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The Red Bulletin Mai 2017 - FR

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FRANCE

HORS DU COMMUN

LA PHOTO DE SPORT EN PUISSANCE 70 ANS D’EXCELLENCE AVEC L’AGENCE MAGNUM

Mohammed Ali, 1966

LA VÉRITÉ SUR SETH GUEKO

Ce que le boss de la punchline doit à son héritage punk

SPÉCIAL MONTRES

e En kioqsuqeu a h c i du 3e sameadvec mois

Fonctionnalité et heure juste sur tous les terrains

ENLÈVE TON MASQUE!

Comment un Sud-Africain s’est transformé en catcheur mexicain

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BIENVENUE

Henri Cartier-Bresson

Yuky Lutz

Le photographe de mode est passé maître dans l’art de photographier l’énergie des instants fugaces, et aussi des modèles toujours plus sexy. Lors de notre reportage dédié à une nuit dans la tête du DJ berlinois Alex.Do, le Suisse a mis sa résistance à l’épreuve : Lutz s’est envolé depuis Barcelone (où il vit) pour Cologne, a shooté jusqu’à 8 heures du matin et est reparti en avion, sans fermer l’œil de la nuit. PAGE 70

4

La photo, cet organe vital Le sport de haut niveau se vit aujourd’hui généralement devant (derrière ?) un écran. En mode live ou différé, mobile ou sédentaire. Loin des tribunes, pour sûr. Quand l’agence photo Magnum s’est lancée à la fin des années 50, la puissance de la compétition, du combat, de la performance se transmettait par l’image fixe, souvent la première à révéler au monde les visages et statures des héros en devenir du sport. Célébrant ses 70 ans, Magnum a sollicité The Red Bulletin pour une collaboration que nous inaugurons avec un portfolio costaud et cette une coup de poing dédiée au plus grand : Ali. De sa couver couverture à sa page finale, la photo est un organe essentiel à tout magazine. Au Red Bulletin, elle est vitale : si l’histoire est « hors du commun » mais que les images l’expliquant à vos yeux manquent de force, sa diffusion dans nos pages n’est pas garantie. En accédant aux archives de Magnum, ce sont des archives béton et colossales qui se sont offertes à nous. Trop de – bons – choix. Quelle joie ! Bonne lecture ! Votre Rédaction THE RED BULLETIN

THOMAS HOEPKER/MAGNUM PHOTOS (COUVERTURE), RENE BURRI/MAGNUM PHOTOS

« Magnum est un édifice de pensée, une qualité humaine partagée, une curiosité portée sur ce qu’il se passe dans le monde, le respect que cela inspire et le désir de le représenter visuellement », dit CartierBresson, l’un des pères fondateurs. En 2017, l’agence fête son 70e anniversaire (magnumphotos.com/magnum-photos-70) et sort Magnum Manifesto (Thames & Hudson). Le plus fort du sport par Magnum PAGE 4 2


ARE YOU DRIVER ENOUGH?

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FOURNISSEUR OFFICIEL DES PNEUMATIQUES DU RALLYE DAKAR Après 15 jours de lutte sur certains des terrains les plus éprouvants de la planète, nous n’avons qu’une hâte : revenir l’année prochaine pour gagner à nouveau. #DriverEnough bfgoodrich.fr @BFGoodrichEurope BFGoodrichEurope

@BFGoodrichEU

S. PETERHANSEL (FRA), J. COTTRET (FRA)

DPPI © 2017 MNA, Inc. All rights reserved. * Êtes vous à la hauteur ?

NOUS DÉPASSER E ST DAN S NO S GÊ N E S


SOMMAIRE mai

BULLEVARD GUIDE 10 Elsa Pataky : femme divine 12 14 15 16 18 20 22 23 24

et actrice à poigne Jaguar XKSS : renaissance Les stars par leurs objets Mr Trent bluffe le monde Olga Kobzar : on la suit jusqu’au bout de la nuit... Festivals : sans limite d’âge Le VTT crève l’écran Wim Hof ou l’homme qui agit comme un antigel Quand la folie sneakers fait monter les prix Nouvelle cuisine : des tacos sauce danoise

Voir. Avoir. Faire. 86 Red Bull TV : ce qu’il ne

faudra surtout pas louper !

88 Le top des événements à

noter sur votre agenda 91 Bien calibrées : des montres outdoor pour vous accompagner sur tous les terrains 96 Ours : ils – et elles – font le Red Bulletin chaque mois 98 Le Freerun ? Renversant !

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ALERTE ROUGE

Les maillots écarlates et bien garnis sont de retour à l’écran. Le grand, cette fois. Avec l’adaptation au cinéma de la série Alerte à Malibu, on se réjouit de découvrir la bombe Ilfenesh Hadera.

34 VOIE RAPIDE

Un pur-sang du large : c’est sur ce bolide des mers qu’un propriétaire fortuné et un skipper doué prennent leur pied.

6

THE RED BULLETIN

DOVE SHORE, KELVIN TRAUTMAN

Un mode de vie hors du commun


REPORTAGES 26

Multifaseth

34

Les rois des mers

42

Le rappeur Seth Gueko va trop loin ? C’est parce qu’il est punk, en fait Vitesse + conditions difficiles : pour eux, naviguer, c’est comme un rallye

Magnum Force

L’agence Magnum ouvre les yeux du monde depuis 70 ans. À votre tour

56

Alerte à la bombe

62

L’union fait la force

70

Dans la tête du DJ

Trail-VTT-parapente-natation : Red Bull Éléments est un relais hors-norme Avant, pendant, après : comment le DJ Alex.Do a vécu son set à Cologne ?

Bas les masques

Venu au Mexique pour son catch, il en devient une star et ne repart jamais

DANS L’ŒIL DU SPORT

Portfolio exclusif : les bâtisseurs du sport moderne par les photographes de l’agence Magnum. Un K-O esthétique assuré.

PHILIPPE HALSMAN/MAGNUM PHOTOS

76

Aux côtés de The Rock, Ilfenesh Hadera devient une Baywatch girl au ciné

42

THE RED BULLETIN

7


Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658

nouveau.

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BULLEVARD U N

S T Y L E

D E

V I E

H O R S

D U

C O M M U N

JUAN ALDABALDETRECU/TRUNK ARCHIVE

Pataky retrouve son personnage, la coriace Elena Neves dans Fast & Furious 8.

LE DESTIN DIVIN D’ELSA PATAKY : ACTRICE, MODÈLE, ’ACTION FEMME D PAGE 10 9


BULLEVARD

Incorruptible

Après avoir conquis le cœur d’un Avenger, l’épouse de Chris Hemsworth revient sur le grand écran pour alpaguer les mauvais garçons.

LA VIE FASTE D’ELSA PATAKY 10

L’

actrice et mannequin Elsa Pataky était déjà une star en Espagne, sa patrie, avant d’épouser l’Australien Chris Hemsworth. La belle polyglotte (elle parle anglais, espagnol, italien, roumain et français) incarne à nouveau l’incorruptible agent de police Elena Neves dans Fast & Furious, huitième opus de la

franchise. Le rôle convient parfaitement à cette globe-trotteuse. Adepte de sport et mordue de fitness, elle adore les virées en motocross en Australie, où elle vit désormais. Elle prend aussi beaucoup de plaisir à défier Hemsworth lors de leurs séances de sport assidues. Tenir tête à Thor ne peut être que la marque d’une déesse… @elsapatakyconfidential THE RED BULLETIN

JUAN ALDABALDETRECU/TRUNK ARCHIVE

Menue mais féroce : à 40 ans, Elsa Pataky tient une forme olympique en alternant yoga, surf et boxe.


©A.S.0. 2017 - CRÉDITS PHOTOS : ISTOCK. CE DOCUMENT EST IMPRIMÉ SUR UN PAPIER CERTIFIÉ PEFC ISSU DE FORÊTS GÉRÉES DE MANIÈRE RESPONSABLE.

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BULLEVARD

Jaguar XKSS

Neuf voitures originales ont été détruites lors de l’incendie de l’usine Jaguar. Elles ressuscitent aujourd’hui. À l’ancienne.

JUSTIN HYNES

LE PHOENIX RENAÎT DE SES CENDRES


V

os chances d’acquérir une Jaguar XKSS, considérée comme la pionnière du supercar, sont plus minces que celles de gagner au loto, c’est dire. Il vous faudra au préalable cocher les six bons numéros rien que pour avoir le droit d’espérer mettre la main sur l’un des seize exemplaires existants. Pour preuve, le mois dernier, la société de vente aux enchères américaine Gooding & Co met en vente la XKSS châssis 716, un tel événement n’a plus eu lieu depuis 2005. Sa mise à prix estimée (on insiste sur

estimée) s’élève à 17 millions d’euros. Tout de suite on saisit mieux l’ampleur du défi. Il y a un an, Jaguar décide de lancer une offre alternative low cost en proposant des exemplaires identiques au prix de 1,2 million d’euros. Seul hic, l’édition est limitée à neuf unités et elles ont déjà toutes trouvé acquéreur. Pourquoi neuf seulement ? En 1957, quelques mois avant la course du Mans où cinq Type D conduites par des pilotes indépendants termineront dans les six premières places, Jaguar met fin à la production de modèles sportifs et homologue les 25 Type D restantes en version routière destinées au juteux marché américain. Au final, seuls 16 exemplaires sortent des ateliers. Les neuf autres partent en fumée lors de l’incendie qui ravage l’usine Jaguar de Coventry (Angleterre) dans la nuit du 12 février 1957. L’an dernier,

près de 60 ans après le feu, le département Jaguar Classic annonce la reprise de la production. Les neuf XKSS manquantes seront remplacées par des copies conformes avec les mêmes finitions : moteur Type D 3,4 litres six cylindres en ligne de 262 chevaux, sièges en cuir au grain identique, boutons du tableau de bord en laiton et compteurs Smith. La boucle est enfin bouclée. Avec un bémol cependant. Les voitures sont conformes à l’originale mais pas aux nouvelles normes de sécurité et d’émission de gaz à échappement. Aussi, chaque propriétaire devra demander une autorisation spéciale pour circuler sur la voie publique ou limiter son utilisation aux circuits ou voies privés uniquement. À 1,2 million d’euros pièce, on imagine aisément que les propriétaires disposent déjà de ces options. jaguar.com

La nouvelle XKSS n’est pas un réplica, sa production est réalisée d’après les plans originaux.

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Henry Leutwyler

De Ghandi à Elvis, le photographe suisse raconte les icônes du XXe siècle à travers des clichés d’objets qui leur ont appartenu.

« ELVIS DÉTESTAIT LE JT... » 14

L

a canne de Charlie Chaplin, les chaussures de Michael Jackson, le passeport d’Alfred Hitchcock, une télé d’Elvis Presley perforée d’une balle. Pendant douze ans, le photographe Henry Leutwyler (56 ans), connu pour ses photos de célébrités, chasse armé de son objectif, les objets intimes de ses idoles. Son livre Document en réunit 124. The Red BulleTin : On vous connaît surtout pour vos portraits de stars. Qu’est-ce qui vous a poussé à photographier leurs effets personnels ? leuTwyleR : Bien souvent, les objets en disent plus long sur

leurs propriétaires que les portraits de ces derniers. En quoi le sont-ils ? Les photos des magazines sont aujourd’hui beaucoup retouchées. Avec les objets, j’adopte l’approche d’un photographe de brigade criminelle : vue de haut, brute et sans complaisance. Comment êtes-vous arrivé jusqu’à la télé d’Elvis ? Sa famille m’a invité à Memphis afin de photographier le patrimoine du King pour un livre. Quelle est l’histoire de cet impact de balle ? Elvis était un grand amateur d’armes à feu et, apparemment, les journaux télévisés l’exaspéraient. henryleutwyler.com

THE RED BULLETIN

HENRY LEUTWYLER

Elvis By The Presleys : la télé du King, tirée du livre de Leutwyler.

FLORIAN OBKIRCHER

BULLEVARD


BULLEVARD

L’illusionniste

Percer dans la magie est ardu. Avant de connaître le succès, l’Américain Adam Trent s’est longtemps produit dans les rues et sur les bateaux de croisière.

UN TOUR DE PASSE-PASSE

L’interview intégrale est sur le podcast iTunes du Red Bulletin !

CORY JONES

ANDREAS TZORTZIS

L’

THE RED BULLETIN

itinéraire d’Adam Trent débute par un bégaiement incontrôlable qui le tourmente durant toute son enfance. La scène sera son salut. En représentation, sa parole est fluide et la confiance en soi une deuxième nature. La magie peut alors opérer et conquérir son public devient pour lui une simple formalité. the red bulletin : Après le lycée, vous vous produisez dans la rue pendant un an, puis sur les scènes des bateaux de croisière et des lycées et enfin Broadway. Que de chemin parcouru ! adam trent : Avec de la ténacité, on finit par y arriver d’une manière ou d’une autre. La volonté est capitale, sans elle rien n’y fait. Il y a des magiciens bien plus doués et talentueux que moi. Mais je suis un monstre de travail. C’est en cela que réside ma différence. Qu’appréciez-vous dans le spectacle de rue ? La magie m’a toujours ouvert des portes. On m’invite à trinquer dans les bars et les personnes les plus improbables viennent à ma rencontre du simple fait que je suis magicien. Les femmes aussi ? La magie est un moyen imparable de briser la glace. Retrouvez Adam dans la série Road Trick sur Red Bull TV. 15


BULLEVARD

C

ette nuit-là a commencé au VIP Room, pour fêter le retour en France de Playboy Playboy. Sur le dancefloor, deux modèles font tourner les têtes : Olga Kobzar (la blonde) et Maria Demina (la brune). « On s’est rencontrées à Moscou, dit Olga. Et on a voyagé quelques fois à Paris ensemble. Maria est plus jeune, plus fêtarde que moi. » Olga débute le mannequinat à 18 ans, en hobby, et en fait son métier. La Russe de 25 ans rejoint l’élite des playmates lors d’un shooting avec la photographe Ana Dias. « Poser pour Ana et Playboy Playboy, j’ai adoré ça ! C’est important de travailler avec quelqu’un qui partage votre point de vue sur la beauté et la photo. » Ce soir-là, Olga était au VIP Room pour « débuter la nuit, et rencontrer des gens intéressants ». Elle suivra Keffer à Versailles, loft de Damien Ropero, photographe suisse et très luxe. « Je préfère les fêtes à taille humaine, des potes avant tout, plutôt que les clubs. De petits bars parisiens tels La Maison Sage », dit Olga. Se donne-t-elle autant dans les soirées que devant un appareil ? « Non, je déploie bien plus d’énergie sur un shooting », assure-t-elle. Après un tour sur son compte Instagram – brûlant – on n’en doute pas une seule seconde. Son mot français favori ? « Je commence à apprendre votre langue, dit-elle. Je crois bien que c’est... putain. » instagram.com/bugs_bunny_gf

En virée

Le photographe Keffer passe de très belles nuits. Il nous a présenté Olga, un modèle russe renversant, qui adore s’éclater à Paris.

