité. La preuve en est avec ce hoodie : conçu par Champion en 1934, il est aujourd’hui culte, et un must dans la garde-robe de la jeune population citadine. championstore.com

4 UYN OU LA LIBERTÉ

La marque de sport UYN redéfinit les codes en matière de footwear. Les derniers modèles de chaussures, en tricot de laine mérinos 3D et matériaux écologiques tels que la canne à sucre, procurent une nouvelle sensation de liberté aux pieds. Le résultat est une chaussure qui se comporte comme une seconde peau, ultra-légère et respirante, fabriquée en Italie. uynsports.com

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PERSPECTIVES Expériences et équipements pour une vie améliorée

L’AVENTURE INTÉRIEURE

TWO26 PHOTOGRAPHY

Comment les ­cyclistes pro restent en forme, même chez eux.

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PERSPECTIVES voyage

« Sur la ligne de départ, j’étais avec des champions et championnes olympiques, des athlètes Ironman et des stars du cyclisme que je n’aurais jamais pu côtoyer IRL. » Ruth Astle

oilà l’aube. Je suis sur mon vélo, le cœur battant à l’idée de me retrouver côte à côte avec des cyclistes du monde entier. C’est la toute première fois que je participe à un critérium : un circuit en ville comprenant quatorze tours intenses de 1,9 km chacun. Dans quelques instants, tout le monde partira en flèche avec le coup de pistolet – j’aurai les poumons et les jambes en feu car je pédalerai à fond pour rester calée sur le peloton de tête. Après 38 minutes à tout donner et un sprint au dernier moment, je passe la ligne d’arrivée, épuisée, mais cinquième derrière les championnes de triathlon Lucy Charles-Barclay et Sophie Coldwell. Ce ne sont pas les participantes typiques d’un critérium, mais ce n’est pas non plus ma course standard. D’abord, je suis moi-même une triathlète Ironman plutôt habituée à des courses de vélo de 180 km après avoir nagé 3,9 km. Et je suis installée sur un home trainer… Nous sommes toutes en train de faire la course via Zwift, une plateforme virtuelle de cyclisme permettant d’entrer en compétition, lors de courses en temps réel, avec d’autres cyclistes du monde entier. Il y a quatre ans, je commençais juste avec Zwift, et m’entraînais tous les matins à 4 h 30 avant d’aller au travail. Depuis, cette plateforme de cyclisme a cartonné et fait partie intégrante de mon entraînement Ironman – tout particulièrement depuis ma fracture de la clavicule, douze semaines seulement avant le championnat du monde à Kona, Hawaï, l’an dernier. Zwift répond aux besoins des cyclistes de tous niveaux. Vous n’avez besoin que d’un vélo, d’un home trainer sur lequel vous le fixez (personnelle80

ment, j’utilise un Wahoo KICKR) et d’un ordinateur, Mac ou PC, une tablette, un smartphone, ou bien Apple TV. La plateforme convertit la puissance et la cadence produites sur le home trainer pour les transmettre à votre avatar qui avancera sur l’écran en fonction de vos performances sur votre vélo – imaginez un jeu vidéo où vous faites la course, mais ce sont vos propres muscles qui alimentent votre personnage. Il existe même des bonus pour profiter de l’aspiration, améliorer l’aérodynamique ou être invisible pendant dix secondes. Vous pouvez vous en servir de façon tactique tout en ayant d’éventuelles échappées sur le radar. Si vous lâchez le peloton de tête, c’est très dur de rattraper le coup. J’ai beau être seule sur mon vélo, il y a toujours des sportifs des quatre coins de la planète, et donc toujours quelqu’un avec qui s’entraîner ou pour

JEFF THOREN

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Le même vélo sert à Astle en réel et sur Zwift. À droite : circuit Critérium Crit City Course. THE RED BULLETIN


PERSPECTIVES voyage

Une pro en herbe Ruth Astle est une triathlète Ironman de 31 ans ayant gagné une place à la Zwift Tri Academy en 2019. L’année dernière, lors du championnat du monde d’Ironman à Kona, elle a réalisé le meilleur temps parmi les sportifs amateurs. Cette année, elle débute comme athlète professionnelle. Instagram : @rastle50

