Ed Lacy
Éditions du Canoë
2022
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Mai
Genre : roman policier Format : 12 x 18,5 cm Pages : 192 Traduit de l’américain et préfacé par Roger Martin Prix : 16 € I.S.B.N. : 978-2-490251-61-2 Ed Lacy est un des nombreux noms de plume sous lesquels Leonard Zinberg (1911-1968) se cacha pour publier les romans policiers tirés et lus à des dizaines de milliers d’exemplaires. Auteur sous son patronyme de 4 romans et de plus de 200 nouvelles, il a joué avec le feu. Juif, non croyant, communiste, marié à une Noire et père adoptif d’une petite fille noire, elle aussi, il a eu l’inconscience de faire de ses personnages principaux des militants communistes et de publier des articles dans la presse noire. Victime de la chasse aux sorcières, il reprend son ancien métier de postier qu’il avait exercé entre 1935 et 1940 sans s’arrêter d’écrire des nouvelles qu’il signera Ed Lacy ou Steve April. Abandonnant le roman social et politique, il se lance alors dans le roman noir, genre où se sont illustrés des progressistes comme Dashiell Hammett, Horace McCoy ou Robert Finnegan. Resté fidèle aux valeurs progressistes, il stigmatise dans tous les romans qu’il publie au rythme de 2 par an de 1951 à 1968, le racisme, la misogynie institutionnalisée, le culte de la virilité et des armes, la corruption et la violence pour la violence.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Le héros de Traquenoir est un Afro-Américain nommé Toussaint Marcus Moore. Engagé comme détective pour retrouver l’auteur d’un crime oublié dont l’arrestation constitue le clou d’une émission de téléréalité à gros budget, il doit pister un pauvre Blanc, lequel, malgré la filature serrée dont il est l’objet, se fait assassiner. C’est alors lui, Toussaint Marcus Moore, qui devient le premier suspect… et il est noir ! Si on l’arrête, il est bon pour la chaise électrique. Il faut donc absolument qu’il retrouve l’assassin. L’intrigue est très bien menée. Le suspens ne faiblit pas. Le roman se déroule dans une Amérique blanche et raciste des années du maccarthysme. Bien avant les héros de Chester Himes, Ed Cercueil et Fossoyeur-Jones, Toussaint Marcus Moore est l’un des premiers personnages noirs de détective, faisant de Leonard Z inberg alias Ed Lacy un pionnier au talent incontestable.
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
Extrait Début 1958, les Mystery Writers of America, conscients sans doute que quelque chose vient de se passer, attribuent à Room to Swing l’Edgar (pour Edgar Allan Poe) du « meilleur roman policier de l’année 1957 ». C’est que non seulement l’ouvrage est le premier à mettre en scène un détective privé - si peu - noir, mais qu’il tranche avec la production courante. Toussaint Marcus Moore, dont nom et prénoms indiquent d’emblée la couleur, souligne certes les travers et les injustices de son temps, l’attitude de trop nombreux Blancs, mais aussi celle de Noirs qui ne font que les singer au détriment de leurs propres frères de couleur, le racisme ouvertement manifesté, mais aussi la réaction de sa propre petite amie qui préfèrerait que son teint soit plus clair et qui affiche sa satisfaction de ne pas avoir des cheveux crépus, sans oublier la bienveillante condescendance de Blancs qui se donnent pour progressistes mais sont surtout paternalistes. En outre, chez Lacy, la question raciale n’est jamais loin de la question sociale. Thomas, le petit Blanc raciste du récit, qui a connu la misère et la maison de correction, est à sa façon une victime, comme May, qui gagne sa vie en vendant son corps parce qu’elle ne veut plus jamais être pauvre, ou encore cette madame James que Toussaint est chargée de retrouver parce qu’elle a déménagé en laissant derrière elle des traites non payées. (...) Le récit est d’abord celui d’une traque, celle à laquelle se livre le héros, Toussaint Marcus Moore, puis, très vite, celle dont il devient l’objet. Cible de la police et de l’assassin, de chasseur, il est devenu gibier. Traquenoir s’est alors imposé. Roger Martin
Claire Fourier
Éditions du Canoë
2022
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Mai
Genre : récit Format : 12 x 18,5 cm Pages : 160 Prix : 16 € ISBN : 978-2-490251-62-9 Née à Ploudalmézeau, dans le Finistère du Nord, Claire Fourier est l’auteur d’une vingtaine de livres – romans, récits, haïkus, recueils de pensées – qui nouent finement impertinence, tendresse, mélancolie, résistance et fragilité. Tombeau pour Damiens, la journée sera rude (2018) est parmi les premiers livres publiés par le Canoë qui a réédité également, en 2021, Métro Ciel, la nouvelle érotique qui l’a fait connaître auprès d’un large public.