UNE NUIT OLGASMIQUE 16


KEFFER

PIERRE-HENRI CAMY

Bunny up! Soirée ­Playboy France au VIP Room : le sublissime modèle russe Olga Kobzar (à droite) croit aux bienfaits du vin.


BULLEVARD

Zone de confort

À plus de 30 ans, un plan festival à passer trois jours sans dormir, ça vous fait hésiter ? Nos solutions.

TROP VIEUX POUR LES FESTIVALS ?

Q

uand on a 20 ans, les festivals c’est génial. On boit, se roule dans la boue, ne se lave pas pendant trois jours et on arrive quand même à pécho. Et puis un jour, on a plus 20 ans mais l’envie de fréquenter les festivals reste intacte. À juste raison. Ce type d’événement peut encore s’apprécier bien après nos jeunes années. Certes le temps des folies est passé mais la maturité permet de mieux savourer l’événement. Voici quelques astuces pour que les festivals restent une expérience unique même pour les plus de trente ans.

Évitez le camping

Débrouillez-vous si possible pour dormir dans un lit. De nombreux festivals louent des chalets, d’autres proposent des navettes entre

le lieu des concerts et les établissements hôteliers de la ville la plus proche. Une douche privée et un bon lit vous requinquent comme par enchantement.

Faites des choix

Vous n’en êtes pas à votre premier festival, inutile donc de courir tous les groupes à la mode. Sauf si vous y tenez, bien sûr. Mieux vaut cibler vos concerts à l’avance.

Sapez-vous « bien »

Des vêtements fonctionnels (chauds, imperméables et beaucoup de poches). Pas très branché, mais vous n’êtes plus là pour séduire les « djeun’s ». Faites-vous une raison et soyez à l’aise.

Faites-vous plaisir

Vous gagnez bien votre vie, alors fini de regarder à la dépense contrairement aux étudiants autour de vous. Les festivals offrent maintes occasions de claquer son argent, pour faire du Bungee Jumping par exemple. Lâchez-vous ! Vacaaaaances !

Fuyez nos conseils

JULIAN BAJSEL

Les Red Hot Chili Peppers ont plus de 50 ans et fréquentent toujours les festivals. Pourquoi pas vous ?

JONAS VOGT

Vous préférez vous rouler dans la boue et ne pas vous laver pendant trois jours. Soit ! Les règles sont là pour être transgressées, non ? Même après 30 ans.

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THE RED BULLETIN


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BULLEVARD

Champion du monde et vainqueur de la Coupe du monde, Greg Minnaar (photo) est un héros du downhill.

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THE RED BULLETIN


Le millionnaire de YouTube

Lancé à 70 km/h sur son VTT, Claudio Caluori partage spontanément peurs, joies et jubilations en vidéo, faisant ainsi le régal de ses abonnés.

VIDÉOS EN ROUE LIBRE

athlètes comme Loïc Bruni et Aaron Holmes Gwin, respectivement champion du monde et vainqueur de CM, c’est la routine. J’ai besoin de vitesse pour transmettre mes sensations. Accélérer nécessite de se préparer minutieusement et de bien connaître les parcours. En descente, je me concentre comme s’il s’agissait d’une compétition comptant pour la Coupe du monde. »

Étape 3 : montrer le plaisir ou la peur ressenti(e)

E

x-pro en descente

VTT, Claudio Caluori présente

sur Red Bull TV les parcours les plus rapides et les plus difficiles au monde. Ses vidéos YouTube sont cultes pour des millions d’internautes. Il révèle comment il a bâti sa légende sur le net en trois temps.

DANIEL KUDERNATSCH

Étape 1 : un matos digne de ce nom

MICHAL CERVENY, DAN CERMAK

« Trois caméras GoPro, une sur le casque, une sur le guidon, une sur la poitrine, et un micro sensible équipé d’un coupe-vent garantissent des prises de vue nettes avec un son d’une qualité impressionnante. »

«Rien n’est prémédité dans mes commentaires en direct. Je me focalise sur deux aspects: l’analyse du parcours en temps réel (très poussiéreux, glissant!) et les astuces concrètes concernant la trajectoire et la technique ((prendre à l’intérieur… non, ça ne passe pas). De plus, lorsque j’éprouve pas de la peur ou du plaisir, je me mets à monologuer, première gamelle au premier virage, concentre-toi Claudi, ou bien oh, oh, oh, attention! Reste sur ton vélo, reste sur ton vélo Claudio! Généralement, quand je prononce mon nom c’est que j’approche d’un passage clé!»

Retrouvez Claudio sur la chaîne YouTube Red Bull. Red Bull TV retransmet en direct, toutes les courses VTT comptant pour la Coupe du monde UCI 2017. La saison débute le 30 avril à Lourdes.

Étape 2 : maîtriser son sujet

« Pour le spectateur, faire une descente à travers la forêt à 70 km/h ponctuée de sauts de plus de 20 m de long est une pure folie, mais pour des THE RED BULLETIN

Claudio en armes : casque, GoPro et vélo de descente.

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BULLEVARD

Croyez en l’homme

Le journaliste Scott Carney voyait en Wim Hof une « supercherie ». Il deviendra son plus fervent défenseur. Son livre explique que notre corps peut l’impossible.

urnommé « Iceman » pour sa capacité à résister à un froid extrême grâce à une technique de respiration poussée et à son mental, le Hollandais et aventurier Wim Hof suscite le scepticisme. Il a 20 records du monde à son actif et un semi-marathon couru en Finlande pieds nus et en short. Il y a quelques années, le journaliste d’investigation Scott Carney décide de confondre cet aventurier au torse nu et prouver qu’il s’agit là de l’anomalie génétique d’un dangereux charlatan. « Je rencontre Wim pour la première fois en 2011, convaincu d’avoir affaire à un faux gourou au pouvoir guérisseur, se souvient Carney. Mais je me suis trompé. » Dans son livre What Doesn’t Kill Us (trad. Ce qui ne nous tue pas pas), Carney explique que la méthode de Hof entraîne une réaction au cœur de notre

Grâce à la méthode Hof, Carney escalade une montagne torse nu.

ADN. Jusqu’à son histoire récente, l’humanité subissait les changements de température : froid la nuit, chaud le jour. Grâce au confort moderne, l’homme n’a plus à subir ces variations, mais notre corps reste néanmoins capable de s’adapter à des conditions plus extrêmes. « C’est ce que sa méthode prouve, ajoute Carney, et ce que la biologie de l’évolution démontre, à savoir que si on réintroduit des variations de température, toute cette mécanique du corps s’active. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on devient capable de se réchauffer. » En somme, l’homme est équipé d’un chauffage central.

SONYA DOCTORIAN/HENNY BOOGERT

JOSH RAKIC

IL NE VOUS LAISSERA PAS DE GLACE

S

Wim détient le record du monde de l’endurance à la glace : 1 h 52.

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BULLEVARD

Pompes à fric

Investir dans des baskets ne fera peut-être pas de vous un homme riche. Mais vous risquez d’y prendre goût ! n a tous eu un copain qui collectionnait des baskets, tels des joyaux à admirer sans les toucher. En fait, en les qualifiant de trésor, il n’avait pas tort. Josh Luber, un autre dingue de baskets, a créé StockX, site de courtage pour vendeurs et acheteurs. « Sur le marché de la revente, la courbe des prix ressemble au logo de Nike, explique-t-il. Les prix explosent avant la sortie d’un modèle, chutent aussitôt après et repartent à la hausse progressivement. » La cote est fonction de la demande.

Vues dans Retour vers le Futur, les Nike Mag sont sorties l’automne dernier et ont été vendues en un instant.

ANDREAS TZORTZIS

200 000 $ AUX PIEDS

O

Le modèle Yeezy d’adidas coûtait 250 euros à sa sortie en février. Depuis, sa valeur a triplé à cause d’une rumeur faisant état d’une production limitée. « Une paire atteint sa meilleure cote deux ans après sa mise en vente, dit Luber, lorsque le modèle se fait plus rare. » L’idéal est de connaître le nombre de paires produites par modèle. Un secret bien gardé. Les Nike Mag autolaçantes, par exemple, se limitent à 87 paires. Résultat : une paire s’est vendue à 200 000 dollars lors d’une vente organisée par la fondation de l’acteur Michael J. Fox, et une autre cote à 28 000 dollars sur StockX. stockx.com

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BULLEVARD

Itinéraire bouffe

Son Noma à Copenhague élu quatre fois meilleur restaurant du monde, le chef René Redzepi se surpasse en voyageant. Très loin.

CUISINIER PRODIGIEUX POUR TACOS D’EXCEPTION

A

René Redzepi régale la langue mexicaine.

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Redzepi (39 ans) et son équipe sillonnent le Mexique en quête d’ingrédients et d’idées pour leur restaurant éphémère à Tulum. Du 12 avril au 28 mai, tacos, tortillas et tamales devraient à n’en pas douter y être revisités, mais n’espérez pas y goûter. Même à 600 € le menu, les réservations sont parties en quelques jours. noma.dk/mexico

Le Noma – version Mexique – proposera un menu dégustation. ANDREAS TZORTZIS

d’un nouvel établissement sur le port de Copenhague. Il inaugure avec des plats... de saison : carottes sautées à la camomille et au beurre de lait de chèvre ou huîtres vapeur avec de la verdure cueillie sur la plage locale. Un succès : le magazine Restaurant élit le Noma meilleure table du monde de 2010 à 2012 puis à nouveau en 2014. Après un passage à Tokyo et Sydney,

VINCENT LONG

vant que la formule « de saison » ne devienne le mot d’ordre de tout nouveau restaurant désireux d’attiser la curiosité de hipsters argentés, René Redzepi s’activait seul au Danemark. À l’âge de 23 ans, l’apprenti du célèbre restaurant French Laundry en Californie est débauché pour prendre la tête

THE RED BULLETIN


XPERIENCE SERIES

TOURNÉE 2017 FRANCE

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AMIENS 06-08 MAI

© 2017 HURRICANE ACTION SPORTS COMPANY. photos : Cedric De Rodot

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10-11 JUIN

01-02 JUILLET

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COMPETITIONS BMX, SKATEBOARD, ROLLER, WAKEBOARD & VTT SLOPESTYLE

PLUS D’INFOS SUR : fise.fr


MULTIFASETH TROP ROCKEUR POUR LES RAPPEURS. TROP RAPPEUR POUR LES ROCKEURS. DU GENRE INCLASSABLE CE SETH GUEKO. UNE CHOSE EST SÛRE, SES PUNCHLINES DÉMENTIELLES NE LAISSENT PERSONNE DE MARBRE. ON A GRATTÉ SOUS LES TATTOOS, POUR VOIR COMMENT S’EST CONSTRUIT LE PERSO

SETH GUEKO. TEXTE : PIERRE-HENRI CAMY PHOTOS : PHILIPP MUELLER

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es rappeurs se déplacent en meute. Seth Gueko se pointe en solo. Il est une bande à lui tout seul. Gitan, « bad cowboy », « barlou » (verlan de loubar), pornophile, filmgoraphile, blagueur, provocateur, titi parisien comme patron de bar à Patong (en Thaïlande où il habite), enfant du punk, enfant terrible du rap, rockeur, anarchiste. Rappeur, pour résumer. Unique, pour sûr. Trouvez-en un autre dans son genre, et l’addition est pour nous : entrée-plat-dessert ! À 48 heures de son concert parisien à La Cigale, Seth débarque dans notre studio photo portant chemises de bûcheron et Timberland montantes (noires, s’il vous plaît). Pressé. Un autre rappeur, Kaaris, l’attend dans un entrepôt de la banlieue parisienne pour une transaction. Artistique : mettre en images leur titre C’est pas pareil. Une œuvre débordant de paroles explicites comme le clip le sera de figurantes pulpeuses. On ne se prive pas de vidéos dans le « rap game ». Seth Gueko, Nicolas Salvadori dans le civil, y est arrivé en 2009 avec son album La Chevalière, et sortait alors déjà du lot. 2017, quatre albums plus tard, il fait rayonner son album Barlou, sur lequel il apparaît looké comme Bronson, célèbre taulard-castagneur anglais. Du punch aux punchlines. Ses saillies verbales, sans aucun filtre, ni la moindre once d’auto-censure, ses personnages décalés, à contre-courant, sur chaque album, c’est pour cela qu’on aime Seth Guecko (nom du perso de George Clooney dans le film sanglant Une nuit en enfer). Son art se prend en pleine face, comme une bonne série B, et on en redemande. Seth est apprécié et décrié pour les mêmes raisons, c’est un fait, mais nous voulions revenir à la source. Savoir ce qui avait construit ce personnage rare de 36 ans et ses rimes cinglées. On en retiendra l’importance d’avoir des frères qui ont voulu être différents du reste. Et de faire pareil. the red bulletin : Il est rare d’être face à un personnage multiple, comme vous. On ne sait par où vous aborder. seth gueko : J’ai plusieurs casquettes, qui sont l’entité d’un seul et même personnage. Rappeur, c’est juste une facette d’un per personnage complet. Multifaseth. Antifaseth. C’est l’anti-facette, tu vois ? À la base je suis un plaisantin, un vanneur un peu hors pair. Ça vous vient d’où ? C’est un art qui se développe en cité. D’autant plus quand tu es blanc, entouré de rebeus et de renois. Dans chaque cité, t’as une famille de blanc, plus ou moins, et c’est tombé sur moi. Comme un rebeu ou un

