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Nouveautés Poésie - mai 2022 - Serendip & Paon

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éditions Hourra

Paroles sans raison, Paul Klee isbn

978-2-491297-03-9

poésie / arts

genre

poésie, arts thèmes

ironie, transgression, Bauhaus

fiche technique 48 pages offset couleur brochures cousues collées format 11x18 cm prix 15 € parution le 03/05/2022 contact diffusion Paon diffusion paon.diffusion@gmail.com distribution Serendip-livres contact@serendip-livres.fr édition Hourra editionshourra@gmail.com Choisis et traduits par Pierre Alferi, Paroles sans raison est un ensemble de poèmes du peintre allemand Paul Klee. Méconnue en France, son œuvre poétique est pourtant prolifique et magnifique. Ce livre, accompagné d’une dizaine de reproductions, est un premier pont vers ce monde verbal trop longtemps resté à l’ombre de la peinture.


éditions Hourra

Paroles sans raison, Paul Klee isbn

978-2-491297-03-9

poésie / arts

le livre Assemblé et traduit par Pierre Alferi, Paroles sans raison est un recueil de poèmes du peintre Paul Klee. Pour l’heure, nous proposons un choix modeste, d’une vingtaine de poèmes, mais dont la rédaction s’étend de 1901 à 1939. Choix arbitraire, au fil des ans, d’un lecteur et traducteur de poésie bientôt persuadé qu’il y avait là plus qu’une œuvre seconde et mineure, tout autre chose qu’un violon d’Ingres : un massif poétique, poussé, certes, dans l’ombre d’une œuvre plastique, mais sans équivalent au vingtième siècle, sinon peut-être dans la grande poésie de Jean/Hans Arp, son cadet de sept ans. — Extrait de la note du traducteur Le livre est construit en plusieurs moments : En ouverture, le recueil Paroles sans raison qui vient rectifier l’absence totale de poèmes de Paul Klee publiés en français. Un graphisme fin et astucieux donne accès sur la même page au texte original sans pour autant gêner l’œil du lecteur. Ensuite, la note de traduction, rédigée par Pierre Alferi, vient replacer habilement ce livre dans l’histoire de la peinture, de l’écriture, de la vie de Paul Klee. En fermeture, un cahier en couleurs donne à voir une dizaine de reproductions, offrant au lecteur un petit rappel de l’évolution de son œuvre peinte.

l’auteur Paul Klee (1879-1940) est un peintre allemand réputé pour son œuvre très expressive. Professeur à l’école du Bauhaus, il est malheureusement figure de proue de l’art qualifié de dégénéré par le régime nazi. Persécuté, il termine ses jours en Suisse. le traducteur Pierre Alferi, né en 1963 à Paris, est un romancier, poète, essayiste français. Professeur d’histoire de la création littéraire aux beauxarts de Paris, il a publié une vingtaine d’ouvrages et fait preuve régulièrement d’un engagement politique public. La sirène de Satan est un recueil paru en 2019 aux éditions Hourra.


éditions Hourra

Paroles sans raison, Paul Klee isbn

978-2-491297-03-9

poésie / arts

la maison d’édition — Honneur à celles par qui le scandale arrive ! Hourra : cri de joie, cri de guerre

978-2-491297-03-9

Les éditions Hourra publient de la poésie et des écrits sur l’art. Créée en 2019 sur la montagne limousine, la maison naît de l’envie de défendre des pratiques d’écritures marginales où se rencontrent le poétique et le politique. Fruit d’amitiés et d’intuitions communes, elle réunit des artistes et des autrices pour qui la révolte fait corps avec la beauté. éditions Hourra |36, avenue Porte de la Corrèze |19170 Lacelle www.editions-hourra.net


É DIT IONS LURLURE PARUTION MAI 2022

CENT BALLADES D’AMANT ET DE DAME Christine de Pizan Nouvelle traduction de Bertrand Rouziès-Léonardi Préface de Dominique Cochet et Pascal Maillard Édition bilingue Collection : Poésie Prix : 22 euros Format : 14 x 21 cm Nombre de pages : 244 ISBN : 979-10-95997-44-3 Une nouvelle traduction du chef-d‘œuvre de Christine de Pizan, considérée comme l’une des premières féministes de l’Histoire

