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The Red Bulletin Mars 2014 - FR

Page 1

aVENTURE sports VOYAGES

Un magazine hors du commun

ARTS musique

mars 2014

16 pages

SPÉCIAL NUIT DES OSCARS nicolas cage

« J’AIME DÉFIER MES PEURS »

the red bulletin

red bull

AIR

race

LA COURSE D’AVIONS LA PLUS DINGUE AU MONDE REPREND L’AIR

sur facebook

magazine sponsorisÉ


le monde de Red Bull

24

Les maîtres de l’air

Tout, tout, tout sur la saison 2014 de la Red Bull Air Race.

Mike Hewitt/Red Bull Content Pool (cover), Daniel Grund/Red Bull Photofiles

peter strain

enflammés

Ils reviennent, encore plus déterminés à faire la course. Ce sont les pilotes de la Red Bull Air Race réapparue dans le ciel en mars. The Red Bulletin s’envole avec eux. Casse-cou, il faut l’être aussi pour rouler à 300 km/h sur les routes mexicaines de la ­Carrera Panamericana ou traverser l’Amazonie comme ces a ­ llumés de Kirimbawas. Assagi mais prompt à s’embraser, Nicolas Cage donne, lui, une autre voie à sa carrière. L’avenir c’est aussi Lorde, la jeune prodige néo-zélandaise, qui rêve d ­ ’Amérique, et Franck ­Cammas, le meilleur marin français, de Coupe de l’America. Et, pendant ce temps-là, sur sa moto, Tom Pagès, le maître, décolle. Une vraie leçon. «  J ’ai découvert que les cascades Bonne lecture ! Votre Rédaction me détendaient » nicolas CagE, page 36

3


mars 2014

d’un coup d’ailes Bullevard

42

08 dossier spécial oscars Le guide des récompenses décernées par votre magazine préféré.

reportages 24 Red Bull Air Race

une journée en enfer

36 Case départ

Nicolas Cage assume son retour au cinéma d’auteur.

42 Le défi de la jungle

76

200 kilomètres à travers l’Amazonas.

50 La vie rêvée de Lorde

L’ado néo-zélandaise s’exporte bien.

56 Êtes-vous scopophile ?

La réponse à cette question existentielle se trouve 12 rue du Mail, Paris IIe.

89 à la vie, à la mort

La tragédie fait partie du mythe. Depuis 1950, la course transaméricaine a fait couler beaucoup d’encre… et de sang.

apprendre à rebondir

La Serbe Ivana Špano­vić livre ses conseils d’entraînement pour sauter plus haut, plus vite et plus loin.

50

demoiselle de cŒur

4

En selle avec Tom Pagès.

68 L’ambition française

Franck Cammas vise les JO de 2016 et la Coupe de l’America.

76 Carrera Panamericana

Memo Rojas, star mexicaine des rallyes, a roulé sur les traces de son père.

Action !

68 Elle aurait eu toute la vie devant elle pour conquérir son public. Internet l’a déjà couronnée. À 17 ans, Lorde règne.

60 TP en BMX

Objectif : Team france

La voile française se cherchait un cap et un capitaine. Franck Cammas prend la barre.

86 87 88 89 90 92 93 94 96 98

voyages  Sibérie Clubbing  Los Angeles Matos  Dorian Concept coaching Ivana Španovic´ Wings for life world run B.-A. ma ville  Copenhague Musique  Katy B Jeux vidéo  Le meilleur du meilleur focus Dates françaises à retenir Instant magique Peter Ortner

the red bulletin

Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool, marcelo maragni, Predrag Vuckovic/Red Bull Content Pool, Getty Images, David Clerihew

Les favoris, les courses, et une ­présentation détaillée du cockpit.

Bienvenue à Red Bull Kirimbawa, le terrain de jeux des « fondus » du raid extrême.


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Contributions le quatuor du mois THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Publication & édition Red Bull Media House GmbH Directeur de la publication Wolfgang Winter Directeur d’édition Franz Renkin Directeurs de la rédaction Robert Sperl & Alexander Macheck Directeurs artistiques Erik Turek & Kasimir Reimann

fernando gueiros

ill-studio Ces « esthètes du contemporain » comme les définit le critique d’art Jean-Max Colard tiennent à préserver leur tranquillité. The Red ­Bulletin n’a donc tiré le portrait ni de Thomas Subreville, ni de Léonard Vernhet. En 2007, ils fondent la cellule artistique ILL-Studio. Le collectif parisien se déploie dans divers domaines, allant de la création visuelle (photo, graphisme, cinéma, édition…) à la création plastique (mode). Grâce à lui, nul n’ignore désormais ce qu’est la « scopophilie ». À l’œil nu, page 56

Dévoré par les moustiques, écrasé par la chaleur moite, le Pauliste s’est vaillamment frayé un chemin à travers la jungle afin de livrer un récit exaltant de Red Bull Kirimbawa. Cette compétition en trois actes se déroule au nord-ouest du Brésil, dans l’État de l’Amazonas, le plus grand du pays. « Nous sommes arrivés en pleine nuit et en bateau à moteur, il faisait noir comme dans un four. Les coureurs devaient porter des lampes frontales pour s’orienter dans la forêt. » Les guerriers de l’Amazonie, p. 42

« S’embarquer pour le Maroc à cette époque de l’année, c’est un pur bonheur. Ce shooting-là avec Franck Cammas m’a ouvert les yeux sur la réalité de la voile. Les marins s’entraînent en majeure partie sur la terre ferme ! Quant à moi, j’ai dû relever un vrai défi : prendre de belles photos tout en coordonnant la manière dont notre bateau suivait les voiliers.... Franck est magnétique. En m’accordant toute sa confiance, il m’a grandement facilité la tâche. » Cammas, ère France, page 68

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Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Étienne Bonamy, Ulrich Corazza, Werner Jessner, Florian Obkircher, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager, Stefan Wagner Collaboration Lisa Blazek, Georg Eckelsberger, Raffael Fritz, Sophie Haslinger, Marianne Minar, Boro Petric, Holger Potye, Martina Powell, Mara Simperler, Clemens Stachel, Manon ­Steiner, Lukas Wagner Traductions Susanne & Frédéric Fortas, Christine Vitel, Gwendolyn de Vries Éditing Ioris Queyroi, Christine Vitel Maquette Miles English (Directeur), Martina de Carvalho-Hutter, Silvia Druml, Kevin Goll, Carita Najewitz, Esther Straganz Booking photos Susie Forman (Directrice création photos) Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Eva Kerschbaum Reprographie Clemens Ragotzky (Directeur), Karsten Lehmann, Josef Mühlbacher Fabrication Michael Bergmeister Production Wolfgang Stecher (Directeur), Walter O. Sádaba, Christian Graf-Simpson (Tablette) Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Service financier Siegmar Hofstetter, Simone Mihalits Marketing & management international Stefan Ebner (Directeur), Elisabeth Salcher, Lukas Scharmbacher, Sara Varming Channel Manager France Charlotte Le Henanff Marketing & concept graphique Julia Schweikhardt, Peter Knethl Ventes & abonnements Klaus Pleninger, Peter Schiffer

peter strain david clerihew

Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann

Ses dessins ornent les pages de la presse ­internationale, TIME Magazine, Guardian, Esquire, etc. L’artiste nord-irlandais plusieurs fois primé s’exprime à propos de son travail pour The Red Bulletin : « Nicolas Cage me semble être un personnage complexe et mystérieux, mais droit. Il assume pleinement ses choix artistiques, bons ou mauvais, et il met de la distance avec les critiques acerbes des médias. Un bel exemple. » Son secret de fabrication, page 36

«  ILL-Studio est un moteur de recherche esthétique » Jean-Max Colard

Publicité Cathy Martin 07 61 87 31 15 cathy.martin@fr.redbulletin.com Emplacements publicitaires Sabrina Schneider Assistantes de rédaction Manuela Gesslbauer, Kristina Krizmanic, Anna Schober IT Michael Thaler Siège social Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Siège de la rédaction France 12 rue du Mail, 75002 Paris, Téléphone 01 40 13 57 00 Contact redaktion@at.redbulletin.com Web www.redbulletin.com Parution The Red Bulletin est publié simultanément dans les pays ­suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Brésil, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Irlande, Koweït, Mexique, ­Nouvelle-Zélande, Suisse. Les journalistes de la SNC L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SNC L’Équipe n’est pas ­responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs. Dépôt légal/ISSN 2225-4722

the red bulletin


Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658

COURONS POUR FAIRE AVANCER LA RECHERCHE INSCRIVEZ-VOUS ! LE MÊME JOUR À LA MÊME HEURE PARTOUT DANS LE MONDE MAI2014 2014--12H00 12H00--HENNEBONT HENNEBONT(BRETAGNE) (BRETAGNE) 44MAI

WINGSFORLIFEWORLDRUN.COM


Les oscars

Merci, Merci, Merci

bon perdant

Michael DouGlas

Son interprétation de Gordon Gekko, un rapace de la finance dans Wall Street lui vaut en 1988 l’Oscar. Celle de Liberace dans Ma vie avec Liberace, pianiste de music-hall gay et une des premières stars du show-business américain, pas même une nomination. Aux États-Unis, le film est sorti directement à la télévision sans passer par le grand écran. Pas de quoi froisser Michael Douglas qui n’a guère besoin d’une ­seconde statuette dorée pour attester de sa popularité.

Martin Schoeller/August

La rédaction est unanime. Il mériterait l’Oscar du ­meilleur acteur.


3

L e s O S CAR S

la révolution du NUMéRIQUE

Héros de pixels

plein les mirettes Ces trois longs-métrages risquent de deve-

... qui auraient bien mérité l’Oscar du ­meilleur second rôle.

nir cultes en matière d’effets spéciaux.

les minions En forme de pilule jaune, ces petits personnages obstinés ont le goût du chaos. Bref, incorrigibles.

Avata r En 2009 sort le premier blockbuster de l’ère 3D réalisé par James Cameron. Les scènes hybrides, tournées de manière classique ou conçues par ordinateur, n’ont jamais été aussi réalistes.

l’Âne parlant Sans lui, Shrek serait un monde sans Eddie Murphy. Au fait, « on est presque arrivés ? »

M at r i x En 1999, le temps se fige pour laisser place au bullet time. Filmée avec 124 caméras, l’action peut être arrêtée et visionnée sous de multiples angles. Depuis, le cinéma n’est plus le même.

AAPimages/Allaccess/Maria Laura Antonelli, The Kobal Collection, imago(2), picturedesk.com(4), getty images(2), Corbis(3)

L’OSCAR DE LA PLUS BELLE MINE FATIGUÉE EST ATTRIBUÉ À… Scarlett johansson. À trois reprises, elle est la muse de Woody Allen, deux fois élue femme vivante la plus sexy par le magazine Esquire. Dans Her de Spike Jonze, elle est la voix d’un ­programme informatique doué de pensée. Joaquin Phoenix, écrivain ­solitaire, va tomber amoureux de cette charmante voix synthétique.

Plou f plou f Certains ne comptent plus leurs oscars, d’autres en attendent un toute leur vie. Comme le dit si bien Jack : « On tuerait pour l’avoir ! »

the red bulletin

Buzz L’Éclair Voilà un héros, un (presque) vrai. Celui de Toy Story, nous le suivons jusqu’à « l’infini et au-delà ».

Pa c i f i c r i m Avec cette épopée de créatures monstrueuses tournée par Guillermo del Toro, le numérique atteint l’été dernier une violence visuelle inégalée. La suite est en préparation.

To u j o u r s e n tê te

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lson  Nicho  Jack Oscars   3

Éternels seconds

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Etalon Film/The Kobal Collection

L e s O S CA R S

haute voltige

LES HéROS anonymes du 7e art

Dans les films d’action, les cascadeurs risquent leur peau. Pourtant, aucun Oscar ne leur est dédié. Chaque année, les Taurus World Stunt Awards réparent cette injustice.

10


Tyrese Gibson, la star de Fast & Furious 6, semble voler d’une voiture à l’autre. Faux. C’est sa doublure Mens-Sana Tamakloe qui s’y colle.


L es O S CA R S

des FILMS OSCARISÉS PEU Visionnés

GRAND ART, PETITES RECETTES

Hollywood adore les films à succès. Ceux qui peinent à le trouver y parviennent après l’obtention de la statuette dorée. Mais pas toujours ! Ces quatre chefs-d’œuvre issus du cinéma d’art et ­d’essai ont failli sortir directement en DVD ou n’ont attiré dans les salles que les cinéphiles avertis.

AMOUR

Le film de Kathryn Bigelow sur une équipe de démineurs durant la Guerre d’Irak remporte l’Oscar en 2010. Et devient le lauréat le moins vu de tous les temps. Un flop retentissant.

Le magnifique couple de personnes âgées formé par Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant offre au réalisateur Michael Haneke l’Oscar du meilleur film étranger en 2013.

un autre d é nouement

L e public n ’adh è re pas car …

Si, à la fin, Jeremy Renner était gentiment resté avec sa famille,

le film aurait pu faire un tabac. PÂT I T D E L’A B S E N C E de …

… george clooney. et de Sean

Penn. et de Denzel Washington. et de Daniel Day-Lewis.

CONSEILLÉ AUX…

… pyromanes et artificiers de la saint sylvestre

… le rythme du film est lent, la narration reflète cet amour à l’agonie. En deux heures… et sept minutes.

À N E PA S C O N F O N D R E AV E C …

… « La mort vous va si bien »,

de Robert Zemeckis et avec Meryl Streep et Goldie Hawn.

PÂT I T D E L’A B S E N C E D E …

… brad pitt

dans Rencontre avec Joe Black.

L E V é R I TA B L E H é R O S ? Quiconque voit ce film lors d’un premier rencard.

une vraie preuve d’amour ! 12

D E PA R T U R E S

Daigo est violoncelliste. Il perd son emploi et devient un nokanshi, un embaumeur qui prépare les corps avant les funérailles. Oscar du meilleur film étranger en 2009.

PÂT I T D E L’A B S E N C E …

THE ARTIST

Meilleur film en 2012. Avec l’irruption du cinéma parlant, une star du cinéma muet sombre dans l’oubli et l’alcool. Un succès en France, mais un désastre à l’international.

Q U I E S T L E V é R I TA B L E H é R O S ?

… D’UN PÔLE EMPLOI ­EFFICACE CONSEILLÉ AUX… … fans en manque de la série disparue Six Feet Under.

L E F I L M H A N T E L’ E S P R I T C A R … ... nul n’échappera aux soins d’un artisan funéraire.

UN AUTRE DéNOUEMENT

bruce lee

revient à la vie sur la natte de bambou d’un nokanshi.

Uggie, le chien q ue v eut le public  ?

quelqu’un qui chante sous la pluie ! PÂT I T D E L’A B S E N C E D E …

… M. son & Mme couleur

the red bulletin

picturedesk.com(3), The Kobal Collection, Filmladen Filmverleih(2)

DÉMINEURS


STÉRILEment sexy

EXOTISME ENSORCELANT Les films fantastiques font peu la part belle aux actrices. Pourtant, sous des déguisements plus que suggestifs, voire carrément provocants, elles réussissent à séduire le spectateur. Suffisamment crédible pour décrocher un Oscar ?

neytiri

Elle a toujours le blues mais impossible de ne pas suivre la belle Neytiri d’Avatar jusqu’à l’Arbre de vie. Baby blues, quand tu nous tiens !

jessica rabbit

THE KOBAL COLLECTION(2), picturedesk.com

Dans Qui veut la peau de ­Roger Rabbit, on doit son tour de poitrine à un dessinateur prodige. Par contre, notre amour pour elle est véritable.

CAT W O M a N

Catwoman a été un bide énorme. Mais Halle Berry, masque de féline et fouet de cuir, c’est autre chose qu’Indiana Jones et son ­chapeau tout mou.


L e s OS CARS

storyboard

CULTES, un point c’est tout Ils ont marqué la mémoire collective mais pas l’Académie. Hommage.

ALFRED HITCHCOCK, 1968 : « Merci. »

i ’ll be bac k!

Trois mots et demi ont suffi à « Schwarzy » pour écrire l’histoire du ­cinéma dans Terminator.

Gwyneth paltrow, 1999 : « Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! (Sanglots.) Merci ! Merci ! (Sanglots.) »

gratitude

Les trois écueils à éviter lors d’un discours de remerciements aux Oscars : les blagues, la spontanéité et l’émotion forte. À tout prix, il faut éviter le ridicule ! Depuis son discours en larmes et ses 23 mercis en 1999, Gwyneth Paltrow n’a pas été nommée. Même sort pour Adrien Brody primé en 2003, qui avait roulé un palot à Halle Berry surprise par cet élan salivaire. Enfin, on doit le plus long discours de remerciements à l’actrice Greer Garson : sept minutes pour son premier et dernier Oscar en 1943. 14

c o m b at d e r u e

« Règle n° 1 : il est interdit de parler du Fight Club. » Insensible au rôle culte de Brad Pitt, le jury des Oscars s’y est tenu.

tambours Vaudous Le Roi des Zombies (1941). Ce film d’horreur comique a été un bide total mais sa BO dopée aux chants créoles a été nommée aux Oscars. Aujourd’hui encore, c’est un modèle pour les films du genre.

Bumm-Knirsch The Social Network (2010). Avec Trent Reznor, on s’attendait à une BO féroce. À la surprise même du réalisateur David Fincher, le leader de Nine Inch Nails livre un son électro intrigant de génie. ryan inzana

sans hésitation

D ES bandes trÈs ­o r i g i n a l e s

un déhanchement assassin

Dans Pulp Fiction, Uma Thurman et John Travolta offrent le plus beau duo des films de Tarantino. Pas d’Oscar, mais une gloire éternelle.

