AOÛT 2012
FAIS COMME L’OISEAU
Hydroptère, révolution technologique en marche
ACTE DE NAISSANCE
Vivez les premiers cris de la DS3 XL, reine des X Games de Los Angeles
T G R éléch AT ar l’ap UITE gez TA pli poM E NT BL ET ur TE S lément Ce supp tous le s rt e ff o st e ec mois av L’Équipe
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LE MONDE DE RED BULL
Août 17
EXPLORATION On dit de certaines personnes qu’il y a du monde dans leur tête... Celle de Steve Carell est plutôt bien faite.
LA FOUDRE BOLT Le meeting de Zurich est le rendezvous estival des stars de l’athlé. La Jamaïque sera bien représentée.
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PHOTO DE UNE : PATRICK HOELCK PHOTOS : PICTUREDESK.COM, GETTY IMAGES (2), MARTIN MIERZWA/RED BULL CONTENT POOL
MOIS DOUTE Ah, les embruns, le sable chaud, la mer, douce comme un souffle de tramontane à même la peau, tout cela ressemble au bonheur. Celui des longues soirées d’été à refaire le monde, prendre de bonnes résolutions en vue d’une rentrée, toujours, comment dire, prenante. Les doutes du moi. Ça tombe bien, The Red Bulletin a pensé à tout afin d’assurer une transition harmonieuse vers l’été... indien. Prenez de la hauteur avec Felix Baumgartner, Blanix ou l’incroyable et visionnaire Hydroptère, décrochez DeMarcus Ware ou accrochez-vous à la DS3 XL de Loeb, reine de la Cité des Anges.
Bonne lecture ! Votre Rédaction
25
MARILYN MONROE Cinquante ans après sa mort, le mythe reste intact.
Blanix-périence
« À 4 000 mètres
d’altitude, une patrouille en forme de losange... »
44
PROJET [BLANI] X III Vous savez ce dont Red Bull est capable. Voyez ici à quel point les limites sont, en permanence, repoussées. Saisissant.
LE MONDE DE RED BULL
Août LOEB ET SA DÉESSE La DS3 XL pilotée par Sébastien Loeb aux X Games de Los Angeles est un monstre.
74
LA VIE EN ROSWELL Reportage dans cette ville du NouveauMexique qui verra Baumgartner fouler le sol après son saut.
86
52 SA VIE ? C’EST DE LA BOMBE
On l’appellera Éric. On dira qu’il réside en Europe et que son emploi du temps cultive le mystère. Éric est démineur.
58 HORNER SWEET HOME
Le boss de Red Bull Racing nous accueille chez lui, au cœur de la campagne anglaise. So sweet.
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HYDROPTÈRE FOREVER Reportage époustouflant sur l’Hydroptère développé par DCNS et Alain Thébault. Dix pages pour tout comprendre du trimaran le plus rapide de la planète.
08 Photos du mois 14 Énergisant... à petites doses 16 Visa pour Perpignan 18 Le portrait de Tony Sylvester 19 Ça se Corse pour Red Bull Cliff Diving 20 Hier et aujourd’hui 22 Formule magique
PHOTOS : FLAVIEN DUHAMEL/RED BULL CONTENT POOL, CHRISTIAN PONDELLA/RED BULL STRATOS, ERWIN POLANC, DANIEL GEBHART DE KOEKKOEK, DESMOND MUCKIAN, CHRISTOPHE LAUNAY
70
SKATEUR FOU Philipp Schuster fait du skate dans une maison aménagée. Il est comme ça...
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Consommations mixtes et émissions de CO2 de Citroën DS3 Just Mat : de 3,8 à 6,0 l/100 km et de 99 à 139 g/km.
LE MONDE DE RED BULL
Août « Tu te sens dans la peau d’un gladiateur. »
24 À KITE OU DOUBLE
Son truc à lui : s’envoyer en l’air. Aaron Hadlow est kitesurfer. Il dévoile ses bobos corporels et revient sur ses années de compétition et ses séances d’entraînement.
DeMarcus Ware
38
WARE EST D’ATTAQUE La douceur de son regard est trompeuse. DeMarcus Ware est un des plus beaux bébés de la NFL. Il vaut mieux ne pas le croiser sur son chemin.
84 TOMATES PRESSÉES
Si fin août vous ne savez pas quoi faire, plongez dans La Tomatina. Nous vous donnons toutes les infos sur ce délire très espagnol.
De corps et d’esprit 88
TRAINING
Ryan Doyle a un jeu de jambes exceptionnel. La preuve par l’image.
96 FOCUS
Les événements sportifs à ne pas manquer en juillet.
26
SANS AUCUNE ANIMAUX-ITÉ
Un safari photo ? Plus que cela. Benny Rebel est parvenu à gagner la confiance de la plupart des animaux sauvages. Images uniques.
97 KAINRATH Un joli coup de
90 NIGHTLIFE
crayon sportif qui s’active aussi sur l’iPad.
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PLEINE LUCARNE
L’œil de Christophe Ono-dit-Biot reste toujours grand ouvert. Le journalisteécrivain livre son point de vue décalé sur le monde.
Découvrez TNGHT dans les bacs, le Club romain Room 26, les saveurs du Buddho Banana, Mike Skinner producteur et les Churros de Barcelone.
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Haute tension
À 500 mètres au-dessus du sol, Eskil Rønningsbakken, 29 ans, virevolte autour d’une barre fixée sur un éperon rocheux à Odda, dans le sud de la Norvège. « J’utilise mon corps pour créer des images dans le paysage », confie l’équilibriste qui effectue ses cascades sans harnais de sécurité. Pour se préparer, il fait des exercices de respiration et du yoga. Les numéros d’équilibriste d’Eskil sont à voir sur www.globalbalancing.com Photo : Sindre Lundvold
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du mois
G O RG E S D E L A PI E R R E- LYS , FR AN C E
HAUT Perché
La voie de L’Échine du Diable près de Quillan (Aude) dans les Pyrénées. « Ici, on peut escalader en toute décontraction », selon le photographe Sam Bié. Pendant qu’il réalise ce cliché suspendu dans le vide, en dessous de lui la première et la deuxième de cordée, Laurence Combes et Lucie Vigouroux se détendent à la 6e allonge. Pour l’intrépide photographe, « la vue d’en haut est tout de même impressionnante ». Photos d’escalade dans le monde sur www.sambie.fr Photo : Sam Bié
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C H UTE S VI C TO R IA , Z I M BABW e
HAUTE ALTITUDE
« Le bruit de l’eau couvre celui du moteur de mon parapente et des arcs-en-ciel brillent dans la brume. » L’aventurier Thomas De Dorlodot se souvient de son vol au-dessus des vertigineuses chutes Victoria sur le fleuve Zambèze, à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe. Une image forte du périple de quatre mois en Afrique effectué par le pilote belge et son complice Horacio Llorens et récompensé de « la meilleure perspective sur le monde ». Journal de l’expédition sur www.searchprojects.net Photo : John Stapels
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du mois
DROP ZONE COMPÉTITION
OÙ ATTERIRA FELIX BAUMGARTNER LORS DE SON SAUT DEPUIS LA FRONTIÈRE DE L’ESPACE?
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Bullevard Énergisant... à petites doses
L’air de rien Les prochains Championnats du monde d’Air Guitar ont lieu en Finlande du 22 au 24 août. Aline Westphal Aline « The Devil’s Niece » Westphal, tenante du titre, nous présente ses trois meilleurs morceaux.
REVERSED DE GLUECIFER Des accords endiablés succèdent aux solos. Une dramaturgie géniale pour une gestuelle démente.
REBEL YELL DE BILLY IDOL Une performance qui donne beaucoup à voir et à entendre avec des riffs remarquables.
BELLE COMME… Les poubelles de TRASHed sont les vraies stars des festivals de musique.
Voici quelques poubelles évoquant le 7e art comme le robot R2-D2 de Star Wars. C3PO l’a laissé tomber.
Hunter S. Thompson en dessine une puis tout s’enchaîne. Les punks de Blink-182, le surfeur pro Jodie Nelson et 2 400 autres sportifs et artistes en font autant. Peintes à la bombe aérosol et au stylo-retouche, les poubelles de TRASHed-Projects ressemblent à des robots en Lego. L’idée vient de l’entreprise californienne Global Inheritance. Le but est de sensibiliser les jeunes au recyclage à travers toutes sortes de personnages. C’est ce qui explique la présence de ces poubelles dans des festivals de musique comme Coachella ou aux X Games où chacun peut s’improviser artiste concepteur de poubelle. www.globalinheritance.org
LES IMAGES DU MOIS
UN INSTANT SVP !
PRETENDER DE FOO FIGHTERS C’est avec ce morceau que je gagne les Championnats du monde. Il y a de l’énergie à gogo. www.airguitarworld championships.com
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Faites-nous partager votre univers trépidant en envoyant vos clichés à : phototicker@redbulletin.com Les meilleures photos seront tirées au sort. Le ou la gagnante repartira avec la gourde suisse SIGG siglée The Red Bulletin.
Laibach Sur la rampe de lancement, cet Avatar se prépare au décollage. Philip Platzer, Red Bull Flugtag
À voir ! Docus de sport au cœur de l’action
Ronnie Renner en pleine action au Staples Center.
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X Games 2012, le grand cru ! Chaque année, les X Games écrivent indéniablement l’histoire du BMX, du motocross, du skateboard et du rallycross. Le double backflip de Travis Pastrana sur moto ou le double salto avant en BMX d’Anthony Napolitan en sont quelques exemples. Fin juin, à Los Angeles, nous avons pu assister à ceci : • lors du motocross Step up, Ronnie Renner passe une barre située à 14,3 mètres de haut, soit le nouveau record des X Games, • avec deux rotations et demi autour de son propre axe, Mitchie Brusco réussit le premier 900° en skateboard, • en Skateboard Street, P-Rod Rodriguez bat le grand favori Ryan Sheckler, • le pilote Tanner Foust et le cascadeur Greg Tracy balancent simultanément leur voiture pour un double looping de plus de 18 mètres de haut. Nouveau record du monde. Sébastien Loeb s’adjuge facilement l’épreuve de rallycross. Andy Scott l’a bien aidé en envoyant Travis Pastrana dans le décor lors des qualifications. Pastrana : « What the hell was that, dude ? » Plus sur espn.go.com/action/xgames/
STRENGTH IN NUMBERS Du VTT dans des lieux insolites avec des stars comme Brendan Semenuk ou Gee Atherton.
THAT’S THE WAY Ce docu en Full-HD est une immersion dans la vie des acrobates téméraires du freestyle motocross.
COUP DE POING Dolph Lundgren revient sur le devant de la scène. Avant de s’engager en politique ? Aux côtés de vétérans comme Jean-Claude Van Damme, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger, l’acteur de 54 ans fait un retour sur le grand écran dans The Expendables 2, vingt-sept ans après être devenu une star de films d’action avec Rocky IV. Saviez-vous que ce Suédois est plusieurs fois Champion national de karaté et diplômé en génie chimique ? : Ça fait quoi un coup de poing devant la caméra ? Dolph Lundgren : Un coup n’est pas un problème, on l’encaisse. Plus dangereux est le choc lorsque vous êtes projeté contre un mur. La violence avec laquelle votre corps s’écrase et retombe au sol peut
TOWN OF RUNNERS Un documentaire sur une petite ville en Éthiopie qui, année après année, enfante les meilleurs coureurs de fond du monde.
provoquer de graves blessures. Votre formation vous sertelle dans vos tournages ? Oui. C’était d’ailleurs pour ce film lorsque nous sommes prisonniers dans une grotte. Pour libérer toute l’équipe, mon personnage propose d’utiliser de la dynamite. Le spécialiste de chimie que je suis vous dirait que pas un n’y survivrait. L’idée d’entrer en politique vous titille-t-elle ? Mon engagement en faveur de l’écologie est notoire. Les Verts suédois me sollicitent. Je ne suis pas réticent à l’idée mais pour cela, je dois vivre en Suède. Et aujourd’hui je me sens encore très bien en Californie. Dans les salles le 22 août prochain www.theexpendables2film.com
Randy Couture, Dolph Lundgren et Terry Crews
PHOTO GAGNANTE
Vancouver Au Red Bull Divide and Conquer, les kayakistes se jettent dans les eaux de la Capilano River. Dale Tidy
Édimbourg
La cycliste Anna Glowinski finit deuxième sur le plus petit vélodrome du monde. Dougie Cunningham, Red Bull Mini Drome
Breda
Lors du Fierljeppen (saut longue distance en hollandais), Jaco de Groot franchit 21,39 mètres. Jarno Schurgers, Red Bull Fierste Ljepper
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B U L L E VA R D
Just Beat It À l’occasion de la fête de la musique du 21 juin dernier, Red Bull Beat It s’est permis d’enflammer la capitale. Douze danseurs s’affrontent sur trois spots devant un public chargé de désigner le candidat victorieux. Le premier rendez-vous s’est déroulé dans les travées de Saint-Lazare. Très à l’aise sur Smooth Criminal de Michael Jackson, Méda a mis la foule en transe. À Montmartre, deuxième étape de l’épreuve, un soleil au zénith chauffe l’ambiance. Varinn épate ses fans. Ils le plébiscitent en finale. Enfin, l’esplanade du Trocadéro, lieu mythique des breakdanceurs français, voit Mufasa s’imposer au détriment de Blondy. Rendez-vous le 22 novembre prochain pour une édition spéciale de Red Bull Beat It au 1515 à Paris, avec, cette fois, des battle entre danseurs internationaux et tricolores. Battle à (re)voir sur www.redbull.fr/beatit
Manchester
Mark Leslie et Tasha Gresham (au milieu) ont rencontré le groupe Twin Atlantic. Jimmy Throgmorton
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VISA POUR PERPIGNAN
Directeur général de Visa pour l’image, Jean-François Leroy présente l’édition 2012.
: Que va-tde Ceaucescu, la place Tian’anon découvrir cette année à men... Tout s’enchaînait très Visa pour l’image du 1er au vite. Ce qui s’accélère au16 septembre ? jourd’hui, c’est la propagation - : Vingtdes rumeurs qui imposent la cinq à trente expositions sont Jean-François vérité. Il y a de gros risques de Leroy présentes. Nous voulons rester manipulation. Pour réagir plus réactifs quant à l’actualité tout en vite, beaucoup d’agences utilisent des ayant le souci de mettre en avant les correspondants locaux qui travaillent travaux de fond. Les infos, ce ne sont bien, mais j’ai aussi envie de voir le pas que du sang et de la violence. regard du photographe étranger sur Le travail de Stephanie Sinclair sur l’actualité. Dans cet esprit, Visa tient le mariage des enfants en Afghanistan un rôle de sentinelle. ou Stanley Green sur le recyclage Le public est toujours aussi fidèle... d’outils informatiques, c’est du En 2011, plus de 200 000 visiteurs photojournalisme de notre époque. sont venus. Les gens ont envie qu’on L’actualité prend-elle de vitesse le leur montre un travail photographotojournalisme ? phique de qualité. Message adressé Non. En 1989, première année de aux dirigeants des groupes de presse. Visa Plus d’infos sur www.visapourlimage.com Visa, on vit la chute du mur de Berlin,
Barcelone Le Soul man américain Jesse Boykins III donne le ton aux spectateurs de Sonar. Lander Larrañaga
Prague
Le biker pro Michal Marosi n’a pas besoin de chaîne de vélo lors du Downhill-Event. Dan Vojtech, Red Bull Pump Riders
TEXTE: ETIENNE BONAMY. PHOTOS: JIM LO SCALZO (1), CORBIS (1), LITTLE SHAO/RED BULL CONTENT POOL (2)
L’art visuel est poussé à son paroxysme à Perpignan début septembre.
B U L L E VA R D
EXPLORATION
L’EFFET CARELL
Jeune quinquagénaire, Steve Carell, alias Mr. 40 ans, toujours puceau est le plus génial des idiots du cinéma et l’un des plus gros bosseurs. The Red Bulletin a voulu savoir pourquoi il est aussi drôle.
EMPORTÉ PAR LE DELUGE
ENFA NT CLOW N
« Le succès est un thème récurrent de réflexion. Avoir réussi suscite en moi un sentiment très étrange », concède Carell en 2010, l’ann ée où son cachet par film grimpe à quinz e millions de dollars. Il encaisse cette somme pour le rôle principal dans la parodie du délug e biblique, Evan Tout-Puissant. Sorti en 2007, le film est le 11e plus gros budget de l’histoire. Côté recettes, il stagne à la... 4 011e place. Pas de quoi rire.
Steven « Steve » John Carell naît le 16 août 1962 à Concord, dans le Massachusetts, à trente kilomètres de Boston. « Mon mari et moi avons été très sévères dans l’éducation de nos trois premiers garçons, confesse Harriett, sa mère, au New Yorker. Quand Steven est arrivé, on était usés. Nous avons lâché prise et profité de ses facéties. »
ROI DE L’IMPR O
TALENTS MULTI PLES
Le jeune Steve exporte sa clownerie au-delà du cercle familial, dans le théâtre scolaire. Puis, à l’université, où il étudie le théâtre et le droit avant que ses parents ne lui enjoignent de choisir une formation qui le motive vraiment. Il rallie Chicago et rejoint en 1987 The Second City, une troupe d’improvisation théâtrale qu’ont notamment fréquentée Bill Murray, Mike Myers et Tina Fey.
L’image de comique renvoie à celle d’un sympathique « Monsieur tout le monde ». Or, sa palette d’acteur offre bien plus. Carell est génial en universitaire gay et déprimé dans Little Miss Sunshine, tout comme dans Coup de Foudre à Rhodes Island où il joue un veuf grincheux, père de trois filles et amoureux de la petite amie de son frère. En 2004, il interprète aussi un petit rôle dans Melinda et Melinda de Woody Allen.
TRAGÉD IE GRECQU E
TEXTE : PAUL WILSON. ILLUSTRATION : LIE-INS AND TIGERS
NEW YOR K, NEW YOR K !
La fausse note majeure de Carell, à ce jour, est son interprétation de chef cuisinier grec braillard en 1997 dans la sitcom Over The Top. Beau joueu r, Carell rapporte cette critique sur sa prest ation : « J’avais vu à la morgue des frigos remp lis de cadavres, le scalp d’un homme posé sur son visage. Mais je peux affirmer qu’av ant de voir Carell dans Over The Top, je ne savais pas ce qu’était la véritable horreur. »
Il devient enseignant à The Second y City et compte parmi ses élèves Nanc Walls qu’il épouse en 1995. Le couple che s’installe à New York quand Nancy décro t Live. un job dans l’émission Saturday Nigh te de En 1999, Stephen Colbert, autre acoly Carell The Second City, recommande Steve journal dans le rôle du faux correspondant du , satirique de l’émission de divertissement nt leme génia s rtage repo Ses . The Daily Show décalés s’étirent jusqu’en 2005.
TÊTE À CLAQUES 2005, LA BONNE ANNÉE
Annus mirabilis Carelli. Deux rôles vont changer sa carrière. Trois jours après ses 43 ans, sort 40 ans, toujours puceau, le film où Carell incarne un complexé sympathique dont la gaucherie lui ouvre le cœur d’une jolie femme. Et c’est le début, à la télé, de la série The Office (Le Bureau).
Lorsque la série britannique The Office est adaptée aux États-Unis, l’équipe américaine choisit de faire de Michael Scott, rôle principal de la série, un personnage détestable imaginé par Ricky Gervais et incarné par Carell. L’audience n’est pas au rendez-vous. Le rôle est retravaillé pour être plus proche de la personnalité de Carell. La série vient d’être reconduite pour une neuvième saison, la deuxième sans Carell.
TOUJO URS PLUS
Cet été, Carell est à l’affiche de deux films : Seeking a Friend for the End of the World déjà dans les salles, et bientôt Hope Springs. L’an prochain, il sera aux côtés de Will Ferrel dans Anchorman 2 et de Jim Carrey dans Burt Wonderstone où les deux comiques incarnent des magiciens rivaux. Le teaser d’Anchorman 2 est à découvrir sur www.funnyordie.com
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B U L L E VA R D
VISIONNAIRE
SYLVESTER MET LE TURBO
Tony Sylvester a un sacré franc-parler. Autrefois porte-parole de Turbonegro, le voici catapulté chanteur du groupe. The Red Bulletin lui donne la parole. Attention, ça secoue !
Multicartes Sylvester est aussi journaliste dans le milieu de la mode. « J’ai notamment écrit sur la couture et sur l’évolution de la mode masculine au cours des 120 dernières années. » Il a également été modèle « grandes tailles » pour un couturier et fut le chanteur du groupe underground londonien Dukes of Nothing.