renoi doit faire ses preuves deux fois plus pour être pris dans un boulot, quand tu es en « téc’ » (cité, ndlr), c’est la même pour le blanc. Du coup j’ai appris à affûter la lame de la « gaze », de la vanne, de la punchline, attirer l’attention sur moi... Déjà tout petit... Je pense que tu nais « star », que tu as ce truc en toi, tu as envie que tout le monde t’écoute, te regarde. Mais j’étais super timide, en fait… Vraiment ? Timidité et Seth Gueko, ça semble incompatible ! Si, si, alors pour combattre la timidité, avant que les gens s’intéressent à moi… (il marque un temps d’arrêt) avant qu’on me convoque au tableau, j’avais fait tellement de boucan que le professeur ne voulait même plus m’appeler au tableau. J’avais trouvé cette carapace. Pour que personne ne me gaze, j’avais déjà vanné tout le monde. Je me suis entraîné pour être le meilleur des vanneurs. Il fallait « pulvériser » les potes pour qu’ils n’aient plus rien à dire ? Exactement ! À quel âge vous êtes-vous lancé dans cette course à la vanne, avez-vous commencé à envoyer la punchline qui tue ? Vers mes 12-14 ans, j’ai commencé à m’entraîner, et à partir de mes 15-17 ans, c’est là que mes rimes assassinent. Vous vous êtes entraîné à vanner ? Oui, je me suis entraîné longtemps (rires). Avec un dictaphone... Même pour parler aux nanas, tu vois ? « Il faut que je lui dise ça, que je la drague de telle manière… » Je répétais mes speeches tout seul devant ma glace, je faisais mes petits one man show. Ensuite, mon premier auditoire, ça a été les mecs de la cité. Aujourd’hui, il y a un gros mouvement barlou, un truc que j’ai un peu créé. Il y a des gens qui se rallient à la cause de plus en plus, ça butte. La cause de la punchline labellisée Seth Gueko ? Faire rire, la déconne. Déconnage immédiat ! Boeing 747 Gueko ! Cette déconne, vous l’avez tout de même transformée en art ! C’est parce que j’ai eu la chance d’avoir des grands frères qui m’ont transmis une culture. Quelle culture ? La culture punk. Tu vois mon tatouage Bérurier noir (référence de la scène punk française des années 80, ndlr) sur la main ? Mes frères écoutaient ces groupes punk français, les Béru, les Ludwig von 88, OTH, Parabellum, La Souris déglinguée... Vous écoutiez ce genre de musique à 12 ans ? À 12 ans, j’écoute Cop Killer de Body Count et Ice-T (le rappeur californien Ice-T a monté un groupe de metal dans les années 90, connu pour son titre polémique Cop Killer Killer, ou « tueur de flic », ndlr). Quand j’arrive au collège, les petits rebeus et renois me demandent « t’écoutes quoi dans ton walkman ? », et quand je leur fais écouter, « oh, il écoute du rock ! », mais ils ne savaient même pas ce que c’était, « ça s’appelle tueur de flic ! ». J’étais dans le futur de « ouf » déjà. C’était la rentrée en sixième, je m’en

« POUR QUE PERSONNE NE ME GAZE, JE ME SUIS ENTRAÎNÉ À DEVENIR LE MEILLEUR VANNEUR. »

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SOA au ventre : pour sa ville, Saint-Ouenl’Aumône.


« MON COURANT, C’EST DU RAP’N’ROLL, DU RAP ALTERNATIF, DU HARD METAL RAP ! » rappelle. Avant ça, en CM2, je pars en classe de neige avec Le monde de demain, le premier maxi de NTM. Et mes frères, eux, écoutent les Sex Pistols, The Clash, Ramones, The Exploited... Punk’s not dead! Baigner dans cette culture, faite de hiphop et de punk, ça vous a apporté quoi, artistiquement, humainement ? Finalement, c’est le courant alternatif du punk qui passe le relais au rap. L’utilisation des boîtes à rythmes par les punk français comme les Béru, les paroles anti FN, ce sont les prémices du rap français. On parle des classes prolétaires, de marginalité, de rébellion, des réfractaires au système, des rebelles qui chantent un message anti-police, anti-armée, antilobotomie, avec tous ces gens sous tranquillisants dans des hôpitaux psychiatriques. Le message est lourd de force ! Ce sont eux les premiers rappeurs. Chez les punks français comme chez les premiers rappeurs français, il y a un autre point commun : leur approche humoristique. Seth Gueko est un colosse d’humour. Au début, dans le rap français, l’humour ne se développe pas trop, cette approche je l’ai sentie pour la première fois avec le groupe IAM, l’album Ombre est lumière, quand ils faisaient des déconnes. Le rap reste super sérieux. C’est pour cela que quand j’arrive avec mes trucs tellement hardcore, les gens comprennent que je suis dans la déconne, c’est une surenchère de fou, de la « métagore », des trucs ultra-abusés. C’est important d’aller plus loin que les autres, de pousser ce concept de la rime qui choque ? L’auditoire doit comprendre que c’est du décalé ? C’est du cinéma. Pour faire un bon film d’horreur marquant, tu dois trouver les nouvelles morts pas encore montrées, pour que les gens se disent « ouah » ! C’est pour cela que la série des films Saw, ou les Destination finale ont si bien marché : parce qu’ils montraient des concepts de nouvelles morts, de nouvelles façons de mourir à l’écran que personne n’avait vues. Une surenchère ? Une surenchère de la mort ! Mes punchlines, c’était pareil.

Pourtant, au départ, elles vous servaient aussi à draguer des filles... C’est un travail de séduction ! Séduire les gens pour qu’ils t’apprécient, pour être le gendre idéal. Si j’arrive chez ma copine avec ma petite dégaine de mec de cité, il faut bien que j’arrive à séduire les parents. Il faut être accepté, car c’est dur d’intégrer des groupes. Tu as envie que les gens t’aiment bien, donc la première image que tu donnes de toi, c’est important. On est dans la séduction permanente. Je veux séduire mon public, je veux séduire les médias... ou ne pas séduire, car je peux aussi me mettre dans une carapace, « fuck, je m’en fous de les séduire, accepte-moi comme je suis ». Dans ce cas, tu agis d’abord en caméléon qui se fond dans la masse, et tu peux détruire le système de l’intérieur. Mais vous avez monté votre concept à un tel niveau que vos fans ne se contenteront pas d’un Gueko « tiède »… Ça me challenge ! Comment fait-on pour ne jamais être à court de bonnes punchlines, toujours plus lourdes, de bonnes rimes ? La source Gueko ne se tarit donc jamais ? Il y a tellement de références, de films, de livres, de philosophes, tellement de trucs... Ma culture ne tourne pas autour d’une chose unique. J’ai la chance de pouvoir aller puiser dans le punk, dans le Professeur Choron. Plus jeune, je lisais Fluide Glacial, Psikopat, les enfants ne lisaient pas ça, ils lisaient Tintin. Je lisais Mad Movies, L’Écran Fantastique, c’était très riche. Et comme beaucoup de gens ne connaissent pas tout ça, je pouvais même reprendre une punchline de quelqu’un, la remettre dans un texte et faire ça pendant des millénaires,


puisque personne ne connaissait la source. Je la donne la source, car je suis là pour transmettre de la culture, faire partager aux gens les choses que, par chance, mes grands frères m’ont transmises. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont peut-être pas de grands frères... Ils sont tous branchés par les mêmes trucs, ont les mêmes références ? C’est une culture à la mode de l’anti-culture. C’est la mode finalement. J’aime bien quand les choses ont un historique, un début et tout. Aujourd’hui, les gens se lancent dans le rap et ne connaissent pas l’histoire du rap. Quand je me suis lancé, je ne pouvais pas ne pas connaître la discipline de A à Z. Aujourd’hui, les gens qui rappent peuvent ne pas connaître Seth Gueko. Ils devraient ? Oui, c’est sûr. Tu peux ne pas aimer, mais tu ne peux pas dénigrer le travail, et la recherche. C’est important, dans toute activité ou projet d’avoir scanné ses fondations, de connaître ses bases ? C’est obligé. Pour être le meilleur, tu dois au moins connaître l’ennemi. C’est une arme en plus. Votre arme en plus, ça a aussi été cette culture à 360 °, alternative, trash... C’est un atout ou pas, parce que finalement, ça ne m’ouvre pas les portes d’une musique qui se développe aujourd’hui, qui part dans la Lambada, la Soca Dance. Mon courant, c’est plus du rock, du rap’n’roll, du rap alternatif, du hard metal rap... J’ai plein de définitions, c’est du rap acrobatique (rires) ! Ça me ferme des portes, ma musique reste donc underground.

Seth Gueko n’était donc pas destiné à être apprécié du plus grand nombre, à devenir « mainstream » ? À quoi bon courir après un disque d’or si ça ne doit être que des gamines de 14 ans qui t’écoutent ? Mon public, ce sont des trentenaires qui m’écoutent depuis 10 ans, et si tu vois des gamins à mon concert, c’est qu’ils sont venus avec leur père. Leur père leur aura transmis la culture. Là, je suis bon. Faire la tournée des zéniths remplis de gamines, je ne kifferais pas faire ça. Je préfère être le roi de l’underground. Rester fidèle à ce que je fais. Quitte à gagner moins d’argent ? Moi aussi, j’aimerais bien sauter des nanas après des showcases dans des bars à chichas et prendre 10 000 euros en liquide payés par le mec qui blanchit son argent dans ce bar. Mais je vis mon truc, real till I die (authentique jusqu’à la mort, ndlr). Comme je suis entre la Thaïlande et la France, je fais mon Van Damme, mais laisse-moi te dire un truc : mo money, mo problem, frère. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne fais pas le mec qui roule en Ferrari, ce n’est pas ce que je prône. Que prônez-vous, alors ? Je préfère parler des Harley, des mecs en caravanes, des trucs différents, atypiques, mais riches. Toujours cette approche alternative qui vous colle à la peau. Elle s’est exprimée ailleurs dans votre carrière ? Quand je fais une tournée, je passe par les réseaux alternatifs, je vais aussi dans des salons de tatouage, des magasins skate... Vous faites vraiment ça ? Oui ! Je reviens de Bordeaux, où j’étais dans le magasin d’une marque de streetwear française historique, Wrung. La veille, j’étais dans un salon de tatouage à Bruxelles. Et juste avant, dans une boutique de bodybuilding. J’y rencontre les gens, mon public, j’y fais des dédicaces. C’est important d’être au contact de votre public ? La fan base est là, ça tue. Le public a un contact direct avec l’artiste, il y a une proximité. Le mec me dit que c’est son rêve de faire une photo avec moi, mais encore mieux, il aura un câlin, une tape dans le dos, je vais le char char-


Gore, anarchie, punk, rock, hip-hop et icônes religieuses héritées de sa mère : c’est tout Seth Gueko qui se lit sur sa peau encrée.


« CRÊTES, RATS SUR L’ÉPAULE, DR. MARTENS, PERFECTOS... MES FRANGINS ÉTAIENT DES PUNKS ! » rier, je luis sors deux ou trois vannes. Il rentre chez lui content, avec des étoiles plein les yeux et du sperme plein les cheveux (rires)... Les gens qui vous écoutent sont divers ? Ils me ressemblent. Ils ont les mêmes références, ou bien ils se sont dit « si Seth parle de ça, je vais me renseigner pour voir d’où ça vient ». Aujourd’hui, il y a Google ! À l’époque, moi j’avais Tout l’Univers,, les encyclopédies, des dictionnaires. Là, je te balance un mot, le nom d’un acteur, d’un personnage de série, tu peux taper sur Google en te disant « si Seth Gueko en parle, c’est que c’est bien ». Votre auditeur s’intéresse, s’informe, s’ouvre culturellement grâce à vous ? C’est ça que j’adore. J’ai envie de redonner aux gens la culture que l’on m’a transmise. Comme vos frères l’ont fait avant vous. Combien en avezvous, et que pensent-ils de ce que vous faites ? J’en ai quatre, ils sont choqués. Pourtant, ils étaient punks. Ils marchaient avec des Perfectos, des rats sur les épaules, ils avaient des crêtes, ils portaient des pantalons à carreaux, des Dr. Martens, c’était des OVNI dans la ville. D’autres étaient chasseurs de skinheads. C’était une famille atypique. Moi j’étais le petit qui mettait des survêtements Lacoste, le mec de cité. Mais comme on dit, « chassez le naturel, et il revient au galop », tout ressort maintenant, en fait. Vous êtes leur Frankenstein, en quelque sorte ? C’est ça ! On s’éclate plus à regarder un film de Bernard Blier ensemble que des trucs qui passent à la télé. C’est de famille. Quand mon fils est avec ses oncles, il écoute leurs trucs. Mon fils connaît les Beastie Boys (célèbre groupe américain de rap « blanc » issu du punk, ndlr). ndlr) Qui connaît les Beastie Boys à 15 ans ? Si tu ne l’apprends pas, tu ne connais pas. Vous vous êtes surnommé « Professeur Punchline » sur votre précédent album. Alors, Professeur, une punchline, ça se bosse comment ? Elle arrive spontanément. Je n’essaie pas d’en faire. Mes potes explosent de rire, « note-le ça, c’est trop drôle ce que tu viens de dire » ! Alors je le note dans

mon téléphone. Mais le téléphone, ça m’a perdu, je ne connais plus mes textes par cœur. Tu pianotes, ce n’est pas pareil que le contact du papier, de la feuille : rayer, réécrire, parce que la phrase n’a pas la bonne tournure, la voir, la repasser dix fois, prendre une autre feuille, quelque chose de mnémotechnique. Vous filtrez vos paroles ? « Celle-là est sortable, celle-là ne sert à rien »... Elles sont toutes sortables, mais il faut les retravailler, trouver le moment où elles fonctionnent. Ça démarre d’une idée. J’ai l’idée, mais je n’ai pas encore trouvé la façon dont elle rebondit. Je dois l’affiner, la triturer. Parfois, elle sort impeccable, on a le bon nombre de syllabes, les bonnes respirations. Vos textes sont vraiment explosifs, no limit. Vous devez parfois vous dire « mais où est-ce que j’ai trouvé ça »? (rires) Ouais, des fois, en réécoutant de vieux titres, je me dis « ouah, quand même ! ». Je me surprends. Il y en a trop ! J’ai sorti 10 disques, il y a 20 morceaux par disque, sur chaque morceau tu dois avoir 16 mesures, ça fait 50 phrases écrites dans cet esprit-là, par morceau. Quand on me demande ma punchline préférée, si j’en désigne une, j’en enterre mille. Il y aussi celles écrites sur votre corps, ces dizaines de dessins sur votre peau. Ce punk’s not dead dans votre cou, par exemple, il est particulièrement important ? Ouais, ça c’était écrit dans la chambre de mes grands frères. C’était la Mecque du rebelle ! Mon père était peintre-décorateur, alors il leur avait fait une déco de fou, le drapeau anglais, un Sid Vicious avec un couteau dans la bouche, des palissades, le ciel... Comme on était au deuxième étage, tout le monde dans la cité pouvait la voir en passant. C’était un musée le truc ! En fait, avec mes tatouages, je me suis dit que j’allais reproduire des choses qu’il y avait dans cette chambre qui m’ont marqué. Comme ce « bad cowboy » dans votre dos ? Non, en fait, c’est mon virage en Thaïlande. Ça illustre la manière que j’avais de barouder dans la ville, un peu bourré. J’étais un cowboy des temps modernes, un cowboy avec un look d’indien, un truc improbable (rires). Ça me permet de visualiser quand je me baladais, là-bas, en jeans et en santiags, avec une bière à la main. Les motos chopper que j’ai conduites. Ces chevaux de fer. Chacun de vos concepts, de vos personnages, tout comme vos attitudes, sont totalement assumés ? Oui, parce que tout ça, c’est moi. Tous ces persos que j’ai déclinés. Le Fils de Jacques Mes’ (pour Mesrine, ndlr), c’est un barlou. Les gitans, c’est des barlous. Le Bad Cowboy c’est un barlou des temps modernes. Un punk des temps modernes, si tu préfères. On en revient toujours à vos punks de frères, finalement... Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, c’était un film avec la troupe du Splendid ! Et bien tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des grands frères punks ! J’en ai créé un truc artistique, un rap hybride, qui me permet de vivre depuis 15 ans en mode Highlander. Toujours près de vos barlous ? Toujours près du matelas, au cas où je tombe. Un matelas de chair. Mais pas Thatcher. sethgueko.net

« MA PUNCHLINE FAVORITE ? T’EN CITER UNE, CE SERAIT EN TUER MILLE. IL Y EN A TROP ! »

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ROIS DES MERS

Conçus pour la vitesse pure et les conditions les plus dures, les voiliers multicoques tels que Phaedo³ sont les pur-sang de la course au large. Le propriétaire Lloyd Thornburg et le skipper Brian Thompson nous embarquent sur la voie rapide de l’océan. Texte : Justin Hynes Photos : Kelvin Trautman

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Le bowman et régleur de voile Pete Cumming change la voile sur la proue. Le poids des voiles et une houle intense rendent la tâche fastidieuse.