La maison Zwift pour les athlètes, à Kona, Hawaï, en octobre 2019. Astle s’entraîne pour le championnat du monde Ironman.

faire la course. Nous sommes parfois près de 10 000. J’aime tout particulièrement mélanger différents « mondes », dont certains reconstituent des villes comme Londres, ou les circuits de course des championnats du monde de l’UCI comme Innsbruck. L’île virtuelle de Zwift, Watopia, est mon monde préféré car on y trouve un peu de tout : du plat, des collines, des segments KOM (King of the Mountain) et même un volcan. J’aime faire mes séances courtes de vélo sur Zwift parce que je n’ai pas à me préoccuper des voitures ou des feux rouges – je fonce tête baissée. Mais il m’arrive également d’effectuer des courses de quatre ou cinq heures. THE RED BULLETIN

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PERSPECTIVES voyage

De l’un à l’autre Vos essentiels pour vos séances d’entraînement virtuel et réel.

Montre de sport Suunto 5 Rythme cardiaque et indicateurs de stress sont connectés à votre compte Strava combiné avec Zwift.

L’épreuve de cyclisme du championnat du monde d’Ironman se déroule sur autoroute, donc Astle s’est préparée en terrain similaire sur Zwift. Cela l’a aidée lors de son passage en statut pro cette année.

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Écouteurs Urbanista London Oreillettes sans fil à suppression de bruit active, commande vocale et tactile et quatre heures d’autonomie.

Home trainer Wahoo KICKR Se connecte à Zwift via Bluetooth ou ANT+, afin de fournir une inertie et une résistance réalistes à votre vélo.

Parcours en ville Le segment critérium Bell Lap Distance : 1,9 km Dénivelé : 8 m Lead-in : 0,1 km « Voici un critérium bref et difficile de 14 tours, et 27 kilomètres au total, dit Astle. Mis à part quelques petites pentes de sept à dix pour cent qui vous coupent les jambes avant de récupérer en faisant l’aspi derrière le peloton, le terrain est plat. L’effort à fournir est bref et intense, donc restez avec le groupe en tête et surveillez ce que font les autres cyclistes. Chaque Zwifter a un PowerUp – un bonus – par tour, et pour faire un sprint, un Draft Boost permet d’augmenter l’aspi derrière les cyclistes de 50 % pendant 30 secondes.»

Écran MSI Optix MPG341CQR Avec sa courbure de 1800R, ce moniteur gaming pro de 86cm est parfait pour des courses Zwift. THE RED BULLETIN

JEFF THOREN

C’était notamment le cas l’année dernière, après mon opération de la clavicule, et j’ai eu la chance de gagner une place au sein de l’équipe mixte Zwift Tri Academy. Après être arrivés au championnat du monde de l’Ironman à Kona, nous étions dans une maison Zwift avec des écrans et des home trainers. Mes entraîneurs étaient des légendes de l’Ironman : Tim Don et Sarah True. Je pense que nous étions mieux accompagnés que 95 % des pros. Comme la course Ironman se déroule sur une autoroute, nous avons fait plusieurs séances Zwift pour nous entraîner en toute sécurité. Cela m’a beaucoup aidée pour passer du statut d’amateur à celui de pro au début de l’année. Avec ce concept, sur une ligne de départ, je me suis déjà retrouvée côte à côte avec des champions et championnes olympiques, des athlètes Ironman et des superstars du cyclisme sur piste – des personnes avec qui je n’aurais jamais eu l’occasion de faire la course dans la vraie vie. Ce n’est pas comparable à une rencontre dans le monde réel, mais c’est tout de même très motivant. Lorsque Lucy Charles-Barclay s’active devant moi, cela me donne envie de faire la course et de tout donner. zwift.com


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PERSPECTIVES fitness

Libérons la course Un matos de pro et une ambition aveugle… Oubliez ça ! Le coach en chef du running chez Nike vous dit de vous concentrer sur des facteurs fun dans le sport : l’improvisation et la créativité. Si vous faites du running, il y a fort à parier que Cory Wharton-Malcolm vous ait boosté pendant un de vos footings. Le Londonien de 41 ans est le coach en chef de l’appli Nike Run Club. C’est sa voix que vous entendez lorsque vous arrivez à certains passages de votre course. Mais au lieu d’un entraîneur fantôme coriace, la voix douce et enthousiaste de Cory remercie les coureurs et les motive

en scandant des phrases super positives. Cela correspond tout à fait à son approche du fitness. D’après Cory, les entraînements sont devenus trop sérieux, trop axés performance, gagne. Il touche quelque chose du doigt : une étude américaine de 2013 démontre que plus de 35 % des enfants qui se mettent au sport arrêtent au bout d’un an. La raison principale ? Ils ne s’amusent pas.