Clarisse, la poétesse, décide de faire le portrait de Robert, son jardinier. C’est un bel homme, solide, de noblesse un peu abrupte, qui semble venu de la nuit des temps, et qui a une passion : les oiseaux exotiques qu’il élève chez lui dans une immense volière. Le manuel et la cérébrale évoluent dans le jardin depuis des années. Ils s’entendent, chacun trouve à l’autre des qualités qui l’émeuvent. Vont-ils finir par se fondre l’un en l’autre, se confondre ? Claire Fourier, qui ne laisse d’être émerveillée par la différence homme-femme, et qui explore de livre en livre la bipolarité et la complémentarité des « sexes opposés », signe avec Le Jardin voluptueux, sous-titré Nous sommes de drôles d’oiseaux, un chant d’amour (un de plus) pour le drôle de genre humain.
Contact et libraires : colette.lambrichs@gmail.com
Téléphone : 06 60 40 19 16
Diffusion et distribution : Paon diffusion.Serendip
Harpo &
- Votre profession ? - Profession ? Je ne sais pas. Profession veut dire vivre. Ce que je veux faire ? Y a-t-il quelque chose à faire sinon vivre ?
Harpo &
Avant de devenir l’historien et philosophe de l’art reconnu pour des ouvrages comme le Matisse (tout juste re-publié chez Flammarion), Les Dialogues du Louvre et de nombreuses chroniques parues dans l’Express et compilées sous le titre Le droit à la beauté (éd. Hazan), Pierre Schneider a eu quinze ans. Ce sont ces années dont il témoigne ici, alors que lui et sa famille tentent, comme tant d’autres, de fuir le nazisme et la France pour trouver refuge aux Etats-Unis. Son récit de réfugié, d’exilé confronté à l’absurdité de la violence et aux possibles qu’offrirait une humanité unie, résonne douloureusement avec notre actualité bouleversée. Mais ce passé, ressurgi d’archives personnelles tues et pourtant soigneusement conservées, montre surtout un esprit en pleine construction, et un œil toujours à l’affût de la beauté.
Harpo &
Pierre SCHNEIDER VIVRE Inédit. Préface d’Adam BIRO ( 2000 exemplaires ) 160 pages - 12,5 x 17,5 cm - 22 € ISBN : 979-10-95625-18-6
Éditions Harpo & - 16 Impasse du Portail neuf, 84820 Visan
Harpo &
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L’EUROPE S’ESTOMPE DANS LA NUIT. Sur le pont, des gens enivrés de joie se promènent. Quelques-uns ont encore dans leurs mains les bouquets de violettes que des amis leur ont offerts au départ de Lisbonne, il y a quelques instants. Ce sont des réfugiés. Des mois durant ils ont lutté pour leur vie. Maintenant leurs soucis sont tombés. Le bateau est en route pour l’Amérique, la liberté. Ils oublient leurs souffrances. La vie recommence pour eux, comme elle avait coutume de l’être. Une grande leçon sera sans doute perdue pour eux. L’Europe a disparu, noyée dans l’obscurité.
