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The Red Bulletin_1209_FR

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Septembre 2012

Renversant

Junior, une leçon de vie

Retour vers le futur

Obree, l’homme records

Voix et beats

royaux

magazine sponsorisÉ

PLUS : Kristen Stewart / Matthew Halsall / Ryder Cup / Storm Surfers 3D / Bernard Purdie / Flying Lotus

Un magazine hors du commun

art h k c o L e b m io T t e I II s in k y o Nick Hook, Jesse B ut de New York partent à l'assa Téléc h

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LE MONDE DE RED BULL

Septembre OBREE DE GLACE Sa vie est un roman. Graeme Obree aime repousser ses limites. The Red Bulletin l’a suivi.

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TWILIGHT ZONE Kristen Stewart défraie la chronique depuis quelques mois. On a creusé.

PHOTO DE UNE : MIKO LIM PHOTOS : PAUL CALVER, GETTY IMAGES, GIAN PAUL LOZZA, PALANI MOHAN.

ÉTÉ INDIEN Vous avez passé de bonnes vacances ? Oui, c’est vrai, l’été n’est pas officiellement terminé mais le mois de septembre qui déroule sournoisement ses journées est rarement synonyme de réjouissances. Alors, envolez-vous et sortez des sentiers battus, de ces clichés qui ont la dent dure. The Red Bulletin vous apporte une bonne dose de bienfaisance rythmée. De New York à Saint-Malo, de Tiombe Lockhart à Junior, le mouvement est là. Présent. Bernard Purdie pourrait être le grand-père de Steven Ellison alias Flying Lotus. Deux générations d’écart mais une déclinaison à l’identique de la musique. Dans la joie et la bonne humeur d’un bel été indien.

Bonne lecture ! Votre Rédaction

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LES CONFESSIONS DE BAUMGARTNER L’Autrichien reste confiant malgré une capsule endommagée. La mission Red Bull Stratos n’est pas remise en cause.

« Une offrande

aux divinités et le respect de nos croyances. »

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BALI KITE FESTIVAL C’est le rendez-vous de leur vie. Ce festival de cerfs-volants rassemble tous les ans une foule immense à la cause de leurs drôles d’engins.


LE MONDE DE RED BULL

Septembre 60

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COACHÉ PAR... Entre deux fractures, le skateur pro Torey Pudwill détaille ses sessions d’entraînement. À vos planches !

74 PAS SI LIESSMANN QUE ÇA

Yves Montand aurait sans doute apprécié sa vision du cycle. Konrad Paul Liessmann s’est laissé aller sur quelques pages blanches.

78 LOTUS VOLANT

Il y a du génie dans ce musicien-là. Flying Lotus prend son envol dans ce numéro. À suivre à la RBMA de New York l’an prochain.

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STORM SURFERS 3D Après The Art of Flight fin 2011, Red Bull Media House s’est lancé un nouveau défi, à la recherche des plus grosses vagues. Feuilletez nos 8 pages spéciales !

10 Photos du mois 16 Énergisant... à petites doses 18 L’Harmony du VTT 20 Portrait de Matthew Halsall 22 Hier et aujourd’hui 24 Formule magique 26 Ryder Cup

PHOTOS : MIKO LIM, ATIBA JEFFERSON/RED BULL CONTENT POOL, VUKOVITS MARTIN, LANDERPHOTO.NET/RED BULL CONTENT POOL, ROD OWEN

RED BULL MUSIC ACADEMY Ce sera un des événements majeurs de l’année 2013. The Red Bulletin a sucé la roue d’un trio infernal dans les rues de New York.


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LE MONDE DE RED BULL

Septembre « Je transforme le négatif en positif. »

84 ET BIEN DANSEZ MAINTENANT !

Junior

Pendant le Festival Voodoo, La Nouvelle-Orléans devient la ville la plus divertissante au monde. The Red Bulletin vous propose deux pages spéciales.

MÉTAMORPHOSE Cet homme revient de loin. Junior est une star du breakdance. The Red Bulletin a passé une journée avec le phénomène.

50

40 PURDIE TOUJOURS AUSSI JEUNE

Cet homme les a tous fréquentés. Bernard Purdie affiche plus de cinquante ans de carrière aux côtés des plus grands. À 73 ans, le batteur ne s’en lasse pas.

Plus 94

UN MONDE EN ACTION

Événements planétaires à ne pas manquer.

96 FOCUS

Gros plan sur l’actu qui intéresse les Français.

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L’AIR DE RIEN

Cet Autrichien aime façonner l’air que nous respirons. Voyez le concept de Thomas Herzig. À vos bulles !

97 KAINRATH Un joli coup de

90 NIGHTLIFE

crayon sportif qui s’active aussi sur l’iPad.

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PLEINE LUCARNE

L’œil de Christophe Ono-dit-Biot reste toujours grand ouvert. Le journalisteécrivain livre son point de vue décalé sur le monde.

Découvrez Grizzly Bear dans les bacs, une boîte de Toronto, les saveurs du cocktail Del Rio, le son de Vampire Weekend et le Bitterbal d’Amsterdam.

PHOTOS : WILL SANDERS, GETTY IMAGES, PHILIPP HORAK, DANIEL GEBHART DE KOEKKOEK

De corps et d’esprit


RED BULL STRATOS

« Je me sens comme un lion en cage »

Felix Baumgartner témoigne avant de sauter dans le vide d’une hauteur de 36 km en octobre.

prises de pointe, des sous-traitants de la NASA pour la plupart. Par ailleurs, la réalisation de certaines d’entre elles nécessite plusieurs semaines de travail. Prenons l’exemple des batteries. Leur structure interne a-t-elle été endommagée ? Peuvent-elles encore alimenter la capsule sans interruption ou, pire, risquent-elles de provoquer un incendie suite à un court-circuit électrique ? Bien sûr, nous aurions souhaité un délai de deux ou trois semaines entre l’avant-dernier et le dernier saut. Notre dynamique est optimale. L’important aujourd’hui est de conserver ce professionnalisme qui nous a déjà permis d’atteindre à deux reprises les limites de l’Univers. Une fois réparée, la capsule sera testée dans la cabine de décompression et, si tout est conforme, elle prendra la direction de Roswell pour ce saut majestueux prévu au cours de la première quinzaine du mois prochain. Être professionnel, c’est agir dans le calme et la réflexion. Oui, je me sens comme un lion en cage et non, nous ne mettrons pas en péril au dernier moment le travail de ces cinq dernières années. En cas d’échec, il faudra peut-être attendre soixante ans pour voir quelqu’un s’attaquer à un projet d’une telle envergure. Alors, je vous donne rendez-vous en octobre, si tout va bien. Croisez les doigts pour moi !

Les pièces de rechange ne se trouvent pas chez le garagiste du coin. Retour sur Terre brutal. Après un deuxième saut-test concluant, le mauvais atterrissage de la capsule impose des réparations qui retardent la mission Red Bull Stratos d’environ deux mois.

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PHOTOS : JOERG MITTER/RED BULL STRATOS, BALAZS GARDI/RED BULL STRATOS

D

euxième saut. Il se déroule à merveille. Les jours qui ont précédé cette montée en puissance ont pourtant été particulièrement éprouvants. L’ouverture de la porte à 29 610 mètres d’altitude dure une éternité. Pendant les seize premières secondes de ma chute libre, je n’ai aucun contrôle sur ma position. Rappelons qu’au premier saut-test, seulement six secondes sont nécessaires pour que je maîtrise comme il se doit ma situation. Grâce à ces deux réussites, nous prouvons que nous sommes capables de le faire. Au début de la Mission, je n’imagine pas que l’atterrissage de la capsule puisse nous poser le moindre problème. Un membre de l’équipe m’indique que cela peut être le cas. Dans un premier temps, je ne prête pas beaucoup d’attention à ses propos. Au cours du premier vol, la capsule souffre d’un atterrissage brutal dans le désert. Mais les crush pads (coussins amortisseurs) situés sous sa structure et développés avec soin par nos ingénieurs parviennent à amortir l’impact. Art Thompson, directeur de la Mission, confirme la mauvaise nouvelle à l’issue de ce deuxième saut. Au moment de la soulever du camion, tout le monde réalise que nous avons un problème. La capsule semble être entrée en collision avec un extraterrestre. Le diagnostic est sans appel. L’habitacle est intact mais de nombreux systèmes du Life Support sont à remplacer. Une F1 qui vient de percuter un mur à pleine vitesse pendant une séance d’essais est dans le même cas. Elle ne prend pas le départ de la course sans subir une série de tests supplémentaires. Les pièces de rechange de la capsule ne se trouvent pas chez le garagiste au coin de la rue. Elles doivent être certifiées conformes pour les vols dans l’espace et fabriquées par des entre-

Felix Baumgartner


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TO U R FAN , XI NJ IAN G , C H I N E

GIVRÉ

DU MOIS

Cameron Zink n’est pas du genre à faire dans la dentelle. Dans le cadre du tournage du documentaire Where Trail Ends, le vététiste a chevauché sa machine dans le désert de Gobi. Le film explore des pentes jamais descendues par l'homme. « Nous avons dépassé nos attentes », s'exclame Derek Westerlund, boss de Freeride Entertainment. Première mondiale le 19 septembre à Las Vegas. www.wherethetrailends.com Photo : John Wellburn/Red Bull Content Pool

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L AN G J Ö KU LL , I S L AN D E

GELÉES

DU MOIS

La beauté des grottes du glacier de Langjökull est éphémère. Formées à partir de l’eau issue de la fonte des neiges, elles ont une durée de vie inférieure à une année. « Il est extrêmement rare qu’une grotte atteigne cette taille », explique Tyler Stableford, le photographe qui accompagne le journaliste Mark Jenkins dans son exploration du Langjökull. Ce cliché est unique car, depuis, la grotte a... fondu ! Le carnet de voyages de Mark Jenkins est visible sur www.thehardway.com Photo : Tyler Stableford

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NIL BLANC , OUGANDA

LESSIVÉS

« Nous ressentons plus d’humilité que de fierté », avouera Steve Fisher. La première traversée des rapides d’Inga situés à proximité de Matadi a marqué le kayakiste. Le fleuve Congo affiche un débit de 70 800 m3/s, soit les rapides les plus puissants au monde. Fisher s’est notamment entraîné en Ouganda sur le Nil Blanc. Le danger vient des tourbillons, communément appelés « Whirlpool ». Révélateur. Ils se forment soudainement et sont tout sauf une partie de plaisir. Le film de l’expédition Congo – The Grand Inga Project est disponible (DVD et téléchargement). Infos sur www.ingaproject.com Photo : Greg von Doersten/Red Bull Content Pool

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DU MOIS


Bullevard Énergisant... à petites doses

Home run géant Clint Eastwood revient au cinéma à l’automne. Il joue le rôle d’un découvreur de talents dans le monde du baseball. Retour sur les quatre meilleurs films ayant ce sport pour thème majeur.

VAINQUEUR DU DESTIN (1942) Biopic consacré à Lou Gehrig, icône de baseball. Babe Ruth y joue son propre rôle.

LE DERNIER MATCH (1973) Drame oscarisé. De Niro incarne un receveur limité intellectuellement et très malade.

BEAUTÉ CRIARDE

Le monde bariolé de Takashi Murakami oscille gaiement entre Manga et Mickey Mouse. Si Andy Warhol inventa le Pop Art, Takashi Murakami le perfectionne à merveille. Et on en redemande ! Car c’est nippon ni mauvais. Fleurs et visages rieurs – parfois inquiétants – adorables petits animaux aux yeux énormes sous une avalanche de couleurs, son style détonne et embarque le visiteur de gré ou de force. Ses fans en redemandent. Le Japonais est un des artistes contemporains les plus influents. Il parvient à effacer la frontière entre art et commerce en concevant notamment des sacs pour Vuitton et les pochettes d’albums de Kanye West. Cela contribue aussi à sa popularité. Ego, son dernier challenge,, est une exposition à Doha. Ce sera la plus importante de l’artiste à ce jour. Une fresque de cent mètres de long sera notamment visible. Elle représente des moines bouddhistes dans un style de bande dessinée apocalyptique. Tout un programme.

Murakami, au firmament de la culture japonaise.

www.takashimurakami.com DUO À TROIS (1988) Kevin Costner en receveur sur le déclin et Susan Sarandon en croqueuse de joueurs. Un pur plaisir.

LES IMAGES DU MOIS

UN INSTANT SVP !

Faites-nous partager votre univers trépidant en envoyant vos clichés à : phototicker@redbulletin.com SUGAR (2008) Le parcours d’un jeune lanceur dominicain afin d’intégrer la Major League aux États-Unis.

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Les meilleures photos seront tirées au sort. Le ou la gagnante repartira avec la gourde suisse SIGG siglée The Red Bulletin.

San Francisco Stefan Bradl en reconnaissance sur la célèbre Lombard Street en vue du Grand Prix de Laguna Seca. Cameron Baird


Bon pied... Les stars du sport prennent leur pied.

CHAUSSURES DE BOXE NIKE HYPERKO Manny Pacquiao et ses neuf titres mondiaux dans huit catégories (record). Prix : 200 $

TEXTE : FLORIAN OBKIRCHER. PHOTOS : PICTUREDESK.COM (3), GETTY IMAGES (2), KOBAL COLLECTION (2), SHAWN BRACKBILL, NAIM CHIDIAC/RED BULL CONTENT POOL, PRESS, NIKE, GEOX, ADIDAS

Retrouvez Lilou dans le docu événement Break’n Reality.

Une année de Breakdance Les stars majeures de l’histoire du Breakdance ont partagé une année sous l’œil inquisiteur d’une caméra. Elles ont été suivies du matin au soir dans leur vie de famille, au cours des entraînements ainsi que pendant les nombreux voyages aux quatre coins de la planète. Elles n’avaient jamais accepté une telle intrusion auparavant. C’est unique. Ce documentaire en six parties de vingt-quatre minutes chacune est le résultat d’une aventure inédite au plus proche des B-Boys. Des images à couper le souffle, de grandes émotions et des moments inoubliables comme la finale de Red Bull BC One à Moscou fin 2011. Break’n Reality est produit par Red Bull Media House. Il est disponible partout et notamment sur iTunes, PlayStation Network et Xbox Live. www.redbull.com/breaknreality

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IL NE CALE PAS Icône du Velvet Underground, John Cale livre un nouvel album surprenant. Cet homme a marqué l’histoire du Rock. D’abord en tant qu’auteur dans le Velvet Underground de Lou Reed, puis dans le costume de dénicheur de talents (Patti Smith, Iggy Pop, etc.). La carrière solo de ce multi-instrumentaliste septuagénaire navigue entre Pop lyrique et... HipHop. À fond de Cale !    : Vous avez recours à Auto-Tune connu aussi sous le nom de Cher effect. Très prisé dans le Hip-Hop…   : C’est juste. Mais il convient d’utiliser cet effet avec modération, au risque de lasser. J’apprécie certes le Rap mais utilise AutoTune principalement pour concevoir une voix robotisée.

Votre performance HipHop préférée ? Snoop Dogg avec lequel j’aimerais collaborer ou Kokane. Ce dernier possède trois voix différentes, une aiguë comme Marvin Gaye, une tempérée et une caverneuse. Il passe de l’une à l’autre dans un même morceau. « Bonjour Avenir, adieu Passé » est, en substance, le refrain d’une chanson. C’est aussi votre devise ? Absolument. Je n’aime pas faire ou écrire deux fois la même chose. J’ai un secret. Ne jamais écouter la radio pour préserver mes oreilles d’une Pop polluée et sans intérêt. Shifty Adventures in Nookie Wood disponible le 1er octobre. Plus sur www.john-cale.com Depuis un demi-siècle, John Cale est un visionnaire. Grâce, notamment, à son abstinence radiophonique...

ADIDAS ADIZERO DISQUE/MARTEAU Semelle plate recouverte à l’avant d’un polissage spécial pour une vitesse de rotation améliorée pendant le lancer. Prix : 110 $

PHOTO GAGNANTE

Madrid

25 000 spectateurs pour une ambiance unique dans l’enceinte de la Plaza de Toros. Jörg Mitter, Red Bull X-Fighters

Agra Pour le freerunner britannique Ryan Doyle, le Taj Mahal a quelque chose de... renversant. Sebastian Marko

Dallas Pas de quartier à la finale de Red Bull Game Breakers (dérivé du football américain). Les duels sont sans merci. Garth Milan 17


B U L L E VA R D

Red Bull Media House sera sous les feux de la rampe au Festival du film de Saint-Sébastien à la fin du mois (21-29 septembre). Storm Surfers 3D – à découvrir dans le détail page 42 – ainsi que le long métrage événement de la fin d’année 2011 The Art of Flight seront projetés sur le plus grand écran d’Europe le 28 septembre prochain à 19 h 30 à l’occasion d’un « Big Friday ». Initiée par Red Bull Media House, Quiksilver et Wandavision, cette soirée exceptionnelle se déroule au Vélodrome Antonio Elorza. Il s’agit d’un double baptême : Storm Surfers 3D est projeté pour la première fois sur le continent européen et The Art of Flight signe l’acte de naissance d’une vision unique en 3D, sous les yeux des réalisateurs Justin McMillan, Curt Morgan Christopher Nelius et Curt Morgan. Ross Clark Jones, surfeur de très grosses vagues, assistera aussi à la projection. L’Australien a activement participé au tournage de Storm Surfers 3D. Red Bull Media House s’affiche plus que jamais comme un acteur majeur de l’industrie cinématographique du sport. À noter que le Festival accueillera aussi des comédiens de classe mondiale tels que Ben Affleck, Richard Gere ou Susan Sarandon. Ils viennent présenter leur nouvel opus. Plus d’infos sur www.sansebastianfestival.com

Morgan au Chili pour The Art of Flight.

Lyme Regis Le wakeboarder autrichien Dominik Hernler en pleine action lors de Red Bull Harbour Reach. Ben Dean 18

Jackie Harmony revient à ses premiers amours

JOURNAL DE BORD

Au cœur de Red Bull Final Descent avec Jackie Harmony. La talentueuse VTTiste Jackie Harmony révèle l’incroyable exigence physique et mentale d’une course d’enduro de 12 heures telle que Red Bull Final Descent. Les prochaines étapes se dérouleront le 18 septembre à Jackson Hole (Wyoming) et le 13 octobre à Taos (Nouveau-Mexique). 1ère heure : Je me sens nerveuse. Je crains de ne pas être à la hauteur, surtout au départ avec toutes ces filles. Je cours vers mon vélo et me lance dans la course ! 2e heure : Je tente différentes trajectoires pour gagner du temps. 3e heure : Toujours dans le paquet ! 4e heure : Je commence à sentir la fatigue. Le petit break tombe à pic. 5e heure : Je me fie à mon instinct. 6e heure : Sur le moment, je me sens un peu vaseuse. Je me parle, je m’encourage. 7e heure : Le temps au tour est meilleur mais je pense que je suis paradoxalement moins vite. 8e heure : Certains tours me semblent très lents alors que, sur d’autres, j’ai l’impression d’être ultra rapide. 9e heure : Plus que trois heures ! Plus que trois heures ! 10e heure : Le soleil disparaît. Je fais avec et commence à calculer le chrono idéal pour la fin de course. 11e heure : J’essaie de savoir combien de tours j’ai parcouru, combien m’en reste-t-il et je m’encourage avec des go, go, go ! 12e heure : En totale fusion avec moi-même. Je me parle, je suis dans un état second mais je profite pleinement de ce dernier tour. Ça prend presque le dessus sur la douleur. Lorsque je parviens à franchir la ligne d’arrivée, je suis comblée par l’effort que je viens de produire et par les encouragements de joie du public. Dans la montagne sur jacksonhole.com/finaldescent

Denai Alam Mohammed Balooshi prodigue ses conseils tout-terrain à la nouvelle génération. Victor Fraile, Red Bull Under My Wing

Salzbourg Une nuée de 210 oiseaux en aluminium a fait son nid sur le site du Hangar-7. Helge Kirchberger

TEXTE : CHRISTOPHE COUVRAT. PHOTOS : ERIK TIMMERMAN, SCOTT SERFAS/RED BULL CONTENT POOL, JUSTIN RAY/RED BULL CONTENT POOL

Red Bull fait son cinéma


B U L L E VA R D

DANS LA TÊTE DE...

KRISTEN STEWART

À 22 ans, l’actrice la mieux payée d’Hollywood est devenue en quelques années la star des ados grâce à son personnage de Bella dans Twilight. Quel a été son parcours pour en arriver là ? Explications.

JU STE PO UR

SAN S CHA RME APPA RENT

RI RE Vampire Sucks (Mords mo i sans hésitation), le pastiche réalisé par Jas on Friedberg et Aaron Seltzer, témoigne du succès de Twilight. Le tandem compte plusieurs parodies à son actif telles que Scarie Movie ou Spartatouille. Dans ce remake loufoque, Bella Swan, jouée par Jenn Proske, s’appelle Becca Crane. « Je m’efforce de rire , confie l’actrice. Stewart ne le fait jamais. »

Kristen Jaymes Stewart voit le jour le 9 avril 1990 à Los Angeles. Fille d’une mère script et d’un père producteur, elle grandit dans l’univers du spectacle puis enchaîne les auditions dès son plus jeune âge. Sans véritable succès. Devant la caméra, elle n’a rien d’une petite princesse. « Regardez une photo de moi à 15 ans, confie-t-elle à Vanity Fair. Je ressemble à s’y méprendre à un garçon. »

GRE Y PRI DE

Le roman érotique Fifty Shades of Grey, trouve son inspiration dans l’univers Twilight. À l’origine, E.L. James, l’auteur, décrit une passion entre Bella et Edward particulièrement torride. Dans la version publiée sur Internet, les noms des personnages sont changés. Le livre se vend à des millions d’exemplaires. Devinez à quels acteurs pensent les producteurs pour l’adaptation au cinéma...

COMM E UN GARÇO N

Ce style masculin joue en sa faveur en 2001. Elle décroche son premier vrai rôle, celui d’une fille rebelle, vrai garçon manqué, dans The Safety of Objects. L’année suivante, elle joue la fille diabétique de Jodie Foster dans Panic Room. Dans ces deux prestations, elle affiche une étonnante coupe de cheveux à la River Phoenix, le jeune acteur disparu en 1993. Sa carrière prend peu à peu son envol.