CHORALE ­GRéGORIENNE La Malédiction   (1976). La musique   fait froid dans le dos.   En écoutant les chœurs maléfiques Ave, Satani ! de Jerry Goldsmith,   les spectateurs se ­bouchaient les oreilles.

the red bulletin

picturedesk.com(2), getty images, THE KOBAL COLLECTION(2)

Deux discours… ­e x e m p l a i r e s  ?


confidences de tournage

StudioCanal/Cinetext/Allstar

Geoff Berkshire

souvenir brühlant

Dans Rush, Daniel Brühl incarne Niki Lauda. « Quand on a la chance de tourner avec un réalisateur de la trempe de Ron Howard, on ne se plaint pas. Même si cela implique chaque jour sept heures de maquillage. Mais j’avoue que j’appréhendais tous les jours la découverte du plan de tournage : “Première scène de Chris Hemsworth : embrasse une infirmière. Deuxième scène de Chris Hemsworth : au lit avec une infirmière. Première scène de Daniel Brühl : vérifie les pneus.” Ce fut une rude épreuve pour mon ego. »


LE GUIDE DU BLOCKBUSTER

LES MéANDRES DU SUCCÈS

Comment pondre un succès à Hollywood ? Il y a 2 400 ans, Aristote concoctait déjà la recette*. Ci-dessous, les ingrédients d’un scénario bien ficelé.

1 Le héros au quotidien.

2

3

L’aventure se présente à lui.

Il la repousse.

4 Le héros rencontre son mentor.

5 Le héros accepte la mission.

6 Séquence action.

7 9

8

Le héros trouve le trésor.

Dans l’antre du méchant.

Il affronte le méchant.

12 Retour triomphant et célébration.

11 tom mackinger

10 C’est l’heure du retour.

Agonie puis résurrection.

*Source : The Writer’s Journey: Mythic Structure for Writers de Christopher Vogler

16

the red bulletin


L e s O S CA R S

icône méprisée

United Archives/picturedesk.com

52 ans de réflexion Sa beauté, nul ne l’ignorait. Son intelligence, peu la connaissait. Son talent est enfin reconnu. La star avait du génie. Tout au long de sa carrière, on cantonna Marilyn Monroe à jouer des rôles de blonde niaise. Qu’elle incarnait avec brio. La plus sous-estimée des grandes actrices mériterait un Oscar d’honneur ­posthume. Ce ne serait que justice.


L e s O SCARS

les BIOPICS M ­ USICAUX les ailes du succès

fin Stratège En passant de la musique au cinéma, Will Smith a réalisé un coup de maître.

Q u a n d le ­c i n é m a b rou i l le le s pistes Souvent, l’art s’inspire de la vie quotidienne. L’inverse est aussi vrai. Ces films ont utilisé des technologies fictives, aujourd’hui devenues réelles. Un seul objet manque à l’appel : le moteur à distorsion.

18

Wa l k t h e L i n e Hits, drogues, concerts dans les prisons, amour et rédemption. La vie de Johnny Cash est un film à Oscars.

searc h i ng for sugar m a n Deux fans de musique en quête de leur

idole perdue, Sixto Rodriguez, ouvrier anonyme et rockeur miraculé de Detroit. Oscar en 2013.

le pistolet ­b i o m é t r i q u e

le hove rb o a r d La tech-

Dans Skyfall, James Bond reçoit de Q un gun intelligent qui ne réagit qu’aux empreintes digitales de son propriétaire. L’UE et les USA planchent sur le projet.

nologie pour ce skate volant popularisé par Retour vers le futur existe déjà. Comme mentionné dans le film, sa version réelle sera disponible en 2015. Plus sur haltekindustries.com

l a ta b l e t t e Dans 2001, l’Odyssée de l’espace de ­Stanley K ­ ubrick sorti en 1968, les astronautes possédaient déjà une sorte d’iPad. Aujourd’hui omniprésent dans notre quotidien connecté. the red bulletin

sascha bierl

«   L ’a rge n t e t l a g lo i re n e c h a nge n t p a s u n e p e rs o n n e . I l s n e fo n t q u e confirmer ce q u ’e l le é t a it d é j à  » Will Smith

r ay L’interprétation du légendaire Ray Charles par Jamie Foxx est bluffante et révèle ses talents vocaux. Oscar mérité.

Corbis, THE KOBAL COLLECTION(6)

En 1990, Will Smith, 22 ans, est fauché. Sous le nom de « The Fresh Prince », il sort pourtant deux ­albums hip-hop à succès. Le single ­Parents Just Don’t Understand est même le 1er morceau hip-hop à décrocher un Grammy. Mais Will Smith gère mal son argent. Le fisc lui réclame 2,8 millions de dollars (2,1 millions d’euros). Son premier rôle dans Le Prince de Bel-Air, série phare des années 90, va le tirer d’affaire. À 45 ans, il fait toujours de la musique, par plaisir. Ses rapports avec le fisc sont désormais au beau fixe : l’an passé, le 6e acteur le mieux payé au monde a déclaré 30 millions de dollars (22 millions d’euros) de revenus.


carrosseries de rêve

L’AUTO-OSCAR

Elles crissent, décollent, s’enfoncent dans les eaux et mitraillent. Assez d’atouts pour ­faire partie des nominations ?

la lotus

La DelorEan

« Wet Nellie » vue dans le James Bond, L’espion qui ­m’aimait, fonctionne aussi bien sur terre que dans la mer. En 2013, cette ­Lotus Esprit S1 amphibie a été vendue 651 000 euros aux ­enchères.

LA voiture. On s’y ­installe, on appuie sur le champignon et on voyage dans le temps. La DeLorean de Retour vers le futur est la plus géniale des autos sur grand écran.

THE KOBAL COLLECTION(3)

l a b at m o b i l e

Dix mètres de long et 530 km/h grâce à son turbo jet. Mais ça, c’est dans B ­ atman et Robin. En réalité, il fallait la traîner à travers les studios. Une pure fiction mais du grand spectacle !


trois s p o rt s à l’affiche

F u l ly F l a r e d ( 2 0 0 7 )

Du street skateboard de haute volée. Guy Mariona, Eric ­Koston et consorts paradent devant les caméras de Spike Jonze et de Ty Evans. Des plans au ralenti à tomber.

be n di ng colour s (2012)

La vie et l’exceptionnel talent du surfeur sud-africain Jordy Smith, saisis à travers des images épiques. Le tout tourné sur les plus beaux spots de surf.

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Blake Jorgenson/Red Bull Content Pool, AccuSoft Inc, Ryan Miller/Red Bull Content Pool

Des actions captivantes, des séquences périlleuses à l’extrême et des images ­impressionnantes, pourtant boudées par les Oscars.


L e s O S CA R S

Where the Trail e n d s ( 2 0 1 3)

Une bande de freeriders talentueux prend tous les risques pour rouler avec leur VTT dans des lieux où nul n’oserait s’aventurer. Même à pied.


L e s O S C AR S

«   La stat uette devra it porte r de s sou s -vête me nt s et non Pardon mais vous avez une tâche, là, dans votre filmographie. êt re com me ç a , nue avec son épée da n s le s m a i n s » Jared Leto MAUVAISE PIOCHE

BIDES ET BELLES GUEULES

koma*

des mains de kainrath

Ti lda Swinton

Female Perversions (1996). « Prometteur » pensait cette icône des films d’auteur.

Sharon stone

George Clooney

Quoi ? Basic Instinct a eu Le retour des tomates une suite ? Oui, en 2006 et tueuses (1988), ça existe le public n’a pas été à la fête. vraiment ? Inutile de le nier.

Des monuments et des hommes

LES nouvelles stars

Faites PLACE À…

Trois talents qui écriront l’histoire du cinéma de demain. en apesanteur rg

ielbe

en Sp  Stev

rt  Robe

es

n Jon

a Dunc

Avec Moon et Source Code, il signe deux films de sciencefiction parmi les plus originaux de ces dernières années. Que ferait-il avec un budget spielbergien ?

22

iro   De N

etel E Chiw

jiofor

Révélé dans Amistad en 1997, sa performance dans 12 Years a Slave le hisse au niveau des De Niro et consorts. On le dit grand ­favori des prochains Oscars.

ren

n Mir

Hele

lligan

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L’actrice anglaise a brillé dans Gatsby Le Magnifique et Inside Llewyn Davis. Helen Mirren peut être ­rassurée, sa succession est assurée.

emportés par le vent *KOMA : Kainraths Œuvres of modern art

the red bulletin

picturedesk.com(3), Corbis(5), The Kobal Collection(3), getty images(2)

dietmar kainrath

« Le talent à lui seul ne peut sauver un mauvais scénario », disait Billy Wilder, six Oscars au compteur. Cette réplique est devenue l’excuse préférée des acteurs au chômage.


de poiLs et d’écailles

Grrr ! ! !

Corbis, The Kobal Collection, getty images

Avis aux gratte-ciel ! En mai, le plus gros reptile japonais fait son comeback. À quand la première récompense décernée à un non-humain ? Voici les nommés de la rédaction.

godzilla

Le « Jack Nicholson » des dinosaures : regard perçant, sourire glaçant et tempérament de feu. En mai, il ­revient sur grand écran. Le 29e de la lignée.

lassie

LE R E Q U I N B LA N C Da-dam ! Da-dam ! Le « Christian Bale » des requins : mordant et prêt à exploser à tout moment.

Wouaf, wouaf ! Le « Brat Pitt » des meilleurs amis de l’homme : une belle chevelure mais pas d’Oscar.


L’Air et la

manière

Balazs Gardi/Red bull content pool

Stoppée dans son élan en 2010, la RED BULL AIR RACE, championnat du monde de course aérienne, REPrend SON ENVOL.

24


Redécollage

Le 28 février, la Red Bull Air Race fait son retour du haut de l’impressionnante corniche d’Abu Dhabi. La prochaine course aura lieu en avril, à Rovinj en Croatie.


«  JE SUIS UN MORDU D’ADRéNALINE. IL Fallait QUE J’Y RETOURNE » K ir b y c h am b liss


En 2007, le calendrier avait été étendu pour inclure Rio de Janeiro, la première ville sudaméricaine à accueillir une étape de la Red Bull Air Race.

Getty Images/Red Bull Content Pool

Première en Amérique du Sud

onnu pour son franc-parler, Kirby ­Chambliss, vainqueur de la Red Bull Air Race en 2006, n’est pas du genre à mâcher ses mots. Toutefois, la communication téléphonique transatlantique fait de son mieux pour le faire à sa place. Difficile de suivre tout ce que dit le quintuple champion américain de voltige ­aérienne dont une phrase sur trois est couverte par les grésillements. Mais lorsque ce Texan de 54 ans évoque sa motivation à l’aube du redécollage du championnat du monde de course aérienne après un break de près de quatre ans, il est on ne peut plus clair. « Je déteste les voyages à l’étranger. Toute cette logistique, c’est un cauchemar. Et question sécurité, j’ai maintenant un enfant de neuf ans, donc la décision n’a pas été facile. Mais je voulais absolument être de la partie. J’adore ça. Je suis un mordu d’adrénaline. Il fallait que j’y retourne. » Quelques jours plus tard, l’Anglais Nigel Lamb fait écho à l’enthousiasme de Chambliss. « J’ai gagné ma vie pendant une trentaine d’années en participant à des meetings aériens. Mais la Red Bull Air Race, c’est le summum de ce que je faisais à l’époque, affirme-til. J’ai vraiment envie de reprendre les courses aériennes. C’est une promenade de santé. » Il a été facile de convaincre les pilotes mais la bataille des arguments a été longue entre les instances décisionnaires pour relancer les championnats du monde de la Red Bull Air Race. Après sept ans d’existence, la compétition est devenue une énorme machine à la veille de l’ouverture de l’édition 2010. Avec un public à chaque étape dépassant en moyenne le demi-million de spectateurs, la logistique et le budget nécessaires pour faire tourner la course à travers le monde sont de plus en plus lourds. Et les ennuis n’existent pas qu’au sol. 27


Ils se multiplient ­aussi dans les airs où le matériel de compétition ­affiche ses limites en matière de sécurité.

jörg mitter/red bull content pool(2), Daniel Grund/Red Bull content pool, Hamish Blair/Red Bull content pool

L

orsque les difficultés logistiques contraignent à l’annulation des deux dernières courses de la saison, c’en est trop. Les avions restent au sol, les ­pilotes aussi. Quatre ans se sont écoulés depuis. Quatre ans pendant lesquels les choses évoluent discrètement. Erich Wolf ­explique que de nouveaux impératifs ont été définis, en termes de format, de règles, et de dispositif de sécurité. « La vraie démarche marketing a repris en 2013. À partir de là, il s’agissait de trouver des compromis avec les organisateurs locaux, afin de rendre ce sport attractif à nouveau. Nous devons faire en sorte que la course aérienne devienne un sport crédible. L’une des missions de la Red Bull Air Race est de donner leur chance à de jeunes pilotes. C’est pourquoi nous avons créé une nouvelle catégorie dans la section Super Licence ­dédiées à douze pilotes d’élite : la Challenger Class. Elle est accessible à tous les pilotes qualifiés, homme ou femme, à travers le monde. Et pour que chaque ­spectateur, sur place ou devant sa télé, puisse vibrer, nous avons simplifié les règles. » Pour ce retour dans les airs, un certain nombre de normes ont vu le jour. Comme l’arrêt de la course aux armements des moteurs qui se développait dangereusement dans la discipline. Lors des sept courses de la saison, les douze pilotes engagés doivent utiliser les mêmes moteurs et hélices. Aussi, par souci d’améliorer la sécurité, les pylônes en nylon léger utilisés pour délimiter la course ont été surélevés de 20 à 25 mètres. Une décision qui fera une grande différence selon Sergio Pla, directeur de course : « Un amateur trouvera que ce n’est pas ­beaucoup. Pourtant, en vol, à bord d’un avion, on a plus de temps pour réagir. Nous n’avons donc eu aucune surprise lors du camp d’entraînement organisé pour tester les pylônes. Les pilotes ont dorénavant une grande marge de temps et d’altitude. Cela fait une différence considérable au niveau de la sécurité. » Les organisateurs ont également déniché de ­nouveaux sites de compétition. Fini les parcours urbains, désormais les courses survolent des circuits implantés en zone rurale. Plus de courses se dérouleront dans des environnements contrôlés. D’après Wolf, les circuits automobiles et motocyclistes sont des arènes parfaitement adaptées aux étapes de la Red Bull Air Race. Notamment aux États-Unis. « C’est une compétition de sport motorisé, nous devions aller sur des sites dédiés à ce type d’épreuves. Nous devons accueillir les spectateurs dans des espaces de très grande qualité pour qu’ils puissent suivre le tracé de la course dans son intégralité. Ils doivent également avoir accès à des buvettes pour les collations et les rafraîchissements, et à des parkings.

«  LES PILOTES FRÔLAIENT Leurs LIMITEs Et Les ­DÉPASSAIENT » E ri c h w olf

Michael Goulian 28

L’Américain (ici lors des préparations de la saison 2007) se réjouit de « la reconduction de ce défi grandiose qu’est la Red Bull Air Race ».


Paul Bonhomme

Le pilote anglais, dernier vainqueur en 2010 (ici à lors de la course de Monument Valley en 2007), ­revient pour défendre son titre.

Matthias Dolderer

L’Allemand a démarré en 2009. Ici il épate la foule lors des manches de ­qualification à Rio en 2010. « L’association précision et vitesse me grise. »


Ces ­immenses sites sont déjà prêts. Tous disposent de ­tribunes pouvant accueillir 200 000 spectateurs et de la meilleure vue sur le parcours. Les circuits ­automobiles américains sont parfaits pour nous. Mais on nous trouvera aussi dans les centres-villes. »

L

es pilotes se réjouissent des nouvelles règles du jeu. Nigel Lamb, lui, est convaincu que les nouveaux moteurs standards rendront les courses passionnantes. « C’est absolument ­fantastique. Et cela comporte de nombreux avantages, tant au niveau des aspects techniques qu’au niveau du coût. La victoire ne reviendra pas automatiquement au budget le plus gonflé. Les degrés d’investissement personnel et d’effort seront déterminants, et mieux reconnus. À mon avis, cette saison 2014 risque de provoquer une petite révolution dans le monde de la Red Bull Air Race. » Kirbly Chambliss, le Texan, partage l’optimisme de Lamb et, tout en reconnaissant que tous décollent dans l’inconnu, il est plus qu’heureux de participer à la compétition. « Mon objectif est toujours de gagner. Je n’y vais pas pour participer, prévient-il. Certains de mes amis disent que ce serait super si je pouvais simplement venir, voler et me détendre. Mais moi je dis : “C’est sûr, fais-toi plaisir, mais rappelle-toi pourquoi tu es ici. Rappelle-toi que tu étais l’un des quinze meilleurs pilotes au monde, que tu as gagné le championnat des États-Unis cinq fois et que tu es très ­compétitif.” Alors, j’approcherai l’avion le plus près possible et je réfléchirai au chemin le plus rapide pour rejoindre la prochaine porte. Je ferai ce que j’ai toujours fait : tenter de gagner. » Approcher les avions le plus près possible de la crête est aussi l’objectif de la nouvelle Red Bull Air Race. Cette fois, ce sera dans les meilleures conditions possibles et dans de bonnes arènes, comme le précise Sergio Pla. « C’est le sport motorisé le plus ­excitant qui existe, affirme-t-il. Nous sommes la ­compétition la plus rapide au monde. Vous ne devez la rater sous aucun prétexte. »

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10 13 7

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Informations et billets sur www.redbullairrace.com

Le Tchèque Martin Sonka figure également sur la liste des pilotes d’élite.

poste chaud LORSQUE VOUS ESSAYEZ DE DIRIGER UNE BÊTE DE 300 Ch OU PLUS À TRAVERS PLUSIEURS ­VIRAGES À G ÉLEVÉe, il est préférable de bien maîtriser son approche pour assurer chaque phase de vol.


4 2 3

6 7 15

LES AVIONS BRÛLENT DEux litres DE CARBURANT PAR MINUTE

9 11 14

5

markus kucera/red bull content pool, Cameron Spencer/red bull content pool

1 ANÉMOMÈTRE Affiche la vitesse (en nœuds) par rapport à l’air. 2 ALTIMÈTRE Indique l’altitude de l’avion (en pieds) au-dessus d’un niveau de référence en mesurant la pression de l’air statique. 3 EFIS (Electronic Flight Instrument System) Donne des infos au pilote et à la tour de contrôle sur son tour. L’écran tactile permet de changer le mode d’affichage.

