SUISSE OCTOBRE 2019, CHF 3,80
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Comment le freestyler révolutionne le FMX en moto électrique
Véhicule représenté: SEAT Ateca FR 2.0 TDI, 150 ch, boîte DSG à 7 rapports, 4 Drive, 5 portes. Consommation mixte totale 5.5 l/100 km, 145 g CO2/km (moyenne de 137 g pour les voitures neuves), 24 g CO2/km de mise à disposition d’énergie, catégorie de rendement énergétique: E. Offre valable jusqu’au 31 octobre 2019. Uniquement valable pour les variantes de motorisations/transmissions avec 4Drive. Ne s’applique pas à la CUPRA Ateca.
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ÉDITORIAL
L’ART DE SE RÉINVENTER
Comment rester soi-même tout en explorant de nouvelles facettes de sa personnalité, alors qu’on a déjà tracé sa carrière ? À 37 ans et après vingt ans d’activité dans les sports motorisés, Mat Rebeaud illustre élégamment comment rebondir sur un tremplin d’ingéniosité… Qui plus est pour la bonne cause, puisqu’en activant la transition avec sa moto électrique, le pionnier du FMX en Europe rechausse sa casquette de leader d’un genre nouveau page 38. Dans un mode certes moins casse-cou mais tout aussi intrépide, les adeptes d’aventures façon road movie racontent leur vie XXL dans un habitat XXS : #vanlife page 70.
CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
STEVEN LIPPMAN
« Le skate, c’est une question de timing et de liberté », dit celui qui fut un skateur pro par le passé, et qui a été missionné par l’édition américaine de The Red Bulletin pour photographier la skateuse pro Leticia Bufoni. « Pour ce shooting avec Leticia, j’étais en quête de nouvelles compositions visuelles », dit Steven. Basé à M alibu, il a collaboré avec Vanity Fair, ESPN et Outside. P. 50
Lisez plus ! Votre Rédaction LUKAS RÜTTIMANN
n’avait pas le talent nécessaire pour devenir une rock star. Mais l’auteur et journaliste, qui prend beaucoup de plaisir à écouter les vraies stars du rock, écrit aussi sur elles. C’est après un concert très énergique qu’il rencontre un Chrigel Glanzmann éreinté, lequel, ayant recouvré ses forces durant l’entretien, donnera à voir l’image d’un gars résolu dans son domaine. P. 46
« C’est un spot très cool pour shooter, dit Steven Lippman au sujet du skatepark de Venice Beach. Ce jour-là, la lumière était parfaite, avec l’océan et le ciel en fond… » Cliché ? À fond ! P. 50 THE RED BULLETIN
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SOMMAIRE octobre 2019
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84 Choper la fièvre du rallye, une
autre raison de filer en Australie
88 Oubliez votre abonnement à la
salle de fitness : c’est dehors que ça se passe, au naturel ! 90 Red Bull Gaming World, un événement inédit en Suisse, où le public a aussi son rôle à jouer 92 Un agenda hors du commun : ne ratez rien ! 94 Sur Red Bull TV, les surfeurs volent aussi, et les crossmen se paient une ligne droite de l’enfer, tandis que les drifters s’en donnent à cœur joie. C’est trop !!! 98 Le pilote VTT français Kilian Bron va tellement vite dans sa vidéo Follow Me que nous avons décidé de le mettre sur « pause prolongée »
Leticia Bufoni l’avait décidé : le skate, elle en ferait sa vie. Pari réussi pour la Brésilienne.
pendant des heures sur ces photos d’action sports 12 Sa force de caractère, l’actrice Lily James la doit en partie à ses frères 14 Dans ce piano à queue, se cache un véritable orchestre. Si, si ! 16 C’est beau, une carte orbitale ! 18 Face aux braconniers en Afrique du Sud, les Black Mambas sont en alerte, sans armes, entre femmes 20 Pour améliorer la circulation des grandes villes, déplaçons-nous sur l’eau 22 La playlist d’un vieux punk de 72 ans ? On parle d’Iggy Pop, bien sûr !
2 4 F ondus d’ultrafond
Un reportage photo sur les derniers à franchir la ligne d’arrivée
38 M at Rebeaud
Le FMX en électro, une révolution silencieuse
38
Mat Rebeaud, 37 ans et vingt ans de carrière, est aujourd’hui un pionnier en sa matière.
46 C hrigel Glanzmann
Metal ou folk, il a choisi de ne pas choisir. Grand bien lui en a pris !
50 S kate toujours
14 nuances de Leticia Bufoni dont la persévérance a imposé le respect parmi ses pairs
STEVEN LIPPMAN, GIAN PAUL LOZZA, SONY MUSIC
6 Vous pourrez rester scotchés
62 C oaching express
5 minutes avec la créatrice de la boutique en ligne Van Lo
64 R onson Touch
D’Uptown Funk à Shallow, vos émotions lui doivent beaucoup
70 # vanlife 4ever
L’évasion est le menu quotidien de ces vanlifers. Témoignages
4
THE RED BULLETIN
64
Vous ne connaissez pas Mark Ronson, l’auteur d’Uptown Funk ou de Shallow, de Lady Gaga ? Vraiment pas ?
THE RED BULLETIN
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COL DU ROMBO, ITALIE
Gare à la marche ! Certains endroits sur la planète sont si extraordinaires qu’ils semblent avoir été créés dans le seul but d’être pris en photo. Comme cette terrasse d’observation, nichée au cœur des Alpes dans le nord de l’Italie : un site dont l’architecture épurée en fait un spot parfait pour les skateurs un peu chauds. C’est en tout cas ce que s’est dit un photographe du coin, Stefan Mahlknecht : « Je connais bien le lieu : l’idée d’y photographier un skateur en action m’est venue lors de l’une de mes visites, par une lourde soirée d’été. J’ai eu la chance, quelques mois plus tard, de trouver un mec suffisamment taré pour tenter ce gap. » Un « match » parfait pour cet instantané en apesanteur avec Simon Neulichedl. Instagram : @stefan_mahl
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ÖLÜDENIZ, TURQUIE
Plus près du soleil « Ferdi Toy et Guillaume Galvani rejoignant le soleil à travers les nuages » : voici comment Tristan Shu décrit sa photo : un cliché surréaliste que le photographe d’aventures a pris en plein vol dans le cadre d’un projet pour Elinchrom, fabricant suisse de matériel photo. « De nouvelles limites ont été franchies dans le domaine de la photographie d’aventures : pour ce projet, nous avons en effet pu r ecréer un véritable studio dans les airs en impliquant un parapente, un base jumper et un wingsuit. » Instagram : @tristanshu
ST-PÉTERSBOURG, RUSSIE
Gardez la ligne Une image que l’on croirait tirée d’une scène du film de science-fiction TRON : L’Héritage… Pourtant cette photo, présentée au concours Illume de Red Bull, est bien réelle : on y voit la grimpeuse russe Anna Zaikina en action sur le North Wall, le plus grand mur d’escalade indoor de Russie. Le photographe sportif Leo Zhukov, qui l’a immortalisée alors qu’il visitait le complexe l’année dernière, explique comment il s’y prend pour réaliser de tels clichés : « Dès le début, vous devez avoir votre plan en tête : visualiser et anticiper les mouvements de l’athlète, puis prendre la meilleure position au meilleur moment pour obtenir ce genre de prises. » Instagram : @tedescophoto
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HOKKAÏDO, JAPON
À fond de blanche Les skieurs et snowboardeurs du monde entier s’y verraient bien : les montagnes de l’île d’Hokkaïdo sont un must en termes de neige fraîche. Les stations de ski y sont connues pour la régularité de leurs chutes de neige, garantissant une poudreuse abondante tout l’hiver. Cette photo prise par Matthias Fritzenwallner à K iroro illustre ce qui attend les heureux amateurs de glisse qui débarquent sur l’île. De quoi méditer d’ici au début de votre saison de sports d’hiver. Instagram : @matthias_fritzenwallner
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raconteraient probablement cette histoire de manière complètement différente.
L’actrice britannique fait partie des valeurs sûres d’Hollywood. Lily James raconte comment le succès crée une pression extérieure, vient à la rencontre de son énergie intérieure, et le rôle de ses frères dans tout ça. the red bulletin : Avec les films Cendrillon, Les heures sombres ou Baby Driver, vous êtes devenue l’une des actrices les plus demandées de votre génération. N’avezvous jamais redouté de prendre la grosse tête ? lily james : Non. Pour la simple et bonne raison que je me remets beaucoup en question dans mon travail. La gloire et la célébrité rendent superficiel ; mais les incertitudes qui sommeillent au fond de soi, il n’y a qu’avec sa propre force intérieure, et pas à l’aide d’une force extérieure, qu’on peut les tranquilliser. Les réussites dans le domaine professionnel nourrissent-elles cette force intérieure ? Oui bien sûr, elles mènent aussi à être en permanence un sujet d’observation publique et des gens que je ne connais même pas s’autorisent à commenter ma vie et mes relations.
« On ne peut pas plaire à tout le monde – mais on devrait d’abord se plaire à soi-même. » 12
Cela peut vite prendre une tournure disproportionnée et influencer mes décisions par exemple, mais ça ne devrait pas. Il est essentiel de savoir ignorer ces choses-là. C’est le seul moyen pour rester psychiquement sain. Ça ressemble à une stratégie de défense… De l’extérieur peut-être. Mais en fait, il s’agit de protéger sa sphère privée et de rester dans sa bulle personnelle. On ne peut pas plaire à tout le monde – mais on devrait d’abord faire en sorte de se plaire à soi-même. C’est ma philosophie de vie. Aviez-vous déjà conscience de cette force intérieure avant de devenir une personnalité publique ? Oui. J’ai perdu mon père à l’âge de dix-sept ans. Ce fut très difficile de surmonter cet événement avec ma famille, et d’être une sœur digne de ce nom pour mes frères. J’y suis arrivée, et cela m’a donné énormément de courage. Est-ce que c’était la première fois que vous deviez faire appel à votre force mentale ? Ça dépend. Mes frères, l’un plus jeune, l’autre plus âgé,
C’est-à-dire ? Eh bien aujourd’hui, j’entretiens une belle relation avec eux, alors que quand j’étais plus jeune, je pouvais être insupportable. On se disputait sans arrêt, on se battait même. Vous vous êtes battus ? À une époque, j’étais assez boulotte, et je pouvais m’asseoir sur eux. C’est comme ça que je gagnais. Et puis comme j’étais la seule fille, je pouvais me plaindre à ma mère et dire que c’était de leur faute à eux. En bref : j’étais violente et manipulatrice. Mes frères me surnommaient « la Bête ». La « Bête » réapparaît-elle de temps à autre ? J’ai la sensation qu’il existe deux versions de moi. L’une s’engage à corps perdu dans son métier et dans la réalisation de ses ambitions, et l’autre est complètement débridée. Quand j’avais une vingtaine d’année, je n’avais peur de rien, j’étais intrépide. J’avais soif de connaître le monde, je voulais l’explorer pour m’y perdre et m’y trouver en même temps. Et puis j’ai fini par partir, toute seule. Vous êtes-vous trouvée ? Je crois bien. Surtout parce que j’ai appris à gérer mes émotions négatives. Je reste positive, peu importe ce qu’il arrive. Et puis quand on est suffisamment courageux pour se porter garant de certains principes moraux, sans rien perdre de sa bonté, alors on est invincible.
THE RED BULLETIN
RÜDIGER STURM
Principes et invincibilité
ERIK TANNER/CONTOUR BY GETTY IMAGES
LILY JAMES
À queue… mais pas que Ce groupe indie-rock venu d’Ukraine a placé dans un piano à queue du XIXe siècle un orchestre de vingt instruments différents.
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En écoutant le groupe ukrainien Brunettes Shoot Blondes chanter leur chanson Houston, vous vous imaginerez probablement tout un orchestre présent dans le studio. En fait, derrière la voix langoureuse du chanteur Andrew Kovaliov, tous les instruments, qu’ils soient à cordes, percussions, ou à vent (vingt au total) sont logés à l’intérieur d’un vieux piano à queue traficoté à l’extrême. Pour actionner les claviers de ce synthé géant mécanique et multifonction : les deux Ukrainiens de Brunettes Shoot Blondes, c’est tout. « On s’est dit que ce serait cool d’inventer un piano qui contienne une vingtaine d’instruments de musique, raconte Andrew Kovaliov (sur la photo, à droite). L’idée était de créer un truc qui puisse être joué par deux personnes tout en donnant l’impression d’être accompagné par un véritable orchestre. » Aidé d’une équipe d’ingénieurs, les deux membres de BSB ont
commencé à décortiquer un piano au fur et à mesure, remplaçant certaines octaves par des cordes de basse, ajoutant à d’autres endroits des percussions, tous ces éléments étant reliés par des câbles aux touches du clavier afin de permettre aux musiciens de jouer l’intégralité des instruments à seulement quatre mains. Au final, ce piano hybride contient deux violons, un violoncelle, un xylophone, une grosse caisse, des percussions, un orgue… et bien d’autres surprises, pouvant toutes être activées par une des 88 touches des claviers. « Par chance, aucun de nous n’a fait des études d’ingénieur : sinon, nous ne nous serions jamais lancés dans un tel projet, plaisante Kovaliov. Le plus grand défi fut de trouver les bonnes personnes avec qui travailler, parce que tout le monde nous prenait pour des fous au début. » Houston, de Brunettes Shoot Blondes, à voir sur YouTube. THE RED BULLETIN
FESENKO MAKSYM
BRUNETTES SHOOT BLONDES
LOU BOYD
L’orgue et le mélodica placés à l’intérieur de ce piano sont alimentés par une pompe et des soufflets, tandis que le mécanisme d’une vieille machine à coudre sert à actionner les archers sur les cordes.
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ATLAS DE L’ESPACE
C’est beau, la connaissance
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biologiste. « Mais cela aurait été impossible, j’ai donc dû me limiter à ceux qui font plus de 10 km de diamètre – au final, plus de 10 000 astéroïdes, sans oublier toutes les planètes et leurs lunes. » Sa matière première : la multitude de données publiques de la NASA, que Lutz a patiemment sélectionnées, filtrées et combinées pour les assembler sur une seule carte. « Rassembler tout ça sur une carte qui soit également agréable à regarder m’a pris un bon moment », explique Eleanor. Sur son site, elle dévoile d’autres œuvres, comme sa Carte topographique de Mercure, la Géologie de Mars, une Carte animée de la Terre, et ne compte pas s’arrêter là. « J’adore le fait que les données actuelles soient si précises, mais qu’il n’existe aucune norme quant à la façon de les présenter esthétiquement. Ce qui me plaît, c’est la recherche et la possibilité de partager toutes ces connaissances géniales avec les gens, grâce au design. » tabletopwhale.com
AN ORBIT MAP OF THE SOLAR SYSTEM BY ELEANOR LUTZ
Notre connaissance de l’Univers, avec tous ses astres et planètes, peut sembler déroutante. Pas une année sans que nous apprenions l’existence d’une nouvelle planète ou des détails fascinants sur une autre qui se trouve à des millions de kilomètres de la nôtre. Dur de s’y retrouver dans une telle masse exponentielle de données : c’est là qu’intervient le génie d’Eleanor Lutz. Cette jeune doctorante américaine a rassemblé des milliers de données publiques fournies par la NASA et l’Institut Américain de Géologie pour créer quelque chose d’unique, baptisé An Atlas of Space (un atlas de l’espace, ndlr) : projet colossal à mi-chemin entre œuvre d’art et infographie scientifique. En bref : la vulgarisation des sciences portée à son plus beau niveau. Parmi les nombreuses visualisations ainsi créées, l’une des plus folles est sa Carte orbitale du système solaire. « Au début, je voulais y montrer les différentes trajectoires suivies par tous les objets qui composent notre système solaire », explique la jeune
LOU BOYD
Une chercheuse en biologie américaine, Eleanor Lutz, crée de l’art en compilant les données brutes des sciences astronomiques.
THE RED BULLETIN
Cette Carte orbitale du système solaire montre la position de plus de 18 000 astéroïdes, planètes, lunes et autres au 31 décembre 1999.
THE RED BULLETIN
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Pacifiquement, et sans réserve En Afrique du Sud, une unité de rangers exclusivement composée de femmes fait la chasse aux braconniers et protège les animaux en danger. Sans armes.
