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The Red Bulletin Février 2015 - FR

Page 1

FRANCE

HORS DU COMMUN

INDIANA JEANS

Les aventuriers du denim perdu

1 648

Kilomètres avec des chiens de traîneau en Alaska

MERCEDES AMG GT

REDBULLETIN.COM

BRODINSKI

MAGAZINE SPONSORISÉ FÉVRIER 2015

Le DJ et producteur qui transporte électro et hip-hop dans le futur

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L’essai VIP sur circuit de David Coulthard


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THE RED BULLETIN

30

ON MET LES VOILES

Des adeptes du speed riding, parmi les rares capables de skier l’inskiable, pour une session mémorable en Alaska.

LE FUTUR

« On est jeunes et ambitieux », scandaient les rappeurs du 113, en 1999, sur une production de DJ Mehdi. Il fut le mentor de notre invité, Brodinski. À 27 ans, le Rémois révèle un ­album qui propulse l’électro et le rap dans le ­futur. C’est dans un passé bleu que vit David White, l’Indiana Jones du denim qui s’engouffre dans des mines abandonnées de l’Ouest américain pour en exhumer des jeans. Amérique, toujours, très au Nord, nous vous embarquons sur la Yukon Quest, la plus rude des courses de chiens de traîneau. ­Jamais à la traîne, David Coulthard, est notre testeur VIP du mois sur circuit, au v ­ olant de la Mercedes AMG GT. Need for speed sera l’un des titres du LP de Brodinski attendu en février. Bonne lecture ! Votre rédaction 4

« Le studio est devenu ma réalité » BRODINKSI, PAGE 24

THE RED BULLETIN


FÉVRIER 2015

D’UN COUP D’AILES GALERIE 8 LES PHOTOS DU MOIS

BULLEVARD

54

16 SPÉCIAL YOUTUBE  Vous ne le consulterez plus au hasard

REPORTAGES 24 Brodinski

LE CIRCUIT S’EN SOUVIENT ENCORE

Ce jeune DJ Français va révéler l’un des sons les plus avancés de 2015.

La Mercedes AMG GT et David Coulthard, l’étoile de la F1, font connaissance.

30 Speed Riding

Ski freeride et parapente ont muté.

42 Michael Dupouy

30

Il sort encore une fois cette année la bible des fous de la street culture.

ROMAIN BERNARDIE JAMES (COVER), SCOTT SERFAS, BERNHARD SPÖTTEL, KATIE ORLINSKY, JULIE GLASSBERG, STEPHEN BOXALL/ZERO-G EXPERIENCE®, SUGURU SAITO/RED BULL CONTENT POOL

44 Lemawork Ketema

Le boss du Wings For Life World Run vous attend sur la prochaine édition.

46 Indiana Jeans

46 UNE COURSE AU POIL

D’Alaska au Canada, The Red Bulletin a suivi la course de chiens de traîneau la plus dure au monde : la Yukon Quest.

74

WINGSUIT MANIA

En Floride, les pros vous disent tout sur une discipline très forte en sensations. Réservée aux parachutistes confirmés. THE RED BULLETIN

INDIANA JEANS

Pour lui, la quête du jeans ultime se vit dans les décombres poussiéreuses des mines fantômes de l’Ouest américain.

78

PAS SI ACADÉMIQUE

La Red Bull Music Academy a pris le contrôle du Tokyo musical. Apprentis musiciens et artistes star y ont copiné.

Certains recherchent le vieux denim comme d’autres des momies.

54 L’AMG par Coulthard

À voiture de rêve, pilote d’exception.

62 Yukon Quest

Hommes et chiens pas en froid.

ACTION ! 72 73 74 76 78 84 85 86 87 89 94 98

CONSEILS DE PRO  Solide en surf MA VILLE  Brisbane, bout du monde VOYAGES  Le wingsuit donne des ailes MONTRES Quelle heure sont-ils ? NIGHTLIFE  RBMA, Tokyo hits CLUB  Sweat Home Chicago MUSIQUE TV On The Radio dit bravo JEUX VIDÉO Sans zombies, pas de vie CINÉ Clark Duke démonte le temps SPÉCIAL DEUX-ROUES Bien rouler AGENDA  Nos incontournables INSTANT MAGIQUE  Márquez au carré

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CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS DE FÉVRIER « Michael, très calme et posé, nous reçoit dans une ambiance peace, sereine » Le photographe Dimitri Coste à propos de Michael Dupouy, « Quelque chose qui marque l’époque », page 42

BERNHARD SPÖTTEL

DIMITRI COSTE

SCOTT SERFAS

C’est à Istanbul que Berhnard Spöttel et David Coulthard font connaissance, à l’occasion d’un show-room de F1. Dix ans plus tard, l’Allemand rejoint le pilote écossais sur le circuit de Spielberg, en Autriche, pour photographier les courses d’essai avec la Mercedes AMG GT (page 54). Spöttel apprécie l’humour de Coulthard et sa manière de parler, incisive. Après avoir eu le privilège de prendre place au volant de l’AMG, Spöttel tranche : un Coupé n’est pas idéal au quotidien, les 100 kg de matériel ne rentrent pas.

On trouve généralement ­Dimitri Coste photographiant des portraits et de la mode, ou au guidon de la Triumph qu’il engage sur des courses de moto vintage internationales. « J’ai eu une bonne surprise en arrivant chez Michael Dupouy pour réaliser son portrait (p. 42) car son appartement ressemble à une mini galerie d’art contemporain, avec des œuvres d’artistes tels Wes Lang, Phil Frost ou KAWS. » Une ambiance paisible, qui permet à Dimitri de capter « l’aisance et l’assurance » du spécialiste de la street culture.

Les photos de ski et de snow de Scott Serfas ne ressemblent à aucune autre. Le Canadien, photographe professionnel, a déjà produit des centaines de Unes de magazine dans le monde entier. Son reportage sur les speed riders (skieurs armés de parapente) fut pourtant un vrai challenge pour lui : « Sur les pistes, les skieurs sont prévisibles. Les speed riders, par contre, s’élèvent dans les airs, au gré du vent. Insaisissables. Il faut cadrer et enclencher en une fraction de seconde. » Tous à voile !, page 30

AUTOUR DU MONDE

The Red Bulletin est publié dans onze pays. Voici la Une de février qui paraît en Autriche.

BACKSTAGE

Shooting du mois Brodinski par Romain B. James Parisien, Romain Bernardie James enchaîne shootings mode et portraits d’icônes culturelles. C’est en ami qu’il a photographié le DJ ­Brodinski pour notre sujet de couverture. « Afin de faire transparaître son univers dans les photos, j’ai eu l’idée d’une nature morte (p. 24) réunissant quelques objets à lui, explique-t-il. Comme un portrait chinois en images. »

6

La hotline du cool : Romain, Brodinski et son manager Guillaume.

« Des opus hors format comme le sien sont rares. » Romain Bernardie James à propos du 1er album de Brodinski.

THE RED BULLETIN


O C É AN ATL ANTI Q U E

70000 KM

La Volvo Ocean Race est la plus difficile des régates. Un tour du monde d’Alicante à Stockholm en passant par l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Les sept équipages parcourent les 70 000 kilomètres en près de neuf mois sur des voiliers de 66 pieds. À leur barre, uniquement des marins chevronnés, comme Justin Slattery de l’équipe Abu Dhabi Racing, ici en action lords de sa cinquième édition. volvooceanrace.com Photo : Matt Knighton/Abu Dhabi Ocean Racing

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B OVEC , S LOVÉN I E

3 SECONDES « Mid-Air Touchdown », c’est ainsi que le pilote de deltaplane Matjaž Klemencic (à gauche) et l’aviateur Nejc Faganelj nomment leur cascade au-dessus de la vallée de la Soca en Slovénie. L’objectif : poser le deltaplane sur le planeur en plein vol. La principale difficulté ? Le dosage de la vitesse selon Klemencic, stabiliser le planeur pour Faganelj. « Ce fut intense , dit Klemencic. Cela n’a duré que trois secondes, mais le jeu en valait la chandelle. » redbull.com/adventure Photo : Samo Vidic/Red Bull Content Pool

11


RUTH I N , PAYS D E GALLE S

3 MINUTES ­ Sur le site web du Championnat du monde de Rallye, on peut lire pour l’étape au Pays de Galles : « chemins de forêt glissants et plaques de glace ». Lors de la neuvième épreuve, le vice champion du monde Jari-Matti Latvala en fait l’expérience. Dans un virage au kilomètre 6,8, le ­Finlandais sort de la route et y perd son becquet arrière. Bloqué trois minutes dans le fossé, il termine huitième de l’étape. Heureusement, l’ouverture du WRC 2015 à Monte Carlo (21.1) n’inclut pas de chemin de forêt. wrc.com Photo : Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

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S PITZ KO PPE , NAM I B I E

7 000 CLICHÉS Kyle Jameson, freerider pro, spécialiste des circuits en montagne, affectionne les terrains ardus depuis ses jeunes années. L’agence Moment Pictures l’embarque en Namibie, relever des défis encore plus difficiles. Les attentes sont comblées. 1 600 Go de matériel audiovisuel et 7 000 clichés comme celui-ci ont été rapportés. Ce paysage lunaire du désert de Naukluft, aux dunes de sable vierges et quasiment impraticables, le long de la côte Squelettique, abrite la réserve Okonjima, où se côtoient des insectes étranges, des reptiles au sifflement peu rassurant, des léopards aux mouvements souples et des guépards majestueux. redbull.com/bike Photo : Toby Cowley/Red Bull Content Pool

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YOUTUBE A 10 ANS

SITE E UBE, D YOUT GEMENT UIS BER STE DEP . É ’H D I 2005 S, EX VIDÉO5 FÉVRIER SAIRE ! 1 R E E L V ANNI BON

LET’S PLAY !

Le géant PewDiePie aime jouer, jouer, jouer. Et il bat tous les records sur YouTube. Felix Kjellberg vit de son activité en ligne. Plus de 32 millions d’abonnés – un record sur YouTube – ne se lassent pas des vidéos du Suédois de 25 ans, qui se filme en train de jouer à divers jeux informatiques. Et quiconque connaît la chaîne PewDiePie et ses vidéos pleines d’énergie se demande : comment parvenir à le faire tenir en place suffisamment longtemps pour le prendre en photo ? C’est une vraie pile électrique.

« Les You­ Tubers sont des gens ­dérangés qui ont trouvé une activité de nerd » PewDiePie


YouTube a 10 ans : archives

Mieux que des conseils en maquillage !

BEST OF YOUTUBE

Vous en souvenez-vous ? Une dispute mordante entre deux frères bébés, une bombe choré-musicale… ces huit vidéos ont écrit l’histoire de la plateforme audiovisuelle.

2005

JORGE SOLORZANO/MAKER STUDIOS, GYSLAIN YARHI/CAMERA PRESS/PICTUREDESK.COM, YOUTUBE.COM(4), GETTY IMAGES, CORBIS(2), RED BULL STRATOS/RED BULL CONTENT POOL, UNIVERSAL MUSIC(2)

Me at The Zoo Les 18 premières secondes de YouTube : Jawed Karim, l’un des fondateurs du site, en extase au zoo.

2006 Touch of Gold La publicité devient virale : Ronaldinho dépasse le seuil des 1 million de vues avec ce spot Nike bidon.

2007 Charlie Bit My Finger La querelle fratricide la plus célèbre du monde (exit Caïn et Abel) a été visionnée 800 millions de fois.

2009 Fred Figglehorn Sa voix de rongeur lui vaut un million d’abonnés en tant que premier utilisateur de YouTube.

2010 Baby Pendant deux ans, le hit de Justin Bieber reste la vidéo la plus vue, et celle qui compte le plus de dislikes. 1:13 / 4:50

2012 REINE AUTOPROCLAMÉE

Et si on regardait ma vidéo ? Lana del Rey a bouleversé l’industrie de la musique grâce à YouTube. Jusqu’à aujourd’hui, aucun clip autoproduit n’égale son Video Games : un enchantement grave et lascif. Abonnez-vous au Red Bulletin

72 500 000 •••Lire la suite

2 800 000

Meilleur commentaire Lana Might Say « Si j’avais su qu’autant de personnes regarderaient ma ­vidéo, je me serais plus appliquée. »

THE RED BULLETIN

1

Gangnam Style Plus de 2 milliards de vues. Et 8 millions d’internautes regardent Red Bull Stratos en live. Un record !

2013 Harlem Shake Soudain, tout le monde perd la boule : l’armée ­norvégienne et même YouTube. C’est l’effet viral !

2014 Happy L’Américain Pharrell ­Williams fait danser la ­planète entière. Pendant 24 heures !

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SALLE DU SERVEUR

Les entrailles de Google Voilà le nuage vert vrombissant sur lequel vous passez pas mal de temps. Les data-centers comme celui-ci (comté de Mayes, USA) stockent nos clips GoPro, compilations ­ratées et vidéos de chats. Google ­rachète YouTube en 2006 pour 1,3 milliard d’euros et gère depuis des quantités astronomiques de données. D’autant que les utilisateurs uploadent chaque jour des centaines de milliers d’heures de ­vidéo, dans une qualité d’image toujours meilleure. Ce que ne révèle pas la photo ? Le bruit des centaines de ventilateurs qui dirigent l’air chaud venant des racks de serveurs vers un ­refroidisseur.

Le plus récent Adjustin Bieber Je m’épargne vos commentaires ! Comment ? Grâce à Hide YouTube Comments (Chrome), No YouTubeComments ­(Firefox) ou A Cleaner YouTube (Safari).

« Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats » Albert Schweitzer, génie universel

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CONNIE ZHOU/GOOGLE/ZUMAPRESS.COM/PICTUREDESK.COM, UNIVERSAL MUSIC


YouTube a 10 ans : amours interdites

CENSURE

Les vidéos qui doivent disparaître

YouTube est le deuxième plus important moteur de recherche. Mais gouvernements et droits d’auteur nationaux limitent parfois son accès.

Dominic Gagnon. Le réalisateur canadien sauvegarde toutes les vidéos que YouTube supprime.

Yes, we ban!

Introuvable sur YouTube, la vidéo Pieces and Love All to Hell montre des clips trop chauds pour la plateforme de vidéos. Autres bas-fonds de YouTube : des discours apocalyptiques contre le machisme, des conseils grossiers de survie de femmes qui tiennent leur bébé dans une main, et une arme dans l’autre. Dominic Gagnon a découvert ces vidéos signalées par des utilisateurs et censurées par Youtube. Il a voulu poser des questions à la filiale de Google : qu’effacez-vous ? Pourquoi ? Qui décide de ce qui est acceptable ou pas ? Il attend toujours une réponse. La vidéo de Dominic, accessible sur arte.tv, est glauque, lourde, mais curieuse. Elle montre qu’Internet n’est pas un immense enregistreur de données ad vitam æternam, lui aussi a la mémoire d’une passoire.

Cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays. Nous sommes désolés.

bloquée bloquée dans le passé

ALLEMAGNE Les Allemands souffrent du bras de fer entre Google et la Gema, organisme en charge de collecter les droits des auteurs et des compositeurs.

TURQUIE Tayyip Recep Erdogan, ex-Premier ministre, aujourd’hui Président, fait bloquer YouTube en 2014. La Cour constitutionnelle a ordonné la levée du blocage.

CORÉE DU NORD Seul Uriminzokkiri, le site officiel du régime, est accessible. On y parle de Kim Jong-un, de propagande de guerre, et on adore les émissions de cuisine.

IRAN YouTube est hors-ligne depuis 2012. Si le carton Happy est malgré tout parvenu dans le pays, les danseurs iraniens ont écopé d’amendes sévères.

BRÉSIL Après que le site a hébergé une vidéo intime, l’ex de Ronaldo a obtenu en 2007 le blocage de YouTube. Qui fut rouvert sous la pression populaire.

Sources : Google Transparency Report, Wikipedia – Censorship of YouTube ; novembre 2014

Meilleur commentaire

LES BULLES DU SAVOIR

Kim Dot-un Qui se soucie des frontières ? Il est bien possible de contourner les blocages ! Déjà entendu parler de serveurs proxy ou de VPN ? Googlez-le ! Ou Duck-DuckGo-tez-le, au choix.

Les alternatives

Moins connus Vous ne trouvez pas toujours ce que vous voulez sur YouTube ? Essayez : Wimp Des vidéos triées sur le volet : et du contenu OK pour les mineurs, sans sensationnalisme. Vimeo Une plateforme de streaming de grande valeur (jusqu’à des clips de musique érotiques).

Il n’y a qu’une vidéo de chat pour vous aider.

20

Cet homme pense que seules les femmes peuvent sauver le monde. Pas YouTube.

Dailymotion Le cousin français de YouTube – fondé à la même époque. Mais moins populaire.

THE RED BULLETIN

VITHEQUE.COM, GETTY IMAGES, YOUTUBE.COM

CHINE YouTube y est aussi peu accessible que Google. Mais le site chinois Youku passe toutes les séries : de Breaking Bad à Homeland.


YouTube a 10 ans : What Does The Fox Say? Cherchez la réponse !

GUIDE TV

Au programme

Fred Bull Toutes les vidéos de cette page sont ­disponibles sur redbulletin.com. De même que celles à venir si vous vous abonnez au magazine.

Pour vous, nous mettons de l’ordre dans le chaos des chaînes de la plate-forme pour découvrir ce que YouTube a de plus étonnant.

SPORT / JEUX

TRASH

HAUTE CULTURE

06:00 – 12:00

La loi des nœuds Ça s’appelle Four in Hand bien que la cravate n’ait que deux extrémités. Un cours rapide.   How To Tie A Tie – Quick and Easy

La fille d’attente ! iJustine est une star sur YouTube : elle ne peste pas contre les files d’attente, mais les commente.   First in Line for iPhone 6 – The Story

Mon chat, ce héros Un petit garçon fait du vélo et est attaqué par un chien. Par chance, Tara monte la garde.   Hero Cat Saves Boy From Dog Attack

Qu’est-ce qui est vraiment vrai ? Le pouvoir de l’image : elles donnent le vertige même si vous avez les deux pieds sur terre.   Best of 3D Street Art Illusion

Que dit Malala ? La plus jeune lauréate du prix ­Nobel de la paix reçoit son chèque. Voici sa réponse !   Entire Nobel Prize Speech

Waouh, comme on est doués ! La folie est relative. Dans ce cas, elle est accompagnée d’admiration pour la race humaine.   People Are Awesome 2014

Caméra cachée Un ascenseur d’hôtel piloté par le duo comique norvégien Ylvis vous parle. Please, select language!   The Intelevator Episode 1

Steve Jobs contre Bill Gates Roméo & Juliette contre Bonnie & Clyde. Raspoutine contre Staline. Les plus grands duels de l’histoire.   Epic Rap Battles of History

Être heureux au travail ? 71 % des actifs sont frustrés au travail. Cette BD peut changer ça.   Re-Imagining Work

Il est vivant !!! Mario existe ? Super ! Maintenant, il ne fait plus que ce qu’il veut.   Super Mario Bros. Parkour

Une robe n’est pas un arbre Et les gens peuvent voler plus loin qu’ils ne le pensaient.   The Ultimate Fails Comp.