Première page de : Vivre
Collection 109, parution mai 2022
Choux et néons Le Capitaine Silver, sorte de pirate urbain fantasque et râleur, s’est trouvé comme il se doit : un brasdroit/sous-fiffre/comptable, deux hommes de main danois, un perroquet, une mère caractérielle qui se désole d’avoir un fils aussi con et surtout des ennemis (le métro de 4h37 et un certain Chmuz). Car il en faut des ennemis, des tas, pour exister. Dans ce roman à mi-chemin entre Hook et Marry Poppins, les adultes ne sont pas vraiment des adultes, les pirates pas vraiment des pirates, et la ville un terrain de jeu presque aussi grand que l’océan.
L’auteur : Jonathan Bay Avocat d’affaires, éditeur (chez Tishina), galeriste, écriveur d’histoires et boxeur (pas aussi bien qu’il voudrait), Jonathan Bay cumule les métiers et les expériences comme des champs croisés d’inspiration – avec la douce excitation de vivre un peu plus de vies que la sienne. Il est par ailleurs un mari heureux et le papa de deux petites filles. Tous ensemble, ils vivent et s’aiment entre la France et la Bulgarie. Choux et néons est son premier roman.
© M. Anguelova
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
www.bouclard-editions.fr
Faire taire un Romain Anne-Sophie Plaisant
Un péplum punk et burlesque qui explore les engrenages de la vengeance et du pouvoir.
LE LIVRE Lucius, le nouvel empereur de Rome, ivre de vins et de gloire, se déhanche au rythme syncopé des basses, sous les lumières stroboscopiques, avant de planter une bouteille brisée dans le ventre d’un innocent. Des enfants disputent une partie de football avec le crâne de Tamora, la reine vaincue du peuple goth, dont les soldats servent maintenant l’empire. Deux policiers en toge découvrent sur une aire d’autoroute désaffectée le cadavre d’un homme, mort de soif, enseveli jusqu’au cou. Oui, il y a bien quelque chose de pourri dans l’empire romain…
LITTERATURE FRANÇAISE
avril 2022 213 x 142 mm 272 pages 21 € ISBN : 978-2-9567475-3-6
Faire taire un Romain est un péplum à l’anachronisme revendiqué, une suite déjantée de Titus Andronicus où des sénateurs en sandales conduisent des Lamborghini le cigare aux lèvres, où l’on se goinfre de cochon au miel en buvant du whisky, où la télévision diffuse les images de foules en colère brandissant une tête au bout d’une pique et éructant des slogans xénophobes… Un premier roman virtuose sur le cycle infini de la vengeance, empruntant à la fois à la tragédie shakespearienne, à la culture populaire et au thriller américain pour construire une narration en puzzle qui interroge notre fascination pour la violence, les mécanismes de la folie, du pouvoir et de la révolte.
L’AUTRICE Née en 1987, Anne-Sophie Plaisant enseigne la littérature et le français langue étrangère. Elle vit aujourd’hui à Berlin où elle collabore à plusieurs projets théâtraux en tant que comédienne. Elle est l’autrice de la pièce Top Death, créée à Paris en 2018, et participe à la revue littéraire et dessinée pan depuis sa création en 2013. Faire taire un Romain est son premier roman.
POINTS FORTS • Lecture haletante et addictive grâce à une narration en puzzle où les rebondissements se succèdent. • Écriture cinématographique « à la Tarantino » qui joue sur les codes de genre, du péplum au thriller en passant par la tragédie, en multipliant les anachronismes et les clins d’œil à la culture populaire. • Une mise en scène de la violence dans une Rome en carton-pâte qui entre en écho avec notre actualité : luttes de pouvoir et populisme, montée de la xénophobie, attentats…
ACTUALITES • Sortie de Guerres, illustré par Flore Chemin, dans la collection petits pans
Collection 109, parution mai 2022
Choux et néons — Jonathan Bay Même s’il ne possédait ni bateau à trois mâts, ni gouvernail, ni voiles, ni cordages, ni équipage véritablement qualifié – et, à son âge, il apprenait encore à nager – le Capitaine Silver était un pirate. Mais être pirate consistait surtout à s’agacer de tout et de rien, à grommeler des heures, brailler des gros mots en toute liberté et danser des gigues en claquant les talons. Croire que la Terre est plate. Parler à la Lune. Cacher ses secrets dans un cœur en cuir. Fiche technique
109
Format : 176 pages, 12 x 20 cm
109 pour le youngblood, le sang neuf. 109 pour la Génération Y, la Génération youngblood. Une collection qui défriche une nouvelle génération de jeunes romanciers/cières. Une collection de petits formats accessibles. Sans contrainte de genre et de style. Des textes courts de fiction. Des thématiques générationnelles mais sans prendre des grands airs intellectuels. A lire en train sur un Paris-Nantes.
