
8 EXERCICES POUR BONIFIER
SES ÉMOTIONS SOCIALES
PAR CHRISTOPHE ANDRÉ
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8 EXERCICES POUR BONIFIER
SES ÉMOTIONS SOCIALES
PAR CHRISTOPHE ANDRÉ
LES CLÉS DE LA PSYCHOLOGIE
POUR CRÉER DES RELATIONS
ÉPANOUISSANTES
TOUCHER
COMMENT NOS PEAUX
ONT SOIF DE CONTACT
ÉDUCATION LA PRÉSENCE PHYSIQUE, CLÉ DE L’APPRENTISSAGE
AUDITION
L’OREILLE INTERNE : SI SENSIBLE, SI FRAGILE
MÉMOIRE
L'ÉTONNANT POUVOIR
DES MOTS CROISÉS

Une coédition UGA Éditions et PUG

Une lecture simple et rapide de la recherche actuelle
Psychologie, régulation émotionnelle, bien-être



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Comment l’école reproduit-elle les inégalités ?
Égalité des chances, réussite, psychologie sociale
Sébastien GOUDEAU
104 pages
ISBN 978-2-7061-4636-7
Jean-Baptiste PAVANI & Adina SAVU
Quelles sont les techniques actuelles en psychologie pour mieux gérer ses émotions ? Cet ouvrage y répond en présentant les 3 grandes voies à emprunter pour agir sur nos émotions : l’atténuation du négatif, l’augmentation du positif, et l’acceptation.




92 pages – ISBN 978-2-7061-4708-1










Pourquoi un leader doit être exemplaire
Engagement, coopération, exigence
Tessa MELKONIAN
96 pages
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Le management juste
Sentiments de justice, engagement, bien-être
Thierry NADISIC
96 pages
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Croyez-vous aux théories du complot ?
Psychologie sociale, croyances, conspirationnisme
Anthony LANTIAN
80 pages
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Action sociale et empowerment
Développement, pouvoir d’agir, changement
Bernard VALLERIE
80 pages
ISBN : 978-2-7061-4230-7

N° 125

p. 26-32
Amber Dance
Docteure en microbiologie et biologie cellulaire, contributrice des revues Nature et PNAS, elle relate la découverte des mécanorécepteurs, molécules de notre peau qui permettent de ressentir le toucher.

p. 34-41
Christophe André
Psychiatre et psychothérapeute, il nous explique comment nous épanouir dans nos relations avec les autres, en prenant en compte notre interdépendance tout en respectant l’autonomie de chacun.

p. 42-47
Rebecca Shankland
Professeuse à l’université Lyon 2, elle est spécialiste des compétences socioémotionnelles et de la psychologie positive. Elle nous décrit la multitude de bienfaits qu’apporte un réseau social solide.

p. 60-67
Jean-Philippe Lachaux
Directeur de recherche au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, dans l’équipe Dynamique cérébrale et cognition, il étudie les bases de la concentration et de l’apprentissage chez les élèves, en lien avec un réseau d’établissements scolaires.

Rédacteur en chef
Quand, dans un polar, le meurtrier a accompli son forfait, se pose l’épineuse question : que faire du corps ?
Notre monde livré au Covid est confronté à cette même question : que faire de nos corps ?
Impossible de se retrouver physiquement à plus de trois dans la même pièce, de se serrer la main ou de s’embrasser. Seul problème (que nous vous explosons en page 26) : les êtres vivants ont évolué depuis des millions d’années pour se toucher. D’étonnantes molécules en forme d’hélices microscopiques sont produites par nos gènes et convertissent tout contact physique en activité électrique dans notre cerveau. On les trouve chez presque tous les êtres vivants.
Jean-Philippe Lachaux ajoute que, pour transmettre des connaissances, un enseignant doit faire classe « en présentiel », car le cerveau des élèves est câblé pour capter les mimiques, la gestuelle, la présence du corps – encore lui, décidément.
Le toucher est le premier lien qui a maintenu la cohésion des groupes chez nos ancêtres primates, notamment par l’épouillage. Chez les humains, l’anthropologue Robin Dunbar a montré qu’il a été en partie remplacé par le langage, qui permet de « toucher » à distance par des mots. Précieux mots, qui permettent de maintenir aujourd’hui ce fameux lien qui fait toute la saveur de l’existence, comme nous le montre le dossier central de ce numéro. En effet, plus que l’autonomie et le succès personnel, c’est la capacité à reconnaître ce que nous devons aux autres et ce que nous leur apportons qui nous rend heureux. Alors, aujourd’hui plus que jamais, les mots seront déterminants pour surmonter les épreuves. Continuons de nous les échanger ! £




p. 6 ACTUALITÉS
Douleurs chroniques : nouvelles pistes de traitement
Les maths sauvent la vie... des fumeurs
Utiliser son téléphone en réunion donne l’air moins compétent
Les dauphins à l’école de la pêche
Néandertal, trop sensible à la douleur ?
Parents diplômés, enfant stressé ?
Dernières paroles avant de mourir
Épidémies : la menace idéologique
p. 14 FOCUS
Les prothèses visuelles du futur
Un dispositif de stimulation électrique parvient à « imprimer » des lettres directement dans le cerveau des aveugles.
Nicoletta Lanese
p. 18 HISTOIRE DES SCIENCES
Asperger, pédiatre au service des nazis ?
L’inventeur du syndrome d’Asperger aurait entretenu des liens troubles avec le IIIe Reich. Au point d’envoyer certains enfants autistes dans des centres d’euthanasie ?
Herwig Czech
p. 26 NEUROBIOLOGIE MOLÉCULAIRE
Dans notre peau, de minuscules molécules se déforment et produisent un courant électrique quand on nous touche, créant une sensation dans le cerveau.
Amber Dance
Ce numéro comporte un encart d’abonnement Cerveau & Psycho, jeté en cahier intérieur, sur toute la diffusion kiosque en France métropolitaine. Il comporte également un courrier de réabonnement, posé sur le magazine, sur une sélection d’abonnés. En couverture : © Shutterstock.com/Brian A Jackson
p. 33-59
p. 38-39
8 exercices pour bonifier ses émotions sociales