4 APPAREIL ANALYSANT LE MO-

TEUR Un dispositif qui enregistre les données du moteur. Après un

vol, les infos sont téléchargées puis analysées. Le bouton du haut est une alarme vocale qui avertit le pilote en cas de panne du système. 5 BOUTON DE LA POMPE À CARBURANT Utilisé pour alterner entre les trois réservoirs de carburant : aile droite, aile gauche et réservoir principal. Les avions brûlent presque deux litres de carburant par minute dans les airs. 6 ACCÉLÉROMÈTRE Indique au pilote la force gravitationnelle (G) qu’il exerce. Cette année, les pilotes ne doivent pas excéder 10 G.

7 Pédales Les pédales de direction retournent l’avion, ventre face au sol. Pousser les pédales en vol ­actionne le gouvernail. 8 COMMANDE DE L’HÉLICE Ajuste l’angle d’attaque des pales. 9 Radio Connecte le pilote à la tour de contrôle de la course. 10 FUMÉE ON/OFF Lorsque le pilote démarre, il lâche un sillon de fumée derrière l’avion.

11 BOUTON DE DÉMARRAGE ­Allume la bête ! 12 MANCHE Tiré à gauche ou à droite, il fait rouler l’avion. Tiré en avant ou en arrière, il lui fait pointer le nez dans la même direction. 13 COMMANDE DE L’ACCÉLÉRATEUR Contrôle la puissance. 14 TRANSPONDEUR Relaie à la tour de contrôle les infos sur la ­position et l’altitude de l’avion. 15 BOUSSOLE À CARTE VERTICALE Indique le cap de l’avion.

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le retour du roi LE tenant du TITRE PAUL BONHOMME ADMET QUE LA COURSE L’A CONSUMÉ PAR LE PASSÉ. EN 2014, IL COMPTE BIEN APPRÉCIER LE VOYAGE.

lorsqu’ils regardaient les célébrations de leurs premiers pas sur la lune : « Hé, Neil ! je crois qu’on a raté tout le bordel. » C’est ce que je pense du championnat maintenant. J’avais tellement la tête dans le guidon que j’ai raté le principal. Je suis donc impatient de revenir cette année et de me faire plaisir. Et pour cela, il faut que j’apprenne à garder le sourire tout au long de la course. Souriez-vous en ce moment ? Pas beaucoup. En fait, je dirais que le niveau de stress est très élevé. Quand nous serons à Abu Dhabi (la saison y débute le 28 février, ndlr), ça ira mieux. Pour le moment, c’est plutôt tendu. Ça va être la

«  JE SUIS IMPATIENT DE ME FAIRE PLAISIR. IL FAUT QUE J’APPRENNE À GARDER LE SOURIRE » 32

course pour que tout soit prêt dans les temps. Et puis, si je savais comment trouver un avantage aux nouvelles réglementations, je serais plus heureux, mais je n’ai aucune idée de la tournure que prendront les choses. Maintenant que nous aurons tous la même puissance, le poids sera d’autant plus important, ce qui n’est pas une bonne chose pour moi. Je suis l’un des pilotes les plus lourds, 82 kg, je pense que c’est un peu trop. Je mesure 1,85 m et je suis… bien charpenté ! Cela se résumera à un mélange de compétences de pilotage et d’aérodynamique. Je pense que nous sommes bons en termes d’aérodynamique, nous avons un bel avion très maniable, mais on ne sait jamais. Quel est votre principal objectif pour la saison 2014 ? Ne pas me faire peur. Si j’y arrive, ce devrait être par défaut une année relativement sûre, et c’est le plus important. Mon deuxième objectif est de gagner. Donc : être prudent, ne pas me faire peur, gagner et, comme je l’ai dit, me faire plaisir. Peu importe l’ordre, tout devrait fonctionner… je pense ! the red bulletin

sascha bierl

L’Anglais Paul Bonhomme, est double champion de la Red Bull Air Race : « Ce sera un mélange de compétences de pilotage et d’aérodynamique. »

jörg mitter/red bull content pool(2), Ezra Shaw/red bull content pool

the red bulletin : Êtes-vous heureux de retourner à la Red Bull Air Race ? paul bonhomme : Je le serai tant que je gagnerai. Je dis à mes enfants : « L’important n’est pas de participer, c’est de gagner. » C’est peut-être osé, mais pour moi, c’est la raison pour laquelle tu entres en compétition. Jamais je ne me lancerai en sachant que je vais perdre, uniquement pour le plaisir. Sinon, je pourrais voler juste pendant mes congés. Aborderez-vous le championnat ­différemment cette fois ? J’admets qu’à vouloir trop bien faire les choses, je me suis brûlé les ailes (au sens figuré, bien sûr). Je suis tenté de dire que cela ne m’ennuyait pas, que j’étais là pour le fun, mais cette attitude ne mène nulle part, il faut être à fond pour faire les choses correctement. J’avais une belle et intense rivalité avec Hannes (Arch, son ­rival autrichien, ndlr) et je pense que si vous lui demandiez et s’il était honnête, il vous dirait qu’il était à fond lui aussi. La décision de revenir a-t-elle été facile à prendre ? J’ai dû y réfléchir longuement et sérieusement. J’ai mis longtemps à me décider, car ma vie a changé pendant les années de pause. J’ai trois enfants en bas âge et un beau-fils plus âgé : la maison est bien différente comparée à l’époque où je disputais ma première Red Bull Air Race. Ma femme, très compréhensive, a rejoint ma pensée : « Vas-y, fais de ton mieux, mais fais-toi plaisir. Amuse-toi plutôt que de jouer à Icare. » Je repense à la remarque faite par Buzz Aldrin à Neil Armstrong


la relève est là COMMENT UN SPORT QUI SACRE DES aNNéES D’EXPÉRIENCE RéVèLE-T-IL DE JEUNES ­PILOTES TALENTUEUX ? EN LEUR accordANT UN BOUT DE CIEL POUR FAIRE LA COURSE.

L

a Red Bull Air Race est l’une des rares épreuves sportives à chambouler le culte de la jeunesse. La moyenne d’âge en 2014 étant de 45 ans, dans ce domaine, la voix de l’expérience crie le plus fort. Comment faire progresser les jeunes pilotes dans les rangs ? En préparant une nouvelle ­génération de coureurs aériens par le biais d’une compétition inédite, la Challenger Cup. L’événement verra un groupe de jeunes ­pilotes sélectionnés disputer une course avec des avions prêtés pour l’occasion sur un parcours simplifié destiné à parfaire leurs compétences. L’objectif des pilotes sera d’obtenir une Super Licence et de se qualifier pour le championnat. « Ils voleront avec bien moins de pression que les équipes de la course, déclare le directeur de course, Sergio Pla. Tous participeront à au moins deux camps d’entraînement avant leur première course, ce qui signifie qu’ils auront au moins deux à trois fois plus de temps que les pilotes n’en avaient par le passé (pour participer aux séries, ndlr) pour s’entraîner. La marge de sécurité dans les courses aériennes n’est pas grande. Nous avons donc besoin de personnes alertes qui savent ce qu’elles font. » S’assurer que ces pilotes ont la maturité suffisante est le travail de Christian Czihak, psychologue et manager de l’équipe de la Red Bull Air Race et de la sécurité. « Être pilote de jet ou d’acrobatie aérienne expérimenté est une chose, pouvoir voler autour d’un parcours à moins de 50 m du sol en est une autre, insiste-t-il. Vous pouvez avoir les compétences, mais cela ne veut pas automatiquement dire que vous pouvez le faire. Nous recherchons des personnes capables d’atteindre cet objectif en étant sous pression. Cela n’a rien à voir avec leur disposition à prendre des risques, plutôt avec les risques qu’ils sont capables de prendre tout en restant dans les règles. » Le boss de la Red Bull Air Race, Erich Wolf, est convaincu que la compétition chamboulera le classement des pilotes. « Je suis sûr qu’ils défieront bientôt les pilotes actuels. Nous ­verrons de nouveaux visages en 2015. » La Red Bull Air Race débutera à Abu Dhabi et se terminera en Chine.

Les virages à force G élevée peuvent rétrécir le champ visuel.

tenir le choc Imaginez-vous en train de soulever une petite voiture une demi-douzaine de fois en une minute et vous aurez une idée du type de punition physique qu’endurent les pilotes de la Red Bull Air Race pendant un tour de course. le poids de la course Les pilotes sont soumis à des pressions extrêmes en vol. Pour 2014, ils seront limités à 10 G (G étant la constante gravitationnelle) : dans les ­virages les plus serrés, leur corps pèsera 10 fois leur poids normal. « C’est comme d’être percuté par une masse, explique le champion en titre, Paul ­Bonhomme. Le début de G est le pire moment. Tu pèses 10 à 12 fois ton poids corporel en moins d’une demi-seconde. Il faut se concentrer pour ne pas perdre connaissance. Si tu continues de défier la g­ ravité, tu t’évanouis. » À LA LIMITE DE L’ÉVANOUISSEMENT La perte de conscience est due à l’afflux sanguin subit aux ­extrémités inférieures du

corps sous la force gravitationnelle élevée. La baisse de pression sanguine provoquée dans le cerveau réduit la ­vision, ce qui annonce l’évanouissement. « En contractant les abdominaux et les cuisses pendant une seconde, tu empêches le sang de descendre et restes lucide », confie Nigel Lamb. LA COMBINAISON est DE RIGUEUR Tandis que les pilotes des séries sont habitués à utiliser les contractions musculaires pour aider à lutter contre les effets des virages à G élevée, la combinaison désormais ­obligatoire pour les courses G accomplit cette tâche beaucoup plus efficacement. Fabriquée par l’entreprise ­allemande Autoflug, cette ­tenue réduit les contractions

BAISSE DE PRESSION

La combinaison est obligatoire. Elle s’active avec la force gravitationnelle. Les tubes remplis d’eau le long de la combinaison se serrent autour du pilote, prévenant ainsi la chute du sang en cas de forte gravité. Débit sanguin normal

G faible

des muscles en utilisant des « muscles fluides » remplis d’eau et des tissus non élastiques. La combinaison crée une contre-pression qui combat l’effet des virages à force G élevée sur le pilote, réduisant le mouvement du sang vers les extrémités ­inférieures. « La tenue compresse tes jambes et ton abdomen, décrit Bonhomme. Elle fait les contractions à ta place, ce qui permet de gagner environ 1,5 G. Cela ne paraît pas beaucoup, mais ­réduit pourtant considérablement la fatigue. »

G forte

Vue transversale du overall avec tubes engorgés

Débit ­sanguin élevé Force g

TOUR DU MONDE Du golfe Persique aux pelouses d’Ascot, des circuits automobiles et motocyclistes les plus connus des ÉtatsUnis à la campagne chinoise, la Red Bull Air Race 2014 ­promet de la diversité.

Force G

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.

Abu Dhabi · eau Rovinj · Croatie Putrajaya · Malaisie Gdynia · Pologne Ascot · Grande-Bretagne Dallas/Fort Worth · USA Las Vegas · USA Lieu à confirmer · Chine

28 fév. - 1er mars 12 - 13 avril 17 - 18 mai 26 - 27 juillet 16 - 17 août 6 - 7 septembre 11 - 12 octobre 1er - 2 novembre

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tenues de sortie AÉRODYNAMIQUE Avec la standardisation du moteur et de ses ­accessoires, les pilotes cherchent probablement d’autres moyens de prendre l’avantage. Améliorer l’aérodynamique de l’avion en est la première étape.

L’HÉLICE L’hélice a été standardisée pour 2014, toutes les équipes devant utiliser le modèle au nom de Claw (« griffe ») du fabricant américain Hartzell, ainsi que le cône d’hélice en fibre de carbone de l’entreprise.

MOTEUR

MXS-R

Contrairement à ses rivaux au fuselage et au cadre en acier (cf. page ci contre, ndlr), le MXS-R, développé spécifiquement pour les courses par MX Aircraft à partir de son avion MXS, présente un fuselage monocoque en fibre de carbone. Il est extrêmement léger et solide, mais il ne peut pas être beaucoup modifié. Toutefois, la légèreté améliore la vitesse, ce qui est la principale force de l’avion.

DONNÉES TECHNIQUES FABRICANT : MX Aircraft, USA

TAUX DE ROULIS : 420°/sec

LONGUEUR : 6,51 m

G MAX : +/-12 G

ENVERGURE : 7,32 m

MOTEUR : Lycoming AEIO 540 EXP (mise au point : Thunderbolt)

POIDS standard À VIDE : 571 kg PUISSANCE : 300 ch VITESSE MAXIMALE : 426 km/h

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DESIGN DES AILES : symétrique, fibre de carbone HÉLICE : Hartzell

Avant, les équipes étaient tenues d’utiliser des moteurs fabriqués par l’Américain Lycoming, mais elles ont ensuite été autorisées à envoyer leurs moteurs à l’étranger pour des mises au point. En 2014, les équipes seront limitées au moteur Thunderbolt AEIO540-EXP de Lycoming.

ANALYSE DES DONNÉES Sans avantage moteur, les pilotes commencent à regarder leurs résultats pour améliorer leurs temps de tour. Et il s’ensuit des systèmes de télémétrie de type F1. Ces infos permettent aux pilotes de tailler leur vol sur mesure pour s’approcher du meilleur temps de tour possible.


L’AJUSTEMENT DES RÈGLES POUR AMÉLIORER LA SÉCURITÉ ENTRAÎNE UNE BATAILLE ENCORE PLUS SERRÉE POUR GAGNER la RED BULL AIR RACE.

POT D’ÉCHAPPEMENT

Peter Clausen Film & TV

La dernière pièce du puzzle de la standardisation est le système d’échappement. Construit à partir de matériaux légers par l’entreprise américaine Sky ­Dynamics, il est conçu sur mesure pour chaque modèle d’avion.

Dans toutes les formes de sport automobile et motocycliste, les recherches pour ­tirer avantage de la performance sont toujours entourées de mystère. La Red Bull Air Race du passé n’était pas moins complexe à ce niveau. Les modifications de dernière minute terminées, l’objectif essentiel des pilotes était simple : améliorer la puissance en réduisant le poids. Cette problématique, alléger la charge en retirant du poids à l’avion, a mené les séries sur une voie potentiellement dangereuse car les équipes risquaient de compromettre l’intégrité du moteur en recherchant des éléments plus légers et plus puissants. Pour 2014, le terrain de jeux a ainsi été aplani avec l’introduction de moteurs, hélices et pots d’échappement identiques sur tous les modèles ­d’appareils engagés. Dans leur ensemble, les pilotes engagés pour cette nouvelle saison apprécient les modifications du règlement. Elles ont prudemment mis le holà à une dangereuse course à l’allégement. C’est aussi une mesure de bon sens économique puisque le même moteur livré à chaque équipe limite le surcoût des préparations individualisées qui avaient cours jusqu’en 2010. Les budgets des teams s’en portent mieux. Aux plus habiles d’en profiter maintenant.

Zivko Edge 540 V2

Corvus CA-41 Racer

Le chouchou des pilotes. The Edge remporte un titre à chaque fois. Son cadre tubulaire en acier est plus lourd que les matériaux composites, mais aussi plus pratique, selon le directeur Eric Zivko. Pour la saison 2014, deux versions sont utilisées : l’ancien modèle V2 et le nouveau V3.

Mis au point par l’Université hongroise d’aviation et le fabricant basé en Hongrie Corvus Aircraft, avec l’aide de Péter Besenyei, le Corvus Racer a fait sa première apparition en 2010 à Windsor (Canada) dans la Red Bull Air Race.

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son ­ secret de ­fabrication I nvité d ’ h o n n eu r au Festiva l d u fi lm am ér i cai n d e D eauvi lle en ­s eptem b r e d er n i er , N i c o las Cag e r en o u e avec le c i n ém a d ’auteu r . L’acteu r c o n fi e à T h e R e d B u l l e t i n les m otivati o n s d e s o n r eto u r aux s o u r c es . Texte   : R ü d i g er Stu r m  I llu str ati o n s   : P eter Str ai n 36


Disparate. Le monde de Nicolas Cage se compose de requins blancs, de serpents venimeux et de Lisa Marie Presley.


Tactique. « Affronter nos démons, c’est leur faire perdre l’emprise qu’ils ont sur nous », promet Nicolas Cage.


