FRANCE
HORS DU COMMUN
KILIAN JORNET
L’homme qui domine les montagnes
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SNOW À HAUT RISQUE
HEURES DE FÊTE
Défi relevé en Antarctique
MADS MIKKELSEN
HANNIBAL L’acteur danois régale les fans du psychopathe extraordinaire dans une série saignante
REDBULLETIN.COM
PCONTENUS L UINTERACTIFS S D SURE
MAGAZINE SPONSORISÉ
JANVIER 2015
DANS UN CLUB LONDONIEN
LE MONDE DE RED BULL
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DU SNOWBOARD EN ANTARCTIQUE
Un Finlandais, un Américain et un Français au bout du monde. Pour des rides très délicats...
KENNETH WILLARDT/CORBIS OUTLINE (COVER), TERO REPO, LITTLE SHAO
À TABLE ! Mads Mikkelsen a de la gueule. Le Danois est Hannibal le cannibale dans la série du même nom. Il raconte son « affection » pour le super vilain très consommateur de chair humaine. De l’appétit, Kilian Jornet n’en manque pas quand il dévore les plus hauts sommets du monde, redéfinissant la notion de « grimpe ». Les défis monumentaux concernent aussi Justine Dupont, surfeuse française et complète, in love avec les grosses vagues. Oui, The Red Bulletin honore aussi les femmes et soutient à fond Misty Copeland. La danseuse afro-américaine star a fait son chemin depuis les quartiers chauds de L.A. jusqu’au plus prestigieux des ballets, et les pages de votre magazine. Copieux, et gratuit, toujours. Bonne lecture ! Votre rédaction THE RED BULLETIN
« Obama est adorable, tellement cool, et normal » MISTY COPELAND, PAGE 42
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JANVIER 2015
D’UN COUP D’AILES BULLEVARD 16 JOB, AMOUR, FORME... 2015 sera propice aux défis.
REPORTAGES
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26 Mads Mikkelsen
Il est au top dans la peau d’Hannibal. Qui a dit que le fascinant comédien danois avait la gueule de l’emploi ?
32 Kilian Jornet
INCARNER LE MAL
Ce phénomène grimpe les montagnes en courant, plus vite que son ombre.
À fond dans le rôle d’un célèbre cannibale, Mads Mikkelsen y aurait-il pris goût ?
Rien n’était gagné d’avance pour la ballerine la plus célèbre des States.
48 Johnny Ho
Novice de l’apnée, le gamer pro joue la partie la plus dure de sa vie. Report.
54 Stéphane Peterhansel
Le Dakar dans le rétro et sur l’agenda.
56 Justine Dupont
Elle vit le surf au complet, surtout quand ça envoie du très gros.
82 48 30 H DE FÊTE ? POSSIBLE !
La Fabric est un fameux club londonien. Pour ses 15 ans, une fiesta marathon y a eu lieu. On y était, et on a survécu...
58 Baauer
Un DJ à la recherche de l’introuvable.
L’APNÉE EN JEU
Johnny Ho est un pro du gaming. Moins à l’aise sous l’eau qu’avec une manette, se tester en apnée fut pour lui un challenge.
32 54 MONTAGNE ART
Vous n’avez jamais rencontré quelqu’un comme Kilian Jornet. La montagne vous gagne, elle a fait de lui un surhomme... 6
MONSIEUR DAKAR
Stéphane Peterhansel n’a pas loupé un Dakar depuis 1988. Le départ de l’édition 2015 est proche, et il remet ça. Of course.
60 Glace des as
Du snow en Antarctique. Défi relevé !
ACTION ! 76 77 78 80 82 88 89 90 91 92 94 98
VOYAGES En Suisse, et que ça saute ! MA VILLE Découvrez le Gdánsk cool CONSEILS DE PRO Soyez un Warrior ORIS Une autre perception du temps NIGHTLIFE Quand la fête dure 30 h CLUB Le Strasbourg festif est à vous MUSIQUE Ariel Pink : viva Madonna ! WFL WORLD RUN Courir de nuit JEUX VIDÉO L’univers, ce bac à sable CINÉ Lorenzo Richelmy est Marco Polo AGENDA Nos incontournables INSTANT MAGIQUE Poudre aux yeux
THE RED BULLETIN
KENNETH WILLARDT/CORBIS OUTLINE, ALEX DE MORA, BRIAN BIELMANN, MATT GEORGES, FLAVIEN DUHAMEL/RED BULL CONTENT POOL
42 Misty Copeland
Collection aviation
Professional Direction* GRAVITY MASTER GA-1000
Une montre qui délivre non seulement l’heure exacte, mais aussi la direction précise. En appuyant sur le bouton positionné à 9 heures, la montre se met immédiatement en Mode Boussole Numérique. La lecture de la direction se fait en continu pendant 20 secondes, durant lesquelles l’aiguille des secondes pointe vers le nord. Il est facile de prendre le contrôle.
RÉSISTANCE ABSOLUE Boutique G-SHOCK
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CONTRIBUTEURS NOS ÉQUIPIERS DE JANVIER
« Lors du sprint final d’une fête, tu passes en mode coureur de marathon : tu ne réfléchis pas, tu continues » Oliver Bourke, l’un des heureux clubbeurs de la Fabric, page 82.
NORMAN HOWELL
TERO REPO
WERNER JESSNER
Journaliste amoureux de la montagne, il a interviewé des sportifs d’exception. Aucun ne fut aussi accessible que Kilian Jornet, le Catalan spécialiste de l’endurance sur les plus hautes montagnes. « Quand le photographe lui a demandé de courir sur une pente raide, avec des racines et des trous, il s’est exécuté, comme s’il flottait, déclare Howell. Son approche quasi spirituelle de la nature, sa compétitivité et ses qualités athlétiques hors norme en font un homme intriguant. » Rencontrez Kilian en page 32.
« Je suis un snowboarder qui est devenu un photographe », explique Finn, 36 ans, qui a eu son premier appareil photo à 19 ans, une douzaine d’années après qu’il a commencé le snow. « Après avoir testé mon appareil lors de sessions, je me suis dit que je pourrais vendre quelques photos si je m’y mettais vraiment. » Peu après, les commandes devinrent son quotidien, avec des missions pour des magazines et des publicités à l’international. Son incroyable portfolio de snowboard en Antarctique est en page 60.
Les chemins de Werner Jessner et de Stéphane Peterhansel, spécialiste du Dakar, se sont croisés plusieurs fois. La plus mémorable : un trajet avec le pilote de Mitsubishi (à l’époque). Lancé à 160 km/h, Peterhansel, bavarde avec son copilote du moment. Arrivant à un carrefour en forme de T, il ne fait pas mine de freiner. Jessner, nerfs tendus, ne l’émeut point. Il ricane, fonce et fait atterrir la voiture dans un champ de l’autre côté. L’interview page 54 s’est déroulée dans des circonstances bien plus détendues.
AUTOUR DU MONDE
The Red Bulletin est publié dans onze pays. Vous voyez ici la couverture américaine.
BACKSTAGE
30 h de photos en club avec Alex de Mora Nous avons poussé à bout ce photographe de mode et musique. « Un club ouvert 30 h durant, c’est fou, et y shooter tout du long est encore plus dingue », s’exclame De Mora à propos de l’anniversaire marathon de la 30 h de fête pour célébrer 15 ans d’existence. Fabric, club de Londres où il est resté du samedi soir au lundi matin. « La techno était un battement de cœur qui m’a fait tenir. Je n’aurais pas survécu à un festival folk. »
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Flo Obkircher, auteur de La Fabrique à fêtes, et Alex De Mora, en mission.
THE RED BULLETIN
D É S ERT D U K AL AHARI , AFRI Q U E D U S U D
VERS L’INFINI « Vous, la voiture et l’horizon », c’est avec ces mots que la Kalahari Desert Speedweek incite tout participant à rallier la savane. Avec pour promesse, une vitesse illimitée, que ce soit à bord d’un bolide ou au guidon d’un vélo. Cette chasse au record de vitesse se fait sur la partie sud-africaine du désert. Une zone grande comme deux fois l’Espagne. Aucun risque d’embouteillage ! speedweeksa.com Photo : Tyrone Bradley
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LO N D RE S , AN G LETERRE
SORTIE DE ROUTE Le concept du Red Bull Local Hero Tour est simple : quatre BMXers parcourent le territoire britannique à la recherche de skateparks et de talents. En l’absence de parks, les tricks sont réalisés sur des terrains atypiques, comme ici sur le pont de Westminster, près du Parlement britannique. À cette occasion, le marquage des voies cyclables prend une plus grande dimension, grâce à cette bande de pros constituée d’Anthony Perrin, Simone Barraco, Bruno Hoffmann et Kriss Kyle. redbull.com/bike Photo : Rutger Pauw/Red Bull Content Pool
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TALLO I RE S , FR AN C E
SUR LA TERRE COMME AU CIEL 64 équipes de 4 athlètes (aviron, parapente, trail running et VTT) ont tout donné sur, au-dessus et autour du lac d’Annecy lors du Red Bull Éléments, l’un des relais les plus exigeants au monde. Ce participant aérien n’est pas là pour admirer le sommet de la Tournette. Il doit relier trois points le plus rapidement possible, avant de passer le relais à son coéquipier à VTT. Première à l’arrivée, la Team Instinct a bouclé le parcours en 4 h 54 min et 45 sec. Venez relever le défi le 19 septembre 2015. redbull.com Photo : Jeremy Bernard/Red Bull Content Pool
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B U L L E VA R D
*déclare Mark Twain (qui a d’ailleurs changé de nom)
RÉVOLUTION
À VOTRE TOUR !
R C H A N GTE E X U E P TU E. OU L E M O NADN G E R CH E. LE T O I - M ÊEMS T P L U S S E C O N DF I C I L E .* DIF
Russell Brand, comédien anglais et ex-mari de Katy Perry, invite le monde à l’activisme politique. Longtemps, il est allé au travail habillé en terroriste, a été héroïnomane et s’est vanté en public de ses coucheries. Aujourd’hui, Russell Brand semble purifié. Cet Anglais de 39 ans, tour à tour acteur, chanteur ou animateur radio, est végétarien et pratique la méditation transcendantale. Dans son livre Revolution, un brulot anti-capitaliste, il appelle à un changement radical du système politique. Comment ? En commençant par soi-même ! Revolution de Russell Brand (Paru chez Cornerstone, 2014)
BULLEVARD
C’EST VOTRE DÉCISION
Changement de sexe
CHANGER OU NON ? À VOTRE TOUR Les manifestants du monde entier le montrent. Pour faire bouger les choses, il faut agir par soi-même.
Facile de répondre à ces questions essentielles. Si vous êtes honnête avec vous-même.
ÊTES-VOUS MALHEUREUX ?
O
N
N
VOYEZ GRAND ! Les opposants au libreéchange transatlantique remorquant des poulets désinfectés au chlore.
AIMERIEZ-VOUS ÊTRE HEUREUX ?
O
VOULEZ-VOUS AMÉLIORER VOTRE VIE ?
O
DÉSHABILLEZ-VOUS ! À Madrid, se déplacer à vélo est risqué. Des cyclistes roulent nus pour plus de pistes cyclables.
CONTINUEZ SUR CETTE VOIE.
N
N
ÊTES-VOUS PRÊT À SOUFFRIR POUR UN NOUVEAU DÉPART ?
À VRAIMENT SOUFFRIR ?
N
O
METTEZ LE BAZAR ! Du fumier au Reichstag à Berlin : contre la mondialisation. Les militants d’ATTAC en ont marre.
CHANGEZ DE VIE ! COMMENT ? DÉCOUVREZ-LE DANS CES PAGES…
THE RED BULLETIN
N
Oui
ÉCRIVEZ-LE ! Cette Femen rejette l’exploitation sexuelle des femmes. La police se saisit du dossier.
Non
Laissez-vous surprendre !
Né Andrej et élevé comme un garçon, le mannequin australien Andreja Pejic a toujours voulu être une femme et s’est fait connaître lors de défilés féminins – alors qu’elle était encore un homme – grâce à son physique androgyne. Élue parmi les 100 femmes les plus sexy par le magazine FHM, elle a subi une opération pour changer définitivement de sexe.
O
DEAN CHALKLEY, GETTY IMAGES, FOTOLIA, REUTERS(4), CORBIS
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BULLEVARD
DÉCOUVREZ VOTRE MOI VÉRITABLE ET DÉPLOYEZ VOTRE POTENTIEL Voici nos conseils pour réinventer votre personnalité en sept jours. Et pour devenir quelqu’un de meilleur.
1 2 3 LUNDI
MARDI
MERCREDI
TROUVEZ L’ERREUR !
CHERCHEZ LE SENS !
ÉCHAPPEZ AU QUOTIDIEN !
Personne n’est parfait. Pas même vous. Si vous répondez OUI à UNE seule de ces questions, il vous reste encore six jours pour apprendre à dire NON.
Se connaître est la première étape pour s’améliorer. Remettez votre quotidien en question et soyez sincère avec vous-même. Vraiment sincère !
Votre vie commence réellement là où s’arrête votre zone de confort. Sortez et faites le contraire de ce que vous avez l’habitude de faire.
VOUS…
1. Si vous pouviez brusque-
… êtes trop timide pour parler à votre reflet dans le miroir ?
ment changer une chose chez vous, ce serait :
… actualisez vos messages de statut uniquement en faisant un copier-coller ?
A votre corps B votre caractère C votre intelligence
… vous vous levez le matin uniquement pour mieux pouvoir vous recoucher le soir ?
Y travaillez-vous déjà ?
… n’arrivez pas à toucher vos orteils en position assise ? … comprenez par « alimentation équilibrée » le fait de varier entre une pizza surgelée et des nuggets de poulet ?
2. Y a-t-il une chose que vous avez toujours eu envie de faire sans jamais oser ? A Oui
Qu’attendez-vous ?
… ne pensez à redémarrer que lorsque votre ordinateur plante ?
B Non
Alors il est grand temps de relever vos manches et de réorganiser votre vie.
3. Avez-vous un secret
Parce que vous êtes à court d’idées ? qui, s’il était rendu public, pourrait nuire à votre partenaire ? A Oui
Ce secret est-il si lourd ou votre couple est-il trop f ragile ? B Non Est-ce votre partenaire qui est compréhensif/-ive ou votre vie qui est (trop) conformiste ?
4. Lequel de ces destins choisiriez-vous ? A Célèbre mais malheureux B Richissime mais i mpopulaire C Heureux en amour mais à
court d’argent Laquelle des 3 réponses se rapproche le plus de votre vie ? C, vraiment ?
Introduisez-vous dans un groupe d’aide pour anciens membres d’une secte et p résentez-vous comme leur nouveau « guide ». Rendez-vous dans une boutique, retirez tous vos vêtements en cabine, d éposez-les à côté de la caisse, faites un clin d’œil à la vendeuse : « Gardez la monnaie ! », et uittez les lieux, nu(e). q Dites à votre chef que vous réfléchissez sérieusement à baisser son salaire. Appelez maman, et demandez-lui si elle finit toujours son assiette. Demandez à votre nana à quoi elle pense. Si vous n’en avez pas, demandez à votre thérapeute.
« Chacun rêve de changer l’humanité, mais q ui pense à se changer soi-même ? » LÉON TOLSTOÏ
C’est en trouvant son style propre que l’on peut profiter pleinement de la vie.
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THE RED BULLETIN
FOTOLIA(2), REUTERS, CORBIS
LA SEMAINE PARFAITE
BULLEVARD
4 5 6 7 JEUDI
VENDREDI
SAMEDI
DIMANCHE
NOUEZ DES CONTACTS !
BOUGEZ-VOUS LES FESSES !
ACCEPTEZ VOS DÉFAUTS !
C’est en enthousiasmant ses collègues, amis, relations que l’on maximise son sex-appeal social. Mêlez-vous aux autres !
Consacrez cette journée à votre corps. Faites du vélo. Ou allez nager. Faites des tractions. Ou courez au moins les 10 derniers mètres jusqu’au bus.
Cinq pas en avant, un saut en arrière : imitez l’effet yo-yo et faites la paix avec votre vraie nature intérieure !
BIENVENUE DANS VOTRE N OUVELLE VIE ! Sentez-vous déjà pulser la force de votre moi tout neuf dans vos veines ? Alors affalez-vous et savourez chaque instant !
Allumez le four et enfournez une pizza, garnie de nuggets au poulet. À la fin de la journée, écrivez-vous une lettre. Buvez 12 bouteilles de vin comme Gérard Depardieu. Si vous tenez encore debout, faites l’amour sans retenue. Ces lignes vous rappellent que vous êtes trop vieux pour revenir à votre ancienne vie.
Découvrez votre moi véritable et tout le monde vous adorera !
BRISE-GLACE
FOTOLIA(2), REUTERS, GETTY IMAGES, NASA
Le silence embarrassé est votre marque de fabrique ? C’est bientôt du passé ! Aujourd’hui, essayez d’aborder cinq inconnus. NOS CONSEILS POUR ENGAGER LA CAUSETTE Énoncez des faits intéressants, comme sur la météo. Par exemple : « Saviez-vous que plus de 80 % des personnes touchées par la foudre sont des hommes ? » Faites un compliment à votre interlocuteur. Par exemple : « Quel toupet chic ! Puis-je l’essayer ? » Posez des questions intéressantes pour enchaîner : « Avez-vous déjà pensé à l’issue inexorable de votre vie ? »
THE RED BULLETIN
RELAXATION ET YOGA La posture du scorpion, en trois étapes : 1 Inspirez 2 Expirez 3 Prenez la posture
du scorpion
On se r evoit lundi ! 19
BULLEVARD
L’ART DE QUANTIFIER
Dans Un Tramway Nommé Désir, M ARLON BRANDO porte un maillot de corps blanc. À l’époque, les teeshirts servaient de sous-vêtement.
LE DATA-ART
NICOLAS MACHIAVEL, LE PRINCE « Les hommes sont si aveugles, si entraînés par le besoin du moment, qu’un trompeur trouve toujours quelqu’un qui se laisse tromper. »
IL Y A TOUJOURS UNE PREMIÈRE FOIS
ESPRITS PIONNIERS Courir pour se maintenir en forme, se laver les mains… ces choses-là ont dû être inventées. Merci à ces héros de l’hygiène.