Good vibrations Des « vibercises » à la Cory, en cinq étapes. Choisissez un bon son, du genre qui vous donne envie de sauter partout. Mettez le volume à fond et chantez. Détendez votre esprit, le corps et les cordes vocales en faisant des mouvements doux. Sautillez d’un pied sur l’autre en chuchotant « vibrations ». Recommencez trois ou quatre fois. Cherchez un objet. Si vous étiez un chef d’orchestre, cet objet serait votre baguette. Il se peut que ce soit l’objet qui vous choisisse. Moi, c’est une cuillère en bois qui m’a choisi. Sautillez toujours. L’objet prend vie. Faites ce qui vous plaît avec votre torse. Vous « mijotez ». Bougez en musique. Si votre objet reste une baguette de chef d’orchestre tant mieux. Si la baguette devient une paire d’ailes, tant mieux aussi. Battez-les comme un oiseau. Laissez-vous porter par la musique.

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Instagram : @bitbeefy THE RED BULLETIN

GEORGE TEWKESBURY, DAVID STEGENGA

SPORT JOYEUX

« Quand j’ai commencé à courir, j’ai trouvé cela tellement ennuyeux, déclare-t-il. Alors j’en ai fait un jeu. » Au début, cela signifiait taper un sprint à chaque fois qu’il croisait un lampadaire, ou spontanément faire des dips sur les bancs des parcs. Puis, en 2012, il a découvert Track Mafia, un club de running hebdomadaire qui embrassait totalement son approche expérimentale. « Je ne sais pas combien de temps durera ma course, ni quelle distance elle fera. Mais ce que je sais, c’est qu’à chaque fois que je soufflerai dans mon sifflet, vous ferez un sprint. Au deuxième coup, vous vous arrêterez. Courir, c’est une représentation de la vie : vous pouvez être super bien préparé, mais tout peut toujours arriver. » En 2018, Cory a fait la couverture du magazine Runner’s World et a été salué comme un pionnier. Pendant le confinement, il a étendu sa philosophie fitness à la maison. Ses « vibercises » hebdomadaires sur Instagram – ses sessions bon esprit de deux minutes d’exercices avec des objets du quotidien comme des cuillères, des bols… le tout sur un fond de drum and bass – sont aussi hilarants qu’addictifs. « J’ai combiné mes expériences de vieux fêtard avec le fait que durant le confinement, peu de gens avaient accès à des équipements pour bien s’entraîner. J’ai voulu mettre un peu de soleil dans leur vie, explique Cory. Faire de l’exercice est censé libérer tout plein de substances chimiques ultra bénéfiques – et naturelles – dans votre corps, on l’a oublié ! »

FLORIAN OBKIRCHER

« Au début, courir était ennuyeux, alors j’en ai fait un jeu. »


PERSPECTIVES équipement ENVOYER DU BOIS

Haché menu

ChopFit The Chopper

TIM KENT, CHOPFIT

« L’idée ne m’a pas été inspirée par les rares fois où j’ai coupé du bois », confie Jon Spillman, créateur de cet accessoire de fitness en forme de hache. Jon n’est pas bûcheron, mais coach sportif à Austin, au Texas. « Je cherchais un nouvel exercice et je suis tombé sur une vidéo du boxeur Floyd Mayweather coupant du bois en guise d’entraînement. » L’utilisation du balancement corporel n’est pas nouvelle en fitness. La nouveauté du chopper est ailleurs, dans la tête de la hache métallique habillée d’un solide caoutchouc. Son poids varie en fonction de l’endroit où vous tenez le manche, mais aussi en déplaçant son centre. « Selon l’endroit où vous positionnez vos mains, ses 1,8 kg de base atteignent jusqu’à 7 kg », explique Spillman. Le chopper se caractérise aussi par sa simplicité. Suivi de forme, Bluetooth et autres sont ici bannis. Toutefois, une application vous aide à explorer les différents mouvements combinables aux squats, fentes et sauts. L’accessoire idéal pour s’entraîner chez soi. Une pratique qui a explosé en 2020, comme le bricolage pour lequel le chopper n’est pas approprié, nous le précisons. « La hache est solide, mais mieux vaut limiter son usage au sport », conclut Spillman. chopfit.com

