FRANCE MARS 2020
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FRANCK GASTAMBIDE Validé par les piliers du game, il lance la première série consacrée au rap français
GETREIDEGASSE 36, SALZBURG | HERRENGASSE 2, GRAZ
VALIDÉ PAR LE RAP FRANÇAIS
Il y a trente ans, le rap d’ici était underground, mais une émission de télé, Rapline, lui était dédiée. Le rap est aujourd’hui la musique la plus écoutée en France, mais vous aurez beau zoner sur les chaînes françaises de votre box, pas l’ombre d’un programme consacré à cette musique ! C’est bien sûr en digital que tout se passe désormais (sur une chaîne YouTube, Red Binks, notamment), mais il manquait comme un truc. Avec sa série diffusée sur Canal+ Séries, Validé, l’acteur, réalisateur et producteur Franck Gastambide innove avec une première : une fiction dans le monde du hip-hop, intégrant les acteurs de cette scène, des artistes de renom qui ont eux-mêmes entériné le projet de Franck. L’inventeur des Kaïra explique pourquoi il devait aborder ce projet avec le respect que mérite sa culture, et sa volonté de « passer le flambeau » à de jeunes talents. À vous de valider Validé. Votre Rédaction
Jim Krantz a saisi la magie acrobatique d’Arrden Griffith (ici en photo), de ses frères cascadeurs et de leurs chevaux pour un shooting exceptionnel. 4
CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS
ALEX LISETZ
Enfant, le journaliste viennois espérait fébrilement assister (et expérimenter !) un jour un vol charter vers la Lune et vers Mars… La colonisation de notre satellite et de la planète rouge n’est pas encore devenue réalité, pourtant, l’espoir perdure. Voilà pourquoi les astronautes « analogues » autrichiens s’entraînent dans le désert de l’Utah. Partez avec eux et Alex à la conquête de Mars page 46.
HAL ESPEN
« Faire la route pour rencontrer une dynastie de cascadeurs à cheval, c’était déjà énorme, dit ce journaliste américain basé au Nouveau Mexique qui s’est vu convier dans la vie du clan Griffith. L’immersion dans cette famille mythique d’Hollywood a dépassé mes attentes. » Ex- rédacteur en chef du magazine Outside, Hal s’est récemment illustré avec ses sujets pour The Hollywood Reporter. Montez en selle en page 66.
THE RED BULLETIN
JÉRÔME BONNET (COUVERTURE), JIM KRANTZ
ÉDITORIAL
CONTENUS mars 2020
La vie sur Mars se prépare sur Terre, et le droit à l’erreur est un genre d’impératif.
8 Sur leurs bras, leurs skis ou le fil
d’un torrent, leurs performances dynamitent notre rubrique Galerie 14 Barbie est dépassée : faites place à la cyber-poupée ! 16 Pour le snowboardeur pro Victor Daviet, le freeride reste un espace de liberté si le risque est anticipé 18 Quand les rives seront saturées, la vie sur l’eau sera-t-elle la solution ? 20 Pour Emmanuel Jal et sa sœur Nyaruach, les salles de concert ont remplacé les scènes d’horreur 22 Rockeur psychédélique au sein de Tame Impala, Kevin vous dresse sa playlist « Augmente ta sérénité » 6
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ALEX VOYER, KATJA ZANELLA-KUX, CHRISTIAN PONDELLA/RED BULL CONTENT POOL
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Une Seine insolite ? Rien de plus normal pour Monsieur Voyer.
THE RED BULLETIN
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Quand le grimpeur Will Gadd descend des cathédrales de glace.
24 P rofondeurs glacées Dans ces lieux où vous n’oseriez pas planter vos crampons, Will Gadd se sent encore plus vivant
36 Franck Gastambide
L’acteur, réalisateur et producteur fait le bilan, et parie sur la nouvelle génération
4 6 La vie sur Mars...
Les erreurs de ces spécialistes du futur pourraient bien sauver des vies là-haut
58 S eine occupation
Se baigner dans la Seine, c’est interdit ! En fait, c’est possible. Alex Voyer vous dit pourquoi
66 L’autre Hollywood
La saga de cette famille de cascadeurs ne manque pas de selle
84 L’Albanie en 4×4, ça remue,
mais ce que vous y découvrirez vaut bien quelques secousses 88 Pour être au top durant la Coupe de l’America sur son AC 75, Jimmy Spithill se mange un t raining quotidien qu’il vous révèle en exclu 90 Mario Kart n’est pas juste un jeu vidéo délirant, il révèle bien des choses sur ses joueurs acharnés 91 Montres : quand viendra la saison du surf, soyez à l’heure 92 La vérité sur le fameux changement de pneus en apesanteur des mécaniciens de Red Bull Racing 94 Du snow au Colorado, du WRC au Mexique et de l’Ice Cross à Québec : bienvenue sur Red Bull TV 95 Du break à la salsa en passant par le plus gros event de tatouage au monde, boostez votre agenda ! 96 Ils et elles font The Red Bulletin 98 En Égypte, une performance à vous réveiller une momie THE RED BULLETIN
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LOS ANGELES, USA
L’intérêt de ce cliché est moins l’emplacement ou le sujet que ce qu’il suscite. Le photographe américain Dan Krauss possède le don de communiquer le mouvement et l’émotion que le public perçoit en direct. Cette photo en est l’illustration p arfaite. « J’avais déjà travaillé avec Joel et connaissais son incroyable aptitude à tenir en équilibre sur les mains ou à réaliser sans trembler des flips arrière à peu près n’importe où, confie Krauss à propos du Mexicain Joel Fridman-Rojas, pro du parkour ici en photo. Joel n’a montré aucun signe de nervosité, et a même posé pour une autre photo le même jour et toujours en équilibre sur les mains, trois étages au-dessus de la rue, sur la bordure du toit du Walt Disney Concert Hall d’où l’on nous pria de partir juste après. » dankraussphoto.com
DAN KRAUSS/DANK HAUS
Question d’équilibre
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DOM DAHER/RED BULL CONTENT POOL
COURCHEVEL
Excès de vitesse
Après les incroyables Tom Pagès (FMX), Camille Chapelière (enduro moto), Jules Charraud (wakeboard), Nouria Newman (kayak), Diablo (danse) ou Kilian Bron (VTT), c’est au tour du champion de ski alpin français Alexis Pinturault d’être pourchassé par un drone dans le cadre de la série vidéo Follow Me. Aux commandes de l’engin volant (et filmant), on retrouve une nouvelle fois le prodige TomZ. On imagine sans peine combien la session a dû être délicate pour parvenir à approcher son drone jusqu’à 20 cm du skieur ultratitré lancé à toute vitesse. « Le défi a été de s’adapter à l’extrême vitesse d’Alexis, tout en gérant l’inclinaison de la pente qui fait pencher le drone en avant », explique l’expert français du pilotage de ces engins, qui a tout de même « planté » quelques drones dans des portes durant le tournage. Instagram : @alexispinturault ; @tomzfpv
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CHUTES HUKA, LAC TAUPO, NOUVELLE-ZÉLANDE
Eau débit Le débit d’eau des chutes Huka du fleuve Waikato en Nouvelle-Zélande avoisine souvent les 220 000 litres par seconde. Suffisant pour remplir une piscine olympique en seulement onze secondes. Le photographe Graeme Murray saisit ici un groupe de kayakistes de haut niveau parmi lesquels Zack Mutton, 14 ans, descendant la puissante rivière. « Le défi était de réaliser la photo en un temps éclair où ils apparaissent soudainement avant de disparaître aussitôt dans les chutes. Zach va si vite, explique Murray, qu’un passage à droite est ici fortement déconseillé. » Instagram : @graememurraynz
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C’est la fin de Barbie Dépassées les poupées à l’ancienne ? Ce robot miniature propose une nouvelle approche pour initier les jeunes filles à la programmation. Les robots humanoïdes nous mettent généralement mal à l’aise et l’arrivée de modèles plus réalistes et sophistiqués fait craindre un monde futur où ils seront nos maîtres. Pour remédier à cet état de fait, la société d’ingénierie basée à Hong Kong Hanson Robotics, connue pour son développement de robots à intelligence humaine, introduit à sa famille 14
de robots un nouveau membre dédié aux enfants. Objectif : prouver que les robots peuvent être des alliés bienveillants et utiles au quotidien. Baptisée Little Sophia, l’humanoïde énergique, intelligente et empathique destinée à travailler avec les enfants vise surtout à susciter l’intérêt des jeunes filles pour le codage et les matières scientifiques. Le robot programmable en Blockly et Python sur une plateforme open source familiarise les enfants à l’électronique et la robotique et est censé devenir plus réaliste, émotionnel et intelligent à mesure que son détenteur en maîtrise le code. « Little Sophia incite de manière ludique les jeunes filles du monde entier à davantage investir les matières
scientifiques, l’informatique et l’intelligence artificielle, affirme Jeanne Lim, PDG de Hanson Robotics Limited. L’expérience riche, divertissante et éducative les motive à apprendre au côté de Little Sophia. » L’entreprise travaille à présent à rendre Little Sophia encore plus empathique et autonome. « Notre vision chez Hanson Robotics est d’insuffler plus de vie aux robots, renchérit David Hanson, fondateur de Hanson Robotics Limited. L’attrait pour Little Sophia tient à l’expressivité et la personnalité avenante dont l’ont dotée développeurs IA, ingénieurs, roboticiens, scientifiques et artistes. C’est une grande avancée pour notre technologie IA axée sur la p ersonnalité. » hansonrobotics.com THE RED BULLETIN
HANSONROBOTICS.COM
HANSON ROBOTICS
LOU BOYD
Little Sophia est la petite sœur de l’humanoïde IA Sophia, « née » en 2015.
Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658
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Fort de cette devise, le champion de snowboard veut sensibiliser pros et amateurs sur les imprévus de la montagne. Le b.a.-ba, tout bon snowboardeur qui pratique le hors-piste le connaît : rider 20 % en deçà de ses capacités, toujours écouter sa peur et suivre son intuition. Mais sait-il comment bien réagir face à une avalanche ? C’est de ce constat tiré de sa propre expérience qu’est partie l’initiative de Victor Daviet, 29 ans. Avec la création des Safety Shred Days à la station d’Arêches-Beaufort (Savoie) début janvier, il propose une formation à la prévention et au secours en montagne adaptée à une cible jeune de freeriders à un prix abordable (un forfait formation et nourriture pour 35 € par jour). Il veut faire de ce rassemblement un incontournable annuel pour bien commencer la saison et montrer le bon exemple.
24 ans. On était en tournage, je réalisais un rêve… L’Alaska, c’est la Mecque des freeriders. À ma première descente, j’entendais la neige se fissurer. On n’était pas loin de la catastrophe. J’ai passé plusieurs fois la tête sous la neige, par chance, quand l’avalanche s’est arrêtée, je n’avais de la neige « que » jusqu’aux épaules. Je pouvais respirer. Rebelotte en 2016, en Alaska toujours. Elle était moins grosse cette fois, mais aussi traumatisante. Et une troisième fois, c’est un pote qui a été pris dans une avalanche. Quand on l’a retrouvé au bout de cinq minutes, avec hélico et tout, il était violet. C’est là que je me suis dit : « Il y en a assez des avalanches, je veux que tout le monde soit formé. »
the red bulletin : Faire du freeride en soi, c’est déjà courir des risques… victor daviet : Justement, comme on est responsables de ce mouvement hors-piste, on se doit de proposer une formation. Je me disais qu’il allait y avoir des accidents autour de moi. Les athlètes, les médias ou les marques communiquent tellement sur le hors-piste, les belles images, la poudreuse… Depuis quelques années, mon souci c’est donc de dire : « On fait du hors-piste, mais on le fait avec du bon matos, et on est formé pour utiliser ce matériel. »
Tout le monde, aussi bien les équipes de tournage que les riders, pros et amateurs… Exactement. Le caméraman ou le pratiquant urbain qui va faire du snowboard deux semaines par an. J’ai surtout pensé à mes amis qui ne sont pas pros, et qui pratiquent le hors-piste tous les week-ends : soit ils n’ont pas le bon matériel, soit ils ne savent pas s’en servir. La formation aux secours en montagne, ce n’est pas à faire une seule fois dans sa vie, mais une fois par an, pour progresser et se remémorer les bons gestes et acquérir de nouvelles connaissances pour sauver un ami.
Quel a été le déclic de cet événement ? J’ai survécu à deux avalanches. La première, c’etait en Alaska, j’avais
Le bon matériel, c’est quoi ? Un DVA, détecteur de victimes en avalanche, une pelle, une sonde, le tout dans un sac à dos airbag. Quels sont les réflexes à avoir ? C’est ce qu’on apprend pendant la partie théorique. Avant de sortir en hors-piste, il faut : avoir le bon matos, être formé, et se renseigner
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Des exemples d’erreurs à ne pas faire après une avalanche, au moment des recherches ? Quand on a un avalanché sous la neige, il faut veiller à mettre son détecteur en mode « recherche ». Ainsi, seul l’avalanché aura son détecteur en mode « émission ». D’où l’intérêt d’être formé, pour apprendre ça. Car quand tu sais que quelqu’un est sous la neige, potentiellement mort, émotionnellement, c’est dur, tu ne sais pas comment tu peux réagir. Il faut être préparé, avoir des automatismes : « Je prends le lead. Toi, tu vas appeler les secours, le 112 ; tu connais notre position (en hors-piste, il est impératif de connaître sa position exacte, point GPS ou carte) ; on va organiser les secours : on se met en rang, on cherche, on sonde de telle manière… » Lors de vos deux « mauvaises » expériences, qu’est-ce qui aurait pu être évité ? C’était des shootings pro, on devait rapporter des images. On n’a pas fait assez attention aux signaux négatifs. On aurait dû attendre un peu avant de se lancer dans cette pente, car la couche de neige fraîche qui venait de se déposer n’était pas encore consolidée au manteau neigeux de base. Ce qui fait que c’est toute la couche de surface qui est partie. Et qui avait été apportée sur cette face par le vent. Diriez-vous que la montagne est dangereuse ? La montagne est imprévisible. Elle cache des risques. Il faut savoir la décrypter.
victordaviet.com
CHRISTINE VITEL
Un bon rider est un rider vivant
sur les conditions d’enneigement et de vent avec l’appli bulletin risque et avalanche de Météo France ; et aussi connaître son itinéraire et le groupe avec lequel on part. Une sortie en hors-piste, ça se prépare ! On teste son matériel. Et une fois dehors, il faut lire le terrain, détecter les signaux positifs ou négatifs : l’état de la neige, la force du vent, etc.
JULIEN PERLY
VICTOR DAVIET
THE RED BULLETIN
« Tout le monde doit être responsable de sa p ratique, avoir le bon matériel, et être formé. » THE RED BULLETIN
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Vue sur mer Littoral saturé ? Montée des eaux ? À Miami, une maison flottante ouvre des perspectives. Miami est une place du luxe et du (bon ?) goût cosmopolite. La ville abrite des individus parmi les plus riches des ÉtatsUnis et attire des citoyens avec la promesse d’une vie huppée sur la côte. Hélas, avec le réchauffement climatique qui se fait de plus en plus ressentir dans la vie quotidienne, Miami est aussi l’un des endroits les plus exposés à la montée du niveau de la mer. Basée en Floride et lancée par deux Français, la société 18
THE RED BULLETIN
ARKUP.COM
ARKUP
Arkup confronte ce défi avec une idée novatrice : construire pour les résidents des maisons de verre modernes et élégantes, qui flottent près du rivage, évitant du coup de surcharger un littoral déjà saturé. Avec une population urbaine en constante augmentation, beaucoup se tournent vers la mer pour leur future habitation. Le concept de maison flottante d’Arkup reproduit sur l’eau la villa rêvée de Miami, en l’agrémentant de dispositifs de survie. Son principal atout tient dans sa capacité à résister aux tempêtes et à une mer agitée. Élégante et raffinée, la maison n’en est pas moins capable de braver des ouragans avec des vents de 250 km/h grâce à son système de levage. Deux moteurs propulsent la maison vers des eaux peu profondes où ses piliers hydrauliques de 12 mètres de haut élèvent la bâtisse au-dessus du niveau de la mer, protégeant ainsi ses occupants des tornades et des inondations. « Concept avant-gardiste unique de vie sur l’eau en autonomie » selon l’entreprise, la maison flottante de 400 m² plus spacieuse que bien des propriétés sur le rivage constitue une alternative écologique crédible. Entièrement alimentées à l’énergie solaire avec zéro émission, les maisons d’Arkup assurent leur autonomie grâce à un système de purification des eaux de pluie et de gestion interne des déchets. Si cette maison de luxe flottante s’adresse avant tout aux plus fortunés de Miami, Arkup espère développer des variantes plus modestes et plus abordables afin d’étendre sa mission écologique. Avec la montée des niveaux d’eau et le besoin urgent d’alternatives énergétiques, ces constructions flottantes vertes pourraient bien être la solution pour le logement durable dont le monde a besoin.