Pop-Art Blockbuster Des vidéos danoises célébrées pour leur richesse d’action.   Warhol Eating A Hamburger (1981)

Pouvez-vous trahir votre pays ? Un professeur de Harvard ­rencontre un lanceur d’alertes.   Lawrence Lessig Interviews Edward Snowden

Des limites ? Quelles limites ? En skateboard, au-dessus de la Muraille de Chine.   Danny Way Jumps the Great Wall

Lesbienne ou ménage à trois ? Vous avez toujours voulu savoir ce que voulait vraiment votre partenaire ? La réponse est peut-être ici.   Top 10 Porn Searches for Women

Fait main Gerry Phillips casse des tubes avec la main. Une telle prouesse a demandé 40 ans d’exercice.   Manualist Plays Tijuana Brass-Spanish Flea On His Hand!

00:00 – 06:00

YOUTUBE.COM(8)

20:00 – 00:00

18:00 – 20:00

15:00 – 18:00

DOCU / NEWS

12:00 – 15:00

Notre sélection

TOP

TOP

!

C’est bien d’être intelligent Notre planète est plus qu’un ­oignon rempli de magma.   The Structure of Earth

Le tour est jouet Suivez l’Écossais sur son VTT trial sautant à travers son enfance.   Danny MacAskill’s Imaginate

Les dessous de la FIFA Une satire géniale sur l’organisation qui est peut-être bien la plus puissante du monde.   Last Week Tonight with John Oliver: FIFA and the World Cup

On ne joue avec des hommes… … parce qu’ils sont forts, mais parce qu’ils sont lents.   If Gamer Girls Acted Like Gamer Guys

THE RED BULLETIN

Better Call Saul « Je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un… »   Best lines from Breaking Bad

Des vidéos qui rendent accro Jamais nous n’aurions essayé la pisse de renne sur les ­champignons. Non, jamais !   10 Dumbest Ways People Have Tried to Get High

Un beau jeu 1 840 corps nus dans un stade de foot. Qui mate encore le match ?   Spencer Tunick Vienna

Avant Frankenstein Le tout premier film d’horreur ! Vieux de 119 ans et réalisé par Georges Méliès, pionnier des ­effets spéciaux.   The Haunted Castle 1896

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!


YouTube a 10 ans : carrière

LE CHEMIN POUR ÊTRE UNE STAR

Millionnaire avec YouTube !

Soyez actif ! Une vidéo doit attirer pour être partagée. Comment énerver un New-Yorkais en 36 sec. Voilà un bel exemple !

Contact visuel ! Regardez la caméra. L’objectif est votre meilleur ami. Hypnotisez pour ne pas être dé-cliqué.

Les YouTubers les plus populaires attirent plus de spectateurs que les émissions télé. Leurs secrets ?

Soyez consistant ! Poussez les utilisateurs à s’abonner à votre chaîne et à liker vos vidéos… même s’ils ne les aiment pas !

Soyez sincère ! Les utilisateurs peuvent sentir si votre ­passion est réelle. Il y a suffisamment d’émotions factices à la télé.

Trouvez votre style ! Communiquez régulièrement, dans le même format, avec le même angle. Répétez ce qui est bien accueilli.

Tentez le strip-tease ! Sacrifiez votre sphère privée, elle est ce que vous avez de plus intéressant. Même si vous la trouvez ennuyeuse.

Partagez vos fans ! Et partagez avec vos fans. Proposez-leur un accès à d’autres vidéos qui vous plaisent, cela renforcera leur fidélité.

Pour être partenaire de YouTube, il faut fidéliser un nombre suffisant de fans. À la clé : de l’argent généré par la pub et des connaissances supplémentaires via des séminaires exclusifs.

Allez à l’essentiel ! Choisissez les bons tags, les utilisateurs vous trouveront et vous recommanderont plus facilement.

Glossaire

Tenez bon ! Vous produirez vos premières vidéos pour vous seulement. Une fois doté de fans, ce ne sera que pour eux.

Soyez précis ! Ciblez votre public, pas la masse. Sinon, pourquoi SkyDoesMinecraft aurait 10 millions d’abonnés ?

KAINRATH 1 × 1

Les pros du nawak !

Walkthrough Un internaute montre comment ­finir un jeu vidéo le plus vite possible. Attention, très nocif pour l’estime de soi en tant que joueur.

22

Unboxing Y a-t-il chose plus belle que de déballer un nouveau produit ? Oui ! Le faire devant des milliers de gens qui ont le même fétiche.

Machinima Des fans détournent le moteur d’un jeu ­vidéo et le programment pour en faire un court-métrage. L’idée séduit, et perturbe.

Télé Vision

Vision tragique

THE RED BULLETIN

DIETMAR KAINRATH

Un milliard d’utilisateurs, et autant d’idées déjantées.


YouTube a 10 ans : musique

CES PHÉNOMÈNES YOUTUBE

Qu’est devenu... ? Le « quart d’heure de célébrité » est un dicton qu’il est bon de prendre au pied de la lettre sur la planète YouTube.

Antoine Dodson

Rebecca Black « La pire chanson de tous les temps » fut l’une des critiques les plus positives dédiées à son titre Friday. Pourtant, tout le monde l’a écouté. La jeune Américaine peut en rigoler : sa chaîne compte plus d’un million d’abonnés.

Remarqué lors d’une interview sur un fait divers et starisé grâce à la chanson Bed Intruder, il est sous contrat avec Apple. Il a aussi une femme et un enfant.

YOUTUBE EN CHIFFRES

Records d’audience Des valeurs dont les ­émetteurs de télévision ne peuvent que rêver.

1

milliard de personnes utilisent YouTube chaque mois

50 % des accès proviennent d’appareils mobiles

400 ans de matériel vidéo sont scannés quotidiennement pour vérifier les droits d’auteur

> 1

million de personnes gagnent de l’argent avec le ­programme partenaire de YouTube

Musique sur l’écran

World Wide Wurlitzer

CORBIS, PICTUREDESK.COM, CHARLIE SCHMID, GETTY IMAGES

YouTube a modifié notre façon d’écouter et de faire de la musique. Ses côtés cool et agaçants.

Apprendre en regardant : avec le bon tutoriel, tout le monde peut être musicien. Les groupes n’ont plus à payer une fortune pour publier une vidéo. On trouve presque tout dans les archives. Avec « YourTube Mix », les DJ disposent du crossfader pour mixer à l’aise. On ne parodie sur YouTube que ceux qui le méritent.

THE RED BULLETIN

Filmer un concert pour être le premier sur YouTube. Les soirées où le DJ passe uniquement « du » YouTube et où les invités se battent pour choisir les vidéos. Qualité audio en recul. La folie des reprises peu originales. Le nouveau service de musique en streaming de YouTube inquiète les labels indépendants.

Keyboard Cat

Fatso, un chat musicien, est devenu une star d’Internet en 2007. Un succès qu’il n’a pas connu : la vidéo a été tournée en 1984 et ce bon Fatso est mort en 1987.

Meilleur commentaire

Bars Ulrich Si vous n’achetez pas ma musique, diffusez-la au moins en streaming. Pour écouter mon solo de batterie à 2’40, tapez #t=02m40 à la fin du lien.

300

heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute sur YouTube

90 millions

de vues quotidiennes proviennent d’Arabie saoudite – le pays qui aime le plus YouTube

23


Brodinski entouré des « ghetto blasters » qui ont propagé le rap aux USA. En 2015, le DJ et producteur lui ouvre une nouvelle voie.

24


BRODINSKI UN SON D’AVANCE Texte  : Pierre-Henri Camy Photos  : Romain Bernardie James

Le futur de la musique s’écoute aujourd’hui. Des clubs aux studios, le jeune DJ et producteur français ­Brodinski recrée le lien entre électro et hip-hop, avec une énergie internationaliste.


B Brodinski,

le charme français, l’assurance américaine. L’un des mecs les plus abordables que vous pourriez rencontrer. À 27 ans, il a créé un genre musical que lui même a du mal à qualifier. « Une touche de musique électronique, avec énormément d’ouverture d’esprit », nous dit-il, installé à une terrasse proche de son QG de Bastille. L’affaire est bien plus copieuse et excitante que cette définition chic. Avec un album super moderne, hybride de musique électronique et de hip-hop, Louis Rogé, ou Brodinski, ­explose les sons, créant le sien. Il s’y est mis très tôt.

Bouclier humain

Dès 18 ans, ce jeune Rémois s’acharne à devenir un DJ, s’imprégnant de musiques, en mode ADSL. « Avec une connexion Internet, en un an, tu te fais une culture musicale qui t’en aurait pris 10 ou 15 par le passé, analyse-t-il. Mais il ne faut pas juste absorber du son, il faut prendre le temps de l’assimiler, et ­savoir ce que tu aimes. Savoir ce que tu as envie de faire découvrir, c’est aussi ça être DJ. Et c’est l’une des premières choses qui m’a donné envie de l’être. » Louis dédie ses premiers mixes à la techno, l’électro, il se passionne aussi pour le hip-hop. Et ça prend. « Je commence à tourner quand je suis étudiant à Lille, chaque week-end, je bouge à droite à gauche. À Paris, je viens voir les groupes comme Justice, ou DJ Mehdi. » Ce dernier sera d’une importance extrême dans le parcours du jeune homme. Ancien producteur du groupe de rap hardcore Ideal J, il fut l’un des phénomènes du label Ed Banger (top de l’électro française ces 12 dernières années). Disparu en 2011, DJ Mehdi est notamment mémorable pour avoir reconstruit les ponts originaux entre musique électro-

26

nique et rap. Une démarche rare en France. Tout comme son éclectisme. Il prend Brodinski sous son aile, lui apprend à s’ouvrir artistiquement, devient son mentor. Brodinski intensifiera son apprentissage auprès d’autres DJ’s, et commence à former son « bouclier humain ». Le travail en équipe a des vertus, Brodinski avancera désormais en bande, toujours. Boosté par les rencontres, Louis connecte avec Manu Barron, patron de Savoir-Faire, une structure internationale qui, ces dernières années, a développé certains des meilleurs clubs à Paris (Silencio, Social Club). Aussi avec des producteurs de musique talentueux, dont Gesaffelstein, premier artiste que Brodinski accueillera sur son label, Bromance, monté avec Barron en 2010. Dès lors, tout va très vite. L’univers sonore de « Brodi et Gesa » atteint les oreilles de Kanye West. « Un gars de son équipe est venu nous voir chez Savoir-Faire, il nous a dit “Kanye bosse sur son nouvel album, on aimerait écouter des trucs à vous” », se souvient Louis Rogé. Deux titres sont réalisés en studio avec West, produits par le duo français pour Yeezus, 6e album du plus exposé des MC’s. « Collaborer avec Kanye West m’a énormément appris sur une façon contemporaine de travailler la musique », synthétise Brodinski. À 25 ans, il mixe sur tous continents, est patron de label, séduit des artistes super stars.

« SAVOIR CE QUE TU AS ENVIE DE FAIRE DÉCOUVRIR, C’EST AUSSI ÇA ÊTRE DJ. CELA FAIT PARTIE DES PREMIÈRES CHOSES QUI M’ONT DONNÉ ENVIE DE L’ÊTRE »

THE RED BULLETIN


SES ESSENTIELS « L’ALBUM du groupe de rap français Ideal J représente DJ Mehdi, son producteur : mon mentor et ami, à jamais dans ma mémoire. La montre est en fait un bijou offert alors que je mixais à Hong Kong. LES LUNETTES DE SOLEIL sont mon masque de nuit, pour dormir en tournée. LE “STYLO DE MYD” ­représente une amitié et une ­collaboration avec le producteur Myd durant ces deux dernières ­années, à travailler ensemble sur mon album, avec aussi DJ Kore. ­Bizarrement, je n’y ai jamais fait ­attention, mais MON CASQUE me suit depuis des années, et j’en ai besoin tous les week-ends. ­Accessoire confectionné par Dolly Cohen, LES DENTS EN OR sont made in Paris. Je ne le porte pas en famille. LE LIVRE : L’ART DE SE TAIRE... car c’est vraiment bien de savoir quand il est temps d’arrêter de parler. »


« QUAND JE SUIS ARRIVÉ DANS LE COULOIR DE LA MUSIQUE, TOUTES LES PORTES ÉTAIENT OUVERTES»


« DES FRANÇAIS QUI VONT DANS LES RECOINS D’ATLANTA POUR Y CHERCHER DES RAPPEURS ET LES FAIRE POSER SUR DES BEATS TECHNO... ON EST ALLÉ VRAIMENT LOIN »

D

musique aujourd’hui. Une parallèle. » Jouer l’alternative aussi du côté de l’esthétique qu’il veut associer à son album, en faisant appel aux bricoleurs avant-gardistes du Creative Sweatshop, des plasticiens de l’image au talent « anticipatif ». Avec ces Parisiens, Brodinski construit une « imagerie du rêve, entre lifestyle et science-fiction ». Ils élaborent ensemble une tenue de scène en matière réfléchissante 3M, qui le rendra « invisible » au flash des photos lors de ses shows. « Le symbole d’un retour à l’essence même de ce qu’était la culture club : ne jamais regarder le DJ, mais le laisser jouer de la musique, et danser. »

Deux ans en studio

Jungle musicale

Le Champenois persévère, fidèle à sa démarche jusqu’au-boutiste. Il monte une équipe autour de lui, avec laquelle travailler au quotidien pendant deux ans, sur sa « vision », son « concept » : la création d’un album. Il fait appel à MYD, producteur et DJ français, membre du quator électro innovant Club Cheval, et à KORE, producteur lui aussi français et associé historiquement à de gros succès en rap, R&B, et variété. Le rôle du Rémois dans le trio ? « Un travail de réalisateur, de directeur artistique, et d’artiste. On a travaillé cet album de façon collective dans le respect d’une vision personnelle : pousser un peu plus loin l’implication de l’électro dans la musique contemporaine, en y associant les influences de gens qu’on aime. » Comprendre un casting international et unique, car il réunit des filles, la chanteuse australienne Georgi Kay, Maluca (New York et Paris), Louisahhh!!! (DJ et chanteuse, membre de Bromance), et de rugueux rappeurs américains d’Atlanta, Memphis ou Houston : Chill Will, Bloody Jay, Peewee Longway, Young Scooter, MPA Shitro, Slim Thug, Fabo… Des noms qui ne vous diront certainement rien. On est bien loin du rap VIP, familier des pages des magazines people. On parle ici du son de rues américaines où l’on survit. « Dans certains quartiers d’Atlanta, j’ai vu le tiers monde aux USA. Une réalité différente de la nôtre, qui fait partie de ces rappeurs en tant que personnages. Mais le plus important reste la musique », ­explique Brodinski, sans s’épancher sur la dure réalité des MC’s auxquels il a rendu visite sur leur terrain pour la plupart, pour les inviter en studio, ou enregistrer leurs voix dans leur environnement. Il évoquera seulement le rappeur Doe B, approché pour une collaboration, mais abattu dans une fusillade depuis. Le défi pour Brodinski est de conglomérer les territoires, les personnalités et leurs réalités dans un projet musical qui fait sens. « Quand je suis arrivé dans le couloir de la musique, toutes les portes étaient ouvertes. Avec l’album, j’ai voulu trouver une cohérence dans cette jungle musicale dans laquelle j’ai été apprivoisé. Un chemin vers une façon alternative de voir la THE RED BULLETIN

La danse, chère à la fameuse French Touch, qui embrasa les clubs, partout sur la planète, dans les années 90. Avec cette saveur locale que revendique Brodinski, fan des Daft Punk, et autres Phoenix. « Ils ont réussi leur carrière en faisant ce qu’ils voulaient. En tant que Français, on a la chance de voir les choses différemment, dans une mondialisation constante, ou tout le monde fait la même chose. Des Français qui vont dans les recoins d’Atlanta pour y chercher des rappeurs et les faire poser sur des beats techno, je pense qu’on est allé vraiment loin... Bon, ça te dit d’aller écouter de la zique ? » Of course. Direction l’appartement de Louis. Ici pas de platines, juste un laptop relié à une enceinte Beats. Que va révéler l’écoute de cet album ? On s’attendait à un mix évident d’électro et de vocaux rap. On entend des voix de femmes, sensuelles et intrigantes, prenantes. Celles des rappeurs sont tellement rugueuses. Le salon de Brodinski est habité, et sa fameuse vision prend une forme sonore. Une rencontre de sons hyper moderne, puissante. Des instrumentaux électro et rap qui n’en auraient plus le nom. Une musique futuriste. Le résultat de deux ans de travail et d’amitié dans des studios, en France et aux USA, que révélera un album, Brava, à paraître en février. « On a commencé à travailler sur l’album dans le studio Red Bull de Santa Monica, en Californie, et nous l’avons terminé dans le studio Red Bull de Paris. On a pu y créer sans aucune barrière ni limite. Bizarrement, le studio est devenu ma réalité, l’endroit où je me sens le mieux », dit Louis, qui quelques jours après notre rencontre, présentait sa marque de vêtement, BMC, merchandising 2.0, dans le cadre très hip de la foire d’art moderne et contemporain d’Art Basel, à Miami. Quand paraîtra cet article, il pourrait bien être en train d’offrir un avant-goût de son album au public japonais. Pas mal pour un Frenchie de 27 ans, dont la première connexion musicale fut celle avec Internet. brodinski.net

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EN ALASKA, LES FALAISES ET P­ AROIS ISOLÉES SONT ­R ÉPUTÉES INABORDABLES POUR LES SKIEURS. SAUF POUR CEUX DISPOSANT D’UNE AILE. DÉCOUVREZ LES ADEPTES DU SPEED R­ IDING, UN SPORT NAISSANT POUR LES ACCROS AU FRISSON OÙ DÉCOLLAGES ET ATTERRISSAGES S’ENCHAÎNENT DANS LA NEIGE.

