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Le Journal du Palais n°12. Septembre - novembre 2020

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N°12 SEP TEMBR

E

- NOV

EMBRE 2020

DOSSIER :

LE PALAIS DÉCRYPTÉ

P.4 UNE PROGRAMMATION ENGAGÉE

P.15 RENCONTRE AVEC MEDHI CHAREF

P.16 LE GRAND FESTIVAL 2020


PHOTOS : D.R.

AU POISSON LUNE CET ÉTÉ !

ÇA GAZOUILLE

Vos meilleures photos du Palais sur les réseaux sociaux

@dulcieandcie

@sdelavie

@elliottspencr

@followthemummy


3 LE JOURNAL DU PALAIS

Nous vous invitons aussi à jeter un œil sur notre programmation de rentrée toujours engagée et plus que jamais ancrée dans le présent. Les rencontres, les spectacles et tous les rendez-vous de notre Grand Festival contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT et du festival Visions d’exil réuniront de nombreux artistes et intellectuels pour débattre de notre époque avec lucidité et curiosité. Pour la rentrée… À vos marques, prêts, partez !

LES ACTUS DU PALAIS

DOSSIER

4 LES ACTUS DU PALAIS

Plus engagé que jamais !

6 DOSSIER

L’imagerie coloniale du Palais

15 PORTRAIT

Mehdi Charef

16 AGENDA 30 LE PALAIS VU PAR... Kasbah

31 DU CÔTÉ DES FILMS

Deux jeunes et un saint noir

32 VU & ENTENDU AU PALAIS

Le Palais croqué par Laurence Le Chau

OURS

Présidente du conseil d’administration : Mercedes Erra Président du conseil d’orientation : François Héran Directrice générale : Hélène Orain Directeur du développement, des publics et de la communication : Benjamin Bechaux

Responsable de la communication : Thibaud Giraudeau Rédactrice : Elodie de Vreyer Maquette : Sandy Chamaillard Illustration 4e de couv : Laurence Le Chau

PHOTO EN COUVERTURE : LE PALAIS DE LA PORTE DORÉE © ANNE VOLERY.

© LORENZÖ

© FRED FOUCH

Les monuments ne sont pas des bâtiments comme les autres. Ils s’imposent dans la cité comme les témoins d’une histoire souvent complexe, parfois douloureuse, qu’ils racontent comme des livres de pierre. Le Palais de la Porte Dorée ne fait pas exception. Aussi, son décor de style Art déco inspiré par l’idéologie coloniale doit aujourd’hui être reconsidéré avec la conscience du contexte historique qui a présidé à sa création. C’est à cette relecture documentée que vous convie notre grand dossier.

SOMMAIRE

REGARDER LE PASSÉ, PENSER L’AVENIR


ACTU DU PALAIS

LE JOURNAL DU PALAIS 4

PALAIS

Les 19 et 20 septembre, pour la 37e édition des Journées européennes du patrimoine, le Palais se dévoile sous toutes ses coutures avec des visites panoramiques, inattendues ou historiques.

AU MUSÉE

© NIEPCE

MIGRANTES ET COMBATTANTES

Longtemps, elles n’ont pas intéressé les chercheurs. Les femmes migrantes ont pourtant mené, historiquement, de nombreux combats. Elles ont aussi été en première ligne lors de la crise du coronavirus. Le nouveau numéro d’Hommes & Migrations explore le sujet. Hommes & Migrations n°1331 (oct.déc.), 15€, disponible sur le site internet du Palais, à la billeterie et en librairie.

© D.R.

JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE

WANG RAMIREZ

PLUS ENGAGÉ QUE JAMAIS ! La crise du coronavirus a renforcé le Palais dans ses missions. De festivals en conférences, de débats en célébrations de l’altérité, l’automne sera riche ! « Le confinement nous a permis de tester de nouveaux formats, mais aussi de réfléchir sur nos missions dans une période qui a vu, une fois encore, surgir la tentation du bouc émissaire ». Pour Hélène Orain, la rentrée sera dense après trois mois de fermeture puis un programme d’été allégé. « Nous avons maintenu autant que possible tous les événements programmés avant le Covid, poursuit la directrice générale de l’Établissement. Parce que l’art a un rôle d’autant plus important en cette période mais aussi pour ne pas pénaliser les compagnies et artistes partenaires ». Du confinement, il sera question pour la quatrième édition de Visions d’exil, du 30 octobre

au 1er novembre. Le Palais a été la première institution à accueillir ce festival consacré à la création d’artistes accompagnés par l’atelier des artistes en exil. Sur le thème « D’un confinement à l’autre », cette édition surfe sur l’actualité du Covid. Parmi les temps forts : du théâtre d’ombres pour évoquer la guerre en Syrie, une performance de l’artiste féministe afghane Kubra Khademi ou un concert de musique électro-orientale avec Taxi Kebab. La rentrée verra aussi la cinquième édition du Grand festival contre le racisme, l’antisémitisme et la haine antiLGBT, en partenariat avec la Dilcrah(1). Le festival artistique pluridisciplinaire est consacré cette année à la déconstruction des stéréotypes. « Notre ambition est de poser la question du racisme et des discriminations dans une démarche apaisée et fédératrice », résume Cécile Vermorel, responsable de la programmation culturelle. Parmi les temps forts, une création de Laetitia Ajanohun sur les clichés en milieu scolaire et Désobéir, une pièce de Julie Bérès écrite à partir d’un travail documentaire réalisé avec des jeunes filles d’Aubervilliers. Mais le Grand Festival, ce sont aussi des moments poétiques ou joyeux,

