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SPÉCIAL SALON DE L’AUTO Les incontournables de 2020
PASCAL MÖHLMANN
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Portrait d’un rebelle au pinceau
L’AMIE DES REQUINS Madison Stewart fait des vagues pour la protection des squales
Le nouvel EQC. Enjoy Electric. Effectuez votre première course d’essai à bord d’une Mercedes-Benz entièrement électrique. Découvrez la fascination de la conduite électrique, laissez-vous convaincre par les avantages du nouvel EQC et profitez du leasing attractif à 0,9 %.
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Éditorial
SUIVEZ VOTRE COURANT L’éducation forge le caractère. C’est celle que l’on reçoit au sein de la famille, comme cette jeune Australienne, Madison Stewart, initiée toute petite déjà à la beauté des océans et à la grâce des squales par son père. Ou c’est l’éducation dispensée par les institutions, comme l’illustre Pascal Möhlmann, peintre d’origine néerlandaise et diplômé des Beaux-Arts (avec félicitations du jury !) ; rapidement enclin à se démarquer, il évolue depuis plusieurs décennies à contre- courant des clichés sur les artistes et la peinture classique. En débarquant à vingt ans à Hollywood, le cascadeur suisse Oliver Keller n’a pas choisi la facilité mais a suivi son goût du risque… avec mérite ! À leurs tours, les Français Adèle Haenel et Fred Mortagne revendiquent une démarche singulière et magnétique dans leur art, loin des attentes, portés par le torrent de leurs idées. Et vous, quel est votre courant ? Votre Rédaction
CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
LUKAS RÜTTIMAN
Le journaliste et cinéaste autrichien a vécu un certain temps à Los Angeles. C’est là qu’il a accumulé de l’expérience dans le monde du cinéma, le milieu où évolue le c ascadeur suisse Oliver Keller. Tous les deux se sont rencontrés à Zurich : « Oliver est un type sympathique, il a le cœur sur la main et c’est un modèle de précision et de fiabilité, des valeurs chères aux Suisses. » Page 60
FRED MORTAGNE
PERRIN JAMES (COUVERTURE), BEN BRINKER
Phénomène unique dans le monde du s kate, Fred Mortagne aka French Fred travaille en noir et blanc, en se concentrant sur le style et l’esthétique du sport, fasciné par l’élégance du mouvement. Ses photos dramatiquement composées fusionnent les lignes plongeantes de l’architecture avec les skateboardeurs en vol, qui se fondent naturellement dans le biotope urbain. Page 26
Burt Reynolds a laissé sa griffe dans la voiture d’Oliver Keller, son ami depuis le film Cours après moi shérif (1977). THE RED BULLETIN
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CONTENUS avril 2020
26 B eauté dure
French Fred photographie le biotope urbain des skateurs
40 R ebelle au pinceau
Portrait sans fard de l’artiste néerlandais Pascal Möhlmann
46 E lle a du mordant
Madison Stewart a appris très tôt à côtoyer les squales. Depuis, elle se consacre à les protéger
5 4 L’avis d’Adèle
L’actrice française Adèle Haenel, exploratrice du genre humain
60 L a vie sans filet
Entre Zurich et Hollywood, le cascadeur suisse Oliver Keller parle de l’avenir de son métier
70 S alon de l’auto
Elle donnerait sa vie pour eux : Madison Stewart et les requins.
6 Galerie : ouvrez bien vos yeux ! 12 Des ballons et de l’art : pour
enser la Syrie autrement p 14 La dernière interview de Daniel Craig en tant que James Bond ? 16 Pour votre prochain voyage en Angleterre, plongez dans le vrai 18 Exclusif : Alicia Keys vous dit ce qu’elle écoute sur ses rollers ! 20 Nico Mathieux vous emmène là où vous ne tenteriez jamais de mettre les pieds 22 La musique d’Alice Merton ? Un reflet de sa vie de nomade 24 La solution pour les sans-abri se trouve probablement dans des maisons imprimées 4
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80 Au Vietnam, oserez-vous vous
James Bond existera-t-il toujours au cinéma dans cinquante ans ?
lancer dans ces grottes de l’envergure d’une cathédrale ? 84 Une montre Omega dédiée à 007 et créée en collaboration avec l’acteur Daniel Craig 86 Un incroyable casque développé pour la réalité virtuelle 87 Du pilotage réel au virtuel… au p ilotage réel à nouveau, la roue tourne pour James Baldwin 88 Les meilleurs événements en Suisse et les programmes les plus chauds à suivre sur Red Bull TV 90 Pleins phares sur la Scuderia AlphaTauri avec Franz Tost 92 Cession de conduite exclusive sur l’Anneau du Rhin, en Alsace 96 Ils et elles font The Red Bulletin 98 Nouria Newman dans les rapides de Patagonie
THE RED BULLETIN
PERRIN JAMES, ERIK TANNER/CONTOUR BY GETTY IMAGES, REMY TAVEIRA
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Un dossier spécial sur les voi tures de demain, et les modèles iconiques présentés à Genève depuis 90 ans
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Concilier photo d’art et de skate ? La spécialité de French Fred.
THE RED BULLETIN
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LA CHAUSSÉE DES GÉANTS, IRLANDE DU NORD
Figé dans le temps Aussi remarquables que soient ses talents de rider BMX, l’Autrichien d’origine croate Senad Grosic peine à rivaliser avec cette merveille naturelle qu’est la Chaussée des Géants. « L’histoire de cette image remonte à environ 60 millions d’années. Une coulée de lave se refroidit et laisse ce vaste champ de pierres hexagonales », explique le photographe allemand Lorenz Holder. Ce dernier saisit ce cliché alors que le soleil se couche sur ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. « De nos jours, rares sont les lieux sur terre où l’on peut admirer ces formations. » lorenzholder.com
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ENGELBERG, SUISSE
En noir et blanc ? Les photos primées ne sont pas toujours celles qui ont été imaginées ni planifiées . Certaines parmi les plus étonnantes au monde sont le fruit d’un moment non prémédité. Ce cliché du skieur professionnel de haute montagne William Larsson, réalisé par le photographe Elias L undh pour le concours Red Bull Illume, en est une belle illustration. « Ce jour-là, William et moi partons avec une tout autre idée en tête, mais toutes nos tentatives échouent, explique Lundh. Sur le chemin du retour, nous faisons quelques essais près d’une grande paroi rocheuse. C’est seulement au moment où j’utilise le drone que m’apparaît le potentiel de l’image. En appuyant sur le déclencheur, je comprends que nous tenons là quelque chose de spécial. » Instagram : @eliaslundh
ELIAS LUND/RED BULL ILLUME, WRENNE EVANS/RED BULL CONTENT POOL
ATLANTA, GÉORGIE, USA
En rouge et noir ! Elle était l’une des têtes d’affiche du Red Bull Music Festival qui s’est déroulé en novembre dernier au cœur de l’État de Géorgie. Originaire de Harlem, 30 ans à peine, la chanteuse de soul et de R’n’B Teyana Taylor, subjugue son public avec ses chorégraphies hypnotisantes. Charismatique et d’un tempérament fougueux, elle a su s’imposer dans le milieu : ses mentors ne sont autres que Pharell Williams et Kanye West. Instagram : @wrenneevans 9
MIRÓW, POLOGNE
Le roi de l’incruste
PIOTREK DESKA / RED BULL ILLUME
« Dans mes clichés, j’essaie de montrer plus qu’un athlète en action. Le rôle d’un photographe, c’est de saisir l’instant, et pour cela, la fenêtre temporelle est très brève. C’est pourquoi il est essentiel de donner à voir plus que l’évidence, raconte le Polonais Piotrek Deska. À chaque fois que je prends une photo, j’imagine comment elle rendrait en grand format sur un mur. » En immortalisant le Jura cracovien, dans le sud de la Pologne, reconnaissable à ses cuestas de calcaire et ses ruines médiévales, Deska pensait faire un beau paysage. C’était sans compter l’apparition de ujawski sur la falaise d’en Wojciech K face. « Les éléments du puzzle se sont assemblés comme par magie : le paysage était sublime, le timing idéal (juste avant le coucher du soleil), avec ce grimpeur qui venait parfaire la composition. Ma nature morte est devenue une photo d’aventure. » piotrekdeska.com
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Peinture, littérature, musique ou encore architecture, l’héritage culturel de la Syrie est abondant. Sa contribution au monde remonte à 9 000 ans avant Jésus-Christ. Mais avec les conflits et notamment le début de la guerre civile en 2011, cet apport culturel est éclipsé par les factions en guerre et les effusions de sang. De jeunes artistes syriens tentent aujourd’hui de changer la donne en mettant à l’honneur l’abondance de nouveaux talents créatifs dans un pays que les médias relèguent aux mauvaises nouvelles. Alýa Ola Abbas est l’une des artistes de l’ALya Art Studio. Son projet novateur, Stereotype Inversion, vise à présenter la Syrie comme un lieu de créativité et d’espoir. « Je travaille et vis dans un pays qui 12
ALYA ART STUDIO
Élever la Syrie Avec ses œuvres qui redonnent vie, la créatrice syrienne Alýa Ola Abbas interroge la vision du monde sur son pays d’origine. Pour un futur positif.
subit la guerre depuis environ dix ans, l’impact néfaste a fini par me perturber, explique-telle. Je travaille à partir de scènes du quotidien devenues des clichés et les remplace par des lieux pleins d’espoir afin d’interroger la situation et transformer ces lieux. » Abbas utilise la photographie, le film et les installations pour saisir des lieux à travers la Syrie. « La série de photos se compose
d’environ sept images aux histoires différentes, préciset-elle. Les ballons symbolisent les idées créatives et les inventions modernes des gens d’ici ; pour leur donner confiance et renforcer leur détermination à atteindre la qualité de vie qu’ils souhaitent. » Chaque image est constituée de cinquante couches de photographies, associant des vues et des ballons afin de susciter des récits renouvelés de ces espaces. « Notre vie est faite de convictions, nous devons donc penser positivement et aspirer à un pouvoir réel, concret, affirme Abbas à propos de son projet. Les dernières pièces de Stereotype Inversion conceptualisent mes points de vue artistiques sur les questions sociales. » Instagram : @alya_art_studio THE RED BULLETIN
ALÝA OLA ABBAS
Le souffle est dans le ballon : aperçu du projet Stereotype Inversion.
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C’est la fin d’une époque : Mourir peut attendre signe la dernière apparition de Daniel Craig sous les traits de James Bond. En quatorze ans, il sera devenu l’un des 007 les plus populaires. Comment a-t-il fait ? the red bulletin : Vous incarnez un commissaire excentrique dans À couteaux tirés. Cherchez-vous une alternative au personnage de James Bond ? daniel craig: Je ne pensais pas à ça. Le scénario était excellent ! Une comédie de surcroît ! C’est rare. Le scénario de Mourir peut attendre vous a-t-il déçu ? Au contraire. Il a été écrit par l’incroyable Phoebe Waller-Bridge, la créatrice de la série Fleabag. C’était un privilège qu’elle s’implique dans ce projet, car n’ayant pas d’expérience avec Bond, elle apportait quelque chose d’original. Et puis c’est un processus collaboratif, on se base sur les éléments des romans. Quelle a été votre contribution ? Si j’ai une idée à 3 heures du matin, je l’écris, j’en parle à l’équipe, je les harcèle presque. Nous tournons ici pendant plusieurs mois, j’ai besoin de savoir comment tout va se passer. Les réalisateurs et les scénaristes définissent le scénario. Tolèrentils votre engagement ? Peu m’importe, car c’est ma façon de travailler. Notre but à tous, c’est de faire un bon film. Plus le scénario est bon, plus nous, les acteurs, sommes détendus et à même d’improviser. 14
Quelle est l’idée derrière le concept de Bond ? Avant d’interpréter un rôle, je l’analyse de près : qu’est-ce qui l’influence ? Pourquoi se comporte-t-il ainsi ? Je lui confère une profondeur psychologique pour le rendre intéressant, avec ses conflits intérieurs. Ainsi, je rends le personnage crédible. C’est comme ça que j’ai appris mon métier. Les derniers James Bond lèvent le voile sur la vie personnelle de l’agent 007. Pourquoi ? Ça a commencé avec Skyfall. Il semblait logique de poursuivre dans cette veine. Bond vieillit. Ce n’est pas un pochoir, c’est un individu dont l’histoire se poursuit d’un film à l’autre. Sans étoffer sa biographie, nous l’avons utilisée pour déclencher certains rebondissements dans l’intrigue. N’y a-t-il pas un côté de déjà-vu avec tous les films d’agent secret au cinéma ? Ce serait hypocrite de prétendre le contraire. Mais vous savez, on essaie toujours de réinventer la roue dans le milieu du cinéma. L’objectif est d’offrir au public un divertissement en rapport avec le présent. On se laisse influencer par d’autres films, sans les copier. C’est ça la clé.
Quand vous avez endossé le rôle, vous n’avez pas fait l’unanimité. Comment avez-vous réussi à vous imposer ? J’ai tout de suite expliqué à la productrice, Barbara Broccoli, que je comptais sur la solidarité de l’équipe de réalisation. J’avais besoin d’être en confiance sur le plateau afin de pouvoir faire comme si j’étais vraiment James Bond. Pour me sentir partie intégrante du film, je devais pouvoir donner mon avis sur le scénario, le tournage, tout ça. Et c’est comme cela que ça s’est passé. Verra-t-on encore des films de James Bond au cinéma dans cinquante ans ? Ce sera sans moi ! Le personnage perdure car jusqu’ici, il a été préservé : les producteurs ne l’ont pas vendu à Hollywood. Ils ont réussi à donner à chaque film une identité propre. Si l’aspect financier était la seule chose qui intéressait les studios, Bond ne serait plus Bond depuis longtemps. Rendre chaque nouvel opus meilleur que le précédent, voilà qui pourra le garder pérenne. À condition que le public aime ! Sinon, il n’y a rien que je puisse faire.
Mourir peut attendre, le 8 avril au cinéma
THE RED BULLETIN
RÜDIGER STURM
« Le but, c’est de faire un bon film »
Les films de Bond collent-ils à l ’actualité ? Elle fait partie de la donne. Mais il ne s’agit pas non plus d’épouser servilement les souhaits des fans. Le personnage de Bond a quelque chose d’intemporel. Il n’y a que comme ça qu’une histoire classique peut être racontée. Un film aussi peut vieillir rapidement.
ERIK TANNER/CONTOUR
DANIEL CRAIG
« Le personnage de Bond a quelque chose d’intemporel. » Daniel Craig prend congé de 007 après quatorze ans de bons et loyaux services.