IGNACE SEMMELWEIS Ce médecin hongrois priait ses confrères de se laver les mains avant d’opérer. Ils s’en moquaient.
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JERRY MORRIS Il a prouvé dans les années 50 qu’un footing régulier était bon pour la santé. Pas juste fatiguant !
ROBERT GREENE, 48 LOIS DU P OUVOIR « Les erreurs commises par audace sont facilement rectifiées grâce à plus d’audace encore. Tout le monde admire l’audacieux ; personne n’honore le timoré. »
Nos pas, nos likes sur les réseaux sociaux, nos messages postés : tout ce que nous faisons est mesuré en chiffres et enregistré. Souvent sans notre accord. L’artiste américaine Laurie Frick a exploité ses propres données pour en faire de l’art. Elle a créé une application qui changera le regard que vous portez sur vous-même.
FRICKbits collectionne vos données de localisation. Plus vous vous déplacez, plus les images sont colorées.
Partagez votre art avec d’autres utilisateurs. Ou effacez-le. Ainsi que l’ensemble de vos données, espérons-le.
KOBAL COLLECTION, GETTY IMAGES, IMAGO
À LIRE Retenez les extraits de ces trois classiques, ils vous aideront au boulot et au quotidien.
Les données de mouvement offrent bien des possibilités : abus ou art.
DALE CARNEGIE, COMMENT SE FAIRE DES AMIS « Parlez à un homme de lui-même, et il vous écoutera pendant des heures. »
THE RED BULLETIN
BULLEVARD
MICHAEL JORDAN a quitté la NBA en 1993 pour se lancer dans le base-ball. En 1995, il revient au basket avec succès.
CHANGEMENT DE CARRIÈRE
RETOUR À LA CASE DÉPART Les changements d’orientation ne sont pas tous judicieux.
GETTY IMAGES(4)
On lit souvent des articles sur des personnes qui ont radicalement changé de vie et qui ont réussi. Pour les célébrités suivantes, cela n’a pas marché. Peut-être parce qu’elles avaient déjà trouvé leur vocation ?
NAOMI CAMPBELL a voulu s’essayer à la chanson. Son premier album fut un raté. En l’écoutant, on comprend.
FRANKIE MUNIZ s’est engagé en 2006 dans une écurie pro de course auto. Il mériterait le prix du meilleur perdant.
LUDWIG WITTGENSTEIN s’est lancé dans l’enseignement. Après 5 années laborieuses, il est redevenu philosophe. Logique.
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BULLEVARD
MISE À JOUR DE VOTRE QUOTIDIEN
Plus de futur dans le présent !
AUCUNE APPLI POUR ÇA ?
Comment changer nos vies avec des choses qui n’existent pas ? Ok pour l’amour : il existe. Il ne nous manque que le courage.
OUVREZ LA BOUCHE ! TÉLÉPORTATION VS. AVION Fait gagner du temps et peutêtre même de l’énergie. Mais le lobby du jus de tomate est tout simplement trop puissant.
Si. Voici six icônes qui amélioreront votre vie.
Ces trois délices vous transformeront de l’intérieur. Croyez-nous !
PLUS BEAU Le chènevis n’enivre pas, mais il est très riche en protéines. Votre corps ne brûlant pas d’herbe, mais des graisses : vous êtes mince et en forme.
PLUS FORT D’après des mythes asiatiques, le sang de serpent renforcerait le système immunitaire et la vigueur masculine. Comme il n’existe aucune preuve concrète de cela, il ne vous reste qu’à essayer.
FORME Avec le Fitness Coach, 7 min/jour suffisent pour un corps parfait.
FILET BroApp envoie des SMS à votre moitié en cas d’oubli.
MOTIVATION Quel que soit votre objectif, Beeminder vous rappelle de vous accrocher.
VIGILANCE Toggl calcule votre temps de travail et sait précisément quand vous traînez.
BONS PLANS Consultez event0 pour savoir où faire la fête jusqu’au bout de la nuit.
PORTE-BONHEUR Commencez bien la journée en complétant votre Five Minute Journal.
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AMOUR LIBRE Vive le polyamour ! Le b onheur éternel avec un seul partenaire est effectivement un mystère.
MULTITÂCHE La machine à laver et l’ordinateur étaient un bon début. Mais il en est où le robot d omestique ?
CORBIS(3), FOTOLIA(3), GETTY IMAGES(3)
REPOUSSE Des dents qui se régénèrent éternellement, ça ne devrait pas être un problème pour les geeks de la biotech !
DIETMAR KAINRATH
ÉNIGME Que nous apportera la nouvelle année ?
PLUS MALIN Les escargots de Bourgogne sont le carburant par excellence pour nos cellules grises. Riches en Oméga 3, ils renforcent la mémoire et l’hormone T3 stimule notre activité cérébrale.
THE RED BULLETIN
PERFORMANCE FLAMBOYANTES INFINITI Q50 EAU ROUGE CONCEPT www.infiniti.eu
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Modèle présenté : Concept-car Infiniti Q50 Eau Rouge. Ce modèle est un concept et n’est pas disponible à la vente. Les concept cars sont des études automobiles. Les concepts peuvent être différents en cas de commercialisation. Pour plus d’information sur l’Infiniti Q50 rendez-vous sur www.infiniti.eu *Performance Inspirée
BULLEVARD
DE TRÈS BONNES RÉSOLUTIONS
DÈS L’ANNÉE PROCHAINE ! Arrêter de fumer, boire moins, faire plus de sport : quel ennui ! Voici cinq conseils vraiment utiles pour le reste de votre vie.
Pourquoi s’embarrasser ? Des gadgets insolites dont on peut très bien se passer.
Dopant La neurostimulation crânienne est le nom scientifique de ce que cette chose vous fait. En bref, Foc.us stimule votre cerveau avec des décharges électriques pour vous rendre plus performant. Électro-choquant !
Infernal
FAITES QUATRE FOIS L’AMOUR PAR SEMAINE ! Une étude grecque révèle que les personnes qui font l’amour au moins quatre fois par semaine gagnent environ 3 % de plus que celles qui ne peuvent/veulent le faire qu’une fois par semaine.
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NE VOUS FAITES PAS PROMOUVOIR ! Ceux qui en font plus que leur travail ne l’exige sont promus. Jusqu’à ce qu’ils atteignent le niveau de leur incompétence. C’est ce qu’affirme le Principe de Peter – et certains en sont la preuve vivante.
PROCRASTINEZ, ET PAS QU’À MOITIÉ ! Des scientifiques ont montré que ce n’était pas forcément mauvais. Ceux qui remettent tout au lendemain gèrent mieux la pression. Et surfent sur une vague d’adrénaline.
HAPIfork sonne l’alarme lorsque vous mangez trop vite. Ceux qui refusent la dictature de la fourchette devront manger avec les doigts. Pour leur plus grand bonheur !
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NE VOUS FIEZ PAS À VOTRE INTUITION ! Elle mène à la folie car nous ne pouvons pas nous fier à notre environnement. Aussi, ne prenez que des décisions réfléchies ! Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002, y a longuement songé.
Envahissant Il pèse 20 grammes, n’est pas beaucoup plus grand qu’un ongle et prend deux photos par minute. Narrative Clip enregistre donc chaque instant de votre vie. C’est à en perdre le sourire.
THE RED BULLETIN
CORBIS(5)
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PORTEZ PLUS DE ROUGE ! Des psychologues ont constaté que les personnes vêtues de rouge sur les photos étaient plus attirantes. Pas de chance en amour ? Porter du rouge vous aidera en cette nouvelle année.
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Avant-gardiste wanted ! Le futur de l’enduro est là : KTM FREERIDE E-XC 100% ELECTRIQUE. Design abouti et technologie maîtrisée, combinée avec la qualité et l’expérience historique de KTM en tout-terrain. Découvrez un plaisir pur, électrique. Homologuée, la KTM FREERIDE E-XC est silencieuse, puissante, maniable car très légère, et incroyablement facile ! Etes vous prêt à explorer une nouvelle voie ?
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CE QUE L’ON APPREND D’HANNIBAL LECTER Sacrée gueule du cinéma, Mads Mikkelsen aborde les grands sujets dans son interview avec The Red Bulletin : la vie, la mort, Dieu, le monde... et le cyclisme. ENTRETIEN : RÜDIGER STURM PHOTOS : KENNETH WILLARDT / CORBIS OUTLINE 26
« Il me faut de l’enthousiasme, du drame, de la folie. Il me faut ce contre-pied. Les comédies ne m’attirent pas, sauf quand elles sont déjantées »
M ads Mikkelsen, 48 ans, né à Copenhague, fils d’une infirmière et d’un syndicaliste, est sans doute l’acteur européen le plus en vue en ce moment. C’est la gueule mal rasée et les cheveux en bataille qu’il nous apparaît, chemise à peine rentrée dans le pantalon : et pourtant il a l’air bien réveillé et même d’excellente humeur. « Avant de commencer, il faudrait peut-être que je vous prévienne, lance-t-il. Nous, les Danois, sommes très bons pour l’auto-dérision. Dans tout ce que nous disons se cache une pointe d’humour grinçant. »
the red bulletin : Monsieur Mikkelsen, vous avez incarné le méchant dans un James Bond, des héros de western et de la mythologie grecque, Hannibal Lecter... d’où vous vient ce goût pour les personnages extrêmes ? mads mikkelsen : La réponse est simple : du fait que ma vie est assez plan-plan. Il me faut donc de ces projets qui m’interpellent, il me faut du drame, de l’enthousiasme, de la folie. J’ai besoin de ce contre-pied. C’est pour cela que les comédies ne m’attirent pas vraiment, sauf quand elles sont complètement déjantées. Hannibal n’est pas une comédie au sens classique du terme. Vous tournez actuellement la troisième saison de cette série qui fait un véritable carton : n’aviez-vous pas quelques appréhensions à reprendre ce rôle culte ? Pas après avoir rencontré la tête pensante de la série, Brian Fuller. Au début, il a voulu me présenter la série en une dizaine de minutes. Deux heures plus tard, il n’avait toujours pas fini : il s’enflammait pour Hannibal comme s’il était en pleine transe amoureuse. Après notre rencontre, il était devenu clair pour moi que je devais absolument travailler avec ce fou.
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Mads Mikkelsen est un homme endurant. Il a percé en tant qu’acteur en 2002 à l’âge de 37 ans, dans le film danois Open Hearts de Susanne Bier, labellisé DOGMA95.
À quel point doit-on et peut-on s’investir dans son rôle lorsqu’on joue un cannibale ? Ah ah ah ! Vous me demandez si... ? … pas jusqu’à l’ultime passage à l’acte, évidemment. Excepté ses habitudes alimentaires, Hannibal n’est pas un psychopathe ordinaire : il n’a rien d’une brute sanguinaire uni-dimensionnelle. Ce serait une erreur de le réduire à un seul aspect de son caractère : c’est un fin gourmet, qui a un goût prononcé pour les arts, la musique, les langues... et bien sûr aussi pour les meurtres. C’est sa passion, il met même dans ses actes sanglants une forme, disons... d’amour. C’est cet aspect que j’essaie de faire ressortir dans mon personnage... Vous me suivez ? Pourriez-vous développer cette idée ? Hannibal est l’un des pires monstres que l’on connaît, aucun doute là-dessus. Mais en dépit de sa cruauté, il peut nous apprendre beaucoup de choses : par exemple, que la vie n’est jamais aussi intéressante qu’au seuil de la mort, car c’est à ce moment que nous prenons conscience de la nécessité d’en jouir pleinement. Et puis Hannibal ne perd pas son temps avec des imbéciles ou d’autres banalités. On peut tout à fait s’inspirer d’un tel rapport à la vie. Sans oublier son inébranlable assurance, qui, personnellement, me fascine. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas cette assurance : je doute 30
« La vie n’est jamais aussi intéressante qu’au seuil de la mort, car c’est à ce moment que nous prenons conscience de la nécessité d’en jouir » eaucoup, que ce soit dans mon travail, ou chaque b fois que j’essaie quelque chose de nouveau. Je suis un être hanté par ses doutes. Vous nous menez en bateau, là... Non, je vous assure ! Un tel caractère pourrait certes s’avérer utile si vous aviez à jouer des types désespérés, lâches ou hésitants, mais vos rôles sont des rôles de héros : comment peut-on jouer un héros quand on manque soi-même d’assurance ? Justement, il faut oublier qu’on en manque : je sais, c’est bien plus simple à dire qu’à faire. J’y parviens en essayant d’atteindre, dans mon jeu, un état de symbiose : je ne pense pas mon personnage, je suis mon personnage. Si je commence à réfléchir, à prendre conscience de ce que je suis en train de faire, c’est mauvais signe. Et je dois absolument refaire la prise. THE RED BULLETIN
Sauf si le réalisateur est ravi de votre travail. Non, aucune exception : j’insiste pour refaire la prise. Parce que je sais que je n’étais pas bon. Je le sais, vous comprenez ? Même si le réalisateur, lui, est satisfait. N’auriez-vous pas une certaine tendance à l’individualisme ? Il y a dans notre métier, en quelque sorte, un aspect à la fois social et mondain, et paradoxalement très marginal. En période d’activité, nous devons constamment être entourés de gens, sans quoi nous ne pourrions tout simplement pas travailler. D’un autre côté, chaque acteur suit son proche cheminement intérieur. Tu dois découvrir une autre vie en toi et en scruter toutes les facettes. Pour cela, il faut se retrouver seul avec soi-même, et l’on doit en être capable même lorsqu’on est au milieu d’une foule. Ça s’apprend : quand on sait enfin c omment faire pour ne suivre que sa propre pensée et n’écouter que sa petite musique intérieure, on possède une formidable source d’inspiration. Comment y parvient-on justement ? Par la maturité ? Ou des années de méditation ? En faisant du vélo. Ah. Je fais du vélo tous les jours. Une à deux heures quand je suis seul, et plus, lorsque nous partons en groupe. C’est pour moi une drogue. Vous pouvez demander à tous les coureurs de marathon, de triathlon, ils vous parleront tous de cette même sensation. Lorsque tu souffres sur ton engin, à en suer sang et eau, alors ton cerveau se met à produire ce truc génial : l’endorphine. Ça rend accro, ce genre de choses : je suis malheureux si je ne peux pas faire de vélo pendant plusieurs jours. Vous avouez donc être accro à une drogue ! Ah ah, dans une certaine mesure, oui. Bien sûr il y a des jours où tu en demandes tellement à ton corps qu’il s’affaiblit et que tu te chopes une grippe. Vous pouvez voir ça comme un « bad trip ». Mais la plupart du temps, tu reçois juste en cadeau ta petite dose d’adrénaline. Certains vont chercher ce « kick » dans la prise de risque, le danger, et partent escalader
des montagnes. Pas moi. Ce qui m’intéresse, c’est de dépasser mes limites, d’arriver à ce point où je n’en peux vraiment, mais alors, vraiment plus. C’est ça qui me fait triper. Mais « ça », c’est quoi exactement ? J’y ai déjà réfléchi, mais je ne sais pas, vraiment. Je crois que je suis tout simplement accro au sport, c’est tout. Quand je ne fais pas de vélo, je tape dans une balle (foot, handball, tennis). Et même quand je dois faire une pause : je regarde le sport à la télé. Racontez-nous une sortie à vélo mémorable... C’était à Los Angeles. Un ami possédait deux vélos de course, et m’a lancé un défi. Certes, je ne m’étais pas entraîné depuis quelque temps, mais ça ne m’a pas inquiété : après tout, je suis en général en très bonne forme physique. On est donc partis... sur les collines autour de L.A., ça montait, ça descendait... Une horreur. J’ai failli y passer. Rien à faire, je n’arrivais pas à le rattraper, une véritable frustration ! Après la course, je me suis dit : tu ne vas pas te laisser faire comme ça. J’ai acheté un vélo de course, me suis entraîné, et suis retourné voir mon ami. Et là, je lui ai mis une sacrée raclée. Un pur bonheur ! Mads Mikkelsen a donc l’habitude de disputer des courses de vélo avec ses potes, sur les voies publiques autour de L.A. ? (Rires.) Pas tous les jours ! Mais cette fois-là, il fallait absolument que je prenne ma revanche. Je ne pouvais tout de même pas rester sur cette défaite ! Sauf votre respect, la rue n’est pas un vélodrome ! Vous avez raison. D’ailleurs, c’était assez risqué, je dois l’admettre. Il y a, en plein milieu des rues à Los Angeles, ces énormes grilles d’écoulement pour les eaux de pluie. Elles sont trop larges pour que tu puisses rouler dessus à vélo, la roue s’y coincerait. Or j’ai foncé à un moment donné sur une de ces grilles. Je l’avais vue trop tard pour pouvoir l’éviter. J’ai pensé : soit tu te vautres, soit tu sautes par- dessus. Ce que j’ai réussi à faire, par chance : la roue arrière a à peine effleuré la grille. C’était limite. Vous avez peut-être un ange gardien ? Je ne suis pas quelqu’un de religieux, mais alors pas du tout. Bien sûr, ce serait bien d’avoir un Être suprême qui veillerait sur nous, mais d’ici à ce que nous soyons vraiment certains de son Existence, nous avons plus intérêt à prendre nous-mêmes nos vies en main : assumer la responsabilité de ses propres actes, c’est comme cela que je le vois. Moins sérieusement, se faire une frayeur et terminer la course indemne, ça doit faire du bien... Pas du tout ! J’étais furieux, et sous le choc : comme je l’ai dit, la prise de risque n’est pas mon truc. Mais n’avez-vous pas dit que la vie n’est jamais aussi intéressante qu’au seuil de la mort ? Cela ne veut pas dire qu’on doit se mettre en danger inutilement. Dites-vous, la cigarette à la main... Un point pour vous, ah ah ! J’ai essayé d’arrêter de fumer, mais ça ne marche pas. Pensez un peu à ceux à qui vous pourriez « mettre une raclée » à vélo, avec les poumons propres. C’est vrai : si j’arrêtais, je roulerais certainement plus vite. C’est peut-être l’argument qu’il me fallait. Hannibal est diffusé sur Canal + Séries et sur Netflix
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KILIAN JORNET NE FAIT PAS QUE GRIMPER DES MONTAGNES, IL LES MONTE EN COURANT PLUS VITE QUE SON OMBRE. PORTRAIT D’UN ATHLÈTE UNIQUE QUI DÉFIE LES NOTIONS DE PERFORMANCE ET DE RECORD. TEXTE : NORMAN HOWELL PHOTOS : MATT GEORGES
ATHLÈTE, ESTHÈTE, ASCÈTE
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Running man : Kilian Jornet démontre sa suprématie dans les montagnes, en abordant les pentes raides autour du village du Tour, près de Chamonix, d’un pied léger.