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« Notre bateau est une voiture de rallye ; conçu pour la vitesse... et les conditions difficiles. » Brian Thompson


À Ci-dessus : Sam Goodchild, membre du Phaedo3 , met le cap sur la Sicile lors de la Rolex Middle Sea Race. À gauche : Phaedo3 fuse à 29 nœuds, presque deux fois la vitesse du vent. THE RED BULLETIN

l’autre bout de la ligne grésillante, à Antigua (Caraïbes), le navigateur Brian Thompson nous dévoile les subtilités de son multicoque actuel. « Beaucoup de gens comparent ces bateaux à des voitures de course, explique-t-il, mais ils sont bien plus que ça. Pour moi, ils sont plus proches des voitures du Dakar. Les bateaux de la Coupe de l’America sont des Formule 1, mais ils ne peuvent vraiment naviguer que sur une mer plane – un circuit, si vous voulez. Notre bateau est un bolide tout-terrain, une voiture de rallye ; il est conçu pour la vitesse... et les conditions difficiles. » Le bateau en question est le Phaedo³, un trimaran de 21 m de la catégorie MOD70. Une merveille en fibre de carbone conçue aux seules fins d’en faire un bateau express : ce bolide des mers multicoque est capable de chevaucher les vagues à une vitesse pouvant atteindre 75 km/h. Thompson, le co-skipper britannique de Phaedo³ avec le propriétaire américain Lloyd Thornburg, nous parle depuis le port de Falmouth à Antigua, où le duo s’apprête à donner le coup d’envoi du millésime 2017 de la course RORC Caribbean 600, la course phare de la saison de voile dans cette région. En énumérant les îles jalonnant le parcours de cette odyssée de 965 km – Antigua, Anguilla, Monserrat, Guadeloupe, Saint-Christophe-et-Niévès – il est difficile d’envisager cette course comme autre chose qu’une chasse gardée de milliardaires avides de sensations fortes, accrocs à l’adrénaline, et qui ont beaucoup, beaucoup d’argent à dépenser. Cette image du passionné de vitesse

fortuné avec beaucoup de temps à tuer colle parfaitement à la personnalité de Thornburg. Âgé de 36 ans, fils d’un investisseur dont le fonds gère pour 55 milliards de dollars d’actifs, il pilote son propre jet privé, pratique la chute libre et conduit des voitures de sport. À la lumière de ces passe-temps dorés, naviguer des voiliers surpuissants relèverait presque de la banalité. Un mode de vie dont le commun des mortels ne peut que rêver. Face à une existence si fastueuse, il y a de quoi hausser les sourcils, mais la passion débordante de Thornburg pour son sport et son bateau se lit dans ses yeux grands ouverts. Et elle est contagieuse. « J’ai commencé à vouloir naviguer à travers le monde, explique-t-il, alors j’ai construit un bateau pour ça – un catamaran – et je l’ai navigué de l’Atlantique sud aux Caraïbes. J’ai décidé d’en faire un bateau de course, et on a engrangé pas mal de succès. Et puis on a fini par participer à une vraie course avec la Transpac (de Los Angeles à Honolulu, ndlr) il y a trois ou quatre ans. » C’est à l’occasion de cette course que Thornburg a rencontré Thompson. « Le chemin du retour fut bien long et solitaire, et on se demandait déjà ce qu’on pourrait faire d’autre », rapporte ce dernier. Le CV de Thompson a des allures de catalogue regroupant ce qui se fait de mieux en matière de courses aux confins de l’océan. Premier citoyen britannique à avoir battu le record du tour du monde à la voile à deux reprises, ce navigateur de 55 ans a également remporté la Volvo Ocean Race, le Trophée Jules Verne – la circumnavigation la plus rapide au monde –, et a terminé cinquième du Vendée Globe 2009. Au cours de la conversation, le duo révèle sa parfaite complémentarité, le débit de mitraillette de Thornburg étant largement tempéré par la vision plus flegmatique qu’offre Thompson de la course à la voile. Les deux esprits se rencontrent clairement, comme en atteste leur décision commune de passer en catégorie de trimarans MOD70 au retour de la Transpac. « J’avais été invité à assister à des essais nautiques et j’ai eu la chance d’en barrer un pendant 10 minutes, raconte Thornburg. C’était une expérience à couper le souffle. » Fasciné, il tente d’affréter un MOD70, sans succès. Son rêve de barrer un de ces trimarans à la pointe de la technologie semblait s’évaporer lorsque, fin 2014, il reçoit un appel de Thompson pour lui annoncer qu’un MOD70 était en vente en France. Thornburg n’a pas hésité un instant : « C’était maintenant ou jamais. Alors on a sauté sur l’occasion ; on a foncé bille en tête. C’est comme ça que ça a commencé. » Depuis, Thornburg et Thompson ont fait de Phaedo³ le voilier sans doute le plus couronné de succès au monde dans sa catégorie, enchaînant les records à la pelle. Ils ont notamment battu le record de la transatlantique entre les Bermudes et Plymouth de plus d’une semaine, avant d’exploser celui du tour de l’île de Wight de près d’une demi-heure, détenu par le héros de la Coupe de l’America Sir Ben Ainslie. Pour Thompson, leur bateau est capable d’une puissance telle que la clé du succès consiste non pas tant à forcer l’allure qu’à maîtriser la vitesse intrinsèque générée par le trimaran. « Vous passez beaucoup de temps à réduire la voilure, à changer de cap pour trouver une échappatoire en cas de vents trop puissants, et, plus généralement à installer des voiles plus petites ou plus grandes. C’est comme un moteur de voiture, sauf que vous pouvez changer les cylindres du moteur. Il y a beaucoup de décisions à prendre, comme installer les voiles, fixer le cap pour maintenir la vitesse et préserver la sécurité. Tout le monde peut aller vite un moment, mais maintenir la vitesse et la sécurité en permanence, c’est un défi captivant. » Pour Thornburg, c’est essentiellement son caractère extrême qui explique son attirance pour ce sport. « Vous êtes toujours à 39


« C’est comme si on essayait de dormir à l’arrière d’un pick-up lancé sur un chemin de terre à plus de 100 km/h ! » Lloyd Thornburg

« Une fois qu’on est sur le pont, c’est comme si on était arrosé par un tuyau d’incendie », raconte Thornburg.

une mauvaise décision de la limite, ou, pour faire une analogie avec les sports mécaniques : une seule mauvaise décision, et vous allez dans le mur. Le summum de l’extrême est atteint lorsque les pluies nocturnes s’invitent. C’est comme piloter un avion aux instruments : vous regardez les instruments et vous manœuvrez au feeling en fonçant dans l’obscurité totale. » Autre épineux problème : afin de garder le contrôle du bateau, il s’agit non seulement de braver les éléments, mais aussi de lutter contre les limites humaines et, en premier lieu, la fatigue. « Pour espérer vraiment dormir, il faut pouvoir profiter d’un moment où il n’y a aucune décision à prendre et où le bateau peut naviguer en toute sécurité, confie Thompson. Il s’agit de contrôler visuellement les conditions météo, de regar regarder les prévisions, et là on peut se dire : “OK, je crois que j’ai quelques heures de conditions stables devant moi, je peux me reposer en toute sécurité.” Et vous avez intérêt à le faire, sinon vous finirez par prendre de mauvaises décisions. » Quant à Thornburg, il considère la quête de sommeil réparateur avec encore plus de perplexité : « C’est comme si on essayait de dormir à l’arrière d’un pick-up lancé sur un chemin de terre à plus de 100 km/h ! » Trouver le sommeil ne constitue pas la seule difficulté. Même la plus simple des tâches peut s’avérer fastidieuse une fois que Phaedo³ est lancé à pleine vitesse. « C’est extrême à tous les niveaux, avance Thornburg. C’est dur d’enfiler ses vêtements de pluie et de ressentir la fatigue avant même d’être monté sur le pont, parce que le simple fait de se tenir debout est épuisant. Une fois que vous êtes sur le pont, c’est comme si on était arrosé par un tuyau d’incendie. Tout est compliqué lorsque vous foncez à toute allure – même les tâches basiques, comme faire du thé ou manger, deviennent vraiment difficiles. » Mais les erreurs ne sur surviennent pas uniquement quand la bataille bat son plein, comme l’équipage l’a appris à ses dépens lors de la Rolex Middle Sea Race l’an dernier. Après avoir creusé un écart confortable sur leurs rivaux du Maserati, l’équipage du Phaedo³ a commis une erreur de navigation monumentale, en fixant un mauvais cap alors qu’ils se dirigeaient vers l’île de Lampedusa, au large de la pointe sud-ouest de la Sicile. Au moment où l’erreur a été corrigée, Maserati avait déjà pris 100 km d’avance. C’était plié ! À nouveau confronté à Maserati lors de la RORC Transatlantic Race en décembre dernier, l’équipage a remis les pendules à l’heure, et avec la manière. « On se dirigeait vers la pointe nord de Tenerife, et Maserati était juste à environ 7 ou 8 km derrière nous, raconte Thompson. Il nous fallait prendre une décision pour passer soit au-dessus soit en dessous de La Palma, et on a choisi de prendre le passage entre La Palma et Tenerife, ce qui nous exposait au risque de vent faible. Maserati a poursuivi vers le nord et est passé au-dessus de La Palma. On a réussi à bien négocier une période de vent faible avant de monter en puissance et distancer nos adversaires. On a terminé 500 km devant. » L’accueil réservé aux héros dans les ports d’arrivée et les records qu’ils s’efforcent de battre avec un enthousiasme inaltérable sont les récompenses évidentes de la course au large. Néanmoins, pour Thornburg, c’est peu de choses face aux satisfactions plus profondes que procure ce sport. « Avec toute la technologie qui envahit notre quotidien, beaucoup de gens ont l’esprit dispersé. La mer, elle, a quelque chose d’apaisant. Cet environnement sans limites et l’horizon infini contribuent à élargir ta pensée. Se trouver là, au milieu de cette espèce de monde sans formes, c’est très relaxant et très intéressant. » Cette simplicité exerce sur Thornburg le pouvoir d’attraction le plus considérable. Et la vie alors se dilue dans une succession d’instants singuliers d’une clarté absolue. « Voilà la véritable raison pour laquelle naviguer un voilier comme Phaedo³ est à ce point captivant. » teamphaedo.com 41


MAGNUM

FORCE 70 ANS DE PHOTOGRAPHIE DE SPORT En 1947, les photographes Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert, George Rodger et David « Chim » Seymour fondèrent à New York une agence photographique. Magnum, car une grande bouteille de champagne aurait joué un rôle. Coopérative à sa création afin de pouvoir garder le contrôle en matière de qualité et d’honoraires face aux clients, Magnum est devenue par la suite, grâce à la créativité de ses membres, une véritable référence de la photographie de presse dans tous les domaines du genre. The Red Bulletin, qui coopérera à l’avenir avec Magnum, vous montre un aperçu des meilleurs clichés sportifs issus de 70 ans de visual storytelling.

Texte : Robert Sperl

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MICHAEL SCHUMACHER Peter Marlow, 2001

Déjà trois fois champion du monde à l’époque : un Michael Schumacher détendu dans sa caravane lors des essais à Mugello en Italie. Le Britannique Peter Marlow réussit ici ce que seuls les excellents photographes maîtrisent : il se rend quasiment invisible et fait de la photo un véritable tableau.

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PLONGEURS À SANT’ELIA

Ferdinando Scianna, 1982 Le Sicilien Scianna détient ce rare double don : brillant écrivain et photographe talentueux. Maître de l’instant, il sait jouer des mises en scène pour laisser penser qu’il s’agit du hasard.


ARNOLD SCHWARZENEGGER Elliott Erwitt, 1977

Elliott Erwitt a grandi à Paris et à Milan, et a émigré en 1939 aux USA. Il avait déjà travaillé avec des stars comme Marilyn Monroe ou Bob Dylan lorsqu’il photographia Arnold Schwarzenegger. L’Autrichien, immigré lui aussi, était à l’époque connu comme bodybuilder.

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ENTRAÎNEMENT DE RUGBY John Vink, 1999

Ouvriers, marchands, paysans : l’équipe de rugby de la petite ville française de Villefranche-de-Lauragais se compose d’amateurs. Ambitieux mais sans temps libre, les sportifs ne peuvent s’entraîner que le soir. Et l’entraînement dure tard dans la nuit, jusqu’à l’épuisement.

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TOUR DE FRANCE Harry Gruyaert, 1982 Harry Gruyaert s’est fait connaître avec ses reportages sur le Maroc, l’Inde et l’Égypte. Né en Belgique, il a toujours eu un rapport émotionnel au cyclisme et donc au Tour de France. Ce n’était pas seulement les célébrités qui le fascinaient mais aussi tous ceux qui y jouaient un second rôle, comme l’Autrichien Harald Maier soigné par les médecins en pleine course. Ou l’étrange épisode de grève pendant lequel les cyclistes font un sit-in sur la 12e étape, en 1982 aussi.