LOU BOYD
Une maison en vogue, qui vogue sur les flots…
SON PRO
ÉCOUTEURS SANS FIL JBL
JBL.COM
Ils sont frère et sœur, enfants rescapés de la guerre civile au Soudan. Devenus adultes, ces musiciens afropop n’ont qu’une seule mission : semer l’espoir.
Lorsque le musicien soudanais Emmanuel Jal joue, tout son être vibre de joie : il danse, sautille, fouettant l’air de ses cheveux. Nyaruach, sa sœur et complice est plus posée, mais animée de la même énergie. Dans l’album du duo Naath (2018), elle interprète le titre Gatluak dans sa langue maternelle, le nuer et y fustige un prétendant louche sur un rythme irrésistible. Ce tableau réjouissant ne reflète pas pour autant l’histoire agitée de ces deux êtres. Enfants au début des années 80, ils sont séparés de leur famille durant la Seconde guerre civile soudanaise, qui fera près de deux millions de victimes. À sept ans, Emmanuel est enrôlé dans l’Armée populaire de libération du Soudan, épisode qu’il relate dans ses mémoires, War Child : l’histoire d’un enfant-soldat. Nyaruach a été violée par des agents du gouvernement, et tous deux perdent d’innombrables êtres chers, dont certains exécutés sous leurs yeux. Ils sont à nouveau réunis au Kenya où ils trouvent enfin asile. En 2005, ils connaissent le succès avec Gua (trad. paix), tube d’Emmanuel. Depuis, ce dernier s’est produit au Live 8: Africa Calling, a partagé l’affiche avec Reese Witherspoon dans The Good Lie en 2014, fondé une ONG et s’est installé à Toronto (Canada). De son côté, à date, Nyaruach vit dans un hall en Angleterre avec ses deux enfants. Le contraste entre les traumatismes vécus et la gaîté de leur musique est
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saisissant. Mais pour eux, rien de plus logique : « Nous chantons l’espoir afin que les gens rentrent chez eux le cœur plus léger. » the red bulletin : Emmanuel, quels ont été à ce jour les moments les plus exaltants de votre carrière ? emmanuel jal : En termes de moments clés, Live 8 en fait partie tout comme le gala pour les 90 ans de Nelson Mandela, les tournées avec Aaliyah et Lauryn Hill, et les chansons avec Alicia Keys. Votre collaboration remonte au premier album d’Emmanuel, en 2004… ej : C’était en dilettante à l’époque, mais Nyaruach et ses amis se sont impliqués dans une chanson qui m’a valu une visibilité internationale (Gua, en 2005) et d’être numéro un sur les radios kenyanes. Les gens l’adoraient sans comprendre le texte. Vous reconnaît-on dans la rue ? ej : Oui, après le succès de Gatluak la notoriété de Nyaruach est devenue virale. Au restaurant, des fans payaient parfois sa note à son insu. Nyaruach, vous avez dû récemment quitter le Kenya. Pourquoi ? n : De retour à Nairobi après une tournée en Angleterre en 2018, des agents du gouvernement me contactaient depuis un numéro privé. S’ils arrivent à vous joindre, ils peuvent aussi vous kidnapper et vous éliminer. Vous devez donc fuir. Je ne dormais pas sous le même toit que mes enfants, changeais de maison chaque nuit et gardais mon téléphone éteint. J’étais terrifiée. C’est comme si les
Qu’espérez-vous pour le futur ? n : Comme Emmanuel, je veux aider les gens dans le besoin. Au Soudan du Sud, les femmes sont soumises aux hommes qui leur interdisent de travailler. Je veux me battre à leurs côtés avec ma musique. Vos chansons véhiculent-elles d’autres messages ? ej : Le génie de la musique et du sport transcendent les tribus. Quand j’étais enfant-soldat, je haïssais les musulmans et voulais en tuer le plus possible. Mais j’ai évolué. Un jour, un chanteur musulman a donné un concert chez nous. Je suis resté bouche bée en voyant tout le monde, soldats, enfants, réfugiés, se battre pour être au premier rang. C’était génial ! Comme le vent ou l’amour, la musique ne connaît nulle frontière.
Instagram : @ nyaruachmusic ; emmanueljal.com
THE RED BULLETIN
JESS HOLLAND
Des machettes à la musique
gouvernements du Soudan du Sud et de Nairobi étaient de mèche. Je me suis investie en politique à cause de ce que j’ai vu. Impossible de garder le silence quand vous perdez un père, une mère ou une sœur, quitte à risquer sa vie. Je devais le dénoncer. Mais au Soudan, c’est mal vu venant d’une femme. Là-bas, elles n’ont pas voix au chapitre. Désormais, je n’ai plus de lieu où vivre. J’ai fui le Soudan du Sud et Nairobi. Mais il me reste la musique. J’espère obtenir l’asile ici. Voilà deux mois que je suis SDF à Liverpool. Nous dormons dans un grand hall tels des soldats dans l’attente d’un logement de la part des autorités. ej : Nous avons perdu 60 proches dans la région d’où nous venons. Notre frère a été abattu alors qu’il téléphonait au benjamin de la famille. Les civils sont pris pour cible. Aujourd’hui, nous dénonçons cela. Mais parler des viols, des enlèvements et des meurtres de masse reste difficile. Avec la notoriété, Nyaruach ne peut plus se rendre dans un camp de réfugiés. On la reconnaîtrait et les espions qui y rôdent pourraient l’enlever.
IAN VOGLER/DAILY MIRROR
EMMANUEL JAL & NYARUACH
« Tout comme le vent ou l’amour, la musique ne connaît nulle frontière. » Nyaruach et Emmanuel Jal chantent pour apaiser leurs fans.
THE RED BULLETIN
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TAME IMPALA
« Air sont très efficaces au réveil » Les quatre titres fétiches du rockeur psychédélique Kevin Parker pour déconnecter et trouver la paix. Depuis la sortie de son 3e album Currents en 2015, Kevin Parker tête pensante de Tame Impala, est salué comme le nouveau messie du rock par les médias et des fans aussi prestigieux que Kanye West, Lady Gaga ou Rihanna. C’est d’autant plus surprenant que ce hippie de la génération Y, élevé à Perth (Australie) pouvant se targuer de centaines de millions de streamings et une tête d’affiche à Coachella, est l’auteur de mélodies étranges et psychédéliques loin des hymnes grand public. Son nouvel album The Slow Rush a demandé cinq ans de travail, le menant au bord de l’épuisement. Pour retrouver la sérénité et rêver la nuit, Parker s’en remet à ces quatre titres. tameimpala.com
« Commençons par les Bee Gees à leurs débuts. Cette chanson est un bijou, les sixties en mieux, des sixties psychédéliques. C’était avant leur période disco. J’ai découvert cette chanson grâce à Mark Ronson. Elle est groovy et planante. Idéale pour s’évader, ce que j’essaie de faire dans toute ma musique. » 22
Supertramp
Air
Neu!
« Ce morceau me fait un effet incroyable, il me met dans un état d’euphorie et de transe en même temps. Je vois une pluie de confettis sous des lasers lumineux, c’est une sensation unique. Comme un spectacle son et lumière… C’est ce que je ressens avec cette chanson qui se trouve être aussi ma berceuse préférée. »
« Une mélopée incroyablement belle et sereine, et idéale pour satisfaire mon fantasme d’être sur un nuage. Air sont aussi très efficaces le matin au réveil. C’est une source d’inspiration pour la journée. Un jour, j’ai écouté Run en boucle avant de m’endormir et à mon réveil, elle tournait encore. Je ne m’étais jamais senti aussi bien. »
« Un de nos morceaux favoris de l’époque. On l’écoutait souvent lors de nos premières tournées à travers l’Australie. On se passait tout le premier album de Neu!, mais ce morceau reste mon préféré. Son côté répétitif, hypnotique, a le don de m’empêcher de cogiter. Un morceau à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas. »
Goodbye Stranger (1979) (Breakfast In America)
Run (2004) (Talkie Walkie)
Hallogallo (1972)
THE RED BULLETIN
MARCEL ANDERS
Every Christian Lion-Hearted Man (1967) (Bee Gees’ 1st)
NEIL KRUG
Bee Gees
LE NOMBRIL DU MONDE... DE GLACE Le grimpeur canadien WILL GADD s’est aventuré au Groenland dans un endroit où nul n’oserait aller : au fond d’un « moulin », un puits creusé par l’eau dans un glacier. Texte ANDREAS WOLLINGER Photos CHRISTIAN PONDELLA
Cathédrale de glace Ce cliché est le préféré du photo graphe Christian Pondella : il r ésume à lui tout seul et de manière magis trale le c aractère irréel et extra ordinaire de cette expédition au cœur de la calotte glaciaire du Groenland.
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« L’hélicoptère nous dépose au bout de trente m inutes de vol. À perte de vue, un horizon de glace. »
Paradis blanc Un moulin se forme lorsque les eaux de fonte ruissellent depuis la surface vers l’intérieur du glacier. Les étudier permet d’évaluer les effets du changement climatique sur la fonte de la calotte glaciaire.
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Pointure mondiale de la grimpe sur glace, Will Gadd n’en est pas à son premier exploit : le Canadien de 52 ans est connu pour avoir été en 2015 le premier à escalader les chutes du Niagara gelées. Pourquoi avoir choisi le Groenland cette fois ? Car personne ne l’avait fait avant lui.
Ilulissat, Groenland Située dans la célèbre baie de Disko, c’est de cette ville sur la côte ouest du pays qu’est partie l’expédition Beneath The Ice.
Départ vers l’inconnu Les moulins explorés par l’équipe se révèlent plus importants et plus dangereux que prévu, en raison des blocs de glace qui s’en détachent et s’effondrent au fond. Si l’un de ces blocs leur tombe dessus, c’est la fin.
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Une patinoire à la verticale Les parois descendent à pic sur 90 mètres : tout au fond se trouvent les lacs souterrains dans lesquels Will Gadd avait prévu de plonger. Avant de devoir y renoncer, car trop risqué.
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« Je célèbre chaque instant que je peux vivre intensément. Grimper ici me fait me sentir sacrément vivant. »
Dans son élément Will Gadd en action sur son terrain favori : un jeu d’enfant pour ce pro des parois gelées. Autour de lui, la glace craque, siffle et gémit dans un concert de bruits aussi fascinants qu’angoissants.
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Et la lumière fut Will Gadd et Jason Gulley, enseignant-chercheur en géologie à l’USF (USA), au fond du puits. Leur expédition a permis de récolter et de transmettre de précieuses informations aux climatologues.
Séance d’échauffement Avant de s’aventurer dans les profondeurs du Groenland, Will Gadd s’échauffe sur les icebergs qui flottent devant la côte. L’occasion pour Christian Pondella de réaliser quelques somptueux clichés.
THE RED BULLETIN
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« Trahir la réalité du rap serait me trahir moi-même » Réputé pour ses comédies urbaines, FRANCK GASTAMBIDE avance rarement seul, et le confirme avec une série pionnière sur le rap français, visitée par des patrons du genre : Validé. Pour ce projet diffusé sur Canal+ Séries, il a cette fois misé sur des inconnus complets. Et ne le regrette pas. Texte PIERRE-HENRI CAMY Photos JÉRÔME BONNET 36
Franck Gastambide et son sweat-shirt hommage au film sociÊtal et urbain des frères Hughes.