TOUS À 30


VOILE !

TEXTE : ANDREAS TSORTZIS PHOTOS : SCOTT SERFAS


aube se lève sur la cime de la montagne de 2 700 m d’altitude et, non loin de là, Jon DeVore attend que le vent se lève. Plus il y en aura, plus il lui sera facile de soulever le parachute de 2,5 m² qu’il traîne derrière lui. À ses pieds, une line tellement dingue que personne ne l’a jamais tentée à ski. Au programme : deux fossés de 30 m à franchir, prendre ensuite suffisamment d’air pour ­atterrir sur un petit monticule, un autre 32


PLUS IL Y AURA DE VENT ET PLUS IL SERA FACILE DE SOULEVER LE PARACHUTE

Les trois riders ont passé une semaine à explorer les routes, vol à ski compris.


LE DESIGN DES AILES DE SPEED RIDING OFFRE ÉQUILIBRE ET MANŒUVRABILITÉ

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Jon ­DeVore, en ­ ortrait en bas à p gauche, en action sur cette page, a grandi en Alaska. Il sait ­utiliser l’avantage à domicile.

énorme fossé à franchir et, pour finir, un ravin étroit, bordé de chaque côté de blocs de glace de quatre étages de haut. Un spot du nom de « The Rowel » que DeVore et ses camarades, l’Américain Andy Farrington et l’Italien Filippo « Ippo » Fabbi, ont passé plusieurs jours à reconnaître. Un vent de 6-9 km/h se fait sentir mais se calme aussitôt. DeVore attend le prochain cycle, comme un surfeur attendant la série de vagues parfaites. Le vent se lève enfin, DeVore tire alors d’un coup sec sur sa « voile » pour la soulever dans les airs et dirige ses skis dans la descente. Le Rowel, c’est la cerise sur le ­gâteau d’un voyage de sept jours sur la côte sud de l’Alaska, une région connue pour être le théâtre d’incroyables exploits en ski et en snowboard backcountry. L’objectif de ce voyage est double : skier dans des endroits vierges de tout passage mais


Petit plaisir dans le Rowel : les trois dévalent la pente en survolant des séries de crevasses de 12 mètres de long à la vitesse de 80 km/h.

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APRÈS QUELQUES JOURS DE DÉCRASSAGE, LES RIDERS TOMBENT AMOUREUX DE « THE ROWEL »


DeVore envoie un tonneau (ci-dessus). Fabi encaisse la pression (à droite). DeVore déboule sur Serfas à 50 km/h (ci-dessous).

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« CE QU’ILS CONSIDÈRENT COMME “PETITS”, CE SONT DES TRUCS DE MALADE »


aussi faire connaître le speed riding et établir de nouveaux standards pour cette discipline naissante. « Ce que nous voulions avant tout, c’était trouver un spot que personne n’avait jamais descendu auparavant, explique DeVore. Et personne n’a ­jamais ridé de hautes montagnes ­permettant de réaliser des runs de 3,5 à 4 minutes. » À mi-chemin entre le parapente et le ski alpin, le speed riding est apparu il y a plus de dix ans dans le milieu des sports d’hiver de ­Chamonix, à l’initiative de pionniers tels que François Bon et Antoine Montant. Bien que certains sommets d’Europe permettent de s’y entraîner, ce sport n’est pas des plus accessibles et les meilleurs riders sont des parachutistes et pratiquants de wingsuit confirmés, comme DeVore. La semaine et demie qui a précédé le Rowel, ils l’ont passée à tenter des « trucs » sur des montagnes plus basses dans les environs. « Ce qu’ils considèrent comme “petits”, ce sont des trucs de malade, que personne d’autre n’aurait tenté, déclare Scott Serfas, le photographe de l’expédition. Jon montre des faces absolument pas skiables et Clark (Fyans, ndlr), le guide, lui dit “Vraiment ? C’est ça, ton run d’échauffement ?” » Les lines qu’ils ont sélectionnées ont été soigneusement disséquées à coup de passages d’avion et d’études de cartes. Les meilleurs runs sont ceux qui se déroulent comme prévu, qui permettent aux riders d’engranger suffisamment de vitesse pour franchir les gros fossés et pour éviter les crevasses, et pendant lesquels la voile reste gonflée tout du long. « D’habitude, quand je fais du speed riding, c’est dans un environnement sécurisé. Si tu n’as pas engrangé ­assez de vitesse au niveau de l’arbre, tu t’arrêtes, explique DeVore. Ici, c’est une chute dans une immense grotte de glace qui t’attend. » Au Rowel, tout s’est bien passé. « Quand tu te lances et que le parachute est au-dessus de ta tête, tu te sens un peu comme un super-héros , déclare DeVore. Cette sensation est indescriptible, c’est profiter de la montagne avec une liberté totale. » Film sur iTunes, theunrideables.com

Filippo Fabi est tombé amoureux du speed ­riding en Europe. Bien plier son aile est aussi important dans ce sport que dans le parachutisme.

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CES RIDERS SONT À LA FOIS DE BONS SKIEURS ET DE BONS PARACHUTISTES


MICHAEL DUPOUY

« Quelque chose qui marque l’époque » Les sneakers les plus convoitées. Les objets créés en collaboration avec les plus suivis des artistes. Tous sont présents dans All Gone, livre annuel et référence des amoureux de la street culture conçu par le Français Michael Dupouy. Texte : Pierre-Henri Camy

Connecté avec les pontes des scènes ­créatives qui agitent les grandes villes du globe, Michael est le patron de La MJC, agence de communication spécialisée dans les cultures et tendances urbaines. Il a aussi co-fondé le label textile Club 75 avec Pedro Winter, le super ambassadeur de la musique électronique française, et l’artiste So Me. Familier des jet-lags, le « gourou » français de la street culture rencontre The Red Bulletin à quelques pas du Globo, le club qui a accueilli les premières soirées hip-hop parisiennes dans les années 80. the red bulletin : Michael, qu’est-ce que All Gone (pour « produit épuisé »), ce livre publié en janvier tous les ans ? michael dupouy : C’est une encyclopédie, ou une bible. Elle rend hommage aux produits collector qui représentent le meilleur de ce qu’offre la street culture, une fois par an, depuis neuf ans. En quoi All Gone est-il intéressant, au-delà de montrer les meilleures pièces du monde à vos yeux ? All Gone n’est pas qu’un ouvrage visuel, on y interroge les acteurs qui lui sont ­associés : on parle à James Jebbia (fondateur de la marque reine du streetwear, ­Supreme, ndlr), on interviewe KAWS (issu du graffiti, il est devenu l’un des artistes contemporains les plus cotés, ndlr), on ­appelle Nike, adidas, et les autres, on fait un vrai travail journalistique fort pour avoir la véritable info sur chaque réalisation. Aussi, une vingtaine de photographes réalisent nos pages créatives en mode carte blanche. All Gone est une publication 100 % indépendante. Réfléchie, réalisée et imprimée en France. 42

Photo : Dimitri Coste

Comment un produit associé au mode de vie urbain devient-il un collector ? Car, dans une zone géographique donnée, pour un public donné, il s’arrache en peu de temps. Conçu en série limitée, révélé un jour précis, à un horaire précis, et proposé par les leaders et les acteurs majeurs de cette culture, il est introuvable extrêmement rapidement. Et il ­devient donc culte. Ça peut être une planche de skate, une paire de basket, une édition d’artiste, un T-shirt... Quelque chose qui marque l’époque, dont on se rappelle et que l’on désire de multiples années après sa sortie.

« Ce n’est plus une génération street culture, mais screen culture » Quels sont les classiques qui ont ­marqué l’histoire de votre livre ? La majorité des figurines réalisées par KAWS (comme celle visible sur notre photo de Michael, ndlr), des skates de la marque américaine Supreme, des produits de la marque japonaise Bape, des baskets ­réalisées par le pionnier du streetwear ­japonais Hiroshi Fujiwara pour Nike... Les collaborations, autour de sneakers ou vêtements, sont les produits les plus prisés aujourd’hui. Pourquoi intéressent-elles ? Une collaboration est une synergie entre une entité A et une entité B, les deux

ayant besoin l’une de l’autre. Le secret en cette fin d’année, c’est à quoi va ressembler la collaboration entre Kanye West et adidas... Kanye West n’a besoin de personne, c’est l’influenceur numéro un, mais il a besoin d’adidas parce qu’il aime la mode, parce qu’il veut que le monde entier porte ses produits, de l’Afrique du Sud au Japon en passant par la France et les USA. Ça va être une bonne collaboration, ­destinée à envahir le monde, parce que, peu importe ce que les gens pourront en dire, elle va susciter un buzz hallucinant. Notamment auprès d’une nouvelle génération qui n’a jamais acheté de magazines de sa vie et dont la seule source d’information est I­ nternet. Ce n’est plus une génération street culture, mais screen culture, quasiment dominée par la répétition des images à l’écran. Plus elle voit le truc sur ­Instagram, plus c’est cool. Dans 11 ans, sortira la vingtième é ­ dition de All Gone. Ce sera toujours un ouvrage d’édition ? Je l’espère, c’était le grand défi de ce livre. Quand je l’ai lancé, tout le monde disait qu’Internet allait tuer le papier. Le digital a ses limites : celles de la possession et de la mémoire. L’offre a tellement explosé depuis la première édition, que se rappeler est plus dur que consommer. Savoir ce qui était cool en 2006, ce qui a fait 2007 et ce qui était génial en 2010, est plus compliqué que connaître la sneaker la plus folle qui marquera le mois de mars 2015. All Gone est pratique pour retourner en arrière, il a pris du sens avec les années, tu vas garder ce bouquin, le transmettre. allgonebook.com THE RED BULLETIN


Identité Michael Dupouy, 37 ans, ­Paris : boss de l’agence La MJC, auteur de All Gone. Bible de la street culture Chaque année, le livre All Gone réunit les essentiels (sneakers, vêtements, pièces d’art) qui ont marqué une année de street culture, compilés par Michael, ­expliqués par leurs ­créateurs ou les acteurs les plus ­respectés du marché.

All Gone on tour En 2015, de mi-janvier à fin mars, Michael dédicacera son ouvrage dans une vingtaine de villes (Paris, Copenhague, L.A., Mexico, Shanghai, Séoul, Moscou...).


« 100 kilomètres, un objectif r­ éaliste, Lemawork Ketema ? » Le jeune Éthiopien de 29 ans va défendre en mai son titre de champion au Wings for Life World Run. Malgré des conditions d’entraînement peu idéales, une chose est sûre : cette année, il dépassera les 78 kilomètres.

the red bulletin : 100 kilomètres, est-ce pour vous un objectif réaliste ? lemawork ketema : Réaliste, oui, mais concrètement, ça dépendra aussi de plusieurs facteurs que je ne peux pas influencer, comme la météo. En tous les cas, je m’entraîne dur pour faire encore mieux que l’an dernier. Vous courez cette année encore en ­Autriche. Pourquoi  ? Je suis demandeur d’asile et je ne peux pas quitter le territoire. J’ai reçu des invitations pour courir de grands marathons, mais je n’en ai pas encore le droit. Ma demande d’asile a été étudiée, j’attends la décision. Où logez-vous ? Dans un foyer de demandeurs d’asile, à Greifenstein, près du Danube. On est quatre par chambre, ce qui n’est pas facile quand je veux me reposer. Mais ce n’est pas un problème, seule la course compte. Êtes-vous une star dans votre foyer ? Certains m’admirent, d’autres envient mes chaussures, mes vêtements. Ce sont surtout les gens du coin qui me saluent et qui m’encouragent quand je fais mes entraînements. Il y a un pêcheur près du ­Danube qui me demande toujours de m’arrêter près de lui, parce que ça lui porte chance. Parfois, il m’offre un poisson. Conseillez-vous les coureurs amateurs ? Bien sûr ! J’aime travailler avec les jeunes. Courir est si facile quand on s’y prend bien. À quoi ressemblent vos journées ­d’entraînement  ? Je me lève à 6 heures et je pars faire ma première ronde : 25, parfois 30 km. Après, je me rends à Vienne pour mon cours d’allemand, et le soir, je fais un ­deuxième entraînement. Après, c’est ­massage, ou idéalement, quand c’est ­possible, de la physiothérapie. 44

Révisez-vous vos leçons en courant ? Oui, parfois je m’écris des mots sur les mains. Du temps libre ? J’en ai peu, parce que j’aime travailler. Que signifie votre prénom ? « Lema » veut dire vert, mais aussi beau, joli. Et « work », travail, comme en anglais. Vous faites du beau travail dans la verdure... ça vous va bien, ce prénom ! C’est ce que je me dis tous les jours quand je pars courir dans la nature !

« Courir est si facile quand on s’y prend bien » Voulez-vous rester vivre ici ? Oui, absolument. Comment était votre vie en Éthiopie ? Mon école était à 7 kilomètres de notre maison, j’y allais tous les jours en courant. Ma mère travaillait comme masseuse dans un hôpital. Nous nous téléphonons une à deux fois par semaine, elle compte beaucoup pour moi. J’ai aussi appris le métier de masseur, et travaillé avec des marathoniens dont les performances tournaient autour de 2 h 04. J’ai appris à connaître leur corps, leurs façons d’aborder la course. Toutes ces connaissances me servent aujourd’hui. Votre meilleur temps en marathon ? Pas extraordinaire : 2 h 14, mais c’était il y a quelques années, et en altitude. Comment les marathoniens voient-ils le Wings for Life World Run ?

Ça dépend. Certains voient seulement les résultats chrono et nous considèrent comme des promeneurs, d’autres n’arriveraient même pas à courir 78 kilomètres. Mais la principale difficulté pour les puristes du marathon, c’est surtout le fait qu’il n’y ait pas de classement de départ, ni de ligne d’arrivée. Le Péruvien Remigio Quispe, vicechampion du Wings for Life World Run, va lui aussi participer à la course en Autriche : avantage ou inconvénient ? Un énorme avantage ! C’est beaucoup plus motivant de courir en groupe. C’est justement ce qui manque en Autriche où il n’y a pas de groupes d’entraînement. Je cours souvent seul, ou avec quelqu’un qui m’accompagne à vélo. C’est comme ça, je ne me plains pas. Des conseils aux coureurs amateurs qui veulent faire mieux lors de la 2e édition du Wings for Life World Run en mai ? Entraînez-vous tous les jours ! Ce n’est pas avec un footing hebdomadaire qu’on peut améliorer ses performances. C’est comme les cours d’allemand pour moi : progresser, ça demande des efforts ! Comment vous êtes-vous senti le lendemain du Wings for Life World Run ? Je me suis réveillé le sourire aux lèvres. C’était magique. J’avais atteint mon but. Et sur le plan physique ? Rien de bien méchant. Vraiment.

Le Wings for Life World Run 2015 démarrera le ­ 3 mai au même instant partout dans le monde : 33 pays, 35 courses. Qui parviendra à devancer la voiture-balai le plus longtemps possible ? Infos et inscriptions sur : wingsforlifeworldrun.com THE RED BULLETIN

PHILIP PLATZER/RED BULL CONTENT POOL

Entretien : Werner Jessner


Identité Lemawork Ketema Nationalité Éthiopie Naissance 22 octobre 1985 Palmarès Vainqueur du Wings for Life World Run 2014 avec 78,57 kilomètres (départ de Sankt-Pölten, en Autriche) ; Vainqueur du marathon de Graz (Autriche) en 2014.


David White explore les mines abandonnÊes et les villes du Far West amÊricain. Dans ses mains, des jeans Levi’s, datant de la Seconde guerre mondiale.


INDIANA JEANS Dans les interminables galeries des mines de l’Ouest américain sommeille un trésor bien plus précieux que l’or : le jeans. L’Anglais David White chasse le vieux denim, qu’il revend une fortune. Texte : Nicolas Stecher  Photos : Julie Glassberg

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etit globule noir égaré dans les artères ­asséchées de la mine, David White baisse la tête à se tordre le cou, se penche à se rompre les reins. Parfois il rampe. Voilà une heure qu’il avance dans la poussière, enjambant les rails de bois rongés par le temps et les affleurements rocheux. À peine transpercé par la lumière faiblarde – déployée par un casque vissé sur les têtes – le monde noir nous engloutit. Alors que la claustrophobie gagne du ­terrain, comme la désagréable sensation de dérèglement de notre boussole ­interne. Ici, tout n’est que poussière et noirceur, angoisse et insécurité. Cette mine qui date de 1860 déroule son labyrinthe de boyaux sur une quinzaine de kilomètres. L’Utah compterait 20 000 mines abandonnées, sur les centaines de milliers qui disséminent leurs capillarités desséchées à travers le Grand Ouest américain. La plupart n’ont jamais offert aux mineurs le moindre dollar, mais celles desquelles furent extraits de l’or, de l’argent, du plomb, du tungstène, de la galène et d’autres minerais, ont fait de leurs propriétaires des hommes riches. Au-delà même de l’imagination. Plusieurs décennies après le passage de ces immigrés qui s’échinaient à la tâche, David White se glisse à son tour dans les entrailles de la roche, à la recherche d’une chose autrement moins éternelle que le minerai, mais presque aussi précieuse : le denim. Oui, oui, le ­denim, ce tissu qui s’étale en papier glacé dans les plus grands magazines de la ­planète et qui fait partie de l’identité

« NOTRE BONHEUR, ON PEUT LE ­T R O U V E R À C H A Q U E ­E N D R O I T OÙ LES MINEURS O N T P U S ’A R R Ê T E R POUR DÉJEUNER OU POUR SOUFFLER » 48

­américaine, associé autant à la conquête de l’Ouest qu’au rock’n’roll. L’allié textile du besogneux comme celui du rebelle. L’Amérique qui trime, et celle qui se révolte. Cet uniforme de travail devient la fringue qu’on ne doit surtout pas laver. L’outil sujet de cultes et de tendances à travers les codes internationaux de la mode. C’est pour ce trésor-là que David White, un fringant Anglais propriétaire de la boutique Ragtop Vintage à Londres, et son guide local, Stuart Burgess, sont juchés sur un tas de graviers, une pelle à la main. Avec, à hauteur de nez, tout un enchevêtrement de poutres de soutènement. « Essayez de creuser, vous, sous ce surplomb. » Burgess bougonne et halète en même temps. Co-fondateur de The ­Mojave Underground, société à but non lucratif dont l’objet est de préserver la culture minière de l’Ouest américain, ­Burgess est un vrai savant. « Chaque endroit comme celui-ci où les travailleurs pouvaient se poser pour discuter, récupérer ou manger est une opportunité de trouver notre bonheur. » Toutes les mines ne sont pas aussi escarpées que celles-ci, et on ne s’y sent pas forcément comme dans un cercueil. Les randonneurs ignorent la plupart du temps que des villes ont poussé sous la terre du Far West. Peu imaginent qu’à quelques centaines de mètres, voire plus, sous leurs pieds, des petits hommes ont su creuser des carrières de la taille d’une cathédrale. Il y a quelques années, alors que les célébrités sabraient le champagne au festival du film de Sundance à Park City, Burgess et sa femme Crystal découvraient une chambre souterraine suffisamment grande pour qu’on y accole deux terrains de foot. Mais l’heure n’est pas au passement de jambes. L’écho des battements de cœur qui se répercute entre les parois étroites active notre instinct de sécurité. Et puis, entre les pancakes et les patates, ce matin, Burgess a raconté une histoire qui fait encore froid dans le dos. Celle de

La quête du denim disparu est très rentable, mais elle n’est pas sans risque. ­Serpents à sonnette, ­crevasses et ermites de mauvais poil sont autant d’obstacles à franchir.

