FRANCE AOÛT 2019
HORS DU COMMUN
LETICIA
BUFONI
Le skate, c’est aussi elle(s)
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ÉDITORIAL
… au point de découper sa planche, histoire de bien faire comprendre à sa fille que son futur ne se construirait pas sur un bout de bois. Mais la gamine de São Paulo a persévéré, se taillant une réputation dans le monde du skate brésilien au point de convaincre son père et de s’installer à Los Angeles pour réaliser son rêve : devenir une skateuse pro. Parce qu’elle est restée fixée sur son objectif, là où les spots (et les tentations) ne manquent pas, Leticia Bufoni est devenue l’une des skateuses les plus fortes au monde.
Steven Lippman avec Leticia au skatepark de Venice. « C’est un spot très cool pour shooter, nous dit le photographe. Ce jour-là, la lumière était parfaite, avec l’océan et le ciel en fond… le top ! » Cliché ? À fond ! Page 34
Le skate féminin en 2019 est plus concret que jamais, inspirant des milliers de femmes sur la planète, et aura sa place aux JO de 2020. Leticia s’y verrait bien, tout comme Brighton Zeuner, jeune phénomène californien (15 ans) attendu au Red Bull Bowl Rippers à Marseille, du 16 au 18 août. Le skate y sera très bon. Qu’importe le genre. Lisez (et skatez) plus ! Votre rédaction
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CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
RICHARD EDWARDS
Le journaliste anglais venu de Winchester s’est rendu à Jaipur, en Inde, pour interviewer Ben Stokes dans les infrastructures des Rajasthan Royals. « J’ai interviewé Ben la première fois alors qu’il était un jeune joueur débutant, raconte Edwards. Il est resté le même : un sportif qui ne se prend pas trop au sérieux, qui adore ce qu’il fait et qui est conscient d’avoir la chance de le faire. » Page 64
STEVEN LIPPMAN
« Le skate, c’est une question de timing et de liberté », dit celui qui fut un skateur pro par le passé, et qui a été missionné par l’édition américaine de The Red Bulletin pour photographier les skateuses professionnelles Leticia Bufoni et Brighton Zeuner. « Pour ce shooting avec Leticia, j’étais en quête de nouvelles compositions visuelles », dit Steven. Basé à Malibu, il a collaboré avec Vanity Fair, ESPN et Outside. Page 34
THE RED BULLETIN
STEVEN LIPPMAN (COUVERTURE)
IL NE VOULAIT PAS QU’ELLE SKATE...
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Go
SOMMAIRE août
REPORTAGES
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2 4 L’enfer à moto
5 2 Au présent
3 4 Pour le skate
5 8 Dans son sillage
4 6 Ronson touch
6 4 Le retour du roi
Dans cette mine à ciel ouvert en Autriche, les pentes sont comme des murs, et la foule aussi est en galère. Au Erzberg et son Red Bull Hare Scramble, vivez le pire de l’enduro. Leticia l’avait décidé : le skate, elle en ferait sa vie. Quatorze nuances d’une skateuse dont la persévérance a imposé le respect sur une scène historiquement dominée par les hommes. Vous ne le connaissez peut-être pas, mais vous avez sûrement trippé sur Uptown Funk, ou pleuré sur le Shallow de Lady Gaga. Vos émotions doivent beaucoup à Mark Ronson.
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La vie est courte, autant ne pas se prendre trop au sérieux. C’est la vision de la chanteuse Billie Eilish, qui crée sans se soucier de grandchose. Son instinct fait le reste. Et plutôt bien. Marie Tabarly prend le large à bord du Pen Duick VI et y embarque des talents amis qui réfléchissent à demain. Pour préserver ce sur quoi leur bateau glisse. Vous n’imaginez pas le nombre de personnes pratiquant le cricket. Ben Stokes est parmi les favoris, malgré une nuit qui aurait pu être fatale à son ascension vers un titre mondial. THE RED BULLETIN
SONY MUSIC, SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL, YOHANN GRIGNOU/ELEMEN’TERRE PROJECT
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1 500 pilotes se présentent au départ... mais seuls 500 arrivent au bout 25 ANS DE SUPPLICE Avec les forçats du Erzbergrodeo Page 24
BULLEVARD Un mode de vie hors du commun
8 Anna fera l’équivalent de
cent marathons, pieds nus
12 Au Red Bull Bowl Rippers,
Vincent Matheron et l’élite du skate vont tuer le Prado 14 Un piano qui s’exprime aux mouvements du danseur 16 Pour la DJ Peggy Gou, c’est l’ouverture qui importe 18 Et si la tente flottante était l’avenir du camping ? 19 Et si la ville flottante était l’avenir de l’Homme ? 20 Dans ce festival roumain, c’est tarif réduit pour qui donnera son sang... 2 2 La playlist skate-metal qui met Alex Sorgente en furie
GUIDE
Voir. Avoir. Faire. 978 Voyage : soirée diapos 82 Fitness : le second souffle
de Ryan Sheckler
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THE RED BULLETIN
84 Gaming : augmentez votre
réalité avec Wizards Unite
85 Cuisine : à la poêle ou au
lave-vaisselle, faites-le bien 86 Agenda : les immanquables 87 Red Bull TV : show devant 88 Vélo : choisissez le bon 96 Ours : ils et elles font le TRB 98 Photo-finish : l’effet Eiffel 7
Anna McNuff
Il y a sept ans, Anna McNuff décidait de tout plaquer pour vivre l’aventure. À présent, l’Anglaise parcourt 4 216 km pieds nus à travers le RoyaumeUni afin d’inciter d’autres jeunes femmes à se dépasser.
HENRY HUNT
OBJECTIF : 4 216 KM PIEDS NUS
E
Sans chaussures, Anna assure… et court pour motiver d’autres femmes.
n 2012, Anna McNuff mène une vie bien rangée après avoir abandonné le sport de haut niveau suite à des blessures. Un job dans le marketing, un salaire sympa et une vie sociale active. Pourtant, elle quitte tout. « Un moment de lucidité, se souvient-elle. Je me suis dit : “Est-ce là ma vie pour les vingt prochaines années ?” » Anna étale alors une carte du monde sur le sol et y trace sa première aventure : une virée à vélo à travers les cinquante États américains, de l’Alaska à Hawaï, un voyage de sept mois. Depuis, la Britannique ne s’arrête plus. Sept ans après son 9
changement radical de vie, elle a traversé entre autres la Nouvelle-Zélande en solitaire, les Andes à vélo, effectué 160 km en roller dans la région d’Amsterdam, et couru le long du mur Hadrien au nord de l’Angleterre ; elle a également publié deux livres relatant ses expériences. « J’ai cru au départ que c’était juste une envie passagère, mais après mon premier voyage, j’ai compris qu’il s’agissait d’une volonté plus profonde, confiet-elle. Je redevenais créative. J’écrivais, je refaisais de la photo, choses que j’avais abandonnées depuis l’école. De plus, les gens prenaient plaisir à suivre mes aventures. J’avais trouvé la vie qu’il me fallait. » À présent, McNuff, 34 ans, se lance dans son aventure la plus ambitieuse à ce jour : courir cent marathons, soit 4 216 km, pieds nus à travers les îles britanniques pour promouvoir l’association Girl Guiding, dont elle est ambassadrice. Elle débute aux îles Shetland, traverse tout le Royaume-Uni, se poursuit en Irlande et aux îles anglo-normandes pour finir à Londres. 10
« EN COURANT PIEDS NUS, MON MESSAGE EST : AFFRONTEZ VOS PEURS. »
McNuff effectuera des haltes pour p arler d’aventure et de l’importance de se dépasser à des groupes de jeunes filles. « La Grande-Bretagne pieds nus est mon deuxième challenge de course à pied (après la Nouvelle-Zélande, ndlr), précise-t-elle. Mon message invite à affronter ses propres peurs, à tenter ce que l’on tient pour impossible. Ce ne sera pas une partie de plaisir, mais c’est le prix à payer pour s’épanouir et réaliser son
Ce pied contient 26 os et McNuff compte bien lui faire voir du pays.
THE RED BULLETIN
HENRY HUNT
Au programme : la Grande-Bretagne pieds nus, soit cent marathons.
plein potentiel. » Pratiquée depuis des siècles, la course pieds nus a vu ces dix dernières années le nombre de ses adeptes augmenter, parmi lesquels des athlètes de renom. La tribu Tarahumara au Mexique est connue pour courir régulièrement des centaines de kilomètres pieds nus. Cette pratique a l’avantage de réduire le poids à porter, mais améliorait aussi la condition physique d’une manière que les chaussures modernes ne permettent pas. « Avec 26 os et plus de 7 000 terminaisons nerveuses sous la plante, le pied est un mécanisme complexe, explique McNuff. Je veux savoir si j’arrive à convaincre mes pieds de faire ce pour quoi ils sont taillés, après les avoir compressés dans des chaussures toute une vie. On m’enjoint toujours de mettre des chaussures alors que j’adore avoir les pieds nus et sales. » L’itinéraire de McNuff est consultable en ligne – départ le 2 juin des Shetlands, arrivée le 10 novembre à Londres – et ceux qui le souhaitent peuvent la rejoindre. « Le parcours compte 86 étapes. Chacun peut s’inscrire pour courir quelques kilomètres avec moi, 5, 10, peu importe… Pas obligé non plus de venir pieds nus ! » Courir cent marathons constitue un défi colossal, mais McNuff pense que c’est la moindre des choses si l’on veut inspirer les jeunes filles de tout un pays. « Honnêtement, réaliser cent marathons en chaussures est un défi à ma portée, confie-t-elle. Mais y parvenir pieds nus ? Rien n’est moins sûr. Ma motivation vient de cette incertitude. Je ne sais absolument pas à quoi m’attendre, mais je sais que je vivrai un voyage dans tous les sens du terme. Ce sera dur physiquement et émotionnellement. Beaucoup y verront un défi complètement délirant, pourtant, je persiste à croire qu’il reste faisable. » annamcnuff.com/barefootbritain
TOM GUISE
B UL L EVA R D
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Skate
LE JOKER DU PRADO
FRED MORTAGNE/RED BULL CONTENT POOL
PH CAMY
Le bowl du Prado est une institution marseillaise, voire mondiale. Présente dans le jeu Tony Hawk’s Pro Skater 2 en 2000, cette vague de béton à quelques mètres seulement de la mer (bien avant le skatepark de Venice à L.A.) est devenue un lieu mythique pour nombre de riders internationaux. Alors, pourquoi vous montrer un type maquillé en joker plutôt que le bowl lui-même ? Pour vous avertir que ce skateur, le local Vincent Matheron, risque de tuer le spot lors du Red Bull Bowl Rippers, une compétition au plateau international de très haut niveau, accueillant hommes et femmes, du 16 au 18 août. redbull.com/bowlrippers
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B UL L EVA R D
Le capteur convertit les mouvements du danseur en signaux.
IA par Yamaha
MUSIQUE AU CORPS Grâce aux prouesses de l’intelligence artificielle, les danseurs peuvent désormais composer de la musique avec leurs mouvements.
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e corps d’un danseur donne souvent l’impression d’être possédé par la musique. Que se passerait-il si la musique résultait des mouvements du danseur et non l’inverse ? L’expérience a récemment été tentée lors d’une performance à Tokyo en ayant recours à l’intelligence artificielle. Kaiji Moriyama, danseur de renommée mondiale, s’est associé à l’Ensemble
LOU BOYD
L
Le Yamaha Disklavier exécute les notes à partir de ces données corporelles devenues musicales.
THE RED BULLETIN
AYANE SHINDO/YAMAHA.COM
Le système identifie les mouvements et les convertit en données musicales, type données MIDI.
Scharoun de l’Orchestre philharmonique de Berlin et à Yamaha pour un spectacle où un piano automatique générait des notes dictées par les mouvements du danseur. « Le système d’intelligence artificielle collecte et convertit mes mouvements en notes de musique », explique-t-il. Des capteurs placés sur le dos, les poignets et les pieds de Moriyama recueillent les données de ses mouvements – équilibre, intensité et vitesse inclus – pour les transférer dans le système Yamaha. L’IA les transforme instantanément en données mélodiques (MIDI), lesquelles sont transmises à un piano Yamaha Disklavier dont les touches et les pédales entièrement automatisées interprètent avec une extrême précision les données en notes de musique. La présence grandissante de l’IA dans notre quotidien devait tôt ou tard toucher les arts et cette expérience n’est qu’un début en la matière. « L’IA nous rapprochera davantage des instruments de musique, déclare Motoichi Tamura, le directeur général de la recherche et du développement chez Yamaha. Nous voulons développer une intelligence artificielle au service d’une expression humaine plus libre et plus directe à t ravers les instruments. Ce spectacle incarne la quête permanente de nouvelles formes d’expression artistique. » yamaha.com
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the red bulletin : En à peine quatre ans, vous êtes passée d’une poignée de soirées par an à vingt dates par mois en club à travers le monde ; de plus, vous êtes l’une des productrices les plus courues. C’est quoi, votre secret ? peggy gou : Je suis entière. Quand j’aime ou quand je veux faire quelque chose, je fonce. Quel qu’en soit le prix.
Peggy Gou est la nouvelle coqueluche de la scène dance. La DJ et productrice sud-coréenne explique ici comment libérer ses talents sans s’enfermer dans des cases.
C’est ainsi que s’est lancée votre carrière ? Il y a quelques années, un de mes amis, Esa (Williams, DJ et producteur sud-africain, ndlr), m’a invitée dans son studio d’enregistrement à Londres. J’y suis allée et ce fut le coup de foudre avec la création musicale. J’ai commencé à passer plus de temps au studio qu’à l’université. Le soir, je continuais à travailler au lieu de rentrer dormir. Mes échecs aux examens n’ont pas pesé lourd face à mon amour pour la musique.
Quel est le secret de votre succès ? La méthode Gou ? Pas de répit ! J’enchaîne une chose après l’autre en essayant de surprendre. J’adore la pression. Au départ, je voulais être une DJ très focus sur la house, et des collègues me conseillaient de choisir un seul style. À l’époque, ça me paraissait logique, puis j’ai remarqué que beaucoup de mes DJ’s préférés touchaient à tout et ne se souciaient guère des genres. À présent, je me sens libre et veux montrer au monde tous mes goûts et tout ce dont je suis capable.
Quelle était votre passion avant la musique ? J’ai toujours aimé le stylisme, et j’ai été un temps attirée par la mode. Mais j’ai vite compris que je n’étais pas douée pour habiller les autres.
Comment décririez-vous votre style ? Je ne veux pas le décrire ou le définir. Tout comme je veux avoir la liberté de m’habiller comme je l’entends, je refuse d’être cantonnée à un genre.
Avez-vous souffert de devoir renoncer à cet univers ? Non. Beaucoup ne savent pas quand lâcher prise, mais je suis plutôt douée pour ça. Quand je ne sens pas un truc, je ne m’acharne pas. Pour exceller dans une voie, il faut être honnête avec soi-même et savoir tourner la page au bout d’un moment. La tourner sans se décourager.
Cela transparaît clairement dans votre album DJ-Kicks, où vous passez du disco à la house, de la techno à l’électro, des pistes lentes aux morceaux à 150 bpm… C’était le but recherché. Je ne voulais pas sélectionner des morceaux que j’utilise dans mes sets, mais retracer mon parcours musical au fil des années. L’idée est d’inviter l’auditeur chez moi pour écouter les mélodies qui ont influencé ma compilation.