Turbonegro (de gauche à droite) : Happy Tom (basse), Euroboy (guitare), Tony Sylvester, Rune Rebellion (guitare rythmique) et Tommy Manboy (batterie)
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« En 1997, je travaillais pour un distributeur de disques. Chaque jour, les sociétés de production nous envoyaient des kilos de CDs et, dans 99 cas sur 100, ils étaient pourris. Un jour, un enregistrement de Turbonegro arrive au magasin. C’était Ass Cobra. Dans le livret, des hommes nus sont en photo et les titres des chansons sont complètement dingues. Je suis aussitôt tombé fou amoureux de ce groupe. « Assister à un concert de Turbonegro, c’est comme aller à une fête. Vous pouvez être sûr que les plus belles filles seront là, que vous ne risquerez pas de mourir de soif et que vous serez avec des gens plutôt cool. En même temps, vous savez que ça peut partir en sucette à tout moment et que la salle peut prendre feu. Du coup, quand on arrive, on est à la fois en surchauffe et un peu flippé. « Je suis devenu l’attaché de presse du groupe en 2005 puis l’ami des musiciens. Le chanteur, Hank from Hell, quitte le groupe en 2011. Happy Tom, le bassiste, m’appelle et me propose de chanter pour eux. J’ai dit “Yeah”. « Quelques minutes avant mon premier concert, à Hambourg, on a fait la pire balance son de l’histoire. On doit jouer cinq chansons et je ne me souviens déjà plus des paroles de quatre d’entre elles. Je me suis dit : “Ça ne va pas le faire.” Puis je comprends ce que j’ai à donner et tout se libère. Quand on prend une place
Tony Sylvester a fait de son corps une œuvre plutôt originale.
dans un groupe, il faut savoir faire les choses à sa manière, sans chercher à copier. Sinon, ça s’appelle du karaoké. « Notre fan-club se nomme Turbojugend (Jeunesse Turbo, ndlr). À michemin entre l’œcuménisme et les Hells Angels. Les mecs sont organisés en clans partout dans le monde, de Tokyo à Brooklyn. Pour eux, Turbonegro est un groupe… à boire, ainsi qu’une célébration. Ils aiment picoler pendant nos concerts et faire la fête. Il y a beaucoup d’étudiants dans le Turbojugend. Chacun a besoin de son aire de jeux pour s’exprimer. J’aimerais bien ouvrir un Turbojugend en Cisjordanie qui rassemblerait de jeunes membres juifs et arabes. « J’aime les chansons de notre nouvel album, mais le répertoire de Turbonegro est plutôt musclé et nous serons lynchés en plein concert si nous ne jouons pas les grands classiques. « Ce que j’ai appris du business du Rock ? Être autonome autant que possible. Mieux vaut vendre 1 000 galettes sous ton nom pour te faire un peu d’argent que de tenter d’en vendre 10 ou 20 000 sous un label qui ne t’appartient pas et risquer de ne rien toucher. « Si vous estimez que la Terre est un endroit sinistre, tournez-vous vers des groupes comme Radiohead ! Mais si vous attendez le week-end pour vivre enfin et si vous aimez vous fourrer dans les situations les plus folles, alors Turbonegro est fait pour vous. »
« Quelques minutes avant ma toute première entrée sur scène, à Hambourg, on a fait la pire balance son de l’histoire. On doit juste jouer cinq chansons et je ne me souviens déjà plus des paroles de quatre d’entre elles. »
Le nouvel album de Turbonegro, Sexual Harassment, est dans les bacs depuis le 7 août dernier. Dates de concerts sur www.turbonegro.com
TEXTE : ANDREAS ROTTENSCHLAGER. PHOTOS : JAMES M. BARRETT, RAYMOND MOSKEN
Date et lieu de naissance 12 juin 1973 à Londres
B U L L E VA R D
VITE FAIT, BIEN FAIT
Sportifs vainqueurs et parcours victorieux aux quatre coins de la planète.
À Silverstone, la pluie n’a eu aucune incidence sur la performance de Mark Webb er. Il célèbre ici sa seconde victoire de la saison. L’Australien a prolongé chez RBR pour 2013.
L’Espagnol Marc Marquez signe en Allemagne sa 20e victoire en pro. Elle lui permet de creuser l’écart en tête du Championnat Moto2.
La pratique du Cliff Diving impose de ne pas se louper.
TEXTE : ETIENNE BONAMY, PHOTOS : DEAN TREML/RED BULL CONTENT POOL, GETTY IMAGES (2), DDPIMAGES, RON JONES
UN DUQUE CORSE
Alors que la saison de Red Bull Cliff Diving bat son plein, retour sur le succès d’Orlando Duque à l’issue de la première escale de l’année. L’ouverture de la saison de Red Bull Cliff Diving exige un décor de rêve. La Méditerranée et les sublimes falaises de Bonifacio l’offrent fin juin pour la première des sept étapes du circuit. Victime d’une fracture de la cheville en 2011, Orlando Duque, 37 ans, a assuré le spectacle du haut des 27 mètres de la passerelle. Sacré en 2009, le Colombien est revenu à son meilleur niveau : « Ma seule ambition ici était d’atteindre la finale. Je n’imaginais pas aller aussi loin. » Duque a aisément dompté les flots agités de Bonifacio. Rafales de vent et vagues à la surface de l’eau rendent chaque plongeon particulièrement périlleux. Steven Lobue surmonte l’obstacle lui aussi avec une belle deuxième place. Lobue a raté sa saison 2011 et a dû repasser par d’impitoyables qualifications en Australie en début d’année. Vainqueur des World Series en 2010 et 2011, l’Anglais Gary Hunt fait les frais du retour au plus haut niveau de ses collègues. Il se contente d’une quatrième place juste derrière le Tchèque Navratil. Cyrille Oumedjkane, le numéro un français, réussit son entrée en terminant cinquième. « Ce site est fantastique mais la difficulté est l’entrée dans l’eau. Avec la houle, si on arrive sur la crête ou dans le creux de la vague, cela change totalement le saut. On ne peut pas le prévoir de là-haut. » Bonifacio s’annonce déjà comme le spot le plus impressionnant de l’année. D’autant que la deuxième étape s’est déroulée sous un brouillard permanent en Norvège, sur le site de Grimstad. Hunt y a décroché son premier succès en 2012. Suivez la saison de Red Bull Cliff Diving sur www.redbull.fr avec les vidéos des plus beaux plongeons.
L’Anglaise Rachel Atherton s’impose sur les tracés de Mont Sainte-Anne (photo) et Windham, étapes de la Coupe du monde de VTT.
Sébastien Loeb ne perd pas de vue son e ial objectif de l’année : un 9 sacre mond che en Nouvelledécro ais Franç d’affilée. Le Zélande le 72e succès de sa carrière.
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B U L L E VA R D
HIER ET AUJOURD’HUI
Deuxième peau Piloter une moto en Grand Prix reste un art maîtrisé par quelques funambules géniaux. Les outils de travail ont beaucoup évolué au fil du temps. À l’instar des combinaisons.
FERMETURES
Les combinaisons en cuir pour la randonnée ont une fermeture à boutons, celles pour les courses des fermetures éclairs. Comme le cuir a tendance à rétrécir, les pilotes optent pour une voire deux tailles supérieures.
POCHES
Les premières courses de moto sont des épreuves d’évaluation. Les pilotes doivent porter sur eux fil de fer, clé à bougie et tout le nécessaire de réparation.
À LA MODE
Large en haut et étroit en bas pour enfiler les bottes par dessus, le pantalon a une coupe culotte. Elle s’inspire de l’équitation mais on la trouve aussi chez les militaires d’alors.
La combinaison deux pièces en vachette est ce qui se fait de mieux dans le domaine du vêtement de protection pour pilotes de moto de courses. Ce n’est qu’à partir des années 60 que les combinaisons une pièce font leur apparition en Grand Prix. Les coutures sont renforcées pour éviter de se déchirer en cas de chute. Mais il faut attendre les années 70 pour voir des combinaisons avec protections intégrées. www.motorradmuseum.at
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Cette combinaison est portée par Rupert Hollaus, Champion du monde 125 cm3, décédé en 1954.
TEXTE : WERNER JESSNER
1950 SAC D’OS EN CUIR
Les airbags se déclenchent bien avant que le pilote ne heurte l’asphalte.
AIRBAG
La bosse aérodynamique située dans le dos renferme le microprocesseur, la batterie et le module de gonflage des airbags pour les épaules.
CUIR
Du cuir pleine fleur de 1,3 mm d’épaisseur souple et à coutures renforcées, du kevlar et 45 zones élastiques assurent liberté de mouvement et protection.
SLIDERS
PHOTOS : KURT KEINRATH, ARCHIV HELMUT OHNER, GOLD & GOOSE/RED BULL CONTENT POOL
La « troisième roue » du pilote est en plastique. Les sliders sont fixés à la combinaison par du velcro très puissant et sont interchangeables en quelques secondes.
2011
ALPINESTARS TECH AIR RACE
De nos jours, les combinaisons en cuir offrent, sur mesure, une protection optimale en cas de chute grâce à des couches thermoplastiques au dos et aux épaules et des protections d’un seul tenant pour genoux et tibias. La combinaison de Casey Stoner est équipée de deux airbags déclenchés par des capteurs. Ils se déploient en 45 millisecondes. Ces combinaisons restent étonnamment confortables. www.alpinestars.com
L’Australien Casey Stoner a décroché de nombreuses victoires armé de cette combinaison.
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B U L L E VA R D
FORMULE MAGIQUE
JEUX ÉOLIENS
CE QUE DIT LA SCIENCE... Souvent, ici et là, on lit qu’un voilier peut se déplacer plus vite que le vent. C’est exact mais uniquement pour les bateaux ayant une faible surface au contact de l’eau. Avec un vent de 28 nœuds (52 km/h), un catamaran Extreme 40 peut atteindre 40 nœuds (74 km/h). Sur cette base, on pourrait affirmer qu’avec un vent soufflant de l’arrière, le catamaran est le plus rapide. Le bateau alors poussé par l’air est, dans le meilleur des cas, aussi rapide que le vent. Dès lors, pour que l’expression « plus rapide que le vent » prenne tout son sens, trois réflexions et quelques vecteurs sont nécessaires. Partons des vitesses mentionnées plus haut et supposons que notre catamaran navigue avec un vent de travers, autrement dit à 90°. Étape 1 (fig. 1) : déterminer le vent « apparent ». Le vent perçu sur un bateau à l’ancre est appelé vent « réel » (dans notre cas de figure, sa vitesse est de vVréel = 28 nœuds). Le déplacement du catamaran génère aussi un vent relatif (vVrf = 40 nœuds. Les deux vitesses de vent s’additionnent pour donner la vitesse du vent apparent qui se calcule à l’aide du théorème de Pythagore : vVa = √ v²Vréel + v²Vrf ≈ 49 nœuds. Ce vent apparent est celui ressenti par le navigateur. Il agit sur le cap et l’orientation de la voile. Étape 2 (fig. 2) : déterminer la poussée vélique totale. La propulsion se fait différemment lorsque le vent n’est pas arrière. Quand la voile se gonfle, elle agit comme une surface portante verticale. Cela produit une force de résistance au vent (FR) et une force de portance (FP). Cette dernière indique, en deçà de 90°, le vent apparent à la surface de l’eau. Étape 3 (fig. 3) : déterminer la force de poussée. La poussée vélique totale produite par le vent sur la voile agit sur le catamaran à travers le mât. Elle se compose de deux éléments. D’une part, la force latérale canalisée par la dérive et le gouvernail (elle ne joue aucun rôle dans l’avancée du bateau mais elle est à l’origine de la gîte, ces impressionnantes inclinaisons transversales) et, d’autre part, la poussée qui propulse le bateau. Ce dernier élément, moins important que le premier, est celui qui, contrairement à ce que l’on pense, peut permettre à l’embarcation d’être plus rapide que le vent. Cette force de poussée est supérieure uniquement lorsque le catamaran navigue vent arrière et que la résistance de l’eau est faible. ... QU’EN DIT LE NAVIGATEUR ? « Les plus grandes vitesses sont atteintes par les catamarans Extreme 40 avec un vent régulier de travers et avec un déjaugeage favorable », glisse l’Autrichien Roman Hagara, double Champion de Tornado. Soit une mer calme et un coefficient de frottement des deux coques plutôt faible. Comment y parvenir ? Grâce à un revêtement à nanoparticules et à des dérives recourbées spéciales qui assurent une poussée exceptionnelle. Les bateaux peuvent déjà planer à la surface, seuls la dérive et le gouvernail sont au contact de l’eau. » Plus d’infos sur www.extremesailingseries.com * Le Professeur Martin Apolin a 47 ans. Il est physicien, spécialisé dans le sport, enseignant à la faculté des sciences de Vienne et l’auteur de nombreux ouvrages.
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TEXTE : MARTIN APOLIN. PHOTO : ROB TRINGALI/RED BULL CONTENT POOL. ILLUSTRATION : MANDY FISCHER
Naviguer plus vite que la vitesse du vent ? « Aucun problème », répond le physicien*. The Red Bulletin vous explique comment y parvenir.
2 juillet 2011 dans le port de Boston. Roman Hagara, Hans-Peter Steinacher et leur ĂŠquipe serrent le vent lors du 4e des neuf rounds des Extreme Sailing Series.
B U L L E VA R D
MON CORPS ET MOI
HIGH HADLOW À 23 ans, Aaron Hadlow est quintuple Champion du monde de Kite. Son corps est sculpté pour l’excellence.
5 SOUS PRESSION
Le sport peut être psychologiquement éprouvant. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter la compétition pendant quelques années. Cette parenthèse, qui dure depuis 2010, s’avère être la meilleure décision de ma vie.
Plus d’infos sur www.aaronhadlow.com
1À TOUTE UN COU ÉPREUVE On est souvent secoué. Avoir un cou solide est une nécessité. À grande vitesse, l’eau devient dure comme du béton et l’impact d’une chute peut brutalement secouer la tête.
2 FORCE INNÉE
Qu’il s’agisse de virages ou de figures, le moindre mouvement s’apparente à un exercice d’abdominaux. Certains muscles dont on ne soupçonne même pas l’existence sont aussi sollicités.
Avant mon opération du genou, je n’allais jamais en salle de musculation. Depuis, je réalise son importance. Entretenir ses muscles prévient les blessures. Je travaille principalement mes quadriceps et j’effectue des squats.
4 GENOU BROYÉ
En février, rupture du ligament croisé antérieur et déchirure du cartilage du genou droit. On l’a reconstitué avec des greffes prises sur le tendon et le mollet. Ma jambe droite reste encore deux fois moins développée que la gauche.
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6 BRAS ARMÉ
Je me suis fait tatouer cette phrase au début de l’année sur l’avant-bras gauche : « Crois en ta vision et réalise ton ambition. » Ainsi, je ne perds pas mon objectif de vue et je préserve ma motivation.
TEXTE : RUTH MORGAN. PHOTO : THOMAS BUTLER
3 ENTRETIEN NÉCESSAIRE
B U L L E VA R D
CHIFFRES DU MOIS
MARILYN S’AFFICHE
Personne ne s’en souvient mais la première playmate bégayait devant la caméra. À l’occasion du 50e anniversaire de sa mort, The Red Bulletin livre quelques secrets bien gardés sur Marilyn Monroe.
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Marilyn pourrait-elle être mannequin en 2012 ? Pas vraiment. De nos jours, un 42 fait partie des grandes tailles. « Je me tuerais si j’étais si grosse », avait lancé Liz Hurley à la Une d’un magazine féminin. C’est un fait, les mensurations canoniques des femmes d’aujourd’hui sont à la tendance menue. Les mannequins défilent sur les podiums habillées de vêtements taille 34. Mince, très mince.
5 600 000 Des images compromettantes refont surface en 2009. On y voit Monroe tirer sur une cigarette qui semble stupéfiante. Capturées par une amie de la star, ces quatre minutes de film sont immédiatement achetées par un documentariste américain en échange de 275 000 dollars. Cette somme importante pour un souvenir de Marilyn n’est pas un cas unique. En 2010, son bulletin d’école s’arrache à 21 250 dollars aux enchères. Elles grimpent jusqu’à 45 000 dollars pour ses radiographies. Un an plus tard, la mythique robe blanche qu’elle portait dans Sept ans de réflexion, irrésistiblement soulevée par l’air chaud d’une grille de métro, est adjugée 5,6 millions de dollars.
Joe DiMaggio avec Marylin
TEXTE : ARKADIUSZ PIĄTEK. PHOTOS : CORBIS (3), GETTY IMAGES, PICTUREDESK.COM, ACTION PRESS
20 000 Après un premier rôle au cinéma en 1947, Monroe pose nue pour des photos dont un jeune homme a obtenu les droits pour 500 dollars. Son nom ? Hugh Hefner. Six ans plus tard, le premier numéro de Playboy sort. En couverture, Marilyn. Dans la partie centrale et dépliable du magazine, une pose lascive. La jeune femme de 27 ans est la toute première playmate. En 2007, Hefner a lancé la réimpression de 20 000 exemplaires de ce numéro de Playboy. Quelques uns sont encore disponibles sur eBay.
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« C’est affreux ! Les producteurs me hurlent dessus. » Les débuts de Marilyn au cinéma sont difficiles. Il lui fallait parfois jusqu’à cinquante-neuf prises pour dire son texte de manière fluide et articulée. Le trac provoquait chez l’actrice le bégaiement. Articuler les voyelles tout en expulsant de l’air fut la solution, avant de devenir la marque de fabrique de son érotisme. Sa chanson lors de la soirée de gala pour l’anniversaire du président Kennedy en est une démonstration imparable.
Très chère radiographie
Un joli tour de taille
Hugh Hefner en 1960
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Multiplier les rôles de blonde nunuche entame la motivation de la star mondiale. En 1954, bien que sous contrat avec la Twentieth Century Fox, Marilyn refuse de tourner. La Fox engage une flopée de procédures contre l’actrice mais finit par céder au bout de douze mois. Un nouveau contrat garantit à Monroe un meilleur choix créatif. Salué par la critique, le premier film tourné sous ces nouvelles conditions, Bus Stop, lui offre une nomination aux Golden Globes.
20 Pour beaucoup, la star du baseball Joe DiMaggio, a été le grand amour de Marilyn en dépit d’un divorce intervenu au bout de quelques mois. À la mort de Marilyn, le 5 août 1962, DiMaggio prend en charge ses obsèques et fait porter, trois fois par semaine, des roses rouges sur sa tombe. Pendant vingt ans.