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White et Burgess (tout à gauche, en bleu) explorent une mine de Bald Mountain, en Utah, qui n’a sans doute pas été explorée ­depuis des décennies.

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ce jeune explorateur qui s’est dit que ça serait marrant de faire du rappel dans l’un des tunnels d’une mine adjacente. Il ne connaissait pas les pièges à éviter et, malheureusement, il se coinça dans ce conduit et resta pendu la tête en bas. Après plusieurs jours de recherches, les secours retrouvèrent sa trace. Il pendait, encore en vie. Les secouristes tentèrent de le remonter avec un treuil, mais l’opération était impossible. Alors, pour éviter que quiconque se hasarde à prendre des risques aussi insensés, les secours ont condamné l’entrée de la mine, emmurant le malheureux encore vivant. Le gosse est toujours dans sa mine, voué à se balancer au rythme de l’éternité. White ne pense pas trop à cette histoire lugubre. Enfin, il essaie, comme il tente de chasser de son esprit la fragilité des poutres de bois censées empêcher la terre de s’effondrer, mais qui souffrent sous la masse de la montagne depuis plus d’un siècle. D’autres dangers rôdent, ­Burgess l’en a averti : les serpents à sonnettes, les pierres de plusieurs centaines de kilos qui dégringolent à l’extérieur. Et ces puits de mine qui, à l’intérieur, lui promettent une chute libre de quelques centaines de mètres en cas de négligence. Le ministère des mines a conçu un message de prévention assez simple : Stay out, stay alive. Restez dehors, restez en vie. Un mantra efficace qui résonne dans notre esprit, et lugubre comme le retentissement d’un tocsin.

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ier soir, White dînait dans la morne banlieue de Salt Lake City. Le restaurant, avec son enseigne dont les néons transpercent mollement la nuit, sa clientèle largement composée de Hells Angels, ses serveuses en place depuis la fin de la guerre du Vietnam et ses banquettes en vinyle rouge, serait le cadre idéal pour une boucherie calibrée Quentin Tarantino. Tandis qu’il se battait avec des côtelettes de cochon de lait, White ­dévoilait ce qui l’a poussé à quitter la noble Angleterre pour les contreforts de l’Utah : « Le paysage et les gens. » « Denim Hunter » n’est même pas moqueur : il est affable, jovial et positif. « Je pense que la côte ouest des États-Unis est le plus bel endroit au monde. Je ne sais pas pourquoi mais je me sens ici comme à la maison. J’ai croisé des vieux éleveurs et des paysans, les personnes les plus remarquables que j’aie jamais rencontrées. » White a passé ces deux dernières semaines au croisement du Nevada, du 50

En 2001, une paire de jeans Levi’s datant de 1880 s’est arrachée au prix de 46 532 dollars. En 2005, un collectionneur privé enchérissait à 60 000 dollars.

­ olorado et de l’Utah à la recherche des C précieux textiles. Il cible les tissus sur une période allant des seventies au milieu du XIXe siècle. Ces jeans les plus anciens, il ne les a pas encore trouvés. Ils sont même son Arlésienne qui, chaque année, le pousse à revenir dans la région. Du coup, il n’y a pas de ranch trop éloigné pour lui, pas de pierre trop petite qui ne mérite d’être soulevée, pas de tunnel trop étroit qui ne justifie qu’il affronte sa puanteur et son danger. Et même, plus l’endroit est éloigné des ranches, plus le lieu semble répulsif, plus White a des chances de conquérir son trésor. « J’opère un peu comme un ­détective de l’Histoire. » Le processus se répète : arrivée dans une petite ville au milieu de nulle part, discussions avec les habitants – en général très bavards sur leur région – et avec les collectionneurs compulsifs. Avant d’arpenter le pays avec de vagues repères, voire aucun, et de sortir des sentiers battus. D’ignorer les panneaux « Interdit d’entrer » et d’espérer que l’ermite qui habite là est de bonne

« TOUTES LES MINES NE SONT PA S AU S S I E S C A RPÉES QUE CELLESCI, ET ON NE S’Y S E N T PA S F O R C É M E N T COM M E DA NS UN CERCUEIL » THE RED BULLETIN


­ umeur et qu’il acceptera que David h White fouille les environs où peuvent se cacher des trésors. « On s’est présentés à un type qui vit au bout de la ville. Il ramasse dans les villes fantômes du Grand Ouest des bouteilles et toutes sortes de vieilleries. Dans sa cour, il y avait un amas crado de vêtements anciens, emmêlés, mais prometteur. » Et comment ! Au cœur de cette montagne faite de sacs en toile de jute, de vêtements élimés et de vieilles bâches puantes se cachait le Graal du chasseur de denim : une vieille paire de jeans Levi’s. White a puisé dans son érudition pour dater le trésor : il datait des années 20. Les jeans de Levis Strauss & Company ont connu moult évolutions depuis la création de la marque, en 1873.

Idéal pour les collectionneurs. Comme les ceintures n’étaient pas très populaires à l’époque, les jeans anciens portent de lourds boutons de métal sur lesquels accrocher des paires de bretelles. Plus tard, Levi’s ajoutera à l’arrière une sangle ou une boucle, pour ajuster la largeur. L’onglet rouge, signature de la marque, n’apparaîtra que bien des décennies plus tard. Assez curieusement, c’est l’inexactitude historique qui fait la richesse des trouvailles des historiens du jeans. En 1906, le terrible tremblement de terre de San Francisco provoqua un ­incendie dans l’usine, qui brûla tous les stocks. Depuis, la marque cherche à ­reconstituer son histoire. En 2001, elle a acheté une paire de jeans datée des

Sur un stand du L.A. Inspiration Show, White a pu admirer des vêtements en denim datant du début du XIXe siècle.

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La plupart des mines dans lesquelles White s’engouffre sont loin des sentiers battus. À droite : White admire la patine d’une veste, vestige des années 1900.

­ nnées 1880 au prix de 46 532 euros. En a 2005, un investisseur privé a enchéri jusqu’à 60 000 dollars lors d’une vente. Levi’s n’est pas la seule marque bankable. Stronhold, Boss of the Road, Underhill et d’autres manufacturiers sont aussi les objets de la voracité des collectionneurs. La liste de courses de White inclut généralement des jeans des années 40 et 50 qui lui rapportent entre 500 et 3 500 dollars l’unité. « Tout dépend de leur état et de la marque. Les jeans Lee et Levi’s sont les plus recherchés. » Les primes du chasseur sont donc généreuses, mais les dangers le sont aussi. Hier, White s’est retrouvé nez à nez avec le canon du fusil de chasse d’un habitant du coin à qui il voulait parler. « Le type n’était pas très sympathique, confie White en rigolant, mais ce n’était pas le pire de tous. » Une allusion au gentleman qui 52

l’avait chassé de sa propriété en le ­pourchassant armé d’un aiguillon à bétail au bout duquel gigotait un long serpent à sonnettes. « L’usure de ces vieux jeans, qui étaient un outil de travail à part entière pour les mineurs et les colons, est un témoignage direct de la dureté de leurs conditions de vie à l’époque du Far West. » White a les pupilles de la couleur des pantalons délavés qu’il recherche. Il porte une chemise de flanelle usée et une casquette de cheminot. Sur son visage, les sillons du temps qui passe, mais son regard brille d’une curiosité adolescente, ce qui lui donne le tiers de son âge. Quand il évoque le fruit de tous ses efforts et la préciosité de ces pièces mises au rebut, ses yeux clignent d’enthousiasme. « La façon qu’a ce matériau de se faner et de blanchir sous le soleil rend unique ce vêtement, qui n’a ja-

mais été imité. Le savoir-faire des gens qui ont confectionné le jeans ne doit pas être sous-estimé. »

L

e lendemain matin, à 2 300 mètres d’altitude, dans les hauteurs de l’Utah et le froid de l’automne, David White chemine sur un flanc de Bald Mountain à la recherche d’une mine que personne n’a ­visitée depuis des décennies. Le chemin se dessine dans la neige. Comment a-t-on pu grimper jusqu’ici, transporter des wagons, du matériel et tout l’équipement d’une mine ? Au loin, et bien plus bas dans la vallée, les seules traces visibles de l’humanité sont les silos militaires de la Rush Valley. Le groupe croise le squelette d’un petit chemin de fer, vestige de THE RED BULLETIN


« Je pense que la côte ouest de l’Amérique est le plus bel endroit au monde », assure White, Anglais né sur l’Île de Wight mais subjugué par la culture pop américaine. Entre les États de l’Utah, du Colorado et du ­Nevada, il passe sa vie à explorer des mines et tente de convaincre les ­habitants du coin de lui ouvrir leurs fermes et exploitations.

THE RED BULLETIN

l’époque minière de Jacob City, aujourd’hui révolue. Des pignons d’acier rouillé et du bois brisé sont les seules preuves que le progrès est bien passé par là. « Maintenant, nous allons faire du hors-piste », annonce Burgess. L’air chaud rejeté par les mines crée de grands trous boueux dans la couverture neigeuse. C’est exactement ce que recherche White. Bien qu’il ait ­exploré environ 2 000 mines en 28 ans, Burgess n’était jamais venu jusqu’ici, un endroit péniblement repéré à l’aide de coordonnées GPS hasardeuses. Il marque une pause au sommet d’une crête, caresse sa fine barbe et fait le point. « Je crois que c’est par là. » Du doigt, il montre une pente à descendre. C’est un mur de boue qu’il faut dégringoler, les mains s’accrochant aux branches et aux racines pour suppléer les pieds qui dérapent. Une fois en bas, il faut remonter un peu, jusqu’à une gorge. White est surexcité. Les clopes qu’il se roule à la main n’ont pas raison de son endurance de mule. Les Anglais ont souvent au fond d’eux cette passion pour l’ancien, à l’inverse des Américains, concentrés sur l’avenir. La nuit précédant la marche, il avait raconté son enfance sur l’île de Wight nourrie par Iggy and the Stooges, les Standells, Jimi Hendrix, les Doors. Il raconte qu’il s’est nourri de films de cow-boys qui ont alimenté son fantasme, sa passion pour la copieuse culture américaine. Il cite Evel

Knievel, les Grateful Dead et la Motown. Ses obsessions n’étaient pas que musicales, elles étaient aussi esthétiques et ­iconographiques. « Avant l’apparition ­d’Internet, nous étions capables de triper sur la simple couverture d’un album. Nous fantasmions sur les bottes que le chanteur portait, sur la marque de son jeans. Nous n’avions pas ça dans les années 70 en Angleterre, qui était un pays démodé. » Apparaît alors ce que cherche White dans ces mines. Non pas le denim perdu, mais une preuve que la période mythique de l’Amérique a bien existé. Le groupe s’arrête à l’entrée d’une mine pareille à celles que Hollywood s’est amusée à mettre en images : un trou percé sur un flanc de montagne et dont le chemin escarpé repose entre une falaise qui monte, et une qui plonge à pic. Une grille métallique ­menace de plonger jusqu’à Rush ­Valley, en contrebas. « C’est typique d’une exploitation minière de montagne, dit Burgess. Imaginez une vie passée ici à cogner la roche, jour après jour, année après année... » White se délecte, impatient à l’idée de partir se noyer dans l’obscurité des entrailles de la roche, à la recherche du jeans perdu. L’Anglais est peut-être né à la mauvaise époque, et sans doute au mauvais endroit. Mais face à ce boyau qui le privera bientôt de la lumière du jour, il vient de retrouver son élément. ragtopvintage.com

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DC CONTRE

GT

Une Benz unique. Nom de baptême : AMG GT. L’étoile est préservée, bien sûr.


En Autriche, à Spielberg sur le circuit Red Bull Ring, l’ex-pilote de F1 David ­C oulthard, vainqueur de 13 GP, a testé les 500 chevaux de la toute-puissante Mercedes AMG GT. The Red Bulletin était à ses côtés, sur le siège passager. Texte  : Werner Jessner Photos  : Bernhard Spöttel

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«  D ES VOITURES CONÇUES POUR LES CIRCUITS TOUT EN RESTANT ADAPTÉES À UN USAGE QUOTIDIEN  »

Regard déterminé : David Coulthard, toujours aussi ­rapide, quel que soit l’engin.


Une ergonomie parfaite, le bas du volant sport est rectiligne avec, derrière, la palette des rapports.

avid, quelle voiture conduisez-vous au quotidien ? « Une Smart Brabus, un modèle sport et facile à garer, répond l’ancien pilote McLaren. C’est la voiture idéale pour emmener mon fils de 6 ans à l’école. J’ai aussi une Mercedes SL 280 bleu clair que je m’étais offerte peu après mes débuts en Formule 1. » Étonnante sobriété. Pas d’autres ­voitures ? « Dans ma maison secondaire en Suisse, j’ai une Mercedes Classe M. Elle a huit ans et je n’ai aucune intention de m’en défaire pour l’instant. Elle tourne parfaitement. » Le lendemain, David Coulthard a rendez-vous avec une AMG GT blanc nacré dont la vitesse de pointe titille les 310 km/h (une voiture qui « n’existait » pas encore au moment de ce reportage, ndlr).

« Espérons que le beau temps soit au rendez-vous », ajoute simplement l’Écossais de 43 ans. Après une nuit pluvieuse, l’asphalte du Red Bull Ring sèche ­lentement. Mais pas de quoi s’exciter, mieux vaut ­apprécier la silhouette de la voiture sous le soleil du sud-est de l’Autriche. « Cette machine va faire cogiter beaucoup d’adeptes de la Porsche 911, indique ­Coulthard. BMW, Audi, Porsche ou Mercedes sont des constructeurs à part, leurs voitures sont conçues pour les circuits tout en restant adaptées à un usage quotidien. Une gageure des plus difficiles. » Le lecteur appréciera les premières impressions d’un homme qui ne conduit pas de bolides jour après jour. La justification est d’une logique implacable. « J’ai fait partie des rares personnes ayant eu le ­privilège de conduire une Formule 1. La F1, c’est le sommet du sport auto. Rouler vite sur la route ne pourra jamais me procurer un plaisir aussi intense. Et posséder une AMG GT impliquerait, pour exploiter au mieux son potentiel, que j’aie un circuit derrière ma maison. Or, je vis à Monaco, une Smart est bien plus adaptée. » Peu à peu, le Red Bull Ring sèche. David enfile sa combinaison. Petit tour d’horizon, ajustement du siège en daim et extraction maximum du volant à la base rectiligne, pour un contrôle optimal. Une pression sur le bouton de contact situé sur la large 57


EN QUITTANT LE COULOIR DES STANDS, DAVID COULTHARD FAIT UN TRAVERS  : «  J E VOUS AVAIS PRÉVENU, C’EST ­S ACRÉMENT GLISSANT  !   »


Montée d’adrénaline sur le Red Bull Ring. La veille, la AMG GT sortait en repérage.

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console centrale aux commandes parfaitement ­alignées et le moteur V8 se réveille. Son ronronnement contenu laisse deviner sa puissance. À chaque moteur, son homme. C’est Jens Müller, un génie à n’en pas douter, qui a œuvré. Il a à son actif, la ­version S et ses 510 chevaux au lieu des 462 du ­modèle standard.

U

ne commande située au niveau du genou droit permet de sélectionner le mode de conduite. Quatre possibilités : Confort, ­Normal, Sport et Super Sport. David opte pour le troisième, mieux adapté à la piste humide. D’autant que les ­caractéristiques du moteur et de la boîte sont moins agressives qu’en mode Super Sport et le châssis moins sollicité. Spielberg est connu pour être un circuit pouvant jouer des tours, même aux meilleurs. Bien sûr, il est hors de question d’abîmer une voiture flambant neuve à six chiffres et dont l’existence n’est pas officialisée. Au moment de quitter le couloir des stands, David Coulthard fait un travers, qu’il corrige avec un rapide coup de volant pour remettre dans l’axe les 1 570 kg de ce coupé dont toutes les pièces sont assemblées à la main. « Je vous avais prévenu, c’est sacrément ­glissant », lâche l’Écossais.

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Vu de l’intérieur, le capot paraît démesurément long, probablement ce qui distingue ce coupé ­Mercedes le plus de la Porsche 911. La AMG GT ­attaque la côte menant au virage Remus, les rapports s’enclenchent via une palette placée derrière le ­volant, à droite. « Pas aussi rapide qu’une F1 mais ­infiniment meilleure et plus sensible que toute autre boîte ­manuelle. On peut ainsi se concentrer entièrement sur la trajectoire. »

J

ustement, David Coulthard choisit une trajectoire qu’un conducteur profane ne se risquerait jamais à prendre. « C’est parfait par temps de pluie. Quand les conditions sont mauvaises, les marques de gomme au sol rendent la trajectoire optimale impraticable. » Il illustre promptement son propos sur la ligne droite Schoenberg en mettant la Mercedes AMG GT sur la ligne que Monsieur Tout-le-monde emprunterait. Le compteur affiche 240 km/h, la ­voiture entame la descente vers le ­virage Schlossgold, puis ­David Coulthard ajoute ­tranquillement : « Si je freinais maintenant, l’essieu avant p ­ erdrait son grip et ne le retrouverait que dans le bac à graviers. » C’est exactement ce qu’il est en train de se passer. En freinant intentionnellement, pour simuler une perte de contrôle, la voiture quitte la route glissante.