LE LIVRE Les Cent ballades d’amant et de dame, chef-d’œuvre de la poésie courtoise narrative, en sont peut-être aussi le tombeau passionné. En effet, en ce début de XVe siècle, la fin’amor, devenue archétype littéraire, sort émoussée de l’épreuve des champs de bataille et de la misogynie cléricale. Dans une société aristocratique obsédée de guerre, la femme, en dépit des célestes perfections que l’homme lui prête et de la fidélité absolue qu’il dit lui vouer, est de ces sanctuaires qu’on profane, de ces divinités qu’on trahit, entre deux expéditions militaires. Plus de deux siècles après son émergence en tant que discipline de mœurs et de mots, la courtoisie s’altère en galanterie, ce jeu cruel de collectionneurs plus préoccupés de nobles proies à inscrire à leur tableau de chasse que d’unisson des cœurs et des corps. C’est dans ce cadre que Christine de Pizan “prend en route”, comme on se lance un défi, une relation amoureuse déjà bien entamée, sur fond de harcèlement courtois. La dame qui cède ne le fait pas sans livrer à son tour bataille contre des mots, contre des procédés éventés qu’elle impose à son amant de renflouer en actes, avec ce fol espoir, dans sa résistance comme en ses abandons, de reconstruire une éthique du désir :

DIFFUSION/DISTRIBUTION SERENDIP LIVRES / PAON DIFFUSION

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« Je ne sais pas ce qu’est l’amour ; quant à l’apprendre, Je ne le veux pas plus. J’ai l’âme ailleurs fixée. » La présente traduction s’attache à refaire chanter la langue-signature d’une chevalière des lettres, à la fois dépouillée et taillée sur le patron des inflexions du sentiment, la prose affleurant sous le vers, marque d’une modernité où notre époque saisira le reflet et l’écho de ses propres luttes émancipatrices.

L’AUTEURE Christine de Pizan, née en 1364 à Venise et morte vers 1430 au monastère de Poissy, est une philosophe et poétesse italienne. Elle est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume et comme l’une des premières féministes de l’Histoire. De fait, alors que 98 % des femmes de son époque étaient analphabètes, elle dut, veuve et démunie, gagner sa vie en écrivant. Elle n’a jamais hésité à se servir de sa plume pour se porter à la défense de son sexe, pointant notamment les préjugés misogynes les plus tenaces, souvent issus de « grands » textes littéraires (le Roman de la Rose) ou basés sur le discours de l’Église. C’est une auteure prolifique, qui compose des traités de politique, de philosophie, et des recueils de poésies. On lui doit, entre autres, Cent ballades d’amant et de dame et La Cité des dames, ouvrage incontournable des études féministes actuelles.

LE TRADUCTEUR Le traducteur, Bertrand Rouziès-Léonardi, est docteur en littérature médiévale et reconstituteur. Il a notamment publié aux éditions Lurlure une nouvelle traduction de Trubert (2019), le plus long fabliau de la littérature française.

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EXTRAIT 1

LA DAME (II) Je ne sais pas ce qu’est l’amour ; quant à l’apprendre, Je ne le veux pas plus. J’ai l’âme ailleurs fixée. Aussi, ce serait vain pour vous que de m’attendre. Je vous le dis : ôtez-le-vous de la pensée ; Je n’en vois l’intérêt. Toute dame rejette un tel amour, au vrai, Si l’honneur la conduit. N’en soyez pas penaud, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. Et contre un tel amour, j’entends bien me défendre. Je ne courrai pas, Dieu merci, tête baissée Enfiler le collet où d’autres vont se prendre, Comme on le voit souvent. Je m’en suis bien passée – Le bien que cela fait ! –, Et ce depuis longtemps, et je m’en passerai, Qu’on m’en parle par lettre ou dans un petit mot, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. Cette réponse est tout ce dont je sais me fendre. Plus un mot là-dessus. Vous me voyez lassée De votre bavardage. Allez donc entreprendre Quelqu’un d’autre. Requête à jamais repoussée. Et qui s’enhardirait Ferait grande folie. Aussi bien me déplaît Ce genre d’amour. Nul ne me prendrait d’assaut, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut. N’y pensez plus, je vous l’affirme de nouveau, Car pas plus vous qu’un autre en mon cœur ne prévaut.

