Un magazine hors du commun
février 2014
Jeremy jones
le snowboardeur qui veut sauver l’hiver
Didier Woloszyn 33 ironman en 33 jours
the red bulletin
sur facebook
magazine sponsorisÉ
plein
gaz
Eric Bana conduit sa carrière d’acteur comme son bolide, Passionnément
Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658
RIEN QUE DES AIIILES.
ZERO CALORIES
SUGARFREE
Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière. www.mangerbouger.fr
le monde de Red Bull
24 alaska surf
Scott Dickerson, féru de surf et de photo, livre un témoignage pictural frigorifique.
graham shearer (cover), Scott Dickerson
Bien givrés
Sur la côte, en Alaska, les surfeurs de Homer défient une mer glacée. Parfois par – 17 °C. Ces hommes du Grand Nord que The Red Bulletin a croisés ignorent la peur. Les skaters fous dévalant le bitume d’une route brésilienne à pleine vitesse sont de la même trempe. Ce ne sont pas les seules fortes têtes dont on vous parle ce mois-ci. Si, à Melbourne, Eric Bana, la star australienne, gère la pression hollywoodienne en se baladant dans son coupé Ford, au Québec, le triathlète Didier Woloszyn piétine les records au mental. Jeremy Jones, freerider reconverti en apôtre de la lutte contre le changement climatique, fait, lui, front aux politiques. Et à Ciudad Juarez, la ville des narcotrafiquants, il faut du cran pour sortir s’amuser au Hardpop. Bonne lecture ! Votre Rédaction the red bulletin
L’Australien Eric Bana, page 42
« Les paparazzi ne se sont jamais beaucoup i ntéressés à moi »
3
février 2014
58
d’un coup d’ailes Bullevard 0 8 facebook a 10 ans Retour sur le Bottin mondain nouvelle génération à l’échelle planétaire
Sous la planche, le grand frisson
Ces skaters dévalent la route à 120km/h. Gare au tournant !
reportages 24 Direction Alaska Virée surprenante en surf
38 Direction Paris
Rendez-vous avec Guillaume Sorge
40 Direction Londres Bitz Kids fait carrière
42 Direction Melbourne Eric Bana a deux amours
volonté de fer
Une épreuve ne lui suffit pas, Didier Woloszyn en choisit trois. Un Ironman, c’est trop fade, il en aligne 33.
toujours plus haut
Jeremy Jones, snowboardeur de talent, se révèle – à son propre étonnement – être un habile défenseur de l’environnement.
Jeremy Jones, porte-parole écolo
58 Direction Brésil Les fondus du bitume
68 Direction Québec Didier Woloszyn dit « 33 » !
76 Direction Mexique
Le Hardpop, un club entre 2 mondes
Action !
76 réfugiés dans la fête
Au pays des narcotrafiquants, il est un endroit unique où la jeunesse de Ciudad Juarez peut souffler : le Hardpop. 4
87 aces’n’spades
Ce mois-ci, The Red Bulletin s’est (aussi) rendu en Afrique du Sud, à la découverte d’un club de rock très glamour.
86 87 88 89 90 92 93 94 96 98
Matos Robby Naish Clubbing Cape Town voyages Plongée avec des requins coaching Reggie Bush WFL world run Bonne action ma ville Vienne, Autriche Musique Broken Bells Jeux vidéo Le meilleur du meilleur focus Dates françaises à retenir Instant magique Mark Webber
the red bulletin
Thiago Diz, marius bugge, Jeff Curley, Katie Orlinsky, press handout
68 50
50 Direction Himalaya
Contributions Le quintette du mois THE RED BULLETIN France, ISSN 2225-4722 Publication & édition Red Bull Media House GmbH Directeur de la publication Wolfgang Winter Directeur d’édition Franz Renkin Directeurs de la rédaction Robert Sperl & Alexander Macheck
Scott Dickerson
Marcello maragni & thiago diz Look stylé et courage inouï, deux impressions que les photographes rapportent de leur rencontre avec la tribu des athlètes de Longboard à Teutônia, au Brésil. « J’ai été surpris de voir à quel point ils vont vite, et pas seulement les hommes mais les femmes aussi », commente Maragni. Thiago Diz a même eu sa sacoche percutée par un coureur. « Ils sont passés tout près de moi créant une vague d’air qui m’a littéralement soufflé. J’ai mis dix minutes pour ramasser mes affaires. » En roulettes libres, p. 58
Robert tighe Eric Bana est connu pour ses rôles de mauvais garçons. Robert Tighe, rédacteur pour The Red Bulletin en NouvelleZélande, s’étonne : « Je m’attendais à voir quelqu’un d’intense à l’humeur maussade. Mais j’ai trouvé un homme serein, passionné de sports mécaniques à qui Hollywood n’a pas tourné la tête. » La rencontre a eu lieu à Melbourne, dans les bureaux de l’acteur, tout près du garage qui abrite le fameux Ford Falcon de 1974. C’est là que Graham Shearer a pris le cliché en couverture du magazine. Moteur !, page 42
6
« J’ai grandi en Alaska entouré de sa beauté sauvage. Tout naturellement, je suis devenu photographe de profession. Mais l’origine de ma passion pour le surf reste un mystère. Je crois que certains d’entre-nous naissent avec la passion de l’océan, je ne vois pas d’autre explication. Avec mes photos, je veux partager cette expérience. Les clichés présentés dans ce numéro ne sont qu’un aperçu des moments forts. » L’Alaska, haut-lieu du surf ?, page 24
Directeurs artistiques Erik Turek & Kasimir Reimann Rédacteur en chef photos Fritz Schuster Responsable de la production Marion Wildmann Managing Editor Daniel Kudernatsch Rédaction Étienne Bonamy, Ulrich Corazza, Werner Jessner, Florian Obkircher, Arek Piatek, Andreas Rottenschlager, Stefan Wagner Collaboration Lisa Blazek, Georg Eckelsberger, Raffael Fritz, Sophie Haslinger, Marianne Minar, Boro Petric, Holger Potye, Martina Powell, Mara Simperler, Clemens Stachel, Manon Steiner, Lukas Wagner Traductions & relecture Susanne Fortas, Frédéric Fortas, Stephan Pastureau, Ioris Queyroi, Christine Vitel, Gwendolyn de Vries Maquette Miles English (Directeur), Martina de Carvalho-Hutter, Silvia Druml, Kevin Goll, Carita Najewitz, Esther Straganz Booking photos Susie Forman (Directrice création photos) Rudi Übelhör (Directeur adjoint), Marion Batty, Eva Kerschbaum Reprographie Clemens Ragotzky (Directeur), Karsten Lehmann, Josef Mühlbacher Fabrication Michael Bergmeister Production Wolfgang Stecher (Directeur), Walter O. Sádaba, Christian Graf-Simpson (Tablette) Impression Prinovis Ltd. & Co. KG, 90471 Nuremberg Service financier Siegmar Hofstetter, Simone Mihalits Marketing & management international Stefan Ebner (Directeur), Elisabeth Salcher, Lukas Scharmbacher, Sara Varming Channel Manager France Charlotte Le Henanff Marketing & concept graphique Julia Schweikhardt, Peter Knethl
Katie Orlinsky Ce n’est pas la première fois que The Red Bulletin fait appel à la photographe américaine pour une mission délicate au Mexique. Elle illustrait le reportage Bruits de bottes à Narcoland (n° 15, janvier 2013). Ce mois-ci, elle s’est rendue à Juarez pour documenter l’histoire du Hardpop, une boîte de nuit salutaire. « Quelques années plus tôt, je n’aurai pas osé quitter ma chambre à la nuit tombée. Là, je devais photographier un night-club. C’était surréaliste. » Une oasis en enfer, page 76
« Les riders n’ont peur de rien, ils ne pensent qu’à franchir la ligne d’arrivée » Thiago Diz
Ventes & abonnements Klaus Pleninger, Peter Schiffer Publicité Cathy Martin 07 61 87 31 15 cathy.martin@fr.redbulletin.com Emplacements publicitaires Sabrina Schneider Assistantes de rédaction Manuela Gesslbauer, Kristina Krizmanic, Anna Schober IT Michael Thaler Siège social Red Bull Media House GmbH, Oberst-Lepperdinger-Straße 11–15, 5071 Wals, FN 297115i, Landesgericht Salzburg, ATU63611700 Siège de la rédaction France 12 rue du Mail, 75002 Paris, Téléphone 01 40 13 57 00 Contact redaktion@at.redbulletin.com Web www.redbulletin.com Parution The Red Bulletin est publié simultanément dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Brésil, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Irlande, Koweït, Mexique, Nouvelle-Zélande, Suisse. Les journalistes de la SNC L’Équipe n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. La SNC L’Équipe n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des auteurs. Dépôt légal/ISSN 2225-4722
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LES LéSIONS DE LA mOËLLE éPINIèRE DOIVENT POUVOIR ÊTRE GUéRIES. 9 fois Champion du monde de Cliff Diving et Ambassadeur Wings for Life. Les lésions de la moëlle épinière peuvent toucher tout le monde. En soutenant les meilleurs projets de recherche spécialisés dans la guérison des lésions de la moëlle épinière à travers le monde, la fondation Wings for Life encourage les plus grands progrès scientifiques et médicaux. Nous garantissons que cent pour cent de tous les dons sont investis dans la recherche sur la moëlle épinière.
Votre contribution fait toute la différence. Vos dons sur www.wingsforlife.com
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Orlando Duque
facebook a 10 ans
exprimez-vous !
Mark Zuckerberg
Fossoyeur de l’anonymat
shutterstock, Corbis, nasa, picturedesk.com, getty images
En février 2004, un étudiant de Harvard crée un site Internet sur lequel l’inscription exige d’exposer son véritable nom et ses données personnelles. Une idée naïve ? Les experts sont affirmatifs, ils ne donnent pas cher de ce succès naissant. Cet étudiant, c’est bien sûr Mark Zuckerberg, aujourd’hui milliardaire. Facebook est, après Google, le site plus fréquenté au monde. 1 commentaire
The Red Bulletin « Super tableau ! Mark en jeune Machiavel par Zhu Jia. À découvrir à l’expo The Face of Facebook tenue à la galerie ShanghART de Singapour. » facebook.com/shanghartgallerysg
On aime !
Friday Reads Les vendredis, on y publie ses lectures du moment.
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Who What Wear Les tendances mode du monde entier.
Stylefruits À elle les conseils, à lui les belles jambes.
George Takei De Star Trek à héros des médias sociaux.
Milky Way Scientists Tous les jours, des posts fascinants.
Awkward Family Photos Des photos de famille gênantes.
Bill Nye Ce Monsieur Sciences nous explique le monde.
the red bulletin
Best of du vintage geek
Devinette
Qui suis-je ? Sur Facebook, il est le Français le plus liké. Voici quelques indices…
DOCK À L’ANCIENNE Des docks iPhone pour nostalgiques du combiné. Le cadran est fourni sous forme d’applis. etsy.com/shop/ woodguy32
Date de naissance :
7 février 1975
Sur Facebook depuis :
19 décembre 2008
Fans (Monde) :
5,5 millions
Fans (France) :
2,7 millions
Antécédents :
Vendeur de chaussures
Amis
getprojecteo.com
Saint-Valentin
Lieux
Amour et complications Quels morceaux écoutent les utilisateurs d’après leur situation amoureuse ? En couple
Situation
1. Don’t Wanna Go Home de Jason Derulo “No matter day or night, I’m shining” 2. L ove on Top de Beyoncé “Every time you touch me, I just melt away”
Getty Images, press handout, corbis (6), Getty Images
sonymusic, idockit.com, Instant Lab, projecteo, CORBIS, hob, shutterstock (4)
Beyoncé
Projecteo Sélectionnez vos photos sur Instagram et recevez deux semaines plus tard ce mini-projecteur de la taille d’une boîte d’allumettes.
Likes
3. H ow to Love de Lil Wayne “It’s hard not to stare the way you moving your body” C’est compliqué
Situation
1. T he Cave de Mumford and Sons “It’s empty in the valley of your heart”
Instant Lab Un mini-labo photo portable pour transformer vos clichés iPhone en photos analogiques Polaroid.
2. C rew Love de Drake “This ain’t no fucking sing-along. So girl, what you singing for?” 3. All of the Lights de Kanye West “Her mother, brother, grandmother hate me in that order”
I F**king Love Science Reptiles, sondes et sensations.
the red bulletin
9Gag Les gags qui font rire la communauté Facebook.
24 commentaires
the-impossibleproject.com
Humans of Berlin À New York aussi, il y a des humains.
Reef Girls Les tops, en bikini, de dos.
Jamie Oliver Chaque jour, une recette et des tas de conseils.
The Red Bulletin « C’est probablement l’un de mes amis, mais je ne les connais pas tous. »
Grumpy Cat Le rire est communicatif, la mauvaise humeur itou.
For the Record Le nouveau livre de la Red Bull Music Academy.
Amazing Things in the World Les merveilles du monde en photo.
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Je suis
Rémi Gaillard Dépassera-t-il la femme la plus populaire de Facebook (voir p. 19) ? Le Montpelliérain a Rihanna et Shakira devant lui.
1. Cristiano Ronaldo 1,8 millions
2. Lionel Messi 1,3 million
3. Usain Bolt 0,9 million
2. Shakira 2,8 millions
3. Rémi Gaillard 2,7 millions
Stars
1. Rihanna 3,1 millions de fans
Rémi Gaillard a ajouté une photo il y a 1 heure
Le livre
C’est en faisant n’importe quoi que Rémi Gaillard est devenu incontournable sur le net. Son livre met en lumière ses fameuses impostures et gags potaches.
Manuel Lagos Cid (2), corbis, getty images, shutterstock, universal music, sonymusic
Sport
facebook a 10 ans
Bullevard
Cycle social
Des hackers et des chiens
Mary Lyn a a jouté une photo il y a 2 minutes
La Terre compte sept milliards d’habitants. Un milliard d’entre eux a un compte Facebook. Zoom sur quelques chiffres-clés du réseau bleu.
Sexe interdit
Ce que Facebook supprime
Vous vous êtes déjà demandé pourquoi l’une de vos photos avait disparu ?
Facebook confie la régulation des contenus à des petites mains, comme au Maroc ou en Inde. En 2012, l’un de ces travailleurs a fait part aux médias d’un catalogue de règles à respecter. Le compte de Mark Zuckerberg, le n° 4 (les n° 1 à 3 sont des tests), a été piraté l’été dernier…
Détails des suppressions automatiques : Les fesses ou seins nus. Ceci inclut aussi les mamelons visibles de femmes qui allaitent. Par contre, les mamelons masculins sont autorisés. Les photos de femmes en petite culotte trop moulante. Les personnes aux toilettes. Le sperme. Des personnes saoules ou endormies qui se font qui gribouiller le visage. Les stupéfiants, hormis le cannabis.
source: facebook
Boo est même plus célèbre que Beast (1,7 million de likes). Beast s’en moque, il n’a pas à porter des crocs bleus comme Boo. Il préfère déambuler pieds nus, à l’instar de Mark, son maître.
corbis, REUTERS (2), picturedesk.com (2), GEPA pictures, sony music, getty images
Fausse alerte à la poitrine. Ils ont l’air énormes ses… coudes. Oups ! Photo effacée par erreur.
Share Lock a publié un nouveau statut il y a environ une heure
Ils peuvent tous devenir tes amis. Même si tu ne le veux pas
Cela dit, pas autant que Boo, l’officiel meilleur ami de l’homme le plus liké. 8,5 millions de « J’aime ». Un succès qu’il doit à sa bouille de nounours et à sa positive attitude : « J’ai une belle vie de chien. »
… par l’utilisateur du compte 77 821 884, un dénommé Khalil Shreateh. Il s’agit d’un Palestinien développeur de sites web dont la page Facebook a été pour le coup supprimée. Réactivée, elle compte plus de 44 000 abonnés.
Le Real Madrid est encore plus populaire. Sur Facebook, les Palestiniens constituent de loin la plus importante communauté de fans : 185 056 pour un total de 44 millions dans le monde. L’une des plus fidèles n’est autre que…
Criminalité
Piégé
Le likejacking est le détournement de statuts sur Facebook. Voici les cinq plus récurrents. Gagnez un iPad ! Pour cela, il suffit de remplir un court questionnaire… Incroyable ! Elle L’A FAIT à seulement 16 ans ! Cliquez ici pour voir la vidéo la plus choquante (et la partager avec tous vos amis). Eh, bel étranger ! Moi avoir vu photo profil à toi. Moi amoureuse de toi tout suite. Toi marier, moi ? Découvrez qui regarde votre profil ! Pour ce faire, téléchargez l’application ci-dessous ! (Promis, aucun risque de virus !)
L’un des amis communs de CR7 et de J.Lo est le rappeur Pitbull qui, avec 40 millions de fans, est le plus apprécié des rappeurs ayant du chien.
… Cristiano Ronaldo à l’œuvre, son ami Facebook. Le 2e footballeur le plus cher de l’histoire est aussi le sportif le plus liké de Facebook avec plus de 65 millions de fans.
… Jennifer Lopez (28 millions de « J’aime »), qui se déplace jusqu’en Espagne rien que pour voir les matches et…
Facebook est devenu payant. Réglez votre souscription ici.
the red bulletin
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Bullevard
facebook a 10 ans
Le monde de Facebook
La lumière de l’amitié L’image fait penser à une photo satellite du globe. En réalité, il s’agit d’une représentation graphique du réseau Facebook. Les faisceaux de lumière marquent un lien entre deux utilisateurs, deux « amis ». Seules en sont dépourvues les régions désertiques comme le Sahara ou la Sibérie, et les pays où Facebook est banni comme la Chine.
Jeux vidéo
Attention, danger d’addiction ! Les jeux sur Facebook sont le nouveau Solitaire : des jeux virtuels pour ceux qui boudent les jeux sur PC.
