175 ans SociĂŠtĂŠ Suisse des Pharmaciens
En avance depuis 175 ans. Seit 175 Jahren voraus. Da 175 anni in anticipo.
Éditorial
Feu vert à la croix verte ! Il y a 175 ans, une douzaine de pharmaciens ont fondé une association afin de créer un réseau, échanger leurs connaissances et accroître leur efficacité. Et ils y sont parvenus avec brio. Ce que nous pouvons récolter aujourd’hui, nous le devons aux pionniers qui ont compris très tôt le potentiel que recèle notre métier et préparé le jardin à notre champ d’activité actuel : en 2018, les pharmaciens sont non seulement les professionnels établis du médicament, mais aussi les premiers et les plus simples interlocuteurs pour toute question ayant trait à la santé. Nous apportons une contribution essentielle aux soins médicaux de base, maintenons nos connaissances à jour grâce aux formations postgrade et continue, et contribuons de manière significative à accroître la sécurité des patients et à réduire les coûts. De plus, les équipes officinales sont là pour promouvoir la santé avec leurs nombreuses prestations en matière de prévention. La publication que vous avez en main veut rendre hommage à l’engagement de tous ceux qui ont labouré et semé le champ pour notre association aujourd’hui. Nous jetons aussi un regard vers l’avenir. Comment le développement numérique va-t-il influencer notre activité ? Comment satisfaire la prochaine génération de clients bien informés, qui entrent dans la pharmacie et revendiquent une plusvalue ciblée par rapport aux offres en ligne ? Les défis sont toujours des chances, j’en suis convaincu. Si nous faisons face ensemble aux changements techniques, politiques et économiques, nous continuerons de bénéficier de la confiance et de la satisfaction des clients. Les exigences envers nos services et prestations continueront d’augmenter, et nous voulons rester dans le vert aux yeux du public. Merci pour votre engagement ! Je vous souhaite une bonne lecture.
Fabian Vaucher, Président de la Société Suisse des Pharmaciens (pharmaSuisse)
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Sommaire
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La fondation
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Faits et chiffres
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Le symbole de la croix verte
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Attention humour! Anecdotes de la pharmacie
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Solutions avant-gardistes
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Rétrospective et perspectives 39 hommes se sont succédé à la présidence. Entretien avec cinq d’entre eux.
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La RPB : un jalon important
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Consultez votre pharmacien
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Tendance au regroupement
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Wander et Alcacyl: de la plante à la chimie
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Les étapes les plus importantes en un coup d’œil
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Évolution des études de pharmacie
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Nouvelles tâches et prestations
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La pharmacie de l’armée, prestataire au service des populations militaire et civile
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Distinctions et prix de la Société
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La préparation, clé de voûte d’une carrière dans l’industrie
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Fabrication de préparations magistrales : une compétence clé des pharmaciens
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Quelque 80 % des diplômes fédéraux de pharmacie sont délivrés à des femmes.
34
50 52
Pharmacie hospitalière: une journée en immersion, fabrication sur mesure et sécurité des patients
Les pharmaciennes – de la femme herboriste à la pharmacienne
Transformation numérique La numérisation et le contact avec la clientèle transformeront à l‘avenir la pharmacie.
Concours d’idées « La pharmacie de demain » Les étudiants – les consommateurs critiques de demain – livrent leurs idées pour la pharmacie de demain.
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 2
La première association professionnelle nationale
Fondation de la société des pharmaciens en 1843 La Société Suisse des Pharmaciens a été fondée à Zurich en 1843. Les innovations scien tifiques et thérapeutiques, mais aussi les changements politiques et sociaux ont été décisifs dans cette étape. Auteur: Pr Dr François Ledermann
Au XIXe siècle déjà, à partir du milieu des années 1830, quelques pharmaciens résolus ont tenté d’unir leurs confrères au niveau fédéral. Après l’essai raté du Bâlois Johann Jakob Bernoulli, Theodor Hübschmann, un pharmacien zurichois d’origine allemande, y est parvenu. Sur son initiative, treize pharmaciens issus de quatre cantons se sont réunis le 18 octobre 1843 à l’hôtel Krone sur la place Bellevue à Zurich, aujourd’hui devenu la Terrasse. Sous l’égide de Theodor Hübschmann, ils ont décidé de créer une société suisse des pharmaciens. Un an plus tard, à l’assemblée générale qui s’est tenue
à Coire conjointement avec celle de la Société helvétique des sciences naturelles, le nombre de membres avait déjà sensiblement augmenté.
Formation et pharmacopée en point de mire
Lors de la fondation de la société faîtière, d’autres pharmaciens ont été particulièrement actifs aux côtés de Hübschmann ; en effet, outre Johann Jakob Bernoulli, Christian Müller de Berne, Johannes Lavater de Zurich et Carl Emil Ringk de Schaffhouse ont eux aussi joué un rôle important dans la pharmacie suisse au cours des années suivantes. //
3
Theodor Hübschmann, l’un des fondateurs
≤
Les premières tâches de la jeune société ont consisté à renouveler et à uniformiser la formation ainsi qu’à se consacrer à la publication d’une pharmacopée nationale. Celle-ci a été réalisée en 1865 avec la publication de la première Pharmacopoea Helvetica. Un autre thème important a été la lutte contre la dispensation médicale. En 1848, soit cinq ans après la fondation de la société, paraît le premier Journal suisse de pharmacie qui existe encore aujourd’hui.
∫ Extrait du procès-verbal de 1843. Musée de la pharmacie, Bâle ≤ Invitation à la 82e assemblée annuelle de Bâle Musée de la pharmacie, Bâle
Faits et chiffres
médicaments coûteux
Ce sont les
98 %
des pharmacies ayant adopté le système de gestion de la qualité QMS Pharma fournissent des prestations de haute qualité. C’est ce qu’indiquent les résultats des achats mystères effectués régulièrement.
82,3 %
qui rapportent le moins au pharmacien
Le bénéfice du pharmacien se compose d’une prime fixe par emballage et d’une prime relative au prix (%). La prime relative au prix diminue à partir d’un prix de fabrique de 880 francs et disparaît complètement au-delà de 2570 francs. Une adap tation du modèle s’impose.
21 700
collaborateurs dans les pharmacies suisses.
des pharmacies publiques suisses sont affiliées à pharmaSuisse.
Moins cher certes, mais également plus
durable En avance depuis
175 ans La Société Suisse des Pharmaciens a été fondée le 18 octobre 1843 dans le but de favoriser le lien collégial et la dimension scientifique. Depuis là des pharmaciens à l’esprit aventurier et au cœur ouvert ont toujours trouvé des solutions ingénieuses aux défis rencontrés par le système de santé.
l’expert
Le pharmacien est en matière de médicaments
La chasse aux rabais ne fonctionne qu’à court terme. Pour permettre des économies réelles, il faut recourir aux instruments durables que sont la qualité et la transparence, l’optimisation constante du rapport coût-utilité, l’élimi nation du gaspillage, la prise en charge interprofessionnelle des malades chroniques ainsi que le renforcement de l’autonomie du patient avec l’introduction du dossier électronique du patient (DEP).
340 181
personnes se rendent chaque jour dans une pharmacie.
Les pharmaciens disposent de connaissances exhaustives dans leur domaine. Ils les acquièrent au cours de leurs études, dans le cadre de la formation postgrade de pharmacien spécialiste (obligatoires dès 2018) et de la formation continue obligatoire.
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 4
Rayonnement et réseau à
l’échelon international
Dans
il est déjà possible de se faire vacciner par un pharmacien en officine sans ordonnance. Plus de 600 pharmacies sont enregistrées sur le site www.vaccinationenpharmacie.ch.
Rien d’étonnant à ce que pour la troisième fois de suite, un pharmacien suisse prenne la tête de la Fédération Internationale de Pharmacie (FIP). En effet, les pharmaciens suisses sont en avance dans de nombreux domaines, tels que l’introduction de cercles de qualité interprofessionnels, d’un modèle de rémunération basée sur les prestations (RBP) aussi indépendant des prix que possible, ou encore de formations complémentaires pour la vaccination ou le diagnostic et le traitement de maladies et troubles de la santé fréquents.
6300 membres individuels sont affiliés à pharmaSuisse.
19 cantons 1800
pharmacies publiques existent en Suisse.
51,2 %
des médicaments en Suisse est vendue par les médecins et les hôpitaux, les pharmacies d’envoi postal et les drogueries. Cependant, les officines publiques restent le principal pilier de la distribution de médicaments.
Diminuer les
coûts de la santé La loi sur l’assurance-maladie (LAMal) vise à offrir le meilleur accès aux soins aux tarifs les plus bas possible, et non l’option la moins chère. Seule les bonnes inci tations permettront de diminuer les coûts de la santé. Notamment les modes de rétribution qui ne rendent ni l’augmentation du volume ni le rationnement intéressants. pharmaSuisse s’engage pour ces solutions.
Saut quantique dans les soins médicaux de base
Les troubles de la santé simples doivent être traités en pharmacie et non aux urgences. Depuis 2016, dans le cadre d’une commission d’experts de l’Office fédéral de la santé publique, des médecins et des pharmaciens apportent leur expertise pour promouvoir une répartition des tâches judicieuse et sécuritaire pour les patients dans le domaine de la médication d’urgence.
Les
pharmaciens
sont des prestataires de soins travaillant en réseau, des garants de la sécurité des patients, des managers de la santé et des entrepreneurs qui garantissent des emplois et des places de formation.
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Symboles
La croix verte Depuis 2007, l’emblème lumineux des pharmacies suisses comporte trois symboles: la croix, la couleur verte et un serpent très stylisé. Cette triple symbolique repose sur des traditions très anciennes. Auteur : Pr Dr François Ledermann
À l’époque primitive déjà, la croix était un symbole et un objet de culte dans de nombreuses civilisations. Plus tard, avec la résurrection de Jésus-Christ, elle est passée de la croix latine ou de la croix de la Passion au symbole chrétien de paix et de rédemption, de vie éternelle et de santé. C’est ce que montrent les soutanes des frères de l’Ordre de Saint Camille de Lellis, fondé à Rome au XVIe siècle. Par la suite, la croix a également été utilisée très tôt pour symboliser les pharmacies. Initialement de couleur rouge, elle a pris plus
tard progressivement la couleur verte car la Convention de Genève de 1864 a décidé de prendre la croix rouge, en hommage au drapeau suisse. En Suisse, l’emblème des pharmaciens a été introduit au niveau fédéral en 1963 à l’initiative d’André Bédat, président de la SSPh de l’époque, et a remplacé dans la plupart des pharmacies les logos souvent issus de l’industrie. Plus de quarante ans après, pharmaSuisse choisissait le nouvel emblème lumineux.
Symbole à la fois bienfaisant et funeste, le serpent est considéré d’une part comme l’incarnation du mal, comme on le voit avec Ève, tentée par un serpent à commettre le péché originel. Mais d’autre part, le serpent est aussi la représentation de la santé et de la fertilité, parfois aussi une allusion phallique, et vénéré par de nombreuses civilisations. Seul ou accompagné d’autres attributs symboliques tels que le bâton d’Esculape ou la coupe d’Hygie, le symbole du serpent représente depuis des millénaires la santé et l’art pharmaceutique. //
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 6
Saviez-vous que notre assortiment de plus
100 000
de articles vous offre tout ce dont vous avez besoin pour votre pharmacie?
Galexis AG Industriestrasse 2, Postfach, 4704 Niederbipp galexis.com
«La profession de pharmacien a toujours été importante pour Galexis. Ce qui vaut depuis 90 ans continuera de l’être à l’avenir: nous nous engageons pour vous – exactement comme pharmaSuisse. Toutes nos félicitations! » Christoph Amstutz, responsable de Galexis SA
Saviez-vous que PharmaFocus s’engage pour la pharmacie indépendante depuis
17,5 ans?
«Nous félicitons pharmaSuisse, 10 fois notre âge, et nous nous réjouissons de poursuivre notre engagement commun durant les 175 prochaines années» PharmaFocus AG La Maillarde 6, 1680 Romont pharmafocus.ch
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Marco Lardi et Andreas Tschan, Directeurs et pharmaciens
Attention: humour !
J’adore mon métier. Il est teeeeeeellement varié ! En tant que professionnel de la santé le plus facilement accessible, nous pharmaciens sommes amenés à ren contrer une large palette de personnalités au quotidien. Voici une typologie (non exhaustive) des profils que tous ceux qui travaillent en officine reconnaîtront à tous les coups. Auteure : Pharmama – une pharmacienne qui raconte son quotidien dans un blog
Comment les désigner ? Clients ou patients ? Au cours des dernières années, la pharmacie a subi une mutation fondamentale, passant d’une institution dont la seule tâche est d’exécuter les ordonnances médicales à un fournisseur de prestations toujours plus complètes dans le système de santé. D’après le Larousse, un client est une personne qui reçoit d’une entreprise, contre paiement, des fournitures commerciales ou des services. Quant à lui, le terme patient désigne une personne soumise à un examen médical. L’officine contemporaine sert chaque jour des personnes appartenant aux deux catégories, donnant lieu à des situations qui recèlent un certain potentiel de conflit, comme le montrent les exemples suivants.
Le retardataire Il arrive cinq minutes avant la fermeture et quand il n’attend pas un conseil approfondi sur des articles cosmétiques, il dégaine une ordonnance (datant de l’avant-veille) longue comme le bras, à préparer immédiatement. Les mauvais jours, il arrive après la fermeture et frappe à la porte; car lorsque la fermeture de l’officine ne constitue pas sa dernière limite, c’est le tram, le bus ou le train suivant.
Monsieur « mais j’en ai b’soin » Dès qu’il est confronté à un produit en rupture de stock, un produit qui ne peut pas être livré ou inexistant, il répond systématiquement « mais j’en ai b’soin ! » et s’attend à ce que ledit produit surgisse de nulle part. Si ce n’est pas le cas, il répète invariablement son injonction quelques fois. Il pense certainement que le produit désiré va apparaître comme par magie quand il utilisera le bon ton.
La boule de nerfs Il suffit d’un seul coup d’œil dans son dossier pour se rendre compte que les médicaSociété Suisse des Pharmaciens 175 ans 8
Vidéos : anecdotes de la pharmacie Dans le cadre de la campagne « Consultez votre pharmacien », pharmaSuisse met en scène le quotidien en officine dans une série de courts-métrages humo ristiques. Les courts-métrages, d’une durée d’environ une minute, racontent quelques anecdotes dignes d’une comédie se déroulant en pharmacie, jouant sur les préjugés et les stéréotypes.
« Le tonifiant que vous m’avez donné hier ... je n’arrive pas à l’ouvrir ! »
votre-pharmacienne.ch/sketch-show
ments qui lui ont été prescrits ne sont que des calmants susceptibles d’engendrer une dépendance : Stilnox, Xanax, Temesta et compagnie. Il trépigne et piaffe tout en vous remettant une « ordonnance urgente » émise par un autre médecin. Non sans avoir déjà tenté une première fois d’obtenir le produit convoité sans ordonnance.
Le procrastinateur Il vous remet une ordonnance, typiquement liée à une visite aux urgences d’un hôpital: analgésiques, antibiotique (ou encore un antihypertenseur), mais l’ordonnance date déjà de trois semaines. Il poursuit en précisant qu’il a besoin du traitement tout de suite et que ça presse; il doit se rendre chez le médecin… sûrement pour un rendez-vous de suivi !
Dommage que le cursus universitaire ne comporte pas de module « divination ».
Monsieur « oui mais chez xy » Il a une question à laquelle, pour des raisons médicales ou juridiques, on ne peut mal heureusement répondre que par la négative. À peine les mots ont-ils franchi vos lèvres qu’il réplique « oui mais chez xy ils me le donnent / je peux l’avoir ».
Le sourd sélectif Il pose des questions, la plupart du temps intelligentes et sympathiques. Mais quand vous lui répondez, il vous interrompt, pour finalement vous reposer les mêmes questions quelques minutes plus tard. Peut-être que la réponse ne lui a pas plu.
Souvent plus âgé, l’exhibitionniste ne manque pas une seule occasion de dévoiler son corps. Peu lui importe que d’autres clients voient sa mycose sous la poitrine « Regardez, ça là ! » (chemise relevée) ou encore son bouton sur les fesses « Voyez, là ! » (pantalon baissé). Il privilégie les victimes de sexe opposé, mais en cas d’urgence, il prend ce qui lui tombe sous la main.
Il ignore tout du produit qu’il désire, jusqu’au moment où vous lui montrez quelque chose ou vous lui expliquez que vous n’avez pas ce qu’il souhaite. Il devient alors subitement expert en la matière et il n’en démord pas : le produit que vous lui présentez n’est pas celui qu’il veut, ou le produit qu’il cherche existe réellement.
Le téléacheteur
Sans vergogne, il interrompt un entretien de conseil pour poser sa question, puis débite son discours de plusieurs minutes sans s’arrêter. Le client que vous étiez en train de servir est planté là et commence gentiment à bouillir.
Au comptoir, le téléphone collé à l’oreille, il reçoit des instructions sur les produits à acheter. Il s’agit la plupart du temps d’un client de sexe masculin, et à l’autre bout du fil, de sa femme ou de sa copine. Il serait bien plus simple qu’elle s’adresse directement à nous, car rien qu’en écoutant nous savons déjà de quoi il s’agit, mais non.