Revivre le mythe sur www.marilynmonroe.com
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Objectif atteint Ses modèles sont rares et souvent indomptables. Benny Rebel est parvenu à gagner la confiance de certains animaux sauvages. Le photographe allemand en fait sa marque de fabrique. Il flirte avec ces prédateurs comme personne avant lui. Texte : Manuel Kurzmann
Photos : Benny Rebel
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Pas si Rebel
Après avoir vécu en Iran, Benny Rebel s’installe à Hanovre en 1987, soit à l’âge de vingt ans. L’Allemand suit une formation en mécanique de précision. Amoureux de la cause animalière, il pousse sa curiosité jusqu’à étudier le comportement des espèces sauvages. Au milieu des années 90, Rebel illustre ses nombreux voyages par ses propres photos. En 2000, il organise à Hanovre sa première exposition intitulée Too Beautiful to Die. C’est le début d’une carrière à succès. En 2002 et 2003, Rebel est élu meilleur photographe animalier dans un prestigieux concours de photographie autrichien. Il enchaîne ensuite les publications à succès dans des livres, des calendriers ou des magazines. Rebel participe aussi à des émissions de télévision. D epuis le début de l’année, il o rganise des « séjours photos », une aventure à laquelle il convie les amis des animaux. Plus sur www.benny-rebel.de
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« Les animaux peuvent aussi souffrir de troubles psychiques » Benny Rebel nous détaille le pouvoir d’attraction de ses photos et certaines règles d’or de survie. The Red bulletin : Comment s’approche-t-on d’animaux sauvages ou de grands prédateurs sans risque de se faire attaquer ? Benny Rebel : Il faut accepter l’idée que chaque être vivant possède un caractère propre. Certains animaux souffrent par exemple de troubles psychiques. Il est préférable, dans ces cas-là, de s’en éloigner, leur comportement étant généralement plus agressif que celui de leurs congénères. Ceci s’applique également aux animaux malades ou à des femelles qui viennent de mettre bas. Avant de prendre mon appareil-photo, je me pose toujours la même question : quel message m’envoie le langage corporel de celui qui se tient en face de moi ? J’essaie d’être à l’écoute des animaux. C’est pour cette raison que je suis encore en vie aujourd’hui. Qu’est-ce qui fait la particularité de vos photos ? J’impose le grand angle dans la photographie animalière. Avant moi, la plupart de mes confrères travaillaient avec des téléobjectifs assis dans leur jeep à une distance de sécurité de cent mètres. L’usage d’un objectif grand angle donne à mes photos une grande profondeur de champ et celui qui les regarde peut partager toutes mes sensations au moment du cliché. Comment vous est venue votre vocation de photographe animalier ? La photographie est pour moi plus un moyen qu’une fin. Je suis avant tout un écologiste. Jusqu’en 1998, cette profession m’était inconnue. Je me contentais d’un simple appareil en plastique bon marché. Les photos sont lamentables mais beaucoup de mes amis sont fascinés par leur genèse. À partir de là, je dévore en une année 200 ouvrages spécialisés et gagne mon premier appareil reflex à un jeu-concours. Cet événement est en quelque sorte le point de départ de ma carrière. 29
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Crocodile dandine
À première vue, les crocodiles semblent apathiques, voire patauds. Mais les apparences sont trompeuses. Ces prédateurs observent leur proie potentielle avec une patience exemplaire et, le m oment venu, fondent sur elle en un éclair. Pour un crocodile, rien ne sert de se presser. Un animal adulte rassasié peut tenir plus d’un an jusqu’à son prochain repas. J’ai le privilège de rencontrer l’une de ces créatures en Afrique du Sud. Des amis y tiennent une réserve naturelle où je suis une formation de gardechasse pendant quelques mois. Parmi les animaux qui y demeurent, je tombe nez-à-nez avec ce grand crocodile. Il vit avec d’autres congénères dans un point d’eau. « Ce reptile a mauvais caractère et a ttaque dès qu’on le dérange », m’expliquent les gardes-chasse. Toujours le même scénario. D’abord, il disparaît sous la surface de l’eau et l’instant d’après, il surgit et fonce sur l’intrus telle une torpille. Ayant bien assimilé le schéma d’attaque de l’animal, j’ose l’affronter avec l’appareil-photo. Le danger était grand d’être blessé, voire tué. Depuis ce cliché, le crocodile ne vit plus dans la réserve. Une des crues annuelles l’a emporté ailleurs. Détails techniques Appareil : Sony Alpha 900 Objectif : Zeiss 16-35 mm F = 2,8 à 16 mm Diaphragme : 8 Vitesse : 1/640e seconde ISO : 200
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Toi, ma copine Lors d’une énième expédition en Afrique du Sud, j’ai l’occasion de visiter une réserve naturelle installée près du parc Kruger. Les propriétaires me présentent Savanna, une femelle guépard qu’ils élèvent. L’animal passe la majorité de son temps dans la brousse, mais vient parfois jusqu’à leur lodge. Savanna adore les câlins qui la font ronronner comme un gros chat. C’est vraiment fascinant de voir ce félin, capable de tuer sauvagement gnous et zèbres, se comporter le reste de la journée comme un animal de compagnie à la douceur extrême. Quelques mois plus tard, j’apprends que Savanna va donner naissance à quatre bébés. Je saute dans un avion. Les gardes-chasse isolent la jeune famille dans un grand enclos pour les préserver des autres prédateurs. Savanna reste détendue malgré ma présence. Je reste près d’elle pendant des heures. Pour ses petits, je suis un super camarade de jeu parce que je cours moins vite qu’eux. Après quelques mois, ils sont réintroduits à la vie sauvage. Tout se déroule pour le mieux jusqu’au jour où toute la famille croise un groupe de lions en chasse. Savanna s’interpose pour protéger ses petits, elle va y laisser sa vie. Trois des quatre jeunes guépards survivent. Ils parcourent toujours la réserve. DéTails TeCHniques appareil : sony alpha 900 Objectif : sony 70-400 mm ssM à 90 mm Diaphragme : 6,3 Vitesse : 1/320e seconde isO : 200
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La corne de l’Afrique
Il y a plus de vingt ans, j’entre en contact avec des organisations pour la protection de l’environnement et découvre avec horreur les agissements d’entreprises peu scrupuleuses. Un sombre business à l’origine de nombreuses disparitions d’espèces. Quand je rejoins ceux qui luttent pour la sauvegarde des animaux, les rhinocéros sont déjà particulièrement menacés. Leurs cornes sont recherchées par les braconniers afin de fabriquer des manches de couteau ou des préparations aphrodisiaques vantées par des charlatans chinois. Je réalise ce cliché pendant ma formation de garde-chasse en Afrique du Sud. Nous étalons des tonnes d’herbe près des points d’eau afin d’assurer la survie des rhinocéros dans cette grande période de sécheresse. Quand ils arrivent affamés, nous devons vite libérer le terrain pour éviter d’éventuelles attaques. Mais la tentation de les photographier au plus près l’emporte. Je repère un individu à l’écart du groupe et m’approche de lui. Doucement. Par bonheur, il semble de bonne humeur et ne prête guère attention à ma présence. Au moment où j’appuie sur le déclencheur, la corne de ce géant de trois tonnes est à portée de main. DÉTAILS TECHNIQUES Appareil-photo : Canon EOS 1VHS Objectif : Sigma 14 mm F = 2,8 14 mm Diaphragme : 8, Vitesse : 1/250e seconde ISO : 100 (pellicule de diapositives, Kodak Elite extra color)
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Rebel VS rebelle
Je rencontre il y a quelques années un jeune homme dans le désert du Namib (au sud-ouest de la Namibie). Il cherche à faire des photos afin de promouvoir le lodge de ses parents. En échange, il me présente son léopard semi apprivoisé. Le lendemain, je suis au rendez-vous pour rencontrer le plus dangereux des fauves car les léopards sont imprévisibles et très difficiles à approcher. Par sécurité, je porte des vêtements militaires épais et me prépare psychologiquement à d’éventuels coups de griffes. À la première rencontre, le léopard m’observe de loin puis se jette sur moi, déchire mon pantalon et lacère ma jambe sur trois centimètres. La semaine suivante, l’animal m’accepte déjà comme compagnon. Parfois joueur, le fauve s’empare de mon appareil-photo et disparaît avec dans un buisson épineux. Pour le récupérer, je secoue des bonnets ou j’agite un foulard pour capter son attention. Puis, je lance l’objet le plus loin possible afin de me laisser du temps pour reprendre l’appareil. Cette photo est réalisée dans une situation similaire. J’appuie sur le déclencheur et il s’ensuit un coup de patte du léopard qui brise la lentille de mon objectif. DéTails TeCHniques appareil-photo : Canon eOs 1VHs Objectif : sigma 14 mm F = 2,8 14 mm Diaphragme : 8 Vitesse : environ 1/250e seconde isO : 100 (pellicule de diapositives, Kodak elite extra color)
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ARRÊT BUFFET DeMarcus Ware prend place dans le vestiaire du vieux stade des Dallas Cowboys, le Cotton Bowl, sanctuaire de quarante ans de football texan. Le vieil écrin n’est qu’à quelques hectomètres du futuriste Texas State Fairgrounds, sorte de vaisseau spatial tout droit sorti d’un roman de Ray Bradbury. Posé sur les hauteurs, près d’Arlington, il hébergera bientôt le club. À sa façon, la nouvelle arène rend hommage aux footballeurs qui se sont succédés sous cette même tunique bleue de l’étoile des Cowboys qui habille les salles de bains. Dans cette enceinte géante conçue pour 110 000 fans et un volume de décibels à trois chiffres, Ware va bientôt attaquer sa huitième saison de NFL : « Quand tu arrives ici, tu te sens un peu dans la peau d’un gladiateur. » Dans cette enceinte, la démesure est de taille. Dallas et ses Cowboys, c’est le cœur de l’Amérique et son équipe n’a jamais généré la tiédeur. Les Cowboys, on adore les aimer ou on s’échine à les détester. Marley, la fille de Ware, porte son maillot préféré, chaque dimanche, comme tous les enfants le font depuis des générations. DeMarcus Ware est l’un des défenseurs les plus explosifs du pays. La génétique l’a décidé ainsi. 1,83 mètre pour 118 kilos. Mais il ne pensait pas football américain avant que les recruteurs viennent le débusquer lors de sa dernière année universitaire, à Troy, en Alabama. « Quand ils débarquent, j’étais encore en 38
DeMarcus Ware est un défenseur féroce et un fervent croyant. À l’approche de la nouvelle saison de football américain, portrait du meilleur linebacker de la Ligue. Entre rédemption et violence inouïe, Ware détonne. Texte : Ann Donahue Photos : Patrick Hoelk
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uand ils passent à l’action, ses coéquipiers ne sont pas les seuls à prendre cher. Le pitbull texan, lui aussi, reçoit. Contre les San Diego Chargers il y a trois ans, Ware se donne une sévère entorse des cervicales sur un plaquage, passe la nuit en observation à l’hôpital mais retrouve le terrain dès le dimanche suivant. D’ailleurs, sitôt revenu, il ruine l’invincibilité des Saints de la Nouvelle-Orléans en séchant à deux reprises le stratège maison, Drew Brees. Des chocs dont on ne sort pas indemne tout le temps. DeMarcus Ware le concède. Huit ans de NFL font payer un lourd tribut à ce corps qui a déjà encaissé bien plus que ce qu’un être normal peut supporter. Les séquelles des traumatismes subis, voilà un sujet qui fait débat dans la NFL. Depuis un an, des c entaines de joueurs retraités se sont regroupés pour intenter des actions en justice collectives. Objectif : avoir accès à toutes les informations sur les dommages irréversibles causés par les commotions cérébrales à répétition que provoque ce sport. Ils affirment que le football tue. Lentement mais sûrement, les corps lâchent, les uns après les autres, longtemps après que les joueurs ont quitté la NFL. Puis, ce sont les cerveaux qui disjonctent : dépression, démence, Alzeihmer. La tragédie prend un tour nouveau. En dix-huit mois, trois retraités de la NFL sont morts. Junior Seau, ancien linebacker des San Diego Chargers, s’est suicidé en mai dernier. Il souffrait de dépression chronique. Il avait quarante-trois ans. Organisé au Qualcomm Stadium, là où il a joué plus de dix saisons, l’office religieux à sa mémoire réunit près de 20 000 personnes. Si les stades du sport le plus populaire aux états-Unis concurrencent désormais les pompes funèbres, c’est qu’il y a un gros problème. Alors que la nouvelle saison approche, les stars telles que DeMarcus Ware, préféreraient que la ligue professionnelle siffle le coup d’envoi plutôt que d’en sonner le glas. Surtout, qu’elle leur assure un avenir meilleur. Membre du Hall of Fame et mythique linebacker des Cowboys de Dallas, Randy White est l’un des plaignants. Il souffre d’une dépréciation de ses fonctions cognitives et exige l’accès aux documents cachés de la NFL sur l’impact des commotions cérébrales à répétition.
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Ware prend il conscience du danger ? « Je peux juste me soucier du temps présent, fuit-il. Je prends les jours et les matches les uns après les autres. Jusqu’à maintenant, tout se passe pour le mieux. » S’inquiète-t-il pour son avenir ? Il lâche : « Je n’en suis pas encore là. » DeMarcus, vingt-neuf ans, est jeune. Et a d’autre priorités. En 2005, il épouse Taquina, son amour de lycée mais leurs trois premières années de mariage sont meurtries par l’échec de trois grossesses. Le couple les révèle publiquement pour briser le tabou qui pèse sur les fausses couches et le drame de l’enfant mort-né. DeMarcus : « Quand on voit combien la vie est courte et la vitesse à laquelle l’existence de vos proches peut vous être arrachée, seule la foi dans le Christ vous permet de surmonter cela. Ce n’est pas l’argent mais l’immatériel qui peut vous aider. » Le couple s’en sort. Marley a quatre ans et DeMarcus Junior tout juste un an. Senior, lui, s’épanouit dans son rôle de père. Par exemple, ça le fait toujours autant rire de chiper un cookie dans un restaurant pour le ramener comme une prise de guerre à Marley. Les douleurs du passé lui procurent des ressources insoupçonnées. « Parfois, sur le terrain, je suis fatigué. Mais je me secoue en me demandant comment seraient mes trois enfants s’ils respiraient encore. Je me dis qu’ils seraient là. Ça me pousse à jouer encore plus dur parce que, moi, j’ai la chance d’être vivant. »
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eMarcus est un homme affable, à la voix douce. Sur le terrain, c’est un tueur, capable de faire exploser au plaquage Ben Roethlisberger, le quarterback maousse des Pittsburgh Steelers (1,96 mètre, 109 kilos). Ware
Sack : DeMarcus Ware (en arrière) et Eli Manning
photo additionnelle : Getty images
train de passer mes p artiels. Je devais finir mon cursus. C’était compliqué, j’avais un ultime e xamen à onze heures et deux heures plus tard, j’étais convoqué pour courir devant eux. J’étais un peu bousculé, mais je savais que si je faisais l’effort (de répondre à la double sollicitation, ndlr) à ce momentlà, je n’aurais pas à le faire plus tard. » En 2005, Ware décroche un diplôme en Système d’information, option affaires, et est sélectionné au premier tour de la draft par les Dallas Cowboys. Il aligne huit sacks lors de sa saison rookie. La meilleure stat de l’équipe à égalité avec l’ailier vétéran, Greg Ellis. Depuis, DeMarcus est intouchable. Chaque saison, à son compteur statistique, il totalise entre onze et vingt sacks. Tout près du record des vingt-deux sacks et demi bouclé en 2011 par Michael Strahan des New York Giants. À cette époque où le quarterback est roi, DeMarcus se régale à museler le maître, à jouer et couper ses lignes de passes. Tapez sur Youtube les combinaisons suivantes : « DeMarcus Ware sacks Mark Sanchez », « DeMarcus Ware sacks Tom Brady », « DeMarcus Ware sacks Drew Brees », « DeMarcus Ware sacks Eli Manning », « DeMarcus Ware sacks Peyton Manning ». Vous verrez, DeMarcus est une saleté de rabat-joie pour quaterbacks. Le meilleur dans son domaine.
«L
orsque je regarde des images de moi, je me
demande à chaque fois de quelle
planète vient le mec qui plaque. »
P
endant le shooting, le photographe le surnomme
« le fiancé de l’Amérique ».
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l’a soulevé et rejeté à terre, comme un gosse avec un jouet dont il se serait lassé. « Lorsque je regarde des images de moi, je me demande à chaque fois de quelle planète vient le mec qui plaque. » es combats antiques de gladiateurs au Son rapport à Dieu et à l’adversaire n’est pas sans paradoxe. football américain, en passant par les arts Bien que DeMarcus Ware admette que le football est un sport martiaux et la boxe, le public réclame sans merci, il soutient que sa férocité n’est pas en contradiction toujours du « sang ». Des dizaines de avec sa foi. C’est même un hommage. « Pourquoi un homme ne millions de fans suivent à la télévision un sport qui génère des tirerait-il pas profit des atouts que Dieu lui a donnés ? Je rentre milliards de dollars. Peu de chance que le football perde son sel sur le terrain en donnant tout ce que j’ai dans le cœur parce que rouge. DeMarcus confirme : « En tant que joueur, tu fais attention je sais que je vais jouer pour lui. » à défendre l’esprit sportif et le sens de ce jeu, mais le football Un chasseur fait forcément des dégâts, c’est son métier. restera toujours un sport brutal. C’est ce que les gens aiment. Entorses, fractures, déchirures ligamentaires… Les corps ploient C’est comme ça que les joueurs le pratiquent et c’est en restant sous les coups du Texan. C’est la règle, mais pas le but. À ceux dans cette attitude qu’ils le pratiquent bien. » qui pensent qu’il s’agit de violence gratuite, les psychologues La saison passée a été médiocre pour les Cowboys, ils ont du sport rétorquent que frapper n’est pas l’objectif du footbalperdu l’ultime match qualificatif pour les play-offs, face aux leur. La proie est repérée, pourchassée pour annihiler ses capacifuturs vainqueurs du SuperBowl, les New York Giants. L’heure tés, mais l’intention n’est pas de blesser. du rachat est pour bientôt. Précisément, le 5 septembre quand Michael Gervais dirige le service de psychologie de la les Texans affronteront les partenaires d’Eli Manning. « Tout le performance du Pinnacle Performance Center. Il suit de près monde va regarder ce match, ça sera vraiment le temps fort de la les Seahawks de Seattle et précise le travail des linebackers : « Ces joueurs sont puissants, rapides, saison. Soyons prêts le jour J ! » Les choses sont abordées avec un explosifs. Leur travail défensif consiste extrême sérieux. Ware et ses équipiers ont repris l’entraînement en avril. Avant de rallier à contrarier les plans de l’adversaire et en juillet le camp d’entraînement d’Oxnard, en Californie. En tout début de saison à empêcher le développement d’une phase officielle, s’ajoutent des séances vidéo méticuleuses. Ware montre celles qui le offensive. » En mai, la NFL a suspendu concernent. Des images de ses actions, des différents arbitres de la ligue et de ses proquatre joueurs des New Orleans Saints. chaines cibles, Jared Allen (Minnesota Vikings) ou Dwight Freeney (Indianapolis Colts). Ils ont lancé un système de primes en cash qui gratifie l’auteur d’une blessure adverse. Gervais parle là d’aberration et soutient que cette pratique sordide est étrangère à la mentalité du football US. près cette préparation acharnée (quaD’ailleurs, l’un des joueurs épinglés lui a rante-cinq à cinquante heures hebdomaconfié : « Je ne suis pas en phase avec la daires), Ware a hâte que la saison haine, ni avec la rage. J’étais juste en train reprenne pour exploiter ce qu’il a appris : de chercher une forme de détachement « On bosse toute la semaine sur l’adversaire, on décortique pour exécuter le boulot pour lequel je son jeu offensif, on cherche les solutions pour transpercer sa m’entraîne depuis toujours. » défense. Le football est une partie d’échecs. » Deux quarterbacks En tout cas, il n’est plus possible de sont particulièrement difficiles à aller chercher : Michael Vicks prétendre que le football ne cause pas de (Philadephia Eagles) et l’immense Eli Manning des Giants. dommages irréversibles. Les joueurs qui « Michael est un des rares quarterbacks gauchers, ce qui est un entrent sur le terrain savent ce qu’ils avantage certain. Il voit arriver les linebackers et court plus vite risquent. En réponse aux recours collecque la plupart d’entre nous, explique Ware. Eli est le même genre tifs, la National Football League a publié Gérer sa colère de joueur. Peut-être pas aussi rapide que Michael mais il est un communiqué dans lequel elle affirme Cela paraît évident, mais mieux vaut ne très souple et joue vraiment bien. » Il aime bien ce dernier. qu’elle n’a « jamais cherché à tromper les pas narguer DeMarcus En quatorze matches, Ware l’a mangé neuf fois. « Pour un mec joueurs sur les risques liés à la pratique de Ware pendant un qui m’a sacké plus que n’importe qui en NFL, c’est une chouette ce sport ». Ware pense que la NFL va match. Red Bull s’est personne », racontait en décembre dernier Manning dans une prendre des mesures pour améliorer amusé à filmer le lineinterview au Dallas Morning. l’intégrité physique des joueurs. En backer en plein sack, Les séances photos ne sont pas toujours ce que préfèrent les réinventant notamment les protections et grâce à une caméra Phantom. La victime sportifs. Dans les entrailles du Cotton Bowl, Ware s’y prête de en renforçant les casques. Lui-même est est le quarterback bonne grâce, se décale d’un rien pour attraper davantage de luprêt à aider au développement de cet d’une équipe de mière, bouge dans l’autre sens pour trouver une posture plus éléattirail. Aussi, il s’attend à une modificaseconde zone, les gante au milieu d’un couloir. Quelques changements de costume tion du règlement pour diminuer les Dallas Desperados. « La et il est déjà midi. Puis, d’un coup, la bête explose. Grimaces fucontacts entre joueurs. Déjà, la longueur première fois que je rieuses, casque brandi comme une arme de poing, il vise le phodes coups de pied de renvoi a été limitée le plaque, il me lance : “Hey ! Tu m’as habitué tographe. Panique dans l’équipe technique. Ware éclate de rire. l’an passé afin de protéger le relanceur. à encaisser plus que Dans ses yeux, de la tendresse. L’homme est aussi doux que le Au terme de la saison 2010-2011, la NFL ça !” J’y suis retourné, joueur est sauvage. Pendant le shooting, le photographe l’a suravait dévoilé ses statistiques sur les à pleine vitesse. Je l’ai nommé « le fiancé de l’Amérique ». À l’image, il rejoue au brutal blessures. En baisse. 190 blessures en chopé, levé et jeté à parce qu’on lui a demandé, parce que c’est ainsi que les Améri320 matches de pré-saison et de saison terre. Il s’est déboîté cains veulent voir de DeMarcus Ware. Sauvage. Indomptable. régulière. Un an plus tôt, elles étaient l’épaule. Moi, je me DeMarcus Ware en action sur www.redbull.com/demarcusware sentais mal. » de 210 en 321 matches.
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PROJET
Blani III L’IMPOSSIBLE PATROUILLE
Embarqués dans le projet [Blani] X, cinq parachutistes autrichiens en Wingsuit et deux planeurs ont réussi à constituer une patrouille d’hommes et de machines. À 4 000 mètres d’altitude. Chronologie d’une cascade longtemps inexécutable. Texte : Manuel Kurzmann Photos : Heinz Stephan Tesarek, Wolfgang Lienbacher
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Le dernier James Bond ? Red Bull Skydive Team et l’équipe de planeurs de Blanix ont, à ce jour, réalisé leur meilleur coup.
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6h30
Ce matin, à l’aube, sur l’aérodrome de Niederöblarn au nord-ouest du land autrichien de Styrie, le temps est idéal. Dans le ciel, quelques bouts de nuages flottent ici et là. Un premier bruit de moteur rompt le silence matinal. Aux abords du tarmac, Paul Steiner, 49 ans, vérifie au même moment les systèmes d’ouverture de son parachute. Perdu dans ses pensées. « Les idées se bousculent dans ma tête. Il faut que je fasse attention, ma nervosité peut m’être nuisible. » Le parachutiste autrichien aux 4 200 sauts sait de quoi il parle. Là, il souhaite couronner sa carrière en menant à bien le projet [Blani] X III auquel il collabore depuis 2010.
Théorie Le pilote Ewald Roithner simule la formation des planeurs. Les parachutistes peuvent-ils rattraper des engins volant à 180 km/h ?
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[Blani] X III repose sur la formation, à 4 000 mètres d’altitude, d’une patrouille en forme de losange composée de cinq parachutistes équipés de Wingsuit, et de deux planeurs. Quatre des parachutistes se positionnent de chaque côté des ailes des planeurs tandis que le cinquième se place entre les planeurs volant l’un audessus de l’autre. Le projet comporte un péril évident. L’homme et la machine se synchronisent mal en vol. « Un planeur peut voler jusqu’à 250 km/h pour une descente de quelques kilomètres par heure. Nous, avec une Wingsuit, nous pouvons atteindre environ 160 km/h pour une chute qui avoisine 80 km/h, explique Steiner. La difficulté est d’amener deux éléments fondamentalement différents à emprunter le même couloir pour y manœuvrer de concert. » Steiner s’est associé à ses quatre équipiers du Red Bull Skydive Team et à deux pilotes de l’équipe de planeurs Blanix. Très vite, il mesure la difficulté de préparer le projet avec autant de personnes impliquées. « À sept, vous mettez un temps fou avant de tomber d’accord sur une idée. Des heures de discussions sont souvent nécessaires pour s’entendre sur des questions a priori simples. Par exemple, trouver des dates pour faire avancer le projet. » Tous savent que leur matériel sera poussé à la limite de la rupture. Atteindre la vitesse maximale de 180 km/h pour ralentir la perte d’altitude est le défi majeur des parachutistes car l’absence de propulsion externe ne permet pas aux Wingsuits de dépasser cette vitesse. Dans le même temps, les planeurs doivent pousser leur descente à 75 km/h tout en bloquant leur v itesse de croisière à 180 km/h. « La détermination de la finesse à l aquelle parachutistes et a vions peuvent se synchroniser demande des mois de calcul et beaucoup de sang froid. D’autant que nous restons tributaires des conditions climatiques. Avec un courant ascendant et une nébulosité totale, la question de voler ne se pose même pas. »
Comment synchroniser en vol hommes et machines ? Là est la question.
Préparatifs minutieux autour de Paul Steiner (ci-dessus, à gauche), le Red Bull Skydive Team vérifie les Wingsuits. S’en suit un ultime briefing avant le grand saut (en bas à gauche).
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Matériel Blaník L-13 Ce planeur biplace tchèque du fabricant LET date de 1956. Il est le plus répandu au monde grâce à sa robustesse et son excellent comportement en vol. CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Longueur : 8,40 mètres Envergure : 16,20 mètres Poids à vide : 292 kilos Vitesse maximale : 253 km/h Construction : métallique
Phase d’approche Seuls quelques mètres séparent les deux planeurs. Les pilotes envoient un signal radio : « Blaník ready ! »
Au moins, le choix du nom du projet [Blani] X III fait rapidement l’unanimité. Il a été choisi en référence à la série XFiles : Aux frontières du réel dans laquelle les deux agents du FBI Mulder et Scully enquêtent sur des p hénomènes paranormaux. Steiner ajoute : « C’est ma troisième collaboration avec l’équipe de planeurs Blanix (cf. page 50). Les deux cascades précédentes, pour beaucoup impossibles, ont été un succès. Pour ces raisons, ce nom nous a semblé une évidence. » Le parachutiste autrichien, comprimé dans son Wingsuit, s’avance tel un pingouin vers la piste d’aviation. Showtime imminent.
l imite et il lutte contre les effets de la force centrifuge. Vision de tunnel et clignotement gris restreignent sa perception. Au-dessous de lui, son c oéquipier Martin Strimitzer ne le quitte pas des yeux. À peine quelques mètres s éparent les deux avions. Les pilotes ouvrent totalement leurs volets d’atterrissage, la vitesse de descente augmente, mais les planeurs deviennent plus difficiles à manœuvrer. Ewald envoie le signal par radio : « Blaník ready ! » Martin l’imite dans la foulée.