THE RED BULLETIN
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Plus besoin de penser au jeton pour le casier de la pistoche…
bien plus radical. Cela équivaut à un changement total d’environnement. » Pour s’en convaincre, Lewis recommande de localiser un site près de chez soi avant de s’aventurer plus loin. « Vérifiez au préalable la profondeur de l’eau et repérez le point d’accès et de sortie du lieu de baignade, conseille-t-elle. Les berges peuvent présenter des difficultés, mieux vaut être accompagné(e). Enfin, certains sites tels que les rivières en milieu urbain peuvent présenter un taux élevé de bactéries. La prudence est donc de mise. »
Le top des spots wild swimming selon Sian Fairy Pools, Glenbrittle, Isle of Skye, Écosse
« Un masque de plongée permet d’apprécier une visibilité sous l’eau exceptionnelle. Cela ressemble à une grotte avec ses petits lagons et arcs sous-marins où se faufiler. »
Goldiggins Quarry, Bodmin Moor, Cornouailles
« Un bassin naturel profond et magnifique dans une ancienne carrière bordée de rochers qui sont autant de plongeoirs de hauteurs différentes. »
Sharrah Pool, Dartmoor National Park, Devon
Plongez dans le vrai Sian Anna Lewis livre ses meilleurs plans de baignade en pleine nature au Royaume-Uni. Pour votre prochain trip au UK... qu’importe le Brexit ! La popularité du wild swimming — se baigner dans des étendues d’eau naturelle telles que les lacs, les rivières ou les océans — séduit toujours plus de monde ces dernières années. Une étude publiée par Sport England en 2019 révèle que plus de 4,1 millions de personnes au Royaume-Uni s’y sont adonnées entre novembre 2017 et novembre 2018. Journaliste de voyage et d’aventure, Sian Anna Lewis en est 16
l’une des plus ardentes partisanes en ligne et est à l’origine de bien des adeptes. « Nager en plein air dans un cadre naturel procure un sentiment de paix, confie Sian Anna Lewis, auteure du guide d’aventure au féminin The Girl Outdoors. Si vous travaillez en ville, passez beaucoup de temps sur votre ordinateur et menez une vie casanière, se promener est bien sûr génial, mais plonger dans l’eau est
« Cette piscine à l’eau cristalline couleur d’émeraude se cache au bout d’un chemin longeant une rivière. Vous y nagerez entouré d’arbres au cœur de la forêt. Féerique. »
Kenwood Ladies’ Pond, Hampstead Heath, Londres
« Nul besoin de quitter Londres pour pratiquer le wild swimming. Cet endroit est l’un de mes préférés. En été, on en vient même à oublier que l’on est à Londres. Le pied ! »
Tongue Pot, Eskdale, Lake District
« On se croirait dans les tropiques si ce n’était l’eau glacée : petites chutes d’eau et succession de bassins en enfilade connectés. Certains sont parfaits pour y sauter. » thegirloutdoors.com THE RED BULLETIN
JACOB LITTLE
NAGE SAUVAGE
DES AIIILES POUR TOUS LES GOÛTS.
ALICIA KEYS
Roller skate of mind Quand l’artiste habituée des Grammys mais aussi actrice et militante veut souffler, elle le fait en roller, à l’écoute des sons qu’elle partage ici. L’Américaine Alicia Keys est un profil incontournable dans le monde de la musique. Depuis son succès en 2001 avec le single Fallin’, la New-Yorkaise enchaîne les disques multiplatines, cumule quinze Grammys et s’impose comme actrice et productrice de films. Mais Keys est aussi activiste politique et sociale, et mère de deux garçons. Pour la sortie de son septième album studio, ALICIA, la jeune femme de 39 ans révèle que le roller l’aide à se changer les idées. « Je le pratique beaucoup en famille, confie Keys. C’est super sympa. Et la musique entraînante en patins à roulettes est vivifiante, une vraie sensation de bonheur. » Nous vous livrons ici une sélection de sa playlist… aliciakeys.com
Post Malone
Alicia Myers
Dr. Dre feat. Snoop Dogg
Alicia Keys
« Les chansons de Post Malone sont super sur la piste quand tu es en roller. J’adore Congratulations (single du rappeur new-yorkais sorti en 2017, ircles ndlr), mais je pense que C est encore meilleur. Ce morceau (classé quatrième de l’US Billboard Hot 100, ndlr) est génial, encore plus en roller, on a immédiatement envie de bouger. »
« J’adore l’écouter quand je suis en roller. (Elle chante.) “I wanna thank you, Heavenly Father, for shining your light on me… I know it couldn’t have happened without you.” Le rythme est incroyable – vous ne patinez plus, vous volez. C’est merveilleux. Un grand kiffe à découvrir absolument la prochaine fois que vous allez patiner. »
« La G-funk vous met le feu sur la piste. Tous les morceaux de The Chronic, un classique du hip-hop, de Dr. Dre et Snoop Dogg sont un bon choix. J’insiste, tout l’album est sublime, mais surtout Nuthin’ But A ‘G’ Thang. C’est le genre de morceau avec du ressort, qui vous oblige à bouger, à vibrer, à danser et à vous éclater. Tout est là. »
« Ai-je cité un de mes morceaux ? Bien sûr que du Alicia Keys en roller c’est de la bombe – du moins Time Machine, et No One (2007). Durant mon enfance, il y avait un endroit dans le Bronx appelé “Skate Key“ où je traînais avec mes amis. Pendant que tous les autres patinaient, nous r estions là, sages et mignons. (Rires) »
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Nuthin’ But A ’G’ Thang (1992)
Time Machine (2019)
THE RED BULLETIN
MARCEL ANDERS
I Want To Thank You (1981)
SONY MUSIC
Circles (2019)
Tout nouveau: Forester e-BOXER 4x4 à partir de Fr. 36’040.– Nouvelle plateforme (Subaru Global Platform), nouveau design, niveau de sécurité et de confort encore plus élevé – voici la nouvelle génération Forester. Avec le SUBARU e-BOXER, qui combine le moteur SUBARU BOXER avec un moteur électrique. Cela signifie: une puissance enthousiasmante sur route et une sérénité rassurante sur tous les terrains. subaru.ch SUBARU Suisse SA, 5745 Safenwil, tél. 062 788 89 00. Concessionnaires Subaru: env. 200. multilease.ch. Prix nets conseillés sans engagement, TVA de 7,7% comprise. Sous réserve de modifications de prix. Modèle présenté: Forester 2.0i e-BOXER AWD Luxury, Lineartronic, 150/16,7 ch, catégorie de rendement énergétique E, émissions de CO2 combinées: 185 g/km, consommation de carburant combinée: 8,1 l/100 km, Fr. 46’350.– (peinture métallisée comprise). Forester 2.0i e-BOXER AWD Advantage, Lineartronic, 150/16,7 ch, catégorie de rendement énergétique E, émissions de CO2 combinées: 185 g/km, consommation de carburant combinée: 8,1 l/ 100 km, Fr. 38’150.– (en couleur Crimson Red Pearl).
Mater ses vidéos est un entraînement à repousser vos limites mentales. Ce YouTubeur vigilant est le héros des aventures qui vous font kiffer mais que vous n’oserez jamais vivre ! Nico Mathieux, 25 ans, est un adepte de parkour, de plongée, de spéléologie et d’escalade en milieu naturel et urbain. Depuis un an et la création de sa chaîne YouTube, il entraîne son public à la découverte de ses péripéties époustouflantes. À l’image des livres dont vous êtes le héros, Nico Mathieux réalise des vidéos avec un drone et une GoPro, et vous embarque dans son expérience de plain-pied : au sommet d’une cheminée industrielle désaffectée en Slovénie, en mode toboggan sur les câbles d’un pont en Ukraine, ou lors de son expédition polaire en Islande… Autant d’exploits auxquels peu d’entre vous pourraient prétendre. À raison, car les risques sont millimétrés : Nico l’intrépide a dix ans d’expérience et d’entraînement derrière lui… the red bulletin : Quel rapport au danger entretenez-vous ? nico mathieux : J’annonce à mes followers : « Je vous emmène dans des ascensions ou des explorations pour vous faire découvrir un lieu où vous n’aurez jamais l’opportunité d’aller à cause des risques. » Je les plonge en immersion dans ce que j’aime faire sans qu’ils aient besoin d’y aller et de se mettre en danger. Mais vous grimpez sans sécurité… Avec mon sport initial, le parkour, j’ai été habitué à tout faire sans corde et sans harnais, donc c’était assez naturel. À force, ça fait tellement d’années que je fais des ascensions que je commence à connaître le vide et les risques, et à savoir quel entraînement il faut pour ne pas trop se mettre en danger. Et j’essaie d’expliquer cela très clairement dans mes vidéos.
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N’avez-vous jamais eu le vertige ? Avant mes 16 ans, impossible de faire un accrobranche, j’avais trop peur du vide. Mais j’ai compris avec l’expérience que le vide n’est qu’une information. Si tu ne tombes pas à 50 cm du sol lors de l’entraînement, il n’y a aucune raison que tu tombes à 100 mètres de haut si tu es très concentré. Comment testez-vous la fiabilité des installations que vous escaladez ? Je fais beaucoup de recherches en amont parce que j’adore ça. Quand je vois un monument, je me débrouille pour avoir les plans et m’informer un maximum. Avec le parkour, j’ai touché toutes les structures imaginables de bâtiments. Il n’y a pas cinquante mille matériaux sur Terre pour construire quelque chose. Alors je sais instantanément si ça va tenir ou pas rien qu’au toucher. Si vous ne les partagiez pas, est-ce que vos exploits perdureraient ? Absolument, parce que je continue d’en faire sans les filmer. Je le fais pour moi à la base. La vidéo, c’est un plus. Je pense que ça fait plaisir de pouvoir partager, de faire découvrir des choses. J’évoque parfois mes échecs, c’est important aussi de montrer qu’on ne peut pas tout réussir. Est-ce que vos followers sont aptes à faire du parkour ? Je pense que 80 % des personnes qui me regardent ne pratiquent pas ma discipline. Quand je donne des conseils, ça concerne les gestes sportifs quotidiens, ceux que tout le monde fait. Il faut beaucoup de courage pour faire ce que vous faites, mais il en faut aussi pour vous regarder ? D’après certains commentaires, j’ai l’impression, oui ! (rires) Parfois
Et la fatigue dans tout ça ? C’est une question de mental. La fatigue psychique est bien plus efficace pour te freiner ou te faire renoncer à une ascension que la fatigue physique. Le corps, lui, suit quand tu le connais bien. Et j’évolue généralement dans ma zone de confort. À quoi ressemble votre programme d’entraînement ? Depuis que je me suis mis à faire des vidéos, il a diminué, parce que je fais tout tout seul. Mais quand j’ai un gros projet, je me focalise pendant trois semaines pour récupérer le niveau dont j’ai besoin. Je fais de l’escalade trois fois par semaine. Quand je m’entraîne, j’y vais à deux cents pour cent, je travaille mes lacunes tout le temps, je ne reste jamais sur mes acquis. Quelle est l’expérience qui vous a le plus marqué ? La tour Glòries à Barcelone, ça restera l’épisode le plus éprouvant de ma vie jusqu’à maintenant. C’était mon premier gratte-ciel par l’extérieur sur des vitres qui rendaient l’ascension très difficile. Mais hormis les escalades, c’est l’expédition polaire que j’ai faite avec Jean (son meilleur ami, ndlr) en Islande. C’était hyper éprouvant, hyper fatigant, il faisait hyper froid (–30°C, ndlr), mais j’en garde un souvenir mémorable. L’aventure a duré huit jours, il fallait être sûr qu’on ait tout bien calculé sinon on n’avait aucun moyen de rester en vie. Avez-vous dépassé vos limites ? Là oui, parce que j’y suis allé avec un déficit de connaissances, un savoir qu’on ne peut développer que sur place. J’ai plutôt bien géré au final.
nicomathieux.com
THE RED BULLETIN
CHRISTINE VITEL
Son point de vue
j’ai plus peur en visionnant mes vidéos que quand je suis dans l’action, parce qu’il n’y a pas le toucher ni le ressenti du moment. Mais quand j’ai le matériau dans les mains, je sais que ça tient. La vidéo peut faire plus peur que la réalité.
@SUBTILITE, NICO MATHIEUX
NICO MATHIEUX
« Je vous emmène découvrir un lieu où vous n’aurez jamais l’opportunité d’aller. »
En exclusivité pour The Red Bulletin : Nico Mathieux à l’assaut d’un émetteur de la région parisienne (env. 200 m de haut) le 5 décembre 2019.
THE RED BULLETIN
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Elle a déménagé douze fois dans quatre pays : la chanteuse germano-britannique Alice Merton, riche de son expérience, explique comment s’habituer à un nouveau lieu de vie.
the red bulletin : Le Canada, les États-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne… Vous avez grandi et vécu dans quatre pays et cultures différentes, parce que vous étiez souvent amenée à déménager pour suivre votre père ingénieur. Autant de bons souvenirs ? alice merton : J’en avais marre des déménagements. Le plus difficile, c’était de devoir quitter la famille, les amis... et de tout recommencer à zéro. Mais j’ai appris à être flexible quand il le fallait. Votre titre No Roots parle exactement de cela. Avez-vous l’impression de ne pas avoir de racines ? Disons que mes racines ne sont pas ancrées dans le sol. Mon chez-moi, c’est chez les autres. J’ai habité dans tellement d’endroits que je n’ai jamais le mal du pays.
Vous avez tout juste 26 ans et connaissez des régions aussi différentes que le Connecticut, l’Ontario et la Bavière, et vous habitez maintenant à Berlin. Comment vous habituez-vous à un nouveau lieu de vie ? Pour se familiariser avec une nouvelle ville, rien de tel que de s’y promener à pied. Je vais dans les boutiques et les cafés où vont aussi les gens du coin. Et la clé, c’est le contact avec les habitants. C’est aussi ce qu’il y a de plus gratifiant. Comment s’y prend-on ? Plus tu es ouvert, et plus les gens t’accueilleront à bras ouverts à leur tour. Nous sommes tous issus de régions, de cultures diverses avec des backgrounds différents, et quand on fait réellement confiance aux gens, on peut trouver des amis partout. Votre père est Irlandais, votre mère Allemande, ils ont quitté l’Allemagne quand vous étiez encore bébé. Et c’est seulement à treize ans, dans un lycée de Munich, que vous avez appris l’allemand. Ça a été difficile ? Je passais mon temps à me plaindre. L’allemand n’est pas une langue facile et il m’a fallu des années pour la parler correctement. Rien que de penser aux articles et à leurs déclinaisons…
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Chaque déménagement est un nouveau départ, une nouvelle leçon… Qu’en avez-vous retenu ? J’adore observer la vie. Parfois, ça se reflète dans ma musique, mais pas forcément. Quand je découvre une ville, je me pose quelque part, et je regarde les gens passer. Je m’intéresse À leur façon de cohabiter, de se parler, de communiquer. Ça en dit beaucoup sur leur nature et leur culture. S’intégrer, au fond, c’est une question d’exercice. Voyager m’a rendue plus ouverte et accessible. Plus jeune, j’étais assez timide et aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir à bavarder avec des inconnus. Votre vie de nomade vous a donc bien préparée à votre carrière actuelle ? Absolument ! Je voyage encore beaucoup, et je me débrouille toujours. Nombreux sont mes collègues qui n’apprécient guère le fait d’être en déplacement. Pour moi, c’est différent. Quand je suis en t ournée, je me réjouis de toutes les villes où nous allons jouer et que nous allons visiter.
alicemerton.com
THE RED BULLETIN
BJÖRN SPRINGORUM
« Se sentir chez soi, c’est dans la tête »
Que fait-on de travers quand on n’arrive pas à s’adapter à un nouveau lieu de vie ? C’est dans la tête tout ça. Il faut s’autoriser à se sentir chez soi n’importe où. C’est comme ça que ça marche. le plus important, c’est de ne pas juger, de ne pas développer de préjugés sur les gens dont la façon de vivre diffère de la tienne. À Munich par exemple, les gens râlent beaucoup, ce qui froisse souvent les nouveaux arrivants. Mais c’est juste une habitude des Munichois, et ils pensent rarement à mal.
DANNY JUNGSLUND
ALICE MERTON
« Pour se familiariser avec une nouvelle ville, rien de tel que de s’y promener à pied. » Alice Merton à propos de ses escapades citadines.