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rois lascars (dont une personne de petite taille), un pitbull et une caméra fixée à un trépied. Un banc au bas d’un grand ensemble de banlieue. Des sketches de deux minutes diffusés sur le site de Canal+. C’est ainsi que s’est lancée officiellement la carrière de Franck Gastambide, il y a dix ans. Sa nouvelle carrière, du moins. Jusqu’alors, le Français né à Melun (double 7) est spécialisé dans le dressage de molosses, ce qui le mènera à collaborer avec Mathieu Kassovitz sur le film Les Rivières pourpres. Il connecte dans la foulée avec le collectif Kourtrajmé (très proche du réalisateur de La Haine), qui, au tournant des années 2000, se pointe en mode WTF avec une nouvelle approche de l’humour en vidéo, du clip, et la volonté de montrer ceux qui s’agitent culturellement et socialement dans l’univers urbain du (déjà) grand Paris. Parmi cette clique, Mouloud Achour, qui fera ses débuts télévisuels sur MTV. Devenu cadreur de l’émission de Mouloud Achour, MTV Select, Franck Gastambide imagine un « télé achat » de banlieue (incluant les fameux lascars, la personne de petite taille, le pit, le banc...) : Kaïra Shopping. Une web-série qui sera ensuite déclinée au cinéma, avec Les Kaïra, un long-métrage sorti en 2012, que Franck réalise et dans lequel il joue, accompagné des mêmes potes présents dans les pastilles de Canal+. Le succès des Kaïra donne des envies à Franck. En 38
2016, il réalise Pattaya, une comédie qui parodie sans les moquer les banlieusards qui s’offrent des vacances exotiques et no limit en Thaïlande. En 2018, avec Taxi 5, il s’attaque à une saga motorisée aussi appréciée pour sa Peugeot blanche de compète que ses BO lestées de hip-hop. Indissociable de Franck Gastambide, le rap est son background culturel et une passion à laquelle il dédie un nouveau projet à paraître sur Canal+ Séries en mars, une série qu’il produit, dirige et dans laquelle il tient le rôle d’un producteur de musique : Validé. Une fiction dans la réalité du rap français, et une première par chez nous. Il était temps ! Alors que le rap est la musique numéro un en France mais ne dispose d’aucune émission dédiée à la télévision. Côté cinéma, jamais un film français n’a été directement consacré au rap, même si La Haine ou Ma 6-T va crack-er ont été associés à des films hiphop grâce à leurs BO (ou musiques inspirées du film, dans le cas du Kassovitz) et l’univers bétonné de leur dramaturgie. En 2020, en France, une fiction sur écran exclusivement consacrée au rap est donc une innovation. Et sa responsabilité incombe à Franck Gastambide. Si jusqu’alors, des Kaïra à Taxi 5, Gastambide a toujours avancé avec ses potes et des acteurs sûrs (Medi Sadoun, Ramzy Bedia ou Sabrina Ouazani), avec Validé, il s’autorise à miser sur des inconnus complets, dont le trio Hatik, Saïdou THE RED BULLETIN
« Je n’ai jamais été un individualiste, et je ne le suis toujours pas. » THE RED BULLETIN
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« L’idée était de créer des personnages de fiction qui évoluent dans le vrai monde du rap. » Camara et Brahim Bouhlel. Un pari que ce frais quadragénaire aborde avec le respect des siens, et dont il apprécie les challenges et vertus avant même la diffusion du moindre épisode de Validé. Profitant d’un jour de grève des transports à Paris, nous proposons à Franck une interview et une séance photo dans un studio du XIe arrondissement. Surprise, notre homme se pointe seul. the red bulletin : Vous êtes venu seul aujourd’hui, mais vous pouvez certainement nous expliquer pourquoi votre carrière s’est jusqu’alors construite en équipe ? franck gastambide : J’ai toujours eu du courage pour avancer dans mes projets, à condition d’être bien entouré. Il y a dix ans, quand j’ai créé le program- me Kaïra Shopping avec une petite caméra DV, mes potes et mon pitbull, et qui est devenu la première web-série de Canal+, faisant un peu de moi l’ancêtre des YouTubers, j’avais le sentiment d’être un leader d’idées… mais j’avais besoin d’être entouré de gens dont j’admirais le talent, ce qui était le cas de Medi Sadoun. On s’est rencontré au sein du collectif Kourtrajmé, et on est très vite devenus potes. Je voyais alors en Medi Sadoun beaucoup de talent et je me demandais comment on pouvait faire des choses ensemble… Je dis toujours « on »… Je n’ai jamais été individualiste, et je ne le suis toujours pas. L’idée a toujours été de faire des choses en groupe et c’était le modèle de ce que j’aimais : Les Inconnus, Les Nuls, le collectif Kourtrajmé. Cet esprit « équipe » que j’ai toujours à présent. L’union fait la force, je le pense vraiment. 40
Bosser avec les autres veut aussi dire s’impliquer soi-même, dans le même bain que les autres, comme vous l’avez fait dans Les Kaïra, Pattaya ou Taxi 5 ? À l’époque de Kaïra Shopping, j’essayais d’identifier mes capacités, et très vite je me suis rendu compte que j’étais inspiré pour écrire, créer, trouver des idées. J’étais attiré par la caméra, par la technique, le cadre, la mise en scène. J’ai parlé à Medi d’un programme court où l’on pourrait caricaturer nos influences
urbaines, banlieusardes, etc. Mais à part lui, personne ne voulait jouer dans nos vidéos, parce qu’on n’était personne. Quand on a présenté le pilote à Canal+, ils ont trouvé ça super et décidé de le produire, alors je leur ai expliqué qu’il allait falloir embaucher de vrais acteurs, mais ils m’ont dit : « Non, vous êtes super, c’est ce que vous avez créé, ça marche parce que c’est vous, c’est vous qui devez interpréter les rôles. » Et voilà comment je me suis retrouvé à faire l’acteur, complèteTHE RED BULLETIN
PRESQUE CÉLÈBRES... Gastambide à propos du trio de nouveaux talents sur lequel il a parié pour Validé. Hatik « Pour le rôle tenu par Hatik, il fallait trouver quelqu’un capable de porter une série sur ses épaules, potentiellement sur plusieurs saisons, et qui soit un rappeur extrêmement crédible, dont on ne pouvait pas remettre en cause les qualités et les compétences. Hatik avait un physique, un charisme, des capacités de rappeur incontestables. On a beaucoup travaillé ensemble pour qu’il devienne un acteur. Je cherchais quelqu’un qui avait un truc en plus, et ce mec a un truc en plus, c’est une évidence. Comme les deux autres acteurs principaux de la série, au moment où je le prends pour Validé, il n’a encore absolument rien fait devant une caméra, c’est son premier casting. Choisir Hatik, qui a sorti une mixtape entre-temps, c’est un pari. »
ment par hasard. Ensuite, le film Les Kaïra s’est précisé, et comme c’était inspiré de la série, je devais jouer dedans, mais comme ce qui m’inspirait le plus, c’était la mise en scène, je me suis collé à tous les postes : écrire, jouer et réaliser. Le film fut un succès, et ça a lancé mes trois carrières de réalisateur, d’acteur et de scénariste. Dans votre série dédiée à l’univers du rap français, Validé, vous n’êtes plus le personnage central. Pourquoi ? THE RED BULLETIN
Pour Validé, il a fallu que j’assume un poste de grand frère et que je m’implique pour les autres, que je passe le flambeau. Je me suis dit qu’il était temps non seulement de produire, mais d’aller chercher de nouveaux talents, pour créer une petite bande comme celle qui était la mienne il y a dix ans finalement. J’ai pris conscience de ce parallèle une fois après avoir choisi les trois héros de la série, trois débutants qui n’avaient jamais tourné auparavant.
VALIDE/MIKA COTELLON
Acteur ? Réalisateur ? Comédien ? Franck Gastambide est tout à la fois et s’attache à œuvrer dans le plus grand respect des univers qu’il transporte à l’écran, comme pour son nouveau projet dédié au rap.
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Saïdou Camara
Comment cela ? Avec les tournages de la série, ils ont commencé à se voir et sont devenus potes, et un soir ils m’ont envoyé une photo d’eux, accompagnée d’une photo de l’époque des Kaïra, où on était aussi nous trois, moi, Medi Sadoun et Jib Pocthier. Ce parallèle m’a beaucoup touché. Ça racontait un truc.
« Saïdou est l’un des premiers mecs qui vient au casting, et c’est mon premier coup de cœur, mais je m’interdis de me décider trop vite, car je sais qu’on doit voir plein d’autres gens. Mais ce petit gars a un truc, il accroche à la caméra mieux que les autres, il est plus juste que les autres, ce qui est troublant pour un mec qui n’a jamais passé un casting ni jamais pris de cours de comédie de sa vie, et qui a une telle aisance. Il n’a pas conscience qu’il est beau, que la caméra l’aime, qu’il est juste. Ça le rend passionnant en termes de direction d’acteur. Lors du casting, on discute avec Saïdou, on parle un petit peu de sa vie, et je me rends très vite compte qu’il habite dans un foyer, qu’ils sont à cinq dans une chambre. Quand je l’ai convoqué pour lui annoncer que c’était lui, j’avais conscience que ça allait bouleverser sa vie. Je n’ai pas souvenir d’avoir eu une telle émotion en annonçant à quelqu’un qu’il était choisi pour un projet. »
C’est compliqué d’imposer des mecs inconnus dans son premier projet de série ? Vos partenaires de production et de diffusion ne vous ont-ils pas demandé d’intégrer au moins un acteur de renom au casting pour porter la notoriété du projet ? Contrairement au cinéma, on n’a pas besoin de vedette pour porter une série. Généralement, les plus grandes séries du monde sont faites avec des gens qu’on ne connaît pas. Tu ne connaissais personne dans Breaking Bad, tu ne connaissais personne dans Game of Thrones, je ne connaissais personne dans Entourage, la série qui m’a inspiré Validé. Validé était l’occasion pour moi d’aller chercher de nouveaux talents.
VALIDE/MIKA COTELLON
Le concept même de la série est nouveau... L’idée était d’introduire des personnages de fiction qui évoluent dans le vrai monde du rap. On va vraiment chez Skyrock, on va vraiment chez Mouv’, on va vraiment chez Universal, ils croisent vraiment Cut Killer dans une soirée, ou Ninho dans les couloirs de la maison de disque. C’était indispensable que ces nouvelles têtes qui sont révélées par la série rencontrent des artistes connus et authentiques comme c’était le cas dans Entourage : dans cette série américaine, on s’identifiait à ces nouvelles têtes qui n’étaient personne parce que tout d’un coup, ils croisaient Kanye West ou Martin Scorsese, et ça en termes d’identification, c’est très fort. Mais amener de nouvelles têtes dans une série, c’est un engagement énorme.
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Pour quelles raisons ? Car les temps de tournage sont trois fois plus longs qu’un long-métrage, et c’est une promesse pour plusieurs saisons. Il ne fallait donc pas se tromper sur le choix de ces petits gars. Je sais maintenant que je ne me suis pas trompé... Il semble que la saison 2 de Validé est déjà en cours d’élaboration... Ce jour, soit le 9 décembre 2019, la
saison 2 est en développement, tu pourras l’écrire dans ton sujet. Alors que le public n’a pas encore vu la série, pas même un teaser ? C’est la preuve que les premiers concernés, en l’occurrence la chaîne qui nous a commandé cette série et qui va la diffuser, Canal+, sont déjà convaincus, c’est donc évidemment une première victoire. La série traite d’un univers où les notions d’adoubement et de validation sont fortes. Est-ce que le soutien des artistes qui ont participé à Validé a été aussi important à vos yeux que celui de Canal+ ? Si un rappeur réputé balance que votre projet est « tout pété », on peut imaginer que c’est mal barré pour en convaincre d’autres... C’est exactement ça. Quel a été le premier « nom » à valider la série, justement ? On ne fait pas une série dans l’univers du rap comme on fait une série classique. C’est un milieu de gens potentiellement susceptibles, un milieu qui, à d’autres époques, a pu être moqué, et c’est ce qui rend les rappeurs, leur entourage et l’industrie du rap méfiants quant à la manière dont on traite leur univers. Je le comprends, et je l’avais totalement intégré pour Validé. Le hip-hop est aussi mon ADN, je fais des films qui sont urbains. Dès mon premier film, Les Kaïra, j’ai reconstitué le groupe Mafia K’1 Fry pour un concert à la fin du film… Ce qui n’était pas une mince affaire d’ailleurs… Je leur
« Le milieu du rap a pu être moqué, c’est ce qui rend les rappeurs, leur entourage et l’industrie du rap méfiants quant à la manière dont on traite leur univers. » THE RED BULLETIN
« C’est normal que des a rtistes comme Ninho, Lacrim ou Kool Shen te disent : “Okay, je viens, mais d’abord, explique-moi ce que tu vas faire.” » 44
THE RED BULLETIN
« Avec Taxi 5, j’ai compris que les critiques étaient les impôts du succès : plus tu as de s uccès, plus tu en paies. »
Brahim Bouhlel « Il est un pur produit de la génération Instagram. C’est un mec que je découvre en allant regarder les stories de mon pote Hakim Jemili, qui est aussi acteur dans Validé et qui est présent dans le film Docteur, dans lequel je joue également. En regardant les stories d’Hakim, je vois ce mec qui a une super bouille, qui imite tous les accents, et je me dis qu’il serait mon personnage drôle, plus léger dans la série. J’appelle Hakim et lui demande de m’envoyer Brahim en casting, et ça a été une évidence. On a arrêté le casting sur ce personnage-là très vite, parce qu’on s’est rendu compte qu’il était au-dessus des autres. Si ça n’avait pas été avec moi, j’ai le sentiment qu’il aurait trouvé une autre branche sur laquelle s’accrocher. Il était déjà dans les bons tuyaux. C’est marrant, par la suite, Tarek Boudali a décidé de le prendre dans son propre film en voyant mes stories Instagram. »
VALIDE/MIKA COTELLON
Vous ne pouviez donc pas trahir cette réalité, votre historique ? Je ne peux pas la trahir parce que je la connais et que j’ai l’impression d’en faire partie, donc ce serait me trahir moimême. Il y a des rappeurs dans tous mes films, des BO de rap accompagnent tous mes films, avec des rappeurs qui ont toujours joué le jeu comme pour celle de Taxi 5 avec Ninho, l’Algérino ou Soprano. Juste avant, j’avais fait une autre BO pour Pattaya avec Lacrim, SCH et d’autres grands noms. Les rappeurs savent qui je suis à travers les films que je fais et les BO qui les accompagnent.
avais demandé de venir faire leur morceau Pour ceux, qui est leur titre emblématique et dont le clip est l’un des plus grands clips de l’histoire du rap français. Tout le monde s’accorde à le dire. J’apparais d’ailleurs dans ce clip avec mon propre pitbull que j’avais dressé pour m’attaquer dans une séquence. Déjà à l’époque, j’étais immergé dans cet univers du hip-hop, via Kourtrajmé... THE RED BULLETIN
C’était donc votre garantie pour obtenir le feu vert de la scène rap ? La seule chose sur laquelle il a fallu les rassurer est sur le fait que Validé était un changement de registre pour moi, qu’on ne serait pas dans de la comédie, et que personne ne serait ridicule ou ridiculisé. J’allais traiter le sujet avec beaucoup de passion et de respect. Ils ont été convaincus immédiatement ? Il y a eu ceux qui ont eu confiance tout de suite et ceux qui ont eu besoin qu’on en parle. Je me rappelle d’un long entretien avec Mac Tyer, qui est venu à mon bureau. On a discuté plusieurs heures, et j’ai complètement accepté d’avoir cet échange avec lui, parce que c’est normal que des artistes de ce niveau-là, comme Ninho, Lacrim ou Kool Shen te disent : « Okay, je viens, mais d’abord, expliquemoi ce que tu vas faire. » Pourquoi ? Parce qu’ils ont une image, et qu’ils savent qu’ils vont la mettre au service de ma série. Il était donc normal que je sois
transparent et que j’explique à ces rappeurs ce que l’on allait faire, à quoi ça allait ressembler. Je ne pouvais pas leur garantir d’en faire un chef-d’œuvre, mais je pouvais leur garantir que j’allais traiter leur image et ce milieu avec beaucoup de respect. Très vite pendant le tournage, on a eu des rappeurs, dont certains ont de vraies carrières, qui nous ont spontanément proposé de venir, pour faire une apparition, de petits clins d’œil que les gens qui connaissent le rap français vont pouvoir apprécier. Certaines critiques sur Taxi 5 vous ontelles préparé aux haters qui s’exprimeront probablement sur Validé ? C’est un pari très courageux et audacieux de se lancer dans un tel projet. Si tu te loupes, tu te prends des rafales de critiques, c’est très violent. J’ai abordé Taxi 5 en mec de banlieue qui est allé voir tous les Taxi dans des cinémas de banlieue, avec les dérapages sur le parking après la projection… (rires) Malgré tout, ce film m’a valu des critiques, en effet… Mais j’ai compris que les critiques étaient les impôts du succès : plus tu as de succès, plus tu en paies. C’est une phrase que je me suis inventé avec Taxi 5, et j’y crois vraiment. Ce film était une évolution de Taxi, et quelles que soient les critiques, je sais que j’ai fait ce film dans le plus grand respect de la saga. Ceux qui disent le contraire n’ont pas pu voir le film, ce n’est pas possible. Parmi les nouveaux talents lancés par votre série, Hatik n’avait que six ans quand le premier Taxi est sorti, et c’est désormais sur lui, mais aussi Saïdou Camara et Brahim Bouhlel que le succès de votre saga, les différentes saisons de Validé, va reposer… Je suis très fier d’eux. Je m’autorise aussi à être fier de moi d’avoir trouvé ces trois « petits mecs ». C’est une étape très étonnante dans ma vie. « Ça n’est plus pour toi et tes potes que tu écris, mais pour trois petits mecs que tu as trouvés. Tu vas leur donner tout ce que tu peux, tu vas écrire le mieux que tu peux pour eux, tu vas les filmer du mieux que tu peux. » C’est une énorme fierté. (Il sourit) C’est un peu étonnant parce que tu te rends compte que tu vieillis, mais quel kiff de vieillir en donnant de la force à des petits !
Instagram : @ franckgastambide Validé, le 20 mars sur Canal+ Séries 45
Des scientifiques autrichiens planifient l’expédition la plus ambitieuse de tous les temps : LA PREMIÈRE MISSION HABITÉE VERS MARS. Avec des missions test réalistes. Avec des expériences défiant les conventions. Et avec un credo surprenant : faire chaque jour autant d’erreurs que possible. Texte ALEX LISETZ 46
KATJA ZANELLA-KUX
LA VIE SUR MARS DÉPENDRA DE LEURS ERREURS
Une photo quasiment similaire pourrait être prise sur mars d’ici vingt ou trente années. Si les bonnes bourdes sont commises d’ici là…
GREGOR KUNTSCHER
« La première mission martienne habitée aura lieu en 2050 ou 2060. » Déploiement spatial dans le Tyrol : deux « astronautes analogues » s’entraînent sur Terre. Ils agissent comme s’ils étaient sur Mars – d’où l’ajout du mot « analogue ».