Angry Bird hait ces trois jeux il y a 2 heures 1. Candy Crush Saga Objectif : aligner des bonbons colorés. Le premier shoot est gratuit mais il s’en suit une addiction immédiate. 100 millions de joueurs y sont accros ! 2. Pet Rescue Saga Là aussi, le risque de perdre le sens des réalités est grand. Il faut sauver d’adorables petites bêtes en juxtaposant habilement les cristaux colorés. 3. Dragon City Un jeu hybride entre FarmVille et Pokémon, où il est question d’élevage de dragons. Exceptionnellement, il ne faut rien mettre sur une ligne.
L’interface enjouée est trompeuse. Le temps est impitoyablement tué.
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342
c’est le nombre moyen d’amis des utilisateurs. Dans la vraie vie, la moyenne tombe à six.
Ann Dead a partagé une dernière publication il y a 3 heures
Situation : décédé
La mort en réseau press handout, shutterstock (2)
Dans cinquante ans, Facebook pourrait devenir le plus grand cimetière numérique au monde.
Ces morts toujours vivants Depuis le lancement de Facebook en février 2004, l’estimation du nombre d’utilisateurs morts varie entre 10 et 20 millions. Il est difficile cependant de faire la part entre ceux dont le compte a été désactivé et ceux qui hantent virtuellement le net. Une chose est sûre : en 2065 au plus tard, le nombre d’utilisateurs disparus aura dépassé celui des vivants.
the red bulletin
La machine à suicide La Web 2.0 Suicide Machine s’occupe de toutes les formalités concernant votre disparition des réseaux sociaux. Il vous suffit de fournir vos données d’accès d’utilisateur Twitter et/ou Facebook, le service se charge du reste. Un à un, il efface tous vos messages et contacts, bloque votre mur et met le p rofil en mode privé. Sans oublier la publication d’un message d’adieu. www.suicidemachine.org 12 commentaires
Sign Out Forever « Facebook a rendu la manip plus difficile à réaliser, mais nous y travaillons. »
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Bullevard
facebook a 10 ans O
Arbre de décision
Kainrath
= oui
N
= non
Publier ou pas ?
Mise en boîte
Une belle photo à partager sur la toile ? Attention, une fois postée, vous ne pourrez plus la retirer. Les (bonnes) questions à se poser.
Je peux t’offrir un verre ? En êtes-vous l’auteur ?
N
Arrêtez le voleur !
O
Y a-t-il des gens sur la photo ?
N
Êtes-vous sur la photo ?
O
N
Y a-t-il une femme ?
O Y voit-on un mignon petit chaton aux adorables yeux tout ronds ?
O Êtes-vous habillé(e) ?
O N
Êtes-vous à votre avantage ?
N
O
Êtes-vous seul(e) ?
Quel âge avez-vous !?
O
O
N
N
Surtout pas !
Est-elle nue ?
N
O
Est-ce votre épouse ?
O
N
Il est bien vivant
Voulez-vous qu’elle le reste ?
N
Êtes-vous susceptible de vous attirer les foudres des groupes suivants : féministes, pacifistes, environnementalistes, socialistes, capitalistes, lobbyistes, royalistes… ?
O
N
O
Peut-on dire que la publication ne respecte pas toutes les règles de bienséance ou de la légalité ?
N
N Peut-on remonter jusqu’à vous ?
O
Êtes-vous sobre (et non sous l’emprise de substances illicites) ?
O
N
O
Dans le doute, abstenezvous !
Pourriez-vous la retirer discrètement ?
O
N
Avez-vous publié ce post depuis votre lieu de travail ?
O dietmar kainrath
Êtes-vous sûr que cette image comporte un intérêt ?
N N
Non, impossible !
Publiez-la !
Quelqu’un vous a-t-il surpris ?
O Laissez tomber !
picturedesk.com
D’après des ragots sur Facebook et Twitter, Justin Bieber serait mort l’année dernière une cinquantaine de fois. Plus que toute autre star de la pop. La cause la plus récurrente est l’overdose, suivent le crash d’avion et l’accident de la route en Ferrari. Des hoax lancés le plus souvent par les anti- Bieber pour alarmer les plus fidèles fans du chanteur américain. Choqués, ces derniers propagent daredare la rumeur, sans même en vérifier la véracité.
O
N La photo est-elle quelconque ?
Justin Bieber
La toile est un monde hostile où la rumeur enfle à coup de clics.
Est-elle jolie ?
O
N
1 commentaire
Dietmar Kainrath « Les vrais amis offrent ce qu’ils ont de mieux. »
N
L’homme millénaire
« Les sexagénaires redeviendront des trentenaires » Aubrey de Grey, un scientifique anglais et enseignant à Cambridge, œuvre à l’infléchissement du vieillissement. Il dit d’ailleurs que le premier homme millénaire est déjà né.
the red bulletin : Avez-vous peur de la mort ? aubrey de grey : Je n’y pense pas. Comme tout le monde, j’aspire à vivre en bonne santé. Par contre, je veille à mettre les meilleures chances de survie de mon côté. Y a-t-il une différence entre vivre 80 et 800 ans ? Je ne pense pas. L’important est de se sentir bien et d’aimer ce que l’on fait. Pourquoi alors chercher à augmenter démesurément l’espérance de vie humaine ? Je cherche surtout un moyen de bannir la maladie de la vie de l’homme. Un monde où personne ne vieillit serait-il meilleur ? Sûrement, car les personnes âgées n’auraient plus à subir les douleurs de la maladie. À partir de quel âge cesserions-nous de vieillir ? Il ne s’agit pas de ralentir ou de stopper le vieillissement mais de l’inverser. Des sexagénaires rajeuniront et retrouveront l’état biologique qu’ils avaient à 30 ans. Si nous parvenions à vivre jusqu’à un âge extrêmement avancé, courrions-nous encore des risques ? Nous pourrions inventer des choses sûres mais qui nous paraîtraient dangereuses. Gérez-vous vous-mêmes vos comptes sur les réseaux sociaux ? Non, ma vie est bien trop courte pour cela. 1 commentaire
Alphaville “Forever young, I want to be forever young” youtube/t1TcDHrkQYg
lukas gansterer
« Il ne s’agit pas de r alentir ou de stopper le vieillissement, mais de l’inverser »
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Bullevard
facebook a 10 ans
BC One
Red Bull BC One
Bodybook L’élite mondiale du breakdance s’est retrouvée à Séoul pour élire son roi.
Ils tordent leurs corps jusqu’à en faire des sculptures contemporaines et bougent des muscles dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Ils se sont donné rendez-vous à Séoul, dans la capitale sud-coréenne, pour disputer la finale internationale du Red Bull BC One, le championnat du monde de breakdance. C’est Hong 10, le B-Boy, local qui s’est adjugé le titre grâce à des tricks incroyables. On a liké ! Air Freeze a partagé un statut il y a 3 mois facebook.com/redbullBCOne
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En réalité, il se peut que vos amis soient des machines.
Photographer
Editor
L’appli What-would-i-say permet de vous épargner l’effort de rédiger vos statuts. Elle les crée automatiquement pour vous. what-would-i-say.com
Bullevard
facebook a 10 ans
14 options
Ras le bol ! Marre de Facebook ? Pour rester en contact avec ses amis, les possibilités ne manquent pas.
ning.com Pour les allergiques à la pub. Un service payant qui nettoie votre écran des pubs, lesquelles connaissent mieux que vous vos habitudes de consommation. friendica.com, joindiaspora.com Pour ceux qui redoutent Big Brother. Ces deux sites sont décentralisés. Vos données sont enregistrées localement, sur votre ordinateur, et non sur un serveur. about.me Quand Facebook devient trop chronophage. Pas de chat, pas de statut ou toute autre pompe à énergie. À leur place, une page de profil qui se gère de manière autonome. app.net Pour les âmes de développeurs. C’est une messagerie instantanée avec un accès développeur pour personnaliser l’appli. Les réseaux sociaux y sont intégrables.
Fin 2013, la série de zombies la plus regardée au monde est entrée dans sa 4e saison. Ses chiffres.
51 épisodes 7 premiers rôles dans la saison 1 3 seulement sont encore en vie dans la série 5 300 000 Américains ont vu le pilote 16 100 000 Américains ont vu le 1er épisode de la saison 4 38 litres de sang artificiel sont utilisés par épisode 60 paires de lentilles de contact pour les figurants 121 c’est le nombre de numéros que compte la BD 126 pays diffusent la série 2 000 000 d’abonnés Twitter 21 000 000 de « J’aime » sur Facebook
« Si Facebook continue comme ça, il aura disparu dans quatre ans » Eric Jackson, fondateur d’Ironfire Capital Forbes.com, juin 2013
pheed.com Vos publications deviennent une source de revenus. Pour profiter de vos contenus (textes, photos, son et vidéos), un utilisateur doit s’acquitter d’un abonnement ou payer à la carte.
Pouce baissé
On ne like pas tout
eyeem.com Au cas où même Instagram vous serait trop pénible. Cette appli détecte vos centres d’intérêt et vous suggère les photos d’autres utilisateurs. En termes de passivité, on est au max. plus.google.com Si vous recherchez la paix. De loin le meilleur réseau social, personne n’y est. Du coup, votre tranquillité est assurée. appbetween.us Si vous êtes follement amoureux (se). Une appli pour échanger mots doux et photos via son portable. Un moyen de tenir le journal de votre histoire d’amour. nextdoor.com Si vous quittez rarement votre quartier. Le partage de vos infos se fait sur la foi d’un code postal, d’une adresse ou directement entre membres amis. patientslikeme.com Si vous êtes hypocondriaque, médecin ou les deux à la fois. Les patients et médecins y échangent des infos sur les maladies. Sert aussi à collecter des données pour des études et recherches. gunloverspassions.com Pour les célibataires amateurs d’armes à feu. Un site de rencontre doublé d’un réseau social pour les fous de la gâchette. L’assurance d’être touché en plein cœur !
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Stand: 21. 11. 2013
whatsapp.com Pour ceux pour qui Facebook est uniquement une messagerie instantanée. On s’y échange des textos mais ils ne sont pas décomptés de votre forfait.
Plus vivants que morts
La perfection n’existe pas, Facebook ne fait pas exception à la règle. Compil de la rédaction.
La marée d’invitations aux événements, à rejoindre une page ou un groupe. Les liens sponsorisés, sournois déclencheurs de disputes avec votre moitié, du type « Rencontres coquines ». À peine s’est-on habitué à une nouvelle version et un nouveau design qu’une version encore plus nouvelle est en ligne. Les messages marqués « Lu » dès qu’on les ouvre. Ça met la pression pour y répondre même si on n’en a pas envie. L’absence d’une icône « pouce baissé ». Il paraît que Facebook envisagerait la suppression du « pouce levé ». On est complètement contre. 1 commentaire
The Red Bulletin « On n’aime pas la rengaine : “Les insatisfaits peuvent toujours se désinscrire.” Encore faut-il savoir trouver le bon onglet ! »
the red bulletin
Geoffrey berkshire
snapchat.com Pour ceux qui ne veulent pas que leurs photos passent à la postérité. Dix secondes après avoir été vues, les photos publiées s’autodétruisent. Idéal pour agents secrets et autres paranoïaques.
The Walking Dead
Cinetext, Corbis (2), Universal Music, Getty Images, Getty Images
instagram.com Pour les adeptes du moindre effort, qui préfèrent saisir en photos les moments clés de leur vie. Comme leurs repas ou l’état de leurs abdos après une séance muscu.
Rihanna
Les stars du « J’aime »
Ce petit bout de femme est la plus admirée au monde. Difficile de ne pas adhérer.
Les artistes Rihanna et Eminem se sont longtemps disputé la 1re place. Avec 80 millions de « J’aime », la chanteuse est la personne la plus likée au monde. Chaque semaine, elle gagne en moyenne 200 000 nouveaux fans. Chester French est le 1er groupe à s’inscrire sur le réseau social bleu. En 2004, ce duo américain d’indé pop étudie à Havard et est ami avec Mark Zuckerberg. Un avantage qui n’a pas boosté leur nombre de likes, plafonnant à 60 000. Le statut le plus célèbre est l’œuvre de Lil Wayne. En 2011, il écrit : « Amis, likez ce statut. » En moins de 24 heures, 588 243 de ses fans s’exécutent. Seul Obama, avec son « 4 ans de plus » a fait mieux (4 millions en un jour). Avec 60 millions de likes, Michael Jackson est le mort le plus célèbre. En juillet 2009, un mois après sa disparition, il franchit la barre des 10 millions. Une première. Aujourd’hui, le King of Pop a même des pages de fans dédiées à ses plats favoris.
Une kyrielle de visages
Nr. 1 278 839 467 … et ce n’est pas près de s’arrêter
La photo a la beauté de l’univers, les couleurs en plus. Vous êtes l’une de ces taches de couleur. Une parmi plus de 1,2 milliard, le nombre d’utilisateurs Facebook à ce jour. Comment vous êtes-vous retrouvé(e) là ? De la même manière que vous êtes venu(e) au monde, sans vous en rendre compte.
Julian Broad/Farrell Music
www.thefacesoffacebook.com
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Ici, c’est vous Mais vous l’ignorez.
facebook a 10 ans
Bullevard
Là, c’est Robbie Williams Le 13 février, il célèbre ses 40 ans. Joyeux anniversaire ! Mais sans doute préfère-t-il le fêter avec un peu moins de monde.
Son numéro FB est le 5 441 929 106. Nous blaguons bien sûr. En réalité, il est le n°1 ; du moins, ses disques l’ont été neuf fois au Royaume-Uni. Son dernier album, Swing Both Ways est devenu le millième n° 1 du classement des meilleures ventes au Royaume-Uni. Découvrez votre numéro FB sur : findmyfacebookid.com
Bullevard
facebook a 10 ans
12 O’Clock Boys
Geoffrey berkshire
Une planche de salut Le réalisateur Lotfy Nathan a financé son premier film grâce aux médias sociaux et au financement participatif.
Féerique. Internet exauce (presque) tous les souhaits.
12 O’Clock Boys est disponible en VOD depuis le 31 janvier 2014
Ça n’arrête pas
le Sémaphore La version optique du télégraphe, très appréciée de Napoléon Bonaparte. En deux minutes, une lettre était envoyée à 270 km.
100 000 ans de médias sociaux Chaque époque est convaincue d’être au summum du progrès technique. Mêmes les hommes des cavernes devaient en être persuadés lorsqu’ils découvraient les joies de la peinture et de la gravure sur les parois de leurs grottes. Petite histoire de la communication… le Langage Nous ignorons quand l’homme a cessé de communiquer en émettant des grognements. En revanche, nous savons que l’homo sapiens utilisait une forme de langage.
Noah Rabinowitz/Courtesy of 12 O‘CLOCK BOYS (2), shutterstock (4)
Sur les médias sociaux, on met à jour son statut, on poste des selfies… bref, on fait beaucoup parler de soi. On peut aussi passer à la vitesse supérieure et réaliser les rêves qui nous sont chers. C’est le cas de Lotfy Nathan, un jeune réalisateur américain. Le financement de son premier film, 12 O’Clock Boys, un documentaire sur un ado de Baltimore qui rêve d’intégrer un gang de bikers afro-américains, a été réuni grâce à Kickstarter, un site de financement participatif. On appelle ça du crowdfunding. D’abord, 12 000 dollars en 2010 puis 30 000 l’an dernier. Il présente son documentaire au festival du film South By Southwest. Public et critiques adorent. Sur les réseaux sociaux, Nathan peut compter sur le soutien de célébrités comme T-Pain, Jermaine Dupri ou encore Henry Rollins. Pour les aspirants cinéastes prêts à tenter leur chance sur Kickstarter, Lotfy Nathan conseille : « Le plus important, c’est d’avoir une bande-annonce qui mette en valeur vos atouts. » D’autres surprises ne sont pas à exclure : « J’ai aussi rencontré ma copine grâce à Kickstarter. »
le Pony express Un an après son lancement, ce service postal est supprimé. Les raisons ? Trop lent et une trop faible marge de progression.
le Papyrus Léger et portatif, deux avantages auxquels le Vatican ne renoncera pas jusqu’au XIe siècle.
la peinture r upestre À l’âge de pierre, les représentations de buffles au charbon étaient un sommet artistique. En 2014, on considérerait ça comme des actes de vandalisme.
le téléphone « Le cheval ne mange pas de salade de concombre » est la 1re phrase prononcée à l’oreille d’un téléphone.
3 avril 1860 – 22 octobre 1861 Pony Express
1793 – env. 1850 Sémaphore 150 av. JC – 1890 Signaux de fumée
3000 av. JC – 1100 Papyrus 4 000 av. JC – 100 gravures sur tablettes d’argile 30 000 – 4 000 av. JC art rupestre 100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
10 000
8 000
6 000
4 000
2 000
100
200
300
400
avant l’année zéro
= 1 000 ans
22
500
600
700
800
900 1000 1100 1200 1300 1400 1500 1600 1700 1800 1900
0–1900
= 100 ans the red bulletin
Trouveur d’âme sœur
Tinder est une appli Facebook à la croissance exponentielle. Vraisemblablement la plus en vogue du moment. Elle liste les utilisateurs Facebook géographiquement proches et propose de les catégoriser en Hot or Not. Pour la 1re fois, les filles aussi sont juges. www.gotinder.com
Les données Facebook
Des chiffres !
Deutsches Museum, shutterstock (2), sony
dietmar kainrath
Facebook ne se réduit pas qu’à de simples données binaires. Le réseau social cache d’autres chiffres plus révélateurs.
727 000 000 d’utilisateurs actifs par jour.
94 025
est le code postal de Menlo Park, la localité qui héberge les locaux de Facebook. La rue qui encercle le complexe s’appelle « Hacker Way ». Il fallait oser !
Kainrath
est le nombre de visiteurs sur Facemash, le brouillon de Facebook. Une version du site Hot or Not créée par Zuckerberg et interdite peu après son lancement. Entre-temps, elle avait récolté 22 000 votes. Mark avait dû s’en expliquer devant l’administration de Harvard.
Où suis-je ?