Le télépathe
Le spéculateur
Il ne vous livre qu’une fraction des informations nécessaires sur ce qu’il désire et s’attend à ce que vous deviniez le reste.
Il est apparemment en mesure de prédire l’avenir, et il veut être préparé à toutes les éventualités. La plupart de ses phrases commencent par : « Mais que se passe-t-il
L’interrogateur pressé
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Le chasseur d’informations Il vous tient la jambe et veut tout savoir sur un nouveau produit. Une fois les informations obtenues, il va acheter le produit chez un discounter. Ces clients existent désormais en version « pharmacie par correspondance » : avant de passer commande, ils se rendent en pharmacie, car « le conseil y est quand même meilleur » … Merci!
La maman Le savant idiot
L’exhibitionniste
si … ? » Et se terminent par son dernier présage en date. Évitez de le contredire dès le début, sinon les prédictions deviendront de plus en plus absurdes (« Mais si je m’assois sur la plaquette et que quelques comprimés en sortent, que mon chien les trouve et les mange … ? »).
« Bonjour, il me faudrait un – non, éloignetoi ! – euh spray nasal pour enfant – laisse ça je te dis ! – non, ne touche pas ! – pour l’amour du ciel, la prochaine fois je te laisse dans la voiture – oui, et avez-vous quelque chose contre la toux, que l’on peut aussi donner aux petits... – oui, j’ai vu qu’il y avait des bonbons – aux petits enfants ? – attendez une seconde – non, tu ne peux pas prendre mon porte-monnaie – pose-le ! – voilà, merci, oui, il peut prendre un sucre de raisin, mais seulement au dessert ; donnez le – non, pas maintenant, laisse, je vais prendre ça – merci ».
L’hypocondriaque La piqûre de moustique est synonyme de maladie mortelle ; il se rend en pharmacie pour agoniser. Pour lui, une céphalée est un AVC, une courbature dans le bras droit un infarctus. //
Projets pour les membres
Solutions avant-gardistes de la société faîtière pharmaSuisse soutient ses membres en leur proposant une vaste gamme de produits et de prestations ainsi que des formations postgrades et continues leur permettant de prodiguer à leur clients des conseils éclairés sur les médicaments, la santé et la prévention. Auteure : Stephanie Balliana
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 10
« Dans un contexte de pénurie de médecins de famille et de hausse des coûts dans le domaine de la santé, un accès simple au conseil médical est de plus en plus important », a déclaré le conseiller fédéral Alain Berset lors de l’assemblée générale de pharmaSuisse en 2015. Les révisions de la loi sur les professions médicales en 2015 et de la loi sur les produits thérapeutiques en 2016 ont tenu compte de cette déclaration et ont attribué aux pharmaciens un rôle bien plus important dans la mise à disposition de soins médicaux de base à la population. Cela n’est pas le fruit du hasard ou d’un heureux concours ; en effet, au moment des débats parlementaires, les jalons pour les compétences nouvellement allouées étaient déjà posés depuis longtemps.
La loi sur les professions médicales permet d’étendre les compétences La révision de la loi sur les professions médicales (LPMéd) a été adoptée par le Parlement en 2015. C’est une base pour étendre les compétences des pharmaciens. Désormais, pour pouvoir exercer ce métier sous leur propre responsabilité à titre privé, les pharmaciens devront, tout comme les médecins, justifier d’un titre de formation postgrade. En outre, tous les pharmaciens devront désormais acquérir dès leurs études universitaires les principes de base nécessaires à la vac cination ainsi qu’au diagnostic et au traitement de maladies et troubles de la santé fréquents. Formation de base Grâce au soutien de pharmaSuisse, les universités de Genève et de Bâle ont pu créer des chaires en pharmacie clinique et pratique, qui permettent transmettre ces nouvelles compétences déjà à l’heure actuelle. L’université de Zurich suivra. Formation postgrade " Formation postgrade fédérale : la Suisse est le premier pays à proposer, depuis 2013, des formations postgrades en pharmacie hospitalière et d’officine reconnues à l’échelon fédéral. Ces formations préparent idéalement les jeunes pharmaciens aux défis à venir, tel que la gestion d’une pharmacie. Certificat de formation complémentaire : pharmaSuisse délivre des certificat de formation complémentaire qui permettent aux pharmaciens professionnels d’obtenir les qualifications nécessaires pour répondre 11
à de nouveaux défis, tels que la vaccination en pharmacie. D’autres certificats de for mation complémentaire qualifient les pharmaciens pour le conseil aux médecins en matière de prescription médicale ou pour l’assistance pharmaceutique des homes (EMS) et d’autres institutions du système de santé. Formation continue Les pharmaciens, comme les autres professionnels de la santé, sont tenus de suivre des formations continues tout au long de leur parcours professionnel. Avec près de 200 cours annuels, pharmaSuisse constitue un pilier important de la formation continue pour les pharmaciens. Elle fournit des programmes de formation continue, des cours présentiels et en ligne ainsi que des bases scientifiques et techniques pour l’étude individuelle.
La loi sur les produits thérapeutiques ouvre de nouveaux champs d’action En 2016, la révision de la loi sur les produits thérapeutiques a été adoptée par le Parlement. À l’avenir, pour retirer certains médicaments sur ordonnance pour lesquels un diagnostic médical n’est pas nécessaire, les patients ne devront plus obligatoirement présenter une ordonnance à leur pharmacien. La sécurité des patients et la qualité des traitements figurent en tête des priorités. Les pharmacies pourront continuer à fabriquer des médicaments (p. ex. dosages pédiatriques spéciaux) lors de rupture de livraison ou en cas de pandémie. Un système d’assurance qualité sera désormais exigé pour obtenir une autorisation cantonale. Système de gestion de la qualité En 1999 déjà, pharmaSuisse proposait un système de gestion de la qualité. Afin de répondre aux exigences de qualité publiques, pharmaSuisse a lancé en 2015 « ISO 9001 QMS Pharma », un système de gestion de la qualité certifié qui comptait déjà 500 p harmacies en 2018. Anamnèse et triage netCare : dans le cadre du modèle netCare, lancé en 2012, des pharmaciens au bénéfice d’une formation postgrade spécifique réalisent un premier triage médical au moyen d’algorithmes scientifiques, et font si né cessaire appel à un médecin par téléphone après avoir obtenu l’accord du patient.
Un premier conseil médical sans rendez-vous ni attente, ni frais exorbitants. Voilà qui suscite également l’intérêt des assureursmaladie. En 2017, des modèles qui permettent de réaliser un triage médical pré liminaire en pharmacie ont été proposés par deux premières assurances. Remise de la pilule du lendemain par les pharmaciens : les compétences des pharmaciens sont mieux mises à profit et mieux documentées. L’accès à la pilule du lendemain est facilité, accompagné par un professionnel de la santé formé et consigné par écrit. Connaissances professionnelles Afin de maintenir et d’élargir les compétences scientifiques des pharmaciens, pharmaSuisse propose aux pharmacies des outils et produits scientifiques qui permettent à toute l’équipe officinale de fournir quotidiennement des prestations d’excellente qualité aux patients et clients. Parmi ceux-ci figurent notamment evidisBasic : ce système électronique d’alerte et d’information sur les médi caments, développé par pharmaSuisse, est un instrument qui permet d’afficher les principaux conseils que l’équipe officinale doit fournir aux patients, en scannant simplement le médicament à la caisse. Cette prestation est complétée par des infor mations complémentaires basées sur les évidences et une fiche d’information à remettre au patient. pharmaDigest® : la base de données en ligne pharmaDigest® offre un accès à plus de 700 contributions pertinentes pour les pharmaciens ; faciles à lire, claires, précises. Index Nominum : la base de données en ligne Index Nominum fournit des infor mations sur les principes actifs et les médicaments disponibles dans plus de 175 pays. Rémunération basée sur les prestations (RBP) Depuis l’introduction de la RBP en 2001, les pharmaciens sont rémunérés pour leurs prestations indépendamment du prix du médicament délivré. Outre la qualité du conseil et la sécurité des patients, ce système a également permis de poser les jalons pour le cheminement du pharmacien vers le statut du prestataire de soins de santé. //
Interviews des présidents des 36 dernières années
Rétrospective et perspectives Réunir les forces sur le plan national et conduire les pharmaciens vers l’indépendance professionnelle : tels étaient les objectifs formulés par Ernst Theodor Hübschmann lorsqu’il a convié en 1843 ses confrères à la séance qui a abouti à la fondation de la Société Suisse des Pharmaciens. Depuis, 39 hommes se sont succédé à la présidence de l’association et ont relevé les défis de leur temps.
Tous ont contribué à faire de l’organisation faîtière des pharmaciens suisses ce qu’elle est aujourd’hui : une association avec des membres motivés qui créent une plus-value pour le système de santé et donc pour la population et les patients. Les présidents des quatre dernières décennies reviennent sur les défis qu’ils ont relevés durant leur mandat et sur les résultats obtenus. Fabian Vaucher, le président actuel, fait état des enjeux actuels et futurs dont s’occupe l’association.
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 12
Dr Giorgio Antognini, président de 1982 à 1984
Dr Giorgio Antognini Quels sont les thèmes qui vous ont le plus occupé durant votre mandat de président ? Quels ont été les points forts de votre activité ? Avec les quatre grossistes pharmaceutiques de l’époque, nous avons dû combattre une initiative de l’industrie pharmaceutique qui voulait changer le commerce des médicaments d’une manière très dangereuse pour notre profession et nos grossistes. Il a fallu mener de longues et âpres négociations (« Gerzensee-Treffen ») qui ont fini positivement pour nous. En 1987 est enfin entrée en vigueur une nouvelle réglementation du marché qui a réglé les conditions de dis tribution et les marges commerciales d’une manière satisfaisante pour l’époque. Le 43e congrès de la FIP s’est tenu à Montreux en 1983. Un nouveau contrat d’approvisionnement en médicaments conclu avec les caisses- maladie et qui réglemente notamment la répétition des prescriptions médicales par le pharmacien est entré en vigueur en 1984. Pour la première fois, le Tribunal fédéral s’est exprimé au sujet de la dispensation médicale (SD). La documentation que nous avions préparée avec le plus grand soin a conduit à un arrêt fondamental en 1985 selon lequel
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une restriction de la dispensation médicale ne constituait pas une atteinte à la liberté du commerce et de l’industrie. Pendant votre mandat de président, qu’est-ce qui a changé pour les pharmaciennes et les pharmaciens dans le domaine technique ? L’introduction sur le marché des génériques n’a été bien accueillie ni par l’industrie pharmaceutique ni par les pharmaciens. Cependant, la première liste des génériques a été établie par la Société Suisse des Pharmaciens (SSPh) et publiée en 1987 par le Journal suisse de pharmacie (aujourd’hui pharmaJournal). Elle a été par la suite actualisée deux fois par an (toujours après la parution de la nouvelle liste des spécialités [LS] officielle) avant que l’Office fédéral des assurances sociales ne la reprenne courant des années 90 et la publie avec la LS.
La scène de la drogue a également donné lieu à de nombreuses discussions autour notamment de la remise aux toxicomanes de drogues de substitution et de seringues à usage unique. Qu’est-ce qui a changé dans ce contexte ? Quels ont été les défis auxquels le pharmacien a été confronté ? Les premiers ordinateurs, très simples, ont été introduits dans les officines. C’était le début d’une nouvelle ère qui a eu et a encore aujourd’hui des impacts décisifs sur l’activité professionnelle, tant au niveau économique (administration) que scientifique (information). Qu’est-ce qui était aussi important pour vous ? À mon sens, la délimitation claire et scienti fiquement fondée des compétences de remise et des tâches de conseil dans le domaine des médicaments a subi et subit encore trop fortement les influences politiques et les intérêts économiques, voire même est rendue impossible par ceux-ci. //
Dr Hermann Ambühl Quels sont les thèmes qui vous ont le plus occupé durant votre mandat de président ? Quels ont été les points forts de votre activité ? La principale préoccupation a été de forger une image contemporaine de la profession du pharmacien en tant que spécialiste du médicament pour qu’il puisse informer de manière compétente patients et médecins et mettre à disposition du public ses services en matière de prévention et d’automédi cation. Durant les années 1988 - 1991, nous avons réorganisé le siège et créé entre autres les départements « Sciences » et « Politique et économie ». En 1989, le siège a déménagé à Berne-Liebefeld, permettant ainsi une centralisation des moyens financiers, personnels et matériels. Le travail avec le public a également été important (conférences de presse, action en matière de prévention) et les contacts plus intensifs avec les partenaires et concurrents dans le domaine de la remise des médi caments ainsi qu’avec l‘industrie et les grossistes. C’est pourquoi j’ai toujours eu la même devise : ténacité dans l’essentiel, flexibilité dans les détails. Il ne faut pas oublier l’étroite collaboration avec l’Allemagne et l’Autriche au sein de l’Association pharmaceutique pour l’information (API), dont sont issues plusieurs publi cations telles que les profils des substances médicamenteuses ou un compendium sur les interactions. Enfin, il y a aussi eu d’importantes batailles externes et internes autour de la mise en œuvre de la nouvelle réglementation du marché et la révision du Concordat sur les produits thérapeutiques, avec la révision des listes OICM C et D.
Qu’est-ce qui a changé dans ce contexte ? Quels ont été les défis auxquels le pharmacien a été confronté ? L’attitude de plus en plus critique de nombreux clients et patients à l’égard des médicaments «chimiques» a commencé de faire pencher la balance du côté des méthodes de médecine alternative. À cause de la publicité faite par les fabricants pour les médicaments en vente libre, le médicament est de plus en plus devenu aux yeux de nombreux utilisateurs un bien de consommation ordinaire, mettant en danger la sécurité des médicaments d’automédi cation fournis sans conseil pharmaceutique. La pression croissante des coûts dans le système de santé complique le dialogue et les solutions constructives entre les four nisseurs de prestations (médecins, pharmaciens) et les assureurs-maladie. Qu’est-ce qui était aussi important pour vous ? Les débats autour de la fermeture de l’Institut pharmaceutique de Berne ; le manque de temps pour intensifier les contacts avec les parlementaires suisses ; l’effort, la patience et le temps que demande une réforme des études ; enfin de nombreuses questions liées aux effets du marché intérieur européen, en particulier à la libre circulation des personnes et des biens. //
Pendant votre mandat de président, qu’est-ce qui a changé pour les pharmaciennes et les pharmaciens dans le domaine technique ? Le besoin toujours croissant en informations des pharmaciens sur les nombreux nouveaux médicaments et les nouvelles indications ainsi que la rationalisation dans le domaine administratif ont conduit à l’expansion rapide de l’informatique avec des programmes spécifiques aux pharmacies.
Dr Hermann Ambühl, président de 1985 à 1991
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 14
Dr Max D. Brentano, président de 1992 à 2002
Dr Max D. Brentano Quels sont les thèmes qui vous ont le plus occupé durant votre mandat de président ? Quels ont été les points forts de votre activité ? Ma vision a été de réorienter clairement notre profession, d’établir les pharmaciens en tant que fournisseurs de prestations essentiels et professionnels de la santé dans le système de santé suisse. J’ai concrétisé les objectifs visés dans « les 25 thèses de la profession de pharmacien ». Celles-ci sont restées jusqu’à la fin de mon mandat et au-delà des directives pour les activités de l’association. Il fallait redéfinir les domaines de la formation, la mise en réseau dans le système de santé, la rémunération des prestations en tant que prestataire et du renoncement au système du commerce de détail (marge commerciale), l’introduction et la rémunération d’autres prestations fournies par les pharmaciens et l’adaptation aux exigences de la libre concurrence (droit sur les cartels). Par mon activité de politicien actif et de député au Grand conseil argovien, j’avais des liens privilégiés avec des consœurs et confrères élus plus tard au Conseil national et ai pu leur soumettre directement mes requêtes. Cela était d’autant plus important que, durant mon mandat, il y a eu les révisions de la loi sur l’assurance-maladie et de la loi sur les produits thérapeutiques et la préparation de la loi sur les professions médicales. Pendant votre mandat de président, qu’est-ce qui a changé pour les pharmaciennes et les pharmaciens dans le domaine technique ? Le principal changement pour les pharmaciens a été le développement et l’intro duction de la rémunération basée sur les prestations (RBP). La pression sur les marges a été énorme et on savait que la prochaine loi sur les cartels allait interdire l’ordre des marges privé. Pour en pro nostiquer de manière sûre l’incidence sur
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le rendement, nous avions besoin de chiffres concrets que nous avons collectés avec toujours plus de précision avec l’OFAC, dans l’étude permanente des coûts en pharmacie (ROKA SAV). Le nouveau système a coïncidé avec l’introduction des premières prestations pharmaceutiques complémentaires. Un système de vérification de la qualité (QMS) a aussi été lancé. Qu’est-ce qui a changé dans ce contexte ? Quels ont été les défis auxquels le pharmacien a été confronté ? Les défis n’ont cessé de croître. La formation de base a donc été adaptée, la formation continue et postgrade devenaient une nécessité, l’assurance-qualité a été standardisée et les prestations fournies par les pharmaciens ont dû être expliquées au grand public de manière transparente. Si je regarde le paysage aujourd’hui, je peux constater que nos visions d’autrefois ont largement été réalisées et ont poursuivi leur développement. Qu’est-ce qui était aussi important pour vous ? Ce n’était pas quelque chose en particulier, mais le tout qui était important. L’équipe, le comité, les délégués, les collaborateurs et les amis ont tous contribué au succès. Enfin et surtout, je remercie tous ceux dont l’amitié a perduré après mon mandat ! //
Dominique Jordan, président de 2003 à 2014
Dominique Jordan Quels sont les thèmes qui vous ont le plus occupé durant votre mandat de président ? Quels ont été les points forts de votre activité, vos défis et vos succès ? La stratégie s’est focalisée sur le renforcement du rôle du pharmacien en tant que membre d’une profession médicale et fournisseur de prestations pour lesquelles il est payé. Étape par étape, nous avons mis des outils à disposition des pharmaciens pour qu’ils puissent être des acteurs importants de notre système de santé. Le déve loppement de la RBP, la réforme des études de pharmacie (processus Bologne) avec l’extension de la filière avec la pharmacie clinique et la pharmacie pratique, la reconnaissance du titre de pharmacien spécialiste par le Conseil fédéral, les révisions des lois fédérales, le développement du système de qualité avec nos confrères français, l’élaboration de bases de données scientifiques, la fondation d’Axapharm, la vacci nation, netCare et les différentes campagnes de prévention ne sont que quelques-uns de nos nombreux projets devenus des succès pour les pharmaciens suisses. Pendant votre mandat de président, qu’est-ce qui a changé pour le pharmacien dans le domaine technique ? Le changement de paradigme introduit par la RBP ainsi que les nouvelles prestations en matière de prévention pour les clients atteints de maladies chroniques et aiguës ont modifié la profession. D’activité centrée sur les produits, elle s’est développée en activité centrée sur le patient – avec tout ce que cela implique en investissements et capacités d’adaptation.