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EXTRAIT 2

L’AMANT (VII) Même si je ne suis pas aimé, Que sur vous plane un si noir nuage, Mon cœur est à ce point arrimé À vous que pour toujours, à tout âge, Je serai vôtre – raison ou rage, Que m’importe –, ma belle maîtresse. Je récolterai dans ce servage Vie ou mort, allégresse ou détresse. Il ne faut pas qu’Amour soit blâmé D’avoir reçu de moi quelque hommage, Ni moi pris pour fol ou diffamé, Car cela m’est un grand avantage D’embrasser un si doux vasselage, Où de tous biens je trouve l’adresse. Vous me donnez en plus en partage Vie ou mort, allégresse ou détresse. Mais j’espère encore être nommé, Malgré votre attitude sauvage, « Ami », par vous-même proclamé Tel, et sur vos yeux, votre visage Déposer des baisers, belle et sage ; Que Dieu m’en avance la promesse, Car j’éprouve, sous votre bailliage, Vie ou mort, allégresse ou détresse. Princesse, où mon cœur est mis en gage Et qui mène mes actions en laisse, Qu’aurai-je donc en lieu d’héritage, Vie ou mort, allégresse ou détresse ?

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EXTRAIT 3

LA DAME (XII) Au vrai, si j’étais bien certaine qu’on m’aimât Sans attendre de moi ni penser vilenie, Qu’à l’amant il suffît d’être appelé par moi Simplement « doux ami », ce serait une vie, Ainsi qu’il m’apparaît, Belle à vivre qu’aimer, d’un genre qui devrait Plaire à toutes, si haut que soit leur sentiment, Mais je crains que l’amour ne soit fait autrement. Et ce serait là juste opinion qu’on blâmât La femme qui n’aurait aucunement envie D’un ami bon, loyal, qui « dame » la nommât. Dès lors qu’elle serait soustraite à l’infamie, Dès lors qu’elle saurait Qu’il se montre toujours fidèle, elle serait Folle de refuser qu’il l’aime, clairement, Mais je crains que l’amour ne soit fait autrement. Voilà pourquoi, par peur que l’on me diffamât, Qu’on me couvrît de honte, usant de fourberie, Moi je n’oserais pas, quoi que l’on m’affirmât, Aimer un homme, aussi vivement qu’on m’en prie. Mais s’il se contentait D’être en grâce reçu, j’en connais un, de fait, À qui je m’offrirais sans qu’Honneur fût perdant, Mais je crains que l’amour ne soit fait autrement. Prince, on me dit que j’en aurais soulagement, Mais je crains que l’amour ne soit fait autrement.

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MATHILDE GIRARD

La séparation du monde collection Littérature, Traversées, Excès

Bio Mathilde Girard pense avec la philosophie, la psychanalyse, le cinéma et la littérature, alors elle est tout ça philosophe, psychanalyste, écrivaine et cinéaste. « Je » est une tribu qui pense et aime le sublime. Les gestes sont nombreux, il faut aller y voir. Elle est membre du comité de la revue Lignes, et collabore régulièrement aux revues AOC, lundimatin, et Cockpit. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages : Un personnage en quête de sublimations (Gallimard, 2019) ; La Besogne des images, avec Léa Bismuth (Filigranes, 2019) ; Défense d’écrire – entretiens, avec Michel Surya (Encre Marine, 2018) ; L’Art de la faute – selon Georges Bataille (Lignes, 2017) ; Proprement dit,

entretien sur le mythe, avec Jean-Luc Nancy (Lignes, 2015) ; Depuis 2017, elle travaille aussi comme scénariste (avec M. Negro, P. Creton). Elle réalise maintenant ses premiers films : Ça a recommencé l’émerveillement ; Mon personnage (2020, production JHR) Les Épisodes - Printemps 2018 (2020, Acéphale production, FID MARSEILLE 2020, Prix du Film Premier ; New-York Film Festival, 2020 ; FIFIB, Bordeaux, 2020, Sheffield Doc/ Fest, 2020, Viennale, Vienne, 2020) Les images sont de Lorraine Druon, photographe, série les dormeurs. La couverture de Cindy Coutant, artiste

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Pitch : Une pandémie réorganise le monde, notre monde, du plus intime au plus global, ça se sépare : les lieux, les personnes, les mouvements, les ardeurs et les désespérances. Ça se politise un peu aussi, entre haine et lamentations. Certains disent que c’est trop tard. Il y a ceux qui meurent et ceux qui font mourir, ils ne se rencontrent pas, mais ça réorganise les vies et la mort, les vivants et les spectres. Ne sont-lis pas devenus des sortes de spectres ceux qui n’osent plus rien toucher et dont les rêves s’aplatissent ? C’est un texte littéraire, fragmentaire, mais aussi documentaire et clinique puisque presque tout est vrai des faits qui sont rapportés. Ce texte s’inscrire dans la démarche de notre maison d’édition, dans la recherche d’écritures nouvelles pour exprimer intensément le présent.

