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The Red Bulletin Juin 2016 - FR

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FRANCE

HORS DU COMMUN

Aie foi en tes forces GARETH BALE

Transforme ta rage en volonté

Pour être bon, tu dois souffrir

ZLATAN IBRAHIMOVIĆ

CRISTIANO RONALDO

LES HÉROS DE

L’EURO Zlatan, Müller, Bale, Ronaldo… la France les attend de pied ferme

RYAN GOSLING

« M a sœur a été mon modèle »

PHOTO

Chasse à l’action en Afrique du Sud JUIN 2016 MAGAZINE SPONSORISÉ

PLUS DE

CONTENUS INTERACTIFS SUR

REDBULLETIN.COM


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LE MONDE DE RED BULL

LE FIL DU SUCCÈS

À l’affiche de Warcraft, Travis Fimmel monte en grade mais n’oublie pas sa ferme en Australie.

RIEN À FOOT ? À fond sur les Bleus et l’Euro à la maison, on en oublierait la concurrence. Dont les fortes têtes, type Ronaldo ou Zlatan (notre couverture), monstres de motivation et de réalisations qu’il s’agira de bien recevoir. Et mettre dehors, fissa. Un paradoxe assumé comme seul le ­football en autorise. Rien à foot ? Alors, trompez le ballon avec Gemita Samarra, profil p ­ rofilé comme seul The Red Bulletin sait en dénicher. Rien que pour vos yeux, toujours, les meilleurs photographes d’action sud-africains se sont invités dans un Des raves portfolio exclusif. Et on a sélectionné aux charts, pour vous, footeux ou pas, le top du une Anglaise matos hi-tech pour transformer qui pèse. votre salon en « arena ». CHARLI XCX, PAGE 19 Bonne lecture. Votre Rédaction 4

THE RED BULLETIN


JUIN 2016

32 SAISISSANT

Shooter l’action, et bien le faire, est le jeu d’une élite de photographes. Les SudAfricains à l’honneur.

D’UN COUP D’AILES GALERIE 10 PLEIN CADRE  De Paris à la Tasmanie.

BULLEVARD 17 INSPIRANTS  Au ciné, au micro, à la gratte : on serait bien leurs potes.

REPORTAGES 24 Heavy mental

L’électro française passe aussi par lui. Toxic Avenger a tombé le masque.

GETTY IMAGES (2), REUTERS, PICTUREDESK.COM (COVER), MICHAEL MULLER, ATLANTIC RECORDS, ALAN VAN GYSEN, MATHIAS FENNETAUX, GETTY IMAGES, AMOS PHOTOGRAPHY, ANDREAS KOCK

32 L’image innée

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L’AFFRONTEMENT

DROIT AU BUT

Toxic Avenger a brûlé plus d’une scène et d’un dancefloor. Mais au prix d’un combat essentiel. Contre lui-même...

L’Afrique du Sud est une terre d’action sports. On y réinvente le safari photo.

46 Le coin des héros

Ryan Gosling en tête, nos héros du mois excellent dans la persuasion.

The Red Bulletin dresse les portraits de footballeurs uniques, parmi les plus chauds de l’Euro. Danger imminent.

79

52 Peur de rien

Travis Fimmel a tout d’une star, mais ne rêve que d’un retour à ses racines.

62 Euro stars

L’Euro à la maison, ça a du bon, mais ­Ronadlo ou Müller n’en ont que faire.

70 Presque sauvage

L’Anglaise Gemita nous a rendus fous. Un shooting dont on se souviendra.

70 CROCO DEAL

On n’avait pas vu tels rapprochements depuis Crocodile Dundee. Au Botswana, devenez un Paul Hogan en eaux troubles. THE RED BULLETIN

INDOMPTABLE

Actrice et cascadeuse spécialiste des scènes aquatiques, Gemita Samarra a apprivoisé une louve. On tend la laisse.

ACTION ! 79 À VOIR. À VIVRE. À FAIRE.  Voyages, gadgets, montres, zik et moteurs. 93 SPÉCIAL  Amusements à domicile. 98 MAKES YOU FLY  Quad de neuf ?

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THE RED BULLETIN BACKSTAGE JUIN 2016

CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS

JUAN MORENO

Le photographe Sacha Specker en immersion totale.

CHASSE À L’ACTION Comment juger si un cliché d’aventure est réussi ? ­Soumettez-le à un œil neutre. Si celui-ci se prend à penser : « Wahou, je n’aimerais pas me trouver là ! », vous avez atteint votre objectif. Notre photoreportage du mois présente l’Afrique du Sud à travers ses chasseurs d’images puissantes et vous lâche au cœur de l’action. Sacha Specker, photographe de surf : « 22 longues secondes, un vent léger et une houle de 4 m+ qui forme d’énormes double-ups au-dessus du récif… les vagues furent exceptionnelles ce jour-là. » Page 32.

MAKING OF LE SHOOTING DU MOIS

Contributeur sports régulier pour le magazine allemand Der Spiegel, ­Moreno a interviewé la majorité des footballeurs évoluant en Europe. Pour nous, il analyse la carrière de 4 fortes têtes présentes à l’Euro. P. 62

AUTOUR DU MONDE ANDREAS KOCK

« Les mannequins brandissent ­rarement des couteaux en arrivant sur le plateau. » Le photographe de mode suédois connaît bien le milieu, ayant travaillé avec des maisons comme Playboy ou Prada. Page 70

The Red Bulletin est publié s­ imultanément dans dix pays. Ici, l’édition américaine avec sa couverture ­consacrée à l’acteur australien Travis Fimmel, ­bientôt à l’affiche de Warcraft. Nos éditions internationales : redbulletin.com

Muller et son équipe ont mis en place une plateforme-studio sur le Bridge to Nowhere.

« Plus c’est vertigineux, plus ça ­devient sérieux. » MICHAEL MULLER À qui s’adresse-t-on pour shooter une star de cinéma en action tout en limitant les risques sur une telle production (p. 52) ? À Michael ­Muller. L ­ ’Américain, fort à l’aise dans l’eau, voue aussi une passion aux r­ equins comme l’illustre son livre chez Taschen.

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THE RED BULLETIN


JESSY NELSON Photo prise par : Jessy Nelson

#BEAHERO


Directeur d’édition Robert Sperl Rédacteur en chef Alexander Macheck Contributeur indépendant Boro Petric Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann

THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel Traductions et relecture Étienne Bonamy, Susanne & Frédéric Fortas, Claire Jan, Suzanne Krizenecky, Frédéric Pelatan, Audrey Plaza, Claire Schieffer, Gwendolyn de Vries Country Product Manager Leila Domas Responsable de la publicité Cathy Martin, +33 (0)7 61 87 31 15 cathy.martin@fr.redbulletin.com Abonnements Prix : 12 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com Siège de la rédaction 12 rue du Mail, 75002 Paris, +33 (0)1 40 13 57 00 Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Les journalistes de la SAS L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SAS L’Équipe n’est pas ­responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.

Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Stefan Wagner (Chef de service),Ulrich Corazza, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager Contributeurs indépendants : Muhamed Beganovic, Werner Jessner, Martina Powell, Clemens Stachel, Florian Wörgötter

Édition web Kurt Vierthaler (Senior Web Editor), SchinSu Bae, Christian Eberle, Vanda Gyuris, Inmaculada Sánchez Trejo, Andrew Swann, Christine Vitel Maquette Marco Arcangeli, Marion Bernert-Thomann, Martina de Carvalho-Hutter, Kevin Goll Booking photos Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Ellen Haas, Eva Kerschbaum

THE RED BULLETIN Afrique du Sud, ISSN 2079-4282 Country Editor Angus Powers Équipe éditoriale Nancy James (Chef de service), Davydd Chong (Chef de service adjoint) International Sales Management Lukas Scharmbacher Country Project & Ventes Andrew Gillett Sales Management Marnewicke Loubser marnewicke.loubser@za.redbull.com Abonnements getredbulletin.com, subs@za.redbull.com Siège de la rédaction South Wing, Granger Bay Court, Beach Road, V&A Waterfront, Le Cap 8001, +27 (0)21 431 2100

Illustrateur Dietmar Kainrath Directeur d’édition Franz Renkin Emplacements publicitaires Sabrina Schneider

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Production Wolfgang Stecher (Directeur), Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Michael Menitz (digital) Lithographie Clemens Ragotzky (Directeur), Claudia Heis, Maximilian Kment, Karsten Lehmann Office Management Kristina Krizmanic Informatique Michael Thaler Abonnements et distribution Klaus Pleninger (Distribution), Peter Schiffer (Abonnements) Directeur de la publication Wolfgang Winter Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, A-1140 Wien Téléphone +43 (0)1 90221-28800 Fax +43 (0)1 90221-28809 Web www.redbulletin.com

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THE RED BULLETIN Autriche, ISSN 1995-8838 Country Editor Ulrich Corazza Relecture Hans Fleißner Country Channel Management Lukas Scharmbacher Responsables de la publicité Alfred Vrej Minassian (Directeur), Thomas Hutterer, Corinna Laure anzeigen@at.redbulletin.com Abonnements Prix : 25,90 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com, abo@redbulletin.at Contact redaktion@at.redbulletin.com

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ADRÉNALIN

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À DES PHOTOS UFFLE O S E L CO U P E R

INGÉNIEUX

ANGE LE MONDE CHE AL RCÉENÀ DÂ A UX EIN GR SÀ DES PHOTO R LE SOUFFLE COUPE RÊME

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© Eric Parker/Red Bull Content Pool

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Magazine distribué avec le quotidien chaque deuxième mercredi du mois. Dans la limite des stocks disponibles.

PRO C H A IN N U M ERO LE 15 JU IN AV EC NA L VO T R E JO U R


GALERIE

À CORDE P ­ ERDUE

TASMANIE, AUSTRALIE PHOTO : KRYSTLE WRIGHT Le « Moai » est une impressionnante colonne de basalte située au sud de la Tasmanie. Ce rocher, qui se tient droit comme une chandelle face à la mer, a donné une belle idée à l’Américain Ryan Robinson : pourquoi ne pas y accrocher une slackline et s’y balancer à 35 mètres au-dessus des vagues ? Pour qui n’a pas le vertige : instagram.com/handsomerobinson

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HARD ROC

ERZBERG, AUTRICHE PHOTO : JEAN-CHRISTOPHE DUPASQUIER La Red Bull Hare Scramble qui se déroule chaque année à Erzberg, Autriche, est une des courses de hard enduro les plus difficiles au monde. Ce qui attend les candidats ? 30 kilomètres de caillasse, de rochers, de passages presque à pic (photo) et un taux d’abandon monstrueux, battant tous les records. En 2015, sur les 500 candidats au départ, seuls cinq ont terminé la course. Red Bull Hare Scramble : 29.5, Erzberg près Eisenerz À suivre en live : servustv.com

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JEAN-CHRISTOPHE DUPASQUIER/RED BULL CONTENT POOL


RENDEZ-VOUS DANS 10 ANS PARIS, FRANCE PHOTO : HADRIEN PICARD

Le canal Saint-Martin, qui traverse Paris sur 4,5 km, est vidé environ une fois par décennie pour être ­débarrassé de ses détritus (incluant parfois des ­cadavres). Une occasion que Matthias Dandois, trois fois champion du monde de BMX flat, n’aurait su manquer. Seul sur ce terrain de jeu improbable autant que rare, il peut alors réaliser l’un des tricks fondamentaux du BMX : un bunny hop aux reflets parisiens. Vidéo sur : redbull.com/dandoiscanalstmartin

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LA BANDE SON DE TON ÉTÉ LES MEILLEURS FESTIVALS EN LIVE. A PARTIR DU 2 JUIN.

hors du commun


BULLEVARD INSPIRANTS, DIVERTISSANTS, INNOVANTS : DES PROFILS À PART

FRANCOIS BERTHIER/CONTOUR BY GETTY IMAGES

L’INFATIGABLE IDRIS ELBA LE MONDE NE SUFFIT PAS À L’ACTEUR DE 43 ANS. QU’IL HÉRITE OU NON DU COSTUME DE DANIEL CRAIG, LA PRÉSENCE QU’IL DÉGAGE EST SANS NUL DOUTE DIGNE DE L’AGENT 007. Elba, Idris Elba. Certains reconnaîtront en lui « Stringer Bell », de la série The Wire, ou le détective Luther. Pour d’autres, il est une star du cinéma qui a figuré, notamment, à l’affiche de Thor et de l’épique Pacific Rim de Guillermo del Toro. Et aux yeux des clubbeurs, il est l’artiste qui fait salle comble dans les clubs les plus chauds d’Europe. Acteur télé, star de ciné, DJ de renommée internationale : plus polyvalent, tu meurs. La constance du Londonien : son incroyable présence. « Il dégage une puissance folle, en dit Del Toro. Une autorité qui n’appartient qu’à lui. » Elba a déclaré qu’il n’est en compétition avec personne d’autre que lui-même. Très 007.

THE RED BULLETIN

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BULLEVARD 2016 Le guitariste et son ancien comparse Axl Rose font la paix et reforment Guns N’ Roses après une brouille de 20 ans, pour le plus grand bonheur des fans de rock. « Plus je vieillis, plus je kiffe. La passion et le désir de ­repartir pour un tour est vraiment très fort. »

1965 Saul « Slash » Hudson naît au Royaume-Uni. Sa mère réalise des costumes de rock-stars et son père des pochettes d’album. Ils se ­séparent après un exil à L.A. Slash troque livres contre BMX. « Mes petits jobs payaient mes clopes et mes bines. La tune n’a jamais été une source de motivation. »

2010

1981

Slash part chiner des accessoires, historiques. Ce cleptomane notoire dérobe son emblématique haut-deforme sur lequel il fixera une ceinture (volée également), rejoignant ainsi le club des stars reconnaissables à leur incomparable silhouette. Il s’engage également dans un groupe nouvellement formé appelé

1986 Malgré des échecs, le groupe révèle des compositions qui lui valent de signer avec ­Geffen Records. « Non est la chose la plus reloue que j’aie jamais entendue. Et ça empêchait toujours notre créativité de s’exprimer. » Sweet Child O’ Mine est l’un des titres de l’explosion GN’R.

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LE PARCOURS DE SLASH, LA TÊTE BIEN FAITE DU ROCK, A ÉTÉ SEMÉ D’EMBÛCHES AVANT D’ÊTRE PARSEMÉ DE ROSES. IMMERSION DANS LA VIE D’UN MEMBRE DE GUNS N’ROSES, GROUPE ­MYTHIQUE DES ANNÉES 90.

Slash fait son comeback, en formant le supergroupe ­Velvet Revolver. Il continue à exister sur la scène internationale en faisant des apparitions en tant qu’invité scénique de stars telles Michael Jackson ou Rihanna. « La seule branche du rock qui ait survécu au XXIe siècle, c’est le metal. » Et Slash lui-même, manifestement.

1991 Le groupe est au sommet avec son double album, Use Your Illusion I et II. Mais les ailes du groupe sont coupées à la suite du départ de son guitariste rythmique Izzy Stradlin. La descente aux enfers commence. S’ensuit l’échec cuisant de The Spaghetti Incident?, album de reprises punk, le dernier avec Slash et le bassiste Duff McKagan. GN’R se désintègre en plein vol. Slash quitte le groupe en 1996.

2001 Après une expérience de mort imminente et un ­pronostic vital inquiétant, Slash prend un nouveau virage existentiel à 180 ° et cesse toute consommation d’alcool et de drogue, après des années d’excès. Défiant les oracles de la médecine et la Faucheuse, il s’en sort grâce à sa volonté de fer.

THE RED BULLETIN

TIM MÖLLER-KAYA

1985

COMMENT J’Y SUIS ARRIVÉ

2002

GETTY IMAGES (2)

Il quitte l’école et canalise son énergie tumultueuse dans la musique. Il redouble de motivation pour la guitare, jouant jusqu’à 12 heures par jour sur sa gratte. « Les guitares sont comme les femmes, a-t-il un jour expliqué. Vous finissez toujours par faire de fausses notes. »

Slash invite des amis, comme Dave Grohl et ­Lemmy de Motörhead, à ­collaborer sur son album solo éponyme. L’album enregistre un immense succès commercial, et Slash se retrouve à nouveau sur le devant de la scène. Son statut de dieu du rock ne lui aura pas ôté le sens des affaires.


BULLEVARD «  N OUS SOMMES TOUS DES FREAKS. CERTAINS LE CACHENT, D’AUTRES L’ASSUMENT.  »

HORS D’ATTEINTE BRADLEY AND PABLO

CHARLI XCX À 23 ANS, LA STAR NAISSANTE DU POP-PUNK A DÉMONTRÉ QUE PROVOCATION ET PATIENCE VOUS DISTINGUENT DE LA MASSE. Si la patience est une vertu, alors Charli XCX est certainement une sainte. La chanteuse et compositrice anglaise a commencé à bosser sur son premier album à l’âge de 14 ans, avant de se produire sur la scène des raves clandestines. Après des projets inaboutis et des ­quasiéchecs, elle signe finalement avec un label et compose des titres pour d’autres artistes. En 2012, Charli reçoit enfin l’accueil qu’elle méritait de la part des kids, actuels ou éternels, avec son électropunk unique et son style si provocant. Son talent nous saute enfin aux yeux.