comme le spectacle du duo de chorégraphes Wang Ramirez ou le bal afro-dance de clôture. L’offre de rencontres-débats se renouvelle aussi cet automne. « Notre objectif est que chacun puisse se forger une opinion éclairée sur les grandes questions liées à l’immigration. Ces rencontres reposent autant sur des témoignages que sur l’analyse critique d’experts reconnus dans leur domaine », résume Frédéric Callens, responsable du service des Ressources. Trois rencontres sont proposées chaque mois : cinéma, littérature (qui s’ouvre cet automne aux publications scientifiques) et questions d’actualité. Sur ce dernier thème, une belle soirée sur les héros méconnus des décolonisations est annoncée, en partenariat avec Arte. Quant aux cinéphiles, ils ont rendez-vous en octobre pour une soirée inédite « Séries et immigration » et une autre consacrée aux travaux audiovisuels d’étudiants de La Fémis sur les réalités migratoires.

1. Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Retrouvez la programmation détaillée dans les pages « Agenda » et sur le site internet du Palais.


© JEAN-VINCENT SIMONET

ZOOM

DES NUDES TRÈS POPULAIRES Cette série de souliers déclinant des tons chair a fait la renommée de Christian Louboutin. Découvrez pourquoi et venez les admirer ! Parmi les 650 souliers présentés dans l’expo Christian Louboutin : L’Exhibition[niste], ils sont loin d’être les plus extravagants. Et pourtant ce sont les « Nudes » (nus en anglais), imaginés en 2013, qui ont fait du créateur parisien une célébrité outre-Atlantique. Les Américains, et nombre de stars, ont tout de suite aimé ces escarpins déclinés en neuf couleurs, correspondant à autant de carnations. L’idée a germé dans la tête de Christian Louboutin quand une collaboratrice noire lui a fait remarquer que la couleur beige dite « chair » n’avait aucune signification pour des Afro-américaines. Au-delà du symbole, le créateur y a vu un enjeu esthétique : celui d’un soulier qui se fond avec la jambe et allonge la silhouette. Il n’a mesuré qu’après la portée politique de cette collection, celle qui fait toujours son succès : des souliers aujourd’hui déclinés en escarpins, bottes, sneakers… Pour tous les clients et clientes, une célébration de la diversité. Jusqu’au 3 janvier 2021. Réservation en ligne obligatoire sur le site du Palais. Visites guidées le week-end à 11h.

ACTU DU PALAIS

LE CHIFFRE CLÉ

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L'ANIMAL STAR

LE CORAIL DUR INSOLITE !

C’est le nombre de personnes mobilisées pour la refonte du Musée national de l'histoire de l'immigration. Historiens, géographes, sociologues, politologues et conservateurs constituent le comité scientifique pluridisciplinaire qui a établi les grandes lignes de cette refonte. Plus grand, plus interactif et 100% accessible, le nouveau parcours, qui ouvrira à l’automne 2021, s’articulera autour de 12 dates clés, pour finir sur des questions contemporaines.

MUSÉE

LES PARTENAIRES DU MUSÉE EN FORUM Une nouvelle exposition itinérante "Frontières. Observer les marges pour questionner le monde" explique comment les frontières se sont construites et évoluent. Des cartes permettent de visualiser des ordres de grandeur et de prendre conscience de la relativité des données liées aux migrations en introduisant la question des proportions dans les représentations. C’est donc une incitation à questionner notre rapport au monde, à mieux comprendre les réalités et causes des déplacements humains importants sur tous les continents. Le prêt de cette expo mobile est gratuit. Infos : itinerance@palaisportedoree.fr

5 LE JOURNAL DU PALAIS

Eh oui, malgré les apparences, le corail est bien un animal. Ou plus exactement un groupe de minuscules animaux, appelés polypes, qui vivent en colonies. Les coraux dits durs (il existe aussi des coraux mous) produisent du calcaire qui va servir à fabriquer un exosquelette commun constituant le récif corallien. Les récifs abritent 25 % de la vie marine totale. Mais ces hauts lieux de la biodiversité sont en danger. Les causes ? Principalement le réchauffement climatique et l’acidification de l’océan qui provoquent le blanchissement et la fragilisation du squelette calcaire. À l’Aquarium tropical, les aquariologistes profitent de la période des travaux pour multiplier les colonies par bouturage. Cette technique consiste à fragmenter le corail en petit bouts qui sont fixés sur des plots afin qu’ils reprennent leur croissance. Les chercheurs peuvent ainsi étudier et comprendre le développement du corail dur. Pour en savoir plus: www.aquarium-tropical.fr/ le-deplacement-des-coraux