De quel bois êtes-vous fait ? Spillman recommande le chopper pour du renforcement ou du cardio. « Nous associons des mouvements de la coupe de bois, le balancement des épaules, à la musculation au poids du corps. »

THE RED BULLETIN

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PERSPECTIVES gaming JOUER

Un fait d’armes En février, Liam Lunt était sur le point d’arrêter de jouer à Call of Duty. En août, il en était le joueur au revenu le plus élevé…

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Attention, ça coupe : véhicule tout terrain blindé contre hélicoptère dans Call of Duty: Warzone.

Être convaincu

La carrière unique de joueur pro de Lunt a débuté sur un ordi prêté par un pote.

Warzone, il en faut plus que de survivre sur le champ de bataille – il faut rester sain d’esprit dans la vie quotidienne. En février, Lunt était sur le point de tout lâcher. « Ma copine me demandait ce que je faisais de ma vie, confesse-t-il. C’était une bonne question. » Lunt partage donc ce qu’il a appris depuis qu’il est joueur pro.

Avoir confiance

Jouer longtemps est un élément clé pour progresser, mais Lunt mentionne un autre facteur crucial : « Les joueurs paniquent, or une erreur

« Lorsque j’ai commencé à jouer à temps plein, les gens dans la communauté CoD me disaient : “Tu ne pourras pas faire ça éternellement.” Mes amis en rajoutaient : “Deviens adulte, trouve-toi un vrai boulot.” Ma copine a fini par me quitter. Mais au final je gagnais de l’argent et je me suis dit : “Je peux aussi gagner de l’argent grâce aux gens qui me regardent jouer.” Mon ami Tommo vendait un PC, et il était du genre : “Tu me le rembourseras par tranches. Je t’aiderai pour commencer avec le streaming.” C’était en mai 2019. Maintenant, les mêmes potes me disent “Wouah, tu as eu bien raison.” »

Suivre son rythme

« J’étais tellement à fond sur le jeu il y a quelques mois que j’en étais épuisé », raconte

Lunt. Le plus important, nous dit-il, c’est de s’en rendre compte et de comprendre que même si vos horaires vont changer, il vous faut une bonne structure au quotidien. « Pendant la journée, au Royaume-Uni, les canaux de diffusion en streaming ne sont pas très actifs. Mais la nuit, lorsque je joue avec mes amis américains, je suis aux anges. C’est ça ma routine, elle est particulière, mais j’ai un bon rythme de sommeil. »

Se déployer

La manière dont les joueurs sont perçus est en train de changer, développe Lunt. Le confinement y est pour beaucoup, les gens ont une attitude plus souple. « Au cours des derniers mois, un grand nombre de Liverpuldiens est venu sur mon stream, et ce soutien des gens de ma ville m’aide beaucoup. Avant le confinement, on ne me connaissait pas trop ici. Maintenant je suis un gamer important à Liverpool. »

Call of Duty: Warzone peut être téléchargé gratuitement pour PC, PS4 et Xbox One. Suivez Lunt en direct sur twitch.tv/jukeyz THE RED BULLETIN

TOM GUISE

d’une milliseconde peut vous coûter la victoire. Lorsque je me connecte et que je me retrouve avec 150 personnes, je me dis que je suis le meilleur du groupe. Si j’en suis capable, tout le monde le peut. »