« JE SUIS DOUÉE POUR LÂCHER PRISE » L
e boulot de DJ n’échappe pas toujours à une certaine routine : on embarque la foule dans un univers musical et puis on laisse la place à un collègue sans que les danseurs ne s’en aperçoivent. Il en va tout autrement pour Peggy Gou. Chaque fois que la Sud-Coréenne de 29 ans prend possession des platines, la foule lui réserve un accueil digne d’une pop star. Ses fans scandent son nom pendant plusieurs minutes, lui lancent des objets à son effigie et font la queue pour un selfie. Impressionnant pour une DJ qui donne strictement dans la dance underground, et dont le premier EP est sorti il y a à peine trois ans. Aujourd’hui, Peggy franchit une nouvelle étape dans sa jeune carrière : le label berlinois ! K7 l’a invitée à enregistrer le dernier volet de sa série emblématique DJ-Kicks, aux mix réputés. Se voir proposer un mix par cette institution n’est pas seulement un moment fort pour un DJ (elle succède à Kruder & Dorfmeister, Four Tet et DJ Koze), c’est aussi l’occasion de revendiquer son appétit musical. Gou revient sur son ascension fulgurante, et la pression qui la stimule.
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Le mix DJ-Kicks de Peggy Gou est disponible : dj-kicks.com ; Soundcloud : Peggy Gou
THE RED BULLETIN
MOK JUNGWOOK
Peggy Gou
FLORIAN OBKIRCHER
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« PAS DE RÉPIT. J’ENCHAÎNE UNE CHOSE APRÈS L’AUTRE. »
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Gonflé : et le camping des « flots bleus » n’aura jamais aussi bien porté son nom…
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ans À nous quatre (1998), énième adaptation cinématographique du roman d’Erich Kästner Deux pour une, les deux personnages principaux (tous deux interprétés par Lindsay Lohan alors révélée à l’écran), larguent leur belle-mère sur une rivière alors que celle-ci s’est endormie sur un matelas gonflable. Simple effet comique, l’idée de dormir sur l’eau marque durablement le public ado de l’époque. Aujourd’hui, vingt ans plus tard, ce rêve est devenu réalité pour ces enfants des années 90. La tente gonflable et flottante Shoal Tent, conçue par SmithFly, permet aux campeurs de naviguer au soleil tout en se prélassant sur leur lit. « Notre concept initial était une
Suivez le courant : la tente Shoal Tent pour camper autrement.
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tente de sol, sa base gonflable était uniquement destinée au confort du couchage », confie Jules Conner, de SmithFly. Mais l’entreprise y voit rapidement le potentiel d’une expérience camping d’un nouveau genre : la tente d’eau. « À l’époque, nous ignorions qu’un tel produit n’existait pas », admet Conner. Le principe de la tente Shoal est simple : les montants de la structure sont remplacés par des tubes gonflables suffisamment solides pour supporter quatre adultes. « La tente a été conçue pour être amarrée, mais des clients nous font état d’usages divers : certains l’utilisent sans les parois et s’en servent comme d’un radeau pour se rafraîchir et y amarrer leurs jet-skis ; d’autres l’utilisent en rivière. Nous déconseillons en revanche la navigation en eau vive. » Pliée, elle pèse environ près de soixante kilos et n’est disponible qu’en une seule taille (2,5×2,5 m) pour le moment. Un élargissement de la gamme est prévu. « Les clients nous rapportent sans cesse de nouvelles utilisations y compris pour des usages thérapeutiques. D’autres la mettent en location dans des lieux de villégiature, ajoute Conner. Nous travaillons sur un projet de village de tentes reliées entre elles. » smithfly.com
THE RED BULLETIN
LOU BOYD
AQUA CAMPING
SMITHFLY.COM
Shoal Tent
La ville flottante durable et abordable, selon Oceanix.
Villes flottantes
À L’ABORDABLE !
BIG BJARKE INGLES GROUP
TOM GUISE
Envie d’un appartement tout confort avec vue imprenable sur l’océan ? Ce rêve pourrait bientôt être à votre portée avec la « métropole marine ».
Les quartiers évolutifs gravitent autour d’un port central. THE RED BULLETIN
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ici 2050, l’élévation du niveau de la mer menacera 90 % des grandes villes et la diminution des espaces habitables, aggravée par la surpopulation c roissante, risque de faire de l’océan la nouvelle « terre » promise. Ce qui pousse l’ONU à plancher sérieusement sur la question : en avril, une première table ronde a lieu, avec pour thématique les villes flottantes durables. L’objectif : lancer un projet de « métropole maritime ». Oceanix City est un village évolutif bâti autour d’un port à partir de quartiers modulaires de deux hectares pouvant accueillir 300 habitants. Les modules pourront ensuite, en cas de besoin, être regroupés pour former des villes de 10 000 habitants. « L’objectif est de créer des villes flottantes accessibles à tous et pas seulement aux nantis », déclare Marc Collins Chen, PDG et cofondateur d’Oceanix. Le logement abordable est en
matériaux durables cultivés sur les îlots, tels que le bambou à croissance rapide, et n’excède pas sept étages pour mieux résister aux orages v iolents. Mobile et autosuffisante, la ville peut être déplacée si les conditions météorologiques l’exigent. Les panneaux solaires assurent les besoins en énergie tout en procurant de l’ombre aux espaces publics tandis que l’aquaponie (plantes et poissons se nourrissant mutuellement), l’aéroponie (culture hors sol) et l’aquaculture 3D (colonnes de végétation sous-marine) produisent la nourriture. « La technologie nous permet de vivre sur l’eau en respectant les écosystèmes marins, selon Collins Chen. Nous sommes convaincus de la capacité des humains à vivre en harmonie avec la faune marine. » Tant que ces citoyens des mers ne polluent pas les océans... oceanix.org 19
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Cluj-Napoca, Roumanie
DU SANG ET DU SON
Deux loups géants scrutent un stade rempli de fêtards tandis que les basses jaillissent des tours d’enceintes. Bienvenue à Untold, version transylvanienne des shows EDM tels que Electric Daisy Carnival (USA) et Tomorrowland (Belgique). Lancé en 2015, ce festival de quatre jours impressionne par sa fréquentation (350 000 visiteurs l’an dernier) mais aussi par ses initiatives originales telles que le dispositif « Payez avec un don du sang ». En échange, les festivaliers bénéficient d’un tarif réduit. Dracula, première célébrité du coin, aurait adoré le concept. Du 1er au 4 août ; untold.com
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SUICIDAL TENDENCIES JOIN THE ARMY (1987) « Les Californiens mythiques de Suicidal Tendencies ont vraiment incarné l’attitude skate-punk, et cet album est bien copieux : du classique skate-punk mixé à des trucs plus lourds ambiancés thrash metal. Il contient l’un de mes titres favoris : Possessed To Skate. Un truc qui met le feu ! »
PRINCE PURPLE RAIN (1984) Metaaaaaaal ! Alex au Red Bull Bowl Rippers 2016 à Marseille.
Alex Sorgente
« AVEC SLAYER À FOND, TU PEUX ENVOYER ! »
« Je me cale cet album quand je suis dans un mode pépère ou sexy… Prince amène beaucoup d’éléments émotionnels et sexuels dans sa musique, et quand tu écoutes cet album, ça te met dans le bon mood. Prince est cool à écouter avec une longue session. Ça me garantit un très bon moment sur mon skate. »
E
n regardant Alex Sorgente filer comme un missile dans un skatepark – et envoyer sa figure signature, le Ollie 540 en mode pose « ballet » – difficile de rester impassible face au flow de ce médaillé d’or en park aux X Games. Et comme ce gosse du soleil de la Floride l’admet volontiers, il lui faut parfois de la musique bien agressive pour se jeter comme un possédé sur un module ou dans un bowl. Élevé au bon grain d’AC/DC ou de Van Halen, et féru de groupes comme Venom ou Dead Kennedys, il place ici une liste de quatre albums hyper motivants pour une session de skate mémorable.
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SLAYER SHOW NO MERCY (1983)
BLACK SABBATH MASTER OF REALITY (1971)
« Quand j’ai entendu Slayer pour la première fois, j’avais dix ans, je me suis dit : “Whoa, c’est du lourd !” J’ai mis un moment à vraiment apprécier, mais je sais désormais que ce sont des tueurs. J’adore me ruiner sur une bonne session avec quelques-uns de leurs titres bien lourds. Cet album en particulier me motive à rider et aller vite. Tu te le mets à fond et tu es au top pour envoyer ! »
« Tout ce que fait Ozzy Osbourne, c’est génial ! Les titres de son groupe Black Sabbath sont si variés. Je peux écouter tous leurs albums à n’importe quel moment dans n’importe quel mode. J’adore le troisième, car il couvre un tas de styles différents. La plupart des morceaux sont fous, mais j’aime particulièrement Solitude, quand je suis en mode posé après une bonne session. » THE RED BULLETIN
NICOLAS JACQUEMIN/RED BULL CONTENT POOL
Skateur de park et de bowl réputé, l’Américain cite quatre albums qui déchaînent son niveau.
Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658
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25 ANS DE SUPPLICE En juin dernier, on célébrait un quart de siècle de chutes par-dessus des motos, d’os brisés et de deux-roues défoncés, de souffrance, de larmes et de persévérance. Et si on écrasait quelques chiffres à l'occasion de l'anniversaire du terrible Red Bull Hare Scramble, cette COURSE D'ENDURO MOTO dévastatrice ? Texte WERNER JESSNER
MARKUS BERGER/RED BULL CONTENT POOL
45 000 SPECTATEURS
Chaque année, ils sont autant à assister au Erzbergrodeo Red Bull Hare Scramble, tenu dans une mine à ciel ouvert en Autriche. Les fans volontaires aident les motards sur les passages les plus éprouvants, avec des cordes, les encouragent avec des cornes de brume. Ils ressentent l’esprit Erzberg aussi intensément que les pilotes. 25
1 500 PILOTES SUR LA GRILLE
SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL
Donc, tu penses être super bon sur une moto ? Mais jusqu’où es-tu allé lors du dernier Erzberg ? Le nombre de check points à valider sur cette course d’enduro est le sujet d’une grande convoitise sur la scène moto off-road internationale.
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500
Un nuage de poussière géant vient recouvrir les pistes lors du prologue du Erzbergrodeo, nommé Iron Road. Partant toutes les 30 secondes, 1 500 pilotes se tirent la bourre sur huit miles. Seul le premier tiers le plus rapide se qualifie pour le Red Bull Hare Scramble disputé le jour suivant. 28
T.GROMIK
SEULEMENT À L’ARRIVÉE
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BLESSURES SÉRIEUSES
SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL
C’est le décompte annuel moyen à traiter par le médecin de la course. « Sérieuses » signifie que le pilote est dans l’incapacité de quitter le lieu du carnage par lui-même et doit être conduit à l’hôpital. Tout ce qui est coupure, plaie profonde, ligaments déchirés ou même fracture classique ne fait pas partie de cette catégorie.
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97 % DE PENTE MAXIMALE
Dans cet enfer autrichien, la section la plus raide est le sommet du point de contrôle de la « Pipe à eau », suivi de la « Baignoire » et des « Trois rois ». C’est ce dernier qui fait vraiment monter le frisson chez les pilotes, qui doivent l’approcher debout, alors que les deux autres permettent de prendre un peu d'élan.
4
HEURES DE CALVAIRE Peu importe l’énergie que vous croyez avoir dans le réservoir ; le drapeau est agité au bout de quatre heures exactement. Si vous n’avez pas rejoint la ligne d’arrivée à ce m oment-là, vous ne finirez jamais.
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ANNÉES D’HISTOIRE
T.GROMIK
Cela signifie que toute une génération de motards a grandi avec Erzberg. Mais plus remarquable encore, 55 % des participants actuels sont âgés de moins de trente ans. La compétition d’enduro la plus difficile au monde rajeunit. Joyeux anniversaire à ce géant !
Revivez l’édition 2019 sur redbull.com/erzbergrodeo
THE RED BULLETIN
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14 NUANCES DE LETICIA BUFONI Quoi qu’on vous dise à son propos, la skateuse brésilienne vit un rêve. Texte JEN SEE Photos STEVEN LIPPMAN
« Je veux être moimême, pas faire ce qu’on me dit », déclare Leticia Bufoni, ici en photo à Venice Beach (Californie) en avril.
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Bufoni s’est expatriée à Los Angeles à l’âge de 14 ans et, depuis, se débrouille seule aux States.
SON PÈRE ÉTAIT TELLEMENT DÉTERMINÉ À L’EMPÊCHER DE FAIRE DU SKATE QU’IL A SCIÉ SA PLANCHE.
1. COMME LES MECS… ET ALORS ?!
Gamine, Bufoni jouait dans les rues de son São Paulo natal (Brésil) avec les garçons de son quartier. Ils passaient leurs journées à taper dans le ballon, à faire du vélo, mais aussi du skateboard. « J’ai supplié mes parents et ma grand-mère de m’en acheter un, ditelle. C’est comme ça que tout a commencé. » Aussi forte d’esprit à l’époque qu’elle l’est aujourd’hui, Bufoni ne voulait jamais rentrer quand ses parents l’appelaient, ou faire ce que l’on attendait d’elle. Tout ce qui l’intéressait, c’était le skate. « Il n’était pas question que mes parents essaient de me coiffer ou de me mettre une robe, dit-elle. J’étais entourée de mecs, au point que je voulais être comme eux. Et me saper comme un mec. » Son père voyait cela d’un autre œil. « Il ne voulait plus qu’on me traite de garçon manqué ou de lesbienne », raconte-t-elle. Le père de Bufoni était tellement déterminé à l’empêcher de faire du skate qu’il a scié sa planche en deux. Pas grave. Leticia a assemblé des morceaux récupérés chez ses potes pour se constituer une nouvelle planche. « Cela signifiait : “J’adore skater, et je vais continuer ! Ne m’en empêche pas !” »
2. SE BATTRE POUR COMBATTRE
Forcément, son daron ne voulait pas qu’elle fasse de compétitions. Sa première opportunité s’est pourtant présentée à São Paulo et réunissait des filles de tout le Brésil. Un ami qui l’avait vue et qui croyait en son talent soutenait qu’elle méritait une chance. Il a convaincu le père de Bufoni de la laisser participer à la compétition. « Il ne m’avait jamais vraiment vue faire du skate avant cette compétition, dit Bufoni à propos de son père. Quand il m’y a emmenée, il a constaté que j’avais du potentiel. » Dès lors, son père la trimbalait de bon cœur à toutes les compétitions. « Il était devenu mon plus grand supporteur, il m’emmenait au skatepark tous les jours. » Nike sponsorisait ce premier contest à São Paulo. À l’époque, Leticia Bufoni n’imaginait pas que la marque deviendrait l’un de ses sponsors.