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Pour chacune de leur sortie à l’extérieur, les astronautes analogues doivent revêtir leur équipement complet.
out se passe comme prévu dans le caisson hyperbare. Les combinaisons spatiales : scellées. Les bouteilles d’oxygène : pleines. C’est le grand moment : le sas s’ouvre et les astronautes foulent pour la première fois la surface de Mars. Le commandant passe en premier. Il se retourne vers la station spatiale – et là, c’est l’accident. Il provoque un faux contact dans son casque. Un son aigu lui vrille les tympans. Un dysfonctionnement du hautparleur. Le sifflement persiste. S’il n’agit pas immédiatement, il risque la perforation tympanique. Il enclenche le déverrouillage d’urgence et lance son casque dans le sable. Enfin le silence. Ses oreilles bourdonnent encore, mais les tympans ne semblent pas avoir été endommagés. Ce n’est que maintenant qu’il remarque les visages consternés de ses coéquipiers. Si cette mission sur Mars était une réalité et pas juste une simulation se déroulant dans un désert de l’Utah, il serait mort. Une fois de plus. Gernot Grömer, 44 ans, a déjà souffert de nombreuses morts héroïques. L’astrophysicien de St. Florian, en Haute-Autriche, est directeur de l’ÖWF, le Forum spatial autrichien. Ce centre de recherche est un think tank composé de 200 scientifiques issus de 25 pays qui regardent bien au-delà des limites de notre planète. Leur tâche la plus passionnante : simuler des missions sur Mars. Ces camps de recherche élaborés simulent le plus fidèlement possible les conditions réelles sur cette planète dans un environnement terrestre. Les membres de l’équipage doivent donc 50
« C’est notre boulot que d’être paranoïaques parce que chaque petite erreur sur Mars peut avoir des conséquences catastrophiques. » Gernot Grömer, Directeur du Forum spatial autrichien (ÖWF). THE RED BULLETIN
FLORIAN VOGGENEDER
T
Comment devenir astronaute vivre pendant des semaines dans un espace confiné dans une station isolée du monde extérieur, posée quelque part dans un désert de cailloux. Ils ne sont autorisés à sortir qu’en combinaison spatiale pour prélever des échantillons de cailloux ou effectuer des mesures. L’objectif de ces tests pratiques est de rendre les futures expéditions sur Mars plus sûres, plus efficaces et d’augmenter leurs chances de réussite. À chaque expédition d’essai, Grömer et son équipe utilisent une méthode non conventionnelle afin que la science apprenne autant que possible pour l’avenir : les erreurs sont non seulement tolérées, elles sont carrément souhaitées. « Tout ce qui va mal nous fait aller plus loin », dit Grömer. Un certain Thomas Edison appliquait ce même principe, il y a près d’un siècle et demi. « Je n’ai pas échoué – j’ai simplement trouvé dix milles solutions qui ne fonctionnent pas », aurait-il dit avant de faire une percée décisive avec son ampoule électrique. La version de Grömer est encore plus croustillante : « Nous connaissons déjà mille façons de mourir sur Mars. » Mars n’est pas une destination de rêve. Par temps frais, la température
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ans est l’âge minimal de tout candidat à une formation d’astronaute. Âge maximal : 45 ans ; Taille : de 165 à 190 cm ; Poids minimum : 55 kg.
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mois de préparation sont nécessaires à une simulation martienne. Elle comprend des cours théoriques, un programme sportif et des exercices pratiques.
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candidats ont été admis en 2019. Six d’entre eux participeront à la simulation en 2020. Les autres participeront aux autres missions.
chute à − 110 °C. L’atmosphère, composée à 95 % de dioxyde de carbone, y est si ténue que les rayons cosmiques pénètrent presque sans être filtrés. Les longues balades sont donc à exclure. « C’est notre boulot que d’être paranoïaques, dit Grömer, parce que chaque petite erreur sur Mars peut avoir des conséquences catastrophiques. » C’est pourquoi Grömer et son équipe réfléchissent chaque jour à ce qui pourrait mal tourner sur Mars et à la manière d’y faire face. Que faire si un joint d’étanchéité sur la combinaison spatiale devient poreux ? Si le contact radio avec la Terre se rompt ? Si ce n’est pas un membre de l’équipage qui tombe malade mais le médecin ? La paranoïa de Grömer est l’assurancevie de ces explorateurs qui, un jour, partiront vraiment pour Mars. « Nous ne savons pas quelles surprises nous attendent là-haut, dit Grömer. C’est pourquoi nous devons au moins être préparés aux problèmes que nous pouvons imaginer dès maintenant. » C’est pour cette raison que les scientifiques d’ÖWF ne recourent pas seulement aux simulations par ordinateur ou à leurs laboratoires, mais se rendent aussi dans les déserts de l’Utah et d’Oman, dans les glaciers du Tyrol et dans les grottes de glace du Dachstein dans les Alpes. Là, des équipes de six astronautes dits « analogues » vivent et effectuent des recherches dans des répliques de stations spatiales durant quatre semaines maximum. Ils ne sont autorisés à les quitter que pour des missions de recherche spécifiques comme prélever et analyser des échantillons de sol – et uniquement dans une combinaison spatiale. Pas question de se détendre après les repas. Le revêtement de la combinaison de 30 à 50 kilos nécessite à lui seul deux membres d’équipage et dure trois heures. Douze missions ont eu lieu depuis 2006. « Chacune d’elles s’est avérée une gymnastique logistique », dit Grömer. Une courte pause, puis : « Dieu merci! » Les scientifiques de l’ÖWF n’aiment pas les problèmes parce qu’ils s’ennuieraient sans eux mais parce que chaque erreur et chaque retard, chaque défail-
Gernot Grömer, directeur de l’ÖWF, anime l’émission P.M. Wissen à la télévision autrichienne. Il a participé à ce jour à toutes les simulations martiennes. THE RED BULLETIN
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« Les scientifiques autrichiens sont maintenant si réputés pour leur expertise que même la NASA fait appel à eux. »
Essai sur route en quad : deux astronautes analogues étudient les effets de la poussière sur leur combinaison spatiale pendant une sortie à l’extérieur.
Quatre FAQ au sujet de Mars
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Quand aura lieu la première mission habitée vers Mars ? Probablement entre 2040 et 2050 – selon l’évolution politique et technologique.
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Combien de temps faut-il pour atteindre Mars ? On prévoit que le vol dans chaque direction durera environ 200 jours.
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Qu’est-ce qui rend Mars si intéressante pour nous ? Cette planète a une atmosphère et est celle qui, de toutes les autres, ressemble le plus à la Terre.
4 FLORIAN VOGGENEDER
Pourquoi la découverte de l’eau liquide sur Mars a-t-elle fait sensation ? Parce que nous croyons que l’eau est une condition préalable à la vie. Nous soupçonnons que là où l’eau liquide existe, il pourrait y avoir une forme de vie primaire.
lance technique ou humaine rendent la science un peu plus intelligente. « Chaque erreur que nous commettons maintenant sauve la vie d’un astronaute plus tard – parce qu’il ne la commettra plus », dit Grömer. C’est pourquoi les erreurs dans les missions martiennes simulées ne sont pas seulement tolérées. Elles sont même provoquées. « Nous voulons connaître les conséquences de chaque erreur. Parce qu’il n’y a qu’ainsi que nous pourrons nous armer contre elles. » Parfois, les astronautes analogues mettent non seulement leur vie en danger virtuel mais aussi en danger réel. Un exemple : « Nous croyons qu’il y a régulièrement sur Mars des tornades violentes qui provoquent de fortes décharges électriques, dit Grömer. Nous avons donc utilisé une bobine Tesla de six mégavolts pour tester la protection de nos combinaisons spatiales contre la foudre. » Conclusion : la combinaison protège comme on l’espérait. « Le collègue qui attendait à côté avec le défibrillateur n’a pas eu à intervenir. »
L
es missions test d’ÖWF ne visent pas seulement à identifier les dangers mais aussi à mieux exploiter les opportunités. La première mission habitée vers Mars est notre chance d’acquérir d’énormes quantités de connaissances nouvelles. Parce que les premiers humains sur Mars ne recueilleront pas seulement des données comme l’ont fait les sondes sans pilote arrivées avant eux. Ils interpréteront également ces données sur place et devront prendre des décisions en conséquence. Par exemple, une vallée latérale découverte par hasard s’avérera peut-être d’un intérêt géologique particulier. Les astronautes s’écarteront alors du programme original et chercheront des échantillons spécifiques de cailloux. Mais comment reconnaître les structures ? Comment interpréter le contexte dans un paysage aride où tout est indistinct ? C’est exactement ce que les astronautes analogues apprendront dans le désert du Néguev en Israël en 2020. Les méthodes qu’ils y acquerront mèneront à un travail plus efficace lors de la première véritable mission sur Mars. Parce que le temps est précieux sur Mars – les ressources emmenées ne dureront pas davantage que quelques semaines. Afin de pouvoir travailler de manière plus productive, les scientifiques d’ÖWF ne développent pas seulement des méthodes d’analyse plus intelligentes, ils posent également de nouveaux jalons 53
LES FAITS
De quoi Mars estelle faite ? Mars porte le nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine et se trouve entre 54,5 et 401,3 millions de kilomètres de la Terre (78 en moyenne). Elle est considérée comme la planète la plus semblable à la Terre et sa période de rotation est de 24 heures et 37 minutes. La poussière d’oxyde de fer est responsable de sa couleur rouge.
Terre
Mars
Terre vs. Mars Mars se situe à une distance du Soleil environ une fois et demie plus grande que la Terre. Son diamètre est la moitié de celui de la Terre et sa masse n’est qu’un neuvième de celle de la Terre. Comme la Terre, Mars a des calottes polaires, mais fait voir une lune de plus. 54
« Découvrir une vie extraterrestre serait bien sûr une sensation inimaginable. »
LA COMBINAISON
100 km/h Tempête de poussière
Affichage tête haute
Les tempêtes de poussière sur Mars atteignent des vitesses allant jusqu’à 100 km/h, mais ne causent aucun dommage en raison de la faible pression de l’atmosphère – la seule erreur majeure dans le blockbuster hollywoodien Seul sur Mars (2015).
Appareil photo
Système de ventilation Afficheur et clavier Suitport pour un accès par l’arrière
3,711 m/s2
Fixation pour le sac
Exosquelette pour simulation d’impression
- 55 C °
Température La température moyenne sur Mars est de – 55 °C. Cependant, selon la saison et la situation géographique, il peut aussi faire + 20 °C ou – 110 °C.
GETTY IMAGES, KATJA ZANELLA
L’accélération gravitationnelle de Mars n’est qu’un tiers de celle de la Terre. Cela ne suffit pas pour faire des pas de géant comme sur la lune – mais permet des tractions d’une seule main.
OEWF-BERNHARD KALIAUER DESIGNSTUDIO
Gravitation
En attendant d’enfiler la vraie combinaison Le simulateur de combinaison spatiale Serenity, qui pèse 35 kilos, peut être utilisé pour des opérations en extérieur d’une durée maximale de cinq heures. La combinaison mesure automatiquement la température corporelle, l’apport d’oxygène, la fréquence cardiaque et l’activité cérébrale de l’astronaute, effectue automatiquement des enregistrements audio et vidéo et est conçue pour des
températures comprises entre 0 et 60 °C. Un affichage tête haute et un clavier simplifié servent d’interface entre l’homme et l’ordinateur. Cela permet aux astronautes analogues de s’entraîner dans des conditions réelles – même si la combinaison n’est pas adaptée à l’utilisation réelle dans l’espace. L’accès à la combinaison se fait par l’arrière via le suitport désormais breveté.
L’habitation martienne Vue aérienne de la station Kepler dans le désert du Néguev (Israël). Une nouvelle station, techniquement plus avancée que celleci, sera construite pour la mission AMADEE-20.
Une combinaison spatiale est testée dans une chambre de mesure de l’université d’Innsbruck pour vérifier son système radio.
S
erenity n’est pas la seule nouveauté pour laquelle les chercheurs de l’ÖWF ont fourni une assistance de tous les instants. Certaines des technologies qu’ils ont testées lors de simulations martiennes antérieures font même maintenant partie de la vie quotidienne. Ainsi, des neurologues de l’université d’Innsbruck ont mis au point un instrument qui détecte la fatigue extrême pouvant présenter un danger. Cet instrument analyse l’activité des ondes cérébrales en fonction des fluctuations du diamètre de la pupille. Aujourd’hui, il aide même la police dans plusieurs pays d’Europe de l’Est à retirer de la circulation les chauffeurs de camions qui ne sont pas en état de conduite. Les missions de l’ÖWF jouissent aujourd’hui d’une telle réputation internationale que des chercheurs du monde entier leur soumettent des projets avant chacune d’elles. Quelques dizaines de ces projets sont sélectionnés et intégrés à la mission. Ainsi, pendant la mission AMEDEE-20 en partenariat avec l’agence spatiale d’Israël, les astronautes analogues testeront des avions et des robots 56
autonomes avec l’intelligence artificielle. Une autre expérience permettra d’étudier les modifications de la flore intestinale de l’équipage causées par une alimentation déséquilibrée dans un environnement isolé et soumis à un stress important. Les scientifiques du Forum spatial autrichien sont maintenant si réputés dans leur expertise que même la NASA fait appel à eux. « Lorsqu’un problème délicat survient, dit Grömer, la réaction fréquente est : “Demandez aux Autrichiens.” On ne saurait éprouver une plus grande gratitude. » Mais à quel point les fantasmes de science-fiction d’ÖWF sont-ils ancrés dans le réel ? Et quelle est la probabilité que toutes les connaissances acquises soient appliquées un jour par de vrais astronautes martiens ? « Le premier astronaute martien est déjà né et la première mission martienne habitée aura lieu dans vingt ou trente ans, en 2050 ou 2060 », affirme Gernot Grömer, sûr de lui. Le fait que nous ne soyons pas encore techniquement en mesure de le faire en 2020 n’est pas un contre-argument pour lui. « Bon, nous n’avons pas en ce moment même de fusée prête à décoller dans le hangar, dit-il. Et il faudrait aller de l’avant avec le développement des imprimantes 3D car on ne pourra certainement pas s’en passer sur Mars. » Mais ce sont là des problèmes qui peuvent être résolus, soutient-il. « La volonté sociale d’aller de l’avant avec les voyages dans l’espace manque toujours. Avec un effort collectif, il serait facile de trouver les pièces manquantes du puzzle. » Il estime que les politiques
Système de relais radio Assure la communication avec le centre de contrôle de mission.
« Une mission sur Mars coûterait en moyenne à chaque Européen l’équivalent d’un menu Big Mac par an. »
THE RED BULLETIN
FLORIAN VOGGENEDER
technologiques. L’un d’eux est Serenity, un simulateur de combinaison spatiale. La combinaison de protection, développée en coopération avec des universités internationales, protège contre la poussière, le froid et la contamination et fournit de l’oxygène. Elle communique également avec l’astronaute qui en est revêtu (cf. page précédente).
Poste de commande Les astronautes y revêtent leurs combinaisons spatiales.
Cabinet médical Avec dépôt de médicaments et salle d’examen.
Habitat Les astronautes analogues peuvent se retirer dans ces conteneurs.
Laboratoires scientifiques Les instruments sont réparés et l’équipement scientifique est stocké ici. Une expérience consacrée à la croissance des plantes y est également menée.
Structures gonflables d’habitat Développées et conçues spécialement pour cette mission – elles incluent : station médicale d’urgence, zone d’impression 3D, laboratoire robotique et salle de réunion.
