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The Red Bulletin Mars 2016 - CHFR

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SUISSE

HORS DU COMMUN

AU CŒUR DE L’ACTION

PHOTOGRAPHE ET GRIMPEUR : UN ŒIL RARE

LA VOIE DE

RZA

TEUF EN HAUTE MER

72 h de clubbing sur un bateau de croisière

SÉAN GARNIER

Cet autre football dont il est la star

Du Wu-Tang à Hollywood, de leader à apprenti NATALIE DORMER

Peur sur grand écran pour la reine de Game of Thrones MARS 2016 CHF 3,80


Le chemin le plus court n’est pas toujours le plus lisse.

Nouveau Ford RangeR Le numéro 1 européen fait peau neuve. Régulateur de vitesse adaptatif, systèmes audio, SYNC 2.0, écran tactile 8" et caméra de recul.* Le pick-up par excellence. Charge tractable de série: 3.5 tonnes.

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LE MONDE DE RED BULL

24 RZA SE DÉPLOIE

Tenir sa route et savoir se remettre en question. Du rap aux plateaux de ciné, Robert Diggs nous inspire.

(RÉ)APPRENDRE

4

Cette pop star anglaise a tout quitté sur un coup de fil. Ça valait le coup...

PAMELA LITTKY (COVER), SONY MUSIC

Des mines hardcore du rap underground de Staten Island (New York), Robert Diggs, aka The RZA, fait jaillir 8 joyaux qui formeront le Wu-Tang Clan, plus grand groupe de rap de l’histoire. Comme lui un fan de films de kung-fu et de série B, Quentin Tarantino le sollicite pour une BO, et challenge son ­excellence sonore. Il adoubera RZA à ­Hollywood quand il se lancera dans le ciné. De leader à apprenti, Diggs s’est « rebooté » pour progresser. C’est aussi parce qu’on lui a enseigné, que la mexicaine Estrella Navarro est l’une des meilleures apnéistes au monde. Et c’est en observant, beaucoup, que le ­Français Séan Garnier devint la star d’un autre football. Prêts à (ré)apprendre ? Bonne lecture. Votre Rédaction

FOXES, PAGE 61

THE RED BULLETIN


MARS 2016

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D’UN COUP D’AILES GALERIE

PROFONDÉMENT

12 PLEIN LES YEUX  À fond de photos.

Au fond des océans, elle côtoie des ombres, mais Estrella Navarro rayonne sur l’apnée mondiale.

BULLEVARD 19 INSPIRANTS  Au ciné, au micro, sur un bureau-bateau : nos bons clients.

REPORTAGES 24 La voie de RZA

Des bas-fonds new-yorkais aux hautes sphères du show-biz US.

34 L’œil de Jimmy Chin

34 SON STUDIO ? LE MONDE

MIKO LIM, JIMMY CHIN, IAN WITLEN, ELODIE DAGUIN

Remballez vos selfies... quand Jimmy Chin déclenche, c’est pour documenter des trips rares, sur les plus beaux spots.

83 ENVIE DE FERRARI...

Une beauté rare, la F12tdf révèle bien des atouts. Comme notre sélection d’accessoires de grandes maisons de l’auto.

72

Le quotidien de ce photographe et réal’ américain est un régal oculaire.

48 Coup franc

Ce que vous rêvez de faire avec un ballon de foot, Séan en a fait sa vie.

56 Nos héros du mois

Conçus pour réussir, ils vont vous motiver et vous inspirer.

62 En eaux confiantes

Apnéiste, biologiste et mannequin, Estrella a su nager avant de marcher.

72 Cap sur le son

Du Club MED au club EDM. La fête se vit à présent sur les flots. Embarquez.

48 PRENEZ LE LARGE

Sur ce bateau, un dancefloor flottant, Skrillex ou Pharrell est peut-être votre voisin de cabine. Prêts pour 72 h de teuf ? THE RED BULLETIN

LE FOOT SELON SÉAN

Capable de défier Neymar ou Zidane, l’autre star planétaire du ballon rond est un Français. La rue a fait son football.

ACTION ! 79 À VOIR. À VIVRE. À FAIRE.  Voyage, gadgets, montres, zik et moteurs 93 PAGES SPÉCIALES  Techno style 98 MAKES YOU FLY  Magic Moment

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THE RED BULLETIN BACKSTAGE MARS 2016

CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS

IAN WITLEN

Estrella Navarro, sujet de rêve pour Miko Lim.

L’attrait des profondeurs Estrella Navarro est une perle, rare, de l’océan. Afin de capturer sa manière d’évoluer dans les eaux de la Baja California (pour Basse-Californie), le photographe new-yorkais Miko Lim s’est rendu au Mexique et a plongé pour rencontrer cette apnéiste. Après avoir récupéré un bateau et l’équipement nécessaire pour immerger son appareil photo, Miko fut le témoin du talent d’Estrella (nager 60 mètres sous la surface de l’eau, en retenant sa respiration), et il a aussi pu admirer de sublimes géants des mers. P. 62

MAKING OF LE SHOOTING DU MOIS

Un bateau, 4 000 fêtards, 72 h de fête. Le photographe américain Ian Witlen est un habitué des croisières festives à bord du MSC Divina. Il donne 8 raisons de ne plus faire la fête sur la terre ferme. Page 72

AUTOUR DU MONDE JIMMY CHIN

Ce photographe et réalisateur, ­originaire du Minnesota, a escaladé 14 huit mille mètres sans complément d’oxygène. Dans ce numéro, il présente les plus belles photos de ses expéditions sur le globe. Page 34

The Red Bulletin est publié s­ imultanément dans dix pays. Vous voyez ici la couverture de l’édition allemande avec l’acteur Fahri Yardim, star de la série culte Tatort. Nos éditions internationales : redbulletin.com

The RZA et son équipe photo en route pour Shaolin.

« RZA a été un modèle très investi. » PAMELA LITTKY Du genre arrangeant, RZA a bien voulu conduire notre Chevrolet Camaro 67 sur le Fourth Street Bridge à L.A., pour une dernière photo. « J’étais à l’arrière, et il n’y avait pas de ceinture, dit la ­photographe Pamela Littky. RZA nous a offert un freinage brutal, j’ai terminé sur ses genoux ! » P. 24

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THE RED BULLETIN


/redbulletin

Expérience visuelle Hors du commun

SUISSE

HORS DU COMMUN

AU CŒUR DE L’ACTION

PHOTOGRAPHE ET GRIMPEUR : UN ŒIL RARE

LA VOIE DE

RZA

TEUF EN HAUTE MER

CE N’EST PAS JUSTE UN DÉCOLLAGE C’EST L’ENVOLÉE D’UNE VIE

72 h de clubbing sur un bateau de croisière

SÉAN GARNIER

Cet autre football dont il est la star

Du Wu-Tang à Hollywood, de leader à apprenti

« C’EST L’EXCITATION DE LA POURSUITE »

NATALIE DORMER

Peur sur grand écran pour la reine de Game of Thrones

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THE RED BULLETIN Suisse alémanique, ISSN 2308-5886 Country Editor Arek Piatek Relecture Hans Fleißner Country Channel Management Antonio Gasser Product Management Melissa Stutz Responsable de la publicité Marcel Bannwart, +41 (0)41 7663616 oder +41 (0)78 6611727, marcel.bannwart@ch.redbull.com Abonnements Service des lecteurs, Lucerne ; Hotline : +41 (0)329 22 00 Prix : 19 CHF, 12 numéros/an, getredbulletin.com, abo@ch.redbulletin.com Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg

Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Stefan Wagner (Chef de service), Ulrich Corazza, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager Contributeurs indépendants : Muhamed Beganovic, Werner Jessner, Martina Powell, Clemens Stachel, Florian Wörgötter

Édition web Kurt Vierthaler (Senior Web Editor), SchinSu Bae, Christian Eberle, Vanda Gyuris, Inmaculada Sánchez Trejo, Andrew Swann, Christine Vitel

THE RED BULLETIN Allemagne, ISSN 2079-4258 Country Editor Arek Piatek Relecture Hans Fleißner Country Channel Management Christian Baur, Nina Kraus Responsables de la publicité Martin Olesch, martin.olesch@de.redbulletin.com, Abonnements Prix : 25,90 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com, abo@de.redbulletin.com

Maquette Marco Arcangeli, Marion Bernert-Thomann, Martina de Carvalho-Hutter, Kevin Goll Booking photos Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Zoe Capstick, E ­­ llen Haas, Eva Kerschbaum

Illustrateur Dietmar Kainrath Directeur d’édition Franz Renkin Emplacements publicitaires Sabrina Schneider

Marketing & management par pays Stefan Ebner (Dir.), Thomas Dorer, Manuel Otto, Lukas Scharmbacher, Sara Varming Maquette marketing Peter Knehtl (Dir.), Simone Fischer, Alexandra Hundsdorfer, Mathias Schwarz Fabrication Michael Bergmeister

THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel Traductions et relecture Étienne Bonamy, Susanne & Frédéric Fortas, Suzanne Kríženecký, Ioris Queyroi, Claire Schieffer, Gwendolyn de Vries Country Product Manager Leila Domas Responsable de la publicité Cathy Martin, +33 (0)7 61 87 31 15 cathy.martin@fr.redbulletin.com Abonnements Prix : 12 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com Siège de la rédaction 12 rue du Mail, 75002 Paris, +33 (0)1 40 13 57 00

Production Wolfgang Stecher (Directeur), Walter O. Sádaba, Friedrich Indich, Michael Menitz (Digital) Lithographie Clemens Ragotzky (Directeur), Claudia Heis, Maximilian Kment, Karsten Lehmann Office Management Kristina Krizmanic Informatique Michael Thaler Abonnements et distribution Klaus Pleninger (Distribution), Peter Schiffer (Abonnements) Directeur de la publication Wolfgang Winter Siège de la rédaction Heinrich-Collin-Straße 1, A-1140 Wien Téléphone +43 (0)1 90221-28800 Fax +43 (0)1 90221-28809 Web www.redbulletin.com

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THE RED BULLETIN Royaume-Uni, 2308-5894 Country Editor Ruth Morgan Équipe éditoriale Florian Obkircher Secrétariat de rédaction Nancy James (Chef de service), Davydd Chong (Chef de service adjoint), Alex Harris (Contributeur) Country Project & Ventes Sam Warriner Responsable de la publicité Mark Bishop +44 (0) 7720 088588, mark.bishop@uk.redbull.com Siège de la rédaction 155-171 Tooley Street, Londres SE1 2JP, +44 (0) 2100 020 3117 2000

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THE RED BULLETIN USA, ISSN 2308-586X Country Editor Andreas Tzortzis Rédaction Nora O’Donnell Relecture David Caplan Directeur de publication & des ventes Nicholas Pavach Country Project Management Melissa Thompson Responsables de la publicité Dave Szych, dave.szych@us.redbull.com (Los Angeles) Jay Fitzgerald, jay.fitzgerald@us.redbull.com (New York) Rick Bald, rick.bald@us.redbull.com (Chicago) Abonnements www.getredbulletin.com Siège de la rédaction 1740 Stewart St., Santa Monica, CA 90404 Service clientèle +1 (0)888 714 7317, customerservice@redbulletinservice.com

THE RED BULLETIN


LS

IL K S B R #


GALERIE

TOUJOURS D’ATTAQUE VIRGIN, USA PHOTO : BARTEK WOLINSKI

Le vététiste freerider Szymon Godziek est du genre engagé. Le Polonais a réalisé le premier « backflip Tsunami » en compétition officielle, à Nuremberg en 2014. Cette photo le montre en train de tester le terrain du Red Bull Rampage 2015 dans le désert de l’Utah. Une chute de 6 mètres de haut lors des qualifications, sur une rampe d’atterrissage, le privera de finale. Moments forts en vidéo : redbullrampage.com

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BARTEK WOLINSKI/RED BULL CONTENT POOL


CALUM MACAULAY/RED BULL CONTENT POOL


SURF QUI PEUT

THE RIGHT, AUSTRALIE PHOTO : CALUM MACAULAY

L’Australien Mark Mathews, docteur ès grandes vagues, surfe les spots les plus ­dangereux, notamment Teahupoo à Tahiti, ­fameux pour ses rouleaux larges et épais, et le paradis à requins tasmanien Shipstern Bluff. Les vagues titanesques de 15 mètres du spot australien « The Right » lui servent de passe-temps entre les compétitions. Surfer avec Mark Mathews : instagram.com/markmathewssurf

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GLACE À LA BAGARRE ! QUÉBEC, CANADA PHOTO : SEBASTIAN MARKO

Les règles du Red Bull Crashed Ice sont simples et brutales : à chaque course, quatre patineurs foncent à 60 km/h dans un couloir pentu, tout en virages à 90 ° et kickers. Les deux plus ­rapides passent au prochain tour. À Québec, l’Américain Cameron Naasz (ci-dessus) a ­devancé ses concurrents canadiens, chez eux. Toutes les courses : redbullcrashedice.com

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SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL


Le goût de fruits tropicaux. Les aiLes de red BuLL.

MAINTENANT TOUTE L’ANNÉE.


BULLEVARD INSPIRANTS, DIVERTISSANTS, INNOVANTS : DES PROFILS À PART

UN BON CLIENT

MICHAEL FRIBERG/CONTOUR BY GETTY IMAGES

RYAN REYNOLDS ACTEUR, PÈRE ET STAR DE DEADPOOL, IL SE MARRE. UN BON SENS DE L’HUMOUR EST POUR LUI UN INGRÉDIENT ESSENTIEL DANS SA RECETTE DU SUCCÈS. Volonté et discipline sont synonymes. Du moins du point de vue du Canadien Ryan Reynolds (39 ans), qui a fait de son mantra une carrière d’acteur de 20 ans, pour une fortune nette estimée à 41 millions d’euros. Une affaire sérieuse. Non qu’il prenne cela sérieusement. Ryan Reynolds n’est pas votre célébrité standard, sombre et intense ; le comique le plus improbable d’Hollywood est célèbre ­autant pour ses remarques grossières et son esprit vif que pour sa présence à l’écran et sa condition athlétique. Ce 10 février, il est au ciné l’antihéros brutal et blagueur de Marvel, Deadpool : un rôle pour ­lequel il est né. Pour ce fan de bonnes blagues, la chute sera un succès à long terme.

THE RED BULLETIN

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BULLEVARD

LE DUEL LE MILIEU DE TERRAIN ­NÉERLANDAIS AFFRONTE LE PLUS GRAND JOUEUR SUR LES M ­ ÉDIAS SOCIAUX.

ARJEN ROBBEN

MARK ZUCKERBERG

vs

Néerlandais. 32 ans. Pieds parmi les plus craints du foot européen.

73 millions €

Américain. 31 ans. Père fondateur de Facebook, philanthrope.

42 milliards €

FORTUNE

Avec un salaire supérieur à 5 millions, convoité par les plus beaux clubs européens, il est l’un des sportifs les mieux dotés.

Un regain récent des pubs mobiles a ajouté près de 12 milliards d’euros à sa fortune : 160 fois le revenu net total d’Arjen.