3. L.A. : CENTRE DU SKATE ET DU VICE
À l’âge de 14 ans, Bufoni s’est installée à Los Angeles. De chez elle au Brésil, elle voyait la ville californienne comme le centre de l’univers du skateboard. « Tout se passe à Los Angeles, explique-t-elle. Tu skates avec les meilleurs pros et fréquentes les meilleurs skateparks. » L.A. apparaissait constamment dans les vidéos de skate qu’elle regardait obsessionnellement. La plupart des marques les plus importantes étaient également basées ici. « Los Angeles a toujours été un endroit de rêve pour moi », dit-elle. L’attrait de la ville s’est intensifié avec le succès montant de Bufoni. Elle avait gagné en assurance et en expérience, mais se rendait compte que les possibilités de sponsoring, dans sa ville d’origine, restaient limitées. L’année précédant son installation en Californie, Bufoni se demandait si elle pouvait vraiment réussir en tant que skateuse. « Je n’avais pas de sponsors et je me questionnais : est-ce que je persévère ou est-ce que je me concentre sur mes études ? » Bien que son père ait continué à la soutenir, Bufoni craignait que les ressources financières de sa famille s’épuisent. Sa chance d’aller à L.A. s’est présentée en 2007 avec une invitation à participer aux X Games. Son père l’a accompagnée et a couvert les dépenses. Une fois arrivée, Leticia savait qu’elle devait trouver un moyen d’y rester. Sa huitième place dans l’épreuve de street de l’événement laissait entrevoir un avenir prometteur, mais elle devait encore convaincre son paternel qui hésitait à permettre à sa jeune fille de partir si loin de chez elle. Il a finalement cédé. L.A., enfin ! Bufoni a commencé par explorer son nouveau spot, aidée par la photographe Ana Paula Negrao et son propre instinct de survie déjà bien affûté. L’apprentissage de l’anglais a d’abord représenté un défi. C’était vraiment difficile pour quelqu’un qui parlait portugais. Mais son choix de s’expatrier aux USA était le bon. « J’ai trouvé un sponsor chaussures, puis un sponsor sapes. Tout a changé si vite », se souvient-elle, fière d’avoir réussi à éviter les pièges de la ville. « Les fêtes, la came, il y a tout cela à L.A., constamment. À 14 ans, j’arrive ici seule, avec des potes plus âgés, loin des miens. » 37
« LES FÊTES, LA CAME, IL Y A TOUT CELA À LOS ANGELES. À 14 ANS, J’ARRIVE ICI SEULE, LOIN DES MIENS. »
4. MALADE LE JOUR J ? PAS GRAVE !
Pour la séance photo, elle sort une paire de Nike blanches toutes neuves de leur boîte, met son sac à dos YSL sur son épaule et louvoie dans sa 405 entre sa maison à Encino et le skatepark de Venice Beach en passant par Sepulveda Pass, après Sunset Boulevard. Décontractée sur sa planche, ses cheveux mauves brillent au soleil. Leticia Bufoni a la crève, mais elle réalise une succession de tricks jusqu’à ce que le photographe, satisfait, ait les bonnes images. Puis commence la longue séance de pose pour obtenir le portrait parfait. Leticia Bufoni a la crève mais elle s’envole le lendemain pour Las Vegas, comme promis, pour faire une apparition au Palms, hôtel-casino local. Un nouveau club y est inauguré, et Leticia est l’une des célébrités invitées pour ajouter du glamour à la fête. Leticia Bufoni a la crève alors elle prend des médicaments et s’endort… et manque son interview. Elle admet qu’elle est plus à l’aise pour communiquer directement avec ses fans via Instagram que pour se livrer en entretien. Mais son agent lui explique que celle-ci est importante. Elle prend donc le téléphone et passe près de deux heures à répondre patiemment aux questions.
Sa passion pour le skate se manifeste dans sa voix lorsqu’elle parle de la compétition et des défis que le sport lui présente. Elle rit lorsqu’elle raconte des histoires où elle se joue des vigiles alors qu’elle tourne des vidéos sur des spots interdits, et les conséquences parfois surréalistes de sa vie très médiatisée.
5. LES SPONSORS… UN DRAME
En grandissant, Bufoni était la seule skateuse de son quartier. Les gens la traitaient de lesbienne et de garçon manqué parce qu’elle ne se conformait pas à leurs idées de ce qu’une fille doit faire. Elle les a ignorés. Le skate était devenu sa passion et elle n’était pas près de lâcher prise. Lorsqu’elle a commencé à remporter des compétitions et à chercher des sponsors, elle s’est heurtée à une résistance bien connue : les marques de skateboard ne sponsorisaient tout simplement pas les femmes. « Il était très difficile de trouver une marque qui voulait bien me sponsoriser. »
Représentant le Brésil, Leticia Bufoni a remporté dix médailles au total lors des X Games.
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Elle se souvient d’une marque qui lui a promis monts et merveilles pendant trois ans et qui a fini par la laisser tomber sans rien lui offrir. Même scénario avec une autre marque. « À ce moment-là, vous savez ce que je me suis dit ? Puisque ces types ne veulent pas me soutenir, je vais créer ma propre entreprise. » Bufoni était prête à lancer sa propre marque de skate lorsque Plan B lui a offert un contrat. Plan B a sponsorisé certains des plus grands noms du skate masculin et Bufoni est la première femme sponsorisée par la marque.
La carrière de Leticia va bien au-delà d’un véritable fossé générationnel dans le skate féminin. Il y a moins d’obstacles aujourd’hui pour les adolescentes qui se lancent dans le skate. « Ça a beaucoup changé », poursuit Bufoni, qui a maintenant 26 ans. Bien qu’elle ne se sente pas forcément à l’aise dans ce rôle de modèle, il faut bien admettre que Leticia en est un pour les jeunes skateuses. « À l’époque, j’étais l’une des rares nanas à recevoir un salaire. Maintenant, beaucoup de marques ont accueilli des femmes dans leurs teams. »
6. SKATEBOARDING IS NOT A CRIME ?
Le street (skate de rue) a développé sa propre géographie. Alors qu’elle zone en bagnole à L.A., Bufoni cherche constamment des spots pour faire du skate. Elle déclare : « J’ai l’œil du skateur pour tout », comme pour ces mains courantes en métal qui ont la hauteur parfaite pour les boardslides. Dans les yeux d’un skateur, la cour d’une école américaine est un domaine à part. « On ne trouve nulle part ailleurs des cours d’école comme ici, à Los Angeles. » Des escaliers parfaits pour sauter, des tables de pique-nique pour les tailslides, et des rampes d’accès parfaites pour se lancer dans des tricks idéalement documentés en vidéo. Le problème, c’est que de nombreux spots de skate sont dissimulés derrière des entrées verrouillées, ou sur des propriétés privées. Pour les skateurs de street pros, éviter les vigiles fait partie du job. « L’autre jour, nous avons roulé une heure pour nous rendre à un endroit, et une fois arrivés, la sécurité est arrivée et nous a expulsés », dit Bufoni amèrement. Il a fallu changer de spot, soit des heures de conduite.
« LE SKATE, J’AIME TROP ÇA. QUAND JE ME BLESSE, TOUT CE QUE JE VEUX, C’EST Y RETOURNER ! »
« J’ai l’œil du skateur pour tout », dit celle qui adore rider dans les cours d’école (quand les kids n’y sont plus).
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« LETICIA EST UNE ACHARNÉE, ELLE A BEAUCOUP DE TALENT. JE SUIS UN GRAND FAN ! » RYAN SCHECKLER
En général, les vigiles sont calmes et demandent à Bufoni et à ses potes de partir. « Mais parfois, ils pètent les plombes et en viennent aux mains ». A-t-elle déjà été arrêtée ? « Dieu merci, non », dit-elle en se marrant.
7. COMBIEN DE FRACTURES...
Leticia a subi quatre, cinq interventions chirurgicales – elle ne se souvient plus très bien. Cinq fractures. Lors d’une compétition en 2014, la skateuse est tombée pendant son dernier run, alors qu’elle tentait de passer de la deuxième à la première place. Alors que sa famille regardait depuis le Brésil, elle a subi une commotion cérébrale en direct à la télévision. Pourtant, le risque ne la dissuade pas. Elle fait du parachutisme pour s’amuser parce qu’elle aime la montée d’adrénaline qui accompagne la peur et elle ne va pas arrêter le skate de sitôt. « Je ne me suis encore jamais dit : “Je vais arrêter, je ne peux plus continuer.”, Le skate, j’aime trop ça. Quand je me blesse, tout ce que je veux, c’est y retourner immédiatement ! »
8. ACHARNEMENT ET TALENT
Pour comprendre ce qui distingue Bufoni des autres skateuses, écoutez ce qu’en dit Ryan Sheckler, légende du skate : « Leticia est une acharnée, raconte le triple médaillé d’or des X Games. Elle a beaucoup de talent. Je suis un grand fan. Quand elle veut apprendre une figure, elle s’y met. Elle a du style. C’est ce qui est vraiment attrayant dans sa manière de faite du skate. Elle est très à l’aise sur une planche. C’est amusant de la voir rider. Si elle persévère, elle n’a pas de limite. »
9. INSTA RÉALITÉ, SA RÉALITÉ !
Parcourez le compte Instagram de Bufoni ; c’est un monde glamour qui semble bien loin des rudes réalités du skate de rue. Elle skate à travers le Palms, le décor luxueux de l’hôtel de Vegas s’offrant à elle tel une scène. Elle pose aussi pour Sephora, se dirige vers la plage pour une séance de surf en bikini et sort le grand jeu pour une soirée chic en ville. L’effet d’ensemble est vertigineux, des vidéos de skate aux soirées, et vice-versa. Bufoni gère elle-même son compte Instagram et affirme qu’elle y poste généralement de nombreuses images non filtrées de sa vie quotidienne. « J’ai toujours voulu gérer moi-même tous mes réseaux sociaux afin que les gens voient avec mes yeux et entendent ma voix. Je veux être moi-même, je ne veux pas faire ce qu’on me demande. » Tout comme 42
elle s’entêtait à résister aux efforts de ses parents pour mettre fin à son histoire d’amour avec le skate, Bufoni suit avec détermination son instinct lorsqu’elle façonne son profil public. Instagram offre un moyen de communiquer son identité à sa façon. « Si ça me plaît, je me fiche que les autres aiment ou non, vous comprenez ? » Leticia Bufoni a plus de 2 millions d’abonnés sur son compte et sa portée s’étend bien au-delà du skateboard. Elle n’est plus surprise quand des enfants du skatepark lui demandent un selfie. « Les gens sont là parce qu’ils skatent, alors ils me connaissent. » Mais elle ne s’est toujours pas habituée à se faire aborder au centre commercial pour une photo. « Est-ce qu’ils connaissent un peu le skate, ou m’ont juste reconnue par les réseaux sociaux ? » Si Leticia s’est habituée à l’attention que lui vaut sa popularité, elle la laisse tout de même perplexe.
10. UN AIGLE TATOUÉ
Le mot trouble (qui signifie « ennui, problème » en anglais) est inscrit sur son tatouage le long de sa main droite. Elle dit que c’est parce qu’elle est constamment confrontée à des emmerdes. Un contrepoint : les tatouages sur ses doigts forment le mot hope, espoir. La Brésilienne s’est aussi faite encrer des crânes, le numéro 13 (elle est née un 13 avril) et un avion, car elle voyage sans cesse. Un aigle portant un skateboard dans ses serres couvre son bras. « Mon père a le même aigle. Il se l’est fait tatouer juste avant que je déménage à L.A. et m’a dit : ’’ Bonne chance, Leticia.” »
11. « JE SUIS UNE VIOQUE »
Son compte Instagram peut ressembler à une fête sans fin, mais Leticia Bufoni dit qu’elle aime se coucher tôt. « Je suis un peu comme une vioque », dit-elle en riant. Forcément, le fait de s’endormir tôt lui permet d’en faire plus chaque jour – du skate aux séances d’entraînement, de la gym au shopping. Il y a environ trois ans, Bufoni a arrêté de boire. « Je voulais mener une vie plus saine. C’est marrant de boire, mais le lendemain, on se sent comme de la merde. » Elle ne s’en tiendra peut-être pas toujours au régime sec, mais c’est une autre façon pour elle d’essayer de concilier les attraits d’une vie mondaine avec la discipline qu’elle s’impose pour rester au plus haut niveau. Au lieu de la scène clubbing, Bufoni préfère les festivals de musique et elle attend chaque année celui de Coachella avec impatience. (Skateurs hardcore, si jamais vous êtes toujours là, passez
Ă€ 26 ans, Leticia Bufoni est une skateuse professionnelle qui vit de sa passion pour la planche.
Bien que sa qualification ne soit pas acquise, elle veut honorer le Brésil aux JO de 2020 à Tokyo.
votre chemin !) Ce festival est devenu un événement incontournable pour la Californienne d’adoption et l’occasion rêvée de parcourir les boutiques de fringues. « J’aime faire du shopping sur Melrose, dit-elle. Il y a des petits magasins qui ont des trucs pour les festivals. Des trucs dingues. » Lors d’un récent festival EDM à Miami, elle portait un licou lavande avec un short assorti et une jupe translucide et fluide. Ses cheveux rose vif contrastent parfaitement avec sa manucure rose pâle. (On vous avait prévenus.)
12. AVOCADO TOAST ET IN-N-OUT
Quand elle est chez elle, Bufoni, en bonne girl de Los Angeles, suit un régime principalement végétalien. Chaque fois qu’elle voyage pour skater, elle a envie de ses plats préférés, de toasts à l’avocat et de jus vert. « Dès que je parle de nourriture, je suis grillée. Les gens captent direct d’où je viens… », rit-elle. De temps en temps, elle s’offre un fast-food californien classique, et se pointe dans un In-N-Out Burger. « De L.A., j’adore tout ! La nourriture, tout ! »
13. TOKYO AU BOUT DU RUN
Avec les JO de Tokyo 2020 qui se pointent à grand pas, le skate évolue. Pour les skateurs de street, leurs racines sont profondément ancrées dans les quartiers et les parks où ils ont évolué en skatant entre potes. Aujourd’hui, leur mode de vie underground et libre est devenu un sport avec des programmes de mise en forme et des séances d’entraînement en salle. Aux JO, ils porteront l’uniforme d’une équipe nationale. Pour Bufoni, le changement n’a pas entraîné une modification importante de son approche. « Je m’entraînais déjà à la gym et j’avais une bonne alimentation. » Et elle est optimiste quant à la montée en puissance de cette pratique. « Cela va apporter plus d’opportunités dans le monde du skate. » Bufoni a néanmoins l’impression que quelque chose est en train de se perdre. « J’ai la sensation que les jeunes
ne pensent à devenir des skateurs professionnels que pour le fric et la gloire. Quand j’ai commencé, je faisais du skate parce que le skate, c’était génial, et c’était ce qui me motivait le plus. » Elle voit dans sa planche un mode de vie plutôt qu’un sport. Être dans la rue, rider toute la journée, explorer des spots avec ses amis, se faire virer des cours d’école et des parkings. Elle a vu dans le skate un mode de vie et une culture auxquels elle voulait se dédier, et y consacrer sa vie. Cela ne veut pas dire qu’elle n’aime pas la compétition. « Chaque fois que je participe à un contest, je veux gagner, dit Bufoni. Beaucoup de riders aiment se pointer sur une compétition, mais finalement, ils s’en fichent, ils viennent juste pour s’amuser. » Bufoni admet qu’elle est encore nerveuse avant de se lancer. « Je rêve de la compétition qui va venir. Et chaque fois que je visualise mon run dans ma tête, mon cœur se met à battre et je deviens super nerveuse. » Lors des événements, la Brésilienne est tellement concentrée sur le moment, que souvent, elle ne se souvient pas de ses runs une fois les compétitions terminées. La chance de représenter son pays aux Jeux olympiques dépasse tout ce que Bufoni a jamais imaginé. « Tous les athlètes rêvent de participer aux Jeux olympiques. Je veux seulement remporter la première médaille. » Avec une armoire remplie de trophées, une médaille olympique ferait de Bufoni l’une des athlètes les plus titrées du skate.