Tirage : 1000 exemplaires Prix de vente : 15 € Diffusion : Serendip ISBN : 978-2-493311-02-3
Bouclard éditions
7 rue de la Gagnerie 44830 Bouaye
contact@bouclard-editions.fr 07 86 66 76 18
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éditions JOU
RÉEL Éric Arlix
Littérature Format 11 x 17 cm 160 pages - isbn : 978-2-492628-03-0 13 euros
Sortie le 7 mai 2022 Distribution-Di usion Serendip livres
Réel est un roman composé de trois parties. Le Livre#1 se déroule dans un centre commercial à Shanghai, sur une dizaine d’heures, la veille de Noël, dans un future proche. Une vingtaine de personnages se croise ou entre en interaction au milieu de dizaines de milliers de consommateurs sur-excités. Le Module#2 récapitule l'histoire des machines. Le Mouvement#3 décrit les errements d'un groupe d'homo-sapiens en perdition. Éric Arlix Écrivain, éditeur et chercheur de formes dont les livres et la production hétérogène (concerts, lectures, vidéos, éditions, pédagogie) tirent des fils entre le réel improbable et le futur chaotique. Réel est le douzième livre de l'auteur publié précédemment aux éditions Al Dante, Verticales, Lignes, Philippe Rey, Mac/Val, de L'espérou. - Ces livres les plus commentés par la presse sont « Le Monde Jou », éditions Verticales (2005), « Le Guide du démocrate », éditions Lignes (2010) et « Programme », éditions du MacVal (2010) adapté au théâtre depuis 2108 par le Groupe merci (Avignon 2021) http://www.ericarlix.net
éditions JOU 60 rue Édouard Vaillant, 94140 Alfortville – France mail : contact@editionsjou.net http://www.editionsjou.net
Extraits :
Livre#1 …Niveau 1 / Cindy observe deux jeunes militaires en train de manger, ils semblent affamés et bruyants, elle note cela dans son carnet, elle essaye de remarquer de petits détails dans leurs vêtements, d’observer des gestes particuliers dont elle espère, plus tard, pouvoir les exploiter pour son récit, est-ce la bonne méthode se demande-t-elle en notant que l’un des deux jeunes militaires semble pourvu de mains démesurées ? Les questions affluent, c’est son premier jour, elle n’a pas de méthode, peut être un atout se dit-elle. Ils continuent leur festin, comment peut-on manger autant d’un coup s’interroge Cindy, elle les imagine arrivant tout droit d’une mission de plusieurs mois en montagne, au Tibet ou ailleurs, isolés, fatigués et survoltés par leur retour dans la civilisation clignotante et la magie de Noël. Elle note cela, des transitions violentes, des téléportations aux effets indésirables, la magie de Noël, s’oublier. Elle commence à avoir faim, elle va sortir d’ici, respirer, manger dans le parc, son bento au fond de son sac, succulent… Module#2 …Note, anonyme, circa 2029. / La vie appelle la vie. L’humanoïde face à moi a répété cela plusieurs fois. Je n’ai pas relevé la première fois, il venait me livrer et j’avais aussi plus d’une dizaine de colis à lui remettre, nous étions devant la porte de mon domicile, j’ étais concentré sur les procédures à effectuer. C’était comme une sorte de conversation détachée de la nôtre, une conversation supplémentaire, perpendiculaire, augmentée qu’il menait avec quelqu’un d’autre ou avec lui-même. La vie appelle la vie, au moins cinq fois l’humanoïde a répété cette phrase, la dernière fois en fermant la porte de l’ascenseur et en souriant. La vie appelle la vie. J’y repense sans cesse depuis… Mouvement#3 … La nuit tombe et nous entrons dans un immeuble d’une dizaine d’étages, sans le choisir particulièrement, trop fatigués pour étudier une situation ou chercher plus loin un meilleur endroit. Après une