Domaine logistique Avec salle à manger et coin détente.
i ntérieures, en particulier, pourraient être encore plus ambitieuses, du moins en Autriche, parce que ses scientifiques sont en première ligne. Et les coûts ? Ils sont loin d’être excessifs, affirme Grömer. « Une véritable mission sur Mars coûterait en moyenne à chaque Européen l’équivalent d’un menu Big Mac par an », défend-il. Un juste prix pour la plus grande aventure de l’humanité, le voyage le plus ambitieux de l’histoire – et peut-être même la découverte la plus fascinante de tous les temps ? « Découvrir une vie extraterrestre, dit Gernot Grömer, serait THE RED BULLETIN
bien sûr une sensation inimaginable. » Les astronautes analogues se préparentils aussi à affronter de petits hommes verts ? « Nous n’aurons pas à nous battre avec les Martiens, dit Grömer, mais nous irons à la recherche de cellules ou de fragments de cellules. » Parce qu’il y a des indications que la vie a pu exister sur Mars. Parce que la vie telle que nous la connaissons dépend de l’eau. Et l’eau y a déjà existé sous forme liquide – même si ce ne fut que pour une période relativement courte de quelques centaines de millions d’années. Il est probable que des rivières et des océans aient
Stockage de l’eau
Réservoir d’eau
coulé sur la planète rouge, et que des bactéries ou d’autres formes de vie simples s’y soient développées. De dangereux extraterrestres guettent-ils les astronautes ? « C’est la situation inverse, dit Grömer, nous devons veiller à ne pas détruire un écosystème existant ni à le contaminer à des fins de recherche – l’humanité en a déjà assez fait sur ce plan. » Dans le désert du Néguev, les scientifiques continueront à chercher des traces de vie aussi soigneusement que possible et, assurément, de soigneusement commettre une erreur après l’autre. 57
Seine occupation C’est sale, pollué, on peut y finir malade ou dans le panier à salade. Et oui, en 2020, on n’a toujours pas le droit de se baigner dans la Seine… Pourtant, à la rédaction de The Red Bulletin, on en connaît un qui brave cet interdit et démonte tous les clichés. Depuis neuf ans, il nage dans la Seine et les canaux de Paris, jusque dans les catacombes. Il est en pleine forme. Il s’appelle ALEX VOYER. On l’a suivi dans les eaux de la capitale.
Canal de l’Ourcq, en remontant vers Pantin, au niveau des Magasins Généraux. C’est l’un des spots favoris d’Alex Voyer qui y nage goulûment, hiver comme été.
Texte PATRICIA OUDIT Photos DOM DAHER & ALEX VOYER
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« 15 °C, ça commence à piquer », un pêcheur nous aborde, intrigué. « Vous allez vraiment vous tremper ? » Alex est habitué aux regards éberlués, aux mises en garde de toutes sortes. Bernard, le pêcheur breton exilé à Paname, connaît bien ces eaux lui aussi. Il nous montre un brochet fraîchement pêché. « Un jour, j’en ai sorti un d’1,15 m ! Je les relâche toujours. Mais un ami qui avait pris un sandre à cet endroit me l’a fait goûter, et il était délicieux ! » Plus loin dans Pantin, au niveau des Magasins Généraux, le soleil d’automne dore le futur couloir de nage. Il y a un peu de courant, dans le sens du vent, et le nageur semble s’en délecter. Des gamins en trottinette jouent à la police en imitant des coups de sifflet. Au XXIe siècle, on est loin des promesses de Jacques Chirac, qui, en mai 1990 prétendait qu’il se baignerait trois ans plus tard dans le fleuve parisien, vantant sa propreté à venir et sa biodiversité d’alors. Après quelques allées et venues dans l’or du canal, Alex sort de l’eau. Cette fois, l’after drop (la réaction du corps qui se met à grelotter suite à un séjour prolongé dans l’eau) sera léger. Pas comme ce jour d’hiver que nous vous conterons plus bas.
Q uand on y prête attention, le bassin de la Villette est truffé de panneaux, de marquages au sol, d’interdictions. Un petit nageur barré tous les 15 mètres. « Depuis deux ans, le nombre de signalisations a pas mal augmenté , constate Alex Voyer, nageur lui-même un peu barré. C’est peut-être à cause de gens comme 60
moi : ils en ont marre de nous voir nous baigner dans le canal… » Mais lorsque l’on habite comme lui le long de ses rives et qu’on apprécie autant le contact avec l’eau, difficile d’y résister. Alors, hiver comme été, il n’est pas rare de voir Alex descendre en peignoir, claquettes aux pieds. Un maillot de bain dessous, car l’homme a érigé en loi le fait de ne jamais, quelle que soit la température, enfiler de combinaison. De chez lui, la vue est imprenable sur le canal et sa moire kaki. Quelques coupes témoignent du passé glorieux de nage en eaux libres du garçon photographe, apnéiste, marin, et tant d’autres cordes à son arc qu’on en passe. À pied, il nous emmène découvrir son coin tranquille, à l’angle du canal Saint-Denis et Saint-Martin. Le pont de la mairie de Pantin a de beaux écrous Eiffel, des graffitis parsèment ses flancs. Alors qu’il s’apprête à se mettre à l’eau
Le lendemain, fin d’après-midi, nous voici sur le devant de la Seine et ses 37 ponts qui s’égrènent au fil des 13 km d’une traversée de Paris. Les repérages pour faire des photos ont été plus ou moins fructueux. Le zodiac noir de la Brigade fluviale est passé par là à Mach 2, coups de sifflet, des vrais cette fois, mise à l’eau avortée. Nous voici sous le pont d’Iéna, à la nuit tombée. « Ici, ta durée de vie est de trois minutes de jour, mais monte à quinze minutes de nuit. Il paraît que sous ce pont, il y a des milliers de porte-clés tour Eiffel jetés par les vendeurs à la sauvette à l’approche de la police », raconte Alex. Peu après celui d’Alexandre-III, la berge file vers l’eau, mieux qu’une échelle pour plonger sous la pleine lune. À l’abri des péniches niche une paire de canards. Il y a aussi des cygnes et des cormorans : la Seine, comme le canal, est riche d’une vie devenue invisible aux yeux des Parisiens non riverains. À force de décrier les eaux de Paris, on a fini par les déserter. Alex nous explique pourquoi il y revient tous les jours, dès qu’il peut. Paris a pour devise Fluctuat nec mergitur (« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ») ; celle d’Alex, détournée pour l’occasion, pourrait être : mens Seina in corpore sano. Un esprit Seine dans un corps sain. THE RED BULLETIN
« Depuis neuf ans que je nage dans la Seine, je n’ai jamais eu le moindre problème dermatologique ou gastrique. » À côté du pont Alexandre-III, notre homme de la Seine fait quelques longueurs en crawl, sous les feux de la tour Eiffel. Tout le charme de Paris by night, le risque de se faire attraper par la police en moins !
Entre Bastille et République, une partie du canal est couvert. Et Alex Voyer s’y offre une séance de natation secrète. On a peine à s’imaginer que sous la voûte superbe, on découvre une eau translucide, avec une visibilité à parfois 10 mètres et une multitude de poissons, carpes et anguilles.
the red bulletin : À vous suivre dans les canaux et la Seine, on finit par se demander pourquoi la baignade y est toujours interdite… alex voyer : La qualité des eaux de Paris a très mauvaise réputation. On a tous beaucoup de préjugés, on pense que tous les égouts se déversent dans la Seine, que toutes les industries rejettent leurs saloperies, alors qu’il s’agit d’une eau courante, qui traverse la capitale très rapidement, avec une biodiversité impressionnante, ne serait-ce qu’au niveau des poissons : perches, sandres, brochets, silures… Il y a 25 espèces répertoriées. Et depuis neuf ans que j’y nage, je n’ai jamais eu le moindre problème dermatologique ou gastrique. Pourtant, j’ai bu très souvent la tasse ! 62
Si c’était si risqué, je ne pense pas qu’il y aurait une station nautique à la sortie de Paris (à Sèvres, ndlr), avec beaucoup d’activités dans ce périmètre. Des tests quotidiens sont effectués et on sait que la qualité de l’eau est tout à fait acceptable pour s’y baigner. D’ailleurs, depuis trois ans, chaque été, une piscine est ouverte dans le bassin de la Villette, où tous les Parisiens peuvent se baigner gratuitement, et il existe deux compétitions de natation. Pourquoi ne pas y autoriser totalement la baignade alors ? Pour des raisons de sécurité. Un principe de précaution mis en place par la mairie de Paris qui se trouverait inquiétée en cas d’accidents avec des embarcations,
« En se baignant toute l’année, on s’aperçoit que l’on peut tenir cinq ou dix minutes dans une eau à 5 °C. »
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« Il y a des règles de sécurité à respecter… C’est une baignade non autorisée et non surveillée. » avec une visibilité à trois mètres, je voyais le fond sur toute la traversée et je redécouvrais chaque pont, chaque monument, sous un nouvel angle. Et cette sensation d’être bercé, porté par les courants de la Seine… J’ai voulu reproduire ça, et surtout faire découvrir à mon tour ces visions incroyables à d’autres.
sachant qu’il y a quand même pas mal de péniches... Et aussi quelques trucs qui traînent dans l’eau, à commencer par des Vélib ! Le Canal Saint-Martin a été vidé il y a deux ans, et on y a vu tout et n’importe quoi : des scooters, des machines à laver, des caddies… rouillés pour la plupart ! Comment avez-vous attrapé le virus de la nage à Paris ? En septembre 2011, cela faisait plusieurs années que je nageais en piscine et mon club organisait une traversée de Paris en palmes. On partait de l’Institut du monde arabe, six kilomètres jusqu’au Pont d’Iéna. Moi qui connais Paris depuis vingt ans, j’ai eu une révélation : je flottais dans une eau assez claire, à 20 °C THE RED BULLETIN
Plus précisément, c’est comment de nager dans Paris ? Dans les canaux, il y environ 2,50 mètres de profondeur au milieu. C’est relativement trouble, car les eaux ont beau être courantes, elles drainent des alluvions, de la boue. Mais ce n’est pas de la pollution : cette turbidité est liée à la nature des fonds. Depuis trois ans, dans les canaux, une prolifération d’algues remonte à la surface. Je ne sais pas pourquoi, si c’est bon ou pas… Il y a un spot où l’eau est étonnamment limpide, c’est dans la partie couverte entre Bastille et République. J’y ai nagé deux fois 2,5 kilomètres sous une voûte magnifique. J’y ai vu de grosses carpes, des anguilles, il y a bien dix mètres de visibilité. Vous avez dû en vivre des aventures en bas de chez vous… Une de mes anecdotes préférées se passe en janvier. Il fait super froid, il y a quatre centimètres de glace sur le canal. Avec quelques amis, on est en face des Magasins Généraux à Pantin. J’ai une batte de base-ball pour briser la glace. Mais rien ne bouge. Une copine sort alors une masse et on commence à frapper pour creuser une tranchée de 25 mètres de long environ sur 1,50 mètre de large. Hélas, une péniche arrive et casse tout ce qu’on est en train de faire. On se retrouve avec d’énormes plaques de
glace dérivant dans tous les sens. On tente de les repousser avec tout ce qu’on trouve, mais ces blocs de plusieurs centaines de kilos ont une énorme inertie. À un moment, ces plaques prennent de la vitesse, et tout à coup, la copine se fait emporter dans son élan et tombe toute habillée dans de l’eau à 0 °C. Elle se déshabille, nage cinq minutes dans l’eau glacée, après tout, on est là pour ça, elle remet ensuite ses vêtements mouillés. J’ai mal pour elle, mais je sais qu’elle peut rentrer vite se mettre au chaud. Quelques minutes plus tard, pour les mêmes raisons, je tombe à l’eau à mon tour. Sauf que contrairement à elle, j’habite à 8 km à vélo, soit vingt minutes et que je dois, une fois la session de nage passée, renfiler mon caleçon, mes chaussettes et une serviette, puis rentrer chez moi. J’arrive chez moi complètement frigorifié. Et là, l’after drop est atroce. Qu’est-ce que l’after drop ? Quand on entre dans de l’eau glacée, le corps s’habitue au bout de deux ou trois minutes. Mais au bout de dix minutes, il nous rappelle que nous ne sommes pas dans notre élément. Lorsqu’on sort de l’eau, on est plutôt pas mal pendant cinq ou six minutes. Dans l’eau froide, tout le sang afflue au centre du corps pour alimenter les organes nobles, c’est un réflexe de survie. Après dix minutes, le sang va à nouveau alimenter les organes périphériques, les bras et les jambes, et là, c’est l’horreur, on ne peut plus parler, on grelotte, on tremble de partout. Il n’y a plus qu’à dormir sous la couette pendant une heure. Pourquoi cet appétit pour l’eau froide ? Pour moi, cela fait partie intégrante de la nage en eau libre. On suit le rythme des saisons. J’ai découvert cette pratique en Angleterre. En France, on a beaucoup de piscines, mais là-bas, ils n’ont pas cette chance. Ils ont des lits d’eau où ils se baignent toute l’année, ce sont donc de très bons nageurs et leur résistance à l’eau gelée m’a fasciné. Notre corps s’adapte très bien au froid. En se baignant tout au long de l’année, on s’aperçoit que l’on peut tenir cinq ou dix minutes sans trop de problème dans de l’eau à 5 °C. Mais quel est le plaisir ? C’est un défi personnel, il s’agit de sortir de sa zone de confort. Aujourd’hui, on parle beaucoup de cryothérapie, de 63
« Se baigner à Paris, ça doit rester festif. » Alex se met à l’eau, mais la Brigade fluviale passe à ce moment-là. Ce qui lui vaut des coups de sifflet.
ment irresponsables de faire ça, qu’on allait tomber malades, qu’il fallait aller aux urgences en sortant. C’était surréaliste ! Depuis trois ans, les baignades se sont multipliées, surtout dans les périodes de canicule, grâce un collectif très actif, le Laboratoire des baignades urbaines expérimentales. La police a toujours ordre de nous sortir, mais ils sont un peu blasés maintenant. Ce n’est plus quelque chose d’exceptionnel.
Le nageur parisien en maillot de bain ne recule devant rien, surtout pas devant le froid. Jamais il ne porte de combinaison. Et s’il saute, c’est qu’il connaît le fond !
r écupération par le froid. Et je constate que depuis trois ans, à nager régulièrement dans de l’eau froide, je n’ai attrapé aucun rhume. On se sent hyper bien, indestructible. Dans le genre exploration urbaine, vous avez également nagé dans les catacombes… J’y suis allé deux fois. Une fois en compagnie de Francine Kreiss, une apnéiste renommée. On est rentrés place d’Italie, par une plaque d’égout. Au bout de deux ou trois heures de marche, on est arrivés dans des rues de deux mètres de large complètement immergées sous l’eau et on a nagé sur des centaines de mètres, dans la nuit noire, sous le cœur du XIIIe arrondissement. Magique ! À certains endroits, il y a des puits qui font cinq ou six mètres de fond où l’on a fait quelques apnées insolites. Cette eau des catacombes ne provient pas du tout des égouts, mais de l’eau de ruissellement des nappes phréatiques, filtrée par la roche calcaire de Paris. Alors, dès qu’on patauge dedans, cela soulève des sédiments mais sinon il s’agit d’une eau translucide. Je n’ai vu aucun rat, il n’y a pas d’odeur, le silence est incroyable, l’eau y est à quinze degrés. Mais je conseille d’y aller avec des cataphiles ! Encourager les Parisiens à se baigner, c’est prôner une sorte de désobéissance civile… THE RED BULLETIN
Oui, à condition de ne pas faire n’importe quoi, de ne pas se mettre soi et les autres en danger. Ça doit rester festif. Je n’ai jamais pris de plaisir particulier à faire quelque chose d’illégal. D’autant plus que cela m’arrive régulièrement de me faire sortir par la police, en l’occurrence la Brigade fluviale, et je n’en suis pas spécialement fier. Réquisitionner des hommes qui ont autre chose à faire que de récupérer un crétin comme moi, je ne trouve pas ça très malin. Heureusement, cela ne m’est arrivé que deux fois. Comment ça se passe, vous avez déjà terminé au poste ? Sur la Seine, en général, ils tentent de nous dissuader, en nous disant : « Il y a beaucoup de rats, des courants, c’est très dangereux... » Mais à chaque fois, ça s’est bien terminé, ils sont plutôt sympas avec nous… Sur les canaux, ça se passe parfois un peu moins bien. Au début surtout, la police était surprise, un peu agressive, elle flippait, nous demandait de dégager, disait qu’on était complète-
« L’aventure en bas de chez soi, c’est possible. »
Y-a-t-il des choses à ne pas faire ? Il y a quelques règles de sécurité à respecter. C’est une baignade non autorisée et non surveillée. On ne peut pas toujours remonter facilement sur le bord, donc il faut bien repérer les échelles. Toujours avoir quelqu’un qui surveille hors de l’eau, qui puisse alerter les pompiers en cas de problème. Tout bon nageur soit-on, il y a un risque d’avoir une crampe, de faire un malaise… Dans la Seine, se méfier du courant qui peut être très fort. Il y a pas mal de déchets dans le fleuve et les canaux, notamment des Vélib et des trottinettes, des métaux rouillés. L’été, je vois des gamins du coin sauter du pont du parc de la Villette. C’est dangereux, il ne faut jamais se jeter ou plonger. Il y a peu de fond, on peut finir embroché… Il y a aussi une règle assez importante : en plein été, ne jamais se baigner après de fortes pluies. Celles-ci drainent toutes les saletés des rues de Paris. Elles se déversent alors dans ses eaux qui tournent. Pensez-vous qu’on pourra un jour nager légalement dans la Seine, comme cela se fait dans d’autres grands fleuves ailleurs en Europe ? C’est en effet le cas à Munich où la baignade est tolérée en été. C’est drôle de voir toute la ville dans le tramway en slip de bain. À Bâle en Suisse, dans le Rhin, plusieurs milliers de personnes se réunissent l’été sur la rive droite. Sur six kilomètres, les familles s’amusent sur des bouées gonflables. Ça se passe aussi en plein centre, avant et après le boulot, ils trimbalent leurs affaires dans un sac étanche. C’est typiquement quelque chose qu’on pourrait faire dans Paris en se disant qu’il est possible de partir à l’aventure en bas de chez soi ! On a un magnifique terrain de jeu : mon vœu le plus cher est que les gens se le réapproprient. Instagram : @alexvoyer_fisheye 65
IL ÉTAIT UNE FOIS À AGUA DULCE
À Hollywood, pour les cascades à cheval, c’est à la FAMILLE GRIFFITH d’Agua Dulce près de Los Angeles qu’il faut s’adresser. Ce sont les maîtres incontestés de ces périlleuses acrobaties en selle – et ce, depuis quatre générations. Texte HAL ESPEN Photos JIM KRANTZ
Gattlin, 21 ans, l’aîné des frères Griffith, en pleine action : les cascades équestres, une affaire de famille qui dure depuis plus de cent ans.