14. VIVRE POUR CE QUE L’ON AIME
« Je vis vraiment un rêve, déclare-t-elle. J’y pense tous les jours. Avoir ma propre maison, mon propre skatepark, ma propre voiture. C’est super. Partout où je vais, où je voyage, tous les gens que je rencontre, c’est passionnant. Parfois, je me demande si c’est réel. C’est une vie vraiment folle. J’aime ce que je fais, et je veux juste être moi-même. »
Instagram.com : @leticiabufoni
« BEAUCOUP DE RIDERS AIMENT SE POINTER SUR UN CONTEST, MAIS ILS VIENNENT JUSTE POUR S’AMUSER. »
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Produire des tubes pour Lady Gaga, Bruno Mars, Amy Winehouse ou Miley Cyrus a fait de l’Anglais MARK RONSON une pop star à part entière. Le musicien londonien nous révèle ici ce qui fait de ses chansons des guerrières, à quel point son insécurité est son moteur créatif et pourquoi son nouvel album, Late Night Feelings, ne pouvait pas être une redite. Texte MARCEL ANDERS 46
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« Mes chansons sont des petits soldats »
Ronson attaque son LP Uptown Special au plus mal, mais en sort un tube mondial.
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C’
est un faiseur de rois et reines des temps modernes : Mark Ronson a donné à Amy Winehouse le son rétro-soul qui a fait de Back to Black (2006) un album culte ; il a fait de Bruno Mars une superstar en lui offrant la chanson qu’il avait composée, Uptown Funk (2014), devenue l’un des singles les plus vendus de tous les temps ; et plus tôt cette année, le producteur, guitariste, DJ et chanteur de 43 ans a reçu un Academy Award, un Golden Globe Award et un Grammy Award pour sa participation à la composition de la chanson Shallow du film A Star Is Born avec Lady Gaga. Mais le fait qu’il soit l’un des producteurs les plus célèbres du XXIe siècle n’a pas guéri Ronson de son manque de confiance en lui. Pour le Londonien, l’insécurité est au contraire essentielle pour faire ressortir le meilleur de son potentiel créatif.
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the red bulletin : Vous êtes l’une des personnalités les plus célèbres de la scène musicale. Et pourtant, la rumeur dit que vous craignez la déprime après chaque nouvel album. Est-ce vrai ? mark ronson : Oui. C’est une préoccupation constante parce que la musique est la seule chose que je sache vraiment faire. En 2015, quand je me suis mis à travailler à mon album Uptown Special, j’étais au creux de la vague dans ma c arrière sur le plan commercial.
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« Je me suis évanoui au studio parce que je tenais tellement à ce que l’album soit parfait. »
Mais c’était une bonne chose parce que cela m’a obligé à travailler encore plus dur, cela a mis mon perfectionnisme à l’épreuve. Le fait que Bruno Mars soit un perfectionniste lui aussi, et qu’il soit le dernier à quitter le studio à 7 heures du matin, a bien aidé. Sur ce disque, vous avez réalisé avec lui l’un des singles les plus populaires de tous les temps. De quoi faire retomber la pression ? Évidemment, le succès de ce titre, Uptown Funk, m’a rassuré et m’a donné un peu de confiance en ce que je faisais. Puis il faut recommencer à zéro. Je me suis vraiment demandé : « Qu’est-ce que je peux faire après Uptown Funk ? » C’était un peu flippant au début. Mais quand j’ai commencé à travailler sur le nouvel album, Late Night Feelings, j’ai réalisé que je faisais un album très ouvert et très honnête sur le plan émotionnel et que le résultat ne serait pas comme Uptown Funk. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « Je ne peux plus revenir là-dessus. Ça, c’est ce que je faisais hier et aujourd’hui, c’est autre chose qui m’anime. » Apparemment, vous vous êtes évanoui et avez vomi en enregistrant Uptown Special. Est-ce que cela s’est produit de nouveau pendant que vous travailliez sur le nouvel album ? La raison pour laquelle j’ai vomi et me suis évanoui le dernier jour de l’enregistrement d’Uptown Special, alors que j’essayais de bien gérer mes parties de guitare, c’est parce que je tenais à ce que cela soit parfait. En ce sens, ça a été la même chose avec ce nouvel album. Ma musique, même si elle évoque d’autres époques tout comme les chansons que j’ai faites et qui ont du succès, ne ressemble à rien de ce que l’on entend à la radio au moment où ces chansons sortent. 49
« Aujourd’hui, trop d'artistes se vantent de composer des chansons rapidement. »
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aussi préparées que possible. Parce que j’ai encore aujourd’hui un ego et de la fierté, et que je veux toujours être sûr que mes petits trucs peuvent obtenir du succès.
Mark et Lykke Li, la Suédoise que l’on retrouve sur son track Late Night Feelings.
Alors, qu’il s’agisse des titres Valerie, Uptown Funk ou Locked Out of Heaven, elles sont toutes un peu particulières. Il y a donc toujours une possibilité que le public n’adhère pas.
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Qu’est-ce qui fait que des chansons marchent ? Est-ce que c’est l’amour supplémentaire que vous leur donnez ? Diriez-vous qu’une chanson est aussi bonne que ce que vous êtes prêt à y investir ? Absolument. L’art de qualité, ça ne sort pas de nulle part. Ça ne s’est jamais fait. Je pense qu’il faut souffrir pour créer. Du moins, c’est le cas pour moi. Et il faut donner à sa création le temps de s’épanouir et de grandir.
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Qu’en est-il de ceux qui prétendent avoir composé une chanson à succès en quelques minutes seulement ? Ils se la pètent ? Bien sûr. Aujourd’hui, trop d’artistes se vantent de composer des chansons rapidement. Mais globalement, la qualité a baissé au point que les chansons ne sont que correctes, sans plus. Elles sont à un niveau où je me sentirais mal à l’aise s’il s’agissait de ma propre musique. Cela dit, il y a des gens très talentueux qui y parviennent : Amy, par exemple, avait composé Back To Black en une heure, il me semble ; la chanteuse Sia a la réputation d’entendre un instrument et de composer une chanson sur le champ. Et si la chanson ne vient pas en vingt minutes, elle sait qu’elle n’est pas bonne.
« Partir à la guerre, c’est aller sur Spotify, monter dans les charts et passer à la radio. » Et c’est comment pour vous ? Souvent, l’idée de la chanson me vient assez rapidement. Ce qui prend tant de temps, ce sont toutes les choses que j’ajoute par la suite. Comme je le disais, mes chansons ne ressemblent pas aux tubes du moment. Mais je veux qu’elles deviennent des tubes, je veux leur donner cette possibilité. Je veux qu’elles passent à la radio. Je les considère comme des petits soldats qui partent en guerre. … des petits soldats ? Ce que j’entends par « partir en guerre », c’est aller sur Spotify, monter dans les charts, passer à la radio et rivaliser avec Calvin Harris, Benny Blanco et les autres. Je peux prendre ces soldats, qui sont très sensibles, et les revêtir d’une armure. Peut-être que je n’y ai mis qu’un truc sur le kick drum ou un petit son électro dans le refrain. Que des petits trucs qui rendent les chansons modernes. Je ne peux pas les forcer à gagner mais je peux au moins faire le maximum pour m’assurer de les avoir envoyées dans la bataille
Vous sentez-vous vraiment déconnecté de la musique pop d’aujourd’hui ? Est-ce parce qu’il y a tant d’exigences sonores pour que les titres soient poussés par les plateformes de streaming ? Même à l’époque où la radio dominait, c’était comme si plus une chanson couvrait de genres, plus elle allait avoir du succès. Si vous aviez une chanson qui était un titre pop intégrant des éléments de R’n’B et de hip-hop, vous aviez la chance d’obtenir un plus grand succès parce qu’elle allait être diffusée par un grand nombre de stations de radio différentes. Avec Spotify et les playlists Apple Music, c’est un peu la même chose. Si vous avez une chanson qui incorpore des éléments de genres différents, elle correspondra à plusieurs playlists. C’est comme ça que ça marche. Cela dit, je ne changerai jamais une chanson ou n’en ferai jamais quelque chose d’autre que ce qu’elle est, mais je suis très heureux d’aimer faire tout ce que je peux pour m’assurer qu’elle ait au moins une chance, vous voyez ? … dit l’homme qui a récemment remporté plusieurs prix pour Shallow, un duo avec Lady Gaga et Bradley C ooper qui a lancé une nouvelle tendance vers un son plus roots et plus épuré dans la musique pop... Je n’ai rien inventé, vraiment. Lady Gaga a eu l’idée du refrain et des paroles, Andrew Wyatt et Anthony Rossomando ont pensé la partie de guitare, et Bradley C ooper a suggéré de l’enregistrer en duo. En gros, je suis resté là et je les ai laissés faire ce qu’ils voulaient. Vous êtes bien modeste... D’accord, j’ai peut-être apporté ma touche ici ou là, mais mon travail en tant que producteur n’est pas tant de créer que d’aider les artistes à donner vie à leur vision.
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LE SON DU PRÉSENT
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BILLIE EILISH est une jeune chanteuse, compositrice et productrice dont le premier album, When We All Fall Asleep, Where Do We Go?, l’a rapidement propulsée parmi les sensations pop du moment. L’Américaine est parvenue à ce succès grâce à un processus de travail dépourvu de toute préoccupation et de tout stress. « On va tous disparaître un jour, alors pourquoi devrais-je me demander si je fais les choses bien ou mal ? » Texte BENJAMÍN ACOSTA
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ui aurait pu penser que la mélancolie et une musicalité obscure et froide bénéficieraient d’une plus grande popularité de nos jours ? « On avait plein de choses à dire et on n’avait pas envie d’attendre, il suffisait qu’on enregistre nous-mêmes », déclare Billie Eilish à propos de l’album qui est devenu réalité grâce à l’aide de Finneas, son grand frère. Ils y ont travaillé chez eux, en se replongeant dans leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence, revisitant l’anxiété mystérieuse de la puberté dans un calme absolu. Ensemble, ils ont conçu une collection de chansons très personnelles, sans chercher à rivaliser avec rien ni personne. Le disque créé est celui qu’ils avaient en tête, fidèle à leur idée. À cela s’ajoute un facteur clé : la production créative s’est affranchie de toute pression. Billie Eilish Pirate Baird O’Connell est née à Los Angeles en 2001, d’une mère actrice (Maggie Baird) et d’un père musicien et scénariste (Patrick O’Connell). Lectrice vorace et passionnée de cinéma, elle écoute aussi bien les Beatles que Lana del Rey. Depuis sa plus tendre enfance, elle suit des cours de chant et de technique musicale, et apprend à jouer du piano et de l’ukulélé tout en étant scolarisée dans un établissement spécialisé dans la danse. Alors qu’elle n’a que quinze ans, elle enregistre son premier single, Ocean Eyes, devenu viral en l’espace d’une nuit et dont le clip officiel a été visionné plus de cent millions de fois. 54
Cette vision des choses vous vient-elle du fait d’avoir commencé à faire de la musique dès l’enfance ? C’est possible parce que, au lieu de me projeter d’une manière précise, j’ai pris l’habitude de ressentir intensément le présent. Je ressens quelque chose de très spécial par la présence en elle-même. Être présent à chaque moment, en ressentant chaque aspect de ce que je suis en train de faire au moment présent. Si je mange, je pense aux délices que j’ai devant moi ; si je compose, je me connecte aux
« Est-ce que ça vaut la peine de souffrir quand on fait quelque chose que l’on aime ? »
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Q
the red bulletin : Votre truc, c’est de ne pas avoir d’aspirations ? billie eilish : J’aime bien la sensation de spontanéité, d’énergie qui se dégage au moment où l’on sent que les choses doivent se faire, sans se poser aucune question, en répondant simplement à la force d’une idée qui demande à ne pas rester enfermée dans nos têtes. On sent que cet album est la conséquence de cette montagne russe de sensations qu’il valait mieux ne pas passer au crible. On a vécu l’expérience merveilleuse de ce qui est imprévisible, de ce qui découle spontanément d’une série d’instants où on se laisse porter par ce que l’on veut voir se concrétiser, sans autres limites que celles que l’on se fixe. Cette « méthode », si on peut l’appeler ainsi, se caractérise par le charme de faire les choses sans plus, par ce moteur qui nous permet de décoller du sol. Ça se rapproche d’un état de transe, de quelque chose de fou et, je crois, d’authentique.
« En créant ce premier album avec mon frère, nous avons vécu l’expérience merveilleuse de ce qui est imprévisible. »
Côté sapes, pour Billie Eilish, c’est le même mode qu’en musique : no stress !
Billie au présent : elle parcourt la planète et soulève les foules dans des salles d’envergure.
« On oublie l’importance qu’a la contemplation et la façon dont elle peut nous pousser à agir au présent. »
sensations que m’inspirent les paroles, à l’essence de l’histoire. Alors, inconsciemment, j’ai préféré ne pas avoir de rêves de grandeur, ni rien de ce style, mais simplement être là, à ressentir profondément mon corps lors de mes cours de ballet, à apprendre le piano plongée dans les notes. C’est une sorte d’inertie, un chemin qui me conduit à la joie qu’offre tout ce qui constitue la vie. Car tout nous apporte quelque chose : une conversation, une balade, un coucher de soleil, une lecture. Je crois qu’on oublie parfois l’importance qu’a la contemplation et la façon dont elle peut nous pousser à agir au présent. J’ai toujours eu l’exemple de mes parents, qui travaillaient dur, qui étaient plongés dans des projets, mais qui, à la fois, disposaient de suffisamment de temps pour ne pas être sous le joug de la tension permanente. Penser à l’avenir génère du stress… C’est pour ça que je n’aime pas y songer. Si on a l’esprit occupé par des situations passées et des futurs potentiels, on étouffe le présent. Je trouve que ça n’a pas de sens car, de cette manière, on évite l’instant qu’on vit pendant ce temps si fugace. Miser sur l’avenir est une pression inutile.
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On vit à cent à l’heure… Ridiculement vite. En mode : « Allons-y le plus vite possible, peu importe la destination. » J’ai appris à profiter de chaque étape de ma vie. J’ai eu la chance de sortir mon premier album maintenant et c’est déjà très bien pour l’instant. Je ne pense pas à ce qui pourrait arriver à l’avenir. Une chose à la fois et, tout comme le processus de composition et d’enregistrement a été sensationnel, je me focalise sur ce que je dois faire maintenant, comme parler à plein de gens de tout ça. Le fait de créer sans crainte, est-ce quelque chose de précieux ? Nous vivons dans une société gouvernée par des valeurs soi-disant basées sur l’apparence, des standards esthétiques qui sont souvent définis en pensant aux éventuelles conséquences plus qu’à une THE RED BULLETIN
v éritable origine. Je ne crois pas à ces processus qui essaient d’anticiper le résultat, je crois justement le contraire. Je me fiche du « qu’en dira-t-on », ce qui m’intéresse en réalité, c’est ce que je pense de moi-même par rapport à ce que me fait ressentir ce que je fais. Il se peut que ce soit contagieux, c’est-à-dire que ça aide quelqu’un d’autre à se sentir bien aussi, mais cela ne dépend pas de moi. Quand mon frère et moi écrivons ces chansons, nous nous efforçons de raconter des histoires, certaines personnelles et d’autres fictives, mais elles ont toutes quelque chose à voir avec ce qu’on n’ose pas dire d’une autre manière. Et si on se met à fouiller dans les rêves, on peut se retrouver dans des situations assez provocatrices. Quoi qu’il en soit, c’est moi qui apparais et pas un personnage que je cherche à fabriquer. En réalité, je ne sais pas faire autrement. Je chante ce dont j’ai envie et cette interprétation n’a pas d’autre arrangement. Si on observe l’art et le divertissement sous un autre angle, côté business, il existe une certaine pression pour se démarquer, pour vendre… Le stress, c’est mortel, il te rend malade, il te prive de l’occasion de profiter, il te met dans une situation amère, qui n’a pas de sens. Franchement, est-ce que ça vaut la peine de souffrir quand on fait quelque chose qu’on aime ? Dès la première chanson qu’on a enregistrée, on a ressenti du plaisir pour le plaisir en soi que représente pour nous le fait de faire de la musique, rien de plus. Le monde et ses possibilités sont trop vastes pour s’accrocher aux résultats précis d’un projet. Ce qu’on fait marche bien et on s’en réjouit, mais on était déjà heureux avant. Un jour, j’ai entendu quelqu’un dire que le bonheur n’est pas une destination à atteindre mais une façon de voyager. Je suis on ne peut plus d’accord avec cette philosophie. Le son de vos chansons fait voler en éclats les codes établis… Je ne cherche pas à être une artiste à la mode, ni quelqu’un d’hyper populaire ni
rien de tout ça. Je respecte évidemment ceux qui jouent ce rôle, mais je préfère être de l’autre côté de la barrière. Je ne fais que la musique que je sais faire. Peut-être que plus tard, d’autres formes verront le jour mais, d’une façon ou d’une autre, ce sera la seule chose que je saurai faire, sans tenter d’être quelqu’un que je ne suis pas. La spontanéité est-elle plus importante qu’un projet bien défini ? Absolument, parce que sa richesse, c’est d’être unique. Pendant l’enregistrement, il y a eu des moments où nous nous éloignions de ce que nous avions réalisé lors des répétitions préalables. Ça se passe sans qu’on n’y réfléchisse, sans qu’on le planifie. Ça arrive, simplement et puis on se l’approprie. L’intuition nous guide, nous dicte la manière dont ce doit être enregistré, et c’est comme ça que nous pourrons finalement le partager. En fait, il n’y a pas d’explication à cela, ce n’est qu’une question de sensation, on ne s’attarde pas à gamberger. Pour passer de la phase cérébrale au résultat perçu par les auditeurs, qui, eux, se trouvent en dehors du processus de création, vaut-il mieux être détendu ? C’est l’idéal, évidemment. Autrement, on serait en train de faire une course contre la montre pour respecter le calendrier. Cette fois, nous avons la chance de n’avoir aucune échéance. Pas de délais à respecter. Je sais que c’est un luxe à une époque où presque tout est passé à la moulinette du facteur temps, alors quand l’opportunité se présente, c’est un sentiment de liberté totale. Chaque avancée dans le projet s’effectue sans pression. Sans cela, l’imagination et l’inspiration disparaîtraient-elles ? À coup sûr, car il est difficile de créer quand on est soumis à quelconque forme de pression, notamment celle du temps. C’est un piège qui les anéantirait à petit feu.