THE RED BULLETIN
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ICON BUILD
Solution en béton À défaut de pouvoir imprimer des billets pour aider les sans-abri à se loger, une société imprime des maisons pour les héberger. est de régler le problème des sans-abris. Ces derniers sont estimés à environ 150 millions à travers le monde, ajoutés aux 1,6 milliard de personnes vivant dans des logements précaires. Icon et New Story veulent fournir un habitat sûr et abordable aux familles dont la rue est le seul horizon. Cinquante unités sont prévues pour la communauté de Tabasco, en collaboration avec l’organisation mexicaine de logement L’État mexicain de Tabasco accueille dans l’une de ses zones rurales deux petites maisons compactes. A priori, elles n’ont rien de particulier, pourtant ces habitations pourraient révolutionner le logement. Elles ne se bâtissent pas, mais s’impriment en 3D. Procurer un toit aux habitants les plus pauvres de Tabasco marque la première phase du projet de l’entreprise Icon et de l’ONG New Story dont le but 24
social Échale. Les maisons — d’une superficie de 46 m² intégrant deux chambres, un salon, un bureau et une salle de bain — sont conçues avec les familles qui y vivront, puis imprimées en 3D sur les fondations avec un ciment spécial. Le toit, les portes, les fenêtres, la plomberie et l’électricité exigent une intervention humaine. L’objectif d’Icon est d’imprimer une maison en moins de 24 heures, pour un coût de 3 600 € environ. Les familles bénéficieront d’un prêt à taux zéro sur sept ans qu’elles rembourseront à raison de 10 € par semaine. « Il faut garder à l’esprit la spécificité de ce projet : nous ne sommes pas une société de R&D obsédée par l’innovation, explique Alexandria Lafci, cofondatrice de New Story. Le projet exclut le profit. Ces maisons sont destinées à des gens avec des besoins que nous impliquons à chaque étape du projet. Ce projet peut concrétiser un rêve de durabilité et d’équité sociale », explique Gretel Uribe, la responsable du développement pour Échale. L’imprimante 3D Vulcan II est disponible à l’achat dans le monde entier afin que d’autres villes puissent l’activer. iconbuild.com THE RED BULLETIN
ICONBUILD.COM
L’imprimante 3D Vulcan II en action (ci-contre) ; le ciment spécial utilisé par l’imprimante, le Lavacrete (ci-dessous) ; la première maison à impression 3D homologuée, conçue par Icon et New Story à Austin, Texas (à gauche).
BEAUTÉ DURE
Les skateurs n’appréhendent pas la ville comme vous et moi : là où nous voyons du béton, ils voient un immense espace d’expression. Un instinct créatif que le photographe FRED MORTAGNE a réussi à sublimer. Texte ANDREAS WOLLINGER Photos FRED MORTAGNE
À PLEIN TUBE Ces énormes cylindres traînaient devant une usine de chaudronnerie, en banlieue lyonnaise – de quoi ravir le Grenoblois Charles Collet, un grand nom du skate.
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ITINÉRAIRE BIS Charles Collet, encore lui : cette fois-ci, c’est un pilier d’autoroute près de Mâcon qu’il prend pour terrain de jeu.
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DÉCOLLAGE IMMINENT À voir la détermination sur le visage de Nick Garcia, on se dit que le Californien est sur le point de nous livrer un trick somptueux.
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LE FINLANDAIS VOLANT Si la place devant la mairie de Créteil fascine Fred depuis vingt ans, ce n’est que très récemment qu’il est parvenu à mettre en lumière toute sa beauté. Avec cette photo du Finlandais Jaako Ojanen.
COUP DOUBLE On a souvent comparé le Musée d’Art contemporain de Niterói (près de Rio de Janeiro), conçu par l’architecte-star Oscar Niemeyer, à un ovni. Ce cliché y mettant en scène H ernando Naño Ramirez ne peut que le confirmer.
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L’EFFET MIROIR Dans un recoin de l’Institut du monde arabe, à Paris : un Australien (Sammy Winter), un switch kickflip… Une seconde de grâce.
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À PERTE DE VUE Jérémie Daclin évoluant dans le parking du Centre des congrès à Tokyo… Une photo que Fred a prise du dix-septième étage de son hôtel.
ET LA LUMIÈRE FUT Un aqueduc au milieu de nulle part, dans un coin paumé de la Californie : pour l’Américain Brandon Westgate, il s’agit surtout de ne pas se cogner la tête sur les poutres en métal. « J’ai attendu trois ans pour avoir la lumière parfaite », dit Fred.
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« Tu as beau essayer encore et encore, il y a toujours un truc qui cloche. Et puis tout à coup, boum, on y est ! »
RESTER DE GLACE Les risques du métier : Charles Collet vient de se tordre la cheville et se r epose avec une compresse refroidissante posée dessus… ah non pardon, c’est un sachet de petits pois surgelés.
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Pascal et son casque aux yeux. Son pull prend des allures de palette.
Cette peinture, For Ever (130 × 220 cm, huile sur toile), qui orne désormais un pull de la collection Off-White actuelle, a apporté à Pascal la reconnaissance internationale.
Rebelle au pinceau Un jeune sauvage qui peint comme un vieux maître : l’histoire à succès du Zurichois PASCAL MÖHLMANN, ou comment devenir tendance en allant à contrecourant. Texte WOLFGANG WIESER Photos PHILIPP MUELLER THE RED BULLETIN
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Un
petit garçon se tient, stupéfait, devant un immense tableau. Il a dix ans, peut-être onze. Et face à cette peinture, il sent que son monde vient de changer à jamais. Au premier étage de l’aile Denon du Louvre à Paris, il voit son avenir dans une peinture à l’huile si grande qu’on ne peut la saisir d’un seul coup d’œil : 6,21 mètres de haut et 9,79 mètres de long. Cette toile, réalisée par Jacques-Louis David (1748-1825) au début du XIXe siècle, représente le sacre de Napoléon. Le jeune garçon ne connaît pas les personnes que l’on peut admirer sur le tableau. Mais il les sent. Et il est fasciné par les détails : par les gestes individuels, les regards énigmatiques et chaque poil de fourrure finement peint. « Cela m’a ébloui, dit l’homme qu’il est devenu. Dès ce moment, j’ai su ce que je voulais faire. » Près de quarante ans plus tard, Pascal Möhlmann, 50 ans, se tient dans son atelier merveilleusement lumineux de la Hermetschloostrasse à Zurich et retrousse les manches de sa chemise : « Mais je ne savais pas ce que cela signifiait d’être un artiste. » Cela ne veut surtout pas dire qu’il faille être désordonné. Le studio qu’il partage avec un ami, le designer Daniel Herman, qui ne passe plus qu’occasionnellement, est parfaitement rangé. Chaque chose à sa place : les livres, les cd, le squelette baptisé Robert et une pile d’assiettes en carton blanc sur lesquelles Pascal a empilé des croquis. 42
Des tableaux sont accrochés sur les murs : un portrait de la it-girl Caroline Vreeland qu’il a peint pour son nouvel album ; une jeune femme aux bras croisés, le mot « Faster » tatoué sur sa poitrine ; une petite pelle de jardin. Un pull gris maculé de peinture est jeté sur un fauteuil. C’est celui que Pascal porte quand il peint : « On m’en a même offert de l’argent », raconte-t-il en riant. Le Néerlandais, qui vit en Suisse depuis près de vingt ans, vient dans son
studio quand il en a envie : « Mais c’est pratiquement tous les jours. Je me lève tard, je prends mon temps à la maison. Je suis habituellement ici à l’heure du déjeuner. Et puis je reste pendant des heures. » Lorsqu’il peint, il écoute de la musique classique : il aime les romantiques comme Schumann et Bruckner. Stravinsky, qu’il écoute de plus en plus souvent, s’est ajouté à la liste. Un chevalet sur lequel est posée une peinture qu’il travaille depuis des THE RED BULLETIN
Pascal Möhlmann dans son atelier. Sa pose est inspirée d’un tableau de Van Dyck.
« J’arrive à l’atelier à l’heure du déjeuner. Et j’y reste pendant des heures. » THE RED BULLETIN
semaines fait face à une fenêtre ouverte. Les trains passent en dessous, créant un bruit de fond. Dans un seau, des pinceaux fins, prêts à être utilisés. À côté, un iMac. Si vous suivez le travail de Pascal via Instagram, vous pouvez voir les progrès réalisés : ce qui, il y a quatre jours, n’était que quatre taches blanches, avec des visages rapidement esquissés à l’acrylique, est maintenant terminé. Quatre femmes nues sont allongées, les unes sur les autres. Comme toujours : « Une
commande. Un ami qui veut un nu spécial… » Je demande s’il planifie son travail à l’avance. « La plupart du temps. Quand je travaille longtemps sur un tableau comme celui-ci, je m’endors avec lui, je le veille et j’y rêve encore. Je sais exactement par où commencer quand j’y reviens. » Parfois, ça va très vite. Parfois, très lentement. Pascal bondit, se rend au chevalet et effleure l’un des dos avec sa main droite : « Je l’ai peint en une seule fois, 43
« Chaque fois que je me consacre à une personne, celle-ci gagne en beauté. »
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ça a été très facile. Mais le fond, dit-il en riant et en pointant un peu plus haut, j’ai dû le refaire trois fois. » Pascal peint alla prima : contrairement au travail par couches successives, la couleur souhaitée est mélangée sur la palette et appliquée directement sur la toile. Beaucoup de vieux maîtres travaillaient de cette façon : Rubens, Velázquez, El Greco, le Titien, certains des grands Anglais, et bien sûr le Flamand Antoine van Dyke (1599-1641) – « mon idole », s’exclame-t-il. Et il montre des copies de portraits de Van Dyke accrochées au mur étroit en face de lui : « Il écoute. C’est mon ami, même s’il est mort en 1641. » Avec sa passion pour les vieux maîtres, Pascal s’est initialement fait peu d’amis : « J’ai senti que les autres artistes considéraient ma façon de peindre
comme tapageuse voire illustrative. En d’autres termes, inintéressante et insignifiante. » Comme le vieux « peunk » qu’il est – c’est ainsi que Pascal prononce le mot « punk » – « J’ai adopté une position antipunk et me suis dit que je ne voulais rien avoir à faire avec eux. » À l’École supérieure des beaux-arts d’Utrecht, il se venge de l’ignorance de ses collègues en envahissant l’escalier pour le transformer en studio personnel avec deux amis. Et assène Public Enemy, Slayer et Sepultura aux étudiants horrifiés avant d’obtenir finalement son diplôme cum laude. Les portraits qu’il réalise alors qu’il était encore étudiant lui procurent ses premiers cachets : des voisins sympas les commandent à son père pour quelques centaines de florins. THE RED BULLETIN
Sospiri (160 × 140 cm, huile sur toile) : un enchevêtrement de bras et de jambes. Défier la gravité est l’un des thèmes favoris de Pascal ces temps-ci.
Pascal et Robert. Le squelette apparaît régulièrement dans son travail.
Au début des années 90, le Néerlandais s’installe à Bâle pour des raisons de cœur puis, quelques années plus tard, à Zurich. Principalement en raison de son amitié avec le designer Daniel Herman, « mais aussi parce qu’il se passe quelque chose de plus dans cette ville ». Il découvre la célèbre Langstrasse, apprécie le milieu et les longues nuits dans les bars sombres. Aujourd’hui, il en a assez : « Avant, c’était bad d’un point de vue romantique, dit-il, aujourd’hui, ce n’est vraiment plus que bad… »
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eureusement, ses affaires sont tout sauf bad. Il portraitise des célébrités telles que Dieter Meier du groupe musical Yello, l’as du tennis Roger Federer et la it-girl Caroline Vreeland. Des évêques suisses viennent
THE RED BULLETIN
même se faire immortaliser par l’artiste gaucher. Il n’a plus à se soucier de sa subsistance. « Du moins, pour le moment », corrige-t-il. Qu’est-ce qui le fascine dans le portrait ? Pascal respire profondément, comme s’il attendait cette question, et se lance : « Tout est dans la personne. Pas besoin de concept. Il y a peu de gens qui dégagent quelque chose de très désagréable pour moi ou alors rien du tout. J’ai appris à mes dépens que je ne devais pas faire le portrait de telle personne ou telle personne si je ne la sentais pas, si je ne l’aimais pas. Mais à part cela, j’ai remarqué que chaque fois que je me consacre à quelqu’un, cette personne gagne en beauté et je me mets à ressentir un amour platonique – je n’exagère pas – et je peins avec cet amour… même s’il disparaît rapidement. » Avec son tableau Disposizione/ Addicted to Love, il crée en 2010 un mélange grandiose qui doit autant aux grands maîtres d’hier qu’à la pop des années 1980, mêlant l’enterrement du Caravage au hit disco de Robert Palmer. Le résultat : Pascal, une cigarette à la main droite, est porté par deux femmes très légèrement vêtues pendant que trois autres, debout, semblent vaguement irritées. L’idée derrière tout cela ? Pascal
rit et répond : « Vanité, pure vanité. Alors, je vous en prie, c omprenez ce tableau avec ironie. » Il publie régulièrement ses travaux sur I nstagram. C’est ainsi que Virgil Abloh l’a découvert il y a presque deux ans. Avec sa marque Off-White, l’Américain a depuis longtemps atteint un statut culte, et depuis mars 2018, il est responsable de la collection homme de Louis Vuitton en tant que designer. Il a liké la peinture à l’huile grandeur nature de Pascal L.M.I.T. qui représente trois femmes nues, partiellement armées, deux squelettes et Pascal lui-même – le peintre pose avec une canne, comme le roi anglais Charles Ier dans un portrait de Van Dyck. Il s’en est suivi un échange animé via WhatsApp, jusqu’à ce que Pascal envoie une photo de la sculpture de Gian Lorenzo Bernini, L’Enlèvement de Proserpine. Réaction d’Abloh : « L’une de mes œuvres d’art préférées. » C’est le sésame qu’attendait Pascal pour se lancer. Il peint à l’huile, à la manière du grand maître, la toile intitulée For Ever qui orne désormais un pull Off-White. Pascal Möhlmann sait qu’il a toujours fait ce qu’il devait faire depuis cette révélation, au Louvre, en pleine contemplation du Sacre de Napoléon.
Instagram : @pascalmoehlmann 45
Pleine de mordant C’est lorsqu’elle était adolescente que ses animaux préférés ont commencé à disparaître des océans. Aujourd’hui, M ADISON STEWART parvient même à convaincre les pêcheurs de protéger les squales. Texte LOU BOYD
PERRIN JAMES
L’Australienne Madison Stewart, défenseure de l’environnement, a reconverti des pêcheurs de requins en guides qui la soutiennent aujourd’hui dans son combat contre la disparition de ces animaux fascinants.
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« La première fois que j’ai vu de près un requin de l’espèce avec laquelle j’avais toujours rêvé de nager, c’était sur l’étal du marché. Il était mort. »
C
hacun a un endroit bien à lui où il peut se ressourcer. Une maison, une ville ou un pays. Pour l’environnementaliste Madison Stewart, cet endroit, ce sont les fonds-marins – et la compagnie des requins. « Je ne sais pas quand a débuté cet amour pour l’océan, dit-elle. Je savoure simplement la liberté de nager avec ces animaux fascinants. » Depuis qu’elle est toute petite, elle a toujours été encouragée par ses parents à explorer la nature. « C’est mon père qui m’a initiée si tôt à la plongée. Il a décidé de me scolariser à domicile pour pouvoir m’emmener plonger plus souvent. » Un jour – Madison n’avait que quatorze ans – ils prévoyaient d’observer un grand groupe de requins le long de la Grande Barrière de Corail, comme ils l’avaient souvent fait. Mais pas la moindre trace des squales. Des années plus tard, elle fait le lien : « Mon amour des requins s’est enflammé au moment où ils ont progressivement commencé à disparaître. » La pêche aux requins a augmenté de façon exponentielle au cours des dernières décennies. Si cela ne change pas, d’après l’estimation de défenseurs de la vie marine, un grand nombre d’espèces disparaîtra à jamais d’ici trente ans. D’après le World Wide Fund for Nature, presque quarante espèces de requins sont menacées par la surpêche, un quart d’entre elles sont même en danger d’extinction. En revanche, dans les médias, les requins
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continuent d’être présentés comme des animaux marins dangereux et non pas en danger eux-mêmes. Pourtant, tous les ans, jusqu’à cent millions de requins sont tués par l’Homme – soit par prise accessoire (capturés accidentellement lors de la pêche d’autres poissons et animaux marins), soit parce qu’on leur coupe illégalement les ailerons avant de les rejeter dans la mer pour mourir. Malgré l’interdiction de plusieurs pays de posséder ou de vendre des requins, on trouve toujours de la soupe aux ailerons de requin et de la viande de requin dans les restaurants et les marchés de Chine et du Vietnam. D’après Stewart, cela doit impérativement changer. À 26 ans, elle a vu trop de requins morts. « Même si ce que je vois est horrible, on finit par s’habituer. Au début, je pleurais. Maintenant, ça m’attriste, mais je ne verse plus de larmes. La première fois que j’ai vu de près un requin de l’espèce avec laquelle j’avais toujours rêvé de nager, c’était sur l’étal du marché. Il était mort. C’était très dur. » Après des années d’engagement et d’activisme – Stewart a été élue Young Conservationist of the Year (trad. jeune défenseur de l’environnement de l’année) par l’Australian Geographic Society – elle a dû admettre que son combat semblait vain. Non seulement elle, mais le monde entier était las de voir des requins morts. Il fallait trouver de nouvelles voies pour arrêter cette folie. L’organisation qu’elle a fondée il y a trois ans, Project Hiu (« hiu » signifie requin en indonésien), combat le commerce de THE RED BULLETIN
KARINA HOLDEN
Comme un poisson dans l’eau : lorsqu’elle fait de la plongée aux côtés de requins impressionnants, Madison Stewart, 26 ans, se sent parfaitement à l’aise.