TEXTE : PAUL WILSON. ILLUSTRATION : LIE-INS AND TIGERS

ÇA EN VA LA IT LA PE

SUC CES S STO RY

Emportée par le succès de Twilight − le 5e et dernier opus de la saga sort en novembre – Stewart a quand même tourné six autres films dont Adventureland, The Runaways et Blanche-Neige et le chasseur. Les cinéphiles peuvent aussi la découvrir dans l’adaptation à l’écran du roman culte de Jack Kerouac, Sur la route. « J’aime repousser mes limites », dit elle à propos des scènes de sexe. « Nous admirons ses choix de carrière », enchaînent ses fans en chœur.

NN

ète sans cesse. Elle veut Adolescente, Stewart rép s le trop méconnu devenir comédienne. Dan re Bella partage l’affutu la 4, 200 Undertow, en de Billy Elliott. Après os fiche avec Jamie Bell, hér dans Into the Wild tion éta rpr inte son Panic Room, 10e film, séduit son à de Sean Penn en 2007, déj réalisatrice la à te sen pré la n la critique. Pen l’adpation au e par Catherine Hardwick qui pré naît la suite... con On . t ligh Twi an cinéma du rom

COUP DE FOUDR E

Le film, tiré d’un roman à succès pour ados dans lequel une jeune fille tombe amoureuse d’un vampire, boucle son casting début 2008. Kristen Stewart sera Bella. Pour le rôle du vampire, le réalisateur auditionne un jeune anglais apparu dans Harry Potter 4. Son nom ? Robert Pattinson. Tous deux doivent s’embrasser. La scène électrise ceux qui y assistent. Twilight rapporte dix fois ce qu’elle a coûté. La saga est née.

VIE PRIVÉE, VIE PUBLIQUE L’histoire d’amour à l’écran entre Stewart et Pattinson se prolonge dans la vraie vie en dépit de tensions persistantes. Un cliché de paparazzi les montrant ensemble peut se payer jusqu’à 100 000 $, à peu près ce que Stewart gagne en une seule journée... Mais, depuis, le couple bat de l’aile. Stewart s’est montrée infidèle en juillet dernier. Coup marketing ou coup de trop ? L’avenir nous le dira.

IL Y A UNE VIE APRÈS ...

Selon certaines rumeurs, Stewart aurait souhaité avoir plusieurs enfants avec Pattinson. Des bébés qui grandiraient dans un monde normal à l’inverse de celui de Twilight. Pour tourner la page Bella, Stewart interprète une jeune femme déjantée et provocatrice dans Cali, prochain thriller sulfureux de Nick Cassavettes. Finie la romance. Le DVD de Sur la route sera disponible bientôt. Infos sur www.ontheroad-themovie.com

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B U L L E VA R D

PORTRAIT

MUSIQUE HALSALL !

À 14 ans, il parcourt le monde. Aujourd’hui, Matthew Halsall, trompettiste et DJ anglais de 29 ans, ambitionne de révolutionner le Jazz.

Premier contact Au cours du concert d’un big band de Jazz auquel il assiste avec ses parents à l’âge de 6 ans, il pointe la trompette du doigt. Trop jeune pour cet instrument, ils lui offrent un cornet à piston... Dernière ambition L’Anglais a de la suite dans les idées : « Je ressens le besoin de faire de la musique pour ma génération et de créer ma propre vision du Jazz. »

« Mes compositions doivent être en phase avec l’époque. »

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La soirée est d’une douceur toute méditerranéenne. Matthew Halsall avance sur la scène de l’amphithéâtre à ciel ouvert du Worldwide Festival de Sète. Derrière le trompettiste et sa casquette fétiche, suinte sur la mer un couché de soleil ocre dans lequel tanguent avec nonchalance des embarcations qui glissent vers le rivage. Assis, un gobelet de rosé très frais dans une main et une assiette d’huîtres dans l’autre, les conditions sont parfaites pour apprécier l’un des musiciens de Jazz les plus novateurs de sa génération. Dès les premières notes, le public est embarqué. Les mélodies de Matthew Halsall sont puissantes, subtiles. Entraînantes. Le style du jeune Anglais en impose. Le public est subjugué. Il dégage une force susceptible de rajeunir le Jazz dans la conscience des gens. Au terme d’un set envoûtant de 90 minutes, il sourit et salue timidement le public bluffé par sa maîtrise précoce. « Être ici est magique, merci pour votre écoute. » Une standing ovation s’enclenche naturellement. Après sa prestation, le maestro basé à Manchester sirote un cocktail. Une bien belle gorgée avant de confier hilare : « C’était un concert extraordinaire. L’un de mes meilleurs. J’en fais peu, alors forcément ils le sont tous, mais là, il y a eu quelque chose en plus. »

Matthew Halsall ne quitte jamais son couvre-chef préféré.

Son quatrième album Fletcher Moss Park vient de sortir chez Gondwana Records, un label qu’Halsall a créé en 2007 pour lancer On The Go, son premier album au succès retentissant. Une pièce de son chez-lui mancunien est dévolu à la gestion du label. Aujourd’hui, il est un espoir brillant de la mouvance NuJazz et les festivals européens courtisent son talent de DJ. Il a six ans quand il souffle pour la première fois dans une trompette. Très tôt, son potentiel est repéré. Alors que ses copains intègrent le centre de formation du club de football de Wigan, Halsall choisit le Jazz et le Youth Orchestra de la ville. Il est le seul membre du Big Band à ne pas avoir la majorité. Halsall est même embarqué en tournée mondiale à 14 ans ! « J’ai dû apprendre très tôt à gérer l’alcool », déclaret-il aujourd’hui, sourire en coin. Cette époque est révolue. Il rêve d’un nouvel album, riche de mélodies symphoniques : « Aujourd’hui, je veux prendre plus de temps dans ma musique afin qu’elle laisse parler mon cœur, ma personnalité et mon âme. Je souhaite concevoir un album avec des morceaux de piano, des compositions avec orchestre et des mélodies jazzy. » Une sorte de sagesse tranquille s’empare de ce talent qui n’a pas encore trente ans. À suivre assurément !

« J’ai dû apprendre très tôt à gérer l’alcool. Aujourd’hui, je veux prendre plus de temps dans ma musique afin qu’elle laisse parler mon cœur, ma personnalité et mon âme. »

Dates de concerts disponibles sur matthewhalsall.com

TEXTE : OLIVER PICKUP. PHOTO : RICHARD KABY (1)

Date et lieu de naissance 11 septembre 1983 à Warrington (Angleterre)


B U L L E VA R D

VITE FAIT, BIEN FAIT

Sportifs vainqueurs et parcours victorieux aux quatre coins de la planète.

Sans-faute pour Brook MacDonald. Le Néo-Zélandais de 19 ans s’adjuge à Val d’Isère sa première victoire dans la Coupe du monde de descente en VTT.

Présent en 2011, Kilian Jornet apprécie le tracé de Red Bull Éléments.

PHOTOS : DOM DAHER/RED BULL CONTENT POOL, SVEN MARTIN, C BAHN/USOS, HONDA, JOERG MITTER/RED BULL CONTENT POOL

ULTRA JORNET

À la surprise générale, l’Australien Julian Wilson s’impose à l’US Open de surf disputé à Huntington Beach en Californie. C’est son plus beau succès. Il n’a que 23 ans.

Le trail runner Kilian Jornet sera l’attraction de Red Bull Éléments ce samedi à Talloires, autour du Lac d’Annecy. Né au cœur des Pyrénées, dans un refuge niché à 2 000 mètres d’altitude à la frontière entre Andorre et l’Espagne, Kilian Jornet est un enfant de la montagne. Sa fréquence cardiaque au repos est de 34 (contre 205 pulsations en effort maximal) et sa VO² max (capacité pulmonaire) varie de 85 à 90 ml/min/kg… Des valeurs hors norme. L’Espagnol est le meilleur avaleur d’espaces au monde et un des seuls à vivre de l’ultra-trail. Déjà, minot, il aimait s’amuser avec sa sœur, Naïla, en descendant les glaciers sur les fesses et s’y risquer la nuit, sans lampe, en compagnie de sa mère. Il en a gardé une aptitude rare à lire le terrain et une maîtrise magistrale du risque. À l’âge de trois ans, il gravit son premier sommet de 3 000 mètres, le Tuc de Molières, avant de s’offrir un an plus tard l’Aneto, le point culminant des Pyrénées à 3 404 m. Le Breithorn est son premier 4 000 mètres du haut de ses cinq ans. L’étudiant en licence STAPS à l’université de Font-Romeu a presque tout gagné. Ses concurrents frisent la trentaine bien tassée et lui est déjà une légende à vingt-quatre ans. Le triple vainqueur de la Coupe du monde de ski-alpinisme et quadruple Champion du monde de skyrunning (course entre 2 000 et 4 000 mètres d’altitude, longue entre vingt et trente kilomètres) raffole, en bon chamois qu’il est, des parcours techniques. Le tracé de la seconde édition de Red Bull Éléments ne peut que le satisfaire. Le quatuor du team Font-Romeu qu’il forme avec Jérémy Pouge (aviron), Martin Bonis (parapente) et Alexis Vuillermoz (VTT) part favori. Éprouvée l’an passé, l’expérience avait convaincu Kilian Jornet : « Ce genre de tracé avec autant de dénivelé sur peu de kilomètres est rare. » Le parcours de Red Bull Éléments est à découvrir sur www.redbull.fr

Le pilote Honda Jonathan Rea devient le premier Anglais à s’adjuger les 8 heures de Suzuka. Bel exploit pour ce pilote âgé de 25 ans.

Lors de l’étape madrilène de Red Bull XFighters, le Néo-Zélandais Levi Sherwood, 20 ans, est sorti vainqueur de la finale qui l’opposait au héros local Dany Torres.

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HIER ET AUJOURD’HUI

La fièvre VTT À gauche, une pièce de musée. À droite, le summum de la technique. Tout carbone face à l’atout charme. Belle opposition de style. Au fil des ans, le VTT est devenu une véritable success story.

LONG, PLAT ET BAS

Au début des années 90, une posture allongée est considérée comme athlétique. Elle met plus de pression sur la roue avant, améliore l’aérodynamisme mais diminue la maîtrise du vélo sur terrain accidenté.

FOURCHE RIGIDE

La fourche suspendue a été créée en 1990 mais n’a pas la faveur des amateurs de cross-country. Ils voient en elle un surplus de dépense d’énergie.

DÉRAILLEUR

À cette époque, le Shimano Deore XT est la technologie de pointe. 7 vitesses à l’arrière et 3 pignons à l’avant viennent à bout des plus périlleuses inclinaisons montagneuses. Les plateaux ovales (Biopace) sont abandonnés.

MACHINE DE COMBAT

Les vététistes Gerhard Zadrobilek, Ekkehard Dörschlag et Manfred Kornelson de l’équipe Red Bull Maroné sont équipés de machines signées Peter Maroné. Basée à Salzbourg, la firme rafle médailles et distinctions à divers Championnats du monde ainsi qu’au Red Bull Dolomitenmann. Une posture sportive et la réputation de vélo-qui-rafle-tout font aujourd’hui de la « Kampfmaschine » une légende bleu argenté collector !

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Chef-d’œuvre de l’époque ! Base arrière en aluminium, raide à quatre pans. Poids total : 13,44 kg.

TEXTE : WERNER JESSNER

1992


En vingt ans, le poids de ces montures a été divisé par deux.

ÉQUILIBRE

De nos jours, la posture a gagné en efficacité sur un VTT. Un guidon plus large et un cintre plus court garantissent un meilleur contrôle.

DÉRAILLEUR

10 pignons à l’arrière, double plateau à l’avant, le SRAM XX dispose d’une vitesse en moins que l’ancien modèle de 3 × 7. Mais il est bien plus léger et ça se sent dans le moindre franchissement.

PHOTOS : KURT KEINRATH

2012

FOURCHE RARE

Cette fourche suspendue à air DT Swiss XRC 100 Race dispose de 10 cm de débattement avec blocage au guidon. Son poids de 1 270 grammes est identique à celui d’une ancienne fourche rigide.

SCOTT SCALE SL

Ce VTT va plus vite car il est plus léger. C’est là l’essentiel de ses qualités. Le cadre, le guidon, la selle, les bielles et les jantes sont en carbone. Les fonctions ont été optimisées au maximum. Freins à disques et fourches à suspensions sont aussi adaptables au plus pur style cross-country. Le Scale affiche une posture plus confortable. Il est aussi plus rapide que le Maroné sur la plupart des terrains. www.redbulldolomitenmann.com

Avec ses 899 g, le cadre du Scale SL est le plus léger au monde. Poids total : 7,91 kg.

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B U L L E VA R D

FORMULE MAGIQUE

À LA PLONGE !

Arrêtons-nous un instant sur la technique très pointue des athlètes de Red Bull Cliff Diving.

TEXTE : DR MARTIN APOLIN. PHOTO : V. CURUTCHET/RED BULL CONTENT POOL. ILLUSTRATION : MANDY FISCHER

Michal Navratil est ici en pleine action lors de la première étape de Red Bull Cliff Diving World Series 2012. Elle avait pour cadre les majestueuses falaises de Bonifacio.

LA THÉORIE. LE PROFESSEUR DE PHYSIQUE...* Les Red Bull Divers sautent d’une hauteur de 27 mètres, l’équivalent d’un bâtiment de huit à neuf étages ! Combien de temps leur faut-il pour atteindre l’eau ? En omettant la résistance de l’air, la vitesse se détermine par la formule v = √2gh , g étant l’accélération de la gravité (9,81 m/s²) et h la hauteur du saut en mètres. Dans notre cas, le résultat est un impressionnant 23,4 m/s (environ 84 km/h). Cette vitesse élevée explique pourquoi les plongeurs arrivent dans l’eau les pieds en avant. Aux yeux des juges, l’entrée dans l’eau est la plus importante. Il est primordial d’arriver à la verticale. Le moment cinétique (L), produit du moment d’inertie (J) et de la vitesse angulaire (ω) donc L = Jω entre alors en ligne de compte. Mais tant que le plongeur est en l’air, L reste constant. La rotation ne cesse jamais complètement. Le moment d’inertie obtenu en position longitudinale est environ trois fois plus important qu’avec les genoux repliés sur la poitrine. Ainsi, à la fin d’un saut avec salto groupé, la rotation peut subir un ralentissement de facteur 3, soit : L = Jω = 3Jω/3. Si le plongeur mesure 1,80 m, il met pour plonger t = s/v = 1,8 m/23,4 m/s ≈ 0,08 sec, soit 8/100 sec. Sa rotation se poursuit, mais elle est à peine perceptible. Pour une rotation idéale, le timing à l’ouverture de la posture doit être parfait. Pour réduire les projections d’eau à leur minimum, il faut diffuser le moins d’énergie possible au contact de celle-ci. Cette énergie (E) correspond à la force (F) multipliée par le trajet (s). Le trajet correspond à la taille invariable du corps. L’énergie transmise est donc proportionnelle à la force (E ~ F). Cette force (résistance de l’eau) correspond à FR = 0,5ρcRAv². La densité de l’eau (ρ) est une constante tout comme la vitesse de l’impact (v) liée à la hauteur. Si, pour simplifier, on suppose que la vitesse lors de l’immersion reste constante, l’énergie transmise est E ~ cRA. Une immersion aérodynamique assure un coefficient de traînée cR limitée. Aussi la surface d’impact I doit être maintenue la plus petite possible. Les deux valeurs dépendent partiellement l’une de l’autre. Des bras mal plaqués le long du corps ou une rotation prolongée augmente cR (coefficient de la force de traînée) tout comme I (surface d’impact) générant ainsi plus d’éclaboussures. LA PRATIQUE. LE PLONGEUR PROFESSIONNEL... « Pour une immersion parfaite, je m’entraîne à plonger à quinze mètres de haut », glisse Michal Navratil. Troisième des Red Bull Cliff Diving World Series l’an dernier, le Tchèque est une des nombreuses stars de la discipline. « J’exécute un double salto avec une demi-vrille, j’essaye de stabiliser ma position en l’air et emmène mes jambes là où je souhaite arriver. » Navratil entame la préparation mentale d’un saut en compétition dans sa chambre d’hôtel la veille de l’épreuve. « J’essaye de me détendre et visualise le saut au ralenti dans ma tête jusqu’à ce que j’en maîtrise les moindres mouvements. Cette méthode est plus efficace lorsqu’elle est pratiquée avant de s’endormir. Sur la plateforme, ce n’est plus l’heure de la réflexion mais bien celle de l’action. » www.redbullcliffdiving.com et www.michalnavratil.com * Auteur de plusieurs ouvrages, Martin Apolin est Docteur en Physique. Il enseigne à l’Université des Sciences Appliquées de Vienne.

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CHIFFRES DU MOIS

MATCH POINT

S’il est une épreuve où le gain de chaque point est érigé en absolue valeur, la Ryder Cup est celle-ci. États-Unis et Europe s’affrontent tous les deux ans sur un parcours de golf de légende. Décryptage.

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Tony Jacklin

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Entre 1961 et 1975, l’Américain Billy Casper est invaincu lors de ses huit participations à la Ryder Cup (sept victoires et un nul). Il récidive en 1979 en tant que capitaine. Les États-Unis s’imposent cette année-là sur le score de 17 points à 11. Avec 23,5 points, il est le plus prolifique pourvoyeur de son pays mais reste dans l’ombre du Big Three sur la planète golf (Jack Nicklaus, Arnold Palmer et Gary Player). Côté européen, le Mr. Ryder Cup se nomme Nick Faldo. L’Anglais compte 11 participations, soit 46 matches pour 25 victoires.

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Le trophée

Avec A vec 26 titres, les Américains dominent les Européens, loin derrière (12 victoires). À l’exception de 1957, le trophée ne quitte pas les États-Unis tats-Unis pendant 50 ans, soit de 1935 à 1985. En 1947, le capitaine britannique Henry Cotton subit, à Portland, la plus large défaite contre les Yankees. Ceux-ci comptent dans leurs rangs des monstres sacrés tels que Ben Hogan ou Sam Snead. Dans le dernier simple, l’Anglais Sam King évite le zéro pointé grâce à sa victoire contre Herman Keiser. Le score final est cependant sans appel (11-1).

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Jack Nicklaus

En 1969, la Ryder Cup offre au golf un des plus beaux exemples de fairplay. Nous sommes sur le tracé du Royal Birkdale. Sur le dernier trou, Jack Nicklaus, icône du golf américain, rate un putt pour le birdie. Son adversaire, Tony Jacklin, doit rentrer un putt de 60 cm synonyme de match nul. Très proches dans le privé, Nicklaus donne le putt à Jacklin. Les règles de la Ryder le permettent. Ce geste permet aux Américains de conserver leur titre conquis quatre ans plus tôt. « Je suis sûr que tu l’aurais réussi, chuchotera Nicklaus au Britannique. De toute façon, je n’étais pas préparé à te voir échouer. »

Bernhard Langer

Samuel Ryder

En 1991, sur l’incroyable parcours de Kiawah Island, situé en Caroline du Sud, Bernhard Langer, perfectionniste notoire, demande à Colin Montgomerie, son partenaire, de lui indiquer la distance qui sépare une tête d’arrosage d’un diamètre de 15 cm du drapeau. « 192 yards », répond l’Écossais (173 mètres). Pas assez précis pour l’Allemand : « En partant du bord avant ou arrière de la tête de l’arroseur ? » Par la suite, la rigueur de Langer s’avère insuffisante. Il rate le putt pour la victoire.

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Billy Casper

La famille Walton

En 1995, la Ryder Cup se déroule au Oak Hill Country Club. L’Irlandais Philip Walton jusque-là inconnu y vit son heure de gloire. Sa meilleure place dans un tournoi du Grand Chelem est 13e (British Open 1989). Associé à Ian Woosnam et ses fameux avant-bras de fermier, l’Irlandais commence par s’incliner dans son premier match de double. Walton se rattrapera en gagnant son simple. « À présent, les Américains savent peut-être qui je suis, déclare-t-il dans la foulée. Dites-leur sinon que je fais partie de la famille Walton, celle de la série télévisée. » La 39e Ryder Cup a lieu les 28, 29 et 30 septembre prochains à Medinah (Illinois, États-Unis). Plus sur www.rydercup.com/2012

TEXTE : ULRICH CORAZZA. PHOTOS : SHUTTERSTOCK (2), CORBIS, GETTY IMAGES (5)

Au départ, soit en 1927, cette compétition de golf permet aux États-Unis et à la Grande-Bretagne de se mesurer. Depuis 1979, le match a été élargi à l’Europe continentale. La Ryder Cup se déroule tous les deux ans, alternativement en Europe et aux USA. Samuel Ryder, un grainetier anglais, en est l’initiateur. Le trophée en or massif mesure 43 cm. Au sommet trône une statuette à l’effigie de Abe Mitchell, coach de Ryder, engagé à l’époque pour 1 000 livres par an. Une crise d’appendicite empêche néanmoins Mitchell de participer à la première édition.

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ACTION

Smells like flying spirits Le festival du cerf-volant de Bali est une rencontre spectaculaire entre l’artisanat et la tradition. Des centaines d’équipes s’y livrent une bataille aérienne pour la fierté de leur communauté et la pérennité d’une culture ancestrale. Texte : Jeremy Torr

Photos : Palani Mohan

* Comme un air d’esprits volants

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Smells like flying spirit


ACTION

« C’est autant une offrande aux divinités que le respect de nos croyances hindoues. »

L

orsque les alizés se lèvent, le temps change à Bali. C’est en mai que la saison des pluies s’achève sous l’influence des vents secs venus du sud. Ils nettoient le ciel, le bleu s’installe. Enfin, la pluie cesse et les rizières s’assèchent. Un autre paysage se déploie pour qui lève les yeux. Ici, tout est calme et volupté, hormis pour les paysans qui irriguent déjà leurs plantations de riz, sous peine de subir une saison de récoltes maigres. Pour être bien sûrs de leur coup, ils invoquent aussi les esprits. Ils disent que ça aide le riz à pousser.

Esprits volants

« J’ai commencé à faire des cerfsvolants quand j’avais dix ans, raconte Si Nyoman Adnyana, ex-historien local très respecté. J’ai maintenant 77 ans, autant dire que j’en ai fait tournoyer quelques-uns… » Si Nyoman est l’un des fondateurs du Festival de kite de Bali tenu tous les ans à Pantai Padang Galak, sur la côte sud de l’île indonésienne. « Ce qui compte, ce n’est pas de les faire voler – bien que cela soit passionnant – mais c’est ce qu’ils représentent dans notre culture. Ils y ont une place à part. » Noir, rouge et blanc sont les coloris typiques des cerfs-volants balinais que l’on retrouve dans des combinaisons de bandes, de damiers et de motifs divers. Ces couleurs représentent les 30

divinités hindoues, surtout Siva qui, dit-on, adorait ces objets flottants. L’hommage ne fait guère de doute. Il sont construits d’après les modèles et les dessins traditionnels avec des arcs de bambou et des structures en rotin qui produisent un bourdonnement hypnotique. Les Balinais disent que ces sons apportent l’harmonie et favorisent les récoltes des champs au-dessus desquels passent les


Au nom du...