Qu’est-ce qui a changé dans le domaine social, politique et économique ? Quels ont été les défis auxquels le pharmacien a été confronté ? La hausse des coûts dans le système de santé, les interventions de l’État dans les marges bénéficiaires, la montée en p uissance des chaînes de pharmacie et l’envoi par poste tablant sur des rabais, le vieillis sement de la population ainsi que les attentes des politiques et de la population ont contraint les pharmaciens à proposer des solutions pragmatiques. Être innovant, continuer le combat sans perdre courage et mettre en œuvre des solutions semblent être des défis permanents pour la pro fession ! Qu’est-ce qui était aussi important pour vous ? La conservation de la cohésion au sein de la profession, rendue plus difficile avec l’apparition des différents groupes d’intérêt, et le maintien de bonnes relations avec les politiques, les autorités et les autres acteurs du système de la santé ont été les clés des succès obtenus. Par ailleurs, il était particulièrement important pour moi de veiller à un bon climat de travail au sein du siège et de reconnaître à leur juste valeur le travail et les compétences des collaborateurs. Sans eux, je n’aurais jamais atteint mes ambitieux objectifs. //
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 16
Fabian Vaucher Quels sont les thèmes qui vous ont le plus occupé durant votre mandat de président ? Quels sont les points forts actuels de votre activité ? Le positionnement de la pharmacie sur le marché est déterminant : elle devrait être le premier point de contact pour toute question en matière de santé. Grâce aux révisions des lois, les connaissances et les compétences des pharmaciens sont enfin utilisées plus largement. Nous contribuons à assurer des soins médicaux de base, garantissons aux patients les meilleurs traitements médicamenteux possibles et offrons des prestations ciblées en matière de prévention. L’accent est mis sur le client – seul ce qui lui est utile est demandé. En tant qu’association, c’est également ce que nous adaptons à nos membres : où offrons-nous une valeur ajoutée tangible, en collaboration avec les associations cantonales et les groupements et chaînes cantonaux en pleine croissance ? Qu’est-ce qui change actuellement dans le domaine technique pour les pharmaciennes et pharmaciens ? L’obligation de suivre une formation post grade est entrée en vigueur avec la révision de la LPMéd, ce qui est en soi une bonne chose mais une énorme charge administrative. Il est certain que la formation de base, continue et postgrade est pour tout pharmacien une exigence qui s’applique tout au long de la vie. Outre les compétences techniques, les pharmaciens d’aujourd’hui
Fabian Vaucher, président depuis 2015
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doivent également être en mesure de communiquer avec leurs clients et avoir le vent en poupe lorsqu’il s’agit de numéri sation. Qu’est-ce qui change dans le domaine social, politique et économique ? Quels sont les défis actuels ? Sur le plan de la société, c’est notre com portement de consommation. Nous voulons tout, santé et style de vie d’une simple pression sur un bouton, de manière rapide, avantageuse et de préférence pendant 175 ans. La politique est appelée à répondre à la question connexe du financement. La hausse des primes maladie est le sujet numéro un de tous les partis. La baisse de la marge de distribution et le principe du prix le plus bas sont des coups de feu précipités venant du coin politique auxquels nous devons faire face. Car les pharmaciens sont les bons types dans la spirale des coûts : nous déchargeons les urgences et les cabinets des médecins de famille, nous encourageons les compétences de la population en matière d’automédication et nous soutenons la santé par des prestations de prévention. Les pharmacies génèrent moins de 3,5 % du coût des primes et ont économisé depuis 2001 plus d’un milliard de francs en faveur des payeurs de primes. Qu’est-ce qui est encore important pour vous ? La transformation numérique : je vois ce développement comme un défi – et surtout comme une chance. La pharmacie de demain agit de plus en plus comme connecteur humain et traductrice de contenus médicaux et numériques. Nos connaissances aideront les gens, aussi à l’avenir. Tout le monde veut rester en bonne santé et les malades veulent la meilleure qualité de vie possible. La prise en charge et l’accom pagnement personnels et compétents sont toujours très demandés, spécialement dans le monde numérique. Le client veut la sécurité et la confiance. Nous lui offrons les deux, que ce soit au niveau numérique ou stationnaire. //
De commerçant à prestataire du système de santé
La rémunération basée sur les prestations: un jalon important Grâce à la rémunération basée sur les prestations (RBP), les pharmacies ont permis au système de santé d’économiser plus d’un milliard de francs depuis 2001. Son introduction représente l’un des jalons importants de l’histoire de la profession. Rétrospective avec trois acteurs de cette mutation. Interview: Richard Pfister
Depuis 2001, les pharmaciens sont rémunérés de manière uniforme lorsqu’ils remettent un médicament soumis à ordonnance à charge de la caisse-maladie, indépendamment de son prix. Ce système repose sur la rémunération basée sur les prestations (RBP), que pharmaSuisse a négociée conjointement avec les assurances-maladie. Grâce à ce système de rémunération, les payeurs de primes et par conséquent le système suisse de santé ont économisé environ un milliard de francs jusqu’à 2017 ; en outre, les pharmacies ont contribué à épargner 80 millions de francs supplémen-
taires dans le cadre des baisses de prix décrétées par l’OFSP en vue de stabiliser les coûts. La RBP constitue la plus grande transfor mation qu’a connue le secteur au cours des 25 dernières années. Elle représente également un succès qui suscite l’intérêt d’autres pays. Son développement et son introduction sont le fruit d’une étroite collaboration entre de nombreux acteurs. Nous tenons à les remercier tous pour le travail accompli, en particulier le Dr Max Brentano-Motta et Dominique Jordan, deux anciens présidents de pharmaSuisse. Retour sur cette évolution avec trois des acteurs ayant joué un rôle important dans l’élaboration de la RBP.
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Lucie Trevisan, pharmacienne Présidente de longue date de l’Association des pharmaciens de Bâle-Ville et déléguée de pharmaSuisse; membre de la délégation de négociation de pharmaSuisse pour les contrats avec les assurances-maladie.
Comment les prestations des pharmaciens étaient-elles rémunérées avant l’intro duction de la RBP ? Avant l’introduction de la RBP, le marché des médicaments était soumis à un ordre des marges privé. Les pharmaciens touchaient une marge fixe sous forme de pourcentage du prix de vente. Toutes les prestations étaient rémunérées ainsi. Pourquoi avoir remplacé l’ancien système par la RBP ? Le renchérissement progressif a joué un rôle important. Sans relâche, de nouveaux traitements plus onéreux arrivaient sur le marché et remplaçaient les anciens médicaments. Cela s’est traduit par l’augmentation des coûts à charge de l’assurancemaladie, eux-mêmes soumis à la pression sur les primes. Il en a résulté une pression considérable sur les marges des pharmacies. Conjointement avec les assureurs, nous avons cherché une solution pour sortir de cette spirale des prix. Cependant, ni le public ni nos partenaires du système de santé n’étaient conscients des prestations officinales que la marge servait jusqu’ici à rémunérer. Il n’y avait aucun document qui présentait ces services en détail. Nous avons alors établi que notre charge de travail
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n’était souvent pas proportionnelle au prix du médicament. Au contraire: un médicament peu onéreux présentant de nombreux effets secondaires et interactions tel que l’aspirine requiert des clarifications plus approfondies et intensives qu’un médicament contre l’hypertension coûteux utilisé dans le cadre d’un traitement de longue durée bien adapté. C’est de là qu’est venue l’idée de dissocier la rémunération de nos prestations du prix du médicament. Cette approche était également intéressante pour les assureurs-maladie. En effet, en offrant une rémunération fixe aux pharmacies, on éliminait l’incitation à remettre des emballages plus grands et plus coûteux aux patients. Les assureurs y voyaient également l’espoir d’une baisse des prix, principalement dans les catégories de prix supérieures. Voici comment nous sommes parvenus à la RBP. Comment les pharmaciens ont-ils réagi à ces négociations ? La mise au point de la RBP était un acte pionnier. Si la logique du modèle séduisait, on ne connaissait jusqu’ici que la marge, et personne ne pouvait nous garantir que le nouveau modèle fonctionnerait. Certains craignaient par conséquent pour leur existence. Pour changer de système, il fallait une grande confiance dans nos prestations et le courage de se lancer.
Y a-t-il eu des difficultés lors de l’intro duction de la RBP ? Le plus grand défi résidait dans la manière de communiquer le changement de système. La nouvelle rémunération dissociée des prestations a nécessité un grand travail d’explication auprès de nos patients et du public. Il fallait expliquer d’une part que la RBP ne s’appliquait qu’aux médicaments délivrés sur ordonnance qui étaient pris en charge par l’assurance de base et que d’autre part, d’importantes économies étaient attendues dans ce domaine pour le système de santé. En outre, nous devions développer un logiciel complexe permettant aux pharmaciens de gérer les dossiers patient, effectuer des contrôles standardisés des effets indésirables et des interactions tout en facturant les médicaments aux assurances-maladie conformément à la RBP. C’était le deuxième grand défi. Aujourd’hui, si c’était à refaire, que changeriez-vous ? J’aurais souhaité que l’on investisse davantage dans la communication pour la transition vers la RBP. De nombreuses difficultés auraient ainsi pu être évitées. //
Balthasar Schmid, pharmacien Ancien délégué de pharmaSuisse et ancien président de la Société des pharmaciens du canton de Lucerne, membre de la délégation de négociation RBP.
Comment avez-vous vécu l’introduction de la RBP dans votre pharmacie ? Très franchement, nous l’avons vécue comme une opération réalisée à l’arrachée. La RBP est une excellente chose, mais le temps nous faisait défaut pour informer les clients lors de son introduction. Les pharmaciens ont dit: nous ne voulons plus bénéficier des hausses de prix des médicaments, mais être rému nérés pour nos prestations avec un taux forfaitaire. Un concept tout ce qu’il y a de plus logique. Bien entendu, nous étions également bien conscients qu’à l’avenir, les prix ne continueraient pas à grimper, mais qu’au contraire ils chuteraient. Cela s’est vérifié par la suite, et grâce à la rémunération indépendante des prix, notre dédommagement est resté à un niveau stable. Cependant, le fait qu’en renonçant à notre marge en tant que prestataires de soins de première ligne, nous avons surtout contribué dans une très large mesure à la stabilisation des coûts n’a jusqu’à présent jamais été suffisamment communiqué. Quelle fut la réaction des clients à l’époque ? Pour la première fois, j’ai eu des clients insatisfaits. C’était tout sauf agréable. L’argument selon lequel les médicaments onéreux deviendraient moins chers grâce à la RBP ne nous a pas été d’une grande utilité, même si ce fut effectivement le cas : un médicament à 200 francs ne coûte plus que 100 ou 120 francs, auxquels s’ajoutent les nouveaux forfaits pharmacie. Cela n’a suscité l’intérêt de personne, car de toute façon, les médi caments onéreux sont pris en charge par l’assurance-maladie. À l’inverse, tous les clients notaient que le Ponstan à 7.30 francs
prescrit par le dentiste voyait son prix augmenter de plus de 50 % une fois qu’on lui ajoutait le forfait pharmacie à 4.30 francs, et ce parce que les clients paient le médicament directement. Ainsi, nous étions t oujours tenus pour responsables de ce désavantage, tandis que les avantages, notre contribution à la stabilisation des prix, n’étaient pas perceptibles par les clients. Comment réagissez-vous à la critique? L’important est de se tenir à cette explication : oui, les forfaits font partie intégrante du prix du médicament. Une brochure publiée dans le magazine « Beobachter », qui présentait simplement la RBP et les deux forfaits « validation médicament » et « validation traitement » nous a bien rendu service. Il s’agissait d’une source indépendante et par conséquent crédible. Nous l’avons donnée à beaucoup de clients. La manière dont nous communiquons les prix me paraît cruciale. Nous annonçons le prix validation comprise aux clients qui paient directement, puis nous leur remettons la quittance et nous fournissons des explications lorsque c’est nécessaire. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les clients comprennent-ils la RBP ? Qu’en pensent-ils ? Ils l’acceptent. Seuls les clients sensibles au principe de solidarité, qui est au cœur des montants forfaitaires, ont une image positive de la RBP. Et ceux qui reconnaissent que la RBP n’est pas uniquement essentielle pour les pharmacies, mais qu’elle est également utile pour les clients et les caisses- maladie. //
Rémunération basée sur les prestations (RBP) Par « rémunération basée sur les prestations (RBP) », on désigne le système tarifaire qui rémunère les prestations des pharmaciens liées aux médicaments soumis à ordonnance. Ce système est réglé dans la convention tarifaire conclue entre les assurances-maladie et pharmaSuisse, qui a été approuvée par le Conseil fédéral. Une convention similaire a également été conclue entre pharmaSuisse et les assureurs dans les domaines des accidents, de l’armée et de l’invalidité. La RBP a été introduite le 1er juillet 2001 et remplace l’ordre des marges privés en vigueur jusque-là dans le domaine des médicaments soumis à ordonnance et pris en charge par l’assurance de base. Depuis
lors, les prestations spécialisées des pharmaciens font l’objet d’un tarif indépendant du prix du médicament. Les prestations principales sont réparties en deux volets: la validation médicament et la validation traitement. " La validation médicament regroupe toutes les prestations qui concernent un seul médicament : vérification de l’ordonnance, évaluation des éventuels risques, effets indésirables et interactions, choix optimal de la taille de l’emballage sur le plan économique, conseil sur le dosage et la durée de la prise, contact avec le médecin prescripteur. Il s’agit d’un forfait de 4.30 francs par médicament prescrit, indépendamment du nombre d’emballages.
Lors de la validation traitement, le pharmacien s’assure que les médicaments prescrits sont compatibles avec les autres médicaments que le patient prend. Cela inclut la tenue d’un dossier patient dans lequel les médicaments sont saisis. Cette prestation est facturée sur une base forfaitaire de 3.25 francs par médecin et par jour, indépendamment du nombre d’emballages et d’ordonnances. Depuis son introduction, la RBP a subi plusieurs révisions (RBP I, II, III et IV). Actuellement, des négociations sur la prochaine révision (RBP V), dont l’entrée en vigueur est prévue au 1.1.2021, sont en cours et devraient être terminées d’ici à fin 2019.