« ON NE PEUT MAÎTRISER QU’UNE INFIME PARTIE DES CHOSES ET C’EST CE MYSTÈRE QU’IL FAUT ACCEPTER. LES DANGERS NE SONT JAMAIS CEUX AUXQUELS ON S’ATTEND. CE SONT TOUJOURS DES CHOSES ÉTRANGES, INATTENDUES, ILLOGIQUES »
K
ilian Jornet va bien, surtout il va vite. À pied l’été, à ski l’hiver, il arpente la planète le plus rapidement possible. Dans sa spécialité, l’endurance en montagne, il est, à 27 ans à peine, intouchable. Il gagne des courses longues de centaines de kilomètres ; à toute vitesse, il traverse les glaciers, escalade les montagnes et les dévale. Il a conquis au pas de course quelques-uns des sommets les plus emblématiques, sans assistance, équipé du strict minimum, réalisant ainsi des records invraisemblables. Quand il le peut, il s’arrête, admire la vue, mange des baies et boit l’eau des sources. Pour certains, il a inventé un nouveau sport. Pour d’autres, il bafoue la longue tradition de l’alpinisme et encourage les attitudes téméraires dans les montagnes. Jornet reste simple : de lui, il dit qu’il est un alpiniste qui s’amuse. Lorsque le jeune Catalan au français parfait veut se faire plaisir, il escalade et avale le Mont-Blanc, un aller-retour depuis Chamonix en 4 heures et 57 minutes, ou le Cervin en 2 heures et 52 minutes, un aller-retour. Du jamais vu, évidemment. Sinon, il parcourt en huit jours les Pyrénées dans leur longueur, c’est-à-dire 850 kilomètres, avec 42 000 mètres de dénivelé positif en cumulé. Juste pour le plaisir, il est allé se mesurer au mont McKinley, point culminant de l’Alaska (6 186 mètres), en 11 heures et 48 minutes malgré la neige et le brouillard. Un exploit
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r etentissant au cœur de son palmarès déjà fou. Il a le gabarit idéal pour ce genre d’aventures : 1,71 mètre, 58 kilos. Une santé, aussi : 34 battements cardiaques par minute et une capacité pulmonaire de 5,3 litres. Ces chiffres ne font pas de lui un athlète à part : les meilleurs spécialistes de l’endurance et cyclistes sont dans ces eaux-là. Ce qui le rend unique, c’est la variété de ses exploits et records dans toutes les disciplines de la montagne. En plus de ses exploits d’alpinisme à haute vitesse, Jornet est multiple champion d’ultratrail (dont les distances oscillent entre 80 et 160 kilomètres) et de skyrunning (de 20 à 42 kilomètres de course). Il a également remporté la plupart des grands rendez-vous de ski de haute montagne dans les Alpes et il est recordman sur la majorité d’entre eux. Cet hiver, il attaquera l’Aconcagua, point culminant de la cordillère des Andes, le mont Elbrouz en Russie pour la seconde fois après un échec en septembre 2013, et l’Everest. Voici des extraits de l’interview que Kilian Jornet a accordée au Red Bulletin dans le village alpin de La Tour, près de Chamonix. the red bulletin : Kilian, parlez-nous de votre famille. kilian jornet : Mon père est guide de haute montagne et gardien de refuge. Il a une approche classique de l’alpinisme : des chaussures montantes et un sac à dos. Ma mère est enseignante, elle aime la course, elle a une approche plus légère de l’alpinisme, et un amour profond de la nature. Elle m’a transmis l’envie de comprendre comment les choses se passent et comment vit la nature.
« IL EST IMPORTANT D’ÊTRE HEUREUX. FAIRE DES CHOSES QUI MÈNENT AU MALHEUR, C’EST STUPIDE ! » Dès l’âge de 3 ans et jusqu’à mes 10 ans, après le dîner, avant d’aller au lit, nous allions marcher dans la forêt. Les premières fois, je m’en souviens bien, ma sœur et moi nous nous accrochions aux jambes de ma mère, par crainte de la perdre. Mais nous avons fini par nous habituer à notre environnement, à la forêt. Nous avions compris que si nous ne cherchions pas à savoir ce qui nous entourait, si on ne sentait pas le sol sous nos pieds, la pluie, le vent, nous ne pourrions pas être à l’aise pour marcher dans la nuit. Mes parents m’ont donné un grand sens des responsabilités. Quand nous marchions, il n’était pas prévu que ma sœur et moi marchions devant eux, c’est pourtant ce qui se passait. Nous choisissions le chemin et quand nous nous trompions, nos parents reprenaient la tête. Ils nous expliquaient nos erreurs. C’était amusant, nous devions mémoriser des repères, des fleurs, des animaux. Le plaisir semble être le maître-mot de votre vie… Il est important d’être heureux. Faire des choses qui mènent au malheur, c’est stupide ! Chacun doit chercher les choses qui le rendent profondément THE RED BULLETIN
Extra-performant : Jornet cumule les titres de champion du monde en ultra-trail, skyrunning et course en montagne. Il excelle aussi en ski-alpinisme (course verticale).
« JE N’AI PAS INVENTÉ UNE NOUVELLE FAÇON D’ABORDER LA MONTAGNE. JE NE FAIS QUE SUIVRE CE QUE DES GENS ONT FAIT DANS LE PASSÉ ET JE SUIS DANS LA LIGNE DE CE QUE LES GENS FERONT DANS LE FUTUR »
Fin 2014, Jornet aura dompté le sommet de l’Aconcagua, l’an prochain ce sera au tour de l’Elbrouz et de l’Everest. « J’ai ces montagnes dans la tête, elles font partie de ma culture depuis que je suis gosse », dit celui pour qui l’alpinisme est bien un mode de vie.
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heureux. Souvent, cela implique que le chemin sera difficile et jalonné de souffrances, mais au bout il y aura aussi le bonheur, et du plaisir. Guidé par le plaisir, vous souffrez moins ? La souffrance est toujours dramatique, parce que c’est moi qui me mets dans cette situation. La douleur est inacceptable, mais elle est autre si elle vient de l’extérieur. C’est un état d’esprit très différent. Par exemple, je suis dans une expédition, il fait froid, c’est orageux… Je souffre, bien sûr, mais comme c’est moi qui l’ai voulu, je m’en arrange. C’est un choix de vie ? Oui, l’alpinisme n’est pas qu’un sport, c’est un mode de vie. Avez-vous inventé une nouvelle façon d’aborder la montagne ? Non, je ne fais que suivre ce que des gens ont fait dans le passé et je suis dans la ligne de ce que les gens feront dans le futur. Quand je regarde l’histoire, des gens comme Bruno Brunod et Marino Giacometti ont fait ce que je fais. Pareil pour Walter Bonatti, qui faisait aussi de l’alpinisme, ou encore Reinhold Messner 40
à sa façon. C’est cool de voir qu’il y a tant de façons d’aborder la montagne. Regardez Ueli Steck qui, lui aussi, aborde l’escalade en solo et va très vite. Les BASE-jumpers ont aussi leur interprétation de la montagne. Et puis, il y a moi et ma déclinaison de la course à pied vers les sommets. Nous sommes tous sur les mêmes chemins, chacun à notre façon. Quand vous parlez d’une course, vous insistez sur la fluidité. Rien ne semble un obstacle, vous volez vers l’objectif… Oui, mais il y a des endroits où il y a de vrais obstacles (rires). C’est beau de voir les animaux se déplacer, ça semble si facile, si fluide… Pour nous, c’est très technique, nous devons nous concentrer sur l’endroit où nous mettons nos pieds, et rien n’est simple. Mais quand vous voyez un chamois crapahuter, vous réalisez qu’on n’est vraiment pas fait pour ça. La descente est une affaire d’approche, plus que de but. Il est plus question d’esprit que de corps. Vous avez besoin de penser à comment et où vous allez poser le pied, vous devez courir sans cesse et jouer avec le terrain. Il est question de vision et de coordination avec les muscles.
« LA DESCENTE EST UNE AFFAIRE D’APPROCHE PLUS QUE DE BUT. IL Y EST PLUS QUESTION D’ESPRIT QUE DE CORPS »
Il faut prendre plus de risques. À propos de risques, en juin, vous avez couru dans de drôles de conditions jusqu’au sommet du mont McKinley… Oui, la météo avait été très mauvaise. On est resté sur place 20 jours et on n’a eu que trois journées ensoleillées. On avait beau temps à notre arrivée, puis ça s’est gâté. Quand on a entendu qu’il y aurait une fenêtre de bonne météo, on a décidé d’y aller. Tôt le matin, le temps était clément. Puis, à 5 000 mètres, il a changé, je me suis retrouvé dans les nuages et le vent soufflait fort. Il a commencé à neiger et je ne voyais plus à 20 mètres. Du coup, les 1 500 derniers mètres ont été vraiment difficiles, parce que je ne pouvais compter que sur moi-même, je devais ouvrir la piste et ce fut difficile. Je ne savais pas si je parviendrais au sommet. Quand j’y suis arrivé et que j’ai chaussé mes skis pour redescendre, j’étais vraiment content. La montée avait été très difficile. Mais le temps empirait, j’étais dans un brouillard très dense, je ne voyais pas à deux ou trois mètres, et il neigeait dur. En plus, je devais descendre rapidement pour battre le record et je ne savais pas vraiment ce que j’avais sous les pieds. J’avais mémorisé quelques repères, je suivais mes traces et celles d’autres marcheurs. Quand je les perdais, je faisais des virages à droite et à gauche pour retrouver les marques de pas, tout en essayant d’aller le plus vite possible. Et puis j’ai vu la ligne d’arrivée, à cinq mètres devant moi. Quel soulagement ! Avez-vous eu peur ? Pas vraiment, mais j’étais habité par un sentiment d’inquiétude permanent. Si on ne veut pas courir de risques, ou si on ne les assume pas, il ne faut pas se mettre dans de telles situations. Quel que soit le
sa place dans l’histoire de l’alpinisme. temps qu’on passe en montagne à courir L’Aconcagua est le plus élevé d’Amérique et à s’entraîner, on n’en sait jamais assez. latine, le mont Elbrouz le plus élevé de la On ne peut maîtriser qu’une infime plaque continentale européenne. Le partie des choses et c’est ce mystère qu’il McKinley est une montagne polaire avec faut accepter. Quand on est jeune, on voit des conditions vraiment complexes et, la beauté de la montagne, pas ses dangers. Plus on avance dans la vie et plus on bien sûr, l’Everest est le plus haut sommet gagne en expérience. On voit la mondu monde. Avec toutes les expéditions tagne d’un autre œil. Ses dangers ne sont commerciales, il est devenu facile d’accès. jamais ceux auxquels on s’attend. Ce sont Mais, si vous ne passez pas par la voie toujours des choses étranges, inattenclassique et que vous évitez les cordes dues, illogiques. C’est ce que vous devez fixes, c’est une montagne gigantesque. savoir et comprendre quand vous êtes en Comment aborder l’Everest après tous montagne. Vous avez le droit d’avoir peur les drames survenus l’an dernier ? d’une pente glacée et raide quand vous Une grosse partie de la difficulté réside skiez. Vous vous demandez si vos skis dans la façon qu’ont les gens d’aborder tiendront sur cette surface, bien que vous le toit du monde, par la voie ouest, et de sachiez que vous avez une bonne manière très commerciale. Quand Ueli technique. Idem pour l’escaSteck et Simone Moro y lade : tout le monde connaît étaient (en mai 2013, ndlr), son niveau technique, mais ils ont grimpé rapidement, et que sait-on de la roche ? Estd’une manière qui n’aurait ce qu’elle va s’effriter sous nos jamais traversé l’esprit des doigts ? Est-ce que nos skis sherpas. Sur l’Everest, c’est Traversée du sont vraiment sur une fine quand vous prenez la voie norMont-Blanc male, avec tout ce monde, que couche de glace ou sur une (altitude : 4 810 m) vous pouvez avoir des profine couche de poudreuse ? Route reliant Courmayeur et Chamonix. 8 h 42 min blèmes. Nous éviterons cette Vous devez regarder et vérifiez ces éléments par vousvoie et nous prendrons notre Cervin (4 478 m) Bat le record d’ascension même, compter sur votre voie à nous. Nous ne serons et de descente réalisé par technique et, quand vous êtes que quatre, sans porteurs. le héros de son enfance, plus âgé, vous pouvez ajouter Votre approche de la vie Bruno Brunod, en 1983. à votre analyse la connaissemble ascétique. 2 h 52 min sance de l’environnement que Pas intellectuellement. Mais Mont-Blanc (4 810 m) vous avez engrangée. La mon- Le plus haut sommet des moins vous possédez de tagne devient alors autre choses, moins vous vous créez Alpes. 4 h 57 min chose qu’une affaire de force des problèmes. Et la vie n’en McKinley (6 186 m) et de technique. est que plus simple. Sommet d’Amérique du Quand a débuté votre projet Vous appliquez cette philoNord. Météo arctique. 11 h 48 min sophie à votre ski, à l’alpiThe Summits of my Life ? Aconcagua (6 959 m) nisme et à la course ? Il y a trois ans, mais il trotPoint culminant tait dans ma tête depuis très Je ne vois pas de différences d’Amérique du Sud. longtemps. Gamin, j’avais entre l’alpinisme et la course : Tentative fin 2014. dans ma chambre une grande c’est la montagne qui est en Elbrouz (5 642 m) photo du Cervin et tous mes question. La simplicité et la Le plus haut et le plus bouquins parlaient d’alpilégèreté sont la meilleure difficile d’Europe. Un nisme. Je connaissais tous façon d’aborder la montagne. échec en 2013. Nouvelle les sommets, leur nom, leur Peut-être que le niveau d’ententative en 2015. gagement est supérieur en histoire. Alors que je commenEverest (8 848 m) montagne, mais la philosophie çais le sport à 13 ans, j’ai été Le toit du monde. Tentative en 2016. de base est la même. J’aime fasciné par l’histoire de Bruno être auto-suffisant. Tout le Brunod et son record sur le Cervin (de 3 h 15 min en 1995, monde pense qu’aller dans battu par Jornet en 2 h 52 min, ndlr), ou l’Himalaya, c’est cher, mais c’est parce celle de S téphane Brosse, qui a fait le reque les gens pensent qu’il faut des shercord du Mont-Blanc (ce proche de Kilian pas, des cuisiniers, des extras… Mais si meurt sous ses yeux, d’une chute lors d’une vous payez simplement votre avion et que vous transportez votre équipement, vous traversée du Mont-Blanc en 2012, ndlr). aurez peut-être un peu faim de temps en Ces montagnes, ces exploits, c’était à la temps et vous souffrirez un tout petit peu fois beau et esthétique. plus en grimpant, mais ça sera beaucoup Comment furent choisis les sommets ? moins cher. Et l’expérience sera bien plus Le Cervin, parce qu’il est juste là. Et puis enrichissante. aussi à cause du record de Bruno, un summitsofmylife.com exploit incroyable. Le Mont-Blanc, pour
LES ODYSSÉES DE KILIAN
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DIFFÉRENTE PA R
N AT U R E MÉTISSE, TOUTE EN FORMES, UNE ENFANCE NOMADE DANS LES QUARTIERS CHAUDS DE LOS ANGELES… MISTY COPELAND N’EST PAS DESTINÉE À DEVENIR UNE BALLERINE. SON ACHARNEMENT A FINALEMENT PAYÉ.
VOICI LA STAR DU BALLET DE NEW YORK. TEXTE : PIERRE-HENRI CAMY PHOTOS : LITTLE SHAO
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‹‹ IL EST IMPORTANT POUR
LA JEUNESSE
DE SE RECONNAÎTRE DANS SES DIRIGEANTS ››
U
ne danseuse classique dans nos pages ? Nous honorons tous les mois des hommes et femmes hors du commun, et Misty Copeland fait exception dans sa spécialité. Son enfance en Californie a des airs de bohème. Séparée de son père, sa mère, une cheerleader devenue visiteuse médicale, trimballe ses six enfants dans des logements toujours plus petits, pour finalement les installer dans un motel. À 13 ans, Misty se passionne pour la danse classique et montre rapidement un sérieux potentiel. En la séparant des siens pour l’adopter artistiquement, sa professeur de danse contribue à l’avènement de la plus célèbre ballerine afro-américaine. Métisse, toute en formes et muscles, Misty Copeland est, à 32 ans, la soliste star de l’American B allet Theater de New York. Cette danseuse et athlète unique a rencontré The Red B ulletin à Paris.
the red bulletin : Bonjour Misty, depuis quand êtes-vous en France ? misty copeland : Je ne suis là que pour 24 heures. J’arrive de Washington, j’ai rencontré le Président Obama pour la seconde fois, dans le cadre de son P resident’s Council of Fitness, Sports & Nutrition. Comment va Barack ? De quoi avezvous parlé avec le Président ? Nous avons discuté de ballet à chaque fois. Hier, il m’a aussi parlé de la publicité de mon sponsor Under Armour, qu’il m’a dit voir tout le temps à la télé, sur ESPN.