observation sommaire et la découverte de bouteilles d’eau et de barres de céréales survitaminées nous restons dans le hall un bon moment, sans se parler, à observer des distributeurs de boissons et des chaises renversées. Nous entrons dans une grande pièce jouxtant le hall et nous poussons du pied quelques cadavres pour nous écrouler sur des canapés aussi tuméfiés que nous, nous nous endormons immédiatement dans nos cauchemars réels. Au petit matin c’est le ronronnement pourtant presque silencieux d’un hélicoptère qui nous réveille, nous restons immobiles pour ne pas être détectés, nos douleurs se réveillent avec nous, une envie d’hurler que nous contenons pendant quelques minutes. Nous les entendons passer lentement pour scanner précisément la ville, le moindre mouvement est analysé en direct, ici et ailleurs, leurs technologies sont puissantes. Nous sommes des survivants immobiles pour quelques instants encore…
C O L L E C T I O N S H U S H L A R RY
ART&FICTION
PERFORMANCE
Patricia & Marie-France Martin
Patrick. 13 dramolets
Les lectures-performances de la série Patrick (2008-2015) construisent un corps textuel et fantomatique dont la coupe méticuleuse des cheveux en deux fois quatre au moins, la digression dans le détail du détail, la citation à tout bout de champ, le transfert improbable des codes de l’écrit dans le vivant, l’auto-cannibalisme ouvrant sur la digestion infinie et l’éternel des restes forment l’ossature… La chair serait ce vocabulaire trop snob pour l’être vraiment, entre hit-parade français, vitrine de librairie de la dernière rentrée littéraire, séminaire lacanien, histoire de l’art un peu désuète et news feed, toutes sources où Patricia & Marie-France Martin puisent en fans absolues, forcément absolues.
Le personnage de Patrick est né il y a onze ans, en 2008, à la faveur d’une performance imaginée par les sœurs jumelles à Bruxelles, Patrick, reviens ! Depuis, cet avatar s’est imposé comme un feuilleton dans l’univers des deux artistes, qui l’ont rappelé déjà dans douze épisodes. Mi-poétiques mi-didactiques, mais où l’humour affleure toujours, truffées de références culturelles de toutes natures et époques, ces conférences s’autorisent tous les rapprochements, à l’image de ce prénom en vogue dans les années 1960 qui se réfère autant à un personnage d’un court-métrage de J.-L. Godard, Tous les garçons s’appellent Patrick, qu’au frère des deux artistes décédé deux ans avant leur naissance.
— E N L I B R A I R I E E N F R A N C E / B E LG I Q U E L E 4 M A R S 2 0 2 2 —
11 x 17.5 cm, 240 pages 978-2-940570-80-5 chf 17.80 / euro 14 — genre performance, autobiographie sujets abordés vie d’artiste, performances, Patrick format
ERFOR LES LECTURES -P UR K (200 8-2015) PO LA SÉRIE PATRIC IS R ASSEMBLÉES LA PREMIÈRE FO
© Stéphane Fretz
isbn
a rç o n Deux filles et un g trages en treize court-mé burlesques... MANCES DE
——— Patricia & Marie-France Martin sont sœurs jumelles et sont nées à Sierre en 1956. Diplômées de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris, elles vivent actuellement à Bruxelles et à Lyon. Elles développent une pratique artistique originale où la création a lieu à deux. Leurs œuvres regroupent peintures, dessins, objets-sculptures en dentelles, photographies, installations, vidéos, sons. Depuis une dizaine d’années, elles se concentrent sur les performances. Elles sont présentes dans des publications de différents types (revues d’art, magazines et actes de colloques) qu’elles parasitent. Elles donnent des workshops sur la performance dans les universités et les écoles d’art. Elles ont exposé à Paris, Bruxelles, Londres et Genève, entre autres. ———