Réserve naturelle de Balule, au cœur du grand Parc National du Kruger, en Afrique du Sud : c’est là que travaille une unité anti-braconnage un peu spéciale, uniquement constituéee de femmes : la Black Mamba Anti-Poaching Unit. Autre particularité : ces femmes, dont le travail et les patrouilles successives ont réussi à faire enfin chuter les prises de braconnage, ne sont pas armées. C’est peut-être là leur force : un engagement dévoué et pacifique au service de la nature qui leur assure une couverture médiatique valorisante depuis la création de l’unité en 2013 et une efficacité prouvée en termes de préservation de la faune sauvage, notamment celle du rhinocéros blanc. Ces femmes doivent pourtant faire face à une triste réalité : le braconnage en Afrique du Sud représente une véritable industrie, avec 769 rhinocéros tués pendant la seule année 2018, et près de 8 000 ces dix dernières années. La raison de ce massacre est l’engouement toujours plus pressant des pays
« L’objectif était de protéger la faune du parc tout en soutenant l’émancipation des femmes. » 18
asiatiques – Chine et Vietnam en tête – pour la corne de rhinocéros, prisée pour ses prétendues vertus médicinales, sans compter le fait que son prix exorbitant en fait un symbole de richesse. Collet Ngobeni est l’une de ces Black Mambas : après avoir vu des rhinocéros et des éléphants en pleine nature lors d’un projet scolaire, elle s’est prise de passion pour la défense de l’environnement et a décidé de devenir ranger. Comme ses collègues, elle œuvre également à sensibiliser sa communauté à la protection des rhinocéros. the red bulletin : L’unité anti-braconnage des Blacks Mambas est la première unité de rangers 100 % féminine au monde. Pourquoi a-t-elle été créée ? collet ngobeni : Notre équipe a vu le jour en 2013, avec six membres. L’objectif était non seulement de protéger la faune du parc mais également de soutenir l’émancipation des femmes issues des communautés alentour – en montrant que les femmes pouvaient aussi faire ce boulot. Nous voulions faire connaître aux gens vivant près du Kruger l’importance de leur environnement naturel. Comment faites-vous pour détecter les braconniers ? Nous sommes les yeux et les oreilles de la réserve : notre
travail consiste à surveiller, collecter le plus d’infos possible sur la présence des braconniers comme les traces de pas, vérifier l’état des barrières, reboucher les trous creusés par les phacochères, qui peuvent servir de passage. Une autre équipe est chargée de surveiller l’entrée et de contrôler le contenu des véhicules qui rentrent et sortent. Nous effectuons également des missions de patrouille aux quatre coins du parc, à la recherche d’éventuels pièges posés par les braconniers. Et si vous en trouvez un en train de braconner, que faites-vous ? Nous envoyons un signalement à notre équipe de contrôle, qui peut localiser directement sur un écran géant l’endroit d’où le signalement a été lancé. La Black Mamba sur place prend des photos, qui arrivent directement au bureau, pendant que nous appelons les gardes armés à la rescousse. Pourquoi faire patrouiller uniquement des femmes ? Nous sommes moins corruptibles que les hommes. Dans d’autres réserves, certains rangers n’hésitent pas à communiquer à l’extérieur de précieuses infos sur l’emplacement des proies. Les Black Mambas sont-elles exposées au danger ? Le danger ne vient pas des animaux, car nous savons exactement quel comportement adopter face aux animaux du bush pour éviter toute situation dangereuse. Quant aux braconniers, ils ne sont pas là pour nous mais pour les animaux. Êtes-vous armées ? Non, pour ne pas porter atteinte à la vie humaine. Avoir à tuer des êtres humains pour protéger la vie THE RED BULLETIN
JULIA GUNTHER
BLACK MAMBAS
Garde rapprochée pour le rhinocéros blanc : Collet Ngobeni (au milieu) et les Black Mambas en patrouille dans la réserve.
animale serait insensé. Si nous avions des armes, nous serions peut-être tentées de nous en servir contre des braconniers, mais après, comment vivre avec cette culpabilité ? Comment pourrais-je m’occuper de mes enfants en sachant que j’ai ôté la vie d’un homme qui est père ou oncle ? Nous ne voulons pas vivre dans une zone de non-droit THE RED BULLETIN
ni avoir des veuves sur la conscience, au sein de nos communautés. Le commerce illégal de corne de rhinocéros dans le Parc National du Kruger cessera-t-il un jour ? Oui, je pense que ça finira par s’arrêter. Les gens qui vivent autour du parc sont nombreux à ne rien savoir de la vie des
animaux à l’intérieur : c’est pour cela que nous consacrons du temps à les informer, surtout les enfants, qui vont à leur tour éduquer leurs parents. Les gens pensent que les animaux sauvages appartiennent aux Blancs, alors que c’est faux : ils n’appartiennent à personne.
blackmambas.org 19
Un futur au fil de l’eau D’ici 2050, le nombre de véhicules polluant les routes aura dépassé les trois milliards. Un Français compte bien y remédier… par la voie des eaux.
Et si le taxi du futur ne volait pas dans les airs, mais au-dessus de l’eau ? Conçues par la start-up française SeaBubbles, ces capsules hydrodynamiques pourraient bien débarquer dans les plus grandes métropoles du monde d’ici quelques années. Les ingénieurs et navigateurs Alain Thébault et Anders Bringdal, fondateurs du projet, espèrent ainsi désengorger les centres-villes en utilisant les cours d’eau qui les traversent. 20
« 92 pour cent de la population mondiale est exposée à un air pollué et le trafic dans les grandes villes est de plus en plus saturé, explique Alain, alors que des villes comme Paris pourraient exploiter davantage leurs voies fluviales. » Le Français est le concepteur de l’Hydroptère, ce trimaran à hydrofoil qui a battu le record de vitesse en mer en 2009 grâce au foil qui lui permet de s’élever au-dessus de l’eau : une techno-
Alain Thébault (à g.) et Anders Bringdal, initiateurs de SeaBubbles.
logie appliquée sur ses SeaBubbles, de petits véhicules électriques, propres, silencieux et rapides, qui frôlent l’eau et peuvent être bookés grâce à une application mobile. « J’avais 20 ans quand j’ai dessiné l’Hydroptère, raconte Thébault, et j’ai parcouru le monde sur ce bateau jusqu’en 2009 où j’ai battu le record du monde de vitesse. Alors, mes trois filles m’ont dit : “N’essaie pas seulement d’être le mec le plus rapide du monde, sois aussi celui qui va aider la prochaine génération.” Je me suis aussitôt mis à dessiner ce qui allait devenir la première Bubble. » Aujourd’hui, la start-up propose son concept à de grandes métropoles en bordure de fleuves ou de lacs : « Si cette idée convainc les populations de délaisser leurs voitures pour utiliser les cours d’eau, elles pourront changer le destin de leur ville, à chaque trajet ». seabubbles.com THE RED BULLETIN
FRANCIS DEMANGE
SEABUBBLES
LOU BOYD
Bulles citadines : les taxis fluviaux de SeaBubbles sont équipés de foils pour aller plus vite.
IGGY POP
Punk 4.0 Le gourou bondissant nous présente quatre petites perles hurlantes qui prouvent que le punk n’est décidément pas mort.
Sleaford Mods
Death Grips
Diät
« En devenant DJ sur la BBC, je me suis intéressé à John Peel (célèbre présentateur de la radio britannique, ndlr) et à sa bio. C’était le mec que la jeunesse anglaise écoutait pour savoir ce qui se passait dans l’underground, alors je m’en suis inspiré. Je passe souvent IDLES, un groupe de Bristol, à l’antenne : ils sont cash et vraiment bons – ça me rappelle un peu mon vieux moi ! »
« Plus tout jeunes, mais à découvrir absolument si vous ne les connaissez pas encore. McFlurry parle de la folie du fast-food en Grande- Bretagne : le clip de la chanson montre une photo de 4 pom-pom girls, dont les uniformes épellent le mot c**t (vilain mot pour désigner le sexe féminin, ndlr). C’est bon, ça ! (rires) Ils ont ce côté affreux, moche et méchant que j’aime bien. »
« C’est un groupe très, très hardcore, originaire de Sacramento en Californie, qui mélange des percus hardcore et électroniques avec de la guitare, et un chanteur complètement taré. Après, si les gens n’aiment pas, vous savez… (rires), rien à foutre, je passe ce que je veux ! Mais je pense que cette musique déjantée peut beaucoup plaire à un certain public. »
« Je lis les critiques des albums et j’écoute des extraits sur le net pour m’en faire une idée. Je me fie aussi aux algorithmes au hasard de mes recherches, ce qui procure parfois de belles surprises. Concernant Diät, je les ai découverts en lisant une critique quelque part : j’ai choisi leur titre Dogshit parce que c’est drôle et complètement dans l’esprit punk. Faites-vous plaisir ! »
Mercedes Marxist (2019)
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McFlurry (2013)
Death Grips is Online (2018)
Dogshit (2019)
THE RED BULLETIN
HARMONY KORINE
IDLES
FLORIAN OBKIRCHER
À la fin des années 60, Iggy Pop entreprend avec son groupe The Stooges de désosser le rock’n’roll pour n’en garder que la substantifique rage, jetant par accident les bases d’une musique nouvelle : le punk. Considéré par beaucoup comme le parrain de ce genre musical, l’Américain, 72 ans dans les gambettes, n’a pourtant jamais cessé d’explorer, comme un gamin curieux, tous les styles et toutes les possibilités – que ce soit en musique, avec un dernier album, Free, qui flirte avec le jazz avant- gardiste, ou au cinéma, où il excelle en zombie dans le dernier Jim Jarmusch, The Dead Don’t Die. Désormais DJ sur BBC Radio 6 Music, il s’est donné pour mission de faire découvrir, chaque semaine, les jeunes artistes qui incarnent à leur façon l’esprit tempétueux de la première génération punk. Voici une sélection de ses chouchous du moment, et leurs morceaux. iggypop.com
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L’art de la persévérance Distances délirantes, dénivelés vertigineux, conditions inhumaines : l’ULTRAFOND est le meilleur moyen d’aller au bout de soi-même. Mais quel besoin d’en arriver là, au juste ? Nous avons posé la question à deux ou trois coureurs à la traîne. Texte ANDREAS WOLLINGER Photos KELVIN TRAUTMAN
Le Comrades Marathon remonte à 1921 : c’était un hommage aux souffrances des soldats de la Première Guerre mondiale.
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« Ça me surprendra toujours, l’effet que peut avoir un simple petit coup de pouce. »
SkyRun 100
Une expérience extrême est une méthode d’apprentissage efficace. En témoigne cette anecdote : Adrian Saffy a aidé une femme sur le point d’abandonner dans une montée à 30 km de l’arrivée. « Un simple petit coup de pouce peut débloquer des forces insoupçonnées. »
Départ : Lady Grey Arrivée : Wartrail C. Club Distance : 100 km Dénivelé : 4 445 m Points de contrôle : 9 Mois : novembre Meilleur temps : 13:23:46 Challenge : une course dans des montagnes isolées skyrun.co.za
Adrian Saffy, 48 ans, gestionnaire d’événements
DÉPART Lady Grey
Afrique du Sud
ARRIVÉE Wartrail Country Club
Louise Clamp avait déjà échoué deux fois à la SkyRun 100. À sa troisième tentative, au bout de 30 heures, elle y était presque, mais sur les 400 derniers mètres, il lui a fallu un peu de soutien pour enfin réussir à franchir la ligne d’arrivée.
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Lors de la 4e étape du TAR 2018, les coureurs sont montés jusqu’au glacier de l’Ötztal. Derrière eux, une superbe vue sur la vallée.
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« Quand on va au bout de soi-même, on oublie tout ce qu’il y a autour. » Rutger Kleemans, 45 ans, avocat
Pourquoi s’infliger toutes ces souffrances ? « Je me dis que j’aimerais bien me retrouver à nouveau dans la peau d’un garçon de 10 ans dont le seul et unique souci dans l’immédiat serait de grimper au sommet d’un arbre. »
DÉPART Oberstdorf
ARRIVÉE Sulden am Ortler
Transalpine Run
de l’Allemagne à l’Italie
Départ : Oberstdorf Arrivée : Sulden Distance : 273,8 km Dénivelé : 16 150 m Étapes : 8 Mois : août/septembre Temps du vainqueur : 28:53:02 sur le parcours de 2018 Challenge : traverser les Alpes au pas de course transalpine-run.com THE RED BULLETIN
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« C’était un tel bouleversement émotionnel. Et puis, tout est sorti d’un coup. » Sylvia Fiedler, 42 ans, physiothérapeute
Elle la redoutait tellement, cette troisième étape, si longue et si difficile. Parce que c’est avec une blessure qu’elle s’était présentée au départ. Et puis, 5 km avant l’arrivée, au ravitaillement, ça a été la révélation : elle y était presque. Alors les larmes sont sorties, entre souffrance et soulagement. Deux jours plus tard, Sylvia a quand même dû abandonner. Mais peu importe. « C’est bien de savoir qu’on est aussi capable de surmonter ses échecs. »
90 kilomètres sur le goudron, c’est une sacrée épreuve pour les muscles et le squelette. Avec l’expérience, Mike n’hésite pas à recourir à des protections sophistiquées.
ARRIVÉE Pietermaritzburg
« Je suis un type lambda. Ce que je fais, tout le monde peut y arriver. » Mike Evered-Hall, 75 ans, retraité
Avec déjà 23 participations à son actif, Mike Evered-Hall fait partie des vétérans du Comrades Marathon. Son secret ? « J’évite tout ce qui est café, nicotine et autres substances nocives, je mange des fruits et des légumes frais, je m’entraîne beaucoup et je dors suffisamment. C’est tout. »
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DÉPART Durban
Comrades Marathon
Afrique du Sud Départ : Durban Arrivée : Pietermaritzburg Distance : 90 km Dénivelé : 1 700 m Points de contrôle : 6 Mois : juin Meilleur temps : 05:26:34 Challenge : la plus ancienne course d’ultrafond du monde comrades.com
C’est une victoire toute personnelle pour Denise Herdien, 58 ans : elle est arrivée à mi-parcours de l’ultra-marathon 17 secondes avant le dernier délai.
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La solitude de la nuit : les coureurs à Lion’s Head, au-dessus du Cap.
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Geraldine van Tromp sur le tronçon le plus difficile de la course, la montée de Hout Bay, à 55 km de l’arrivée. « Mes réserves d’énergie étaient à plat. »
Les adeptes de l’ultrafond sont passés maîtres dans l’art d’anticiper les douleurs. Les pansements sur les mamelons, c’est un grand classique.
Ultra-trail Cape Town Afrique du Sud
« Sentir son corps travailler, c’est presque une expérience spirituelle. » Geraldine van Tromp, 42 ans, ingénieure
Départ/arrivée : Le Cap, Gardens Tech Rugby Club Distance : 100 km Dénivelé : 4 300 m Points de contrôle : 7 Mois : novembre Meilleur temps : 09:51:00 Challenge : des montées et des descentes très raides ultratrailcapetown.com
DÉPART/ ARRIVÉE Le Cap
« C’est facile de s’oublier derrière ses rôles d’épouse, de mère et d’ingénieure. L’ultrafond m’a donné la possibilité de me concentrer uniquement sur moimême, pendant les entraînements et pendant la course. Et au passage, je me suis rendu compte que j’étais bien plus forte que je ne le pensais ». Son temps à l’arrivée : 15 h 48 min 44 sec. THE RED BULLETIN
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« Ça a été aussi dur sur le plan physique que sur le plan mental. » Joseph Chick, 42 ans, travailleur social
Sept ans que Jo Chick espérait décrocher sa participation. Cette année, il était enfin sur la ligne de départ, mais il savait que son vœu le plus cher ne se réaliserait pas : il aurait aimé montrer à ses parents, avant leur mort, ce dont il était capable. « Je ne suis d’aucune confession religieuse, mais je les ai gardés dans mon cœur tout au long des 100 miles, même si ça ne m’a pas vraiment facilité les choses. »
ARRIVÉE Auburn
DÉPART Squaw Valley
Western States 100-Mile Endurance Run Californie , USA
Départ : Squaw Valley Arrivée : Auburn Distance : 161 km Dénivelé : 5 500 m positif, 7 000 m négatif Points de contrôle : 20 Mois : juin Meilleur temps : 14:09:28 Challenge : neige en altitude, chaleur en vallée wser.org
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Terminé ! Sur cette pelouse, les coureurs, ces héros, pansent leurs plaies.
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« FIER D’ÊTRE UN
PIONNIER »
À 37 ans, le Romand MAT REBEAUD est l’un des doyens du motocross freestyle ‒ et le premier à réaliser ses cascades avec une moto électrique. Nous nous entretenons avec lui de curiosité, d’innovation, des tentatives et des échecs, autant d’éléments indispensables à chacun d’entre nous. Texte WERNER JESSNER Photos GIAN PAUL LOZZA
Silent Whip
Ce n’est pas le nom officiel de cette figure où la moto pivote latéralement dans les airs. Le Whip devient silencieux car le bruit du moteur a disparu.
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Autre avantage d’une moto FMX électrique : un centre de gravité bas grâce à la batterie située au niveau des jambes.
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Pourquoi ? Car le bruit et la puanteur nous éloignent de l’essentiel, c’est-à-dire du sport. Le public ne dépense pas son argent parce que cette discipline sent mauvais, mais parce qu’il veut me voir faire des choses apparemment impossibles sur une moto. Pour clarifier : vous cherchiez un avantage personnel et avez, en quelque sorte, changé les règles du jeu ? Au moins, j’y contribue, oui.