Le Musée national de l’histoire de l’immigration travaille avec de nombreux partenaires pour développer et faire connaître l’histoire et les mémoires de l’immigration en France. Associations, chercheurs, artistes, institutions culturelles mais aussi écoles et collectivités territoriales font partie de ce réseau national et international. Si les conditions sanitaires le permettent, 200 à 300 de ces partenaires sont attendus au Palais les 4 et 5 novembre pour le Forum du réseau. Il se tient tous les trois ans. « C’est l’occasion de réfléchir collectivement aux chantiers à mener pour assurer une meilleure visibilité des acteurs et des offres culturelles traitant de ces sujets, conformément à notre mission », commente Agnès Arquez-Roth, cheffe du service Réseau et Partenariats. L’événement sera, entre autres, l’occasion d’une présentation de L’Encyclopédie des migrants, un recueil de récits et photos rassemblés dans le cadre d’un projet européen par l’association L’Âge de la tortue, ainsi que d’une nouvelle expo mobile du Musée Frontières. Observer les marges pour questionner le monde (voir ci-contre). Forum réservé aux partenaires. Info pratique : reseau.histoireimmigration@palais-portedoree.fr


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DOSSIER

L’IMAGERIE COLONIALE DU PALAIS Construit pour l’Exposition coloniale de 1931, le Palais devait justifier et donner à voir les bienfaits de la colonisation jusque dans son architecture. Aujourd’hui, le travail se poursuit pour décrypter et faire connaître aux visiteurs tout ce que raconte le bâtiment resitué dans son époque. Le phénomène s’est répandu dans plusieurs pays, en écho aux débats sur le racisme provoqués par la mort de l’américain Georges Floyd. À Anvers, la municipalité a déboulonné la statue du roi belge Léopold II, souverain de la conquête coloniale. À Bristol, celle du marchand et négrier Edward Colston a connu le même sort. À Paris, la statue de Colbert, inventeur des politiques économiques en France mais aussi rédacteur du Code noir fixant le statut juridique des esclaves dans les Antilles françaises, a été vandalisée. Pour les partisans du déboulonnage des statues, il s’agit de mettre à terre des symboles insultants et plus globalement, d’interroger la politique mémorielle de la France (lire l’interview de l’anthropologue Benoît de L’Estoile p 11.). Dans ce contexte, que faut-il faire et dire du Palais de la Porte Dorée ? Quelle est aujourd’hui la place de ce chef-d’œuvre inclassable de l’Art déco, aussi étroitement lié à l’histoire coloniale, bâti pour en illustrer les bienfaits ? Le débat existait avant le mouvement « Black lives matter ».


© ADAGP, PARIS, 2020. PHOTO : © LORENZÖ

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PIERRE DUCOS DE LA HAILLE, FRESQUE DE LA SALLE DES FÊTES, DÉTAIL, 1931


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01 Oubanghi. Chasse à l'hippopotame, et 06 Cochinchine, bas-relief de la façade, Alfred Auguste Janniot, détail, 1931 © ADAGP, Paris, 2020. Photo : © Pascal Lemaître 02 Le Palais de la Porte Dorée © Photo : Pascal Lemaître 03 , 04 , 05 et 07 Fresques de la salle des fêtes, Pierre Ducos de la Haille, détail, 1931 © ADAGP, Paris, 2020. Photo : © Lorenzö 08 Le plan Goor © Philippe Monges.

« Depuis plusieurs années, nos équipes travaillent avec des historiens pour dépasser la vision esthétique et architecturale et proposer une approche plus historique intégrant le contexte de l’exposition coloniale de 1931. Ce travail de fond nous permet de proposer au public des visites, des ressources, des événements qui lui permettent d’appréhender ces questions sensibles. », explique Hélène Orain, directrice générale de l'Établissement. « Un bâtiment est toujours le reflet d’une idéologie et d’une époque, rappelle Hélène Bocard, conservatrice en chef du patrimoine au Palais de la Porte Dorée. Tout l’enjeu est d’étudier puis d’expliquer ce contexte, avec des historiens de l’art, des historiens et des ethnologues ». Depuis une dizaine d’années, le travail est engagé, de travaux de recherche en acquisitions d’archives. Construit pour devenir un musée permanent des colonies, le Palais de la Porte Dorée est l’un

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des rares vestiges de l’Exposition coloniale de 1931. Cette annéelà, de mai à novembre, huit millions de visiteurs découvrent

nique et social. Dans le contexte du début des années trente et de la monté de l’anticolonialisme, l’Exposition a deux autres objec-

« Un bâtiment pour glorifier et justifier le colonialisme, pour promouvoir aussi l’économie des colonies ». sa silhouette à l’orée du bois de Vincennes. L’Exposition y célèbre une France à l’apogée de sa puissance impériale. Les visiteurs explorent les pavillons des colonies, admirent danseurs et artisans, goûtent les productions exotiques. C’est la promesse de « faire le tour du monde en un jour » pour découvrir une colonisation présentée comme pacificatrice et source de développement économique, tech-

tifs : intéresser les Français de métropole aux colonies et attirer des investisseurs. Le Palais, conçu comme un bâtiment de propagande et une métaphore de l’idéologie coloniale française, porte ces messages. Le bas-relief : des colonies au travail pour la France Le bas-relief d’Alfred Janniot, « L’apport des colonies à la France », a été qualifié de « ta-

pisserie de pierre », pour la richesse et la finesse de son ornementation. Des travaux de recherche récents montrent à quel point il fait écho au reste du bâtiment et à l’Exposition dont il était la porte d’entrée. La France figure bien sûr en majesté au centre au-dessus de l’entrée. De part et d’autre - l’Afrique, l’Océanie et les Antilles à gauche, l’Asie et les îles du Pacifique à droite -, 151 personnages sont représentés, tous indigènes, visage tendu vers la « mère-patrie ». Culture du thé, du coton et du cacao, recueil du caoutchouc, extraction de métaux… Ils semblent travailler de leur plein gré à l’édification de l’Empire. L’œuvre est une incitation à la production et à la consommation. Grégoire Lemaître, étudiant de l’Ecole du Louvre, lui a consacré un récent mémoire. « Chaque image présente rejoint les dispositifs mis en place pour divertir et instruire le pu-