ACTIVISION

On préférera oublier certains aspects de l’été 2020, mais nous nous en remémorerons d’autres, comme les moments où les jeux vidéo nous ont bien dépannés. Le fait de jouer en ligne nous a permis de rester connectés, de nous éclater et – virtuellement du moins – de sortir de chez nous. Pour toutes ces raisons, le jeu de l’été est sans aucun doute Warzone. En août, le jeu vidéo de tir à la première personne Call of Duty: Modern Warfare comptait 75 millions de joueurs. L’Anglais Liam Lunt, 23 ans et Liverpuldien, en faisait partie. En l’espace de deux semaines après le lancement de la version Warzone, en mars, Lunt avait remporté un jeu caritatif de 60 000 dollars pour un fonds de solidarité COVID-19. Puis, en mai, son équipe a gagné 50 000 dollars dans le cadre d’un tournoi, suivis de 33 000 lors d’un autre jeu caritatif (100 000 dollars allant à l’ONG Equal Justice Initative). C’est ainsi que Lunt est devenu le joueur CoD au revenu le plus élevé – un fait d’autant plus surprenant qu’il n’avait gagné ses premiers 1 000 dollars qu’un an auparavant seulement (avec Call of Duty: Black Ops 4), sur un PC emprunté à un ami. Ce fut le coup d’envoi pour arrêter de travailler dans une raffinerie de pétrole et devenir un joueur à temps plein. Liam est streameur sur Twitch, son pseudo étant « Jukeyz ». Cela dit, pour vivre d’une activité de joueur pro sur


PERSPECTIVES calendrier

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au 18 octobre OBJETS DE DÉSIR Lits, sacs à main, luminaires, papier peint, bagages, au salon du design, les amateurs de création personnalisée ne manqueront pas d’être séduits par les dernières réalisations sorties tout droit des ateliers. Objectif des organisateurs : « Procurer aux visiteurs de nouveaux objets à chérir. » Messe Bâle, Halle 3 ; puis à Zurich, du 13 au 15 novembre, Stage One ; blickfang.com

12 Début de saison hivernale exceptionnel : snowboardeurs et skieurs débutent par un sprint entre la Jatzhütte et le Parc Fermé où, en un éclair, ils chaussent leurs skis et snowboards pour s’élancer dans la vallée. Quatre catégories (ski et snowboard, hommes et femmes) sont au menu du Red Bull Homerun. Départ au Jakobshorn à Davos et arrivée à Bolgen Plaza. Jakobshorn, Davos ; redbull.com

27 28

novembre ZURICH CONFIDENTIAL Azet & Zuna du KMN Gang se produisent à Zurich avec les rappeurs suisses Xen, Rapide & Alawi et SIRODOGGYD. Seulement, le concert est secret, et donc nous ne divulguerons pas le lieu de cet évènement unique. Seule certitude, il aura lieu à Zurich. Vous pouvez néanmoins y assister en essayant de gagner des billets d’entrée. Et le seul moyen d’y parvenir est de déchiffrer les indices sur redbull.ch/secretgig

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novembre BERNE COURUE PAR LES PÈRES NOËL À l’approche des fêtes, les pères et mères Noël prennent Berne d’assaut et y courent jusqu’à huit kilomètres lors du Santarun. Le costume est obligatoire, mais compris dans les frais d’inscription. La course n’est pas chronométrée. Place Fédérale, Berne ; santarunbern.ch THE RED BULLETIN

EMRIK JANSSON/RED BULL CONTENT POOL, ARMON RUETZ/RED BULL CONTENT POOL, ERTAPPT.CH

décembre RED BULL HOMERUN À L’HEURE D’HIVER


PERSPECTIVES calendrier

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novembre FOOTBALL FREESTYLE : LA GRANDE FINALE

29 novembre DUEL DE TITANS Au Red Bull Itemania, la bataille épique de la League of Legends oppose deux équipes composées des meilleurs joueurs (cidessus, lors de l’édition précédente). Si l’expertise est cruciale, la chance aura aussi son importance : les objets utilisés dans le duel ne sont pas librement choisis, mais tirés au sort au préalable, un défi supplémentaire pour les joueurs. Red Bull Gaming World, musée suisse des Transports, Lucerne ; redbull.com

La grande finale des championnats du monde de Red Bull Street-Style qui consacre le meilleur joueur freestyle au monde se déroule pour la première fois en ligne. Très attendue, l’issue de ce festival de figures incroyables sera diffusée en direct sur Red Bull TV. Depuis la pandémie de coronavirus, ce sport suscite beaucoup d’engouement. Pas étonnant, car il peut se pratiquer partout et ne nécessite rien de plus qu’un ballon.

