Disponible
Tchao caillou !
sortie le 1er septembre
Giuseppe Caliceti & Noemi Vola traduction de l’italien : Laetitia Cordonnier
Résultat d’un après-midi passé avec un caillou en compagnie d’enfants... Un enfant trouve un caillou, le prend dans ses mains, le regarde et commence à lui parler. Dans un premier temps, le caillou semble ne pas l’écouter, puis il finit par rompre le silence. S’ensuit une conversation à bâtons rompus pleine d’humour, de réflexions légères et sérieuses. 3+ isbn 978-2-930941-45-5 format 21 x 26 cm album de 44 pages couverture souple à rabats dos collé-relié prix : 19,90€ Techniques d’illustration : • feutres / crayons • palette graphique Thèmes • imagination / fabulation • découverte • altérité / amitié • curiosité • questions / réponses • humour • passion cailloux !
Giuseppe Caliceti est enseignant de primaire dans la région d’Emilia. Il est l’auteur de textes pour adultes et enfants publiés chez Bompiani, Topipittori, Edizioni San Paolo et Raum Italic. Il organise depuis près de quinze ans le service municipal Bao’bab, qui invite auteur·rices et illustrateur·rices à intervenir en classe. Il tient le blog ibambiniciparlano.it et écrit pour le journal “Il Manifesto”. Noemi Vola est diplômée des Beaux-Arts de Bologne. Elle a collaboré avec Vogue Bambini, Planeta Tangerina, Corraini et Camelozampa. En 2017, elle a créé, en compagnie de Martina Tonello, le projet Ma Però contre les injustices liées à la grammaire. Noemi Vola fait partie des finalistes des Illustrations Awards 2019 et 2022 de la Foire du livre jeunesse de Bologne.
• Les enfants sont des philosophes en herbe… Le texte est construit à partir de questions/ réponses d’enfants… Lecture en réseau possible avec Tous mes cailloux de Françoise LisonLeroy et Raphaël Decoster. • Un livre en droite lignée avec ceux de Leo Lionni et Bruno Munari. Il propose aux lecteur·rices de partir à la découverte d’éléments de la nature en observant, en posant des questions et en respectant ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne comprend pas... • Les illustrations sont à la fois douces et cocasses. Observez bien le dessin de Noemie Vola, elle aime souvent y cacher un personnage de notre enfance ;-)
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56
Caillou, comment fais-tu pour rire ? Je le fais à ma manière. Si j’appuie sur toi, ça te fait pleurer ? Ça te fait mal ? Ça te chatouille ? Non.
Mais ça te plaît ou non ? Tu préfères que je te prenne dans ma main ? Oui, dans le creux de ta main.
Quel âge as-tu, Caillou ? J’ai dix mille ans. Ou peut-être un million d’années. Ou plus encore. Comment tu as fait pour vivre tout ce temps ?! Je l’ignore. Réfléchis encore ! Peut-être… Peut-être que je me suis transformé ? Tu es capable de penser, Caillou ? Oui. Mais où est ta tête ? Je ne suis que tête.
Le Crayon
sortie le 3 octobre 2022
Hye-Eun KIM
Un livre tout en images, doux et poétique d’apparence.
3+ isbn 978-2-930941-47-9 format 20,7 x 28,4 cm album de 44 pages prix : 17€ Techniques d’illustration : • dessin aux crayons de couleur Thèmes • imagination créatrice • découverte • industrie / usine • environnement • pollution • dessin
La Coréenne Hyeeun Kim nous invite à réfléchir à notre empreinte écologique tout en démontrant la force de création de l’imagination : ▪ Comment sont fabriqués les crayons de couleur ? Quel impact sur la forêt / la planète ? ▪ Comment rendre à la nature ce qu’elle nous offre si généreusement ? ▪ Comment y réfléchir à hauteur d’enfant ?
Diplômée d’un master en peinture et gestion culturelle de l’Université de Kyonggi, Hye-Eun Kim vit à Paju en Corée du Sud, où elle aime se promener en compagnie de ses enfants, observer les arbres, les graminées et les insectes. D’abord designer graphique dans un groupe de magazines de mode, elle a eu l’occasion de travailler pour différentes marques et artistes. À son actif, de nombreuses collaborations avec des magazines tels que Esquire Korea, Milk Korea, Instyle 등의 magazine. Elle a illustré plusieurs couvertures de livres et également contribué à la vidéo de promotion de l’album Modern Times de la chanteuse IU. Hye-Eun Kim aime particulièrement travailler avec les crayons graphite ou de couleur. Le crayon <연필> est son premier album.
• BRAW AMAZING BOOKSHELF 2022 : parmi les 100 ouvrages mondiaux remarquables de la Foire du livre jeunesse de Bologne au côté de Tous mes cailloux de Françoise Lison-Leroy & Raphaël Decoster. • Mille manières de dessiner un arbre. Hyeeun Kim nous donne envie de plonger dans ses illustrations, de nous perdre au sein de cette nature verdoyante, de la protéger lorsqu’elle est en danger. • On pourra lire en réseau Mille arbres de Caroline Lamarche et Aurélia Deschamps, Petite Femme de Sophie Caironi, la collection Matière vivante (CotCotCot) ; Une forêt de Marc Martin (Circonflexe) ; Harold et le crayon violet de Crockett Johnson (Memo) ; L’arbre généreux de Shel Silverstein (L’école des loisirs).
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56
Le bruit de la neige qui tombe est un roman graphique inclassable, à l’orée du documentaire et de la poésie. Il propose une immersion perceptive dans la vie quotidienne des hiboux Grand-Duc. Au rythme de l’hiver qui passe et d’une palette crépusculaire, Maggie Umber nous propose un récit sauvage sans paroles qui plonge le lecteur dans un temps contemplatif et animal.
Ouvrage cartonné 104 pages Format 171 x 216 mm sur Munken Lynx 120 g Dos rond - tranchefile Tirage - 1000 exemplaires
20 € ISBN 978-2-9550739-8-8
Jaquette (automne 2022)
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg, France +33 (0)6 78 22 89 46 editionsdulivre.com 1
DEUXIÈME ÉDITION
Bloom est un livre circulaire dont les pages s’ouvrent comme des pétales et font apparaître un délicat bouquet de fleurs. Couleurs vives et pastel, superpositions : il suffit de déployer l’ouvrage de Julie Safirstein pour entrer dans un jardin poétique et chromatique. Ce livre pop-up tout en plis fait appel au jeu et à l’imagination.
Photo © Maurizio Pighizzini
BLOOM Julie Safirstein, 2022 10 pages, 14 x 14 cm Livre pop-up à 360° Impression 5 tons directs ISBN 979-10-90475-32-8 20 €
JULIE SAFIRSTEIN Julie Safirstein est artiste visuelle. Son travail s’articule autour de la couleur et se développe dans différents champs : éditions pour la jeunesse, œuvre peint, scénographies, installations immersives ou encore web-séries. juliesafirstein.com
Bloom (Deuxième édition, 2022)
Décembre
Thierry Maricourt - nAthalie dieterlé
Couverture provisoire
Frangin a trouvé un travail de mécanicien au Garage Confiance. Frérot est à la recherche de l’individu qui a mélangé de la mort-aux-rats avec les croquettes du chat de l’immeuble, surnommé « le racé des gouttières ». Pour la troisième fois, nous retrouvons la correspondance entre Frérot et Frangin qui, pour ce nouvel épisode, ont envie de mettre en pratique la chanson de Pierre Perret et d’ouvrir la cage aux oiseaux.
hôtel bestiole, hôtel bagnole Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, (dont un Dictionnaire des auteurs prolétariens), Thierry Maricourt est aussi directeur littéraire des éditions de l’Élan, spécialisées en littérature nordique. Il réside à Arras. Autrice-illustratrice de la série Zekéyé, Nathalie Dieterlé a aussi publié chez Rue du Monde, Kaléidoscope, Albin Michel… Elle vit à Montreuil.
extrait Frangin, Il y a des gens qui aiment pas les animaux. On en a parlé dans la cour de récré. Aboubakar faut toujours qu’il en rajoute, alors il a raconté que l’un de ses oncles vendait des fouines et des belettes sur les marchés, nourries de petites souris vivantes, comme pour les pythons. Il a repris sa respiration, nous a observés deux trois secondes, a dit pardon j’allais oublier, un autre de mes oncles vend des cobras sur les marchés et les nourrit de noix de veaux et d’enfants trouvés : dans certains pays il y en a beaucoup, ça revient moins cher de les donner à manger aux fauves que de les envoyer à l’école. Là, on savait plus si on devait le croire.
12.50 euros 64 pages ; 16 x 20 cm Distributeur : SERENDIP Parution : 2 décembre 2022 ISBN : 979-10-97340-17-9
Oui, Frérot, ouf ! Il y a beaucoup de gens qui font du mal aux animaux, juste pour s’amuser, et ça me met toujours en rogne, tu le sais, toi qui adores comme moi contempler les petites bêtes dans leur cage ou leur aquarium dans l’animalerie du bout du boulevard. À chaque fois on sort de là mal à l’aise, hein ! Comme elles ont l’air malheureuses, toutes ! On se dit qu’on y retournera plus et puis, on rêve de prendre de leurs nouvelles, alors on pousse de nouveau la porte. Et les chatons, les chiots, les perroquets, les tritons nous lancent des regards désespérés, adopte-moi qu’ils disent, et quand on commence à compter combien on a dans nos poches, un vendeur surgit et aboie que ça suffit maintenant d’embêter les animaux, que c’est pas un zoo ici mais un magasin où l’on vend des compagnons à deux ou quatre pattes, à poils, à plumes ou à écailles... (Non, ça, le mot compagnon, il le prononce pas, c’est nous, dans la rue, après). Ça te dirait pas de faire une blague à la Pierre Perret ?
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frérot frangin Thierry Maricourt - ZAü
hôtel zinzin, hôtel zonzon
Thierry Maricourt - ZAÜ
calicot
12,50 €
calicot
Frangin a rencontré sa douce en servant des pizzas. La copine de Frérot s’est fait renverser par une moto à la sortie du collège ; il va la voir tous les jours à l’hôpital. Les deux frères s’écrivent des lettres tendres et savoureuses. L’un raconte l’hôtel Resto, l’autre l’hôtel Hosto.
56 pages - 12,50 €
56 pages - 12,50 €
hôtel Resto, hôtel hosto
Thierry Maricourt - Tardi
hôtel resto, hôtel Hosto Couv Resto DEF 3.indd 1
Frérot, onze ans, part en classe de neige. Frangin, dix-neuf ans, est en prison. Pendant un mois, les deux frères s’écrivent des lettres drôles et tendres et se racontent leur quotidien. L’un à l’hôtel Zinzin, l’autre à l’hôtel Zonzon.
13/02/2021 09:57:33
Frangin a rencontré sa douce en servant des pizzas. La copine de Frérot s’est fait renverser par une moto à la sortie du collège ; il va la voir tous les jours à l’hôpital. Les deux frères s’écrivent des lettres tendres et savoureuses. L’un raconte l’hôtel Resto, l’autre l’hôtel Hosto.
Sélection Kibookin Ces courtes histoires sont très touchantes et décrivent des personnages plein de douceur. Coup de cœur de La Librairie Du Tiers Temps
Voici les deux premiers tomes de ce qui pourrait bien devenir une série phare de la littérature de jeunesse du deuxième quart du vingt-et-unième siècle. Lisez Jeunesse, juin 2021
DANS LA LUNE
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg 06 78 22 89 46 editionsdulivre.com 1
TROISIÈME ÉDITION
Dans la lune reproduit un cycle lunaire aux formes simples et épurées. En combinant 8 encres de couleur, Fanette Mellier propose une avancée sensible dans la lunaison : croissante, la lune diffuse une subtile palette de blancs colorés; décroissante, sa face cachée se révèle par un jeu de surimpressions. Cette transcription oscille entre contrainte technique et expérimentation, science et pure poésie. Les 30 lunes sont celles du mois de novembre, date de parution de l’ouvrage.
Photo © Pascal Béjean
DANS LA LUNE Fanette Mellier, 2022 64 pages, 21 x 20 cm Impression 8 tons directs Couverture cartonnée, dorure mate ISBN 979-10-90475-33-5 / 25 €
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié sept ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium, Matriochka, Herbier et Panorama. editionsdulivre.com
Dans la lune (Troisième édition, 2022)
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg editionsdulivre.com 1
Contact Alexandre Chaize 06 78 22 89 46 editionsdulivre@orange.fr
Panorama propose la contemplation d’un même paysage, imprimé 24 fois. Page après page, les variations colorées révèlent le passage des heures et les micro-péripéties du vivant. De la douce chaleur d’un d’après-midi de printemps au givre nocturne, la nature s’éveille puis s’endort. Observer les détails devient un jeu d’enfant : un chalet, une horloge, un chat, un ballon, un vert luisant… Fanette Mellier crée un monde où les strates d’encres dessinent un horizon subtil et vertigineux.
Photo © Pascal Béjean
PANORAMA Fanette Mellier 24 x 17 cm, 48 pages Quadrichromie + 4 tons directs Couverture cartonnée, dorure ISBN 979-10-90475-31-1 25 €
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié six ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium, Matriochka et Herbier. editionsdulivre.com
herbier
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg, France +33 (0)6 78 22 89 46 www.editionsdulivre.com 1
Association à but non lucratif Siret 538 463 266 00014
NOUVEAUTÉ 2021
Herbier est un livre dont l’histoire évolue au fil des promenades… Ce livre est comme une maison : les feuilles, fleurs, images et dessins, récoltés dans la nature (ou ailleurs ?), y trouvent abri entre deux pages ! Fanette Mellier nous invite à redécouvrir le monde végétal qui nous entoure lors d’une balade en ville ou en pleine nature. Cette version contemporaine et ludique d’un herbier permet aussi de sensibiliser les plus jeunes au graphisme : l’ouvrage est accompagné de 32 formes découpées pour construire son jardin !
Photo © Pascal Béjean
HERBIER Fanette Mellier (parution octobre 2021) 16 x 22 cm, 48 pages + 32 formes découpées, ruban Impression 7 tons directs ISBN 979-10-90475-28-1 25€
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié cinq ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium et Matriochka. fanettemellier.com
Au soleil (deuxième édition) Fanette Mellier Jumeau dizygote de l’ouvrage Dans la lune, Au soleil retranscrit un cycle solaire journalier en 6 tons directs. Fanette Mellier propose d’apprécier le rayonnement de la lumière, dans une logique d’expansion de la couleur : du bleu matinal au pourpre du couchant, les halos du soleil imprègnent l’atmosphère de teintes incandescentes. Éditions du livre www.editionsdulivre.com
20 € 26 pages / 21 x 20 cm Impression 6 tons direct Couverture souple, dorure métallique or Parution : Mai 2020 ISBN 979-10-90475-24-3
9 791090 475243
Matriochka
(Deuxième édition)
Fanette Mellier Matriochka présente une série de 16 poupées gigognes qui rétrécissent au fil des pages jusqu’à atteindre quelques millimètres seulement. Dans ce livre miniature, Fanette Mellier joue avec les limites de l’imprimabilité et nous invite à la nano-exploration d’une famille de figurines multicolores qui évoquent des personnages de notre imaginaire collectif. Éditions du livre www.editionsdulivre.com
20 € 32 pages / 6,5 x 8,5 cm Impression 6 tons direct + or à chaud Couverture toile gaufrée ISBN 979-10-90475-29-8 Parution : Janvier 2021
9 791090 475298
L’anniversaire d’Écureuil
sortie le 15 novembre 2022
Geneviève Casterman
Apprendre à s’aimer, à prendre soin de soi ; prendre conscience que chaque petit instant que la vie nous offre est précieux.
3+ isbn 978-2-930941-50-9 format 15 x 15 cm album de 32 pages prix : à définir Techniques d’illustration : • dessin au crayon graphite Thèmes • anniversaire • apprentissage de la vie • solitude / relations • gérer ses émotions • pleine conscience • connaissance de soi • amour de soi (self-love)
Parfois on passe le jour de son anniversaire seul·e. Et ça n’est pas plus mal !
Créatrice d’albums pour les enfants et pour les adultes, graveuse hors pair, artiste multiforme, enseignante à l’ERG (Bruxelles), animatrice d’ateliers pour enfants, entre autres, Geneviève Casterman est comme un puzzle dont les cent pièces s’imbriquent subtilement (source : numéro spécial de la section belge francophone de Ibby). Elle a publié chez Esperluète et Pastel (L’école des loisirs). En 2018, elle a produit avec Rachel Marino des capsules pour la web série « mon œil » sur le site de Beaubourg et la RTBF. Geneviève Casterman habite le village de Blanmont dans le Brabant-Wallon.
• Un petit personnage mignon et attachant ! • Un récit court et optimiste pour aider à grandir. Confiance en soi et conscience de soi sont intimement liées... • L’amour de soi est un sentiment bon et naturel chez Rousseau, alors que l’amour-propre n’existe qu’en société et nous porte à privilégier l’image que les autres se font de nous (être vs. paraître).
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56 < visuels >
tra-la-li-la-lai-ai-ai-ai-ai-re (d’anniversaire)
Ça, c’est le plus
beau soleil d’anniversaire
que j’aie jamais vu sur terre.
Oh ! Les
jolis cailloux d’anniversaire !
On peut inviter quelqu’un ? Véronique Komai Genre : album A partir de 3 ans Prix : 16€ Format : 26 x 22 cm 40 pages Sortie : décembre 2022 ISBN : 9782930787855
Les parents de Timini sont aux petits soins avec lui, mais Timini refuse catégoriquement toute proposition. Il n’a qu’une seule idée en tête : inviter quelqu’un à la maison. Pour partager un bon moment, ses parents changent de stratégie et se mettent à jouer avec lui. Bouillonnant de joie, Timini se laisse embarquer par leur imaginaire débordant, truffé de régalades et de rigolades. Bientôt, c’est l’heure du repas, mais quand il s’agit de revenir aux choses sérieuses, Timini ne l’entend pas de cette oreille et peint sur le mur le dessert de ses rêves.
Véronique Komai est née en Belgique dans une maison remplie d’enfants et de livres. Passionnée depuis toujours par la littérature jeunesse, dans sa vie d’institutrice elle inventait aussi, pour ses petits de maternelle, des histoires qu’elle illustrait. Voyageuse, elle a passé plus d’une décennie au Japon où elle a découvert la grande place accordée à l’esthétisme présent jusque dans les moindres détails du quotidien. De retour en Europe, elle partage son enthousiasme pour le raffinement et la variété des papiers traditionnels japonais et les utilise dans les illustrations de ce nouvel album: « On peut inviter quelqu’un? »
Edition A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribution Serendip Livres • 21 bis, rue A. Géraux 93450 L'Île-St-Denis • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
— Pas de marmelade ce matin, mon mignon ? Tu es malade ? — Non.
— On disait qu’on était des gros scarabées et qu’on faisait des roulé-boulé-culbuté jusqu’au bout du pré !
— Et ce n’est pas fini, les gugusses ; tous en cuisine, aujourd’hui, les trois grands chefs Timini, Mezzor et Maximus, vont préparer le meilleur plat du pays.
— Une minute, j’arrive, j’ai aussi une idée.
DE PIRE EN PIRE Auteurs : Atelier du Trio Illustratrice : Claire CZAJKOWSKI
ALBUM pour grands COUVERTURE SOUPLE MUNKEN à partir de 8/9 ans format : 140 / 200 mm nombre de pages : 64 prix : 13.00 € Décembre 2022 / ISBN : 979-10-92353-76-1
ECOLOGIE / SPHERE FAMILIALE / ENGAGEMENT CITOYEN DES JEUNES
Cami, Gibus et Tosh sont frères et sœurs. Et depuis longtemps. Cami, l’aînée, onze ans, est intrépide avec un fort désir d’autonomie. Gibus, dix ans, est un garçon sérieux concerné par la cause animale. Tosh, le dernier, expérimente tout le temps. Sa curiosité ouvre souvent les yeux de la fratrie. Un jour, quand ils entendent leurs parents affirmer qu’il faut « en liquider un des trois, et sans tarder », tout vole en éclats...
POINTS FORTS Le traitement dynamique du texte
« façon théâtre » Le sujet de l’urgence écologique traité
par des enfants pour des enfants L’intrigue, basée sur un quiproquo,
renforcent l’envie de lire Des illustrations originales et humoris-
tiques qui ponctuent et subliment le texte
L’Atelier du trio existe depuis 2015. Formé par Gilles Abier, Thomas Scotto et Cathy Ytak, tous trois écrivains. 3 auteurs à voix haute qui ont créé l’Atelier pour diffuser leurs textes dans des spectacles de lectures. Ils se sont lancés aussi dans l’écriture commune et DE PIRE EN PIRE est leur 2ème projet d’écriture et toujours aux EDPP après VA TE CHANGER. Claire CZAJKOWSKI : Passée par les beaux-arts d'Épinal puis par le master didactique visuelle des arts décoratifs de Strasbourg, elle s'installe à Sarrant en 2020 où elle poursuit mes activités artistiques tout en gérant l'atelier gravure de La Maison de l'Illustration. Sensible aux questions de dé/constructions sociales et d'écologie, son univers se déploie à travers des thèmes mêlant souvent l'intime, l'animal, le végétal et le politique.
NOTE D’INTENTION DES AUTEURS L’Atelier du Trio souhaite prolonger son engagement et sa conscience ecologiste a travers un texte qui s’adresse aux enfants. Nous savons qu’il est temps de prendre en compte la degradation de la planete et l’epuisement des ressources naturelles. Pour aborder ce theme, nous avons choisi de le placer au niveau d’une sphere familiale, afin de mieux capter l’interet des enfants. Notre texte veut montrer comment a l’echelle d’une famille, on peut remettre en cause la maniere de consommer, de vivre et d’echanger, etc. Et grace a une vraie histoire sans didactisme, nous voulons inciter a la reflexion, la prise de conscience, la prise de parole et l’engagement des enfants, dans un combat citoyen et ecologique. Dans notre réflexion d’écriture, nous avons tenu compte de trois niveaux de lecture : - la nôtre à voix haute, en tant que Trio, qui se veut plus dynamique que pour « Va te changer", avec un échange de paroles rythmé. - celle du lecteur ou de la lectrice du livre qui le proposera à voix haute seul.e. - et celle de l’objet livre illustré
DES MEMES AUTEURS AUX EDPP : VA TE CHANGER
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Cami — C’était pourtant ce qu’on les avait entendu dire. Gibus — Ce qu’ils avaient dit. En même temps, des parents
Cami Tosh Cami
Gibus
qui abandonnent leurs enfants, ça s’était déjà vu, y avait des précédents : le Petit Poucet. — Tosh a encaissé. — Oh oui, c’est vrai… Le Petit Poucet ! — Mais pas le temps d’avoir la trouille. Même si on n’en menait pas large, fallait réagir. Quand maman prend une décision, c’est tout de suite et jusqu’au bout. — Réagir d’accord, mais comment ? Se sauver, se cacher, se révolter ? Se sauver, c’était bien gentil, mais chez qui ? Se cacher, pas bête, mais où ? Se révolter, évidemment, mais de quelle façon ?
Tosh — En même temps, ils ont dit qu’un seul… Un seul de trop. Cami Gibus Tosh
Cami
Gibus Tosh
Cette phrase les a cloués dans leur élan. — Parce que c’était la vérité. — On a chacun reculé d’un pas. Et par réflexe, on s’est détaillés de haut en bas. Juste un seul ? Un seul de nous ? — Et si ça se trouve, ils l’avaient déjà choisi. Genre tirage au sort, version « plouf, plouf » : ça-se-ra-toi-quise-ra-li-qui-dé. — À moins… À moins que ce soit plus réfléchi. Parce que le pire… ce serait qu’ils s’arrêtent sur notre comportement de ces derniers jours… — Là, y aurait vraiment de quoi s’inquiéter. — Plus que vraiment.
tableau 2
tableau 2
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retrouvée plaquée contre le siège, puis projetée vers l’avant. Je savais pas ce qui se passait. J’ai ouvert les yeux. En libérant le frein à main, la voiture avait dévalé l’allée à reculons, pris de la vitesse et finit sa course dans le portail. Je suis sortie, j’ai fait le tour du véhicule. Tout l’arrière était défoncé. Pulvérisé.
monter, tirer pour descendre, je savais. Altimètre, anémomètre, gyrocompas, indicateur de virage sur le tableau de bord… OK. Les journalistes étaient là sur la piste, pour ma photo dans le journal. Mon cœur battait fort. À moi, le grand livre des records ! Ceinture de sécurité bouclée. Autorisation de décoller accordée. Manette des gaz à fond… J’ai abaissé d’un coup le frein à main et fermé les yeux pour mieux savourer l’instant. Sensation immédiate de vitesse, décollage réussi ! Déjà dans les nuages, je volais ! Le vrai délire ! Bon, tout de suite après, il y a eu une explosion. Un truc qui ressemblait à un gros BOOOMMM ! Je me suis
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tableau 3
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Le hurlement des parents, que le bruit avait fait sortir, a été si fort et puissant que j’ai pensé qu’il valait mieux que j’attende un peu avant de leur parler de ma grande tentative de record de vol sans escale. D’après eux, la voiture était fichue. Donc oui, j’avais vraiment de quoi m’inquiéter.
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J’avais des choses à dire. D’abord : c’est grâce à moi si on mange des super bons fruits à la maison. Parce que je fais le tour du quartier chez ceux qui en donnent. Je ramasse des fraises. Je cueille des figues. Même des cerises. Ensuite : tous les jours, je prends mon vélo pour aller au collège. Ça évite aux parents de me déposer en voiture. Ils économisent de l’essence et ça pollue moins. Et puis je dépose à la boîte à livres les BD que je ne lis plus. J’ai aussi fabriqué entièrement le composteur. Et je suis capable de rendre un service sans qu’on me le demande. Sans me faire payer !
qu’une fois par semaine. C’est mieux pour les animaux et c’est mieux pour notre santé. Petit 2 : c’est toujours moi qui appelle mamie pour prendre de ses nouvelles. C’est pas parce qu’elle est souvent occupée qu’elle a pas besoin de nous. Petit 3 : J’aime bien partager avec vous tout ce j’apprends. Et quand vous vous posez des questions, j’essaie toujours de trouver la réponse. Petit 4 : Et plutôt que faire du poney, de l’escrime ou d’être inscrit dans un club de foot, je me promène en forêt. Je préfère et c’est gratuit. Fin de ma liste.
Tosh — Puisque Gibus avait vraiment terminé, j’allais enfin Gibus — Puisque Cami semblait avoir terminé, j’ai repointé Tosh : « Maintenant, on t’écoute. » Tosh — Mais juste après, logiquement, c’était mieux de laisser la place au moyen.
Gibus — Pas vache, j’ai pris une grande inspiration. Petit 1 : c’est grâce à moi si on mange moins de viande. J’ai réussi à convaincre les parents d’en cuisiner
pouvoir parler. Je me suis levé, j’ai toussoté un peu pour qu’on m’entende bien, j’ai sorti la liste de ma poche, j’ai déplié la feuille en grand, j’ai re-toussé et je me suis lancé. Premièrement : ça fait une semaine que si je monte sur une chaise, j’arrive à sortir vos bols pour le petit-déjeuner, et puis tes céréales, Cami, et puis ta confiture de figues, Gibus, et puis mes pains au lait, bien sûr. Tout est prêt quand vous arrivez.
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Cami — Moi, ça ne me dérangeait pas de prendre la parole.
DES ÉCRITURES QUI EMPRUNTENT LES CHEMINS DE L’IMAGINAIRE POUR AIDER LES LECTEURS À FAIRE SOCIÉTÉ. Les Éditions du Pourquoi pas ?
Une maison d’édition jeunesse « pas vraiment comme les autres », créée fin 2012 par la Ligue de l’Enseignement des Vosges en lien avec l’École Supérieure d’Art de Lorraine, site Epinal, pour alimenter en priorité des projets d’Éducation Populaire. Au travers de récits fictionnels, la ligne éditoriale engagée autour du Faire Pour en savoir plus sur les Société incite les jeunes et les familles au débat Éditions du Pourquoi pas ? sur le vivre ensemble. Dans un objectif de dialogue avec la création contemporaine, une large part est Rendez–vous sur notre site : donnée à l’image tout en promouvant l’émergence www.editionsdupourquoipas.com de jeunes talents. Le fonctionnement des Éditions du Pourquoi pas ? est associatif, Pour contacter le responsable : bénévole et désintéressé,il est juste guidé Alain Claude, 06 83 15 95 41 par la passion et l’engagement. alainclaude.pourquoipas@gmail.com
VA TE CHANGER !
Va te changer !
L’atelier du Trio Gilles Abier, Thomas Scotto et Cathy Ytak 130 / 210 mm 64 p. isbn : 979–10–92353–54–9
Prix des Monodmaniaques des livres 2020 Coups de cœur des 15-17 ans CCAS et Livrjeun. Une sélection : · bonnes lectures ados SLPJ, · prix des collégiens & lycéens de Charente 2020-21 · 15aine du livre jeunesse 2020 · prix litterado 2020-21 · prix litteralouest 2020-21
9,00 €
À partir de 13/14 ans. De retour de vacances à Londres, Robin, 16 ans, ado bien dans sa peau, décide d’arriver au lycée en jupe. Celle-ci, portée par goût vestimentaire plutôt que par militantisme va déclencher une série de réactions au sein du lycée. D’abord de l’amusement et une certaine admiration. Puis une voix s’élève : « On a une meuf de plus au lycée »... Petit à petit, tout dégénère. La voix de Nolan pousse à l’intolérance tandis que Robin réaffirme le droit à la différence, au respect et le droit de chacun à vivre sa vie comme il l’entend.
Sexisme / homophobie / harcèlement / tolérance
Janvier
Un carré Somin Ahn
ACHAT DE DROITS en attente de confirmation
sortie le 3 janvier 2023
traduction depuis l’italien : Laëtitia Cordonnier
Un chat gris et un carré aux contours jaunes : un couple insolite et parfait.
3+ isbn 978-2-930941-57-8 format 22 x 22 cm 32 pages Couverture souple couture à l’écolière 14,50 €
À l’intérieur d’un carré, il peut y avoir différentes choses : une commode, une porte, une vasque… Avec un peu de chance, on peut également y trouver des fleurs parfumées. Avec un peu d’imagination, le carré devient fenêtre à travers laquelle regarder le monde. Un chat, curieux, observe le monde au travers d’un carré : la forme devient un espace de découverte et de refuge à la fois…
Techniques d’illustration : • aquarelle Thèmes • animal/chat • imagination/fabulation
Somin Ahn est une jeune autrice-illustratrice coréenne. Après des études en design et illustration à l’Université de Brighton, elle poursuit ses recherches dans le domaine des livres illustrés, plaçant, au centre de ses histoires, la diversité des points de vue et la possibilité de se mettre à la place de l’autre. Ses livres ont été publiés par Corraini Edizioni en Italie, Rue du monde en France.
Récompenses : ► parmi les cent illustrateur·rices de l’année, Foire du livre jeunesse de Bologne, 2020 ► sélection de son travail dans la catégorie Albums de la revue américaine Communication Arts, 2020 ► parmi les finalistes du Prix des jeunes illustrateur·rices Golden Pinwheel de la Foire internationale du livre jeunesse de Shanghai, 2019
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s’ouvrir au monde et aux autres dès le plus jeune âge ; place à la fantaisie, à l’imagination ; un livre parfait pour les enfants et les amoureux·ses des chats ; lecture en réseau possible avec Le petit curieux d’Édouard Manceau (Milan, 2014)
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com | +33 6 15 82 58 56 visuels : labernique.com/ressources/index.php?r=8
le temps d’une sieste , niché au coin de son carré préféré…
DEPART EN VACANCES Autrice : MAGDALENA Illustratrice : Barim
ALBUM CARTONNE à partir de 7/8 ans format : 145/240 mm nombre de pages : 32 prix : 12€ Janvier 2023 / ISBN : 979-10-92353-77-8
Collection [POURQUOI PAS LA TERRE?]
MOTS CLES : ECOLOGIE / POLLUTION / MOYENS DE TRANSPORTS / DEBAT / FAMILLE C’est l’été, les quatre membres d’une famille préparent le voyage pour le prochain départ en vacances. Le débat est lancé. Quel moyen de transport vont-ils utiliser?
POINTS FORTS
L’écriture ciselée de Magdalena
Un sujet fort traité de façon humoristique
Un récit pour éveiller la conscience écologique chez les jeunes
Des illustrations contemporaines qui apportent un plus à l’objectif de débat citoyen
MAGDALENA : Institutrice au CP pendant 16 ans, elle en a gardé cette envie de donner le goût de lire aux enfants. Autrice de nombreux ouvrages , notamment chez Flammarion, elle écrit la vie en essayant de la rendre joyeuse et colorée. Son 1er ouvrage aux EDPP. Théa PARK (TaeHee Park) pseudo : Barim d’origine Sud Coréenne est arrivée en France en2014 pour étudier l’art, elle obtient le Diplôme à École supérieure d’art Lorraine d’Épinal (ESAL). Installée à Nantes depuis 2018, travaille actuellement sur divers projets pour des livres jeunesse notamment dans son pays d’origine.
NOTE D’INTENTION DE L’AUTRICE
Pourquoi ce texte ? Les [Editions du pourquoi pas ?] m’ont proposée d’écrire un texte. J’avais carte blanche pour le thème , avec l’envie de glisser un message coloré d’écologie. Comme le sujet des vacances touche tout un chacun, et que celui des transports est primordial, c’est comme une évidence que cette histoire s’est écrite. Mon fils me fait la morale pour que je ne prenne plus l’avion, que je privilégie le train pour mes longs trajets, et que je me déplace en vélo . J’aime le vélo mais sur des routes sans autos. J’ai le mal des transports dans le train, et j’ai peur en avion. J’avoue que je prends encore trop souvent la voiture mais je fais la « Sam » et je vais chercher mon pain à pieds à défaut de le faire ou de ne plus en manger ! Chez nous nous avions l’habitude de discuter, de négocier et de choisir plutôt que d’imposer. J’aime l’idée que ce soit les enfants d’aujourd’hui qui fassent bouger les parents pour préserver la planète , ça c’est plutôt chouette. Et pourquoi le Pourquoi pas ? Cela fait longtemps que je rêvais d’être éditée par eux, parce qu’ils se posent les bonnes questions, parce qu’ils font bouger les lignes, parce que l’enfant et le lecteur sont au cœur de leurs réflexions, parce qu’ils donnent la chance aux jeunes illustrateurs de l’école d’Epinal d’exprimer leur créativité et leur talent. Mais aussi je savais que ce serait une belle aventure éditoriale . Et pour le choix de Barim , l’illustratrice il n’y a pas eu de discussion , j’ai eu envie de lui confier mes mots et de dire oui c’est parti pour l’aventure! Je vous souhaite une bonne lecture et de belles vacances à dos d’âne , dans une cabane et surtout n’oubliez pas d’emporter des livres ! Magdalena
Papa veut prendre l’auto, pour caser tout son méli-mélo. Il a toujours des bricolos en trop, du coup le coffre est prêt à exploser. Il ne sait pas voyager léger.
Il dit pour nous convaincre :
Du coup, c’est fou, ils m’ont regardée en faisant une drôle de tête. J’ai fait fort, j’ai mis tout le monde d’accord.
Maintenant on prépare les bagages.
POURQUOI PAS LA TERRE ? Des albums illustrés cartonnés pour sensibiliser à l’urgence climatique et à la nécessaire prise en compte de l’impact de l’homme sur son environnement. Des textes qui s'emparent de l'imaginaire pour inciter les jeunes à s'engager et à « Faire Société » sur des sujets du quotidien... La vieille Herbe Folle Jo Witek illustrations Léo Poisson
LE FORMAT « POURQUOI PAS LA TERRE ? »
165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–55–6
12,00 €
Sous son immense chapeau de paille, qu’il fasse beau, qu’il neige ou qu’il pleuve en trombe, elle traverse les champs, cahin–caha, le nez au vent. Dans mon village, je m’en souviens, elle est À partir de 8 ans. arrivée un jour de poussière. Dans les champs, Écologie / citoyenneté c’était le jour du grand traitement chimique. / pesticides / conte / On aurait dit que c’était la guerre...
agriculture
Conte écologique qui parle avant tout de la vie, de la fragilité et de la tendresse sur Terre.
De 4 à 14 ans selon les textes. 9 livres, 9 sujets différents pour traiter avec sensibilité l'une plus grandes problématiques de notre époque, pour aujourd'hui comme pour demain : prendre soin de notre planète Terre. Format 165 par 240 mm, 32 pages. Couverture cartonnée Impression sur papier Munken print white 150 g. Prix par ouvrage : 12,00 €
Une sélection Pépite fiction Junior SLPJ 2019 À partir de 7 ans.
Tout a commencé par un bonbon. En passant dans la rue Dici, monsieur Dubalai, de la rue Dacoté, a jeté l’emballage de son caramel mou sur le trottoir. La même journée, monsieur Léger s’est débarrassé de son vieux frigo. « J’ai tout vu ! » a glapi une voisine depuis sa fenêtre. Si elle avait su ce qui allait se passer après, peut-être aurait-elle fait quelque chose, là, tout de suite. Au bout d’un moment, les gens de la rue Dici ont décidé de réagir. La guerre des poubelles sauvages était déclarée. Un sujet essentiel traité sur le mode humoristique, voire burlesque, pour aider les lecteurs à FAIRE SOCIÉTÉ. Écologie / déchets / recyclage / vivre en ville / civisme / citoyenneté
Les poubelles sauvages Christine Beigel illustrations Hélène Humbert 165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–65–5
12,00 €
Pré-sélection prix Danielle Grondein 2022 Au fil de l’eau
Julia Billet illustrations Célia Housset 165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–56–3
La révolte de Sable
Thomas Scotto illustrations Tildé Barbey 165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–64–8
12,00 €
12,00 €
À partir de 4 ans. Écologie / intergénérationnel / gestion des déchets /citoyenneté
Une sélection prix Chronos 2020-2021
À partir de 8 ans. Souvent, Sable regardait autour. Fébrilement. Son œil perçant voyait les petits détails de la vie. Son museau frémissait. Elle humait, sortait sa langue pour goûter l’air et secouait brusquement la tête d’un petit dégoût. Là, je ne savais pas encore que Sable s’inquiétait pour le Monde. Je n’avais encore jamais vu autant de colère dans le fond de ses yeux. Elle en était sûre et certaine… On n’avait jamais connu l’air entier que les plus vieux nous racontaient. L’air d’avant notre naissance. Un conte à plusieurs niveaux de compréhension qui met en avant la place de la jeunesse dans l’engagement pour l’écologie, et qui s’appuie sur l’action de Greta Thunberg.
Écologie / engagement de la jeunesse / conte
Sur la barque, le monde semble doux et calme. Pourtant, en-dessous de l’eau, il se passe de drôles de choses. Heureusement que l’enfant et son grand père ont les yeux grands ouverts... Un conte qui vient nous rappeler que chacun peut agir à son niveau, pour que la Terre tourne plus rond, dans le respect de la nature et de la vie.
POURQUOI PAS LA TERRE ? Le Gecko vert de Manapany Yves-Marie Clément illustrations Simon Bailly
165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–58–7
12,00 €
À partir de 6 ans.
« Dans mon village de la Réunion vit une espèce en danger : le Gecko vert de Manapany. Mais monsieur Raltoultan, notre nouveau voisin, s’apprête à utiliser des insecticides pour se débarrasser des moustiques. Un produit toxique pour le gecko ! Comment mettre fin à cette menace ? J’ai ma petite idée... » Une histoire au ton humoristique qui s’appuie sur la lutte d’une association de la Réunion pour préserver une espèce endémique.
Écologie / militantisme / espèce endémique / île de la Réunion
Mon petit carré de terre
Mona aux doigts de miel
Cathy Ytak illustrations Christelle Diale
Marie Zimmer illustrations Madeleine Pereira
165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée
165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée
isbn : 979–10–92353–62–4
12,00 €
isbn : 979–10–92353–59–4
12,00 €
À partir de 7 ans.
— Je voudrais un jardin ! Un jardin pour mon anniversaire. Maman m’a regardé un bon moment, l’air étonné, avant de me répondre en souriant : — Un jardin, Tilo ? Mais c’est une bonne idée ! À vivre dans le béton, on en oublie la terre. Il pourrait être grand comme… la moitié du balcon, tu es d’accord ? Un texte pas « donneur de leçons » qui fait réfléchir à l’écologie au quotidien et au jardinage en milieu urbain. Écologie / jardinage /
habitat collectif
Lu et recommandé par SLPJ Montreuil 2020 « Quand j’avais ton âge, j’ai rencontré une baleine. Pas n’importe laquelle ! La baleine la plus triste du monde. Dans le minuscule bassin qui lui servait de maison, elle pleurait. Je le sais. Pour la consoler, j’ai posé la main sur la vitre qui nous séparait. Et elle s’est approchée. Tout près...» La rencontre, dans un parc d’attraction, entre une petite fille et une baleine, qui déclenche une action engagée pour la Liberté.
Sélection prix Pep Lor'est 2022
À partir de 7 ans.
Alors que M. Marceau, le papiculteur, est sur le point de nous raconter comment il récolte le miel, une toute petite voix murmure à mon oreille : — Le miel, bientôt tu n’en verras plus la couleur ! Tu n’en goûteras plus la saveur. Les hommes nous tuent à petit feu. Un texte militant qui sensibilise à l’écologie au quotidien au travers de la préservation des abeilles. Écologie / préservation des abeilles / rébellion
Petite Mer
JANVIER 2023
Marie Color illustrations Manuela Ferry 165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée isbn : 979–10–92353–71–6
12,00 €
À partir de 7/8 ans.
Écologie / engagement / citoyenneté / milieu marin / baleines / liberté
Départ en vacances
Magdalena illustrations Barim 165 / 240 mm 32 p. Couverture cartonnée
isbn : 979–10–92353–77–8
12,00 €
À partir de 4/5 ans. C’est l’été, les quatre membres d’une famille préparent le voyage pour le prochain départ en vacances. Le débat est lancé. Quel moyen de transport vont-ils utiliser ?
Écologie / pollution / moyens de transports / débat / famille
Février
Le petit poucet Maria Jalibert Genre : album A partir de : 6 ans Prix : 16€ Format : 23 x 23 cm 48 pages Sortie : février 2023 ISBN : 9782930787862
Et si le Petit Poucet avait l’apparence d’un caneton ? Et l’ogre, celle d’un gros rat aux yeux rouges ? Maria Jalibert, plasticienne et illustratrice jeunesse, nous emmène dans son univers sur les traces du célèbre conte de Charles Perrault, issu de la tradition orale. Revisitée et modernisée, l’histoire met en scène des animaux dotés d’ingéniosité et de malice. Au cœur de ces décors extraordinaires proposés par l’artiste, on suit les folles péripéties des sept petits abandonnés en pleine nature par leurs parents, complètement démunis. Diplômée des Beaux arts de Toulouse, Maria Jalibert apprend les métiers du livre à Bordeaux, travaille en librairie, publie son premier livre en 1999. En rangeant la chambre de ses enfants pour la centième fois, elle a l’idée d’utiliser leurs jouets pour créer des livres. Depuis Maria continue à dessiner, à découper, à peindre et à photographier pour ses projets d’albums, illustrations ou affiches. Elle a publié Cache cache carotte et Badaboum ! chez A pas de loups, elle vit près de Brive.
Edition A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribution Serendip Livres • 21 bis, rue A. Géraux 93450 L'Île-St-Denis • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
Au petit matin la famille s’enfonçe dans la forêt. Lorsque tout le monde est occupé à faire des fagots, les parents s’enfuient par un chemin détourné, en laissant les enfants seuls au milieu des bois. Les six frères paniquent et se mettent à crier. Seul le Petit Poucet ne pleure pas. Il sait comment ramener ses frères à la maison car il a laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu’il a ramassés près de la mare.
Une femme ouvre la porte. - Partez ! Partez vite, petits malheureux ! Vous êtes ici dans la maison de l’Ogre, qui mange les petits enfants !
Le plus cruel de tous les Ogres entre dans la pièce. Il se met à table avec son grand couteau. - Je sens la chair fraîche ! Hurle-t-il.
Badaboum ! Maria Jalibert Genre : tout-petits cartonné A partir de : 1 an Prix : 13 € Format : 15x 22 cm 16 pages Sortie : janvier 2022 ISBN : 9782930787770
Badaboom ! C’est l’histoire d’une pente enneigée, d’une luge verte et d’une bande copains.
Diplômée des Beaux arts de Toulouse, Maria Jalibert apprend les métiers du livre à Bordeaux, travaille en librairie, publie son premier livre en 1999. En rangeant la chambre de ses enfants pour la centième fois, elle a l’idée d’utiliser leurs jouets pour créer le livre Bric à brac qui verra le jour en 2013. Depuis Maria continue à dessiner, à découper, à peindre et à photographier pour ses projets d’albums, illustrations ou affiches. Elle a publié Cache cache carotte chez A pas de loups, elle vit près de Brive.
Une épopée fraîche et glissante qui fera sourire les tout-petits, la mise en scène est joyeuse, colorée et la chute les ravira.
Edition A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribution Serendip Livres • 21 bis, rue A. Géraux 93450 L'Île-St-Denis • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
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Aujourd’hui c’est la grande descente
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Sapin, viens avec nous !
Mais je ne peux pas...
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Allez, hop, on recommence !
Cache-Cache Caro e Maria Jalibert Genre : Album A par r de : 3 ans Prix : 14 € Format : 23x 21 cm 24 pages Sor e : septembre 2020 ISBN : 9782930787633 Où sont cachées les caro es ? En ville, dans le jardin, dans le désert, près du château ou à la montagne ? Aide les lapins à retrouver leurs caro es, et aussi plein d’autres pe ts éléments cachés dans les grands paysages colorés. Cache-Cache Caro e est un cherche-et-trouve original, en èrement réalisé avec des jouets, où l’enfant s’amusera à regarder, observer et trou-‐ ver une mul tude de pe ts trésors cachés avec malice par Maria Jalibert.
Diplômée des Beaux arts de Toulouse, Maria Jalibert apprend les mé ers du livre à Bor-‐ deaux, travaille en librairie, publie son premier livre en 1999. En rangeant la chambre de ses enfants pour la cen ème fois, elle a l’idée d’u liser leurs jouets pour créer le livre Bric à brac qui verra le jour en 2013. Depuis Maria con nue à dessiner, à découper, à peindre et à photographier pour ses projets d’albums, illustra ons ou affiches. Edi on A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribu on Serendip — Livres • 10 rue Tesson • 75010 Paris • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
Mars
Goutte Pascale Breysse Genre : album A partir de 4 ans Prix : 16€ Format : 20,5 x 28 cm 32 pages Sortie : mars 2023 ISBN : 9782930787879
Au fil des pages du livre, l’autrice et illustratrice Pascale Breysse donne la parole à une goutte d’eau. Une petite goutte qui vit au fond des océans, dans les nuages au milieu du ciel… Une goutte qui voyage dans la nature, les animaux et le corps humain, elle est absolument partout ! L’immense périple de cette goutte, auquel nous assistons en tant que lecteurs.rices, prend la forme d’un parcours initiatique, riche en rencontres et découvertes, de la création du monde, jusqu’à la naissance et à l’évolution de l’être humain, en passant par la vie quotidienne. L’album Goutte est né de la volonté de mettre en lumière l'interdépendance qui existe entre ces espèces, de souligner la richesse du Vivant. Au travers d’une composition réalisée aux feutres et crayons de couleur, mêlant papiers peints et papiers découpés, Pascale Breysse souhaite sensibiliser les tout-petits et même les plus grands à l’écologie. Pascale Breysse vit et travaille à Avignon. Artiste professionnelle depuis 2003, son premier album a paru en 2006 aux éditions Du Rocher-Lo PaÏs d’Enfance. Depuis, elle a collaboré avec une quinzaine de maisons d’édition, a créé des affiches pour le spectacle vivant, des images pour la presse et des agences de communication. Elle partage sa passion avec deux compagnies en région Paca (Cie Reveïda et Cie Fantasio), avec lesquelles elle dessine en direct lors de spectacles jeune-public. Elle aime rencontrer son public et anime régulièrement des ateliers.
Edition A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribution Serendip Livres • 21 bis, rue A. Géraux 93450 L'Île-St-Denis • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
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feuilleter le livre
Larmes de rosée
sortie repoussée au 1er mars 2023
François David & Chloé Pince Livret #02 dans la collection Matière vivante, qui se veut terrain de recherche poétique permettant de relier les êtres vivants à la nature, à l’écologie. « Une salade a besoin de sentir que tu l’attends », conseille la dame du marché… les petites pousses de salade demandent soins et patience !
3+ isbn 978-2-930941-42-4 Format 12,5 x 17,6 cm Livret de 24 pages Couverture souple Circuit court / imprimé sur du papier recyclé Relié par l’association L’Ouvroir (atelier protégé) prix : 10,90 € Techniques d’illustration : • aquarelle Thèmes • nature / écologie • apprentissage de la vie • cinq sens • jardinage / potager • poésie • lenteur / patience
Écrivain en littérature de jeunesse, on doit à François David de nombreux recueils de poèmes et de nouvelles. Il se distingue par une langue toute en retenue et poétique, qui traduit des situations souvent graves et délicates. Il est par ailleurs le fondateur et directeur littéraire des éditions Møtus depuis 1988. François David vit à Landemer, près de Cherbourg. Il a publié deux albums chez CotCotCot éditions : Ma Mamie en Poévie illustré par Elis Wilk (2017) et Mes parents sont un peu bizarres joyeusement mis en images par Guridi (2021). Après cinq années de formation aux Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Gosse, Chloé Pince s’installe en Creuse, pour y exercer en tant qu’autrice et illustratrice. Désireuse de défendre la dynamique culturelle en milieu rural, elle s’investit auprès de l’association Creuse Toujours, dans le village de Fursac. Son travail reflète cette campagne dont elle est originaire, en apparence dépeuplée, en vérité chargée d’histoires, de luttes et de vie. Son atelier se trouve à Bénévent-l’Abbaye, au sein de la Maison des Patrimoines, en compagnie d’autres artistes et artisans locaux.
• Matière vivante, ma terre vivante... une collection de petits livres, qui célèbrent le plaisir des cinq sens : ici, le bonheur simple de toucher la terre pour jouer et, par la même occasion, (re) crééer du lien avec la nature, l’environnement. • Leur apprendre dès le plus jeune âge à aimer la planète Terre, sans se décharger sur leurs épaules du poids de la sauver dans le futur. Aux adultes de prendre leurs responsabilités dans le présent !
contact presse : Gabriel Lucas | gabriel.lucas@labernique.com | Tél. : +33 6 15 82 58 56
alors tous les jours pendant deux trois semaines tu l’avais arrosée
et tu la guettais avec impatience
DOCUMENT DE TRAVAIL - NE PAS PARTAGER
tu t’es dit que tu n’avais pas su
trop voulu peut-être DOCUMENT DE TRAVAIL - NE PAS PARTAGER
éditions
printemps 2023
9
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QUES ,5 cm tonnée onde pantones € s 2023 476082
INFOS TECHNIQUES format 11,5 x 15,5 cm couverture cartonnée avec découpe ronde 32 pages en 2 pantones prix de vente 9 € parution 3 mars 2023 ISBN 9782492476082
Le Loup de Hobbes
« Au loup ! Au loup ! crie l’enfant qui s’ennuie. » Qui sont les loups pour l’homme ? Et s’il s’agissait des autres hommes ? ps Mais nous avons une arme que les loups n’ont pas : les mots, qui vont fonder les lois et les états. Une histoire qui permet ermet vie de s’interroger sur les principes de la vie en société.
Herbéra co Herbéra collabore après des études aux Beaux-arts Beaux-arts de Toulouse et Marseille, avec des compagnies de théâtre et de danse, pour des compa lesquelles e lesquelles elle réalise scénographies, costumes, masques et marionnettes. Elle développe en masques et parallèle un travail de dessin et d’illustration parallèle un mêlant des techniques diverses. Passant de mêlant des la boîte noire des salles de spectacle à la pagela boîte noi blanche, ell blanche, elle publie en 2010 son premier album pour la jeunesse. Elle se consacre depuis au pour la jeun métier d’au métier d’auteure-illustratrice. Elle dessine également pour la presse, réalise des affiches également et expérimente autour des techniques de la et expérime gravure. gravure. ★ Prima Opera, Bologna Ragazzi Award 2011★ Prima O ★ Prix premier album, Salon de Montreuil 2010★ Prix prem
Bibliograph Bibliographie sélective - Dans la fo - Dans la forêt MeMo, 2020 - Les trois b - Les trois bons amis À pas de loup, 2018 - Le pou du - Le pou du ciel Le port a jauni, 2017 - Sorcière b - Sorcière blanche À pas de loup, 2016 - L’heure bl - L’heure bleue MeMo, 2014 - Tchon Tch - Tchon Tchon Bleu MeMo, 2013 - Denys l’Aréop - Denys l’Aréopagite et le nom de Dieu Petits Platons, 2012 - Monsieur - Monsieur Cent Têtes MeMo, 2010
ET L’Île-St-Denis DISTRIBUTION 21 .bis rue Arnold Géraux 93450.L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom ue ArnoldDIFFUSION Géraux 93450 . 01Serendip 40 38 18. 14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès /Bahans et3œil Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr page 1/6 Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr éditions . www.3oeil.fr
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
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Amoureuse des images et des mots, Alice Brière-Haquet enseigne la littérature et l’histoire de l’art avant de découvrir le monde des livres pour la jeunesse. Depuis, elle écrit à plein temps : des contes, des romans, des poèmes, de la fiction ou du réel …mais toujours pour les enfants. Ses livres sont aujourd’hui traduits dans une vingtaine de langues et ont reçu de nombreux prix, dont un New York Times Award. En 2016, elle a soutenu une thèse de doctorat en Littérature Comparée à l’Université ParisSorbonne sur les réécritures des contes de Charles Perrault. Bibliographie sélective - Nuit blanche Les Grandes Personnes, 2021 - Phalaina éditions Le Rouergue, 2020 - Le Si Petit Roi éditions HongFei, 2019 - Dans la Lune éd. Gautier-Languereau, 2019 - Tangram éditions 3œil, 2017 - Le Ballon de Zébulon éditions MeMo, 2017 - Nina éditions Gallimard Giboulées, 2015 - Mme Eiffel éditions Frimousse, 2015 - 1, 2, 3 banquise éditions MeMo, 2014 - La Princesse qui n’aimait pas les princes éditions Actes Sud, 2010
HOBBES HOBBE
Hobbes est un philosophe anglais du est un philosophe anglais du xviie si qui voyagea beaucoup en Europe, xviie siècleHobbes beaucoup en Europe, pourmajeure, le plaisir, ou en ex pour le plaisir, ou en exil. Son œuvre Léviathan, fit scandale : il ylafonde la légitimit Le Léviathan, fit scandale : il y fonde chose que la religion. Selon lui l’homme est s légitimité des dirigeants sur autre chose que dans unest état de de raison où il abdiq la religion.pour Selonentrer lui l’homme sorti d’un système capable protéger : la soci l’état de nature pour entrer dansde unleétat de régulièrement raison où ilsoit abdique sa libertéaccusée au profitd’autoritarisme, d’un moderne avec l’idée qu’un contrat système capable de le protéger : la société. relie le pe DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 21 bis rue Arnold GérauxBien 93450que L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom sa pensée soit régulièrement RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier .accusée communication@lesardentes.fr / éditions . www.3oeil.fr d’autoritarisme, elle3œil fonde la politique moderne avec l’idée qu’un contrat relie le peuple et ses dirigeants.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
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été 2020
été 2020 collection Philonimo
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INFOS TECHNIQUES format 11,5 x 15,5 cm couverture cartonnée avec découpe ronde 32 pages en 2 pantones prix de vente 9 € parution 28 août 2020 ISBN 9782955777084
INFOS TECHNIQUES Olivier Philippo format 11,5 x 15,5 cm couverture cartonnée de bande dessi avec découpe ronde de ses création 32 pages en 2 pantonesdes lignes et ép prix de vente 9 € The Hoochie C parution 28 août 2020 expérimentatio ISBN 9782955777091
Le Porc-épic de Schopenhauer
Le Corbeau d’Épictète
« Au plus froid de l'hiver les porcs-épics se serrent. » Les hommes comme les porcs-épics s’espèrent et s’évitent, se cherchent et se piquent. Il faut trouver la juste distance, celle qui permet de vivre ensemble, celle qui laisse a chacun un peu d’air… Et si c’était la politesse ?
« Cherchons ce qui est beau dans le chant du corbeau… » Depuis des milliers d’années les corbeaux croassent, et depuis des milliers d’années les hommes craignent d’y lire un mauvais présage. Mais de quoi dépend mon bonheur ? D’un oiseau ? D’un signe ? De l’avenir ? printemps 2021
autour de textes Rollmops. À qu et lui illustrent par Alice Brière à Kyoto, il utilis de l’estampe jap pour Le Porc-ép ★ lauréat Villa
Bibliographie s - Amimots édit - πramide éditio - il, elle, lui édit - Le Ballon de Z printemps 2021 - Zébulon et la P - 1, 2, 3 banquis - Détective Roll éditions The Ho # # - L’Oiseau à deu INFOS TECHNIQUES INFOS TECHNIQUES - Perdu ! édition Raphaële Enja format 11,5 x 15,5 cm format 11,5 x 15,5 cm C’est avec Soph couverture cartonnée couverture cartonnée DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 10 rue Tesson 75010 Paris . 01 40 DIFFUSION 38 18 14 . ET contact@serendip-livres.fr DISTRIBUTION Serendip . gencod . 10 rue dilicom Tesson 3019000119404 75010 Paris . 01 40 38 1 avec découpe ronde avec découpe ronde la gravure sur 24Chiara pagesGennaretti en 2 pantones 32Chiara pagesGennaretti en 2 pantones techniques RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE & Inès Bahans . presse@3oeil.fr RELATIONS PRESSE / éditions ET3œil LIBRAIRIE . www.3oeil.fr & Inèsdes Bahans . presse@3 prix de vente 9 € prix de vente 9 € pour le dessin parution 7 mai 2021 parution 7 mai 2021 que pour l’imp ISBN 9782492476006 ISBN 9782492476013 ces mêmes étu artistique avec Ils se retrouven sur bois, se la et publient ens MeMo et Albin « Il rêve qu’il est un papillon. « Le soleil chauffe la pierre, actuellement Quelle étrange sensation ! » mais la pierre ne le sait pas. » Le Papillon de T Un homme s’est endormi et rêve Une pierre, un animal, un homme, Philonimo et p qu’il est un papillon. Mais le sommeil trois manières d’être au monde qui aux éditions de imite si bien le réel qu’il peut parfois se croisent et interagissent, s’évitent, ★ lauréate Villa faire vaciller la réalité. Qui suis-je se cherchent, se contredisent, vraiment ? Celui qui pense ou celui et finalement tissent notre galaxie. Bibliographie s que j’imagine être ? Où est la frontière ? L’histoire suit le lézard, avec sa drôle - Nuit blanche é Une histoire qui permet de s’interroger de place, quelque part entre la pierre - Amimots édit sur l’imagination et ses pouvoirs qui s’ignore et la conscience - Le Ballon de Z de suggestion. de l’homme. - Il, elle, lui éditi - Zébulon et la P DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip - Zébulon et le P 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 - 1, 2, 3 banquis RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
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Le Papillon de Tchouang-Tseu
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Le Lézard de Heidegger
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 10 rue Tesson 75010 Paris . 01 40 DIFFUSION 38 18 14 . ET contact@serendip-livres.fr DISTRIBUTION Serendip. gencod . 10 ruedilicom Tesson 3019000119404 75010 Paris . 01 40 38 1
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INFOS TECHNIQUES Kazuko Matt format 11,5 x 15,5 cm couverture cartonnée japonaise viv avec découpe ronde le graphisme 32 pages en 2 pantonesune carrière prix de vente 9 € et l’édition, p parution 1er octobre 2021 de livres jeu ISBN 9782492476037
INFOS TECHNIQUES format 11,5 x 15,5 cm couverture cartonnée avec découpe ronde 32 pages en 2 pantones prix de vente 9 € parution 1er octobre 2021 ISBN 9782492476020
Le Chien de Diogène
Le Canard de Wittgenstein
« Si j’étais un chien, je crois que je serais bien. » Une vraie vie de chien… De celles qui osent se rouler dans l’herbe coupée et prendre les chemins de la liberté… De celles qui se moquent des hommes et de leurs ordres, de leurs interdits, de leurs limites... Une vie au fond, où le monde deviendrait notre maison… Est-ce que ça ne2022 ressemblerait printemps pas à une vie de roi ?
« Qui a dit qu’il ne peut y avoir qu’un animal à la fois ? » Il était une fois un canard… à moins que ce ne soit un lapin ? Selon la perspective que l’on adopte, l’image change et avec elle l’histoire, car si un lapin ne peut pas s’envoler, le canard, lui, aura du mal à rentrer dans un terrier. Au chasseur donc de s’adapter, et avec lui, au lecteur bien2022 sûr ! automne
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à la fondation publie certai Suite nature artisanale, e à la Musashin sont visibles City Booksto à Paris. Le Ch Philonimo es les éditions 3
Bibliographie -「がまばあさん」 - What is love -「ほっぺおばけ」 -「かえるのオムラ -「カエルさんちの
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format 11,5 x 15,5 cm
format 11,5 x 15,5 cm
avec découpe ronde 32 pages en 2 pantones prix de vente 9 € parution 7 juin 2022 ISBN 9782492476044
avec découpe ronde des Beaux-ar 24 pages en 2 pantonesgraphiste pu prix de vente 9 € l’illustration parution 2 sept. 2022 Popov et Sam ISBN 9782492476075
INFOS TECHNIQUES INFOS. TECHNIQUES DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 10 rue Tesson 75010 Paris . 01 40 DIFFUSION 38 18 14 . ET contact@serendip-livres.fr DISTRIBUTION Serendip gencod . 10 ruedilicom Tesson 3019000119404 75010 ParisCoat . 01 40es 3 Janik
Finist RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Chiara Gennaretti & Inès Bahans . presse@3oeil.fr RELATIONS PRESSE / éditions ET3œil LIBRAIRIE . www.3oeil.fr Chiara Gennaretti & Inèsdans Bahansle. presse@ couverture cartonnée couverture cartonnée
Le Cygne de Popper
La Colombe de Kant
« Avons-nous là une vérité ? Comment s’en assurer ? » Si un homme de sciences affirme que tous les cygnes sont blancs, combien en faudra-t-il pour valider son hypothèse ? 10 ? 100 ? 1000 ? Aucun en fait : la vraie démarche scientifique cherche à se faire mentir… C’est le cygne noir qui l’intéresse. Une histoire pour interroger les théories et leurs limites.
« Une colombe s’envole, vole et virevolte. » Une colombe, ivre de ses ailes, pense qu’elle serait bien plus libre si elle n’avait pas à affronter l’air et ses caprices. Elle ignore que c’est justement lui qui la porte, et que le vol, comme la pensée, doit s’appuyer sur la réalité pour pouvoir pleinement se déployer.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
mène depuis et collabore Casterman, books, MeMo de nombreux régulièremen et peintures f ★ Outstandin ★ Little Bird A
Bibliographie - Bouh ! Héliu - Slip Les fou - La malédictio - Danse avec - Hippopposé - Les voyages - Rouge hippo - Aleph - ton
revue de presse
PHILONIMO Exposition Philonimo présentée au salon du livre de Troyes en 2021.
“Notre coup de cœur jeunesse de la semaine“ Sophie Pujas
“Des petits livres pour des petites mains mais à regarder ensemble pour réfléchir sur le message de nos concepteurs“ Al. De.
“… une ambitieuse collection dont les héros sont des animaux, qui, avec humour en très peu de mots, explore des thèmes philosophiques à hauteur de tout-petits “
“Associer avec tant d’intelligence, d’humour et d’élégance le message philosophique au format livre pour enfant ouvre la réflexion à tous, petits ou grands, et on attend avec impatience les prochains titres de cette collection“ Danielle Bertrand
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis . 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404 RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRIE Inès Bahans et Lucie Fournier . communication@lesardentes.fr / éditions 3œil . www.3oeil.fr
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C’EST QUOI CE BRUIT / CHUUUT... Catherine GRIVE Illustratrice : Mathilde GRANGE
ALBUM SOUPLE à partir de 9/10 ans
COLLECTION « FAIRE SOCIETE »
format : 135/190 mm
2 textes en vis-à-vis
nombre de pages : 32
C’EST QUOI CE BRUIT : Un enfant, la nuit, qui entend ce qu’il ne
prix : 6.50 € MARS 2023 ISBN : 979-10-92353-79-2
devrait pas entendre, qui devine ce qu’il ne connaît pas, quel parent ne l’a pas craint, ne l’a pas vécu ? Mais une fois qu’il est trop tard, que le voile de l’alcôve a été soulevé, que répondre à des questions qui ne sont pas posées ? Une histoire d’amour.
CHUUUT... : Un enfant, le jour, tombe amoureux. Quel événement, quelle aventure. Mais aussi, quel secret. Il le ressent si fort dans son
MOTS CLES : AMOUR / FAMILLE
cœur, dans son corps, qu’il veut le garder pour lui, malgré les regards et les questions. Ce qu’ils veulent tous les deux, ils sont bien d’accord, c’est le silence.
POINTS FORTS
La thématique : un sujet aussi délicat que banal, aussi naturel que gênant
L’engagement de Catherine Grive sur des sujets délicats au travers d’une écriture sensible et poétique
Des illustrations originales en peinture qui complètent l’univers de la collection FS
A huit ans, Catherine Grive écrit à la reine d’Angleterre, mais ne reçoit aucune réponse. Ce silence fait que depuis, elle écrit des livres. Des albums gais pour enfants et des romans graves pour ados chez Gallimard, le Rouergue, Albin Michel, le Seuil… Il lui arrive aussi de s’adresser aux grandes personnes avec Reste le chagrin, chez Lattès et une BD, Gold Star Mothers illustrée par Fred Bernard, parue chez Delcourt. Ses thèmes rôdent souvent autour de la question du mensonge. Mathilde GRANGE, jeune talent passée par l’ESAL de Lorraine-site d’Epinal, réalise pour l’occasion son 1er ouvrage.
NOTE D’INTENTION DE L’AUTRICE Il arrive que les enfants la nuit, entendent ce qu’ils ne devraient pas entendre, devinent ce qu’ils ne connaissent pas. C’est la grande aventure qui arrive à une grande sœur protectrice et son petit frère intrépide. C'EST QUOI CE BRUIT ? CHUUUT… est un livre sonore, un livre double, à la fois mystérieux et lumineux. Sécurisant et calme. Une occasion de dire à un enfant que faire l’amour est quelque chose de naturel et bon, qui appartient à l'étape adulte. De (ré)entendre qu’il est le fruit d’un acte d’amour, mais aussi de distinguer progressivement sexualité et reproduction. Un sujet aussi délicat que banal, aussi naturel que gênant, qui trouve naturellement sa place aux Editions du Pourquoi pas ? qui ont à cœur de parler de ce qui ne se dit pas assez. Catherine GRIVE
DE LA MEME AUTRICE AUX EDPP : PAR-DELA LES VAGUES
Soudain, ses yeux s’ouvrent. Elle a entendu un bruit étrange. Un bruit qui ferait penser à la respiration d’un chien, un chien qui se retient d’aboyer. Mais ils n’ont pas de chien. Elle serre le drap, résiste à l’envie d’avoir peur. Ou un bruit qui ferait penser à un fantôme qui se glisserait dans l’escalier. Mais les fantômes n’existent pas. Elle se frotte les yeux. Le bruit s’arrête. Elle a dû rêver. Mais voilà que le bruit recommence.
— Tu entends ? Sa sœur bouge dans son lit. — Quoi ? — Écoute. Elle retient sa respiration pour mieux entendre. Elle distingue un froissement. Comme des ailes d’oiseaux qui se frôleraient dans le vent. — Ça vient d’où ? — Je ne sais pas. — Viens, on va voir.
À pas de loups, elles sortent de la chambre et remontent le couloir. Un voyage incertain qui prend du temps, avec des tournants, des sentiers, des ombres, les différents sols sous leurs pieds. Un rayon de lune vient éclairer le cœur peint sur la porte de leurs parents. De la lumière passe en dessous. — Le bruit vient de là, dit-elle. Maintenant, on dirait deux bêtes qui grognent et soupirent. Elle s’inquiète. Mais sa sœur, elle, fait les yeux ronds comme des billes. — Viens, on retourne dans notre chambre. Elle lui fait confiance car elle sait compter jusqu’à un million, tracer des traits droits, porter deux verres à la fois. Et que maintenant, on dirait un vent très fort qui fait s’envoler les feuilles des arbres, les mots qui sortent de la bouche. Elles rebroussent chemin et c’est sans fin. La nuit, tout paraît plus loin. De retour dans la chambre, elle plonge dans son lit. Ses draps sentent elle.
FAIRE SOCIÉTÉ Des mini–albums autour d’histoires qui traitent de questions de société et du quotidien des jeunes sur le thème du « vivre ensemble ». Pour la plupart, 2 textes en recto-verso. Un petit questionnaire, à la fin de chaque texte, donne des pistes de réflexion et de débat. Le Berceau de l’Homme / Le grand coup de balai
LE FORMAT « FAIRE SOCIÉTÉ »
Jo Witek illustrations Léo Poisson 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–42–6
6,50 €
Sélection Opalivres 2018
À partir de 7/8 ans. Le Berceau de l’Homme | Un homme se sentant inutile, usé, cassé
et errant dans la rue, tombe sur un tas d’objets inutiles, usés, cassés, comme lui. Dont un berceau d’enfant. Dans lequel il va se coucher.
Le Grand Coup de Balai | Malba erre dans la rue. Il ne sait où aller. Il trouve un balai et pousse devant lui tout ce qui traîne comme lui. Tout ce dont personne ne veut plus. SDF / réfugiés / solitude
De 5 à 14 ans selon les textes. La collection comprend 4 livres à texte unique et 14 (bientôt 15) livres duos : deux textes en recto-verso, deux regards croisés sur une même thèmatique par un·e ou deux auteur·ices toujours accompagné·es d'un·e illustrateur·ice. Format 125 par 190 mm, 36 pages. Impression de la couverture à rabats sur papier Artic volume white 250 g, pelliculage mat et intérieur en Munken print white 115 g. Prix par ouvrage : 6,50 €
Le Tuteur / Quelque chose a changé...
C’est l’Histoire d’un Grain de Sable... / La Tête dans les Nuages
135 / 190 mm 36 p.
135 / 190 mm 36 p.
isbn : 979–10–92353–32–7
isbn : 979–10–92353–24–2
Audrey Claus et Yves–Marie Clément Photographies Lou Reichling
Yaël Hassan et Anne Maussion illustrations Manuela Ferry
6,50 €
À partir de 8/9 ans.
6,50 €
À partir de 8/9 ans. C’est l’Histoire d’un Grain de Sable... | À la naissance du petit garçon, le grain
de sable était déjà là mais personne ne le savait.
La Tête dans les Nuages | Maman dit que ma sœur est différente. Elle navigue sur des bateaux de papier qu’elle plie à longueur de journée. Handicap / différences Quelque chose a changé... | Quelque chose a changé. Ce matin, les couleurs, les chants et les rires s’envolent doucement comme à l’automne les feuilles mortes emportées par le vent. Le Tuteur | Y’a des moches, des beaux, des riches, des pauvres, des chanceux, des poisseux, des joyeux, des malheureux, des égoïstes et des généreux. Marco trouve que c’est injuste. Il a de l’ambition, il a aussi un plan. Il fabrique un monde avec des haricots blancs. Totalitarisme / différences Mamie Voyage / Mémé D’avant
Anne Maussion et Jean–Marie Robillard illustrations Léa Djeziri 135 / 190 mm 36 p.
isbn : 979–10–92353–12–9
6,50 €
Mamie Voyage | Mamie Voyage raconte des histoires et aime partager les mots pour faire découvrir le monde aux enfants du quartier.
Mémé D’avant | Marine se souvient du temps des jours heureux partagés avec sa Mémé. Mais ça, c’était le temps d’avant. Intergénérationnel / Alzheimer
À partir de 7/8 ans.
Oiseau de Nuit / Maisons de Papier
Marie Zimmer illustrations Arthur Junier 135 / 190 mm 36 p.
isbn : 979–10–92353–44–0
6,50 €
À partir de 7/8 ans. Oiseau de nuit | Qui est cet inconnu étrange, ce drôle
d’oiseau qui ne vit que la nuit, qui inquiète et qui dérange ?
Maisons de Papier | Ils n'ont plus rien, ceux qui ne savent
où aller. Ils n’ont plus que le vent. Alors Nino dessine pour eux. Un toit. Quatre murs et le soleil qui entre dedans.
Sans abri / accueil / solidarité
Sélection Opalivres 2018
FAIRE SOCIÉTÉ REMOUS
Stéphanie Richard David Allart
6,50 euros
À partir de 8/9 ans.
Ce jour–là, tout semblait normal, sauf que... La pluie qui grattouillait les murs était verte, les troncs d’arbres vert perroquet, les boîtes aux lettres vert amande… On tentait de s’habituer. Les chercheurs cherchaient, les hommes politiques politisaient.
UNI VERT | Ce jour–là, tout semblait normal, sauf que... La pluie qui gratouillait les murs était verte, les troncs d’arbres vert perroquet, les boîtes aux lettres vert amande… On tentait de s’habituer. Les chercheurs cherchaient, les hommes politiques politisaient. Bref, ça n’avançait pas beaucoup...
isbn : 979–10–92353–60–0
Éditions du Pourquoi pas 15, rue général de Reffye 88000 ÉPINAL Loi n° 49–956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse Dépôt légal : Octobre 2020 ISBN : 979–10–92353–60–0 ISSN : 2266–2383 Mise en page par A. Maussion, Atelier les Gros Yeux Imprimé par PBtisk
Bref, ça n’avançait pas beaucoup...
Uni Vert / Remous
Et je m’enfonçais lentement.
Au commencement, ce fut presque imperceptible, mais cependant je sentis que quelque chose d’étrange était en marche… l’anse de ma tasse s’était affaissée… sous mes pieds, le sol s’endormait et je le sentais s’assoupir... Le monde devenait mou…
Stéphanie Richard illustrations David Allart
Éditions du Pourquoi pas 15, rue général de Reffye 88000 ÉPINAL Loi n° 49–956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse Dépôt légal : Octobre 2020 ISBN : 979–10–92353–60–0 ISSN : 2266–2383 Mise en page par A. Maussion, Atelier les Gros Yeux Imprimé par PBtisk
isbn : 979–10–92353–60–0
6,50 euros
UNI VERT
Stéphanie Richard David Allart
REMOUS | Au commencement, ce fut presque imperceptible, mais cependant je sentis que quelque chose d’étrange était en marche… l’anse de ma tasse s’était affaissée… sous mes 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–60–0 pieds, le sol s’endormait et je le sentais s’assoupir... Le monde devenait mou… Et je m’enfonçais 6,50 € lentement… Perception du monde / débat philo
isbn : 979–10–92353–61–7
Éditions du Pourquoi pas 15, rue général de Reffye 88000 ÉPINAL Loi n° 49–956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse Dépôt légal : Septembre 2020 ISBN : 979–10–92353–61–7 ISSN : 2266–2383 Mise en page par A. Maussion, Atelier les Gros Yeux Imprimé par PBtisk
Pauline Morel
LA DANSE DES SIGNES
Marie Colot
6,50 euros
Ma musique de nuit / La danse des signes
Mon réveil me chante qu’il est l’heure. J’ouvre les yeux. Il fait noir. Tout noir. Je vis dans le noir depuis ma naissance. C’est ma maison. Je connais les chemins par cœur.
Marie Colot illustrations Pauline Morel
Une sélection Opalivres 2018, bonnes lectures SLPJ 2019 et Tatoulu 2020 Des Lions même pas en Cage
Arnaud Tiercelin illustrations Ella Coutance
isbn : 979–10–92353–61–7
6,50 € isbn : 979–10–92353–61–7
135 / 190 mm 36 p.
6,50 euros
Ma vie est un film muet. Sans parole ni musique. Où chaque geste compte. — Théo ? Tu saisis ce que j’te dis ? Je n’entends pas mon amie. Je vois seulement les mots danser sur ses lèvres.
MA MUSIQUE DE NUIT
Marie Colot
Pauline Morel
135 / 190 mm 36 p.
Éditions du Pourquoi pas 15, rue général de Reffye 88000 ÉPINAL Loi n° 49–956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse Dépôt légal : Septembre 2020 ISBN : 979–10–92353–61–7 ISSN : 2266–2383 Mise en page par A. Maussion, Atelier les Gros Yeux Imprimé par PBtisk
À partir de 7/8 ans.
Ma musique de nuit | J’ouvre les yeux. Il fait noir. Pourtant, la nuit n’a pas avalé le soleil. Maman allume ma lampe de chevet. Par réflexe. Plus pour elle que pour moi. Elle n’est pas à l’aise dans l’obscurité. On ne se ressemble pas. Je vis dans le noir depuis ma naissance. La danse des signes | Ma vie est un film muet. Sans parole ni musique. Où chaque geste compte. « Théo ? Tu saisis ce que j’te dis ? » Je n’entends pas mon amie. Je vois seulement les mots danser sur ses lèvres. Je vis dans le silence depuis toujours. Un silence total. Tout le temps. Partout.
Handicap / surdité / cécité / camaraderie / entraide
isbn : 979–10–92353–43–3
6,50 €
À partir de 7/8 ans.
Ce que je déteste par-dessus tout, c’est quand elles viennent toutes les deux me chercher le soir au portail. Les autres rigolent dans mon dos. Tous ceux de ma classe. J’ai neuf ans. Je ne contrôle pas tout. Mais qu’est–ce que j’y peux moi, si maman est tombée amoureuse d’une fille qui s’appelle Christelle ? Parentalité / homosexualité
Le Sauvage / 1 + 1 = 1
Yves–Marie Clément et Julia Billet illustrations Clémence Dupont 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–25–9
Un Potager qui en sait long / Les Ailes du vent Julia Billet illustrations Pauline Blanchard 135 / 190 mm 36 p.
6,50 €
À partir de 7/8 ans. Le Sauvage | En voyage Enzo rencontre Enola, une amérindienne. Une histoire
d’amour qui interroge sur la rencontre de cultures différentes.
1 + 1 = 1 | Ils s’aiment, sans toujours se comprendre. Et pourtant... Interculturel / amour
isbn : 979–10–92353–13–6
6,50 €
Mon Ami / Mon Amie
À partir de 7/8 ans. Un Potager qui en sait long |
François David illustrations Manuela Ferry
Ce drôle de potager cache des secrets qui mettent en appétit petits et grands...
135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–20–4
6,50 €
Les Ailes du Vent | Merlot n’a
pas le temps ni le droit de s’amuser. Une bande de cerfs–volants souffle un air qui fait rêver mais aussi s’éveiller.
Liberté / droit à l’éducation
À partir de 7/8 ans. Mon Ami | J’ai un ami. Il ne
ressemble pas à l’ami tel que je l’imaginais.
Mon Amie | J’ai une amie. Je
trouvais qu’elle avait changé mais elle ne voulait pas me délivrer son secret. Plaisir de lire / amitié /
amour
Comme un Sourire qui flotte
Thomas Scotto illustrations Julie Prêcheur 135 / 190 mm 36 p.
isbn : 979–10–92353–19–8
Thomas Scotto illustré par Julie Prêcheur
À partir de 7/8 ans.
6,50 € Je vais encore avoir la trouille, obligé ! Ça fait deux jours qu’on sait pour la sortie au théâtre et moi, je voudrais entrer l’avant–dernière…Spectacle vivant / émotion
FAIRE SOCIÉTÉ Le Grand Voyage de Monsieur Tatou / Je voulais te dire... Christine Beigel illustrations Matieu. Z 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–21–1
6,50 €
Le Grand Voyage de Monsieur Tatou | C’était un vieux petit homme de papier, et partout où il allait on lui demandait : Papiers ! Qui êtes–vous, que faites–vous, où allez–vous ? Je voulais te dire... | À toi, je dirai tout : ce qui brille et ce qui suinte, la course au rêve et le gris de la réalité, la souffrance et la fierté. Je t’aime. Migrants / sans papiers / liberté
Lanterne rouge
Marie Zimmer illustrations Hélène Humbert 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–51–8
6,50 €
À partir de 6/7 ans.
À partir de 7/8 ans. Petite | – Quelle lettre vous préférez ?
Jamais personne ne m’avait demandé cela, et pourtant, c’était une vraie question, pour un écrivain !
Les Nivuniconnus | Qui étaient les
Nivuniconnus ? Des étrangers, arrivés dans une caravane. On ne savait d’où ils venaient. Jusqu’ici, on ne leur avait guère prêté attention. Mais là, les gens commencèrent à se poser des questions. Gens du voyage /
discriminations
Sélection La bataille des livres 2018-19 Sélection prix Korczak 2022
Sélection Opalivres 2019 Durant une course cycliste à étapes, Lucie « s’accroche » pour finir dans les temps et ne pas être éliminée tandis que Hugo est au cœur des spectateurs, certains ne respectant pas toujours les sportifs, notamment les derniers.
Valeurs dans le sport / respect / sport féminin / entraide En avant la musique !
Yves Pinguilly illustrations Pauline Ferrand
Petite / Les Nivuniconnus
135 / 190 mm 36 p.
Jo Hoestlandt illustrations Clémence Dupont
isbn : 979–10–92353–26–6
6,50 €
À partir de 7 ans.
Le Secret des Lucioles / Et toi, tu manges quoi ?
Julia Billet et Yves–Marie Clément illustrations Christelle Diale 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–34–1
6,50 €
À partir de 7/8 ans. Le Secret des Lucioles |
Sacha ma voisine passe sa vie à regarder voler les papillons et à suivre des yeux les araignées. Elle se penche parfois sur l'eau pour caresser le dos des grenouilles.
Et toi, tu manges quoi ? |
J’ai découvert un site génial : quimangequoi.com ! Tu cliques sur un calendrier, tu choisis une année, un personnage animé apparaît... et il te raconte sa vie !!!
Écologie / biomimétisme
Espèce de cucurbitacée / Papi 1er, roi des épices Nathalie et Yves–Marie Clément illustrations Ella Coutance 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–50–1
6,50 €
135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–33–4
6,50 €
Certains enfants s'en prennent à Aliou parce qu'il est noir. À l’École de la République, chaque élève a droit à la Liberté, à l’Égalité et à la Fraternité. Facile à dire pour la maîtresse, mais dans la cour de récré, il y a Marcus et sa bande…
Lutte contre le racisme / amitié À partir de 6/7 ans. Espèce de cucurbitacée |
Un grand–père initie son petit–fils au jardinage et le « traite de cucurbitacée » devant ses maladresses.
Papi 1 , roi des épices | er
Un papi, ancien chef sur un bateau, apprend la cuisine à son petit–fils.
Transmission / jardinage / cuisine
Chuuut... / C'est quoi ce bruit ? Catherine Grive illustrations Mathilde Grange 135 / 190 mm 36 p. isbn : 979–10–92353–79–2
6,50 €
FÉVRIER 2023
À partir de 7/8 ans. Chuuut... | Un enfant, le jour, tombe amoureux.
Il le ressent si fort dans son cœur, dans son corps, qu’il veut le garder pour lui, malgré les regards et les questions. Ce qu’ils veulent tous les deux, ils sont bien d’accord, c’est le silence.
C'est quoi ce bruit ? | Un enfant, la nuit, qui entend ce qu’il ne devrait pas entendre, quel parent ne l’a pas craint, ne l'a pas vécu ? Que répondre à des questions qui ne sont pas posées ? Une histoire d’amour. Amour / famille
Tant qu’on l’aura sous les pieds
sortie 1er décembre 2022
Chloé Pince
Tant qu’on l’aura sous les pieds de Chloé Pince inaugure une nouvelle collection de romans graphiques pour les 15 ans et plus. 15+ isbn 978-2-930941-41-7 coll. romans graphiques format 24 x 17 cm prix : à définir Techniques d’illustration : • dessin au crayon graphite Thèmes • ZAD / zones à défendre • action citoyenne • démocratie participative • expropriation • déobéissance civile • non-violence
Qui n’a jamais entendu parler du Larzac et du formidable combat mené, dès 1971, par quelques paysans, rejoints plus tard par des milliers de personnes de tout bord ? On en connaît cependant moins les tenants et aboutissants… Sous forme de carnet de voyage, Chloé Pince nous montre, s’il en était encore besoin, toute la contemporanéité et l’absolue nécessité de la lutte du Larzac.
Après cinq années de formation aux Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Gosse, Chloé Pince s’installe en Creuse pour y exercer en tant qu’autrice et illustratrice. Désireuse de défendre la dynamique culturelle en milieu rural, elle s’investit auprès de l’association Creuse Toujours, dans le village de Fursac. Son travail reflète cette campagne dont elle est originaire, en apparence dépeuplée, en vérité chargée d’histoires, de luttes et de vie. Son atelier se trouve à Bénévent-l’Abbaye, au sein de la Maison des Patrimoines, en compagnie d’autres artistes et artisans locaux. Chloé Pince a illustré le poème Larmes de rosée de François David dans la collection Matière vivante (mai 2022).
• un dessin aux traits sobres, vifs et précis ; • le plateau du Larzac : des combats et débats toujours d’actualité ; • un ouvrage qui fait écho à l’intitulé d’une exposition d’Elisabeth Baillon « un pied en politique, un pied en poétique »
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56 < visuels >
Il s’agit d’un camp d’entraînement, situé en bordure du village de La Cavalerie, pour les soldats de la Légion étrangère, avant leur départ au front. Pendant la Guerre d’Algérie, il a aussi servi de camp d’internement : de nombreux Algériens, suspectés d'appartenir au FLN*, y furent déplacés par l’Armée française. Assignés par milliers dans le camp, il était plus facile de les garder sous le contrôle de l’État. Peu d’informations ont fuité, mais il est dit que la surpopulation du camp y entraîna la famine et la violence. Le secret qui entoure le site ne permet pas, encore aujourd’hui, de savoir ce que sont devenus ces internés. *Front de libération nationale
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(...) Ce que nous défendons, et que vous défendez avec nous, c’est la vie, la dignité des hommes et la paix. C’est pour cela que nous avons entrepris la construction de la bergerie de la Blaquière. Nous ne voulons pas démolir, mais construire, car construire, c’est la vie !
Quand la télévision a parlé de l’extension du camp, j’étais en train de mettre la table. C’etait comme dans un tribunal, j’etais spectatrice, je regardais. Et d’un coup, je me suis sentie accusée.
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c’est celle de vous tous, de tous les gens de France et du monde qui relèvent la tête et veulent vivre debout.
(...) Dans cette bergerie, il y aura des brebis, il y a des agneaux qui vont naître ; la vie jaillira. Nous, on s’en servira, mais c’est pas notre bergerie, c’est celle de tous les paysans du Larzac,
discours de Marie-Rose Guiraud, paysanne à La Blaquière, 26 août 1973
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Pendant la semaine, je me déplace principalement à pied. Il fait très chaud. Il n’y a pas de point d’eau. J’emprunte le plus possible les sentiers taillés dans les buissières afin d’échapper au soleil. À chaque hameau traversé, chaque paysage étalé devant mes yeux, chaque troupeau rencontré, je me dis que je marche dans un musée à ciel ouvert. Je suis venue ici chercher une conclusion à mon livre. Mais je ne tombe que sur de nouvelles pistes.
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feuilleter le livre
Sucrer les fraises
sortie le 1er février 2023
Odile Hennebert
Un premier album délicat sur le temps qui passe.
6+ / adultes isbn 978-2-930941-55-4 format 16,5 x 22 cm album de 64 pages 14,90€ Techniques d’illustration : • dessin au trait • tablette graphique Thèmes • cycles de la vie • grands-parents • vieillesse • souvenirs • maison de repos
Quelques portraits brossés « sur le vif » de personnes résidant en maison de repos. Hommes, femmes, tou·tes anonymes. Les bribes de conversations et instants volés font apparaître en filigrane des vies « suspendues », la lenteur du temps qui passe, le manque de temps et de disponibilité des personnes actives, la nostalgie du temps passé, le souhait d’indépendance, le sentiment d’oubli et d’incompréhension, le besoin de liberté là où iels se sentent difficilement chez eux·elles. On pourra voir dans chaque portrait une personne différente ou, au contraire, suivre ici et là le fil rouge de Bonne-Maman.
Odile Hennebert a grandi dans la campagne belge. Après avoir exercé quelques années comme psychologue dans une maison de retraite, Elle entreprend des études d’illustration à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Goosse. Odile Hennebert aime rechercher l’étonnement dans les « petits » moments du quotidien, et le raconter autant avec les mots que les images, dans des illustrations au trait. Elle vit, travaille et étudie à Bruxelles.
• L’univers déployé par Odile Hennebert dans ses différents projets étonne par sa délicatesse et sa maturité. • Le décalage dans les différentes temporalités proposées – instant présent, réminiscence du passé, la vie qui s’écoule plus ou moins lentement – forme un ensemble fragile et sincère, poétique et surréaliste à la fois.
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com | +33 6 15 82 58 56 visuels : labernique.com/ressources/index.php?r=8
Ses vieux amis sont déjà tous partis et les nouveaux sont déjà tous vieux.
Elle aimerait qu’on lui prête un téléphone pour prévenir ses enfants qu’elle ne rentrera pas à temps pour leur préparer le goûter... Elle est coincée dans cet endroit où « il n’y a que des vieux. »
Elle dit qu’elle a dix ans.
APRÈS LA RÉVOLUTION NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
Après la révolution est un journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti. Ce troisième numéro thématique annuel traite de la pédagogie comme transformation des êtres. Il engage un bilan critique des modalités programmatiques et organisationnelles de pédagogies issues de processus insurrectionnels et révolutionnaires dans le monde, d’un point de vue théorique, critique mais aussi en donnant la parole à des acteur·ice·s de ces événements. Ce travail est accompagné de la republication de documents historiques peu accessibles et d’hypothèses infrastructurelles. Il explore parallèlement d’autres architectures possibles pour les contes-
tations et d’autres pédagogies à mettre en œuvre après la révolution. Comité de rédaction du journal : Manuel Bello Marcano, Lynda Devanneaux, Adrien Durrmeyer, Anaïs Enjalbert, Sara El Alaoui, Émilien Épale, Paul Guillibert, Marianna Kontos, Thimothé Lacroix, Léo Pougnet, Claire Thouvenot, Amélie Tripoz, Emma Vernet, Xavier Wrona. Ce journal est une des activités de l’association Après la révolution, basée à Saint-Étienne. Ce numéro 3 comprend 63 contributions. Il est imprimé, relié et façonné à Saint-Étienne par les membres de l’association Après la révolution.
Format : 20,8 x 29,5 cm, 350 pages environ ISSN : 2678-3991 ISBN : 978-2-493403-08-7 Prix : 20 euros minimum Rayons : Beaux arts / Essais Thèmes : Architecture / Philosophie / Sciences sociales Sortie : 3 février 2023
SOMMAIRE DU NUMÉRO ÉDITO INTRODUCTION GÉNÉRALE – Le comité de rédaction
DOCUMENTS INTRO – Le comité de rédaction LE MAÎTRE IGNORANT – Jacques Rancière (Extraits) PÉDAGOGIE DE L’OPPRIMÉ – Paulo Freire (Extraits) UNE SOCIÉTÉ SANS ÉCOLE – Ivan Illich (Extraits) LA MÉTHODE NATURELLE DANS LA PÉDAGOGIE MODERNE » POUR LE TEXTE DE CÉLESTIN ET ÉLISE FREINET – Célestin & Elise Freinet (Extraits) LA PÉDAGOGIE ENGAGÉE – Bell Hooks (Extraits) UN HAMSTER À L’ÉCOLE – Nathalie Quintane (Extraits) L’ÉCOLE EN RÉVOLUTION. L’APPLICATION DES MÉTHODES DEWEYENNES EN RUSSIE SOVIÉTIQUE – Guillaume Garreta FAMILLE ET ÉCOLE – Nadejda Kroupaskaïa LA FAMILLE ET L’ÉTAT COMMUNISTE – Alexandra Kollontaï DISCOURS SUR LES SCIENCES ET LES ARTS & LA PENSÉE ÉDUCATIVE DE CONDORCET – Jean-Jacques Rousseau & Bernard Jolibert YOUNG LORDS. HISTOIRE DES BLACK PANTHERS LATINO – Claire Richard (Extraits) BLACK MOUNTAIN COLLEGE BULLTIN 2. “CONCERNING ART INSTRUCTION” – Josef Albers LOUISE MICHEL. MEMOIRES : 1886 – Claude Rétat UN ARCHITECTE DANS LA « RÉPUBLIQUE DES ARTS » – Aurélien Davrius & Jacques-François Blondel REFLECTIONS ON LITTLE ROCK – Hanna Arendt
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
NOUS VOUS ÉCRIVONS DEPUIS LA RÉVOLUTION. RÉCITS DE FEMMES INTERNATIONALISTES AU ROJAVA – Collectif L’ARPENTAGE OU LE PARTAGE COLLECTIF DU SAVOIR – Zoé Maus (CIEP-communautaire) MY PEDAGOGIC CREED – John Dewey EL SOCIALISME Y EL HOMBRE EN CUBA – Comandante Ernesto Guevara WHO SHALL SURVIVE ? – Jacob Moreno
ÉPISTÉMOLOGIE INTRO – Le comité de rédaction COMMENT PASSER D’UNE PÉDAGOGIE DU CAPITAL À UNE PÉDAGOGIE REVOLUTIONNAIRE ? INTRODUCTION À LA SECTION « EPISTÉMOLOGIE » – Léo Pougnet pour le comité de rédaction LE SYSTÈME ÉDUCATIF : POUR L’AUTONOMIE ET L’ÉMANCIPATION – Cybèle David THÈSES SUR FEUERBACH 3 – Karl Marx VHUTEMAS. PROGRAMME PÉDAGOGIQUE, RÈGLEMENT ET VISITE DE LÉNINE AUX VHUTEMAS – Documents d’époque traduits du russe PROGRAMME PÉDAGOGIQUE DE L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE CRÉATION INDUSTRIELLE – Patrick Bouchain 18 PRINCIPES POUR DÉVELOPPER UNE PÉDAGOGIE ÉMANCIPATRICE DANS LES ENSA – Adrien Durrmeyer & le comité de rédaction
PÉDAGOGIE INTRO – Le comité de rédaction DÉCOLONISATION DU CAPITALISME – Océane Arbez & Anaïs Ordonneau DÉFINANCIARISATION, PROGRAMME DE DISSOLUTION DU SYSTÈME DU MARCHÉ – Claude Lahaye & Marie-Annick Rabefiraisana DES GRAINES LIBRES À LA RÉSISTANCE DES TERRITOIRES – FX. Bodet & Anonyme LE RÉCIT DE LA RENAISSANCE DE L’HOMO GAÏANICUS – Elisa Seguin & Rich LE RENVERSEMENT ÉNERGÉTIQUE – Damien Gesse & Maine Terrat UN NOUVEAU PACTE AVEC LA NATURE – Sonia Chaya & Aurélie Vial REDÉFINITION DES ÉCHANGES – Elisabeth Nampry & Anonyme SORCIÈRES, LA RÉSISTANCES INVAINCUE AU CAPITALISME – Alexandre Chabanne & Rémy Guggiari BIBLIOGRAPHIE DES TEXTES ÉTUDIÉS DURANT LE SEMESTRE
INTERVENTIONS INTRO – Le comité de rédaction ÉDUCATION POPULAIRE – Gilles Épale. Un entretien avec Xavier Wrona pour le comité de rédaction L’ÉDUCATION PEUT-ELLE ÊTRE ÉMANCIPATRICE ? LE LYCÉE EXPÉRIMENTAL DE SAINT-NAZAIRE – Julie Elbois (membre de l’équipe éducative), Louis & Loucia (élèves). Un entretien avec Timothé Lacroix, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction LES MYSTÈRES D’ÉLEUSIS. INITIATION, CONDITIONS D’ADMISSIONS & HYMNES HOMÉRIQUES 33 À DÉMÉTER – Victor Magnien PÉDAGOGIE ET MARXISME. ÉDUCATION & COERCITION DANS L’ÉDUCATION – Antonio Gramsci ECOLE ZÉRO, ÉDITION D’ÉTÉ N° 1 : ITINÉRAIRE D’UNE ÉCOLE EN CONSTRUCTION – Collectif CINÉ CLUB RÉVOLUTIONNAIRE D’APRÈS LA RÉVOLUTION. UN ESSAI VISUEL – Emma Vernet & Xavier Wrona POINT DE VUE ÉTUDIANT SUR L’ENSEIGNEMENT DE L’ARCHITECTURE – Collectif étudiant·e·s diplômé·e·s
CRITIQUE INTRO – Le comité de rédaction BAUHAUS BISSAU. COLONIALISME, DESIGN, MODERNITÉ – Tiphaine Kazi-Tani UN RÉSEAU D’ÉCOLES DE RÉFORME DES MOYENS DE PRODUCTION DANS UNE PARTIE DU MONDE ÉMANCIPÉE DU CAPITALISME VISANT À CONSTRUIRE UNE NOUVELLE RÉALITÉ : LES VHUTEMAS EN URSS DE 1920 À 1930 – Xavier Wrona OPEN SCHOOL EAST : UN ESPACE D’APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, GRATUIT, INCLUSIF, POLYVALENT – Anna Colin. Un entretien avec Manuel Bello-Marcano, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
LE FEU DU RÉCIT, ENTRE LE POLICIER ET LA VICTIME – Zoé Théval RÉFLEXIONS ESTHÉTIQUES ET PRODUCTIVES À PARTIR DU BAUHAUS – Pierre Caye CHILD’S PLAY – Guillaume Désanges (extraits) RESSOURCES POUR UNE PÉDAGOGIE ANTISEXISTE – Collectif Fédération SUD Éducation SOIGNER L’ÉCOLE – Marine Éric VERS UNE ARCHITECTURE NÉOLIBÉRALE – Adrien Durrmeyer LA PUISSANCE DES MÈRES. POUR UN NOUVEAU SUJET RÉVOLUTIONNAIRE – Fatima Ouassak (Extraits) LES SANS FACS – Collectif ISSEP ET ÉCOLES D’EXTRÈME DROITE. « ÉCOLE DE MARION MARÉCHAL : ANATOMIE D’UN FIASCO » & « AVEC LEURS FORMATIONS FINANCÉES PAR LA CAISSE DES DÉPÔTS, LES AMIS DE MARION MARÉCHAL FONT DES BONNES AFFAIRES » – Robin d’Angelo (JDD) & Lucie delaporte (Mediapart) DATA PORTRAITS VISUALIZING BLACK AMERICA – William E. B. DU BOIS (Extraits) CEUX QUI NE SONT RIEN – Taha Bouhafs (Extraits) À PROPOS DE LA TRANSFORMATION DE L’ARCHITECTURE DU MONDE PAR LA GUERRE : LE CAS DU JAPON – Xavier Wrona, Est-ce ainsi OCCUPATION DE NANTERRE ET TRANSFORMATION DES ÊTRES – Elsa Lanzalotta, Paul Guilibert & Claire Thouvenot. Un entretien avec Timothé Lacroix et Xavier Wrona pour le comité de rédaction
PRÉSENTATION DU NUMERO Le présent numéro d’Après la révolution a pour objectif de travailler la question des projets pédagogiques compris comme un processus de transformation et d’émancipation des êtres en imaginant comment la discipline architecturale pourrait être utile à la construction de pédagogies alternatives à celles du capital. Ce numéro s’est fixé comme objectif de travailler la question des structures et des programmes pédagogiques afin de pallier un manque sur le terme exact de pédagogie et son importance dans la construction des êtres. Il s’agit de mettre un terme à une pédagogie stérile et uni-directionnelle afin de construire une méthode et une infrastructure de la pédagogie au sein d’un projet politique collectif.
La question des pédagogies alternatives est vaste et il ne faut pas la sous-estimer au sein d’une culture progressiste et révolutionnaire. Nos forces se sont dispersées vers de nombreux modèles alternatifs et ont éprouvé de la difficulté à construire une structure pédagogique commune en accord avec les objectifs révolutionnaires qu’elles défendent. C’est une question qui est aussi la nôtre, et nous appelons sur ce point à prendre conscience collectivement qu’il s’agit bien là d’une question d’infrastructure, c’est-àdire d’une question d’architecture. En effet, se poser la question de savoir comment penser les formes structurelles de pédagogie de manière à ce qu’elles soient émancipatrices plutôt qu’oppressives est un énoncé architectural au sens où nous entendons le mot « architecture » dans ce journal.
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
L’ARCHITECTURE RÉVOLUTIONNAIRE DU TIERS MONDE Fernando Salinas Extrait d’un manifeste du même nom publié en 1967. Ce texte est cité dans la discussion avec Ernesto Oroza (cf. section « Interventions », p. 66). Un fantôme parcourt les chemins de l’architecture moderne, la transformant depuis ses racines : le fantôme des besoins du tiersmonde, du monde sous-développé, des trois continents. Selon les calculs des Nations Unies, en l’an 2000, la population mondiale dépassera les 7 milliards d’habitants, c’est-à-dire qu’elle doublera la population actuelle. Au cours des dix dernières années, la population totale a augmenté de 480 millions de personnes ; en trois ans, entre 1960 et 1963, elle a augmenté de 170 millions de personnes, et on s’attend à ce que la population de la planète augmente de 600 millions de personnes au cours des dix prochaines années. En 1950, 80 % de la population mondiale vivait dans des zones rurales. Les grandes villes
1967
connaissent une croissance de 4 % par an. Il y a vingt ans, il n’y avait que 30 villes d’un million d’habitants ou plus, il y a dix ans, elles étaient 60 et aujourd’hui, elles sont 80. En vingt ans, la ville de Caracas a quintuplé sa population. Le Caire, la plus grande ville africaine, qui comptait 2 millions d’habitants en 1947, en compte aujourd’hui 3 518 000. La population de Bogota est passée de 648 000 habitants en 1951 à 1 680 000 en 1964.
LE TIERS-MONDE : LE ROYAUME DU BESOIN. Sur cette population mondiale, 75 % vivent dans des zones dites sous-développées, soit environ 2 341 millions d’habitants, avec un taux de croissance moyen de 22 % par an. Entre les années 1960 et 1962, selon les statistiques, 2/3 de l’humanité, c’est-à-dire le monde sous-développé, a un revenu annuel moyen de 136 dollars, alors qu’en
Amérique du Nord et en Europe, le revenu moyen est respectivement de 2 845 et 1 033 dollars ; dans ces années, le revenu des pays développés a augmenté de 100 dollars, et celui des pays sous-développés de 5 dollars. Toute l’électricité produite en Inde ne suffirait pas à éclairer New York. La moitié de la population mondiale a moins de 25 ans, et parmi eux, 900 millions de jeunes vivent dans les pays du tiers-monde. En Afrique, 103 millions ; en Amérique latine, 89 millions ; en Asie 700 millions ; et en Europe et Amérique du Nord, respectivement 135 et 165 millions. D’ici 1970, la population des pays sous-développés augmentera de 300 millions, dont la moitié en Amérique latine et les trois quarts en Asie vivrons à la campagne. En Amérique latine, 62 villes de plus de 100 000 habitants constituent 40 % de la population totale. En Asie, entre 1970 et 1975, les villes de plus de 20 000 habitants vont augmenter de 500 millions. En Inde, un milliard de dollars
est nécessaire pour loger les nouveaux habitants des villes de plus de 100 000 habitants, et pour leur fournir de l’eau, du gaz, de l’électricité et des transports, il faudrait doubler l’investissement. En Amérique latine, on estime qu’il faudrait 1,4 milliard de dollars par an, investis sur 30 ans, pour faire disparaître le déficit de logements. Selon les estimations de la Direction des affaires sociales des Nations Unies, 150 millions de familles dans les pays les moins avancés ont besoin d’un logement adéquat. Parmi les niveaux de construction fixés comme objectifs par l’ONU, il y a celui de construire 10 maisons pour 1000 habitants dans chaque pays. Dans de nombreux pays, seules deux maisons pour 1000 habitants ont été construites. Voici quelques-unes des réalités terribles et amères du soi-disant tiers-monde, qui constituent le germe de ses transformations révolutionnaires.
CONSTRUCTIONS ET SOUS-DÉVELOPPEMENT. Sur un seul et même continent, l’Amérique latine, les besoins en matière de construction sont énormes. On compte 31 333 000 logements existants en 1951 pour accueillir 158 210 000 habitants, dont 80 % doivent être démolis ou réparés vu leur état de conservation. Pour absorber le déficit de logements, la croissance démographique et le remplacement des logements touchés, il faudra construire – selon l’intéressante étude sur le sujet menée par l’architecte Maria Luisa Lezcano pour le VIIe Congrès de l’U.I.A – 2 993 000 maisons par an pendant trente ans afin d’accueillir une population estimée sur le continent à 456 305 000 habitants, soit 90 355 000 familles de 5,05 membres en moyenne. Si l’on compare ce chiffre à la moyenne annuelle de 310 000 logements produits sur le continent entre 1957 et 1961, on arrive à la conclusion qu’il est nécessaire de doubler la production de logements pendant plus de trente ans pour résoudre le problème du continent latino-américain. Et si nous nous reportons ces chiffres, de manière globale, aux 3,5 milliards d’habitants du tiersmonde en 1990, nous arrivons à la conclusion qu’il sera nécessaire de construire environ 800 millions de maisons à cette date, soit quelque 27 millions de maisons par an pendant trente ans, pour résoudre le seul problème du logement sur les trois continents (l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique). En d’autres termes, il faudra multiplier par dix la construction de logements – et donc la construction en général – pour résoudre les problèmes fondamentaux en trente ans, en atteignant les niveaux de 10 logements pour mille habitants proposés par les Nations Unies. La satisfaction de ces besoins humains concrets constitue le germe de la révolution de l’architecture et de la construction dans le tiersmonde. Dans des conditions optimales d’approvisionnement et d’organisation, en utilisant des systèmes de construction artisanaux traditionnels, on peut calculer qu’un travailleur produit en moyenne une maison par an. En utilisant les techniques les plus avancées de production et d’assemblage de grands panneaux, la productivité peut être portée à 2,5 à 3 maisons par an et par homme. Mais l’utilisation de certaines
techniques avancées est limitée par le volume élevé de production stable qu’elles nécessitent. Ainsi, si l’on tient compte du fait qu’un pourcentage très élevé de villes du tiers-monde comptent moins de 15 000 habitants et que moins de 60 % des maisons seront construites dans des zones rurales isolées, nous pouvons atteindre une productivité moyenne de 1,7 maison par travailleur, en utilisant 20 % de la construction en grands panneaux ou similaire, et en mécanisant et en modernisant au maximum les systèmes traditionnels au cours d’une première étape. Cela nous amène à la conclusion que même si nous révolutionnons profondément la technique, étant donné le volume de main-d’œuvre disponible et les caractéristiques réelles du problème, notre monde ne pourra, pendant longtemps, résoudre dans ce sens que 70 à 75 % de leurs besoins. Comment surmonter, avec l’urgence qu’exige cette situation, l’apparente impossibilité pour le monde sous-développé de résoudre ses besoins ? Seulement par une révolution de son économie, de sa société, de sa technique et de son architecture, et dans le domaine de l’architecture, avec une révolution des concepts, des méthodes et des réalisations qui l’animent.
CARACTÉRISTIQUES DE L’ARCHITECTURE DU TIERS-MONDE. BASES DE SA TRANSFORMATION. L’architecture des pays sous-développés qui n’ont pas entamé leurs profondes transformations économiques et sociales, peut être caractérisée par les aspects suivants : 1) Le contraste entre le luxe des constructions d’une minorité et la pauvreté des constructions de la grande majorité active de la population, notamment en ce qui concerne le niveau de logement, la surface par personne et les services correspondants. 2) L’accumulation progressive du déficit de logement avec l’aggravation du problème du logement qui en résulte. 3) Les différences de niveau de vie et de logement entre la campagne et la ville. 4) La spéculation foncière et la construction à des fins de profit obligent la plupart des gens à résoudre leur problème spontanément, avec des maisons dispersées dans la campagne et des bidon-
villes, et des quartiers insalubres à la périphérie des villes. 5) la participation minime de l’État dans la résolution du problème du logement. 6) L’existence parallèle d’une technique avancée pour résoudre des problèmes isolés et d’une technique artisanale primitive, utilisée dans de nombreux cas spontanément, dans le reste des constructions. 7) La concentration des investissements dans la construction dans les grandes villes, conséquence de la spéculation foncière et de la construction à but lucratif, et la dispersion et l’abandon des constructions dans les campagnes. 8) L’utilisation généralisée de matériaux importés comme conséquence du sous-développement industriel. 9) L’anarchie dans le secteur de la construction, de la multiplicité des dimensions et des types de matériaux de construction jusqu’à la diversité des solutions architecturales à des problèmes similaires, avec le gaspillage de ressources matérielles et humaines qui en résulte. 10) Le fait de consacrer l’effort et le talent des architectes et des techniciens à la solution des problèmes isolés de la classe dominante, avec l’abandon de la tâche posée par les besoins de la modeste majorité de la population. 11) L’existence d’un petit nombre d’architectes et de techniciens en fonction du caractère et des limites du volume de travail et des programmes de construction. 12) La subordination des solutions esthétiques aux limites d’une technique inégale, à certains programmes exclusifs et à la déformation de la culture autochtone due à l’influence de l’idéologie du pouvoir dominant, qui limite la recherche d’une expression propre en architecture. L’architecture d’un pays sous-développé ne peut être transformée sans un changement radical de la structure économique, politique et sociale qui a produit le sous-développement et qui est la base, le fondement et la racine de ses caractéristiques. En plaçant les moyens fondamentaux de la production agricole et industrielle, le système bancaire et les moyens de distribution étrangers et nationaux entre les mains du peuple, ce changement permettra d’utiliser rationnellement toutes les ressources et forces disponibles grâce à un plan de développement guidé par des institutions créées à
cet effet et réalisé avec la participation consciente et active de tout le peuple organisé dans les tâches de préparation et de mise en œuvre à tous les niveaux. Le plan de développement d’un pays est le résultat d’un processus historique généré par son peuple qui, en prenant conscience des racines du sous-développement, élimine les obstacles qui empêchent l’évolution, établit les objectifs d’un plan et crée les conditions et les institutions qui assurent sa réalisation. Par conséquent, le plan de développement est la programmation technico-économique pour la réalisation de ces objectifs en fonction des conditions créées dans chaque pays. La planification est définie comme la prévision et la détermination scientifiques du développement futur de l’économie nationale, mais ce développement planifié agit non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace, donnant lieu à l’activité systématique de planification territoriale. La planification de l’aménagement du territoire doit être fondée sur la planification économique, et doit donc s’appuyer sur des plans ou des directives au niveau national, et sur la base de ceux-ci, établir des plans régionaux et locaux. L’aménagement du territoire doit se fonder sur la structure physique du sous-développement, en la transformant sur la base du contenu économique, politique et social résultant des nouvelles conditions de production. Les plans physiques successifs auront tendance à faire disparaître la déformation de la structure physique, en créant de vastes zones de développement industriel qui dynamiseront les villes existantes ou créeront d’autres zones, et équilibreront la disproportion fondamentale de l’énorme concentration dans les capitales. Le problème du logement, conséquence du sous-développement, est d’une telle ampleur qu’il ne peut être résolu qu’à travers un changement radical de la structure du pays, lui permettant de se développer et de satisfaire ainsi les besoins en logement et en services sociaux de l’ensemble de la population. Le développement économique et technique accéléré fournira les ressources substantielles nécessaires pour répondre à ces besoins. Le logement est un service social qui doit être exempt de tout mercantilisme, et pour lequel l’État a des obligations analogues à celles
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DOCUMENTS
COCOCKTAILS
LE ZESTE BARRIÈRE
LE TROTSKIR
1 Importe 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 verse ensuite 12 cl de jus d’oseille de Guinée 3 ajoute 4 cl de citron pressé 4 enfin, pour transformer ce cococktail en outil de propagande, reproduis le drapeau soviétique en posant deux zestes de citron formant le marteau et la faucille.