PAT R I C I A & M A R I E - F R A N C E M A RT I N | PAT R I C K . 13 D R A M O L E T S
EXTRAITS
PATRICK, C’EST OU BIEN OU BIEN
CR ÉAT ION 2 M A I 2010 — BRU X EL L ES
Shushlarry_Boissier_Soul_03.indd 6
GENÈSE « Partant de l’ouvrage Je suis bouleversé de l’artiste Arnaud Labelle-Rojoux, Trouble explore les plis et replis des arts mineurs : chansonnettes, musiquettes, berceuses, strass et pacotilles. Tout l’attirail de ce qui nous met la larme à l’œil et nous fait pleurer, de rire ou de tristesse, pour un instant ou une éternité. » Programme du Festival/performance Trouble#6. Considérant la thématique sentimentale du festival, nous répondîmes à la commande des Halles par une appropriation d’extraits de Tous les garçons s’appellent Patrick, court-métrage de Jean-Luc Godard (1959), scénario d’Éric Rohmer. Après la question Patrick, tu viens ? et l’injonction Patrick, reviens !, l’ultimatum Patrick, c’est ou bien ou bien s’imposa. Bruxelles, 2 mai 2010 — Création — Festival/performance Trouble#6, Halles de Schaerbeek, Bruxelles. Paris, 19 février 2011 — Reprise — Focus des arts de la scène de la Fédération W-B T/D, Nouveau Festival, Pompidou-Paris. L’épisode s’ouvrit par un générique parlé et guitarisé sur le thème du Mépris (Jean-Luc Godard, 1963). Thème décliné ponctuellement par le guitariste et compositeur, Hugues Warin, pendant que ma sœur et moi occupions tour à tour les six chaises disposées autour d’une table et qu’étaient projetés sur un écran de tulle des images et des panneaux dont les textes récapitulant les scènes du Godard ont été corrigés pour la cause. Bruxelles, 2020 —Dix ans après la création de l’épisode, neuf après la reprise, question cruciale : à quel endroit doit apparaître le synopsis de Tous les garçons s’appellent Patrick ? C’est ou bien ou bien. Celles et ceux qui n’ont pas vu les filles tomber dans le panneau zappent le synopsis. Celles et ceux qui les ont vues tomber dans le panneau font comme qu’ils veulent. SYNOPSIS « Charlotte et Véronique sont étudiantes et occupent le même appartement à Paris. Elles se donnent rendez-vous au jardin du Luxembourg. Charlotte, arrivée la première, s’impatiente et se fait courtiser par un certain Patrick, qui l’invite à prendre un verre puis lui fixe un rendez-vous. Charlotte à peine partie, Véronique arrive et se fait aborder par le même Patrick qui lui
01.05.20 14:46
tient le même discours avec un rendez-vous pris pour le surlendemain. De retour chez elles, Charlotte et Véronique évoquent leur rencontre avec leur Patrick respectif. Avant de se rendre compte, le jour suivant, en apercevant un jeune homme embrasser une femme dans la rue, qu’il s’agit du même. » Charlotte et Véronique ou Tous les garçons s’appellent Patrick (Wikipédia). PLAYLIST & FIGURES (ABSENTES) France Gall, Laisse tomber les filles, 1964. Paroles et musique de Serge Gainsbourg. Les clips sont annoncés et les notes de bas de page en restituent les paroles ou décrivent les scènes reprises. ENVOI — Les nunuches c’est qui ? — Les deux nénettes ? Ma sœur a voulu faire la blonde et la brune, moi j’ai dû faire Patrick – c’est peut-être lui l’esprit qui tourne autour de la table.
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GÉNÉRIQUE C’est d’après Tous les garçons s’appellent Patrick de Godard. ...
Le scénario est d’Éric Rohmer. ...
Il y a Jean-Claude Brialy – il est absent ce soir, ...
mais Hugues Warin est à la guitare. ...
EXTRAITS
PAT R ICK. 13 DR A MOL ETS
...
Les titrages des panneaux ont été réalisés par […]. ...