THE RED BULLETIN

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BULLEVARD

LEURS VÉRITÉS SEPT STARS RÉPUTÉES SAGES DÉVOILENT LEUR POSITION SPIRITUELLE SUR LA CHOSE SEXUELLE. QUAND LES TÊTES PENSANTES PARLENT CRÛMENT.

« Je ne peux pas coucher avec quelqu’un qui a de grosses lacunes grammaticales. »

« J’aime le missionnaire et j’aime être à genoux. J’aime m’asseoir sur lui… J’aime la levrette ou le faire debout. »

HUCKBERRY twitter.com/huckberry

OLIVIA MUNN

« Sur le plan sexuel, les hommes sont des pompiers. Pour les hommes, le sexe est une urgence, et peu importe ce qu’ils font, ils sont prêts à passer à l’action en deux minutes. Les femmes, elles, sont comme le feu. Elles sont très excitantes, mais les conditions doivent être idéalement ­réunies pour que le feu prenne. »

« Me réveiller une heure plus tôt pour courir sur un tapis roulant ? Inutile. J’ai le meilleur partenaire de musculation du monde. Et pas besoin d’un abonnement à la salle de sport pour ce type d’exercice. » JASON SUDEIKIS

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« J’ai tendance à aimer les hommes pleins de mystère, le genre de mec impassible qui te dévore des yeux, sans trop savoir ce qui se trame dans sa tête. Mépris ou désir brûlant ? » EVA MENDES

JERRY SEINFELD

Huckberry, ce n’est pas qu’une boutique en ligne. Non content de proposer le matériel et les vêtements de sport d’aventure les plus cools d’Internet, le site est aussi réputé pour ses riches publications sur les réseaux sociaux et ses articles de haute facture indispensables à tout voyageur de l’extrême.

YUNG JAKE instagram.com/­ yungjake

Le hip-hop ne constitue pas l’unique branche des activités artistiques de Yung Jake, malgré son succès dans ce domaine. Ses fans le suivent sur les réseaux pour ses portraits de célébrités, d’une précision insensée, bien que constitués uniquement d’emojis. Bizarre comme brillant.

HUMANS OF NEW YORK

facebook.com/­ humansofnewyork

Vous êtes passé à côté du blog de Brandon Stanton ? Vous devez ­liker sa page Facebook ! Pour ses portraits et histoires de NewYorkais dans toute leur splendeur. À l’instar de la ville elle-même, peu importe combien de fois vous visiterez sa page : c’est toujours frais. THE RED BULLETIN

GETTY IMAGES (7)

« Je sais qu’un grand nombre de personnes a du mal à parler crûment – ils ne savent pas quoi dire, comment commencer ou comment arrêter. Au ­début, ils ont peur d’avoir l’air ridicule. Et c’est peut-être le cas. Mais ­laissez-moi vous dire que, se raconter des trucs salaces, c’est essentiel dans la ­relation sexuelle. Et c’est si facile. »

CAMERON DIAZ

VOICI LES TROIS PROFILS GAGNANTS DU NET CE MOIS-CI.

ZOE SALDANA

RUSSELL BRAND

« Toute heure est la bonne pour le sexe, car il s’agit de sexe. »

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BULLEVARD

LES CHIFFRES FONT LA FORCE

STEPHEN AMELL

LA STAR DE LA SÉRIE ARROW EST UN AS DES PERFORMANCES ­ATHLÉTIQUES À L’ÉCRAN. STEPHEN AMELL DÉVOILE SES TRUCS POUR CONVAINCRE DANS LE RÔLE DU VENGEUR MASQUÉ.

POIDS EN KILOS QU’IL AJOUTE LORS DE SES TRACTIONS Amell a des trucs pour optimiser ses tractions, comme lester son corps avec des poids supplémentaires. « Quand je joue un héros qui n’est pas en mode superpouvoirs, je n’ai pas envie d’avoir l’air d’un gringalet, assure-t-il. Ça a l’air un peu simple comme ça, mais pour moi, les pompes, les tractions et les ­abdos, ça marche. » Il faut arriver à manipuler son poids de corps.

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MOIS ÉCOULÉS DEPUIS SA DERNIÈRE GLACE Quand Amell décroche le rôle principal d’Arrow, il retire la plupart des ­produits laitiers de son alimentation. Mais il craque. « À Noël, après une rando, j’ai eu envie d’une glace », confie-t-il. Hormis la réduction des calories, l’élimination des produits laitiers permet de réduire la sensation de fatigue et améliore la ­digestion. Laitues et lentilles pourront compléter l’apport en calcium.

HAUTEUR EN MÈTRES DU MUR ESCALADÉ Les épisodes d’Arrow offrent plusieurs scènes de parkour, discipline pour laquelle Amell est naturellement prédisposé. « Je fonce droit devant sans avoir peur de la chute ; c’est la base pour pouvoir progresser en parkour. » Pour aborder un mur de 4 m de haut, Amell confie qu’il s’agit de surmonter les obstacles mentaux. « Imaginez que vos pieds sont plaqués contre le sol. »

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LES ­ EILLEURS M PLANS SANTÉ

LE CARBURANT GLUCIDES Le sucre a aussi du bon. Les glucides complexes peuvent améliorer votre santé. Lisez le guide détaillé de l’ex-entraîneur des forces spéciales Mark Lauren : Body Fuel (Le carburant du corps). penguinrandom house.com

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PARAMÈTRES ­VITAUX

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NOMBRE DE MIN SUR LE TAPIS ROULANT Lorsqu’il tourne à Vancouver, Amell travaille 14 heures par jour, ça laisse peu de temps pour s’entraîner. Pour compenser, il se concocte des mini-sessions hyper-intensives. « On peut faire tous les exercices nécessaires en 25 min », assure-t-il. Sa routine : courir 6 km en accélérant à chaque km, une technique empruntée aux marathoniens. « Ça permet aussi de moins s’ennuyer, car le tapis devient vite lassant. »

Tenté par la muscu ? Alors essayez l’appareil high tech Flex­ Strider de Life Fitness, qui vous donnera carrément l’impression de vivre avec un coach personnel. lifefitness.co.uk

L’APPLI CLASSPASS

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THE RED BULLETIN

PATRIK GIARDINO, GETTY IMAGES

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RESTONS AFFÛTÉS  !


Un univers singulier colle aux BPM du DJ-producteur Toxic Avenger. Il l’a imposé à force de défis contre luimême et ses angoisses.


HEAVY MENTAL TEXTE : PH CAMY PHOTOS : MATHIAS FENNETAUX

MUSIQUE ÉLECTRONIQUE PUISSANTE, UNIVERS SOMBRE ET UN PSEUDO EMPRUNTÉ À UN PERSONNAGE DE SÉRIE Z. UNE FORTE TÊTE, TOXIC AVENGER ? DANS LE CIVIL, IL N’ÉTAIT PAS LE PLUS ASSURÉ DES HOMMES. MAIS IL EN A FAIT UNE FORCE.

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Paris XVe, Beaugrenelle. Toxic Avenger y retrouve l’ambiance particulière de l’un de ses films cultes : le polar Peur sur la ville.

« JE SUIS SOUVENT PARTI JOUER LÀ OÙ LES AUTRES DJ’S REFUSAIENT D’ALLER. COMME À BOGOTA OU EN SIBÉRIE. PLUS C’ÉTAIT ORIGINAL, PLUS JE FONÇAIS. »

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D

ÉPASSER SES ANGOISSES, GAGNER EN ASSURANCE. CE DÉFI ARTISTIQUE ET DE VIE, SIMON, ALIAS TOXIC AVENGER, L’A MENÉ JUSQU’À FAIRE DANSER TOUTE LA PLANÈTE. TROIS ALBUMS ET DE NOMBREUX HITS EN TANT QUE PRODUCTEUR AU COMPTEUR, LE PARISIEN DE 33 ANS A ALIGNÉ DES CENTAINES DE SHOWS ET SU SURMONTER UNE TIMIDITÉ QUI EN AURAIT POUSSÉ PLUS D’UN À L’ABANDON. EN S’AFFRONTANT LUIMÊME, TOXIC AVENGER A TROUVÉ L’ÉPANOUISSEMENT DANS LE SON.

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Une musique électronique percutante, à l’énergie rare, qu’il associe à une imagerie volontiers sombre et angoissante. Lui est tout le contraire, convivial et positif. Riche d’intérêts et d’humanité, qui est celui qui s’est caché quelque temps derrière un masque pour finalement se révéler à la lumière (mais pas trop) ? toxic avenger : C’est hyper difficile de définir ce que je suis. J’ai toujours le cul entre 18 chaises. Soyons terre à terre : je suis musicien. Je déteste le mot artiste... le côté bohème de l’artiste, « créatif », ça m’emmerde. (Rires.) the red bulletin : Pas bohème, mais vous avez joué sur la planète entière. Oui, même en Sibérie ! Je suis souvent parti jouer là où les autres DJ’s refusaient d’aller. Comme à Bogota, où ça craint pour de vrai. J’y ai vu des trucs... Plus c’était original, plus j’y allais. Quel est le plus gros nombre de personnes devant lequel vous vous êtes produit ? 70... 80 000 personnes, à Los Angeles. Dans un stade de baseball. À l’époque, ça marchait très bien aux USA pour moi. Je ne voyais pas les limites de la foule tellement il y avait de monde. Pendant ce show, j’en ai pris plein la gueule. Comme je suis assez froussard... Comment un type timide et froussard peut-il se produire devant 80 0000 têtes ? En fait, pourquoi vous être jeté dans ce job si vous étiez si peu sûr de vous ? Ça a été hyper brutal. Je faisais de la musique dans ma chambre, avec un PC, et j’étais aussi chanteur-guitariste dans un groupe de metal. Je me suis pris de passion pour la musique électronique, dont je trouvais les possibilités illimitées, pas qu’un truc de club. Mon matos sur le PC était tellement pourri que pour rendre le son meilleur, je lui ai branché mes pédales de rockeur. Ça a donné un son particulier, que j’ai posté sur MySpace.

Le patron d’un label américain m’a contacté, et m’a proposé de venir aux States pour sortir de la musique. Je suis parti quasi du jour au lendemain. Vous étiez étudiant à l’époque ? Je n’étais rien. (Sourire.) J’avais la vingtaine. Je pars. On joue dans quelques bars... Le mois suivant, le magazine Rolling Stone fait un sujet sur les « quatre groupes qui vont changer la face de la musique électronique », incluant une page sur ma gueule. (Rires.) D’un coup, la tournée des bars se transforme en 35 dates en 35 jours. On commence à m’appeler en Europe, avec des demandes partout. En un an, je me retrouve à faire le tour du monde. Génial, sauf que, le Toxic Avenger en ascension n’était pas du tout du genre à se mettre en avant... Se produire devant des ­milliers de gens, c’est tellement à l’encontre de la nature humaine, et de la mienne, timide, encore plus ! À l’époque, je fumais beaucoup, mais impossible de déranger quelqu’un pour lui demander une clope. Il y a encore cinq ans, faire des photos et une interview comme aujourd’hui, je n’en étais pas capable. Alors vous avanciez masqué mais malgré tout, ce métier implique de s’exposer, des sollicitations... Comment avez-vous surmonté votre timidité ? Je me suis fait violence. Et me suis toujours souvenu de mon père qui me poussait au cul. Sans rentrer dans une psychanalyse à deux balles... je suis né avec mon cordon ombilical autour du cou, et ça a bloqué certains « trucs ». Un médecin a dit à mes parents, devant moi, alors que j’avais trois ans, « votre fils ne marchera jamais ». Pour mon père, ça ne pouvait être un frein. Mon envie de réussir dans la musique, malgré cette timidité, vient de ça : « ne foire pas ! » Vous avez donc bataillé avec vous-même pour réussir ? Oui, mais sans faire de


« Trop californien, mignon, pas mon truc », après un mois de création à L.A., Toxic jette tout, et repart de zéro. Il mettra ­finalement «  énormément de lui » dans son dernier album en date.


Entre lâchages scéniques et mise en retrait, Toxic se ­retrouverait bien dans un genre « death funk ». S’il existait. Le mystère lui va bien.

« J’AI APPRIS À AFFRONTER. JE N’ÉTAIS PAS FRONTAL. AFFRONTER ARTISTIQUEMENT, NOTAMMENT SUR SCÈNE, M’A PERMIS DE PRENDRE EN MAIN DES CHOSES DANS MON QUOTIDIEN. ÇA N’ÉTAIT PAS NATUREL. » c­ oncessions. Les gens de mon label sont hyper compréhensifs. Ils m’ont toujours laissé une carte blanche totale. Je peux être qui je veux être. Sans mes soutiens de travail, ou celui de mes proches, je n’aurais pas pu faire cela tout seul. C’est difficile de bosser avec un type comme moi. ­J’apprends par l’erreur, j’ai besoin d’échouer. Vous appréhendez plus les défis du quotidien que l’échec artistique ? En tant « qu’artiste », mes forces sont décuplées par ­rapport à tous les jours. Quand vous êtes-vous le plus auto-bluffé ? Lors d’un festival, le Printemps de Bourges. Mon agent me dit, « j’ai invité la terre entière, tu joues sur la plus grosse scène ». Il était tout pâle, en mode, « ne te loupe pas, ne te loupe pas… » Au final, je crois que ça a été l’un des meilleurs concerts de ma vie. (Rires.) Vous avez surmonté cette énorme pression ? Voir sa tête paniquée m’a boosté. J’ai vu comme un miroir de moi-même. Ça m’a fait rire, et dédramatiser tout ça. Lors du festival South 30

by ­Southwest, au Texas, on m’avait calé un DJ set entre Muse et Courtney Love, et juste avant de jouer, un pote me dit, « il faut que je te présente quelqu’un ». Le quelqu’un, c’était Tom Morello, guitariste de Rage Against The Machine, une icône pour moi. Jouer deux minutes après, ça te met vraiment la pression. La puissance de votre son vous a-t-elle permis de mettre vos angoisses au tapis ? Ma musique est cinématographique, un peu épique. Bien sûr, c’est galvanisant, je peux me cacher derrière la puissance du truc. Même physiquement. Quand tu es sur scène et que tu envoies du gros son, ça t’enveloppe, ça t’entoure. Ça aide. Comment « Toxic Avenger, le timide » parvient-il à être aussi explosif sur scène ? Sur scène, il y a un côté au bord du précipice : ma timidité va-t-elle me bouffer ou pas ? Si elle me bouffe, les gens vont se dire, « c’est quoi que ce mec ? » Si je me fais violence, même si c’est difficile, je sais qu’ils vont être satisfaits. Et

comme tous les timides de la planète, j’en fais dix fois trop. Sur scène, je peux me jeter partout. Et ça fonctionne ? J’imagine que oui. J’aime bien les énergies brutes, donc ce n’est pas réfléchi. J’imagine que je fais plein d’erreurs. Les

trucs imparfaits sont les plus touchants. Quel est le plus gros cadenas mental que vous ayez forcé ? Affronter. Je n’étais pas frontal. Affronter artistiquement, notamment sur scène, m’a permis de prendre en main des choses dans mon quotiTHE RED BULLETIN


dien. Ça n’était pas naturel. Vous semblez avoir ­beaucoup de recul sur vousmême, c’est une force ? Ce qui me sauve, partout, c’est que j’ai conscience de ce que je suis. J’ai une espèce de tendance à sortir de moi et mettre comme une caméra sur ma THE RED BULLETIN

face. J’arrive à me voir dans des situations et dire : « Stop ! » Vous êtes à même de vous analyser de l’extérieur ? J’arrive à me voir, je pense, tel que je suis vraiment. Je ne me dévalue pas, et je ne me surévalue pas. Plus je grandis, et plus je suis honnête

avec ce que je suis. Avant, je me d ­ évaluais beaucoup, mais grâce à la musique, ça a changé. Je suis honnête avec moi-même. «   », nouvel album disponible sur le label Roy Music. Écoutez la mixtape exclusive de Toxic Avenger sur redbulletin.com

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F O C U S S U R L E S P H O T O G R A P H E S D ’A C T I O N S U D -A F R I C A I N S , D O N T L E TA L E N T S E N O U R R I T D ’ E S T H É T I Q U E , D ’A D R É N A L I N E E T D ’ I N S TA N T S Q U E N ’ A U T O R I S E Q U ’ U N E I M M E R S I O N A U P L U S B R U T D U S U J E T . TEXTE : ANGUS POWERS

L’ I M A G E I N N É E

Sujet : Lewis Pugh Lieu : Mer Méditerranée, Monaco Photo : Kelvin Trautman 33


K E LV I N T R A U T M A N « Première sortie de l’année 2014 pour Lewis Pugh, raconte Kelvin Trautman. Nous étions à Monaco, la bling-bling. Il a décidé de nager 10 km, ici, pour montrer les outrances de la pêche et de la surexploitation commerciale de la Méditerranée. Quand Lewis (un avocat anglais qui médiatise ses combats écolos en nageant dans des endroits clés, ndlr) s’est dirigé en nageant vers ce paquebot de croisière, j’ai sauté à l’eau dans l’idée de cadrer sur lui, la mer et la silhouette monstrueuse du bateau. C’est ça, la photo d’aventure : avoir la dextérité créative pour saisir des moments fugaces, tout en gérant la lumière, mais aussi la volonté infaillible de s’immiscer dans l’instant pour faire partie de l’action. » kelvintrautman.com