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blic lors de l’exposition », écritil. Ainsi, les fibres et végétaux sont présentés dans les pavillons des colonies. Les animaux de la façade sont visibles à l’Aquarium tropical ou dans le parc zoologique de l’Exposition. Sur cette façade très dense, les colonisateurs ne sont pas représentés. Le bas-relief met en scène un monde « primitif », sans référence au progrès technique amené par le colon, ni à la culture des colonisés. Hélène Bocard écrit : « Janniot inscrit son relief dans une sorte d’intemporalité, juxtaposant une allégorie (la France), des figures mythologiques (Pomone) et des sujets inspirés du monde réel ». En cette année 1931 où une contre-exposition organisée par la Ligue contre l’Impérialisme et l’Oppression coloniale avec le soutien d’artistes surréalistes, propose de révéler La vérité sur les colonies, le bas-relief célèbre des contrées idéales dévolues à l’enrichissement d’un colonisa-

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teur absent. « Une vision régressive, plaisante et mensongère de l’impérialisme », pour Grégoire Lemaître. Une fresque où la France redresse une humanité affaiblie Elle est le contre-point du bas-relief de façade, par son titre même. « L’apport de la France aux colonies », réalisée par Pierre-Henri Ducos de la Haille, couvre les murs du Forum. Celuici était initialement une salle des fêtes destinée à accueillir festivités et congrès. Face à l’entrée, la France offre la colombe de la paix aux cinq continents. Aux angles et au centre des murs latéraux, on découvre huit allégories des vertus offertes aux territoires conquis, comme la Paix, la Liberté ou le Travail. Le reste de la fresque figure des scènes de la vie quotidienne. Le peintre met en scène des autochtones symbolisant la faiblesse, comme des enfants ou des es-

claves. Ducos leur oppose la modernité des colons, entourés d’objets techniques (chemin de fer, tracteur…) qui leur permettent d’accomplir leurs missions « civilisatrices ». Très explicitement, l’œuvre illustre et justifie la vision française de la colonisation définie par le ministre Paul Reynaud lors de l’inauguration : « Apporter la lumière dans les ténèbres ». À l’opposé du relief de Janniot, « au caractère intemporel, le programme idéologique du décor du forum est beaucoup plus affirmé, en raison sans doute de la solennité du lieu », conclut Hélène Bocard. Le plan Goor et ses entorses à la réalité Restauré en 2018, il est aujourd’hui installé dans le hall d’honneur. « La vue de l’Exposition coloniale internationale », plan peint sur une toile longue de huit mètres, orientait les visiteurs qui se

présentaient à la Cité des informations, un bâtiment créé à l’initiative du Maréchal Lyautey pour offrir des informations sur les colonies (notamment aux industriels) lors de l’Exposition. Peinte par l’artiste Gaston Goor, cette toile est assez peu réaliste du site et de ses pavillons, dans la tradition des plans de villes ornés d’allégories et de personnages mythologiques. On y voit, encadrant le plan, Athéna, déesse de la paix, Apollon dieu des arts, Hermès, celui des voyages ainsi qu’une figure incarnant la ville de Paris. Parmi les entorses à la réalité, des autruches et gazelles déambulent dans les allées, comme dans un jardin d’Eden, rappelant, peutêtre, que, pendant l’exposition, le parc zoologique jouxtait le lac Daumesnil. On note aussi un surprenant sous-marin dans le lac, évoquant la supériorité technique de la France.


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© ADAGP, PARIS, 2020. PHOTO : © PASCAL LEMAÎTRE

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MARTINIQUE, VANILLE, BAS-RELIEF DE LA FAÇADE, ALFRED AUGUSTE JANNIOT, DÉTAIL, 1931


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08 La déesse mère de l'humanité, salon Asie © Photo : Lorenzö 09 Apollon et la muse, salon Afrique © Photo : Lorenzö 10 La vie intellectuelle, salon Afrique © Photo : Lorenzö 11 Façade ouest du Palais de la Porte Dorée © Photo : Philippe Monges 08