Il est adorable. Tellement cool, et normal. Comme lui, vous êtes une icône du métissage. Qu’a représenté son élection ? Un envahissement de fierté, de changement. Je me suis sentie représentée de manière extrêmement positive. Il est important pour la jeunesse de se reconnaître dans ses dirigeants. Votre couleur de peau « mise à part », en quoi êtes-vous différente des autres ballerines de votre génération ? Je suis constituée athlétiquement, par nature. Toute jeune déjà, je disposais de muscles, même si je ne m’adonnais à aucune activité sportive, c’était dans mes gènes. C’est pourquoi je me suis adaptée au ballet si aisément. Avec l’âge, ma masse musculaire a augmenté, tout comme ma poitrine, ce qui n’est pas l’idéal pour une ballerine (sourire). Et je suis très petite (rires). Mais quand je me lance sur scène, je pense que je ressemble à une ballerine. C’est une question d’entraînement. Peu importe à quoi ressemble votre corps, il peut s’adapter à la danse classique. Dans votre autobiographie (A Life in Motion) on lit que votre professeur de danse, Cynthia Bradley, a demandé à votre mère, qui ne voyait pas la danse comme une priorité, d’autoriser votre émancipation légale. Elle vous a « adoptée », accueillie chez elle afin de faciliter votre évolution pointes aux pieds. Vous avez ainsi pu faire un stage au ballet de San Francisco, qui a lancé votre carrière. Vous aviez 15 ans... Je ne le regrette pas, car ça a construit ma carrière. Ma mère et Cindy faisaient ce qu’elles pensaient le meilleur pour moi. Cindy était désespérée, elle pensait me perdre. Cette gamine, avec son incroyable talent, qui allait peut-être tout arrêter et ne pas vivre ce pour quoi elle était née. Née pour ça, mais loin d’anticiper les critiques, dues à votre couleur, ou des décisions nuisibles à votre évolution. Le monde du ballet, en général, est effrayé par le changement, il peut être si étroit d’esprit. Il y a beaucoup de remarques qu’on ne vous dit pas en face, vous apprenez juste que ça a été dit. Les critiques de danse sont les plus durs à faire changer, du fait de leurs idéaux. L’ancienne génération, si enracinée dans la culture du ballet, avec cette vision de ce à quoi devrait ressembler une ballerine. 45
‹‹ J’AI VU DES TAS DE DOCTEURS, CERTAINS PENSAIENT QUE JE NE
DANSERAIS PLUS JAMAIS ›› En 2009, Prince vous téléphone. Il souhaite vous voir danser dans l’une de ses vidéos. Vous dînez chez lui, participez au clip. Il disparaît, et réapparaît pour vous convier sur son Welcome 2 America Tour. C’est ça, la Prince touch ? Il est ainsi. Il a toujours besoin de changement. Ne pas stagner le maintient créatif. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme lui. Il m’a poussée à être plus créative. Il vous met à l’aise avec les erreurs, la vulnérabilité, car ainsi on devient un artiste. Être avec lui sur scène est dingue, vous ne savez jamais à quoi vous attendre. Il y a eu certaines fois où il avait oublié sa chorégraphie, et j’ai failli lui envoyer un coup de pied au visage lors d’un concert (rires). D’autres de vos souvenirs sont beaucoup moins agréables. Gamine, alors que vous vivez chez votre oncle et tante dans un quartier de L.A. dominé par le gang des Crips, un type se fait mitrailler sur votre perron ... J’avais une douzaine d’années, ce fut effrayant. Je ne me rendais pas compte de la dangerosité de ce quartier, que je voyais comme une communauté plutôt cool. J’en ai pris conscience quand ce gars s’est fait shooter, quand je l’ai vu blessé, en sang. En quoi ce vécu a-t-il construit la danseuse Misty Copeland ? Toutes ces expériences, tout ce que j’ai vu, l’environnement dans lequel j’ai grandi, m’ont préparée à une carrière très stressante. D’une certaine manière, j’étais mieux préparée que d’autres filles à affronter les manipulations et la critique. Votre conseil aux jeunes que l’on dit différents, de la « mauvaise » couleur ? Entourez-vous de gens capables de vous soutenir dans les moments de doute. Tous les gosses doivent se dire que leurs rêves sont sans limite, peu importe leur couleur de peau. Il faut pour cela toujours pouvoir compter sur de solides soutiens. Quels sont les défis que vos soutiens vous encouragent à affronter ?
Je dois être promue danseuse étoile. Aucune femme noire n’y est encore parvenue, dans aucune compagnie dans le monde. C’est un défi énorme. Le fait que je danse dans Le lac des cygnes est une étape essentielle pour cela. Certaines étoiles ne l’ont jamais dansé. Comment expliquer aux messieurs qui nous lisent la difficulté de votre art ? Si je pouvais les convier à un cours de danse classique, ils pourraient se rendre compte à quel point c’est exigeant. Les danseurs hommes ont autant de détente que des joueurs de basket, leurs muscles et leur puissance sont juste dingues. Nous faisons appel à des muscles minuscules dont personne n’a connaissance afin d’être performants, et tenir sur des ballets pendant deux heures. Ce sont des années d’entraînement, au quotidien. Il y a deux ans, vous vous blessez, et c’est votre capacité même à danser qui est remise en question. Ce fut l’un des moments les plus durs de ma carrière. J’ai eu six fractures « de fatigue », de petites fissures de l’os, sur un tibia, et trois d’entre elles étaient presque de vraies fractures. J’ai vu des tas de docteurs, certains pensaient que je ne pourrai plus jamais danser ... J’avais 29 ans, les questions tournoyaient dans ma tête : « Est-ce la fin ? Pourrais-je m’en remettre à ce stade de ma carrière ? Si je suis out trop longtemps, est-ce que j’atteindrai le statut de danseuse étoile ? » Qu’est-il finalement arrivé ? J’ai été opérée. On a vissé une plaque métallique à mon tibia. Et j’ai dû tout réapprendre : marcher, tout ! J’étais de retour sur scène au bout de sept mois. Cela fait deux ans déjà et je ne suis pas encore revenue à 100 % de mes capacités en termes de sauts, alors je « triche » un peu (rires). Que vous a appris cette renaissance ? Sans cette expérience, je n’aurais pas approfondi d’autres aspects de ma danse : réévaluer et changer des choses, prendre les bonnes décisions. Peu m’importe que je ne saute plus comme avant, car bien d’autres choses se sont améliorées depuis. mistycopeland.com
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Jimmy Ho en plein « stress test ». Lors de ses débuts en apnée, ce pro des jeux vidéo n’a pu surmonter sa peur panique de l’eau.
QUEL
RAPPORT
AVEC LES JEUX VIDÉO ? CET HOMME SOUS L’EAU EST JIMMY HO, UN PROFESSIONNEL AMÉRICAIN DES SPORTS ÉLECTRONIQUES. LA PLONGÉE EN APNÉE POURRAIT FAIRE DE LUI UN MEILLEUR GAMER. TEXTE : CHRIS PALMER PHOTO : BRIAN BIELMANN
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Jimmy Ho est l’un des meilleurs joueurs du monde, multiple champion à Defense of the Ancients 2. À droite, nous le voyons dans son domaine de prédilection, face à l’écran. Jimmy pense pouvoir améliorer son jeu en allant au bout de ses limites physiques et mentales – voire en les repoussant.
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immy Ho, virtuose des jeux vidéo au succès international, est brutalement arraché à sa zone de confort en août dernier, lors du camp Red Bull High Performance de cinq jours organisé à Hawaï – en compagnie de sept adeptes de sport d’action, dont des stars comme Travis Pastrana, l’ironman Matt Poole et les freeskieurs Dara Howell et Bobby Brown, qui cumulent ensemble 30 médailles de X Games et de Jeux Olympiques. Objectif du camp : renforcer la concentration, la motivation et la forme mentale des sportifs. Avec des méthodes innovantes. Le fait d’être le seul participant du camp à avoir manqué d’air au cours de l’entraînement à sec n’est pas le premier coup dur subi par le joueur professionnel cet été : en juillet, lors des championnats sur DotA 2, descendant illégitime du célèbre jeu de stratégie médiéval-fantastique Warcraft III,
son équipe termine à l’assez décevant neuvième rang, tout de même doté d’un prix de 50 000 dollars. La huitième place aurait pu leur rapporter 500 000 dollars. Après cet échec, un énorme défi l’attend dans sa chambre d’hôtel : car Jimmy Ho a une peur panique des eaux profondes. Mais c’est pourtant précisément pour cette raison qu’il est là. « Il faut affronter ses peurs et les surmonter », déclare-t-il tard dans la soirée, un peu obstiné. « Ta peur ne doit pas avoir raison de toi. » « Notre but est d’apprendre aux sportifs à gérer le stress », explique Kirk Krack, 46 ans, moniteur de plongée canadien, ancien plongeur professionnel et responsable du camp. Une phrase valable pour l’ensemble des huit participants, mais davantage encore pour Jimmy Ho.
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omme nombre d’ados, Jimmy s’est intéressé tôt aux jeux vidéo : Sonic et Mario Kart étaient les hobbies quotidiens du deuxième des cinq enfants de Roland, mécanicien, et Lisa, employée dans une onglerie. « J’étais misérable dans les disciplines sportives traditionnelles », explique Jimmy. « Mes parents voulaient que mon frère et moi jouions au football. Mais je n’y éprouvais aucun plaisir. » En 2003, à 13 ans, son frère lui fait découvrir la carte spéciale Defense of the Ancients (DotA), nouveau mode de jeu développé par Paul « Eul » Citrus au sein même du classique Warcraft III. S’améliorant au fil des années, l’ado est devenu tellement bon que des sponsors ont commencé à s’intéresser à lui et à lui fournir des casques, des claviers et d’autres équipements. Il a même réussi à gagner quelques centaines de dollars par mois – pas mal du tout pour un adolescent. Jimmy a aujourd’hui 24 ans. Son visage poupin et son tempérament taciturne lui donnent encore des airs d’écolier. Mais cette époque est heureusement révolue. Il ne lui reste des années passées à l’Ayala High School, dans une banlieue de Los Angeles, que le souvenir de ses mauvaises notes, de la colère de ses enseignants et d’une peur bleue : ses camarades de classe qui le harcelaient. Le jeu de guerre multi-joueurs en ligne DotA était devenu son refuge. Il y jouait chaque jour 14 heures durant. Pendant un an, il s’est presque totalement replié sur lui-même, jouant tous les jours jusqu’à tard dans la nuit. Isolé, il a accompli d’énormes progrès à DotA et attiré l’attention des fans et des sponsors dans le THE RED BULLETIN
CAMERON BAIRD/RED BULL CONTENT POOL (2)
out ce qu’il voudrait, c’est pouvoir inspirer. Rien qu’une fois. Une simple petite bouffée d’air frais. Mais respirer est précisément ce qu’il ne peut pas faire en ce moment. Allongé dos au sol, il écoute la voix calme mais insistante de son entraîneur. « Tu es presque en haut. Détends-toi. Reste calme », souffle-t-il avant de commencer le compte à rebours. « 15… 14… 13… » Jimmy Ho, surnommé « DeMoN » dans son sport, entend ces paroles sans les dissocier vraiment, comme si elles se confondaient. « 12… 11… 10… » Il a l’impression que le moniteur de plongée compte de moins en moins vite. De l’air, de l’air ! Son corps est contracté, ses orteils enroulés. Son diaphragme lui fait mal. Les lèvres serrées, les joues gonflées, des gouttes de sueur scintillent sur son front. « 9… 8… 7…, tu y es presque ! », l’encourage le moniteur. « Tiens bon ! »
Jimmy a le visage violacé. Soudain, il prend conscience qu’il n’y arrivera pas. Tentant une dernière fois de lutter, en vain, l’air resté prisonnier de ses poumons pendant près de deux minutes sort d’un seul coup. Après un cri de soulagement, de colère et de déception, Jimmy Ho se redresse. Il est alors assis sur le tapis aux motifs de palmiers de la petite salle de conférence climatisée du Royal Kona Resort à Kailua-Kona, sur la Big Island d’Hawaï. Son cœur bat à tout rompre. Le lendemain, il doit plonger pour de vrai dans une baie de 30 mètres de profondeur à proximité de l’île, équipé uniquement d’une combinaison de plongée et d’un tuba. Jimmy a peur.
« TA PEUR NE DOIT PAS AVOIR RAISON DE TOI »
Au camp Red Bull High Performance à Kona, Jimmy Ho a dû s’adapter aux techniques de la plongée en apnée.
lui avec un chèque de 16 000 dollars. Son père commence à prendre le sport de son fils au sérieux. Ce chèque est pour Ronald le signe que son garçon a grandi. Tout du moins peut-il payer lui-même son assurance automobile et ses factures de téléphone. Entre-temps, Jimmy mène la vie d’un professionnel. En semaine, il se lève à 8 heures et s’entraîne à DotA jusqu’à 13 heures. Après une petite sieste, il se rend au club de remise en forme à 16 heures. À 22 heures, via la plateforme vidéo communautaire Twitch, il présente ses sessions d’entraînement en streaming au public. Jusqu’à 8 000 fans le suivent jusqu’au matin.
A LA PLONGÉE EN APNÉE AIDE LE GAMER STAR À MIEUX GÉRER SON STRESS monde entier. Sa santé et sa vie sociale n’avaient alors que peu d’importance, car seul le jeu comptait. « Certains de mes amis me croyaient mort », dit-il aujourd’hui avec le recul. Son entourage se fait tout de même du souci. Le jeune homme, pâle et amaigri, pesait à peine plus de 45 kilos pour 1,73 mètre. Un jour, c’est le déclic : il s’inscrit dans un club de remise en forme, et s’entraîne quatre fois par semaine. Il prend 15 kilos. Son bien-être physique se traduit positivement dans ses résultats aux jeux. À l’occasion de la sortie de DotA 2 en 2011, un tournoi est organisé, avec à la clé un prix de 1,6 million de dollars. « Mon père a toujours pensé que les jeux vidéo étaient de la connerie », raconte Jimmy. Mais il obtient la 5e place avec son équipe Meet Your Makers et rentre chez 52
ffronter les profondeurs s’avère être une autre histoire que mener une guerre virtuelle en ligne. Le lendemain de l’entraînement à sec, son entraîneur Kirk Krack s’arrache les cheveux, son protégé refuse de quitter le du bateau. Dans l’eau, Jimmy a une crise de panique, son pouls s’emballe, il avale de l’eau de mer, suffoque et interrompt la plongée. Remontant sur le bateau, il rend ses tripes. Au dîner, le reste de l’équipe passe en revue les succès de la journée. « Ils se sont tous amusés, pourquoi pas moi ? », s’interroge Jimmy. De retour dans sa chambre, il vomit à nouveau. Il ne lui reste plus qu’une chance : le tout dernier jour du camp. Ce jour-là, l’eau est étincelante. Au petit-déjeuner, les autres participants viennent le voir pour l’encourager. Et Jimmy prend son courage à deux mains. Cette fois, il est le premier à enfiler sa combinaison et à se jeter à l’eau. Son objectif : descendre à six mètres. À peine 40 secondes après avoir disparu sous la surface de l’eau, le voici qui réapparaît. Il est descendu à huit mètres, poings fermés. La confiance lui gonfle la poitrine. Travis Pastrana, un tueur, non seulement en FMX (freestyle moto cross), mais aussi en supercross et en rallye auto, lui lance des paroles encourageantes lorsqu’il replonge. Ce soutien est contagieux. « Bien joué, Jimmy », le félicite Matt Poole. « Tu vas y arriver ! » À la fin de la journée, il a atteint une profondeur de 21 mètres. De retour sur le bateau, le gamer star pousse d’abord un soupir de soulagement, avec la certitude d’avoir surmonté sa peur et ses doutes personnels. Un sentiment qu’il n’a encore jamais éprouvé. Regardant droit devant lui, il sourit. C’est son moment. twitter.com/DotaDeMoN THE RED BULLETIN
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Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658
Identité Stéphane Peterhansel Naissance 6 août 1965 à EchenozLa-Méline, Haute-Saône Premier Dakar 1988 en Yamaha Palmarès au Dakar 1991, 1992, 1993, 1995, 1997, et 1998 sur Yamaha, catégorie Moto. Passe en catégorie Auto en 1999 et remporte le Dakar en 2004, 2005 et 2007 sur Mitsubishi, en 2012 et 2013 sur Mini. Termine par ailleurs deux fois 2e et une fois 3e. Seulement 2 abandons en 25 participations.
« La saveur du Dakar est-elle inaltérable, M. Peterhansel ? » 25 départs, 11 victoires, aucun pilote n’a, dans l’histoire du légendaire rallye Dakar, connu autant de succès que le Français Stéphane Peterhansel. Et à 49 ans, pas de signe de retraite à l’horizon. Quel est donc son moteur ?
FLAVIEN DUHAMEL/RED BULL CONTENT POOL
Texte : Werner Jessner
the red bulletin : Depuis 1988, chaque année débute pour vous de la même manière, avec un Dakar… N’avez-vous pas encore tout vu et tout connu ? stéphane peterhansel : Ma grande passion, c’est l’exploration de nouveaux pays. L’itinéraire du Dakar change chaque année, par conséquent il y a toujours de nouvelles choses à découvrir. Inutile pour cela d’être pilote de rallye. C’est vrai. En septembre j’ai traversé le Lesotho à vélo. Pourquoi le Lesotho ? Le Lesotho est entièrement enclavé dans l’Afrique du Sud. Je n’y étais jamais allé, et comme le Dakar se déroule en Amérique du Sud, je n’étais pas prêt de m’y rendre. Et pourquoi à vélo ? D’une manière ou d’une autre, il faut bien se préparer physiquement pour le Dakar. Tout de même : déjà 25 participations au rallye Dakar… Ma deuxième passion est effectivement le sport mécanique. Le Dakar est pour moi l’association parfaite. Après tant d’années, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir fait le tour de la question ? J’ai fait 18 Dakar en Afrique. À chaque fois le ciel était différent, sans parler du sable et des odeurs. Quel a été le plus bel endroit ? Côté paysage, j’ai adoré le Sud algérien. Au niveau organisation, l’itinéraire ParisLe Cap fut le plus varié. En Amérique du Sud, l’environnement de la cordillère des Andes est spectaculaire. Humidité, sécheresse, altitudes extrêmes : les THE RED BULLETIN
v oyageurs sont servis. Quel est l’âge idéal pour remporter le Dakar ? À 35 ans, je considérais mon compatriote Jean-Louis Schlesser comme un vieil homme. Aujourd’hui je suis toujours plus jeune que lui lors de sa dernière victoire. 49 ans, ce n’est pas vieux ! Dans la tête je suis encore jeune, et physiquement je me sens encore au top. Combien de temps voulez-vous continuer à piloter ?