La tragédie des squales étalées aux pieds de Madison Stewart, lors de sa v isite de l’île indonésienne de Lombok, haut-lieu de la pêche illégale aux requins. THE RED BULLETIN
requins à la source, grâce à une méthode surprenante, qui elle-même a connu un succès tout aussi surprenant. Car au lieu de condamner les pêcheurs d’un village sur la côte de l’île indonésienne de Lombok, Project Hiu les invite à collaborer de manière cordiale. « Les protecteurs de l’environnement connaissent très bien cette île. Ils la détestent. On tombe sur des requins tués à chaque coin de rue. Au bout d’un moment, j’en ai eu assez de faire des photos puis de disparaître. J’ai donc décidé de suivre une nouvelle voie. » Dans un premier temps, Madison Stewart est retournée dans le village avec des amis et a rencontré le pêcheur Odi. « Le lendemain, il est venu faire de la plongée avec nous. C’est là que nous avons réalisé à quel point la région était belle. Odi nous a parlé de la pêche : elle 49
lui rapportait tellement peu qu’il était obligé de quitter sa famille des jours durant, pour ne revenir qu’avec une prise qui suffisait tout juste à couvrir le strict nécessaire. Je me suis dit que si nous trouvions une alternative à la pêche au requin, nous pourrions aider les pêcheurs. C’est ainsi qu’est né Project Hiu. » Une idée folle si l’on considère que l’industrie de la pêche au requin est la source de revenu majeure des familles de l’île depuis plusieurs générations – un grand nombre des habitants de Lombok dépendent entièrement de ses recettes. Qui serait prêt à perdre son travail parce qu’une jeune fille prétend que tuer des requins, c’est mal ? La jeune Australienne savait que Project Hiu ne pourrait fonctionner que s’il apportait aux pêcheurs une alternative viable.
S
tewart, se remémorant son arrivée à Lombok, se tourna vers le tourisme. « Tant les pêcheurs que les défenseurs de l’environnement doivent interchanger leur vision des choses. Il est primordial qu’ils comprennent le point de vue de l’autre. Il est important de montrer que les hommes ne tuent pas les requins par haine, mais par manque d’options. » Le projet propose à des groupes de dix visiteurs maximum d’explorer l’habitat des requins dans trois à quatre barques de pêcheurs. « En reconvertissant les pêcheurs de requins en guides touristiques, nous empêchons que les bateaux ne partent à la pêche, et protégeons les requins, explique Stewart. Project Hiu s’attache à croire que seuls les hommes ayant été élevés à tuer les requins sont en mesure de les sauver. » Pour l’instant Project Hiu ne fait que de petites vagues. Steward se sent parfois très isolée. Mais elle sait que son idée peut engendrer un changement de perspectives pour de nombreuses personnes, à travers le monde. « Je collabore avec la commune et voudrais investir plus d’argent (provenant des visiteurs de Lombok, ndlr) dans le système scolaire, développe-t-elle. Pour moi, le succès le plus important des dernières années est le nombre de touristes qui ont participé à nos voyages, et la manière dont les autochtones les ont accueillis. Ils sont témoins du massacre en voyant tous ces requins morts ; et en montant sur un bateau le lendemain, ils savent qu’ils sont en train de sauver des squales. Chaque participant veut contribuer au changement. » 50
« Nous reconvertissons les pêcheurs de requins en guides touristiques, ainsi leurs bateaux ne sont plus utilisés pour la pêche illicite. »
PERRIN JAMES
La probabilité d’être frappé par la foudre est plus grande que celle de se faire attaquer par un requin.
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n neuf ans, de ses plongées avec son père sur la Grande Barrière jusqu’à la direction d’une organisation de militants écologistes très présente sur la scène médiatique, Madison Stewart a fait du chemin et a dû renoncer à beaucoup de choses. « Si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais gardé mon monde sous-marin secret. Mais l’industrie et certains gouvernements ont créé un vide entre l’océan et les hommes, et ils en profitent. Ils se servent comme ils veulent. Je suis obligée de réagir. » D’après elle, ceux qui partagent ses idées et veulent protéger la faune maritime n’ont pas besoin de venir sur les côtes. « J’ai des followers sur Instagram qui pensent devoir venir nager avec des requins pour les sauver. Ce n’est pas nécessaire. L’océan, l’environnement, est influencé par nous en tant que personne, où que nous soyons. » Alors comment contribuer à sauvegarder les espèces et à préserver la planète ?« On trouve de l’huile de foie de requin dans des compléments alimentaires, et on peut acheter des os de requin. Il y a du requin dans les friandises 52
« La seule erreur que l’on puisse commettre, c’est de ne rien faire. »
pour animaux domestiques, de l’huile de foie de requin dans des produits cosmétiques et la soupe aux ailerons de requin est un plat proposé dans tous les quartiers chinois du monde. Il s’agit donc tout simplement de devenir des consommateurs responsables, qui remettent en cause ce qui nuit aux océans, et plus largement à l’environnement. » Sauver l’océan et ses habitants serait-il une mission impossible ? L’ampleur de la tâche est titanesque. Avons-nous déjà atteint le point de non-retour ? « À vrai dire, je n’en sais rien, confie Madison Stewart. Lorsque j’étais plus jeune, je savais que je ne pourrais pas empêcher la pêche aux requins, mais j’ai continué à me battre – par principe. Aujourd’hui, je constate que les habitants de Lombok ont trouvé un nouveau sens à leur vie, et qu’ils peuvent dédier plus de temps à leurs familles. Parallèlement à cela, l’océan à cet endroit se repeuple de requins petit à petit. La seule erreur que l’on puisse commettre, c’est de ne rien faire. Car cela signifierait que l’on a baissé les bras avant d’avoir donné le maximum. » projecthiu.com THE RED BULLETIN
PERRIN JAMES, KARINA HOLDEN
Stewart agit devant et derrière la caméra afin d’attirer l’attention sur la crise des squales. Les films Blue et Sharkwater Extinction sont disponibles en DVD et en streaming.
RAIDER HARPOON PATENTED* HOUR INDICATOR *Patent pending
L’avis d’Adèle L’actrice qui a marqué un tournant dans l’ère du cinéma français à la fin de l’année 2019, ADÈLE HAENEL, répond à The Red Bulletin sur la finalité de ses engagements artistiques, fruits de l’excitation d’aller explorer le genre humain.
Entretien CHRISTINE VITEL Photos JULIEN LIENARD 54
Fin octobre, nous rencontrons Adèle Haenel dans le cadre de la 57e édition de la Viennale, festival international du film de Vienne (Autriche), soit quelques jours avant ses déclarations en direct sur le site de Mediapart le 4 novembre. À 31 ans, et déjà deux César à son actif, la palette de genres de la comédienne est riche : elle a travaillé avec de jeunes réalisateurs de cinéma d’auteur comme Céline Sciamma à ses débuts avec La naissance de pieuvres ou Thomas Cailley pour son puissant premier long-métrage Les Combattants (2014). Quelques années plus tard, on la voit dans la comédie de Pierre S alvadori, En Liberté ! (2018) et dans l’univers absurde de Quentin Dupieux avec Le Daim, après avoir incité le réalisateur à étoffer son rôle afin de donner plus de consistance à la figure féminine du film. Lors du festival de Cannes, en mai dernier, Adèle H aenel présentait Les héros ne meurent jamais, d’Aude Léa
Rapin, et Portrait de la jeune fille en feu, le quatrième film de Céline Sciamma : le genre de film qui poursuit un dessein et qui marque un tournant dans une filmographie. Sa carrière, la comédienne l’aborde de manière très singulière : ses choix sonnent comme des engagements, elle semble suivre une ligne de conduite qui embrasse les obstacles. On sent percer la vulnérabilité et la d étermination dans sa voix, la fébrilité qui émane des émotions, les explications formulées au plus juste. De ses personnages, elle dit ne pas chercher à interpréter des héroïnes, mais simplement à parler du minimum humain. À la lumière d’incursions philosophiques, Adèle Haenel nous éclaire sur les choix qu'elle prend sans retenue, évoque la composante humaine dans son jeu et insiste sur la nécessité pour les artistes, à l’heure actuelle, de p roposer de nouveaux récits. THE RED BULLETIN
« Un personnage, c’est l’opportunité de vivre. »
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« Le fait d’avoir une capacité n’oblige pas à convoquer cette capacité. » Vous parlez d’excitation, d’exaltation, quelle forme prend-elle ? Ça dépend où j’en suis dans ma vie. Dans Les Combattants, par exemple, c’est le premier degré du personnage de Madeleine qui m’a motivée. « Le monde va à sa perte, je vais apprendre la survie ! », normal. En termes de choix de jeu, cela implique des techniques. Pour ce
film, l’idée, c’était de travailler sur la non-ambiguïté du corps. Je trouvais ça terriblement excitant d’explorer cette dimension non sexualisée. L’inspiration, je l’ai puisée dans les cartoons de Tex Avery. Avec un grand sérieux ! Pour la comédie En Liberté !, Pierre Salvadori, le réalisateur, m’a bien épaulée car c’était un registre que je maîtrisais mal. Sa manière de diriger les acteurs est liée au décalage. Je vous donne un exemple : le premier jour où j’étais sur le tournage, c’était une scène avec Audrey Tautou. Elle devait jouer la surprise. Elle faisait genre : « Qu’est-ce qui se passe ? » en écarquillant les yeux, et Pierre a dit : « Non, il faut que tu fasses comme si tu lisais des sous-titres en coréen très loin. » Le texte est toujours là pour dire le contraire de ce qu’il se passe. L’idée est simple : on change de perspective par rapport à ce qui vient d’être dit. Avec ce décalage-là, on peut jouer plein de trucs. Jouer par contraste va donc permettre de faire des cassures dans le rythme, pour dynamiser l’histoire ? Oui, et aussi dans le rapport qu’on a à l’émotion. Il n’est pas linéaire, notre rapport à une émotion évolue au fur et à mesure que nous la ressentons. Il faut essayer de jouer à la fois avec des émotions sincères et avec un certain décalage.
Louis (Damien Bonnard) et Yvonne lieutenant de police dans En Liberté ! (en haut) ; Marianne (Noémie Merlant) et Héloïse, picturales, dans Portrait de la jeune fille en feu (à gauche) ; Madeleine et Arnaud (Kévin Azaïs) en mode survival dans Les Combattants.
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D’un film à l’autre, le rythme change ; d’un personnage à l’autre aussi ; est-ce que la manière de s’engager dans un rôle est différente elle aussi ? Il faut bien faire la différence entre ce que l’on est capable de faire et ce que l’on souhaite faire. En Liberté !, c’est un film qui m’a énormément appris, parce que je n’étais pas capable de faire cette dissociation au début du tournage. Aujourd’hui, j’ai des capacités techniques que je n’avais pas lorsque j’ai débuté au cinéma. Il y a certaines choses que j’ai perdues, une vérité que j’avais quand j’étais adolescente que je ne peux pas faire semblant de reproduire aujourd’hui. Il faut que j’avance, que je sois toujours dans un rapport concret avec le présent, et cela suppose d’apprendre. Sur la voie de l’apprentissage, il y a un chemin philosophique, un chemin artistique, et un chemin technique. Le chemin technique, c’est apprendre à dissocier. Apprendre à dissocier son corps de sa voix, son THE RED BULLETIN
JULIEN LIENARD/CONTOUR BY GETTY IMAGES, TED PACZULA, NORD-OUEST FILMS ET JULIEN PANIÉ, UNIFRANCE.ORG
the red bulletin : Vous jouez dans des registres très différents : la comédie de Pierre Salvadori, En Liberté !, Les Combattants, un premier film dramatique, Portrait de la jeune fille en feu, un rôle de composition… Chacune de vos interprétations est d’autant plus convaincante que vous avez l’air tellement convaincue de ce que vous faites. À quoi cela tient-il ? Au rôle, au réalisateur, au scénario ? adèle haenel : C’est un peu tout ça. Je suis hyper sérieuse, et souvent, on se moque de moi, et je suis complètement d’accord avec ça. Mais mon premier critère pour choisir, c’est la profonde excitation que je ressens pour le rôle, le film ou le scénario.
lié à l’échec, ou à la réussite, mais plus à un sentiment protéiforme qui peut nous accompagner tout au long de notre vie, changer notre rapport à l’art, changer le rapport à nos futures histoires d’amour…
« Ce qui est sexy, c’est le consentement, c’est l’égalité, c’est cette invention-là. »
texte du sous-texte… Tout cela, ce sont des capacités techniques que j’acquière au fur et à mesure. Le fait d’avoir une capacité n’oblige pas à convoquer cette capacité. Est-ce que les émotions ressenties par les acteurs pendant qu’ils jouent sont les mêmes que celles ressenties par les spectateurs pendant la projection ? Quand j’ai commencé le théâtre, j’étais ivre des émotions. Je pensais naïvement que si je criais, si je pleurais ou que j’étais complètement débordée par l’émotion, le spectateur ressentirait la même chose, une émotion-miroir. Mais il y a une coupure entre ce que vivent les acteurs dans leurs rôles et ce que vivent les spectateurs face à l’écran ? C’est ce que j’ai appris au fil de ma carrière. Je me suis peu à peu intéressée à composer des émotions liées au rythme et à l’interaction avec le spectateur. C’està-dire qu’elles sont délayées dans l’histoire, que l’émotion du personnage dans une scène est travaillée par l’acteur pour THE RED BULLETIN
éclore à un autre endroit du film, et c’est à ce moment-là que le spectateur sera touché. La construction d’un personnage se fait-elle avant le tournage ou doit-elle se poursuivre devant la caméra ? En amont, il aura fallu définir le niveau d’intimité qu’on a envie de donner à ce moment-là. Dans Portrait de la jeune fille en feu, ce que je trouvais excitant dans le rôle d’Héloïse, c’était d’inventer une nouvelle émotion autour de l’égalité, du consentement, de la non-possessivité dans l’amour. Le film raconte et trace une émotion nouvelle du souvenir de l’amour et un nouveau rapport à notre passé, à nos histoires, qui ne serait pas
« Dans l’art, c’est la composante humaine qui est à l’œuvre, pas notre personnalité. »
Incarner un personnage, c’est s’inspirer de sa propre personnalité ? « Personnalité », c’est un mot qui me stresse. Je préfère dire que mes rôles coïncident avec des questions existentielles qui me préoccupent à un moment donné, comme dans Les Combattants sur l’ambiguïté du corps. Pour ce rôle, je me poussais moi-même à être claire, car ma position dans le cadre était très claire : en treillis et en marcel, Madeleine est une survivaliste avant d’être une femme. Dans La Fille inconnue des frères Dardenne, je me suis dit que ce qui était intéressant, ce n’était pas de faire de Jenny une héroïne au sens d’un exemple à suivre, mais de parler du minimum humain. J’entends par là qu’à mon avis, tout le monde est susceptible d’empathie avec son prochain. Même quelqu’un qui a l’impression d’être émotionnellement gelé aura la possibilité de trouver le déclic. Ces deux personnages, je ne les ai pas construits comme des personnes, mais comme des minima humains. Vos rôles sont autant de choix assumés. Vous dites-vous parfois : « Ça va être trop compliqué », ou « Je ne me sens pas à la hauteur » ? Ou allez-vous jusqu’au bout parce que vous vous y êtes engagée ? Je ne recule pas trop, en général. La composition se fait très bien avec les gens avec qui je travaille la plupart du temps ; parfois c’est plus compliqué, mais c’est rare. Je ne force pas un sens, je n’essaie pas d’imposer mes volontés. Jusqu’à présent, j’ai lu les scénarios d’une manière qui me semblait faire écho à la recherche de la réalisatrice ou du réalisateur. Vous retrouvez-vous dans les personnages qu’on vous propose, avant d’y mettre quelque chose de vous ? Oui, car un personnage, c’est l’opportunité de vivre. Ça n’est pas une personne réelle. C’est l’opportunité de s’exciter sur une composante essentielle de la vie. C’est une épreuve de ce que c’est qu’être humain. C’est pour cela que je suis un peu contre l’idée de personnalité : on en a tous une, mais ce qui est « humain », 57
« Je me sens hyper responsable des choix que je fais. » 58
THE RED BULLETIN
« Un des soucis des artistes est de proposer de nouveaux récits pour que les gens puissent s’en inspirer. » qui possède, qui est cohérent, qui est mesuré… Il s’agit d’un héritage à la fois artistique, culturel et économique. Mais en tant qu’artistes, nous avons la responsabilité et l’envie d’explorer de nouveaux récits. Et cela a un impact. Dernier rôle en date : Alice dans Les héros ne meurent jamais, présenté à la Semaine de la critique, Cannes 2019.
c’est une infinité d’infinis à explorer. Dans l’art, c’est la composante humaine qui est à l’œuvre, pas notre personnalité.