0 :1 TRANSPORT

1 :1 VOLKSWAGEN GOLF GTI À HAYONS « Allez, papa. Les enfants à l’école ne croiront jamais que je suis l’héritier de la fortune de Facebook si j’arrive avec ça tous les matins. »

UNE AUDI A5 ET A8 Peut-être est-il un grand fan de « l’avance par la technologie ». Ou parce qu’Audi est l’un des sponsors du Bayern Munich, qu’il a rejoint en 2009.

VIE AMOUREUSE

2 :1

PETITE AMIE D’ÉCOLE À l’inverse de ses pairs sportifs, Robben est l’un homme d’une femme, depuis qu’il a rencontré son épouse Bernadien Eillert à l’école.

PETITE AMIE DE FAC Mark Zuckerberg a épousé en 2012 sa petite amie Priscilla Chan. Une affaire qui dure, le couple flirte ­depuis Harvard.

MÉDIAS SOCIAUX

2:2

2 millions DE FANS FACEBOOK Il a également

45,4 millions

D’ABONNÉS FACEBOOK Le fondateur du réseau social n’a aucune excuse pour perdre sur ce point.

un tas de faux comptes Instagram et Twitter à éviter.

STYLE

COUPE CLASSIQUE Avant ­d’enfiler son maillot de football, ­Robben opte pour une tenue chic. Qui lui va à merveille d’après nous.

3:2

PAPA EN WEEK-END Mark ne se prend pas la tête, optant presque tous les jours pour un t-shirt et un sweat à capuche...

ALLIÉ INATTENDU

3:3

LE PAPE Arjen Robben a été béni. Vraiment. Le Pape à la retraite Benoît est un fan du Bayern. Cela signifie donc que Dieu l’est aussi ?

CRISTIANO RONALDO Avec plus de 100 millions de likes pour ses mises à jour perso, il garde ses fans chez Zuckerberg, plutôt que de basculer vers Twitter.

ATTITUDE

3:4

UN CASSE-COU « Dans un monde qui change rapidement, la seule ­stratégie qui garantit d’échouer, c’est de ne pas prendre de risques. »

MOMENT CLÉ CHAMPION Arjen Robben marque un but, aidant le Bayern à remporter la finale de la Champions League 2013.

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4:4

TOUT DONNER Zuckerberg a promis de faire don de 99 % de ses actions à des bonnes causes. Philanthropie touchante ou compétitive ?

GETTY IMAGES (7), CORBIS (3)

ANORMALEMENT ­ ESPECTABLE « Je ne suis R pas le genre de joueurs à toucher son salaire à rester assis. »


BULLEVARD

INNOVATEUR

UN BUREAU SUR L’OCÉAN MONTEZ SUR LE COBOAT, UN CATA DE COWORKING ÉCOLO INVENTÉ PAR UN GROUPE DE TRAVAILLEURS NOMADES PASSIONNÉS DE VOILE. VOTRE STARTUP Y PRENDRA PEUT-ÊTRE LE LARGE.

NC 1) DANS LE FOND, C’EST DO UN BUREAU SUR L’EAU ?culture innovante « Pas exactement. Le coworking est une environnement qui explose partout : travailler dans un de vue, où vous avec des gens partageant le même point des choses. À cela, pouvez échanger des idées ou créer Nous faisons du ajoutons l’une de nos passions : la voile. urir les parco ns voulo Nous u. batea coworking sur un à haut débit. » océans grâce à l’Internet par satellite

2) POURQUOI UN ESPACE FLO

TTANT ? « Comme beaucoup de bonnes idées , celle-ci est née sur une plage. À l’époque où j’utilisais un espace de cowo rking en Thaïlande, j’ai rencontré James [Abbott], le propriétair e de cet espace. En discutant de notre amour pour la voile, l’idée nous est venue de combiner ces belles choses. Envie de danser sur les vagues en travaillant ? » LE UTOPIE ? 3) SÛREMENT UNE FOLdes réseaux sociaux

e « Pas pour la communauté débordant u est presque construit et les fondateurs déterminés. Le batea e coins du monde sont quatr des rking et des adeptes du cowo travail, bien sûr, mais la prêts à embarquer. Il reste encore du date de mise à l’eau approche. »

L’HOMME KARSTEN KNORR, 48 ANS

4) TOUT A MARCHÉ COMME SUR DES ROULETTES ?

« Comme le premier voyage de toute start-up, celui-ci a été mouvementé. Les personnes impliquées voulaient des résultats plus rapidemen t que ce que nous pouvions leur apporter. Garder tout le monde motivé est éprouvant, mais essentiel. Nous avons célébré chaque once de progrès tout en rappelant à chacun le but final. Utiliser cette expér ience pour tous nos futurs bénéfices, penser en dehors du ­bateau, et soutenir le développement de solutions révolutionnaires aux problèmes du mond e. »

Après avoir vécu à Sydney pendant 12 ans, Karsten a commencé une vie nomade, travaillant dans des espaces de coworking. Il a depuis combiné sa passion de l’eau et sa façon de bosser. coboat.org

La technologie marine par satellite garantit une connexion Internet continue partout.

Énergie régénérée par panneaux ­solaires et ­exploitation de l’énergie éolienne.

COBOAT/PILAR SCHACHER

HERI IRAWAN

Capacité de 20 passagers sur un espace de vie/ job moderne.

5) QU’EST-CE QUE VOUS VOYEZ À L’HORIZON ?

Out : les moteurs à carburants fossiles. In : la propulsion électrique écolo.

THE RED BULLETIN

une start« Nous n’allons nulle part. Ce n’est pas lucratif, pas n’est but Notre . mère éphé e up rapid pasune t plutô est t proje Ce tout sera réinvesti. bateau offre sion. Au-delà du potentiel évident, le de transtellement plus pour l’avenir en termes le plus sera voile à yacht Notre . gique port écolo riques. » grand du monde avec des moteurs élect

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BULLEVARD

ILS EN PARLENT SI BIEN SI L’AMOUR REND AVEUGLE, PERMETTEZ DONC À CES BRIBES DE SAGESSE DE VOUS FAIRE RETROUVER UNE VISION ROMANTIQUE CLAIRE, POUR LE JOUR DE LA SAINT VALENTIN ET APRÈS.

« Est courageux celui qui aime une personne inconditionnellement, sans rien attendre en retour. » MADONNA

« Gardez le c ­ ombat propre et le sexe sale. »

DRAKE

RASHIDA JONES

« Je n’ai jamais été le genre Roméo qui rencontre une fille et a le coup de foudre. Le processus a toujours été beaucoup plus lent à ­chacune de mes relations. »

JOHNNY DEPP

LEONARDO DiCAPRIO

« Pas ­besoin d’un prince charmant pour mon happy end. » KATY PERRY

FREUNDE VON FREUNDEN twitter.com/fvonf

Une approche tout à fait berlinoise de la narration visuelle à ­vocation mondiale, FVONF est un aperçu photographique des vies personnelles des créateurs de musique, de films, d’art et de tout ce qui devrait déjà être sur votre radar culturel.

KEVIN BACON

« Sortir avec quelqu’un est devenu un sport. L’objectif n’est pas de trouver l’amour. » « Les seuls êtres assez évolués pour donner de l’amour pur sont les jeunes enfants. »

AVEC CES COMPTES, VOTRE VIE EN LIGNE VOUS SEMBLERA TRÈÈÈS COOL

« Avant d’épouser quelqu’un, donnez-lui un ordinateur avec une connexion ­Internet lente pour voir son vrai ­visage.  » WILL FERRELL

BERRICS SKATE PARK instagram.com/­ berrics

Venez pour l’action et les clichés au fish-eye. Berrics est autant une idéologie qu’un skate park physique, créé par les skateurs ­professionnels Steve Berra et Eric Koston. Pour un sport capturé aussi magnifiquement sur pellicule, ce compte a été l’évolution en ligne naturelle.

COOL HUNTING facebook.com/­ coolhunting

Trouvez des cadeaux, gadgets et impressions ésotériques comme vous n’en avez jamais vus dans les commerces. On se plaît à survoler ce compte, et s’y perdre : remixes underground et procédure de candidature pour devenir astronaute de la NASA, pour ne citer que cela. THE RED BULLETIN

MERT AND MARCUS, GETTY IMAGES(3), UNIVERSAL MUSIC

« J’ai un désir ardent de communiquer. Je crois que je ne suis pas le genre de mec normal qui ne parle pas beaucoup. »

SUIVEZ-LES, OU PAS…


BULLEVARD

MODÈLE UNIQUE FKA TWIGS  LE SUCCÈS SANS UN COMPROMIS ? CETTE CHANTEUSE PROUVE QUE C’EST POSSIBLE. FKA Twigs – voix anglaise énigmatique, chouchou des critiques, nominée aux VMA – n’a peur de rien. Voilà ce qui arrive quand on se fait les dents comme danseuse de second plan devant des foules déchaînées. En effet, ce sont à ces situations difficiles qu’elle attribue son évolution en tant qu’artiste. Parce que c’est le genre de chanteuse qu’elle est : ne reculant jamais devant un défi, repoussant toujours les limites. D’aucuns penseront qu’elle est bizarre. Ce que recherche Twigs.

«  J ’AIME LES DÉFIS. JE VEUX QUE LES GENS VOIENT À L’INTÉRIEUR DE MA TÊTE AU LIEU DE SE CONTENTER DE ME REGARDER  » THE RED BULLETIN

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LE S E I V S E S ET n, a l C g n a W u -T u d e r i a n er du n s o i s s a i p v r r u cteu t po E u . d l ais o a k r r c p i o t s Y e u w e m sant pire ce Ne n , m e a e p m n e é u t ’ n ê i d T du c tête i a u l l e à c t à s t é .  i ue l i q i RZA e m s u u h ’ m ve d e la u d e e r d p n e o r i m u f a E L A L IT T K Y s a s n a d e 4 6 N R O E   P H O T O  : PA M

T E X T E  : J

U S T IN M O


Robert ­Fitzgerald Diggs doit ses ­prénoms à l’admiration de sa mère pour 2 des frères Kennedy.

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obert Fitzgerald RZA Diggs sait ce que le « sacrifice au service de l’art » veut dire. Pour servir ses ambitions artistiques, ce New-Yorkais de 46 ans, tout à la fois producteur, rappeur, auteur, acteur, réalisateur et scénariste, a parfois dû jouer au dictateur pour assurer le maintien et la fidélité de ses troupes. Tête pensante du collectif Wu-Tang Clan – un des plus grands groupes de hiphop, tant par son influence que par sa taille, avec 9 rappeurs, dont RZA – il ­compose et produit les a ­ lbums du groupe depuis les débuts. Le symbole de cette ­ascension au pouvoir : le classique Enter The Wu-Tang (36 Chambers), premier ­album sorti en 1993. Mais RZA ne joue pas toujours au ­despote : il a aidé GZA, Method Man, Raekwon et Ol’ Dirty Bastard, membres du Wu-Tang à lancer leurs carrières solo, et lorsque ces succès individuels ont fini par mettre un terme à l’égalité de traitement au sein du groupe, il a patiemment accepté ces révoltes internes afin d’assurer la cohésion et la productivité artistique du groupe. Et pourtant, quel ­personnage ambigu : lui qui, alors que les « Wu-Tangiens » travaillent sur leur album secret Once Upon A Time In Shaolin (sorti en 2015 en un seul et unique exemplaire et vendu pour 2 millions de dollars au peu scrupuleux Martin Shkreli, un magnat de l’industrie pharmaceutique), se garde bien de révéler à ses troupes la vraie ­nature du projet. L’une des figures de proue du mouvement hip-hop et mentor pour nombre d’artistes, RZA est entré dans le monde du cinéma, en toute logique, grâce à la 26

­ usique. Il a notamment composé la m bande originale du film culte de Jim ­Jarmusch sorti en 1999, Ghost Dog : La voie du samouraï. C’est dans ce film qu’il fera ses débuts d’acteur. RZA ne s’arrête pas là. Il va se lancer dans la réalisation de films et sort en 2012 un premier long-métrage, L’homme aux poings de fer. Face à ce nouveau défi, RZA a dû faire preuve d’une qualité qu’il ne pensait pas avoir : l’humilité du novice. Alors qu’il s’apprête à célébrer la sortie de son ­nouveau film, Coco (qui raconte l’ascension d’une jeune rappeuse, jouée par Azealia Banks, dans le rap game newyorkais), RZA nous a expliqué la base de tout processus créatif : un savant dosage de stabilité et d’évolution. the red bulletin : Vous vivez dans un quartier calme, près de Los Angeles. Avez-vous besoin de tranquillité pour créer ? rza : Oui, c’est une question d’hygiène mentale. Comme lorsqu’on plonge dans l’eau : on y entre, on y nage, mais au bout d’un moment, il faut en sortir et se sécher. Se relaxer. Tous les endroits où j’habite sont comme ça : je possède une autre maison un peu plus à l’est, perdue dans deux hectares de forêt. Mes enfants ont parfois la frousse quand on va là-bas. Il faut savoir se déconnecter du monde pour se le réapproprier. J’aime sortir, faire la fête, partir en tournée, bosser sur un ­projet, tant que je sais que je peux retrouver mon havre de paix, m’asseoir devant un bon feu le soir pour me ressourcer. Même si ce n’est qu’une petite heure. Lorsque vous ne pouvez pas vous « ­déconnecter du monde », comment faites-vous pour vous échapper ? Tout est possible à grande et à petite échelle : c’est ce dont je me suis rendu

« CRÉE, sans te PRÉOCCUPER de la suite. » THE RED BULLETIN


RZA a publié deux livres sur la philosophie de son groupe : The Wu-Tang Manual et The Tao of Wu.


« Il faut se ­D ÉCONNECTER du monde pour se le RÉAPPROPRIER. » compte lors d’un séjour en cellule. ­Derrière les barreaux, il a fallu que je me crée ma propre bulle, où m’évader, et cette bulle ne pouvait qu’être mon propre corps. Le premier havre de paix que l’on a à disposition, c’est l’enveloppe charnelle. Le deuxième peut être, par exemple, votre famille. Puis votre maison, votre communauté, votre pays. Le but ultime serait de considérer le monde entier comme un seul havre de paix, mais il faut commencer par soi-même. Un exemple : lorsque je me suis retrouvé un jour dans un avion pour Hong Kong, coincé entre deux ­passagers en surpoids. Pas moyen de me relaxer ! Alors je me suis créé mon propre espace de tranquillité, dans ma tête. Comment cela vous a-t-il aidé lors du tournage de vos films ? Quand j’ai commencé le tournage de L’Homme aux poings de fer, j’avais un énorme stress à gérer. Je devais travailler, avec d’un côté une équipe de tournage qui ne parlait presque pas anglais, et de l’autre, quelques-unes des plus grosses pointures hollywoodiennes : Quentin ­Tarantino, Russell Crowe, Lucy Liu, ­Daniel Wu, Eli Roth. Et moi au milieu qui devais diriger tout ce petit monde. Beaucoup ont eu du mal avec les méthodes de travail locales (le tournage a eu lieu en Chine, ndlr). Je me souviens de Russell Crowe leur criant : « Foutez-moi la paix ! » Il a fallu que je lui explique : « Détends-toi, c’est leur façon de bosser, alors laisse-toi faire, vois cela comme un massage. » C’est toute l’essence du processus créatif : accepter le chaos, l’organiser pour en créer quelque chose. Wu-Tang Clan donnait aussi cette impression de chaos, mais il y a toujours eu un fil conducteur. Bien sûr, cela reste un p ­ rocessus difficile, et surtout collectif. Au sein du Wu-Tang Clan, vous êtes à la fois gourou, mentor et leader du groupe. Au cinéma, il a fallu vous ­glisser dans la peau de l’élève et faire 28


En plus de ses rôles au cinéma, RZA a joué dans les séries télé Californication et Gang Related.