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La quatrième génération d’une dynastie d’écuyersacrobates : Callder (au centre), avec ses frères Gattlin (à g.) et Arrden.
Q 68
UICONQUE S’AVENTURE SUR LE CHEMIN DE TERRE POUSSIÉREUX MENANT AU RANCH des Griffith à Agua Dulce aura tôt fait de se croire dans une espèce de parc à thème en plein Far West : une structure de tipi à droite, une vieille diligence reposant sur le flanc à gauche. Plus loin, on aperçoit toute une série d’enclos et de terrains d’équitation, un camion à chevaux de dix mètres de long dont la carrosserie argentée brille au soleil, des semi-remorques diverses et variées, un camping-car, un bateau à moteur, des quads, des moto- cross, un trampoline et une plateforme en bois surélevée pour s’exercer aux chutes. Sur la propriété, on compte également cinquante chevaux bien entraînés, dix chèvres, huit ânes, quatre vaches, quatre chiens et deux chats. Dans le ranch de couleur brique vivent un poisson et une joyeuse troupe de Griffith bien élevés : le père, Tad, de loin l’entraîneur de cascade équestre le plus novateur de notre époque, la mère, Wendy, et leurs quatre fils, Gattlin Tadd, 21 ans,
Callder West, 19 ans, Arrden Hunt, 16 ans, et Garrison Cahill, 10 ans. Voilà plus de vingt ans que Tad et Wendy sont venus s’installer ici, alors qu’elle attendait leur premier enfant. Aujourd’hui, Agua Dulce, à quelques kilomètres au nord-est de Los Angeles, est pour ainsi dire le quartier général des cascadeurs d’Hollywood. Déjà, parce que la ville se situe au sein de la légendaire Thirty Mile Zone qui offre des conditions avantageuses aux studios de production. Et ensuite, parce qu’à deux pas de là, se trouve le parc naturel de Vasquez Rocks – un véritable paradis de formations rocheuses caractéristiques, le meilleur décor de western qui soit après Monument Valley. Si vous avez une télévision, il y a peu de chance que vous soyez passé à côté : la région a servi de toile de fond à des centaines de films de cowboys et de séries télé – de Bonanza à The American West –, et c’est ici que les créateurs du Roi Lion de Disney ont puisé leur inspiration pour le fameux rocher des lions. À la table du ranch, face à une imposante étagère remplie de nombreux trophées, Tad THE RED BULLETIN
Griffith, 56 ans, nous donne de sa voix puissante et à un rythme effréné un cours intensif en m atière d’affaires familiales – on a un peu l’impression d’écouter un podcast en vitesse accélérée.
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epuis Le Masque de Zorro jusqu’à Fast and Furious en passant par Wild Wild West, il nous parle de prestations dans de célèbres blockbusters hollywoodiens, de ses fils si talentueux qui se sont déjà fait un nom en tant que cascadeurs à la télévision ou dans des publicités et même en tant qu’acteurs. Il évoque les stars qui se sont succédées ici, comme Charlize Theron, Tobey Maguire ou encore Keanu Reeves. Il nous révèle la compétence de base des Griffith : « Notre objectif, c’est que ça ait l’air facile même avec les figures les plus extrêmes ». Et
bien entendu, on a aussi droit à un petit résumé de la rocambolesque histoire de la famille. La tradition de ces cavaliers en furie remonte à plus de cent ans, à la fin du XIXe siècle, à l’époque des arrière- grands-parents des fils Griffith, originaires du Dust Bowl d’Oklahoma : clown de rodéo passionné, Curley Griffith maîtrise l’art du divertissement par ses multiples talents – il peut par exemple sauter d’une voiture (à cheval) en marche pour atterrir sur un taureau et le mettre à terre. De son côté, sa femme, Toots, cavalière aussi fine qu’intrépide, maîtrise la fameuse figure du Roman Riding (où le cavalier se tient debout, jambes écartées, sur le dos de deux chevaux galopant l’un à côté de l’autre). La cascade équestre n’est pas une invention purement américaine, il s’agit plutôt d’un mélange entre les Wild West Shows et l’art martial des
Retour en images sur une histoire de famille mouvementée : c’est dans les années 1920 que la cascade équestre connaît son apogée. THE RED BULLETIN
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« LE CHOIX DU CHEVAL EST ESSENTIEL. ON NE PEUT PRENDRE QUE DES ANIMAUX QUI LE VEULENT VRAIMENT. »
Démonstration d’une figure à pleine vitesse avec Arrden, 16 ans.
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« ON DOIT LÂCHER LES RÊNES, LITTÉRALEMENT. ON EST LES SEULS CAVALIERS À FAIRE CELA. »
cosaques russes, dont une troupe fit sensation lors d’une représentation à l’Exposition universelle de Chicago en 1893. C’est dans les années 1920 que la cascade équestre connaît son apogée – parfait timing pour le fils de Curley et Toots, Dick, qui voit le jour en 1913. Dès l’âge de neuf ans, il remporte le championnat de cette nouvelle discipline sportive. L’enfant prodige deviendra une véritable légende, d’abord en tant que cavalier de rodéo, puis en tant qu’entraîneur à partir de 1954. Un peu plus tard, Dick Griffith épouse Connie Rosenberger, l’une de ses élèves, une jeune fille menue originaire du Nebraska, et qui adore les chevaux. En 1962, leur fils Tad vient au monde.
T
ad Griffith raconte que c’est son père, Dick, qui a révolutionné la cascade équestre « avec son sens aigu de la force et de la synchronisation » et qui a ainsi fait toute la réputation des Griffith. « On danse avec le cheval, dit-il en tentant de nous expliquer les processus complexes de sa discipline, mais c’est lui qui dirige et qui donne le tempo. » Ce qui compte avant tout, c’est d’utiliser la force de l’animal. « Mon père a fait une découverte, poursuit Tad. Si, au moment de sauter sur sa monture au grand galop, le cavalier pense plus à sauter haut qu’à monter en selle, le cheval l’éjectera aussi sec. Dans l’idéal, c’est le cheval qui fera monter de lui-même le cavalier en selle. » Le choix du cheval est décisif pour les acrobaties. Tad nous explique qu’il faut utiliser uniquement des animaux qui le veulent vraiment. Et pour cause : « On doit lâcher les rênes, littéralement, et le cheval doit faire sa part du travail tout seul. Nous sommes les seuls cavaliers à laisser un contrôle total au cheval. » Une scène coordonnée par Tad pour le film Seabiscuit montre toute l’ampleur du défi. Un jockey, joué par Tobey Maguire, tombe d’un cheval qui s’emballe et son
pied reste coincé dans l’étrier. Il est alors traîné sur plusieurs centaines de mètres dans d’atroces souffrances. Pour tourner cette scène, Tad a dû répéter le traînage des centaines de fois à vitesse lente, jusqu’à ce qu’il sente que le cheval serait capable de le refaire à grande vitesse. Même s’il maîtrise totalement son sujet, Tad Griffith a gardé son père comme modèle à suivre – au moins en matière d’équitation. C’est plein d’enthousiasme qu’il affirme aujourd’hui encore que Dick maîtrisait plus de figures que n’importe quel autre cavalier avant ou après lui. Sa marque de fabrique, c’était une acrobatie où il sautait par-dessus un cabriolet Buick Fireball 44 en faisant le poirier sur deux chevaux. Mais cette charge de travail constante n’est pas sans conséquences. Pour pouvoir continuer ses acrobaties malgré les douleurs causées par les multiples blessures aux poignets, aux chevilles et aux pieds, Dick utilise de l’éther congelé pour anesthésier les parties touchées. Et c’est sans plus d’états d’âme qu’il s’occupe de l’éducation de son fils et de sa formation pour en faire son successeur. « J’avais plus peur de mon père que de la mort, se rappelle Tad. C’était certainement l’homme le plus dur qui ait e xisté – et ça n’a pas été une bonne chose pour lui non plus. » Vers la fin de sa vie, raconte Tad, « mon père avait de fortes convulsions et des maux de tête violents, conséquence de tous ces accidents, commotions cérébrales et chutes. À l’époque, il n’existait aucun antidouleur efficace. Pour ne plus souffrir, il buvait ». Dick Griffith est mort en 1984, à l’âge de 71 ans. Tad n’a pas voulu reproduire le même schéma avec ses fils. L’une des raisons à cela, c’est la passe difficile qu’il connaît sur le plan professionnel peu avant leur naissance. Cela commence par la perte d’un contrat lucratif qui lui garantissait huit ans de représentations au d îner-
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La figure du Roman Riding, où le cavalier se tient debout sur deux chevaux – un numéro que Toots, l’arrière-grand-mère, accomplissait déjà en son temps.
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« ON DANSE AVEC LE CHEVAL. MAIS C’EST LUI QUI DIRIGE ET QUI DONNE LE TEMPO. »
Certaines figures, comme celle-ci réalisée par Callder, 18 ans, sont incroyablement dangereuses. Un entraînement intensif et des mesures de protection ingénieuses sont indispensables pour limiter les risques.
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« IL FAUT UTILISER LA FORCE DU CHEVAL POUR FAIRE REMONTER LE CAVALIER EN SELLE. »
La dernière génération du clan Griffith en pleine démonstration de ses talents. L’objectif, c’est que ça ait l’air facile, même avec les figures les plus extrêmes.
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Quand Gattlin (grande photo) et ses frères font des acrobaties, les lois de la gravité semblent temporairement abolies.
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spectacle médiéval King Arthur’s Tournament de l’Excalibur Hotel à Las Vegas. Peu après, un samedi soir d’août 1998, un événement lui fait brutalement prendre conscience du véritable danger de la cascade équestre : sa mère, Connie, sa partenaire d’équitation pendant trente ans et « la meilleure écuyère-acrobate à être jamais montée en selle », est tuée par son propre cheval lors d’un petit rodéo dans l’Utah. Elle a seulement 56 ans.
À
ce moment, la saga familiale aurait tout aussi bien pu s’arrêter là, puisque Tad Griffith a laissé à ses enfants le choix de suivre ses traces ou non. « On a pu décider nous-mêmes, explique Gattlin Griffith, l’aîné. Est-ce que c’est vraiment ce que je veux ? Ou bien est-ce que je suis simplement né là-dedans ? » Mais le destin fait bien les choses puisqu’ils le veulent vraiment tous les quatre. Et c’est ainsi qu’ils réussissent – sans dressage ni pression – à apprendre toutes les acrobaties de leur père, la plus importante, et de loin, étant de rester en vie. Aujourd’hui, ils sont devenus de très forts jeunes hommes : Gattlin Tadd étudie l’anglais à l’université de Californie (UCLA). Il est le porte-parole des quatre frères et, avec son visage rond, il a des airs de Leonardo DiCaprio. Son frère, Callder West, qui a deux ans de moins que lui, étudie depuis l’automne au Santa Monica College, une u niversité partenaire de UCLA. Arrden Hunt dissimule ses yeux rêveurs d’adolescent derrière une mèche de cheveux châtains. Il est le seul des frères à s’être déjà grièvement blessé : il s’est cassé la cheville lors d’une représentation en avril. Et à dix ans, le benjamin, Garrison Cahill, les yeux bleus et le visage constellé de taches de rousseur, a déjà démontré ses talents d’acteur et de cascadeur dans toute une série de spots publicitaires spectaculaires. Plus tard, Gattlin et Callder démarrent les quads et me font faire le tour de la vaste propriété, avec ses ruisseaux et ses grottes, qui ont été le théâtre de leurs aventures d’enfance. Tout comme les écuries. Tous deux traitent leurs chevaux avec une telle douceur que les animaux semblent être des membres de la famille à part entière. Quant à leurs noms, ils sont affectueusement choisis par toute la famille au ranch. Et toujours par deux, ce qui dénote un certain sens de l’humour : Nip & Tuck, Black & Blue, Jesse & James, Clash & Titan, Dallas & Cowboy. D’ail-
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Le patriarche de la famille, Tad Griffith : « Le cheval est l’être vivant le plus noble qui soit. »
leurs, deux de leurs vaches s’appellent Ben & Jerry… Il reste encore quelques chapitres à écrire dans la saga de la famille Griffith, selon Gattlin : « Quand j’aurai fini mes études, je reviendrai à Agua Dulce. Et je travaillerai avec mon père. Je vois déjà deux ou trois choses fantastiques que nous pourrions mettre au point ensemble ». Et d’ajouter : « Avoir un père comme lui, ça a été une vraie chance – avec tout ce qu’il sait, tout ce qu’il nous a transmis et tout ce qu’il arrive à faire. » Pour sa lettre de candidature d’entrée à l’université, Gattlin Griffith a rédigé une dissertation sur les valeurs de sa famille. « Chaque famille, a-t-il écrit, a ses propres codes en matière de liens. Ce qui rassemble les membres de ma famille, c’est cette part de danger qui est présente dans chacune de nos performances. Et aucune expérience ne rapproche plus que celle d’avoir tous déjoué la mort. »
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TAD GRIFFITH A ENTIÈREMENT LAISSÉ LE CHOIX À SES FILS DE SUIVRE SES TRACES OU NON. 81
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Changer les pneus d’une F1 en apesanteur, comment ont-ils fait ?
Salsa, tattoos, neige festive et breakdance : l’agenda le plus fou.
KARO PERNEGGER
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Vous ne connaissiez pas l’Albanie. Un 4×4 au top est l’un des meilleurs outils pour la découvrir. PAGE 84
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GUI D E
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L’ALBANIE, CETTE INCONNUE Notre reporter bouge rarement en voiture. Nous l’avons pourtant envoyé pour un périple 4x4 dans les montagnes sauvages de l’Albanie. Cahoteux, mais de toute beauté.
J
’ai bien essayé de respecter la consigne de garder une distance de deux longueurs de voiture avec celle qui précède. Mais je suis vite relégué, loin derrière le groupe, sur une piste de montagne. Devant, je ne vois qu’un nuage de poussière soulevé
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par les autres. Une voix sortie du talkie-walkie me rappelle à l’ordre : « Veuillez recoller véhicule 9. » « Oui tout de suite », marmonné-je dépassé. L’Albanie est sans doute l’un des pays les plus méconnus en Europe. Durant le long règne
Après la route, le ferry pour l’île de Corfou, en Grèce.
