CONTES POUR PENSER À L’ENDROIT
Aline de Pétigny
La légèreté d’Adélaïde
ou Les bienfaits du pardon
et
Le prince et le sage ou Les vertus de la gentillesse
L’auteure : « Aline de Pétigny est une poétesse moderne qui parcourt inlassablement le chemin du savoir-être-heureux. Son inspiration s’abreuve à la source du bonheur d’exister qu’elle aime partager avec les petits et les grands. Avec tendresse, avec simplicité, ses personnages pénètrent dans le cœur de chacun, là où s’établit la vraie vie. C’est ainsi que grands et petits se rencontrent en une réalité qui les fait se comprendre. » Davina Delor
La légèreté d’Adélaïde ou les bienfaits du pardon
Il était une fois Adélaïde, une petite fille ronchonne, ronchonneuse et ronchonnière. Elle en voulait à tout le monde. Elle en voulait à son amie Hortense de ne pas l’avoir invitée. Elle en voulait à son ami Augustin de lui avoir marché sur le pied et à Valentin de s’être gentiment moqué d’elle. Bref, elle en voulait sans cesse à quelqu’un ou à quelqu’une pour ceci ou pour cela. On avait beau lui demander son pardon, jamais elle ne le donnait, ou bien alors du bout du cœur, sans vraiment le désirer.
Tout doucement, au cours des jours, des semaines, des mois et des années qui passaient, elle accumulait ses rancœurs. Au lieu de garder au fond de son cœur des douceurs, de jolis et bons souvenirs qui font de chaque jour un plaisir, elle gardait jalousement les pardons qu’elle aurait dû donner, ceux que ses amis lui demandaient régulièrement et qu’elle leur refusait. Et chaque nuit, en ronchonnant, elle pensait et repensait à ce qu’on lui avait fait.
Les jours se suivaient et se ressemblaient pour Adélaïde. Chaque jour, les pardons qu’elle ne donnait pas lui pesaient un peu plus sur le cœur. Chaque jour, sans s’en apercevoir, elle se rendait un peu plus malheureuse. Mais la vie est ainsi faite qu’elle vous apprend ce pour quoi vous n’êtes pas très doué. Adélaïde n’était pas douée pour le pardon, mais elle allait le devenir. Un beau jour, alors qu’elle ronchonnait et gardait par-devers elle un pardon de plus, un petit garçon, qui passait par là avec des ailes dans le dos, s’arrêta près d’elle.
- Ce qui pèse dans ton cœur alourdit tes jours et tes nuits. - Pourquoi me dis-tu cela ? demanda Adélaïde, tout étonnée. - Tu gardes en toi la source de ton bonheur. Laisse-la jaillir. - Quel drôle de charabia me tiens-tu là ? Je n’ai jamais rien entendu d’aussi étrange. - Découvre la richesse du pardon et tu t’enrichiras de ce que tu donneras. - Mais pourquoi me dis-tu tout cela ? - Parce qu’il t’appartient de découvrir toute la richesse que tu renfermes. Et le petit garçon aux ailes dans le dos continua son chemin tranquillement, sans même toucher le sol.
Adélaïde sentait bien que quelque chose d’important venait de se produire, que quelque chose en elle commençait à changer, tout doucement. - Quelle étrange rencontre que celle-ci, murmura-t-elle en rentrant chez elle. Après une nuit peuplée de petits garçons aux ailes dans le dos, après un petit déjeuner parsemé de drôles de phrases et après s’être habillée en vitesse, Adélaïde partit se promener. Elle avait beau marcher, courir, sauter, elle ne cessait de penser à cette étrange rencontre. - Coucou, fit soudain Hortense alors qu’Adélaïde cueillait des fleurs. Oh, je vais t’aider à faire un bouquet !
Mais au moment où Adélaïde se relevait pour dire bonjour à son amie, Hortense, trébuchant, la fit tomber. - Mais enfin ! s’écria Adélaïde, ne peux-tu faire attention ! - Oh ! je te demande pardon ! fit Hortense tout en sachant que son amie jamais ne pardonnait. Au moment où Adélaïde allait répondre : « Te pardonner ? il n’en est pas question » , elle crut entendre le petit garçon aux ailes dans le dos...