Extraits 1 - Le territoire s’étend de bas en haut du bagne au couvent, et de gauche à droite de l’exil à l’internement, de la solitude à la réclusion. Au centre, la servitude, la propriété, la contrainte. Il va de la réclusion volontaire sous toutes ses formes, à la réclusion forcée sous toutes ses formes. Il suppose l’attachement à un lieu.

2 - C’est un choix, ou une obligation. Un choix qui devient une obligation. Une obligation qui devient un choix. 3 – À son réveil, une femme avale dix gouttes d’extrait liquide de spiruline, elle n’essaye pas d’allumer la radio, elle fait le ménage, pour la troisième fois en vingt-quatre heures. Elle lance la troisième machine en vingt-quatre heures. Elle ouvre le frigo : il est plein. Puis, elle fait des exercices dans

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son salon pour ne pas perdre sa souplesse. Elle remarque qu’elle est susceptible de s’adapter parfaitement à la situation. Cela l’inquiète sur son asociabilité d’une part, sa capacité de soumission d’autre part. Elle pense déjà à changer le mot confinement. 4 – Comme dans un lieu, il est possible de rester dans un mot, de s’y enfermer, de s’immobiliser dedans. On peut tomber malade à cause d’un mot. 5 – Le mot amour par exemple.

6 – On s’aperçoit qu’on se touche sans cesse le visage. On se met à observer le mouvement qui va des mains au visage ; le va et vient entre les mains, le visage, et les autres surfaces. On observe où tombe le souffle, jusqu’où il porte. Les mains s’assèchent au bout

d’une semaine à force d’être savonnées, frottées. L’eau coule. Il y a beaucoup d’eau qui coule. Par la fenêtre l’air est étrangement sec. Je m’écarte de l’étranger comme un chien qui aboie. Je suis sale. Chacun se sent sale et le soir se lave abondamment. Les enfants rient et les larmes brûlent. Il y a toujours des hommes, des femmes et des enfants. Il y a toujours des couples et des célibataires. Il y a toujours des clochards. Il y a toujours des chiens. On ne peut pas circonscrire l’amour. Il déconseillé. Il est interdit. Il n’est même pas nommé. Avec qui fais-tu l’amour. Avec qui tu t’embrasses. Tu n’embrasses plus personne. Tu fais les courses au supermarché. Plusieurs fois dans la journée sans plus savoir quoi acheter. Tu achètes n’importe quoi. 7 – Une femme dans une ville de province vient d’avoir un enfant. Le petit a six mois. Le père de l’enfant a un autre enfant, qui a 17 ans. C’est un adolescent. Actuellement il est chez sa mère, mais la mère n’en veut plus. La femme, le père et le bébé n’en veulent pas non plus. On dit de l’adolescent qu’il n’a pas été prudent les derniers temps. Il a touché. Il a embrassé. Il a fait l’amour. Il n’a pas pris de précautions. Ils lui disent : on ne veut pas que tu viennes à la maison. 8 – Un homme pense établir une liste des amis qu’il a rencontrés dernièrement : choisir deux ou

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trois amis que l’on a vus en dernier ; ne plus voir que ceux-ci ; que ceux-ci s’engagent à une fidélité de contact les uns vis-à-vis des autres. Faire ainsi une petite communauté pour rester avec. 9 – Ne pas sortir. Ne pas se rencontrer. Ne pas se toucher. Ne pas faire de gestes inutiles. Disparaître à soi-même si possible. 10 – Restez chez vous. Ne respirez pas. Mourrez plus vite. 11 – Non, attendez : ne mourrez pas. Respirez. Travaillez. Téléphonez. 12 – La société a encore besoin de vous. Ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas mourir tout de suite. On se charge de votre survie.