JULIEN LIENARD/CONTOUR BY GETTY IMAGES, LES FILMS DU WORSO
Dans quelle mesure est-on responsable de nos choix sachant que nous avons tous une palette d’émotions et de capacités limitées ? Je me sens hyper responsable des choix que je fais, car je fais des choix qui me semblent pertinents d’un point de vue politique, et d’un point de vue artistique en premier lieu. Pourquoi pertinents ? Parce qu’ils sont malléables, en recherche, et pas figés, dans le sens du pouvoir. Ces choix apportent-ils des solutions face aux difficultés du quotidien ? Le souci des artistes, ce n’est pas d’apporter des solutions ! Un des enjeux en revanche est de proposer de nouveaux récits pour que les gens puissent s’en inspirer et construire leur vie. Parce qu’on en a besoin. Et c’est extrêmement libérateur d’avoir accès à de nouveaux récits. Les spectateurs peuvent s’identifier et ainsi bâtir une vie qui leur ressemble plus. On construit tous notre vie selon un absolu empreint d’un idéal artistique, que l’on s’en rende compte ou non. Un idéal qui a imprégné la société : l’homme qui a une femme, des enfants, THE RED BULLETIN
Est-ce que le fait de savoir que vous allez être vue par des personnes sur lesquelles vous allez avoir un impact est une source de motivation dans votre travail ? Moi, je trouve cela excitant. Car l’art peut changer le monde, il peut y contribuer. Créer des nouveaux récits, c’est humain. L’infini aussi, c’est créer le futur en inspirant les vrais « acteurs » du monde d’aujourd’hui, tous les êtres humains de la planète. C’est cela qui se passe. On ne va pas créer le futur qu’on veut d’un claquement de doigts. Mais les artistes y contribuent. Notamment en expliquant que ce qui est sexy, ça n’est pas le viol. Ce qui est sexy, c’est le consentement, c’est l’égalité, c’est cette invention-là. Ça, ce sont des exemples de nouveaux récits. D’où vous vient cette soif de changement, ce besoin intransigeant de proposer de nouveaux récits ? À travers nombre de mes rôles, j’ai dressé le portrait d’une méthode souvent employée par les femmes pour survivre socialement à certaines situations : une manière d’agir très commune quoiqu’un peu dommage. Malheureusement, les alternatives, quand elles sont proposées, sont pauvres. Quelles sont-elles ? L’absence. Le suicide : on ne veut pas que je vive, donc je ne vis pas. Ou la solution de Marianne (jouée par Noémie M erlant, ndlr) dans le Portrait : adossée au patriarcat, elle a le droit d’exprimer son art, mais seulement dans une forme d’aliénation, parce qu’elle doit plaire
malgré tout, et elle doit s’excuser d’exister. Son art est dicté par des lois contre lesquelles elle n’ose pas s’ériger. Et même s’il s’agit d’un film d’époque, ces règles sont valables encore aujourd’hui au XXIe siècle ; c’est notre façon de vivre en tant que femme. Dans une interview, vous avez déclaré faire de « la résistance par l’absence… ». Encore aujourd’hui ? Souvent, on me dit que je ne suis pas très collaborative. En fait, j’observe le monde en fonction de ma façon de m’observer moi-même. Dans la mesure où je me connais, j’arrive à reconnaître certaines qualités ou émotions chez mes interlocuteurs, et je suis capable d’en parler. Tout autour de nous, un ordre préétabli presse implicitement les femmes à être de jolis objets. C’est une négation de notre existence, très clairement. Ma façon de réagir à cela, c’est de me soustraire. Je ne vais pas commencer par me mettre dans une situation conflictuelle… même si ça m’arrive, mais je n’ai pas toujours cette ressource-là. Donc ma façon de faire, c’est de m’absenter. Vous est-il déjà arrivé de jouer un rôle que vous pensiez ne jamais vouloir ou pouvoir jouer ? Oui, avec les frères Dardenne lorsqu’ils m’ont proposé de jouer dans La Fille inconnue. J’avoue que j’ai été drôlement – mais agréablement – s urprise. Ce sont des mythes vivants… C’est comme si c’était des arbres qui m’avaient invitée à venir discuter avec eux. À ce momentlà, j’ai compris que j’étais rentrée dans le cercle, que j’y avais ma place. Y a-t-il un film de votre filmographie qui ait un écho affectif particulier pour vous ? Le Portrait de la jeune fille en feu compte énormément pour moi, parce qu’il incarne toute une décennie de relations, de réflexions, je l’adore. J’ai beaucoup d’affection pour la plupart des réalisateurs et réalisatrices avec lesquels j’ai travaillés, car en tant qu’acteur on les regarde et on cherche à comprendre, à comprendre les choses qu’ils ne formulent pas, ce qui les touche, et ce qu’ils cherchent sans qu’eux-mêmes ne sachent vraiment quoi. Et parce que quand on regarde quelqu’un, généralement, on l’aime. 59
La vie sans filet
Le métier d’OLIVER KELLER ? Cascadeur mécanique, spécialisé dans les courses-poursuites en voiture. Son lieu de travail ? Hollywood. Sa plus grande crainte ? Les pilotes automatiques. Réflexions d’un pro sur les aléas et l’avenir d’un métier à risques. Texte LUKAS RÜTTIMANN
Photos BEN BRINKER
Oliver Keller au volant de sa Pontiac Trans Am.
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« Les vieilles muscle cars étaient quasiment incassables et avaient un super look. »
L Le cascadeur réalise un donut époustouflant sur l’asphalte.
e jour où Oliver Keller est arrivé à Los Angeles pour tenter une carrière de cascadeur, personne ne le connaissait. C’était il y a vingt ans. À 44 ans, il est l’un des stuntmen les plus demandés à Hollywood, avec près de 200 films (dont Kiss & Kill (Killers) ou Nightcrawler) et séries (Westworld, True Detective, etc.) à son actif. L’un des terrains où excelle notamment ce colosse tranquille de 1,88 mètre, ce sont les courses-poursuites en voiture. Tonneaux, vols planés, atterrissages f racassants calculés au millimètre près : v oilà le genre de choses que ses employeurs peuvent inscrire dans ses contrats de travail. À première vue, on pourrait croire que le métier n’a pas changé depuis l’âge des casse-cous légendaires qu’étaient Burt Reynolds, Jean-Paul Belmondo ou Jacky Chan. Et pourtant, comme tous les métiers, celui de cascadeur mécanique fait lui aussi face à un nouveau défi : la technologie toujours plus pointue des véhicules, et la généralisation des systèmes de conduite assistée. Un phénomène qui ne facilite pas la tâche des préparateurs de cascades… Sans oublier l’engouement pour les voitures électriques, qui a fini par atteindre Hollywood. Dans une profession où le contrôle du véhicule est une question de vie ou de mort, comment faire lorsqu’on doit se fier à un ordinateur de bord ? Rencontre à Zurich. 63
the red bulletin : vous qui êtes un pro de la conduite à risque, que pensez-vous de la circulation franchement monotone sur les routes de Suisse ? oliver keller : Je dirais que conduire en Suisse est tout sauf monotone : il n’y a qu’à voir le nombre de fois où l’on doit changer sa vitesse, un truc auquel je dois me réhabituer, après les États-Unis. On roule à 120 km/h, tout à coup il faut descendre à 100 km/h, puis 80 km/h, avant de pouvoir accélérer à nouveau. Sans compter tous les radars qui parsèment les routes – un sacré défi ! Au moins, vous ne risquez pas de vous faire flasher quand vous doublez des courses-poursuites dans The Rookie... C’est vrai. Mais il faut dire que mon personnage est un flic, pas un voleur en cavale ! (Rires) J’ai obtenu ce contrat un peu par hasard, d’ailleurs. Un de mes bons amis, Troy Gilbert, m’a téléphoné un jour pour me proposer un job. Il pensait que ce boulot me conviendrait plus qu’à lui. C’était plus un problème de taille qu’autre chose, car Troy était trop petit pour doubler l’acteur principal, Nathan Fillion. Il a donc pensé à moi : ça va faire maintenant deux ans que je fais partie de la série, et je suis assez fier de son succès. Cette voiture est devenue culte après Cours après moi shérif (1977), le film avec Burt Reynolds.
« Préparer les voitures pour les cascades, c’est un des aspects de mon boulot, on doit penser à toutes les éventualités. » 64
Vous faites tout ce que n’osent pas faire les acteurs ? Ce n’est pas une question d’oser ou de ne pas oser. On est là pour permettre aux acteurs de se concentrer uniquement sur leur jeu, et rien d’autre. C’est aussi pour ça que je me charge de toutes les coursespoursuites, même celles à pied. À cela s’ajoutent évidemment les grands classiques du métier comme les bastons, les chutes et les accidents de bagnole. Ça ne doit pas souvent arriver au volant d’une Tesla, n’est-ce pas ? Non, pas vraiment. (Rires) Le personnage de Nathan conduit en général une Ford Explorer, une voiture qui se prête parfaitement aux cascades. Pourquoi ? Parce qu’elle a une technologie hyper basique. Sur une Explorer, il suffit de désactiver le système anti-dérapage. On appuie sur un bouton, et c’est réglé. THE RED BULLETIN
Les cascades automobiles sont le pain quotidien du Suisse. Plus le vĂŠhicule est simple, plus le rĂŠsultat sera impressionnant.
Ce n’est pas parce qu’il n’a pas froid aux yeux qu’Oliver Keller est prêt à risquer sa peau.
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THE RED BULLETIN
« Avec le temps, j’ai appris à lâcher prise et à ne pas vouloir tout contrôler. » Mais comme c’est une voiture classique, le système peut se ré-enclencher automatiquement : du coup, on d émonte souvent les fusibles, histoire de la rendre vraiment apte aux courses-poursuites. Ce n’est pas bien, ça… Oui, bon, il ne faut pas le faire à la maison ! Préparer les voitures pour des cascades, c’est un des aspects de mon boulot, et là aussi, on doit penser à toutes les éventualités. On bosse avec des pièces faites sur mesure, par exemple des pédales de frein spéciales. Elles permettent de réaliser des cascades impressionnantes à l’écran sans pourtant nécessiter une prise de risque inconsidérée. Racontez-nous une cascade particulièrement pénible.… C’était lors du tournage du film Les Espions d’à côté, où je doublais Jon Hamm : j’étais au volant d’une Mercedes S550, poursuivi par cinq motos, et je devais passer à 75 km/h sur une rampe avant de m’engouffrer dans une porte de garage qui faisait à peine la largeur et demie de ma voiture. Cette scène a demandé six semaines de préparation, tant elle était difficile. Mais au bout du compte, à l’exception d’une fois où j’ai rayé un rétroviseur, je m’en suis bien tiré. Le plus gros problème, c’était finalement la complexité technologique de la Mercedes : il nous a fallu des semaines de bricolage pour pouvoir l’adapter à cette cascade. Est-ce que ça vous agace ? Ça peut vite devenir fatigant, oui. Les vieilles muscle cars, elles, avaient la même puissance que les voitures modernes, en plus d’être quasiment incassables et d’avoir un super look. Sauf que, transition écologique oblige, on risque davantage de voir Nathan Fillion au volant d’une voiture électrique que d’une vintage ? C’est bien possible. Les scénarios évoluent, les personnages aussi et avec eux leurs moyens de locomotion. En fin de compte, tout est une question de budget : on peut adapter n’importe quelle THE RED BULLETIN
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agnole, si complexe soit-elle. Nous faib sons avec ce que nous donne la production, en en tirant le meilleur parti. Et si vous deviez doubler un acteur au volant d’un véhicule autonome ? Je ne serais pas très emballé par l’idée... Parce que vous ne pourriez pas faire 100 % confiance à la technologie ? Oui, et c’est d’ailleurs la base du métier de cascadeur : garder le contrôle sur tout, anticiper toutes les éventualités pour pouvoir toujours réagir à temps. Abandonner cet aspect de mon boulot à des capteurs et des systèmes automatisés, ça ne me plaît pas. Même si avec le temps, j’ai appris à lâcher prise et à ne pas vouloir tout contrôler : comme quand je prends l’avion, par exemple. Avez-vous peur de l’avion ? Autrefois, oui. Et puis j’ai pris des cours de parachutisme. (Rires) Ça vous arrive d’avoir peur ? Y a-t-il eu un moment dans votre carrière où vous vous êtes fait une grosse frayeur ? C’était lors du tournage de Kiss & Kill (Killers). Je doublais Ashton Kutcher. La Ferrari California venait tout juste de sor-
tir, et nous en avions reçu un exemplaire pour une scène de course sur cette route mythique du bord de mer, à Monaco – celle-là même où Grace Kelly s’est tuée en voiture. Je faisais des pointes à 200 km/h, je m’amusais comme un petit fou, quand tout à coup, alors que je m’apprêtais à négocier un virage serré : le black out total. Plus de jus, plus de signaux lumineux, plus de direction assistée – plus rien. J’ai foncé à 140 km/h droit vers la falaise, j’ai pilé de toutes mes forces, et la voiture s’est arrêtée à 20 mètres du vide. Ce n’était pas drôle du tout. À quoi était due cette panne ? Un technicien, envoyé sur place par Ferrari, a finalement réussi, au bout de longues recherches, à en trouver la cause : l’équipe du film avait démonté les am-
« Je faisais des pointes à 200 km/h quand tout à coup : le black out total ! »
poules des feux de freinage, parce qu’une Ferrari rouge qui freine, ça ne fait pas cool sur un écran géant. Un petit changement qui n’a pas plu à l’ordinateur de bord, qui s’est désactivé. Comme je le disais : trop de technologie, ça ne sert à rien. Votre fille est elle-même pilote de course automobile : avez-vous parfois peur pour elle, en tant que père ? Elle a commencé par le karting, dès l’âge de cinq ans : j’ai donc eu le temps de m’y habituer. À huit ans, elle était troisième de sa catégorie dans les championnats US, et à onze ans, elle avait déjà bouclé plus de 11 000 rounds sur les circuits californiens. Comme tout ça commençait à devenir un peu trop monotone pour elle, je lui ai acheté une Mazda Miata, une cage de protection, et maintenant, elle apprend à enchaîner le pointes de vitesse et les tonneaux. A-t-elle l’intention de devenir pilote professionnelle ? Pour l’instant, c’est une ado de 13 ans : donc un jour, c’est oui, et le lendemain, elle veut autre chose ! Et si elle vous disait qu’elle souhaite devenir cascadeuse ? Je la soutiendrais dans sa décision, évidemment. Si tu veux réaliser ton rêve, tu as besoin de soutien, les obstacles viendront d’eux-mêmes. Mais on ne peut pas rester cascadeur toute sa vie. Vous-même, à 44 ans… avez-vous un plan B ? Je me suis intéressé très tôt à d’autres domaines, notamment la chorégraphie de cascades ou la conception de spectacles, comme ceux que j’ai créés pour la télévision suisse, Stunthero. En ce moment, je bosse sur un nouveau projet aux États-Unis. La réalisation de scènes d’action, c’est aussi quelque chose qui me tente. Mais il me semble que quand le bon moment viendra, je le saurai. Pour l’instant, je suis content de faire ce que je fais. Cela dit, si je dois un jour faire une cascade au volant d’un véhicule autonome, je crois qu’il sera temps pour moi de passer à autre chose.