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Les salons, éloges d’un métissage à géométrie variable Destinés à accueillir les visiteurs de prestige, les deux salons d’honneur n’évoquent pas le fait colonial. Du moins pas directement. À l’est du Palais, le salon Lyautey, du nom du commissaire général de l’Exposition, rend hommage aux « Apports intellectuels et spirituels de l’Asie ». Les décors peints par Ivanna et André-Hubert Lemaître s’inspirent des grandes figures spirituelles et de mythes asiatiques, tous antérieurs à la société coloniale. Le plus grand des panneaux met en scène Bouddha, Confucius et Krishna. Le reste de la fresque illustre les thèmes de la danse, de la sculpture et de la musique ou encore les quatre éléments naturels. Ici, pas de trace de l’Occident, mais plutôt un éloge de l’Asie dans toute son altérité. Le salon Reynaud porte le nom du ministre des Colonies. Louis Bouquet en a réalisé les pein-

tures murales présentant « L’apport intellectuel et artistique de l’Afrique française ». « Sur le fond comme sur la forme, l’idée est de faire valoir une rencontre des cultures », commente Hélène Bocard. Ainsi, « recyclant les mythes antiques », le peintre met en scène le cheval Pégase et le dieu Apollon aux côtés d’une muse noire. Une scène comme Saint-Michel (Mikail) terrassant le dragon (le mal) évoque les racines communes du christianisme et de l’Islam. Pourtant, deux représentations du continent s’opposent. L’Afrique noire est réduite à un stéréotype raciste : ses habitants sont nus et vivent dans la forêt. Dans des postures évoquant les « revues nègres » de l’entre-deux-guerres, ils se déhanchent, emportés par la musique. L’Afrique arabo-musulmane est mieux considérée. Correspondant aux clichés de l'époque, les panneaux racontent des scènes de la vie quotidienne, artistique et intellectuelle illus-

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trant ce que la France pensait devoir à la civilisation arabomusulmane. « Il s’agit là de rendre hommage à une culture qui présente de nombreuses affinités avec la nôtre, liée à la France par une colonisation privilégiée », écrit Hélène Bocard. Par ailleurs, avec un mobilier commandé aux célèbres décorateurs Ruhlmann et Printz, les salons ont une claire vocation commerciale. Réalisés en macassar, ivoire, ou galuchat (peau de raie), meubles et parquets promeuvent les matériaux d’exception issus des colonies.

Inchangée depuis 1931, la façade ouest est gravée de 159 noms. La liste commence avec Godefroy de Bouillon qui a conduit la première croisade en terre sainte. On y croise le pirate Robert Surcouf, l’explorateur Jacques Cartier, le ministre Richelieu et bon nombre de chefs militaires et autres administrateurs moins connus. Etrangement, les deux-tiers des personnalités de cet immense wall of fame, selon l’expression inventée par Thomas B. Reverdy et Sylvain Venayre dans leur roman Le jardin des colonies, ont vécu sous l’Ancien régime. Selon Hélène Bocard, cela reste à étudier et devrait l’être dans les prochains mois. « On ignore encore par exemple quels noms ont été proposés et selon quels critères ils ont été retenus ». La section coloniale, qui se déployait au rez-de-chaussée du palais, célébrait-elle aussi ces figures considérées comme des gloires de l’Empire français.

La façade ouest, célébration des artisans de la colonisation Dans un courrier de 1930 l’architecte du Palais, Albert Laprade, évoque son souhait de faire sur les façades latérales, « un monument de la Reconnaissance française dédié aux fondateurs de l’Empire colonial, une sorte de pendant à ce que peut être l’Arc de triomphe ».


13 LE JOURNAL DU PALAIS

« PLUTÔT QUE D’ENLEVER DES CHOSES DANS L’ESPACE PUBLIC, IL FAUT EN AJOUTER » QUESTIONS À BENOÎT DE L’ESTOILE PROFESSEUR D’ANTHROPOLOGIE À L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE ET DIRECTEUR DE RECHERCHE AU CNRS IL FORME PONCTUELLEMENT AU PALAIS DES ENSEIGNANTS SUR L’HISTOIRE COLONIALE DU LIEU. Le Palais de la Porte Dorée est une émanation de l’Exposition de 1931, souvent perçue comme une pure apologie du colonialisme. Vous avez montré(1) qu’elle était pourtant aussi la première célébration de la diversité culturelle....

POUR EN SAVOIR PLUS Le Palais de la Porte Dorée, par Hélène BOCARD, éd. du Patrimoine, 2018. Traces de l’histoire coloniale dans le 12e arrondissement de Paris, brochure éditée par le Palais de la Porte Dorée. Alfred Auguste Janniot, 1889-1969, monographie aux éditions Somogy, 2003. Un Palais pour une cité, par Maureen MURPHY, éd. RMN, 2007. Le bas-relief du musée permanent des colonies, par Grégoire LEMAITRE, mémoire d’étude en histoire de l’École du Louvre, 2020. Le palais de la porte Dorée : ancrage architectural et muséographique 1920-1937, par Léa GENAUD, mémoire d’étude en muséologie de l’École du Louvre, 2018. Ces ouvrages sont consultables à la Médiathèque Abdelmalek Sayad.