« J’ai vu des pilotes mourir sous mes yeux, d’autres condamnés à la chaise roulante » Une sixième victoire en catégorie Auto me plairait bien. J’ai gagné six fois en moto. Le palmarès deviendrait symétrique. Quoi qu’il en soit, je suis lié avec Peugeot encore trois ans. Est-ce la peur qui vous a poussé à délaisser la moto pour la voiture ? L’instinct de survie plutôt. Sur dix départs en moto, je n’ai subi aucun accident grave. J’ai vu des pilotes mourir sous mes yeux, d’autres condamnés à la chaise roulante. J’ai toujours eu le sentiment d’avoir tout sous contrôle. C’était peut-être illusoire. Et puis il y avait cette lassitude… Lassitude ?!? Oui. Sous le casque, on est toujours seul,
dans les meilleurs moments comme dans les pires. Dans la voiture, on peut partager ses émotions avec le copilote. Votre voiture préférée ? J’ai toujours eu des voitures rapides à quatre roues motrices. En 2015, je prendrai pour la première fois le départ dans une Buggy à roues motrices arrière, la Peugeot 2008 DKR. Même si, à trois mois du départ, je n’ai toujours pas le sentiment que cette voiture est capable de gagner, c’est celle que j’ai le plus de plaisir à conduire. C’est le pilote du constructeur qui parle ? C’est sincère. Le règlement autorise plus de débattement aux buggys qu’aux véhicules à quatre roues motrices, cela convient mieux à mon style de pilotage, souple et posé. Plus les pistes sont mauvaises, plus la Peugeot est performante. Qui sera le plus rapide : votre coéquipier Carlos Sainz ou vous ? Lui, pour l’heure. Son expérience avec les buggys est supérieure. Vous pouvez toujours essayer les camions. Je l’ai fait une fois l’an dernière. Ça n’avance pas. Rien à voir avec la voiture. Sans intérêt ! Ou le skateboard ? J’en ai fait pour la dernière fois il y a dix ans, je rangeais mon garage et je suis tombé sur ma vieille planche. Ce sport a beaucoup évolué depuis mon enfance voilà presque 40 ans. Les jeunes ne savent même pas que ça existait déjà à l’époque. L’âge qui vous rattrape ? Plutôt un rappel qu’il faut rester dans le coup si on ne veut pas être lâché en route. peugeot-sport.com
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JUSTINE DUPONT
« Une prise de conscience »
La Française Justine Dupont n’a presque qu’une idée en tête : surfer du très gros. La vague géante de Mavericks sur l’agenda, elle raconte ses sensations, et l’importance de l’apnée.
Le matin de notre entretien, Justine Dupont a surfé. La veille, elle a passé près de huit heures dans l’eau. Cette habituée de « la Nord », vague solide du côté d’Hossegor, est connue du circuit pro féminin en shortboard. Elle est aussi (surtout ?) une passionnée de grosses vagues. L’une des rares spécialistes françaises de la discipline, connue pour avoir surfé Belharra, monstre basque à 3 km au large d’Hendaye, elle continue sa quête de la grosse vague et s’apprête à voler pour la Californie. Là, l’attend un mythe, géant, Mavericks, qu’elle viendra dominer en compagnie de l’élite des surfeuses de gros. Un club VIP qu’elle se donne les moyens d’intégrer, engageant son corps quotidiennement, sur et sous l’eau. the red bulletin : Dans un sujet que nous vous avions consacré en 2013, vous disiez vouloir aller chercher les grosses vagues. justine dupont : Oui, c’est devenu une quête passionnante, même si ça ne se présente pas tous les jours. Ce matin, à l’eau, ce n’était pas fantastique, et puis c’est devenu super beau, ça a grossi avec la marée. Là, le palpitant commence à monter, et l’envie de prendre la vague, de bien se placer. Il y a cette adrénaline, cette euphorie, les encouragements des autres surfeurs. Comment dompte-t-on une grosse vague, « basiquement » ? Avant qu’elle arrive, je prends une grande bouffée d’air, pour me détendre, et là, c’est le focus, la concentration maximale. Si je suis en tow-in (surf tracté par un jet-ski, ndlr), je focus l’endroit où je vais placer ma planche, pour anticiper les clapots et ne pas tomber : quelle ligne 56
vais-je prendre pour ne pas me faire rattraper par ces vagues ? Elles vont tellement vite, la moindre faute de quart, de direction, et elles vous « rattrapent », elles vous mangent. À la rame, c’est pareil, il faut bien se positionner, et ramer, ramer, ramer ! Une fois debout, il faut se concentrer sur le timing, l’endroit, le moment. C’est 100 % de concentration ! Juste après la vague, il y a une bouffée d’excitation et d’oxygène qui arrive, et c’est fantastique, ça explose. On est sur ou dans une grosse vague ? À Belharra, on est plutôt sur la vague : on descend la pente. Avec le jet-ski, on dé-
« À la moindre faute, ces vagues vous rattrapent, elles vous mangent » marre quand la vague n’a pas eu le temps de se creuser... on remonte on remonte... et ensuite on peut descendre la pente. Tu as de l’avance, tu peux choisir un peu plus tes courbes, tu peux plus dessiner. Tu sens cette houle devenir vague, c’est impressionnant. Et ça va vite, 60-80 km/h. Quand c’est vraiment gros, je suis plus posée, je suis prête. La plus grosse des vagues peut m’arriver sur la tête, il faut que je sois capable de rester sous l’eau. Je vais dans l’eau pour surfer une belle vague, et cela peut impliquer de s’en prendre sur la tête, ça fait partie du jeu. C’est l’une des raisons pour lesquelles vous pratiquez l’apnée depuis peu.
Oui, car quand je prends des vagues sur la tête, je fais de longues apnées, et j’ai l’impression que ça me pose. Je m’entraîne avec Biarritz Chasse Océan, un club de chasse sous-marine. Les descentes sont de 15-20 mètres en mer et 30 mètres dans une fosse en piscine. De très bons surfeurs de gros s’entraînent ici comme Gautier Garanx. Il a remporté le Billabong XXL Awards 2014 pour avoir surfé une vague de plus de 15 mètres à Bellarah. C’est un surfeur amateur, mais il est hyper pro dans ce qu’il fait, il surf des grosses vagues, et s’entraîne pour. Comme il ne peut pas surfer tout le temps, sa passion reste authentique. Vous allez taquiner la vague de Mavericks, en Californie, très prochainement, en compagnie d’une bande de surfeuses de gros internationale. C’est une vague mythique. Être invitée sur une compétition internationale de filles reconnues est une prise de conscience. Je vais être avec les meilleures surfeuses de grosses vagues au monde. Toutes méritent leur place là-bas. En général, le surf féminin de grosses vagues, c’est chacune sur son spot : là on va pouvoir toutes se rencontrer, échanger. Beaucoup de choses semblent bouger pour vous ces temps-ci. Je ne me suis jamais autant préparée. Et c’est en grande partie grâce à mon nouveau sponsor. Je me sens vraiment soutenue. Le rendez-vous de Mavericks concrétise cela. C’est une très belle surprise d’être invitée sur ce genre d’événements. J’ai surfé à Belharra, et j’ai fait mes preuves sur des grosses vagues, mais il y a tant à faire encore. Ma route vers les grosses vagues ne va pas s’arrêter là ! justinedupont.fr THE RED BULLETIN
MATHIAS FENNETAUX
Texte : Pierre-Henri Camy
Identité Justine Dupont, 23 ans, Seignosse (40) Spécialités Shortboard, longboard, bodysurf et surf de grosses vagues L’atout bodysurf « Je vais dans l’eau tous les jours pour améliorer ma technique surf. Si les conditions sont limites, je prends les palmes pour faire du bodysurf avec mon copain Fred David, champion du monde de cette discipline. J’apprends à observer l’océan d’un angle différent, plus proche de l’élément, plus à même de comprendre cette force et m’y habituer. Je travaille mon cardio, mon apnée et la nage. C’est l’un des meilleurs entraînements au surf de gros. »
BAAUER
« Verrouillez toujours vos samples » Pour tourner la page du Harlem Shake qui a fait sa notoriété, mais pas sa fortune, Baauer parcourt la planète à la recherche des rares sons qui ont échappé au monde numérique.
Trouver quelque chose qui n’existe pas encore sur Internet est peut-être devenu la quête impossible. Pour Baauer, le DJ et producteur de Philadelphie qui tente d’échapper aux pièges que cachait le succès de son titre Harlem Shake, la quête de la musique qui n’existe pas encore en ligne passe par la découverte des régions reculées du Japon ou des Émirats Arabes Unis. Harry Bauer Rodrigues, 25 ans, reçoit dans son quartier général temporaire, à Los Angeles. Il continue à se revendiquer de Brooklyn, mais il a quitté la côte Est des USA pour se rapprocher des musiciens avec lesquels il produit son prochain album. « Depuis le temps que je cherche des trucs sur Internet, j’ai réalisé qu’on pouvait y trouver tout ce qu’on veut. Je veux simplement trouver quelque chose qui n’existe pas sur la toile, et c’est bien là la difficulté. » Alors il est allé fouiller dans les recoins de la planète dans l’espoir de trouver de l’inédit à sublimer dans ses tracks, une oreille dans les vestiges du Japon impérial, l’autre tendue vers les tribus qui vivent dans le désert proche de Dubaï. Un milliard de vues Les productions de Baauer connues jusqu’alors sont facilement identifiables par la prédominance des basses et la construction de ses tracks en couches superposées. Paru en 2013, Higher, réalisé en coproduction avec Just Blaze, et Jay-Z en featuring, mêlait l’ascension vertigineuse du tempo et cette atmosphère hypnotique qui rend l’électro si vivante. En 2012, sortait le Harlem Shake. Ce titre a engendré un milliard de vues sur YouTube, en cumul, grâce aux centaines de vidéos amateurs utilisant son titre et 58
qui ont surgi de partout. Ce n’est donc f inalement pas la propre création de Baauer qui aura bénéficié de cette fièvre digitale, mais ses versions clipées, dont l’originale serait redevable à une chambrée de jeunes Australiens. Une caméra, quelques potes, vous pouviez refaire vous-même l’intro du titre et coller votre version sur le track d’un simple coup de ciseau sur Final Cut. Et chaque nouvelle version allait intriguer : qu’est-ce qui allait bien pouvoir se passer après l’intro, cette montée qui précède le lâchage total des corps et des déguisements dans des
« Je voulais trouver des sons qui n’existaient pas encore sur Internet » mises en scènes loufoques ? Ces quelques secondes de lâcher prise totale, filmées partout dans le monde. Une quête planétaire Un pur divertissement, viral, qui n’aura finalement jamais vraiment bénéficié à Baauer. On parle du Harlem Shake comme d’un phénomène, et rarement comme d’un titre crée par un DJ américain nommé Baauer. Aussi rare est l’évocation des deux samples vocaux associé à cet hymne festif : l’un tiré du titre Miller Time du groupe de rap Plastic Little (« Do the Harlem Shake »), et l’autre emprunté au chanteur de reggaeton Delgado, dans sa chanson Los Terroristas (« Con los
terroristas »). Souci : Baauer n’avait jamais fait signe à ces obscurs artistes avant de diffuser son titre, et ils se sont fait un plaisir de venir lui demander des comptes. Un arrangement aurait alors été trouvé avec Mad Decent, label de Diplo, qui avait à l’origine proposé la « chanson » Harlem Shake en téléchargement... gratuit. De l’aveu même de Diplo, le carton du titre sur la chaîne de Mad Decent aurait sauvé le label de la faillite. L’importance des retombées financières pour Baauer reste floue. Sa détermination à créer différemment est, elle, clairement annoncée. « Il faut toujours verrouiller juridiquement ses samples, résume Baauer. Autant que possible, désormais, j’utilise mes propres enregistrements. Un conseil : enregistrez vous-même ou quelqu’un d’autre le fera. Maintenant, avec le projet de Red Bull, j’ai pu aller me promener pour trouver des sons. Et ce sont mes sons. » La quête planétaire de sons menée par Baauer fait en effet l’objet d’un documentaire sur Red Bull TV, et l’inspiration du voyage a même porté le producteur bien au-delà de ses attentes. Son excitation se perçoit dans la musique que ces trouvailles lui ont inspirée et dans ses mots, quand il en parle. « C’est un jeu vraiment amusant que de créer à partir des sons que j’ai trouvés, j’ai déjà composé trois ou quatre tracks. Je m’en suis servi dans d’autres productions, des remixes et d’autres trucs. C’est une palette géniale. Je suis un peu dans l’état d’un peintre qui a découvert de nouvelles couleurs après avoir utilisé les mêmes pendant des années. » Les cinq titres préférés de Baauer sont à découvrir sur redbulletin.com THE RED BULLETIN
BALAZS GARDI
Texte : Brandon Perkins
La force virale du Harlem Shake Les différentes vidéos qui ont détourné le track de Baauer ont engendré un milliard de vues sur YouTube en deux mois. À titre de comparaison, le Sud-Coréen Psy a mis six mois pour atteindre le même nombre de vues avec Gangnam Style.
GLACE
« J’ai pris cette photo au début du voyage, souffle Tero Repo. J’étais resté sur le bateau principal pendant que Xavier et Lucas avaient rallié l’iceberg en zodiac. Un iceberg peut être instable, il fallait faire vite : grimper, faire quelques virages et redescendre. »
DES AS
IL SUIT LES SKIEURS ET SNOWBOARDEURS SUR DES SPOTS A PRIORI INACCESSIBLES. LE FINLANDAIS TERO REPO VOUS PRÉSENTE SES PHOTOS, TIRÉES D’UN MOIS D’AVENTURE, ENTRE LES ICEBERGS DE L’ANTARCTIQUE ET LES TRICKS DE DEUX RIDERS FREESTYLE. PHOTOS : TERO REPO TEXTE : PAUL WILSON
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« Q UAND LE TERRAIN S’Y PRÊTAIT, XAVIER ET LUCAS PRENAIENT LEURS SPLITBOARDS » 62
« On a embarqué Christoph, un pilote, avec son parapente biplace. Il volait et moi j’étais là, dans les airs, à prendre des photos. Je surplombe ici Lucas et Xavier sur leurs splitboards (un snowboard qui se sépare en deux skis, ndlr). Sur du plat, il est plus simple d’avancer en skiant qu’en marchant avec un snowboard sur le dos. »
uand on endosse le rôle du photographe dans d’incroyables aventures enneigées, il y a trois choses à ne pas oublier : « limiter les risques, éviter les engelures et rester en vie ». Ces mots, ce sont ceux de Tero Repo. Il immortalise des expéditions en ski et en snow dans le monde entier, en s’accrochant religieusement à ses conseils. « J’ai été en danger à de nombreuses reprises », déclare le Finlandais de 36 ans, qui a vu des riders déclencher des avalanches ou chuter gravement. « Plus on passe de temps en montagne, plus on est confronté à des situations difficiles. » En décembre 2012, il part un mois en Antarctique, avec le Pyrénéen Xavier de Le Rue et l’Américain Lucas Debari. Les longues journées ensoleillées sont dédiées à explorer les icebergs, à la recherche de pentes et de pistes vierges, à travers 2 000 km entre les îles Falkland et l’extrême sud de l’Océan Atlantique. Ex-skieur reconverti dans la photo, Repo : « Ça ne me manque pas de ne plus faire de ski ou de snow pour le fun. Maintenant, ça m’aide à faire mon travail, c’est-à-dire à faire de bonnes photos. »
À gauche : « Une vue matinale depuis le Golden Fleece, un imposant voilier de 19 m de long loué aux îles Malouines. Ce n’était pas un brise-glace mais il passait à travers 20 cm de glace. » Ci-dessus : « Lucas à gauche, Xavier au centre et le capitaine du bateau, Jérôme Poncet. » Ci-contre : « Dans le zodiac, le second du capitaine pendant que Lucas grimpe. L’attendent sur l’iceberg Xavier et notre guide, Tony Lamiche. »
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« L E CAPITAINE N’AIMAIT PAS NOUS VOIR MONTER SUR DES ICEBERGS, “ILS S’EFFONDRENT S OUVENT”, INSISTAIT-IL »
« L A PLUPART DU TEMPS, C’ÉTAIT DIFFICILE ET FLIPPANT, MAIS JE NE RETIENS QUE LES BONS MOMENTS »
À gauche : « J’ai pris quelques photos sans aucun snowboardeur dessus. Comme celle de cette colonie de pingouins. » En haut à gauche : « Sur la terre ferme, Xavier et Lucas grimpent jusqu’aux pistes qu’on avait repérées. Pour savoir qui est qui, sachez qu’ils portaient chaque jour un équipement de la même couleur : jaune pour Xavier et bleu pour Lucas. Derrière eux, ce ne sont pas des pingouins, je pense qu’il s’agit de cormorans antarctiques. »
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« Nous sommes restés un ou deux jours sur les spots. Ce qui nous permettait de voir où le soleil tapait. Il ne faisait sombre que quelques heures par jour. Trop tard dans la journée, la neige était fondue, trop tôt, elle était trop dure. Aucune marge d’erreur. Malgré tout, on se laissait du temps pour prendre des photos. C’est ce que je voulais dire quand je parlais de limiter les risques. »
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Ci-dessus : « Un coucher de s oleil et une bière… Je pensais qu’on s’en autoriserait une par jour, il y en a eu bien plus. Mais c’était seulement une fois la séance photos terminée, de retour sur le bateau. » À droite : « Tony, le guide, pose une sorte de plâtre à Lucas. Lors d’une chute, il a aggravé une blessure au poignet. » Photo principale : « Lucas en frontside 360, un trick rendu spectaculaire par ce paysage en toile de fond. »
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« U N TEL ENVIRONNEMENT N’AUTORISE QUE LES TRICKS QUE TU MAÎTRISES A FOND » THE RED BULLETIN
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« C ’EST GÉNIAL DE PRENDRE DES PHOTOS EN ANTARCTIQUE AVEC AUTANT DE LUMIÈRE »
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« Le zodiac approche du Golden Fleece. Restés toute la nuit sur ce spot, nous avons eu de la chance que la météo soit aussi clémente. Cela nous a permis de bien nous préparer, sans se stresser, sans tourner sans arrêt en quête de quelques heures de lumière. On a pu shooter de 16 h à 22 h tous les jours. »
« AU NIVEAU DE LA MER, IL FAUT FAIRE TRÈS ATTENTION À CHOISIR LES BONNES LIGNES »
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Ci-dessus : « Xavier, sur la terre ferme. On passait la journée à prendre des photos mais on retournait toujours sur le bateau. Nous étions dix en tout à bord. » À gauche : « Lucas pendant notre sortie baignade. On a sauté du pont dans cette eau d’à peine quelques degrés. » Cicontre : « Encore Xavier. On cherchait ce genre de pentes, surplombées par des arêtes, pour que je puisse shooter en sûreté et mettre en évidence l’inclinaison de la pente. » terorepo.com
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Voici des boules Quies new school. Elles réduisent le son à son meilleur. MUSIQUE, page 89
Quoi de neuf en janvier ?