Fondateur du célèbre Wu-Tang Clan, RZA est le moteur du groupe depuis sa création en 1993.


confiance aux autres. Comment réussir ce grand écart ? Popa Wu (un membre et autre mentor du groupe, ndlr) disait toujours que savoir écouter, c’est savoir apprendre. Il était comme un grand frère, et nous a donné un petit livre qui s’appelait L’art d’écouter. Parmi les sept préceptes que nous devions apprendre et pratiquer, l’un d’eux disait qu’il fallait savoir se taire lorsque quelqu’un en savait plus que nous dans un domaine. Je devais avoir 16 ans quand j’ai lu ce petit livre, mais ca m’a marqué. ­Depuis, c’est aussi ce que j’enseigne à mon fils : il y en a toujours un qui en sait plus que toi. On peut être tour à tour élève ou professeur... La sagesse consiste à savoir tenir son rôle. J’ai eu la chance d’avoir d’excellents professeurs dans le monde du cinéma. Alors que dans celui de la ­musique, j’ai dû tracer ma route tout seul. Ça a été une chance incroyable d’assister au tournage de Kill Bill et de voir comment Quentin Tarantino travaillait. Sur le tournage d’American Gangster (où RZA incarne le détective Moses Jones, ndlr), Ridley Scott m’a aussi montré ce que j­ ’appellerais la « vision multi-focale » : il savait parfaitement ce qui se déroulait sur chaque caméra en action, souvent mieux que ceux qui avaient le nez rivé sur un seul écran. C’est difficile, lorsqu’on participe à un projet commun, d’accepter la prééminence d’un autre artiste ? Certains enseignements sont parfois plus difficiles à intégrer que d’autres. Lorsque j’ai composé la musique de Kill Bill, j’ai eu pour la première fois de ma vie à faire à quelqu’un qui n’était pas satisfait de mon travail. Quentin me répétait : « Non, ­Bobby, c’est pas ça. Essaie encore. » C’était décourageant ! Je ne savais pas ce qu’il voulait, mais j’ai persévéré. Le lendemain, je me suis pointé avec l’une de mes com-

« J’ai réalisé que je ne créais pas pour gagner quelque chose, mais CAR J’EN AVAIS BESOIN. »

RZA ET HOLLYWOOD

Le chemin de RZA, de compositeur de BO à réalisateur de film. 1999 Le cinéaste Jim Jarmusch traque RZA et lui demande de prendre en charge la BO de Ghost Dog: la voie du samouraï. RZA joue aussi un rôle caméo et déclame son unique ligne : « Ghost dog, pouvoir, égalité. »

2003

Alors qu’il supervise la musique pour Quentin Tarantino dans Kill Bill: Vol. 1, RZA demande au réalisateur d’être son mentor. Il passe un mois avec Tarantino sur le tournage de Kill Bill à Pékin et prend des notes.

2004 Il retrouve Jarmusch pour une scène plus longue dans Coffee and Cigarettes. Il partage l’écran avec Bill Murray et son pote de Wu-Tang, GZA, en sirotant une infusion.

2004 Il compose la musique de Blade: Trinity. Pas encore mûr pour diriger un orchestre, il collabore avec Ramin Djawadi (qui poursuivra en créant les BO de Batman Begins, Iron Man et Game Of Thrones). L’expérience incite RZA à améliorer sa lecture de la musique et à devenir un maestro. 2007

RZA joue un flic qui aide à faire chuter le baron de la drogue Frank Lucas (Denzel Washington) dans le film de Ridley Scott tiré d’une histoire vraie, American Gangster. RZA montre ses talents d’acteur (et son tattoo Wu) dans une scène avec Russell Crowee.

2012 Il rejoint l’équipe de la série télé Californication en incarnant un rappeur charismatique et allumé qui engage le déluré Hank Moody (David Duchovny) pour écrire le scénario d’un film inspiré de Beverly Hills Cop.

2012 Avec la bénédiction de Quentin Tarantino et l’aide d’Eli Roth pour le script, RZA écrit et réalise son premier long-métrage de kung-fu épique L’homme aux poings de fer dans lequel il dirige Russell Crowe et Lucy Liu.

2014

Il incarne un baron de la drogue face à Paul Walker dans Brick Mansions, un remake du film français de parkour District 13 (réalisé en 2004). Il s’agit du dernier film de Walker avant sa mort tragique.

2016 Seconde réalisation, la comédie musicale Coco, avec la rappeuse Azealia Banks (sortie en mars).

2016 Insatiable, RZA démarre le tournage du thriller d’action Breakout, e son 3 projet cinématographique.

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« La clé du succès, c’est d’aller au bout du PROCESSUS CRÉATIF. Il faut toujours terminer ce qu’on a commencé. » positions et j’ai commencé à travailler le morceau dans mon coin. Tout à coup, Quentin qui m’avait entendu a fait irruption dans la pièce en criant : « Ça y est, c’est ça ! Tu es sur la bonne voie ! » C’est là où j’ai réalisé un truc : c’est lui le réalisateur et il sait ce qu’il veut. Il fallait que j’aille dans sa direction. Heureusement, nous avions les mêmes visions artistiques, mais même si cela n’avait pas été le cas, j’aurais pu sacrifier mes propres choix… parce que bon, au final, c’était un film de Quentin Tarantino tout de même. C’était la première fois que j’ai compris l’importance de se soumettre à l’autorité : il s’agissait de faire de son mieux pour ­servir une œuvre collective. Comment votre expérience avec le Wu-Tang Clan vous a-t-elle préparé pour devenir réalisateur ? Pendant toutes ces années où j’ai eu la chance de travailler avec le Wu-Tang, j’ai eu à faire à tant de personnalités différentes, plutôt des ego surdimensionnés que de dociles petits moutons, que j’ai ­appris à toujours trouver des solutions pour atteindre nos objectifs. Cela veut aussi dire : accepter de ne pas se mettre en avant. Cela vaut pour moi dans le monde de la musique comme dans celui du cinéma. Mon expérience avec le WuTang m’a permis d’être capable de confronter mes idées à d’autres artistes.

Pour son projet solo Bobby Digital, RZA se produisait en rappeur masqué, un héros de comics hyper allumé.

C’est ce que vous avez fait avec Azealia Banks lors du tournage de Coco ? Azealia a la réputation d’être une vraie tête brûlée, mais pour le film, elle a ­vraiment fait preuve d’abnégation. Elle cache une grande vulnérabilité, et je pense que j’ai réussi à la faire ressortir dans le film. En tant qu’artiste, je sais ce qui nous motive. Je sais que les artistes font ce qu’ils font parce qu’ils aiment ­l’attention que leurs œuvres leur procurent. Quand j’ai travaillé avec Azealia, je lui ­disais : « Tout ce que tu me donnes,

c’est de l’or en barre, et ça va aussi ­devenir de l’or pour toi. » Elle m’a fait confiance. Le talent doit te faire confiance. À propos de travail d’équipe, lorsque le Wu-Tang Clan a enregistré l’album secret Once Upon A Time In Shaolin, vous avez caché aux sept autres membres la véritable nature du projet. Pourquoi ? Certains se sont dits déçus de ne pas avoir été mis au courant, et je le comprends. Mais ils ont été payés pour leur travail, ce que j’en fais après ne les concerne pas. J’aurais aimé faire autrement, mais il ­fallait que j’évite les fuites, comme ce qui s’est passé en 2007 lorsque Raekwon et Ghostface Killah ont critiqué l’album 8 Diagrams avant même que les fans puissent se faire une opinion. C’est un risque que je ne voulais plus courir. Vous êtes un joueur d’échecs averti et vous avez une approche très zen lorsqu’il s’agit de gagner ou de perdre. Vous restez aussi zen lorsqu’il s’agit de votre travail créatif ? On ne crée pas de l’art pour gagner quelque chose. Au début, c’était l’approche que j’avais : un combat qu’il fallait remporter. Mais un jour, j’ai réalisé que je ne créais pas pour gagner quelque chose, mais parce que j’en avais besoin. J’ai eu cette révélation avant même d’aller à ­Hollywood. En fait, il n’y a pas de mauvaise décision lorsqu’il s’agit de créer : tu ne sais jamais qui cela va inspirer, ou bien où ça va te mener. Par exemple, même un navet comme L’Attaque des ­Tomates Tueuses peut servir d’inspiration à quelqu’un. C’est ce que m’a appris ­Tarantino. Et moi, je dis : « Crée, sans te préoccuper de la suite. » Alors, comment réussir quand on crée ? La clé du succès, c’est d’aller au bout du processus créatif. Il faut toujours terminer ce qu’on a commencé. Bien sûr, c’est plus facile si ce succès vous rapporte en plus de l’argent. Quant à la gloire, elle prouve juste que vos pairs reconnaissent votre travail. Ça fait du bien d’entendre : « Ceci est une véritable œuvre d’art.» Si j’avais à choisir entre la gloire et l’argent, je ­choisirais l’argent, parce que ca reste un business, mais le plus important pour moi restera toujours d’aller au bout de ce que j’ai entamé. Twitter : @RZA

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JOUR DE REPOS DANS L’HIMALAYA « J’ai pris cette photo lors d’une expédition avec mon compatriote S ­ tephen Koch, qui est le premier à avoir surmonté les sept sommets en snowboard. Pendant la mousson, nous étions la seule équipe sur l’Everest et voulions descendre sur le versant nord, en ski et en snow. En ce jour de repos sur le glacier du Rongbuk, un peu d’escalade le long des bords. »

DANS SON MONDE PHOTOGRAPHE, GRIMPEUR PRO ET RÉALISATEUR, L’AMÉRICAIN JIMMY CHIN A FAIT DE MOMENTS MAGIQUES SON QUOTIDIEN. SA DEVISE POUR UNE VIE ANCRÉE DANS L’AVENTURE  ? «  P ENSE AU-DELÀ DE TES LIMITES.  » PHOTOS  : JIMMY CHIN TEXTE  : ALEXANDER LISETZ

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MERVEILLE DE LA NATURE AU TCHAD « Cette photo a vu le jour lorsque j’étais dans le ­désert de l’Ennedi, au Tchad, avec le ­footballeur James ­Pearson et Mark Synnott, un e­ scaladeur américain. Au bout de cinq jours en jeep, sur des terrains difficiles, nous sommes tombés sur cet arc de pierre. C’est un des plus beaux que j’aie jamais vus et je suis content d’avoir pu documenter sa première ascension par James et Mark. »

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AURORES BORÉALES AU CANADA « Mon ami Chris Jerard est rédacteur et ­photographe pour le ­magazine Freeskier. Fin d’une longue journée de shooting, et soudain, le ciel au-dessus du Lac Louise se remplit d’aurores boréales. Pas le choix, il nous fallait prendre des photos jusqu’à l’aube. »

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ESCALADE LIBRE DANS LE YOSEMITE « Les escaladeurs Tommy Caldwell et Kevin ­Jo ­ rgeson ont passé des années à arpenter le Dawn Wall sur El Capitain dans le parc national du Yosemite, aux USA. J’ai eu le privilège de passer du temps avec eux sur la paroi. Cette photo a été prise tôt un matin, avant l’entraînement. »

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RANDONNÉE À SKI SUR L’EVEREST « Cela faisait des années que je rêvait d’une descente à ski sur l’Everest. À la différence de tous les autres équipes, nous ne sommes montés qu’après la mousson, parce qu’il y a plus de neige. Une expérience mentale très dure, car j’avais déjà été sur l’Everest, mais sans mener mon projet à bout et j’avais failli mourir sous une avalanche. Ce 18 octobre 2006, j’ai atteint le sommet avec les pionniers américains du ski ­extrême, Rob et Kit ­DesLauriers. Rob et Kit se trouvent ici à 20 m du sommet, ravis à l’idée de la descente. »

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EMBÛCHES EN OMAN « En 2012 j’ai fait de la voile le long de la côte omanaise de ­Moussandam avec les ­escaladeurs pros ­américains Alex Honnold et Mark Synnott. Nous avons réalisé plusieurs premières ascensions sur les îles préservées. Cette photo montre Alex sur l’un des ces magnifiques rochers. »

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IL EN

est des talents comme de l’intelligence : chacun d’entre nous pense en avoir largement assez. Ce n’est qu’avec des hommes comme Jimmy Chin, 42 ans, que nous commençons à en douter. L’Américain du Minnesota est l’un des photographes et réalisateurs de films outdoor les plus doués de la planète. De plus, il est escaladeur professionnel, a réalisé un grand nombre de premières ascensions et a fait tous les sommets de plus de 8 000 mètres sans complément d’oxygène. C’est aussi une bête de ski, il a été le premier américain, avec deux amis, à redescendre du mont Everest en ski. Et en plus il est modeste ! « Ma plus grande aptitude ? Elle consiste à réunir des personnes t­ alentueuses, r­ aconte Jimmy Chin. Cette capacité est aussi importante pour la réalisation de films que pour la montagne. Car une équipe est plus forte que la somme de ses membres pris un par un. » Sa philosophie ? « Il faut toujours regarder plus loin que le bout de son nez »,

e­ xplique Jimmy Chin. Afin de faire des progrès en escalade, il s’inspire d’autres disciplines sportives. Et pour se réinventer quotidiennement en tant que photographe d’action, il veille à la manière dont travaillent les photographes d’art, de mode ou de guerre. Y a-t-il quelque chose que cet homme ne maîtrise pas ? « Au surf, je ne suis pas encore aussi adroit que j’aimerais. » La brillante maladresse de Jimmy Chin, beaucoup rêveraient de l’avoir aussi. jimmychin.com


REPOS DANS LES BUGABOOS « Là, j’étais dans le parc national des Bugaboos en Colombie Britannique avec le grimpeur ­américain Conrad Anker. Lors d’un jour de repos, je l’ai photographié en train d’escalader le Pigeon Peak en solo. Oui, voici de quoi a l’air une journée de repos pour Conrad. »

JIMMY CHIN a été f­ inaliste du Red Bull Illume, un concours international de photographie dédié aux sports d’action et d’aventure. 2016 sera la e 4 édition, et inaugurera une catégorie Mobile. Date ­limite de participation : 31 mars 2016. Plus d’infos : ­redbullillume.com

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Paris, aux abords de la Place de la Nation. Séan sur son terrain favori, la rue, où il règne en ambassadeur mondial du football freestyle. Une cheville brisée a lancé sa carrière, et l’a mené à défier les plus grands.


COUP FRANC Le ballon est son passeport. Le Français Séan est devenu une icône d’un certain football, en donnant pour recevoir. Rares sont les athlètes aussi honnêtes dans leur cheminement vers le succès. Texte : PH Camy Photos : Élodie Daguin 49


Ses tricks sont apprĂŠciĂŠs par plusieurs millions de followers sur Internet. Le web pour stade.