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Marcel Mesnil, pharmacien Secrétaire général de pharmaSuisse
Pourquoi l’introduction de la rémunération basée sur les prestations (RBP) a-t-elle joué un rôle si important pour la profession à l’époque ? Grâce à la RBP, nous avons réussi à redéfinir la profession de pharmacien en tant que prestataire du système de santé et à assurer son avenir. Sans la RBP, il ne resterait aujourd’hui des pharmaciens que dans les musées. Car auparavant, les pharmaciens étaient surtout perçus comme des détaillants de médicaments, et en tant que tels, ils étaient soumis à une pression croissante de toutes parts. Le public et les milieux politiques demandaient que l’on freine la hausse des coûts ; comme les pharmaciens bénéficiaient automatiquement de la hausse des coûts grâce à la marge commerciale en pourcentage, ils étaient considérés comme des ennemis par les politiques responsables des questions de santé. En tant que canal de distribution, n’auraient-ils pas été remplaçables, par exemple par les médecins dispensateurs, les distributeurs par correspondance ou encore les grands distributeurs ? Ils ne prennent aucune décision, mais se contentent d’exécuter ce que le médecin prescrit ; on les a également taxés de « gestionnaires universitaires de tiroirs ». Pourquoi ont-ils besoin d’une formation universitaire ? Pour faire simple, à cause de l’ordre des marges, les pharmaciens ne jouissaient d’aucune crédibilité en tant que prestataires et n’avaient pas d’alliés politiques. C’est ainsi que leur volonté de s’en départir s’est développée. Puis est arrivée 1996, alors que la libéralisation battait son plein, et la loi sur les cartels, qui inter disait carrément les ordres des marges comme celui qui s’appliquait au marché des médicaments. La RBP n’a été introduite qu’en 2001. Quels obstacles a-t-il fallu surmonter ? En 1992, les pharmaciens avaient déjà posés les premiers jalons : l’assemblée générale de pharmaSuisse s’était fixé pour objectif d’obtenir une rémunération des prestations indépendante du prix et du volume. Mais nombreuses étaient les exigences pour y parvenir : il fallait notamment donner une définition reconnue de nos prestations et les quantifier, réformer la formation de base et la formation postgrade, créer les bases juridiques et négocier la tarification. En tant qu’association, nous avons entrepris la réforme de la formation. Nous avons chargé le Pr Bernd Schips du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’ETH Zurich de développer un modèle de rémunération
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basée sur les prestations. En 1995, son rapport est arrivé à la conclusion que les pharmaciens n’étaient ni exclusivement des commerçants, ni des prestataires de santé, mais les deux à la fois, et que c’était justement dans cette combinaison que résidait nos forces. De manière logique, son concept distinguait les prestations de distribution des prestations médicales. Les premières doivent être rémunérées par des parts de prix ou des calculs liés au volume, tandis que les secondes doivent être compensées par des tarifs de prestations indépendants du prix et du volume. L’impulsion politique s’est concrétisée lors de la révision de la LPTh, dans le cadre de laquelle les pharmaciens se sont vu attribuer le droit de substitution : au lieu du médicament prescrit par le médecin, le pharmacien peut remettre un générique. Pour la première fois, on reconnaît aux pharmaciens un pouvoir de décision. Ce projet a immédiatement suscité une large adhésion au Parlement ; les pharmaciens n’étaient soudain plus des ennemis, mais des alliés dans la lutte contre la hausse des coûts. À ce jour, la RBP a permis d’éviter des coûts supplémentaires de plus d’un milliard de francs. Comment la profession de pharmacien s’est-elle réinventée depuis ? La RBP a initié une profonde mutation. Aujourd’hui, la capacité des pharmacies à contribuer effectivement à une meilleure qualité de prise en charge est reconnue. On leur attribue de nouvelles compétences et elles sont perçues comme des pierres angulaires des soins médicaux de base. Actuellement, des négociations sur la prochaine révision (RBP V) sont en cours. De quoi s’agit-il ? Cela consiste principalement à se dissocier encore davantage des prix et des volumes. Par exemple, la part liée à la distribution représente toujours la plus grande source de revenu des pharmacies, tandis que la prise en charge et l’ampleur des prestations spécialisées, qui apportent une importante valeur ajoutée à la société, augmentent. Si nous parvenons à corriger cette erreur dans les sources de revenu, la profession de pharmacien a un avenir prometteur devant elle. //
Campagne faîtière
Consultez votre pharmacien La nouvelle campagne faîtière pluriannuelle « Consultez votre pharmacien » a été lancée en juin dans le cadre du 175e anniversaire de pharmaSuisse. Elle définit les équipes officinales comme premier contact pour toute question relative à la santé et pose les jalons pour les prochaines actions de communication autour des nouvelles prestations et de la prochaine convention tarifaire. Auteur : Tom Glanzmann
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votre-pharmacien.ch
Les pharmacies sont bien plus que des sources d’approvisionnement en mé dicaments. Elles sont des prestataires de soins de base travaillant en réseau, se portent garantes de la sécurité des patients, assurent la promotion de la santé et, enfin, elles sont des employeurs. La population suisse doit encore être davantage sensibi lisée à ces rôles. L’objectif est de présenter le large éventail de prestations disponibles en pharmacie afin de susciter la bienveillance et la disposition de la population à rétribuer ce travail. Dans un contexte important : le prix des médicaments soumis à ordonnance n’est pas déterminé librement ; il est fixé par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et adapté annuellement, dans le but de diminuer les coûts du système de santé. C’est pourquoi il est important que les pharmaciens soient connus avant tout pour leurs excellentes prestations.
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Consultez votre pharmacienne
© pharmaSuisse 5.2018
Consultez votre pharmacien
© pharmaSuisse 5.2018
Désorienté ? Ça brûle ?
votre-pharmacienne.ch
Campagne pluriannuelle La nouvelle campagne présente l’éventail des prestations disponibles en pharmacie et s’adresse à la population avec un message simple : « Consultez votre pharmacien ». Les pharmaciens doivent être reconnus en tant que gestionnaires de santé et prestataires : pour toute question relative à la santé, les clients trouvent une bonne solution en pharmacie, rapidement, sans rendez-vous et à proximité immédiate.
Mesures variées Des affiches et d’autres moyens de communication mettent l’accent sur les conseils en matière de médicaments, le triage, par exemple en cas de maux de ventre ou encore les prestations de prévention, notamment contre l’hypertension. Toutes ces prestations représentent un potentiel d’économies pour le système de santé suisse. Les sujets ont été volontairement conçus de telle sorte à ce qu’ils soient interprétés différemment et qu’ils suscitent des discussions. Le site
www.votre-pharmacien.ch présente la large palette d’offres, et des courts-métrages humoristiques montrent d’autres situations dans lesquelles il est possible de consulter son pharmacien. Les sujets représentés sur les affiches et les messages de la campagne faîtière sont également diffusés sur Facebook, où pharmaSuisse échange directement avec ses membres et la population suisse.
Campagne 2019/2020 La campagne durera trois ans. Mais cela ne s’arrête pas là. Un sondage mené dans la rue le montre : avec leur présentation simple et concise, les affiches sont très appréciées et suscitent la sympathie auprès de la population. On aura ainsi peut-être l’occasion de les revoir dans un catalogue des meilleures affiches publicitaires, ou au plus tard dans le magazine du 200 e anniversaire de la Société Suisse des Pharmaciens. //
Levée de l’interdiction de posséder plusieurs pharmacies en Suisse
Tendance au regroupement Le paysage officinal a connu une importante mutation ces trente dernières années. Les rapports de propriété ont évolué. À l’heure actuelle, de nombreuses pharmacies sont organisées en groupements ou font partie d’une chaîne, ce qui n’était pas à l’ordre du jour jusque dans les années 90. Auteure : Lucie Trevisan
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Paysage officinal en 2018
11,8 % pharmacies non organisées dans l’une de ces chaînes ou l’un de ces groupements 29,9 % Chaînes
58,3 % Groupements
2016 2017
Chaînes Groupe Galenica: 1) Amavita Sun Store 1) Coop Vitality (Joint Venture mit Coop) Pharmacies BENU Dr. Bähler Dropa Pharmacies Topwell Pharmacie Populaire de Genève 1)
517 318 150 99 69 89 53 37 20
539 329 157 97 75 89 59 41 21
4,3 % 3,5 % 4,7 % – 2,0 % 8,7 % 0,0 % 11,3 % 10,8 % 5,0 %
1029 158 128 118 110 92 92 92 80 74 – 28 22 22 9
1049 152 131 114 107 99 99 87 81 60 38 29 22 22 8
1,9 % – 3,8 % 2,3 % – 3,4 % – 2,7 % 7,6 % 7,6 % – 5,4 % 1,3 % – 18,9 % nouveau 3,6 % 0,0 % 0,0 % – 11,1 %
246
212
– 13,8 %
1792
1800
0,4 %
Groupements Winconcept Partner (Label Feelgood’s) 2) 4) TopPharm 2) Salveo fortis Pharmapower Pharmacies Rotpunkt 2) pharmacieplus 2) DirectCare Pharmavital pharmactiv Spazio Salute 2) Grischa-Pharma MedicaPlus 2) Amavita Partner 4) Pharmacies non organisées dans l’une de ces chaînes ou l’un de ces groupements3) Nombre de pharmacies (au 31.12.2017)
Écart
Pharmacies de chaînes non affiliées à pharmaSuisse en 2017 Pharmacies en groupement ayant un positionnement commun sur le marché 3) y compris mini-chaînes (5 – 15 pharmacies) et propriété multiple (jusqu’à 4 pharmacies.) 4) appartient à la Groupe Galenica 1)
2)
Source: pharmaSuisse et indications des pharmacies de chaînes et des groupements
Jusqu’à la fin des années 80, de nombreuses ordonnances cantonales relatives aux pharmacies prévoyaient que le pharmacien responsable d’une officine devait également en être le propriétaire. C’était notamment le cas dans le canton de Bâle-Ville, jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance en 2004. Concrètement, cela signifiait qu’un pharmacien ne pouvait être propriétaire que d’une seule pharmacie et, inversement, que le propriétaire d’une pharmacie devait obligatoirement être pharmacien. Dans la plupart des cantons, le propriétaire était même obligé d’élire domicile à l’emplacement de la pharmacie. Voilà qui réglait le problème du service de garde : le pharmacien était atteignable de jour comme de nuit. D’après le principe de liberté du commerce et de l’industrie, et avec l’entrée en vigueur au milieu des années 90 de la nouvelle loi sur les cartels, de tels règlements n’étaient plus justifiables du point de vue juridique. Détenir
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plusieurs pharmacies est alors devenu possible en Suisse, même pour un non- pharmacien. Cette libéralisation a eu pour effet qu’afin d’éviter la concurrence, quelques pharmaciens ont dans un premier temps ouvert d’autres officines, qui devaient être dirigées par un gérant pharmacien. Les premières chaînes de pharmacies se sont établies au tournant du siècle. Elles comptent un nombre croissant de pharmacies. Les chaînes appartiennent à une entreprise gérée de manière centralisée ; le gérant dirige la pharmacie en tant que responsable médical pour le compte de cette entreprise.
Utiliser les synergies Beaucoup de pharmacies indépendantes s’associent aujourd’hui dans des groupements pour profiter de coopérations, notamment en matière d’achats, de marketing et de formation continue. Par ailleurs, de nombreux projets importants de pharmaSuisse ont été développés et testés par des groupements avant d’être introduits dans toute la Suisse en raison des bons résultats obtenus.
Situation actuelle Compte tenu de la pression des coûts dans le système de santé, il est devenu difficile d’exploiter une pharmacie de façon complètement indépendante. Il s’agit aujourd’hui d’unir les forces pour créer des synergies, comme le font les groupements de pharmacies indépendantes et les chaînes de pharmacies. Fin 2017, il y avait 1800 pharmacies en Suisse. 1482 d’entre elles, soit 82,3 % sont affiliées à pharmaSuisse. //
Liste des prix de l’Analga en 1928 archives Wander
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De la plante à la chimie
Wander et Alcacyl Depuis toujours, l’homme s’est servi de plantes contenant de l’acide salicylique pour lutter contre la fièvre et les douleurs. Dès 1900, les comprimés à base de cet acide ont fait partie des premiers médicaments fabriqués industriellement. Auteur : Pr Dr François Ledermann
C’est au début du XIXe siècle déjà que des pharmaciens ont découvert des précurseurs de l’acide salicylique. Samuel Pagenstecher, pharmacien bernois, a notamment isolé du salicylaldéhyde à partir de fleurs de reine-des-prés. En 1853, le Strasbourgeois Charles-Frédéric Gerhardt est parvenu à synthétiser un autre dérivé, l’acide acétyl salicylique, vendu sous le nom d’aspirine.
Du pharmacien à l’industrie Peu après, c’est au tour d’Albert Wander, le créateur de l’Ovomaltine, d’entrer en jeu. Il est né en 1867 et son père Georg, chimiste, avait fondé deux ans plus tôt une entreprise
qui fabriquait de l’extrait de malt et des aliments pour enfants. Après avoir étudié la pharmacie et la chimie, Albert Wander a repris la fabrique paternelle en 1897. En cette période de transition entre pharmacie arti sanale et pharmacie industrielle, l’entreprise Wander a remplacé les pharmaciens dans la fabrication de formes galéniques et complété les spécialités existantes par de nouveaux produits. Le produit Analga, à base d’acide acétylsalicylique, a également été amélioré par Albert Wander de façon à réduire les maux d’estomac causés par son principe actif. En 1927, le pharmacien bernois a introduit l’Alcacyl, un calcium de l’ester d’acide salicylique mélangé à de l’Alucol (hydroxyde d’aluminium), mieux toléré. L’Alcacyl est toujours commercialisé aujourd’hui, ce qui souligne sa durabilité. Comment son prix a-t-il évolué ? Lors de son introduction il y a presque 100 ans, un tube de 20 comprimés coûtait 2 francs. Aujourd’hui, son prix avoisine 7.50 francs. Une augmentation que l’on peut qualifier de raisonnable. //
∫ Boîte d’Ovomaltine de 1904 archives Wander ≤ Publicité pour Alcacyl archives Wander
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Chronologie
175 ans
1800
de la Société Suisse des Pharmaciens
Dès 1800
Une étape importante est franchie dans le développement de médicaments contre la douleur. Fondation de la première association cantonale.
1843
1843 - 1899
La fondation de l’Association Suisse des Pharmaciens coïncide avec une période marquée par les transformations. Avant la fin du siècle, les pharmaciens fondent des associations cantonales qui complètent et renforcent les efforts de l’Association Suisse des Pharmaciens. Les premiers médicaments synthétiques, comme les analgésiques et les somnifères, apparaissent sur le marché.
1900 - 1929
1900
L’introduction de la loi fédérale sur la formation de pharmacien et la fondation des premiers instituts de pharmacie à Zurich, Lausanne, Berne, Bâle et Genève proposent un cursus universitaire harmonisé débouchant sur un diplôme fédéral – désormais aussi accessible aux femmes. Une nouvelle étape importante est l’entrée en vigueur de la première loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal) en 1911. 1930
1930 - 1979
Au cours du XXe siècle, le pharmacien n’est plus un simple producteur ; la fabrication de médicaments devient de plus en plus industrielle. Les premiers antibiotiques sont disponibles sur le marché. Les fondations d’associations et de sociétés marquent cette période.
1980 - 2018
1980
Il se produit en 2001 un changement important dans le système de rémunération des pharmaciens. L’association devient une société et prend plus tard le nom de pharmaSuisse. En 2018, nous jetons un regard sur 175 ans d’histoire mouvementée.