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octobre DEVENEZ UN AS DU TEKKEN

Le grand maître vous salue : dans la série Anakins Tekken Acadamy, la star américaine du jeu de combat virtuel vous explique comment améliorer vos techniques. Disponible dès à présent en vidéo à la demande sur Red Bull TV.

BRIAN HALL/RED BULL CONTENT POOL, SHO TAMURA/RED BULL CONTENT POOL

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novembre SUPER FORMULA A AUTOPOLIS Long de 4 673 kilomètres avec un record au tour de 1 minute 26,469 détenu depuis 2014 par Naoki Yamamoto, le circuit Autopolis de Hita, au Japon, accueille la quatrième manche de Super Formula de la saison. La particularité de la Super Formula tient au fait que toutes les voitures utilisent un châssis identique. Cela garantit une meilleure égalité des chances, et des courses plus palpitantes. À voir en direct sur Red Bull TV : qualifications à 2 h 55 et la course à 7 heures.

THE RED BULLETIN

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PERSPECTIVES montres

Le facteur temps Retour vers le futur ? Les grandes marques horlogères remettent l’esprit pionnier au goût du jour. Des montres destinées aux aventuriers, artistes, agents secrets, aviateurs, astronautes et… tous les autres. Texte WOLFGANG WIESER

JEUX DE LIGNES Un chef-d’œuvre de précision : 45 mm de diamètre et un amour du détail superbement assumé.

COMME UN TATOUAGE

Lignes éternelles Hublot Big Bang Unico Sang Bleu II Psychologue, graphiste et tatoueur : Maxime Plescia-Büchi est un véritable touche-à-tout, et sa collaboration avec Hublot particulièrement réussie. Pour preuve, cette version « en 3D » de la Sang Bleu, avec un design géométrique tout en relief. Hublot semble nous rappeler que l’art de maîtriser le temps, c’est avant tout… de l’art. 23 900 CHF ; hublot.com


PERSPECTIVES montres

COSMOPOLITE DROIT DE REGARD MIDO COMMANDER GRADIENT Son cadran transparent permet à la Mido Commander Gradient d’afficher sans complexe la beauté de sa mécanique interne. Original, le cadran s’assombrit sur les bords, ce qui confère à la montre un côté mystérieux… tout en faisant apparaître la date en clair, grâce au contraste. 940 CHF ; midowatches.com

Globe-trotteur Carl F. Bucherer Manero Flyback Depuis sa fondation en 1888, la maison Bucherer a toujours mis son savoirfaire au service des aviateurs et des aventuriers. C’est cette passion du voyage qui a inspiré le joli bleu de la Manero. Autre atout apprécié des pilotes : la fonction Flyback (trad. retour en vol), qui permet d’enregistrer plusieurs laps de temps sans manipulation. 5 900 CHF ; carl-f-bucherer.com

TOUR DE FORCE

SOUVENIR

UNE POUR TOUS

PANERAI LUMINOR MARINA

IWC BIG DATE SPITFIRE

TISSOT T-TOUCH CONNECT STAR

Petit bijou de légèreté et de solidité, la nouvelle venue dans la gamme Luminor ne pèse que 96 g : fidèle à l’esprit d’innovation de la maison italienne, la Marina est conçue dans un matériau de haute technologie ultra-résistant, le Carbotech, qui résulte de la compression de fibres de carbone. 12 600 CHF ; panerai.com

Août 2019 : une montre, un avion de légende et un tour du monde. 43 000 km parcourus en quatre mois par les pilotes Boultbee Brooks et Matt Jones, à bord d’un Silver Spitfire de l’année 1943. Pour commémorer l’événement, IWC a sorti sa Big Date Spitfire, une édition limitée à 500 exemplaires. 17 000 CHF ; iwc.com

Tissot poursuit dans l’innovation avec une montre qui se connecte via Bluetooth à tous les téléphones portables (iOS, Android, Harmony) grâce à un système d’exploitation baptisé SwALPS. Les affichages classiques (calendrier perpétuel, météo, altimètre, etc.) sont disponibles hors connexion. 1 125 CHF ; tissotwatches.com