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Dans son sillage Le nom, elle l’a déjà. Mais il manquait à MARIE T ABARLY un tremplin audacieux pour sensibiliser le monde à LA cause commune : sauver la planète n’est plus une option, c’est un impératif ! Bienvenue à bord du projet Elemen’Terre. Texte CHRISTINE VITEL Photos YOHANN GRIGNOU
Pen Duick VI, l’héritage paternel et ses 3,45 mètres de tirant d’eau, « c’est un morceau de patrimoine, souligne Marie. Il a une histoire autour du monde. Ceux qui croient qu’un bateau n’a pas d’âme n’ont rien compris. »
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the red bulletin : Pourquoi avoir délaissé l’éthologie et les chevaux pour vous consacrer au projet Elemen’Terre ? marie tabarly : J’ai toujours été partagée entre mes chevaux et mon bateau, et j’arrivais à un point de rupture : je n’en pouvais plus de constater que les pathologies d’un cheval ne se résolvaient qu’en travaillant aussi sur les pathologies de son propriétaire. Pour la Terre, c’est pareil : la situation d’urgence est la même partout. Je ne comprends pas pourquoi nous restons paralysés comme des lapins devant les phares d’un camion. Nous sommes sur le Titanic, un iceberg vient de le heurter et on est en train d’écrire une lettre de plainte à l’iceberg. Cela n’a pas de sens.
Alors vous avez pensé qu’il fallait agir ? J’ai monté ce projet parce que je le devais. Mon but, c’est de mettre en lumière les grands défis de l’humanité, de créer un réseau de valeurs, de jeter des ponts entre les gens, afin de fabriquer un mieux être commun, pour nous reconnecter à notre condition humaine. Elemen’Terre est ouvert à tous. Personne ne se dit : « Ben moi, ça ne me concerne pas. »
le sport et l’art, nous permettent de créer du lien, d’instaurer des réseaux, de stimuler des rencontres et de proposer des conférences. Ainsi, nous mettons en évidence les similitudes entre la vie en entreprise et la définition d’objectifs, une expédition en ressources limitées, et la Terre. Nous n’allons ni révolutionner le monde, ni apporter la solution au problème, mais tenter d’apporter des graines de solutions.
Qui accueillez-vous sur le Pen Duick VI ? L’équipe fixe, ce sont cinq marins et des artistes en résidence. À la première saison, ils étaient cinq funambules-musiciens, et aux escales nous ont rejoints Jacques Godin (peintre, ndlr), Franck Cammas (navigateur, ndlr), Leina Sato (apnéiste, ndlr), Jean-Marie Gislain (photographe sous-marin, ndlr), Ezra (champion du monde de beat-box, ndlr), et Yann et Émilie Tiersen (musiciens, ndlr). Là, nous repartons avec un comédien et humoriste, deux spationautes et une apnéiste. Le thème de réflexion pour les Açores sera : l’exploration est-elle vectrice de progrès ? Personne n’y répondra de la même façon.
… pour ensuite les faire germer ? C’est la cause qui nous intéresse, plus que la conséquence. Prenons le plastique : la conséquence, c’est le plastique dans les océans. Des projets scientifiques sont menés pour mesurer la quantité de déchets dans l’eau, d’autres s’occupent de nettoyer les océans… C’est très bien, mais on continue à déverser la même dose de plastique par ailleurs. Je veux savoir pourquoi nous ne changeons pas. Pour assister à une révolution extérieure, il faut vivre une révolution intérieure ; on ne fait quelque chose que lorsque l’on est convaincu du bien-fondé de cette chose. C’est pourquoi nous nous engageons à défendre des actions concrètes : le Pacte Finance Climat/1 000 Milliards pour le climat, l’Appel « Océan, Bien commun de l’Humanité », ou encore le GIECO (Groupement International et Interdisciplinaire d’Experts sur le Comportement, ndlr), en vue de redistribuer les savoirs et les connaissances à l’ensemble des habitants de la planète.
La septième étape d’Elemen’Terre devrait concorder avec l’ouverture de l’Exposition universelle en octobre 2020, à Dubaï. En quoi cet événement est-il important pour vous ? Parce que cette escale pourrait être un vrai démultiplicateur du fait du nombre de visiteurs et de la présence d’acteurs majeurs sur les scènes diplomatique, économique, etc. Nos vecteurs d’exploration,
La résidence itinérante réunit à son bord entre 11 et 14 personnes issues d’horizons très différents.
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À l’instar des spectacles que vous avez présentés au Groenland ? Oui, nous avons tendu des slacklines, nous sommes rapprochés de la population des villages portuaires, nous avons gagné leur confiance ; c’était 400 personnes à chaque fois, avec lesquelles nous avons beaucoup échangé, nous leur avons même laissé du matériel. Elemen’Terre va à la rencontre de tout le monde, car on ne sait pas qui peut changer la donne. Mais la forme que cela prend dépend des escales. Au Brésil par exemple, nous travaillerons sur les différents types d’inégalités via le prisme du handicap (social, moteur et mental, ndlr). Y a-t-il une volonté de toucher les politiques et les gouvernements ? Il faut toucher tout le monde. Notre postulat, c’est que tout est lié. Ne serait-ce que dans la nature. Le développement durable, tout le monde en parle, mais ce n’est pas que l’environnement. L’environnement est lié à l’économie, qui est liée au social. On ne peut pas prendre un pôle sans THE RED BULLETIN
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longeant ses racines dans la navigation et le comportementalisme équin (ses domaines d’expertise), l’initiative de Marie Tabarly prend vie sous les voiles du mythique Pen Duick VI : Elemen’Terre, un projet de développement durable où l’on débat des grands défis de l’humanité, ambitionne de changer les mentalités. Amorcée en juillet 2018 et conduite par Marie, 34 ans, fille du grand marin Éric T abarly et de son épouse Jacqueline, la résidence itinérante reprendra le large en septembre, direction les Açores, le Brésil, Le Cap puis Dubaï, avec 14 personnes à son bord. À l’heure de l’urgence climatique, savoir pourquoi il faut prendre soin de la planète est tout simplement primordial.
« Nous sommes sur le Titanic, un iceberg vient de le heurter, et on est en train d’écrire une lettre de plainte à l’iceberg. » THE RED BULLETIN
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« L’avenir de l’homme est indissociable d’un respect absolu de la nature », dit Marie. Quel endroit plus pertinent que l’océan pour nourrir des réflexions sur le développement durable et la préservation de notre Terre d’accueil ? Cela commence par respecter les affaires de chacun dans sa banette.
s ’occuper des deux autres. On ne peut pas ne s’occuper que de l’aspect social et dire que pour le reste, on verra plus tard. Elemen’Terre, projet i nterdisciplinaire ? Oui, car c’est ainsi que je fonctionne. Je suis métisse. C’est dans la mixité que je trouve le monde beau. J’aime voyager avec des tas de personnes différentes, et qu’elles m’enseignent leur façon de voir le monde. Dans la rencontre, je ne cherche pas des gens comme moi. Comment choisissez-vous vos ambassadeurs, les invités en résidence ? C’est le hasard de la vie… bien que je ne croie pas au hasard. Je les rencontre au fur et à mesure. Ce sont des personnes avec lesquelles je veux vraiment travailler, 62
comme Géraldine Fasnacht (athlète suisse, ndlr), alors je me débrouille pour les contacter. Ou bien je les traque, comme Barack Obama (rires) ! J’ai enfin eu son contact, maintenant, il faut y aller. Sky is the limit! Autant être audacieux, j’ai déjà essuyé assez de refus.
Avec énormément de bon sens et de bienveillance. Je fais souvent des réunions à table le soir, car quand on a à boire et à manger, on garde les gens nettement plus longtemps attentifs (rires). Et je m’assurais aussi qu’on ne rejette aucun micro- plastique à la mer.
Est-ce qu’à l’inverse, on vous contacte pour travailler avec vous ? Ça commence. Le projet séduit, et de plus en plus de monde décide de participer, sur le bateau, à terre ou en tant que partenaire. Il existe une réelle volonté de se mettre en réseau. Les gens que je rencontre ont une telle soif d'inspiration !
Quelles sont les règles de vie ensemble ? Elles se mettent en place tacitement. Une fois en mer, il faut faire attention à savoir comment va l’autre. Je les regarde tous : est-ce qu’ils ont un bon teint, est-ce qu’ils sont fatigués ? Ont-ils pris soin d’eux ou pas, comme se brosser les dents au moins une fois par jour ? C’est vraiment important ce moment où l’on prend soin de soi, c’est ce qui ramène à sa condition humaine. Sinon, c’est trop facile d’enchaî-
Comment se gère la cohabitation sur le bateau ?
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« Dans la rencontre, je ne cherche pas des gens comme moi. » certains sports devraient être remboursés par la sécu, car c’est la condition sine qua non du bien-être. Le but de la vie, c’est quand même de bien vivre, de passer une bonne journée, de respirer correctement. N’y a-t-il pas de la culpabilité dans la notion de « bien vivre » ? Si, mais ce n’est pas parce qu’il y en a qui vivent moins bien que nous que nous le devons aussi… Nous croyons bien vivre, alors que nous sommes en train de nous intoxiquer à petit feu. Que faites-vous dans les moments de découragement ? Je me laisse surprendre. La dernière fois, c’était par mon équipage : nous sommes restés bloqués une semaine en Islande, le bateau était hors d’état de naviguer. Les gars ont trouvé une salle de concert avec un super système sono, des machines à fumée. Ils ont tendu des slacklines. Ezra a amplifié le son des sangles, a mis un petit instrument dessus, et fait de la musique avec ; Dan s’est mis au piano. Ils ont répété trois jours et donné une heure de concert pour une centaine de personnes. C’est là que la solidarité et le relais avec l’équipe fonctionne. Voilà. On a eu deux jours d’abattement, et puis ça s’est mis en place. Rien n’arrive par hasard…
ner les quarts, d’aller à sa banette pour dormir, avant de remonter sur le pont. Le projet passe par le fait de toucher l’autre dans sa différence. Vous souhaitez concerner un public large et varié, par de nombreux biais. Selon moi, il ne faut pas cloisonner. Il faut se laisser surprendre. Les arts notamment, c’est l’éternité en plus. On n’est pas obligé d’être artiste pour apprendre à jouer d’un instrument, ni pour travailler sa mémoire. On n’est pas artiste pour quelqu’un d’autre, mais pour soi. Cela mène à un grand lâcher prise. Faire passer un message, c’est une intuition. Pour y arriver, il faut essayer de différentes manières. Ainsi on trouve un équilibre, on bouge différemment, on respire autrement. J’estime que THE RED BULLETIN
Avez-vous toujours fonctionné ainsi ? Pas du tout ! Je suis dans le contrôle. Mon père m’appelait Idéfix. Quand j’ai décidé de faire quelque chose, je n’en démords pas. Il m’a fallu du temps pour cesser de me mettre la pression par rapport à l’avenir, laisser faire les choses. Encore maintenant, j’ai des montées d’angoisse : « On va tous mourir ; le bateau va couler ; on va à Dubaï, c’est de la folie, etc. » Le mental, le soir sous les draps… Je suis une experte pour me poser des questions. Pourtant, se poser des questions, c’est aussi donner du sens… Trop de question, c’est trop de doutes. Le mental prend le pas sur le cœur et l’intuition. Alors que tout le projet Elemen’Terre est là : revenir à des choses élémentaires et faire confiance au Vivant pour bâtir ensemble un futur désirable. elementerre.earth 63
Un moment mĂŠditatif pour Stokes dans les vestiaires des Rajasthan Royals en Inde.
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Le retour du roi Quand on excelle dans un sport aussi populaire que le cricket en Angleterre, on a forcément quelque chose de royal : rencontre avec BEN STOKES, la star anglaise et indienne du cricket.
Texte RICHARD EDWARDS Photos GREG COLEMAN
Ils sont 1,5 milliard de fans de cricket dans le monde. Autant de paires d’yeux qui seront braquées sur Ben Stokes cet été.
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e mercure frise les 38 °C et les rues autour du stade Sawai Mansingh de Jaipur (Inde) sont bondées de fans de cricket de tous âges, venus pour leur héros. Dans la capitale de l’état indien du Rajasthan, sur le terrain, Ben Stokes se prépare pour l’un des derniers matches de la saison de l’Indian Premier League, après avoir été absent des deux derniers matches de son équipe. Cela n’a pas été sa meilleure saison, mais ses fans locaux ne semblent pas lui en vouloir. Son nom est partout, son numéro aussi, le 55. En 2017, quand les Rising Pune Supergiant l’achètent pour 1,9 million d’euros, Stokes devient le joueur étranger le plus cher de la Première Ligue indienne. « C’est Stokesy, ce n’est pas Ajinkya Rahane ou l’un des gars indiens, c’est Stokesy ! », s’exclame notre chauffeur de taxi lorsque nous lui demandons lequel des joueurs viennent voir les fans, qui arrivent par milliers. Probablement le joueur de cricket le plus réputé de sa génération, le all-rounder de l’équipe de cricket d’Angleterre et du pays de Galles semble avoir atteint un statut culte au sein des Rajasthan Royals, son équipe actuelle. Même son duck (élimination en tant que batteur, avant même d’avoir marqué un point) contre les Mumbai Indians devant un public qui l’adore – dans la dixième ville la plus peuplée du pays – ne peut rien contre l’enthousiasme suscité par le grand gaillard roux de 28 ans. Batteur et lanceur très rapide, il s’apprête à revenir sur le devant de la scène en Grande-Bretagne pour y disputer l’événement le plus marquant de cet été : la Coupe du monde de cricket en Angleterre et au pays de Galles.
