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Les Zins et les Zôtres (extrait)

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Les Zins et les Zôtres

CONTES POUR PENSER À L’ENDROIT

VIRGINIE MONFROY - THOMAS PATON


A propos de l’auteure :

A propos de l’illustrateur :


Les Zins et les ZĂ´tres


D

ans le monde, au début, c’était facile : il y avait les Zins.

Et puis, un jour...

Les Zôtres apparurent.

On ne savait même pas d’où ils venaient ! Et comme les Zins habitaient d’un côté, les Zôtres s’installèrent de l’autre côté. Ce qui appartenait aux Zins, n’appartenait pas aux Zôtres. Ce que disaient les Zins, les Zôtres ne le disaient pas. Ce que faisaient les Zins, les Zôtres ne le faisaient surtout pas. Les Zins étaient bien ! C’étaient eux les meilleurs ! Les Zôtres aussi d’ailleurs ! Mais les Zins ne le savaient pas ! Heureusement, les Zôtres non plus... Bref, quand on était un Zin, on n’était pas un Zôtre.


O

r, un jour, quelqu’un se présenta dans le pays.

On fut bien embarrassé.

Ce n’était ni un Zin, ni un Zôtre. - Si tu n’es pas un Zin, tu es donc un Zôtre ! lui disait-on d’un côté. - Si tu n’es pas un Zôtre, lui affirmait-on de l’autre côté, tu es donc un Zin !


E

t tout le monde lui claquait la porte au nez !

La situation était vite devenue insupportable pour le ni-Zin ni-Zôtre.

Il fallait bien zêtre ! Et il se languissait de n’être que si peu de chose. Il aurait tant voulu être un Zin... Juste un petit Zin... ... ou un Zôtre... pas plus gros d’ailleurs...


I

l tenta tout de même de devenir un Zin. On lui fit remplir un grand dossier en lui faisant bien comprendre que c’était rare de devenir un Zin et que, de toute façon, ce serait difficile. On lui donna des habits de Zin. Il les revêtit et enfila ses chaussures. On lui fit alors remarquer que ce n’étaient pas des chaussures de Zin. En effet, chez ces derniers, les chaussures étaient jaunes et vertes. Il acheta donc des chaussures jaunes et vertes .

On aurait dit un véritable Zin. Mais comme l’habit ne fait pas le Zin, il ne se sentait pas vraiment Zin. Quelque chose n’allait pas. Et c’était surtout quand il réfléchissait. Il avait beau essayer, il n’y parvenait pas. En effet, chez les Zins, il fallait penser comme un Zin. D’ailleurs, il y avait un livre de pensées qui expliquait tout ce qu’il fallait penser et comment on devait penser. Par exemple, à propos du problème de la poule et de l’œuf, il était écrit que la poule était AVANT l’œuf...

Et qu’il en était ainsi et pas autrement ! Logique, non ?


C

’était bien difficile pour le ni-Zin ni-Zôtre.

Il se rendit donc chez les Zôtres. Là aussi,

il remplit un grand dossier.

Puis il s’habilla comme les Zôtres : une chaussure rouge, une chaussure bleue. Et tout allait bien, sauf que... Pour penser, ça recommençait :

C’était difficile, difficile, difficile... Car, chez les Zôtres aussi, il y avait un livre à penser. Et justement, on y parlait aussi du problème de la poule et de l’œuf... On y affirmait que c’était forcément l’œuf qui était AVANT la poule...

Et qu’il en était ainsi et pas autrement ! Logique, non ?


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TIORDNE’L À RESNEP RUOP SETNOC

Dans le monde, au début, c’était facile : Il y avait les Zins. Et puis, un jour, les Zôtres apparurent. On ne savait même pas d’où ils venaient ! Et comme les Zins habitaient d’un côté, les Zôtres s’installèrent de l’autre côté. Or, un jour, quelqu’un se présenta dans le pays. On fut bien embarrassé. Ce n’était ni un Zin, ni un Zôtre...


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