1 Verse un peu d’armée rouge composée de crème de fraise dans un verre, 2 fais-la ensuite danser avec un vin blanc pétillant à la dorure de la faucille ou bien avec du prolosecco prolosecco..
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LE MAOJITO
Pour ce doux mélange entre URSS et méditerranée, 1 importe 3 ou 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 mets 2 cl de crème de fraise, 3 1 cl de citron vert pressé, 4 3 cl de martini rouge, 5 et finis le tout avec la deuxième touche soviétique que sont 2 cl de Vodka pour réchauffer les cœurs.
1 Munis-toi de ta faucille pour couper 1/2 citron vert en cubes 2 ajoute une bonne cuillère à café de sucre roux 3 avec ton marteau, pilonne le tout bien fort 4 mets ensuite de la menthe avec 1 ou 2 cl de crème de fraise 5 presse maintenant avec douceur pour ne pas détériorer les feuilles 6 mets de la glace pilée 7 verse 4 cl de liquide cubain 8 remue avec une cuillère 9 verse de l’eau l’eau pétillante jusqu’à surplus 10 et fignole, enfin, en mélangeant avec douceur pour ne pas casser les bulles.
LES RECETTES D’UN BAL MARXÉ RÉUSSI avec nous, vous pouvez nous envoyer vos idées de cococktails à contact@apreslarevolution.org. Nous nous ferons un plaisir de les cococter et de les cocollectiviser.
– le Baby Lait-Nine – le Bloody Marxy – le Hô Chi Minh Tonic – le Toni Negrini – le Cosmo Pôle Emploi – le Che Killa Sunrise
Parmi les différentes tendances de l’ultragauche, c’est la théorie de la communisation qui se démarque en étendant son regard au-delà des relations salariales lorsqu’elle tente de saisir les dynamiques du capitalisme avancé. Maya Andrea Gonzalez écrit au sujet du groupe Théorie communiste (TC) qu’il « se concentre sur la reproduction de la relation capital-travail, plutôt que sur la production de la valeur. Ce changement d’orientation [lui] permet de mettre à [sa] portée l’ensemble des relations qui construisent réellement la vie sociale capitaliste – au-delà des murs de l’usine ou du bureau37 ». Néanmoins, si ce basculement permet d’éclairer les rapports qui
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INTERVENTIONS
RÉINVENTER LA POLITIQUE EN GRÈCE Marine Boisset & Paul Coquet
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ÉPISTÉMOLOGIE
caractérisent la vie sociale hors des lieux de travail, il ne permet pas d’éclairer la mort sociale – car les relations définies par la mort sociale ne sauraient être réduites au rapport capital-travail. Au lieu de réduire la race à la classe, le penseur afro-pessimiste Frank Wilderson attire notre attention sur la différence entre le fait d’être exploité sous le capitalisme (en tant que travailleur) et le fait d’être marqué comme sacrifiable ou superflu sous le capitalisme (en tant qu’esclave ou prisonnier). Selon lui, « l’absence de la subjectivité noire au cœur des discours radicaux est le symptôme d’une incapacité à affronter la possibilité que le sujet génératif du capitalisme – le corps noir des XVe et XVIe siècles – et le sujet génératif qui résout les crises de suraccumulation du capitalisme tardif – le corps noir (incarcéré) des XXe et XXIe siècles – ne se laissent pas réduire aux catégories fondamentales qui structurent le conflit au sein de la société civile, c’est-à-dire les catégories du travail et de l’exploitation38 ». Le sociologue de la culture Orlando Patterson insiste également sur la nécessité d’analyser l’esclavage en termes de mort sociale plutôt qu’en termes de travail ou d’exploitation39. Pour ces penseurs, le travail forcé fait indiscutablement partie de l’expérience de l’esclave, mais cela n’est pas suffisant pour définir l’esclavage en tant que rapport [slave relation]40. L’exploitation économique ne suffit pas pour expliquer le caractère racialisé de l’incarcération de masse. Ainsi, les critiques du capitalisme qui ne tiennent pas compte du racisme anti-noir – ou qui ne le considèrent que comme un sous-produit du capitalisme – sont nettement insuffisantes.
depuis le seul angle du sentiment personnel du locuteur. Il est donc compliqué d’y répondre de manière critique (même lorsque cette personne tient, par exemple, des propos racistes) parce que cela pourrait blesser son intégrité personnelle. Qu’un individu se mette à politiser son sentiment personnel d’inconfort dans le langage du safe space peut couper court à toute discussion. L’exemple le plus frappant dont je me souvienne est
chercher à convaincre ces derniers qu’il serait injustifié d’exclure la police. Ses propos ont été rapportés dans les pages du Baltimore City Paper : « je pense, disait-elle, que ces manifestants ont violé l’espace des policiers42 ». L’invocation de la sécurité et de l’intégrité personnelles joue sur un registre purement affectif et émotif43, elle peut donc être manipulée pour tout justifier, du profilage
tisée par les manifestants qui lui criaient dessus lorsqu’elle défendait la police, plusieurs personnes ont cessé de critiquer ses actes et ses propos, bien qu’ils fussent manifestement pro-police, classistes, et stigmatisants pour les sans-abri – elle a par exemple dit : « Il y a trop d’ivrognes et de sans-abri làbas, ils sont vraiment malades de leur dépendance à l’alcool. Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’ils soient là ? Je préférerais les voir en
but de se purifier soi-même. Lorsqu’une personne s’identifie à son statut de victime, il est important de se demander si cela ne constitue pas en réalité une manœuvre tactique pour être perçue comme innocente et gagner ainsi du pouvoir dans un espace social donné. Cela n’implique pas de délégitimer les propos tenus par les survivantes, mais plutôt de se débarrasser de l’idéologie de l’innocence afin d’examiner chaque situation dans
LE SAFE SPACE On retrouve aussi la stratégie discursive qui consiste à faire appel à la sécurité [safety] et à l’innocence au niveau micro, lorsque les radicaux blancs manipulent le langage de « l’espace sûr » [safe space] pour conserver leur pouvoir dans les milieux militants. Par exemple, ils réduisent au silence les critiques qui leur sont adressées par des gens de couleur au prétexte que ces critiques les mettraient « mal à l’aise41 » [unsafe]. En utilisant ainsi le langage de l’espace safe, on peut faire passer un inconfort pour un danger imminent. L’expression « je ne me sens pas à l’aise » [I don’t feel safe] est facilement manipulable, puisqu’elle décrit la situation
celui d’une femme d’Occupy Baltimore, qui utilisait un vocabulaire féministe pour défendre les policiers, après qu’un « occupant » les ait appelés pour se débarrasser d’un sans-abri. Quand les policiers sont arrivés sur les lieux, certains activistes leur ont lancé des injures. Cette femme a tenté de calmer la situation en s’interposant entre la police et les activistes pour
racial à la guerre. Une personne qui utilise le langage du safe space pour dénoncer quelqu’un dans un espace militant est nécessairement présumée innocente ; on peut même aller jusqu’à amplifier ou politiser cette innocence présumée. Lorsque la femme d’Occupy Baltimore a déclaré qu’elle était la survivante d’un événement violent, qu’elle avait été trauma-
cure, c’est certain, mais je me fous bien de l’endroit où ils finiront par perdre connaissance44 ».
le détail et de demeurer conscient des multiples luttes de pouvoir à l’œuvre dans les conflits.
Le fait d’avoir survécu à un acte de violence sexuelle n’empêche pas la survivante de perpétuer d’autres formes de violence. De même, les expériences de racisme, de transphobie ou de classisme peuvent être mobilisées dans le
Dans ce débat sur la sécurité, l’autre opposé du spectre est la critique radicale du modèle de l’espace safe formulée par les queers radicaux. Dans un communiqué émis par le Festival queer de Copenhague intitulé « Cette année,
l’espace ne sera pas plus safe ! », les organisateurs annonçaient leur décision de supprimer les lignes directrices du safe space pour en appeler plutôt à « la réflexion et la responsabilité individuelles45 ». À mon avis, ce rejet des formes d’organisation collectives – et ce refus de penser au-delà de l’individu comme unité politique de base – doit être resitué dans un glissement historique plus large chez les queers, avec le passage de l’émancipation queer à la performativité queer, qui coïncide du reste avec l’hégémonie néolibérale et la « politique » du choix centrée sur le « souci de soi46 ». Ceux-ci ont réagi à l’échec des safe spaces par une remise en cause de toute forme de communauté et de toute politique fondée sur le discours articulé/ explicite. En méprisant les efforts visant à contrebalancer les déséquilibres de pouvoir, ils finissent par aplatir ces enjeux et ratent une occasion de poser des questions cruciales sur la distribution du pouvoir, la vulnérabilité et la violence – pourquoi et comment, par exemple, certaines personnes recourent à des langages et des structures afin de répondre à des dynamiques internes oppressives. D’un autre côté, moi qui suis fanonienne, je reconnais que la volonté d’éliminer tous les risques et dangers aboutit à une politique réformiste qui reconduit souvent l’ordre social en vigueur. Les espaces safe peuvent avoir un effet pacifiant sur la combativité. Quand toutes les actions risquées sont bloquées du seul fait qu’elles provoquent de l’inconfort, il devient impossible de penser un programme politique révolutionnaire. Les gens de couleur qui soutiennent que c’est en vertu de leurs privilèges que les Blancs peuvent prendre part à des actions risquées – contrairement aux gens de couleur (qui sont plus souvent ciblés par la police, n’ont pas les ressources nécessaires pour sortir de prison, etc.) – font une évaluation assez juste des différences de pouvoir entre les Blancs et les non-Blancs, mais ils finissent par effacer les gens de couleur de l’histoire des luttes en associant faussement la combativité avec le privilège d’être Blanc. Quand une analyse du privilège se transforme en un programme politique où les plus vulnérables sont tenus à l’abri du risque, la seule politique acceptable devient le réformisme et le repli – une politique menant tout droit à la capitulation devant le statu quo, qui efface l’héritage de groupes comme le Black Panther Party et la Black Libera-
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tion Army47. Selon Fanon, c’est précisément le risque qui nous pousse à l’action révolutionnaire : l’émancipation exige de risquer sa vie. La combativité n’est pas seulement une nécessité tactique. Son objectif est double : transformer les gens et « modifier fondamentalement » ce qu’ils sont, raffermir leur courage, et les débarrasser du « nœud de désespoir » qui s’est cristallisé dans leur corps48. La politique des safe spaces est centrée sur le bien-être personnel, ce qui peut parfois entraver l’action des groupes fondés sur le consensus. En l’occurrence, lorsque des participants d’Occupy Baltimore se sont confrontés à des agresseurs sexuels, j’ai assisté à une assemblée générale qui était tellement alourdie par les procédures de consensus, que la seule décision à avoir été être prise concernant les agresseurs présents dans l’espace fut d’organiser un atelier de dix minutes sur le concept d’espace safe à la prochaine assemblée. Personne n’a voulu expulser les agresseurs d’Occupy. (Comme le disait Stokely Carmichael, « les libéraux ont peur de se mettre des gens à dos, et sont donc incapables de proposer une alternative réelle49 »). L’insistance sur le bien-être individuel peut paralyser l’énergie et l’élan des corps en mouvement. La politique de l’innocence et la politique de la sécurité et du confort sont liées, en ce que les deux stratégies ont pour effet d’entretenir la passivité. Le bien-être et l’innocence se renforcent mutuellement, comme lorsqu’on réclame du confort sur la base d’une position subjective innocente. Il va sans dire qu’aucune position subjective n’est éthique en soi. Même si je suis une femme de couleur queer, le simple fait que j’habite aux États-Unis fait reposer mon existence sur la violence. En tant que personne non-incarcérée, ma « liberté » ne peut être comprise que par opposition à la captivité d’autres personnes, comme mon frère, qui purge une peine de quarante ans en prison. Lorsqu’on considère la question de la sécurité [safety], on néglige souvent de s’interroger sur la co-constitution de la sécurité et de la violence. Il faut tenir compte du fait que la violence raciale est le revers invisible et nécessaire de la sécurité, particulièrement de celle des Blancs. La sécurité nécessite la suppression ou la relégation de ceux qu’on considère comme une menace. La société civile blanche investit beaucoup d’énergie psychique dans l’effacement et l’abjection des corps sur qui elle projette
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PÉDAGOGIE
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CHRONOLOGIE En juillet 2007, la crise financière américaine des « subprimes » ainsi que la crise bancaire de l’automne 2008 inaugurent ce que l’on nomme « la crise financière mondiale ». Le monde se voit « par contagion » selon les économistes européens, tomber dans un déclin économique. Nous questionnant sur la situation économique de la Grèce, nous avons d’abord établi une chronologie des évènements afin de mieux comprendre l’état actuel du pays. La situation économique en Grèce suscite encore aujourd’hui de nombreux débats complexes et parfois controversés. Avant la crise de 2008, la Grèce connut une succession d’événements politiques sans précédent dans l’histoire. Entre 1936 et 1946, la Grèce vit sous la double occupation d’un dictateur nommé Metaxás et les difficultés économiques issues de la Seconde Guerre mondiale. De 1963 à 1967 : George Papandreou, alors Premier ministre, instaure une politique sociale et étatique. C’est une politique où il y a beaucoup de dépenses publiques qui n’amènent que trop peu de renouvellement et d’accroissement du capital de l’économie grecque. En 1981 Karamanlis arrive au pouvoir et instaure avec son gouvernement, la république en Grèce. C’est la fin de la monarchie. À partir de 1981, le gouvernement du socialiste Andréas Papandréou nationalise les entreprises et augmente les aides sociales. En 2001, la Grèce accède à l’euro, mais le pays s’endette à taux très bas. En 2009, La Grèce se voit impactée par la crise économique mondiale et entre dans une période de « dette » envers les créanciers européens. Il s’ensuit en 2010, année où les premières mesures législatives « anti-crise » ont été votées, une succession de négociations et de tensions. La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ce qui est connu comme la « Troïka », ainsi que les pays créanciers européens, entrent dans une logique d’application d’austérité à la Grèce en échange d’une aide financière de leur part. Jusqu’en 2017, année où l’économie grecque renoue avec la croissance, ces négociations et ces aides durent avec l’application de neuf plans d’austérité, trois plans d’aide et une réélection.
Ionnis Metaxas
1936-1946
Georges Papandreous
1963-1969
Konstantinos Karamanlis 1974-1995
Andreas Papandreou
1981-1989
PÉDAGOGIE
lico surgit de nulle part. On récupère enfin un plan et rebroussons chemin direction Ficoba. Entre temps, tous les commerces se sont caparaçonnés derrière des panneaux d’OSB.
Le contre-sommet que nous organisons apportera d’autres réponses. »7 Les salles sont toutes bondées, les places sont chères. Un service de traduction simultané est mis en place. On continue d’errer un peu. On n’est pas les seules, tiraillées entre le « trop de choix tue le choix » et l’incapacité de trouver sa place. Il faut dire que le lieu ne se prête pas réellement à inventer le monde de demain. Les salles, l’organisation, la prise de parole nous font dire qu’on participe à un « autre » sommet, mais qu’on ne dénonce rien. L’enfermement dans des formes institutionnelles ternes et convenues – centre de congrès, conférences plénières qui flirtent avec le show politique (ici JeanGuy Talamoni, là Clémentine Autain), badges autour du cou – menaceraient presque d’avorter déjà
Elizabeth : — Le chemin se fait facilement à pied, mais pour trouver la route on doit suivre une carte et le mouvement. Certaines routes sont barrées. Un groupe de personnes trimarde comme nous avec leurs sacs à dos. En s’approchant de la frontière, nous voyons le Cuerpo Nacional de Policía. Ils ne contrôlent pas les piétons, pour l’instant. Le voisin de train nous lâche pour de nouveaux amis sur le trajet.
État-nation
Tiphaine : — Il nous lâche surtout pour deux filles plutôt mignonnes. Elizabeth : — Sa mallette noire se balance à ses côtés. Flic ? Black bloc ? Touriste ? On le perd de vue. Une affiche nous nargue à l’arrêt de bus. « UN G7 QUI FAIT LA DIFFÉRENCE ? C’EST UN G7 FÉMINISTE ! À l’approche du G7, mobilisez-vous pour les droits des femmes avec #FeministsCount @Women7official »
Confédéralisme démocratique
Fallait oser. Étonnant qu’elle n’est pas déjà été mutilée, même pas un autocollant, ni de réplique au marker.
3. HÉRITAGE (LAME 41) : MANQUE DE LIEN, CE QUI N’EST PAS DANS L’ORDRE DES CHOSES Nous traversons la Bidassoa sur un pont élancé, aux abords dorénavant barbelés et sous surveillance policière ; rien à voir avec le contre-G7 : par ici passe « la nouvelle route des migrants », par laquelle des milliers de personnes en provenance d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre l’Europe du Nord. Nous finissons par arriver devant le parc des expositions de Gipuzkoa, Ficoba, à Irun, 70 000 m2 de stérilité corporate 2.0. « La conception des installations fait de Ficoba une infrastructure polyvalente. Ses trois pavillons,
232 PÉDAGOGIE
Le communisme ne peut être pensé seul, il est forcément à penser en rapport au capitalisme. Qu’on le veuille ou non, le capitalisme sera automatiquement et absolument rivé contre toute tentative de construction du communisme. Ainsi, nous pensons que la capacité d’une alternative au capitalisme ne tiendra pas tant dans sa cohérence interne, son intelligence ou sa légitimité que dans le rapport qu’elle construira avec le capita-
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LE CONCEPT DE DÉSYNCHRONISATION Nous travaillons sur la notion des limites. L’Humain peut tendre à créer des compartiments, en inventant des concepts par exemple l’État-nation, les genres, les religions, dans lesquels il prend place et s’identifie. Aujourd’hui, les frontières séparent nos pays, régions, parcelles, mais aussi nos cultures et communautés. Ces limites sont maintenant devenues définitives et peuvent être source de conflits. Les populations du Rojava tentent de retourner à leurs origines autochtones en s’échappant de ces limites, en libérant la question du genre, et en plaçant chacun sur le même niveau d’égalité. Pour grandir la révolution du Rojava et le Confédéralisme démocratique, nous proposons le concept de Désynchronisation des limites, pour décloisonner et décompartimenter. Ce concept est inspiré du modèle du devenir introduit par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans le livre « Milles plateaux » en 1980. C’est un modèle en perpétuelle évolution, qui s’oppose ainsi à un régime strict et rigide. Le but n’est pas d’effacer les différences, car au Rojava il y a de nombreuses origines autochtones, religions et langues différentes, mais de rassembler les éléments par leurs points communs, par juxtaposition. En effet, l’humain est un animal politique, il devient parmi les autres, en vivant dans une société gouvernée par des lois et des coutumes. Le fait d’appartenir à un groupe par affinités peut aider à trouver un sentiment d’appartenance et c’est ce besoin d’appartenir à un groupe social qui permet l’identité. L’écologie est très importante dans l’utopie Rojava. Un profond changement dans les relations sociales va également permettre un changement écologique. Alors, ce modèle peut prendre part à la suppression des différentes dominations et hiérarchies, en améliorant les échanges sociaux. Pour cela, nous devons retourner aux moyens de subsistance autochtones pour sortir de la dépendance à l’État-nation.
2/10 Nous devons penser et travailler à l’échelle du monde entier « Ce livre montre que la guerre de 1914-1918 a été de part et d’autre une guerre impérialiste (c’est-à-dire une guerre de conquête, de pillage, de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la distribution et la redistribution des colonies, des “zones d’influence” du capital financier, etc. […] Pour montrer cette situation objective, il faut prendre non pas des exemples, des données isolées (l’extrême complexité des phénomènes de la vie sociale permet toujours de trouver autant d’exemples ou de données isolées qu’on voudra à l’appui de n’importe quelle thèse), mais tout l’ensemble des données sur les fondements de la vie économique de toutes les puissances belligérantes et du monde entier. » Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916, p. 5
132 ÉPISTÉMOLOGIE
Selon James, une conception purement générative et disséminée du pouvoir occulte complètement la réalité de la violence policière, la militarisation du système carcéral, la violence institutionnelle de l’État providence et de l’État carcéral, ainsi que la mort sociale et la terreur que vivent les gens à peau noire ou marron. Assurément, les prisons « produisent » de la race ; par conséquent, une théorie du pouvoir comme configuration générative où les rapports de force directs sont minimisés ne peut relever que d’une position subjective blanche.
– la Chaplinacolada – le Rosa Luxembourbon – le Crèmelin – la Griotte Éditions – L’Ananah Arendt – le Vin choviet’
Quand le capitalisme ne marche pas, nous considérons que c’est normal parce que c’est du capitalisme. Par contre, lorsque le communisme ne marche pas, nous considérons que ce n’est pas du communisme et nous disqualifions l’ensemble sans regarder les parties. Quelles leçons pratiques pouvons-nous tirer des tentatives de réalisation du communisme au XXe siècle ?
Un ordre souhaitable du monde est non seulement possible, mais impérativement nécessaire. L’extractivisme généralisé, la destruction de la vie sur terre et l’oppression grandissante des peuples ne cesseront pas tant que le capitalisme existera.
produit en nous poussant à nous produire nous-mêmes, à exprimer notre identité par nos choix de consommation, et à fonder notre politique sur l’affirmation d’identités marginalisées. Dans ses recherches sur l’afro-féminisme, Joy James rejette cette conception du pouvoir en termes de production et d’affirmation de la vie. En réponse à l’idée de Foucault selon laquelle « le réseau carcéral ne rejette pas l’inassimilable dans un enfer confus, il n’a pas de dehors [...] il économise tout, y compris ce qu’il sanctionne35 », James écrit :
Imaginés par les membres de l’association Après la révolution Cococtés par Jérémie Robert Camarades, vous trouverez sur la page suivante les recettes de quatre cococktails. Nous vous diffusons aussi une liste, non exhaustive, de noms d’autres cococktails. Si vous souhaitez jouer
1/10 Nous avons un problème avec les pays socialistes « Il n’y a pas d’utopisme chez Marx, il n’invente pas, il n’imagine pas de toute pièce une société “nouvelle”. Non, il étudie, comme un processus d’histoire naturelle, la naissance de la nouvelle société à partir de l’ancienne, il prend l’expérience concrète du mouvement prolétarien de masse et s’efforce d’en tirer des leçons pratiques. » Lénine, L’État et la révolution, 1917, p. 114
« Il est plus facile, a-t-on dit un jour, d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme : et avec cela, l’idée d’une révolution capable de renverser le capitalisme semble avoir disparue ».
« Et pourtant le système carcéral tue aux États-Unis, et il tue, dans ses prisons, davantage de Noirs que de n’importe quel autre groupe ethnique. Les prisons américaines constituent un “dehors” par rapport à la vie politique du pays. […] Foucault passe sous silence la vulnérabilité des prisonniers face aux passages à tabac, aux viols, aux traitements de choc [et] à la peine de mort. L’incarcération et les exécutions sont les procédures que l’État emploie pour se débarrasser de tout ce qu’il n’arrive pas à assimiler, en le vouant à l’extériorité infernale de la non-existence. Il n’économise donc ni tout, ni tout le monde36. »
LE MARXTINI
I. L’ÉTAT DE L’HYPOTHÈSE COMMUNISTE
nous devons accepter que nous sommes à l’inverse du côté de l’ordre, d’un ordre, peut-être de plusieurs ordres. Mais il nous faut d’emblée adjoindre à un tel énoncé qu’une pensée de ce qu’est l’ordre est absolument nécessaire : penser l’ordre non pas comme une matraque, mais comme un langage, un système, construit sur des règles, une grammaire, qui permet plus qu’elle ne contraint. Aussi, nous devons nous entendre sur le fait qu’un immense travail doit être mené pour libérer la notion d’ordre de l’autoritarisme, du totalitarisme, du virilisme pour pouvoir substituer au capitalisme un ordre du monde souhaitable. Un ordre de l’émancipation est à inventer, mais nous avons un déficit d’intelligence collective de l’ordre. L’architecture qui est un savoir de l’ordre peut être mise à contribution pour cette tâche en dialogue avec d’autres disciplines. Ainsi, il nous faut défendre « le » communisme même s’il est évident à nos yeux que l’ordre du monde communiste ne pourra être composé que d’une pluralité de « communismes ». Il nous faudra probablement un ordre pluriel, un ordre ouvert, des ordres stables, mais autocritiques. Il s’agit cependant tout d’abord d’accepter qu’une bataille est à mener en défense d’un ordre et non contre tout ordre, comme cela semble être le cas au sein des forces progressistes aujourd’hui. Il faudra pour ce faire sortir le capital de nos têtes puisqu’il semble avoir eu raison de nos espoirs et de notre imagination. La glaçante sentence de Jameson sur ce sujet reste indépassable :
PÉDAGOGIE
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l’auditorium, les salles ou le hall polyvalent peuvent accueillir de multiples typologies d’événements, sous forme de salons, conférences, réunions d’entreprises, expositions, concerts ou spectacles. Un contenu qui change toutes les semaines grâce à une équipe de professionnels spécialisés dans l’organisation d’événements qui sont capables de matérialiser les idées des clients. Événements organisés en 2019 : 24e édition de la Foire de l’Emploi, 40e édition de l’Exposition Internationale Canine, Sevatur 2019 – le Salon des Vacances. Ficoba, l’art de créer des opportunités. »6 Ici, on trouve un peu de mouvement, de monde… Nos énormes sacs de campeur·euse·s sont rapidement inspectés à l’entrée. BIENVENUE au contre-sommet, ONGI ETORRI kontra gailurrerat,
WELCOME to the counter-summit, BIENVENIDOS a la contra cumbre. La clim fait du bien, la chaleur et nos sacs à dos de pèlerins nous écrasent depuis des heures. D’après le programme qu’on ramasse dans l’espace d’accueil, c’est ici que se tient la grosse majorité des conférences et le Village des Alternatives. Sur les trois jours, plus de 70 conférences se déroulent simultanément et à la chaîne, de 10 h à 19 h 30. Une partie du programme se tient au cinéma d’Hendaye. Les ateliers se regroupent à l’École Primaire et à l’Espace Jeunes, tenu par les jeunesses de gauche indépendantiste. Les Rencontres Intergalactiques, délocalisées de Notre-Dame-des-Landes, sont basées au Port de Kaneta, où l’AmbaZADa, construction emblématique de la ZAD initiée par une
« brigade » d’activistes basques, a été transportée et remontée pour l’occasion. Les Gilets jaunes sont restés groupés au campement, à plus de 7 kilomètres de là. Les thématiques centrales de réflexion sont rappelées : capitalisme, environnement, féminisme, peuples, démocratie, impérialisme et migrations. L’objectif est annoncé : déconstruire l’architecture néolibérale et les multiples systèmes de dominations qui détruisent notre monde. « Les 7 pyromanes du G7 vont à nouveau se rencontrer pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper les incendiaires de la planète. Face à leurs discours hypocrites sur les inégalités, nous nous mobilisons au Pays Basque pour nous opposer par nos analyses, nos idées, nos alternatives et nos luttes.
310 CRITIQUE
Planches du numéro 2 du journal
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
cet autre monde censé pouvoir naître ici, comme le promettait le slogan euskara. Un tour au Village des Alternatives, en fait 8 travées de stands dans un demi-hangar. Du NPA à EHLG (la Chambre d’agriculture basque qui a fait cession de sa tutelle préfectorale il y a quinze ans), diverses organisations et acteurs, locaux ou non, présentent leurs pistes, recherches, luttes ou goodies sur des tables en plastiques pliantes. La fête de l’Huma sans les merguez. Dans l’autre moitié du hangar, un bar et des rangées de tables sur plusieurs mètres linéaires. Après une bière bienvenue, nous prenons la navette officielle pour nous rendre au campement. On cherche l’arrêt ou une indication des lieux et heures de passage. On
ne les trouve pas ou il n’y en a pas. Coup de chance, une navette arrive. Le long du trajet, nous avons l’impression d’être en route pour une colo cheloue. Le car nous dépose à 2 km de l’entrée du camp ; 25 mn de marche dans une montée pleine de cailloux. Sentiment de punition. Néanmoins, le campement est la première forme qui témoigne d’une tentative de (re) construire quelque chose. Nous voici planqués dans un terrain de 13 hectares, dont le propriétaire n’est autre que Nestlé… Ce centre de vacances désaffecté a été succinctement réaménagé afin d’accueillir jusqu’à 10 000 personnes, venues jusqu’ici pour le G7 EZ (« non au G7 » en basque). En stop ou à pied. Par voiture, train. Avec leurs vans, leurs caravanes ou leurs valises à roulettes. Avec des amis, en familles, entre collègues.
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4. LA TABLE (LAME 40) : L’INCONFORT, LA FRUGALITÉ D’après la carte et nos explorations dans les jours qui ont suivi, il s’avérait qu’il y avait un accès beaucoup plus direct et accessible qui se trouvait au sud du camp, mais que celui-ci était réservé aux vacanciers du Pierre et Vacances qui se trouvait collé au site, aux véhicules et aux CRS. Des volontaires étaient arrivés durant les 10 jours précédents, suite à l’appel de la Plateforme, pour tout mettre en place. Le camp avait été planifié, zoné. Le vaste terrain, étagé par des dénivelés et des plateaux naturels, s’y prêtait. Sur les plateaux, les campings, dans les installations bâties, toutes les activités nécessitant des espaces clos, abrités et viabilisés. À l’arrivée des participants, des couches d’autogestion s’ajoutent naturellement à ce zonage, avec des signalétiques improvisées. Chaque groupe, collectif, association cherche des formes pour se rendre visible et reconnaissable dans le camping. En C1, les Gilets jaunes d’un côté et Extinction Rebellion de l’autre. En C2, les camping cars. En C3, l’espace en non-mixité queer et féministe. En C4, l’espace libertaire de la CNT, avec bureau d’information et de recrutement, etc. Quelque chose cloche. Il y a des signes dans tous les sens, ce qui crée un bazar visuel invraisemblable dans lequel il s’avère difficile de comprendre, de s’orienter, tandis qu’en ville, les sites du contre-sommet sont peu, mal voire pas indiqués. Nos esprits de designers s’offusquent, surchauffent, et puis abdiquent devant une affichette : « si pas de signalétique, aller tout droit ». Ces tensions et ces paradoxes dans l’organisation spatiale du campement parlaient déjà pour les journées qui allaient suivre. L’espace central, un bâtiment sur un étage en forme de demi-cercle, désigné sur la carte comme le « point d’information » accueille le Snack des Gilets jaunes, l’Espace Médiation, Chez Thelma (un espace de soin et de soutien psychologique), le Bureau d’Assistance Juridique, l’infirmerie et les street medics, une quincaillerie-atelier ainsi que les douches. L’esplanade fait office d’agora, accueillant les Assemblées Générales, CRITIQUE
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Politiser l’enfance : un reader
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
Politiser l’enfance : un reader est une
anthologie de textes inédits, traduits ou réédités, écrits par des artistes, des philosophes, des sociologues et des critiques d’art. Ces textes sont réunis par Vincent Romagny et John D. Alamer, auteur fictif et collectif des éditions Burn-Août. Ils abordent la question des rapports entre enfance et politique non pas depuis un point de vue unique, mais selon différentes perspectives (philosophique, sociologique, historique, poétique, artistique, féministe, queer, etc.) qui éventuellement se croisent. L’ouvrage entend faire entendre des voix jamais écoutées, réunir et rendre à nouveau disponible des textes épuisés, traduire des textes en français et publier des textes inédits, notamment de philosophes et sociologues. Format : 18,5*21 Nombre de pages : + ou - 500 Prix : + ou - 24 euros ISBN : 9-782493-534033
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Graphisme : Théo Pall d’après une maquette originale de Roman Seban conçue pour l’ouvrage Revolution: A Reader, publié par paraguay press en 2012
Vincent Romagny (1976) est docteur en esthétique, éditeur indépendant et enseignant en théorie de l’art aux Beaux-Arts de Lyon. Dernières modifications le 24 août 2022 10:53 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
Politiser l’enfance : un reader
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville Cette anthologie entend réunir des contributions sur un sujet qui fait retour depuis quelques années dans l’art contemporain1 et qui prend sens également dans la recherche en sciences humaines et sociales (on pense ici en particulier à la sociologie de l’enfance). Elle vise à contribuer à forger des outils théoriques qui aideront la lectrice ou le lecteur à aborder un objet trop souvent réduit à ses caractéristiques supposément « naturelles » ou à des représentations classiques (innocence, nostalgie, naïveté, etc.) trop rarement interrogées. Elle entend également replacer la question de l’enfance dans le champ des interrogations contemporaines sur la question de l’émancipation conformément à l’étymologie du terme. Pour reprendre les termes de Tal Piterbraut-Merx, « le terme d’émancipation renvoie dans le droit romain avant tout à l’émancipation du mineur de la patria potestas, qui attribuait au père de famille le droit de vendre, de donner et de mettre en gage ses enfants. Le modèle par excellence du geste politique d’émancipation semble donc s’incarner dans l’arrachement du mineur au pouvoir parental, dont il était la propriété2. ».
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L’ouvrage sera organisé en neuf chapitres qui réuniront chacun deux à quatre textes : textes d’artistes/ textes sur l’art / textes féministes des années 1970 / textes sur la réfutation d’arguments pro-pédophiles / textes sur les questions queer et trans / textes sur l’enfance au XXIe siècle / textes philosophiques / textes sociologiques / textes sur l’enfance en bande. Une première version, intitulée Politiser l’enfance, une pré-anthologie, contenant des textes de Tal Piterbraut-Merx, Pierre Zaoui et Vincent Romagny a été publiée en 50 exemplaires pour accompagner l’exposition Playground Studies3, curatée par Vincent Romagny chez Laurel Parker Book en septembre 2021. Le titre Politiser l’enfance reprend celui d’une conférence donnée par Tal Piterbrault-Merx aux beaux-arts de Lyon4 dans le cadre du cours « art et enfance » que Vincent Romagny a donné lors des années universitaires 2020-2021 et 2021- 2022. La conférence portait sur la question des différentes représentations auxquelles l’enfance peut donner lieu, sur la question de la domination de l’enfant par les adultes, et également sur la réfutation des arguments pro-pédophile formulés par des auteurs dans les années 1970-1980. L’invitation visait également à préparer un cours qui lui succéda, et qui portait sur la question des accusations de pédophilie lancées contre l’artiste contemporain Claude Lévêque.
1. On peut distinguer des expositions consacrées à l’enfance comme référent (pour s’en tenir à la France : Encore un Jour banane pour le poissonrêve, présentée du 22 juin au 9 septembre 2018 au Palais de Tokyo dans le cadre de la saison d’expositions Enfance ; Children’s Power au Château de Rentilly - Frac Ile de France, 2021 ; Au Coeur - Territoires de l’enfance à la Collection Lambert en Avignon, 3 juillet – 6 novembre 2016), des expositions dédiées à l’enfance comme public privilégié, entérinant la nouvelle muséologie des années 1970), des expositions abordant la question de la pédagogie, dans le sillage de l’educational turn (pour étendre à un niveau européen : Really Useful Knowledge, musée de la Reina Sofia, 2015, Back to the sandbox: Art and Radical Pedagogy, au Reykjavík Art Museum, 2016, The Child as Teacher, Kunsthall Stavanger, 2017. Education Shock Learning, Politics and Architecture in the 1960s and 1970s, Haus der Kulturen der Welt, Berlin, 2020 ; L’Art d’apprendre. Une école des créateurs, Centre Pompidou Metz, 2022) et enfin des expositions invoquant l’idée d’enfance sans pour autant porter sur l’enfance (Isabelle Cornaro, Infans, Fondation Pernod Ricard, Paris, 2021 ; Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Infantia (1894-7231), IAC, Villeurbanne, 2020). 2. Tal Piterbraut-Merx, « L’émancipation des mineur·es, une prise en main ? », Délibérée, 2-13, 2021, p. 51. 3. Exposition du 10 septembre au 24 octobre 2021, avec les oeuvres de Arakawa, Pol Gallo, Ane Hjort Guttu, Palle Nielsen, Seith Price et Corin Sworn 4. https://www.youtube.com/ watch?v=xF6gSxKU7Zg&list=PL-Npwp7daiR6p5EeITXRNWjFwK5ZoQhd&index=7)
Première version de Politiser l’enfance, publiée à l’occasion de l’exposition Playground Studies
chez Laurel Parker Book coédité avec Laurel Parker Edition
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Deux pingouins Stéphanie Demasse-Po er Eva Offrédo Genre : Album A par r de : 4 ans Prix : 16 ¤ Format : 20,5 x 28 cm 40 pages Sor e : 24 août 2021 ISBN : 9782930787718 Un album qui ose le voyage de l’extrême, celui qui relie le point le plus froid au point le plus chaud de la planète. Au départ: la banquise et ses flocons de neige. À l’arrivée: la brousse et son soleil de feu. Mais, l’ami é ne mérite-t-elle pas à elle-seule le déplacement, malgré les obstacles? Comment nos deux comparses des glaces vivront-ils le voyage au bout du monde ? Un «road-book» qui é re le temps au fil des pages et des paysages traversés et où l’humour se niche dans les détails, à chaque détour de chemin. Un livre aux couleurs pops qui donne envie de faire et défaire ses valises, rien que pour le principe de par r et de revenir.
Stéphanie Demasse-Po er est bibliothécaire jeunesse et autrice. Elle a commencé à écrire en 2017 pour la jeunesse avec Tant pis pour la pluie ! aux côtés de Lucia Calfapietra chez Grasset jeunesse et est depuis l’auteure de plusieurs albums, dont Louise avec Magali Dulain chez L’Étagère du bas, Mon île avec Seng Soun Ratanavanh chez La Mar nière jeunesse, Les sen ers perdus chez hélium, ou encore Le rêve de Gaëtan Talpa avec Adèle Verlinden aux Fourmis Rouges. Elle vit et travaille en région parisienne." Depuis ses études aux Arts Décora fs de Paris, Éva Offrédo partage son temps entre l’enseignement et son travail d’illustra on. Elle a précédemment publié Le kiwi du kiwi et Le dodo du dodo aux édi ons A pas de loups ainsi que Aris de Aristote et Le paraquoi avec Alex Cousseau. Elle vit à Limoges. Edi on A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribu on Serendip — Livres • 10 rue Tesson • 75010 Paris • + 33 (0) 1 40 38 18 14 • www.serendip-livres.fr
Les petites bulles éditions
JULIETTE VALLERY vit près de Toulouse, en bord de Garonne.
Auteure d’une trentaine d’albums et de romans jeunesse publiés chez Albin Michel, Actes Sud, Amaterra..., elle est aussi rédactrice en chef du magazine « J’apprends à lire » chez Milan et travaille sur le magazine «Histoires pour les petits».. Son album « Patabulle, les pieds sur terre » a été sélectionné pour les pépites du meilleur premier album au salon du livre de Montreuil et son petit roman « Lucas et son dragon » a reçu le prix Fnac des premières lectures. Potiron et Petite Ourse a été son premier album aux éditions Les Petites Bulles. Bibliographie sélective :
-Potiron et petite ourse, les petites bulles éditions, 2018. -Du loup ou du cochon, les petites bulles éditions, 2019. -Victor Brigand, l’étagère du bas, 2020. -Peluche, au fil des saisons, les petites bulles éditions, 2021. -Patabulle, Actes sud junior, 2011,2012, 2013, 2014
INFOS TECHNIQUES : 19,4 x 27,3 cm NOMBRE DE PAGES : 28 Couverture cartonnée ISBN :979-10-93960-23-4 PRIX : 14,90 euros
Et si la lumière des astres provenait du plaisir qu’avait l’allumeur d’étoile à écouter les histoires qu’on lui murmurait à l’oreille ? Ce soir, c’est grand-papa qui raconte et le ciel s’allume... Les 7 petites souris n’en croient pas leurs yeux. Un joli conte, doux, chaleureux et poétique. Pour apporter un peu de magie et d’imaginaire aux enfants juste avant qu’ils ne plongent dans le sommeil. Un livre attachant et lumineux, tout en délicatesse et en douceur.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION Serendip . 21 bis rue Arnold Géraux. 93450 L’île st Denis. 01 40 38 18 14 . contact@serendip-livres.fr . gencod dilicom 3019000119404
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Couvre-toi ! Françoise Rogier Genre : Album A partir de : 2 ans Prix : 14 € Format : 25 x 20 cm 32 pages Sortie : février 2022 ISBN : 9782930787787
Il neige, une petite fille veut aller jouer dehors. On lui demande de s’habiller chaudement pour sortir. Commence le difficile parcours de l’habillage, les vêtements s’ajoutent les uns après les autres jusqu’au moment où, enfin prête, elle sort...
Françoise Rogier a suivi des études de Communication graphique à l’ENSAV de la Cambre. En tant qu’autrice-illustratrice, elle publié Les contes de A à Z, Un tour de cochons (sélection prix Versele 2016), Rose cochon, Picoti… Tous partis ? Mamie ça suffit et La forêt de travers chez A pas de loups. Elle vit à Bruxelles.
Edition A pas de loups • Laurence Nobécourt • contact@apasdeloups.com • www.apasdeloups.com Diffusion & Distribution Serendip — Livres • 21 bis, rue A. Géraux 93450 L'Île-St-Denis • www.serendip-livres.fr
- Et ta salopette ?
Nouveauté juin 2022
Montre-toi montagne ! David Wautier Jana part en vacances et, pour la première fois, elle va voir la montagne. Impatiente, elle passe le voyage à en parler à son chien, à poser des questions à ses parents ou à rêver de ce gros rocher aussi haut que les nuages. Mais quelle déception, en se rapprochant du chalet, elle découvre que la montagne se cache dans la brume. Ce soir-là, Jana s’endort inquiète et déçue. Pourra-t-elle enfin voir en vrai la montagne ? Les illustrations de David Wautier pourraient presque se passer de texte tellement elles sont précises, évocatrices et tout simplement magnifiques. Jusqu’au «wouaaah» final, on partage la déception de Jana de ne pas voir cette montagne, puis de la découvrir enfin, de toute beauté. Un album qui donne envie de randonner et de partir à la rencontre des cimes.
18,4 x 26,5 cm 48 pages ISBN 979-10-94908-30-3 13,90€ À partir de 3 ans Sortie prévue le 7 juin Thèmes : montagne, vacances
le diplodocus 14 rue du dr Rocheblave 30260 Quissac www.le-diplodocus.fr floriane@le-diplodocus.fr 06 88 30 62 02
............................................................ David Wautier auteur-illustrateur Bibliographie : Paul chasseur d’ogres (2003) Alice jeunesse Herbert et la machine (2003) Alice jeunesse
Diffusion & Distribution Serendip-livres 21bis, rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis gencod dilicom : 3019000119404
Nouveauté juin 2022
Montre-toi montagne !
Nouveauté juin 2022
Montre-toi montagne !
Nouveauté juin 2022
Montre-toi montagne !
Nouveauté juin 2022
Montre-toi montagne !
Communiqué de presse : Thune amertume fortune d’Eugénie Zély
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353-401-9
éditions burn~août
EUGÉNIE ZÉLY
THUNE AMERTUME FORTUNE
d’une révolution. s sont organisées vail salarié. évitement : rine est obsédée lant le désir libéral ntrée par Eva S. réduit à une estrade mba. Eva S.meurt.
EUGÉNIE ZÉLY
Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
« Thune amertume fortune raconte la possibilité d’une révolution. Eva Sig est pauvre. Elle vit en Vendée. Ses journées sont organisées autour de la nécessité de ne pas exercer de travail salarié. Elle met en place toutes sortes de stratégies d’évitement : de la pensée magique à la privation. Laura et Marine sont ses amies. Marine est obsédée par les maisons, Laura par le bien-être. La voyante gagne sa vie en comblant le désir libéral capitaliste de réponses (elle le sait) de ses clientes. Andrea Quem est rencontrée par Eva Sig dans un NOZ, quelque chose change. La coach sportive dont le monde est réduit à une estrade devant un miroir raconte sa vie en détail avant de donner son cours de Zumba. Eva Sig meurt. Andrea Quem dispraît. La révolution a lieu. »
eba Nombre de pages : 184 Dimensions : 120*180 Prix de vente : 18€ ISBN : 978-2-493534-019 Conception graphique : Elorah Connil Publié en avril 2022
Licence éé version 0.9
Dernières modifications le 27 mai 2022 9:04 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
cOUVERTURE NON CC
POUVOIR Philippe Testa
Après L'Obscur (Folio SF), récit prémonitoire d'un blackout énergétique, Philippe Testa nous plonge dans une politique fiction pointant la déraison des masses face et la fascination d'un chef.
PRÉSENTATION Situé à Paris à l’époque contemporaine, le roman décrit la montée en puissance
En librairie 12.2022 Format : 14 x 21 cm Pages : 192 p. Reliure : broché, collé
d’un homme politique démagogue et charismatique par les yeux de deux personnages que tout semble opposer, un écrivain désabusé qui connaît et aime la Suisse, et un employé d’une usine agro-alimentaire de la proche banlieue. Ces deux hommes, qu’il aurait été facile d’opposer, vont être amenés à se rencontrer et –
rayon : littérature
dans une certaine mesure – à s’apprécier.
Prix : 18 € / 25 CHF
A travers ce qu’ils voient et vivent se révèle donc peu à peu ce politicien jouant sur
ISBN : 978-2-8290-0659-3
les émotions et une mystique floue, homme fort, beau et séduisant, leader d’un siècle où l’image est tout. L’intention de l’auteur a été de contourner les discours habituels et leurs sempiternelles références à l’économique et au sociétal pour se pencher sur des aspects plus irrationnels, quasi pulsionnels, qui semblent jouer dans la montée en puissance de certains dirigeants politiques présents, passés et à venir.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas
AUTEUR
Rue des Côtes-de-Montbenon 30
Né en 1966, Philippe Testa vit et travaille à Lausanne. Il est l’auteur de plusieurs
1003 Lausanne
romans explorant les désenchantements contemporains, dont Sonny, lauréat du prix
021 323 39 18
du Roman des Romands en 2010-2011. En parallèle à sa carrière d’écrivain, il
contact@enbas.ch / www.enbas.net
enseigne dans un collège lausannois. » L'Obscur (Hélice Hélas, 2020) en 2022 paraîtra en poche chez Folio SF.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
16
Janvier
PA RUT IO N : 6 JA NV I E R 20 2 3
art&fiction
BIOGRAPHIE
Marisa Cornejo
UNO LE VELLECL CO ION T
L’empreinte. Une archive dʼartiste soustraite au terrorisme dʼÉtat Chili, 1973 — Genève, 2023. Des photographies retrouvées pour raconter les répercussions du coup d’état militaire de Pinochet sur une famille d’artistes et d’enseignants sur les routes de l’exil. Le récit intime d’une fille dédié à la mémoire de son père. En 2006, une caisse de 3 mètres cubes est déposée devant une coquette villa d’un lotissement construit deux décennies plus tôt dans les environs Genève pour les fonctionnaires internationaux. Elle arrive du Mexique et renferme quelques meubles, des objets d’art, des peintures, dessins, gravures et des milliers de photographies. C’est l’essentiel de l’archive d’Eugenio Cornejo, né à Santiago du Chili en 1940 et mort à Puebla au Mexique en 2002, artiste engagé, enseignant, victime d’emprisonnement politique et de torture sous la dictature de Pinochet, réfugié non reconnu comme tel et mort en exil d’alcoolisme, sans avoir obtenu aucune réparation ou compensation de l’État chilien.
L’artiste Marisa Cornejo, sa fille, a organisé le sauvetage, et poursuit dès lors la fouille et le tamisage de l’archive de son père. Elle est engagée depuis quelques années dans ce processus lorsqu’elle décide de numériser le contenu de 15 boîtes remplies de 1500 diapositives qui lui révèlent le versant solaire de l’exil qui a mené la famille du Chili au Mexique en passant par l’Argentine, la Bulgarie et la Belgique dans un monde en pleine guerre froide. Sites archéologiques, splendeurs de la nature, scènes familiales, réunions amicales et excursions, les images ainsi révélées comblent les trous de mémoire de la petite fille qui a vécu ce périple entre sa 2e et sa 9e année et lui permettent de construire un récit à partir de ce qui n’avait été jusque-là qu’une confusion traumatique indicible. La collection Pacific//Terrain Débutée en 2022, Pacific//Terrain regroupe des narrations documentaires, en textes et en images, ayant l’intention de cultiver l’hétérogénéité des connaissances, bousculer les genres et décentrer les points de vue. genre biographie, narration documentaire rayon histoire, actualité thèmes récit intime, féminisme, exil, traumatisme, guerres sales d’Amérique latine, archive, mémoire livre connexe Hilaria. Récits intimes pour un féminisme révolutionnaire de Irene (Divergences, 2022) — collection Pacific//Terrain format 15 x 21 cm, 272 pages, dont cahier couleur de 20pp., broché isbn 978-2-88964-031-7 prix CHF 27 / € 24
Née à Santiago de Chile en 1971, Marisa Cornejo est une artiste basée en Suisse et en France. Elle obtient son bachelor en arts visuels à l’UNAM de Mexico et son master en arts visuels CCC à la HEAD à Genève. Après le Coup d’État en décembre 1973, elle part, avec sa famille, vivre en exil en Argentine de 1973 à 1976, en Bulgarie de 1977 à 78, en Belgique de 1978 à 1980, puis à Mexico de 1980 à 98 où elle étudie la danse contemporaine, les arts visuels et collabore dans le collectif d’artistes La Panadería. En 1998, elle émigre en Angleterre où elle devient mère de deux filles. En 2002, elle déménage à Bruxelles où elle a un fils. Depuis 2005, elle est installée près de Genève où elle travaille la thématique de la mémoire et l’identité marquée par la migration forcée, à travers le dessin de ses rêves en tant qu’artiste chercheuse. Le travail de Marisa Cornejo, constitue une archive des rêves où elle recueille ce que la terre-mère transmet comme message sur les problématiques de la femme migrante et les solutions à connaître sur le territoire qu’elle habite. Elle a publié chez art&fiction General (2011), I am (2013), Comme une Neptune (2018). L’autrice en 6 dates 1971 naissance à Santiago de Chile 1973 exil en Argentine, puis en Europe 1996 commence à dessiner ses rêves 2011 parution de son premier livre 2013-2015 performances La Huella 2023 exposition Chili-Genève 1973-2023 Le Commun, Genève
Ces images me rendent malade, elles sont toutes plus floues les unes que les autres, comme si les adultes en état de choc étaient soudain incapables de se servir correctement d’un appareil photo. Un intense bleu brumeux s’étend à l’infini, hors de la mise au point. Quand prendra-t-elle fin, cette ouverture vers l’infini, se terminera-t-elle un jour ?
© Philippe Weissbrodt
M aris a Cornejo | L’ empreinte biographie
M aris a Cornejo | L’ empreinte biographie
«
Une question
l’endroit où nous vivions, et qui dépri-
« Qu’est-ce que l’exil ? » Il est
maient ou avaient des angoisses face à
minuit en plein hiver 1997 et
de simples tâches ;
la petite réception organisée
l’exil, c’étaient des vacances sans fin
par l’artiste français Philippe Hernandez
où n’importe quel endroit était assez
dans son appartement à deux rues
bon pour faire un pique-nique ;
du Zocalo à Tenochtitlan se poursuit
l’exil, c’était être bienvenu dans l’in-
entre conversations et shots de tequila,
timité des foyers d’autres exilés, nos
lorsque cette question m’est soudain
amis dans quelque ville que ce soit ;
adressée. J’ai alors la sensation d’être
l’exil, c’était être maintenu dans
engloutie par la terre. Ce qu’est l’exil,
l’obligation de maîtriser parfaitement
j’avais essayé de me l’expliquer à moi-
une nouvelle langue, et l’oublier ensuite
même, de l’expliquer à d’autres, ou du
pour en apprendre une autre en repar-
moins de le rendre intelligible, depuis le
tant de zéro ;
jour où j’ai su que j’étais quelqu’un. Mais
l’exil, c’était prétendre devant mes
je n’ai pas pu me l’expliquer, parce que je
amis que c’est bien là que j’allais vivre
n’avais aucun point de référence.
désormais, afin qu’ils soient motivés à
Pour moi l’exil, c’était jouer pendant
cultiver une amitié avec moi ;
des heures avec mon frère à construire
l’exil, c’était ne pas avoir le droit de
des véhicules où nous pouvions embar-
voir mes grands-parents, cousins, tantes
quer nos ours en peluche et tous nos
et oncles, pour un temps qui excède de
jouets, nous déplacer tous ensemble et
loin mon enfance ;
nous arrêter n’importe où, sans avoir à abandonner l’un d’eux derrière nous ;
l’exil, c’était, en Bulgarie, se sentir plus proches des gitans et des Turcs que
l’exil, c’était attendre interminable-
des Bulgares, en Belgique plus proches
ment dans des lieux publics, tels que
des Congolais et des Italiens que des
des réceptions d’hôtel, des couloirs
Belges ;
d’aéroports, des salles d’attente d’am-
l’exil, c’était vivre dans des appar-
bassades ou de ministères de l’Intérieur,
tements sociaux avec des meubles
y construire des maisons avec des pros-
de seconde main et s’en montrer
pectus publicitaires sur les meubles de
reconnaissante ;
ces espaces impersonnels, mais attendre patiemment ;
l’exil, c’était faire l’innocente à mon arrivée à Mexico, comme si je n’avais pas
l’exil, c’était récupérer des meubles
vu à la télé les vidéoclips de Blondie et
laissés dans la rue pour aménager notre
de Bob Marley, ou les punks dans mon
intérieur ;
quartier en Belgique, comme si je n’étais
l’exil, c’était voir réapparaître subite-
encore qu’une enfant ;
ment des proches, parents ou amis, puis
l’exil, c’était voir mon père retenu
de les voir disparaître sans savoir com-
par la police dans chaque douane ou
bien de temps leur absence allait durer ;
poste de sécurité pour la simple raison
l’exil, c’était avoir peur de la « vie nor-
qu’il était basané alors que ma mère, qui
male » que nous voyions se dérouler en
était blanche et blonde, ne l’était pas, et
dehors de notre maison, à laquelle nous
faire comme si c’était normal ;
n’aurions du reste jamais pu aspirer ;
l’exil, c’était apprendre à écrire avec
l’exil, c’était être toujours un « nouvel
de belles lettres manuscrites liées entre
arrivant », avec de multiples handicaps,
elles, changer de pays et se mettre à
à qui il fallait toujours tout expliquer en
écrire avec des lettres séparées ;
partant de zéro pendant que les autres l’observaient ;
l’exil, c’était croire que si j’écrivais à mes grands-parents, ils en vivraient un
l’exil, c’était avoir une mère et un
peu plus longtemps, jusqu’à ce que j’aie
père qui paraissaient idiots dans la me-
le droit de revenir dans mon pays et de
sure où ils ne parlaient pas la langue de
les voir ;
Londres, Canterbury, Wye Grande-Bretagne (1998-2002)
Tenochtitlan, Coyacán, Tepoztlan (Mexico) • • Puebla Mexique (1980-1998)
Santiago de Chile • • • Buenos Aires (1971-1973) Rio Cuarto Argentine • Bariloche (1973-1976)
Bruxelles, Belgique • • • (2002-2005) Mons, Belgique (1978-1980) • Ferney-Voltaire, France, (2005-2021) Genève, Suisse (2021-)
• Plovdiv, Bulgarie (1976-1978)
M aris a Cornejo | L’ empreinte biographie l’exil, c’était le fait que les autres
courage de commencer ce travail. Le voi-
avaient toujours raison et nous jamais ;
ci : « De regreso a mi casa. Je rêvais que
c’était arriver à l’aéroport avec un excé-
j’entrais dans ma maison. C’était comme
dent de poids de valises et de bagages à
pénétrer dans un œuf en passant à tra-
main ;
vers son nombril, pour autant que les
l’exil, c’était faire semblant, devant
œufs en possèdent un. Je revenais d’un
mes camarades d’école, que finalement
long voyage et en entrant je me trouvais
je n’avais pas vu grand-chose du monde
face à une fête un peu décadente, avec
pour qu’ils ne croient pas que je fabule ;
de jeunes gens très ivres. J’étais déçue
l’exil, c’était vivre des fêtes transgé-
de ne pas trouver un nid ou un endroit
nérationnelles, et un peu amères, dans
douillet, fatiguée du long vol que j’avais
des stations de train ou des aéroports,
fait. C’était, malgré la beauté extérieure
au moment des adieux.
du foyer, un espace envahi par la dou-
Au moment où Philippe Hernandez
leur et la volonté d’évasion anesthé-
m’a posé la question, l’exil s’était trans-
siante. Cependant c’était réconfortant
formé en autre chose. J’aurais tout aussi
d’être parvenue à faire ce trajet pour dé-
bien pu lui répondre :
couvrir ça. C’était comme une rave party
Nous avons quitté Santiago du Chili
prolongée jusqu’à l’aube . »
le 28 décembre 1973, j’avais deux ans. J’aurais ensuite listé : • 1973-1976 : Argentine (Buenos Aires, Rio Cuarto, Bariloche) ; • 1976-1978 : Bulgarie (Plovdiv) ; • 1978-1980 : Belgique (Ghlin) ; • 1980-1998 : Mexique (Puebla, Tenochtitlan, Coyacán, Tepoztlán) ; • Puis j’aurais poursuivi, si j’avais pu anticiper mon propre itinéraire : • 1998-2002 : Grande-Bretagne (Londres, Canterbury, Wye) ; • 2002-2005 : Belgique (Bruxelles) ; • 2005-2021 : France (Ferney-Voltaire) ; • 2021 : Suisse (Genève, Lausanne). Mais sur le moment, je n’ai pas eu la force de répondre à sa question. J’ai insisté sur la tequila, l’ai accompagnée de cocaïne, puis je me suis réfugiée dans les toilettes pour faire l’amour avec ma meilleure amie et ne pas avoir à répondre. L’abîme intérieur était trop grand et j’étouffais si j’essayais d’en rendre compte. La seule manière de sortir de cet abîme était un chemin spirituel avec de multiples arrêts, dont une étape allait être de trouver un lieu sûr et de plonger dans les archives de ma famille. En 1998, un rêve que j’ai intitulé « De retour chez moi » m’a donné le
»
M aris a Cornejo | L’ empreinte biographie
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S’arrêter en chemin l’empreinte
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Figer des instants l’empreinte
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L’AUTEUR
Jean-Pierre Martinet (12/12/1944-18/01/1993) se définissait ainsi: « Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il n’est arrivé nulle part. » On ne peut que le contredire ! Malmené de son vivant par une critique trop tiède et un lectorat effrayé par la noirceur de ses textes, il trouvera enfin la reconnaissance qui lui était dûe, mais de manière posthume, suite à la réédition complète de son oeuvre.
L’OMBRE DES FORÊTS Jean-Pierre Martinet Roman
Co
« Quand viendront les grandes pluies d’automne, qu’aurons-nous fait de nos pauvres vies ? »
uve de rture soy réalis en c o ez a pat tion, urs ien ts !
LE LIVRE
avec une nouvelle préface d’Éric Dussert, une lettre inédite de l’auteur et un dossier de presse Un ultime roman comme dernière tentative avant d’abandonner le métier d’écrivain qui condense à lui seul tout le talent de l’auteur pour jouer avec nos émotions. Quatre personnages : Céleste, Monsieur, le duc de Reschwig et Rose Poussière, comme autant de figures perdues dans la ville de Rowena écrasée par le soleil d’été. Ils suivront chacun leurs trajectoires incertaines, et c’est à une perdition orchestrée à laquelle on assistera, fascinés par la beauté de ce désespoir sans faille. En s’éloignant de la monstruosité plus directe de ses premiers romans pour mieux se rapprocher de ses personnages, l’auteur distille ici une tension fulgurante, qui saura serrer le cœur des plus aguerris.
INFOS
Une lecture qui ne laissera personne indemne.
Parution : 18/01/2023 Prix TTC : 22 euros Nombre de pages : 312 Format : 13 x 18 cm ISBN : 9782956166047
– nos livres sont distribués et diffusés par Serendip Livres. – n’hésitez pas à nous contacter pour toute demande de service de presse ou d’organisation d’événement.
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JEAN-PIERRE MARTINET DANS SON JARD IN LIBOURNAIS. mour, noir bien sûr ».
< J'ai toujours le stylo entre deux chaises; le noir, le désespoir, mais aussi la dérision, l'hu-
JEAN-PIERRE MARTINET
"Les pessimistes ne sont jamais déçus"
L
e désord re d u j a r d i n dégou linait d e pluie. D e s plantes t r o p v i vaces, trop vertes, d e s pierres cassées, d e la m o u s s e g r a s s e e t q u e l q u e s fleurs oublié es p a r l'été. U n e jachère d e bonheurs anciens, c o m m e dans un tableau d e Poumeyrol. L'hiver a v a i t c e t t e o d e u r d e fumée q u ' i l a t o u j o u r s . Il p l e u v a i t s e c . L a séanc e d e p h o t o f u t vite envoy ée. Martinet n e tient p a s b e a u c o u p à s o n i m a g e . Il n e « s e c r o i t p a s », c o m m e o n dit chez nous. U n e expression p o p u l a i r e q u i p o u r r a i t , à elle s e u l e , résum e r s o n oeuvre . « Vous savez, les pessimistes n e s o n t j a m a i s d é ç u s ! » m e glissa- t-il e n q u i t t a n t la l o u r d e e t s o m b r e m a i s o n b o u r g e o i s e o ù il c a m p e . J e lui a v a i s deman dé s'il espéra it r e c e v o i r le prix M a u r i a c d o n t le v e r d i c t d o i t t o m b e r bientô t. J e a n - P i e r r e M a r t i n e t n e s e t a i t a u c u n e illusion . C ' e s t p a s l e g e n r e d u t y p e , ni d e s o n écritur e. Il doit sans doute savoir q u e les grosses maisons parisiennes vont m e t t r e le p a q u e t e t q u e la s i e n n e , l a T a b l e R o n d e n e t i e n d r a p a s le c h o c .
Ancien assistant réalisateur TV, romancier sélectionné pour le prochain prix Mauriac, pessimiste et fier de l'être : tel est Martinet, le Libournais.
c o n d d e m i était a u p l u s b a s . J e a n Pierre Martinet sourit d o u c e m e n t d a n s s a b a r b e poivre et sel. « J'ai toujours l e stylo e n t r e d e u x chaises. Le noir, l e désespoir, m a i s aussi l a d é r i s i o n , l ' h u m o u r , noir bien sQr, mais l ' h u m o u r q u a n d m ê m e ». Et c ' e s t v r a i q u e s o n o e u v r e e n est s a o u l e . Il m e p a r l a alors d e Bukowski, d e J i m T h o m p s o n , d e s paumé s, d e s m a l a d e s , d e s ivrognes magnifiques, de Brahms et d e Thelonius Monk.
lente compagnie, R i e n q u e d e s g e n c e , néces sité, e x i g e n c e : l'écritu re b o n s , d e s vrais ! » le f a i t p a u v r e e t déses péré. M a i s , c o m m e p resque tous ses personIl m e c o n f i a c e l a p o u r s ' e x c u s e r n a g e s , il a i m e c e déses poir. « O n a d ' u n défaiti sme préma turé. cru q u e j e détestais l e g e n r e h u S u r le q u a i , u n t r a i n f r e i n a i t e n m a i n . C e n'est pas vrai u n e s e pleurant et « Tournez manèges » c o n d e . M a i s j e hais les b o n s s e n t i remplissait le buffet d e la gare d e sa Je le r a c c o m p a g n a i v e r s s a t a n i è r e m e n t s . Je suis d u c ô t é d e s douçâ tre banali té. J e p e n s a i q u e c e d e la r u e C h a n z y o ù les t r a i n s f o n t perdants, des marginaux, surtout r e n d e z - v o u s S N C F était forcém ent u n t r e m l e r les vitres. S o u s le c r a c h i n l i d e c e u x q u i n ' o n t pas choisi d e s i g n e . M a r t i n e t m e le c o n f i a t r è s v i t e : b o u r n a i s , c e g r a n d écriva in a v a i t d e s l'être. J'écris sur l e désert d e « Je n'ai aucune racine, j e m ' e n l ' a m o u r . M e s personnages n ' e n f i - allures d e petit prof p é p è r e qui regaf o u s ! J e m e sens e n e x i l p a r t o u t . gnerait s o n cours. Je l'imaginai fain i s s e n t pas d e s e m a n q u e r . Je p r o Je suis d e l a r é g i o n p a r h a s a r d . fère la v i e , c o m m e l ' a si b i e n d i t s a n t c r a m e r u n e c o n s e r v e s u r u n B i e n sûr l ' e n f a n c e , i m p o r t a n t e . m a i g r e récha ud. L a t ê t e ailleur s, à Pierre Veilletet. • M a i s les copains d ' i c i , c'est fini s o n p r o c h a i n r o m a n q u ' i l d e v r a livrer d e p u i s l o n g t e m p s . Je n ' a i m e q u e bientô t. "J'ai toujo urs le Stylo les g r a n d e s villes. Je v i s à L i b o u r n e , p a r c e q u e j e n ' a i pas les M a u r i a c a u r a i t aimé c e p e r s o n m o y e n s fie vivre à Paris. » n a g e , e t s u r t o u t s o n livre. L e j e u n e J e a n - P i e r r e M a r t i n e t écrit difficil e-; p r i x q u i p o r t e s o n n o m , d o n t la v o c C e q u a i t o u t p r o c h e , l'écriv ain d e am e n t . T r o i s r o m a n s e t u n c o u r t récit tion parait être de couronner u n a u v a i t b i e n le conna ître. D è s q u ' i l l e ( 1 ) e n d o u z e a n s . A u début , il a v o u e t e u r mécon nu, l ' a i m e r a - t - i l a u t a n II p e u t , d è s q u e s e s revenus, q u i flirtent t ? M a v o i r s u b i l ' i n f l u e n c e célinie nne, c e l l e L a c o n c u r r e n c e e s t c e r t e s d u r e . r a r e m e n t a v e c le S M I C , l e lui p e r m e t Une d e la démes ure, d u b a r o q u e . L a c r i t i - liste d e g e n s c é l è b r e s , t a l e n t u e u x, riN o u s allions v e r s la g a r e t o u t e p r o - t e n t , il f o n c e v e r s l a c a p i t a l e . Il y a q u e p a r i s i e n n e a a c c u e i l l i s e s d e u x c h e s p a r f o i s , d é j à primé s s o u vécu p r e s q u e v i n g t a n s . A p r è s a v o i r vent. c h e . U n t r a i n siffla. L a p e n d u l e marp r e m i è M r e a s i ' s o e v u a v r t e s o n p filer a r le c p e l nt balles à d e s us absolu q u a i t 1 1 h e u r e s . L e buffet était p r e s - fait l ' I D H E C , il a été a s s i s t a n t réalid e s mépri m i l l i s a r : d a le i r e s s i l e ? n c e . M i e u x reçue, q u e désert . I l l'avait choisi p o u r ça. Il s a t e u r p e n d a n t p l u s d ' u n e décen nie « l ' O m b r e d e s forêts » e n compéti-< à l a télé. « J'étais u n l a r b i n , u n h a i t la f o u l e : « Je suis très h e u r e u x Patri ck Espa gnet . t i o n p o u r le M a uriac, est un retour à d'être n o m i n é , c o m m e o n d i t e x é c u t a n t . C ' é t a i t déjà p é n i b l e à l a sobrié té, « glacial , l ' é p o q u e , vous i et dédaim a g i nez c eq u e p o u r l e M a u r i a c , c'est u n b e a u gneux », c o m m e l'a écrit d a n s n o s ç a p e u t être m a i n t e n a n t . . . » n o m pour un prix. J'admire beauc o l o n n e s Gérar d Guéga n (« SOD » (1) Jean-Pierre Martinet. « J é r ô m e c o u p c e t é c r i v a i n d e la v i e i n t é Il q u i t t e a l o r s u n e s i t u a t i o n c o n f o r » (roman, du 8 mars 1987). 1978. E d . du Sagittaire). « Ceux qui n ' e n mènent r i e u r e . H p u i s , j ' y suis e n e x c e l t a b l e p o u r écrire e n f i n . P a s s i o n , u r p a s l a r g e » (récit, E d . le D i l l e t t a Dans le coin d u bistrot, notre sente, 1987). t L ' o m b r e d e s forêts » ( r o m a n , la T a b
entre deux chaises"
Jemis en exil parto ut
« Ce qui fait que L’Ombre des forêts est un livre beaucoup plus classique. C’est un livre sur des gens tourmentés, torturés, complètement tordus même, mais sans que cela transparaisse dans la forme. Je dirais que c’est un livre simple sur des gens compliqués. [...] Il y a une nostalgie infinie de l’amour. » Jean-Pierre Martinet — entretien pour la revue Roman — 1987
le R o n d e ) .
ANS sont tenaces. » « Les traces surROM le lecteur
Eloge du non-alignement Gérard Guéguan — Sud-Ouest dimanche — 1987
D
érives v i s i o n n a i r e s : d e s v o y a g e s q u i n ' o n t d ' a u t r e b u t q u e l'édif i c a t i o n d e m y t h e s o u b i e n la poésie métap horiqu e. P a t r i c k E r o u a r t - S i a d c o n t e l'histoi re d ' u n j e u n e métis e m barqu é s u r le « Nijinsk i », voilier c i n g l a n t vers les A n t i l l e s . L e s o u v e n i r d e P a n d o r a , d e s o n « v i s a g e solaire » flotte, suspendu dans u n e s p a c e étale d e c a l m e . Régna nt s u r c e s l i m b e s , elle se métam orpho se d a n s l a d r o i t e ligne d e la pensé e créole , p r i m e s a u t i è r e e t totém iste, « e n d a u p h i n v e r t », « e n s t e r n e », m o r t e d ' a v o i r t r o p intens ément désiré ... C e n'est p a s u n h a s a r d s i l e n o m q u e lui a choisi l'auteur e s t b e a c h , p l a g e , e n a n g l a i s . Noé v o g u e a u - d e vant d'elle dans u n e q u ê t e a b s o l u iiieiii byiiibolique, vers un a b o u t i s s e -
m e n t p a r f a i t d e s i l e n c e : l'écritu re
listes. B r u n o
B o n t e m p e l l i égare t o u t n'est paâ n o u s q u i p e r d o n s vernaculaire d'Erouart-Siad contient « Avec L’Ombre des forêts, Martinet achève sa trilogie » b o n n e m e n t des s e s villes l e c t e u r s“absentes d a n s u n e à jla e t s vie , c e normale” sont eux qui nous à l a fois u n rejet d e l a s a t e l l i s a t ion d e c e t t e f a m e u s e « c u l t u r e créole », a i n s i q u ' u n e c r i t i q u e i n d u i t e m a i s néanm o i n s h a r d i e d ' u n e sociét é b a v a r d e et mécan ique. N o n q u e p a r e i l l e t e c h n i q u e n a r r a t i v e soit t e l l e m e n t n o u velle : l'Orien t était à l a m o d e e n F r a n c e à l'époq ue d e M o n t e s q u i e u , d e p u i s l e s récits de. v o y a g e s d e T a vernie r e t C h a r d i n , et l ' a u t e u r d e s « Lettres persanes » avait à s o n tour sacrifi é à u n e x o t i s m e p i q u a n t p o u r effectuer u n e satire d e s m œ u r s et d e s institu tions.
cité l a b y r i n t h i q u e . P a r c e q u ' e l l e s e n t p l a n e r s u r elle l ' o m b r e d e s « p a r a p l u i e s s a u v a g e s », la f o n c t i o n p u b l i q u e chargé e d e « décon tamine r les naufragés d e l'incohérence q u i échou ent a u x o b j e t s trouvé s » — a u t r e m e n t d i t d'étab lir u n o r d r e pétrifiant — voit s o n équilib re mena cé; huit p e r s o n n e s s e r e n d e n t à S a i n t Chiné ard d a n s u n b u t précis , s o i t qu'ils trouvent cette visite d ' u n e h y g i è n e assurée, soit q u ' i l s o n t été « quittés p a r u n d e leurs o b j e t s » (il s e m b l e r a i t q u e , c e t t e année, l'espri t a n i m i s t e ait e u g a i n d e c a u s e : n e tient-il p a s une place importante d a n s le d e r n i e r l i v r e d e M i c h e l D é o n », « la M o n t é e d u soir »? C e
Raphaël Sorin — Le Matin — 1987
les o b échap pent I ) . C e s objets q u i servaient à m a i n t e n i r les p r o t a g o n i s t e s h o r s d e la c o n f u s i o n métap hysiqu e n e t i e n n e n t p l u s e n p l a c e , a b a n d o n n e n t leur rôle et laissen t les h u m a i n s f a c e à f a c e . P a r c e q u ' i l e s t aussi inéluc table d e c h e r c h e r q u e de p e r d r e , l ' e r r a n c e s ' a c c e n t u e a u fil d e s p a g e s d a n s c e r o m a n q u i est u n v a s t e éloge d u dés o r d r e , m a i s aussi u n e o d e f o r m i d a b l e à l a f a n t a i s i e , à la g r a n d e liberté .
« [...] un ouvrage remarquable dont la teneur littéraire relève presque de la magie. » Serge Rigolet — Le Magazine Littéraire — 1987
« On retrouve [...] humour et désespoir dispensés d’une page à l’autre et les imprégnant d’un irrésistible charme, d’une noire tendresse [...] » George Anex — La Gazette de Lausanne — 1987
L ' i n t e n t i o n d u s e c o n d livre est e n c o r e m o i n s nourrie d e s o u c i s réa-
« Une réussite exceptionnelle. »
P a t r i c k E r o u a r t - S i a d , « C a h i e r s d e la Mort-Colibri » ( S e u i l ) . Bruno Bontempelli, « les Parapluies s auvages • (Sylvie M e s s i n g e r ) . M i c h e l D é o n , . l a M o n t é e d u soir » (Gallimard) •
SODIMANCHE / 2 9 NOVEMBRE 198 7
P. de V. — Marianne — 1987
« Son écriture, sobre jusqu’au dépouillement, dessine avec une rare subtilité les méandres de l’âme humaine. » O. le B. — Le Républicain Lorrain — 1987
Anne lise Roux .
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Prés bre, à Bordea
1 Rien. Personne. Céleste sentait qu’elle ne tarderait pas à avoir un malaise. Il y avait déjà un bon moment qu’elle avançait sans plus très bien savoir où elle allait ni dans quelle ville elle se trouvait. Sans doute le soleil. Elle n’avait jamais supporté le soleil, surtout au mois d’août, lorsque la lumière était si aveuglante qu’il lui fallait presque fermer les yeux pour ne pas être prise de vertige. La rue était déserte, à perte de vue. Au fond, elle préférait cela. Rien de plus humiliant que de s’effondrer sur le trottoir, devant une foule de badauds indifférents. Elle se laissa tomber lourdement sur un banc, et essaya de reprendre son souffle. Comme elle n’y parvenait pas et que son cœur battait toujours la chamade, elle s’allongea, en se servant de ses deux sacs à provisions comme d’un oreiller. Ainsi, la sensation d’être dans un lit était presque parfaite, bien que l’oreiller fût un peu dur et qu’il n’y eût comme drap que le ciel d’août, mesquin et souillé, d’un blanc sale qui lui rappelait les lingeries douteuses, négligemment jetées au pied des lits défaits, qu’elle avait entassées consciencieusement pendant des années dans les placards des maisons où elle servait de bonne à tout faire. Elle prononça à voix basse des mots comme « véranda », « glycines », elle ne savait pas très bien pourquoi, mais cela l’apaisait, et, peu à peu, son cœur se remit à battre à un rythme plus normal. Au-delà du ciel, elle sentait palpiter une autre lumière, un peu sauvage, instable et douloureuse. Elle imagina les saisons futures, celles que, sans doute, elle ne verrait jamais. D’habitude, cette idée la révoltait. Le monde sans elle ? Impossible. À mourir de rire. Juste une parodie de la vie, un pauvre spectacle à la limite de l’obscénité. Ce n’était même pas envisageable. Mais maintenant, au fond, crever là, sur ce banc, lui était assez indifférent, pourvu que cela se passât vite et qu’il n’y eût personne pour tenter de lui porter secours. Surtout pas d’hôpital. Par une fenêtre ouverte, le son d’une radio lui parvenait. Le speaker annonçait d’une voix monocorde, comme s’il pensait à autre chose, qu’on signalait une dépression au-dessus de l’Atlantique. « Elle se déplace d’ouest en est en direction d’un anticyclone situé au-dessus de la Russie. » Céleste se demandait pourquoi elle prêtait une telle attention à ces paroles insignifiantes. D’ailleurs, l’Atlantique était si loin, et la chaleur si moite, si orageuse, que l’on se serait cru en Asie, plutôt. Elle pensa brusquement à un livre qu’elle avait lu il y a bien longtemps. Elle avait complètement oublié l’histoire d’ailleurs, la plupart du temps, elle avait un mal fou à suivre une intrigue, même la plus simple, au bout de quelques pages elle ne comprenait déjà plus rien, elle confondait les personnages et finissait par se décourager car tout devenait épouvantablement compliqué – mais, lancinante, revenait l’idée de mousson, ce devait être à Bombay ou à Ceylan, elle ne savait plus. Mousson. Elle aimait ce mot. La mousson d’été venait de la mer, de cela elle était sûre. Elle apportait des passions, la fièvre, parfois même un cyclone. Bien qu’elle eût, peu à peu, retrouvé son souffle, l’air épais lui paraissait de plus en plus irrespirable, avec des relents de latrines, d’étoffes moisies. Un morceau de velours mauve délavé pendait d’un balcon. L’absence de vent lui donnait une rigidité étrange. Elle le fixa un long moment, comme si elle avait attendu que ce malheureux bout de tissu râpé lui délivrât un message, même banal, aussi commun que deux paroles échangées dans un café ou une épicerie, mais non, rien, lui aussi restait obstinément muet, pas le plus petit mot d’encouragement, la moindre incitation à se relever pour faire encore quelques mètres parmi les vivants. La pauvre draperie violâtre gardait ses secrets.(...)
Fantômes et autres nouvelles Jérôme Meizoz
PRÉSENTATION «Je suis noir de monde…», chantait Alain Bashung. Les absents continuent à bruisser. Tant de voix et de visages nous hantent, qu’un récit peut faire revivre le temps de la lecture. Salué par la presse et la critique lors de sa parution en 2010, Fantômes est désormais augmenté de huit nouvelles inédites. « Dans cette plongée en eaux profondes, Fantômes est une belle réussite esthétique et littéraire. » (Virginie Mailles Viard, Le Matricule des anges, Montpellier, 2010)
AUTEUR
En librairie 01.2023 Format : 11,1 x 18,4 cm Pages : 108 pages Reliure : broché, collé rayon : Nouvelles Prix : 11 € / 18 CHF ISBN : 978-2-8290-0663-0
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18 contact@enbas.ch / www.enbas.net DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion 44 rue Auguste Poullain 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr
Jérôme Meizoz, né en Valais, vit à Lausanne. Lauréat d’un Prix suisse de littérature 2018 pour Faire le garçon (Zoé, 2017), il a notamment publié : Père et passe (En bas, 2008), Séismes (Zoé, 2013), Temps mort, préface d’Annie Ernaux (En bas, 2014), Haut Val des loups (Zoé, 2015), Les Précédents (En bas, 2017) Absolument modernes ! (Zoé, 2019), Malencontre (Zoé, 2022).
Saut du loup La vie est ce qui passe pendant qu’on est occupé à faire autre chose. John Lennon
C’est le frère de la tante Bertha, le cantonnier, qui nous a ramenés en plaine à la tombée du jour. On s’est enfilés dans la voiture et nos questions se cognaient à la vitre. Le retour imprévu nous laissait sans voix, on avait lâché nos jouets. Durant ces trois jours, tout a été si précipité, incompréhensible. Arrivés à la sortie du village, la route formait un tournant au bord d’une pente vertigineuse. Derrière la glissière bombée, on devinait tout en bas une gorge, « où vivait un ermite », ajoutait la tante. On était attirés par cette chute, on aurait voulu savoir l’histoire de ceux qui étaient tombés, ce qui gisait là en bas, mais l’oncle disait simplement, « C’est le saut du loup », comme si ce nom n’appelait aucune explication, comme s’il avait toujours été là, mythologique. Mais on pressait le chauffeur de questions, et en recollant ses courtes phrases l’histoire prenait corps visible, comme avec nos puzzles. Si on prêtait l’oreille, on pouvait encore entendre l’écho du hurlement d’un loup dans la gorge. C’était le dernier de la vallée, il y était tombé autrefois, poursuivi par des chasseurs. «A présent, il n’y a plus de loup ici, et les enfants peuvent jouer tranquilles dans le village», concluait l’oncle tout en manœuvrant le break VW. Tout en bas, on voyait les villages de plaine, les vignes grises encore malgré l’herbe revenue, et les lampes publiques déjà en veille. C’était comme si l’on survolait toute la vallée dans la grande voiture qui nous emmenait pour la première et dernière fois. Tout était vu d’en haut, dans un silence irréel. L’oncle nous parlait sur un ton doux, comme si on avait droit soudain à des égards. Depuis quand faisait-il le chauffeur sur demande, après le travail ? En façade comme en coulisse, la tante Bertha n’avait pas donné d’autres explications à notre départ pour ces trois jours, à peine que «maman avait besoin de repos», et que le temps était «idéal pour passer quelques jours à la montagne». On ferait du feu, la cousine Annette serait de tous les jeux, on aurait droit à glisser dans les prés sur les matelas oranges, comme l’été précédent. Notre avis n’avait pas été consulté, tout s’était organisé en hâte. Chaque recommandation de la tante tombait avec clarté, comme le soleil à nouveau mordant.
Parution mars 2023 ISBN : 979-10-91189-26-2
art | littérature
Lorsque tu reviendras Initialement paru chez Phébus en 1986 (l’auteur a alors 86 ans), Lorsque tu reviendras est le quarantième et dernier roman d’André Dhôtel. Roman de la maturité, d'une écriture simplifiée, il convoque à nouveau tout l'univers de l'auteur, mais sur le mode philosophique du renoncement et de la contemplation.
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André Dhôtel ―
176 pages Format : 12,5 x 19 cm Poids : environ 200 gr Prix : 15 € ―
Genre : Littérature générale, roman CLIL : 3443 ―
Mots-clés : Grèce, adolescence, amour ―
Collection Hodeïdah ! La collection Hodeïdah ! se consacre au roman.
Sans ambitions, Antonis voit s'éloigner de lui Angeliki, la jeune fille – et les conventions inhérentes – qu'il pourrait épouser, et passe le plus clair de son temps à observer la mer au même endroit, attentif à de vagues reflets et à la recherche d'une certaine lumière. Il y a chez Dhôtel, et en particulier dans ce roman de la veine grecque (Dhôtel à vécu en Grèce quelques années et quelques-uns de ses livres les plus attachants se passent en Grèce) une vision écologique du monde avant l’heure, qui questionne l’agitation humaine, le culte des affaires, et suggère l’inaction ou encore l’idée de cultiver un vrai jardin. Avec la parution de ce curieux livre méconnu et très attachant, la clé à molette conclu sous forme de trilogie le programme de réédition des romans et nouvelles d’André Dhôtel, après « Un soir » et « La route inconnue ».
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Couverture : Jeanne Macaigne ―
www.lacleamolette.fr Contact : Alain Poncet 06 70 31 36 50 lcam@orange.fr ―
Diffusion : Paon diffusion contact@paon.diffusion.com www.paon-diffusion.com ―
Distribution : Serendip livres 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’ILE-SAINT-DENIS Tél. 01 40 38 18 14 Fax 09 594 934 00 gencod dilicom: 3019000119404
L’auteur André Dhôtel (1900-1991): professeur de philosophie, romancier et poète, ami de Jean Paulhan, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le pays où l’on n’arrive jamais, prix Fémina 1955. Il reçoit en 1974 le Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Il reste d’actualité et revient constamment sur le devant de la scène, comme quand l’auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad répond, à la question que lui pose Télérama en 2018 (Quel écrivain a le plus compté pour vous ?) : “Le romancier André Dhôtel […] est sans doute mon auteur favori ! […] Il est l’écrivain du premier amour qui ressurgit dans la vie. Cela me bouleverse.”
CAM-02
Un soir...
André Dhôtel LA CLÉ À MOLETTE On a tout dit sur Dhôtel, sa modernité absente, sa merveilleuse particularité au sein de la littérature française et la lumineuse simplicité de son écriture. S’il reste ici l’écrivain de l’enchantement et des lisières que l’on connaît, ces onze récits permettent de (re)découvrir un Dhôtel nouvelliste hors-pair, sans concession, instruit des choses de la vie, explorateur de l’âme et souvent aussi âpre qu’inattendu. En inscrivant ses personnages aux marges de la société, en créant une géographie en constante voie d’effacement, se jouant du hasard pour son plaisir et le nôtre, Dhôtel échappe instinctivement à son temps et, les années passant, prouve à chaque lecture qu’il a atteint une forme d’universalité romantique. 15,- € Octobre 2014 Français 12,5 x 19 cm. 240 pages
André Dhôtel (1900-1991) : professeur de philosophie, romancier et poète, ami de Jean Paulhan, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le pays où l’on n’arrive jamais, prix Fémina 1955 ; il reçoit, pour l’ensemble de son œuvre, le Grand prix de littérature de l’Académie française en 1974.
roman La clé à molette Octobre 2015 Broché Collection et al. 12.5 X 19 cm 350 gr 352 pages 979-10-91189-05-7 16 euros
LA ROUTE INCONUE André Dhôtel
« — Il y a des endroits merveilleux où on crève de faim et de froid, dit Agathe. Tout est perdu, toujours, toujours, mais ce qui est magnifique c’est que je ne vais pas encore crever ni ce soir ni la semaine prochaine. » Avec ce roman, André Dhôtel propose un véritable space opera des champs, des hameaux et des collines, dont le véhicule « interespace » est la bicyclette. Sous les yeux du héros Valentin se déploie une fresque initiatique où la recherche de pistes inconnues, les poursuites nocturnes dans les châteaux vides, la chasse aux trésors cachés, constituent l’essence même d’une liberté adolescente à conquérir et à préserver. André Dhôtel (1900-1991) : professeur de philosophie, romancier et poète, ami de Jean Paulhan, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le pays où l’on n’arrive jamais, prix Fémina 1955. Il reçoit en 1974 le Grand prix de littérature de l’Académie française.
8
PARUTION EN FRANCE PRÉVUE POUR FÉVRIER 2023
à une étoile – mélanie berger imprimé en Suisse / 11,5 x 16,5 cm / EUR 16 / 100 p. / isbn : 978-2-940518-75-3
Mélanie Berger livre dans un récit intime et sans fard ses doutes et ses interrogations, la complexité de pensées et de sentiments ambivalents qui surgissent avant, pendant et après une intervention volontaire de grossesse ou I.V.G. « […] Par ce témoignage, j’espère amener une meilleure compréhension d’un vécu souvent douloureux et encourager une parole libérée favorisant le dialogue, avec soi-même ou autrui, afin d’aider peut-être d’autres femmes dans leur propre cheminement. »
Ce livre n’a pas la prétention de statuer sur l’avortement, il n’est que le partage de mon vécu personnel d’une interruption de grossesse. J’ai le privilège de vivre en Suisse, un pays qui depuis la votation du 2 juin 2002 autorise l’I.V.G. jusqu’à 12 semaines de grossesse afin de proscrire les risques et dommages encourus – tant sur le plan physique que psychique – lors d’un avortement illégal. Chaque femme devrait être libre de ses choix et ne pas être passible de prison si elle décide de ne pas poursuivre sa grossesse. Selon les circonstances, par exemple à la suite d’un viol, une I.V.G. peut aussi être vécue comme une délivrance ; néanmoins, la légalité de l’acte n’empêche pas la honte et la culpabilité parfois éprouvées, et même si la décision d’une intervention est sans équivoque, rares sont les femmes qui en parlent ouvertement. Il y a une sorte d’omerta quant au ressenti des femmes 7
ayant subi une I.V.G., et peut-être un manque dans la formation des intervenants pour proposer un accompagnement psychologique. Dès lors, cela relève d’une démarche individuelle d’aller chercher un groupe de soutien, une thérapie ou toute autre forme d’aide qui pourrait s’avérer bienvenue. Je n’ai rencontré aucune femme qui considère cette expérience comme un acte anodin, et peu en parlent autour d’elles. La plupart du temps, les proches ou la famille l’ignorent et seules quelques rares personnes, souvent une ou deux amies, sont dans la confidence. La charge de la responsabilité d’une I.V.G. ou d’une grossesse non désirée menée à terme incombe en général à la femme, et que la grossesse soit interrompue à la suite d’une fausse-couche, une I.M.G. ou une I.V.G., il en résulte dans tous les cas un processus de deuil périnatal. Il y a beaucoup de paramètres qui entrent en ligne de compte dans la décision de cesser de porter la vie. Par ce témoignage, j’espère amener une meilleure compréhension d’un vécu souvent douloureux et encourager une parole libérée favorisant le dialogue, avec soi-même ou autrui, afin d’aider peut-être d’autres femmes 8 dans leur propre cheminement.
Aires de prières Hélène Ling 96 pages 11 euros ISBN : 978-2-492628-04-7 à paraître le 6 février 2023
Charles Serjic, conseiller financier en attente de son vol à Roissy, est entraîné par l’enseigne «Aire de prière» dans une longue méditation sur les enjeux existentiels de ses contemporains. La rencontre d‘une femme chinoise, Catherine Lee, l’oblige à remettre en jeu ses certitudes et à résoudre ses contradictions. Avec ce court récit, Hélène Ling explore les dessous d’une époque et ses mutations irréversibles, où le «désenchantement du monde», selon Max Weber, fait place au marché des religions et des identités, désormais le destin de notre temps. Hélène Ling enseigne le français dans un lycée parisien. Elle a publié trois romans (Lieux dits, Allia, 2006, Repentirs, Gallimard 2011, Ombre chinoise, Rivages, 2018). Elle fait paraître avec Inès Salas à la rentrée prochaine un essai, Le Fétiche et la plume (Rivages), consacré à la littérature contemporaine à l’ère du capitalisme tardif.
éditions JOU / 60 rue Édouard Vaillant, 94140 Alfortville – France mail : contact@editionsjou.net
http://www.editionsjou.net
Mars
PA RUT IO N : 3 M A RS 2 0 2 3
art&fiction
ROMAN
Pierre Escot & Hubert Renard
Dimensions variables Paris est une fête, écrivait l’autre… Pas pour tout le monde ! répondent en cœur Hubert Renard et Pierre Escot dans un récit à la fois loufoque et tragique sur un milieu qu’ils connaissent bien, celui de l’art contemporain. Dimensions variables est un roman à quatre mains en équilibre entre arts visuels et littérature. Le monde de l’art contemporain est son décor, qu’il érige entre réalisme et satire. Les changements de forme à l’intérieur du récit (poèmes, journal intime, listes, dialogues et chansons) et les variations de tonalité (de la farce à la comédie dramatique) témoignent de la volonté des deux auteurs complices d’utiliser tous les ressorts du milieu parisien de l’art, qu’ils fréquentent assidûment - et jovialement ! - depuis de nombreuses années, en tant que plasticiens. Les personnages s’affirment, les intrigues se tissent et le narrateur, d’une généreuse goujaterie,
s’amuse à créer les rencontres dans ce milieu si inquiet de son apparence. Si l’on peut reconnaître des figures et des caractéristiques du monde globalisé de l’art, de ses manies et de ses vanités, l’ouvrage évite habilement la critique institutionnelle ou l’étude sociologique. Il préfère le jeu avec les images et les symboles. Malgré leurs égos encombrants, les personnages de ce roman contemporain, en quête désespérée de visibilité ou dans des élans de retrait de la vie publique, dans l’euphorie et la démesure, ou dans l’urgence de la disparition, cherchent tous une réponse à cette lancinante question : Qu’est-ce qu’une vie réussie ?
genre roman rayon littérature thèmes Paris, art contemporain, décideurs culturels livre et film connexes A Moveable Feast d’Ernest Hemingway (Paris est une fête, trad. de Marc Saporta, Gallimard, 1964), The Party de Blake Edwards (1968) — collection ShushLarry format 11 x 17,5 cm, env. 300 pages, broché isbn 978-2-88964-048-5 prix CHF 17,80 / € 14
P ierre Escot & Hu b ert R enar d | Dimensions varia b l es roman
Pierre Escot, né à La Rochelle en 1965, vit à Paris. Il
© Seb Kohler
est écrivain, poète, éditeur et plasticien. Ses vidéos ont été montrées au Centre Pompidou dans le cadre de Littératures pirates et dans divers festivals en Europe. Il a publié Planning aux éditions PPT en 2007, Occiput, poème sexuel à l’Espace d’en bas en 2020, Piotr chez Incertain sens en 2021. Chez art&fiction a paru Le Carnet Lambert en 2015.
Rémanence et salami : vidéoinstallation, six écrans suspendus, six performers. Dimensions variables. Œuvre réalisée en collaboration avec l’Ecole les sourd-muets d’Aix-laChapelle et le groupe de lecture de Saint-Cyr.
© Seb Kohler
Né en 1965 à Lyon, Hubert Renard vit et travaille à Paris. Il construit sa propre et possible carrière d’artiste, en accumulant une documentation constituée de catalogues d’exposition, d’articles de presse et de monographies. Il publie son premier roman Sans titre chez art&fiction en 2013 et Le Catalogue raisonné d’Hubert Renard en 2021 aux éditions Michèle Didier.
P ierre Escot & Hu b ert R enar d | Dimensions varia b l es roman
«
Bon, alors hier, j’ai vu Julien.
Avant, avant, avant, avant, avant,
Il vient juste de finir son
avant, avant, avant-hier, dimanche en
dossier de demande de rési-
famille, mon père imperturbable me de-
dence. Il y avait Olga avec son
mande quand je vais trouver un vrai tra-
Ricard tomate, elle dit que Matessard, ce
vail, ma mère s’inquiète de mon célibat,
vieux con, fait partie du jury. Julien tra-
ma sœur me trouve amaigri, son caniche
verse deux nuits d’insomnie.
me renifle l’entre-jambe.
Avant-hier, Philippe m’a assommé au
Avant, avant, avant, avant, avant,
téléphone avec son discours sur la perte
avant, avant, avant, avant-hier, soirée
des signes. Je sortais d’une bronchite. Il
mondaine en appartement chez Jean-
dit que l’art doit retrouver son pouvoir
Jacques avec la crème des folles de l’art.
de transcendance. J’ai repris un suppo.
Soirée MDMA, coke et whisky. Nous
Avant avant-hier, en pleine bron-
partons au Dépôt. Là-bas, tout le monde
chite, Sophie est passée à l’improvis-
s’éclate sur le dancefloor ou s’enfile dans
te. Elle dit : tu es un hypocondriaque
les backrooms. Je vais rejoindre Jessica
procrastinateur.
dans sa boîte à gouines.
Avant, avant, avant-hier, Luc me
Avant, avant, avant, avant, avant,
montre un roulement à billes. Il le pose
avant, avant, avant, avant, avant-hier, à la
sur l’unique table de son atelier vide. Il
librairie du Centre Pompidou, en feuil-
dit : « C’est exactement ça. »
letant le dernier Art-press, je trouve mon
Avant, avant, avant, avant-hier, ren-
nom dans une liste faite par un artiste
dez-vous à Confluences où Jacques et
suédois, recensant les personnalités
John présentent leur concert-perfor-
qui ont nourri son travail. Surpris d’être
mance pour quatuor à cordes et frigi-
cité par ce médiocre, ce suiveur, ce sé-
daires. Je déteste les performances et les
ducteur de jeunes curatrices égarées, ce
artistes qui font des performances. On
charlatan des faubourgs, je déchire la
voit tous les jours des performances à
page et la glisse dans ma poche.
la télé ou sur youtube. Pas grand monde mais ambiance très chaude. Avant, avant, avant, avant, avant-
Avant, avant, avant, avant, avant, avant,
avant,
avant,
avant,
avant,
avant-hier.
hier, table ronde à Grenoble : « Multiple/ unique ; Proche/lointain ; Public/privé. »
Contrôle, fenêtre de tir
Je me suis fait agresser par une conser-
Diffusion
vatrice à la retraite. Elle me reprochait
dans des pots en verre de Murano, fi-
mes propositions trop radicales. J’ai en-
lins, gyrophares et panneau indicateur.
fin rencontré Thomas Richmeyer, nous
Dimensions variables.
sonore
par
haut-parleurs
avons bu, beaucoup, il dit tu es un réactionnaire ultra-libéral.
Arrestation souple
Avant, avant, avant, avant, avant,
Super 8, refilmé en mini-DV, transfert
avant-hier, Olga m’avait promis de me
Pal-Secam numérisé 16 mm sur support
présenter une stagiaire, elle débarque
HD, 1 mn 27, en boucle.
avec une jeune fille, étudiante en histoire de l’art. Pendant qu’elle me vante
L’agence d’intérim
ses mérites, je me demande ce que pour-
Vitrine, un poussin vivant, roulette de
rait bien donner un plan à trois avec jeux
casino en mouvement. 150x105×100 cm.
de rôles et accessoires en cuir, Olga en Maîtresse juste mais sévère. Avant, avant, avant, avant, avant, avant, avant-hier, réveil malaise, à quoi
Mode d’emploi Texte à la craie blanche sur mur blanc. Dimensions variables.
bon tout ça ? Pourquoi continuer ? Je vais me faire un café, coup de téléphone, la subvention a été acceptée, je me recouche.
Ça va chier dans le ventilo
P ierre Escot & Hu b ert R enar d | Dimensions varia b l es roman Fumigènes, néons rouge, avertisseurs,
La tasse en porcelaine de bohême bleue
céramiques, tapis de plumes, cotillons,
à fleurettes blanches sur la table en for-
escabeau.
mica orange. Une main d’homme, les
Dimensions variables.
ongles manucurés, jaillit d’une manche de fibre blanche lisse et fraichement re-
Clair-obscur et cadenas
passée au bouton de manchette en or.
Broderies de fils électriques sur plexi-
La caméra pivote mais alors très très
glas rétro-éclairé. 54×33×15 cm.
très lentement. Des chants d’oiseaux printaniers se font entendre. Le plan
Trente-trois positions identiques
pivote encore très lentement mais vrai-
33 figures en carton découpé dis-
ment très très très très lentement sur
persées
un autre homme assis. Cheveux orange
dans
l’espace
d’exposition.
33 fois 45×33×50 mm.
ébouriffés, œil au beurre noir, rouge à lèvre écarlate, sourire édenté. Il porte
Rémanence et salami
une robe à crinoline de dentelle rouge et
Vidéo-installation, six écrans suspendus,
noire. Il ferme les yeux et dit avec dou-
six performers. Dimensions variables.
ceur : « oui, oui, oui, oui. » Une silhouette
Œuvre réalisée en collaboration
passe devant l’écran, m’invite dans la
avec l’école des sourds-muets d’Aix-
salle d’exposition suivante : les jolis culs
la-Chapelle et le groupe de lecture de
ont toujours été les guides privilégiés de
Saint-Cyr.
mes visites et pérégrinations muséales.
Pipi Peinture murale. Dimensions variables.
Je rentre, emprunte le long couloir blanc, il fait sombre. Luc a supprimé les appliques électriques. Je déboule dans
Fabienne Camus Bas-relief
sur
éponge
de
cuisine.
une grande pièce vide. La table basse et
80×65×25 mm.
le fauteuil club ont disparus.
Le syndrome de Stendhal
billes qu’il m’a montré avant, avant,
Système de balise thermosensible assis-
avant-hier :
té par ordinateur à reconnaissance vo-
— C’est pas exactement ça, c’est pas tout
cale, traceurs laser à résonance magné-
à fait ça, c’est pas encore tout à fait ça,
tique. Dimensions variables.
c’est pas ça quoi.
Il me dit au sujet du roulement à
Commande dans le cadre du pro-
— Qu’est-ce qui se passe ?
gramme « Art et Science » du minis-
— Je crois que ce n’est toujours pas le
tère de la Culture en partenariat avec
bon.
l’INSERM.
— Tu déconnes là... — Mais non, j’t’assure.
Localisation de la République
— Luc, il est vraiment très bien ce rou-
Terminal informatique et systèmes en
lement à billes. Qu’est-ce qu’il te reste
réseaux. Dimensions variables.
maintenant ?
Œuvre réalisée dans le cadre d’un
— Et bien, il me reste un matelas, une
échange entre l’université multimédia
table, une cafetière, un jeu de vêtements
de Toronto et le Shanghai Institute.
et ma trousse de toilettes. Et le roulement à billes.
La mort des mondes
Depuis des années, Luc cherche
Vidéo, 30 secondes. Projetée une fois
dans son atelier, l’objet, le seul, l’unique,
par heure. HD.
le premier et le dernier, résumant à lui seul trente ans de recherches. Il fut un
Ça va l’faire.
peintre figuratif pour les beaux jours de la rive gauche en quête de sens. Ses expositions étaient attendues, courues,
P ierre Escot & Hu b ert R enar d | Dimensions varia b l es roman commentées, admirées. Ses œuvres
16 h 12. J’attends Olga. Qu’est-ce
achetées avant même d’être terminées.
qu’elle me veut ? Un rendez-vous avec
Il passa assez vite d’un travail figuratif
un galeriste, une subvention, l’intronisa-
et flashy, scènes de rues et panneaux de
tion dans un réseau ? Il y en a tant, de ces
signalisations, à des agrandissements
filles curatant de partout, sourire bien-
au microscope de végétaux, microbes
veillant, mot gentil, enthousiasme juvé-
et bactéries. Il en vint à réaliser des
nile, c’est agréable. Elles aiment tout le
monochromes à vingt-cinq couches de
monde et quand elles n’aiment pas, elles
peinture croisées et superposées. Cette
n’en disent rien. Elles sont assistantes
évolution de son travail lui fit perdre
de galerie, médiatrices de centres d’art,
collectionneurs et galeristes. Une jeune
amantes de jeunes artistes ou de vieux.
femme nouvelle dans la profession, dé-
Elles grattent quelques lignes par-ci par-
cidée et admirative, l’exposa encore.
là pour nous dire que l’artiste interroge
Il montra tous les ans dans sa galerie un
le réel. On les trouve dans les couloirs
unique monochrome gris dont il rajou-
du ministère, dans les mairies derrière
tait une couche à chaque exposition. Luc
la porte marquée culture, dans les fracs,
finit par rompre avec elle, cessa toute ac-
les dracs, les cnacs, les macs, les cracs,
tivité publique, quitta son appartement
les clacs, les credacs, les camacs, les ci-
donnant sur la Seine pour vivre défini-
pacs, les cnaps, les cacs, les ceacs, les
tivement dans son atelier dont l’unique
ensacs, les esacs, les snacs, les iacs, les
verrière ouvre sur le jardin japonais de
ecnacs, ce sont elles qui viennent vous
l’hôtel particulier d’un chanteur rock
dire qu’il manque un formulaire à votre
parti au Népal. Depuis, il a recensé dans
dossier, c’est avec elles que vous vous
un cahier d’écolier à petits carreaux et
battrez pour arriver à monter l’expo
marge à gauche, tous les objets de l’ate-
du commissaire en vogue, elles pré-
lier jusqu’au bout de scotch laissé sur
parent le service de presse, font un café,
le mur blanc. À chaque fois qu’il débar-
cherchent et proposent, composent avec
rasse l’atelier d’un objet, il le barre d’un
les instances, vont chercher l’argent,
trait horizontal et définitif. L’atelier se
redoublent d’enthousiasme, elles sont
vide progressivement vers son œuvre
endurantes, elles ont de la mémoire ces
ultime : le dernier objet.
nouvelles ambassadrices, ce sont elles
Je tourne autour de l’unique grande
qui décident, ce sont elles qui font tout.
table. Le roulement à billes est là, au mi-
16 h 45. Olga n’est toujours pas là. Je
lieu, étincelant. Je revois Luc me dire
la prendrai en levrette en l’insultant, je
avant, avant, avant-hier : « c’est ça, c’est
sais qu’elle aime ça.
exactement ça. » Luc
m’observe,
17 h 15. Olga ne viendra pas. Je lui triste.
laisse quatre textos d’insulte. Je rentre
Je prends le roulement à billes qui
désarmé,
me branler. Il faudrait quand même
m’échappe et tombe. Les billes pro-
que je me mette au travail. Finissons de
jetées hors de la structure métallique
mettre à jour ces dossiers.
cliquettent sur le sol en s’éparpillant. Nous les regardons se répandre sur le parquet. Certaines s’arrêtent entre deux lattes, d’autres suivent la légère déclivité du sol. — Ouaiiis ! — Quoi ? — C’est exactement ça ! Luc se baisse, prend une bille entre le pouce et l’index. — La bille ! C’est exactement elle !
»
PARUTION
EN
FRANCE
PRÉVUE
EN
MARS
2023
les immuables - guy chevalley imprimé en Suisse / 11,5 x 16,5 cm / EUR 21 / 160 p. / isbn : 978-2-940518-76-0
Auteur du fraîchement paru Dictionnaire insolite de la Suisse (Cosmopole, 2022) et de deux romans, De fiel et de fleurs (L’Âge d’Homme, 2019) et Cellulose (Olivier Morattel, 2015), Guy Chevalley manie la plume comme d’autres le scalpel : avec dextérité et finesse, il taille sept portraits délectables à l’humour caustique dont les morsures s’attaquent à nos travers immuables et laissent entrevoir notre humanité.
Assise sur le vaste escalier d’un bâtiment public, je mange ma barquette avec une fourchette en plastique. Dans une échoppe qui propose à la fois du kebab et du fish & chips, j’ai acheté une grigliata di pesce à l’emporter – repas de solitaire. Les rues piétonnes de la petite ville convergent vers une place centrale où des jeunes circulent en Vespa malgré l’interdiction, des familles cherchent une bonne table, des couples flânent et un type alcoolisé pisse contre un banc. La friture croustille, le poisson est bon. Je rince mes doigts graisseux à la fontaine et jette l’emballage dans la première poubelle. À présent que la nuit est tombée, j’ai envie de marcher. Je traverse le front de mer bordé par des restaurants en regardant l’horizon plutôt que la foule ; au large il n’y a rien, juste le bruit des vagues agitées par la lune. On peut rejoindre la pension par la palmeraie, il suffit de longer la plage en laissant derrière soi les lumières de ce chef-lieu 7
administratif, seul point urbanisé de la région. Le retour est plus rapide par la route, mais comme il n’y a pas de trottoir, les voitures vous frôlent et certaines n’allument même pas leurs phares. La pension est une ancienne ferme, un mur rectiligne et son haut portail bordent la route. À droite, le bâtiment occupé par la propriétaire ; au fond, une remise où s’entasse du vieux matériel agricole ; à gauche, dans une grange-étable rénovée, trois ou quatre chambres alignées et de plain-pied. En traversant la cour intérieure graveleuse à la végétation asséchée par le soleil, j’aperçois un campagnol détaler. Je me suis installée devant ma chambre, assise sur une chaise en plastique, avec un cendrier et une petite table. D’un geste du pouce, j’expédie le noyau d’une pêche parmi les touffes de graminées, puis fume ma cigarette du soir, la tête appuyée contre le mur. D’ici, on n’entend pas la mer, même en tendant l’oreille – seulement le trafic. Mon mégot finit dans le cendrier poussiéreux. La logeuse m’a tannée avec ça dès mon arrivée : pas de mégot par terre, risque d’incendie élevé. En allant me coucher, je laisse la porte-fenêtre béante pour avoir de l’air. C’est la seule ouverture 8
de ma chambre, excepté le minuscule soupirail de la douche, avec des barreaux et sans vitrage… Lorsque je m’en suis étonnée, la logeuse m’a répondu en me fixant de ses paupières lourdes : « Je suis là, je surveille. » Dernier geste avant de dormir : sortir le manuscrit de la valise – pour demain. La table du petit déjeuner est mise sous toit de la remise, à côté des pneus de tracteur entassés. Un couple est déjà attablé. Au moment le plus frais du matin – j’étais réveillée –, ils se sont envoyés en l’air sans fermer leur porte-fenêtre. L’homme est vêtu d’un simple boxer noir, je me dis qu’il a dû y ranger son sexe après l’avoir frotté contre la femme. Et elle, la manière dont elle se passe la langue sur les lèvres après chaque bouchée…
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cOUVERTURE NON CC
Où je me rêve Philippe Rahmy
« Quelle est ma ville natale ? Elle est le texte que je suis en train d’écrire. » PRÉSENTATION Les récits de voyage réunis dans ce recueil, dont beaucoup sont inédits, témoignent de la capacité inouïe de Philippe Rahmy à se fondre dans ce qui l’entoure pour en restituer l’essence même. « Raconter » ne l’intéresse pas : il veut « habiter le
En librairie 03.2023 Format : 15 x 21 cm
langage comme on campe sous une voie rapide ». La fulgurance de son regard, son empathie à l’égard de ceux privés de parole, bêtes, choses et êtres confondus, infusent le corps du texte avec rage et humour. À Mexico, les bâtiments
Pages : 162 p.
s’effondrent « dans un craquement de biscottes », tandis que dans les îles d’Aran,
Reliure : broché, collé
les paysans de la mer ramassent les paquets d’algues « comme on soulèverait des
rayon : littérature, récit
corps en les prenant sous les aisselles ». À Buenos Aires, certains chiens de race sont
de voyage
de « longues saucisses à tête de Charlemagne » et à New York au mois de janvier,
Prix : 16 € / 26 CHF
les gratte-ciel deviennent « des falaises de béton, luisantes de gel, dégoulinantes
ISBN : 978-2-8290-0667-8
d’électricité ». Portés par une écriture tour à tour lyrique et syncopée, ces textes de Philippe Rahmy immergent le lecteur dans un monde éblouissant de violence, fulgurant de beauté.
AUTEUR DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18
Égyptologue de formation et membre fondateur du site littéraire remue.net, Philippe Rahmy, né à Genève en 1965, a publié deux recueils de poésie chez Cheyne Éditeur : « Mouvement par la fin », avec une postface de Jacques Dupin (2005), et « Demeure le corps » (2007). En 2013, il publie à La Table Ronde, « Béton armé », un récit couronné de plusieurs prix littéraires, dont le Prix Michel-
contact@enbas.ch / www.enbas.net
Dentan, et élu meilleur livre de voyage de l’année par le magazine LIRE. Suivent,
DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE
Monarques », toujours à La Table Ronde. « Pardon pour l’Amérique », auquel il
Paon diffusion/SERENDIP livres
travaillait au moment de sa mort, y paraîtra en 2018. « Propositions
en 2016, « Allegra », distingué par le Prix suisse de littérature et en 2017, «
démocratiques/Democratic proposals » a paru aux éditions d’en bas en octobre 2017. Le Grand prix C.F. Ramuz 2020 a été décerné à Philippe Rahmy pour l’ensemble de son œuvre. Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
Mexico, Mexique Tant que l’effort est produit par celui qui écrit, l’invention et la description creusent un même tunnel. Parfois, presque jamais, c’est un moment sans fin, sans fin, un éternel moment de délire, d’interminable solitude, soudain, alors, la charge propulse l’écriture qui devient extérieure et réelle. Le texte est un terrain parmi d’autres. Son style est désuni. Les noirs lisses, les gris rugueux et ternes, les verts, etc. Il existe des accumulations, des symétries, des différences, inutile de nommer. On va où on veut. Ailleurs, on parle pour raconter. Pas ici. Ce qui intéresse : habiter le langage comme camper sous une voie rapide. Ou ailleurs. Chaque lieu produit un résultat différent qui s’additionne aux autres. S’installer. On se fout que ce soit dans la peau de celui qui fait naufrage, ou une enquête, ou le tapin. Ou d’un mec aujourd’hui sans arme ni uniforme, qui s’est fait baiser. On n’est pas venu regarder le paysage, mais travailler. L’écriture, c’est en plus. Un élément est inséré dans un système sans le perturber. Puis ça monte en puissance et ça se déglingue, point barre. Mais personne ne se pose la question de l’efficacité du programme de réinsertion. Mieux vaut, d’ailleurs, qu’il soit inefficace. Que ferions-nous dans le cas contraire, sinon nous remettre à ramper ? Que fait-on des soldats une fois qu’ils ont servi ? Il y a ceux qu’on retrouve complètement nus, cognant aux portes des maisons dans un périmètre d’une dizaine de kilomètres autour de l’hôpital. Eux, ce ne sont pas les cas les plus graves. Lorsque la situation le permet, lorsqu’une chose absolument abjecte se produit, qui ne tient pas seulement du simple pétage de plombs d’un malade sous médicaments, mais d’une sauvagerie longtemps réfrénée qui se détend comme un ressort, et si cela se produit dans un coin tranquille, il arrive que les flics abattent l’un d’entre nous comme un loup. Du loup, il nous reste le sentiment de la meute qui nous permet de travailler à ce projet d’agriculture urbaine, pour peu d’y aller ensemble, au moins à deux, ou à trois, chaque jour que Dieu fait.