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epuis 2003, Mat Rebeaud a atteint le haut du panier mondial dans une discipline particulièrement risquée en matière de blessures. Le Suisse charismatique au large sourire a vu défiler les icônes au cours de sa longue carrière – il est lui-même toujours l’un des innovateurs majeurs de ce sport. Ce père de famille établi à Payerne, près de Fribourg, a décroché le titre de champion du monde, a remporté les Red Bull X-Fighters et obtenu une médaille aux X Games. the red bulletin : À 36 ans, vous avez mis de côté la moto conventionnelle… mat rebeaud : … parce qu’à mon âge, je dois pouvoir m’entraîner plus que les jeunes si je veux être capable de les suivre. Qu’est-ce qui vous a empêché de vous entraîner davantage avec la moto à deux temps ? Ce n’est pas facile en Suisse, car les gens sont importunés par le bruit. Il a donc fallu que je trouve une alternative, et j’ai eu l’idée de me lancer dans l’e-motocross. Quelles ont été les réactions ? Les voisins adorent ma nouvelle bécane ! Je voulais plutôt parler des réactions des autres pilotes. Elles sont contrastées. Certains pensent encore que la mobilité électrique est une idiotie, d’autres estiment que c’est l’avenir. Je comparerais cette évolution au fait de fumer dans les restaurants. Il y a quelque temps, la cigarette était autorisée presque partout. Aujourd’hui, cela nous paraît aberrant. Nous allons prochainement connaître la même évolution dans les sports automobiles : les gens secoueront la tête en pensant à une arène remplie de bruit et de gaz d’échappement.
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Comment mène-t-on une révolution de ce type dans la pratique ? S’agit-il d’apprendre une nouvelle langue pour pouvoir communiquer dans les airs avec l’e-motocross aussi bien qu’avec une moto deux temps ? Vous avez quand même vingt ans d’expérience avec la moto conventionnelle… J’aime cette image. (Il réfléchit.) Ce n’était pas une langue totalement inconnue. Je dirais, pour poursuivre la comparaison, que j’ai dû apprendre un nouveau dialecte. Dois-je entrer dans les détails ? Oui, essayons. Avec un engin standard, vous avez le bruit du moteur, ses vibrations et son rapport comme guides pour adopter la vitesse correcte pendant les sauts. La vitesse constitue le facteur décisif. La moto é lectrique n’offre pas ces éléments, il faut donc se fier uniquement aux informations visuelles. Ça semble logique, mais faisable. Attendez, c’est maintenant que ça se complique : quand vous relâchez l’accélérateur, le moteur électrique s’arrête immédiatement – même quand vous êtes en train de réaliser un saut périlleux. Cela signifie que vous devez vous forcer, aller à l’encontre de votre instinct, et accélérer continuellement en l’air ? Oui, et ce n’est donc pas possible de réaliser des no-hand-tricks. Alors, comment résoudre ce problème ? J’ai dû trouver le bon dosage d’accélération supplémentaire à ajouter en l’air
« Je n’ai pas appris une langue inconnue, mais plutôt un nouveau dialecte.» 41
Êtes-vous un G.O.A.T. ?
pour amorcer une sur-rotation et ainsi me permettre un moment de lâcher-prise. Êtes-vous tombé du ciel ? Bien sûr que oui ! Mais j’ai aussi chuté un nombre incalculable de fois avec la moto conventionnelle. L’innovation ne se concrétise jamais sans échecs. Cela commence avec mon fils de deux ans, qui tombe avec son vélo dans une prairie et finit par m’apprendre une nouvelle cascade pour mes compétitions de freeride. Il faut juste s’assurer que le prix à payer n’est pas disproportionnellement élevé. Un prix trop élevé pour un profit apparemment trop faible : est-ce la raison pour laquelle personne n’a eu l’idée de pratiquer le freestyle avec une moto électrique avant vous ? Peut-être que ça paraît insensé. J’aime essayer des nouveautés, mais ça ne fonctionne pas souvent. Tout le monde connaît ce genre d’expériences. Dans de telles situations, je m’arrête, et je reviens respectueusement à ce qui a fait ses preuves. Avez-vous des exemples concrets ? Quand j’avais vingt ans, j’ai voulu partir en Amérique. C’était mon rêve d’enfant, et j’y ai trouvé des conditions paradisiaques pour le motocross. Mais après quelques mois seulement, j’ai su que je devais rentrer en Suisse, même si la pratique des sports mécaniques y est beaucoup plus difficile. L’atmosphère, les paysages, les amis, le style de vie… tout cela me manquait. En ce qui me concerne, ça ne fonctionne bien qu’ici. Sur cet aspect, je suis très conservateur. Mais en général, vous êtes ouvert à de nouvelles choses, n’est-ce pas ? Oui, mais il est nécessaire que j’y trouve du sens. L’objectif doit être potentiellement valable. Le simple fait d’essayer quelque chose de nouveau pour l’avoir fait ne rime à rien pour moi.
« Le bruit et l’odeur des gaz seront bientôt aussi obsolètes que les fumeurs dans les restaurants. »
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Votre fils de deux ans voit probablement les choses un peu différemment. Haha, oui c’est vrai. Il essaie tout ce qui lui vient à l’esprit, ne serait-ce que pour tester mes réactions. D’habitude, ses efforts ne sont pas orientés vers un but. Du moins, c’est comme ça que je le comprends. Et pourtant ses progrès sont spectaculaires, c’est impressionnant de voir ce dont ce petit gars est déjà capable. La plupart des parents partagent cette expérience. Probablement. Un élément me surprend encore : quand il reproduit mes cascades avec ses petites motos-jouets, il dit encore « broum, broum » comme avec un moteur à essence, au lieu de « zzzzz, zzzzz » comme la moto électrique sur laquelle il me voit à l’entraînement. Mais je pense que ça va bientôt changer. La prochaine génération de freestylers ne conduira plus que des engins électriques. Je suis curieux de savoir comment et à quelle vitesse la situation va évoluer. Pourriez-vous, aujourd’hui, gagner une course aux Red Bull X-Fighters avec une moto électrique ? J’en suis convaincu. Toutes les figures actuellement réalisables avec une moto conventionnelle le sont aussi avec un modèle électrique. Le désavantage viendrait plutôt du fait qu’à mon âge, je ne peux plus faire autant de sauts spectaculaires que les gamins. (rires) Il faudrait trouver une figure réalisable seulement avec une moto électrique… Ça viendra. C’est garanti. J’ai enclenché une révolution. Je ne dis pas qu’à l’avenir, la moto électrique aura l’exclusivité, mais j’ai élargi les règles du jeu. Maintenant, c’est aux autres de relever le défi. Comptez-vous les aider, ou plutôt entretenir votre avantage en matière d’expérience ? On ne prête ni sa moto, ni sa femme, si c’est votre question. Il faut qu’ils découvrent par eux-mêmes ce que je sais déjà. Comment le public a-t-il accueilli ce changement ? Les shows de freestyle riment aussi avec le son, les accélérations à toute vitesse, les virages au limiteur de régime, l’agressivité, et vous, vous arrivez avec votre petit murmure. Il faut donc offrir une toute nouvelle forme de spectacle pour obtenir les faveurs du public. Au début, le public ne se rend pas compte que ma moto est silencieuse. Pour moi,
Mat Rebeaud est-il un pro des nouvelles tendances ? Faisons le test. Voiture électrique : oui ou non ? En gros, oui. Cependant, il n’y a toujours pas de van électrique qui me permette de transporter ma moto. Mais ce n’est qu’une question de temps. Facebook, Instagram, Snapchat, ou quelque chose de plus récent ? Insta. C’est là que j’ai le plus de followers. Et un peu Snapchat. Cinéma ou streaming ? Stream. Portez-vous toujours une montre-bracelet ? Non, j’utilise mon natel pour savoir l’heure. Comment portez-vous le pantalon ? Old school. Je veux dire, assez bas. Vous tenez le coup avec Alexa ? Avec qui ? Monnaie numérique ou francs ? Francs, bien sûr ! Parlez-vous bien le langage jeune : êtes-vous un G.O.A.T. ? (le plus grand de tous les temps,ndlr) Non, je n’ai rien à voir avec les chèvres. Que signifie FR? (for real, ndlr) Ce sont les lettres sur ma plaque d’immatriculation : Fribourg. Les e-sports vous intéressent-ils ? Non. Vos trois émoticônes préférées ?
No-Hand-Backflip
Le luxe de pouvoir enlever les mains du guidon en marche arrière même si le moteur est à l’arrêt et ne s outient pas la rotation : un des grands défis avec la moto électrique.
Backflip NacNac
La combinaison de deux classiques : une jambe est tendue sur la selle alors que le pilote voit le monde à l’envers. Au lieu du coup de gaz qui accompagne habituellement le saut, on n’entend ici qu’un bruit léger de chaîne.
« Si tu es toujours conservateur à 37 ans, c’est que tu t’es trompé quelque part. » le plus grand changement s’est produit quand je me suis élancé dans l’arène. J’entendais toutes les motos des autres concurrents, mais pas la mienne. Plus tard, lorsque vous êtes seul sur la piste, vous devez captiver la foule avec vos figures aériennes. Comme je l’ai déjà dit, le bruit et la puanteur nous sembleront étranges plus rapidement que nous ne le pensons. Êtes-vous fier d’être un pionnier ? Bien sûr ! Je le suis d'autant plus que nous ne sommes qu’au début des FMX électriques. Aujourd’hui, il est donc possible de mettre sur pied des projets irréalisables avec des motos conventionnelles, surtout ici en Suisse. Ça semble intéressant. L’e-mobilité me permet de sortir des arènes de freestyle et de montrer mes talents en plein air. Certains endroits en Suisse s’y prêteraient à merveille, comme s’ils n’attendaient que ça. Jusqu’à présent, nous ne pouvions même pas y songer, mais grâce aux motos électriques, l’intérêt ne cesse de croître et je négocie déjà les approbations. Est qu’il vous manque quelque chose depuis que vous vous êtes réinventé dans ce sport ? Non, sinon je continuerais avec l’ancienne version. C’est là que réside la beauté de l’apprentissage : la nouveauté n’affecte en rien les connaissances passées. Vous ne perdez pas une langue parce que vous en étudiez une nouvelle. L’apprentissage n’a pas de limites. Le passage à l’électrique a-t-il fait de vous un conducteur plus complet ? Je ne crois pas. Mais cela me permet d’être plus assidu et d’entretenir le contact avec les jeunes. Aujourd’hui, j’ai 36 ans… non : déjà 37 ans. Si vous êtes encore conservateur à cet âge et que vous faites ce que vous avez toujours fait, vous finirez écrasé tôt ou tard. Et s’il y a un élément qui n’a pas changé depuis mon enfance, et qui ne changera probablement jamais, c’est que je déteste perdre. Donc si pour éviter les défaites je dois me r éinventer, je le ferai ! 45
L’homme qui ne se s épare jamais de son bonnet incarne parfaitement sa vision. Nous lui rendons hommage d’une façon inhabituelle : avec un tableau.
Heavy helvète Avec sa formation de folk metal Eluveitie, CHRIGEL GLANZMANN a plus de succès sur la scène internationale que tout autre groupe de musique suisse. Comment y est-il parvenu avec un son qui ne fait pas l’unanimité? Il essaie avant tout de ne pas plaire à tout le monde. Texte LUKAS RÜTTIMANN Portrait PASCAL MÖHLMANN
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uit albums studio et trois albums live. Cent millions de clics sur YouTube. 472 000 auditeurs mensuels sur Spotify. 1 500 concerts dans 75 pays, répartis sur les six continents. Scènes de festivals devant 800 000 spectateurs. Apparition dans les charts de dix pays, dont la première place du hit-parade des albums suisses, et présence récurrente dans le Billboard Hot 100. Les chiffres prouvent ce qu’un amateur de musique lambda peine à croire : Eluveitie serait un groupe international de premier plan. S’agirait-il, et de loin, de l’exportation musicale la plus réussie de Suisse ? Qui plus est avec une musique qui allie un chant guttural de heavy metal et, en filigrane, une voix féminine et des instruments folks tels que la cornemuse, la harpe et le bodhrán ? Le chanteur Christian « Chrigel » Glanzmann, un bonnet vissé sur la tête même par temps chaud, fatigué mais satisfait de sa série de festivals d’été, confirme ce genre de réactions en haussant les épaules. Un geste qui semble vouloir dire : « Oui c’est comme ça, beaucoup de gens passent complètement à côté de ce qui n’est pas main-stream. » Pourtant, Eluveitie a suffisamment de fans pour faire vivre neuf personnes à temps plein toute l’année. Leur succès prouve également que tout est possible quand on refuse de faire des compromis. Son leader c harismatique nous dévoile ici sept éléments importants du succès.
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1. Peu importe que l’on vous trouve cool Quand j’étais enfant, je savais déjà que la musique jouerait un rôle important dans ma vie. À l’âge de quatre ans, j’ai insisté pour avoir une guitare. Mes parents ne me prenaient pas très au sérieux, mais ils ont fini par céder. Je suis resté focalisé sur l’instrument et j’ai enfin pu suivre des cours à l’âge de six ans. C’est à cet âge que j’ai découvert la musique hard, grâce à mes frères et sœurs. Enfin, je devrais plutôt dire que j’ai découvert Iron Maiden… J’étais déjà un grand fan de hard à l’école primaire. Je me déguisais en Eddie, la mascotte de Maiden, et bricolais des tacons à son effigie. Je me fichais d’être considéré comme un solitaire ou un freak. Aujourd’hui, je me moque de savoir si on me prend pour quelqu’un de cool ou non. Je n’y pense même pas, je ne ressens plus le besoin de provoquer. Seul l’avis des gens de mon entourage m’importe.
2. Créez votre propre tendance L’Histoire m’a fasciné très tôt. À l’école, j’absorbais tout ce que j’apprenais sur mes ancêtres helvètes. De plus, mon professeur de guitare jouait régulièrement du luth. J’ai donc eu l’idée d’étudier les instruments folkloriques parallèlement à la guitare. Je me suis ensuite rendu plusieurs fois en Irlande, un pays où la musique folklorique est encore bien vivante. Le folk traditionnel est très énergique, pour moi c’est une sorte de heavy metal sans guitares distordues. J’ai donc eu envie de mélanger mes deux styles de musique préférés, même si ça allait à l’encontre de toutes les tendances du moment. J’ai aussi passé beaucoup de temps dans les bibliothèques pour en apprendre davantage sur les Celtes en général, et les Helvètes en particulier, afin d’écrire des textes qui tiennent la route historiquement.
3. Comptez d’abord et avant tout sur vous Il fut extrêmement difficile de trouver des musiciens pour mon projet de groupe. Ceux qui venaient de la scène folklorique étaient en état de choc dès que le son devenait un peu hard. Et chez les metalleux, j’avais l’impression de venir de Mars ! Finalement, j’ai décidé de monter le projet
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tout seul. J’ai composé des chansons et j’ai persuadé des musiciens des deux styles de me soutenir avec des enregistrements en studio. Il fallait également qu’ils acceptent de poser avec moi pour une photo, pour faire croire que j’avais vraiment un groupe. L’EP Vên est sorti en 2003. Je l’ai diffusé moi-même – les réactions enthousiastes en Suisse et en Allemagne ont rapidement été suivies par des demandes de concerts et des offres de la part de maisons de disques. À partir de ce moment-là, c’était beaucoup moins galère de former un groupe.
4. Ne laissez pas la perspective du succès vous éblouir Heureusement, notre maison de disques n’a jamais cherché à pousser Eluveitie sur la scène commerciale – ils nous ont juste laissés faire notre truc. Toutefois, comme nous utilisions des instruments folkloriques, elle voulait que nous nous produisions dans les festivals médiévaux pour attirer un public plus large. Mais j’ai résisté. Les cornes à boire et tous les gadgets médiévaux, ça me fait fuir! Je n’ai jamais, durant toute ma carrière musicale, été tenté de m’adapter ou de me trahir pour avoir potentiellement plus de succès. Ce n’est peut-être pas rentable à court terme, mais ça vaut la peine à long terme, en particulier sur la scène metal, car les fans ont un sens aigu de l’authenticité.
5. Donnez tout, vraiment tout, toujours Quitter mon emploi en librairie et tout miser sur Eluveitie n’a pas été une décision facile à prendre en 2009. Les autres membres du groupe ont aussi eu de la peine à faire le pas. On s’imaginait qu’un jour, la musique pourrait nous rapporter assez d’argent pour que la transition se fasse naturellement. En réalité, le groupe était encore loin de pouvoir nous faire vivre. Mais nous envisagions de longues tournées afin de gagner de nouveaux fans dans le monde entier, et ces déplacements étaient incompatibles avec un travail conventionnel. C’est comme ça : celui qui veut grandir doit être prêt à sacrifier quelque chose. Tout ce qu’il a : l’argent, le temps libre, même les amitiés quand on parle d’une tournée de 250 jours par an.Pendant longtemps, nous n’avons mangé que des pâtes bon marché sans sauce, nous gagnions moins de 500 francs par personne et par mois. Quand je repense à cette époque, je ne sais pas comment nous avons survécu.
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Mais ça a marché. Et aujourd’hui, nous vivons bien, pas vraiment comme des rois, mais grâce à la musique, ce qui était notre rêve.
6. Ne craignez pas de prendre vos responsabilités Au cours des dernières années, nous avons fait face à de nombreux changements au sein du groupe. Je peux tout à fait comprendre qu’à un moment donné on se dise: « Je ne veux plus vivre comme ça, c’est trop épuisant pour moi ». Quand un membre du groupe voulait fonder une famille par exemple, logiquement il ne voulait plus partir en tournée toute l’année. Le fait que nous étions un groupe démocratique a causé beaucoup de tensions. Nous votions sans cesse – quand nous étions 5 contre 4, près de la moitié du groupe était insatisfaite de la décision. Vous ne pouvez pas échapper à la mauvaise humeur quand vous êtes ensemble jour et nuit. Après un big bang, il y a trois ans, qui a conduit au départ simultané de trois membres du groupe, j’ai tiré certaines leçons. Depuis, nous discutons pour essayer de trouver un consensus, et en cas de besoin, je tranche. Je n’aime pas particulièrement le rôle de patron, mais mes collègues musiciens attendent que j’assume cette position. Ils veulent des relations claires, et un leader qui endosse les responsabilités des choix.