p. 34 PSYCHOLOGIE COMMENT CONSTRUIRE UNE INTERDÉPENDANCE POSITIVE
Plus que le l’indépendance, c’est l’interdépendance qui rend heureux. Christophe André
p. 42 PSYCHOLOGIE SOCIALE S’ÉPANOUIR PAR LES AUTRES
Quand on sait ce qu’on doit aux autres, on vit moins stressé... et plus longtemps ! Rebecca Shankland
p. 48 INTERVIEW L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE EST LA CLÉ DE RELATIONS ÉPANOUISSANTES
Ilios Kotsou
p. 54 SANTÉ LES GROUPES : DES FONTAINES DE JOUVENCE
Appartenir à un club ou une association protège la santé physique et mentale. Catherine Haslam, Niklas K. Steffens et Rolf van Dick


p. 60-72




p. 74-91
p. 60 APPRENTISSAGE
Enseignement « présentiel » : un plus pour le cerveau
Le cerveau des enfants est câblé pour apprendre face à un professeur en live
Jean-Philippe Lachaux
p. 68 UN PSY AU CINÉMA

JEAN-VICTOR BLANC
Le Roi lion : comment surmonter un traumatisme infantile
L’aventure du petit Simba, qui a perdu son père, montre comment l’attachement peut fluctuer après un traumatisme.
p. 72 L’ENVERS DU DÉVELOPPEMENT
PERSONNEL

YVES-ALEXANDRE THALMANN
Les vertus insoupçonnées des menaces
La perspective d’une sanction peut avoir du bon – selon les circonstances.
p. 76 AUDITION
Quand la musique rend sourd
Que fait un bruit trop fort à vos neurones ?
La destruction des cellules nerveuses par les ondes sonores est aujourd’hui une réalité observable.
Anna Lorenzen
p. 84 ÉCOLE DES CERVEAUX

JEAN-PHILIPPE LACHAUX
Révisions ou playstation ?
Quand on doit faire ses devoirs ou réviser ses examens, difficile de résister aux tentations ! Mais pourquoi est-il si difficile de rester concentré ?
p. 88 LES CLÉS DU COMPORTEMENT
des mots croisés
Ce jeu universellement pratiqué permet à deux composantes essentielles de la mémoire d’interagir. Adrienne Raphel

p. 92-98

p. 92 LIVRES
Rita, sauvée des eaux
Les Enfants dys
L’Attachement en questions
Psychologie des beaux et des moches
Faire le bon choix amoureux
L’Inhibition créatrice
p. 94 NEUROSCIENCES ET LITTÉRATURE

SEBASTIAN DIEGUEZ
Métamorphose : dans la tête d’un hikikomori
L’écrivain japonais Keiichirô Hirano a admirablement décrit le fléau qui frappe son pays : des jeunes qui s’enferment dans leur chambre et ne veulent plus jamais en sortir.
p. 14
Les prothèses visuelles du futur p. 18 Asperger, pédiatre au service des nazis ? p. 26 Les centrales électriques du toucher
Par la rédaction
Des chercheurs français ont découvert deux nouvelles cibles cellulaires, liées aux récepteurs sérotoninergiques : bloquer ces cibles permettrait de neutraliser certaines douleurs chroniques.
P.-Y. Martin et al., Prog. in Neurobiol., vol. 193, art. 101 846, 2020.
En 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (l’ANSM) a révélé que les Français consomment de plus en plus d’antidouleurs opioïdes (tramadol, morphine, codéine…) et en meurent davantage : une personne décède tous les deux jours d’un surdosage. Notamment parce que certaines douleurs chroniques (persistant plus de trois mois) sont insupportables et que les traitements actuels ne sont pas assez efficaces. Voilà pourquoi la recherche s’intensifie pour trouver de nouvelles pistes thérapeutiques : Pierre-Yves Martin, du laboratoire Neuro-Dol, de l’université Clermont-Auvergne, et ses collègues viennent peut-être d’en découvrir deux pour le traitement des douleurs neuropathiques. Que sont ces douleurs ? Elles sont dues à la lésion ou au dysfonctionnement de neurones, provoqué soit par une blessure, soit par un acte chirurgical, une maladie ou une substance toxique (comme des anticancéreux). Mais même dans les cas où la cause primaire de la douleur est soignée, la sensation douloureuse persiste parfois pendant des mois, sans que l’on sache