Burt Reynolds, avec qui Keller s’est lié d’amitié, a apposé sa signature sur le tableau de bord.
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Instagram : @kellerstunts THE RED BULLETIN
Quand tout disparaît derrière un écran de fumée, on appelle ça un burn-out.
LE FUTUR, C’EST MAINTENANT ! C’est une grande première : les voitures les plus excitantes de l’année sont électriques – ou au moins à assistance électrique. On fait le point sur leur côté durable – et on revient sur les modèles phare de ces 90 ans du Salon de l’auto de Genève. Texte WERNER JESSNER
CATÉGORIE LUXE Élégance, vitesse, design impeccable, la crème de la crème des voitures électriques.
Puissance Autonomie CO² (local)
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408 ch 446 km 0 g/km
Atout majeur
Une grosse puissance 100 % électrique et une ligne de toit plongeante qui la distingue d’office de la vulgaire camionnette de déménagement.
Durabilité
Audi mise sur une gestion en circuit fermé dans son cycle de production – en pratique : recyclage, réutilisation et réparations.
Le détail qui fait la différence Les premiers phares matriciels de série peuvent par exemple vous accueillir avec un logo personnalisé.
PRODUCTEUR
PUISSANTE AUDI E-TRON SPORTBACK
THE RED BULLETIN
IMPRESSIONNANTE PORSCHE TAYCAN TURBO S Puissance Autonomie CO²
761 ch 412 km 0 g/km
Atout majeur
Incontournable parmi les sportives électriques les plus rapides, les plus puissantes et les plus agressives.
Durabilité
260 km/h en vitesse de pointe, quatre places assises, et on peut la recharger chez soi avec ses propres panneaux solaires : le summum de la vitesse en mode écolo.
Le détail qui fait la différence Encore plus impressionnant que le 0 à 100 en 2,8 secondes, l’incroyable passage de 80 à la vitesse limite sur autoroute en 1,7 seconde.
La Taycan : une Porsche électrique qui voit très loin.
THE RED BULLETIN
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HAUT DE GAMME MERCEDES EQC Puissance Autonomie CO²
ESTHÉTIQUE VOLVO POLESTAR 2 Puissance Autonomie CO²
408 ch 470 km 0 g/km
Atout majeur
La sensation Volvo, mais en plus sportive et en 100 % électrique : après le projet pilote Polestar One, on retrouve la version cinq portes, la Polestar 2.
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408 ch 430 km 0 g/km
Durabilité
L’intérieur est végan : en lieu et place du cuir, Volvo a utilisé du WeaveTech, un matériau neutre pour l’environnement.
Le détail qui fait la différence Pour certains, ce sera le grand écran et son système d’infotainment, pour d’autres, les composants de haute qualité du châssis et du système de freinage.
Atout majeur
Moteur électrique avec système efficace à quatre roues motrices et système d’assistance de dernière génération, le tout dans un emballage aussi pratique que luxueux.
Durabilité
Les housses des sièges sont en plastique recyclé, et des matières renouvelables comme le chanvre, la laine ou le caoutchouc naturel trouvent aussi leur place.
DYNAMIQUE BMW 330E PLUG-IN Puissance Autonomie CO²
292 ch 66 km (électrique) 37 g/km (essence + électrique)
Atout majeur
Première Série 3 hybride, elle reprend tous les éléments qui caractérisent les BMW Série 3 depuis toujours : agilité, qualité et dynamisme.
Le détail qui fait la différence L’EQC fait le plein en seulement 40 minutes aux bornes de recharge rapide. Et ça repart !
Durabilité
Explication de la mention plug-in : 113 ch se rechargent à la maison, les 184 ch du moteur à essence quatre cylindres doivent passer à la pompe.
Le détail qui fait la différence Le moteur hybride compense parfaitement le poids supplémentaire : passage du 0 à 100 en 5,9 secondes.
THE RED BULLETIN
MILIEU DE GAMME
HYDROGÉNÉE HYUNDAI NEXO
Ni trop, ni trop peu : la juste mesure. Les motorisations alternatives s’installent dans notre quotidien.
Puissance Autonomie CO²
163 ch 666 km 0 g/km
Atout majeur
Transforme l’hydrogène en électricité, qui entraîne ellemême les roues grâce aux moteurs électriques. Seul produit d’« échappement » : de l’eau pure.
Durabilité
Les piles à combustible à hydrogène sont considérées comme la technologie idéale à moyen terme pour allier respect du climat et temps de charge rapide.
Le détail qui fait la différence De la fonction de stationnement automatique aux sièges aérés, en passant par le grand écran, la NEXO a tout bon.
« Cinq écrans et des caméras en guise de rétros. »
RÉTRO CHIC HONDA E
PRODUCTEUR
Puissance Autonomie CO²
THE RED BULLETIN
136 ch 200 km 0 g/km
Atout majeur
Une voiture super maniable pour la ville et la banlieue. Un look rétro chic à l’extérieur, allié à l’un des habitacles intérieurs les plus modernes du moment.
Durabilité
Aucun gaspillage d’énergie avec la commande à pédale unique : dès qu’on la relâche, la voiture ralentit – et récupère tout de suite de l’énergie.
Le détail qui fait la différence Le moteur arrière. Pour les amateurs, il y a un bouton Sport (145 km/h en pointe, c’est déjà bien suffisant pour rouler en Suisse).
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ÉPROUVÉE SUBARU XV E-BOXER HYBRID Puissance Autonomie
150 plus 16,7 ch
CO²
150 g/km
1,6 km (électr.)
Atout majeur
En version hybride léger, le XV reprend les codes d’une Subaru : quatre roues motrices, praticabilité et le moteur Boxer.
PRATIQUE ŠKODA SUPERB IV
Durabilité
Le moteur électrique intégré à la transmission à variation continue seconde le moteur à combustion presque à la manière d’un turbo. Ça économise le carburant.
Puissance Autonomie CO²
218 ch 62 km (électr.) 40 g/km
Atout majeur
Le détail qui fait la différence
L’agréable sensation d’en avoir plus que pour son argent : de l’espace, des détails malins et la durabilité en prime.
Jusqu’à 40 km/h, il roule en tout électrique. Une première chez Subaru.
Durabilité
Le trajet pendulaire moyen est de 30 km par jour. La Superb IV peut parcourir 62 km en tout électrique.
Le détail qui fait la différence Il y en a plein, comme la possibilité de programmer le préchauffage via une appli. Un détail jusque-là réservé aux modèles de luxe.
« Un crossover avec moteur électrique. Rares seront les constructeurs à pouvoir s’en passer. »
MODESTE MAZDA MX-30 Puissance Autonomie CO²
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143 ch 200 km 0 g/km
Atout majeur
La première Mazda 100 % électrique (lancement : automne 2020) s’apparente beaucoup au fameux SUV doux CX-30.
Durabilité
La matière feutrée dans l’habitacle ? Des bouteilles en plastique recyclées. Et point de bois exotique, c’est du liège qui est utilisé ici.
Le détail qui fait la différence
Les portes arrière à ouverture antagoniste sont aussi pratiques que spectaculaires.
THE RED BULLETIN
LES ÉCONOMIQUES Petites, rapides et sans émissions : trois voitures parfaites en agglomération.
MINIMALISTE SMART EQ FORTWO Puissance Autonomie CO²
82 ch 144 km 0 g/km
Atout majeur
L’icône de la mobilité moderne aux racines helvétiques roule enfin comme Nicolas Hayek l’avait imaginé : en tout électrique.
Durabilité
La simplicité prime. C’est la devise de Smart. Ou comme la marque le disait à l’époque : reduce to the max.
Le détail qui fait la différence 2,69 mètres de longueur extérieure. Un nombre magique qui donne le sourire au quotidien quand on cherche une place.
URBAINE SEAT MII ELECTRIC Puissance Autonomie CO²
83 ch 260 km 0 g/km
PRODUCTEUR
Atout majeur
Son allure parle pour elle : une citadine 100 % électrique qui peut faire un aller- retour Zurich–Berne sans passer par la case recharge.
THE RED BULLETIN
Durabilité
Petite, mais pas trop : compacte avec ses 3,55 mètres de long, elle peut tout de même accueillir cinq personnes.
Le détail qui fait la différence Vitres latérales teintées, aide au stationnement, jolies jantes : « petite voiture » n’est plus synonyme d’austérité.
TRÉPIDANTE RENAULT ZOE Puissance Autonomie CO²
135 ch 395 km 0 g/km
Atout majeur
L’une des voitures électriques les plus vendues, désormais encore plus souple, plus pratique et plus connectée.
Durabilité
Des petits plus bien utiles comme les cartes actualisées automatiquement ou un planificateur de trajet tirant parti des heures creuses auront leur importance à la revente.
Le détail qui fait la différence Un look frais et un poids plume dont on ne se lassera pas.
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HIT-PARADE
Le Top 10 des 90 ans du Salon l’auto de Genève : de la plus inoubliable à celle qui mérite qu’on s’en souvienne, de la plus révolutionnaire à la plus born to be wild. Texte WERNER JESSNER
Des lignes d’exception : la mythique Jaguar Type E.
Si ce qui est sous le capot passe inaperçu, la carrosserie en jette : VW Scirocco.
1928
1934
1961
1963
1971
Ford A
Chrysler Airflow
Jaguar Type E
Mercedes Pagode
Citroën SM
L’héritière de la célèbre Ford T, grâce à qui on a aussi pu goûter aux joies de la production de masse en Europe.
Le monde entier se passionne pour l’aviation à l’époque. C’est l’avènement de l’aérodynamique automobile.
Rapide, son allure évoque aussi la vitesse : c’est à cette ligne que les sportives vont désormais devoir se mesurer.
Fuselée
Iconique
Miracle économique
L’Europe s’est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale et on peut à nouveau se faire plaisir.
Futuriste Après le premier pas sur la Lune, tout est possible. Comme le prouvent le design et la t echnologie de cette voiture.
PRODUCTEUR
Grande série
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THE RED BULLETIN
« Pour les constructeurs, Genève est le rendez-vous incontournable des premières mondiales. »
Séduisante car économique (mais pas que) : la VW XL1.
Démonstration de force : la surpuissante Bugatti Chiron.
1974
1993
1999
2013
2016
VW Scirocco
Ford Mondeo
Honda S2000
VW XL1
Bugatti Chiron
Une idée en avance sur son temps : un modèle unique pour séduire tous les marchés.
Le summum dans l’art des moteurs atmosphériques : le couple le plus élevé jamais atteint sur un moteur de série.
Parcourir de longues distances avec un 1 litre de diesel aux 100 : un projet de prestige, résolument tourné vers l’avenir.
Un dinosaure, mais un sacré spécimen : 1 500 ch, officiellement 420 km/h en pointe (490 km/h en réalité).
Sport de masse
L’une des pionnières d’une catégorie au succès durable : les coupés abordables et élégants.
THE RED BULLETIN
Globalisation
Rafinée
1 litre aux 100
1 500 chevaux
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PROMOTION
must-haves
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1 LE PRINTEMPS DANS VOTRE BARBE
Prenez soin de votre barbe avec l’huile Beardtamer au parfum frais et revigorant à base de plantes et d’agrumes. Quelques gouttes d’huile aident à lutter contre les pellicules et adoucissent les poils de votre barbe. Beardtamer est produite avec des ingrédients entièrement naturels, et fabriquée à la main en petites quantités. beardtamer.ch
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2 JAMAIS SANS MON SAC P OLOCHON
Ceux qui voyagent souvent cherchent le confort. Ce sac de sport de Kollegg est pensé pour eux. Le design est raffiné, les poches intérieures et extérieures extrêmement pratiques et la doublure séduit par sa finition soignée. Il se transforme ni une ni deux en sac à dos. Ses dimensions permettent de l’emporter en b agage à main sur tous les vols. kollegg.ch
3 DE QUOI VOUS METTRE DE BONNE HUMEUR
Mood, c’est une bague interchangeable au design minimaliste. Sébastien Buemi, Petra Klingler et Belinda Bencic l’ont adoptée. Distribuée via le web, la marque a o uvert cinq mood stores depuis énéficiez d’une remise de 2015. B 50 % sur votre première base avec le code : R EDBULL (sauf articles en promotion). yourmood.net
4 RETOUR AUDIO VERS LE FUTUR
Avec son All in One R7, Ruark Audio a réalisé un appareil hybride intemporel entre look vintage années 60 (pour le design extérieur), et haute-technologie (à l’intérieur) plutôt inspiré de la saga Retour vers le futur. Le R7 cumule huit fonctions : radio Internet, services de streaming, lecteur multimédia, lecteur USB, lecteur bluetooth, multiroom ou lecteur CD. ruarkaudio.ch
THE RED BULLETIN
PERSPECTIVES Expériences et équipements pour une vie améliorée
OXALIS ADVENTURE
JOSHUA ZUKAS
SPÉLÉOLOGIE Hang Son Doong, Vietnam
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PERSPECTIVES voyage
Merveille sauvage, la grotte Hang Son Doong n’est accessible qu’au prix d’un trek éprouvant.