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7. Le succès ne ressemble pas à ce que l’on s'imagine L’image que les gens se font de la vie d’une rock star est assez drôle. Ils imaginent des soirées en backstage avec de la drogue et des groupies. La réalité est beaucoup moins glamour : il s’agit d’être sur la route tout le temps, de travailler dur et de prendre tout au plus dix jours de congé par an. Bien sûr que nous avons du succès, nous jouons devant des centaines de milliers de personnes – il faut parfois que je me pince pour y croire. Et les positions dans les charts confirment cet engouement, mais en fait, cela ne signifie pas grand-chose pour moi, personnellement. Ça peut paraître kitsch, mais ce qui me nourrit vraiment, c’est d’être sur scène, et de voir dans les yeux des fans ce que la musique déclenche en eux. La voilà ma définition du succès.
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Échauffement avant le concert à Kammgarn, Schaffhouse.
Grande scène : Download Festival Paris, juin 2017.
Photo de groupe avec les fans, à Anvers.
Eluveitie : heavy metal historique L’Helvétie celtique comme inspiration du chanteur Eluveitie était un nom de famille dans l’Helvétie celtique de l’Antiquité. Traduit littéralement, cela signifie « Moi, l’Helvète ». Le nom du groupe n’est pas le fruit du hasard : le chanteur Chrigel Glanzmann, 44 ans, est un expert autodidacte en études celtiques ; il donne également des cours à l’Université de Zurich. Ses textes sont basés sur l’histoire de la souche helvétique celtique. Il maîtrise plusieurs instruments folkloriques, dont la mandoline, le tin et le low whistle, la cornemuse et le bodhrán. eluveitie.ch
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14 NUANCES DE LETICIA BUFONI Quoi qu’on vous dise à son propos, la skateuse brésilienne vit un rêve. Texte JEN SEE Photos STEVEN LIPPMAN
« Je veux être moimême, pas faire ce qu’on me dit », déclare Leticia Bufoni, ici en photo à Venice Beach (Californie) en avril.
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Bufoni s’est expatriée à Los Angeles à l’âge de 14 ans et, depuis, se débrouille seule aux States.
SON PÈRE ÉTAIT TELLEMENT DÉTERMINÉ À L’EMPÊCHER DE FAIRE DU SKATE QU’IL A SCIÉ SA PLANCHE.
1. COMME LES MECS… ET ALORS ?!
Gamine, Bufoni jouait dans les rues de son São Paulo natal (Brésil) avec les garçons de son quartier. Ils passaient leurs journées à taper dans le ballon, à faire du vélo, mais aussi du skateboard. « J’ai supplié mes parents et ma grand-mère de m’en acheter un, ditelle. C’est comme ça que tout a commencé. » Aussi forte d’esprit à l’époque qu’elle l’est aujourd’hui, Bufoni ne voulait jamais rentrer quand ses parents l’appelaient, ou faire ce que l’on attendait d’elle. Tout ce qui l’intéressait, c’était le skate. « Il n’était pas question que mes parents essaient de me coiffer ou de me mettre une robe, dit-elle. J’étais entourée de mecs, au point que je voulais être comme eux. Et me saper comme un mec. » Son père voyait cela d’un autre œil. « Il ne voulait plus qu’on me traite de garçon manqué ou de lesbienne », raconte-t-elle. Le père de Bufoni était tellement déterminé à l’empêcher de faire du skate qu’il a scié sa planche en deux. Pas grave. Leticia a assemblé des morceaux récupérés chez ses potes pour se constituer une nouvelle planche. « Cela signifiait : “J’adore skater, et je vais continuer ! Ne m’en empêche pas !” »
2. SE BATTRE POUR COMBATTRE
Forcément, son daron ne voulait pas qu’elle fasse de compétitions. Sa première opportunité s’est pourtant présentée à São Paulo et réunissait des filles de tout le Brésil. Un ami qui l’avait vue et qui croyait en son talent soutenait qu’elle méritait une chance. Il a convaincu le père de Bufoni de la laisser participer à la compétition. « Il ne m’avait jamais vraiment vue faire du skate avant cette compétition, dit Bufoni à propos de son père. Quand il m’y a emmenée, il a constaté que j’avais du potentiel. » Dès lors, son père la trimbalait de bon cœur à toutes les compétitions. « Il était devenu mon plus grand supporteur, il m’emmenait au skatepark tous les jours. » Nike sponsorisait ce premier contest à São Paulo. À l’époque, Leticia Bufoni n’imaginait pas que la marque deviendrait l’un de ses sponsors.
3. L.A. : CENTRE DU SKATE ET DU VICE
À l’âge de 14 ans, Bufoni s’est installée à Los Angeles. De chez elle au Brésil, elle voyait la ville californienne comme le centre de l’univers du skateboard. « Tout se passe à Los Angeles, explique-t-elle. Tu skates avec les meilleurs pros et fréquentes les meilleurs skateparks. » L.A. apparaissait constamment dans les vidéos de skate qu’elle regardait obsessionnellement. La plupart des marques les plus importantes étaient également basées ici. « Los Angeles a toujours été un endroit de rêve pour moi », dit-elle. L’attrait de la ville s’est intensifié avec le succès montant de Bufoni. Elle avait gagné en assurance et en expérience, mais se rendait compte que les possibilités de sponsoring, dans sa ville d’origine, restaient limitées. L’année précédant son installation en Californie, Bufoni se demandait si elle pouvait vraiment réussir en tant que skateuse. « Je n’avais pas de sponsors et je me questionnais : est-ce que je persévère ou est-ce que je me concentre sur mes études ? » Bien que son père ait continué à la soutenir, Bufoni craignait que les ressources financières de sa famille s’épuisent. Sa chance d’aller à L.A. s’est présentée en 2007 avec une invitation à participer aux X Games. Son père l’a accompagnée et a couvert les dépenses. Une fois arrivée, Leticia savait qu’elle devait trouver un moyen d’y rester. Sa huitième place dans l’épreuve de street de l’événement laissait entrevoir un avenir prometteur, mais elle devait encore convaincre son paternel qui hésitait à permettre à sa jeune fille de partir si loin de chez elle. Il a finalement cédé. L.A., enfin ! Bufoni a commencé par explorer son nouveau spot, aidée par la photographe Ana Paula Negrão et son propre instinct de survie déjà bien affûté. L’apprentissage de l’anglais a d’abord représenté un défi. C’était vraiment difficile pour quelqu’un qui parlait portugais. Mais son choix de s’expatrier aux USA était le bon. « J’ai trouvé un sponsor chaussures, puis un sponsor sapes. Tout a changé si vite », se souvient-elle, fière d’avoir réussi à éviter les pièges de la ville. « Les fêtes, la came, il y a tout cela à L.A., constamment. À 14 ans, j’arrive ici seule, avec des potes plus âgés, loin des miens. » 53
« LES FÊTES, LA CAME, IL Y A TOUT CELA À LOS ANGELES. À 14 ANS, J’ARRIVE ICI SEULE, LOIN DES MIENS. »
4. MALADE LE JOUR J ? PAS GRAVE !
Pour la séance photo, elle sort une paire de Nike blanches toutes neuves de leur boîte, met son sac à dos YSL sur son épaule et louvoie dans sa 405 entre sa maison à Encino et le skatepark de Venice Beach en passant par Sepulveda Pass, après Sunset Boulevard. Décontractée sur sa planche, ses cheveux fuchsia brillent au soleil. Leticia Bufoni a la crève, mais elle réalise une succession de tricks jusqu’à ce que le photographe, satisfait, ait les bonnes images. Puis commence la longue séance de pose pour obtenir le portrait parfait. Leticia Bufoni a la crève, mais elle s’envole le lendemain pour Las Vegas, comme promis, pour faire une apparition au Palms, hôtel-casino local. Un nouveau club y est inauguré, et Leticia est l’une des célébrités invitées pour ajouter du glamour à la fête. Leticia Bufoni a la crève alors elle prend des médicaments et s’endort… et manque son interview. Elle admet qu’elle est plus à l’aise pour communiquer directement avec ses fans via Instagram que pour se livrer en entretien. Mais son agent lui explique que celui-ci est important. Elle prend donc le téléphone et passe près de deux heures à répondre patiemment aux questions.
Sa passion pour le skate se manifeste dans sa voix lorsqu’elle parle de la compétition et des défis que le sport lui présente. Elle rit lorsqu’elle raconte des histoires où elle se joue des vigiles alors qu’elle tourne des vidéos sur des spots interdits, et les conséquences parfois surréalistes de sa vie très médiatisée.
5. LES SPONSORS… UN DRAME
En grandissant, Bufoni était la seule skateuse de son quartier. Les gens la traitaient de lesbienne et de garçon manqué parce qu’elle ne se conformait pas à leurs idées de ce qu’une fille doit faire. Elle les a ignorés. Le skate était devenu sa passion et elle n’était pas près de lâcher prise. Lorsqu’elle a commencé à remporter des compétitions et à chercher des sponsors, elle s’est heurtée à une résistance bien connue : les marques de skateboard ne sponsorisaient tout simplement pas les femmes. « Il était très difficile de trouver une marque qui veuille bien me sponsoriser. »
Représentant le Brésil, Leticia Bufoni a remporté dix médailles au total lors des X Games.
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Elle se souvient d’une marque qui lui a promis monts et merveilles pendant trois ans et qui a fini par la laisser tomber sans rien lui offrir. Même scénario avec une autre marque. « À ce moment-là, vous savez ce que je me suis dit ? Puisque ces types ne veulent pas me soutenir, je vais créer ma propre entreprise. » Bufoni était prête à lancer sa propre marque de skate lorsque Plan B lui a offert un contrat. Plan B a sponsorisé certains des plus grands noms du skate masculin et Bufoni est la première femme sponsorisée par la marque.
La carrière de Leticia va bien au-delà d’un véritable fossé générationnel dans le skate féminin. Il y a moins d’obstacles aujourd’hui pour les adolescentes qui se lancent dans le skate. « Ça a beaucoup changé », poursuit Bufoni, qui a maintenant 26 ans. Bien qu’elle ne se sente pas forcément à l’aise dans ce rôle de modèle, il faut bien admettre que Leticia en est un pour les jeunes skateuses. « À l’époque, j’étais l’une des rares nanas à recevoir un salaire. Maintenant, beaucoup de marques ont accueilli des femmes dans leurs teams. »
6. SKATEBOARDING IS NOT A CRIME
Le street (skate de rue) a développé sa propre géographie. Alors qu’elle zone en bagnole à L.A., Bufoni cherche constamment des spots pour faire du skate. Elle déclare : « J’ai l’œil du skateur pour tout », comme pour ces mains courantes en métal qui ont la hauteur parfaite pour les boardslides. Dans les yeux d’un skateur, la cour d’une école américaine est un domaine à part. « On ne trouve nulle part ailleurs des cours d’école comme ici, à Los Angeles. » Des escaliers parfaits pour sauter, des tables de pique-nique pour les tailslides, et des rampes d’accès parfaites pour se lancer dans des tricks idéalement documentés en vidéo. Le problème, c’est que de nombreux spots de skate sont dissimulés derrière des entrées verrouillées, ou sur des propriétés privées. Pour les skateurs de street pros, éviter les vigiles fait partie du job. « L’autre jour, nous avons roulé une heure pour nous rendre à un endroit, et une fois arrivés, la sécurité est arrivée et nous a expulsés », dit Bufoni amèrement. Il a fallu changer de spot, soit des heures de conduite.
« LE SKATE, J’AIME TROP ÇA. QUAND JE ME BLESSE, TOUT CE QUE JE VEUX, C’EST Y RETOURNER ! »
« J’ai l’œil du skateur pour tout », dit celle qui adore rider dans les cours d’école (quand les kids n’y sont plus).
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« LETICIA EST UNE ACHARNÉE, ELLE A BEAUCOUP DE TALENT. JE SUIS UN GRAND FAN ! » RYAN SHECKLER
En général, les vigiles sont calmes et demandent à Bufoni et à ses potes de partir. « Mais parfois, ils pètent les plombs et en viennent aux mains ». A-t-elle déjà été arrêtée ? « Dieu merci, non », dit-elle en se marrant.
7. COMBIEN DE FRACTURES...
Leticia a subi quatre, cinq interventions chirurgicales – elle ne se souvient plus très bien. Cinq fractures. Lors d’une compétition en 2014, la skateuse est tombée pendant son dernier run, alors qu’elle tentait de passer de la deuxième à la première place. Tandis que sa famille la suivait depuis le Brésil, elle a subi une commotion cérébrale en direct à la télévision. Pourtant, le risque ne la dissuade pas. Elle fait du parachutisme pour s’amuser parce qu’elle aime la montée d’adrénaline qui accompagne la peur et elle ne va pas arrêter le skate de sitôt. « Je ne me suis encore jamais dit : “Je vais arrêter, je ne peux plus continuer.”, Le skate, j’aime trop ça. Quand je me blesse, tout ce que je veux, c’est y retourner immédiatement ! »
8. ACHARNEMENT ET TALENT
Pour comprendre ce qui distingue Bufoni des autres skateuses, écoutez ce qu’en dit Ryan Sheckler, légende du skate : « Leticia est une acharnée, raconte le triple médaillé d’or des X Games. Elle a beaucoup de talent. Je suis un grand fan. Quand elle veut apprendre une figure, elle s’y met. Elle a du style. C’est ce qui est vraiment attrayant dans sa manière de faire du skate. Elle est très à l’aise sur une planche. C’est amusant de la voir rider. Si elle persévère, elle n’a pas de limite. »
9. INSTA RÉALITÉ, SA RÉALITÉ !
Parcourez le compte Instagram de Bufoni ; c’est un monde glamour qui semble bien loin des rudes réalités du skate de rue. Elle skate à travers le Palms, le décor luxueux de l’hôtel de Vegas s’offrant à elle tel une scène. Elle pose aussi pour Sephora, se dirige vers la plage pour une séance de surf en bikini et sort le grand jeu pour une soirée chic en ville. L’effet d’ensemble est vertigineux, des vidéos de skate aux soirées, et vice-versa. Bufoni gère elle-même son compte Instagram et affirme qu’elle y poste généralement de nombreuses images non filtrées de sa vie quotidienne. « J’ai toujours voulu gérer moi-même tous mes réseaux sociaux afin que les gens voient avec mes yeux et entendent ma voix. Je veux être moi-même, je ne veux pas faire ce qu’on me demande. » Tout comme 58
elle s’entêtait à résister aux efforts de ses parents pour mettre fin à son histoire d’amour avec le skate, Bufoni suit avec détermination son instinct lorsqu’elle façonne son profil public. Instagram offre un moyen de communiquer son identité à sa façon. « Si ça me plaît, je me fiche que les autres aiment ou non, vous comprenez ? » Leticia Bufoni a plus de 2 millions d’abonnés sur son compte et sa portée s’étend bien au-delà du skateboard. Elle n’est plus surprise quand des enfants du skatepark lui demandent un selfie. « Les gens sont là parce qu’ils skatent, alors ils me connaissent. » Mais elle ne s’est toujours pas habituée à se faire aborder au centre commercial pour une photo. « Est-ce qu’ils connaissent un peu le skate, ou m’ont juste reconnue par les réseaux sociaux ? » Si Leticia s’est habituée à l’attention que lui vaut sa popularité, elle la laisse tout de même perplexe.
10. UN AIGLE TATOUÉ
Le mot trouble (qui signifie « ennui, problème » en anglais) est inscrit sur son tatouage le long de sa main droite. Elle dit que c’est parce qu’elle est constamment confrontée à des emmerdes. Un contrepoint : les tatouages sur ses doigts forment le mot hope, espoir. La Brésilienne s’est aussi fait encrer des crânes, le numéro 13 (elle est née un 13 avril) et un avion, car elle voyage sans cesse. Un aigle portant un skateboard dans ses serres couvre son bras. « Mon père a le même aigle. Il se l’est fait tatouer juste avant que je déménage à L.A. et m’a dit : “Bonne chance, Leticia.” »
11. « JE SUIS UNE VIOQUE »
Son compte Instagram peut ressembler à une fête sans fin, mais Leticia Bufoni dit qu’elle aime se coucher tôt. « Je suis un peu comme une vioque », dit-elle en riant. Forcément, le fait de s’endormir tôt lui permet d’en faire plus chaque jour – du skate aux séances d’entraînement, de la gym au shopping. Il y a environ trois ans, Bufoni a arrêté de boire. « Je voulais mener une vie plus saine. C’est marrant de boire, mais le lendemain, on se sent comme de la merde. » Elle ne s’en tiendra peut-être pas toujours au régime sec, mais c’est une autre façon pour elle d’essayer de concilier les attraits d’une vie mondaine avec la discipline qu’elle s’impose pour rester au plus haut niveau. Au lieu de la scène clubbing, Bufoni préfère les festivals de musique et elle attend chaque année celui de Coachella avec impatience. (Skateurs hardcore, si jamais vous êtes toujours là, passez
Ă€ 26 ans, Leticia Bufoni est une skateuse professionnelle qui vit de sa passion pour la planche.