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PERSPECTIVES montres

LOOK VINTAGE

Le retour du marin Rado Captain Cook Elle fait son grand retour, 58 ans après sa première « mise à l’eau », la montre de plongée qui porte le nom du célèbre navigateur anglais Thomas Cook. Cette fois-ci en version automatique avec un joli bracelet en titane et acier, elle conserve son diamètre de 42 mm et son charme d’antan. Pour faire honneur à son nom, elle est évidemment taillée pour les profondeurs marines, avec une étanchéité à 30 bar. 2 100 CHF ; rado.ch

ESPRIT PIONNIER LONGINES SPIRIT Que ses montres ornèrent le poignet de légendes comme Amelia Earhart, Paul-Emile Victor ou Howard Hughes prouve que Longines est une marque faite pour les aventuriers. C’est cet esprit de conquérant qui est célébré dans la toute nouvelle collection Spirit. 2 020 CHF ; longines.ch

BAROUDEUSE

BIEN NOMMÉE

ICÔNE

VICTORINOX I.N.O.X CARBON LE

LOUIS ERARD LA SPORTIVE

HAMILTON PSR

Opération camouflage réussie pour la I.N.O.X. Carbon LE, qui exhibe avec fierté le logo mythique de son fabricant. La marque persiste et signe dans son amour des détails pratiques : les chiffres du cadran SuperLuminova brillent dans le noir et son bracelet est fabriqué en cordelette de survie. 1 100 CHF ; victorinox.com

Quatre modèles pour cette nouvelle collection de Louis Erard, dont deux en titanium grade 5 et deux en bronze. En éditions limitées à 250 exemplaires, chaque version se veut un gage de solidité et de confort. En résumé : La Sportive mérite bien son nom. 3 250 CHF ; louiserard.com

Elle fut la première montre à affichage digital au monde. Cinquante ans après sa création, alors que la marque Hamilton ressort son modèle fétiche, on comprend l’engouement qu’elle a suscité à l’époque, y compris chez des stars comme Elton John ou des personnages comme James Bond. 745 CHF ; hamiltonwatch.com

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PERSPECTIVES montres

HEURE BLEUE Une valeur sûre pour un classique du genre : le cadran bleu donne à la Navy Blue son allure noble.

COMEBACK

Digne héritière Tudor Black Bay Fifty Eight On reste dans le nostalgique avec la Black Bay Fifty-Eight Navy Blue qui fait allusion à sa couleur mais aussi à l’année de sortie de la première montre de plongée chez Tudor : 1958. Étanche à 200 mètres, la Navy Blue est dotée d’un boîtier de 39 mm, comme son illustre ancêtre des années 50. 3 200 CHF ; tudorwatch.com


PERSPECTIVES montres

RENAISSANCE

Jack is back TAG Heuer Carrera Elegant 1963 est une date dont les amateurs de belles montres se souviennent, car c’est l’année de naissance de la Carrera : créée par le PDG de l’époque Jack Heuer, son design épuré et son extrême fonctionnalité marquent un tournant dans l’histoire de l’horlogerie. La nouvelle collection reste fidèle à l’esprit du maître et à la réputation de la maison. 5 2000 CHF ; tagheuer.com

TOUT EN ÉLÉGANCE Un bracelet en cuir d’alligator brun donne à la montre cet aspect classique.


PERSPECTIVES montres

UNDERCOVER PARTENAIRE FIABLE CERTINA DS SUPER PH500M

Celle de 007

Ce modèle se rapporte à son prédécesseur de 1969 qui a accompagné l’expédition subaquatique Tektite : quatre scientifiques ont vécu deux mois dans un caisson immergé. La Certina fit ses preuves. Aujourd’hui, elle reste une marque très appréciée des plongeurs (étanchéité : 50 bar). 895 CHF ; certina.com

Omega Seamaster Diver 300M On le sait : pour James Bond, une montre est bien plus qu’une simple montre. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’agent 007 alias Daniel Craig ait lui-même participé au design de sa montre, pour l’opus 25 Mourir peut attendre. « Le résultat est magnifique », paraît-il. Ce dont elle est capable ? Réponse prochainement, sur les écrans. 9 200 CHF ; omega.com