Mars 2010
LA MINUTE MONGOLE Nétonon Noël Ndjékéry
Les nouvelles qui composent ce recueil sont initialement parues en 2014 aux éditions la Cheminante. Dans cette réedition, l’art de la narration, de la satire politique et du « pleurer rire » de l’auteur helvéto-tchadien Nétonon Noël Ndjékéry se tissent habillement à travers cinq récits des déboires et des infamies politiques, ainsi que des horreurs des crises humanitaires dans la région du Sahel. En cinq tableaux, Nétonon Noël Ndjékéry nous immerge dans les vécus des impotents et des puissants, de ceux et celles que le pouvoir écartent ou rendent orgueilleux, des infortunés qui se vident des famines endémiques, se révoltent silencieusement, ou attendent leur heure, ou leur minute de gloire et de trépas.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronniers 20 CH-1800 Vevey Tél.: ++41 21 922 90 20 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org > litterature@helicehelas.com Distribution Suisse : Servidis Chemin des Chalets 7 CH-1279 Chavannes-de-Bogis Tél.: ++41 22 960 95 10 www.servidis.ch > commande@servidis.ch
Distribution France - Belgique : Serendip-Livres 21 bis rue Arnold Géraux FR - 93450 L’Île-Saint Denis Tél.: ++33 14 038 18 14 www.serendip-livres.fr
Sous ce titre énigmatique de la Minute mongole ce recueil con irme le talent manifeste de son auteur à entrelacer les récits, à les placer en situation d’échos dans un frisson d’horreur. Il dresse ainsi une critique acerbe d’une région qui se présente comme un « laboratoire à ciel ouvert du Diable » entre les guerres civiles, les jeux d’in luence des Ministères, les abus des brigades armées, les sécheresses et les famines. Au milieu de ces événements, des hommes et des femmes subissent ces drames dans leur corps et leurs entrailles. Ils et elles paient le prix fort des incapacités à sortir de logiques claniques et d’allégences, de captation des solidarités, et d’œuvrer pour un bien commun même quand les occasions en sont fournies.
"Depuis une vingtaine d’années, le romancier, nouvelliste et poète compose une œuvre qui explore les thèmes de la domination et de la liberté à travers le passé et le présent tourmentés de son pays natal et de l’Europe. L’auteur plonge de picaresques héros dans les affres de l’histoire. " Le Monde L'auteur : Nétonon Noël Ndjékéry est né à Moundou au Tchad et débute sa carrière d’auteur avec une première nouvelle publiée par Radio-France Internationale. Depuis, il habite sur les rives du Léman, en Suisse. A ce jour, il est l’auteur de cinq romans, dont Au petit bonheur la brousse et Il n’y a pas d’arc-en-ciel au Paradis, publié chez Hélice Hélas Editeur en 2019 et en 2022. En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire National du Tchad pour l’ensemble de son œuvre.
— Collection : Mycélium mi-raisin Genre : Nouvelles Sujets abordés : histoire africaine ; Sahel ; déboirs politiques — Format 11.5x16,5 cm, 192 pages ISBN 978-2-940700-25-7 CHF 20 / EUR 14 Parution : Mars 2023, Suisse, France et Belgique.
La première déflagration roula comme un coup de tonnerre dans le lointain. Absakine en ressentit l’intensité jusque dans son rêve puisque ses doigts se crispèrent sur le sein gauche de Mariam. Celle-ci poussa un léger soupir et se lova davantage contre lui. La seconde déflagration porta la foudre dans la chambre même. Et l’onde de choc les projeta au bas du lit dans une grande envolée de draps, de couvertures et d’oreillers. Extirpés de la langueur de la sieste, ils se relevèrent, la panique au ventre. Lui bredouilla une sourate. Elle fit de même. Puis ils virent une mince fumée blanche ramper sur le tapis. Tandis qu’elle se mettait à tousser comme une damnée, il empoigna résolument une machette, avança jusqu’à la porte et l’ouvrit. L’horreur l’assaillit par les narines avant d’envahir ses pupilles, puis de lui éclabousser la conscience. Etait-ce déjà la fin du monde ?... Sa boutique était en feu ! De grandes flammes avides et dansantes en léchaient le toit. Qui avait provoqué cet incendie criminel ? Pour quel manquement Allah le punissait-il ainsi ? Le regard à peine envahi par le rouge du brasier, Mariam poussa un hurlement et s’écroula, évanouie. Sans se soucier de sa douce
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moitié, Absakine se jeta dans la cour enfumée. Il était comme fou, courait dans tous les sens et dévidait des jurons vite mangés par le bruyant festin des flammes. Il avait le sexe qui lui battait l’entrejambe avec la frénésie d’un serpent décapité. Les voisins, accourus en masse, furent décontenancés par les gesticulations du commerçant où l’hystérie le disputait à l’impudeur. Cependant, passé le premier instant de désarroi, tous se mobilisèrent pour combattre le sinistre. Ils vidèrent une noria de bacs de sable et de seaux d’eau sur le foyer. Mais rien n’y fit. Le bâtiment se consuma jusqu’au bout aux sons des boîtes de conserve qui explosaient. L’ultime fumerolle était encore en transe au-dessus des charpentes calcinées quand le ciel tout entier s’embrasa à son tour. De sourdes explosions et des rafales d’armes automatiques se répondaient en écho. Elles paraissaient même se relayer pour ne laisser aucun répit au silence. De toute évidence, la guerre civile venait de renaître de ses cendres. ***
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IL N’Y A PAS D’ARC-EN-CIEL AU PARADIS Nétonon Noël Ndjékéry NÉTONON NOËL NDJÉKÉRY IL N’Y A PAS D’ARC-EN-CIEL AU PARADIS
Il n’y a pas d’arc-en-ciel au paradis est une plongée dans les horreurs de la traite négrière transsaharienne. Des caravanes en partance pour la péninsule arabique, en passant par la colonisation française, l’enrôlement des tirailleurs africains pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’essor du mouvement djihadiste Boko Haram, Nétonon Noël Ndjékéry met en récit deux cents ans d’histoire de la privation de liberté et de l’exploitation humaine dans la région de l’actuel Tchad. Le titre est une référence explicite aux différents programmes missionnaires qui promettaient et promettent toujours aux populations d’Afrique noire d’être « blanchies » en accédant à un paradis, soit-il celui des chrétiens ou des musulmans. En porte-à-faux à ces programmes, l’auteur dresse le portrait d’une Afrique multiple, diversifiée dans ses croyances, ses arts du vivreensemble, mais également dans celui de porter collectivement un projet et un récit de développement et d’émancipation. Sur une île mouvante du lac Tchad, l’auteur invente une société utopique qui pourrait poser les bases d’un projet que nous pourrions qualifier à la suite d’Achille Mbembe « d’afropolitanisme ». Toutefois, le prix de cette utopie est celle d’un isolement et d’une dangereuse ignorance des affres de l’Histoire et du développement des Etat-nations africains actuels.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronniers 20 CH-1800 Vevey Tél.: ++41 21 922 90 20 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org > litterature@helicehelas.com Distribution Suisse : Servidis Chemin des Chalets 7 CH-1279 Chavannes-de-Bogis Tél.: ++41 22 960 95 10 www.servidis.ch > commande@servidis.ch
Distribution France - Belgique : Serendip-Livres 10 Rue Tesson FR - 75010 Paris Tél.: ++33 14 038 18 14 www.serendip-livres.fr
Nétonon Noël Ndjékéry est né à Moundou au Tchad et débute sa carrière d’auteur avec une première nouvelle publiée par RadioFrance Internationale. Depuis, il habite sur les rives du Léman, en Suisse. A ce jour, il est l’auteur de quatre romans, dont Au petit bonheur la brousse, publié chez Hélice Hélas Editeur en 2019. En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire National du Tchad pour l’ensemble de son œuvre.
— Collection : Mycélium mi-raisin Genre : roman épique et utopique Sujets abordés : esclavage subsaharien ; histoire africaine ; Tchad — Format 14.5x18,5 cm, 376 pages ISBN 978-2-940700-11-0 CHF 28 / EUR 22 Parution 1er mars 2022, Suisse, France et Belgique.
ARGUMENTAIRE
Un roman d’initiation A la croisée des idiomes et des accents, entre la Suisse et son idéal de blancheur et d’ordre, et le Tchad marqué par l’arbitraire d’une histoire postcoloniale « mal apprivoisée », Noel Nétonon Ndjékéry narre les aventures de Bendiman, un enfant tchadien ayant grandi à Genève et s’étant nourri des mythologies des bons petits helvétes : Guillaume Tell, la Mère-Patrie, la Croix-Rouge etc. Un soir son père est rappelé au Tchad avec toute la famille. A l’aéroport de N’Djaména, une voiture noire emporte ses parents. Recueilli par un oncle, il mène son enquête pour découvrir que son père et sa mère sont enfermés pour « Raison d’Etat».
TITRE : AUTEUR : PARUTION : PAGES : PRIX :
Au petit bonheur la brousse Nétonon Noël Ndjékéry 01 mai 2021 448 16 EUR
COLLECTION : Mycélium Mi-Raisin (littérature contemporaine) GENRE : Roman de formation
Commence alors pour Bendiman une quête pour faire sortir ses parents de prison dans un pays qu’il ne connaît finalement pas. Un pays en guerre civile, un pays tourneboulé par un afflux massif de pétrodollars, un pays où le droit n’a jamais vraiment quitté les livres pour entrer dans la vie quotidienne des gens. Entretemps, il se retrouve hanté par les chiffres 10, 15 et 6 dont il peine à comprendre le sens, lui qui a toujours su jouer en virtuose avec les nombres. S’agit-il des trois premières composantes de la série gagnante de la loterie nationale ou du tiercé hippique local ? A moins que cette suite numérique ait un quelconque lien avec les déboires juridico-financiers de son père…
Le conte d’une Afrique « helvétisée » Nétonon Noël Ndjékéry livre ici un récit picaresque, plein de saveur entre les helvétismes et l’oralité des griots. A mi-chemin entre le conte et le récit d’initiation, Bendiman est le héros malgré lui d’une chevauchée entre les langues et les imaginaires moraux. Ce récit célèbre la francophonie dans ce qu’elle a de plus féconde et d’étendue, la capacité de se jouer des frontières et de mélanger les mots, les expressions, ainsi que les sensibilités.
Nétonon Noël Ndjékéry, entre les rives du léman et N’Djaména Nétonon Noël Ndjékéry est né à Moundou au Tchad. Son père étant un soldat de l’armée française ayant combattu dans la colonne Leclerc durant la seconde guerre mondiale, il grandit dans un camp militaire et a très tôt été mis au contact de la langue française. Il s’est également nourri à la puissante sève de l’oralité subsaharienne et des griots de passages. Sa carrière d’auteur débute au Tchad avec une première nouvelle publiée par Radio-France Internationale. Depuis, il habite sur les rives du Léman, en Suisse. Dans ses écrits, Nétonon Noël Ndjékéry flirte autant avec la poésie, les nouvelles et le théâtre qu’avec le roman. A ce jour, il a trois romans à son actif : Sang de kola (1999, l’Harmattan), Chroniques tchadiennes (2008, In Folio) et Mosso (2011, In Folio). En 2014, il publie un recueil de nouvelles La minute mongole aux éditions de la Cheminante. En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire National du Tchad pour l’ensemble de son oeuvre.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronnier 20 1018 Vevey
Tel. +4176307869 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org
pan 6 comité éditorial : J. Fischer/J.-B. Labrune couverture : S. Couderc « Le visage a des traits. Je m’en fiche. [ …] C’est n’est pas nécessairement aux pommettes ou aux lèvres qu’il a du rouge, mais dans un endroit de lui-même où est son feu. »
LA REVUE Double discours, double perception d’une même présence, double fantasmé ou jeté aux rebuts, double révélé ou nié, aimé ou haï, duplicité d’un motif inlassablement répété, insensiblement travesti… Rien ne venant jamais seul, suivons les chemins toujours doubles qu’ouvre la lecture parallèle des images et du texte. La revue pan devait un jour où l’autre se pencher sur la figure du double : après deux ans sans paraître, la voici enfin, forte des contributions de nombreux nouveaux artistes, pour interroger ce motif crucial, latent, en fait, depuis ses commencements. REVUE LITTERAIRE ET DESSINEE
novembre 2022 210 x 140 mm 160 pages – 500 ex. 18 € ISBN : 978-2-9567475-5-0
Prologue, interludes et épilogue / Texte H. Michaux et images M. Rivoal 1. ………../ Images S. Couderc et texte L. Thizy 2. ……../ Images B. Muller et texte V. Blanc 3. …… / Images L. Ribeyron et texte M. Nabias 4. ……… / Images M. Pellet et texte J. Fabro 5. …… / Images J. Fischer et texte E. Delarue 6. ………/ Images C. Vuillier et texte A.-S. Plaisant
Bouclard
LA REVUE, NUMÉRO 5, PARUTION MARS 2023
Bouclard est une revue annuelle de 64 pages qui traite du livre sous toutes ses facettes (un lieu, un événement, un auteur, etc.). Dans l’esprit du nouveau journalisme, Bouclard revendique une approche subjective, assume les digressions en tout genre, et s’aventure même dans ce qui pourrait vous paraître anecdotique.
Sommaire du numéro 5 DERNIER LIVRE AVANT LA FIN DU MONDE
ÇA N’A PAS DE PRIX
UNE BIBLIOTHÈQUE MERDE D’OYSON !
LE CHAT ET VISCONTINE
AU PILON
MODE & LITTÉRATURE
par Timothée Demeillers par Patrice Allain par Cyril Gay
par Rudy Spiessert & Thierry Fétiveau par Rim Battal
ILLUSTRATION DE COUVERTURE
par Lisa Mouchet www.instagram.com/lisamouchet
Fiche technique
Contact
Format : revue de 64 pages, 16 x 23 cm
Bouclard Éditions 7 rue de la Gagnerie — 44830 Bouaye www.bouclard-editions.fr contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
Impression : couleur Parution : annuelle Tirage : 750 exemplaires Papier : Fedrigoni Diffusion : Serendip / ISBN : 978-2-493311-03-0 Prix de vente : 10 €
La revue Bouclard a reçu le soutien du CNL et de la Région des Pays de la Loire.
Bouclard éditions
Bouclard, c’est un mot d’argot, dérivé de l’anglais « book », qui désigne une librairie. Bouclard, c’est pour ceux qui accumulent des livres, n’en lisent que la moitié, mais persévèrent. Bouclard, c’est pour ceux qui se foutent de l’actualité du livre car seule compte la bonne rencontre au bon moment. Bouclard, c’est pour ceux qui se plaisent dans les à-côtés de la littérature. Bouclard, c’est pour ceux qui savent qu’un livre est fait de chair, de vécu et que ça, on va vous le raconter.
C O L L E C T I O N S H U S H L A R RY
ART&FICTION
ROMAN
Laurence Boissier
Histoire d’un soulèvement RÉIMPRESSION
Tout a été consigné dans un cahier où l’on trouve l’empreinte de plusieurs histoires, la grande, celle du soulèvement des Alpes, racontée par un guide excentrique, la petite, celle de la vie quotidienne d’un groupe de randonneurs. Neuf jours de marche ponctués par les paysages traversés, l’effort, le poids du sac, la promiscuité dans les cabanes. La petite troupe s’est à la fois bien et mal entendue. Partie sans entraînement, une citadine se disant autrice mélange ses propres
souvenirs, les premiers cours de ski, les appartements de vacances loués en famille, à ceux, immémoriaux, d’un attachant fossile. Le guide réussira-t-il à mettre en évidence le lien entre les convections du noyau terrestre et la présence sur l’alpe de ces marcheurs ? Malheureusement, le cahier finira dans la crevasse d’un glacier et avec lui, ce qui aurait dû être l’histoire vraie de cette randonnée.
D I S P O N I B L E D È S L E 1 O C TO B R E 2 0 21
isbn
LA LIBERTÉ
« DRÔLE DE BESTIAIRE » THIERRY RABOUD
3 ÉDITIONS
2000 EXEMPLAIRES PRIX DES LECTEURS DE LA VILLE DE LAUSANNE
ONTIN « LES PL AQUES C . ULES À DÉRIVER SE S LE S PA T N NE SO
——— Laurence Boissier, née en 1965, vit à Genève. Auteure qui excelle dans la forme brève, elle est également artiste et architecte d’intérieur. Elle intègre Bern ist Überall en 2011, collectif d’écrivains, avec lequel elle monte régulièrement sur scène. PRIX : Prix suisse de littérature, 2017 ; Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne, 2018 ; Prix Pittard de l’Andelyn, 2018 PUBLICATIONS : Safari, art&fiction publications / Der Gesunde Menschenversand, 2019 ; Rentrée des classes, art&fiction, 2017 ; Inventaire des lieux, art&fiction, 2015, rééd. 2017 ; Cahier des charges, d’autre part, 2011 ; Noces, Ripopée, 2011 ; Projet de salon pour Madame B, art&fiction, 2010 ———
© Sophie Kandaouroff
11 x 17.5 cm, 248 pages 978-2-940570-90-4 chf 17.80 / euro 14 — genre roman multi-strates sujets abordés histoire des Alpes, récit des origines, fertilité format
: autour s e lp A s le s n a d s r 9 jou is elle a m , e v lè u o s e s t u d'elle, to peine… ENTALES
L AU R E N C E B O I S S I E R | H I S TO I R E D ’ U N S O U L È V E M E N T
PRESSE
L AU R E N C E B O I S S I E R | H I S TO I R E D ’ U N S O U L È V E M E N T
PRESSE
À PARAÎTRE EN MARS 2021 Tabor, un roman de Phœbe Hadjimarkos Clarke Mona et Pauli ont survécu à d’étranges et immenses inondations. Elles vivent et s’aiment à Tabor, un nouveau monde bricolé. Mais de mystérieux visiteurs, sorciers ou fonctionnaires, viennent en troubler l’équilibre, jusqu’à l’ensauvagement définitif. Comment faire face ? Anticipation révolutionnaire ou rêverie gothique, ce récit explore la possibilité de l’amour et de l’action dans un monde en ruines. Phœbe Hadjimarkos Clarke est née en 1987. Elle vit dans des grandes villes et des petits villages. Tabor est le premier roman de notre Collection du seum consacrée aux récits.
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Nous vivons dans un village abandonné, relativement intact, que nous n’arrivons pas à appeler autrement que campement, malgré les mois ou les années passés ici et le caractère supposément définitif de notre installation. On appelle aussi ce lieu : Tabor. C’est le nom d’un mont hébreu épargné par le Déluge, dans le temps – ça nous a donc paru de circonstance. Tabor, c’est aussi le nom d’une ville fondée par des révolutionnaires fous au Moyen Âge. Ça, c’est Mona qui nous l’a appris. Elle s’était particulièrement intéressée à ces questions de groupes anarcho-mystiques, à l’époque où l’on pouvait se pencher sur autre chose que l’immédiateté de son existence. Ça l’avait passionnée, ces histoires de pauvres qui reprennent leur vie en main, qui fondent quelque chose de nouveau et d’immédiat, sans rien demander à personne, en attendant un temps nouveau. En arrivant ici, elle a donc su trouver le nom parfait, plein de toutes les imbrications nécessaires. Mais enfin, on peut tout aussi bien ne pas le nommer, cet endroit, c’est un espace sans titre, n’appartenant à personne, ce n’est plus nulle part mais c’est au centre de nos vies. Si on parle, on parle d’ici.
120 x 185 mm, 280 pages ISBN : 978-2-492352-02-7 Collection du seum 13,00€
roman
Un chant écarlate
Un chant écarlate
LE ROMAN INÉDIT D’UNE FIGURE EMBLÉMATIQUE DU FÉMINISME AFRICAIN
Mariama Bâ
Une histoire d’amour impossible entre deux étudiants idéalistes, une française et un sénégalais, dans le Dakar des années 1980, où l’apprentissage de l’autre, au-delà des frontières, des cultures et des traditions, s’avère difficile.
visuel non définitif
Ousmane, jeune sénégalais de condition modeste et Mireille, française, fille de diplomate, se rencontrent sur les bancs du lycée, à Dakar. Ils se marient, au grand damn de leurs familles respectives. Mireille coupe les ponts avec les siens et se convertit à l’islam. Ousmane impose sa femme à ses parents, catastrophés. Un fils naît de cet amour, Gorgui. Mais le poids des traditions et la pression sociale et familiale aura raison de leur amour….
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Mariama Bâ une écrivaine pionnière et militante
(1929- 1981) le second roman inédit en france d’uine écrivaine majeure
publié à titre posthume, c’est une pépite méconnue un chant écarlate a été traduit en
7 langues
une préface d’axelle jah njiké, journaliste
illustration de couverture d’elke foltz, peintre
Née en 1929, Mariama Bâ est une figure iconique de la littérature sénégalaise. Elle connaît un succès international avec Une si longue lettre, son premier roman. Issue d’une famille traditionnelle et musulmane, elle intègre une école française et devient enseignante en 1943. Femme engagée, Mariama Bâ s’engage pour nombre d’associations féminines militant pour l’éducation et les droits des femmes. Elle devient une voix importante de son pays et prend part aux débats publics. Elle meurt en 1981 d’un cancer, peu de temps avant la sortie de son second roman, Un chant écarlate, aux éditions NEAS au Sénégal.
prix : 22 € tirage : 1000 ex. parution : 04/02/2022 format : 14 x 20,5 cm pagination : 320 p. ISBN : 978-2-493324-00-9
Elles parlent de Mariama Bâ ... « Je crois que [Mariama Bâ] était la première écrivaine africaine à parler avec autant de lumière de la condition des femmes. » Véronique Tadjo « C’est en lisant Mariama Bâ que je deviens africaine. [...] Le roman de Mariama Bâ, considérée à juste titre comme une pionnière de la littérature féminine en Afrique subsaharienne est l’un des premiers à rompre le silence des femmes par le biais de l’écriture » Axelle Jah Njiké, LSD, France culture
« On la soupçonne d’être influencée par les idéologies venues de l’étranger. « Si être féministe signifie révéler les tares d’une société, alors je le suis ! », réplique-t-elle aux critiques. Sa vie privée témoigne du même combat pour une vie libre, en conformité avec ses idées. » Kidi Bebey, Le Monde
« UNE SI LONGUE LETTRE, UN VÉRITABLE LIVRE-MANIFESTE FÉMINISTE » Kidi Bebey, Le Monde • le premier roman best-seller de mariama bâ • ce roman épistolaire a reçu le prix noma en 1981 • traduit en 20 langues, il est considéré comme un classique de la littérature féministe. • publié en france aux éditions du rocher, il a été édité en plusieurs formats (Motifs, poche) • un roman étudié partout dans le monde, et régulièrement cité...
Un livre au cœur d’un écosystème créatif Axelle Jah Njiké, la préfacière Autrice afropéenne, podcastrice et militante féministe, Axelle Jah Njiké est l’autrice de lé série radiophonique «Je suis noire et je n’aime pas Beyoncé», dont le premier épisode est consacré à Mariama Bâ, (cf LSD, France Culture).
Elke Foltz, l’illustratrice (couverture) Elke Foltz est une peintre française, née en 1990. Elle a des origines allemandes et sénégalaises. Elle vit et travaille à Berlin. Pour la couverture, elle a travaillé dans les tons ocres et rouges de la terre au Sénégal.
Alexandra Déglise, la comédienne Comédienne et metteuse en scène basée en Martinique, Alexandra Déglise prête sa voix pour l’enregistrement d’extraits sonores d’Un chant écarlate, disponibles sur le site internet des Prouesses à la sortie du livre.
Extrait d’Un chant écarlate
7
Mai 1968 trouva la famille de La Vallée à Paris. À cette époque, Mireille était confrontée à des états d’âme languissants. Un tourment nourri de désir exacerbé par la solitude la consumait. Dans son être, ses élans se coagulaient. Comme elle aurait aimé se départir de sa réserve, de son attitude polie, de son calme quotidien, et extérioriser les troubles qui l’habitaient. Elle avait acquiescé à toutes les exigences de l’intransigeant Ousmane. Les difficultés de leur entreprise, cruellement projetées à ses yeux, ne la découragèrent pas. Ousmane tonnait : « Je te dissuade de choisir ! » « Ne fais pas de moi ton élu ! » « Il en est temps encore ! » Mais ces exhortations n’empêchaient pas Mireille d’avancer. La religion dont elle avait promis de se dépouiller n’était plus un vêtement à sa taille depuis longtemps. Trop d’interdictions, à mesure qu’elle grandissait, le rendaient de plus en plus étriqué. Elle ripostait :
L’habitat religieux que tu me proposes ne me va pas mieux que celui dont tu exiges l’abandon. Mais je l’endosse... Sans enthousiasme. Ne magnifie pas mon geste. Il est sans grandeur. Il ne recouvre aucun sacrifice. Il n’est pas arrachement. Il n’est que la logique d’un processus déjà déclenché, avant notre rencontre. Elle aussi, elle regimbait. Je suis décidée à rester Moi pour l’essentiel, pour les valeurs auxquelles je crois, pour les vérités qui m’éclairent. Ne voulant pas faire de toi un pantin entre mes mains, j’accepte d’avance tes refus comme des cris de conscience. Je ne peux donc moi aussi t’apporter en guise de dot une liste de renoncements. Je ne serai pas malléable, épousant toutes les formes de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas seulement ici le visage du travailleur immigré qui vit un dur exil pour nourrir sa famille lointaine. Elle dégoûte, sous les lumières crues, accrochée pour survivre à des manteaux de femme. Tant d’histoires me sont contées, vomies dans des hoquets et des rictus hideux. Les victimes de promesses délibérément violées, celles dépouillées de leurs biens par des fiancés nègres volatilisés, me mettent en garde quand je parle de toi. Mais je me dis que les drames passionnels n’ont pas rayé l’Amour du monde. Chaque être est condamné à vivre son expérience propre. Je souhaite la mienne réussie. Je suis Amour et Volonté. Et parce qu’elle se sentait « Amour et Volonté », comme elle aurait souhaité attiser quotidiennement au vent de la révolte estudiantine le feu qui la brûlait ! Mais son père, rigide comme toujours, demeurait l’écluse
Extrait d’Un chant écarlate qui referme ses vannes prudemment, avant tout débordement. — Non, ma petite. Tu ne sortiras plus d’ici. Avec ces émeutes ! Avec ça (son « ça » favori dont il recouvrait tout ce qu’il n’aimait pas), ces coups donnés et reçus, on ne sait jamais. Pour endormir la vigilance paternelle, Mireille se contenta de participer épisodiquement à l’ébranlement. Mais comme elle se sentait aussi passionnément motivée que ses copains, la plupart enfants de bourgeois comme elle, situés à l’aile la plus dure des émeutiers ! La famille traditionnelle les révoltait, comme une institution à démanteler pour en repenser le contenu, restreindre le pouvoir et remodeler les limites. L’école qu’ils pratiquaient les brimait. À leurs yeux, elle se révélait être l’appui de la famille. M. de La Vallée croyait sa fille « en dehors de la fournaise » grâce à son autorité et à sa persuasion. Revenu de son lieu de travail, il relatait les événements, à sa manière, dans les sens de l’optique gouvernementale répercutée par les ondes et la télévision. Mais Mireille s’évadait la nuit et vivait bien la fournaise. La mêlée écoulait sa colère. La violence de la tempête la ressuscitait. Le tonnerre déclenché drainait ses aspirations fougueuses de bouleversements sociaux. La fournaise convenait à son choix de vie et faisait corps avec son inhabituel engagement amoureux. En ces heures troubles de déchaînement sans retenue, Mireille avait deux visages qu’elle troquait l’un contre l’autre, habilement. Celui de la jeune fille sereine de l’appartement tranquille lui convenait moins que le masque décidé de l’étudiante engagée.
Que dirait son père, s’il la voyait, en jean retroussé jusqu’aux cuisses, cheveux au vent, œil brillant, à la bouche tous les gros mots bannis du vocabulaire de l’appartement. Sa mère s’évanouirait encore si elle la savait à la tête des émeutiers, lançant comme eux des armes hétéroclites sur les voitures et les vitrines. Le courrier de Mireille relatait à son ami les événements qui bousculaient la capitale. Le refus de la ségrégation entre filles et garçons, dans la même université où on avait apostrophé le ministre de la Jeunesse n’a été que le prétexte pour l’éclatement d’un conflit latent. Bien sûr, Mireille abondait dans le sens de ceux qui désiraient l’abolition des règles établies, tandis que son père dépassé et écœuré par les événements, grognait : — Cette jeunesse ! Cette jeunesse ! De l’audace, elle en a à revendre (il ne parlait pas de courage, remarqua sa fille). Cette jeunesse, plus on lui cède, plus elle exige. Elle est inconsciente. Parlementer avec elle, c’est la démission. La mater ! L’écraser ! Si j’étais à la place du ministre de l’Intérieur ! Ce sont des cadavres que leurs faibles parents ramasseraient. Je te retiens bien ici (il désignait Mireille du doigt, ignorant ses fugues). Si tous les pères avaient pris leur responsabilité ! Eh bien, il n’y aurait plus de manifestants ! Plus de manifestants, plus de barricades ! Plus d’affrontements. Et M. de La Vallée réajustait ses bretelles remises en service par le dévouement de sa femme qui suivait avec angoisse son
Extrait d’Un chant écarlate amaigrissement. L’exacerbation des nerfs de M. de La Vallée soumettait son épouse à une dure épreuve. Et Mireille informait son ami : Quant à Maman, Ousmane, elle est acceptation devant son époux. Elle répète à nos visiteurs, sans tenir compte de leur opinion sur la « marée » (un mot de papa), ce qu’elle retient des arguments de son mari contre « les fous » (un autre mot de papa). Mireille terminait ainsi : La ligne droite, favorite de mon père, n’existe plus. Tout, en ces lieux, est brisé, tordu. La remise en cause de ses conceptions sur l’honneur, le devoir, l’obéissance déséquilibre mon père. Ses larges gestes, ses fulminations, ses allées et venues inlassables dans l’appartement n’ont pas empêché le sinistre réveil du matin du 11. Les rues des quartiers assiégés par les étudiants étaient jonchées de décombres. Persistait, incommodante, l’aigreur de la fumée des incendies et des grenades lacrymogènes. Ah ! Comme j’ai participé aux émeutes ! Comment te communiquer l’ivresse d’écouler dans le fracas de l’affrontement ma haine des conventions ? Comme j’ai joui d’un coup de pied donné sur le visage d’un défenseur de l’ordre ! J’ai cassé avec plaisir quelques voitures de ces messieurs guindés, qui prônent fraternité, humanisme dans leurs discours et qui ont des cœurs secs. Ah ! Comme j’ai participé, Ousmane ! Le lendemain, une autre lettre :
Des négociations n’ont rien apporté. Les ouvriers ne se reconnaissent pas dans les compromis signés par leurs dirigeants syndicaux. La grève est reine et la ville pue. L’odeur du poisson sec qui malmène tes narines le soir au Grand-Dakar doit être plus agréable que les relents qui nous entourent... Les bourgeois qu’abandonnent leurs enfants, remplacés par des animaux dans leur tendresse, ne savent plus que faire de leur temps : la puanteur de la rue les cloître. Et quand ils sortent, les braves bourgeois, ils ont du mal à trouver le pied d’arbre ou le rebord de mur où leurs chiens se soulagent. À la place des tas dégoûtants de crotte qu’un talon étourdi écrase et éparpille sur les trottoirs, nous avons des monceaux de saletés : boîte en fer, coton, détritus, épluchures. J’entends la prière des bourgeoises : « Dieu ! faites revenir les éboueurs ! Les marchands des quatre saisons ! Les épiciers aussi ! Tout manque ! L’essence ! L’argent ! » L’abondance houspillée a fui. Mes camarades et moi continuons à rechercher « la plage sous les pavés ». Notre cri « Il est interdit d’interdire » reste souverain. À bientôt. Mireille
À propos d’Un chant écarlate « Dans Un Chant écarlate, Mariama Bâ se livre à une critique de la pathologie de la différence ou, pour reprendre les termes de Franz Fanon dans Peau noires, masques blancs, de ce « manichéisme délirant » auquel conduit toute idéologie identitaire excluant dialogue et compromis.» Jeanne-Sarah de Larquier in Pour un humanisme du compromis dans Un chant écarlate de Mariama Bâ, The French Review, vol.77, No.6, Mai 2004
« C’est son âme que Mariama Bâ livre au lecteur. Elle ne reste pas extérieure à ses personnages. On sent son intérêt pour les femmes, quelle que soit la couleur de leur peau. Leur émancipation est sa cause. Sa hauteur de vue, sa noblesse de cœur pour juger les sociétés et les humains font d’elle une internationaliste convaincue. [...] Un chant écarlate est un enseignement pour les femmes. Mariama Bâ leur montre les dangers de tout abandonner au profit d’un homme, de s’investir totalement dans l’amour. L’auteur a compris, comme beaucoup de femmes, que les femmes émancipées vivent une époque dangereuse où elles peuvent croire que les hommes ont accepté l’égalité des femmes. Croyant cela, elles sous-estiment la force des préjugés accumulés depuis des siècles, ancrés profondément dans l’idéologie masculine et qui ressortent chez beaucoup (sans qu’ils en prennent conscience souvent). Les mentalités ne changent pas vite, les révolutionnaires doivent le savoir. » Isabelle Eynard, critique littéraire, in Mariama Bâ ou les allées d’un destin, Mame Coumba Ndiaye, NEAS, 2007
« Ce roman doit-il être interprété à travers la même grille que ses autres écrits qui débordent en général de leur cadre de création. Les idées qu’elle défend ici s’inscrivent plutôt comme un véritable plaidoyer pour l’épanouissement des valeurs universelles et leurs retombées heureuses sur les bonnes volontés. En atteste le soutien apporté à son frère dans le choix de son épouse, une jeune française de pure souche. Des relations épistolaires avaient contribué à leur rapprochement, et une première enfant née du couple, la petite Mariama, devait être le symbole vivant de leur amitié. Elle écrivait dans ce sens : « Il y a l’homme partout, quelles que soient sa couleur et sa langue. Il faut savoir hisser son cœur au rythme de l’univers. Admettre et œuvrer pour l’ère du bannissement des frontières, l’ère des grands ensembles, dans l’âge du grand dialogue. Je souhaite une réception de l’homme de plus en plus axée aux divers pollens fécondants des floraisons qui l’entourent. Certainement se lèvera un jour où tous les jets nobles vaincront réticences et préjugés, nourris des valeurs universelles. Et l’amour, le vrai, jaillira dans sa véritable essence, aux sources même de la vie.» Mame Coumba Ndiaye, in Mariama Bâ où les allées d’un destin, NEAS, 2007
éditions JOU
La Nuit je suis Bu y Summers Chloé Delaume Préface Pacôme Thiellement Littérature 160 pages - isbn : 978-2-9561782-5-5 - 13 euros
Sortie le 3 avril 2020 reportée au 28 août Distribution Serendip livres
L’hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l’agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu ; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le tra c d’organes orchestré par l’in rmière en chef et la dénommée Bu y Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde. En n si vous êtes prêt à jouer. Roman interactif s’inspirant des traditionnels livres dont vous êtes le héros, La nuit je suis
Bu y Summers mêle fan- ction et détournements littéraires. Il a été publié pour la première fois en 2008 aux éditions ère. Chloé Delaume est née en 1973. Elle pratique l’écriture sous de multiples formes et supports depuis bientôt deux décennies. Beaucoup de textes courts, près d’une trentaine de livres comme autant d’expériences. Romans, fragments poétiques, théâtre; auto ctions. Son dernier ouvrage, Mes bien chères sœurs est paru au Seuil en 2019. www.chloedelaume.net
éditions JOU 60 rue Édouard Vaillant, 94140 Alfortville – France mail : contact@editionsjou.net http://www.editionsjou.net
LA RÉVOLTE A PÉRPÉTUITÉ Sante Notarnicola Traduit de l’italien par Gérard Fellay
Notarnicola n’est pas seulement un précurseur de la guérilla urbaine d’origine populaire, il est aussi une espèce de symbole des risques et de la dignité de la révolte sousprolétarienne contre toutes les tentatives de la détruire, contre toutes les tentations de se détruire.
En librairie 12. 2022 Collection La Parole au peuple En bas poche 35 Format : 11,1 x 18,4 cm Pages : 192 p. Reliure : broché, collé rayon : Récit Relations internationales et géopolitique -Sciences politiques Prix : 25 CHF.- / 18 € ISBN 9782829006579
PRÉSENTATION
D’un certain point de vue, Sante Notarnicola n’est qu’un assassin coupable de holdup sanglants. Très exactement un de ces droit commun, haïs par la bourgeoisie et largement méprisés par les socialistes. La manière dont Notarnicola raconte son itinéraire oblige à réfléchir autrement. On voit comment d’une situation typiquement sous-prolétariene (la pauvreté rurale, l’institution pour enfants, les travaux occasionnels d’un immigré du Sud dans la banlieue de Turin) naît une révolte profonde qui s’exprime de plus en plus difficilement dans le cadre du parti communiste et va exploser dans une violence dont Notarnicola fait aujourd’hui une critique politique. Condamné à la prison à perpétuité, transféré depuis 11 ans [en 1977] de pénitencier en pénitencier pour sa participation à la lutte des prisonniers,
AUTEUR Sante Notarnicola est né en 1938 dans le Sud de l'Italie. Vingt-neuf ans plus tard, il est arrêté à la suite d'une chasse à l'homme dont les proportions frappèrent à un DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE
tel point l'imagination des populations qu'un metteur en scène de troisième ordre
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à l'affût d'affaires juteuses se dépêcha d'en faire un mauvais film au titre
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alléchant : Banditi a Milano. Mais à ce moment-là, personne n'aurait pensé que
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quelques années plus tard ces chasses à l'homme allaient devenir monnaie
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courante dans la quasi-totalité des pays européens, que de la chasse au bandit
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l'on allait passer à la chasse aux révolutionnaires dans le plus pur style « Belle Époque », l'Allemagne se singularisant même par la réintroduction de la pratique
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hideuse de la mise à prix des têtes recherchées, avec affiches dans tous les lieux
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publics. Sante Notarnicola est décédé à Bologne le 22 mars 2021.
Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr
Ivan Havel
Éditions du Canoë
2023
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Janvier
Genre : fiction Traduit du tchèque et annoté par Erika Abrams Postface de Václav Havel 9 dessins de l’auteur Format : 12 x 18,5 cm Pages : 160 Prix : 18 € ISBN : 978-2-490251–71-1 Ivan Havel (1938-2021), exclu du collège au lendemain du coup de Prague pour cause d’ascendance bourgeoise, a obtenu en 1971 un doctorat en science informatique à l’université de Californie àB erkeley. Spécialiste de l’intelligence artificielle, tenté par tous les tours et détours interdisciplinaires, il a animé des séminaires clandestins de philosophie à Prague avant de fonder en 1990 le Centre d’études théoriques, qu’il dirigera jusqu’en 2008, accueillant notamment les Archives Jan Patočka. Arsémide (1956-2016) est son unique ouvrage littéraire, indépendamment des inspirations apportées dès les années 1960 à l’œuvre dramatique de son frère aîné, élu en 1989 premier président de la Tchécoslovaquie postcommuniste.
Arsémide, objet littéraire non identifiable, qui tient à la fois du mouvement perpétuel, de la bande de Möbius et « un peu du miracle » (écrira la poétesse Viola Fischerová dans une note en marge de la première édition), est, avec quelques poèmes de Jiří Kolář, l’une des très rares traces du legs spirituel de Ladislav Klíma que conserve la littérature tchèque. La première version, commise en 1956 – moitié par jeu, moitié par défi de la part de celui qui, enfant encore, était alors apprenti dans un atelier de mécanique légère – et « publiée » l’année suivante en un unique exemplaire dactylographié, sera ensuite perdue et retrouvée par deux fois avant de connaître trois éditions (1997, 2004, 2016) et autant d’augmentations successives et asynchrones pour aboutir à la « féerie en 41 tableaux et quatre versions » qui a servi de base à la traduction française. Au moment où la mort l’a surpris, l’auteur travaillait même à une cinquième, qui aurait porté le total des tableaux au-delà de 50 – non en en remettant une couche pardessus, mais comme la vie, palimpseste qui oublierait de s’effacer, en entretissant le neuf à l’ancien. Tantôt poème, en prose ou en vers, tantôt inventaire, vaticination, fable, saynète, mini-essai, parabole, paradoxe, canular, confession, dialogue, mise en abyme, semé de clins d’œil à Joyce ou à Morgenstern, à Tchekhov ou à Charlot, avec un arrière-parfum d’oulipisme avant la lettre, c’est une œuvre d’art (les illustrations aussi sont de l’auteur) et de pensée totale. Absurde au sens le plus vivifiant du terme. D’une lecture intimement réjouissante par temps de détresse. « … œuvre singulière, insolite, étrange […] monolithe d’originalité jusque dans la différentielle de la syllabe ou l’atome du phonème… »
Václav Havel
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MARLENE VAN NIEKERK
TRIOMF Traduit de l’afrikaans PAR DONALD MOERDIJK ET BERNADETTE LACROIX ROMAN
Format : 11.1 X 18.4 cm Pages : 528 p. Reliure : broché, collé Collection en bas poche grand format Rayon : Roman CLIL : 3444 Prix : 20.- € Parution : janvier 2023 ISBN : 978-2-8290-0557-2
MOTS-CLEFS fin apartheid | lumpenproletariat blanc | racisme | bidonville
Marlène Van Niekerk retrace la vie d’une famille blanche pauvre, les Benade, au cours des deux mois qui ont précédé les premières élections libres en Afrique du Sud, en novembre 1994. La famille Benade vit dans des conditions misérables depuis plusieurs générations. Chez les Benade, l’inceste est érigé au rang de tradition. Humiliés et désespérés, ils réussissent cependant à obtenir un logement dans le nouveau quartier blanc, Triomf, érigé sur les ruines de Sophiatown, ancienne township de Johannesburg rasé par le pouvoir de l’apartheid. C’est l’histoire d’un double traumatisme, celui de la pauvreté et celui d’un régime qui s’effondre en emportant dans son naufrage les quelques rares points de repère qui permettaient encore à cette famille du sous-prolétariat afrikaner de survivre. La famille se referme alors sur sa honte et ses secrets dans son carré encombré de gravats et d’ordures. La langue des Benade se réduit à un état brut, sa syntaxe est des plus frustes. Le plongeon final aura lieu le 24 novembre 1994, jour des élections. « Secrets de famille », rugit Lambert, fouillant dans les paperasses d’un tiroir autrefois fermé à clef. Tout est dans la famille : de Mol, Pop, Treppi et Lambert ; sans oublier chiens, carcasses de voiture et frigos, éléments intrinsèques de cette famille Benade complètement paumée. Et pourtant le rire n’est jamais loin des larmes, alors que scènes loufoques et paroles profondes se croisent sans cesse sous les yeux ébahis du lecteur captivé tant par l’histoire (les histoires) que par l’écriture de Marlene van Niekerk, faite de cynisme et de tendresse, de cruauté et de compassion. AUTEUR Marlene van Niekerk est une écrivaine sud-africaine de langue afrikaans. Elle est née le 10 novembre 1954 près de Caledon, dans la province du Cap. Elle étudie les langues et la philosophie à l’université de Stellenbosch, où elle écrit ses premières pièces de théâtre. Marlene van Niekerk est actuellement professeure d’afrikaans et de néerlandais à l’université de Stellenbosch. Agaat est paru aux Éditions Gallimard, Collection Du monde entier, dans une traduction de l’afrikaans de Pierre-Marie Finkelstein en 2014.
Ce jour-là, les cafres ont dû déguerpir si vite qu’ils ont même pas eu le temps d’emmener leurs clébards. Pas mal de leurs affaires y sont restées. Des buffets entiers, remplis de vaisselle. T’entendais les trucs se casser quand les bull dozers sont passés. Des lits, des cuvettes en émail, des bassines en tôle, toutes sortes d’affaires. Tout, ils écrabouillaient tout ce qui se trouvait là devant eux. Fallait voir ça. Les cafres, ils hurlaient et couraient partout comme des fous. Ils essayaient de ramasser ce qu’ils pouvaient, pour l’emporter dans les camions quand on viendrait les prendre. Et les chiens des cafres, ils aboyaient et jappaient, ils se fau filaient pour éviter tous ces trucs qui tombaient et se cassaient la gueule. Y en avait partout. Mol se rappelle bien ce jour-là. Quand ils avaient emmené le premier lot de cafres. Il pleuvait. C’était en février 1955. Eux, elle et Pop et Treppi, de l’autre côté de la rue Ontdekkers, tout au bout, regardaient. Parce que Treppi avait entendu dire qu’ils avaient un projet au Développement communautaire : construire des maisons bon marché pour des « Blancs économiquement faibles », là où il y avait Sophiatown avant. Ça allait s’appeler Triomf, le nouveau quartier, à ce qu’ils avaient entendu dire. Seulement pour Blancs. On allait commencer à construire en 1960. — De Fietas à Triomf ! qu’il a dit, Treppi. Fallait plus qu’ils se plaignent de ne pas avancer dans la vie. Plus tard, Fietas aussi a été rasée. Juste après qu’ils étaient partis. Là aussi c’était un beau foutoir, à Vrededorp. Fietas s’appelait Vrededorp, le Village de la Paix : en fait, c’était ça son vrai nom. Gerty se tortille dans les bras de Mol. Mol la pose, et se retourne encore une fois pour regarder le tas. Il va creuser encore combien, Lambert ? Dieu seul le sait. C’est pour de l’essence, dit Lambert. Il veut stocker de l’essence là-dedans. Pour le jour où ça merdera, après les élections, qu’il dit. C’est Treppi qui est toujours après lui, à lui fourrer des conneries comme ça dans la tête. 6
Virgil Gheorghiu
Éditions du Canoë
2023
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Mars
Copyright : tous droits réservés.
Genre : roman Format : 12 x 18,5 cm Pages : 800 Prix : 32 € ISBN : 978-2-490251-73-5 Un seul livre, La 25e heure, paru en 1948, aura suffi à faire la célébrité de Virgil Gheorghiu. Né le 9 septembre 1916 à Războieni, dans le judeţ de Neamţ, Virgil Gheorghiu est l’aîné de six enfants d’un pope. À douze ans, ne pouvant aller au séminaire faute d’argent, il entre au lycée militaire de Chişinău, où il fait ses premières armes de poète, puis à la Faculté de Lettres et de Philosophie de Bucarest. Il publie plusieurs recueils de poésie, avant de devenir reporter de guerre à partir de 1941. Après l’invasion de la Roumanie par les troupes soviétiques, il choisit l’exil avec sa femme. Arrêté « automatiquement » par les autorités américaines, le couple est balloté de camp en camp pendant près de deux ans. Libérés « automatiquement », ils entrent clandestinement en France, avec le manuscrit de La 25e heure. Dès sa sortie, le livre rencontre un immense succès public et critique qui propulse Gheorghiu au premier rang des écrivains de l’immédiat après-guerre. Mais en 1952, une violente campagne est lancée contre lui par les Lettres françaises qui entachera durablement sa réputation, et nuira à la suite de sa carrière littéraire. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont une grande partie de romans, ainsi que quelques essais spirituels, Virgil Gheorghiu est ordonné prêtre de l’église orthodoxe roumaine à Paris, en 1963. En 1986, il entreprend la publication de ses Mémoires, qui devaient compter sept volumes. Après la chute du Mur de Berlin, il s’engage activement dans le combat qui mènera à la chute des Ceauşescu. Il meurt à Paris le 22 juin 1992.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Écrit en 1982, Dracula dans les Carpates est le dernier roman de Virgil Gheorghiu. Inédit en français, le manuscrit en a été retrouvé quinze ans après sa mort. Renouant avec la veine de ses grandes œuvres (La 25e heure, La Seconde Chance, Les Sacrifiés du Danube, La Cravache, etc.), Gheorghiu confronte une fois de plus la Roumanie de son enfance, une Roumanie à la fois traditionnelle et éternelle de petites gens, paysans pour la plupart, avec la violence de l’Histoire incarnée par le dernier envahisseur, l’empire soviétique. Avec un sens aigu de l’absurde kafkaïen de ce nouveau maître, Gheorghiu revient sur cette date fatidique de l’invasion russe qui fait suite à tant d’autres invasions depuis 2000 ans. Sans pour autant donner quitus aux empires concurrents, le B ritannique notamment, incarné par cet I rlandais, B aldin Brendan, diplômé en vampirologie, venu dans les C arpates rechercher les traces de Dracula, Gheorghiu démonte, dans ce roman haletant et grinçant, la mécanique du totalitarisme avec sa bêtise mauvaise qu’appliquent subalternes et exécutants zélés, face aux valeurs ancestrales d’un peuple tétanisé, attaché à ses traditions, et face aux brigands, aux hors-la-loi, les haïdouks gardiens du sens, qui résistent ouvertement depuis leurs refuges montagnards. L’arbitraire règne, la rationalité n’a plus cours, la guerre des logiques contradictoires fait rage dans un climat de cocasserie et d’effroi. Avec ce roman d’une grande virtuosité, construit comme une tragédie grecque, Gheorghiu semble avoir plongé les haïdouks de son compatriote Panaït Istrati dans l’univers grotesque et inquiétant des grands romans d’Ismaïl Kadaré.
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
UN SACRÉ BOUT DE CHEMIN
«
Je n’ai rien à vous donner que mes chants.
Toute ma vie, j'ai été un troubadour vagabond, me nourrissant surtout de la poésie de l'existence. Et tout ce que je vous offre ici, c’est l'essence poétique de mon expérience.
»
RÉSUMÉ De la Jamaïque à Harlem, de Marseille à Tanger, en passant par Londres, Moscou ou Paris, Claude McKay revient sur les années les plus prolifiques de son parcours d’écrivain (1918-1934). Celles qui ont notamment vu naître Banjo et Romance in Marseille.
À contre-courant des mouvements de son époque, son itinéraire et son expérience — ponctués par des rencontres avec Bernard Shaw, Sylvia Pankhurst, Trotski, Lamine Senghor, Max Eastman Charlie Chaplin ou Isadora Duncan — en font un témoin privilégié de l’histoire politique et culturelle de son temps et façonnent une identité diasporique singulière qui influencera plus tard les poètes de la Négritude.
Œuvre complexe et puissante qui retrace l'errance d’un libre-penseur noir dans un monde blanc, Un sacré bout de chemin surprend par la modernité de son discours, mettant en premier lieu la critique du rejet et du racisme, jamais dupe devant le racisme ordinaire des élites blanches de la gauche européenne ou l'élitisme de l'intelligentsia noire de la Renaissance de Harlem.
L'AUTEUR Né en 1889 en Jamaïque, Claude McKay est l’auteur de recueils de poésie et de romans, parmi lesquels Home to Harlem (1928), Banjo (1929) et Romance in Marseille (publié de manière posthume en 2020). Il est considéré comme l'un des écrivains les plus emblématiques mais aussi les plus marginaux de la Renaissance de Harlem, reconnu pour son intense engagement à exprimer les défis et les problématiques auxquels sont confrontés les Noirs aux Etats-Unis et en Europe. Personnage complexe et fascinant, il publie son autobiographie, A long way from home en 1937. Claude McKay est mort en 1948 à Chicago.
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DE HARLEM À TANGER : LE PELERINAGE MAGIQUE D'UN "VAGABOND AVEC UN BUT" Claude McKay est un électron libre, un personnage complexe et fascinant. Voyageur infatigable, il est l'écrivain vagabond et sans frontières de la Renaissance de Harlem. Se décrivant comme poète, il est journaliste à New York et à Londres et coudoie la presse d'extrême gauche ; à Moscou, il joue au porte-parole révolutionnaire sans jamais totalement adhérer au communisme ; Marseille et Tanger consacrent le romancier, McKay s’y faisant le chroniqueur de la question raciale, abordant la place des populations noires sous un angle social et non communautariste.
Sa trajectoire singulière en fait un
«vagabond
avec but
»
qui interroge la perception des
cultures noires dans la société occidentale et préfigure une deuxième partie de XXe siècle marquée par l’exil, l’immigration des populations noires et la décolonisation.
Photographies de Claude McKay à Mocou (années 1920)
Première édition publiée en 1937 par Lee Furman (illustration d'Aaron Douglas)
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D'INNOMBRABLES ARCHIVES Héliotropismes s'est emparé de la traduction de Michel Fabre, d'abord publiée par André Dimanche et devenue introuvable. Après un travail de révision et de correction, les éditeurs ont fait un remarquable travail d’archive pour accompagner la lecture de nombreuses photos, poèmes, lettres ou articles. En plus de la postface originale du traducteur, une préface de Claudine Raynaud et une note de Richard Bradbury complètent l’appareil critique.
UN SACRÉ BOUT DE CHEMIN / CLAUDE MCKAY Editions Héliotropismes
Traduction : Michel Fabre
Collection : Harlem Shadows n°2
Préface : Claudine Raynaud
Parution : 7/6/2022
Postface : Richard Bradbury & Michel Fabre
ISBN : 979-10-97210-10-6
Dessins et graphisme : Carlos Chirivella Lopez
Format : 148 x 210 mm
Edition : Renaud Boukh & Armando Coxe
Prix : 23
€
TTC
LA COLLECTION : HARLEM SHADOWS «
Mecque noire
»,
lieu providentiel et sacralisé, chargé d’un symbolisme fécond mais équivoque,
le Harlem des années 1920 a cristallisé le rêve d’une ère nouvelle empreinte de liberté, de fierté raciale et de foisonnement culturel. Si le mouvement culturel qui y vit le jour se heurta rapidement à d’infranchissables dilemmes (volonté de respectabilité, d’élitisme et par conséquent méfiance des arts populaires) et finit par s’essouffler, l’ombre de la Renaissance de Harlem, à travers des voix et des talents comme ceux de Langston Hugues, Zora Neale Hurston, Claude McKay, Ann Petry, Aaron Douglas ou Duke Ellington, finira par s’étendre aux mouvements sociaux, politiques et culturels noirs du monde entier. Avec cette collection, qui emprunte son nom au recueil de poésie de Claude McKay, Harlem Shadows, nous souhaitons mettre en lumière les voix singulières, les récits perdus ou périphériques qui ont gravité, gravitent et graviteront autour, en marge ou dans l’orbite du New Negro.
HÉLIOTROPISMES Créée en 2017 à Marseille, Héliotropismes est une maison d’édition qui publie de la littérature des marges et s’intéresse aux mémoires sociales qui gravitent en périphérie. Elle porte une attention particulière aux récits-frontière qui retracent les expériences de l’exil, des marges sociales ou urbaines, sans aucune concession. Qu’ils se situent à l'intersection de plusieurs thématiques sociales, qu’ils soulignent la spécificité de conditions marginales et l’interaction des catégories de différence, les textes que nous défendons ont pour vocation de se situer à la croisée des genres, d’où leur trajectoire éditoriale passée, parfois accidentée. Notre maison d’édition fait le choix, au détriment d’une quelconque
«
identité
»
ou
«
ligne éditoriale
»
de mettre en avant la
porosité, l’hybridité des genres littéraires et des sujets abordés. Notre démarche consiste avant tout à se mettre au service d'auteur.e.s dont nous admirons la seule liberté possible.
UN SACRÉ BOUT DE CHEMIN / CLAUDE MCKAY Editions Héliotropismes Collection : Harlem Shadows n°2 Parution : 7/6/2022 ISBN : 979-10-97210-10-6 Format : 148 x 210 mm Prix : 23
€
TTC
Traduction : Michel Fabre Préface : Claudine Raynaud Postface : Richard Bradbury & Michel Fabre Dessins et graphisme : Carlos Chirivella Lopez Edition : Renaud Boukh & Armando Coxe
À PARAÎTRE / NOVEMBRE 2021
PRINCESA FERNANDA FARIAS DE ALBUQUERQUE MAURIZIO IANNELLI
J’avais sept ans et je ne savais pas ce qu’était le péché. Les grands me cachaient les mots, moi, je les leur volais : Tu vois comment il se comporte Fernandinho ? Il ne joue pas comme les autres garçons, il veut toujours faire la fille pour eux !
UN DES PREMIERS TEXTES DE LA LITTÉRATURE TRANSGENRE «Autobiographie» de Fernanda de la «littérature migrante» en
Farias de Albuquerque, Princesa est l’un des premiers textes langue italienne. C'est aussi l'un des récits pionniers de la
littérature transgenre en Europe. Ce roman biographique retrace une vie marquée par la tentative fragile et impétueuse de dépasser les limites imposées, qu’elles soient territoriales, corporelles, identitaires ou linguistiques.
En 1990, Fernanda Farias de Albuquerque, qui se fait appeler Princesa la nuit, est condamnée à plusieurs années de prison ferme pour tentative d’homicide. C’est lors de son incarcération dans la prison romaine de Rebibbia qu’elle rencontre Giovanni Tamponi, un berger sarde qui lui indique l’écriture comme remède à l’enfermement et lui fait connaître Maurizio Iannelli, un ancien brigadiste rouge. La correspondance que les trois détenu•e•s entretiennent à travers les barreaux des cellules et les grilles des fenêtres donne naissance à une multitude de feuillets et de carnets écrits dans une langue hybride, à michemin entre le portugais, l’italien et le sarde. Les fragments épars de cette épistolaire
»
«
spirale
sont ensuite compilés et traduits dans un italien plus standardisé par Tamponi
et transformés en livre par Iannelli, co-auteur avec Farias de Princesa paru en 1994 chez Sensibili alle foglie .
LE RÉCIT De la campagne nordestine, aux métropoles de Rio et São Paulo, la route de Fernando devenue progressivement Fernanda se poursuit sur les trottoirs d’Europe, d’abord en Espagne puis en Italie. La narration, âpre et crue, mélange le motif de la fuite et celui de la transformation. La fuite comme refus de l’assignation à la masculinité, la route comme seul moyen de survie face aux violences des répressions policières à l’encontre des transsexuel•le•s mais aussi comme course vers l’affirmation d’une féminité pleinement assumée. Cet élan sur une route accidentée et saturée d’incertitudes se termine à Rebibbia, un
«
enfer
»
de plus sur lequel la narratrice choisit de faire silence. Au terme de
cette parabole, les lecteur•ices auront cependant entendu une parole violente, trop souvent étouffée.
Princesa / Fernanda Farias de Albuquerque & Maurizio Iannelli ISBN : 979-10-97210-090
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165 pages • Vingt euros Format : Broché 148 x 210 mm
PRINCESA FERNANDA FARIAS DE ALBUQUERQUE MAURIZIO IANNELLI
Il s’est approché, je savais ce qui allait se passer. Je ne me suis pas enfui. J’ai essayé de parler, il n’est sorti qu'un filet de voix : Laisse-moi, je ne veux pas ! Pour moi c'était encore un jeu, moi la vache. Mais il a donné un coup sec et m’a pénétré. C’était la première fois. Mon ventre et ma tête ont été retournés, un vrai supplice. Il s’est déchaîné comme un diable dans ma douleur. Très brièvement, j'ai vu l’eau se teindre en rouge. Je suis devenu blanc de peur. J’ai vomi et pleuré à cause de la douleur, du remords.
».
choses du diable, tu iras en prison et en enfer !
«
Si tu fais les
La fièvre grimpa d’un coup, elle prit possession de moi. Je
tremblais de peur, de honte. Qu’est-ce que tu m’as fait ! Paulo est devenu blanc lui aussi. Mais c’est toi qui voulais ! a-t-il dit. C’était vrai, je le voulais. Ça me faisait mal, mais je le désirais. Simple et inacceptable, c’est ça mon souvenir. C’est comme ça que les choses se sont passées. Il a couru le long de la rivière dans tous les sens pour trouver une herbe, pinhão roxo, celle qui arrête le sang, le coagule. Son chien lui tournait toujours autour, il jouait, sautillait. Paulo a essayé d’essuyer mes larmes et d’arrêter l’hémorragie : mais c’est vraiment la première fois ? Oui. Pourquoi tu me l’as pas dit ? Fernandinho, tu dois pas en parler chez toi ! Dis que tu es tombé sur une pierre pointue, sur une branche. Dis ce que tu veux mais ne le dis pas ! J’avais huit ans, lui seize.
LES DEUX AUTEURS Fernanda Farias de Albuquerque une
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en 2001 à Jesi, en Italie.
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2003
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exerce depuis comme réalisateur et scénariste.
Princesa / Fernanda Farias de Albuquerque & Maurizio Iannelli Traduction : Collectif Princesa Illustrations : Carlos Lopez Chirivella Préface : Anna Proto Pisani Collection : Lire/Péril n°3
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Ed Lacy
Éditions du Canoë
2022
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Mai
Genre : roman policier Format : 12 x 18,5 cm Pages : 192 Traduit de l’américain et préfacé par Roger Martin Prix : 16 € I.S.B.N. : 978-2-490251-61-2 Ed Lacy est un des nombreux noms de plume sous lesquels Leonard Zinberg (1911-1968) se cacha pour publier les romans policiers tirés et lus à des dizaines de milliers d’exemplaires. Auteur sous son patronyme de 4 romans et de plus de 200 nouvelles, il a joué avec le feu. Juif, non croyant, communiste, marié à une Noire et père adoptif d’une petite fille noire, elle aussi, il a eu l’inconscience de faire de ses personnages principaux des militants communistes et de publier des articles dans la presse noire. Victime de la chasse aux sorcières, il reprend son ancien métier de postier qu’il avait exercé entre 1935 et 1940 sans s’arrêter d’écrire des nouvelles qu’il signera Ed Lacy ou Steve April. Abandonnant le roman social et politique, il se lance alors dans le roman noir, genre où se sont illustrés des progressistes comme Dashiell Hammett, Horace McCoy ou Robert Finnegan. Resté fidèle aux valeurs progressistes, il stigmatise dans tous les romans qu’il publie au rythme de 2 par an de 1951 à 1968, le racisme, la misogynie institutionnalisée, le culte de la virilité et des armes, la corruption et la violence pour la violence.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Le héros de Traquenoir est un Afro-Américain nommé Toussaint Marcus Moore. Engagé comme détective pour retrouver l’auteur d’un crime oublié dont l’arrestation constitue le clou d’une émission de téléréalité à gros budget, il doit pister un pauvre Blanc, lequel, malgré la filature serrée dont il est l’objet, se fait assassiner. C’est alors lui, Toussaint Marcus Moore, qui devient le premier suspect… et il est noir ! Si on l’arrête, il est bon pour la chaise électrique. Il faut donc absolument qu’il retrouve l’assassin. L’intrigue est très bien menée. Le suspens ne faiblit pas. Le roman se déroule dans une Amérique blanche et raciste des années du maccarthysme. Bien avant les héros de Chester Himes, Ed Cercueil et Fossoyeur-Jones, Toussaint Marcus Moore est l’un des premiers personnages noirs de détective, faisant de Leonard Z inberg alias Ed Lacy un pionnier au talent incontestable.
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
Éditions du Canoë
2021
4 juin
Sophia de Mello Breyner
Genre : conte Format : 12x 18,5 cm Traduit du portugais et préfacé par Colette Lambrichs Pages : 48 Prix : 10 € ISBN : 978-2-490251-46-9
Une plage du Nord du Portugal battue par les vents et la mer. La beauté simple et joyeuse des gens du cru qui vivent au rythme des marées, de l’arrivée des enfants qui viennent pour les vacances en famille, des menus travaux de tous les jours… et puis, soudain, la mort du maître-nageur écorne ce paradis et, de malheur en malheur, le précipite en enfer, celui de la laideur.
Née à Porto en 1919 dans une vieille famille aristocratique, ayant vécu sa vie à Lisbonne où elle meurt en 2004, Sophia de Mello Breyner est une des voix majeures de la littérature portugaise. Engagée politiquement à gauche, elle a joué un rôle de premier plan dans les combats qui ont permis l’instauration de la démocratie au Portugal. Poète avant tout (elle a publié son premier recueil, Poesia, en 1944), elle est aussi l’auteur de nouvelles et récits pour la jeunesse qui ont enchanté plusieurs générations d’enfants. Dès 1999, elle reçoit le prix Camões, la plus haute distinction au Portugal ; en 2001, le prix Max Jacob et le prix Reine Sophia de poésie. La plupart de ses poèmes ont été traduits en français par Joaquim Vital aux Éditions de la Différence : Méditerranée (1980), Navigations (1988) et Malgré les ruines et la mort (2000).
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com ; tel 06 60 40 19 16
Diffusion-distribution : Paon diffusion.Serendip
NICOLAS BOKOV
L'un et l'autre
édition bilingue – inédit – Traduction Christian Mouze Format : 11,5 x 24,5 cm 36 pages Couverture rempliée – broché 100g prix public : 15€ Disponible septembre 2022
ISBN : 979-10-95625-20-9
« Publiés » à l'origine artisanalement par leur auteur à quelques exemplaires [Samizdat], ces courts poèmes évoquant la forme du haïku pourraient être une méditation sur l'automne et celui de la vie. Nicolas Bokov, connu en France depuis la publication anonyme de Nikto aux Lettres nouvelles en 1973, recherché par le K.G.B. pour ses écrits ouvertement critiques à l'égard du régime soviétique, s'est réfugié en France à partir de 1975 où une dizaine de ses livres sont publiés aux éditions Noir sur Blanc.
Niko Todassio (Nicolas Bokov) 1 Sur mon chemin tombe le fruit d’un prunellier. J’ai souri sans le vouloir. Le vent déjà s’éloigne.
2 Au crépuscule je me rappelle les enfants. Sans doute ont-ils peur de marcher dans la nuit ; Comme moi jadis, il y a bien longtemps, bien longtemps. Et volontiers, Je les eusse rassurés.
3 Le voyage à Kyoto de nouveau se dessine. D’ailleurs, les nuages au ciel valent un parterre de pensée.
4 Le melon aux rayures Invite à réflexion. C’est un fruit tigre. Un blason de grossesse.
5 Feuillage rassis. Ciel froid. Le cœur se serre. Et des yeux, le goutte-à-goutte.
6 Oh, Oiseau solitaire de la forêt d’automne. J’ai envie aussi
NIKOLAÏ OLEÏNIKOV
Poèmes Édition bilingue – inédit – traduction : Anne de Pouvourville Format : 18 x 17 cm 48 pages – couverture rempliée - broché 100g Chaque exemplaire est enrichi (couverture) d'une peinture originale de ZAVEN PARÉ prix public : 25€ Disponible septembre 2022 ISBN : 979-10-95625-19-3 Les poèmes de Nikolaï Oleïnikov (1898 – 1937) proche du mouvement Obériou (Harms, Vvedenski, Zabolotski…), ne furent quasiment pas publiés de son vivant. Oleïnikov fut redécouvert (en U.R.S.S. et à l'étranger) à la fin du XXe siècle. Cette édition imprimées en 3 couleurs tente de restituer un peu de la folie joyeuse de ce très grand poète encore peu connu.
Nicolas MILLET
reprendre, haleine
Format : 17,5 x 24,5 cm 96 pages Couverture rempliée – 2 couleurs - broché
prix : 25€ Disponible début novembre 2022 ISBN : 979-10-95625-21-6 Nicolas Millet est poète, traducteur ( Emily Dickinson, Hopkins, …) et depuis peu éditeur (ed. Atmen).
Un seul long poème, à la forme singulière où chaque page et chaque mot respirent en lien avec tous les éléments (ponctuations, espaces, …) qui disent l'expérience d'une résurgence intime. reprendre haleine est le premier livre de Nicolas Millet aux éditions Harpo &.
Harpo &
16, impasse du Portail Neuf
84820 Visan
tel. : 06 29 30 87 58
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reprendre
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—
le poète
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dit,
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mots
« exigent appellent ou
illuminent
de proche en proche, (…) leur apparition, l’obsession
de leur
présence (…) germes
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TABLEAU NOIR Texte de Bruno Yvonnet, 1989
La France s'appelait autrefois la Gaule. Les Gaulois vivaient groupés en tribus et peuplades qui se querellaient souvent. Alors, pour sauver ses compagnons qui allaient mourir de faim, Vercingétorix se rendit à César. Après sa mort, on raconta sur lui des choses extraordinaires : on l'appelait l'empereur à la barbe fleurie. On disait que d'un seul coup de son épée, il tranchait en deux un soldat tout armé avec son cheval. Un moine, Pierre l'Ermite allait de villages en villages répéter la même chose. Les gens criaient : « partons, Dieu le veut ! ». Plus de la moitié périrent. Au bout de trois ans, les survivants, commandés par Godefroy de Bouillon, arrivèrent à Jérusalem, et la prirent d'assaut. À la bataille, il n'avait peur de rien. Mais il n'aimait pas la guerre. Il était aussi très juste. Et il rendait souvent la justice lui-même sous un chêne du bois de Vincennes. Dans cette cohue, les flèches ennemies pleuvaient comme neige et leurs coutiliers achevaient les cavaliers tombés à terre. Jusqu'à la nuit, le carnage continua. Malgré ses parents, elle voulut partir. Enfin le seigneur de Vaucouleurs lui donna six hommes d'escorte, les gens du pays lui achetèrent un cheval. Alors commença son supplice, qui dura un an. L'évêque Pierre Cauchon, ami des Anglais, essayait de la faire passer pour une mauvaise chrétienne ou une sorcière. Enfin, l'odieux tribunal déclara qu'elle serait brûlée vive. Il fit enfermer dans des cages de fer ceux qui lui résistaient. Aux poètes qui faisaient de jolis vers, il donna des pensions. Luimême composait des chansons et des poèmes. Cela finit par une guerre de religion. Un homme bon et raisonnable, le ministre du roi, Michel de L'Hôpital, leur disait : « c'est très mal de tuer quelqu'un parce qu'il ne pense pas comme vous. » En 1610, les Français apprirent qu'on l'avait assassiné. Ils pleurèrent beaucoup. « Ah ! disaient-ils, nous avons perdu un père ». Alors, les députés du TiersEtat, avec quelques députés du Clergé, s'en allèrent dans une autre salle, où on jouait quelquefois à la paume. En souvenir de cette victoire du peuple, le 14 juillet est devenu fête nationale. Le lendemain soir, le maire réunit les invités de la veille. Au dessert, il se leva ; et, de sa belle voix de ténor, accompagné au clavecin par sa nièce, il entonna : « Allons enfants de la Patrie ». Bientôt le chant fut connu dans le midi. Et au couplet « Liberté, Liberté chérie ... » ils tombaient à genoux et fondaient en larmes. L'année suivante, ce fut le tour des Prussiens à Iéna ; puis celui des Russes à Eylau et à Friedland. Les soldats étaient émerveillés. Mais les Russes brûlèrent la ville et il fallut l'évacuer. Alors commença une terrible retraite. Cela dura trois journées (les trois glorieuses) : 27, 28 et 29 juillet 1830. Les soldats vivaient dans la boue et la vermine, ayant faim, ayant froid, décimés par les balles, les obus, les mines, les gaz asphyxiants. En 1917, cependant les Français se décourageaient. Le 11 novembre 1918, les cloches de toutes les villes et de tous les villages français annonçaient l'armistice. Le monde entier était délivré d'un horrible cauchemar.
Jean-Patrice Courtois Langage et document
Lors d’une rencontre publique dans les locaux de Zoème, Jean-Patrice Courtois s’est entretenu avec Benoît Casas. Enregistrée, puis transcrite et retravaillée par les auteurs, la conversation fait aujourd’hui l’objet de cette nouvelle parution dans notre collection « En main ». JeanPatrice Courtois discute de son travail d’écriture, notamment de l’utilisation qu’il fait du document dans sa trilogie en cours (deux titres parus aux éditions Nous : Théorèmes de la nature et Descriptions), et plus largement de questions de poétique. Mobilisant des outils conceptuels tirés aussi bien des sciences dites dures que de la théorie littéraire, la philosophie esthétique ou l’écologie, Langage et document propose ainsi une singulière traversée de l’histoire de la littérature et des arts, qui convoque des écrivains, des artistes et des motifs extrêmement divers, dont Théo-crite et sa « bouche desséchée des muses », Aldo Leopold et le regard de la louve qu’il abat dans les forêts du Wisconsin, l’objectivisme américain (Charles Reznikoff, Louis Zukofsky), Hito Steyerl et ses « chorégraphies sociales », James Joyce et son rapport aux nombres, la photogra-phie de Marc Pataut ou l’invention d’objets techniques tels que le télégramme ou l’appareil Kodak. L’entretien est suivi de cinq poèmes inédits du livre à venir de la trilogie.* Né en 1954, Jean-Patrice Courtois est poète, philosophe, essayiste. Il a publié une douzaine de livres parmi lesquels : Vie inverse (Deyrolle/Verdier 1992), Hors de l’heure (Deyrolle/Verdier, 1996), Complication du sommeil (Circé, 2001), D’arbre et d’œil (Éditions Prétexte, 2002), Les Jungles plates (Nous, 2010), Théorèmes de la nature (Nous, 2017) et Descriptions (Nous, 2021). Il a publié de nombreux articles sur la poésie moderne et contemporaine : Reverdy, du Bouchet, Jacques Dupin, Jean-Luc Parant, Valère Novarina, Maurice Roche, Olivier Cadiot, entre autres. Il travaille, en littéraire et en philosophe, aux relations entre littérature, philosophie, esthétique et écologie. Il a enseigné en collège et en lycée avant d’entrer à l’Université. Il a donné un Séminaire durant 6 ans intitulé « Littérature, esthétique, écologie » à l’Université Paris-Diderot où il enseignait la littérature et l’esthétique et a dirigé longtemps une section intitulée « Lettres et Arts ». 1 juillet 2022 12.5 x 17.5 cm Dos carré collé 68 pages 978-2-493242-03-7 11 €
artistiquement à la question non immédiatement esthétique du monde dans lequel nous voudrions vivre. Et que puissent s'intriquer les deux questions dans la réponse d'une forme. Je ne laisse tomber aucun des deux côtés. Dans les années 60, il y a des discussions sans fin chez les artistes américains et européens. On peut même remonter avant, aux constructivistes russes et à tout leur entourage, avant la grande fermeture stalinienne. Le monde russe des années 1920 a beaucoup inventé. Quand on s'y plonge, c'est absolument prodigieux de voir le débat sur le matériau, la forme, l'émotion du matériau brut, la mise en forme... C'est absolument prodigieux de relire tout ça. Je pense en particulier au débat paru dans le LEF, en 1927, le débat entre les écrivains, les intellectuels et les artistes6. C'est absolument extraordinaire, et c'est d'un niveau théorique vraiment magnifique. Et tout résonne avec le temps d'aujourd'hui. On n'en est pas vraiment plus loin. On ne se trouve pas dans les mêmes circonstances, ni dans les mêmes configurations, ni dans la même masse de processus artistiques cumulés, mais on n'en est pas beaucoup plus loin, si l'on parle en termes conceptuels. Mais on est dans une autre configuration historique et dans une autre logosphère7. Pas plus loin en théorie, mais il reste à savoir 6 | Voir Valérie Pozner, « “Joué” versus “non-joué” – La notion de “fait” dans les débats cinématographiques des années 1920 en URSS », Communications, « Des faits et des gestes », dir. J.F. Chevrier et P. Roussin, Seuil, 79/2006, p. 91-104 suivi de « Le LEF et le cinéma – Extraits du procès-verbal de la réunion de décembre 1927 », p. 105-120. 7 | C'est Gaston Bachelard qui invente le terme « logosphère », Le Droit de rêver,
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comment on articule ces deux choses-là aujourd'hui en pratique ? Pour ne pas en rester à la chronique du désastre, la question est : comment on fait de l'art et comment on s'occupe de la question « dans quel monde voulons-nous vivre ? », qui est une question politique au sens large. C'est ça la question : comment on fait avancer les deux, sans fracasser l'exigence éthique et esthétique sous les effets d'une envahissante tendance au simulacre éditorial enté lui-même sur une simulation d'art. Mais on a une différence aussi – et elle pointe déjà dans les années 60. Je veux parler de la circulation d'informations, du flux propre aux redéfinitions de la logosphère, à quoi s'ajoutent une iconosphère et la démultiplication numérique des deux sphères. J'ai remonté la généalogie de mon travail qui part des matériaux « archives de presse » – pas l'archéologie, mais la généalogie de mon travail. Je l'ai fait récemment en rassemblant des références techniques et philosophiques, toutes des années 1880. Je mets ensemble trois éléments : premièrement, dans les années 1880, on invente le moyen technique de mettre de la photo dans la presse, de mettre de la photo dans la presse à grand tirage. Deuxièmement, les années 1880 encore, 1888 précisément, c'est un moment magique, c'est l'invention du Kodak, c'est l'invention de l'appareil photo Kodak, avec le fameux mot d'ordre de prodigieuse « réclame » : Press the button, we do the rest. Il y a eu des critiques de ceux qui trouvaient le principe Kodak misérable. Clic Quadrige/PUF, 2021 (1970), voir « Rêverie et radio ». Mais la conférence à la radio est de 1949, époque du primat de la logosphère en termes de media.
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Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Album Hapax éditorial, ce carnet a été conçu au milieu des années 1930. Il offre une interlope bande-dessinée antimilitariste et transgenre : Le Pays du cul. On y découvre aussi des collages surréalistes, des photomontages dont l’un décapite une œuvre de Dora Maar, des illustrations weird, des portraits inattendus de Michèle Morgan, quelques frangines et les fesses de Loris lui-même. Ce « missel » balistique et plastique est accompagné de poèmes de l’auteur et d’un essai de Patrice Allain, auteur, digger, collectionneur et fin connaisseur du surréalisme. Son dernier ouvrage paru : Jacques Vaché : Lettres de guerre 1914-1918, coll. Blanche, éditions Gallimard, 2018.
L’auteur : Fabien Loris Fabien Loris a eu mille vies, entre sa naissance en 1906 et sa mort en 1979. Ami cher des frères Prévert, membre du Groupe Octobre, il fut graphiste, poète, boxeur, chanteur, acteur de théâtre et de cinéma sous la direction de Marcel Carné et Jean Renoir. Il fut aussi un insoumis militaire, un virulent anti-colonialiste, réfractaire à la religion et surtout aux bonnes mœurs.
© Loris par Tabard
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Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Exposition Dé-cadrage colonial oct. 22 à fév. 23
Album
Beaubourg
« Loris affectionne tout particulièrement le croisement des genres, mais toujours avec l’outrecuidance et l’obscénité volontaires. Ainsi dans son audacieuse suite dessinée, intitulée Le pays du cul — sans doute l’un des tous premiers récits graphiques transgenres — tous les attributs sexués s’échangentils véritablement. Mais c’est toujours avec une délectation quasi sadique — un « art cruel » — qu’il se livre au cannibalisme du photomontage pour — littéralement — y imprimer sa propre empreinte. Comme il croque, il taillade, il incise. Il réassortit. » Patrice Allain Fiche technique Album est le deuxième volume de notre collection « L’Officine ». Nous y publions de beaux petits livres à tirage limité, soigneusement imprimés et façonnés, signant notre amour des curiosités littéraires.
Format : 112 pages, 10 x 22 cm Tirage : 1500 exemplaires Prix de vente : 30 € Diffusion : Serendip ISBN : 978-2-493311-04-7
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
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Album Bouclard Collection L’Officine
1 PRÉFACE (Patrice Allain) Façonnage : Dos carré cousu collé, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 64 pages
FICHE TECHNIQUE Parution : 2022 Format : 10 x 22 cm Tirage : 1 000 exemplaires Prix de vente : 30 € (estimation)
2 POÉSIES (Fabien Loris) Façonnage : Piqure à cheval, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 24 pages
FOURREAU 3 FAC-SIMILÉ (Fabien Loris) Façonnage : Couverture rigide, papier teinté masse Fedrigoni Sirio, lettrage en dorure à chaud. Intérieur : impression quadri sur papier Fedrigoni Arena rough white Pagination : 56 pages
Façonnage : Papier calque transparent Fedrigoni Pergamenata Bianco, impression noir et blanc
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
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Nadaud / Noël
Éditions du Canoë
2022
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Décembre
Genre : correspondance Format : 13 x 21 cm Pages : 360 pages 200 lettres 80 reproductions couleur Prix : 26 € ISBN : 978-2-490251-70-4 Né le 6 décembre 1942 à Paris, Daniel Nadaud, peintre, dessinateur, assembleur, rêveur iconoclaste, se lie d’amitié avec Bernard Noël avec lequel il entame à la fin des années 70 une correspondance nourrie qui se terminera quelques semaines avant sa mort, en 2021. En guise de préface, une dernière lettre de Daniel Nadaud à l’ami disparu. Au fil des échanges, les lettres de Nadaud s’illuminent de dessins de plus en plus élaborés qui rendent compte de son travail en cours. L’exposition des œuvres de Daniel Nadaud qui est inaugurée à la Bibliothèque Nationale de France en janvier 2023, donnera à voir une part de cette œuvre secrète, originale, au rêve habituée, enchanteresse.
Cette correspondance fait pénétrer le lecteur au sein d’une amitié qui s’approfondit de lettre en lettre. Elle se fonde sur le travail passionné des deux épistoliers, mêlé à leur vie, qui interroge le monde alentour. Bernard Noël, à travers le langage, Daniel Nadaud, par le biais des images. La plupart des lettres de Daniel Nadaud sont reproduites en couleur pour la beauté de ces missives que Bernard Noël recevait comme un cadeau. Toutes les lettres sont aussi composées en typographie pour que le lecteur puisse les lire sans effort.
On ne présente plus Bernard Noël, poète avant tout mais aussi auteur d’essais, de proses multiples issues de ses échanges avec les écrivains, les peintres, les photographes. Son œuvre abondante s’alimente des relations avec les autres créateurs auxquels il attache une attention extrême. La correspondance qu’il poursuit durant plus de 40 ans avec Daniel Nadaud en témoigne.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
ÉRIC PESTY ÉDITEUR K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. n° 23 Au sommaire : Claude Royet-Journoud : La nature des actes transitifs Bénédicte Vilgrain : Calcutta Jean Le Gac : Jour inachevé Lyn Hejinian : Le Désuivre Gil J. Wolman : Planche séparée Note d’intention de Jean Daive pour la revue K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. rédigée en 2012, année de fondation de la revue : Koshkonong est un mot indien Winnebago qui donne son nom à un lac important du Wisconsin. Il signifie au-delà de toutes les polémiques d'hier et d'aujourd'hui : " The Lake we Live on" — Le Lac qui est la vie. C'est là que Lorine Niedecker est née et a vécu, dont les poèmes ouvrent le premier numéro de K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. Le poème de Lorine Niedecker fait d'échos, de résonances, introduit une écoute autre à propos d'accents autres et de sens autres. L'écriture principalement connaît trois phénomènes : la main, la voix, le mur. Le mur est une manifestation qui s'adresse le plus naturellement du monde à l'homme, quel que soit son état de marche, quel que soit son état de cœur : le mur qui écrit la revendication, le mur des amoureux, des accusations, le mur des avis, notices, affiches, placards, proclamations, le mur des graffitis, des signes, des mots bombés, le mur est manifestation de l'urgence, de l'injustice, du procès, de la contagion, de l'épidémie. K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. est une revue qui veut prendre en compte toutes les résonances de la langue et l'urgence, toutes les désaccentuations possibles et l'alerte. K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. est une revue de l'ultimatum.
(COUVERTURE PROVISOIRE) Parution : décembre 2022 Prix : 11 € Pages : 20 Format : 15,5 x 24 cm EAN : 9782917786796 Rayon : poésie contemporaine CONTACT PRESSE ET LIBRAIRE Éric Pesty : contact@ericpestyediteur.com
Lyn Hejinian Le Désuivre, extraits traduits par Martin Richet 54. Je réaliserai moi-même cette traduction, et s’il y a des parties auxquelles il faudrait renoncer, dites-le-moi maintenant et j’y renoncerai Un homme d’encre sur le papier, un homme de craie sur un trottoir, et un homme d’ombre, un homme endormi, un homme de cendre, un homme d’os – eh bien, ils ne me font pas peur Jetez un œil Se pourrait-il qu’en anglais, en français, en swahili, en ourdou, ou en espagnol vous ne soyez jamais réunis – les fesses à l’air, dos à dos, dans le plus simple appareil L’apparition malvenue d’un nuage au-dessus de nos têtes complètement visible entre les bâtiments (on dirait un airedale dressé sur une balle) ne produit rien qu’une ombre éphémère Brillat-Savarin dit que « quiconque arrive à entasser une grosse somme d’argent facilement est presque contraint, fatalement, d’être gourmand » Qu’avons-nous là sinon un haïku dans un chariot Encore et encore je rejoue la dispute, souffre différemment ou à des moments différents, opérant quelques altérations On nous demande de noircir le nez d’A et de tracer des points sur ses joues pour indiquer les pores d’où pousseront les moustaches du chat Le cerveau a un estomac, les poumons ont des mains, partout les gens se dérobent, abandonnent autrui, les uns ironiques, les uns paresseux, les autres militants Les préparations précédent le projet et nous nous élançons Sous les fenêtres un jardin austère murmure dans une coquille Nous avons une sauce aux oignions rouges et à la menthe dans le vinaigre balsamique pour le saumon poché dans l’eau et le vin blanc La mer joyeuse descelle et appelle ses astres aléatoires
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ÉRIC PESTY ÉDITEUR Ulf Stolterfoht des objets et l’hypothèse selon laquelle nous connaîtrions les // choses à travers leur seul impact sur nos terminaisons nerveuses relève d’une / surchauffe de la sensualité. des objets, poème, se compose de cinq pages de cinq strophes de cinq lignes. Comme tous les livres d’Ulf Stolterfoht, des objets est d’abord un livre de lecture. L’auteur commence par y lire le Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein, dont on reconnaîtra (au début surtout) des bribes, parfois littéralement citées. La suite du poème mixe avec espièglerie les théories logiques et philosophiques qui ont marqué l’auteur au cours de ses studieuses années d’apprentissage. Remarquablement traduit de l’allemand et approprié par Bénédicte Vilgrain, ce poème constitue la deuxième partie du chapitre 11 de « Une grammaire tibétaine ». Car en traduisant des objets, Bénédicte Vilgrain – comme elle s’en explique dans sa postface – s’attache à poursuivre ses investigations philologiques et linguistiques, trouvant dans la poésie d’Ulf Stolterfoht l’application d’une règle analogue à celle observée dans la grammaire tibétaine, qui fait l’objet de son travail de poésie depuis 2001. Auteurs Ulf Stolterfoht est un poète expérimental allemand né à Stuttgart en 1963. Il est traducteur de J. H. Prynne et de Gertrude Stein. Le grand œuvre d’Ulf Stolterfoht, fachsprachen (langages spécialisés), comprend à ce jour 45 livres-chapitres répartis en cinq volumes. Trois de ces cinq volumes ont été plusieurs fois ré-édités ou ré-imprimés. Bénédicte Vilgrain est née en 1959. Elle est autrice et traductrice. Elle crée en 1984 le Théâtre Typographique, rejointe en 1990 par Bernard Rival. Entre 1981 et 1991, Bénédicte Vilgrain étudie le tibétain. Depuis 2001, elle a décidé de « ranger », pour que rien ne se perde, son vocabulaire dans une « Grammaire » : traversée du modèle classique de la Grammaire tibétaine de Thonmi Sambhota (VII° siècle). Elle a publié depuis plus d’une dizaine de chapitre chez des éditeurs indépendants. La publication de ce livre d’Ulf Stolterfoht s’inscrit dans notre label « Un Bureau sur la mer du nord ». des objets jouxte les livres de J. H. Prynne (Angleterre), de Martin Högström ou Helena Eriksson (Suède) et de Jørn H. Svaeren (Norvège).
Traduit de l’allemand et postfacé par Bénédicte Vilgrain Parution : décembre 2022 Prix : 10 € Pages : 16 Format : 14x22 EAN : 9782917786765 Collection : agrafée Rayon : poésie contemporaine CONTACT PRESSE ET LIBRAIRE Éric Pesty : contact@ericpestyediteur.com
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connaît-on des objets on connaît des états de choses [states of affairs]. moi qui depuis près de trente-cinq ans me suis presque exclusivement employé à me défendre des objets, je n’en connais pas moins quelques unes de leurs possibles occurrences (dans des états de choses justement – mais aussi autrement). chacune de ces possibilités relevant de la nature objectale des objets. qui plus est : des objets une fois donnés s’ensuit forcément un état de choses. quoi qu’il en soit un état de choses n’est encore pas une situation. la situation [complex affair] en tant que disposition intrinsèque à de possibles états de choses décrit la forme de l’objet (ici filtre une contradiction endologique). l’objet quant à lui est simple. un cluster d’objets simples forme une manière de substrat. soit dit en passant : les objets n’ont cela va de soi pas de pesanteur. admettons néanmoins que deux objets aient la même densité logique, alors ils ne se distinguent l’un de l’autre que par ce qu’ils ont de divers. (dans ce raisonnement-ci une erreur peut s’être tapie !) poursuivons : les objets donnent au monde une forme solide. définition : le solide, le subsistant et les objets ne font qu’un. leur configuration produit en revanche l’état de choses. passons. dans l’état de choses les objets pendent simplement tout autour comme des paresseux dans l’arbre. dans la situation en revanche les objets d’une certaine façon correspondent. l’interdépendance particulière aux paresseux est la structure logique du monde. moi qui depuis trente-cinq ans me suis voué au refus du monde, je dois cependant concéder que nommer fait venir à nous les objets. ainsi ai-je à plusieurs reprises dans le cours de ce poème utilisé le mot « paresseux ». et j’ai aussi l’intention de continuer.
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éditions Hourra
En habits de femme — Zoltán Lesi isbn
978-2-491297-04-6
poésie contemporaine
genre
poésie thèmes
LGBTQIA+ intersexuation, transidentité sport, Allemagne nazie
fiche technique 112 pages offset noir brochures cousues collées format 11x18 cm prix 18 € parution le 02/12/2022 contact diffusion Paon diffusion paon.diffusion@gmail.com distribution Serendip-livres contact@serendip-livres.fr édition Hourra contact@editions-hourra.net Le recueil de poèmes En habits de femme nous plonge dans la vie et l’intimité de Dora Ratjen, une athlète intersexe qui a défendu les couleurs nazies dans les années 1930. Avec une sobriété dans le verbe, une écriture clinique aux allures d’archives, ce livre nous apparaît comme une enquête historique qui vient questionner aujourd’hui les injonctions normatives de genre. Les poèmes sont accompagnés d’une très riche iconographie établie par l’auteur.
éditions Hourra
En habits de femme — Zoltán Lesi isbn
978-2-491297-04-6
poésie contemporaine
le livre En habits de femme est un recueil de poèmes établi par l’auteur Zoltán Lesi. Ce livre, écrit en allemand, a été publié pour la première fois en Autriche en 2019. Ce livre est un ensemble de poèmes aux allures de documents, assemblés comme une suite de lettres et d’articles, où les destinataires sont des personnages historiques. Le lecteur est pris dans une enquête à la fois sensible et historique autour de l’histoire de Dora Ratjen, athlète intersexe qui a concouru en tant que femme pour l’Allemagne nazie. L’ensemble poétique met en regard la biographie de Dora Ratjen avec celles de Gretel Bergmann, sa concurrente juive, Stella Walsh, une athlète intersexe américaine, ou encore Rrose Sélavy, l’alter-égo féminin de Marcel Duchamp. Dans ce livre, Zoltán Lesi a l’audace de faire parler des personnages historiques, et de provoquer des rencontres inédites. Ce livre est précieux tant il nous alerte sur la continuité historique d’une discrimination, celle des personnes intersexes, et d’une nécessité de rompre avec la binarité des institutions, ici sportives ou policières. Le texte, qui utilise un retour chariot percutant, s’affaire à créer un trouble, entre la littérature et l’histoire, entre la fiction et le documentaire, entre la poésie et l’archive, entre deux genres finalement. Les textes sont accompagnés d’une sélection d’images d’archive choisies par l’auteur. L’iconographie mêle photographies d’époque, coupures de presse et fichiers de police. L’édition originale ayant remporté un prix national de design en Autriche, l’édition française se veut graphiquement cohérente et fidèle à l’esprit originel. Le texte est traduit à quatre mains, depuis l’allemand (Autriche), par Christophe Lucchese et Sven Wachowiak.
l’auteur Zoltán Lesi, né en 1982 en Hongrie, vit et travaille entre Vienne (Autriche) et Budapest (Hongrie). Il a publié plusieurs recueils de poésie et livres pour enfants, et par ses traductions, il cherche à faciliter les échanges entre la littérature autrichienne et hongroise. Son travail a fait l’objet de plusieurs traductions dans le monde.
éditions Hourra
En habits de femme — Zoltán Lesi isbn
978-2-491297-04-6
poésie contemporaine
la maison d’édition — Honneur à celles par qui le scandale arrive ! Hourra : 1. cri de joie 2. cri de guerre
978-2-491297-04-6
Les éditions Hourra publient de la poésie et des écrits sur l’art. Créée en 2019 sur la montagne limousine, la maison naît de l’envie de défendre des pratiques d’écritures marginales où se rencontrent le poétique et le politique. Fruit d’amitiés et d’intuitions communes, elle réunit des artistes et des autrices pour qui la révolte fait corps avec la beauté. éditions Hourra |36, avenue Porte de la Corrèze |19170 Lacelle www.editions-hourra.net
Éditions le Sabot contact.lesabot@gmail.com
le-sabot.fr
Collection du Zbeul 11 rue Gabriel Péri 59370 Mons-en-Baroeul
+33 676249059
FOUTAISE Foutaise est un recueil de poésie construit autour de cinq parties distinctes (tant sur le fond que la forme), illustré par une dizaine de dessins signés Mélody Da Fonseca (jeune illustratrice de renom), dans lesquelles les lecteurs et lectrices sont invités à picorer sans se soucier d'une trame narrative ou d'un parcours linéaire. On y croise un érotisme gay cru et débridé, des considérations cruelles sur la famille et l’existence, un jeu verbal constant, et un concert d’humour corrosif dont la poésie invite à remettre en question ses propres normes. Les textes recueillis interpellent par leur étrangeté rimée, leur maîtrise, leur cruauté et leur sens de la dérision. Ils entraînent le lecteur dans une vision sombre, sans être pessimiste, où l'inconfort devient cathartique et rigolard. On passe alors d'un moyen âge futuriste, avec un côté Villon frondeur, à une perspective très contemporaine sur les entrelacs entre la langue, la sexualité, l'homosexualité et les perceptions hypocrites de ce qui relève du vice ou de la vertu. L'écriture témoigne d'une certaine exubérance, s'appuyant sur un travail d'orfèvre au niveau du son et du rythme, n'hésitant pas à user d'un lexique baroque tourné vers l'injure fleurie. Tout un tas d'ingrédients qui doivent nous permettre d'entrer dans un jeu, de faire sortir la langue du quotidien. Des élans rabelaisiens se ruant joyeusement dans les fêtes contemporaines.
L'auteur: Bibi-la-Vertu est un pèlerin sans chute, figure des terrasses de la banlieue parisienne, sans époque fixe. Il propose un écho contemporain à Bibi-la-Purée, personnage montmartrois de la fin du XIXe siècle, ami de Verlaine et voleur de parapluie. C’est aussi le pseudonyme d'un jeune homme vivant aux bords de l’Ourcq, à Paris.
à paraître en décembre 2022 120 x 185 mm, 130 pages, 12€ Thèmes: poésie, humour noir, érotique, famille, nature ISBN : 978-2-492352-10-2
Éditions le Sabot contact.lesabot@gmail.com
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Collection du Zbeul 11 rue Gabriel Péri 59370 Mons-en-Baroeul
FOUTAISE SENTENCES Faire comme pour l'hiver : Attendre que cela passe _ Il se reboutonna et s'en alla tristement _ Il imposait qu'on ouvrît les Portes par crainte d'être Toujours surpris _ Ce coi coït qui est le mien _ Ne feindre que le sommeil d'après _ Mon coeur : A consommer de préférence avant le [voir emballage] _ On ira me pendre A quelque réverbère Et on rira de mes fuites _ Vulves et vulvettes belles à croquer enchantent de leurs lèvres les ombres de l'été _ j'irai respirer du charme aux fleurs ciselées de vos culs et m'attendrir la langue à vos replis confus je les brosserai, dans tous les sens des poils humant là cette humeur nacrée goûtant ci la torpeur infinie qui se perd ou se renfle : c'est selon l'ouverture, et c'est selon vos cris. Sèche un peu tes cours, Viens mouiller mes draps.
Souvent j’entends des gens raconter leur rencontre c’est une histoire facile à retenir toujours la même dans ce bar chez des amis à cette soirée pendant ce bla bla bla bla bla il était là elle faisait ça et alors et j’ai dit et on a ah oh ah c’est fou oh ah oh dis donc ah oh ah ceci cela tous ces gens qui ne connaissent pas Lola.
LA SAINTE FAILLE Le Führoncle
La promise
Le petit doigt relevé et l oeil à tout prétendre, il cause. La langue enfarinée des fadeurs et des gloses, il lorgne, les effets de ses poses.
C'est une équarrisseuse. Elle enfouira aux jointures de tes nerfs quelques coins exigus à te faire éclater.
Gouffre de fatuité, la sufisance en tas, plein d'aigreurs et tout cynique, il pérore, il éructe, il comique comme à se palucher la trique. La joie des humbles l'indispose, à rutiler il s'en agace, brandit les enfers en menaces, un pet graisseux en guise de pause dans un sermon fort faisandé. Il a le cul de son Shire, le groin rougi, le pied podagre, et le graillon de ses sueurs pique les yeux, lève le coeur. Débarrassez-nous, ô Nature, vous qu'avez horreur du vide, du vent merdeux qu'est sa parole ! Délivrez-nous, obole, de cette tare aboyeuse ! Faites-la taire et à jamais, cet avorton, faites avortez cette grossesse gazeuse !
C'est une laboureuse qui pellera ta face et de tes chairs retournées, germera son audace à te voir humilié. C'est une blanchisseuse : Ta vie javellisée reluira pour ces fêtes et tu ramperas sous les coups de ses verges, pauvre encaustiqué. Et elle n'est pas baiseuse, pas ileuse, ni vertueuse, ni pisseuse, ni heureuse. Elle t'a fabriqué la loi et n'a pour elle de n'avoir eu que toi.
+33 676249059
Polo Kouman / Polo Parle
Henri Michel Yéré
PRÉSENTATION Mêlant passé, présent et avenir, Polo kouman (Polo parle) est le nouveau recueil poétique de Henri Michel Yéré. Ecrit en nouchi et en français, sous la forme d’un dialogue poétique entre Polo et l’Avenir, il démontre que la poésie possède, parmi l’éventail de ses pouvoirs, celui d’outrepasser la linéarité du temps et celui de démultiplier nos visions. Puisant dans les deux langues ce qu’elles ont de plus privé pour le révéler par la parole, les poèmes se répondent les uns aux autres et ne se ressemblent pas. Malgré l’abandon de ses ancêtres, Polo résiste, rêve et éprouve les désolations de l’existence et les espoirs qui en découlent. Si les visions sont multiples, une seule certitude émerge de ce recueil : lorsqu’il y a dialogue, toute solitude finit par disparaître. À ceux qui prétendent que je ne parle pas français : je veux dire que ma parole démolit les murs. Ceux qui m’ont entendu sont transformés. Préface de Marina Skalova.
En librairie 02.2023 Format : 11,1 x 18,4 cm Pages : 96 pages Reliure : broché, collé rayon : Roman Prix : 12 € ISBN : 978-2-8290-0665-4
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18 contact@enbas.ch / www.enbas.net DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion 44 rue Auguste Poullain 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr
AUTEUR Poète ivoirien née le 18 septembre 1978 à Abidjan. Docteur en histoire contemporaine, il a étudié en France, en Afrique du Sud et en Suisse. Marié, JeanMichel Yéré vit à Bâle et est le père de deux enfants.
Mon tchapali s’est debout le jour le Vieux a parlé que c’est pas lui, alors que je commençais à grouiller dans ventre de la Vieille. Mon premier koumanli est sorti sec ; personne n’a sciencé ça que j’ai parlé. Moi seul je suis devenu mon gars-sûr. Le fanga n’est pas même chose dans mes deux pieds. La Vieille a été mon défenseur devant soleil. Pluie me dabassait on dirait tempête. C’est à cause de malin de pluie et de soleil sur moi que mon tchapali s’est djigui encore.
J’ai commencé à parler le jour où mon père a dit qu’il n’était pas mon père, alors que ma mère sentait la vie poindre en son sein. À ma première parole, aucun écho ; mes mots ne furent pas entendus. La solitude devint très tôt une amie. Mes deux jambes ne m’ont jamais porté avec une force égale. De fait, ma mère fut mon seul bouclier contre le soleil. Chaque pluie s’imposait à moi comme une tempête. Ma parole dût renaître, en tenant en respect une partie du ciel.
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cOUVERTURE NON CC
HUMAINS Narcisse PRÉSENTATION HUMAINS est un spectacle humaniste et positif, une bulle d’air théâtrale dans une période malmenée par la pandémie, la crise climatique et les menaces de guerre. Il raconte la formidable histoire de l’humanité vue dans son ensemble, et non pas concentrée sur des exceptions : Poutine est une exception, Jeff Besos aussi, et ce n’est pas Steve Jobs qui a inventé l’iPhone – il a juste lancé l’idée d’un appareil sans bouton. Le téléphone portable est le résultat des efforts cumulés de millions de personnes durant des milliers d’années. C’est le point de départ du spectacle qui va démontrer que la grande force de l’être humain, ce n’est pas son intelligence comme on le croit souvent, mais sa capacité à collaborer, à partager et à accumuler
En librairie 02.2023 Format : 15,5 x 23 cm
des connaissances. Dès lors, nous sommes tous et toutes une part de l’humanité.
AUTEUR
Pages : 96 p.
Poète et musicien, il possède un doctorat en musicologie de l’Université de
Reliure : broché, collé
Genève. Il découvre la poésie-slam en 2006, devient champion de France en
rayon : littérature,
2013, travaille avec Marc Smith, l’inventeur du slam à Chicago en 2013 et 2014.
musique, slam
Il a créé trois spectacles mêlant poésie, musique et vidéo : Regardez-vous en 2009, Cliquez sur j’aime en 2014 et Toi Tu Te Tais en 2018 ; ces 2 derniers ont été
Prix : 12 € / 19 CHF ISBN : 978-2-8290-0661-6
publiés aux éditions d’en bas. Chacun d’eux a été joué plus de 200 fois. Ses chroniques pour RTS-Culture font le buzz sur Internet (1 million de vues pour l’épisode Ils soignent). Narcisse est invité dans des festivals de poésie du monde entier. Il est cité dans l’Anthologie vidéo de la poésie romande et dans l’Histoire de la littérature en Suisse romande. Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Narcisse_(artiste)
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18 contact@enbas.ch / www.enbas.net
DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
Parler Et puis, au final Le fait de naître prématurés A fait naître une autre qualité Fondamentale De l’humanité Ces bébés qu’il fallait surprotéger Ont poussé peu à peu Ceux Qui les avaient fécondés À fonder Des tribus, des familles Des pères des mères des filles Des fils regroupés Autour d’un même foyer Et à celles et ceux Qui partaient cueillir Chasser Deux ou trois jours On a eu envie de dire Au retour : Alors mon amour Comment ça s’est passé ? Et eux Ont eu envie de raconter Où ils ont été La chaleur de l’été La douceur de l’eau qu’on boit Le chant Des oiseaux Le détour par les Champs, par les Bois Peu à peu tu vois L’humain s’est mis À parler Tous les bébés du monde qui ont faim font : mmm Mmm Nous aussi d’ailleurs, quand on nous demande : c’est bon ? Nous répondons : mmm Et si nous ouvrons la bouche en faisant mmm Ça fait mmmaaa Alors forcément, un jour un bébé, au sein de sa mère, qui avait faim mais qui voulait aussi s’amuser à faire des sons en ouvrant la bouche, a fait : mmmaaa mmmaaa Et sa mère, émerveillée comme le sont toutes les mères, a dit : oui, mama, c’est moi
Et plus tard, le bébé, qui avait assez mangé mais qui voulait toujours s’amuser, a ouvert la bouche sans faire mmmm. Et ça a fait paaa paaa Et le père qui passait par là, émerveillé comme le sont tous les pères, a dit : Oui, papa, c’est moi En réalité Bien sûr personne ne sait Si ça s’est vraiment passé comme ça Mais pourquoi pas Pourquoi pas
Narcisse (Jean-Damien Humair) : narcisse@narcisse.ch
Rue des Côtes-de-Montbenon 30 | 1003 Lausanne Tél : +41.21.323.39.18/ Fax : +41.21.312.32.40 enbas@bluewin.ch www.enbas.net | www.enbas.ch
NARCISSE
CLIQUEZ SUR J’AIME
Format : 15.5 X 23.5 cm Pages : 96 p. Reliure : cousu, collé Rayon : poésie CLIL : 3634 Prix : 20.- € Parution : 2014 Éditions d’en bas ISBN : 978-2-8290-0468-1
MOTS CLEFS slam | poésie populaire | scène | performance | spectacle multimédia
SLAM Cette publication du slameur suisse Narcisse fait partie de son projet cliquez sur j’aime, qui comprend à la fois un spectacle, un livre, un nouvel album, un DVD et un clip. La publication aux Éditions d’en bas/ Universlam comprend les textes de slam, ainsi qu’un CD audio. En 2009, Narcisse a créé le spectacle Regardez-vous, joué 107 fois jusqu’à aujourd’hui. L’année suivante, il a sorti le premier disque de slam de Suisse romande Comme je les aime, vendu à 1000 exemplaires. En 2012, il a publié le clip Femme mécanique, vu 50 000 fois sur Internet. Depuis le début de l’année 2013, Narcisse passe à la vitesse supérieure : il abandonne son emploi dans l’informatique et ne se consacre plus qu’à la musique. En mai 2013, le Suisse Narcisse remporte le championnat de la Ligue slam de France, accédant au titre de champion de France de slam. cliquez sur j’aime est un « concept », décliné sous plusieurs formes : un livre, un disque, un spectacle, un dvd et plusieurs clips. Issu du mouvement slam, Narcisse se plie dans un premier temps aux règles du genre qui veulent que la poésie soit dépouillée de tout artifice : pas de musique, pas de décor, pas de costumes, pas d’accessoires, et trois minutes par personne. Mais en parallèle à ses interventions a cappella sur les scènes slam de toute la francophonie, il cherche aussi à mettre ses textes en perspective avec d’autres formes d’art. La musique d’abord, parce qu’il est musicien avant même d’être poète ; les images aussi, en photo et en vidéo ; les nouvelles technologies enfin, que narcisse aime détourner pour en faire de nouveaux vecteurs artistiques. Son clip Femme mécanique fait évoluer les acteurs sur différents sites internet, et dans le spectacle cliquez sur j’aime, Narcisse fait intervenir les téléphones portables des spectateurs. AUTEUR Narcisse a découvert le slam en 2006. il s’est rapidement fait un nom sur les scènes suisses, puis françaises et belges en remportant de nombreux tournois jusqu’au titre de champion de France 2013 (coupe de la ligue slam de France). Il a travaillé à Chicago avec Marc Smith, l’inventeur du slam. En janvier 2014, il crée cliquez sur j’aime un projet pluriel décliné en un spectacle, un cd, un livre et plusieurs clips. Site web : www.narcisse.ch
Rue des Côtes-de-Montbenon 30 | 1003 Lausanne Tél : +41.21.323.39.18/ Fax : +41.21.312.32.40 contact@enbas.ch www.enbas.net
NARCISSE TOI TU TE TAIS SLAM « Voir ce qu’on entend »
Format : 16.5 X 23.5 cm Pages : 96 p. Reliure : broché, cousu + DVD Rayon : Poésie CLIL : 3638 Prix : 20.- € Parution : 2018 ISBN : 978-2-8290-0572-5
9 782829 005725
Dans son nouveau spectacle, Toi tu te tais, Narcisse va plus loin encore dans sa recherche de symbiose entre les mots, la musique et la vidéo telle que nous l’avons vue et entendue dans Cliquez sur j’aime. L’écran géant qu’il utilise actuellement sera remplacé par neuf télévisions, montées sur des chariots, qui pourront se déplacer sur scène. Ces télévisions feront apparaître des personnages, des éléments de décor (meubles, tableaux muraux, etc.), et elles serviront aussi d’éclairage et d’instruments de musique. À ce sujet, Narcisse a envie de se départir des bandes-son et de faire en sorte que le spectateur voit tout ce qu’il entend : la musique sera jouée en direct sur des instruments réels et sur des instruments virtuels au travers des télévisions sur scène. Et de même que le hip-hop utilise des échantillons de musique existante mis en boucle, Narcisse va mettre en boucle des échantillons d’images existantes : ses télévisions se transformeront parfois en « vidéo-sampleurs ». Comme c’est le cas depuis six ans, Narcisse sera accompagné sur scène par le musicien Pierre Gilardoni. L’AUTEUR Depuis 10 ans, Narcisse affirme que le slam est de la poésie. Ses poèmes, Narcisse les met en musique et en vidéo dans des spectacles qu’il crée et qu’il joue sur scène. Il a donné plus de 200 représentations de son spectacle actuel, Cliquez sur j’aime, vu en Suisse, en France, en Belgique, en Allemagne, aux États-Unis, au Burkina Faso et à Madagascar par plus de 30’000 personnes. Il est invité au Mali, en Guadeloupe et à Chypre prochainement. Cliquez sur j’aime a été présenté deux années de suite au festival Off d’Avignon, « un spectacle unique qui doit faire partie des musts du Off », a écrit le journal La Provence. Il a obtenu le Prix spécial du jury au Mans Cité Chanson, deux T dans Télérama, et il a fait l’objet d’un reportage sur France Télévisions. Depuis 2015, le spectacle de Narcisse est diffusé par la société Créadiffusion, basée à Paris et Bruxelles. MOTS-CLEFS slam, poésie populaire, jeux de mots, humour, critique
Diane di Prima, Lettres révolutionnaires
À la fois témoignage historique et œuvre-monde dans la grande tradition poétique états-unienne, les Lettres révolutionnaires sont considérées comme un livre majeur de Diane di Prima. Écrit sur près de cinquante ans, il est un témoin important de l’évolution de la pensée contestataire aux États-Unis, en même temps qu’une œuvre emblématique de la poésie engagée de la côte Ouest. Diane di Prima commence à écrire ses Lettres révolutionnaires en 1968, peu après avoir emménagé à San Francisco. Elle en donne les premières lectures publiques sur les marches de la mairie de la ville, les offrant aux fonctionnaires. Diane di Prima explique dans une interview : « J’écrivais des “lettres révolutionnaires” à un rythme effréné et je les envoyais régulièrement au Liberation News Service ; de là, elles étaient distribuées à plus de 200 journaux gratuits dans tous les États-Unis et le Canada. » Rassemblées et publiées pour la première fois sous forme de livre en 1971 par Lawrence Ferlinghetti chez City Lights Books, dans la collection Pocket Poets Series, le livre a connu par la suite cinq autres éditions, chaque fois augmentées de nouvelles lettres, entre 1974 et 2007. En 2021, un an après le décès de Diane di Prima, City Lights Books a publié la dernière édition en date. La traduction que nous proposons est celle de cette édition, et comprend 114 lettres, plus une dizaine de poèmes non numérotés mais adjoints au recueil par l’autrice. Traduction collective de Benjamin Carde, Antoine Hummel et Emile P oivet.* Diane di Prima est née à Brooklyn en 1934 dans une famille aisée d’origine italienne. Après avoir fréquenté le Swarthmore College pendant deux ans, elle déménage à Greenwich Village et devient une figure importante du mouvement Beat naissant. Là, elle se lie d’amitié avec les poètes Allen Ginsberg, Jack Kerouac, Frank O’Hara, Audre Lorde ou Amiri Baraka, avec lequel elle dirige la revue The Floating Bear pendant neuf ans. En 1968, elle part s’installer à San Francisco et rejoint les Diggers. Elle est décédée en 2020. Diane di Prima publié plus de 40 livres. Elle a été nommée poétesse lauréate de San Francisco en 2009. Elle a reçu le Lifetime Service Award de la National Poetry Association et le Fred Cody Award for Lifetime Achievement. Ses livres ont été traduits dans une dizaine de langues. Bibliographie en français : - Mémoires d’une beatnik, trad. de l’anglais (États-Unis) par Cécile Nelson, Paris, Ramsay, 2004 - Beat attitude, femmes poètes de la Beat Generation, anthologie établie par Annalisa Mari Pegrum & Sébastien Gavignet, Paris, éditions Bruno Doucey, 2018 1 juillet 2022 15 x 20 cm 200 pages 978-2-493242-05-1 20 €
LETTRE RÉVOLUTIONNAIRE 40 pour Emmet Grogan si la parole a quelque pouvoir, Amérique, tes champs de pétrole en flammes tes villes en ruines, encore fumantes, pillées par des gosses tes voitures en panne sèche, immobiles, qui engorgent les rues ton peuple debout parmi elles, sidéré, ou cherchant quoi emporter (ce qui tiendra dans la valise) si le pouvoir de la parole existe encore, Amérique, tes lignes haute tension au tapis lignes électriques et téléphoniques omniscientes tours de transmission radio renversées & qui pourrissent dans les champs, qui embrasent le foin tes journaux inutiles, ton peuple analphabète se torche le cul avec, si la parole a le moindre pouvoir tu seras abolie amérique, la nature sauvage déborde des parcs où tu l’avais engrillagée, déjà le désert infiltre Las Vegas, la mer se lèche les babines devant les côtes visqueuses de Los Angeles les chameaux se reproduisent, les ours, les élans se multiplient pareil pour les indiens et les crève-la-faim est-ce que tu dors bien, Amérique, est-ce que tu rêves de ton pouvoir des réservoirs d’essence pastel d’un océan à l’autre ? tu peux dormir tranquille, Amérique, on se tient à ton chevet, la parole est puissante, le chant commence à enfler
LETTRE RÉVOLUTIONNAIRE 41 Révolution : une rotation, comme la terre tourne, parmi d’autres planètes, comme le soleil tourne autour d’une autre étoile (plus sombre), la galaxie esquisse une spirale yin-yang dans l’éther, nous tournons de l’obscurité à la lumière, tournent sur nos visages la douleur & la peur, et l’aube parmi eux qui affleure 52
LETTRE RÉVOLUTIONNAIRE 42 c’est quoi ce problème de « surpopulation », est-ce que tu t’es penché⋅e dessus, est-ce que t’es au courant le régime hamburgers, c’est dix fois plus d’hectares que pour manger des céréales, y’a la place pour tout le monde, et personne aura faim, si on réduit nos besoins au minimum, si on squatte des gros ranchs vides, si ce qu’on produit est nourrissant : les engrais chimiques ça dégage, les nitrates empoisonnent l’eau, les méga-cultures intensives ça dégage, les sols s’effritent (300 ans pour accoucher de 3 cm d’humus), est-ce que t’es au courant 40 % des femmes de Porto Rico déjà stérilisées, des transistors comme « prime de stérilisation » en Inde, cette propagande toute entière dirigée vers les populations « non-blanches » et « blanches pauvres » en gros, aux États-Unis c’est : 90 % des terres détenues par 5 % des gens comment se maintiendront-ils quand les hordes d’enfants élevé⋅es dans la misère deviendront grands, deviendront fortes
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Peaux
Nuria Manzur Wirth PRÉSENTATION Peaux est une recherche des différents aspects qui composent notre expérience de l’espace et son intériorisation par le corps. Ce recueil de poésie « multigenre » explore au moyen de la réalité augmentée les diverses couches langagières de cette expérience, pour en recomposer les empreintes physiques, mentales et émotionnelles. Il pose la question suivante : qu’est-ce que l’espace extérieur grave à l’intérieur du corps ? L’auteure, faisant cohabiter poétiquement plusieurs registres discursifs et artistiques (dramaturgique, philosophique, cinématographique, musical, pictural, architectural) frôle ainsi, peau à peau avec la langue et les langues, les secrets gardés de ces expériences spatiales tout en révélant leur puissance primitive.