N

ulle autre star hollywoodienne n’est en même temps aussi détestée et vénérée que Nicolas Cage. Il a incarné le superhéros, le soldat, l’alcoolique et le voleur de voitures avec une énergie obsessionnelle. Des prestations saluées par un Oscar ou de mordantes critiques. Celui qui a été le mari de la fille d’Elvis a gagné beaucoup d’argent mais en a perdu encore plus. À 50 ans, Nicolas Cage a décidé de donner un souffle nouveau à sa filmographie. Une belle occasion de lui rendre visite.

the red bulletin : Vous arrive-t-il de penser à la mort ? nicolas cage : Oui bien sûr, mais je ne suis pas ­pressé de la rencontrer. C’est important d’y songer de temps en temps. C’est le meilleur moyen de surmonter l’angoisse qu’elle inspire. Êtes-vous parvenu à vaincre cette peur ? Disons que je progresse… Où voulez-vous en venir avec ces questions ? Sur le tournage de votre dernier film, Joe, vous auriez pris en mains un mocassin d’eau, un serpent dont la morsure est mortelle. Aucun rapport avec une quelconque fascination de la mort. C’était simplement une façon de me détendre. Il y a des tas de manières moins dangereuses de se r­ elaxer… En tournant des films d’action, j’ai découvert que les cascades me détendaient. Une course-poursuite à 160 km/h, éviter des voitures qui vous arrivent en face ou essayer de ne pas finir dans un mur ont l’effet sur moi d’une méditation. C’est peut-être une réaction inhabituelle face à ce genre de situations mais c’est comme ça que je le ressens. C’est comme avec le café : plus j’en bois, plus je me détends. the red bulletin

Et quand le café ne suffit plus, vous passez au venin de serpent ? (Rires.) Non. Pendant le tournage de Joe, j’avais – ce fameux jour – une scène compliquée à tourner. Mon niveau d’adrénaline était bas et ma concentration pas assez élevée. C’est là que l’idée du serpent m’est venue. J’ai demandé son autorisation à David ­Gordon Green, le réalisateur, qui m’a répondu : ­ « Uniquement si tu me promets de ne pas y rester, ­sinon je vais ­passer pour un abruti. » La montée d’adrénaline a été instantanée et la scène a pu être tournée. Je suis capable de surfer sur une vague d’adrénaline en gardant ma nervosité sous contrôle. C’est mon secret de fabrication. Vous n’avez pas la frousse ? Si, toujours, et il le faut. Sans elle, cela n’a aucun sens. Il s’agit de regarder sa propre peur en face. C’est à ce prix seulement qu’on peut la vaincre. Le principe est simple : affronter nos démons, c’est leur faire perdre l’emprise qu’ils ont sur nous. Pouvez-vous nous donner des exemples de peurs que vous avez surmontées de la sorte ? Il y a quelques années, au large de l’Afrique du Sud, j’ai fait une plongée dans une cage pour être nez à nez avec un grand requin blanc. Mon pire cauchemar. Ce fut une expérience incroyable. Ce puissant requin était à un ou deux mètres de moi, il me fixait de son regard vide. Soudain, j’ai senti qu’un lien se créait, serein et magnifique. Un moment de pure ­harmonie, le pied. Vous devez penser que je suis dingue, non ? Non, sauf si vous me dites qu’après ça vous vous êtes frotté le nez avec lui pour vous guérir de cette peur… (Rires.) J’ai une autre histoire pour vous. Une fois, à la Nouvelle Orléans où je vivais il y a quelques années, je naviguais dans les marais et je suis tombé sur un alligator de 400 kg. Il était là juste à la surface de l’eau et me regardait, on aurait dit un dinosaure. Avez-vous sauté du bateau, histoire de le défier à la nage ? Non, mais je lui ai lancé des guimauves. Les alligators en raffolent ! À vous entendre, vous avez raté votre vocation. Auriez-vous aimé être un aventurier ? Vous ne croyez pas si bien dire. À 16 ans, j’ai pris deux résolutions. La première était d’essayer sérieusement de devenir acteur. Et la seconde, de devenir pêcheur ou de rentrer dans la marine marchande si j’échouais dans le cinéma. La mer est mon premier amour. Sa proximité me procure un incomparable sentiment de sérénité. Pourquoi le métier d’acteur a-t-il été votre ­premier choix  ? Pour moi, c’est une soupape de ­décompression parfaitement adaptée. Et j’en ai bien besoin avec toute l’énergie et surtout la colère que j’ai en moi. E ­ nfant, j’étais la colère incarnée. Sans ce métier, ­j’aurais fait les pires conneries. J’en suis convaincu. 39


gée. Parsifal de Wagner passait à la radio, et D’où venait cette colère ? en quittant la forêt, le soleil brillait et la neige J’étais incapable d’établir des relascintillait sous ses rayons. J’ai alors aperçu le tions avec les autres. J’étais un margichâteau et j’ai eu la sensation d’arriver chez nal, sans amis, et rejeté à l’école. Oscar nomina- mariages enfants moi. Oui, on peut dire que ce sentiment était C’était dur à vivre. Même mon père tions aux proche de celui que je ressentais à l’intérieur m’a dit un jour que j’étais sans doute oscars de mon château fort d’enfant. un alien. Cette idée était tellement Avez-vous souffert de devoir le vendre ? ancrée en moi qu’un jour, lors d’une À l’époque, vous traversiez une mauvaise visite chez le médecin, j’ai été stupépasse financière. fait d’apprendre que mes organes et N’exagérons rien. Il fait toujours partie de mon squelette étaient normaux. Ma mes souvenirs comme celui de mon enfance. vie n’était alors pas une partie de Et puis, on parle là de quelqu’un qui a dû ­plaisir. Mais en même temps, je savais critiques positives vendre un château. Si je disais que cela a été que quelque chose allait m’arriver et pour son film Red un crève-cœur, ce ne serait pas très respecdonnerait un sens à ma vie. Rock West (1993) tueux des gens qui connaissent de réels proEt cette chose, c’était, et c’est blèmes. Je ne voudrais pas passer pour un ­encore, le métier d ­ ’acteur ? critiques positives ­cynique. La vérité, c’est que je n’avais tout Jusqu’à preuve du contraire, oui. pour son film simplement plus les moyens de le garder. Cela vous a-t-il permis de chasser Deadfall (1993) À cette époque, je gagnais bien ma vie mais je tous vos angoisses ? n’avais aucune confiance dans les banques. Vous savez, je ne suis pas intrinsèquedif f ér ence J’ai alors investi dans l’immobilier, et après, ment un homme en colère. C’est un d’âge entr e tout s’est effondré. On ne gagne pas à tous les sentiment passager. Je sais bien A l ice K im, sa coups. Et rien n’arrive par hasard. qu’une vie sans agressivité est bien f emme actuel l e, e t lui (en a nnées) C’est-à-dire ? plus légère. J’aime cette planète et Je mène aujourd’hui une vie très différente. j’adore y vivre. J’aime ma famille parDisons plus ouverte. Je ne me cache plus sur dessus tout. Si je le pouvais, je resteMontant d’un crâne de dinosaure acquis aux enchères un yacht, dans un jet privé ou derrière les rais tous les jours chez moi à jouer murs d’un château. Je vis au quotidien avec avec mon fils de 8 ans et à le regarder des gens normaux et ça me fait le plus grandir. grand bien. Comment avez-vous su que la voie Un changement qui semble aussi concerde la comédie et le show-biz pouner votre carrière. Joe est très éloigné des vaient être les soupapes de décommontant de sa dette fiscale en 2010 films d’action dans lesquels vous jouiez pression que vous recherchiez ? ces dernières années. Je crois que c’est lié à mon père. Il C’est juste. C’est un nouveau départ. Je était doué pour stimuler mon imagi­reviens à mes racines, c’est-à-dire aux rôles nation. Il m’obligeait à lire des clasdramatiques dans des productions siques auxquels je devais ajouter un … e t d e 19 9 6 à 2 0 1 1 indépendantes. chapitre. Ce que j’ai fait avec Peut-on dire que vous avez été un temps ­Siddhartha de Hermann Hesse, Le le roi de la série B ? Meilleur des mondes d’Aldous Huxley Ce n’est pas ma vision des choses. Les films ou Moby Dick de Herman Melville. nb de résultats acquisitions entre d’action étaient une réponse aux gens qui Mon père m’a aussi construit un châsur Google 2000 et 2007 ­disaient que je ne pouvais pas en être le teau fort dans le jardin. C’était mon • 15 résidences ­héros. J’ai voulu leur prouver le contraire. refuge, mon royaume. J’y passais le • 1 jet privé Gulfstream à 30 millions de dollars L’acteur dramatique que j’étais s’est alors plus clair de mon temps. Je m’imagi• 1 collection de BD mué en acteur de films d’action en réussissant nais dans la peau de multiples person(400  ! ) d’une valeur de à incarner des rôles intéressants. Aujourd’hui, nages. C’est certainement là qu’est 1,6 million de dollars je me concentre à nouveau sur des rôles née ma vocation. • 4 yachts, le plus cher à 20 millions de dollars millions dramatiques. Quand on connaît un peu votre L’adrénaline ne va-t-elle pas vous manquer ? ­histoire, on sait que vos relations J’en ai besoin uniquement quand je tourne. avec votre père n’ont pas toujours Mais la moto, c’est palpitant aussi. Et il me reste encore un rêve à réaliser : été idylliques. faire du deltaplane. Les dernières années de sa vie, nous nous sommes Pour une star de Hollywood, on ne peut pas dire que ce soit là le rêve beaucoup rapprochés. Son infarctus en 2008 m’a le plus inaccessible… ­profondément secoué. Et je suis heureux que nous Les contrats constituent l’un des aspects de mon travail, et souvent les activiayons pu partager des moments ensemble. tés telles que le deltaplane y sont formellement interdites. Pour moi, le delLe château fort de votre enfance a-t-il influencé taplane est le moyen idéal de se fondre dans la nature. Ça ne pollue pas et l’achat du château que vous possédiez en on se sent libre comme un aigle. On apprend à apprivoiser l’air. C’est sûr, un ­Allemagne  ? jour, j’irai dans les Alpes dans l’une de ces écoles qui vous font passer le breQuand je repense à ce château, c’est avant tout sa vet en deux semaines. Je volerai alors aux premières heures de la journée. ­découverte qui me revient en mémoire. C’était en De mes propres ailes. ­hiver, je roulais en voiture à travers une forêt ennei-

en chiffres

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* Voir conditions et règlement sur concours.ucpa.com UCPA - Union nationale des Centres sportifs de Plein Air - Association loi 1901 à but non lucratif et à gestion désintéressée, agréée et cogérée par les ministères en charge, de la jeunesse, de la vie associative, du sport, du tourisme et de l’agriculture - Siret : 775 682 040 017 17 - APE : 9319Z - Numéro d’immatriculation IM075110249 - Garantie financière : UNAT, 8 rue César Franck 75015 Paris - Garantie responsabilité civile professionnelle : AXA Corporate solutions, 2/4 rue Jules Lefebvre 75009 Paris - Coordonnées bancaires : BNP 30004 00274 000213 18679 58 - Siège Social : 17, rue Rémy Dumoncel 75698 Paris Cedex 14 - Tél. : 01 45 87 45 87 - Fax : 01 45 87 45 88 Site web : www.ucpa.com - Crédits photos : F. ONE, Stéphane Cervos, Kati Molin / Fotolia - 2013_523


G u e r r i e r s d e l’

Am a z o Au long des 186 km du Red Bull kirimbawa, 90 athlètes de haut niveau ont couru, pédalé et pagayé à travers l’impitoyable forêt amazonienne. Sur le territoire de la tribune indienne des Inhaã-Bé. texte : Fernando Gueiros photos : Marcelo Maragni et Fabio P iva 42


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«  A U DÉBUT, JE N’ARRIVAIS PAS À M’ENDORMIR. QUAND j’ai commencé à somnoler, JE ME SUIS FAIT piquer PAR UN SCARABÉE »


Manaus Brésil

À

La tribu des Inhaã-Be fait ses adieux aux athlètes et sollicite pour eux une aide divine bien nécessaire.

Peine maximale. Renato Campos a lutté pendant plus de 4 heures à travers la jungle mais le kayakiste de son équipe a fini par abandonner.

trois heures du matin en plein cœur de l’État de l’Amazonas, au nord-ouest du Brésil, il fait 28 °C. La chaleur est oppressante. Seuls les rais de lumière des lampes frontales transpercent la nuit noire. C’est un combat acharné qui attend les 90 athlètes engagés du Red Bull Kirimbawa, une course multisports longue de 186 km à travers le territoire de la tribu indienne des Inhaã-Bé. Les uns contre les autres, face à la jungle amazonienne et ses dangers. Cette bataille, ils la disputeront en 30 équipes de 3, comprenant chacune un coureur à pied, un vététiste et un kayakiste. Les 30 trailers qui ont passé la nuit chez les Inhaã-Bé vont bénéficier, juste avant le grand départ, d’une aide spirituelle imprévue. Quatre femmes indigènes dansent à la lueur des lampes frontales. Elles demandent aux dieux du courage et de la force pour les « Kirimbawas », comme elles appellent les athlètes. ­Kirimbawas, du nom des guerriers de leur tribu. Une cinquième, plus âgée, tient ­devant elle une corbeille remplie d’herbes rougeoyantes qui diffusent une épaisse fumée. « Cela assainit l’esprit », explique-t-elle. ­Pericles Villaça, 39 ans, tousse en expulsant cette fumée purifiante, rit et déclare : « Imagine-toi sur un tapis de course dans un sauna et mets-toi à courir. En gros, c’est ce qui nous attend. Sans parler des dangers de la jungle que l’on ne rencontre pas dans un sauna. » Les participants ont passé la nuit chez les Inhaã-Bé dans de simples hamacs. Pas vraiment le meilleur moyen de bien se reposer. Fernanda Maciel, coureuse de 33 ans, semble 45


Alexandre Moura lors de la traversée d’un des ruisseaux du parcours de course. Il était alors 12e mais son équipe a fini à la 3e place.

« QUELQUE CHOSE A CROISÉ MON CHEMIN. C’ÉTAIT grand, NOIR ET mouvant »


Les meilleurs vététistes ont réalisé une moyenne d’environ 30 km/h sur ce parcours. Valmour ­Hausman a souffert pendant les 86 km. En vain. Le kayakiste de son équipe n’a pas ­terminé la course.

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«  J E NE SAIS PAS CE QUI ÉTAIT LE PLUS DUR : La moiteur ÉTOUFFANTE DE LA JUNGLE OU LA CHALEUR EN PLEIN SOLEIL »


Les kayakistes comme Lucas ­Maravalhas (sur la photo) ont eu la tâche la plus difficile : cinquante kilomètres à contre-courant. ­Maravalhas est resté presque sept heures en course.

sortie d’un ring de boxe. « Au début, je n’arrivais pas à m’endormir. Quand j’ai commencé à somnoler, je me suis fait piquer par un scarabée. À deux heures du matin, mon œil était tellement enflé que j’ai dû aller voir le médecin. » La course démarre dans l’obscurité totale. Ce que les athlètes ignorent, c’est que ce sont 50 kilomètres de raid sur des chemins sinueux à travers la jungle la plus dense, des sentiers rocailleux et des rivières dans lesquelles il faudra s’enfoncer jusqu’à la taille. Trois heures et 15 minutes après le départ, le premier d’entre eux, Fernando Bezerra, franchit la ligne d’arrivée. Le soleil commence à poindre au-dessus des arbres. Impressions ? « C’était angoissant. Être là, tout seul, au milieu de la nature sauvage. Quelque chose a croisé mon chemin. Je n’ai pas vu quoi, mais c’était grand, noir et mouvant. » Les vététistes ne savent pas non plus vraiment ce qui les attend sur le parcours boueux de 86 kilomètres alternant montées et descentes. Les meilleurs vont réaliser quand même une moyenne de 30 km/h. Au bout de 2 heures 55, le plus rapide rejoint la ligne d’arrivée située près de la base militaire de l’armée brésilienne, au cœur de la plaine amazonienne. « J’ai commencé à transpirer dès les premiers kilomètres et je ne me suis pas arrêté ensuite, raconte Rubens Valeriano Donizeti, 30 ans, haletant, tremblant des the red bulletin

«  n ous l’avons fait… en ­k irimbawas » bras et des jambes. Vers la fin, un tronçon était à ciel ouvert. Je ne sais pas ce qui a été le plus dur : l’atmosphère étouffante de la jungle ou la chaleur en plein soleil. » Mais les kayakistes ont certainement dû affronter la partie la plus rude. Ils se lancent en derniers dans la course. Le soleil de midi brûle sans pitié, le parcours de 50 kilomètres à contre-courant leur fait affronter les courants de l’Amazone,

du Rio Negro et du Rio Solimões. Huit d’entre eux abandonnent, exténués. Et désespérés. Les efforts de leurs coéquipiers coureur et vététiste auront été vains. Les plus agiles atteignent l’arrivée en cinq heures et demie, les derniers mettront plus de sept heures. La nuit tombe déjà sur Manaus, la capitale de l’État, lorsque Marcelo Lins s’extrait de son kayak. Avec le 2e temps le plus rapide au classement individuel, il offre la victoire au team Xingu. « Je n’avais encore jamais disputé de course aussi longue et aussi difficile. Mes mains sont à vif. La chaleur, la soif, c’était vraiment horrible. Mais nous l’avons fait…, dit-il avant de lever la tête et de sourire, … en Kirimbawas. » Plus sur www.redbull.com

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ILORDE

Irègne

Portrait de la Néo-­Zélandaise Ella ­Yelich-O’Connor, ­lycéenne à la voix sulfureuse, présentée comme la prochaine méga star de la pop. Texte : Robert Tighe


Charles Howells

Fulgurance. À sa sortie, Pure Heroine, le 1er ­album de Lorde, accède à la 1re place des charts australiens et néo-zélandais et se positionne à la 3e place du Billboard 200 américain.