INNOVANTE

ASTRONAUTE

BLANCPAIN FIFTY FATHOMS

RAKETA BAIKONUR

SWATCH

Dans les années 60, Blancpain était le fournisseur de la Marine américaine. Les bracelets de la collection Fifty Fathoms sont fabriqués dans un titane nouvellement breveté, gage de fiabilité et de nouveauté, car les vis ne sont pas sur les côtés, mais au dos du boîtier. 17 100 CHF ; blancpain.com

803 jours dans l’espace : un record établi par le cosmonaute russe Sergeï Krikalev. La manufacture Raketa a pensé à lui en mettant au point une montre faite pour la vie spatiale, avec un cadran 24 heures permettant de distinguer le jour et la nuit, et un mécanisme automatique de grande fiabilité. La classe. 1 200 CHF ; raketa.com

“Don’t be too late!” Cette montre ne vous dit pas simplement l’heure qu’il est, elle vous délivre aussi d’importants messages, à prendre au sérieux… ou pas ! Sont également disponibles : les versions “Tell me more”, “Call to action” et “Same same but different”. Qu’on se le dise ! 80 CHF ; swatch.com

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MESSAGÈRE

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MENTIONS LÉGALES Rédacteur en chef Alexander Müller-Macheck Rédacteur en chef adjoint Andreas Rottenschlager Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English, Tara Thompson

THE RED BULLETIN WORLDWIDE

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The Red Bulletin est actuellement distribué dans six pays. Vous voyez ici la Une de l’édition française, consacrée à Guillaume Néry et son soutien aux Coral Gardeners, qui s’engagent pour la restauration corallienne de Moorea. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com

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THE RED BULLETIN Suisse, ISSN 2308-5886 Country Editor Wolfgang Wieser Country Coordinator Christine Vitel Country Channel Management Meike Koch Publicité Marcel Bannwart (D-CH), marcel.bannwart@redbull.com Christian Bürgi (W-CH), christian.buergi@redbull.com Traductions, révision Willy Bottemer, Lucie Donzé, Susanne & Frédéric Fortas, Suzanne Kříženecký, Audrey Plaza, Claire Schieffer, Jean-Pascal Vachon, Gwendolyn de Vries Impression Quad/Graphics Europe Sp. z o.o., Pułtuska 120, 07-200 Wyszków, Pologne Abonnements Service des lecteurs, 6002 Lucerne getredbulletin.com, abo@ch.redbulletin.com

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Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Nenad Isailovi c,̀ Sandra Maiko Krutz, Josef Mühlbacher Fabrication Veronika Felder MIT Christoph Kocsisek, Michael Thaler Opérations Melanie Grasserbauer, Alexander Peham, Yvonne Tremmel Assistante du Management général Patricia Höreth Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Nicole Glaser (Distribution), Victoria Schwärzler, Yoldaş Yarar (Abonnements) Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, 1140 Vienne, Autriche Téléphone +43 (0)1 90221-28800, Fax +43 (0)1 90221-28809 Web redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals bei Salzburg, Autriche, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700

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Directeurs généraux Dietrich Mateschitz, Dietmar Otti, Christopher Reindl, Marcus Weber

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DÉPART

E T N I O P L A L O N À MORÉE ARRIV E D U A E CHÂT ÈRES GRUY

LA COURSE D’ADVENTURE RUNNING AVEC DÉPART EN MASSE.

14KM AU TRAVERS D’EMBÛCHES NATURELLES.

INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS : WWW.REDBULL.CH/ CONQUETE


Pour finir en beauté.

Le prochain THE RED BULLETIN sortira le 6 décembre 2020.

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PETTER FOSHAUG/RED BULL CONTENT POOL

Jeu au sommet En beach-volley, ils ont longtemps été numéro un mondial. Désormais, ils sont aussi au top en termes artistiques : pour cette photo, Anders Berntsen Mol et Christian Sandlie Sorum ont escaladé Svolværgeita – un rocher de 150 mètres de haut sur les îles Lofoten, en Norvège. Il était temps pour eux de passer au niveau supérieur...


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