On a souvent en tête une exposition aux décors de carton-pâte, approximative et décorative, sans aucune forme de reconnaissance et d’intérêt pour les peuples présentés. Les documents historiques montrent que cela est plus compliqué. En 1931, il y a au sein de cette exposition des présentations d’arts indigènes, prêtées par des collectionneurs de renom au Musée permanent des colonies ou aux pavillons des diverses colonies. Les artistes français mettent en scène la richesse économique et culturelle des territoires conquis, comme le montre par exemple le bas-relief de Janniot. Des artistes des colonies sont invités à se présenter et des spectacles musicaux, de théâtre ou de danse, des reconstitutions ethnographiques, valorisent les différents territoires présentés. Clairement, la diversité des empires coloniaux est valorisée sur un mode esthétique très marqué, tant dans l’architecture, qui s’inspire de constructions indigènes, que dans les œuvres d’art ou les spectacles. L’enjeu bien sûr est de convaincre le public que le colonialisme est positif. Il faut aussi répondre à l’anticolonialisme naissant, alors que les révoltes sont réprimées dans la violence en Afrique du Nord et en Indochine. Il faut enfin contrer les critiques formulées par les autres puissances impérialistes comme la Grande-Bretagne, ou qui n’ont pas de colonies, comme l’Allemagne ou les États-Unis. Il s’agit donc de mettre en valeur une nouvelle politique coloniale, qui s’appuie sur les spécificités des « civilisations », comme on dit à l’époque, des différentes colonies. Néanmoins, il s’agit bien d’une première célébration de la pluralité culturelle, une forme de « goût des autres », qui préfigure les futurs Musée de l’Homme puis le musée du Quai Branly.

Que pensez-vous des débats actuels sur les traces coloniales dans l’espace public, du déboulonnage des statues au changement des noms des rues ? Les traces de ce passé font partie de ce que j’appelle les héritages coloniaux. Ce n’est pas une notion uniquement négative, car un héritage, cela peut être accepté, partagé, mais aussi contesté, débattu entre les héritiers. Plutôt que d’effacer le passé comme certains le souhaitent, il faut se l’approprier. Il est important d’oser parler de cette histoire, dans toute sa complexité et ses nuances, avec des historiens, mais aussi des anthropologues et des artistes. Plutôt que d’enlever des choses à l’espace public, il faudrait plutôt en ajouter, pour montrer une histoire plus complexe que celle qui est donnée à voir. Comment le Palais peut-il se raconter aux générations actuelles ? La polémique à son sujet n’est pas nouvelle. On est face à un bâtiment qui est un chef-d’œuvre architectural et qui à ce titre doit être valorisé, mais qui est en même temps incontestablement une légitimation du colonialisme. La question de savoir s’il fallait le montrer et comment le faire s’est posée depuis longtemps. Dans les années 1970 déjà, les fresques de la salle des Fêtes avaient été voilées, tant cette histoire coloniale gênait. Mais vouloir ignorer cet héritage colonial n’est pas la bonne solution. Pour mieux raconter son histoire complexe, on pourrait par exemple rendre visibles ceux qui ont été oubliés : tous les artisans, artistes des colonies, militaires qui sont venus à l’Exposition de 1931, des artisans marocains ou indochinois au sultan du Maroc ou à une délégation de dignitaires du Dahomey (actuel Bénin). De très beaux portraits d’eux, rarement montrés, ont été réalisés par la mission photographique Albert Kahn. Les coulisses de l’empire colonial glorifié sur les fresques ou la façade, du travail forcé à la répression des révoltes, peuvent aussi être expliquées, ou mis en scène par des installations artistiques. (1) Le Goût des autres, de l’Exposition coloniale aux Arts premiers, Flammarion, 2007.


MEHDI CHAREF. PHOTOS : © D.R.

PORTRAIT

« Il fait très froid dans la baraque. Mon père est allé à la mairie demander des couvertures, que nous aurons la semaine prochaine. La Seine est gelée ». Mehdi, 10 ans, fraîchement débarqué de son Algérie natale, découvre ce qui sera son nouveau lieu de vie. Un bidonville de baraquements, un sol de terre battue, sans eau courante ni électricité, sans chauffage ni toilettes. Le père a précédé femme et enfants des années auparavant, un berger devenu ouvrier de chantier. À 68 ans, Mehdi Charef a convoqué ses souvenirs d’enfance pour écrire Rue des Pâquerettes (éd. Hors d’atteinte), lauréat du 11e Prix littéraire de la Porte Dorée. C’est le premier volet d’une trilogie consacrée à sa jeunesse. Pourquoi maintenant ? Pour ses enfants, pour ses parents surtout et ceux de leur génération : « J’écris pour que mon père devienne visible. Pour témoigner et réunir tous les gens silencieux qui ont vécu la même chose ». D’une écriture limpide, il décrit le quotidien, les peines et les espoirs d’un enfant déraciné et lucide, dans un terrain vague de Nanterre devenu une petite Algérie. « Des vieux en gardent un souvenir ému, malgré l’insalubrité. Parce qu’on était entre nous et que l’intégration, c’était la peur de perdre notre culture », raconte l’écrivain et cinéaste. Le père a promis un retour au pays. « Moi j’ai su qu’on était là pour rester quand j’ai vu qu’il y avait un hammam et une boucherie hallal ». À hauteur d’enfant, l’écrivain raconte le racisme ordinaire,

RENCONTRE AVEC MEHDI CHAREF L’écrivain et cinéaste a reçu le Prix littéraire de la Porte Dorée avec « Rue des Pâquerettes », récit largement autobiographique d’une enfance dans un bidonville d’immigrés algériens.

les humiliations, la honte d’aller chercher des vêtements d’occasion pour habiller toute la famille. Il se souvient « comment nous étions dévisagés quand ma mère parlait fort dans l’autobus ou qu’elle sortait du bidonville, enroulée dans son haïk blanc ». Il y eut aussi « de belles rencontres », insiste Mehdi Charef, à commencer par ces enseignants qui l’aidèrent