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And we’ll never be royals (royals) Et nous ne serons jamais de la famille royale (royale) ItÇa nedon’t run in our blood coule pas dans nos veines That kind of luxe just ain’t for us Ce genre de luxe n’est pas pour nous We crave a different kind of buzz Nous sommes avides d’une autre sorte de buzz Let me be your ruler Laisse-moi être ta souveraine You can call me Queen Bee Tu peux m’appeler « ta reine » And baby I’ll rule, (I’ll rule, I’ll rule, I’ll rule) Et chéri, je régnerai (je régnerai, je régnerai, je régnerai) Let me live that fantasy Laisse-moi vivre ce rêve Ella Yelich-O’Connor, 17 ans, vit un rêve. En février 2012, elle tweete dans l’anonymat des paroles de Modest Mouse, un groupe américain de rock indie : “Oh the dashboard melted but we still have the radio” (« Oh, le tableau de bord a fondu mais nous avons toujours la radio »). Tout en se plaignant de la reprise des cours au lycée : « #grrr #school #grrr ». Le 3 octobre, la Néo-Zélandaise qui vit à Devonport, banlieue huppée avec front de mer sur la côte nord d’Auckland, tweete à nouveau : « J’hallucine ! Royals est numéro 1 aux US. » Scott Maclachlan, son manager chez Universal, confirme l’ascension en boulet de canon de la jeune songwriter : « C’était surréaliste. » Tout commence en 2009 quand Maclachlan reçoit une vidéo qui met en lumière une gamine de 12 ans lors d’un spectacle scolaire. Cette dernière lui explique aussi qu’elle compte devenir auteur-compositeur avec Lorde comme nom d’artiste. Il n’en faut pas plus pour convaincre Maclachlan. Il lui fait signer un contrat, lui présente une flopée de producteurs et de songwriters, tout en mettant à sa disposition les moyens matériels pour trouver son son. Mais aucune de ces rencontres ne provoque le déclic jusqu’à ce jour de 2011 où son chemin croise celui de Joel Little, un producteur local, dans un studio d’enregistrement d’Auckland. 52

« Nous avons beaucoup parlé musique », rembobine Little, ce trentenaire gaillard qui, avant de passer derrière la table de mixage, a été le chanteur de Goodnight Nurse, un groupe pop-punk kiwi. « À chacune de nos rencontres, Ella repartait avec des “devoirs” à faire… ou plutôt à écouter. Elle ne connaissait pas Prince. Ni Snoop Dogg, qu’on aperçoit dans les vidéos de Katy Perry. Elle le considérait comme un gars du genre loser ! Parce qu’elle ignorait tout de son gangster rap des années 90. De son côté, elle m’a fait découvrir la musique qu’elle aimait, The Weeknd, James Blake… On s’est passé un tas de morceaux pop gentillets. » Les débuts de leur collaboration ne produisent rien de concret. Au mois de juillet 2012, Ella déboule au studio avec les paroles de Royals qui va devenir son premier single. Little tricote un rythme, puis ils élaborent ensemble une mélodie qui sied aux paroles. Un tube est né. Qui déferle sur les ondes du monde et d’Internet. « J’aimais le morceau mais je n’étais pas sûre qu’il plaise, dit Lorde. Joel, lui, en était convaincu. Je ne pensais pas que les radios en feraient un tel succès. » Au début du mois d’octobre, Royals d ­ épasse Wrecking Ball de Miley Cyrus au sommet du hit-parade américain. Lorde devient la plus jeune artiste solo à être n° 1 du Billboard depuis 1987. Son âge est tabou. « On me pose souvent cette drôle de question de manière détournée. Par exemple : “Comment trouve-t-on les thèmes de ses chansons quand on a seule-

ment 16 ans ?” Je réponds aussi sec : “Où voulez-vous en venir ?” J’ai 16 ans, je ne suis plus un bébé. » À bien des égards, Lorde se révèle être une ado tout à fait normale : « Je vais au lycée, je prends le bus, je suis relou et ma chambre est un ­sacré bazar. »

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’exploration de l’adolescence dans les chansons n’est pas nouvelle. Le succès de Lorde tient à son authenticité. « Ella décrit sa vie avec justesse. Les jeunes s’identifient à elle, ils se reconnaissent et adhèrent à 100 % à ses textes, tranche Maclachlan. Elle est l’antithèse d’une Miley ­Cyrus, plus dans la provocation et dont l’ambition est basée sur le paraître. La musique d’Ella ne touche pas seulement les ados. J’ai 44 ans et je n’oublierai jamais la première fois que j’ai écouté Going Underground et A Town Called Malice de The Jam. C’était comme si Paul Weller racontait ma vie, j’en garde une sensation très forte. D’une certaine manière, c’est la même chose avec Ella. Chacune de ses paroles trouve un écho chez ceux qui les écoutent. » the red bulletin

Charles Howells, Getty Images

Royals, Lorde


Expansion. Lorde au Madame JoJo’s, un club londonien, en septembre 2013 (ci-contre). Elle a grandi dans la banlieue d’Auckland et vit aujourd’hui à New York. Amérique, Océanie et Europe : plus que deux continents et la jeune chanteuse aura fait le tour du monde.

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our la lycéenne, cet engouement s’explique plus simplement : « Si un grand nombre de gens peuvent s’identifier, c’est peut-être parce que je ne parle pas seulement de soirées en club. » Lorde bannit les clichés sur la fête, les rencontres et les séparations amoureuses caractéristiques de l’âge ingrat. En quelques mots bien choisis, Ella dépeint les émotions et les réelles préoccupations de la jeunesse. Des couplets tels que “This dream isn’t ­feeling sweet/We’re reeling through the midnight streets/I’ve never felt more alone/It feels so scary getting old” (« Ce rêve n’est pas doux/Nous titubons dans les rues de minuit/Je ne me suis jamais sentie si seule/ Quelle angoisse de devenir vieux ») du morceau Ribs, ou encore “I’ll let you in ­something big/I am not a white teeth teen/ I tried to join but never did” (« Je vais t’emmener vers quelque chose de grand/Je ne

suis pas une ado aux dents blanches/J’ai essayé de m’intégrer mais j’ai échoué ») tiré de White Teeth Teens sonnent comme de véritables concentrés de vie. Dans A World Alone, le couplet “Maybe the internet raised us/Or maybe people are jerks ?” (« Peut-être qu’Internet nous a éduqués/ Ou peut-être que les gens sont des cons ») prend le ton d’une réflexion d’ordre social. La charmante demoiselle prend du recul : « Je ne veux pas faire la morale. Les adolescents détestent ça, d’autant qu’on la leur fait déjà assez. Je d ­ écris ce que j’observe, je me pose en témoin, je pointe du doigt. Les ados, lorsqu’ils sont mis en scène (dans les clips vidéo, dans les films…) sont souvent contraints d’incarner des versions d’eux-mêmes déconnectées de la réalité. Les adultes semblent avoir oublié ce que c’est que d’avoir notre âge. Mon point de vue est plus réaliste parce que je le vis. » Ses amis sont-ils flattés ou gênés quand ils se reconnaissent dans une chanson ? « Je suis très entourée. Chacun pense qu’il s’agit de l’autre. J’espère être suffisamment subtile. » Le succès grandissant perturbe-t-il ses relations ? « Ce n’est pas toujours évident quand je suis à New York alors que les autres sont au lycée, à Auckland. Mais mes amis m’apprécient pour ce que je suis

Charles Howells , Getty Images

De-ci de-là. ­Hip-hop, musique électro, pop... Lorde et Joel Little grappillent tous azimuts pour concocter des mélodies pop imparables.

et pas ce que je fais. Du moins j’espère que c’est le cas avec mes amis d’enfance. » Si les paroles de Lorde invitent à la réflexion, sa musique n’en est pas moins pénétrante. Un son clair, moderne et minimaliste qui évoque avec finesse d’autres genres musicaux. « Je suis une enfant d’Internet. J’emprunte ce que j’aime dans la musique électro, le hip-hop et la pop. » Joel Little, son acolyte aux sons, crée la plupart des rythmes et effets avec le logiciel audio Pro ­ eroine, le premier album de Tools. Pure H Lorde, ne comporte qu’un seul morceau à la guitare, A World Alone, un morceau basé sur trois accords. Little y joue aussi du synthé. « Je ne suis pas une virtuose. Je me lance et parfois quelque chose de bon en sort. Il faut se faire confiance… un jour ou l’autre, ça finit toujours par porter ses fruits. » Puis vient la voix puissante de Lorde que Little ne manque pas de sublimer. « Elle est si particulière qu’isolée, elle sonne comme un véritable instrument. Nous l’enregistrons souvent sur plusieurs pistes pensées à l’origine pour la guitare ou le synthé. Cela crée plus d’intensité. Les mélodies sont pétillantes et rendent les morceaux accessibles. Artistiquement parlant, il se passe des trucs intéressants, pas dans les cinq premières secondes du morceau mais tout se construit progressivement. Le public demandait un son plus frais. Sa musique respecte les auditeurs. Ils souhaitent écouter des morceaux novateurs. » Little se souvient encore de la première fois où Lorde a chanté pour lui au studio. « Je me suis dit : “C’est le jackpot !” C’est un rêve de travailler avec quelqu’un d’aussi talentueux. Quand elle chante, on a la sensation qu’elle touche à l’insondable. Sa voix est la douceur même, tout en vous donnant le sentiment qu’elle peut vous anéantir si vous la contrariez. C’est beau et flippant en même temps. » Ce qui est encore plus effrayant, ce sont les proportions que l’effet Lorde pourrait prendre. « Les dates pour les festivals de Coachella (en avril en Californie) et de Lollapalooza (en août à Chicago) sont confirmées. Glastonbury (en juin en Angleterre) devrait se faire aussi, dit Maclachlan. Si elle le voulait, elle pourrait travailler tous les jours de l’année. » Lorde : « Je décide de chaque voyage et de chaque concert que je donne. J’ai encore des samedis soirs de libre que je passe avec mes amis d’école ou en soirée chez les uns et les autres. C’est l’avantage de vivre en Nouvelle-Zélande, ma vie est restée presque la même. Bien sûr, j’ai des obligations ­professionnelles qui m’éloignent de mes copains mais j’ai le sentiment de ne rien ­rater. Jusque-là, ce n’est que du plaisir. » Plus sur www.lorde.co

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à l’Œil nu

I l l- S t u d i o inaugure Fetish istic Scopoph ilia,

une exposition dans l’espace 12Mail à Paris. Les membres du collectif de création pluridisciplinaire reviennent sur leurs pratiques, du skate à la direction artistique. The Red Bulletin   leur a donné carte blanche pour «  h abiller  » les pages qui suivent.

Ill-Studio

Texte : Angelo Cirimele

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he red bulletin : Comment vous êtesvous rencontrés ? ill-studio : À travers le skateboard, il y a longtemps maintenant… Une passion commune qui nous a réunis à l’adolescence, mais aussi appris à travailler. Notre premier projet a été Chill, un magazine lié au skate lancé en 2003. Puis le studio a varié les plaisirs, en s’élargissant à tous les aspects de la direction artistique. Votre pratique du skate vous a-t-elle amenés à la direction artistique ? Fin 1980, faire du skate n’était pas aussi populaire qu’aujourd’hui, ça développait un esprit de communauté et un rapport plus « indé » à la musique, aux vêtements, etc. Ça nous a apporté un regard sur différents univers et, dans l’esprit, ça nous a amenés à bricoler les choses nous-mêmes, puisqu’on est autodidactes. Le mouvement, l’équilibre et l’architecture, tout cela caractérise votre style ? J’aurais du mal à le définir, mais on a récemment édité un livre, Neapolis, pour questionner notre relation obsessionnelle à certaines disciplines comme celles que tu cites. 58

j u s q u ’à­ l’ e x c i tat i o n . On cultive une­ at t i r a n c e pour c­ ertains objets au point que ça en ­d evient du­ fétichisme  »

Comme beaucoup de Parisiens, avezvous échangé votre skate contre un vélo ou l’avez-vous toujours ? On n’a plus ni skate ni vélo ! Et si on a une planche quelque part, on ne s’en sert plus. Vous êtes contemporains de la disparition de certains objets (vinyles, VHS, photographies) et ils sont très présents dans vos images. Êtes-vous des nostalgiques ? On vit avec notre temps, mais notre histoire culturelle va de la fin des années 80 à aujourd’hui et intègre ces objets qui, pour nous, lient le passé proche et l’hyper présent. On peut produire des visuels très ancrés dans le présent, mais composés d’éléments piochés dans les décennies passées. Mais on ne regarde pas de VHS en rentrant chez nous le soir ! Une partie de votre production me fait beaucoup penser à Los Angeles : dépouillement, vintage, espace… Quelle relation entretenez-vous avec cette ville, son image, son esprit ? On y a effectivement passé beaucoup de temps… On a grandi en regardant des images de la mégalopole et, en s’y promenant, on y reconnaissait des spots de skate vus dans des vidéos. On y a ensuite découvert d’autres aspects : l’architecture, la culture, l’atmosphère de LA… et même monté plusieurs expositions.

Justement, c’est vous qui avez choisi le nom de votre nouvelle exposition à Paris : Fetishistic Scopophilia ? Ce que ça veut dire ? La scopophilie c’est le plaisir de regarder les choses, jusqu’à l’excitation. On cultive une attirance pour certains objets au point que ça en devient du fétichisme. On avait envie de mettre en forme cette obsession pour une série de choses qui, pour nous, sont culturellement liées à un mouvement et à une époque. Que montrez-vous dans cette ­exposition  ? Des objets, mais aussi des surfaces, des textures, des matières, des agencements… une série de choses qu’on collectionne, qui nous obsèdent et sur lesquelles on revient beaucoup dans notre travail. Les supports sont la photo, l’impression sur différents supports, la vidéo, l’image 3D, l’installation et des objets ! Au fait, vous recherchez toujours des stagiaires suédoises ? Absolument ! + 33 6 15… Dans le studio, on a composé naturellement un univers très masculin qui parle français, donc si on peut inviter quelqu’un avec d’autres caractéristiques, on est pour ! Et comme on a aussi développé une scopophilie pour les physiques du nord de l’Europe… Fetishistic Scopophilia jusqu’au 14 mars au 12Mail Red Bull Space. Plus sur www.12mail.fr/ the red bulletin

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«  L a scopophilie, c’e st le plaisir de ­r egarder les choses,


Grand angle 10 heures. à Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes), le soleil brille de mille feux au centre d’entraînement de Tom Pagès. Le vainqueur de Red Bull X-Fighters World Tour 2013 décroche un flair en guise d’échauffement.


Au cœur des tricks de Tom « Flying » Pagès. The Red Bulletin a shooté le tenant du titre du Red Bull X-Fighters World Tour avant la ­première au Mexique, le 14 mars.

Sa Pagesté Tom Textes : Christophe Couvrat et Tom Pagès Photos : Dan Vojtec

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D

ans le milieu, c’est l’extraterrestre, l’empêcheur de tourner en rond. Depuis son apparition sur le circuit en 2006, Tom Pagès porte régulièrement l’estocade, élevant sa discipline, le motocross freestyle (dit FMX), à un niveau orbital. Le Français de 28 ans est une sorte de derviche tourneur sur deux-roues, amoureux de sa cavalerie motorisée, capable des figures les plus osées. L’an dernier, sa personnalité s’est affirmée. Point de superflu. Finalement, Pagès est comme une bonne bouteille de vin... Ce n’est pas que sa folie et son art du second degré ont subitement disparu, mais la métamorphose est visible tant dans son attitude à l’entraînement qu’au niveau de son visage, expressif à souhait. La malice de son regard en témoigne. Le natif de Nantes est devenu un homme, un vrai, réfléchi et sûr de son fait. Sa vision de la vie change. Désormais, il n’y a pas que le FMX, il y a aussi... la moto sur circuit. Dans la foulée de son sacre à l’issue de la saison 2013 de Red Bull X-Fighters World Tour, Tom Pagès s’y essaie. L’homme est facile. Cette force impalpable ressentie à ses côtés reste l’apanage des cadors de leur discipline. Il y a par exemple du Lavillenie chez Pagès. Leur point commun ? Cet extraordinaire pourvoir de décollage, issu de longues heures de BMX, de trampoline et d’entraînement dans le bac à mousse. Sa marque de fabrique en somme : « Aujourd’hui, pour 62

Holly grab « C’est une figure qui a de l’âge. Il ne faut pas avoir le menton collé à la selle. Pour les juges, elle est basique. Tout le monde peut la faire. » Sacré Tom.


moi, monter sur la moto c’est comme me brosser les dents, reconnaît-il, sourire ­Ultra Brite en coin. Je ne m’en rends même plus compte. Le matin, je peux sauter sans être réveillé. Il y a trop d’heures derrière ! Je passe mon temps dessus, tous les jours, depuis huit ans. Cette année, j’ai installé un compteur sur la moto. Quinze à vingt heures par semaine, c’est ma dose d’entraînement. » Soit en additionnant tout cela, une trentaine de jours d’affilée à faire des ronds dans l’air ! Petit Tom est donc devenu grand (téléchargez The Red Bulletin d’octobre 2012 sur votre tablette et retrouvez notre portrait des frères Pagès, ndlr). Comme en cette soirée brûlante du 19 juillet dernier, dans le cadre magique de la Plaza de Toros de Las Ventas à Madrid, inaugurée en 1931. Pagès se mue en bête de scène, capable de « tuer » un concours, en claquant LA figure au bon endroit, au bon moment. S’il avoue « avoir peur de la chute » et, parfois, « être déçu de [lui]-même », Pagès sait que ses potes du circuit ne lui font plus de cadeaux. Ce qui ne l’empêche pas de les « bader » : « Par exemple, à Taka ­(Higashino, ndlr), je lui prendrai son éducation et sa folie. Les Japonais n’ont pas le même rapport à la vie que nous. C’est unique », s’exclame-t-il. Et les autres ? « Josh (Sheehan, ndlr) est une boule de muscles et un sacré athlète. L’Australien n’a pas de cerveau non plus (rires). Il travaille énormément. Quant à Dany (Torres, ndlr), c’est le plus talentueux et le plus expérimenté. Il est présent sur Red Bull XFighters World Tour depuis 2004 (soit 36 épreuves, ndlr). Il détient le plus grand nombre de victoires sur le Tour (7, ndlr). Avec ce brelan d’as, tu crées un vrai super héros. » à commencer par Tom... Plus de FMX sur www.redbull.fr

Cette force impalpable ressentie à ses côtés reste l’apanage des cadors de leur discipline. Il y a du Lavillenie chez Pagès

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Ici, le plus dur est fait. Je n’ai plus qu’à me figer, à serrer les bottes contre la moto pour absorber au mieux cette inertie (il s’agit de la photo d’ouverture prise sous un autre angle, ndlr).

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Pagès a du flair Cette figure fait partie de celles que le Français a littéralement « apportées » sur le circuit. L’an dernier, il sort même des variantes, jambes croisées, comme le tsunami ou l’indy.

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Si je gaine, mon corps va se poser correctement. Tout le monde avait oublié cette figure. Il existe pas mal de variantes, histoire de la compliquer un peu. Les gens voient que le flair est accessible. Donc on va en voir arriver. Il y a très peu de volt et de special flip.


2

C’est là que ça se complique. Je ne dois pas me laisser glisser à l’intérieur mais plutôt vers le côté droit. Si j’engage trop vers l’intérieur, ce n’est pas bon, j’atterris en arrière. Si c’est bien ­engagé, mon corps part vers l’extérieur.

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J’attaque la rampe par son côté droit puis j’essaie de sortir côté gauche pour marquer une courbe dans la rampe et avoir la distance idéale. C’est très important quand on tente un flair.


Cliffhanger Pour le grand public, Cliffhanger est un film d’action sorti en 1993 avec Sylvester Stallone en tête d’affiche. Dans le jargon du FMX, c’est une figure très impressionnante qui permet, bien souvent, de rafler la mise.