J A N S E N VA N S TA D E N Planté dans un village de la Vallée aux mille collines, le bol de béton de l’Indigo Skate Camp est « profond, raide et impitoyable. Les mecs les plus doués le craignent. J’ai vu débouler Two-Chain dans le bowl et y tourner à une vitesse folle. Bluffant. Il balançait un 5-0 pour la blague ici ou là. Qui aurait pu imaginer que, dans ce paysage de vaches, de chèvres, de mamans porteuses d’eau sur la tête et de huttes traditionnelles zouloues, aurait pu grandir un skateur de ce niveau ? » 34

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Sujet : Two-Chain Lieu : village Zoulou, Afrique du Sud Photo : Jansen van Staden

«   Q U I A U R A I T P U I M A G I N E R Q U E , D A N S C E PAY S A G E D E VA C H E S , DE CHÈVRES ET DE HUTTES TRADITIONNELLES ZOULOUES, AU R A I T P U G R A N D I R U N S K AT E U R D E C E N I V E AU   ?   »

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« DANS CE MONDE QUI BOUGE SI VITE, IL FALLAIT ÊTRE EN MESURE D’ÉCHAPPER À LA VILLE ET DE GARDER LA TÊTE FROIDE POUR APPORTER UNE AUTRE IDÉE DE LA VIE. » Sujet : Gielie Moller Lieu : Hakskeen Pan, Cap-du-Nord Photo : Tyrone Bradley


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TYRONE BRADLEY Aux confins du désert, durant la Speed Week de Kalahari. De la collaboration entre Tyrone Bradley et le tandem Gielie Moller et sa Chevrolet Kommando 5,4L V8 de 1974, résulte cette photo. Le plus grand défi fut de résoudre les conflits entre 4 sources de lumière. Si les phares avaient éclairé trop loin, le désert aurait été surexposé. « La plupart des photos que je fais viennent de reportages en pleine nature. Ce fut une opportunité de ralentir le mouvement et de contrôler la création. Dans ce monde qui bouge si vite, il fallait être en mesure d’échapper à la ville, de passer 17 h par jour dans le désert pendant 3 jours, de garder la tête froide, de prendre le temps nécessaire pour apporter une autre idée de la vie. » tyronebradley.co.za

«   S E A N ’A N I M A L’ M A A S C H A 5 4 A N S , E T D E S R Ê V E S P L U S GRANDS QUE JAMAIS. SON NOUVEAU PROJET EST UNE COMPRESSION DE 30 MÈTRES DONT LE NIVEAU TECHNIQUE EST DE 9A+. »

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Sujet : Sean « Animal » Maasch Lieu : Main Crag, Oudtshoorn Photo : Jacques van Zyl

J A C Q U E S VA N Z Y L « Sean a 54 ans et des rêves plus grands que jamais. Son nouveau projet est une compression de 30 m, d’une puissance impressionnante et dont le niveau est à 9a+. S’il parvient à dominer cette roche, il rejoindra la toute petite communauté des quinquagénaires d’élite encore capables de grimper. Inspiré par Sean, je suis aujourd’hui en immersion dans un projet ambitieux et je rêve moi aussi plus grand que jamais. » facebook.com/JacquesVanZylPhotography THE RED BULLETIN

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«   L A VA G U E R E P L O N G E A I T AV E C B E A U C O U P T R O P D ’ É N E R G I E . T O U T C E Q U ’ I L P O U VA I T FA I R E , C ’ É TA I T R É S I S T E R E T ­T E N T E R D ’ E N S O R T I R .   » Sujet : Frank S ­ olomon Lieu : Dungeons, Hout Bay Photo : Sacha Specker

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SACHA SPECKER Le photographe de surf résume ainsi le plus grand spot de grosses ­vagues d’Afrique du Sud : « Shooter à Dungeons, c’est prévoir l’imprévisible. Il s’y passe tellement de choses qu’il faut être prêt à chaque instant. La plupart du temps, il va y avoir des appareils photo braqués sur l’action ­depuis les nombreux bateaux. Alors pour espérer une photo unique, il faut se concentrer sur les moments où on est loin de la meute. Frank Solomon a réussi à entrer dans cette vague à l’instant où elle s’évasait. Arrivé au fond, la vague s’est levée très vite, puis est retombée en générant énormément d’énergie. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était résister pour en sortir. Il l’a ­tellement bien fait… » I­ nstagram: @sachaspex

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WAY N E R E I C H E Dans la quête du cliché parfait, les photographes d’action en demandent toujours « un peu plus » à leurs sujets. La limite reste évidemment la sécurité. Wayne Reiche savait qu’il pouvait être exigeant avec son ami Stuart Loudon. « On avait déjà quelques shoots bien solides, mais je savais Stu capable de donner plus, alors je l’ai poussé vers ses limites. Il nous a envoyé cette petite sucrerie, tandis que j’étais pile dans le bon angle et le bon timing. » Instagram: @waynegtl

Sujet : Stuart Loudon Lieu : Plettenberg Bay Photo : Wayne Reiche


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Sujet : David ­Richards Lieu : Praia do Tofo, Mozambique Photo : Alan van Gysen

A L A N VA N GYSEN Vous cherchez un paradis pour surfeurs en Afrique ? Il est au Mozambique. Alan van Gysen aime se rapprocher de l’action, de telle sorte que celui qui ­regarde la photo se sente lui-même sur l’épaule de la vague. « Être dans l’eau quand tu es photographe, c’est être à la fois toimême et celui qui admirera le cliché. Pour cette photo, je me suis assis sur une planche pour m’élever hors de l’eau. Un photographe de surf a peu de contrôle sur ses sujets : l’océan et le surfeur. ­L’expérience et être prêt à shooter à chaque instant font la différence. » ­Instagram: @alanvangysen

« UN PHOTOGRAPHE DE SURF A PEU DE CONTRÔLE SUR SES S U J E T S   : L’ O C É A N E T L E S U R F E U R . L’ E X P É R I E N C E E T Ê T R E P R Ê T À S H O OT E R À C H AQ U E I N STA N T FO N T L A D I F F É R E N C E .   » THE RED BULLETIN

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HÉROS

« L’AMITIÉ HOMMEFEMME ? J’Y CROIS ! » RYAN GOSLING est un type cool, ça, on le sait. Mais

la star hollywoodienne est également un ami sincère. Il nous explique comment ça marche.

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Alors vous préférez l’amitié avec des femmes ? Je suis ami avec beaucoup de femmes. Vraiment ? Cela peut-il ­fonctionner  ? Oui, ça vient peut-être du fait que j’ai grandi sans père, avec ma mère et ma sœur. J’ai une agente artistique, une manager et une publiciste. J’ai sans cesse besoin d’elles autour de moi. Vous combinez donc travail et amitié. Certains affirment qu’on devrait séparer les deux domaines. Absolument pas. J’ai rencon-

de respecter ses convictions. Je travaille avec lui sur le ­projet Enough qui a pour ­objectif de stopper les génocides et les crimes contre l’humanité, notamment en Afrique. Je suis allé en Ouganda, au Congo et dans les camps de réfugiés à la frontière entre le Darfour et le Tchad. J’ai vu ce que John et ses équipes ont mis en place. C’est-à-dire ? J’ai visité des centres de resocialisation pour les enfants soldats. Des jeunes se partageaient un lit superposé alors que l’un avait tué la mère de l’autre. Comment cela peut-il être possible ? Parce que John et ses équipes

« MA SŒUR A ÉTÉ UN MODÈLE, CAPABLE DE CONSIDÉRER TOUTES LES PERSPECTIVES, MÊME LES POINTS DE VUE INADMISSIBLES. » tré certains de mes meilleurs amis par mon travail. C’est génial quand on retrousse ses manches pour relever ­ensemble un challenge. Par exemple ? J’en avais déjà fait l’expérience dans mon enfance. Je m’occupais de l’éclairage dans les spectacles de mon oncle. Il se produisait comme imitateur d’Elvis. Mes autres oncles étaient ses gardes du corps, mes tantes les choristes. C’est à cette époque que

Encore une femme. Avezvous des amis hommes qui comptent pour vous ? L’un de mes meilleurs amis est John Prendergast, un activiste pour les droits de l’Homme et l’ancien chef du département africain du Conseil de sécurité national américain. Pour moi, il incarne les ­valeurs morales. Qu’est-ce qui vous impressionne particulièrement chez cet homme ? Il ne cède pas quand il s’agit

ont réussi à les convaincre qu’ils sont tous des victimes des circonstances. Au final, ils n’étaient que des enfants qui ne nourrissaient aucune ­rancœur l’un pour l’autre et qui sont même devenus meilleurs amis. Pour nous Occidentaux, ça semble totalement étrange. Dans une telle situation, tout tournerait autour de la ­vengeance. Rüdiger Sturm The Nice Guys, au ciné le 15 mai. THE RED BULLETIN

MILLER MOBLEY/AUGUST

T

he red bulletin : Dans la comédie policière The Nice Guys, vous jouez avec Russell Crowe le rôle de deux meilleurs amis. Savez-vous en quoi consiste la véritable amitié ? ryan gosling : Elle est basée sur la sincérité. Cela peut aller tellement loin que c’en est ­désagréable. Dans quelle situation ? Lorsque tu dis à l’autre des choses qu’il ne veut pas entendre parce que son bien-être te tient à cœur. Tu y risques l’amitié. Mais c’est de cela dont il s’agit. Alors vous êtes brutalement honnête avec vos amis ? J’avoue que c’est difficile. J’ai parfois aussi du mal à être totalement sincère envers moi-même. Mais même si tu ne parviens pas à rester en permanence dans cette sincérité, tu peux toujours l’être de temps à autre. Ce sont ces moments qui importent. Dans The Nice Guys, les types ne mâchent franchement pas leurs mots. Parce qu’il s’agit d’hommes, et donc de concurrence. Je ne trouve pas ça très bien. Ça peut ruiner une amitié.

j’ai r­ éellement fait la connaissance de toute ma famille. Une superbe expérience. C’est cela que je veux reproduire dans mes jobs. Quels sont les amis qui vous ont le plus influencé ? Si l’on inclut les membres de la famille, ma sœur. Elle a été mon modèle. Pourquoi ? Parce qu’elle est capable lors de désaccords de prendre en considération toutes les perspectives. Même lorsque quelqu’un prend, de mon point de vue, une position inadmissible, elle est en mesure de voir la situation avec les yeux de cette personne. Ça a beaucoup marqué ma manière de penser.


Ryan Gosling, 35 ans, croit en l’amitié homme-femme et à la sincérité. Il pense que le travail est un contexte idéal pour réellement apprendre à connaître quelqu’un.


Fredd Londoño, 34 ans, suit sa ­passion et a troqué la mode contre le jiu-jitsu.


« LE COSTARD ? PLUS POUR MOI ! » FREDD LONDOÑO Après dix ans de mannequinat,

c’est grâce au jiu-jitsu et son keikogi que notre Vénézuélien s’est senti de nouveau vivant.

P

RUBEN MARQUEZ, VIOLENCE MANON/DALLE APRF/PICTUREDESK.COM

endant son ­enfance, Fredd Londoño était connu comme le beau blondinet dans son voisinage au Venezuela : il n’en fallait pas plus pour qu’il devienne la cible de petits tyrans. Il s’est alors tourné vers les arts martiaux pour parer les coups de poing au visage : une sage initiative car c’est ce même visage qui l’a mené autour du monde pendant dix ans comme top model. Mais Londoño n’a jamais tout à fait arrêté les arts martiaux. Après des années à porter des vêtements pour gagner sa vie, il laisse tomber les costumes et ouvre un club de fitness, El Barrio, à Mexico City. Le seul vêtement dans lequel il est désormais à l’aise, c’est son Keikogi de jiu-jitsu. the red bulletin : Votre parcours est singulier… fredd londoño : Oui. J’ai grandi dans la ville de Maracay au Venezuela. J’ai quitté la maison à 17 ans et, après quelques hauts et bas, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a proposé de travailler comme modèle. Je faisais des études de génie civil à cette époque mais ils m’ont offert un contrat de trois mois à Miami. Je devais éviter toute blessure, donc j’ai dû faire un break avec le sport. Comment êtes-vous passé de mannequin à proprio d’un club de gym ? J’ai fait le point sur ce que j’avais accompli dans ma vie THE RED BULLETIN

et j’ai pensé au jiu-jitsu et aux arts martiaux. Je n’avais plus envie d’avoir une caméra pointée sur moi, je me sentais mieux dans un keikogi sur un tatami. Je pense que les gens devraient se dédier à ce qui les passionne, ce qui leur donne l’impression de ne pas travailler dur. C’est pourquoi j’ai pris la décision : ce qui compte c’est ce que je veux être et ce que j’aime faire. Comment vous sentez-vous dans votre keikogi ? Comme à la maison ! C’est difficile à expliquer. Beaucoup pensent que c’est bien de porter un costard sur mesure mais pour moi c’est l’inverse : j’ai toujours su que ce n’était pas pour moi. Avec le keikogi, je me sens en paix. Comment votre club de gym peut-il aider les autres à partager ce sentiment ? Il permet de créer des liens, de se sentir en sécurité. On essaie d’éviter de tomber dans les catégories mais la chose que j’aime le plus à propos d’El Barrio, c’est qu’il pousse les gens à sortir de leur zone de confort. Quel est le secret pour ­réussir le changement ? Rester soi-même. Ne venez pas avec de grands airs. Vous venez pour faire partie du gang, pour être accepté par le gang. Une fois entouré de personnes ayant les mêmes valeurs, le changement dans votre vie est plus facile. C’est la raison pour laquelle j’ai ouvert El Barrio : il y a de la boxe, un tatami, du crossfit et je partage ça avec mes amis, mon « gang ».  Rocio Estrada barriocrossfit.com

Jack Garratt, 24 ans, prince pop : « Ne travaillez pas pour les autres. »

« J’AI CESSÉ DE VOULOIR PLAIRE » JACK GARRATT va décidément marquer l’année

pop 2016. Le barbu britannique dit comment résister aux tentations de la complaisance.

the red bulletin : Votre dernier album est 3e dans les charts outre-Manche, la presse fait de vous l’artiste pop de l’année, pourtant, vous aviez failli tout arrêter en 2011... jack garratt : Oui, j’allais sortir un album, mais au dernier moment, je me suis rendu compte que j’avais écrit les chansons dans le seul but de plaire aux autres, et que je faisais fausse route. J’ai donc préféré tout arrêter. Qu’y a-t-il de mal à vouloir plaire ? Au début de ma carrière, je doutais beaucoup et recherchais sans cesse la reconnaissance des autres. Cette soif de louanges était une drogue, qui influençait beaucoup trop mon travail. Mais vous avez réussi à vous désintoxiquer... Ma drogue, aujourd’hui, c’est la musique que je crée. À vouloir plaire aux autres, on finit par se détester. Il faut oublier ce qu’ils disent. S’ils t’encensent, tant mieux, sinon, tant pis. Florian Obkircher L’album Phase est déjà disponible à la vente ; jackgarratt.com

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« L’AUTRE T’AIDE À PROGRESSER » THE F2 comptent parmi les meilleurs footballeurs

freestyle du monde individuellement. En duo, les Londoniens sont encore plus forts et populaires.

the red bulletin : Une reconnaissance à l’échelle mondiale, ça fait quoi ? billy wingrove : C’est simplement incroyable. Nous avons arrêté de jouer à 19 ans, au plus haut niveau du foot semi-pro, pour nous lancer dans le freestyle. Ce fut 50

­ robablement la décision la p plus difficile que nous ayons jamais eue à prendre – en tant qu’enfant, tout ce que tu veux c’est devenir joueur de foot – mais maintenant, à réaliser nos figures, nous sommes bien plus proches d’être les meilleurs du monde que si nous jouions au football. Si l’on considère ce que nous avons réalisé et combien de personnes cela a atteint, nous avons pris la bonne décision. Pourquoi avoir fait équipe ? jeremy lynch : Nous trouvions qu’il n’y avait plus vraiment de buzz autour d’un gars

velles choses. Nous respectons le point de vue de l’autre. Si l’un d’entre nous est intransigeant à propos de quelque chose, l’autre fait marche arrière et nous nous arrangeons. Dans les rares cas où nous sommes tous les deux intransigeants, nous faisons intervenir nos chéries. Quel a été votre moment F2 le plus mémorable ? jl : Passer une journée avec Pelé. Tu grandis en voyant Pelé comme probablement le plus grand joueur de tous les temps, et se retrouver en sa compagnie, simplement à bavarder et à rire était ­incroyable. Taper dans le ballon avec Neymar aussi. Certains le considèrent comme le

« JONGLER AVEC UNE BALLE EN SOLO NE FAISAIT PLUS LE BUZZ... ON S’EST DEMANDÉ : “QU’EST-CE QUI N’A ENCORE JAMAIS ÉTÉ FAIT” ? » jonglant avec une balle et nous nous sommes donc demandés : « Qu’est-ce qui n’a encore jamais été fait ? » Voilà comment nous avons eu l’idée de présenter une performance chorégraphiée en duo. Nous avons étudié nos artistes ­préférés, Michael Jackson, ­Diversity et le groupe de danse US ­Jabbawockeez, et avons mixé ces éléments avec nos aptitudes techniques de freestyle. Billy a eu l’idée de jouer en costard, et nous nous

ver deux personnes qui se font entièrement confiance et qui ont la même habileté et la même gamme de compétences. Ensemble, nous assurons un juste équilibre, et c’est unique. Je ne pense pas que d’autres puissent atteindre cela simplement en se disant « Bon, formons un duo... » Comment gérez-vous les ­désaccords  ? bw : Nous sommes différents, mais cela fonctionne bien lorsque nous créons de nou-

Pelé de la nouvelle génération. La prochaine étape ? bw : Nos attentes sont déjà dépassées. À nos débuts, il n’y avait qu’une personne au monde avec une chaîne YouTube de football et 80 000 abonnés. Nous nous sommes dits : « Si nous arrivons à ce niveau, nous sommes contents. » Regardez où nous en sommes aujourd’hui. Tom Guise thef2.com THE RED BULLETIN

JOHN DAVIS

S

ept ans plus tôt, les Londoniens ­Jeremy Lynch, 28 ans, et Billy Wingrove, 33 ans, étaient rivaux dans le monde du freestyle football. Avec le temps, ils ont tous deux réalisé que la collaboration avait plus d’avenir que la compétition. En 2010, ils ont ouvert la prestigieuse cérémonie du Ballon d’Or de la FIFA et ont coupé le souffle à un public de pros du football grâce à leur formidable maîtrise synchronisée du ballon, en duo. Depuis, les F2 Freestylers ont gagné le prix du meilleur spectacle de l’industrie britannique du divertissement et ont atteint près de 3 millions d’abonnés sur YouTube. Avec Messi, Neymar ou Pelé comme fans, le duo vient nous révéler le secret de la synchronisation parfaite.

en sommes fait faire sur mesure, avec une matière stretch. Puis le Ballon d’Or nous est tombé dessus. Depuis, c’est l’effet boule de neige. Votre collaboration a donc été la clé du succès ? bw : Ça nous a pas mal aidés. Jeremy est probablement plus technique et il m’a stimulé, car je peux voir le niveau que je dois atteindre. Il se peut que je sois plus fort pour les tirs, et donc Jeremy a travaillé là-­ dessus. Avoir quelqu’un à ses côtés pendant l’entraînement ne peut que faire progresser. Travailler en duo est plus difficile que seul ? bw : Ça peut l’être, mais nous travaillons très bien ensemble. Ce n’est pas fréquent de trou-


Les F2 Freestylers, Lynch (à gauche), exjoueur des junior d’Arsenal, et ­Wingrove, freestyler membre du Tottenham Hotspur FC, ne connaissent pas de rivalité en duo.