D

ribbler, feinter, jongler, faire corps avec le ballon et se jouer des adversaires avec lui, en solo, un contre un, en équipe de deux, trois, quatre, cinq joueurs, au coin d’une rue, face à des foules grandissantes. Chez lui, à Paris, là-bas, au Brésil, en Chine, à Londres. Parce que le jeu traditionnel l’a dégoûté, que le football à 11 ne l’a jamais compris, Séan a créé ses propres terrains, de par le monde : le football freestyle et le street football parmi ses spécialités. Avec une vision honnête de ses envies, il s’est bâti une carrière sur des fondations solides, sa vérité. La parole et les coups de Séan sont toujours francs. « Tous les grands champions, tout le monde a besoin de reconnaissance. » ­Installé dans un café de la Nation, à Paris, sans son ballon (chose rare), Séan revient sur notre premier entretien, au téléphone, quelques jours plus tôt. Il était sur le point de décoller vers le Pakistan pour y donner un show de football freestyle, et nous expliquait alors avoir dédié sa vie à cette discipline, et d’autres formes de football, suite à un « constat émotionnel ». Écarté du terrain traditionnel, il ne recevait plus THE RED BULLETIN

Toujours dans les airs : Séan est un globe-trotter qui se joue du jet-lag.

cette « émotion sur laquelle tu ne peux pas mettre de mots, ce ressenti incons­ cient » transmis par le public quand son jeu se faisait spectaculaire. Un besoin d’admiration ? Pas le bon terme pour Séan. « C’est une sensation que tu n’as pas besoin d’expliquer. » L’athlète avec lequel nous entamons une conversation est un champion honnête, avec lui-même, ses victoires, ses défaites, ses motivations. Il le prouvera durant les deux heures que durera notre interview. Arnaud Garnier (son vrai nom), 31 ans, a grandi à Paron, Bourgogne. ­Passé par des centres de formation, il s’est approché des portes du football pro, et a lui-même enseigné à de jeunes joueurs. Pour lui, la manière a toujours plus compté que les résultats. Le football de Séan doit faire « de bons hommes, de bonnes valeurs ». Mais dans le sport qui le pas­ sionne, pour la plupart de ses acteurs, le score est roi et l’adversaire doit être battu. Ce n’est pas son football. Il s’en persuadera définitivement en 2005. Match de coupe de France avec son équipe de Sarcelles, un joueur assaille sa cheville, et lui brise, d’un tacle qui n’en a plus le nom. « Ce terrain-là n’est pas pour moi, je me barre ! » C’est à une carrière professionnelle qu’Arnaud, joueur prometteur, dit adieu. Et à cette sensation intérieure, essentielle, que lui procure le public dans le stade.

Comment combler le manque ? « Afin de revivre ça, j’ai retrouvé d’autres terrains, explique-t-il. Tout d’abord à Sarcelles, où j’habite alors. C’était un environnement un peu brut pour un gars comme moi, ­timide, qui venait de la campagne. En centre de formation j’avais évolué avec des mecs de cité, j’avais les codes. En bas de chez moi, c’était le Bronx, mais tout le monde me respectait, parce que je savais jouer au foot. » Ses gestes techniques en font un phénomène du quartier. Tresses plaquées sur la tête, on le surnomme « Sean Paul », en référence au toaster jamaïcain équipé du même tunning crânien. Et quand ses aptitudes de freestyler le mènent vers ses premiers shows officiels, c’est le surnom de Séan qu’il adopte. « Ce personnage avec ses tresses, ça passait crème, c’était stylé. On me demandait : “T’es Arabe, Guadeloupéen ?” Je ne cherchais pas la merde, mais je ne me laissais pas marcher sur les pieds. J’étais entre les deux, ça m’a aidé à construire mon caractère dans le freestyle. » C’est un style et des aptitudes rares que Séan développe, quittant la périphérie de Paris à la découverte de nouveaux terrains pour s’améliorer, et observer, toujours. « Chacun de ces terrains avait son propre langage, que je devais apprendre. » Aux abords de la Tour Eiffel, il y étudie les danseurs hip-hop qui font le 51


« Qu’est-ce qui crée de l’émulation, et à quel endroit ? C’était ça, la question à se poser. » Un pro du jeu de tête : ses tresses sont essentielles au personnage Séan. Il adore se faire coiffer à l’étranger, un autre moyen d’échanger avec les populations locales.

show et intègre des codes de la danse à son freestyle. Sur les spots du Champ de Mars, les jeunes le mettent au défi : « Ça ne sert à rien sur un terrain ce que tu fais ! » Séan leur répond par un jeu qui ­impressionne. « Avec eux, c’était encore un autre langage. J’ai compris ce qu’il ­fallait travailler pour sortir du lot et être le meilleur. Qu’est-ce qui crée de l’émulation, et à quel endroit ? C’était ça la question à se poser. » Séan se fabrique un personnage, fait de sa connivence avec le ballon un spectacle, y intègre le public, l’épate autant 52

qu’il le sollicite. Son nouveau centre de formation est la rue. « Si tu es nul, le ­public ne s’arrête pas pour te regarder, et dans un match de quartier, si tu perds tu sors. » De sa formation d’hier, académique, Séan exploite le meilleur. « Au centre de formation j’ai appris l’exigence du professionnalisme et de l’élite. Toujours se perfectionner, aller plus haut. » Le football urbain a d’autres réalités. En 2006, un match de futsal avec ses quatre coéquipiers tourne au massacre. L’aller fut tendu, Séan et ses potes sont attendus. « J’arrive dans l’endroit, le gymnase com-

mence à se remplir, la vibe est bonne. Puis de l’hostilité se fait sentir. Quand je ressors des vestiaires avant le match, c’est blindé. On gagne 5-0, je mets 4 buts. Je suis archi physique, je mixe le futsal avec mes nouvelles techniques de freestyle. À la fin du match, un mec me jette une bouteille de bière, et le public descend sur nous, pour nous tabasser. Je passe une nuit à l’hôpital. Voilà... » Voilà ? Séan ­analyse l’agression à sa manière, cette ­notion de donné-rendu toujours présente. Recevoir du public, l’essence assumée de sa démarche. « Quand on m’a pété la THE RED BULLETIN


Ce ballon à flammes est une création de Séan, un urbanball que s’arrachent les fans de foot freestyle.


« Je représente beaucoup plus de monde qu’un joueur star comme Neymar. » Monumental. Titré Champion du monde de football freestyle en 2008, Séan s’est depuis fait connaître dans le monde entier avec un style unique, nourri au contact des performeurs de rue.

c­ heville, ce n’était pas moi qu’ils taclaient, mais le football. Là, ce sont mes dribbles qui ont engendré cette réaction, un pouvoir particulier que j’avais. Du coup, il fallait que j’apprenne à m’en servir. » Pas du genre perso, Séan persévérera en équipe, créant le team S3 (pour « Street Style Society »), réunissant différents talents spectaculaires, d’abord un pro du street basket (Ice The Flow) et un danseur (Andreas), avec lesquels il enchaîne les prestations. « Nous voulions vivre de notre passion et progresser. Faire passer un bon moment aux gens, dialoguer. Pour dialoguer il faut savoir parler, aussi avec le corps. Ce qui fait que je voyage partout aujourd’hui, c’est que dans mon show, je dialogue plus que les autres. »

S

éan endosse une stature internationale en gagnant, en 2008, le Red Bull Street Style, plus grand tournoi au monde de football freestyle. São Paulo, au Brésil, accueille la ­finale. « Je m’étais entraîné comme un acharné pendant deux ans, pour ça. Dans le jury, tu avais une autorité du foot, ­Bebeto, du futsal, Falcao, du freestyle, ­Edgar ­Davids, et du breakdance, Crazy Legs. Les meilleurs dans leurs disciplines. » En demi-finale, Séan l’emporte sur un local, et s’ouvre la voie vers l’ultime duel. « J’ai gagné la finale avec des gestes interdits, en utilisant les mains. Pour moi c’était bien du freestyle, un espace d’expression avec le ballon. » Titré, Séan devient lui-même une autorité, et sa passion une carrière. Nous sommes trois ans quasi jour pour jour après sa cheville brisée, sa décision de quitter le football « classique ». Son entourage familial comprend enfin Séan, le désormais champion du monde de football freestyle. Un titre qu’il remet en jeu deux ans plus tard, en Afrique du Sud, dans le cadre de la même compétition, avec, cette fois, la pression de l’entourage. « Les gens comptaient sur moi », dit Séan, qui atteint les quarts de finales sous les yeux de son frère présent à Cape Town. « Ce jour-là, je n’y suis pas arrivé. Quand je réussis, je le fais vraiment, et quand je me loupe, c’est pareil. Soit la magie est avec moi, soit contre moi. Là, je me suis loupé. C’était la honte, le clash dans ma tête. » Du titre mondial à la remise en ques­ tion, en deux ans, Séan a vu son quotidien muter : sponsors, agents, interviews... et

moins de ballon. « Les compétitions devenaient plus techniques qu’artistiques, et je recherchais toujours cet échange avec le public. Si je restais dans le circuit des compétitions, en cas de victoire, je touchais les gens, mais dans la défaite ? Je les perdais. » Pour continuer à se booster aux réactions du public, Séan veut se cons­truire un nouveau stade. Il sera digital. Chacun de ses voyages, de plus en plus fréquents, pour des shows privés, dans le cadre d’événement, ou dans la rue au contact des populations locales, donne lieu à une vidéo, qu’il partage sur ses plateformes, hyper visitées. 1,2 millions de followers sur Instagram, 1 million sur ­Facebook, plus de 600 000 sur YouTube. Le public rend aussi à Séan sur le online. En réel, au Pakistan en novembre dernier, 3 000 personnes se pressent pour assister à la performance du Français, annoncé deux heures auparavant seulement. N’évoluant dans aucun club, Séan est une icône du football, connu partout sur la planète. « Avec le personnage de Séan, j’ai appris qui je suis. Il est devenu mon propre décodeur », analyse l’homme aux tresses, capable de feinter des monstres du ballon rond tels Neymar ou Zidane. « J’ai deux façons d’aborder ces joueurs en un contre un. En tant qu’Arnaud, le fan, ou en tant que Séan, le tueur. Séan doit faire son show, face à Neymar ou n’importe qui. » Ce qui le motive chez les rois du football ? « Je veux que les freestylers soient aussi reconnus que les stars du foot. Pourquoi sont-ils aussi connus ? Parce qu’ils jouent au sport le plus populaire du monde... mais en vrai, le sport le plus populaire, ce n’est pas le football, c’est le street football. Tu as plus de gens sur la planète qui jouent dans les rues qu’à 11 sur un terrain. Je représente beaucoup plus de monde qu’un joueur star comme Neymar », dit l’athlète, sans un soupçon de prétention. « Je veux la justice », poursuit-il, en souriant. Comment ? En lançant une coupe du monde de street football ? « Voilà ! Je veux créer des compétitions, des plateformes d’expression, pour des mecs comme moi, qui avaient un avenir dans le football, mais qui n’ont pas été compris. » sean-garnier.com

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HÉROS

« PLACEZ CONSTAMMENT LA BARRE PLUS HAUT » NATALIE DORMER La star de la série Game of

Thrones est le rôle principal du film d’horreur The Forest et peut se surpasser avec ses peurs.

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Tu voles à plus de 3 000 mètres d’altitude, regardes vers le bas et tout devient minuscule – les ­habitations, les arbres et les champs. La tension monte et le doute s’installe. Tu te demandes : « Mais qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi je fais ça ? » Et puis une panique instinctive te saisit au moment de sauter. Le vent te fouette et tu n’en finis pas de tourner. Ce n’est que lorsque le parachute s’ouvre que tout redevient calme. C’est ce qu’on appelle la catharsis et l’exaltation. J’ai en outre beaucoup appris sur moi-même.

Vous ne pouvez cependant pas courir un marathon ou sauter en parachute chaque fois que vous êtes à la recherche d’un nouveau défi. Mon plus grand défi reste le travail. Si tu décroches le bon rôle, il ne te reste plus qu’à continuer et progresser. Il faut constamment placer la barre un peu plus haut. Cela vaut aussi pour Game of Thrones, bien que j’y joue depuis cinq ans déjà. À chaque nouvelle saison, les créateurs de la série repoussent toujours plus loin les limites des personnages. D’autre part, la vie nous réserve également ses surprises que nous ne pouvons prévoir. Par exemple, j’ai été victime de harcèlement moral

« JE RECHERCHE DANS TOUS LES CAS CE QUI M’EFFRAIE, CAR C’EST LA SEULE FAÇON POUR MOI DE GRANDIR INTÉRIEUREMENT. » Vous seriez alors prête à le refaire ? Ça, je ne crois pas. Néanmoins, j’aime les défis. C’est d’ailleurs un élément important de ma personnalité. Si j’ai peur de faire quelque chose, c’est une raison de plus pour passer à l’acte – que je fasse du parachutisme, coure un marathon ou tourne un film d’horreur pendant cinq semaines où je suis présente dans ­quasiment toutes les scènes. Je recherche dans

en moi et je ne voulais pas les décevoir. Combien de temps avezvous couru ? 3 heures 50, ce qui est plutôt bien pour un premier marathon. J’espère que cela pourra se reproduire en avril, si mon emploi du temps le permet. Je courrai cette fois-ci pour l’organisation « Childline » qui vient en aide aux jeunes en situation difficile, en leur proposant une assistance gratuite.

à l’école. S’il t’arrive de vivre des moments durs comme celui-là, tu ne peux être que reconnaissant lorsque les choses tournent bien. C’est peut-être un cliché d’affirmer « ce qui ne te tue pas, te rend plus fort », mais c’est ce qui s’est passé pour moi. Et quand bien même ce vécu te tuerait presque, tu en ressors plus fort si tu te ressaisis. Rüdiger Sturm childline.org.uk THE RED BULLETIN

DAVID ROEMER/TRUNKARCHIVE

T

he red bulletin : Dans The Forest, vous partez à la recherche de votre sœur jumelle dans une mystérieuse forêt japonaise. Et vous voilà poursuivie par des esprits et des démons. Dans la vraie vie, quelle est l’expérience la plus terrifiante que vous ayez vécue ? natalie dormer : Eh bien, justement, ce film. Car c’est mon premier rôle au cinéma après onze ans de carrière. Mais la situation où je n’ai encore jamais eu aussi peur est lorsque j’ai sauté d’un avion en parachute, il y a quelques années. Qu’est-ce qui vous a poussé à le faire ? Un chagrin d’amour. À ce moment là, je faisais le deuil d’un amour perdu et me sentais indifférente à tout. Afin de faire face à mes démons intérieurs, j’ai essayé le parachutisme. Je voulais ainsi m’effrayer pour m’en sortir et me sentir à nouveau vivante. C’est aussi la manière dont agit une des sœurs jumelles que j’interprète dans le film The Forest. Qu’avez-vous ressenti lors de ce saut en parachute ?

tous les cas ce qui m’effraie, car c’est la seule façon pour moi de grandir intérieurement. Quitter sa zone de confort de temps en temps ne fait pas de mal. Quel conseil donneriez-vous aux futurs marathoniens ? Vous pouvez courir un marathon de manière efficace si vous vous levez à 5 heures du matin et partez courir deux heures avant d’aller travailler. Tout est une question de préparation, de discipline et de dévouement. La motivation est également très importante. Je l’ai fait pour une cause qui me tenait à cœur, c’est à dire pour une organisation caritative destinée aux enfants. Des gens ont placé leur espoir


Natalie Dormer, 34Â ans et anglaise, est convaincue que les expĂŠriences les plus difficiles Ă vivre nous rendent plus forts et plus vivants.