Bien que sa qualification ne soit pas acquise, elle veut honorer le Brésil aux JO de 2020 à Tokyo.
votre chemin !) Ce festival est devenu un événement incontournable pour la Californienne d’adoption et l’occasion rêvée de parcourir les boutiques de fringues. « J’aime faire du shopping sur Melrose, dit-elle. Il y a des petits magasins qui ont des trucs pour les festivals. Des trucs dingues. » Lors d’un récent festival EDM à Miami, elle portait un licou lavande avec un short assorti et une jupe translucide et fluide. Ses cheveux rose vif contrastent parfaitement avec sa manucure rose pâle. (On vous avait prévenus.)
12. AVOCADO TOAST ET IN-N-OUT
Quand elle est chez elle, Bufoni, en bonne girl de Los Angeles, suit un régime principalement végétalien. Chaque fois qu’elle voyage pour skater, elle a envie de ses plats préférés, de toasts à l’avocat et de jus vert. « Dès que je parle de nourriture, je suis grillée. Les gens captent direct d’où je viens… », rit-elle. De temps en temps, elle s’offre un fast-food californien classique, et se pointe dans un In-N-Out Burger. « De L.A., j’adore tout ! La nourriture, tout ! »
13. TOKYO AU BOUT DU RUN
Avec les JO de Tokyo 2020 qui se pointent à grand pas, le skate évolue. Pour les skateurs de street, leurs racines sont profondément ancrées dans les quartiers et les parks où ils ont évolué en skatant entre potes. Aujourd’hui, leur mode de vie underground et libre est devenu un sport avec des programmes de mise en forme et des séances d’entraînement en salle. Aux JO, ils porteront l’uniforme d’une équipe nationale. Pour Bufoni, le changement n’a pas entraîné une modification importante de son approche. « Je m’entraînais déjà à la gym et j’avais une bonne alimentation. » Et elle est optimiste quant à la montée en puissance de cette pratique. « Cela va apporter plus d’opportunités dans le monde du skate. » Bufoni a néanmoins l’impression que quelque chose est en train de se perdre. « J’ai la sensation que les jeunes
ne pensent à devenir des skateurs professionnels que pour le fric et la gloire. Quand j’ai commencé, je faisais du skate parce que le skate, c’était génial, et c’était ce qui me motivait le plus. » Elle voit dans sa planche un mode de vie plutôt qu’un sport. Être dans la rue, rider toute la journée, explorer des spots avec ses amis, se faire virer des cours d’école et des parkings. Elle a vu dans le skate un mode de vie et une culture auxquels elle voulait se dédier, et y consacrer sa vie. Cela ne veut pas dire qu’elle n’aime pas la compétition. « Chaque fois que je participe à un contest, je veux gagner, dit Bufoni. Beaucoup de riders aiment se pointer sur une compétition, mais finalement, ils s’en fichent, ils viennent juste pour s’amuser. » Bufoni admet qu’elle est encore nerveuse avant de se lancer. « Je rêve de la compétition qui va venir. Et chaque fois que je visualise mon run dans ma tête, mon cœur se met à battre et je deviens super nerveuse. » Lors des événements, la Brésilienne est tellement concentrée sur le moment, que souvent, elle ne se souvient pas de ses runs une fois les compétitions terminées. La chance de représenter son pays aux Jeux olympiques dépasse tout ce que Bufoni a jamais imaginé. « Tous les athlètes rêvent de participer aux Jeux olympiques. Je veux seulement remporter la première médaille. » Avec une armoire remplie de trophées, une médaille olympique ferait de Bufoni l’une des athlètes les plus titrées du skate.
14. VIVRE POUR CE QUE L’ON AIME
« Je vis vraiment un rêve, déclare-t-elle. J’y pense tous les jours. Avoir ma propre maison, mon propre skatepark, ma propre voiture. C’est super. Partout où je vais, où je voyage, tous les gens que je rencontre, c’est passionnant. Parfois, je me demande si c’est réel. C’est une vie vraiment folle. J’aime ce que je fais, et je veux juste être moi-même. » Instagram : @leticiabufoni
« BEAUCOUP DE RIDERS AIMENT SE POINTER SUR UN CONTEST, MAIS ILS VIENNENT JUSTE POUR S’AMUSER. »
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Depuis que My Van Le, 34 ans, vend de la mode vintage et produit du contenu pour des boîtes privées et des artistes, l’ennui au travail lui est étranger. Voici ses conseils pour réussir la transition passion-carrière. 00:18
Ce que vous vendez doit plaire avant tout à… vous ! Au début, je ne vendais que ce qui me convenait. À l’époque, c’était la mode sportive des années 1990. Parce que j’ai grandi avec elle, c’était exactement mon style. Depuis que c’est devenu une entreprise, je réponds à la demande de mode haut de gamme, mais je dois quand même l’aimer. La sélection exige d’être sensible et réceptif aux goûts d’un public aussi large que possible sans se trahir soimême. Et c’est exactement ce que je pense du contenu que je produis pour les compagnies et les artistes. Tout d’abord, je demande ce que le client veut et qui est son groupe cible. Puis je me pose la question : comment est-ce que j’aimerais voir présenté ce produit ? Quelle production m’inspirerait ? Je ne suis jamais aussi convaincante que lorsque je suis moi-même séduite et convaincue !
Faire de l’argent ne devrait pas être la priorité
Optez pour des coopérations qui profitent à tous
Je ne me pas suis pas réveillée un matin avec un business plan infaillible : traquer la mode vintage exclusive sur Internet, la vendre via une boutique en ligne et produire du contenu pour les médias sociaux comme deuxième pilier. Non, ça c est passé comme ça : j’ai toujours adoré chiner des articles de mode rares, dégoter des vêtements que personne d’autre en Suisse ne peut trouver. Et j’aime parler photo, vidéo et musique et inspirer les followers sur les médias sociaux. Pendant des années, on m’a demandé pourquoi je n’en faisais pas une entreprise… En 2014, j’ai lancé ma propre marque de mode vintage, Van Lo. Trois ans plus tard, je quittai mon emploi de bureau. Ce que je fais, je le ferais même si je ne recevais pas un centime en retour. C’est la recette de mon succès et de mon bonheur.
Ce n’est pas tellement ce que vous vendez qui compte, mais la façon dont vous valorisez et commercialisez vos produits. Sauf qu’on en oublie le facteur humain. Ce que je veux dire par là, c’est que les acheteurs ne s’identifient pas aux produits mais aux personnes qui les utilisent. C’est pourquoi ma 03:07 devise est « people over product » (la personne avant le produit). Dès le début, j’ai mis l’accent sur des artistes urbains qui correspondent à ma mode vintage et font la promotion de la marque avec leur style de vie, d’une manière authentique et sympathique. Cette démarche, pour moi, c’est bien plus que de la pub. J’entretiens une Dans mon métier, mon outil le plus imrelation privilégiée avec tous les artistes portant, c’est l’intuition. Il peut encore et crée avec eux un concept visuel qu’ils y avoir beaucoup d’équations difficiles sont libres d’utiliser pour l’auto-promotion. Une situation gagnant-gagnant à résoudre sur la table. C’est mon instinct qui décidera quel vêtement je vais dont les chanteuses Priya Ragu et inclure dans mon assortiment ou quelle Naomi Lareine ont également pu bénéficier avant de faire leur grande percée musique prendre pour accompagner médiatique. une vidéo behind the scene. Aucun cours
Un mentor, c’est quelqu’un qu’on se choisit
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THE RED BULLETIN
NINA TREML
Fais ce qu’il te plaît !
DON N EZ DU ST YL E À VOTRE VIE !
NORA NUSSBAUMER PHOTOGRAPHY
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ne vous apprend cela, il faut développer une certaine sensibilité et être à son écoute. J’ai évolué en apprenant de modèles très inspirants. Pionniers du street wear, stylistes, photographes, cinéastes… autant de personnes que je continue de suivre sur le web et dont le style et la façon de raconter des histoires m’apportent beaucoup, même si leur métier est différent. Je dis toujours que l’on n’a pas besoin de mentors pour nous tenir la main. Vous pouvez tout trouver ce qu’il vous faut sur le web et l’interpréter de la manière qui vous convient le mieux.
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Soyez déterminé mais ouvert
« Si j’ai pensé à abandonner ? Pas qu’une fois, des milliers de fois ! Mais jamais vraiment sérieusement. » My Van Le
Une entreprise avec du style
My Van Le a quitté son emploi de bureau pour ouvrir une boutique en ligne de mode vintage. Via sa boutique en ligne, elle vend des vêtements sportifs rares à trouver en Suisse et dans toute l’Europe. Cette Suissesse d’origine vietnamienne de 34 ans est ancrée dans la culture hip-hop comme en témoignent ses nombreux projets en tant que productrice de contenu pour les médias sociaux : on retrouve parmi ses clients les chanteuses Priya Ragu, Naomi Lareine et Danitsa, le rappeur Jamal, mais aussi des danseuses comme Stylez C, Diablo Premier ou Perla Perlson. vanloshop.com
Ai-je déjà pensé à abandonner ? Pas qu’une fois, des milliers de fois ! Mais jamais vraiment sérieusement, parce que peu importe les déceptions et les revers financiers, je ne renoncerai pas à cause des difficultés. Chiner et entretenir une collaboration étroite avec les artistes, ça c’est moi, c’est mon identité. De ce point de vue, je suis très persévérante, et c’est justement cela qui a payé. Van Lo n’était qu’un début. En 2017, un studio de fitness m’a contacté. Ils m’ont expliqué qu’ils appréciaient tellement la manière dont je commercialisais ma marque vintage qu’ils souhaitaient que je fasse de même avec eux. Cela m’a permis de diriger leur production de contenu de manière professionnelle. Faites confiance au timing de votre vie ! Car quand vous emprunterez une avenue, les portes s’ouvriront là où vous vous y attendez le moins.
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Produire des tubes pour Lady Gaga, Bruno Mars, Amy Winehouse ou Miley Cyrus a fait de l’Anglais MARK RONSON une pop star à part entière. Le musicien londonien nous révèle ici ce qui fait de ses chansons des guerrières, à quel point son insécurité est son moteur créatif et pourquoi son nouvel album, Late Night Feelings, ne pouvait pas être une redite. Texte MARCEL ANDERS 64
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« Mes chansons sont des petits soldats »
Ronson attaque son LP Uptown Special au plus mal, mais en sort un tube mondial.
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C’
est un faiseur de rois et reines des temps modernes : Mark Ronson a donné à Amy Winehouse le son rétro-soul qui a fait de Back to Black (2006) un album culte ; il a fait de Bruno Mars une superstar en lui offrant la chanson qu’il avait composée, Uptown Funk (2014), devenue l’un des singles les plus vendus de tous les temps ; et plus tôt cette année, le producteur, guitariste, DJ et chanteur de 43 ans a reçu un Academy Award, un Golden Globe Award et un Grammy Award pour sa participation à la composition de la chanson Shallow du film A Star Is Born avec Lady Gaga. Mais le fait qu’il soit l’un des producteurs les plus célèbres du XXIe siècle n’a pas guéri Ronson de son manque de confiance en lui. Pour le Londonien, l’insécurité est au contraire essentielle pour faire ressortir le meilleur de son potentiel créatif.
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the red bulletin : Vous êtes l’une des personnalités les plus célèbres de la scène musicale. Et pourtant, la rumeur dit que vous craignez la déprime après chaque nouvel album. Est-ce vrai ? mark ronson : Oui. C’est une préoccupation constante parce que la musique est la seule chose que je sache vraiment faire. En 2015, quand je me suis mis à travailler à mon album Uptown Special, j’étais au creux de la vague dans ma c arrière sur le plan commercial.
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« Je me suis évanoui au studio parce que je tenais tellement à ce que l’album soit parfait. »
Mais c’était une bonne chose parce que cela m’a obligé à travailler encore plus dur, cela a mis mon perfectionnisme à l’épreuve. Le fait que Bruno Mars soit un perfectionniste lui aussi, et qu’il soit le dernier à quitter le studio à 7 heures du matin, a bien aidé. Sur ce disque, vous avez réalisé avec lui l’un des singles les plus populaires de tous les temps. De quoi faire retomber la pression ? Évidemment, le succès de ce titre, Uptown Funk, m’a rassuré et m’a donné un peu de confiance en ce que je faisais. Puis il faut recommencer à zéro. Je me suis vraiment demandé : « Qu’est-ce que je peux faire après Uptown Funk ? » C’était un peu flippant au début. Mais quand j’ai commencé à travailler sur le nouvel album, Late Night Feelings, j’ai réalisé que je faisais un album très ouvert et très honnête sur le plan émotionnel et que le résultat ne serait pas comme Uptown Funk. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « Je ne peux plus revenir là-dessus. Ça, c’est ce que je faisais hier et aujourd’hui, c’est autre chose qui m’anime. » Apparemment, vous vous êtes évanoui et avez vomi en enregistrant Uptown Special. Est-ce que cela s’est produit de nouveau pendant que vous travailliez sur le dernier album ? La raison pour laquelle j’ai vomi et me suis évanoui le dernier jour de l’enregistrement d’Uptown Special, alors que j’essayais de bien gérer mes parties de guitare, c’est parce que je tenais à ce que cela soit parfait. En ce sens, ça a été la même chose avec ce nouvel album. Ma musique, même si elle évoque d’autres époques tout comme les chansons que j’ai faites et qui ont du succès, ne ressemble à rien de ce que l’on entend à la radio au moment où ces chansons sortent. 67
« Aujourd’hui, trop d'artistes se vantent de composer des chansons rapidement. »
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aussi bien préparées que possible. Parce qu’aujourd’hui encore, j’ai un ego et de la fierté, et que je veux toujours être sûr que mes petits trucs peuvent obtenir du succès.
Mark et Lykke Li, la Suédoise que l’on retrouve sur son track Late Night Feelings.
Ainsi, qu’il s’agisse des titres Valerie, Uptown Funk ou Locked Out of Heaven, elles sont toutes un peu particulières. Il y a donc toujours une possibilité que le public n’adhère pas.
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Qu’est-ce qui fait que des chansons marchent ? Est-ce que c’est l’amour supplémentaire que vous leur donnez ? Diriez-vous qu’une chanson est aussi bonne que ce que vous êtes prêt à y investir ? Absolument. L’art de qualité, ça ne sort pas de nulle part. Ça ne s’est jamais fait. Je pense qu’il faut souffrir pour créer. Du moins, c’est le cas pour moi. Et il faut donner à sa création le temps de s’épanouir et de grandir.
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Qu’en est-il de ceux qui prétendent avoir composé une chanson à succès en quelques minutes seulement ? Ils se la pètent ? Bien sûr. Aujourd’hui, trop d’artistes se vantent de composer des chansons rapidement. Mais globalement, la qualité a baissé au point que les chansons ne sont que correctes, sans plus. Elles sont à un niveau où je me sentirais mal à l’aise s’il s’agissait de ma propre musique. Cela dit, il y a des gens très talentueux qui y parviennent : Amy, par exemple, avait composé Back To Black en une heure, il me semble ; la chanteuse Sia a la réputation d’entendre un instrument et de composer une chanson sur le champ. Et si la chanson ne vient pas en vingt minutes, elle sait qu’elle n’est pas bonne.
« Partir à la guerre, c’est aller sur Spotify, monter dans les charts et passer à la radio. » Et c’est comment pour vous ? Souvent, l’idée de la chanson me vient assez rapidement. Ce qui prend tant de temps, ce sont toutes les choses que j’ajoute par la suite. Comme je le disais, mes chansons ne ressemblent pas aux tubes du moment. Mais je veux qu’elles deviennent des tubes, je veux leur donner cette possibilité. Je veux qu’elles passent à la radio. Je les considère comme des petits soldats qui partent en guerre. … des petits soldats ? Ce que j’entends par « partir en guerre », c’est aller sur Spotify, monter dans les charts, passer à la radio et rivaliser avec Calvin Harris, Benny Blanco et les autres. Je peux prendre ces soldats, qui sont très sensibles, et les revêtir d’une armure. Peut-être que je n’y ai mis qu’un truc sur le kick drum ou un petit son électro dans le refrain. Que des petits trucs qui rendent les chansons modernes. Je ne peux pas les forcer à gagner mais je peux au moins faire le maximum pour m’assurer de les avoir envoyées dans la bataille
Vous sentez-vous vraiment déconnecté de la musique pop d’aujourd’hui ? Est-ce parce qu’il y a tant d’exigences sonores pour que les titres soient poussés par les plateformes de streaming ? Même à l’époque où la radio dominait, c’était comme si plus une chanson couvrait de genres, plus elle allait avoir du succès. Si vous aviez une chanson qui était un titre pop intégrant des éléments de R’n’B et de hip-hop, vous aviez la chance d’attirer un plus grand succès parce qu’elle allait être diffusée par un grand nombre de stations de radio différentes. Avec Spotify et les playlists Apple Music, c’est un peu la même chose. Si vous avez une chanson qui incorpore des éléments de genres différents, elle correspondra à plusieurs playlists. C’est comme ça que ça marche. Cela dit, je ne changerai jamais une chanson ou n’en ferai jamais quelque chose d’autre que ce qu’elle est, mais je suis très heureux d’aimer faire tout ce que je peux pour m’assurer qu’elle ait au moins une chance, vous voyez ? … dit l’homme qui a récemment remporté plusieurs prix pour Shallow, un duo avec Lady Gaga et Bradley C ooper qui a lancé une nouvelle tendance vers un son plus roots et plus épuré dans la musique pop... Je n’ai rien inventé, vraiment. Lady Gaga a eu l’idée du refrain et des paroles, Andrew Wyatt et Anthony Rossomando ont pensé la partie de guitare, et Bradley C ooper a suggéré de l’enregistrer en duo. En gros, je suis resté là et je les ai laissés faire ce qu’ils voulaient. Vous êtes bien modeste... D’accord, j’ai peut-être apporté ma touche ici ou là, mais mon travail en tant que producteur n’est pas tant de créer que d’aider les artistes à donner vie à leur vision.