2018
1804
Développement de médicaments contre la douleur et de médicaments contenant des alcaloïdes En 1804, on parvient à isoler la orphine de la plante de pavot et à l’utiliser de manière ciblée dans des médicaments contre la douleur. D’autres médicaments à base m d’alcaloïdes, par exemple de codéine, entrent en circulation et permettent de traiter les douleurs, la toux, la fièvre, etc. 1840 Fondation de la Société des pharmaciens du canton d’Argovie 1843 18 octobre 1843 Le 18 octobre, des pharmaciens fondent à Zurich l’Association Suisse des Pharmaciens, l’organisation faîtière des pharmaciens. 1848 Journal de pharmacie Cinq ans après la fondation de l’association paraît le premier Journal suisse de pharmacie (pharmaJournal), qui existe encore aujourd’hui. 1850-1900 Les premiers médicaments synthétiques, comme les analgésiques et les somnifères, apparaissent sur le marché Ils supplantent peu à peu les méthodes thérapeutiques traditionnelles qui s’appuient principalement sur les plantes. 1861 Fondation de la Société des pharmaciens du canton de Berne 1862 Fondation de la Société des pharmaciens du canton de Bâle-Ville 1865 Première pharmacopée La « Pharmacopoea Helvetica » est éditée pour la première fois. Les pharmacopées sont des recueils officiels qui recensent les prescriptions de qualité pour les médicaments, les excipients et certains dispositifs médicaux. 1868 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton de Zurich 1873 Fondation de la Société vaudoise de pharmacie 1874 Fondation de la Société de pharmacie du canton de Genève 1877 Adoption de la première loi fédérale sur la formation de pharmacien La nouvelle loi garantit une formation uniformisée et la libre circulation des professionnels médicaux sur tout le territoire de la Confédération. Cela fait donc bien plus de cent ans que les fondements nécessaires au développement des études de pharmacie sont posés. 1881 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton de Tessin 1886 Fondation de l’Ordre Neuchâtelois des Pharmaciens 1890 Fondation de la Société valaisanne de pharmacie 1896 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton de Schaffhouse 1899 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton de Saint-Gall 1900 Fondation de la Société des pharmaciens fribourgeois Dès 1900 Premières étudiantes en pharmacie Les premières étudiantes apparaissent sur les bancs des hautes écoles et lancent un mouvement important de féminisation de la profession. 1902 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton de Lucerne 1903 Fondation de l’Association des pharmaciens du canton des Grisons 1905 Première pharmacienne helvétique Clara Winnicki est la première pharmacienne suisse à obtenir son diplôme. 1907 Fondation de la Société des pharmaciens du canton de Thurgovie 1911 Entrée en vigueur de la première loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal) La première loi fédérale sur l’assurance-maladie entre en vigueur. En Suisse, conclure une assurance-maladie n’est obligatoire qu’à partir de 1996. Avant cette date, elle était facultative. 1911 La pharmacie militaire En 1911, le Conseil fédéral décide d’engager le premier pharmacien militaire professionnel, ainsi que du personnel auxiliaire et de laboratoire. Julius Thomann a été le premier pharmacien militaire de 1911 à 1940. avant 1950 Apparition des premiers antibiotiques et antidépresseurs Les premiers antibiotiques sont disponibles avant 1950. Des médicaments contre la souffrance psychologique, comme les antidépresseurs, arrivent eux aussi sur le marché. Auparavant, la plupart des médicaments étaient essentiellement d’origine végétale. Au cours des dernières décennies, les médicaments à base de plantes ont connu un nouvel essor. 1943 100 ans L’histoire des cent premières années de la Société Suisse des Pharmaciens est retracée par Josef Anton Häfliger dans une publication spéciale et dans un numéro spécial 38/39 du Journal suisse de pharmacie sur la 97e assemblée générale et la fête du centenaire. La fête du centenaire avec les membres a lieu à Zurich le samedi 25 septembre 1943. 1948 Fondation de l’Association suisse des pharmaciens de l’administration et des hôpitaux (GSASA) 1956 Fondation de la Société suisse des pharmacien(ne)s de l’industrie (SSPI) 1960 Fondation de la caisse de pension pour pharmaciens dans le but de garantir une assurance vieillesse supplémentaire 1966 Fondation de Toxinfo La Société Suisse des Pharmaciens crée à Zurich une fondation appelée « Centre d’information toxicologique de la Société Suisse des Pharmaciens ». Ce centre a ouvert ses portes le 25 mai 1966. 1968 125e anniversaire Les activités du 125e anniversaire sont bien documentées dans le Journal suisse de pharmacie, 106 e année/No 12, pages 407-494. La traditionnelle fête avec les membres a lieu en 1968 à Bâle. 1982 Nouveaux statuts de la SSPh L‘assemblée des délégués, fixée par le Grand comité conformément aux nouveaux statuts de novembre 1981, se réunit pour la première fois. 1993 150 e anniversaire Les activités du 150 e anniversaire sont bien documentées dans le Journal suisse de pharmacie, 131e année/N° 1-9. Volume commémoratif édité à l‘occasion du 150 e anniversaire de la Société Suisse de Pharmacie. Éditeur: Pr Dr François Ledermann. La traditionnelle fête avec les membres et les partenaires de réseau a lieu les 23 et 24 octobre à Interlaken. 1999 De l’association à la société Le 28 octobre, l’assemblée générale décide que l’association change de nom et devienne la Société Suisse des Pharmaciens. 2001 Introduction de la rémunération basée sur les prestations (RBP) Conjointement avec les assurances-maladie, les pharmaciens introduisent la rémunération basée sur les prestations (RBP). 2007 L’Académie Suisse des Sciences Pharmaceutiques (ASSPh) a été fondée le 24 avril 2007 par l‘assemblée des membres de la Société Suisse des Sciences Pharmaceutiques (SSSPh, fondée le 23 octobre 1993) révisant les statuts ; l‘ASSPh était le conseil scientifique constitué par les fellows et le comité du sénat de la SSSPh. 2007 La croix verte Depuis 2007, l’emblème lumineux des pharmacies suisses comporte trois symboles: la croix, la couleur verte et un serpent très stylisé. Cette triple symbolique repose sur des traditions très anciennes. 2009 Introduction de la forme abrégée « pharmaSuisse » Le 26 novembre, l’assemblée générale décide que la Société Suisse des Pharmaciens apparaisse désormais sous la forme abrégée de « pharmaSuisse ». 2015 Révision de la loi fédérale sur les professions médicales (LPMéd) Avec la révision de la loi sur les professions médicales, les pharmaciens se sont vu attribuer les compétences nécessaires pour vacciner en pharmacie sans ordonnance médicale. 2018 175 ans: activités dans les pharmacies Le livre Benny Blu et un kit d’expérimentation développé avec le Technorama de Winterthour sont remis par les pharmacies à leurs petits clients. 2018 Un timbre-poste spécial pour le 175e anniversaire La Poste Suisse consacre un timbre aux 175 ans de la plus ancienne association faîtière de Suisse. Il représente une pharmacienne en contact avec un client. Les deux graphistes de Lucerne Julia Reichle et Maria Pelosi ont gagné le concours de création de ce timbre. 2018 175e anniversaire La fête traditionnelle avec les membres et les partenaires de réseau se déroule les 26 et 27 octobre 2018 à Montreux. 2018 Magazine du 175e anniversaire Les membres et les partenaires de réseau tiennent le Magazine du 175e anniversaire entre leurs mains. 2018 175 ans Seize étudiants réfléchissent à quoi ressemblera la pharmacie de demain et développent leurs réflexions dans un concept fictif. 2018 La suite vous intéresse ? Consultez alors régulièrement notre site www.pharmaSuisse.org ou suivez pharmaSuisse sur Facebook, Twitter et Youtube.
Pharmaciennes
De la femme herboriste à la pharmacienne Aujourd’hui, quiconque entre dans une pharmacie suisse a de fortes chances d’être servi par une femme. Rien d’étonnant à cela : quelque 80 % des diplômes fédéraux de pharmacie des universités suisses sont délivrés à des femmes. Il n’en a cependant pas toujours été ainsi. Auteure : Mareike Fischer
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 30
Femmes herboristes dans le Haut-Valais (Conches) Photographie du Dr méd. Adolf Roos, Bâle Musée de la pharmacie, Bâle
Des veuves convoitées À Bâle, les veuves de pharmaciens héritaient de ce qu’on appelait le privilège des pharmacies, sésame indispensable pour exploiter une officine. Le nombre de pharmacies étant limité, les veuves étaient extrêmement convoitées sur le marché matri monial, en particulier par les pharmaciens compagnons.
« C’est très inesthétique pour une dame de faire des acrobaties sur une échelle quand elle doit aller chercher des médicaments sur les étagères. »
Au XIVe siècle déjà, il y eut des femmes connues et acceptées en tant que pharmaciennes, à l’exemple d’Anna Kupfernagel, Anna Wider et Katharina Offenburg. Le savoir pharmaceutique était souvent transmis par les communautés de sœurs hospitalières ainsi que par les apothicaireries des couvents et des hospices. Toutefois, les coûts élevés de l’apprentissage et des examens ainsi que la durée de la formation, qui s’étendait de l’apprenti au maître apothicaire en passant par le compagnon, empêchaient les jeunes femmes d’accéder à l’apprentissage d’apothicaire. Ainsi, elles œuvraient souvent en tant que « femmes herboristes » ou « bouilleuses d’eau-de-vie » qui vendaient des extraits de plantes macérés dans de l’alcool en guise de remèdes.
Les confréries rejettent les personnes de sexe féminin Clara Winnicki, première pharmacienne suisse diplômée Clara Winnicki a été la première Suissesse à obtenir son diplôme en 1905. Combattante engagée pour l’égalité entre les hommes et les femmes en matière de for mation, elle a publié des écrits belliqueux dans lesquels elle expose avec ironie et esprit les préjugés de ses collègues masculins. Elle fabrique dans son officine biennoise différentes spécialités maison comme la Migrainite, un médicament contre les maux de tête, ou les Pilules roses contre « la pâleur, l’anémie et tous les états de faiblesse ».
Après le Moyen Âge, des dispositions toujours plus restrictives ont mis les femmes au rebut : à Bâle par exemple, la guilde ne les acceptait pas si elles n’avaient pas terminé leur apprentissage. Et sans affiliation à la guilde, pas moyen d’exercer la profession d’apothicaire. L’ordonnance des apothicaires de Schaffhouse de 1611 interdit explicitement aux dames de vendre des médicaments. On leur permettait tout au plus de vendre des épices. L’ordonnance médicale bernoise de 1645 interdit catégoriquement aux femmes d’apprendre la profession d’apothicaire. Dans d’autres règlements, elles sont mises au même niveau de dépendance que les enfants.
Présentes mais non souhaitées : les épouses Au milieu du XVIIIe siècle, les exigences envers la formation de pharmacien augmentent considérablement et cette dernière devient toujours plus scientifique. L’accès à ce cursus reste interdit aux femmes, et pire encore : vers 1800, toute activité de vente en officine leur a été proscrite. Le nombre de documents mentionnant cette interdiction laisse supposer que de nombreuses femmes
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travaillaient dans la pharmacie de leur mari. Certaines reprenaient la direction de l’officine après le décès de ce dernier.
Les femmes, de simples « assistantes » ? Au milieu du XIXe siècle, les guildes et sociétés ont commencé de s’intéresser à l’utilité des femmes dans les officines. Les dis cussions portaient sur le rôle d’auxiliaire : les femmes pouvaient-elles éventuellement convenir en tant qu’assistantes ? Beaucoup de choses s’y opposaient : « Si l’on confiait la préparation des remèdes aux femmes, les cas d’empoisonnement dus à l’imprudence se multiplieraient consi dérablement », peut-on lire dans une revue de pharmaciens publiée en 1882. En outre, les femmes sont qualifiées de bavardes et incapables d’effectuer « tout travail exigeant une synthèse des pensées et une attention ininterrompue ».
Formation universitaire ouverte aux deux sexes Pendant que ces discussions suscitaient de vives émotions en Suisse, des femmes achevaient déjà leurs études de pharmacie dans d’autres pays européens. Puis la situation a également évolué dans notre pays : en 1887, la Société Suisse des Pharmaciens (SSPh) a annoncé que les femmes étaient officiellement admises à l’examen de pharmacie. Cela n’a pas plu à tout le monde, et les débats se sont poursuivis pendant de longues années. Ainsi, en 1902 encore, le président de la SSPh estimait que « si nous mettons beaucoup de connaissances théoriques dans la tête des filles, nous ne ferons d’elles rien d’autre que des choses ennuyeuses. » Tout comme certains cercles de pharmaciens conservateurs, il plaide en faveur de deux voies de formation ; la moins qualifiante des deux pour
VERFORA® renforce les pharmacies
VERFOR A® – UNE PRÉSENTATION PERCUTANTE POUR LES PHARMACIES
Depuis le 1 juin 2018, Vifor Consumer Health est active sous le nom de VERFORA® . Le changement de nom est une étape importante découlant du processus de scission de Vifor Pharma et de la reconstruction du groupe Galenica, scellée lors de l’introduction en bourse le 7 avril 2017. VERFORA® combine les termes latins veritas et forum. Le premier fait référence à l’objectivité, aux preuves médicales et à la sincérité dans la relation entre le client et le commerce spécialisé. Le deuxième représente un engagement pour des échanges ouverts et professionnels. Ces éléments ont déjà joué un rôle important dans le passé de l’entreprise et continueront à façonner l’avenir.
Torvald de Coverly Veale, responsable
PREMIER CHOIX
MARQUES PHARES POUR LES PHARMACIES
VERFORA® veut être le premier choix des pharmacies et des drogueries pour aider les patients à se sentir bien, à recouvrer la santé et la conserver. Sachant bien entendu que la santé et le bien-être ne s’acquièrent pas uniquement à l’aide de comprimés et de flacons de médicaments, mais qu’ils doivent aussi faire l’objet des conseils précieux d’un spécialiste.
VERFORA® , aussi des marques OTC phares comme Algifor ® , Triofan ® , Itinerol ® et bien d’autres, qui vont encore gagner en importance grâce à de nouveaux emballages. Depuis juillet 2018, les produits VERFORA® dévoilent progressivement le nouveau design de leurs conditionnements.
ET DROGUERIES SUISSES
FIDÈLE AU COMMERCE SPÉCIALISÉ VERFORA® entretient un dialogue suivi avec des spécialistes du domaine de la santé à tous les niveaux et soutient activement les pharmacies et les drogueries suisses. Elles bénéficient d’une organisation de vente efficace, de services marketing spécialisés et d’excellents programmes de formation – pour un haut niveau de compétence dans les entretiens de conseil avec les clients.
du Domaine d’activités Products & Brands:
EN QUOI VERFORA® CONTRIBUE À RENFORCER LES PHARMACIES ET À ASSURER LA CROISSANCE FUTURE?
« Nous changeons notre nom, mais pas notre ADN. Notre compagnie a été fondée selon la devise «Par les pharmaciens pour les pharmaciens». Ce positionnement de base ne change pas, car nous sommes convaincus qu’il convient aussi parfaitement aux consommateurs. C’est pourquoi nous voulons être le premier choix des pharmacies et des drogueries suisses. Nous y parviendrons grâce à notre organisation de vente unique en son genre, nos formations en conseil, nos innovations et notre communication. »
Marques leader pour les pharmacies et drogueries suisses
VERFORA AG Route de Moncor 10, 1752 Villars-sur-Glâne 1 Tél. +41 58 851 93 00, Fax +41 58 851 95 95 www.verfora.ch
VERFORA® , une entreprise du Groupe Galenica, développe et gère des marques destinées au commerce spécialisé suisse et international, dans plus de 25 pays. Son offre étendue comprend entre autres des marques aussi connues que Algifor ® , Triofan ® et Merfen ® ainsi que Perskindol ® et Anti-Brumm ®, également distribuées à l’étranger. Parallèlement aux médicaments sans ordonnance (médicaments en vente libre, MVL) en nom propre, l’entreprise lance et distribue des produits et marques pharmaceutiques et parapharmaceutiques de sociétés partenaires.
Pourquoi aucune dame n’étudie la pharmacie, alors qu’il y en a des centaines en médecine? Quelle branche serait plus proche des tâches domestiques ordinaires des femmes que la gestion d’une pharmacie ? »
les femmes afin qu’elles puissent travailler en tant qu’assistantes. Le mouvement féministe mettra cependant l’ordre patriarcal à mal et les femmes obtiendront, au début du XXe siècle, le droit d’accéder à une formation universitaire.
Campagnes de promotion : étudiez la pharmacie! À cette époque, les officines helvétiques souffrent déjà d’une pénurie de personnel. Pour y remédier, les pharmacies engagent de la main d’œuvre étrangère, notamment des assistantes néerlandaises. Le problème s’est encore accentué avec la première Guerre mondiale, le départ des pharmaciens au service militaire et le retour des assistantes étrangères dans leur pays. Que faire ? On a alors encouragé les Suissesses à étudier la pharmacie, en organisant des campagnes de promotion dans les gymnases et les écoles de jeunes filles. Avec succès, car le nombre de pharmaciennes diplômées s’est mis à augmenter.
Une tendance qui dure « Selon la situation économique, les femmes étaient soit appelées à exercer la profession de pharmacien, soit renvoyées aux fourneaux et à la garde des enfants », résume la pharmacienne Brigitte Zurbriggen, dont la thèse de doctorat traite en détail de l’histoire des pharmaciennes en Suisse. Cependant, la tendance ne s’est plus inversée : depuis les années 40, les femmes représentent plus de la moitié des étudiants en pharmacie et depuis les années 80, elles occupent également la majorité des postes en officine. Cependant, l’enseignement à l’université est longtemps resté un bastion masculin. Pionnière en la matière, Irma Tschudi-Steiner (1912–2003) a été la première professeure de pharmacie et a enseigné jusqu’à l’âge de 70 ans dans les universités de Berne et de Bâle. //
Des pionnières intrépides Concurrence féminine indésirable Cependant, la joie soulevée par cette évolution n’a pas duré. Beaucoup d’hommes avaient pensé que ces femmes érudites se satisferaient de places d’assistantes. Ils n’avaient pas prévu qu’elles deviendraient des concurrentes. En 1933, la part des femmes diplômées s’élevait déjà à 36 %. Il s’agissait d’un « surnombre », comme on peut le lire dans une requête de la SSPh déposée en 1934 auprès de la Confédération et des cantons demandant une limitation de l’accès aux études de pharmacie pour les femmes. « Il convient de mettre à nouveau l’accent sur la place des femmes à la maison, particulièrement en temps de crise et face au chômage généralisé » et d’autres arguments du même acabit se font entendre. « Une fille sans emploi peut toujours trouver une place dans sa famille ou dans sa parenté. »
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La pharmacienne Hermine Raths (1906–1986) et la chimiste Marguerite Steiger (1909–1990) ont racheté la pharmacie Elefant à Zurich alors qu’elles n’étaient qu’étudiantes. Dotées d’un esprit courageux et innovateur sur le plan entrepreneurial, elles ont fondé une entreprise de distribution de médicaments. Marguerite Steiger a notamment obtenu la licence d’importation de la pénicilline avant que la concurrence n’en ait reconnu l’importance. Elle laisse en héritage la fondation OPO qui soutient, aujourd’hui encore, des projets scientifiques et de recherche, spécialement dans le domaine de la pharmacie, des sciences naturelles et de la médecine.