Les pilotes et leur ­vision du monde. « Construire des ­voitures de course est une chose facile. ­Proposer la performance mais les doter aussi du confort et de la sécurité indispensables à un usage quotidien est bien plus difficile. »

THE RED BULLETIN


Gare à vous si cet ­e­ngin apparaît dans votre rétroviseur.

Le coupé se ressaisit sur l’asphalte indemne de trace de gomme. Tout juste ce qu’il faut à un pilote professionnel pour imprimer à la voiture un léger changement de direction. À nouveau, nous coupons la ­trajectoire idéale pour retrouver le grip juste avant la zone de dégagement. Stabilisé, l’engin reprend ­résolument son cours. Une telle aventure pousse l’amateur à revoir à la baisse ses velléités de vitesse, tandis que le pro en ­déduit qu’il vaut mieux réduire la vitesse à l’entrée du virage pour accélérer plus tôt à la sortie. L’expérience nous a probablement coûté 5 à 10 km/h. Le profane

XX

EDITOR

ILLUSTRATOR

« INFINIMENT MEILLEURE ET PLUS SENSIBLE QUE TOUTE AUTRE BOÎTE MANUELLE »

est impressionné, l’expert, lui, prend acte du bon équilibre de la voiture. La Mercedes AMG GT est ­également équipée de l’EPS, un programme de ­comportement dynamique qui ne peut pas être ­totalement désactivé. Le risque d’accident ne disparaît pas complètement pour autant, surtout s’il on adopte une conduite inconsciente. D’autant plus que la vitesse est grisante, alors avec 510 chevaux entre les mains… les catastrophes sont inévitables. Les pilotes se servent de l’électronique pour communiquer avec leur machine : « J’utilise le frein moteur pour délester l’arrière de la voiture, et je stabilise ­l’essieu arrière en agissant sur le freinage et le volant. C’est comme garder un crayon en équilibre sur le bout de son doigt. L’EPS me sert uniquement à situer l’arrière de la voiture. »

B

ien que le circuit humide invite à la prudence, David Coulthard laisse filer la voiture durant les tours suivants, jusqu’à épuiser toute possibilité d’améliorer le temps au tour. Plus haut, au village de Spielberg, midi approche sur l’horloge de l’église. Il commence à faire chaud dans l’habitacle. De retour au stand, on entend la ferveur des ventilateurs qui servent à refroidir le moteur quatre litres. « Plus étonnant encore, le comportement des freins a été constant. Ce n’est pas toujours le cas. » Douze coups sonnent au clocher de l’église. Karen Minier, la ravissante Madame Coulthard, arrive. Elle vient ­chercher son époux. « Belle machine, s’exclamet-elle en jaugeant l’imposante AMG GT. Je peux m’installer sur le siège conducteur ? » Cheveux longs et jambes interminables, elle prend le temps d’ajuster électriquement le siège, et va même jusqu’à demander à voir le coffre. Un ­intérêt qui semble aller au-­ delà d’une simple curiosité de politesse. « Chérie, tu te vois emmener les enfants à l’école avec cette voiture ? », lui souffle son pilote de mari. Sa réponse laisse brièvement comprendre qu’elle ne tient pas à avoir en toute chose une approche aussi pragmatique que son cher et tendre. mercedes-amg.com

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LE GRAND NORD A

Dehors, tout gèle, même les cils : un temps idéal pour ces chiens spécialement élevés pour résister aux ­températures extrêmes du Grand Nord.


DU CHIEN

LA YUKON QUEST, LA COURSE DE CHIENS DE TRAÎNEAU LA PLUS DIFFICILE AU MONDE, MÈNE DE L’ALASKA AU CANADA EN SUIVANT SUR 1 648 KM LES ANCIENS SENTIERS DE LA RUÉE VERS L’OR. VOYAGE DANS LES GRANDES TERRES FROIDES DU NORD. Texte et Photos : Katie Orlinsky

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D

awson City fut en son temps la métropole trépidante de la ruée vers l’or du Klondike, qui eut lieu à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, c’est une tranquille petite bourgade touristique, principalement connue pour un de ses bars où l’on sert le fameux Sour Toe Cocktail, un verre de whisky dans lequel nage un orteil gelé, en guise de glaçon. Rares sont les habitants de Dawson qui y restent l’hiver, lorsque les températures descendent bien en dessous de zéro, jusqu’à faire geler le bout de vos cils. En fait, une des seules raisons pour venir à Dawson en plein hiver, c’est quand la ville devient l’étape à mi-parcours de la course de chiens de traîneau la plus éprouvante qui soit. Depuis 31 ans a lieu chaque hiver vers la fin février la Yukon Quest ou, comme l’appellent les habitants du coin, « The Quest », une course de chiens de traîneau de 1 648 kilomètres entre Fairbanks, en Alaska et Whitehorse, au Canada. Cette épreuve attire une cinquantaine d’équipes de meneurs professionnels, ou mushers, qui s’élancent à travers les étendues sauvages des régions subarctiques du continent américain, le long de la Klondike Highway, une route historique que suivaient les attelages de chiens coursiers, à la grande époque de la ruée vers l’or.

Dawson : autrefois un centre florissant de la ruée vers l’Or.

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La Yukon Quest est un peu la version « têtes brûlées » de l’Iditarod, une autre course qui se déroule sur une distance identique en Alaska. Le départ de cette course dans la capitale Anchorage a des allures de Super Bowl, avec sa foule de spectateurs et ses sponsors : Chrysler, ExxonMobil, Wells Fargo. Le départ de la Yukon Quest, alternativement à Whitehorse ou à Fairbanks une année sur deux, se fait dans une ambiance plus familière, rassemblant bénévoles, passionnés et touristes le long des rues décorées de banderoles des sponsors locaux : White Horse Star, ou l’Alaskan Brewing Company. Le prix de la Quest, avec ses 20 000 $, est deux fois moins élevé que ­celui de l’Iditarod et couvre à peine les frais que les mushers doivent entraîner pour pouvoir participer à la course. Surtout, le parcours de la Quest est réputé beaucoup plus pénible : de plus, la course a lieu à la période froide, contrairement à l’Iditarod qui se déroule au début du printemps ; il y aussi moins de checkpoints, donc moins d’étapes de repos pour les mushers. « Ici, c’est un peu la vieille école », explique Hugh Neff, 47 ans, habitué de la Quest et vainqueur en 2012, en parlant de l’esprit de la course. « Tu es livré à toi-même, en auto-ravitaillement…


Des températures de − 30 °C sont idéales pour les chiens.

Chaque participant a besoin d’un équipement ultra résistant.


Dawson City est la ville-étape à mi-­ parcours de la course.

À DAWSON, LES HANDLERS SE TIENNENT PRÊTS POUR ALLER MASSER LES PATTES DES CHIENS AVEC DE LA POMMADE ROSE


YUKON, HO ! Suivant les pistes de la Klondike Highway, que les traîneaux de chiens empruntaient pour délivrer le courrier au tournant du siècle dernier, la Quest est réputée être plus éprouvante que l’Iditarod, pourtant plus connue.

ALASKA

USA

CANADA YUKON Circle Slaven’s Angel Central Cabin Creek Eagle Mile 101 Forty Mile

Fairbanks

Les Alaskan Huskies sont les chiens d’attelage par excellence.

Dawson City Scroggie Creek Stepping Stone

Pelly Crossing Carmacks

C’est ça, le vrai mushing. » En emménageant en Alaska, il y a 20 ans de cela, ce gars de Chicago n’avait jamais entendu parler d’autre course que celle d’Iditarod. Aujourd’hui, Jeff participe à la Yukon Quest, à l’Iditarod et à d’autres courses de chiens de traîneaux partout dans le monde, mais sa préférée reste la Quest, son « pèlerinage », comme il l’appelle.

Braeburn

Whitehorse

R

Les chiens dorment sur la paille, les humains dans des tentes-igloos chauffées.

ares sont les mushers pour qui la Quest est uniquement une question de compétition : pour la plupart, c’est l’ultime test de survie dans des contrées parmi les plus sauvages de la planète. On y affronte des températures descendant jusqu’à − 50 °C et des vents de 80 km/h. Mais la dureté du parcours n’est égalée que par la beauté des paysages traversés : lacs et rivières gelés, forêts boréales du Yukon aux arbres pétrifiés de glace, chaînes de montagnes enneigées à l’horizon. Les décors grandioses de ces terres reculées ne sont souvent accessibles qu’en traîneau à chiens. Il fait même parfois trop froid pour se déplacer en scooter des neiges, car le carburant gèlerait. Au moment où Brent Sass fait son entrée à Dawson aux alentours de 23 heures, cela fait plusieurs heures qu’une petite foule s’est rassemblée dans une cabane pour l’attendre. Alors que le thermomètre affiche − 30 °C, elle se presse devant un écran pour suivre les mushers grâce aux traceurs GPS qu’ils transportent. Une meute de quatorze magnifiques chiens noirs et bruns déferle soudain, en une avalanche de pattes et de bottines ­colorées. Brent Sass lance un woooah d’une voix grave pour lui ordonner de s’arrêter. C’est alors qu’on peut voir la vapeur qui s’échappe de leurs corps échauffés dans l’air glacial de la nuit. Sass éteint sa lampe frontale, et on découvre son visage couvert de neige, et de minuscules stalactites de glace accrochés à ses cheveux. 67


Les températures descendent à − 50 °C et les vents soufflent à 80 km/h.

Brent Sass, 34 ans, est un grand gaillard souriant qui a quitté son Minnesota natal pour étudier en Alaska. Depuis, il dirige un élevage de chiens de traîneau à Eureka, le Wild and Free Mushing Kennel. À chaque Yukon Quest, il est toujours dans le peloton de tête, mais n’a pas encore remporté la course. C’est un des favoris du public, connu pour son esprit fair-play et pour porter assistance aux attelages canins de ses adversaires (si l’aide extérieure est interdite, les mushers peuvent s’entraider). Cette fois, il décide d’arrêter de jouer au héros et se concentre sur sa première place en course. « Je suis toujours premier ? », s’enquiert-il auprès des journalistes. Après le check vétérinaire et la validation des organisateurs, Sass et ses chiens rejoignent le campement installé non loin, sur l’autre rive du Yukon gelé. Pause obligatoire, 36 heures. Le camp s’étend sur un peu moins d’un kilomètre le long du fleuve, avec une section réservée aux chiens, dans un décor qui attire plutôt des campeurs en été. Les chiens sont à l’abri dans une grande tente


Brent Sass, un des meilleurs mushers de la Quest depuis plusieurs années.

ouverte, tapissée de paille. Entre deux siestes, ils se font masser les pattes par les handlers, et les vétérinaires viennent régulièrement les contrôler. Les mushers disposent d’une ou deux tentes-igloos de type « Arctic Oven », chauffées au bois.

L

es chiens de Brent Sass dorment depuis longtemps lorsqu’Allen Moore débarque au checkpoint de Dawson avec son attelage, quelques heures plus tard. À 57 ans, Allen est un vétéran de la Quest, qu’il a remportée deux fois. Originaire de l’Arkansas, il vit en Alaska depuis 20 ans, et possède un élevage de chiens de traîneau. Ses athlètes canins sont en pleine forme, sautant sur place : leurs pattes sont plus courtes que celles des chiens de Brent les rendent peut-être un peu moins rapides, mais aussi moins sujets aux blessures. Il n’est pas rare d’entendre les mushers se désigner comme « le maillon faible » de l’équipe : contrairement aux humains, les chiens sont, eux, dans leur élément naturel lorsqu’il s’agit de courir par − 30 °C.

Le chien de traîneau désigne toutes les races de chien élevées pour tirer des traîneaux en attelage : le Husky de Sibérie, le Malamute ou encore l’Alaskan Husky. Résultat de croisements entre différentes races de chiens d’attelage, ce dernier, plus petit et léger que ses congénères plus anciens, est la race préférée des mushers, car rapide et endurante. Le chien de traîneau a une longue histoire derrière lui, et fait partie du patrimoine culturel du Grand Nord. Les tribus indigènes l’utilisaient déjà, avant l’arrivée des colons, les premières traces de son utilisation dans les régions arctiques remontent à plus de 3 000 ans. Mais son apogée se situe

LA DURETÉ DU PARCOURS N’EST ÉGALÉE QUE PAR LA BEAUTÉ DES PAYSAGES

­ endant la période de la ruée vers l’or, il p devient alors le seul moyen de transport utilisé dans le grand Nord, et l’on commence à en améliorer l’élevage pour accroître ses performances. Avec la construction d’autoroutes à partir des années 40 et l’apparition des scooters des neiges, l’attelage de chiens de traîneau perd sa fonction utilitaire, devenant alors un loisir et un sport de compétition. Les mushers de la Yukon Quest entretiennent une relation fusionnelle avec leurs chiens, auxquels ils consacrent toute leur vie. Mais ce lien intense et cette forte complicité sont indispensables pour pouvoir affronter tous les dangers de la course : le froid, les bêtes sauvages, l’isolement. C’est ce qui rend ce sport passionnant. Bien sûr, la Quest compte aussi ses épisodes dramatiques : en 2014, seules 11 des 18 équipes au départ ont réussi à terminer la course, et un chien est mort lors de la traversée du Sommet de l’Aigle (Eagle Summit), un des endroits les plus dangereux de la course (en 2006, on a dû y secourir en hélicoptère six équipes qui s’étaient égarées). En 2011, c’est au tour d’un quadruple champion de friser la mort par hypothermie, en tombant dans un lac gelé. Il sera finalement secouru par un autre musher. Après le checkpoint de Dawson, Brent Sass et Allen Moore ont été au coude à coude sur plusieurs centaines de kilomètres. Mais juste après leur passage à Braeburn, dernier checkpoint à 100 kilomètres de la ligne d’arrivée, Sass fait une chute, qui lui vaut une commotion cérébrale et une évacuation en hélicoptère. Un tournant terriblement décevant pour une course qu’il qualifiait jusqu’à l’accident de « course de sa vie ». Finalement, c’est Allen Moore qui remporte la victoire après 8 jours, 14 heures et 21 minutes, suivi de Hugh Neff qui arrive 9 heures plus tard. « Si on le fait, nous dit Allen, c’est toujours pour l’aventure. Sur le moment, on se demande parfois ce qu’on fait là, mais dès que c’est terminé, on oublie tout et on n’a qu’une hâte : recommencer. » 69


E IN L A N E É R INE D LIN A AL NA ÉN R D A É R AD À S O T O SÀ E S PH

OS À D TO OT HO PH DEESS P LE U O S E D L FLL FFF R E UFF P OU U SO O E L C EE R E P U O C S E L R E P U CO

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Red Bull Records artist Blitz Kids I Credit: James Embrey Hall

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Ce haut-parleur pyramidal bâtit la playlist idéale pour chaque situation. MUSIQUE , page 85

Quoi de neuf en février ?

ACTION   !

RYAN MILLER/RED BULL CONTENT POOL

C O N S E I L S   D E   P R O   /   M A   V I L L E   /   V O YA G E S   /   C L U B   /   M U S I Q U E   /   J E U X   V I D ÉO   /   C I N É M A

Des hauts et des bas EN 2004, MICK FANNING S’ARRACHE LE MUSCLE DE LA CUISSE. APRÈS SIX MOIS DE RÉÉDUCATION, IL ADOPTE LES TITRES DE CHAMPION DU MONDE. CONSEILS DE PRO, Page 72

THE RED BULLETIN

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ACTION !

CONSEILS DE PRO Après six mois de rééducation en 2004, le surfeur pro Mick Fanning est revenu au top.

Sur le haut de la vague  SURF  RIEN NE STOPPE MICK FANNING, ­C ERTAINEMENT PAS LES BLESSURES.

L’Australien Mick Fanning, triple champion du monde en 2007, 2009 et 2013.

mickfanning.com.au

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EN ÉQUILIBRE LE CHAMPION DE SURF NE JURE QUE PAR LE YOGA ET UNE TECHNIQUE DE RESPIRATION ADÉQUATE.

« Je fais des étirements régulièrement et je pratique le yoga. Cette gymnastique douce fait désormais partie de mon programme d'entraînement quotidien. Les postures de l’arbre ou du bateau sont excellentes pour l’équilibre. Je dois aussi mes gros progrès en surf à différents exercices de respiration. À l’entraînement ou en compétition, bien respirer accroît la maîtrise du corps et de l’esprit. »

Cet exercice dynamique reproduit les pivotements extrêmes sur la planche, renforçant torse et jambes. Idéalement 3 × 25 répétitions.

1 Balle au-dessus du genou droit, poids du corps sur la jambe droite, pivoter sur la hanche en déportant le poids du corps sur la gauche.

2

Les bras ­tendus, lancer la balle contre le mur, la ­rattraper au ­rebond et ­revenir à la ­position de ­départ.

THE RED BULLETIN

HERI IRAWAN

PLANCH E DE SALUT

RYAN MILLER/RED BULL CONTENT POOL, DAMIEN BREDBERG/RED BULL CONTENT POOL, FOTOLIA

« En 2004, une chute brutale ­suivie d’atroces douleurs a freiné ma carrière », rembobine Mick Fanning. L’Australien, 33 ans ­aujourd’hui, s’arrache la totalité du quadriceps lors d’une séance de freesurf en Indonésie. « Six ­semaines après l’opération, je ne pouvais toujours pas m’asseoir. Aujourd’hui, je mesure à quel point les six mois de rééducation ont été importants pour la suite de ma carrière. Une période durant laquelle j’ai beaucoup appris sur mon corps, notamment à entraîner chaque muscle de façon spécifique, pour améliorer mes performances. Depuis, je m’efforce de renforcer tous les muscles de mon torse et d’avoir des jambes suffisamment puissantes, souples et endurantes. Mon programme d’entraînement varie en fonction de la qualité des vagues car le meilleur entraînement reste sur l’eau. Quand les vagues ne sont pas au rendez-vous, je me rabats sur la salle de gym pour trois à quatre séances hebdomadaires. »


ACTION !

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Pete Kilroy, 42 ans, chanteur de Hey Geronimo.