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VÉLODROME D’HIVER Henri Cartier-Bresson, 1957

Le cofondateur de Magnum, génie de la photo en noir et blanc, a posé durant des décennies les jalons de la photographie. Son credo : s’approcher à pas de velours, un mot pouvant tout ­gâcher, et saisir l’instant décisif. Comme ici lors de la pause durant la course de Six Jours de Paris.


MOHAMMED ALI Abbas Attar, 1974 (en haut), Thomas Höpker, 1966 Deux clichés du meilleur boxeur de tous les temps. En haut à Kinshasa avant le fameux Rumble in The Jungle, combat mémorable contre George Foreman : invulnérable, placide devant la presse internationale. En bas à Londres, lors de la visite d’un studio de tournage et effrayé par une abeille nerveuse : angoissé, émotif, effarouché. Ali avait inscrit sur son peignoir de satin : « Vole comme le papillon, pique comme l’abeille. »

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CASSIUS CLAY

Philippe Halsman, 1963

Le photographe américain, qui a débuté en France, a conçu 101 couvertures pour le magazine Life, dont des portraits de Dali, Einstein et Chagall. Son extraordinaire créativité lui fait porter un regard profond sur ses sujets : « Dans chaque visage se cache le mystère d’un autre être humain. » Alors qu’il photographiait le plus grand boxeur de tous les temps à New York, encore appelé Cassius Clay, celui-ci montrait déjà son second visage : celui d’un champion incontestable.

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RING MEXICAIN Alex Webb, 1978

« Photographe de rue », ainsi se définit l’Américain. Son intuition le guide alors qu’il évolue au milieu des conflits permanents et des confrontations. Webb cherche aussi les démêlés à l’abri de l’agitation extérieure, à l’image de cette scène de lucha libre.

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FOOTBALL Abbas Attar, 1976 (en haut), Harry Gruyaert, 1998 Pourquoi le football est-il le jeu le plus fascinant sur toute la planète ? Deux photos en guise de réponse. Que ce soit sur les terrains boueux et détrempés de Guapi en Colombie ou sur les terres rouges du terrain du Canon de Yaoundé au Cameroun : il suffit de cages de but inclinées, d’un ballon et de l’ambition des joueurs pour déclencher l’enthousiasme.

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MAGNUM FORCE 70 ANS DE PHOTOGRAPHIE DE SPORT

ROBERT CAPA/INTERNATIONAL CENTER OF PHOTOGRAPHY/MAGNUM PHOTOS,RENE BURRI/MAGNUM PHOTOS, HELGE KIRCHBERGER PHOTOGRAPHY/RED BULL HANGAR-7

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ors de la création de l’agence photographique Magnum au printemps 1947 à l’occasion d’un déjeuner au Museum of Modern Art de New York, les pères fondateurs n’avaient pas le sport dans leur objectif. Robert Capa, William Vandivert, David Chim Seymour, George Rodger et Henri Cartier-Bresson avaient tous été correspondants de guerre. Ce qui les animait désormais, c’était la nécessité de combler la curiosité de leurs concitoyens par d’autres choses que les horreurs de la guerre. Rassemblant reporters et artistes, l’équipe de photographes de Magnum était à la recherche de formats inhabituels. Tous s’obligeaient à la plus grande qualité : jusqu’à présent, seule une centaine de photographes se sont qualifiés pour une collaboration avec l’agence. Leur travail était souvent un combat contre le mainstream auquel les magazines, les illustrés et les revues étaient contraints à l’époque. Il était nécessaire que Magnum ne soit pas qu’une institution artistique mais qu’elle veille en tant qu’édifice économique – les membres apportaient des contributions dont tous tiraient des avantages – à une nécessaire indépendance vis-à-vis des clients. Et même lorsque, à l’époque de la fondation, les thèmes sportifs ne jouaient quasiment aucun rôle, si des génies tels que Robert Capa ou Henri Cartier-Bresson s’exprimaient, il était impossible de ne pas remarquer leur maîtrise artistique. Les clichés de Capa des lutteurs en Géorgie étaient un exercice d’une fabuleuse habileté, en 1947. On comprend l’estime por portée à Capa à l’époque au travers des faits suivants : John Steinbeck, auteur d’un reportage sur la Russie dans le Ladies’ Home Journal, détenteur du prix Pulitzer et plus tard du prix Nobel de littérature, fut récompensé de 3 000 $. Capa, lui, reçut

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Les photographes de Magnum, inventeurs d’une langue que chaque œil comprend : James Dean par Dennis Stock (en haut), D-Day par Robert Capa (au centre), et Che Guevara par René Burri. Manifesto, le livre anniversaire.

20 000 $ (une voiture coûtait à cette époque environ 1 500 $). Techniquement, ce n’était pas un problème pour les photographes de Magnum de trouver leurs marques dans la photographie de sport. Le credo de Capa : « Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près » était cyniquement valable tant pour les clichés pris sous le feu de l’ennemi que dans les photos des courses de chevaux, des combats de ring ou des jeux de baseball. Le matériel utilisé dans les tranchées avait la même qualité que pour le travail sur les pistes des courses : des appareils photo petits et rapides à manier, et une pellicule sensible. Dans son livre Images à la sauvette (1952), Cartier-Bresson parle du devoir du photographe de fixer des impressions d’événements éphémères, il décrit précisément le point décisif de la photographie

de sport chez Magnum : l’objectif n’est pas de figer une action afin que l’observateur puisse consommer une autre fois ce moment. Il s’agit de regarder par-delà le décor de l’action. Qui plus est, les photographes de Magnum étaient de formidables narrateurs sportifs. Une seule image détenant de nombreux détails (expressions faciales, nuances, demi-tons…) dévoilait plusieurs niveaux de lecture d’un même événement. D’abord, l’attention et l’imagination du contemplateur étaient retenues puis guidées dans une réflexion portant sur cet événement. Les photographes de Magnum ont toujours considéré le sport comme un défi particulier, même Jonas Bendiksen. En hiver, il s’extrait souvent de son travail de photographe documentaire pour aller saisir des motifs spéciaux lors de ses descentes à ski. Comme en 2014, avec le freeskieur Henrik Windstedt : « Les moments les plus intéressants pour moi sont quand le sport et l’art se rencontrent. » Les photographes de Magnum sont prêts à investir tout le temps les efforts et la patience nécessaires pour rester à l’affût. Thomas Höpker a pris quelques-uns des clichés les plus authentiques de Mohamed Ali, qu’il accompagna pendant près de 30 ans. En cherchant à se rendre invisible, il parvenait à subtiliser et à fixer sur la pellicule un instant, une expression qui échappaient à la méfiance du boxeur. Höpker s’inspirait de la technique de sa consœur au sein de l’agence, Inge Morath. Sur le tournage du film d’Arthur Miller, Les Désaxés (1960), elle fut si discrète à se rapprocher de Marilyn Monroe qu’elle put en saisir son vrai visage. « Marilyn maîtrisait toutes les ficelles pour poser et simuler », raconte la photographe qui, elle, maîtrisait toutes les ficelles pour la percer à jour. magnumphotos.com

L’AGENCE MAGNUM INVITÉE AU HANGAR-7, SALZBOURG (AUTRICHE)

L’exposition Les 70 ans de la photographie de sport sera ouverte du 5 avril au 1er mai 2017 (entrée libre). Le Hangar-7, c’est une architecture unique qui rassemble une collection d’avions historiques des Flying Bulls et des voitures de Formule 1. Outre l’espace consacré aux expositions, le Hangar-7 abrite le restaurant Ikarus, deux bars, un lounge outdoor et un café. Il accueille de nombreux événements et se révèle être un lieu de rencontre idéal pour les amateurs d’art. hangar-7.com

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ALERTE BOMBE

À

LA

L’ A C T R I C E I L F E N E S H H A D E R A E S T U N E F E M M E D E C O N T R A S T E S   : N E W - Y O R K A I S E D A N S L’ Â M E , O U V E R T E M E N T E M PAT H I Q U E , B E L L E , I N T I M I D A N T E , M A I S T E L L E M E N T ­A B O R D A B L E . L A S T A R D E B A Y W A T C H A T O U T P O U R P L A I R E . T E X T E  : N O R A O ’ D O N N E L L   P H O T O S  : D O V E S H O R E


Bikini : Duskii

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Brassière et maillot : Duskii Lunettes de soleil : Vintage


L THE RED BULLETIN

the red bulletin : En 1989, le Hollywood Reporter écrit à propos du pilote d’ d’Alerte à Malibu : « Soyons honnêtes, les corps de rêve, c’est ça qui va plaire aux téléspectateurs. » Plus de 25 ans après, où en est-on ? ilfenesh hadera : (rires) Rien n’a changé. La forme et la condition physiques sont les éléments essentiels. Zac (Efron, ndlr) s’est transformé. Quant à Dwayne, son corps, c’est sa marque de fabrique. C’est aussi un film marrant qui ne se prend pas au sérieux. Attention, ce n’est pas une parodie de la série, c’est un film bourré d’action, avec explosions et courses-poursuites en bateau. En tant que femme, que pensez-vous de la situation d’il y a 25 ans ? Par rapport à maintenant ? Mon personA RECETTE POUR DÉPOUSnage, Stéphanie Holden, c’est la plus sage des trois sauveteuses. Ça a peut-être été SIÉRER UNE SÉRIE EMBLÉM AT I Q U E D E S A N N É E S 9 0 – plus simple pour moi d’interpréter ce rôle sans me sentir réduite à l’état de ALERTE À MALIBU, EN femme-objet. L’OCCURRENCE – ET LA Dwayne Johnson ne tarit pas d’éloges sur vous. Il dit que vous êtes « solide PROPULSER SUR GRAND comme un roc ». D’où vient cette force ? ÉC R A N E N 2 0 1 7 ? D ’ A B O R D, J’ai eu la chance d’avoir été élevée par des UNE BONNE DOSE D’HUfemmes incroyablement fortes. Ma mère MOUR. ET PUIS LE BON et ma grand-mère sont les femmes les plus empathiques, les plus merveilleuses CASTING. LA DULCINÉE DE D W AY N E J O H N S O N , S TA R E T et les plus adorables que je connaisse, mais ce sont des dures à cuire. Ma grandPRODUCTEUR DU FILM, N’A mère a 84 ans et elle est active, autoPA S É T É F A C I L E À T R O U nome, intelligente, aventureuse et elle ne V E R . « I L L U I F A U T D E S TA S se laisse pas marcher sur les pieds. Pareil D E Q U A L I T É S , É C R I T- I L S U R pour ma mère. C’est ma meilleure amie. Elle vient du Vermont et elle a un petit I N S TA G R A M . E L L E D O I T côté hippie. Elle ne juge pas, elle écoute Ê T R E F O R T E , I N T E L L I G E N T E , et elle est de bon conseil. G É N I A L E , B E L L E E T D R Ô L E . Vos parents dirigent l’African Services Committee, association new-yorkaise E T C ’ E S T D O N C L A TA L E N qui aide les réfugiés comme votre père, TUEUSE ILFENESH HADERA qui a quitté l’Éthiopie pour venir aux Q U I R E J O I N T L A FA M I L L E États-Unis. Quelle est la plus grande leB AY W AT C H . » çon que vous ayez tirée de leur travail ? Ils m’ont appris à être quelqu’un de bien Ces qualités, Hadera les possède, et bien autant que possible, parce qu’on ne sait d’autres encore. L’actrice de 31 ans, qui jamais ce que les autres traversent. Il faut est née et a grandi à Harlem (New York), les traiter avec empathie et générosité. s’est fait remarquer dans Show Me A Hero, En quoi ces leçons vous ont-elles aidée une mini-série de HBO qui a rencontré dans votre métier ? un vif succès ces dernières années, dans Je me débats un peu avec tout ça parce Billions sur Showtime, ainsi que par ses que je trouve mon travail tellement futile fréquentes collaborations avec le réalisapar rapport à ce qu’ils font. teur Spike Lee. Un parcours qui ne la destinait pas à Baywatch, mais Hadera est tout sauf conformiste. « The Rock » a vraiment très bon goût. 59


Brassière et maillot : Duskii Lunettes de soleil : Vintage


EN QUATRE OBTENIR VEUT, PAS DE HONTE FAUT ARRIVER. » « TA N T Q U ’ O N S E M E T POUR

C E Q U E L’ O N

IL N’Y A

À FAIRE CE QU ’IL

POUR Y

Styling : CHRISTINA PACELLI, The Only Agency Assistante : CAROLINE CURTIS Coiffure : MATT FUGATE pour Exclusive Artists avec Kérastase Paris Maquillage : CAROLA GONZALEZ, Forward Artists

Mais en tant qu’actrice, vous pouvez toucher beaucoup de monde. C’est vrai. C’est quelque chose que je dois m’efforcer de ne pas oublier. J’ai vraiment de la chance de pouvoir enfin faire ce que j’aime, tous les jours. J’ai passé pas mal d’années à travailler dans des restaurants pour payer les factures. Et qu’est-ce que j’étais ? Hôtesse, pas actrice. Mais ce n’était pas la bonne manière de voir les choses. Tant qu’on se met en quatre pour obtenir ce que l’on veut, il n’y a pas de honte à faire ce qu’il faut pour y arriver. Et vous y êtes arrivée. C’est génial. Quand mes parents m’appellent pour me parler d’une subvention qui n’a pas été accordée, alors que moi, je me pavane en bikini sur une magnifique plage au bord de l’océan, c’est dur. Ce n’est pas facile de voir le rapport entre leur travail et son impact sur le mien. Mais vous êtes célèbre, vous pouvez faire connaître leur cause. Oui, j’ai enfin l’impression que je vais pouvoir les aider grâce à mon statut – et ça me soulage. Mes parents viennent de lancer une association pour les jeunes, et ils m’ont demandé de prendre la parole pour faire un peu le buzz. Je n’aime pas parler en public, mais je leur ai dit que je ferai une vidéo. Ce serait vraiment cool si Dwayne pouvait faire l’intro pour intéresser les gamins. The Rock, tout le monde l’adore. Je n’ai même pas eu besoin de lui donner de détails. Il a accepté sans un mot de plus. Et surtout, il a fait une vidéo vraiment sympa sur l’importance de donner de son temps à sa communauté. En parlant de The Rock, vous avez commenté un de ses posts Instagram : « Dédicace à tous ceux qui se sont moqués de moi quand je suis tombée du starting-block lors d’une compète de natation en 1997. » Expliquez-nous ça ! Je faisais partie d’une équipe de natation de la YMCA. À ma dernière compétition, j’étais debout sur le starting-block et je

suis tombée dans l’eau avant le coup de sifflet. Le moment le plus gênant de toute ma vie. J’aurais voulu ne jamais remonter à la surface. C’était horrible. Où en êtes-vous niveau natation désor désormais ? Vous entraînez-vous beaucoup ? Je suis une assez bonne nageuse. On a fait des sessions d’entraînement de deux heures, deux fois par semaine, pendant deux mois. Ce n’est pas énorme, mais deux heures en piscine, c’est déjà pas mal. La natation, c’est un sport de malade. Ça fait vraiment travailler tout le corps. C’est aussi une bonne manière de nouer des liens avec les autres acteurs. Comment était l’ambiance sur le tournage ? On s’est éclatés. On a tous des personnalités différentes. Alexandra (Daddario, ndlr) est trop marrante. Elle vient de New York, elle aussi, donc c’était cool d’avoir une autre new-yorkaise dans l’équipe. Dans les séries des années 90, on entendait toujours parler des actrices qui se crêpaient le chignon. Pas nous ! Et ça me semble dingue, parce qu’avec trois femmes en maillot de bain, on se dit qu’il y aura forcément de la compétition dans l’air. Pensez-vous que c’est une question de différence entre avant et aujourd’hui ? Ou peut-être que les gens pensent que c’est ce qui est censé arriver quand trois femmes se retrouvent ensemble ? Mais pourquoi donc ? Sur Baywatch, je crois qu’on voulait tous donner le meilleur de nous-mêmes – et ne pas faire d’ombre aux autres. Vous avez tous donné un nouveau sens à la « bombe d’Alerte à Malibu ». Qu’est-ce que ça veut dire, au juste ? Qu’il ne faut pas cacher son intelligence pour être plus séduisante aux yeux d’un homme. C’est tellement has been. Encore heureux ! Baywatch sort en salles le 21 juin.