Le cérémonial avant le grand départ dans les airs est fondamental. On bénit l’engin ainsi que les membres de l’équipe. Chaque pièce requiert plusieurs mois de travail (assemblage, essais et déplacement de la structure).

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Procédure d’envol

Le décollage demande une agilité importante. La suite du vol en dépend et l’honneur de la communauté est en jeu.


ACTION

« Le fabricant de cerfsvolants doit être heureux […] pour savoir faire voler le janggan et faire en sorte qu’il produise un joli son. »

engins. Cette manifestation, c’est une symphonie du renouveau. « Le festival représente quelque chose de considérable pour les communautés villageoises », raconte Kadek Suprapta, le chef de Danginpeken Banjar, l’équipe toute vêtue de noir. « Si quelqu’un se joint à un banjar (une communauté balinaise, ndlr) et découvre qu’il n’a pas de cerfs-volants, il y a de grandes chances qu’il quitte ce banjar pour en rejoindre un autre. Le cerf-volant, c’est une question de prestige. » Tout ceci peut paraître excessif jusqu’à ce qu’on découvre la chose. Elle n’a rien de ce qui claque sur les plages de Palavasles-Flots avant de finir en piqué entre deux serviettes de bains. Ici, les cerfs-volants sont immenses. « Il nous faut des mois pour réaliser un de ces janggan », raconte Kadek. Ils peuvent peser jusqu’à 300 kilos, faire trois à quatre mètres de large et une dizaine de mètres de long. La queue peut aussi mesurer 200 mètres sur deux mètres de large. Les plus lourds font 400 kilos et il faut jusqu’à dix personnes pour, entre le port et le lancer, assurer le décollage. Quand une communauté transporte un layang-layang (cerf-volant en balinais), il faut couper la circulation. Il est en effet suivi par près d’une centaine de personnes dans une procession bigarrée où l’on frappe sur des gongs en agitant des drapeaux et des cerfs-volants petit format. Des équipes comme celle de Danginpeken, il y en a des centaines, chacune armée de plusieurs cerfs-volants. Ajoutez des dizaines de milliers de spectateurs, servez tout ce beau monde bien comprimé dans un kilomètre carré de rizières et de plage balayé par le vent. Bluffant. « C’est autant une offrande aux divinités que le respect de nos croyances hindoues », raconte Si Nyoman. Chaque janggan (cerf-volant à tête de dragon) est orné d’un masque souvent surmonté d’une couronne en or massif. Avant d’être autorisé à prendre la voie des airs, il est béni par un prêtre et célébré par des offrandes rituelles. Chaque année, le masque est ajusté sur une 33


Ă€ la seule force des bras

Les dimensions invraisemblables d’un cerf-volant demandent le concours d’au moins 40 personnes pour le transporter, le lancer et le faire voler. Le festival en voit voltiger plus d'un millier.

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pour vingt-cinq festivals et son banjar a gagné quinze titres dans sa catégorie depuis 1956. « C’est grâce au masque, dit très sérieusement Kadek. Il nous porte chance et nous donne la puissance. Le côté artistique du cerf-volant, c’est notre domaine. C’est le fruit d’un important travail collectif. »

Tous pour un…

nouvelle structure. Entre les deux éléments, un jeu de contrepoids. « L’équilibre est très important, explique Kadek. Le fabricant de cerfs-volants doit être heureux en ménage et avoir de l’expérience pour savoir faire voler le janggan et faire en sorte qu’il produise un joli son. » Pour son engin volant, Danginpeken a fait appel à Made Lumbun, 61 ans, qui suit le même design que son grand-père. Des layang-layang, il en a construit

Chaque équipe a l’attitude belle. Ses membres, de jeunes robustes de 14 à 27 ans, doivent être aptes à endurer les efforts répétés qu’exigent le transport, le lancer et le pilotage d’un cerf-volant. Signes de reconnaissance : des tee-shirts griffés, une coiffe traditionnelle et des lunettes d’aviateur. Beaucoup ont aussi des foulards façon Far West, qu’ils portent sur le visage presque comme des cagoules. Ils pourraient passer pour des bad boys. Or, ils ont la vénération du cerf-volant et de l’esprit d’équipe. S’ils n’hésitent pas à revendiquer haut et fort leur fierté au cœur du défilé, c’est la tradition qu’ils portent en eux. Kadek : « Certains pourraient penser qu’ils sont agressifs, ce n’est pas le cas. Ils défendent l’honneur de leur banjar. » Faire partie de ces communautés est un pan de la culture balinaise, une appartenance aux origines tribales qui pousse les équipes à faire toujours plus grand, plus beau et plus haut. Sans oublier que ces cerfs-volants sont un hommage au vent et à la saison des récoltes. Ketut Tara fume des

(WO)MEN ONLY

Concevoir et faire voler les cerfs-volants est exclusivement un travail d’hommes. C’est la tradition des banjar. Les femmes confectionnent le satab, un ensemble de petites fleurs tressées sur les rubans de bambous. Aussi, elles seules ont le droit de préparer les offrandes utilisées par le prêtre lors de la bénédiction. Le cerf-volant a besoin de la nature des femmes et du travail des hommes pour trouver l’harmonie.

KITE GUIDE

Le festival de Bali organise quatre compétitions. Une pour les cerfs-volants modernes et trois pour les traditionnels. Soit une pour les bebean, cerfsvolants à tête de poisson ; une pour les pecukan, en forme de feuille et une dernière, pour les janggan, à tête de dragon. Il se passe aussi des choses étranges. On y voit voler des tortues, des motos, des lions et même des serveuses – tous impressionnants par leurs dimensions. Le bebean est le plus répandu. Le pecukan symbolise le positif et le négatif, mais la catégorie la plus importante et la plus grandiose est celle des janggan.

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ACTION

L’esprit de tribu fait partie de ces communautés.

Les yeux dans le ciel

Le spectacle est bluffant lorsque ces monstres de tissu s’ébrouent tous en même temps dans les airs.

cigarettes aux clous de girofle. Il a le biceps saillant et nerveux, des tatouages et une vraie gueule de dur. Pas tout à fait le look traditionnel. Il se raconte : « J’ai 22 ans et suis dans l’équipe Segara Manik depuis environ quatre ans. Nous ne sommes pas des gangsters mais nous devons nous montrer forts parce que c’est nécessaire pour gagner. Même si nous ne gagnons pas, c’est l’attitude qu’il faut avoir parce que nous sommes tout bêtement heureux d’être ici. » Il a même souri, c’est dire ! À Bali, l’esprit de tribu fait partie de ces communautés. Après les bobos, voici la hype traditionnaliste. Kadek précise : « La technologie doit nous apporter le progrès mais aussi nous aider à développer notre culture et à faire de meilleurs cerfs-volants. » Le vieux Si Nyoman acquiesce. « En tout cas, le festival est de plus en plus imposant, année après année. Et, le plus beau dans tout ça, c’est que c’est grâce aux jeunes. » Pour ça, ils s’agitent, les gamins ! La tension monte alors que les équipes déroulent les 400 mètres de filins à travers les rizières asséchées, les canaux, les stands de restauration, le public. Même par-dessus la digue. Les lanceurs ramènent les filins sous les cerfs-volants, les enroulent consciencieusement, comme autant de ressorts. Ils attendent le feu vert du chef d’équipe qui détermine le bon moment. Compliqué car, entre les envols des rivaux, les vents croisés ou la présence d’un étourdi debout sur la queue de la bête, il y a toujours un contretemps. L’orchestre de gamelan gong monte le son jusqu’à la frénésie, le commentateur s’époumone. Ça y est ! Le cerf-volant quitte le sol porté par une petite brise. Une première course latérale, le temps que le vent s’engouffre dans la structure 37


ACTION

« Se réunir pour mettre sur pied un cerf-volant, c’est se souvenir de qui nous sommes. »

JUGEMENT DERNIER

Le cerf-volant est jugé sur divers critères : l’apparence, la construction, la capacité à voler, la stabilité, la vitesse et les sons générés. Le vainqueur de chaque catégorie est désigné par un comité de juges après plusieurs jours de délibération. Certains cerfs-volants sont configurés en mode « combat » : sur leurs filins, des bouts de verre pour couper les liens des rivaux et, parfois, des crochets positionnés sur les lignes pour déchirer les ailes.

C’EST QUAND ?

L’Assocation de kite de Bali organise son festival du cerf-volant à la fin du mois de juillet. Chaque année, il se tient à Sanur, au Pantai Padang Galak, à l’aube de la saison sèche et de ses vents généreux.

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de tissu et de bambou, puis il s’envole pour de bon, sous les hourras de l’équipe, toute fière.

L’ancien et le nouveau Ici, le cerf-volant est un être vivant. Quand le bambou ploie sous les airs, son squelette se déforme et se gorge de vie. Les jointures, faites de liens à la fois souples et solides, bougent en fonction du mouvement. Un vrombissement assourdissant accompagne le déploiement de la queue de tissu, libérée par les équipiers qui donnent du lest pour que leur layang-layang aille plus haut que les autres. De temps en temps, un dragon de papier accroche la ligne d’un autre et plonge vers le sol. Dessous, le danger existe. Pour Kadek, ce festival est le parapluie sous lequel s’abrite la culture balinaise. « Se réunir pour mettre sur pied un cerf-volant, c’est se souvenir de qui nous sommes. Ensemble, nous faisons appel à nos compétences et à notre héritage culturel. » Traditions et croyances vont de pair à Bali, mais cela n’exclut pas d’autres interludes de vie. Un autre membre du team résume cette tradi-modernité : « Chaque jour, je vais au temple pour prier mais je suis aussi en boîte de nuit tous les week-ends pour m’amuser ». À Bali, on sait conjuguer les arts de l’équilibre et de l’harmonie. Purusha et Prakriti – l’Esprit et la Nature, les éléments mâle et femelle – y font bon ménage. D’autres images sont visibles sur www.balikitefestival.com

Party time

Un envol réussi et un atterrissage impeccable sont autant de raisons de joie.


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BERNARD PURDIE :

« Elles adorent les batteurs » Présent sur la pochette de plus de 4 000 albums, le légendaire batteur Bernard Purdie (73 ans) a parcouru la planète avec Aretha Franklin et imprimé le rythme à James Brown. The Red Bulletin a traversé un demi-siècle de show business au bras d’un homme qui n’a pas « Purdie » ses bonnes vieilles habitudes. Texte : Andreas Rottenschlager

Photos : Philipp Horak

Les casseroles et les poêles de ma raccompagne chez elles. Eux, ils n’ont approximation. Une colère d’Aretha mère comme première batterie. qu’à mettre les instruments dans leur étui Franklin et vous êtes viré. La pire des Onzième d’une fratrie de quinze, je et ils sont prêts. Le batteur arrive après choses à faire, c’est de traîner avec votre tambourine avec frénésie dès l’âge de la bataille. Pour le chanteur c’est encore boss. C’est le moyen le plus rapide de trois ans. À six ans, je reçois une batterie. mieux. Il quitte simplement la scène et perdre son job... À sept ans, un professeur de musique se retrouve dehors en un rien de temps. La discipline d’un James Brown, il faut m’autorise à m’asseoir sur une chaise Louis Armstrong est un gentleman. l’avoir vécue pour y croire. Interdiction pendant son cours. Je n’ai pas J’ai joué avec lui à son annile droit de parler. Il faut versaire. Miles Davis, c’est d’abord apprendre à écouter. l’opposé. Une vraie bête de Comment trouve-t-on du travail bien qu’en retard à ses travail dans la musique dans propres répétitions. Il arrivait les années 60 ? Comme auet prenait le train en route. jourd’hui, en faisant son autoPlutôt cool. C’est aussi ça la promotion. Je fabrique des musique. Rien n’est figé ! pancartes que j’accroche à ma À la Red Bull Music Academy, batterie : « Appelez-moi, je suis j’enseigne à des musiciens un faiseur de tubes ». Un bon qui ont l’âge de mes petitsmarketing est essentiel. enfants. Je déteste le dire Je peux lire les partitions à mais 90 % d’entre eux savent l’endroit et... à l’envers. peu de choses sur la théorie J’interprète la musique au ou l’interprétation musicale. moment où je la joue. J’y vois La génération Techno sait se les notes, le rythme et le feeservir d’un ordinateur et c’est ling. J’y mets aussi toujours un bien, mais nul ne parle de peu de moi et ce, quel que soit générer de l’émotion. Il faut À 73 ans, Bernard Purdie garde le tempo dans la peau : « La retraite ? le morceau ou ceux avec qui utiliser l’ordinateur à bon Ce mot n’existe pas pour moi ! » je joue. J’y mets la touche escient et faire en sorte qu’il Purdie. préserve un son humain. Peu Pour The Grateful Dead, j’ai enregistré importe la direction choisie. Si vous êtes formelle de l’appeler James Brown. C’est entre trente et quarante chansons. Je bon, ça marchera. Mister Brown. Point. ne me souviens plus lesquelles. Je partais Prendre ma retraite ? Dites-moi, La motivation de départ d’un musià San Francisco enregistrer les morceaux parlons-nous réellement le même cien, c’est les femmes. Le seul hic, c’est et ils payaient ce que je demandais. langage ? Ce mot n’existe pas pour moi ! qu’un batteur doit emballer son matériel Tout le monde aime faire la fête. Mais Je travaillerai tant qu’on voudra de moi. à la fin du concert. Les femmes adorent quand on travaille pour une super star, M’arrêter ? Je n’y pense jamais ! le batteur mais à la fin, c’est toujours le Plus sur www.bernardpurdie.com on ne peut se permettre la moindre saxophoniste ou le bassiste qui les 40


Purdie a travaillĂŠ avec les plus grands. Les Rolling Stones, Aretha Franklin ou encore James Brown, la liste est longue...


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CHASSEURS de

VAGUES

À la recherche des plus extrêmes conditions, une équipe de surfeurs, de météorologues et de cinéastes parcourt les océans. Pour capter l’affrontement entre ces riders et les vagues les plus dangereuses au monde. Reportage. Textes : Josh Rakic

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Photos : Rod Owen


Tel père tel fils. Ross Clarke-Jones tracte son fils Kanan vers un break et les vagues imposantes de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie.


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ELLE20

accouche

de vagues de

mètres. Monstrueux. La mer de Tasmanie est en colère. Le météorologue Ben Matson lâche : « Nous devons surfer cette vague. » Ce spécialiste de l’océan et de ses rouleaux donne le feu vert aux surfeurs de l’extrême venus défier les éléments au large de l’état australien de la Nouvelle-Galles du Sud. Les conditions sont idéales. Au nord, à 500 milles marins (plus de 920 kilomètres), les phénomènes cycloniques se sont levés. Selon les calculs de l’expert, ils s’approchent de ceux de l’ouragan Katrina lorsqu’il a frappé la Floride en août 2005. Matson traque les cachettes pour rider dans des conditions extrêmes. C’est son boulot. Facile. À lui aussi de jauger si les surfeurs peuvent les affronter sans un aller direct pour la mort. « Les plus grosses vagues se trouvent au large de la Tasmanie, mais elles sont beaucoup trop dangereuses pour y envoyer quequ’un, raconte le décideur. À deux endroits nous avons positionné des jet-skis et ce qu’il faut pour l’aventure, mais ces vents nous empêchent de tenter le coup. Ce n’est pas pour autant que nous allons rester les bras ballants. Nous avons une option de secours. C’est comme pour une expédition en haute montagne. Nous avons mis en place deux équipages et leur logistique en Australie occidentale, plus précisément en Tasmanie et en NouvelleGalles du Sud. Ils n’attendent qu’un ordre pour être déployés. Il me semble que nous devrions pouvoir nous lancer avec la houle qu’on trouve ici. » Si elle ne devait pas se lever comme prévu, Matson aurait à assumer l’échec de l’opération. Lors du tournage de Storm Surfers 3D, le dernier documentaire de l’équipe de production, une journée avait été perdue à cause d’une mauvaise lecture des fichiers météo. Le coût de l’erreur ? 50 000 dollars (environ 41 000 euros). Sur le ponton, les vingt-et-un membres de l’équipage sont à pied d’œuvre en préparant le matériel de tournage et les boards. Matson explique son feu vert : 44

Trois piliers de l’équipe : Jason Poole, Mark Glinderman et Justin McMillan (de gauche à droite).

« Cette houle vient d’une évolution météo qui s’est levée sur la côte il y a environ quatre jours. Une semaine plus tôt, la neige a commencé à tomber sur les hauteurs, comme je l’avais prévu depuis un petit moment. Oui, j’ai une grosse responsabilité, c’est assez stressant. » Il est 4 h 30 du matin. Nuit noire. Froid de gueux. L’équipe de Storm Surfers loge au Murramarang Beachfront Nature Resort, à South Durras, en NouvelleGalles du Sud. Encore assis à la table du petit-déjeuner, Matson jette un œil aux derniers fichiers météo reçus sur son iPhone. À ses côtés, Ross Clarke-Jones le légendaire surfeur de gros rouleaux, et Tom Carroll, double Champion du monde, ont un échange animé. Les deux hommes, respectivement 46 et 50 ans, semblent plus effrayés par un renoncement que par la taille de la houle à éprouver. Drôles de mecs. Être roulés pendant une minute au cœur d’une vague plus

agressive que les autres, à un mille des côtes, est affreusement banal pour eux. On dirait un vieux couple qui se chamaille sur la taille des valises un jour de départ en vacances. C’est à qui mettra le plus de planches de surf dans la voiture. Vingtcinq ans d’amitié turbulente. « Tout le monde pense que nous sommes fous, raconte Clarke-Jones. J’aime bien chambrer Tom, notamment sur sa conduite. Un jour en Australie, il a failli me tuer en jet-ski. On a connu des moments durs physiquement, on s’est crié dessus avec virulence. Autant de choses qui font aussi de vraies amitiés. J’aime ce mec. Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble : des compétitions du Pro Tour dans lesquelles on était en concurrence, des aventures, des projets professionnels communs, la paternité, le divorce... On a traversé tout ça à deux et c’est cool d’avoir encore le surf pour tout partager et faire qu’on reste deux gamins quand on est ensemble. C’est assez drôle, cette relation, et je crois que c’est ce qui nous permet de rester si jeunes. » Ensemble, Carroll et Clarke-Jones ont sévi dans la comédie Max Wax, dédiée au surf et sortie en 1987. À l’époque, Carroll fait la star sur les affiches des ados. Clarke-Jones reconnaît que ce dernier lui a fait un joli cadeau en demandant de tourner avec lui. Six ans plus tard, Carroll prend sa retraite, se consacre à sa famille et laisse passer la décennie dorée du surf. Clarke-Jones, lui, ne décroche pas. Il est même l’un des piliers de la révolution tow-in à la fin des nineties, quand les surfeurs utilisent les jet-skis pour se faire traîner jusqu’aux meilleurs spots. Storm Surfers est l’occasion de rendre la pareille à son pote : Carroll reprend du service. En 2005, le réalisateur Justin McMillan et l’écrivain Chris Nelius montent le documentaire The Sixth Element, dédié à Clarke-Jones. Un an plus tard, le trio embauche Carroll pour réaliser le film Red Bull Tai Fu sur l’art du Big Wave. Le projet Storm Surfers naît d’une idée limpide : trouver les plus grosses vagues de la planète plutôt que d’attendre qu’elles frappent un spot défini au préalable. La série Storm Surfers débute sur Discovery Channel en 2008 avec Dangerous Banks puis, en 2010, Storm Surfers, Nouvelle-Zélande. Storm Surfers 3D arrive cette année tandis que ClarkeJones fourmille de projets : « Je n’ai pas l’impression de vieillir et, même, j’ai le sentiment de rajeunir. J’aime ce que porte cette aventure. Les vagues ne me font pas peur. La seule chose qui m’effraie, c’est


Victorieuse de son 5e Billabong XXL Big Wave Award, Maya Gabeira ajuste les ailerons de son surf (ci-dessus) alors que Kanan Clark-Jones scrute les éléments.

Les locaux Paul Morgan et Brett Burcher se préparent pour une session de Big Wave. à 6 heures du matin, Maya Gabeira est déjà au cœur de toutes les attentions (ci-dessous).

Au large des côtes de la Nouvelle-Galles du Sud, l’équipe se positionne autour de la barrière de récifs.


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de ne plus être capable, un jour, de faire ce que je fais aujourd’hui. Mais j’essaie de ne pas y penser. Rider une grosse vague est quelque chose de tellement saisissant que cela génère de la plénitude. J’aime ce qui m’excite et une grosse vague, oui, ça m’excite. Cela ne me fait pas peur. Je m’en fous de me retrouver sous l’eau pendant un moment, je suis en confiance quand je suis roulé par une vague, ça fait vingt-cinq ans que j’affronte ça et les fonds marins sont devenus ma deuxième maison. »

Retour

au ponton.