Peur de rien Ancien mannequin, Travis Fimmel a fait du chemin pour devenir la star de Warcraft, le blockbuster de l’été avec une idée très précise en tête. Il rêve plus de bétail dans une ferme que d’une meute de fans autour de lui. Ce boulimique du travail sait ce qu’il veut. Texte : Justin Monroe Photos : Michael Muller

Être acteur, c’est oser faire le grand saut, mais Fimmel n’oublie jamais son Australie natale.

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« Si vous n’osez pas ou ne cherchez pas à vous remettre souvent en question, vous vieillissez plus vite. » Frissons à 40 m de haut depuis le Bridge to Nowhere dans les montagnes californiennes de San Gabriel.

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Ici, le téléphone ne passe pas, et cet isolement plaît beaucoup à la star australienne.

« Oh, bon sang !

J’aurais dû m’en douter! » ­Travis Fimmel peut bien râler, l’heure n’est plus aux regrets. Dans les airs, le ­voilà seul maintenant, pour la première fois, aux commandes du petit Cessna. Profitant d’un break sur le tournage de la série Vikings, où il interprète le roi ­Ragnar Lothbrok, l’acteur australien a ­décidé de passer son brevet de pilote d’avion. Après sept heures et demie de cours en cinq jours, son instructeur vient de le laisser seul à bord. À lui de se débrouiller dans les airs. Comme tout bon Australien têtu, pas question pour Fimmel de se défiler. Alors, pour ne pas se laisser envahir par la peur, il redécolle dare-dare. Vu de tout là-haut, l’exercice délicat qui consiste à faire atterrir le petit avion est quelque chose d’angoissant, bien plus que tous les sauts à l’élastique ou en chute libre qu’il a pu effectuer. À l’écoute de la radio, il guette quelques paroles réconfortantes et surtout des instructions. Pas de réponse. Il insiste. Toujours silence radio.

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« Connard », finit par balancer Fimmel dans le micro à l’intention de son instructeur, dont il est sûr qu’il se marre tout seul en bas. Peu rassuré, Travis jette un coup d’œil à l’océan en dessous, estimant que sa surface serait plus douce pour se poser au cas où. Mauvais nageur, il réalise aussitôt que ses chances de survie dans une eau aussi froide se réduisent à néant. Stressé, en sueur, il finit par placer son avion dans l’axe de la piste. Soudain à 20 mètres du sol, la voix de son instructeur rompt le silence pour détendre ­l’atmosphère : « Tout doux ! Ne va pas te crasher ! » Lorsque les roues du Cessna touchent le sol, Fimmel est tellement soulagé qu’il en oublie de le diriger avec les pédales et l’avion s’immobilise hors de la piste. Aujourd’hui, assis peinard dans ce pub irlandais de Santa-Monica, il est parfaitement remis de ses émotions. Sweatshirt élimé et T-shirt au-dessus de la ceinture, son look grunge va de pair avec ce franc-parler et ses réparties qui le caractérisent. Mais il redevient sérieux quand il évoque cette envie de toujours repousser THE RED BULLETIN


Téméraire, Fimmel doit pourtant respecter les consignes s’il veut réaliser son saut en toute sécurité.


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« J’ai progressé en travaillant dur et je n’ai jamais rien reproché à quiconque quand je n’y arrivais pas. » Fimmel voulait ­sauter à l’élastique depuis un hélicoptère. Il s’est rangé à l’idée de sauter d’un pont.


ses limites. « Si vous n’osez pas ou ne cherchez pas à vous remettre souvent en question, vous vieillissez plus vite, dit-il. Je crois que tout le monde peut faire ces choses-là. Ce n’est pas comme si on te demandait de devenir quarterback dans une équipe de NFL. Si quelqu’un d’autre peut le faire, alors je pense que moi aussi. » À 36 ans, Fimmel, qui a grandi avec ses parents et ses deux frères aînés dans l’exploitation laitière de 2 000 hectares à Lockington, petite ville australienne à 200 km au nord de Melbourne, fuit la routine. En ce mois de juin, l’ancien top model de Calvin Klein, après avoir accumulé les rôles à la télé et au cinéma avant de s’imposer dans la série Vikings en 2013, débarque dans le GAME des blockbusters d’été avec Warcraft : le commencement. Il est un héros de ce film fantastique inspiré du jeu vidéo. Un énorme succès commercial qui peut se vanter d’avoir attiré un pic de 12 millions d’utilisateurs et 90 M € de recettes avec World of Warcraft en 2004. Fimmer n’est pas joueur et n’avait même jamais entendu parler du jeu avant d’être embarqué dans l’aventure du film. Mais il a un argument désarmant pour expliquer son intérêt à un projet aussi ambitieux, dont l’histoire raconte le conflit entre les guerriers humains et les orques : « J’ai ­besoin de bosser », jure-t-il en rigolant. « Pour être tout à fait honnête, je ne ­savais pas dans quoi je m’engageais », ­reconnaît Fimmel quand il évoque les scènes tournées en studio devant… un écran vert pour les effets spéciaux numériques. « C’est tellement une façon différente de jouer, sans vis-à-vis parfois. Vous avez l’impression de parler au décor. C’est compliqué. Ça craint vraiment. »

« Je ne renonce jamais. Je sais ce que je veux et je ne serai pas content avant d’y être arrivé. » 60

Travis Fimmel fuit les compliments et préfère les reporter sur ses partenaires, ­réalisateurs, scénaristes ou producteurs. C’est sa manière d’éloigner la pression qui accompagne toute carrière dans le ­business du cinéma. D’une certaine façon, il n’est pas différent des autres. Seulement, il a son plan pour aller de l’avant, en toute humilité : travailler plus dur que n’importe qui et ne pas perdre de vue son objectif, notamment revenir dans une ferme, un jour. THE RED BULLETIN


Fimmel a déjà un prochain défi : apprendre à piloter un hélicoptère. SAUT À L’ÉLASTIQUE Ron Jones BungeeAmerica.com HÉLICOPTÈRE Jake Barber Royal Helicopter

Quand Fimmel

retourne dans son bled paumé de Lockington, il y reprend ses bonnes habitudes. Il aide son vieux père aux tâches quotidiennes de la ferme comme lorsqu’il était enfant. Ses frères plus âgés travaillent dans les mines de l’Ouest australien et il culpabilise de pas venir plus souvent aider son paternel. C’est pourtant le plaisir de rentrer plus que le sens des responsabilités qui le motive. Fimmel a toujours assumé ses choix, la traite des vaches avant et après l’école, le travail le week-end après avoir fait du sport. Même si le quotidien a quelque chose de répétitif, il reste plaisant à vivre. Et la vie dans les grands espaces réserve un parfum d’aventure irremplaçable. Quand il n’y avait pas de travail, il se baladait à moto ou faisait du ski nautique, du wakeboard ou de la pêche dans la rivière toute proche, au milieu des kangourous, des serpents et des ornithorynques. THE RED BULLETIN

Ce bonheur, c’est la quête de Fimmel. Il prévoit de gagner suffisamment d’argent pour arrêter de faire l’acteur et acheter un jour une ferme avec du bétail dans le nord de l’Australie tant qu’il est assez jeune pour l’exploiter. Il veut y élever ses enfants et transmettre l’amour et la passion de la ferme à ses descendants. Travis tourne en rond quand il n’a pas à bosser et n’a jamais considéré que poser pour les photographes était un vrai job. Pour lui, la récompense des efforts c’est du concret : regrouper les veaux, réparer un moteur ou planter une clôture. « J’adore fabriquer les choses de mes propres mains. De rien, vous réalisez quelque chose. Dans beaucoup de jobs, vous ne construisez rien. Je veux être capable de dire : “Ça, je l’ai fait moi-même.” » Les vieux potes et les proches qui partagent sa vision des choses ne manquent jamais de se moquer de lui et de sa carrière d’acteur aujourd’hui. « Je serais déçu

s’ils ne le faisaient pas, dit-il. Je n’ai pas le job le plus physique au monde. J’ai beaucoup plus de respect pour les gars qui savent construire leur maison. » Rien de surprenant à découvrir que les idoles de Fimmel au cinéma sont des types comme Paul Newman et Daniel Day-Lewis, des artisans à leur façon qui sont passionnés au-delà d’être acteurs. Day-Lewis est même allé au bout de sa démarche en annonçant en 2013 qu’il prenait un congé sabbatique loin du ciné pour se consacrer à sa ferme de Wicklow, en Irlande, et s’initier à la taille de pierre. « Il est au top et il coupe les ponts », ­raconte Fimmel en parlant de Day-Lewis, qu’il a rencontré en travaillant sur la ­comédie romantique Maggie’s Plan. « C’est Jésus. Ce type a une présence. » Il y a la présence, soit, mais également le gros travail qui va avec. Si Fimmelle-décontracté ne possède pas encore la ­première, il pige sûrement le second. « Vous avez toujours ces gens qui se plaignent de leur petite carrière et vous savez qu’ils n’ont pas travaillé assez dur pour prétendre à autre chose », reprend Fimmel, une canette de bière posée ­devant lui sur la table du pub. « “Hey, on ne nous donne pas notre chance”, me disent-ils. J’allais en cours avec eux. Ils étaient souvent absents, pas intéressés par des cours supplémentaires. J’ai progressé en travaillant dur et je n’ai jamais rien reproché à quiconque quand je n’y arrivais pas. Je suis fier de ce que je fais et je veux rester bon quoique je fasse. Ma passion est une forme de fierté. Je bosse comme tout le monde. D’après moi, dans la vie vous devez tout faire pour être fier de vous. Je suis honnête avec moimême. Je ne renonce jamais. Pour n’importe quoi, je me donne à fond. Je sais ce que je veux et je ne serai pas content avant d’y être arrivé. » Sous son allure décontractée, il est quand même pressé de connaître le plaisir que seul le succès peut lui offrir. Mais pour éviter de se perdre dans les sables mouvants d’Hollywood, Fimmel reste ­fidèle à sa ligne. Il prend les rôles et saisit la chance, avec toujours l’opportunité d’accéder à d’autres univers, en gardant à l’esprit l’image de cette ferme dans le nord de l’Australie. Warcraft, sortie le 26 juin. warcraft-lefilm.com

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ES TUA RRS O Zlatan Ibrahimovi´ c, ­Thomas Müller, ­Gareth Bale, ­Cristiano Ronaldo. Les patrons du football européen. Jeu, personnalité, image... à part sur bien des points, ces quatre tueurs n’ont pas eu le même parcours, mais ont pris la même route : celle du succès.

Texte : Juan Moreno Contributeur Sports régulier pour un grand magazine d’information allemand, Der Spiegel, Juan Moreno a déjà interviewé la majorité des plus illustres footballeurs d’Europe.

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Cristiano Ronaldo


Zlatan Ibrahimovi´c

Gareth Bale

GETTY IMAGES (3), PRESSEFOTO BAADER

Thomas Müller

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BALE Laisse-les parler, tous autant qu’ils sont. Tu sais ce dont tu es capable.

U Les 24 premiers matches auxquels Bale ­p articipe en ­A ngleterre se soldent par des non victoires.

n seul match de Gareth Bale a suffi pour comprendre pourquoi certains étaient prêts à ­dépenser 100 millions d’euros pour un joueur. Pourquoi l’entraîneur adverse, Rafa B ­ enítez, a affirmé que Bale serait bientôt le meilleur joueur du monde. Ce match, c’était pendant les éliminatoires de la Ligue des champions en novembre 2010. Bale, 21 ans, jouait pour l’outsider, Tottenham, face à l’Inter. Les Italiens ont alors la meilleure défense du foot pro, Maicon en tête. Considéré le meilleur ­arrière droit du monde, le Brésilien se fait bouffer par Bale. Dépassé, le stade e­ ntonne même à son intention : « Taxi for Maicon! » Bale atteint la vitesse de 36,9 km/h au sprint. Plus rapide qu’aucun autre joueur international. S’ajoutent à cela une technique de frappe incroyable, une efficacité redoutable sur les coups francs, un œil ­aiguisé pour repérer ses coéquipiers et une qualité qui ne saute pas forcément aux yeux : Bale sait encaisser les coups. Il a l’air fragile ? C’est tout le contraire. Les choses n’ont jamais été simples outre-manche pour le Gallois, pas le genre de joueur que les supporters locaux apprécient. Pas un foufou comme John Terry, ni un taré comme Paul Gascoigne. Au départ, Bale dégageait une certaine fragilité, aussi bien sur le plan physique que mental. Son opération des oreilles ­décollées n’a rien changé à cette réputation ni à sa timidité en interview. Mais la vérité, c’est que Bale a toujours parfaitement su qui il était : un sportif né, un vainqueur né. Jeune, il gagnait à tous les coups. Course d’endurance, sprint,

rugby, football. La confiance qu’il s’est forgée à l’époque est à la base de sa carrière. Elle lui a d’ailleurs été bien utile quelques années plus tard. Tottenham achète Bale en 2007. Mais le petit génie se blesse, s’ensuivent alors deux années catastrophiques avec des blessures à répétition. La malédiction continue : les 24 premiers matches auxquels il participe en Angleterre se soldent par des non victoires. Sa carrière risque bien de s’arrêter là. Mais ça ne l’inquiète pas. Les autres le considèrent comme un joueur rapide qui a ses meilleures années derrière lui. Mais lui, il sait. Il sait qu’il est l’un des rares attaquants capables de distancer un défenseur. Courir… jusqu’à ce qu’il n’arrive plus à le suivre. Il sait que son heure viendra. Et tout juste un an après avoir touché le fond, le voilà élu meilleur joueur de Premier League. Et l’année d’après aussi. Conséquence, il est transféré au Real Madrid pour près de 100 millions d’euros. En Espagne aussi, ses débuts sont difficiles. Il ne joue plus aussi central qu’en Angleterre, il ne tire pas les coups francs. À une saison médiocre se succèdent une saison encore plus médiocre et des rumeurs de transfert. Mais Bale n’en parle pas. En ce moment, il fait une saison ­exceptionnelle, anéantit les lignes défensives, marque des buts, fait des passes ­décisives. Il est considéré comme le légitime successeur de Cristiano Ronaldo. Gareth Bale a toujours su garder son calme. Il a essuyé les critiques de la presse sportive la plus impitoyable du monde (en Angleterre), et la deuxième a suivi (en Espagne). Une presse qui le disait faible et surestimé. Face à ces attaques, Bale n’a jamais eu un mot plus haut que l’autre. Il savait qu’ils avaient tort et c’était tout ce qui comptait. C’est sur cette conviction qu’il a bâti sa carrière.


I B R A H IM OV IĆ Transforme ta rage en volonté. Et ta volonté en succès.

Partir de tout en bas et atteindre les sommets. Une vieille histoire. Celle de Zlatan Ibrahimović.