à contrarier un destin programmé, pourtant, par l’école. Car le récit souligne le rôle ambivalent de l’institution, missionnée pour forger des ouvriers plus qualifiés que leurs pères illettrés. « On sera des esclaves comme nos pères mais avec des cartables sur le dos », dit le jeune Mehdi, qui visite avec sa classe les nombreuses usines du secteur. En contrepoint, il y a le maître,

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qui leur explique qu’ils ont « toute la vie pour révéler le merveilleux » en eux. Celui à qui il fait lire « ce que j’ai noté dans le calepin qu’il m’a offert ». Mehdi Charef a hérité le goût des histoires de sa mère, qui « disait des contes ou chantait », pour couvrir le bruit de la mitraille pendant la guerre d’Algérie. Il rêve de vivre de sa plume : « S’intégrer, c’est se libérer en utilisant les outils qu’on vous donne. Moi, j’ai choisi la langue française ». Suite au succès de son premier roman chroniquant la vie banlieusarde, Le Thé au harem d’Archi Ahmed (1983) puis à l’adaptation qu’il en a faite pour le cinéma, il a quitté l’usine. Pour ne plus cesser d’écrire et de tourner. Quel regard l’artiste porte-t-il sur les migrants d’aujourd’hui ? « Leur vie est très dure ici, mais ils sont protégés, leurs enfants vont à l’école et mangent à leur faim. C’est déjà ça ». Et sur le Musée national de l’histoire de l’immigration ? « C’est un lieu de rencontre, sur notre histoire et celle des autres. Qui explique pourquoi nous sommes là. Quand j’étais enfant, on me disait que mes parents étaient venus pour les allocs. La réalité, c’est qu’on est venu nous chercher. C’est important notamment dans les écoles, de bien le raconter ». SON ACTU Mehdi Charef publie cet automne le deuxième volet de sa trilogie autobiographique. Vivants (éd. Hors d’atteinte) raconte les huit ans passés dans la cité de transit de Nanterre, après le départ de la rue des Pâquerettes.


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LE GRA LE GRAND FESTIVAL

Du 16 au 20 septembre, la cinquième édition du Grand Festival conjugue mobilisation citoyenne et création artistique pour combattre le racisme, l’antisémitisme et la haine antiLGBTQI. Le Palais de la Porte Dorée vous ouvre grand ses portes ! Venez participer, vous informer, vous engager et vous émerveiller. Au programme : huit rendez-vous gratuits parmi lesquels un spectacle de danse, un DJ set, un bal afro-dance, du théâtre, une rencontre littéraire, des débats et une grande soirée pluridisciplinaire consacrée à la déconstruction des préjugés. Ensemble, célébrons la diversité et l’engagement de la création artistique pour mieux conjurer la peur et la haine de l’autre.

CONFÉRENCE FORUM 19H L’humour engagé contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations caractérise une tendance ancrée en France dès les années 1960 par les sketchs de Fernand Raynaud puis plus tard par Guy Bedos, Coluche, Elie Semoun ou Muriel Robin. La nouvelle génération du « Stand Up » ne fait pas l’impasse sur la thématique et s’empare du sujet : Peut-on rire de tout ? Certains, comme Pierre Desproges, ont déjà répondu oui mais pas avec n’importe qui. Cette rencontre revisite en images l’histoire de l’humour antiraciste en France, sous l’œil d’une chroniqueuse acerbe de notre temps. Elle propose de réfléchir aux contraintes et aux limites lorsqu’il s’agit d’user du second degré et de l’humour pour dénoncer racisme et antisémitisme en France. Avec la participation de Carla Bianchi et Haroun, humoristes, Nelly Quemener, sociologue, maître de conférences, Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle, Naïma Huber Yahi, historienne du fait culturel et chercheure associée à l’Urmis, Université de Nice Sophia-Antipolis et Alain Degois dit « Papy », metteur en scène, co-fondateur de AD2 productions. Rencontre animée par Yvan Gastaut, historien, maître de conférences, Université de Nice Sophia-Antipolis. Gratuit sur réservation Durée : 1h30

INFOS PRATIQUES

Événements gratuits sur réservation

Retrouvez toute la programmation sur www.histoire-immigration.fr Le Grand Festival est organisé avec le soutien de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH).


THÉÂTRE AUDITORIUM 20H TOUT PUBLIC À PARTIR DE 12 ANS

© FRED FOUCH

© WILLY VAINQUEUR

AND FESTIVAL

Désobéir raconte la France métissée et plurielle d’aujourd’hui. Julie Berès a demandé à des filles, petites-filles ou arrièrepetites-filles d’immigrés d’Aubervilliers « Comment s’inventer soi-même ? » Faut-il désobéir pour vivre ? Désobéir en est le récitréponse orchestré à quatre voix, écrit par la metteure en scène à partir de ces rencontres, avec la complicité de Kevin Keiss, dramaturge, et de la romancière Alice Zeniter. Sur scène, quatre jeunes comédiennes racontent, très librement, dans une énergie communicative, leur rapport à la religion, à la famille, à l’amour, au sexe, à la justice, au racisme. Avec humour, elles parlent de désirs et de désillusions. Drôles, saisissantes, toujours en mouvement, elles disent le poids des traditions et le désir de rester fidèles à leur héritage culturel. Elles portent les voix de toutes celles qui un jour ont dû désobéir, dire non, pour vivre pleinement leur liberté.