LA
B. Shoots-Reinhard et al., Health Psychology, 4 juin 2020.
vraiment pourquoi : 7 à 10 % des Français souffrent de telles douleurs neuropathiques, sachant que 20 à 30 % de ces patients développent aussi des difficultés cognitives, de l’anxiété, des symptômes dépressifs…
Pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, Pierre-Yves Martin et ses collègues ont travaillé avec des rats auxquels ils ont soit ligaturé un nerf rachidien, soit injecté de l’oxaliplatine, un anticancéreux qui provoque des douleurs neuropathiques périphériques. Plusieurs jours après, quand on les touchait ou qu’on leur appliquait du chaud ou du froid sur la peau, tous les rongeurs présentaient une allodynie – des sensations douloureuses provoquées par un stimulus qui normalement ne fait pas de mal –, ainsi que des troubles cognitifs.
Or ce genre de trouble fait intervenir dans la moelle épinière des neurones transmettant la douleur et d’autres, la modulant, notamment via la sérotonine, un neurotransmetteur aux multiples fonctions. Certains antidépresseurs jouant sur la transmission de la sérotonine sont souvent utilisés pour soulager les douleurs chroniques, mais leur efficacité est faible puisque les améliorations concernent au mieux un patient traité sur trois. Un fait qui s’expliquerait notamment par la multiplicité des récepteurs à la sérotonine et de leurs effets, les antidépresseurs ne ciblant pas forcément les récepteurs des neurones nocicepteurs.
C’est pourquoi les chercheurs se sont intéressés aux récepteurs 5-HT6 de la sérotonine, très abondants dans les neurones nocicepteurs de la moelle épinière ; ils ont ainsi mis en évidence une activité spontanée élevée de ces récepteurs, uniquement chez les rats souffrant d’allodynie tactile ou thermique. Puis ils ont administré à ces derniers un nouveau composé, le PZ-1388, un « agoniste inverse » des récepteurs 5-HT6, qui bloque justement leur activité spontanée ; dès lors, les rats ne présentaient plus d’allodynies ni de troubles cognitifs associés quand on les stimulait en les touchant ou avec du chaud et du froid, et ce pendant plusieurs heures après l’injection du composé. Pour aller encore plus loin, Martin et ses collègues ont mis en évidence le mécanisme d’action de ces récepteurs. Ils ont pour effet de neutraliser, dans des neurones, une autre molécule, mTOR : or, cette dernière semble provoquer la douleur en se liant aux récepteurs 5-HT6. En effet, quand on perturbe cette interaction avec des molécules jouant le rôle de « leurre », les rats cessent de souffrir.
Ainsi, les chercheurs ont découvert deux cibles potentielles liées aux récepteurs sérotoninergiques 5-HT6 pour le traitement des douleurs neuropathiques ; et, bien entendu, ils espèrent le développement futur de nouvelles thérapies. £ Bénédicte Salthun-Lassalle

Les méfaits du tabac ne sont plus à prouver, et pourtant la motivation pour arrêter est pour le moins fluctuante parmi les fumeurs. Brittany Shoots-Reinhard, de l’université d’État de l’Ohio, et ses collègues ont identifié un facteur étonnant qui influerait sur cette motivation : le talent pour les maths !
Les chercheurs ont présenté à près de 700 fumeurs des messages chiffrés sur les risques du tabagisme – énonçant par exemple que 75,4 % des fumeurs meurent avant l’âge de 85 ans, contre 53,7 % des non-fumeurs. Puis la capacité des participants à jongler avec les statistiques a été évaluée grâce à divers tests. Six semaines plus tard, des questionnaires ont alors révélé que ceux qui avaient obtenu de bons résultats à ces tests se souvenaient mieux des chiffres du tabagisme que les autres, et percevaient le risque associé à cette pratique comme plus élevé. En conséquence, ils avaient davantage l’intention d’arrêter de fumer.
« Les fumeurs moins doués pour les chiffres tendent à avoir une connaissance très superficielle des risques pour la santé liés à leur pratique », conclut Brittany Shoots-Reinhard. Pour la chercheuse, les campagnes de prévention gagneraient alors à ne pas tout miser sur une accumulation de statistiques. Des infographies très simples, avec seulement quelques données, seraient sans doute plus efficaces auprès des personnes peu à l’aise avec les mathématiques… £ Guillaume Jacquemont


Par Herwig Czech, professeur assistant en histoire de la médecine, à l’université de médecine de Vienne.
L’inventeur du syndrome d’Asperger – qui décrit une forme d’autisme « à haut potentiel » – semble avoir entretenu des relations troubles avec le pouvoir nazi. Il était notamment au courant d’un programme d’élimination d’enfants autistes « non éducables »…
EN BREF
£ Hans Asperger est considéré comme un pionnier dans la recherche sur l’autisme. Sa thèse d’habilitation de 1943, traduite en anglais seulement après sa mort, lui a valu une renommée internationale.
£ En 1935, le pédiatre est nommé chef du département de « pédagogie curative » de l’hôpital universitaire de Vienne. Une structure qui sera impliquée dans l’élimination d’enfants « non éducables ».
£ Des documents prouvent qu’Asperger connaissait certains des crimes de l’époque. De plus, il a été impliqué dans le meurtre de certains enfants handicapés considérés comme « non éducables ».
Le syndrome autistique dit « d’Asperger », une forme légère de trouble du spectre autistique, doit son nom au médecin et psychiatre autrichien Hans Asperger (1906-1980), considéré comme l’une des figures centrales de la « pédagogie curative » autrichienne (Heilpädagogik en allemand), une discipline qui se consacre à l’éducation et au soutien des enfants et des jeunes souffrant de troubles mentaux.
Effectués dans les années 1930 et 1940, les travaux d’Asperger ont été reconnus au niveau international à partir des années 1980, et ses contributions à la recherche sur l’autisme, notamment ses découvertes sur les enfants autistes ayant un « haut potentiel » cognitif, sont devenues le support d’un nouveau syndrome psychiatrique, le syndrome d’Asperger, conférant une forte renommée à son auteur. Mais sait-on vraiment qui était l’homme, dans le contexte historique de l’Autriche des années 1940 ?