L
a crête sur laquelle j’avance avec prudence est longue de 50 mètres et effilée comme un rasoir. Elle surgit d’un cratère béant sculpté dans les entrailles de la Terre. « Quelle vue », lance mon guide Hieu. Je regarde vers le bas et en déduis qu’il plaisante, car mes yeux rencontrent le noir absolu d’un gouffre cosmique où en cas de chute je disparaîtrais dans le vide. Mais pour l’heure, le risque de glisser et de m’entailler la jambe me préoccupe davantage. C’est le troisième jour de notre excursion à la grotte de Hang Son Doong au Vietnam. Apparue il y a environ cinq millions d’années, elle est à ce jour la plus grande au monde : 5 km de long, 200 m de haut et 150 m de large, assez spacieuse pour abriter un pâté de maisons new-yorkais, gratte-ciel inclus. Sa taille imposante ne facilite pas pour autant sa localisation. Ce n’est qu’en 1991 que Hô Khanh, un bûcheron local, la découvre par hasard dans le parc national de Phong Nha-Ke Bang, au centre du Vietnam — un parc d’une superficie inférieure à Hong Kong — en cherchant un abri lors d’une tempête. Il mettra ensuite près de deux décennies pour la retrouver. En 2009, alors que la nouvelle de sa découverte se répand, il rejoint une expédition menée par la British Caving Association. Celle-ci mettra des mois à reconstituer son itinéraire. Pour atteindre la grotte, notre équipe de dix personnes traverse jungles et rivières souterraines et campe dans de vastes cavités. J’arrive enfin au bout de la crête. Alors que Hieu détache mon harnais, j’en profite pour me familiariser avec le lieu. Je comprends vite que mon guide ne plaisantait pas sur la vue, et que ce dont il parlait ne se trouve pas au-dessus de nous et pas en dessous. Obnubilé par mes pieds, je n’avais pas remarqué l’ouverture béante dans le toit de la grotte. Cet effondrement du plafond qu’on appelle doline résulte d’un séisme remontant à environ un demi-million d’années. Une brèche à travers la jungle où pénètre un gigantesque rayon de lumière révélant dans la grotte 80
un s pectacle des plus insolites : une luxuriante forêt tropicale souterraine recouvre le lit de la grotte. Hang Son Doong abrite des espèces végétales qui ailleurs, ont disparu depuis des centaines de milliers d’années. Plus fraîche et plus humide qu’à l’extérieur, la grotte a favorisé l’éclosion d’un écosystème unique en son genre. Un milieu en revanche peu accueillant pour l’homme : ce matin, je me suis réveillé tout trempé dans ma tente. « Les pieds risquent de pourrir s’ils ne sèchent pas », m’avait-on prévenu avant le départ. Emboîtant le pas à Hieu, je remonte de l’abysse vers la lumière, bientôt englouti par la jungle souterraine. Une énorme stalagmite improbable recouverte de mousse perce à travers le feuillage : « On appelle ça le gâteau de mariage », explique Hieu. Cela m’évoque plutôt un énorme tas de moisissure. « Vous pouvez monter au sommet si vous le souhaitez. » Je contemple le panorama. Le gazouillis des oiseaux me parvient de la surface à quelques centaines de mètres au-dessus. L’endroit est si préservé qu’on imagine sans peine ce que Hô Khanh a dû ressentir en pénétrant ici pour la première fois. À ce jour, le nombre de personnes ayant atteint le sommet de l’Everest est supérieur à celui des personnes ayant
Trek au parc national Phong Nha-Ke Bang.
THE RED BULLETIN
La « Grande Muraille du Vietnam », haute de 90 mètres, constitue l’ultime obstacle.
RYAN DEBOODT, OXALIS ADVENTURE
GETTY IMAGES
Hanoi
pénétré dans Hang Son Doong, mais cela pourrait bientôt changer. Une fois son statut de plus grande grotte du monde confirmé, de nombreux aventuriers l’ont ajoutée à leur liste d’aventures. Pour faire face à l’afflux de visiteurs, un promoteur immobilier vietnamien propose en 2014 la construction d’un téléphérique de 10 km reliant le parc national de Phong Nha-Ke Bang à la grotte. Les autorités locales rejettent le projet suite à l’opposition massive des militants écologistes. En 2016, le président Obama s’invite dans le débat, déclarant lors de son dernier discours au peuple vietnamien : « Les THE RED BULLETIN
Parc national Phong Nha-Ke Bang
Rejoignez l’expédition Dong Hoi
PRIX : 2 700 € DURÉE : 4 jours d’exploration, comprenant trois nuits en camping et deux nuits en hôtel
Vietnam
PÉRIODE : de janvier à août GROUPE : Six à dix personnes S’Y RENDRE : vol de Hanoi ou d’HôChi-Minh-Ville à destination de Dong Hoi Airport, avec transfert à l’hôtel à Phong Nha pour un briefing. oxalisadventure.com
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PERSPECTIVES voyage
La grotte abrite des espèces végétales qui, ailleurs, ont disparu depuis des centaines de milliers d’années.
En surface Hang Son Doong n’est pas l’unique grotte. Le parc national de Phong Nha-Ke Bang est un véritable paradis pour spéléologues. HANG PYGMY Hang Son Doong en plus petite. Après une marche à travers la jungle humide, son entrée immense ouvre sur un jardin souterrain, avec quelques escalades à la corde vertigineuses.
L’intérieur de l’incroyable Hang Son Doong au Vietnam.
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La plus grande salle (200 mètres de haut) dépasse les 146 mètres de la pyramide de Khéops. L’Arc de Triomphe (50 mètres) semble petit devant certaines stalagmites (80 mètres), et la plus grande église au monde, la basilique Saint-Pierre de Rome (220 mètres de long), pourrait se glisser dans les 280 mètres de la plus grande doline. 200 m 175 m Pyramide de Khéops 146 m
150 m 125 m
Basilique Saint-Pierre
100 m 75 m Arc de Triomphe
50 m
50 m 25 m
Stalagmites
THIEN DUONG Initiation aux dominions souterrains de la région, la « Paradise Cave » dispose d’une passerelle en bois et de systèmes d’éclairage professionnels et, chose incroyable, l’accès à l’entrée est possible en voiture.
Le paquetage Ce qu’il faut emporter BOULES QUIES Vous avez fui l’humanité, mais pas la foule. Le camping abrite des milliers de martinets très bruyants au moment d’aller se nourrir à 5 heures du matin. SPRAY ANTI-BESTIOLES N’arrachez jamais une sangsue de votre peau. Ses dents s’y coinceraient et augmenteraient le saignement. Un coup de spray suffit à la faire lâcher prise. DU TALC La seule façon d’éviter les mycoses aux pieds est de les sécher au moins une fois par jour. Oubliez la serviette humide, le talc fera bien mieux le job. THE RED BULLETIN
GETTY IMAGES, KEVIN GOLL
Hang Son Doong, la géante
RYAN DEBOODT
merveilles naturelles comme la baie d’Halong et la grotte Son Doong doivent être préservées pour nos enfants et petits-enfants. » Pour l’instant, Hang Son Doong n’est pas menacée et reste accessible au prix d’un trek éprouvant sous une humidité extrême, avec en bout de route un mur de calcaire de 90 m de haut : « la Grande Muraille du Vietnam ». Le franchir nécessite échelle et corde. En 2009, une première équipe d’étude mal préparée a dû rebrousser chemin. En tant qu’écrivain de voyages d’aventure installé au Vietnam, je cultive une saine addiction aux grottes, et les salles géantes de Hang Son Doong sont un excellent shoot. Cependant, les deux dolines géantes restent à mon goût le plus impressionnant, surtout la nuit. Avec 280 m de large — plus de deux fois la longueur d’un terrain de football — la plus grande des deux est une fenêtre en forme de goutte d’eau sur un ciel noir scintillant d’étoiles. Le seul lieu au monde où l’on peut les admirer depuis un camping souterrain.
HANG VA À quelques kilomètres de Hang Son Doong et sans doute reliée à celleci, les stalagmites symétriques et coniques de Hang Va émergeant de l’eau verte des bassins rocheux font la joie des photographes.
28.03.2020
ANDERMATT
LA GRANDE FINALE DE LA SAISON OPPOSANT LES MEILLEURS ATHLÈTES MONDIAUX DE SKI CROSS
INFORMATION REDBULL.CH/SUPERSKICROSS
PERSPECTIVES équipement
MATOS
Le temps ne meurt jamais Omega Seamaster Diver 300M Édition 007 En 2006, Daniel Craig endosse pour la première fois le rôle de James Bond dans Casino Royale. À un moment du film, l’agent du Trésor britannique Vesper Lynd, incarné par Eva Green, sonde les goûts de l’impénétrable 007 en matière de montres : « Rolex » demande-t-elle ? « Non, Omega », réplique-t-il. Dès cet instant, Craig se distingue de toutes les incarnations plus guindées de ses prédécesseurs. En vérité, 007 porte une Omega depuis 1995 et Pierce Brosnan dans GoldenEye. Et le lien entre l’horloger suisse et Bond — plus précisément la 84
ligne Seamaster — date de plus longtemps encore. Ian Fleming, le créateur du séduisant agent secret, s’inspire de vrais commandos rencontrés lors de son affectation aux renseignements de la marine britannique durant la Seconde Guerre mondiale et fait de Bond le commandant de la Réserve Navale Royale. En 1957, Omega lance la première Seamaster 300 en prenant pour modèle les montres-bracelets étanches de l’armée britannique durant la Guerre mondiale avec un joint torique en caoutchouc inspiré par les sous-marins de l’époque.
omegawatches.com THE RED BULLETIN
TIM KENT, OMEGA
Craig dans Casino Royale (2006), avec une Omega Seamaster Planet Ocean 600M.
La montre séduit les plongeurs de la marine britannique et en 1967, le ministère de la défense sollicite Omega pour une version « mil-spec » (spécification militaire), gravée d’un « 0552 » au dos qui indique la propriété de la Royal Navy. En 1995, la costumière de Bond, Lindy Hemming, prépare Brosnan pour GoldenEye, et décide que « le commandant Bond, officier de marine, plongeur et gentleman, portera la Seamaster au cadran bleu. » Depuis, la Seamaster 300 ne quitte plus le poignet de 007. Pour marquer la dernière de Craig dans la peau de l’élégant espion dans Mourir peut attendre à l’affiche le 8 avril, Omega crée avec la collaboration de l’acteur, cette Seamaster Diver 300M Édition 007 de 42 mm en titane de grade 2. « Omega a pris en compte mes suggestions, confie Craig. Par le passé, la maison m’a présenté des montres en titane et ma réaction demeure la même : la montre sait se faire oublier. Ils m’ont offert de la fabriquer. La différence en inime, mais énorme en poids reste m confort. » L’influence de Craig s’est aussi exercée sur le bracelet de rechange NATO. « Depuis des années, je porte les montres avec ces bracelets. » L’authenticité militaire est également garantie. « Nous parlons ici d’héritage, celui des montres Omega de l’armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale, poursuit-il. La montre intègre tous les éléments que je souhaitais voir réunis. » Le numéro de série au dos du boîtier est le plus significatif : « A » désigne la couronne vissée ; « 007 » se passe d’explication ; « 62 » est l’année du premier film, James Bond 007 contre Dr No ; « 923 7697 » identifie une montre de plongée ; et « 0552 » est un code naval.
TOM GUISE
Daniel Craig reçoit de son père sa première Omega le jour de ses 18 ans. Trente-quatre ans plus tard, l’agent 007 a le privilège de créer son propre modèle.
PERSPECTIVES équipement
La nouvelle Omega honore la dernière mission de Daniel Craig dans la peau de James Bond. THE RED BULLETIN
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PERSPECTIVES gaming
Six caméras — deux à l’avant, une au-dessus, une en dessous, et une sur les côtés — pour une vison à 310 °.
DÉCOUVREZ
Maître sensoriel HTC Vive Cosmos
Doté d’un arceau positionné sur le haut du crâne, le casque se relève comme une visière.
Les écouteurs se rabattent et s’ajustent verticalement aux oreilles. La prise mini jack permet d’utiliser d’autres écouteurs.
Une réalité virtuelle convaincante ne se limite pas à la création d’un monde numérique, celle-ci doit intégrer la façon dont nous percevons notre environnement. En 1935, Stanley G. Weinbaum évoque pour la première fois la notion de « réalité virtuelle » dans son roman de science-fiction Pygmalion’s Spectacles. La technologie s’efforce depuis de concrétiser sa vision et le HTC Vive Cosmos marque une nouvelle étape dans cette quête. Le casque rabattable est ainsi équipé de six caméras de captation de mouvements « inside-out » ne nécessitant aucun capteur externe (« outside-in ») pour se situer dans l’espace réel. Le joueur peut ainsi éviter les objets extérieurs ou s’en servir. Un accessoire sans fil (non inclus) libère les écouteurs du PC. Enfin, les manettes ergonomiques sont dotées de motifs éclairés qui permettent aux caméras de mieux les détecter. Ce n’est pas encore la Matrice, mais nous nous en approchons. vive.com 86
THE RED BULLETIN
PERSPECTIVES gaming
PERFECTIONNER
L’art de conduire sans conduire
VIVE, WORLD’S FASTEST GAMER
TOM GUISE, MATT RAY
James Baldwin accède à la gloire en devenant le gamer le plus rapide au monde. Après avoir fait ses armes sur des simulateurs. Le réalisme des simulateurs de courses ne cesse de progresser. Les jeux tels que iRacing et Assetto Corsa numérisent des circuits célèbres. Résultat : une expérience toujours plus exaltante, le risque d’abîmer une machine coûteuse et inflammable en moins. Le tournoi World’s Fastest Gamer oppose stars de l’esport à celles des circuits réels, brouillant un peu plus les limites entre les deux mondes. En octobre dernier, James Baldwin, 22 ans, devient le deuxième homme à décrocher ce titre, et obtient un contrat d’un million de dollars pour piloter dans le monde réel. Le Britannique triomphe six ans après avoir renoncé à sa carrière de kart et de Formule Ford pour raison financière et parce qu’il jugeait son talent limité. Voici comment le jeu l’a remis en piste…
Baldwin sur le circuit californien de Laguna Seca.
« J’ai connu la peur de ma vie en accélérant à peine. » James Baldwin sur le pilotage réel Piloter sans compter
Vitesse de réaction
En 2010, une étude de chercheurs en sciences cognitives de l’université de Rochester révèle que les gamers mettent 25 % moins de temps à prendre une décision correcte en analysant une situation. « Les jeux ont amélioré mon temps de réaction, explique Baldwin, et ma compréhension des facteurs de vitesse tels que l’usure des pneus et l’analyse du temps au tour. » THE RED BULLETIN
Baldwin débute le sim r acing en 2017 ; deux ans plus tard, il reçoit le prix du gamer le plus rapide au monde des mains de Juan Pablo Montoya, sa première idole en F1.
Le coup est dur pour Baldwin lorsqu’il atteint ses limites en pilotage réel : « Enfant, on est émerveillé à l’idée d’accéder à la F1. Puis arrivé en pro, vous êtes battu, et comprenez que vous n’êtes pas aussi doué que vous le pensiez. Mais aujourd’hui, les sim initient à tous les aspects de la course, jusqu’au lien qui existe entre usure des pneus et freinage. Le tout sans vous ruiner, avec un temps de piste illimité. »
Gagner en confiance
Les simulateurs n’éliminent pas une chose : ce cap psychologique lorsque vous montez dans une vraie voiture.