Vacances à ­l’australienne

BRYCE JARRETT, FOTOLIA(3)

BRISBANE  PÉTANQUE SUR GAZON, CHAISES LONGUES, ET CONCERTS INOUBLIABLES, BIENVENUE DANS LA ­C APITALE DU SOLEIL EN AUSTRALIE. « Brisbane, considérée comme la plus grande ville provinciale d’Australie, abrite quand même plus deux millions d’habitants », dit Pete Kilroy, le chanteur du groupe indé Hey Geronimo. Plus calme que Sydney ou Melbourne, moins densément peuplée et dotée d’un environnement naturel préservé, elle attire ­toujours plus d’Australiens, désireux d’y prendre des vacances, voire de s’y installer. Les Aussies apprécient son climat subtropical et ses 300 jours d’ensoleillement par an, ses pubs à musique à chaque coin de rue et ses nombreuses galeries d’art. Chaque maison dispose d’un jardin, d’une piscine privée, et bien sûr d’un BBQ. Ses habitants à la décontraction inébranlable vivent vraiment à la cool. D’où l’expression : “No worries, mate !” ­(Aucun souci l’ami !) »

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LE MEILLEUR DE BRISBANE

1 BLACK BEAR LODGE 322 Brunswick St Vous ne trouverez pas de scène musicale comparable en Australie. Ce bar intimiste est un secret très bien gardé. Vous pouvez déjà y découvrir les stars de demain.

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PILOTER UN HÉLICO Vous avez toujours rêvé d’être aux commandes d’un hélicoptère ? Un cours intensif et votre vœu sera exaucé.

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chaque match, c’est Deckchair Sunday : des musiciens locaux s’emparent du terrain et les fans écoutent depuis leur chaise longue.

ESCALADER 4 BURGER URGE

Sept restaurants en ville « Je conseille cette chaîne de burgers pour son marketing controversé mais génial. Burger Urge sait créer le buzz avec ses pubs sur lesquelles on peut voir des capotes ou Vladimir Poutine. Et ses burgers sont excellents ! »

Le long de parois rocheuses ou ­érodées, testez la grimpe de jour ou de nuit. Rassurez-vous, il y en a pour tous les ­niveaux. riverlife.com.au

CONDUIRE UN DRAGSTER

2 BRISBANE POWERHOUSE

119 Lamington St « Une centrale électrique reconvertie en haut-lieu de la culture. Des expos photos et des concerts de jazz s’y succèdent. L’entrée est souvent gratuite. » 3 WESTERN MAGPIES CLUB

41 Chelmer St Un repère du sport national : l’Australian Rules Football. Après

5 MERTHYR BOWLS CLUB 60 Oxlade Drive « Après le boulot, 99 % des habitants de Brisbane aiment boire un verre au soleil. Dans ce club de pétanque sur gazon. Commandez une bière bien fraîche et jouez aux boules pieds nus sur un gazon nickel. »

Une virée dans un bolide de 850 ch de 0 à 100 km/h en deux secondes vous mettra dans la peau d’un pilote de dragster. adrenalin.com.au

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ACTION !

VOYAGES

ACTION PUR JUS EN FLORIDE, LE FUN NE SE LIMITE PAS AU WINGSUIT

SE GRISER À bord d’un ­stock-car piloté par un pro, sur le circuit de Walt ­Disney World à ­Orlando. Vitesse : 235 km/h, ­sensations fortes garanties. drivepetty.com

W INGSUIT  POUR LES ADEPTES DE L’ADRÉNALINE ­A ÉRIENNE, PLANER COMME SUPERMAN C’EST LE PIED. Fendre le ciel en un éclair était le propre des super-héros, le wingsuit met un terme à ce privilège. Aujourd’hui, quiconque fort d’une expérience suffisante en parachutisme peut virevolter à 360 km/h. Le wingsuit est une combinaison en forme d’aile qui augmente la portance. N’importe quel parachutiste ayant 200 sauts à son actif pourra, après une ­demi-journée de formation à la Skydive City de Zephyrhills en Floride, traverser le ciel d’une manière inédite. Trois heures d’exercice au sol permettent d’acquérir les bases de l’équilibre puis vous montez à 3 660 mètres d’altitude à bord d’un Twin Otter avec un instructeur qui vous parle en langue des signes. « Avant le vol, nous répétons de mémoire les exercices musculaires utiles au bon positionnement du corps, au saut et au déploiement, dit l’instructeur Travis Mickle. Une fois cet aspect maîtrisé, on peut se lancer dans d’incroyables acrobaties. » Après deux sauts encadrés, le suivant se fait en solo. « Le niveau de réactivité est plus exigeant qu’un saut en parachute, explique Jonathan Francis, un ­publicitaire londonien de 25 ans, adepte depuis 2010. En moins d’une seconde, vous pouvez vous ­retrouver à plusieurs centaines de mètres de votre partenaire. Un simple mouvement de tête et je vire à 90 ° en un clin d’œil et je plonge pour prendre de la vitesse. Le pied ! » Vol à partir de 100 dollars : skydivecity.com

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Un oiseau ou un aéronef ? Un homme en wingsuit.

LES CONSEILS DU PRO NE PAS AVOIR LE VERTIGE « Un bon positionnement permet une pratique peu ­fatigante, dit Tony Uragallo, parrain du wingsuit et créateur de combinaisons testées chez Skydice City. Le stress et l’idée du danger sont les plus grandes ­difficultés pour le débutant. ­Apprendre à se détendre est capital. »

FLOTTER Affranchissez-vous de la gravité à bord d’un Boeing 727 spécialement aménagé. Quinze manœuvres paraboliques créent chacune 20 à 30 secondes ­d’apesanteur. gozerog.com

Qui a parlé de têtes en l’air ?

Comme sur un nuage

« Le top, c’est de voler entre les nuages, confie Uragallo. Avec une bonne maîtrise, vous ­pouvez gagner au moins deux minutes de temps de vol. Le but du jeu, c’est de suivre les contours des nuages sans les traverser, ­histoire de pimenter l’expérience. »

SE FAIRE PEUR Accompagné d’un instructeur, plongez avec les requins de l’aquarium de Floride et sortez de la cage pour voir de près ces redoutables prédateurs. flaquarium.org

THE RED BULLETIN

STEPHEN BOXALL/ZERO-G EXPERIENCE®, FOTOLIA

Dément… ciel !


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ACTION !

MONTRES

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Montblanc, Heritage Spirit Orbis Terrarum Capacité d’affichage de l’heure GMT des villes importantes dans les 24 fuseaux horaires. Une vue aérienne du globe au pôle Nord permet à l’aide d’un disque de situer le jour et la nuit sur Terre.

FUSEAU HORAIRES ET HEURE LOCALE NE COÏNCIDENT PAS FORCÉMENT. EXPLICATIONS.

LA PIONNIÈRE Première montre à heure universelle, la Patek ­Philippe 542 HU 1937 constitue un jalon essentiel.

L’horloge du monde à votre poignet

SAVOIR ­ ORLOGER H POUR BRILLER

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’idée de subdiviser la Bien entendu, les frontières Terre en 24 fuseaux naturelles et géographiques sont ­horaires est l’œuvre de prises en compte pour ne pas l’ingénieur ferrocréer de barrière horaire viaire canadien ­arbitraire. Sandford Fleming. En En 1883, le Canada 1879, il divise les est le premier à 360 longitudes du adopter le système globe en 24 fuseaux de Fleming, suivi horaires avec par les États-Unis. comme point de déEn 1893, l’Allepart, le méridien de magne l’adopte en Greenwich en AngleEurope. Le 16 octobre terre ou « méridien 1937, l’entreprise NOMOS, origine ». En divisant Patek Philippe, ZÜRICH WELTZEIT 360 par 24 on obtient Maîtres Horlogers à Se règle à l’heure locale 15, le nombre de lonGenève depuis 1839, par une simple pression gitudes pour une présente son projet du poussoir, à raison d’une heure par pression. « Heure Universelle » heure pleine. 76

(HU), la première montre-bracelet avec affichage de l’heure des principaux fuseaux horaires, un modèle basé sur un boîtier de l’horloger genevois Louis Cottier. La lunette tournante de la montre Patek Philippe 542 HU, avec les noms des différentes grandes villes du monde, peut ainsi être ajustée sur l’heure GMT. Un anneau entraîné par le mécanisme de la montre indique l’heure dans chacun de ces centres urbains, tandis que les aiguilles des heures et des minutes détaillent l’heure locale. Après 1939, d’autres horlogers adoptent successivement le système « Heure Universelle ».

Il n’existe pas de montre à deux ­fuseaux horaires  ! Heure et fuseau horaire prêtent souvent à confusion. À chaque f­ useau horaire, son heure. Une montre indique l’heure, non pas un fuseau horaire.

HEURE ­UNIVERSELLE GMT/UTC Une montre à heure universelle indique à la fois l’heure dans 23 fuseaux et l’heure locale, une montre GMT/UTC indique uniquement l’heure de deux fuseaux au choix (voir les 3 montres à droite).

THE RED BULLETIN

ALEXANDER LINZ

HEURE UNIVERSELLE  L’HEURE DE TOUS LES FUSEAUX HORAIRES DÉFILENT AU POIGNET­.


HABILITÉ

Sa Majesté Nicolas Hayek JOE THOMPSON RACONTE COMMENT LE FONDATEUR DE SWATCH A SAUVÉ L’INDUSTRIE HORLOGÈRE SUISSE.

Joe Thompson, ­rédacteur en chef du magazine ­américain WatchTime.

Personne ne le démentira, les montres suisses sont prisées. Rolex, Patek Philippe et Omega sont des symboles de réussite sociale dans le monde entier. En 2014, l’industrie horlogère suisse a réalisé pour la troisième fois un chiffre d’affaires record. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, cette même industrie était synonyme d’échec planétaire et de honte nationale. Au début des années 80, les nouvelles montres quartz extra-plates de Seiko, ­Citizen et autres fabricants du ­Soleil-Levant font un tabac dans le secteur. Les producteurs suisses et

Nicolas G. Hayek senior, né en 1928 au Liban, francophile et ­citoyen suisse par mariage. L’initiative s’avère judicieuse. Une sollicitation des banquiers qui change sa vie et celle de l’industrie horlogère suisse de manière drastique. Hayek amorce le tournant en fusionnant deux groupes en difficulté pour donner naissance à l’actuel groupe Swatch (dont le chiffre d’affaires atteint 7,33 milliards d’euros en 2013). Il arrête la production dans certains pays, lance les montres Swatch et redonne vie aux marchés exsangues d’Omega, Longines et Breguet. Hayek préside le conseil d’administration du groupe depuis sa création en 1985 jusqu’à sa mort en 2010 à l’âge de 82 ans. Sa fille ­Nayla et son fils Nick ont depuis repris les rennes de l’entreprise. Pendant 25 ans, Nicolas G. Hayek devient la figure de proue de l’industrie horlogère suisse : influent, direct, controversé, excentrique (il portait en permanence deux à quatre montres à chaque poignet) et facétieux. Il avait expliqué sourire aux lèvres que les initiales SMH Ltd, nom d’origine du groupe Swatch, signifiaient « Sa Majesté Hayek ».

FAITES VOTRE CHOIX

À CHACUN SON HEURE UN SECOND FUSEAU HORAIRE EN UN COUP D’ŒIL : TROIS MONTRES SPORT GMT/UTC. Rolex, GMT Master II En 1955, la GMT Master est la première à permettre l’affichage d’un second ­fuseau horaire grâce à une aiguille des heures en forme de flèche et une lunette tournante graduée 24 heures. Sans surprise, la GMT Master et sa cadette la Master II connaissent un succès inégalé et restent les plus prisées de leur catégorie. rolex.com

Panerai, Luminor 1950 3 Days GMT 24H La Luminor est l’alliée des grands voyageurs. Elle permet de lire à la fois l’heure locale et celle d’un autre fuseau ­horaire, grâce à une aiguille centrale indépendante qui fait le tour d’un cadran ­gradué 24 heures. panerai.com

Alpina, Alpiner 4 GMT leurs chronographes mécaniques vieillissants semblent à la traîne, font faillite et sont tributaires des plans de sauvetage de banquiers locaux. Pour sauver une industrie traversant l’une de ses heures les plus sombres en 450 ans d’histoire, les institutions de crédit se tournent vers un célèbre conseiller. THE RED BULLETIN

Nicolas Hayek en 2006, lors de la présentation de la 333 millionième montre Swatch à Lugano (à gauche). Ce visionnaire ­excentrique portait plusieurs montres à son poignet, jusqu’à six.

L’Alpiner propose aussi la lecture d’un second fuseau ­horaire grâce à une aiguille à pointe rouge. L’heure se lit sur la lunette graduée 24 heures sur le rehaut. Le ­cadran sur la lunette sert de rose des vents à la boussole. alpina-watches.com

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LA DERNIÈRE PROMOTION DE LA RED BULL MUSIC ACADEMY, CRÉÉE EN 1998, S’EST INSTALLÉE CETTE ANNÉE À TOKYO. PENDANT DEUX SEMAINES, SOIXANTE JEUNES MUSICIENS ONT FAIT PROGRESSER LEUR ART, ENSEMBLE OU AUX CÔTÉS DE PROS DE LA MUSIQUE. TEXTE : FLORIAN OBKIRCHER

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YUSAKU AOKI/RED BULL MUSIC ACADEMY, (3) DAN WILTON/RED BULL CONTENT POOL (3), YASUHARU SASAKI/RED BULL MUSIC ACADEMY


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leurs héros. Depuis 1998, ce stage musical invite chaque année deux groupes de 30 jeunes talents tous azimuts pour deux semaines dans une mégalopole : New York, Londres ou São Paulo. Dans chaque ville, l’équipe de RBMA installe ses studios d’enregistrement et un hall de conférences dans un bâtiment du centre-ville. Le jour, des légendes de la musique tiennent des conférences. La nuit, stagiaires et pros se mélangent et créent de la musique dans les studios et clubs du coin. ­L’automne dernier, la Red Bull Music Academy établissait son quartier général à Tokyo. Quatorze jours et quatorze nuits. Vingt-huit conférences, vingtcinq concerts, des soirées.

Une expérience, haut les mains

Chelsea Jade, Néo-zélandaise de 25 ans, visage fin et longs cheveux blonds, chargeait une démo sur son site Internet. Une seule chanson, juste pour le fun. C’était il y a trois ans. Un an plus tard, ce titre lui a donné le plus important prix musical de son pays. Depuis, elle est considérée comme « the next big thing », celle qui

« LA MUSIQUE DE BOREDOMS EST NOTRE BLUES » THE RED BULLETIN

SUGURU SAITO/RED BULL CONTENT POOL, DAN WILTON/RED BULL CONTENT POOL (2), SO HASEGAWA/RED BULL MUSIC ACADEMY (2), YUSAKU AOKI/RED BULL MUSIC ACADEMY

n 2012, King Bruce, 18 ans à l’époque, renonçait à une carrière de footballeur pro pour se consacrer à la musique. Il voulait produire des tracks comme son idole, Carl Craig, la légende de Detroit qui a fait découvrir la techno au monde et a posé en 1993 la première pierre drum’n’bass avec Bug In The Bassbin. Aujourd’hui, King Bruce est assis aux côtés de Carl Craig, à Tokyo dans un studio d’enregistrement de 10 m² posé dans le quartier de Shibuya. Il est deux heures du matin, ils ont passé les six dernières heures à enregistrer un morceau. « Terminé ?, s’exclame Carl Craig, tee-shirt, pantalon en cuir, baskets et ­lunettes noires. Voyons voir ce que ça donne. » D’un clic de souris, King Bruce fait tambouriner la grosse caisse et exploser la charleston, puis un imposant synthétiseur fait vibrer la membrane des haut-parleurs. Carl Craig hoche la tête. Quelques minutes plus tard, King fait une pause, prend une bouteille d’eau dans le réfrigérateur du couloir devant le studio. « Il y a un an, si l’on m’avait dit que je travaillerais toute une nuit avec Carl Craig en studio, je n’y aurais pas cru, lance le jeune Sud-Africain. L’ambiance était totalement détendue. Comme avec un pote. Mais je n’ai jamais autant appris sur la musique que durant cette nuit. C’est incroyable tout ce que Carl connaît. » Nulle part ailleurs qu’à la Red Bull Music Academy (RBMA), de jeunes musiciens n’approchent d’aussi près


Le chaos Conductor, c’est une nuit entière de concerts durant laquelle le Japonais Yamantaka Eye dirige un orchestre d’ordinateurs portables (en haut), constitué des participants de la Red Bull Music Academy comme Chelsea Jade (au milieu, photo de gauche, en manteau gris). La nuit suivante, le compositeur de ­musique de jeux vidéo, ­Hirokazu Tanaka, 56 ans, fait un set live au club Womb (milieu, photo de droite). Tetris et Super Mario Land font partie de son ­répertoire. En bas : des géants de ­métal en transe au Robot Restaurant.

succédera à Lorde, avec qui elle a déjà travaillé. Pour l’instant, elle est assise sur un futon gris du salon de l’Academy et fixe un bout de papier sur lequel sont imprimés des signes de main, comme dans l’alphabet manuel. « Le mode d’emploi pour le show de ce soir », explique-t-elle. Ce soir, ­Yamantaka Eye, fondateur du groupe noisy-rock Boredoms, donne un concert. Depuis 30 ans, ce cinquantenaire star au Japon fait de la musique qui ressemble à de l’exorcisme avec des guitares électroniques. En 2007, il a donné un concert avec 77 percussionnistes. Pour la Red Bull Music ­Academy, il doit diriger un concert porté par 30 ordinateurs portables. À leur clavier, les apprentis de l’Academy. Pour donner ses instructions, Eye a mis au point un système de signes à base de 30 gestes. « Si Eye fait le signe de la paix, il faut tourner l’oscillateur vers le haut », dévoile Chelsea. Si elle a l’habitude de travailler avec des synthétiseurs, participer à un concert improvisé sur un ordinateur portable est une expérience nouvelle. « Ce que j’aime avec l’Academy, c’est qu’on doit sortir de sa zone de confort. » Quatre heures plus tard, le concert débute dans une salle de bal des années 50, plancher en bois, murs rouge foncé, serveuses en robes bleues avec des masques de papillon. Installée au milieu de la salle, la scène est entourée d’un public hétéroclite. Quelque 500 personnes : des hipsters, des hommes encravatés, des dames âgées élégamment vêtues. Un invité se

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« Une sacrée merde »

Le lendemain soir, l’Anglais Joe Willis et le Chilien Valesuchi discutent pendant le dîner, de ce qu’ils ont vu à Tokyo jusqu’à présent et se mettent vite d’accord : trop peu. À part les clubs ayant accueilli des concerts et performances de l’Academy, ils n’ont vu que le chemin entre l’hôtel et l’Academy. « Il est grand temps d’y remédier », assène Joe. Il ­demande conseil à son collègue japonais Albino Sound. Qui lui répond : « Si vous voulez voir quelque chose de vraiment dingue, allons au Robot ­Restaurant. » Une demi-heure plus tard, Joe, Valesuchi et Maxwell se ­retrouvent dans un bar qui ressemble au décor d’un film de Stanley Kubrick dessiné par Swarovski. Tout brille : des fauteuils en forme de coquille d’escargot à la courte robe de la chanteuse du bar qui siffle une version japonaise de My Heart Will Go On. Une voix anglaise saccadée annonce au haut-parleur : « Le show va commencer, veuillez prendre place. » La lumière s’éteint. Un hurlement retentit : wuuuahhh ! Des robots guerriers dansent avec des dragons japonais dans un orage d’éclairs au laser. Un cheval étincelant de deux mètres est conduit sur scène. Sur la selle, une jeune femme se trémousse en chantant un titre de Lady Gaga. Deux Power Rangers outillés de gants de boxe combattent. Des robots, sortes de cousins éloignés de Daft 82

Les nuits de la Red Bull Music Academy sont blanches : ci-dessus, le Sud-Africain King Bruce (à droite) joue aux jeux vidéo dans le club Womb avec son collègue japonais Albino Sound. Ci-dessous, il est au ­travail dans le studio de mixage avec la star de la techno Carl Craig (à gauche) et le ­musicien pakistanais Tollcrane.