AUTEURE
En librairie 03.2023 Format : 17 x 24 cm Pages : 128 pages Reliure : broché, collé rayon : Poésie Prix : 18 € / 28 CHF ISBN :
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18 contact@enbas.ch / www.enbas.net DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion 44 rue Auguste Poullain 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr
Poète, traductrice, dramaturge-metteuse en scène et artiste, Nuria Manzur-Wirth est née à Mexico en 1979. En décembre 2014, elle soutient sa thèse doctorale « Constellations Méridiennes : lectures vers Paul Celan » dans le cadre du programme de Doctorat des Sciences Humaines (littérature, art et philosophie) de l’Université Pompeu Fabra, à Barcelone et obtient son titre avec mention d’excellence. Peaux est son dernier recueil de poèmes.
Des tables et des fleurs sur les tables Des tous jolis bouquets de fleurs qui débordaient de leur vase Des fleurs translucides d’un ocre rougeâtre se déployant en dépliant les velours envoutés d’une arôme d’amandier, de cannelle et du santal
This singing bones singing for ease heart’s ease in the ring opening ring opening multiple sheath of desire opening
C’était la fête Tout le monde était content - il le faut aux mariages Mais particulièrement celui-ci Tout le monde était content à ce mariage-là Le premier mariage d’un des enfants des amis de la famille… famille-cocon
mariage joie
familial
Tout le monde était content Tout le monde était beau Surtout lui La musique, forte, s’entendait entre les vagues de rires et les verres-clochettes comme une grille tamisant l’opulence sinueuse de l’excès Le soleil
intense dansait avec les robes en tutus amidonnés qui soufflaient le mouvement de leur désir
J’avais une robe noire, moi Une robe entaillée qui traçait les limites d’un corps encore pas assez mûr J’avais une robe noire et quinze-ans
Parution 4 mars 2022 ISBN : 979-10-91189-30-9
art | littérature
Manifeste d’action directe Poèmes contre l’ordre qui vient De Victor Martinez
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Victor Martinez ―
68 pages Format : 13,5 x 21,5 cm Poids : environ xx gr Prix : 15 € Tirage : 300 exemplaires ―
Genre : Poésie contemporaine CLIL : 3638 ―
Mots-clés : Poésie contemporaine
Manifeste d’action directe n’est autre que la poésie en action. La poésie vient ici s’imprégner du vivant, de sa colère, de ses mots jetés dans la rue et tenter, par le langage, et par un travail minutieux de sa construction, d’en faire écho. La brutalité du langage militant vient sauter au visage du lecteur afin d’éveiller sa colère. La colère va le conduire à lire. Il va se rendre compte très vite que ce n’est pas l’auteur qui parle, ce sont des matières et des énonciations différentes qui sont présentées. Ainsi de “Chant de la main arrachée” où, sans solution de continuité, la voix du bourreau se substitue à celle de la victime sans que nous nous en apercevions, et c’est exactement cela qu’il fallait faire, qu’on ne voie pas ce glissement, et l’histoire humaine moderne est l’histoire de ce glissement que personne ne voit et qui nous conduit à la répression et aux pires bascules alors même qu’on se pensait à l’abri. C’est cela, la matière de l’histoire qui est dans ce volume, c’est cela la chronique d’époque, c’est une immersion, c’est une mêlée de voix, on ne sait pas bien qui parle comme dans la vraie vie, comme dans une manif, comme dans un texte de Joyce ou de Dos Passos, on entend des jurons, des insultes, la mêlée, et peu à peu cela s’éclaircit et des vues partielles se dégagent.
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Collection Voix dans l’orme Voix dans l’orme est la collection de poésie de La clé à molette éditions. ―
www.lacleamolette.fr Contact : Alain Poncet 06 70 31 36 50 lcam@orange.fr ―
Diffusion : Paon diffusion contact@paon.diffusion.com www.paon-diffusion.com ―
Distribution : Serendip livres 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L’ILE-SAINT-DENIS Tél. 01 40 38 18 14 Fax 09 594 934 00 gencod dilicom: 3019000119404
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Victor Martinez continue donc, avec Manifeste d’action directe, d’écrire la chronique d’une époque habitée de violence et lâcheté de la part d’un pouvoir économique, politique, médiatique ou encore intellectuel. Cette poésie est dans la continuité de certaines filiations, d’André du Bouchet à Jacques Dupin ou Guy Viarre. C’est aussi au croisement d’une forme de poésie grammaticale, de poésie directe et de poésie contre-lyrique qu’il faut situer l’ouvrage.
Parution 4 mars 2022 ISBN : 979-10-91189-30-9
art | littérature
Biographie Victor Martinez est né à Perpignan en 1970. Il enseigne la littérature à l’université de Lille. Ses activités de chercheur se portent sur la poésie, notamment André du Bouchet, et sur la traduction (Machado, J. R. Jiménez, Quevedo, Panero, C. Hardi). Il codirige avec Paul Laborde la revue Conséquence, dont le 3e numéro est paru en décembre 2019. Bibliographie Poèmes collapsologiques, L’Ire des marges, 2020 Carnets du muet, Fissile, 2016 Coupe franche, Fissile, 2016 À l’explosif, La lettre volée, 2014 Une accalmie, L’arbre à paroles, 2013 De charge et de froid, L’arbre à paroles, 2011 Poème de l’eau, L’arbre à paroles, 2009 Photogrammes, L’arbre à paroles, 2001 Terre seconde, N&B, 2000
[La collection Voix dans l’orme]
Voix dans l’orme: une nouvelle collection consacrée intégralement à la poésie et aux voix singulières d’aujourd’hui. Voix dans l’orme, nom donné en référence au poème de Sylvia Plath, sera une collection avec une cadence de publication soutenue, ouverte aux textes contemporains qui interrogent notre société jusque dans ses excès.
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Parution 4 mars 2022 ISBN : 979-10-91189-30-9
art | littérature
Extrait 1 “Jour de grève un poème de plus une main de moins une joie collective de plus un œil de moins une consistance sociale de plus 48 heures de garde à vue et une convocation au tribunal c’est bien d’arracher au vide néolibéral des plus quand ses moins il militarise en multipliant comme des petits pains les droits de l’homme en moins.”
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Parution 4 mars 2022 ISBN : 979-10-91189-30-9
art | littérature
Extrait 2 “Terreur civique est ce que Baldwin enfant ressentait en voyant les cops ou des blancs en réunion comme disait Sartre aux Usa quand des blancs se rassemblent c’est qu’un nègre va mourir terreur civique est ce qu’on ressent aujourd’hui en voyant des flics ou des militaires dans l’espace public terreur civique est aussi ce qu’on ressent quand on lit les manchettes et titres de la presse de propagande Le Monde Libé & autres consortiums dont le but est de propager non seulement le mensonge mais aussi la terreur idéologique quand aujourd’hui en France des flics se réunissent c’est parce qu’un arabe ou un noir va casquer ou qu’un alter-système un gilet jaune un lycéen une infirmière ou simplement un corps libre va se faire tabasser devant les caméras et alors quoi que font-ils d’autre que ce que les dictatures ont fait de tout temps.”
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ÉRIC PESTY ÉDITEUR David Christoffel De mémoire, j’aurais voulu être plus précis voyez les effets ravageurs de la petite phrase « je sais pas si vous l’avez vu ». Un préambule joueur expose les présuppositions mondaines, théoriques et politiques qui soutiennent encore aujourd'hui l’essentiel des débats sur la culture et le spectacle. Le recours à un livre de Jacques Rancière Le spectateur émancipé (La fabrique, 2008) permet un glissement puis un écart radical à l’égard des ces présuppositions : à la maîtrise s'oppose la déprise assumée ; au sérieux, le dilettantisme. Cette position d’« insolence espiègle » revendiquée par l'auteur aboutit à une tentative de traduction homolinguistique (de français à français, mais avec une différence dans les registres de langue) des fameuses premières pages de A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. « Une traduction, nous dit l’auteur, n’est pas toujours plus longue que le texte source. Au contraire, la traduction peut être extrêmement synthétique. L’activité de résumer est une activité de traduction. » Auteur David Christoffel est né en 1976 à Tours. Il développe des activités de radio, de composition, de poésie au lycée, de clarinette, de spam, de colloques internationaux, d'enseignement en prison, de soirées électorales, de critiques et recensions, de musique de film, de concerts de flûte à bec en maison de retraite… Il a composé une dizaine d'opéras parlés, et s'intéresse à ce titre aux rapports entre la poésie et la musique. En compagnie de Martin Richet et Samuel Rochery — deux auteurs publiés chez Éric Pesty Éditeur – David Christoffel a formé dans les années 2005 le collectif Une équipée copiste.
(COUVERTURE PROVISOIRE ) Parution : mars 2023 Prix : 10 € Pages : 16 Format : 14x22 EAN : 9782917786819 Collection : agrafée Rayon : poésie contemporaine CONTACT PRESSE ET LIBRAIRE Éric Pesty : contact@ericpestyediteur.com
Ce que j’en dis
« je sais pas si vous l’avez vu. » Pour preuve que cela peut vous passer l’envie d’en parler, voyez les effets ravageurs de la petite phrase « je sais pas si vous l’avez vu ». Généralement prononcée avec un ton détaché, comme pour ne pas heurter quiconque, comme pour preuve qu’elle comporte une puissance abrasive certaine ; souvent entendue comme tentative de synchronisation des discours, recherche de complicité, envie de partage, « je sais pas si vous l’avez vu » peut se dire avec la plus grande douceur, opère toutefois une sorte de discrimination terrible entre ceux qui l’ont vu et les autres. Comme c’est une violence qui vient vous prendre en traître, cette discrimination peut vous jeter dans un sentiment de persécution et vous pouvez aller vous imaginer que si vous n’avez pas vu le dernier Haendel ou le dernier Scorsese, c’est que vous ne savez pas correctement gérer votre temps, vous n’êtes pas un vrai culturel, vous êtes capable de rater des productions potentiellement des plus décisives : bref, vous êtes à peine digne d’être là et au bord de l’imposture à vous tenir en interlocuteur de la personne qui, doucement et, pour preuve, consciente de sa hauteur inatteignable, vient vous interpeller « je sais pas si vous l’avez vu ».
J’exagère. Mais c’est pour dire que la parole du spectateur se produit sous pression. Quand même on pourrait attendre d’elle une fraîcheur dont les experts ne sont plus capables, il n’est pas dit que toutes les conditions sont réunies pour que la fraîcheur puisse réellement advenir quand on donne la parole au spectateur. Que peut-il arriver si je dis « je n’ai pas lu Le spectateur émancipé de Jacques Rancière » ? J’imagine que je donnerais une imagine de la lecture réduite à l’examen linéaire d’un texte de bout en bout : surtout, je manifesterais une indifférence incroyable au fait que ce texte a eu de l’importance pour mes amis, occupe même une telle place dans leurs conceptions que les relations que j’entretiens avec eux sont travaillées par les déductions qu’ils ont émancipé de leur rapport au spectacle – de sorte que j’ai tiré de cette émancipation une quantité et une qualité d’amis que je n’aurais pu imaginer sans la lecture de Rancière que, du point de vue réduit, je n’ai pas faite.
ÉRIC PESTY ÉDITEUR Marie de Quatrebarbes L’insecte de Michelet « Un livre sur les fleurs où l’insecte joue le rôle de l’opérateur. » L'insecte de Michelet est un texte composé de 36 scènes et demi. Marie de Quatrebarbes le décrit comme un poème vitaliste, un livre d'histoire naturelle. « Il y est question de fleurs, de terre, d'insectes et de certaines lectures, deux auteurs surtout : Lucrèce et Michelet. C'est donc un livre matérialiste, ou sur le matérialisme. Du point de vue de la forme, il y a une recherche de régularité. Le vers est long, il poursuit son chemin vers la prose. Et la stabilité des poèmes dans la page correspond à une recherche de miniatures – que chaque page soit une petite scène, morte ou vive, ambivalente comme une vanité. » L'insecte de Michelet est le deuxième livre que Marie de Quatrebarbes publie chez Éric Pesty Éditeur après Gommage de tête en 2017. Autrice Diplômée de l'École des Arts Décoratifs de Paris, Marie de Quatrebarbes est née en 1984. Elle a cofondé la structure éditoriale « La tête et les cornes » au sein de laquelle elle a animé la revue du même nom, et a réédité l'œuvre poétique de Michel Couturier en 2016 sous le titre : L'Ablatif absolu. Elle a participé également au comité de la revue en ligne remue.net dans laquelle elle s'est attachée entre autres à faire découvrir des poètes contemporains scandinaves (dont Martin Högström, Beata Berggren et Peter Thörneby, membres des éditions suédoises Chateaux avec qui Éric Pesty Éditeur collabore régulièrement). En 2019, Frédéric Boyer l'accueille au sein des éditions P.O.L avec la publication de Voguer. Deux livres ont paru depuis chez le même éditeur : Les vivres (2021) et Aby (2022).
(TITRE ET COUVERTURE PROVISOIRES) Parution : mars 2023 Prix : 10 € Pages : 40 Format : 14x22 EAN : 9782917786802 Collection : agrafée Rayon : poésie contemporaine CONTACT PRESSE ET LIBRAIRE Éric Pesty : contact@ericpestyediteur.com
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Brève histoire au regard de l’infini mouvement des astres. Des cendres jetées au croisement d’une mer & de trois océans, par exemple, repoussent au loin la décomposition, alors Si elle porte ses fruits, & s’il y a quelque chose de caché entre ses feuilles : un dépôt, une masse en lévitation, le « A » de quelque chose, tracé sur la poitrine de celle qui Garde à l’ombre ce tout petit ceci que nous avons de commun ; en somme, le sujet ne sera pas traité du point de vue de la science, ni de l’anecdote, ni du sentiment : nous nous en tiendrons au matérialisme le plus tendre De même qu’après la discussion portant sur l’existence d’une semence féminine, nous nous perdons en spéculations & un sang rouge coule sur le sol, puis à l’endroit où il a coulé pousse une fleur également rouge – manière de dire qu’Ajax aussi est naturel
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Si ce n’est indiscret, jus de la vigne & la fleur, les ailes teintées par des mûres, avance avec un œuf caché en son centre, morsure de l’amant ou du sabre Le mort saisit le vif, les corps se dissolvent, & les étoffes prennent feu puis tout recommence : les gouttes tombent & chaque chose tire son commencement d’un autre commencement Semence des choses gisant là, où tout se manifeste, par le désir ; de génération en génération, les espèces se propagent & les sons circulent dans le mur, l’insecte est le mur À ce propos, voici ma peur : si je retourne ma main vers le ciel, la voici. L’autre reste tournée vers le sol
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É DIT IONS LURLURE PARUTION MARS 2023
LE CHAOS DANS 14 VERS Anthologie du sonnet anglais
Traductions de Pierre Vinclair Édition bilingue Genre : Poésie Collection : Poésie Prix : 19 euros Format : 12 x 18,5 cm Nombre de pages : 180 ISBN : 979-10-95997-47-4
> Une anthologie unique en son genre consacrée au sonnet anglais > Pour (re)découvrir les grandes figures de l’histoire de la poésie anglophone : Shakespeare, Donne, Milton, Wordsworth, Browning...
> LE LIVRE Cette anthologie présente quatorze ensembles de sonnets écrits par des poètes anglophones de première importance, sur une période allant de la Renaissance à nos jours : William Shakespeare, John Donne, Mary Wroth, John Milton, William Wordsworth, John Keats, Elizabeth Browning, Christina Rossetti, G.M. Hopkins, Edna St. Vincent Millay (d’un vers de laquelle est extrait le titre de l’anthologie), Wilfred Owen, e. e. Cummings, Marilyn Hacker et Joshua Ip. Chaque ensemble est précédé d’une présentation du traducteur, Pierre Vinclair, dans laquelle il rend compte de ses choix de traduction tout en replaçant chaque ensemble de sonnets dans son contexte historique et biographique.
> L’AUTEUR Pierre Vinclair est né en 1982. Poète, essayiste et traducteur, il a récemment publié L’Éducation géographique aux éditions Flammarion. Il a déjà publié deux recueils de poésie aux éditions Lurlure, Sans adresse (2019) et Le Confinement du monde (2020) ainsi que deux recueils d’essais, Le Chamane et les Phénomènes (2017) et Idées arrachées (2022).
DIFFUSION/DISTRIBUTION SERENDIP LIVRES / PAON DIFFUSION
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> EXTRAITS DE REVUE DE PRESSE DE PRÉCÉDENTS TITRES DE L’AUTEUR
> À PROPOS DE SANS ADRESSE (Lurlure, 2019)
“Lumineux et réflexif, intime et contemporain, le livre de poésie le plus enthousiasmant de ce début d’année 2019 est donc un recueil de sonnets.” Guillaume Lecaplain, Libération
“Les sonnets que Pierre Vinclair nous propose dans Sans adresse valent pour eux-mêmes, mais aussi, et surtout, pour les écarts et les espaces nouveaux qu’ils ménagent au sein du territoire poétique.” Mathieu Jung, Poezibao
> À PROPOS DU CONFINEMENT DU MONDE (Lurlure, 2020)
“Le Confinement du monde est souvent drôle – et les enjambements toujours savoureux. La forme sonnet est autant respectée que chahutée et, si une humeur joyeuse traverse une grande partie de ces 48 poèmes, la mélancolie propre à cette forme est tout aussi présente.” Christian Rosset, Diacritik
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EXTRAIT 1 : AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR [...] 2. La présente anthologie n’a pas pour objet l’histoire du sonnet. Ce qui signifie, d’une part, qu’elle ne considère pas les sonnets de Shakespeare comme plus archaïques que ceux de Hacker ; et, d’autre part, qu’elle ne fait guère de place à des œuvres d’abord réputées pour avoir transgressé ou fait évoluer la forme (le premier sonnet en vers libre, le premier sonnet ne comptant pas quatorze vers, le premier sonnet en cadavre exquis, etc.) 3. La présente anthologie a bien pour objet, en revanche, le sonnet tel qu’il traverse l’Histoire. Même si ce n’est pas l’évolution de la forme qui m’intéresse, il ne s’agit pas pour moi de nier — c’est l’évidence — que des époques différentes ont produit des types de sonnets différents. J’ai donc choisi 14 poètes, que j’ai regroupés en ensembles correspondant à des époques du sonnet : classique (4 poètes), romantique (4 poètes), moderne (4 poètes) et contemporaine (2 poètes). Cette anthologie peut ainsi se lire comme un sonnet (élisabéthain) de sonnets de sonnets. 4. Dans mon sous-titre, « Anthologie du sonnet anglais », il ne faut pas entendre anglais en un sens national, mais linguistique : si la plupart des auteurs ici traduits sont en effet anglais, d’autres sont aussi américains, et Joshua Ip est singapourien. 5. Le sonnet n’est pas une substance, n’a pas d’essence. Il est vain d’en chercher une définition comme de s’étonner qu’on ne lui on trouve pas, ou d’expérimenter des « sonnets à 13 ou à 15 vers ». Le sonnet n’est qu’une convention, comme est une convention le fait d’appeler « tabouret » une chaise sans dossier. Ajouter un dossier à un tabouret n’en fait pas un « tabouret expérimental ». [...] 8. J’ai veillé à ne pas ajouter aux sonnets les préjugés que nous avons sur l’époque dans laquelle ils ont été écrits. Ainsi, pour traduire les sonnets romantiques, je n’ai pas choisi des mots particulièrement connotés « romantiques ». Ce qui m’importe, ce n’est pas la participation d’un sonnet à un courant ; mais ce qu’il peut nous dire aujourd’hui. Pour autant, je n’ai pas non plus cherché à « moderniser » les sonnets. Pour naviguer entre ces deux écueils du ghetto historique et de la mise à jour, j’ai eu pour seule boussole, subjective et simplissime, d’essayer de proposer les textes les plus intéressants. 9. Plutôt que de traduire un seul sonnet d’un très grand nombre d’auteurs, comme c’est le cas dans The Making of a Sonnet, l’anthologie classique publiée par Norton en 2008, j’ai décidé de proposer un nombre représentatif de sonnets, composés par relativement peu d’auteurs — en privilégiant les séquences ou les sonnets de sonnets. Outre que la singularité de chaque auteur se repère mieux sur plusieurs poèmes que sur un seul, l’avantage d’un tel choix est de pouvoir proposer des ensembles cohérents et même complets. Traduire quelques séquences, plutôt qu’un grand nombre de poèmes individuels, permet également de mettre en évidence la sorte de manie dont le sonnet est l’objet : « Un proverbe espagnol (rapporte John Donne dans une lettre à Herbert Goodere) m’en informe : qui ne sait pas faire un sonnet est un idiot, mais qui en fait deux est un fou ».
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EXTRAIT 2 : PRÉSENTATION DES SONNETS DE JOSHUA IP Joshua Ip, Sonnets from the Singlish (2015) Lorsque j’ai emménagé à Singapour en 2017, mon premier achat fut Unfree Verse (Ethos Books), une anthologie de la poésie singapourienne, dirigée par trois jeunes poètes, Joshua Ip, Tse Hao Guang et Theophilus Kwek, et axée sur le travail des formes et des contraintes. JOSHUA IP (1982) venait lui-même de faire paraître une « upsize edition » (édition augmentée, 2015) de ses Sonnets from the Singlish*, un ensemble qui lui valut d’être lauréat du Singapore Literature Prize. Si le titre fait explicitement référence aux Sonnets from the Portuguese d’Elizabeth Barrett Browning, il faut pour bien en saisir la signification avoir en tête la singularité historique, politique, géopolitique, culturelle et linguistique de Singapour. Île située au bout de la péninsule malaise, colonisée par les Anglais à partir de 1819, profitant de sa situation maritime entre l’Inde et la Chine, Singapour s’enrichit rapidement au point de devenir le plus gros port mondial, attirant les travailleurs du Sri Lanka comme de la Chine du sud. Envahie par les Japonais pendant la Deuxième Guerre Mondiale, elle conquit son indépendance en 1965 après avoir brièvement été rattachée à la Malaisie. Quatre langues y sont aujourd’hui constitutionnellement reconnues : l’anglais, le mandarin, la malais et le tamoul. Le Singlish (mot-valise pour Singaporean English) est le créole local, principalement basé sur un anglais à la grammaire simplifiée, et intégrant des mots chinois, malais et plus rarement tamouls. Dans le cadre d’une réflexion sur la post-colonie proche de celle qu’ont pu avoir aux Caraïbes des écrivains comme Raphaël Confiant ou Patrick Chamoiseau, le Singlish est revendiqué par une partie des Singapouriens comme une langue ayant sa valeur propre et pouvant donner lieu à une « défense et illustration » littéraire. Les Sonnets from the Singlish ne suivent pas à proprement parler ce programme puisqu’ils ne sont pas écrits en Singlish. L’expression « From the Singlish » signifie « traduit du singlish », en anglais donc, et touche à une question plus esthétique que proprement linguistique : traduire du singlish, (essentiellement parlé dans les classes populaires) un contenu à l’aide duquel composer des sonnets, c’est nier les hiérarchies établies du noble et du vulgaire, du bon goût et du kitsch — c’est carnavalesque. On aura compris que Joshua Ip joue avec la tradition. Les six sonnets que j’ai traduits forment une sous-séquence autonome de son livre, intitulée (sans majuscule) « legend of the monkey god » (la légende du dieu singe) d’après le personnage de Sun Wukong, héros d’un roman populaire chinois du XVIe siècle. Ce singe (également à l’origine de la figure de Dragonball), est le premier disciple du moine Sanzang, chargé dans La Pérégrination vers l’ouest de chercher en Inde les écritures sacrées du Bouddha pour les ramener en Chine. Quoique doué de pouvoirs magiques extraordinaires, il est tout sauf un de ces nobles lettrés de la Chine impériale, et représente plutôt le type même du personnage facétieux, imprévisible et irrévérencieux — comme l’art de Joshua Ip, dont le recours à la rime relève d’abord, à mon sens, du happening comique. Ainsi, lorsqu’il commente la rareté des mots rimant avec « crap » (merde, dans le premier poème), ou écrit un sonnet à connotation pornographique (« monkey and the ru yi bang ») en vers léonin (les deux hémistiches riment ensemble). Une dimension centrale ces sonnets aurait été mise de côté, si la traduction n’avait pas été elle aussi rimée.
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EXTRAIT 3 : DEUX SONNETS DE JOSHUA IP (2015)
La légende du dieu singe singe écrit un poème poètes à tête de girouette, aimant rien plus que jouer la révolution, deci-delà, et revenir toujours au connu et au lu : quelqu’un a déjà écrit ça et comme ça. vous pouvez bien biaiser vos notes d’intention, scrabbler du neuf, garder du vieux qui ne se perde, les verbes sont des verbes et les noms des noms — et le choix limité pour les rimes de merde. le vieux singe vous couvre. voici ma machine à écrire : vintage. art déco. bien ancienne. donc pour commencer j’ai une créd. de hipster. ajoute mes cent mille sbires : par millions nous taperons random des vers de mirliton qui une fois sur mil vous briseront le cœur.
l’éducation d’un singe bouddha passa, guan shi yin a fait un détour pour prêcher. lao zi livra une bibli jurant que ses bouquins allégeraient l’ennui qu’on a à soigner les chevaux de l’empereur. confucius prit une voie plus pratique encore. il plana, texte en main, tout près de mon oreille et lut, quand je pelletais du fumier de paille. le bourdonnement de mon célèbre mentor s’évapora au chaud — et je rêvai du doux pelage offrant le fruit sucré — moi le premier à percer la surface, à mordre, à éclater la peau — et de fraîcheur volée tacher mes joues. entouré par les sages de plus grand renom, je ne pouvais songer qu’à voler des brugnons. 5/6
EXTRAIT 4 : DEUX SONNETS D’EDNA ST. VINCENT MILLAY (1923)
[Sonnet 9] Lui qui n’étant ni trop gentil ni trop brillant N’était guère doué pour le sport, beau non plus, Était entré dans sa vie quand n’importe qui Eût été bienvenu, tant elle avait besoin. Ils s’étaient rencontrés ainsi : il dirigea Le reflet d’un miroir dans ses yeux, à l’école — Ce par quoi il fut distingué ; depuis ce jour Ils allaient de concert en règle générale. Elle dit, en secret et chuchotant, comment Il avait dirigé le reflet d’un miroir Dans ses yeux. Le disant, que ce n’était pas chose Si merveilleuse la frappa. Mais quelle était La probabilité ? — C’est pas mal de savoir Que tu as un ami qui t’accompagne où que tu ailles.
[Sonnet 11] Elle s’en rappela quand elle vit la neige Partie, exposant à nouveau l’herbe brune et Des épingles à linge, un tablier — voilà Longtemps, quand, tamisant par la vitre, une blanche Tempête la forçait à contrecœur, enfin, À rentrer, avant que la corde ne cédât, Les rigides habits qui volaient dans le souffle S’affrontant en armées d’anges dans la mêlée, Un tablier — longtemps ! — dans une telle nuit Soufflé et pris dans, grossissant, une congère, À terre, avant qu’avril ne le rende aux regards, Oublié, pittoresque et neuf comme un cadeau — Tirant, fouillant et arrachant — elle comprit : C’était le printemps, il faudrait vivre une autre année complète.
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éditions Hourra
Paroles sans raison, Paul Klee isbn
978-2-491297-03-9
poésie / arts
genre
poésie, arts thèmes
ironie, transgression, Bauhaus
fiche technique 48 pages offset couleur brochures cousues collées format 11x18 cm prix 15 € parution le 03/05/2022 contact diffusion Paon diffusion paon.diffusion@gmail.com distribution Serendip-livres contact@serendip-livres.fr édition Hourra editionshourra@gmail.com Choisis et traduits par Pierre Alferi, Paroles sans raison est un ensemble de poèmes du peintre allemand Paul Klee. Méconnue en France, son œuvre poétique est pourtant prolifique et magnifique. Ce livre, accompagné d’une dizaine de reproductions, est un premier pont vers ce monde verbal trop longtemps resté à l’ombre de la peinture.
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Paroles sans raison, Paul Klee isbn
978-2-491297-03-9
poésie / arts
le livre Assemblé et traduit par Pierre Alferi, Paroles sans raison est un recueil de poèmes du peintre Paul Klee. Pour l’heure, nous proposons un choix modeste, d’une vingtaine de poèmes, mais dont la rédaction s’étend de 1901 à 1939. Choix arbitraire, au fil des ans, d’un lecteur et traducteur de poésie bientôt persuadé qu’il y avait là plus qu’une œuvre seconde et mineure, tout autre chose qu’un violon d’Ingres : un massif poétique, poussé, certes, dans l’ombre d’une œuvre plastique, mais sans équivalent au vingtième siècle, sinon peut-être dans la grande poésie de Jean/Hans Arp, son cadet de sept ans. — Extrait de la note du traducteur Le livre est construit en plusieurs moments : En ouverture, le recueil Paroles sans raison qui vient rectifier l’absence totale de poèmes de Paul Klee publiés en français. Un graphisme fin et astucieux donne accès sur la même page au texte original sans pour autant gêner l’œil du lecteur. Ensuite, la note de traduction, rédigée par Pierre Alferi, vient replacer habilement ce livre dans l’histoire de la peinture, de l’écriture, de la vie de Paul Klee. En fermeture, un cahier en couleurs donne à voir une dizaine de reproductions, offrant au lecteur un petit rappel de l’évolution de son œuvre peinte.
l’auteur Paul Klee (1879-1940) est un peintre allemand réputé pour son œuvre très expressive. Professeur à l’école du Bauhaus, il est malheureusement figure de proue de l’art qualifié de dégénéré par le régime nazi. Persécuté, il termine ses jours en Suisse. le traducteur Pierre Alferi, né en 1963 à Paris, est un romancier, poète, essayiste français. Professeur d’histoire de la création littéraire aux beauxarts de Paris, il a publié une vingtaine d’ouvrages et fait preuve régulièrement d’un engagement politique public. La sirène de Satan est un recueil paru en 2019 aux éditions Hourra.
éditions Hourra
Paroles sans raison, Paul Klee isbn
978-2-491297-03-9
poésie / arts
la maison d’édition — Honneur à celles par qui le scandale arrive ! Hourra : cri de joie, cri de guerre
978-2-491297-03-9
Les éditions Hourra publient de la poésie et des écrits sur l’art. Créée en 2019 sur la montagne limousine, la maison naît de l’envie de défendre des pratiques d’écritures marginales où se rencontrent le poétique et le politique. Fruit d’amitiés et d’intuitions communes, elle réunit des artistes et des autrices pour qui la révolte fait corps avec la beauté. éditions Hourra |36, avenue Porte de la Corrèze |19170 Lacelle www.editions-hourra.net
Auteur : Robert Louis STEVENSON Titre : EMBLEMES MORAUX et autres poèmes, avec 19 gravures sur bois de l'auteur. Edition bilingue. Traduction inédite. 80 pages, imp. en rouge et noir format : 16 x 22,5 prix : 30€ ISBN : 979-10-95625-15-5 En 1882, Robert Louis Stevenson se rend à Davos pour se soigner. Il est accompagné de son épouse Fanny Osbourne et du fils de celle-ci, Lloyd, alors âgé de 12 ans. Lloyd est passionné d'imprimerie qu'il pratique sur une petite presse à bras. L'enfant publiera et imprimera en connivence avec Stevenson, 5 petits livrets de poèmes et de gravures sur bois de celui-ci. En 1921, devenu un homme, Lloyd Osbourne republiera en un seul volume, ces publications touchantes devenues rarissimes. Il les accompagnera d'une préface relatant cette singulière et émouvante aventure. C'est ce volume que publie Harpo&, enrichi d'une traduction inédite de Benjamin Mouze.
É DIT IONS LURLURE PARUTION MAI 2022
CENT BALLADES D’AMANT ET DE DAME Christine de Pizan Nouvelle traduction de Bertrand Rouziès-Léonardi Préface de Dominique Cochet et Pascal Maillard Édition bilingue Collection : Poésie Prix : 22 euros Format : 14 x 21 cm Nombre de pages : 244 ISBN : 979-10-95997-44-3 Une nouvelle traduction du chef-d‘œuvre de Christine de Pizan, considérée comme l’une des premières féministes de l’Histoire
LE LIVRE Les Cent ballades d’amant et de dame, chef-d’œuvre de la poésie courtoise narrative, en sont peut-être aussi le tombeau passionné. En effet, en ce début de XVe siècle, la fin’amor, devenue archétype littéraire, sort émoussée de l’épreuve des champs de bataille et de la misogynie cléricale. Dans une société aristocratique obsédée de guerre, la femme, en dépit des célestes perfections que l’homme lui prête et de la fidélité absolue qu’il dit lui vouer, est de ces sanctuaires qu’on profane, de ces divinités qu’on trahit, entre deux expéditions militaires. Plus de deux siècles après son émergence en tant que discipline de mœurs et de mots, la courtoisie s’altère en galanterie, ce jeu cruel de collectionneurs plus préoccupés de nobles proies à inscrire à leur tableau de chasse que d’unisson des cœurs et des corps. C’est dans ce cadre que Christine de Pizan “prend en route”, comme on se lance un défi, une relation amoureuse déjà bien entamée, sur fond de harcèlement courtois. La dame qui cède ne le fait pas sans livrer à son tour bataille contre des mots, contre des procédés éventés qu’elle impose à son amant de renflouer en actes, avec ce fol espoir, dans sa résistance comme en ses abandons, de reconstruire une éthique du désir :
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« Je ne sais pas ce qu’est l’amour ; quant à l’apprendre, Je ne le veux pas plus. J’ai l’âme ailleurs fixée. » La présente traduction s’attache à refaire chanter la langue-signature d’une chevalière des lettres, à la fois dépouillée et taillée sur le patron des inflexions du sentiment, la prose affleurant sous le vers, marque d’une modernité où notre époque saisira le reflet et l’écho de ses propres luttes émancipatrices.
L’AUTEURE Christine de Pizan, née en 1364 à Venise et morte vers 1430 au monastère de Poissy, est une philosophe et poétesse italienne. Elle est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume et comme l’une des premières féministes de l’Histoire. De fait, alors que 98 % des femmes de son époque étaient analphabètes, elle dut, veuve et démunie, gagner sa vie en écrivant. Elle n’a jamais hésité à se servir de sa plume pour se porter à la défense de son sexe, pointant notamment les préjugés misogynes les plus tenaces, souvent issus de « grands » textes littéraires (le Roman de la Rose) ou basés sur le discours de l’Église. C’est une auteure prolifique, qui compose des traités de politique, de philosophie, et des recueils de poésies. On lui doit, entre autres, Cent ballades d’amant et de dame et La Cité des dames, ouvrage incontournable des études féministes actuelles.
LE TRADUCTEUR Le traducteur, Bertrand Rouziès-Léonardi, est docteur en littérature médiévale et reconstituteur. Il a notamment publié aux éditions Lurlure une nouvelle traduction de Trubert (2019), le plus long fabliau de la littérature française.
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EXTRAIT 1
LA DAME (II) Je ne sais pas ce qu’est l’amour ; quant à l’apprendre, Je ne le veux pas plus. J’ai l’âme ailleurs fixée. Aussi, ce serait vain pour vous que de m’attendre. Je vous le dis : ôtez-le-vous de la pensée ; Je n’en vois l’intérêt. Toute dame rejette un tel amour, au vrai, Si l’honneur la conduit. N’en soyez pas penaud, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. Et contre un tel amour, j’entends bien me défendre. Je ne courrai pas, Dieu merci, tête baissée Enfiler le collet où d’autres vont se prendre, Comme on le voit souvent. Je m’en suis bien passée – Le bien que cela fait ! –, Et ce depuis longtemps, et je m’en passerai, Qu’on m’en parle par lettre ou dans un petit mot, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. Cette réponse est tout ce dont je sais me fendre. Plus un mot là-dessus. Vous me voyez lassée De votre bavardage. Allez donc entreprendre Quelqu’un d’autre. Requête à jamais repoussée. Et qui s’enhardirait Ferait grande folie. Aussi bien me déplaît Ce genre d’amour. Nul ne me prendrait d’assaut, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. N’y pensez plus, je vous l’affirme de nouveau, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut.
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ÉDI TI O N S L U R L U R E 7 rue des Courts Carreaux – 14000 Caen tél. 06 78 54 53 82 – contact@lurlure.net – www.lurlure.net
VISUEL PROVISOIRE
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L’AUTRE JOUR Milène Tournier Genre : POÉSIE Collection : Poésie Prix : 14 euros Format : 15 x 21 cm Nombre de pages : 88 ISBN : 979-10-95997-26-9
> Une nouvelle voix à suivre > “Une écriture majeure” selon François Bon > “Une poésie directe, brute, d’une évidence désarmante”, Guillaume Lecaplain, Libération LE LIVRE L’écriture de Milène Tournier ne souffre ni borne(s) ni contrainte(s) ; en vers ou en prose (parfois en mêlant les deux), elle cherche, tente, explore, “explose” (François Bon) grammaire et syntaxe avec talent et virtuosité. Dans L’autre jour, son second recueil, son écriture évoque à la fois la perte (de l’enfance, de l’amour), la disparition (de la nature, du silence), la peur (de la mort) mais aussi la beauté simple des choses vues et /ou vécues et le recours que les hommes sont toujours les uns pour les autres dans ce “fabuleux d’exister”.
L’AUTEURE Milène Tournier est née en 1988. Elle est docteure en études théâtrales de l’université Sorbonne Nouvelle et écrit des œuvres de théâtre et de poésie. Elle a publié aux édiDIFFUSION/DISTRIBUTION SERENDIP LIVRES 10 rue Tesson – 75010 Paris – contact@serendip-livres.fr Tél. 01 40 38 18 14 – www.serendip-livres.fr
tions Théâtrales en 2018 Et puis le roulis (théâtre), en 2019 Nuits (roman) aux Éditions La Ptite Hélène. Son premier recueil de poésie, Poèmes d’époque, a paru en novembre 2019 dans la collection « Polder » de la revue Décharge, préfacé par François Bon, qui écrit à son propos : “Pour moi c’était d’évidence. On avait affaire là à une écriture majeure.” Milène Tournier s’intéresse également à la littérature en lien avec les arts numériques, et élabore notamment des poèmes-vidéos diffusés sur Youtube (https://www.youtube. com/channel/UCiGj9AbLGsbPr4azkClDWfA ). Elle participe, en 2019-2020, au programme de résidences d’écrivains de la Région Îlede-France.
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cOUVERTURE NON CC
Du désarroi et de la colère Jacques Roman PRÉSENTATION Du désarroi et de la colère est le dernier ouvrage de Jacques Roman, formant un tableau sublime de deux volets pouvant se rabattre l’un sur l’autre. À partir de plusieurs réflexions philosophiques, poétiques et introspectives, exigeantes de vérité, il tente de contourner l’ennui et d’arracher sans faillir la mauvaise herbe des jours qui passent. Mêlant le passé au présent, l’étymologie du désarroi sert ainsi de ciment aux déambulations actuelles de la colère. Fidèle à un style de haute voltige, qui lui permet de sauter par-dessus les dépressions et les gouffres sans y tomber, Jacques Roman est définitivement, comme le soulignait Jacques Chessex : « Un poète de la trempe d’Artaud et de Pasolini : de ceux qui se risquent, esprit et corps,
En librairie 01.2023
dans le suave et le pire. »
Format : 14 x 21 cm Pages : 64 p. Reliure : broché, collé rayon : littérature Prix : 10 € / 15 CHF ISBN : 978-2-8290-0662-3
AUTEUR Né en 1948 en France, Jacques Roman s’installe en Suisse romande au début des années 1970. Comédien, metteur en scène, réalisateur, collaborateur et producteur à la Radio Suisse romande, pionnier des lectures publiques, il est aussi l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dans des genres divers : prose et recueils poétiques, livres d’artistes, pièces de théâtre et œuvres radiophoniques.
DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE Éditions d’en bas Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne 021 323 39 18 contact@enbas.ch / www.enbas.net
DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE Paon diffusion/SERENDIP livres
Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
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À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9555444-9-5 10 € En mai 2011, une foule s’installe sur la place de La Puerta del Sol à Madrid, important en Europe une forme d’action issue des Printemps arabes. Les protestataires y érigent un campement complexe qui fonctionne comme une ville miniature. Celui-ci accueille des espaces dédiés aux repas, à la lecture, au soin, à la garde des enfants et au repos. Les activités sont réalisées bénévolement, et les matériaux collectés ou donnés gratuitement. Les liens entre les individus sont régis par des affinités et des affects, et l’argent ne joue aucun rôle. Les décisions ne sont plus confiées à des représentants mais prises collectivement au sein d’une assemblée et diverses commissions prennent en charge les questions pragmatiques. Partout, surgit la parole, que ce soit oralement lors de longues réunions ou sous la forme visuelle d’affiches et de banderoles auto-produites. Ce livre revient sur cet épisode contestataire en s’attachant à ses dimensions esthétiques et utopiques. Il montre comment les formes artistiques peuvent fournir un langage pour exprimer le désir de changement collectif, la possibilité d’utiliser d’autres voies et moyens pour relever le défi de vivre ensemble et d’habiter un espace commun. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9584193-0-1 10 € Puisant dans l’histoire de l’art au crible des études visuelles et culturelles, cet ouvrage explore les notions de visualité et de contre-visualité. Ces termes introduits par le théoricien des cultures visuelles Nicholas Mirzoeff nouent le voir au savoir, au pouvoir et au (faire) croire. À travers notamment des pièces de Betye Saar, Leslie Labowitz, Coco Fusco et Guillermo Gómez Peña, Hito Steyerl, Joy Buolamwini, et des écrits d’Allan Sekula, il s’agit d’examiner comment certaines œuvres d’art questionnent les systèmes de visualité hérités des mécanismes de domination capitaliste, coloniale, et patriarcale. Ces artistes n’opposent pas terme à terme une visualité à une autre, mais cherchent à produire des écarts tactiques et privilégient une mobilité des points de vue, pour permettre à chacune et à chacun de se construire comme sujet. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9555444-8-8 10 € Dans le premier numéro de La Révolution surréaliste, en 1924, fut publié un montage photographique réunissant 28 visages masculins de personnalités surréalistes ou comptant particulièrement pour le mouvement et, au centre de ces portraits, plus grande, la photographie d’une femme : Germaine Berton. En 1923, cette militante anarchiste défraya la chronique en assassinant Marius Plateau, une figure des milieux monarchistes et nationalistes. Cet ouvrage revient sur la réception de ce crime politique par les surréalistes, qui apportèrent un soutien inconditionnel à Germaine Berton, et par les anarchistes eux-mêmes, dont la position fut plus ambivalente. En analysant les divergences entre surréalistes et anarchistes, en particulier autour de la question du suicide, et en revenant sur les diverses lectures qui ont été faites jusqu’à aujourd’hui du « tableau synoptique » avec Germaine Berton, il s’agit d’en critiquer les interprétations purement cultuelles ou esthétisantes, afin de restituer la dimension politique de l’expérience surréaliste et l’antagonisme social et politique violent des années qui l’ont vu naître. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
Chroniques d’Ukraine, de mars à avril 2022
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville E B A
Ici Transcarpatie est un collectif de militant·es qui décide de se rendre dans une coopérative Longo Maï située en Transcarpatie (région qui se trouve à la jonction des frontières ukrainienne, polonaise, slovaque, hongroise et roumaine) entre mars et avril 2022. Leur objectif principal : soutenir matériellement, logistiquement en aidant à des chantiers collectifs, en faisant de l’approvisionnement, ou en livrant du matériel dans les zones de conflits ; ils rendent compte de leurs expériences dans un blog initialement destiné à leurs proches. Plutôt qu’une vocation analytique les textes témoignent du quotidien de volontaires dans un pays en guerre. Ils abordent cet événement depuis les liens déjà existants avec des camarades de la coopérative de Longo Maï. Depuis cet endroit éloigné des zones de conflits armées, ils rencontrent des gens qui sont venus s’y réfugier, y transiter et traverser la https://icitranscarpatie. wordpress.com/
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
Format : 11*21 Nombre de pages : ? Prix : + ou - 10 euros ISBN : 9782493534088 Graphisme : Théo Pall
Chroniques d’Ukraine de mars à avril 2022
Éditions Burn~Août
recueil de textes écrits en Ukraine, sur le front et à sa marge, entre mars 2022 et avril 2022. Préalablement publiés sur un blog pour faire le récit de cette expérience au jour le jour et tenir informé·es leurs ami·es, ils sont publiés aujourd’hui sous forme de livre enrichi d’un texte de Perrine Poupin, chercheuse au CNRS et d’un nouveau texte du collectif Ici Transcarpatie.
Chroniques d’Ukraines de mars à avril 2022 d’après https://icitranscarpatie.wordpress.com/
Chroniques d’Ukraine, de mars à avril 2022 est un
d’après https://icitranscarpatie. wordpress.com/
Dernières modifications le 24 août 2022 1:35 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
Chroniques d’Ukraine, de mars à avril 2022
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville frontière. Les membres du collectif se sont rapprochés occasionnellement de la ligne de front pour livrer du matériel et ont rencontré des individus et des groupes qui, de façon autonome, ou par le biais d’associations, luttent par le bas. Une lutte qui, en temps de guerre, se définit aussi bien par l’organisation de cantines et de refuges qu’en la réappropriation d’usines pour fabriquer des gilets par balles. Par ces textes le collectif Ici Transcarpatie donne à voir la résistance populaire qui gronde et qui invente alors même que deux empires s’affrontent. En cela, le recueil est constitué de trois types de texte : 1/ Les textes qui introduisent l’ouvrage, écrit a posteriori, qui peuvent apparaître comme des témoignages et des mises en contexte de l’expérience vécue. 2/ Les textes publiés sur le blog, écrits sur le vif, qui font le récit de ce mois passé en Ukraine. 3/ Les entretiens retranscrits qui laissent la parole à celles et ceux qui luttent encore pour leur survie tandis que la guerre n’en finit pas.
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
Il s’agit moins de faire le récit d’une guerre que celui d’une expérience particulière d’individus qui décident de faire le chemin eux·elles mêmes pour appréhender toute la complexité d’une telle situation.
https://icitranscarpatie.wordpress. com/2022/04/01/aller-a-kiev-en-ambulance -et-rentrer-a-carpates/ « À la base, nous voyons des véhicules de types ambulance, ou jeep militaire ; des volontaires en treillis et des personnes armées qui accompagnent les paramédics dans leurs interventions pour les protéger. Ces bataillons de paramédics sont des organisations de volontaires bénévoles qui existent depuis 2014, et se sont formalisés après Maïdan dans la guerre du Donbass. Bien qu’ils ne dépendent pas de l’armée, il sont en étroite relation avec celle-ci étant donné qu’ils interviennent au plus près des combats. Leur maxime est de “sauver des vies”. Il se composent en petites unités de 3 ou 4 personnes qui vont intervenir dans la ligne de front pour prendre en charge les blessés civils et militaires qu’ils mettent en sécurité dans des points de stabilisation puis dans les hôpitaux. Il y a 31 unités mobilisées à Kiev en ce moment. Cette organisation s’est largement professionnalisée depuis 2014 et bénéficie d’un large soutien financier et médiatique, mis en scène dans une publicité très héroïque. En apparence, la distinction d’avec le corps militaire n’est pas évidente et tout bénévole participant à ce bataillon doit suivre une formation exigeante de secours militaire. La différence, nous dit-on, se situe dans le fait que chez les paramédics, il n’y a pas de salaires, pas de notion de désertion (on peut s’en aller quand on veut bien qu’il faille demander une permission pour faire une pause lorsqu’on est mobilisé), et surtout « que l’on respecte la sensibilité de chaque personne ». Depuis le début du conflit, de nombreuses personnes ont cherché à les rejoindre, alors ils ne prennent plus de nouveaux volontaires parce qu’ils ne dispensent pas de formation actuellement. S’ils manquent de personnel, ce n’est pas au niveau médical mais plutôt dans des tâches précises comme chauffeur ou mécanicien. Il faut suivre une formation spéciale pour être capable de conduire dans des conditions extrêmes et être formé aux gestes principaux d’urgence vitale (être capable d’installer un tourniquet sur soi même par exemple). »
L’ambulance perdue dans la plaine Dernières modifications le 24 août 2022 1:35 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
PARUTION EN FRANCE PRÉVUE POUR FÉVRIER 2023
à une étoile – mélanie berger imprimé en Suisse / 11,5 x 16,5 cm / EUR 16 / 100 p. / isbn : 978-2-940518-75-3
Mélanie Berger livre dans un récit intime et sans fard ses doutes et ses interrogations, la complexité de pensées et de sentiments ambivalents qui surgissent avant, pendant et après une intervention volontaire de grossesse ou I.V.G. « […] Par ce témoignage, j’espère amener une meilleure compréhension d’un vécu souvent douloureux et encourager une parole libérée favorisant le dialogue, avec soi-même ou autrui, afin d’aider peut-être d’autres femmes dans leur propre cheminement. »
Ce livre n’a pas la prétention de statuer sur l’avortement, il n’est que le partage de mon vécu personnel d’une interruption de grossesse. J’ai le privilège de vivre en Suisse, un pays qui depuis la votation du 2 juin 2002 autorise l’I.V.G. jusqu’à 12 semaines de grossesse afin de proscrire les risques et dommages encourus – tant sur le plan physique que psychique – lors d’un avortement illégal. Chaque femme devrait être libre de ses choix et ne pas être passible de prison si elle décide de ne pas poursuivre sa grossesse. Selon les circonstances, par exemple à la suite d’un viol, une I.V.G. peut aussi être vécue comme une délivrance ; néanmoins, la légalité de l’acte n’empêche pas la honte et la culpabilité parfois éprouvées, et même si la décision d’une intervention est sans équivoque, rares sont les femmes qui en parlent ouvertement. Il y a une sorte d’omerta quant au ressenti des femmes 7
ayant subi une I.V.G., et peut-être un manque dans la formation des intervenants pour proposer un accompagnement psychologique. Dès lors, cela relève d’une démarche individuelle d’aller chercher un groupe de soutien, une thérapie ou toute autre forme d’aide qui pourrait s’avérer bienvenue. Je n’ai rencontré aucune femme qui considère cette expérience comme un acte anodin, et peu en parlent autour d’elles. La plupart du temps, les proches ou la famille l’ignorent et seules quelques rares personnes, souvent une ou deux amies, sont dans la confidence. La charge de la responsabilité d’une I.V.G. ou d’une grossesse non désirée menée à terme incombe en général à la femme, et que la grossesse soit interrompue à la suite d’une fausse-couche, une I.M.G. ou une I.V.G., il en résulte dans tous les cas un processus de deuil périnatal. Il y a beaucoup de paramètres qui entrent en ligne de compte dans la décision de cesser de porter la vie. Par ce témoignage, j’espère amener une meilleure compréhension d’un vécu souvent douloureux et encourager une parole libérée favorisant le dialogue, avec soi-même ou autrui, afin d’aider peut-être d’autres femmes 8 dans leur propre cheminement.
APRÈS LA RÉVOLUTION NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
Après la révolution est un journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti. Ce troisième numéro thématique annuel traite de la pédagogie comme transformation des êtres. Il engage un bilan critique des modalités programmatiques et organisationnelles de pédagogies issues de processus insurrectionnels et révolutionnaires dans le monde, d’un point de vue théorique, critique mais aussi en donnant la parole à des acteur·ice·s de ces événements. Ce travail est accompagné de la republication de documents historiques peu accessibles et d’hypothèses infrastructurelles. Il explore parallèlement d’autres architectures possibles pour les contes-
tations et d’autres pédagogies à mettre en œuvre après la révolution. Comité de rédaction du journal : Manuel Bello Marcano, Lynda Devanneaux, Adrien Durrmeyer, Anaïs Enjalbert, Sara El Alaoui, Émilien Épale, Paul Guillibert, Marianna Kontos, Thimothé Lacroix, Léo Pougnet, Claire Thouvenot, Amélie Tripoz, Emma Vernet, Xavier Wrona. Ce journal est une des activités de l’association Après la révolution, basée à Saint-Étienne. Ce numéro 3 comprend 63 contributions. Il est imprimé, relié et façonné à Saint-Étienne par les membres de l’association Après la révolution.
Format : 20,8 x 29,5 cm, 350 pages environ ISSN : 2678-3991 ISBN : 978-2-493403-08-7 Prix : 20 euros minimum Rayons : Beaux arts / Essais Thèmes : Architecture / Philosophie / Sciences sociales Sortie : 3 février 2023
SOMMAIRE DU NUMÉRO ÉDITO INTRODUCTION GÉNÉRALE – Le comité de rédaction
DOCUMENTS INTRO – Le comité de rédaction LE MAÎTRE IGNORANT – Jacques Rancière (Extraits) PÉDAGOGIE DE L’OPPRIMÉ – Paulo Freire (Extraits) UNE SOCIÉTÉ SANS ÉCOLE – Ivan Illich (Extraits) LA MÉTHODE NATURELLE DANS LA PÉDAGOGIE MODERNE » POUR LE TEXTE DE CÉLESTIN ET ÉLISE FREINET – Célestin & Elise Freinet (Extraits) LA PÉDAGOGIE ENGAGÉE – Bell Hooks (Extraits) UN HAMSTER À L’ÉCOLE – Nathalie Quintane (Extraits) L’ÉCOLE EN RÉVOLUTION. L’APPLICATION DES MÉTHODES DEWEYENNES EN RUSSIE SOVIÉTIQUE – Guillaume Garreta FAMILLE ET ÉCOLE – Nadejda Kroupaskaïa LA FAMILLE ET L’ÉTAT COMMUNISTE – Alexandra Kollontaï DISCOURS SUR LES SCIENCES ET LES ARTS & LA PENSÉE ÉDUCATIVE DE CONDORCET – Jean-Jacques Rousseau & Bernard Jolibert YOUNG LORDS. HISTOIRE DES BLACK PANTHERS LATINO – Claire Richard (Extraits) BLACK MOUNTAIN COLLEGE BULLTIN 2. “CONCERNING ART INSTRUCTION” – Josef Albers LOUISE MICHEL. MEMOIRES : 1886 – Claude Rétat UN ARCHITECTE DANS LA « RÉPUBLIQUE DES ARTS » – Aurélien Davrius & Jacques-François Blondel REFLECTIONS ON LITTLE ROCK – Hanna Arendt
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
NOUS VOUS ÉCRIVONS DEPUIS LA RÉVOLUTION. RÉCITS DE FEMMES INTERNATIONALISTES AU ROJAVA – Collectif L’ARPENTAGE OU LE PARTAGE COLLECTIF DU SAVOIR – Zoé Maus (CIEP-communautaire) MY PEDAGOGIC CREED – John Dewey EL SOCIALISME Y EL HOMBRE EN CUBA – Comandante Ernesto Guevara WHO SHALL SURVIVE ? – Jacob Moreno
ÉPISTÉMOLOGIE INTRO – Le comité de rédaction COMMENT PASSER D’UNE PÉDAGOGIE DU CAPITAL À UNE PÉDAGOGIE REVOLUTIONNAIRE ? INTRODUCTION À LA SECTION « EPISTÉMOLOGIE » – Léo Pougnet pour le comité de rédaction LE SYSTÈME ÉDUCATIF : POUR L’AUTONOMIE ET L’ÉMANCIPATION – Cybèle David THÈSES SUR FEUERBACH 3 – Karl Marx VHUTEMAS. PROGRAMME PÉDAGOGIQUE, RÈGLEMENT ET VISITE DE LÉNINE AUX VHUTEMAS – Documents d’époque traduits du russe PROGRAMME PÉDAGOGIQUE DE L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE CRÉATION INDUSTRIELLE – Patrick Bouchain 18 PRINCIPES POUR DÉVELOPPER UNE PÉDAGOGIE ÉMANCIPATRICE DANS LES ENSA – Adrien Durrmeyer & le comité de rédaction
PÉDAGOGIE INTRO – Le comité de rédaction DÉCOLONISATION DU CAPITALISME – Océane Arbez & Anaïs Ordonneau DÉFINANCIARISATION, PROGRAMME DE DISSOLUTION DU SYSTÈME DU MARCHÉ – Claude Lahaye & Marie-Annick Rabefiraisana DES GRAINES LIBRES À LA RÉSISTANCE DES TERRITOIRES – FX. Bodet & Anonyme LE RÉCIT DE LA RENAISSANCE DE L’HOMO GAÏANICUS – Elisa Seguin & Rich LE RENVERSEMENT ÉNERGÉTIQUE – Damien Gesse & Maine Terrat UN NOUVEAU PACTE AVEC LA NATURE – Sonia Chaya & Aurélie Vial REDÉFINITION DES ÉCHANGES – Elisabeth Nampry & Anonyme SORCIÈRES, LA RÉSISTANCES INVAINCUE AU CAPITALISME – Alexandre Chabanne & Rémy Guggiari BIBLIOGRAPHIE DES TEXTES ÉTUDIÉS DURANT LE SEMESTRE
INTERVENTIONS INTRO – Le comité de rédaction ÉDUCATION POPULAIRE – Gilles Épale. Un entretien avec Xavier Wrona pour le comité de rédaction L’ÉDUCATION PEUT-ELLE ÊTRE ÉMANCIPATRICE ? LE LYCÉE EXPÉRIMENTAL DE SAINT-NAZAIRE – Julie Elbois (membre de l’équipe éducative), Louis & Loucia (élèves). Un entretien avec Timothé Lacroix, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction LES MYSTÈRES D’ÉLEUSIS. INITIATION, CONDITIONS D’ADMISSIONS & HYMNES HOMÉRIQUES 33 À DÉMÉTER – Victor Magnien PÉDAGOGIE ET MARXISME. ÉDUCATION & COERCITION DANS L’ÉDUCATION – Antonio Gramsci ECOLE ZÉRO, ÉDITION D’ÉTÉ N° 1 : ITINÉRAIRE D’UNE ÉCOLE EN CONSTRUCTION – Collectif CINÉ CLUB RÉVOLUTIONNAIRE D’APRÈS LA RÉVOLUTION. UN ESSAI VISUEL – Emma Vernet & Xavier Wrona POINT DE VUE ÉTUDIANT SUR L’ENSEIGNEMENT DE L’ARCHITECTURE – Collectif étudiant·e·s diplômé·e·s
CRITIQUE INTRO – Le comité de rédaction BAUHAUS BISSAU. COLONIALISME, DESIGN, MODERNITÉ – Tiphaine Kazi-Tani UN RÉSEAU D’ÉCOLES DE RÉFORME DES MOYENS DE PRODUCTION DANS UNE PARTIE DU MONDE ÉMANCIPÉE DU CAPITALISME VISANT À CONSTRUIRE UNE NOUVELLE RÉALITÉ : LES VHUTEMAS EN URSS DE 1920 À 1930 – Xavier Wrona OPEN SCHOOL EAST : UN ESPACE D’APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, GRATUIT, INCLUSIF, POLYVALENT – Anna Colin. Un entretien avec Manuel Bello-Marcano, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
LE FEU DU RÉCIT, ENTRE LE POLICIER ET LA VICTIME – Zoé Théval RÉFLEXIONS ESTHÉTIQUES ET PRODUCTIVES À PARTIR DU BAUHAUS – Pierre Caye CHILD’S PLAY – Guillaume Désanges (extraits) RESSOURCES POUR UNE PÉDAGOGIE ANTISEXISTE – Collectif Fédération SUD Éducation SOIGNER L’ÉCOLE – Marine Éric VERS UNE ARCHITECTURE NÉOLIBÉRALE – Adrien Durrmeyer LA PUISSANCE DES MÈRES. POUR UN NOUVEAU SUJET RÉVOLUTIONNAIRE – Fatima Ouassak (Extraits) LES SANS FACS – Collectif ISSEP ET ÉCOLES D’EXTRÈME DROITE. « ÉCOLE DE MARION MARÉCHAL : ANATOMIE D’UN FIASCO » & « AVEC LEURS FORMATIONS FINANCÉES PAR LA CAISSE DES DÉPÔTS, LES AMIS DE MARION MARÉCHAL FONT DES BONNES AFFAIRES » – Robin d’Angelo (JDD) & Lucie delaporte (Mediapart) DATA PORTRAITS VISUALIZING BLACK AMERICA – William E. B. DU BOIS (Extraits) CEUX QUI NE SONT RIEN – Taha Bouhafs (Extraits) À PROPOS DE LA TRANSFORMATION DE L’ARCHITECTURE DU MONDE PAR LA GUERRE : LE CAS DU JAPON – Xavier Wrona, Est-ce ainsi OCCUPATION DE NANTERRE ET TRANSFORMATION DES ÊTRES – Elsa Lanzalotta, Paul Guilibert & Claire Thouvenot. Un entretien avec Timothé Lacroix et Xavier Wrona pour le comité de rédaction
PRÉSENTATION DU NUMERO Le présent numéro d’Après la révolution a pour objectif de travailler la question des projets pédagogiques compris comme un processus de transformation et d’émancipation des êtres en imaginant comment la discipline architecturale pourrait être utile à la construction de pédagogies alternatives à celles du capital. Ce numéro s’est fixé comme objectif de travailler la question des structures et des programmes pédagogiques afin de pallier un manque sur le terme exact de pédagogie et son importance dans la construction des êtres. Il s’agit de mettre un terme à une pédagogie stérile et uni-directionnelle afin de construire une méthode et une infrastructure de la pédagogie au sein d’un projet politique collectif.
La question des pédagogies alternatives est vaste et il ne faut pas la sous-estimer au sein d’une culture progressiste et révolutionnaire. Nos forces se sont dispersées vers de nombreux modèles alternatifs et ont éprouvé de la difficulté à construire une structure pédagogique commune en accord avec les objectifs révolutionnaires qu’elles défendent. C’est une question qui est aussi la nôtre, et nous appelons sur ce point à prendre conscience collectivement qu’il s’agit bien là d’une question d’infrastructure, c’est-àdire d’une question d’architecture. En effet, se poser la question de savoir comment penser les formes structurelles de pédagogie de manière à ce qu’elles soient émancipatrices plutôt qu’oppressives est un énoncé architectural au sens où nous entendons le mot « architecture » dans ce journal.
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
L’ARCHITECTURE RÉVOLUTIONNAIRE DU TIERS MONDE Fernando Salinas Extrait d’un manifeste du même nom publié en 1967. Ce texte est cité dans la discussion avec Ernesto Oroza (cf. section « Interventions », p. 66). Un fantôme parcourt les chemins de l’architecture moderne, la transformant depuis ses racines : le fantôme des besoins du tiersmonde, du monde sous-développé, des trois continents. Selon les calculs des Nations Unies, en l’an 2000, la population mondiale dépassera les 7 milliards d’habitants, c’est-à-dire qu’elle doublera la population actuelle. Au cours des dix dernières années, la population totale a augmenté de 480 millions de personnes ; en trois ans, entre 1960 et 1963, elle a augmenté de 170 millions de personnes, et on s’attend à ce que la population de la planète augmente de 600 millions de personnes au cours des dix prochaines années. En 1950, 80 % de la population mondiale vivait dans des zones rurales. Les grandes villes
1967
connaissent une croissance de 4 % par an. Il y a vingt ans, il n’y avait que 30 villes d’un million d’habitants ou plus, il y a dix ans, elles étaient 60 et aujourd’hui, elles sont 80. En vingt ans, la ville de Caracas a quintuplé sa population. Le Caire, la plus grande ville africaine, qui comptait 2 millions d’habitants en 1947, en compte aujourd’hui 3 518 000. La population de Bogota est passée de 648 000 habitants en 1951 à 1 680 000 en 1964.
LE TIERS-MONDE : LE ROYAUME DU BESOIN. Sur cette population mondiale, 75 % vivent dans des zones dites sous-développées, soit environ 2 341 millions d’habitants, avec un taux de croissance moyen de 22 % par an. Entre les années 1960 et 1962, selon les statistiques, 2/3 de l’humanité, c’est-à-dire le monde sous-développé, a un revenu annuel moyen de 136 dollars, alors qu’en
Amérique du Nord et en Europe, le revenu moyen est respectivement de 2 845 et 1 033 dollars ; dans ces années, le revenu des pays développés a augmenté de 100 dollars, et celui des pays sous-développés de 5 dollars. Toute l’électricité produite en Inde ne suffirait pas à éclairer New York. La moitié de la population mondiale a moins de 25 ans, et parmi eux, 900 millions de jeunes vivent dans les pays du tiers-monde. En Afrique, 103 millions ; en Amérique latine, 89 millions ; en Asie 700 millions ; et en Europe et Amérique du Nord, respectivement 135 et 165 millions. D’ici 1970, la population des pays sous-développés augmentera de 300 millions, dont la moitié en Amérique latine et les trois quarts en Asie vivrons à la campagne. En Amérique latine, 62 villes de plus de 100 000 habitants constituent 40 % de la population totale. En Asie, entre 1970 et 1975, les villes de plus de 20 000 habitants vont augmenter de 500 millions. En Inde, un milliard de dollars
est nécessaire pour loger les nouveaux habitants des villes de plus de 100 000 habitants, et pour leur fournir de l’eau, du gaz, de l’électricité et des transports, il faudrait doubler l’investissement. En Amérique latine, on estime qu’il faudrait 1,4 milliard de dollars par an, investis sur 30 ans, pour faire disparaître le déficit de logements. Selon les estimations de la Direction des affaires sociales des Nations Unies, 150 millions de familles dans les pays les moins avancés ont besoin d’un logement adéquat. Parmi les niveaux de construction fixés comme objectifs par l’ONU, il y a celui de construire 10 maisons pour 1000 habitants dans chaque pays. Dans de nombreux pays, seules deux maisons pour 1000 habitants ont été construites. Voici quelques-unes des réalités terribles et amères du soi-disant tiers-monde, qui constituent le germe de ses transformations révolutionnaires.
CONSTRUCTIONS ET SOUS-DÉVELOPPEMENT. Sur un seul et même continent, l’Amérique latine, les besoins en matière de construction sont énormes. On compte 31 333 000 logements existants en 1951 pour accueillir 158 210 000 habitants, dont 80 % doivent être démolis ou réparés vu leur état de conservation. Pour absorber le déficit de logements, la croissance démographique et le remplacement des logements touchés, il faudra construire – selon l’intéressante étude sur le sujet menée par l’architecte Maria Luisa Lezcano pour le VIIe Congrès de l’U.I.A – 2 993 000 maisons par an pendant trente ans afin d’accueillir une population estimée sur le continent à 456 305 000 habitants, soit 90 355 000 familles de 5,05 membres en moyenne. Si l’on compare ce chiffre à la moyenne annuelle de 310 000 logements produits sur le continent entre 1957 et 1961, on arrive à la conclusion qu’il est nécessaire de doubler la production de logements pendant plus de trente ans pour résoudre le problème du continent latino-américain. Et si nous nous reportons ces chiffres, de manière globale, aux 3,5 milliards d’habitants du tiersmonde en 1990, nous arrivons à la conclusion qu’il sera nécessaire de construire environ 800 millions de maisons à cette date, soit quelque 27 millions de maisons par an pendant trente ans, pour résoudre le seul problème du logement sur les trois continents (l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique). En d’autres termes, il faudra multiplier par dix la construction de logements – et donc la construction en général – pour résoudre les problèmes fondamentaux en trente ans, en atteignant les niveaux de 10 logements pour mille habitants proposés par les Nations Unies. La satisfaction de ces besoins humains concrets constitue le germe de la révolution de l’architecture et de la construction dans le tiersmonde. Dans des conditions optimales d’approvisionnement et d’organisation, en utilisant des systèmes de construction artisanaux traditionnels, on peut calculer qu’un travailleur produit en moyenne une maison par an. En utilisant les techniques les plus avancées de production et d’assemblage de grands panneaux, la productivité peut être portée à 2,5 à 3 maisons par an et par homme. Mais l’utilisation de certaines
techniques avancées est limitée par le volume élevé de production stable qu’elles nécessitent. Ainsi, si l’on tient compte du fait qu’un pourcentage très élevé de villes du tiers-monde comptent moins de 15 000 habitants et que moins de 60 % des maisons seront construites dans des zones rurales isolées, nous pouvons atteindre une productivité moyenne de 1,7 maison par travailleur, en utilisant 20 % de la construction en grands panneaux ou similaire, et en mécanisant et en modernisant au maximum les systèmes traditionnels au cours d’une première étape. Cela nous amène à la conclusion que même si nous révolutionnons profondément la technique, étant donné le volume de main-d’œuvre disponible et les caractéristiques réelles du problème, notre monde ne pourra, pendant longtemps, résoudre dans ce sens que 70 à 75 % de leurs besoins. Comment surmonter, avec l’urgence qu’exige cette situation, l’apparente impossibilité pour le monde sous-développé de résoudre ses besoins ? Seulement par une révolution de son économie, de sa société, de sa technique et de son architecture, et dans le domaine de l’architecture, avec une révolution des concepts, des méthodes et des réalisations qui l’animent.
CARACTÉRISTIQUES DE L’ARCHITECTURE DU TIERS-MONDE. BASES DE SA TRANSFORMATION. L’architecture des pays sous-développés qui n’ont pas entamé leurs profondes transformations économiques et sociales, peut être caractérisée par les aspects suivants : 1) Le contraste entre le luxe des constructions d’une minorité et la pauvreté des constructions de la grande majorité active de la population, notamment en ce qui concerne le niveau de logement, la surface par personne et les services correspondants. 2) L’accumulation progressive du déficit de logement avec l’aggravation du problème du logement qui en résulte. 3) Les différences de niveau de vie et de logement entre la campagne et la ville. 4) La spéculation foncière et la construction à des fins de profit obligent la plupart des gens à résoudre leur problème spontanément, avec des maisons dispersées dans la campagne et des bidon-
villes, et des quartiers insalubres à la périphérie des villes. 5) la participation minime de l’État dans la résolution du problème du logement. 6) L’existence parallèle d’une technique avancée pour résoudre des problèmes isolés et d’une technique artisanale primitive, utilisée dans de nombreux cas spontanément, dans le reste des constructions. 7) La concentration des investissements dans la construction dans les grandes villes, conséquence de la spéculation foncière et de la construction à but lucratif, et la dispersion et l’abandon des constructions dans les campagnes. 8) L’utilisation généralisée de matériaux importés comme conséquence du sous-développement industriel. 9) L’anarchie dans le secteur de la construction, de la multiplicité des dimensions et des types de matériaux de construction jusqu’à la diversité des solutions architecturales à des problèmes similaires, avec le gaspillage de ressources matérielles et humaines qui en résulte. 10) Le fait de consacrer l’effort et le talent des architectes et des techniciens à la solution des problèmes isolés de la classe dominante, avec l’abandon de la tâche posée par les besoins de la modeste majorité de la population. 11) L’existence d’un petit nombre d’architectes et de techniciens en fonction du caractère et des limites du volume de travail et des programmes de construction. 12) La subordination des solutions esthétiques aux limites d’une technique inégale, à certains programmes exclusifs et à la déformation de la culture autochtone due à l’influence de l’idéologie du pouvoir dominant, qui limite la recherche d’une expression propre en architecture. L’architecture d’un pays sous-développé ne peut être transformée sans un changement radical de la structure économique, politique et sociale qui a produit le sous-développement et qui est la base, le fondement et la racine de ses caractéristiques. En plaçant les moyens fondamentaux de la production agricole et industrielle, le système bancaire et les moyens de distribution étrangers et nationaux entre les mains du peuple, ce changement permettra d’utiliser rationnellement toutes les ressources et forces disponibles grâce à un plan de développement guidé par des institutions créées à
cet effet et réalisé avec la participation consciente et active de tout le peuple organisé dans les tâches de préparation et de mise en œuvre à tous les niveaux. Le plan de développement d’un pays est le résultat d’un processus historique généré par son peuple qui, en prenant conscience des racines du sous-développement, élimine les obstacles qui empêchent l’évolution, établit les objectifs d’un plan et crée les conditions et les institutions qui assurent sa réalisation. Par conséquent, le plan de développement est la programmation technico-économique pour la réalisation de ces objectifs en fonction des conditions créées dans chaque pays. La planification est définie comme la prévision et la détermination scientifiques du développement futur de l’économie nationale, mais ce développement planifié agit non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace, donnant lieu à l’activité systématique de planification territoriale. La planification de l’aménagement du territoire doit être fondée sur la planification économique, et doit donc s’appuyer sur des plans ou des directives au niveau national, et sur la base de ceux-ci, établir des plans régionaux et locaux. L’aménagement du territoire doit se fonder sur la structure physique du sous-développement, en la transformant sur la base du contenu économique, politique et social résultant des nouvelles conditions de production. Les plans physiques successifs auront tendance à faire disparaître la déformation de la structure physique, en créant de vastes zones de développement industriel qui dynamiseront les villes existantes ou créeront d’autres zones, et équilibreront la disproportion fondamentale de l’énorme concentration dans les capitales. Le problème du logement, conséquence du sous-développement, est d’une telle ampleur qu’il ne peut être résolu qu’à travers un changement radical de la structure du pays, lui permettant de se développer et de satisfaire ainsi les besoins en logement et en services sociaux de l’ensemble de la population. Le développement économique et technique accéléré fournira les ressources substantielles nécessaires pour répondre à ces besoins. Le logement est un service social qui doit être exempt de tout mercantilisme, et pour lequel l’État a des obligations analogues à celles
52 DOCUMENTS
DOCUMENTS
COCOCKTAILS
LE ZESTE BARRIÈRE
LE TROTSKIR
1 Importe 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 verse ensuite 12 cl de jus d’oseille de Guinée 3 ajoute 4 cl de citron pressé 4 enfin, pour transformer ce cococktail en outil de propagande, reproduis le drapeau soviétique en posant deux zestes de citron formant le marteau et la faucille.
1 Verse un peu d’armée rouge composée de crème de fraise dans un verre, 2 fais-la ensuite danser avec un vin blanc pétillant à la dorure de la faucille ou bien avec du prolosecco prolosecco..
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LE MAOJITO
Pour ce doux mélange entre URSS et méditerranée, 1 importe 3 ou 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 mets 2 cl de crème de fraise, 3 1 cl de citron vert pressé, 4 3 cl de martini rouge, 5 et finis le tout avec la deuxième touche soviétique que sont 2 cl de Vodka pour réchauffer les cœurs.
1 Munis-toi de ta faucille pour couper 1/2 citron vert en cubes 2 ajoute une bonne cuillère à café de sucre roux 3 avec ton marteau, pilonne le tout bien fort 4 mets ensuite de la menthe avec 1 ou 2 cl de crème de fraise 5 presse maintenant avec douceur pour ne pas détériorer les feuilles 6 mets de la glace pilée 7 verse 4 cl de liquide cubain 8 remue avec une cuillère 9 verse de l’eau l’eau pétillante jusqu’à surplus 10 et fignole, enfin, en mélangeant avec douceur pour ne pas casser les bulles.
LES RECETTES D’UN BAL MARXÉ RÉUSSI avec nous, vous pouvez nous envoyer vos idées de cococktails à contact@apreslarevolution.org. Nous nous ferons un plaisir de les cococter et de les cocollectiviser.
– le Baby Lait-Nine – le Bloody Marxy – le Hô Chi Minh Tonic – le Toni Negrini – le Cosmo Pôle Emploi – le Che Killa Sunrise
Parmi les différentes tendances de l’ultragauche, c’est la théorie de la communisation qui se démarque en étendant son regard au-delà des relations salariales lorsqu’elle tente de saisir les dynamiques du capitalisme avancé. Maya Andrea Gonzalez écrit au sujet du groupe Théorie communiste (TC) qu’il « se concentre sur la reproduction de la relation capital-travail, plutôt que sur la production de la valeur. Ce changement d’orientation [lui] permet de mettre à [sa] portée l’ensemble des relations qui construisent réellement la vie sociale capitaliste – au-delà des murs de l’usine ou du bureau37 ». Néanmoins, si ce basculement permet d’éclairer les rapports qui
100 INTERVENTIONS
INTERVENTIONS
RÉINVENTER LA POLITIQUE EN GRÈCE Marine Boisset & Paul Coquet
250 PÉDAGOGIE
ÉPISTÉMOLOGIE
caractérisent la vie sociale hors des lieux de travail, il ne permet pas d’éclairer la mort sociale – car les relations définies par la mort sociale ne sauraient être réduites au rapport capital-travail. Au lieu de réduire la race à la classe, le penseur afro-pessimiste Frank Wilderson attire notre attention sur la différence entre le fait d’être exploité sous le capitalisme (en tant que travailleur) et le fait d’être marqué comme sacrifiable ou superflu sous le capitalisme (en tant qu’esclave ou prisonnier). Selon lui, « l’absence de la subjectivité noire au cœur des discours radicaux est le symptôme d’une incapacité à affronter la possibilité que le sujet génératif du capitalisme – le corps noir des XVe et XVIe siècles – et le sujet génératif qui résout les crises de suraccumulation du capitalisme tardif – le corps noir (incarcéré) des XXe et XXIe siècles – ne se laissent pas réduire aux catégories fondamentales qui structurent le conflit au sein de la société civile, c’est-à-dire les catégories du travail et de l’exploitation38 ». Le sociologue de la culture Orlando Patterson insiste également sur la nécessité d’analyser l’esclavage en termes de mort sociale plutôt qu’en termes de travail ou d’exploitation39. Pour ces penseurs, le travail forcé fait indiscutablement partie de l’expérience de l’esclave, mais cela n’est pas suffisant pour définir l’esclavage en tant que rapport [slave relation]40. L’exploitation économique ne suffit pas pour expliquer le caractère racialisé de l’incarcération de masse. Ainsi, les critiques du capitalisme qui ne tiennent pas compte du racisme anti-noir – ou qui ne le considèrent que comme un sous-produit du capitalisme – sont nettement insuffisantes.
depuis le seul angle du sentiment personnel du locuteur. Il est donc compliqué d’y répondre de manière critique (même lorsque cette personne tient, par exemple, des propos racistes) parce que cela pourrait blesser son intégrité personnelle. Qu’un individu se mette à politiser son sentiment personnel d’inconfort dans le langage du safe space peut couper court à toute discussion. L’exemple le plus frappant dont je me souvienne est
chercher à convaincre ces derniers qu’il serait injustifié d’exclure la police. Ses propos ont été rapportés dans les pages du Baltimore City Paper : « je pense, disait-elle, que ces manifestants ont violé l’espace des policiers42 ». L’invocation de la sécurité et de l’intégrité personnelles joue sur un registre purement affectif et émotif43, elle peut donc être manipulée pour tout justifier, du profilage
tisée par les manifestants qui lui criaient dessus lorsqu’elle défendait la police, plusieurs personnes ont cessé de critiquer ses actes et ses propos, bien qu’ils fussent manifestement pro-police, classistes, et stigmatisants pour les sans-abri – elle a par exemple dit : « Il y a trop d’ivrognes et de sans-abri làbas, ils sont vraiment malades de leur dépendance à l’alcool. Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’ils soient là ? Je préférerais les voir en
but de se purifier soi-même. Lorsqu’une personne s’identifie à son statut de victime, il est important de se demander si cela ne constitue pas en réalité une manœuvre tactique pour être perçue comme innocente et gagner ainsi du pouvoir dans un espace social donné. Cela n’implique pas de délégitimer les propos tenus par les survivantes, mais plutôt de se débarrasser de l’idéologie de l’innocence afin d’examiner chaque situation dans
LE SAFE SPACE On retrouve aussi la stratégie discursive qui consiste à faire appel à la sécurité [safety] et à l’innocence au niveau micro, lorsque les radicaux blancs manipulent le langage de « l’espace sûr » [safe space] pour conserver leur pouvoir dans les milieux militants. Par exemple, ils réduisent au silence les critiques qui leur sont adressées par des gens de couleur au prétexte que ces critiques les mettraient « mal à l’aise41 » [unsafe]. En utilisant ainsi le langage de l’espace safe, on peut faire passer un inconfort pour un danger imminent. L’expression « je ne me sens pas à l’aise » [I don’t feel safe] est facilement manipulable, puisqu’elle décrit la situation
celui d’une femme d’Occupy Baltimore, qui utilisait un vocabulaire féministe pour défendre les policiers, après qu’un « occupant » les ait appelés pour se débarrasser d’un sans-abri. Quand les policiers sont arrivés sur les lieux, certains activistes leur ont lancé des injures. Cette femme a tenté de calmer la situation en s’interposant entre la police et les activistes pour
racial à la guerre. Une personne qui utilise le langage du safe space pour dénoncer quelqu’un dans un espace militant est nécessairement présumée innocente ; on peut même aller jusqu’à amplifier ou politiser cette innocence présumée. Lorsque la femme d’Occupy Baltimore a déclaré qu’elle était la survivante d’un événement violent, qu’elle avait été trauma-
cure, c’est certain, mais je me fous bien de l’endroit où ils finiront par perdre connaissance44 ».
le détail et de demeurer conscient des multiples luttes de pouvoir à l’œuvre dans les conflits.
Le fait d’avoir survécu à un acte de violence sexuelle n’empêche pas la survivante de perpétuer d’autres formes de violence. De même, les expériences de racisme, de transphobie ou de classisme peuvent être mobilisées dans le
Dans ce débat sur la sécurité, l’autre opposé du spectre est la critique radicale du modèle de l’espace safe formulée par les queers radicaux. Dans un communiqué émis par le Festival queer de Copenhague intitulé « Cette année,
l’espace ne sera pas plus safe ! », les organisateurs annonçaient leur décision de supprimer les lignes directrices du safe space pour en appeler plutôt à « la réflexion et la responsabilité individuelles45 ». À mon avis, ce rejet des formes d’organisation collectives – et ce refus de penser au-delà de l’individu comme unité politique de base – doit être resitué dans un glissement historique plus large chez les queers, avec le passage de l’émancipation queer à la performativité queer, qui coïncide du reste avec l’hégémonie néolibérale et la « politique » du choix centrée sur le « souci de soi46 ». Ceux-ci ont réagi à l’échec des safe spaces par une remise en cause de toute forme de communauté et de toute politique fondée sur le discours articulé/ explicite. En méprisant les efforts visant à contrebalancer les déséquilibres de pouvoir, ils finissent par aplatir ces enjeux et ratent une occasion de poser des questions cruciales sur la distribution du pouvoir, la vulnérabilité et la violence – pourquoi et comment, par exemple, certaines personnes recourent à des langages et des structures afin de répondre à des dynamiques internes oppressives. D’un autre côté, moi qui suis fanonienne, je reconnais que la volonté d’éliminer tous les risques et dangers aboutit à une politique réformiste qui reconduit souvent l’ordre social en vigueur. Les espaces safe peuvent avoir un effet pacifiant sur la combativité. Quand toutes les actions risquées sont bloquées du seul fait qu’elles provoquent de l’inconfort, il devient impossible de penser un programme politique révolutionnaire. Les gens de couleur qui soutiennent que c’est en vertu de leurs privilèges que les Blancs peuvent prendre part à des actions risquées – contrairement aux gens de couleur (qui sont plus souvent ciblés par la police, n’ont pas les ressources nécessaires pour sortir de prison, etc.) – font une évaluation assez juste des différences de pouvoir entre les Blancs et les non-Blancs, mais ils finissent par effacer les gens de couleur de l’histoire des luttes en associant faussement la combativité avec le privilège d’être Blanc. Quand une analyse du privilège se transforme en un programme politique où les plus vulnérables sont tenus à l’abri du risque, la seule politique acceptable devient le réformisme et le repli – une politique menant tout droit à la capitulation devant le statu quo, qui efface l’héritage de groupes comme le Black Panther Party et la Black Libera-
133
tion Army47. Selon Fanon, c’est précisément le risque qui nous pousse à l’action révolutionnaire : l’émancipation exige de risquer sa vie. La combativité n’est pas seulement une nécessité tactique. Son objectif est double : transformer les gens et « modifier fondamentalement » ce qu’ils sont, raffermir leur courage, et les débarrasser du « nœud de désespoir » qui s’est cristallisé dans leur corps48. La politique des safe spaces est centrée sur le bien-être personnel, ce qui peut parfois entraver l’action des groupes fondés sur le consensus. En l’occurrence, lorsque des participants d’Occupy Baltimore se sont confrontés à des agresseurs sexuels, j’ai assisté à une assemblée générale qui était tellement alourdie par les procédures de consensus, que la seule décision à avoir été être prise concernant les agresseurs présents dans l’espace fut d’organiser un atelier de dix minutes sur le concept d’espace safe à la prochaine assemblée. Personne n’a voulu expulser les agresseurs d’Occupy. (Comme le disait Stokely Carmichael, « les libéraux ont peur de se mettre des gens à dos, et sont donc incapables de proposer une alternative réelle49 »). L’insistance sur le bien-être individuel peut paralyser l’énergie et l’élan des corps en mouvement. La politique de l’innocence et la politique de la sécurité et du confort sont liées, en ce que les deux stratégies ont pour effet d’entretenir la passivité. Le bien-être et l’innocence se renforcent mutuellement, comme lorsqu’on réclame du confort sur la base d’une position subjective innocente. Il va sans dire qu’aucune position subjective n’est éthique en soi. Même si je suis une femme de couleur queer, le simple fait que j’habite aux États-Unis fait reposer mon existence sur la violence. En tant que personne non-incarcérée, ma « liberté » ne peut être comprise que par opposition à la captivité d’autres personnes, comme mon frère, qui purge une peine de quarante ans en prison. Lorsqu’on considère la question de la sécurité [safety], on néglige souvent de s’interroger sur la co-constitution de la sécurité et de la violence. Il faut tenir compte du fait que la violence raciale est le revers invisible et nécessaire de la sécurité, particulièrement de celle des Blancs. La sécurité nécessite la suppression ou la relégation de ceux qu’on considère comme une menace. La société civile blanche investit beaucoup d’énergie psychique dans l’effacement et l’abjection des corps sur qui elle projette
44 DOCUMENTS
DOCUMENTS
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202 PÉDAGOGIE
PÉDAGOGIE
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CHRONOLOGIE En juillet 2007, la crise financière américaine des « subprimes » ainsi que la crise bancaire de l’automne 2008 inaugurent ce que l’on nomme « la crise financière mondiale ». Le monde se voit « par contagion » selon les économistes européens, tomber dans un déclin économique. Nous questionnant sur la situation économique de la Grèce, nous avons d’abord établi une chronologie des évènements afin de mieux comprendre l’état actuel du pays. La situation économique en Grèce suscite encore aujourd’hui de nombreux débats complexes et parfois controversés. Avant la crise de 2008, la Grèce connut une succession d’événements politiques sans précédent dans l’histoire. Entre 1936 et 1946, la Grèce vit sous la double occupation d’un dictateur nommé Metaxás et les difficultés économiques issues de la Seconde Guerre mondiale. De 1963 à 1967 : George Papandreou, alors Premier ministre, instaure une politique sociale et étatique. C’est une politique où il y a beaucoup de dépenses publiques qui n’amènent que trop peu de renouvellement et d’accroissement du capital de l’économie grecque. En 1981 Karamanlis arrive au pouvoir et instaure avec son gouvernement, la république en Grèce. C’est la fin de la monarchie. À partir de 1981, le gouvernement du socialiste Andréas Papandréou nationalise les entreprises et augmente les aides sociales. En 2001, la Grèce accède à l’euro, mais le pays s’endette à taux très bas. En 2009, La Grèce se voit impactée par la crise économique mondiale et entre dans une période de « dette » envers les créanciers européens. Il s’ensuit en 2010, année où les premières mesures législatives « anti-crise » ont été votées, une succession de négociations et de tensions. La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ce qui est connu comme la « Troïka », ainsi que les pays créanciers européens, entrent dans une logique d’application d’austérité à la Grèce en échange d’une aide financière de leur part. Jusqu’en 2017, année où l’économie grecque renoue avec la croissance, ces négociations et ces aides durent avec l’application de neuf plans d’austérité, trois plans d’aide et une réélection.
Ionnis Metaxas
1936-1946
Georges Papandreous
1963-1969
Konstantinos Karamanlis 1974-1995
Andreas Papandreou
1981-1989
PÉDAGOGIE
lico surgit de nulle part. On récupère enfin un plan et rebroussons chemin direction Ficoba. Entre temps, tous les commerces se sont caparaçonnés derrière des panneaux d’OSB.
Le contre-sommet que nous organisons apportera d’autres réponses. »7 Les salles sont toutes bondées, les places sont chères. Un service de traduction simultané est mis en place. On continue d’errer un peu. On n’est pas les seules, tiraillées entre le « trop de choix tue le choix » et l’incapacité de trouver sa place. Il faut dire que le lieu ne se prête pas réellement à inventer le monde de demain. Les salles, l’organisation, la prise de parole nous font dire qu’on participe à un « autre » sommet, mais qu’on ne dénonce rien. L’enfermement dans des formes institutionnelles ternes et convenues – centre de congrès, conférences plénières qui flirtent avec le show politique (ici JeanGuy Talamoni, là Clémentine Autain), badges autour du cou – menaceraient presque d’avorter déjà
Elizabeth : — Le chemin se fait facilement à pied, mais pour trouver la route on doit suivre une carte et le mouvement. Certaines routes sont barrées. Un groupe de personnes trimarde comme nous avec leurs sacs à dos. En s’approchant de la frontière, nous voyons le Cuerpo Nacional de Policía. Ils ne contrôlent pas les piétons, pour l’instant. Le voisin de train nous lâche pour de nouveaux amis sur le trajet.
État-nation
Tiphaine : — Il nous lâche surtout pour deux filles plutôt mignonnes. Elizabeth : — Sa mallette noire se balance à ses côtés. Flic ? Black bloc ? Touriste ? On le perd de vue. Une affiche nous nargue à l’arrêt de bus. « UN G7 QUI FAIT LA DIFFÉRENCE ? C’EST UN G7 FÉMINISTE ! À l’approche du G7, mobilisez-vous pour les droits des femmes avec #FeministsCount @Women7official »
Confédéralisme démocratique
Fallait oser. Étonnant qu’elle n’est pas déjà été mutilée, même pas un autocollant, ni de réplique au marker.
3. HÉRITAGE (LAME 41) : MANQUE DE LIEN, CE QUI N’EST PAS DANS L’ORDRE DES CHOSES Nous traversons la Bidassoa sur un pont élancé, aux abords dorénavant barbelés et sous surveillance policière ; rien à voir avec le contre-G7 : par ici passe « la nouvelle route des migrants », par laquelle des milliers de personnes en provenance d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre l’Europe du Nord. Nous finissons par arriver devant le parc des expositions de Gipuzkoa, Ficoba, à Irun, 70 000 m2 de stérilité corporate 2.0. « La conception des installations fait de Ficoba une infrastructure polyvalente. Ses trois pavillons,
232 PÉDAGOGIE
Le communisme ne peut être pensé seul, il est forcément à penser en rapport au capitalisme. Qu’on le veuille ou non, le capitalisme sera automatiquement et absolument rivé contre toute tentative de construction du communisme. Ainsi, nous pensons que la capacité d’une alternative au capitalisme ne tiendra pas tant dans sa cohérence interne, son intelligence ou sa légitimité que dans le rapport qu’elle construira avec le capita-
101
LE CONCEPT DE DÉSYNCHRONISATION Nous travaillons sur la notion des limites. L’Humain peut tendre à créer des compartiments, en inventant des concepts par exemple l’État-nation, les genres, les religions, dans lesquels il prend place et s’identifie. Aujourd’hui, les frontières séparent nos pays, régions, parcelles, mais aussi nos cultures et communautés. Ces limites sont maintenant devenues définitives et peuvent être source de conflits. Les populations du Rojava tentent de retourner à leurs origines autochtones en s’échappant de ces limites, en libérant la question du genre, et en plaçant chacun sur le même niveau d’égalité. Pour grandir la révolution du Rojava et le Confédéralisme démocratique, nous proposons le concept de Désynchronisation des limites, pour décloisonner et décompartimenter. Ce concept est inspiré du modèle du devenir introduit par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans le livre « Milles plateaux » en 1980. C’est un modèle en perpétuelle évolution, qui s’oppose ainsi à un régime strict et rigide. Le but n’est pas d’effacer les différences, car au Rojava il y a de nombreuses origines autochtones, religions et langues différentes, mais de rassembler les éléments par leurs points communs, par juxtaposition. En effet, l’humain est un animal politique, il devient parmi les autres, en vivant dans une société gouvernée par des lois et des coutumes. Le fait d’appartenir à un groupe par affinités peut aider à trouver un sentiment d’appartenance et c’est ce besoin d’appartenir à un groupe social qui permet l’identité. L’écologie est très importante dans l’utopie Rojava. Un profond changement dans les relations sociales va également permettre un changement écologique. Alors, ce modèle peut prendre part à la suppression des différentes dominations et hiérarchies, en améliorant les échanges sociaux. Pour cela, nous devons retourner aux moyens de subsistance autochtones pour sortir de la dépendance à l’État-nation.
2/10 Nous devons penser et travailler à l’échelle du monde entier « Ce livre montre que la guerre de 1914-1918 a été de part et d’autre une guerre impérialiste (c’est-à-dire une guerre de conquête, de pillage, de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la distribution et la redistribution des colonies, des “zones d’influence” du capital financier, etc. […] Pour montrer cette situation objective, il faut prendre non pas des exemples, des données isolées (l’extrême complexité des phénomènes de la vie sociale permet toujours de trouver autant d’exemples ou de données isolées qu’on voudra à l’appui de n’importe quelle thèse), mais tout l’ensemble des données sur les fondements de la vie économique de toutes les puissances belligérantes et du monde entier. » Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916, p. 5
132 ÉPISTÉMOLOGIE
Selon James, une conception purement générative et disséminée du pouvoir occulte complètement la réalité de la violence policière, la militarisation du système carcéral, la violence institutionnelle de l’État providence et de l’État carcéral, ainsi que la mort sociale et la terreur que vivent les gens à peau noire ou marron. Assurément, les prisons « produisent » de la race ; par conséquent, une théorie du pouvoir comme configuration générative où les rapports de force directs sont minimisés ne peut relever que d’une position subjective blanche.
– la Chaplinacolada – le Rosa Luxembourbon – le Crèmelin – la Griotte Éditions – L’Ananah Arendt – le Vin choviet’
Quand le capitalisme ne marche pas, nous considérons que c’est normal parce que c’est du capitalisme. Par contre, lorsque le communisme ne marche pas, nous considérons que ce n’est pas du communisme et nous disqualifions l’ensemble sans regarder les parties. Quelles leçons pratiques pouvons-nous tirer des tentatives de réalisation du communisme au XXe siècle ?
Un ordre souhaitable du monde est non seulement possible, mais impérativement nécessaire. L’extractivisme généralisé, la destruction de la vie sur terre et l’oppression grandissante des peuples ne cesseront pas tant que le capitalisme existera.
produit en nous poussant à nous produire nous-mêmes, à exprimer notre identité par nos choix de consommation, et à fonder notre politique sur l’affirmation d’identités marginalisées. Dans ses recherches sur l’afro-féminisme, Joy James rejette cette conception du pouvoir en termes de production et d’affirmation de la vie. En réponse à l’idée de Foucault selon laquelle « le réseau carcéral ne rejette pas l’inassimilable dans un enfer confus, il n’a pas de dehors [...] il économise tout, y compris ce qu’il sanctionne35 », James écrit :
Imaginés par les membres de l’association Après la révolution Cococtés par Jérémie Robert Camarades, vous trouverez sur la page suivante les recettes de quatre cococktails. Nous vous diffusons aussi une liste, non exhaustive, de noms d’autres cococktails. Si vous souhaitez jouer
1/10 Nous avons un problème avec les pays socialistes « Il n’y a pas d’utopisme chez Marx, il n’invente pas, il n’imagine pas de toute pièce une société “nouvelle”. Non, il étudie, comme un processus d’histoire naturelle, la naissance de la nouvelle société à partir de l’ancienne, il prend l’expérience concrète du mouvement prolétarien de masse et s’efforce d’en tirer des leçons pratiques. » Lénine, L’État et la révolution, 1917, p. 114
« Il est plus facile, a-t-on dit un jour, d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme : et avec cela, l’idée d’une révolution capable de renverser le capitalisme semble avoir disparue ».
« Et pourtant le système carcéral tue aux États-Unis, et il tue, dans ses prisons, davantage de Noirs que de n’importe quel autre groupe ethnique. Les prisons américaines constituent un “dehors” par rapport à la vie politique du pays. […] Foucault passe sous silence la vulnérabilité des prisonniers face aux passages à tabac, aux viols, aux traitements de choc [et] à la peine de mort. L’incarcération et les exécutions sont les procédures que l’État emploie pour se débarrasser de tout ce qu’il n’arrive pas à assimiler, en le vouant à l’extériorité infernale de la non-existence. Il n’économise donc ni tout, ni tout le monde36. »
LE MARXTINI
I. L’ÉTAT DE L’HYPOTHÈSE COMMUNISTE
nous devons accepter que nous sommes à l’inverse du côté de l’ordre, d’un ordre, peut-être de plusieurs ordres. Mais il nous faut d’emblée adjoindre à un tel énoncé qu’une pensée de ce qu’est l’ordre est absolument nécessaire : penser l’ordre non pas comme une matraque, mais comme un langage, un système, construit sur des règles, une grammaire, qui permet plus qu’elle ne contraint. Aussi, nous devons nous entendre sur le fait qu’un immense travail doit être mené pour libérer la notion d’ordre de l’autoritarisme, du totalitarisme, du virilisme pour pouvoir substituer au capitalisme un ordre du monde souhaitable. Un ordre de l’émancipation est à inventer, mais nous avons un déficit d’intelligence collective de l’ordre. L’architecture qui est un savoir de l’ordre peut être mise à contribution pour cette tâche en dialogue avec d’autres disciplines. Ainsi, il nous faut défendre « le » communisme même s’il est évident à nos yeux que l’ordre du monde communiste ne pourra être composé que d’une pluralité de « communismes ». Il nous faudra probablement un ordre pluriel, un ordre ouvert, des ordres stables, mais autocritiques. Il s’agit cependant tout d’abord d’accepter qu’une bataille est à mener en défense d’un ordre et non contre tout ordre, comme cela semble être le cas au sein des forces progressistes aujourd’hui. Il faudra pour ce faire sortir le capital de nos têtes puisqu’il semble avoir eu raison de nos espoirs et de notre imagination. La glaçante sentence de Jameson sur ce sujet reste indépassable :
PÉDAGOGIE
233
l’auditorium, les salles ou le hall polyvalent peuvent accueillir de multiples typologies d’événements, sous forme de salons, conférences, réunions d’entreprises, expositions, concerts ou spectacles. Un contenu qui change toutes les semaines grâce à une équipe de professionnels spécialisés dans l’organisation d’événements qui sont capables de matérialiser les idées des clients. Événements organisés en 2019 : 24e édition de la Foire de l’Emploi, 40e édition de l’Exposition Internationale Canine, Sevatur 2019 – le Salon des Vacances. Ficoba, l’art de créer des opportunités. »6 Ici, on trouve un peu de mouvement, de monde… Nos énormes sacs de campeur·euse·s sont rapidement inspectés à l’entrée. BIENVENUE au contre-sommet, ONGI ETORRI kontra gailurrerat,
WELCOME to the counter-summit, BIENVENIDOS a la contra cumbre. La clim fait du bien, la chaleur et nos sacs à dos de pèlerins nous écrasent depuis des heures. D’après le programme qu’on ramasse dans l’espace d’accueil, c’est ici que se tient la grosse majorité des conférences et le Village des Alternatives. Sur les trois jours, plus de 70 conférences se déroulent simultanément et à la chaîne, de 10 h à 19 h 30. Une partie du programme se tient au cinéma d’Hendaye. Les ateliers se regroupent à l’École Primaire et à l’Espace Jeunes, tenu par les jeunesses de gauche indépendantiste. Les Rencontres Intergalactiques, délocalisées de Notre-Dame-des-Landes, sont basées au Port de Kaneta, où l’AmbaZADa, construction emblématique de la ZAD initiée par une
« brigade » d’activistes basques, a été transportée et remontée pour l’occasion. Les Gilets jaunes sont restés groupés au campement, à plus de 7 kilomètres de là. Les thématiques centrales de réflexion sont rappelées : capitalisme, environnement, féminisme, peuples, démocratie, impérialisme et migrations. L’objectif est annoncé : déconstruire l’architecture néolibérale et les multiples systèmes de dominations qui détruisent notre monde. « Les 7 pyromanes du G7 vont à nouveau se rencontrer pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper les incendiaires de la planète. Face à leurs discours hypocrites sur les inégalités, nous nous mobilisons au Pays Basque pour nous opposer par nos analyses, nos idées, nos alternatives et nos luttes.
310 CRITIQUE
Planches du numéro 2 du journal
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
cet autre monde censé pouvoir naître ici, comme le promettait le slogan euskara. Un tour au Village des Alternatives, en fait 8 travées de stands dans un demi-hangar. Du NPA à EHLG (la Chambre d’agriculture basque qui a fait cession de sa tutelle préfectorale il y a quinze ans), diverses organisations et acteurs, locaux ou non, présentent leurs pistes, recherches, luttes ou goodies sur des tables en plastiques pliantes. La fête de l’Huma sans les merguez. Dans l’autre moitié du hangar, un bar et des rangées de tables sur plusieurs mètres linéaires. Après une bière bienvenue, nous prenons la navette officielle pour nous rendre au campement. On cherche l’arrêt ou une indication des lieux et heures de passage. On
ne les trouve pas ou il n’y en a pas. Coup de chance, une navette arrive. Le long du trajet, nous avons l’impression d’être en route pour une colo cheloue. Le car nous dépose à 2 km de l’entrée du camp ; 25 mn de marche dans une montée pleine de cailloux. Sentiment de punition. Néanmoins, le campement est la première forme qui témoigne d’une tentative de (re) construire quelque chose. Nous voici planqués dans un terrain de 13 hectares, dont le propriétaire n’est autre que Nestlé… Ce centre de vacances désaffecté a été succinctement réaménagé afin d’accueillir jusqu’à 10 000 personnes, venues jusqu’ici pour le G7 EZ (« non au G7 » en basque). En stop ou à pied. Par voiture, train. Avec leurs vans, leurs caravanes ou leurs valises à roulettes. Avec des amis, en familles, entre collègues.
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4. LA TABLE (LAME 40) : L’INCONFORT, LA FRUGALITÉ D’après la carte et nos explorations dans les jours qui ont suivi, il s’avérait qu’il y avait un accès beaucoup plus direct et accessible qui se trouvait au sud du camp, mais que celui-ci était réservé aux vacanciers du Pierre et Vacances qui se trouvait collé au site, aux véhicules et aux CRS. Des volontaires étaient arrivés durant les 10 jours précédents, suite à l’appel de la Plateforme, pour tout mettre en place. Le camp avait été planifié, zoné. Le vaste terrain, étagé par des dénivelés et des plateaux naturels, s’y prêtait. Sur les plateaux, les campings, dans les installations bâties, toutes les activités nécessitant des espaces clos, abrités et viabilisés. À l’arrivée des participants, des couches d’autogestion s’ajoutent naturellement à ce zonage, avec des signalétiques improvisées. Chaque groupe, collectif, association cherche des formes pour se rendre visible et reconnaissable dans le camping. En C1, les Gilets jaunes d’un côté et Extinction Rebellion de l’autre. En C2, les camping cars. En C3, l’espace en non-mixité queer et féministe. En C4, l’espace libertaire de la CNT, avec bureau d’information et de recrutement, etc. Quelque chose cloche. Il y a des signes dans tous les sens, ce qui crée un bazar visuel invraisemblable dans lequel il s’avère difficile de comprendre, de s’orienter, tandis qu’en ville, les sites du contre-sommet sont peu, mal voire pas indiqués. Nos esprits de designers s’offusquent, surchauffent, et puis abdiquent devant une affichette : « si pas de signalétique, aller tout droit ». Ces tensions et ces paradoxes dans l’organisation spatiale du campement parlaient déjà pour les journées qui allaient suivre. L’espace central, un bâtiment sur un étage en forme de demi-cercle, désigné sur la carte comme le « point d’information » accueille le Snack des Gilets jaunes, l’Espace Médiation, Chez Thelma (un espace de soin et de soutien psychologique), le Bureau d’Assistance Juridique, l’infirmerie et les street medics, une quincaillerie-atelier ainsi que les douches. L’esplanade fait office d’agora, accueillant les Assemblées Générales, CRITIQUE
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APRÈS LA RÉVOLUTION HORS SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
Après la révolution est un journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti. Ce premier hors-série traite des luttes organisées et menées à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Cet ouvrage s’appuie sur le travail de thèse en cours de Marianna Kontos, coordinatrice de ce numéro, membre du journal Après la révolution et militante au sein de deux collectifs d’habitant·e·s mobilisé·e·s, le Comité de vigilance JO Paris 2024 à Saint-Denis et Saccage 2024. Ce travail propose un autre rapport à la recherche, une recherche en lutte, capable de contribuer à une mobilisation qui s’est développée ces quatre dernières années autour des aménagements liés aux JO de Paris 2024 :
le projet polluant de l’échangeur autoroutier sur l’A86 pour le quartier Pleyel et les 700 enfants de l’école Pleyel Anatole France à Saint-Denis ; l’urbanisation de l’aire des vents du Parc départemental Georges Valbon ; la destruction d’un hectare des jardins ouvriers d’Aubervilliers ; l’expulsion et le relogement indigne des résidents du Foyer de travailleurs migrants ADEF de Saint-Ouen ; la programmation urbaine accélérant le processus de gentrification de la Seine-Saint-Denis et contribuant ainsi au projet du Grand Paris… C’est dans cette perspective combative que l’ouvrage s’inscrit, en donnant la parole aux habitant·e·s mobilisé·e·s, mais aussi aux chercheur·euse·s engagé·e·s et aux militant·e·s de différents pays, critiques de l’organisation de tels grands évènements mondialisés au service de la fabrication de la ville néolibérale. Ce hors-série comprend 25 contributions et documents. Il est mis en page, imprimé, relié et façonné à Saint-Étienne par les membres de l’association Après la révolution.