9h00
Ewald Roithner et Martin Strimitzer, tous deux membres de Blanix, s’installent dans leurs planeurs. Ils sont pilotes d epuis plus de vingt ans et comptabilisent à eux deux 12 000 heures de vol. Des a vions remorqueurs leur permettent de gagner l’altitude souhaitée. À 4 000 mètres, le thermomètre affiche − 18°C. Martin et Ewald ne sentent plus le bout de leurs doigts. Les câbles de remorquage sont largués. Ewald vire son Blaník L-13 à 180 degrés sur le dos. Là, il frôle physiquement la
Avant le saut Le grand défi est imminent. Georg Lettner, David Hasenschwandtner, Paul Steiner et Michael Löberbauer en pleine concentration (de gauche à droite).
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Wingsuit La combinaison équipée d’ailes en tissu permet aux parachutistes de parcourir de longues distances. Bras et jambes écartés, elle se tend pour offrir une plus grande portance dans l’air et diminuer la vitesse de descente. Les premiers prototypes de Wingsuit voient le jour au début des années 30. Leur commercialisation date de 1998. Caractéristiques TECHNIQUES Envergure : 1,50 mètre Surface des ailes : 1,65 mètre Poids à vide : environ 1,5 kilo Vitesse maximale : 180 km/h Matière : tissu en nylon
Dans le vide Dans leur casque, résonne ensuite des « Exit ! Exit ! » qui signalent l’imminence du saut de la Red Bull Skydive Team. Elle est postée devant la porte latérale du Pilatus Porter PC6 qui vole à quelques centaines de mètres au-dessus des planeurs. Les parachutistes n’ont plus qu’à sauter dans quelques secondes et rallier les p laneurs pour compléter la
Pilotes et parachutistes en Wingsuit flirtent en permanence avec le danger.
f ormation. Mais Martin perd de vue le Blaník L-13 au-dessus de lui. Il vole à l’aveugle et redoute la collision avec son partenaire. D’autant que les parachutistes en Wingsuit sont dans les parages. À cette vitesse, un choc avec les avions serait, pour eux, synonyme de mort. Une fraction de seconde suffit à Martin pour trancher. Il hurle dans sa radio : « Interruption ! Interruption ! »
9h30
Sitôt prévenu, Paul Steiner ouvre son parachute et respire profondément. Plus de peur que de mal dans cette tentative avortée. Avant la dispersion de la formation, il est passé à quelques mètres seulement de l’aile d’un Blaník. Son atterrissage, au moins, se passe comme prévu. Au sol, Steiner rejoint son coéquipier du Red Bull Skydive Team, Marco Waltenspiel qui a le nez couleur grenadine. « Ces sauts me font
4 000 mètres d’altitude, − 18°C et un vent nul. Les parachutistes sautent de l’avion-largueur, les planeurs, en-dessous, se mettent en formation.
saigner du nez. L’altitude me met dans un état lamentable », précise Marco qui sort tout juste d’une grippe. D’ailleurs, elle l’avait obligé à rester alité durant une semaine pendant que le Red Bull Skydive Team s’entraînait en Slovénie. Si Marco Waltenspiel avait déclaré forfait, le projet tombait à l’eau. « Je suis écœuré de ne pas avoir pu être des leurs. Heureusement, j’ai l’expérience des sauts en Wingsuit. »
17h00
Imposées par l’attente du retour d’un courant thermique élevé, les dernières heures ont été consacrées à la récupération. Un départ ne se fait qu’en l’absence 49
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C’est gagné Paul Steiner, Martin Strimitzer, Ewald Roithner, Georg Lattner et Marco Waltenspiel jubilent (de gauche à droite). La catastrophe frôlée plus tôt est oubliée.
À l’ORIGINE Du projet MISSION [Blani] X I Paul Steiner et l’équipe des planeurs Blanix réalisent leur première cascade en 2008. Steiner : « Je les ai rencontrés à un meeting aérien où nous avions discuté avec passion de la capacité d’un parachutiste à se poser sur un planeur en plein vol. Une cascade jamais réalisée auparavant. Au début, les pilotes avaient trouvé mon idée folle. Selon eux, la voilure d’un planeur était trop limitée. » Pendant des semaines, le parachutiste autrichien cherche une solution et finit par la trouver. Sur une autoroute. « Un camion avec des ventouses sur le pare-brise m’a mis sur la voie. J’ai appelé, le même jour, un ami vitrier pour lui en emprunter quelques-unes. » Les ventouses constituaient la pièce manquante. Fixées sur les ailes du Blaník L-13, elles servent de poignée aux parachutistes quand ils quittent le cockpit. Le moment-clé de cette folle promenade à 1 800 mètres d’altitude est quand le planeur se renverse à 180 degrés autour de son axe longitudinal et que Steiner monte sur le dos de l’aile. À une vitesse de 160 km/h et sous une pression de 2G. L’opération atteint son point culminant quand il s’assied quelques minutes sur le fuselage. MSSION [Blani] X II Deux ans plus tard, Paul Steiner retrouve un Blaník L-13, cette fois-ci à 2 100 mètres d’altitude. Il se hisse jusqu’à l’extrémité d’une aile pour passer sur un autre planeur en étant en contact durant quelques secondes avec les deux planeurs. Le lien humain entre deux avions. « L’idée est partie des pilotes. Selon eux, des planeurs en formation serrée, n’offraient pas assez d’espace entre eux pour permettre à un homme de s’y glisser. J’ai répondu : « Je demande à voir », raconte Steiner. La couverture médiatique est importante. Le NBC Morning Show y consacre notamment un sujet.
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totale de vent. Toute l’équipe a profité de ce break pour revenir sur la situation critique vécue le matin. Maintenant, le vent s’est calmé, le projet [Blani] X III peut reprendre. L’équipe procède à un ultime briefing avant le départ. Le pilote Ewald Roithner suggère un changement : « La distance entre l’avion et les planeurs doit être réduite pour permettre aux parachutistes d’arriver plus vite au niveau des planeurs. Sur l’essai précédent, cette étape a pris trop de temps. » Une indication qui n’est pas sans risque. Elle modifie le rapport à la finesse du Blaník L-13 qui devient différent de celui répété lors de l’entraînement. Il faudra faire avec.
17h30
Ultimes préparatifs avant le nouvel essai. Les parachutistes forment un cercle en joignant une dernière fois leurs mains.
Paul grimpe dans le Pilatus Porter PC6, Georg Lettner le suit. Ce dernier doit se caler entre les deux Blaník L-13, la position la plus risquée de la mission. « Faire des acrobaties entre deux planeurs de 300 kilos, ce n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant », lâche Lettner, songeur. Le petit avion reprend l’air avec son équipage. Plongé dans le silence, Georg est assis près de la fenêtre latérale du Pilatus Porter PC6. Seul le saut occupe ses p ensées et il est le premier à s’élancer. Une fraction de seconde de retard et les deux planeurs seraient hors d’atteinte. Le pilote du Pilatus Porter PC6 donne le feu vert, Georg doit agir vite. Il ouvre la porte latérale, un air glacé lui fouette le visage. Georg a les planeurs dans sa ligne de mire. Il se jette. Les autres parachutistes se lancent dans son sillage. Le vent est quasi nul, les conditions sont parfaites. Georg agit sur sa combinaison par de légers mouvements des bras et des jambes. Du haut vers le bas. Il se rapproche des planeurs et se glisse entre les deux. Les autres parachutistes volent à seulement quelques centimètres des ailes. Pendant plus de quarante secondes, cette escadrille d’hommes et de machines flotte dans le ciel. Du sol, les parachutistes sont à peine reconnaissables. Tout juste, cinq particules qui gravitent près des avions. La formation se disperse, le parachute de Georg s’ouvre. Il peut crier sa joie bien avant d’avoir retrouvé la terre ferme avec ses coéquipiers. Ils ont réussi l’impossible. À voir sur www.redbullskydiveteam.com et www.blanix.com
Une équipe concernée La réussite du projet [Blani] X III a mobilisé quinze personnes et cinq avions, et a nécessité des centaines d’heures de préparation.
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Action
Vivre dans une bombe S’il se trompe, Éric meurt sans même s’en apercevoir. C’est le bon côté de son job.
Texte : Ron Mueller Photos : Daniel Gebhart de Koekkoek On l’appellera éric Il vit en Europe du Nord. Marié et père d’une fillette de deux ans. Un joli pavillon avec jardin et piscine, une voiture avec siège enfant à l’arrière, rien d’anormal. Et pourtant, ce Monsieur tout le monde et sa famille vivent sous haute protection. Les services secrets de son pays observent ses allées et venues, ses communications et ses mails. Rien ne leur échappe. Éric assume cette situation et, depuis peu, son épouse aussi. « Des gens veillent sur nous », répond-t-il à sa femme pour la rassurer quand celleci, un peu inquiète, lui demande qui sont les hommes qui l’épient discrètement quand elle fait ses courses. Seule la femme d’éric connaît sa profession. Ses amis, ses coéquipiers de foot avec lesquels il s’entraîne deux fois par semaine, les voisins et la plupart des membres de sa famille l’ignorent. Même sa sœur pense qu’il est un banal fonctionnaire dans l’administration militaire. La réalité est bien différente. Lorsqu’il travaille, éric, le père peinard, met régulièrement sa vie en jeu. Il connaît « entre trente et quarante situations où la moindre erreur est fatale ». En effet, éric est démineur professionnel.. 52
Rouge ou bleu ?
Bleu ou rouge ? Ici, ce n’est pas du cinéma. À Hollywood, seuls deux fils sont reliés à une bombe. Dans la réalité, le piège épouse toutes les couleurs. Un mauvais choix et c’est la mort assurée.
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Les outils utilisés ne se limitent pas aux appareils high-tech.
Noir total
Désamorcer des bombes équipées de détecteurs de mouvement et de capteurs de lumière ? C’est possible. Il faut juste se mouvoir assez lentement. Et travailler dans le noir des heures durant.
Camp d’entraînement pour démineurs manuels. Ici, on essaie de se mettre à la place d’un fabricant de bombes.
Ils sont un bon millier dans le monde, tous capables d’intervenir dans des zones à risque comme en Afghanistan, en Irak ou sur le continent africain. Leur mission ? Désamorcer des engins explosifs ou d’anciennes bombes redécouvertes des années ou des décennies plus tard à l’occasion de l’aménagement d’un potager ou de la construction des fondations d’une cave. En règle générale, mines ou vestiges de guerre sont déclenchés de m anière contrôlée, ou, selon l’expression technique consacrée, « désamorcés de m anière conventionnelle » à l’aide d’un robot télécommandé équipé de bras m anipulateurs et de capteurs radiographiques ultra précis permettant au démineur de rester à une distance de sécurité vêtu d’un casque 54
et d’une combinaison protectrice pesant quarante kilos. Mais le robot ne peut pas tout résoudre. Dans certains cas, la bombe doit être préservée pour permettre l’identification de ceux qui l’ont élaborée. Dans d’autres situations, l’engin peut renfermer des substances chimiques, biologiques ou nucléaires (gaz toxique, virus mortel ou radioactivité), qui seraient dispersées en cas d’explosion. Parfois la bombe à désamorcer est logée dans un endroit inaccessible, telle une saillie rocheuse au-dessus d’un village afghan ou le recoin d’une cage d’escalier exiguë dans la mairie d’une petite ville européenne. Sans oublier les necklace bombs (colliers d’explosifs) souvent posés
par les preneurs d’otages à même le corps de leurs victimes. Autant de cas qui nécessitent l’intervention de démineurs artisanaux. Ils travaillent à mains nues sans combinaison ni casque. Si la bombe explose au moment où on la manipule, même la meilleure des protections ne servirait à rien. Tout est bien réel dans la vie d’éric, sauf qu’il que ne s’appelle pas éric et ne vit pas en Europe du Nord. Il est condamné à rester dans l’anonymat. Les démineurs sont les cibles prioritaires des terroristes. Ils savent évidemment désamorcer les engins explosifs mais pourraient aussi – sous la menace – les fabriquer de sorte qu’elles soient impossibles à désactiver par l’un des leurs. Éric et ses collègues peuvent fabriquer des bombes mortelles (dites deadly bombs). Ils sont la cible préférée des groupuscules terroristes qui veulent les enrôler. Les infos dans la presse seraient... mortelles. Échec et mat Un démineur manuel ne doit pas seulement savoir désamorcer et fabriquer ces engins de mort, il doit surtout « apprendre à raisonner et agir comme un fabricant de bombes ». Dixit éric. Il compare le désamorçage à un jeu d’échecs. L’adversaire possède tout un arsenal de pions dont la
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toujours notre postulat de départ, assure éric. Il faut supposer que tous les pièges possibles sont présents et procéder ensuite par élimination. » Cet entretien, c’est de la bombe – Comment désamorce-t-on par exemple un engin dans lequel se trouve un détecteur de mouvement ? éric : Mauvaise première question. Il faut d’abord se demander si nous avons accès à la bombe. Si un détecteur de mouvement n’est pas déjà placé en amont de la bombe, un détecteur infrarouge ou autre. – Et comment déjoue-t-on un détecteur de mouvement ? – Il faut se déplacer avec une lenteur extrême. Depuis l’entrée d’une pièce jusqu’à l’endroit où se trouve la bombe, si nécessaire, il faut se rapprocher en rampant pendant une heure, millimètre après millimètre. – Et si le détecteur de mouvement se trouve à l’intérieur de la bombe ? – Il faut le savoir avant d’ouvrir la bombe. Le mouvement des mains doit ensuite rester très lent jusqu’à ce que le détecteur soit mis hors tension. – Au moindre tremblement de doigts, nature et la fonction sont connues. Le détonateur est soit à retardement soit déclenché par texto ou par un appel à partir d’un téléphone portable. La bombe peut aussi être sensible à la moindre secousse, être déclenchée par des capteurs de lumière, de son ou un détecteur de mouvement. « Le pire scénario est
Ils travaillent à mains nues, sans combinaison ni casque. Quand la bombe explose, aucune protection ne résiste. Cet exercice vise à désactiver la bombe située dans une armoire où est enfermé l’otage.
c’est mort ? – Oui. – Et si on éternue ? – Ce n’est pas une bonne idée. Mais on apprend à se contrôler. – Comment déjouer le capteur de lumière ? – En travaillant dans le noir. – Neutraliser une bombe dans le noir ? – Ça s’apprend. Les capacités de l’œil humain sont étonnantes. – Combien de temps faut-il pour désamorcer une bombe ? – En moyenne, nous passons entre quatre et six heures dans la zone de mort. – Chaque « fabricant » de bombe a-t-il son propre style ? – Oui. Chaque engin révèle le caractère de celui qui le confectionne. On identifie assez vite de quelle « école » il vient. – Et qui fabrique les bombes les plus perfectionnées ? – En ce moment c’est le Hezbollah. 55
Ne pas bouger
Que faire quand le détonateur d’une bombe (à gauche) est relié à un détecteur de mouvement (en haut à gauche) ? Déjouer le détecteur par des mouvements extrêmement lents. Éternuer, trembler, se gratter le nez ? Mortel.
Deux victimes Reprenons la comparaison entre le jeu d’échecs et le désamorçage. Aux échecs, les règles ne souffrent aucune contestation. Les deux joueurs n’ont pas la possibilité d’inventer ou d’utiliser un nouveau pion pendant une partie. Le duel qui oppose le fabricant de bombe au démineur fait fi de telles règles. – Que se passe-t-il quand un engin est équipé d’un capteur jusque-là inconnu ? Un système qui réagit, par exemple, à la température corporelle du démineur ? – Cela existe déjà depuis longtemps. – Soit. Mais où ? En Afghanistan ? Au Pakistan ? – Il est peu probable que nos gars ne soient pas au courant, ils suivent l’innovation en permanence. – Et si, malgré tout, cela se produit ? – Alors nous perdons deux des nôtres quand cette technique est utilisée pour la première fois. Et la check-list du désamorçage s’allonge. – Votre job est-il aussi cynique que votre réponse ? 56
– Pour nous, seuls comptent les faits. Les émotions sont bannies, elles sont une entrave. éric a des mains de pianiste, fines, presque fragiles. Il peut les garder immobiles pendant plusieurs minutes, comme fossilisées, sans être trahi par le moindre tremblement. « Il faut prendre soin de ses outils », glisse-t-il. En vivre Démineur manuel est une profession qui ne connaît pas la crise. Chaque mois, en moyenne, 500 attentats à l’explosif considérés comme étant d’origine terroriste ont lieu sur la planète. Le développement d’actions terroristes, les coûts plutôt minimes de fabrication d’une bombe et leur conception relativement aisée ou le recours aux « modes d’emploi » sur internet contribuent à la prolifération de tels engins. « Même si nous étions dix fois plus nombreux, il y aurait encore assez de travail pour chacun d’entre nous », assure éric. Reconnu comme le plus expérimenté dans son pays, il est aussi responsable du recrutement et de la formation.
Nous sommes un lundi et la dernière des quatre semaines de formation de deux futurs démineurs manuels débute. Il est 19 h 15, une glacière bleue se trouve devant une porte dans la pièce située dans une aile isolée d’une caserne. Le parquet de la pièce est usé, la peinture des murs écaillée, les meubles ressemblent à ceux d’une classe primaire des années 70. Les carreaux des fenêtres sont recouverts de carton. Les ampoules sont nues mais dans l’obscurité totale de la pièce on ne peut pas le deviner. Thème de l’exercice ? Une prise d’otages a lieu dans un palais de justice. La fausse bombe confectionnée par éric est posée dans une glacière. Dessus est fixée une montre digitale affichant un compte à rebours de 3 h 30 min 00 sec. Les secondes sont à peine lisibles malgré la caméra thermique. « Voilà, ils en ont pour trois heures », chuchote le prof. Il observe chaque geste de ses élèves allongés à plat ventre sur le sol devant la glacière, masques à gaz sur le visage. Nous les appellerons Jan et Axel. Cheveux noirs bouclés, Jan pratique le Base Jump pendant ses loisirs. Axel, lui,
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porte des lunettes... – Pourquoi choisir cette profession ? Jan : Le challenge m’attire, le fait de travailler à un niveau qui n’admet pas l’erreur. Le perfectionnisme est une sorte de sport extrême cérébral. Cette concentration totale pendant des heures me fascine. Axel : C’est un moyen de parvenir à une fin. Une façon particulière de prendre ses responsabilités et d’aider les autres. – Qu’en pensent vos familles ? Jan : Ma femme connaît ma profession. C’est l’essentiel. Je bénéficie de sa confiance sans laquelle ce serait impossible et irresponsable vis-à-vis d’elle. Axel : En privé, je n’éprouve pas le besoin d’en parler. – Comment gère-t-on l’anonymat dû à la nature de cette profession ? Jan : Chacun d’entre nous sait ce que l’autre fait. C’est suffisant. Axel : Le propre d’un soldat et de sa mission c’est d’agir froidement face au danger. – Et le risque ? Jan : C’est comme le Base Jump. Le challenge est d’atteindre un niveau réduisant le risque au maximum. Axel : Le risque reste toujours présent, sans quoi les postulants seraient bien plus nombreux. Dormir « On travaille toujours en binôme, reprend Éric. La tâche est trop complexe pour un seul homme. Le deuxième agit aussi comme organe de contrôle. Il surveille les alentours. Chaque geste doit être annoncé à voix haute et exécuté
« Se déplacer avec une lenteur extrême pour éviter la détection, c’est avancer une heure en rampant millimètre par millimètre. » niquement après l’aval du partenaire u qui en vérifie au préalable la faisabilité. La présence du deuxième homme est la seule marge de sécurité dans notre travail. C’est dire... » Les outils des démineurs manuels sont des appareils high-tech pouvant coûter des dizaines de milliers d’euros et fabriqués par une poignée d’entreprises spécialisées dans le monde. On trouve également dans leur arsenal des outils ordinaires disponibles dans un magasin de bricolage comme un fer à souder, une pince, un scalpel, un voltmètre ou du ruban adhésif de différentes couleurs. Deux heures et demi plus tard, Jan et Axel coupent le dernier fil métallique, enlèvent leur masque à gaz et clignent des yeux lorsqu’éric s’empresse de rallumer la lumière. Quelques minutes
Les 70 démineurs manuels présents autour de la planète appartiennent à différentes armées mais sont toujours connectés entre eux. Les informations sont partagées, y compris celles des missions qui tournent mal.