Vaincre la peur avec curiosité et ­enthousiasme. Pour George Kourounis, la vie commence à être intéressante dès que l’on sort de sa zone de confort.


« J’EMBRASSE LA PEUR AVEC DE LA CURIOSITÉ » GEORGE KOUROUNIS chasse des tornades, aussi des anacondas et s’est marié aux abords d’un volcan en activité. Le documentariste le plus extrême du Canada sait comment se jouer des phobies.

P

our lui, il fait beau à partir du moment où les vents sont de force 10, soit des conditions dantesques. Rares, les activités de George Kourounis l’entraînent d’une situation extrême à une autre. Dans son émission télé Angry Planet, il filme des cyclones et des animaux féroces, et s’enfonce dans les grottes les plus sombres de la Terre. Le Canadien connaît très bien la peur. Et il sait comment la surmonter.

the red bulletin : « Je ne peux pas là, je dois intercepter l’ouragan Erika », c’est ce que vous m’avez répondu lors de notre tout premier contact. Le cyclone a fait des ravages dans l’océan Atlantique, détruisant tout sur son passage. Pourquoi ­cherchez-vous le danger ? george kourounis : Je ne l’ai finalement pas trouvé, la tempête s’est calmée et j’étais déçu (rires). Non, sérieusement. Ce n’est pas le danger qui m’attire. Je chasse des tempêtes parce qu’elles me fascinent. De plus, quand on THE RED BULLETIN

sait ce qu’on fait, c’est moins dangereux. Avez-vous peur parfois ? Bien sûr que j’ai peur. Et malgré tout, vous vous mettez en danger. La peur me tient en haleine. Sans elle, on se sent trop sûr et l’on fait des erreurs. J’embrasse la peur. La peur n’a-t-elle pas plutôt tendance à paralyser ? La peur est dans la tête et il faut la contrebalancer. Idéalement, avec la curiosité. Donnez-nous un exemple. Prenons la phobie des ser-

apprendre sur sa peur, pour pouvoir la contrôler. Quand cette méthode vous a-t-elle servi pour la dernière fois ? Récemment, j’ai tourné un film sur les ours polaires. Nous étions assis dans la toundra, à 20 mètres environ d’un mâle. Les mâles sont réputés pour être très agressifs. J’avais donc recherché toutes les informations imaginables sur ces animaux fascinants. Et l’un de mes amis, que j’appelle le « murmureur aux oreilles des ours », m’a expliqué comment me comporter pour survivre. Et comment ? Dès qu’un ours tombe sur vous, tout est une question de

L’astuce reste la même. Au lieu d’être embarrassé, montrez-vous enthousiaste. De toute façon, la plupart du temps, on est invité à parler sur des thèmes que l’on aime. Il faut communiquer cet enthousiasme au public. Si cela ne fonctionne pas la première fois, pas d’inquiétude, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. À propos d’inquiétude : n’avez-vous jamais de scrupules à l’idée que des gens puissent suivre votre voie et se mettre en danger ? Je ne peux empêcher personne de m’imiter. Chacun doit donner un sens à sa propre vie. Le mien est de

« SI L’OURS POLAIRE HÉSITE, FAITES UN PAS OU DEUX VERS LUI ET GROGNEZ. VOUS MONTREZ AINSI VOTRE DOMINATION. » pents. Cherchez un aspect intéressant chez eux. La peau souple, par exemple, ou la dentition, peu importe. Ensuite, procurez-vous autant d’informations que possible sur cet aspect et sur les serpents en général. La curiosité doit dépasser la peur, et c’est précisément ce qui se passe dans le cadre d’une recherche intensive. Je vous le garantis. Les gens ont uniquement peur de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est pourquoi il faut tout

timing. Si vous constatez que l’ours hésite, faites un pas ou deux vers lui et grognez. Puis restez immobile. Ensuite, répétez le processus. Vous montrez ainsi votre domination. Il ne faut en aucun cas hésiter, se retourner ou même s’enfuir. Sinon l’ours passe immédiatement à l’attaque. À quoi me sert-il de savoir cela si je ne rencontre habituellement pas d’ours ? Si, par exemple, j’ai peur de parler en public ?

parcourir les endroits les plus extrêmes du monde, de rencontrer les animaux les plus féroces, de chasser les tempêtes les plus dangereuses et de filmer chacune de mes expériences. Voici peut-être ma leçon : il se passe des choses merveilleuses quand on sort de sa zone de confort. C’est à partir de ce moment que la vie devient intéressante. Muhamed Beganovic stormchaser.ca

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Super vilain dans la série de bikers Sons of Anarchy, Monsieur Ron Perlman, 65 ans, se régénère avec son autobiographie.


« VOUS ÊTES CE QUE VOUS FAITES » RON PERLMAN est l’une des plus belles gueules

cassées de Hollywood. Et selon lui, tout le monde devrait écrire son autobiographie.

MAARTEN DE BOER/CONTOUR, SONY MUSIC

T

he red bulletin : Mister Perlman, comment se construit-on une carrière aussi belle que la vôtre à Hollywood ? ron perlman : Vous n’allez pas le croire mais ce n’est pas quand on travaille que l’on se construit une carrière. Mais plutôt quand on ne bosse pas. On aurait imaginé l’inverse. Je n’ai jamais été aussi heureux qu’en résolvant des énigmes créatives. Je pouvais bien être fauché ou avoir des problèmes personnels, j’étais quand même content. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Vous voulez me faire plaisir ? Donnez-moi un casse-tête créatif à résoudre. Qu’est-ce qui vous rend si heureux là-dedans ? C’est simple : on est ce que l’on fait. Faire quelque chose, c’est donner un sens à sa vie, faire partie de la société. Ça vaut peut-être pour un acteur ou pour ceux qui travaillent dans la pub mais... … non, c’est très courant chez les hommes, ce besoin d’exercer une certaine influence. Si un homme ne fait rien, il se sent inutile. Mais vous avez dit au début que c’était justement les moments où l’on ne travaille pas qui comptaient. Qu’y a-t-il de si bien à se sentir inutile ? Rien. Mais le truc ensuite, c’est de réussir à se sortir de là. Des phases de frustration de ce genre, j’en ai connu un sacré paquet, et elles duraient souvent des années. Pendant un temps, j’ai pensé THE RED BULLETIN

que la seule chose de bien chez moi, c’était qu’on me confondait souvent avec Tom Waits. Et puis tout d’un coup, à 50 ans, je me suis secoué. C’était il y a 15 ans et depuis, ça va. Il a donc fallu que je tienne le coup jusque-là, jusqu’à ce que Jean-Jacques Annaud m’appelle pour me dire : « Allez viens, on tourne Stalingrad ! » Vous venez d’écrire un livre sur votre vie, Easy Street (The Hard Way). C’est une confession très personnelle… Vous savez quoi ? Tout le monde devrait avoir écrit un livre à 65 ans. Peu importe que tu sois célèbre ou non, écris ton autobiographie ! C’est un truc qui te force à réfléchir profondément à ta vie. Tu vois ce que tu es devenu, par où tu as commencé et où tu en es aujourd’hui. Et tu sais si le monde sera meilleur après ton passage que lorsque tu y es arrivé. Et encore une chose : une autobiographie, c’est un manifeste. « Eh, regardez-moi, voilà qui je suis. Voilà ce en quoi je crois, voilà ce qui compte pour moi. » En fait, c’est ça qui est important dans la vie. Et pas toutes ces conneries qu’on te rabâche depuis tout petit comme « tant qu’on a la santé » ou ce genre de truc. Ce qui compte c’est de savoir ce qui est important pour toi et d’avoir les couilles de le revendiquer et de vivre ta vie en fonction de ça. Holger Potye (Interview réalisée dans le cadre du festival de télévision de Monte-Carlo.) twitter.com/perlmutations

Foxes, 26 ans, bijou pop : « Suivez vos rêves ! »

« DÉDIEZ-VOUS À VOTRE PASSION » FOXES serait esthéticienne aujourd’hui si un ­ ppel n’avait pas changé sa vie. La popstar a nous explique pourquoi il faut suivre ses rêves. the red bulletin : Vous devez votre carrière à appel ? foxes : Oui. J’ai grandi à la campagne. Là-bas, tout le monde se moquait de moi quand je disais que je rêvais de devenir chanteuse. Le jour où je devais commencer ma formation pour devenir esthéticienne, ma sœur m’a téléphoné et m’a dit : « Déconne pas, la musique, c’est ton truc ! Viens chez moi à Londres et tente ta chance ! » Et c’est ce que j’ai fait. Aujourd’hui, vous êtes une popstar. Mais vous n’avez pas eu peur à 18 ans de tout quitter pour suivre votre rêve ? Bien sûr que si. Mais c’était stupide. Aujourd’hui, je sais une chose : il ne faut pas hésiter à quitter son job si on ne s’y plaît pas. Il faut suivre ses rêves, même si on risque de se planter. C’est un peu facile à dire à votre place, non ? Mais non ! La stabilité ne rend jamais vraiment heureux. Si vous ne vous dédiez pas à votre passion, vous le regretterez. Florian Obkircher Nouvel album : All I Need (Epic) ; iamfoxes.com

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Le pouvoir de la confiance Estrella Navarro sait apprécier le rôle essentiel que joue la confiance en soi. Grâce à elle, cette apnéiste (mais pas que) mexicaine a atteint 69 mètres sous les mers sans bouteille d’oxygène, en effaçant quelques records. Texte : Alejandro Serrano  Photo : Miko Lim


Navarro nage avec un requin-baleine dans la baie de La Paz, nichée à l’ouest du Mexique.

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En plus de sa passion pour la plongÊe, Navarro s’exprime dans la biologie marine et dans le mannequinat.


« La plupart du temps, en surface, j’ai peur. Dès que je mets mon visage sous l’eau, la peur disparaît. »

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O

n dit que les premières expériences d’un bébé définissent le reste de sa vie. Estrella Navarro prouve l’adage. Grâce à son père Carlos, entraîneur de natation, Estrella a commencé à nager avant de savoir marcher. Et aujourd’hui, cette biologiste marine est la meilleure apnéiste du Mexique. Elle sait retenir son souffle plusieurs minutes sous l’eau, à des ­profondeurs de plus de 50 mètres. La maîtrise des techniques respiratoires est essentielle pour pouvoir rester sous les eaux aussi longtemps sans bouteille d’oxygène. Pour Estrella, la confiance est le principal atout dont un apnéiste doit pouvoir disposer. Sans elle, peu importe que vous maîtrisiez ou non les ­techniques de respiration.

Pas à pas Elle n’avait que quelques jours lorsque son père la plongea dans une piscine. « J’étais encore un bébé quand j’ai commencé l’apnée, et j’ai appris à nager avant de savoir marcher. Certains bébés commencent à nager naturellement, c’est comme ça que tout a commencé pour moi. » Bien avant de savoir parler, ­Estrella savait retenir sa respiration, comme une pro, grâce à son père qui l’encourageait à faire la compétition avec son frère aîné. « Elle retenait son souffle plus de trois minutes », rembobine-t-il fièrement. Les années ont filé. Estrella est devenue une nageuse confirmée, et une rencontre a précipité son destin de championne. « J’avais 25 ans quand j’ai rencontré Aharon Solomons, l’un des meilleurs entraîneurs de plongée en apnée », sourit-elle. L’Anglais expérimenté va lui permettre de franchir un palier. « Je faisais ma petite route quand Aharon m’a vue nager. Il m’a dit qu’il était épaté par mon style de natation et mes capacités à compenser mes oreilles – un plongeur doit être ­capable d’équilibrer la pression de l’oreille interne lorsqu’il est sous l’eau – et qu’il était capable de faire 66

Estrella fait corps avec sa combinaison dans la baie de La Paz. Ci-dessous : plongée sur le site de l’île Espíritu Santo, la plus grande île de l’archipel de Vanuatu.


« J’ai appris à nager avant de savoir marcher. »

de moi la championne du Mexique en peu de temps. » Aujourd’hui encore, elle s’étonne de la situation. « J’ai trouvé fou qu’il vienne me voir pour me dire ça, et je lui ai demandé quand on commençait l’entraînement. » « Demain ! », lui a lancé Solomons. Effectivement, le duo s’est mis au travail dès le l­ endemain. La confiance que Navarro a en elle vient certainement de la foi inébranlable qu’elle avait en cet entraîneur respecté. Quand elle était étudiante, elle avait assisté à l’un de ses cours, puis elle a fini par ­admettre que, puisqu’il lui faisait tant confiance, elle THE RED BULLETIN

pouvait en retour croire en ce qu’il voyait d’elle. Il lui suffisait donc de suivre son enseignement. « Je connaissais Aharon de réputation et j’ai toujours ­voulu faire de la compétition. Quand il m’a dit que je pouvais devenir une championne, j’ai tout de suite eu e­ nvie de le croire ». Les résultats parlent rapidement pour elle. « Comme il l’avait dit, après trois mois d’entraînement, j’ai battu le record du Mexique. » Estrella Navarro deviendra même la première Mexicaine à remporter une médaille aux championnats du monde d’apnée, du bronze en poids constant. 67


« Sous l’eau, je pèse le poids d’une plume, je peux bouger n’importe où. C’est comme si je volais. »

Exploration des eaux de l’île Espíritu Santo.

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« Ce jour-là, je suis descendue à 50 mètres. » Depuis, Estrella Navarro a battu le record mexicain en apnée statique et remporté deux médailles internationales.

Une lente plongée dans l’obscurité D’abord, Navarro a dû apprendre le fonctionnement du corps humain, dans l’eau mais aussi hors de l’eau. « Avant que l’apnée m’enseigne les techniques de relaxation, je pouvais retenir ma respiration pendant trois minutes et vingt secondes. Puis Aharon m’a montré comment respirer pour que je consomme l’oxygène plus efficacement. C’était la clé. La respiration est à l’intersection du corps, de l’esprit et des émotions. En l’utilisation pour me détendre, j’ai été en mesure d’optimiser ma consommation d’oxygène. Je suis parvenue à tenir quatre minutes. » Dès lors, Navarro avait le potentiel pour gagner. Sa progression s’est poursuivie main dans la main avec le risque. Pour progresser, elle a dû faire un pas dans l’inconnu. Elle confesse : « J’ai eu très peur. Dans l’apnée, on doit développer sa force mentale. Plus on descend sous l’eau, plus l’ambiance devient sombre, obscure. On ne croise plus que des ombres. »

« Ils m’ont ­a idée à croire en ce que ­j ’allais ­a ccomplir. La confiance, c’est tout. » ­ rogressivement, la Mexicaine en a fait son terrain de P jeu. « La plupart du temps, j’ai peur tant que je suis en surface. La peur disparaît quand je me détends et que je plonge mon v­ isage sous l’eau. Je suis plus à l’aise dans l’eau qu’à la surface. » Se retrouver à 60 mètres de profondeur est une chose déjà difficilement ­envisageable, même avec des bouteilles, pour les non-initiés. « C’est physique et physiologique, explique-t-elle. On y trouve plus de liberté de mouvement. Quand vous êtes sous l’eau, le réflexe d’immersion, qu’ont en eux les mammifères, se déclenche en plongée. Tous vos muscles se relâchent, même mon dos abandonne sa tension naturelle. Je peux me déplacer sans effort, je suis totalement en apesanteur. C’est comme si je ­volais. » Pour ressentir ce niveau de liberté sous l’eau que bien peu d’humains atteignent, Estrella s’entraîne cinq jours par semaine : en mer, en piscine pour la ­natation. Et aussi sur terre, chaque jour elle médite. « En compétition, on doit calmer son esprit pour avoir aussi peu de pensées que possible, afin d’utiliser moins d’oxygène. » Le fait qu’elle ait eu confiance en sa capacité à atteindre ses objectifs en apnée est dépendant de sa capacité à se maîtriser, physiquement et mentalement. Elle est devenue maîtresse des profondeurs dès qu’elle a chassé la peur.