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PARTIS FAIRE UN TOUR
Le train-train quotidien loin derrière, un moteur qui ronronne sous le capot, et droit devant soi, la liberté : ils sont de plus en plus nombreux à réorganiser leur vie autour d’un van. Huit adeptes de la VANLIFE nous racontent ce qui les anime et ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
Des expériences de vie authentiques : Rebecca et Gary (page 72) roulent vers de nouvelles destinations de rêve au nord de Brisbane, en Australie.
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WE WHO ROAM
Texte ANNE BACKHAUS
Il et elle vous donnent la recette pour un festin dans une micro-cuisine.
Elle vous conduit à la découverte de trois sites extraordinaires.
Il vous e xplique à quoi veiller dans l’aménagement de votre van.
Il et elle racontent comment gagner sa vie sur la route.
Il et elle vous aident pour les préparatifs afin de partir vraiment.
Rebecca Winther (31 ans) et Gary Swift (31 ans), We Who Roam
Susi Cruz (26 ans), Susi Cruz
Paul Nitzschke (31 ans), Passport Diary
Sebastian Santabarbara (29 ans) et Rose Andrews (22 ans), Vincent Vanlife
Sven Schulte-Rummel (41 ans) et Stefanie Chemnitz (41 ans), 100 borders
LES AMOUREUX DE LA VIE
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REBECCA WINTHER ET GARY SWIFT
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Modèle Mercedes Sprinter 315 CDI à toit surélevé Année 2008 Kilométrage
555 000
Cylindrée
2 148 cm³
Puissance
150 chevaux
Carburant Diesel Signe particulier une tringle à vêtements cachée dans le placard sous la cuisine
partenaire Avant, j’arrivais mieux à camoufler ma maladresse… par exemple. Mais on est ensemble H24 ! Ce qui est vraiment incroyable, c’est tout ce que nous vivons ensemble. En Tasmanie, nous avons tous les deux vu et expérimenté la neige pour la première fois ! Un beau matin, tout autour de nous était blanc. Cela peut sembler banal à un Européen, mais pour nous c’était magique de marcher dans cette neige immaculée qui crissait sous nos pieds. Ce genre d’expérience rapproche bien plus qu’une maison.
La vue imprenable aide à dissiper les chamailleries du quotidien.
JOHANNES LANG
C
ela fait douze ans que nous sommes en couple, et nous avons toujours mené la belle vie. Mais le plus beau, c’est d’avoir évolué ensemble. Nous sommes différents depuis que nous avons démissionné, et avons largué les amarres. C’était il y a un peu plus d’un an. Nous sommes retournés à Melbourne (Australie) pour un mariage il y a peu, mais très vite, nous avons éprouvé le besoin de reprendre la route. Nous ne sommes pourtant ni fous ni originaux. C’est l’appel de la liberté. Notre van est un cocon chaleureux et un foyer dans lequel on aime se replier. Parfois, on paresse au lit en matant des séries télé. Et comme chaque couple, on se chamaille toujours pour savoir qui doit faire son tour de vaisselle. Car voyager ensemble, c’est découvrir de nouvelles facettes de son
LE VAN
WE WHO ROAM
Installés devant un feu de camp en observant la neige pour la première fois : grâce à leur van, Rebecca et Gary sont partis à la découverte du monde et d’eux-mêmes.
Instagram : @we_who_roam THE RED BULLETIN
PRÉPARER UN FESTIN SUR LA ROUTE Des raviolis en boîte sur un réchaud à gaz ? Très peu pour les vanlifers. Ils se surpassent mutuellement avec des recettes pour lesquelles une casserole suffit. Rebecca nous livre la recette de son plat préféré.
Pour un bon feu, mettre les bûches debout les unes contres les autres .
Trois basiques pour votre cuisine sur quatre roues Utilisez des ingrédients qui peuvent servir pour de différents plats. Cela fait faire des économie coté porte-monnaie et côté espace ! Dans le van, nous préparons surtout des plats végétariens, c’est encore plus simple.
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Une bonne aération est essentielle. Lorsque nous cuisinons dans le van, nous ouvrons les portières et branchons le ventilateur à fond. Parfois, nous sortons les plaques électriques pour cuisiner à l’air libre sur une table.
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Préparez toujours un peu plus que nécessaire. Souvent, nous cuisinons à l’avance pour deux ou trois jours. C’est beaucoup plus simple de r échauffer un plat que de se lancer dans une préparation complète. Et cela signifie aussi qu’il reste plus de temps pour les activités et pour profiter de ce qui nous attend sur la route !
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Curry de l’Inde du Sud Faire chauffer l’huile dans une casserole. Y faire dorer les oignons, ajouter l’ail et le gingembre. Ajouter la coriandre, le cumin et le curcuma. Faire revenir, délayer avec le concentré de tomate. Porter à ébullition avec le bouillon de légumes, le lait de coco et la cannelle. Faire frémir dix minutes. Ajouter le chou-fleur, les patates douces, les tomates et les carottes, porter à ébullition. Réduire la température, laisser frémir vingt minutes. Rajouter les poix chiches, les épinards, le jus de citron vert et du sel. Servir avec du pain naan à l’ail. Miam ! INGRÉDIENTS 2 cc d’huile d’olive 1 oignon 4 gousses d’ail 1 cc de gingembre 1 cc de cumin 2 cc de coriandre 4 cc de curcuma 1 cc de concentré de tomate 1 tasse de lait de coco
2 tasses de bouillon de légumes 1 petit chou-fleur 400 g de patates douces 2 tomates 2 carottes 1 boîte de pois chiches 1 sachet d’épinards frais 2 cc de jus de citron vert * cc = cuillère à café
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LA FIANCÉE DU VENT
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SUSI CRUZ
Elle veut rouler jusqu’à avoir vu le monde entier : pendant son voyage, Susi de Düsseldorf dépasse ses limites – surtout lors de situations critiques.
LE VAN
Modèle Volkswagen T3 Transporter Année 1989 Kilométrage
Puissance 69 chevaux Carburant Diesel
la route illico et ai appelé un ami. On a discuté toute la nuit au téléphone, jusqu’à ce que j’arrive à la frontière. Mais la plupart du temps, je me sens en sécurité, même en tant que femme voyageant seule. Au Portugal, il y a quelques mois, j’ai quitté un grand amour. C’était très dur, mais je ne veux pas regretter un jour d’avoir abandonné mon tour du monde. J’ai l’intention d’aller jusqu’en Chine, d’où sont originaires mes parents.
JOHANNES LANG
Signe particulier très rose
SUSI CRUZ (3), GETTY IMAGES
C
e van, c’est mon bébé, je l’ai aménagé moimême. La vanlife, ce ne sont pas que de beaux campeurs aménagés et de superbes paysages. Le voyage en lui-même est une sorte d’accomplissement personnel. On ne peut s’épanouir et dépasser ses limites qu’en sortant de sa zone de confort, en délaissant son cadre habituel. Lorsque je me suis mise en route il y a bientôt deux ans, j’espérais trouver un sens à la vie. C’était peut-être un peu trop ésotérique… Mais j’ai appris qu’avec de la volonté et en travaillant dur, rien est impossible ! Il ne m’est arrivé qu’une seule fois d’avoir très peur, c’était au Maroc. J’en était au point de tout remettre en question. Je me suis fait agresser par un homme dans mon van, j’étais paralysée de terreur. Heureusement, j’ai réussi à le convaincre de sortir. J’ai repris 74
200 469
Cylindrée 1 588 cm³
Pour faire face aux nuits froides, Susi a installé un vrai poêle à bois.
Instagram : @susicruzz THE RED BULLETIN
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UN PREMIER VOYAGE INOUBLIABLE
Bilbao Porto
PORTUGAL
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Aller loin, sans aller au bout du monde : la péninsule ibérique est une destination idéale pour un premier voyage en van. Susi a relevé trois endroits magiques en Espagne et au Portugal.
Madrid
ESPAGNE Málaga Tout le monde connaît Faro et Valence. Ces sites sont de bonnes adresses méconnues.
Far West Au sud-ouest de l’Europe, Susi est sensible au contraste entre le côté sauvage des montagnes et la douceur des vagues.
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Picos de Europa Cantabrie
Au creux de cette réserve naturelle, on se sent tout petit ! Les imposantes montagnes alentour forcent le respect. Depuis les sommets la vue y est époustouflante. Tout semble intact, il y a même des chevaux en liberté.
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Portinho da Arrábida Setúbal
Les Caraïbes en Europe : une eau turquoise, des plages de sable blanc… Ce village se situe sur une presqu’île. En basse saison, il n’y a presque pas de touristes, et ce paradis de tranquillité est tout à vous.
Susi se sert de sa planche pour se laisser porter au fil de l’eau.
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Zarza de Granadilla Estrémadure
La route longeant les lacs juste avant d’arriver est encore plus spectaculaire que le village lui-même. Il ne reste plus qu’à descendre, sa planche de surf à la main, et à s’enivrer de la vue sur les montagnes. THE RED BULLETIN
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MONSIEUR BRICOLO
LE VAN Chaque mètre carré est crucial. Une banquette pliable permet d’installer une étagère suspendue.
Modèle Mercedes-Benz L 407 D Année 1986 Kilométrage
202 000
Cylindrée 2 376 cm³ Puissance 72 chevaux Carburant Diesel
J
’ai du mal à croire qu’avant cette vie, je passais des journées entières assis à un bureau. À l’époque, je m’attardais sur les Instragram d’autres vanlifers et me demandais pourquoi je n’étais pas quelque part en vadrouille moi aussi. Cela fait maintenant plusieurs années que j’habite ce campeur que j’ai aménagé moi-même. Je me suis entièrement dédié à la vanlife depuis, et particulièrement à la transformation de vans. Je partage mon savoir sur un blog et sur une chaîne YouTube, et j’ai aussi écrit un e-book, Der 1000 € Camper (non traduit). C’est un guide d’équipement pour ceux qui veulent se lancer dans la vanlife. Beaucoup de gens m’écrivent pour me demander des conseils. Après avoir 76
Nom Emma
fait une fois et demie le tour du monde avec Emma, mon vieux fourgon Mercedes, j’y ai installé un toit surélevé. Maintenant, c’est plutôt une tiny house. À l’origine, je voulais partir avec en Afrique avec. Mais je viens d’acheter un fourgon UAZ au Kirghizstan. Je vais l’aménager là-bas. Ce sera beaucoup de travail, et je suis impatient de m’y mettre. Et bien sûr, dès que j’aurai terminé, je partirai en voyage avec. D’abord en Mongolie, puis en Europe, en faisant la route le plus lentement p ossible. Instagram : @passportdiary
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Le van parfait n’existe pas
Réfléchissez à vos itinéraires et choisissez votre van en fonction. Si vous roulez beaucoup, il vous faudra beaucoup de carburant. Un camion qui consomme 30 litres aux 100 km sera-t-il vraiment un choix judicieux ? Si vous achetez un campeur pour deux personnes, il vous faudra peut-être un jour un véhicule plus spacieux si vous projetez d’avoir des enfants. Chaque véhicule a ses avantages et ses inconvénients.
Sur-estimer et sous-estimer ses capacités
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Beaucoup n’osent pas aménager leur véhicule eux-mêmes. Il s’agit de faire preuve de courage. Faites-le, tout simplement ! Ce n’est pas très compliqué ! On a souvent la fâcheuse tendance à être perfectionniste. Mais souvenez-vous : pour un projet
d’une telle envergure, il faut se concentrer sur ce qui est faisable, réaliste et raisonnable. Le plus important, c’est que l’aménagement soit terminé avant le début de votre voyage.
Pensez à ce dont vous aurez besoin
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J’ai toujours hâte de me lancer dans les travaux, dans la précipitation. Mais il vaut mieux tout prévoir en amont. De quoi avezvous réellement besoin ? L’espace est précieux et doit être optimisé. Beaucoup de choses sont inutiles. Pour pouvoir inviter des amis, il faudra des couchages supplémentaires. Pour voyager en hiver, il faudra un aménagement différent que pour une u tilisation estivale.
JOHANNES LANG
Acheter des vans délabrés et les transformer en bijoux roulants – c’est la spécialité de Paul le Berlinois. Au sein de la communauté des vanlifers, ses conseils valent de l’or.
Pendant le voyage, chaque chose doit être rangée à sa place. Des rangements empêchent les objets de tomber.
PAUL PASSPORT DIARY
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PAUL NITZSCHKE
THE RED BULLETIN
DES CHANGEMENTS RÉUSSIS Prévoyez assez de temps pour les travaux
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C’est toujours plus long que prévu de mettre un campeur au point. Tout dépend de vos exigences. Un aménagement en deux semaines est possible, à condition de se contenter d’une version de base rudimentaire. Pour mes campeurs, il me faut au moins quatre mois, en y travaillant tous les jours. Tout est fait à la main et doit être adapté.
Construire une maison demande beaucoup d’énergie et de temps, surtout quand elle est sur quatre roues. La plus grosse erreur, c’est de se perdre dans les détails. En suivant ces dix conseils, vous pouvez être sûr d’atteindre votre objectif sans devoir habiter dans le garage.
Trouvez des solutions créatives ou faites de la récup’
J’ai modifié l’aménagement de mon van à plusieurs reprises et j’ai même adapté des détails en cours de route. Plus vous construisez simplement, moins l’aménagement sera cher, et plus il sera rapide. Les constructions complexes vous feront vite arriver à vos limites, elles coûteront plus cher en temps et en argent. Optez pour l’aménagement le plus simple possible, gardez plutôt votre temps, votre argent et votre énergie pour les imprévus sur la route. THE RED BULLETIN
Rien n’est pire que de l’espace perdu. R éfléchissez à la manière d’exploiter les surfaces de manière judicieuse. C’est ainsi que de nouvelles idées sur la double fonction d’un espace pourront se développer. Par exemple, comment une partie du lit pourra servir de table pendant la journée.
Testez votre van dans la ature avant le départ n
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Établissez un budget et t enez-y vous
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Inutile de tout acheter. Avec de bonnes idées, vous pourrez presque tout construire vous-même. Servez-vous de votre créativité pour donner une touche personnelle à votre campeur. La table de mon van actuel est fabriquée à partir d’un vieux plancher d’appartement. Il ne m’a rien coûté.
Faites simple !
Évitez les angles morts
C’est une chose d’avoir des idées, c’en est une autre de les réaliser. Surtout dans un espace aussi limité qu’un van. Partez donc en week-end avec votre campeur inachevé et essayez toutes les fonctionnalités. C’est là, à l’usage, que vous verrez les problèmes se profiler.
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Une meuleuse est-elle indispensable ? Paul, le pro du bricolage, conseille de se concentrer sur l’essentiel. Au moins au début.
Une fois que vous aurez évalué les coûts, les investissements seront plus faciles à prévoir. Aux dépenses de base estimées viendront s’ajouter le choix des matériaux utilisés. Cela fera une grande différence si vous achetez des éléments neufs ou d’occasion, et où vous vous les procurerez.
La lumière indirecte est un atout
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En faisant des économies côté lumière, le van peut devenir un cocon confortable.
L’éclairage du campeur est une question délicate. Il vous faudra rarement de la lumière venant du plafond. En revanche, une lumière indirecte, par exemple dans les coins, offre une agréable sensation d’espace. Le campeur doit être confortable et n’a pas besoin d’être éclairé comme une salle des fêtes. 77
V OYAGEURS CLASSE AFFAIRE
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SEBASTIAN SANTABARBARA ET ROSE ANDREWS
Travailler le moins possible, vivre le plus possible : c’est avec cette philosophie que Rose et Sebastian, de York (Angleterre), concrétisent leur rêve de vie dans un van.