GETTY IMAGES (2)

Z

latan Ibrahimović, star immense du PSG et meilleur footballeur suédois de tous les temps, est aussi très doué pour piquer des vélos. Et on peut lui en parler, il n’a pas honte de son enfance. C’est même elle qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, selon ses dires. Voilà un homme qu’on ne peut pas comprendre sans connaître son passé. Enfant du divorce, Ibra grandit dans l’un des quartiers les plus mal famés de Malmö. Son père est un alcoolique serbe et sa mère, une femme de ménage croate surmenée. De nombreux amis d’enfance d’Ibrahimović ont eu (et ont encore) des démêlés avec la police. L’une de ses profs pense encore aujourd’hui que le petit ­Zlatan ne venait pas à l’école pour apprendre mais pour manger à l’œil à la can-

toche. Si la vie est une compétition, alors Ibrahimović est parti des vestiaires. Les premières années, s’il se fait remarquer sur les terrains de foot, c’est surtout à cause de son côté tête de mule et de sa manie de piquer des vélos après les matches. Ibrahimović se vexe quand on ne lui fait pas la passe, égoïste, il multiplie les provocations. La vie n’est pas facile pour ce kid, et il semble prendre un malin plaisir à la foutre complètement en l’air. En 1999, il intègre son premier club pro, le Malmö FF. Ibra a 18 ans, il est bon techniquement pour sa taille (1 m 95), mais trop mince, limite squelettique. On aurait du mal à dire à quel moment le jeune homme a pris la décision de changer sa vie du tout au tout. Peut-être est-ce dû au fait que, pour la première fois de sa vie, il a sa chance, lui aussi : dans un cadre professionnel, peu importe que tu aies des parents qui t’aiment ou pas. Tout ce qui compte, c’est ce que tu es c­ apable

de faire. Il ne faut pas sous-­estimer l’impact que cela peut avoir sur quelqu’un qui n’a jamais connu ça. Tout change avec le Malmö FF. C’est peut-être Hasse Mattisson, alors capitaine de l’équipe, qui décrit le mieux la transformation d’Ibrahimović : « Sa rage s’est transformée en volonté. » La vie de Zlatan Ibrahimović ferait un parfait scénario pour un film de série B : parti tout en bas de l’échelle, il a fait son chemin, tout seul, jusqu’au sommet. Depuis 2002, à deux petites exceptions près, il a toujours fini la saison en champion. Avec la Juventus (même si le titre leur a finalement été retiré suite au ­scandale du Calcio), l’Inter Milan, le FC ­Barcelone, le Milan AC et le Paris SaintGermain. Aujourd’hui, à 34 ans, c’est un véritable athlète et il n’a plus rien de commun avec celui qu’il était auparavant sur le terrain. Sa réputation de râleur n’a plus rien à voir avec la réalité : il a marqué 23 buts sur les 22 premières journées de Ligue 1 cette saison. Des cartons jaunes ? Un seul. Ibrahimović est l’un des joueurs les plus déterminés et les plus efficaces du monde. Pas de petites ruses inutiles, pas de feintes. Tout en énergie et en puissance, il se concentre sur un seul objectif : marquer. Il s’est battu pour sortir des vestiaires et se hisser jusqu’au sommet – et il n’est pas prêt à lâcher sa place de sitôt. Car il a réussi à transformer sa rage de laissé-pour-compte en ce qui fait de lui un immense joueur : la volonté pure et dure. 65


STATS, BUTS, LIK ES : LES STARS EN CHIFFR ES THOMAS

MÜLLER La star du Bayern a à peine 20 ans quand il entre dans l’histoire du foot. Sa force : l’instinct, et toujours l’œil pour repérer les plus petits espaces dans la défense.

77 vitesse

5

84 tirs

72

80

physique

passes

46 jeu défensif

79 dribbles

buts pendant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud et Müller devient à 20 ans le plus jeune des meilleurs buteurs allemands en Coupe du monde, devant Gerd Müller et Miroslav Klose.

75 50 1 Sa valeur (75 millions d’euros) n’est qu’une statistique. En 2015, le FC Bayern a déclaré qu’il n’était « pas à vendre ».

Le nombre de victoires en Ligue des champions auxquelles il a participé.

titre de champion d’Europe manque à ce champion du monde et vainqueur de la Ligue des champions.

CRISTIANO

RO N A L DO La star du Real dribble, tire et célèbre ses buts comme p ­ ersonne, et il n’en finit plus de battre des records. Parfois détesté, ­souvent adulé, comme l’attestent ses 200 millions de followers.

90

90 tirs

80

79

physique

passes

48 jeu défensif

91 dribbles

Il est le premier joueur du Real Madrid à avoir franchi la barre incroyable des 350 buts. Et il a aussi marqué à chaque minute de jeu dans sa carrière pro.

78 110 9 Jeu de tête : avec 78 cm, il saute plus haut qu’un joueur de NBA lambda.

… millions de likes : personne n’est plus aimé que lui sur Facebook.

… fois au palmarès international de la FIFA. Record (ex aequo avec Messi).

GETTY IMAGES (3), PICTUREDESK.COM

93 vitesse


Z L ATA N

I B R A H I M OV I Ć Le Suédois de 34 ans évoluant au Paris Saint-Germain est ­l’incarnation même de l’avant-centre : fort, habile, puissant, et il s’intègre parfaitement à n’importe quelle équipe.

73

2

91

vitesse

tirs

86

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physique

passes

31

86

jeu défensif

dribbles

Comme Ronaldo, il a marqué à toutes les minutes de jeu. Et il est (avec plus de 60 buts) le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de Suède. Il trouve les filets à un match international sur deux.

6

10 30

Record inégalé : « Ibra » a participé à la Ligue des champions avec six clubs différents.

… le nombre de fois que le géant d’1 m 96 a été élu meilleur joueur suédois de l’année. Un record mondial.

Le retourné acrobatique de 30 mètres de Zlatan (contre ­l’Angleterre en 2012) est plus parlant que des ­milliers de chiffres.

GARETH

PERFORMANCES TRANSPOSÉES EN DIAGRAMMES. SOURCE : EA-GAMES FIFA 16

BA LE Tout simplement le joueur le plus rapide et le plus cher du monde. Les « Dragons » du Pays de Galles comptent sur le joueur de 26 ans du Real Madrid pour créer la surprise à l’Euro.

94 vitesse

37

83 tirs

80

83

physique

passes

63 jeu défensif

84 dribbles

Bale, c’est le transfert le plus cher de tous les temps (100 millions d’euros) et le joueur le plus rapide du monde balle au pied. Vitesse max. : 36,9 km/h.

17 43 450 À 17 ans et 35 jours, il est devenu le plus jeune buteur de son équipe nationale.

Depuis son 43e but, Bale est le ­meilleur ­attaquant britannique de la Liga.

Bale, c’est 450 000 USD par semaine. 10 fois le salaire annuel moyen aux États-Unis.

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RON A LDO

Donne-toi à fond. Sois déterminé à chaque instant. Apprends à souffrir pour être bon.

I

l y a des gens ambitieux, il y a des gens très ambitieux et il y a ­Cristiano Ronaldo. Lui n’a ­jamais voulu être un joueur de classe mondiale, une icône du Real ­Madrid, une star internationale. Ce qu’il veut depuis toujours, comme il l’a dit lui-même, c’est « devenir une légende ». Son ancienne compagne, le mannequin Irina Shayk, a raconté que ­Ronaldo et elle se faisaient de petites courses de natation de temps en temps. Et Ronaldo nageait comme si sa vie en dépendait. « Il ne pouvait pas supporter l’idée de perdre », a expliqué Irina. Pas même contre la femme qu’il aimait. Ronaldo n’est pas seulement la plus grande star du Real, c’est aussi son travailleur le plus acharné. Tous les jours, il répète sa fameuse « chorégraphie » pour les coups francs – cinq grands pas en arrière, un moment de concentration campé 68

sur ses jambes écartées, les doigts en revolvers. Une routine qui dure depuis des années. Ronaldo est unique en tant que joueur, mais aussi et surtout en tant que professionnel. Son passe-temps favori ? Faire des abdos. À Madrid, il est pratiquement impossible de le croiser au restaurant après 21 heures : son régime spécial riche en protéines et faible en glucides ne lui permet aucun écart. Bien entendu, Ronaldo ne boit pas d’alcool. Dans sa maison d’environ 3 000 mètres carrés au nord de Madrid, il dispose des appareils médicaux les plus sophistiqués qui soient, uniquement destinés à régénérer ses muscles. En 2008, Ronaldo se blesse au genou. Il faudra attendre six ans avant qu’il se blesse à nouveau. À cette époque, il dispute toutes les rencontres, c’est-à-dire ­environ 70 matches par an. Quand les supporters de foot d’aujourd’hui parleront de Ronaldo à leurs

e­ nfants, ils n’en croiront pas leurs oreilles. Car, en véritable super-héros du foot, ­Ronaldo a des qualités qui semblent tout droit sorties d’un Marvel : quand il tire un coup franc, la balle accélère trois fois plus vite qu’une fusée Apollo au décollage. Quand il dribble, il ne lui faut qu’une seconde par mouvement pour 13 feintes, passements de jambes et pas de côté – le truc pratiquement impossible à défendre. Quand il fait une tête, il saute plus haut qu’un joueur de NBA lambda. Un jour, l’un de ses sponsors l’a enfermé dans un labo pour lui envoyer des ballons dans le noir complet en lui laissant voir uniquement la façon dont ils étaient frappés. Il les a réceptionnés sans problème du pied ou de la tête. Tout cela est le fruit d’un travail acharné. Cristiano Ronaldo n’a pas hésité à faire passer sa carrière avant sa vie, et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Avant, il y avait des joueurs très bons et des joueurs moins bons. Ces derniers devaient travailler plus dur pour compenser leurs faiblesses afin de faire jeu égal avec les meilleurs. Depuis Cristiano Ronaldo, ça ne marche plus comme ça. On sait maintenant ce que ça donne, un talent exceptionnel qui décide qu’il faut souffrir pour être bon.

GETTY IMAGES, PICTUREDESK.COM

Tirer des coups francs chaque jour : sa routine. Son passe-temps favori ? Faire des abdos.


MÜLLER Reste toi-même. Même si ça veut dire être bizarre, imprévisible ou ringard.

P Essayer de s’adapter, pas son truc. Pour lui, le foot c’est comme libérer des otages.

arfois, on aurait presque envie de lui embrasser les pieds, à Thomas Müller, tout simplement parce qu’il est tellement différent, parce que quelqu’un comme lui ne devrait même pas faire partie de l’élite internationale. On ne peut pas regarder jouer ce battant en se disant : « Ah, tiens, il me fait un peu penser à moi, ­celui-là. Pourrais-je en faire autant ? » Non, bien entendu. À 26 ans, il a terminé cinquième au dernier palmarès du Ballon d’or. Champion du monde et vainqueur de la Ligue des champions, Thomas Müller a marqué quelque 80 buts ces trois dernières saisons, il a trompé les meilleurs gardiens et défenseurs. Parmi tous les joueurs du Bayern, il est certainement celui qui a le moins de chance d’être vendu. Müller est un phénomène. Quand Pep Guardiola est arrivé à Munich, il s’est demandé ce qu’il allait en faire, de ce Müller. Pas brillant techniquement, peu convaincant en dribble, manquant d’explosivité, pas stratégique pour un sou en milieu de terrain. Müller ne joue pas au foot, il travaille le foot. Et c’est quelque chose que Guardiola respecte énormément, mais pour lui, ce n’est pas à ça que ça devrait ressembler. Le football, comme Guardiola l’entend, c’est un jeu chorégraphié qui doit suivre des règles précises, tout en gardant un côté léger, évident et magique. Pour Müller, le foot c’est comme libérer des otages. Aujourd’hui, on fait autant de recherches sur le football de haut niveau qu’on en ferait sur un animal rare. Entourés de toute une ribambelle d’analystes, des entraîneurs cher payés dissèquent ­ensemble chaque petit aspect du jeu.

­ ’objectif : éliminer les variables et écarter L tout ce qui est imprévisible. Et c’est là que Müller pose problème : il ne rentre dans aucun système de jeu. Sa manière de jouer et de courir est brouillonne et totalement imprévisible. Müller, sur le terrain, c’est bien simple, il est tout le temps, mais vraiment tout le temps, au bon endroit au bon moment. Plus la situation est confuse dans la surface de réparation, plus ça grouille et plus c’est chaotique, plus il y a de chances qu’à la fin de l’action, Müller ait marqué un but. Si ça n’arrivait qu’à l’occasion, on parlerait de chance. Mais ça arrive tout le temps. Les supporters et les journalistes parlent d’un « instinct ». Lui-même se qualifie volontiers d’« analyseur de surface ». Ce truc chez Müller, les entraîneurs modernes n’aiment pas ça. Parce que son jeu échappe à toute analyse. Ses buts sont là, inexplicables, imprévisibles. Pour un entraîneur, ça veut dire accepter que quelque chose échappe à son contrôle. Un truc un peu magique qui va bien au-delà de toute analyse de jeu et de toute donnée scientifique, de l’acide lactique à la variabilité de la fréquence cardiaque. Müller, et c’est ce qui le différencie de tous les autres, n’a jamais essayé d’être quelqu’un d’autre. Il n’a jamais essayé de s’adapter, de jouer autrement, moins ­bizarrement. Un jour, Müller a reconnu qu’il ne pouvait pas être une meilleure version de ce qu’il est déjà en équipe A. Fidèle au Müller qu’il était quand il jouait au football en culottes courtes. Parfois, il faut juste faire exactement ce qu’on a en tête. Même si tous, y compris le meilleur entraîneur du monde, l’ensemble du staff technique du meilleur club d’Allemagne et le bon sens, vous intiment précisément le contraire. Et Müller l’a fait. C’est aussi pour ça qu’on a envie de lui embrasser les pieds.


PRESQUE SAUVAGE

TEXTE : ALEX HARRIS PHOTOS : ANDREAS KOCK 70

Bikini (haut) & OTHER STORIES Bikini (bas) BIKINI LAB

CASCADEUSE, ACTRICE, MANNEQUIN, GEMITA SAMARRA A QUITTÉ LES FONDS MARINS POUR LES RIVES D’HOLLYWOOD, ARMÉE D’UNE INDÉPENDANCE FÉROCE ET D’UNE LOUVE APPRIVOISÉE. UN JOYAU.


ares sont les mannequins qui se présentent à une séance photo armées d’un couteau. Gemita Samarra appartient à cette catégorie. Le couteau – elle l’utilise quand elle plonge en apnée – fait tache dans l’environnement luxueux où a lieu la séance. Mais au bout d’un moment en sa compagnie, à l’observer fendre l’eau de la piscine de manière parfaitement rectiligne, on se dit que c’est plutôt cohérent. Gracieuse et détendue, la jeune femme possède aussi un côté tranchant. Aujourd’hui, le couteau sert d’accessoire, du moins nous l’espérons. Entre les prises, Samarra le dépose sur une table, soigneusement rangé dans son fourreau et avale deux smoothies survitaminés dont l’effet stimulant est immédiat. Son débit de paroles s’accélère jusqu’à devenir difficile à suivre. Sur le plateau, son sourire irradie l’espace et ses yeux incandescents répondent aux regards qu’inévitablement elle attire. Son intrépidité face à la vie et son physique de star de cinéma ne laissent personne indifférent. Elle semble exempte de toutes les contraintes auxquelles la plupart d’entre nous sont soumis. Il y a chez Samarra quelque chose d’insaisissable, de sauvage presque. Peut-être est-ce dû à 72

Lupa, l’être dont elle est le plus proche. Une louve croisée avec un berger allemand et dressée pour le combat par les forces ­spéciales tchèques. Aujourd’hui, Lupa n’accompagne pas ­Samarra. L’équipe plateau est donc plus détendue que d’ordinaire. « Je l’emmène à chaque fois que je peux », dit-elle. L’animal de compagnie n’est pas le plus fascinant chez cette jeune femme de 22 ans d’origine espagnole et sud-africaine née en Angleterre. Elle possède une personnalité hors norme. Peu de mannequins troquent leurs talons aiguilles pour des poignards et réussissent à se hisser parmi la crème des cascadeurs à ­Hollywood et encore moins à devenir des Bond girls. Elle intègre le casting de Games of Thrones pour la saison 6 et les rôles ­affluent de plus en plus. Une évolution que Samarra tient à contrôler afin que ces choix ne soient pas dictés par un plan de carrière mais par ses différentes passions. L’aventure l’emporte sur le travail. « Mes parents sont issus du cirque », explique Samarra, élevée en Angleterre et à travers l’Europe. Sa mère était trapéziste, cette famille d’artistes défiant la mort et dont l’existence semble improbable en dehors des énormes chapiteaux itinérants rouge et blanc. On aura compris de qui Samarra tient sa vocation. « Nous avons toujours été une famille active, explique Samarra, installée à Londres. Sans jamais me forcer, mes parents m’ont toujours poussée à faire du sport. » Devenir cascadeur est rarement le fruit du hasard. Pour être admis, la profession exige la maîtrise de six disciplines différentes. Il se trouve que les activités qui enthousiasmaient la jeune Samarra – disciplines inspirées du cirque comme le cheval mais aussi la natation – sont sur la liste. Et Samarra ne les exerçait pas en dilettante : elle pratiquait le saut d’obstacle à un ­niveau européen et manque de peu une sélection olympique en natation synchronisée. Tout a commencé lorsqu’une agence de mannequin la repère. Ses qualités aquatiques sont tout de suite mises en avant. « J’ai créé ce créneau par accident, grâce à ma passion pour l’eau, ­raconte-t-elle. Si je le pouvais, j’y vivrais en permanence. De là est né mon intérêt pour la plongée en apnée. Dès qu’il fallait quelqu’un capable de retenir longtemps sa respiration sous l’eau, on m’appelait. » L’aisance aquatique de Samarra saute aux yeux lors de cette séance photo à Londres. Elle plonge inlassablement dans l’eau ne laissant apparaître aucun signe de fatigue. Seul l’assistant photographe nerveusement agrippé à la plateforme d’éclairage, est ­essoufflé. Le vague risque d’électrocution semble amuser Gemita