de repos, puis c’est le débriefing. Il a noté beaucoup de très bonnes choses, mais ce n’est pas encore parfait pour éric. L’analyse détaillée est pour plus tard. Sans témoin. Il est environ 22 heures quand l’instructeur annonce à ses élèves qu’ils vont passer une nuit blanche à la caserne. Tôt le lendemain matin un autre engin explosif les attend. « Allez vous cherchez un café et prévenez vos familles, conclut Éric. Le plus important est la capacité de raisonner clairement en situation de stress. La formation permet de placer les démineurs manuels en condition optimales de tension. C’est ce qu’on recherche avant tout. La privation de sommeil en est un des moyens. Ainsi, ils sont blindés... » Éric a été formé en Grande-Bretagne. C’est le seul indice crédible qu’on puisse vous glisser. « Les Britanniques sont les meilleurs car les plus expérimentés. Cela est historiquement lié au conflit en Irlande du Nord. Learning by doing, ajoute-t-il avec une légère ironie. Ils ont trente ans de camp d’entraînement derrière eux. » Les Anglais ont envie de partager leur savoir. D’où cette formation. C’est tout à leur honneur. Éric, lui, ne s’attarde pas beaucoup sur cette session. Il ne donne que quelques informations. « Très dure, très bonne. On est surpris par sa propre capacité d’endurance et de résistance. Cette formation a fait de moi un autre homme. » Tout de même. Il ne fait aucun doute pour éric que les démineurs manuels britanniques se distinguent en alliant précision chirurgicale et ambition sportive. « Les Britanniques sont encore en train de démonter une bombe quand les Américains la font sauter depuis longtemps. » Ces hommes sont liés les uns aux autres à travers un réseau mondial. Cela leur permet de mettre en commun leurs expériences et ainsi sauver des vies, mais ils partagent aussi le malheur comme celui décrit par la pièce jointe d’un e-mail arrivé peu après 23 heures. Elle montre une tentative de déminage manuel qui tourne mal lors d’une prise d’otages en Amérique du Sud. L’un d’entre eux porte un collier d’explosifs. Aucune suite n’est donnée aux demandes de rançon des malfaiteurs. Pour le délivrer, il faut donc désactiver la necklace bomb. Échec. L’otage et les deux démineurs vont y perdre la vie. Les images sur l’écran d’ordinateur choquent. Y compris un professionnel expérimenté de la trempe d’éric. Jan et Axel les regardent. Médusés. L’odeur du café froid envahit la pièce. Silence. De toute façon, ils n’auraient pas bien dormi. 57
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RESPIRATION
Christian, Bernie et les poussins Loin du tourbillon des paddocks de F1, Christian Horner aime faire le plein de calme et de simplicité, entouré de ses deux white terriers Bernie et Flav et de l’airdale terrier Hugo. Le boss de Red Bull Racing a son jardin secret au cœur de la campagne anglaise. Tout un programme. Texte : Anthony Rowlinson Le charbon de bois du barbecue de la veille est encore fumant. Un timide soleil printanier tente de transpercer la brume posée sur les prairies du Northamptonshire. Aucun bruit aux alentours, juste le trouble de nos pas sur le gravier du chemin qui mène à la demeure géorgienne de Christian Horner, nichée dans le centre de l’Angleterre. On imagine aisément que l’une des personnalités les plus en vue du monde de la F1 préfère se réfugier dans le calme absolu entre deux GP. Cet Anglais de 38 ans est le boss de l’écurie Red Bull Racing, passée en sept saisons de l’anonymat de la grille de départ à deux doublés mondiaux pilotesconstructeurs en 2010 et 2011, portée par son phénomène Sebastian Vettel. Le grand challenge de cette saison est la quête d’un troisième sacre d’affilée. Une performance que seuls Michael Schumacher et Ferrari ont réussi à l’aube des années 2000. Ce matin, on est loin de tout ce tumulte d’ambitions. Quelques heures passées à la maison, un petit-déjeuner pris plus tard qu’à l’habitude, une balade avec les chiens et aller nourrir les poules, voilà le planning du jour de Christian Horner même si la Formule 1 n’est jamais complètement absente de son programme. D’ailleurs, les invités du barbecue étaient tous membres du team Red Bull. L’ancien pilote de Formule Renault hèle deux de ses trois chiens, partis courir un poil trop loin. De l’humour sur pattes. Car les deux petits west highland white terriers se prénomment Bernie et Flav. Comme Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1, et le très controversé Flavio Briatore, l’ancien manager d’écuries championnes du monde. 58
Photo : Desmond Muckian
Horner nous emmène visiter le rez-dechaussée de sa demeure où on découvre notamment une caricature encadrée de Sebastian Vettel et lui. Un cadeau de son pilote après son second titre de Champion du monde. Si Horner est ici entouré de tranquillité, son job quotidien est à l’opposé de cette ambiance champêtre. « C’est important d’être capable de s’éloigner de la F1 avant que cela ne tourne à l’obsession, assure-t-il, non loin
« Parfois, mon assistant m’appelle et m’annonce la naissance de poussins ou la dernière bêtise des chiens. Cela me permet de relativiser l’importance des choses. » de ses poules, et de son vieux Massey-Ferguson. La Formule 1 est un sport et un business tellement prenants qu’ils peuvent vous bousiller l’existence. Si vous ne vous obligez pas à tout débrancher par moments, vous ne pouvez pas être opérationnel à 100 %. C’est essentiel de se changer un peu les idées pour se sortir les problèmes de la tête. » Bien qu’il soit le jeune taulier d’une écurie de F1 à la bagarre pour le titre mondial, Christian Horner tient à son havre de paix. Un petit coin d’Albion à l’écart, si différent de l’Australie, la Malaisie, la Chine, Bahrein, les quatre
premiers Grands Prix d’un championnat débuté tambour battant en mars. Au terme de la saison la plus intense jamais connue en F1 (avec six Champions du monde sur la grille de départ), Horner aura participé à vingt Grand Prix. « Parfois, Beverley (son assistant, ndlr) m’appelle. Je suis dans un coin du monde, la tête farcie de problèmes à régler pendant un week-end de Grand Prix et il m’annonce la naissance de poussins ou la dernière bêtise des chiens. Ça me permet de relativiser l’importance des choses. En Formule 1, on vit dans un monde irréel et il est essentiel de ne pas y sombrer. » Il se promène maintenant en bordure d’un grand étang et le long d’un cimetière bénédictin, avec ses trois chiens tenus en laisse. Difficile d’imaginer qu’à seulement dix kilomètres de ce décor quiet, le circuit de Silverstone accueille chaque année le GP de Grande-Bretagne et ses bolides hurlants et polluants. Le QG de l’écurie Red Bull, à Milton Keynes, n’est qu’à vingt-cinq minutes en coupant à travers la campagne. « À la vitesse autorisée », rigole Horner avant d’ajouter : « Écoutez ce silence ! » En entendant un pic-vert tambouriner le tronc d’un arbre tout proche, Christian Horner s’est immobilisé. À l’affût. Même les chiens n’osent plus bouger. Hugo, son airedale terrier, s’allonge d’ailleurs dans l’herbe. Son maître lui lance : « Attention aux chardons. » Horner embraye : « C’est indispensable d’avoir un endroit à soi, de pouvoir rentrer le soir à la maison et de tout oublier, d’être accaparé par des futilités et de se réveiller le matin en pleine forme. Ça me donne une telle force. » Suivez la saison de Sebastian Vettel et Mark Webber sur www.redbullracing.com
Christian Horner peut se reposer sur le flair de Bernie, Flav et Hugo (de gauche Ă droite).
La navigation sur l’Hydroptère, trimaran visionnaire d’Alain Thébault, mi-bateau, mi-avion, charrie un flot de sensations étonnantes. Même dans une petite houle, même par petit temps. The Red Bulletin vous prouve que, demain, c’est sûr, les bateaux auront des ailes. Textes : Frédéric Pelatan Photos : Christophe Launay
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Voler vite...
Sans casser Hydroptère. En grec, hydros signifie « eau » et -ptère « aile ». Il contourne le problème de la poussée d’Archimède, la force particulière que subit un corps plongé tout ou partie dans un fluide (gaz ou liquide) soumis à un champ de gravité. Cette force provient de l’augmentation de la pression du fluide avec la profondeur. La pression étant plus forte sur la partie inférieure d’un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée verticale orientée vers le haut. Voilà pourquoi flottent les bateaux et pourquoi aussi ils sont freinés dans leur déplacement. Le principe est simple. Une fois atteinte la vitesse de dix nœuds, l’Hydroptère DCNS déjauge et décolle pour être au-dessus des flots. Il prend alors appui sur ses foils, ailes marines placées sous chacun des flotteurs dont l’incidence, affinée au fil des nombreuses tentatives, permet sa mise en suspension. La coque centrale et les flotteurs ne sont plus au contact de l’eau. Seul un quantième des foils, environ 2,5 m², reste immergé à pleine vitesse quand « l’oiseau » prend son envol. L’Hydroptère n’a pas inventé ce système mais revendique l’appliquer mieux et plus longtemps que les autres projets travaillant sur le sujet.
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lain Thébault ne finit pas une seule de ses phrases. Il en rigole : « Avec le nombre de choses que j’ai à gérer en ce moment... Ça me rend fou. » Vingt ans que c’est comme ça. Le récent changement de partenaire, avec l’arrivée de l’entreprise française DCNS, spécialiste de l’armement naval, a provoqué un surcroît d’activité et tracé un objectif précis : la traversée du Pacifique. Souvent, on a reproché au père de l’Hydroptère d’avoir fait traîner le projet depuis son premier vol, vieux du 1er octobre 1994. Ses deux records de vitesse à la voile établis en septembre et novembre 2009 – 51,36 nœuds, en vitesse absolue, repris le 13 octobre 2010 par le kite-surfeur français Alexandre Caizergues (54,10 nœuds), le premier à franchir les 100 km/h (50,17 nœuds sur le mille marin) – ont assis sa légitimité. Il est désormais temps de démontrer la vocation océanique du bateau. Le cœur cette folle ambition s’articule en trois actes. Acte 1 : affronter la traversée du Pacifique et chiper à Olivier de Kersauson et son Geronimo le record de la Transpac, entre Los Angeles et Honolulu, record qui date de 2005. Installée en Californie depuis début juillet, l’équipe guettait la fenêtre météo propice pour s’élancer. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le trimaran attendait encore les conditions optimales. Les deux actes suivants s’ancrent dans un futur plus lointain. Pour ceux-là, deux bateaux sont à venir. Le premier, l’Hydroptère 2, projet en élaboration sur plans, devra permettre à Thébault de se mesurer au record de l’Atlantique nord, entre le phare d’Ambrose (New York) et le cap Lizard, au large d’Ouessant. Mais le rêve ultime, pour lequel la construction d’un maxi-Hydroptère est capitale, c’est le Trophée Jules-Verne, le tour du monde en équipage au départ du cap Lizard en laissant à bâbord ceux de Bonne-Espérance, de Leeuwin et du Horn. Les deux re-
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cords appartiennent à Banque-Populaire V, le plus grand trimaran de course jamais construit et dessiné par le cabinet d’architectes VPLP qui est intervenu sur l’Hydroptère et réfléchit à sa prochaine version. Les deux records, de Pascal Bidégorry pour l’Atlantique et de Loïck Peyron pour le Jules-Verne ne seront inquiétés par un trimaran archimédien (lorsque les flotteurs sont dans l’eau) avant longtemps. La solution est ailleurs, sans doute dans le foil. Alain Thébault reconnaît ses limites actuelles. « On n’a pas le bateau pour faire des tentatives contre ces records. On sait que notre façon de naviguer, de voler, est la solution pour aller plus vite que les bateaux archimédiens mais l’Hydroptère est un vieux bateau. Il n’est pas capable de résoudre toutes les problématiques d’une mer formée ». S’il vient à naître, l’IDroptère s’inspirera largement de l’actuel Hydroptère, objet d’expérimentations multiples et puits de connaissances empiriques désormais dans le domaine du savoir. Comme l’Hydroptère vole au-dessus de l’eau, sa navigation peut se résumer ainsi : latitude, longitude, altitude. Il ne s’agit pas d’aller bien haut, à peine quelques mètres, au-dessus de l’eau et le plus longtemps possible. Année après année, de maquette en échec mais aussi quelques succès pour
Après la neige et le sable, Luc Alphand s’attaque à l’eau et rejoint l’Hydroptère pour sa tentative contre la Transpac. arder confiance et financement, Alain g Thébault a fait de son Hydroptère un bateau un tiers marin, deux tiers aérien. Moins rapide dans l’eau que la majorité des trimarans de course mais bien plus véloce dès qu’il s’extrait de l’eau et prend appui sur l’un de ses deux immenses foils. « Cette aventure scientifique a quatre pans progressifs : voler ; puis voler de manière stable ; puis voler de manière stable et rapide ; puis voler de manière stable, rapide et dans les vagues. On a résolu les trois premières équations. Avec la tentative de record dans le Pacifique, nous nous attaquons au dernier étage de la fusée », glisse le navigateur-concepteur de 60 ans. La solution des trois premières équations
a demandé vingt ans d’efforts. L’intérêt de la Transpac : démontrer la fiabilité de l’Hydroptère et illustrer qu’un trimaran mi-bateau, mi-avion peut a ffronter des mers formées comme seul le grand large en présente. Alors que les ingénieurs estimaient avoir résolu le juste compromis entre la solidité et le poids, une des problématiques essentielles du bateau, l’Hydroptère s’est plusieurs fois brisé, notamment au niveau des bras de liaison. La solution ? De nombreux capteurs de contrainte ont été posés sur les pièces névralgiques, ainsi qu’une centrale inertielle, appareil de navigation de précision fait de capteurs d’accélération (accéléromètres) et de vitesse angulaire (gyromètres). La centrale permet de calculer en temps réel les angles d’attitude (roulis, tangage, cap), le vecteur vitesse et la position 3D instantanée à
Au volant, Jacques Vincent. Dans son dos, Alain Thébault. À sa droite, Luc Alphand, mains sur le winch. À côté de lui, Jean Le Cam et, à droite, Yves Parlier, deux légendes de la voile française.
artir des mesures de ces capteurs. Il y en a p sur tous les aéronefs. Au fil des ans, Philippe Perrier, ancien responsable du programme Rafale chez Dassault Aviation, a développé Hydrop 6, un logiciel en 3D de simulation. Aujourd’hui, le simulateur permet de projeter le comportement de l’Hydroptère dans toutes les configurations de voile, de vent, de cap, de mer. Alain Thébault a acheté à Météo France cinq ans de relevés météo, intégrés à Hydrop 6, pour anticiper toutes les conditions que pourrait affronter le trimaran. 65
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Les travaux de l’hiver, voués à retrouver la nature hauturière de l’Hydroptère, ont été pilotés au regard de ce simulateur. un bout de 4,5 mètres est ajouté pour amplifier le plan de voilure et des foils plus résistants dans les vagues remplacent ceux, hyper fins, qui équipaient la configuration « vitesse ». Sur l’écran, des droites, des courbes pour figurer la mer et le vent, et le squelette du bateau qui bouge en temps réel. Dans la démonstration, Philippe Perrier s’amuse à jouer avec les multiples onglets qui permettent de changer les paramètres, jusqu’à trouver ceux qui font chavirer le bateau. Ces calculs permettront d’optimiser la construction de l’IDroptère.
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et outil permet de résoudre une équation fondamentale : le positionnement des masses à bord et la définition du centre de gravité de l’Hydroptère, conditions essentielles pour parvenir à l’équilibre en vol. un long combat mené « à la main » au début. La baie de La Rochelle se rappelle Alain Thébault déplaçant des sacs de sable à bord, dans la quête improbable du bon équilibre des masses. Le centre de gravité sur l’Hydroptère est placé plus en avant que sur un trimaran classique, qui déporte le poids vers l’arrière pour éviter les enfournements. Philippe Perrier : « C’est comme dans un avion : si on met tous les passagers à l’arrière, il risque de devenir incontrôlable. » Aujourd’hui, l’Hydroptère va plus vite. Il y a peu, Ernesto Bertarelli, le milliardaire suisse patron d’Alinghi, double vainqueur de la Coupe de l’America et appâté par Hydrop 6, a tenté un rapprochement. Selon Thébault, il voulait mettre la main sur le simulateur. Dans son viseur, la Coupe de l’America 2017. Le boss calme le jeu : « On est deux, avec Philippe, à avoir la clé de ce logiciel et ce n’est pas prêt de changer ». Au cœur du logiciel, vingt ans de secrets jalousement gardés. Dont celui de la fiabilité. Les écrêteurs pour encaisser. Quand l’Hydroptère casse, au sud de l’Angleterre au début des années 2000, Alain Thébault et son équipe de « Papés » cherchent à en comprendre la cause. Les Papés sont des ingénieurs aéronautiques qui optimisent bénévolement le bateau. Thébault : «Il a été conçu initialement pour des vitesses 66
Sous la coque, le foil en carbone sur lequel l’Hydroptère s’appuie pour voler, de part et d’autre du trimaran. Alain Thébault prend le volant quand les conditions s’avèrent très musclées (en haut). Des systèmes de contrôle suivent en temps réel les performances et le comportement du bateau (en bas à droite).
Des ingénieurs d’entreprises françaises aéronautiques et navales se penchent depuis vingt ans sur ce bateau.
de l’ordre de 30 à 35 noeuds pour lesquelles la pression de l’eau est de l’ordre de dix à quinze tonnes au m². Mais à 50 noeuds, cette pression dépasse trente tonnes au m². Sur un Rafale, on tourne autour de dix-onze tonnes, à une vitesse de 800 nœuds. L’eau est 800 fois plus dense que l’air. Et on a encaissé, lors de cette navigation, deux mouvements de pilon, avec un pic de pression sur un bras de liaison de 47 tonnes. » Trop pour la structure qui cède. Pourquoi ? un voilier hydrofoil est porté par la pression dynamique de l’eau sur ses foils (l’extrados, la dépression, sur le dessus des foils et l’intrados, la surpression, dessous). Ce sont ces mêmes pressions qui permettent l’envol. Pour obtenir la portance nécessaire au décollage du voilier à une vitesse faible, une grande surface de foil est nécessaire. Quand la vitesse augmente, le foil sort progressivement de l’eau. Par conséquent, la surface du foil au contact de l’eau diminue, mais les houles font varier en permanence cette surface mouillée et donc, l’incidence des filets d’eau sur le foil. À grande vitesse, la
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Voler vite… ortance peut atteindre de façon dynap mique des valeurs extrêmes. Thébault : « Le bateau subit une exagération de poussée à un moment donné. Quand tu pousses sur le foil en traversant la vague, il est plus immergé. On passe de un à deux m². Le bateau ne bouge pas mais un surcroît de poussée sur le foil subit des variations d’immersion et les efforts dûs à cette variation sont absorbés par l’écrêteur. »
C’est le problème majeur. Le bateau ne gîte pas : sous les vagues, à la fois il gîte et tangue. Pourquoi ? Parce que, une fois en l’air, il prend appui sur deux foils courbes de 6,5 mètres de long plus ou moins enfoncés dans l’eau et sur un empennage arrière de 3,5 mètres, à l’arrière de la coque centrale. S’il sert à diriger le navire, il a aussi la lourde charge d’assurer en partie l’assiette. Mais, au contraire du duo de foils qui assure l’équilibre à hauteur des flotteurs, l’empennage fait le boulot, seul à l’arrière. Dans la houle, le bateau peut piquer et enfourner à cause de la vitesse orbitale (des particules d’eau) sur l’écoulement vu par les foils. Le seul moyen de contrer cela est le redressement du bateau par le foil horizontal qui achève le safran et lui donne une allure d’empennage d’avion. L’asservissement l’incline ou le redresse de quelques degrés pour générer une poussée verticale ascendante ou descendante. En résumé, quand les gouvernes travaillent à proximité de la surface, elles subissent les variations d’incidence orbitale des particules d’eau.
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22,84 m Vue de face Échelle : 1 : 150
Illustration : Exergian albert
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Élévation Échelle : 1 : 150
« Quand on pose un bouchon sur une surface, il vit un mouvement orbital, image Alain Thébault. En projection, ça donne un mouvement orbital. » Sur l’Hydroptère il existe un système de contrôle d’assiette manuel et commandé par un joystick. L’asservissement se gère en quatre modes, du plus manuel au plus automatisé. L’équipe de DCNS Research a défini un mode d’asservissement du plan porteur arrière. Il sert à amortir les mouvements de roulis et de tangage du bateau et améliorer son comportement, donc ses performances, en haute mer. De nouveaux capteurs ont été installés autour du bateau, des censeurs de hauteur au-dessus de l’eau et la connectique de l’ensemble du système a été synchronisée avec la centrale inertielle. Une sacrée bécane qui, en temps réel, aura à corriger les moindres mouvements de déséquilibre du trimaran. La technologie est maîtrisée sur les sous-marins conçus par DCNS. Sa déclinaison sur l’Hydroptère constitue les prémices d’un système qui sera repris sur les prochains hydrofoils, à voile ou à moteur.