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13 – L’État s’engage. Il te fait ce cadeau. Il te dit que le cadeau est cher. C’est le coût de ta vie. 14 – Un matin, une femme reçoit à son domicile un masque et des oreillettes de son employeur. Elle prend le colis avec des gants. Elle passe le carton sous la douche pour le désinfecter. Elle désinfecte absolument tout le colis parce qu’on lui a dit que le courrier était surinfecté. Le masque et les oreillettes prennent l’eau. Tout est fichu

15 – Dans une grande entreprise, une réunion exceptionnelle est organisée pour le personnel à propos des livraisons. Les livreurs ne devront pas entrer dans

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l’enceinte de l’entreprise. Ils devront être tenus à distance par le personnel de l’établissement. Le livreur devra, de son côté, maintenir une distance de sécurité, poser son colis sur le paillasson de l’entrée, et repartir sans avoir franchi le seuil. En cas de grosse livraison qui suppose une manipulation, il devra emprunter le monte-charge. Pourquoi demande une employée. Parce que les livreurs sont des personnes multicontacts. La femme dit moi aussi je suis une personne multi-contact, qu’est-ce que ça veut dire. Ça veut dire que le coursier, il rencontre plein de gens différents dans des quartiers différents, il touche à tout et n’importe quoi, on ne sait pas quoi ni qui, et tout cela fait de lui une personne multi-contact. Multi-contact désignera désormais toutes les personnes qui sont au service des autres et au service des services en général. Se dit aussi putain, prostitué, en d’autres temps. 16 – Ta vie coûte plus ou moins cher selon ton origine, ta couleur, ton sexe, ton milieu social, tes revenus. Tu entends depuis toujours que ta vie coûte plus cher parce que tu es pauvre. 17 – Une femme décide de profiter de la situation pour s’exposer au risque de la mort. Elle sort à moitié nue dans la rue, aguiche les passants, leur tend sa bouche. Elle se jette sur les enfants pour les embrasser. Elle s’allonge par terre

et lèche le sol. Elle se penche dans la respiration des gens. Elle prend les mains d’une vieille femme et les baise longuement. Elle s’agenouille à l’entrée de la tente d’un homme sans abri, et attend. 18 – Quelqu’un essaie d’écrire une déclaration. Ça commence comme ça : La vie, la mort. 19 - La vie, la mort. Tous les jours, aux quatre coins du monde les gens s’écrivent, s’appellent, se regardent et partagent leur expérience. Tous les jours de mon appartement j’écris, j’appelle, je partage mon expérience et mes questions sur la situation. Pourtant personne ne sait rien. Personne ne sait rien et ne devrait rien dire et se taire quelques temps. Pourtant personne ne se tait ni ne s’arrête. Au contraire. Plus les populations et les singularités sont sommées de se retrancher dans la solitude et l’isolement plus elles communiquent, plus elles exhibent leur pensée et leur intimité. Mais personne ne sait plus quoi communiquer, ni ce qu’on fait lorsque l’on communique. La presse sollicite chaque jour des intervenants, des écrivains, des scientifiques, des médecins, des caissières. Le nombre de morts chaque jour est symétrique au nombre de témoignages des vivants. Les vivants ont peur de la mort mais ça n’est pas la vie non plus qu’ils partagent, c’est au bord. Ce n’est pas la vie collective ni la

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vie privée, c’est ni l’un ni l’autre. C’est rien. 20 – Si je t’écris c’est pour savoir si tu n’es pas mort, si tu penses encore. Mais je ne vais pas au bout de ma pensée. Je ne l’énonce pas. Peut-être que je n’ai plus confiance en toi. Peut-être que plus personne ne croit que les humains sont susceptibles de rester un moment avec eux-mêmes et le début d’une détresse. Le début d’une détresse qui serait moins le signe d’un danger que la possibilité d’une attente.

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À plus d’un titre 66 chemin de Bande 73360 LA BAUCHE aplusduntitre69@orange.fr www.aplusduntitre.org

La Passion selon Ravensbrück suivie de La vie normale de Micheline Maurel avec des dessins inédits de l’autrice Mon Dieu, je voudrais dire un mot et pardonnez-moi s'il est dur car c'était dur ce que je vais vous raconter. In La Passion selon Ravensbrück Format : 17 par 22 cm Reliure : dos carré collé Nombre de page : 280 Un cahiers quadri : dessins inédits de l’autrice ISBN : 9782917486801 Prix : 20,00 € /CHF.-26 Rayon : Littérature