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Troisième relayeur, le parapentiste dÊcolle du haut de La Tournette et son panorama saisissant sur le lac.

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L’UNION FAIT LA FORCE Quatre relayeurs, trois éléments. C’est le pitch du Red Bull Éléments, sur les rives du lac d’Annecy, le 23 septembre prochain. Mais ce que l’on va vous raconter, c’est une histoire de mousquetaires de l’outdoor. Un pour tous, tous pour un.

JAN KASL/RED BULL CONTENT POOL

Texte : Patricia Oudit

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Quel que soit le tempo, la motivation est claire : solidaires dans la sueur, courageux dans l’engagement. Même si l’amateur ne joue pas le même chrono que l’athlète professionnel du haut du tableau, le tout est de ne pas confondre ce relais avec une promenade de santé. 64

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DAMIEN ROSSO/RED BULL CONTENT POOL

Deuxième relayeur, le traileur donne tout dans les 11,2 km de montée qui le séparent du sommet.

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RICHARD BORD/RED BULL CONTENT POOL

Dernier relayeur, le vététiste doit être polyvalent, maîriser le horspiste et aimer la descente. Après lui, c’est top chrono.

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A THE RED BULLETIN

u bout de la ligne droite, au cœur du village de Talloires, déboule l’un des derniers participants. Lui, n’en a plus, de cœur. Il en a tellement mis à l’ouvrage. La pression de partir le premier sûrement. D’être le maillon initial d’un rouage plus ou moins huilé, préparé. Pensez ! Quatre sportifs : rameur, traileur, parpentiste, vététiste, se donnant le relais dans une même équipe, on n’avait jamais vu ça avant le premier Red Bull Éléments, relais sans équivalent inauguré en 2011 – et dont l’édition 2017 verra un nageur exténué remplacer le rameur carbonisé. Pas aussi simple qu’un 4×100 m, ce pari de transversalité. Surtout quand il faut faire avec les éléments, hostiles par nature, dès qu’on ose l’altitude et sa météo instable. Un relais unique, donc, incertain jusqu’à l’issue tant le terrain peut se montrer joueur avec les pros, comme les amateurs. Revenons à l’élément premier. Les eaux calmes et claires du lac au petit matin. Après un départ en masse – 70 équipes à l’attaque – ce sont 2 800 m de nage qu’il faudra désormais assurer au Red Bull Éléments, en deux tours, suivi pour le premier de 400 m et pour le second de 600 m de course à pied. Lorsque le nageur surgira de l’eau, réalisant le sprint le plus humide de toute sa carrière, c’est à bout de souffle et de muscles qu’il tapera dans la main de son équipier traileur, prêt à s’élancer à l’assaut de la Tournette, 11,2 km plus haut. Une chaîne de performance solidaire. Au sortir d’une brume bien trop glacée, le traileur se fait masser les mains – gelées – par son successeur parapentiste. Lequel, après avoir survolé le vert émeraude du lac d’Annecy, fait trois atterrissages et autant de décollages, rate la micro-barge sur laquelle il est censé atterrir dans le lac, court comme un dératé, voile placée en corolle et suspentes emmêlées pour compenser la perte au chrono. Puis lessivé, tape dans la main du dernier, le vététiste qui part pour 22 km, et qui, de monotraces rachitiques en passerelles branlantes, finit en aveugle, sans savoir grand-chose de son classement. Mais qui va piocher au fond, tout au fond, parce que l’esprit d’équipe est un formidable accélérateur de performances. L’union fait la force, dit-on. Pourtant, quand le mot de relais outdoor est prononcé en 2011, le scepticisme est de mise. Un relais ? Pardon ? Comment rendre lisible une telle épreuve, sur un terrain aussi vaste ? Comment pourront s’entendre dans la même équipe des stars de différentes disciplines, par essence individuelles ? Une foire à l’ego en vue ? Ce n’est pas parce qu’on agrège les plus forts que cela fait une équipe qui gagne, les footballeurs pros peuvent en témoigner. Bref, la mayonnaise allait-elle prendre autour du lac d’Annecy ou finir, ratée et indigeste, dans ses profondeurs ? 67


D’UNE GALÈRE À UNE AUTRE

Cette année, la nage en eau libre – associée à la course à pied – remplace l’aviron dans un exercice de Swim & Run à grand spectacle. Le profil de cette épreuve matinale et accessible au public depuis le cœur du village ? Un départ en mass start de la plage de Talloires. Soit 2 800 m d’un parcours à suspense sur deux tours avec une première salve de 1 500 m de natation, assortie de 400 m de course à pied au niveau de l’embarcadère. La seconde partie de nage de 1 300 m sera suivie de 600 m de running, avec une sortie au bout de la baie de Talloires (Roc de Chères) et un passage de relais sur le port de Talloires. Hormis ce changement, le format de course et l’ordre de passage restent inchangés : nage, trail, parapente, VTT. Infos et inscriptions sur : redbullelements.com

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es doutes sont vite levés. En découvrant le camp de base d’abord : Talloires, située sur la rive est, à 447 mètres d’altitude au pied du Lanfonnet, Roche Murraz (1 768 m), des Dents de Lanfon (1 824 m) et de La Tournette (2 351 m), le point culminant du lac où allaient bientôt s’éparpiller les traileurs. Impossible de rêver mieux pour un relais multisports que ce terrain de jeu grandeur nature, site pionnier du parcours-aventure. Le niveau ensuite : l’événement n’est pas qu’un raid-aventure pour les forts de la nature. L’horizon reste ouvert aux amateurs. Pour peu que ce soit sur l’air des Copains d’abord. Car quel que soit le tempo, la motivation est claire : solidaires dans la sueur, courageux dans l’engagement. Même si l’amateur ne joue pas le même chrono que l’athlète professionnel du haut du tableau, le tout est de ne pas confondre ce relais avec une promenade de santé. Sur le lac, pas le temps de rêver le long du Roc de Chère et ses falaises de 37 m de haut en direction du romantique château de Duingt, quand bien même on aurait envie d’y réveiller la Belle au Bois Dormant. Dans la Montée de La Tournette, le traileur mute dahu dans les dalles raides et les échelles. Dans le chemin de Planfait, le parapentiste bataille avec les pierriers qui, s’il pleut, deviennent patinoire. Le vététiste porte son vélo dans les montées, fuse à Mach 2 dans les descentes mais, il peut se rassurer : cette année, le parcours promet d’être plus roulant. Amateurs, certes. Mais éclairés et entraînés. Et qui pourront, l’espace d’un instant, se mesurer aux meilleurs, du moins voir l’écart qui les en sépare. On le sait : crapahuter dans les airs, sur l’eau ou dans la boue à côté de champions, est aussi une incroyable source de motivation. Ceux-là, enfin, se côtoient, au moins une fois par an, depuis Red Bull Éléments. Nageurs, traileurs, parapentistes, vététistes de haut niveau : tous membres de la même planète outdoor, dont les chemins ne se croisaient que peu, voire jamais auparavant. Tous réunis, dans l’effort, la bonne humeur, le partage. Lors de la première édition, Kilian Jornet, star mondiale du trail, résumait bien l’esprit de l’épreuve. « C’est en discutant avec Martin Fourcade (multiple champion du monde et champion olympique de biathlon, ndlr) qu’on a eu l’idée d’y participer. Nous sommes de bons amis et on avait envie de faire quelque chose ensemble. C’était l’occasion parfaite ! Après, on a cherché des per personnes pour l’aviron et le parapente (Jérémy Pouge et Martin Bonis, ndlr) et on a constitué une belle équipe. On vient pour la perf, mais aussi et surtout pour passer de bons moments ensemble, vivre de nouvelles émotions. Ce qui me motive plus que tout, ce sont les paysages ! Pour un fou de nature et de montagne comme moi, arriver au sommet de la Tournette, voir le lac d’Annecy en bas et le MontBlanc en face, c’est absolument magnifique. »

JAN KASL/RED BULL CONTENT POOL

Red Bull Éléments, e 7 du nom : skiff versus slip (de bain)

Premier relayeur, le rameur, remplacé cette année par le nageur, est celui qui donne le rythme.

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DANS LA TÊTE DU DJ THE RED BULLETIN

Quel est l’état d’esprit d’un DJ qui prépare sa playlist ? Les beats aident-ils à vaincre la fatigue ? Comment faire danser un millier de personnes à 6 heures du mat ? Nous avons suivi le Berlinois Alex.Do lors de sa prestation au Bootshaus de Cologne. Texte : Andreas Rottenschlager Photos : Yuky Lutz

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5 h 50

UN SAMEDI

matin 5 h 35, mi-février, sur l’autoroute en direction de Cologne. Le DJ Alex.Do, un Berlinois avec dix ans d’expérience sur la scène techno, est en route pour son dernier set de la nuit à bord d’une Jaguar F-Pace SUV avec chauffeur. L’artiste de 27 ans se produit pour la première fois au club Bootshaus qui, selon DJ Mag, la bible du genre, est classé dans le top 20 des meilleurs clubs au monde en 2016. Et le challenge qu’il doit relever est de taille : mixer le set final à 5 heures du matin. Or, il est plus qu’en retard…

5 h 35

« Je n'aime pas quand rien ne se passe comme prévu… On se faufile à 70 km/h dans la neige fraîche… ça ne va jamais le faire. Un millier de personnes m’attendent au Bootshaus. Je ne dois pas oublier qu’avec le retard, je vais devoir réduire mon set un max. La playlist que j’ai préparée ne me sert plus à rien. »

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« Enfin arrivé ! Ce doit être ce bâtiment, il a des airs d’ancienne fabrique ou de chantier naval. Plusieurs personnes chaudement couvertes font la queue derrière la barrière. Sont-elles encore motivées ? Lentement, l’adrénaline me regagne. Je ne me sens pas du tout fatigué. » Ce set représente un double défi pour Alex.Do. Deux DJ’s de renom ont ouvert la soirée, Chris Liebing, pionnier de la scène techno allemande et Rødhåd, figure de proue du label berlinois Dystopian, dont fait partie Alex.

Alex.Do n’a plus qu’une heure pour performer son set final. Ce genre de sets détermine toujours comment le public se souvient du show. 5 h 55

« Super ! Les gens dansent encore. Direction la cabine du DJ. Une marche, deux marches, dans le noir le plus total. Rødhåd, véritable pro, se tient aux commandes et maîtrise parfaitement la situation. “Tu as dû faire des heures en plus ?”... Il sourit. Vite, enlever mon blouson. Boire une gorgée. Trouver à nouveau mes repères. Rødhåd joue une techno profonde et monotone qui convient très bien à cette heure de la nuit... Je dois inclure une transition irréprochable dans mon set. »

6 h 01

« Brancher ma clé USB avec mes 5 000 tracks… Sur ma playlist, il y a des morceaux que je ne pourrai pas jouer, il me reste trop peu de temps et l’ambiance est au plus haut. Je vais devoir improviser devant 1 000 personnes… Rødhåd joue

déjà sa dernière piste… Je scrolle… encore… Ce début pourrait faire l’affaire : Ricardo Garduno – Alteraciones de Amor – techno classique, répétitive, hypnotique… on envoie ! »

6 h 15

« Je dois maintenir le niveau d’énergie de Rødhåd… Y aller à fond… pas d’expérimentation. D’abord jouer des morceaux hypnotiques, absorber toute cette énergie, puis lancer des pistes plus mélodieuses. » Selon Alex.Do, il y a deux stratégies pour réussir un set final : soit prolonger l’ambiance jusqu’à la fin, soit stimuler une nouvelle fois le public et parvenir à une douce transition pour faire retomber lentement l’adrénaline. La deuxième variante est la plus difficile. Qui plus est en 45 minutes, comme le tente notre esthète de la techno.

6 h 20

« Ceux qui dansent encore à 6 heures du matin tiennent jusqu’à la fermeture du club. Le noyau dur de la soirée. Je dois les atteindre. Que ressentent-ils en ce moment ? J’ai besoin de voir leur visage… Tout se joue en une fraction de seconde, lorsque la lumière des projecteurs les éclaire un court instant… Là ! … Les demoiselles au premier rang se trémoussent les yeux fermés et planent. C’est bon signe. »

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« Ceux qui dansent encore à 6 heures du matin tiennent jusqu’à la fermeture du club. Ce sont eux le noyau dur de la soirée. » Alex.Do


Le moment décisif de la soirée : la transition dans la partie soft du set. Notre esthète de la techno, Alex.Do, a moins d’une heure pour cela.


LA NUIT D’ALEX.DO S’ACHÈVE À 7H30. ARRÊT SUIVANT: ROTTERDAM.