119 % des Monégasques ont un compte Facebook contre 0,05 % des Chinois ! En pourcentage d’utilisateurs, Monaco est n° 1. Bonne dernière, la Chine. En nombre d’utilisateurs, les Chinois (60 millions) dépassent largement les Monégasques (30 000).
500
dollars est le montant de la prime dévolue à ceux qui parviennent à hacker Facebook.
Les pigeons voyageurs Héros des airs, du moins jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. À Lille, un mémorial est dédié à 20 000 guerriers roucoulants, tombés pour la France.
450
Le tube pneumatique À l’origine, il était uniquement destiné à l’envoi de messages. Aujourd’hui, les hôpitaux lui ont donné une nouvelle vie.
59/90/154
Le code couleur RVB de Facebook. Pourquoi le bleu ? Parce que Mark Zuckerberg ne distingue pas le rouge et le vert.
Le portable Le premier pesait 1,1 kg, 10 fois plus qu’un iPhone. Mais il était plus polyvalent : il servait de butée de porte, de casse-noisettes ou d’haltère.
dès juin 2011 Google+ dès nov. 2010 diaspora dès mars 2006 twitter dès février 2004 facebook
twitter Depuis 2006, la concision est de mise. Un tweet, c’est seulement, 140 signes.
juillet 2003 – juin 2013 myspace dès juin 2003 second life 2002 – juin 2011 friendster dès 1973 téléphone portable dès 1964 fax de Xerox dès 1962 Paging dès 1861 téléphone fixe
Second Life Plus de 36 millions d’avatars répertoriés. Environ 1 million seulement est actif.
1853 – 1965 Tube pneumatique 1847 – 2005 Télégramme dès 1837 télégraphe de morse dès 1605 presse écrite 400 av. JC – 1980 Héliographe 2000 av. JC – 1945 Pigeons voyageurs dès 2400 av. JC missive
« Le cheval ne mange pas de salade de concombre » dès 100 000 av. JC langage humain 1900–1910
1910–1920
1920–1930
1930–1940
1940–1950
1950–1960
1960–1970
1970–1980
1980–1990
1990–2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
1900–2000
= 10 ans the red bulletin
Héliographe La communication par signaux lumineux. John Rambo et les talibans durant la guerre d’Afghanistan en sont les derniers utilisateurs connus.
2000–aujourd’hui
= 1 an
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L’alaska, hautlieu du surf ? En Alaska, un groupe de surfeurs se régale en frissons polaires, malgré un hiver long de huit mois et vingt heures d’obscurité par jour. Le photographe Scott Dickerson vous emmène à Homer, une ville côtière du sud, au cœur de ces déferlantes verglacées. Texte : Ann Donahue Photos : Scott Dickerson
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« Nous vivons à Homer, une petite ville d’un peu plus de 5 000 habitants sur le territoire le plus au nord des États-Unis. Paradoxalement, le grand froid y est rare. Il nous arrive de surfer par 0 °Fahrenheit (approximativement – 17,8 °Celsius, ndlr). En deçà, on laisse les planches au sec, les conditions climatiques sont trop extrêmes pour nous. La glisse étant avant tout un plaisir, si le fun n’est pas au rendez-vous, on rentre. On ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, ça n’a rien d’un défi pour gros bras. »
« Kyle Kornelis (ci-contre, à gauche) à Homer. C’était lors d’un hiver particulièrement rude. Regardez la grève gelée, et Kyle, ce colosse d’Alaska, le pied fièrement posé sur cette marche improvisée... J’adore cette photo. La mer monte et se retire deux fois par jour, laissant la glace s’avancer loin dedans. À marée basse, la plage exposée gèle totalement, avant que la marée haute ne vienne recouvrir l’immense banc de glace. Sur la photo du haut, c’est moi lors d’une excursion avec une agence d’héliski. Ce jour-là, nous n’avions pas pu skier en raison des mauvaises conditions extérieures. Alors j’ai sorti le matériel de surf et l’hélico nous a déposés sur la plage, les clients les plus aventuriers dans l’âme et moi-même. On a surfé, ils ont adoré. Je les ai convertis aux joies du surf en Alaska ! »
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Home
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« Nous sommes équipés de combinaisons à cagoule de 6,5 mm d’épaisseur, de gants et de chaussons de 7 mm. C’est ce qu’il y a de mieux contre le froid. Nous surfons toutes les vagues, celles-ci font entre 50 cm et 3 mètres de haut. Les vagues se forment à environ 70 miles (environ 112 km, ndlr) du rivage, il faut un vent extrêmement fort pour bénéficier d’une bonne houle. »
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« Lui, c’est Don "Iceman” McNamara, le premier à avoir surfé sous cette latitude, dès 1984 »
« Nous amenons ici beaucoup de gens qui ont surfé dans le monde entier. À chaque fois, la nature sauvage les sidère. C’est une sensation inexplicable. Sur l’eau, tout prend une dimension hors norme : c’est comme si on se fondait dans le paysage. »
« Les aléas pour surfer sont les mêmes qu’ailleurs : on peut surfer cinq jours sur une semaine et ne plus voir une seule vague potable pendant un mois. Il est impossible de prévoir. Notre journée est rythmée par le surf. Dès que les vagues réapparaissent, on cesse ce qu’on est en train de faire pour aller surfer. »
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« Je ne saurais pas expliquer ma p assion pour le surf. Quand j’ai commencé, je n’avais jamais vu quelqu’un surfer »
« Les vagues ne sont pas bonnes mais on va quand même à l’eau, on est venus pour ça. C’est formidable de se retrouver dans un endroit si fabuleux… Tout le monde imagine qu’en Alaska on est frigorifiés, mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Quand je sors de l’eau, j’ai chaud et je me dépêche de retirer ma combinaison. »
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« Je suis attiré par l’eau, je suis programmé pour aimer surfer. C’est inné »
« Ce qui caractérise le surf en Alaska, c’est l’isolement. Un no man’s land où vous surfez seul avec votre pote. Du coup, quand vous vous retrouvez dans des e ndroits où le surf est populaire, c’est le choc. Vous allez à la plage et vous avez cinquante personnes dans l’eau. »
« Si après une séance, on a froid, on remplit notre combinaison d’eau chaude du robinet et on s’allonge. C’est notre bain à nous. Le corps flotte dans une agréable sensation de chaleur. Mais au bout de trente secondes au contact de la neige, on éprouve le besoin de renouveler l’eau. »
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« Ian Walsh a fait quelques sorties et il a adoré »
« Ian Walsh (un surfeur pro d’Hawaii, ndlr) est venu avec John et Eric Jackson (deux snowboardeurs, ndlr) tourner Brothers on the Run. Nous les avons embarqués à bord du MV Milo, un bateau de 58 pieds. Notre mission : explorer le littoral pour découvrir des vagues, défier les éléments et vaincre les tempêtes. »
« Là, c’est à Homer, au m ilieu d’une tempête de neige. en général, nous surfons dans des spots accessibles en voiture »
« Assise au sol, c’est Kristi Wickstrom avec son chien, à Homer sous la tempête de neige. Le gars debout, c’est John Langham, un quinquagénaire. C’est inouï le nombre de personnes d’un certain âge qui viennent surfer ici. »
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« La tempête fait rage à Homer. Alors on file dans le golfe de Cook à 40 minutes de voiture. La tempête est si forte que les murs des vagues atteignent jusqu’à 3 mètres de haut. La plage, elle, est couverte d’énormes blocs de glace larges de 3 mètres. Sur la photo, on voit Mike McCune décharger le pick-up. Iceman vit à Homer. Sa maison est située sur le spot de surf. À l’extérieur, il y a un robinet d’eau chaude sur lequel on se jette pour remplir nos combinaisons d’eau chaude. » Plus sur www.scottdickerson.com
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Guillaume Sorge
Un studio, des talents Guillaume Sorge, journaliste musical, fondateur de label et dénicheur de talents, a l’œil. L’ouïe fine aussi. Ce Parisien a pris possession du studio d’enregistrement estampillé Red Bull, le 9e du nom, situé au cœur de Paris.
Souvent pressé, Guillaume Sorge, 38 ans, est de ceux qui n’ont pas besoin de forcer sur les cordes vocales pour qu’on les écoute. Depuis septembre, cet amoureux du bon son murmure à l’oreille des artistes (entre autres, Pedro Winter, Chloe, Black Strobe, Jennifer Cardini, JC Satan, Bertrand Burgalat) qui se succèdent au Red Bull Studio de la rue du Mail, dans le IIe arrondissement de Paris. Avec délicatesse et recul. C’est que Mr Sorge a roulé sa bosse : Canal+, Trax, Les Inrocks, Uovo Magazine… Il débarque dans le monde de Red Bull en 2009 par le biais de 12Mail, la galerie d’art installée dans la même rue : « Une pure coïncidence ! Monter ce type de projet dans le milieu galeriste, très codifié et que je connaissais assez peu, m’amusait… » Aujourd’hui, Guillaume Sorge peut être fier d’assurer la direction artistique d’un lieu qui a fait découvrir des musiciens aussi divers que Sophie Bramly, Angelo Di Marco ou, très récemment l’illustrateur Sanghon Kim.
i ngénieur du son chevronné, Thibault Javoy, qui a notamment travaillé avec Keren Ann et Iggy Pop. De quelle manière Red Bull accompagne-t-il les artistes ? En fonction de leur projet, nous déterminons ensemble le temps dont ils ont besoin. Tout le matériel audio, vintage ou dernier cri est à leur disposition : console de mix SSL, synthés dont un Fender Rhodes (utilisé notamment par Roy Ayers, ndlr) et un Moog, amplis à lampe, compresseurs… Comment profiter de ces installations ? Il suffit d’aller sur notre site, dans l’onglet
the red bulletin : Après Los Angeles, Londres, Madrid ou Le Cap, pourquoi un Red Bull Studio à Paris ? guillaume sorge : L’idée est simple : offrir un outil de qualité à des labels qui ont du talent mais pas forcément les moyens de se payer un studio professionnel. Faire de la musique dans de bonnes conditions coûte cher et n’est pas forcément à la portée de labels indépendants qui travaillent souvent dans une logique de do it yourself. Beaucoup d’entre eux bossent chez eux, sur des ordinateurs et n’ont pas toujours accès à des consoles de mix, avec des micros professionnels, etc. Le studio met à leur disposition un
contact. Ensuite, on discute du projet, du temps nécessaire. Bon, il y a une petite liste d’attente, nous sommes quasi complets jusqu’au printemps… Red Bull mise beaucoup sur la musique… Ce studio est un prolongement naturel de la Red Bull Music Academy (RBMA), qui supporte la création musicale depuis déjà quinze ans. C’est une antenne française qui peut à la fois relayer le travail de la RBMA, mais aussi développer des projets spécifiques tels que des rencontres entre artistes d’horizons différents, des collaborations avec les festivals, des ateliers… L’idée, c’est aussi que ce studio ne soit pas
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« Il n’y a pas de limites : on va faire de la world, de la chanson française ou des musiques expérimentales. »
franco-français. Nous avons déjà accueilli la Franco-Libanaise Yasmine Hamdan, le musicien chilien Matias Aguayo ou des pointures étrangères comme Boys Noize (de Berlin, ndlr) qui a partagé les platines du studio avec Laurent Garnier. Musicalement non plus, il n’y a pas de limites : on va faire de la world, de la chanson française ou des musiques plus expérimentales. Comment monter un studio en si peu de temps ? Les équipes ont travaillé avec la RBMA sur le choix du matériel. Il est assez pointu. Comme il est vintage, il a été acheté au coup par coup, ce qui peut prendre pas mal de temps. Une des meilleures sociétés d’acoustique, Northward, est également venue apporter sa touche. Ils montent des studios dans le monde entier et travaillent actuellement pour Skrillex, pour qui ils installent six studios à Los Angeles. à terme, quel est l’objectif avoué ? Être crédible. La crédibilité, ce n’est pas un truc qui s’achète avec un chèque, c’est une question d’intégrité, de choix artistiques, de support (pas uniquement financier !) sur la longueur vis-à-vis des labels, des groupes, des festivals. Ce studio est un outil fabuleux, il faut qu’on arrive à s’amuser avec, en utilisant de la façon la plus pertinente qui soit les moyens mis à disposition et la totale liberté de programmation dont je bénéficie. Avez-vous des activités parallèles ? Je codirige avec Clovis Goux un label, Dirty, qui est une sorte de hobby de luxe pour nous. Sans gagner d’argent, c’est une façon d’être fidèles à nos rêves d’ados, d’essayer de rendre modestement à la musique tout le plaisir qu’elle nous a donné. Plus sur www.redbullstudios.com/paris the red bulletin
Élodie Daguin
Texte : Christophe Couvrat
« Mon 1er coup de foudre musical ? Les Sex Pistols, Metallica et Public Enemy. La pop de Manchester m’a amené aux raves et à la techno. »
Blitz Kids
Rien à perdre
Les quatre gamins anglais ne dépriment plus et nous parlent de ce qui les rend heureux : les concerts où l’on sue, la bière et l’amitié. Texte : Ruth Morgan Photo : Phil Sharp
Une année de tournée en Angleterre, une signature chez Red Bull Records et des festivals en série… Blitz Kids, c’est Joe James, Jono Yates, Nic Montgomery et Matt Freer. Ils maintiennent le cap en 2014 avec la sortie de leur nouvel album, Good Youth. Les Anglais du Cheshire gardent le sens des priorités : anagrammes ratées, tatouages maison et virée matinale… the red bulletin : Avez-vous toujours su que vous alliez avoir du succès ? joe james : Nous avons toujours voulu en arriver là où nous en sommes aujourd’hui, sans réaliser que cela était effectivement en train de se produire. Ce que nous faisons, nous le faisons pour le plaisir, depuis le départ. Puis il a fallu se décider : trouver un véritable emploi ou bien persévérer. Jono et moi sommes sortis un soir et je me suis dit : « À partir de maintenant, je me jure de ne plus trimer pour autre chose que pour la musique. » J’ai donc démissionné de mon boulot au pub, c’était il y a trois ans. Et je n’ai pas retravaillé un seul jour de ma vie depuis. jono yates : Il a fait la manche, il a volé... Bref, un vrai boulet pour la société. jj : Le pire cauchemar du contribuable, c’est moi ! Pourquoi ce nom, Blitz Kids ? jj : Nous avons repris le nom du gang de mon grand-père quand il était enfant à Londres. Au cours du Biltz, ses copains et lui se faufilaient partout, jouaient au ballon et faisaient des graffitis alors qu’ils étaient supposés être dans un abri. C’est l’attitude punk cool par excellence, à notre image. C’est comme ça que nous vivons, de manière totalement désinvolte. jy : C’est aussi l’anagramme de Zinédine Zidane. jj : N’importe quoi. 40
Vous jouez ensemble depuis vos 15 ans. Comment votre son a-t-il évolué ? jj : Au début, notre musique était plus massive. Nous étions jeunes et rebelles. jy : Maintenant, c’est du rock populaire. jj : On nous classe aussi dans la catégorie pop-punk, c’est un mot bizarre. jy : Ouais, ça ne veut rien dire pop-punk. C’est comme dire un steak végétalien. jj : On nous donne des tas de qualificatifs, mais nous au fond, ce qu’on aime, c’est la pop ! Vous repartez du concert en sueur, fatigué, bourré et heureux. Même si ce sont les autres qui vous ont fait bouger. nic montgomery : Un bon vendredi soir pour moi, c’est ça !