Logées dans les membranes des neurones, trois protéines formant des pales, comme celles d’une hélice, constituent ensemble un canal mécanosensible nommé Piezo1, qui permet aux cellules de sentir le toucher.
La jeune fille s’efforce de garder bras et mains immobiles, mais ses doigts se tortillent en tous sens. Si elle ferme les yeux, c’est encore pire. Ce n’est pas qu’elle manque de force pour les maîtriser, non : elle n’a pas vraiment de contrôle fin sur ses membres. Le neurologue Carsten Bönnemann se souvient d’avoir examiné cette adolescente dans un hôpital de Calgary, au Canada, en 2013. Alors en service de neurologie pédiatrique à l’Institut national américain des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux, à Bethesda dans le Maryland, il a l’habitude des cas déroutants. Mais cette fois, il doit reconnaître qu’il n’a jamais rien vu de tel.
« MAIS OÙ SONT MES BRAS ? »
En effet, la jeune fille a besoin de voir ses membres pour localiser leur position. Il lui manque le sens de la disposition de son corps dans l’espace, une aptitude cruciale que l’on nomme
On vous caresse le bras. Dans votre peau, de minuscules molécules se déforment et produisent un courant électrique qui remonte jusqu’à votre cerveau. Elles sont les bases de notre sens tactile.
£ Le sens du toucher repose sur des canaux sensibles aux forces que l’on commence tout juste à identifier dans la membrane des cellules. Les Piezos en font partie.
£ Ces molécules participent au sens du toucher, de l’équilibre, de l’ouïe… et permettent aussi aux os de se former ou aux cellules de sentir le sang circuler.
£ Des anomalies de ces mécanorécepteurs sont à l’origine de diverses maladies, comme certaines douleurs chroniques.
« proprioception ». « C’est quelque chose qui lui est totalement étranger », précise Bönnemann.
En 2016, son équipe a séquencé le génome de l’adolescente et celui d’une autre jeune fille présentant des symptômes similaires, et a identifié des mutations dans un gène appelé Piezo2. Par une heureuse coïncidence, quelques années plus tôt, en 2010, l’équipe de Ardem Patapoutian, de l’institut de recherche Scripps à La Jolla, avait identifié la fonction de ce gène. Alors qu’ils cherchaient à déterminer par quels mécanismes les cellules sentent le toucher, ils avaient démontré que le gène en question codait une protéine sensible à la pression physique.
La découverte de cette protéine Piezo2 et d’une autre apparentée, Piezo1, a été l’apogée de plusieurs décennies de recherche sur les mécanismes qui contrôlent le sens du toucher. Les Piezos sont des canaux ioniques – c’est-à-dire
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p. 34
Comment construire une interdépendance positive
p. 42
S’épanouir par les autres
p. 48 Interview
L’intelligence émotionnelle est la clé de relations épanouissantes
p. 54
Les groupes : des fontaines de jouvence
y a
courant dans l’esprit humain : celui d’une liberté absolue, totale… Vivre sa vie comme on l’entend et ne dépendre de personne. Les recherches en psychologie montrent pourtant que des relations fortes avec les autres sont essentielles à notre bonheur et à notre équilibre, même si elles imposent bien sûr une part de contrainte. Dans ce numéro, un panel d’experts nous invite à une acceptation profonde de cette interdépendance et nous explique comment la vivre de façon positive, en bâtissant des attaches respectueuses de l’autonomie de chacun. Ce sont des liens que l’on tisse en tâtonnant : pas à pas, nous apprenons ce dont nous avons besoin et ce qu’il faut à nos proches, ce qui nous blesse et ce qui en nous blesse les autres. Nulle formule magique pour cela, mais une clé : l’intelligence émotionnelle, qui permet d’entrer réellement en contact avec ceux qui nous entourent. Et ainsi, de s’épanouir dans une « appartenance choisie », pour reprendre la belle expression du psychiatre Christophe André dans le premier article de ce dossier. Guillaume Jacquemont

Vivre son interdépendance de manière positive, c’est tirer de la force de son appartenance à un groupe tout en y apportant sa propre pierre… comme dans cette pyramide humaine bâtie lors d’une fête traditionnelle de la ville de Tarragone, en Espagne !
Peut-être sommes-nous allés trop loin dans notre quête d’indépendance : les recherches indiquent plutôt que le bonheur passe par une
acceptation joyeuse de nos dépendances mutuelles…
Par Christophe André, médecin psychiatre.

Vous connaissez sans doute ce proverbe africain : « Tout seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. » L’idée est belle, mais est-elle juste ? Autrement dit, l’interdépendance permet-elle vraiment d’aller plus loin en matière d’intelligence, de performance, de bonheur ? Et si c’est le cas, pourquoi n’est-elle pas devenue une valeur centrale des sociétés humaines, surtout mondialisées ? Essayons de comprendre ensemble…
TOUS (INTER)DÉPENDANTS
Comme son nom l’indique, l’interdépendance désigne la somme de tous les liens de dépendances croisées existant entre les humains. Nous sommes tous interdépendants, c’est évident dès notre naissance. Le bébé dépend de ses parents, il leur doit sa survie. Mais les parents dépendent eux aussi de leur bébé : jadis pour leur future survie physique (quand le sort des personnes âgées était lié à celui de leur progéniture devenue adulte), mais aussi, aujourd’hui, pour leur survie psychique : que leur enfant meure ou leur soit retiré, et les voilà désespérés.
L’intérêt du concept d’interdépendance (par rapport à celui de solidarité, par exemple) est ainsi qu’il nous rappelle que les liens sont à double sens et que, même lorsque nous n’en avons pas conscience, nous dépendons des autres et de notre environnement : si vous observez votre existence, votre personnalité, vos accomplissements, et si vous ne voyez pas tout ce qui a contribué à les bâtir en dehors de vous, c’est que vous avez mal regardé !