2

C’est le moment où je ramène les pieds vers le haut et tire le guidon. Ça relève l’ensemble, tout en permettant de ramener le corps sur la moto. Il est très important de rattraper avec les deux pieds au même moment.

1

Dès mon arrivée dans la rampe, je me positionne beaucoup plus sur l’avant de la moto. Il faut la faire plonger un peu, le corps vers l’avant. Quand ça va bien vers l’avant, je vais alors pouvoir déclencher la figure.

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Juste avant ce passage, je me cale et jette mon corps afin de placer les pieds sur les tubes de fourche sur les côtés, la botte quasiment vers l’intérieur. Il faut ­garder le guidon bien droit. Puis, je tire dessus pour revenir à une position normale.

4

Ici, c’est un cliff no hand landing. C’est-à-dire que je ne remets pas les mains sur le guidon. Cette figure est très prisée du public et des juges du Red Bull X-Fighters World Tour. En général, l’amplitude qui en ressort permet de dominer ses adversaires.

«  Aujourd’hui, pour moi, monter sur la moto c’est comme me brosser les dents. Je ne m’en rends même plus compte »


cammas,


I r r é s i s t i b l e s u r t o u s l e s p l a n s d ’e a u d e p u i s t r o i s a n s , F r a n c k C a m m a s e s t a u j o u r d ’ h u i l ’a g i t a t e u r d ’u n p r o j e t d ’u n e n o u v e l l e d i m e n s i o n p o u r l a v o i l e f r a n ç a i s e   : g a g n e r l a C o u p e d e l ’A m e r i c a . L’a m b i t i o n a u n n o m   : Te a m F r a n c e .

ère T e x t e   : f r é d é r ic p e lata n

p h o t o s   : d a v i d cl e r i h e w

France 69


P o u r f u i r l’ h i v e r f r a n ç a i s , l’ é q u i p e d e France de Nacra 17 et le d u o C a m m a s -T u r c k h e i m s’entraînent à Agadir, au Maroc


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u fond noir du logo jaillissent deux voiles. L’une bleue, l’autre rouge, elles sont cernées d’un liseré blanc. Une date : 11.12.13. Un nom : Team France. Une destinée : remporter la Coupe de l’America. Maître d’œuvre de cette renaissance d’un rêve français, Franck Cammas a lancé son nouveau chantier, probablement un des plus ambitieux qui aient été mis sur pied dans l’histoire de la voile française mi-­ décembre à l’occasion du salon nautique de Paris. L’idée : créer une équipe de France professionnelle capable de s’imposer sur tous les fronts internationaux. Et, si l’America’s Cup, que la France n’a jamais remportée, est le point d’orgue du projet, la volonté est de constituer un bloc similaire à Team New ­Zealand, apte également à retourner conquérir la Volvo Ocean Race, les championnats du monde de Match Racing, le circuit Extreme Sailing Series ou d’aller défier, pourquoi pas dès 2017, Oracle Team USA pour la conquête ultime. Ce mercredi-là, Cammas souligne la naissance de son projet par un premier coup de force : autour de lui, Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe et icône de la course au large en solitaire – cette spécialité si française dont l’Hexagone est championne du monde – et Olivier de Kersauson, figure tutélaire de la voile en équipage devant qui tout s’ouvre : les micros comme les portes de ministères et des grandes entreprises. Olivier de Kersauson de Pennendreff, dont un ancêtre prit part à la septième Croisade, au XIIIe siècle, a pour royaume Brest, Finistère, Bretagne nord. Michel Desjoyeaux, dont le père a contribué à la naissance de la célèbre école

Le multicoque reviendra aux JO de Rio en 2016 avec le Nacra 17, et des équipages mixtes.

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Il n’est pas ­difficile d’imaginer quel poste Cammas aurait ­occupé au rugby : demi de mêlée. Petit gabarit, mais taille patron (cicontre). Séance matinale de préparation physique sur la plage d’Agadir pour les partenaires et rivaux du Nacra 17 (ci-dessous).

de voile des Glénans, est un pilier de Forêt-Fouesnant, l’antre de la course au large que Kersauson a eu l’outrecuidance de surnommer un jour, la « Vallée des fous ». Les réconcilier, c’était un peu comme imaginer que Russell Coutts, idole (ou faux frère) néo-zélandais, embrasse les couleurs de l’Amérique et fasse appel à un Australien pour skipper le bateau, vous voyez ? D’une voix étrangement douce, c’est Kersauson qui sonna l’Armistice : « Je me sens tout petit entre ces deux si grands marins. »

C

ammas en sourit. Oui, c’est déjà une ­victoire. Comme une évidence, l’heure est à l’union sacrée et il fallait bien un marin de la stature du vainqueur de la Volvo Ocean Race 2011-12 pour ­parvenir à éteindre la guerre des Gaules. L ­ ’Aixois recueille aussi les suffrages des Rois mages. La Fédération française l’a adopté, le Yacht Club de France embrasse son idée et même Bruno Bich a fait le déplacement express depuis New York pour partager son e­ nthousiasme. 36e fortune française, il est l’un des onze ­enfants de Marcel Bich, l’homme qui a inventé un concept qui traverse les générations : le ­jetable. S ­ tylos, briquets, tout y passe, sauf les planches à voile et les voiliers légers qui, eux, assurent leur pérennité dans tous les clubs nautiques de la planète. À la tête d’un empire, son père fut le premier Français et non Anglo-Saxon à relever le gant. Entre 1970 et 1980, il participera à quatre phases éliminatoires, sans p ­ arvenir à défier le Defender. D’autres projets menés par d’autres hommes se sont succédé. Sans plus de succès, faute de moyens, faute de temps, faute d’avoir su fédérer tous les savoir-faire dont recèle la France. Le creuset de compétences françaises est incontournable depuis que Russell Coutts et Team USA ont décidé de courir sur des multicoques, spécialité tricolore. On ne compte plus les ingénieurs, designers et architectes, rodés au développement des bateaux à deux ou trois pattes. « Quatre défis ont déjà annoncé 72

Sophie de Turckheim

leur envie de faire la prochaine Cup, résume Franck Cammas et nos talents sont très demandés. C’est un vrai mercato qui a lieu en ce moment. » Quelques perles rares vont s’arracher à prix d’or, comme l’architecte Guillaume Verdier, qui a travaillé lors de la dernière Cup pour Emirates Team New Zealand ou Michel Kemarec, hydrodynamicien au service des Américains l’an dernier. Cammas : « Il y a dix personnes à bloquer. Il nous faut une base de spécialistes, puis des gens qui font de la recherche. Beaucoup d’entreprises françaises font partie des meilleures mondiales et sont prêtes à nous aider technologiquement. » L’union sacrée est séduisante, mais elle ne se réalisera réellement que lorsque Team France aura le principal : l’argent. Une vraie préoccupation pour le porte-étendard du projet, mais presque un faux problème. « L’argument n’est pas si difficile à repousser, interjette Cammas. L’Italie dispute la Coupe avec une seule marque (Prada, nldr), qui renouvelle son partenariat à chaque fois. C’est la preuve que la Coupe de l’America a des arguments commerciaux. La Nouvelle-Zélande, qui a un PIB plus petit que le nôtre, a compris que la vitrine est super valable et que c’est un lien extraordinaire pour le pays. C’est encore plus vrai maintenant que la Coupe de l’America, grâce à the red bulletin


Sacré marin français de l’a n n é e e n 2012 et 2013, franck Cammas vise encore p l u s h a u t…


… s e s s u cc è s e t s e s a m b i t i o n s l e f o n t j o u e r d a n s l a c o u r d e s g r a n d s m a r i n s p l a n é ta i r e s Oracle Team Usa, est un vrai show télévisé : ça a pris du sens d’investir sur la Coupe. » Le budget annoncé est de 20 millions d’euros par an sur quatre ans. Un peu plus, ça serait encore mieux pour avoir une chance de défier le Defender.

C

e n’est pas flatter son ego qu’énoncer que Franck Cammas constitue le meilleur des atouts. À l’exception du Vendée Globe, qu’il n’a jamais disputé, il a conquis tout ce qui fait la voile française : une Solitaire du Figaro, six titres de champion du monde Orma (déjà le multicoque), trois Transat Jacques-Vabre, une Route du Rhum en 2010, le Trophée Jules-Verne, record du tour du monde en équipage à bord de Groupama 3. Sa stature a pris une dimension internationale lorsqu’il a remporté la Volvo Ocean Race 2011-2012 au nez des Américains et des Néo-Zélandais. Depuis, plus rien ne lui résiste et 2013 l’a vu réaliser une sorte de Grand Chelem : Tour de France à la voile, champion de France de matchracing, champion de France de Nacra 17, au nez et à la frange du duo champion du monde Billy BessonMarie Riou, et champion du monde de Class C, l’antichambre technologique de la Coupe de l’America. La victoire, comme un vice ? « Faire, c’est une drogue, reprend-il. Gagner, c’est le bonheur d’avoir fait tout le chemin, pas de vaincre les autres. Si je gagne, c’est que je ne me suis pas trop trompé. Mais une fois que tu as gagné, c’est le vide. Et l’envie de faire autre chose, de plus dur, de plus prenant intellectuellement, s’impose aussitôt. » On évoque alors le talent, il répond méthode. « On a la chance d’avoir un partenaire fidèle qui m’a permis de faire travailler une équipe continuellement pendant quinze ans. C’est rare, ça n’existe pas sur la Coupe. Quand tu bosses ainsi, tu as les compétences pour faire n’importe quel projet. C’est ce que fait Emirates Team New Zealand, et ça marche. » À 41 ans, Cammas est au faîte de ses compétences. Il tutoie aujourd’hui les meilleurs de la planète et son enthousiasme reste celui d’un gamin. En 2013, il a passé 320 jours sur l’eau, s’est déployé dans toutes les directions. L’année 2014 ne s’annonce guère plus reposante. Outre le pilotage du projet Team France, le 74

the red bulletin


Franck Cammas à la barre, Sophie de ­Turckheim en équipière… Le N ­ acra 17 a beau être une série mixte, ce sont toujours les ­garçons qui dirigent. the red bulletin

skipper va disputer une nouvelle fois le Tour de France à la voile et faire des apparitions en Extreme Sailing Series, terrain de jeux idéal pour le gratin de la Coupe de l’America qui s’y est donné rendez-vous. Il continuera aussi à mettre le cap sur Rio 2016 avec Sophie de Turckheim. La navigatrice pointe son avis du haut de son mètre quatre-vingt-trois : « Je vois un petit bonhomme (il rit, ndlr) qui a plein de projets en tête et qui met tout en place pour réussir. Il sait où il veut aller, il est persévérant, il sait se faire mal et il est exigeant, encore plus avec lui-même. Mais pour les résultats qu’on veut avoir, c’est le minimum, on ne peut pas se satisfaire du convenable. » Team France ira-t-il sur la prochaine Cup ? Ce n’est pas gagné, mais c’est loin d’être perdu. Consul-

tant pour Luna Rossa lors de la dernière Coupe de l’America, Cammas avait d’ailleurs bien failli la disputer il y a quelques années. Il confie : « On y a réfléchi en 2008. Après l’édition 2007, Oracle a fait appel à pas mal de Français, pour préparer un défi atypique à un contre un, en multicoque. Il y avait alors eu des contacts entre Groupama, dont l’ambition était alors internationale, et Russell (Coutts, ndlr), qui voulait prendre notre équipage, notre architecte. Coutts a lancé le défi, les avocats sont entrés en jeu et les dates n’ont plus collé. Et je suis parti préparer la Volvo Ocean Race. » Depuis le temps qu’il y pense le matin en se rasant, Franck Cammas n’a jamais été si proche d’embrasser son rêve bleu. Plus d’infos sur www.cammas-groupama.com

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e s r u o C

e l l e t r o m


La Carrera Panamericana, course d’endurance sur route à travers le Mexique, est un mythe né en 1950 pour célébrer l’achèvement du tronçon de l’autoroute qui relie les Amériques. Trop de morts, trop d’accidents ont provoqué l’arrêt de l’épreuve en 1954. Avant son redémarrage en 1988. Texte : Werner Jessner Photos : Marcelo Maragni

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Les gadgets ­techniques comme dans les bolides NASCAR, les tripmasters numériques et les chronomètres (à gauche) sont les bienvenus à bord. Il y a 25 ans, Guillermo Rojas Sr. remportait la Carrera Panamericana. En 2013, son fils Memo fait ses débuts (en bas à gauche). Les arrivées d’étapes se font en centre-ville, comme ici à Oaxaca dans le parc situé en face de la cathédrale (à droite).

Se disputó desde 1950 hasta 1954, 34 años después volvió en su forma moderna actual.

E

n novembre 1953, l’armée ­nationale mexicaine reçoit un ordre frappant. Pendant la Carrera Panamericana, elle doit abattre sur-le-champ tout ce qui se mettrait en travers de la route pour éviter aux pilotes tout risque supplémentaire d’accident. Absolument tout. Être humain ou animal. Depuis sa première édition en 1950 à l’occasion de l’inauguration du tronçon mexicain de la Panamericana, cette autoroute qui relie les Amériques, la carrera (« course » en espagnol) est considérée comme capricieuse, rocambolesque et dangereuse. Cette épreuve d’endurance de cinq jours et longue de 3 500 kilomètres à travers le Mexique est la plus dangereuse de l’époque. Il faut persua-

the red bulletin

der les pilotes stars d’y concourir. La Transaméricaine ou autoroute panaméricaine donne ­simplement son nom à la course, la Carrera Panamericana car la plupart des routes, situées à haute altitude, sont à peine goudronnées. Malgré tout, des centaines de pilotes tentent l’aventure et nombre d’entre eux vont se surestimer : chutes dans des ravins, collisions contre des rochers, tonneaux, pertes de roues et d’essieux ou pare-brise explosés par des vautours. Ces accidents auraient sans doute été moins graves si les pilotes avaient bénéficié alors de ceintures de sécurité et de casques convenables. À cela s’ajoute l’imprévisibilité du public le long de la route, prêt à bondir à chaque virage. Un point du règlement prévoit aussi la disqualification immédiate tout pilote qui apporterait son aide à un ­adversaire, même en cas 79


« Les freins ont lâché », se plaint le pilote qui avait pressenti l’incident trois virages plus tôt ­ ’accident. Aujourd’hui, il n’existe aucun chiffre ofd ficiel du nombre de morts lors des cinq premières éditions. On ne sait pas non plus si l’armée nationale mexicaine a réellement appliqué les ordres. La Carrera Panamericana, supprimée dès 1955, était devenue hors de contrôle. Trop d’accidents. Le record de vitesse de 222 km/h signé en 1954 est inimaginable même dans les conditions de course actuelles. Depuis 1988, la course est de retour avec des « voitures modernes », concourant dans sept catégories. Une sacrée épreuve pour les vieilles bagnoles dont l’esthétique rappelle les Studebaker, les Oldsmobile ou les Cadillac sur la ligne de départ des années 50. La carrosserie cache toutefois des châssis à cadre tubulaire avec de puissants moteurs V8, des essieux SUV et des freins de course. Les tuners ne sont pas tendres : avoir 700 chevaux sous le capot est la norme pour atteindre les 300 km/h. À la fin de l’étape Veracruz-Oaxaca, dans le parc voitures, Memo ­Rojas, le meilleur pilote mexicain, semble perplexe après avoir été victime d’une crevaison : « C’est la ­première fois que j’ai peur en voiture. Je connais la tension sur la 80

ligne de départ, la nervosité, la concentration. Mais aujourd’hui, j’ai eu peur. Cette voiture est une merde. Une merde sur-motorisée. Pas de châssis, pas de sécurité passive. À 300 km/h dans cette charrette, tu as les jetons. Tu veux freiner, mais tu ne peux pas. » Vingt-cinq ans plus tôt, le père de Memo, ­Guillermo, remportait la victoire. « À l’époque, nous appuyions sur le champignon, ricane le vieil homme sympathique. Nous étions presque aussi rapides. Mais n’oublions pas que c’est la première course de Memo sur route. Mon jour de gloire, je le dois à ma connaissance parfaite du “circuit”, chaque passage, chaque virage me parlait. Lui ne connaît rien du tout. » Après la première journée, Memo Rojas est 40e alors que l’élite des pilotes de rallye mexicains prend ses aises en tête. Leur vitesse individuelle est stupéfiante dans les spéciales, tandis qu’ils privilégient la vitesse de meute sur les étapes intermédiaires. Au beau milieu de la course, la police fédérale mexicaine, au volant de ses 172 Dodge Charger, veille à maintenir le rythme car la vitesse moyenne ne doit pas trop chuter. the red bulletin


Certaines photos de la Carrera Panamericana pourraient provenir de courses d’Europe centrale : canicule sèche, froid et brume étaient au ­programme de la météo (en haut). Les pneus souffrent plus encore que la t­ echnique : pour les gonfler uniformément malgré la génération brutale de chaleur des voitures de 700 chevaux et préserver ainsi les épaulements, les mécaniciens versent un peu d’eau (en bas).


Pin-up et images pieuses se ­côtoient à la Carrera Panamericana. Les pilotes aiment ­embellir leur voiture, et c’est ce qui fait aussi le charme de cette course mythique. La vénération de la route est aussi ­très religieuse : « Si je meurs, dit un pilote à son c­ opilote, ­prometsmoi de ­disperser mes cendres ici. »


Memo Rojas et sa Studebaker. Le côté conducteur porte les vaillantes marques de combat après une crevaison.