Reprogrammer son cerveau

À Balandra Beach, au Mexique. Bientôt à l’eau.

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« Puisqu’on m’a dit, comme à un enfant, que je suis capable de faire certaines choses, j’ai été capable de reprogrammer mon cerveau. C’est vraiment important que les entraîneurs communiquent cette confiance. Vous avez beau avoir une technique meilleure que celle de vos concurrents, si vous n’avez pas confiance en votre capacité à gagner, vous n’arriverez à rien. C’est là que se fait la différence ». Estrella ­Navarro a pu s’appuyer sur la confiance de son père et celle de Solomons pour réveiller la totalité de son potentiel. « Ils m’ont aidée à croire en ce que j’allais accomplir. La confiance, c’est tout. Quand je coache les autres, j’axe l’essentiel de mon enseignement sur le travail mental. Quand les gens croient en vous, quand ils disent que vous pouvez le faire, de ­nouvelles portes s’ouvrent. » Et quand l’esprit croit, le corps peut. Limpide. estrellanavarro.com


« En 2015, c’est Fatboy Slim qui a inauguré le festival le soir de l’appareillage du navire au port de Miami. »

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IAN WITLEN/THECAMERACLICKS.COM

Chaqu e h i ve r, le bateau de cro is i è re MS C Divina se transfo r m e e n b o îte de nuit flottante. À son b ord , 4 000 rave rs fo nt la teuf 3 jo urs d u rant, cou rt vêtu s ou dég u i sés, ta n dis que la crème d es DJ ’s jou e p ou r ses fa n s. P h oto g raphe officiel du festival Holy S hi p, I a n Witle n explique po urqu o i faire la b rin g u e e n hau te m e r est plus f un que s u r l a te rre fe rme.


TEUF EN HAUTE MER


« Aux Bahamas, les ravers accèdent par Ferry à la plage où des festivités. »

« Se déhancher sur le son du duo Galantis (à droite) ou chiller dans l’une des 12 piscines du navire : le Holy Ship offre l’embarras du choix. »

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L

a brochure du bateau de croisière MSC Divina vante une atmosphère familiale, avec ses centres aquatiques et ses temples dédiés au bien-être. Chaque semaine, le colosse – 330 mètres de long, 18 ponts – quitte le port de Miami pour acheminer ses passagers jusqu’aux plus belles plages des Caraïbes. Mais deux week-ends par an, en hiver, le ­paquebot de luxe est pris d’assaut par le festival Holy Ship et ses 4 000 visiteurs qui, 3 jours durant, y décrètent l’état ­d’urgence. Plus de cent DJ’s, dont Robin Schulz, Disclosure et Skrillex, sont chargés de mettre l’ambiance. Le pont piscine est transformé en dancefloor tandis que les ravers vont et viennent en tenue de plage, entre leur cabine, les clubs et les jacuzzis. Ceux dont l’humeur festive vacille se rabattent sur le casino ou se réfugient au spa afin d’y soigner leur gueule de bois. La destination finale de ce festival électro-aquatique est une île privée idyllique de l’archipel des Bahamas, où les passagers font la fête les pieds dans le sable, aux côtés des stars comme Pharrell Williams. « Le Holy Ship, c’est une aire de jeux pour adultes, explique le photographe américain Ian Witlen, qui a participé aux sept éditions du festival depuis sa création en 2012. Tu t’en rends compte par exemple au petit-déj, quand tu te retrouves entre une sirène et un pirate, perroquet gonflable perché sur l’épaule, ou quand tu réalises que, oui, tu es encore en train de danser… ou plutôt que tu ne t’es jamais arrêté. »

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« TU RÉALISES QUE TU ES ENCORE EN TRAIN DE DANSER OU PLUTÔT QUE TU NE T’ES JAMAIS ARRÊTÉ. » 8 RAISONS D’EMBARQUER Au début de sa carrière, il officiait à bord du navire en tant que journaliste photo pour des magazines de musique comme Rolling Stone et Spin. À 32 ans, Ian Witlen est aujourd’hui le photographe officiel de cette teuf nautique géante. Il nous explique en 8 points pourquoi, avant d’embarquer, il vaut mieux emporter dans sa valise un costume de pingouin et un peignoir.

1. JOUER À LA COURSE EN SAC AVEC LES STARS

« Pendant ce set de Skrillex, un invité est monté sur scène et a demandé sa ­copine en mariage. »

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« Dans les festivals lambda, obtenir un autographe d’un DJ comme Skrillex relève du coup de chance. Tu dois attendre la fin du concert en espérant qu’il s’arrête un moment devant la barrière de sécurité. Puis il file en coulisse ou reprend la route pour monter sur une autre scène. Ça ne se passe pas comme ça au Holy Ship. À part l’hélico, il n’y a aucun moyen de rejoindre la terre ferme. La plupart du temps, les 75


« Le festivalier se lâche sur la musique de Sub Focus dans une ­piscine devenue un dancefloor. »

DJ’s restent à bord du navire tout au long du festival et s’installent dans des cabines au milieu des autres passagers. Tu les croises aux concerts de leurs collègues, au buffet pizza ou, comme Fatboy Slim, à la course en sac. »

2. OUBLIER SON SMARTPHONE « En haute mer, il n’y a aucun réseau. Même quand le bateau jette l’ancre aux Bahamas, tu as intérêt à laisser ton smartphone en mode vol : avec un téléphone américain, un mégaoctet de transfert de données coûte 20 dollars. Depuis l’année dernière, certaines zones du bateau sont équipées d’un réseau Wi-Fi. C’est pratique, mais la plupart des passagers savourent cette abstinence numérique. Ça saute particulièrement aux yeux pendant les concerts : tu ne vois presque personne brandir son portable au-dessus des autres spectateurs pour filmer le show. » 76

3. LA FÊTE NE S’ARRÊTE JAMAIS « En eaux internationales, il n’y a pas de problème de voisinage, ni de couvre-feu. Les teufeurs ne sont pas là pour rester au lit. Les cinq scènes du bateau sont occupées 20 heures par jour. Ceux qui en ont encore sous le pied à 6 heures du mat peuvent continuer à danser à la cantine, un lieu ouvert H24 où, à cette heure-là,

tu trouves toujours quelqu’un qui improvise une fête avec sa sono portable. On peut aussi s’incruster dans une des teufs privées que les passagers organisent dans leur cabine, transformant leur chambre à coucher en mini-boîte de nuit. »

4. VIVRE PLUS SAINEMENT – ENFIN SI ON VEUT « Il y a 4 ans, après un de ses concerts, la DJ Gina Turner a invité le public à participer à ses sessions de yoga. Au début, il n’y avait pas grand monde qui se déplaçait, mais aujourd’hui, jusqu’à 200 personnes délaissent l’after pour une séance matinale de yoga sur le pont supérieur. Le MSC Divina dispose aussi de terrains de basket, de volley, de tennis, et d’un centre dédié au bien-être. Croyez-moi : après une nuit arrosée, il n’y a rien de mieux que de se prélasser en peignoir après un bon massage aux pierres chaudes. »

5. LES STARS DONNENT DE LEUR PERSONNE « En 2014, Pharrell Williams était la guest star du festival. Il est arrivé sur l’île en hélico et s’est produit dans le cadre de la fête organisée sur la plage. Sa prestation THE RED BULLETIN

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«  CEUX Q UI E N ON T ENC OR E SOUS LE P IED À 6 H DU MAT P EU VEN T P R OLON G ER L A FÊT E DAN S L EU R CABIN E. »


« Le port du bikini et des lunettes de soleil est de rigueur, de jour comme de nuit. » « Pharrell Williams était la guest star surprise du festival en 2014. »

à bord du bateau juste après était, elle, vraiment spéciale : il s’est pointé dans un des clubs du navire en demandant à ne pas être filmé. Puis il a branché son smartphone sur la table de mixage et a présenté des titres inédits de son futur album pas encore disponible dans les bacs, notamment Girl, et aussi la version brute de Happy. D’autres DJ’s, comme Skrillex, se prêtent également au jeu : ils débarquent à l’improviste dans les clubs et prennent place derrière les platines. »

6. ÉCHAPPER AU FASTFOOD « On peut commander une pizza ou un hot-dog à toute heure du jour et de la nuit. Mais ceux qui souhaitent éviter la malbouffe du festivalier trouvent refuge au restaurant gastronomique. Le port du maillot de bain n’y est pas admis, on y fait la conversation sur une musique d’ambiance décente. Ce restau est l’endroit idéal pour échapper un instant à la frénésie des fêtes. Une seule exception : la traditionnelle soirée déguisée dite de « l’arche de Noé », lors de laquelle le restaurant est pris d’assaut par une armée de requins et de pingouins. On s’y sent comme Alice au pays des merveilles à l’heure du thé. »

7. LAISSER SA TENTE À LA MAISON

« Les fêtes de T ­ ommy Trash (à gauche) sont les plus déjantées du bateau. Ici, le DJ australien en train de mâcher une main en mousse. »

« Le moment le plus pénible d’un festival de musique : ouvrir la bonne tente à la nuit tombée. À bord d’un bateau, trouver le chemin qui mène à sa cabine n’est pas forcément facile, mais au moins, on n’est pas plongé dans l’obscurité. Autre avantage : ce n’est pas un bus plein à craquer qui nous achemine vers notre humble demeure, mais l’ascenseur. Une fois qu’on a goûté au confort d’un bateau de croisière, on se rend vite compte que les vertus régénératrices d’une tente sont relativement limitées. Les 1 700 cabines du navire certes étroites, sont équipées de lits et de douches. Les plus exigeants d’entre nous peuvent jeter leur dévolu sur la suite de luxe Sophia Loren et sa piscine privée, personnellement aménagée par l’actrice. »

8. VOYAGER LÉGER « La tenue de rigueur au festival Holy Ship est le maillot de bain et le bikini, du matin au soir, et du soir au matin. De nombreuses piscines sont accessibles la nuit. Les ravers en profitent pour piquer une tête avant de repartir à l’assaut du dancefloor sans avoir à se changer. Dans les festivals en plein air, la nuit, il vaut mieux ne pas avoir oublié sa petite laine. Quand tu commences à frissonner sur le pont, il suffit de passer à l’intérieur où les clubs surchauffés n’attendent que toi. » Prochaine édition en janvier 2017 : holyship.com

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DE LA BOUE JUSQU’AU COU L’Asie est la destination ultime de l’enduro total. Bienvenue en enfer !

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Pour des sensations extrêmes sur deux roues, rien ne vaut la jungle. Au cœur des contrées sauvages du Cambodge, une aventure à haut risque vous ­attend lors d’une épreuve d’endurance unique au monde…

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VOYAGES

MATOS

MOTEURS

CULTURE

AGENDA

ET SI… 79


ACTION

VOYAGES « Mettez vous sous un sèche-cheveux avec une combi de plongée, ça vous formera », dit Nick.

À FAIRE AUSSI

3 bons plans

S’aérer Cambodge Phnom Penh Envie d’action ? Allez sur : bigadventureco. com

La jungle propose des obstacles hardcore.

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LE CONSEIL DU PRO

« ACCUMULEZ LES KILOMÈTRES AVANT VOTRE DÉPART, CONSEILLE NICK CAPSEY. PLUS VOUS MAÎTRISEZ VOTRE MOTO SUR UN TERRAIN INSTABLE, PLUS VOUS SEREZ À L’AISE QUAND CELA SERA VOTRE PAIN QUOTIDIEN. »

S’élever

Motards ou aventuriers ?

peuvent s’étirer sur jusqu’à 1 250 km mais avec la boue profonde, le sable et les rivières à ­traverser le rythme retombe ­forcément », précise Capsey. L’imprévisibilité du parcours ajoute ­cependant au piment au voyage. « Parfois, la solution dépend de l’initiative d’autrui. Lors d’une récente expédition, la mousson tardive a emporté plusieurs ponts. Sans l’aide de cinq jeunes locaux pour repêcher un canoë coulé et le réparer avec de la boue afin de transporter les huit motos sur la rive opposée, nous y serions encore. » Ainsi, même lorsque la moto n’avance pas cela reste un sport d’endurance. « Le danger vient plus du fait de pousser les gens audelà de leurs limites physiques avec des conditions météo extrêmes », dit Capsey. S’aventurer dans la jungle est une idée séduisante mais avec les kilos supplémentaires à porter et une chaleur tropicale de plomb, la déshydratation guette. Ce défi demande une concentration de tous les instants, comparable à celle qu’impose la haute montagne.

Rien de tel qu’une vue de haut pour apprécier un site. Frayez-vous un chemin en escaladant jusqu’à son sommet la superbe canopée de Kampot. Une aventure du domaine de l’inoubliable. climbodia.com

Plonger Explorez les récifs et la vie sous-marine tropicale des côtes cambodgiennes. ­Expéditions pour Koh Rong Samloem, Koh Tang ou Koh Prins. divecambodia.com

THE RED BULLETIN

IAIN CROCKART, NEIL PETERSEN, GETTY IMAGES

« Voyager en voiture ou à moto offre une manière unique d’apprécier le panorama. Mais en moto, hors route, le paysage se vit plus qu’il ne se contemple. Ce sport repousse les limites de l’extrême, raconte Nick Capsey, fondateur de Big Adventure Company. Vous roulez dans un nuage de poussière debout sur les cale-pieds avec le buste penché au-dessus du guidon. Plus vous allez vite, plus dure est la chute. » Bienvenue au Dirt Bike Adventuring 101, un raid hors normes pour des vacances à moto combinant les sensations fortes du hors route et le meilleur des circuits touristiques, la formule idéale pour une découverte dopée à d’adrénaline. Mais n’imaginez pas être toujours pied au plancher. Sortir des sentiers battus comporte aussi son lot d’obstacles dus à l’environnement – des ­difficultés qu’un réglage moteur ne suffit pas à surmonter. « Nos circuits

Traversez le parc archéologique d’Angkor, inscrit à l’UNESCO, grâce à l’une des plus belle tyroliennes au monde. Le parc encercle le grand temple religieux d’Angkor Vat. treetopasia.com


ACTION

MATOS

À CHACUN SON LUXE

Il est bon de se faire plaisir de temps à autre avec du beau matos. Nécessaire ? Non. Séduisant ? Pour sûr.