EN BREF
£ Des relations sociales épanouies stimulent le bien-être via de multiples mécanismes, améliorant la régulation des émotions, renforçant le sentiment de sens et modulant le vécu des expériences quotidiennes.
£ Celles-ci paraissent en effet moins difficiles et plus positives quand nous les partageons avec des proches.
£ Les recherches montrent qu’accepter cette interdépendance, et le fait que nous ayons tous besoin d’être aidés par moments, conduit paradoxalement à un renforcement de l’autonomie.
Nous avons tous besoin de quelqu’un pour vivre et pour grandir. Et nous jouons ce même rôle pour d’autres. En prenant conscience de ce fait, on vit moins stressé, plus heureux… et plus autonome !

«Si j’avoue que je ne sais pas comment faire ce travail, j’aurai l’air incompétent. » « Si je demande de l’aide après cette épreuve douloureuse, je passerai pour faible ou importun. » Dans une société qui glorifie l’indépendance et l’esprit de compétition, nous sommes vite envahis par ce genre de pensées, qui nous font rechigner à reconnaître notre incapacité à nous en sortir tout seuls. Ou alors, nous nous énervons quand notre enfant ou notre conjoint nous appelle au secours pour une tâche qui nous semble ridiculement facile. Pourtant, des décennies de recherche en psychologie l’ont établi : nous avons fondamentalement besoin les uns des autres. Des liens sociaux solides entraînent ainsi de multiples bienfaits sur la santé physique et mentale, et accepter cette interdépendance ne fait que la rendre plus positive.
Ces autres qui nous font du bien, ce sont bien sûr les membres de notre famille, mais aussi ceux qui appartiennent à un réseau relationnel plus vaste : nos voisins, collègues, amis ou nouvelles rencontres… Il s’agit d’une toile que nous tissons tout au long de notre existence et qui représente en quelque sorte un filet de sécurité,
grâce auquel nous sommes suffisamment en confiance pour entreprendre une vie active au sein de la société.
La meilleure preuve de l’importance du lien social est peut-être ce constat tout simple : bien entourés, nous vivons plus longtemps. Lisa Berkman, de l’École de santé publique de Harvard, a suivi environ 7 000 personnes âgées sur une période de neuf ans. Elle a constaté que celles qui avaient peu de relations sociales avaient trois fois plus de risques de mourir pendant la durée de l’étude que les autres, toutes choses égales par ailleurs en termes de consommation de tabac, d’alcool, ou d’autres vulnérabilités connues. Tous les types de liens étaient protecteurs : les participants vivant seuls mais impliqués dans une association présentaient une moindre mortalité, tout comme ceux qui étaient en couple mais sans engagement associatif.
Ce rôle protecteur se vérifie à tous les âges de la vie. L’équipe de Michael Resnick, de l’université du Minnesota, l’a par exemple démontré pour

Médecin psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, et enseignant à Sorbonne Université.
Quoi de pire que de se croire responsable de la mort de son père ? C’est ce qui arrive au jeune Simba. Rejeté du royaume, il n’a plus confiance en personne – pas même en lui.
Comment redonner sens à sa vie ?
Le Roi lion , long-métrage d’animation des studios Disney, a été un phénomène culturel dès sa sortie en 1994. Immense succès du box-office mondial, sa déclinaison en comédie musicale a joué sans interruption à guichets fermés (hors pandémie) depuis plus de vingt-cinq ans. L’année dernière, sa version filmée – ou live action – a aussi conquis le public, et l’artiste Beyoncé a même sorti le 31 juillet dernier, pour la plateforme de streaming Disney+, un court métrage déclinant l’univers du film.
Comment expliquer pareil succès ? Par le fond de nature africaine, colorée et enchanteresse ? Probablement en partie, mais pas
£ Simba est un lionceau heureux qui apprend auprès de son père son futur rôle de roi ; il se sent en sécurité et s’épanouit.
£ Mais son père meurt et le jeune lion fuit le royaume sous le poids de la culpabilité. Il n’a plus confiance en personne.
£ Grâce à ses amis, Simba redonne un sens à sa vie et finit par assumer ses responsabilités.
entièrement. Cette histoire raconte quelque chose d’universel, qui a trait à la filiation, à la difficulté de tracer son propre chemin, et à la nécessité de surmonter des obstacles, comme le sentiment de culpabilité que l’on éprouve parfois devant les grandes pertes.
De fait, l’histoire de Simba est plutôt sombre, triste, tout particulièrement pour un jeune public. Dès le début de l’aventure, le lionceau intrépide est impatient de voir le jour où il régnera sur la Terre des lions. Son père, le monarque Mufasa, lui donne quotidiennement des leçons pour qu’il puisse remplir sa mission. Car si le fait d’être roi confère du pouvoir, cela donne également la responsabilité du « cycle de la vie », à savoir de l’équilibre entre les différentes espèces du royaume.
Le destin de Simba semble tout tracé… Mais ce n’est pas du tout du goût de Scar. Frère cadet