« Le pire cauchemar du contribuable, c’est moi ! » À quoi doit-on s’attendre avec votre nouvel album The Good Youth ? nm : À du mieux. jj : Ça détonne par rapport à ce que nous faisions avant. Délivrer un message n’a jamais été primordial, mes textes étaient toujours très sombres et on avait du mal à s’identifier. Le nouvel album est plus optimiste. J’ai essayé d’inspirer les gens, de les rendre heureux. Il existe bien assez de raisons d’être triste, non ? Le titre s’adresse aux jeunes, il leur dit quelque chose qu’ils n’entendent presque jamais : exercer un travail qui vous plaît, c’est possible ! Avez-vous rejeté beaucoup de chansons pour cet album ? jy : Nous écoutions la radio en permanence pendant la production de l’album et certains titres ont été retirés car ils auraient pu être écrits par Ed Sheeran ou
One Direction. jj : Une des chansons de l’album, Pinnacle, est très inspirée de Take That. On adore ces mecs. Ils sont géniaux. Avez-vous commencé à vous tatouer avant ou après la formation du groupe ? jj : Le groupe est venu avant. On ne nous avait pas clairement expliqué le rôle ni l’importance des tatouages. Une fois qu’on se lance… on perd vite le contrôle. jy : Je me suis fait tatouer « Never Die », notre dernier single et « To The Lions », le premier titre du nouvel album enregistré aux Red Bull Studios. Un de mes plus grands tatouages est celui d’Omar Little dans The Wire. nm : Joe m’a tatoué « Blitz Kids » sur la jambe. Ce n’est pas une réussite… Avez-vous le style de vie rock’n’roll qui va avec les tatouages ? jj : On est de grands buveurs de bière. jy : On en boit trop. jj : On nous appelle « le groupe ivre ». jy : Nous partons voir le concert d’un pote puis nous nous retrouvons à nous balader à pied autour de Westminster à 6 heures du matin à la recherche de Big Ben… Quel est le secret d’une longue amitié ? jy : Un choix judicieux. On est tous sur la même longueur d’onde et on adore la musique. Le football aussi. Sauf Nic. nm : J’ai appris à ne plus y faire attention. Je suis très zen. jj : On se connaît depuis si longtemps que chacun a son rôle, comme les Spice Girls. Je suis l’autoritaire. Ça marche, c’est tout. On ne tourne pas autour du pot. On se lève et on dit : « Salut, qui veut une bière? » jy : Le cœur du groupe, c’est l’alcool ! matt freer : C’est ce qui nous rassemble. jy : (en riant)… et ce qui nous sépare ! nm : Qui a soif ? L’album Good Youth sort le 20 janvier. Plus sur redbullrecords.com the red bulletin
Le groupe Joe James – chant Jono Yates – guitare Nic Montgomery – basse Matt Freer – batterie Discographie The Good Youth (2014) Never Die (2012) Never Die (EP, 2012) Vagrants & Vagabonds (2011) Scavengers (EP, 2010) Decisions (EP, 2009) Une affaire de nom The Blitz Kids était le nom d’origine du mouvement New Romantic. « On s’en est rendu compte après avoir choisi le nom du groupe explique Yates. Nous l’avons annoncé et tapé dans Google, et puis nous nous sommes dit : “Mais attends, qui sont tous ces gens ?” Il n’y a bien évidemment aucun rapport avec nous. »
moteur ! L’acteur australien de 45 ans vit à l’écart de l’agitation médiatique. Mais jamais loin de son fétiche coupé Ford auquel il a consacré un documentaire en 2009. Interview turbo avec Eric Bana. t e x t e : R o ber t Ti g h e
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p h o t o s : Gr a h a m S h e a rer
E Hommage. Dingue de son coupé Ford Falcon XB, Bana lui consacre en 2009 le documentaire Love the beast.
ric Bana a installé ses bureaux dans une ancienne chocolaterie de Melbourne. Un bâtiment où l’on trouve aussi le siège d’une marque mondiale de skateboards, un salon de coiffure et un café à la mode. Récemment élue ville la plus agréable à vivre au monde pour la 3e fois d’affilée, Melbourne reste la métropole branchée de l’île-continent. Eric Bana grandit dans la banlieue. À 20 ans passés, l’Australien enchaîne les petits boulots avant de s’essayer au stand-up. Ce qui lui permet d’obtenir son propre show à la télé dans les années 90 et même de faire ses débuts au cinéma dans une comédie à petit budget, The Castle. Son rôle suivant dans Chopper, un serial killer devenu l’ennemi public n° 1 en Australie, change sa vie. Son inter-
prétation lui vaut d’être appelé à jouer dans La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott. Depuis, à 45 ans, ce père de famille – il a deux enfants – a déjà tourné dans des blockbusters comme Troy, Hulk et Star Trek et endossé des rôles dramatiques dans Munich, Hors du temps et Hanna. Sa carrière d’acteur l’amène à voyager et à tourner dans le monde entier. Pourtant, l’Aussie pure souche n’a jamais imaginé vivre ailleurs que sur sa terre natale. Accroché à ses racines, il est en est fier. Il est un indécrottable supporter des Saints, l’équipe d’Australian rules de Saint-Kilda, un quartier de Melbourne. C’est là qu’en 2009, il réalise le documentaire Love The Beast sur une autre passion de sa vie, un coupé Ford XB Falcon de 1974 acheté quand il avait 15 ans. Bana y décrit le garage de son père, où il bricole sa voiture, comme « son havre de paix, son refuge pour fuir le monde ». Son bureau, un loft spacieux partagé avec un ami producteurréalisateur, semble tenir un rôle similaire dans sa vie actuelle. Hors tournage, Bana y passe quatre jours par semaine pour faire marcher sa maison de production, Pick Up Truck Pictures, une petite affaire qui tourne juste avec lui et son assistante. Et un jour par semaine, il s’échappe dans les collines pour se régénérer. « Le secret de la réussite, c’est d’avoir du temps à soi, avoue cet amateur de grands espaces. Je saute sur une moto ou dans une voiture, et je vais rouler dans la campagne pour me vider la tête. Je suis conscient de ma chance, je peux faire ce que je veux, d’autant que je me dis que tout peut s’écrouler en une seconde. » the red bulletin : Une critique du film Hanna disait que vous aviez rarement la part belle dans les films. Du genre, « Bana a toujours le rôle du type qui ne sort pas avec l’héroïne, rate sa mission, ne sauve pas la planète et se fait tuer à la fin ». Ça vous frustre ? eric bana : C’est un peu dur et pas vraiment exact. Il suffit de regarder mes films. Ok, je meurs dans Troy, Star Trek, Hanna et Cold Blood. Dans Hors du temps, je meurs et je reviens en quelque sorte. Mais dans The Castle, Chopper, La Chute du Faucon Noir, Romulus My Father, Funny People, je reste bien vivant. Je ne disparais pas non plus dans Deux sœurs pour un roi et, mieux, je ne sors pas avec une fille mais deux : Natalie (Portman, ndlr) et Scarlett (Johansson, ndlr). Tout compte fait, le tableau n’est pas si noir, non ? Votre prochain film, Du sang et des larmes, raconte l’histoire vraie de l’opération Red Wing qui s’est soldée par la capture manquée d’Ahmad Shah, un
« Le secret de la réussite, c’est d’avoir du temps à soi. Je vais rouler dans la campagne pour me vider la tête »
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leader des talibans en Afghanistan par un commando des SEALS, l’élite de la marine américaine. Pourquoi avoir accepté ce rôle ? J’ai lu deux fois le livre (Lone Survivor, écrit par Marcus Luttrell, unique survivant du commando de quatre soldats qui mena l’opération en juin 2005, ndlr) et depuis La Chute du Faucon Noir, j’ai une affection particulière pour les gars des Forces spéciales. Quand Peter Berg, le réalisateur, m’a appelé et m’a demandé si j’étais intéressé, j’ai dit oui tout de suite. Pouvoir raconter une histoire comme celle de Marcus est une occasion rare. À leur sortie, les films de guerre comme Zero Dark Thirty et Démineurs (réalisés par Kathryn Bigelow, ndlr) ont suscité beaucoup de controverses. Vous attendez-vous à ce que Du sang et des larmes connaisse le même sort ? Je n’aime pas la polémique autour de certains films. Certains les utilisent comme prétexte pour débattre de je-ne-sais-quoi. Lors de la sortie de La Chute du Faucon Noir, on me demandait mon avis sur les attentats du 11 septembre et sur George Bush. Je rétorquais : «Mais, de quoi parlez-vous ?» Les médias et le public devraient s’en tenir au film et à l’histoire. Pour moi, Lone Survivor est un incroyable récit de survie. À la lecture de ce livre, on se dit qu’on est tous capables de bien plus que ce que l’on croit. J’espère que les spectateurs retiendront cette idée, au lieu d’argumenter si les SEALS auraient dû ou non tuer les bergers montagnards qui les ont dénoncés. Sur le web, le débat a déjà démarré avant la sortie du film, au sujet des libertés prises avec le récit original. Tout un chacun peut aller frapper à la porte de Marcus Luttrell et en discuter avec lui. Marcus et des membres des SEALS étaient présents sur le tournage. Je sais que les producteurs ont fait le maximum pour rester fidèles à la réalité. Du sang et des larmes est-il un film important pour vous, sachant que votre dernière présence dans une super production remonte à 2009 avec Star Trek ?
« Au moment de l’accident, je me suis dit : "Dieu merci, on prend l’arbre de face !" C’est un miracle d’en être sorti vivant » 46
Les gros films n’ont pas l’impact que l’on imagine. Courir après les blockbusters peut s’avérer néfaste pour une carrière, surtout si votre prestation est ratée. Je recherche avant tout des rôles qui mettent en valeur mon jeu d’acteur. C’est ça qui permet de durer. Travailler et participer à des projets intéressants, c’est là tout ce qui me motive. On m’envoie encore des rôles très gratifiants et j’en refuse certains que d’autres rêveraient d’incarner. Vous n’avez plus joué dans une comédie depuis The Castle, votre 1er film. Est-ce par choix ? J’évite délibérément les comédies, oui. Ce n’est pas difficile parce qu’à Hollywood personne ne sait que j’ai fait du stand-up. Je reste ouvert à tout, si un rôle super se présente, je réfléchirai. Mais on me propose surtout des rôles dramatiques. Comme dans Beware the night ? Je viens d’en terminer le tournage à New York. Le film ne sortira pas avant fin 2014, début 2015 mais j’ai hâte. Scott Derrickson a déjà réalisé L’Exorcisme
Addict. L’acteur a participé aux 12 heures de Bathurst (à l’ouest de Sydney), au rallye Targa en Tasmanie et au championnat d’Australie Porsche GT.
d’Emily Rose, et Sinister sait utiliser les ressorts du film d’horreur, mais l’histoire est centrée sur les personnages. On est loin de Massacre à la tronçonneuse ! J’y joue Ralph Sarchie, un flic qui enquête sur des cas de possession démoniaque et d’exorcisme. C’est un personnage toujours sur le fil du rasoir, j’ai pris beaucoup de plaisir à l’interpréter. Est-ce qu’il devient plus difficile de trouver de bons rôles et de bons films ? Surtout ces cinq dernières années parce que tout prend de l’ampleur. Les blockbusters, les budgets… Les projets les plus intéressants ont davantage de mal à exister, les financements manquent. Les derniers films que j’ai tournés ne sont pas de ceux qui attirent la foule à leur sortie. En tant qu’acteur, ça vous prend la tête parce que forcément on se demande si les choix que l’on a faits étaient les bons. Personne n’a la réponse. Une chose est sûre : voir plus grand ne donne pas toujours un meilleur film. La baisse de la qualité des films vous touche-t-elle ? Je me sens concerné dans la mesure où même s’il n’y avait pas de nivellement par le bas et si les blockbusters étaient plus intelligents, rien ne serait parfait. Il reste tant de petits projets qui ne voient pas le jour parce qu’il est de plus en plus compliqué de produire ce type de films. Faites-vous référence à vos propres projets ? J’aimerais réaliser un autre film mais il faudrait que je me bouge pour dénicher la bonne histoire à raconter. Ça viendra en temps voulu et il y a plus de chance que ce soit une fiction qu’un documentaire. Ce serait un vrai bonheur de diriger une équipe sur un plateau et de me mettre en danger derrière la caméra. Vous faites allusion à Love the Beast, le documentaire sur votre coupé Ford Falcon sorti en 2009. Depuis, votre relation à cette voiture a-t-elle évolué ? J’espère bien, sinon il y aurait de quoi s’inquiéter. J’avais 15 ans quand je l’ai achetée. Il m’arrive de la laisser sous sa bâche pendant toute une année, et à d’autres périodes, je m’en sers tous les jours. Bien sûr, je l’ai maudite quand elle était en pièces détachées mais je vis de si bons moments avec elle. Je ne veux pas passer pour un beauf mais une voiture procure beaucoup de joie aux gens. Ça leur donne la banane. Quel souvenir gardez-vous de votre accident lors du rallye Targa en Tasmanie qui figure dans Love the Beast ? Au moment de l’impact, je me souviens de m’être dit : « Dieu merci, on prend l’arbre de face ! » Le pire aurait été de le prendre
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Ado. Eric Bana a acheté sa Falcon quand il avait 15 ans. Depuis, il la chérit.
de côté, la voiture se serait encastrée dans l’arbre. C’est un miracle d’être sorti vivant de cet accident. Votre voiture a moins supporté le choc. A-t-il fallu la refaire entièrement ? Elle a disparu du paysage un bon bout de temps mais elle est revenue encore plus belle. D’ailleurs, je ne l’inscris plus dans les courses, j’ai passé trop d’heures à la retaper. Que trouve-t-on d’autre dans votre garage ? J’ai une Yamaha 450 de motocross pour rouler dans le bush. Je possède aussi une BMW 1200 GS, une Ducati 851 SP3, une Ducati Monster et une Ducati 748 RS de course que j’utilise uniquement sur circuit. J’ai également une Porsche Pre-A Speedster de 1955, mon plus gros investissement pour une voiture. Je l’ai achetée il y a 11 ans, elle doit valoir le double aujourd’hui. Quelle est votre définition du succès, à part permettre d’assouvir votre passion pour les sports mécaniques ? C’est la liberté de lever le pied dès que je le souhaite. Au début de ma carrière, j’ai compris que je pouvais soit me mettre au service de mon métier en travaillant quasiment sans arrêt, soit mettre mon métier à mon service. Si je n’avais ni femme ni enfants, je verrais les choses différemment mais lorsque le succès est arrivé, j’étais déjà marié et père. La célébrité vous a-t-elle changé ? J’ai commencé à faire du cinéma à 22 ans, j’en ai aujourd’hui 45, alors évidemment j’ai changé. J’espère être devenu une meilleure personne. La clé, c’est de se garder des moments pour soi, en dehors du travail, afin de préserver son équilibre. J’aime ma vie mais je l’aimais aussi il y a 20 ans quand je remplissais les étagères d’un supermarché et faisais du stand-up. Steven Spielberg a dit de vous : « Il ne perd jamais de vue ses priorités. Si sa carrière s’arrêtait, ça ne l’empêcherait pas d’être heureux. » A-t-il raison ? C’est un beau compliment pourtant, je crois que ça me manquerait. Mais c’est vrai : je suis un père de famille comblé, j’adore vivre à Melbourne et avoir du temps pour faire ce que j’aime. Que vous réserve 2014 ? En ce moment, je lis des scénarios mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire et c’est excitant. Sur un tournage, je me demande rarement quel sera mon prochain film. Je préfère l’éviter pour mieux me concentrer, sinon, cela voudrait dire que je m’inquiète pour la suite. Vous avez pour principe de ne pas enchaîner les films… C’est ma façon de fonctionner, sans quoi the red bulletin
mon équilibre serait tout le temps remis en question. Je pourrais tourner plus mais cela impliquerait d’être dans des films que je n’aime pas. Les bons films sont rares. Combien y en a-t-il chaque année ? Ils se comptent sur les doigts d’une main, et il faut beaucoup de chance pour tomber sur l’un d’eux. C’est déjà bien quand vous faites un film moyen tous les cinq ans. Avez-vous dû renoncer à un rôle parce que vous vivez à Melbourne ?
« Je pourrais tourner plus mais cela impliquerait d’être dans des films que je n’aime pas. C’est déjà bien quand de faire un film moyen tous les cinq ans »
Vivre à Melbourne n’a aucune incidence sur ma carrière. En revanche, ici, je peux plus facilement me cacher. Vous n’êtes jamais la cible des paparazzi ? Je ne les intéresse pas, on ne fréquente pas les mêmes endroits. Les paparazzi aiment le glamour. Du coup, si vous restez à l’écart des lieux branchés, ils vous laissent tranquilles. Comment vivez-vous les périodes de promo ? C’est nouveau pour moi. Si j’y participe, cela me prend une semaine dans l’année. C’est étrange et flatteur à la fois. Mais bon, ce n’est pas fréquent, j’y survis. Que choisiriez-vous entre les sports mécaniques et le métier d’acteur ? Waooouuh… C’est pas cool, cette question (rires). Je ne suis pas dupe, je sais que mon métier d’acteur me permet de profiter de mes passe-temps mais je ne pourrais jamais renoncer à ma passion pour les voitures et les motos. Ce serait un scénario catastrophe ! www.twitter.com/EricBana67
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de L’A m é r i c a i n J e r e m y J o n es a b o u le v e r s é la p r ati q u e d u fr e e r i d e . A uj o u r d ’ h u i , à 3 8 a n s , i l pa s s e à l’ o ffe n s i v e p o u r m e n e r la lut te c o ntr e le r éc h a u ffe m e nt c li m ati q u e . Te x t e : M e g a n M i c h e l s o n
Mais lorsque Jeremy Jones voit une photo du sommet – une crête tranchante et angulaire flanquée d’une multitude d’arêtes abruptes et enneigées – il sait que c’est le bon. L’été dernier, il cherchait sa prochaine mission lointaine : une montagne à gravir par ses propres moyens pour son nouveau film de snowboard, Higher, qui sortira sur les écrans à l’automne. Mi-juillet, l’un de ses cameramen, Chris Figenshau, lui envoie par SMS la photo d’un sommet népalais sans nom, extraite d’un livre sur la culture himalayenne. Jones lui répond simplement : « Nom de Dieu ! On s’appelle demain. » Après avoir réalisé en ligne d’importantes recherches et parlé à des alpinistes ayant passé du temps dans la région, Jones et Figenshau rassemblent les détails. Le sommet, qui s’élève dans l’ombre de la célèbre voie d’escalade d’Ama Dablam, fait face au nord et culmine à quelque 6 400 mètres. L’automne est leur meilleure chance d’avoir de la neige décente sur sa face : l’équipe dispose donc de seulement deux mois pour planifier un voyage complexe. En septembre, Jones, Figenshau, deux autres cameramen, un photographe et un autre snowboardeur s’envolent pour Katmandou où ils prennent un petit avion à hélices pour rejoindre Lukla, le point de départ de leur trek jusqu’au camp de base de l’Everest. Ils marchent pendant douze jours pour atteindre la limite des neiges éternelles. Ils installent leur camp de base à 4 968 mètres et commencent à s’orienter après avoir entrevu pour la première fois leur objectif. « C’est l’une des montagnes les plus magnifiques que j’aie jamais vues », raconte Jones. Les cinq semaines suivantes, ils essayent d’escalader et de surfer le sommet sans nom. Mais après plus d’un mois, Jones parvient enfin à la cime, surplombant les plus hautes montagnes du monde. Le voyage jusqu’à 52
ce point, pensait-il, est sa plus belle récompense. Puis il monte sur sa planche et s’élance de la crête, descendant dans l’inconnu. -----Une semaine plus tard, on retrouve Jones en bras de chemise dans une salle de conférence surchauffée à San Francisco. Il est convié à prendre la parole à une table ronde de l’événement Mountain Meltdown, animé par Climate One, une entreprise californienne qui invite des experts, pour la plupart innovateurs, à discuter du changement climatique et du futur de la planète. À 38 ans, Jones a le look ébouriffé d’un type qui vient de sortir de sa tente. Il ne semble pas à sa place, aux côtés d’un écrivain new-yorkais à l’allure soignée et d’un scientifique à lunettes, tous deux défenseurs du changement climatique. Et pourtant, si. Ces dernières années, Jones, sacré dix fois Rider Big Mountain de l’année par Snowboarder Magazine, est devenu dans son sport l’avocat le plus déterminé du changement climatique. Sa logique est très simple : pour continuer à faire du snowboard toute sa vie, il faut trouver un moyen de sauver l’hiver. « J’ai grandi à Cap Cod, j’étudiais les faucons pèlerins et les hivers rigoureux. Je me rappelle avoir demandé à mon professeur : “Pourquoi n’avons-nous plus d’hivers rudes ?”, rembobine Jones face à l’auditoire. Je voulais faire du snowboard dans mon jardin. J’étais très en avance sur Al Gore sur les questions écologiques. » En 2007, il fonde l’organisation à but non lucratif Protect Our Winters (POW), avec l’objectif de mobiliser la communauté des sports d’hiver pour lutter contre le changement climatique. « J’ai réalisé que les montagnes changeaient, et je savais que je devais toucher les skieurs ainsi que les snowboardeurs du monde entier, poursuit Jones. J’ai senti que nous avions besoin de nous réunir. » Jones, un sportif solitaire, est donc assis aux côtés d’académiciens et d’activistes. En première ligne d’une bataille controversée et cruciale pour protéger ce qu’il aime le plus faire. Pour le snowboard, il s’est rendu quatre fois à Washington pour rencontrer des députés experts de l’environnement, ces faiseurs de loi en matière de changement climatique. Et discuter de l’impact économique du réchauffement des hivers sur l’industrie touristique américaine qui représente chaque hiver un pactole de 12,2 milliards de dollars. Plus tôt dans l’année, le président Obama a consacré Jones « champion du changement » pour
Première. Oubliés le voyage, les jours de marche et les multiples tentatives pour atteindre ce sommet « sans nom » de l’Himalaya. À 6 400 m, Jeremy Jones peut enfin dévaler l’à-pic de la montagne.