« Les tuners ne sont pas tendres : avoir 700 chevaux sous le capot est la norme pour atteindre 300 km/h » Les équipages qui s’arrêtent aux feux rouges dans les villages risquent de se faire rabrouer énergiquement. Les premiers accidents ne tardent pas. Une Dodge réussit à viser précisément l’espace entre le bout d’une clôture et le début d’une glissière de sécurité. Elle s’encastre à toute allure en dans l’arbre juste derrière. « Les freins ont lâché », se plaint le pilote qui avait pressenti l’incident trois virages plus tôt. L’une des Studebaker fait plusieurs tonneaux, six autres véhicules dérapent sur les flaques d’huile et sortent de la route. D’autres pilotes préfèrent que la Carrera Panamericana reste une simple aventure et consacrent une partie de leur budget à un ravitaillement de choix : une bonne bouteille de vin pour le dîner, le steak quotidien et du champagne pour l’épouse. Rien n’est trop cher pour profiter de l’événement. Les seuls héros sont ceux qui terminent la course. Lors de la dernière étape, l’américain Doug Mockett crève à un kilomètre de l’arrivée. Il arrache le levier de vitesses et remorque son Oldsmobile sur la jante jusqu’à l’arrivée pour être classé. Héroïque. « Les meilleures voitures de course the red bulletin

terminent en pièces détachées », assène-t-il. Nombre d’entre elles n’ont visiblement plus d’embrayage et hoquettent en troisième jusqu’à la fin. Le dernier matin de course, le jeune Mexicain Pasqual Piccolo fait un tête-à-queue, deux ­poteaux en béton arrachent sa roue arrière gauche. Il répare, reprend la course mais le refroidisseur a, de toute évidence, morflé. Il téléphone et se laisse pousser jusqu’à l’arrivée à Zacatecas, pare-chocs contre pare-chocs. Là, il enrôle un groupe de locaux, seize types costauds qui traînent sa Datsun titubante jusqu’à la ligne d’arrivée. Après tant d’émotions, la fiesta peut envahir le cœur de l’ancienne cité argentifère avec cuivres, batterie, confettis, enchiladas, mezcal, danse et chants. Memo Rojas, 3e pour sa 1re participation malgré une première étape ratée et une série de chevauchées endiablées, danse dans la rue avec les vainqueurs. Il hurle : « ¡Viva México! ¡Viva la Carrera Panamericana! Nous sommes une ­famille ! À l’année prochaine ! » À côté, son père sourit. Il ne sait que trop bien ce que ressent son fils. La nuit va être longue à Zacatecas. 83


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Un lecteur K7 pour iPhone, la bande à démêler en moins. MUSIQUE page 93

action ! m at o s   /   c l u b b i n g   /   v o ya g e s   /   c o n s e i l s d e p r o   /   m a v i l l e   /   MUSI q u e   /   f o c u s NERVO, le duo de DJ’s australiennes met le feu au Sound Club.

Troy Acevedo/We Are Night Owls

Envoyez les basses !

LA CRÈME DES DJ’S COMME AFROJACK ET TIËSTO a l’habitude de se PRODUIre DANS DES STADES. ILS ONT FAIT EXCEPTION POUR LE SOUND CLUB D’HOLLYWOOD. Clubbing, page 87

the red bulletin

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Action !

voyages

la ­S i b É r i e en live Tout pour ­s’offrir un max de sensations

ascension Le parc national de Stolby (signifiant « colonne », en russe) et ses ­gigantesques formations de granit régalent les férus d’escalade.

Au bout de la corde raide Pas d’inquiétude, cela n’a rien de vacances farniente, loin s’en faut. La destination, la Sibérie, suffit à convaincre. Sans oublier l’activité proposée : le saut pendulaire, soit du saut à l’élastique avec une corde d’alpinisme à laquelle on s’attache avant de se jeter dans le vide d’un pont ou du toit d’un bâtiment désaffecté. Une activité pratiquée essentiellement en zone urbaine. La Sibérie est considérée comme la Mecque du saut pendulaire. Dmitri Glebov participe à la Cup of Siberia, une compétition annuelle de la discipline. « Nous choisissons un pont ou un bâtiment approprié auquel nous fixons la corde d’alpinisme. À l’autre bout, nous équipons le sauteur avec son harnais. Et c’est parti. Lors du saut, l’apesanteur fait refluer le sang vers la tête avant que la chute libre ne s’interrompe brusquement dans un mouvement pendulaire. C’est l’effet montagnes russes. » Souvent, le g ­ rand frisson apparaît bien avant le saut, lors de l’ascension vers les plates-formes de départ perchées à plus de 500 mètres au-dessus du sol. « Officiellement, le saut à l’élastique n’est pas interdit, explique Glebov. Mais la police locale ne le voit pas d’un bon œil. » Du coup, cela donne plus de ­piment à 56th Parallel ­organise l’expérience. À peine le saut terdes ­excursions de miné, il faut encore échapper à sport extrême en une police russe toujours aux Sibérie à partir aguets. De quoi s’offrir une de 1 800 euros. 56thparallel.com nouvelle montée d’adrénaline. 86

Du saut à l’élastique en Sibérie, protégé par une corde d’alpinisme.

descente On dérive sur un radeau de glace au fil des eaux ­arctiques de l’Angara, seule rivière issue de l’immense lac Baïkal. 56thparallel.com

conseils d’initié vite fait, bien fait « Il faut se propulser le plus loin possible vers l’avant pour un bon mouvement pendulaire sous le pont ou dans l’ouverture du bâtiment, conseille Dmitri Glebov. Lorsque la corde se tend, cela permet aussi d’éviter la ­secousse et la douleur qui va avec. »

Un tranquillisant

Pour trouver du courage (ou reprendre ses esprits après le saut), une halte au Bulgakov Bar de Krasnoyarsk s’impose. « Un lieu sympa dans le style des bars chics de Saint-Pétersbourg, le tout au cœur de la ­Sibérie. Les excellents plats et cocktails et les eaux-devie maison valent aussi le détour. » barbulgakov.ru/o-bare

en avant ! Chaque mois de mars a lieu le ­Baïkal Ice Marathon. Une vingtaine de pays participent à cette course, la plus rapide sur glace. absolute-siberia.com

the red bulletin

sellyourphoto.net(2), shutterstock(2), picturedesk.com

S AUT PENDULAIRE  LA SIBéRIE DONNE Un nouvel élan AU saut à l’élastique. ce grand frisson est réservé aux plus casse-cou.

sibtourguide.com


Action !

clubbing

Le dancefloor du Sound et ses 650 ravers.

FLASHBACK TROIS ADRESSES OÙ LE CHARME DU VIEUX HOLLYWOOD A SURVéCU

Mini tubes et maxi DJ’s

Troy Acevedo/We Are Night Owls (4), picturedesk.com, corbis (2)

los angeles QUE FONT LES DJ’S STARS LORSQU’ILS SONT LAS DES CLUBS GÉANTS ? ILS SE RESSOURCENT AUX PLATINES DU SOUND. La dance électro occupe plus que jamais les dancefloors. À l’instar d’un Cristiano Ronaldo marquant un penalty, la crème des DJ’s soulève avec leurs tubes des stades entiers. Mais, souvent, les maestros de la platine affectionnent en secret des morceaux underground. Le Sound Club leur permet de se faire plaisir. « Afrojack est connu pour ses hits qui électrisent les foules, raconte Kobi Danan, le manager du club. Mais ici, il est libre de concocter des sets hors des sentiers battus. » Une façon pour le Sound de se démarquer des clubs clinquants d’Hollywood. « Ici, la star c’est la musique », concède Danan. Et pour briller, cette étoile dispose de la Rolls des sonos : le Funktion-One. sound nightclub 1642 N. Las Palmas Ave. Los Angeles, CA 90028 www.soundnightclub.com

the red bulletin

Musso & Frank’s Restaurant and Bar Charlie Chaplin y a défié Douglas Fairbanks, la star du film muet, à une course de cheval sur Hollywood Boulevard. (Le bar sert aussi le meilleur Martini de la ville.)

R3hab (à dr.) et Tiësto (en bas) aux platines du Sound.

C HAN G ER D’AI R LE SOUND CLUB EST AUSSI UN LIEU D’EXPÉRIMENTATION QUI, POUR CERTAINS MUSICIENS, SERa UNE ­RéVéLATION.

Iggy Pop Avant de devenir le père du punk, James Osterberg était, à Detroit, le batteur de The Iguanas, son groupe au lycée. « À nouvelle drogue, nouvelle musique », dira-t-il. Katy Perry Pourquoi Perry s’est-elle fait tatouer « Jesus » sur le poignet ? Gamine, la princesse de la pop était une enfant de chœur. Michael Bolton Dans les années 70, le maître des ballades romantiques était un hard rockeur qui accompagnait Ozzy Osbourne en tournée.

Avalon Hollywood Dans les années 1920, l’endroit abritait un théâtre ; dans les années 1940, une radio. Aujourd’hui, l’Avalon est un club. Les Beatles y ont donné leur premier concert sur la côte Ouest.

Library Bar du Roosevelt Pendant deux ans, Marilyn Monroe a vécu à l’hôtel Roosevelt. Son fantôme hanterait toujours le lieu. Possible après l’absorption de deux ou trois cocktails bio du Bar.

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Action !

Matos

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Le Micro Korg, moins cher qu’un iPad, se glisse dans tous les sacs à dos. Plus sur www.korg.com

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astuces de pro MA FAÇON D’UTILISER LE KORG

Micro mais costaud SYNTHéTISEUR  AVEC CETTE BOîTE ­M AGIQUE, DORIAN CONCEPT CRÉE SON INIMITABLE JAZZ FUTURISTE.

Plus sur ninjatune.net/artist/dorian-concept

machines modernes L’éQUIPEMENT DE BASE DU MUSICIEN éLECTRO POUR METTRE un CLUB en feu.

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1 LE CHOIX DU

­ ROGRAMME P Le logiciel classe les sons en 8 genres : du trance au drum’ n’bass. Un peu stéréotypé mais aucune raison de faire un blocage. 2 LE

MODULATEUR Jouez une note de piano et tournez le bouton modulateur à fond en positionnant l’oscillateur sur Di9. La note prend alors une dimension hallucinante. 3 L’EFFET

DELAY Le secret de l’écho dans mes sons ? Je joue sur la rythmique avec le bouton delay. L’effet de retard du Micro Korg est immédiat et fluide.

4 LES BOUTONS

D’OCTAVES En tant que pianiste, je suis habitué aux touches larges. Du coup, je compense avec les boutons d’octaves et la molette de pitch que j’actionne avec frénésie de la main ­gauche. Cette manœuvre produit des crissements. « En live, j’utilise aussi un ordinateur portable. Le logiciel Ableton me permet de passer les morceaux en fond sur lesquels j’improvise au Micro Korg. »

CNTRL:R

CDJ 2000 ­Nexus

Ableton Live

Pour les adeptes du PC portable qui apprécient le contact avec de vrais boutons, les logiciels d’effets sonores s’intègrent aisément à ce contrôleur MIDI (conçu par le DJ Richie Hawtin).

Le DJ moderne se rend en club avec sa musique chargée sur une clé USB. La forme circulaire de l’interface permet de scratcher ­comme avec des vinyles.

Intuitif, polyvalent et stable. Le regroupement de fonctions par session fait de ce logiciel de séquenceur ­musical le favori des musiciens d’électro. Dont Dorian Concept.

www.lividinstruments.com

www.pioneerdj.com

www.ableton.com

the red bulletin

Lander Larrañaga/Red Bull Music Academy

L’Autrichien ­Dorian Concept est un musicien électro véloce au clavier.

« Le Micro Korg est un synthé à usage intuitif, dit Dorian Concept. Il a moins de boutons que le MS-10, le modèle précédent. C’est ce qui le rend spécial à mes yeux. » Pas étonnant, ce clavier du constructeur ­japonais Korg est à l’origine de la percée musicale du jeune Autrichien de 29 ans. En 2006, il réalise une vidéo, Fooling Around on Micro Korg, diffusée sur Youtube où on le voit jouer frénétiquement avec le mini-clavier en triturant les divers boutons de réglages. Ses confrères comme Flying Lotus restent médusés devant les sons extraterrestres qu’il parvient à tirer du synthé. Gilles Peterson, un animateur radio en Angleterre, compare Concept au claviériste Joe Zawinul, une légende du jazz. Aujourd’hui, Dorian Concept a de quoi s’offrir des instruments haut de gamme mais l’ex-pensionnaire de la Red Bull Music Academy reste fidèle au Micro Korg.


Action !

conseils de pro

Ivana Španovi´c, 3e de la longueur aux Mondiaux d’athlétisme 2013.

Conserver une longueur d’avance   ATHLéTISME  IVANA Španović, BELLE DU SAUT EN LONGUEUR, A des JAMBES PUISSANTES, DE LA BONNE MUSIQUE DANS LES OREILLES ET UN ŒIL SUR LA BALANCE.

Predrag Vuckovic/Red Bull Content Pool(2), shutterstock

Heri Irawan

« En saut en longueur, la différence ne se fait pas seulement au moment de l’exécution du saut mais aussi pendant la course d’élan, explique la Serbe, 23 ans, médaillée de bronze en août dernier aux Mondiaux à Moscou. Mes jambes sont donc mon capital. En période de préparation intensive, je les fais travailler chaque jour pendant des heures. Le fitness center est ma seconde maison. » Et le reste du travail ? « Des exercices d’étirement pour la souplesse du corps, son équilibre et un renforcement important de la ceinture abdominale car en pleine extension, le corps doit rester énergique. Je surveille aussi mon alimentation. J’ai toujours un œil sur la balance. Un kilo de trop et on rate le coche. La plus légère va le plus loin. Tout simplement. »

Ivana Španovi´c travaille à la presse sa musculature de fléchissement.

RYTHMES CHAUDS ET BAIN FROID

« Pour l’entraînement, l’iPod est idéal. ­Pendant les sessions intensives, j’écoute JayZ et je me relaxe avec Thomas Newman lors des phases de récupération. À propos de récupération, je prends un bain froid après une dure séance pour prévenir les courbatures musculaires. »

C O M M E N T s e p r é p a r e r à b on d i r Exercice 1

Renforce les abdos autrement : en apesanteur inversée, les abdos sont davantage sollicités et la colonne vertébrale soulagée.

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Exercice 2

Améliore l’impulsion du saut.

Démarrer la tête en bas et remonter le torse vers les genoux.

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Ramener le ballon lentement, c’est important, jusqu’à la pointe des pieds puis revenir en position 1.

Monter sur un tabouret avec une barre lestée à 15 kg et bien tendre la jambe au sol.

Maintenir une jambe tendue et replier l’autre avec rapidité. Série de 10-15 répétitions par jambe.

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Action !

world run

Jusqu’ici, tout va bien

la COURSE GLOBALE WINGs FOR LIFE WORLD RUN AURA LIEU LE 4 MAI. LA DISTANCE PARCOURUE PRIME SUR LE CHRONOMèTRE. Les VOITUREs de poursuite TRAQUEnt LEs COUREURs. JUSQU’OÙ IREZ-VOUS AVANT D’ÊTRE RATtRAPÉs  ?

Qu’avezvous dans les jambes ?

Vous ne courez jamais ou bien alors de manière très irrégulière.

Vous courez une à deux fois par semaine pour le bien-être.

Votre profil

Votre profil

QUE VOUS SOYEZ ALLERGIQUE à LA COURSE à PIED OU COUREUR DE L’EXTrÊME, estimEz DèS À PRÉSENT LA DISTANCE QUE VOUS PARCOURREZ. pour cela, faites le test de Cooper ¹, mesurer votre pouls au repos ² et votre imc ³. et mettez vos chaussures  !

IMC : 30 – 35 Pouls au repos : > 65 Test de Cooper : non recommandé Kilomètre parcouru/semaine : < 1

IMC : 20 – 30 Pouls au repos : 50 – 60 Test de Cooper : 1 800 – 2 200 m Kilomètres parcourus/semaine : 5 – 10

Votre performance actuelle : 1 km

Votre performance actuelle : 10 km

Démarrez l’entraînement dès aujourd’hui et vous courrez :

Démarrez l’entraînement dès aujourd’hui et vous courrez :

Votre pratique

Votre pratique

5 km

Le joggeur Votre pratique

15 km

Le marathonien Votre pratique

L’ultrarunner Votre pratique

Vous courez régulièrement, environ trois fois par semaine.

Vous courez presque tous les jours et vous avez déjà fait un marathon.

Vous faites partie des favoris du Wings for Life World Run.

Votre profil

Votre profil

Votre profil

IMC : 18 – 25 Pouls au repos : 50 Test de Cooper : 2 500 – 2 800 m Kilomètres parcourus/semaine : 30 – 40

IMC : 16 – 20 Pouls au repos : 35 – 45 Test de Cooper : 3 400 – 3 800 m Kilomètres parcourus/semaine : > 70

IMC : 16 – 20 Pouls au repos : 30 – 40 Test de Cooper : > 4 000 m Kilomètres parcourus/semaine : > 100

Votre performance actuelle : 15 km

Votre performance actuelle : 30 km (en 2 h 26)

Votre performance actuelle : 70 – 100 km

Avec une préparation adaptée, vous courrez un demi-marathon en 1 h 52.

Avec une préparation adaptée, vous courrez un marathon en 3 h 08.

5 h 48, c’est le temps qu’il faut courir pour faire 99 km sans être rattrapé.

21,0975 km

1 test de cooper Distance maximale parcourue pendant une course de 12 minutes.

42,195 km

2 POULS AU REPOS Fréquence cardiaque telle que mesurée au repos.

70 – 100  km

3 IMC (Indice de la Masse Corporelle) Votre poids divisé par votre taille au carré.

Définissez votre objectif de course sur www.wingsforlifeworldrun.com/fr

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Philip Platzer/Red Bull Content Pool, Harald Tauderer/extreme sport management

Le coureur confirmé

Le marcheur


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CONSEILS CHRISTIAN SCHIESTER, ultrarunner, donne dES ASTUCES POUR SE MOTIVER.

1

EN QUOI WINGS FOR LIFE WORLD RUN FASCINE-T-IL ?

Tous pour un !

Par sa cible mouvante. Vous démarrez avec des milliers de concurrents. Pourtant, les adversaires, ce sont les voitures de poursuite. Un seul finira premier mais il y aura un grand nombre de vainqueurs.

2

W ings For Life World Run  Un seul top départ pour six continents : le dimanche 4 mai 2014 se déroulera une épreuve unique en son genre. La première course à pied globalisée de l’histoire, ouverte à tous ceux qui veulent se mesurer au monde.

COURIR C’EST SOUFFRIR. ­COMMENT SE surpasser ?