Lunettes de natation SPEEDO

« J’ASSUME QUI JE SUIS ET N’APPRÉCIE GUÈRE QU’ON ESSAIE DE ME CHANGER. »


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Bikini (haut) N.L.P; Bikini (bas) et bracelets NICHOLE DE CARLE

« LES GENS CRÉENT LEURS BARRIÈRES, ELLES N’EXISTENT QUE DANS LEURS TÊTES. »


STYLISTE Sara Dunn COIFFURE & MAQUILLAGE Desmond Grundy


« J’AIME LES HUMAINS, MAIS PAS AUTANT QUE LES ANIMAUX. » Samarra. Son goût insatiable de l’aventure et des expériences nouvelles permet à Samarra de ne plus être cantonnée au rôle de sirène. « Au bout de quelques jobs dans l’eau, je me suis dit, bon c’est mon créneau, se souvient-elle. Puis petit à petit, on me propose des choses au bord de l’eau, puis sur la terre ferme. ­Ainsi j’ai évolué de poisson à grenouille pour devenir une loutre, un être qui vit sur terre mais qui adore nager. » Samarra acquiert de nouvelles compétences par goût. Jiu-­ jitsu, surf, escalade, VTT ou encore cascade en voiture, cela finit par déterminer sa philosophie de carrière : s’investir dans tout ce qui vous plaît. « Si vous parvenez à gagner votre vie en exerçant une activité qui vous passionne alors jamais vous n’aurez l’impression de travailler, affirme-t-elle. Je suis devenue cascadeuse en discutant avec le coordinateur des cascades lors de mon ­premier shoot en piscine, c’est lui qui m’a suggéré l’idée. Je n’ai plus eu depuis la sensation de travailler. » C’est en tout cas préférable à l’exercice d’une profession plus classique mais sans enthousiasme, une situation trop répandue de nos jours. « Je ne peux pas vivre ainsi, lance-t-elle. À ceux qui disent détester leur job, mais ne pas pouvoir le quitter, je réponds : pourquoi pas ? Les gens créent leurs propres barrières. Mais ces limites n’existent que dans la tête. »

Bomber UNIQLO CARINE ROITFELD

À

entendre Samarra, les choses sont simples. Et elles le sont effectivement pour elle. Elle ne s’impose guère de limite. Après avoir quitté l’école à seize ans, elle adopte un mode de vie atypique et nomade et voyage seule à travers l’Europe et les États-Unis. « Aux Pays-Bas, j’ai vécu dans une ferme, se souvient-elle. Une chouette expérience. Il y a aussi cette tente au beau milieu de la campagne anglaise. J’y suis restée un bon moment. Il faisait froid mais j’étais confortablement installée. » Elle regarde des photos sur son smartphone, et nous en montre une où on la voit en compagnie de sa louve, près d’une tente géante au cœur d’une forêt. « J’aime la solitude, poursuit-elle. J’aime les humains, mais pas autant que les animaux. En général, la solitude terrifie les gens. Moi elle m’apaise. » Pour avancer, Samarra ne recule devant aucun obstacle, que ce soient des habitudes, des contraintes ou même des personnes. « J’anticipe toujours pour éviter les problèmes. Je déteste ça. Si quelque chose ne marche pas, j’y remédie ou je passe à autre chose. Si un ami ou un petit ami se met sur mon chemin, je mets un terme à la relation. Je sais qui je suis et supporte mal quand on essaie de me changer. » Donc n’entravez pas son chemin et tout ira bien. Samarra n’est pas pour autant dénuée de cœur. Elle est drôle et sait être dévouée. Son entourage suggère qu’elle n’est pas aussi sauvage qu’elle le prétend. Elle compte aussi des bipèdes parmi ses amis. L’acteur et ex-catcheur et humain avéré, Dave Bautista, rencontré sur le tournage du dernier James Bond, est devenu l’un de ses THE RED BULLETIN

intimes. Après avoir alterné jobs de cascades et petits rôles, notamment dans Rush de Ron Howard, Fast & Furious 6 et d’autres pour la télévision, Samarra est engagée dans Spectre pour doubler Léa Seydoux. Les deux femmes partagent des ressemblances. Réaliser d’énormes cascades d’un Bond à seulement 22 ans atteste pour le moins d’un parcours déjà exceptionnel et une réussite précoce. Difficile en effet de croire que Samarra n’a que 22 ans tant elle possède une éloquence et un sens du relationnel matures. Elle fraternise avec le maquilleur-coiffeur avec une aisance déconcertante, même si leurs origines sud-africaines communes et leur goût immodéré pour le biltong – viande ­séchée, spécialité du pays – facilitent l’entente. Mais si Samarra respire la sérénité, sa vie n’est pas une promenade de santé pour autant. Dans Bond, elle s’est évanouie lors d’une scène de voiture, a reçu une table balancée par Bautista (un ami supposé lui vouloir du bien) sur la figure, tourné des scènes en hélico dans le ciel marocain et a repoussé ses limites au quotidien. Comment peut-il en être autrement lorsqu’on choisit d’être cascadeuse. Mais hormis une cascade récente où elle faillit perdre la vie en étant catapultée dans un pousse-pousse, la plupart de ses évolutions dangereuses à l’écran sont maîtrisées et sans risque. Enfin… tout est relatif. Pour le commun des mortels, son quotidien serait cauchemardesque. Il faut aimer ça. « Je suis attirée par le danger, reconnaît-elle. Pour autant je ne suis pas stupide. Quand le risque est trop élevé, je sais renoncer. Mais j’ai l’aventure et le risque dans la peau. » Voilà pourquoi le week-end vous ne verrez pas Samarra dans une discothèque. Elle préfère de loin une séance de cliff-diving. « Les soirées, les clubs, les bars, l’alcool, très peu pour moi », lâche-t-elle. Sa notoriété, elle l’acquiert à l’adrénaline, parfois dans des pays inattendus. Spectre, Games of Thrones et quelques tapis rouges ont fait de Samarra une star en Chine. Elle lit une interview accordée à un magazine à San Francisco traduit en chinois puis du chinois à nouveau vers l’anglais par un traducteur ne maîtrisant visiblement ces deux langues qu’avec des graves lacunes, « mouvement ample mielleux – dame cinéma », et lâche un rire spontané révélant une expression juvénile, rare à capter chez elle. Elle poursuit sa lecture, sourire aux lèvres : « Vous n’êtes pas le genre de dame sur laquelle on trébuche d’habitude, ni une dame que l’on peut donner un coup de poing sur un visage. » Elle redevient s­ érieuse. « J’hésite à accepter des rôles sans substance. » Une affirmation qui traduit clairement la volonté de Samarra d’unir ses compétences de cascadeuse à ceux d’actrice dans des films n’ayant pas que l’action à offrir mais des thrillers, avec de vrais sujets et une intrigue solide lui permettant d’être une comédienne à part entière, la poigne en plus. Une réelle actrice capable de vous maîtriser d’une clé de bras. À en juger par son ­succès grandissant, elle est sur la bonne voie. Elle veut surtout être en mesure d’explorer toutes les possibilités. Elle est d’ailleurs sollicitée par des marques comme A ­ merican Apparel ou Rip Curl. Côté pellicule, elle travaille avec des réalisateurs comme Tim Burton et pourrait rempiler à Game of Thrones. Un projet de documentaires sur la conservation de la vie sous-marine, dont elle est une fervente supportrice, est en discussion avec National Geographic. Mais elle ne renoncera j­ amais à ce qui fait son ADN : son besoin insatiable d’aventure. Retenez notre conseil, et ne faites pas mine d’entraver son chemin… Gemita Samarra sur Instagram @gemitasamarra

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À voir. À vivre. À faire.

AC T I O N   ! 79

VOYAGES 81

MATOS 84

MOTEURS 85

CULTURE 90

AGENDA 91

ET SI…

VOYAGES

RENCONTRE EN EAUX TROUBLES AMOS PHOTOGRAPHY

Côtoyer de près un p ­ rédateur des plus dangereux, ça le fait. Pratiquer les sports nautiques dans des eaux infestées de crocodiles est pour le moins incongru. Et avec cette expédition de plongée, vous devenez carrément un appât…

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VOYAGES Plongez en ­hiver quand l’appétit du crocodile est en berne.

« Dès l’enfance, on nous assène que les crocodiles sont d’horribles bêtes, lance le photographe animalier Amos Nachoum. Et qu’ils nous croqueraient si on avait le malheur de s’en approcher. » La réputation est justifiée. Deux millions et demi d’années d’évolution ont fait du crocodile du Nil un redoutable prédateur qui ne dédaigne aucune proie potentielle, y compris le requin. Bref, l’animal à ne croiser sous aucun prétexte sauf si vous prenez part aux excursions proposées par l’agence de Nachoum. La formule est celle d’une expédition de plongée classique : six nuits dans un lodge en pension complète et cinq jours de plongée dans le delta d’Okavango, au Botswana, équipement inclus. La prestation comprend également la présence d’un médecin et des photos de vous au fond de la rivière nez à museau avec un dangereux spécimen de la préhistoire dans son habitat naturel et sans la protection d’une cage. « Sous l’eau, le crocodile adopte un comportement différent, explique Nachoum. Il est calme et quasi inoffensif. » C’est que dans les eaux du Nil, riches en sédiment, ce formidable chasseur voit mal. Une faiblesse qui n’a pas échappé aux plongeurs expérimentés. Tapi au fond de la rivière, il guette des silhouettes contrastant avec la lumière en surface – un gnou, un zèbre ou un plongeur imprudent. L’astuce est de ne pas s’attarder sur sa zone d’attaque, une tactique introduite par le photographe Graeme Duane lorsqu’il réalisait des documentaires pour National ­Geographic. « Nous avions remarqué que le fait de s’agiter à la surface de l’eau excitait leur curiosité et leur appétit, explique Duane. Mais en plongeant directement au fond de la rivière, la donne changeait

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MAL BARRÉ ? PAS TROP PRÈS DU ­CROCO  ! RICHARD BOLTAR, AMI DE DUANE, UTILISE UN PIQUE POUR LE REPOUSSER. « ET CE BOÎTIER DE CAMÉRA M’A SERVI DE BOUCLIER. TANT QU’UN OBJET PEUT SERVIR D’ÉCRAN ENTRE VOUS ET LUI, VOUS ÊTES À L’ABRI. »

Okavango,

BOTSWANA

Johannesburg Envie ­d’adrénaline  ? Côtoyez les ­crocodiles  : ­ biganimals.com

t­ otalement. Ils ont du mal à vous identifier et ne savent plus s’ils doivent fuir ou attaquer. » En hiver, les approcher est encore plus facile. La baisse des températures ­réduit le niveau de testostérone chez les mâles les rendant moins territoriaux. L’eau à 16 °C ralentit leur métabolisme. Ils mangent moins et économisent leur ­énergie au point de considérer que vous croquer n’en vaut pas la peine. « Quand vous êtes près d’un crocodile, explique Duane, vous voyez bien qu’il analyse la situation. Il entre en contact pour vous jauger. Mais si rien n’effraie un crocodile, il possède néanmoins un instinct de survie très développé. » Le crocodile est un animal terrestre et non un amphibien, il ne peut pas se nourrir sous l’eau, il avalerait trop d’eau et finirait par se noyer, mais il n’est pas sans défense pour autant. Un aspect que Nachoum prend en considération en exigeant des plongeurs participant à ses expéditions qu’ils aient au minimum cent heures de plongée à leur actif, une parfaite maîtrise de la flottabilité étant ­essentielle. Dans un environnement claustrophobe où les courants sont forts, la moindre erreur peut vous placer à portée des crocs du reptile dont des mâchoires recouvertes d’organes sensoriels sont ­capables de mesurer la pression exercée. « Mieux vaut ne pas le pousser à s’en servir, conseille Nachoum. Leur cou épais les empêche d’ouvrir leur gueule de face mais ils peuvent mordre tout ce qui passe sur les côtés. » Duane possède une expérience directe de ces risques. Lors d’une plongée, il s’est retrouvé coincé dans une grotte sous-marine avec un crocodile ­passablement agressif. Le spécimen de trois mètres remuait les sédiments avec sa queue pour priver Duane de visibilité, et a foncé droit sur son plexus solaire. « Par chance, il ne m’a pas mordu, il voulait ­simplement me faire peur. Il s’est contenté de me secouer dans tous les sens avant de déguerpir. »

INSTINCT SAUVAGE

Libérez donc votre côté le plus animal. Cage cela ne tienne Le courage ou l’expérience vous manque ? Le Cango Wildlife Ranch en Afrique du Sud, permet d’approcher les crocos en toute sécurité derrière une cage. cango.co.za

Reine des neiges Partez en Inde dans le magnifique ­Hemis National Park, à la rencontre du chat fantôme de l’Himalaya, la discrète et bien réelle panthère des neiges. ­apex-expeditions.com

Point singes Aidez à sauver les orangs-outans et leur habitat naturel en participant au Great Orangutan Project dans le Kubah National Park dans la forêt tropicale de Bornéo. thegreatprojects.com

Sur le lit de la rivière, homme et croco font bon ménage.

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GRAEME DUANE (2), GETTY IMAGES (2)

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MATOS

DES PHONES PLUS SMART

De plus en plus sophistiqués et élégants, les smartphones surprennent moins. Avec ces périphériques, ils reviennent au centre de l’attention.

Deux objectifs de 180 °, dotés d’une ­ouverture F2.0 très lumineuse et compatible avec la RV en HD, filment sous tous les angles.

Samsung Gear S2 Classic Une montre connectée très futée. Son cadran ­rotatif permet d’accéder aux différentes applis via une élégante interface circulaire qui évite d’avoir le smartphone au poignet. samsung.com

Bragi Dash

Samsung Gear 360

Ces premiers écouteurs vraiment sans fil à ­commande tactile gèrent entre autres appels et fréquence cardiaque. Les 4 GB de stockage interne libèrent votre son de la tutelle du tél. bragi.com

Après le casque de réalité virtuelle Samsung, le Galaxy S7 étend son écosystème avec cette ­caméra vidéo à 360 ° de poche, étanche à l’eau et à la poussière. samsung.com

LG G5 and friends

FLIR ONE

Neato Botvac D85

Un smartphone bien entouré : caméra, micro, ­sorties pour de meilleures photos et un son Bang & Olufsen, une caméra 360 °, un casque RV et un robot roulant inspiré du droïde BB-8. lg.com

Équipez votre téléphone de la vision thermique pour détecter les anomalies, surveiller la cuisson de votre steak ou encore localiser un indésirable planqué en forêt. flir.com

Un jour, les robots domineront les hommes, mais en attendant ordonnez-leur via votre smartphone ou votre montre connectée de ramasser les miettes tombées à terre. neatorobotics.com

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MATOS

INNOVATION : ­ROBOT ROCK

Le kurv se destine-t-il aux joueurs d’air guitar ?

« Ceux qui n’ont jamais fait de guitare trouvent le kurv très accessible. J’ai appris à des journalistes à jouer Smoke On The Water en quelques ­secondes. Après quoi ils pouvaient en jouer de manière convaincante. »

De l’air guitar ? Une vraie guitare ? Ni l’un ni l’autre. Préparez-vous à groover ou faire groover sur une nouvelle source de zik : le kurv. UN HOMME, UNE IDÉE Mick Grierson, 42 ans « La frette intègre des pads tactiles et un capteur de mouvements. Grattez et laissez votre créativité s’exprimer. »

En 2013, Grierson, professeur à l’université Goldsmith de Londres, a l’idée de créer une « interface tangible » qui permette de faire de la musique via un gant équipé de capteurs tactiles. Il s’associe à l’entrepreneur Suran Goonatilake, ­lequel suggère que le design devrait évoquer la forme d’une guitare, et développe un premier ­prototype en un weekend. Et grâce à kickstarter, le kurv sera disponible en ­septembre. k­ urvguitar.com

Est-ce une vraie guitare ­désincarnée  ?

« Il s’inspire de la guitare et en a le son. Les compétences acquises sur une vraie gratte sont utiles, car les capteurs réagissent au comportement des doigts comme avec de ­véritables cordes et sont sensibles aux effets créés par l’articulation et la flexion des doigts. Ces techniques demandent plus de temps sur une guitare classique. »

Un instrument sensible dites-vous ?