Le matériel a été embarqué, dont deux caméras 3D, à 150 000 dollars l’unité (environ 122 000 euros). Direction un reef improbable à environ un mille au large de la base, en Nouvelle-Galles du Sud. L’emplacement exact est un secret bien gardé. L’endroit est renommé pour ses « bombes », des vagues immenses qui implosent à l’impact. « Ça fait le bruit d’un 747, raconte Clarke-Jones, tout excité. On est littéralement recraché par la vague, l’air s’échappe et on est expulsé. Et, quand on est au cœur du rouleau, on a l’impression d’être dans un grand miroir. La vague assemble les lumières et les réfléchit. » Après quelques minutes sous haute tension, la frustration s’installe. Le break ne génère que des vagues de trois mètres. Au maximum. Le bruit de l’océan est assourdissant mais l’équipage reste muet. Pas assez gros pour Carroll et ClarkeJones, ni pour Maya Gabeira, spécialiste des grosses vagues, qui a pris en express un avion depuis Los Angeles pour avoir sa dose de sensations fortes. Clarke-Jones est frustré. Il sait que, quelque part sur la côte, des vagues doivent se lever beaucoup plus haut. Il ne peut pas y aller, ce n’est pas une mission solitaire. « Je me sens prisonnier. Je veux vivre de grosses sensations mais je ne peux pas penser qu’à moi sur ce coup-là. On est vingt sur place, pour rien, et tout le monde souffre de cette situation. C’est dur. » En fait, c’est l’heure de Clarke-Jones Junior, Kanan, 14 ans. Il va faire ses débuts dans Storm Surfers, dans des conditions plus sécurisantes même si, en bon père, Ross s’est employé à lui coller la trouille. Cameramen et producteurs foncent vers la « zone de tous les dangers » pour en tirer un maximum. « Tous les jours, on aimerait voir les mecs rider des vagues de six mètres mais, à la fin de la journée, c’est surtout l’histoire et les personnages qui donnent du piment aux

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La sécurité prime. Le système de sauvetage de Tom Carroll n’a pas bien fonctionné en se gonflant trop vite. Carroll l’a appelé le « Pamela Anderson »... Des vagues de plus de sept mètres de haut naissent ici. Ce sont surtout les surfeurs du coin qui profitent de ce spot de freeride.

images, raconte l’assistant réalisateur Justin McMillan. Dans Deadliest Catch, les surfeurs ne finissent pas toujours leur session, c’est même assez rare qu’ils y parviennent. Mais ce qu’ils font, ce qu’ils montrent, les rend humains. C’est comme ça qu’apparaissent Tom et Ross. C’est ça qui ajoute de la couleur à l’histoire. » Ross revient au bateau, trempé et morose, après avoir inspecté le spot en jet-ski. Il masque son mal-être en ironisant sur sa chance à piloter un jetski. Il y a une semaine, il avait failli y rester, à Cow Bombie, un des breaks les


Plus c’est gros... Les grosses vagues naissent de ce qu’on appelle communément les « hauts vents ». Ces régimes de tempête créent des frictions entre l’eau et l’air. La plupart du temps, elles se forment sur les côtes occidentales. Météorologue spécialisé dans ces phénomènes, Tom Matson détaille : « Généralement, dans tous les grands bassins maritimes du monde – océans Indien, Atlantique et Pacifique – les systèmes météorologiques se déplacent d’Ouest en Est et développent ces houles génératrices de vents, en fonction du fetch (distance sur laquelle un vent souffle sans rencontrer d’obstacle, ndlr). » Les récifs et le sable jouent un rôle majeur dans la création des plus grosses vagues. Dans des eaux peu profondes, ils provoquent une crête sur la vague qui, à son tour, crée une cuvette, en aspirant l’eau

par en dessous. Pour que naissent les plus grosses vagues, trois facteurs doivent être conjugués au présent. La vitesse du vent, le temps pendant lequel le vent souffle et la distance sur laquelle le vent voyage. « Un pourcentage important des houles extra-larges est impropre au surf, poursuit Matson. Ils sont en effet souvent accompagnés par un vent de terre qui secoue la surface de la mer. Les surfeurs de Big Waves doivent être très patients avant de rencontrer les conditions idéales. Il n’est pas rare d’attendre des mois, voire des années, avant de trouver la parfaite combinaison de houle, de vent et de marée. » Ce n’est que lorsque ces vagues au long cours finissent par atteindre la rive ou un récif et qu’elles commencent à ralentir et à gagner en hauteur que le jeu commence. Enfin.

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Tom Carroll chevauche un monstre des eaux. À 50 ans, le double Champion du monde surfe sur la vague de la jeunesse. Kanan Clarke-Jones en plein domptage d’un rouleau conséquent (ci-dessous).

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Top 5

des spots LES PLUS REDOUTÉS WAIMEA, HAWAII La plus incroyable de toutes les grosses vagues ne survient qu’à quelques années d’intervalle. Le moment venu, elle peut atteindre 18 mètres de haut, à moins d’une centaine de mètres du rivage. Dès que les vagues atteignent 8 mètres, une compétition pro s’organise. MAVERICKS, CALIFORNIE Le break le plus célèbre de la côte ouest, réputé autant pour la taille de ses vagues (de 7 à 15 mètres), que pour ses rochers monstrueux qui affleurent et pour les requins qui menacent la surface. Spot mortel au propre comme au figuré.

Dean Cropp jubile ! Armé de sa caméra 3D, il a bien bossé.

TEAHUPOO, TAHITI Hautes de 3 à 4 mètres, ces vagues ne semblent pas les plus dangereuses au monde. Elles brillent surtout pour la force brute qu’elles génèrent. Leur petit plus ? Elles cassent à un demi-mille sur des récifs de corail tranchants comme des lames de rasoir. BANZAI PIPELINE, HAWAII Le spot le plus dur et le plus meurtrier. À lui seul, il a fait plus de morts que tous les autres breaks réunis. Ici, 25 surfeurs, au moins, ont été tués dont 5 depuis 2005. Les choses commencent à devenir sérieuses lorsque les vagues montent à 6 mètres. DUNGEONS, LE CAP, AFRIQUE DU SUD Ces monstres-là mesurent plus de 7 mètres et ne sont accessibles que par bateau. Écrasés par les rouleaux glacés, les surfeurs peuvent se retrouver sous l’eau pendant plus d’une minute, au milieu des requins. Depuis 2000, le spot est l’hôte du Red Bull Big Wave Event.

plus célèbres d’Australie. Dans une houle géante et des vents violents, Carroll remorquait son meilleur ami vers une vague géante qui a explosé et aspiré les deux compères et leur engin de 600 kilos. Les hommes et la machine ont été projetés à cinq mètres au-dessus de la vague et, à la retombée, ont manqué d’être écrasés par le jet-ski. Dans l’instant, l’équipe a cru que le pire était arrivé. Carroll n’a pas fini d’en entendre parler. « Ross en a rajouté mais j’ai l’habitude, sourit Carroll. Je crois que ses premiers mots après l’incident ont été : “Qu’est-ce que tu fous ? Qu’est-ce que t’as foutu ?” Cela aurait pu être horrible et ça m’a réveillé. Sur mes carnets de notes, souvent il y avait écrit : “Carroll rêve en classe.” Je crois que ça a toujours été le cas, tout au long de ma vie. » « Tu es un rêveur, tu vis en dehors de la réalité », s’exclame Clarke-Jones. Il ajoute : « J’ai été surpris par sa conduite du jet-ski, il a failli me tuer quand même. J’ai vu cette chose énorme foncer sur ma tête mais il a eu le réflexe de rester dessus. La plupart des gens aurait sauté du jet mais lui, il a eu un vrai réflexe d’ami. En restant dessus, il a réussi à le guider pour le détourner de moi. Dans l’eau, je me suis retrouvé sous lui, sous ce pauvre mec. Je lui ai filé un coup de pied, l’ai insulté. Désormais, je ne lui ficherai jamais la paix mais j’aime ce mec. Pour sa défense, je dois reconnaître qu’il y a tellement de choses à gérer sur le jet-ski : les éléments, le nettoyage de la lentille de la caméra, le suivi de ce que te disent les gens dans l’oreillette et leur répondre. C’est beaucoup pour un seul Tom. » Clarke-Jones sourit à son meilleur ami qui en fait autant. Chacun sait que ces films où l’on défie la mort sont ceux qui se vendent le mieux. La scène sera maintenue au montage. « C’est comme pour les courses de voitures, les gens aiment voir qu’on se blesse et qu’on détruit, soupire Clarke-Jones. Pilote ou surfeur, on n’aime pas du tout ça mais on est prêt à répondre à la demande parce qu’on la comprend. Et ces images, surtout en 3D, ça donne un spectacle vraiment excellent. » Un sourire éclaire le visage de Clarke-Jones, puis se transforme en éclat de rire. Les deux potes aiment bien se faire peur. Storm Surfers 3D est projeté au TIFF, Festival international du film de Toronto (6-16 septembre) puis, à la fin du mois, sur le plus grand écran d’Europe, au Festival de Saint-Sébastien. Plus d’infos sur www.sansebastianfestival.com/in et sur www.stormsurfers.com.au

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D

ANSE

AVEC LES

COUPS

Véritable star de la planète B-Boy, Junior est méconnu en dehors des arènes où il se produit. The Red Bulletin a tenté de percer les mystères d’un surdoué qui représentera la France à la finale mondiale de Red Bull BC One en décembre prochain à Rio de Janeiro. En attendant, direction Saint-Malo pour un retour haut en couleurs sur les lieux du « dream ».

Texte : Christophe Couvrat Photos : Will Sanders 50


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eux billes dans les orbites qui roulent et roulent encore de gauche à droite et de haut en bas. À la vitesse de la lumière, elles scrutent le monde qui les entoure. Ces hommes et ces femmes au regard dédaigneux voire narquois à leur encontre. Ces deux billes-là, d’un noir ténébreux, sont les armes de Junior Bosila, alias Buana. Elles lui ont montré la réalité en face. Souvent cruelle. Junior n’a pas eu une vie facile. Doux euphémisme. Aujourd’hui, il en parle peu. Voire jamais. Il faut creuser, le mettre en confiance. Courtes dreads taillées au millimètre près, Junior pose son éternelle trottinette, sirote un jus d’orange, sourit, puis enchaîne, le verbe alerte, la prose facile. Comme sa danse : « Je suis né à Kinshasa, en 1981 d’après ce qu’on m’a dit. J’ai vécu deux ans avec ma mère puis suis allé en France rejoindre mon père suite à la contraction de la polio. » La jambe droite. Satané destin. Sa marque de fabrique aussi. Le combat commence. Déjà, un combat. Junior esquisse ses premiers pas, ces « âneries », dès l’âge de trois ans. Puis, le système musculaire de sa jambe se détériore. Elle devient plus faible. Cela ne l’empêche pas de s’amuser comme les autres enfants. Ou presque. Certains regards pointent, parfois des mots fusent. Les billes ne loupent rien. Junior sait que sa vengeance arrive. Elle est pour bientôt. Mais le chemin est long. Le gamin porte des chaussures orthopédiques jusqu’à l’adolescence. Notorious B.I.G., 2Pac et le Wu-Tang Clan égayent sa route. Il y a Michael aussi : « La première fois que je l’ai vu à la télé, c’était dans le clip de Bad. Le son était… bad ! (Rires.) » Junior se marre. Tout le temps. Ce sourire 52

juvénile qui barre un visage d’ange sur un corps de gymnaste diaboliquement efficace. Lorsqu’il évoque Michael Jackson, ses épaules se mettent à bouger. Instantanément. Ses doigts claquent. Il ne s’en rend même pas compte. Ironie du sort, le terme « bad » revient souvent dans la bouche du B-Boy. Bad, comme cette enfance passée à jouer les soirs d’été dans les ruelles pavées de Saint-Malo pour engranger une quarantaine de francs par représentation. Une façon d’être libre. « Je n’ai jamais aimé l’abus d’autorité », glisse-t-il au passage à l’attention de certains de ses profs qui se reconnaîtront. Aujourd’hui, les taxis malouins le reconnaissent. La cité corsaire accueille Junior. À bras ouverts. Il a sept ans. « J’ai compris très tôt que la danse était mon échappatoire, ma façon d’exister, d’être grand. Le Hulk qui est en moi ressort. » À la fin des années 90, Junior cherche à renouer les liens avec sa famille biologique et contacte un « cousin » installé dans la capitale. « Toi ? Tu danses ? » interroge le Parisien moqueur. Junior rejoint illico le Wanted Posse. D’emblée, il en impose. Bac en poche – « surtout pour faire plaisir à mes parents adoptifs » – l’aventure débute. Sa vie ne sera plus jamais comme avant. De Championnats du monde en tournées continentales, Junior se fait un nom. Souvent raillé par les juges, le public

« J’ai compris très tôt que la danse

était mon échappatoire,

ma façon d’exister, d’être grand. Le

Hulk qui est en moi ressort. »

l’acclame. Son style, unique, déchaîne les passions. « Avec certaines vidéos postées sur le net, tout est allé très vite. Je ne m’attendais pas à cette notoriété. » En 2007, l’émission Incroyable talent achève de le propulser sous les feux de la rampe. D’ailleurs, ce soir-là, il ne pense même pas au chèque promis au vainqueur (150 000 euros). Les images du parcours semé d’embûches qu’il a fallu emprunter pour arriver au sommet défilent dans sa tête : Facétieux, Junior ne manque pas d’humour. On le voit ici au pied de la statue de Robert Surcouf (1773-1827), érigée à Saint-Malo. Le légendaire corsaire résista à la flotte anglaise en capturant quarante-sept navires !


En 2007, l’émission Incroyable Talent achève de le propulser sous les feux de la rampe. Ce soir là, il ne pense même pas aux 150 000 euros promis au vainqueur.

Ce jour-là, Junior est heu-reux de retrouver sa ville d’adoption, ses ruelles pavées et son charme unique. Du coup, il en est tout renversé au pied des 1 754 mètres de remparts qui entourent la ville.

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Sous une douceur apparente, Junior cache une forte personnalité. Il a d’ailleurs préparé l’avenir en lançant sa propre marque de vêtements. Preuve qu’il a la tête... à l’endroit.

« Ces remarques, ces regards, cette forme de rejet qu’on a eus envers moi à travers la danse, je transforme le négatif en positif. Si je n’avais pas eu tous ces problèmes, je n’aurais pas eu cette volonté, cette envie de prouver. » À première vue, aujourd’hui, cet homme a vaincu. Il est heureux. Surtout à l’évocation du Kinshasa underground : « Là-bas, avec deux bières et une table on fait une soirée. » Le quartier de Kasavumbu n’a revu Junior qu’en 2010 pour son spectacle Buanattitude, joué au Tchad, au Sénégal, au Cap-Vert, en Afrique du Sud, au Congo, à Madagascar, à l’Île Maurice mais aussi en Angleterre, en Suisse et en Belgique. « En République Démocratique du Congo, il n’y a que des talents. L’art vient des trottoirs, de ces enfants abandonnés qui s’en sortent comme ils peuvent. On les appelle les enfants Shegue. » Ils vivotent du recyclage d’objets ou du cirque de rue. « Je n’avais pas revu ma mère et ma grand-mère depuis l’âge de deux ans. Mettre des couleurs, des odeurs sur une terre fantasmée pendant des années m’a donné de la force. Je n’ai plus eu d’appréhension de parler de l’adoption. » Aujourd’hui, Junior n’a plus peur de dire ce qu’il pense. Quitte à provoquer. Déjà, à l’époque, le choix de Buana surprend. « Buana est un mot noble. En swahili, ça veut dire “maître” dans le sens de respectable, d’important. Pour peu 54

Pour l’instant, la marée Junior est... basse. Elle prend même l’allure d’homme araignée. Le B-Boy se prépare activement avec un seul objectif : montrer toute sa panoplie lors de la finale mondiale de Red Bull BC One à Rio de Janeiro en décembre prochain.

« À Kinshasa, avec deux bières et une table on fait une soirée... »

qu’on veuille creuser, on voit la beauté de ce nom. Si tu apprends à me connaître, tu m’apprécies. (Rires.) » Il ne mâche pas ses mots non plus sur la nouvelle génération de danseurs : « Ils peuvent être encore plus forts. Mais ils ont tout eu trop rapidement et ne veulent plus travailler. Ils n’ont pas les crocs. Le niveau en France me déçoit un peu. Il y avait la French Touch. Les Américains, les Asiatiques nous craignaient. Aujourd’hui, tout est mondialisé. C’est du business. Les gens deviennent envieux. Dans les compétitions, il n’y a plus de battle entre nous à l’hôtel. Je qualifierais cette ambiance d’hypocritement fraternelle. »


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« Jai encore des choses à montrer,

des gueules à fermer. »

Debbouze, Messi, Madonna ou Henry

sont tous subjugués par le talent de ce petit bonhomme, souvent imité, jamais égalé.

À trois mois de la finale de Red Bull BC One, Junior regarde droit devant. La trentaine naissante, le passé apparaît digéré. Désormais, seule compte cette propension à voler, cette mise en abîme pendant quelques secondes, valse-hésitation au moment où la Terre semble s’arrêter de tourner, impressionnée par la virtuosité d’un génie de 162 centimètres. « En ce moment, je forge mon corps. Je suis en mode commando. J’ai plus de subtilités qu’avant, s’emporte Junior. Je fais danser ma technique. Réussir à fumer les gens avec mon style est un challenge. Ma danse a un côté bestial. » Tomas serré, canard boiteux,

zoulou speen, le scorpion, le handicapé (ça ne s’invente pas), autant de mouv qu’il a transformés. À sa sauce. En revanche, d’autres figures telles que la couronne sans tête, l’avancée strombo, les pompes sur les doigts sans les jambes, le saut en parachute ou le spaghetti portent le sceau « Made in Junior ». Modeste, il avance : « Je suis là pour un bon moment encore, au risque de déplaire. J’ai encore des choses à montrer, des gueules à fermer. » Sans doute les mêmes hypocrites. Loin de Jamel Debbouze, Lionel Messi ou Madonna qu’il a eu l’occasion de côtoyer. Junior rencontre Debbouze à

l’occasion de « Century 2001 », soirée organisée pour le jour de l’an de la même année. Madonna ? « Elle m’invite à partager un repas à ses côtés dans sa maison car je venais de danser pour l’anniversaire de son fils ! » Nous n’en saurons pas plus. Thierry Henry et Éric Abidal suivent ses prestations. Ils sont tous subjugués par ce petit bonhomme, souvent imité, jamais égalé. Messi ? « C’était à Barcelone, au Bikini. Pinto, un des gardiens du Barça, organisait une soirée. Messi était là. Il est simple, normal et dégage une force naturelle. Sur un terrain, il fout la merde… (Rires.) » Comme le Peter Pan de la danse à Rio ? « Oui, c’est sûr, j’y vais pour gagner. Avant un fight, je pense à ce qui m’est arrivé. J’y puise toutes mes forces. Peu importe ce qui peut se passer dans un battle ou en spectacle, je me dis que le mec en face ne pourra jamais me faire autant de mal. » Cela ressemble à s’y méprendre à un Happy End. « Je suis d’accord mais il n’y a pas encore le End… » À bon entendeur. Toute l’info Red Bull BC One sur www.redbull.fr

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L’architecte viennois Thomas Herzig conçoit des structures d’air et perpétue le lien traditionnel entre bâtisseurs amateurs de gothique et concepts high-tech. Explications. Texte : Alexander Macheck Photos : Daniel Gebhart de Koekkoek


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Il ne d’air D manque pas

Thomas Herzig devant une de ses structures pneumatiques, un pavillon majoritairement composé d’air.

ans une clairière perdue à l’ouest de Vienne est posée une sorte d’ovni. Une bulle transparente de la taille d’une cabane de jardin. Une pompe électrique s’active au cri d’un coucou et souffle de l’air dans cette chose curieuse. « C’est une coupole pneumatique, une cellule Pneumocell (constituée de modules en feuilles de PVC gonflées à l’air), précise l’Autrichien Thomas Herzig. Je peux façonner un bout de bois à ma guise ou construire des objets fous sans utilité. En revanche, l’air reste maître de sa forme. » En fonction de la découpe choisie, il doit anticiper avec précision comment l’air et la membrane interagissent. Le Viennois ne force pas la nature à prendre une forme imaginée mais mène une réflexion pour aboutir à la forme qui convient au mieux à la fonction de l’objet. Herzig ouvre grand les yeux et observe à la loupe des cellules organiques, des gouttes d’eau… Ou bien des nids d’oiseau comme lors de l’étude pour son projet Skybase, encore non dévoilé à ce jour : une maison suspendue entre rochers et arbres. Propriétaire du terrain et inventeur de ce procédé 57


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Meubles, cloisons... À partir de presque rien, des formes apparaissent. Thomas Herzig est un des experts majeurs d’une discipline naissante, la conception pneumatique.

de bienfaisance contre le sida, Herzig élabore un toit futuriste. Des artistes comme Franz West, Hans Kuppelwieser, Wolfgang Semmelrock, July Hayward ou Peter Sandpichler ont recours à l’architecte viennois pour la réalisation de structures gonflables.

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« L’information remplace le matériel, l’idée persiste et la matière disparaît. »

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de construction. Il s’agit de cellules de plastique en forme de nid d’abeille qui sont emplies d’air puis assemblées pour former des structures de tailles variées. Elles peuvent être transparentes ou opaques selon le dessein final. Isolantes et résistantes, elles reposent pourtant en grande partie sur de l’air. Autant dire peu de choses. Herzig est ardemment sollicité car il est l’expert d’une jeune discipline : la conception pneumatique. Cet élève de Gustav Peichl crée pour l’industrie automobile des pavillons d’exposition. Un jardinier amateur originaire du land autrichien de Styrie lui commande une serre pour son olivier. Pour le Life Ball, la plus grande manifestation européenne

ette méthode d’observation place Thomas Herzig dans la lignée d’une glorieuse tradition. En imaginant sa Sagrada Familia, l’architecte catalan Antonio Gaudí fixe à une planche des cordes lestées de poids pour leur appliquer la force de pesanteur et leur donner une forme arquée en évitant tout flambement. Il élabore ainsi les voûtes de la cathédrale en utilisant un modèle renversé qui pend vers le sol. « Le génie de la nature, c’est de pouvoir faire beaucoup à partir d’un rien, dit Herzig. Dans mon cas, cela se traduit par une statique optimale qui nécessite un minimum de ressources. » Cela n’est pas le fruit du hasard mais d’un principe, un idéal vers lequel tend progressivement toute solution. « Au début, la construction consiste à empiler des pierres. À l’époque du gothique, le besoin de construire de façon plus économe apparaît. C’est ainsi que les arcs en ogive et les voûtes en arête voient le jour. » Il s’agit là d’économies financières mais aujourd’hui s’y greffent des raisons écologiques (recours limité aux ressources naturelles et baisse des émissions polluantes dues au transport des matériaux). Mais pour l’innovateur ancré dans la tradition des anciens bâtisseurs, la fascination suscitée par la tendance universelle à la dématérialisation si extrême dans le high-tech, joue un rôle important. Thomas Herzig : « Les premiers ordinateurs sont bien trop grands pour tenir dans nos maisons. Mais aujourd’hui, un iPhone tient dans une poche et ses performances sont sans commune mesure avec celles de leurs ancêtres. » Même chose dans la musique. Les CDs sont devenus obsolètes, supplantés par les MP3 et leurs téléchargements massifs. L’architecte assène : « L’information remplace le matériel, l’idée persiste et la matière disparaît. »

Plus sur www.pneumocell.com


iPhone is a trademark of Apple Inc., registered in the U.S. and other countries. App Store is a service mark of Apple Inc. Android is a trademark of Google Inc.


Tiercé gagnant. Nick Hook (à gauche) et Tiombe ­Lockhart sont membres du groupe Cubic Zirconia. Jesse Boykins III est ­chanteur de Soul Electro.