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Ben Stokes, avril 2019. En 2017, une rixe à la sortie d’un club a bien failli lui coûter sa carrière.
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Stade Sawai Mansingh de Jaipur, le terrain où cet Anglais joue et attire les foules avec les Royals lors de l’Indian Premier League.
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e lendemain de la victoire du Rajasthan sur Mumbai, Stokes est dans la salle de jeux de l’équipe, au dernier étage de l’hôtel Marriott de Jaipur, et applique de la glace sur l’un de ses pieds. Avec le coach sud-africain des Royals, Paddy Upton, il regarde deux de ses coéquipiers jouer à FIFA 19, assis sur des poufs – bizarrement, leur match est entre la Belgique et l’Angleterre. Juste à côté, d’autres membres de l’équipe jouent au billard. Stokes est invité à participer à une partie de tennis de table. « Dans dix minutes », répond-il. Presque une heure plus tard, Stokes est encore en train de nous parler. Cela fait longtemps qu’il n’avait pas pris la parole, depuis son altercation devant une boîte de nuit de Bristol en septembre 2017. Le joueur de cricket a été
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accusé d’avoir déclenché une rixe, puis finalement acquitté en août dernier. Lors de la proclamation du verdict, sa femme a pleuré de soulagement. Stokes, lui, a levé les yeux au ciel en signe de gratitude. La sentence lui a permis de poursuivre sa carrière sans obstacle majeur. Huit mois plus tard, il existe peu d’endroits au monde plus appropriés pour célébrer un retour de force comme joueur de cricket qu’un pays dont le principe de base religieux est la réincarnation. Même si Stokes rejette la notion de rédemption, l’été à venir lui en offre une opportunité sans égal après son passé sulfureux. « Avec cette Coupe du monde de cricket à venir en Angleterre, les gens me demandent si je vais faire à THE RED BULLETIN
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nouveau mes preuves, nous explique-t-il. Mais je n’ai rien à prouver à personne, juste à moi-même. Je ne cherche pas à plaire à qui que ce soit ou à accomplir un exploit individuel. Tant que l’Angleterre gagne, je m’en fiche pas mal de prouver quoi que ce soit. » Il se peut tout à fait qu’il n’ait plus rien à prouver, néanmoins Stokes est l’homme sur lequel la plupart des caméras seront dirigées lors de la Coupe du monde, tout comme lors de la série des Ashes contre l’Australie, qui suivra en août et en septembre. Les tabloïds se feront également un plaisir de voir s’il a tiré des leçons de cette nuit tristement célèbre à Bristol. « J’ai ressassé cela d’innombrables fois », raconte Stokes à propos de l’introspection qui a suivi cette mésaventure, tout à fait conscient que ses actes, cette nuit-là, auraient pu lui coûter très cher. « Mais heureusement, je m’en suis finalement sorti. » Dans le Wisden Cricketers’ Almanack – la bible annuelle du cricket dont la 155e édition paraît cette année – le rédacteur Lawrence Booth déclare que c’est à Stokes de « décider s’il veut laisser vivre son côté “vilain cabot agressif” alors qu’il sait tout à fait se comporter comme un adorable toutou quand il veut ». Une remarque qui résume bien l’espoir de voir le chouchou de l’Angleterre transformé et assagi après cet épisode. Est-ce le cas ? « Je ne deviendrai pas un ange du jour au lendemain. Ça ne serait pas moi, déclare-t-il. Il s’agit juste pour moi d’essayer de prendre de meilleures décisions, mais je ne vois pas ça comme une seconde chance. » « Ce que j’ai réalisé, c’est que je suis entouré des personnes dont j’ai besoin. Elles sont importantes pour ce que je fais et ce que je veux faire. Avant de comprendre cela, vous essayez de contenter tout le monde, mais c’est impossible. Il y a bien sûr d’autres leçons, mais c’est la plus importante. C’est celle qui m’a fait comprendre qui sont les bonnes personnes et de qui j’ai besoin à mes côtés. » Une de ces pierres angulaires dans la vie de Stokes est son agent, Neil Fairbrother, l’ancien joueur de
« Je ne deviendrai pas un ange du jour au lendemain. Ça ne serait pas moi. » THE RED BULLETIN
La puissance sans retenue : c’est ça aussi le cricket !
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Ici, les ĂŠcoliers se disputent pour jouer le rĂ´le de Ben Stokes.
Englishman in Jaipur : entraînement à la batte pour Ben Stokes sous les couleurs de son équipe locale.
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L’imposant tatouage sur le dos de Stokes, représentant les membres de sa famille en lions, a mis 28 heures à être réalisé.
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« Rien de bon n’arrive après minuit », dit son agent à propos de la nuit de la fameuse rixe. l’équipe anglaise qui lui-même a joué en Inde en 1993. Ce quinquagénaire du Lancashire, qui est venu à Jaipur pour un court séjour, intervient pour rappeler au jeune joueur de cricket une autre leçon que la vie lui a enseigné. « Rien de bon n’arrive après minuit », souligne sagement Fairbrother. Stokes et son bras droit ont beaucoup parlé des conséquences négatives que cette bagarre a eues sur son image, et cela quelques heures seulement après avoir si brillamment participé à la victoire retentissante des Anglais sur les West Indies à Bristol. « Tout cela sera obsolète demain, dit Stokes. Pourtant, ça ne me quittera pas et on me posera toujours des questions à ce sujet. Mais je me suis fait une raison et je vivrai avec. » Le niveau de performance de Stokes s’est maintenu remarquablement après son retour dans l’équipe d’Angleterre suivant son absence de la série des Ashes en 2017/2018 en Australie. Mais ceci ne devrait peut-être pas surprendre : voilà un sportif qui a déjà su rebondir face à l’adversité, dans le passé. N’at-il pas été renvoyé en 2013 d’une tournée des England Lions en Australie, pour des questions de discipline ? Cet incident n’a pas empêché le jeune homme de 21 ans de récupérer, huit mois plus tard, sa place au sein de l’équipe d’Angleterre pour participer aux Ashes.
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ace à une foule d’Australiens déchaînés sur les gradins, avec une équipe anglaise sur le point de s’effondrer physiquement et mentalement lors d’une attaque menée par Mitchell Johnson du Queensland – un lanceur capable de propulser la balle à plus de 150 km/h –, Stokes s’apprête à jouer son premier match de Test-cricket (une forme de cricket où chaque équipe joue en deux manches) à Adélaïde. « Je n’étais prêt en rien pour cette première balle, se souvient-il. Elle a touché mon pad, et ma batte n’avait même pas commencé à descendre. Le fait de savoir que tout va se passer très vite (à 152 km/h, ndlr) et la réaction sur le terrain sont deux choses complètement différentes. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. » C’est dire si Stokes a du cran, car lors du prochain Test à Perth (connu pour être le pitch de cricket le
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plus rapide au monde), il marque 100 points. Une riposte impressionnante envers ses détracteurs, après ses accrochages avec les autorités. Malgré l’immense distance qui le sépare de chez lui, Stokes se sent manifestement à l’aise dans un environnement de Première ligue indienne (laquelle dure deux mois par an) mais repart en Angleterre dès que le boulot est fait. Il affiche un air étonnament détendu pour quelqu’un qui ne peut pas faire un pas tranquille dans les rues de Jaipur. « Le seul fait de circuler avec les bus de l’équipe est déjà complètement fou. Vous pouvez voir l’excitation des fans du coin lorsque le bus les dépasse sur la route : ça les intéresse plus de nous regarder que de se concentrer pour conduire. Vous ne trouverez ça nulle part ailleurs. Je n’envie pas les joueurs de cricket indiens. Moi je fais cela pendant cinq ou six semaines uniquement, eux c’est leur quotidien. »
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tokes rit du contraste entre cette situation et l’Angleterre, où les gens le regardent du coin de l’œil en faisant semblant de ne pas le remarquer. Et bien qu’il soit l’un des sportifs les plus célèbres du pays, il préfère garder profil bas même sur le chemin de l’école de ses gosses. « Je ne parle à personne. Je dépose les enfants à l’école et quand c’est l’heure d’aller les chercher, je les attends à un coin de rue. » En réalité, son talent au cricket promettait qu’il ne terminerait jamais ailleurs que sur le devant de la scène. Mais ayant quitté sa ville natale de Christchurch en Nouvelle-Zélande pour la Combrie du nord-ouest de l’Angleterre à l’âge de douze ans, il n’aurait jamais imaginé qu’un jour des écoliers jouant sur des terrains vagues en Inde se disputeraient pour savoir qui jouerait le rôle de Ben Stokes. « C’est fou de penser comment les choses ont évolué, raconte Stokes. Quand on m’a dit que nous déménagions pour l’Angleterre, manifestement ça ne m’a pas plu. J’ai répondu : “Je ne pars pas. Je reste ici. Maman et Papa n’ont qu’à partir sans moi.” » « Le premier jour d’école en Angleterre, j’étais pétrifié. Ensuite, quand mes camarades ont découvert que je venais de Nouvelle-Zélande, tout le monde me suivait, me demandant de lire tout haut ce qui était marqué sur les panneaux. Ils trouvaient mon accent hilarant. Je m’en suis très vite débarrassé. » C’est ce genre d’expérience – un saut dans l’inconnu – qui semble diriger Stokes. Lors de sa première saison de l’IPL en 2017, il a rejoint les Rising Pune Supergiants pour 1,7 million de livres – une somme record pour un contrat international. Et à la fin de la saison, il a été nommé le joueur le plus important de la compétition. Adulé par son public indien, Stokes semblait alors avoir le monde à ses pieds. À l’autre bout du monde, l’homme à qui Stokes doit son caractère et sa motivation en acier – son père, Ged – doit être immensément fier. Après tout, il n’aurait pas pu être pour lui un meilleur exemple de ténacité. Joueur de rugby pro en Nouvelle-Zélande, Ged Stokes fut blessé au doigt à la fin de sa carrière 73
« Mon père leur a dit : “Coupez-moi le doigt.” » de joueur. Cette blessure aurait dû nécessiter une longue période de convalescence et donc de congé non payé. La solution semblait évidente. « Comme il était payé au match, il a dit aux médecins : “Coupez-moi le doigt”, raconte Stokes junior. Il ne pouvait pas se permettre une opération parce que cela aurait signifié prendre trop de temps pour la convalescence, sans revenus. » Ben Stokes a la chance d’avoir encore tous ses doigts, même si les blessures l’ont accompagné au long de sa carrière. Pourtant, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même de s’être cassé la main en cognant un casier dans les vestiaires après son élimination du match final de l’équipe d’Angleterre dans les Caraïbes en 2014. À nouveau, on fronça les sourcils, et à peine trois ans plus tard, il devint capitaine de l’équipe anglaise. Cela ne dura pas longtemps, mais il admet que si la chance se présentait à nouveau d’être le capitaine de son pays, ce qui n’est pas utopique, il accepterait. « Lorsque l’occasion se présente et si on vous le 74
demande, vous n’allez pas r efuser, mais pour le moment, ce n’est pas ce qui me préoccupe. » Si son père lui a transmis sa passion pour la compétition, c’est un trait de caractère que Stokes semble aussi faire passer dans sa propre conception du rôle de parent. Quand on lui demande s’il laisse ses enfants – âgés de quatre et six ans – le battre à certains jeux, il répond laconiquement : « Non. Jamais. » Un état d’esprit que Stokes appliquera prochainement à une affaire sérieuse, la Coupe du monde. « Je veux juste qu’elle débute, dit-il. Le plus dur à gérer c’est l’attente, car tu as envie que cela arrive enfin. La patience n’est pas ma plus grande qualité ; je veux sortir et me lancer. » Cette compétition accueillera dix pays, dont l’Inde et le Bangladesh, et devrait afficher d’hallucinants chiffres d’audience. Durant l’édition 2015, le match entre l’Inde et le Pakistan aurait rassemblé plus d’un milliard de téléspectateurs – avec 1,5 milliard de personnes dans les 53 états membres du Commowealth, le cricket est le deuxième sport le plus pratiqué après le football dans le monde... Cet été, Ben Stokes sera donc l’un des athlètes les plus attendus de la Coupe du monde, et chacun de ses faits et gestes sera scruté, jugé, commenté. Ce champion du come-back espère qu’à la fin de l’événement, il aura non seulement reconstruit sa réputation, mais qu’il se sera aussi imposé à tous comme le roi du cricket. Instagram : @stokesy THE RED BULLETIN
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Foudroyant : Stokes en grande forme lors de la deuxième journée du troisième test contre le Sri Lanka en novembre 2018.
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Graeme et son équipe de photographes se positionnent sous un acacia, prêts à saisir un instant unique.
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DOCUMENTEZ LE MONDE ANIMALIER La naissance de bébés gazelles, des lions marquant leur territoire… Tout est possible lors d’un safari avec Graeme Purdy. Et le reporter y tutoie les grands prédateurs.
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n lion s’approche de mon côté de la voiture. J’ose à peine respirer. Il fait nuit noire et nous sommes à 75 mètres du camp, à la lisière de la réserve du Massai Mara. Les phares du véhicule éclairent une troupe de hyènes hurlantes qui dévorent un
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gnou. Un lion, par l’odeur alléché, gâche la fête. Je parviens à reprendre mon calme et en profite pour saisir mon appareil photo, mais à travers les rafales de vent, j’entends le bruit sourd de son pas. Sans rugir, ni même émettre de grognement, un autre mâle
Graeme Purdy transmet l’art de la photo animalière.
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voyage
CONSEILS DE VOYAGE
À LA RECHERCHE DU LIONCEAU
Avant votre départ, voici quelques informations utiles sur l’une des plus grandes réserves animalières du Kenya.
Les guépards et leurs petits sont des habitués des safaris photos de Graeme.
Kenya Nairobi Massai Mara
Le Massai Mara se situe en altitude et les journées offrent 12 heures de jour et 12 heures de nuit. Les matins sont lumineux et clairs mais les orages sont fréquents l’après-midi.
Tous les véhicules sont ouverts, rien ne sépare l’objectif des animaux.
GRAEME PURDY PHOTOGRAPHY
RACHAEL SIGEE
MONNAIE s ’approche encore plus près de moi. Je sens sur mon visage l’air qu’il déplace. « Pas d’inquiétude, me lance mon guide. Seule la proie morte les intéresse ; et ce n’est pas vous. » Ce souvenir remonte à mon premier safari. Au cours de mes seize années au Kenya, j’ai appris que la plupart du temps, les fauves (dont la densité de population au Massai Mara est la plus élevée au monde) ne présentent pas de danger pour l’Homme. Ce sont le buffle, notoirement hargneux, et l’éléphant, réputé imprévisible, qu’il faut craindre. Ici, la proximité avec les animaux prime donc avant tout. Je suis photographe animalier depuis des décennies, au cours
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Un lion nous asperge d’urine histoire de rappeler qu’il est le maître des lieux. desquelles il m’est parfois arrivé d’emmener des invités pour un safari-photo. Désormais, j’offre la possibilité à tous d’apprendre à photographier les animaux sauvages dans un environnement trépidant au cours d’un séjour de deux semaines en novembre. La saison idéale, avec l’arrivée de la pluie, si propice aux atmosphères spectaculaires et à une activité
SHILLING KÉNYAN 1 euro = 113 shillings
LANGUE (SWAHILI) Naona chui Je vois un léopard Twende Cherchons tutafute tembo des éléphants Wapi mtoto Où est wa simba le lionceau ?