Au-dessus: La situation des femmes n’était autrefois pas facile dans les pharmacies. Photographie prise autour de 1928. Musée de la pharmacie, Bâle Au-dessous: Pharmacie bien équipée d’une maison princière. La maîtresse de maison donne des médicaments au personnel, l’apothicaire se tient devant la table de prescription. Estampe du musée de la pharmacie, Bâle
Une variété de perspectives professionnelles pour les femmes Actuellement, environ 80 % des diplômes fédéraux de pharmacie sont délivrés à des femmes. « Avec sa structure modulaire, le cursus actuel ouvre toujours plus de débouchés intéressants, et pas qu’au sein de l’officine, mais aussi en pharmacie hospitalière ou encore dans l’industrie », déclare Brigitte Zurbriggen. « Production, développement de produits, recherche, marketing, gestion de projets ou enregistrement de médicaments offrent aux pharmaciennes des champs professionnels intéressants. »
Transformation numérique
Omniprésente, spécialisée et interconnectée Les systèmes informatiques sont présents depuis longtemps dans l’arrière-boutique des pharmacies. Au départ, ils remplissaient surtout des fonctions d’exploitation et d’administration, mais aujourd’hui la numé risation concerne aussi le cœur de l’activité du pharmacien : le contact avec la clientèle et les partenaires du secteur de la santé. Cette évolution continuera de transformer la pharmacie dans les temps à venir. Auteur : Richard Pfister
Les pharmacies ont été parmi les premiers prestataires de services ambulatoires du secteur de la santé à utiliser des systèmes informatiques. Ces derniers y sont aujourd’hui quasiment incontournables, pour la logistique comme pour la comptabilité. Mais l’essor du numérique dans la société en général, et donc dans le secteur de la santé, transforme aussi rapidement les besoins de la clientèle et même des marchés entiers. Non seulement les consommateurs achètent des médicaments en ligne, mais ils recherchent et obtiennent aussi de plus en plus souvent des informations et des conseils sur des plateformes et des réseaux
en ligne, et ce 24 heures sur 24. De nouvelles formes d’offres telles que les pharmacies de vente par correspondance ou les plateformes de télémédecine se développent. De nouveaux acteurs, traditionnellement extérieurs à la branche mais intéressés par les données des clients et la vente de produits ou de services, tentent également de s’imposer. Les sociétés pharmaceutiques privilégient par exemple de plus en plus le contact direct avec les patients, car leurs données leur permettent de réduire les coûts de recherche et les durées de développement. Des acteurs mondiaux comme Google ou Amazon, qui vivent de la valorisation et du commerce du capital données, se pressent eux aussi sur le marché européen ou y ont déjà trouvé leur place.
Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 34
« Dans un monde numérique, les échanges personnels et individuels seront particulièrement demandés lorsqu’il s’agira de traduire du contenu médical disponible en ligne. » Dr Ulrich Schaefer, membre du comité de pharmaSuisse
« Les pharmacies peuvent devenir les gestionnaires du dossier électronique du patient et surtout assurer un accompagnement complet du patient sur le plan de la médication, du maintien de l’état de santé général et de la prévention. » André P. Viatte, président du conseil d’administration du réseau de pharmaciens Abilis
Repositionner les modèles d’affaires Il faut contrecarrer cette tendance. Si les pharmacies ne veulent pas perdre le contact avec leur clientèle au profit de puissants concurrents, elles doivent remettre leur modèle d’affaires en question et le repositionner. Leurs atouts spécifiques constituent un bon point de départ. Contrairement à d’autres prestataires de services ambulatoires, les pharmaciens sont prédestinés à gérer les attentes croissantes et changeantes de leurs clients. En tant que commerçants spécialisés, ils ne voient en effet pas les personnes qui s’adressent à eux comme des patients, mais comme des clients.
Interlocuteurs de confiance des clients Nous voyons en eux des personnes qui veulent prendre leur santé en main et rester aussi autonomes que possible. Les produits et prestations en ligne vont dans ce sens, ce qui les rend populaires auprès des jeunes et des moins jeunes. Les proches, les soignants et les pharmaciens sont des personnes de confiance importantes qui soutiennent les clients dans ce cadre. À l’ère du numérique, différents domaines d’activité sont offerts aux pharmaciens pour répondre aux attentes correspondantes: " L’un d’eux est le dossier électronique du patient (DEP), qui devrait être disponible dans toute la Suisse à partir du printemps 2020. Tous les habitants de Suisse pourront se faire ouvrir un DEP afin d’y consigner leurs
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médicaments ou leurs vaccins, par exemple. Selon un sondage du Baromètre suisse de la cybersanté 2018, 32 % de la population serait actuellement disposée à ouvrir un DEP si un professionnel de la santé le recommandait. Dans un premier temps, les prestataires de services ambulatoires ne sont pas tenus légalement de répondre à une telle demande, mais ceux qui le font volontairement intègrent un réseau porteur d’avenir constitué de leurs clients et des prestataires de santé de ceux-ci. C’est pourquoi la majorité des pharmacies souhaitent accompagner activement leurs clients dans le domaine du DEP. À long terme, le DEP devrait aussi améliorer les échanges interprofessionnels entre les différents prestataires. À court terme, le « double caractère facultatif » reste une pierre d’achoppement (en vertu de cette disposition légale, la participation n’est obligatoire ni pour les clients, ni pour les prestataires de services ambulatoires). Les pharmacies devront se constituer en réseaux encore plus étroits avec des partenaires issus d’autres professions et disciplines pour être perçues de manière efficace : au niveau interprofessionnel, il s’agira de renforcer la collaboration avec le corps médical et le personnel soignant du secteur ambulatoire, et au niveau interdisciplinaire, avec le commerce spécialisé et les partenaires logistiques, technologiques et industriels.
Les pharmaciens devront adapter plus précisément leur profil professionnel aux exigences de la communication numérique et aux règles du jeu des marchés numériques. Il s’agira par exemple de satisfaire la demande de compétences numériques ou d’omniprésence (en ligne et les heures d’ouverture du magasin physique). Des tendances telles que la médecine personnalisée et l’apprentissage automatique ou profond offrent la possibilité de proposer des solutions individuelles aux clients de la pharmacie et donc de mieux les fidéliser. Afin d’attirer davantage l’attention des clients et des partenaires potentiels, les pharmacies devront à l’avenir mieux se démarquer les unes des autres. Des produits et des services numériques et interactifs, conçus sur mesure pour une clientèle spécifique, compléteront et personnaliseront l’offre classique. Les pharmaciens veulent continuer à façonner le secteur suisse de la santé, à l’avenir également. Ils y parviendront en transposant leur rôle d’interlocuteur de confiance de leurs clients dans l’univers numérique. Ils seront demandés en ligne et hors ligne en qualité de « traducteurs » des contenus médicaux, de prestataires de premier recours (triage) ou d’« interfaces » humaines assurant le lien avec les offres en ligne et les autres prestataires. //
Quand il est question de remettre sa pharmacie...
Ursula Getzmann (à droite) a vendu sa pharmacie de Wettingen à Hans Jürg et Marion Engel, avec le soutien de move and win.
Faire appel à l’expérience et au réseau du leader move and win est gage de réussite. Quiconque cherche un successeur pour son officine peut grandement augmenter ses chances avec move and win. En voici un exemple.
Nous nous sommes retrouvés à la pharmacie TopPharm de l’hôtel de ville à Wettingen.
et apprécient le fait que nous sommes une pharmacie de village.
Madame Getzmann, pourquoi avoir confié la recherche à move and win? Remettre un tel établissement est un processus complexe qui requiert, outre des connaissances et des compétences, une confiance mutuelle. Je connais Hans Ruppanner depuis de nombreuses années ainsi que le soin et l’expérience technique avec lesquels lui et son équipe travaillent. Je me suis sentie en sécurité durant toute la procédure de vente.
Quelles furent les étapes principales de la procédure de remise? Ursula Getzmann: move and win a sollicité intensément son réseau. Parmi une quinzaine de candidatures, move and win m’a recommandé une première sélection de sept personnes intéressées. Trois candidats en sont ressortis, avec lesquels nous avons eu des entretiens personnels approfondis.
La sécurité revêtait-elle une grande importance à votre sens également? Hans Jürg Engel / Marion Engel: Comme la reprise d’une pharmacie est une action entrepreneuriale importante, nous voulions pouvoir compter sur une solution optimale. Combien de temps la reprise a-t-elle nécessité? Ursula Getzmann: Nous avons commencé en 2014, puis signé deux ans plus tard. À mon avis, le processus a été aussi minutieux qu’efficace. Hans Jürg Engel / Marion Engel: Nous étions conscients que le processus requiert des considérations et des calculs. Et une grande confiance. Quelles étaient vos exigences envers move & win? Ursula Getzmann: Je souhaitais que la pharmacie soit vendue à un particulier. J’avais à cœur que les acheteurs s'installent à Wettingen et souhaitent établir de bonnes relations avec la population. Pour notre clientèle, les relations personnelles jouent un rôle important. Cela ne vous a apparemment pas découragés? Hans Jürg Engel / Marion Engel: Non, bien au contraire. Nous voulions que nos clients sachent
Comment l’avez vous vécu? Hans Jürg Engel / Marion Engel: Ce fut un processus passionnant et intense. Bien sûr, nous nous demandions en permanence si nous faisions encore partie des favoris. Mais comme move and win est un partenaire renommé, nous leur faisions totalement confiance. En quoi est-ce que move and win était le partenaire idéal? Hans Jürg Engel/Marion Engel: Ils savent en tout temps comment procéder et ils connaissent leurs limites. Alors, êtes vous tous satisfaits? Hans Jürg Engel / Marion Engel: Nous sommes très contents du déroulement de la reprise et du fait que «notre pharmacie» soit située idéalement à Wettingen. Ursula Getzmann: Du point de vue émotionnel, il est plus difficile de remettre que de reprendre une pharmacie. Il faut se séparer de la clientèle à laquelle on s’est attaché. Mais tout s’est passé pour le mieux et j’ai atteint mon objectif: pouvoir revenir en tant que cliente dans «ma» pharmacie avec un grand plaisir.
Urs Stamm (Propriétaire) Hans Ruppanner Dr pharm. (Propriétaire) Maurus Strässle (Conseiller) L’ÉQUIPE GAGNANTE Pour move and win S.A., ils réunissent une connaissance approfondie du marché et une solide expérience auxquelles de nombreux clients satisfaits font appel dans les domaines du recrutement, du conseil stratégique, du règlement de successions et de vente d’officines. move and win ag Freie Strasse 2 (sur la place du marché) 4001 Bâle Tél. +41 (0)61 260 77 00 Fax +41 (0)61 260 77 09 www.apothekenboerse.ch www.moveandwin.ch
Interview: Hans Wirz
« Forte des succès du passé, pharmaSuisse s’investit pleinement dans le présent, dans l’intérêt des clients, des partenaires et des membres. Chez move and win, nous partageons également cette devise. Toutes les conditions sont réunies pour un avenir prospère. Félicitations! »
Évolution des études de pharmacie
Des connaissances approfondies en sciences naturelles – et plus encore Au Moyen Âge, la formation des apothicaires consistait en un a pprentissage. Avec le progrès des sciences naturelles et leur influence sur la médecine, le savoir académique a gagné en importance. En parallèle, le cursus de pharmacien est devenu universitaire. Auteur : Florian Sarkar
Dès le XIXe siècle, les pharmaciens ont suivi des cours à l’université pendant leur apprentissage, surtout en botanique et en chimie. Avec le temps, des sections pharmaceutiques rattachées à des instituts de chimie ou de médecine ont vu le jour. Après une première loi fédérale sur la formation de pharmacien en 1877, des exigences supplémentaires ont été énoncées en 1912 : la formation est ainsi devenue purement universitaire. Toutefois, l’année d’assistanat en officine fait toujours partie intégrante du cursus. Au début du XXe siècle, les matières principales de la formation étaient la chimie, la pharmacognosie (science des plantes médicinales) et la galénique (science des formes médicamenteuses).
Nouveau contenu des études De la fabrication, le pharmacien a vu sa profession évoluer vers la vérification d’ordonnances médicales et le conseil aux patients. Cette mutation a entraîné un chan37
gement du contenu des études, en particulier depuis 1980. Aujourd’hui, les études de pharmacie durent cinq ans et constituent l’une des branches d’étude les plus exigeantes des universités suisses. Outre les 30 à 40 heures hebdomadaires de présence aux cours et aux travaux pratiques, il faut consacrer du temps à des exercices, des rapports de laboratoire, ainsi qu’à des travaux de recherche. Par ailleurs, la majeure partie des vacances est dédiée à la prépa ration des examens.
Baccalauréat et maîtrise universitaires Le baccalauréat universitaire permet d’acquérir les bases scientifiques que sont la chimie, l’anatomie, la microbiologie, la pharmacologie et la botanique. La maîtrise se concentre sur les compétences orientées vers le patient et les activités pratiques : la pharmacie clinique, l’accompagnement pharmaceutique (Pharmaceutical Care), la santé publique et la fabrication en font
notamment partie. De plus, un semestre est consacré à un travail de maîtrise durant lequel les pharmaciens effectuent un travail de recherche scientifique. Les études se terminent avec l’examen fédéral qui, en cas de succès, est récompensé par un diplôme fédéral de pharmacien.
Nouveaux défis, nouveaux contenus de formation À l’instar de la profession de pharmacien, les études sont en perpétuelle mutation. La mise en œuvre du mandat légal en vertu duquel les pharmaciens apprennent à vacciner et à poser un diagnostic pour des ma ladies courantes durant leurs études déjà est en cours. Les compétences communicationnelles gagnent sans cesse en importance, le pharmacien étant amené à vulgariser pour les patients des informations et des liens complexes. //
Nouvelles tâches et prestations
Du commerçant au prestataire de premier recours La profession de pharmacien évolue très rapidement. Dépassant son rôle initial de vendeur et de fabricant de médicaments, il est devenu un fournisseur de prestations. Aujourd’hui, les pharmaciens assument des tâches de plus en plus importantes dans les soins médicaux de base. Auteur : Richard Pfister
Le Conseil fédéral attribue dans ce cadre des fonctions clés aux pharmacies : elles doivent garantir un accès aisé aux services de santé, contribuer à améliorer la qualité et renforcer la compétence personnelle des patients.
Nouvelles prestations des pharmacies L’évolution des attributions des pharmacies s’assortit de nouvelles prestations. pharmaSuisse s’investit dans leur développement et l’encourage par le biais de différentes initiatives. En étroite collaboration avec les assureurs, l’association met par exemple au point de nouveaux services pour les patients atteints de maladies chroniques. Le concept s’appuie sur le parcours thérapeutique de ces patients. Des prestations ciblées et fondées sur des données probantes pendant toute la durée du traitement entendent promouvoir la compétence personnelle des patients. L’un des objectifs principaux est de favoriser l’adhésion thérapeutique, car celle-ci divise les coûts par quatre.
Le nombre de patients âgés et polymorbides augmente, les attentes en matière de soins de la population aussi, et ce alors que la relève des médecins de famille et d’autres professionnels de la santé n’est plus assurée : la pénurie à venir place le secteur de la santé face à des défis majeurs. Pour y répondre, les soins médicaux de base ont été inscrits dans la Constitution fédérale en mai 2014 (art. 117a). En vertu de celle-ci, la Confédération et les cantons sont tenus de veiller à ce que chacun ait accès à des soins médicaux de base de qualité. Toute personne
qui, en raison d’une maladie, d’un accident, d’un âge avancé ou d’affections chroniques et multiples, a besoin d’un traitement, de soins ou d’une prise en charge, doit partout en Suisse avoir rapidement accès à ces prestations, à proximité de son domicile et avec un niveau de qualité élevé. Cela exige une coopération étroite de tous les prestataires : médecins de famille, autres spé cialistes du domaine médical, mais aussi professionnels des soins infirmiers, de la santé et des services sociaux.
Parmi les autres projets, on peut citer le bilan de santé pour les plus de 50 ans ou le contrôle et l’identification des risques de chute des personnes exposées par des pharmacies dûment qualifiées. Dans les deux cas, la pharmacie est le premier interlocuteur aisément accessible et elle joue un rôle de triage important : le personnel conseille et sensibilise à la question, évalue les risques et la nécessité d’un traitement et prend les éventuelles mesures nécessaires, soit directement à la pharmacie, soit en adressant le patient à un médecin ou à un autre spécialiste compétent. pharmaSuisse s’engage en outre en faveur du développement de services existants, comme la vaccination sans ordonnance médicale en pharmacie. Celle-ci doit être étendue à d’autres vaccins (p. ex. contre les HPV) et groupes cibles (p. ex. les personnes atteintes de maladies chroniques). Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 38
Les pharmaciens dans la coordination des soins médicaux de base
Rémunération adéquate nécessaire
Renforcer la compétence des patients
Qualité de la prise en charge
Accès facile
Soins coordonnés
Objectif: des soins médicaux de base de haute qualité, accessibles à tous et adaptés aux besoins de la population
Accès aisé aux prestations de santé
Compétence des patients
En soignant des affections courantes et bénignes, les pharmacies peuvent décharger les services d’urgence ambulatoires et les médecins de famille des cas mineurs, contribuant ainsi à la maîtrise des coûts.
En tant que premier interlocuteur aisément accessible, les pharmacies peuvent renforcer les compétences de santé de la population à travers des informations et d’autres prestations de prévention. Elles agissent alors toujours en tant que maillon de la chaîne de soins coordonnés. Leur rôle doit donc être affiné en étroite collaboration avec d’autres prestataires, notamment le corps médical.
Renforcement de la qualité Les pharmaciens peuvent jouer un rôle déterminant dans l’optimisation du traitement médicamenteux des patients dans le cadre de modèles de soins interprofessionnels.