La BeoLab 90 (ici, sans son habillage extérieur) bénéficie d’un design total et de fonctionnalités garantissant un son exceptionnel, où que vous soyez dans la pièce.

Bang & Olufsen BeoLab 90 Si vous êtes prêt à mettre le prix pour un son exceptionnel, cette enceinte hors norme est pour vous. Ses 65 kg d’aluminium produisent des basses d’un grave inégalé. La BeoLab 90 élimine l’effet réducteur dû aux meubles, et un faisceau réglable délivre un son pur dans tout l’espace d’écoute. bang-olufsen.com

Parrot Bebop 2 Ce drone ultra-léger et doté d’une belle autonomie ne craint pas les vents contraires. Associée à sa manette autonome, le Skycontroller, la portée du signal passe à plus de 2 km. parrot.com

Casque audio Aedle VK-1 De fabrication française et fait main, ce casque haut de gamme est constitué d’aluminium. Du cuir d’agneau a été dédié à son arceau et aux coussinets de ses écouteurs. aedle.net

Xbox One Elite

FLYTE Magnus

Razer Blade QHD+ Touch

Conçu avec des gamers pros, cette manette ­épurée est programmable, customisable et s’adapte à votre style de jeu. microsoftstore.com

Alimentée par induction, cette ampoule en lévitation ne nécessite aucun contact. Plus chère qu’une ampoule classique, mais plus magique et peut éclairer 5 années en continu. flyte.se

Fin, léger, rapide et une image parfaite sous tous les angles, cet ordinateur portable pour jeux vidéo est le plus performant du marché. Il permet même d’envoyer des e-mails. razerzone.com

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ACTION

MATOS

MONTRES

Par Gisbert L. Brunner

LAME DE FOND

Tudor Heritage Black Bay Le look vintage de cette montre ne révèle rien quant à sa vraie nature. Il serait plus juste de voir en elle l’héritière d’une Rolex ayant l’ambition de redéfinir la montre de plongée. Les éléments de ­design de cette nouvelle variante du modèle ­Heritage tels que le cadran noir bombé inspiré de la montre de plongée Tudor Submariner de 1954, évoque le passé avec plus de prégnance que ses variantes bleue et rouge. En revanche, techniquement elle s’inscrit bien dans la modernité. Son ­boîtier robuste en acier de 41 mm lui assure une étanchéité à 200 m. À l’intérieur, un mouvement automatique ETA 2824 à double rotor fait battre son cœur au rythme de 4 hertz. Sa lunette tournante unidirectionnelle aux marqueurs luminescents renforce la maîtrise des temps de plongée. Cependant il est une chose qui demeure Les bracelets de la ­inchangée : son cadran nouvelle Tudor ­Heritage Black Bay ­et ses aiguilles sont ­représentent un autre hier comme aude ses traits distincjourd’hui conçus avec tifs. Livrée en standard le même objectif preavec bracelet en tissu noir, les clients pourmier : une impeccable ront aussi opter pour lisibilité, sous l’eau et l’acier ou un cuir vieilli en dehors. très élégant. tudorwatch.com

REGARD DANS LE TEMPS

Notre sélection de montres de plongée d’inspiration vintage. Oris Divers Sixty-Five Cet hommage à l’emblématique modèle de 1965 et à son cadran bleu noir est animé par le robuste calibre automatique Sellita SW200, doté d’un boîtier en acier étanche à 100 mètres, d’un verre saphir et d’une lunette unidirectionnelle. oris.ch

Seiko Prospex Diver’s 6309 Ce modèle marque les 40 ans de la gamme 6309. Le boîtier en acier de 44,3 millimètres (étanche à 200 mètres)

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cache un calibre automatique maison, avec une ­réserve de 41 heures. La teinte LumiBrite sur la lunette tournante et les aiguilles augmentent la ­lisibilité. seikowatches.com

Longines Heritage Diver 1967 En acier inoxydable ce modèle s’inspire des sixties, même si la lunette tournante est passée à 42 millimètres. Le boîtier embarque un calibre automatique avec 54 heures de réserve et est étanche à 300 m. longines.com

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ACTION

MOTEURS La Ferrari F12tdf : des performances dignes des circuits.

GRANDES MAISONS À posséder, du vestiaire jusqu’au bar

Zegna habille Maserati Le couturier et le constructeur présentent une nouvelle collection d’accessoires et maroquinerie assortie aux garnitures que Zegna a conçu pour la Maserati Quattroporte et la Ghibli. zegna.com

UNE PERLE RARE

Ferrari veut à nouveau séduire. En privilégiant le chiffre d’affaire et le résultat, Ferrari a fini par être légèrement à la traine côté design. Une anomalie que la firme au cheval cabré vient de corriger avec ce ­modèle de toute beauté. La F12 berlinetta rend hommage au Tour de France automobile dominée par ­Ferrari dans les années 50 et 60. Les chaines de Maranello produiront 799 unités, un cycle suffisamment important pour introduire quelques innovations techniques. Un moteur V12 6,3 L de 769 ch. lui permet

­ ’atteindre 100 km/h en 2,9 sed condes. Elle hérite des étriers de frein monoblocs de la LaFerrari et l’utilisation abondante de la fibre de carbone ­réduit considérablement son poids total. L’aérodynamique plus agressive améliore la portance de 87 % et un système de direction arrière baptisé « Virtual Short Wheelbase » limite les dérapages. De quoi rassurer les propriétaires qui arriveront à destination sans égratigner leur beau bébé.  ferrari.com

Land Rover et Barbour L’intérieur de la F12tdf reste sobre et sportif.

La nouvelle collection textile de Land Rover inclue des vestes et des manteaux du très british Barbour alliant élégance et robustesse. Ci-dessus un blouson de la collection. landrover.com

UNE FORME PARFAITE Une Abarth compacte et compétitrice

Si vous chercher une voiture performante mais néanmoins facile à garer, l’Abarth Yamaha Factory Racing édition va vous plaire. La dernière déclinaison de la Fiat 500 se veut résolument sportive. Le moteur 1.4 T-jet de la 595 développe 160 ch. et est équipée d’un nouveau kit de suspension doté d’amortisseurs Koni avec des ressorts surbaissés. Elle bénéficie en outre de toute l’esthétique Abarth : intérieur cuir, volant à méplat en cuir, pédalier en acier et calandre proéminente. Et si les vitres teintées cachent ces atours, le pot d’échappement Record Monza se charge de la rendre audible.  abarthcars.co.uk

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Set à cocktail Rolls-Royce Le nec-plus-ultra du merchandising auto : cette délicieuse malle à cocktail, conçue avec le palace The Dorchester en 15 exemplaires seulement. Son prix ? À l’image de la marque, bien sûr. rolls-roycemotorcars.com

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ACTION

CULTURE BANDES-­ ANNONCES Des nouveautés médias à ne pas ­manquer.

GAMING Uncharted 4: A Thief’s End

Une bat-armure pour le nouveau Batman, ici en bat-réflexion.

FILM

LE CLASH DES TITANS Batman vs Superman : L’Aube de la Justice ­oppose deux géants de la BD. Tout à savoir sur l’un des plus ambitieux blockbusters de l’année. Batman contre Superman, est-ce possible ? Metropolis se remet à peine des dommages collatéraux causés par l’action héroïque de Superman (Henry Cavill) dans Man of Steel (2013). Des exploits qui agacent Batman (Ben Affleck). « Il est furieux, et songe à ce que Superman fera s’il devient notre ennemi », explique Cavill, tandis que l’ennemi juré de Superman, Lex Luthor (Jesse Eisenberg) joue au pyromane. L’apparence de Batman évolue aussi… Il est grisonnant et porte un costume gris et noir inspiré de Batman : Dark Knight, la BD de Frank Miller. « Je voulais un Batman physiquement marqué par son long combat contre le crime », explique le réalisateur Zack Snyder. Qui sont les autres nouveaux personnages ? Batman vs Superman marque le début de Wonder ­Woman au cinéma, incarnée par Gal Gadot vue dans Fast & Furious, et d’Aquaman sous les traits de Jason Momoa. Et on parlerait de The Flash (avec Ezra Miller). Le film lance la Ligue de Justice en réponse à la série ­Marvel The Avengers de DC Comics. Est-ce le début d’une nouvelle franchise ? Oui, d’où le titre L’Aube de la Justice. Un volet sera consacré à chaque nouveau héros pour former la saga Ligue de Justice. « C’est une seule et même histoire, explique Snyder. Les prochains volets illustrent la création de cette Ligue. » En salles le 23 mars. dawnofjustice.com

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Réputé pour ses graphiques filmiques et ses intrigues haletantes, le jeu ­propose une suite dans laquelle le ­chasseur de trésor Nathan Drake sort de sa retraite pour une mission très personnelle. Disponible sur PS4 ­exclusivement à partir du 18 mars. unchartedthegame.com

LES HÉROS UNIS Les guest héros de Batman vs Superman Wonder Woman Diana Prince, son vrai nom, est une amazone aussi puissante que Superman. Ses bracelets résistent aux balles et sa tiare est une arme redoutable. The Flash La rumeur veut qu’il fasse partie de l’aventure. Barry Allen dans le civil explique à sa mère que The Flash doit sa vitesse à un produit chimique mystérieux. Aquaman Venu d’Atlantis, ce super-héros (alias Arthur Curry) règne sur la vie sous-marine grâce à son ­pouvoir télépathique.

CINÉMA High Rise Tom Hiddleston et Luke Evans sont les héros de cette belle adaptation du roman futuriste de J.G. Ballard sorti en 1975. Un thriller psychologique par Ben Wheatley (Kill List) au cœur d’une guerre de classes violente entre les habitants d’une tour de luxe. Sortie le 6 avril. highrise-movie.tumblr.com

GAMING (bis) Hitman

Wonder ­ oman  : W l’Amazone d’un film fleuve.

Le sixième opus de la série est un ­retour aux fondamentaux. La trame et les détails sur le passé trouble de l’Agent 47 sont délaissés au profit de missions avec des moyens enrichis d’élimination de cibles. Disponible le 11 mars sur PS4, Xbox One et ­Windows.  hitman.com

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ANGE GARDIEN (à partir de CHF 35 par an)

LA CARTE DE SAUVETAGE D’AIR ZERMATT Joue la sécurité lors de toutes tes randonnées: avec la carte de sauvetage d’Air Zermatt. Nous te protégeons dans la Suisse entière, que tu aies besoin d’un hélicoptère, d’une ambulance ou même d’un avion. Et si la nécessité d’un conseil médical ou d’un vol de rapatriement se fait sentir un jour ou l’autre à l’étranger, tu peux aussi te fier à Air Zermatt.

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ACTION

CULTURE

LA PLAYLIST JÓHANN JÓHANNSSON

VINYLE, VIDI, VICI Mettez vos CD et MP3 de côté, le vinyle est de retour. L’une de ces 3 platines à petits prix devrait vous convaincre.

En 2002, ce compositeur islandais sort Englabörn, son premier album qui semble être le fruit d’une jam entre un orchestre de chambre et un robot. L’aspect monumental de sa musique a convaincu plus d’un réalisateur. En 2014, sa BO pour le ­succès Une merveilleuse histoire du temps gagne le Golden Globe. Cette année, l’artiste de 46 ans est bien placé dans la course aux prix avec son « requiem électro » pour la musique du thriller ­Sicario. Il nous confie les 5 bandes originales qui ont changé sa vie. johannjohannsson.com

pragmatique

ION Duo Deck

Ennio Morricone

Miles Davis

Peur sur la ville

Ascenseur pour l’échafaud

« Ses BO de westerns spaghetti, comme Pour une poignée de dollars sont géniales mais je préfère ses œuvres noires des années 70. Il travaillait avec un groupe d’improvisateurs avant-gardistes avec lesquels il a enregistré plusieurs albums fascinants, dont une partie est reprise dans Peur sur la ville. Morricone est le premier à utiliser ses enregistrements studio comme un instrument. »

« Cette BO est exceptionnelle du fait de son improvisation totale. Miles et son groupe se sont enfermés dans un studio et se sont mis à jouer en découvrant les images du film sur un écran. La musique du film a été bouclée en une journée. Excepté Neil Young pour Dead Man, personne n’a ­réitéré cette performance. J’aime cette façon de travailler, j’espère un jour être capable d’en faire autant. »

Bernard Herrmann

Howard Shore

Vertigo

Scanners

« Cette bande-son est à l’origine de mon intérêt pour la BO, et pas seulement grâce à la force du film. La façon dont Alfred ­Hitchcock fait interagir la musique de Bernard Herrmann avec les images du film reste inégalée. Dans ce film, la musique est un personnage. C’est flagrant dans la scène où James Stewart piste Kim Novak. La poursuite devient une danse chorégraphiée. »

« Les films d’épouvante de David Cronenberg ont rythmé ma jeunesse dans les années 80. En boucle, je les regardais sur cassette VHS jusqu’à l’usure. Cette BO était introuvable en Islande. Pour l’écouter, je l’ai enregistrée sur cassette audio en visionnant la VHS. C’est une bande-son ­novatrice qui associe des éléments d’orchestre à de l’électro, une orientation que j’affectionne aussi. »

Goblin Suspiria « Enregistrée par un groupe rock progressif italien, cette BO ­minimaliste de ce chef-d’œuvre de Dario Argento est unique. Une phrase de six notes est répétée crescendo pour créer un effet déstabilisant, mais qui en même temps séduit et hypnotise. J’ai un faible pour les réalisateurs qui prennent des risques en optant pour des bandes originales qui sortent des sentiers battus. »

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Ce tourne-disque ­ ortable convertit vos p ­vinyles et cassettes audio en fichier numérique, que vous pouvez aussi écouter via une connexion USB. ionaudio.com

nostalgique

Crosley Cruiser À l’instar du Teppaz, cette platine et sa ­mallette avec enceinte intégrée, est un idéal compagnon de voyage. Disponible en plusieurs coloris. crosleyradio.com

LE GADGET DU MOIS Titan Reality Pulse

Ce coussinet en forme d’œuf est le tout premier contrôleur virtuel. Son puissant capteur 3D ­reconnaît instantanément les gestes, les ­mouvements et les formes sur une surface de 30 centimètres sur 30. Le Pulse peut ­ reproduire numériquement des ­centaines d’instruments. titanreality.com

mélomane

Audio Technica AT-LP60 Dotée d’un préampli phono, cette platine ­numérise vos vinyles et crée des fichiers en qualité CD. audio-technica.com

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CULTURE

ACTION

CAN ART

DIETMAR KAINRATH

Sous le stylo habile de Dietmar Kainrath

FESTIVAL DE CANETTES

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ACTION

AGENDA SAVE THE DATE Les autres rendez-vous à ne pas manquer

03

mars Salon de l’auto, Genève Depuis 1905, l’un des plus grands salons ­internationaux de l’auto, avec plus de 600 000 visiteurs et plus de cent marques, de Bentley à Tesla. salon-auto.ch

5-13 mars Warmtobel Jam La piste du Warmtobel, Wildhaus Pendant neuf jours, le Warmtobel deviendra le plus grand funpark de Suisse : quelque 3 000 riders amateurs ou professionnels (comme le vainqueur olympique de snowboard Iouri Podladtchikov l’année dernière) s’éclatent chaque année sur la piste truffée de 30 kickers, corners et rails, sans compétition ni pression. L’entrée est gratuite. Et après le freestyle ? Party. snowland.ch