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voyage
CONSEILS VOYAGE
L’OPTION PASTORALE
L’Albanie, c’est à 2 h 30 de vol de Paris.
Albanie Tirana
Elbasan Berat
Liberté crasse : la conduite hors route est relativement peu encadrée en Albanie.
Gjirokastër Sarandë
AVANT LE DÉPART Prendre la route à l’aveugle n’est pas une bonne idée. Mais en suivant ces cinq conseils des experts en tout-terrain de Škoda, vous serez mieux armés pour affronter les pistes : 1. INSPECTER Avant de partir, ayez une bonne idée de la longueur et de la largeur extérieures de la voiture et repérez les parties les plus proches du sol. Cela sera utile pour choisir les bons passages d’obstacles.
KARO PERNEGGER
FELIX DIEWALD
Découverte à travers le pare-brise : notre reporter, étonnamment détendu.
du dictateur socialiste Enver Hoxha, le pays est resté coupé du monde jusqu’à la chute du communisme. Notre convoi démarre de la capitale Tirana en direction de la côte méditerranéenne au sud. Un itinéraire de trois jours sur des pistes dans le relief de l’arrière-pays. « Rien ne vaut les pistes sauvages pour découvrir l’Albanie, déclare Erald Dervishi de l’agence Off Limits qui propose des circuits dans tout le pays. Pour bien des sites, c’est le seul moyen d ’accès. Quant au bus, n’y pensez pas. Les gens restent curieux des visiteurs. » Par ailleurs, la conduite hors route y est relativement peu réglementée comparée à d’autres
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« Certains passages suggèrent qu’ils n’ont jamais été empruntés tant ils sont difficiles et sauvages. » pays. Si certains des itinéraires sont mentionnés sur des cartes en ligne, Dervishi conseille néanmoins de ne pas s’y aventurer seul, mais en groupe accompagné d’un guide local. La praticabilité des pistes évolue sans cesse dans
2. PLAQUE D’IMMATRICULATION Avant de braver les pistes, sécurisez la plaque d’immatriculation ou retirez-la carrément. C’est souvent la première chose que l’on perd. 3. CONDUITE PERCHÉE Positionnez le siège à la verticale et le plus haut possible afin d’avoir une bonne vision du sol. 4. RÉDUIRE LA PRESSION Sur sol boueux et glissant, une pression pneumatique réduite améliore l’adhérence. 5. L’ŒIL SUR TOUT Gardez les roues arrière dans les rétroviseurs. Vous aurez ainsi un œil sur tous les pneus et les points de passage.
EXCURSION EN 4×4 Off Limits Albania, Bulevardi Bajram Curri Tiranë AL, 1001 Tirana, Tel : + 355/69/204 04 40. Exemple : dès 270 € pour trois jours de Tirana à Durrës sur la côte (itinéraire en montagne par Berat, à travers le canyon de l’Osum à destination de Gjirokastër au sud et retour), incluant le 4×4 et les nuitées avec petit-déjeuner. offlimitsalbania.com
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« Progressivement, le conducteur de tout-terrain en moi se révèle. Malgré les roches que je tape régulièrement. »
Au barrage de Banja : ici, l’énergie est surtout hydraulique.
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rocheuses abruptes, serpentons le long d’étroits chemins d’éboulis à travers un paysage montagneux constituant environ 70 pour cent de la superficie du pays. À droite, un précipice vertigineux longe la piste, mieux vaut ne pas trop y regarder. D’innombrables bunkers perdus dans le paysage et vestiges du passé accompagnent notre progression. Le despote paranoïaque Enver Hoxha en a fait construire plus de 170 000 dans les années 1970 et 1980 pour repousser des ennemis qui ne sont jamais venus. Résultat : le pays s’isole du reste du monde. Aujourd’hui, certains agriculteurs les utilisent comme étables ou entrepôts à grains. Nous faisons une petite pause pour souffler. Les autres journalistes du convoi me font l’effet de pilotes de rallye aguerris – la rudesse du parcours ne semble avoir aucun effet sur eux. Je ne peux pas en dire autant de l’adepte des transports publics et des trottinettes électriques que je suis. Je n’ai jamais possédé de voiture et j’ai décroché mon permis de conduire au bout de la deuxième tentative.
Heureusement, mon copilote est un journaliste automobile expérimenté. Sur les pistes, ses conseils font o ffice de cours intensif sur les bases de la conduite hors route. Ma velléité à adopter une conduite sportive en montagne n’empêche cependant pas la voiture de taper régulièrement sur un rocher. Mais progressivement, le conducteur tout-terrain en moi se révèle. Je parviens de mieux en mieux à anticiper. Les rappels à l’ordre radio sont de moins en moins fréquents. Je tiens mieux la cadence du convoi. Même si tel un apprenti conducteur, je regarde toujours anxieusement par-dessus le capot. Et soudain, la mer Ionienne apparaît au détour d’un sommet avec vue sur l’île grecque de Corfou. En quittant la piste empierrée pour une route de montagne bitumée, j’ai l’impression de rouler sur un tapis de velours. L’asphalte ne m’a jamais semblé aussi appréciable ! Puis c’est la dernière étape vers le ferry, là où la route s’arrête. Réservez votre voyage en Albanie ou dans un autre pays des Balkans sur : offlimitsalbania.com
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Cauchemar pour son personnel de nettoyage, Berat est aussi surnommée la « ville aux mille fenêtres ».
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les montagnes accidentées de l’Albanie. Et la nature des itinéraires est un débat sans fin. Certains passages suggèrent qu’ils n’ont jamais été empruntés tant ils sont difficiles et sauvages. Des voitures, reliques des années 70, avancent miraculeusement dans la direction inverse sur ces prétendues routes et dissipent nos doutes. C’est que les Albanais cultivent un style de conduite plutôt débridé. Cela s’explique peutêtre par le fait que jusqu’aux années 1990, le pays ne comptait que quelques milliers de voitures, réservées à l’élite du parti, les autos privées étant alors interdites. Nous sommes à bord d’une Škoda Karoq Scout, un tout- terrain auquel l’automobiliste ignorant que je suis n’entend rien. Je n’avais jamais imaginé conduire un jour cette chose dans de telles conditions. Mais la voiture semble à l’aise. Nous gravissons des marches
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HORS DU COMMUN Retrouvez votre prochain numéro le 19 mars avec et le 2 avril avec dans une sélection de points de vente et en abonnement LITTLE SHAO/RED BULL CONTENT POOL
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LE RAMEUR
JE T’AIME… MOI NON PLUS
S’ENTRAÎNER COMME UN PRO
LA BOXE A FAIT DE LUI UN MEILLEUR MARIN Café au beurre, Dog Show et apnée : comment le skipper australien Jimmy Spithill s’entraîne pour dompter le plus rebelle des bateaux depuis que la Coupe de l’America existe.
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e monocoque à foils de type AC 75 de 23 mètres glisse sur les vagues à 100 km/h. Éviter qu’il ne s’écrase, chavire ou échappe à l’équipage n’est pas une mince affaire. « C’est aussi stable qu’un vol d’hélicoptère, plaisante le capitaine Jimmy Spithill, 40 ans. Et plus vous poussez le bateau au-delà de ses limites de stabilité, plus il accélère. » Ce jeu d’équilibre entre vitesse et point de rupture exige tout de l’équipe, mentalement et physiquement. Autrefois, un événement élitiste, la Coupe de
l’America, régate la plus prestigieuse au monde, est aujourd’hui un sport aux performances extrêmes. Jimmy Spithill, le skipper de l’équipe « Luna Rossa Prada Pirelli », nous révèle comment il s’y prépare.
Un réveil à 5 heures du matin
J’aime me lever tôt. Mon petit-déjeuner se limite à du café au beurre et huile de noix de coco, et un shake d’électrolyte. Puis direction la salle de gym. Je débute par un échauffement sur l’ergo-
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SMO V/ 3MPG.CH FOR RED BULL CONTENT POOL, CARLO BORLENGHI/ LUNA ROSSA CHALLANGE ALEXANDER MACHECK
Le défi majeur : les séances sont rudes, mais terriblement efficaces.
fitness L’APNÉE
QUESTION DE SURVIE
Si vous passiez par-dessus bord en étant déjà essouflé. d’essoufflement.
de la disponibilité du bateau. Telle une Formule 1, nos ingénieurs l’optimisent en permanence. Je complète ce programme standard avec une séance de CrossFit de 20 minutes quasi quotidienne. Mon exercice préféré est le saut à la corde enrichi de contraintes empruntées à la boxe, par exemple deux tours de corde par saut. Les Burpees sont l’exercice le plus efficace – enchaînement de pompes et de sauts en extension. Au lycée, je pratiquais la boxe, une discipline précieuse pour les régates. Tout comme la boxe, la navigation s’apparente au jeu d’échecs où gagner exige tactiquement de réagir vite et garder toujours deux coups d’avance.
Thérapie par le chaud et le froid
Je dois cette découverte à mon ami et surfeur de grosses vagues Laird Hamilton. Plusieurs fois par semaine, j’effectue 25 minutes de sauna suivies de trois minutes dans une piscine d’eau glacée. La réaction du corps au choc est
ERGO À MANIVELLE
LE BON DÉPART
Pour l’échauffement et le test de forme du lundi.
mètre à manivelle et l’ergo vélo et des étirements. Le lundi, nous enchaînons avec 45 minutes d’ergo à manivelle avec montée en charge jusqu’à épuisement total. Le mardi est consacré au renforcement, squats et hip thrusts (levée des hanches avec appui sur le dos) par exemple avec usage de poids. Mercredi, c’est jour de piscine. 60 minutes de natation qui ménagent les articulations, mais intensifient le cardio, d’autant plus que des apnées y sont incorporées pour parer à d’éventuelles chutes par-dessus bord à
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l ’entraînement ou en course. Jeudi, séance de yoga, cette discipline que je n’aimais pas jeune est géniale pour la souplesse et la récupération. Le vendredi, nous avons le « Dog Show » : circuits de course à pied comparables à ceux des dressages de chien – slalom entre les plots et passage d’obstacles divers – très efficace. Le tout est agrémenté de jogging, d’alpinisme et de montées d’escaliers. Tout est bon si c’est au grand air. De plus, nous sortons en mer le plus souvent possible. Cela dépend de la météo et
« Le tournant a été le changement d’alimentation. » incroyable. Douleurs et tensions disparaissent instantanément et vous vous sentez revigoré. Mais le tournant de ma vie a été mon changement de régime alimentaire. Je souffrais d’une inflammation aux avant-bras traitée par mon ami Dr Robert Bray Jr pendant des années. Un jour, il me dit : « Jimmy, je vais te soigner le restant de ta vie si nous ne trouvons pas ce qui cloche chez toi. » Une analyse de sang exhaustive révèle des allergies à certains aliments. J’adapte alors mon régime alimentaire d’où le gluten est banni et me nourris uniquement d’aliments bios et pratique régulièrement le jeûne. Depuis, les inflammations ont disparu. J’ai rajeuni de dix ans et la récupération entre les séances d’entraînement est bien plus rapide. lunarossachallenge.com
ENGIN DE COURSE
VOGUE L’AC 75
Les World Series de la Coupe de l’America débutent le 23 avril 2020 à Cagliari, en Sardaigne.
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gaming
Mon perso, c’est moi : votre avatar dans Mario Kart en dit beaucoup sur votre personnalité.
LES POWER-UP SONT DES TOTEMS Les power-up pourraient-ils avoir une signification plus profonde, au-delà du simple artefact lié au jeu ? Banane égal malchance ; carapace rouge, malveillance ; super étoile, confiance ? Voici la philosophie du producteur de Mario Kart 8, Kosuke Yabuki, au sujet de la carapace bleue ailée qui ne s’en prend qu’au pilote en tête : « Parfois, la vie est injuste et c’est frustrant, déclarait-il en 2017. Quand on a essayé le jeu sans la carapace bleue, il manquait quelque chose. »
Jouer à Mario Kart pourrait faire de vous un meilleur conducteur. Ainsi qu’une meilleure personne… C’est Jamie qui le dit.
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ans l’élaboration d’un nouveau jeu, Shigeru Miyamoto de Nintendo, créateur de séries légendaires comme Mario et The Legend of Zelda veille à respecter une philosophie connue dans son Japon natal sous le nom de kyokan, c’est-à-dire une expérience empathique entre le concepteur et le joueur qui pourrait se traduire par « ne faire qu’un ». « Tant que j’apprécie quelque chose, d’autres peuvent aussi l’apprécier », explique-t-il. Lorsque Miyamoto crée Super Mario Kart pour la Super NES en 1992, le kyokan était fort. Souvent copié, mais jamais égalé (voir Crash arfield Kart), Team Racing ou G la série des Mario Kart est restée l’un des jeux les plus populaires au cours des trois décennies qui ont suivi sa conception avec le dernier épisode, Mario Kart Tour, sur mobile. Qu’est-ce qui explique son puissant écho chez les joueurs ? Jamie Madigan, psychologue du jeu v idéo, a sa petite idée sur le sujet...
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FICHE EXPERT
JAMIE MADIGAN
FORGER LE CARACTÈRE Qu’est-ce que votre avatar sur Mario Kart révèle de vous ? Dans un article de 2016 dans l’hebdo de Portland, Willamette Week, la thérapeute et professeure de psychologie Dr Karen Chenier a ffirme que les joueurs choisissent les persos auxquels ils s’identifient : Luigi est timide et névrosé, Bowser un narcissique. Miyamoto a dit qu’il considère Mario comme un « héros ouvrier ». Pour Madigan, c’est simple : « Les gens choisissent probablement le personnage qui offre l’engin qu’ils veulent ou celui dont le design est le plus attrayant. »
HABILETÉS MOTRICES AMÉLIORÉES Peut-être même, carrément, la capacité de conduite. En 2016, des chercheurs universitaires de Shanghai et de Hong Kong ont soumis des joueurs à des séances de Mario Kart et de Roller Coaster Tycoon (un jeu de création de parc d’attractions) et ont constaté que le premier groupe démontrait une « meilleure motricité visuelle ». Madigan est prudent : « Jouer à Mario Kart pourrait vous aider sur un simulateur de conduite, mais il n’est pas établi que le jeu améliore la capacité à conduire une véritable voiture. »
Mario Kart, c’est la vie ! Ce jeu est-il capable d’améliorer votre quotidien ?
AVEC MARIO, TOUT EST GÉNIAL Une étude de l’Université du Queensland a révélé que les participants forcés de passer des tests de maths jusqu’à ce qu’ils échouent, suivis de deux rondes de Mario Kart, ont démontré des niveaux de stress comparativement plus faibles et un bonheur accru après celles-ci, davantage même que s’ils avaient remporté la course. « Toute activité agréable peut réduire le stress et améliorer l’humeur, mais les jeux vidéo ont un avantage car ils procurent une sensation de progression, de maîtrise et de contrôle, dit Madigan. Ils satisfont des besoins psychologiques de base que d’autres aspects de la vie ne satisfont pas. »
PSYCHOLOGUE DE JEU L’auteur de Getting Gamers: The Psychology of Video Games and Their Impact on The People Who Play Them (trad. Comprendre les gamers : la psychologie des jeux vidéo et leur impact sur les joueurs) propose une série de podcasts et un blog qui étudient les motifs déterminant le comportement des joueurs et les raisons pour lesquelles les jeux sont créés.