SAVOIR 1. Le Massai Mara est proche de l’équateur, la journée a de ce fait douze heures de jour et douze heures de nuit. 2. Le nom fait référence au peuple massaï, abitants ancestraux de la région. « Mara » h signifie « tacheté » dans leur langue. 3. Le gnou est l’espèce dominante de la région. Sa population se compte en millions. 4. La réserve se situe à 1 800 mètres d’altitude. Comparable à un village alpin.
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voyage
HAKUNA MATATA
SAFARI SUPRÊME
Photographe animalier pro, G raeme rodigue ses conseils techniques, fruits de p seize ans d’expérience dans le Massai Mara.
PARTEZ BIEN ÉQUIPÉ TROIS OBJETS À EMPORTER POUR UN SAFARI-PHOTO
L’enthousiasme est la seule chose que Graeme exige des participants à ses safaris-photo.
BON À SAVOIR 1. LES VAUTOURS MANGENT VITE « 70 vautours désossent une carcasse en 90 minutes. En cas de mort naturelle, l’accès aux entrailles se fait par l’œil ou l’arrière-train de la victime. » 2. LES ÉLÉPHANTEAUX SONT MALADROITS « La trompe d’un éléphant concentre plus de muscles que tout le corps humain. Et un éléphanteau a du mal à la contrôler, surtout lorsqu’il court. » 3. LES HIPPOPOTAMES ONT BESOIN D’ESPACE « Les hippopotames étaient réputés être l’espèce la plus dangereuse d’Afrique quand le transport fluvial était encore dense. Pourtant, ils attaquent uniquement si vous êtes sur leur chemin. »
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Ici vivent plus de mille espèces d’oiseaux et une riche variété de grands mammifères.
accrue de la faune du parc. Un vol de 45 minutes au départ de l’aéroport Wilson assure le transfert du groupe international de six à huit hôtes de Nairobi au Massai Mara, où le safari débute dès l’arrivée. Notre camp est ouvert aux quatre vents, et donc aux allées et venues des animaux. Un guide nous accompagne cependant dans tous nos déplacements, tandis qu’un autre muni de sa lance patrouille autour du camp. Chaque matin, nous partons en Land Rover quarante minutes avant le lever du soleil. Les véhicules sont aménagés pour la photographie, portières et toit sont supprimés et même le pare-brise pour certains. Rien ne vous sépare des animaux dont la réaction est imprévisible. Un jour, un lion mâle s’approche de la voiture, se retourne et nous asperge d’urine, histoire de nous rappeler qu’il est le maître des lieux. Une autre fois, peu avant le lever du soleil, une vingtaine d’éléphants alignés émergent soudain de la brume matinale. Ils se déplacent lentement à travers les herbes, dans un silence de cathédrale. L’image est quasi mystique, comme sortie de Jurassic Park. Dans ce contexte, la lumière du petit jour permet des photos
s aisissantes, mais avec une fenêtre de tir limitée à une poignée de secondes, car tout va vite ici, la réactivité est donc de mise. Lors d’une autre journée, une heure avant le coucher du soleil, moment où la lumière est la meilleure, nous croisons une femelle guépard lancée derrière une gazelle. Aucun documentaire animalier ne peut restituer la réalité de la vitesse d’un guépard. Comme pétrifiés, nous observons le drame jusqu’à la mise à mort. Dans la voiture, l’émotion est palpable. La vie sauvage n’a rien d’un conte pour enfants, la lutte pour la survie y est permanente. Pourtant, sur l’autre versant de la colline à quelques mètres de la victime du guépard, une autre gazelle met bas parmi ses congénères. Le bébé encore chancelant sur ses pattes s’approche d’un énorme mâle qu’il prend pour sa mère. Ce dernier le pousse de la tête en direction de cette dernière. C’est indescriptible. L’immersion dans la vie sauvage s’apparente à une expérience quasi spirituelle ; après 36 heures dans le Mara, toute notion du temps disparaît. Je me réveille chaque jour plein d’espoir, impatient de partir vers de nouvelles découvertes. purdy.photography/book
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RACHAEL SIGEE
2. « L’appareil d’un iPhone tient la route. Fixez-y des objectifs Moment pour le grand-angle, la vidéo anamorphique et le téléobjectif. »
3. « Estimez puis multipliez par deux votre besoin en carte mémoire. Je n’ai croisé personne sur son premier safari avec des cartes mémoires en trop. Lors de mon premier safari, j’ai pris 12 000 clichés. Avec l’expérience, vos envies deviennent plus précises. Aujourd’hui, je prends moins de photos. »
GRAEME PURDY PHOTOGRAPHY
1. « J’utilise un Canon 5DSR et plusieurs objectifs, avec une préférence pour un 300 ml car le grand-angle convient à mon style de photo. »
Jenn Soto Professional Skateboarder
Truly Wireless Earbuds
Skullcandy partenaire majeur de Red Bull Bowl Rippers 2019
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LANCER DE MEDECINE BALL
LES ABDOS
Tendez les bras derrière la tête et lancez la balle à un partenaire en contractant les abdos.
COMME UN PRO
R
yan Sheckler devient professionnel à l’âge de 13 ans et remporte dès sa première année presque tous les contests auxquels il participe. Aujourd’hui âgé de 29 ans, le septuple vainqueur des X Games explique comment la salle de gym et une alimentation saine l’aident
à rester compétitif. Sur les tournages de ses vidéos, il répète inlassablement les tricks, encore et encore, malgré les chutes, jusqu’à ce que la figure soit parfaite. Cela exige puissance, agilité, vitesse, et un corps capable d’absorber les chocs à répétition. « Je vieillis, c’est clair, lance Sheckler, mais ma passion et ma soif de victoires sont intactes. »
Explosivité
Seize ans de skate pro et sept médailles aux X Games.
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« Mon corps préfère la vitesse à l’endurance : du coup, quatre fois par semaine, je travaille l’explosivité. Le programme est pensé pour le skate et se focalise donc sur la stabilité des chevilles et des genoux. J’introduis dans mes séries de squats quatre secondes d’immobilisation
au plus bas du mouvement, et quatre autres au milieu du squat. J’effectue beaucoup de courses de rotation rapides, et du fractionné haute intensité sur un vélo d’intérieur. »
Diététique
« Le matin, je prends un jus de légumes et un milk-shake banane, pamplemousse et pomme. Je déjeune dans les 45 minutes qui suivent une séance fitness. De retour à la maison, en ce moment, je me concocte un bon cheeseburger avec tomates, oignons et avocat et une feuille de salade. J’évite les fast-foods, sauf en voyage où ça devient difficile surtout dans un van en compagnie d’une bande de skateurs. Dans ce cas, j’emporte une réserve de barres protéinées. »
SEU TRINH/RED BULL CONTENT POOL (3), JOEY SHIGEO MUELLNER/RED BULL CONTENT POOL
En seize ans de carrière professionnelle, l’Américain Ryan Sheckler a offert au skate des tricks parmi les plus célèbres. Pour rester au top, il ne jure aujourd’hui que par le fitness.
JEN SEE
« REGARDE OÙ TU METS LES PIEDS »
MOUNTAIN CLIMBER
LE TONUS
Les exercices de mountain climber permettent d’améliorer la coordination, l’agilité, et les capacités respiratoires pour maintenir le tonus musculaire et une bonne condition physique.
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fitness
Résilience
« J’ai toujours pensé que je passerais ma vie à tomber. Mais ce n’est pas envisageable. Depuis mes 20 ans, je collectionne les blessures graves : cinq fractures au coude gauche et quatre au coude droit, rupture des ligaments et du ménisque des deux genoux. En janvier dernier, je me suis brisé les deux chevilles en même temps. Mes chutes sont bien plus nombreuses que mes tricks réussis. J’ai donc appris à faire une roulade. Je pique un sprint, roule sur le dos et me redresse sur les pieds. »
Concentration
« Il me suffit de fermer les yeux pour m’imaginer sur un skate. Une sorte d’instantané mental. Avant de tenter un nouveau trick dans un skate parc, je le visualise en me concentrant sur les pieds et leur comportement sur la planche. Je sais comment mon corps réagira, mais l’essentiel
« Mes chutes sont bien plus nombreuses que mes tricks réussis. » se joue au niveau des pieds. Alors je les fixe et m’imagine en train de réaliser la figure, une fois que j’ai bien le trick en tête, je passe à l’action. »
Devenir sobre
« Je ne consomme plus d’alcool depuis plus de trois ans. Ça change tout. Bien sûr, j’aurais aimé prendre soin de ma santé plus jeune. Mais à 18 ans votre corps récupère vite, et quand en plus vous voyagez à travers le monde sans le moindre souci, vous vous croyez invincible. À présent, tout ce que je veux, c’est m’entraîner. »
PISTOL SQUAT
LES JAMBES
C’est un squat sur une jambe : le dos droit, on ramène la cuisse parallèle au sol en gardant le pied bien haut.
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gaming
Wizards Unite s’acharne sur l’âme de Harry Potter.
TECHNOLOGIE
AUGMENTEZ VOTRE RÉALITÉ Harry Potter: Wizards Unite va lancer la plus grande gaming mania sur smartphone depuis Pokémon Go. Bonne ou mauvaise nouvelle ?
I
l y a trois ans, la réalité augmentée – la représentation numérique superposée à la réalité – changeait nos vies à jamais. Ce n’était pas une découverte mais Pokémon Go lui offrait une nouvelle dimension. Dans le monde entier, les lieux publics se trouvèrent envahis par des gens qui livraient une guerre sans merci à des créatures numériques peuplant des lieux réels. À son plus fort, le jeu compte 45 millions de joueurs quotidiens. Décriée par certains, la RA comporte pourtant des aspects positifs pour les gamers et leur environnement direct. Le jeu incite à des actions bénéfiques que nous ne ferions pas sans y jouer. Avec la sortie de Harry Potter: Wizards Unite, un jeu sur smartphone où l’univers des jeunes sorciers se mêle au nôtre, Niantic, créateur de Pokémon Go, devrait déclencher une nouvelle RA mania. Marc Woodhead, spécialiste de g amification, affirme que la réalité augmentée améliore notre vie réelle. Explications. harrypotterwizardsunite.com
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SAUVER LA PLANÈTE Pokémon Go possède un mode collaboratif grâce auquel des joueurs réels peuvent, même sans se connaître, s’unir et lancer un « raid » pour capturer des Pokémons réputés tels que Zapdos. Ainsi, lors de la journée mondiale de la Terre, 17 000 joueurs de Pokémon Go et de Ingress, premier jeu RA de Niantic, se sont associés pour ramasser 145 tonnes de déchets dans 41 pays. « La RA peut contribuer à la protection de la planète, souligne Woodhead. On peut imaginer une collecte de bouteilles après un festival où le score serait lié au volume ramassé. La RA enrichirait le jeu en signalant les bouteilles recyclables. » FAIRE DE L’EXERCICE En 2016, les joueurs de Pokémon Go parcourent collectivement 8,7 milliards de km soit de la Terre aux confins du système solaire. Une étude publiée dans une revue américaine de cardiologie révèle que grâce au Pokémon Go, le nombre de pas des individus augmente d’environ 35 % en moyenne, et de 13,2 % pour ceux qui atteignent la barre des 10 000 pas par jour. « La RA encourage l’activité physique,
« Prêt à portail » : des portes magiques pour naviguer entre les mondes.
MARC WOODHEAD Le gourou de la gamification
Entrepreneur et fondateur d’Holograph, une société créatrice de solutions numériques, de jeux et de RA pour de grandes enseignes, il est aussi à l’origine du concours en ligne pour désigner le plus populaire des personnages M&M’s. holograph.digital
affirme W oodhead. Des personnes sont passées d’une heure de sport par semaine à cinq ou six dans le seul but d’accumuler des pas. La compétition incite au dépassement de soi. » UN MORAL REQUINQUÉ En superposant le gameplay à notre réalité, Wizards Unite offre à tout moment la possibilité d’une récompense, un stimulus qui déclenche dans notre cerveau une sensation de plaisir. « J’ai observé des joueurs de tout âge et tous sans exception libèrent de l’endorphine naturelle qui booste leur humeur, ajoute Woodhead. Bien sûr, la bête virtuelle qui nous échappe peut aussi être source de frustration. Aussi est-il important de ne pas perdre le sens des réalités et de savoir relativiser. » LA VIE EN RÉALITÉ AUGMENTÉE La réalité augmentée devrait bientôt envahir notre quotidien, les jeux comme Wizards Unite en sont le prélude selon Woodhead : « Expérimenter le champ de vision interactive totale (intégration du corps humain dans le casque de réalité virtuelle HTC Vive, ndlr) où, rétréci, vous voyagez dans le corps humain, c’est juste incroyable. » Outre les outils pédagogiques, nous accéderons bientôt à plus de données RA facilitant notre vie dans le monde réel, surtout si vous avez un coup d’avance.
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MATT RAY
un Détraqueur de
PROFIL D’EXPERT
GETTY IMAGES
La mort, ça craint :
ENTRAÎNEMENT CÉRÉBRAL Les jeux en RA tels que Wizards Unite plongent le joueur dans deux mondes réunis, le nôtre et celui du jeu, avec des règles, des personnages et des défis nouveaux. « Les joueurs disposent d’une connaissance détaillée de tous les personnages, explique Woodhead. Un moyen efficace pour développer la capacité des jeunes à mémoriser et utiliser des données complexes et abstraites. » Une étude menée conjointement avec Jesse Gomez, neuroscientifique à Princeton, montre que les individus ayant joué à Pokémon Go ont une région de leur cerveau dédiée à la reconnaissance d’images du jeu.
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aux fourneaux
LE SECRET POUR CUISINER UN POISSON
À LA PEAU CROUSTILLANTE grâce à la science par Stuart Farrimond
On sèche !
Pour une peau croustillante, l’humidité doit avoir été préalablement absorbée. Prenez le temps de bien essuyer le filet et de le saler un peu avant de le glisser dans la poêle (chaude). Vous pouvez aussi gratter les écailles avec le dos du couteau pour évacuer les résidus d’eau.
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Bain salé
Un conseil pour un filet tendre : plongez le saumon dans un bain d’eau salée pendant dix minutes (quatre cuillères à soupe de sel pour un litre d’eau) pour que la chair reste ferme sur les bords lors de la cuisson. Cette astuce vaut aussi pour les poissons à chair blanche et les poissons plus gras.
Cuisiner à l’oreille
Dès que l’huile commence à fumer, il est temps de déposer délicatement le filet dans la poêle. Si ça ne grésille pas, c’est qu’il est trop tôt, sortez-le et attendez un peu. Puis écrasez le filet doucement avec la spatule pour qu’il reste bien aplati (sous l’action de la chaleur, les bords ont tendance à se rétracter). Baissez un peu la température et laissez le poisson grésiller un moment, ajoutez de l’huile s’il colle à la poêle.
Retournement de situation
Ne retournez pas le filet trop tôt : la peau doit être complètement déshydratée pour griller à 140 °C. C’est là que les protéines et le sucre formeront une croûte dorée et croustillante à la surface. Quand le poisson est cuit aux deux-tiers, retournez-le doucement sans abîmer la peau. Laissez cuire b rièvement de l’autre côté. Puis servez-le, ou, si le morceau a plus de 2,5 cm d’épaisseur, mettez-le au four 10 minutes à 180 °C.
LA CUISSON AU LAVE-VAISSELLE
STUART FARRIMOND
Tu me fais mariner ?
Mettons que votre cuisinière ait rendu l’âme… Tournezvous vers votre lave-vaisselle : c’est une alternative économique pour cuire votre poisson en papillote. Il ne sera pas croustillant, mais très savoureux s’il a été bien assaisonné. Placez votre filet dans une feuille d’alu, mettez-y du citron, des herbes et du beurre.