Un dessin animé sorti en 1994, puis un film sorti en 2019 des studios Disney.
p. 82 Révisions ou playstation ? p. 86 L’alcool chasse-t-il les soucis ? p. 88 L’étonnant pouvoir des mots croisés
Écouter régulièrement de la musique au casque, à plein volume, expose à une surdité partielle à 40 ou 50 ans.
Les neurobiologistes détaillent aujourd’hui la façon dont les sons intempestifs détruisent nos cellules auditives.
Par Anna Lorenzen, docteure en neurosciences et journaliste scientifique.
Notre sens de l’ouïe réalise chaque jour un petit miracle. À partir d’un chaos d’ondes sonores détectées par les cellules ciliées de notre oreille interne, des mots ou de la musique prennent forme dans les centres auditifs de notre cerveau. Mais ce système de détection est aussi très sensible au bruit excessif, qui dans le pire des cas conduit à un silence permanent – ou à des sifflements obstinés dans l’oreille. Pourtant, malgré ce risque, au lieu de protéger leurs tympans autant que possible, beaucoup s’exposent volontairement à des bruits plus forts que ce qui est recommandable. Ce problème a commencé en 1979, avec l’apparition des premiers baladeurs. Ce petit appareil permettait aux gens d’emporter leur musique partout et de l’écouter grâce à des écouteurs intra-auriculaires ou des casques audio. Aujourd’hui, tous les smartphones offrent cette fonction. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de
EN BREF
£ La musique au casque – ou avec des écouteurs intra-auriculaires –expose les tympans à des intensités sonores de l’ordre de 110 décibels, causant la mort des cellules ciliées de l’oreille interne.
£ Un jeune sur 10 subirait des pertes d’audition de l’ordre de 15 décibels, soit une perte de sensibilité d’un facteur 30.
£ Utiliser des bouchons d’oreilles ou des limitateurs de volume permet d’éviter d’être appareillé à l’âge adulte.
personnes qui utilisent quotidiennement des écouteurs a augmenté de 75 % entre 1990 et 2005. Et un milliard de jeunes dans le monde risquent de souffrir d’une perte auditive. Ils sousestiment souvent le danger, car les dommages ne se manifestent souvent qu’après des années.
UN MILLIARD DE JEUNES EN DANGER
La perte d’audition due au bruit était autrefois très répandue, en particulier dans des secteurs tels que la construction métallique et routière, ou l’industrie automobile. Dans les années 1970 en Allemagne, puis une dizaine d’années plus tard en France et dans le reste de l’Europe, ont été promulgués les premiers règlements sur la protection contre le bruit sur le lieu de travail. En 2006, les réglementations au sein de l’Union européenne ont été à nouveau renforcées. Depuis lors, les employeurs doivent fournir des protections auditives si le niveau sonore dépasse

Par Adrienne Raphel, écrivaine, spécialiste de l’histoire des mots croisés et maîtresse de conférence à l’université de Princeton.
Ce jeu universellement pratiqué permettrait aux différentes composantes de votre mémoire d’interagir.
rv et Murray sont deux grandspères. Pendant des décennies, Irv, barman retraité, introverti et tranquille, et ancien ingénieur militaire, a toujours suivi la même routine matinale : café crème, petit pain, et la page de jeux de la presse d’Atlantic City. Il s’est attelé invariablement et méthodiquement à chacun d’eux, des mots croisés au sudoku, en passant par le cryptoquip, où il s’agit de décoder les indices et de trouver la réponse à un jeu de mots. Extraverti et spontané, Murray, homme d’affaires prospère et homme politique local, avait aussi sa routine matinale : café avec beaucoup de sucre, gruau et travail sur l’un de ses nombreux projets d’écriture, comme une comédie musicale vaguement autobiographique sur un vendeur itinérant. Murray pratiquait du sport (la natation) plusieurs fois par semaine, dévorait des livres et adorait voyager. Mais il ne faisait jamais de mots croisés. Irv est mort à l’âge de 94 ans et il n’a presque pas connu de baisse de ses facultés mentales jusqu’aux six derniers mois de sa vie, où il a alors décliné rapidement. Murray a vécu jusqu’à 91 ans, mais
EN BREF
£ Les mots croisés permettent-ils de conserver plus longtemps un esprit alerte ? Sur ce point, les données divergent.
£ Les découvertes les plus récentes indiquent que les mots croisés sollicitent un module cognitif très particulier appelé « tampon épisodique », véritable courroie de transmission entre les mémoires à court terme et à long terme.
£ En y jouant, on associe indices visuels et verbaux, ce qui stabilise les souvenirs récents et les aide à acquérir un statut durable.
les dernières années de sa vie ont été marquées par une grave démence.
PRÉSERVENT-ELLES LE CERVEAU ?
Quand je faisais des recherches pour mon livre Thinking Inside the Box : Aventures de mots croisés et de gens qui ne peuvent pas vivre sans eux, j’ai été fascinée par l’étude de cas issus de ma propre famille. La preuve, semblait-il, ne pouvait pas être plus claire : faire des mots croisés à un âge avancé limite les risques de démence sénile. Et au début, toutes les études que j’ai trouvées semblaient confirmer cette hypothèse. « Des mots croisés réguliers et des énigmes chiffrées seraient liés à un cerveau plus aiguisé à un âge avancé », proclame ainsi un titre du Science Daily de mai 2019, reprenant deux publications scientifiques du International Journal of Geriatric Psychiatry. Selon une autre étude de l’université d’Exeter, les personnes âgées qui font régulièrement des mots croisés et des énigmes chiffrées conservent une acuité mentale accrue. Une

p. 92 Sélection de livres p. 94 La Dernière Métamorphose : dans la tête d’un hikikomori
Par François Louboff