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« Ici, la moindre balade m’inspire autant qu’une vie entière dans un autre endroit. »

À NEW YORK AVEC

TO I

k est la promesse d’infinies Graal ultime des musiciens, New Yor s parfois abyssales. La ville possibilités mais aussi de déception LA voie royale vers un qui ne dort jamais reste néanmoins a emboîté le pas de trois fulgurant succès. The Red Bulletin personnalités parties de rien. Récit. Texte : Cor tney Harding

Photos : Miko Lim

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ick Hook est un homme pressé. Sur son vélo au milieu d’un concert de klaxons, il se faufile avec agilité entre les voitures, monte sur le trottoir et pile devant une sandwicherie en provoquant grincements de freins et décollage de roue arrière. Il est encore tôt ce matin mais, en bon new-yorkais qui se respecte, l’artiste de 33 ans a déjà derrière lui un footing de cinq kilomètres et une heure de pilates. C’est l’heure d’un rapide petitdéjeuner. Pendant que la serveuse lui prépare un expresso, il nous annonce son programme avec une célérité et une énergie dont seule sa ville a le secret. « Je dois vite boucler mon album solo mais je n’ai toujours pas de titre », ditil. Il saisit son smartphone et twitte sa requête : « Des idées pour le titre de mon album ? » « Aujourd’hui, il faut aussi finir un morceau pour Azealia Banks », ajoutet-il en avalant son café d’un seul trait. Il y a tout juste un an, il découvre la jeune rappeuse de Harlem et enregistre 212 avec elle, phénomène viral sur Internet en un clin d’oeil. Ce cocktail Molotov de House Electro et Hip-Hop survolté met Banks en orbite et fait d’elle la jeune musicienne la plus demandée du moment (voir The Red Bulletin, février 2012). Avec les revenus générés par ce succès, 62

Hook rénove son studio d’enregistrement. Il est à Brooklyn. Nous y allons. Dans un vieux bâtiment industriel au crépi entamé et aux grandes fenêtres poussiéreuses, notre hôte gravit les marches rugueuses de l’escalier en béton. Il lance : « Désolé, le studio est encore un chantier. » Son loft se trouve au cinquième étage. Des synthétiseurs analogiques s’entassent autour de son bureau. Une immense table de mixage est reliée à l’ordinateur qu’il met sous tension. Une image grise traversée de lignes multicolores apparaît à l’écran : l’ADN de son nouveau titre Indie Dance, Villa. Après deux heures de travail intense les yeux rivés sur ses claviers, la tête dodelinant sans cesse, Nick Hook retire son casque et s’octroie une pause. Direction le toit de l’immeuble. Le soleil estival est écrasant et la chaleur à la limite du supportable. Mais la vue sur Manhattan est magique. « Je ne vivrais ailleurs pour rien au monde. Je reviens de Los Angeles. C’est super là-bas mais tout marche au ralenti. Mettre un temps infini pour se déplacer d’un endroit à l’autre finit par lasser. À New York, on saute sur le vélo ou dans le métro et en moins de vingt minutes, on est partout. » New York – destination ultime des DJ’s, rappeurs, compositeurs et musiciens de studio. Aucune autre métropole n’abrite en son sein autant

Toit du monde. Longtemps, Nick Hook a travaillé comme serveur pour vivre sa passion à New York (à gauche). Tiombe Lockhart (au milieu) avait un job de secrétaire et Jesse Boykins III était veilleur de nuit dans une auberge de jeunesse.


« J’ADORE l’intensité de cette ville même s’il faut sans cesse se battre et s’adapter au rythme. »

d’aventuriers prêts à tout donner pour vivre leur passion. Des centaines de lieux de concert et de clubs répartis sur toute la ville. Certains sont légendaires à l’instar du Madison Square Garden. D’autres sont plus vétustes, nichés dans des sous-sols comme le 285 Kent, où l’on peut apprécier live des jeunes groupes dans l’antichambre du succès. New York, c’est aussi l’embarras du choix. Besoin d’un batteur ou d’un choriste pour l’enregistrement de votre disque ? Aucun problème. À la recherche d’un label pour signer un contrat ? Ils se concentrent tous, grands et petits, dans

un périmètre de quelques kilomètres carrés. Ce n’est pas tout. Vous souhaitez promouvoir votre nouvel album ? Le tour de tous les magazines de musique influents se fait en un après-midi. De quoi avoir le temps de rencontrer également les bloggeurs de musique en vue autour d’un soy latte à Brooklyn. « J’adore l’intensité de cette ville, dit Tiombe Lockhart. Il faut sans cesse se battre et s’adapter au rythme. Pourtant, mon art ne pourrait exister nulle part ailleurs. J’habite le quartier dominicain où la moindre balade m’inspire autant qu’une vie entière dans un autre 63


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endroit. » Lockhart grandit à Atlanta. Sa mère décèle son talent à la chorale pour enfants. Après le lycée, elle rallie New York pour des études de Jazz et décroche rapidement un contrat pour un album. Sa carrière semble lancée mais elle est brutalement licenciée. « J’étais pas loin de renoncer à mon rêve, dit-elle. J’avais pris un poste de secrétaire dans une banque d’investissement. Tous disaient que j’avais les qualités pour réussir dans la finance. » C’était sans compter sur sa mère. « Elle m’a persuadée de ne pas lâcher. J’ai rencontré une flopée de producteurs. La plupart du temps, ils voulaient juste que je chante pour eux. J’ai enregistré avec des artistes Hip-Hop comme Platinum Pied Pipers, j’ai fait la couverture du magazine de musique XLR8R. Mais ce n’était pas encore ça. »

« LES DÉBUTS ONT ÉTÉ DIFFICILES. En plus de mes études à plein temps, je donnais des cours de musique à des enfants. »

ne nuit, elle se retrouve dans un bar japonais. Derrière le comptoir, Nick Hook est de service. Entre les deux, le courant passe immédiatement. Ils fondent un groupe deux heures plus tard, Cubic Zirconia. Le début de l’ascension. C’est bien connu, New York puise beaucoup d’énergie. Demandez aux traders. Pour les musiciens, c’est encore plus difficile. Il faut payer le loyer, l’électricité de la salle de répétition et beaucoup d’artistes disparaissent plus vite qu’ils ne montent. Hook connaît la chanson. Il a passé son adolescence à jouer dans plusieurs

groupes jusqu’à ce qu’un ami lui fasse découvrir la musique électronique. À l’aide d’un simple logiciel, il enchaîne les compositions, sans autre objectif que de se faire plaisir. Il précise : « Mon ami Todd Weinstock, guitariste d’un groupe Hard nommé Glassjaw, décide un jour de se séparer de ses copains. Il m’invite à New York. Nous avons passé dix jours en studio. Génial ! Depuis, je navigue entre Saint Louis et Big Apple. » Avec Weinstock, il monte le groupe Men, Women and Children. Suivent un contrat chez Warner Brothers et des dates de concerts avec des groupes du calibre de Panic! At the Disco. Le premier album

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Bonne pioche. Jesse Boykins III a rejoint New York et s’est lancé dans des études de Jazz.


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Comme à la maison. Nick Hook en son royaume. Un loft à Brooklyn, entouré de synthétiseurs et de tables de mixage.

n’engrange pas les ventes attendues. La sanction tombe. Rupture de contrat, dissolution du groupe et dettes à gogo. Pour payer son loyer, Hook travaille comme serveur. « Je mène une vie de chien, dit-il. Je survis. » La rencontre avec Tiombe Lockhart donne un souffle nouveau à sa carrière. La qualité de ses productions lui ouvre les portes d’un des tickets les plus convoités : la Red Bull Music Academy tenue à l’automne dernier, à Madrid. « Quand j’explique aux gens ce qu’est la Red Bull Music Academy, beaucoup la comparent au Burning Man Festival, dit Hook. C’est vrai pour le côté “camp d’été” avec musique et rigolades. Mais, en plus, avec la chance de rencontrer des musiciens du monde entier et de collaborer avec des légendes. À Madrid, j’ai écrit un morceau avec Bootsy Collins. » Grâce aux liens tissés pendant la Red Bull Music Academy, Hook joue régulièrement des platines au Japon et en Nouvelle-Zélande.

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ew York est aussi la patrie des excentriques. Jesse Boykins III en est un beau spécimen. Sa crinière sauvage fait passer l’afro d’Angela Davis pour une coupe militaire. Il porte un short flashy et des chaussures à semelles compensées. Dès son arrivée au studio photos, il capte instantanément toute l’attention. Son portable sonne, il passe en mode business. L’appel concerne les dates de sa prochaine tournée européenne. Son nouvel album sort en octobre. Pour ses études, Boykins a quitté Miami pour New York. « Au lycée, je chantais avec le Grammy Jazz Ensemble. Un conservatoire de musique new-yorkais m’a invité à intégrer une promotion, raconte-t-il. Les débuts ont été difficiles. En plus de mes études à plein temps,

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« Je rends service à Azealia Banks quand elle est encore INCONNUE. »

je donnais des cours de musique à des enfants et étais veilleur de nuit dans une auberge de jeunesse sur le Lower East Side. » Depuis la fin de ses études et son entrée dans le monde professionnel, Boykins survit. Ça marche plutôt bien. Grâce au soutien de ses amis. « Je crèche toute l’année sur le canapé d’un pote. Il crois en moi et m’a conçu un logo avant même que ma carrière solo ne commence. » Sa voie, Boykins l’a trouvée dans le R&B, mais pas celui formaté, frime et bling bling des Usher et autres R. Kelly. Le jeune homme de 27 ans fait partie, avec Frank Ocean, d’une génération de chanteurs Soul sûre d’elle-même, avec des morceaux puisant dans ses propres émotions sans les édulcorer. Le studio où habite Boykins est dans le New Jersey. Vivre à Big Apple n’est ni dans ses moyens ni un désir farouche.


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Il s’accommode de l’ambiance peu glamour de cette ville voisine. De toute façon, en perpétuel déplacement, il n’y passe qu’une semaine par mois. Inutile de mettre autant d’argent dans un loyer élevé. « Difficile d’économiser quand on vit à New York, expliquet-il. Surtout quand tu veux profiter de la vie. J’aime bien les musées et les concerts mais c’est cher. »

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etour à Brooklyn. Nick Hook travaille à son morceau pour Azealia Banks. Il aime ces heures de solitude dans son studio à bidouiller des sons à l’abri de toute distraction et d’interminables discussions. « Quand t’es producteur, tu hérites aussi du rôle de psy. Tu dois arriver à tirer le meilleur d’un musicien sans le critiquer. Ils sont très susceptibles quand tu touches à leurs chansons, il faut y aller avec des pincettes. » Hook gagne correctement sa vie comme producteur. Souvent, ce sont les petits services rendus aux potes qui s’avèrent payants à long terme. Azealia Banks en est la parfaite illustration. « Une intuition. Au début, pas un kopeck. Le retour sur investissement a fini par arriver même si entre-temps Azealia est devenue une star. » Hook doit filer. Une soirée l’attend dans le club le plus huppé de New York, Le Bain, situé dans l’enceinte du Standard Hotel. Il doit assurer aux platines jusqu’à l’aube. Il se frotte les yeux. La fatigue qu’il peine à dissimuler l’assaille. « Je n’ai pas le choix, je dois tenir le coup », dit-il en souriant. Demain matin, il sera de retour au studio. Il ne peut pas s’arrêter, il aime trop la musique. Comme New York, qui ne dort jamais et danse en permanence. Dix années de sessions musicales autour du monde à (re)découvrir sur www.redbullmusicacademy.com

Les trottoirs de New York n’ont plus vraiment de secrets pour Nick Hook, Jesse Boykins III et Tiombe Lockhart (de gauche à droite).

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En roue libre Maniaco-dépressif, Graeme Obree s’est reconstruit. L’ex-cycliste recordman de l’heure se lance à la conquête du record du monde de vitesse sur 200 mètres lancé au guidon d’un vélo novateur qu’il a lui-même élaboré. The Red Bulletin lui a rendu visite, à Saltcoasts, ville écossaise au charme suranné. Texte : Declan Quigley 68

Photos : Paul Calver


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A vant qu’on invente les vols low-cost et les voyages dégriffés, Saltcoasts était une destination de vacances à la mode pour les habitants de Glasgow. C’était au siècle dernier. Depuis, cette cité côtière d’Écosse est plus connue pour ses troubles sociaux et les fracas du chômage que pour son soleil, pourtant généreux le jour où The Red Bulletin s’y est rendu. C’est cette vieille dame décatie qu’Obree a choisi d’honorer de l’un de ses assauts furieux contre les records. Pour la première fois de sa carrière, il se soucie bien peu de faire tomber le chrono. L’aventure dans laquelle Obree s’est lancée ? Le record du monde de vitesse à bord d’un véhicule propulsé par l’énergie humaine. On appelle cela un HPV (Human Powered Vehicule). Pour Obree, c’est une tranche de vie, l’occasion de montrer qu’il pète encore la forme. Et un bon sens de la mécanique puisque l’Écossais l’a construit de ses propres mains. L’homme et son instrument se sont lancés à l’assaut de ce défi début septembre dans le Nevada. (À l’heure où nous mettons sous presse, la tentative n’a pas eu lieu, ndlr.) « Il arrive un moment où la machine ne tourne plus tout à fait rond, où vous êtes cliniquement déprimé. Beaucoup en sont là. Pas moi, heureusement, et je ne veux pas renoncer à la voie que j’ai empruntée. Dire que je préférerais mourir plutôt que

rater le record, ça serait bien la pire des façons d’aborder la vie. » Pour n’importe qui, Saltcoasts apparaît vite comme une ville à fuir. Pas pour l’ancien cycliste recordman de l’heure, qui a vécu dans différents coins du comté du Ayrshire et a choisi cette ville pour refuge à ses tourments depuis qu’il a arrêté la compétition. « Je n’ai pas été un homme très fiable ces douze dernières années. » Obree a déjà tout dit de la vie d’ermite dans laquelle il est tombé au terme de sa carrière de cycliste de vitesse. Une vie de dépressif, ponctuée par trois tentatives de suicide, d’innombrables bas – une tendance bipolaire, une homosexualité longtemps mal assumée – et quelques hauts : deux records du monde de l’heure et deux titres de Champion du monde dans les années 90. « À cette époque, ma survie était à la merci du prochain résultat. J’étais complètement dépendant. L’homme que j’étais ne valait que par ses succès. » Quand s’est éteint le temps de la compétition, les démons ont commencé à danser dans son esprit. Le face-à-face a duré des années, entre psychothérapies et examens de conscience. Ce retour au premier plan, aujourd’hui, signifie qu’Obree a peut-être gagné. À 47 ans, Graeme Obree a enfin réussi à conjuguer innovation technique et performance athlétique. Sans malaise. Depuis 1998, le Canadien Sam Whittingham est le spécialiste du record mondial de vitesse en HPV. Après diverses améliorations de son engin par le concepteur bulgare Georgi Georgiev, il a établi une marque très solide en 2009 : 133,284 km/h sur plus de 200 yards (182,9 mètres soit une belle longueur de fer 3 au golf), accomplie à Battle Mountain, dans le Nevada. En début d’année, Obree affichait sa détermination à se mesurer à son adversaire dès l’automne suivant. Le design de sa nouvelle bécane l’y aiderait en le portant au-delà des 100 miles par heure, soit 160,9 km/h. Au long des années 90, Obree a mené d’incessantes et vaines batailles juridiques contre l’UCI, la rigide fédération cycliste internationale, en tentant d’imposer Top chef. Obree multiplie les essais dans sa propre cuisine, comme avec cette simple casserole (en haut).

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« Il arrive un moment où vous êtes cliniquement déprimé. »


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ses géniales trouvailles sur la position sur le vélo et sur les nouveaux matériaux. « Dans ces années-là, j’étais devenu cynique quand je parlais de ce sport pourri par la drogue, rétrograde sur le matériel et tétanisé par la trouille quand on lui parlait de modifications de règlement, raconte l’ancien pistard. On ne pouvait rien inventer, tout était figé. Si je me suis intéressé au HPV, c’est parce qu’il n’y a pas de règles. Sinon celles de la physique : une route plate et les bonnes conditions. C’était fait pour moi. »

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l’aube de ses nouvelles aventures, il s’investit auprès d’ingénieurs de F1 lancés dans la conception d’un HPV capable de taquiner les records. Il les quitte sitôt qu’il comprend que la machine n’ira pas bien loin. « Je me suis dit que je devais rester à ma place : être le mec qui utilise l’engin, pas celui qui le conçoit. Mais ce n’est pas comme ça que je veux vivre l’expérience. La machine était trop grosse, le système de direction trop loin, le centre de gravité trop sur l’avant. Il était difficile de pédaler, rien n’était vraiment bien. » Ce véhicule, à l’instar du Varna Diablo de Whittingham et de la plupart des HPV, avait la forme d’un vélo couché sur lequel le cycliste s’allonge pour pédaler. L’approche d’Obree est subversive. « Je pense que la position idéale, c’est d’être allongé mais sur l’avant pour minimiser la surface frontale. » L’idée d’Obree est née de l’expérience éphémère d’un vélo tout-terrain assez tendance dans les années 90. Beaucoup plus stable, il offrait une surface frontale – la zone qui s’oppose à la résistance de l’air – très réduite. C’est le Graal de l’aérodynamique. Obree a calculé que la surface frontale de sa machine, affectueusement baptisée « The Beastie », est deux tiers moins importante que l’engin de Whittingham. Comme il dispose au moins de la même puissance athlétique que son rival, le ciel devient sa limite. Obree a opté pour une position allongée, essayée par quelques coureurs de l’IHPVA (International Human Powered Vehicule Association) dans le passé mais tombée en désuétude. Aussi, il a choisi un système de pédalage en push-pull : deux longues tiges d’acier sont actionnées par le va-et-vient de ses jambes, sur lesquelles il appuie pour faire tourner des manivelles reliées à un plateau de 320 pouces. « Je pousse vers l’arrière comme

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Assaut frontal. Avec sa position horizontale, Obree a révolutionné l’aérodynamisme dans le vélo.

une locomotive à vapeur. Je suis le Flying Scotsman ! » S’il a les cannes pour passer les cent tours par minute, il franchira la barrière mythique des 100 miles par heure. En est-il encore capable ? Le défi le stimule sans compromettre sa paix intérieure, encore toute fraîche. Obree a un petit côté McGyver. Il exploite souvent ce qu’il a sous la main pour créer des choses aux formes insolites. « Je suis inutile en tout ou presque. Je ne suis bon que pour concevoir des vélos, des motos, des vélos de course. Je compose, c’est de l’expression artistique. » Son extraordinaire « Old Faithfull », le vélo avec lequel il a battu le record de l’heure de Francesco Moser en Norvège, le 7 juillet 1993, portait en lui son génie. Il avait créé une géométrie révolutionnaire adoptée depuis par le monde du cyclisme. « Old Faithfull » était notamment construit avec des systèmes d’un vieux lave-linge dont il avait ausculté le fonctionnement. Il l’a raconté, il aurait mieux fait de se taire : la presse y a systématiquement fait référence à chacune de ses créations. Cette fois encore, l’approche a été radicalement novatrice et la conception s’est faite avec

« Il n’est pas question de vie ou de mort, seulement de défi. » les moyens du bord. Les médias se gaussent de ces accoudoirs confectionnés dans la chair d’une vieille casserole. Son HPV, c’est une foire à la brocante. « J’ai commencé à construire des roues et des vélos parce que j’étais fauché. La pauvreté est une muse. C’est elle qui vous enseigne la façon que vous avez de fonctionner. » Les outils ménagers sont les plus importants pourvoyeurs de matière pour son véhicule. Sa construction s’est faite sur la table de la cuisine où est boulonné un étau. De vieilles pièces de vélos jonchent le sol. Le plan de l’engin, fruit d’au moins quinze ans de réflexion, a été dessiné à l’échelle 1:1 sur le papier peint du salon. Le choix de l’acier pour fabriquer le cadre était une évidence car il est plus facile à réparer que le carbone.


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policier municipal – n’est pas facile à destabiliser quand il a une idée fixe en tête. La solitude de son enfance a peut-être aussi contribué à renforcer sa foi en lui.