En le vivant comme une belle expérience. ­Courez dans la forêt, asseyez-vous et ­admirez la nature ou pique-niquez et ­repartez. La souffrance se transforme alors en plaisir.

3

COMMENT passer de marcheur À COUREUR ? Par étapes.

4

à quel moment est-ce que ça devient facile ? Lorsque la

Commencez par faire le tour de la maison et notez-le sur un papier. Peu à peu, les séances s’allongent. Les feuillets s’accumulent… Aujourd’hui encore je consigne tous mes kilomètres.

1. les modalités

4. le CLASSEMENT

Le 4 mai 2014 à 10 heures (Temps Universel), le coup d’envoi sera ­donné à 37 courses dans 35 pays. Trente minutes après, les poursuivants en voiture seront lâchés. Le dernier coureur à être rattrapé sera déclaré vainqueur.

Le dernier homme et la dernière femme à être rattrapés seront les vainqueurs mondiaux et gagneront un voyage exclusif autour du monde. Un vainqueur national sera aussi ­désigné dans chaque pays. Le classement en ligne permet à chacun de situer sa performance.

2. LES POURSUIVANTS

douleur disparaît, d’un coup. On se sent tout puissant et capable de courir une éternité. Chez les débutants, elle se ­manifeste tôt, chez moi elle arrive ­désormais s­ eulement après 60 km.

« Note tous tes kilomètres »

Les voitures « chasseuses » augmentent partout leur vitesse au même rythme. Les coureurs rattrapés au fur et à mesure seront éliminés. La distance parcourue s’établit à l’endroit où le coureur est doublé par la voiture.

5. LES PARTICIPANTS

3. les parcours

6. la Mission

Ils sont de cinq natures différentes : en milieu côtier, fluvial, urbain, pleine campagne et sur plateau. Les infos météo, tous les détails concernant les parcours et un calculateur distance/temps de course pour une vitesse donnée sont disponibles sur la page d’accueil de ­l’événement.

Christian ­Schiester, ambassadeur de Wings for Life World Run

De l’amateur au champion olympique. Le but ? Courir aussi longtemps que possible et ainsi soutenir la recherche pour soigner la paraplégie. Chaque coureur apporte son aide, chaque kilomètre compte.

« Courir pour ceux qui ne peuvent pas le faire », telle est la devise de Wings for Life World Run. Les bénéfices seront reversés à la ­fondation Wings For Life qui soutient la recherche sur les lésions de la moelle épinière dans le monde entier. Plus sur www.wingsforlife.com

Participez à Wings for Life World Run ! Inscription en ligne jusqu’au 20 avril sur wingsforlifeworldrun.com

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Action !

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De l’art raffiné, de succulents smørrebrøds et des sapes uniques COPENHAGUE DES BISTROTS À L’ANCIENNE, DES BOUTIQUES ET DE MAGNIFIQUES PLANETARIUMS  : LA CAPITALE DANOISE VUE PAR L’ARTISTE ESKE KATH. « Copenhague est une ville vibrante et dynamique, tout en restant à taille humaine », dit Eske Kath, artiste-peintre et performeur. Ce Danois trentenaire, auteur des pochettes d’albums de la chanteuse pop Oh Land, a aussi eu l’honneur de décorer les murs d’une chambre du palais d’Amalienborg, la résidence d’hiver de la famille royale. « Les Copenhaguois sont très souriants, ici on se sent vite chez soi. » L’artiste vit depuis longtemps à New York mais revient régulièrement dans sa ville natale. « Si New York doit être le cœur du monde, Copenhague est le petit cœur de la Scandinavie. » Ci-dessous, cinq adresses recommandées par Eske pour un séjour réussi.

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5 maj eu r Le Danois Eske Kath, artiste-peintre, ­sculpteur et performeur.

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Mes coins préférés

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concurrence à n’importe quelle boutique new-yorkaise. Le top pour les chaussures et les vêtements, du streetwear aux grandes marques telles que Kenzo ou Nike.

1 Galerie Mikael

Andersen Bredgade 63 Cette galerie d’art contemporain présente les œuvres de jeunes artistes prometteurs. Un véritable tremplin. Mes tableaux y ont aussi transité.

4 Kødbyen

Vesterbro Le district de la halle à la viande fait partie des quartiers en plein développement de la capitale ­danoise. Ici, je viens voir des ­expos ou bien déguster une pizza au bistrot Mother.

3 Wood Wood

Grønnegade 1 Le passage obligé de toute virée shopping. Le Wood Wood ferait

Urban High Roping Être suspendu à 50 m de haut, ça vous tente ? Le plus vaste espace d’accrobranche au monde vous en donne la possibilité. Tout comme faire de l’escalade, descendre en rappel ou vous régaler d’une chute libre. urbanrangercamp.dk

Indoor Skydiving

2 Cafe Dyrehaven

Sønder Boulevard 72 Copenhague est chère. Dans ce bistrot branché au décor seventies, la bière est bon marché et on y trouve les meilleurs smørrebrøds de la ville.

Un paradis couvert pour skateurs, le meilleur de la ville. Construit en 2003, il est équipé de la plus grande rampe verticale de Scandinavie. Pros et amateurs sont les bienvenus.

5 Tycho Brahe

Planetarium Gammel Kongevej 10 Ce planétarium est mon endroit fétiche. Propice à l’inspiration. Les photos des étoiles détendent et invitent à la méditation. Rien de mieux pour stimuler sa créativité.

Vivre la sensation d’un saut en parachute sans prendre l’avion. L’unique tunnel aérodynamique de Scandinavie vous fait vivre cette expérience avec un vent max. de 120 km/h. airexperience.dk

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Action !

soignez vos Cd’s

musique

LES ASTUCES POUR LEUR REDONNER DU LUSTRE et éLIMINER LES RAYURES.

Il y a trois ans, la Londonienne Katy B fait sensation avec son premier disque On a Mission en réussissant à faire cohabiter le dubstep et le garage des clubs underground de sa ville natale avec des mélodies pop. Son album arrive deuxième aux hit-parades ­anglais, son style novateur fait dare-dare de nombreux émules. Comment la reine des clubs s’est-elle emparée de son trône ? En convainquant, tout simplement. Son nouvel opus, Little Red, fourmille d’hymnes à la nuit et à la magie des clubs. L’artiste de 24 ans vous confie les morceaux qui l’ont inspirée et ceux qui la font danser.

Kathleen Anne Brien alias Katy B, 24 ans, est souveraine

Lady ­Gangster Playlist Katy B, LA TERREUR ­a nglaise DES HIT-PARADES, CHANTE LA VIE SOUS la BOULE À FACETTEs ET NOUS RÉVÈLE LES MORCEAUX QU’ELLE AURAIT AIMÉ COMPOSER.

1 Arctic Monkeys

2 Indeep

3 Banks

En principe, je n’aime pas trop les guitares. Probablement parce que j’ai grandi aux sons du hip-hop et du garage. Mais l’an dernier, à l’occasion du prix Mercury, j’ai participé à un débat pour lequel j’ai écouté tous les albums nominés dont celui des Arctic Monkeys. Ce morceau m’est resté dans la tête et a fini par me convertir.

Ce morceau est un must pour toute soirée. Il est simple et contagieux. Mes parents passaient ce classique du disco à toutes les fêtes de famille. À chaque fois, tout le monde se levait pour danser, toutes générations confondues. Rares sont les morceaux qui réussissent ce tour de force. J’aurais bien aimé en être l’auteur.

Banks a tout d’une star : des mélodies qui accrochent, ­d’excellents textes, l’allure et le style. Si j’étais encore une ado, ses posters tapisseraient ma chambre. Ce morceau annonce le R’n’B électro. Un rythme digne d’un Timbaland, en plus grave et tout en finesse. Cette année, Banks va faire un tabac, j’en suis convaincue.

Ciara ft. Nicki 4 Minaj

5 Skream

Mon morceau préféré de l’année dernière. L’énergie qu’il y a dans le rythme et le style de Ciara me rappellent Janet Jackson à ses débuts. Et en bonus, vous avez Nicki Minaj. Je l’adore même si parfois elle en fait trop. Dans ce morceau, elle met le feu et démontre à tous qu’elle est bel et bien la meilleure rappeuse. Gangster jusqu’au bout des ongles !

Ce morceau a été pour moi une révélation. Sombre, épique, je ne connaissais rien de comparable. J’ai découvert Skream à 18 ans au club FDW, le berceau du dubstep. Ses DJ sets aux basses monumentales ont été une expérience spirituelle. Aujourd’hui, on collabore et j’en suis très fière. Artistiquement, il m’a montré la voie.

Do I Wanna Know?

florian obkircher

I’m Out

Getty Images, shutterstock

Little Red, le nouvel album de Katy B, est déjà dans les bacs. Plus sur www.katybofficial.com

the red bulletin

Last Night a DJ Saved My Life

Rutten

le dentifrice Étaler et lustrer à l’aide d’un chiffon doux. Le dentifrice élimine une partie de la couche de protection réduisant ainsi la ­profondeur des rayures. Rincer ensuite à l’eau tiède.

This Is What It Feels Like

les logiciels Recuva, un software gratuit parmi d’autres, ­récupère vos données, même sur CD abîmé. Il ne reste qu’à les graver sur un CD tout neuf.

R étr o M an ia le Gadget du

mois

le froid

iRecorder Ce n’est pas une K7, mais un iPhone que vous glisserez dans ce lecteur au style années 80. Les cinq grosses touches sont utilisables et gèrent vos mp3. Le charme du vintage sans la salade de la bande !

Mettre le CD dans un sac de congélation puis 2 heures au congélateur où sa densité se réduit et se dilate à nouveau à température ambiante. Les petites rayures disparaissent.

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Action !

jeux vidéo

pai r ou i m pai r

Le Japonais Hideo Kojima est un adepte du mélange des genres.

ou comment ­EXISTER DANS UN MONDE ­BINAIRE

V comme ­victoire

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M etal Gear Solid V  le quentin tarantino des consoles de jeux a encore sévi.

South Park : le bâton de la vérité

Hideo Kojima est l’un des rares concepteurs de jeux vidéo à jouir d’un statut comparable à celui d’un cinéaste de renommée mondiale (il s’autoproclame d’ailleurs « réalisateur »). Il est vrai qu’avec la saga Metal Gear il a largement contribué à rendre le jeu vidéo cinématographique, ­affichant fièrement ses influences du grand écran – les Die Hard, les films de James Bond, Heat, Les Fils de l’Homme – tout en étant résolument innovateur. Les joueurs doivent trouver les indices sur l’emballage du jeu et brancher une manette sur la soi-disant « mauvaise » connexion pour avoir une chance de battre le boss. Avec Metal Gear V: Ground Zeroes, il opère la fusion de deux genres : infiltration et monde ouvert. L’approche ne fait pas l’unanimité chez les fans qui craignent de voir l’aspect défi et la claustrophobie sournoise des aventures black-ops – le nouvel opus se déroule à Cuba – se perdre dans le vaste espace de jeu. Mais Kojima y répond par l’introduction de nouvelles pratiques : « Avec le stress et le niveau de tension des joueurs, la tâche sera loin d’être ­facile. » La sortie du jeu est prévue pour le 20 mars sur Xbox et PlayStation avec certains ­éléments ­accessibles depuis Smartphone. Plus sur metalgearsolid.com

Le sixième opus de la saga Cartman & co sort en mars. L’an dernier un épisode télé avait retardé sa sortie. stickoftruth.com

250

c’est le nombre

de personnes travaillant depuis mai 2012 au développement de The Elder Scrolls Online, un vaste jeu de rôle. Sortie en avril. elderscrollsonline.com

La crise des missiles de Cuba : cadre du nouvel opus de Metal Gear.

bi e ntôt GéREZ TOUT UN UNIVERS DE CULTURE POP Concevoir, construire et diriger un parc à thème pour geek dans un univers de science-­ fiction, de manga, de fantasy ou d’horreur. Un jeu diablement addictif à l’interface innocente. Autre aspect geek : l’impression en 3D de vos personnages est possible. Geek Resort est disponible sur Android et sur iOS depuis février. Plus sur ama-studios.com

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Total combat !

Un joyStick arcade nouvelle génération La nouvelle génération de gamers n’a pas connu les salles de jeux où l’on faisait jadis ses classes. Le FightStick Tournament Edition 2 comble cette lacune, les sols collants et les poussettes au coude des petits plaisantins en moins. Un joystick à boule et huit boutons : la parfaite arme de combat. Plus sur madcatz.com

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millions de téléchargements de Red Bull Kart en 2013. La dernière mise à jour du jeu gratuit ­propose 5 circuits de plus pour un ­total de 40. games.redbull.com

the red bulletin

PAUL WILSON

Fou fou fou


/redbulletin

© Jörg Mitter

LI K E WHAT YOU LI K E

TON MOMENT.

HORS DU COMMUN


Action !

événements Après les médailles olympiques à Sotchi, les meilleurs viennent décrocher le globe mondial à La Plagne. Ça va envoyer!

Ça va bosser Si vous avez enragé de devoir suivre, affalé dans votre canapé face à la télé, les épreuves des JO à Sotchi, alors il faut filer maintenant à La Plagne pour les finales de Coupe du monde de freestyle (ski de bosses et ski cross). Voilà l’occasion unique de voir en chair et en skis les meilleurs spécialistes mondiaux sur les pentes savoyardes. www.la-plagne.com Jusqu’au 30.06, Saint-Denis

Dans les étoiles

Jusqu’au 30.03, Angoulême

Pour rêver Vous n’étiez pas au festival de la BD fin janvier ? Rendez-vous à ­Angoulême pour découvrir une expo dédiée au rêve. Un sujet prisé par les auteurs mais rarement mis en scène. www.citebd.org

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La collection Stars Wars Identities s’est installée à la Cité du cinéma à Saint-Denis. Maquettes, accessoires, costumes ou dessins, plus de 200 pièces originales offrent un « voyage interactif » au cœur de l’univers de la saga Star Wars de George Lucas. Et si la force était en vous? www.starwars identites.com

12-20.04, Monte-Carlo

Nadal revanchard L’an passé, pour sa neuvième finale d’affilée, Rafael Nadal avait été battu (une première depuis 2003) par le Serbe Novak Djokovic. Un petit ­événement sur la planète tennis. On imagine sans mal que ­l’Espagnol a envie de reprendre sa suprématie sur le rocher. www.montecarlotennismasters.com

the red bulletin

Getty Images(3), labd, actionpress, imago, fotofinder, interTOPICS, Arnaud Robin/EPPDSCI

19-23.03, La Plagne


13.04, Lyon

Jusqu’au 09.06, Metz

Duel d’ogres

Paparazzi !

Lyon et le Paris SG, qui s’affrontent ce dimanche, sont les ogres du championnat de Ligue 1 du début de siècle. Ils ont raflé 8 titres sur 13 possibles à eux deux. 7 pour Lyon et... 1 pour les Parisiens, obtenu l’an dernier. Aujourd’hui l’étoile de l’OL a pâli et le PSG se lance à l’assaut de la série record de l’OL. Avec la même réussite? www.olweb.fr

Le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition au phénomène et à l’esthétique de la photographie paparazzi à travers plus de 600 œuvres (photographies, peintures, vidéos, sculptures). Un mythe qui mêle images et célébrités sur un ­demi-siècle. Unique. www.centrepompidou-metz.fr

en bref notre sélection, en bonne ­compagnie

17 lundi

RBMA le film What Difference Does It Make? A Film About ­Making Music, de Ralf Schmerberg, ­célèbre les 15 ans d’existence de la Red Bull Music Academy. À télécharger gratuitement à partir du 18 février sur

06.04, Paris

Paris macadam Année après année, le marathon de Paris cultive son image avec un engouement populaire qui ne cesse de croire : 38 690 participants en 2013 dans la capitale ! Question performances chronométriques, l’épreuve parisienne fait encore la course derrière Boston, Berlin ou Londres. Jusqu’à quand? www.aso.fr

rbma15.com

15 samedi

Costauds 08-13.04, Chartres

Gros bras L’élite de la natation française, autant dire une partie de l’élite mondiale, vient se presser dans le bassin de 50 mètres couvert de Chartres pour les Championnats de France. On va s’expliquer entre gros bras masculins et féminins. Objectif ? Récupérer une qualification pour les Mondiaux à ­Berlin en août prochain. www.ffnatation.fr

Le XV de France boucle son tournoi des VI nations contre l’Irlande. Les deux dernières rencontres du Tournoi entre les deux équipes se sont soldées par un match nul. Assez! 15.03, Saint-Denis www.ffr.fr

16 DIMANCHE

NOIR ET BLANC

Jusqu’au 24.08, Paris

Cherchez la fourmi Des milliards de fourmis sur Terre, et nous, et nous, et nous… L’expo Mille milliards de fourmis emporte le ­visiteur dans un monde infiniment petit. Grâce à une ­stupéfiante scénographie, vivez l’aventure à l’échelle des fourmis. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises… www.palais-decouverte.fr

the red bulletin

La Maison européenne de la ­photographie a donné carte blanche à David Lynch. Le réalisateur y présente Small Stories, ses photographies en noir et blanc réalisées pour l’occasion. Jusqu’au 16.03, Paris www.mep-fr.org

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instant magique

Dolomites, Lienz, 7 novembre 2013 « Quand tu pratiques l’escalade, quelques notions d’architecture ne sont pas superflues, glisse Peter Ortner. Les passages en surplomb constituent les espaces où le grimpeur est le plus en sécurité. » La photo est trompeuse : « Le névé est si tendre que tu peux y enfoncer ton p ­ iolet jusqu’au manche. »

« Un mauvais coup de ­piolet peut faire se décrocher un énorme morceau de glace de la paroi » Martin Lugger

Peter Ortner, alpiniste

the Red Bulletin n° 29 paraîtra le 12 mars 2014 98

the red bulletin


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ADRÉNALIN

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TO N . T N E M O M © Dom Daher

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Magazine gratuit distribué avec le quotidien chaque second mercredi du mois. Dans la limite des stocks disponibles.


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The Red Bulletin Mars 2014 - FR by Red Bull Media House - Issuu