« Les machines reproduisent de plus en plus l’activité humaine. Si je réalise un windmill à la Pete Townshend avec le médiator, le capteur le reconnaît et produit l’effet correspondant. Certains systèmes utilisent le Wiimote ou l’iPhone, l’intelligence en moins. Le kurv comble cette lacune. »

Peut-il créer une musique inédite ?

« Le médiator est encore un peu grand mais nous y travaillons. Pour un guitariste, il doit faire corps avec la gratte. »

« Nous sommes parmi les premiers à utiliser cette technique de production musicale. Chargez des solos de batterie dans notre technologie et le système en génère de nouveaux. ­Prenez le sample de batterie amen break typique de la jungle et du drum and bass, une fois assimilé, le kurv le reproduit à l’identique. Apprenez-lui n’importe quelle rythmique et il la ­répliquera.  »

Le kurv remplacera-t-il les musiciens ?

« Le kurv ne se substitue à personne. Il aide les gens à pratiquer cet art. Lorsque vous avez une demande musicale particulière, il la transmet à votre smartphone. L’utilisateur peut ensuite partager cette demande avec nous. Ainsi nous serons en mesure de mieux comprendre le processus d’apprentissage pour faire évoluer le système selon les besoins des utilisateurs en créant un répertoire de mouvements alimenté par tous. »

« L’idée est fascinante, mais des gens improvisant de nouvelles musiques dans leur garage avec l’aide de nos capteurs, c’est pas mal aussi. Le kurv peut aussi créer du lien social. »

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MARK THOMAS

Prochaine étape, un groupe cyborg aux instruments ­invisibles jouant pour un public virtuel ?


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MATOS

MONTRES

Par Gisbert L. Brunner

LE MÉCANO

Hublot Big Bang MECA-10

Il y a un élément sur lequel les montres quartz ne rivaliseront jamais avec les montres mécaniques : le mouvement. Car ce qui rend le mouvement d’un garde-temps analogue désirable et coûteux, c’est moins sa capacité à donner l’heure exacte que sa facture et son esthétique. En se dotant d’un mouvement inspiré du mécano, la ­Hublot Big Bang MECA-10 ne pouvait pas mieux incarner cette philosophie. Les vis s’affichent sur la lunette tandis que le boîtier transparent de 45 mm laisse admirer les 232 composants. La Big Bang MECA-10 marque les 10 ans du concept All Black, un design que ­Hublot veut à contre-courant. Il s’attaque ici à l’idée qu’il serait difficile de lire l’heure sur une montre noire avec un cadran et des aiguilles noires. Et si les matériaux utilisés sont très éloignés du mécano – titane à microbilles pour le modèle standard et céramique noire pour cette édition limitée à 500 unités – celui-ci n’a cependant jamais été aussi sophistiqué. hublot.com

Le mouvement mécanique possède 10 jours de réserve avec un double affichage de suivi : un râteau coulissant à 12 heures et une couronne à denture marquée de 0 à 10 indiquent les jours résiduels à 6 heures. À 3 heures, une ouverture laisse progressivement apparaître un point rouge invitant à remonter la montre.

L’ÉLITE DES FABRICANTS

Un trio de montres mécaniques qui tournent rond.

Frédérique Constant – Manufacture Quantième Perpétuel

Glashütte Original Senator Excellence Automatic

Des années d’avance. Des poussoirs plats permettent d’ajuster le mécanisme du quantième : jours phase de Lune, mois à 30 et 31 jours, année bissextile, automatiquement jusqu’au 1er mars 2100. Rien ne presse. frederiqueconstant.com

Si certains affectionnent les mouvements complexes, ce fabricant allemand opte pour la simplicité en éliminant tous les composants susceptibles d’usure. Son mouvement automatique garantit 100 h de réserve. glashuette-original.com

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Tudor Heritage Black Bay Un boîtier en bronze étanche à 200 m, une réserve de marche de 70 h et une exactitude qui lui vaut un chronomètre certifié. La Marine Nationale française confie la fabrication des montres de ses plongeurs au petit frère de Rolex. tudorwatch.com

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MOTEURS L’AUTO SE PORTE

La Maserati Levante S, de 0 à 100 km/h en 5,2 s et 264 km/h de vitesse maximale.

Inspirés de l’élégance routière.

Boutons de manchettes AML Réalisés par TBM Art Metal à partir du métal (restauré) de l’Aston Martin DBR1/2 lauréate du Mans, pour porter un bout de l’histoire auto. tmbartmetal.com

GUERRIÈRE URBAINE

Maserati Levante : l’aventure tout en finesse. Au XXe siècle, l’idée qu’un constructeur de voitures de sport produise un 4 × 4 passait pour être ridicule. Aujourd’hui, ce segment est bien trop porteur pour être ignoré. Ainsi naquit la Maserati Levante. Comme beaucoup de ses semblables, la Levante est parée pour le tout-terrain mais prend bien soin de le dissimuler. Ses lignes laissent penser qu’au pire elle traversera une flaque d’eau. Exemple : la suspension pneumatique à réglages multiples censée mieux dompter les surfaces labourées – mais on est plutôt porté à croire que l’objectif réel est de pouvoir sur route réduire la hauteur de châssis au maximum pour des performances amélio-

rées grâce une distribution du poids ­répartie comme par hasard à 50-50 sur l’avant et ­l’arrière. Et côté puissance on est servi. La Levante e­ mbarque un moteur à essence V6 bi-Turbo de 3 litres développant 350 ou 430 chevaux et un diesel V6 de 275 chevaux. La version S bondit de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes avec une vitesse de pointe de 264 km/h. L’intérieur de la Levante est comme toujours avec M ­ aserati, très soigné avec un toit ouvrant électrique panoramique et du cuir premium signé Ermenegildo Zegna qu’il serait dommage de tacher avec de la boue. C’est sûr, certains n’oseront jamais. maserati.com

Infinite Rush de Bentley On pourrait penser que le parfum d’une Bentley évoque de vieux billets imbibés d’huile moteur. C’est tout le contraire. La nouvelle eau de ­toilette de la marque est fraîche et épicée. bentley-fragrances.com

EN PUISSANCE

La nouvelle BMW série 7 : grande et intelligente. Si vos critères de choix pour une voiture sont la puissance et l’espace et que vous n’exigez pas des performances exceptionnelles, la M760Li xDrive V12, vaisseau amiral de la série 7, comblera vos attentes (à l’exception du nom impossible à mémoriser). Attendue pour fin 2016, son moteur V12 6,6 litres développe 600 chevaux avec un couple maximal de 800 Nm la propulsant de 0 à 100 km/h en moins de

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4 secondes. Cette nouvelle mouture ne se contente pas de greffer un moteur puissant à une série 7, mais inaugure aussi un système de suspension spécifique permettant de maximiser la puissance embarquée. La M760Li xDrive V12 bénéficie de toute la technologie M au service de la performance et de l’esthétique : direction ActiveDrive, le logo V12 éclairé, les pédales M et bien d’autres encore. bmw.com

Collection ­Ferrari La collection ­ rintemps/été 2016 p ­propose des textiles et des accessoires pour elle et lui, inspirés de l’intérieur de la GT, ­l’habillage de course et du drapeau italien. store.ferrari.com

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CULTURE

ACTION

C’EST POUR TRÈS BIENTÔT

Durotan, chef Orc, et pas une gueule de porte-bonheur.

Des nouveautés à vous envoyer sans modération.

FILM Green Room Un thriller horrifique où un group punk est pris dans un carnage dans un club bourré de psychopathes menés par Patrick Stewart. On y retrouve aussi Anton Yelchin (Star Trek) et Imogen Poots (28 semaines plus tard). Sortie le 27 avril. greenroom.film

FILM

JEU DANGEREUX

GETTY IMAGES

Warcraft : Le Commencement arrive sur grand écran. Son réal vaincra-t-il la malédiction qui frappe les adaptations ciné des jeux vidéo ?

Le réalisateur Duncan Jones est un adepte de Warcraft… Jones est fan de Warcraft : Orcs & Humans, jeu de stratégie en temps réel sorti en 1994 et base du film. « C’est l’histoire de la première rencontre entre les orcs et les humains, confiait-il en février au magazine FilmInk. Nous collaborons avec l’éditeur ­Blizzard Entertainment pour rester fidèle à l’univers du jeu. » Il pense aux gamers, mais pas que… « Warcraft a de nombreux fans, mais croire que tous verront le film serait une erreur, prédisait Jones à la BBC en novembre. Il faut cibler un public plus large. » En effet, à son apogée en 2010, World of Warcraft est le jeu le plus populaire au monde avec plus de 12 millions d’adeptes. Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq millions, tout de même. « Au fond, peu importe la source de l’histoire. Il s’agit de saisir ce qui crée son intérêt. » Son CV parle pour lui… En signant des succès à petits budgets – Source Code et Moon (la suite, Mute, est dans les tuyaux) – Jones a prouvé qu’il sait faire des films geeks. Et il connaît l’univers des jeux. « Le cinéma ne leur a jusqu’ici pas fait justice, lâchait-il au Guardian l’an dernier. Ma génération a la possibilité de réparer cette injustice. J’essaie de montrer pourquoi les jeux fascinent tant. » Il possède des antécédents familiaux… Jones est le fils de feu David Bowie, inoubliable interprète du roi des Gobelins dans Labyrinthe, film fantastique sorti en 1986. « J’ai assisté au tournage à l’époque, confiait Jones au site Wegotthiscovered.com en 2011. Regarder Jim Henson bâtir tout un univers pour raconter son histoire a en partie inspiré ma passion pour le cinéma. » Warcraft : Le Commencement débarque dans les salles obscures à partir du 25 mai. legendary.com

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GAME OVER Des précédents peu ­encourageants. Super Mario Bros. (1993) Ce fiasco sorti au plus fort de la Super Nintendo mania – avec Bob Hoskins (Mario), John Leguizamo (Luigi) et Dennis Hopper (Koopa) – est réalisé par la seule personne à Hollywood n’ayant jamais joué à un jeu vidéo de sa vie. Street Fighter (1994) Le film a failli être bon tellement il était raté. Jean-Claude Van Damme y incarnait Guile, Kylie Minogue, Cammy et Raúl Juliá le méchant M. Bison. Le film a même produit son propre jeu vidéo, c’est dire !

FILM Independence Day : ­Resurgence Dans cette suite du premier volet sorti en 1996, Jeff Goldblum remplace Will Smith et les nations de la Terre utilisent la technologie des aliens pour contrer une invasion plus grande. En salles le 27 juillet. foxmovies.com

Doom (2005) Les producteurs ont bien essayé de faire plaisir aux fans en incluant une scène à la première personne comme dans le jeu. Peine perdue, The Rock et Karl Urban n’ont pu éviter au film de se flinguer.

MUSIQUE The Great Escape Le plus grand festival d’Europe, laboratoire de groupes qui demain seront vos idoles, revient sur le bord de mer à Brighto, Angleterre. Adele y est ­passée dans un café devant 80 spectateurs. Ses successeurs vous y ­attendent peut-être. Du 19 au 21 mai. greatescapefestival.com

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CULTURE

LA PLAYLIST THE LUMINEERS

LE BON STREAM Perdu pour choisir votre appli de musique en ligne ? Pas de panique, nous avons listé les + et les – des principaux ­acteurs du genre.

En 2012, le group folk rock US The Lumineers fait sensation avec son premier album Ho Hey. Sans le soutien d’une major, cette ode à l’amour au son d’un banjo se vend à plus de 4 millions d’exemplaires rien qu’aux États-Unis. Un an après, l’album éponyme caracole à la deuxième place des Billbord charts. Cofondateur et parolier du groupe, Jeremiah Fraites attribue ce succès à leur simplicité : « Quiconque sait jouer d’un ­instrument peut reprendre nos morceaux. » À l’occasion de leur second opus Cleopatra, ­l’artiste de 30 ans livre les cinq morceaux qui ont nourri cette simplicité. thelumineers.com

Spotify

The Felice Brothers

Bill Withers

The Big Surprise

Lean On Me

« Ce groupe de folk et de country a largement inspiré mon écriture. Demander à Simone Felice de ­produire l’album a été une évidence pour nous. J’aime particulièrement ce titre, The Big ­Surprise, pour la fébrilité qu’il ­dégage et son côté brut. Les basses sont très créatives – elles résonnent comme des coups de feu sur une toile noire collée à un mur. Je ne me lasse jamais de l’écouter. »

« La sobriété de ce morceau est telle qu’un enfant de trois ans pourrait l’apprendre au piano. Créer une mélodie aussi simple qu’originale est un trait de génie. C’est comme la cuisine italienne. Quand je suis chez la famille de ma femme à Turin, je déguste des plats divins dont la recette est pourtant simple. Tout est dans les ingrédients, me disent-ils. Pareil en musique, une idée simple et bonne suffit. »

The Rolling Stones

Dr Dog

Sweet Virginia

The Truth

« Wes (Schultz, membre du groupe, ndlr) et moi adorons ce morceau. Surtout la version studio. On a la sensation que le groupe et les choristes chantent avec toutes leurs tripes. Il n’y a pas de correcteur d’harmonie ou de rythmique. Si une note ou la batterie sonne faux, elle est conservée et assumée. Le morceau gagne ainsi en naturel et en spontanéité. C’est tout simplement génial. »

« Ce groupe est l’une de mes muses. J’ai cru en le découvrant que c’était un vieux groupe, mais ils sont de notre génération. Ils ont le son des Beatles, brut à l’ancienne mais très agréable. Cette chanson est spéciale parce que tous les soirs en tournée, ils me demandaient de les accompagner à la guitare acoustique. Leur musique mériterait d’être mieux connue. »

Les + : excellent pour les interactions sur l­es réseaux sociaux, (ajouter des amis, suggérer des morceaux…) et ­gratuit si vous n’avez rien contre la pub. Les – : des stars comme Taylor Swift ont retiré leur musique pour protester contre les royalties trop élevées. Verdict : un bon moyen pour ­découvrir de nouveaux sons en ligne.

Apple Music

Jon Brion Row (BO d’Eternal Sunshine of The Spotless Mind ) « Je reconnais que c’est un choix bizarre. Deux minutes instrumentales d’une bande originale où un gars joue du piano. Mais ce morceau me touche comme nul autre. Ce que j’adore avec ce piano c’est l’absence de fioriture. Un truc cool est tout ce dont on a besoin. Ce titre en est le parfait exemple. Je m’en suis inspiré pour Patience, le dernier titre du nouvel album. Un piano et rien d’autre. »

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Les + : une interface claire et intuitive, ­normal c’est Apple. La fonction « For You » analyse vos goûts ­musicaux pour des ­suggestions ciblées. Les – : la qualité du son est inférieure à celle des concurrents. ­Verdict : pour les ­utilisateurs d’Apple qui ­aiment la facilité.

LE GADGET

Music Wrap M25 Ces enceintes bluetooth ajustables autour du cou, offrent une bonne alternative aux écouteurs. Elles créent un « espace sonore personnel », pratique pour écouter la musique à vélo, les oreilles restant attentives à l’environnement direct, ou à la voix du GPS en se faufilant dans le trafic. musicwrap.co

Tidal Les + : contenu limité aux actionnaires du ­service (Jay Z, Daft Punk, Rihanna, Kanye West and Co). L’abonnement premium garantit un son hi-fi. Les – : la navigation est peu intuitive. Verdict : pour les ­audiophiles friands d’avant-première.

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CAN ART

DIETMAR KAINRATH

Le crayon aiguisé de Dietmar Kainrath.

GRAND PRIX DE MONTE CARLO, LE 29 MAI 2016.

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MA VIE EN JEUX : JESSE RAPCZAK

UN ÉTÉ CHAUD EN JEUX

Le directeur artistique du jeu Ark: ­Survival Evolved révèle les jeux qui lui ont donné l’idée d’introduire le dressage de dinosaures dans nos salons. LE JEU QUE J’EMPORTERAIS SUR UNE ÎLE DÉSERTE : MARIO KART 64

Si cela ne tenait qu’à moi et à quelques échoués essayant de vivre en harmonie, je choisirais Mario Kart pour atténuer la ­sensation d’isolement. J’adore ce jeu, on lui doit l’écran scindé sur Ark. Il nous importait aussi de pouvoir jouer avec des amis ou de la famille réunis dans une même pièce.

MON TOUT PREMIER JEU : RIVER RUN

J’y ai d’abord joué sur Atari 2600, et j’y passais des journées entières, essayant sans relâche de progresser sur cette maudite rivière. La première fois que j’ai vu la NES, j’ai pensé que mes parents me faisaient une blague. Tous mes potes avaient cette super console et moi j’étais touj+ours sur une Atari achetée en solde. Le ringard quoi ! Dès que j’ai eu la NES entre les mains, je suis rentré jouer à Super Mario Bros. pendant quatre heures, j’étais comme un fou. La console était rentrée dans ma vie.

LES JEUX QUI M’ONT LE PLUS INSPIRÉ : ZELDA, POKÉMON ET HALO

ASTUCE « Avant de vous ­lancer, construisez plusieurs maisons avec des lits et ­des provisions, ainsi vous ne repartirez pas de zéro à chaque mort. Et domptez un dinosaure dès que possible… »

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Beaucoup de jeux m’inspirent, mais si je dois n’en citer qu’un, ça serait Ark. Zelda a inspiré les aventures classiques, Pokémon et ses interactions avec les créatures nous ont servi pour la partie dressage des dinosaures (car on peut dompter des dinosaures dans Ark), enfin pour ce qui est de l’action à la première personne, les tireurs de Halo ont servi de référence.