ACTION ! V O YA G E S / M A V I L L E / C O N S E I L S D E P R O / C L U B / M U S I Q U E / J E U X V I D ÉO / C I N É M A
Harrison (très) fort GETTY IMAGES
ENVIE D’ÊTRE AUSSI BALÈZE QUE LE JOUEUR NBA HARRISON BARNES ? POUR DEVENIR UN VRAI WARRIOR, IL S’EST FIÉ AU COACH DES STARS. CONSEILS DE PRO, page 78
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ACTION !
VOYAGES
Woopy jumping : un sport mutant qui éclate les stations !
FÊTE DES V O I S I N S ALLEZ HOP, ON FILE EN SUISSE, L’AUTRE PAYS DE L’ACTION !
JAMES BOND Sautez à l’élastique depuis le barrage du lac de Locarno, dans le Tessin, au sud de la Suisse, pour revivre la scène d’ouverture de Goldeneye. getyourguide.com
Vraiment big Combinant le frisson du snowboard avec les montées d’adrénaline du parapente, le woopy jumping devient de plus en plus pratiqué sur les monts des Alpes suisses. Dévaler une pente à 50 km/h, c’est déjà bien cool, mais si vous vous collez dans le dos une aile gonflable, taillée comme celle d’un deltaplane, cela devient une machine à sensations fortes. Imaginez ce que peuvent devenir vos tricks si vous vous affranchissez de la pesanteur. Vos big airs vont devenir vraiment, vraiment big : jusqu’à trente secondes de suspension quand vous serez devenu bon. « Vous avez la sensation de voler, raconte Emma Shore, une snowboardeuse canadienne qui a essayé la nouvelle spécialité suisse. L’aile est vraiment légère et, quand vous glissez, c’est comme si vous étiez en apesanteur. » Ce nouveau sport n’en est qu’à ses balbutiements, et seule une poignée de stations suisses offrent leçons et kits de vol. Les sensations qu’il procure, sa simplicité d’accès et le succès qu’il rencontre déjà en station sont autant de promesses que ce sport devrait rapidement gagner en popularité hors de son berceau helvétique. « Voilà un long moment que je fais du snow et que je multiplie les sauts, poursuit Emma Shore, mais sauter avec une aile dans le dos, c’est une impression incroyable. Ça va faire le buzz ! » jump.woopyjump.com
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LE CONSEIL EN PLUS ENGAGEZ-VOUS ! « Décidez de ce que vous voulez faire : skier ou voler, explique Emma Shore. Si vous hésitez encore au moment de prendre votre envol, c’est certain que vous allez vous casser la figure et rebondir sur la neige. Gonflez la voile et envolez-vous pour de bon ! »
CIEUX À DEUX Prenez l’hélico pour grimper au-dessus des Alpes et sauter en tandem à 4 500 m d’altitude. À couper le souffle. helicopterskydive.com
Grâce à l’aile de parapente, vous allez faire de sacrés big airs !
De gauche à droite
« Il y a deux façons de se diriger, raconte Laurent de Kalbermatten, l’inventeur de l’aile du woopy. Soit vous faites comme en deltaplane, en déplaçant votre centre de gravité, soit vous provoquez un différentiel, en tirant la barre de direction pour déformer l’aile. »
INSTANT GLACÉ Descendez en rappel dans les crevasses des glaciers, puis remontez le long des parois de glace en compagnie d’un guide expérimenté. La Suisse en regorge. swissalpineguides.ch
THE RED BULLETIN
GETTY IMAGES(2), FOTOLIA(2)
W OOPY JUMPING VOTRE PROCHAINE ACTIVITÉ ALPINE : 50 % PARAPENTE, 50 % SNOWBOARD, 100 % ACTION.
ACTION !
MA VILLE
Sopot
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GDÁNSK, POLOGNE
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« Vivre en bonne harmonie » GDÁNSK UNE ARCHITECTURE ORIGINALE, DES FOOD TRUCKS EN PAGAILLE ET UNE AMBIANCE À LA COOL CARACTÉRISENT CETTE VILLE CÔTIÈRE POLONAISE.
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« Au premier abord, Gdánsk ressemble aux villes portuaires du nord de l’Europe, reconnaît Tomek Hoax, un DJ polonais star. Comme Amsterdam ou Bruges, à cause des églises en briques et des canaux. Mais Gdánsk est unique. Avec Sopot et Gdynia, deux villes voisines, elle forme la Tricité (Trójmiasto), une vaste conurbation qui répond à toutes les attentes : Sopot pour la fête, Gdynia pour la quiétude et Gdánsk pour son centre historique, ses cafés, ses pubs et ses clubs de jazz. Les trois villes totalisent un million d’habitants, qui semblent vivre en bonne harmonie, y compris avec les touristes qui viennent de plus en plus nombreux. »
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CI NQ MAJ EU R LES LIEUX FAVORIS DE TOMEK HOAX
WOJTEK ROJEK, LUKASZ PIETRZAK(2), TOMEK HOAX(2), FOTOLIA(3)
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1 SFINKS 700 Al. Franciszka Mamuszki 1 « Le meilleur club de Gdánsk. La crème des DJ’s internationaux et locaux s’y produit. Le patron Leszek Mozdzer, un pianiste de jazz mondialement connu, improvise souvent au côté des DJ’s. »
LES PLU S QUE FAIRE À GDÁNSK ET SES ALENTOURS ?
THE RED BULLETIN
2 LA MAISON TORDUE Jana Jerzego Haffnera 6 « Un must, une folle construction de deux architectes polonais inspirée des graphismes insolites de Per Dahlberg. À l’intérieur, des boutiques, des bars et des salles de jeux dans une atmosphère grouillante. »
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Le DJ Tomek Hoax, 35 ans et originaire de Gdánsk.
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3 ART MONUMENTAL Dans le quartier de Zaspa « Une ambiance unique. Les graffitis des street artistes couvrent les austères édifices communistes. Comptez deux heures pour un tour complet de ce secteur artistique, ça vaut le détour. »
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4 NEIGHBOURS KITCHEN Szafarnia 11 « Ce restaurant est un endroit incontournable. Au menu se côtoient des plats raffinés et des hamburgers. Dans cet établissement, même le pain est fait maison. À essayer aussi au petit-déjeuner. »
5 FOOD TRUCKS Partout
« Les food trucks de Gdánsk sont légendaires. Dès qu’il y a de l’animation en ville, on les voit apparaître partout. Mon préféré ? Le camion du Muka Bar et ses délicieux sandwichs falafels et pitas. Copieux ! »
VOILE ET GLACE
PLONGÉE ET ÉPAVES
SKATE EN HIVER
Les lacs gelés de la région de Mazurie sont un paradis pour les voiliers sur glace. Ils sont montés sur patins.
À Gdánsk le long de la côte, la plongée au cœur d’épaves de bateaux se pratique même l’hiver. Une expérience. balticdive.pl
Un skatepark outdoor flambant neuf de 1 500 m2. Le climat tempéré permet de faire du skate aussi en hiver.
icesailing.org
abiskatepark.pl
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ACTION !
CONSEILS DE PRO Le premier pas vers le panier est crucial.
Harrison Barnes, 22 ans, ailier titulaire des Golden State Warriors.
Long à la détente B ASKET LA PRÉPARATION D’HARRISON BARNES POUR TENIR UNE SAISON EN NBA. « La différence entre un bon athlète et un athlète d’exception, c’est sa capacité à tirer le maximum de son corps, tranche Harrison Barnes. Pour un basketteur, cela se mesure à l’explosivité et à la rapidité. » Lors de sa première saison NBA en 20122013 sous le jersey des Warriors, Barnes atteint 16 points de moyenne en playoffs. L’an passé, l’ailier longiligne de 2,03 m livrait une saison médiocre. Et décidait de travailler avec Travelle Gaines, un préparateur physique qui a coaché plus de 300 joueurs de football américain et des stars comme Sean « P. Diddy » Combs. Barnes a durement renforcé ses jambes et travaillé son endurance pour la transition entre les phases défensive et offensive. « L’entraînement s’attarde beaucoup sur la détente et la course, détaille Gaines. Avoir de bonnes chevilles et de solides orteils est essentiel à une bonne puissance d’impulsion. » nba.com
S U R L ES G EN O U X ! « Les squats renforcent tout le corps avec efficacité, explique le coach d’Harrison, Travelle Gaines. Avec 2 à 3 séries de 12 à 15 répétitions, on obtient de sacrés résultats. »
Suivez la préparation d’un pro NBA. Harrison Barnes donne un aperçu de son training dans une vidéo disponible sur le site redbulletin.com
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Debout pieds écartés au niveau des hanches, haltères sur les épaules, bras près du corps.
Effectuer les squats le buste droit et les genoux au-dessus des pieds.
Se redresser en ramenant les haltères au-dessus de la tête puis revenir à la position de départ.
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« Cet élastique d’entraînement ne me quitte jamais, s’exclame Gaines. Il suffit de le fixer aux chevilles et d’effectuer pendant quelques secondes des mouvements (latéraux, pivot, split squat) avec intensité. Excellent pour les hanches et l’explosivité. »
HERI IRAWAN
L’OUTIL : LE SKLZ LATERAL RESISTOR
THE RED BULLETIN
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Expérience visuelle Hors du commun
Ellinor Olovsdotter has the flu. The rising star known as Elliphant often gets sick when she visits LA, she explains, raspy-voiced and half naked, completely unself-conscious about her
THE CAPTAIN OF ADVENTURE ALL-ROUND ACTION HERO WILL GADD IS A LIVING LEGEND IN THE TRUEST SENSE.
„MEINE EINZIGE ANGST IST DIE ANGST SELBST“
„MEINE EINZIGE ANGST IST DIE ANGST SELBST“
body. The globe-trotting former model from the wrong side of the tracks is part of a Nordic
SIMPLY THE BEST
new wave of fierce dance-pop divas, alongside fellow Swedes Icona Pop, Robyn, Lykke
Prolongez l’aventure
redbulletin.com
ACTION !
MONTRES
N O B LE
« BIG CROWN PROPILOT ALTIMETER » DE ORIS Indique l’altitude jusqu’à 15 000 pieds ou 4 572 m selon le modèle.
LA « BIG CROWN PROPILOT ALTIMETER » DE ORIS EST DOTÉE DE 2 COURONNES
COURONNES La couronne à 2 heures sert à régler l’heure et la date. À 4 heures, une couronne brevetée permet d’activer et de calibrer le baromètre/altimètre. Lorsqu’elle est vissée à fond, le boîtier est étanche jusqu’à 100 mètres.
Rares
ORIS PEU DE MONTRES SONT DOTÉES D’UN BAROMÈTRE/ ALTIMÈTRE MÉCANIQUE. L’HORLOGER SUISSE ORIS PROPOSE UN MODÈLE AUSSI ABORDABLE QU’INGÉNIEUX.
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ÉQUILIBRAGE DE PRESSION mètre et l’aiguille de l’altimètre doivent impérativement être ultra légers. Oris a réalisé une aiguille ultra fine en fibres de carbone laminée – sept fois plus légère mais dix fois plus rigide que les aiguilles traditionnelles. L’imposant boîtier « Big Crown ProPilot » de 47 mm comprend donc un mouvement à remontage automatique et, en dessous, un baromètre anéroïde calibré à aiguille en carbone. La graduation sur le bord externe du cadran permet de lire la pression atmosphérique et l’altitude, exprimée en pieds ou en mètres selon le modèle. oris.ch
Pour que le baromètre/altimètre puisse fonctionner, il faut desserrer la couronne et la pression à l’intérieur de la montre s’adapte à la pression atmosphérique.
MEMBRANE Pour éviter que l’humidité ou la saleté ne p énètrent dans la montre, Oris a conçu une barrière, la membrane en PTFE (Gore-Tex).
THE RED BULLETIN
ALEXANDER LINZ
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ne montre qui puisse tout aussi bien servir de baromètre et plat à remontage manuel sur d’altimètre ? les anciens modèles, aujourd’hui Il y en a déjà eu, pour la première fois, un mouvement à remontage automatique – mais pas tant que ça. En 1963, la maison suisse Favre-Leuba on trouve une petite capsule à membrane présente sa « Bivouac », faisant office de capRevue Thommen teur de pression. Le sort 36 ans plus baromètre anéroïde tard la « Airspeed présente de très peAltimeter ». Aujourd’hui, c’est tites déformations au tour de Oris avec créées par la pression la « Big Crown ProPilot atmosphérique. Celles-ci Une capsule Altimeter ». se traduisent visuelleanéroïde fabriquée Tous ces modèles ment par une aiguille se et fournie par reposent sur le même hommen, manufac- déplaçant horizontaleT ment grâce à un fin sysprincipe de conception. turier suisse d’instruments de vol. tème de levier. Le baroSous le mouvement –
HISTOIRE DE MONTRE
Stars
GISBERT BRUNNER, EXPERT EN MONTRES-BRACELETS, PARLE DE JACK HEUER, PRÉSIDENT HONORAIRE DE TAG HEUER.
Gisbert L. Brunner, spécialiste de la montre-bracelet, lui a consacré plusieurs livres.
Jack W. Heuer a eu de la chance. En 1969, la marque horlogère suisse lance le premier chronographe automatique du monde, avec micro-rotor et boîtier carré étanche. L’actuel président honoraire de Tag Heuer et arrière-petit-fils du fondateur Edouard Heuer la conçoit mais n’a pas les moyens d’en faire la promotion. Il décide de conclure un partenariat avec son compatriote Jo Siffert, pilote de F1 chez Rob Walker Racing. Il devient ambassadeur de la future
marque star du groupe LVMH. Le premier d’une longue et prestigieuse lignée. Siffert appose le logo Heuer sur sa Porsche 908 de course ou arbore une Heuer « Monaco » flambant neuve au poignet. « C’était une manière pour le moins amateuriste d’entrer dans le business de la Formule 1, rembobine Jack Heuer. Mais nous avons été la première marque à nous engager dans ce sport de haut niveau. » Pour le tournage du film Le Mans, Steve McQueen enfile en 1970 la combinaison de son ami THE RED BULLETIN
Jo Siffert. L’accessoiriste complète la tenue d’une Heuer « Monaco ». L’acteur adore la forme inédite de cette montre, il la porte à l’écran. Elle devient un objet culte. En 1971, le hasard vient encore en aide à Jack Heuer. Alors qu’il se balade en Suisse, dans les rues du village de Saint-Imier, il croise un autre pilote F1 : Gianclaudio « Clay » Regazzoni. Le futur vice-champion du monde 74 est à la recherche d’instruments de chronométrage pour les 24 Heures du Mans et le circuit Ferrari de Maranello. Avec ce concepteur des montres-chronographes, il trouve rapidement son bonheur. Toujours en 1971, Heuer devient le chronométreur officiel de la Scuderia Ferrari. Tous les pilotes arborent le logo pentagonal de la société Heuer sur leur combinaison, ainsi qu’un chronographe automatique Heuer doré au poignet.
NOUVEAUTÉS
Tenaces
CES TROIS MONTRES NE CRAIGNENT RIEN : NI LA VITESSE, NI L’AVENTURE, NI L’EAU. Superfast Chrono Porsche 919 Édition de Chopard Chopard, maison horlogère familiale basée à Genève, s’est associé à Porsche pour le retour du constructeur allemand aux mythiques 24 du Mans. Premier-né de ce partenariat : un garde-temps grand format en acier inoxydable de 45 mm de diamètre qui reprend les grands traits de la nouvelle Porsche 919. Commercialisé en édition limitée à 919 exemplaires. chopard.com
Alpiner 4 GMT d’Alpina Élégante et solide elle peut afficher deux fuseaux horaires. En réglant l’heure locale avec l’aiguille GMT indépendamment de l’aiguille des heures, et ce, heure par heure, on peut lire simultanément l’heure en deux endroits de la planète. Au choix, cadran clair ou foncé, et bracelet en cuir ou en métal. alpina-watches.com
Tudor Heritage de Black Bay
Dans le sens des aiguilles d’une montre : les pilotes Ferrari Niki Lauda (à gauche) et Clay Regazzoni (à droite) signent leur contrat avec Jack Heuer. Mick Jagger en 1977, avec à son poignet une Heuer « Autavia ». Steve McQueen, en 1970 au Mans.
La montre de plongée de la filiale de Rolex avait déjà fait fureur l’an dernier, avec une lunette rouge. Terriblement vintage, le nouveau modèle décliné en bleu a conquis le public du Baselworld 2014, le salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie. Des délais d’attente sont déjà prévus. tudorwatch.com
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La fabrique Seth Troxler (en haut) est l’un des 20 prestigieux DJ’s chargés de dynamiter l’anniversaire de la Fabric. Il a joué deux sets : l’un à 10 heures du mat’, l’autre 20 heures plus tard pour l’after-party.