Format : 20,8 x 29,5 cm, 150 pages ISSN : 2678-3991 ISBN : 978-2-493403-00-1 Prix : 20 euros Rayons : Beaux-arts / Essais Thèmes : Architecture / Sciences sociales Sortie : Mars 2022
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
SOMMAIRE DU NUMÉRO ÉDITO > POUR UNE RECHERCHE EN LUTTE – Manuel Bello Marcano, Marianna Kontos, Xavier Wrona
COMPRENDRE LE CONTEXTE DES JO DE PARIS 2024 > TEMPS, DÉMOCRATIE, JUSTICE SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE DANS LA FABRICATION URBAINE DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES PARIS 2024. CE QUE RÉVÈLE LA MOBILISATION DES HABITANTS DOCUMENTS : PLAN DE SITUATION DES PROJETS JO – SCHÉMA DES ACTEURS – FRISE CHRONOLOGIQUE – Marianna Kontos > EXTRAIT DE PLAINE COMMUNE : ENTRE GENTRIFICATION ET ARTIFICIALISATION DES TERRES – Asso Appuii > PETITE ENCYCLOPÉDIE DE L’HÉRITAGE À VENIR EN SEINE-SAINT-DENIS – Saccage 2024 > LECTURE CRITIQUE DE LA LÉGISLATION OLYMPIQUE : LA FRANCE AU GARDE-À-VOUS DEVANT LE CIO – Frédéric Viale > JO 2024 : L’AGENCE NATIONALE DE LA RECHERCHE PLANIFIE LA TECHNOPOLICE – Halte au Contrôle Numérique
LA MOBILISATION CONTRE LES JO DE PARIS 2024 Le comité de vigilance JO Paris 2024 à Saint-Denis > INFORME : QUELQUES TRACTS DU TOXIC TOUR > INTERPELLE/MOBILISE : LES CAHIERS CITOYENS/LETTRES/TEXTES/TWEETS DU COMITÉ DE VIGILANCE JO PARIS 2024 > DÉNONCE : IMAGES DE LUTTES > PROPOSE : UN PLAN ALTERNATIF > ENTRETIEN DE MARIANNA KONTOS AVEC HAMID OUIDIR Saccage 2024 > INFORME : « TU VOIS LÀ, SOUS MON JARDIN, CE SERA LES QUAIS DU MÉTRO. PAROLES DE JARDINIER·E·S D’AUBERVILLIERS ET DE PANTIN » > DÉNONCE/MOBILISE : IMAGES DE LUTTES YOUTH FOR CLIMATE – BANDEROLES DE MANIF – PHOTOS ET AFFICHE ANTI-PUB – TRACTS > OCCUPE : IMAGE DE LA JAD – TRACTS DE PROGRAMMATION DES ACTIVITÉS À LA JAD > ENTRETIEN DE MARIANNA KONTOS AVEC FLEUVES ET ENTIONE
CONTRE LES JO ET LEUR MONDE > CELEBRATION CAPITALISM AND THE POLITICS OF THE OLYMPIC GAMES – Jules Boykoff > LA POLLUTION, UN MAL COMMUN POUR LUTTER CONTRE LES INJUSTICES ENVIRONNEMENTALES SUR LE TERRITOIRE DES JO EN SEINE-SAINT-DENIS ? – Pauline Biern > HENRI LEFEBVRE AUX JEUX OLYMPIQUES. LE DROIT À LA VILLE DANS LES MOBILISATIONS D’HABITANTS À SAINT-DENIS – Guillaume Jean > DÉFENDRE LE COMMUN AU SEIN DES RÉSIDENCES SOCIALES. LE CAS DU FOYER DE TRAVAILLEURS MIGRANTS DE SAINT-OUEN – Clarisse Jouan et Célia Escribano > L’EFFET JEUX OLYMPIQUES SUR UN FOYER DE TRAVAILLEURS MIGRANTS – Aissatou Mbodj > DES FOYERS AUX RÉSIDENCES SOCIALES : UN RACISME D’ÉTAT – Michael Hoare > YOU CANNOT REFORM THE OLYMPICS – NOlympicsLA > LES JEUX OLYMPIQUE 2016 ET LES LEÇONS DU PASSÉ : L’EXPÉRIENCE PÉDAGOGIQUE DE LA VILA AUTÓDROMO ET DU MUSEU DAS REMOÇÕES – Matheus Viegas Ferrari > OLYMPIAN APPARATUSES – Sabu Kohso > UNE CRITIQUE URBAINE DES JO D’ATHÈNES 2004 – Maria Markou > JO 2024 : DES ACCUSATIONS DE PROPOS RACISTES ET MISOGYNES CRÉENT UNE CRISE INTERNE – Jade Lindgaard et Antton Rouget > EXTRAIT DE LES MÉTROPOLES BARBARES. DÉMONDIALISER LA VILLE, DÉSURBANISER LA TERRE – Guillaume Faburel > EXTRAIT DE LA NATURE EST UN CHAMP DE BATAILLE – Razmig Keucheyan
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
Le Chef contre l’homme Éditer ce livre de Marcel Martinet – publié en article par la revue Esprit en janvier 1934 – ne vient pas d’un goût du document ni d’un culte pour la dissidence, mais du constat de son actualité. L’auteur de ce texte remarquable ne se limite pas à montrer les dangers du national-socialisme et du fascisme. Il demande aux individus un effort de lucidité afin de combattre les mécanismes qui en autorisent l’avènement, à commencer par ceux qui génèrent
M A RC EL M A RT INE T – L E C HE F C ONT R E L’H OM M E
Un livre de 78 pages au format 16x22 cm. Impression numérique des pages intérieures sur bouffant et couverture en typographie sur papier keaykolour lin.
Marcel Martinet
ntre l’individu, co e ss ri hé se , se es dr se e « Le fascism penser que ce ne de ir vo de n so et t oi dr contre son refuse. » ’il qu ce à n no re di de et e qu’il pens
cette attitude de respect de la hiérarchie ancrée dans les normes mêmes de toute société inégalitaire. Philippe Geneste poursuit aujourd’hui la réflexion de Martinet en faisant l’analyse des mécanismes hiérarchiques et sécuritaires à l’œuvre à l’école et dans le monde social depuis
Les auteurs
Le chef contre l’homme suivi de
Le refus de la hiérarchie par Philippe Geneste
quiero
Parution : février 2023 EAN : 9782914363297 Prix public : 18 €
les années 1980, il pose les bases de ce que l’on peut appeler Le Refus de la hiérarchie. Une biographie présente en fin d’ouvrage le parcours de Marcel Martinet.
Un extrait du texte de Marcel Martinet (ci-dessous les pages 1 à 3) disponible sous la forme d’un diaporama sur le site des éditions Quiero…
Marcel Martinet (1887-1944), Il est des œuvres effacées derrière l’engagement de leur auteur. C’est le cas de celle du poète et écrivain Marcel Martinet inlassable pourfendeur du stalinisme, du fascisme, de toutes les formes de bureaucraties, et défenseur, en divers domaines (culture & éducation en particulier) de l’autonomie de la classe des exploités. Sciemment ignorée par l’histoire littéraire officielle ses livres (poèmes et essais) sont régulièrement réédités. Citons : Hommes poèmes précédés de Défense à la poésie, Plein Chant, 1975 ; Chants du passager, suivi de Une feuille de hêtre, Plein Chant, 1978 ; Où va la révolution russe ? l’Affaire Victor Serge, Plein Chant, 1978 ; Les Temps maudits, Agone, 2003 ; Culture prolétarienne, Agone, 2004. Philippe Geneste est né en Dordogne en 1957 et vit à Arès en Gironde. Professeur en collège, militant syndical en faveur d’une conception qui associe tronc commun et apprentissage professionnel, il tente depuis plusieurs années de dessiner les bases d’une critique émancipatrice pour l’éducation. Il publie régulièrement des articles en revues L’École émancipée, Marginales, Fragments, le chiendent et a publié une dizaine de livres dont une trilogie sous titrée Le Travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation, Scorpion brun, 2018, CNFEDS-université Savoie MontBlanc, 2017 et Acratie, 2009.
Aux antipodes du fascisme, la révolution prolétarienne a besoin de faire confiance à l’individu parce qu’elle n’a d’autre but que de développer au maximum, dans le maximum de liberté, le plus grand nombre d’individus possible. Elle n’a de sens que dans la disparition des classes, c’est-à-dire dans la suppression de toute hiérarchie matérielle. Elle est tout entière, au rebours du fascisme, l’ennemie absolue des civilisations hiérarchiques, des civilisations dictatoriales. Si elle ne tend pas continuellement à libérer et à élever l’individu, et si pour cela elle ne commence à le grandir en lui accordant beaucoup et en lui demandant beaucoup, elle se trahit et n’est plus rien. »
Et un portrait de Marcel Martinet par Dominique Brochet reproduit au début de sa biographie.
le chef contre l’homme
marcel martinet
Le chef contre l’homme (extrait) La vie sociale, dans une époque telle que la nôtre en particulier, est un combat de tous les instants, un combat multiple et profond, plein de surprises et plein de retours, un combat qu’on ne peut livrer et soutenir sans en connaître les techniques, et ces techniques ne sont pas simples. Dans ce combat, toutes les vieilles puissances sont aux mains des adversaires du prolétariat, des ennemis de la personne humaine. Pour mener ce combat, ne faudra-t-il donc pas un prolétariat, champion de l’homme, mainteneur et porteur de la civilisation des hommes, ne lui faudra-t-il pas obligatoirement des chefs ? Peut-être. Mais quels chefs ? C’est la question des questions. Elle n’est peut-être pas aussi insoluble qu’elle paraît d’abord. Sa solution est peut-être contenue dans la définition du prolétariat. Au moins, pour l’instant, théoriquement. En pratique, la réponse est donnée par l’action, quand l’action est réellement conforme aux buts du prolétariat et aux moyens que ces buts comportent. Elle a été historiquement donnée durant quelques mois, avant octobre et après octobre 17. Nous avons vu ce que représente la soumission irraisonnée et aveugle au chef, l’abdication devant le chef. Nous avons vu ce que, dans le fascisme, elle fait de l’homme de la masse, ce qu’elle fait du chef lui-même. Si des hommes adoptent la notion fasciste du chef et la conception de la vie qu’une telle notion comporte, rien à dire contre, sinon que ces hommes nous semblent renoncer à tout ce que nous considérons comme la dignité de l’homme ; mais ils suivent leur logique.
Mais nous avons vu aussi ce qu’une telle démission de l’homme, quand elle pénètre la classe ouvrière, fait de la pensée et de la conduite du prolétariat. Plus de logique ici, mais le désordre et la déroute. Et ce n’est pas l’insuffisance de certains chefs qui est fautive et qui doit être incriminée, c’est la notion de chef qui est erronée, et fatale à ceux qui l’adoptent. C’est cette notion qui doit être révisée et réformée. Comment, sinon par un retour incessant aux principes et aux buts du prolétariat, qui pour nous ne font qu’un avec les principes et les buts de la culture humaine ? Est-il impossible que les chefs ne soient que les meilleurs camarades, les plus dévoués et les plus fidèles, les plus désintéressés et les plus braves, les meilleurs techniciens dans leurs techniques, l’émanation directe de la masse, et constamment et fraternellement contrôlés par la masse ? On dira que c’est demander beaucoup aux chefs, beaucoup aux hommes de la masse, beaucoup à tous les individus. Certainement. Mais nous ne connaissons pas d’autre moyen pour que l’humanité fasse sa route On dira que le temps est mal choisi pour réclamer des hommes un effort héroïque. Mais on ne choisit pas son temps et l’homme n’a jamais rien accompli qu’en se dépassant lui-même. Et, quand on exige tant de lui, on ne le jette pas aux aventures puisque, au contraire, on lui demande d’abord, on demande à chaque individu de penser et de vouloir, de ne penser que ce qu’il pense réellement, de ne vouloir que ce qu’il veut réellement. Marcel Martinet, décembre 1933
Payer le mal à tempérament Un livre de 102 pages au format 16x22 cm. Impression numérique des pages intérieures sur bouffant et couverture en typographie sur papier keaykolour lin.
Dans ce livre qui rassemble deux articles parus en 1981 dans la revue Topique, la philosophe Simone Debout revient sur l’apport décisif de la pensée de Donatien Alphonse François de Sade dans la construction du système imaginé par l’utopiste Charles Fourier : l’Harmonie. La présentation par Emmanuel Loi est un trait — une lance — vers Simone Debout qui a résisté à toutes les défaites du XXe siècle et su garder hautes les exigences
nverseraient re ils , es rt fo ns io ss pa s de « Avec » les maîtres et les préjugés.
d’une vie passionnée. Dans une langue riche et précise, elle montre comment ces deux penseurs Sade et Fourier en faisant la critique des « moralistes » des Lumières et de la Révolution française ont pointé les limites et les dérives d’une civilisation, la nôtre, où le mouvement passionnel est entravé, suborné par le fétichisme de la marchandise et où la réalité
Parution : décembre 2021 EAN : 9782914363242 Prix public : 20 €
du crime a dépassé la fiction Sadienne. Simone Debout insiste sur la découverte extraordinaire de « l’attraction passionnelle » et sur la capacité d’émancipation toujours neuve ouverte par l’usage immodéré des passions…
Un extrait du texte de présentation d’Emmanuel Loi (ci-dessous les pages 1, 3, 4 et 5) est disponible sous la forme d’un diaporama sur le site des
Les auteurs
Simone Debout-Oleszkiewicz (19192020), philosophe proche de Maurice Merleau-Ponty et de Jean-Toussaint Desanti, François Cuzin qui furent ses camarades de classe, elle participe activement à la Résistance à Paris et Grenoble. Elle découvre Charles Fourier après la guerre, fait republier l’ensemble de ses œuvres (dont des manuscrits inédits trouvés à la Bibliothèque de France). Elle est l’auteure de plusieurs livres et de nombreux articles en revues. Citons : Griffe au nez, Anthropos, 1974, réédition Payot, 1999 ; Correspondance avec André Breton, Claire Paulhan, 2019. Un film remarquable : Charles Fourier, l’illusion réelle a été réalisé avec elle en 2008 par Martin Verdet, Nicole Chosson et Annie Trassaert.
Emmanuel Loi est né dans les Vosges en 1950 et vit actuellement dans les Alpes-de-Haute-Provence. Son œuvre de près d’une trentaine d’ouvrages touche des domaines aussi différents que le théâtre, la critique d’art et des essais. Il s’intéresse particulièrement aux auteurs objets d’une malédiction ou d’une méprise. Ses dernières parutions : « Artaud » dans la revue L’Infini, Prendre part, Serre du Doux, Marseille amor et Le Jeu de Loi au Seuil…
Contrairement au divin marquis, Fourier ne concentre pas leur puissance [celle des passions] en une seule direction. Il ne retourne pas le désir sur lui-même. Il multiplie les divers élans les uns par les autres : centrant tout sur le sentiment le plus puissant de tous, l’amour, « pivot de société ». Il se rattache lui aussi à la tradition chrétienne mais au contraire de Sade, il ne cherche pas à détruire les illusions, il veut — déjà — les réaliser, reprendre leur bien à la religion et à la morale, transférer l’amour et l’énigmatique exigence du ciel ou de l’idéal sur la terre. Pas du tout incapable de penser la violence, « l’audace du désespoir », il vise aussi résolument à en sortir que Sade à s’y enfoncer, à l’aggraver.
éditions Quiero… La gravure sur bois reproduite sur la couverture (et ci-dessous) est l’œuvre de Renaud Eymony.
Politiser l’enfance : un reader
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
Politiser l’enfance : un reader est une
anthologie de textes inédits, traduits ou réédités, écrits par des artistes, des philosophes, des sociologues et des critiques d’art. Ces textes sont réunis par Vincent Romagny et John D. Alamer, auteur fictif et collectif des éditions Burn-Août. Ils abordent la question des rapports entre enfance et politique non pas depuis un point de vue unique, mais selon différentes perspectives (philosophique, sociologique, historique, poétique, artistique, féministe, queer, etc.) qui éventuellement se croisent. L’ouvrage entend faire entendre des voix jamais écoutées, réunir et rendre à nouveau disponible des textes épuisés, traduire des textes en français et publier des textes inédits, notamment de philosophes et sociologues. Format : 18,5*21 Nombre de pages : + ou - 500 Prix : + ou - 24 euros ISBN : 9-782493-534033
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
Graphisme : Théo Pall d’après une maquette originale de Roman Seban conçue pour l’ouvrage Revolution: A Reader, publié par paraguay press en 2012
Vincent Romagny (1976) est docteur en esthétique, éditeur indépendant et enseignant en théorie de l’art aux Beaux-Arts de Lyon. Dernières modifications le 24 août 2022 10:53 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
Politiser l’enfance : un reader
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville Cette anthologie entend réunir des contributions sur un sujet qui fait retour depuis quelques années dans l’art contemporain1 et qui prend sens également dans la recherche en sciences humaines et sociales (on pense ici en particulier à la sociologie de l’enfance). Elle vise à contribuer à forger des outils théoriques qui aideront la lectrice ou le lecteur à aborder un objet trop souvent réduit à ses caractéristiques supposément « naturelles » ou à des représentations classiques (innocence, nostalgie, naïveté, etc.) trop rarement interrogées. Elle entend également replacer la question de l’enfance dans le champ des interrogations contemporaines sur la question de l’émancipation conformément à l’étymologie du terme. Pour reprendre les termes de Tal Piterbraut-Merx, « le terme d’émancipation renvoie dans le droit romain avant tout à l’émancipation du mineur de la patria potestas, qui attribuait au père de famille le droit de vendre, de donner et de mettre en gage ses enfants. Le modèle par excellence du geste politique d’émancipation semble donc s’incarner dans l’arrachement du mineur au pouvoir parental, dont il était la propriété2. ».
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
L’ouvrage sera organisé en neuf chapitres qui réuniront chacun deux à quatre textes : textes d’artistes/ textes sur l’art / textes féministes des années 1970 / textes sur la réfutation d’arguments pro-pédophiles / textes sur les questions queer et trans / textes sur l’enfance au XXIe siècle / textes philosophiques / textes sociologiques / textes sur l’enfance en bande. Une première version, intitulée Politiser l’enfance, une pré-anthologie, contenant des textes de Tal Piterbraut-Merx, Pierre Zaoui et Vincent Romagny a été publiée en 50 exemplaires pour accompagner l’exposition Playground Studies3, curatée par Vincent Romagny chez Laurel Parker Book en septembre 2021. Le titre Politiser l’enfance reprend celui d’une conférence donnée par Tal Piterbrault-Merx aux beaux-arts de Lyon4 dans le cadre du cours « art et enfance » que Vincent Romagny a donné lors des années universitaires 2020-2021 et 2021- 2022. La conférence portait sur la question des différentes représentations auxquelles l’enfance peut donner lieu, sur la question de la domination de l’enfant par les adultes, et également sur la réfutation des arguments pro-pédophile formulés par des auteurs dans les années 1970-1980. L’invitation visait également à préparer un cours qui lui succéda, et qui portait sur la question des accusations de pédophilie lancées contre l’artiste contemporain Claude Lévêque.
1. On peut distinguer des expositions consacrées à l’enfance comme référent (pour s’en tenir à la France : Encore un Jour banane pour le poissonrêve, présentée du 22 juin au 9 septembre 2018 au Palais de Tokyo dans le cadre de la saison d’expositions Enfance ; Children’s Power au Château de Rentilly - Frac Ile de France, 2021 ; Au Coeur - Territoires de l’enfance à la Collection Lambert en Avignon, 3 juillet – 6 novembre 2016), des expositions dédiées à l’enfance comme public privilégié, entérinant la nouvelle muséologie des années 1970), des expositions abordant la question de la pédagogie, dans le sillage de l’educational turn (pour étendre à un niveau européen : Really Useful Knowledge, musée de la Reina Sofia, 2015, Back to the sandbox: Art and Radical Pedagogy, au Reykjavík Art Museum, 2016, The Child as Teacher, Kunsthall Stavanger, 2017. Education Shock Learning, Politics and Architecture in the 1960s and 1970s, Haus der Kulturen der Welt, Berlin, 2020 ; L’Art d’apprendre. Une école des créateurs, Centre Pompidou Metz, 2022) et enfin des expositions invoquant l’idée d’enfance sans pour autant porter sur l’enfance (Isabelle Cornaro, Infans, Fondation Pernod Ricard, Paris, 2021 ; Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Infantia (1894-7231), IAC, Villeurbanne, 2020). 2. Tal Piterbraut-Merx, « L’émancipation des mineur·es, une prise en main ? », Délibérée, 2-13, 2021, p. 51. 3. Exposition du 10 septembre au 24 octobre 2021, avec les oeuvres de Arakawa, Pol Gallo, Ane Hjort Guttu, Palle Nielsen, Seith Price et Corin Sworn 4. https://www.youtube.com/ watch?v=xF6gSxKU7Zg&list=PL-Npwp7daiR6p5EeITXRNWjFwK5ZoQhd&index=7)
Première version de Politiser l’enfance, publiée à l’occasion de l’exposition Playground Studies
chez Laurel Parker Book coédité avec Laurel Parker Edition
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Du salaire pour nos transitions
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
Du salaire pour nos transitions est
Du salaire pour nos transitions Harry Josephine Giles Traduction de TRANSGRRRLS
le premier texte édité en français de l’autrice, performeuse, et militante écossaise Harry Josephine Giles. Originellement écrit sous la forme d’un fanzine en 2019, ce court texte est un manifeste important qui donne de nombreux outils pour articuler ensemble transféminisme, anticapitalisme et reproduction sociale. En reprenant les jalons théoriques des féministes matérialistes qui ont revendiqué un salaire pour le travail domestique, Giles considère ici la transition comme un travail productif de valeur au sein du système capitaliste. En réponse à ce constat, elle montre la nécessité d’une mutualisation de nos pratiques de résistances aux assignations de genre, non pas dans un but d’assimilation à un système salarial, mais au contraire pour une libération collective des logiques d’exploitation. Du salaire pour nos transitions est un texte précieux, profondément fédérateur et révolutionnaire. « Nous demandons des salaires pour nos transitions, afin que nos transitions soient reconnues, jusqu’à ce que le travail n’existe plus.»
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La traduction a été assurée par le collectif de traduction transféministe TRANSGRRRLS.
Su salaire pour nos transitions (Harry Josephine Giles) « Ils appellent ça genre. Nous appelons ça travail non payé. Ils appellent ça perversion. Nous appelons ça absentéisme. Chaque meurtre est un accident du travail. La transsexualité et la cissexualité sont toutes deux des conditions de travail… mais la transition est le contrôle de la production par les travailleureuses, pas la fin du travail. Plus de genre ? Plus d’argent. Rien ne sera plus puissant à détruire les vertus guérisseuses d’une transition. Névroses, suicides, désexualisation : maladies du travail des trans. » Sortie prévue cet hiver
https://trrransgrrrls.wordpress. com/ TRANSGRRRLS est un collectif d’auto-support pour et par des femmes trans. Le collectif traduit des articles transféministes, des articles sur nos sexualités, mais aussi des articles résumant des points utiles pour la transition. Format fini : 10,5*14,8 Nombre de pages : ? Prix : moins de 5 euros ISBN : 9-782493-534095 Graphisme : Fanny Lallart
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Du salaire pour nos transitions
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
«Quelles sont les formes de lutte des classes que l’exigence de salaire pour la transition peut mettre en place ? Certes, la force de travail fragmentée, sans reconnaissance, que nous sommes est l’archétype du précariat invisibilisé, rétif à toute forme d’organisation « traditionnelle », rétif au syndicat centré sur le lieu de travail et au négociateur rémunéré pour traquer le compromis. Mais, bien sûr, ce sont les précaires qui ont le moins à perdre, qui résistent le mieux à l’incorporation dans les mécanismes du capital, et dont le pouvoir sauvage recrée les conditions du travail en tant que tel. Les personnes trans ont ainsi besoin d’une pleine participation dans un grand syndicat, et, tout au long du chemin menant à la grève générale, beaucoup peut être accompli. Nous sabotons nos espaces de travail : écrivant des lignes de code au fond des monopoles des médias sociaux, ouvrant la porte à des hackers genderfuck qui entrent et piratent les données compromettantes de millionnaires du pétrole. Nous volons nos patrons : imprimant des zines transféministes par milliers sur les budgets d’impression de nos jobs d’assistant-e pédagogique payées à l’heure. Nous réalisons des grèves atomisées : nos corps rétifs, qui ne passent pas, pénétrant des espaces activistes en proie à des luttes internes pour contraindre nos camarades à se confronter à la normativité de genre constituant leur temporaire solidarité. Nous opérons des débrayages du genre : nos lèvres barrées de rouge à lèvres volé à l’étalage et nos ongles plongés dans des bouteilles à deux balles de vernis toxique : je suis joli-e maintenant ? Nous mettons en commun nos industries : tirant ce que nous pouvons des stratégies limitées du collaboratif, du collectif, de la négociation syndicale, jetant les ressources gagnées dans la bataille. Nous nous aimons : créant de nouvelles parentèles dans et contre la fournaise de la famille, collectivisant l’éducation de nos enfants outre-biologiques pour en faire le bataillon à venir de la lutte révolutionnaire : puissent-iels nous détruire, et vous.»
photo par Rich Dyson
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
"Notre travail de soin n’est pas payé. Notre expertise médicale n’est pas payée. Notre production de genre n’est pas payée. Notre militantisme n’est pas payé. Notre formation n’est pas payée. Notre travail d’organisation n’est pas payé. Notre enseignement n’est pas payé. Notre écriture n’est pas payée. Nous sommes dans la pauvreté. Et ainsi, aujourd’hui, au moment même où nos genres commencent à être re-naturalisés par le capitalisme néolibéral, alors que l’état nous offre une pitance pour subvenir à nos besoins de santé, nous exigeons non seulement les soins gratuits, non seulement une place au travail, non seulement des dommages et intérêts : nous exigeons du salaire pour la transition."
Harry Josephine Giles is a writer and performer from Orkney, living in Leith. Their verse novel Deep Wheel Orcadia was published by Picador in October 2021 and is shortlisted for the 2022 Arthur C. Clarke Award for science fiction book of the year. Their poetry collections The Games (Out-Spoken Press, 2018) and Tonguit (Freight Books 2015) were between them shortlisted for the Forward Prize for Best First Collection, the Saltire Prize and the Edwin Morgan Poetry Award. They have a PhD in Creative Writing from the University of Stirling. Their show Drone debuted in the Made in Scotland Showcase at the 2019 Edinburgh Fringe and toured internationally, and their performance What We Owe was picked by The Guardian’s best-of-the-Fringe 2013 roundup – in the “But Is It Art?” category. www.harryjosephine.com
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Orchidées contre béton armé mémoires de la ZAD de la Colline
cOUVERTURE NON CC
Le collectif des orchidées
"C'est la jeune génération éco-furieuse qui écrit un manifeste." PRÉSENTATION Dans ce livre, vous retrouverez l'histoire de la ZAD de la Colline, une occupation qui a eu lieu en Suisse (Canton de Vaud) pendant près de six mois, pour empêcher et protester contre l'extension d'une carrière de béton. Le béton compte parmi les sources de pollution les plus importantes dans le monde. Ce matériau et son
En librairie 03.2023
exploitation sont à l'origine de nombreuses violations de droits sociaux et
Format : 17 x 24 cm
environnementaux un peu partout sur le globe. C'est un partage de vécu, c'est
Pages : 300 p.
l'émotion comme principal argumentaire politique pour nous écouter, c'est
Reliure : broché, collé
comprendre pourquoi nous sommes habité.e.x.s par des affects révolutionnaires.
rayon : sociologie
C'est la jeune génération éco-furieuse qui écrit un manifeste. À la suite des Grèves
politique
pour le Climat et des autres mobilisations historiques pour l'environnement, les
Prix : 25 € / 35 CHF
narrateurices ont partagé des enjeux importants de la nouvelle génération, tel que les
ISBN : 978-2-8290-0666-1
questions antispécistes, queers et féministes et écologistes. Le livre est par conséquent entièrement en écriture inclusive. Ainsi nous, les nouvelles générations, nous approprions le système, la culture, l'imaginaire et l'écriture.
AUTEUR Le collectif des Orchidées s'est formé pour occuper la colline du Mormont contre l'extension de la carrière d'Éclépens par la multinationale LafargeHolcim, en DIFFUSION ET DISTRIBUTION SUISSE
Suisse. Cette occupation a duré d'octobre 2020 à mars 2021 mais nos idées, nos
Éditions d’en bas
envies, notre union contre la répression que nous subissons et les liens que nous
Rue des Côtes-de-Montbenon 30
avons tissés continuent encore de nous mobiliser.
1003 Lausanne
Le collectif des Orchidées a pour but de défendre la colline du Mormont , mais
021 323 39 18
aussi de lutter contre l'entreprise LafargeHolcim face à son impact
contact@enbas.ch / www.enbas.net
environnemental désastreux et aux droits humains qu'elle bafoue partout à travers le monde. Enfin, nous portons une lutte contre le béton et son monde,
DIFFUSION ET DISTRIBUTION FRANCE
contre nos manières de construire et nos manières d'habiter. Ce livre est écrit
Paon diffusion/SERENDIP livres
par de multiples personnes du collectif des orchidées mais n'est pas exhaustif et n'inclue pas toute la diversité des personnes présentes sur cette lutte.
Paon diffusion – 44 rue Auguste Poullain – 93200 SAINT-DENIS SERENDIP livres – 21 bis rue Arnold Géraux 93450 L'Île-St-Denis +33 140.38.18.14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom 3019000119404
Aujourd'hui une zone libérée vit sur le Mormont Aujourd’hui, une zone libérée vit au sommet de la colline du Mormont, et j’aimerai essayer d’exprimer cequ’elle représente pour moi. La colline en tant que telle, c’est d’abord une représentation du fait que la vie peut surgir n’importe où. Au sommet de cette colline, aux abords des précipices abrupts de l’extractivisme local et durable , parmi les champs exploités par des familles paysannes de droite, surgissent de cette dynamique productiviste des sublimes orchidées, au printemps. On se réjouit d’ailleurs de les voir fleurir. Car oui, depuis octobre, nous habitons cette colline. Après y avoir passé du temps pour préparer l’action, nous nous y sommes installé.e.x.s pour la défendre. Défendre contre l’indifférence de son sort aux mains des puissants. Défendre pour exprimer tout ce que représente sa sauvegarde face au capitalisme. Et petit à petit, la symbiose entre elle et nous se crée. On y rencontre les oiseaux qui y vivent aussi, on reconna.t le renard qui loge en contrebas. On salue les feuilles des orchidées, marquées par nos petits drapeaux, en trépignant d’impatience de les voir éclater de leur splendeur dès que le printemps sera bien établi. Cette colline, elle devient membre . part enti.re de notre vie. Elle nous communique ce qu’elle ressent, . travers les envol.es lyriques du feuillage de ses arbres sous le vent d’Ouest, ses tremblements de panique lors des tirs de mine, ou encore sa robe de brume des matins hivernaux. Toute cette vie est partagée avec nos propres expériences, avec nos apprentissages de tous les jours, avec nos chants de révolte et hargne de résister. En protégeant cette colline, on crée un lien fort et indestructible avec elle. Ces moments passés avec elle seront gravés. Dès aujourd’hui et dans nos futures luttes pour un monde plus juste à jamais gravés car ils ont été vécus. En donnant vie à des sentiments si forts dans un lieu, en laissant exprimer tous ces cris de rage pour un monde solidaire, pour un avenir vivable pour nous et nos adelphes, en serrant les poings et les dents avec espoir pour défendre notre maison, en vivant des histoires d’amour fabuleuses entre ses forêts paisibles et bienveillantes, en nous levant chaque matin prêt.e.x.s à vivre avec notre amie la colline, alors tout prend sens et s’inscrit dans un monde supérieur. Au-delà des m3 de calcaire volés . la colline. Au-delà des mauvaises langues capitalistes. Au-delà des fachos qui essaient de nous faire peur, alors que ce sont elleux qui ont peur de toute la liberté que l’on représente. Cette colline, c’est une promesse de vivre avec elle et de continuer à lutter avec des rêves pleins la tête. Gongora
Tant qu’on l’aura sous les pieds
sortie 1er décembre 2022
Chloé Pince
Tant qu’on l’aura sous les pieds de Chloé Pince inaugure une nouvelle collection de romans graphiques pour les 15 ans et plus. 15+ isbn 978-2-930941-41-7 coll. romans graphiques format 24 x 17 cm prix : à définir Techniques d’illustration : • dessin au crayon graphite Thèmes • ZAD / zones à défendre • action citoyenne • démocratie participative • expropriation • déobéissance civile • non-violence
Qui n’a jamais entendu parler du Larzac et du formidable combat mené, dès 1971, par quelques paysans, rejoints plus tard par des milliers de personnes de tout bord ? On en connaît cependant moins les tenants et aboutissants… Sous forme de carnet de voyage, Chloé Pince nous montre, s’il en était encore besoin, toute la contemporanéité et l’absolue nécessité de la lutte du Larzac.
Après cinq années de formation aux Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Gosse, Chloé Pince s’installe en Creuse pour y exercer en tant qu’autrice et illustratrice. Désireuse de défendre la dynamique culturelle en milieu rural, elle s’investit auprès de l’association Creuse Toujours, dans le village de Fursac. Son travail reflète cette campagne dont elle est originaire, en apparence dépeuplée, en vérité chargée d’histoires, de luttes et de vie. Son atelier se trouve à Bénévent-l’Abbaye, au sein de la Maison des Patrimoines, en compagnie d’autres artistes et artisans locaux. Chloé Pince a illustré le poème Larmes de rosée de François David dans la collection Matière vivante (mai 2022).
• un dessin aux traits sobres, vifs et précis ; • le plateau du Larzac : des combats et débats toujours d’actualité ; • un ouvrage qui fait écho à l’intitulé d’une exposition d’Elisabeth Baillon « un pied en politique, un pied en poétique »
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56 < visuels >
Il s’agit d’un camp d’entraînement, situé en bordure du village de La Cavalerie, pour les soldats de la Légion étrangère, avant leur départ au front. Pendant la Guerre d’Algérie, il a aussi servi de camp d’internement : de nombreux Algériens, suspectés d'appartenir au FLN*, y furent déplacés par l’Armée française. Assignés par milliers dans le camp, il était plus facile de les garder sous le contrôle de l’État. Peu d’informations ont fuité, mais il est dit que la surpopulation du camp y entraîna la famine et la violence. Le secret qui entoure le site ne permet pas, encore aujourd’hui, de savoir ce que sont devenus ces internés. *Front de libération nationale
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(...) Ce que nous défendons, et que vous défendez avec nous, c’est la vie, la dignité des hommes et la paix. C’est pour cela que nous avons entrepris la construction de la bergerie de la Blaquière. Nous ne voulons pas démolir, mais construire, car construire, c’est la vie !
Quand la télévision a parlé de l’extension du camp, j’étais en train de mettre la table. C’etait comme dans un tribunal, j’etais spectatrice, je regardais. Et d’un coup, je me suis sentie accusée.
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c’est celle de vous tous, de tous les gens de France et du monde qui relèvent la tête et veulent vivre debout.
(...) Dans cette bergerie, il y aura des brebis, il y a des agneaux qui vont naître ; la vie jaillira. Nous, on s’en servira, mais c’est pas notre bergerie, c’est celle de tous les paysans du Larzac,
discours de Marie-Rose Guiraud, paysanne à La Blaquière, 26 août 1973
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Pendant la semaine, je me déplace principalement à pied. Il fait très chaud. Il n’y a pas de point d’eau. J’emprunte le plus possible les sentiers taillés dans les buissières afin d’échapper au soleil. À chaque hameau traversé, chaque paysage étalé devant mes yeux, chaque troupeau rencontré, je me dis que je marche dans un musée à ciel ouvert. Je suis venue ici chercher une conclusion à mon livre. Mais je ne tombe que sur de nouvelles pistes.
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Atlas des plantes de mauvaise vie Un herbier de l’infraordinaire
Olivia Molnár et Aldwin Raoul En arpentant les rues de Bruxelles, du centre-ville à ses périphéries, plus de 26 plantes communes peuvent être dénotées. Ces adventices, ces plantes qui n’ont pas été semées par l’homme, font partie de nos quotidiens, de nos paysages, et de nos histoires. Pour chacune, une dizaine de noms vernaculaires sont à dénoter dans les divers idiomes savants et dialectes francophones. En explorant ces noms, leurs évocations, mais également en creusant dans les herbiers, les encyclopédies et les guides botaniques, une multitude de mondes et d’imaginaires émergent de ces plantes qui nous côtoient depuis bien longtemps. Dans cet Atlas des plantes de mauvaise vie, la botanique et l’ethnologie se rencontre et se complètent. Au final, en nous ouvrant à l’infraordinaire, à ce qui semble banal et à nos pieds, nous en apprenons autant sur ces végétaux que sur les humains qui inlassablement ne cessent de discourir et d’interagir avec ces dernières. En effet, y auraitil un lien entre le pissenlit et ses attributs diurétiques ? Et que dire du grand chélidoine, aussi appelé le « lait du démon » ? Découvrez-le dans cet atlas richement illustré.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronniers 20 CH-1800 Vevey Tél.: ++41 21 922 90 20 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org > litterature@helicehelas.com Distribution Suisse : Servidis Chemin des Chalets 7 CH-1279 Chavannes-de-Bogis Tél.: ++41 22 960 95 10 www.servidis.ch > commande@servidis.ch
Distribution France - Belgique : Serendip-Livres 21 bis rue Arnold Géraux FR - 93450 L’Île-Saint Denis Tél.: ++33 14 038 18 14 www.serendip-livres.fr
Ni botanistes, ni ethnologues, mais détenteurs d’un doctorat en curiosité et une distinction honoris causa à l’université de la patience. Olivia Molnàr est grande prêtresse des ciseaux et détentrice de la magnificente loupe d’illustratrice de cet ouvrage. Aldwin Raoul, arpenteur de grimoire et d’herbier et soufflepoussière décrit .
— Collection : Ellipse et laps Genre : Atlas botanique Sujets abordés : Ecologie urbaine ; Folklore ; Magie et grimoires — Format 19x30 cm, 62 pages ISBN 978-2-940700-26-4 CHF 28 / EUR 22 Parution : Mars 2023, Suisse, France et Belgique.
Famille : Arialiaceae
Le Lierre (Hedera helix) Noms vernaculaires : Lierre grimpant, Lierre d’Europe, Lierre en arbre, Hierre, Lyerre de muraille, Lierre arborée, Drienne, Rondelette, Bourreau-des-arbres, Herbe de Bacchus, Herbe aux cors, Lierre des poètes, Rampante (Rampe en wallon). Lierre d’Europe : C’est une liane. La plupart des autres lianes vivent plutôt en milieu tropical. Mais en Europe du nord, il n’a pas toujours fait aussi froid en hiver. A l’ère tertiaire, époque où le Lierre est apparu, l’Europe s’épanouissait sous un climat tropical. Il fleurissait alors à l’automne, une période plus clémente et adaptée. Habitude qu’il a semble-t-il gardée jusqu’à aujourd’hui. Ses fleurs sont une des dernières à offrir pitance aux insectes avant le grand froid. Et pour les oiseaux qui ne migrent pas jusqu’en Afrique et doivent endurer les rigueurs du long hiver nord-européen, ses fruits tardifs, qui arrivent à maturité en février, sont une aubaine. Mais si les piafs mangent gratis en période de vache maigre ce n’est pas pour leurs beaux yeux, ça fait partie du plan secret du Lierre. Car si les baies sont nourrissantes, la chair est quand même un minimum toxique, histoire que les graines ne soient pas totalement digérées mais nettoyées de la peau et de la pulpe protectrice par les sucs digestifs, ce qui augmente considérablement leur taux de germination. Quelques minutes après l’ingestion, le volatile défèquera et la graine ira rejoindre la terre promise. C’est une relation mutualiste, gagnant-gagnant pour la plante et pour l’oiseau, même si ce dernier aura les tripes un peu secouées pendant qu’il remplit sa part du contrat. Lierre grimpant : Anciennement dénommé Hierre le mot a fini par s’agglutiner avec l’article défini « le/l’ » pour donner Lierre. Hierre dérivait d’ailleurs probablement du latin haereo « être attaché, fixé, accroché ». Mais la vie du Lierre est plus alambiquée qu’il ne veut d’abord nous faire croire : il rampe dans les sous-bois dans sa forme moquette impératrice, il engloutit goulument les arbres morts, il joue au reptile discret sur les vieilles palissades dans les centre-villes bétonnés… Voilà son histoire : dans sa prime jeunesse, les pousses du Lierre vont ramper, à la recherche d’une place à l’ombre. Flagrant délit adolescent de skototropisme (littéralement « être attiré par l’ombre »). Car s’il y a une ombre c’est qu’il y a un objet projetant une ombre, c’est donc le présage d’un support à escalader. Une fois qu’il a trouvé la source de l’ombre (arbre, murs, etc.), le Lierre s’agrippe et s’élance à la conquête du ciel, en utilisant des sortes de racines à crampons et assure définitivement sa prise en se gluant au support. En grimpant il va capter de plus en plus de lumière et va pouvoir amorcer sa transition vers l’âge adulte : ses feuilles se transforment, elles perdent leur côté lobé et s’allongent en fer de lance . Haut-perché, notre liane peut enfin fleurir et donner des fruits. Bourreau-des-arbres : « Une amitié molle et indiscrète, en laquelle il advient ce qui se voit du Lierre, qu’il corrompt et ruine la paroi qu’il accole », voici la description métaphorique dénigrante que lui fait endurer Montaigne en parlant de son superbe développement. C’est pire si l’on remonte jusqu’à Pline, au Ier siècle de notre ère, qui lui n’y va pas par quatre chemins : « le lierre est nocif pour les plantes et les arbres. » Encore aujourd’hui le Lierre est accusé d’être un mangeur-de-pierre, un étouffe-sylvestre et il ne connait que trop bien les massacres à la tronçonneuse. Néanmoins si, c’est vrai, il a tendance à jouer l’indiscret morbide en soulevant les pierres tombales des cimetières mal entretenus, il n’abime des maisons que les murs en mauvais état et, malgré les idées reçus, va jusqu’à solidifier la structure du bâti et protéger celui-ci des intempéries. Pour ce qui est de sa relation avec les arbres, il y a débat. Il est accusé d’étouffer son arbre porteur comme un vulgaire parasite étrangleur, mais la réalité est bien plus complexe. Le Lierre n’influe pas directement sur la croissance des arbres qu’il a choisi, ni en bien ni en mal. Il peut même être l’hôte de petites bestioles qui seront utiles à l’arbre pour se protéger de peste plus grande. En perdant ses feuilles, il offre une litière riche à son hôte. Par contre, si le Lierre atteint le sommet de l’arbre, il va se développer à la manière d’un parasol sans-gène et rentrer en compétition avec l’arbre pour la lumière. A ce combat c’est le Lierre qui va gagner et mener son hôte à sa perte, mais cette bataille ne semble se dérouler qu’avec des arbres déjà affaiblis et défoliés. Herbe de Bacchus : Bacchus (Dyonisos chez les Grecs) connu notamment pour ses ivresses, portait toujours avec lui une branche de Lierre parfois entremêlé avec de la vigne. Une croyance alors répandue voulait que le Lierre neutralise la vigne, qu’il protège des dérapages éthyliques. Est-ce pour cela que les débits de boissons d’un autre âge accrochaient à leur devanture un rameau ou une couronne de Lierre ? Plutarque dit de Bacchus que s’il a eu la bonne idée d’inventer le vin, il a été inspiré de lui adjoindre le Lierre « pour moins souffrir des effets du vin, la fraicheur du lierre éteignant le feu de l’ivresse. » Mais une ambigüité demeure, le Lierre est-il un remède anti-gueule de bois ou un talisman contre les ivrognes trop imbibés ?
Space Without Rockets Ce livre est un guide sur la manière de se rendre dans l'espace extra-atmosphérique proche, en orbite ou plus loin dans le cosmos sans polluer l'atmosphère et aggraver l'urgence climatique sur Terre. Une lecture essentielle pour tous les passionnés de l'espace, les spécialistes de mission, les ingénieurs spatiaux, les aéronautes, les astronautes, les cosmonautes, les taïkonautes, les responsables d'agences spatiales, mais aussi les sceptiques de l'espace, les aérostiers, les scientifiques du système Terre, les historiens de la natureculture, les écologistes, les militants du changement climatique, les synergistes, les astronautes autonomes... et tous les habitants de la planète Terre. Rédigé par des scientifiques, des ingénieurs, des artistes, des curateurs et des spécialistes culturels de l'exploration spatiale, ce livre vous fera changer d'avis sur la manière dont nous pourrions diriger notre vaisseau spatial Terre et voyager vers la Lune, les planètes, les étoiles et au-delà, de manière durable.
_ Genre : Essai _ Titre : Space Without Rockets _ Auteurs : Roger Malina, Ewen Chardronnet, Martin Ross & Darin Toohey, Rob La Frenais, Bill McGuire, Fabiane M. Borges, Kongo Astronauts & Maxence Grugier, Tereza Pultorova, Tomás Saraceno, John Powell, Kathelin Gray, Atelier 21 _ Directeurs de la publication : Magali Daniaux & Cédric Pigot _ Graphisme : Schulz & Leary _ Prix : 15 euros _ Parution : Septembre 2022 _ EAN 13 : 978-2-9562753-8-1 _ Format fermé : 14 x 22,5 cm _ Nombre de Pages : 152 _ N&B _ Souple _ Type de reliure : broché _ Tirage : 600
6 – SPACE WITHOUT ROCKETS
TABLE OF CONTENTS – 7
ROGER MALINA
9
LET’S TRANSFER DESIRABLE KNOWLEDGE TO OUTER SPACE
TEREZA PULTAROVA
77
EWEN CHARDRONNET
15
STRANGERS OCCUPYING DIFFERENT EARTHS
TOMÁS SARACENO, JOHN POWELL, ROB LA FRENAIS AND KATHELIN GRAY
85
MARTIN ROSS AND DARIN TOOHEY
21
THE COMING SURGE OF ROCKET EMISSIONS
THE ENVIRONMENTAL IMPACT OF ROCKET LAUNCHES: THE ‘DIRTY’ AND THE ‘GREEN’ LIVING IN THE ATMOSPHERE EWEN CHARDRONNET
101
THE HOLOBIONT OF SPACESHIP EARTH In Memory of James Lovelock and Lynn Margulis
ROB LA FRENAIS
31
FLOATING INTO SPACE AND OTHER WAYS OF GETTING THERE
ATELIER 21
119
BILL McGUIRE
47
REACHING FOR THE STARS ON AN OVERHEATING PLANET FABIANE M. BORGES
55
BRAZIL WITHOUT ROCKETS
PALEO-AERO: AN ALTERNATIVE LOW-CARBON HISTORY OF AEROSPACE AND AERONAUTICS KATHELIN GRAY
131
SPACE ON EARTH BIOSPHERE 2 PAST AND FUTURE
ELÉONORE HELLIO & MICHEL EKEBA with MAXENCE GRUGIER
63
FOREIGNERS ON THEIR OWN PLANET ROB LA FRENAIS
71
SAILING TO THE STARS
142 ACKNOWLEDGEMENTS 143 BIOGRAPHIES 148 PHOTOGRAPHIC CREDITS
Éditions Hourra
poésie contemporaine/ essai isbn 978-2-491297-01-5 à paraitre le 5/3/2021
nathalie quintane
j’adore apprendre plein de choses
J’adore apprendre plein de choses est un livre qui mêle des anecdotes, des idées, des mémoires, des critiques concernant l’éducation nationale. Il prend la forme davantage d’un collage que d’un poème ou un essai, un collage où les dialogues, très présents, donnent à lire un regard cru sur les milieux de l’enseignement. Le livre commence par «Là-bas au fond, on se tait, s’il vous plaît.»
II
— 144 pages Offset noir Brochures cousues collées Format : 18 × 11 cm Prix : 15 € — Diffusion : Paon diffusion Distribution : Sérendip — Contact : Clément Boudin editionshourra@gmail.com / 06 79 29 35 13
— Mais les parents ? — Mais les parents : on les tient dans une pièce avec, sur une table basse, Racine, Verlaine, Voltaire, Camus. — Ce qu’on doit toujours répondre aux parents qui se plaignent que leur gosse lise pas : Et vous, vous lisez ? — Ah ah ! Excellent ! — C’est une blague que je fais souvent. — Ou bien reconstruire tous les lycées de banlieue dans les Alpes. — D’autant plus que le climat est sain, dans les Alpes. — On vide en autocars les cités, on les loge dans les stations de sport d’hiver désaffectées. Ils vont aux champignons, au génépi… — Le génépi pousse dans les moraines. Une moraine est un amas de débris rocheux érodé. — … au bord des crevasses, là où l’école est une question de vie ou de mort : si tu n’écoutes pas ce que je dis, tu meurs.
VII — Qu’est-ce qui fait un bon cours magistral, comme ici ? Je dirais que ce qui fait un bon cours magistral, c’est d’abord un climat d’hostilité. Si le public est d’avance conquis, si aucune distance ne se creuse entre ce qui sera dit et ce qu’on est dans l’attente d’entendre (et je ne parle pas là de surprise, je ne parle pas là d’offrande), alors nous demeurons dans la flatterie, flattons, c’est cette flatterie qui focalisera notre attention et non ce qu’elle dit (ou elle plus nettement que ce qu’elle dit). Ici, en ce moment, ce n’est pas l’empathie qu’il faut favoriser mais un climat d’hostilité. (…) L’auteure Nathalie Quintane est une poète née en 1964, qui enseigne à Digneles-Bains et qui n’aime peu se résumer. Elle est l’auteure de plus d’une vingtaine de livres et participe régulièrement à des revues ou lectures publiques. Bibliographie Les enfants vont bien, P.O.L., 2019 Un œil en moins, P.O.L., 2018 Ultra-Proust : Une lecture de Proust, Baudelaire, Nerval, La Fabrique, 2018 Que faire des classes moyennes ?, P.O.L., 2016 Les Années 10, La fabrique éditions, 2014 Descente de médiums, P.O.L, 2014 Crâne chaud, P.O.L, 2012 Tomates, P.O.L, 2010 Un embarras de pensée, éditions Argol, 2008 Grand ensemble, P.O.L, 2008 Une oreille de chien, Éditions du Chemin de fer, 2007 Cavale, P.O.L, 2006 L’Année de l’Algérie, Inventaire-Invention, 2004 Antonia Bellivetti, P.O.L, 2004 Les Quasi-Monténégrins, P.O.L, 2003 Formage, P.O.L, 2003 Saint-Tropez - Une Américaine, P.O.L, 2001 Mortinsteinck, P.O.L, 1999 Début, P.O.L, 1999 Jeanne Darc, P.O.L, 1998 Chaussure, P.O.L, 1997 Remarques, Cheyne, 1997
XVI — C’est incroyable son niveau en français, pour un fils d’ouvrier et de coiffeuse.
ROBERTE LA ROUSSE
W IKIFÉMI A LANGUE, GENRE ET TECHNOLOGIE
_ Genre : Essai _ Souple _ Titre : Wikifémia - Langue, genre et techno_ Type de reliure : broché logie _ Tirage : 650 _ Auteurs : Roberte la Rousse _ Directeurs de la publication : Magali Daniaux & Cédric Pigot Roberte la Rousse est un collectif d’artistes cyberféministes dont le projet radical de démasculinisation de la _ Graphisme : Schulz & Leary langue consiste à traduire « en française », c’est-à-dire en_ Prix : 20 euros tièrement « à la féminine », des textes provenant de diffé_ Parution : Avril 2022 rents horizons. _ EAN 13 : 978-2-9562753-6-7 Avec Wikifémia, Roberte la Rousse se livre à une mise en _ Format fermé : 14 x 22,5 cm récit critique de Wikipédia, laboratoire de production et de _ Nombre de Pages : 250 environ diffusion de la connaissance, miroir grossissant de la so_ N&B ciété.
Roberte la Rousse nous présente tout d'abord des biographies de femmes remarquables : de Nicole-Reine Lepaute, calculatrice et astronome française du XVIIIe siècle à Margaret Hamilton, informaticienne et ingénieure système américaine), leur récit se compose de fragments d’articles commentés sous la forme de notes critiques. L'auteurice propose ensuite une réflexion sur la démasculinisation de la langue et des savoirs au travers de deux textes : Démasculiniser la langue : En française dans la texte, langue, genre, technologie et Démasculiniser les savoirs : Wikifémia, chacun accompagné d'entretiens avec Ketty Steward, romancière, Coraline Cauchi, comédienne et kvardek du, membre des sans pagEs et administratrice de Wikipédia. Dans cet ouvrage, Roberte la Rousse développe sa critique de la langue en se fondant sur les études de genre et une approche féministe des savoirs. Elle s’appuie sur le cyberféminisme (Donna Haraway), la linguistique (du déterminisme linguistique d’Edward Sapir à l’androlecte de Michèle Causse), l’histoire des communs (Silvia Federici), l’histoire des technologies (Isabelle Collet, Félix Tréguer...), l’invention littéraire (Monique Wittig), les œuvres d’artistes comme Suzanne Treister.
L AU R A P E T E R S E L L KÉVIN CERTENAIS
RÉGIME GÉNÉRAL POUR UNE SÉCURITÉ SOCIALE DE L’ALIMENTATION
L AU R A PETERS ELL KÉVIN C ERTENA IS
LL RSE ETE NAIS E RA P L AU N C E RT L I ERSEL KÉV A PET IS L L AU R RTENA ERSEL E T C E P N I A KÉV NAIS L AU R CERTE KÉVIN
R ÉG I M E GÉNÉRAL ME RÉGI RM L RÉGI ÉI AE RÉMGEIM E É NG R E M I É M G I G É G R É L R A GÉ R NÉ GÉRA L E L GÉNÉ NÉR RAL A É R N É RÉGIME É N AL G É G GÉNÉRAL E M I G É R RÉGIMEL L A R RÉGIME É ÉRA GÉN N É G E IM G É R GÉNÉRAL GÉNÉRAL
L AU R A P E T E R S E L L L K É V I N C EARUTREAN A P IES KÉV IN C TERSEL L ERT ENA IS
L ERSEL A PET NAIS L AU R E T R E C KÉVIN L AU R A P E T E R S E L L KÉVIN CERTENAIS PO
LE
UR UN E SÉ CU RI TÉ SO CI AL E DE L’A LI M EN TATI ON
L C IA É SO ERSEL ELL A PET S S É C U R ITAT IO N ETERS IS NAIE L AU R URA P C E RPTOEU R U N ’A L IM E N T L ALE ENA N I V KÉ IA V I N C E R T C DE L SO É KÉ C U R IT
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SO C IA LE U R IT É N N E SÉ C PO U R U A LI M EN TAT IO D E L’
TÉ SOC IAL E POU R UNE SÉC URI N DE L’AL IME NTATIO
L A U POUR RITÉ SOCIA LE R A P UNE USÉCU EPTO E R RU S EE LSLÉ L’ALIMN K É V I N CDE ENTA C U R IT TION ER T ED E N LA’AILSIM É SOC IA E N TA T IO N
PO UR UN E SÉC UR ITÉ SO CIA LE DE L’A LIM EN TAT ION
Régime Général n’est pas un livre de recettes minceur. Il s’attaque à la question du patriarcat. Régime Général n’est pas un livre sur les bananes. Il parle de l’exploitation des peuples par les multinationales. Régime Général observe notre système alimentaire sous toutes ses coutures et propose de quitter la table pour renverser l’ordre établi. Les réflexions qu’il présente s’inspirent des travaux du sociologue Bernard Friot sur l’une des grandes conquêtes de la classe ouvrière : le régime général de Sécurité sociale.
LE
L’ouvrage repose sur cinq piliers : 1 – Qui travaille et dans quelles conditions ? 2 – Qui possède les terres et les outils de la filière alimentation ? 3 – Qui décide de ce que nous mangeons ? 4 – Qui a le pouvoir sur l’investissement ? 5 – À qui profite le système ? Ces questions sont imbriquées et traversées par des visées féministes et postcoloniales. Elles permettent d’appréhender le système alimentaire (production, transformation, distribution et consommation) dans sa globalité et d’interroger nos pratiques sociales liées à la nourriture. Régime Général ébauche une Sécurité sociale de l’alimentation financée par une nouvelle cotisation. Ses caisses conventionneront des collectifs de travail en copropriété d’usage, verseront un salaire à vie aux travailleuses et aux travailleurs et seront gérées par les habitant·es des territoires concernés et par les salarié·es des entreprises conventionnées. Elles définiront les critères de conventionnement et décideront des investissements à réaliser. Par ailleurs, les caisses de Sécurité sociale de l’alimentation verseront à chaque résident·e une allocation mensuelle utilisable dans les entreprises conventionnées et subventionneront un service public de la restauration collective. En développant ces propositions, Laura Petersell et Kévin Certenais entendent rendre tangible et désirable un système alimentaire postcapitaliste qui contribuera à la lutte contre le patriarcat et le néocolonialisme.
L AU R A P E T E R S E L L KÉVIN CERTENAIS
RÉGIME GÉNÉRAL
Format : 12 x 18,3 cm, xx pages Collection : Travailler le travail ISBN : 978-2-493403-01-8 Prix : 10 euros Rayons : Essais Thèmes : Alimentation / Sciences sociales Sortie : Janvier 2021
POUR UNE SÉCURITÉ SOCIALE DE L’ALIMENTATION
LAURA PETERSELL, KÉVIN CERTENAIS – RÉGIME GÉNÉRAL
À PROPOS DE L’AUTRICE ET DE L’AUTEUR Membres de l’association d’éducation populaire Réseau Salariat, Laura Petersell et Kévin Certenais sont des militant·es engagé·es dans des combats et des initiatives de lutte sociale, chacun·e à sa manière : d’un côté, la ruralité, l’écologie, la lutte hors de l’emploi, un souci de l’action concrète et une culture paysanne. De l’autre, la ville, l’engagement contre la répression sous toutes ses formes, la lutte syndicale au sein de l’emploi, une approche plus conceptuelle et un intérêt pour les mouvements féministes, antiracistes et décoloniaux. Depuis plusieurs années, Laura Petersell et Kévin Certenais militent pour une Sécurité sociale de l’alimentation avec l’objectif de trouver une application concrète aux idées de Réseau Salariat.
SOMMAIRE AVANT-PROPOS CONTEXTE I – LE TRAVAIL Qui travaille ? Dans quelles conditions ?
II – LA PROPRIÉTÉ Qui possède les terres et les outils de travail de la filière alimentation ?
III – LA GOUVERNANCE Qui décide de ce que nous mangeons ? Prenons le pouvoir !
IV – L’INVESTISSEMENT Comment ça marche ? Qui a la main ? Pourquoi est-ce important ?
V – LE BUT À qui profite le système ?
CONCLUSION L’alimentation est politique
LAURA PETERSELL, KÉVIN CERTENAIS – RÉGIME GÉNÉRAL
EXTRAITS
La revendication d’un « prix rémunérateur » incite la classe paysanne à se battre par filière de production plutôt que pour son statut, ce qui conduit à une bataille pour le prix du litre de lait, pour le prix de la tonne de céréales, pour le prix du kilo de légumes, de fruits, etc. La classe paysanne se retrouve divisée pour défendre ses intérêts, il devient alors difficile de mener un combat global en tant que classe. […] Voilà pourquoi nous revendiquons un salaire à vie pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs de la filière alimentation. Si l’horizon désirable concerne l’ensemble de la population, embrasser le sujet secteur par secteur permet de penser concrètement sa mise en œuvre et de nous doter de revendications communes et concrètes pouvant ainsi « faire classe ». Chapitre I, p. 14-17
Certaines communes créent des régies publiques maraîchères, pour la restauration de leurs cantines scolaires, parfois leurs crèches municipales. Elles embauchent des maraîchèr·es avec un statut de salarié·e voire un statut de fonctionnaire territorial leur assurant ainsi la garantie d’un salaire mensuel déconnecté de leur production. C’est aussi une manière de détacher le travail de la propriété de la terre puisqu’ici les terres agricoles appartiennent à la commune (chapitre II). […] Toutes ces initiatives sont inspirantes et porteuses d’espoir, néanmoins elles restent marginales et ne sont pas au bénéfice de l’ensemble de la population. C’est pourquoi la Sécurité sociale de l’alimentation s’inscrit dans une dimension systémique : comment penser le changement d’échelle notamment grâce à une cotisation sociale de l’alimentation (chapitre V) et à l’importance accordée aux investissements (chapitre IV). Chapitre II, p. 18
LAURA PETERSELL, KÉVIN CERTENAIS – RÉGIME GÉNÉRAL
Nous luttons pour la mise en place d’une véritable démocratie économique qui donne le pouvoir de décisions au peuple sur l’organisation de notre société en termes de choix de production, d’organisation du travail, d’investissements. Le régime général de Sécurité sociale nous a ouvert la voie sur la perspective d’une société où : – Toute la valeur ajoutée est socialisée et reconnue comme le résultat du travail de toutes et tous ; – Toutes les décisions, relatives à qui peut produire quoi, et comment la valeur ajoutée est distribuée, sont prises collectivement. Chapitre III, p. 38
La mise en place d’une Sécurité sociale de l’alimentation, inspirée du régime général de la Sécurité sociale, permettra de fournir des prestations sociales à l’ensemble de la population. Les prestations sociales peuvent être sous forme monétaire (on parle alors d’allocation), ou en nature. La Sécurité sociale de l’alimentation associera une allocation mensuelle versée à chaque habitant·e permettant d’acheter de la nourriture auprès des entreprises conventionnées et le déploiement d’espaces de restauration collective où les repas seront servis gratuitement. Chapitre V, p. 55
La Sécurité sociale de l’alimentation telle que nous la proposons permettra à des millions de personnes de s’installer en agriculture paysanne via des collectifs de travail autogérés, en ayant la garantie d’un salaire à vie et dans le cadre d’une filière alimentaire débarrassée des objectifs lucratifs qui prédominent pour l’instant. Il sera possible de produire des aliments dans des conditions de travail désirables puisque décidées collectivement et avec un salaire garanti. Cette matière première abondera les marchés, les ateliers de transformation, les magasins alimentaires et les lieux de restauration collective qui seront conventionnés par les caisses de Sécurité sociale de l’alimentation et répondront tous aux mêmes critères de socialisation de la valeur ajoutée produite en secteur marchand et de copropriété d’usage des outils de travail. Conclusion, p. 60
LAURA PETERSELL, KÉVIN CERTENAIS – RÉGIME GÉNÉRAL
ARTICLES & ENTRETIENS « La Sécurité Sociale de l’Alimentation », Le Ministère de l’Éducation populaire, Radio Pikez, 6 août 2020. http://www.pikez.space/album/ministere-de-leducation-populaire/ « Pour une Sécurité sociale au XXIe siècle : un projet de sécurité sociale de l’alimentation », Les Utopiques, n° 13, juin 2020. https://www.syllepse.net/leurs-violences-nos-ripostes-_r_64_i_811.html En version longue sur le site internet de Réseau Salariat. https://www.reseau-salariat.info/articles/pour-une-securite-sociale-au-xxieme-siecle-unprojet-de-securite-sociale-de-l-alimentation/ « L’art de s’alimenter en temps de confinement… et après ! », Club de Mediapart, 4 mai 2020. https://blogs.mediapart.fr/laura-petersell/blog/040520/lart-de-salimenter-en-temps-deconfinement-et-apres-1
INTERVENTIONS & CONFÉRENCES Laura Petersell, « Pour une sécurité sociale de l’alimentation », Transition Days 2020, 18 octobre 2020. https://www.youtube.com/watch?v=8_nbF3gC6oY Kévin Certenais (avec Dominique Paturel), introduction à la soirée « Pour une Sécurité sociale de l’alimentation : vers une solidarité postcapitaliste », sefederer.org, 16 octobre 2020. https://www.sefederer.org/2020/10/16/rencontre-discussion-alimentation-solidarite-postcapitaliste/ Laura Petersell, « Le projet de sécurité sociale de l’alimentation, aspects internationaux / décoloniaux », automnales 2020 de Réseau Salariat, novembre 2020 https://www.reseau-salariat.info/dossiers/automnales_2020/ Kévin Certenais, conférence gesticulée « Jusqu’où les ruraux se soumettront-ils aux urbanistes ? Une autre Histoire du bocage… », août 2018. https://www.youtube.com/watch?v=N9KjQAcZ60o
NOTES Lorsque son écriture sera terminée, Régime Général sera mis en ligne au format PDF et rendu disponible au téléchargement sur le site de Riot Éditions. Tous les exemplaires de ce livre seront imprimés en risographie et façonnés par Riot Éditions à Saint-Étienne.
LAURA PETERSELL, KÉVIN CERTENAIS – RÉGIME GÉNÉRAL
CAMILLLE SVILARICH
Black Bloc, histoire d’une tactique collection Sciences humaines, Excès
Bio : Camille Svilarich, publie ici sa première recherche consacrée au phénomène des black blocs. C’est au contact des manifestations parisiennes de 2015 qu’elle le découvre pour la première fois. Elle a ensuite travaillé du terrain aux archives. Pitch : Depuis maintenant trente années, la présence de la tactique « black blocs » lors de manifestations politiques s’observe aux quatre coins du monde. À la présentation par la presse et les autorités de ce phénomène comme celui de réunions de délinquants
passionnés, ce livre oppose une analyse généalogique qui permet d’éclairer ce qui peut réunir une action contre l’extrême droite à Mackenrode en 1988 en République Fédérale Allemande, une manifestation au Caire en Janvier 2013 contre le président Mohamed Morsi autour de la place Tahrir, ou encore l’intervention de cette tactique lors d’un sauvetage de chiots de laboratoire au Brésil en 2014. Cette circulation de la tactique à l’échelle internationale invite à appréhender le phénomène des black blocs dans sa trajectoire historique, des années 80 à nos jours
Doc 1 « Oui, mais n’oublie pas qu’on pratique la violence sans l’aimer. Nous sommes des prisonniers ; nous ne pouvons agir qu’en prisonniers. Bien sûr que non, le monde dans lequel nous voulons vivre n’est pas un monde de destruction ou de violence. Mais pour l’instant, nous en sommes réduits à ça : à chaque fois que quelque chose est créé, c’est détruit juste après. Regarde les Châteaux communs. Regarde toutes les tentatives d’occupation, de Répu aux Beaux-arts. Regarde nos vies ! En fait, il ne faut vraiment pas oublier que nous sommes de celles et ceux qui utilisent la violence sans l’aimer. Contrairement aux flics, aux multinationales, au gouvernement pour qui la violence est le mode même de fonctionnement, et ce de façon permanente : c’est aussi pour ça que nous les
combattons. Nous ne devons pas nous y vautrer comme eux mais savoir la maîtriser pour la faire disparaître aussitôt qu’elle n’est plus nécessaire. J’espère que nous saurons agir ainsi. Que nous ne nous laisserons pas emporter, que nous ne nous laisserons pas enchaîner, que nous resterons humains ; bref, que nous ne ressemblerons pas à celles et ceux que nous combattons. » Extrait d’un texte anonyme, intitulé La violence sans l’aimer, paru en France, en 2016 au moment de la lutte contre la loi Travail. Il s’agit du moment où historiquement le phénomène des black blocs en France s’est installé dans le paysage militant, après les attentats terroristes, depuis l’expérience de la COP21 fin 2015.
Extrait1 : L’anglicisme “black bloc” se prête en France à un usage commun à partir de la fin de l’année 2015 à l’occasion de la COP21 de Paris. Dès lors évoqué par les médias, le terme
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Disponible
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FICHE TECHNIQUE Titre : W Éditeur : Éditions la Hyène Format : 21,5 x 30,3 cm, 52 pages (couleurs) ISBN : 979-10-96628-10-0 Langue : FR Prix : 20 €
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Gary Colin est dessinateur et auteur de bande dessinée. De 2009 à 2014, il étudie le graphisme à l’École supérieure d’arts graphiques Penninghen à Paris, où il s’oriente vers la pratique du dessin numérique. En 2017, il fonde avec Clara Souflet les Éditions de la Hyène autour d’un duplicopieur RISO, structure dédiée au dessin, à l’image numérique et à la bande dessinée. Il y publie une dizaine d’opuscules et quelques multiples, présentés essentiellement à l’occasion d’événements associés au dessin contemporain, au livre d’artiste et à la bande dessinée alternative. Le concept d’énergie et ses déclinaisons graphiques — abordé au travers des formes et de la narration — est central dans son travail.
Un personnage-noeud nommé W évolue au gré des hasards dans un monde étrange. Au travers du dessin, tout se transforme. Le narrateur poursuit W dans ses pièges et ses accidents. Les planches de dessin numérique qui composent cette bande dessinée poétique sont aux limites de l’abstraction. Ouvertement expérimentale, la narration est induite dans des motifs mouvants. W comme Wind..., W comme le nom d’une chose impalpable et fuyante. Une indécidable substance se cache derrière les éléments. Le dessin est ici un moyen d’expérimenter sur la forme. Cette bande dessinée cherche à tisser un lien qui fait se confondre les personnages, les lieux et les éléments bio-mécaniques.
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ADVERSE Pêchez jeunesse ! (A.N.D. #5) J.-M. Bertoyas (postface de Gwladys Le Cuff)
Après L’Arum tacheté (A.N.D. #1, Adverse 2018), Parzan et autres saveurs (A.N.D. #2, Arbitraire 2018), L’Internationale modique (A.N.D. #3, Adverse 2019), Nicy et ses amis (A.N.D. # 4, Arbitraire 2019), et en parallèle de Flugblatt et les rampants (A.N.D. #6, Arbitraire 2022) arrive Pêchez jeunesse !, 5e volume venant clore L’Anthologie des narrations décrispées de J.-M. Bertoyas. Soit la nouvelle étape du pharaonique projet de réhabilitation / révélation de l’une des plus importantes signatures de la bande dessinée contemporaine. Essentiellement consacré aux débuts de l’artiste et enrichi d’une pléthore de strips inédits, ce volume réunit les sept publications les plus méconnues de ce forcené de l’auto-édition (Aïe Cul, Zeboun, Les Dombes, Brücks, Paulette Goddard je t’aime !, Coux et Lycoperdon). Derrière ces titres improbables, on trouvera quelques-uns des plus longs récits de l’artiste, qui y module ses techniques de dessin et expérimente aussi bien la narration et la mise en scène que la diversité des formats. Autant de marqueurs des errances positives (un travail effectif de recherche) avançant vers la construction de l’identité d’un artiste porté par une permanente réinvention. En conclusion, l’analyse rigoureuse de Gwladys Le Cuff vient autant confirmer la singularité de l’artiste qui en est l’objet que l’importance de son autrice dans le champ de la critique contemporaine (après ses contributions à Pré Carré, son étude sur Frédéric Coché — Brynhildr, éd. Frémok — et sa collaboration avec L.L. de Mars pour Depuis un crâne — éd. La 5C).
288 pages n&b 16,5 x 23 cm, 30 € 979-10-95922-35-3— novembre 2022 Vente ferme
ADVERSE L’Arum tacheté (a.n.d. #1) J.-M. Bertoyas (postface de J. LeGlatin)
Trois ans, six volumes, deux éditeurs, une œuvre. Auteur depuis quinze ans d’une pléthore de comix auto-édités et d’une poignée d’albums (Les Requins Marteaux, L’Association, Le Dernier Cri...), J.-M. Bertoyas reste à ce jour l’un des secrets les plus précieux et les mieux gardés de la bande dessinée contemporaine. Décidées à affirmer l’importance première d’une œuvre aussi jouisseuse que dévastatrice, les éditions Adverse et Arbitraire s’associent aujourd’hui pour un programme exhaustif de rééditions d’un millier de pages Adverse ouvre le bal avec un copieux récit développé dans les pages de la revue Lapin entre 2009 et 2011 et achevé six ans plus tard afin de constituer ce premier volume de l’Anthologie des narrations décrispées. Avec L’Arum tacheté, Bertoyas développe comme jamais auparavant ses thématiques fétiches de la fuite et de l’aliénation autour d’une improbable galerie de marginaux sur fond de guerres banalisées. Du cabot éconduit au piaf lubrique, du voleur innocent aux révolutionnaires sans devenir, de la sainte putain au directeur coupable, ces marionnettes de papier déambulent en quête de salut entre amour charnel, saillies philosophiques, potacheries, ivresse et poésie. « je considère souvent l’activité de dessiner comme un jardinage, l’indispensable entretien d’un espace mental cultivable ou se dépose un fourmillement de traits. Soit l’espace se réduit, soit l’encre devient, d’un façon organique, un touffu dessin. Une pensée incrustée »
144 pages n&b, dos carré / cousu 16,5 x 23 cm, 20 € 979-10-95922-17-9 — février 2018 Vente ferme
ADVERSE L’Internationale modique (A.N.D. #3) J.M. Bertoyas (postface de Colas Bertin)
Trois ans, six volumes, deux éditeurs, une œuvre. Après la publication de L’Arum tacheté (A.N.D. #1, éd. Adverse, 2018) et Parzan et autres saveurs (A.N.D. #2, éd. Arbitraire, 2018), arrive désormais L’Internationale modique, troisième volume de L’Anthologie des narrations décrispées, soit la nouvelle étape du pharaonique projet de réhabilitation / révélation de l’une des plus importantes et singulières signatures de la bande dessinée contemporaine. Pas à pas, Adverse se rapproche des tous premiers essais de J.-M. Bertoyas en bande dessinée (A.N.D #5, à paraître en janvier 2010) et révèle ici quelques-uns de ses travaux les plus atypiques. Cette nouvelle pierre oscille ainsi entre reprises et hommages (situationnisme, imagerie de propagande, bande dessinée populaire, etc.), quasi-abstraction, ballet de corps muets, pornographie délirante et débridée, jeux de recouvrements, griffonnage sculptural et saillies politiques. Augmenté d’une postface d’un obscur exégère nommé Bertin, l’A.N.D #3 rassemble les épuisés L’Internationale mutique, L’Internationale merdique (I.M. 2), Libro Verde, Paulette Goddard je t’aime, Coux, La Boulasse et WAGD n°13, le tout agrémenté d’une poignée d’inédits et de formes courtes ou inachevées .
192 pages n&b 16,5 x 23 cm, 22 € 979-10-95922-22-3 — février 2019 Vente ferme
Janvier
BANDE DESSINÉE NUMÉRIQUE TANGAGE ET ROULIS MATIS MONVOISIN cette ochette n o peut i t e n p n e t t A La pochette RVB contient un code secret qui donne accès à une
BANDE DESSINÉE
≈45O ÉCRANS
9.5€
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978-2-94O432-44-8
Il existe de nombreuses manières de faire naufrage en mer. Intempéries, pannes de toutes sortes et monstres des profondeurs ne sont que quelques exemples parmi les affolantes quantités de complications que l'on peut rencontrer sur un bâtiment flottant. À moins que l'on ne soit un peu en retrait, observant tout ça par le petit bout de sa lorgnette, confortablement installé dans un phare au milieu de l'océan. Même là, pourtant, on n'est pas à l'abri de quelques ennuis, la marée noire n'étant pas des moindres...
Interactivité À travers une alternance de points de vue soigneusement orchestrée, des dizaines de mini-récits s'entremêlent dans cet ouvrage incroyablement riche. On navigue à vue dans des réseaux de longs scrolls panoramiques jusqu'à ce que se constitue un tableau d'ensemble. Peu à peu émerge une cartographie de drames iodés, toujours teintés d'une légère ironie. Mais les nombreuses pistes que propose Tangage et roulis ne se parcourent pas en une seule lecture. Ainsi les finalités fluctuantes de ce périple se révéleront pleinement en s’y replongeant encore et encore. Nul doute qu'avec le noir et blanc ultra efficace de Matis Monvoisin, on se laissera volontiers entraîner de la surface aux profondeurs et inversement, au cœur d'un formidable tourbillon d’événements.
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BANDE DESSINÉE NUMÉRIQUE BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
NUMÉRIQUE NUMÉRIQUE
HISTOIRES CROÛTES ANTOINE MARCHALOT cette ochette ut n o i t n p ne pe Atte La pochette RVB contient un code secret qui donne accès à une
Antoine Marchalot
HISTOIRES CROÛTES
BANDE DESSINÉE
341 ÉCRANS
9,5€
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978-2-94O432-42-4
Avec une énergie absurde inépuisable, Antoine Marchalot s’attaque à tous les genres et toutes les époques dans cette série d’Histoires croûtes à l’humour infini. Ainsi vous saurez tout sur les liens entre le Pôle Emploi et les oiseaux exotiques, sur l’élaboration des goûters dans un laboratoire scientifique, l’avantage et les inconvénients de ne pas aimer le poisson, ou vous apprendrez différentes techniques pour dessiner des loups.
Interactivité Utilisant exclusivement des galeries d’images pour ses histoires, Antoine Marchalot pose un dispositif simple qu’il va explorer avec une inventivité sans limites. Jouant des effets de superposition propre au turbomédia, il se tient à distance des travers de ce format pour en faire un allié goguenard dans une ribambelle de gags colorés. Avec cette série de récits, initialement publiés dans la défunte revue numérique Professeur Cyclope, Antoine Marchalot construit une écriture de la bande dessinée remplie d’astuce. Les lecteurs qui ont déjà découvert ce recueil dans l’adaptation papier aux Requins marteaux se raviront de découvrir ici un récit additionnel utilisant astucieusement les gifs.
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BANDE DESSINÉE NUMÉRIQUE §
BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
NUMÉRIQUE NUMÉRIQUE
Vroum Vroum Aude Barrio
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BANDE DESSINÉE
≈2OO ÉCRANS
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978-2-94O432-43-1
Devant une petite maison, Cabèle charge des cartons dans sa camionette puis s’en va seule sur les routes en chantonnant. C’est le début d’un long chemin, dont l’objectif ne nous est pas livré d’entrée de jeu. D’étranges petits cambrioleurs se faufilent le long de sa route. Elle rencontre une autostoppeuse, fait une halte dans une casse. Au fil de ce voyage, que l’on suspecte d’être initiatique, des bribes d’une vie passée nous par viennent pour nous ramener à notre questionnement initial : mais où va-elle avec ses cartons?
Interactivité Démontrant une nouvelle fois que le Road Trip est un genre parfaitement taillé pour la bande dessinée numérique, Aude Barrio joue avec le format de ses planches pour poser une atmosphère aussi contemplative que dynamique. Elle utilise une succession de galeries d’images et de scrolls horizontaux pour dérouler une histoire pleine de finesse et d’énergie. Avec cet ouvrage, qui est aussi son premier long récit publié, l’autrice donne libre court à son trait vivant et expressif, qui saute de la colère à la tendresse en passant par le kawaii. Elle use de dialogues réalistes et subtils au service de personnages sauvages pour poser une écriture de la bande dessinée affirmée et savoureuse.
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VROUM VROUM AUDE BARRIO tre rte ne plus ê vendue u fois ouve bande dessinée à lire sur écran + une petite surprise imprimée
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SUR LA ROAD PIERRE SCHILLING
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ette chette ut tion c n po e ne pe t t A La pochette RVB contient un code secret qui donne accès à une
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139 ÉCRANS
SUR LA ROAD
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978-2-94O432-34-9
Pierre Schilling
Une bande de vacanciers plus idiots et farfelus les uns que les autres s’arrêtent dans la même stationservice, au grand désespoir d’un pompiste qui voudrait jutes qu’on lui fiche la paix. Tout ce petit monde s’entrechoque n’importe comment et les vacances deviennent bientôt une absurde coursepoursuite pleine de rebondissements. Sur la road fonce à 200 à l’heure sur les chemins de la rigolade bebête. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Absolument tout.
Interactivité
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Pierre Schilling opte pour une approche de la narration sur écran qui utilise intelligemment les différents formats qu’offre ce support. En faisant se succéder des séquences en scroll horizontal puis vertical et des portions d’images en turbomédia il plonge le lecteur, à la suite de ses personnages, dans un récit riche en surprises. Durant un moment à la temporalité un peu suspendue, il nous propose de choisir l’ordre dans le quel on va rencontrer les différents protagonistes du récit lors de deux passages où apparaissent des images cliquables (indiquées par des petits gifs). Passé ce moment de choix, les éventements emportent les personnages et le lecteur avec.
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Pierre Schilling opte pour une approche de la narration sur écran qui utilise intelligemment les différents formats qu’offre ce support. En faisant se succéder des séquences en scroll horizontal puis vertical et des portions d’images en turbomédia il plonge le lecteur, à la suite de ses personnages, dans un récit riche en surprises. Durant un moment à la temporalité un peu suspendue, il nous propose de choisir l’ordre dans le quel on va rencontrer les différents protagonistes du récit lors de deux passages où apparaissent des images cliquables (indiquées par des petits gifs). Passé ce moment de choix, les éventements emportent les personnages et le lecteur avec. Interactivité Une bande de vacanciers plus idiots et farfelus les uns que les autres s’arrêtent dans la même stationservice, au grand désespoir d’un pompiste qui voudrait jutes qu’on lui fiche la paix. Tout ce petit monde s’entrechoque n’importe comment et les vacances deviennent bientôt une absurde coursepoursuite pleine de rebondissements. Sur la road fonce à 200 à l’heure sur les chemins de la rigolade bebête. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Absolument tout.
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tre rte ne plus ê vendue u fois ouve bande dessinée à lire sur écran + une petite surprise imprimée
978-2-94O432-34-9
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L’ÉPOPÉE À LA DÉRIVE JEHAN KHODL BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
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cette ochette ne eut n o i t n p p Atte
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978-2-940432-35-6
« L’Épopée » et son équipage de choc parcourent le fond des mers à la recherche de la cité perdue. Mais très vite, le sous-marin et ses occupants s’égarent. Incapables de s’orienter avec leur carte au trésor rudimentaire ils feront face aux périls d’une mer infestée de brigands. Reprenant les grands thèmes du roman de piraterie, L’épopée à la dérive ramène avec astuce ce genre vers l’époque contemporaine. Ici, les corsaires sont des scientifiques, les galions sont des paquebots rouillés et des îlots de déchets forment d’improbables radeaux.
Interactivité
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En nous proposant de cliquer toujours sur le même point qui se déplace au sein d’une carte, Jehan Khodl nous fait évoluer dans un récit linéaire, mais qui suggère l’idée de l’exploration et la possibilité d’une forme de choix à venir. Nourris de cette promesse d’un éventuel surplus de liberté, avec notre petite bande d’aventuriers qui évoluent sur une carte aux trésors, on baigne dans des thèmes et un imaginaire propres au roman de piraterie. Ce que l’auteur amène avec son utilisation de l’interactivité c’est la sensation de participer à la recherche, avec l’opportunité, peut-être, de découvrir de petits trésors.
En nous proposant de cliquer toujours sur le même point qui se déplace au sein d’une carte, Jehan Khodl nous fait évoluer dans un récit linéaire, mais qui suggère l’idée de l’exploration et la possibilité d’une forme de choix à venir. Nourris de cette promesse d’un éventuel surplus de liberté, avec notre petite bande d’aventuriers qui évoluent sur une carte aux trésors, on baigne dans des thèmes et un imaginaire propres au roman de piraterie. Ce que l’auteur amène avec son utilisation de l’interactivité c’est la sensation de participer à la recherche, avec l’opportunité, peut-être, de découvrir de petits trésors. Interactivité « L’Épopée » et son équipage de choc parcourent le fond des mers à la recherche de la cité perdue. Mais très vite, le sous-marin et ses occupants s’égarent. Incapables de s’orienter avec leur carte au trésor rudimentaire ils feront face aux périls d’une mer infestée de brigands. Reprenant les grands thèmes du roman de piraterie, L’épopée à la dérive ramène avec astuce ce genre vers l’époque contemporaine. Ici, les corsaires sont des scientifiques, les galions sont des paquebots rouillés et des îlots de déchets forment d’improbables radeaux.
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978-2-940432-35-6
BANDE DESSINÉE COLLECTION RVB - 2O22
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LES AVENTURES DE LA VIE ALEX CHAUVEL BANDE DESSINÉE
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1O53 ÉCRANS
alex chauvel
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alex chauvel
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978-2-94O432-38-7
Trois petites cellules découvrent un microcosme étrange mais accueillant où la vie semble pouvoir prospérer. Des cyclopes bagarreurs, des vifs à trompe et de doux anthropophages prolifèrent ou luttent pour leur survie. Conan le borgne, Roger Le Malformé et un oracle psychédélique apparaissent sur la carte de notre minuscule univers tandis qu’ une civilisation plus belliqueuse menace de coloniser le petit monde. les aventures de la vie deviennent une épopée pour la survie. Une mythologie colorée qui retrace les vies de plusieurs générations de petits organismes.
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NUMÉRIQUE
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L’univers unicellulaire d’Alex Chauvel est aussi minimaliste que foisonnant. Dans ce monde fait de toutes petites choses et avec une économie de moyens remarquable, l’auteur nous emmène dans une contrée vivante et pleine de surprises. Une carte évolutive du microcosme permet d’aller voir ce qui se passe dans différents lieux et chez différentes espèces. Au fur et à mesure de notre progression dans les trois chapitres de cette histoire, la carte se dévoile, se transforme, laissant apparaître les modifications du territoire et les déplacements de nos héros.
L’univers unicellulaire d’Alex Chauvel est aussi minimaliste que foisonnant. Dans ce monde fait de toutes petites choses et avec une économie de moyens remarquable, l’auteur nous emmène dans une contrée vivante et pleine de surprises. Une carte évolutive du microcosme permet d’aller voir ce qui se passe dans différents lieux et chez différentes espèces. Au fur et à mesure de notre progression dans les trois chapitres de cette histoire, la carte se dévoile, se transforme, laissant apparaître les modifications du territoire et les déplacements de nos héros. Interactivité Trois petites cellules découvrent un microcosme étrange mais accueillant où la vie semble pouvoir prospérer. Des cyclopes bagarreurs, des vifs à trompe et de doux anthropophages prolifèrent ou luttent pour leur survie. Conan le borgne, Roger Le Malformé et un oracle psychédélique apparaissent sur la carte de notre minuscule univers tandis qu’ une civilisation plus belliqueuse menace de coloniser le petit monde. les aventures de la vie deviennent une épopée pour la survie. Une mythologie colorée qui retrace les vies de plusieurs générations de petits organismes.
1O53 ÉCRANS
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TRIBULATIONS TERRIENNES ANTOINE FISCHER BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
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UN RÉCIT COURT
NUMÉRIQUE NUMÉRIQUE
52 ÉCRANS
7.5€
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978-2-94O432-37-O
L’évolution de la vie sur Terre a depuis longtemps été démystifiée, rationalisée et scrupuleusement mesurée par les scientifiques. Pourtant, certains originaux tentent encore de nous faire croire à d’étranges histoires. Antoine Fischer est assurément de ceux-là. Quoique plus inspirées du fait scientifique que du récit religieux, ses tribulations terriennes sont une réécriture de l’évolution des espèces, teintée d’humour, faite de détails étranges et d’images magnifiques.
Interactivité.
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L’objet numérique prend la forme d’une longue fresque extrêmement détaillée, un scroll horizontal dans lequel on va chercher de petits éléments cliquables qui feront apparaître des histoires cachées. Avec cette œuvre dans laquelle chaque coup de scroll représente des millénaires, Antoine Fischer nous propose de nous aventurer dans des sauts temporels contemplatifs et vertigineux.
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L’objet numérique prend la forme d’une longue fresque extrêmement détaillée, un scroll horizontal dans lequel on va chercher de petits éléments cliquables qui feront apparaître des histoires cachées. Avec cette œuvre dans laquelle chaque coup de scroll représente des millénaires, Antoine Fischer nous propose de nous aventurer dans des sauts temporels contemplatifs et vertigineux. Interactivité. L’évolution de la vie sur Terre a depuis longtemps été démystifiée, rationalisée et scrupuleusement mesurée par les scientifiques. Pourtant, certains originaux tentent encore de nous faire croire à d’étranges histoires. Antoine Fischer est assurément de ceux-là. Quoique plus inspirées du fait scientifique que du récit religieux, ses tribulations terriennes sont une réécriture de l’évolution des espèces, teintée d’humour, faite de détails étranges et d’images magnifiques.
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UN RÉCIT COURT COLLECTION RVB - 2O22
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COLLECTION RVB - 2O22
LE JAUNE BENOÎT PRETESEILLE (D’APRÈS MAURICE LEBLANC) BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
cette ochette ne eut n o i t n p p Atte
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Le Ja u ne
Benoît Pretes e
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André est un amoureux dévoué qui ne demanderait rien de mieux que de porter secours à l’élue de son cœur. Mais son infirmière, Cendrine, n’a pas pour habitude de crier à l’aide. Mariée à un étrange énergumène et aux prises avec les pires bandits, elle n’est pas du genre à se laisser impressionner. Au lieu de s’embarquer pour une romance, les deux tourtereaux se retrouvent bien vite au centre d’un triangle plus crapuleux qu’amoureux. Ils y côtoieront le plus célèbre des gentlemen cambrioleurs et finiront par se découvrir des affinités insoupçonnées.
ille
d’après Maurice Leblanc
+ + Interactivité Adapter en bande dessinée numérique Le Triangle d’or, un texte du créateur d’Arsène Lupin paru en 1918, est en soi un pari assez osé. Benoît Preteseille s’y prête avec malice, multipliant les pas de côté et les clins d’œil à l’œuvre originale. Enchaînant des scrolls contenant des images cliquables avec des séquences de turbomedia, il utilise l’œuvre de Maurice Leblanc comme point de départ pour un travail de défrichage du langage et des formats de la lecture sur écran. Usant des intrigues et des mystères du récit original, il nous propose des séquences de point-and-click mettant en scène une enquête participative entièrement frauduleuse. Un geste purement gratuit, ou peut-être pas? Cela nous révèle au moins que chez Benoît Preteseille comme chez Maurice Leblanc, quelqu’un d’autre est secrètement à la manœuvre. Et tout le reste n’est qu’illusion. André est un amoureux dévoué qui ne demanderait rien de mieux que de porter secours à l’élue de son cœur. Mais son infirmière, Cendrine, n’a pas pour habitude de crier à l’aide. Mariée à un étrange énergumène et aux prises avec les pires bandits, elle n’est pas du genre à se laisser impressionner. Au lieu de s’embarquer pour une romance, les deux tourtereaux se retrouvent bien vite au centre d’un triangle plus crapuleux qu’amoureux. Ils y côtoieront le plus célèbre des gentlemen cambrioleurs et finiront par se découvrir des affinités insoupçonnées.
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Interactivité Adapter en bande dessinée numérique Le Triangle d’or, un texte du créateur d’Arsène Lupin paru en 1918, est en soi un pari assez osé. Benoît Preteseille s’y prête avec malice, multipliant les pas de côté et les clins d’œil à l’œuvre originale. Enchaînant des scrolls contenant des images cliquables avec des séquences de turbomedia, il utilise l’œuvre de Maurice Leblanc comme point de départ pour un travail de défrichage du langage et des formats de la lecture sur écran. Usant des intrigues et des mystères du récit original, il nous propose des séquences de point-and-click mettant en scène une enquête participative entièrement frauduleuse. Un geste purement gratuit, ou peut-être pas? Cela nous révèle au moins que chez Benoît Preteseille comme chez Maurice Leblanc, quelqu’un d’autre est secrètement à la manœuvre. Et tout le reste n’est qu’illusion.
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SYLVIE POUR LA CAISSE 5 ORIANE LASSUS BANDE BANDE DESSINÉE DESSINÉE
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Le supermarché, ce labyrinthe saturé de produits multicolores, peut aussi devenir un incroyable lieu de vie. Ce postulat, qui pourrait très bien inspirer un slogan destiné à rendre attractif l’un de ces hangars éclairés au néon, est repris ici sur un ton légèrement dissonant. Car la vie qui grouille entre les rayons et le carrelage glacé du lieu de travail de Sylvie est un peu débordante : homards mal ficelés et cultures bactériennes, management feng shui et salariés sous pression... Dans les rayons du supermarché, on ne voit pas que des produits. On y observe aussi des choses qui n’étaient pas faites pour être vues.
Interactivité
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Dans cette longue fresque horizontale on trouve de petits éléments cliquables qui feront apparaître des histoires cachées. Sans jamais nous sortir de notre position de lecteur, Oriane Lassus évoque parfois le souvenir des point-and-click des années 90.
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Dans cette longue fresque horizontale on trouve de petits éléments cliquables qui feront apparaître des histoires cachées. Sans jamais nous sortir de notre position de lecteur, Oriane Lassus évoque parfois le souvenir des point-and-click des années 90. Interactivité Le supermarché, ce labyrinthe saturé de produits multicolores, peut aussi devenir un incroyable lieu de vie. Ce postulat, qui pourrait très bien inspirer un slogan destiné à rendre attractif l’un de ces hangars éclairés au néon, est repris ici sur un ton légèrement dissonant. Car la vie qui grouille entre les rayons et le carrelage glacé du lieu de travail de Sylvie est un peu débordante : homards mal ficelés et cultures bactériennes, management feng shui et salariés sous pression... Dans les rayons du supermarché, on ne voit pas que des produits. On y observe aussi des choses qui n’étaient pas faites pour être vues.
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USINI COMIX BUSTER YAÑEZ
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978-2-94O432-41-7
L’Usine est un grand bâtiment, un lieu autogéré que Buster Yañez hante avec ses copains. Ce bâtiment mythique de la contre-culture genevoise, il l’observe depuis son atelier, le bistrot d’en face, chez le disquaire ou les backstages. Il chasse et parfois même provoque des instants bêtes, drôles, gênants, effrayants, voire franchement scandaleux, pour nous les rapporter aussi sec.
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Dans cette vue urbaine cisaillée, on va chercher des fragments de récits dissimulés qui feront apparaître des histoires cachées. Rassemblant tous les éléments d’une sorte de chasse au trésor citadine, Buster Yañez se garde d’un ludisme superflu et nous emmène dans la lecture d’un petit comix évoquant la belle époque de l’underground américain, en version cliquable.
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Dans cette vue urbaine cisaillée, on va chercher des fragments de récits dissimulés qui feront apparaître des histoires cachées. Rassemblant tous les éléments d’une sorte de chasse au trésor citadine, Buster Yañez se garde d’un ludisme superflu et nous emmène dans la lecture d’un petit comix évoquant la belle époque de l’underground américain, en version cliquable. Interactivité L’Usine est un grand bâtiment, un lieu autogéré que Buster Yañez hante avec ses copains. Ce bâtiment mythique de la contre-culture genevoise, il l’observe depuis son atelier, le bistrot d’en face, chez le disquaire ou les backstages. Il chasse et parfois même provoque des instants bêtes, drôles, gênants, effrayants, voire franchement scandaleux, pour nous les rapporter aussi sec.
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ADVERSE À partir de n°5 — collectif Une revue critique envisagée à partir de la bande dessinée
Dans ce numéro, seront évoquées, analysées ou mises en perspective des œuvres de Blutch, Charles Burns, Will, Pierre La Police, André Franquin, Maurice Tillieux, Loïc Largier, Annie Ernaux, Sophie Calle, Marguerite Duras... Ainsi que les travaux de Thierry Groensteen, les dessous du CNL, et tant d’autres sujets non moins passionnants. Sous la plume de : Alexandra Achard, Alexandre Balcaen, Saad Chakali, Éric Chauvier, Jérôme LeGlatin, Thomas Gosselin, Céline Huyguebaert et Alexia Roux. Avec la participation de : François Henninger et Richard B.
184 pages n&b 12,5 x 16,5 cm, 15 € 979-10-95922-50-6 — février 2023 retours sur invendus acceptés
Mars
Semi Science-Fiction Léa Murawiec Elles avancent, regardent, jouent avec ce qu’elles trouvent, se font parfois toutes petites. Face aux immenses décors de villes tentaculaires, des ruines d’une civilisation obsolète, de forêts-mondes emplies de magie, les héroïnes ne sont pas seules, mais c’est tout comme. En 90 dessins pleines pages, réalisés sous la contrainte, la beauté plastique se dispute aux géométries frappantes. Léa Murawiec réinvente sa SF en quelques cases muettes, réduisant son propos à l’essentiel, faisant l’équilibre par une narration ténue entre imaginaire commun des fantasmes futuristes et sa façon très personnelle de voir ces mondes. Une Semi Science-Fiction, en somme.
Léa Murawiec est diplômée de l’Ecole Estienne et de l’Eesi d’Angoulême. Elle s’intéresse au travail de l’Oubapo et autres bandes dessinées à contraintes, mais aussi à la science-fiction dans laquelle elle ancre souvent ses récits. Son travail a été publié aux éditions Polystyrène, Biscoto, Radio as Paper, Flutiste (où elle est également éditrice) et dans Picsou Magazine. Elle a sorti son premier long livre – et succès – cette année, Le Grand Vide, aux éditions 2024.
Semi Science-fiction Léa Murawiec Préface de Maël Rannou décembre 2022 9782957797400
18€ 195*265mm 96 pages 435g 1 couleur Souple Broché-cousu Argent à chaud en couverture
Semi Science-Fiction
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Disponible
Lemon Yellow Ciara Quilty-Harper Is 'The Dress' blue and black or white and gold? Lemon Yellow is a book of soft handdrawn illustrations and three direct narratives on empathy and colour. Colour is an experience and yet we often take it for granted that our experience is universal. Each narrative walks us through a different house, following a disagreement between two people on aspects of a specific colour, reminding us to think twice about what shapes our perspectives when we don't see eye to eye. From ancient pigments yet to be discovered on classical 'white' statues, from Homer's 'wine-dark sea' to 'The Dress', the way we think and talk about color is as fluid and changeable as we are.
Format: A5, 52 pages, full-colour, perfect bound, printed on high quality and environmentally friendly Munken paper. Price: 15 EUR
š! #44 ‘Back to Nature’
Isn’t nature utterly beautiful? Sometimes, we feel this urge to get “back to nature”… but mostly we stand with our backs to nature. Let’s face it: we keep destroying the natural world with every step. Literally. At our current pace, the apocalypse seems unavoidable. But is it? It might already be too late to change, but it’s definitely inescapable if we don’t even try.
Cover: Oskars Pavlovskis (Latvia) Contributors: Ainārs Kamoliņš (Latvia), ale rodriguez (Canary Islands) Ciara Quilty-Harper (UK), Dileydi Florez (Colombia), Inga Ziemele (Latvia), Ingrīda Pičukāne (Latvia), König Lü. Q. (Switzerland), Lote Vilma Vītiņa (Latvia), Luīze Rukšāne (Latvia), Mao (Portugal), Mark Antonius Puhkan (Estonia), Mārtiņš Zutis (Latvia), Michael Fikaris (Australia), Normunds Ozols (Latvia), Oskars Pavlovskis (Latvia), Pacharee (Gie) Prapanwattanasuk (Thailand) Pauls Rietums (Latvia), Rebeka Lukošus (Latvia), Sanita Adoviča (Latvia), Tess Meyer (France), Theo Ellsworth (USA). Format: A6, 164 pages, full-color, perfect bound, printed on high quality and environmentally friendly Munken paper. Price: 10 EUR
mini kuš! #107 I Miss You So Much Nhozagri
Reality is the dream of a dream. The newest comic by "Beijing's Trippiest Artist." Format: A6, 28 pages, saddle stitch binding, full-color, English Price: 5 EUR
mini kuš! #108 The Apartment Joana Mosi
An estranged relationship aggravates as a couple discovers that their downstairs neighbor’s apartment is for sale. Format: A6, 28 pages, saddle stitch binding, full-color, English Price: 5 EUR
mini kuš! #109 Jumping Things Klára Zahrádková
Traveling through worlds is a very common thing nowadays. Where do we go next? Format: A6, 28 pages, saddle stitch binding, full-color, English Price: 5 EUR
mini kuš! #110 La fleur au fusil Pia-Mélissa Laroche
La fleur au fusil is a French expression to say that you are confident and carefree. Thus, like the young person in this short tale, you may go hunting in the forest with a flower in a rifle and see what finally happens… Format: A6, 28 pages, saddle stitch binding, full-color, no text Price: 5 EUR
š! #45 ‘Rebel Rebel’ Kuš! turns 15 years old, high time to start a rebellion, with, or without a cause! This issue unites rebellious comics from around the world.
Cover: Zody Burke (USA) Contributors: Akvile Magicdust (Lithuania), Andrea De Franco (Italy), Anna Malicka (Latvia), Bohdana Zaiats (Ukraine), Disa Wallander (Sweden), Indrė Svirplytė (Lithuania), König Lü. Q. (Switzerland), Lai Tat Tat Wing (Hong Kong), Līva Kandevica (Latvia), Mārtiņš Zutis (Latvia), Nikita Lavretski / Waja Shchipko (Belarus / Russia), Omar Cheikh (Italy), Samplerman (France), Tara Booth (USA), Tereza Šiklová (Czech Republic), Tim Ng Tvedt (Norway), Zane Zlemeša (Latvia), Zody Burke (USA).
Format: A6, 164 pages, full-color, perfect bound, printed on high quality and environmentally friendly Munken paper. Price: 10 EUR
Stripburger #79
RELEASED: June 2022, format A4-, 120 pages: 96 magazine + 24 supplement, language: English-Slovene, offset printed locally in Slovenia. COVER: Boris Stanić (RS) SOAP BOX: Katja Štesl, Consider And Deliber: The 10 Commandments of Comics Criticism (SI) INTERVIEWS: Igor Hofbauer (HR), Boris Stanić (RS) COMICS: Federica Ferraro (IT), Alex Potts (UK), Tanitoc (FR), Adrija R. & Đorđe Kamenarović (ME), ATHAN (HR), Igor Hofbauer (HR), Marko K. Gavez (SI), José Celestino (BR), Stanislas Moussé (FR), Christopher Sperandio (US), Boris Stanić (RS), Tamara Likon (SI) BACK COVER: Boris Stanić (RS)
STRIPBURGER’S COMPENDIUM #7:
COVER: Hana Černivec (SI) REFLECTION: Anja Skapin, Unease as a Universal Human Experience (Charles Burns: Black Hole) CRITIQUE: Larisa Javernik (Kaja Avberšek: Knjiga z jajčki/The Book of Eggs), Katja Štesl (Moa Romanova: Goblin Girl), Matej Kocjan – Koco (Dora Benčevič, Izar Lunaček, Špela Frlic: Dekle, ki se ni balo medvedov/The Girl Who Was Not Afraid of Bears) A NOTE ON DESIGN: Aljaž Vesel & Anja Delbello (Here There)
Gross Exaggerations The Meshuga Comic Strips of Milt Gross 1926-1934 Sunday strips and illustrations from the king of screwball comics The hilarious comics of Milt Gross were born of the Yiddish humor in vaudeville and grew to lampoon all the foibles and quirks of everyday life. Here is a curated collection of the major comic strips of Milt Gross— Nize Baby, Count Screwloose, and Dave’s Delicatessen —along with other comics, books and illustrations from his prolific career. Most of these lost gems have never been reprinted before!
ÉDITIONS POLYSTYRÈNE : Leur but est simple : éditer des livres-objets, c’est à dire des livres ou le rapport entre le lecteur et le livre est différent, puisqu’il est nécessaire de manipuler le livre de façon inhabituelle, de comprendre comment il fonctionne, pour pouvoir en lire l’histoire. En temps normal, on lit un livre en tournant les pages. Les éditions polystyrène, quant à elles, proposent des livres à trous, des livres à déplier, des livres à mélanger, ou encore des livres usant de n’importe quel artifice pour intriguer, amuser et intéresser le lecteur.
POLYCHROMIE (Bande Dessinée) :
Polychromie est, cette fois-ci, un livre tout à fait normal, si ce n’est qu’il est très difficile, voire impossible, de le lire sans s’aider des deux filtres de couleur glissés à l’intérieur. Avec le filtre bleu, on peut lire tout ce qui a été imprimé en rouge dans le livre. A l’inverse, avec le filtre rouge, on peut lire tout ce qui a été imprimé en bleu. Polychromie est un livre collectif, dans lequel 15 auteurs ont joué avec cette contrainte précise. Faire se suivre des histoires très différentes les unes des autres renforce l’aspect «laboratoire» de l’objet, puisque chaque auteur s’est individuellement emparé de la contrainte pour construire un récit personnel, malgré la difficulté de l’exercice.
Néanmoins, l’harmonie de l’ensemble se fait naturellement, du fait, d’une part, de l’aspect visuel (une gamme de couleur resserrée), et d’autre part, d’une contrainte subsidiaire : l’hommage à l’excellent roman d’Italo Calvino, les Villes invisibles (qui traite de la Ville sous tous ses aspects, et selon le rapport complexe qu’elle entretient avec l’Homme). DÉTAILS TECHNIQUES : DATE DE PARUTION : 30/01/2014 PRIX : 25 Euros EAN 13 : 979-10-90180-04 8 FORMAT FERMÉ: 160 x 220 mm NOMBRE DE PAGES : 206 pages Type de reliure : Dos Cousu Couleur / Couverture Souple 1000 exemplaires
DJ Cat Gosshie World Tour by Harukichi A collection of short stories from DJ Cat Gosshie previously selfpublished by Harukichi, containing some new, previously unreleased, adventures. DJ Cat Gosshie has extraordinary taste in music, loves to travel the world, and always knows the right song to play in any given situation. Join the tour! Format: A5 (6" x 8"), 100 pages, full-color, perfect bound 15€
Mayeul Vigouroux
Détails techniques :
Impression offset 3 tons direct + 1 ton direct pour la couverture isbn : 9782490649204 27x34.5 cm - 52 p. 25 €
Agua
Maria Medem
979-10-95064-23-7 Sortie le 01 juin 17,5 x 25 cm / 32 pages
Agrafé / Munken Pure 120g Imprimé en Risographie 300 exemplaires 18 €
Dans ce livre, Maria Medem explore le thème de l’eau, de la profondeur et de la surface. Les personnages se trempent, marchent sur l’océan ou flottent dans les airs. Maria dessine des séquences qui semblent s’animer et pourtant tout est muet, sans un bruit. Les mouvements sont étranges, et c’est à travers la répétition des gestes qu’il se passe quelque chose de spécial. Page après page, on retrouve cette atmosphère suspendue, et les couleurs tranchées viennent faire vibrer l’ensemble pour en faire une livre qui se regarde en boucle, comme pour comprendre ce qui pousse ces personnage à avancer sans cesse dans ces deserts sans fins.
SERENDIP livres, 10 rue Tesson 75010 Paris
Fidèle éditions, 83 rue de Charenton 75012 Paris
Arts graphiques Illustrations Roman graphique
Disponible
auteur: Guillaume Cornuel titre: Torpilleur, Passe au large format: 9 x 13,5 cm poids : 26g. pages : 30 prix : 10 € tirage : 350 ex. isbn : 978-2-9555626-8-0
Imprimées sur presse typographique, ces 26 linogravures forment, une fois le livret ouvert, une bande d’1 m 80. De quoi décorer le plus imposant des comptoirs. Imprimé sur papier Cocoon 120 g. sous couverture Fedrigoni rouge de 200 g. Le genre d’objet idéal à présenter près de la caisse enregistreuse, pour le petit achat compulsionnel de dernière minute. Torpilleur, passe au large (la maison va couler) est le second volume, après Crédit est mort, De la collection TYPOGRAP’HIC.
Ouvrage entièrement composé au plomb mobile (du Choc et du Ramsès, si vous voulez tout savoir) et imprimé sur presse typographique semiautomatique. Façonnage manuel.
Le bruit de la neige qui tombe est un roman graphique inclassable, à l’orée du documentaire et de la poésie. Il propose une immersion perceptive dans la vie quotidienne des hiboux Grand-Duc. Au rythme de l’hiver qui passe et d’une palette crépusculaire, Maggie Umber nous propose un récit sauvage sans paroles qui plonge le lecteur dans un temps contemplatif et animal.
Ouvrage cartonné 104 pages Format 171 x 216 mm sur Munken Lynx 120 g Dos rond - tranchefile Tirage - 1000 exemplaires
20 € ISBN 978-2-9550739-8-8
Jaquette (automne 2022)
pan 6 comité éditorial : J. Fischer/J.-B. Labrune couverture : S. Couderc « Le visage a des traits. Je m’en fiche. [ …] C’est n’est pas nécessairement aux pommettes ou aux lèvres qu’il a du rouge, mais dans un endroit de lui-même où est son feu. »
LA REVUE Double discours, double perception d’une même présence, double fantasmé ou jeté aux rebuts, double révélé ou nié, aimé ou haï, duplicité d’un motif inlassablement répété, insensiblement travesti… Rien ne venant jamais seul, suivons les chemins toujours doubles qu’ouvre la lecture parallèle des images et du texte. La revue pan devait un jour où l’autre se pencher sur la figure du double : après deux ans sans paraître, la voici enfin, forte des contributions de nombreux nouveaux artistes, pour interroger ce motif crucial, latent, en fait, depuis ses commencements. REVUE LITTERAIRE ET DESSINEE
novembre 2022 210 x 140 mm 160 pages – 500 ex. 18 € ISBN : 978-2-9567475-5-0
Prologue, interludes et épilogue / Texte H. Michaux et images M. Rivoal 1. ………../ Images S. Couderc et texte L. Thizy 2. ……../ Images B. Muller et texte V. Blanc 3. …… / Images L. Ribeyron et texte M. Nabias 4. ……… / Images M. Pellet et texte J. Fabro 5. …… / Images J. Fischer et texte E. Delarue 6. ………/ Images C. Vuillier et texte A.-S. Plaisant
Décembre
DANS LA LUNE
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg 06 78 22 89 46 editionsdulivre.com 1
TROISIÈME ÉDITION
Dans la lune reproduit un cycle lunaire aux formes simples et épurées. En combinant 8 encres de couleur, Fanette Mellier propose une avancée sensible dans la lunaison : croissante, la lune diffuse une subtile palette de blancs colorés; décroissante, sa face cachée se révèle par un jeu de surimpressions. Cette transcription oscille entre contrainte technique et expérimentation, science et pure poésie. Les 30 lunes sont celles du mois de novembre, date de parution de l’ouvrage.
Photo © Pascal Béjean
DANS LA LUNE Fanette Mellier, 2022 64 pages, 21 x 20 cm Impression 8 tons directs Couverture cartonnée, dorure mate ISBN 979-10-90475-33-5 / 25 €
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié sept ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium, Matriochka, Herbier et Panorama. editionsdulivre.com
Dans la lune (Troisième édition, 2022)
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg editionsdulivre.com 1
Contact Alexandre Chaize 06 78 22 89 46 editionsdulivre@orange.fr
Panorama propose la contemplation d’un même paysage, imprimé 24 fois. Page après page, les variations colorées révèlent le passage des heures et les micro-péripéties du vivant. De la douce chaleur d’un d’après-midi de printemps au givre nocturne, la nature s’éveille puis s’endort. Observer les détails devient un jeu d’enfant : un chalet, une horloge, un chat, un ballon, un vert luisant… Fanette Mellier crée un monde où les strates d’encres dessinent un horizon subtil et vertigineux.
Photo © Pascal Béjean
PANORAMA Fanette Mellier 24 x 17 cm, 48 pages Quadrichromie + 4 tons directs Couverture cartonnée, dorure ISBN 979-10-90475-31-1 25 €
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié six ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium, Matriochka et Herbier. editionsdulivre.com
herbier
Éditions du livre 15 rue Charles Grad 67 000 Strasbourg, France +33 (0)6 78 22 89 46 www.editionsdulivre.com 1
Association à but non lucratif Siret 538 463 266 00014
NOUVEAUTÉ 2021
Herbier est un livre dont l’histoire évolue au fil des promenades… Ce livre est comme une maison : les feuilles, fleurs, images et dessins, récoltés dans la nature (ou ailleurs ?), y trouvent abri entre deux pages ! Fanette Mellier nous invite à redécouvrir le monde végétal qui nous entoure lors d’une balade en ville ou en pleine nature. Cette version contemporaine et ludique d’un herbier permet aussi de sensibiliser les plus jeunes au graphisme : l’ouvrage est accompagné de 32 formes découpées pour construire son jardin !
Photo © Pascal Béjean
HERBIER Fanette Mellier (parution octobre 2021) 16 x 22 cm, 48 pages + 32 formes découpées, ruban Impression 7 tons directs ISBN 979-10-90475-28-1 25€
FANETTE MELLIER Fanette Mellier est une graphiste dont le travail s’articule entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé. Sa démarche peut être définie comme une exploration poétique des techniques industrielles d’impression.
Elle a déjà publié cinq ouvrages aux Éditions du livre : Dans la lune, Au soleil, Le Papillon imprimeur, Aquarium et Matriochka. fanettemellier.com
Au soleil (deuxième édition) Fanette Mellier Jumeau dizygote de l’ouvrage Dans la lune, Au soleil retranscrit un cycle solaire journalier en 6 tons directs. Fanette Mellier propose d’apprécier le rayonnement de la lumière, dans une logique d’expansion de la couleur : du bleu matinal au pourpre du couchant, les halos du soleil imprègnent l’atmosphère de teintes incandescentes. Éditions du livre www.editionsdulivre.com
20 € 26 pages / 21 x 20 cm Impression 6 tons direct Couverture souple, dorure métallique or Parution : Mai 2020 ISBN 979-10-90475-24-3
9 791090 475243
Matriochka
(Deuxième édition)
Fanette Mellier Matriochka présente une série de 16 poupées gigognes qui rétrécissent au fil des pages jusqu’à atteindre quelques millimètres seulement. Dans ce livre miniature, Fanette Mellier joue avec les limites de l’imprimabilité et nous invite à la nano-exploration d’une famille de figurines multicolores qui évoquent des personnages de notre imaginaire collectif. Éditions du livre www.editionsdulivre.com
20 € 32 pages / 6,5 x 8,5 cm Impression 6 tons direct + or à chaud Couverture toile gaufrée ISBN 979-10-90475-29-8 Parution : Janvier 2021
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Tant qu’on l’aura sous les pieds
sortie 1er décembre 2022
Chloé Pince
Tant qu’on l’aura sous les pieds de Chloé Pince inaugure une nouvelle collection de romans graphiques pour les 15 ans et plus. 15+ isbn 978-2-930941-41-7 coll. romans graphiques format 24 x 17 cm prix : à définir Techniques d’illustration : • dessin au crayon graphite Thèmes • ZAD / zones à défendre • action citoyenne • démocratie participative • expropriation • déobéissance civile • non-violence
Qui n’a jamais entendu parler du Larzac et du formidable combat mené, dès 1971, par quelques paysans, rejoints plus tard par des milliers de personnes de tout bord ? On en connaît cependant moins les tenants et aboutissants… Sous forme de carnet de voyage, Chloé Pince nous montre, s’il en était encore besoin, toute la contemporanéité et l’absolue nécessité de la lutte du Larzac.