LE VAN
Modèle
Vauxhall Movano
Année 2003 Kilométrage
91 000
Cyclindrée 2 298 cm³ Puissance 114 PS Carburant Diesel
D
ébut d’une journée-type : je me réveille aux côtés de Rose et réalise que je n’ai à me rendre nulle part. Ce n’est jamais ennuyeux. Ensuite, petit- déjeuner et contemplation du paysage en face duquel nous avons garé le van. Dans la journée, nous partons à la découverte du coin, nous promener, nager, ou savourer le soleil. Le soir est dédié à la créativité. Rose dessine beaucoup ; quant à moi, je travaille à une série de livres de fantasy. Quand nous travaillons à nos vidéos YouTube ou à notre blog consacré à la vie en van, nous choisissons toujours un emplacement particulièrement inspirant. Ainsi, nous avons toujours une 78
Nom Vincent
vue magnifique devant nous quand nous levons les yeux de l’écran. Vivre, voyager et travailler avec ma petite-amie, je trouve cela fabuleux, car elle est aussi ma meilleure amie. Nous faisons tout ensemble, nous nous soutenons dans les situations stressantes et rions vraiment beaucoup. J’ai trouvé en Rose la compagne idéale. Et réciproquement. C’est elle d’ailleurs qui m’a convaincu de me lancer dans l’aventure. Avant elle, je n’avais même pas de permis de conduire. Instagram : @vincentvanlife
Grâce à Internet, les travailleurs indépendants et les vanlifers peuvent bosser n’importe où. Pour aller en ligne avec son ordinateur, Sebastian utilise le volume de données très important de son smartphone. THE RED BULLETIN
sebastian : Par exemple en
travaillant avec les médias sociaux. Un de mes anciens patrons a fondé une nouvelle entreprise, et je m’occupe de sa représentation sur la toile. Pour cela, je n’ai besoin que d’Internet. rose : Nous vendons aussi nos T-shirts faits main, et des tote bags. Cela nous suffit entièrement, car nous sommes modestes dans nos dépenses.
À quoi faut-il penser quand on travaille depuis un van?
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rose : Quel que soit votre
Bellevue.com : Rose et Sebastian collectionnent les endroits à la vue imprenable.
boulot, c’est complètement différent du bureau. Vous pouvez travailler au lit, ou envoyer des mails depuis le bord d’une falaise avec vue sur la mer. Mais n’oubliez pas : c’est du luxe. Vous ne devez pas moins vous appliquer pour autant. Même depuis un van, il faut être fiable et respecter les échéances.
Sans Internet, vous ne pourriez guère travailler. Comment vous assurez-vous d’avoir toujours du réseau ?
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COMMENT GAGNER SA VIE SUR LA ROUTE
VINCENT VANLIFE
JOHANNES LANG
« Et vous arrivez à financer tout cela ? » C’est la question la plus entendue par les membres de la communauté de vanlifers. Rose et Sebastian expliquent comment ils restent à flot, et comment vous aussi pouvez le faire.
Quel conseil donneriezvous à ceux qui veulent financer leur voyage en travaillant en cours de route ?
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sebastian : Déménagez
dans le bus avant de partir. Ainsi, vous faites des économies sur le loyer, tout en travaillant encore à temps THE RED BULLETIN
plein. Nous avons constitué un petit matelas d’économies, cela nous a permis de dormir tranquille.
Vous écrivez tous les deux pour le blog de voyage du Van Clan. Quelles autres possibilités existe-t-il ?
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rose : Nous avons passé des contrats téléphoniques incluant de gros volumes de données et pouvons utiliser nos portables pour aller en ligne avec notre ordinateur. Quand le réseau est mauvais, rien ne sert de s’énerver. Mais le jour suivant, nous cherchons un endroit où le réseau est meilleur. Au besoin, on trouve du wifi dans les cafés ou les bibliothèques.
5 Comment trouver le boulot qui convienne ? rose : Il faut que votre bou-
lot vous plaise, tout particulièrement si vous vivez en vadrouille dans un van. Sinon, par beau temps, vous restez assis sans
avoir envie de rien faire. Voyez quelles sont vos passions, et examinez comment vous pouvez les utiliser pour gagner de l’argent le plus simplement et le plus régulièrement possible. Cela prend parfois du temps, mais tout le monde peut trouver quelque chose en soi. sebastian : À vrai dire, le livre électronique, je l’ai fait uniquement par plaisir. J’aime écrire, et je voulais raconter quelle aventure nous avons vécue, je l’ai d’abord fait pour nous. Puis j’ai écrit des textes pour le blog du Van Clan, et un jour, ils m’ont proposé de faire ce livre. Je suis encore surpris de voir combien de personnes l’ont acheté, et combien sont ensuite entrées en contact avec nous. Mais plus pragmatiquement, je conseillerais de cultiver ses anciens contacts professionnels et de réfléchir avec les partenaires éventuels à la façon de travailler pour et avec eux c hemin faisant.
Comment attirer l’attention de nouveaux clients ?
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sebastian : Montrez aux e ntreprises qu’elles ont besoin de vous, même si elles ne le savent pas encore. Prenez l’initiative : envoyez un article, de très bonnes photos, une chanson de votre composition, une idée pour la prochaine campagne de pub… Pour beaucoup, c’est génial de vivre dans un van. On peut en profiter sans remords.
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Combien de temps travaillez-vous ?
sebastian : Quatre à cinq
jours par mois. Cela suffit au moins pour couvrir nos dépenses. rose : C’est génial. Je n’aurais jamais cru pouvoir gagner de l’argent en écrivant à propos de notre aventure avec le van. Surtout, on ne le vit pas du tout comme un travail. J’ai l’impression de vivre un rêve éveillé. 79
SANS FRONTIÈRES
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SVEN SCHULTE-RUMMEL ET STEFANIE CHEMNITZ LE CAMPING-CAR
Caniche à bord : Inka accompagne Stefanie et Sven dans leur voyage.
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Année 1996 Kilométrage
156 042
Cylindrée 4 164 cm³ Puissance 131 chevaux Carburant Diesel Nom CARiña
beaucoup à l’extérieur. Vivre en couple dans seulement 6 m² semble difficile pour beaucoup, mais pas pour nous. Nous vivons si intensément chaque jour que nous ne nous regardons pas le nombril. Voyager avec notre caniche est un défi, mais pas question d’y renoncer. En général, Inka est entourée dès notre arrivée, tout le monde se précipite pour prendre un selfie avec elle. 90 % de ceux dont nous faisons la connaissance se souviennent de son nom, 10 % tout au plus du nôtre. C’est intéressant d’observer comment les gens réagissent à l’égard des chiens dans les différents pays : en Russie, tous l’ont caressée ; dans les pays musulmans, beaucoup étaient irrités ; en Inde, la majorité en avait peur. C’est impressionnant à quel point le voyage élargit votre horizon. Si c’était à refaire, nous n’hésiterions pas. Mais plus longtemps, et avec une douche chaude à bord. Instagram : @100grenzen
BIEN SE PRÉPARER AU VOYAGE Vous souhaitez partir mais ne savez pas par où commencer ? 1
Arrêtez de rêver, lisez !
Et pas seulement en surfant sur Internet. L’ouvrage de référence pour les overlanders, c’est à dire les campeurs qui parcourent des contrées très éloignés, c’est le Overlan-
ders’ Handbook de Chris Scott. Les blogs qui nous ont inspirés : Karin-Marijke et Coen (landcruisingadventure.com), Claudia et Bernd (bodensee- overlander.de) et le forum Caravanistan avec ses infos inépuisables sur la Route de la Soie. THE RED BULLETIN
JOHANNES LANG
Q
ui dit expérience dit expérimenter, et nous expérimentons l’Europe et l’Asie depuis un an. Pour découvrir comment le monde combine géographie, émotions et culture, et ce qui rend les gens heureux. Nous sommes en couple depuis trois ans, et cela fait tout juste un an que nous vivons en nomades. Notre campeur est notre chez-nous, nous y dormons et y faisons la cuisine, sinon nous sommes
Modèle Toyota Landcruiser HZJ 75
100GRENZEN
Depuis Berlin jusqu’en Chine avec « 100 frontières » pour devise : pas de problème pour le couple Stefanie et Sven, mais souvent une véritable aventure avec leur caniche Inka.
Stefanie et Sven apprécient de sortir des sentiers battus avec leur van, comme ici dans le désert de Lout (Iran).
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Achetez un véhicule
À ce sujet, pas de souci. Le véhicule idéal n’existe pas, sinon tout le monde partirait avec. Prenez le temps de trouver la voiture qui vous convient en fonction de votre budget, de vos connaissances techniques et de l’itinéraire. Commencez à en chercher une au moins un an avant votre départ !
THE RED BULLETIN
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Prévoyez un budget
Comment allez-vous couvrir les frais fixes (liés à votre pied-à-terre, si vous en gardez un) ? Comment financerez-vous le voyage (dépenses courantes, activités) ? Combien vous faudra-t-il pour assurer votre sécurité (réparations, rapatriement en cas d’urgence) ? La plupart des voyageurs que nous avons rencontrés ont un budget mensuel compris entre 500 et 1 200 €.
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Gardez le contrôle
Si vous allez loin, vous vous trouverez dans des situations où il est bon de vraiment bien maîtriser son véhicule. Les cours de conduite tout-terrain sont parfaits pour connaître à l’avance les limites de la voiture. Il y a aussi des cours de mécanique qui peuvent s’avérer bien utiles. Savoir faire soi-même de menues réparations vaut de l’or au cours d’un voyage.
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Où aller ?
Établissez un itinéraire général. Procurez- vous des guides de voyage et le plus de cartes routières possibles, car les réseaux pour téléphone portable n’existent pas partout. Et faites les demandes de visas à temps !
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C’est parti !
L’aventure commence. Sinon, vous n’aurez jamais fini d’établir votre check-list. 81
guide au programme
NATURELLEMENT
PETIT JOUEUR
CLICHÉ DU MOIS
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PAGE 98
Erwan est « le plus en forme du monde », et il base son fitness sur les mouvements naturels.
Un événement gaming inédit débarque en Suisse. Public, tu es convié à participer !
Quand le pilote VTT Kilian Bron, poursuivi par un drone, prend son envol à son tour.
THOMAS WIELECKI
RALLIEZ LE RALLYE
La dernière étape du WRC se déroule en Australie en novembre. Notre reporter est allé mordre le gravier et prendre des sensations « façon rallye ». À vous ? PAGE 84
THE RED BULLETIN
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GUI D E
Faire.
Andreas Mikkelsen a perdu du temps en Australie en 2018 après avoir évité un tracteur perdu sur la piste.
FINALE DU WRC
DEVENEZ UN MORDU DE RALLYE L’Australie est la Mecque des fans de rallye. Notre rédacteur en chef musique, Flo Obkircher, s’y est pointé, en quête de la piste off-road parfaite, et de sensations fortes.
L
es oiseaux pépient, les insectes bourdonnent, le vent souffle dans les arbres. Le calme d’un matin parfait. Le long de la Rhones Creek Road, une route de gravier qui traverse des pentes verdoyantes, une douzaine de lève-tôt s’assoient dans des
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chaises de camping. Quand un grondement sourd nous parvient au loin, ils bondissent puis courent vers la piste et s’installent avec leurs caméras et leurs smartphones. Le grondement s’amplifie et devient rugissement. Une voiture file entre les arbres après le
Covoicourage : avec le pilote pro Brendan Reeves, Flo est violet.
THE RED BULLETIN
voyage
NOS RECOS VOYAGE
LE GOÛT DE LA POUSSIÈRE
Les pilotes parcourent 325 kilomètres en 25 étapes, répartis sur quatre jours : où prendre les meilleures photos et comment vibrer à l’unisson avec le rallye.
Australie Eastern Dorrigo Way : la route de gravier parfaite pour un ressenti rallye.
Coffs Harbour Canberra
Sydney
Le rallye a lieu durant le printemps australien, soit des journées chaudes et ensoleillées (autour de 25 °C) et des soirées fraîches mais agréables.
POINTS DE VUE
THOMAS WIELECKI
Trop de poussière ? Les spectateurs en mangent pour être au plus près de l’action.
v irage. 160 km/h, 380 chevaux. Les cailloux volent. La voiture dérape sur la ligne droite. De longues secondes… Ensuite, tout devient brun. De la poussière dans les yeux, dans le nez, dans la bouche. Le nuage dense que Thierry Neuville a créé avec sa Hyundai i20 Coupé WRC subsiste dix secondes. Tandis qu’il se dissipe, le pilote de rallye belge a disparu depuis longtemps vers la colline suivante. Le Rallye d’Australie disputé en novembre est un moment fort du calendrier du World Rally Championship (WRC), et le nouveau champion sera couronné ici (c’est la dernière course de la saison). Le paysage dans lequel baigne la ville portuaire de Coffs Harbour
THE RED BULLETIN
« Vérifiez toujours les sous-bois. Ici, les serpents ne sont jamais loin ! » sur la côte orientale australienne est à la fois grandiose et dangereux (le pilote Toyota Kris Meeke : « Pendant les pauses pipi, j’examine toujours les sous-bois, les serpents ici ne sont jamais loin »). Les pistes en gravier dans la f orêt tropicale et l’arrière-pays sont parmi les plus rapides du monde. Le spectacle des pros du rallye sur des routes non pavées vu de
Les meilleurs endroits le long du parcours, pour regarder les voitures foncer le plus près possible FLOODED GUMS Caché au fin fond de la forêt de Wedding Bells, vous pouvez faire l’expérience des voitures filant à toute vitesse. SIMPSONS RIDGE Ici, les voitures passent deux fois. Idéal pour les familles grâce aux stands restaurants et aux toilettes mobiles. BLUEBERRY POINT Deux points d’observation au même endroit : quand les bagnoles vrombissent en haut et en bas de la colline.
APERÇU Comment les fans du WRC à Coffs Harbour peuvent groover AUSTRALIAN RALLY MUSEUM Cette exposition présente des souvenirs provenant des six décennies du Rallye d’Australie, sélectionnés par le fondateur et l’encyclopédie vivante du rallye, Trevor Shelton. RALEIGH INTERNATIONAL RACEWAY Pendant le Rallye d’Australie, le parcours situé à 15 minutes au sud de Coffs Harbour est utilisé par des pros. En dehors du rallye, vous pouvez le louer pour des séances de drift.
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GUI D E
Faire.
voyage
BOUCLEZ-LA !
RÉVEILLEZ LE PILOTE QUI EST EN VOUS Vous avez envie de conduire votre voiture hors des sentiers battus ? Vous apprendrez ici à drifter et à la transformer en voiture de course.
LE DRIFT EN TOUTE SIMPLICITÉ PRENEZ CHAQUE VIRAGE COMME UN PRO DU RALLYE
Rapide/furieux : Hayden Paddon, de Nouvelle-Zélande, a terminé deuxième en 2018.
4 1 1 Engagez-vous en douceur dans le virage à l’aide d’un subtil coup de gaz et mettez l’arrière de la voiture en mouvement. 2 Contrebraquez rapidement. Le frein moteur a llège l’arrière au point qu’il se libère.
3 Dirigez maintenant avec l’accélérateur. Mais attention : trop d’accélérateur et l’arrière dérape trop loin. 4 Réduisez maintenant les gaz pour rattraper l’arrière à nouveau et reprenez lentement.
PLEINS GAZ Préparer sa voiture pour la course : trois conseils de l’équipe de développement australienne de Hyundai 1. PNEUS Andrew Tuitahi : « Aux amateurs, je recommande les pneus R-Compound ou les Semi-Slicks. Malaisés sur route mouillée, ils offrent des performances optimales dans des conditions sèches et durent sans surchauffe. » 2. PLAQUETTES DE FREIN Jeff Fear : « Misez sur de meilleures plaquettes de frein au lieu d’investir dans de nouveaux freins. Je recommande le fabricant japonais Winmax. Avec ce modèle, plus la température est élevée, mieux c’est. » 3. FORMATION CONTINUE Tim Rodgers : « Vous voulez de nouvelles suspensions ? Les bons modèles coûtent très cher… Ne jetez pas votre argent par la fenêtre pour des améliorations bon marché. Poursuivez votre formation, soyez copilote d’un pro. »
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près est spectaculaire : le picotement des nerfs quand les voitures foncent vers vous ; l’onde de choc quand elles passent à deux mètres ; les éclaboussures de boue à hauteur d’homme quand elles passent en trombe dans les flaques. Il est facile de trouver des emplacements tout près de l’action (voir page précédente), même si tous ne sont pas faciles d’accès. Par conséquent, si vous voulez être vraiment bien placé, vous pourrez réservez un Spectator-Tour (par exemple via rallysportmag.com), ou demander aux gars du coin. Quels sont les effets après trois jours de spectacle ? Vous êtes bien sûr accro, et vous voulez faire du rallye vous-même. Bonne nouvelle : à trois quarts d’heure à l’ouest de Coffs Harbour se trouve une route de gravier de douze kilo mètres sur laquelle vous pouvez tester vos aptitudes automobiles. En 2011, la piste montagneuse de la forêt tropicale entre Eastern Dorrigo Way et Coramba Road faisait partie de la quatrième étape du Rallye d’Australie que le Norvégien Petter Solberg avait alors remporté dans sa Citroën. Le bon tuyau vient d’un type plutôt crédible : Philip Rodgers,
ncien participant au Rallye Asie- a Pacifique et désormais expert en réglages de suspension avec l’équipe Hyundai. « En Australie, la conduite sur gravier fait partie de la vie quotidienne, 58 % de nos routes ne sont pas pavées, dit-il. C’est comme le ski : ça ne devient vraiment amusant que lorsque vous dérapez un peu et que vous êtes emporté, sans toutefois perdre le contrôle. » Avant de se lancer, il est essentiel d’évaluer la surface (la terre rouge est extrêmement glissante) et d’avoir une vision suffisamment globale (les plus grands dangers : les nids-de-poule, les grosses pierres et les kangourous). Et le truc avec lequel les pros rattrapent le temps perdu sur ces pistes, c’est quoi ? Ils déstabilisent leur voiture et font déraper l’arrière afin que l’avant pointe vers la ligne droite avant même que le virage ne soit terminé. Ils peuvent donc accélérer plus rapidement. Pilotes amateurs, soyez prudents, prévient Rodgers. « Ne faites pas les fous sur cette route publique, mais vous pourrez ressentir des sensations proches de celles des pros du rallye sur gravier. » Rallye d’Australie, 14-17 novembre, Coffs Harbour, Nouvelle-Galles du Sud. Tickets : rallyaustralia.com.au
THE RED BULLETIN
FLORIAN OBKIRCHER
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THOMAS WIELECKI
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ALPHATAURI.COM
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Faire.
fitness
Erwan Le Corre enseigne le fitness universel sans attirail complexe.