2-10 avril Le Verbier Xtreme

20 février Paul Kalkbrenner

Bec des Rosses, Verbier

Hallenstadion, Zurich

La dernière étape du Freeride World Tour 2016 représente le challenge de la saison des ­meilleurs snowboardeurs et freeskieurs mondiaux comme la double championne du monde Nadine Wallner (photo). Sur le Bec des Rosses, une montagne rocailleuse de 3 223 mètres avec jusqu’à 130 % de pente, les riders doivent convaincre le jury avec des runs fluides et des sauts exigeants. Le Col des Gentianes offre la meilleure vue.  freerideworldtour.com

Depuis qu’il a interprété le rôle, évident, d’un DJ en 2008 dans le film Berlin ­Calling, Paul Kalkbrenner est un phénomène de masse. La BO du film, dont il est l’auteur, a été certifié platine, deux autres disques d’or ont suivi (Icke wieder et Guten Tag) et son œuvre la plus récente, 7, a battu tous les records de vente en une seule semaine.  paulkalkbrenner.net

12 mars Gregory Porter Palais de la culture et des ­congrès (KLL), Lucerne Avec le maillot des Aztecs de San Diego, Gregory Porter était un ­secondeur au football américain craint jusqu’à ce qu’une blessure à l’épaule mette fin à sa carrière sportive. À 44 ans, il s’est fait une place dans le hit-parade avec ses ballades de jazz romantiques et a remporté un Grammy pour son album Liquid Spirit en 2014.  gregoryporter.com

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11

mars Festival du film, Fribourg Le prestigieux festival de films (150 films, 40 000 spectateurs) e célèbre sa 30 édition. fiff.ch

12

mars Glacier Bike Downhill Lors de cette course, les vététistes doivent venir à bout d’un parcours de 8 km et surmonter 1 700 m de dénivelé, à des pointes à 140 km/h. saas-fee.ch

15

mars Badminton Swiss Open L’élite (300 joueurs, 40 nations) s’affrontera à Bâle lors du dernier test de performance avant les JO. swissopen.com

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TERO REPO

30 obstacles sur 1,7 kilomètre : le Warmtobel est un funpark naturel.


PROMOTION

Musthaves ! 1

2

1

MTN LAB

La Mtn LAB est la nouvelle référence pour les fans de la randonnée qui exigent de meilleures performances en descente. Sa coque Ultralight entièrement nouvelle offre un fit irréprochable et un poids limité à 1,6 kg, mais aussi une meilleure transmission de la puissance aux skis grâce à son châssis en carbone et à son oversized pivot. Son chausson Full Custom Fit 3D garantit le fit légendaire de Salomon. L’avenir du fit et de la performance randonnée redéfini. www.salomon.com/ch 2

3

4

SCOTT GOGGLES

Il n’y a aucun doute que la VISION est un paramètre clé de la performance, et c’est la raison pour laquelle depuis plus de 45 ans, nous continuons de faire progresser notre gamme de masques. Notre objectif est d’offrir aux sportifs des équipements innovants qui les inciteront à se dépasser pour atteindre leurs limites. www.scott-sports.com 3

DIDAS SPORT EYEWEAR A WHIPSTART

Les branches aux couleurs gaies ainsi que les verres réfléchissants colorés des nouvelles kumacross 2.0 d’adidas eyewear permettent de faire du sport avec élégance. Le bon ajustement des lunettes de soleil garantit une assise parfaite et accompagne toutes les activités sportives. Grâce à leur design tendance et à leur technologie exceptionnelle, les kumacross 2.0 allient élégance et esprit sportif. www.adidas.com/eyewear​ 4

LYN BEANIE

Le LYN Beanie très mode est disponible dans les teintes auburn, noir et beige. Les petits détails comme l’ancre au verso ou le message sur l’étiquette font de ce chaud couvre-chef le compagnon parfait durant l’hiver. Comme tous les articles Love Your Neighbour, les Beanies soutiennent aussi les gens dans le besoin. loveyourneighbour.ch


ACTION

AGENDA LA NUIT AUSSI Le kit du ­coureur ­nocturne.

LED Lenser Neo Une lampe frontale abordable, légère, confortable et de bonne portée. En 5 coloris.

Puma Running Night Cat T-Shirt

À toute heure : Wardian en tête du Wings For Life World Run 2015 en Australie, de nuit.

UNE TOUTE AUTRE ALLURE

Grâce à des réflecteurs situés à 360°, vous ­serez ­visible sans passer pour un clown.

C’est sous le soleil de Floride que l’Américain a remporté en 2014 son premier Wings for Life World Run. En Australie, à Melbourne, l’année suivante, il gagne à nouveau et de Michael Wardian, nuit, en améliorant sa 41 ans, un récidiviste. distance courue de treize kilomètres. Au départ, courir de nuit ne le rassurait pas. « Serai-je capable de trouver mon chemin, de voir correctement ? Qui m’aidera s’il m’arrive quelque chose ? La nuit, les animaux sont sur la défensive. » Autant de doutes que la préparation et un équipement adéquat ont rapidement dissipé. « Quand je cours la nuit, tous mes sens sont en éveil et l’activité corporelle atteint des sommets. Je me sens comme un superhéros doté de pouvoirs extraordinaires. Et je suis excité comme un gamin qui partirait à l’aventure en laissant tout le monde croire

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qu’il dort sagement dans son lit alors qu’il gambade dehors. Ces sensations procurent à l’entraînement un supplément d’énergie. » Les virées nocturnes de Michael Wardian sont parfois de sacrés raids. « Il m’arrive de courir 5 à 6 heures d’affilée. Et de nuit, la ville prend une toute autre allure. » À ceux qui voudrait l’imiter, il livre un conseil-clé. « Pour courir de longues distances quand il fait sombre, il faut s’habituer à s’alimenter à toute heure du jour et de la nuit. » Pour l’édition Wings for Life World Run 2016, Michael Wardian prendra le départ au Japon, à Takashima, au bor du lac Biwa, à 20 heures précises. Le 8 mai 2016, si vous n’êtes pas dans l’une des 34 villes qui participent à Wings for Life à ­travers la planète, dont fait partie Rouen pour la France, téléchargez l’appli (iOS et Android) pour échapper aux voitures-balais virtuelles. wingsforlifeworldrun.com

Garmin Forerunner 620 Une montre GPS pour bien évaluer la distance de nuit et lire ses ­données avec le rétroéclairage du cadran.

Puma FAAS 600 S V2 Pour tout type de c­ oureur. Fixés sur la tige, les réflecteurs assurent une bonne ­visibilité.

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MARK DADSWELL/WINGS FOR LIFE WORLD RUN, ROBERT SNOW/WINGS FOR LIFE WORLD RUN

L’Américain Michael Wardian fait partie de l’élite ­mondiale des marathoniens. Quand il court de nuit, il se sent comme un super-héros en mission.


ACTION

ET SI…

… ON ­FUYAIT UN VOLCAN EN PLEINE ÉRUPTION Lave, cendres, débris, gaz toxiques… Mieux vaut être loin en cas d’éruption volcanique. Dans le cas contraire, Dougal Jerram est de bon conseil. Ce géologue anglais connaît tous les dangers d’un volcan. Par exemple, échapper aux premières projections ne vous sort pas d’affaire, car les nuées ardentes et les pierres suivent très vite. « C’est ce qui a tué la plupart des habitants de Pompéi », dit ­Jerram. Et avec les coulées de boue et les éboulements rocheux, le pire reste à venir. d ­ ougalearth.com

1

Trouver un refuge

Cela permet d’éviter les pluies de cendres, les pierres et les ­retombées de bombes. Attention ! ­L’accumulation de cendres sur le toit peut provoquer l’effondrement de l’abri. Repérer vite une voie sûre pour quitter la zone à risque. La rupture de la colonne d’éruption crée des courants de densité pyroclastique qui propulsent des nuées ardentes à 700 km/h.

2

Se terrer

Un courant de lave se dirige vers vous : trouvez vite un bunker souterrain. Quand la montagne Pelée en Martinique s’est réveillée en 1902, faisant près de 30 000 victimes, un prisonnier enfermé en sous-sol a survécu. Après l’éruption du Mont Saint Helens en 1980, les rongeurs ont découvert en sortant de leur terrier que les arbres avaient disparu.

3

Porter un masque

Les éruption explosives entraînent des projections qui peuvent être mortelles si on les inhale. La lave charrie aussi des gaz toxiques invisibles, comme le dioxyde de soufre. Dans les deux cas, un bon masque à gaz vous sauvera. Si vous n’en avez pas, respirez à travers un tissu en ­coton fin humidifié.

4

Courir sur les hauteurs

Après l’éruption, ce sont les coulées boueuses chargées de d ­ ébris qui menacent. Lors du réveil du volcan colombien Nevado del Ruiz en 1995, ces coulées ont fait plus de 23 000 morts. Elles empruntent le lit des rivières et les voies d’accès au pied du volcan. Mieux vaut gagner les hauteurs.

5

Rester vigilant

MARK THOMAS

Les volcanologues peuvent prévoir les éruptions en établissant des cartes des zones à risque, basées sur l’historique des volcans. La technologie moderne, le GPS ou le drone qui surveillent la température et les gaz des volcans, aide aussi à signaler l’imminence du danger. Enfin, des systèmes d’alertes placés près d’un volcan (comme à Katla en Islande) détectent les signes précurseurs d’inondation ou de tsunami. Toutes ces mesures permettront de gagner des minutes qui sauveront des vies.

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Cette robuste veste, parfaite pour les sports d’hiver, est une armure. Elle intègre 19 panneaux protecteurs en ceraspace, un matériau innovant d’une résistance que seul le diamant surpasse. vollebak.com

SNAPCAM ION Cette mini-caméra se fixe sur vos vêtements et se déclenche d’une simple tape du doigt. Vous ne ­raterez plus le moment-clé. Malgré sa petite taille, elle stocke 5 000 photos en haute résolution, ou 150 minutes de vidéo avec une charge complète. ioncamera.com

CHRONOS Ce disque de 3 millimètres transforme votre montre en montre connectée. Avec une appli dédiée, vous pourrez contrôler vos appels, votre musique et suivre votre activité physique. wearchronos.com THE RED BULLETIN

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BRACELET PAVLOK Ce bracelet lance des décharges électriques pour ne pas transgresser un geste ou une action (fumer par ex.) ou un lieu que vous vous interdisez. pavlok.com

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MONTRE HUAWEI CASQUE MICROSOFT HOLOLENS Mélange de 3D et de réalité augmentée, ce casque affiche des hologrammes réalistes pouvant interagir avec votre environnement. L’une des plus étonnantes applications de ce gadget polyvalent sera d’utiliser une arme 3D pour éliminer le robot qui squatte votre sofa. microsoft.com

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OMSIGNAL Un système de gestion d’activité physique fiable. Le tee-shirt connecté de OM est équipé de cinq capteurs fabriqués d’un matériau conducteur. Les ­données détaillées de vos séances d’entraînement sont transmises vers une appli pour une analyse complète. omsignal.com

COACH FITNESS MOOV NOW Ce coach personnel fournit conseils, analyses et séances d’entraînement en temps réel, et la possibilité de vous mesurer en ligne à vos amis. moov.cc

COMBI TAYMORY WARHAWK Dans le sport de haut niveau, l’équipement peut influencer l’issue d’une compétition. Cette combinaison de triathlon en tissu hydrofuge contribue à booster les performances en offrant à l’athlète un grand confort. taymory.com

LE PROJECT JACQUARD Ce matériau en cours de développement risque fort de révolutionner l’industrie de la mode. L’idée du projet part du constat selon lequel la structure d’un tissu n’est pas si éloignée de celle d’un écran. Les chercheurs planchant sur le sujet utilisent un fil à tisser conducteur qui permet d’insérer des zones tactiles directement dans le tissu. En d’autres termes, ils « informatisent » nos vêtements, ouvrant d’innombrables possibilités futures. Il suffira par exemple de passer la main sur votre jeans pour éteindre une lumière ou pour changer de chanson sur votre smartphone. google.com

T-SHIRT UNIQLO HEATTECH Le tissu de ce sous-vêtement discret possède des propriétés anti-microbiennes et désodorisantes. Il maintient aussi la température du corps et ­préserve du froid. uniqlo.com THE RED BULLETIN

SAC À DOS LUMENUS Les LED des sacs et vestes Lumenus améliorent la visibilité du cycliste. En ­indiquant la destination sur l’appli associée, ils font aussi office de clignotants et de feux d’arrêt sur tout le trajet. lumenus.com

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MAKES YOU FLY

PAMUKKALE, TURQUIE, 24 octobre 2015

Une performance que l’Américain Brian Grubb, un wakeskateur de 35 ans, peut ajouter à ses exploits.

Depuis plus de 2 000 ans, les curistes viennent profiter des eaux bienfaitrices de Pamukkale. Brian Grubb a, lui, lancé son wakeskate au ­milieu des ruines de ce site antique. « Le pied, à condition d’éviter les colonnes », s’exclame l’Américain originaire de Floride

LE PROCHAIN NUMÉRO DU RED BULLETIN PARAÎTRA LE 15 MARS 2016 98

THE RED BULLETIN

NURI YILMAZER/RED BULL CONTENT POOL

« Rider dans ­ la piscine de ­Cléopâtre  ? C’est fait ! »


QUOI DE NEUF EN FÉVRIER

À LA DEMANDE

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DÉJÀ DISPONIBLE

DÉJÀ DISPONIBLE

FAR FROM HOME Ce film retrace le parcours de Brolin Mawejje, de son enfance modeste en Ouganda à sa quête pour intégrer la faculté de médecine aux États-Unis et devenir le premier snowboarder à représenter un pays africain aux Jeux olympiques de 2018.

LIVE

BURTON US OPEN

CARNAVAL DE RIO le 8 et 9 Février

Le Burton U.S. Open est le rendez-vous incontournable des snowboarders. Parvenue à sa 34ème édition, la compétition la plus ancienne de la discipline est également le plus prestigieux des contests, qui attire les meilleurs riders des quatre coins du monde.

Festivités, défilés et beauté : voilà les ingrédients essentiels du carnaval. Véritable célébration de la danse, des couleurs et de la musique, cette fête surpasse toutes les autres. Suivez le carnaval de Rio, la plus gigantesque fiesta au monde, en direct sur Red Bull TV.


Moins de poids par c m³. Trop cool la conduite !

MAZDA2 AU-DELÀ DES CONVENTIONS. WWW.MAZDA2.CH | WWW.MAZDAREBELS.CH Mazda2: catégorie de rendement énergétique A – D, consommation mixte 3,4 – 4,9 l/100 km, émissions CO2 89 – 115 g/km. Moyenne des émissions de CO2 de toutes les voitures neuves vendues en Suisse: 139 g CO2 /km. Modèle illustré (équipements supplémentaires inclus): Mazda2 Revolution SKYACTIV-G 115, CHF 23 450.— moins prime de reprise chez votre Agent Mazda.


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The Red Bulletin Mars 2016 - CHFR by Red Bull Media House - Issuu