Le son est assuré par […]. ...
[…] s’est occupé de la production technique et […] est responsable de la lumière. Mais ce soir c’est […] à la régie plateau et aux lumières. ...
[…] filme et […] fait les photos – pour les archives et pour nous vendre.
Il y a deux filles. ...
Leurs pulls ont été achetés chez H&M collection mailles Sonia Rykiel reine du tricot – toutes les filles portent les mêmes. ...
Ma sœur fait Véronique la blonde1. ...
brune2.
Moi je fais Dominique la Ça m’a déplu parce que les hommes préfèrent les blondes. ...
Ce matin tout a changé, ma sœur a voulu faire la blonde et la brune et j’ai dû faire Patrick.
...
C’est une commande pour Trouble Sentimental, un ready-made augmenté et diminué par nous deux pour les deux. ...
« Le cinéma disait André Bazin substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. Patrick, c’est ou bien ou bien et Tous les garçons s’appellent Patrick sont les histoires de ce monde. »
...
Jérémy Zucchi et ma sœur ont repris quelques images du film – très peu à cause des droits d’auteur – et fait le portrait de Patrick. 1. La blonde c’est Charlotte dans le Godard. 2. La brune c’est Véronique dans le Godard.
DOMINIQUE ET VÉRONIQUE CHEZ ELLES 3
PATRICK ET LA BLONDE 4 Jardin du Luxembourg – Véronique lit au Soleil
Une chanson à la radio : « Casanova casanova où es-tu ? où es-tu ? Casanova Casanova que fais-tu ? que fais-tu ? Casanova Casanova ja ! ja ! »
— Ça me va pas mal les lunettes noires... Ho la vache, c’est quelle heure ? C’est quelle heure ? ! — 9h10. — Hhhhhh ciao je file ! — T’achètes le pull rayé ? — Oui, et la jupe noire aussi... Euh... tu passes par le Luxembourg ? — Oui, j’y serai entre 2 et 3.
3. Ma sœur fait les deux filles. J’ai supprimé les prénoms – qui dit quoi n’étant pas essentiel.
Clip5 Dominique entre dans le jardin – Véronique regarde sa montre
VÉRO — Oh vous alors ! Je vous dis que c’est une fille que j’attends ! Elle ne vient pas, je file. PAT — Vous partez pourquoi ? VÉRO — Parce que. PAT — Allez quoi, on va prendre un verre ! VÉRO — Je suis pressée. PAT — Oooh toutes les 4. Ma sœur fait Véro – moi je fais Pat 5. « PATRICK — Allez j’vous prête mes lunettes noires. Vous savez qui a eu l’idée le premier de planter des arbres dans Paris ? eh ben c’est Henri IV... Ça a l’air intéressant c’que vous lisez là, oooh d’l’anglais... j’vous prenais pour une française si-si... euh... do you speak Anglich ? Ah suédoise... Jag älskar dig ? ça veut j’vous aime j’vais un peu vite mais c’est tout c’que j’sais... Norvégienne ?... Finlandaise ! Aaah allemande oui deutsche sie sprach ?... Non pas espagnole... euh aaah japonaise... Mizoguchi Kurosawa ? vous n’êtes pas japonaise ?... Euh je parie je sais qu’vous attendez votre amoureux... Vous êtes idiote les garçons faut jamais les attendre ça leur fait les pieds... Il est bien ? Évidemment puisqu’il vous aime... Bon, qu’est-c’que j’pourrais encore vous dire d’intellligent... Et, et vous vous l’aimez ce garçon ? Quel genre de type est-ce, j’lui ressemble ? Aaaaah vous avez peur qu’il soit jaloux parce que j’vous parle, mais il faut les rendre jaloux, oooh s’il vous trouve avec moi vous verrez c’est c’qu’il y a d’mieux à faire ha-ha ! allez soyez méchante avec les hommes, ça leur dresse le poil ! Oooh y a pas d’quoi avoir honte... c’est trrrrès bien d’être amoureuse, soyez pas triste y viendra y doit chercher à s’garer. »