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À même le sol traîne aussi un petit bout de cadre chromé Reynold 653, récupéré à l’époque où, fabricant de vélos et propriétaire d’une boutique de cycles, il aurait pu s’en servir pour un nouveau châssis. Tout au long de la construction de sa machine, il a eu un assistant. Son fils Jamie, âgé de 18 ans. Le carénage de carbone et de kevlar, sa « peau » comme il aime à l’appeler, est la seule pièce sous-traitée. Elle a été élaborée par les étudiants de la Glasgow School of Art. Dans le Nevada, à Battle Mountain, Whittingham mais aussi – entre autres – une équipe du Pôle Technologie de l’université de Delft se dressent face à Obree. Les Hollandais ont recruté Jan Bos, ancien champion de patinage de vitesse, pour piloter leur machine, plus coûteuse mais plus conventionnelle. La confrontation entre le système D et l’esprit polytechnique, Obree aime ça. C’est sur la même rivalité qu’il a affronté son pote Chris Boardman sur les records de l’heure et les Championnats du monde de poursuite dans les années 90. En général, l’ambiance y est plus conviviale et détendue que dans les courses UCI. « C’est très différent du record de l’heure. Il n’est pas question de

vie ou de mort, seulement de défi. Tout le monde pense de la même manière. Je veux dire que personne n’a envie de vivre dans la peur, parce qu’elle tétanise. Je ne sais absolument pas à quelle vitesse je suis capable d’aller sur ce vélo. Je pourrais très bien me lancer et, dès le premier essai, réaliser que j’ai tout faux, que l’engin est inutilisable. Mais je ne pense pas que ça se passera comme ça. En théorie, et au regard de toute l’expérience que j’ai emmagasinée, ça devrait super bien marcher, la position devrait être idéale. Mais je n’ai aucune certitude. Si je me plante, je le reconnaîtrai sans souci. » Il faut quand même rappeler qu’Obree a été l’un des plus grands cyclistes de l’histoire de la Grande-Bretagne. Un athlète lumineux qui a brillé sur les scènes internationales malgré ses errances et sa bipolarité. À 47 ans, il a sans doute perdu de cette puissance qui a fait sa légende, mais il estime qu’il lui en reste assez pour honorer sa machine infernale. Et, quand Obree a confiance en lui, il faudrait être fou pour ne pas le suivre. Lui qui a vécu une enfance rongée par la peur et une timidité paralysante – il subissait toutes les brimades parce que son père était

on chemin, il l’a fait dans l’écriture de son autobiographie, titrée Flying Scotsman. Un livre salué par la critique et qui a accouché d’un film. Il y a eu aussi un manuel d’entraînement pour cyclistes, très clairvoyant sur ce sport de plus en plus envahi par les spin doctors de la psychologie sportive. Le paradoxe d’Obree c’est que, homme d’innovation et de recherches fondamentales, il a très souvent écouté son instinct plutôt que la science, même dans ses méthodes d’entraînement. « Je sors à vélo tous les jours mais je ne me pousse pas dans l’effort tous les jours. Je pédale pour aller voir mes fils ou pour diverses choses parce que je n’ai pas de voiture. Mais j’écoute mon corps. S’il me dicte qu’il faut que je lui mette un coup de fouet, je vais rouler dans les collines. Mais si je me sens un peu fatigué, j’y vais mollo. L’ordinateur le plus sophistiqué que l’humain a à maîtriser, c’est son propre cerveau. C’est lui qui sait ce dont le corps a besoin. Les gens ne sont pas en phase avec leurs sensations. Par exemple, si mon intuition me dicte que mon système en push-pull est le meilleur pour moi, c’est que c’est le meilleur pour moi. » Obree découvre une nouvelle phase de sa vie, riche d’un équilibre neuf et fragile, et d’une énergie qui le pousse à quitter les rues de Saltscoast. Dans le même élan, il estime que son dernier projet en date peut être source d’inspiration pour la jeunesse désœuvrée du coin. « Ici, il y a beaucoup de drames liés à l’alcool ou à la drogue. Mon projet est aussi une manière de motiver les jeunes, de leur montrer qu’avec un peu de volonté et de confiance en soi, on peut y arriver. » Obree a vécu trop de choses pour vouloir répondre à la question sur la vitesse qu’il peut atteindre sur les 200 yards fatidiques. C’est le chemin qui mène à cette tentative qui lui plaît. « Laissez-moi profiter de mon aventure. J’ai construit un chariot dans ma cuisine, je vais aller me balader sur les routes américaines et prendre mon pied avec ma famille et mes amis. Si je casse le record, on fera la fête. Si je rate mon coup, je dirai “J’ai donné le meilleur de moi-même”. Je ne sais pas à quelle vitesse je suis capable d’aller, mais je sais que je vais encore très vite. » Obree a-t-il réussi ? www.obree.com

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Le dernier virage Quand on partait de bon matin... Divagations. Texte : Konrad Paul Liessmann

Photos : Timm Kölln


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I Une forme. Rien n’est plus subjectif. Le vélo de course n’a pas changé de forme depuis des lustres. Aucun autre moyen de locomotion ne peut en dire autant.

l existe plusieurs manières de se déplacer à vélo : lentement ou rapidement, hors route, en forêt et en ville. De nombreux types de vélos existent aussi : de ville, de randonnée, d’antan, pour dames ou encore tout-terrain. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de sport, ni de compétition, ni d’amateurs qui font de la rando, ni de pros qui moulinent à la télé. Mais d’analyser uniquement les possibilités et limites d’un mode de déplacement alimenté par la propre force du cycliste qui combine efficacité et élégance et permet de rompre la monotonie du quotidien en la transcendant par la monotonie du mouvement. Le vélo de course en constitue à la fois le moyen et l’objectif. On peut naturellement prendre le vélo pour aller d’un point A vers un point B, faire du vélo pour être tendance, pour transporter quelque chose dans une de ses sacoches. Quel que soit le but, il sera réduit à son utilisation pratique, une déformation ainsi de son essence, comme cela se produit pour toute chose. L’art, la beauté commence là où l’utilité prend fin. Ce n’est que lorsque le vélo n’est pas utilisé comme aide ou moyen de transport, lorsqu’il est lui-même et qu’il peut le rester, que sa pureté apparaît au grand jour. La sueur liée à une utilisation sans objectif utilitaire ne peut le souiller.

La forme est une autre notion pour désigner un usage sans objectif particulier. Aucun autre véhicule ne se rapproche autant de cette idée que le vélo de course dans sa forme classique presqu’inchangée depuis des décennies : cadre, guidon, roues, vitesses, freins, selle. Il n’y a pas besoin de plus. Tout ce qui est ajouté est forcément en trop. Les sacoches dérangent, mais également le montage d’un éclairage parfois utile. Mieux vaut rouler 100 mètres dans la pénombre que d’ajouter un éclairage sur un vélo de course. Le seul tribut à l’âge de la microélectronique est un cyclo-ordinateur de vélo, support impitoyable pour l’introspection. Le conservatisme souvent raillé du vélo de sport se base sur la perfection de sa forme. La noblesse de cet objet est caractérisée par sa discrétion et sa légèreté. Tout ce qui est cher sur ce vélo reste invisible à l’amateur, seul le connaisseur le voit : le matériau et le façonnage du cadre, la finition des manchons, la forme de la fourche, les composants du dispositif de changement de vitesses. Sa discrétion renferme les matériaux les plus nobles : acier, aluminium, carbone. Avec un vélo de course, on ne peut rien faire d’autre que rouler. En revanche pas à volonté, ni partout. Il est intimement lié à un acquis de la civilisation à l’origine de la culture du mouvement : la route. Il ne prétend à aucun moment avoir été conçu pour la nature sauvage, le chemin

L’auteur

Konrad Paul Liessmann est professeur de Méthodes de transmission de la philosophie et de l’éthique à l’Université de Vienne. Il est aussi essayiste, critique littéraire et journaliste culturel.

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forestier ou un sentier rocailleux. Il veut être là où les hommes ont laissé des traces visibles de leur conquête. Le vélo de course reste indissociable de l’asphalte sinueux et lisse, signe que les hommes ont aspiré à s’éloigner de la nature. La route est et reste le lieu de son accomplissement et non le terrain impraticable, ni la piste cyclable qui peut certes être adaptée à tout cycliste, mais pas au vélo en luimême. Pour que la route convienne au vélo de course, elle doit répondre à des exigences très élevées : un asphalte lisse de première classe qui ne fait plus sentir le frottement, un tracé qui s’intègre dans le paysage sans le découper, suffisamment large pour que même dans les descentes sinueuses il ne soit pas nécessaire de freiner en permanence, ni trop large pour que le champ visuel n’embrasse rien d’autre que la route.

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e vélo de course est silencieux. Sur asphalte, le coureur cycliste surgit presque sans aucun bruit puis disparaît aussitôt. Le mouvement feutré pourrait être à la base d’un concept de déplacement élégant et vertueux. Le pendant immoral serait le moteur rugissant. Partout où il le peut, le vélo de course évite le vacarme des moteurs qui rompt brutalement le silence de la campagne et tout cycliste a un jour vécu ce que décrit Theodore W. Adorno dans Minima Moralia : d’après les motorisés, les cyclistes font partie des vermines de la route. Pour une grande majorité des motorisés, il semble n’exister qu’une seule devise à l’endroit des cyclistes : doubler à tout prix, peu importe l’étroitesse, la mauvaise visibilité, la densité de circulation en sens inverse et la vitesse du cycliste. Il leur semble insupportable de freiner pendant quelques secondes, d’attendre jusqu’à ce que la voie et la visibilité soient à nouveau dégagées. Le conducteur doit, protégé par sa carrosserie, doubler, pousser à l’écart le non-motorisé. Et dans le cas où, ce qui arrive assez rarement, il est tout de même obligé d’attendre car les circonstances ne permettent pas un dépassement, le cycliste sent derrière lui toute l’impatience hurlante de celui qui doit freiner, qui dès la prochaine occasion dépasse triomphalement en faisant rugir le moteur tout en laissant derrière lui un nuage de bruit et de puanteur. Démonstration superflue d’un pouvoir qui ne repose sur rien d’autre que sur l’asservissement de l’homme par le moteur. 76

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e qui distingue tous les véhicules de l’homme s’applique également au vélo de course : la fascination pour la vitesse. Celle-ci commence au moment où l’on dépasse un homme qui marche. Pour y succomber, le coureur cycliste n’a besoin que d’une mécanique fonctionnant à merveille, qui traduit de manière optimale sa force physique, sans l’intervention de forces étrangères que ce soit celle d’un animal ou celle d’un moteur. Rouler sur le plat à 30, 35 et même plus vite lorsque le destin est clément et que le vent souffle dans le dos procure une impression incomparable. Celle d’aller assez vite pour voir défiler les villages et les champs puis disparaître peu après, vivre le changement de la végétation, des densités de population, mais suffisamment lentement pour prendre conscience des paysages. Grâce à ce mode de déplacement, le corps développe une mémoire propre, le tracé de la route y est enregistré avec précision, que ce soit avec joie ou dans la douleur. L’œil peut encore mémoriser ce qui défile devant lui. Les images s’enchaînent les unes après les autres sans transition, sans que le paysage, comme c’est le cas lors de déplacements motorisés ne soit réduit à un simple décor. Une apparition succède à une disparition. Toutefois, l’environnement ne semble pas figé comme lors de randonnées où il ne défile que très lentement, pas à pas. Dans cette forme de déplacement, on passe volontiers à un état de concentration déconcentrée, le fredonnement de la chaîne, les bruits de la circulation ne sont pas perçus dans leur totalité, l’œil alterne passivement de la route à l’horizon et la tête se libère. Des associations voient le jour, des souvenirs surgissent, des idées naissent. Le coup de pédale régulier devient contemplatif et le plat, souvent décrié comme ennuyeux par la majorité, se transforme en une source d’inspiration inégalée. Celui qui a traversé à vélo une grande plaine comme celle de la Puszta en Hongrie s’en souviendra toute sa vie. Ce qui paraît facile sur le plat devient plus difficile sur des routes vallonnées, voire un défi sur les routes montagneuses, est une caractéristique inhérente de la randonnée avec un vélo de course : parcourir de longues distances, la conquête métaphorique de l’espace avec les jambes. Faire de petites excursions avec un vélo de course est une chose absurde en soi.

Martin Heidegger l’avait bien compris. Le virage est un changement de direction pour garder le cap. Un détour pour arriver à destination. Par conséquent, une sorte de méthode par l’excellence. Les trajets de quelques heures et tout ce qui est inférieur à 100 kilomètres par jour sont considérés comme un simple entraînement. Le véritable plaisir ne commence que lorsqu’on reste en selle toute la journée et que le compteur dépasse la marque des 100 bornes. Et quand toutes les conditions sont réunies – la météo, la forme physique, la force intérieure – et que l’on descend du vélo après 200 kilomètres, qu’on se penche à nouveau sur la carte et qu’on retrace avec les doigts le trajet parcouru, on se rend alors compte qu’il s’agissait plus que d’un simple exercice physique. C’était l’appropriation d’une région qui ne laisse aucune autre trace que celle gravée dans la mémoire. Les balades tranquilles des heures durant à travers les paysages ne constituent pas la nature du vélo de course. Son nom, sa constitution, sa géométrie et son mythe suggèrent avant tout une chose : la vitesse. Tout paysage, toute tranquillité et contemplation disparaissent dans une descente à grande vitesse. Se pencher en avant afin de réduire la résistance de l’air, descendre à fond une longue ligne droite raide, la chaîne sur le plus petit pignon, en atteignant bientôt 60, 70 voire plus de 80 km/h et en n’utilisant les yeux que pour détecter


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mimétisme, par assimilation, en épousant leurs formes. Là où l’homme a érigé des rampes brutales, a percé des tunnels et construit des ponts pour prolonger artificiellement des lignes droites ne reliant pas les vallées entre elles, mais les coupant, le cycliste de course pourrait perdre courage au cours de l’effort lent fourni pour gravir cette côte qui semble sans fin. Cependant, là où la route suit les chaînes de montage, on gravit les lacets, le champ visuel s’étend, la vallée disparaît dans le fond et on se rapproche du ciel, virage après virage. Le virage, Martin Heidegger le savait déjà, n’est alors pas un tournant, pas un retour mais un changement de direction, un moyen de garder le cap, un détour afin de parvenir au but, donc un moyen, et lorsqu’il est posé contre le flanc de la montagne, il constitue un instant de régénération ne serait-ce que pour quelques secondes.

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Une descente à vitesse maximale est une vraie source de plaisir qui mène souvent au sublime. Attention aux chutes tout de même...

immédiatement toute aspérité, nid-depoule, tout animal ou individu pouvant surgir dans le champ visuel. Les mains sont cramponnées sur le guidon et prêtes à saisir les freins. Le corps est à peine protégé du vent, la concentration est maximale et rend impossible toute autre pensée. C’est l’expérience directe de la vitesse, sans la protection d’une carrosserie ou d’une peau de cuir, la plus grande joie et la plus grande peur en même temps, l’expérience d’un ressenti ancestral grisant : une illusion de domination.

Mais plus que l’ivresse de la vitesse, plus que la descente, un seul élément émeut : la montagne. Rouler sur route alpine. Un col. Car l’enjeu est là : dépasser ses limites. Celui qui possède un vélo de course, est, à condition que la forme physique permette ce désir ardent, fatalement attiré à un moment ou à un autre par une de ces montées légendaires, où les héros des grandes courses, comme le Tour de France ou le Giro, ont triomphé ou se sont brisés. Le fait de gravir un col alpin avec le vélo de course est peut être l’expérience la plus intense que l’on puisse faire avec cet engin. Et ce, à plusieurs titres. Le col en lui-même est un sujet porteur de réflexion : ce n’est pas simplement une route montagneuse, certainement pas une route vers l’inconnu mais un passage. Il relie deux vallées entre elles, dépasse ce qui sépare et montre au cycliste, parfois d’une grande brutalité, que ce dépassement, utopie de tout mouvement humain, a son prix. La majesté des chaînes de montagnes se frotte à la technologie destinée à en venir à bout. Les routes qui suivent les formes du paysage, qui mènent au sommet par des lacets, virage après virage, révèlent le caractère humain d’une technique car elle surmonte la nature par

ravir une montagne exige le maximum de soi-même. Qu’il soit au sein d’un groupe ou avec un partenaire, le cycliste fait alors l’expérience d’une dimension existentielle : la solitude. En montagne, chacun est seul, seul avec lui-même, son corps et la côte. Il n’existe pas d’autre endroit qui permet de vivre de manière plus percutante ce que signifie la lutte contre soi-même. Lorsque, après un trajet de plusieurs kilomètres, l’inclinaison augmente encore de 12 %, qu’aucune fin n’est en vue, que les jambes deviennent lourdes et que les poumons se resserrent, que le dos fait mal, on se pose irrémédiablement la question : pourquoi continuer ? Pourquoi ne pas mettre le pied à terre, se reposer, rebrousser chemin, il n’y a personne, la route est déserte, il n’y a aucune raison de poursuivre cette torture. Pourtant, on reste en selle aussi longtemps que possible, jusqu’au but. Et lorsqu’après 120 kilomètres à travers les Dolomites et le franchissement de quatre cols, la toute dernière côte surgit, le tout dernier virage éclairé par un soleil déjà bien bas, et que l’on sait qu’il ne reste plus qu’une grande descente au bout de laquelle un bon repas sera servi, on ressent alors une apparence de bonheur, une lueur de délivrance à mesure que l’on se rapproche de ce col dessiné à l’horizon.

Texte extrait de l’ouvrage de Konrad Paul Liessmann, Das Universum der Dinge. Zur Ästhetik des Alltäglichen. © Paul Zsolnay Verlag Wien 2010. Reproduit avec l’aimable autorisation de la maison d’édition.

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« Je deviens Bugs Bunny » Certains critiques l’affublent de « nouveau Miles Davies », d’autres de « réincarnation de Jimmy Hendrix ». Steven Ellison préfère Flying Lotus. The Red Bulletin a mis la main sur LE phénomène musical de ces prochains mois. Photos : Thomas Butler

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« Les médias m’ont enfermé dans une case. Je m’y sens très à l’étroit. »

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a naissance fulgurante d’une pointure. À Los Angeles, un gars fait ses valises et s’envole pour Melbourne rejoindre la Red Bull Music Academy. Il y rencontre des géants de la musique, enchaîne pendant deux semaines les jam sessions avec d’autres pensionnaires et produit le single Tea Leaf Dancers, prélude de son album Los Angeles qui, deux ans plus tard, assomme le microcosme de la musique électronique. Ce jeune homme de 28 ans s’appelle Steven Ellison. Flying Lotus parvient à réaliser avec son ordinateur ce que d’autres font avec leurs instruments. Il fusionne des éléments musicaux a priori incompatibles. Cela inspire d’ailleurs un grand nombre de musiciens. Avec Los Angeles, Flying Lotus a créé une galaxie sonore à partir d’une flopée de vieux vinyles de Jazz, de grésillements d’une aiguille de tourne-disque usée et de synthés aux sons ondulants ou encore des beats Hip-Hop résonnant tels les robots de Kraftwerk qui auraient fumé de l’herbe et mené des expériences en studio dans le dos de leurs créateurs. Until the Quiet Comes, le dernier album de Flying Lotus, son quatrième, confirme la sensation d’une musique connectée avec le futur. Un Jazz électronique et psychédélique dynamité par des beats puissants qui laissent penser qu’Ellison fait des misères à sa boîte à rythmes. Entretien.

Comment faites-vous vaciller les rythmes électroniques ? Un ordinateur n’a pas de touche prévue pour cela. Je ne peux pas vous dire précisément. Cela arrive au studio quand je me laisse aller à faire n’importe quoi, à enregistrer des sons qui ne proviennent pas d’instruments. Comme par exemple le bruit de stylos et de crayons que je laisse tomber sur le bureau. Ça rejoint ce que disait Miles Davis : « N’ayez pas peur des fausses notes, ça n’existe pas ! » C’est juste. La plupart de mes morceaux est le fruit d’associations d’expériences. Je construis un puzzle cohérent en assemblant différents enregistrements bizarres. À première vue, cela semble impossible mais c’est là tout l’intérêt du défi. Comment y parvenez-vous ? Grâce à ma devise. Je n’ai pas de règles. Je me la répète à chaque fois qu’un morceau sur lequel je travaille devient trop stéréotypé. Je me glisse alors dans la peau d’un personnage de bande dessinée. Tout est possible dans le dessin animé. C’est très efficace pour faire sauter les frontières de l’imagination. Je deviens Bugs Bunny et les rythmes se mettent à sortir de ma poche comme par magie. Votre nouvel album Until the Quiet Comes fait plus penser à un polar de l’espace qu’à une bande dessinée…

PHOTO ADDITIONNELLE : LANDERPHOTO/RED BULL CONTENT POOL

Texte : Florian Obkircher


« Ma devise ? Il n’y a pas de règles. » J’adore les morceaux pour les clubs mais chez moi, j’écoute Portishead ou Radiohead par exemple. Ou encore le Jazz-Rock fusion de Return to Forever ou de Weather Report. Les enregistrements de Jazz de ma tante Alice Coltrane m’inspirent aussi. Un jour, je me suis demandé pourquoi ces vinyles m’étaient si chers. Pourquoi ? Je veux faire de la musique qui touche, qui ne soit pas éphémère. J’aspire à un son qui ne se limite pas aux soirées mais qui s’écoute aussi dans la voiture ou dans l’intimité d’une chambre. Votre album Los Angeles a connu un franc succès. Des milliers de bidouilleurs de sons imitent votre style. Vous vous sentez flatté ? Au début oui, moins aujourd’hui. Du jour au lendemain, ma musique a eu un nom : « Wonky » repris par les médias qui m’ont enfermé dans une case. Je m’y sens très à l’étroit. Cela m’oblige à aller plus loin même si c’est un risque pour ma carrière. Peu d’artistes se risquent hors des sentiers battus. Est-ce un problème de notre temps ? Je ne le vois pas sous cet angle. En 2004, Myspace a changé la donne de l’industrie musicale. Quiconque pouvait présenter sa musique au monde entier. L’originalité est devenue un atout majeur. Quelqu’un en Argentine met son nouveau morceau en ligne, un DJ à Los Angeles le passe le soir même. Autrefois, cette vitesse de diffusion était inimaginable. Pour nous, les jeunes, cela a créé une incroyable dynamique : «Qui va sortir le morceau le plus dingue ? Qui va surenchérir derrière ?» Que vous évoque le téléchargement illégal ? À un problème nouveau, il faut un remède nouveau. C’est vrai que c’est de plus en plus difficile de gagner sa vie en vendant des disques mais cela ne me pose pas de problème d’offrir ma musique, surtout à ceux qui me soutiennent. Ceux qui achètent mes disques, en revanche,


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bénéficient d’extras comme des remix, des vidéos… Mes derniers albums prouvent que cette approche fonctionne. Il ne faut pas se leurrer, les gens qui achètent aujourd’hui de la musique le font pour soutenir l’artiste alors qu’ils savent comment la télécharger illégalement. Quand j’aime bien une musique, surtout si c’est celle d’un jeune artiste, je l’achète. Je peux ne l’écouter qu’une seule fois, mais j’ai le sentiment d’aider un confrère. Dans de telles conditions, la sortie d’un album reste-elle encore pertinente ? J’adore l’album en tant que format, je suis vieux jeu pour ça. J’accepte l’idée que beaucoup téléchargent seulement quelques morceaux, je fais pareil. Mais en tant qu’artiste, il est important de ne pas se laisser influencer par cette pratique. Car, après tout, c’est toujours moi qui décide de la présentation de ma musique. Toute l’année, je mets quelques morceaux en ligne en téléchargement gratuit. Mais un album, c’est différent. Les morceaux sont liés, ils servent la dramaturgie d’un voyage acoustique. Craignez-vous que votre album apparaisse sur des sites de téléchargement avant même sa sortie ? Ne pas annoncer la sortie de Until the Quiet Comes dans les médias et le faire uniquement au moment où il est en ligne, ce serait l’idéal pour moi. À l’instar de Radiohead pour leur dernier album. D’un autre côté, cela représente tellement d’énergie que j’ai envie qu’un maximum de gens soit au courant, et je ne suis pas Radiohead. Je ne vends pas un million d’exemplaires dès le premier week-end. Loin de là. Justement, Thom Yorke, le leader de Radiohead, chante sur l’un des morceaux de votre nouvel album. Comment est-ce arrivé ? Par hasard. Je lui ai envoyé quelques extraits musicaux pour lui demander conseil. Il m’a répondu illico : « Super ! Pour l’un des morceaux j’ai déjà une idée d’interprétation. » Thom est génial. Il sait ce qu’il veut. Cette détermination rend le travail avec lui très agréable. Il y a aussi Erykah Badu en guest. L’an passé, vous aviez réalisé un clip vidéo pour elle. C’est juste. Ma formation de base, c’est le cinéma. Mais les clips vidéo ne me passionnent pas beaucoup ces temps-ci. Aujourd’hui, ils sont surtout une affaire de clics et d’adorables poupées. « Combien de bimbos je peux mettre dans trois minutes de clip pour dépasser le million de visiteurs ? Mais faudra repasser pour les idées cinématogra80

phiques ou narratives. » L’absence de budget n’arrange rien. Dans les années 90, c’était autre chose, vous aviez des clips réalisés par Chris Cunningham (réalisateur culte qui a signé les clips notamment de Björk, Alphex Twin, Portishead, ndlr), ils coûtaient des centaines de milliers de dollars mais ce sont des chefs-d’œuvre. C’est ce genre de chose qui donne envie : de vrais films, pas des clips ! C’est ce qui explique votre présence au dernier festival de Cannes ? Je m’y suis rendu en tant que de DJ. L’expérience a été plutôt décevante. Il y est plus question de défilé de mode sur le tapis rouge que de cinéma

« En tant qu’artiste, il est important de ne pas se laisser influencer par la pratique du téléchargement. »

et le choix des films n’est pas très intéressant. Il y a bien eu la première du nouveau film de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, ndlr) mais je pouvais aussi le voir deux jours plus tard à Los Angeles. Les films qui m’intéressent ne sont accessibles que vêtu d’un smoking. Très peu pour moi ! Le qualificatif qui revient le plus à propos de votre musique est « futuriste ». Comment sera la musique du futur ? Déjà aujourd’hui, elle devient de plus en plus personnelle. Prenez les oneman-show par exemple. Un bon humoriste sent ce qui touche les gens, leurs émotions du moment, ce qui inquiète ou réjouit la société. Et il les commente. Cette façon de faire gagne aussi le milieu de la musique. Avant, les groupes pensaient devoir aborder les questions universelles pour toucher un maximum de gens. Aujourd’hui, les jeunes artistes opèrent différemment. Ils disent : « Ceci est mon histoire, vous ne la comprenez peut-être pas mais je vous la raconte quand même. » Les gens adorent. Regardez Drake et Frank Ocean. Leurs textes sont très personnels, touchants. Jusqu’à récemment, c’était impensable pour des chanteurs de HipHop et de R&B. C’est pourtant là que réside la clé de leur succès actuel. Vous serez l’un des conférenciers de la Red Bull Academy de New York l’an prochain aux côtés de Brian Eno et Grace Jones. Il y a six ans à Melbourne, vous y étiez comme pensionnaire. Qu’avez-vous retenu de ces deux semaines en Australie ? Beaucoup de contacts. C’était juste avant la sortie de mon premier album, 1983. Le timing était parfait. J’avais rencontré des musiciens comme Mark Pritchard, Waajeed et Kode9. Des gens que j’admirais à l’époque. D’ailleurs, nous sommes toujours en contact. C’est aussi lors de cette même Red Bull Music Academy que j’ai produit avec Andreya Triana mon plus grand hit à ce jour, le morceau Tea Leaf Dancers.