EN FORME
C’EST TOUT NATUREL Devenez un pro du MovNat grâce à ces trois exercice.
TRACTION AVEC AVANT-BRAS S’accrocher à la barre non pas avec les mains, mais en posant les avant-bras parallèle à celleci. Cela limite l’amplitude de mouvement et rend l’exercice plus efficace. POP UP Le mouvement débute comme pour la traction avec les avantbras. Mais au lieu de l’arrêter lorsque le menton atteint le niveau de la barre, continuer jusqu’à ce que le haut du corps dépasse complètement la barre de façon à pouvoir s’y appuyer.
La vie moderne a annihilé notre capacité à nous mouvoir naturellement. Le MovNat nous aidera-t-il à la recouvrer ?
L
a façon dont nous nous déplaçons au quotidien est contre nature, voire inhumaine, affirme Erwan Le Corre : « Nous passons des heures assis à un bureau, et notre pratique du sport est insuffisante. Pourtant, la structure de l’appareil locomoteur humain nécessite une activité physique variée et régulière sans quoi il devient malade. » Le Français a mis au point une méthode de remise en forme basée sur des mouvements qu’enfants nous répétions inlassablement : nous tenir en équilibre, sauter, grimper, ramper, courir, nager ou encore faire de l’apnée. Ces mouvements sont regroupés en fonction de leur pratique
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en extérieur ou en intérieur et sont combinés afin d’améliorer de manière ludique l’équilibre, la coordination, la vitesse, la puissance et la précision. Son concept MovNat prend racine dans la « Méthode Naturelle » développée par l’officier de marine français Georges Hébert autour de 1900, qui a également inspiré le Parkour. « L’objectif premier de MovNat n’est pas de booster votre vitesse ou votre forme mais de redécouvrir la structure originale des mouvements humains », explique cet innovateur de 47 ans. De là découlera ensuite tout le reste, y compris la confiance en soi. movnat.com
Erwan Le Corre, fondateur du mouvement MovNat
Démonstration : youtube.com/user/MovNat Le dernier livre de Le Corre : The Practice of Natural Movement: Reclaim Power, Health and Freedom
FLORIAN STURM
RETOUR AUX FONDAMENTAUX
« La pratique abondante de mouvements naturels au quotidien rend plus fort, plus sain et plus heureux. »
Men’s-Health a élu Le Corre « homme le plus en forme au monde ».
THE RED BULLETIN
JESSIKA LE CORRE
MOUVEMENT NATUREL
HAND SWING UP S’agripper à la barre des deux mains, passer une jambe par-dessus et maintenir l’autre aussi haut que possible au-dessus de la barre puis s’en servir comme d’un balancier pour ramener le corps au- dessus de la barre.
Un DéFi inéDit De traiL rUnning aVeC gps
1 août - 15 septembre 2019 brienzer rothorn • hoher Kasten • Lägern • moLéson Mesure-toi aux athlètes professionnels suisses Judith Wyder et Rémi Bonnet. Rends-toi à l’un des quatre points de départ, enclenche ton GPS et défie leur temps record sur des crêtes à couper le souffle.
redbull.Ch/ridges
GUI D E
Faire.
21 septembre
RED BULL GAMING WORLD : PREMIÈRE
Deux équipes, deux couleurs : rouge contre bleu pour la victoire au Red Bull Gaming World.
S
ix jeux différents seront présentés dans différentes constellations. Pour Fifa 19, un duel acharné mettra aux prises les meilleurs kickers virtuels (en 1 contre 1). Pour League of Legends, une équipe (5 contre 5) devra remporter la victoire. Et celui qui volera dans une réalité virtuelle à couper le souffle sur Icaros ne peut compter que sur lui seul. Dans tous les cas, il s’agit d’accumuler des points pour chacune des équipes.
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Le public participe
Des points supplémentaires peuvent être ajoutés grâce au public qui peut mesurer ses compétences dans divers défis, sur place ou en ligne (via twitch.tv).
Formation pour les gamers
De nombreux événements importants ont également lieu en même temps que le duel entre les Rouges et les Bleus. On y
discutera de ce qui fait la spécificité de l’eSport, ainsi que de l’avenir de ce jeune sport. La toutes première Académie se déroulera pendant l’ouverture du Red Bull Gaming World. Les meilleurs joueurs entraîneront les participants dans les domaines de la compétence mécanique, de la stabilité mentale et de l’entraînement efficace. Il y a de la place pour trente intéressés, l’inscription n’est pas nécessaire et l ’entraînement est gratuit.
THE RED BULLETIN
PAVEL SUKHORUKOV / RED BULL CONTENT POOL, SWISSCOM AG, ICAROS/ FROMMEL FOTODESIGN
Pour la première fois en Suisse, des athlètes internationaux de haut niveau, des influenceurs et des joueurs locaux s’affronteront en équipes dans une spectaculaire compétition. Les favoris du public recevront de précieux points supplémentaires.
septembre
Le lieu
Les athlètes eSport s’affronteront dans le cadre du Red Bull Gaming World au Musée Suisse des Transports à Lucerne. Dans le musée le plus visité du pays, tout tourne autour du passé, du présent et de l’avenir de la mobilité. Les expositions en cours actuellement s’intitulent La Suisse en vol ! et Destination Lune à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier alunissage. Le planétarium, qui s’y trouve également, ouvrira sa scène à la console Stage pendant la durée du Gaming World.
Ouverture le 21 septembre à 13 heures, fermeture à 18 heures. Entrée gratuite. Suivre le streaming via twitch.tv ; redbull.com
Chevauchée sauvage sur Icaros grâce au casque VR.
Quelques faits
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équipes s’affrontent au Red Bull Gaming World et portent les couleurs bleue et rouge. Chaque équipe est dirigée par un e-athlète international reconnu. À ceux-ci s’ajouteront des influenceurs et des experts locaux. Ils s’affrontent dans six compétitions différentes dont Fifa 19, Rocket League et League of Legends.
Ali Nasserzadeh, e-athlète
S’ADAPTER, C’EST LA CLÉ !
Ali « Lagily » Nasserzadeh.
THE RED BULLETIN
Ali « Lagily » Nasserzadeh est considéré comme l’un des meilleurs e-athlètes suisses. Le champion de League of Legends, 25 ans, parle ici de sa fascination pour les tournois, de la forme mentale et du chemin à suivre pour devenir un joueur professionnel. THE RED BULLETIN : Qu’estce qui vous fascine dans l’eSport ? ALI NASSERZADEH : Lors des événements sportifs organisés par Red Bull, il y a toujours des règlements particuliers qui apportent une composante complètement nouvelle, ce qui
230 exige une capacité d’adaptation rapide. C’est précisément cela qui rend le jeu palpitant. Tu es le meilleur dans League of Legends. Qu’est-ce qui te plaît dans un jeu ? J’aime les jeux où la stratégie est nécessaire, où une équipe est en compétition avec une autre équipe. C’est pour ça que League of Legends me va. Au cours de l’événement, les visiteurs pourront discuter avec les pros sur ce que représente l’eSport. Qu’estce que tu répondrais ? L’eSport, c’est du gaming de compétition, avec différents jeux.
spectateurs sont entraînés dans un univers très particulier. La console Stage se trouve au planétarium. Les images sont projetées en direct sur la coupole avec des images à 360 ° à couper le souffle.
Faut-il avoir de l’endurance ? Oui, si les jeux durent longtemps. Mais rien que mentale. Si vous êtes en bonne forme physique, vous serez mentalement meilleur. Que faut-il pour devenir un pro ? Il faut renoncer à beaucoup de choses, faire beaucoup d’efforts. Une certaine propension à prendre des risques, bien sûr. Et il vaut mieux commencer jeune. Si vous gagnez la finale de Fortnite à 17 ans, la voie est toute tracée.
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Agenda.
septembre-janvier
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septembre
VÉLO À TRAVERS CHAMPS
La saison de cyclo-cross débute dans l’Oberland zurichois avec le Radcross Illnau. Environ 250 participants répartis dans huit catégories se disputent les places du podium. Situé sur le terrain de l’école Hagen, le parcours de 2 500 m traverse des pâturages à 1 950 m. L’évènement célébre sa huitième édition cette année. Illnau ; radcrossillnau.ch
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Pendant trois jours, Zurich est la capitale du lifestyle numérique. Des centaines de PC, consoles et jeux peuvent être testés lors du Zurich Game Show. Les fans de super-héros visiteront la salle Geeks & Superheroes avec des news exclusives du monde du cinéma. Également au programme : un concours de cosplay. Messe, Zurich ; zurichgameshow.ch
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septembre Défiez Fabian Cancellara Un parcours de 290 km avec plusieurs cols (Glaubenbielen, Brünig, Grimsel) et 7 000 m de dénivelé face au légendaire cycliste Fabian Cancellara : une partie de plaisir ! Même si l’Ultrafondo de Zurich-Zermatt est considéré comme la course cycliste d’une journée la plus difficile de Suisse. Départ : Puls 5, Zurich ; chasingcancellara.com
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au 29 sept. Admirez les parachutistes Trois cents athlètes de plus de trente nations se disputent la victoire du Parachute World Cup Series à Locarno, la sixième et dernière étape de la plus importante compétition de saut en parachute. L’objectif est d’atterrir le plus précisément possible à partir de six zones de largage différentes. Locarno ; yellowtarget.ch
et 17 janvier Discussion sur l’avenir Le batteur de Metallica, Lars Ulrich (photo), le manager d’Amazon, Victor Luo, et le PDG d’iArt, Valentin Spiess, sont invités au 8e World Web Forum dédié à ce qui constitue probablement le changement le plus radical survenu dans le monde du travail : l’effondrement des structures hiérarchiques. Pionniers, nerds, libres-penseurs, leaders d’opinion, entrepreneurs et outsiders discutent de cette idée ainsi que de la notion de leadership assumé en cette période de bouleversements.
ARTHUR KAMMER, JEFF YEAGER
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au 15 sept. Rencontrez vos super-héros
StageOne, Zurich ; worldwebforum.com
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THE RED BULLETIN
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Voir.
septembre/octobre Shane McElrath (g.) a remporté la compétition en 2018.
Une bonne vieille ligne droite en motocross aux USA, du surf aérien au- dessus des vagues du SudOuest et la fièvre du drift qui s’empare de l’Irlande… Juste un aperçu de ce qui vous attend ce mois-ci.
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octobre LIVE
RED BULL STRAIGHT RHYTHM
La sixième édition de cette course d’inspiration rétro revient sur la piste de Fairplex à Pomona, en Californie. Deux pilotes en parallèle sur des motos deux temps old-school se défient sur une piste d’un demi mile, en mode « meilleur des trois runs », tout droit, avec des enchaînements type supercross. Le premier au bout l’emporte. Un must annuel !
3
octobre LIVE
RED BULL AIRBORNE FRANCE
REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT
Red Bull TV est une chaîne de télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en d irect ou en différé. Le plein de contenus originaux, forts et c réatifs. Vivez l’expérience sur redbull.tv
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Le Red Bull Airborne se voit clôturé sur les vagues d’Hossegor : il conviendra de ne pas louper ses grands moments de surf aérien, ni le couronnement du boss de cette série mondiale en trois étapes.
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au 22 septembre LIVE
DRIFT MASTERS IRELAND
Le plus grand site de sports mécaniques d’Irlande reçoit la finale du Drift Masters European Championship 2019. Avec les Irlandais en patron du drift pro ces dernières années, est-ce qu’un autre pays sera capable de mettre un terme à leur seize ans de règne ?
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CHRIS TEDESCO/RED BULL CONTENT POOL, RYAN MILLER/RED BULL CONTENT POOL, JORDAN BUTTERS/DMEC/RED BULL CONTENT POOL
VITESSE, ENVOL ET DEXTÉRITÉ
It’s always freestyle season at 2252m Skatepark • Mini ramp • Pump track • Ninja Park • Parkour • Slackline
laax.com/galaaxy
MENTIONS LÉGALES
THE RED BULLETIN WORLDWIDE
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The Red Bulletin est actuellement distribué dans sept pays. Vous voyez ici la couverture de l’édition américaine, dédiée au basketteur des Lakers, Anthony Davis. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com
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Maquette commerciale Peter Knehtl (Dir.), Sasha Bunch, Simone Fischer, Martina Maier, Florian Solly Emplacements publicitaires Manuela Brandstätter, Monika Spitaler Production Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Sabine Wessig Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Nenad Isailovi c,̀ Sandra Maiko Krutz, Josef Mühlbacher Fabrication Veronika Felder Opérations Michael Thaler (MIT), Alexander Peham, Yvonne Tremmel (Office Management) Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Klaus Pleninger (Distribution), Nicole Glaser (Distribution), Yoldaş Yarar (Abonnements) Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, 1140 Vienne, Autriche Téléphone +43 (0)1 90221-28800, Fax +43 (0)1 90221-28809 Web redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals bei Salzburg, Autriche, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Directeur de la publication Andreas Kornhofer Directeurs généraux Dietrich Mateschitz, Gerrit Meier, Dietmar Otti, Christopher Reindl
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P RO M OT I O N
must-haves
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1 UNE ATTACHANTE ÉLÉGANCE
Grâce aux cordons de lunettes fabriqués à la main par l’Atelier Goldiger Schlüssel à Lucerne, vous n’oublierez plus vos lunettes de soleil à la piscine ni sur le comptoir du glacier. Ces accessoires aussi élégants que pratiques, constitués d’une chaîne dorée, de perles colorées ou en corde tressé, conviennent à chaque modèle de lunettes. goldigerschluessel.ch
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2 SKATE ET SURF : LE DEUX EN UN
Accueillez le surf à domicile avec le skate Flyer Carver X Channel Island. Grâce à l’essieu C7, vous pouvez effectuer de larges virages sur les vagues d’asphalte de votre rue. Selon le modèle, un carver coûte entre 289.- et 419.- CHF et est disponible dans les magasins de skate, snow et surf de votre région. Distribué en Suisse par : approveddistribution.ch
3 GOURMANDISE À EMPORTER
Le sandwich de poche Malbuner est un encas idéal à emmener dans vos déplacements : il se glisse dans toutes les poches et ne s’effrite pas. Les deux tranches de pain légèrement grillées et leur saucisson subtilement épicé (dont la viande provient de Suisse) sont une délicieuse alternative aux barres chocolatées et autres tentations sucrées. malbuner.ch
4 BÂTONS POUR MARCHEURS HAUT DE GAMME
Qu’il s’agisse de randonnée, d’une tournée de refuges de plusieurs jours ou d’une via ferrata : avec ces bâtons de trekking pliants, vous pouvez tout faire ! En carbone pur, ils ne pèsent que 207 g et se règlent de 110 à 130 cm. Le pliage à une taille réduite de 40 cm se fait très facilement. La poignée de forme anatomique offre sécurité et soutien sur tous les terrains. leki.ch
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Pour finir en beauté
À La Clusaz, Kilian Bron est chez lui, et sa piste de décollage est nommée « La Trace ». C’est ici qu’a été réalisée sa vidéo Follow Me, filmée au plus près de ce rider VTT par le drone d’un autre Français, TomZ. Kilian y assure un road gap de toute beauté, saisi pour vous par le photographe Dom Daher. À voir sur Instagram : @redbullfrance
Le prochain THE RED BULLETIN disponible le 6 octobre 2019 98
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DOM DAHER/RED BULL CONTENT POOL
Kilian airlines
Wanted: Leader Lars Ulrich • Co-Founder & Drummer Victor Luo • Principal Program Manager Shane Luke • Senior Director AI & Machine Learning Bharat Vasan • CEO
Worldwebforum.com 8th annual meeting, Zurich, January 16-17, 2020
Charles A. O’Reilly • Frank E. Buck Professor of Management Rashik Parmar • IBM Fellow & Vice President Technology Amar Hanspal • CEO Steve Elliott • Head of Jira Align Arif Khan • Chief Marketing Officer +100 more
#MakeYourMove
Le nouveau Marco Polo HORIZON: L’aventure, c’est maintenant. Make your move: vous aurez besoin d’un partenaire fiable si vous voulez échapper à la routine. Avec ses moteurs puissants, le nouveau Marco Polo HORIZON ne laissera aucune place à l’ennui. Peu importe votre destination. Et qui a dit qu’aventure ne pouvait pas rimer avec confort? Découvrez-le chez votre partenaire Mercedes-Benz ou sur www.mercedes-benz.ch/marcopolo-fr