Une fois n’est pas coutume, l’été sera riche en opus frais.

Mirror’s Edge Catalyst Une cité futuriste o­ uverte et un personnage principal totalement libre. La qualité du graphisme offre à cette aventure urbaine un réalisme bluffant. Sortie 24 mai (PS4, Xbox One, Windows)

MON JEU FAVORI DU MOMENT : RISE OF THE TOMB RAIDER

J’y joue beaucoup ces derniers temps, je suis fan de la forme de son récit. Cristal Dynamics (l’éditeur) a réalisé un super boulot sur le graphique et ­l’univers du jeu. C’est un jeu très agréable à regarder.

MON NOUVEAU JEU : ARK SURVIVAL ­EVOLVED

Ark est le jeu dont on rêve ­depuis l’enfance alors peuplée de dinosaures. Nous voulions un jeu où nous pouvions tout y mettre et s’amuser comme des fous. Cela a débouché sur un jeu de survie et d’action-aventure. Ark: Survival Evolved sort le 2 juin sur PS4, Xbox One et PC. playark.com

Assetto Corsa Forza et Gran Turismo ont du souci à se faire avec l’arrivée de ce jeu de course auto sur PC salué par la critique. Le choix de voitures et de circuits est moins riche mais la conduite géniale. Sortie le 3 juin (PS4, Xbox One)

LEGO Star Wars: The Force Awakens Le jeu est dédié au 7e opus de la saga avec en bonus des histoires ­inédites se déroulant entre Le Retour du Jedi et le blockbuster de J.J. Abram. Sortie le 28 juin en 3DS

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ACTION

AGENDA AUSSI AU MENU

Wonder Woman du vélo, Pauline verra double aux JO de Rio.

Du peloton au gazon, le plein de bons plans avant le mode estival.

28 mai Des tours de roues

L’événement Vélo donne rendez-vous à des milliers de cyclistes sur la piste du circuit Paul-Ricard du Castellet (Var). Courses d’endurance de 6 heures ou 24 heures, à vous de choisir la bonne distance. evenementvelo.fr

Quatre ans après, la Coupe du monde de VTT cross-country revient sur les pentes des Vosges avec l’élite mondiale. Le nouveau tracé de 4,325 km promet une course sélective et une belle bagarre dans les courses hommes et femmes. À moins de 3 mois des JO, Pauline Ferrand-Prévot, championne du monde, vient y préparer la quête du seul titre lui manquant à 23 ans : l’or olympique, sur deux spécialités. labresse-mtbworldcup.com

20-22 mai Incontestable

11-21 mai BOTY... full !

Strasbourg

Montpellier

Daniel Wedemeijer, le « Hollandais volant » du BMX (notre photo) est à l’affiche de la riche programmation (roller, skate, etc.) du NL Contest au Skatepark de Strasbourg. Le ­Festival international est aussi un rassemblement autour des cultures urbaines avec parkour, graffiti et concerts.  nlcontest.com

Le hip-hop français porte son show au Zénith de Montpellier. Après plusieurs rendez-vous autour de la danse et du rap dans la région, le Battle of The Year présente sa grande finale. Portés par les sessions des DJ’s, les 14 crews sélectionnés ont une soirée pour élever le niveau des battles. La veille, les 16 meilleurs Bboys et Bgirls français auront déjà fait monter l’ambiance. botyfrance.com

26-29 mai Très original Lyon L’Original Festival de Lyon met en avant la culture hip-hop au sens le plus large du terme. Depuis sa création en 2004, le succès de l’événement va croissant avec une multitude de rendez-vous qui mêlent les talents (graf, danse, beatbox, etc.) en 3 jours. Côté concerts, un plateau costaud, puisque B-Real (Cypress Hill), Jazzy Bazz, Charles X, Georgio ou encore S.Pri Noir sont attendus. Ça va kicker !  loriginal-festival.com

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29 mai Des tours de pistes

Les 78 tours du Grand Prix de Monaco n’ont pas d’équivalent dans l’histoire de la F1. Dans les rues de la Principauté, le seul circuit urbain du championnat offre toujours du spectacle et du suspense. monaco-grand-prix. com

10

juin Un tour de France L’Euro 2016 s’ouvre au Stade de France avec France-Roumanie. C’est parti pour un mois de football, de Lille à Nice dans 10 stades de l’hexagone et avec 51 matches jusqu’à la ­finale du 10 juillet. euro2016.com

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BARTEK WOLINSKI/RED BULL CONTENT POOL, ARNAUD SCHERER, ALDO PAREDES, DOUMAM PHOTOGRAPHY

29 mai Grosse bagarre La Bresse


ACTION

ET SI…

… ON SAUTAIT D’UN TOIT À L’AUTRE Envie de grands sauts à la 007 ? « Plus le fossé est grand, plus il faut de vitesse », conseille Ryan Doyle, 31 ans, pro du freerunning et du parkour, et double lauréat du Red Bull Art of Motion. Une distance jouable ? « En respect des gestes essentiels comme lors du décollage, un individu moyen sautera plus de trois mètres. » ryandoyle.co.uk

1

Attaquer fort

« Prenez si possible, appui sur le rebord du toit de l’immeuble. Utilisez la jambe la plus forte pour vous propulser énergiquement à 45 °, l’angle optimal pour atteindre une hauteur et une distance maximales. Enfin, projetez les bras en avant pour accentuer la propulsion et aller le plus loin possible. »

2

Se concentrer

3

Atterrir comme un chat

MARK THOMAS

« Durant le saut, focalisez-vous sur l’atterrissage et rien d’autre. Repliez les jambes pour ­réduire la résistance à l’air. Puis ­ramenez les pieds joints vers l’avant et placez les bras derrière vous. Si l’élan est suffisant pour couvrir la distance, atterrissez en effectuant une roulade. »

« La roulade permet de r­ épartir le choc de l’impact sur tout le corps et non sur un point unique. Le chat se sert de ses pattes comme d’un tremplin. En vous inspirant de cette technique, fléchissez les chevilles pour amortir le choc. Vos pieds n’auront pas à supporter votre poids déjà déplacé par votre mouvement vers l’avant. Posez votre main à terre pour enchaîner avec la roulade. Là encore, votre poids se déporte de la main vers l’épaule. Ainsi l’impact est réparti naturellement. »

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4

Avoir un plan B

« Si l’élan s’avère insuffisant pour atteindre le point de chute, ramenez vos deux pieds bien en avant et fléchissez les jambes dès le contact avec le mur. Adoptez la ­position du chat en fléchissant les genoux. Agrippez solidement la bordure de l’immeuble de vos mains. Grimpez sur le toit et enchaînez. »

5

Chuter détendu

« On peut faire une chute importante sans se blesser à condition d’atterrir droit, jusqu’à 5 m, au-delà la blessure est inévitable. ­Détendez-vous sinon vous aggraverez votre cas. Étirez-vous de sorte que le poids de votre corps touche le sol le plus tard possible, et tombez sur le côté. Reproduisez la forme d’un panier de basket avec vos bras et roulez sur les coudes, les épaules et le buste. Le reste du corps doit rester aussi plat que possible pour mieux répartir le reste de l’impact. »

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THE RED BULLETIN PRÉSENTE SON GUIDE DU

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ENTERTAINMENT UNE SÉLECTION D’APPAREILS HAUTE PERFORMANCE POUR VIVRE L’EURO (10 JUIN AU 10 JUILLET) COMME SI VOUS Y ÉTIEZ. ET DES TROISIÈMES MI-TEMPS D’ANTHOLOGIE. CASQUE SENNHEISER RS 195 La solution pour regarder la télé sans déranger votre entourage tout en profitant d’un son d’une qualité sans concession. D’une portée de 100 mètres, ce casque sans fil s’adapte à sept profils auditifs ­différents. fr-fr.sennheiser.com

LA TECH EN PLUS BLUETOOTH Développé dans les ­années 90, ce standard d’échange de données sur courte distance et sans liaison filaire entre deux appareils électroniques est devenu aujourd’hui incontournable. THE RED BULLETIN

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PHILIPS SAGEMCOM PPX 4935 L’ambiance du stade dans votre ­salon. Ce projecteur de poche de 12 × 12 cm projette sur le mur des vidéos HD 720p mesurant jusqu’à 381 cm (150’’). Il intègre un grand choix de connecteurs périphériques (USB, HDMI, sortie audio 3,5 mm) et une batterie compacte assurant jusqu’à deux heures d’autonomie, suffisant pour un match de 90 min et des prolongations. philips.fr

MATER HISENSE XT910 65“ ULED TV Une entrée au stade sans billet. Ce téléviseur Ultra HD 4K à écran incurvé 65 pouces, fournit des images au contraste de couleurs exceptionnel. Les décodeurs VP9 et HEVC assurent la ­lecture de contenus Ultra-HD (Youtube, Vod…) et l’accès aux différentes applis. hisense.fr

ENREGISTREUR BLU-RAY ­PANASONIC DMR-BST855 Pour ne rien rater. Cet appareil doté d’une ­capacité de stockage de 1 TB et d’un double tuner satellite HD peut enregistrer deux programmes HD à la fois. panasonic.com/fr

HUAWEI MEDIAPAD M2 Les jeux pour nomade : cette ­tablette 10’’ équipée d’un processeur rapide à huit cœurs, un ­boîtier en matériaux nobles et d’un écran full HD aux contrastes riches permet d’analyser les coups des jeux les plus rapides. huawei.com/fr

TV OLED 4K LG ELECTRONICS 55EF950V

PROJECTEUR ACER HOME H6520BD

Ce téléviseur 55 pouces est un concentré de modernité. Design extra-plat (5 cm d’épaisseur), une restitution des couleurs parfaite et des noirs offrant une profondeur d’image et un contraste infini. La fluidité d’image en 4K est impressionnante. La plateforme web OS 2.0 livre une navigation smart TV intuitive. lg.com/fr

Ce puissant projecteur (3 000 lumens) ­transforme votre living en salle de ciné. Vos voisins seront épatés. Les films sont diffusés en résolution full HD à un milliard de couleurs avec une taille de projection allant jusqu’à 762 cm. Petit détail très réjouissant : en mode économique, les ampoules ont une durée de vie de 5 000 heures, soit l’équivalent de 3 300 matches de foot. acer.com

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XBOX ONE En réunissant dans un seul ­appareil le meilleur des jeux, ­applications, films, musique et du sport, la Xbox One divertit sur tous les tableaux. Son ­catalogue actuel d’environ 500 jeux vous préservera de l­’ennui pendant un bon ­moment. xbox.com/fr-fr

JOUER

RAZOR BLADE PRO Qui dit que le PC portable se prête mal au jeu ? Processeur Intel Core i7, carte graphique Nvidia GeForce GTX 960M, 16 GB RAM, disque dur SSD + HDD : de quoi satisfaire les gamers les plus ­exigeants. razerzone.com/fr-fr

EA SPORTS FIFA16 Depuis 1993, ce jeu vidéo sur console et PC est la référence pour les fans de football. Plus de 30 championnats (Bundesliga, ­Premier League, Primera Division…) y sont simulés. Un choix parmi 78 stades (50 existants et 28 fictifs) est proposé ainsi qu’un mode carrière exigeant. Cette version voit les équipes féminines entrer en jeu. easports.com/fr/fifa

LA TECH EN PLUS SONY PS4 Avec presque 40 millions d’exemplaires vendus à ce jour, la console PS4 est la référence. En octobre, les gamers accéderont grâce au casque RV (prix : 399,99 €) à la réalité virtuelle pour jouer dans une nouvelle dimension. playstation.com

SHARE PLAY Grâce au share play de Sony, jouer à deux est plus simple que jamais. Le partenaire de jeu (où qu’il soit dans le monde) ne devra pas nécessairement être propriétaire du jeu choisi. Il peut opter entre être ­spectateur, remplacer un joueur ou se ­lancer dans une partie multijoueur.

4K ULTRAHD

4K ULTRA-HD CXC MOTION PRO II RACER Les hommes adorent le foot et les voitures. Ce simulateur F1 High-tech reproduit chez vous ­l’expérience du pilotage grandeur nature. Mais pour ça il faudra débourser plus de 52 000 euros. cxcsimulations.com THE RED BULLETIN

Le Full HD (1920 × 1080 pixels) est dépassé. L’augmentation constante de la taille des écrans exige une définition de plus en plus fine. Il vous en coûtera environ 1 000 euros pour un téléviseur 4K-­UltraHD (4096 × 2160 pixels) de 65 pouces. Ainsi, votre poste sera à jour pour les dix ­prochaines années.

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ÉCOUTER BEATS PILL+ La séparation des basses et des aigus donne à cette enceinte Bluetooth d’à peine 19 cm un ­impressionnant volume de son. La batterie ­possède une autonomie de 12 heures et sa ­réserve peut servir à recharger votre téléphone. fr.beatsbydre.com

BOSE LIFESTYLE SOUNDTOUCH 535 Ce système surround recrée ­l’ambiance sonore du stade comme si vous y étiez. Le système ADAPTiQ analyse votre pièce pour diffuser un son adapté. bose.fr

KLIPSCH REFERENCE ON-EAR Un casque accessible (env. 200 euros), ­performant, puissant et dynamique convenant à tout style de musique et confortable à ­porter. Un partenaire idéal, particulièrement pour les appareils fonctionnant sous iOS. klipsch.com

LA TECH EN PLUS STREAMING Le streaming est la lecture via internet de fichiers audio sans avoir à les télécharger et les stocker sur le disque dur de l’ordinateur. Ce procédé ouvre un choix illimité de musique via l’accès à plus de 100 000 ­webradios dans le monde, aux services de musique comme Napster et Spotify et à la retransmission de concerts en temps réel.

MULTIROOM Le système multiroom utilise le wifi pour diffuser la musique via des enceintes ­placées dans différentes pièces. L’assurance de profiter de la même qualité de son dans toute la maison sans être envahi de câbles. Une appli permet de configurer l’écoute pour chaque pièce.

SONY PS-HX500 PLATINE VINYLE Le vinyle revient en force. De plus en plus de mélomanes redécouvrent son charme. La platine Sony permet de lire les disques mais aussi de les convertir en format digital. Les amoureux du vinyle pourront aussi les écouter en haute résolution. sony.fr

BANG & OLUFSEN BEOSOUND MOMENT Une simple pression sur l’interface en bois massif suffit à ­déclencher ce système audio sans fil intégrant le streaming qui grâce au ModWheel associant une couleur à un type de musique, s’adapte à votre humeur. ­bang-olufsen.com


APPRÉCIER FRIGO SMEG 500BL Pour 7 000 euros, on peut a ­ cquérir une vraie voiture. Cependant, ce ­réfrigérateur en forme de demi-Fiat 500 (capacité : 100 l) inclut 3 porte-bouteilles et une tablette spéciale canettes. L’avant (phares et clignotants) est illuminé et l’intérieur en acier inoxydable. smeg.fr

WEBER SPIRIT E- 330 PREMIUM GBS Ce barbecue à gaz suffirait à toute une équipe de foot. Ses trois brûleurs indépendants saisissent la viande pour une cuisson parfaite. weber.com

RÖSLE NO. 1 F50 BARBECUE Stylé : un barbecue à charbon sphérique en acier émaillé de porcelaine. Espace de cuisson de 1 885 cm2 avec thermomètre intégré au ­couvercle. roesle.de

SONY XPERIA X

COLEMAN GRILL ROADTRIP LXE Quand la place dans le coffre est limitée. Plié, ce gril a la taille d’un bagage à main. Une cartouche à gaz de 450 g vous assurera une heure de ­grillade. coleman.com THE RED BULLETIN

Le smartphone qui immortalise vos instants uniques. Son appareil photo intelligent de 23 Mpx prévoit les mouvements. Grâce à la technologie Smart Capture, vos photos ne sont plus floues même prises dans ­l’euphorie. Les 13 Mpx de l’appareil photo avant réussissent vos selfies même par faible éclairage. Son élégant boîtier en acier peut servir de minitéléviseur ou de contrôleur pour PS-4. Que ­demander de plus ? sonymobile.com

NESPRESSO PRODIGIO Une machine à café plus connectée que ­branchée : avec la technologie Smart Bluetooth, l’appli Nespresso (iOS et Android) permet de programmer le café au moment où vous le souhaitez, à la mi-temps d’un match prenant par exemple. nespresso.com

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MAKES YOU FLY

Après de violentes tempêtes, les 560 compétiteurs du Rallye Dakar 2016 ont pris la route ­affrontant pluie, boue et concurrents. Leader dans sa catégorie depuis le départ, le champion de quad qatari Mohamed Abu Issa abandonne au cinquième jour, embourbé. « Dur le Dakar, dit-il, et plein de surprises. » abuissa-racing.com

MARCELO MARAGNI/RED BULL CONTENT POOL

BUENOS AIRES, ARGENTINE, 2 JANVIER 2016

« Je travaillerai encore plus dur et reviendrai pour gagner. » Déterminé à vaincre le Dakar 2017, le pilote de quad Mohamed Abu Issa, 25 ans, ne laissera rien l’arrêter, pas même une piste inondée.

THE RED BULLETIN NUMÉRO 55 SORTIRA LE 15 JUIN 2016 98

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