Todd Jones, Jeff Hawe
Il est probable que personne n ’a i t j a m a i s g r av i , e t encore moins surfé, cette m o n ta g n e .
the red bulletin
Grande gueule. Avec son look d’aventurier, désigné dix fois Rider Big Mountain de l’année par Snowboarder Magazine, Jeremy Jones est un porte- parole prêt à relever tous les défis sportifs et écologiques.
ACTEUR, PRODUCTEUR, R É A L I S AT E U R , JONES VOUE SA VIE AU sno w b oard
Dan Milner, Jeff Curley(2)
Politique. Des pentes de l’Himalaya aux couloirs du Congrès américain à Washington, Jones est toujours habile pour défendre la cause portée par sa fondation, POW. « Mais je ne serai jamais un politique », dit-il.
the red bulletin
son implication sans relâche en faveur de l’environnement. Un combat sans merci. « J’aimerais pouvoir dire que nous aidons à changer la législation sur le climat. Mais nous essayons seulement d’obtenir un début de discussion et nous concentrons notre énergie sur les droits de l’APE (Agence de protection de l’environnement, ndlr) à réglementer les émissions », dit-il. Chose étonnante, le plus grand combat de Jones a lieu au sein de sa propre industrie : beaucoup de stations de ski tardent à reconnaître le réchauffement des hivers et à s’y adapter. D’après Jones, moins de 2 % de l’industrie du ski et du snowboard s’impliquent aux côtés de POW. Mais les choses évoluent. Les PDG de trois grandes stations de ski nord-américaines, Whistler, Aspen et Jackson Hole, sont également présents à San Francisco pour discuter du changement climatique et des actions à entreprendre pour le c ombattre, de l’activisme politique à la construction de centrales hydroélectriques. « Nous attendons des entreprises qu’elles utilisent leur pouvoir et leur voix pour dire : “Le changement climatique est une réalité. Alors, agissons” », confie Jones. -----Jones a eu sa première planche à 9 ans dans un bazar du Vermont. Mais au milieu des années 80, la pratique du snowboard était encore interdite dans les stations de ski. Il se contente d’en faire à côté de la maison de son grand-père à Stowe, toujours dans le Vermont. Plus tard, il est le premier snowboardeur à s’inscrire quand Stowe autorise en 1987 les monoplanches à emprunter les téléskis. Jusqu’à la vingtaine, il suit le circuit du snowboard pro dans l’Ouest, dormant sur des
divans pour participer aux compétitions. Il rejoint ensuite ses deux frères aînés, Todd et Steve, à Jackson, dans le Wyoming, où ils ont créé en 1996 Teton Gravity Research, une entreprise de production de films de sports extrêmes. C’est ici que Jones découvre les joies du freeride, pratiqué en snowboard au milieu des plus hautes montagnes. Son chemin le conduit finalement dans la région de Tahoe où il cesse les compétitions pour filmer et explorer toutes les descentes abruptes et enneigées, de l’Alaska au Groenland. Il crée alors sa propre entreprise, Jones Snowboards, qui fabrique aujourd’hui les splitboards et snowboards de freeride parmi les plus performants du marché. En 2008, fatigué des films tournés en hélicoptère pendant des années, au prix d’une lourde empreinte carbone, il s’associe à TGR et entreprend de réaliser une trilogie de films de snowboard à propulsion humaine. Dont il est la vedette et le producteur. Ses deux premiers films, Deeper et Further, sortent respectivement en 2010 et 2012. Le premier est sélectionné pour le Banff Mountain Film Festival et Jones est sacré sportif de l’année au XDance Film Festival. Higher sera le troisième et dernier volet de la série. « Jeremy a toujours été très consciencieux, lâche Steve, son frère aîné et cofondateur de TGR. Il réfléchit mûrement à tout ce qu’il entreprend. Son but avec la trilogie était d’inciter les gens à goûter à l’aventure et aux espaces sauvages. » -----Dans ses voyages à travers le monde, Jones a découvert des lieux tels que Chamonix, où il a remarqué la fonte drastique des glaciers en plus de dix ans de snowboard. Il a visité des stations de basse altitude en Colombie Britannique, enneigées trente ans plus tôt, mais qui sont aujourd’hui des monticules d’herbe sèche même en février. Les sciences ont commencé à corroborer ses observations. « Aujourd’hui, près de 30 à 50 % des domaines skiables connaissent des hivers plus chauds que la normale, affirme Anne Nolin, professeure de géosciences et d’hydroclimatologie à l’Université de l’État de l’Oregon. Ce chiffre passera à 70 voire 80 % des domaines skiables dans 50 à 100 ans. Les hivers plus chauds seront de plus en plus nombreux, les chutes de neige annuelles plus rares et nos saisons hivernales seront de plus en plus brèves. » Selon de récentes prévisions, la température du globe devrait augmenter de plus de 2 °C d’ici à 2020, ce chiffre devant doubler d’ici à 2050. Une étude de l’Université 55
POUR BARAcK OBAMA, JONES EST AUJOURD’HUI LE « CHAMPION DU CHANGEMENT »
Greg Von Doersten, Jeff Curley(2)
de Waterloo a révélé que seuls 55 % des domaines skiables du nord-est des ÉtatsUnis seront capables en 2039 de maintenir des saisons de ski de cent jours. Une réduction qui entraînerait une perte de revenus de 3,2 milliards de dollars uniquement pour l’industrie du ski et du snowboard de cette partie du pays. Si ces températures prévisionnelles se vérifient, les problèmes de la planète ne se limiteront pas à savoir si nous pourrons continuer à skier ou faire du snowboard. Mais Jones pense qu’il peut rallier des skieurs et des snowboardeurs qui risquent de perdre leur passe-temps préféré, et bien plus encore. Ensemble, ils peuvent peut-être contribuer à sauver la planète, et les sports d’hiver tant qu’ils y
sont. Il y croit : « Le climat est en pleine mutation. Mais la partie n’est pas perdue. Et les gens semblent maintenant accepter que nous ayons un problème. Si tout le pays en fait de même, je pense que nous pouvons changer les choses. » -----Quelques jours après l’événement de San Francisco, Jones est de retour chez lui. Juché sur le comptoir de la cuisine de sa maison à Truckee, où il vit avec sa femme Tiffany et leurs deux jeunes enfants, son ordinateur portable est ouvert et il consulte les e-mails qu’il n’a pas pu lire pendant les semaines passées au Népal.
Menace. Une étude révèle que seuls 55 % des domaines skiables du nord-est des ÉtatsUnis seront capables en 2039 de maintenir des saisons de ski de cent jours. « La partie n’est pas perdue, plaide Jones. Les gens semblent maintenant accepter que nous ayons un problème. » the red bulletin
Parlez-lui de snowboard et son visage s’illumine. Il ignorera ses messages et vous parlera sans reprendre son souffle, de l’esthétique d’un sommet de montagne désolé et de la joie innée qu’il ressent à parcourir un terrain abrupt et inconnu. « Je n’ai jamais eu l’intention de faire de la politique, admet-il. Lorsque j’ai créé POW, si on m’avait dit que j’allais me rendre à Washington pour rencontrer des députés, j’aurais répondu : « Cette fondation ne sera jamais politique. « J’ai dû revoir ma position. » Cet automne, l’organisation a envoyé à Washington 17 sportifs professionnels, dont les snowboardeurs John Jackson et Gretchen Bleiler, et les skieurs Angel Collinson et Chris Davenport, pour qu’ils fassent part à des membres du Congrès de leur soutien à la norme sur la pollution carbone, proposée par l’Agence américaine de protection de l’environnement (APE). Et maintenant, des piliers de l’industrie – Burton, K2 et Black Diamond – unissent leurs forces à POW et s’impliquent dans divers programmes. L’un d’eux envoie, par exemple, des sportifs pros dans des écoles pour parler du changement climatique. L’an dernier, plus de vingt stations de ski américaines ont signé l’initiative du défi climatique de l’association nationale des stations de ski qui aide les stations à se fixer des objectifs de réduction des émissions carbones. « POW est né de la volonté de Jeremy de marquer une vraie différence, explique Chris Steinkamp, le directeur exécutif de POW. Je pense qu’il est un environnementaliste parce qu’il sait exactement ce qu’il y a à perdre. Il a passé sa vie dans les montagnes et cette expérience motive son besoin de les protéger. » Mais si vous demandez à Jones s’il se considère comme un environnementaliste, il hausse les épaules. « J’ai toujours été passionné par la protection de la nature, mais je suis devenu un environnementaliste à contrecœur, dit-il. Je préférerais ne pas être impliqué dans ce lobbying suractif et cette bataille publique. » Lorsque Jones s’est élancé dans cette descente au Népal, la neige était plus molle qu’il ne s’y attendait. Une fine couche de poudre couvrait une pellicule de roche et de glace presque verticale. Concentré sur sa mission aux graves conséquences, il a décrit des arcs rapides et fluides en descendant la crête culminant à 457 mètres qui aurait pu être la colonne vertébrale de la montagne. En bas, il a levé son poing en l’air. Soulagé, heureux et émerveillé. C’était la plus grande arête qu’il ait jamais ridée. « Pour être honnête, dit-il en réfléchissant, j’aurais préféré ne faire que du snowboard. » 57
en roulettes Au sud du Brésil, le long de la plus rapide d escente au monde, des skateurs se disputent le titre mondial lors d’une course dangereuse et effrénée à près de 120 km/h.
libres
Texte : Fernando Gueiros
photos : Marcelo Maragni et Thiago Diz
Pose. Pour atteindre une vitesse maximale, mettre les bras derrière le dos, une jambe derrière l’autre et le buste au-dessus du genou avant. Et surtout, ne j amais regarder le sol !
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poétiquement surnommée Ladeira da Harmonia, le versant harmonieux. Ici, le bitume ne pardonne aucune erreur à qui s’élance dessus.
NE JAMAIS FREINER
M
atthias Ebel, un jeune Allemand, ouvre le coffre de sa voiture et y range son skate. « Je reviendrai l’année prochaine », jure-til. Pour lui, la compétition est déjà finie mais il affiche un large sourire. « Je reviendrai, c’est sûr ! Ici, l’énergie est incroyable… Unique. » Un conducteur tout proche l’interpelle : « Tu ne t’es pas qualifié ? » « Non, malheureusement, répond Matthias en claquant le coffre. Ici, c’est Teutônia, le Graal. » Située à l’extrême sud du Brésil, dans l’État de Rio Grande do Sul, Teutônia est une commune paisible de 30 000 habitants où vit la plus grande communauté d’origine allemande du pays. Mais surtout, Teutônia accueille pour la deuxième fois les Championnats du monde de skateboard downhill, une discipline qui se court sur des planches longues et très abaissées permettant d’atteindre des vitesses vertigineuses pour les plus téméraires. Le long de cette descente, la plus rapide au monde, les skateurs atteignent 120 km/h. Une descente
Au troisième et dernier jour de la compétition, il ne reste plus sur cette ligne de départ surchauffée que les deux finalistes. Côte à côte. Prêts à en découdre. Deux Brésiliens : Carlos Paixão et Max Ballesteros. Devant eux dévale le serpentin de bitume de deux kilomètres qui les sépare du sacre. Si loin. Si proche. Autour d’eux, le calme règne même si la tension reste palpable. En bas, au pied de la colline, l’agitation et le vacarme prédominent mais sont à peine perceptibles. Seules quelques bribes d’annonces au micro parviennent jusqu’ici. D’un sourire malicieux, Carlos Paixão balaie toute question touchant à sa tactique de course. « Il n’y a qu’une façon de s’y prendre : descendre le plus vite possible », lance le jeune homme de 25 ans, du haut de son 1,88 m moulé dans une combinaison de cuir noire et verte. Dès les éliminatoires, il a marqué son terrain en affolant le chronomètre avec un passage mesuré à 119 km/h. Nouveau record de vitesse. Le secret de sa rapidité ? « Avoir suffisamment de puissance pour résister à la pression. Et ne jamais freiner, dit-il. Mais le plus important est de garder les bras bien derrière le dos, les genoux flexibles, le buste et le menton au-dessus du genou avant. Pour ne jamais perdre de vue la trajectoire et ne jamais regarder le sol. » Près de la zone de départ, collée à une petite église, un local défraîchi mis à la disposition des participants, fait office de réfectoire, de salle de repos, d’atelier de réparation. Et, pour quelques-uns, d’hôtel. Avant. Carlos Paixão, le futur nouveau champion du monde à la sortie de la navette qui conduit les athlètes à la zone de départ (à gauche). Quelques secondes avant le départ de la course (en haut).
« L a clé, ce n’est ni la puissance ni la technique
mais le sang-froid » Raide. La descente de Teutônia est unique. Les coureurs filent à une vitesse de près de 120 km/h pendant plus de 15 secondes.
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Fraternité. Les skateurs de downhill, bien qu’adversaires, forment une communauté soudée (en haut). L’église accueille les riders, égarés ou non (en bas).
Le moment tant attendu est arrivé. Le commissaire de course s’avance pour donner le départ. « À vos marques ! Prêts ? Partez ! » Un pied au sol et l’autre sur la planche, les deux finalistes s’élancent à corps perdu dans cette ultime confrontation. Le parcours débute par une partie plate où les coureurs atteignent rapidement 40 à 50 km/h. Avant de disparaître dans un premier virage à gauche. Paixão prend la tête de la course mais Ballesteros se rapproche dangereusement. À l’entame du virage principal, ce dernier ouvre les bras pour freiner son allure, sa vitesse est alors d’environ 90 km/h. Au même moment, Paixão adopte une attitude radicalement inverse. Il se penche en avant et met les gaz. Sous l’effet de la pression de la vitesse, sa hanche, ses chevilles et ses genoux se mettent à trembler. Ce virage, le plus dangereux et le plus important de la course, longe un cimetière et débouche sur le segment le plus rapide du parcours. L’arrivée est déjà en vue. Les planches prennent de plus en plus de vitesse émettant de fortes vibrations dues à l’état de la chaussée, irrégulière et fissurée. Déjà très exigeant, le parcours est un sacré casse-pipe. Son autre spécificité, et non des moindres, c’est que les coureurs peuvent y maintenir leur vitesse de pointe sur plus de 600 mètres, soit durant 15 à 20 secondes. Carlos dévale la pente, solidement installé en tête de la course. Ballesteros est définitivement distancé.
Credit:
Une tactique de course opposée
« le
versant harmonieux c’est le nom de la descente »
Baptême. L’Allemand Matthias Ebel pratique le downhill depuis dix ans. C’est sa première à Teutônia.
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« pendant la course
jeçame parle, me détend »
Exception. D’ordinaire, en championnats du monde, 4 concurrents s’élancent en même temps. Mais à Teutônia, la piste est trop dangereuse. Le top départ n’est donné qu’à deux riders.
Cette année, quinze nationalités étaient représentées. Alexandre Maia, le directeur de la compétition, se réjouit de ce nouveau record de participation. Il faut dire aussi que les conditions d’inscription sont loin d’être restrictives. Il suffit de posséder l’équipement de protection demandé (combinaison de cuir, casque intégral et gants) et de payer les droits d’engagement. Pas sûr que ça dure. Maia : « Nous voulons en effet limiter la participation à l’élite mondiale. » Mais lorsqu’on lui parle de professionnalisation, le patron élude aussitôt la question en arguant que l’essentiel pour l’heure est de ramener le nombre des accidents à un niveau acceptable. Les chutes sont encore beaucoup trop nombreuses. 66
the red bulletin
Et une hésitation sur cette descente, ça ne pardonne pas », résume-t-elle en sortant de l’hôpital. Bilan : une cheville foulée, une épaule démise et une entorse du genou.
La vitesse, leur folie Le jeu en vaut-il la chandelle ? « Et comment ! Cette descente est tout simplement irrésistible », reprend Debora, tout sourire, sans un regard sur sa cheville enveloppée dans une poche de glace. Debout au bord de la route, elle est venue assister à la finale. Matthias, le skateur allemand, ne dit pas autre chose : « On se croirait lancé dans un grand huit. Je n’avais jamais fait l’expérience d’une telle accélération. » Trois opérations à l’épaule, une clavicule cassée et des cicatrices sur tout le corps ne semblent avoir en rien entamé l’assurance du jeune homme : « C’est le parcours le plus rapide et le plus fou au monde. » Kyle Wester enfonce le clou : « Quand je descends les rampes de Pikes Peak (célèbre descente dans le Colorado où se disputent des courses de côte pour motos et autos, ndlr), je ne dépasse jamais les 96 km/h. Ici, on peut atteindre les 115 à 120 km/h et sur une longue distance. Il n’existe aucun endroit comparable. »
1’19’’130
Après. À l’arrivée, l’épuisement, la peur ou la joie se lisent sur les visages des coureurs (à gauche). La course a été interrompue après une lourde chute qui a nécessité l’intervention des secours(en haut). Le sprint final (en bas).