À FÊTES
La Fabric, mythique club underground de Londres, a fêté son 15e anniversaire en octobre. Avec une soirée marathon de samedi soir à lundi matin, conduite par 20 des meilleurs DJ’s de la planète. Texte : Florian Obkircher Photos : Alex de Mora
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Samedi, 23 heures
Oliver Bourke est équipé. Son sac en toile de jute contient une brosse à dents, du gel coiffant et des lunettes de soleil. « À nuits exceptionnelles, mesures exceptionnelles. » Ce graphiste anglais de 25 ans est là pour faire la bringue. Pendant 30 heures. Car le plus grand club underground de Londres, la Fabric, célèbre ses 15 ans avec une soirée marathon jusqu’au lundi matin. Oliver patiente depuis une heure au milieu d’une queue de 150 m de long. « Je viens ici depuis que j’ai 18 ans. Les DJ’s de la Fabric ont fait mon éducation musicale, lance-t-il enthousiaste. Vingt DJ’s sont au programme ce soir : Ricardo Villalobos, Seth Troxler, Craig Richards… »
23 h 02
Un bâtiment victorien en briques de trois étages, un 84
logo « Fabric » discret au-dessus de la lourde double porte métallique précédée d’un grillage. À droite, les titulaires de carte du club se font enregistrer tandis que les invités se pressent à gauche. Aux côtés de ceux qui espèrent être inscrits. « Par ici ! », s’époumonent quatre personnes. Elles appellent Jo Neill, jeune fille de 25 ans, menue, au maquillage scintillant, architecte la semaine et gardienne de la porte du paradis des soirées londoniennes le weekend. – Nom ? – Andy Harris. – Tu n’es pas sur la liste. – Mais... Seth Troxler m’avait promis... – Désolé chéri. D’ordinaire, la liste de Jo compte 300 noms, ce soir elle déborde : 842. Les invités qu’elle laisse entrer doivent passer au détecteur de métaux avant d’être fouillés, poches comprises, par le videur. « C’est bon pour toi. »
Dimanche, 00 h 14
Le club est surnommé le labyrinthe, on comprend mieux pourquoi. Les trois dancefloors souterrains sont reliés par deux larges voûtes en briques abritant des escaliers. Ce sont les artères principales du club. Entre les deux, des balcons, des bars et des toilettes. Et suffisamment d’escaliers en colimaçon tortueux et d’étroits couloirs pour s’égarer. Surtout qu’il n’y a aucune indication. « Salle 3 ? À gauche, tu prends le couloir sur la droite et tu montes les escaliers. Ça va aller ? »
00 h 18
Salle 3, Keith Reilly est adossé au bar. Cheveux courts, barbe de trois jours, tee-shirt noir, 55 ans, c’est lui le chef. Il sourit en se remémorant le 19 octobre 1999. « Le premier soir avait été chaotique. Trois heures avant l’ouverture des
portes, nous n’avions pas d’électricité, rembobine-t-il. Après la soirée, on s’est rendu compte qu’aucun de nous ne savait fermer le bâtiment. Alors nous sommes restés et nous avons continué à faire la fête. » À l’époque, l’idée de Keith était d’ouvrir un club underground d’amateurs de musique pour des amateurs de musique. « Un lieu où le visiteur n’est pas jugé sur sa tenue, précise-t-il. À une époque où tous les clubs de Londres passaient de la house pour midinettes. » En 15 ans, plus de 4 000 artistes ont participé à 2 600 soirées et fêtes, près de 5,5 millions de visiteurs ont dansé dans cet ancien entrepôt frigorifique. Pour la soirée d’anniversaire 8 500 invités sont attendus. En 2007 et 2008, DJ Magazine, une revue consacrée aux musiques électroniques, a élu la Fabric « meilleur club du monde ». Le secret de ce succès ? L’authenticité. « Les Guet-
ta et Avicii de ce monde ne se produisent pas chez nous, même si un paquet de ces super stars prétentieuses aimeraient bien. Nous faisons appel uniquement à des DJ’s passionnés qui ont une vision », insiste Keith.
01 h 15
La salle 1 est le cœur de la « cathédrale » de la soirée . Dix mètres de haut, des murs en brique brute, d’épais tuyaux métalliques au plafond. Des rayons laser verts traversent l’écran de fumée. L’estrade du DJ est entourée d’une grille métallique haute de deux mètres, si bien qu’on voit à peine œuvrer l’artiste. Et c’est très bien ainsi, car la star ici, c’est la musique. Et celle-ci s’abat de toutes
parts sur les centaines de danseurs depuis quatre hautparleurs géants suspendus. Le sol est équipé de 400 capteurs qui transforment les ondes sonores en vibrations. Les basses vrombissent tellement fort que les genoux des danseurs claquent.
04 h 15
Un des balèzes de la sécurité garde la porte métallique à côté du guichet automatique du club. Il ne laisse passer que les personnes munies d’un bracelet en plastique doré arborant l’inscription « rock star ». Ce sont les coulisses, accessibles uniquement aux VIP. Ou à qui se croit VIP. Une quarantaine de figures de la scène se bousculent dans la salle rouge foncé d’une
« LES GUETTA ET AVICII DE CE MONDE NE SE PRODUISENT PAS CHEZ NOUS, MÊME S’ILS AIMERAIENT BIEN »
quinzaine de mètres carrés. Il y fait une chaleur étouffante. Un ventilateur tourne à plein régime.
04 h 18
Parmi les porteurs du fameux bracelet, Normski, barbe grisonnante, voix racleuse et yeux pétillants. Il y a toujours quelqu’un pour lui taper sur l’épaule ou l’embrasser. Normski a fait découvrir la house à un bon nombre de personnes présentes ce soir. À la fin des années 80, il animait la première émission de musiques dansantes diffusée par la télévision britannique. La devise pleine d’assurance de ce vétéran des soirées ? « Je n’ai pas besoin de la vie nocturne, c’est elle qui a besoin de moi ! » En quinze ans, « l’extérieur du bâtiment n’a presque pas changé, il est toujours aussi délabré. Au fond peu importe, car les gens viennent pour la musique. Pour les sets de la Ligue des champions des DJ’s.
Pour les 15 ans de la Fabric, 245 personnes travaillent et s’activent, du personnel du bar aux DJ’s en passant par le pizzaiolo. L’un des DJ’s est Craig Richards (au milieu, en haut). Depuis l’inauguration le 19 octobre 1999, il est derrière les platines tous les samedis soirs dans la salle 1. En bas à droite : le DJ James Jackson et le vétéran de la scène Normski discutent dans les coulisses.
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Les DJ’s britanniques n’ont qu’un objectif de carrière : se produire au moins une fois à la Fabric ».
09 h 32
Le petit frère hipster de Super Mario entre dans les coulisses. Seth Troxler, cheveux bouclés, moustache, poignées d’amour. « Seth ! Seth ! » Deux jolies nanas se jettent à son cou pour l’embrasser. Le DJ américain a l’air épuisé alors que son set démarre dans une heure. Comment préparer un set à 10 h 30 : dort-on avant ou pas du tout ? « Deuxième solution. J’arrive de l’aéroport. Il y a quelques heures, j’étais à Amsterdam pour un festival. »
11 h 45
Selon le planning, Marcel Dettmann et Ben Klock auraient dû passer la main il y a déjà deux heures. Les deux habitués du légendaire club berlinois Berghain suent depuis onze heures derrière les platines de la salle 2. Pour 86
leur dernier morceau, ils passent Idioteque de Radiohead. Lorsque Marcel descend de la plateforme, il a l’air étonnamment frais. « Les trois premières heures ont été un peu longues. Mais après, le temps a filé. » Était-ce le plus long set de sa carrière ? « Non. Au Berghain, j’ai déjà joué 16 heures d’affilée. » La semaine n’est pas finie. Dans trois heures, son avion décolle pour Amsterdam où l’attend une autre soirée.
14 h
Mi-parcours. Les premières 15 heures de la fête sont passées, il est temps de reprendre son souffle. Trois jeunes femmes font des exercices de yoga sur les futons en cuir de la salle 2. Salle 1, un groupe de jeunes hommes est accroupi contre le mur, les jambes pliées, la tête entre les genoux. L’un d’eux est Oliver Bourke. Il a de petits yeux rouges mais il est décidé à tenir jusqu’au bout.
« 200 000 coups de grosse caisse, murmure-t-il, je les ai comptés. 30 heures de techno. Ça représente environ 200 000 coups de grosse caisse. Je ne veux en manquer aucun. »
16 h 05
Comment reprendre des forces au milieu de cette soirée marathon sans quitter le club ? Un camion à pizza est garé dans la cour ouverte aux fumeurs. Le pizzaiolo à la moustache frisée a préparé une centaine de pizzas. Sa meilleure vente jusqu’à présent : la Smokey Seth avec des lanières de porc épicées et une sauce salsa, inspirée d’une recette du DJ Seth Troxler. « Très nourrissante, dit-il en voyant Oliver. Tu devrais plutôt prendre un morceau de margherita, c’est plus digeste. »
19 h
Un pharaon avec dreadlocks et lunettes de soleil traîne des cartons sur la piste de danse. À l’intérieur, des perruques aux couleurs douteuses, des casques d’ouvrier, des masques, des bonnets de nain, des soutanes, des tétines géantes… Une tradition pour l’anniversaire de la Fabric : c’est le seul soir de l’année où les costumes et déguisements sont permis. Ce petit geste a un grand effet. En quelques minutes, les cartons sont éventrés, ça fouille furieusement. La fatigue de l’après-midi s’est dissipée. Normski arbore une robe de cocktail moulante rouge, le torse luisant de sueur. D’une voix enrouée,
« 3 0 H DE TECHNO. CELA REPRÉSENTE 200 0 00 COUPS DE GROSSE CAISSE. JE NE VEUX EN MANQUER AUCUN »
il hurle : « J’ai besoin d’une perruque, donnez-moi une perruque ! »
21 h 05
Un lapin monte sur scène et s’appuie contre une forteresse de synthétiseurs analogiques : Mathew Jonson, le spécialiste canadien de la techno. Il envoie le son, déplaçant les régulateurs comme un possédé. Une oreille de son costume tombe tandis que sa tête tournoie dans un sauvage headbanging.
22 h
La folie s’empare de la salle : un Barbapapa rose de deux mètres grimpe sur scène et invite le lapin à une oreille à danser. Des Bavarois en culotte de peau défient au breakdance des ouvriers du bâtiment torse nu. Seth Troxler danse dans le public, coiffé d’un bonnet de bébé et vêtu d’un négligé de strip- teaseuse. « Magnifique, hurle Oliver en costume de Batman.
Ça devait se passer comme ça au Studio 54. »
laisse planer aucun doute. Oliver est un marathonien.
Lundi, 01 h 32
06 h 10
26 heures de fête. Indices irréfutables : sol collant, odeur de transpiration, comportements lascifs. Les mâles tendent fièrement le cou à la recherche d’un contact visuel avec celles qui dansent tout près.
04 h 59
Ultime minute de la soirée. Le Chilien Ricardo Villalobos, pionnier de la techno minimale, joue son tube : Easy Lee. Un tapis illuminé de smartphones s’élève pour filmer le dernier moment de ce marathon festif. Trois... deux... un... et… rien. La fête continue.
05 h 20
Oliver est de moins en moins crédible dans son costume de Batman. « Lors du sprint final d’une fête, tu passes en mode coureur de marathon : tu ne réfléchis pas, tu continues, simplement. » Son regard ne
Le DJ éteint la platine. Le rythme ralentit et se termine dans un grondement sourd. La lumière éblouit les danseurs qui sursautent tels des vampires au lever du soleil. Oliver chausse ses lunettes noires et s’en va, en sueur mais comblé. La « soirée » a duré 32 heures.
Marcel Dettmann et Ben Klock (à gauche, en bas), les deux DJ’s berlinois, ont offert la plus longue performance : 11 heures, de 1 heure du matin à midi. Leur secret pour tenir le coup ? « Dormir l’après-midi », lâche Marcel en ricanant.
06 h 30
La salle 1 est vide, la troupe de nettoyage s’affaire depuis un bon moment. Mis à part un bourdonnement dans l’oreille, il n’y a pas un bruit. La porte des coulisses s’ouvre. Un petit groupe de porteurs du bracelet doré en sort et se dirige vers la salle 3. Des cartons remplis de boissons sont posés sur la piste de danse, le personnel du bar a déjà quitté les lieux. Seth Troxler ouvre l’after-party avec un disque de space disco sexy. fabriclondon.com
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ACTION !
CLUB
Monsieur Loeb a fêté des victoires au Café des Anges.
CLUBS INÉDITS LES ENDROITS LES PLUS IMPROBABLES POUR FLIRTER ET PRENDRE UN VERRE
SUBSIX
Niyama, Maldives À 6 mètres sous la surface de l’eau, cette boîte sousmarine est la première en son genre. Clubbeurs excentriques et poissons colorés peuvent s’observer à loisir.
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STRASBOURG AU TOP AVEC JULIEN LAFARGE, BOSS DU FESTIVAL NL CONTEST & RÉDAC CHEF DU MAG CULTUREL COZE
Dubaï, EAU Un bar givré dans une ville du désert. La température tombe à − 6 °C, soit 40 ° de moins qu’à l’extérieur. À l’entrée sont distribués manteaux et bonnets.
EN QUÊTE D’INSOLITE... … on visite la friche de « La Coop » qui accueille maintenant un festival, et bientôt bien plus....
POUR SE CULTIVER... … on fonce à la PopArtiserie, un lieu unique mélangeant expo, concert, shop et bar ! POUR CLUBBER STYLÉ... … on met des Bagua Shoes ! Chaque modèle de ces chaussures porte un nom de quartier strasbourgeois. AVANT DE DANSER... … on mange forcément une bonne flammekueche, au resto La Binchstub.
TREE BAR
Limpopo, Afrique du Sud 1 700 ans, 47 m de diamètre, ce baobab, l’un des plus vieux au monde, abrite un bar en son tronc. L’accès est limité à 15 personnes.
THE RED BULLETIN
LA KONFISERIE(4), FOTOLIA(3)
Institution strasbourgeoise, le Café des Anges a célébré ses sept ans en novembre. Installé dans un établissement datant de 1364, l’ancien entrepôt historique de la brasserie Kronenbourg, ce bar-club revendique à raison son melting-pot sonore : pop, rock, new wave, années 80, R&B... les ambiances varient mais le dancefloor reste toujours festif. Au cœur de la Krutenau, au centre de Strasbourg, le Café des Anges est ouvert au public dès le jeudi, sur 200 m², et deux étages, il est privatisable en début de semaine et ne désemplit jamais. L’endroit est réputé dans la région pour ses afterworks du jeudi (limités à 120 personnes). Pas que des sportifs de la danse et de la fiesta ici ; les fans de rallye doivent savoir que Sébastien Loeb, gloire locale, a eu pour habitude de fêter ses victoires à cette adresse. Avis aux étudiants champions de la nuit, le mercredi soir, le lieu est tout à vous !
CHILLOUT
ACTION !
MUSIQUE
ILS PERCENT Le Californien Ariel Marcus Rosenberg alias Ariel Pink, 36 ans, génie déluré de la pop.
Quand il était ado, le Californien Ariel Pink enregistrait sur cassette des morceaux punk en impulsant le tempo avec ses aisselles et sa bouche. En 2003, il est repéré par les New-Yorkais d’Animal Collective, un groupe expérimental dingo qui va jusqu’à créer un label pour aider Pink à percer. Le fou génial sort son dixième opus, Pom Pom, un double album déjanté à base de chansons new-wave, de jingles publicitaires et de freak rock. Le style hétéroclite de Pink séduit. Madonna lui a demandé de composer des morceaux pour son prochain album. Il rend hommage à la diva de la pop en dévoilant cinq de ses titres qui ont marqué sa jeunesse.
« Adolescent, cette chanson me captivait ! » PLAYLIST ARIEL PINK TRAVAILLE SUR LE PROCHAIN LP DE MADONNA ET DÉVOILE SES TITRES FÉTICHES DE L’ICÔNE POP. MICKEY ET BANDERAS SONT LÀ AUSSI.
1 Madonna
2 Madonna
3 Madonna
« Dans mon école, Madonna passait pour être une chanteuse pour filles. Cela m’était égal. Quand j’étais gamin, ce morceau symbolisait la joie. À sa sortie en 1984, je l’écoutais à la radio en fermant les yeux et en imaginant que Mickey Mouse chantait pour moi – à cause de la voix de Madonna – et que mes parents m’offraient des jouets ! »
« Quand j’étais encore un adolescent, cette chanson me captivait ! Madonna y évoque sa jeunesse, la mort de sa mère, les conflits avec son père, sa rupture avec le catholicisme. Commercialement, ce morceau de 1989 profondément autobiographique a été un flop total, mais ça reste pour moi sa chanson la plus touchante. »
« Voici un autre morceau très mélancolique mais tout aussi beau. Les ballades ne sont pas sa marque de fabrique, mais dès les premières notes on se dit : c’est du Madonna. Et si à l’époque, en 1986, les producteurs et les amants défilent, elle reste fidèle à son goût pour les mélodies simples et poignantes de ses premières années. »
4 Madonna
5 Madonna
« Le plus sensuel de mes rêves d’été. Chaque fois que j’écoute cette chanson de 1987, je me vois sur une plage de Cancún en train de siroter un martini avec Antonio Banderas. Certes, le morceau accumule les clichés, les guitares flamencos, un texte espagnol convenu, malgré tout c’est l’un des meilleurs morceaux des années 80. »
« Pour moi, son dernier classique, sorti en 1989. J’avais terminé ma scolarité et je travaillais chez un disquaire. J’avais alors troqué MTV et Madonna pour le trash metal et d’autres genres déjantés, mais c’est un tube génialissime ! La tonalité gospel des chœurs en fait une musique sacrée, parfaite pour les temps modernes. »
Borderline
La Isla Bonita
SASHA EISENMAN, WARNER MUSIC, ROGER SARGENT
ariel-pink.com
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Oh Father
Cherish
3 NOUVEAUX VENUS VONT REMUER L’ANNÉE 2015
ILOVE MAKONNEN Adoubé par Miley Cyrus et sollicité par Drake, ce jeune rappeur de 25 ans associe sons oniriques et hiphop. Les fans de Future et Drake apprécieront T uesday.
Live To Tell
FAT WHITE FAMILY Apparitions dénudées, rixes avec les fans : le sextet blues funk est le plus transgressif des groupes anglais. Bomb D isneyland plaira aux fans de Nick Cave et The Fall.
PR OTECTI O N GADGET DU MOIS
DUBS Les DUBS, premières boules Quies high-tech, ne se limitent pas à protéger du bruit. Un filtre de fréquence placé dans le bouchon en mousse polymère restitue le son original réduit à 12 décibels. Parfait en club ou en concert. getdubs.com
TINASHE Les ballades R&B de ce mannequin, actrice et chanteuse de 21 ans l’ont propulsée dans la cour des grands. Les fans de Aaliyah et The Weeknd kifferont Pretend.
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ACTION !
WINGS FOR LIFE Pour arriver en pleine forme au WFL World Run : entraînez-vous de jour… comme de nuit.