Le nouvel album Until the Quiet Comes (Warp Records) sort le 1er octobre. Plus d’infos sur www.flying-lotus.com


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+ Contenu 84 VOYAGE Vodoo Festival 86 IKARUS Roland Trettl 88 PRENEZ LE PLI Torey Pudwill

90 NIGHTLIFE Retrouvez tous les mois quatre pages pour assouvir votre vie de noctambule. La nuit ne nuit pas à la santé.

96 FOCUS Événements à ne pas louper en France 97 KAINRATH 98 PLEINE LUCARNE L’œil de CODB

CREDITS: PHOTO : GETTY IMAGES

94 AGENDA Tour du monde des meilleurs plans Red bull


CREDITS:

LÊgende vivante du surf, Kelly Slater va-til une nouvelle fois s’imposer au Hurley Pro, en Californie ? Les bons plans Red Bull sont en page 94.


LET’S GO ! LE BON PLAN DU MOIS

La NouvelleOrléans backstage VOODOO FESTIVAL. Surnommée

Big Easy, la principale ville de Louisiane a beaucoup à offrir. DJ Brice Nice nous révèle ce qui ne figure pas dans les guides touristiques. Musique électronique, cafés-théâtres et adresses pour assister à un Drag Bingo ou un... karaoké nu ! Oui, ça ne s’invente pas. 84

Le Voodoo Music Festival ajoute un grain de folie à la Nouvelle-Orléans déjà mouvementée à l’ordinaire. La fête bat son plein sur la scène principale et les festivaliers répandent l’esprit Voodoo dans toute la ville.

« Dans cette ville insomniaque, l’activité nocturne de prédilection est... la fête. Et de préférence conjuguée au pluriel ! La soirée débute à 23 heures et atteint son rythme de croisière vers deux heures. À moins d’être un petit joueur, elle se poursuit jusqu’à l’aube dans les nombreux night-clubs. Voilà pour la routine. Avec le Voodoo Festival du 26 au 28 octobre – et ses têtes d’affiche comme Green Day, Neil

Young & Crazy Horse, Jack White et Skrillex – les festivités atteignent de nouveaux sommets. Concerts géants, représentations nocturnes et événements dans des lieux insolites. Visiteurs de la Nouvelle-Orléans, ouvrez grands vos yeux ! Voici le must des bars et événements Rock, Dance, Électro et Hip-Hop ! » Voodoo Music Festival, 26–28 octobre, La Nouvelle-Orléans. www.thevoodooexperience.com

TEXTE : DJ BRICE NICE. PHOTOS : ANDREW GOETZ, GETTY IMAGES (4), CORBIS, SIBERIA, AMPERSAND

PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT


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7 d.b.a. Une programmation live et un choix incroyable de bières font la réputation du d.b.a. Glen David Andrews, chanteur jazzy et tromboniste, s’y produit chaque lundi. Walter « Wolfman » Washington, légende du Blues, assure le mercredi. Treme Brass Band, Little

St

6 Maison Le Maison sur Frenchmen Street est un must. Chaque semaine, plusieurs scènes accueillent concerts de Jazz, de Jam Funk et de Hip-Hop. Sans oublier les Brass bands. Des DJ’s assurent aux platines et on peut même y prendre des leçons de Swing. DJ Jubilee, pionnier du Bounce, un HipHop façon Nouvelle-Orléans, anime tous les mois une soirée. En octobre, le producteur Mannie Fresh, Dan Deacon ou encore Hood Internet sont programmés en live. L’entrée est généralement gratuite et la cuisine reste ouverte jusqu’à 22 heures. maisonfrenchmen.com

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Situés à l’angle de Marigny Street et de St. Claude Avenue, ces trois bars ont chacun une ambiance unique. Le Stooges Brass Band a récemment repris le Hi-Ho et y donne chaque jeudi soir l’un des meilleurs concerts de Brass de la ville. Dans la partie arrière, le restaurant Wandering Buddha propose une cuisine végane de Corée. Le All-Ways Lounge est, comme son nom

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3 4 5 Hi-Ho Lounge, All-Ways Lounge, Siberia

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2 The Saint Autrefois repère de rockers, le pub peut se vanter aujourd’hui du melting pot de clients le plus déjanté de la ville. S’y côtoient des gens ordinaires, branchés, fans de Metal et célébrités venues incognito en raison de l’absence de paparazzi. Les soirées Obsessions du samedi sont l’œuvre de DJ Musa Alves. Nouveautés en vogue, morceaux de rappeurs comme Magnolia Shorty et Lil Boosie et House des années 90 y sont mixés par ses soins. Le reste de la semaine, DJ’s et groupes live se succèdent. Le dimanche, c’est soirée Country-pasta et, le mardi, soirée karaoké dans une ambiance tiki polynésien. Une soirée Drag Bingo s’ajoute parfois à l’offre. Drag Bingo ? Alliance de drag queen et du bingo. thesaintneworleans.com

l’indique, un mélange haut en couleurs de burlesque, de théâtre, de musique live et de danse (karaoké nu !). Ce pub, autrefois le rendez-vous des cowboys gays, se veut toujours gay friendly. Le Siberia, quant à lui, est un club Metal et Punk où se produisent des groupes comme OFF!, Eyehategod et où Gibby Haynes montre le temps d’un set ses talents de DJ. Côté restauration, le Kukhnya régale avec sa cuisine slave. hiholounge.net, theallwayslounge.net, siberianola.com

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Convention Center Blvd.

1 Mimi’s in the Marigny Tous les samedis soirs pendant les soirées Hustle de DJ Soul Sister, un public hétéroclite en sueur danse sur des morceaux Disco-Funk du milieu des seventies. Un vendredi sur deux Alligator Chomp Chomp met la musique du sud de la Louisiane à l’honneur. Pendant la semaine, une grande variété de groupes live veille à l’ambiance – en majorité Jazz et Reggae. En cas de petit creux, la cuisine propose des tapas – jusqu’à 2 h du matin en semaine et 4 h le samedi. mimisinthemarigny.net

PARC LOUIS ARMSTRONG

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Nuit après nuit, sur les traces de DJ Brice Nice. Une fermeture ne serait-ce que d’une heure est inconcevable dans cette ville...

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Freddie King, John Boutte, Monk Boudreaux et d’autres pointures de la scène locale y passent aussi régulièrement. Les nuits du d.b.a. tiennent en deux points : 100 % Nouvelle-Orléans et 100 % live. dbabars.com/dbano 8 Ampersand L’Ampersand est l’endroit de la ville qui a la meilleure sono et la passion de la musique électronique. Sauf événement particulier, l’établissement ouvre vendredi et samedi uniquement. Son ambiance européenne est plutôt inhabituelle pour la Nouvelle-Orléans. Des artistes comme Skrillex, MSTRKRFT et Diplo chauffent aux platines lors des soirées after. Il n’est pas rare d’assister à un concert de Electronic Takeover, les stars locales de la Dance. clubampersand.com

Ambiance européenne à l’Ampersand.

Le Treme Brass Band dans l’antre du d.b.a.

9 Dragon’s Den Les adeptes du Jungle et du Drum & Bass de la Nouvelle-Orléans se retrouvent au Dragon’s Den où tous les jeudis a lieu une soirée sous la houlette de Bassbin Safari et occasionnellement de Below C Level Crew.

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La Nouvelle-Orléans en 12 stops

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MISSISSIPPI

Le Dancehall rythme la soirée du mercredi avec T-Roy aux commandes. Le dimanche, c’est jour de Dubstep pour une soirée avec Church et Unicorn Fukr comme seigneurs. Chaque dernier vendredi du mois, Slangston Hughes organise l’événement Hip-Hop Uniquity. Et avec les concerts Grassroots de Truth Universal, le Dragon’s fait toujours l’actualité. facebook.com/thedragonsden 10 Republic Le Republic est réputé pour ses soirées universitaires (les vendredis et samedis). Les soirées mensuelles Electro Bassik organisées par Bas Winter Circle Productions accueillent Datsik et Doctor P. Le lieu propose aussi des soirées mensuelles Bounce et héberge régulièrement les rois des clubs locaux comme Big Freedia, Sissy Nobby et Katey Red. republicnola.com Datsik au Republic.

11 Hookah Niché au cœur du Vieux carré français, le Hookah est l’unique lieu de la ville qui propose un choix de chichas (d’où le nom hookah, narguilé en anglais) et à bouger au rythme de la Dance underground. Sa superbe piste accueille tous les vendredis et samedis des soirées Hip-Hop très courues. Le week-end débute le jeudi avec de l’Électro servie par Head Set et se poursuit jusqu’au dimanche avec de la Soul dans le cadre de soirées Tipping Point animées par DJ RQAway et le groupe Room Service. hookah-club.com 12 One-Eyed Jacks Visite obligée pour les fans de Rock’n’Roll de passage au Vieux carré. Les jeudis, le One-Eyed Jack est plein à craquer de jeunes de 20 ans venus pour la soirée années 80. Les autres jours de la semaine, on y trouve des groupes comme Black Lips, Guided by Voices et Miss Pussycat. oneeyedjacks.net

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Le chef de cuisine Roland Trettl joue avec le feu à l’Ikarus.


PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

PRENEZ LE PLI

Cuisine high-tech

L’INDISPENSABLE POUR LES PROS

Son lieu de travail ressemble à s’y méprendre à un vrai labo. Roland Trettl, chef de cuisine à l’Ikarus, à Salzbourg, en est plutôt fier. Présentation. 1. Vitamix TNC 5200 De 1 000 à 24 000 tours/ minute, la vitesse de ce robot se règle en continu. Parfait pour réussir purée, mayonnaise ou crème. La vitesse élevée du mixeur permet aussi de préparer les herbes à la perfection tout en préservant leur couleur et leur saveur. 2. Bec Bunsen Le brûleur au gaz butane atteint une température allant jusqu’à 1 750 °C. C’est indispensable pour la caramélisation de mets comme la crème brûlée. 3. Azote liquide Élément clé de la gastronomie moléculaire, l’azote liquide atteint son point d’ébullition à − 196 °C. Très utile pour la congélation des aliments.

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4. Presse à seringues Pour créer des perles aromatiques congelées, le contenu de ces seringues remplies avec du jus ou des masses gélifiées d’arômes variés, est versé goutte à goutte dans de l’huile ou de l’azote. La rotation permet d’utiliser plusieurs seringues en même temps.

TEXTE : ULRICH CORAZZA. PHOTO : PHILIPP FORSTNER

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5. Thermostat Julabo Il permet de régler et de maintenir la température avec précision jusqu’à 90 °C. Je l’utilise de préférence pour la cuisson à basse température garantissant ainsi une belle consistance à la viande comme au poisson. 6. Extracteur de jus Green Star Ce presse-fruit extrait le jus du basilic ou du persil, comme des fruits et des légumes. Ses deux cylindres broyeurs en acier inoxydable d’une vitesse de 110 tours/minute seulement évitent l’altération des aliments par la chaleur. Ainsi, même des éléments aussi fragiles que les

vitamines et les enzymes des pépins de kiwis ou de fraises sont préservés. 7. Big Green Egg XL Ce barbecue à charbon de 103 kg avec une glaçure en céramique permet à l’air froid de pénétrer par le bas et au chaud de ressortir par le haut. Grâce à un thermomètre allant jusqu’à 400 °C, griller, rôtir, fumer ou saisir à la perfection est un jeu d’enfant. 8. Placoplatre Des moules positifs en Placoplatre sont créés à partir de moules ordinaires d’une pression surfacique minimale de 6 N/mm². Ils durcissent en vingt minutes. Il s’agit dans ce cas d’un moule en forme de truffe pour une nouvelle interprétation de la recette du ris de veau Rumohr. 9. Shera Duosil H Silikon À partir de ce silicone bleu, mou et élastique, nous réalisons les moules négatifs des modèles en plâtre. 10. Coupe-légumes Un ustensile de cuisine pratique pour couper fruits et légumes. On peut par exemple y fixer une pomme. On actionne ensuite le levier et toute la pomme devient une seule et même lanière, longue et fine.

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Admirez le design de ce coupe-légumes japonais. www.hangar-7.com/ikarus

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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

AU BOULOT S’ENTRAÎNER COMME UN PRO

Dures fractures TOREY PUDWILL Le street skater californien revient de loin cette année. Démonstration.

Depuis que Torey Pudwill s’est successivement brisé la cheville et cassé le poignet à la fin de l’année dernière et au début de celle-ci, rien n’est plus vraiment Torey Pudwill comme avant. Pratiquer le skate à longueur de journée n’est pas l’unique condition à l’accession aux sommets. « Prendre des compléments alimentaires, manger sainement... J’ai appris de tout cela, raconte Pudwill. C’est comme suivre une Master Class qui t’apprendrait à vivre autrement, à avoir une meilleure hygiène de vie. » Le responsable de sa rééducation, c’est le docteur Davis Sales, spécialiste du genre, installé au South Coast Spine Center de Capistrano Beach (Californie). Il se dit agréablement surpris par la volonté avec laquelle Pudwill s’emploie à retrouver la santé. « Torey a envie de vivre en prenant plus soin de lui et de son corps. La plupart de ses adversaires, eux, enchaîne les cigarettes... »

En piste ! Deux heures de route séparent le domicile de Pudwill situé dans la vallée de San Fernando du cabinet du docteur Sales, niché dans l’Orange County. Après, ce n’est que du bonheur. Lundi-Vendredi : Torey prend place sur une table de traction, qui vibre et s’incline de façon à solliciter la colonne vertébrale. Elle doit gagner en amplitude de mouvement. Dans le même temps, l’intégralité de son corps est stimulé et mis sous tension musculaire ; ses zones convalescentes sont l’objet d’un traitement au laser froid. Cela développe l’activité métabolique, accélère la guérison et réduit les inflammations. Comme la cryothérapie. Plus tard, Pudwill est traité par ultrasons, avec pour bénéfice de réchauffer et

assouplir le muscle. Ensuite, Sales manipule Pudwill en chiropractie, en favorisant le relâchement afin de s’assurer que ses tendons, ses ligaments et ses muscles retrouvent leur position naturelle. « C’est douloureux mais c’est très important et, si toutes ces choses sont faites dans le même temps, les résultats sont quasiment instantanés », explique Pudwill. Après quelques étirements tout en douceur, il prend place sur un Power Plate. Enfin, il travaille sa cheville sur un plateau balance ou un « Bosu ball » tandis que Sales lui lance des balles qu’il doit rattraper en équilibre et à une main. À la fin de la session, Pudwill s’entraîne à rester en équilibre, les yeux fermés, sur le plateau. Samedi-Dimanche : Skate et encore skate.

Suivez Pudwill sur Twitter : @ToreyPudwill1

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TEXTE : ANN DONAHUE. PHOTOS : ATIBA JEFFERSON/RED BULL CONTENT POOL

De la chiropractie aux lasers froids, tout est bon pour remettre Pudwill sur pieds.


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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

Nightlife La nuit ne nuit pas à la santé

ACTION

Safari étoilé À VISITER Lorsque le Singapore Night Safari ouvre ses portes en 1994, il devient le premier zoo accessible au public la nuit. À DÉCOUVRIR 35 hectares et 7 aires à thèmes restent ouverts de 19 h 30 à minuit et peuvent se visiter à pied ou à bord d’un petit train. À OBSERVER On peut y voir, de très près, 137 espèces et plus de 2 500 animaux différents. Entre autres, grands félins, écureuils volants, oiseaux et singes. AUTRES ZOOS NOCTURNES Night Safari à Chiang Mai (Thaïlande), Changlong Night Zoo à Guangzhou (Chine), Greater Noida Night Safari à Uttar Pradesh (Inde) et Zoo Taiping (Malaisie).

NOUVEAUTÉ

Fuir New York ! Bear et Droste, membres de Grizzly Bear, en ont été capables. Shields, leur nouvel album est né dans une cabane... Grizzly Bear est un quatuor Indie de New York. Il y a trois ans, le groupe explose grâce à Veckatimest, un album Pop regorgeant de diamants bruts. Ce disque est expérimental et rugueux. A priori, seule la critique pourrait l’apprécier mais dès la première semaine de sortie, le 3e album du groupe de Brooklyn se classe dans le Top 10 US. Trois années se sont écoulées depuis votre dernier album. Comment se sont passées les retrouvailles ? Droste : Comme un premier jour d’école après les grandes vacances. Pour l’écriture de Shields, vous vous êtes isolés dans une vieille bicoque au nord de New York. Pourquoi ? Bear : À New York, on est facilement distrait. Les anniversaires, les animaux de compagnie, les concerts. L’écriture nécessite un environnement qui, lui, soit propice.

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Le choix de l’exil a-t-il été concluant ? Droste : Il n’y avait pas âme qui vive à plusieurs kilomètres à la ronde. Le matin, nous ramassions du bois dans la forêt pour nous chauffer et l’après-midi était consacré au travail. Vous comptez parmi vos fans des stars comme Beyoncé et Jay-Z… Bear : Un jour, Solange Knowles, la petite sœur de Beyoncé, leur a fait écouter notre musique. Depuis, ils nous soutiennent. C’est cool que des artistes du calibre de Rihanna ou de Beyoncé apprécient des petits groupes comme The xx ou nous. Shields, le nouvel album de Grizzly Bear sort le 18 septembre. Dates de tournée et extraits sur www.grizzly-bear.net

DANDYSME

« Soyez toujours sobre pour faire ce que vous vouliez faire quand vous étiez ivre. Ça vous apprendra à la boucler. » Ernest Hemingway (1899–1961)


COCKTAIL

Del Rio Grande !

CLUB

Hoxton TORONTO

TEXTE : FLORIAN OBKIRCHER. PHOTOS : BARBARA ANASTACIO, DDP, THE HOXTON (4), FOTOSTUDIO EISENHUT & MAYER

THE HOXTON 69 Bathurst Street Toronto, ON M5V 1M5, Canada www.thehoxton.ca

CLUB

« Pour entrer, il faut avoir du style » The Hoxton. À Toronto, les branchés font la fête dans une ancienne imprimerie. Ambiance artistique et son étourdissant servi par des pointures comme Skrillex ou Diplo. Vous ouvrez le club parce que… … il manque un lieu pouvant accueillir 700 personnes à Toronto. Le nom fait référence au… … quartier d’artistes de Londres. À l’origine, l’idée est…

« C’est un cocktail unisexe classique », reconnaît Josh Harris, barman reconnu et patron de The Bon Vivants, une société de conseils en boissons basée à San Francisco. « Si vous cherchez une composition qui fasse l’unanimité parmi vos clients alors ce cocktail est ce qu’il vous faut. » D’après Harris, les hommes aiment le goût de la tequila et les femmes celui de la liqueur d’Elderflower. « Le sherry que l’on y ajoute est le joker. » C’est-à-dire ? « Le sherry possède une profondeur de goût et donne au cocktail une touche de subtilité. » INGRÉDIENTS 4 cl Tequila Ocho Plata 2 cl liqueur St. Germain Elderflower 2 cl Fino Sherry 4 traits d’Angostura orange Bitter Verre : coupe de champagne Décoration : écorce de pamplemousse

PRÉPARATION Mettre les ingrédients dans un shaker avec des glaçons. Mélanger jusqu’à ce que le cocktail soit bien dilué. Verser dans une coupe de champagne réfrigérée et agrémenter d’écorce de pamplemousse.

… de transformer une ancienne fabrique en un lieu polyvalent ayant une atmosphère de galerie d’art. Vous optez pour le quartier King West car … … c’est le cœur de la vie nocturne torontoise. De l’extérieur, le club ressemble à… … un ancien hangar qui abritait une imprimerie depuis 1890. L’intérieur évoque… … le film Faites le mur de Banksy. La soirée commence… … vers minuit. Vos habitués sont… … des branchés et des faiseurs de mode. Pour passer le vigile, il faut être … … décontracté et charismatique. Avoir du style et l’assumer. La nuit la plus folle est … … quand Skrillex et Diplo se défient. La soirée décolle quand le DJ… … met Levels de Avicii. Le meilleur encas est à … … The Counter, au Thompson Hotel.