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Pour que les pharmacies puissent assumer le rôle qui leur a été confié par la sphère politique dans les soins de base, leurs prestations doivent être adéquatement rému nérées. Le cadre juridique de l’indemnisation des prestations pharmaceutiques par le biais de l’assurance obligatoire des soins (AOS) est cependant très limité et ne reflète plus la réalité actuelle. pharmaSuisse s’efforce d’éliminer cette discrépance, notamment en prouvant l’efficacité de nouvelles prestations et en renforçant la coopération avec d’autres prestataires. Elle a par exemple commandé une évaluation de la vaccination contre la grippe proposée depuis 2015. Celle-ci a montré qu’avec cette offre, les pharmacies contribuent de manière significative à accroître la couverture vaccinale, et la tendance est à la hausse. Conjointement avec la Ligue suisse contre le cancer et diverses sociétés du domaine médical, pharmaSuisse a par ailleurs élaboré une charte de coopé ration interprofessionnelle dans le domaine de la prévention du cancer colorectal. Il s’agit d’un signal fort en faveur d’une union des forces pour permettre un accès facilité au dépistage précoce de ce type de cancer. //
La pharmacie, un interlocuteur de confiance L’importance des pharmacies dans les soins médicaux de base est également confirmée par le public. Selon une enquête menée par l’institut de recherche gfs.bern (« Moniteur des pharmacies 2018 »), neuf Suisses sur dix considèrent les pharmacies comme le prestataire de premier recours dans le cas d’affections suivant un déroulement normal. De même, l’introduction de nouvelles prestations en pharmacie, comme une offre de vaccination étendue ou l’accès facilité aux médicaments sur ordonnance, est majoritairement accueillie favorablement.
Production, importation et commerce en gros de médicaments
La pharmacie de l’armée, prestataire au service des populations militaire et civile En 1911, le Conseil fédéral décida d’engager le premier pharmacien militaire professionnel, ainsi que du personnel auxiliaire et de laboratoire. Ce recrutement marque la fondation effective de la pharmacie de l’armée. La collaboration entre la Société Suisse des Pharmaciens et l’armée, toujours d’actualité, dure toutefois depuis bien plus longtemps. Autrice : Dr Ursula Hirter-Trüb, Bâle
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La collaboration entre la Société Suisse des Pharmaciens (SSPh) et l’armée remonte déjà à 1856, avec l’élaboration de la taxe militaire sur les médicaments. Après son introduction, la SSPh se met à publier régulièrement des rapports sur des thèmes militaires. Julius Thomann, premier responsable du service pharmaceutique de l’armée suisse, exerça sa fonction de 1911 à 1940. Suite aux guerres mondiales et à leurs conséquences, la pharmacie de l’armée s’organisa pour répondre aux nombreux nouveaux défis. Cet entretien réalisé par le Dr Ursula Hirter-Trüb avec le Dr Heinz Moll, chef de la pharmacie de l’armée, et avec son suppléant, le Dr Thomas Meister, apporte un éclairage sur quelques questions centrales des 25 dernières années. Quels sont les projets qui vous ont le plus occupé au cours des 25 dernières années ? Dr Heinz Moll : L’introduction de la loi sur les produits thérapeutiques en 2000 a contraint l’armée de quitter les anciennes usines et de se décider à adopter des équipements de production modernes. Pour obtenir l’autorisation de production et de marché en gros, des exigences en matière de processus et de construction devaient être remplies. L’installation mise en service en 2014 à Ittigen permet d’effectuer la production conformément aux normes de qualité prescrites par la loi. Le projet « Pharmacie d’urgence et de catastrophe » a été lancé en 2017. Est-ce que cela motivera les jeunes pharmaciens à servir ? Dr Heinz Moll : C’est certain, car le programme mis en place sous l’égide de pharmaSuisse offre une plus-value à chaque participant. Pour les pharmaciens, cela représente une formation de haut niveau supplémentaire, car le programme de formation postgrade pour les pharmaciens FPH est reconnu en tant que formation postgrade et continue dans le civil. La pharmacie de l’armée fournit-elle des prestations pour la population ? Dr Thomas Meister : Oui, outre ses missions principales pour le compte du service sanitaire, la pharmacie de l’armée effectue des tâches pour le système de santé civil. Elle assume notamment l’entière responsabilité de la production et de la distribution des comprimés d’iode, que chaque ménage suisse devrait avoir en réserve à titre de
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médicament d’urgence. De plus, il a été convenu avec le Conseil fédéral qu’en cas de pandémie, la pharmacie de l’armée coordonne l’approvisionnement et la distribution des vaccins. La pharmacie de l’armée se charge par ailleurs de la certification d’importants sérums antivenimeux et de la mise à disposition de l’antitoxine botulique. Quels médicaments sont produits à Ittigen ? Dr Thomas Meister : Pour le compte de l’armée, nous produisons notamment des ampoules de NaCl pour les cours d’injection, des antibiotiques, des analgésiques, des désinfectants et des produits spé cialisés, tels que des solutions d’atropine et d’adrénaline. Notre production fonctionne grâce à des collaborateurs fixes, mais également grâce à des soldats effectuant leurs cours de répétition. Afin de garantir la qualité de nos produits, nous formons en permanence les collaborateurs temporaires à l’utilisation des installations. Cela concerne aussi bien la production que les analyses, l’emballage et l’étiquetage. La pharmacie de l’armée peut-elle intervenir en cas de pénurie ? Dr Thomas Meister : Nous travaillons en étroite collaboration avec différentes organisations étatiques, notamment l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (réserves obligatoires d’antibiotiques) ou le Système sanitaire coordonné (remise de kits de décontamination). Si la thématique des pénuries de médicaments est omni présente, la production en urgence de médicaments manquants n’est pas réaliste, précisément en raison des contraintes réglementaires. //
Centre de compétences pour la pharmacie d’urgence et de catastrophe Le centre de compétences pour la pharmacie d’urgence et de catastrophe a été fondé en 2017, sur la base de travaux réalisés en amont par un groupe de travail de p harmaSuisse. Il entend offrir une plateforme suisse de for mation, de recherche et d’échange dans ce domaine. En tant que professionnel de la santé, le pharmacien a un rôle important à jouer aux côtés de ses partenaires dans les situations d’urgence et de catastrophe. Cette collaboration interprofessionnelle s’inscrit également dans l’intérêt de la Confédération, qui soutient le centre de compétences au moyen d’une contribution financière annuelle. En parallèle, le centre de compétences constitue une vitrine pour les prestations et les nouvelles compétences des pharmaciens, et leur permet d’acquérir de nouvelles capacités dans les domaines de l’urgence et de la gestion de crise. Ces dernières s’avèrent également utiles dans le quotidien civil. En effet, en cas d’urgence, seule une coopération entre civils et militaires permet de maîtriser des situations de crise.
« Le programme Pharmacie d’urgence et de catastrophe représente une formation de haut niveau supplémentaire et motivera davantage de jeunes pharmaciens à servir. » Dr Heinz Moll
À gauche: Dr Heinz Moll À droite: Dr Thomas Meister
Distinctions et prix
« Fonds pour l’allocation de bourses de pharmaSuisse » La « Caisse d’entraide de la Société Suisse de Pharmacie » a été créée en 1956. Ses objectifs et son nom ont été modifiés en 2016. Aujourd’hui, le fonds octroie de l’argent sous forme de prêts ou de dons à des étudiants en pharmacie ou en sciences pharmaceutiques immatriculés auprès d’une université suisse et disposant d’un permis de séjour en Suisse.
Membres d’honneur Des membres ont été honorés par la Société Suisse des Pharmaciens pour leurs services particuliers rendus à la profession de p harmacien. Liste actuelle des membres d’honneur :
Dr Attilio Nisoli (1968) Dr Charlotte Studer (1990) Dr Viktor Eckert (1995) Dr Giorgio Antognini (1997) Dr Adrien Dolivo (1997) Rosemarie Simmen (2003) Dr Hermann Ambühl (2007) Pr Dr Ueli Honegger (2007) Anne-Marie Bollier(2009) Dr Max Brentano (2009) Dr Ernst Ballmer (2011) Lucie Trevisan (2011) Dr Michel Buchmann (2013) Pr Dr Gerd Folkers (2013) PD Dr Stefan Marty (2013) PD Dr Marcel Mesnil (2013) Pr Dr Michel Schorderet (2013) Messieurs Dominique Jordan et Pr Dr Kurt Hersberger ont également été nommés membres d’honneur lors de l’assemblée générale extraordinaire du 27 octobre 2018 à Montreux.
Distinctions décernées par la Société La Société Suisse des Pharmaciens a derrière elle une histoire longue et mouvementée. Au fil des années, divers prix et distinctions ont été créés dans le but de récompenser des personnes qui ont beaucoup œuvré pour la Société et ses membres.
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Prix Pharma Forum
Médaille Jörg-Bider
Un fonds a été créé en 1981 à l’occasion du départ de Jörg Bider qui fut longtemps secrétaire général de la Société Suisse des Pharmaciens (SSPh). Son objectif est d’honorer des personnes et des membres qui ont contribué d’une manière particulière au développement et à la promotion de la profession de pharmacien. Neuf médailles ont été décernées jusqu’à présent.
André Bédat (1986) Dr Alois Betschart (1988) Dr John Metzger (1988) Dr Hans-Rudolf Fehlmann (1990) Dr François Betrand (1992) J. Ed Morf (1993) Pr Dr Gerd Folkers (1997) Pr Dr Hans Leuenberger (1997) Dr Hansueli Bartlome (1999) En 2018, année du 175e anniversaire, la médaille va à Madame Barbara SchmidFederer qui s’est fortement engagée pour les pharmaciens au niveau politique.
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Le prix Pharma Forum du meilleur travail de diplôme et du meilleur examen réalisés dans le cadre de la formation postgrade pour l’obtention du titre de spécialiste fédéral en pharmacie d’officine est doté de 1500 francs et décerné chaque année. Le prix a été créé lors de la dissolution du Forum Pharma fondé en 1902 sous le nom de « Syndicat pour les intérêts de la pharmacie suisse ». À cette époque, le marché des médicaments suisse, qui n’était encore soumis à aucune législation uniforme, était régi par une coopération solidaire entre fabricants, importateurs, grossistes et pharmaciens d’officine. En 2005, après une pesée soigneuse de tous les arguments, l’assemblée générale a décidé de dissoudre la communauté d’intérêt en raison du changement des conditions-cadres.
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«Nous présentons nos meilleurs vœux à pharmaSuisse pour son 175e anniversaire et nous réjouissons à la perspective de nombreuses autres années de collaboration et d’engagement dans le secteur de la santé.» Kaspar Niklaus, Managing Director Amedis-UE AG Société Suisse des Pharmaciens 175 ans 44
Pharmaciens de l’industrie
La préparation, clé de voûte d’une carrière dans l’industrie
Selon Frédéric Zwahlen, président de la Société suisse des pharmacien(ne)s d’industrie (SSPI), quiconque souhaite faire carrière dans l’industrie pharmaceutique après ses études doit disposer de compétences très diverses, allant des connaissances spécialisées aux langues étrangères. Interview : Tanja Aebli
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« Faire preuve de mobilité et avoir une excellente maîtrise de l’anglais sont deux atouts dont doivent disposer celles et ceux qui souhaitent travailler dans l’industrie. » Frédéric Zwahlen, président de la SSPI
Quelles sont les tâches typiques assumées par les pharmaciens dans l’industrie ? Frédéric Zwahlen : Le développement clinique des médicaments en fait certes partie. Mais en suivant une formation postgrade en la matière, les pharmaciens pourraient être encore plus présents dans l’industrie, et un meilleur ancrage de contenus cliniques dans l’enseignement de base serait souhaitable. Il existe aussi un important besoin de spécialistes en assurance qualité, mais les pharmaciens ne disposent souvent pas des connaissances requises en la matière. Une formation posgtgrade s’avérerait aussi utile dans ce domaine. Comment la profession de pharmacien d’industrie a-t-elle évolué ? Le champ d’action s’est complexifié. Par le passé, le pharmacien était présent sur toute la chaîne, du développement aux tests cliniques en passant par la production, la libération de lot ou l’enregistrement. Aujourd’hui, un nombre croissant d’autres groupes professionnels interviennent dans ces différents domaines ; seule la galénique relève encore clairement du pharmacien. Dans quelle mesure les études de pharmacie préparent-elles à une carrière dans l’industrie ? À l’étranger, surtout au niveau des hautes écoles spécialisées, il existe aujourd’hui des formations qui préparent les étudiants de manière ciblée à une activité dans un domaine spécifique comme l’enregistrement. Des formations postgrades de ce type seraient aussi utiles en Suisse ; l’offre doit s’étoffer et il faut impérativement créer davantage de filières spécialisées. En ce qui concerne la formation de base, je pense qu’il est souhaitable de maintenir le vaste éventail de disciplines qui caractérise actuellement les études de pharmacie ; un approfondissement n’est nécessaire qu’à un stade ultérieur. Mais ce qui fait défaut aux pharmaciens, surtout au niveau du master, et qui est une condition préalable importante pour travailler dans l’industrie et la recherche, c’est la mobilité et les
connaissances linguistiques, et plus parti culièrement la parfaite maîtrise de l’anglais. À l’exception de Bâle, les étudiants en pharmacie ne sont pas suffisamment orientés vers l’international. Quel est l’intérêt des étudiants pour la profession de pharmacien d’industrie ? On distingue d’importantes différences régionales : à Genève, rares sont ceux qui envisagent une activité dans ce domaine, tandis qu’à Bâle, l’intérêt est considérable ; Zurich, quant à elle, se situe entre les deux. Dans la partie germanophone du pays, nous manquons actuellement de pharmaciens répondant aux besoins de l’industrie pharmaceutique. La formation vaste et diversifiée des pharmaciens complique aussi leur accès à l’industrie pharmaceutique, notamment parce qu’ils ne disposent pas des mêmes connaissances en matière d’enregistrement et d’assurance qualité que des diplômés de hautes écoles spécialisées de l’étranger. À quoi les étudiants doivent-ils veiller lorsqu’ils visent un emploi dans l’industrie ? Examiner en détail les différentes options professionnelles peut s’avérer utile. De bonnes connaissances linguistiques sont indispensables et il faut être prêt à travailler à l’étranger. Une formation postgrade n’est pas recommandée immédiatement après les études, mais après deux ou trois ans d’expérience pratique. Par ailleurs, les nouveaux diplômés accordent souvent trop peu d’importance aux compétences en gestion et en communication. Quels sont les employeurs potentiels des pharmaciens d’industrie ? Outre l’industrie pharmaceutique « classique », les hautes écoles ou l’administration (Swissmedic/OFSP) proposent des postes très intéressants, tout comme les agences et les grandes sociétés de conseil, notamment dans le domaine de la qualité. //
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La clé du succès VERFORA, une société du groupe Galenica basée à Villars-sur-Glâne, emploie actuellement 140 personnes, dont huit pharmaciennes dans le service de la formation médicale et une pharmacienne en tant que conseillère médicale (medical advisor). Nous avons posé trois questions à Nicole Hochstrasser, Brand Com munication Manager chez Verfora.
Quelles sont vos exigences vis-à-vis des pharmaciens qui souhaitent travailler chez VERFORA ? Nicole Hochstrasser : Le perfectionnement et la formation continue représentent un atout : idéalement, les pharmaciens devraient avoir suivi une formation complémentaire dans des domaines tels que la vente ou encore la formation des adultes. De plus, les compétences en techniques de communication et de négociation sont importantes, ainsi que le plaisir à travailler dans un milieu interprofessionnel, la curiosité et la volonté de progresser en permanence. Et de bonnes connaissances dans au moins deux langues nationales et en anglais sont un atout. Pour quelles activités votre entreprise recrute-t-elle des pharmaciens ? Nous recherchons des pharmaciens intéressés à travailler en tant que conseillers à la clientèle ou conseillers de vente, ainsi que dans le domaine des affaires médicales. Ces personnes sont notamment actives dans la formation médicale (medical trainer) ou comme medical advisor. Les medical trainers sont responsables de la formation continue que nous proposons dans les pharmacies et drogueries suisses. Les medical advisors sont nos « spécialistes produit » et nos intermédiaires entre le marketing et la vente ;
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ils sont les interlocuteurs privilégiés pour les questions médicales entourant la commercialisation de nos produits. Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ou aux pharmaciens déjà en activité qui souhaitent s’investir dans l’industrie pharmaceutique ? Nous leur recommandons de se perfec tionner dans les domaines de la formation des adultes ou de la vente et, en particulier, de développer ou d’approfondir leurs compétences linguistiques ; ce sont là des atouts précieux dans le monde du travail actuel. Il est également judicieux de nouer des liens avec des pharmaciens travaillant dans l’industrie et de s’informer sur les différents domaines d’activité possibles. //
SSPI : réseau, formation continue et partage d’expériences La Société suisse des pharmacien(ne)s d’industrie (SSPI) organise des cours de formation continue, informe les étudiants des perspectives de carrière dans l’industrie et encourage le partage d’expériences entre ses membres. En plus d’organiser des événements, la SSPI entretient des contacts avec les universités en vue d’ancrer des exigences de formation correspondant aux sciences pharmaceutiques industrielles dans les programmes d’études. L’association a créé une fondation pour la promotion de la relève professionnelle et pour la formation postgrade et continue de ses membres. gsia.ch
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de Rowas en Suisse externalisent chaque jour plus de 90’000 produits?
«En tant que partenaire commercial de Rowa, nous aidons activement les pharmacies de pharmaSuisse à se diriger vers un avenir moderne et prospère. » Adroplan Beratungs AG Maria-Hilf-Strasse 7, 6430 Schwyz adroplan.ch
Marc Schmid, Direction, adroplan Beratungs AG
Saviez-vous que la société Voigt AG, avec
148 495 appels
téléphoniques par an, est personnellement en contact avec vous?