uelle solution ? André Sournat, ancien dessinateur du programme Rafale, a fait équipe avec Philippe Perrier pour se soustraire à ces pics de pression. Philippe Perrier : « C’est un outil très original, une pièce complexe mais au fonctionnement simple. Quand la contrefiche encaisse des efforts trop importants, l’écrêteur encaisse puis restitue l’énergie sans qu’il y ait dispersion d’énergie. » Les écrêteurs sont réglés pour tolérer trente tonnes de poussée sur les foils. En tout cas, jamais plus de trente-cinq tonnes. Si la pression dépasse ce maximum qui diffère selon un record de vitesse ou une traversée hauturière, le vérin se comprime et amortit le choc de la violente poussée verticale. En cas de pression excessive, l’écrêteur de l’Hydroptère pousse sur la chambre contenant de l’azote comprimé à 150 bars (170, lors des records de vitesse). Le mouvement s’opère en 5/10e de seconde, suffisants pour abaisser la pression exercée sur la contrefiche. Le foil, qui venait de se replier légèrement, reprend son incidence initiale, entre 42 et 45 degrés. Breveté par Hydroptère, ce système peut-il s’appliquer ailleurs que sur les bateaux ? « Depuis qu’un Airbus A320 s’est posé sur l’Hudson River à New York en 2009, on se pose la question de l’amerrissage des avions et les autorités de contrôle de l’aviation se montrent insistantes, soulève Philippe Perrier. On a làdessus un savoir empirique. Quelques essais en bassin de carène ont été faits, mais les seules modélisations sur lesquelles s’appuyer sont celles des bateaux rapides, des plate-formes offshore. Mais l’effort à subir à l’amerrissage pour un avion est du même type que celui encaissé par un flotteur de l’Hydroptère à pleine vitesse. » 67
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La grande vitesse et
Vue de dessus Les lois de la physique sont parfois impénétrables et s’imposent avec force et fracas aux aventuriers de la haute vitesse. Voici l’heure de gérer la ventilation, la cavitation et le flutter. La ventilation ? Alain Thébault : « Une aile génère de la portance parce que l’eau qui la contourne subit des variations de pression. Celle-ci s’accroît sur l’intrados, là où la vitesse d’écoulement baisse, et elle diminue sur l’extrados, là où elle augmente. La dépression sur l’extrados crée une petite cuvette à la surface. » Il y a donc aspiration d’air à l’endroit de la plus forte dépression. Ce phénomène réduit les performances du foil. Et peut créer des instabilités. « On est à l’interface de deux éléments. » Comme sur certains avions, les foils ont été équipés de fences, barres de carbone collées à la perpendiculaire pour casser le flux d’air et laisser l’eau s’écouler. La cavitation ? À haute vitesse, la pression dynamique de l’eau devient négative dans des zones de l’extrados. En certaines circonstances, l’eau se vaporise autour des impuretés qu’elle renferme. Le profil est contraint d’évoluer dans une poche d’air. À partir de cinquante nœuds sur les hydrofoils, la cavitation devient pratiquement incontournable. Mais elle provoque des instabilités de portance qui peuvent rendre l’ensemble incontrôlable. Compte tenu de l’incidence relativement faible des foils (42 à 45°), Philippe Perrier estime que les décrochages ne sont pas envisageables. La solution est le travail de profilage des
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a chasse au poids. Vingtdeux mètres sur vingtdeux ? Vingt-sept sur vingt-sept ? Trente sur trente ? Impossible de connaître les dimensions du futur IDroptère. Tout dépendra du budget alloué au projet. Il n’est pas impossible que le futur bateau récupère des pièces de l’ancien, comme les flotteurs et le mât. Il y a surtout une équation à résoudre : plus on fait grand, plus on fait lourd. Thébault résume : « Si on ajoute deux mètres au bateau, il prend des tonnes en plus. Or, on n’a pas besoin d’un grand bateau pour aller vite puisqu’il s’agit de s’extraire de l’eau le plus vite possible. Si on a besoin de plus grand, c’est pour loger un équipage, mais c’est la seule raison. » Quelles solutions ? Place au tout carbone ! En la matière, l’Hydroptère participe encore à deux évolutions essentielles. Comme du contreplaqué, le carbone se travaille en couches. On compile et colle de cinq à quinze couches dont l’épaisseur unitaire ne dépasse pas 0,3 mm. Parfois, on pousse jusqu’à une centaine pour les structures soumises aux plus grosses contraintes. Les fibres, livrées en rouleau, sont positionnées sur un bâti correspondant à la forme désirée, puis collées les unes aux autres de manière multidirectionnelle, pour optimiser l’absorption des contraintes, selon les calculs des bureaux d’études. Enfin, la structure est mise sous pression (sept bars) et cuite à 120-130 °C. Un exercice où il faut éviter faux plis et bulles d’air. Construits chez Airbus Nantes, les bras de liaison de l’Hydroptère mesurent douze mètres. Jusqu’à la fabrication de ces bras, le spécialiste de la structure n’avait jamais construit des segments de plus de dix mètres. Autre «Papé » issu d’Airbus, Boris Prat, ex-responsable de la structure de l’A340, raconte l’apport surprenant et fondamental de l’Hydroptère : « Il sert de
foils. Sont utilisés des profils « supercavitants » qui font que la cavitation est stable à une vitesse donnée. Nous voyons en ces foils deux pièces de carbone linéaires. La réalité est tout autre. Leur forme est l’objet d’incessantes études, de finesse que l’œil ne peut discerner, pour une répartition idéale des pressions sur l’ensemble des foils. L’école polytechnique de Lausanne a contribué à la création de
Quand sa vitesse monte à 10-12 nœuds, le grand bateau sort de l’eau et prend appui sur ses foils. champ d’expérimentation dans la construction de grosses pièces. Le moule du bateau a servi à apprendre à construire, quelques mois plus tard, la poutre centrale de l’A380. La période probatoire pour ce genre de pièces coûte des millions d’euros. On a gagné du temps et de l’argent grâce aux galops d’essai pour l’Hydroptère. » L’équipe d’Alain Thébault, qui avait sollicité Airbus pour ce savoir-faire spécifique, s’est proposée en support d’expérimentation, et pas seulement pour sa structure. Un peu partout sur le bateau, des pions carbone remplacent les rivets qui, collés, joignent les éléments en carbone. Un brevet a été déposé par Airbus et L’Hydroptère. Il autorise cette technologie aux bateaux mais la limite aux avions. L’intérêt ? C’est ultra solide et plus léger que des rivets en titane. L’Hydroptère a encore servi de champ expérimental, notamment pour la fiabilité de ces pions, Thébault en est fier: « À terme, cela devrait être utilisé chez Airbus qui assurera une perte de poids conséquente de ses avions, donc des économies de kérosène. » Boris Prat : « Après des années d’expérimentation, ce sera bientôt utilisé sur les avions. Les pions n’ont pas de masse, ou presque, et les ensembles sont plus homogènes ». Airbus se sert donc des travaux de l’Hydroptère comme de tests réels en laboratoire. «Il vaut mieux dégringoler de quatre mètres de haut à trente nœuds que de tomber du ciel à plusieurs centaines de kilomètres par heure », conclut, amusé, Thébault. Plus sur www.hydroptere.com
ces foils hyper profilés qui ont servi dans ses conquêtes de vitesse absolue. Ces recherches en hydrodynamique intéressent des fabricants d’hydroliennes coréens et japonais. Le flutter ? Ou l’enfer. C’est un phénomène hydro-élastique dû à une entrée en résonance. La pièce oscille de plus en plus vite en raison du flux du fluide sur l’aile et finit par exploser. Une divergence, une fréquence
pose problème à un moment. Au mauvais endroit. Thébault : « C’est un phénomène complexe. Les gars qui vont vite explosent. Je le sais, je l’ai fait quatre fois. Ce n’est pas évident de voler à cinquante-cinq nœuds. » Les équipes de l’Hydroptère assurent avoir résolu le problème. Son créateur glisse : « On a un gros temps d’avance sur nos concurrents dans la course à la vitesse. »
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LOEB MADE IN USA
Une semaine après la 72e victoire de sa carrière, en NouvelleZélande, Sébastien Loeb savoure l’or sous le soleil de LA.
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Dans l’intimité de son usine versaillaise de Satory, Citroën Racing a accouché, sous nos yeux, d’un énième monstre de puissance. La DS3 XL 70
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PHOTOS : GARTH MILAN/RED BULL CONTENT POOL, CHRISTIAN PONDELLA/RED BULL CONTENT POOL
Sébastien Loeb n’avait jamais foulé le sol américain. Les Californiens se souviendront longtemps de son passage.
GAMes n’a pas fait de détail au Staples Center de Los Angeles en juin dernier dans le cadre des X Games. Oui, le bébé se porte bien. Texte : Ioris Queyroi
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llongée sur crics et auscultée par deux techniciens, sans stickers, elle est toute pâlotte et amaigrie. Pas de tableau de bord, de suspensions, d’amortisseurs, ni même de pneus mais un capot farci de biceps et de nerfs. Y battent déjà les pulsations d’un moteur deux litres 16 soupapes Turbo qui crache une puissance telle que 2,4 secondes suffisent à grimper à 100 km/h, soit un chrono comparable à une F1 ! Avant de s’essayer pour la première fois aux X Games, la f uture DS3 XL, nouvelle bête à concours de Citroën R acing, est entre les mains d’un duo franco-suédois de mécaniciens avant que l’octuple Champion du monde de rallye, Sébastien Loeb, la manœuvre pied au plancher dans le centre-ville de Los Angeles. Dans la confidentialité de l’atelier de montage de Satory, on phosphore au box 3 car Citroën Racing, implacable machine à gagner en WRC, s’engage dans une nouvelle chicane, le rallycross. Il n’est pas nécessaire d’être Columbo pour savoir que la marque aux chevrons ne part pas se flinguer dans le grand Ouest juste pour
griller. Mais quoi de mieux qu’une médaille d'or aux X Games gagnée en terre américaine pour se donner un surplus d’adrénaline à mi-saison ? La grande compétition annuelle des sports extrêmes et son aura jeune et dynamique sont une autoroute vers de nouvelles parts de marché. Notamment la Chine, « un marché très important pour la marque dans le futur », d’après le patron de Citroën Racing, Yves Matton. C’est lui qui a remplacé Olivier Quesnel en janvier dernier ; il connaît bien l’équipe française puisqu’il était team manager à l’époque de l’emblématique Guy Fréquelin. Progressivement, la DS3 XL calibrée rallycross se pare des stickers de ses partenaires et ressemble à sa petite sœur, la DS3 WRC. Yves Matton, chemise blanche décontractée, épaules de première-ligne, précise : « Cette voiture est faite en collaboration avec Kenneth Hansen Motorsports. » Nez sous le capot, certains mécanos s’attaquent au système de r efroidissement
Matton : « e n rallycross, Le départ est très i mportant. »
chef mécanicien de Mikko Hirvonen : « La position du siège par rapport au volant, aux pédales, au l evier de vitesses et au frein à main… On essaie d’approcher au mieux toutes les cotes de référence pour que Sébastien soit installé comme il l’est dans la WRC. » Compliqué, d’autant que les matériaux – et surtout les formes des pièces comme les leviers, le volant ou encore le pédalier – diffèrent des standards WRC. Cyrille Jourdan, ingénieur de piste carrossé ainsi que le pilote alsacien, prend place dans l’habitacle. En cobaye : « Chaque voiture est différente. Dès qu’on en a une nouvelle, les positions du siège et du volant doivent être réglées au millimètre. Si le levier de vitesses n’est pas calé où il faut, en pleine accélération, le pilote peut se tromper et empoigner le levier de freinage. » La participation aux X Games s’est décidée rapidement. Loeb aime s’essayer à d’autres terrains que le rallye. À son compteur, déjà, l’endurance ou les 24 Heures du Mans. Yves Matton : « Le mental de compétiteur de Sébastien est toujours titillé dans ce genre de challenge de battre les pilotes-références de leur discipline. » Son défi majeur au volant de la DS3 XL est bel et bien de répondre à Travis Pastrana et son « meilleur ennemi » Marcus Gronholm. Nanti de onze médailles d’or aux X Games, Pastrana est rompu aux one-shot automobiles surmédiatisés. Comme Loeb, il a déjà tâté de la Course des
Piloter une DS3 de 545 chevaux est un vrai plaisir pour le pilote et pour le public. Sébastien Loeb peut en témoigner.
quelques dollars de plus. Son carburant préféré reste la victoire. Cyrille Jourdan, ingénieur de piste chez Citroën Racing démarre au quart de tour : « Comme toute course, on y va pour gagner. Mais ce n’est pas la même pression, ni le même enjeu. Toute l’année, en rallye, la gagne est essentielle parce qu’à la fin, il faut absolument remporter le championnat. » L’obtention d’un 8e doublé mondial piloteconstructeur demeure la priorité à ne pas 72
du turbo, pendant que d’autres bricolent l’habitacle et ajustent la position du baquet. Ils jouent du crayon pour dessiner une buse en carton, l’échelonnent au cœur du capharnaüm de fils hirsutes qui gouverne sous le capot, avant que la fabrication de la pièce ne soit lancée. Accroupi, un mécano étire un mètre avant d’installer le baquet qui, siglé Sébastien Loeb, patiente pour l’instant à côté d’une pile de pneus. Aidé par Olivier,
Champions, réunion des as mondiaux du contre-braquage et show à l’américaine avec DJ’s et pom-pom girls. Pastrana et Loeb avaient confronté leur pilotage en 2005 et 2006. Quelles différences entre la DS3 WRC et la DS3 XL ? Cyrille Jourdan : « Là, c’est un moteur qui fait deux litres et qui développe 545 chevaux. C’est une voiture plus puissante qu’une WRC, notamment à cause de la réglementation.
Photos : flavien duhamel/Red bull content pool, garth milan/red bull content pool, christian pondella/red bull content pool
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ds3 Xl
Sur ce cliché, la voiture n’est pas encore « habillée ». Suivront trois semaines de préparation.
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PHOTO : JP. MESGuEN
EXPLOSIVITÉ 545 chevaux, une cylindrée de 2 050 cm³ – contre 1 598 pour la version WRC – mais un poids identique à la petite sœur.
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POIDS Pas de copilote. Le radiateur de la DS3 XL est donc situé à l’arrière pour une meilleure répartition de l’ensemble (1 300 kilos).
Celle du WRC impose une bride à l’admission du turbo qui réduit les performances pour niveler le niveau général. » Les pilotes WRC se battent avec le chrono quand le rallycross est une course en peloton qui bascule souvent dès le départ en ligne. une spécificité précisée par le directeur de Citroën Racing : « En rallycross, le départ est très important alors qu’en rallye, chaque pilote en fait une vingtaine sur tout un week-end. S’il en loupe un, il perd du temps mais son week-end n’est pas foutu. En revanche, en rallycross, si le départ est manqué, il entame une bonne partie de son week-end. » Les 4-roues estampillées rallycross avancent moins vite qu’une WRC mais leur excédent de
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AÉRATION Ces ventilateurs agissent surtout au départ. En rallycross, un très bon départ est souvent synonyme de victoire finale.
loeB : « lA ds3 Xl A 200 cHeVAUX de plUs QUe lA Wrc. » puissance permet une accélération plus énergique. Dompter 545 chevaux en pleine furie, en seulement deux jours d’essais sur le circuit de Dreux, entre deux manches du championnat du monde WRC, Loeb a dû mettre la gomme pour digérer la méthode Assimil du rallycross : « La DS3 XL a 200
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EMBRAYAGE Contrairement à la DS3 WRC (bi-disque céramétallique), Citroën conçoit ici un embrayage en fibres de carbone à la durée de vie très courte.
chevaux de plus que la mienne mais ça le fait. » Matton : « Même si ça ressemble au rallye, le rallycross est très différent. Il faut changer son pilotage pour gérer la puissance extrême de la voiture. Sébastien est un pilote complet. On voit ce qu’il est capable de faire en rallye ou en circuit. Là, l’enjeu, c’est plutôt le temps d’adaptation. » Même préparation express pour Cyrille Jourdan et le reste de l’équipe : « On a eu très peu de temps pour préparer la voiture et travailler avec Sébastien. Monter aussi rapidement une voiture qui lui plaise est un vrai challenge. » Et Matton de conclure : « C’est une première opération qui n’a pas de suite. » Pour l’instant. À consommer en images sur www.redbull.fr
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7 Vue d’avion du site de lancement de Red Bull Stratos
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Bienvenue à Roswell Paisible cité du Nouveau-Mexique, Roswell est plus connue pour son imaginaire vivace que pour son charme désuet. Reportage au cœur de la probable zone d’atterrissage de Baumgartner. Texte : Werner Jessner
Red Bull Stratos, c’est ça !
Photo : Predrag Vuckovic/Red Bull Stratos
À bord d’une capsule pressurisée fixée à un ballon d’hélium de 50 mètres de haut, Felix Baumgartner, 42 ans, s’élèvera à 36 576 mètres avant de plonger en chute libre vers la Terre. L’objectif de cette mission menée à la frontière de l’espace est de battre quatre records du monde :
1. La vitesse du son
sans assistance 2. Le saut en parachute le plus haut 3. La plus longue chute libre 4. La plus haute ascension en ballon
The Red Bulletin suit Red Bull Stratos au plus près. Nous présentons depuis six mois les différentes étapes de l’expérience. Pour les retardataires, elles sont toutes disponibles sur l’appli tablettes gratuite du mensuel que vous tenez entre les mains. L’ensemble est agrémenté de vidéos exclusives.
FÉVRIER : nous avons interviewé Felix Baumgartner et son mentor, l’Américain Joe Kittinger, détenteur du précédent record de chute libre. MARS : étude de la capsule de vol, du cockpit et des caméras embarquées à bord. AVRIL : cap sur le ballon, transporteur de la capsule spatiale de Baumgartner. Mai : décryptage de la combinaison
de vol de Baumgartner et gros plan sur l’évolution historique des tenues spatiales.
JUIN : entretien avec le Doc Jonathan Clark sur les risques médicaux et excursion virtuelle dans le monde du dessus. Juillet : Luke Aikins nous explique tout avant que Felix Baumgartner n’évoque son saut d’entraînement à près de 22 000 mètres d’altitude.
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ans après le crash supposé d’un ovni qui a permis à la cinquième plus grande ville du NouveauMexique d’être recherchée sur la carte du monde, Roswell est de retour sur l’avantscène internationale grâce au projet Red Bull Stratos. Bien sûr, pour l’heure, ce sont encore les extraterrestres qui jouent les têtes de gondole. En promenant un regard distrait sur Main Street, dans le centre-ville de Roswell, on dénombre cinquante-sept petits aliens. Des bonhommes publicitaires à tout faire : ils mangent, boivent, dorment, conduisent de belles voitures, se chaussent, jouent de la musique. Ils s’affichent aussi sur les tee-shirts locaux, en slogan d’une folle perspicacité : « Que serions-nous si nous ne croyions pas en vous ? » C’est un must. Seul le boulanger situé dans une petite rue à côté du musée au nom le plus long (Musée international et centre de recherches sur les ovnis) joue l’ambiva-
Lors de son premier saut d’essai, Baumgartner portait un blouson avec l’inscription : « Chasseur d’aliens ».
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lence. Sur sa devanture, Jésus ressuscité et un alien à l’instant du crash se répondent. Très joli. Tout ça parce qu’à l’été 1947, William « Mac » Brazel a ramassé des choses étranges près de sa ferme, à cinquante kilomètres au nord de Roswell. Il doute de la provenance des débris qui jonchent son champ – des morceaux d’un ballonsonde météorologique, en vérité. Il les porte à ses premiers voisins, à quelques kilomètres de chez lui. Eux aussi sont suspicieux. Un banal coup de fil à un journal local et la fièvre extraterrestre gagne le monde entier. La communication ambiguë de l’US Air Force qui nie, cache et déguise, nourrit par ses silences le fantasme collectif le plus pérenne de l’Histoire. L’Amérique, déjà fertile en théoriciens de la conspiration, trouve là un terrain de jeu infini. L’International UFO Museum & Research Center (le musée au grand nom) a le charme suranné des seventies. Sur des pancartes en carton, l’histoire dacty-
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Station de ski Apache
ROSWELL 380
Parc National Bottomless Lakes
Red Bull Stratos
HAGERMAN 285
White Sands
Rivière Felix
FORÊT DE LINCOLN
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CARLSBAD
Roswell est une ville prospère d’environ 50 000 habitants. Sans compter les extraterrestres.
Photos : Sven Hoffmann, ddp, Predrag Vuckovic/Red Bull Stratos. illustration : andreas posselt
Il y a encore cent cinquante ans, le m onument national White Sands était le t erritoire des Apaches.
lographiée de ce qu’il s’est passé. Vraiment. Ou pas. Les présentations restent vagues, pour répondre au scepticisme scientifique et échapper au ridicule, mais l’imbrication des pièces du puzzle sont suffisamment bien orientées pour ne pas casser le mythe des hommes venus d’ailleurs. Et la vérité dans tout ça ? La question fait éclater de rire Jon Clark, le directeur médical du programme Red Bull Stratos : « C’est un morceau d’un ballon assez similaire à celui dont on se sert pour nos Red Bull Stratos. Quant aux extraterrestres présumés, il s’agit en fait de mannequins qui ressemblent à ceux que l’industrie automobile utilise pour ses crash-tests. Or, ces mannequins étaient une nouveauté dans les années 40 et la population r urale du Nouveau-Mexique avait trop peu accès à l’information pour en connaître l’existence. »
Roswell et ses e nvirons, vaste domaine de découvertes géographiques
Roswell vit et se nourrit de ses ovnis. Il est aussi difficile de trouver un autochtone qui ne croit pas aux petits hommes verts que de débusquer un agnostique au Vatican. Que seraient Roswell et le Nouveau-Mexique sans les extraterrestres ? Sans doute un lieu encore très excitant. Nous prenons la route 380, vers l’est. Direction le Parc National Bottomless Lakes à une heure de route de Roswell. Soleil violent. Une flopée de pancartes invite à prendre ce qu’il faut en eau pour tenir le coup. Dans la partie la plus septentrionale du parc, un phénomène géologique étrange a lieu à la croisée des contreforts du désert de Chihuahua et des gisements de gypse, dans une prairie. L’eau provoque l’érosion du gypse et creuse des cratères profonds qu’elle finit par remplir. On appelle cela des dolines. Ce sont les « bottomless lakes », les lacs sans fond. La couleur t urquoise de l’eau faisait croire aux cowboys que leur profondeur était insondable. Dans les faits, ces dolines mesurent au maximum vingtsept mètres. Sur plus d’un kilomètre carré, l’eau salée se mêle à l’eau douce, en couches stagnantes. Les grenouilles et 77
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Quand le Far West rencontre la stratosphère : un jeu de poker et un vieux combiné. E.T. téléphone maison ?
Si Felix Baumgartner est porté par le vent vers le sud, il pourrait bien atterrir dans la terre qui porte son nom. En 1905, la ville la plus proche a été rebaptisée Hagerman. Bien dommage car elle s’appelait Felix avant cela. Pourquoi un tel sacrilège ? En l’honneur de James John Hagerman, bâtisseur du chemin de fer qui relie Roswell à Carlsbad. Cette dernière a aussi été renommée. Elle s’appelait Eddy. Ici, c’est comme ça : on donne des prénoms aux villes. Les chemins de fer dans la région ont changé en profondeur la vie locale. Auparavant, les cowboys poursuivaient les troupeaux de bovins du sud au nord pendant une semaine, avant de faire marche arrière. C’est toute une confrérie qui, d’un coup, est devenue obsolète.
Ici, il est aussi difficile de trouver un autochtone qui ne croit pas aux ovnis que de débusquer un agnostique au Vatican.
Photos : CHRISTIAN PONDELLA/Red Bull Stratos, Werner Jessner, PREDRAG VUCKOVIC/Red Bull Stratos (3)
les poissons qui vivent dans ces eaux sont uniques au monde alors que la terre sèche est le royaume des serpents à sonnette. À chaque virage, on s’attend à tomber sur Michael Madsen encore imprégné de son rôle de Budd dans Kill Bill : Volume 2, le dernier chef-d’œuvre de Quentin Tarantino. Il pourrait être au volant de sa légendaire Mangusta De Tomaso 1969. La réalité est différente. Nous croisons un couple de retraités avec leur gigantesque et flambant neuf RV, ces véhicules aménagés pour les grands voyageurs. Chaque année, Linda et AJ viennent ici. Le climat leur est favorable. Elle souffre de bronchite chronique, lui a de l’arthrite. Nous descendons en empruntant une route secondaire, à travers un paysage parfait pour illustrer un disque de Calexico, ce groupe originaire de l’Arizona, qui aime afficher sur ses pochettes d’albums des cactus, de la terre aride et une voiture. Joli aussi. Puis un pont, avec un canard à long cou. Un signe, quoi. Voici la rivière Felix.
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Le pont de la rivière Felix. Avant d’être r enommée Hagerman, la ville toute proche s’appelait aussi Felix. Y’a comme un clin d’œil.