Punk, attaquent l’ours panda qui ­chevauche une vache géante au-dessus du podium, le tout sur la musique de Jurassic Park. Un char multicolore ­arrive sur scène, surmonté de dix ­danseuses de samba en bikini. Le ­spectacle dure 30 minutes. « Une sacrée merde, déplore Joe, ahuri. Qu’est-ce que c’était que ce ­machin ?! » En rentrant à l’Academy, le trio est encore abasourdi. Ils ricanent, délirent. « On aurait dit un jeu vidéo, en vrai, s’esclaffe Velsuchi. Le spectacle m’a brûlé quelques neurones. »

Gotham sans Batman

Bien que minuscules, les huit studios d’enregistrement, au quatrième étage

du quartier général de la Red Bull ­Music Academy, sont équipés d’un ­matériel dernier cri. Le soir, après les conférences, ils prennent vie. Tout l’étage se transforme en une sorte de fourmilière de créativité. Les producteurs, boîte à rythme et écouteurs sous le bras, passent d’un studio à l’autre, des DJ’s exhibent et s’échangent des disques rares dégotés au marché aux puces. Dans la petite cuisine du studio, deux chanteurs penchés sur un papier fredonnent des paroles, rayent des mots, en griffonnent de nouveaux. Dans le studio 4, Tollcrane, un élève venu du Pakistan, peaufine un morceau tout en techno fracassante. Pour ce moustachu dégingandé, ­la

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SUGURU SAITO/RED BULL CONTENT POOL, SO HASEGAWA/RED BULL MUSIC ACADEMY (2), DAN WILTON/RED BULL CONTENT POOL

confie : « Les Japonais ne considèrent pas la musique d’Eye comme du bruit. À Tokyo, le bruit est omniprésent. La musique de Boredoms est notre blues. » Eye entre en scène, suivi de ses ouailles. Il prend place au centre de la scène sur un fauteuil pivotant, les musiciens s’assoient en cercle autour de lui, chacun son ordinateur portable sur les genoux. Tous les yeux sont ­rivés sur Eye. Tel un marionnettiste, il lève la main gauche. Rooooaaaar ! Un son de basse envahit la salle. Eye lève les bras en l’air, des ondes sinusoïdales aiguës surgissent des enceintes. C’est une expérience physique extrême, le couinement strident s’enfonce dans le cerveau, les fréquences basses massent l’estomac. Au bout de 30 minutes, Eye baisse le torse, comme un acteur de théâtre. Le bruit s’éteint, les mains du public s’agitent en applaudissements frénétiques.


LES HEURES D’ACCÈS AU STUDIO NE SONT PAS LIMITÉES, AU DÉTRIMENT DES HEURES DE SOMMEIL

La Red Bull Music ­Academy invite la population de Tokyo à faire de la musique : sur un synthétiseur de 2,5 mètres de haut sur le trottoir, en plein quartier de Shibuya (à gauche). Les passants, curieux, tournent et poussent des boutons grands comme la paume de leur main et ­arrachent des sons d’une autre dimension à l’étrange « armoire » noire.

Red Bull Music Academy est une accumulation excitante de baptêmes. C’est la première fois qu’il voyage à l’étranger. Et il y a quatre jours, il a vécu sa première expérience dans un club où il a partagé les platines avec son héros : Benji B, le DJ de la BBC ­Radio. Et le plus important de tout, c’est la première fois que le jeune homme de 28 ans fait de la musique avec des ­passionnés comme lui. « ­Karachi, ma ville natale, c’est ­Gotham City, mais sans Batman. » Il vit dans un pays où le gouvernement bloque les sites Internet comme YouTube. Où il faut faire attention à ne pas être pris dans une bagarre de rue en rentrant du travail. « Pouvoir se consacrer entièrement à la musique pendant deux semaines est le plus grand luxe que je puisse imaginer ­aujourd’hui », se réjouit-il. En cinq nuits de studio, Tollcrane a produit trois morceaux et aidé beaucoup de ses collègues. Il a enregistré le chant pour la participante autrichienne Mimu Merz et joué une ligne de basse pour King Bruce. « Lorsque je n’avance pas sur un de mes morceaux, je fais un tour, je vais voir les autres en studio et je leur propose mon aide. » Ici, les participants n’ont pas à produire un nombre défini de morceaux. Et les heures d’accès au studio ne sont pas limitées, au détriment des heures de sommeil. La nuit dernière, Tollcrane a quitté le studio à 7 heures du matin pour être à l’heure à la ­master-class de la légende du reggae Jah Shaka, après quatre heures de ­repos. Torsten Schmidt, ancien journaliste et cofondateur de la RBMA, les avait prévenus lors de son discours de bienvenue. Tollcrane s’en souvient : « Il nous a conseillé de ne pas essayez de comprendre les rouages de la Red Bull Music Academy, mais simplement d’en tirer le meilleur parti. Et de ne pas trop dormir. Car trop dormir, c’est pour les losers. » La RBMA s’installe à Paris cet automne, d’octobre à ­novembre. Insomnies garanties. redbullmusicacademy.com

THE RED BULLETIN

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ACTION !

CLUB

SE POSER TROIS MORCEAUX APAISANTS POUR FAIRE RETOMBER LA TENSION

BRIAN ENO

1/1 Eno l’a composé en réaction à l’insipide bruit de fond de l’aéroport de Cologne. Une mélodie subtile comme antidote au stress. Le rappeur Lil Jon, le top-model Jaslene Gonzalez et Billy Dec, patron des lieux.

Le bon temps underground   C HICAGO  STARS ET ANONYMES FONT LES BELLES NUITS DE L’UNDERGROUND, L’UN DES CLUBS LE PLUS COOL DE CHICAGO.

THE UNDERGROUND 56 W. Illinois St. Chicago, IL theundergroundchicago.com

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CHAUDE NUIT LA ST-VALENTIN À CHICAGO : LES BONS PLANS DE COLIN REBEY, AKA DJ PHENOM.

Weightless Ce groupe anglais a travaillé avec des experts en sommeil pour créer en 2011, cet hymne au marchand de sable. À ne pas écouter au volant.

COCOONER Au Rodan, à Wicker Park, un DJ mixe des morceaux allant de The Knife à A Tribe Called Quest, et les cocktails sont divins. SÉDUIRE Le Headquarters pour les jeux d’arcade, le rock indé et les jolies filles. Ou le Ay Chiwowa pour la tequila, le remède des timides. BOUGER À la patinoire du Millennium Park, en prime on se marre des gamelles de ses potes. SE LÂCHER Au Smart Bar ou au Spybar. Jeux de lumière et rythme house. Rencontres garanties.

ADELE

Skyfall Tous les deux ans, la chaîne d’hôtels Travelodge demande à ses clients leur berceuse préférée. Le n° 1 actuel est Adele et son tube pour le 23e James Bond.

THE RED BULLETIN

JENNIFER CATHERINE, OH SNAP BRITOGRAPHY

Imaginez une soirée avec Kanye West, R. Kelly et tout le casting de Glee se ­lâchant au micro et vous aurez l’ambiance de l’Underground. En 2007, ce club à l’ambiance militaire post-apocalyptique ouvre dans un bâtiment abandonné et provoque la mutation d’un quartier autrefois moribond. Le succès est immédiat et des célébrités – entre autres Miley Cyrus, Common, Katy Perry, Skrillex et Mark Ronson – y affluent. Pourtant, le propriétaire, Billy Dec, prend le risque de fermer le club pour l’agrandir et le relooker. L’Underground rouvre dans un style sophistiqué high-tech. Le succès est toujours au rendez-vous. Dec se flatte de posséder un club où stars et clients lambda se ­côtoient sans distinction, et nul ne s’en plaint. Miley et sa bande ont dû être ­surpris au début. « Ils continuent de venir régulièrement », affirme Dec. Comme quoi, la formule Underground fonctionne.

MARCONI UNION


ACTION !

MUSIQUE

S U C C ÈS COQUIN Lors de sa sortie en 2004, Desperate Youth, Blood Thirsty Babes, le premier album du groupe américain, avait créé une petite révolution, avec ses chants gospels aux accents soul, guitares punk enragées, riffs de basse funky et drums électro. David Bowie tomba sous le charme de cet ovni musical, et insista pour faire partie du deuxième LP. D’autres fans ont suivi, comme Liam ­Gallagher et Scarlett Johansson, qui ont choisi David Sitek, fondateur et du groupe, pour produire leurs disques. Ce dernier a aussi dirigé l’enregistrement de l’album Seeds, cinquième rejeton et assurément le plus pop de la ­machine TVOTR. Jaleel Bunton, ­batteur du groupe inclassable, dévoile ses cinq titres fétiches.

Jaleel Bunton, 39 ans, batteur de TV On The R ­ adio, pilier de la scène indé new-yorkaise.

« La chanson, seule, compte » PLAYLIST  UNE BELLE REPRISE, UN SOLO DE GUITARE D’UN BAND HONTEUX ET SA PIRE CHANSON PRÉFÉRÉE  : 5 TITRES CHERS AUX OREILLES DE JALEEL BUNTON.

1 Nina Simone

2 Jimi Hendrix

3 Lianne La Havas

« Un des rares exemples de reprise qui ­surpasse la version originale. Nina ­Simone donne toute sa force au texte de Leonard Cohen. Lors d’un concert, on l’entend rappeler ses musiciens à l’ordre : “Le nécessaire, il ne faut jouer que le nécessaire !” Un très bon conseil à tous les musiciens. La chanson, seule, compte, pas toi. »

« J’adore H ­ endrix, c’est difficile pour moi de ne r­ etenir qu’un seul morceau. Je dirais le méconnu One Rainy Wish : intro poétique, refrain agressif et apothéose finale psychédélique. D’autres artistes auraient développé une telle richesse d’idées sur plusieurs titres, lui les concentre en trois minutes pures. »

« Son premier grand fan, c’est Prince, qui est allé donner un concert privé dans le salon de cette ­artiste anglaise. Et juste après Prince, il y a moi. Ce titre est un chef-d’œuvre. Sous ses apparences pop, il cache une réelle ­mélancolie. S’il y avait un club spécialisé dans ce genre de musique, je ­serais l’un de ses plus fervents clients. »

4 Tears for Fears

5 The Deftones

Suzanne

Everybody Wants to Rule the World

VICTORIA WILL

tvontheradioband.com

« Avec ce choix, je vais sûrement jeter la honte sur le reste de mon groupe, mais j’avoue que Everybody Wants to Rule The World est pour moi un classique ­intemporel. Il faut reconnaître que le solo de guitare de Roland Orzabal est l’un des meilleurs qui aient jamais été produits. Il s’insère parfaitement dans le morceau. »

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One Rainy Wish

My Own Summer (Shove It)

« Le genre de chansons qu’on adore sans trop les assumer. Je ne suis pas un grand fan de metal, mais ce morceau des Deftones, c’est du grand art. Guitares déchaînées, chanteur qui hurle comme un méchant guerrier tout droit sorti d’un film fantastique. Ça frise le ridicule, pourtant, c’est le morceau idéal à écouter en salle de sport. »

Forget

LES TEXTES DES BEATLES NE SONT PAS AUSSI INNOCENTS QU’ON L’IMAGINE. EXPLICATIONS DE TEXTE.

TICKET TO RIDE Cela fait allusion au certificat de santé que les ­prostituées de Hambourg devaient avoir sur elles dans les années 60. « Ride » est un mot d’argot qui désigne l’acte sexuel.

TOMORROW NEVER KNOWS Lennon a écrit ces paroles sous LSD, inspiré par le livre The Psychedelic Experience, un manuel de T ­ imothy Leary.

EN PO I NTE LE GADGET DU MOIS

PRIZM La start-up française Prizm a développé un algorithme qui détecte les goûts ­musicaux de chacune des personnes ­présentes dans une pièce, via leur smartphone, pour proposer une ­palette de chansons qui plaira à tous. Cette pyramide intelligente s’adapte à toutes les ­ambiances. meetprizm. com

I AM THE WALRUS Un clin d’œil de Lennon à une aventure de son ami Eric « Egg Man » Burdon. Une Jamaïcaine aurait cassé un œuf au-dessus de son ventre avant d’en lécher les alentours...

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ACTION!

JEUX VIDÉO

SUR i PA D VOICI LES PÉPITES QUE VOUS POURRIEZ AVOIR RATÉES

THE SILENT AGE: EPISODE 2 Un jeu d’aventures et d’énigmes à ­résoudre entre les années 70 et ­aujourd’hui, servi par un héros qui ­traverse le temps. Commencez par l’épisode 1. thesilentage.com

Lâcher de zombies

M O RTS ET VIVA NTS 4 JEUX DE ZOMBIES POUR 2015

D YING LIGHT  ILS SONT PARTOUT, HISTORIQUEMENT, DANS LES JEUX VIDÉO. LES PRO ZOMBIES VONT ENCORE ÊTRE À LA FÊTE. La théorie qui explique pourquoi les zombies ont pris une place si importante dans la culture pop est simple. The Resident Evil a tellement marqué sa génération que celle-ci a multiplié la création de comics, de BD, de films et de séries où les morts-vivants tout moches représentent le danger ultime. Les derniers jeux de zombies sont empreints de cette culture. Dying Light a quelque chose de la série US The Walking Dead. Le titre de l’opus résume d’ailleurs l’esprit du gameplay : tout part en sucette à la tombée de la nuit. C’est alors que, ­survivant de la peste, vous arpentez une ville à la recherche d’armes et de nourriture que vous accumulez sous le nez d’autres désespérés. L’obscurité venue, elles vous seront ­nécessaires pour repousser des créatures frappées par la peste. À vous de foncer, d’attaquer, de poser des pièges ou de ­défendre votre espace dans un gameplay entre hack and slash et jeu de rôle. Les mises à niveau des armes « réalistes », parmi lesquelles des briquets et des barbelés, sont bien faites. Autre élément novateur, vous ­pouvez vous-même devenir un zombie en ligne. Vous passez alors de l’autre côté et, proie devenue chasseur, vous tenterez de débarrasser la cité des humains résistants. Un mode coopératif à quatre est aussi disponible en ligne. Dying Light en vente à partir du 30 janvier. Dying Light, sur Xbox One, PS 4 et PC.

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dyinglightgame.com

QUETZALCOATL

Resident Evil Resident Evil: Revelations 2 L’ancêtre fait son retour, d’abord en quatre épisodes de jeux hebdomadaires, entre RE5 et RE6.

Un autre bijou tout aussi addictif, avec des cassetête diaboliques et des défis pour l’esprit. Graphiques simples, mais ­pensées ­profondes. 1button.co

Dead Island 2 De l’action pure et dure en mode coopératif dans une Californie sous quarantaine.

SPACE AGE

State Of Decay State Of Decay: Year One Survival Edition Xbox propose une version de l’apocalypse dans laquelle il est plus question de survie que d’action. Human Element 2 niveaux de jeu : le 1er sur PC et consoles, le 2e sur plateformes mobiles, avec des missions à remplir.

De la science-­ fiction old school. Vous menez une équipe d’explorateurs interplanétaires dans une ­typologie de jeu qui ne se pratique plus. Du bonheur. spaceageapp.com

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MOTEUR, ON TOURNE

N O S Q U E S T I O N S À

CLARK DUKE

50 NUANCES DE GREY AU CINÉ, UN SUCCÈS ?

Même Clark Duke a été ­surpris d’apprendre que La machine à démonter le temps 2 ­serait tourné. En 2010, le sale gosse livrait une prestation lascive dans le 1er opus. Connu pour le biais de Kiss-Ass, mais aussi de la série The Office, Duke fait son retour avec Rob Corddry et Craig ­Robinson. Adam Scott est leur nouveau copain de voyage.

Ses producteurs espèrent égaler au cinéma le succès du roman érotique . Le film, avec Rita Ora au casting, sortira le jour de la Saint-Valentin. ­Suffisant pour surpasser les recettes de ses prédécesseurs ?