«Toutes nos félicitations! C’est avec plaisir que nous mettons en œuvre nos services, comme société familiale suisse, aussi pour les 175 ans à venir en faveur des prestations des pharmacies!» Jakob Küng, Directeur, Délégué du conseil d’administration
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L’une des compétences clés des pharmaciens
Fabrication de préparations magistrales
Fabrication d’un médicament par une pharmacienne
Quels sont les avantages des préparations magistrales fabriquées en pharmacie* ? En fabriquant nous-mêmes des médicaments, nous pouvons les adapter exactement au patient et à son traitement, notamment en laissant de côté les agents conservateurs, arômes ou colorants auxquels la personne en question est allergique. Nous pouvons combiner des médicaments ou des principes actifs pour que, par exemple, le patient ne doive utiliser qu’une seule crème au lieu de deux. De plus, certains besoins médicaux ne peuvent être couverts que par des prépa rations magistrales. C’est le cas notamment des médicaments dits orphelins pour le traitement des maladies rares et de certains médicaments utilisés en gériatrie et, surtout, en pédiatrie. Nous apportons ici une contribution importante à la santé publique.
Dr Aldo Kropf, pharmacien à Gstaad
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Aldo Kropf, docteur en pharmacie, a travaillé étroitement avec Swissmedic à l’élaboration des règles de Bonnes Pratiques de Fabrication de médicaments en petites quantités. Pharmacien à Gstaad mais aussi chargé de cours à l’Université de Bâle, Aldo Kropf a bien voulu répondre à nos questions sur les préparations magistrales. Interview : Mareike Fischer
Quels sont les défis à relever en pédiatrie ? Il n’existe souvent pas (encore) de formulations pédiatriques pour les nouveaux principes actifs qui arrivent sur le marché. Le cas échéant, le pharmacien peut combler cette lacune plus rapidement que l’industrie. Pour les nourrissons et les enfants, nous adaptons souvent la forme posologique et proposons par exemple des gouttes à la place des comprimés. Les doses de principes actifs tels que la cortisone peuvent être progressivement augmentées, de la petite enfance à la puberté. Vous êtes donc en mesure de préparer un médicament parfaitement adapté au patient ... … et à la situation. Voici deux exemples issus de notre pratique officinale à Gstaad : un patient âgé aurait dû se rendre à Berne tous les jours pour obtenir son collyre « fraîchement » préparé à l’hôpital de l’Île. Heureusement, nous avons pu lui fournir quotidien nement son médicament. Un autre patient, atteint d’un cancer, avait besoin chaque jour d’une solution injectable efficace durant 45 minutes seulement. Nous avons fabriqué chaque jour la solution en question et veillé avec le service des soins à domicile à ce que le patient reçoive son injection en temps voulu. Sans cette option, il aurait dû passer plusieurs semaines à l’hôpital. C’est pour moi très gratifiant de voir que nous pouvons offrir à nos clients des conseils compétents
et des soins individuels, et ainsi améliorer de manière décisive leur qualité de vie. Que fait-on pour perpétuer ce savoir-faire ? La fabrication de médicaments en petites quantités fait partie des branches principales de l’examen fédéral. Pendant l’année d’assistanat, les futures pharmaciennes et pharmaciens doivent fabriquer des médicaments dans le cadre de leur stage. Et chaque pharmacie devrait être en mesure de le faire. Cela signifie que chaque officine doit disposer de l’infrastructure nécessaire et d’un laboratoire bien équipé. La fabrication de médicaments individuels n’est-elle pas extrêmement coûteuse ? Fabriquer une préparation magistrale demande effectivement du temps et de l’argent. Mais cela en vaut la peine, et pas seulement pour les patients. Nous autres pharmaciens avons ainsi l’opportunité de montrer que notre activité va bien au-delà de la distribution de médicaments de fabrication industrielle. Nos clients apprécient de recevoir des médicaments adaptés à leurs besoins personnels. À Gstaad, il nous est notamment arrivé d’inviter un écolier recevant des médicaments fabriqués par nos soins depuis son plus jeune âge à participer à la fabri cation de son propre médicament. Des liens particuliers se tissent ainsi au fil du temps. // * Des traitements sur mesure : fabrication de médicaments dans le laboratoire de la pharmacie
Concours d’idées « La pharmacie de demain »
Des idées rafraîchissantes pour une époque passionnante Les pharmacies suisses vont audevant d’une époque passionnante. Le nouveau rôle des pharmaciens demande aussi de nouveaux concepts d’aménagement des pharmacies. Sous l’égide du président Fabian Vaucher, la Société a lancé début 2018 un concours d’idées aux fins de montrer des perspectives pour «La pharmacie de demain ». Seize étudiants ont ainsi exploré de nouvelles sphères. Auteur : Christian Binder, BINDER INTERIOR
classique. La dispensation médicale, c’est-àdire la remise de médicaments par le mé decin, autorisée dans de nombreux cantons, influence ce marché. D’autre part, le légis lateur a octroyé davantage de compétences aux pharmaciens, à cause notamment de la pénurie en médecins généralistes et de la demande croissante. Il prévoit entre autre d’accorder un rôle prépondérant aux pharmaciens dans la prise en charge et l’assistance des malades. Ainsi, les pharmacies ont la chance de s’établir en tant que centres de compétences complets offrant des prestations associant santé, forme physique, voire beauté. Le marché de la santé est âprement disputé en même temps que les acteurs du secteur de la santé sont invités à économiser de l’argent. Les pharmaciens suisses évoluent dans un marché aussi sollicité par des fournisseurs à d’accès à internet (étrangers) et des concurrents du commerce de détail
Des étudiants livrent leurs idées Tel a été le point de départ du concours d’idées « La pharmacie de demain », pour lequel pharmaSuisse s’est associée au constructeur de pharmacies BINDER I NTERIOR. Mais pour le concours, il fallait
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Les lauréats Meilleur projet réalisable à court terme :
Projet le plus innovant :
Meilleure expérience client :
« Achäne » de Mégane Jagut
« Pharmaklar » de Kimberley Witmer
Ce projet repose sur l’idée d’une pharmacie qui réunit les trois générations. Le pharmacien relie les gens, la pharmacie étant le lieu de rencontre commun où les gens viennent acheter leurs médicaments, se retrouver et échanger entre eux. Les locaux sont parés de couleurs naturelles et équipés de manière accueillante.
Le projet Pharmaklar, conçu pour des sites tels que les gares, les centres villes et les aéroports, propose aux clients un service rapide. Les clients de cette pharmacie en tièrement automatique sont guidés dans la zone appropriée en fonction de leurs souhaits et de leurs besoins. Pour les conseils, l’édifice construit en verre propose des locaux aux vitres teintées sur lesquelles peuvent passer des publicités. Le robot est placé au centre de l’établissement.
« Botanic Mindfulness » de Claudia Batista
aussi des esprits créatifs, et ce sont les étudiants de l’École supérieure en Visual Merchandising Design de Vevey, sous la houlette de Brigitte Beeler, qui ont été sollicités pour ce travail. Un choix idéal, ces jeunes étant pour une part les consommateurs critiques de demain, et ayant aussi par leur formation spécifique un rapport particulier avec les méthodes d’achat modernes.
Faisabilité, innovation et expérience client Les projets créés par les étudiants n’ont aucune prétention de faisabilité, mais livrent des idées pour demain. Pourtant, le jury a choisi comme lauréat du concours le meilleur projet pouvant actuellement être réalisé. D’autres lauréats ont été primés dans les catégories « Projet innovant » et « Meilleure expérience client ». //
Les défis de la pharmacie de demain Les produits doivent-ils à l’avenir aussi être visibles par tous dans les pharmacies ? Ou un robot qui ne gère pas les médicaments de manière visible peut-il offrir le cas échéant une expérience supplémentaire à la clientèle en attente ? Ce sont là quelquesunes des questions que les étudiants se sont posées en élaborant leurs concepts. « J’ai pu constater deux tendances », a déclaré Christian Binder, directeur de BINDER INTERIOR et membre du Jury. « Certains voient dans les pharmacies une numérisation du monde de la consommation de manière encore plus forte et nette. Les autres mettent dans leurs concepts l’accent sur un retour vers les valeurs réelles de la vie. »
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Le jury en compagnie des étudiants
Ce concept a pour but d’augmenter le bien-être et la qualité de vie. L’architecture, inspirée de la botanique, est simple, raffinée et offre une atmosphère de bien-être et de détente. Il y a de l’espace pour les entretiens privés et des locaux pour utilisation thérapeutique. Cependant, le contact avec le client se situe au centre du concept.
Le jury Un jury d’experts a été recruté pour organiser ce concours : Christoph Amstutz (Galexis), Martial Barbier (pharmacies BENU / groupe Phoenix), Christian Binder (BINDER INTERIOR), Florian Sarkar (du swissYPG), Cordula Stein (pharmaSuisse) et Fabian Vaucher (de pharmaSuisse).
Pharmacie hospitalière
Un jour dans la vie de Delia Bornand À la pharmacie de l’Hôpital universitaire de Bâle, le département de pharmacie clinique met tout en œuvre, jour après jour, pour assurer une utilisation sûre des médi caments au sein de l’hôpital. Delia Bornand, responsable du département, nous donne un aperçu de son travail. Auteure : Tanja Aebli
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Je prépare la visite prévue dans le service de médecine interne, avec des patients traités en hématologie, en oncologie et en médecine de la transplantation, bénéficiant tous de traitements très complexes. L’objectif est d’optimiser la médication, d’éviter les interactions et de vérifier l’indication ainsi que la nécessité des traitements. Pour cela, j’examine les valeurs de laboratoire disponibles et j’en évalue l’évolution.
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Réunion avec la direction de l’équipe approvisionnement/ logistique. L’équipe est-elle au complet ? Y a-t-il assez de personnel pour faire face aux tâches du jour ?
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Je relève mon courrier électronique et traite les demandes les plus urgentes.
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Suite à cette visite effectuée auprès de dix patients, je note les sept Drug Related Problems (DRP) observés, conformément à l’outil de documentation de la GSASA. Deux médicaments doivent être livrés en urgence à l’unité de soins concernée. Je charge le département logistique de la pharmacie hospitalière de cette tâche.
9h00
Début de la visite en compagnie d’un médecin-assistant. Nous discutons des interactions potentielles chez les différents patients. Dans certains cas, je recommande un changement de médicaments ou je fais des suggestions quant à la prise en charge de la douleur. Je rappelle aussi qu’il faut informer par écrit le médecin de famille de ces ajustements et de leurs motifs ; peu avant la sortie, l’interface hôpital/domicile requiert toute notre attention pour assurer la continuité des soins.
11h15
Réunion avec les pharmaciens de l’équipe. Nous discutons des problèmes actuels d’ordre logistique et pharmaceutique.
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En compagnie de médecins et d’infirmiers, Delia Bornand (à gauche), responsable du département de pharmacie clinique, participe à la visite au chevet des patients et répond aux questions concernant la médication.
Mardi 11 septembre 2018
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14h00
Je discute de nouvelles informations sur les médicaments avec une collaboratrice. Sont-elles clairement rédigées ? Le contenu est-il pertinent et complet ?
13h30 12h00
Repas de midi
Je rédige une note pour les médecins et le personnel infirmier de l’hôpital au sujet de notre offre d’assistance pharmaceutique et sur une nouvelle consultation proposée dans notre hôpital : à l’avenir, les problèmes spécifiques des patients pourront être discutés directement lors de la prescription et transmis par les médecins comme par les infirmiers. 15h00
Suite à la visite effectuée ce matin, je réponds à une demande concernant une interaction entre le valproate et la prednisone. La patiente a signalé une augmentation significative des symptômes lorsqu’elle prend simultanément de la prednisone. 53
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15h45
Discussion avec la direction du projet «Prescription électronique». L’introduction de données de base clairement structurées, à compléter par la pharmacie hospitalière, suscite des discussions. À l’avenir, tous les systèmes périphériques de documentation des prescriptions seront alimentés par des données provenant d’un organisme central.
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Je discute des projets en cours avec un colla borateur et planifie l’emploi du temps de la semaine suivante. 16h15
Je relève une nouvelle fois mon courrier électronique et réponds aux questions urgentes liées à des médicaments.
Fabrication sur mesure de capsules et de seringues La fabrication de médicaments directement en milieu hospitalier peut sauver des vies, notamment en cas de ruptures de stock. Quatre questions à Stefanie Deuster, docteur en pharmacie, responsable de l’assurance qualité à la pharmacie de l’Hôpital universitaire de Bâle. Interview : Tanja Aebli
Quelle place occupe la fabrication de formules propres dans un hôpital ? Stefanie Deuster : C’est l’une des compétences-clés de la pharmacie hospitalière et c’est ce qui, dans bien des cas, rend possible le traitement des patients. C’est particulièrement vrai en pédiatrie car le marché pharmaceutique ne propose ni capsules ni solutions ou suspensions orales faiblement dosées. Nous devons donc les produire individuellement selon les besoins des enfants. De même, en cas de ruptures de stock, l’unité de production de la pharmacie hospitalière est souvent la seule possibilité pour maintenir la sécurité de l’approvision nement. De quelles exigences faut-il tenir compte ? Les pharmaciens hospitaliers valident le traitement prescrit et vérifient les médicaments fabriqués par leurs soins afin de garantir en permanence leur qualité et la sécurité des patients. La Pharmacopée helvétique définit des exigences élevées en termes de locaux, d’équipement, de documentation et de processus, ainsi que le système d’assurance qualité requis pour la production en milieu hospitalier. Le respect de ces exigences est régulièrement contrôlé par les autorités lors d’inspections. Existe-t-il des « classiques » dans la fabrication de médicaments à l’hôpital ? S’agissant des préparations parentérales, la production stérile de préparations cytostatiques individualisées représente la part
la plus importante des commandes. Néanmoins, notre portefeuille est très varié. Nous produisons aussi bien un seul flacon de gouttes ophtalmiques destinées à un patient particulier qu’un lot de 20 à 100 tubes de pommade ou plusieurs milliers d’ampoules d’une solution injectable stérile. La production en milieu hospitalier va-t-elle gagner en importance ? J’en suis convaincue. Notamment en raison de la priorité croissante accordée à la médecine personnalisée, la production de mé dicaments en milieu hospitalier est appelée à gagner en importance. Nous souhaitons répondre aussi bien que possible aux besoins spécifiques des patients. //
Dr Stefanie Deuster
La sécurité des patients aux interfaces Selon Patrik Muff, docteur en pharmacie et pharmacien-chef du Centre hospitalier Bienne, l’interface d’admission et de sortie des patients à l’hôpital est à l’origine d’erreurs de médication chez environ deux tiers d’entre eux. Les pharmaciens cliniques contribuent déjà à minimiser les risques liés à ces interfaces dans presque tous les hôpitaux romands, et aussi, de plus en plus, en Suisse alémanique et au Tessin. Toutefois, il est encore rare que les pharmaciens participent activement à l’anamnèse médicamenteuse lors de l’admission, et ils ne sont qu’exceptionnellement intégrés au processus de sortie d’hôpital. L’Association suisse des pharmaciens de l’administration et des hôpitaux (GSASA) œuvre à une amélioration dans ce domaine: une formation continue aura lieu fin janvier 2019 et permettra aux pharmaciens hospitaliers d’ac quérir les outils leur permettant de jouer un rôle encore plus actif dans la gestion de la pharmacothérapie lors de l’admission à l’hôpital ainsi qu’à la sortie. gsasa.ch
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Saviez-vous que Sandoz a été créée
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il y a plus de ans et est une entreprise suisse?
«Nous partageons notre longue tradition suisse et l’objectif d’apporter une contribution durable à la santé. Nos cordiales félicitations!» Sandoz Pharmaceuticals AG Suurstoffi 14, Postfach, CH-6343 Rotkreuz sandoz-pharmaceuticals.ch
Rebecca Guntern, Head Cluster 1 Europe
Saviez-vous que plus
4 000
de professionnels dans les pharmacies suisses travaillent quotidiennement avec le système ProPharma?
«pharmaSuisse œuvre depuis 175 ans pour une pharmacie forte. Vous pourrez toujours compter sur ProPharma également dans le futur pour des solutions informatiques innovantes d’officine.» ProPharma Systems AG Kreuzkapellenweg 2, 5430 Wettingen propharma.ch
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Roland Zimmermann, Direction
IMPRESSUM pharmaSuisse Société Suisse des Pharmaciens Stationsstrasse 12, CH-3097 Berne-Liebefeld T +41 (0)31 978 58 58 pharmaSuisse.org Conception et responsable de projet Katrin Haldemann, pharmaSuisse Klarkom AG, Wabern près de Berne
Comité consultatif Hansueli Bartlome Stephanie Balliana Tom Glanzmann Dr Ursula Hirter-Trüb Prof. Dr. François Ledermann Dr Marcel Mesnil Dr Thierry Philbet Florian Sarkar Dr Balthasar Schmid Christoph Stadtmann Lucie Trevisan
Images Pharmaziemuseum Universität Basel, Bâle Wander Archiv, Neuenegg Bildarchiv pharmaSuisse Cartoons: màd, Pharmama màd, Shutterstock, Depositphotos
175 Jahre Schweizerischer Apothekerverband Responsable de rédaction Klarkom AG, Wabern près de Berne
Mise en page Magma Branding, Berne et St. Gall Traduction pharmaSuisse Pharmatexte Global Translation
Impression Stämpfli AG, Berne
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