La majorité des accidents se concentre le premier jour des éliminatoires, c’est-àdire quand le nombre de « novices » est le plus élevé sur le circuit. Cette année, 230 skateurs ont concouru. En combinaison, ils déambulent sous un soleil de plomb, à la recherche d’une bouteille d’eau pour se rafraîchir. Et toutes les cinq minutes, ils s’élancent dans la pente par petits groupes à chaque départ donné par les organisateurs. Venu du Colorado, Kyle Wester, un Américain de 26 ans ancien champion du monde, patiente au sein de la meute des concurrents. Il vient de claquer le 3e meilleur temps. « Pendant la descente, je me parle. Ça me détend », explique l’actuel n° 3 du classement the red bulletin
« teutônia ,
c’est un grand huit »
ondial. Peu après lui, c’est autour de m Debora de A lmeida de se lancer. Après le virage principal, la jeune femme de 19 ans perd l’équilibre et fait une chute monumentale. Une cabriole spectaculaire qui fait penser à celle des pilotes de moto en Grand Prix. Les ciseaux du secouriste accouru mettent plusieurs minutes à la libérer de sa combinaison, avant de pouvoir l’évacuer vers l’hôpital. « J’étais arrivée sur un segment de route rénové. J’ai hésité entre passer à droite ou à gauche.
Dès le coup d’envoi de la finale, le silence se fait au sommet de la colline. L’endroit a perdu toute son agitation. Seuls le commissaire de course et une douzaine de spectateurs locaux, canettes de bières à la main, traînent encore ici. Ils apprendront le résultat par talkie-walkie. Au loin, on entend encore la voix exaltée du commentateur sortir des haut-parleurs. Au pied de la colline, c’est une autre ambiance. Le public s’enflamme et acclame le nouveau champion du monde, sur le point de passer la ligne d’arrivée. Il la franchit en réussissant un chrono canon. Carlos Paixão boucle la distance en un temps record : 1’19’’130. Moins de 80 secondes pour faire 2 kilomètres ! Juste après avoir ôté son casque, en sueur, il exulte : « Le secret pour gagner à Teutônia, ce n’est ni la puissance, ni la technique mais le sang-froid. » Il n’en manque pas. Il peut maintenant saluer la foule qui l’acclame en retour. « Certains possèdent un gros bagage technique mais lorsqu’ils se retrouvent à Teutônia, la peur s’empare d’eux et ils se mettent à douter. » Carlos Paixão se pose un instant, puis son regard cherche instinctivement le sommet de la colline et le portique de départ. Tout là-haut. Juste à l’entrée de l’infernal toboggan de bitume. On le devine apaisé. Il l’a fait. Plus sur igsaworldcup.com
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Ironman en 33 jours: D idi e r Woloszyn U n e t ê t e d e rockeur , u n c o r p s s c ul pté dans l e roc. T e xt e : B e n o ît L egau lt p h oto s: m a r i u s Bug g e 68
Déterminé. Dans les yeux de Didier Woloszyn on devine une volonté sans faille. « J’avais un job à faire. Tout était planifié. »
L
e Français D i d i e r W o l o s z y n a réalisé 3 3 I r o n m a n e n 33 jours consé cutifs, du 25 juin au 27 juillet 2013. Comment est-ce possible physiquement et mentalement ? Et pourquoi vouloir accomplir un tel exploit ?
1 i r o n m a n d i sta n c e tota l e :
225,995 km Paris (france)
bruxelles (belgique)
n atat i o n
3,8 k m bruxelles
cyclisme
1 80 k m
paris
m a r at h o n
42,1 9 5 k m
Paris-Bruxelles à vol d’oiseau : 265 km (distance approximative)
3 3 i r o n m a n d i sta n c e tota l e :
7 458 km Paris (france)
mumbai (inde)
n atat i o n
1 25,4 k m
Paris
cyclisme
5 9 40 k m mumbai Paris-Mumbai à vol d’oiseau : 7 010 km (distance approximative) the red bulletin
m a r at h o n
1 392,6 k m 71
Didier Woloszyn, 46 ans, habite Laval, une grande banlieue typiquement nordaméricaine juste au nord de Montréal. Il est entraîneur personnel et il accomplit d’autres tâches « normales » de fitness au Carrefour Multisports, un immense complexe sportif. Woloszyn présente le visage, les cheveux et la personnalité d’un rockeur ; il parle doucement, d’une voix un peu rauque. C’est un émotif dont les actions sont réglées par la raison. Sa tête de chanteur est posée sur un corps taillé dans le roc. Son corps a été sculpté par des décennies d’efforts physiques. the red bulletin : Didier, tout le monde se pose la même question : comment peut-on réaliser un tel exploit insensé ? didier woloszyn : Pendant 33 jours, j’ai fait 33 Ironman – et rien d’autre. Je ne nettoyais pas mon appartement et je ne payais pas mes factures. Tout était fait et préparé par mon équipe PSE33 et ma copine Chantal Gallagher. Je nageais dans la piscine du Carrefour Multisports. Je courais et roulais à vélo autour d’une boucle de 1 652 km (1 mile) sur terrain plat ; je pouvais me ravitailler à un poste. Mais rien n’est parfait – c’est un secteur très venteux. La chaleur humide de Montréal en juillet était également pénible. Je courais à l’intérieur sur un tapis roulant quand il pleuvait, et je faisais alors du vélo d’appartement qui reproduisait les conditions extérieures. Beaucoup de gens peuvent accomplir ce que j’ai fait avec un entraînement adéquat et un environnement favorable, mais ils doivent avoir la même attitude, la même force d’âme. 72
Quelle était la chose la plus difficile à endurer ? Le vélo m’a fait souffrir le plus. 180 km de vélo ce n’est pas énorme, mais quand il faut le faire jour après jour, après une nage de 3,8 km, ça devient très difficile. Mon cou et mes fesses m’ont fait extrêmement mal – une vraie torture. Quand je laissais le vélo, je me disais : là, il n’y a plus qu’à courir un marathon... Je ne courais jamais à plus de 10 km/h. Quand je cours, ça semble naturel, fluide, sans effort ; alors les gens me regardent et se disent « Oh, c’est facile. » Mais non, faire un Ironman par jour pendant 33 jours n’était pas facile. Il fallait être très têtu pour ne pas abandonner. Comment est-ce possible de faire 33 Ironman en 33 jours ? Il faut bien doser les efforts, gérer son corps et contrôler la douleur. Et il faut une équipe qui s’occupe de tous les éléments extérieurs à la p erformance physique ; sinon, c’est impossible. Ma performance est en fait un effort collectif. Que mangiez-vous ? Durant l’épreuve, je mangeais presque tout sous forme de purées composées d’aliments naturels – poisson, légumes, fruits… avec du sucré et du salé en alternance. Pas de poudres ni de barres énergétiques, aucun aliment transformé. On ne peut pas se nourrir pendant 33 jours avec des barres de céréales. Décrivez une journée typique. Suivre une routine stricte était primordial. Le réveil sonnait à 5 h 45, je mangeais, puis j’exécutais un programme d’assouplissement. Mon triathlon commençait vers 7 heures du matin, et je le complétais en moyenne en 12 heures et 27 minutes. C’était comme une longue journée au b ureau. Je voyais un physio-
H ORS NOR M ES. Lever à 5 h 45 et douze heures d’efforts qui se répètent chaque jour. C’est la routine quotidienne d’un défi réalisé avec son équipe.
thérapeute chaque jour après le dîner. Et je me couchais tôt pour que mon corps puisse récupérer et être prêt le lendemain. C’était devenu un mode de vie. Toutefois, j’ai eu un gros malaise le 23e jour. Au terme d’une chaude journée de juillet, je me suis senti très étourdi. J’étais déshydraté. Des blessures ? Une tendinite au moins ? Oui. J’ai subi une tendinite au tendon de mon gros orteil gauche. On m’a traité rapidement et cette blessure a été suivie constamment ; elle aurait pu mettre fin à l’événement. La douleur était vive, presque intolérable. J’ai aussi souffert de plusieurs ampoules, mais elles ont été bien traitées et n’ont pas représenté un danger. Quoique le bout de mon espadrille gauche ait été coupé pour permettre à une grosse ampoule de guérir. On doit être c apable de gérer sa douleur durant de longues périodes pour compléter une épreuve d’endurance extrême comme celle-là. Quelle était votre préparation physique ? En fait, je ne me suis pas préparé plus qu’on le fait avant un seul Ironman. Il faut parfois s’entraîner un minimum pour être performant au maximum. Je me suis déjà préparé de manière trop violente avant des épreuves d’endurance. J’arrivais déjà fatigué à la ligne de départ avec un mental pas toujours à la hauteur des efforts demandés. Et c’était alors l’échec. Quelle était votre préparation mentale ? Mon conditionnement mental était total : j’étais programmé pour faire 33 Ironman consécutifs en 33 jours. J’avais un job à faire; tout était planifié et préparé. Je n’avais qu’à suivre le plan. Oui, c’était difficile et douloureux. Oui, il y a certains jours où j’aurais vraiment préféré demeurer au lit. Mais mon conditionnement mental était implacable. Alors que les 33 jours se terminaient, je me suis mis à penser : « C’est déjà fini, quel sera mon prochain défi ? » Et j’ai ressenti que cette expérience avait été trop courte. Je regrette de m’être limité à 33 Ironman, car j’aurais pu continuer. J’aurais dû persister jusqu’à la limite de mes capacités, jusqu’à ce qu’il soit impossible d’avancer. J’aurai aimé finir détruit, physiquement et mentalement. C’est pourquoi j’aimerais recommencer, en 2015. Mais cette fois, j’irai jusqu’au bout de mes forces, à l’extrême… dans l’esprit de Red Bull je suppose (rires, ndlr)… Vous voulez donc recommencer ?! Ouais, j’aimerais recommencer, sans limite, et tout donner, en 2015 peut-être. Et j’aimerais donner une notoriété à mon 74
« Le record était de 30, je me suis dit que 31 Ironman ce serait mesquin. 3 2 ? J e n ’a i m a i s pas ce nombre »
et je sais mieux gérer mes efforts. Et les jeunes n’aiment pas tellement ce genre de challenge. La vaste majorité des athlètes d’ultra endurance ne sont pas des jeunes.
Comment cette passion de l’ultra endurance a-telle commencé ? J’ai débuté en 1995 avec un Triple Ironman à Fontanil en France, soit 11,4 km de natation, 540 km de vélo et 126,6 km de course à pied en un temps de 47 h 46. Certainement l’un de mes plus beaux souvenirs. Une épreuve déjà très difficile accentuée encore par une météo pourrie. Pluie, vent, froid, nous avons tout eu sauf la neige. Ce fut une véritable hécatombe. Une cinquantaine Next. Après son exploit, Didier Woloszyn songe à repousser ses au départ et un peu plus de limites. En 2015, il pourrait s’attaquer à son propre record. vingt à l’arrivée. C’est alors que j’ai appris que lorsque l’on veut quelque chose, on peut l’obtenir. Le tout étant d’accepter la douleur équipe PS33 tirée de ma performance. Je et bien d’autres choses. Et surtout, de faire suis un excessif, pour moi il faut tout donbeaucoup de travail derrière tout cela. ner – je regrette de ne pas avoir continué Je suis entraîneur depuis une quinzaine l’été dernier. d’années. J’ai commencé vraiment dans ce domaine au club de natation du SCA 2000 Pourquoi faire tout ça ? Êtes-vous à Évry, en région parisienne. Au Québec, comme un alpiniste qui voit une j’ai continué sur cette lancée. Je pense montagne et qui ressent le besoin que je ne saurais rien faire d’autre. Et je de l’escalader ? n’ai pas envie de changer. Le sport est ma L’analogie avec l’alpiniste est intéressante, raison d’être, il fait partie de moi-même. mais je suis plutôt comme ces marins Vivre sans, je n’en serai pas capable. qui traversent des océans en solitaire. Je crois que nos âmes et motivations sont Vous n’avez pas contacté les médias similaires. Mais je ne risque pas ma vie avant de débuter cette épopée. comme ces marins. J’ai fait tout ça pour Pourquoi ? le plaisir, pour me faire plaisir. Il y a des gens qui parlent et qu’on écoute; et il y a ceux qui agissent et que l’on croit Vous avez fait 33 Ironman de suite. – je suis de ceux-là. Je n’ai pas organisé Pourquoi pas 32 ou 34 ?! de conférence de presse pour ne pas avoir Le record était de 30, alors je me suis de pression médiatique. Je refusais dit que faire 31 Ironman de suite, ce d’avoir une raison mercantile de faire serait mesquin. 32 ? Eh bien, je n’aimais cela. Je voulais vivre quelque chose pas ce nombre. Mais 33, c’est un beau d’extraordinaire, et je voulais Ie faire nombre bien rond. Mon père est né en par passion. 1933, Jésus-Christ est mort à 33 ans. Et L’équipe de Didier Woloszyn était composée 33 est un nombre facile à mémoriser, qui de son leader Claude Nucci, du médecin présente au final plusieurs qualités. Normand Martin et des physiothérapeutes Annie Hamel et Maryse Lavoie. Didier Vous avez 46 ans. N’aurait-il pas été Woloszyn s’est installé au Québec en 2007 plus facile de réaliser ce record quand pour vivre avec sa conjointe québécoise. vous aviez, disons… 26 ans ? Plus sur http://pse33.ca À 46 ans, je connais mieux mon corps, the red bulletin
/redbulletin
ADRÉNALIN
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Une oasis en enfer Texte : Berenice Andrade Photos : Katie Orlinsky
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Cocon. La jeunesse de Juarez a suffisamment souffert. Au Hardpop, la violence n’entre pas.
À Ciudad Juarez, le Hardpop ne connaît ni la violence, ni la crise. La boîte de nuit mexicaine rassemble les meilleurs DJ’s de la planète et la jeunesse du coin, au cœur de ce fief des narcotrafiquants.
J
ames Zabiela a le pas alerte. La star anglaise de l’électro grimpe sur une scène minimaliste mais diablement efficace. Il affiche un large sourire avant d’installer ses instruments de travail avec soin. Le public du Hardpop est en transe alors que Zabiela n’a pas encore esquissé la moindre note. Telle une apparition divine, il semble transcender les foules. À 34 ans, il est un DJ-producteur de référence dans le monde de la scène house. Ici, dans l’antre des narcos, celui que certains surnomment le « Björn Borg des platines » transforme le club en vogue de Ciudad Juarez en une gigantesque lame de fond salvatrice. Jusqu’en 2010, Juarez était la ville la plus dangereuse au monde. Depuis, elle a glissé au 19e rang. C’est bien l’une des rares fois qu’une chute vertigineuse est considérée comme une avancée. Certains politiques en rêveraient ! En revanche, la frénésie joviale des clients du Hardpop a quasiment suivi le chemin inverse. En 2009, le club pointe à une très flatteuse 32e place des meilleurs lieux de fête de la 78
planète, avant de dévisser au 56e rang. Au milieu d’un centre commercial désuet, James Lavelle, Magda, Damian Lazarus ou encore Deadmau5 ont enflammé le dancefloor ces dernières années. Ce soir, le Hardpop fête ses 7 ans d’existence. L’âge de raison. Le propriétaire des lieux a vu les choses en grand. Acid Pauli et James Zabiela font l’affiche. Le duo germano-britannique, loin d’être intimidé, a répondu sans hésiter à l’invitation pour rejoindre Juarez et sa réputation sulfureuse. Zabiela semble même accro. Il en est à sa quatrième visite.
les feux de la mort Perla est dans tous ses états. La jeune Mexicaine de 20 ans, maquillée et pomponnée comme il se doit, s’apprête à donner de la voix dès que Zabiela entrera en action. « Je vais au Hardpop depuis que j’ai 17 ans, glisse-t-elle. Je passais avec une fausse pièce d’identité qu’on me prêtait le temps de la soirée. Et même si Juarez était encore plus dangereuse à cette époque-là, personne ne m’a jamais fait peur. Mes parents essayaient en permanence de m’interdire de sortir. Mais, malgré le danger, je suis toujours allée en boîte. Il ne m’est jamais rien arrivé et
the red bulletin
Contraste. Le Hardpop est aussi rempli que les rues de Juarez sont vides. Malgré les améliorations, la ville est toujours considérée comme l’une des plus violentes de la planète.