PSYCHOLOGIE Rita, sauvée des eaux de Sophie Legoubin Caupeil et Alice Charbin
Delcourt 2020, 176 pages, 22,95 €
Assister à 15 ans, impuissante, à la mort brutale d’un parent est traumatisant. C’est ce que vit Sophie Legoubin Caupeil, dont le père se noie sous ses yeux en secourant une jeune habitante, appelée Rita, lors de vacances familiales en Inde. Près de trente ans plus tard, elle part à la recherche de cette femme pour savoir ce qu’elle est devenue. Elle nous raconte ici son voyage, avec son amie illustratrice Alice Charbin, dans un superbe récit autobiographique. À la mort de son père, Sophie se protège en oubliant et en anesthésiant ses émotions. Même réaction quand sa mère se suicide, trois ans plus tard : « Mes émotions ne changeraient rien aux faits… Il valait mieux avancer », écrit-elle. Mais cette mise à distance l’empêche d’intégrer ces traumatismes, ce qui affaiblit aussi bien sa santé physique que son bien-être psychologique.
Grâce à ce voyage et au récit qu’elle en fait, Sophie rouvre les tiroirs maintenus fermés jusque-là et reprend contact avec ses émotions. Ce faisant, elle nous donne une belle leçon sur ce qui est nécessaire pour une évolution saine du deuil. D’abord, ne pas rester seul, voire accepter de se faire aider – la rencontre avec Rita est à ce titre décisive pour Sophie. Ensuite, élaborer un récit sur la mort de ses proches et sur soi-même : par le jeu des dessins et des textes, par les allers et retours entre le passé et le présent, l’autrice intègre la mort de ses parents à son histoire. Elle lui donne même du sens, en découvrant que le sacrifice de son père a permis à une autre vie de s’épanouir. Enfin, elle négocie de nouveaux liens d’attachement avec ses parents qui, s’ils restent bien sûr absents physiquement, deviennent pour elle une présence psychologique apaisante. Ce livre nous montre aussi que certains facteurs de protection aident à ne pas sombrer. L’amour que Sophie a reçu enfant, le lien fort qu’elle a avec son mari et sa capacité à réévaluer positivement les décès de ses parents pour mieux les assimiler sont déterminants. Au passage, son histoire souligne que le deuil, cheminement intérieur, est aussi un processus social, à partager.
François Louboff est psychiatre, spécialiste du traumatisme et du deuil.

PSYCHOLOGIE
Psychologie des beaux et des moches de Jean-François Marmion (dir.) Éditions Sciences Humaines 2020, 336 pages, 20 €
Selon une enquête britannique, 10 % des étudiantes seraient prêtes à donner cinq ans de leur vie pour avoir un corps de rêve. C’est dire toute l’importance que nous accordons à la beauté dans nos sociétés ! Un collectif d’experts en explore ici les différentes facettes : les attributs qui conditionnent notre jugement esthétique, les tentatives pour modeler son apparence, la mise en scène de soi… Il est notamment édifiant de découvrir à quel point la beauté biaise nos jugements : une étude a par exemple montré qu’au tribunal, un plaignant a plus de chances de remporter son procès s’il a un physique avantageux…

L’Inhibition créatrice
Alain Berthoz Odile Jacob 2020, 384 pages, 27,90 €
L’inhibition a mauvaise presse dans le grand public : elle est vue au mieux comme un frein, au pire comme une censure. Son rôle est pourtant multiple et fondamental, comme le rappelle ici Alain Berthoz, professeur honoraire au Collège de France. Des mécanismes d’inhibition interviennent par exemple dans le raisonnement (en empêchant nos automatismes mentaux de dicter leur loi), dans la concentration (pour ignorer les distractions potentielles), dans la motricité (en régulant la contraction de muscles antagonistes)... L’étude de ces mécanismes constitue un champ de recherche en pleine expansion, dont l’auteur retrace les dernières découvertes à travers cette synthèse impressionnante.

ÉMOTIONS
Faire le bon choix amoureux Arielle Adda Odile Jacob 2020, 192 pages, 19,90 €
La vie amoureuse constitue « une partie importante de l’existence, si ce n’est la partie la plus importante », affirme d’emblée Arielle Adda. Selon cette psychologue, spécialiste du haut potentiel intellectuel, les surdoués sont confrontés à des défis spécifiques dans ce domaine.
Ne serait-ce que leur perfectionnisme et leur exigence parfois démesurée, envers eux-mêmes comme envers les autres. L’autrice leur prodigue de multiples conseils pour surmonter leurs difficultés aux différentes étapes de la « quête amoureuse », depuis la recherche du partenaire jusqu’à la construction du couple au quotidien.

Les Enfants dys Gabriel Wahl, Marie Wahl Que sais-je ? 2020, 128 pages, 9 €
Les troubles « dys », comme la dyslexie ou la dyscalculie, sont une cause majeure d’échec scolaire. Et ils sont d’origine neurobiologique, avertissent Gabriel et Marie Wahl, respectivement pédopsychiatre et professeur des écoles, qui dénoncent les interprétations culpabilisantes pointant un manque d’effort des enfants ou une éducation défaillante. Dans cet ouvrage clair et synthétique, ils décrivent ces troubles, leurs causes et les interventions potentielles. Et concluent en plaidant pour un effort de formation des enseignants sur ce sujet et pour une plus large coopération avec les psychologues et les orthophonistes, afin de mieux accompagner les enfants touchés.
Par Jérôme Palazzolo