Texte : Geoff Berkshire

LUKE WOODEN, UNIVERSAL

Liaison fatale (1987) the red bulletin : Quelle a été votre réaction à l’annonce d’une suite à La machine à démonter le temps ? CLARK DUKE : Honnêtement, j’ai été très surpris. Ça n’avait pas été un énorme succès en salles mais ça avait bien marché en vidéo et à la télé, ce qui finalement peut justifier une suite. Des inconnus vous abordentils pour parler du ­premier film ? Oui, pas mal de gens m’ont interpellé dans la rue et m’ont fait comprendre qu’ils avaient vu le film. C’est cool. En citant une réplique culte ou en criant « La machine à démonter le temps » en vous voyant ? On hurlait le titre du film à 10 mètres de moi. Ou depuis une voiture, vitre baissée. C’est arrivé aussi à mes partenaires du film. Crier un titre, c’est une manière pour les fans de montrer qu’ils vous ont reconnu. C’est arrivé avec Kick-Ass ? Oui, mais le message dépend de l’âge, de l’endroit, si c’est une femme ou un homme. Les gens n’ont pas tous les mêmes mots. Je suis certain que Christopher Walken voit des gens lui courir après en hurlant : « Deer THE RED BULLETIN

L’histoire d’une liaison ­ extraconjugale qui vire au cauchemar. Glenn Close et Michael D ­ ouglas ont fait du scénario un film culte. 156,6 millions $

Basic Instinct (1992) Comment Michael Douglas a-t-il fait pour résister si longtemps à Sharon Stone et au pic à glace de cette romancière richissime, véritable mante religieuse perverse ? 117,7 millions $

«  Un tournage dans un jacuzzi est un cauchemar ! C’est un coup à tomber malade » H ­ unter  ! » (le titre anglais de Voyage au bout de l’enfer, ndlr). Êtes-vous fatigué des clins d’œil que tout le monde fait à La machine à démonter le temps ? Lors de la promo du premier volume, tous les journalistes ont cru très intelligent de me proposer une interview dans un jacuzzi. Ils avaient l’air très satisfaits de leur idée… Vous n’avez jamais dit non ? Par contrat, je m’étais engagé avec la MGM à ne rien refuser,

c’était le deal (rires). Comment sont les tournages en jacuzzi sur un plateau ? Un cauchemar ! Ce sont les pires journées de tournage, et de loin. D’abord parce que ce ne sont pas des spas, mais des trucs que l’équipe de tournage a créés elle-même pour pouvoir mettre des caméras en dessous. Ça fonctionne avec de grosses turbines qui remuent de l’eau tiède, parce qu’il est impossible de travailler 12 heures dans de l’eau chaude. C’est un coup à tomber malade. Sur le plateau, il fait un froid de gueux. Au bout d’une heure, l’eau est sale. C’est tout sauf glamour… hottubtimemachine.com La machine à démonter le temps 2, prochainement au cinéma.

Showgirls (1995) En rampant et en couchant, une ambitieuse danseuse de Las Vegas tente de se frayer un chemin sous les feux de la rampe. Avec Elizabeth Berkley et Kyle MacLachlan. 20,4 millions $ Sexcrimes (1998) Des lycéennes et un conseiller pédagogique embarqués dans une sordide histoire de viol aux relents de conspiration. Avec Neve Campbell et Matt Dillon. 30 millions $

Eyes Wide Shut

(1999) Ou quand la bourgeoisie new-yorkaise pénètre des milieux qui brûlent les yeux et les doigts. Avec Nicole Kidman et Tom Cruise. 55,7 millions $

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ADRÉNALIN

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INGÉNIEUX

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MOTOS 2015 L’URBAIN À POINT SE DÉPLACE À MOTO, ET AVEC PLUS DE PASSION ET D’ARDEUR QUE JAMAIS CETTE ANNÉE. LA SÉLECTION DU RED BULLETIN DE DEUX-ROUES DE 15 À 310 CH.

THE RED BULLETIN

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LA ROUTE DU STYLE

K AWA S A K I N I N JA H 2 R

SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

La plus puissante moto de série jamais conçue.

Pour cette œuvre d’art, un salon décoré avec goût semble parfait.

Quelqu’un qui sait ce qu’il fait (espérons-le).

Quatre cylindres, 998 cm³, 310 ch, 216 kg

SPORT

DES VIRAGES DEVANT ET PLUS PERSONNE DERRIÈRE : SUR CETTE MOTO, METTEZ LES GAZ ET LE MONDE SERA À VOUS. ACCROCHEZ-VOUS !

TOP

SHOEI X-TWELVE YA M A H A Y Z F R 6 SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

La star des circuits, plus puissante et plus rapide que jamais.

Comme le R de son nom ­l’indique  : sur la route.

Celui qui veut améliorer ses temps au tour.

Quatre cylindres, 999 ou 749 cm³, 213 kg

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Le respect, ça se gagne ou bien ça s’achète. La réplique du casque de Marc Márquez, double champion du monde de moto GP, pour avoir de l’allure jusque dans les stands. Forme parfaite, qualité exceptionnelle, cinq ans de garantie.

S U Z U K I G SX-S 1000/ 750 SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

Un look de « naked bike », les gènes d’une super sportive GSX-R.

Sous les fesses d’un pilote ­expérimenté et bien réveillé.

Celui qui aime ­franchir les cols en tête.

Quatre cylindres, 559 cm³, 124 ch, 189 kg

THE RED BULLETIN


LA ROUTE DU STYLE

VILLE

PERDRE DU TEMPS À CHERCHER UNE PLACE DE PARKING, C’EST DE L’HISTOIRE ANCIENNE. AVEC CES ENGINS QUI SE FAUFILENT ­PARTOUT, VOUS FEREZ PARTIE DE LA SOLUTION, PAS DU ­PROBLÈME.

P I AG G I O BV 35 0 SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

Gros gabarit, confortable et rapide, mais un joli look.

Sur l’autoroute entre la ville et la maison de campagne.

Le businessman qui n’a pas de temps à perdre.

Un cylindre, 330 cm³, 33 ch, 177 kg

R A D I O - R É V E I L V E S PA

K T M F R E E R I D E E-S M

Pour bien démarrer la journée. D’abord parce qu’en tant que conducteur de Vespa, on peut dormir 10 min de plus qu’un automobiliste, ensuite parce qu’il reprend le design du scooter culte, et flatte non seulement les yeux et les oreilles. AM/FM, écran rétro-éclairé.

TOP

H O N DA F O R Z A 125 SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

L’engin le plus vif, le plus étroit, et le plus radical dans la jungle urbaine.

Près d’une prise de courant à cause de son ­moteur électrique.

Le démarreur au quart de tour, le changeur de file, l’écolo.

Un scooter GT qui peut embarquer deux personnes et des bagages.

Entre deux files de voitures, chercher où se garer étant le lot des 4 roues.

L’automobiliste qui veut enfin p ­ ouvoir optimiser ses déplacements.

Moteur électrique synchrone à aimant permanent, 22 ch, 108 kg

THE RED BULLETIN

Un cylindre, 125 cm³, 14 ch, 162 kg

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LA ROUTE DU STYLE

SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

Design italien, entre rêverie et tous chemins.

Les cols alpins sans fin où l’on enchaîne virages et nids de poule.

Le motard expérimenté en quête de confort et de performance.

DU CAT I M U LT I S T R A DA 1200

Deux cylindres, 1 198 cm³, 160 ch, 232 kg

NATURE

LES LIMITES, C’EST DANS LA TÊTE. VOTRE DESTINATION : LA PROCHAINE DUNE DE SABLE, LE PROCHAIN POSTE-FRONTIÈRE, LA PROCHAINE STATION-ESSENCE. LE PROCHAIN AILLEURS.

TOP

CONTINENTAL TKC 70 P O L A R IS R Z R -X P 1000 SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

Sur quatreroues aussi, on peut s’éclater.

Dans les dunes, à la campagne. Les grands ­espaces.

L’amoureux de la nature, l’accro à l’adrénaline, le fan d’outdoor.

Deux cylindres, 1 000 cm³, 110 ch, 625 kg

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Avec votre trail, vous roulez surtout sur la route et vous faites des incursions sur des pistes non goudronnées. Le nouveau TKC 70 de Continental allie les avantages d’un pneu asphalte silencieux à l’adhérence tout terrain d’un profil ouvert. Bonus : d’excellentes propriétés par temps de pluie !

B M W S 1000 X R SES FORCES

SA PLACE

SON PILOTE

Allie les points forts d’une « naked bike », enduro et d’une routière.

Pour les longs trajets sur la route des vacances, en solo ou à deux.

Le grand ­voyageur qui aime la ­technique et se faire plaisir.

Quatre cylindres, 999 cm³, 160 ch, 228 kg

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ACTION !

ÉVÉNEMENTS Épreuve unique, le fameux Enduro du Touquet a 40 ans.

30.01-01.02, Le Touquet

Sable show L’Enduropale du Touquet Pas-de-Calais va fêter ses quatre décennies en mettant la gomme. L’une des plus célèbres courses mondiales de motos et quads sur sable ne vieillit pas. L’épreuve vintage avec des motos d’avant 1990 lance le week-end, le vendredi, avec de nombreux anciens vainqueurs. Voilà pour la nostalgie. Samedi, les 500 quads engagés font le show sur le parcours. Dimanche, enfin, 200 000 spectateurs sont attendus sur le front de mer pour la grande course. Pour les centaines de pilotes, sur le circuit de 14,5 km tracé à l’écart des dunes, c’est toujours la bagarre pour virer en tête au virage qui clôt la longue ligne droite. Chicanes, virages vélodrome, bosses, sable, il ne manque rien pour rendre spectaculaires les trois heures de course. Qui sortira vainqueur de la ronde ensablée? enduropaledutouquet.fr

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05-02, Nantes

Et hop, à Nantes Pour sa 11e édition, HIP OPsession i­nvestit encore les lieux culturels ­emblématiques de Nantes et son agglomération. La programmation musicale, avec entre autres Afrika Bambaataa, Blackalicious, Joke, ou Smoke DZA, donne le ton. Côté danse, la battle ­OPsession avec les meilleurs mondiaux, catégorie crew 3×3, fera l’événement du premier week-end. Autour du festival de nombreuses activités sensibiliseront le p ­ ublic à la culture au double H. hipopsession.com

THE RED BULLETIN


EN BREF

22-25.01, Monaco

French touch L’édition 2015 du rallye de Monte-Carlo lance la saison mondiale en trombe avec la promesse d’un duel inattendu entre Sébastien Ogier et Sébastien Loeb. En effet, le nonuple champion du monde, aujourd’hui engagé en WTCC (le championnat des voitures de séries) revient au volant d’une DS3 Citroën pour une pige exceptionnelle. Un ­affrontement francofrançais qui devrait ­enflammer les spéciales de l’Ardèche à la Principauté. Sébastien Ogier, double champion en titre, va d’entrée ­trouver un adversaire à sa taille pour pimenter la reprise. acm.mc Ogier attaque la saison 2015 face au roi Loeb.

NOTRE SÉLECTION, EN BONNE C ­ OMPAGNIE

22 JANVIER

EN PISTE

22.01, Strasbourg

Objectif RBMA 2015 sera une année chargée en musique. Après Tokyo, la Red Bull Music Academy envahit Paris en octobre et ­novembre avec ses workshops, concerts, rencontres et ­soirées. Et tout le territoire se mobilise avec des events construisant la « road to RBMA Paris » jusqu’en septembre. Départ à Strasbourg le 22 janvier, avec Juan ­Atkins, et ça enchaîne sur une quinzaine de soirées, à Lille, Caen, Paris, accueillant Brodinski ou Gilles Peterson. redbull.com

biennale-cirque.com

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FÉVRIER

18.01, La Clusaz

Place aux riders

FLAVIEN DUHAMEL/RED BULL CONTENT POOL, DAVID GALLARD, ALEX LAUREL/RED BULL CONTENT POOL, DAN WILTON/RED BULL CONTENT POOL, EVOLUTION2

La 1re Biennale ­internationale des arts du Cirque s’ouvre à Marseille et en ­Provence pour un mois. 60 compagnies donneront 260 spectacles dans les 23 villes du territoire, notamment sous un grand chapiteau face au MuCEM.

EN AVANT Le Tournoi des VI Nations ­commence pour les Bleus avec l’Écosse au Stade de France. Dans 7 mois, la Coupe du monde débutera en Angleterre. ­Philippe St-­André, le sélectionneur, cherche 30 sérieux gaillards.

Les French Freeride Series, vrai championnat de France de ski et snowboard freeride, démarrent à La Clusaz ce week-end. Et jusqu’à la dernière des 11 étapes à Tignes, le 21 mars, l’événement créé par Evolution 2 devrait attirer sur le circuit près de 1 000 participants, hommes et femmes, juniors et adultes. C’est le tremplin idéal pour se montrer et aller ensuite exprimer son talent dans le grand Swatch free ride world tour. Aurélien Ducroz, champion du monde de ski freeride (2009 et 2011), parrain de l’épreuve, en sait quelque chose.

ffr.fr

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temmosfreeride.com

FÉVRIER

23-25.01, Vars

29.01-01.02, Angoulême

30.01-01.02, La Plagne

Jusqu’au 27.04, Paris

À toute vitesse

Chacun sa bulle

Frissons glacés

L’effet Koons

La Coupe du monde de ski de vitesse prend son départ sur la piste de Chabrières. Celleci est entrée dans l’histoire la saison dernière avec le record du monde (252,454 km/h) décroché sur sa pente par l’Italien Simone Origone. La station des Hautes-Alpes rêve encore d’exploits pour les courses de ce week-end. vars.com

Le festival de la BD d’Angoulême a choisi l’Américain Bill Watterson, aussi célèbre que discret, pour président de sa 42e édition. L’ancien dessinateur du Washington Post a réalisé l’affiche du festival. Expositions et présence d’artistes enrichissent ce rendez-vous majeur dans l’univers de la BD. bdangouleme.com

La piste des JO d’Albertville 1992 accueille les Coupes du monde de skeleton et de bobsleigh pour un week-end à sensations. L’événement sert aussi de championnats d’Europe. Avant de penser aux médailles, pour dévaler les 1 800 m du toboggan glacé avec 19 virages, il faut avoir le cœur bien accroché. la-plagne.com

Six ans après avoir « révolu­­ tionné » le château de ­Versailles avec ses œuvres gigantesques, l’Américain, 55 ans, présente une grande rétrospective de son œuvre au Centre ­Pompidou. Cent objets pour 40 ans d’une ­carrière tumultueuse. Adoré ou décrié, Jeff Koons crée toujours l’événement. centrepompidou.fr

THE RED BULLETIN

EN FORME Aller de Lamoura à Mouthe en ski de fond, c’est 68 km d’efforts à travers les monts enneigés du Jura. La mythique Transjurassienne attire plus de 3 500 skieurs chaque année. Il faudra suivre la trace pour arriver. transjurassienne.com

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Directeur d’édition Robert Sperl Rédacteur en chef Alexander Macheck Consultant indépendant Boro Petric Directeur créatif Erik Turek Directeurs artistiques Kasimir Reimann (DC adjoint), Miles English Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Stefan Wagner (Chef de service), Lisa Blazek, Ulrich Corazza, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager Contributeurs indépendants : Muhamed Beganovic, Georg Eckelsberger, Raffael Fritz, Sophie Haslinger, Werner Jessner, Marianne Minar, Holger Potye, Martina Powell, Mara Simperler, Clemens ­Stachel, Manon Steiner, Lukas Wagner, Florian Wörgötter

Web Kurt Vierthaler (Senior Web Editor), Andrew Swann Maquette Martina de Carvalho-Hutter, Silvia Druml, Kevin Goll Booking photos Susie Forman (Directrice création photos), Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Eva Kerschbaum

Illustrateur Dietmar Kainrath Directeur d’édition Franz Renkin Ventes internationales Patrick Stepanian Emplacements publicitaires Sabrina Schneider

Marketing & management par pays Stefan Ebner (Directeur), Manuel Otto, Elisabeth Salcher, Lukas Scharmbacher, Sara Varming Maquette marketing Peter Knehtl (Dir.), Julia Schweikhardt, Karoline Anna Eisl Fabrication Michael Bergmeister Production Wolfgang Stecher (Directeur), Walter O. Sádaba, Matthias Zimmermann (Appli) Lithographie Clemens Ragotzky (Directeur), Karsten Lehmann, Josef Mühlbacher

THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Country Editor Pierre-Henri Camy Country Coordinator Christine Vitel Traductions et relecture Susanne & Frédéric Fortas, ­ Frédéric Pelatan, ­Ioris Queyroi, Claire Schieffer, Gwendolyn de Vries Country Channel Manager Charlotte Le Henanff Responsable de la publicité Cathy Martin, +33 (0)7 61 87 31 15 cathy.martin@fr.redbulletin.com Abonnements Prix : 12 €, 12 numéros/an, getredbulletin.com Siège de la rédaction 12 rue du Mail, 75002 Paris, +33 (0)1 40 13 57 00 Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Les journalistes de la SAS L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SAS L’Équipe n’est pas ­responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs.

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THE RED BULLETIN Brésil, ISSN2308-5940 Country Editor Fernando Gueiros Relecture Judith Mutici, Manrico Patta Neto Responsable de la publicité Marcio Sales, +11 (0)3894-0207, contato@hands.com.br

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/redbulletin

Expérience visuelle Hors du commun

JULY 2014 R30

BEYOND THE ORDINARY

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ADRENALIN PLAYGROUNDS

M AKING CH ANGE PAY

THE CAPTAIN OF ADVENTURE

TO BLOW YOUR MIND

So u th Afri ca’s b ri g htest so c i a l e ntre p re n e u rs

ALL-ROUND ACTION HERO WILL GADD IS A LIVING LEGEND IN THE TRUEST SENSE.

LI NKIN PARK On th e i r n ew album and Tw itte r ma d n ess NEYMAR JUNIOR, Brazilian Football Star

NEYMAR!

UK EDITION

BEYOND THE ORDINARY

19 WORLD

AWESOME

SHOT!

Action photo special

CA N T H E B OY GE NIUS WIN TH E WOR L D CUP FO R B R A Z IL?

CLASS WATCHES

UNDEAD FUNNY

QUEEN OF THE BEACH

2014’s most hilarious movie

Dave Grohl

PEAK FREEFALL

Adventure’s toughest task

EXCLUSIVE: the legend reaches into your mind and music’s future

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INSTANT MAGIQUE

Quand Marc Márquez remporte à Valence le dernier GP Moto de la saison 2014, il est déjà champion du monde depuis quelques semaines, ayant remporté son titre mondial au Japon, e à la 15 des 18 courses du championnat. Avec 13 victoires en une saison, dont 10 consécutives, il collectionne les records, sans compter ceux dus à son jeune âge (à peine 21 ans). C’est bien un destin hors du commun qui allait sourire à l’enfant qui, 12 ans plus tôt, remportait la Open Racc 50, une série de 6 courses du Championnat Catalan. marcmarquez93.com/

«  Pendant la

course, j’ai ­souvent pensé à mon frère »

Le même jour, sur le même circuit, Alex Márquez, 18 ans, le petit frère de Marc, remportait la victoire en Moto3.

THE RED BULLETIN NUMÉRO 39 PARAÎTRA LE 11 FÉVRIER 2015 98

THE RED BULLETIN

REPSOL HONDA/RED BULL CONTENT POOL

Valence, Espagne, 9 novembre 2014


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