M ATO S EN VUE VOUS HÉSITEZ ? VOICI 3 ARGUMENTS SUPPLÉMENTAIRES POUR FAIRE DU NIGHT RUNNING UN VRAI PLAISIR
LAMPE FRONTALE Intensité de 160 lumens, poids plume (85 g), multi-faisceau, technologie Constant Lighting : la Petzl Tikka XP est l’alliée idéale. petzl.com
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Gardez vos repères Car on les perd vite, la nuit. En mode night running, ne quittez votre périmètre habituel qu’en cercles concentriques, pour être sûr de pouvoir vite rentrer au bercail, en cas de doute. Le running nocture est plus une question de durée qu’une question de distance parcourue.
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La nuit, courez branché Il fait nuit noire ? Tant mieux ! Une journée passée au bureau, la nuit qui tombe dehors, alors franchement, vous la zapperiez bien, cette sempiternelle sortie footing. Justement non : allez voir dehors comme la nuit transforme votre environnement quotidien. Le cerveau se charge de compenser l’absence de stimuli optiques. Vous retrouvez votre énergie et redécouvrez votre quartier en même temps.
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Couvrez-vous Pour se mettre à l’abri d’un rhume, rien de telle que la technique de l’oignon, avec des vêtements adaptés et superposés afin de maintenir sa température corporelle. Important : ne pas oublier de proté-
ger les oreilles, les mains et surtout les pieds ! De bonnes chaussures de course outdoor et des chaussettes en gore-tex.
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Visibilité = sécurité Vos vêtements rétro- réfléchissants (idem pour les chaussures) permettront aux automobilistes de vous voir à temps. Un conseil qui vaut aussi pour les coureurs des bois, dont certains ont déjà eu la mésaventure d’être pris pour du gibier par quelque chasseur trop pressé. Voir conseil n°6.
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Ouvrez l’œil La nuit, tous les chats sont gris : et tous les obstacles se voient... au dernier moment. Sauf si vous avez pensé à porter une lampe frontale LED pour éclairer votre route.
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Laissez dormir ceux qui dorment Rien, pas même l’appel de la forêt le plus irrésistible, ne vous donne le droit de réveiller ceux qui aspirent au repos nocturne. Vous en sauront gré lièvres, cerfs et autres biches, pour qui la forêt doit rester libre de tout night-runner. Idem pour les chasseurs, les randonneurs, les VTT et les chiens.
COURSE PLANÉTAIRE
Un départ lancé simultanément sur 6 continents : le 3 mai 2015 va se tenir la 2e course planétaire de l’histoire du sport. Cet événement unique s’adresse à tous les coureurs qui veulent se mesurer... au monde entier. wingsforlifeworldrun.com
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Rejoignez d’autres coureurs nocturnes S’entraîner en groupe a un effet très motivant : plus question de trouver des excuses, de se convaincre que, finalement, on est très bien là, assis sur son canapé. Et puis quel meilleur moment que la nuit pour ceux qui aiment les moments forts à vivre en groupe ?
Participez à des compétitions de course nocturne Elles sont plus nombreuses que vous ne l’imaginez. On propose maintenant un peu partout des night runs ou des trails nocturnes. Et vous seriez surpris de voir les foules d’adeptes qu’ils rassemblent.
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Après l’effort, le réconfort Une douche bien chaude, un thé au miel ou une tranche de gâteau : quand on vient d’affronter l’extérieur hivernal, il convient de savoir se récompenser comme il se doit. Voilà qui devrait donner mauvaise conscience à tous ceux qui vont rester vautrés sur leur canapé cet hiver.
PUMA PURE NIGHTCAT Une veste de course respirante avec des aérations et un câble en fibre de verre au niveau de l’épaule (au choix : lumière constante ou clignotante). fr.puma.com
PUMA FAAS 600 V2 NC POWERED Des bandes réfléchissantes sur la tige de cette chaussure ultra légère et les éléments LED rechargeables logés sur la languette garantissent d’être vu dans l’obscurité. fr.puma.com
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BALASZ GARDI/RED BULL CONTENT POOL
W INGS FOR LIFE WORLD RUN UN CORPS EN PLEINE SANTÉ À L’ARRIVÉE DU P RINTEMPS, ÇA SE PRÉPARE DÈS LES PREMIERS MOIS D’HIVER, À TOUTE HEURE. VOICI DIX CONSEILS POUR ANTICIPER LE WINGS FOR LIFE WORLD RUN DE NUIT.
Écoutez ! Vous ne sortez jamais faire votre footing sans vos écouteurs ? Vous n’imaginez pas courir sans musique ? Et pourtant, tentez l’expérience : car c’est justement la nuit que votre perception auditive est à son maximum. Vous voilà prêt à découvrir un autre univers de sonorités.
ACTION !
JEUX VIDÉO
Distances infinies, espace des possibles.
LE CLIC CHIC VAISSEAU SPATIAL OU SOURIS GAMING ?
TT ESPORTS LEVEL 10 M TT eSports d éveloppe des claviers et des souris pour gamers aguerris. La réalisation de ce petit bijou en alu a bénéficié du soutien des designers de BMW.
L’univers dans un bac à sable U NIVERSE SANDBOX ² QUI N’AIMERAIT PAS ÊTRE DIEU ? CE SIMULATEUR DE L’ESPACE LE PERMET, TOUT SIMPLEMENT. Que se passe-t-il quand un énorme astéroïde apparaît dans le ciel et file droit sur la Terre ? L’impact de la collision produit un cratère gros comme l’Australie et un rideau de feu balaie la surface de la Terre décimant toute vie et asséchant les océans. Notre planète est réduite à une roche stérile où règne une température de four à pizzas. Pas vraiment de quoi égayer un dimanche après-midi – excepté que tout ça se passe dans Universe Sandbox. Tous les jeux vidéo qualifiables de sandbox (bac à sable, en anglais) reposent sur le même principe : le plaisir de créer et de détruire ! Tout comme des enfants jouant dans un bac à sable, dans ces jeux, nul besoin de points, de niveaux ni d’adversaires pour s’amuser. Chacun définit ses propres objectifs de jeu. Dans Universe Sandbox, pas de châteaux de sable piétinés mais des astéroïdes filant droit sur Terre et des galaxies entières entrant en collision les unes avec les autres. Le premier volet de Universe Sandbox est sorti en 2008. Son créateur Dan Dixon, un programmeur indépendant de Seattle, l’a réalisé à ses heures perdues et a été lui-même surpris de l’engouement suscité par la création (puis la destruction) de systèmes solaires. Il travaillait depuis trois ans au deuxième volet du jeu, assisté de toute une équipe, dont un astronome et une météorologue. Et une chose est sûre, Universe Sandbox2 sur la disparition de la vie sur Terre n’a Windows, Mac & Linux jamais été aussi aboutie. THE RED BULLETIN
AUTRES BACS À SABLE SPATIAUX
LOGITECH G502 PROTEUS CORE Pour des mains d’orfèvre. Avec une résolution de 12 000 dpi, cette souris est à ce jour la plus précise du marché et donne l’impression de pouvoir décoller à chaque instant.
Space Engineers Ce jeu permet de créer des stations et des vaisseaux spatiaux avec une technologie réaliste préfigurant celle qui existera dans cinquante ans. Pour l’heure, le jeu est accessible en mode bêta, en cours d’amélioration et d’évolution. C’est Minecraft dans l’espace.
Kerbal Space Program Les Kerbals sont des humanoïdes verts, habitants de la planète Kerbin. Ils se lancent dans un ambitieux programme d’exploration de l’espace qui demande au préalable de concevoir et de tester des fusées. Pas simple au premier abord, mais ce jeu est étonnamment ludique.
MAD CATZ R.A.T. 9 Si vous recherchez un design de dingue, la Mad Catz est celle qu’il vous faut. Un monstre sans fil aux dimensions p ersonnalisables, rien que ça.
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SILENCE ON TOURNE ! EN
I N T E R V I E W
LORENZO RICHELMY
LOVE ACTUALLY
L’acteur italien Lorenzo Richelmy est le héros de Marco Polo, série phare développée par Netflix. Il y incarne l’explorateur dans une épopée faite de batailles navales intenses, combats haletants et rencontres torrides. Pour tourner sa série en Asie, Netflix a déployé un budget équivalent à celui de Games of Thrones. Addiction en vue.
Simon Helberg, star de Big Bang Theory, a co-dirigé avec sa femme la comédie romantique We’ll Never Have Paris, Voici trois films qui ont influencé ses débuts à la réalisation.
Texte : Geoff Berkshire
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Sideways (Alexander Payne, 2004)
« Il y avait vingt-cinq nationalités dans l’équipe, et j’étais le seul Italien. Ça n’a pas été facile, mais j’ai quand même vécu un rêve » Comment s’est déroulé le tournage ? J’ai dû avoir trois jours de congé en sept mois. Il y avait 25 nationalités dans l’équipe, et j’étais le seul Italien. Ça n’a pas été facile, mais j’ai quand même vécu un rêve. Que saviez-vous sur Marco Polo avant de l’incarner ? Il n’a pas la dimension qu’a Napoléon pour les Français, mais il est le plus grand homme qui ait jamais vécu à Venise. Lorsque John Fusco,
le créateur de la série, m’a parlé de Marco Polo, il m’a abordé comme l’aurait fait un professeur de collège. Je ne savais quasiment rien. Et que saviez-vous à propos de Netflix ? Ça n’existe pas encore en Italie. D’abord, je me suis dit : « Oh, c’est pour le web ? Et ils vont me payer et me faire aller en Malaisie juste pour ça ? » La série ne sera pas diffusée en Italie avant deux ans. Je vais pouvoir me promener peinard à Rome et jouer la star en Chine ! Je vais pouvoir faire comme Bill Murray dans Lost in Translation et faire des pubs pour des liqueurs à Tokyo. C’est ça, mon programme. » La série Marco Polo créée par John Fusco disponible à partir du 12 décembre sur Netflix
Le protagoniste est un personnage qui se heurte à son plus grand obstacle, à savoir lui-même. L’image est si simple et si belle… Le ton est magistral, la comédie et la tragédie s’entremêlent, mais toujours avec les accents de la vérité.
Modern Romance (Albert Brooks, 1981)
Ce film n’a pas peur de mettre en lumière un personnage trouble. Il est autodestructeur, névrotique et solipsiste. Modern Romance développe son propos sur les relations et la construction personnelle, entre autonomie et égoïsme chronique, avec un humour mordant. We’ll Never Have Paris en salles aux USA en janvier
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DON FLOOD FOR NETFLIX, JOE PUGLIESE
the red bulletin : C’est votre première apparition dans une série qui vous met en vedette. Comment en êtes-vous arrivé là ? lorenzo richelmy : Mon agent m’a dit que je n’avais pas plu au directeur de casting italien ; il m’a alors demandé de faire une vidéo pour le grand patron du casting, qui est américain. Je l’ai faite avec ma petite amie qui a joué dans Kublai Khan. Pas de nouvelles pendant deux mois, je m’envole vers les États-Unis pour un festival de cinéma et, à l’aéroport de Philadelphie, j’ai un message qui me dit que je suis de l’aventure Marco Polo. L’Amérique est une terre d’opportunités ! Vous aviez beaucoup à apprendre, notamment l’anglais. Comment vous êtesvous préparé ? J’ai eu six semaines pour ça. Le matin, c’était préparation physique pendant quatre heures. Nous avions une équipe de Chinois qui nous apprenaient le Wushu, des Japonais qui nous enseignaient l’épée et la chorégraphie des combats. Ensuite, j’avais deux heures d’équitation, une de tir à l’arc et deux heures d’Anglais.
Annie Hall (Woody Allen, 1977) Je pense que c’est peutêtre le plus beau film romantique jamais réalisé. Il est aussi un brillant révélateur, grâce à sa pertinence et son côté burlesque, de la condition humaine.
E IN L A E ÉN R INE D LIN A AL NA É RÉ DR AD N A À S DES PHOTO TOS À
OTOS À FLE HO PH DEESS P SOU LE D LE FFFLE R E UFF P U SO O LE SO C R LE E P U U O C R E P CO U
X U IE N É X G UX IN IEU NIE ÉN GÉ IN G AN IN C E E GE D NG N O HA E CH LE M DE CHANGE ND ON MO LE M LE X U À E C X Â UX R EU G À EE CEE À ÂC RÂ G R G
E M Ê R T E X E ME ÊM RÊ TR XT EX E S NS ENTURE SAN SA VENTUREE SA A V AV UIÈRRES NS T N E A T N ONTIÈRES FR RO FFRONTIÈRES
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ACTION !
ÉVÉNEMENTS
EN BREF NOTRE SÉLECTION, EN BONNE COMPAGNIE
20 DÉCEMBRE
À LA RUE Drôles de Noëls présenteront en Arles 5 jours de spectacles. Ce festival des arts de la rue fête sa e 10 édition. Plus de 100 artistes internationaux proposent au public des créations innovantes. droles-de-noels.fr
21 DÉCEMBRE
Le ski freestyle au sommet aux Arcs en janvier. 17-24.01, Les Arcs
Sur le fil La station des Arcs accueille seize des meilleurs skieurs de freestyle backcountry de la planète blanche pour la 7e édition du Red Bull Linecatcher. Sur la face du cirque de Fond Blanc idéalement enneigée, ce sera la grande explication entre maîtres nordaméricains et européens, l’élite d’une discipline qui aime vivre en marge des compétitions formatées.
Les présences annoncées, entre autres champions, de Richard Permin, de l’Italien Markus Eder ou de l’Américain Sage Cattabriga-Alosa, promettent des runs de folie. Barres rocheuses, corniches et dénivelés impressionnants offrent le plein de kickers naturels ou sculptés pour rendre le tracé très compétitif. Les 16 riders répartis en 4 poules de 4 au 1er tour vont devoir tout envoyer à chaque run. La super finale départagera les quatre meilleurs. redbull.com
20.12, Lyon
Jusqu’au 08.03, Paris
À l’heure
Foi cathodique
Avec l’ouverture du musée des Confluences, au bord de la Saône et du Rhône, Lyon et son agglomération possèdent leur site culturel contemporain d’envergure. L’ambition du projet est à l’image de la création archi tecturale du bâtiment. Une invitation à la découverte offerte par les collections autour de l’homme et de la compréhension du monde. museedesconfluences.fr
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L’expo Culture TV retrace 80 ans de télévision française. Du tube cathodique à l’écran plat HD, la télé est connectée à son temps. C’est un long zapping que proposent aux visiteurs les collections du musée des Arts et Métiers en collaboration avec l’INA. Objet de divertissement, la télé raconte notre société. Projections, studio météo, témoignages, bêtisiers, plongez dans les souvenirs, imaginez le futur. L’antenne est ouverte. arts-et-metiers.net
lfp.fr
10 JANVIER
Ceci est bien une télévision.
AU TREMPLIN La Coupe du monde de combiné nordique dispute sa seule étape française à Chaux-Neuve (Jura) chez Jason Lamy-Chappuis. Décevant aux JO, le n° 1 français, veut s’offrir une revanche. worldcupchauxneuve.fr
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ELINA SIRPARANTA, MUSÉE DES ARTS ET MÉTIERS-CNAM/PHOTO MICHÈLE FAVAREILLE, THE ESTATE OF GARRY WINOGRAND, COURTESY FRAENKEL GALLERY, SAN FRANCISCO, DIDIER BOTTA
AU STADE Avant le réveillon, les footballeurs de L1 bouclent leur demi-saison avec une affiche de fête : BordeauxLyon. Un vrai choc entre deux des meilleures équipes actuelles. Ensuite, rendezvous en 2015.
03.01, Paris
10-16.01, Serre-Chevalier
Showtime
Bon vent !
Le All Star Game du basket français migre du Palais omnisports de Paris-Bercy (en travaux) vers le Zénith de Pantin mais la passion pour l’événement ne s’éloigne pas. La Pro A, dopée par la réussite de l’équipe de France, fait le plein pour son match opposant les meilleurs Français et étrangers du championnat. lnb.fr Jusqu’au 08.02, Paris
13-14.12, Val d’Isère
Jours d’Amérique
Foule de neige
Gary Winogrand fait l’objet d’une rétrospective au Jeu de Paume. L’œuvre du photographe américain, décédé il y a 30 ans, raconte une longue chronique de la vie aux États-Unis, de l’après-guerre jusqu’au début des années 80. Winogrand a laissé un travail encore mal connu en raison notamment d’une recherche d’archivage à effectuer sur plus de 100 000 images. Ses photos saisissent des passants, acteurs de la rue dans le théâtre urbain. À New York, surtout, Dallas, Chicago, ou Los Angeles. Impressionnant. jeudepaume.org
Val d’Isère sera le premier grand test pour les Français devant leurs fans en Coupe du monde de ski. Les hommes ouvrent le bal avec un géant et un slalom les 13 et 14 décembre. Une priorité pour Alexis Pinturault, 3e de la Coupe du monde générale l’hiver dernier, qui vise le haut du podium. Les 20 et 21, descente et Super-G feminin. valsport.org
L’édition 2015 du Snowkite Masters de Serre-Chevalier dépose ses riders sur le spot venteux de Col du Lautaret. À plus de 2 000 m, le site des Hautes-Alpes est le Hawaï de la discipline selon les organisateurs. Le snowkite, sport de traction, se pratique en ski ou snowboard. Endurance, virtuosité, audace, il faut au moins tout ça pour « envoyer » sur le parcours et proposer les figures les plus spectaculaires. L’élite française et mondiale des riders ne manque pas de talents pour se disputer les titres. Avec une semaine de compètes, ça promet. serre-chevalier.com
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INSTANT MAGIQUE
Dix mois de travail et quatre tonnes de matériel ont été nécessaires à la production d’Afterglow, un court-métrage qui réunit de manière magistrale le light art et le freeski : « On a éclairé les faces avec des projecteurs de 4 000 watts de différentes couleurs, explique le photographe canadien Mark Brown. C’est à trois heures du matin qu’on a ouvert la chasse sur le rider Pep Fujas, sur une face illuminée de spots violets. » sweetgrass-productions.com
« 4 000 watts en violet. Trois heures du matin : Pep entame son run » Le photographe Mark Brown raconte les prises de vue pour Afterglow, filmé au Canada (Colombie Britannique).
AFTERGLOW SCREENGRAB
Golden, Canada, 25 mars 2014
THE RED BULLETIN NUMÉRO 38 PARAÎTRA LE 14 JANVIER 2015 98
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