PSYCHOLOGIE L’Attachement en questions
Blaise Pierrehumbert
Odile Jacob 2020, 272 pages, 22,90 €
Un retour éclairant sur une des théories les plus influentes de la psychologie, par un grand spécialiste du sujet.
La théorie de l’attachement est séduisante car elle repose sur une idée simple et quelque peu idéale : la toutepuissance de l’amour. En résumé, cette théorie postule que si l’on est assez aimé enfant, à une période de sa vie où l’on construit ses repères et où l’on commence à explorer son environnement, alors on forge une confiance en soi optimisée et les capacités requises pour cheminer sereinement vers l’inconnu. À l’inverse, quand nos « figures d’attachement » ne répondent pas à nos besoins, nous en gardons une cicatrice psychologique qui nous pénalisera longtemps… Cela reste cependant une théorie, et des plus difficiles à tester : comment s’assurer de la part exacte de l’amour précoce par rapport à d’autres facteurs, comme le contexte socio-économique, les rencontres, les critères culturels, la vision de l’avenir véhiculée par les médias, et tant d’autres encore ? Bon nombre d’études – dont celles qui ont servi de base à la notion de résilience – montrent que certains individus « mal partis » déjouent tous les pronostics, et qu’inversement d’autres « tournent mal » alors qu’ils ont bénéficié d’un soutien parental sans faille. C’est bien le signe que tout ne se joue pas dans les premières années et que les paramètres en jeu sont multiples… Dans cet ouvrage préfacé par Boris Cyrulnik, le psychologue et chercheur Blaise Pierrehumbert tente de démêler les fils de ce qui conditionne réellement notre devenir psychologique. Après avoir présenté la théorie de l’attachement de façon limpide, il explore le contexte de son apparition et les débats féconds qui en découlent. « C’est le livre que l’on écrit en fin de carrière, lorsque [...] l’on bénéficie d’une vue élargie de la discipline dans laquelle on a travaillé », écrit l’auteur, un des plus grands experts mondiaux sur le sujet. Accessible et complet, son propos bénéficiera aussi bien aux professionnels de la santé mentale qu’au grand public. Sous sa plume, la théorie de l’attachement apparaît bien plus complexe et ambiguë qu’on ne l’imagine, tout en restant l’un des modèles psychologiques les plus féconds de l’histoire.
Jérôme Palazzolo est psychiatre, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique à l’université internationale Senghor.


Chercheur en neurosciences au Laboratoire de sciences cognitives et neurologiques de l’université de Fribourg, en Suisse.
QPasser des mois, voire des années, enfermé chez soi en évitant tout contact avec les autres : tel est l’étrange comportement des hikikomori, dont l’écrivain japonais Keiichirô Hirano a admirablement décrit les ressorts intérieurs et sociétaux.
uel parent exaspéré n’a jamais crié « Va dans ta chambre ! » à un enfant turbulent ? Un grand classique des affres de l’éducation… Pourtant, une autre injonction, bien plus contemporaine, semble s’y substituer dans certains cas : « Sors de ta chambre ! »
Investie des idéaux modernes que sont l’autonomie, l’intimité et l’identité, la « chambre », pour les enfants et les adolescents, est un lieu chargé d’intenses enjeux affectifs, et de paradoxes parfois douloureux. Un « chez soi » qui ne leur appartient pas tout à fait, un univers personnel qui reste sous la houlette de l’autorité parentale, caverne secrète sujette aux intrusions indésirables… Mais malgré ces intrusions, la chambre reste un monde à part, où l’individu se construit en partie. Et certains ne veulent tout simplement plus la quitter.
£ Le roman La Dernière Métamorphose présente le discours intérieur d’un hikikomori, personne qui reste volontairement cloîtrée chez elle.
£ Ce phénomène, qui touche massivement le Japon, s’expliquerait par un mélange de facteurs psychologiques et culturels.
£ Quelques cas ont été observés ailleurs dans le monde, suggérant qu’il pourrait s’étendre aux sociétés occidentales.
Ce phénomène s’est répandu dans la société japonaise au cours des années 1990. On lui a donné le nom d’« hikikomori », de même qu’aux personnes concernées (voir l’article paru dans Cerveau & Psycho n° 55 ). Ces individus, le plus souvent des adolescents ou des jeunes adultes de sexe masculin, semblent avoir renoncé à toute vie sociale, familiale, professionnelle, sentimentale et scolaire : ils restent cloîtrés dans leur chambre, dorment souvent une bonne partie de la journée pour veiller tard dans la nuit, limitent drastiquement toute communication avec l’extérieur et s’en tiennent aux sorties nécessaires pour faire leurs besoins ou se procurer quelques denrées. Certains se replient sur les mondes virtuels d’internet ou des jeux vidéo, mais d’autres ne semblent même pas se livrer à quelque activité que ce soit. Dans de nombreux cas, la
Scintillements que l’on voit quand on se frotte les yeux, même dans le noir. On sait les produire, y compris chez des aveugles, avec des électrodes plantées dans le cerveau. Ce qui inspire de nouvelles prothèses visuelles.
En 1941, le pédiatre Hans Asperger (inventeur du syndrome d’autisme à haut potentiel) aurait envoyé certains enfants à la mort en leur diagnostiquant de lourds handicaps mentaux qui les condamnait à être internés dans des mouroirs pour handicapés, voire euthanasiés.
La technique de réévaluation (reappraisal en anglais) consiste à adopter un autre point de vue sur ses propres émotions. Par exemple, si une notification arrive sur votre smartphone pendant que vous révisez, vous pouvez la voir 1) comme une nouvelle palpitante ou 2) comme un obstacle à la réalisation de vos objectifs. Selon le point de vue adopté, le succès sera – ou non – au rendez-vous !
« Grâce à son corps, le professeur montre, mime, théâtralise son cours ; il dirige l’attention et communique ses propres états mentaux à ses élèves. Jean-Philippe Lachaux, Centre de recherche en neurosciences de Lyon.
de mortalité en moins pour les personnes ayant de bonnes relations sociales, par rapport aux personnes ayant des relations moyennes ou médiocres.
Écouter la musique trop fort (au casque, ou avec des écouteurs intra-auriculaires) provoque une libération excessive d’un neurotransmetteur, le glumatate, qui entraîne un gonflement puis une mort des synapses dans les neurones auditifs. Il en résulte une perte d’audition définitive.
Ce gène permet au corps de fabriquer des protéines en forme d’hélices qui, logées dans vos neurones, vont se déformer au moindre contact et provoquer des courants électriques. Ces molécules du toucher nous permettent aussi de sentir les mouvements de nos propres membres.
Nom de l’onde cérébrale qui se manifeste à l’approche de la mort, quand on entend encore ses proches murmurer autour de soi.