« Une dirt car n’a l’air de rien, mais son rapport puissance/ poids est de 850 ch pour 650 kilos soit plus que celui d’une F1. J’ai connu la peur de ma vie en appuyant à peine sur l’accélérateur. » Il effectue ensuite 70 % du tour à plein régime. « Faites abstraction de la vitesse et imaginez-vous dans un simulateur. »
Trouver le rythme
Le jeu vidéo répétitif crée une immersion totale et rend les tâches complexes plus aisées. Mais Baldwin expérimente l’opposé sur le circuit à Laguna Seca en Californie. « Ma voiture rencontre un problème aisément surmontable avec plus de présence d’esprit, au lieu de cela, je fais un tête à queue et me retrouve au milieu de la piste dans la direction opposée. » Une alerte qui lui permet de trouver son rythme et filer vers la victoire. 87
CALENDRIER mars-mai
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au 13 avril MANGAMANIA À MONTREUX Polymanga a attiré plus de 40 000 visiteurs l’an dernier. Pour sa 16e édi tion, la fréquentation s’annonce encore plus énorme. Au menu : quatre parades de cosplay, dix tournois de jeux vidéo et la présence de YouTubeurs. 2M2C, Montreux ; Polymanga.com
au 10 mai LE RENDEZ-VOUS DES VOLTIGEURS Le plus grand salon suisse du vélo accueille plus de 130 exposants qui font battre le cœur des cyclistes. Temps forts du week-end : le samedi, la Bike Cup met aux prises la crème du crosscountry dont les as suisses Nino Schurter et Jolanda Neff. Dimanche, athlètes nationaux et internationaux de freestyle capteront l’attention lors des finales MTB Dirtjump et BMX Flatland. Les figures renversantes de l’élite mondiale enchanteront le public. Rythalle, Soleure ; bikedays.ch
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et 5 avril SUPER FORMULA SPECTACULAIRE LIVE Le championnat japonais de Super Formula et sa grille de départ internationale font partie des com pétitions de sport automobile les plus rapides au monde. Le week-end à Suzuka ouvre la saison. Le vain queur est désigné au terme de sept courses. La finale est programmée le 15 novembre sur cette même piste. Circuit de Suzuka, Suzuka ; redbull.com
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mars SANS ACCRO Une compétition pour tous ceux qui aiment courir, petits et grands ! Les adultes choisissent leur parcours : cinq ou dix kilomètres. Les en fants aussi : un ou deux kilomètres. Ceux qui courent en duo se par tagent dix kilomètres. Le départ et l’arrivée ont lieu dans le centre commercial de Glatt. Les coureurs seront sous le feux des projecteurs et des effets lumière tout le long de la course, avant de toucher au but dans une ambiance festive à partir de 19 h 30. Zurich ; nightrun.ch
THE RED BULLETIN
BIKEDAYS.CH, POLYMANGA, DUTCH PHOTO AGENCY/RED BULL CONTENT POOL, ANDRE MAURER, PHILIP PLATZER
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CALENDRIER mars-mai
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Lorsque les stars de la scène FMX réalisent des exploits à couper le souffle avec leurs motos de 100 kilos, l’adrénaline grimpe. Le spectacle pyrotechnique vous en met plein la vue lui aussi. Et pour la première fois lors de l’événement de motocross freestyle Night of the Jumps, l’accès au paddock sera ouvert à tous les visiteurs. Vos idoles et meilleurs freestylers du monde seront là pour prendre des photos avec leurs fans, signer des autographes et discuter. Halle SaintJacques, Bâle ; nightofthejumps.com
Lors de l’Urban Bike Festival de Zurich, tout tourne autour de la culture cycliste, de la mobilité moderne et du loisir, et pour vous ouvrir l’appétit, une variété de stands de street food. C’est l’occasion d’essayer de nouveaux modèles, de se familiariser avec les pistes cyclables et la sécurité routière, et les derniers gadgets en matière de cycle, tout en profitant des nombreuses compétitions et attractions, dont le Drop and Roll Show de Danny MacAskill. Schiffbau, Zurich ; urbanbikefestival.ch
mai ADRÉNALINE GARANTIE
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et 2 mai DES BIKERS À LA FÊTE Au Rocketair, les amateurs de slopestyle se délectent : la crème des pilotes enchaîne d’incroyables figures en sortie de rampe. Et après les compétitions, place à la fête en compagnie des riders. Patinoire de Thoune ; rocketair.ch
THE RED BULLETIN
au 29 mars DONNER DU TEMPS AU TEMPS
21 et 22 mars COUP D’ENVOI DE LA SAISON MTB LIVE La Coupe du monde de VTT fait halte à Lousã, petit village pittoresque dans les hauteurs portugaises. Parmi les vététistes, beaucoup connaissent déjà l’endroit pour venir s’y entraîner souvent. Lousã, Portugal ; redbull.com
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et 5 avril SOLOCON, PREMIÈRE ! La Convention de Soleure, SoloCon, fête sa première édition ! Il s’agit d’une réunion de deux jours destinée aux « nerds, geeks, gamers, cosplayeurs, fans de films et de séries ». Rythalle, Soleure ; solocon.ch
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avril CONCERT ULTRA SECRET Tout le monde ne pourra pas être présent au Red Bull S ecret Gig : seuls ceux qui auront récolté les indices et résolu le mystère de l’endroit secret seront sur la liste des invités. Avec eux : Azet & Zuna (KMN Gang), Xen, Rapide X Alawi, etc. redbull.ch/secretgig
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au 26 avril COMBAT DE DOIGTS DE FÉE Une joute de jeux vidéo avec 511 participants ! L’événement e-sports Lock and Load se décline en 7 tournois dotés d’un prix de 7 000 CHF. Parmi les jeux utilisés : LoL, Battlegrounds et Fortnite. Stadthalle, Sursee ; lockandload.ch 89
CALENDRIER mars-avril 2020 2. L’entraînement
« Au foot, les pros jouent tous les jours. En F1, l’accès aux voitures est interdit entre deux courses. C’est pourquoi faire du karting est une nécessité pour nos pilotes. Les caractéristiques sensorielles et visuelles sont proches de celles d’une F1. »
3. La discipline
au 15 mars
Max Verstappen, 3e à Melbourne en 2019, donne la chasse au titre mondial.
Sur la grille de départ La nouvelle saison de F1 démarre à Melbourne. Au menu : vieilles rivalités et « nouvelle » écurie. La saison 2020 est la dernière avant la grande révolution. En 2021, la nouvelle réglementation introduit une aérodynamique simplifiée et des pneus plus larges ouvrant la voie à des voitures d’un genre nouveau. Chez les équipes de tête, les acteurs restent inchangés. Le pilote de Red Bull Racing, Max Verstappen, tentera de devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire face à Lewis Hamilton (Mercedes) et au duo de Ferrari Leclerc/Vettel. Une nouvelle écurie rejoint la grille de départ : la Scuderia AlphaTauri remplace Toro Rosso avec pour ambition de devenir la plus performante sous ce nouveau nom. 90
« Plus le pilote est doué, plus les tours qu’il effectue sont précis. » Franz Tost, patron de l’écurie AlphaTauri
À ce jour, les pilotes formés par Franz Tost cumulent 68 victoires en Grand Prix. Le boss au nez creux nous révèle en cinq points ce qui permet à un jeune pilote d’arriver au sommet du monde.
1. Le talent
« Seuls les vingt occupants des cockpits arrivent à suivre le film d’une course de Formule 1. La pratique permet aux non-initiés d’en saisir l’intrigue, mais les subtilités leur restent inaccessibles. Le talent, en revanche, a un effet direct sur la constance : plus le pilote est doué, plus les tours qu’il effectue sont précis. »
4. Réagir instantanément
« Nouvelle fonction au volant ou nouveau mode dans le logiciel, pour devenir un bon pilote, il faut intérioriser tous les détails pour réagir automatiquement. Si l’équipe lui réclame le “Mode 5”, il s’exécute sans réfléchir. Il anticipe chaque geste ainsi que le comportement de la voiture et adapte son pilotage. »
5. Apprendre des autres
« Les pilotes doivent étudier leurs propres points faibles et les qualités des adversaires, puis trouver le moyen de faire mieux. Il n’y a pas de place pour les excuses, seule la s olution compte. Chez AlphaTauri, nos données sont accessibles à tous. Chaque pilote voit les perfs de son coéquipier. Les pilotes hors pair saisissent tout de suite pourquoi l’autre est plus rapide et corrigent le tir dès le tour suivant. Les moins bons y parviennent aussi, mais mettent cinq tours pour le faire ou invoquent des causes extérieures. Ceux-là n’ont pas d’avenir en F1. »
scuderiaalphatauri.com THE RED BULLETIN
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« Être à l’heure va de soi, cela n’a rien à voir avec la discipline. Celle-ci consiste à manger s elon un plan établi et personnalisé, à s’entraîner avec assiduité et à respecter les phases de récupération. Celui qui n’effectue pas au moins quatre heures d’entraînement par jour ne résistera pas aux distractions et aux tensions générées par une F1. »
HORS DU COMMUN theredbulletin.com
RICARDO NASCIMENTO / RED BULL CONTENT POOL
Donner le maximum sur le circuit pour éprouver les sensations d’un p ilote pro.
La recrue met les gaz Vous voulez dépasser les limites de vitesse que la police vous impose ? Alors rendez-vous sur le Circuit de l’Anneau du Rhin en Alsace où vous pourrez appuyer sur le champignon en toute sécurité, faire monter l’adrénaline et devenir un meilleur conducteur.
T
out se passe très vite : l’arrière se dérobe, la voiture se déporte et on se retrouve à côté de la piste avec le moteur qui gronde. « Freiner ! Freiner ! Tu dois freiner ! », me crie l’instructeur Fredy Barth depuis le siège passager. Une pointe de panique perce dans sa voix d’ordinaire très calme, un signe que cette
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manœuvre n’était pas vraiment optimale. « Tu ne freines pas correctement, m’expliquera-t-il au déjeuner, la mine sérieuse. Quand tu roules à 200 km/h - et je veux dire vraiment à 200 km/h - c’est dangereux. » (Pour plus de détails, voir l’encadré « Osez ! ») Évidemment, sur la piste, je suis un débutant. Fredy Barth me catégorisera plus tard comme « un conducteur moyen solide qui aime la haute vitesse ». Et mis à part le fait que je me considère évidemment comme un excellent conducteur, le pilote professionnel lucernois a vu juste. C’est vrai, j’aime la vitesse.
Se défouler en toute légalité
N’ayons pas peur des mots, sur les autoroutes suisses, 120 km/h constitue le THE RED BULLETIN
OLIVER SELZER
AUTO-EXPÉRIMENTATION
PERSPECTIVES sport auto
« Freiner ! Freiner ! Tu dois freiner ! » Fredy Barth
top des émotions fortes. Celui qui aime la vitesse doit donc trouver d’autres moyens de se défouler. Après tout, la relation entre les voitures de sport puissantes et les possibilités d’en profiter pleinement ne saurait guère être plus contradictoire qu’en Suisse. En fait, aucun autre pays européen ne présente une telle densité de voitures de sport puissantes – et, par conséquent, n’a un tel besoin d’exutoire pour tous ces chevaux tapis sous le capot. Si vous voulez appuyer sur le champignon en toute sécurité et, surtout, en toute légalité, il vaut mieux se diriger vers les pistes de course des pays voisins. Comme le Circuit de l’Anneau du Rhin en Alsace. Des coureurs comme le pro suisse des voitures de tourisme, Fredy Barth, y organisent des Trackdays où vous pouvez emprunter le circuit de course avec votre propre voiture ou, comme dans notre cas, sur invitation de Seat. Bien qu’il ne s’agisse pas encore de Formule 1, un authentique feeling de course vous envahit malgré tout. Cela commence lorsque vous enfilez votre combinaison bien serrée et que vous ajustez votre casque lourd. Et si les sensations tardent à venir, vous réaliserez que les choses sont vraiment sérieuses quand Fredy
Pilote en devenir : notre auteur Lukas Rüttimann.
OSEZ ! Que peut-on apprendre de la conduite sur piste pour la circulation routière ? FREINEZ CORRECTEMENT Freiner par à-coups n’est pas recommandé. Il faut freiner franchement avant de s’engager dans le virage. Vous constaterez ainsi que tant que vous freinez sur une ligne droite, votre voiture ne dérape pas, même lorsque vous freinez à bloc. LES DEUX MAINS SUR LE VOLANT Pas de téléphone portable, de café ou de sandwich en main lorsque vous êtes au volant. L’idéale, c’est la position « trois heures moins le quart ». Ce n’est que lorsque les deux mains sont à l’horizontale sur le volant que vous obtenez la meilleure marge de manœuvre pour les mouvements de celui-ci. DU SANG-FROID L’agitation, le stress et l’agressivité sont les ennemis de la conduite à haute vitesse. Cela est particulièrement valable sur une piste de course où une concentration absolue est requise. Celui qui s’engage dans un virage à grande vitesse en utilisant la pédale de frein doit rester pleinement concentré. Garder la tête froide est aussi la meilleure prévention contre les accidents sur la route. CONSTITUEZ-VOUS UNE RÉSERVE Sur la piste de course, vous apprendrez rapidement que quelques kilomètres à l’heure peuvent faire toute la différence. Par conséquent : celui qui a constaté ici que les limites sont plus contrôlables en conduite rapide lorsqu’on ne les a pas atteintes dès le départ, saura aussi comment se constituer une réserve de sécurité dans la circulation normale.
De l’importance de donner des instructions précises !
THE RED BULLETIN
ÉCOUTEZ VOTRE POT D’ÉCHAPPEMENT Quiconque a déjà pris place dans une voiture de course rudimentaire sait que l’électronique est important. Mais plus important encore : ce que vous entendez. Car aucun système d’assistance, aussi sophistiqué soit-il, ne peut remplacer la prévoyance et la rapidité des réactions.
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PERSPECTIVES sport auto
Un tour de circuit n’exclut pas tous les risques.
Départ/Arrivée
Le circuit
Barth r esserrera davantage la ceinture de sécurité et qu’il vous explique les caractéristiques de la Cupra TCR et ses 350 CV.
Virages traîtres
Avec les voitures de tourisme TCR, l’ABS (système anti-blocage des roues) ou d’autres systèmes d’assistance analogues sont rares, de même qu’une transmission automatique confortable. Dans ce bolide, vous devez passer les vitesses vous-même, comme il sied à une voiture de course, avec des leviers sur la console centrale. Le fait que je noie le moteur dès le départ est attribuable à mon très haut taux d’adrénaline. Après tout, cette voiture peut atteindre 270 km/h sans effort. En outre, l’Anneau du Rhin en Alsace est une piste courte mais techniquement exigeante 94
La Cupra TCR aux 350 ch est un vrai bolide.
avec sa succession de virages délicats. La piste est humide aujourd’hui. Mais si vous tenez absolument à rouler sur piste sèche, tenez-vous en aux jeux de course sur PlayStation. Contrairement aux jeux vidéo, une chose s’impose rapidement lorsque l’on est au volant de la Cupra
« Le fait que je noie le moteur dès le départ est attribuable à mon très haut taux d’adrénaline. » Lukas Rüttimann
TCR : il ne s’agit pas ici d’un jeu mais bien de la réalité de la course. Comme les commandes sont dures et directes, le moteur rugit et délivre sa puissance lorsque vous passez de zéro à 100 en cinq secondes - puis tout devient incroyablement rapide. Au début, la modération est de mise. Vous n’appuyez pas encore sur l’accélérateur à fond. Mais comme vous êtes assis, inconfortablement certes, entre des montants en acier, bien calé et de manière stable, votre confiance augmente de tour en tour. Lorsque vous mettez enfin la pédale à fond, que vous poussez le compte-tours dans le rouge et que vous atteignez facilement 200 km/h, vous ressentez alors le véritable feeling du sport automobile. « Bien, pas mal du tout », me crie Fredy à l’oreille, le pouce relevé. THE RED BULLETIN
OLIVER SELZER
L’Anneau du Rhin se situe en France, en Alsace, à environ 250 km de Lausanne. Il a été construit en 1996. Long de quatre k ilomètres maximum, il est l’un des circuits les plus importants du nord de la France.
APPRENDRE DES PROS
Anneau du Rhin Piste de course dans le tripoint. Le circuit idyllique de l’Anneau du Rhin se trouve en Alsace (France), à mi-chemin entre Colmar et Mulhouse, dans le t ripoint frontalier entre la France, l’Allemagne et la Suisse. Seuls des o rganisateurs peuvent réserver la piste, et pour une journée entière. La Trackday Academy de Fredy Barth, par exemple, offre aussi la possibilité aux débutants d’une véritable expérience professionnelle sur la piste et inclut la prise en charge par des instructeurs expérimentés.
fredybarth.ch
Le pilote suisse Fredy Barth organise des sessions de conduite.
THE RED BULLETIN
Il n’y a toutefois pas de quoi bomber le torse. Je peine à effectuer les virages, et je pourrais améliorer mon interaction entre direction, freinage et accélération. Mais pour conduire une voiture de sport telle qu’elle a été conçue, le Trackday est idéal. Cela vaut également pour la Cupra Ateca, nettement moins extrême. Conclusion : même un débutant peut ici mettre la pédale à fond, et apprendre quelque chose qui lui servira au quotidien. Après tout, il faut avoir fait l’expérience par soi-même de la force avec laquelle on peut freiner dans une voiture sur une ligne droite avant d’oser le faire sur l’A1. Et, oui, vous pouvez aussi apprendre à négocier de vrais virages sur la piste de course. C’est du moins ce que dit une personne qui s’est retrouvée dans le gravier avec la Cupra TCR.
Une journée de conduite avec Fredy Barth comme instructeur offre une expérience de course authentique. Vous apprenez à maîtriser et à contrôler votre véhicule avec précision.
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