Ici, se termine l’extrait de l’histoire d’Adélaïde. Dans les pages suivantes, découvrez un extrait de l’histoire d’un prince et d’un sage…
Le prince et le sage ou Les vertus de la gentillesse
Il était une fois un prince nommé Amédée. Le prince Amédée était fort, vaillant, intelligent, pas méchant pour deux sous, mais il ne connaissait pas la gentillesse. Il ne connaissait pas la puissance du sourire et la douceur du verbe. Quand il disait quelque chose, c’était en bougonnant ou bien en fronçant les sourcils. Tout le monde le craignait un peu.
Un beau jour, il fit venir un sage dont il avait entendu dire le plus grand bien. - Sage, que peux-tu m’apprendre ? demanda-t-il sans un sourire et les sourcils froncÊs. Le sage sourit et tout sembla s’illuminer.
- La gentillesse ne coûte rien, pas même du temps. Elle enrichit celui qui la donne et adoucit la vie de celui qui la reçoit. - Elle ne coûte rien, dis-tu, fit le prince, très intéressé, et elle enrichit celui qui la donne ? Il m’en faut absolument. J’en donnerai alors à tout le monde et ainsi je m’enrichirai ! Dis-moi, le sage, a-t-elle d’autres vertus que celles-ci ? - Elle anoblit celui qui la donne et enrichit celui qui la reçoit. - Elle enrichit aussi celui qui la reçoit ! fit le prince, les yeux brillants d’envie. Si je la reçois, je m’enrichis, et si je la donne je m’enrichis aussi ! Ma foi, quelle belle invention que celle-ci ! Dis-moi... où puis-je trouver une telle richesse ? dit le prince en commençant à chercher autour de lui.
- Elle est une force puissante et douce à la fois. - Une force puissante, dis-tu ? Tout ce que tu me dis là me comble d’aise. Tu es un vrai sage. Allons, dis-moi vite ! Où puis-je trouver cette merveille qu’est la gentillesse ? dit le prince en s’impatientant, en fronçant les sourcils et en ronchonnant. Le sage sourit et tout sembla s’illuminer.
- Tout le monde l’a en soi, mais peu de personnes le savent et peu en font démonstration, de peur bien souvent de paraître faibles alors que la gentillesse a ceci de merveilleux : elle rend plus fort celui qui la donne. Ces personnes ont également peur qu’en la donnant elles s’en appauvrissent, alors que la gentillesse a ceci d’extraordinaire : plus on en donne, plus on en a. On ne peut la perdre qu’en la laissant s’étioler au fond de soi. Donne toute la gentillesse que tu possèdes et tu verras s’ouvrir devant toi des portes jusqu’ici inconnues. - En moi, dis-tu, fit le prince. Et comment puis-je la trouver ? - En souriant… Le sage sourit et tout sembla s’illuminer.
Puis, d’un pas lent, rythmé par le doux bruit de son haut bâton sur les tapis d’herbe, le sage repartit en chantonnant. Le prince Amédée, tout prince qu’il était, n’osa l’arrêter. Il resta assis un long moment, réfléchissant à ce que le sage venait de lui dire. - Ce n’est pas possible, murmura-t-il. Si j’avais une telle richesse en moi, je le saurais depuis longtemps.
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La légèreté d’Adélaïde Adélaïde ronchonne du matin au soir, et du soir au matin. Elle entretient des rancœurs, n’arrive pas à pardonner, et tout cela est bien lourd à porter.
Le prince et le sage ou Les vertus de la gentillesse Un prince bougon et pas rigolo découvre, aidé par un sage, les vertus de la gentillesse et du sourire.
Prix public France : 12 €
Pourpenser Editions
www.pourpenser.fr
ISBN : 978-2-37176-014-1
TIORDNE’L À RESNEP RUOP SETNOC
ou Les bienfaits du pardon