je n’ai jamais été punie. Si nous les jeunes, on ne peut plus sortir que voulezvous qu’on fasse ? » Perla n’est pas seule. Comme toujours, elle est accompagnée. Une obligation ici. Sa copine, Denisse, a 18 ans, un visage poupin. Avec une habileté chirurgicale, Denisse a pris le temps de poser de faux cils sur ses paupières. Elle emboîte le pas de sa copine : « On connaît tous une famille à qui il est arrivé dans cette ville des choses sombres. » Le 30 septembre dernier, Cesar Duarte se fend d’une annonce à faire pâlir Manuel Valls. Le gouverneur de l’État de Chihuahua certifie que la ville est la plus sûre du pays depuis un an, et que le nombre de crimes et agressions a diminué de plus de 80 % ! Rien que ça. Entre 2007 et 2012, Ciudad Juarez a vécu avec la moyenne terrifiante de près de 6 homicides par jour. Au total, 11 000 meurtres, soit plus de 10 % des décès liés à la guerre 79
« À Juarez, même si tu te tiens tranquille, il peut t’arriver quelque chose »
des narcotrafiquants dans tout le pays. La ville présente un nouveau visage, le Hardpop y est peut-être pour quelque chose. Le club est même un havre de paix, une sorte de folie douce pour jeunes en mal de sorties. À l’image d’ailleurs du reste de la ville, où on voit fleurir désormais toutes sortes d’échoppes. Des dizaines d’appartements en vente trouvent maintenant acquéreur. Peu à peu l’économie locale redémarre. La vraie, pas celle des narcos. À 21 heures, Perla, son frère Carlos et Denisse pénètrent dans la boîte. Dans ce coin d’Amérique centrale, tout proche. De la frontière avec les États-Unis, la soirée commence tôt pour se terminer peu avant 2 heures du matin. Nourris aux us et coutumes du grand voisin, les Mexicains calquent leur vie nocturne sur les habitudes des Yankees. Dehors, certains font la queue, patientent en silence dans le froid de ce mois de novembre, à l’endroit même où se donnaient rendez-vous, au début des années 2000, les bandes rivales pour s’affronter sans merci. Depuis que le Hardpop a ouvert en 2006, il n’y a plus eu le moindre homicide dans ce centre commercial, autrefois réputé pour sa violence. En attendant son DJ préféré, Perla se confie : « En face de cette boîte, il y a quelques années, ils ont tué trois de mes cousins. L’an passé, c’est mon oncle qui a disparu. Peut-être étaient-ils impliqués dans une affaire de trafic de drogue ou je ne sais quoi. En fin de compte, je ne préfère pas savoir. Un cousin m’a raconté que ce n’était pas le cas. Il m’a assuré avoir peur pour sa famille, qu’il ne trempait dans rien de mauvais. À Juarez, même si tu te tiens tranquille, il peut t’arriver quelque chose. »
L’underground en fête Ricardo Tejada est un homme pressé. Directeur d’une agence d’événementiel, ce jeune entrepreneur est le fondateur du Hardpop. Un jour, il a cette idée de génie : importer dans son pays le meilleur du son anglais. Tejada a vécu à Londres, avant de revenir chez lui au crépuscule des années 90. Pendant de longues années, il se nourrit à l’ambiance des raves et aux sons des meilleurs clubs de la capitale anglaise. C’est lui qui fait venir au Mexique des stars comme Tiësto et Paul Van Dyk. Puis Tejada décide d’ouvrir son établissement de nuit. Ce sera dans le quartier de San Pedro Garza Garcia. Mais un refus de permis de construire et une multitude d’interdictions plus ou moins licites l’obligent à revoir son projet. Du coup, son père lui propose de venir s’installer dans le centre commercial dont il est pro
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priétaire. Il trouve pour le fiston un local bon marché, et le tour est joué. Quelques semaines plus tard, le Hardpop voit le jour : « Le Hardpop a été créé car nous aimons la musique un peu moins commerciale, reconnaît aujourd’hui Tejada. Nous n’avions pas d’endroit pour ce genre d’événements pointus. En général, ces DJ’s n’attirent pas assez de monde. C’était le cas à l’époque, car personne ne les connaissait vraiment. Le club a vu le jour en octobre 2006. » Ciudad Juarez compte plus d’un million d’habitants mais la scène alternative est orpheline d’un endroit à elle. « Cette musique était faite pour une génération comme la mienne. Elle nous a plu et on est revenus régulièrement au Hardpop, confie Marco Soli, 29 ans. En quelques mois, c’est devenu de la folie. Ce n’était plus un repère de la scène underground mais le rendez-vous de toute la ville. Tu y allais et tu tombais sur plein de personnes que tu connaissais. » Bill Weir est l’ingénieur du son du club. De renommée internationale, l’Américain reconnaît que le Hardpop est parvenu à créer une cohésion au sein de la ville. Un endroit où on aime se retrouver pour mieux fuir l’ambiance anxiogène des alentours. « Le club est une île de réalité au milieu d’un océan de mensonges », souffle Weir avec poésie. Le concept du club est simple : murs noirs, lumières rouges dont un néon industriel qui rappelle le Factory, le club mythique de Manchester de la fin des années 1970. « C’est un vrai lieu de musique où il n’y a pas d’artifices inutiles. Les clients ferment les yeux pendant qu’ils dansent, poursuit Weir. » La clientèle est à l’image du club. Il n’y a pas de règle vestimentaire. Le 82
Hardpop est le repère de jeunes filles aux sacs à main dernier cri et de jeunes garçons aux baskets à la mode. Le seul filtre est le prix de l’entrée. « Nos clients proviennent de toutes les classes sociales. Nous n’avons pas de critère standard. Nous ne discriminons personne. Tu paies le prix d’entrée et tu entres », déclare Eduardo Espino, le gaillard chef de sécurité.
Un lieu de guérison Perla et ses amis se retrouvent à la fin de la prestation de James Zabiela. Le Hardpop vient de remplir son contrat : distraire la jeunesse d’une ville meurtrie. « Je suis absolument convaincu que la musique aide beaucoup de gens à lutter contre un état de violence », reconnaît Acid Pauli avant de monter sur une scène spéciale-
Attraction. Acid Pauli lors de l’anniversaire du Hardpop (en haut). À la frontière, sur le pont d’El Paso, la file des passants grandit toujours (en bas).
« Le club est une île de réalité au milieu d’un océan de mensonges »
ment décorée par Vamonos Pest, l’entreprise de désinfection de la série américaine Breaking Bad. « Le Hardpop est le souffle nouveau de cette ville qui symbolise la violence, l’avarice, l’égoïsme. Dans ces rues, les gens n’y vont pas par quatre chemins. Pour obtenir ce qu’ils veulent, ils ne transigent pas. Quand tu entres ici, il est question de paix, d’amour et de respect », dit Bill Weir ému. Le Hardpop n’est pas à l’abri des problèmes pour autant. Ricardo Tejada a subi une tentative d’enlèvement qui a laissé des traces, et le club a été fermé pendant 10 mois entre 2010 et 2011. « Nous ne voulions pas mettre en danger nos artistes. D’ailleurs, nous avions peur de nous exposer nous-mêmes, indique Edgar Cobos, responsable des relations publiques du club. La situation a comthe red bulletin
mencé à devenir difficile. Il y a eu des tentatives de racket, les enlèvements ont augmenté. Mais nous n’avons jamais déménagé. Il ne fallait pas céder, on aurait montré notre faiblesse aux narcos. » Aujourd’hui, Ricardo Tejada est un homme heureux. Il garde même un bon souvenir des longs mois de fermeture de son club. À cette période, il migrait de l’autre côté de la frontière pour organiser des fêtes à El Paso. Et rouvrait discrètement le Hardpop pour y tenir des soirées privées. James Zabiela était même venu mixer pour Tejada et ses amis proches. « C’est la troisième fois que je joue ici. Ça devrait être la quatrième mais la fois dernière, le concert a été annulé par mesure de sécurité. La première fois que je suis venu, je ne savais rien de Juarez. Ça a été un choc. Nous circulions en voiture quand
on a croisé des soldats armés jusqu’aux dents, à l’arrière d’une camionnette. Je n’avais jamais vu cela, mis à part à la télévision. » Si les premiers artistes ayant sévi au Hardpop ont entretenu un joli boucheà-oreille, d’autres, plus craintifs, ont fait appel à un service de protection rapprochée, proposé par le club. « Il était offert 24 heures sur 24 », pointe Tejada. L’imposant chef des gardes du corps Eduardo Espino raconte qu’assurer « la sécurité de la clientèle tient du miracle car les narcos élargissent leur liste de membres ». Qu’importe. Depuis 2011, le Hardpop est rouvert et le succès bat son plein. Bill Weir a le mot de la fin : « L’énergie transmise par la foule aux artistes est incroyable. Tu ne peux pas passer une mauvaise soirée. La clientèle ne le permet pas. » Plus sur www.thehardpop.com
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LE CAP AU ACES’n’SPADES se pressent LA CRèME DES SURFEURS SUD-AFRICAINs ET LES STARS de cinéma. Sa recette festive est imparable : du ROCK’N’ROLL ET de la TEQUILA. Que peut bien faire le soir venu, un surfeur qui a passé sa journée sur des vagues de 10 mètres de haut ? Bayer aux corneilles devant sa télé ? Possible. Le surfeur pro Grant Baker décide, lui, de réaliser son rêve : ouvrir un bar rock, le Aces’n’Spades. Un projet qu’il concrétise en 2012 avec son ami d’enfance Reg Macdonald, déjà gérant de plusieurs clubs en vogue à Hollywood. Parmi les habitués du bar installé dans un sous-sol au cœur du Cap, on compte des amis surfeurs comme Mick Fanning et une kyrielle de stars de cinéma de passage, d’Orlando Bloom à Kevin Spacey. Le mercredi est réservé aux lives. Le jeudi, les yuppies en costard du quartier d’affaires voisin viennent ici se mélanger aux rockeurs. Et le week-end, la fête bat son plein. « Au départ, l’idée était celle d’un bar tranquille, dit Baker. Il n’y a pas de dancefloor, mais après minuit, le bar se transforme en une immense fête. » Aces’n’Spades 62 Hout Street Le Cap, Afrique du Sud www.acesnspades.com
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LA FÊTE F AÇO N SU R FEU RS
DJ Spoko L’acteur Idris Elba (Prometheus, P acific Rim) est l’un de ses plus grands fans. Il a donc sollicité le jeune musicien de house pour proer duire son 1 album.
LEURS BOISSONS DE PRéDILECTION ET LES MORCEAUX QUI LES FONT se DéhanchER
Grant Baker
Tequila Don Julio on the rocks avec de l’eau. Violent Femmes : Add It Up
Jordy Smith Vodka Red Bull Neil Young : Rockin’ in the Free World
Frank Solomon
Beast of the Deep, brasserie Brewers & Union (bière artisanale sud-africaine) Jimi Hendrix : All Along the Watchtower
Pioneer Unit
Avant-première du dernier docu surf de Jordy Smith.
Du hip-hop rafraîchissant en dialecte sorti tout droit des townships. Le jeune label est actuellement en tournée européenne.
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voyages
tr o i s élém ents la californie fait le bonheur de tout un chacun. la preuve
SPOT À VAGUES Avec 70 km de côte, San Diego est un paradis pour surfeur (s’il vous reste du courage pour aller dans l’eau sans cage). sandiego.org
P longée avec les requins C’est mieux qu’une v isite à l’aquarium ! Au large du pacifique, vous faites face à la bête. Située dans le Pacifique, à environ 260 km des côtes mexicaines, l’île Guadalupe est la meilleure destination pour rencontrer le requin blanc. « Entre août et novembre, nul autre endroit au monde ne concentre autant de spécimens dans une eau si limpide », explique Ernst Koschier, photographe sous-marin. L’utilisation d’une cage sharkproof ne suffit cependant pas à éliminer l’appréhension au moment de pénétrer dans l’eau. « Il faut encore affronter sa propre frayeur », avertit le journaliste australien Andreas Wollinger. « Mais une fois dans la cage, les épaisses barres d’acier et le calme de la mer dissipent la peur. » La ceinture de plomb assure un bon lestage et un narguilé fournit l’air depuis la surface, offrant ainsi une plus grande liberté de mouvement en l’absence de bouteilles. La cage est immergée à 10 mètres de profondeur pour une durée de 45 minutes. Les squales ne tardent d’ailleurs pas à faire leur apparition, attirés par les restes de poissons utilisés comme appât. « Cette fois, ils sont trois ou quatre, de la taille d’une auto. Ils Infos : 3 000 $ min. nagent autour de la cage, les dents (env. 2 200 €) pour bien visibles, raconte Wollinger. une semaine à bord On est surpris par la lenteur de du Nautilus Explorer leurs mouvements, élégants et parau départ de San cimonieux. Ils sont calmes et, Dieu Diego, incluant 3 plongées par jour. merci, ne daignent pas s’intéresser nautilusexplorer.com aux gens dans la cage. » 88
Mémorable. Au plus près des requins, sans les violons angoissants.
AVENTURE Adrénaline en terre aride ; excursion en jeep militaire pour une nuit dans la nature sauvage du Borrego Desert avec au menu coyotes et pumas. california overland.com
CONSEILS PRATIQUES PLONGER BIEN COUVERT « L’eau est à 20 °C, agréable donc, mais sans bouger on peut vite avoir froid, déclare Koschier. Mieux vaut avoir une combinaison de 7 mm, des chaussons, des gants et des lunettes de plongée – et bien sûr l’appareil photo de préférence accroché afin d’avoir les deux mains libres. »
TRAIN DE VIE
Comment ça, sans cage ?
Certains scientifiques sont autorisés à plonger avec les requins sans l’usage de
cage. Comme Mauricio Hoyos. « Comprendre le comportement du requin est vital, précise le Mexicain. L’approche doit être lente et sans geste brusque, sans quoi son instinct de chasse se réveille et c’est le cauchemar assuré. »
Voyage en métro léger de San Diego. La ligne San Ysidro finit sa course près de la ravissante ville de Tijuana, au Mexique. sdmts.com
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ernst koschier (2), shutterstock (3)
Cage avec vue
Action !
conseils de pro
Reggie Bush, running back des Lions de Detroit.
Paré pour le duel ? NFL À L’ENTRAîNEMENT, REGGIE BUSH SE PréPARE POUR AFFRONTER LES DéFENSES ADVERSES. « Dans le football américain, le risque de blessure est de 100 % », dit Reggie Bush, le running back vedette des Lions de Detroit. L’un des plus rapides joueurs de NFL qui boucle un 100 mètres en 10,45 secondes. « La question n’est pas de savoir si les blessures vont se faire ou non, mais quand. Un entraînement ciblé permet de limiter leur nombre, tout en diminuant l’impact des plaquages. Le menu de mon entraînement ? Musculation en salle, exercices de motricité en surcharge et travail spécifique de chutes sur un tapis de course. »
E X o S S U R TA P I S D E C O U R S E « La motricité doit être déterminante. Le tapis permet de régler les roulades à la vitesse de course (1) ou d’améliorer la justesse du geste (2) – très utile pour des passes précises sous la pression adverse. »
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Jeremy Deputat/Red Bull Content Pool, james westman
Heri Irawan
Aérien. Reggie Bush livre ses conseils pour renforcer les jambes. Courir en avant sur tapis en position horizontale.
Rouler par-dessus le ballon de gym glissant dans le sens inverse.
Exécuter la roulade, se redresser et continuer à courir. 4 fois.
RICHE EN FER Gilet lesté de 9 kg
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ACCéLéRATEUR DE JAMBES
Courir en arrière dans le sens inverse du tapis, une balle à la main.
the red bulletin
Tout en courant, déposer la balle sur le support à la barre.
Reprendre la position initiale et recommencer 4 fois.
« Mes jambes sont mon capital, mais aussi la cible des défenses adverses. Bien renforcées, elles me permettent de garder le dessus. Ce gilet lesté avec du sable et du métal, soit neuf kilos répartis mes épaules et mon dos, accélère leur renforcement. Je l’utilise aussi pour travailler les sprints, les squats et l’explosivité. »
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Action !
world run
Quel coureur êtes-vous ?
Compétiteur, fan de fitness ou allergique au running ? Faites le test pour le savoir et téléchargez le programme d’entraînement de Wings for Life World Run qui vous convient.
1 Je cours pour… A Améliorer mes performances. B Pour mon bien-être et ma santé. C Je ne sais pas.
3 Un jour où je ne cours pas, c’est… A Une séance que j’espère pouvoir rattraper au plus vite. B Des symptômes de manque qui apparaissent, je ne tiens pas en place, je m’agite. C Rien d’anormal.
2 Quand je cours, je fais surtout attention à… A Mon pouls et ma vitesse. B La météo et au paysage. C La conversation avec mon partenaire de course.
4 Mon indice de masse corporelle : A 18-25 B 25-40 C Indice de quoi ?
5 Quelqu’un me double sur le parcours.
7 Une douleur au pied m’empêche de courir.
A Me doubler moi ? B Je continue ma course tranquillement. C Je repasse devant ! D Je le salue poliment.
A Je fais un entraînement alternatif. De la muscu par exemple. B Je fais du vélo ou de la natation. C J’attends que ça passe !
6 Mes attentes en c ompétition :
8 Après la course, A Je prévois la prochaine séance. B Je savoure l’endorphine. C Je pense à une bonne bière et aux courbatures du lendemain.
A Un bon temps, de bons adversaires, une bonne perf. B Une bonne organisation. C Je ne cours pas pour gagner !
Résultats du test 15-70 points
7–14 points
Compétiteur
Fan de fitness
Allergique à la course
Votre objectif
Votre objectif
Améliorer la performance.
Des mollets fermes et le bien-être
Vous cherchez en permanence à repousser vos limites et en compétition, être derrière vos concurrents n’est pas une option.
Vous vous entraînez plusieurs fois par semaine et consacrez du temps et des efforts pour une santé et une qualité de vie meilleures.
Votre leitmotiv
« Souffrir toujours »
Recommandation
Programme d’entraînement A
Votre leitmotiv
« D’abord le travail, ensuite le plaisir »
Recommandation
Programme d’entraînement B
Votre objectif
Commencer par faire 3 km en moins de 18 minutes Vous courez par intermittence. Et quand vous le faites, vous vous dites, essoufflé, qu’il fût un temps où vous étiez plus en forme.
Votre leitmotiv
« Éliminer la petite voix intérieure »
Recommandation
Programme d’entraînement C
Téléchargez votre programme d’entraînement personnel sur www.redbulletin.com
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the red bulletin
Sebastian Marko/Red Bull Content Pool
71-80 points
sascha bierl
Établissez votre score en additionnant les points comme suit : Réponse A = 10 points, Réponse B = 5 points, Réponse C = 1 point, réponse D = 0 point
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C O N S E I LS d e p r o check-list pour coureurs d’endurance par Colin Jackson.
CHAUSSURES Elles doivent avoir une bonne tenue. Soyez attentif à cela car avec des chaussures distendues, votre course ne sera plus économique. Changez de paires tous les 1 000 kilomètres.
nutrition Ne changez pas de régime alimentaire à cause d’une compétition. Le corps y est habitué et toute modification perturberait le cycle énergétique de votre corps et de vos performances.