Après cinq années de formation aux Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Gosse, Chloé Pince s’installe en Creuse pour y exercer en tant qu’autrice et illustratrice. Désireuse de défendre la dynamique culturelle en milieu rural, elle s’investit auprès de l’association Creuse Toujours, dans le village de Fursac. Son travail reflète cette campagne dont elle est originaire, en apparence dépeuplée, en vérité chargée d’histoires, de luttes et de vie. Son atelier se trouve à Bénévent-l’Abbaye, au sein de la Maison des Patrimoines, en compagnie d’autres artistes et artisans locaux. Chloé Pince a illustré le poème Larmes de rosée de François David dans la collection Matière vivante (mai 2022).
• un dessin aux traits sobres, vifs et précis ; • le plateau du Larzac : des combats et débats toujours d’actualité ; • un ouvrage qui fait écho à l’intitulé d’une exposition d’Elisabeth Baillon « un pied en politique, un pied en poétique »
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com Tél. : +33 6 15 82 58 56 < visuels >
Il s’agit d’un camp d’entraînement, situé en bordure du village de La Cavalerie, pour les soldats de la Légion étrangère, avant leur départ au front. Pendant la Guerre d’Algérie, il a aussi servi de camp d’internement : de nombreux Algériens, suspectés d'appartenir au FLN*, y furent déplacés par l’Armée française. Assignés par milliers dans le camp, il était plus facile de les garder sous le contrôle de l’État. Peu d’informations ont fuité, mais il est dit que la surpopulation du camp y entraîna la famine et la violence. Le secret qui entoure le site ne permet pas, encore aujourd’hui, de savoir ce que sont devenus ces internés. *Front de libération nationale
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(...) Ce que nous défendons, et que vous défendez avec nous, c’est la vie, la dignité des hommes et la paix. C’est pour cela que nous avons entrepris la construction de la bergerie de la Blaquière. Nous ne voulons pas démolir, mais construire, car construire, c’est la vie !
Quand la télévision a parlé de l’extension du camp, j’étais en train de mettre la table. C’etait comme dans un tribunal, j’etais spectatrice, je regardais. Et d’un coup, je me suis sentie accusée.
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c’est celle de vous tous, de tous les gens de France et du monde qui relèvent la tête et veulent vivre debout.
(...) Dans cette bergerie, il y aura des brebis, il y a des agneaux qui vont naître ; la vie jaillira. Nous, on s’en servira, mais c’est pas notre bergerie, c’est celle de tous les paysans du Larzac,
discours de Marie-Rose Guiraud, paysanne à La Blaquière, 26 août 1973
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Pendant la semaine, je me déplace principalement à pied. Il fait très chaud. Il n’y a pas de point d’eau. J’emprunte le plus possible les sentiers taillés dans les buissières afin d’échapper au soleil. À chaque hameau traversé, chaque paysage étalé devant mes yeux, chaque troupeau rencontré, je me dis que je marche dans un musée à ciel ouvert. Je suis venue ici chercher une conclusion à mon livre. Mais je ne tombe que sur de nouvelles pistes.
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Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Album Hapax éditorial, ce carnet a été conçu au milieu des années 1930. Il offre une interlope bande-dessinée antimilitariste et transgenre : Le Pays du cul. On y découvre aussi des collages surréalistes, des photomontages dont l’un décapite une œuvre de Dora Maar, des illustrations weird, des portraits inattendus de Michèle Morgan, quelques frangines et les fesses de Loris lui-même. Ce « missel » balistique et plastique est accompagné de poèmes de l’auteur et d’un essai de Patrice Allain, auteur, digger, collectionneur et fin connaisseur du surréalisme. Son dernier ouvrage paru : Jacques Vaché : Lettres de guerre 1914-1918, coll. Blanche, éditions Gallimard, 2018.
L’auteur : Fabien Loris Fabien Loris a eu mille vies, entre sa naissance en 1906 et sa mort en 1979. Ami cher des frères Prévert, membre du Groupe Octobre, il fut graphiste, poète, boxeur, chanteur, acteur de théâtre et de cinéma sous la direction de Marcel Carné et Jean Renoir. Il fut aussi un insoumis militaire, un virulent anti-colonialiste, réfractaire à la religion et surtout aux bonnes mœurs.
© Loris par Tabard
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
www.bouclard-editions.fr
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Exposition Dé-cadrage colonial oct. 22 à fév. 23
Album
Beaubourg
« Loris affectionne tout particulièrement le croisement des genres, mais toujours avec l’outrecuidance et l’obscénité volontaires. Ainsi dans son audacieuse suite dessinée, intitulée Le pays du cul — sans doute l’un des tous premiers récits graphiques transgenres — tous les attributs sexués s’échangentils véritablement. Mais c’est toujours avec une délectation quasi sadique — un « art cruel » — qu’il se livre au cannibalisme du photomontage pour — littéralement — y imprimer sa propre empreinte. Comme il croque, il taillade, il incise. Il réassortit. » Patrice Allain Fiche technique Album est le deuxième volume de notre collection « L’Officine ». Nous y publions de beaux petits livres à tirage limité, soigneusement imprimés et façonnés, signant notre amour des curiosités littéraires.
Format : 112 pages, 10 x 22 cm Tirage : 1500 exemplaires Prix de vente : 30 € Diffusion : Serendip ISBN : 978-2-493311-04-7
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Album Bouclard Collection L’Officine
1 PRÉFACE (Patrice Allain) Façonnage : Dos carré cousu collé, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 64 pages
FICHE TECHNIQUE Parution : 2022 Format : 10 x 22 cm Tirage : 1 000 exemplaires Prix de vente : 30 € (estimation)
2 POÉSIES (Fabien Loris) Façonnage : Piqure à cheval, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 24 pages
FOURREAU 3 FAC-SIMILÉ (Fabien Loris) Façonnage : Couverture rigide, papier teinté masse Fedrigoni Sirio, lettrage en dorure à chaud. Intérieur : impression quadri sur papier Fedrigoni Arena rough white Pagination : 56 pages
Façonnage : Papier calque transparent Fedrigoni Pergamenata Bianco, impression noir et blanc
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
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Janvier
La Planète en colère Flore et Damien Chemin
Une sœur porte en images l’obsession de son frère atteint de troubles autistiques : un cheminement intime au cœur des catastrophes naturelles.
LE LIVRE
LIVRE ILLUSTRE
janvier 2023 220 x 310 mm 96 pages 24 € ISBN : 978-2-9567475-6-7
Tous les jours, Damien Chemin, quitte à 17 heures son poste d’électromécanicien pour s’adonner pleinement à ce qu’il appelle son « vrai boulot » : l’écriture. Car Damien Chemin est un écrivain, ou plus exactement un copiste. À la frontière de la méditation et de la performance, sa pratique artistique consiste à recopier méthodiquement des livres de la première à la dernière page. Le protocole est toujours le même : une à une, il reporte chaque lettre sur une feuille de papier quadrillé. Ces signes calligraphiques, à force d’accumulation, se constituent en mots, phrases et paragraphes pour former un texte intelligible. C’est à alors seulement que Damien Chemin se plonge dans la lecture de l’ouvrage dont il est devenu peu à peu l’auteur. Le livre choisi n’est jamais lu au préalable, il se dévoile à mesure qu’il s’écrit. Damien Chemin sélectionne cependant avec soin ses modèles et assume une préférence pour les livres garnis d’images d’ouragans, de volcans en éruption ou de virus mortels. Sa sœur, la dessinatrice Flore Chemin, a voulu légitimer l’œuvre souterraine de Damien, tout en mettant au jour, grâce à ses images, le lien indéfectible qui l’unit à son frère et à ses préoccupations. Si La Planète en colère donne à entendre la voix d’un écrivain en marge, ce livre fait aussi écho aux multiples alertes sur les urgences sociale, écologique et politique propres à notre époque. Ce livre s’offre alors comme un pont, une terre de partage où chacune et chacun peut reconnaitre ses angoisses.
POINTS FORTS • Livre d’art brut et témoignage d’un amour fraternel • Plongée dans l’expérience créatrice des auteurs : les pages originales d’écriture reproduites, mises en visà-vis des réactions plastiques de l’autrice. • Sujets d’actualité : problématiques liées à la crise climatique mises en lumière par un auteur atteint de troubles du spectre autistique.
Février
q
feuilleter le livre
Sucrer les fraises
sortie le 1er février 2023
Odile Hennebert
Un premier album délicat sur le temps qui passe.
6+ / adultes isbn 978-2-930941-55-4 format 16,5 x 22 cm album de 64 pages 14,90€ Techniques d’illustration : • dessin au trait • tablette graphique Thèmes • cycles de la vie • grands-parents • vieillesse • souvenirs • maison de repos
Quelques portraits brossés « sur le vif » de personnes résidant en maison de repos. Hommes, femmes, tou·tes anonymes. Les bribes de conversations et instants volés font apparaître en filigrane des vies « suspendues », la lenteur du temps qui passe, le manque de temps et de disponibilité des personnes actives, la nostalgie du temps passé, le souhait d’indépendance, le sentiment d’oubli et d’incompréhension, le besoin de liberté là où iels se sentent difficilement chez eux·elles. On pourra voir dans chaque portrait une personne différente ou, au contraire, suivre ici et là le fil rouge de Bonne-Maman.
Odile Hennebert a grandi dans la campagne belge. Après avoir exercé quelques années comme psychologue dans une maison de retraite, Elle entreprend des études d’illustration à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, dans les ateliers d’Anne Quévy et Bruno Goosse. Odile Hennebert aime rechercher l’étonnement dans les « petits » moments du quotidien, et le raconter autant avec les mots que les images, dans des illustrations au trait. Elle vit, travaille et étudie à Bruxelles.
• L’univers déployé par Odile Hennebert dans ses différents projets étonne par sa délicatesse et sa maturité. • Le décalage dans les différentes temporalités proposées – instant présent, réminiscence du passé, la vie qui s’écoule plus ou moins lentement – forme un ensemble fragile et sincère, poétique et surréaliste à la fois.
CotCotCot éditions contact presse : Gabriel Lucas gabriel.lucas@labernique.com | +33 6 15 82 58 56 visuels : labernique.com/ressources/index.php?r=8
Ses vieux amis sont déjà tous partis et les nouveaux sont déjà tous vieux.
Elle aimerait qu’on lui prête un téléphone pour prévenir ses enfants qu’elle ne rentrera pas à temps pour leur préparer le goûter... Elle est coincée dans cet endroit où « il n’y a que des vieux. »
Elle dit qu’elle a dix ans.
PA RUT IO N : 3 M A RS 2 0 2 3
art&fiction
RÉCIT GRAPHIQUE
Nicolas Fournier & Antoine Jaccoud
Après l’averse. Tableau d’une catastrophe potentielle Un déluge de pierres s’est abattu sur la terre. Fiction ou réalité ? Récit d’anticipation ou rapport scientifique ? Ou, peut-être, les pages d’un reportage exclusif extraites d’un magazine aimant les gros titres et les images un peu trash ? À vous de décider de la nature exacte de ce que vous tenez entre les mains. Cette histoire nous parle de quelque chose qui adviendra peut-être un jour. Son origine est incertaine mais n’est pas si éloignée des récits qui nous racontent depuis la nuit des temps les grandes peurs qui hantent l’humanité et qui reviennent aujourd’hui en force dans nos paysages mentaux. Après l’averse, convoque aussi bien Derborence de Ramuz que le film catastrophe au ton acide Don’t look up. L’artiste Nicolas Fournier, qui est à la base de ce projet, a réalisé sur des années un vaste et incroyable matériel d’images
comme une encyclopédie visuelle autour de ses centres d’intérêts: découvertes scientifiques, catastrophes ou explorations infra- et extraterrestre. Scénarisées par Antoine Jaccoud, fin scrutateur du monde et de la société, les images sont commentées par les témoins d’un cataclysme venu du ciel et à qui il semblerait que l’on cache des choses… À l’heure du deepfake qui constitue un nouveau sommet dans la possibilité de faire mentir des images, ce récit met en scène un sentiment commun de perte : notre image du monde semble s’effacer à mesure que nous le dupliquons. Et nous plonge aussi avec délice dans ce qui, pour le moment, paraît un mauvais rêve.
genre récit graphique rayon littérature thèmes catastrophe, collapsologie livres connexes La Route de Cormac McCarthy (Points, 2021), L’Anomalie de Hervé Le Tellier (Gallimard, 2022), Grand Nord de Frédéric Roussel (Hélice Hélas, 2021) — collection Pacific format 21 x 27 cm, 168 pages, avec 160 images, relié isbn 978-2-88964-050-8 prix CHF 37 / € 27
N ico l as Fourni e r & A ntoin e Jaccou d | A pr ès l’av e rs e récit graphique
Formé à Genève au dessin et à l’installation,
Nicolas Fournier feint de se livrer à une peinture figu-
rative et documentaire généralement inspirée des nouvelles du monde. Il en résulte un travail qui, sans ne rien taire des illusions d’une représentation fidèle du monde, en dit toutefois l’inquiétante étrangeté. Scénariste et dramaturge, fort d’une certaine prédilection pour le monologue, le lausannois Antoine Jaccoud aime à opposer un humour noir et décalé au caractère anxiogène de ses textes. À moins qu’il n’y soit contraint par quelque nécessité intérieure.
Certains se signent maintenant avant de sortir de chez eux. Ils jettent un œil anxieux vers le ciel et se signent. Ils espèrent ainsi passer entre les gouttes.
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Certains se signent maintenant avant de sortir de chez eux. Ils jettent un œil anxieux vers le ciel et se signent. Ils espèrent ainsi passer entre les gouttes. Mais pour se signer il faut croire à quelque chose, ou en quelqu’un, c’est mon avis, en tout cas. (Paul T. , témoin)
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Comment vous dire cela ? Nous sommes encore chez nous, matériellement, je veux dire. Mais en même temps, nous ne sommes plus chez nous. Est-ce que c’est nous qui avons comme tourné le dos à notre pays parce que nous ne le reconnaissons plus ?
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Ou est-ce notre pays qui ne veut plus de nous tant il a changé ? Je ne saurais pas vous le dire. Tout ce que je sais c’est que tout le monde ici ressent ce malaise. Entre notre environnement est nous, le lien est cassé. Définitivement. Et cette situation nous met dans une profonde détresse.
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Je vais vous dire une chose. A mon avis, ces chutes de pierres venues du ciel les ont bien arrangés. On aurait dit qu’ils n’attendaient que ça pour creuser, forer et remuer la terre en tous sens. Je ne dis pas qu’ils avaient prévu que des choses tomberaient du ciel.
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Ce serait affirmer qu’ils auraient su ce qui allait se passer mais ne nous auraient pas averti. Ce n’est pas ce que je dis. Ce que je veux simplement déclarer ici, c’est qu’on a l’impression qu’ils n’attendaient que cette catastrophe pour commencer leurs travaux et se précipiter sur nos terres pour s’y activer.
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Cette averse, cette averse somme toute minérale, qui s’est révélée mortelle pour nous, pour eux elle a été un signe, une invitation, ou même une opportunité puisque que les trous creusés par ces pierres énormes qui nous tombées sur la tête leur ont permis de creuser dans le sol, sans véritable effort humain, jusqu’à des profondeurs substantielles.
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Atlas des plantes de mauvaise vie Un herbier de l’infraordinaire
Olivia Molnár et Aldwin Raoul En arpentant les rues de Bruxelles, du centre-ville à ses périphéries, plus de 26 plantes communes peuvent être dénotées. Ces adventices, ces plantes qui n’ont pas été semées par l’homme, font partie de nos quotidiens, de nos paysages, et de nos histoires. Pour chacune, une dizaine de noms vernaculaires sont à dénoter dans les divers idiomes savants et dialectes francophones. En explorant ces noms, leurs évocations, mais également en creusant dans les herbiers, les encyclopédies et les guides botaniques, une multitude de mondes et d’imaginaires émergent de ces plantes qui nous côtoient depuis bien longtemps. Dans cet Atlas des plantes de mauvaise vie, la botanique et l’ethnologie se rencontre et se complètent. Au final, en nous ouvrant à l’infraordinaire, à ce qui semble banal et à nos pieds, nous en apprenons autant sur ces végétaux que sur les humains qui inlassablement ne cessent de discourir et d’interagir avec ces dernières. En effet, y auraitil un lien entre le pissenlit et ses attributs diurétiques ? Et que dire du grand chélidoine, aussi appelé le « lait du démon » ? Découvrez-le dans cet atlas richement illustré.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronniers 20 CH-1800 Vevey Tél.: ++41 21 922 90 20 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org > litterature@helicehelas.com Distribution Suisse : Servidis Chemin des Chalets 7 CH-1279 Chavannes-de-Bogis Tél.: ++41 22 960 95 10 www.servidis.ch > commande@servidis.ch
Distribution France - Belgique : Serendip-Livres 21 bis rue Arnold Géraux FR - 93450 L’Île-Saint Denis Tél.: ++33 14 038 18 14 www.serendip-livres.fr
Ni botanistes, ni ethnologues, mais détenteurs d’un doctorat en curiosité et une distinction honoris causa à l’université de la patience. Olivia Molnàr est grande prêtresse des ciseaux et détentrice de la magnificente loupe d’illustratrice de cet ouvrage. Aldwin Raoul, arpenteur de grimoire et d’herbier et soufflepoussière décrit .
— Collection : Ellipse et laps Genre : Atlas botanique Sujets abordés : Ecologie urbaine ; Folklore ; Magie et grimoires — Format 19x30 cm, 62 pages ISBN 978-2-940700-26-4 CHF 28 / EUR 22 Parution : Mars 2023, Suisse, France et Belgique.
Famille : Arialiaceae
Le Lierre (Hedera helix) Noms vernaculaires : Lierre grimpant, Lierre d’Europe, Lierre en arbre, Hierre, Lyerre de muraille, Lierre arborée, Drienne, Rondelette, Bourreau-des-arbres, Herbe de Bacchus, Herbe aux cors, Lierre des poètes, Rampante (Rampe en wallon). Lierre d’Europe : C’est une liane. La plupart des autres lianes vivent plutôt en milieu tropical. Mais en Europe du nord, il n’a pas toujours fait aussi froid en hiver. A l’ère tertiaire, époque où le Lierre est apparu, l’Europe s’épanouissait sous un climat tropical. Il fleurissait alors à l’automne, une période plus clémente et adaptée. Habitude qu’il a semble-t-il gardée jusqu’à aujourd’hui. Ses fleurs sont une des dernières à offrir pitance aux insectes avant le grand froid. Et pour les oiseaux qui ne migrent pas jusqu’en Afrique et doivent endurer les rigueurs du long hiver nord-européen, ses fruits tardifs, qui arrivent à maturité en février, sont une aubaine. Mais si les piafs mangent gratis en période de vache maigre ce n’est pas pour leurs beaux yeux, ça fait partie du plan secret du Lierre. Car si les baies sont nourrissantes, la chair est quand même un minimum toxique, histoire que les graines ne soient pas totalement digérées mais nettoyées de la peau et de la pulpe protectrice par les sucs digestifs, ce qui augmente considérablement leur taux de germination. Quelques minutes après l’ingestion, le volatile défèquera et la graine ira rejoindre la terre promise. C’est une relation mutualiste, gagnant-gagnant pour la plante et pour l’oiseau, même si ce dernier aura les tripes un peu secouées pendant qu’il remplit sa part du contrat. Lierre grimpant : Anciennement dénommé Hierre le mot a fini par s’agglutiner avec l’article défini « le/l’ » pour donner Lierre. Hierre dérivait d’ailleurs probablement du latin haereo « être attaché, fixé, accroché ». Mais la vie du Lierre est plus alambiquée qu’il ne veut d’abord nous faire croire : il rampe dans les sous-bois dans sa forme moquette impératrice, il engloutit goulument les arbres morts, il joue au reptile discret sur les vieilles palissades dans les centre-villes bétonnés… Voilà son histoire : dans sa prime jeunesse, les pousses du Lierre vont ramper, à la recherche d’une place à l’ombre. Flagrant délit adolescent de skototropisme (littéralement « être attiré par l’ombre »). Car s’il y a une ombre c’est qu’il y a un objet projetant une ombre, c’est donc le présage d’un support à escalader. Une fois qu’il a trouvé la source de l’ombre (arbre, murs, etc.), le Lierre s’agrippe et s’élance à la conquête du ciel, en utilisant des sortes de racines à crampons et assure définitivement sa prise en se gluant au support. En grimpant il va capter de plus en plus de lumière et va pouvoir amorcer sa transition vers l’âge adulte : ses feuilles se transforment, elles perdent leur côté lobé et s’allongent en fer de lance . Haut-perché, notre liane peut enfin fleurir et donner des fruits. Bourreau-des-arbres : « Une amitié molle et indiscrète, en laquelle il advient ce qui se voit du Lierre, qu’il corrompt et ruine la paroi qu’il accole », voici la description métaphorique dénigrante que lui fait endurer Montaigne en parlant de son superbe développement. C’est pire si l’on remonte jusqu’à Pline, au Ier siècle de notre ère, qui lui n’y va pas par quatre chemins : « le lierre est nocif pour les plantes et les arbres. » Encore aujourd’hui le Lierre est accusé d’être un mangeur-de-pierre, un étouffe-sylvestre et il ne connait que trop bien les massacres à la tronçonneuse. Néanmoins si, c’est vrai, il a tendance à jouer l’indiscret morbide en soulevant les pierres tombales des cimetières mal entretenus, il n’abime des maisons que les murs en mauvais état et, malgré les idées reçus, va jusqu’à solidifier la structure du bâti et protéger celui-ci des intempéries. Pour ce qui est de sa relation avec les arbres, il y a débat. Il est accusé d’étouffer son arbre porteur comme un vulgaire parasite étrangleur, mais la réalité est bien plus complexe. Le Lierre n’influe pas directement sur la croissance des arbres qu’il a choisi, ni en bien ni en mal. Il peut même être l’hôte de petites bestioles qui seront utiles à l’arbre pour se protéger de peste plus grande. En perdant ses feuilles, il offre une litière riche à son hôte. Par contre, si le Lierre atteint le sommet de l’arbre, il va se développer à la manière d’un parasol sans-gène et rentrer en compétition avec l’arbre pour la lumière. A ce combat c’est le Lierre qui va gagner et mener son hôte à sa perte, mais cette bataille ne semble se dérouler qu’avec des arbres déjà affaiblis et défoliés. Herbe de Bacchus : Bacchus (Dyonisos chez les Grecs) connu notamment pour ses ivresses, portait toujours avec lui une branche de Lierre parfois entremêlé avec de la vigne. Une croyance alors répandue voulait que le Lierre neutralise la vigne, qu’il protège des dérapages éthyliques. Est-ce pour cela que les débits de boissons d’un autre âge accrochaient à leur devanture un rameau ou une couronne de Lierre ? Plutarque dit de Bacchus que s’il a eu la bonne idée d’inventer le vin, il a été inspiré de lui adjoindre le Lierre « pour moins souffrir des effets du vin, la fraicheur du lierre éteignant le feu de l’ivresse. » Mais une ambigüité demeure, le Lierre est-il un remède anti-gueule de bois ou un talisman contre les ivrognes trop imbibés ?
– zeug design + typographie
à paraître le 28 septembre 2017 ISBN : 979-10-95902-05-8
te en ven remise
Métamorphoses de l’esperluette
— Jan Tschichold Traduction française de Julien Gineste Postface de Marc Smith
— Édition en fac-similé de l’édition originale publiée en 1953 (Suisse) 32 pages en bichromie sous jaquette Format : 12 × 20,5 cm Poids : 70 g. Prix : 12 € Édition : –zeug Diffusion librairies (France, Suisse, Belgique) : Paon diffusion Distribution : Sérendip — Contact : Sandra Chamaret sandra@zeug.fr / 06 45 16 53 27
— En 1953, Jan Tschichold (typographe, théoricien et pédagogue) publie un texte historique sur le dessin du signe &, structuré par une collection de 288 esperluettes qu’il répertorie et analyse. Cette introduction à l’histoire de l’écriture et de la typographie par le biais d’un signe unique est pour la première fois traduite et publiée en français, dans une version fac-similé fidèle à la mise en forme originale de l’auteur. DESIGN ET TYPOGRAPHIE LITTÉRATURE
ESSAI
HISTOIRE DE L’ART
ÉDITION
– zeug design + typographie
à paraître le 28 septembre 2017 ISBN : 979-10-95902-05-8
te en ven remise
193, 194 : d’un calligraphe anglais inconnu, 1590. 195 – 202 : du manuel d’écriture Poecilographie de Jean de Beaugrand, Paris, 1601. 203 – 212 : du manuel d’écriture Les Œuvres de Lucas Materot, Avignon, 1608. 213 : du manuel d’écriture Il terzo libro delle Cancellaresche corsive de Francesco Periccioli, Naples, 1619. 214 : du manuel d’écriture Le Paranimphe de François Desmoulins, Lyon, 1625. 215, 216 : les esperluettes de Jean Jannon, Sedan, 1621. 217 : du caractère calligraphique italique de Pierre Moreau, Paris, 1644. 218 : italique de Christoffel van Dijck, vers 1640, en possession de Joh. Enschedé en Zonen, Haarlem 219, 220 : romain et italique d’Anton Janson, Leipzig, vers 1670, aujourd’hui propriété de D. Stempel AG. 221 : caractère Union Pearl, Londres, avant 1690, propriété actuelle de Stephenson Blake & Co. à Sheffield. 222 : calligraphique, xviie siècle. 223 : du manuel d’écriture The Pen’s Excellencie de Martin Billingsley, Londres, 1618. 224 : du manuel d’écriture Introduction to the True Understanding de David Browne, Londres, 1638. 225, 226 : manuel L’Art d’écrire de Jean-Baptiste Allais de Beaulieu, Paris, 1680. 227 – 230 : du manuel d’écriture Primera parte de Joseph de Casanova, Madrid, 1650. 231 : du manuel d’écriture Pen-man’s Recreation de James Hodder, Londres, 1659. 232, 233 : des manuels d’écriture d’Edward Cocker, Londres, 1660 ? et 1673. 234 : du manuel d’écriture Multum in Parvo d’Edward Cocker, Londres, 1661. 235 – 239 : du manuel d’écriture Compendium of the Usual Hands de Richard Daniel, Londres, 1664. 240 : gravure sur ardoise, abbaye de Westminster, 1665.
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241 : d’un manuel d’écriture de Nicolas Lesgret, Paris, 1694. 242, 243 : William Elder. 244 : John Seddon. Tous trois publiés à Londres vers 1695. 245 : John Ayres, Londres, vers 1698. 246, 247 : George Shelley, Londres, 1710. 248, 249 : William Caslon, Londres, vers 1728. 250, 251 : d’un manuel d’écriture de Nicolas Lesgret, 1736. 252 : Pierre Simon Fournier, Paris, 1742. 253 : Pierre Simon Fournier, Bâtarde coulée, Paris, 1749. 254 : Old Black de William Caslon, xviiie siècle. 255 : Duyts de Joan Michael Fleischmann, Haarlem, 1757. 256 : Joan Michael Fleischmann, Haarlem, 1757. 257 : tiré de l’Écriture de Joan Michael Fleischmann, 1757. 258 : petit canon romain de Joan Michael Fleischmann, 1757. 259 : François Gando le Jeune, Paris 1754. 260, 261 : d’un manuel d’écriture de Nicolas Lesgret, 1736. 262 : Delacolonge, Lyon, 1773. 263 : Fry’s Ornamented Number Two, Londres, avant 1808. 264 : italique d’une gravure originale de Baskerville. 265, 266 : Baskerville Old Face et Old Face Open, xviiie siècle. 267, 268 : Bell Roman et Bell Italic, vers 1788. 269 : nouvelle gravure d’après Bodoni, fonderie Bauer. 270, 271 : formes actuelles du Bodoni romain et italique. 272, 273 : Walbaum romain et italique, début xixe siècle. 274 : Firmin Didot, début xixe siècle. 275 : Thorne Shaded, Londres, vers 1810. 276 : Italienne grasse, Baker & Greele, Boston, 1825. 277 : initiales normandes larges, xixe siècle. 278 : romain courant, milieu du xixe siècle. 279 : antique, milieu du xixe siècle. 280 : Clarendon de la fonderie Haas, Münchenstein. 281 : French Clarendon Italic, États-Unis, fin xixe siècle. 282 : Italic Ornate, États-Unis, fin xixe siècle. 283 : Taille-douce, Deberny & Peignot, Paris, xixe siècle. 284 : Condensed Sans, Angleterre, milieu du xixe siècle. 285 : Dainty. 286 : lettre bâtarde. 287 : Banquet. 288 : Trinal.
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Le logogramme & ne peut être employé, en langue allemande, qu’entre les deux noms propres d’une raison commerciale. Qu’il soit employé dans des noms d’entreprises comme Ernst Müller & Sohn montre qu’il s’agit fondamentalement d’une aberration linguistique. Une appellation comme Ernst & Friedrich Müller est envisageable, mais sa composition avec le signe & (ou &) ne nous convient pas. En anglais et en français, ce signe & peut cependant être employé en lieu et place des mots and ou et dans le texte. Cela s’avère utile dans certaines éditions anglaises de bibliophilie, lorsqu’une ligne contenant le mot and est trop longue et nécessite d’être raccourcie, alors que le même and sera conservé sur d’autres lignes. La figure 97 n’est pas une esperluette à proprement parler, mais un Et ligaturé de début de paragraphe. À partir de 98 commence une série d’esperluettes issues de caractères romains des premiers temps de l’imprimerie, qui, bien qu’observant assez différemment le ductus, s’appuient toutes sur le modèle de la minuscule caroline. Le signe 104, relevé par Lewis F. Day, remonte probablement au xve siècle, mais il n’en donne pas la source. Les numéros 106 et 107 renvoient à des esperluettes passablement malmenées d’une écriture anglaise de chancellerie. 108 et 109 proviennent d’autres écritures utilisées dans les chancelleries anglaises ; elles forment des ligatures plus pures et ont probablement été employées en début de paragraphe, comme la figure 97. La figure 110 peut à la rigueur faire partie de ce groupe. L’excellente figure 111, relevée par Goudy, est une bâtarde : la forme française analogue à l’écriture schwabacher. En dépit de son aspect gothique tardif, elle représente dans notre exposé le prototype de la forme cursive de l’esperluette, qui se différencie nettement de la forme
humanistique. La moitié gauche du modèle de l’esperluette italique est à la fois un e minuscule et un E majuscule qui serait tracé en deux courbes (comme la figure 120) ; la moitié droite est en principe un T complet (cf. 114, 140) comme dans la forme romaine &. Les fondeurs ont parfois fait graver plusieurs esperluettes pour le même corps d’un caractère, mais rarement plus de trois versions différentes. Les maîtres d’écriture pouvaient quant à eux laisser libre cours à leur inventivité débridée dans leurs manuels de calligraphie. Ces livres d’écriture de la Renaissance et de la période baroque témoignent de la plus riche variété d’esperluettes. La plupart sont des variations sur le thème de la graphie italique & ; mais on rencontre aussi la forme romaine & légèrement penchée, aussi bien dans des caractères typographiques italiques (122) que dans la chancelière, nom attribué à l’écriture courante de la Renaissance italienne (115, 116, 133, 134, 136). Ludovico Vicentino en emploie un large éventail qui anime avec grâce ses modèles de chancelière. Les figures 112 à 119 n’en représentent qu’une sélection restreinte. Notre choix d’esperluettes de Giovambattista Palatino est encore moins complet (de 127 à 139) ; son manuel est une source intarissable de variations. Les figures 113 et 130 illustrent notamment une manière très personnelle. Même Gérard Mercator ne pouvait s’empêcher de décorer ses pages d’esperluettes toujours changeantes ; seul un échantillon d’entre elles est ici présenté (140 à 146). La figure 152, du maître d’écriture zurichois Urban Wyss, s’éloigne déjà du modèle habituel. Dans cette brève histoire du signe &, la forme parfaite de l’esperluette s’avère être celle de l’illustre graveur de poinçons Claude Garamont (154) ; elle est devenue le modèle pour des générations. Une forme non moins
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Paul Cox Petit théâtre alphabétique ISBN 978-2-9530742-5-3 20 pp, 21 x 30 cm Papier Olin Rough crème 2015 — À cheval sur le dessin, la scénographie de théâtre et d’opéra, le graphisme et la peinture, l’œuvre de Paul Cox emprunte un chemin singulier. Avec ce premier livre en dix ans, imaginé comme un prolongement de l’installation “Aire de jeu” imaginée pour le Studio Fotokino, il vous invite à fabriquer un petit théâtre de papier pour mettre en scène toutes les histoires imaginables.
FOTOKINO 33 allées Gambetta 13001 MARSEILLE www.fotokino.org https://fotokino.bigcartel.com/
LE MONDE LECTOL LOUIS LOUP COLLET Le Monde lectol, ce sont des dessins de grand format, déposés dans une caisse en bois, qui ouvrent une fenêtre sur le monde de demain, ou, plus précisément, sur la ville de Lausanne juste avant l’an 2550, à l’ère biobotique. Par biobotique, on entend l’aptitude de l’être humain à créer à son idée des organismes inexistants dans la nature. Les dessins de la caisse sont tout ce qui reste de la ville en 2550, après sa destruction. Les dessins offrent une représentation minutieuse de Lausanne et de la nature qui l’environne, des pages d’explication sur les organismes biobotiques en langue inconnue ainsi qu’un plan de la ville.
9 782940 522866
Avec Le Monde lectol, Louis Loup Collet crée un monde cohérent. Au regard s’offre un monde bizarre, peuplé d’êtres humains dotés d’un don divin qui leur permet de contrôler ce monde. La publication, soignée (flatbook), est préfacée par Marc Atallah, Directeur de la Maison d’Ailleurs à Yverdon, où le Monde lectol est exposé dans le cadre de l’exposition « Mondes (im)parfaits » du 17.11.2019 au 25.10.2020. Sur l’auteur : Né en 1997, Louis Loup Collet a longtemps été partagé entre lʼattrait pour la science et la passion de la littérature. En 2014, son premier travail dʼenvergure en arts visuels reçoit plusieurs prix et cʼest finalement vers lʼart quʼil sʼoriente en commençant dès 2017 des études dʼarts visuels à lʼECAL. Son intérêt pour la science et la fiction est cependant resté bien vivant et se ressent toujours dans sa pratique artistique singulière.
Hélice Hélas Editeur Rue des Marronniers 20 CH-1800 Vevey Tél.: ++41 21 922 90 20 litterature@helicehelas.com www.helicehelas.org > litterature@helicehelas.com Diffusion Suisse : Servidis Chemin des Chalets 7 CH-1279 Chavannes-de-Bogis Tél.: ++41 22 960 95 10 www.servidis.ch > commande@servidis.ch Représentants : Philippe Berger (bande dessinée) > pberger@servidis.ch Pascal Cottin (littératures) > cottin.pascal1@gmail.com
— Collection : Ellipses et laps Genre : Livre d’art, architecture, nature et utopie Sujets abordés : illustrations, écologie, biobotique, archéologie alternative — Format 31.5x23.5 cm, 60 pages ISBN 978-2-940522-86-6 CHF 40/EUR 36 Parution octobre 2020
DR AW Une maison de caractères DR AW
auteurs: Fernand Deroussen/ Nicolas Vincent-Martin /Quentin Préaud titre: LES BRUITS DU CIEL DE SAOÛ format: 25 x 12,5 cm poids : 128 g. inclus : 1 cd, une carte 70 x 100 cm tirage : 400 ex. prix : 15 € isbn : 978-2-9555626-5-9
DR AW Une maison de caractères DR AW Un tirage limité à 400 exemplaires
DR AW Une maison de caractères DR AW
La carte est imprimée sur papier affiche à dos bleu de 115 g. qui supporte les nombreux plis et lui donne une grande résistance.
33 espèces d’oiseaux répertoriées par l’ornithologue Nicolas Vincent-Martin, placées sur une grande carte-affiche. Un CD présentant les enregistrement de l’audio-naturaliste Fernand Deroussen. Une couverture composée manuellement et imprimée sur presse typographique, présentant une linogravure originale de Quentin Préaud.
DR AW Une maison de caractères DR AW
«La composition et la création audio-naturaliste consiste à utiliser le microphone comme un stylo, un pinceau ou des crayons et ensuite à recomposer à l’aide des enregistrements de terrain une création artistique comme une œuvre sonore la plus réaliste possible offrant à l’écoute toute l’émotion que procure un pur moment de nature.»
On peut entendre Fernand Deroussen parler de son travail dans l’émission La tête au carré, sur France Inter (22/04/2021). Ou s’immerger dans la série de podcasts PUR - que dit la nature, produits par France télévision.
DR AW Une maison de caractères DR AW
auteurs: Fernand Deroussen/ Nicolas Vincent-Martin /Quentin Préaud titre: LES BRUITS DU CIEL DE SAOÛ format: 25 x 12,5 cm poids : 128 g. inclus : 1 cd, une carte 70 x 100 cm tirage : 400 ex. prix : 12 € isbn : 978-2-9555626-3-5
DR AW Une maison de caractères DR AW 36 espèces d’oiseaux répertoriées par l’ornithologue Nicolas Vincent-Martin, placées sur une grande carte-affiche. Un CD présentant les enregistrement de l’audio-naturaliste Fernand Deroussen. Une couverture composée manuellement et imprimée sur presse typographique, présentant une linogravure originale de Quentin Préaud.
Un tirage limité à 400 exemplaires
DR AW Une maison de caractères DR AW
«La composition et la création audio-naturaliste consiste à utiliser le microphone comme un stylo, un pinceau ou des crayons et ensuite à recomposer à l’aide des enregistrements de terrain une création artistique comme une œuvre sonore la plus réaliste possible offrant à l’écoute toute l’émotion que procure un pur moment de nature.»
On peut entendre Fernand Deroussen parler de son travail dans l’émission La tête au carré, sur France Inter (22/04/2021). Ou s’immerger dans la série de podcasts PUR - que dit la nature, produits par France télévision.
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Disponible
JOHNNY A PEU PRES Interprétations graphiques d'une idole 4 ans de recherches, une centaine d'oeuvres, une analyse pointue sur l'art des fans... Quatre années ont été nécessaires pour traquer et collecter la centaine d'oeuvres présentées dans le livre. Certaines peuvent prêter à sourire, d'autres sont parfaitement exécutées mais toutes ont été réalisées avec le coeur. Ce point a été essentiel pour les choisir... pas de caricatures ni d'objets commercialisés (hormis quelques uns réalisés par des artisans). Les textes ont été écrits par des spécialistes : Contributeurs : Jean-William Thoury, journaliste rock et déjà auteur d'ouvrages de références sur Johnny Hallyday Pierre Billon, ami et parolier de Johnny Marc Decimo, professeur d'histoire de l'art contemporain Johnny Rock, sosie officiel de Johnny Hallyday 50€ ISBN 978 236 320 0341 Format 245 x 325 mm 250 pages 135 photos Textes français Papier couché brillant 135 gr Couverture cartonnée
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Titre Editeur
Le soleil couché, des nuages masquaient la lune et les étoiles, ISBA
Argumentaire de vente Publication qui vise à trouver au sein d’un modèle éditorial des solutions pour faire exister les projets de diplômes de la promotion 2020 de l’Institut supérieur des beaux-arts de Besançon, concernée par l’annulation de l’examen de fin de cycle à la suite de la pandémie. Comment documenter l’absence de diplôme ou encore concevoir un catalogue d’œuvres qui n’existent pas ou pas encore ? Telles ont été les questions qui ont donné l’impulsion à ce projet au début de l’été 2021. L’intention de ce livre réside dans un désir de convier et réunir les protagonistes d’un moment d’échange que permet le diplôme de fin d’étude et faire de cet objet, le lieu de cette rencontre qui n’a pas pu exister. Le contenu s’attache à présenter principalement des travaux restés en l’état de construction, des bribes d’informations brutes, des projets de recherches qui n’ont pour certains jamais abouti. En somme, un contenu qui n’a jamais existé ou plutôt qui ne s’est jamais inscrit dans la réalité et, de ce fait, obtenu une forme de véracité en étant imprimé, exposé, terminé. L’opportunité que donne un projet laissé en suspend, est celle de pouvoir spéculer sur ce dernier. La structure éditoriale du livre a alors été pensée via un programme informatique, codé spécifiquement, capable de générer des phrases à partir d’une source de mots. Le programme est construit sur la base d’une phrase à particule fixe «Et si» et de particules variables. Les particules variables sont récoltées à partir du contenu, c’est-à-dire, par la définition de noms et d’adjectifs ayant un lien avec les textes et images de leurs auteur·ices. À chaque fois que le programme génère une phrase, ce dernier réunit de manière aléatoire plusieurs motsclefs relatifs aux contributions et provoque une question tant conceptuelle, que philosophique ou matérielle, dont le·a lecteur·ice peut directement parcourir la traduction visuelle dans les pages qui suivent. De la sorte, chaque phrase agit comme un titre qui introduit et provoque des rencontres fortuites avec les différentes contributions reçues pour l’élaboration de ce livre, laissant place à des narrations tant visuelles que textuelles. Ainsi, l’objet éditorial oscille entre un carnet de recherches aux formes multiples et un espace où les rencontres qui n’ont pas eu lieu peuvent s’opérer au fil des pages. Le titre fonctionne comme un appât, une phrase qui ne se termine que si l’on tourne la page. Il est le début d’une fiction qui fait écho à l’expérience de pensée du chat de Schrödinger. En faisant la comparaison du chat que l’on place dans une boîte à une personne qui «plonge dans un livre», ce texte romance l’entrée du chat dans la boîte. Sur un principe de redite, il s’agit d’un extrait du récit de Philippe Forest « Le chat de Schrödinger » réécrit en treize versions différentes. Treize manières de faire entrer le chat dans le livre plutôt que de traverser le jardin du protagoniste comme dans le texte initial. Treize versions qui utilisent des champs lexicaux propres au graphisme, à la bibliophilie, à l’objet livre et sa conception, emprunts de la sensibilité que l’on peut trouver dans le métier de graphiste. Ce texte illustre les moments d’échanges et de travail qui ont rythmé la période pendant laquelle cet objet éditorial a été pensé et fabriqué. L’ensemble des bénéfices récoltés des ventes de l’ouvrage sont reversés aux étudiant.e.s de l’ISBA dans le but de financer de nouveaux projets étudiants.
Fiche technique du livre Maison d’édition
ISBA
Date de parution
Mai 2022
Domaine
arts-graphique/beaux-arts
Genre
art contemporain/revue
Titre
Le soleil couché, des nuages masquaient la lune et les étoiles
Sous-titre
Yearbook ISBA promotion 2020
Auteurs
Marie BALLAY Solène COLLIN Marion BOUVRET Alex DIDIER Myrtille CHEVALIER Chloé ELVEZI Rodrigue COSTELLO Pauline FAIVRE Anas KAAOUACHI Rudy GUEDJ Poliana KHOROUDJI Myr MURATET Maureen LEPRÊTRE Elisa PÔNE Alexandre ROUX Marick ROY Audrey TEMPLIER Erine SUZIN Lucas TROTEREAU Yuqui ZHANG Mischa SANDERS Aziza DAOU Manuel MARQUES DOS SANTOS Loïs RENOU Anouk JEANNINGROS
Largeur
24cm
Hauteur
30cm
Poids
412gr
Nombre de pages
152 pages
Prix
8€
Tirage
500ex
Détails techniques
papier : Imitlin rosso tela 125g/Cyclus offset 70gr reliure: élastique impression: offset noir
NOVEMBRE 2022
JEAN AMADO SCULPTEUR 1922-1995 La vie, la pensée, l’œuvre complet Cl. Amado, J.-L. Bonillo, A. Paire, È. Roy Éditions Imbernon LE SUJET
Le présent ouvrage propose une approche inédite sur le sculpteur Jean Amado. Bien au-delà des contributions déjà existantes et souvent inspirées – centrées sur l’esprit des formes – il s’agit d’éclairer trois aspects déterminants pour la compréhension en profondeur de l’œuvre sculpté. Il était important tout d’abord d’établir les rapports entre la vie de l’artiste – familiale, professionnelle et sociale – son psychisme, ses éveils, ses attachements, ses rencontres, ses étapes et ses détours… et leurs répercussions sur les approches et la fabrique de ses sculptures. Il était ensuite essentiel de contextualiser une œuvre qui a trop longtemps été considérée comme atypique. Sont établis ici les rapports et les affinités potentielles avec quelques importants courants et sensibilités de la période postmoderne d’après-guerre, de « ses réalités nouvelles » : sculpture comme « art constructif », ouverture de la sculpture au paysage, relectures du primitif et des rapports entre culture et nature, nouvelles figurations fantastiques, invention de nouveaux procédés issus de l’utilisation du béton… Enfin, ces analyses s’accompagnent du catalogue complet de l’œuvre sculpté réalisé pour la première fois et d’un bilan, lui aussi exhaustif, de la fortune critique de l’œuvre. PUBLIC VISÉ ● Étudiants : en art, sculpture, architecture ● Professionnels artistes/Collectionneurs ● Amateurs/Épicuriens LES AUTEURS Claudie Amado, historienne Jean-Lucien Bonillo, architecte et historien Alain Paire, journaliste, auteur, critique d’art Ève Roy, historienne de l’art
CARACTÉRISTIQUES DE L’OUVRAGE Code Serendip Collection ISBN 9782919230365 Format 230 x 300 cm Nbre pages 224 Cartonné, très illustré Prix 45€ SOMMAIRE
Liminaire : L’œuvre au quotidien Claudie Amado Hommage : Lever l’ancre Jean Liberto Andreu Chapitre 1 : Jean Amado. Biographie. Essais. Fortune critique 1.1 Racines, milieux, fondements Alain Paire Jean Amado et Jo Steenackers, 1922-1951 Claudie Amado La sociabilité à l’œuvre Jean Amado Sur quelques aspects techniques (note encadrée) 1.2 Céramique, sculpture, art urbain Alain Paire De la céramique à la sculpture, 1952-1969 Ève Roy Le sculpteur dans la ville Au pied de la muraille (note encadrée) Rencontre de Jean Amado avec le sculpteur Raoul-Jean Moulin 1.3 Artistes. Galeries. Réception Alain Paire Prendre le large, 1970-1985 Jean-Lucien Bonillo Jean Amado et les sculpteurs de son temps Jean Amado : réfractaire (note encadrée) Entretien avec Pierre Courcelles Chapitre 2 : Jean Amado. Catalogue complet de l’œuvre sculpté Claudie Amado Céramiques : 1946-1963 - Œuvres identifiées - Œuvres détruites Bronzes – Multiples - Maquettes Chapitre 3 : Annexes Claudie Amado Biographie résumée - Chronologie des expositions et achats Bibliographie et filmographie
Décembre
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Album Hapax éditorial, ce carnet a été conçu au milieu des années 1930. Il offre une interlope bande-dessinée antimilitariste et transgenre : Le Pays du cul. On y découvre aussi des collages surréalistes, des photomontages dont l’un décapite une œuvre de Dora Maar, des illustrations weird, des portraits inattendus de Michèle Morgan, quelques frangines et les fesses de Loris lui-même. Ce « missel » balistique et plastique est accompagné de poèmes de l’auteur et d’un essai de Patrice Allain, auteur, digger, collectionneur et fin connaisseur du surréalisme. Son dernier ouvrage paru : Jacques Vaché : Lettres de guerre 1914-1918, coll. Blanche, éditions Gallimard, 2018.
L’auteur : Fabien Loris Fabien Loris a eu mille vies, entre sa naissance en 1906 et sa mort en 1979. Ami cher des frères Prévert, membre du Groupe Octobre, il fut graphiste, poète, boxeur, chanteur, acteur de théâtre et de cinéma sous la direction de Marcel Carné et Jean Renoir. Il fut aussi un insoumis militaire, un virulent anti-colonialiste, réfractaire à la religion et surtout aux bonnes mœurs.
© Loris par Tabard
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
www.bouclard-editions.fr
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Exposition Dé-cadrage colonial oct. 22 à fév. 23
Album
Beaubourg
« Loris affectionne tout particulièrement le croisement des genres, mais toujours avec l’outrecuidance et l’obscénité volontaires. Ainsi dans son audacieuse suite dessinée, intitulée Le pays du cul — sans doute l’un des tous premiers récits graphiques transgenres — tous les attributs sexués s’échangentils véritablement. Mais c’est toujours avec une délectation quasi sadique — un « art cruel » — qu’il se livre au cannibalisme du photomontage pour — littéralement — y imprimer sa propre empreinte. Comme il croque, il taillade, il incise. Il réassortit. » Patrice Allain Fiche technique Album est le deuxième volume de notre collection « L’Officine ». Nous y publions de beaux petits livres à tirage limité, soigneusement imprimés et façonnés, signant notre amour des curiosités littéraires.
Format : 112 pages, 10 x 22 cm Tirage : 1500 exemplaires Prix de vente : 30 € Diffusion : Serendip ISBN : 978-2-493311-04-7
Bouclard éditions
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Album Bouclard Collection L’Officine
1 PRÉFACE (Patrice Allain) Façonnage : Dos carré cousu collé, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 64 pages
FICHE TECHNIQUE Parution : 2022 Format : 10 x 22 cm Tirage : 1 000 exemplaires Prix de vente : 30 € (estimation)
2 POÉSIES (Fabien Loris) Façonnage : Piqure à cheval, papier intérieur : Fedrigoni Arcoprint Milk Pagination : 24 pages
FOURREAU 3 FAC-SIMILÉ (Fabien Loris) Façonnage : Couverture rigide, papier teinté masse Fedrigoni Sirio, lettrage en dorure à chaud. Intérieur : impression quadri sur papier Fedrigoni Arena rough white Pagination : 56 pages
Façonnage : Papier calque transparent Fedrigoni Pergamenata Bianco, impression noir et blanc
Collection « L’Officine », N°2, première parution décembre 2022
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
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Nadaud / Noël
Éditions du Canoë
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Décembre
Genre : correspondance Format : 13 x 21 cm Pages : 360 pages 200 lettres 80 reproductions couleur Prix : 26 € ISBN : 978-2-490251-70-4 Né le 6 décembre 1942 à Paris, Daniel Nadaud, peintre, dessinateur, assembleur, rêveur iconoclaste, se lie d’amitié avec Bernard Noël avec lequel il entame à la fin des années 70 une correspondance nourrie qui se terminera quelques semaines avant sa mort, en 2021. En guise de préface, une dernière lettre de Daniel Nadaud à l’ami disparu. Au fil des échanges, les lettres de Nadaud s’illuminent de dessins de plus en plus élaborés qui rendent compte de son travail en cours. L’exposition des œuvres de Daniel Nadaud qui est inaugurée à la Bibliothèque Nationale de France en janvier 2023, donnera à voir une part de cette œuvre secrète, originale, au rêve habituée, enchanteresse.
Cette correspondance fait pénétrer le lecteur au sein d’une amitié qui s’approfondit de lettre en lettre. Elle se fonde sur le travail passionné des deux épistoliers, mêlé à leur vie, qui interroge le monde alentour. Bernard Noël, à travers le langage, Daniel Nadaud, par le biais des images. La plupart des lettres de Daniel Nadaud sont reproduites en couleur pour la beauté de ces missives que Bernard Noël recevait comme un cadeau. Toutes les lettres sont aussi composées en typographie pour que le lecteur puisse les lire sans effort.
On ne présente plus Bernard Noël, poète avant tout mais aussi auteur d’essais, de proses multiples issues de ses échanges avec les écrivains, les peintres, les photographes. Son œuvre abondante s’alimente des relations avec les autres créateurs auxquels il attache une attention extrême. La correspondance qu’il poursuit durant plus de 40 ans avec Daniel Nadaud en témoigne.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
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NOUVEAUTÉ FÉVRIER 2023 ARTS • CINÉMA • ACTEURS CULTURELS CINÉMA
l’aventure d’un cinéma les 40 ans des 400 Coups d’Angers
Claude-Éric Poiroux, Catherine Bailhache, Isabelle Tarrieux, Anne-Juliette Jolivet répondent aux questions de Bertrand Guyomar
l’aventure d’un cinéma
les 40 ans des 400 Coups d’Angers
Complexe indépendant de 7 salles, Les 400 Coups, c’est le cinéma art et essai du centre-ville d’Angers. Lieu culturel incontournable, il accueille le public 7j/7 sans interruption depuis 1982 (hors fermetures Covid). L’équipe aux commandes, la même ou presque depuis 40 ans, y propose une programmation d’œuvres cinématographiques majoritairement européennes et invite régulièrement les équipes de films ou les acteurs locaux à venir dialoguer avec le public. En prise constante avec les évolutions des pratiques des spectateurs et des lieux de cinéma observées ici et là en Europe, ce travail de terrain au long cours nourrit les générations successives de cinéphiles et bénéficie d’une reconnaissance qui va bien au-delà des douces terres angevines. ***
16x24 cm à la française ≈ 160 pages nombreuses images d’archives isbn 978-2-493524-05-8 parution : 3 février 2023 prix de vente public 14€TTC imprimé par Dupliprint (53)
Claude-Éric Poiroux, fondateur des 400 Coups (du festival Premiers Plans et du réseau Europa Cinemas également) partage sa vision de cette aventure collective dans un entretien vivant mené par Bertrand Guyomar, journaliste au Courrier de l’Ouest. Ses fidèles comparses, Catherine Bailhache, Isabelle Tarrieux (directrice) et Anne-Juliette Jolivet (programmatrice), partagent également leur expérience dans ce livre richement illustré (photographies et documents d’archives) édité à l’occasion des 40 ans des 400 Coups. En filigrane se dessine une histoire du cinéma et des lieux qui le font vivre.
Éditions WARM 9 rue d’Aubert 53000 Laval warm-ed.fr Diffusion-distribution Serendip Livres 21 bis rue Arnold Géreaux 93450 L’île Saint-Denis Tél. : 01 40 38 18 14 contact@serendip-livres.fr gencod dilicom : 3019000119404
l’aventure d’un cinéma les 40 ans des 400 Coups d’Angers
CINÉMA
SOMMAIRE _ 30 questions à Claude-Éric Poiroux, fondateur et PDG des 400 Coups _ 4 questions à Catherine Bailhache, première directrice des 400 Coups _ 3 questions à Isabelle Tarrieux, directrice depuis 1989 _ 3 questions à Anne-Juliette Jolivet, programmatrice depuis 1985 _ Mes 400 Coups… témoignages de quelques fidèles du cinéma _ Chronologie : événements marquants et évolutions technologiques _ Ils sont venus aux 400 Coups
ILLUSTRATIONS DU LIVRE (APERÇU INDICATIF)
télégramme de François Truffaut
l’aventure d’un cinéma les 40 ans des 400 Coups d’Angers
CINÉMA
ILLUSTRATIONS DU LIVRE (APERÇU INDICATIF) cabine de projection
Nanni Moretti devant les 400 Coups
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programme de 1985 annonçant la séance de Stranger Than Paradise en présence de Jim Jarmush
inauguration de la rue Jeanne-Moreau en sa présence 29
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Emil Szittya
Éditions du Canoë
2023
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Février
Genre : essai Format : 12 x 18,5 cm Pages : 128 Prix : 15 € ISBN : 978-2-490251-72-8 Emil Szittya, né à Budapest en 1886 dans une famille juive pauvre, était de ceux qui ne perdent pas leur temps. Parti sur les routes à l’âge de 14 ans, il arpente l’Europe en tous sens et rencontre la quasi-intégralité de l’avant-garde dont il fut un témoin sans pareil. Proche du dadaïste Hugo Ball qu’il fréquente à Munich, puis de la communauté libertaire de Monte Verità, il se lie d’amitié vers 1910 avec Blaise Cendrars avec qui il crée la revue anarchiste franco- allemande Les Hommes nouveaux, où ce dernier publiera notamment La Prose du Transsibérien. Écrivain, critique d’art, peintre (deux expositions lui furent consacrées en 2022, à la Galerie Laurentin et au Centre Culturel Hongrois), il laisse à sa mort en 1964 une œuvre prodigieuse qui est peu à peu redécouverte depuis la réédition, en 2019, chez Allary, de 82 rêves pendant la guerre (1939-1945), préfacé par Emmanuel Carrère.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Soutine et son temps fut initialement publié en 1955 à la Bibliothèque des Arts, douze ans après la mort de Soutine, dont Szittya fut pourtant l’un des premiers ardents défenseurs (de même qu’il reconnut très tôt le génie de Chagall). Sous forme de « petit roman-reportage », comme il le désigne lui-même, Szittya s’inscrit dans une démarche volontairement provocante, qui cherche à tout prix à démystifier une époque (les années 1910 et 1920 à Paris, notamment) en réalité triviale et miséreuse, tout en rendant justice au personnage ô combien tragique et « dostoïevskien » que fut Soutine. Ni essai d’histoire de l’art, ni biographie, Soutine et son temps se décline en vignettes éclatantes, où l’on croise Modigliani, des marchands d’art cyniques, un commissaire de police qui tient plus du mécène que du maton. Soutine n’y est ni héros ni archange, il reste intact face à une époque qui semblait incapable de comprendre un peintre hors du commun, éternel vagabond, voyou, voyant.
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
C O L L E C T I O N C AT. M O N O G R A P H I E
ART&FICTION
MONOGRAPHIE
Florian Rodari et al.
Manuel Müller fecit B O I S G R AV É S / H O L Z S C H N I T T E 1971-2 0 21
Artiste de la dualité et du mouvement, Manuel Müller ne se laisse nullement assigner à une place fixe. Son œuvre se constitue d’une grammaire de signes, d’indices et de symboles, qu’il articule dans le marbre ou le bois, son matériau de prédilection. Son travail à l’écart des esthétiques contemporaines et son parcours d’autodidacte le rapprochent – sans l’y rattacher complétement – de l’outsider art. La technique de taille directe employée par Manuel Müller institue son geste comme un seuil, une porte entre deux temporalités ou deux faces d’une même figure. Dans les lignes du bois se creusent des motifs récurrents – la main, le visage – ainsi que des formes et des ornements foisonnants et sinueux, qui viennent rythmer la surface et la remplir de façon presque obsessionnelle, ne laissant que peu de place au vide. Grattant sous l’écorce, l’artiste fait émerger des récits multiples, intimes et communs.
Leurs sources remontent aux mythes qui façonnent nos imaginaires, auxquels se mêlent son expérience singulière et son héritage familial. La reformulation de ce qui vient de loin apparaît comme une posture fondamentale chez Manuel Müller, faisant converger l’art médiéval, la sculpture toscane du XIIIe siècle et l’art roman. Le cors et la matière deviennent alors miroirs, à la fois figure et écrin, renfermant des significations mystérieuses, que la lame de l’artiste vient tenter de dégager. Après une première monographie parue en 2012 présentant sa sculpture, FECIT donne à voir l’ensemble de l’œuvre gravé entre 1971 et 2021 de Manuel Müller. Environ cent cinquante reproductions composent cette publication bilingue, et sont accompagnées de quatre textes (fr/all) de Florian Rodari, Bertrand Schmid, Monika Jagfeld et Rainer Michael Mason.
— E N L I B R A I R I E E N F R A N C E / B E LG I Q U E L E 3 M A I 2 0 2 2 —
22 x 31 cm, 144 pages 978-2-88964-025-6 chf 42 / euro 38 — genre monographie sujets abordés gravures — textes de Florian Rodari, Monika Jagfeld, Rainer Michael Mason et Bertrand Schmid langues fr / all format
E RÉFÉREN R UN OUVR AGE D EUR ET GR AVEU T LP U SC U D IL TR AVA
© Magali Koenig
isbn
cialistes de é p s s e d r a p té n e C o mm aphie, gr o é s u m la e d t e l’estampe e rm e t d e p ie h p a gr o n o m e cett avures gr e d s n a 0 5 ir r v d é c ou l Müller. e u n a M te s ti r a l’ e d AÎTRE LE CE POUR CONN
———Né à Paris en 1955, Manuel Müller grandit au sein d’une famille d’artistes. Son père, Robert Müller s’est imposé comme un représentant majeur de la sculpture suisse du vingtième siècle. Sa mère Miriam Laïla Shir Müller, peintre et apprentie bijoutière chez Tiffany, grandit à New York, avant de partir pour Paris où elle épouse Robert en 1954. Après avoir terminé son lycée, Manuel Müller réalise ses premières gravures en 1971 au sein de l’atelier Clot et Bramsen, à Paris. Continuant sa formation en autodidacte, il séjourne à Carrare entre 1972 et 1976, où il travaille le marbre et côtoie d’autres artistes, notamment le sculpteur cubain Augustin Cardenas. De retour à Paris, il commence à tailler le bois, alternant sculpture et gravure, avant de s’installer avec son épouse Jasmine Müller à Lausanne, en 1982. Il continue depuis d’y développer son travail de xylogravure, dans l’intimité de son atelier ou lors de collaborations avec l’Atelier de Saint-Prex. L’obtention du prix de sculpture de l’UBS en 1987 et du prix Bourdelle (Paris) en 1993, lui confèrent un rayonnement international. Ses œuvres sont actuellement visibles au Museum im Lagerhaus de Saint-Gall jusqu’au 13 février 2022, pour l’exposition « Eine Künstlerfamilie zwischen Insider und Outsider Art, Robert, Miriam, Gilda, Manuel Müller & Giovanni Abrignani ». ———
EXTRAITS
F LO R I A N R O DA R I E T A L . | M A N U E L M Ü L L E R F E C I T
MONIKA JAGFELD
SUR LE FIL DE LA LAME
AUF MESSERS SCHNEIDE
FR
sa personnalité et ce qu’il ressent au plus profond de lui-même. L’autoportrait revêt, à cet égard, une importance singulière. Le philosophe de la culture Georg Simmel parle de « l’âme du portrait » et entend par là l’unité physique et spirituelle, dont la condition essentielle se base sur le fait que le portrait, à son tour, « est la création d’une âme ». Dans le portrait, le « je » se transforme en un « tu », devient un « étant-pour-soi » et est en même temps « plus proche intérieurement que tout autre qui n’aurait qu’un contenu spirituel, mais n’exprimerait pas en soi une âme ». Le portrait, aussi abstrait soit-il, constitue donc toujours un vis-à-vis qui invite expressément à une confrontation — tant de la part des artistes que du public. Le visage est le lien entre l’intérieur et l’extérieur, entre soi-même et le monde. C’est la vision que nous donnons de nous-même, celle que nous montrons à notre vis-à-vis mais que nous ne pouvons toutefois pas voir (sauf dans le miroir) ; c’est l’aspect extérieur que nous présentons pour l’interaction et la communication avec l’autre — face à face. Nous voyons et sommes vus, nous transmettons une image de nous-même et nous faisons une image de l’autre. Dans les gravures sur bois de Manuel Müller, ce dualisme se manifeste également au moyen d’une bipartition formelle. Tantôt le portrait apparaît en double, de face et suggéré de profil, tantôt comme accompagné d’une ombre. Le visage, le buste sont constitués de formes et de symboles abstraits ou y sont insérés. Le mouvement souple d’un trait de pinceau sur la gravure imprimée contraste avec la linéarité de la taille dans le bois. Les bois gravés sont bicolores ou déclinés en différentes teintes dans les séries. Mais dans les sculptures de Manuel Müller, la couleur n’est pas une simple couche colorée, elle est capable d’insuffler la vie au personnage ; ainsi, la structure naturelle du bois représente-t-elle une composante organique dans l’image gravée. Régulièrement, la tête se voit attribuer d’autres motifs, souvent une main, qui tient une place particulière dans l’œuvre de Manuel Müller. Certaines parties du visage, les yeux et la bouche par exemple, sont accentuées, le révélant dans son apparence ultime la plus réduite, sous forme de tête de mort. Memento mori ou étape inéluctable de la vie ? Les portraits de Manuel Müller oscillent entre une présence intemporelle de l’être et « l’historisation » de l’étant, lorsqu’il place les bois gravés sur des incunables provenant de la collection de son père, recourant ainsi à une méthode de travail de Robert Müller, et l’intègre dans l’expression permanente de son être le plus intime.
Les bois gravés font précisément apparaître l’intensité avec laquelle Manuel Müller se préoccupe des questions de création et sonde l’être sous toutes ses facettes, en reformulant sans cesse le portrait et en le déclinant sous toutes sortes d’angles de vue. Dans cette multiplicité, le « moi » auquel nous nous exposons également, en tant que spectateur ou spectatrice, est proprement mis à nu. L’œuvre est certes liée à la figure humaine, toutefois, comme nous l’avons déjà observé, une mythologie personnelle y est inhérente, lui conférant des traits énigmatiques. Manuel Müller met radicalement le « moi » au centre de son art, comme point de départ de sa démarche, ainsi que nous le constatons chez les représentants de l’outsider art. Il n’est pas rare que ses travaux suscitent une certaine irritation, car ils se situent en dehors des tendances de l’art contemporain. Non seulement cet art, en raison de l’interaction médiale de différentes techniques et matériaux, mais aussi l’artiste peuvent être qualifiés d’« hybrides ». Manuel Müller est un solitaire, « betwixt two worlds » [«entre deux mondes»], comme l’a formulé une fois Michel Thévoz. Oscillant entre insider art et outsider art, il évolue constamment sur le fil de la lame.
Bois gravés de Manuel Müller
Son instrument est le couteau, son matériau le bois. Manuel Müller fait surgir ses figures tantôt en évidant le bloc de bois, tantôt en les gravant à l’aide du ciseau. Les dessins se manifestent dans le bois, font corps avec lui, et associés à d’autres matériaux, forment des reliefs, se transforment en objets se déployant librement dans l’espace. La plupart du temps, ses œuvres sont une combinaison de sculpture et de travaux sur papier ou de bois gravés. Dessin, peinture, gravure sur bois et sculpture alternent, presque sans transition. Il est donc difficile de parler d’un groupe d’œuvres en particulier quand on évoque l’art de Manuel Müller, car ces techniques se conditionnent mutuellement. En réalité, il pratique depuis plus longtemps la xylographie que la sculpture sur bois et, dès 1971, il avait réalisé des gravures à Paris à l’atelier Clot et Bramsen, qui avait également imprimé certaines de son père Robert Müller et tirait les estampes du groupe Cobra. Aujourd’hui encore, Manuel Müller crée en parallèle des gravures et des sculptures sur bois, en interaction les unes avec les autres. Ses sculptures sont profondément marquées par un dualisme qui sous-tend son œuvre dans son ensemble. En effet, elles ne sont pas statiques, mais comprennent souvent des éléments mobiles, qui permettent de les ouvrir, dévoilant une vie intérieure visuellement intense, de sorte que la figure, comme l’être humain, est scindée en une apparence extérieure et un monde intérieur caché. Le corps devient un reliquaire sacré, qui renferme quelque chose de mystérieux, d’énigmatique. Ses sculptures présentent toujours des points de vue et des visions contrastés — gauche et droite, avant et arrière, objet et dessin, tridimensionnel et bidimensionnel.
La démarche existentielle de Manuel Müller se nourrit de la dialectique d’Eros et Thanatos. Eros en tant que force stimulante universelle, qui permet de surmonter la finitude dans la création artistique et consiste dans la transcendance artistique en un dépassement du « soi ». C’est ainsi que, chez Manuel Müller, le jeu récurrent des sexes repose toujours sur l’ego. L’artiste est animé par l’interaction entre le « je » et le « tu », le jeu avec l’alter ego. Ses bois gravés, en particulier, tournent autour du portrait et du véritable « moi » dans le visage humain. Dans l’art, durant des siècles, le portrait a joué un rôle fondamental, car il ne s’agit pas seulement de saisir l’apparence physique de l’être humain, mais aussi
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das die Figur vergleichbar zum Menschen in eine äussere Erscheinung und eine verborgene innere Welt scheidet. Der Körper wird zu einem sakralen Schrein, der Rätselhaftes, Geheimnisvolles bewahrt. Immer gibt es gegensätzliche Seiten und Ansichten, links und rechts, vorne und hinten, aussen und innen, Objekt und Zeichnung, Dreidimensionales und Zweidimensionalität.
Das Movens menschlichen Seins nährt sich bei Manuel Müller aus der Dialektik von Eros und Thanatos. Eros als allumfassende Stimulans, die im künstlerischen Schaffen die Endlichkeit zu überwinden vermag und in der künstlerischen Transzendenz eine Überwindung des Ich darstellt. So liegt auch dem wiederkehrenden Spiel der Geschlechter bei Manuel Müller immer das Ego zugrunde. Ihn treibt das Wechselspiel vom Ich zum Du, das Spiel mit dem alter ego. Speziell seine Holzschnitte kreisen zentral um das Bildnis, um das Selbst im menschlichen Antlitz. In der Kunst spielen Porträts über Jahrhunderte hinweg eine grundlegende Rolle, gilt es nicht nur die äussere Erscheinung des Menschen zu erfassen, sondern auch seine Persönlichkeit und innere Verfasstheit. Eine besondere Bedeutung kommt dabei dem Selbstbildnis zu. Von der „Beseeltheit des Porträts“ spricht der Kulturphilosoph Georg Simmel und meint damit die Einheit des Körperlichen und Seelischen, deren Grundvoraussetzung darin liege, dass das Porträt seinerseits „Schöpfung einer Seele ist“. Im Porträt transformiert das Ich zu einem Du, wird ein „Für-sich-Seiendes“ und ist zugleich dem Ich „innerlich näher als irgend solches, das nur seelischer Inhalt, aber nicht selbst Seele ist“. So stellt das Bildnis auch in seiner Abstraktion immer ein Gegenüber dar, das zur Auseinandersetzung auffordert — Kunstschaffende wie Betrachter*innen. Das Gesicht ist die Verbindung zwischen dem Innen und dem Aussen, zwischen Ich und Welt. Es ist die Ansicht unseres Selbst, die wir dem Gegenüber zeigen und selbst (ausser im Spiegel) doch nicht sehen können, es ist unser Erscheinungsbild für die Interaktion und Kommunikation mit dem Anderen — von Angesicht zu Angesicht. Wir sehen und werden gesehen, zeigen ein Bild von uns und machen uns ein Bild vom Anderen. Der Dualismus zeigt sich in den Holzschnitten von Manuel Müller auch in einer formalen Zweiteilung. Einmal erscheint das Bildnis doppelgesichtig en face und im angedeuteten Profil, ein anderes Mal wie von einem Schatten begleitet. Antlitz, Büste gestalten sich aus abstrakten Formen und Zeichen oder sind in diese eingebettet. Vis-à-vis der Linearität des Schnittes
Holzschnitte von Manuel Müller
Sein Instrument ist das Messer, sein Material das Holz. Manuel Müller schneidet Figuren aus dem Holz heraus wie er auch mit dem Messer ins Holz hineinzeichnet. Zeichnungen manifestieren sich im Holz, verbinden sich mit ihm und weiteren Materialien zu Reliefs, entwickeln sich zu freistehenden Objekten. Meist sind es Kombinationen aus Skulptur mit Arbeiten auf Papier oder Holzstöcken. Nahezu übergangslos oszillieren Zeichnung, Malerei, Holzschnitt und Skulptur. So fällt es schwer, nur von einer Werkgruppe in Manuel Müllers Schaffen zu sprechen, bedingen sich die Techniken doch einander. Tatsächlich arbeitet Manuel Müller aber länger mit dem Holzschnitt als er holzbildhauerisch tätig ist und realisierte schon 1971 in Paris Drucke mit Clot et Bramsen, der auch für den Vater Robert Müller und für die COBRA-Gruppe druckte. Auch heute entstehen Holzschnitte und -skulpturen parallel in einer Wechselwirkung zueinander. Geprägt sind seine Skulpturen wie Schnitte von einem Dualismus, der sich durch das ganze Werk zieht. Die Skulpturen sind nicht statisch, sondern enthalten oft bewegliche Elemente, lassen sich öffnen und enthüllen ein bildhaftes Innenleben,
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im Holz steht das Bewegte eines Pinselstrichs über den gedruckten Holzschnitt. Die Holzschnitte sind bicolor angelegt oder in Serien wechselnder Farbigkeit. Und wie die Farbe bei den Skulpturen Manuel Müllers nicht einfach einen Auftrag darstellt, sondern der Figur erst Leben einzuhauchen vermag, ist die natürliche Struktur des Holzes organischer Part im Bild des Holzschnittes. Wiederholt sind weitere Motive dem Bildnis zugeordnet, häufig eine Hand, der im Werk Manuel Müllers besondere Aufmerksamkeit zukommt. Hervorgehoben sind einzelne Gesichtspartien, Augen und Mund, und offenbaren das Gesicht in der Erscheinung seiner endgültigen Reduktion als Totenschädel. Ein memento mori oder letzte Konsequenz? Die Bildnisse von Manuel Müller changieren zwischen zeitloser Präsenz des Seins und ‘Historisierung’ des Seienden, wenn er die Holzschnitte auf Inkunabeln aus der Sammlung seines Vaters setzt und damit eine Arbeitsweise Robert Müllers aufgreift und sie im fortwährenden Ausdruck des Selbst amalgamiert.
Gerade die Holzschnitte lassen erkennen, wie Manuel Müller sich am Kreatürlichen abarbeitet und das Sein in seinen Facetten ergründet, indem er das Bildnis immer wieder aufs Neue formuliert und unterschiedliche Angesichte anbietet. In dieser Vielzahl erscheint das Selbst umso unverhüllter, dem wir uns auch als betrachtendes Gegenüber aussetzen. Das Werk ist der menschlichen Figur verhaftet, doch es wurde schon bemerkt, ihm wohnt ihm eine persönliche Mythologie inne, die ihm enigmatische Züge verleiht. Radikal setzt Manuel Müller das Selbst als Ausgangspunkt seines Schaffens ins Zentrum, wie wir dies von Outsider Art-Künstlern kennen. Nicht selten lösen seine Arbeiten Irritation aus, stehen sie ausserhalb zeitgenössischer Tendenzen der Kunst, ohne wirklich Outsider Art zu sein. Nicht nur das Werk kann aufgrund des medialen Zusammenspiels verschiedener Techniken und Materialien als „Hybrid“ bezeichnet werden, sondern auch der Künstler selbst. Er ist ein Eigengänger, „betwixt two worlds“, wie Michel Thévoz es einmal formulierte. Oszillierend zwischen Insider und Outsider Art bewegt sich der Holzschnitzer ständig auf Messers Schneide.
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ANSELM KIEFER LIVRES ET XYLOGRAPHIES
Natalia Granero, Gunnar B. Kvaran, éd. Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature Textes de Anselm Kiefer, Natalia Granero, Gunnar B. Kvaran, Rainer Michael Masson, Jean-Max Colard, Götz Adriani Plus de 1000 illustrations couleur
Titre Sous-titre Edité par Textes de
Tirage Impression Prix CHF Prix €
Anselm Kiefer Livres et xylographies Natalia Granero, Gunnar B. Kvaran Anselm Kiefer Natalia Granero Gunnar B. Kvaran Rainer Michael Masson Jean-Max Colard Götz Adriani Anselm Kiefer fr/ang Karen Ichters, Lausanne CAT. Contextuel / Fondation Jan Michalski 978-2-940570-65-2 art&fiction publications Suisse : Servidis France : Paon diffusion / Serendip Livres 2000 ex. Suisse, Courvoisier Arts graphiques SA CHF 75.– € 75.–
Genre
Monographie, essai
Artiste Langues Graphisme Collection ISBN Diffusion Distribution
Diffusion Suisse art&fiction diffusion av. du Léman 12, 1005 Lausanne Représentant : Pascal Cottin T: + 41 (0) 78 897 35 80 Distribution : Servidis S.A. commande@servidis.ch / www.servidis.ch Diffusion France Paon-diffusion, 85 rue Gabriel Péri F-93200 Saint-Denis — art&fiction, éditions d’artistes avenue de France 16, 1004 Lausanne 3 rue de la Poterie, 1202 Genève info@artfiction.ch / www.artfiction.ch Contact: Marie Pittet marie.pittet@artfiction.ch +41 (0)21 625 50 20 | +41(0)79 784 08 69 — Imprimé et relié en Suisse par notre imprimeur et partenaire : TBS, La Buona Stampa
L’artiste allemand Anselm Kiefer (*1945, Donaueschingen) a longtemps hésité entre la pratique de l’écriture et celle de la peinture. Si c’est la deuxième qu’il choisit, il reste que la littérature occupe une place prépondérante dans son œuvre ; le livre, par sa matérialité et son esthétique, a été son premier support de création ; l’écriture quotidienne, consignée dans un journal, lui permet de poser une réflexion, de mener une recherche intimement liée à sa pensée. Les livres d’artiste qu’Anselm Kiefer réalise dès les années 1968 et 1969 sont d’abord un lieu d’expression d’idées et d’associations de pensées, puis deviennent rapidement un lieu d’exploration dans lequel la succession des pages rend possibles la construction d’un récit et son inscription dans une durée. Les sujets qui y sont élaborés sont ensuite redimensionnés dans l’ensemble de son œuvre et notamment dans la xylographie. Cet art de l’impression lui permet d’envisager des formes narratives dans un espace tout autre qu’est celui de la toile. L’exposition Anselm Kiefer. Livres et xylographies est le fruit de la collaboration entre la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature à Montricher et l’Astrup Fearnley Museet à Oslo. Elle documente les liens que l’artiste entretient avec la poésie, les mythes, les récits sumériens et bibliques, les contes, l’histoire, la philosophie, la kabbale ou encore l’alchimie, à travers un ensemble de 27 livres datés de 1969 à 2017 accompagné d’un choix de xylographies, les plus récents étant présentés pour la première fois. — 23.5 x 32.5 cm, 532 pages 978-2-940570-65-2 chf 75 / euro 75 — Parution mars 2019 (Suisse); mai 2019 (France) Edité par La Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature format isbn
Un monument du livre d’artiste !
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DICTIONNAIRE DES FILMS FRANÇAIS PORNOGRAPHIQUES & EROTIQUES 16 et 35 MM
DICTIONNAIRE DES FILMS FRANÇAIS PORNOGRAPHIQUES & EROTIQUES 16 et 35 MM P03
Christophe Bier (sous la direction de), collectif
Cinéma, dictionnaire 185 x 245 mm Relié, 1196 pages Dos carré cousu, signet Français Prix 90,35 euros ISBN 978-2-36320-001-3 Dépôt légal 2e trim. 2011 Notices détaillées : fiches techniques, distribution, résumés, critiques, notes, interdictions, date de sortie et salles d’exclusivité, titres alternatifs. Les avis de la Commission de contrôle justifiant interdictions et demandes de coupes éclairent les motivations de la censure. Recensement exhaustif des films pornos, tournés entre 1974 et 1996, ainsi que de nombreux films érotiques comme Emmanuelle, Anatomie d’un rapport de Catherine Breillat, L’Âge d’or ou Et Dieu créa la femme de Roger Vadim... 100 pages d’index des noms et des titres. Ouvrage soutenu par Le CNL et le CNC. Unanimement salué par la presse : Libération, Le Monde, Le Parisien, Les Inrockuptibles, Le Nouvel Observateur, Les Cahiers du cinéma, Paris Match, Le Point, Art Press, Rock & Folk, Brazil, Technikart…
Voilà un possible hurlement en faveur de Sade. Voilà de la rigueur. On comprendra donc qu’il s’agit de littérature avant tout et que cet étonnant ouvrage est à coup sûr une des plus audacieuses aventures éditoriales de ces dernières années. (Alexandre Mare, Art Press, juin 2011). Christophe Bier est rédacteur pour Mad Movies, Sofilm, Schnock, chroniqueur pour Mauvais Genres sur France Culture, réalisateur de documentaires pour Ciné Cinéma, il a déjà écrit sur la loi X (Censure-moi, histoire du classement X, L’Esprit frappeur, 2000) et animé plusieurs conférences sur le cinéma porno. Il s’est entouré de 27 rédacteurs dont François Cognard, Gilles Esposito, Alain Minard, Jean-François Rauger, Jacques Zimmer.
ARGUMENTAIRES.indd 2-3
3/28/16 5:42:10 PM
Disponible
Collection Positions d’éditeurices
page 1 sur 6
Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
Romain Pereira : filouterie
°3 n s e c i ur e t i d é ’ sd n o i t i s Po
Dans ce texte romain pereira donne : « quelques conseils pratiques issus de ma mince expérience de la micro-édition à destination des micro-éditeurices précaires, ces conseils peuvent parfois ne pas fonctionner mais ça a toujours ou presque été le cas pour moi après environ 3 ans d’utilisation. » Romain Pereira vit en région parisienne et est graphiste. Il est un peu auto-éditeur et un peu affichiste. Nombre de pages : 4 avec affiche Dimensions : 14,8*21 Prix de vente : 0€ (pas d’ISBN) Graphisme : roman pereira Publié en septembre 2022 Licence éé version 0.9
Positions d’éditeurices est une collection de tracts, dont l’objectif, et de réunir un ensemble de paroles et d’attitudes diverses d’éditeurices indépendant·es vis-à-vis de l’édition. Autant de prises de position qui sont des outils théoriques et critiques sur la production et la circulation des formes imprimées et des communautés qu’elles composent. Nous cherchons par là à dresser le paysage idéologique des pratiques qui nous entourent et de nous y insérer par la mise en pratique de ce qu’elles proposent. Positions d’éditeurices se déploie à travers des tracts gratuits que nous imprimons et diffusons.
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
Actuellement, ont déjà été publiés : — Marc Fischer : Vers un modèle rentable pour une
maison d’édition autonome
— Chris Kraus & Sylvère Lotringer : L’histoire
de Semiotext(e), Sylvère Lotringer raconte ses rêves à Chris Kraus. — romain pereira : filouterie
Cet automne rejoindront la collection : — Felipe Ehrenberg : Équilibrer la balance, la pédagogie
de la coopération — Quels problèmes les artistes éditeurices peuvent-ils résoudre de Marc Fischer ?
Chaque tract est imprimé en risographie sur du papier recyclé non blanchi, du Cyclus Offset. À ce jour, plus de 3000 exemplaires de chaque tract ont été disséminés gratuitement. Dernières modifications le 24 août 2022 9:58 — PDF sur http://editionsburnaout.fr/
Collection Positions d’éditeurices
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville Nombre de pages : 4 Dimensions : 14,8*21 Prix de vente : 0€ (pas d’ISBN) Graphisme : Roméo Abergel Licence éé version 0.9
Posit ions d’édi teuri ces n °2
En cas d’impression soi-même, relier au niveau de cette zone
L’histoire de Semiotext (e), Sylvère Lotringer raconte ses rêves à Chris Kraus Ce texte de Chris Kraus et Sylvère Lotringer est l’introduction de Hatred of Capitalism, un recueil d’archives de textes marquants publiés par Semiotext(e). Ensemble, ils témoignent du passage d’une époque à une autre, des fictions et des espoirs qui accompagnaient cette transformation. J’ai découvert ce texte aux États-Unis, en 2020, pendant des révoltes qui ont suivi l’assassinat de Georges Floyd. Depuis lors il m’accompagne dans ma pratique éditoriale aux éditions Burn~Août.
À travers lui, nous parlons de cette pratique qui consiste à faire tomber les frontières entre théorie et praxis, entre genres — si on peut encore parler de ça —, et entre les différentes modalités du travail du texte, qu’il soit issu d’affiches, de tracts revendicatifs ou de livres.
Sylvère Lotringer, né le 15 octobre 1938 à Paris et mort le 8 novembre 2021 à Ensenada au Mexique, est le fondateur de la revue et maison d’édition Semiotext(e) créée en 1974. Chris Kraus, née à New York en 1955, est écrivaine. Elle est l’autrice des romans I Love Dick (1997), Aliens & Anorexia (2000), Torpor (2006) et Summer of Hate (2012).
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Éditions Burn~Août, 46 avenue du Président Wilson, 93230, Romainville
Marc Fischer : Vers un modèle rentable pour une maison d’édition autonome "Voilà quelques-unes des choses que j’ai apprises en 30 ans de travail dans le milieu de l’édition, depuis les zines de mon adolescence à l’administration du projet Public Collectors, en passant par mon travail avec Temporary Services et notre maison d’édition Half Letter Press [...]" Ce texte-manifeste "écrit dans une bouffée d'énergie caféinée" par Marc Fischer est la transcription d'une présentation en visioconférence qu'il a faite à l'occasion d'un événement organisé par Printed Matter le 2 avril 2021. Cet événement fait partie de The Classroom ; une série de programmes organisée par David Senior (directeur de Library+Archives au SFMOMA).
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L’économie par définition fragile des maisons d’édition indépendantes a été fortement impactée par l’épidémie de COVID-19. Réuni·es à l’occasion d’une discussion dirigée par Be Oakley (GenderFail), Marc Fischer, Vivian Sming (Sming Sming Books), Yuri Ogita et Devin Troy Strother (Coloured Publishing) s’entretiennent autour des stratégies développées par chacune de leur structure pour survivre en temps de crise sanitaire. Ce manifeste nous a semblé être un outil important pour penser la pratique éditoriale et l’entraide entre structures indépendantes.
Nombre de pages : 4 Dimensions : 14,8*21 Prix de vente : 0€ (pas d’ISBN) Graphisme : Marc Fischer Publié en août 2021 Existe en version française et grecque. Licence éé version 0.9
Posit ions d’édi teuri ces n °1
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Quels problèmes les artistes éditeurices peuvent résoudre ? Nous avons invité dix-sept artistes éditeurices à répondre à la question suivante : « En réfléchissant aux échelles locale, régionale, nationale et internationale, quels sont les problèmes sociétaux, politiques, économiques et écologiques que les artistes éditeur·ices sont équipé·es à aborder et à résoudre en utilisant leurs connaissances, leurs compétences et leurs ressources ? »
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Temporary Services / PrintRoom (traduction par Yann Trividic)
Avec les textes de : Josh MacPhee (Brooklyn, NY) justseeds. org/artist/joshmacphee — Eric Von Baynes (Chicago, IL) instagram.corn/flatlands_press — Tim Devin (Somerville, MA) timdevin.com — Journal oi Aesthetics and Protest (Leipzig) joaap.org — Booklyn (Brooklyn, NY) booklyn. org — Press Press (Baltimore, MD) presspress. info — Llano del Rio Collective (Los Angeles, CA) ldrg. wordpress.com — Thick Press (Washington D.C. / Los Angeles, CA) thickpress.com — Alex Arzt (Oakland, CA) alexarzt.com — AND Publishing (London) andpublishing.org — Jan Steinbach: Edition Taube, MATERIAL (Zurich/ Munich) edcat. net editiontaube.de — antoine lefebvre editions (Paris) antoinelefebvre.net — Simon Worthington (Berlin) hpg.io metamute. org — Onomatopee (Eindhoven)onomatopee. net — Hardworking Goodlooking (Rotterdam/ Manilla) officeocd.com — Nina Prader / Lady Liberty Press (Berlin/ Vienna) lady libertypress.org Eleanor Vonne Brown (London) bokship.org el-x.org
Quels problèmes les artistes éditeurices peuvent résoudre ? Quels problèmes les artistes éditeurices peuvent résoudre ?
est la traduction d’un livret de 52 de pages publié chez Half Letter Press, une maison d’édition indépendante fondée par Marc Fischer et Brett Bloom et est le fruit d’une collaboration entre Temporary Services et PrintRoom.
Dans cette publication, 17 artistes/éditeurices internationaux·ales sont invité·es à répondre à la question suivante : « En pensant localement, régionalement, nationalement et internationalement : quels sont les problèmes sociaux, politiques, économiques et écologiques que les artistes/ éditeurices sont en mesure d’aborder ou de résoudre grâce à leurs connaissances, leurs compétences et leurs ressources ? ». La publication se construit autour de ces 17 réponses, qui sont autant de témoignages de ces pratiques éditoriales singulières. Chacun de ces textes est comme un outil pour repenser la production et la circulation des formes imprimées. Les traduire de l’anglais vers le français, c’est permettre la diffusion de ces outils dans la scène locale et partager des pratiques éditoriales qui se posent la question de leurs avenirs. Nombre de pages : 52 Dimensions : 14,8*21 Prix de vente : + ou - 5 euros Graphisme : Théo Pall d’après la maquette de Marc Fischer
n°5 s e c i r u e t i ’éd Positions d 2022 e r b m e v o ue : n v é r p e i t r o s
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Ehrenberg et la pédagogie de la coopération par Nicolàs Pradilla Positions d’éditeurices n°4, originellement un article publié sur LA ESCUELA___ le 4 avril 2022 par Nicolàs Pradilla, décrit les activités de Felipe Ehrenberg, un artiste mexicain peintre, graveur et performeur de la deuxième moitié du XXe siècle. L’artiste mit en place des ateliers autour des formes imprimées et expérimenta le partage d’outils éditoriaux dans différents contextes sociaux, ruraux et urbains, artistiques et non artistiques, avec comme objectif : l’appropriation des techniques d’impression et de reproduction d’une forme, en les considérant comme des moyens émancipateurs et libérateurs. « Ceux-ci [les outils éditoriaux] permettent non seulement de produire ses propres moyens de communication, mais aussi de subvertir — bien que temporairement — les limitations imposées par le droit d’auteur sur la circulation de divers types de contenus, un objectif que les artistes mexicains étaient désireux de poursuivre. » Le texte est introduit par l’artiste plasticienne Vincianne Mandrin qui recontextualise la mise en place d’ateliers éditoriaux dans des centres d’hébergement pour personnes réfugiées et demandeuses d’asile.
ices n°4 r u e it d ’é d s n io it s Po
sortie prévue : octobre 2022
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Vinciane Mandrin Le travail artistique de Vinciane Mandrin est une recherche sur l’utilisation de l’écriture plastique et de la performance comme des outils politiques d’analyse et de piratage des systèmes de domination. Elle développe une pratique mobile et polymorphe, dans un aller-retour entre travail individuel et collectif -notamment en duo avec Nino André- interventions dans des espaces artistiques, curation d’expositions en ligne et IRL, et création d’ateliers d’écriture, d’édition et de performance.
Nombre de pages : 52 Dimensions : 14,8*21 Prix de vente : 0€ (pas d’ISBN) Graphisme : Camille De Noray
Nicolàs Pradilla Professeur, éditeur et chercheur. Doctorant en histoire de l’art à la Facultad de Filosofía y Letras, UNAM, à Mexico, où il est également titulaire d’un master en études curatoriales. Pradilla mène actuellement des recherches sur l’autoorganisation et les stratégies éducatives des pratiques artistiques collectives au Mexique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi que sur les relations possibles de la transformation imaginaire vers la décélération au milieu de la crise écosociale.
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PORTRAIT LITTÉRAIRE
Matthieu Mégevand
art&fiction
Horizons. Portrait de Philippe Fretz Comment trouver sa place ? Comment habiter sa vie ? C’est à partir de
Matthieu Mégevand
ces questions-là, si fondamentales, que Matthieu Mégevand brosse son
Portrait de Philippe Fretz
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Matthieu Mégevand HORIZONS
portrait du peintre Philippe Fretz. Et c’est à une rencontre heureuse que nous invite l’écrivain.
On est jeté au monde sans l’avoir choisi, et la question, la seule question au fond qui vaille dès lors c’est : comment vais-je bien pouvoir habiter la Portrait vie ? de quoi vais-je remplir de Philippe Fretz cet immense vide, ce gouffre art&fiction béant qui constitue l’existence ? On ne fait pas vraiment de choix. On tente, on tâtonne, on trouve soudain dans la nuit une prise, on s’y accroche ; enfant, Philippe Fretz a joué avec des plots dans la lumière finissante d’un jour d’été. Il a senti qu’il y avait là un sens, quelque chose qui pouvait le remplir. Il s’y est accroché. Donner du sens : bricoler, créer des structures, habiller le blanc de formes et de couleurs. Se trouver des compagnons - Joyce, Nerval, Jésus, Balthus, Dante. Philippe Fretz devient peintre, et c’est un acte de foi.
La collection Portraits Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Le premier volume de cette collection est un portrait du peintre et graveur Philippe Fretz par l’écrivain Matthieu Mégevand. Ironie du sort : ils sont tous les deux éditeurs.
genre portrait littéraire rayon littérature thèmes portrait, vie d’artiste, art contemporain, suisse livres connexes Entre les vies de Giorgio Vasari (publié à Florence en 1550), Sundborn ou les jours de lumière de Philippe Delerm (Gallimard, 1998) — collection Portraits format 13,5 x 20 cm, 96 pages, broché isbn 978-2-88964-036-2 prix CHF 18,50 / € 14,50 3
M att h ieu M ég e vand | Hori zons portrait littéraire
Matthieu Mégevand, né en 1983, est écrivain. Il est directeur éditorial du domaine « spiritualité » aux éditions Bayard. Il a piloté à Genève les éditions Labor et Fides de 2015 à 2022. En 2011 paraît à L’Âge d’Homme son premier roman Les Deux Aveugles de Jéricho, qui reçoit le Prix de la Société littéraire de Genève. En 2018 est publié chez Flammarion La bonne vie, roman inspiré de la vie du poète Roger Gilbert-Lecomte. L’ouvrage est lauréat du Prix Pittard de l’Andelyn et du Roman des Romands. En 2019, son Lautrec, Prix Grands Destins Le Parisien, constitue le deuxième volet d’une trilogie romanesque consacrée à trois artistes disparus prématurément (un écrivain, un peintre, un musicien) et qui s’achève en 2021 par Tout ce qui est beau, un portrait émouvant de Mozart. l’Ecole supérieure d’arts visuels de Genève en 1992. Il bénéficie d’une bourse Kiefer-Hablitzel durant trois années consécutives de 1996 à 1999, période durant laquelle il vit et travaille à Marseille. Il effectue ensuite un séjour de deux ans aux Etats-Unis, où il peint et enseigne à la Waring School de Boston. Il est lauréat de la bourse Alice Bailly en 2002, et de celle du Aargauer Kuratorium en 2014 et 2017. Il exerce également depuis une vingtaine d’années une activité d’auteur et d’éditeur et co-dirige la collection Sonar chez art&fiction. Depuis 2014, il se consacre à un vaste chantier pictural autour de Dante, sous le titre de Divine Chromatie.
© Olivier Christinat
Philippe Fretz, né en 1969, obtient son diplôme de
Il parle encore de l’horizon et l’on croirait presque voir les vagues moutonner au loin, les mouettes virevolter dans le ciel, les voiliers s’éloigner dans le soleil.
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M att h ieu M ég e vand | Hori zons portrait littéraire
VERS LE LOINTAIN
Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste
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vers le lointain
Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait
littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. UN NIVEAU D’INTERTITRE Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans
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vers le lointain
Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait littéraire et du portrait d’artiste, dans la plus grande liberté de ton. Qui sont les créateurs et les créatrices d’images aujourd’hui en Suisse ? Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit • Ill. 00. Comment comprendre leurs parcours dans le foisonnement des propositions et des discours ? La Collection Portraits invite des écrivain·es à dresser le portrait d’un·e artiste. Elle cherche à les réunir autour des oeuvres, dans leur lieu de création, et à instaurer un dialogue fécond. Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit. Elle souhaite enfin apporter une contribution au renouvellement des genres du portrait
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Dans la diversité des pratiques artistiques, la Collection Portraits veut confier à la littérature et à ses formes variées la mission de rendre accessible au public la figure de l’artiste contemporain·e, en associant à des textes courts un corpus d’illustrations riche et inédit.
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art&fiction
PORTRAIT LITTÉRAIRE
Julie Gilbert
Oui. C’est bien. Portrait de Delphine Reist Une artiste majeure de la scène contemporaine suisse par une des voix les plus originales du monde littéraire genevois ! Rencontrer Delphine Reist Oui. C’est bien. Faire un inventaire Oui. Parce que quand on rentre dans son atelier ou dans ses expositions, tu vois, on a l’impression d’arriver parfois dans une quincaillerie Une quincaillerie de la fin du monde où l’huile des bidons n’arrêteraient plus de couler où les tronçonneuses marcheraient toute seule dans leur vitrine où les bottes de chantier nous siffleraient des ordres Une quincaillerie où les outils sont des personnages J’étais à Dunkerque l’autre jour avec elle elle me faisait une liste virtuelle de sa prochaine exposition et je me suis dit que j’allais faire un inventaire. Partir de tous ces objets pour raconter Delphine Reist pour raconter son travail 66 pour raconter le travail pour raconter le chantier et comme tout fout le camp, là, juste là dehors les vraquiers plein de céréales, de minerais, de La pression dans les usines, les ateliers, les Raconter les boucles, les répétitions, les aliénations Oui. Comme tout fout le camp. Oui. On va faire ça.
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genre portrait littéraire rayon littérature thèmes portrait, vie d’artiste, art contemporain, suisse — collection Portraits format 13,5 x 20 cm, 96 pages, broché isbn 978-2-88964-044-7 prix CHF 18,50 / € 14,50 7
Ju l ie G i l bert | Oui . C’ est bien portrait littéraire
Delphine Reist est une artiste suisse qui vit et travaille à Genève. Lauréate du Swiss Art Award et du Prix de la Fondation Irène Reymond, plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées, notamment au Centre d’Art Pasquart de Bienne, au MAMCO à Genève, et au centre Fri Art de Fribourg. Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques telles que : Centre Pompidou, Paris ; les FRAC Rhône-Alpes, Normandie, Occitanie et Limousin ; Musée d’art du Valais ; Kunstmuseum Olten. Delphine Reist a enseigné à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon et poursuit actuellement son enseignement à la HEAD. Julie Gilbert, qui a grandi en France et au Mexique, est
© Olivier Christinat
une scénariste et auteure suisse. Elle écrit pour le cinéma, essentiellement avec le réalisateur Frédéric Choffat. Ensemble, ils ont mené plusieurs projets, dont les longs métrages La Vraie vie est ailleurs en 2006 et Mangrove en 2011 (tous deux en sélection officielle au Festival de film de Locarno). En parallèle, Julie Gilbert enseigne l’initiation à l’écriture de scénario à la HEAD à Genève. Elle écrit également pour le théâtre. La question de l’exil et de l’identité traverse l’ensemble de ses travaux filmiques, théâtraux ou performatifs.
L’actualité de Delphine Reist 11.06 au 31.12 2022 exposition Vrac Multivrac, FRAC de Dunkerque, curatée par le Centre Culturel Suisse de Paris 18.11 au 16.12 2022 lecture et performance, Bibliothèque sonore des femmes, Dunkerque 17.09 2022 au 29.01 2023 exposition au Cent quatre, Paris
Je reste plutôt avec le mot truande Que femme Je reste avec toi tirant à la carabine Toi maniant la bétonne Toi fonctionnalisant le réel Prenant toujours une tangente joyeuse 8
Ju l ie G i l bert | Oui . C’ est bien portrait littéraire
OUI C’EST BIEN
En fait ça commence comme ça Par un lieu Ça commence par un endroit C’est comme ça que ça commence Par un lieu désaffecté Arrêté Les machines inertes Les portes cadenassées Du mobilier abandonné Des plannings déchirés au mur Des traces d’huile au sol Un lieu de travail Mais fermé Mais fini Mais délocalisé Ça commence comme ça Usines de sardines au Portugal
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OUI C’EST BIEN
Halles d’Alstom à Grenoble Supermarchés désaffectés Usine Kalinin à Tallinn en Estonie Zone industrielle Nordbahnhof à Stuttgart Abattoirs à Toulouse, Nice, Macao, Genève Chantier naval à Dunkerque À Dunkerque, la première fois que je suis venue, j’ai pris un vélo. Je suis restée dix jours. Les distances sont plus éprouvantes qu’ailleurs. Il y a le vent. Le vent de la mer. Et il y a plein d’eau partout. Tu passes ton temps à faire des détours. J’avais demandé à quelqu’un de me faire une visite de la ville. Puis après ce qui m’intéresse, c’est de regarder ce qui traîne dans la rue, dans les poubelles. Je suis aussi allée voir les coopératives de pêcheurs. J’ai entendu l’histoire des dockers. Les grèves. Je me suis intéressée aux outils hors de proportion pour les gros bateaux. A la situation géographique de Dunkerque. C’est ici que les
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premiers fruits exotiques et les perroquets sont arrivés. La nouveauté est entrée en France par ce port. Au début, c’est comme ça, il y a plein de choses qui m’excitent, puis je laisse tomber certaines pistes. C’est le lieu qui est le point de départ Ça commence là Ça vient juste de fermer Ou pas Ça vient juste de finir Ou pas On sent encore l’odeur de l’essence Ou du sang Ou pas On entend encore le bruit de la machine Ou les présences Mais tout est vide C’est fini L’entreprise C’est fini L’usine C’est fini Le bureau C’est fini La manutention C’est fini Il reste les murs
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OUI C’EST BIEN
Il reste les chaises Il reste le sifflet du contremaître C’est ça le point de départ — Oui c’est ça Après la pleine production Le plein emploi Le grand projet L’effondrement industriel L’effondrement On a cru que ça ne s’arrêterait jamais On a cru qu’on n’arrêterait jamais de produire On a cru qu’on construisait pour toujours Cathédrales de béton Tôles Hangars Ponts roulants Poutres d’acier Et maintenant les ruines contiennent leur propre discours Elles produisent leur propre histoire Et leur utopie Et leur futur Donc ça commence par un lieu Un lieu hors norme Trop grand Trop sale Ça commence là Dans la fascination fascination fascination fascination
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Dans l’impossibilité de s’attaquer au lieu Parce qu’il est trop grand Ça commence là Avec les restes Les traces Avec l’ossature Le squelette La chair a disparu On a cru C’est notre croyance qui reste Et les corps sont au placard Les corps sont rangés Les corps Les corps Sont quelque part d’autre En fait tu es comme une archéologue du présent — Non. Pas archéologue. J’ai un rapport mou aux éléments Alors ce serait plutôt comme une déambulation Comme un rapport au hasard À la rencontre — Les objets sont des signes Pas de systématique Pas d’étiquetage Pas de schème Mais une forme de nonchalance — Oui, je me sens assez nonchalante dans mon rapport aux objets Pour ces lieux qui n’ont plus d’affectation Pour ce qui est déchu Une forme de curiosité joyeuse aussi Pour ces lieux désaffectés
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ESSAI
Benoît Antille & Robert Ireland
Imaginaires résiduels. Réflexions sur les conditions contemporaines de l’esthétique Ce texte manifeste réaffirme la pertinence de l’expérience esthétique dans une société contemporaine au sein de laquelle artistes et Benoît Antille & Robert Ireland
intellectuels constatent sa disparition. I M AGI NA I R ES R ÉSI DU ELS
gé sition e ent oins use on. t,
art&fiction
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Benoît Antille & Robert Ireland
Souvent associée à la notion d’art, l’idée d’une « expérience esthétique » serait-elle tombée en désuétude dans la société contemporaine ? Tel est le constat que font des intellectuels et des artistes qui défendent un art engagé politiquement, affirment que la position de spectateur n’existe plus à l’heure des nouvelles technologies ou pensent que le sujet contemporain est de moins en moins disponible au monde à cause notamment d’une crise de l’attention. L’École de design et Haute école d’art du Valais (EDHEA) a pris le contrepied de ces constats en initiant un projet de recherche destiné à mieux comprendre les enjeux actuels de l’expérience esthétique ainsi que ses mécanismes. Le but étant, in fine, de réaffirmer la pertinence et la valeur d’un telle expérience. Pour ce faire, Robert Ireland et Benoît Antille ont choisi le mode du voyage, du périple, de la déambulation, qui sont des modalités de l’expérience esthétique I M AGI NA I R ES R ÉSI DU ELS Réflexions sur les conditions contemporaines de l’esthétique
art&fiction publications
depuis le geste inaugural de Pétrarque, sur le mont Ventoux, au road trip de Tony Smith. Cinq sites ont été choisis pour leur singularité, leur « génie du lieu » : une pinède artificielle à Vandœuvres (CH), une intervention artistique dans le village de Blessey (FR), un mémorial monumental à Gibellina (IT), un barrage dans les Alpes (CH) et un musée en plein air d’anciennes sculptures communistes à Budapest (HU). Dans une perspective toute sébaldienne, les deux chercheurs, l’un artiste et l’autre historien de l’art, sont partis à la recherche d’« imaginaires résiduels ». Ils ont cherché dans ces lieux la présence ou la survivance de représentations communes, inscrites dans la subjectivité et portées par une expérience sensible, comme un regard paysager, une émotion artistique, un trauma collectif, le « sublime » ou une mémoire historique.
genre essai rayon art thèmes esthétique, paysage, histoire de l’art, phénoménologie de la perception, mémoire livres connexes Accélération. Une critique sociale du temps de Hartmut Rosa (La Découverte, 2013), Acqua Alta de Joseph Brodsky (Gallimard, 1992), Les anneaux de Saturne de W.G.Sebald (Actes Sud, 1998) — collection San Remo co-édition édhéa, Sierre format 11 x 17,5 cm, 132 pages, broché isbn 978-2-88964-045-4 prix CHF 16 / € 14
B eno ît A nti l l e & Robert I re l and | I mag inaires rés idue ls essai
Benoît Antille est titulaire d’un Master of Arts en ar-
chéologie classique (Université de Fribourg, 2001) et d’un Master of Arts en pratique curatoriale (California College of the Arts, San Francisco, 2011). Il travaille principalement en tant que chercheur et conservateur indépendant basé en Suisse. Il est chercheur et professeur assistant à l’EDHEA, enseigne à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD) et prépare un doctorat à l’Université d’Amsterdam.
Robert Ireland, artiste plasticien, a étudié à l’Ecole
Cantonale d’Art de Lausanne. Il a ensuite cofondé M/2, lieu d’art contemporain à Vevey, à la fin de ses études. Sa pratique inclut des interventions artistiques dans l’espace public ou architectural, des publications de textes littéraires et critiques sur l’art ainsi que sur l’espace et l’architecture. Il a été chargé de cours à l’ENAC et au collège des humanités à l’EPFL. Il est actuellement professeur associé à l’EDHEA à Sierre.
B eno ît A nti l l e & Robert I re l and | I mag inaires rés idue ls essai
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Imaginaires résiduels – Lieux d’expériences esthétiques Hypothèses de travail
dimension herméneutique, est une manière active d’être dans le monde. La relation esthétique ne se restreint donc pas au champ de l’art. À la suite du phi-
1. Souvent associée à la notion
losophe Jean-Marie Schaeffer, nous
d’art, l’esthétique serait-elle en train
voulons ouvrir cette forme de relation
de tomber en désuétude dans la socié-
au champ de l’expérience en général,
té contemporaine ? Tel est le constat
entendue dans un sens cognitif. Cette
que font de nombreux intellectuels et
expérience opère à partir des sens et de
artistes comme Grant Kester ou Tania
la perception que tout un chacun a de
Bruguera, qui défendent un art engagé
son environnement. Pour le philosophe
politiquement, Boris Groys, qui affirme
Gilbert Simondon, une telle expérience
que la position de spectateur n’existe
est individuante, parce qu’elle préside à
plus à l’heure des nouvelles technolo-
la constitution du sujet dans son rapport
gies, Hartmut Rosa, qui constate que
à soi, aux autres et au monde. Il s’agit là
le sujet contemporain est de moins
de l’élément-clef de notre démarche : la
en moins disponible au monde, Yves
relation esthétique est à la fois constitu-
Citton, qui pense que ce sujet fait face
tive du sujet, de l’intersubjectivité et de
à une crise de l’attention ou encore
l’interrelationalité.
Baptiste Morizot et Zhong Menghal, qui déplorent l’attrait pour l’immédiat dans une culture de l’émotion rapide.
5. Un des enjeux de ce projet de recherche est d’ordre méthodologique : comment transformer une réalité sub-
2. Loin de considérer l’esthétique
jective en objet de recherche ? De ce
comme désuète, nous pensons qu’il est
point de vue, le recours à la notion
d’autant plus légitime, voire nécessaire
d’« imaginaire », nous aide à rendre l’ex-
de pratiquer cette relation au monde et
périence esthétique plus tangible, en
à l’art, compte tenu des problématiques
faisant peser le poids de notre projet au-
citées plus haut et à la condition ex-
tant sur des questions de réception, que
presse d’une actualisation rendue pos-
sur la construction des « regards », ou
sible par l’expérimentation de nouvelles
des modes de perception esthétiques,
approches.
qui déterminent cette réception. Quelles représentations du monde et systèmes
3. Nous avons donc décidé d’initier
d’images collectifs et personnels condi-
un projet de recherche destiné mieux
tionnent notre manière d’entrer en ré-
comprendre les enjeux actuels de l’es-
sonnance avec le sensible ? Quel sens les
thétique ainsi que ses mécanismes, en
imaginaires que nous portons donnent-
déplaçant la problématique du champ
ils à notre relation au monde ?
théorique vers le champ de la pratique (artistique). À nos yeux, un des aspects
6. Si le recours à la notion d’ima-
les plus importants de l’esthétique ré-
ginaire nous permet d’aborder l’expé-
side dans la disponibilité au monde
rience esthétique comme une construc-
qu’elle nécessite. Cette relation au
tion culturelle et individuelle, il devient
monde repose sur notre capacité à nous
dès lors possible de lui donner une tex-
désoeuvrer, à ouvrir un espace d’autono-
ture historique, temporelle, parallèle ou
mie dans le réel pour percevoir le monde
complémentaire à sa dimension phéno-
sous des aspects plus relationnels.
ménologique. En intitulant notre projet « imaginaires résiduels », nous postulons
4. Ce que nous avons convenu d’ap-
que des regards esthétiques comme le
peler « expérience esthétique », pour
« Beau », le « Sublime » ou « l’esthétique
souligner sa dimension phénoméno-
des ruines » existent à l’état de survi-
logique, mais que l’on appellera aussi
vance à travers notre héritage culturel.
« relation esthétique », pour inclure sa
Dans une démarche archéologique,
B eno ît A nti l l e & Robert I re l and | I mag inaires rés idue ls essai voire géologique, nous pouvons donc
communique, ou se socialise ? Par quels
chercher la trace de ces imaginaires ré-
imaginaires
siduels qui constituent les différentes
habités et comment regardons-nous le
strates de la « caisse de résonance » qui
monde à travers eux ? Considérant que
fait vibrer le réel en nous : l’imagination.
le tournage fait partie intégrante du pro-
Nous pouvons aussi nous demander ce
cessus d’approche, en tant que disposi-
que ces imaginaires ont à nous dire au-
tif, sa présence ne sera pas occultée mais
jourd’hui ? Quels nouveaux usages peut-
pleinement assumée en tant qu’outil.
résiduels
sommes-nous
on en faire ? A quels types d’expériences esthétiques nous donnent-ils accès ? Comment en inventer de nouveaux ?
10. Par sa nature subjective, immersive et sa dimension expérimentale, nous avons choisi la méthode de l’enquête de
7. Nous appelons donc « imagi-
terrain pour servir de support aux ex-
naires résiduels » les systèmes d’images
périences esthétiques qui seront docu-
constitués de visions du monde, de ré-
mentées et analysées dans les films et la
férences culturelles, de souvenirs, de
publication. Comme l’écrit Tim Ingold,
rêves et d’expériences personnelles qui
en effet, « expérimenter, c’est tenter
façonnent notre regard sur le monde et
certaines choses et observer ce qui ar-
l’art, comme autant de strates dont nous
rive. Ainsi l’art de l’enquête avance et se
héritons culturellement et que nous
transforme en temps réel, en se mettant
créons dans notre existence.
au diapason de la vie de celles et ceux avec lesquels l’enquêteur est en contact,
8. Parce que l’expérience esthétique
et plus largement du monde auquel tous
et les imaginaires résiduels sont de na-
appartiennent (…). » De ce point de vue,
ture subjective, nous abordons ce projet
l’enquête nous apparaît comme une
de recherche par le biais d’une pratique
méthode scientifique, heuristique, par-
personnelle, artistique et empirique,
ticulièrement adaptée à l’objet de notre
plutôt que par une démarche théorique,
étude : elle fonctionne sur un mode im-
académique, fondée sur une distance
mersif et dialogique comparable à l’ex-
entre sujet et objet. En nous position-
périence esthétique.
nant délibérément du côté subjectif, nous voulons recourir au mode du récit
11. Pour réaliser nos enquêtes, nous
comme stratégie pour matérialiser et
avons décidé de nous immerger dans
questionner l’expérience esthétique—
cinq terrains qui se distinguent par
nous inscrivant ainsi dans une tradition
leur « génie du lieu », tous potentielle-
de films et d’oeuvres littéraires qui se
ment porteurs d’un certain regard sur le
sont attachées à traduire en images et
monde, d’une certaine expérience ou re-
en mots la réception et les mécanismes
lation esthétique : une pinède artificielle
d’une telle expériences.