6 h 35

« On se met rapidement en condition. La sélection des pistes les 15 dernières minutes s’est faite presque automatiquement. Je passe Lattice de Marcel Dettmann là. Ça fait longtemps que je ne l’avais pas joué. Ce soir, ce sera en version très courte, trois à quatre éléments rythmiques seulement. Voyons si elle a le même effet… »

6 h 55

« Le tout dernier morceau doit être presque cathartique. Je choisis mon remix de tracks encore inédits de Phases de Howling, avec la voix soul pour l’interprétation vocale. Je dois ralentir le rythme progressivement… Que font les danseuses ? »

6 h 59

« La salle entière est inondée d’une lumière orangée. Le responsable de l’éclairage sait ce qu’il fait. Il n’y a pas pire qu’une lumière stroboscopique qui vous aveugle jusqu’à la fin. Je peux enfin voir tout le monde… Les gens cessent lentement de danser. »

6 h 38

« C’est le cas. Les danseurs sont complètement immergés dans la musique. Cool… »

7 h 01

« … Certains ont encore les yeux fermés, incroyable… Applaudissements… Ouf ! Mission accomplie. »

Le moment décisif de la soirée est la transition dans la partie plus soft du set, déclare Alex.Do. Un bon DJ se doit de « jeter des ponts » et « superposer diverses ambiances », affirme-t-il.

Lorsqu’il mixe ses pistes, Alex.Do observe avec précision le feedback de son public. 7 h 30, à l’entrée du Bootshaus, Les mouvements des Alex.Do respire l’air frais en ce matin d’hiver et enfouit ses mains dans les poches danseurs deviennentde son blouson. « Je pourrais m’écrouler ils plus lents ? Les de suite, lance-t-il. Quand tu n’as plus pauses qu’il insère aux d’adrénaline, la fatigue te tombe dessus coup. » Il se produira le soir même morceaux fonctionnent- d’un à Rotterdam. Alex.Do jette un coup d’œil à l’écran de son portable : « J’ai 5 heures elles ? Y a-t-il des cris de sommeil devant moi avant midi. » de joie spontanés ? Plus de techno : dystopian.de Plus de soirées : bootshaus.tv 6 h 50 « Je dois calmer le public. La musique m’a emporté… Il me faut plus de mélodie pour conclure. Drenched Drenched, un de mes morceaux, pourrait convenir : un peu plus mélodieux et pourtant réduit… »

THE RED BULLETIN

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Pas si violent que ça, la lucha libre ? Détrompez-vous. Rien à voir avec la WWE.

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BAS LES

MASQUES

Le catcheur sud-africain Adam Bridle ne voulait rester que quelques mois au Mexique. Huit ans plus tard, il y est ­toujours. La raison ? Il sait que sur le ring mexicain, plus on prend de risques, plus on a de chances de gagner.­ Texte : Alejandro Serrano Photos : Paolo Marchesi


« Mon kiff, ce sont les techniques aériennes. Elles ont été inventées au Mexique.  » Adam Bridle DANS SES CORDES Adam Bridle à l’assaut ­d’Argenis avec l’un de ses fameux sauts.

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L

e responsable de l’éclairage de l’Arena Naucalpan, une enceinte spor sportive au nord-ouest de Mexico, pense avoir vu à peu près tout ce que le monde bigarré du catch mexicain, aussi nommé lucha libre, a à offrir. « On voit et on entend toutes sortes de choses », articule Rey dans un sourire. Il y a de tout : la famille mexicaine BCBG qui hurle les pires obscénités aux lutteurs, le sang des catcheurs qui gicle sur les spectateurs, des lutteurs balancés hors du ring qui s’écrasent dans la foule… « Nous avons eu des centaines de chaises cassées, des rangées entières détruites et des tables complètement bousillées », explique « El Virus ». « Une fois, j’ai même dû raser la tête d’un type pendant qu’il était inconscient, ajoute-t-il sans sour sourciller. Dans certains matches, un catcheur masqué affronte un catcheur démasqué. Si celui qui

est démasqué perd et qu’il a les cheveux longs, il peut dire adieu à sa crinière. » Mais une coupe de cheveux inattendue, ce n’est rien comparé au fait d’être démasqué pour un lutteur, humiliation suprême dans un sport où le mystère tient une place prépondérante. « Le public devient dingue, explique le lutteur répondant au nom d’Argenis. Il lui enlève tout [au lutteur démasqué]. D’après le règlement, si un catcheur démasque son adversaire, il est automatiquement disqualifié. Mais le vrai perdant, c’est le lutteur démasqué, parce que son masque représente son honneur. » Voilà pourquoi Argenis n’a jamais accepté qu’on le prenne en photo sans son masque. Tous les catcheurs ne sont pourtant pas comme lui. Adam Bridle, par exemple. Plusieurs éléments différencient Bridle de la ribambelle de lutteurs locaux qui perdent dents et cheveux dans un sport qui, malgré son côté mélodramatique, peut se révéler aussi exigeant et traumatisant sur le plan physique qu’un combat sanglant en MMA. D’abord, il n’est pas du coin. Notre homme de 29 ans vient de Johannesburg (Afrique du Sud). Contrairement à la plupart des luchadores, Bridle n’a aucun

POUR L’AMOUR DE DIEU Les luchadores prennent d’énormes risques à chaque fois qu’ils montent sur le ring. Ici, un lutteur médite et prie en silence avant le début du combat.

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problème à combattre sans masque. Enfin, Bridle n’est pas n’importe qui à l’Arena Naucalpan. Il compte beaucoup de fans et, au bout de huit années de dur labeur sous le nom de ring d’« Angélico », son travail commence à payer. Le Sud-Africain fait partie de l’AAA, une fédération de lucha libre qui, aux côtés du Consejo Mundial de Lucha Libre (CMLL, fédération internationale de catch), a contribué à faire perdurer ce sport au Mexique. C’est en 1992 que l’un des plus grands bookers du CMLL, le regretté Antonio Peña, fonde l’AAA de lucha libre avec pour objectif de rendre ce sport encore plus populaire. Une initiative grâce à laquelle des catcheurs comme Bridle et Argenis – son adversaire pour notre séance photo – ont réussi à attirer l’attention de réalisateurs comme Robert Rodriguez, qui les a invités à participer à l’émission Lucha Underground sur la chaîne El Rey Network (les deux premières saisons seront diffusées sur Netflix ce printemps). Pourquoi un Sud-Africain quitterait son pays pour apprendre le catch ? Bridle raconte qu’au départ, il vivait avec un groupe de lutteurs japonais qui avaient un dojo au-dessus de l’Arena Naucalpan. « C’était le seul endroit que je connaissais au Mexique. Mes colocs japonais étaient super sérieux, ils allaient se coucher à 23 heures. » Petit à petit, une relation de confiance s’établit avec les meilleurs catcheurs. Ils se rendent alors compte à quel point Bridle est fasciné par ce sport et qu’il ferait tout pour entrer dans le cercle. Peu à peu, il s’oriente vers un style de lutte à haut risque et en apprend autant qu’il peut. the red bulletin : Vous êtes allé au Japon, aux États-Unis et au Mexique pour apprendre le catch. Pourquoi avoir decidé de rester au Mexique ? Vous y êtes installé depuis 2009. adam bridle : Je crois que c’est à cause du style. Le catch mexicain est celui qui me plaît le plus. Ça va plus vite, et on se focalise moins sur la masse corporelle qu’aux États-Unis. Quels aspects en particulier ? Ce que je préfère, ce sont les techniques aériennes, les plus risquées. C’est une pratique typique de la lucha libre. Ces techniques aériennes, comme la rotation avant ou arrière, ont aussi cours dans d’autres pays, mais tous ces mouvements viennent du Mexique. Quand je regardais le catch, enfant, c’est ce style qui me plaisait le plus, surtout parce que c’était à haut risque. Y a-t-il un côté artistique dans la lucha libre ? Bien sûr ! En fait, il y en a un dans les quatre styles de catch : l’européen, l’américain, le japonais et le mexicain. Pour moi, chacun de ces styles est une forme d’art en soi. Chacun a un for format défini, une façon de raconter des histoires, et sa propre manière d’interagir avec le public. Quelle est l’histoire racontée par la lucha libre ? Comparée au catch américain avec son histoire ultrabasique des gentils contre les méchants, la lucha libre mise plus sur une narration à haut risque. Plus on prend de risques, plus on a de chances de se mettre le public dans la poche. Le but étant de THE RED BULLETIN


Adam Bridle, 30 ans, le l­ uchador sud-africain qui défie les M ­ exicains à leur propre jeu.


« La spécialité d’Argenis, c’est le salto depuis les cordes. » Adam Bridle Si un lutteur est démasqué, il perd tout, même si c’est son ­adversaire qui est disqualifié. Le catcheur mexicain El Santo a attendu la fin de sa carrière pour montrer son visage.


faire les mouvements les plus dangereux qui soient pour gagner le respect des fans. Il faut se donner à fond pour remporter le combat. Les mentors mexicains sont-ils différents de ceux des autres pays ? Bien sûr. À 100 %. La façon dont on vous apprend à vous battre, et même à penser au catch, est unique. Aux États-Unis, tout repose sur la manière de raconter une histoire de telle sorte que les gens la comprennent. Au Mexique, il n’y a pas d’histoire. Ici, on veut des catcheurs qui n’ont pas peur de faire des saltos et des volte-face, qui esquivent leur adversaire et qui bougent bien d’une manière générale. Le but étant d’être aussi agile que possible et de faire passer un bon moment au public. Exit la bataille du « bien contre le mal » donc. Diriez-vous que la lucha libre est plus fluide ? Pour moi, la lucha libre, c’est un peu la version cirque du catch professionnel. Quand on va voir un match, il y a les masques, tous ces mouvements qu’on ne voit nulle part ailleurs – il y a aussi des originaux, des catcheuses et même des catcheurs nains, tout ça réuni en un seul show. Comment sont les catcheurs aux États-Unis ? Plus durs. Certains n’ont aucun scrupule à écraser les autres pour parvenir au sommet. Sont-ils plus individualistes ? Plus qu’ici. Car au Mexique, les gens préfèrent mille fois vous aider à dépasser vos limites. Et au Japon ? Quelle histoire raconte-t-on ?

Elle se focalise sur la force et le courage des catcheurs. Le public veut voir combien de coups vous pourrez endurer avant d’abandonner. L’entraînement là-bas est le plus éprouvant et le plus strict de tous. Les Japonais sont imbattables en termes de discipline. Il est très difficile de devenir catcheur professionnel au Japon. Pourquoi avoir décidé de rester au Mexique ? Quand j’ai commencé ici, mon entraîneur, Negro Navarro – l’un des plus célèbres entraîneurs de catch au monde – m’a appris un nombre incroyable de prises. Il avait un livre qui devait en contenir 400 ou 500 différentes. Pour moi, ce bouquin c’était une encyclopédie du catch, et je n’aurais pu y avoir accès nulle part ailleurs. C’est l’une de ces choses si particulières qui caractérisent la lucha libre. Ces gars-là avaient donc quelque chose de spécial ? Oui, c’est l’impression que j’ai eue. Je m’étais entraîné dans d’autres endroits avant ça – en Europe et en Afrique du Sud. Quand je suis

DES PIROUETTES PÉRILLEUSES Non seulement le catcheur risque de glisser et de se briser les os, mais si le mouvement est mal effectué, il risque une blessure permanente à la nuque. D’après Bridle et Argenis, plusieurs catcheurs sont morts après une mauvaise chute. Le lutteur peut finir inconscient avec des fractures et des élongations ou s’ouvrir la tête en tombant par terre ou sur les chaises jetées par le public. THE RED BULLETIN

arrivé au Mexique, j’ai découvert que ce sport avait toute une histoire. Les entraîneurs et les mentors considèrent le combat autrement. Ils ont un plus grand savoir que toi et ils sont bien plus libres. J’ai eu de la chance parce que c’est eux qui m’ont choisi, pas l’inverse. Vraiment ? Et pourquoi vous ont-ils choisi à votre avis ? Peut-être parce j’avais la niaque quand j’étais jeune. Quand je leur ai montré à quel point j’étais motivé, il était évident que j’étais prêt à tout faire pour accéder et être accepté dans le monde de la lucha libre. Mon esprit était complètement ouvert à l’apprentissage. Je pouvais rester des heures après la fin des cours. J’étais toujours le dernier à partir et je posais sans arrêt des questions. Quand ils ont vu à quel point j’étais déterminé, ça leur a donné envie de m’entraîner. Ils ont beaucoup à partager mais ne souhaitent pas le faire avec n’importe qui… On dirait bien, oui. C’est comme ça que je le vois en tout cas, parce que les trois premiers mois de mon entraînement n’avaient rien à voir avec les mois qui ont suivi. C’est un peu comme si j’étais en probation, et dès qu’ils ont vu que je m’étais fixé des objectifs, ça leur a plu et ils se sont entièrement ouverts à moi. Ils ne me cachaient rien, ils avaient toujours de nouvelles choses à m’apprendre. Comment avez-vous réussi à les convaincre de partager leur savoir avec vous, surtout en tant qu’étranger ? Le secret, c’est de traiter les gens avec le respect qui leur est dû – en gros, ils faisaient ça depuis 23 ans, moi, ça ne faisait qu’un an. Se montrer humble, avoir l’esprit large et ouvert, et une soif d’apprendre. Mais il n’y a pas que ça. J’ai aussi beaucoup appris d’eux en tant que personnes, d’après leurs expériences personnelles. Ils m’ont raconté comment ils géraient leur vie de famille, la célébrité, l’argent. J’ai développé une relation très intime avec eux, et c’est seulement parce qu’ils ont vu que je n’étais pas prétentieux que ça a été possible. J’ai découvert un mode de pensée moins individualiste, voilà ce qui m’a plu au Mexique. elreynetwork.com 83


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The Red Bulletin distribué gratuitement chaque troisième samedi du mois sous blister avec le magazine Prochaine sortie le samedi 20 mai dans une sélection de points de vente en France Métropolitaine.


guide Voir. Avoir. Faire.

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avril 2017

@WORLD/RED BULL CONTENT POOL

LE MONDE EST LEUR CIRCUIT

Pas une destination ne peut épater les pilotes rapides du championnat du monde WRC : Amérique du Sud incluse. Le rallye d'Argentine presque comme si vous y étiez, ça se passe sur Red Bull TV (voir page 86).

THE RED BULLETIN

85


GUIDE

Voir. Poo Bear (à gauche) : les six prochains mois vont changer sa vie.

LE PLEIN D'INSTANTS MAGIQUES

Ce mois-ci, Red Bull TV rassasie les passionnés de musique, de sport auto, de prestidigitation et de skateboard.