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F ermez-le bien. Placez-le dans la partie supérieure de la machine, et faites-le tourner deux heures à 70 °C (cycle c asseroles sales).
5 Pas besoin d’attendre
Contrairement aux viandes rouges, le poisson n’a pas besoin de reposer après avoir été grillé. Sa chair étant plus tendre et son taux de protéines différent, on peut le manger aussitôt cuit.
STUART FARRIMOND Le spécialiste en bromatologie (science des aliments) est écrivain, animateur et conférencier. Il est l’auteur de Cuisinology (Marabout) et fait de fréquentes apparitions à la télé et la radio anglaises.
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août-novembre au 25 août Red Bull Airborne Qualifier France Rendez-vous dans les airs pour l’étape qualificative du Red Bull Airborne France ! Les meilleurs aerial surfeurs français s’affronteront sur la plage de la Chambre d’Amour à Anglet, en marge du Deeply Anglet Pro, pour tenter de remporter leur wild-card pour le Red Bull Airborne Series. Les participants devront faire preuve de style, d’engagement et de créativité afin de séduire public et juges. Anglet ; redbull.com
2 REDNEPTUNEBULLSTEPS Plongez en eaux froides près de Rennes pour une course de natation aussi ardue qu’atypique ! Trois écluses et deux obstacles à franchir entre chacune, pour 800 m de natation, dans une eau à 10 °C, voilà ce qui attend les 250 courageux qui oseront s’élancer dans cette épreuve hors norme. Endurance et mental seront les ingrédients indispensables pour remonter à contre-courant le canal d’Ille-etRance. Prêt(e)s à relever le défi ? Hédé-Bazouges ; Infos et inscription sur redbull.com
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au 25 août H24 de vélo ! Plus de 4 000 cyclosportifs s’élanceront sur le circuit mythique des 24 Heures du Mans pour la 11e édition des 24 Heures Vélo. Solo ou en équipe de 2, 4, 6 ou 8 coureurs, les musclés devront aussi bien faire le tour du circuit Bugatti que celui de l’horloge. C yclistes confirmés ou amateurs, tous donneront du mollet ! Circuit Bugatti du Mans ; 24heuresvelo.fr
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au 15 septembre Mondiaux d’apnée Un événement à couper le souffle ! La baie de Villefranche-sur-Mer accueillera des athlètes du monde entier pour le championnat du monde individuel d’apnée. Près de 140 compétiteurs issus de trois disciplines différentes tenteront de battre des records ! Le public pourra également plonger dans la discipline grâce à des baptêmes d’apnée encadrés par des professionnels. Nice, baie de Villefranche-sur-Mer ; villefranche-sur-mer.fr
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au 22 s ept. SailGP Cap sur Marseille ! Après quatre étapes à travers le monde, le SailGP (et le team France mené par Billy Besson) met les voiles vers la cité phocéenne pour la Grande f inale. À bord de catamarans AC50, tout nouveaux bolides des mers, six nations s’affronteront lors d’une série de courses rapides, courtes et intenses, en Rade Nord, face à la Digue du Large. Marseille ; sailgp.com
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DAMIEN POULLENOT/WSL/RED BULL CONTENT POOL, LEO FRANCIS/RED BULL CONTENT POOL
novembre
Voir.
BARTEK WOLINSKI/RED BULL CONTENT POOL, KEITH SOLOMON/RED BULL CONTENT POOL, GRAEME MURRAY/RED BULL CONTENT POOL
AU CŒUR DE LEUR QUOTIDIEN
Que vous décidiez de suivre Rachel Atherton au sommet de la Coupe de d escente ou Kelly Rowland dans l’enceinte des Red Bull Music Studio Sessions, voici les immanquables au programme de Red Bull TV.
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Rachel Atherton lors de sa descente victorieuse à Lenzerheide, en 2018.
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COUPE DU MONDE UCI DE VTT À LENZERHEIDE
Un tracé long de 2,5 kilomètres et parsemé de passages compliqués à négocier comme le saut #fullgas, voilà ce qui fait le charme de la Coupe du monde de descente, tant pour les coureurs que pour les spectateurs. La compétition de cross country a aussi un gros potentiel stimulant. L’an dernier, l’Anglaise R achel Atherton (photo) remportait l’or en descente.
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août LIVE
RED BULL MUSIC STUDIO SESSIONS
REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT
Red Bull TV est une chaîne de télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en d irect ou en différé. Le plein de contenus originaux, forts et c réatifs. Vivez l’expérience sur redbull.tv
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Un documentaire unique dans les coulisses du business de la pop où l’on assiste à l’élaboration de trois chansons avec la chanteuse Kelly Rowland (photo), le parolier Alex Saad et le producteur Fabian Mazur.
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CRANKWORX
D’égal à égal avec les meilleurs vététistes au monde et leurs sauts spectaculaires, leurs tricks bluffants et un tempo de fou. Cette fois, Crankworx fait étape à Whistler, au Canada. L’Allemand Erik Fedko (photo) sera bien évidemment de la partie.
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TOUS LES CHEMINS...
Ce n’est pas le cycliste mais le terrain qui choisit le vélo. Nous vous proposons ici ce qu’il vous faut pour chaque type de bitume, chemin et sentier rocailleux. Photos TIM KENT
Trois vélos adaptés à toute surface, de l’asphalte urbain aux pistes non goudronnées jusqu’à la forêt du coin et bien audelà. De haut en bas : vélo de route TIFOSI Mons Disc X Cole Coatings, tifosicycles.co.uk ; vélo CANYON Grail AL 8.0 gravel, canyon.com ; VTT INTENSE Sniper Trail, intensecycles.com
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ROUTE
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À partir du haut de gauche à droite : maillot VOID Capsule, voidcycling.com ; cape ENDURA FS260-Pro Adrenaline, endurasport.com ; casque GIRO Aether MIPS, giro.com ; manche thermique PEARL IZUMI Elite, pearlizumi.co.uk ; gants ENDURA Hyperon Mitts II, endurasport.com ; tour du cou BUFF Mash, buffwear.co.uk ; pompe SPECIALIZED Air Tool Mini Road, specialized.com ; maillot CHAPEAU! Madeleine, chapeau.cc ; maillot CASTELLI Gabba 2, castelli-cycling.com ; chambre à air SPECIALIZED Standard à valve Presta, specialized.com ; LEZYNE Mega XL GPS, lezyne.com ; lunettes de soleil 100 % Speedtrap Soft Tact, ride100percent.com ; chaussures SPECIALIZED Torch 2.0 Road, specialized.com ; sacoche de selle SILCA, silca.cc ; casquette Lightweight CHAPEAU!, chapeau.cc ; chaussettes Keep Going Lite Tab STANCE, stance.eu.com ; pédales SHIMANO PD-EH500 SPD, shimano.com ; veste SPECIALIZED Element 1.0, specialized.com
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GUERRIER DE LA ROUTE
Le Tifosi Mons Street est sorti en 2017. Ses 4,61 kg en font le vélo le plus léger du monde. Un record obtenu un peu par hasard puisque le but initial était de créer le vélo le mieux adapté à un usage quotidien. Le cadre en carbone du Disc X ne pèse que 860 g. tifosicycles.co.uk
GRAVEL
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À partir du haut de gauche à droite : veste à capuche PEARL IZUMI Versa Softshell, pearlizumi.co.uk ; veste ENDURA Hummvee Lite, endurasport.com ; chaussettes GIRO Rumble VR, giro.com ; dérive chaîne BIRZMAN Light-Er, birzman.com ; cartouche à pompe CO2 BIRZMAN Roar, birzman.com ; multi-outils BLACKBURN Switch, blackburndesign.com ; éclairage EXPOSURE LIGHTS Six Pack Sync, exposurelights.com ; lampe arrière KNOG Cobber, knog.com ; maillot MONS ROYALE Redwood Enduro VLS, monsroyale.com ; casque SCOTT SPORTS Centric Plus, scott-sports.com ; pompe au sol BIRZMAN Horizons-Apogee, birzman.com ; short ENDURA Hummvee, endurasport.com ; ceinture ARCADE Adventure, arcadebelts.eu ; sac à dos CHROME INDUSTRIES Summoner, chromeindustries.com ; crèmes Chamois CHAPEAU!, chapeau.cc ; gants SPECIALIZED LoDown, specialized.com ; lunettes de soleil 100 % S2 Soft Tact Flume, ride100percent.com ; chambre à air à valve Presta SPECIALIZED, specialized.com ; pneu PANARACER GravelKing 700 x 32, panaracer.com ; chaussettes STANCE Wheelie Quarter, stance.eu.com
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UNE TENUE D’ENFER
Bitume ou sentiers ? Pourquoi pas les deux ? Les vélos Gravel existent pour ça – résistants sur les collines, légers en ville. Le guidon du Canyon Grail incarne le concept à la perfection, sa zone flexible est d’un grand confort et sa barre inférieure ergonomique. canyon.com
MONTAGNE
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À partir du haut de gauche à droite : genouillères 100 % Fortis, ride100percent.com ; chambre à air MICHELIN Air Stop MTB 27.5, bike.michelin.com ; sangle GRANITE DESIGN Rockband, granite-design.com ; short TROY LEE DESIGNS Skyline, troyleedesigns.com ; kit de réparation DYNAPLUG Megapill, dynaplug.com ; gants ENDURA SingleTrack LiteKnit, endurasport.com ; maillot VOID Orbit, voidcycling.com ; casque TSG Scope, ridetsg.com ; maillot CUBE Edge, cube.eu ; chaussures CUBE ATX OX, cube.eu ; cartouche CO2 SPECIALIZED, specialized.com ; lunettes 100 % Racecraft Hot Rod, ride100percent.com ; lunettes de soleil 100% Speedtrap Soft Tact, ride100percent.com ; casque carbone Legit BLUEGRASS EAGLE, bluegrasseagle.com ; pédales CRANK BROTHERS Stamp 7, crankbrothers.com ; feextube avec leviers à pneus BIRZMAN, birzman.com ; messagerie bidirectionnelle par satellite SPOT Spot X, findmespot.eu ; sac d’hydratation DAKINE Syncline 12L, dakine.com ; pelle pliante SILVERLINE, silverlinetools.com ; pneu SCHWALBE Hans Dampf Addix soft tubeless 27.5+, schwalbe.com ; pompe LEZYNE Digital, lezyne.com ; chausettes STANCE Endo Crew, stance.eu.com ; veste LEATT DBX 2.0, leatt.com
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ASCENSEUR ÉMOTIONNEL
Branché montagne ? Il vous faut un bike taillé pour. L’Intense Sniper Trail Pro est doté de la suspension JS Tuned signée Jeff Steber, boss de la marque, et de deux biellettes contrarotatives pour plus de stabilité et de traction en montée et en descente. intensecycles.com
MENTIONS LÉGALES
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The Red Bulletin est actuellement distribué dans sept pays. Leo (DiCaprio) et Brad (Pitt) sont en une de l’édition allemande. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com
Les journalistes de SO PRESS n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. SO PRESS n’est pas r esponsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.
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Rédacteur en chef Alexander Macheck Rédacteurs en chef adjoints Andreas Rottenschlager Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English, Tara Thompson Directeur photos Fritz Schuster Directeurs photos adjoints Marion Batty, Rudi Übelhör Responsable de la production Marion Lukas-Wildmann Managing Editor Ulrich Corazza Rédaction Christian Eberle-Abasolo, Jakob Hübner, Arek Piatek, Nina Treml, Stefan Wagner, Andreas Wollinger Maquette Marion Bernert-Thomann, Martina de Carvalho-Hutter, Kevin Goll, Carita Najewitz Booking photos Susie Forman, Ellen Haas, Eva Kerschbaum, Tahira Mirza Directeur global Media Sales Gerhard Riedler Directeur Asset Sales Alfred Vrej Minassian Coordination ventes internationales Stefanie Krallinger Directeur commercial & Publishing Management Stefan Ebner Publishing Management Sara Varming (Dir.), Ivona Glibusic, Bernhard Schmied, Melissa Stutz, Mia Wienerberger Communication B2B Katrin Siegl, Christoph Rietner Directeur créatif global Markus Kietreiber Solutions créatives Eva Locker (Dir.), Mathias Blaha, Edith ZöchlingMarchart, Verena Schörkhuber, Julia Bianca Zmek Maquette commerciale Peter Knehtl (Dir.), Sasha Bunch, Simone Fischer, Martina Maier Emplacements publicitaires Manuela Brandstätter, Monika Spitaler Production Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Sabine Wessig Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Nenad Isailovi c,̀ Sandra Maiko Krutz, Josef Mühlbacher Fabrication Veronika Felder Office Management Yvonne Tremmel (Dir.), Alexander Peham Informatique Michael Thaler Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Klaus Pleninger (Distribution), Nicole Glaser (Distribution), Yoldaş Yarar (Abonnements) Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, 1140 Vienne, Autriche Téléphone +43 (0)1 90221-28800, Fax +43 (0)1 90221-28809 Web redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals bei Salzburg, Autriche, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Directeur de la publication Andreas Kornhofer Directeurs généraux Dietrich Mateschitz, Gerrit Meier, Dietmar Otti, Christopher Reindl
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THE RED BULLETIN Autriche, ISSN 1995-8838 Country Editor Christian Eberle-Abasolo Révision Hans Fleißner (Dir.), Petra Hannert, Monika Hasleder, Billy Kirnbauer-Walek Publishing Management Bernhard Schmied Directeurs Media Sales Peter Strutz, Mario Filipovic Coordination ventes Thomas Hutterer Publicité anzeigen@at.redbulletin.com
THE RED BULLETIN Mexique, ISSN 2308-5924 Country Editor Luis Alejandro Serrano Rédactrice adjointe Inmaculada Sánchez Trejo Secrétaire de rédaction Marco Payán Relecture Alma Rosa Guerrero Country Project Management Giovana Mollona Publicité Alfredo Quinones, alfredo.quinones@redbull.com
THE RED BULLETIN Royaume-Uni, ISSN 2308-5894 Country Editor Tom Guise Rédacteur associé Lou Boyd Rédacteur musical Florian Obkircher Directeur Secrétariat de rédaction Davydd Chong Secrétaire de rédaction Nick Mee Publishing Manager Ollie Stretton Publicité Mark Bishop, mark.bishop@redbull.com
THE RED BULLETIN Suisse, ISSN 2308-5886 Country Editor Arek Piatek Révision Hans Fleißner (Dir.), Petra Hannert, Monika Hasleder, Billy Kirnbauer-Walek Country Project Management Meike Koch Publicité Marcel Bannwart (D-CH), marcel.bannwart@redbull.com Christian Bürgi (W-CH), christian.buergi@redbull.com
THE RED BULLETIN USA, ISSN 2308-586X Rédacteur en chef Peter Flax Rédactrice adjointe Nora O’Donnell Éditeur en chef David Caplan Directrice de publication Cheryl Angelheart Publicité Todd Peters, todd.peters@redbull.com Dave Szych, dave.szych@redbull.com Tanya Foster, tanya.foster@redbull.com
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Pour finir en beauté
Hip-hop ou locking ? Rihanna ou Céline Dion ? Au Red Bull Dance Your Style, qu’importe le son et le style : il faut être le ou la meilleure aux yeux du public, seul juge de la session. Le 12 octobre, la Grande Halle de la Villette à Paris accueillera la finale mondiale de ce concours de street dance. Ici, le danseur Kypros décolle au Trocadéro lors d’une étape qualificative menant au grand événement.
Le prochain THE RED BULLETIN n° 91 disponible dès le 22 août 2019 98
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