à Vandoeuvres (CH), une intervention artistique dans le village de Blessey (FR),
9. Nous avons décidé de réaliser une
un mémorial monumental à Gibellina
série de cinq films documentant des ex-
(IT), un barrage dans les Alpes (CH) et
périences esthétiques prises sur le vif
un musée en plein air regroupant des
et de publier des textes faisant état de
sculptures de l’époque soviétique, à
nos réflexions à différentes étapes du
Budapest (HU).
projet et sous diverses formes (« manifeste », récit individuel, dialogue, des-
12. Pour préparer ces enquêtes de ter-
cription de lieux...) A travers ces films
rain, nous établirons un univers de réfé-
et ces textes, nous voulons saisir « de
rences communes. Des imaginaires par-
l’intérieur » comment se construisent
tagés, constitué de textes, d’oeuvres d’art
nos expériences esthétiques. Qu’est-ce
et de films qui seront, pour la plupart,
qui déclenche une expérience ou une
mentionnés dans notre publication. Ces
relation esthétique et comment elle se
expériences et récits exemplaires seront
B eno ît A nti l l e & Robert I re l and | I mag inaires rés idue ls essai analysés au préalable pour mieux saisir
transindividuelle,
les modalités de traduction de l’expé-
connexionniste, en usant d’une forme
intersubjective,
rience esthétique en tant que processus
d’« intersectionnalité » qui dépasse cer-
communicationnel et individuant. Nous
taines barrières académique ou discipli-
choisirons des exemples qui démontrent
naires .
la valeur de l’expérience esthétique au regard des problématiques mentionnées
16. A travers notre démarche, nous
au point 1. Nous favoriserons les récits
voulons réaffirmer la valeur de la re-
d’expériences plutôt que les ouvrages
lation esthétique au monde et la réac-
théoriques.
tualiser au coeur même de la pratique artistique.
13. Pour mener nos enquêtes, nous avons prédéfini un modus operandi qui sera réévalué sur le terrain. Nous voulons nous immerger dans les lieux choisis pour nous y rendre disponibles. Nous voulons nous mettre à l’écoute de ces sites pour comprendre comment se construit une expérience esthétique, ce qui la déclenche et comment elle se communique ou se partage à travers un exercice de traduction verbale qui fera l’objet de notre publication. Nos investigations devront tenir compte autant de l’impact sensitif/émotif que du curseur di artistique. 14. Nous postulons qu’une relation s’établit, qu’une « rencontre a lieu », dès lors que quelque chose brise notre indisponibilité au monde. Comme dans le texte A Tour of the Monuments of Passaic, de Robert Smithson, qui commence par un voyage en transports publics, le travail de terrain ne débutera pas sur le site, mais dès le moment où nous nous mettrons en route vers ce site. Tenant compte de la nature phénoménologique de l’expérience esthétiques, nous avons défini diverses modalités d’approche, comme la promenade, l’errance, le road trip ou la randonnée. 15. Le présent projet de recherche propose un autre type d’approche « site-specific », une autre approche de terrain, en quête d’imaginaires résiduels issus d’une relation esthétique au monde. Ce faisant, nous voulons questionner le rôle et la responsabilité que l’artiste peut endosser en tant
qu’« artiste-chercheur »,
opérant
à partir de sa subjectivité, de manière
»
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Janvier
À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9584193-0-1 10 € Puisant dans l’histoire de l’art au crible des études visuelles et culturelles, cet ouvrage explore les notions de visualité et de contre-visualité. Ces termes introduits par le théoricien des cultures visuelles Nicholas Mirzoeff nouent le voir au savoir, au pouvoir et au (faire) croire. À travers notamment des pièces de Betye Saar, Leslie Labowitz, Coco Fusco et Guillermo Gómez Peña, Hito Steyerl, Joy Buolamwini, et des écrits d’Allan Sekula, il s’agit d’examiner comment certaines œuvres d’art questionnent les systèmes de visualité hérités des mécanismes de domination capitaliste, coloniale, et patriarcale. Ces artistes n’opposent pas terme à terme une visualité à une autre, mais cherchent à produire des écarts tactiques et privilégient une mobilité des points de vue, pour permettre à chacune et à chacun de se construire comme sujet. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9555444-9-5 10 € En mai 2011, une foule s’installe sur la place de La Puerta del Sol à Madrid, important en Europe une forme d’action issue des Printemps arabes. Les protestataires y érigent un campement complexe qui fonctionne comme une ville miniature. Celui-ci accueille des espaces dédiés aux repas, à la lecture, au soin, à la garde des enfants et au repos. Les activités sont réalisées bénévolement, et les matériaux collectés ou donnés gratuitement. Les liens entre les individus sont régis par des affinités et des affects, et l’argent ne joue aucun rôle. Les décisions ne sont plus confiées à des représentants mais prises collectivement au sein d’une assemblée et diverses commissions prennent en charge les questions pragmatiques. Partout, surgit la parole, que ce soit oralement lors de longues réunions ou sous la forme visuelle d’affiches et de banderoles auto-produites. Ce livre revient sur cet épisode contestataire en s’attachant à ses dimensions esthétiques et utopiques. Il montre comment les formes artistiques peuvent fournir un langage pour exprimer le désir de changement collectif, la possibilité d’utiliser d’autres voies et moyens pour relever le défi de vivre ensemble et d’habiter un espace commun. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
À paraitre, novembre 2022 éditions Lorelei, coll. « Frictions » 60 p., 17 × 10,7 cm ISBN : 978-2-9555444-8-8 10 € Dans le premier numéro de La Révolution surréaliste, en 1924, fut publié un montage photographique réunissant 28 visages masculins de personnalités surréalistes ou comptant particulièrement pour le mouvement et, au centre de ces portraits, plus grande, la photographie d’une femme : Germaine Berton. En 1923, cette militante anarchiste défraya la chronique en assassinant Marius Plateau, une figure des milieux monarchistes et nationalistes. Cet ouvrage revient sur la réception de ce crime politique par les surréalistes, qui apportèrent un soutien inconditionnel à Germaine Berton, et par les anarchistes eux-mêmes, dont la position fut plus ambivalente. En analysant les divergences entre surréalistes et anarchistes, en particulier autour de la question du suicide, et en revenant sur les diverses lectures qui ont été faites jusqu’à aujourd’hui du « tableau synoptique » avec Germaine Berton, il s’agit d’en critiquer les interprétations purement cultuelles ou esthétisantes, afin de restituer la dimension politique de l’expérience surréaliste et l’antagonisme social et politique violent des années qui l’ont vu naître. Ci-contre et ci-après : couverture provisoire et aperçu des pages intérieures (maquette en cours).
4
5
L'acte surréaliste le plus simple consiste, révolvers aux poings, descendre dans la rue et tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule. André BRETON 1
a
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L orsque le corps et l'espace d'images s'interpénetreront si profondément que toute tension révolutionnaire se trans formera en innervation corporelle collective, toute innerva tion corporelle de la collectivité en décharge révolutionnaire, alors seulement la réalité sera parvenue cet autodépasse ment qu'appelle le Manifeste communiste. Pour l' ins tant, les surréalistes sont les seuls avoir compris l'ordre qu'il nous donne aujourd'hui. Un par un, ils échangent leurs mimiques contre le cadran d'un réveil qui sonne chaque minute pendant soixante secondes. Walter BENJAMIN 2
a
a
1. «Second manifeste du surréalisme", in La Révolution surréaliste, n ° 12, 5 e année, 15 décembre 1929, p. 2 (cf. la réédition en facsimilé, Paris, Jean Michel Place, 1975). 2. « Le Surréalisme. Le dernier instantané de l'intelligentsia euro péenne" [1929], Œuvres II, trad. M. de Gandillac, revue par P. Rusch, Paris, Gallimard, coll. «Folio-essais", 2000, p. 134.
ADVERSE À partir de n°5 — collectif Une revue critique envisagée à partir de la bande dessinée
Dans ce numéro, seront évoquées, analysées ou mises en perspective des œuvres de Blutch, Charles Burns, Will, Pierre La Police, André Franquin, Maurice Tillieux, Loïc Largier, Annie Ernaux, Sophie Calle, Marguerite Duras... Ainsi que les travaux de Thierry Groensteen, les dessous du CNL, et tant d’autres sujets non moins passionnants. Sous la plume de : Alexandra Achard, Alexandre Balcaen, Saad Chakali, Éric Chauvier, Jérôme LeGlatin, Thomas Gosselin, Céline Huyguebaert et Alexia Roux. Avec la participation de : François Henninger et Richard B.
184 pages n&b 12,5 x 16,5 cm, 15 € 979-10-95922-50-6 — février 2023 retours sur invendus acceptés
ÉQUIPE / SOMMAIRE Alexandra Achard Chercheuse en théorie de la médiation, elle prolonge avec ce nouveau texte l’entreprise initiée dans les n°1, 2 et 4 de la revue, et développe sa critique de la critique institutionnalisée de bande dessinée. Alexandre Balcaen Dont Acte (Journal Adverse, sept 2020 — fév. 2021) Fondateur des éditions Adverse, il développe son journal de bord professionnel avec l’ambition que, par le biais d’une accumulation de témoignages et réflexions suggérés par son activité, s’élabore le portrait constellé d’un monde agi par des enjeux multiples. Imprévu chronologique, cet épisode témoigne notamment de six mois d’une activité bouleversée par “l’état d’urgence sanitaire”. Éric Chauvier Territoires souillés-augmentés (4) Romancier et anthropologue, il s’intéresse cette fois au domicile familial en tant que lieu d’émergence de troubles psycho-affectifs et de récits horrifiques, via une lecture de Big Baby de Charles Burns (éd. Cornélius). Thomas Gosselin Dans la bande dessinée sans la bande dessinée (5/6) Auteur de bande dessinée (Atrabile, etc.), il témoigne de sa profession via un texte polyphonique brassant questions d’écriture, de dessin, de position sociale voire de métaphysique, à partir d’expériences personnelles, de lectures et d’échanges épistolaires avec différents professionnels. Jérôme LeGlatin Fragments, bande dessinée Auteur de bande dessinée (Bicéphale, The Hoochie Coochie, Adverse) et critique (du9.org, Pré Carré, L’Échaudée) il prolonge
Fragments, bande dessinée, un travail théorique au long cours, visant à prouver que toute théorie de la bande dessinée est pratique de bande dessinée. En parallèle, il livre une nouvelle étude consacrée à un récit court de Blutch issu du recueil Mish Mash (éd. Cornélius) et constellé de références à une bande dessinée franco-belge faussement académique (Will, Franquin, Hergé, etc.). INVITÉS : Céline Huyguebaert Doctorante en études & pratiques des arts, c’est dans le cadre de ses recherches universitaires que Céline Huyguebaert s’est d’abord intéressée à la question éditoriale (en lien avec son travail mixte, entre approches plastiques et littéraires), avant de réaliser elle-même fanzines, livres d’artistes et installations. Après la publication du Drap blanc, son ouvrage le plus ambitieux, chez un éditeur installé, d’importantes questions relatives aux écarts sensibles entre les différents territoires de la création auront émergé, ici détaillées sous la forme d’un texte autobiographique pragmatique et analytique. Des nouvelles du front cinématographique Retour du duo critique constitué de Alexia Roux et Saad Chakali, les artisans du site Des nouvelles du front cinématographique, auteurs d’essais chez L’Harmattan, et déjà présents dans le n°4 d’À partir de. Ils se consacrent cette fois à l’œuvre de Pierre La Police sous l’angle de la néoténie, avec notamment le soutien théorique de Giorgio Agamben.
184 pages n&b 12,5 x 16,5 cm, 15 € 979-10-95922-50-6 — février 2023 retours sur invendus acceptés
Mars
PA RUT IO N : 3 M A RS 2 0 2 3
art&fiction
ESSAI
Cécile Mainar/di
Roman d’exposition. Reward Drawer, le tiroir de récompenses Une trouvaille archéologique faite dans un ready-made de Marcel Duchamp est la matrice de ce Roman d’Exposition que propose Cécile Mainar/di. Une exposition en quinze chapitres, qui sont autant de pièces exposées, autant de pièces à conviction... Une vision née du retournement d’une œuvre de Marcel Duchamp datant de 1923, Wanted : $2,000 Reward, est à l’origine de ce texte. Une quinzaine de chapitres, distincts et autonomes, décrivent l’étrangeté de cette découverte, les tentatives de transcription plastique d’une expérience qui est de l’ordre d’une révélation, et les œuvres auxquelles celle-ci peut prétendre donner lieu.
Un peu comme si cet auteur-artiste-archéologue, ce « regardeur » du futur, « faisant le tableau », en faisait un autre qu’il signe de son propre nom. Mais son nom n’at-il pas déjà disparu ? Traité plasticien, auto-essai, qui déplace le texte sur le terrain de l’exposition, ce livre, à la croisée de l’art et de la fiction, se donne aussi à lire comme une chronique singulière, pour reprendre le vocabulaire de Walter Benjamin.
genre duchampiania, essai, enquête rayon art thèmes Marcel Duchamp, réflexion sur l’écriture, herméneutique postfaces de Daniel Foucart, Camille Paulhan, Vincent Labaume, Jean de Loisy, Agathe Bastide, Vincent Broqua livres connexes Couper à travers les ronces de Camille Paulhan (Sombres Torrents, 2021), Le secret de l’urinoir révélé au monde de Gaspard Delanoë & Julien de Casabianca (Le Laboratoire de la création, 2020), Si une nuit d’hiver un voyageur de Italo Calvino (Gallimard, 2015), Fictions de Borges (Gallimard, 2018) — collection ShushLarry format 11 x 17,5 cm, 132 pages, broché isbn 978-2-88964-049-2 prix CHF 14.90 / € 12
C éci l e M ainar / di | Roman d’ e x position essai
et Paris. Elle a été résidente à la Villa Médicis, où elle est revenue pour y écrire son dernier livret. Son travail a fait l’objet d’interventions et de lectures publiques, ainsi que de créations radiophoniques, comme L’Eau super-liquide. Parmi ses œuvres poétiques : La Blondeur, Je suis une grande Actriste, L’Immaculé Conceptuel, Rose Activité Mortelle, Idéogrammes Acryliques... autant d’ouvrages où Cécile Mainar/di tourne autour d’un point de sidération, depuis lequel le langage lui-même semble ne plus renvoyer qu’à son propre mirage. Elle intervient ainsi régulièrement dans les écoles et les lieux d’art, et oriente de plus en plus sa pratique du côté de l’image, et de la situation parlée, comme si, en somme, toute ses explorations littéraires n’avaient été qu’un liminaire conceptuel à ce geste désormais décisif pour elle de déplacer le poème dans l’art. Son dernier opus, Le Dégré Rose de l’écriture, sous-titré Performance Under Reading Conditions, acte cette conversion, et l’engage dans une écriture résolument artistique. Mais Cécile Mainar/di opère aussi dans le seul champ de l’art. Un format, un genre artistique : les « Mainardises ».
© Gilles Dacquin
Cécile Mainar/di est poète et artiste. Elle vit entre Nice
C éci l e M ainar / di | Roman d’ e x position essai
«
PROLOGUE
son évasure, et dans l’épaisseur condensée des pages de quoi être amortie
PERFORMANCE UNDER READING
comme une balle tirée en plein cœur. Ce
CONDITIONS,
faisant, charge à l’écriture d’en faire aus-
sous-titre que propose l’auteur incertain
si peut-être une autre image, une autre
de ce livre, l’auteur dont le nom transi-
vision. Qu’est-ce qu’une vision ? Parfois
toire et mouvant questionne déjà par sa
j’attends de connaître une phrase par
perte progressive de lettres l’acte de lire.
cœur pour la peindre.
Considérant la lecture comme l’une des conditions possibles, voire futures, de la
Performance under reading condi-
performance et plus largement de l’art,
tions, à condition justement que cette
Cécile Mainar, rebaptisée d’un nom au-
notion de lecture soit prise pour ce
quel manquent désormais deux lettres,
qu’elle est, soit très exactement pour
s’en va donc vous raconter cet épisode
le contraire de l’activité passive qu’on
fondateur où la simple lecture d’un
la suppose être à tort. Productrice de
mot —au centre d’un ready-made de
mécanismes complexes et d’intenses
Duchamp— a basculé dans l’expérience
mises en résonance (au regard desquels
d’une vision. Cette vision, si elle a bien
la performance, dans son apparente im-
eu lieu, s’est presque aussitôt déployée
médiateté, semble se démarquer radi-
en une série d’actions et de réflexions
calement), cette opération de la lecture
conjointes : production de maquettes,
en vient parfois à œuvrer au-delà d’elle
amorces de raisonnements, spécula-
même : elle traverse alors la page, fait de
tions spéculaires… dont l’immédiateté et
la page une toile et, une fois la toile tra-
la faculté de faire irruption dans le pré-
versée, retraverse celle-ci une seconde
sent ne semblent rien avoir à envier aux
fois pour se retrouver à sa surface, plus
exigences telles que les connaît la per-
initialement.
formance et, permettez cette confidence in medias res, dont les lignes que vous
C’est cela aussi à quoi se soumet
avez sous les yeux sont sans nul doute
l’écriture de ces lignes, dont ça n’est
les derniers prolongements.
pas le moindre enjeu pour moi qu’elles n’aient pu être écrites que parce qu’elles
La performance peut-elle recouper
ont déjà d’abord été lues —par prin-
l’expérience d’un sujet en proie à une
cipe dirais-je, autant que dans l’atelier
vision ? Peut-elle consister en un acte
de leur fabrication plastique—. Écrire
de vue ? A-t-elle à voir avec un corps
en tant qu’on agence les conditions de
confronté à une épreuve sans précédent
lecture du texte qu’on est en train de
du regard ? Comme l’apparition béa-
lire en tant qu’on agence les conditions
tique, dont la peinture italienne a donné
de lecture du texte qu’on est en train
de si belles images, la performance a be-
d’écrire… etc… Quelque chose comme
soin qu’on revienne sur elle pour com-
un contre-Pierre Ménard, non plus au-
prendre ce qui s’est passé. Que s’est-il
teur du Quichotte qu’il recopie, mais
passé en effet ? S’il fallut plus de huit an-
lecteur d’un Quichotte que son auteur
nées à Hildegarde Bingen pour essayer
n’aurait pas encore écrit (et pour cause,
de décrire ses visions mystiques, il m’en
il s’y reprend sans fin pour ce faire). Un
faudra certes moins comparativement
anti-Pierre Ménard qui fait lecture d’un
pour relater la mienne si peu initiée.
texte non-écrit. Un Pierre Ménard réver-
N’empêche, il m’en coûtera toujours le
sible, qui lirait un texte (ou seulement un
même effort obstiné pour revenir sur ce
mot) non écrit, et qu’il s’en irait ensuite
qui a eu lieu. Et si l’une comme l’autre
librement commenter. Le photographie-
de ces apparitions (la première sacrée,
rait-on par surprise en train de le lire,
l’autre profane) auraient pu ne jamais en
qu’on le verrait livre à la main, mais que
finir, leur stupeur d’origine s’est identi-
la main serait vide.
quement trouvé dans l’écriture le lieu de
C éci l e M ainar / di | Roman d’ e x position essai Que fait d’autre Cécile Mainar, dont
dessinées. La chose s’était produite avec
le nom persiste dans sa prononciation
la fulgurance d’une vision. Le mot avait
de {« Ménard »} sinon aussi se livrer à la
surgi telle une image. Apparition. Ce fut
brisure et à la fragmentation de son nom
comme dans la phrase de Flaubert.
pour ainsi avoir toujours à le relire ? Oui que fait-elle, elle qui s’abandonnant au
Pareil en cela au lent développement
fantasme de l’effacer pour ne plus de-
des polaroïds, au cours duquel une
venir personne, relit indéfiniment son
seconde suffit cependant pour qu’on
propre nom ?
comprenne et voie l’image, le mot était apparu d’un coup. De telles images,
Des fragments manuscrits de ce
des images belle-au-bois-dormant, qui
texte, certains soir à la lumière de ma
hibernent au bain-marie du ralenti, et
lampe de chevet, je mire en transpa-
semblent ne pas en finir de s’extirper
rence les plus grandes feuilles. A leur
du blanc, exhument soudain le fantôme
danse calligraphique, je les trouve supé-
d’une forme, et oui se donnent à saisir
rieures à l’envers qu’à l’endroit. Comme
d’un coup. La belle au bois dormant
si le théorème que cherche à consigner
n’a besoin que d’un instant pour se ré-
ce texte toujours à venir, toujours à
veiller. Sens du baiser. Baiser du sens.
écrire, s’y donnait là à voir d’un coup,
Avant cela, on pourrait y expertiser l’in-
avec la limpidité d’une image. Qu’est-ce
visible, le néant lui-même si l’on voulait.
qu’une vision ?
Et puis, comme un paysage qui sort de la brume, comme les naissantes et précaires côtes du Cap Corse qu’on aborde en bateau, et dont on doute longtemps,
CHAPITRE I
jusqu’à cet instant de certitude qui fait
REMONTÉES DU MONDE RÉEL
crier Terre ! d’un coup on voit, d’un coup
LES EAUX STAGNANTES D’AVANT
on comprend. Bien avant que la révéla-
L’IMAGE
tion de l’image n’ait touché à sa fin. En cours de noircissement. Si diaphane, si
Que se passait-il dans mon cerveau
laiteux soit encore le papier, si fragiles
au moment où je vis les lettres du mot
et si peu tangibles les linéaments qui
R E W A R D pivoter sur elles-mêmes
s’y dessinent en direction d’un visage,
et s’inverser selon un axe vertical ?
d’un corps, d’un paysage tout entier, de
Comment
retournées
l’étendue des choses, de la puissance du
pour donner à lire en miroir un autre
jour qui en fait éclater le noyau comme
mot à la place ? Distribution de lettres
une coque. La cohérence de la lumière
comme distribution de cartes. Dans ce
émerge du monde par le haut d’un
miroir immatériel, R E W A R D était
glacier.
s’étaient-elles
devenu D R A W E R. Le mot « récompense », celui de « dessinateur ». J’en
Remontée du monde réel. Eaux sta-
croyais à peine mes yeux. Il m’avait
gnantes d’avant l’image. Rizières du vi-
fallu immédiatement vérifier. Et j’avais
sible, le monde en est plein à craquer
aussitôt recompté les lettres en les fai-
d’images en direction d’une seule. Cette
sant se correspondre une à une : la pre-
image à peine vue, extra-visible d’être
mière avec la dernière, la deuxième avec
à peine vue —on imagine une grange
l’avant-dernière, la troisième avec l’an-
dans un paysage de brume — n’existe
tépénultième… et ce, dans un va-et-vient
jamais autant qu’à ce moment-là. Depuis
halluciné de signes qui m’avait semblé
sa calme étendue de lait au repos, elle
rendre le mot plus court, plus long, en
demande à être vue, elle appelle au voir
réalité d’une autre longueur, indéci-
comme on hurle à la mort. Jamais si in-
dable. Leur chiffre était pair. Leur sy-
vocante que lorsqu’elle frôle les ruines
métrie parfaite. Elles étaient toutes bien
blanches du non-être, l’effroyable pâleur
là et dans l’ordre exact. Parfaitement
de ce qui ne l’aurait jamais fait exister. La
C éci l e M ainar / di | Roman d’ e x position essai voit-on alors dans sa structure même ? dans sa structure idéelle, celle même qu’évoque Kafka à la vue d’une maison qui brûle, et qui, parce qu’elle brûle et se voue lentement, inexorablement à cette infinie simplification par le feu — l’extase ralentie de son démembrement— donne à voir, sa structure. Son dessin, noir. Etait-ce cela qui s’était passé ? Avaisje vu la structure d’un mot ? Avais-je lu un mot qui brûle ? La structure d’un mot peut-elle être celle d’un autre mot ? Ou plutôt non : La structure d’un mot peutelle être un autre mot ? Un mot qui brûle.
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—HEAD Publishing Domaine Design, graphisme
Sortie prévue Mars 2023
ISBN 978-2-940510-76-4
Publié en français et en anglais
Collection Manifestes
05 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€ / CHF 17
Anthony Masure Design sous artifice. La création au risque du machine learning Au début des années 2020, des systèmes dit « intelligents » comme GPT-3, OpenAI, Dall-E, Midjourney ou Disco Diffusion permettent de générer des images grâce à des commandes textuelles (« prompts ») associés à de grands jeux de données disponibles en ligne. Participant des technologies du machine learning, ces derniers trouvent leur place dans l’art et les « industries créatives » (design de mode, design graphique, design produit, architecture, etc.) et reconfigurent en profondeur ces métiers, comme l’avaient fait la publication et conception assistées par ordinateur (PAO et CAO) dans les années 1980. Bien que ces productions soient assez vite stéréotypées car elles ne font que remixer des contenus existants, les débats se focalisent sur le possible remplacement de designers par l’intelligence artificielle (IA) et font écran à la question essentielle : quel est le spectre des risques et opportunités du machine learning pour les pratiques de design ? Afin de mieux saisir en quoi ces IA participent de ce que nous proposons d’appeler un « design sous artifice », à savoir une subversion insidieuse de ses principes historiques sous l’emprise des approches cognitivo-comportementalistes, il est tout d’abord nécessaire d’établir une compréhension plus fine des théories psychologiques propres au machine learning. Participant d’une approche neurocognitiviste assimilant le psychisme humain à une commutation de circuits, il s’inscrit dans la (déjà) longue histoire des logiciels de création, qui visent à la fois à démocratiser l’accès aux ordinateurs et à normaliser les pratiques créatives. Tout comme ces programmes ont automatisé un certain nombre de tâches habituellement dévolues aux designers, les technologies du machine learning déplacent et redéfinissent les notions de création et de subjectivité. Faisant courir le risque d’une homogénéisation du monde sensible, elles ouvrent cependant de nouvelles formes de coopération avec les machines, que des studios de design contemporains interrogés dans le cadre de cet essai permettent d’entrevoir. Dans cet ouvrage, Anthony Masure resitue donc les enjeux de l’intelligence artificielle en lien avec le design tout en proposant une série de pistes qui orientent cet idéal d'automatisation à petite échelle, de façon maîtrisée et « sur-mesure », afin que le machine learning ouvre à l’invention et à la curiosité.
Exemples d'illustrations
L'auteur Anthony Masure Anthony Masure est professeur associé et responsable de la recherche à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD – Genève). Sa thèse en esthétique portant sur le design des programmes a été dirigée par Pierre-Damien Huyghe à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur les implications sociales, politiques et esthétiques des technologies numériques, avec un focus ces dernières années sur les enjeux des intelligences artificielles et des technologies blockchain. Il a cofondé les revues de recherche Back Office et Réel-Virtuel. La collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
Son essai Design et humanités numériques a été publié en 2017 aux éditions B42. Il est le cofondateur de Hint3rland (2022), un studio de création pour le monde décentralisé. Site Web : www.anthonymasure.com
position. La collection Manifestes de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
—HEAD Publishing Domaine Architecture, décoration, sciences de l'environnement ISBN 978-2-940510-77-1 Collection Manifestes
Sortie prévue Mars 2023 Publié en français et en anglais
06 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€ / CHF 17
Philippe Rahm Style anthropocène : réinventer l’art décoratif à l’époque du réchauffement climatique et des épidémies À la croisée de l’architecture, de l’esthétique et des sciences de l’ingénieur, ce livre vise à éclaircir l’impensé du retour d’un art décoratif utilitaire dans la lutte contre le réchauffement climatique, et à constituer un catalogue encyclopédique d’éléments décoratifs aux typologies anciennes (tapis, tapisseries, rideaux, miroirs etc. actualisés selon les connaissances scientifiques d’aujourd’hui : effusivité thermique, d’émissivité, de conduction, de réflectance, etc. ) Jusqu’au début du XXe siècle, la décoration d’intérieur en Occident avait un rôle pratique : celui de lutter contre le froid, d’amplifier la lumière ou de bloquer les courants d’air froid. Un tapis servait à ne pas avoir froid aux pieds, une tapisserie à isoler thermiquement les murs ; les cristaux des lustres, comme les miroirs ou les dorures, étaient là pour démultiplier le faible éclairage solitaire des bougies et des petites fenêtres ; un paravent servait à « parer le vent », les rideaux à bloquer les courants d’air. Bien plus efficaces dans ces fonctions climatiques, l’arrivée au tournant du XXe siècle du chauffage central, de l’air conditionné et de l’éclairage électrique, grâce à un usage massif d’énergies fossiles, a rendu caduc cette raison d’être utilitaire et climatique première de l’art décoratif d’intérieur. On a dès lors pu décrocher ces anciens dispositifs décoratifs au profit d’intérieurs épurés, minimalistes, vides et blancs, ceux caractéristiques de la modernité du XXe siècle – une esthétique sous-tendue par le dégagement de CO2 des chaudières à fioul et des centrales à charbon. Aujourd’hui, avec la nécessité de réduire l’empreinte carbone des bâtiments, mais aussi la lutte contre les canicules, apparaissent de nouvelles exigences thermiques et de réduction énergétiques qui demandent par exemple d’isoler les murs avec 20 cm d’isolation thermique. On peut se demander si cette isolation thermique n’est pas en réalité une nouvelle forme de tapisserie qui ne dit pas son nom, et marquerait inconsciemment un retour de la décoration d’intérieur. Si le style moderne du XXe siècle était la conséquence des énergies carbonées, gaspillant sans limite les ressources et l’énergie pour se chauffer et s’éclairer, la décarbonisation du bâtiment est en train d’induire, sans que l’on s’en rende compte, un nouveau style décoratif propre au XXIe siècle où la performance thermique, l’empreinte carbone et l’écologie redéfinissent les choix formels, matériels, et finalement les valeurs esthétiques, culturelles et sociales des intérieurs. Pour la discipline de l’architecture d’intérieur, l’enjeu est de réactiver le sens pratique de l’art décoratif d’intérieur tel qu’il existait avant le XXe et de dépasser son caractère apparemment futile pour inventer de nouveaux modes d’aménagement intérieur, de nouvelles configurations spatiales, formelles, et matérielles, à disposition des décorateurs et des architectes d’intérieur : une esthétique décorative propre au XXIe siècle, que nous proposons d’appeler « style anthropocène».
Exemples d'illustrations
L’auteur Philippe Rahm Docteur en architecture (Paris-Saclay), il a fondé l’agence Philippe Rahm architectes en 2008 à Paris. Son travail a acquis une audience internationale dans le contexte du développement durable. Il notamment remporté le concours de l’aménagement de l’Agora de La Maison de la Radio à Paris. En 2019, avec OMA, il est lauréat du projet de réaménagement urbain du quartier de Farini de 62 hectares à Milan en Italie. Il a enseigné à Princeton, Harvard et Columbia University et Cornell, a été invité, entre autres à la Biennale Venise en 2002 et 2008 et à celle de Sharjah en 2019. La collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
Ses livres les plus récents sont Le jardin météorologique paru aux Éditions B2 en 2019, et en 2020, Écrits climatiques chez B2, Météorologie des sentiments aux Éditions Les Petits Matins ainsi que Histoire naturelle de l’architecture aux Éditions du Pavillon de l’Arsenal.
position. La collection Manifestes de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
—HEAD Publishing Domaine Architecture d’intérieur – études visuelles ISBN 978-2-940510-45-0 Sortie prévue Mars 2021
Publié en version anglaise (langue originale) et française Traduction: Yves-Alexandre Jaquier
01 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€
Javier Fernández Contreras Manifest of Interiors. Thinking in the Expanded Media Prise en tenaille par l’architecture et le design, l’architecture d’intérieur a longtemps souffert d’un manque d’autonomie, de théorisation, et de considération. Dans cet essai, Javier Fernández Contreras, responsable du Département Architecture d’intérieur à la HEAD – Genève, propose une approche originale de son domaine d’expertise, qu’il définit comme un nœud entre culture architecturale et culture visuelle. L’auteur pose que notre expérience de l’architecture est autant façonnée par une relation directe que par un réseau de représentations médiatiques. Si le cinéma, puis le Web ont accéléré le chevauchement de ces multiples modes d’expériences et de médiations, l’auteur propose de resituer ces mutations dans une histoire plus longue. Il fait ainsi remonter à la Renaissance, avec l’invention des techniques de perspective et de projection, la médiation technique de la représentation de l’espace. À l’époque moderne, Le Corbusier a été le précurseur d’une expérience « multimédiatique » de l’architecture par une pensée cinématique de l’espace, l’ajout de slogans et d’images qui venaient compléter l’expérience du bâti. Plus récemment, d’autres architectes comme Rem Koolhaas (OMA) ont institué cette pratique en se posant autant comme constructeurs de bâtiments que stratèges en image de marque. Parce qu’elle se situe entre le temps long de l’architecture et le renouvellement toujours plus rapide des médias, l’architecture d’intérieur se présente comme l’un des lieux les plus agiles et influents de la création contemporaine. Sous la forme d’une enquête historique des relations et hybridations entre objets et images, le texte de Javier Fernández Contreras délivre un plaidoyer pour l’architecture d’intérieur comme laboratoire transdisciplinaire de notre modernité tardive. L’ouvrage s’accompagne d’une riche iconographie en lien avec des moments clés de la mise en espace de l’image dans l’art et, parallèlement, des nouveaux modes de représentation de l’architecture, qui passe par les plans d’une villa palladienne, l’avant-garde cubiste en peinture, l’architecture comme propagande d’Albert Speer, ou la mise en scène de la vie familiale selon IKEA.
Exemples de doubles-pages
L’auteur Javier Fernández Contreras Javier Fernández Contreras a étudié l’architecture à l’Université de Technologie de Delft et à l’École d’Architecture de Madrid – ETSAM (Master, 2006). En 2013, il a obtenu son Doctorat en théorie de l’architecture – avec la plus haute distinction – de l’ETSAM pour sa thèse intitulée ‘Plan Miralles: Pensée et Représentation dans l’Architecture d’Enric Miralles’, finaliste à la Xème édition du concours arquia/tesis. Sa carrière professionnelle combine la pratique professionnelle de l’architecture avec l’enseignement et la recherche universitaires. Il a enseigné le design architectural La collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
à l’ETSAM en Espagne (2007-2012), à l’Université Xi’an Jiaotong-Liverpool – XJTLU en Chine (2013-2014) et au Département d’Architecture de l’ETH Zurich en Suisse (2016). Ses projets architecturaux, y compris des propositions primées dans des concours internationaux, ont été publiés dans huit livres et ont fait partie de plusieurs expositions en Europe et aux États-Unis. Ses essais critiques sur l’architecture et le territoire, la représentation architecturale et les processus de design des architectes contemporains ont été publiés, entre autres, dans Massilia Annuaire des Études Corbuséennes, Perspectives in Metropolitan Research, Princeton 306090, CIRCO, Drawing Matter, ZARCH, Arquitectura COAM, RA Revista de Arquitectura, etc. position. La collection Manifeste de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
—HEAD Publishing Domaine Histoire culturelle
Publié en version française (langue originale) et anglaise
ISBN 978-2-940510-46-7
Traduction: Geoffrey Spearing
Sortie prévue
02 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€
Mars 2021
Jill Gasparina, Christophe Kihm, Anne-Lyse Renon Comment quitter la terre? Les études de l’habitabilité, qui s’appliquent aux conditions de vie et aux manières de vivre, sont essentielles dans la recherche spatiale. Le titre de cet ouvrage collectif, Comment quitter la terre ?, en définit le spectre mais aussi la portée, bien actuelle à l’heure d’une crise écologique sans précédent. Pour répondre à cette question, ses auteur·e·s sont repartis d’écrits consacrés à l’habitabilité spatiale en leur accordant une extension historique et critique. Car ces recherches disposent d’une histoire aussi bien technique que culturelle, depuis les premières études effectuées pour des véhicules spatiaux habités (des fusées V2) jusqu’à celles, plus récentes, associées à la vie confinée lors de futurs voyages sur Mars (Mars 500). Cette histoire dispose aussi de ses points aveugles, à travers son approche globalement techniciste et son imaginaire utopique ou uchronique. Pour répondre de manière critique à ces différents écueils, le parti pris adopté par cet écrit est triple : d’une part, revenir sur les méthodes et les savoirs construits par la recherche spatiale ; d’autre part, rematérialiser l’expérience du spatial en la pensant à partir des objets qu’elle construit et des images qu’elle produit ; enfin, reconsidérer l’habitabilité spatiale à partir d’expériences concrètes et sensibles, reliant le terrestre à l’extraterrestre. Classé dans un ordre de grandeur croissant, qui conduit du gant de protection des combinaisons pour astronautes aux planètes habitables pouvant accueillir la vie, les textes composant cet ouvrage considèrent l’habitabilité spatiale selon les échelles de différents objets, qui font varier ses problèmes. Au-delà d’une histoire technique et de compétitions étatiques, les trois auteur·e·s, chercheur·euse·s en art et en design, s’intéressent aussi aux représentations de ces objets, habitats ou lieux, et aux liens qu’ils entretiennent à un imaginaire que la science peut, sous certaines conditions, partager avec les arts. C’est ainsi qu’à travers ce catalogue d’inventions et de projets richement documenté se dessine un pan de l’histoire culturelle du XXe siècle.
La collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
position. La collection Manifeste de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
Exemples de doubles-pages
Les auteur·e·s Jill Gasparina Jill Gasparina est critique d’art, commissaire d’exposition indépendante et enseignante à la HEAD – Genève. Après des études à l’École normale supérieure (Lyon) et une agrégation de Lettres modernes, elle s’est orientée vers l’étude des arts visuels, la pratique de la critique et l’enseignement en école d’art. Elle a dirigé le centre d’art La Salle de Bains (Lyon), de 2009 à 2013, puis fut en charge de la programmation des arts visuels au Confort Moderne (Poitiers) de 2015 à 2017. Ses recherches portent notamment sur les imaginaires technologiques dans l’art et les phénomènes de massification dans la culture pop. Christophe Kihm Christophe Kihm est professeur à la HEAD – Genève, critique et commissaire d’exposition indépendant. Ses recherches ont notamment porté sur les pratiques artistiques de l’archive, la pédagogie dans les enseignements artistiques, l’expérimentation dans les arts et les arts de l’action. Une approche pragmatique de l'agir a orienté ses recherches plus récentes, à la convergence de l’éthique et de l’éthologie, des manières
d’habiter et des écologies. Il a été associé, pour la HEAD, au projet de recherche ArTeC «Politique de la distraction» (2017-19) en partenariat avec l’ESTCA (Université de Paris 8) et l’Ensad (Paris) et au programme « Action 2 : observer » (2018-19), en partenariat avec l’école de la Manufacture (Lausanne) et la HEM (Genève). Il est aussi requérant principal du programme de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » (2019-21), conduit en partenariat avec le Cnes (Paris) et subventionné par le FNS. Ces différentes recherches ont été l’occasion de publications, associées à des directions d’ouvrages ou à des numéros spéciaux de revues. Anne-Lyse Renon Anne-Lyse Renon est maître de conférence au laboratoire Pratiques et Théories de l'Art Contemporain de l'université Rennes 2, membre associée au Centre Alexandre Koyré (EHESS-CNRS-MNHN) et adjointe scientifique à la Haute Ecole d'Art et de Design (HEAD) Genève. Docteure en esthétique de l'EHESS, son travail croise l'anthropologie du design, l'épistémologie et l'histoire des sciences.
—HEAD Publishing Domaine Design - essai critique
Publié en version française (langue originale) et anglaise
ISBN 978-2-940510-47-4
Traduction: Eric Rosencrantz
Sortie prévue
03 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€
Mars 2021
Nicolas Nova Enquête/Création Si la refonte de l’enseignement supérieur liée au processus de Bologne a encouragé l’essor de la recherche en design dans les écoles d’art, cet intérêt préexistait au sein des agences de design promptes à produire des enquêtes sous diverses formes. Dans cet essai, Nicolas Nova synthétise les principales spécificités de ce type de démarches et démontre en quoi elles échappent aux canons académiques. En effet, la recherche en design est un champ en expansion, qui produit des connaissances sous des formes très variées : textes, dessins, prototypes, interfaces, etc. L’auteur analyse le format de l’enquête comme étant au centre de nombreuses démarches de recherche en design – une enquête qui se nourrit des méthodes des sciences sociales et du journalisme, mais ne se cantonne pas au cadre disciplinaire, agrégeant et se réappropriant des notions issues de champs très divers. Plus que par une seule méthode, c’est par des questions de processus, de dispositifs et d’outils inventés spécifiquement que se distinguent ces enquêtes en design des enquêtes en sciences sociales. Ainsi ces recherches reposent souvent sur la création d’objets matériels, susceptibles d’éclairer des phénomènes, dont l’auteur présente une série d’exemples récents et originaux. Nicolas Nova considère que ces approches de la recherche en design rayonnent au-delà de leur champ d’élection. Elles influencent en effet les « sciences sociales créatives » qui cherchent à élargir leur panoplie de processus de recherche et de restitutions et ouvrent la voie à la recherche en art contemporain, elle aussi en phase d’essor.
Exemples de doubles-pages
L’auteur Nicolas Nova Nicolas Nova est Professeur Associé à la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD – Genève) où il enseigne l’anthropologie des cultures numériques, l’ethnographie et la recherche en design. Il est également co-fondateur du Near Future Laboratory, une agence de prospective et d’innovation impliqué dans des proLa collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
jets de design fiction. Il s’intéresse aux questions d’usages et de détournement des objets techniques dans le champ du numérique avec un point de vue socio-anthropologique. Titulaire d’un doctorat en sciences de la société (Université de Genève) et d’un autre en informatique (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne). Il a été professeur invité à Art Center College of Design (Pasadena, California) et Politecnico di Milano (Italie).
position. La collection Manifeste de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
David Toop Inflamed Invisible Recueil d'écrits sur l'art et le son, 1976-2018 Traduction Sophie Couronne avec la collaboration de Valérie Vivancos à paraître le 3 mars 2023 350 pages – 23 euros isbn : 978-2-492628-05-4
Dans les années soixante-dix David Toop était travaillé par l’idée que la musique puisse ne plus être contrainte par le formalisme d’un auditoire : les applaudissements, les huées, les capacités d’attention limitées, les exigences de gratification immédiate. Envisager le son et l’écoute en tant que pratiques fondatrices en soi emmène la musique vers de nouveaux territoires : extension du temps, nature sauvage, écrans de vidéo surveillance, sculptures chantantes, météo, méditations, vibration et résonance intérieure des objets, communications inter-espèces, modes d’emploi, actions silencieuses, et art de la performance. Toop cherchait à documenter les aspects singuliers et mal connus de ces recherches de son point de vue de praticien et d’auteur. Le défi était d’y parvenir sans être ramené au domaine de la musique en reconnaissant néanmoins la vitalité et l'hybridité des musiques du vingtième siècle qui approchaient galeries d’art, musées, et installations in situ. Toop s’est concentré sur les praticiens, dont les histoires sont aussi fascinantes que les implications théoriques et abstraites de leurs œuvres. Inflamed Invisible rassemble plus de quatre décennies d'essais, de critiques, d'interviews et de textes expérimentaux. Ce recueil est une exploration des strates sonores qui sont à la croisée des préoccupations sensorielles, intellectuelles et philosophiques, couches à travers lesquelles les objets, pensées et l’air même s’animent comme l’embrasement de l’invisible.
David Toop est musicien, écrivain et professeur émérite au London College of Communication. Il a publié Rap Attack, Haunted Weather, Exotica et Ocean of Sound, publié en français en 2001 aux éditions de l’Éclat et dont la version poche est parue en avril 2022. Il a enregistré de nombreux disques depuis 1975 et a collaboré avec des musiciens tels que Brian Eno, John Zorn, Jon Hassell, Derek Bailey, Evan Parker, Scanner, Ivor Cutler, Haruomi Hosono, Jin Hi Kim ou Bill Laswell. Ses écrits sur la musique ont été récemment rassemblés sous le titre Inflamed invisible (2019 Goldsmith Press, London), à paraître en français en mars 2023 aux éditions Jou.
https://davidtoopblog.com
éditions JOU 60 rue Édouard Vaillant, 94140 Alfortville – France mail : contact@editionsjou.net http://www.editionsjou.net
Ishaghpour
Éditions du Canoë
2021
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Décembre
Ishaghpour Kiefer
La Ruine, au commencement Image, mythe et matière
Genre : essai Format : 12 x 18,5 cm Pages : 512 Prix : 24 € ISBN :978-2-490251-59-9 Né en 1940 à Téhéran, vivant en France depuis 1958, Youssef Ishaghpour est le plus français des Iraniens.
Après des études de cinéma à l’école Louis-Lumière et à l’IDHEC, il étudie la philosophie, l’histoire de l’art et la sociologie à l’École pratique des hautes études et à la Sorbonne. Docteur d’État, il a été professeur en histoire de l’art et en histoire du cinéma à l’IUT de l’université Paris-Descartes. Élève de Lucien Goldmann dont il a publié l’ouvrage posthume Lukacs et Heidegger, il s’initie à l’œuvre du jeune Lukacs. Formé par la lecture des œuvres de Walter Benjamin et de Theodor Adorno, il poursuit une réflexion nourrie par la philosophie, l’histoire, la politique et l’esthétique. Son œuvre se démultiplie dans ces différents domaines – peinture – littérature – photographie – cinéma. Mais qu’il s’agisse de Fautrier, Twombly, Courbet, Morandi, Rothko, de Duchamp, de Nizan, de Canetti ou d’Orson Welles à qui il a consacré une magistrale étude en 3 volumes, il est toujours question d’essayer de chercher la compréhension de notre époque à travers ce qu’elle a produit de plus remarquable. Il a publié aux Éditions du Canoë Le Poncif d’Adorno, le poème après Auschwitz, en 2018.
Éditions du Canoë
Il fallait un esprit comme celui d’Ishaghpour, familier de la philosophie allemande comme de l’histoire de la peinture occidentale pour réussir à donner la dimension de l’œuvre de Kiefer et décrypter les mécanismes sous jacents à son élaboration. Né sous les bombes, Anselm Kiefer a appris le monde en jouant dans les ruines. C’est l’origine et l’horizon de son œuvre qui s’est voulue, dès le départ, à la mesure de la grandeur auto-proclamée, auto-détruite et ravagée de l’Allemagne, et, partant de là, de celle de l’Histoire de l’humanité entière, depuis la désolation des paysages calcinés jusqu’aux décombres d’anciens temples, et même du désastre originaire inhérent à la création du monde. Héritier de l’idéalisme et du romantisme allemand, Kiefer englobe et s’approprie tout – du matériel et de l’immatériel, du cosmos et de l’univers humain : ses propres rognures d’ongles et les brins d’herbe, l’empyrée, les cailloux et les fleurs, les mythes de diverses croyances (germanique, juive, grecque, chrétienne, gnostique) la parole des poètes(Ingeborg Bachmann, Paul Celan, surtout, et beaucoup d’autres), les traces de l’Histoire, les anges, les plantes et les constellations. Utilisant des matériaux et des techniques divers, démultipliant les supports (peinture, sculpture, vitrine, livres innombrables, ateliers grandioses, véritables domaines, cosmos à part entière, Kiefer, devant le désenchantement du monde, a recours, comme Wagner avant lui, au mythe et au « grand art ». Cet essai puissant et profond interroge à travers l’œuvre de Kiefer, la possibilité de l’art dans un monde qui – après Auschwitz – a survécu à sa propre ruine. Cet essai, médité et écrit pendant 7 ans est parvenu au Canoë en même temps que l’annonce d’une grande exposition Kiefer au Grand Palais de décembre 2021 à janvier 2022, ce qui a précipité sa publication.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
Éditions du Canoë
2021
5 novembre
Michel Thévoz
Genre : essai Préface de jean Dubuffet Format : 12 x 18,5 cm 32 illustrations couleur Pages : 320 Prix : 24 € ISBN : 978-2-490251-51-3 Michel Thévoz, né en 1936, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, a été conservateur au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, puis conservateur de la Collection de l’Art Brut depuis sa fondation en 1976 et jusqu’en 2001. Il a consacré une trentaine d’ouvrages à des phénomènes borderline tels que l’académisme, l’art des fous, le spiritisme, le reflet des miroirs, l’infamie, le syndrome vaudois, le suicide. Il a publié récemment L’art suisse n’existe pas aux « Cahiers Dessinés » et Pathologie du cadre aux Éditions de Minuit.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com ; tel 06 60 40 19 16
Voici réédité l’ouvrage de référence sur l’Art Brut dans l’écrire, revu et complété, portant sur les documents rassemblés par Jean Dubuffet et Michel Thévoz à la Collection de l’Art Brut à Lausanne. Notre s ociété logocentriste fait du langage un pouvoir, et mesure la compétence d’un individu à son aisance à cet égard. Corollairement, le psychiatre fonde ses diagnostics sur les perturbations de l’expression verbale. Or, derrière les murs de l’asile, ou dans la solitude de leur retraite, certains proscrits de notre société s’expriment par l’écrit, secrètement et assidûment. Exclus de l’échange social, tenus pour irresponsables, ils tiennent le langage de ceux qui n’ont plus rien à perdre, et qui n’ont plus à respecter les règles de communication : langage de la rupture et de l’intensité, qui transgresse insolemment la frontière entre l’écrire et le dessiner, et qui nous révèle l’envers de notre culture.
Diffusion-distribution : Paon diffusion.Serendip
On n’écrit pas seulement pour formuler des idées. Pas seulement pour communiquer quelque chose aux lecteurs ou pour agir sur eux. Pas même nécessairement pour s’extérioriser, pour exprimer sa sensibilité. On écrit aussi parfois, et dans un tout autre sens, pour s’affranchir de soi, pour s’aventurer hors de la sphère personnelle dans un espace imaginaire où se défont les pôles d’émetteur et de destinataire des messages. Le langage en tant que système conventionnel de communication est alors mis à l’épreuve. Sans ces points de capiton que constituent le je, le tu et le il, qui l’arriment à des instances individuelles différenciées, il dérive et s’affole, perdant à la fois son sens et sa fonction. Ce jeu d’écriture, qui consiste à manipuler les mots non comme des instruments de communication mais comme des substances magiques aux effets imprévisibles, est un jeu dangereux, qui touche au principe premier de la socialité. Qui n’a pas été tenté, fût-ce le temps d’un rêve, de jouer ainsi à l’apprenti sorcier, et de se jouer soi-même en se livrant au langage plutôt que 3
de s’en servir ? L’institution culturelle est là, cependant, pour « faire façon » de tels détournements, s’ils se manifestaient de manière durable, et les réintégrer dans une communication au second degré nommée littérature. Celle-ci s’est constituée dans la société occidentale à la manière d’un appareil, avec ses organes administratifs et son réseau de contraintes, où agissent, en amont, la pression de la tradition, l’enseignement, l’initiation, le jeu des filiations et des sélections, et, en aval, les exigences de l’édition, l’attraction publicitaire, la consécration mondaine, l’attente des lecteurs, la vigilance des critiques – contraintes qui se redoublent dans le champ économique par les impératifs du marché du livre1. Ainsi la littérature comme discipline ne se dissémine en aventures individuelles que pour se recueillir et se recentrer continûment, par un travail de réorganisation interne toujours plus intégrateur. Elle redonne une manière d’encadrement institutionnel aux expériences d’écriture les plus exorbitantes, et elle reconduit à un niveau supérieur de sociabilité la répartition des rôles personnels, qui affronte non plus seulement cette fois le je au tu romanesques, mais l’écrivain à ses lecteurs. Or les écrits dont il est ici question ont pour caractéristique première d’avoir échappé à l’institution littéraire et de lui demeurer réfractaires2. Pour les désigner, nous avons adopté, faute de mieux, le terme d’écrits bruts, par
analogie avec celui d’art brut inventé par Jean Dubuffet : « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leurs propre fonds et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe3. » Encore le terme d’Art Brut peut-il lui-même prêter à confusion pour ce qu’il suggère d’immédiateté et de spontanéité à propos d’ouvrages qui sont justement le fruit d’une élaboration hautement réfléchie. Néanmoins, une fois levée cette équivoque, la notion d’écrit brut se définira essentiellement par opposition à la littérature telle qu’on l’entend ordinairement. On considérera comme écrits bruts des textes produits par des personnes non cultivées, ignorant (volontairement ou non) les modèles du passé, indifférentes aux règles du bienécrire, totalement étrangères par conséquent à l’institution littéraire, au monde des éditeurs, des critiques et des lecteurs, et n’ayant de rapport avec le livre, la revue
1 Cf. Jean DUBUFFET, Asphyxiante culture. 2 La présente étude porte essentiellement sur les textes conservés à la Collection de l’Art Brut à Lausanne.
3 Jean DUBUFFET, L’art brut préféré aux valeurs culturelles in Prospectus et tous écrits suivants, tome I, p. 198-201.
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ou le journal, que celui, très détendu, des gens du commun. Encore les auteurs d’écrits bruts se soucient-ils moins que les gens du commun d’être entendus, de communiquer leur pensée ; ils se sentiraient plutôt trahis par n’importe quelle forme de communication. Pour cette raison, ils se mettent en marge de la société, hors les normes, courant ainsi le risque d’être considérés comme mentalement malades – ce qui leur vaut dans bien des cas la détention psychiatrique. Malgré leur indifférence au code de communication et aux très hypothétiques destinataires de leurs messages – ou plutôt à cause de cette indifférence qui les soustrait à la normalisation culturelle et aux préoccupations de lucre et de prestige des écrivains professionnels –, ces auteurs abordent l’écriture avec un esprit de désinvolture, d’invention gratuite et irrespectueuse, de subversion jubilatoire, aussi bien dans le registre des idées que dans celui de syntaxe ou de l’orthographe. L’élément moteur de leurs travaux d’écriture, ce n’est pas la référence familière à des auteurs aînés dont il faudrait prendre l’exemple ou le contre-pied, c’est au contraire un malaise initial à l’égard de toute règle d’expression, un sentiment de non-appartenance qui se résout par une agression inventive contre le langage. La notion d’écrit brut lève une autre ambiguïté qui a pu être entretenue par l’art brut : on a beaucoup insisté sur l’inculture des auteurs, sur leur affranchissement de la tradition et de la mode, sur leur situation « orpheline » par rapport aux artistes professionnels pris, eux, dans des
filiations d’école. Peut-être trouve-t-on effectivement chez quelques-uns – mais quelques-uns seulement – des représentants de l’Art Brut un analphabétisme artistique à peu près intégral. Mais là n’est pas l’important. Ce qui compte, ce n’est pas le taux de notion inculquées, mais l’attitude adoptée à leur endroit. Le fait même qu’il existe ce qu’on peut considérer comme un art brut dans l’écrire est éclairant. En effet, ce serait une absurdité de parler en l’occurrence d’analphabétisme. Le recours au langage écrit indique déjà une relation littérale à l’écriture en général, c’est-à-dire avec la masse diffuse des discours institués. Ce rapport peut être d’appartenance ou d’exclusion, de déférence ou de transgression, d’usage fonctionnel ou de magie, d’application concrète ou de simulacre – c’est évidemment le second terme de ces alternatives qu’il faut retenir en l’occurrence. Les auteurs d’écrits bruts ne parlent pas une autre langue que les écrivains professionnels, ni une langue plus rudimentaire. Ils ne sont ni plus riches ni plus pauvres du point de vue linguistique, et n’affectent ni l’un ou l’autre état. Il faudrait plutôt les considérer comme des intrus danse leur propre langue, comme des voleurs, qui procèdent par rapts systématiques trahissant le sens des mots et perturbant les convenances de la syntaxe. Plus que d’une création ex nihilo, c’est d’un mésusage qu’il faut parler, ou d’un « bricolage » linguistique, au sens que LéviStrauss donne à ce terme.
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Communiqué de presse : École Zéro, édition d’été n°1
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École Zéro, édition d’été n°1 : itinéraire d’une école en construction est une publication de 150 pages qui retrace la création de l’École Zéro par des étudiant.es en lutte, du Séminaire Zéro autogéré initié dans les locaux de l’école d’architecture de Paris-Malaquais à la concrétisation d’une école zéro d’été hors métropole, dans les Hauts-d’Anjou.
Nombre de pages : 150 Dimension : 180*280 Prix de vente : 15 euros ISBN : 978-2-493534-00-2 Direction éditoriale : Caroline Lacroix & Editions Burn~Août Conception graphique : Roméo Abergel
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(1’09’36) On a toujours été dans un schéma où il y a une hiérarchie qui s’établit. Qu’est-ce qu’on fait si on enlève cette hiérarchie-là ? Qu’est-ce qu’on fait si on apporte chacun nos connaissances ? Qu’est-ce qu’on fait si on mutualise tout ce qu’on a et que l’on créé une nouvelle école ? Dans l’idée d’avoir une 21ème école d’architecture... ou plutôt une école zéro ! Roxane, écolier·ère zéro, Table ronde d’accueil
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Communiqué de presse : École Zéro, édition d’été n°1 École Zéro et Éditions Burn~Août « L’École Zéro est une expérimentation et l’Édition d’été en illustre ses fondements. Conçue
comme une archive, elle collecte la matière l’ayant constituée et relate les événements qui ont façonné sa construction. Elle explore ce que cela signifie de s’organiser collectivement. Des idées et envies initiales à leur concrétisation sous ses différentes formes : le Workshop Zéro, le Séminaire Zéro, l’École Zéro, la création de l’association, et enfin, l’objet qui nous intéresse ici : l’Édition d’été n°1 de l’école zéro. Elle explore ce que cela signifie de s’organiser collectivement en son sein et autour. » « Le rassemblement du matériau constituant l’ouvrage s’est effectué en 2 temps. Tout d’abord, il a fallu réunir tout ce qui avait été généré et qui permettait de documenter l’itinéraire de l’École Zéro, depuis ses débuts : lettres, manifestes, notes, mails, affiches, prospectus, esquisses, photographies, enregistrements audio et vidéo, retranscription des tables rondes, etc. Ensuite, nous avons émis un appel à contribution, en mai 2021 adressé à l’ensemble des personnes ayant été impliquées de près ou de loin dans l’aventure afin de livrer un retour d’expérience sur ce que représente l’école zéro aux yeux de ses participant·es nous permettant ainsi de développer un regard critique sur ce que nous avions construit jusqu’ici. Les illustrations et textes qui nous sont parvenus étaient de natures très différentes, tant dans leur forme que dans leur fond. La parole était à tour de rôle factuelle, descriptive, lyrique, personnelle, critique, politique, etc., illustrant ainsi la diversité des visions et approches hébergées au sein de l’École Zéro. À leur lecture, une dimension essentielle en est ressortie et a orienté la structure de l’ouvrage : au-delà de leur diversité, certains textes se répondaient et venaient naturellement créer une mise en débat. Sous nos yeux : une agora de papier où idées, opinions, désaccords, désirs, ambitions et contradictions dialoguaient. »
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« L’idée de l’archive s’est constituée progressivement et parallèlement. Il a fallu composer l’ouvrage selon plusieurs logiques : ne pas perdre le principe de mise en débat, représentative de l’école zéro, tout en proposant un itinéraire rétrospectif et spatialisé de sa fondation. » « Ainsi la publication aborde chronologiquement les différents événements associés à l’École Zéro, {...}. De la même manière, elle livre une sorte de cartographie de ses déplacements : du bâtiment Lenoir au sein de l’ENSA Paris-Malaquais à Contigné ; dans une logique de rapports d’échelles : de l’expérimentation in situ sur le site de l’école zéro d’été à des problématiques territoriales très larges, jusqu’à la formulation de l’hypothèse – ou l’utopie ? – d’une école zéro multiple et non située, qui pourrait se déployer partout. »
(extraits de la note introductive par Caroline Lacroix)
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Communiqué de presse : École Zéro, édition d’été n°1
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École Zéro et Éditions Burn~Août « Le Séminaire Zéro (à l’origine d’École Zéro) ainsi que les Editions Burn~Août sont nés au cours de l’année 2019 dans une atmosphère de révolte nationale et de façon plus locale, dans une dynamique quasi identique de remise en question voire de rejet des 2 institutions dont ils sont respectivement les produits : l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais pour École Zéro et l’École nationale supérieure des Beaux-Arts Paris pour EBA. 2 écoles se partageant inégalement les bâtiments répartis sur plus de 2 hectares au coeur du quartier de Saint-Germain-des-Prés à l’angle de la rue Bonaparte et du quai Malaquais. Il est important de souligner que si les positions géographiques des 2 initiatives se confondent du fait d’institutions mères attenantes, elles se déploient différemment, n’occupant pas les mêmes espaces de projection. École Zéro occupe une place centrale vers laquelle ont convergé·es les étudiant·es de Paris-Malaquais dans un front commun et aucun·e n’en ignore l’existence. Tandis qu’EBA se situe en marge de la vie étudiante des Beaux- Arts {...}. Les 2, opérant alors de manière quasi opposée, l’un ouvertement, l’autre plus discrètement. »
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« Si c’est le hasard d’une rencontre qui a permis leur première connexion, c’est bien la volonté d’École Zéro d’éditer et nous de faire d’EBA un outil qui puisse être fonctionnel et employable par d’autres qui constituèrent la base de ce groupe de travail. Par fonctionnel et employable, nous entendons la mise en place de réseaux pratiques et théoriques afin que circulent les savoir- faire, les compétences et les ressources que nous développons dans nos pratiques respectives. Si il fallait redéfinir le rôle de notre structure aujourd’hui, nous dirions qu’elle n’a pas pour vocation de diffuser des formes éditées, mais plutôt de fluidifier les échanges entre nous par le biais de celles-ci. C’est en tout cas comme cela que nous avons envisagé notre travail avec École Zéro et pour ces raisons que nous décrivons EBA comme un outil. »
récupération par les forces mêmes auxquelles ils s’opposaient ; delà la tendance de certains philosophes à y voir le point de basculement dans le néolibéralisme outrancier. S’inscrire dans la tradition des mouvements d’étudiant·es, c’est en convoquer l’archive lorsque des remous agitent le monde politique. Comme « Se rendre à la source d’École Zéro, ce serait suggéré plus tôt, c’est témoigner que les lieux peut-être remonter jusqu’en 2019, précisément d’études et les savoirs qui y sont produits ne le 29 novembre, lorsque le Conseil d’État rend la sont pas hermétiques au contexte social. En ce décision ordonnant « au ministre de la Culture sens, on se rappelle la charte d’apolitisme que de démolir les 2 bâtiments à usage de locaux l’UNEF, principal syndicat étudiant à l’époque, d’enseignement supérieur implantés dans a été obligée de signer par le gouvernement les jardins de l’École nationale supérieure des au moment de la guerre d’Algérie. Le travail Beaux-Arts avant le 31 décembre 2020 ». Pour éditorial avec École Zéro est de l’ordre de la cause, les 2 gâchent la vue de l’hôtel particulier documentation, documentation d’une lutte du milliardaire François-Henri Pinault. S’en spécifique à une institution, mais qui produit suivent, de la part des étudiant·es de Malaun discours plus large sur le désir d’émancipaquais, une forte mobilisation et la naissance du tion du savoir conduisant les étudiant·es à se Séminaire Zéro. C’est alors toute une école qui coaliser. {...} Garder vive la mémoire des mouvese met en marche contre la victoire hautement ments d’étudiant·es c’est peut-être, des grèves symbolique de l’argent sur la culture. Une de la Sorbonne en passant par la charte d’apolimarche dans laquelle tous·tes – étudiant·es, tisme signée par l’UNEF jusqu’aux luttes contre professeur·es, employé·es de tous les horila loi ORE en 2018, documenter les savoirs et zons – pouvaient trouver des espérances. {...} » manières de vivre dont on a voulu empêcher l’émergence. » « Exister en tant que groupe/collectif/initiative au sein d’une institution supérieure d’ensei« Si dans le paragraphe introductif nous évognement, c’est nécessairement s’inscrire dans quions des élèves et professeur·es à l’assaut la longue tradition des mouvements étudiants. des représentations de l’école, c’est moins pour Aussi vieux que l’université, on peut retrouver proclamer son démantèlement pur et simple la trace de ces mouvements dès le XIIème siècle : que pour signifier une volonté de l’ouvrir sur le monde en en faisant tomber les murs. Dans le les étudiant·es de La Sorbonne proclamant la contexte actuel de destruction des universités grève à chaque arrestation d’un·e étudiant·e et de privatisation des écoles et face à la prespar la police ou en 1453, à l’assassinat de Raymond de Mauregard par les sergents du Châte- sion croissante du pouvoir il devient de plus en plus urgent de s’extraire de l’enclave que let. Si les événements de Mai 68 sont les plus commence à former le système institutionnel. communément cités, ils ont fait l’objet d’une
École Zéro présente ici son plan d’évacuation ; une stratégie qui, informée par la mémoire militante et la théorie des savoirs situés, a pour objectif de faire fuir la création de savoirs des lieux par lesquels elle est communément délimitée. Il s’agit alors de dépasser la position critique universitaire, position qui en faisant office de diagnostic n’est que réaffirmation du problème. Il n’y aurait de critique admise que si elle est la base commune à partir de laquelle il devient possible d’explorer les possibilités objectives du réel et d’expérimenter leurs concrétisations en inventant de nouvelles manières de vivre. C’est dans cette voie-là que se situe le travail d’École Zéro dont il nous a paru évident de diffuser les productions textuelles et plastiques de ses écolier·ères tant nous y trouvons du sens dans la réédification de mondes post-pandémiques. »
(extraits de la préface par les Éditions Burn~Aout)
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page 5 sur 7 À PROPOS DU COLLECTIF ECOLE 0
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École Zéro est un collectif fondé en 2020 dont l’objectif est de réfléchir aux différentes manières de « faire école » collectivement, en mettant en relation l’aménagement du territoire avec différents champs disciplinaires et en proposant notamment d’explorer les territoires hors métropole. Elle est un espace de rencontre, de partage, de recherche et d’expérimentation à différentes échelles et sous des formes alternatives de création ouvertes à tous·tes et s’adressant à une grande diversité d’acteur·trices public·ques et privé·es. École Zéro a animé le Séminaire Zéro (2019-2020) et a organisé deux écoles d’été : Contigné (2020) et Richelieu (2021).
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Communiqué de presse : École Zéro, édition d’été n°1 École Zéro et Éditions Burn~Août Éditions Burn~août est un projet éditorial indépendant ayant comme noyau dur un groupe affinitaire qui se disperse à travers ses collaborations. En tant qu’éditeurs, nous envisageons la portée de nos gestes moins à des fins de production que de connexions. Par le biais de ces réseaux de complicité que nous construisons, nous voulons poser les bases d’une certaine forme d’autonomie. Elle repose sur l’élaboration d’un réseau autre à partir d’un piratage de la circulation classique des biens culturels. Cela implique des conséquences formelles et économiques : mise en doute de la forme livre et de sa diffusion, mise en doute du terme même de diffusion auquel nous préférons celui de dissémination — l’intégralité de notre production est en accès libre sur notre portail de télé chargement. En faisant cela, nous encourageons son appropriation, sa transformation, son utilisation et sa copie. Éditions Burn~Août a publié : De la misère de John D. Alamer (2019), L’usage de la violence de John D. Alamer (2020), Comment démonter un monument de Sarah Parcak et @decolonizethisplace, traduit par Mamaroad (2020), Cycle Labor n°1 : Labor, de Gauthier Andrieux Chéradame (2021), Chaque jour sa peine archives 2019-2020, par Gustave Birchler et la G.A.L.E (2021),Vers un modèle rentable pour une maison d’édition autonome de Marc Fischer, traduit par B. Ab’cassis (2021), Politiser l’enfance : une pré-anthologie, co-édité par Laurel Parker Book, John D. Alamer et Vincent Romagny (2021), École Zéro, édition
d’été n°1, itinéraire d’une école en construction, co-édité avec École Zéro (2021), Nous faire justice, reader sur le viol et les ripostes extra-pénales par Thelma Lauren et John D. Alamer (2021) → catalogue
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Les éditions Burn~Août sont rattachées à l’association : Camille Honnête (SIRET : 89143747700013) 13, rue des coudes cornettes 93230 romainville
Coordination : Eli Abenhag Théo Pall Alié·es : Pascale Bouchet Lou Ferrand Eugénie Zély +33 (0)7 50 33 63 55 burnaout@riseup.net
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Communiqué de presse : École Zéro, édition d’été n°1 École Zéro et Éditions Burn~Août École Zéro Contacter : bonjour@ecolezero.com Suivre : @ ecole_zero Retrouver : http://ecolezero.com/ Éditions Burn~Août : Contacter : burnaout@riseup.net Suivre : @editions_burn_aout Télécharger : http://editionsburnaout.fr/
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Crédits photos : Spag Bertin : p.1, p.2, p.7 Théo Pall : p.1, p.3, p.4, P.6
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PENSÉES CONSTRUCTIVES ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000 ÉMELINE CURIEN
Publication avril 2019
DOSSIER DE PRESSE La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
FICHE TECHNIQUE 304 pages Hard Cover, format 165 * 330 mm Cette édition a bénéficié du soutien de la Cellule architecture de la Fédération WallonieBruxelles et de l’école nationale supérieure d’architecture de Nancy. Imprimeur : Tiskárna Helbich, a.s. / Brno / République tchèque Graphisme : Antoine Lantair et Pierre Geurts Diffusion en Belgique et en Europe : Adybooks Diffusion pour le reste du monde : Editions Fourre-Tout et MOTTO. Éditions Fourre-Tout Directeur : Pierre Hebbelinck Responsable éditorial : Pierre Geurts 43 rue Fond-Pirette, B-4000 Liège, Belgique Téléphone : +32 (0)4 226 53 26 Email: fourretout@pierrehebbelinck.net LA PRÉSENTE ÉDITION EST TIRÉE DE LA THÈSE
L’architecture suisse alémanique 1979-2007 Pensées constructives Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne Histoire de l’art Architecture Doctorat de l’Université Thèse dirigée par Monsieur MASSU Claude Soutenue le 27 janvier 2012 AUTEURE Émeline Curien
L’architecture suisse alémanique constitue probablement le courant le plus important de la scène architecturale contemporaine. Son apport, dans le contexte singulier qui a suivi la crise postmoderne des années 1970, est considérable. Rarement, dans l’histoire de la discipline, théorie et pratique n’auront été à ce point soudées en une même force productive. Puisant aux sources vivantes de la pensée et des oeuvres des principaux protagonistes de la période (Peter Zumthor, Diener et Diener, Herzog et de Meuron, Burkhalter et Sumi, Miroslav Šik, Gion A. Caminada, Christian Kerez…), Émeline Curien restitue, avec limpidité, la complexité d’un tissu problématique d’une incroyable richesse sémantique. Explorant un vaste espace de conception, historiquement structuré autour de la notion de construction, ce livre passionnant offre au lecteur une synthèse précieuse. Il porte un regard neuf sur l’une des contributions collectives les plus conséquentes à l’architecture de notre temps.
DIRECTEUR DE PUBLICATION Pierre Hebbelinck GRAPHISME, SUIVI ÉDITORIAL Pierre Geurts et Antoine Lantair (NNstudio) INFOGRAPHIES ET PLANS Margot Joyes CONSEILLER EN DROITS D’AUTEUR Jean-François Henrotte PARTICIPATION AUX RECHERCHES ICONOGRAPHIQUES Émeline Basselin PHOTOGRAPHIES Émeline Curien.
Joseph Abram
ISBN 978-2-930525-16-7
9 782930 525167
Prix Public : 30 euros TTC D/2019/10.235/1 isbn 978-2-930525-16-7
DOSSIER DE PRESSE
ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000
La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
© Ralph Feiner, Malans (CH).
A propos du livre « En Suisse, on dessine une construction ». C’est en ces termes qu’Henri Bresler décrit la spécificité de l’architecture helvétique. Dessiner une construction ? Cela laisse entendre une façon particulière de concevoir, dans laquelle les aspects constructifs sont pensés dès les origines de la réflexion. L’édifice serait indissociable des choix liés aux matériaux, à leur mise en forme et à leur mise en œuvre. Ceux-ci ne viendraient pas « après coup » au terme d’une réflexion formelle, et ils ne pourraient être modifiés sans remettre en question l’intégralité du projet. Mais utiliser le terme « dessiner », n’est-ce pas aussi suggérer que la construction fait l’objet d’une mise en forme spécifique, et qu’elle n’est pas que le résultat d’une approche rationnelle fondée sur des nécessités techniques et économiques ? Elle serait aussi le résultat d’un dessin fait par l’architecte selon des critères non seulement techniques, mais aussi plastiques, symboliques, théoriques, sociaux, philosophiques…
S’interroger sur la construction dans l’architecture suisse, c’est donc s’intéresser aux liens indissociables entre les questions constructives et leurs implications spatiales, esthétiques et culturelles. C’est plus largement considérer la pensée des architectes, la manière dont ils conçoivent – dans tous les sens du terme - leurs édifices. C’est donc d’une part chercher à comprendre leur démarche de travail et les outils et théories qu’ils mobilisent au cours du processus de projection, mais c’est aussi, d’autre part, essayer de saisir, pour chacun d’eux, le sens qu’ils donnent au bâtir, la vision qu’ils ont de leur métier et de leur rôle dans la société. Emeline Curien a suivi une formation d’architecte et a réalisé une thèse en histoire de l’art. Elle enseigne à l’ENSArchitecture Nancy et est chercheuse au LHAC, laboratoire dans lequel elle poursuit ses recherches sur les pratiques contemporaines de l’architecture. Elle est l’auteur des ouvrages Gion A. Caminada, S’approcher au plus près des choses (Actes Sud, 2018) et de Pourquoi bâtir encore? Atelier d’architecture Eric Furnémont (Editions de la Province de Liège, 2019).
© Sherry Steinmann.
DOSSIER DE PRESSE
ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000 Visuels du livre
La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
DOSSIER DE PRESSE
ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000 Pages intérieures
La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
DOSSIER DE PRESSE
ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000 Pages intérieures
La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
DOSSIER DE PRESSE
ARCHITECTURE SUISSE ALÉMANIQUE 1980 – 2000 Pages intérieures
La présente édition est une co-production des Editions Fourre-Tout et de l’ENSArchitecture Nancy
SEPTEMBRE 2022
Naço INTUITION Marcelo Joulia Éditions Imbernon/Syndicat Empire
LE SUJET
Créer, voyager, dessiner, construire : c’est l’ADN du bouillonnant architecte et designer Marcelo Joulia. Chassé de son pays, l’Argentine, par le coup d’État militaire en 1976 il a puisé dans ce traumatisme personnel la force des grands bâtisseurs. Depuis trente ans, il a fait de son agence Naço – « intuition » en guarani –, le laboratoire d’une architecture globale et inventive qui décloisonne les genres et les métiers, mêlant les savoirs, les arts et les parcours. N’appartenant à aucune école, farouchement attaché à son indépendance et à sa liberté, il a imaginé un espace de création unique dont le savoirfaire et la rigueur s’épanouissent aussi bien dans l’univers du luxe que dans celui de la mobilité urbaine ou des grands projets architecturaux. Aventurier insatiable, il s’intéresse à tout, immeubles de grande envergure, design, mobilier, vélos, bateaux, et ne s’interdit rien. Sa passion : travailler en équipe, faire se rencontrer des talents pour imaginer des mondes. Épicurien, gourmand, généreux, passionné d’art et de gastronomie, Marcelo Joulia invente des lieux à son image, uniques et accueillants, toujours dynamiques. Ce livre retrace la vision d’un homme et d’une agence qui a su s’entourer des meilleurs pour continuer à faire vivre dans le futur une architecture exigeante et iconoclaste. PUBLIC VISÉ ● Étudiants : en architecture, urbanisme, anthropologie, géographie, etc. ● Professionnels ● Amateurs/Épicuriens
CARACTÉRISTIQUES DE L’OUVRAGE Code Serendip Collection ISBN 978-29-19230-33-4 Format 215 x 320 cm Nbre pages 560 Cartonné, très illustré jaquette faisant office d’affiche Prix 80€
SOMMAIRE
Entretien de Marcelo Joulia par Jérôme Sans Introduction par Vanessa Schneider
L’architecture sans limite Entretien réalisé par Jérôme Sans en juillet 2020 JS Comment vous définiriez-vous ? Comment définiriez-vous votre activité ? Marcelo Joulia Je suis un bricoleur, un « faiseur » qui a appris à s’adapter, construire et rebondir à partir de peu de choses. J’aime faire. Depuis très longtemps, j’ai accepté de ne pas être un penseur. Cela ne veut pas dire que je ne réfléchis pas, mais j’aime avant tout l’acte de bâtir, de construire, de souder les choses ensemble. JS Autrement dit, aimez-vous l’idée qu’autrefois les architectes étaient considérés comme des bâtisseurs ? MJ Oui, tout à fait. Les architectes étaient considérés comme des bâtisseurs au sens large, qu’il s’agisse de bâtisseurs de cathédrales ou de trulli dans les Pouilles. Le bâti est un tout construit. Je passe beaucoup de temps à réfléchir à un projet, à l’objet, au bâtiment, mais j’apprécie encore plus la réalisation. Les projets qui ne se construisent pas ne m’intéressent pas. JS Vous êtes architecte, urbaniste, scénographe, designer, graphiste, restaurateur : que répondez-vous à ceux qui s’interrogent sur votre éclectisme ? Que signifie cette somme hétéroclite de projets ? MJ Je suis même allé jusqu’à fabriquer des jus de pommes, produire des légumes frais, concevoir des vélos et bien d’autres choses encore ! Au premier regard, cette diversité de projets peut sembler très hétérogène, mais entre l’architecture et la gastronomie ou les autres champs dont vous parlez, j’ai la conviction qu’il existe une cohérence et de multiples connexions et passerelles. JS Vous êtes né en Argentine, mais votre grand-père était Aveyronnais. Vous êtes arrivé en 1976 en France après le coup d’état en Argentine. Quelle est votre relation avec la France ? MJ Mes premières années en France furent en tout point inoubliables. Plusieurs images ont marqué mon arrivée à Paris en 1976. J’avais alors seulement dix-sept ans. Ma première impression fut celle de l’expérience de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle dessiné par Paul Andreu conçu en 1967 et mis en service depuis 1974. C’est un bâtiment extrêmement futuriste, que l’on surnommait « le camembert », qui vous place dans un état de transit, d’entre-deux, de voyage quasi poétique vers le futur, connu pour ses passerelles en tubes transparents avec ses tapis roulants qui se croisent dans le vide, du centre du bâtiment sous une fontaine. Nous venions de quitter notre pays natal avec ma sœur et nous ne savions rien de ce qui nous attendait. Nous ne parlions pas un mot de français. Très angoissés, nous laissions sortir les gens de l’avion qui se vidait progressivement. Puis, une fois dans l’aéroport, nous nous sommes littéralement perdus. Nous ne savions pas comment sortir. Le plan du terminal en forme circulaire nous plongeait dans un état de confusion : étions-nous arrivés au niveau de la douane ou de la sortie ? Nous sommes peut être resté deux ou trois heures à tourner en rond ainsi. Il nous a finalement fallu suivre d’autres voyageurs pour trouver notre chemin vers l’extérieur. Je me souviens de ces tapis roulants extraordinaires en caoutchouc, au lieu d’être en métal comme c’est souvent le cas aujourd’hui. N’étant pas originaire d’une grande ville comme Buenos Aires, mais d’une petite ville de province, Córdoba j’ai fortement ressenti la puissance du pays qui allait m’accueillir une fois passées les portes de l’avion. Une seconde image m’a frappé la même année, celle du Centre Georges Pompidou de Renzo Piano et Richard Rogers alors en construction. Son ouverture en 1977 fut un évènement mémorable avec ses 2400 m2 de bibliothèque gratuite ouverte presque « 24 heures sur 24 ». Son accès est plus restreint aujourd’hui, car nous sommes trop nombreux, mais à ses débuts, c’était un endroit absolument fascinant. Un lieu de vie d’une nouvelle génération ouvert à tous. JS Quel a été votre parcours universitaire à Paris ? Êtes-vous entré immédiatement en école d’architecture ou avez-vous étudié d’autres disciplines ? MJ À mon arrivée à Paris en 1976, j’ai pris conscience que la France était un pays de « spécialistes ». Il y avait de multiples spécialités propres à chaque domaine de santé par exemple et pour toutes les sphères de la société. Immédiatement, j’ai su que je ne serais jamais un spécialiste. Je voulais défendre l’idée que je pouvais toucher à de nombreuses disciplines, sans me fixer de limites. Dix ans plus tard, j’ai commencé des études d’architecture à l’école nationale d’architecture de la Villette. Auparavant, j’ai étudié le français au Centre universitaire expérimental de Vincennes fondé en 1968. C’était une université résolument expérimentale, un lieu invraisemblable, délirant. J’ai vécu l’effervescence de cet endroit innovant et ouvert sur le monde contemporain, où de nouvelles matières étaient enseignées pour la première fois comme les arts ou l’urbanisme, avec son « souk » dans l’entrée. Tous
CHAISES PROTOTYPES
Coucoumaria
Cuadratura
Réalisations dans le cadre de séries pour le concours du conseil général de Belfort, France.
1989
1992
2000
Conception et réalisation du concept complet et direction artistique pour ce club festif destiné aux jeunes, centré sur l’éphémère et le nomade, animé de musique 24h/24. Tunisie.
CLUB MED OYYO
SEPTEMBRE 2022
Habiter Bruxelles « sans abri » Elisabetta Rosa Éditions Imbernon LE SUJET Quatrième volume d’Habiter. Cahiers transdisciplinaires. Comment les personnes sans-abri habitent-elles la ville ? Quel rapport à l’espace construisent-elles ? De quoi est faite la ville qu’elles habitent ? La présence des personnes sans-abri dans les espaces publics de la ville est souvent perçue comme celle d’une altérité indépassable qui dérange, met mal à l’aise, fait peur. Issue de cinq années de recherches et d’enquêtes ethnographiques menées à Bruxelles, la réflexion développée dans ce volume interroge ces représentations de manière critique et propose une compréhension différente des personnes sans-abri et des espaces qu’elles pratiquent. Pour ce faire, la question du sans-abrisme est abordée au prisme de l’habiter, en prenant en considération la quête de ces personnes d’espaces habitables. Comment une telle approche peut-elle contribuer à la reconnaissance des personnes sans-abri en tant qu’habitants légitimes de la ville ? Comment une telle reconnaissance peut-elle devenir une opportunité pour repenser le projet urbain, l’habitabilité de la ville et les possibilités de coexistence qu’il vise à concrétiser ? Les cinq parties qui composent le volume explorent la relation entre l’habiter « sans-abri » - avec une attention spécifique portée aux femmes – et les transformations de l’espace urbain. Ce faisant, « le sans-abrisme » perd ses contours de phénomène unique et uniforme : des géographies multiples se révèlent, faites d’une pluralité de modes d’occupation des espaces publics, d’une hétérogénéité d’espaces investis, d’une diversité de personnes concernées. Chacune d’entre elles construit et reconstruit constamment le rapport à la ville qui lui est propre, et performe ainsi sa quête d’espaces habitables. Situé au croisement de la géographie sociale, de l’ethnographie, de l’architecture et de l’urbanisme, cet ouvrage mobilise également des formes d’écriture variées en tant que résultat de collaborations artistiques mises en place pour la réalisation d’un web-documentaire et d’un film. Ainsi, ce texte pourra se lire comme tentative de raconter l’entrelacement/l’agencement entre des géographies et des cartographies qui peuvent paraître très éloignées, mais qui n’existeraient pas les unes sans les autres : celle d’une ville habitée par des personnes sans-abri, celles tracées et effacées par l’impermanence de leur habiter, et celles que l’autrice dessine en passant d’un endroit à l’autre, d’un positionnement à l’autre. L’hybridation méthodologique entre parole écrite, images photographiques, dispositifs audiovisuels permet alors de sortir d’une représentation unique et réifiant des personnes sans-abri et des espaces qu’elles habitent, et de produire une forme de connaissance fondée sur des points d’observations variés, à partir de moyens et d’hypothèses multiples. Ainsi, le volume pourra se lire comme
un terrain d’expérimentation où se révèle et se raconte une ville « autre », où imager d’autres futurs devient possible.
argumentaire
Comment les personnes sans-abri habitent-elles la ville ? Quel rapport à l’espace construisent-elles ? De quoi est faite la ville qu’elles habitent ? La présence des personnes sans-abri dans les espaces publics de la ville est souvent perçue comme celle d’une altérité indépassable qui dérange, met mal à l’aise, fait peur. Issue de cinq années de recherches et d’explorations ethnographiques menées à Bruxelles, la réflexion développée dans ce volume met en question ces représentations stigmatisantes et propose une compréhension différente des personnes sans-abri et des espaces qu’elles habitent. ●
Public visé
Étudiants : en architecture, urbanisme, anthropologie, géographie, etc. ● Professionnels confirmés désireux d'actualiser leurs connaissances ou de nourrir leur réflexion sur ces questions fondamentales aujourd’hui. ●
CARACTÉRISTIQUES DE L’OUVRAGE Code Serendip Collection ISBN Format Nbre pages Broché, très illustré Prix
Habiter 9782919230358 21 x 24 cm 184 22€
SOMMAIRE 1 – Traverser, explorer, raconter l’habiter « sans-abri » à travers les marges de la ville 2 – Géographie des espaces habités 3 – Monumentalités / Interstices & Voiries / Plis (dessins de Nuno Pinto da Cruz) 4 – Habiter « sans abri » au féminin. Pratiques, affects et récits 5 – Habitées, sans abri Épilogue
publication :
Les Cahiers d’Europan 16 en France - Villes vivantes Titre :
Les Cahiers d’Europan 16 en France - Villes vivantes
Caractéristiques
(sous réserve d’ajustement de la conception graphique)
EAN: 9782957244348
Sortie : octobre 2022 Format fermé : 140 x 250 mm / 112 pages Intérieur - 16 pages impression argent sur papier Keaykolour Azur 120g - 64 pages imp. noir (1/1) sur Munken Print White main 2.0 90g/m2 - 16 pages imp. noir (1/1) sur Keaykolour Citrus Yellow 120g/m2 - 16 pages imp. noir (1/1) sur Keaykolour Particles Snow Recyclé 100g/m2 Couverture Marquée à chaud à vide sur Groccer Kraft 270g + impression en pantone métallique des 136 noms des jeunes concepteur.rice.s sélectionné.e.s en France Tirage : 650 ex., 200 ex. destinés à la vente Prix de vente : 9 € ISBN : 978-2-9572443-4-8
Maquette
Les éléments iconographiques en couleur sont concentrés en un seul feuillet introductif. Le reste du contenu se déploie en N&B. Les textes sont mis en avant par une mise en page simple facilitant la lecture.
Contenu
Les Cahiers d’Europan 16 portent un regard réflexif et transversal sur les idées et questionnements principaux de la session 16 d’Europan. Se superposant au catalogue des résultats sans s’y substituer, ils sont autant une prise de recul sur la session 16 qu’un prolongement prospectif sur les explorations à mener dans la session 17, dont le thème porte également sur les Villes Vivantes. Les Cahiers d’Europan 16 cherchent également à relier ce cadre théorique et thématique, notamment autour du Care, aux applications et conséquences pratiques qu’il implique. Les Cahiers d’Europan 16 se présentent sous la forme de trois feuillets reprenant les trois axes des tables rondes qui se sont déroulées le 8 février à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Ils en résument les principaux apports, rapportent certains dialogues et en prolongent les conclusions par des approfondissements ciblés. Le premier feuillet traite des nouvelles limites et des nouveaux rythmes à prendre en compte, voire à démultiplier, dans le cadre d’une utopie du Care. Le deuxième feuillet pose la question des relations et des collaborations à mettre en œuvre au sein des territoires du vivant et de ce que nous pourrions nommer un urbanisme du tiers. Le troisième feuillet se demande de quelle(s) manière(s) l’éthique du vivant appelle à repenser notre conception de l’architecture. Le célèbre « architecture ou révolution » du XXe siècle est-il amené à muter en « maintenance ou révolution » ? Un feuillet introductif présente les figures récurrentes et les représentations spécifiques élaborées par les projets sélectionnés. Un feuillet conclusif met en avant les détails innovants des propositions que ce soit au niveau des outils convoqués, des mots employés ou des formes et typologies déployées.
Public visé
Les concepteurs des disciplines de l’espace (architectes, paysagistes, urbanistes, programmistes, ingénieurs, écologues…), professionnels, chercheurs et étudiants mais aussi les maîtres d’ouvrages, les promoteurs, les collectivités territoriales et leur services… bref pour tous ceux qui s’intéressent à la création et l’innovation architecturale et urbaine voulant enrichir leur propre pratique ou contacter des équipes talentueuses.
Les auteurs
Collectif dont Hélène Peskine, secrétaire permanente du PUCA, Raphaël Besson, Julia Tournaire, Nicolas Binet, Freddy Kaczmarek, Christian Dautel, Shiraz Moret-Bailly, André Kempe, Jean Richer, Louis Vitalis et Marie Tesson. Également, des retranscriptions de plusieurs interventions du 8 février à la Cité d’architecture et du patrimoine dont une retranscription des propos de Djamel Klouche, grand prix d’urbanisme 2021.
contacts éditeur : Europan France, Isabelle Moulin - i.moulin@europanfrance.org - 01 48 57 72 66 diffuseur : Paon diffusion, Antoine Leprêtre - paon.diffusion@gmail.com - 06 71 31 20 40 distributeur : Serendip livres - contact@serendip-livres.fr
APRÈS LA RÉVOLUTION NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
Après la révolution est un journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti. Ce troisième numéro thématique annuel traite de la pédagogie comme transformation des êtres. Il engage un bilan critique des modalités programmatiques et organisationnelles de pédagogies issues de processus insurrectionnels et révolutionnaires dans le monde, d’un point de vue théorique, critique mais aussi en donnant la parole à des acteur·ice·s de ces événements. Ce travail est accompagné de la republication de documents historiques peu accessibles et d’hypothèses infrastructurelles. Il explore parallèlement d’autres architectures possibles pour les contes-
tations et d’autres pédagogies à mettre en œuvre après la révolution. Comité de rédaction du journal : Manuel Bello Marcano, Lynda Devanneaux, Adrien Durrmeyer, Anaïs Enjalbert, Sara El Alaoui, Émilien Épale, Paul Guillibert, Marianna Kontos, Thimothé Lacroix, Léo Pougnet, Claire Thouvenot, Amélie Tripoz, Emma Vernet, Xavier Wrona. Ce journal est une des activités de l’association Après la révolution, basée à Saint-Étienne. Ce numéro 3 comprend 63 contributions. Il est imprimé, relié et façonné à Saint-Étienne par les membres de l’association Après la révolution.
Format : 20,8 x 29,5 cm, 350 pages environ ISSN : 2678-3991 ISBN : 978-2-493403-08-7 Prix : 20 euros minimum Rayons : Beaux arts / Essais Thèmes : Architecture / Philosophie / Sciences sociales Sortie : 3 février 2023
SOMMAIRE DU NUMÉRO ÉDITO INTRODUCTION GÉNÉRALE – Le comité de rédaction
DOCUMENTS INTRO – Le comité de rédaction LE MAÎTRE IGNORANT – Jacques Rancière (Extraits) PÉDAGOGIE DE L’OPPRIMÉ – Paulo Freire (Extraits) UNE SOCIÉTÉ SANS ÉCOLE – Ivan Illich (Extraits) LA MÉTHODE NATURELLE DANS LA PÉDAGOGIE MODERNE » POUR LE TEXTE DE CÉLESTIN ET ÉLISE FREINET – Célestin & Elise Freinet (Extraits) LA PÉDAGOGIE ENGAGÉE – Bell Hooks (Extraits) UN HAMSTER À L’ÉCOLE – Nathalie Quintane (Extraits) L’ÉCOLE EN RÉVOLUTION. L’APPLICATION DES MÉTHODES DEWEYENNES EN RUSSIE SOVIÉTIQUE – Guillaume Garreta FAMILLE ET ÉCOLE – Nadejda Kroupaskaïa LA FAMILLE ET L’ÉTAT COMMUNISTE – Alexandra Kollontaï DISCOURS SUR LES SCIENCES ET LES ARTS & LA PENSÉE ÉDUCATIVE DE CONDORCET – Jean-Jacques Rousseau & Bernard Jolibert YOUNG LORDS. HISTOIRE DES BLACK PANTHERS LATINO – Claire Richard (Extraits) BLACK MOUNTAIN COLLEGE BULLTIN 2. “CONCERNING ART INSTRUCTION” – Josef Albers LOUISE MICHEL. MEMOIRES : 1886 – Claude Rétat UN ARCHITECTE DANS LA « RÉPUBLIQUE DES ARTS » – Aurélien Davrius & Jacques-François Blondel REFLECTIONS ON LITTLE ROCK – Hanna Arendt
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
NOUS VOUS ÉCRIVONS DEPUIS LA RÉVOLUTION. RÉCITS DE FEMMES INTERNATIONALISTES AU ROJAVA – Collectif L’ARPENTAGE OU LE PARTAGE COLLECTIF DU SAVOIR – Zoé Maus (CIEP-communautaire) MY PEDAGOGIC CREED – John Dewey EL SOCIALISME Y EL HOMBRE EN CUBA – Comandante Ernesto Guevara WHO SHALL SURVIVE ? – Jacob Moreno
ÉPISTÉMOLOGIE INTRO – Le comité de rédaction COMMENT PASSER D’UNE PÉDAGOGIE DU CAPITAL À UNE PÉDAGOGIE REVOLUTIONNAIRE ? INTRODUCTION À LA SECTION « EPISTÉMOLOGIE » – Léo Pougnet pour le comité de rédaction LE SYSTÈME ÉDUCATIF : POUR L’AUTONOMIE ET L’ÉMANCIPATION – Cybèle David THÈSES SUR FEUERBACH 3 – Karl Marx VHUTEMAS. PROGRAMME PÉDAGOGIQUE, RÈGLEMENT ET VISITE DE LÉNINE AUX VHUTEMAS – Documents d’époque traduits du russe PROGRAMME PÉDAGOGIQUE DE L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE CRÉATION INDUSTRIELLE – Patrick Bouchain 18 PRINCIPES POUR DÉVELOPPER UNE PÉDAGOGIE ÉMANCIPATRICE DANS LES ENSA – Adrien Durrmeyer & le comité de rédaction
PÉDAGOGIE INTRO – Le comité de rédaction DÉCOLONISATION DU CAPITALISME – Océane Arbez & Anaïs Ordonneau DÉFINANCIARISATION, PROGRAMME DE DISSOLUTION DU SYSTÈME DU MARCHÉ – Claude Lahaye & Marie-Annick Rabefiraisana DES GRAINES LIBRES À LA RÉSISTANCE DES TERRITOIRES – FX. Bodet & Anonyme LE RÉCIT DE LA RENAISSANCE DE L’HOMO GAÏANICUS – Elisa Seguin & Rich LE RENVERSEMENT ÉNERGÉTIQUE – Damien Gesse & Maine Terrat UN NOUVEAU PACTE AVEC LA NATURE – Sonia Chaya & Aurélie Vial REDÉFINITION DES ÉCHANGES – Elisabeth Nampry & Anonyme SORCIÈRES, LA RÉSISTANCES INVAINCUE AU CAPITALISME – Alexandre Chabanne & Rémy Guggiari BIBLIOGRAPHIE DES TEXTES ÉTUDIÉS DURANT LE SEMESTRE
INTERVENTIONS INTRO – Le comité de rédaction ÉDUCATION POPULAIRE – Gilles Épale. Un entretien avec Xavier Wrona pour le comité de rédaction L’ÉDUCATION PEUT-ELLE ÊTRE ÉMANCIPATRICE ? LE LYCÉE EXPÉRIMENTAL DE SAINT-NAZAIRE – Julie Elbois (membre de l’équipe éducative), Louis & Loucia (élèves). Un entretien avec Timothé Lacroix, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction LES MYSTÈRES D’ÉLEUSIS. INITIATION, CONDITIONS D’ADMISSIONS & HYMNES HOMÉRIQUES 33 À DÉMÉTER – Victor Magnien PÉDAGOGIE ET MARXISME. ÉDUCATION & COERCITION DANS L’ÉDUCATION – Antonio Gramsci ECOLE ZÉRO, ÉDITION D’ÉTÉ N° 1 : ITINÉRAIRE D’UNE ÉCOLE EN CONSTRUCTION – Collectif CINÉ CLUB RÉVOLUTIONNAIRE D’APRÈS LA RÉVOLUTION. UN ESSAI VISUEL – Emma Vernet & Xavier Wrona POINT DE VUE ÉTUDIANT SUR L’ENSEIGNEMENT DE L’ARCHITECTURE – Collectif étudiant·e·s diplômé·e·s
CRITIQUE INTRO – Le comité de rédaction BAUHAUS BISSAU. COLONIALISME, DESIGN, MODERNITÉ – Tiphaine Kazi-Tani UN RÉSEAU D’ÉCOLES DE RÉFORME DES MOYENS DE PRODUCTION DANS UNE PARTIE DU MONDE ÉMANCIPÉE DU CAPITALISME VISANT À CONSTRUIRE UNE NOUVELLE RÉALITÉ : LES VHUTEMAS EN URSS DE 1920 À 1930 – Xavier Wrona OPEN SCHOOL EAST : UN ESPACE D’APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, GRATUIT, INCLUSIF, POLYVALENT – Anna Colin. Un entretien avec Manuel Bello-Marcano, Claire Thouvenot & Xavier Wrona pour le comité de rédaction
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
LE FEU DU RÉCIT, ENTRE LE POLICIER ET LA VICTIME – Zoé Théval RÉFLEXIONS ESTHÉTIQUES ET PRODUCTIVES À PARTIR DU BAUHAUS – Pierre Caye CHILD’S PLAY – Guillaume Désanges (extraits) RESSOURCES POUR UNE PÉDAGOGIE ANTISEXISTE – Collectif Fédération SUD Éducation SOIGNER L’ÉCOLE – Marine Éric VERS UNE ARCHITECTURE NÉOLIBÉRALE – Adrien Durrmeyer LA PUISSANCE DES MÈRES. POUR UN NOUVEAU SUJET RÉVOLUTIONNAIRE – Fatima Ouassak (Extraits) LES SANS FACS – Collectif ISSEP ET ÉCOLES D’EXTRÈME DROITE. « ÉCOLE DE MARION MARÉCHAL : ANATOMIE D’UN FIASCO » & « AVEC LEURS FORMATIONS FINANCÉES PAR LA CAISSE DES DÉPÔTS, LES AMIS DE MARION MARÉCHAL FONT DES BONNES AFFAIRES » – Robin d’Angelo (JDD) & Lucie delaporte (Mediapart) DATA PORTRAITS VISUALIZING BLACK AMERICA – William E. B. DU BOIS (Extraits) CEUX QUI NE SONT RIEN – Taha Bouhafs (Extraits) À PROPOS DE LA TRANSFORMATION DE L’ARCHITECTURE DU MONDE PAR LA GUERRE : LE CAS DU JAPON – Xavier Wrona, Est-ce ainsi OCCUPATION DE NANTERRE ET TRANSFORMATION DES ÊTRES – Elsa Lanzalotta, Paul Guilibert & Claire Thouvenot. Un entretien avec Timothé Lacroix et Xavier Wrona pour le comité de rédaction
PRÉSENTATION DU NUMERO Le présent numéro d’Après la révolution a pour objectif de travailler la question des projets pédagogiques compris comme un processus de transformation et d’émancipation des êtres en imaginant comment la discipline architecturale pourrait être utile à la construction de pédagogies alternatives à celles du capital. Ce numéro s’est fixé comme objectif de travailler la question des structures et des programmes pédagogiques afin de pallier un manque sur le terme exact de pédagogie et son importance dans la construction des êtres. Il s’agit de mettre un terme à une pédagogie stérile et uni-directionnelle afin de construire une méthode et une infrastructure de la pédagogie au sein d’un projet politique collectif.
La question des pédagogies alternatives est vaste et il ne faut pas la sous-estimer au sein d’une culture progressiste et révolutionnaire. Nos forces se sont dispersées vers de nombreux modèles alternatifs et ont éprouvé de la difficulté à construire une structure pédagogique commune en accord avec les objectifs révolutionnaires qu’elles défendent. C’est une question qui est aussi la nôtre, et nous appelons sur ce point à prendre conscience collectivement qu’il s’agit bien là d’une question d’infrastructure, c’est-àdire d’une question d’architecture. En effet, se poser la question de savoir comment penser les formes structurelles de pédagogie de manière à ce qu’elles soient émancipatrices plutôt qu’oppressives est un énoncé architectural au sens où nous entendons le mot « architecture » dans ce journal.
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
L’ARCHITECTURE RÉVOLUTIONNAIRE DU TIERS MONDE Fernando Salinas Extrait d’un manifeste du même nom publié en 1967. Ce texte est cité dans la discussion avec Ernesto Oroza (cf. section « Interventions », p. 66). Un fantôme parcourt les chemins de l’architecture moderne, la transformant depuis ses racines : le fantôme des besoins du tiersmonde, du monde sous-développé, des trois continents. Selon les calculs des Nations Unies, en l’an 2000, la population mondiale dépassera les 7 milliards d’habitants, c’est-à-dire qu’elle doublera la population actuelle. Au cours des dix dernières années, la population totale a augmenté de 480 millions de personnes ; en trois ans, entre 1960 et 1963, elle a augmenté de 170 millions de personnes, et on s’attend à ce que la population de la planète augmente de 600 millions de personnes au cours des dix prochaines années. En 1950, 80 % de la population mondiale vivait dans des zones rurales. Les grandes villes
1967
connaissent une croissance de 4 % par an. Il y a vingt ans, il n’y avait que 30 villes d’un million d’habitants ou plus, il y a dix ans, elles étaient 60 et aujourd’hui, elles sont 80. En vingt ans, la ville de Caracas a quintuplé sa population. Le Caire, la plus grande ville africaine, qui comptait 2 millions d’habitants en 1947, en compte aujourd’hui 3 518 000. La population de Bogota est passée de 648 000 habitants en 1951 à 1 680 000 en 1964.
LE TIERS-MONDE : LE ROYAUME DU BESOIN. Sur cette population mondiale, 75 % vivent dans des zones dites sous-développées, soit environ 2 341 millions d’habitants, avec un taux de croissance moyen de 22 % par an. Entre les années 1960 et 1962, selon les statistiques, 2/3 de l’humanité, c’est-à-dire le monde sous-développé, a un revenu annuel moyen de 136 dollars, alors qu’en
Amérique du Nord et en Europe, le revenu moyen est respectivement de 2 845 et 1 033 dollars ; dans ces années, le revenu des pays développés a augmenté de 100 dollars, et celui des pays sous-développés de 5 dollars. Toute l’électricité produite en Inde ne suffirait pas à éclairer New York. La moitié de la population mondiale a moins de 25 ans, et parmi eux, 900 millions de jeunes vivent dans les pays du tiers-monde. En Afrique, 103 millions ; en Amérique latine, 89 millions ; en Asie 700 millions ; et en Europe et Amérique du Nord, respectivement 135 et 165 millions. D’ici 1970, la population des pays sous-développés augmentera de 300 millions, dont la moitié en Amérique latine et les trois quarts en Asie vivrons à la campagne. En Amérique latine, 62 villes de plus de 100 000 habitants constituent 40 % de la population totale. En Asie, entre 1970 et 1975, les villes de plus de 20 000 habitants vont augmenter de 500 millions. En Inde, un milliard de dollars
est nécessaire pour loger les nouveaux habitants des villes de plus de 100 000 habitants, et pour leur fournir de l’eau, du gaz, de l’électricité et des transports, il faudrait doubler l’investissement. En Amérique latine, on estime qu’il faudrait 1,4 milliard de dollars par an, investis sur 30 ans, pour faire disparaître le déficit de logements. Selon les estimations de la Direction des affaires sociales des Nations Unies, 150 millions de familles dans les pays les moins avancés ont besoin d’un logement adéquat. Parmi les niveaux de construction fixés comme objectifs par l’ONU, il y a celui de construire 10 maisons pour 1000 habitants dans chaque pays. Dans de nombreux pays, seules deux maisons pour 1000 habitants ont été construites. Voici quelques-unes des réalités terribles et amères du soi-disant tiers-monde, qui constituent le germe de ses transformations révolutionnaires.
CONSTRUCTIONS ET SOUS-DÉVELOPPEMENT. Sur un seul et même continent, l’Amérique latine, les besoins en matière de construction sont énormes. On compte 31 333 000 logements existants en 1951 pour accueillir 158 210 000 habitants, dont 80 % doivent être démolis ou réparés vu leur état de conservation. Pour absorber le déficit de logements, la croissance démographique et le remplacement des logements touchés, il faudra construire – selon l’intéressante étude sur le sujet menée par l’architecte Maria Luisa Lezcano pour le VIIe Congrès de l’U.I.A – 2 993 000 maisons par an pendant trente ans afin d’accueillir une population estimée sur le continent à 456 305 000 habitants, soit 90 355 000 familles de 5,05 membres en moyenne. Si l’on compare ce chiffre à la moyenne annuelle de 310 000 logements produits sur le continent entre 1957 et 1961, on arrive à la conclusion qu’il est nécessaire de doubler la production de logements pendant plus de trente ans pour résoudre le problème du continent latino-américain. Et si nous nous reportons ces chiffres, de manière globale, aux 3,5 milliards d’habitants du tiersmonde en 1990, nous arrivons à la conclusion qu’il sera nécessaire de construire environ 800 millions de maisons à cette date, soit quelque 27 millions de maisons par an pendant trente ans, pour résoudre le seul problème du logement sur les trois continents (l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique). En d’autres termes, il faudra multiplier par dix la construction de logements – et donc la construction en général – pour résoudre les problèmes fondamentaux en trente ans, en atteignant les niveaux de 10 logements pour mille habitants proposés par les Nations Unies. La satisfaction de ces besoins humains concrets constitue le germe de la révolution de l’architecture et de la construction dans le tiersmonde. Dans des conditions optimales d’approvisionnement et d’organisation, en utilisant des systèmes de construction artisanaux traditionnels, on peut calculer qu’un travailleur produit en moyenne une maison par an. En utilisant les techniques les plus avancées de production et d’assemblage de grands panneaux, la productivité peut être portée à 2,5 à 3 maisons par an et par homme. Mais l’utilisation de certaines
techniques avancées est limitée par le volume élevé de production stable qu’elles nécessitent. Ainsi, si l’on tient compte du fait qu’un pourcentage très élevé de villes du tiers-monde comptent moins de 15 000 habitants et que moins de 60 % des maisons seront construites dans des zones rurales isolées, nous pouvons atteindre une productivité moyenne de 1,7 maison par travailleur, en utilisant 20 % de la construction en grands panneaux ou similaire, et en mécanisant et en modernisant au maximum les systèmes traditionnels au cours d’une première étape. Cela nous amène à la conclusion que même si nous révolutionnons profondément la technique, étant donné le volume de main-d’œuvre disponible et les caractéristiques réelles du problème, notre monde ne pourra, pendant longtemps, résoudre dans ce sens que 70 à 75 % de leurs besoins. Comment surmonter, avec l’urgence qu’exige cette situation, l’apparente impossibilité pour le monde sous-développé de résoudre ses besoins ? Seulement par une révolution de son économie, de sa société, de sa technique et de son architecture, et dans le domaine de l’architecture, avec une révolution des concepts, des méthodes et des réalisations qui l’animent.
CARACTÉRISTIQUES DE L’ARCHITECTURE DU TIERS-MONDE. BASES DE SA TRANSFORMATION. L’architecture des pays sous-développés qui n’ont pas entamé leurs profondes transformations économiques et sociales, peut être caractérisée par les aspects suivants : 1) Le contraste entre le luxe des constructions d’une minorité et la pauvreté des constructions de la grande majorité active de la population, notamment en ce qui concerne le niveau de logement, la surface par personne et les services correspondants. 2) L’accumulation progressive du déficit de logement avec l’aggravation du problème du logement qui en résulte. 3) Les différences de niveau de vie et de logement entre la campagne et la ville. 4) La spéculation foncière et la construction à des fins de profit obligent la plupart des gens à résoudre leur problème spontanément, avec des maisons dispersées dans la campagne et des bidon-
villes, et des quartiers insalubres à la périphérie des villes. 5) la participation minime de l’État dans la résolution du problème du logement. 6) L’existence parallèle d’une technique avancée pour résoudre des problèmes isolés et d’une technique artisanale primitive, utilisée dans de nombreux cas spontanément, dans le reste des constructions. 7) La concentration des investissements dans la construction dans les grandes villes, conséquence de la spéculation foncière et de la construction à but lucratif, et la dispersion et l’abandon des constructions dans les campagnes. 8) L’utilisation généralisée de matériaux importés comme conséquence du sous-développement industriel. 9) L’anarchie dans le secteur de la construction, de la multiplicité des dimensions et des types de matériaux de construction jusqu’à la diversité des solutions architecturales à des problèmes similaires, avec le gaspillage de ressources matérielles et humaines qui en résulte. 10) Le fait de consacrer l’effort et le talent des architectes et des techniciens à la solution des problèmes isolés de la classe dominante, avec l’abandon de la tâche posée par les besoins de la modeste majorité de la population. 11) L’existence d’un petit nombre d’architectes et de techniciens en fonction du caractère et des limites du volume de travail et des programmes de construction. 12) La subordination des solutions esthétiques aux limites d’une technique inégale, à certains programmes exclusifs et à la déformation de la culture autochtone due à l’influence de l’idéologie du pouvoir dominant, qui limite la recherche d’une expression propre en architecture. L’architecture d’un pays sous-développé ne peut être transformée sans un changement radical de la structure économique, politique et sociale qui a produit le sous-développement et qui est la base, le fondement et la racine de ses caractéristiques. En plaçant les moyens fondamentaux de la production agricole et industrielle, le système bancaire et les moyens de distribution étrangers et nationaux entre les mains du peuple, ce changement permettra d’utiliser rationnellement toutes les ressources et forces disponibles grâce à un plan de développement guidé par des institutions créées à
cet effet et réalisé avec la participation consciente et active de tout le peuple organisé dans les tâches de préparation et de mise en œuvre à tous les niveaux. Le plan de développement d’un pays est le résultat d’un processus historique généré par son peuple qui, en prenant conscience des racines du sous-développement, élimine les obstacles qui empêchent l’évolution, établit les objectifs d’un plan et crée les conditions et les institutions qui assurent sa réalisation. Par conséquent, le plan de développement est la programmation technico-économique pour la réalisation de ces objectifs en fonction des conditions créées dans chaque pays. La planification est définie comme la prévision et la détermination scientifiques du développement futur de l’économie nationale, mais ce développement planifié agit non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace, donnant lieu à l’activité systématique de planification territoriale. La planification de l’aménagement du territoire doit être fondée sur la planification économique, et doit donc s’appuyer sur des plans ou des directives au niveau national, et sur la base de ceux-ci, établir des plans régionaux et locaux. L’aménagement du territoire doit se fonder sur la structure physique du sous-développement, en la transformant sur la base du contenu économique, politique et social résultant des nouvelles conditions de production. Les plans physiques successifs auront tendance à faire disparaître la déformation de la structure physique, en créant de vastes zones de développement industriel qui dynamiseront les villes existantes ou créeront d’autres zones, et équilibreront la disproportion fondamentale de l’énorme concentration dans les capitales. Le problème du logement, conséquence du sous-développement, est d’une telle ampleur qu’il ne peut être résolu qu’à travers un changement radical de la structure du pays, lui permettant de se développer et de satisfaire ainsi les besoins en logement et en services sociaux de l’ensemble de la population. Le développement économique et technique accéléré fournira les ressources substantielles nécessaires pour répondre à ces besoins. Le logement est un service social qui doit être exempt de tout mercantilisme, et pour lequel l’État a des obligations analogues à celles
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COCOCKTAILS
LE ZESTE BARRIÈRE
LE TROTSKIR
1 Importe 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 verse ensuite 12 cl de jus d’oseille de Guinée 3 ajoute 4 cl de citron pressé 4 enfin, pour transformer ce cococktail en outil de propagande, reproduis le drapeau soviétique en posant deux zestes de citron formant le marteau et la faucille.
1 Verse un peu d’armée rouge composée de crème de fraise dans un verre, 2 fais-la ensuite danser avec un vin blanc pétillant à la dorure de la faucille ou bien avec du prolosecco prolosecco..
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LE MAOJITO
Pour ce doux mélange entre URSS et méditerranée, 1 importe 3 ou 4 cubes de glasnost, glasnost, 2 mets 2 cl de crème de fraise, 3 1 cl de citron vert pressé, 4 3 cl de martini rouge, 5 et finis le tout avec la deuxième touche soviétique que sont 2 cl de Vodka pour réchauffer les cœurs.