En 1940, Micheline Maurel est à Lyon où elle prépare l’agrégation de Lettres. Peu après la signature de l’Armistice avec l’Allemagne nazie, elle entre dans la Résistance. Arrêtée par la Gestapo en juin 1943, elle est déportée à Ravensbrück le 29 Août 1943 comme Nacht und Nebel, appellation donnée aux prisonniers et prisonnières politiques destiné.es à disparaître sans laisser de trace dans la nuit et le brouillard. Après avoir été placée en quarantaine, elle est envoyée à Neubrandenburg, un des camps annexes de Ravensbrück où elle travaille, dans des conditions inhumaines, pour l’usine Siemens. « On me donnait un peu là-bas le rôle d’un écrivain public. Cela devait répondre à un besoin.» écrit-elle dans Un camp très ordinaire paru aux éditions de Minuit (Prix des Critiques, 1957). L’art, au milieu de barbarie, a été d’un secours immense pour les déporté.es. Micheline Maurel écrit des poèmes et réalise des dessins, dont certains ont pu sortir du camp avec elle. En 1958, elle fait paraître, toujours aux éditions de Minuit, La vie normale, roman du difficile retour à la vie dite normale dans lequel son héroïne, Laurence, va faire l’apprentissage de son automonie et découvrir qu’une femme existe hors du mariage. Le roman sera adapté au cinéma par André Charpak. En 1965, elle publie, à nouveau aux éditions de Minuit, La passion selon Ravensbrück, recueil de poèmes écrits à Ravensbrück et à son retour. Le long poème qui donne son titre au recueil a fait scandale parce que l’autrice y dit que la Passion des femmes de Ravensbrück a duré plus longtemps que celle du Christ et parce qu’elle parle des viols commis par l’armée soviétique sur les déportées. Nous réunissons ces deux textes dans un même volume accompagnés de dessins présentés pour la première fois au public. L’écriture cristalline de Micheline ne recule devant rien, elle doit être redécouverte et nous l’espérons aujourd’hui pleinement entendue. À voir sur site musée de la résistance et de la déportation CHRD : https://www.chrd.lyon.fr/musee/conference/une-heure-avec-micheline-maurel

Distribution pour la France : SERENDIP LIVRES : 10, rue Tesson 75010 Paris - contact@serendip- livres.fr Fax : 09 594 934 00 /// tél. : 01 40 38 18 14 - gencod dilicom : 3019000119404 Distribution et diffusion pour la Suisse : Éditions D'en bas - Rue des Côtes-de-Montbenon 30 1003 Lausanne Tél. +41 21 323 39 18 /// Fax. +41 21 312 32 40 - www.enbas.net


Guerres Anne-Sophie Plaisant Flore Chemin Inquiétante et grotesque, cette fresque-poème fait revivre sous nos yeux des fragments de guerres passées, présentes et à venir.

POINTS FORTS • Poésie dense et puissante à hauteur d’hommes (preuve que la poésie contemporaine n’est pas forcément désincarnée et incompréhensible) ; • Bel objet mettant en avant la collaboration de deux jeunes artistes en plein essor : valeur littéraire et plastique ; • petit prix, petit format : idéal comme livre de comptoir.

LE LIVRE Guerres est une série de textes où les voix de six soldats anonymes se succèdent, chacune faisant écho à la précédente comme si, pour dire la guerre, il n’y avait au fond qu’un seul et même rythme, les mêmes mots absurdes et désespérés : la peur d’y rester, la certitude de n’en pas revenir indemne, le corps qui trahit, les détonations qui couvrent la raison, les êtres chers laissés derrière soi et qu’on voudrait revoir une dernière fois… Flore Chemin a su saisir la violence ambiguë de ces textes et la restituer à sa façon : huit images, portraits ou paysages, où le temps reste suspendu, où la chair et la lumière se distordent, se disloquent sans parvenir à disparaitre – promesse d’une bataille à jamais recommencée.

PETITS PANS

avril 2022 190 x 140 mm 16 pages 7€ ISBN : 978-2-9567475-4-3

LES AUTRICES Née en 1987, Anne-Sophie Plaisant enseigne la littérature et le français langue étrangère. Elle vit aujourd’hui à Berlin où elle collabore à plusieurs projets théâtraux en tant que comédienne. Elle est l’autrice de Faire taire un Romain, roman publié aux éditions pan Diplômée en 2015 de la HEAR de Strasbourg, Flore Chemin dessine, peint, gribouille et est membre de la maison de micro-édition collective éditions Proche. Elle collabore avec la revue pan depuis de nombreuses années.

ACTUALITES • Sortie de Faire taire un Romain, premier roman d’Anne-Sophie Plaisant.


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