Le chemin de fer a apporté la justice à Roswell. Et, si la ville a pour légende ses extraterrestres, celle de Lincoln nourrit la sienne à base de jeunes hors-la-loi et de porte-flingues. Billy the Kid était l’un d’eux. Sa trajectoire fut largement reprise au cinéma et en BD avant d’être stoppée net par son ancien pote, le shérif Pat Garrett. Le bandit de Lincoln a été immortalisé dans un long-métrage de 1973, signé Sam Peckinpah, devenu une référence du film western grâce, notamment, à la bande-son culte de Bob Dylan. Dans la région, William H. Bonney (sans doute, le vrai nom de Billy the Kid) a vécu, a aimé, a tué, a volé, s’est caché. Y a été capturé. La frontière entre le Mexique et les États-Unis a toujours attiré des personnages à la morale douteuse, des individus qui vrillent ou disparaissent. Cette frontière est une scission entre deux mondes, entre deux vies. Ici, se cachaient les voleurs de bétail. L’immense général « Black Jack » Pershing y a mené en 1917
une expédition punitive mais vaine contre le révolutionnaire mexicain Pancho Villa, qui avait assassiné huit soldats américains. On y a aussi recensé un R obin des Bois local, des amours perdues pour une belle señorita mexicaine, des Pueblos, des Apaches, des Mescaleros, des indiens Zuñi. Ceux qui voyagent par là peuvent découvrir les territoires indiens, mais aussi la plus lucrative des activités touristiques : les casinos qui jonchent le bord de la route. Ils profitent avant tout aux tribus amérindiennes, depuis 1988 grâce au Indian Gaming Regulatory Act. Une liqueur locale est aussi à découvrir. Le bled est pittoresque mais porte en lui la nostalgie. Et, si le vent tourne et mène Baumgartner vers le nord, à une heure de voiture de là, il pourrait bien s’imaginer atterrir dans son Autriche natale. La station de ski Apache Mescalero répond aux standards européens. Neuf remontées mécaniques, plus de pistes noires que bleues, le mont Sierra Blanca qui culmine à 3 659 mètres, 4,5 mètres d’enneigement par an. À l’horizon s’étend le désert du Chihuahua. Il est rare de trouver des paysages si divers sur un périmètre si petit. Si le Nouveau-Mexique était un appartement, il serait situé dans le centre-ville de Tokyo et serait meublé dans le style suédois. Et, si les vents devaient le mener un peu plus à l’est, Baumgartner pourrait encore se poser sur une poudre blanche. Quoiqu’un peu différente : de la poussière de gypse. Sur 434 km², s’étend White Sands, le plus grand désert de gypse au monde. Les dunes immenses assurent le spectacle mais aussi les plantes et animaux qui survivent dans ces conditions extrêmes. Baumgartner devra faire attention à l’endroit où il posera le pied. Un site d’essai de l’armée américaine pour
The UFO Museum & Research Center de Roswell a le charme suranné des seventies. 79
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Transformé en parking à avions, l’aéroport de Roswell leur offre une seconde vie. Ils sont plus de 300.
Drop zone competition
Où atterrira précisément Felix Baumgartner après son saut depuis l’espace ? à vous de le découvrir ! Foncez sur www.redbullstratos. com et jouez à Drop Zone Competition. Comment ça marche ? Faites votre choix en calculant la direction et la vitesse des vents, la température et profitez des orientations des techniciens de Red Bull Stratos. Positionnez votre point de chute et partagez-le avec vos amis. Ce jeu fonctionne avec toutes les fonctions de Google Maps. Certifiez votre identité via Facebook ou Twitter. Celle ou celui qui aura déterminé avec le plus de précision la latitude et la longitude de l’atterrissage repartira avec un souvenir.
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drones et fusées occupe un large périmètre. Ici a explosé, le 16 juillet 1945, la première bombe atomique du programme Manhattan Project. Il y a trente ans, la navette Columbia a été contrainte d’y atterrir, troublée par le mauvais temps au-dessus de Edwards Air Force Base, en Californie. Enfin, il est peu probable que Felix Baumgartner soit déporté vers l’ouest. Si cela devait être le cas, il reviendrait sur la base de lancement de Red Bull Stratos, l’ancien aéroport de Roswell, ex-base de Walker que l’Air Force a concédée à la ville le 30 juin 1967. Le spot a une histoire mouvementée. On y formait les pilotes pendant la Seconde guerre mondiale. Les deux bombardiers qui ont ciblé Hiroshima et N agasaki étaient stationnés ici. Quand l’armée a abandonné les lieux, elle a tout embarqué, ne laissant que le tarmac des pistes. La zone mesure 5 000 hectares. En 1991, des cerveaux brillants de Roswell l’ont transformée en parking pour avions. Au printemps dernier, 200 avions patientaient là et, lorsque le prix du baril de pétrole a f lambé, on en a compté jusqu’à 350. « On avait largement la place pour en accueillir d avantage », explique Jennifer Brady, l’actuelle gestionnaire de l’aéroport qui travaille ici depuis 1983. En vérité, quelques avions attendent là depuis 1991. Les frais générés doivent être considérables, parce que ça fonctionne comme un horodateur. Jennifer : « Nous facturons à la journée et comptons trois tarifs, en fonction de la taille de l’avion. » L’activité est saisonnière. Au printemps, quand s’annonce la saison des vacances, les avions quittent leur place et y
www.redbullstratos.com
8 DANS UN MOIS Si tout se passe comme prévu, Felix Baumgartner évoquera son saut depuis les tréfonds de la stratosphère.
Photo : mauritius
Quand les militaires abandonnent l’aéroport, ils embarquent tout sauf... le goudron.
r eviennent à l’automne. Jennifer Brady et son équipe sont du genre intrépide. Ouverts aux demandes particulières. Mais elle a été surprise quand Joe K ittinger, recordman du plus haut saut en parachute et conseiller spécial de Felix Baumgartner, est entré dans son bureau il y a trois ans, en compagnie d’une partie de l’équipe Red Bull Stratos. L’aéroport appartient à la municipalité et les autorités ont facilement accepté d’être les hôtes des Red Bull Stratos. Un accord a été conclu pour la concession temporaire d’une partie de l’aéroport, où deux hangars sont toujours vides. Parfait pour travailler en paix, loin du bal des avions et des fantasmes extraterrestres. Curiosité. Red Bull Stratos a hérité du hangar 84, là même où les présumés non-terriens ont été examinés après le crash, en 1947. Si tout se passe comme prévu, Roswell connaîtra sa deuxième attraction extra-stratosphérique, après les soucoupes spatiales. « Nous avons beaucoup de place pour accueillir à l’aéroport un musée Red Bull Stratos », glisse astucieusement Jennifer. Quand il était venu pour un saut d’essai, Baumgartner portait un bombardier sur lequel, à la place de son nom, était écrit : « Chasseur d’aliens ». Roswell l’a adopté.
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13 fois vainqueur de Grand Prix de Formule 1 et Ambassadeur Wings for Life.
Contenu 84 VOYAGE Si tu aimes la tomate tape dans tes mains... 86 PRENEZ LE PLI Sur un skate, Philipp Schuster sait tout faire 88 AU BOULOT Pas besoin de sauver le soldat Ryan Doyle
PLUS
DE CORPS D’ESPRIT
PHOTO : RUTGER PAUW/RED BULL CONTENT POOL
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Tour de Pise. Voici une figure à ne pas tenter cet été même pour impressionner la jolie blonde présente à vos côtés. Vainqueur du Red Bull Art of Motion, Ryan Doyle détaille l’ensemble de son entraînement en page 88.
90 NIGHTLIFE Quatre pages spéciales Nuit 94 UN MONDE EN ACTION Tour du monde des meilleurs plans Red Bull 96 FOCUS Événements à ne pas louper 97 KAINRATH 98 PLEINE LUCARNE L’œil de CODB
plus de corps et d’esprit
Let’s go ! Le bon plan du mois
Buñol est d’ordinaire une paisible cité de moins de dix mille âmes. Fin août, cette ville espagnole, située à l’ouest de Valence, se mue en un gigantesque champ de bataille de... tomates.
la tomatina.
Amateurs de tomates La Tomatina est le savoureux prétexte à un rassemblement de dizaines de milliers de personnes (plus de 30 000 l’an dernier) venues des quatre coins de la planète pour se livrer à une bataille de tomates mûres et... bien écrasées.
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Concentré de tomates C’est à Buñol que se tient La Tomatina. Cette manifestation a fait connaître la localité à travers le monde et provoque tous les ans sa métamorphose artistique en quelques heures. Avant le coup d’envoi de la Tomatina, Buñol s’empaquette comme une œuvre de Christo. Les habitants recouvrent leur maison de bâches et de toile en plastique. Après la bataille,
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la ville est comparable à une performance monumentale d’Hermann Nitsch. La transformation est totale. Porter ses fruits La manifestation reflète l’indulgence croissante des autorités espagnoles. Interdite après sa première édition en 1945, la Tomatina est tolérée à partir de 1959 par les autorités. Dès 1975, la ville la soutient activement avant de devenir, cinq années plus tard, l’organisatrice de la manifestation en fournissant même les précieuses tomates. Lors des premières années, les participants devaient apporter leurs propres munitions. Chaque année, elle a lieu le dernier mercredi du mois d’août, soit le 29 de ce mois-ci.
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L’heure tomate Un coup de canon marque le début et la fin des hostilités. Audible même dans le vacarme infernal de la bataille. La Tomatina se déroule entre onze heures et midi. Avant et après, tout lancer de tomates est nul et non avenu.
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Ça vaut le jus La Tomatina se déroule dans le cadre du festival populaire de Buñol en l’honneur de Saint Louis Bertrand et Sainte Marie des Abandonnés (patronne de la communauté valencienne). Mais La Tomatina n’est pas un hommage à une sainte patronne des tomates ni un acte politique pour ou contre les Rouges (« Los Rojos », les Républicains). Tout
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photos : Biel Alino/EPA/Picturedesk.com (4), Manuel Bruque/EPA/Picturedesk.com (1)
La vie en rouge
Par ici la sauce rouge. La Tomatina est une bataille d’une heure où chaque participant dispose de trois kilos de tomates bien mûres à écraser sur autrui.
bonnement, les gens se rassemblent pour une bataille de tomates. Tomates à volonté Elles sont livrées par camions sur place. Plus de cent tonnes l’an dernier qui ont fourni en moyenne trois kilos de munitions à chacun des 30 000 participants. De quoi teindre plus d’un tee-shirt.
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Fruit du péché ? Tant de gaspillage, n’est-ce pas un sacrilège ? Seules des tomates trop mûres sont utilisées pour l’occasion. Inutile donc d’avoir mauvaise conscience.
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Bison Futé 8 Comment s’y rendre ? Rallier Valence par avion, puis louer une voiture ou prendre le bus ou le train. Les habitués recommandent d’être sur place dès la veille de la bataille et de se joindre à l’ambiance du festival populaire pour faire la fête toute la nuit. Une
nécessité aussi car les structures d’accueil à Buñol sont limitées. Les organisateurs recommandent de passer la nuit à Valence et de rejoindre leur commune tôt le lendemain matin. Pour le retour à Valence dans une tenue c ivilisée, les habitants de Buñol offrent volontiers de grands seaux d’eau et l’usage de tuyaux d’arrosage dès la fin des hostilités pour effectuer un brin de toilette réparateur. Les pompiers participent à ce grand nettoyage avec tout autant d’enthousiasme et transforment les rues de la ville en un immense gaspacho.
règle est indispensable pour éviter les accidents).
Cinquante-sept règles à respecter Elles sont claires et précises. Les plus importantes : dans la mêlée, la présence de bouteilles ou tout autre objet dangereux est strictement interdite. Ne pas tirer le tee-shirt de personnes qui vous sont étrangères (consigne pas toujours observée). Écraser les tomates dans ses mains avant de les lancer (cette
Purée d’angoisse Ceux pour qui l’élégance est un must n’apprécieront guère de se frayer un chemin au cœur de la foule déferlante, les pieds dans un torrent de jus de tomates et goûteront encore moins l’hystérie ambiante.
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Farcis de tomates Tee-shirt et lunettes de soleil de marque feront de vous une cible idéale. Opter pour un vieux tee-shirt (blanc !) et de vieilles chaussures ayant une bonne adhérence. Beaucoup de participants portent aussi un bonnet de bain et des lunettes de natation. Le bonnet épargnera vos cheveux mais en quelques minutes, les lunettes seront couvertes de tomates.
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Infos, photos et vidéos sont disponibles sur le site officiel www.latomatina.es
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plus de corps ET d’esprit
Skate toujours
Prenez Le pli L’indispensable Pour les pros
Sur les hauteurs de Salzbourg, en Autriche, le skater Philipp Schuster a façonné son skatepark privé dans une cabane de chasse en attente de démolition.
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Avant… … une démolition programmée fin août, le skater de 27 ans et quelques amis ont bétonné trois jours durant l’intérieur de la maison et façonné quarter pipes et autres wall.
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Après… … la prise du béton et l’aménagement des pièces, Philipp peut s’adonner à quelques tricks et grinder sur la cheminée de la salle de chasse transformée.
Check-list et mode d’emploi Outillage Visseuse sans fil, vis, coupe-boulons, scie sauteuse, bétonnière et bacs, pelle, brouette, truelles-lisseuses, masque et gants.
À voir sur www.philippschuster.com
TEXTE : ULRICH CORAZZA. PHOTOS : PHILIPP FORSTNER (2), ERWIN
1. Panneaux agglomérés Pour donner une forme et un rayon à l’obstacle, des panneaux agglomérés – épais de trois à quatre centimètres – sont découpés. 2. Tasseaux de construction Les tasseaux qui quadrillent l’habillage sont vissés aux panneaux, au sol et au mur. 3. Matériaux de remplissage Gravats et pierraille s’y prêtent parfaitement. Utiliser du gravier plus fin pour la couche supérieure. 4. Armature du béton Sur le gravier, on pose soit du treillis soudé (résistant), soit du grillage galvanisé
(maniable et facile à installer), soit du grillage à poule (bon marché). À fixer à l’habillage à l’aide de crochets en U ou de fil de fer.
important que la consistance du mélange ne soit pas trop liquide. Astuce : plus l’obstacle est raide, plus le matériau doit être sec.
5. Coping Le matériau utilisé pour les bords supérieurs des obstacles est généralement différent du reste (dalles de pierre naturelle, tubes métalliques ou ciment renforcé. Ici, la corniche en briques de la cheminée fait très bien l’affaire). Les bords sont arrondis avec une polisseuse Flex et enduits d’une couche de vernis ou de polyépoxyde.
7. Truelles de lissage Après dégrossissement du ciment à l’aide d’une chute de baguette (la couche de béton doit mesurer au minimum dix centimètres), il faut aplanir les inégalités avec une truelle rectangulaire. Terminer en lissant la surface grâce à une truelle ronde et souple. La prise du ciment demande environ quatre semaines.
6. Le béton Un mélange de ciment Portland, de gravier et de sable produit une belle surface lisse. Il est
8. Board Blind 8,25 Dans les espaces confinés, j’utilise des roues de 52 mm et un Blind Board 8,25 à essieux souples Fury Evo 2.
Voici la truelle de lissage nécessaire aux finitions
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plus de corps et D’esprit
Ryan Doyle dompte les favelas de Rio de Janeiro.
S’entraîner comme un pro
Running free
RYAN DOYLE. à 27 ans, le freerunner est devenu une référence. Double vainqueur de Red Bull Art of Motion, le natif de Liverpool influence sa discipline à grands coups d’innovation.
Son aire de jeu ? Les rues des villes, les murs des maisons et tous les obstacles nés de l’urbanisation. Son art est le freerunning, la version extrême du parkour, mâtinée d’acrobatie et de gymnastique. « Pour l’entraînement, tout dépend de ce qu’on a sous la main, raconte Doyle. L’idéal est d’avoir accès à une salle de gym pour travailler ses perceptions dans l’espace. Mais l’usage de Ryan Doyle ces supports souples vous rend un peu mou et le retour à la réalité du béton est parfois difficile. Du coup, il est vraiment nécessaire de travailler le contact avec le bitume pendant des heures, sous peine d’être surpris et de se blesser lors des gros impacts. J’ai vu des gens disparaître de la scène parce qu’ils allaient trop vite, ou trop loin. » Doyle ne s’entraîne jamais seul. Il profite de la présence d’autres traceurs pour puiser motivation et inspiration. « S’entraîner en groupe est une des plus fortes particularités du parkour, raconte Doyle. Si quelqu’un fait une figure à laquelle je n’avais pas pensé, cela m’aide à trouver de nouvelles techniques. Il n’y a pas de vérité absolue dans le parkour. Tout est envisageable dans votre style. Quand j’ai gagné le Red Bull Art of Motion au Brésil l’an dernier, une des figures que j’ai effectué a été inventée par un tout jeune Américain de dix ans. » 88
Servi chaud Ryan Doyle n’aime pas rester inactif. Petit coup d’œil sur son programme. Lundi 8 h : Petit-déjeuner à base de céréales. « Je suis un régime depuis l’âge de 16 ans. Je fais cinq repas par jour, tous faibles en apports glucidiques. Mes plats préférés sont le poisson et les légumes sautés. » 9 h-10 h : Gym dans la salle de musculation. Au menu, sessions de sept minutes pour travailler les abdos et le dos. 15 minutes de tapis roulant, 10 ATR (appuis tendus renversés) et une demi-heure d’étirements. 19 h 30-20 h 30 : Enseigne le tricking (une version au sol du parkour). Minuit : « Je ne peux pas aller dormir si je n’ai pas fait mes 10 tractions sur une barre installée dans ma chambre. C’est une manie. » Mardi 9 h-10 h : Musculation. 12 h-14 h : Gymnastique. Travail au sol de gainage et d’assouplissements pour la force et la flexibilité avec des exercices au cheval d’arçon et des squats dans des postures inhabituelles, histoire de renforcer la résistance des genoux face aux lourds impacts. 16 h-18 h : Sessions nocturnes de freerunning dans les rues de Liverpool avec des amis. Mercredi 11 h-13 h : Sessions de parkour et de freerunning entre amis. 18 h-19 h 30 : Enseigne les rudiments
du parkour à des débutants. 19 h 30-21 h 30 : Gym. Une longue séance de travail au sol, axée sur les réceptions, puis une mise à l’épreuve par des chutes, de plus en plus haut, avec réception sur les matelas. « On en profite pour tester de nouveaux trucs un peu fous. » 23 h : 10 tractions. Jeudi 9 h-10 h : Salle de muscu. 18 h-19 h 30 : Enseigne les rudiments du parkour à des débutants. 19 h 30-21 h : Enseigne le parkour dans une salle de gym à un groupe déjà plus expérimenté. 23 h : 10 tractions. Vendredi 11 h-13 h : Gym. 14 h-16 h : Cours de snowboard. « J’apprends sur la piste de ski couverte de Liverpool. J’adore ça ! » 19 h 30-21 h : Enseigne le parkour à un groupe expérimenté. 21 h 30 : « Je dîne avec mon frère tous les vendredis. On se fait soit un Fish & Chips, soit un restau chinois. » Samedi 10 h-11 h : Salle de muscu. 13 h-17 h : Répétition des scènes de cascade pour le film Shinobi Code. « C’est une version martiale. On détourne les techniques du parkour pour en faire des mouvements d’attaque inspirés de Jackie Chan. » Minuit : 10 tractions. Dimanche « C’est mon jour de repos. Mais je fais mes tractions avant de dormir. » En action sur ryandoyle.co.uk
texte : ruth morgan. photos : Sebastian Marko/Red Bull Content Pool, rutger pauw/Red Bull Content Pool
au boulot
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plus de corps et D’esprit
nightlife La nuit ne nuit pas à la santé
Action
Grand bleu nocturne Nécessaire Une torche de plongée LED ou halogène susceptible de résister à la pression. Règles à observer Ne jamais partir seul ! Choisir une zone de plongée connue. Ne pas descendre au-delà de vingt mètres de profondeur. À voir Beaucoup d’espèces animales marines ne sont visibles que la nuit. Elles ne se montrent jamais dans la journée. La lumière artificielle des torches rend les couleurs plus vives. Où plonger ?
… Manta Ray Night Dive, Kailua, Hawaii. Les raies manta peuvent atteindre neuf mètres d’envergure. … Maaya Thila, Maldives. Requins à pointes blanches, tortues, pieuvres, murènes.
Nouveauté
Attention, décibels ! TNGHT mitonne un Hip-Hop futuriste musclé et avoue que sa tournée mondiale est moins musicale que culinaire. Quand ces deux diplômés de la Red Bull Music Academy s’associent, le monde du Hip-Hop retient son souffle. Avec TNGHT, nom de leur duo, Hudson Mohawke et le Canadien Lunice créent sur leur ordinateur une musique venue d’ailleurs. Grosses basses, rythmes Hip-Hop exaltés et fanfares extraterrestres. De la Dance Music pour robots. The Red Bulletin : Quel est le meilleur aspect de votre collaboration ? Lunice : Le point de vue de l’autre. À deux, on n’est jamais en panne de trouvailles. Du coup le travail avance plus rapidement. Mohawke : En solo, on s’obstine facilement sur une idée. Ou bien on s’attarde trop longuement sur des détails. Alors que là, l’un tempère l’autre. Résultat, le disque est très direct et épuré, parfait pour les nightclubs.
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Vous avez des rythmes assez violents... M : Oui, il paraît qu’au festival SXSW à Austin, nos rythmes ont fait péter les carreaux des fenêtres ! Vous seriez devenus des experts culinaires grâce à vos escapades musicales ? M : Je m’efforce toujours de trouver des restaurants typiques. En Islande, j’ai pu déguster un hamburger à la baleine. La musique est accessoire. Nous faisons une tournée mondiale des restaurants (rires). L : Exact. Les concerts sont un intermède entre les repas.
TNGHT EP est déjà dans les bacs. Dates de concert et extraits disponibles sur www.warp.net
Dandysme
« La nuit, le moment où les mots s’estompent et les choses prennent vie. » Antoine de Saint-Exupéry, écrivain
cocKtaiL
Buddho Banana Le cocktail du mois d’août nous vient d’un barman sud-africain renommé. Brent perremore est le patron du bar de l’Asoka au Cap. il nous révèle les secrets de son Buddho Banana. un suave mélange sucrévodka, soit la boisson idéale pour un après-midi estival torride.