1 Munis-toi de ta faucille pour couper 1/2 citron vert en cubes 2 ajoute une bonne cuillère à café de sucre roux 3 avec ton marteau, pilonne le tout bien fort 4 mets ensuite de la menthe avec 1 ou 2 cl de crème de fraise 5 presse maintenant avec douceur pour ne pas détériorer les feuilles 6 mets de la glace pilée 7 verse 4 cl de liquide cubain 8 remue avec une cuillère 9 verse de l’eau l’eau pétillante jusqu’à surplus 10 et fignole, enfin, en mélangeant avec douceur pour ne pas casser les bulles.
LES RECETTES D’UN BAL MARXÉ RÉUSSI avec nous, vous pouvez nous envoyer vos idées de cococktails à contact@apreslarevolution.org. Nous nous ferons un plaisir de les cococter et de les cocollectiviser.
– le Baby Lait-Nine – le Bloody Marxy – le Hô Chi Minh Tonic – le Toni Negrini – le Cosmo Pôle Emploi – le Che Killa Sunrise
Parmi les différentes tendances de l’ultragauche, c’est la théorie de la communisation qui se démarque en étendant son regard au-delà des relations salariales lorsqu’elle tente de saisir les dynamiques du capitalisme avancé. Maya Andrea Gonzalez écrit au sujet du groupe Théorie communiste (TC) qu’il « se concentre sur la reproduction de la relation capital-travail, plutôt que sur la production de la valeur. Ce changement d’orientation [lui] permet de mettre à [sa] portée l’ensemble des relations qui construisent réellement la vie sociale capitaliste – au-delà des murs de l’usine ou du bureau37 ». Néanmoins, si ce basculement permet d’éclairer les rapports qui
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INTERVENTIONS
RÉINVENTER LA POLITIQUE EN GRÈCE Marine Boisset & Paul Coquet
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caractérisent la vie sociale hors des lieux de travail, il ne permet pas d’éclairer la mort sociale – car les relations définies par la mort sociale ne sauraient être réduites au rapport capital-travail. Au lieu de réduire la race à la classe, le penseur afro-pessimiste Frank Wilderson attire notre attention sur la différence entre le fait d’être exploité sous le capitalisme (en tant que travailleur) et le fait d’être marqué comme sacrifiable ou superflu sous le capitalisme (en tant qu’esclave ou prisonnier). Selon lui, « l’absence de la subjectivité noire au cœur des discours radicaux est le symptôme d’une incapacité à affronter la possibilité que le sujet génératif du capitalisme – le corps noir des XVe et XVIe siècles – et le sujet génératif qui résout les crises de suraccumulation du capitalisme tardif – le corps noir (incarcéré) des XXe et XXIe siècles – ne se laissent pas réduire aux catégories fondamentales qui structurent le conflit au sein de la société civile, c’est-à-dire les catégories du travail et de l’exploitation38 ». Le sociologue de la culture Orlando Patterson insiste également sur la nécessité d’analyser l’esclavage en termes de mort sociale plutôt qu’en termes de travail ou d’exploitation39. Pour ces penseurs, le travail forcé fait indiscutablement partie de l’expérience de l’esclave, mais cela n’est pas suffisant pour définir l’esclavage en tant que rapport [slave relation]40. L’exploitation économique ne suffit pas pour expliquer le caractère racialisé de l’incarcération de masse. Ainsi, les critiques du capitalisme qui ne tiennent pas compte du racisme anti-noir – ou qui ne le considèrent que comme un sous-produit du capitalisme – sont nettement insuffisantes.
depuis le seul angle du sentiment personnel du locuteur. Il est donc compliqué d’y répondre de manière critique (même lorsque cette personne tient, par exemple, des propos racistes) parce que cela pourrait blesser son intégrité personnelle. Qu’un individu se mette à politiser son sentiment personnel d’inconfort dans le langage du safe space peut couper court à toute discussion. L’exemple le plus frappant dont je me souvienne est
chercher à convaincre ces derniers qu’il serait injustifié d’exclure la police. Ses propos ont été rapportés dans les pages du Baltimore City Paper : « je pense, disait-elle, que ces manifestants ont violé l’espace des policiers42 ». L’invocation de la sécurité et de l’intégrité personnelles joue sur un registre purement affectif et émotif43, elle peut donc être manipulée pour tout justifier, du profilage
tisée par les manifestants qui lui criaient dessus lorsqu’elle défendait la police, plusieurs personnes ont cessé de critiquer ses actes et ses propos, bien qu’ils fussent manifestement pro-police, classistes, et stigmatisants pour les sans-abri – elle a par exemple dit : « Il y a trop d’ivrognes et de sans-abri làbas, ils sont vraiment malades de leur dépendance à l’alcool. Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’ils soient là ? Je préférerais les voir en
but de se purifier soi-même. Lorsqu’une personne s’identifie à son statut de victime, il est important de se demander si cela ne constitue pas en réalité une manœuvre tactique pour être perçue comme innocente et gagner ainsi du pouvoir dans un espace social donné. Cela n’implique pas de délégitimer les propos tenus par les survivantes, mais plutôt de se débarrasser de l’idéologie de l’innocence afin d’examiner chaque situation dans
LE SAFE SPACE On retrouve aussi la stratégie discursive qui consiste à faire appel à la sécurité [safety] et à l’innocence au niveau micro, lorsque les radicaux blancs manipulent le langage de « l’espace sûr » [safe space] pour conserver leur pouvoir dans les milieux militants. Par exemple, ils réduisent au silence les critiques qui leur sont adressées par des gens de couleur au prétexte que ces critiques les mettraient « mal à l’aise41 » [unsafe]. En utilisant ainsi le langage de l’espace safe, on peut faire passer un inconfort pour un danger imminent. L’expression « je ne me sens pas à l’aise » [I don’t feel safe] est facilement manipulable, puisqu’elle décrit la situation
celui d’une femme d’Occupy Baltimore, qui utilisait un vocabulaire féministe pour défendre les policiers, après qu’un « occupant » les ait appelés pour se débarrasser d’un sans-abri. Quand les policiers sont arrivés sur les lieux, certains activistes leur ont lancé des injures. Cette femme a tenté de calmer la situation en s’interposant entre la police et les activistes pour
racial à la guerre. Une personne qui utilise le langage du safe space pour dénoncer quelqu’un dans un espace militant est nécessairement présumée innocente ; on peut même aller jusqu’à amplifier ou politiser cette innocence présumée. Lorsque la femme d’Occupy Baltimore a déclaré qu’elle était la survivante d’un événement violent, qu’elle avait été trauma-
cure, c’est certain, mais je me fous bien de l’endroit où ils finiront par perdre connaissance44 ».
le détail et de demeurer conscient des multiples luttes de pouvoir à l’œuvre dans les conflits.
Le fait d’avoir survécu à un acte de violence sexuelle n’empêche pas la survivante de perpétuer d’autres formes de violence. De même, les expériences de racisme, de transphobie ou de classisme peuvent être mobilisées dans le
Dans ce débat sur la sécurité, l’autre opposé du spectre est la critique radicale du modèle de l’espace safe formulée par les queers radicaux. Dans un communiqué émis par le Festival queer de Copenhague intitulé « Cette année,
l’espace ne sera pas plus safe ! », les organisateurs annonçaient leur décision de supprimer les lignes directrices du safe space pour en appeler plutôt à « la réflexion et la responsabilité individuelles45 ». À mon avis, ce rejet des formes d’organisation collectives – et ce refus de penser au-delà de l’individu comme unité politique de base – doit être resitué dans un glissement historique plus large chez les queers, avec le passage de l’émancipation queer à la performativité queer, qui coïncide du reste avec l’hégémonie néolibérale et la « politique » du choix centrée sur le « souci de soi46 ». Ceux-ci ont réagi à l’échec des safe spaces par une remise en cause de toute forme de communauté et de toute politique fondée sur le discours articulé/ explicite. En méprisant les efforts visant à contrebalancer les déséquilibres de pouvoir, ils finissent par aplatir ces enjeux et ratent une occasion de poser des questions cruciales sur la distribution du pouvoir, la vulnérabilité et la violence – pourquoi et comment, par exemple, certaines personnes recourent à des langages et des structures afin de répondre à des dynamiques internes oppressives. D’un autre côté, moi qui suis fanonienne, je reconnais que la volonté d’éliminer tous les risques et dangers aboutit à une politique réformiste qui reconduit souvent l’ordre social en vigueur. Les espaces safe peuvent avoir un effet pacifiant sur la combativité. Quand toutes les actions risquées sont bloquées du seul fait qu’elles provoquent de l’inconfort, il devient impossible de penser un programme politique révolutionnaire. Les gens de couleur qui soutiennent que c’est en vertu de leurs privilèges que les Blancs peuvent prendre part à des actions risquées – contrairement aux gens de couleur (qui sont plus souvent ciblés par la police, n’ont pas les ressources nécessaires pour sortir de prison, etc.) – font une évaluation assez juste des différences de pouvoir entre les Blancs et les non-Blancs, mais ils finissent par effacer les gens de couleur de l’histoire des luttes en associant faussement la combativité avec le privilège d’être Blanc. Quand une analyse du privilège se transforme en un programme politique où les plus vulnérables sont tenus à l’abri du risque, la seule politique acceptable devient le réformisme et le repli – une politique menant tout droit à la capitulation devant le statu quo, qui efface l’héritage de groupes comme le Black Panther Party et la Black Libera-
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tion Army47. Selon Fanon, c’est précisément le risque qui nous pousse à l’action révolutionnaire : l’émancipation exige de risquer sa vie. La combativité n’est pas seulement une nécessité tactique. Son objectif est double : transformer les gens et « modifier fondamentalement » ce qu’ils sont, raffermir leur courage, et les débarrasser du « nœud de désespoir » qui s’est cristallisé dans leur corps48. La politique des safe spaces est centrée sur le bien-être personnel, ce qui peut parfois entraver l’action des groupes fondés sur le consensus. En l’occurrence, lorsque des participants d’Occupy Baltimore se sont confrontés à des agresseurs sexuels, j’ai assisté à une assemblée générale qui était tellement alourdie par les procédures de consensus, que la seule décision à avoir été être prise concernant les agresseurs présents dans l’espace fut d’organiser un atelier de dix minutes sur le concept d’espace safe à la prochaine assemblée. Personne n’a voulu expulser les agresseurs d’Occupy. (Comme le disait Stokely Carmichael, « les libéraux ont peur de se mettre des gens à dos, et sont donc incapables de proposer une alternative réelle49 »). L’insistance sur le bien-être individuel peut paralyser l’énergie et l’élan des corps en mouvement. La politique de l’innocence et la politique de la sécurité et du confort sont liées, en ce que les deux stratégies ont pour effet d’entretenir la passivité. Le bien-être et l’innocence se renforcent mutuellement, comme lorsqu’on réclame du confort sur la base d’une position subjective innocente. Il va sans dire qu’aucune position subjective n’est éthique en soi. Même si je suis une femme de couleur queer, le simple fait que j’habite aux États-Unis fait reposer mon existence sur la violence. En tant que personne non-incarcérée, ma « liberté » ne peut être comprise que par opposition à la captivité d’autres personnes, comme mon frère, qui purge une peine de quarante ans en prison. Lorsqu’on considère la question de la sécurité [safety], on néglige souvent de s’interroger sur la co-constitution de la sécurité et de la violence. Il faut tenir compte du fait que la violence raciale est le revers invisible et nécessaire de la sécurité, particulièrement de celle des Blancs. La sécurité nécessite la suppression ou la relégation de ceux qu’on considère comme une menace. La société civile blanche investit beaucoup d’énergie psychique dans l’effacement et l’abjection des corps sur qui elle projette
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CHRONOLOGIE En juillet 2007, la crise financière américaine des « subprimes » ainsi que la crise bancaire de l’automne 2008 inaugurent ce que l’on nomme « la crise financière mondiale ». Le monde se voit « par contagion » selon les économistes européens, tomber dans un déclin économique. Nous questionnant sur la situation économique de la Grèce, nous avons d’abord établi une chronologie des évènements afin de mieux comprendre l’état actuel du pays. La situation économique en Grèce suscite encore aujourd’hui de nombreux débats complexes et parfois controversés. Avant la crise de 2008, la Grèce connut une succession d’événements politiques sans précédent dans l’histoire. Entre 1936 et 1946, la Grèce vit sous la double occupation d’un dictateur nommé Metaxás et les difficultés économiques issues de la Seconde Guerre mondiale. De 1963 à 1967 : George Papandreou, alors Premier ministre, instaure une politique sociale et étatique. C’est une politique où il y a beaucoup de dépenses publiques qui n’amènent que trop peu de renouvellement et d’accroissement du capital de l’économie grecque. En 1981 Karamanlis arrive au pouvoir et instaure avec son gouvernement, la république en Grèce. C’est la fin de la monarchie. À partir de 1981, le gouvernement du socialiste Andréas Papandréou nationalise les entreprises et augmente les aides sociales. En 2001, la Grèce accède à l’euro, mais le pays s’endette à taux très bas. En 2009, La Grèce se voit impactée par la crise économique mondiale et entre dans une période de « dette » envers les créanciers européens. Il s’ensuit en 2010, année où les premières mesures législatives « anti-crise » ont été votées, une succession de négociations et de tensions. La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ce qui est connu comme la « Troïka », ainsi que les pays créanciers européens, entrent dans une logique d’application d’austérité à la Grèce en échange d’une aide financière de leur part. Jusqu’en 2017, année où l’économie grecque renoue avec la croissance, ces négociations et ces aides durent avec l’application de neuf plans d’austérité, trois plans d’aide et une réélection.
Ionnis Metaxas
1936-1946
Georges Papandreous
1963-1969
Konstantinos Karamanlis 1974-1995
Andreas Papandreou
1981-1989
PÉDAGOGIE
lico surgit de nulle part. On récupère enfin un plan et rebroussons chemin direction Ficoba. Entre temps, tous les commerces se sont caparaçonnés derrière des panneaux d’OSB.
Le contre-sommet que nous organisons apportera d’autres réponses. »7 Les salles sont toutes bondées, les places sont chères. Un service de traduction simultané est mis en place. On continue d’errer un peu. On n’est pas les seules, tiraillées entre le « trop de choix tue le choix » et l’incapacité de trouver sa place. Il faut dire que le lieu ne se prête pas réellement à inventer le monde de demain. Les salles, l’organisation, la prise de parole nous font dire qu’on participe à un « autre » sommet, mais qu’on ne dénonce rien. L’enfermement dans des formes institutionnelles ternes et convenues – centre de congrès, conférences plénières qui flirtent avec le show politique (ici JeanGuy Talamoni, là Clémentine Autain), badges autour du cou – menaceraient presque d’avorter déjà
Elizabeth : — Le chemin se fait facilement à pied, mais pour trouver la route on doit suivre une carte et le mouvement. Certaines routes sont barrées. Un groupe de personnes trimarde comme nous avec leurs sacs à dos. En s’approchant de la frontière, nous voyons le Cuerpo Nacional de Policía. Ils ne contrôlent pas les piétons, pour l’instant. Le voisin de train nous lâche pour de nouveaux amis sur le trajet.
État-nation
Tiphaine : — Il nous lâche surtout pour deux filles plutôt mignonnes. Elizabeth : — Sa mallette noire se balance à ses côtés. Flic ? Black bloc ? Touriste ? On le perd de vue. Une affiche nous nargue à l’arrêt de bus. « UN G7 QUI FAIT LA DIFFÉRENCE ? C’EST UN G7 FÉMINISTE ! À l’approche du G7, mobilisez-vous pour les droits des femmes avec #FeministsCount @Women7official »
Confédéralisme démocratique
Fallait oser. Étonnant qu’elle n’est pas déjà été mutilée, même pas un autocollant, ni de réplique au marker.
3. HÉRITAGE (LAME 41) : MANQUE DE LIEN, CE QUI N’EST PAS DANS L’ORDRE DES CHOSES Nous traversons la Bidassoa sur un pont élancé, aux abords dorénavant barbelés et sous surveillance policière ; rien à voir avec le contre-G7 : par ici passe « la nouvelle route des migrants », par laquelle des milliers de personnes en provenance d’Afrique de l’Ouest tentent de rejoindre l’Europe du Nord. Nous finissons par arriver devant le parc des expositions de Gipuzkoa, Ficoba, à Irun, 70 000 m2 de stérilité corporate 2.0. « La conception des installations fait de Ficoba une infrastructure polyvalente. Ses trois pavillons,
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Le communisme ne peut être pensé seul, il est forcément à penser en rapport au capitalisme. Qu’on le veuille ou non, le capitalisme sera automatiquement et absolument rivé contre toute tentative de construction du communisme. Ainsi, nous pensons que la capacité d’une alternative au capitalisme ne tiendra pas tant dans sa cohérence interne, son intelligence ou sa légitimité que dans le rapport qu’elle construira avec le capita-
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LE CONCEPT DE DÉSYNCHRONISATION Nous travaillons sur la notion des limites. L’Humain peut tendre à créer des compartiments, en inventant des concepts par exemple l’État-nation, les genres, les religions, dans lesquels il prend place et s’identifie. Aujourd’hui, les frontières séparent nos pays, régions, parcelles, mais aussi nos cultures et communautés. Ces limites sont maintenant devenues définitives et peuvent être source de conflits. Les populations du Rojava tentent de retourner à leurs origines autochtones en s’échappant de ces limites, en libérant la question du genre, et en plaçant chacun sur le même niveau d’égalité. Pour grandir la révolution du Rojava et le Confédéralisme démocratique, nous proposons le concept de Désynchronisation des limites, pour décloisonner et décompartimenter. Ce concept est inspiré du modèle du devenir introduit par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans le livre « Milles plateaux » en 1980. C’est un modèle en perpétuelle évolution, qui s’oppose ainsi à un régime strict et rigide. Le but n’est pas d’effacer les différences, car au Rojava il y a de nombreuses origines autochtones, religions et langues différentes, mais de rassembler les éléments par leurs points communs, par juxtaposition. En effet, l’humain est un animal politique, il devient parmi les autres, en vivant dans une société gouvernée par des lois et des coutumes. Le fait d’appartenir à un groupe par affinités peut aider à trouver un sentiment d’appartenance et c’est ce besoin d’appartenir à un groupe social qui permet l’identité. L’écologie est très importante dans l’utopie Rojava. Un profond changement dans les relations sociales va également permettre un changement écologique. Alors, ce modèle peut prendre part à la suppression des différentes dominations et hiérarchies, en améliorant les échanges sociaux. Pour cela, nous devons retourner aux moyens de subsistance autochtones pour sortir de la dépendance à l’État-nation.
2/10 Nous devons penser et travailler à l’échelle du monde entier « Ce livre montre que la guerre de 1914-1918 a été de part et d’autre une guerre impérialiste (c’est-à-dire une guerre de conquête, de pillage, de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la distribution et la redistribution des colonies, des “zones d’influence” du capital financier, etc. […] Pour montrer cette situation objective, il faut prendre non pas des exemples, des données isolées (l’extrême complexité des phénomènes de la vie sociale permet toujours de trouver autant d’exemples ou de données isolées qu’on voudra à l’appui de n’importe quelle thèse), mais tout l’ensemble des données sur les fondements de la vie économique de toutes les puissances belligérantes et du monde entier. » Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916, p. 5
132 ÉPISTÉMOLOGIE
Selon James, une conception purement générative et disséminée du pouvoir occulte complètement la réalité de la violence policière, la militarisation du système carcéral, la violence institutionnelle de l’État providence et de l’État carcéral, ainsi que la mort sociale et la terreur que vivent les gens à peau noire ou marron. Assurément, les prisons « produisent » de la race ; par conséquent, une théorie du pouvoir comme configuration générative où les rapports de force directs sont minimisés ne peut relever que d’une position subjective blanche.
– la Chaplinacolada – le Rosa Luxembourbon – le Crèmelin – la Griotte Éditions – L’Ananah Arendt – le Vin choviet’
Quand le capitalisme ne marche pas, nous considérons que c’est normal parce que c’est du capitalisme. Par contre, lorsque le communisme ne marche pas, nous considérons que ce n’est pas du communisme et nous disqualifions l’ensemble sans regarder les parties. Quelles leçons pratiques pouvons-nous tirer des tentatives de réalisation du communisme au XXe siècle ?
Un ordre souhaitable du monde est non seulement possible, mais impérativement nécessaire. L’extractivisme généralisé, la destruction de la vie sur terre et l’oppression grandissante des peuples ne cesseront pas tant que le capitalisme existera.
produit en nous poussant à nous produire nous-mêmes, à exprimer notre identité par nos choix de consommation, et à fonder notre politique sur l’affirmation d’identités marginalisées. Dans ses recherches sur l’afro-féminisme, Joy James rejette cette conception du pouvoir en termes de production et d’affirmation de la vie. En réponse à l’idée de Foucault selon laquelle « le réseau carcéral ne rejette pas l’inassimilable dans un enfer confus, il n’a pas de dehors [...] il économise tout, y compris ce qu’il sanctionne35 », James écrit :
Imaginés par les membres de l’association Après la révolution Cococtés par Jérémie Robert Camarades, vous trouverez sur la page suivante les recettes de quatre cococktails. Nous vous diffusons aussi une liste, non exhaustive, de noms d’autres cococktails. Si vous souhaitez jouer
1/10 Nous avons un problème avec les pays socialistes « Il n’y a pas d’utopisme chez Marx, il n’invente pas, il n’imagine pas de toute pièce une société “nouvelle”. Non, il étudie, comme un processus d’histoire naturelle, la naissance de la nouvelle société à partir de l’ancienne, il prend l’expérience concrète du mouvement prolétarien de masse et s’efforce d’en tirer des leçons pratiques. » Lénine, L’État et la révolution, 1917, p. 114
« Il est plus facile, a-t-on dit un jour, d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme : et avec cela, l’idée d’une révolution capable de renverser le capitalisme semble avoir disparue ».
« Et pourtant le système carcéral tue aux États-Unis, et il tue, dans ses prisons, davantage de Noirs que de n’importe quel autre groupe ethnique. Les prisons américaines constituent un “dehors” par rapport à la vie politique du pays. […] Foucault passe sous silence la vulnérabilité des prisonniers face aux passages à tabac, aux viols, aux traitements de choc [et] à la peine de mort. L’incarcération et les exécutions sont les procédures que l’État emploie pour se débarrasser de tout ce qu’il n’arrive pas à assimiler, en le vouant à l’extériorité infernale de la non-existence. Il n’économise donc ni tout, ni tout le monde36. »
LE MARXTINI
I. L’ÉTAT DE L’HYPOTHÈSE COMMUNISTE
nous devons accepter que nous sommes à l’inverse du côté de l’ordre, d’un ordre, peut-être de plusieurs ordres. Mais il nous faut d’emblée adjoindre à un tel énoncé qu’une pensée de ce qu’est l’ordre est absolument nécessaire : penser l’ordre non pas comme une matraque, mais comme un langage, un système, construit sur des règles, une grammaire, qui permet plus qu’elle ne contraint. Aussi, nous devons nous entendre sur le fait qu’un immense travail doit être mené pour libérer la notion d’ordre de l’autoritarisme, du totalitarisme, du virilisme pour pouvoir substituer au capitalisme un ordre du monde souhaitable. Un ordre de l’émancipation est à inventer, mais nous avons un déficit d’intelligence collective de l’ordre. L’architecture qui est un savoir de l’ordre peut être mise à contribution pour cette tâche en dialogue avec d’autres disciplines. Ainsi, il nous faut défendre « le » communisme même s’il est évident à nos yeux que l’ordre du monde communiste ne pourra être composé que d’une pluralité de « communismes ». Il nous faudra probablement un ordre pluriel, un ordre ouvert, des ordres stables, mais autocritiques. Il s’agit cependant tout d’abord d’accepter qu’une bataille est à mener en défense d’un ordre et non contre tout ordre, comme cela semble être le cas au sein des forces progressistes aujourd’hui. Il faudra pour ce faire sortir le capital de nos têtes puisqu’il semble avoir eu raison de nos espoirs et de notre imagination. La glaçante sentence de Jameson sur ce sujet reste indépassable :
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l’auditorium, les salles ou le hall polyvalent peuvent accueillir de multiples typologies d’événements, sous forme de salons, conférences, réunions d’entreprises, expositions, concerts ou spectacles. Un contenu qui change toutes les semaines grâce à une équipe de professionnels spécialisés dans l’organisation d’événements qui sont capables de matérialiser les idées des clients. Événements organisés en 2019 : 24e édition de la Foire de l’Emploi, 40e édition de l’Exposition Internationale Canine, Sevatur 2019 – le Salon des Vacances. Ficoba, l’art de créer des opportunités. »6 Ici, on trouve un peu de mouvement, de monde… Nos énormes sacs de campeur·euse·s sont rapidement inspectés à l’entrée. BIENVENUE au contre-sommet, ONGI ETORRI kontra gailurrerat,
WELCOME to the counter-summit, BIENVENIDOS a la contra cumbre. La clim fait du bien, la chaleur et nos sacs à dos de pèlerins nous écrasent depuis des heures. D’après le programme qu’on ramasse dans l’espace d’accueil, c’est ici que se tient la grosse majorité des conférences et le Village des Alternatives. Sur les trois jours, plus de 70 conférences se déroulent simultanément et à la chaîne, de 10 h à 19 h 30. Une partie du programme se tient au cinéma d’Hendaye. Les ateliers se regroupent à l’École Primaire et à l’Espace Jeunes, tenu par les jeunesses de gauche indépendantiste. Les Rencontres Intergalactiques, délocalisées de Notre-Dame-des-Landes, sont basées au Port de Kaneta, où l’AmbaZADa, construction emblématique de la ZAD initiée par une
« brigade » d’activistes basques, a été transportée et remontée pour l’occasion. Les Gilets jaunes sont restés groupés au campement, à plus de 7 kilomètres de là. Les thématiques centrales de réflexion sont rappelées : capitalisme, environnement, féminisme, peuples, démocratie, impérialisme et migrations. L’objectif est annoncé : déconstruire l’architecture néolibérale et les multiples systèmes de dominations qui détruisent notre monde. « Les 7 pyromanes du G7 vont à nouveau se rencontrer pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper les incendiaires de la planète. Face à leurs discours hypocrites sur les inégalités, nous nous mobilisons au Pays Basque pour nous opposer par nos analyses, nos idées, nos alternatives et nos luttes.
310 CRITIQUE
Planches du numéro 2 du journal
APRÈS LA RÉVOLUTION – NUMÉRO 3 – PÉDAGOGIE
cet autre monde censé pouvoir naître ici, comme le promettait le slogan euskara. Un tour au Village des Alternatives, en fait 8 travées de stands dans un demi-hangar. Du NPA à EHLG (la Chambre d’agriculture basque qui a fait cession de sa tutelle préfectorale il y a quinze ans), diverses organisations et acteurs, locaux ou non, présentent leurs pistes, recherches, luttes ou goodies sur des tables en plastiques pliantes. La fête de l’Huma sans les merguez. Dans l’autre moitié du hangar, un bar et des rangées de tables sur plusieurs mètres linéaires. Après une bière bienvenue, nous prenons la navette officielle pour nous rendre au campement. On cherche l’arrêt ou une indication des lieux et heures de passage. On
ne les trouve pas ou il n’y en a pas. Coup de chance, une navette arrive. Le long du trajet, nous avons l’impression d’être en route pour une colo cheloue. Le car nous dépose à 2 km de l’entrée du camp ; 25 mn de marche dans une montée pleine de cailloux. Sentiment de punition. Néanmoins, le campement est la première forme qui témoigne d’une tentative de (re) construire quelque chose. Nous voici planqués dans un terrain de 13 hectares, dont le propriétaire n’est autre que Nestlé… Ce centre de vacances désaffecté a été succinctement réaménagé afin d’accueillir jusqu’à 10 000 personnes, venues jusqu’ici pour le G7 EZ (« non au G7 » en basque). En stop ou à pied. Par voiture, train. Avec leurs vans, leurs caravanes ou leurs valises à roulettes. Avec des amis, en familles, entre collègues.
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4. LA TABLE (LAME 40) : L’INCONFORT, LA FRUGALITÉ D’après la carte et nos explorations dans les jours qui ont suivi, il s’avérait qu’il y avait un accès beaucoup plus direct et accessible qui se trouvait au sud du camp, mais que celui-ci était réservé aux vacanciers du Pierre et Vacances qui se trouvait collé au site, aux véhicules et aux CRS. Des volontaires étaient arrivés durant les 10 jours précédents, suite à l’appel de la Plateforme, pour tout mettre en place. Le camp avait été planifié, zoné. Le vaste terrain, étagé par des dénivelés et des plateaux naturels, s’y prêtait. Sur les plateaux, les campings, dans les installations bâties, toutes les activités nécessitant des espaces clos, abrités et viabilisés. À l’arrivée des participants, des couches d’autogestion s’ajoutent naturellement à ce zonage, avec des signalétiques improvisées. Chaque groupe, collectif, association cherche des formes pour se rendre visible et reconnaissable dans le camping. En C1, les Gilets jaunes d’un côté et Extinction Rebellion de l’autre. En C2, les camping cars. En C3, l’espace en non-mixité queer et féministe. En C4, l’espace libertaire de la CNT, avec bureau d’information et de recrutement, etc. Quelque chose cloche. Il y a des signes dans tous les sens, ce qui crée un bazar visuel invraisemblable dans lequel il s’avère difficile de comprendre, de s’orienter, tandis qu’en ville, les sites du contre-sommet sont peu, mal voire pas indiqués. Nos esprits de designers s’offusquent, surchauffent, et puis abdiquent devant une affichette : « si pas de signalétique, aller tout droit ». Ces tensions et ces paradoxes dans l’organisation spatiale du campement parlaient déjà pour les journées qui allaient suivre. L’espace central, un bâtiment sur un étage en forme de demi-cercle, désigné sur la carte comme le « point d’information » accueille le Snack des Gilets jaunes, l’Espace Médiation, Chez Thelma (un espace de soin et de soutien psychologique), le Bureau d’Assistance Juridique, l’infirmerie et les street medics, une quincaillerie-atelier ainsi que les douches. L’esplanade fait office d’agora, accueillant les Assemblées Générales, CRITIQUE
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APRÈS LA RÉVOLUTION HORS SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
Après la révolution est un journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti. Ce premier hors-série traite des luttes organisées et menées à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Cet ouvrage s’appuie sur le travail de thèse en cours de Marianna Kontos, coordinatrice de ce numéro, membre du journal Après la révolution et militante au sein de deux collectifs d’habitant·e·s mobilisé·e·s, le Comité de vigilance JO Paris 2024 à Saint-Denis et Saccage 2024. Ce travail propose un autre rapport à la recherche, une recherche en lutte, capable de contribuer à une mobilisation qui s’est développée ces quatre dernières années autour des aménagements liés aux JO de Paris 2024 :
le projet polluant de l’échangeur autoroutier sur l’A86 pour le quartier Pleyel et les 700 enfants de l’école Pleyel Anatole France à Saint-Denis ; l’urbanisation de l’aire des vents du Parc départemental Georges Valbon ; la destruction d’un hectare des jardins ouvriers d’Aubervilliers ; l’expulsion et le relogement indigne des résidents du Foyer de travailleurs migrants ADEF de Saint-Ouen ; la programmation urbaine accélérant le processus de gentrification de la Seine-Saint-Denis et contribuant ainsi au projet du Grand Paris… C’est dans cette perspective combative que l’ouvrage s’inscrit, en donnant la parole aux habitant·e·s mobilisé·e·s, mais aussi aux chercheur·euse·s engagé·e·s et aux militant·e·s de différents pays, critiques de l’organisation de tels grands évènements mondialisés au service de la fabrication de la ville néolibérale. Ce hors-série comprend 25 contributions et documents. Il est mis en page, imprimé, relié et façonné à Saint-Étienne par les membres de l’association Après la révolution.
Format : 20,8 x 29,5 cm, 150 pages ISSN : 2678-3991 ISBN : 978-2-493403-00-1 Prix : 20 euros Rayons : Beaux-arts / Essais Thèmes : Architecture / Sciences sociales Sortie : Mars 2022
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
SOMMAIRE DU NUMÉRO ÉDITO > POUR UNE RECHERCHE EN LUTTE – Manuel Bello Marcano, Marianna Kontos, Xavier Wrona
COMPRENDRE LE CONTEXTE DES JO DE PARIS 2024 > TEMPS, DÉMOCRATIE, JUSTICE SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE DANS LA FABRICATION URBAINE DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES PARIS 2024. CE QUE RÉVÈLE LA MOBILISATION DES HABITANTS DOCUMENTS : PLAN DE SITUATION DES PROJETS JO – SCHÉMA DES ACTEURS – FRISE CHRONOLOGIQUE – Marianna Kontos > EXTRAIT DE PLAINE COMMUNE : ENTRE GENTRIFICATION ET ARTIFICIALISATION DES TERRES – Asso Appuii > PETITE ENCYCLOPÉDIE DE L’HÉRITAGE À VENIR EN SEINE-SAINT-DENIS – Saccage 2024 > LECTURE CRITIQUE DE LA LÉGISLATION OLYMPIQUE : LA FRANCE AU GARDE-À-VOUS DEVANT LE CIO – Frédéric Viale > JO 2024 : L’AGENCE NATIONALE DE LA RECHERCHE PLANIFIE LA TECHNOPOLICE – Halte au Contrôle Numérique
LA MOBILISATION CONTRE LES JO DE PARIS 2024 Le comité de vigilance JO Paris 2024 à Saint-Denis > INFORME : QUELQUES TRACTS DU TOXIC TOUR > INTERPELLE/MOBILISE : LES CAHIERS CITOYENS/LETTRES/TEXTES/TWEETS DU COMITÉ DE VIGILANCE JO PARIS 2024 > DÉNONCE : IMAGES DE LUTTES > PROPOSE : UN PLAN ALTERNATIF > ENTRETIEN DE MARIANNA KONTOS AVEC HAMID OUIDIR Saccage 2024 > INFORME : « TU VOIS LÀ, SOUS MON JARDIN, CE SERA LES QUAIS DU MÉTRO. PAROLES DE JARDINIER·E·S D’AUBERVILLIERS ET DE PANTIN » > DÉNONCE/MOBILISE : IMAGES DE LUTTES YOUTH FOR CLIMATE – BANDEROLES DE MANIF – PHOTOS ET AFFICHE ANTI-PUB – TRACTS > OCCUPE : IMAGE DE LA JAD – TRACTS DE PROGRAMMATION DES ACTIVITÉS À LA JAD > ENTRETIEN DE MARIANNA KONTOS AVEC FLEUVES ET ENTIONE
CONTRE LES JO ET LEUR MONDE > CELEBRATION CAPITALISM AND THE POLITICS OF THE OLYMPIC GAMES – Jules Boykoff > LA POLLUTION, UN MAL COMMUN POUR LUTTER CONTRE LES INJUSTICES ENVIRONNEMENTALES SUR LE TERRITOIRE DES JO EN SEINE-SAINT-DENIS ? – Pauline Biern > HENRI LEFEBVRE AUX JEUX OLYMPIQUES. LE DROIT À LA VILLE DANS LES MOBILISATIONS D’HABITANTS À SAINT-DENIS – Guillaume Jean > DÉFENDRE LE COMMUN AU SEIN DES RÉSIDENCES SOCIALES. LE CAS DU FOYER DE TRAVAILLEURS MIGRANTS DE SAINT-OUEN – Clarisse Jouan et Célia Escribano > L’EFFET JEUX OLYMPIQUES SUR UN FOYER DE TRAVAILLEURS MIGRANTS – Aissatou Mbodj > DES FOYERS AUX RÉSIDENCES SOCIALES : UN RACISME D’ÉTAT – Michael Hoare > YOU CANNOT REFORM THE OLYMPICS – NOlympicsLA > LES JEUX OLYMPIQUE 2016 ET LES LEÇONS DU PASSÉ : L’EXPÉRIENCE PÉDAGOGIQUE DE LA VILA AUTÓDROMO ET DU MUSEU DAS REMOÇÕES – Matheus Viegas Ferrari > OLYMPIAN APPARATUSES – Sabu Kohso > UNE CRITIQUE URBAINE DES JO D’ATHÈNES 2004 – Maria Markou > JO 2024 : DES ACCUSATIONS DE PROPOS RACISTES ET MISOGYNES CRÉENT UNE CRISE INTERNE – Jade Lindgaard et Antton Rouget > EXTRAIT DE LES MÉTROPOLES BARBARES. DÉMONDIALISER LA VILLE, DÉSURBANISER LA TERRE – Guillaume Faburel > EXTRAIT DE LA NATURE EST UN CHAMP DE BATAILLE – Razmig Keucheyan
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
APRÈS LA RÉVOLUTION – HORS-SÉRIE – JO PARIS 2024. CARNETS DE LUTTES
—HEAD Publishing Domaine Architecture, décoration, sciences de l'environnement ISBN 978-2-940510-77-1 Collection Manifestes
Sortie prévue Mars 2023 Publié en français et en anglais
06 80 pages (approx) Format: 105 x 170 mm Poids: 200 g Impression en bichromie Reliure cousue-collée Prix: 10€ / CHF 17
Philippe Rahm Style anthropocène : réinventer l’art décoratif à l’époque du réchauffement climatique et des épidémies À la croisée de l’architecture, de l’esthétique et des sciences de l’ingénieur, ce livre vise à éclaircir l’impensé du retour d’un art décoratif utilitaire dans la lutte contre le réchauffement climatique, et à constituer un catalogue encyclopédique d’éléments décoratifs aux typologies anciennes (tapis, tapisseries, rideaux, miroirs etc. actualisés selon les connaissances scientifiques d’aujourd’hui : effusivité thermique, d’émissivité, de conduction, de réflectance, etc. ) Jusqu’au début du XXe siècle, la décoration d’intérieur en Occident avait un rôle pratique : celui de lutter contre le froid, d’amplifier la lumière ou de bloquer les courants d’air froid. Un tapis servait à ne pas avoir froid aux pieds, une tapisserie à isoler thermiquement les murs ; les cristaux des lustres, comme les miroirs ou les dorures, étaient là pour démultiplier le faible éclairage solitaire des bougies et des petites fenêtres ; un paravent servait à « parer le vent », les rideaux à bloquer les courants d’air. Bien plus efficaces dans ces fonctions climatiques, l’arrivée au tournant du XXe siècle du chauffage central, de l’air conditionné et de l’éclairage électrique, grâce à un usage massif d’énergies fossiles, a rendu caduc cette raison d’être utilitaire et climatique première de l’art décoratif d’intérieur. On a dès lors pu décrocher ces anciens dispositifs décoratifs au profit d’intérieurs épurés, minimalistes, vides et blancs, ceux caractéristiques de la modernité du XXe siècle – une esthétique sous-tendue par le dégagement de CO2 des chaudières à fioul et des centrales à charbon. Aujourd’hui, avec la nécessité de réduire l’empreinte carbone des bâtiments, mais aussi la lutte contre les canicules, apparaissent de nouvelles exigences thermiques et de réduction énergétiques qui demandent par exemple d’isoler les murs avec 20 cm d’isolation thermique. On peut se demander si cette isolation thermique n’est pas en réalité une nouvelle forme de tapisserie qui ne dit pas son nom, et marquerait inconsciemment un retour de la décoration d’intérieur. Si le style moderne du XXe siècle était la conséquence des énergies carbonées, gaspillant sans limite les ressources et l’énergie pour se chauffer et s’éclairer, la décarbonisation du bâtiment est en train d’induire, sans que l’on s’en rende compte, un nouveau style décoratif propre au XXIe siècle où la performance thermique, l’empreinte carbone et l’écologie redéfinissent les choix formels, matériels, et finalement les valeurs esthétiques, culturelles et sociales des intérieurs. Pour la discipline de l’architecture d’intérieur, l’enjeu est de réactiver le sens pratique de l’art décoratif d’intérieur tel qu’il existait avant le XXe et de dépasser son caractère apparemment futile pour inventer de nouveaux modes d’aménagement intérieur, de nouvelles configurations spatiales, formelles, et matérielles, à disposition des décorateurs et des architectes d’intérieur : une esthétique décorative propre au XXIe siècle, que nous proposons d’appeler « style anthropocène».
Exemples d'illustrations
L’auteur Philippe Rahm Docteur en architecture (Paris-Saclay), il a fondé l’agence Philippe Rahm architectes en 2008 à Paris. Son travail a acquis une audience internationale dans le contexte du développement durable. Il notamment remporté le concours de l’aménagement de l’Agora de La Maison de la Radio à Paris. En 2019, avec OMA, il est lauréat du projet de réaménagement urbain du quartier de Farini de 62 hectares à Milan en Italie. Il a enseigné à Princeton, Harvard et Columbia University et Cornell, a été invité, entre autres à la Biennale Venise en 2002 et 2008 et à celle de Sharjah en 2019. La collection Un manifeste est une déclaration écrite publique par laquelle une personne ou un groupe expose un programme d’action ou une
Ses livres les plus récents sont Le jardin météorologique paru aux Éditions B2 en 2019, et en 2020, Écrits climatiques chez B2, Météorologie des sentiments aux Éditions Les Petits Matins ainsi que Histoire naturelle de l’architecture aux Éditions du Pavillon de l’Arsenal.
position. La collection Manifestes de la nouvelle structure HEAD– Publishing met en valeur des partis pris, réflexions et actions développés par des acteurs de l’art et du design pour faire face aux enjeux contemporains.
DOSSIER DE PRESSE
Olivier Verdique alias Alvar Le Corvanderpius
La présente édition est une production des Editions Fourre-Tout
Publication octobre 2021, dans la nouvelle collection Fonds de tiroirs
FICHE TECHNIQUE
Olivier Verdique alias Alvar Le Corvanderpius
ANARCHITECTE
ANARCHITECTE
AN AR CHI TEC TE Olivier Verdique alias Alvar Le Corvanderpius
144 pages Hard Cover, format 150 * 190 mm Cette édition a bénéficié du soutien de la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Imprimeur : SNEL, Belgique Graphisme : NNstudio — Antoine Lantair et Pierre Geurts Diffusion en Belgique : Adybooks Diffusion pour le reste du monde : Editions Fourre-Tout. Éditions Fourre-Tout Directeur : Pierre Hebbelinck Responsable éditorial : Pierre Geurts 43 rue Fond-Pirette, B-4000 Liège, Belgique Téléphone : +32 (0)4 226 53 26 Email: fourretout@pierrehebbelinck.net
ÉDITIONS FOURRE-TOUT — COLLECTION FONDS DE TIROIRS
Anarchitecte est une collection de pamphlets satiriques décrivant le harcèlement que subit au quotidien un architecte à l’aube du XXIe siècle. L’auteur décortique les processus du métier en en faisant ressortir les clichés, les espoirs et les ambitions, le dysfonctionnement généralisé ainsi que ce qui est peut-être sa plus grande faiblesse: l’absence de reconnaissance du rôle de l’architecture dans les instances institutionnelles et décisionnelles. Du fond de sa Wallonie, Le Corvanderpius aiguise son arme la plus tranchante, la plume, pour dénoncer les absurdités de sa pratique professionnelle quotidienne. Sous couvert de chronique locale, son récit irrévérent transcende les frontières géographiques pour rassembler ses confrères au sein d’une fierté collective empreinte du désir de rendre sa dignité au « plus beau et au plus complet de tous les arts ». Marco Laterza Architecte Matera/Basilicate/Italie
EXTRAIT DE LA PRÉFACE Frédéric Saenen [...] La preuve que Verdique sut se faire satiriste est simple à établir : nul besoin d’être un fin connaisseur de la pratique du métier d’architecte pour apprécier la férocité de sa charge, ni pour en rire franchement. Satiriste, Verdique l’est rien qu’en comblant une lacune longue d’un siècle et demi : à travers la suite de portraits croqués et quintessenciés qui ouvre le volume, il dresse une physiologie complète de l’architecte [...]
978-2-930525-24-2
978-2-930525-24-2
Prix Public : 15 euros TTC Dépôt l’égal : D/2021/10.235/1 ISBN : 978-2-930525-24-2
ANARCHITECTE
Extrait de la préface
Olivier Verdique alias Alvar Le Corvanderpius
La présente édition est une production des Editions Fourre-Tout
« LE DERNIER ARCHITECTE DE LA DERNIÈRE GÉNÉRATION D’ARCHITECTES »
« Il n’y a que deux genres, le poème et le pamphlet » assenait Tristan Tzara, fondateur du mouvement dadaïste. Sans doute entendait-il par là qu’en littérature comme dans toute autre démarche artistique, seules deux attitudes sont possibles : la création renvoie effectivement à cette dimension de production, de fabrication) ou la destruction (l’une des origines du mot pamphlet serait le syntagme, grec à nouveau, pan phlégô, littéralement « je brûle tout »). Louis-Ferdinand Céline posait la même alternative quand il répondait du tac au tac au micro de Louis Pauwels en 1961 : « Quel est le genre d’homme que vous aimez le plus? – Le constructeur. Et que vous détestez le plus ? – Le destructeur. » Il y eut, au XXe siècle du moins, des architectes qui abandonnèrent leur discipline de départ pour devenir exclusivement écrivains, ce sera le cas d’un Michel Bataille ; des écrivains qui pratiquèrent excellemment l’architecture ainsi que d’autres formes d’expression artistiques, on pense alors au polymorphe Max Frisch ; des écrivains qui œuvrèrent, plus ou moins explicitement, en architecte, et l’exemple de Proust vient immédiatement à l’esprit, lui qui appliqua certains principes de l’Anglais Ruskin pour élaborer la cathédrale romanesque et mémorielle de la Recherche. Plus rares sont les écrivains qui sont véritablement entrés en dialogue intellectuel avec l’architecture, afin de dégager une essence commune au premier et au cinquième des Arts majeurs. La preuve que Verdique sut se faire satiriste est simple à établir : nul besoin d’être un fin connaisseur de la pratique du métier d’architecte pour apprécier la férocité de sa charge, ni pour en rire franchement. Satiriste, Verdique l’est rien qu’en comblant une lacune longue d’un siècle et demi : à travers la suite de portraits croqués et quintessenciés qui ouvre le volume, il dresse une physiologie complète de l’architecte – du moins en Belgique francophone. Tout y passe : le modus laborandi, mais aussi la mise vestimentaire, la gestuelle, l’élocution, jusqu’au teint et à la coiffure. On a vu Reybaud inclure dans sa caricature de l’arrivisme la figure de l’architecte-bohème. Verdique renverse la perspective en élargissant la perspective avec le client et ses desiderata aberrants, la typologie des revues d’architecture aux qualités fort variables, jusqu’aux vacanciers qui versent un regard méprisant et catastrophé sur leur nouvelle connaissance du moment dès qu’ils apprennent sa profession… À aucun moment, Verdique ne s’érige en juge contre toute son époque. Il ne se permet pas de parler de Culture majuscule, d’invoquer des valeurs supérieures et transcendantes, de s’immiscer dans les autres domaines artistiques. Par contre, il défend mordicus ce qu’il connaît mieux que personne, soit sa profession qui est un art. Il s’insurge de ce fait contre la complexification de l’exercice de sa passion et en appelle à la libération des cadres contraignants, du système coercitif qui étouffe les créateurs de son rang. Il s’insurge, en libertaire intégral, et mérite pleinement l’étiquette d’anarchitecte. Frédéric Saenen
ANARCHITECTE
La collection, les auteurs
Olivier Verdique alias Alvar Le Corvanderpius
La présente édition est une production des Editions Fourre-Tout
Une nouvelle collection intitulée “Fonds de tiroirs”
Les auteurs
En Europe et de par le monde, nos sociétés évoluent sans cesse. L’histoire des pratiques architecturales, de leurs mouvements, n’éclaire que faiblement et de manière marginale l’éventail des conditions de la pratique architecturale. Face aux transformations accélérées de l’après seconde guerre mondiale (les trente glorieuses suivies de trente ans de néolibéralisme, l’augmentation de la puissance des GAFAM, l’effondrement des économies en 2008, la pandémie en 2020,…), les architectes d’Europe et plus largement de chaque continent sont confrontés à de nombreuses questions et exposent par l’écriture leurs pratiques souvent inquiètes, engagées et créatives, pour tenter de leur donner des réponses vivantes et adaptées. Aujourd’hui Fourre-Tout a dans ses cartons cinq projets portant sur des textes souvent remisés au fond d’un tiroir par des architectes européens, écrits sans volonté réelle de publier. Ces textes possèdent une filiation avec ceux qui ont émergé d’un tiroir pour Franz Kafka, une malle pour Fernando Pessoa, un laptop pour Roberto Bolaño. Ils sont le résultat du besoin impératif de clarifier leur démarche. Ils sont souvent le fruit d’évènements particuliers. La vocation de la collection Fonds de tiroirs est de remettre en lumière ces mots laissés en friche.
Frédéric Saenen est né en Belgique, dans la région liégeoise, en 1973. Maître de conférences, il enseigne le FLE à l’Université de Liège depuis 1997. Il a publié plusieurs plaquettes et recueils de poésie entre 1997 et 2003 et a participé à de nombreuses lectures publiques. Romancier, il a publié dans la collection « Plumes du coq » des Éditions Weyrich La Danse de Pluton (2011), Stay Behind (2014) et L’Enfance unique (2017, Prix George-Garnir de l’Académie en 2018). Essayiste, il a notamment consacré des ouvrages au genre littéraire du pamphlet, à l’écrivain Pierre Drieu la Rochelle et à Camille Lemonnier. Critique littéraire, il publie régulièrement des recensions et des entretiens avec des personnalités du monde intellectuel sur le blog de la Promotion des Lettres belges Le Carnet et les instants ou des sites de référence tels que Parutions.com. En 2018, il est devenu rédacteur en chef de la Revue générale, la plus ancienne revue de sciences humaines et d’idées de Belgique.
Frédéric Saenen
Marco Laterza Né à Matera, dans le sud de l’Italie, en 1987, il s’est formé à l’architecture entre l’Italie, l’Espagne et la France. Il a travaillé avec Antonio Jiménez Torrecillas à Grenade (Espagne) et avec Bernard Quirot Architecte & Associés à Pesmes (France). En 2015, il est retourné à Matera où il a fondé l’agence d’architecture Laterza + Suarez. Depuis 2016, il coordonne les travaux de l’« Open Design School », un atelier multidisciplinaire expérimental de Matera 2019 – Capitale européenne de la culture. Il s’occupe de restauration, d’architecture, de design, de pratiques de co-création et d’autoconstruction. Il a donné des conférences à la Prince Sultan University de Riyad (Arabie Saoudite), à l’École d’architecture de Paris-Belleville (France) et au Centre culturel Kunstkraftwerk de Leipzig (Allemagne).
ANARCHITECTE
Quelques pages intérieures
ANARCHITECTE
La genèse du livre en images
Références visuelles de la collection: vues rapprochées de mains d’auteurs.
Prototype à l’échelle du Blanco.
Recherche sur la dramaturgie de la page et de l’image de couverture
Calibrage des couvertures cartonnées, rapport entre l’épaisseur des plats et la finesse du dos rond.
E1027, Maison en bord de mer
4 2e édition, sous la direction de Jean-Lucien Bonillo. Eileen Gray et Jean Badovici auteurs du fac similé.J.P. - Rayon, P.-A. Gatier, J.-L. Bonillo auteurs de l’introduction à la réédition. Attentive à préserver une dimension poétique et une éthique humaniste dans la conduite de son travail, Eileen Gray nous livre avec E1027 un témoignage rare et précieux du rêve moderne de l’œuvre d’art totale. La réédition en 2006, attentive à préserver l’exacte qualité du document original et augmentée d’un livret en forme d’appareil critique, du fameux portfolio de la revue d’avant-garde L’Architecture vivante, consacré à la villa E1027 d’Eileen Gray et Jean Badovici a été réalisée au moment où s’engageaient les travaux de restauration de cette icône du XX siècle.
Aujourd’hui, le site du Cap Martin réunissant les oeuvres d’Eileen Gray et Le Corbusier (cabanon et unités de camping) ouvert au public (juin 2015), il apparaît opportun de proposer une nouvelle édition, cette fois-ci avec une couverture souple à rabat, brochée et bilingue français-anglais.
Détails ISBN : 9782919230099 Date de publication : juin 2015 OCTOBRE 2021 ---------Dimensions : 23x28 cm Nombre de pages : 136 Bilingue Couverture souple Prix : 32€
Public visé - Etudiants et professeurs - Amateurs et/ou professionnels de l'histoire de l'architecture qui souhaitent actualiser leurs connaissances sur l’architecture moderne. - Les amoureux des beaux-livres
Table des matières Introduction à la réédition : Les choix techniques qui dérivent des contraintes du chantier, Pierre-Antoine Gatier. Études : Fac-similé de l’édition originale, Albert Morancé. De l’éclectisme au doute, dialogue entre Eileen Gray et Jean Badovici, accompagné de 15 dessins dans le texte ; Planches : 34 photographies de la maison et de son mobilier dont 4 en couleurs. English translation ; Introduction to the reprint : An (other) modern villa, Jean-Paul Rayon ; E.1027 Everyday Poetry and Elegance, Jean-Lucien Bonillo : Restoring E.1027, a rediscovered villa, Pierre-Antoine Gatier.
La Cellule Le Corbusier, L'Unité d'habitation de Marseille 4-2ème édition Sous la direction d'Arthur Rüegg, Jean-Lucien Bonillo, Jean-Marc Drut et Ruggero Tropeano. L’ouvrage apporte des informations graphiques et des analyses inédites sur la cellule-type de l’un des plus importants édifices de Le Corbusier : l’Unité d’habitation de Marseille. Une restitution graphique qui précise des aspects spatiaux, techniques et esthétiques (y compris la polychromie) est donnée sur deux cellules : l’appartement type traversant montant est-ouest et le logement mono-orienté descendant au sud de Lilette Ripert, « messagère » de l’œuvre de Le Corbusier. Quatre articles constituent une sorte d’« appareil critique » qui accompagne ces dessins : ils traitent de la place de l’édifice dans l’œuvre de Le Corbusier, du rapport individuel / collectif dans cette utopie concrète communautaire, de la manière dont la cellule résume la pensée sociale et les recherches plastiques de Le Corbusier, de la restauration de l’appartement classé M.H. de Lilette Ripert et des rapports de Le Corbusier avec cette dernière. Deux événements culturels sont à considérer qui ont rendu opportune la réédition bilingue et dans un format broché avec une couverture souple à rabat. Premièrement, 2015 était l’année du cinquantenaire de la commémoration de la disparition de Le Corbusier. Deuxièmement, fin juin 2015 le site Cap Martin, où se trouvent le cabanon et les unités de camping de Le Corbusier ainsi que la villa E1027 réalisée par Eileen Gray, a ouvert au public.
Détails ISBN : 9782919230082 Date de publication : -------------------juin 2015 OCTOBRE 2021 Dimensions : 23x28 cm Nombre de pages : 104 Bilingue Couverture souple Prix : 32€
Autre information : tous les publics ont accès tous les jours au toit-terrasse et commerces (hôtel, librairie, restaurant, salon de thé, concept store design,...) d qui se trouvent aux 3 et 4èmes étages de l'Unité d'habitation de Le Corbusier à Marseille, classée MH et inscrite au Patrimoine mondiale de l'UNESCO en 2016.
Arthur Rüegg est né en 1942. Depuis 1971, il exerce comme architecte à Zurich. De 1991 à 2007, professeur d'architecture et de construction à l'Ecole polytechnique fédérale (ETH) de Zurich. Nombreuses activités de recherche et d'expositions sur la construction, la couleur, la photographie et le design, ainsi que sur l'habitat moderne. Auteur de plusieurs monographies et ouvrages, notamment : Le Corbusier – Polychromie architecturale (1997 - 2006) ; Charlotte Perriand – Livre de bord 1928 - 1933 (2004) ; Le Corbusier – Meubles et Intérieurs 1905 - 1965 (2012). Public visé - Etudiants et professeurs - Amateurs et/ou professionnels de l'architecture qui souhaitent actualiser leurs connaissances sur l'Unité d'habitation de Marseille - Les amoureux des beaux-livres.
Table des matières
Note liminaire : Arthur Rüegg ; La cellule et ses « prolongements » nécessaires, Jean-Lucien Bonillo ; La cellule type, Ruggero Tropeano L'appartement 50, Jean-Marc Drut ; Lilette Ripert et Le Corbusier, Arthur Rüegg ; Discours d’inauguration de Le Corbusier, 1952.
Disponible
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Murs de l’Atlantique Julie Hascoët
MURS DE L’ATLANTIQUE est une recherche menée autour du territoire breton, qui propose un dialogue visuel entre deux phénomènes : les restes du Mur de l’Atlantique - ces blockhaus qui constellent le littoral de manière lourde et permanente ; les free parties, ces fêtes techno illégales, qui apparaissent spontanément dans les campagnes et sur les côtes, avant de disparaître aussitôt. Murs de son, enceintes fortifiées, campements improvisés, radicalité des matériaux, des sons et des éléments : ce projet s’intéresse aux façons d’occuper des espaces – les marges, en l’occurrence ; à l’architecture – qu’elle soit inaltérable ou, au contraire, rudimentaire ; et à la fête - lue comme une opération de guérilla, permettant une brèche hors de toute catégorisation, de tout contrôle. En suivant le littoral, en parcourant les chemins de traverse, et à partir de la figure du mur, ce projet vient questionner la construction d’une identité collective, le sentiment d’appartenance à une communauté – aussi temporaire soit-elle – qui se vit dans le secret et dans l’illégalité. Ce travail retrace sept ans de fêtes et de dérives. Éditions Autonomes Dossier de presse
Nous avons apporté le plus grand soin à la conception éditoriale, la méthode d’impression, les différents papiers et le façonnage. • Format 168x213mm • Couverture rigide marquée à chaud noir mat sur papier toilé vinyle gris • dos carré cousu collé • cahier de 96 pages quadri offset sur arctic volume 135gr • cahier de 20 pages noir offset sur materica Verdigis 120gr • Texte et images : Julie Hascoët • Conception éditoriale : Nathalie Bihan et Julie Hascoët • Conception graphique : Nathalie Bihan et Antonin Faurel • Impression : Gráfica Maiadouro S.A. • Traduction en anglais : Guilvic Le Cam • ISBN : 978-2-490487-23-3 • Dépôt légal : 2e trimestre 2022 • 120 pages / 30 € • Achevé d’imprimer à 650 exemplaires en mai 2022 • Sortie officielle au 10 juin, à l’occasion de l’exposition « Pas sommeil. La fête dans tous ses états » de Julie Hascoët, William Kentridge et Mark Neville au FRAC et aux Champs libres à Rennes. • Pré-commandes sur le site www.editionsautonomes.com à partir du 6 juin. Contact presse : Nathalie Bihan, éditrice, 06 82 56 52 62 Éditions Autonomes, 17 rue Fautras, 29200 Brest, France editionsautonomes.com info@editionsautonomes.com Contact artiste : Julie Hascoët, photographe experiments.fr contact@experiments.fr Ce livre a été en partie financé via le dispositif Contre vents et marées, avec le soutien de la Région Bretagne en collaboration avec a.c.b - art contemporain en Bretagne et la Galerie le Carré d’Art à Chartres de Bretagne. Merci à toutes les personnes qui, de près ou de loin ont rendu ce projet possible, un merci tout particulier aux sound systems.
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C’est un coin de campagne tranquille. 1. C’est un coin de campagne tranquille que la courbe d’une départementale est venue traverser, reliant quelques bourgades éparses entre les étendues silencieuses de champs laissés en friche. Des zones boisées, des chemins de terre, des merles et des geais qui jouent à cache-cache par-delà les fossés. L’odeur de l’iode dans l’air qui annonce le littoral à quelques bornes à peine. C’est ici qu’on a grandi. Un peu loin de tout, à l’abri. Le trou du cul du monde, comme on dit. Au bistrot du village, une poignée d’anciens accueille la tombée du jour à grand renfort de galopins. Ils pourraient tout aussi bien commander des pintes, ce serait plus commode – mais c’est une tradition, le galopin, un rituel imperturbable. Alignés contre le comptoir en bois lustré, ils enquillent les verres et les histoires tandis que le clocher sonne péniblement un souvenir de vêpres. Dix-neuf heures, par là. Une vieille publicité Amer-Picon trône au-dessus d’un miroir qui ne reflète plus grand chose. Sur le parking de la mairie et à deux pas du bar, quelques voitures se sont
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regroupées, fouillis d’affaires et de passagers, un A fraîchement collé à l’arrière d’un carrosse. Les portières sont laissées grandes ouvertes et une ribambelle de basses compactes dégueulent d’un autoradio assurément poussé au-delà de ses capacités. Ça parle fort, ça ricane. Assis tant bien que mal sur le rebord des coffres alourdis par les cartons de bière, les « jeunes du village » agitent des bouteilles en plastique sans étiquette, et le liquide orange de transiter de main en main avant de disparaître dans les gosiers à mesure que l’heure tourne. On taxe des feuilles slim et puis on roule des joints. Depuis la vitre du troquet, les vieux du bled commentent : leur allure débraillée, les coupes de cheveux douteuses, les pantalons trop larges. Le style garçon-manqué. Les manières qui se perdent. Et le patron de battre en retraite, parce qu’il les a vus grandir ici, ces gosses, année après année : il faut bien que jeunesse se passe. Chaque samedi c’est pareil. On se rejoint sur la place en attendant que l’info tombe. Un SMS circule, qui donne déjà le ton. La date, le numéro de boîte vocale, « area 22 » et puis « tenez-vous prêts ». Ce soir, ce sera dans le secteur : le collectif qui pose, c’est une bande qu’on
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Juan Valbuena, Dalind Cahier #11
Depuis 2013, le photographe espagnol Juan Valbuena se rend plusieurs fois par an à Gibraltar. Dalind, adverbe de lieu (en espagnol) qui signifiait « de là-bas », avant de disparaître du dictionnaire, présente, dans un même mouvement, des prises de vue au moyen format, des photographies vernaculaires collectées sur place ainsi que des extraits des journaux tenus par le photographe lors de ses séjours. Ainsi, se donnent à voir, et à lire, à la fois la région de Gibraltar, avec son enclave anglaise en territoire espagnol — port ouvert sur la Méditerranée et l’Atlantique, lieu de tous les trafics — et un photographe au travail. Dans l’entrelacement de l’écriture et des images se joue pour Juan Valbuena la tentative de faire un portrait plus complet, ou plus sincère, de ce territoire qui exerce sur lui une telle fascination. Cette approche, double, et à laquelle l’auteur réfléchit dans ses carnets, parvient à saisir l’identité d’un lieu qui ne semble pourtant composé que d’individus singuliers, traversés d’imaginaires aux origines extrêmement divers : vieux marins, tenancière de bar, artiste interlope, prostituées, brocanteur... « L’idée de trou pourrait servir pour essayer de raconter cette histoire. Il y a toujours une barrière, frontière ou grille qu’il faut franchir, traverser, contourner ou saper. Ne pas photographier ce qui est conjoncturel, mais ce qui est structurel. Plutôt que sur l’instant se focaliser sur les paysages et les visages. Drapeaux, lettres, cartes géographiques et à jouer. Portes et ports. Clés et codes. Harcèlement et siège. Lieu et surveillance. Aller et retour. »
* Juan Valbuena est photographe. Il vit et travaille à Madrid. Son travail s’inscrit dans le courant de la photographie documentaire. L’image y croise souvent la parole sous des formes diverses (récits, documents, entretiens). Il a publié plusieurs livres : Noray, Salitre, Ojos que no ven corazón que no siente, Un lugar de la Mancha (tous parus chez Phree). Régulièrement exposé dans le monde hispanophone, son travail a fait l’objet d’une exposition rétrospective dans le cadre du festival PhotoEspaña 2020 : Donde doblan los mapas (le catalogue publié à l’occasion de cette rétrospective a reçu le prix du meilleur livre PHE 2021). Juan Valbuena est aussi le fondateur de l’agence NOPHOTO et directeur des éditions PHREE. 1 juillet 2022 16 x 24 cm Dos carré collé cousu 64 pages 978-2-493242-04-4
las imágenes para generar veracidad y dar credibilidad a lo que leemos. Quiero explorar la posibilidad de que, por ejemplo, sean los textos los que den credibilidad a las imágenes, o bien sean las imágenes las que contextualicen los textos. También puede ser interesante romper el paralelo y proponer imágenes sin textos y textos sin imágenes. Puedo poner a hablar a un espacio o a una cosa en nombre de una persona relacionada. Debería poder. Le défi, c’est de chercher un format qui brise la relation entre photo et texte caractéristique du reportage traditionnel, dans lequel les légendes expliquent et contextualisent de manière rigide les images, ou, au contraire, les images sont utilisées pour générer de la véracité et donner de la crédibilité à ce qu’on lit. Je veux explorer la possibilité que, par exemple, ce soient les textes qui donnent de la crédibilité aux images, ou bien les images qui contextualisent les textes. Ce serait peut-être intéressant aussi de briser le parallélisme et de proposer des images sans texte, des textes sans image. Je peux donner la parole à un espace, ou à une chose, au nom d’une personne qui serait en rapport avec eux. Je devrais en être capable.
257 414 contenedores pasaron por el puerto el primer mes del último año. « A veces se hacen catas al azar o alguien da el chivatazo y aparecen toneladas de cocaína escondida en fruta que viene del otro lado del charco. Otras veces se oyen golpes en un cajón cuando los estibadores lo hacen volar. Entonces hay que dejarlo en el suelo y llamar a la Guardia Civil, a la Policía del Puerto y a la Cruz Roja. “Cómo estáis?”, dicen desde fuera. “Cuántos sois?”, insisten. “Tres”. Se hace la luz. A menudo no todos están vivos. » 257 414 containeurs sont passés par le port durant le premier mois de l’année dernière. « Parfois on fait des contrôles au hasard ou bien quelqu’un moucharde et alors apparaissent des tonnes de cocaïne cachées parmi des fruits qui viennent de l’autre côté de la mer. Parfois on entend des coups dans un caisson quand les dockers le soulèvent. Alors il faut le laisser au sol et appeler la Garde Civile, la Police du Port et la Croix-Rouge. “Comment allez-vous ?”, demande-t-on depuis l’extérieur. “Vous êtes combien ?”, insiste-t-on. “Trois”. On éclaire. Souvent ils ne sont pas tous vivants. »
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À L’OMBRE DES VIVANTS DAVIS SIODOS ASBL LE MULET 31 avenue Arnold Delvaux 1180 Bruxelles info@lemulet.com www.lemulet.com
« A TRAVERS LA SÉRIE « A L’OMBRE DES VIVANTS » JE ME SUIS ATTACHÉ À SUIVRE DES INDIVIDUS QUI ERRENT, TRAVAILLENT OU HABITENT À LA PÉRIPHÉRIE DE LA VIE... AU POINT DE NE PLUS SAVOIR MOI-MÊME SI JE SUIS VIVANT... OU SIMPLEMENT UNE OMBRE. » DAVID SIODOS Naturellement attiré par la ville et sa banlieue, mon œil s’est volontiers tourné vers l’humain. Particulièrement consumé par la détresse des invisibles des rues, mon travail s’applique à retranscrire le monde des ombres sous le prisme du merveilleux. “ Ma vie est un rêve qui ne finit jamais... “ Ce sont les mots de Pierre, un SDF toulousain. Sa grâce semblait illuminer la rue, pourtant plongée dans l’obscurité. Le repaire, dans lequel il squattait depuis une éternité, trahissait son charisme si particulier. Une vie sans impératif, sans artifice, seulement guidé par ses instincts, et son ombre... Les vivants se bousculent... Ce matin encore, la rue est le théâtre de ce ballet absurde. Leurs langages corporels semblent démontrer qu’une fois encore, leurs retards est inéluctable. Prisonniers de leur
emploi du temps, et contraints d’appréhender la vie sous pression, les passants chavirent. Tous, ont l’illusion d’avoir une prise sur leur vie. Peu en profite vraiment. Les gisants, eux, ne simulent plus. Certains s’enchantent même de cette décadence. Ce monde qui s’agite, les renvoie à leurs désillusions. Ces hommes et ces femmes qui se tiennent hors du temps, ne sont-ils pas davantage en contact avec la réalité ? Ce sont ces interrogations qui, je crois, motivent mes excursions. A travers la série « A l’ombre des vivants » je me suis attaché à suivre des individus qui errent, travaillent ou habitent à la périphérie de la vie... Au point de ne plus savoir moi-même si je suis vivant... Ou simplement une ombre. David Siodos
• LIVRE
• Rayon : BEAUX-ARTS
• 200 PAGES
• Thème : PHOTO
• Format : 28 CM X 19 CM (À L'ITALIENNE)
• Prix de vente : 45€ (prix indicatif)
• COUVERTURE RIGIDE
• ISBN : 978-2-931133-07-1
• RELIURE APPARENTE
• Parution : FÉVRIER/MARS 2023
• TRANCHES NOIRES
• Photographe : DAVID SIODOS
• COUVERTURE SÉRIGRAPHIÉE
• Graphisme : STUDIO DIRK
• Tirage : 500 EXEMPLAIRES
À L’OMBRE DES VIVANTS
MICHEL LÉPINAY PREMIER PHOTOGRAPHE DE HARA-KIRI 1961-1966 Les 304 photos reproduites dans ce livre témoignent, de l’intérieur, des six premières années pleines de fureur de cette bande de ibustiers qui ont férocement bousculé la « France épouvantable » (Choron dixit) des années 60. Gloire à eux !
Contributeurs :
50€ ISBN 978 236 320 0327 Format 185 x 260 mm 369 pages 300 photos N&B Textes français Papier couché brillant 135 gr Couverture cartonnée
Photographe-reporter professionnel installé dans le neuvième arrondissement parisien, Michel Lépinay travaille dès 1961 pour le tout neuf (à peine un an) mais déjà très bête et méchant mensuel Hara-Kiri, sis rue Choron, à un jet de pierre de son studio. En 6 ans, 17 couvertures violemment expressionnistes (rouge sanglant et noir charbon) et près de 300 photos publiées (romans-photo, fausses pubs ou images parlantes), Michel Lépinay va voir passer devant son objectif toute l’équipe de pirates de Hara-Kiri: Cavanna, Gébé, Fred, Wolinski, Reiser, Cabu, Topor ou l’Américain Melvin van Peebles et bien sûr Georget Bernier alias le Professeur Choron dont il va immortaliser l’éclosion miraculeuse. En guerre et contre tous, Hara-Kiri, cette «publication dangereuse pour la jeunesse», cette «revue répugnante, odieuse», «à la limite du tolérable» donc «parfaitement détestable», pratique l’art du poing dans la gueule avec une jubilation manifeste, face à une société française alors en pleine mutation.
FAILLES 欠点 Laura Bonnefous & H2L2 Édition Photographies : Laura Bonnefous Éditeurs : H2L2 Éditions Conception et design graphique : H2L2 Éditions Couverture : Studio Emblemata Auteure : Irina Mazuet Traduction : ISBN : 978-2-9568661-1-4 Prix : 45 Euros Couverture rigide 166 pages - 92 photographies Format : 210 x 280 mm Bilingue : Française / Japonaise Édition de 500 Parution : Mars 2021
« l’exploration et l’introspection d’un territoire pendant un voyage poétique »
« Picturales et sculpturales, les images se répondent tels des espaces d’émotions »
Laura Bonnefous a travaillé sur le projet FAILLES en 2015 lors d’une résidence d’artiste au Japon. Ce projet formule l’exploration et l’introspection d’un territoire pendant un voyage poétique sur l’île de Kyushu, une région volcanique naviguant sans cesse entre éclat et apaisement. Loin de l’inventaire et de la description, Laura Bonnefous s’est, durant plusieurs semaines, plongée dans l’atmosphère de ces lieux de manière instinctive et sensorielle. Un an après son retour du Japon, c’est en découvrant une collection du créateur Issey Miyake qu’elle trouve une réponse en écho à son projet photographique. La maison de couture accepte de collaborer sur ce projet en découvrant les images de territoires.
Ces Failles qu’elle avait découvertes entre l’Homme et la Terre, à la fois solides et fragiles deviennent un nouveau terrain d’émotion. De nouveaux liens entre les créations organiques du créateur et les territoires qu’elle a photographiés se dessinent et nous transportent dans une nouvelle narration. Evoquant la sculpture mais aussi la peinture, une nouvelle série émerge mettant en avant les sensibilités des formes et des couleurs qui forment notre paysage contemporain. Picturales et sculpturales, les images se répondent tels des espaces d’émotions, de couleurs et de formes révélant la complexité de nos FAILLES qu’elles proviennent de l’Homme ou de la Terre.
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181 rue des Pyrénnées - F-75020 Paris +33(0)6 75 75 65 46 - h2l2editions@gmail.com
Laura Bonnefous, Biographie
À travers une image plasticienne mettant l’accent sur les espaces qu’elle rencontre et ceux qu’elle recrée, c’est une certaine poésie du réel qu’elle nous propose. Inspirée par les relations que l’Homme entretient avec notre paysage contemporain et captivée par les mutations vécues par notre société, elle déchiffre et étudie nos codes pour en proposer une vision sensible. Passionnée par l’étude de nos mythologies, ce sont les objets, les formes, les volumes, les couleurs, les gestes, qui sont les matières premières à la création de ses projets. Elle recrée avec ces éléments issus du réel, ses propres espaces, plus personnels, plus métaphoriques ou chaque élément est renversé. A la fois picturales et sculpturales, c’est à travers une certaine abstraction que ses images s’engagent dans une nouvelle archéologie de nos codes contemporains. C’est aux Beaux Arts de Paris, au Otis College of Art and Design de Los Angeles et à l’École des Gobelins qu’elle développe sa pratique plastique où ses projets se veulent transversaux mêlant installation, performance et image à travers une anthropologie du réel. Elle réalise des expositions, résidences et concours en France et à l’étranger comme le 104, la Cité Internationale des Arts, le festival de photographie de Arles, le Musée d’art contemporain de Bangkok, le Onishi Studio au Japon, le parcours Saint Germain, les Voies Off de Arles, le Mois de la Photo en 2017, le Festival de la Jeune Photographie Internationale de Niort en 2018 ou elle réalise une résidence, le Palais Galliera en 2018, le Arezzo Photographie festival en Italie ou encore le Salon Révélation au Grand palais. On la retrouve à Arles en Juillet 2019 à FotoHaus et à Paris en Octobre pour une exposition à ciel ouvert sur le Pont Saint Ange lors des Rencontres Photographiques du 10ème. En 2020, elle prépare son premier projet d’édition avec les éditions H2L2 de sa série Failles ainsi qu’une exposition de celle-ci pour les Promenades Photographiques de Vendôme. Elle travaille en parallèle sur un nouveau projet qui donnera lieu à un Fashion Eye aux éditions Louis Vuitton. Elle compte parmi les 30 Under 30 Womens Photographers en 2015 et remporte différents prix comme la Bourse du talent, le Prix Picto, le Prix des Directeurs de création et a été finaliste de Prix tel que l’Académie des Beaux Arts ou la résidence BMW au cours des dernières années.
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Laura Bonnefous, Failles (extraits)
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HALOGÉNURE REVUE DE PHOTOGRAPHIE ALTERNATIVE & ALÉATOIRE
revue semestrielle 3 cahiers de 56 pages soit 168 pages au total format : 21.8 cm x 25.4 cm première édition tirée à 1000 exemplaires 28€ ISSN 2496-6541 parution : hiver 2021-2022
Pour son neuvième numéro, Halogénure, toujours fidèle à sa formule originale en trois cahiers thématiques, a décidé de répartir celles-ci sur les thèmes de la photographie américaine en couleur, la conversation photographique et musicale, et la photographie sans appareil.
Cahier 09A : de l’Amérique et de ses couleurs Dans l'imaginaire photographique européen, le continent américain occupe depuis le début du XXe siècle une large place. Si la photographie artistique y a été quasiment importée depuis l’Europe par Alfred Stieglietz et Edward Steichen au début des années vingt, l'Amérique nous l'a depuis bien rendu par la découverte de ses paysages et de son mode de vie, notamment à travers son cinéma et la photographie de mode, qui ont pour point commun d'avoir très tôt délaissé le noir et blanc. Dans l'inconscient des européens nés depuis le baby-boom, les paysages et la vie américaine se restituent, et se reconnaissent au premier coup d'oeil, avant tout par leurs couleurs. C'est ce biais à la fois cognitif, historique et artistique, que le premier cahier d'Halogénure se propose d'explorer. A travers une photographie couleur portée par trois générations de photographes, respectivement nés au début, au milieu et à la fin du XXe siècle : Fred Herzog, Pierre Belhassen et Benoit Paillé.
directeur de la publication
Manu Jougla Rédacteur en chef
Jean Fournier Comité de redaction
Jean Fournier + Manu Jougla + Benoît Capponi + Aurélien Hubert + Maxence Torillioux + Simon Vansteenwinckel Graphisme et mise en page
Simon Vansteenwinckel + Maxence Torillioux Conception web
Aurélien Hubert Relecture
Corinne Chosson Avec la participation de
Sabrina Biancuzzi imprimé sur presse HUV Offset papiers Munken Lynx 170g et Munken Lynx 120g
diffusion - distribution
Paon diffusion - Serendip
www.halogenure.coM 6 boulevard du plan d’auvergne 30120 Le Vigan contact@halogenure.com
De la pratique classique d'Herzog, photographe du Canada en Kodachrome (une pellicule aux teintes rouges saturées et caractéristiques), pionnier de la photographie couleur dans les années cinquante, à celle de Benoit Paillé, qui sillonne encore, plus de 70 ans plus tard, le même pays armé d'un compact numérique et de gélatines colorées pour son flash, en passant par Pierre Belhassen et ses photos des USA, ces trois photographes nous donnent à voir une réalité colorée et onirique de la vie outre atlantique. Une photographie d'exploration du quotidien qui nous invite au rêve et au voyage, à la fois dans l'espace et dans le temps, séduit les sens, et nous pousse à parcourir mentalement les grand espaces et y faire des rencontres improbables, comme seul le continent américain peut en offrir.
Cahier 09B : Une conversation photographique et musicale inédite Pour une fois, il ne s'agit pas d'un cahier Belge ! Fidèle en amitié, et toujours friande d'aventures collectives, Halogénure a choisi pour ce second cahier de perpétuer une tradition désormais bien ancrée dans nos pages, celle de la conversation visuelle à quatre mains. Il s'agira cette fois-ci de deux photographes, mais aussi de deux musiciens. Complices et collaborateur dans leur vie professionnelle, tous les deux musiciens et photographes, Gregory Dargent (Hijâz’Car et H) et Frédéric D. Oberland (Foudre ! et Oiseaux Tempête), nous ont proposé un dialogue poétique, visuel et musical qui se déploiera tout au long du cahier-partition qui leur est entièrement dédié. Une photographie noire et blanche, toute en croche, rythmes, et accrocs - en échos aux notes - portée par une bande son originale et inédite en contrepoint au grain du papier, qui sera disponible en écoute exclusive pour nos lecteurs. Expérience synesthésique qui repousse les limites de la publication papier ou plus long libretto visuel jamais publié, il appartiendra à chacun de se faire une idée selon que prime chez lui la sensibilité du regard ou celle de l'oreille. Dans tous les cas, un choc artistique en perspective.
Cahier 09C : LA photographie sans appareil Cela devait bien arriver. Après le sténopé, le négatif-papier, l'afghan-box, le tirage lith et bien d'autres bizarreries analogiques artisanales, Halogénure en arrive à la photographie sans appareil ! Comment et pourquoi ? C'est tout le sujet de ce troisième cahier, pour lequel nous sommes allés à la rencontre d'artistes pratiquant le médium photographique sans passer par l'utilisation d'un appareil de prise de vue. Qu'ils soient dans la lignée des maitres de la photographie surréaliste comme Patrick Bailly-Maitre-Grand, photographe internationalement reconnu qui a accepté de nous accorder un long entretien et revenir pour nous sur ses quarante années de carrière, se situent plutôt dans l'héritage de la photographie expérimentale et colorée des chimigrammes comme Charlotte Greenwood, ou qu'ils aient été des artistes clandestins et inconscients d'eux-même comme Pétroline Dufayard dont l'oeuvre très mystérieusement exhumée - nous est présentée par sa non moins mystérieuse arrière petite fille, les photographes de ce cahiers partagent tous une passion pour l'alchimie et le double sens, voire même, peut-être pour l'un d'entre eux, de l'imposture artistique. En tout état de cause, c'est in fine sur le papier que se règlera la question ; car, de par sa nature même, la photographie sans appareil est un procédé qui s'apparente à la fois à la performance et à la pratique de l'acrobatie sans filet. Il s'agit du seul processus photographique qui ne peut se faire sans l'existence directe d'un tirage, puisqu'il ignore toutes les possibilités d'étapes intermédiaires habituelles du médium.
PRÉSENTATION DE LA REVUE Halogénure est une revue photographique principalement dédiée aux pratiques analogiques et aux procédés pré-industriels, explorant la vitalité d'une zone périphérique et très active de la photographie contemporaine. A travers la publication d'une revue semestrielle, qui a la particularité d'être constituée de trois cahiers thématiques par numéro, Halogénure entend donner à voir des images et des artistes qu'elle trouve insuffisamment présentés ou diffusés dans les circuits traditionnels de l'image. L'équipe Halogénure s'est donnée pour programme de proposer à la visibilité du public – qu'il soit spécialisé ou non - un ensemble de photographes et de travaux issus de ces univers marginaux mais extrêmement actif que sont les procédés photographiques dits « alternatifs », vaste ensemble qui englobe des courants esthétiques et techniques aussi divers que les pratiques photographiques pauvres (photographie faite avec des appareils artisanaux ou des appareils-jouets), la photographie lente (sténopé et négatifs papiers), les procédés de tirages alternatifs ou pré-industriels (cyanotype, tirage lith, papier salé, procédé au platine-palladium, gomme bichromatée, etc...), ainsi que toutes les formes d'expérimentations permises par l'altération, le recyclage, le détournement du matériel existant ou les techniques d'hybridations rendues possibles par le croisement des chaines de productions analogiques et numériques, qu'elle pense promise au développement d'un nouvel age d’or. Ces explorations techniques et esthétiques se doublent d'une préoccupation de recueillir et de compiler directement la parole des praticiens et des artistes par la publication d'entretiens réalisés en direct des ateliers lors de nos rencontres avec eux. Halogénure exerce en outre une fonction curatoriale en organisant ou en participant à plusieurs expositions, salons, festivals et rencontres éditoriales par an ; afin de créer et d'entretenir un lien entre praticiens et regardeurs, qui correspond à notre vision de la photographie contemporaine comme une pratique qui soit ancrée dans la vie, productrice d'objets matériels et de sens, et surtout génératrice de rencontres et d'échanges.
L’équipe L’équipe Le comité de rédaction d'Halogénure est composé de six personnes – photographes, graphistes et historiens de l'art - qui se sont rencontrées autour de leur passion pour les pratiques photographiques analogiques pauvres et expérimentales, et qui ont choisi de se rassembler et de tenter l'aventure commune d'une revue destinée à mettre en valeur une photographie qu’ils aiment, insuffisamment publiée et diffusée dans les circuits classiques alors qu'elle exerce depuis de nombreuses années une influence importante sur les pratiques artistiques et esthétiques contemporaines. Halogénure peut en outre compter sur plusieurs intervenants réguliers qui animent des rubriques récurrentes dans leurs domaines de spécialité respectifs.
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
TO DANCE WITH THE DEVIL est un corpus développé autour du personnage de Catherine, la mère du photographe.
Le livre document le principe de marginalité et de dérive à travers la complexité de la famille et questionne la place de la normalité dans l'anormal, à travers différents schémas temporels et narratifs, liant images d'archives, documents, textes et images contemporaines. Photographies et texte: Mickael VIS Postface : Rémi COIGNET Conception graphique / Graphic design : BIZZARRI-RODRIGUEZ Format : 15 x 21 cm – Couverture + 272 pages Reliure en dos carré cousu collé Le matériau de la couverture est du SKIVERTEX® VICUANA Blue SXV5217, avec un marquage Or et recouvert d’une jaquette pliée qui reprend une image de la mère de l’artiste : Catherine et le démarrage du texte qui nous plonge dans ce récit. Chaque chapitre est marqué par une rupture de papiers : De l’Arena Bulk Ivory 90g (Fedrigoni) pour les images d’archives Du Bengali Corail 80g pour la retranscription des documents d’archives De l’Offset 90g pour les images contemporaines
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
Exemples de double-pages.
Chapitre CATHERINE
Chapitre SEBASTIEN
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
Chapitre OURAGAN
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
Chapitre GEORGES
L’ensemble du livre est traduit en anglais : à la fois le texte de Mickaël VIS et la postface de Rémi Coignet avec un élégant système de vignettes pour conserver la concordance des documents.
ISBN : 979-10-97416-59-1 Premier tirage de 500 exemplaires Prix de vente : 45 € TTC
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
Extraits du texte de Mickaël VIS. Dans le livre, ce texte est réparti en 16 fragments numérotés.
Rue du Bouquet // To Dance with the Devil de Mickaël Vis
Extraits de la postface de Rémi Coignet
Début décembre 2020. Nous sommes confinés. Il fait nuit et moche lorsqu’en fin de journée, je reçois un e-mail d’un certain Mickael Vis. Il m’écrit sur les conseils de mon amie Elina. Je lis : « To dance with the devil est un corpus développé autour du personnage de ma mère Catherine, morte du sida en 1999. Elle a mené, jusqu'à sa mort, une vie de marginale, disputant avec la vie elle-même un combat d'une intensité folle. Droguée, sa relation avec son premier fils, Sébastien, a été tumultueuse. Elle lui a montré le chemin menant aux drogues. Il est devenu un ouragan de violence. Elle entretient ensuite une relation amoureuse avec son propre père. Je suis le fils de cette union interdite. » Ma première réaction est de penser « c’est trop gros pour être vrai ». Et je retourne à la préparation de mon repas. Puis je songe « c’est trop gros pour ne pas être vrai. » Et je reviens à mon ordinateur. En parcourant le PDF joint au message, je réalise la force inouïe de ce récit. Et les questions primordiales qu’il soulève : la liberté et la marge, la place de la société dans nos vies et dans la morale… Déjà, il n’est plus question de faits, mais d’une œuvre. Deux heures plus tard, je réponds à Mickael que je serai ravi de faire sa connaissance. ————— Je le rencontre quelques semaines plus tard à son arrivée à Paris — il vit entre ici et Helsinki — et je lui propose de l’aider, dans la mesure de mes moyens, à publier son histoire. Il me semble que c’est un travail puissant et par son thème une pièce importante au débat public. ————— Depuis six mois maintenant que Mickael m’a demandé d’écrire ce texte, je n’arrive à rien de satisfaisant. Finalement, ces notes seront le récit de mon échec à écrire, comme La Résidence de JH Engström était celui de l’incapacité à photographier dans une ville étrangère. ————— Été 2021. Je relis Totem et Tabou, mais à part une franche rigolade dans les premières pages à propos des « sauvages » d’Australie1, rien pour moi. Je me promets d’aller vérifier dans une édition plus récente si la traduction a été amendée. ————— Comment dès lors pourrais-je connaître Catherine, Georges ou Sébastien que je n’ai jamais rencontrés ? Ils ne peuvent être, pour moi, que des personnages au sein d’une œuvre. Aussi autobiographique soit-il, un récit inscrit toujours les faits dans un dispositif. ————— Le dispositif mis en place par Mickael vise à organiser le chaos et à ordonner des souvenirs dans un travail de constitution de la mémoire. : Images de famille, lettres et documents administratifs sont des strates, des niveaux de sens, que le texte vient malaxer. Des signes s’ajoutent aux signes. Quant aux photos noir et blanc, évanescentes, qu’il a prises, je les vois comme des trous dans la mémoire, comme des blancs dans un discours, des points de suspension…
JOHNNY A PEU PRES Interprétations graphiques d'une idole 4 ans de recherches, une centaine d'oeuvres, une analyse pointue sur l'art des fans... Quatre années ont été nécessaires pour traquer et collecter la centaine d'oeuvres présentées dans le livre. Certaines peuvent prêter à sourire, d'autres sont parfaitement exécutées mais toutes ont été réalisées avec le coeur. Ce point a été essentiel pour les choisir... pas de caricatures ni d'objets commercialisés (hormis quelques uns réalisés par des artisans). Les textes ont été écrits par des spécialistes : Contributeurs : Jean-William Thoury, journaliste rock et déjà auteur d'ouvrages de références sur Johnny Hallyday Pierre Billon, ami et parolier de Johnny Marc Decimo, professeur d'histoire de l'art contemporain Johnny Rock, sosie officiel de Johnny Hallyday 50€ ISBN 978 236 320 0341 Format 245 x 325 mm 250 pages 135 photos Textes français Papier couché brillant 135 gr Couverture cartonnée
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Troisième oreille. Un livre d’écoutes accompagnées Dans ce livre, la musicienne Olivia Pedroli propose une rencontre
Olivia Pedroli
possible entre le temps de la lecture et l’espace des sons, une visite de
Vidy /// a&f
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ESSAI
Olivia Pedroli
art&fiction
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son atelier musical et mental, une promenade dans La musicienne Olivia Pedroli compose en écoutant le vivant. Dans ces pages, elle propose de réécouter trois de ses projets musicaux après avoir parcouru récits et documents. Elle entraîne vers une autre façon d’écouter. L’expérience fait apparaître combien sa musique est une exploration sensible et continue de nos relations sonores à notre environnement. Ce livre est une invitation à parcourir son élégant théâtre sonore. Sur cette scène, mots, images, figures et émotions tissent des relations inédites, ou si discrètes qu’elles avaient été oubliées. La troisième oreille est celle qui prête attention à l’inouï niché dans le silence de notre présence au monde.
l’invisible du sonore.
Passant de la forêt au rapport du GIEC puis à Friedrich Dürrenmatt, Préludes pour un loup, Lauda et Mathilde sont trois projets de la musicienne et compositrice Olivia Olivia Pedroli Pedroli. Ce livre invite à les réGavin Bryars écouter (via un QrCode) sous l’influence de textes ou de documents, installés dans les situations que le livre propose. Partageant ses méthodes de composition, ses préoccupations personnelles ou ses échanges avec des scientifiques, elle témoigne de ce qui se joue dans l’écoute, qui devient avec elle une manière de relier l’intime et la nature. Une expérience éditoriale et musicale inédite, à l’écoute du vivant.
Un livre d’écoutes accompagnées de Postface de Vidy /// art&fiction
« Mes projets sont peut-être réunis par cela : le fait que tout agit dans l’oreille, que les sons entendus sont aussi affaire de corps, d’images, de matières, de temps, de mémoires, de présences et d’absences. C’est peut-être pour cela que ce livre a à voir avec le théâtre, cette sorte de réunion réfléchie des perceptions. Ce livre serait la petite scène d’un étrange théâtre musical. » Avec une préface du dramaturge Éric Vautrin et une postace de Gavin Bryars, compositeur et contrebassiste. La collection Mille et un plateaux Debutée en 2019, la collaboration entre art&fiction publications et le Théâtre Vidy-Lausanne propose de prolonger et partager le théâtre par le livre.
genre essai rayon musique thèmes sons, écologie, environnement livres connexes Après le monde de Antoinette Rychner (Buchet-Chastel, 2020), Habiter en oiseau de Vinciane Despret (Actes Sud, 2019), Histoire de la modernité sonore de Jonathan Sterne, (La Découverte, 2016) — collection Mille et un plateaux co-édition Théâtre Vidy-Lausanne format 11 x 17,5 cm, 124 pages, broché isbn 978-2-88964-040-9 prix CHF 16 / € 12
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© Yann Mingard
La musique d’Olivia Pedroli, multi-instrumentiste de formation classique, explore des territoires mystérieux et évocateurs, lorsque tout est clair mais rien n’est sûr. Faisant dialoguer classique, folk et musique expérimentale, ses albums lui ont valu une reconnaissance internationale. Mais ses chansons, dans lesquelles sa voix douce et cristalline se fond avec des arrangements soignés entremêlant cordes, piano, ou textures électroniques, ne sont qu’un aspect de son univers, tant la Neuchâteloise s’emploie à faire dialoguer la musique avec d’autres arts. Elle compose pour le cinéma (Hiver nomade de Manuel von Stürler ou Immer und Ewig de Fanny Bräuning notamment) ou élabore des œuvres multimédias singulières, comme Préludes pour un loup, présenté au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel en 2014, ou Mathilde, créé au Centre Dürrenmatt. À Vidy, elle a créé Uncertain clarity en 2015, première étape d’une évolution de la forme du concert vers un spectacle multimédia et sensible qui aboutira avec Les Volontés présenté en 2019.
© Fabio De Paola/Guardian
Né en 1943 en Angleterre, Gavin Bryars étudie la philosophie avant de devenir contrebassiste de jazz, mais ce seront ses compositions minimalistes au début des années 1970 qui lui vaudront une reconnaissance internationale. Musicien touche-à-tout, il travaille dans des styles très variés – opéras, concertos, madrigaux, musique de chambre, musique vocale – composant également pour le théâtre, la danse ou le cinéma.
Vernissage du 3e opus de la collection réunissant le Théâtre Vidy-Lausanne et art&fiction le 24 novembre 2022 à Vidy !
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L A FOR ÊT
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Le loup est un animal discret et curieux, aussi effacé qu’il a une vie sociale forte.
Écoutez une première fois les quatre Préludes pour un loup à la suite dans une position confortable, idéalement en forêt.
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L A N U IT DU LOU P
Le loup se cache. Il vit dans les creux sombres de l’imaginaire, tanière des plus grandes épouvantes. Changeant, il n’inspire pas de sentiment immédiat. Il n’est pas le renard qui parait si malin, ou l’hyène qui immobilise ; il n’a ni l’élégance des grands félins, ni l’espièglerie du coyote ; si peu du chien et de son animalité de compagnie. L’aura du loup, en somme, possède la terrible neutralité du vrai danger. Elle est de l’entredeux, de l’insondable, ce sur quoi précisément l’on projette tout. La frayeur originelle de la prédation fait le loup pour l’homme. La même qui fait de l’homme un loup pour l’homme. La nature bestiale comme puissance indomptable. Les contes ont interprété́ son cri à la façon d’une sirène qui annoncerait la sauvagerie. Mais le loup, lui, hurle seul au ciel et à la lune, déploie sa mystérieuse alerte à travers le paysage, souverain d’un territoire qu’il sait sien. En prenant garde au bruissement de leurs vestes isothermes, dans ces petits matins humides, ou au cœur d’une nuit de patience, certains ont aperçu puis capté le mouvement tant attendu. Ils ont aussi créé sans le savoir des
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images simples mais sublimes, comme libérées de la volonté d’entre belles. Des clichés contrastés d’où émanent la grâce cruelle d’une stratégie de chasse et l’impétuosité de l’instinct de survie. Viseur en transparence, un loup qui court dans les bois, son corps qui sautille alors qu’il s’en va. Cette sveltesse étonnante, qui le rend moins effrayant qu’on aurait voulu. Des louveteaux qui roulent sur le dos. Le bout très noir d’une queue qui s’agite doucement. Ses savants déplacements, ses jeux de domination, entre solitude et meute, où plane toujours le risque du ban. Et encore, troublant, ce regard vague de l’animal en cage, plus indéterminé que contrit. Appelez cela sagesse, appelez cela soumission... Observer le loup nous renvoie à notre condition. Extrait de Préquelle aux Préludes pour un loup, par Julie Henoch, texte de présentation de l’installation Préludes pour un loup au Muséum d’Histoire Naturelle de Neuchâtel (2014)
Voici quatre de ces images, à regarder en écoutant la musique.
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PIER R E, LE COR, L A SCIE ET LE LOUP DU V IOLONCELLE Il existe une note jouée au violoncelle que l’on nomme le loup. Il s’agit d’un endroit sur le manche de l’instrument où, peu importe la façon dont on y pose le doigt, l’instrument s’exprime à sa manière sans que l’interprète puisse exercer une influence sur sa sonorité. Certains ou certaines diront que le son part de travers, dans une forme d’onde vibratoire étrange, d’autres, qu’il fait sa propre vie. Avec une certaine technique, il est possible de masquer ce loup et de faire en sorte que la note paraisse « normale ». Dans Préludes pour un loup, j’ai demandé à la violoncelliste Barbara Gasser, de laisser à cette note toute sa place. Elle accompagne les grognements émis dans le premier prélude. La scie musicale est un instrument que j’affectionne tout particulièrement. J’ai commencé à l’utiliser dans l’album The Den. Avec Valgeir Sigurdsson, le producteur qui m’a aidée à développer le son que je recherchais, nous avons collaboré avec un très fin percussionniste Frank Aarnink qui m’a fait découvrir l’univers sonore de la scie. À la fois très proche de la voix et du hurlement du loup, cet instrument est
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difficilement maîtrisable. Quand on travaille avec une scie, que ce soit pour celui ou celle qui écrit la partition ou pour son interprète – dans le cas de Préludes pour un loup, Julien Annoni – il faut savoir accepter ce qu’elle veut bien nous donner. Accepter qu’une grande partie du résultat nous échappe. Et que c’est aussi cela qui en fait sa beauté. Parmi les autres instruments choisis tout spécialement pour ce projet, outres le violon d’Estelle Beiner, figure le cor des alpes, interprété par deux membres du Quatuor Dacor, Valentin Faivre et Daniel Brunner. Mes souvenirs d’enfance du cor dans Pierre et le loup ont très certainement exercé une influence sur choix. Contrairement au cor classique, la singularité du cor des alpes – instrument prévu pour être joué dehors et entrer en dialogue avec son environnement et dont la limitation des possibilités mélodiques ainsi que la complexité lui donnent un caractère sauvage – m’a évidemment attirée dans le contexte d’une création autour du loup. Dans le quatrième et dernier prélude, j’ai voulu exprimer les antagonismes liés à l’univers du loup non seulement avec des instruments comme les cors des alpes et la scie, mais également au travers d’un choix de rythme
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irrégulier dont il est difficile de maintenir la trace. Je vous invite si vous le souhaitez à tenter de frapper ce rythme quand vous l’entendrez (1234 12 123 / 1234 12 123 / 1234 12 12345 / 1234 12 123…). Peut-être sentirez-vous, comme moi au moment de le créer, cet élément qui nous file entre les doigts alors qu’on essaie de le contrôler. Un dernier élément reprend cette idée de son qui à la fois nous échappe et nous fascine. Il se cache dans les résonances : lorsqu’on maintient enfoncée la pédale forte du piano, le son joué dure très longtemps et permet à tous les harmoniques de s’exprimer. En suivant le même procédé, cette fois-ci sans appuyer sur aucune touche, mais en émettant un son avec la voix en direction des cordes du piano, il est possible de les faire vibrer et ainsi d’entendre leurs résonances actionnées par le son initial de la voix. Lors de l’enregistrement de ces sons, il est possible, au moment de l’editing, de supprimer la note fondamentale et de garder uniquement les harmoniques, procédé que j’ai utilisé dans Préludes pour un loup, mais également dans d’autres productions ultérieures. Les harmoniques, régis par des règles de physique connues, ont cependant quelque chose d’étrange et d’inaccessible qui semblent
souvent à nos oreilles comme un monde gouverné par ses propres codes avec ses propres libertés. Le loup représente tout cela pour moi.
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R ÉCIT
Avec l’album The Den, sorti en 2010, j’ai développé un son plus personnel proche de mes différentes racines musicales (classiques, folk et expérimentales). Les compositions et paroles prennent leurs racines depuis un lieu clos, une tanière, d’où le monde de l’imaginaire et de l’évocation peut émerger. Cet album m’ouvre les portes du monde du cinéma. Le musicien et réalisateur Manuel Von Sturler me propose de travailler sur son premier film, Hiver Nomade. Ce documentaire suit la transhumance hivernale d’un berger et d’une bergère dans les plaines vaudoises urbanisées. Cette première expérience positive me donne envie d’élaborer un projet personnel en lien avec de l’image en mouvement. 2013. Je termine l’enregistrement de l’album A Thin Line dans lequel j’explore l’idée de l’équilibre entre le contrôle et le débordement – préoccupation récurrente. Je visite l’exposition « Donne la patte ! » au Muséum d’Histoire Naturelle de Neuchâtel qui s’intéresse au « meilleur ami de l’homme », le chien, ses origines et ses particularités. Je découvre des
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images de recherche scientifique autour d’une meute de loup filmées par la biologiste Barbara Molnar au Yellowstone Park. La nature même de ces vidéos, leur texture, le monde dans lequel elles m’embarquent me touchent. Nous sommes loin de belles images léchées des National Geographic et autres films documentaires animaliers. Ici, les plans sont flous, moirés, avec une sorte d’arc-en-ciel de couleur qui se forment autour des animaux observés. S’en dégage une poésie nocturne intense, involontaire car ils sont filmés dans un but scientifique et non d’un esthétisme particulier. Le potentiel narratif de ce genre d’images me surprend, évoquant à la fois la relation de fascination et de persécution de l’homme face au le loup, un univers des croyances et des contes, des archétypes liés à la nuit, à l’ombre, mais aussi à la lumière dans l’obscurité et finalement à notre propre animalité. Ces images sont des passages vers des mondes, beaux, sombres et paradoxaux. J’en parle au directeur du Musée, à l’époque, Christophe Dufour, ami d’étude de mes parents et lui demande comment je pourrais accéder ce genre d’image. Il me pose des questions sur les raisons d’un tel intérêt et je lui explique mon idée. Il me dit qu’il serait curieux que le
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NOUVEAUTÉ JANVIER 2023
Hors collection
editionsdensite.fr
Écoutons nos pochettes Quand vos pochettes racontent vos histoires sous la direction de Gilles de Kerdrel - Préface de François Gorin Objets de cultes, de convoitises, de scandales, d’art et de légendes, tout a déjà été dit et raconté sur les pochettes de disque. Tout, sauf ce moment de notre vie auquel l’une d’entre elles est à jamais liée… Écoutons Nos Pochettes (à la fois site, podcast, et maintenant la présente anthologie) publie des récits autobiographiques (une love affair, une révolte, un trip, un égo en devenir), témoignages du pouvoir de résonance d’une pochette dans nos cortex émotionnels… « Ce projet est né par hasard. Tant mieux. Un jour, ou plus vraisemblablement un soir, en ressortant Rattus Norvegicus des Stranglers, je me suis revu à 15 ans, affalé sur la moquette de ma chambre pleine de posters, les yeux rivés sur la pochette, ne sachant pas encore combien ce disque – comme des centaines d’autres, mais ça non plus je ne le savais pas encore – était en train d’influencer mes goûts, de guider mes choix, pas seulement musicaux. Ce livre n’est pas là par hasard. Tant mieux. Il est la conséquence de ce qui est raconté juste au-dessus. Il publie les récits de celles et ceux qui, adolescents, ont vu leur vie changée par un disque. Ce sont des récits initiatiques, des récits d’apprentissage, des petits frères d’Holden Caulfield dans L’Attrape-cœur de J.D. Salinger. Les pochettes racontées ici n’ont aucune importance. Tant mieux. Ce qui importe sont les histoires qui les relient à Hugues Blineau, Dominique A, Lisa Balavoine, Valérie Bisson, et à vous, si vous voulez participer. »
Les auteurs : préface de François Gorin (Télérama), contributions de Dominique A, JD Beauvallet (Les Inrockuptibles), et 33 autres. Photographies : Carole Charbonnier
Écoutons nos pochettes, anthologie 29 € ISBN 9782919296385 17 x 23,5 cm, 96 p. broché, Quadrichromie Diffusion/distribution Serendip : dilicom 3019000119404
ACDC ANTHOLOGIE
Let There Be Rock (1977)
Let there be rock, c’est ma grand-mère. Je la revois avec sa permanente grisée que ma mère reprenait tous les dimanches avec des bigoudis roses, je la revois avec ses petites lunettes rondes, sa timidité, son effacement gêné, sa façon de ne jamais vouloir déranger.
ÉCOUTONS NOS POCHETTES
Ce jour-là, on avait passé l’après-midi dans les allées du centre Alma à Rennes, une grande surface au sud de la ZUP Sud. J’avais onze ans. A la fin de la journée, comme j’avais été sage, ma grand-mère se tourne vers moi et m’annonce qu’elle veut me faire un petit cadeau. Moi, tout de suite, je pense à un gros cadeau. Je l’entraîne vers le rayon disques. Elle trottine derrière, et là, putain, ça faisait un an que j’en rêvais, je m’empare de Let there be rock et je lui tends le vinyle. Je ne sais même pas si elle avait déjà tenu un vinyle entre ses mains, la musique n’existait pas chez nous. Je me demande encore aujourd’hui ce que ça lui faisait dans la tête de regarder cette foutue pochette de disque. Ça clignotait un peu derrière ses petites lunettes, ça n’avait pas l’air d’être simple.
33 pochettes de disques racontent vos histoires
Qu’est-ce qu’elle pouvait bien voir dans tout ça ? AC/DC écrit en gros ? Même pas sûr. Un monsieur en short avec un banjo dans les mains ? Possible. Une grosse batterie de casseroles en cuivre avec un monsieur qui se cache dedans ? Encore possible. Et un monsieur qui nous tourne le dos pour lui demander de sortir de ses casseroles, pendant que là-bas tout au fond y en a un autre qui joue encore du banjo et qu’au tout premier plan y a encore un monsieur qui est là, mais on ne sait pas ce qu’il fait. Oui, c’est probablement tout ça qu’elle voyait. Et puis aussi, ces fils électriques, ces rallonges qui traînaient par terre, ça n’avait pas l’air d’être bien rangé chez eux. Sans compter qu’en plus, ils avaient plein de gens à moitié allongés sur le sol, enfin, elle ne savait pas trop, on ne voyait que leur bras. Bref, AC/DC venait d’entrer dans la vie de ma grand-mère. C’est elle qui m’a offert mon tout premier vinyle et c’était Let there be rock.
Texte de Christophe PAVIT Le lorem ipsum est, en imprimerie, une suite de mots sans signification utilisée à titre provisoire.
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David Toop Inflamed Invisible Recueil d'écrits sur l'art et le son, 1976-2018 Traduction Sophie Couronne avec la collaboration de Valérie Vivancos à paraître le 3 mars 2023 350 pages – 23 euros isbn : 978-2-492628-05-4
Dans les années soixante-dix David Toop était travaillé par l’idée que la musique puisse ne plus être contrainte par le formalisme d’un auditoire : les applaudissements, les huées, les capacités d’attention limitées, les exigences de gratification immédiate. Envisager le son et l’écoute en tant que pratiques fondatrices en soi emmène la musique vers de nouveaux territoires : extension du temps, nature sauvage, écrans de vidéo surveillance, sculptures chantantes, météo, méditations, vibration et résonance intérieure des objets, communications inter-espèces, modes d’emploi, actions silencieuses, et art de la performance. Toop cherchait à documenter les aspects singuliers et mal connus de ces recherches de son point de vue de praticien et d’auteur. Le défi était d’y parvenir sans être ramené au domaine de la musique en reconnaissant néanmoins la vitalité et l'hybridité des musiques du vingtième siècle qui approchaient galeries d’art, musées, et installations in situ. Toop s’est concentré sur les praticiens, dont les histoires sont aussi fascinantes que les implications théoriques et abstraites de leurs œuvres. Inflamed Invisible rassemble plus de quatre décennies d'essais, de critiques, d'interviews et de textes expérimentaux. Ce recueil est une exploration des strates sonores qui sont à la croisée des préoccupations sensorielles, intellectuelles et philosophiques, couches à travers lesquelles les objets, pensées et l’air même s’animent comme l’embrasement de l’invisible.
David Toop est musicien, écrivain et professeur émérite au London College of Communication. Il a publié Rap Attack, Haunted Weather, Exotica et Ocean of Sound, publié en français en 2001 aux éditions de l’Éclat et dont la version poche est parue en avril 2022. Il a enregistré de nombreux disques depuis 1975 et a collaboré avec des musiciens tels que Brian Eno, John Zorn, Jon Hassell, Derek Bailey, Evan Parker, Scanner, Ivor Cutler, Haruomi Hosono, Jin Hi Kim ou Bill Laswell. Ses écrits sur la musique ont été récemment rassemblés sous le titre Inflamed invisible (2019 Goldsmith Press, London), à paraître en français en mars 2023 aux éditions Jou.
https://davidtoopblog.com
éditions JOU 60 rue Édouard Vaillant, 94140 Alfortville – France mail : contact@editionsjou.net http://www.editionsjou.net
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Collection DISCOGONIE
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Marianne Faithfull : Broken English de Véronique Bergen
« Avec Broken English, Marianne Faithfull s’arrache à la légende noire qui lui colle à la peau et construit son propre mythe. On n’écrira plusdsai légende. charge. s c o Ellegs’en on i e La sortie de l’album en 1979 produit un double électrochoc, sur le plan de la trajectoire musicale de Marianne Faithfull et dans le monde du rock. D’une part, il signe à la fois son grand come-back et un virage radical, scellant une rupture avec l’univers folk, l’ambiance country, la voix lisse des premiers albums. Exit la muse chic des Stones, exit l’icône trash de la défonce, exit la voix d’avant, la musique folk. D’autre part, il révolutionne, secoue à tout le moins, la scène du rock en distillant une énergie marquée par le punk, par une veine new wave combinée à des inflexions reggae, électro dance. Diamant noir, album de la défonce et de sa transmutation, il provient d’un mouvement d’arrachement à des années de dérives et réussit à rejouer musicalement l’outrenoir de la vie, l’angoisse de l’artiste, tout en restant au cœur du maelström. » L’album constitue une renaissance et un tournant pour l’égérie britannique des années soixante. La voix abimée par des années d’excés pose une nouvelle atmosphère tournée vers la décennie à venir. L’autrice : la bruxelloise Véronique Bergen est écrivaine et philosophe, membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique. Autrice de Patti Smith - Horses dans la même collection.
Marianne Faithfull : Broken English 12 € ISBN 9782919296354 10 x 18 cm, 96 p. broché, couverture à rabats 2 couleurs Diffusion/distribution Serendip : dilicom 3019000119404
À SUIVRE : The Pogues Rum, Sodomy and the Lash, Beach Boys Smile, Slint Spiderland
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NOUVEAUTÉ MARS 2023
Collection DISCOGONIE
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The Pogues : Rum, Sodomy and The Lash de Yann Liotard
Avec leurs mauvaises manières, leur façon à eux de faire revivre le folklore irlandais, The Pogues ont été des passeurs géniaux. Pour ça, d iilsn’y c oa pas degmauvaises o n i e manières, il n’y a que des méthodes qui marchent. Jouant le jeu de l’instrumentarium et des thèmes traditionnels, le groupe, qui doit sa vitalité poétique à Shane MacGowan au chant, a écrit maintes chansons que beaucoup prennent pour des airs traditionnels irlandais. Mais les Pogues ont fait leurs classes au milieu des punks et leur gigue carbure à cette énergielà, généreuse sur scène, mal contrôlée en dehors, avec son lot de frasques, de dentitions incomplètes et de substances trop faciles d’accès pour un groupe en vogue au milieu des années 1980. Elvis Costello, le producteur de Rum, Sodomy and The Lash, sera parvenu à catalyser et restituer cette bourrasque londono-irlandaise sans jamais avoir l’air d’y toucher, discret jusqu’à subtiliser la seule touche féminine du groupe, sa bassiste. L’auteur : Yann Liotard vit et travaille dans l’agglomération grenobloise. Professeur de français, latin, grec et auteur de divers ouvrages (essai, jeunesse) : - La Hache, éditions du Murmure, 2022 ; - Charlie Chaplin, Non à la délation, Actes Sud junior, 2022 ; - Dictionnaire Sjöwall at Wahlöö, les pionniers du polar nordique, L’Harmattan, 2020 ; - Antigone, La Ville brûle, 2017. Tout en rêvant de croiser le chien de Culann et d’héberger les chats de Kilkenny, il se réjouit, avec ce livre, d’offrir au public francophone le premier ouvrage consacré à l’univers des Pogues. The Pogues : Rum, Sodomy & The Lash 12 € ISBN 9782919296378 10 x 18 cm, 96 p. broché, couverture à rabats 2 couleurs Diffusion/distribution Serendip : dilicom 3019000119404
À SUIVRE : Beach Boys Smile, Slint Spiderland, Tom Waits Swordfishtrombones, Pixies Doolittle