Interview avec Jesse Girard et Richard Lambert, boss du club.

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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

PERSONA Je découvre ce film complètement par hasard il y a deux ans sur la recommandation d’un site. Je suis captivé dès les premières minutes. Seulement quatre protagonistes y apparaissent dont un sourd qui ne prononce que quatorze mots. Le film reste cependant fascinant. C’est sublime et passionnant de voir un tel chef-d’œuvre naître à partir de si peu d’ingrédients et d’éléments. Comme quoi.

RARE

L’inspiration Bergman Vampire Weekend fait de l’Indie-Rock sans œillères mais avec des épices africaines. Le bassiste Chris Baio nous révèle comment Ingmar Bergman, le metteur en scène de génie suédois, l’inspire. La sortie de leur premier album éponyme, il y a quatre ans, bouscule le monde de la musique, le Rock qu’ils proposent ne correspond à rien de connu jusque-là. Du Highlife ghanéen associé à des guitares IndieRock, des rythmes d’Afrique orientale propulsés par des batteries Punk. D’une certaine manière, une musique dans la tradition de Graceland de Paul Simon mais beaucoup plus vive et débridée. Après la dernière tournée, le bassiste Chris Baio profite de ses vacances pour s’adonner à son autre passion : la musique électronique. Sunburn Modern, son opus en solo, vient de sortir. Le musicien de 27 ans y mêle Steel-drums et rythmes House tempérés, synthétiseurs suaves et tambours exotiques : ses morceaux dynamitent les pistes de danse. Les films sont sa source d’inspiration. Son metteur en scène fétiche ? Ingmar Bergman. « Je ne me lasse pas de voir ses films. Ils m’enthousiasment et j’apprends beaucoup de son travail même en tant que musicien. »

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SONATE D’AUTOMNE Un chef-d’œuvre. Une célèbre concertiste de piano rend visite à sa fille et réalise qu’elle n’est pas la meilleure des mères en privilégiant une vie glamour. Le thème abordé dans ce film me touche beaucoup. Je suis moimême souvent en tournée mais je souhaite aussi avoir un jour des enfants. L’utilisation subtile du rouge, couleur d’automne, comme fil conducteur de l’intrigue faisant écho au titre est très impressionnante et perspicace.

LES COMMUNIANTS Un film superbe. Mais le documentaire du making-of sur le DVD est presque mieux. On y voit le génie de Bergman à l’œuvre. C’est fascinant. Il anticipe en permanence. Il tourne un film tout en pensant au prochain. Cette approche n’est malheureusement pas applicable à un groupe de musique où la sortie d’un album est toujours suivie d’une tournée. Sa capacité à faire plusieurs choses en même temps m’inspire beaucoup.

PETITE FAIM

Le Bitterbal d’Amsterdam Cette boulette de viande est bien grasse et joliment ronde. C’est la reine de la nuit néerlandaise ! OÙ LE TROUVER ? Bien qu’il soit disponible dans les stands de rue, les vieux pubs lambrissés de bois aussi appelés « pubs marron » à cause de leur patine, restent l’endroit principal pour le déguster.


Textes : Florian Obkircher, klaus kamolz. Photos : Rex Features (2), Kobal Collection (2), fotostudio Eisenhut & Mayer (1)

De quoi est-il fait ? Essentiellement de viande froide cuite (bœuf ou veau) et de Gouda affiné que l’on malaxe avec de l’œuf, de la farine, de la noix de muscade, du poivre et du sel pour former des boulettes qui sont ensuite panées, frites et servies ­simplement avec un zeste de moutarde à l’ancienne.

Combien en manger ? Les Bitterballen sont servis par demi-douzaines. Difficile d’en manger trop : la plupart du temps, ils font trois ­centimètres de diamètre. D’où vient ce nom ? En néerlandais, le mot bitter signifie amer. Pourtant, les B ­ itterballen sont doux en bouche. ­Ils doivent leur ­appellation ­au digestif – très amer lui – que l’on servait ­autrefois avec, le Bittertje.

Bitterballen, version hard Bière et eau de vie – une ­combinaison très appréciée des noctambules d’Europe du Nord. À Amsterdam, on sert un Jenever, le schnaps national de genévrier qui peut être ajouté à la bière ou servi ­séparément. Le nom de cette formule est Kopstoot, en français « coup de tête ». Bien vu !

La formule parfaite Des Bitterballen sans alcool ? Impensable, surtout pour une nation comme les Pays-Bas. Afin de s’assurer que personne n’oublie de commander une bière avec les boulettes, il y a la spéciale Bittergarnitur  : six Bitterballen accompagnés d’une Pils. Certains ne peuvent pas s’en passer.

La boulette d’or Tous les ans, un magazine néerlandais spécialisé dans la boisson décerne le Bitterbal d’or, un prix qui récompense les initiatives pour préserver le pub traditionnel. Pour rendre visite au tenant du titre actuel, il faut vous rendre au Café Hoppe (www.cafehoppe. com). Huit Bitterballen pour cinq euros et ouvert jusqu’à deux heures du matin.

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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

Un monde en action 1

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Septembre 2012

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Sport

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13-16 SEPTEMBRE, CARDIFF, PAYS DE GALLES

À l’attaque du RAC

Le gratin mondial des pilotes de rallye a rendezvous dans les forêts de Cardiff au Pays de Galles, à l’occasion du 80e Rallye de Grande-Bretagne. La course a lieu deux mois plus tôt que d’ordinaire mais le circuit n’en est pas moins dangereux; au menu : pistes glissantes et routes étroites. Le brouillard et le mauvais temps seront aussi au rendez-vous. La pluie favorise la formation d’ornières sur les routes boueuses faisant de cette épreuve la plus glissante du calendrier.

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16-22 SEPTEMBRE, TRESTLES, ÉTATS-UNIS

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California surfing way of life C’est bien connu, l’âme du surf habite les rivages de San Clemente. Les grandes vagues de Trestles garantissent les meilleurs tubes de Californie. Un site idéal pour le déroulement du Hurley Pro qui occupe une place de choix dans le cœur de Kelly Slater. En 2007, le surfeur y signe la 34e victoire de sa carrière le plaçant ainsi parmi les meilleurs de tous les temps. L’Américain espère glaner un 12e titre mondial. Mick Fanning reste son principal rival au sommet de la hiérarchie.

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3 Cavendish ne voudra pas rester à la « Cav »...

Sebastian Vettel se sent chez lui à Singapour.

15-23 SEPTEMBRE, LIMBOURG, PAYS-BAS

23 SEPTEMBRE, SINGAPOUR, MARINA BAY

Mondiaux de cyclisme sur route Pour la première fois depuis 1994, il y a du changement au programme du Championnat du monde de cyclisme sur route. Le contre-la-montre par équipe fait son retour ainsi qu’une nouvelle compétition junior. Cependant, la course opposant l’élite chez les hommes reste l’événement phare. Mark Cavendish devra batailler dur pour conserver son maillot arc-enciel. Les 265 kilomètres du parcours étroit et sinueux à travers la province du Limbourg comportent l’ascension du Cauberg qui culmine à 1 222 mètres.

La F1 se donne en spectacle

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Depuis 2008, l’unique course nocturne de la saison de F1 se déroule sur les 5,073 km du circuit urbain éclairé par 1 485 lampadaires. Les rapides lignes droites et le nombre élevé de virages de tous les circuits de F1 mettent la boîte de vitesses à rude épreuve. Ici, le spectacle est non seulement sur la piste mais aussi et surtout dans les tribunes. L’année dernière, le pilote Red Bull Sebastian Vettel fête sa première victoire en occupant la tête de la course du premier au dernier tour.

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Kelly Slater vise une 3e victoire au Hurley Pro.


PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

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Orgie de sculptures sur la Gold Coast autralienne. 22 SEPTEMBRE, LE CAP, AFRIQUE DU SUD

EarthDance 14-16 SEPTEMBRE, CHICAGO, ÉTATS-UNIS

Riot Fest

Un fan n’apprécie jamais lorsque son groupe préféré se sépare. Le Riot Fest s’efforce d’apaiser cette blessure en persuadant certains de se reformer le temps d’un dernier tour de chant. Le festival offre un voyage dans le temps avec The Offspring et The Jesus and Mary Chain, pendant que d’autres groupes comme AWOLNATION et The Gaslight Anthem viendront conquérir de nouveaux fans.

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PHOTOS : RED BULL RACING (1), GETTY IMAGES (3), DANIEL MICHAUD (1), REZI KENIA/RED BULL CONTENT POOL (1)

27 SEPTEMBRE, WADI SHAB, OMAN

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Red Bull Cliff Diving s’achève à Oman !

300 sites, 60 pays et le même message. EarthDance est un réseau mondial d’organisateurs d’événements. Il est aussi à la tête du plus grand festival dédié aux causes humanitaires. Son point d’orgue reste la prière pour la paix. Des milliers de personnes se recueillent simultanément à travers la planète. C’est au Cap qu’a lieu une des plus grandes et des meilleures soirées EarthDance. Le studio Red Bull de la cité balnéaire ouvre d’ailleurs ses portes à des DJ’s et des talents locaux.

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28-29 SEPTEMBRE, DUBAI, E.A.U.

Red Bull Flying Bach Ce spectacle de danse époustouflant débute il y a deux ans à Berlin. Il se joue depuis à guichets fermés en provoquant partout en Europe des standing ovation. Le Red Bull Flying Bach devient le théâtre où les Flying Steps des Champions du monde de breakdance font entrer la musique baroque de Johann Sebastian Bach dans le XXIe siècle. Ils exécutent des headspins sur des préludes et d’audacieuses figures sur des accompagnements pour piano et clavecin. Cet automne, le spectacle entame sa tournée mondiale en emmenant la troupe de Dubai à Tokyo. Dates de la tournée disponibles sur www.redbullflyingbach.com.

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En 2010, le vainqueur des World Series s’appelle Gary Hunt. Idem en 2011… Le proverbe « Jamais deux sans trois » se vérifiera-t-il cette année ? Réponse à Oman lors de la septième et ultime étape d’une saison débutée à Bonifacio. Hunt et ses concurrents, dont les Américains Kent De Mond, David Colturi et Steve LoBue, plongent d’une plateforme de 27 mètres de haut dans l’une des sept piscines naturelles de la rivière Wadi Shab. De couleur vert émeraude, l’eau est à 25 °C. Un finish en apothéose pour une épreuve particulièrement spectaculaire.

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Culture

Brian Fallon de The Gaslight Anthem. 14-23 SEPTEMBRE, CURRUMBIN, AUSTRALIE

Music Midtown

Swell Sculpture Festival

Presque tous les groupes dont vous entendez parler jouent au Meadow, dans le Parc Piedmont, à Atlanta. Ce sont deux jours de folie. Au programme de la première journée, les Foo Fighters, Avett Brothers et le chouchou local T.I. Dès le lendemain, Pearl Jam, Florence + the Machine et Girl Talk prennent le relai. Un billet Super VIP coûte 1 000 $, soit 800 €. Il vous permet de bénéficier du voiturier, d’avoir accès au bar à sushi backstage et, cerise sur le gâteau, à des toilettes climatisées...

Ce n’est pas dans un musée mais sur la plage que vous trouverez les plus belles œuvres de la Gold Coast. Normal, nous sommes au pays du sable d’or. Cinquante artistes venus du monde entier transforment la plage de Currumbin sur le Pacifique en un monde fantastique. On y trouve des sculptures de bronze illuminées, des tentacules en tuyaux, des requins faits de bouts de verre trouvés sur la plage et des coquillages géants pour écouter la mer. Cette exposition attire chaque année 180 000 passionnés d’art !

21-22 SEPTEMBRE, ATLANTA, ÉTATS-UNIS

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Les B-Boys s’attaquent à Bach avec élégance.

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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT

Focus Septembre 2012 14-16 SEPTEMBRE, MONDIAUX D’ESCALADE

Haut les corps

Quinze ans après le Zénith de Paris, c’est au tour du Palais Omnisports de Paris-Bercy d’accueillir les meilleurs spécialistes de la discipline. 500 athlètes représentant une soixantaine de pays sont attendus sur les bords de Seine cette semaine. Les finales débutent vendredi et s’étalent tout au long du week-end. En France, l’escalade regroupe 85 000 licenciés. www.worldclimbing2012.com À PARTIR DU 14 SEPTEMBRE, CAMILLE VIVIER S’EXPOSE À 12MAIL

Le bon Vivier

30 SEPTEMBRE, MARATHON DE BERLIN

Haile du désir

Ils seront 40 000 à prendre le départ de cette 39e édition. Les inscriptions sont closes depuis le… 9 décembre dernier ! Le premier marathon de Berlin a eu lieu le 13 octobre 1974. Son vainqueur, Günter Hallas, prendra d’ailleurs le départ de l’épreuve cette année. En 2003, le Kenyan Paul Tergat devient le premier à casser la barre des 2 heures 05. Puis, Haile Gebrselassie impose son règne en battant trois records du monde en trois ans sur l’ultra rapide bitume berlinois (2006, 2007, 2008). www.berlinmarathon.com Le maître Haile Gebrselassie sur un de ses terrains de jeu favoris.

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Zlatan Ibrahimovic éclipse les autres stars du Paris SG. 18-19 SEPTEMBRE, LIGUE DES CHAMPIONS

Paris saura À l’heure où nous bouclons ces quelques pages, le tirage au sort de la Ligue des Champions n’a pas encore eu lieu. Mais il y a fort à parier que Montpellier et le Paris SG seront attendus au tournant pour différentes raisons. Paris fait office d’épouvantail depuis les signatures, cet été, du fuoriclasse Zlatan Ibrahimovic, de l’ancien milieu offensif de Naples Ezequiel Lavezzi et de l’ex-défenseur central du Milan AC Thiago Silva, considéré comme le meilleur au monde à son poste. www.psg.fr

7 OCTOBRE, PARIS-TOURS

Un joli Tours ? Le département d’Eure-et-Loir est à l’honneur pour la quatrième année de suite en accueillant le départ de la Classique des Feuilles Mortes. Les coureurs s’élanceront de la ville de Châteauneuf-en-Thymerais, située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Chartres. Comme tous les ans, ils seront particulièrement exposés au vent. Bourrasques et bordures font partie intégrante de l’épreuve. À noter que le Tour de France est déjà passé par cette région cette année (CLM individuel de 53,5 km entre Bonneval et Chartres),

Greg Van Avermaet, vainqueur en 2011.

à la veille de l’arrivée sur les ChampsElysées. En 2011, quatre français avaient intégré le top dix final sans être sur le podium… www.letour.fr

PHOTOS : DDPI (2), DPPI

Conçu par Red Bull France, 12Mail, espace de création et d’exposition, clôt sa troisième année d’existence en accueillant Camille Vivier. L’univers singulier de cette photographe a déjà séduit des magazines tels que Numéro, Grey ou Another Magazine. Ses clichés montrent bien plus que de simples créatures à la beauté glacée. À découvrir ! Rappelons que 12Mail expose les travaux d’artistes et collectifs de talent. www.12mail.fr


ILLUSTRATION : DIETMAR KAINRATH

K A I N R AT H

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Q

uand j’étais petit, je me consolais de devoir quitter mes shorts, le sable doré de la plage et le creux sensuel et écumeux des vagues en pensant aux copains que j’allais retrouver à l’école, aux nouvelles filles dont je pourrais admirer la blondeur pendant les dictées, et à la nouvelle saison d’Albator qui allait commencer. Aujourd’hui, à quoi je pense ? Je crois que je ne pense pas. Je ne pense plus. Je suis une éponge. Comme vous. Prêt à absorber toutes les informations de la rentrée, la main gauche (ou pour vous droite) serrant bien mon iPhone 5, levant l’appareil jusqu’à mes rétines pour ne rien manquer du fil des 140 signes qui, le temps passant, ressemble de plus en plus à un fil à la patte, pire, à un fil au cerveau, ce qui est consternant vu les stupidités qu’on y lit. Surtout les jours d’Eurovision. Est-ce contagieux ? En tout cas, c’est irrémédiable. Nous voilà bel et bien entrés dans l’ère de l’esclavage consenti, qui ne tolère hélas aucun Spartacus. Spartacus, c’est le gladiateur qui libéra les esclaves du joug de l’Empire romain au premier siècle avant J.-C. Un héros toujours glorifié dans les anciens pays de l’Est, d’où le nom que porte encore le club de foot de Moscou, le Spartak. Esclaves, donc, mais volontaires. En effet, qui serait prêt à suivre aujourd’hui le type qui nous demanderait de jeter notre portable aux orties ? Nous en avons trop besoin. Et puis d’ailleurs aujourd’hui, Spartacus serait sur les réseaux sociaux. Qu’y lira-t-on ce mois-ci, sur notre écran minuscule, qui nous rend myope avant l’âge ? Les inévitables marronniers de la rentrée. Les embouteillages sur les routes de vacances, les augmentations du prix de l’essence, le pouvoir des francsmaçons, les ruptures aoûtiennes de stars retouchées par le botox puis la palette graphique, et les derniers mots de Valérie, beaucoup moins incisifs depuis qu’elle tourne son pouce sept fois dans sa langue.

Pleine lucarne

La rentrée, c’est par là Ah, le mois de septembre et sa saison des marronniers... Pour quelle consolation ? On aura droit aussi aux éternelles réjouissances post-estivales, scandale sexuel fétichiste à base de pieds ou d’oreilles, catastrophe naturelle avec sous-entendus apocalyptiques (ah, cette expression « catastrophe naturelle » aucune catastrophe n’est naturelle, toute catastrophe est un scandale !). Heureusement, la rentrée est aussi littéraire. Ça permet de lire de belles phrases. « Ton corps inerte me persécute. » ; « L’étrange liberté de qui n’a plus personne. » (Réanimation, Cécile Guilbert). Autrement plus stylé que Fifty Shades of Grey, l’aventure romanesque qui passionne les ménagères américaines et qui arrive en France cet automne.

Dix millions d’exemplaires vendus outreManche pour cette histoire d’amour SM entre un milliardaire qui aime lier plutôt que se lier, et une étudiante vierge très attachée... La France marchera t-elle dans la déviance ? Mise en bouche : « Christian, debout sur moi, attrape une cravache en cuir tressée. Il est uniquement vêtu d’un vieux Levi’s délavé et déchiré. Il agite la cravache doucement dans sa paume tout en baissant les yeux vers moi. […] “Ne bouge pas, grogne-t-il. Ou je continue à te fesser.” » On a Les Liaisons dangereuses qu’on mérite... Universal vient d’acheter les droits cinéma, et Bret Easton Ellis, l’immense auteur d’American Psycho, le même qui tient le dépeceur de Montréal pour un fucking amateur, lance en 140 caractères (décidément) des idées pour le casting : Ryan Gosling, qui tenait le volant dans Drive et Kristen Stewart, qui préférait la banquette dans Sur la route. Je trouve que ça roule. Autre livre de la rentrée littéraire : Snuff, de Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight Club. « Un roman à suspense se déroulant entièrement pendant un gang bang », prévient l’éditeur. Pourquoi est-ce que tout le monde pense au sexe, en cette rentrée ? Parce que c’est le temps des marronniers, dont la floraison est réputée mettre les femmes en émoi à cause du parfum très particulier exhalé par ses panicules dressées (c’est le terme...) ? Parce qu’on a besoin de se consoler et qu’Albator, ça va quand on a sept ans ? De toute façon, je m’en moque. Serais-je désabusé ? Allons ! Je viens de quitter un hôtel superbe accroché à la côte italienne, avec la Méditerranée toute bleue comme fond d’écran réel... Crawl, écriture, amour, negroni et spaghetti. L’avion me ramène en France, la tour Eiffel n’a jamais été aussi métallique, le paradis est derrière moi et vous voudriez que ça aille bien ? Agrégé de lettres, Christophe Ono-dit-Biot est l’auteur de quatre romans, dont Birmane, prix Interallié 2007.

THE RED BULLETIN France / Numéro 11 – Septembre 2012 : The Red Bulletin est publié et édité par Red Bull Media House GmbH. Directeur général de la publication Alexander Koppel Directeur d’édition Franz Renkin Directeur de la rédaction Robert Sperl Directeur adjoint de la rédaction Alexander Macheck Rédacteur en chef France Christophe Couvrat Ont participé à ce numéro Susanne Fortas, Christine Vitel, Étienne Bonamy, Frédéric Pelatan, Ioris Queyroi Responsable de la production Marion Wildmann Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Booking Ellen Haas, Catherine Shaw, Rudi Übelhör Maquette Erik Turek (DA), Martina de Carvalho-Hutter, Silvia Druml, Miles English, Kevin Goll, Kasimir Reimann, Carita Najewitz Publication Corporate Boro Petric (Directeur), Christoph Rietner, Nadja Zele (Rédacteurs en chef); Dominik Uhl (DA); Markus Kucera (Directeur photos); Lisa Blazek (Rédactrice); Christian Graf-Simpson, Daniel Kudernatsch (Tablettes) Chefs de la Production Michael Bergmeister, Wolfgang Stecher, Walter Sádaba Reprographie Clemens Ragotzky (Chef), Karsten Lehmann, Josef Mühlbacher Service financier Siegmar Hofstetter, Simone Mihalits Marketing et management international Barbara Kaiser (Directrice), Stefan Ebner, Elisabeth Salcher, Lukas Scharmbacher, Peter Schiffer, Julia Schweikhardt. The Red Bulletin est publié simultanément dans les pays suivants : Autriche, Allemagne, France, Irlande, Koweït, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Suisse, Mexique, Grande-Bretagne et États-Unis www.redbulletin.com Siège social Autriche Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdingerstr. 11-15, A-5071 Wals bei Salzburg, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700. Siège social et Rédaction France Red Bull SASU, 12 rue du Mail, F-75002 Paris, +33 1 40 13 57 00 Siège Rédaction Autriche Heinrich-Collin-Strasse 1, A-1140 Vienne, +43 (1) 90221 28800 Imprimé par Prinovis Ltd & Co. KG, D-90471 Nuremberg Responsable publicité Cathy Martin, +33 (7) 61 87 31 15 ou cathy.martin@fr.redbulletin.com Dépôt légal/ISSN 2225-4722 Nous écrire letters@redbulletin.com Les journalistes de la SNC L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SNC L’Équipe n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.

THE RED BULLETIN NUMÉRO 12 SERA DISPONIBLE LE 10 OCTOBRE 98

ILLUSTRATION : ALBERT EXERGIAN

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