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86

Robin Thicke, sur Poo Bear : « Nous bossons de la même manière. »

THE RED BULLETIN


avril/mai

29 THE RED BULLETIN

avril

PROGRAMME ORIGINAL

POO BEAR – AFRAID OF FOREVER

Véritable machine à succès, le producteur Poo Bear est tout à son prochain album événement. Saura-t-il à nouveau trouver la formule et durer dans une industrie où la concurrence est rude ? Et peut-il panser les blessures de son enfance au moment de dire oui à sa promise ?

DUSTIN DOWNING/ALBERTO POLO/JAANUS REE/RYAN TAYLOR/RED BULL CONTENT POOL

11 28 13

mai

SÉRIES

TOUR DE MAGIE

Découvrez l’Europe et le Maroc en compagnie d’Adam Trent, le plus célèbre des magiciens de sa génération. Dix épisodes durant lesquels il parcourt treize pays à la rencontre des habitants, surmontant les barrières culturelles grâce au pouvoir de la magie.

au 30 avril

DIRECT

RALLYE D’ARGENTINE

Lancé en 1980, le rallye d’Argentine propose un parcours varié : terres sablonneuses de la vallée Santa Rosa de Calamuchita ponctuées d’impressionnantes nappes d’eau, de chemins étroits et accidentés à travers le paysage lunaire de la vallée Traslasierra.

mai

DIRECT

RED BULL HART LINES

La crème du skateboard réinvestit la Hart Plaza de Detroit pour la troisième édition de Red Bull Hart Lines. Ryan Sheckler, concepteur du contest, et l’élite des pros dévaleront les deux lignes en déployant tout leur talent devant une foule compacte d’aficionados.

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GUIDE

Faire.

22

avril Kumite Les qualifs vers le Red Bull Kumite réservées aux étudiants s’achèvent à l’EPITA-EPITECH. Ultime étape pour les fans de Street Fighter V, elle accordera les 8 dernières wild cards pour participer à l’Open Qualifier le 27 mai à Paris. Ses deux finalistes accèderont au Top 16 final, le grand tournoi, le lendemain, contre des stars comme Tokido ou Bonchan. Le Kremlin-Bicêtre ; redbullkumite.com

6

mai B.O.T.Y. Le Battle of The Year France est l’un des gros rendez-vous breakdance de l’année. Parmi les meilleurs crews présents au Zénith de Montpellier, qui pour succéder aux Stéphanois de Melting Force, titrés en 2016 ? Le programme s’enrichit d’une première en 2017 : le Battle Kids, réservé aux crews de BBoys et BGirls de moins de 15 ans, disputé dans le même format que celui des « grands ». Montpellier ; botyfrance.com

20

au 21 mai Geek Days Le Grand Palais de Lille fait de la place à cette 2e convention dédiée à l’univers des jeux vidéo, du manga, des comics, et de la science-fiction et ses milliers de fans. Toujours plus inventif, le programme du week-end est copieux, avec animations, invités et, nouveauté en 2017, des tournois e-sport autour de League of Legend et CS:GO. Geekons ! Lille ; geek-days.com

28

au 30 avril

COUPE DU MONDE DE VTT DH UCI

La piste noire du Pic du Jer, au-dessus de Lourdes, est un spot mondial de VTT DH. La Coupe du monde s’y installe à nouveau pour la première étape de la saison. Plus de 40 000 spectateurs sont attendus pendant deux jours de compétition. Parmi les 250 pilotes engagés, Loïc Bruni (photo) et Myriam Nicole ont de bonnes raisons de briller devant le public français. À vivre intensément sur Red Bull TV le 30 avril, à 13 h (femmes) et 15 h (hommes).

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NATHAN HUGHES/RED BULL CONTENT POOL, CEDRIC DERODOT

24

Pic du Jer, Lourdes ; redbull.com

au 28 mai F.I.S.E. en tête Le Festival international des sports extrêmes fête ses 20 ans. Comme à chaque fois, il va réunir pendant cinq jours ce qui se fait de mieux en skateboard, BMX, VTT, roller et wakeboard sur le site des bords du Lez dans le centre de Montpellier. 25 compétitions attendent pros et amateurs pour donner le frisson aux milliers de spectateurs. 100% gratuit, l’événement du long week-end de l’Ascension promet le plein de sensations et de champions. Montpellier ; fise.fr

THE RED BULLETIN


avril/mai

18 au 21 mai Foiling Bay

Des Flying Phantom, du Kitefoil, du Windsurf Foil, du Moth à foil, du Stand up Paddle Foil : c’est la foil mania ! Quatre jours durant, la baie de la station de Loire-Atlantique se transforme en une place forte des pratiques nautiques à tendance « aérienne ». Décollage garanti. La Baule ; labaule.fr

22

avril Battle de Vaulx Le Battle de Vaulx International continue de se déployer. La compétition de breakdance installée dans la commune de la banlieue lyonnaise réunit les meilleurs crews mondiaux en 2 vs 2. L’event aussi ouvert à des danseurs locaux proposera des battles pour les enfants et des workshops pour tous. Organisé par la ville de Vaulx-en-Velin, Lilou du Pockemon Crew, Red Bull BC One All Stars et l’association Street OFF, ce rendez-vous est devenu une référence. Vaulx-en-Velin ; facebook.com/battledevaulx

THE RED BULLETIN

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Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658

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7 MAI 2017 - 13H WINGSFORLIFEWORLDRUN.COM


ENCORDÉES

STYLIST: LAURA SAWYER THE-DETAIL.CO.UK

(de haut en bas) SHINOLA RUNWELL SPORT CHRONO avec verre saphir shinola.com ; CASIO PROTREK PRG600Y-1 avec boussole et baromètre casio-europe.com ; TIMEX EXPEDITION SCOUT CHRONO avec ­rétroéclairage INDIGLO timex.com ; ­VICTORINOX INOX avec bracelet ­Paracord victorinox.com ; SWATCH ­SCUBA LIBRE étanche à 20 mètres swatch.com

AVENTURE Depuis les premiers explorateurs jusqu’aux amateurs de sensations fortes d’aujourd’hui, la soif d’aventure a évolué. Et leurs montres n'ont cessé d’accompagner ce ­mouvement, car le temps ne s’arrête jamais.

BIEN CALIBRÉES

UNE BONNE MONTRE OUTDOOR NE SE LIMITE PAS À DONNER L’HEURE. ELLE PERMET DE FAIRE LA DIFFÉRENCE, DE SURMONTER ­L’IMPOSSIBLE ET PEUT PARFOIS SAUVER UNE VIE. CES GARDE-TEMPS SERONT À LA HAUTEUR DE VOS DÉFIS LES PLUS OSÉS. Texte : Gisbert L. Brunner  Photos : Todd Sutherland

91


ACTION Le sport a depuis longtemps adopté une approche scientifique. La technologie mesurant les performances a évolué pour répondre à l’avènement du surhomme. L’apparition de la smartwatch, véritable ordinateur miniature, permet de concentrer toute cette technologie autour du poignet. Bien plus qu’un objet esthétique, elle devient un véritable coach personnel.

(dans le sens des ­aiguilles d’une montre) GARMIN ­FENIX3 ­SAPHIR avec b ­ oîtier titane et verre saphir embarquant des fonctions ­d’entraînement multisport et la navigation garmin.com ; FITBIT ALTA + PUBLIC SCHOOL transforme votre ­bracelet fitness en montre de poche en acier fitbit.com ; HUAWEI WATCH, une Android wear sportive au design suisse huawei.com ; NIXON MISSION, une Android toujours prête pour la neige et le surf nixon.com ; APPLE WATCH NIKE+ un bracelet respirant en fluoroélastomère et l’appli Nike+ Run Club ­complètent une étanchéité à 50 m, le GPS et le cardiofréquencemètre issus de l’Apple Watch Series 2 apple.com

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WEIGHTS FROM MOMENTUM-TRAINING.COM

TOUR DE PISTE


MARES FINS FROM SIMPLYSCUBA.COM

IMMERSION (en haut à gauche puis dans les sens des ­aiguilles d’une montre) ­ SEIKO PROSPEX SOLAR CHRONOGRAPH étanche jusqu’à 200 m seikowatches. com ; PANERAI ­LUMINOR SUBMERSIBLE 1950 étanche jusqu’à 300 m ­panerai.com ; ROLEX SUBMARINER étanche jusqu’à 300 m rolex.com ; CITIZEN ECO-DRIVE ­PROMASTER AQUALAND étanche jusqu’à 200 m citizenwatch.com

PLONGÉE La fosse des Mariannes est la plus profonde connue à date. En 1960, les océanographes Piccard et Walsh atteignent son fond à bord du Trieste, submersible américain avec une montre Rolex sur la coque. La montre fonctionne par 10 908 m de fond. Leur étanchéité n’est pas abyssale, mais ces montres ne manquent pas de profondeur.   93


TOUR D’HONNEUR (départ en haut dans le sens des aiguilles d’une montre) BAUME & MERCIER CLIFTON CLUB SHELBY COBRA avec le logo Cobra sur la trotteuse rouge baume-et-mercier. com ; TAG HEUER ­AUTAVIA AUTOMATIC, inspirée de l’Autavia dashboard timer ­tagheuer.com ; TUDOR HERITAGE CHRONO, un hommage au modèle Monte Carlo des années 70 ­tudorwatch.com ; ­PORSCHE DESIGN ­MONOBLOC ACTUATOR GMT-CHRONOTIMER porsche-design.com ; TISSOT T-RACE TOUCH avec chronographe ­numérique à activation tactile tissotwatches.com

Un lien étroit unit le sport auto et les chronographes. Cette liaison vient d'un besoin de chronométrer avec ­précision et aussi d’un respect mutuel. Sous un ­cadran ou sous un capot, ingénierie, design et m ­ écanique de haut vol sont poussés à l’extrême pour produire des machines où l’émotion est p ­ arfaitement réglée. 94

GT TYRE FROM PIRELLI.COM

SPORT AUTO


AVIATION Les premiers aviateurs comptaient déjà sur la ­fiabilité de la montre-­ bracelet. Cela continue ­depuis que l’homme, enfin ­libéré de la pesanteur, s’est lancé à la conquête de l’espace.

DÉCOLLAGE (de bas en haut) BREITLING NAVITIMER ­WORLD breitling.com ; ­HAMILTON KHAKI AVIATION X-WIND AUTO CHRONO ­hamiltonwatch.com ; OMEGA SPEEDMASTER ­Professional Moonwatch omegawatches.com ; Montre d'aviateur IWC Mark XVIII iwc.com ; BELL & ROSS BR 03-94 acier automatique bellross.com

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AUTOUR DU MONDE

OURS Directeur d’édition Robert Sperl Rédacteur en chef Alexander Macheck Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann Managing Editor Daniel Kudernatsch

The Red Bulletin est distribué dans huit pays. L’édition allemande fait la part belle à l’acteur Wotan Wilke Möhring (photo). Le plein d'histoires hors du commun sur redbulletin.com

Rédaction Stefan Wagner (Chef de service), Ulrich Corazza, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager Édition web Kurt Vierthaler (Senior Web Editor), Christian Eberle, Vanda Gyuris, Inmaculada Sánchez Trejo, Andrew Swann, Christine Vitel Maquette Marco Arcangeli, Marion BernertThomann, Martina de Carvalho-Hutter, Kevin Goll, Carita Najewitz Booking photos Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Susie Forman, Ellen Haas, Eva Kerschbaum, Tahira Mirza

THE RED BULLETIN Afrique du Sud, ISSN 2079-4282 Country Editor Louis Raubenheimer Secrétariat de rédaction Nancy James (Chef de service), Davydd Chong (Chef de service adjoint) THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel

Responsables de la publicité Andrew Gillett, andrew.gillett@za.redbull.com Dustin Martin, dustin.martin@za.redbull.com

Country Project Management Leila Domas, leila.domas@fr.redbull.com Partnership Management Yoann Aubry, yoann.aubry@fr.redbull.com

THE RED BULLETIN Mexique, ISSN 2308-5924

Contributions, traductions, révision Étienne Bonamy, Susanne & Frédéric Fortas, Claire Jan, Suzanne Krizenecky, Audrey Plaza, Gwendolyn de Vries

Country Editor Luis Alejandro Serrano

Abonnements Prix : 12 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com Siège de la rédaction 12 rue du Mail, 75002 Paris, +33 (0)1 40 13 57 00 Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Les journalistes de la SAS L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SAS L’Équipe n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.

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THE RED BULLETIN Royaume-Uni, 2308-5894 Country Editor Justin Hynes Équipe éditoriale Tom Guise, Florian Obkircher

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Révision Hans Fleißner

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Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Maximilian Kment, Karsten Lehmann

THE RED BULLETIN Suisse alémanique, ISSN 2308-5886 Country Editor Arek Piatek

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THE RED BULLETIN Autriche, ISSN 1995-8838

Révision Hans Fleißner

Informatique Michael Thaler

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Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Klaus Pleninger (Distribution), Nicole Glaser (Distribution), Yoldas Yarar (Abonnements) Directeur de la publication Wolfgang Winter Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, A-1140 Wien Téléphone +43 (0)1 90221-28800 Fax +43 (0)1 90221-28809 Web www.redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, A-5071 Wals bei Salzburg, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Directeurs généraux Christopher Reindl, Andreas Gall

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Country Project Management Andrew Gillett

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THE RED BULLETIN USA, ISSN 2308-586X Country Editor Andreas Tzortzis Équipe éditoriale Nora O’Donnell Révision David Caplan Country Project Management Melissa Thompson Responsables de la publicité Los Angeles Dave Szych, dave.szych@us.redbull.com New York Regina Dvorin, reggie.dvorin@us.redbullmediahouse.com THE RED BULLETIN


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Grimpe à haut risque pour Matt Bush

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FACE AU MUR

Chris Hadfield doit autant à ses peurs qu’à David Bowie


GUIDE

Le plein d’action.

Pour les automobilistes, ce garage est un parking comme un autre mais pour le traceur Gabriel Nunez, c’est l’aire de jeu idéale pour peaufiner de nouveaux mouvements parfois risqués. Le leader de la Tempest Freerunning Academy et cascadeur porte bien son surnom de « Jaywalker », le genre de piéton qu’aucune règle n’arrête. tempestacademy.com

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« La peur est ton alliée, pas ton ennemie. » Rien n’effraie le traceur Gabriel « Jaywalker » Nunez, pas même l’éventualité d’une chute grave.

DAN KRAUSS

Hollywood, Californie

makes you fly

The Red Bulletin nº66 en kiosque le 20 mai 2017.

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