HYDRATATION Le corps est intelligent. Quand il ne reçoit pas assez d’eau, il la puise dans les aliments. Il faut boire suffisamment pour prévenir la soif. Opter pour des boissons comportant du sodium et du potassium.
compagnie Une musique calme pour le flow et de lourdes basses pour les passages difficiles – c’est comme on veut ! Personnellement, j’aime rester à l’écoute de mon corps… je cours donc sans.
« Quand la soif arrive, il est déjà trop tard » Colin Jackson, champion du monde de course de haies
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Tous pour un ! W ings For Life World Run Un seul top départ pour six continents : le dimanche 4 mai 2014 se déroulera une épreuve unique en son genre. La première course à pied globalisée de l’histoire, ouverte à tous ceux qui veulent se mesurer au monde. 1. les modalités
4. le CLASSEMENT
Le 4 mai 2014 à 10 heures (Temps Universel), le coup d’envoi sera donné à 37 courses dans 35 pays. Trente minutes après, les poursuivants en voiture seront lâchés. Le dernier coureur à être rattrapé sera déclaré vainqueur.
Le dernier homme et la dernière femme à être rattrapés seront les vainqueurs mondiaux et gagneront un voyage autour du monde exclusif. Un vainqueur national sera aussi désigné dans chaque pays. Le classement en ligne permet à chacun de situer sa performance.
2. LES POURSUIVANTS Les voitures « chasseuses » augmentent partout leur vitesse au même rythme. Les coureurs rattrapés au fur et à mesure seront éliminés. La distance parcourue s’établit à l’endroit où le coureur est doublé par la voiture.
5. LES PARTICIPANTS
3. LES PARCOURS
6. la Mission
Cinq types de parcours : en milieu côtier, fluvial, urbain, nature et plateau. Infos météo, parcours et temps de parcours disponibles sur la page d’accueil de l’événement.
« Courir pour ceux qui ne le peuvent pas », telle est la devise de Wings for Life World Run. Les bénéfices seront reversés à la fondation Wings For Life qui soutient la recherche sur les lésions de la moelle épinière dans le monde entier. Plus sur www.wingsforlife.com
De l’amateur au champion olympique et des stars comme David Coultard. Le but ? Courir aussi longtemps que possible et ainsi soutenir la recherche pour soigner la paraplégie.
Participez à Wings for Life World Run ! Inscription en ligne jusqu’au 20 avril sur wingsforlifeworldrun.com
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Lion, le dernier quatre titres du duo viennois HVOB, est dans les bacs.
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Un paradis pour grimpeurs débutants et pros. C’est un gymnase de 1 200 m², dédié au bloc. Il propose aussi des parcours de slackline. kletterhallewien.at
3 St. Josef Mondscheingasse 10 Déjeunez bio et régalez-vous de produits locaux et de plats typiques, servis par des gens très sympas. Le Dal aux lentilles du ST. Josef est une tuerie.
LASER GAME
Fondé en 2012, le tandem HVOB (« Her voice over boys ») s’attaque avant tout à une contradiction : créer avec subtilité de l’électro qui s’écoute autant qu’elle entraîne. Anna Müller compose et chante de sa voix sensuelle, son acolyte Paul Wallner produit. Après quelques morceaux sur la plateforme SoundCloud, tout s’est accéléré pour eux. Des concerts dans les grands festivals européens, une invitation de la part d’Elie Saab pour la fashion week parisienne, un EP, un album, un second EP et la tête des hit-parades. Le groupe se produira live au festival texan South by Southwest (SXSW), un événement musical majeur aux États-Unis. Ceux qui ne pourront pas se déplacer en mars à Austin peuvent se procurer Lion, le nouvel EP du groupe, sorti le 6 décembre dernier, et qui inclut des remixes signés Stimming et Wolfram. www.hvob-music.com
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1 burggasse 24 Burggasse 24
Selon moi, la plus belle boutique à Vienne. Spacieuse, aérée et des pièces claires. On y trouve des fringues vintage superbes, dont de magnifiques chemisiers !
4 Propaganda Stubenring 20 À Vienne, impossible d’avoir les cheveux mal coupés. Le coiffeur Wolgand « Jackson » Steinbauer y veille dans son petit salon où trône au mur une immense affiche de Marilyn Manson.
2 zimmer 37 Am Karmelitermarkt 37–39
Le Karmelitermarkt est un peu bobo mais cela n’enlève rien à la gentillesse de la mère et la fille qui tiennent ce resto, adoré de ses clients. C’est le meilleur endroit pour lézarder au soleil en mangeant un morceau ou prendre un café (à deux pas, il y aussi 2 autres restos sympas : le Schöne Perle et le Pizza Mari).
5 Pratersauna Waldsteingartenstraße 135
Le meilleur club de Vienne, connu et apprécié dans toute l’Europe. La programmation, le jardin et la piscine sont tops. Les VJ’s et les jeux de lumière y sont si géniaux que nous leur avons emprunté.
laserfun-vienna.at
PILOTage d’UN AIRBUS On décolle et on atterrit à bord d’un simulateur de vol Airbus. Adrénaline garantie lorsque les réacteurs tombent en panne. viennaflight-px.rtrk.at
the red bulletin
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V ienne ANNA MüLLER EST LA VOIX De HVOB, un DUO de deep house QUI A CONQUIS LA PLANèTE en six mois. ELLE NOUS LIVRE SES PLANS POUR BIEN MANGER, FAIRE LA FÊTE ET AVOIR UNE COUPE AU POIL.
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Vu de Vienne
Variante du paintball. Équipé d’un gilet électronique et d’un pistolet laser, vous affrontez vos adversaires dans un labyrinthe embrumé.
Action !
une, deux, trois
musique
anecdotes À l’occasion de la 56e remise du plus prestigieux prix musical
James Mercer, est chanteur et guitaristes des groupes The Shins et Broken Bells.
James Mercer est un homme pressé. On le connaît surtout comme chanteur de The Shins, un groupe de rock indé dont les morceaux psychédéliques ont depuis longtemps conquis la critique et la tête des charts. En 2009, Mercer et son ami producteur Danger Mouse (Gnarls Barkley, The Black Keys et Norah Jones) unissent leur talent et forment Broken Bells. Ce projet réunit leurs passions communes pour la pop obscure et la musique dance modérément excentrique. Et ça marche ! Leur 1er album éponyme se vend à 700 000 exemplaires aux États-Unis. Mercer révèle ici les morceaux qui ont inspiré leur s econd opus, After The Disco.
Un classique dans un monde juste Playlist les cinq hymnes méconnus auxquels James Mercer, le chanteur de Broken Bells, doit beaucoup.
Extraits disponibles sur brokenbells.com
1 Throwing Muses 2 Smith Westerns
Getty Images (2), Corbis, universalmusic, press handout
florian obkircher
Not Too Soon
Varsity
Ce morceau résume parfaitement les années 90 : pop classique, groupes composés de femmes, guitares distordues et mélodies à succès. Durant mes années lycée en Angleterre, j’ai vu Throwing Muses en concert. Leur attitude détachée m’avait fasciné. Not too Soon date de 1991 mais n’a pas pris une ride.
Smith Westerns est un super groupe de rock indé avec des morceaux absolument géniaux comme Varsity. Léger et plaisant, ce titre évoque les tubes radio des années 80. Nous leur avons proposé de nous accompagner lors de notre dernière tournée mais ils étaient pris par l’enregistrement de leur album. Dommage !
4 Fruit Bats
5 Blur
Cette chanson est l’œuvre de mon grand ami Eric Johnson. Il l’a écrite pour sa femme, ce que je trouve génial quand on pense au titre et qu’on écoute les paroles attentivement. Le talent d’Eric n’est pas nouveau, il s’était déjà illustré avec Califone, son précédent groupe. Un groupe méconnu qui aurait pu être l’un des plus grands.
Il y a trois ans, Blur mettait en ligne sur son site web son premier morceau depuis 2003. Un événement qui n’a malheureusement suscité aucune réaction de la part des médias. C’est dingue ! Fool’s Day est un bijou, peut-être le meilleur morceau de Blur. À l’époque, je voyais en ce titre l’amorce d’un nouvel album. Je l’attends toujours.
You’re Too Weird
Fool’s Day
3 Apples In Stereo The Golden Flower
Riche en mélodies et tournures originales, The Golden Flower est à lui seul une leçon de composition. Un chefd’œuvre uniquement disponible en single vinyle et livré avec l’album Tone Soul Evolution. La pochette du single est mal calibrée mais on s’en fout. On parle là de l’un des meilleurs morceaux de tous les temps.
Stevie Wonder Lors de la cérémonie de 1976, Stevie Wonder est en duplex au Nigeria. Le présentateur Andy Williams s’adresse à lui : « Stevie, vous nous voyez ? » Il n’a plus jamais présenté les Grammys.
le g r o ove en altitu d e Gadget du Mois
Le donneur de rythme Une enceinte sans fil en forme de bouteille, étanche, robuste avec une batterie de dix heures d’autonomie. De quoi trouver sa place dans tous les porte-bouteilles des vététistes mélomanes. www.scosche.com
the red bulletin
Georg Solti Avec 31 Grammys, le chef d’orchestre hongrois mort en 1997 est le recordman du prix. La musicienne de bluegrass Alison Krauss, avec ses 27 trophées à 42 ans, se rapproche.
Sinead O’Connor L’Irlandaise est la seule à avoir refusé un Grammy en protestation à l’aspect commercial de l’événement. Milli Vanilli a dû rendre son trophée. Le duo chantait en playblack avec la voix de Charles Shaw.
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Action !
jeux vidéos Blind Turismo est déjà dans les bacs.
GAGNER DES M I L L I O N s AVEC DES JEUX DES SUCCÈS FINANCÉS PAR LE PUBLIC VIA KICKSTARTER
Torment : Tides Of Numenera 4,18 mi $ Ce jeu de rôle (JDR) dont l’action se situe un milliard d’années après notre ère recueille plus de 70 000 supporteurs.
C’est du vol « Laissez-moi vous dire deux mots sur cette ville », lance un des personnages du jeu vidéo Thief. « Si c’est ma mère, alors je suis adopté. » Cet univers sordide et lugubre constitue le cadre de l’épisode très attendu de l’un des plus importants jeux vidéo. Thief est l’un d’entre eux, les deux autres étant Metal Gear Solid et Tenchu: Stealth Assasins qui, en 1988, introduisent et popularisent les jeux d’infiltration auprès de la nouvelle génération de gamers, ouvrant ensuite la voie à des jeux comme Assasin’s Creed ou Splinter Cell. Deux jeux que les aficionados auront en tête au moment de découvrir la nouvelle version de Thief dont la sortie mondiale est ce mois-ci. Au menu, vaste espace de jeu, missions et vue objective, rien de nouveau jusque-là. En revanche l’univers steampunk urbain, nauséabond terrifiant et sordide fait de cet épisode une vraie réussite. Disponible en Xbox One et 360, Playstation 3 et 4 et PC. www.thiefgame.com
Garett. Héros ou escroc ?
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Sensationnel
CLUMSY NINJA : attention danger d’addiction
Un personnage de dessin animé dont le réalisme des mouvements fait du coaching, seul but du jeu, une douce addiction sur iPhone. Les progrès sont visibles d’un niveau à l’autre et on en redemande.
Project ternity E 3,97 mi $ Un autre JDR par le créateur de Star Wars et Fallout mais avec une touche Games of Thrones.
naturalmotion.com
Joueur, tu obéiras guerre froide
Beaucoup jouent pour fuir la bureaucratie du monde réel. Papers, Please vous y ramène de plein fouet. En tant qu’agent des frontières d’un État soviétique fictif, vous exercez le pouvoir sur tous ceux qui entrent sur votre territoire. Palpitant ! Disponible pour PC et Mac.
level5ia.com
Mighty No. 9 3,85 mi $ Un robot ludique façon japonaise. Quatre fans payent 10 $ pour un dîner avec Keiji Inafune, créateur de Mega Man. Trouvez et financez de futurs jeux sur kickstarter.com
the red bulletin
paul wilson
attention ! THIEF POURRAIT SUBTILISER une grande partie de VOTRE précieux TEMPS à votre insu…
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ADRÉNALINE
DES PHOTOS À UFFLE COUPER LE SO
INGÉNIEUX
ANGE LE MONDE CH GRÂCE À EUX
EXTRÊME
NS AVENTURE SA FRONTIÈRES
©Dom Daher
to n . t n e M o M H O R S DU C O M
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ton MoMent. Hors du commun
TÉLÉCHARGEMENT GRATUIT
Action !
événements
02.03, Paris
Chic, un choc PSG-OM est un classique de la L1 dont on ne se lasse pas même si les deux clubs ne partagent plus le même train de vie. Vainqueurs à l’aller au Vélodrome (2-1), les Parisiens, très ambitieux, ont un planning 2014 chargé. L’OM, lui, rêve juste de jouer les trouble-fêtes au Parc. www.psg.fr
Jusqu’au 27.04, Lyon
Lyon, capitale Il y a cent ans, Lyon accueillait l’exposition internationale urbaine. Lyon, centre du monde! organisée par les musées Gadagne revient sur cet événement pour promouvoir le projet d’une cité moderne et originale. Ce rendezvous international très couru s’arrêtera d’un coup avec la déclaration de guerre du 3 août 1914 et le départ des nations ennemies. www.gadagne.musees.lyon.fr
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09.03, Mantes-la-Jolie
Cap au Sud Le Paris-Nice cycliste est l’incontournable rendez-vous du début de saison pour le peloton professionnel. Des Yvelines à la Méditer ranée, la « course au soleil » donne l’occasion de jauger l’état de forme des équipes. La preuve ? Wiggins et Porte, coéquipiers de Chris Froome dans la Sky team, ont remporté les deux dernières éditions. www.letour.fr
Jusqu’au 18.05, Paris
L’Amérique d’Adams Robert Adams. L’endroit où nous vivons présente le travail du photographe américain. Depuis ses débuts dans les années 60, Adams raconte la vie et les paysages du grand Ouest américain. L’exposition pointe les intentions citoyennes du photographe : avoir conscience des richesses du lieu qui nous est donné, non seulement dans l’Ouest américain, mais aussi dans le monde entier. www.jeudepaume.org
the red bulletin
Getty Images (3), Photo musées de Strasbourg, Kira Perov, musées Gadagne, Robert Adam, corbis, picturedesk.com (2)
Edinson Cavani.
05.03, Saint-Denis
05.03, Paris
Objectif Rio
Voilà Viola
Depuis sa qualification historique pour la Coupe du monde devant l’Ukraine en novembre (3-0), la France a retrouvé le moral et ses fans. Vrai ? On va pouvoir en juger dans ce premier match amical de l’année face aux Pays-Bas, une très grosse pointure. Les Bleus démarrent sérieusement leur préparation pour le Brésil. www.fff.fr
Bill Viola, pionnier de l’art vidéo, présente ses installations monumentales au cœur du Grand Palais. Associant la vidéo, le son et la mise en espace, l’artiste américain emmène le visiteur dans un voyage artistique incomparable. www.grandpalais.fr
en bref notre sélection, en bonne compagnie
15 SAMEDI
AU TAPIS Le festival des arts martiaux fait toujours le plein à Bercy avec les stars asiatiques. Moines de Shaolin, combattants philippins de Kali Eskrima, sabreurs coréens de Haidong Gumdo, etc. Il y en a pour tous les goûts. www.bercy.fr
Jusqu’au 11.05, Paris
L’empreinte Doré Cette rétrospective, la première depuis plus de 30 ans, offre toute la palette des talents d’un créateur hors du commun. Peintre, caricaturiste, sculpteur, dessinateur, Gustave Doré marque son époque au point de laisser une marque indélébile dans l’imaginaire contemporain. www.musee-orsay.fr
20 14-16.02, Marne-la-vallée
Ça vole haut Dopé par les exploits de Nanterre en Euroligue, le show basket de la Pro A s’anime avec la Disneyland Paris Leaders Cup (l’ancienne « semaine des As ») à nouveau organisée sous un grand chapiteau aux portes du célèbre parc d’attractions. La compétition réunit les huit meilleures équipes du championnat à la mi-saison. www.lnb.fr
jeudi
AU CHAUD Bordeaux accueille ce weekend l’élite de l’athlé national pour les championnats de France en salle. Passage obligé pour les tricolores en quête de repères avant les Mondiaux à Sopot. 20-22.02 www.athle.fr
2
DIMANCHE
AU CARNAVAL
15.03, Saint-Denis
Grosse pression Le XV de France boucle son tournoi 2014 avec un dernier match face à l’Irlande au Stade de France. Ce sera aussi l’ultime sortie des Bleus devant le public français cette saison. En juin, les joueurs de Saint-André filent en Australie pour une tournée. www.ffr.fr
the red bulletin
En début d’année, Dunkerque et ses « carnavaleux » entrent en transe et en danse pendant un trimestre. Les bandes de fêtards envahissent chaque week-end la cité de Jean Bart. Bal des Acharnés. ville-dunkerque.fr
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instant magique
24 novembre 2013 Ce qu’a fait Mark Webber au Brésil, lors du dernier tour de son 217e et dernier grand prix de F1 est en principe sévèrement sanctionné. Mais pour l’Australien qui courra désormais en championnat d’endurance, c’est une belle manière de sécher ses larmes d’adieu.
« Ça m’a fait un bien fou de retirer le casque et voir ainsi les fans et les commissaires de course » Getty Images
Mark Webber
the Red Bulletin n° 28 paraîtra le 12 février 2014 98
the red bulletin
Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658
COURONS POUR FAIRE AVANCER LA RECHERCHE INSCRIVEZ-VOUS ! LE MÊME JOUR À LA MÊME HEURE PARTOUT DANS LE MONDE MAI2014 2014--12H00 12H00--HENNEBONT HENNEBONT(BRETAGNE) (BRETAGNE) 44MAI
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