CLUB
Room 26 ROME
phoTos : GeorGia Kuhn, GeTTy imaGes, room 26 (4), foTosTuDio eisenhuT & mayer
cLuB
« Nous n’accueillons que des DJ’s de légende » La sono du Room 26 est l’une des meilleures au monde. L’établissement est situé dans un quartier du sud de Rome. Il ne propose que le meilleur de la House servi par de légendaires DJ’s américains ou, à l’improviste, la chanteuse India. ROOM 26 Piazza G. Marconi 31 00144 Rome, italie www.room26.it
iNGRÉDiENTS une demi banane Six fraises Huit feuilles de menthe bien fraîche 25 ml de miel 25 ml de sirop de vanille 100 ml de jus de litchis 37,5 ml d’Absolut Vodka
PRÉPaRaTiON écraser la banane, les fraises et la menthe avec une cuillère et verser le miel. Ajouter la vodka, le jus et le sirop. passer le tout dans une passoire fine et verser dans un verre avec des glaçons. Ajouter de la glace pilée. C’est prêt !
Vous créez votre club pour… … avoir le meilleur espace acoustique au monde. De l’extérieur, votre club ressemble… … à un édifice moderne monumental en marbre blanc de Carrare avec colonnes à l’entrée. Le bâtiment est classé monument historique. Quand on entre dans le club… … un espace multimédia est à l’accueil. images et musique accompagnent les clients. La capacité du club est… … d’environ 2 000 personnes. La déco rappelle le film… … Blade Runner de Ridley Scott. Vos DJ’s sont… … les maîtres de la House. Nous n’accueillons que des DJ’s de légende ! La soirée décolle avec… … le remix de Mary J Blige Ain’t Nobody par Luis Radio et Spellband. Le meilleur cocktail pour commencer la nuit… … est le Supreme Caïpiroska avec citrons verts du sud de l’italie, sucre de canne et eau des alpes italiennes. une nuit mémorable… … quand la légende de la House, india, monte sur scène. un taxi pour rejoindre le centre-ville coûte… … quinze euros. interview avec Alessio fabrizi et Massimo Tucci, gérants du Room 26.
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plus de corps et D’esprit
Man Like Me J’adore ce groupe depuis leur premier hit Oh My Gosh. Ce ne sont pas des rappeurs à proprement parler mais leur profil est tout à fait compatible avec mon label. Les derniers morceaux entre Afrobeat et Grime donnent au trio une touche novatrice que j’apprécie. À l’origine, notre collaboration doit se limiter au mixage mais le courant passe si bien qu’ils décident de confier la production de l’album à The Beats Recording. Sortie cet automne.
Recruteur
« Je suis mon instinct » Avec The Streets, Mike Skinner prouve qu’il est un des meilleurs rappeurs de sa génération. À la tête d’un label, le Britannique entend à présent endosser un nouveau rôle, celui de dénicheur de talents. Quand on a le nez... Dans le milieu du Rap, Mike Skinner est le Charles Bukowski du XXIe siècle. Ses textes suscitent l’intérêt des professeurs de littérature. Il y a dix ans, le premier album des Streets, Original Pirate Material, encensé par la critique, se vend à un million d’exemplaires. Avec ses textes, le Britannique se fait l’écho des états d’âme de toute sa génération. Il relate les échappées nocturnes au lendemain de gueule de bois, les amitiés d’hommes et les frustrations sexuelles. Mais, après cinq albums, le musicien de 33 ans clôt le chapitre des Streets pour se consacrer à son rôle de producteur et réactiver son label The Beat Recording mis de côté en 2007 afin de mieux se concentrer sur sa carrière de rappeur. Il s’intéresse aujourd’hui à celle d’autres jeunes rappeurs. « Je recherche de la musique innovante mais enracinée dans le Rap. Je suis mon instinct », dit-il. À la veille de sa campagne de promo, il nous présente ici trois de ses protégés.
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elro Je découvre une de ses vidéos sur le net. Je suis immédiatement conquis. J’envisage d’inclure le morceau dans ma prochaine compilation. C’est le benjamin de mes poulains du label mais ses jeux de mots sont géniaux. Un peu fous mais géniaux. À ses débuts, le label a sous contrat des artistes comme Professor Green ou Example, aujourd’hui de véritables stars. Je peux vous dire qu’Elro, je le sens bien !
The D.O.T. Mon dernier né, un nouveau groupe avec Rob Harvey, ex The Music. Rob et moi, nous nous côtoyons déjà depuis dix ans dans les concerts et nous retrouvons dans quelques bagarres de pubs. L’année dernière, je travaille à de nouveaux rythmes et je décide de l’appeler. Nos séances de travail dans la bonne humeur donnent naissance à un album entre Électro, Rock classique et Soul. Écoutez et jugez-en !
PETITE FAIM
Viva Catalunya ! La nuit barcelonaise s’achève au petit matin, sucrée et caliente. À cette heure-là, les churros servent de petitdéjeuner. On trouve ces pâtisseries frites en forme de serpentins dans les churrerias, parfois accompagnées de chocolat fondu.
Text: Texte : Klaus kamolz. photos : David Levene/The Guardian, fotostudio Eisenhut & Mayer
Lexique Churrereo, el (m.) – Fabricant et vendeur de churros dans une churreria. Churrera, la (f.) – Double signification : vendeuse de churros ou appareil pour fabriquer les churros typiques à la coupe transversale étoilée. Plusieurs modèles sont disponibles, allant de la pompe manuelle à l’appareil électrique de la taille d’un réfrigérateur.
Beau mélange De la farine, du beurre, des œufs et du sucre, voilà ce qui compose la friandise préférée des Barcelonais, la dernière avant d’aller au lit. Cette pâte, après un bain dans la friteuse, est roulée dans du sucre et trempée dans le chocolat fondu avant d’être engloutie. Ça ne coûte rien, ça rapporte gros Dans leurs sachets en papier cuisson, les churros se dégustent à partir de 1,50 euro et de 2,50 euros avec du chocolat. Un repas somme toute presque complet, surtout en terme de calories...
Rituel matinal Une nuit espagnole commence sur une terrasse de café, suivie d’une tapeo, tournée des bars à tapas, et s’achève le plus souvent dans la rue devant une churreria.
Une affaire de taille Voilà un sujet supplémentaire sur lequel la capitale espagnole et la métropole catalane affichent leur différences. À Barcelone, les serpentins de pâte sont fins et parfois noués alors qu’à Madrid ils sont vendus courts et plus épais.
Incognito dans la churreria En Espagne, la vie de l’écrivain Pablo Tusset est aussi mystérieuse que celle d’un J.D. Salinger ou d’un Thomas Pynchon. Ce qui peut arriver de mieux à un croissant est le roman qui le révèle au grand public. Selon la rumeur, il dirige une churreria à Barcelone.
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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT
Un monde en action
Août / Sept. 2012
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Sports 11 - 18 AOÛT 2012, ÎLE DE WIGHT, ROYAUME-UNI
Cowes Week
Professionnel aguerri ou navigateur du dimanche, quiconque ayant un tant soit peu le pied marin peut participer à la Cowes Week, la plus grande régate du genre au monde. Depuis sa création en 1820, elle se déroule au même endroit. Le Solent, un bras de mer entre le sud de l’Angleterre et l’île de Wight, accueille quarante régates, soit mille yachts et 8 500 participants. Les spectateurs peuvent apprécier le spectacle à partir d’un bateau pneumatique à grande vitesse ou depuis un hélicoptère.
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24 - 26 AOÛT 2012, TRÈVES, ALLEMAGNE
WRC Allemagne
seulement après huit victoires d’affilée en 3 C’est terre germanique que Sébastien Loeb doit céder l’an dernier face à Sébastien Ogier. Cette étape regroupe trois rallyes en un. 1er jour : lignes droites rapides et passage à travers des vignobles vallonnés aux virages en épingle à cheveux. 2e jour : tronçons d’asphaltes et de béton situés sur le terrain de manœuvres de Baumholder, une ex-base aérienne américaine. Le dernier jour est un contre-la-montre ultra rapide en rase campagne. 2
27 AOÛT - 9 SEPTEMBRE 2012, NEW YORK, ÉTATS-UNIS
U.S. Open
Le dernier tournoi du Grand Chelem de l’année se déroule traditionnellement sur les courts de Flushing Meadows dans le Queens. Avec ses 22 500 places, le stadium Athur Ashe est le plus grand au monde. Il est aussi le théâtre de nombreuses surprises. L’an dernier, Samantha Stosur se défait en finale de Serena Williams et s’octroie ainsi son premier titre en simple dans un Grand Chelem. En 2009, Flushing est le seul tournoi Majeur où le vainqueur ne se nomme pas Djokovic, Nadal ou Federer. C’était Del Potro.
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Le Solent met les voiles. 30 AOÛT 2012, ZURICH, SUISSE
Meeting de l’IAAF Diamond League
19 AOÛT 2012, INDIANAPOLIS, ÉTATS-UNIS
Red Bull Indianapolis GP « Hors norme ». C’est ainsi que Nicky Hayden décrit ses premiers tours sur le circuit d’Indianapolis. Avec une capacité d’accueil de 300 000 spectateurs, elle est l’enceinte sportive la plus grande du pays. Le légendaire circuit long d’environ quatre km avec sa fameuse ligne d’arrivée en pavés de brique accueille le Red Bull Indianapolis GP depuis 2008. L’an dernier l’Australien Casey Stoner savoure son premier titre avant d’être sacré Champion du monde.
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Depuis 2004, le Weltklasse Zurich au Letzigrund Stadion est le meeting le plus couru des stars de l’athlé. Cet avant-dernier meeting du calendrier de la Diamond League offre à la crème des athlètes une motivation supplémentaire de briller avec une prime de 40 000 dollars et un trophée pour le vainqueur dans chaque discipline. La tête d’affiche à Zurich se nomme Usain Bolt. Le Jamaïcain effectue son retour sur la piste suisse après deux ans d’absence.
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Casey Stoner espère bisser aux US.
PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT
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2 7
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Skrillex et ses cheveux seront à l’Electric Zoo. 31 AOÛT -2 SEPTEMBRE 2012, RANDALL ISLAND PARK, NEW YORK, ÉTATS-UNIS
Electric Zoo
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troisième édition de ce festival de musique 7 La dédié au Dubstep et à l’Électro a lieu pendant le long weekend du Labor Day. À l’affiche sur la scène principale, David Guetta, Axwell, Tiesto et Skrillex, mais si vous décidez de sortir des sentiers battus, vous découvrirez sur les autres scènes l’extravagance de Dim Mak avec Steve Aoki et Datsik ainsi que les Bloody Beetroops pour une session de DJ à la Hilltop Arena. 27 AOÛT - 3 SEPTEMBRE 2012, DÉSERT BLACK ROCK, NEVADA, ÉTATS-UNIS
Burning Man
29 AOÛT - 8 SEPTEMBRE 2012, VENISE, ITALIE
Festival international du film de Venise L’élite glamour du 7e Art et la beauté obsédante de la Sérénissime sont toujours au rendez-vous du plus vieux festival de film du monde, créé en 1932. Le Lion d’or, un des prix les plus prestigieux, focalise toute l’attention. Lors de la précédente édition, le prix est décerné au Russe Alexander Sokurov pour Faust. Cette année, c’est l’émérite réalisateur Michael Mann (Heat, Collatéral), président du jury, qui remet le prix du meilleur film.
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C’est le carnaval des originaux. 50 000 esprits libres se retrouvent tous les ans sur les salants du Nevada et transforment le lieu en un univers parallèle ayant ses propres lois. La règle numéro 1 ? Fais ce qu’il te plaît. Partager son art, jouer avec son groupe, se balader nu ou habillé... Peu importe du moment qu’on ne fait de mal à personne. Une semaine de paradis pour hippies post-modernes qui se clôt par le bûcher d’une statue en bois de douze mètres de haut. PHOTOS : GETTY IMAGES (5), GOLD & GOOSE/RED BULL CONTENT POOL
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Usain Bolt pris pour excès de vitesse en Suisse ? 6
Culture
Feu ardent au Burning Man. 31 AOÛT 2012, NEJAPA, SALVADOR
17 AOÛT - 2 DÉCEMBRE 2012, BROOKLYN, NEW YORK, ÉTATS-UNIS
Las Bolas de Fuego
Othoniel, My Way
Le Musée de Brooklyn est la dernière étape de l’exposition itinérante de sculptures de verre géantes créées par Jean-Michel Othoniel. Initialement organisée par le Centre Pompidou, cette rétrospective fait également escale au Leeum, Musée d’art Samsung de Séoul et au Musée Hara d’art contemporain de Tokyo. Parmi les vingt-quatre pièces exposées, on trouve Diary of Happiness, un boulier géant en verre de Murano et bois laqué.
Deux équipes aux visages recouverts de peinture noire et blanche se font face. Dans leurs mains, des boules de feu confectionnées à l’aide de fil de fer et d’étoffes qu’ils lancent dans cette flamboyante compétition. Ce qui, à première vue, semble être une bagarre de rue est en fait le plus spectaculaire festival de feu au monde. Depuis 1922, Nejapa organise ce spectacle au mois d’août en l’honneur de Saint Géronimo, censé avoir protégé la ville du diable à l’aide de boules de feu.
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Jean-Michel Othoniel canalise Frank Sinatra.
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PLUS DE CORPS ET D’ESPRIT
Même sans la neige, il fait bon voler.
Focus Août 2012 21 - 22 ET 28 - 29 AOÛT, LIGUE DES CHAMPIONS
Lille voit grand
Le LOSC connaîtra ce 10 août le nom de son adversaire pour les barrages de la Ligue des Champions prévus les 21 et 22 août (matches aller) et les 28 et 29 (matches retour). Pour le 3e de L1, c’est l’épreuve de rattrapage pour participer dès septembre à la grande compétition européenne. Lille jouera sa qualification dans son nouveau stade de 50 000 places, enfin prêt. www.losc.fr 18 AOÛT - 9 SEPTEMBRE, TOUR D’ESPAGNE
Vous n’avez pas eu votre ration de vélo en juillet avec les ascensions du Tour de France ? Alors franchissez les Pyrénées et filez au départ de la Vuelta, le 18 août, à Pampelune. Le parcours, tracé dans le nord de l’Espagne, vient flirter avec la frontière française. Ou presque. Le 25 août, l’étape Lleida-Andorre s’achève en Principauté. Tout là-haut. www.lavuelta.com
14 - 15 AOÛT, COUPE DU MONDE DE SAUT À SKI
15 AOÛT, FRANCE - URUGUAY, LE HAVRE
Tout là-haut, à Courchevel
Rentrée des classes L’équipe de France reçoit l’Uruguay en amical au Havre. Grande première pour le nouveau stade normand inauguré en juillet et pour... Didier Deschamps. Depuis 1924, les Bleus n’étaient plus revenus jouer dans la cité maritime. Après le flop de l’Euro, pas de droit à l’erreur dans les éliminatoires du Mondial en 2014. Ça commence le 7 septembre en Finlande. www.fff.fr
Karim Benzema tentera de retrouver le chemin des filets...
C’est encore l’été à la montagne mais la Coupe du monde estivale de saut à ski s’installe à Courchevel sur le tremplin du Praz. Pour la première fois, hommes et femmes participent à l’événement sur le revêtement synthétique. Une occasion rare de frissonner au chaud devant les exploits de ces fous volants. www.sportcourchevel.com
18 AOÛT, CHAMPIONNAT DE FRANCE DE RUGBY
Être au Top À l’entraînement depuis plusieurs semaines, les rugbymen du Top 14 reprennent la saison mi-août. Les cracks du championnat ont renforcé leurs packs mais le Stade Toulousain de Thierry Dusautoir, Champion de France, a toujours une belle tête de favori. Les premiers chocs de l’été vont permettre de jauger les forces en présence. www.lnr.fr
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Le Stade Toulousain va-t-il remettre ça en 2013 ?
TEXTE : ETIENNE BONAMY. PHOTOS : COURCHEVEL TOURISME/PATRICK PACHOD, ACTION IMAGES, GETTY IMAGES
Arriba !
ILLUSTRATION : dietmar kainrath
K a i n r at h
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J
e suis dans l’avion. Au milieu des nuages qui ressemblent à des flocons de mousse à raser dans l’eau du lavabo. Quand je me rase, c’est-à dire rarement, quelques millimètres de poil sur la peau constituent un rempart non négligeable contre les agressions chimiques liées à la pollution, autant qu’un avertissement lancé à tous : l’homme d’aujourd’hui n’est pas qu’un gibier d’open space, c’est aussi un animal. Grrrrrrrrrrr. Mais cette fois, on ne voit pas le bord du lavabo, et l’eau pour une fois est bleu lagon. Sous mes pieds la Baie des Anges, French Riviera comme disent les Américaines aux lèvres de mérou qui somnolent, ivres de xanax, dans leurs fauteuils inclinés. Le mot ange me donne envie d’effectuer un saut. Comme Felix Baumgartner. J’atterrirais dans la Méditerranée. La fraîcheur me saisirait un peu, et puis le bien-être prendrait le dessus. Je nagerais jusqu’à la rive où les filles se prélassent en pianotant de leur index à l’ongle peint sur leur Smartphones à coque customisée. Envoyant des tweets sans importance ou des sms salaces à leur petit ami déjà en érection. Oh… et puis non. Pas envie de faire un saut, pas envie de toucher terre. Rembobinons : je sors de l’écume et je gravis rapidement les étages du ciel, je retrouve mon siège 1A et la vodka qui va avec. C’est bien. Dans le hublot, les nuages ont maintenant pris des formes de langues fluides sans bouche pour les tenir. Livrées à elles-mêmes. Des linguine célestes un peu effilochés. Nice est dépassé, c’est déjà l’Italie. Les Alpes ressemblent à la chantilly des pêches melba de mes vacances d’enfant sage au Cap Fréhel. J’ai pris de la hauteur, je suis dans le ciel et je regarde la terre. Il n’y a pas que Yann Arthus-Bertrand qui en a le droit. Je regarde ma vie, aussi, les amas de soucis que j’y ai laissés, les plaisirs
Pleine lucarne
Open space Parfois, il est utile de prendre de la hauteur. Cet espace ouvert. Doux pléonasme. potentiels qui m’échappent, et ceux que j’ai pris, car je ne laisse pas toujours ma part au chat. Je regarde ma vie, et si je ne le fais pas au mois d’août, alors autant laisser tomber et se perdre pour de bon dans le vertige perpétuel où nous vivons déjà : réunions en rafale, décisions en piqué, catapultage d’agendas, bombardements de chiffres, même plus le temps d’aller pisser. Vous n’avez pas encore vu Cosmopolis ? L’histoire de ce jeune homme très occupé qui s’est enfermé dans une limousine « proustée » (c’est à dire insonorisée comme la chambre de Proust, qu’il avait tapissée de liège), indifférent à tout, absorbé dans un flux d’information, et
circulant sans but ou presque dans une ville aussi métallique que lui ? Ne le loupez pas car ce que vous verrez vous donnera peut-être envie de réfléchir à ce que nos vies hâtives sont devenues. Et de prendre de la hauteur. Le mois d’août sert à cela. Remettre nos existences en perspective. Ce n’est pas un vain mot, la perspective. On nous répète à longueur d’année qu’il faudrait tout regarder en face. Comme le torero, à genoux dans le sable, fixe le taureau qui s’élance comme une bombe de nerfs et de muscles par les portes du toril. Mais voilà, nous ne sommes pas des toreros. Et d’abord les toreros n’affrontent pas tout le temps des taureaux. Ils savent aussi s’arrêter. Ou parfois, le taureau les arrête. Et ça fait mal. Est-ce cela que nous voulons ? Non. Alors prenons de la hauteur. En avion, j’ai l’impression que les choses qui pèsent restent à terre pendant que je m’envole. Ça doit être ça la gravité. Est-ce que je ne pèse rien, donc ? Non, en avion on ne pèse rien. Un hublot qui éclate et vous vérifierez. On est peu de choses. On est peu de choses mais on a le mois d’août. Et cette sensation de liberté dont on jouit dans les airs. Partance, exil, fuite, vacance. Vacance veut dire vide. Et un peu de vide est parfois bienvenu. Il faut du vide pour que les rêves entrent en nous. Par le hublot, déploiement de paysages lumineux. Est-ce la Sicile, en bas, ou la côte amalfitaine ? Non, ce n’est même plus l’Italie. La Grèce ? La Turquie, l’Inde, une aube laiteuse sur Singapour ? Oh, je suis bien ! Pourquoi atterrir ? Je ne pèse plus rien. Je suis un ange. « Être ange, c’est étrange », disait l’autre. Peutêtre, mais c’est ça que je veux. Agrégé de lettres, Christophe Ono-dit-Biot est l’auteur de quatre romans, dont Birmane, prix Interallié 2007.
The Red Bulletin France / Numéro 10 – Août 2012 : The Red Bulletin est publié et édité par Red Bull Media House GmbH. Directeur général de la publication Alexander Koppel Directeur d’édition Franz Renkin Directeur de la rédaction Robert Sperl Directeur adjoint de la rédaction Alexander Macheck Rédacteur en chef France Christophe Couvrat Ont participé à ce numéro Susanne Fortas, Christine Vitel, Étienne Bonamy, Frédéric Pelatan, Ioris Queyroi Responsable de la production Marion Wildmann Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Booking Ellen Haas, Catherine Shaw, Rudi Übelhör Maquette Erik Turek (DA), Martina de Carvalho-Hutter, Silvia Druml, Miles English, Kevin Goll, Kasimir Reimann, Carita Najewitz, Esther Straganz Publication Corporate Boro Petric (Directeur), Christoph Rietner, Nadja Zele (Rédacteurs en chef); Dominik Uhl (DA); Markus Kucera (Directeur photos); Lisa Blazek (Rédactrice); Christian Graf-Simpson, Daniel Kudernatsch (Tablette) Chefs de la Production Michael Bergmeister, Wolfgang Stecher, Walter Sádaba Reprographie Clemens Ragotzky (Chef), Karsten Lehmann, Josef Mühlbacher Service financier Siegmar Hofstetter, Simone Mihalits Marketing et management international Barbara Kaiser (Directrice), Stefan Ebner, Elisabeth Salcher, Lukas Scharmbacher, Peter Schiffer, Julia Schweikhardt. The Red Bulletin est publié simultanément dans les pays suivants : Autriche, Allemagne, France, Irlande, Koweït, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Suisse, Mexique, Grande-Bretagne et États-Unis Un produit de www.redbulletin.com Siège social Autriche Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdingerstr. 11-15, A-5071 Wals bei Salzburg, FN 297115i, Landesgericht Salzburg,
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Le 11e numéro de The red bulletin sera disponible le 12 septembre 2012
illustration: albert exergian
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