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TOM GUISE
LE CIRCUIT DE LA VIE
NINTENDO
MARIO KART ZEN
BOOST D’OPTIMISME Les bons jeux encouragent les joueurs à persévérer en donnant l’impression qu’ils ont toujours une chance. Sur ario Kart, ce système d’incitation M s’appelle le rubber-banding. Les power-up sont progressifs : accélérations pour les joueurs à l’arrière, armes pour ceux au milieu, etc. « Un jeu comme Mario Kart encourage le sentiment de compétence et de maîtrise, dit Jamie. Le rubber-banding assure que la victoire, du moins l’amélioration, est à portée de la main. »
Avoir.
montres
SPORT D’EAU
LA NOUVELLE VAGUE L’horlogerie suisse fait une incursion remarquée dans l’univers du surf. Présentation de trois alliées des mers, pour garder la mesure du temps et rester en haut de la vague.
La pratique actuelle du surf remonte aux années 50 et à son adoption par l’Amérique. Depuis, ce sport a séduit l’Europe et bien d’autres régions de la planète, tant et si bien que la discipline figurera au programme des Jeux olympiques de Tokyo 2020, une première.
Le point d’impact Ulysse Nardin
RICHARD HALLMAN, TAG HEUER, ULYSSE NARDIN
ROGER RUEGGER
Ulysse Nardin a imaginé la Diver Deep Dive en partenariat avec l’association américaine One More Wave qui aide d’anciens combattants à travers des thérapies par le surf. Limité à 100 unités, le garde-temps est doté d’un boîtier de 46 mm en titane DLC noir étanche jusqu’à 1 000 m, d’une couronne vissée, d’une valve à hélium et d’un mouvement interne à remontage automatique (Cal. UN-320).
L’Homme
Vague claire
Le surfeur polyvalent Kai Lenny (un as du big wave, du stand-up paddle et du kitesurf) se fie aux montres TAG Heuer depuis des années déjà. L’Aquaracer est étanche à 300 m et embarque dans son boîtier en acier inoxydable de 43 mm un mouvement mécanique à remontage automatique (Cal. 5). Sa lunette tournante unidirectionnelle est très utile sous l’eau. Le m odèle ci-contre arbore une lunette en céramique antirayure, et un boîtier et un bracelet en acier inoxydable.
Dernière-née de la collaboration entre Breitling et Kelly Slater, la Superocean Automatic 44 Outerknown se distingue par son cadran vert et son bracelet NATO à base de fil ECONYL®, issu de résidus de nylon récupérés des océans, des filets de pêche notamment. La montre est étanche jusqu’à 1 000 m et son boîtier en acier inoxydable cache un mouvement mécanique à remontage automatique (Breitling Cal. 17).
TAG Heuer Aquaracer
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Breitling Superocean
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Faire. ZÉRO G POUR...
LE PIT STOP LE PLUS DINGUE Changer une roue dans un environnement sans gravitation. Une idée pas si folle, en vrai...
GRAVITÉ DE LA SITUATION Au Centre de recherche et d’essai des c osmonautes Youri Gagarine, à la Cité des étoiles, située à 25 km au nord-est de Moscou (Russie), on ne vous installera pas au volant d’une F1 mais vous pourrez faire l’expérience de l ’apesanteur. zerogravitytour.com
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Réinventer le changement de roue : l’équipe des stands Red Bull Racing évolue dans un autre monde.
Ascension
Perte d’orientation
Apprendre à voler
« En montant dans l’avion, impossible d’imaginer ressentir une hypergravité avoisinant 2 g — deux fois votre poids normal — et la sensation d’être cloué au sol, explique le mécanicien Paul “Harry” Knight à propos du premier vol. Nos jambes ne nous appartenaient plus, on s’est e ffondré au sol. »
« J’ai eu un malaise qui ne venait pas de l’estomac, mais de l’immense pression à la tête. J’ai bien cru qu’elle allait exploser, confie Mark “Wincey” Willis, coordinateur de l’équipe. Les deux ou trois premiers vols, mon cerveau était à l’arrêt. J’étais incapable de visser un écrou. »
« À bord, on n’entend pas d’annonce pour le passage imminent en 0 g, mais juste la voix du chef de soute, en russe, explique le mécanicien en chef Joe “Robbo” Robinson. On ne se met pas à flotter pas sous l’effet d’une éjection, mais simplement parce que les pieds se soulèvent doucement. »
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DENIS KLERO/RED BULL CONTENT POOL MATT YOUSON HILLIARD DESIGN
À l’occasion du Grand Prix de F1 du Brésil en novembre dernier, Red Bull Racing a établi un nouveau record d’arrêt au stand : 1,82 seconde. La performance de l’équipe est incroyable, mais pas autant que son pit stop en conditions d’apesanteur. Pour ce faire, l’équipe a suivi une formation au centre de cosmonautes russes Youri Gagarine, à bord d’un Ilyushin II-76MDK, surnommé la « Vomit Comet ». La technique de vol appelée arc parabolique est relativement simple (voir ci-contre). L’avion s’élève à 45 °, puis réduit sa vitesse et entre dans une trajectoire balistique au cours de laquelle il est en chute libre, créant l’apesanteur, avant d’entamer sa descente. L’équipage effectue sept vols d’acclimatation afin de réapprendre les gestes du stand en situation de gravité zéro que nul n’avait expérimentée auparavant.
pit stop en apesanteur
ILYUSHIN II-76MDK AVION-ÉCOLE POUR COSMONAUTES
F1 RED BULL
16
PERSONNES DANS LE TEAM PIT STOP RED BULL
10
PERSONNES POUR LA PRISE DE VUE
SCHÉMA D’ÉQUIPE Dès que l’avion entre en apesanteur, l’équipage doit s’attacher avant de passer à l’action.
22 SECONDES À ZÉRO G
9 000 M ASCENSION À 45 ˚
PIQUÉ À 45 ˚
ZERO G
1,8 G
1,8 G
TEMPS DE MANŒUVRE EN SECONDES 0
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Le temps est compté
Fais tourner...
Adapter ses gestes
Reprendre pied
« Quand tout commence à flotter, nous libérons la voiture pour la manœuvre, les caméras ont 15 sec pour filmer puis nous stabilisons la F1 et nous a ttachons les roues, détaille M. Knight. Le laps de temps entre deux apesanteurs sert à inspecter les dommages éventuels. » (Chaque vol enchaîne 10 à 15 paraboles.)
« Dès que vous vous mettez à utiliser le pistolet, vous êtes propulsé en arrière. Retirer la roue de la voiture entraîne inévitablement le corps dans un tourbillon », explique M. Willis. Et R obinson d’ajouter : « Les pieds étant fixés au sol, vous n’avez que les chevilles pour vous orienter. »
« À 0 g, vous pensez et agissez différemment, poursuit M. Willis. Nous avons dû faire pivoter la voiture à 360 ° et la retourner manuellement en l’air. Une manœuvre risquée, car nous n’étions pas sûrs d’avoir assez de temps pour y parvenir, et d’éviter que la voiture atterrisse à l’envers. »
« Mieux vaut éviter d’avoir la voiture (ou vous-même) à 50 cm du sol en sortie d’apesanteur, conseille M. Robinson. Un des gars a endommagé l’aileron avant en y atterrissant la tête la première. À l’atelier, ils se sont bien marrés quand on leur a dit que les dégâts venaient du coup de tête d’un cosmonaute. »
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Voir.
février - mars
EN PISTE !
REGARDEZ RED BULL TV PARTOUT
Red Bull TV est une chaîne de télévision connectée : où que vous soyez dans le monde, vous pouvez avoir accès aux programmes, en d irect ou en différé. Le plein de contenus originaux, forts et c réatifs.
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au 15 mars EN
EN DIRECT
DIRECT
Pleins gaz sur le gravier, telle est la devise des meilleurs pilotes de rallye lors de la troisième étape du Championnat du monde des rallyes dans les hauts plateaux mexicains. Autre point fort : les routes sinueuses mènent à une altitude de 2 700 mètres.
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DIRECT
RED BULL ICE CROSS
Pas de pitié pour les patins à Québec (Canada). Prenez quatre athlètes coriaces, chaussez-les, placez- les sur une piste de glace étroite et sifflez le départ. Vous obtiendrez une série de bleus sous les maillots, et des coureurs et des spectateurs en liesse.
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au 29 février
RALLYE DU MEXIQUE
février EN
Vue aérienne sur Vail : Miyabi Onitsuka, 3e en slopestyle en 2019.
BURTON US OPEN
Ce rendez-vous de snowboard à Golden Peak, dans la station de de Vail (Colorado), ouvre la saison du circuit de compétition et sera l’occasion d’assister à de nouvelles prouesses techniques. Des athlètes d’exception viennent faire leurs preuves dans leur discipline de prédilection, halfpipe ou slopestyle. Suivez les demi- finales et les finales Dames et Hommes, avec Red Bull TV.
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Ouvrez la lucarne de votre salon directement sur un snowpark nord-américain, sur les routes du Mexique et sur la chaîne du froid canadienne : les temps forts de Red Bull TV ce mois-ci.
Faire.
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mars Red Bull Tout Schuss
Au Red Bull Tout Schuss, on vient comme on est, gars ou fille, avec ses skis, son snow, une grosse motivation pour se jeter sur une descente d’enfer jusqu’au pied des pistes, et une motivation encore plus grosse pour brûler le dancefloor jusqu’à l’aube durant la soirée après-ski (gratuite et ouverte à tous). Les Orres ; redbull.com/toutschuss
février - mars février au 1er mars International Salsa Shines Contest En deux éditions, l’International Salsa Shines Contest s’est imposé commme LE rendez-vous majeur des amoureux de la salsa en France. L’an dernier, plusieurs milliers de participants s’y sont précipités pour admirer les performances de 150 compétiteurs. Organisé sur trois jours cette année, l’événement proposera des workshops, compétitions et soirées. En présence de stars de la scène salsa internationale, comme les couples Bersy et Rodrigo ou Tania et Charlie, et d’autres autorités venues de l’île Maurice, de Croatie, de Cuba ou encore du Sénégal. Envie de danser ? Vous pourrez vous aussi vous lancer sur la piste, avec une soirée chaque jour, jusqu’à 5 heures du matin. Nanterre, espace Chevreul ; internationalsalsashinescontest.com
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12 mars L’effet Dandyguel
MC est le terme qui lui va comme un gant ! Rappeur, ambianceur, host, présentateur des plus gros événements urbains en France, Dandyguel excelle dans chacun de ces domaines ! Pour célébrer son nouvel album, Histoires vraies, sorti en février, sous le signe du partage et de l’authenticité, il enflammera la scène du FGO-Barbara dans le quartier de Barbès. Bon temps assuré, et jeune audience bienvenue. Paris, FGO-Barbara ; dandyguel.com
20 ANTHONY DUBOIS
au 22 mars Red Bull BC One Camp
Break en force à Lyon, avec des battles (hommes, femmes et crews) et workshops, et le bouillant Cypher qui désignera le b-boy et la b-girl envoyés en finale mondiale du Red Bull BC One en Pologne en novembre. Au H7, le danseur Lilou sera bien sûr de la partie, comme Zeguerre, en place pour un showcase exclusif. Lyon, H7 ; redbullbcone.com
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au 15 mars
ENCROYABLE !
Le Mondial du Tatouage fête sa dixième édition. Cet événement dédié aux peaux encrées (le plus visité de la planète) offre une immersion dans le vaste monde du tatouage : on y viendra en curieux ou spécialiste, pour voir des tatoueurs de renom à l’œuvre, se faire tatouer à son tour, ou découvrir les artistes qui seront récompensés par 24 prix dans 8 catégories. Au Mondial du Tatouage, il y aura aussi des foodtrucks, du matos pro, des bouquins, et des concerts, avec notamment Perturbator et Nosfell. Tatoué(e) ou pas, vous y serez chez vous ! Paris, Grande halle de la Villette ; mondialdutatouage.com
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MENTIONS LÉGALES Rédacteur en chef Alexander Macheck Rédacteurs en chef adjoints Andreas Rottenschlager, Nina Treml Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English, Tara Thompson Directeur photos Eva Kerschbaum Directeurs photos adjoints Marion Batty, Rudi Übelhör Responsable des infos et du texte Andreas Wollinger Responsable de la production Marion Lukas-Wildmann
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The Red Bulletin est actuellement distribué dans six pays. Vous voyez ici la une de l’édition allemande, mettant en lumière la patineuse de vitesse Anna Seidel. Le plein d’histoires hors du commun sur redbulletin.com
Emplacements publicitaires Manuela Brandstätter, Monika Spitaler Production Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Sabine Wessig Lithographie Clemens Ragotzky (Dir.), Claudia Heis, Nenad Isailovi c,̀ Sandra Maiko Krutz, Josef Mühlbacher Fabrication Veronika Felder MIT Michael Thaler, Christoph Kocsisek Opérations Alexander Peham, Yvonne Tremmel Assistante du Management général Patricia Höreth Abonnements et distribution Peter Schiffer (Dir.), Klaus Pleninger (Distribution), Nicole Glaser (Distribution), Yoldaş Yarar (Abonnements) Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, 1140 Vienne, Autriche Téléphone +43 (0)1 90221-28800, Fax +43 (0)1 90221-28809 Web redbulletin.com Direction générale Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals bei Salzburg, Autriche, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700
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THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel Country Project M anagement Alessandra Ballabeni, alessandra.ballabeni@redbull.com Contributions, traductions, révision Lucie Donzé, Fred & Susanne F ortas, Suzanne K říženecký, Audrey Plaza, Claire S chieffer, Jean-Pascal Vachon, Gwendolyn de Vries Abonnements Prix : 18 €, 12 numéros/an getredbulletin.com Siège de la rédaction 29 rue Cardinet, 75017 Paris +33 (0)1 40 13 57 00 Impression Quad/Graphics Europe Sp. z o.o., Pułtuska 120, 07-200 Wyszków, Pologne Publicité PROFIL 134 bis rue du Point du jour 92100 Boulogne +33 (0)1 46 94 84 24 Thierry Rémond, tremond@profil-1830.com Elisabeth Sirand-Girouard, egirouard@profil-1830.com Edouard Fourès efoures@profil-1830.com
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THE RED BULLETIN Autriche, ISSN 1995-8838 Country Editor Christian Eberle-Abasolo Révision Hans Fleißner (Dir.), Petra Hannert, Monika Hasleder, Billy Kirnbauer-Walek Publishing Management Bernhard Schmied Sales Management The Red Bulletin Alfred Vrej Minassian (Dir.), Thomas Hutterer, Stefanie Krallinger Publicité anzeigen@at.redbulletin.com
THE RED BULLETIN Royaume-Uni, ISSN 2308-5894 Country Editor Tom Guise Rédacteur associé Lou Boyd Rédacteur musical Florian Obkircher Directeur Secrétariat de rédaction Davydd Chong Secrétaire de rédaction Nick Mee Publishing Manager Ollie Stretton Publicité Mark Bishop, mark.bishop@redbull.com Fabienne Peters, fabienne.peters@redbull.com
THE RED BULLETIN Suisse, ISSN 2308-5886 Country Editor Nina Treml, Wolfgang Wieser Révision Hans Fleißner (Dir.), Petra Hannert, Monika Hasleder, Billy Kirnbauer-Walek Country Project Management Meike Koch Publicité Marcel Bannwart (D-CH), marcel.bannwart@redbull.com Christian Bürgi (W-CH), christian.buergi@redbull.com Goldbach Publishing Marco Nicoli, marco.nicoli@goldbach.com
THE RED BULLETIN USA, ISSN 2308-586X Rédacteur en chef Peter Flax Rédactrice adjointe Nora O’Donnell Éditeur en chef David Caplan Directrice de publication Cheryl Angelheart Country Project Management Laureen O’Brien Publicité Todd Peters, todd.peters@redbull.com Dave Szych, dave.szych@redbull.com Tanya Foster, tanya.foster@redbull.com
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Pour finir en beauté.
Derrière lui, des pyramides séculaires, sous lui, le vide. À l’occasion de sa nouvelle vidéo de parkour, l’athlète australien Dominic Di Tommaso a choisi l’Égypte, ses tombeaux mystérieux, le Nil et la citadelle de Saladin comme terrain de jeu, de saut et d’exploration. Freerunning in Cairo à retrouver sur redbull.com
Le prochain THE RED BULLETIN n° 98 disponible dès le 19 mars 2020 98
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La voie des bâtisseurs