DANSE FORUM 20H TOUT PUBLIC À PARTIR DE 7 ANS Avec humour et poésie, We are Monchichi questionne entre danse et théâtre, les identités culturelles et les stéréotypes qu’elles portent. Shihya Peng est née à Taiwan mais elle vit à Paris. Marco di Nardo est né à Naples mais il vit à Berlin. Sur scène, les deux interprètes interrogent les circulations, la rencontre et le plurilinguisme. Qui est cet Autre ? Qu’est-ce que l’interculturalité ? Que signifie-t-elle ? Jouant au chat et à la souris, les corps en mouvement se frôlent et se cherchent puis se rejettent et se retrouvent. Ils disent tour à tour la révélation, la mélancolie ou la joie. En découvrant l’Autre, ils se découvrent eux-mêmes. We are Monchichi, c’est avant tout une danse du partage et de la fusion. Un dialogue des cultures et des différences. Avec cette pièce qui fait écho à leur propre parcours, le tandem interprète une histoire universelle. La découverte d’un espace sans frontières dans lequel s’affirme la redéfinition et l’enrichissement des identités. Les chorégraphes : Honji Wang est née en Allemagne de parents coréens et Sébastien Ramirez est un fils d’espagnol, né à Perpignan. Ensemble, ils forment la Compagnie Wang Ramirez, un couple chorégraphique qui explore les danses urbaines, le hip-hop et la danse contemporaine. Couronnés du New York Bessie Award, leurs spectacles allient, danse, théâtre et jeux de lumières pour célébrer la force des métissages et questionner les frontières.

Mise en scène de Julie Berès.

Direction artistique, conception, chorégraphie : Honji Wang et Sébastien Ramirez

Texte de Julie Berès, Kevin Keiss et Alice Zeniter. Avec : Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Hatice Ozer et Séphora Pondi. Production : La Compagnie Les Cambrioleurs

Avec : Marco Di Nardo et Shihya Peng Adaptation des textes et direction d’acteurs : Fabrice Melquiot Production : Compagnie Wang Ramirez, Clash66 Coproduction : Théâtre de la Ville, Paris, Scène Nationale d’Albi.

Gratuit sur réservation Durée : 1h15

Gratuit sur réservation Durée : 1h


LE GRAND

© HERMANCE TRIAY

© JAROSLAV DEVIA

RENCONTRE AVEC CLOÉ KORMAN

THÉÂTRE AUDITORIUM 15H TOUT PUBLIC À PARTIR DE 14 ANS Un lycée monte une adaptation d’Harry Potter. Fanny Niang, qui a été choisie pour jouer Hermione, est noire. Harcelée dans son lycée, elle ne correspond pas à la représentation collective que se font les élèves du personnage d’Hermione. Le lycée décide alors de mettre en place un débat pour savoir si le professeur pouvait faire incarner ce personnage par une jeune fille noire. Si elle était blanche dans l’adaptation cinématographique, le livre précise juste qu’Hermione a les cheveux foncés et les yeux bruns. Créée à l’occasion du Grand Festival, Dans la peau d’Hermione rejoue un procès autour d’une question de discrimination liée à la couleur de peau. Des jurés répartis dans le public délibèreront collectivement pour savoir si les représentations collectives de nos héroïnes et héros sont susceptibles d’évoluer. Pièce participative et éducative de la compagnie For Happy People & Co, mise en scène par Jean-François Auguste. Texte de Laetitia Ajanohun. Conception et collaboration artistique de Morgane Eches. Avec : Diaretou Keita, Vincent Deslandres et Nantene Traore. En partenariat avec la Fondation Amnesty International France et Théâtre Ouvert - Centre National des Dramaturgies Contemporaines. Gratuit sur réservation Durée : 1h10

RENCONTRE LITTÉRAIRE MÉDIATHÈQUE 16H30 TOUT PUBLIC À l’occasion de la sortie de son dernier roman, Tu ressembles à une juive (Éditions du Seuil) le Palais de la Porte Dorée invite Cloé Korman à revenir sur la douloureuse histoire de l’antisémitisme en France : « Du Code noir à l’islamophobie contemporaine, la mise au ban de certaines populations a pris de multiples formes, souvent tragiques. Pour ma famille, ce fut le Statut des Juifs en 1940 qui marqua la plongée dans l’horreur et entraîna un sentiment d’aliénation durable. » Née en 1983 à Paris, Cloé Korman a étudié la littérature, en particulier anglo-saxonne, ainsi que l'histoire des arts et du cinéma. Son premier roman, Les Hommes-couleurs (Seuil, 2010) a été récompensé par le prix du livre Inter et le prix Valéry Larbaud. Cloé Korman est auteure de Les Hommescouleurs (Seuil, 2010) et Tu ressembles à une juive (Seuil). Rencontre proposée dans le cadre du festival Hors-Limites. et animée par Olivier Favier, écrivain, traducteur et journaliste. Gratuit sur réservation


D FESTIVAL LANGAGEMENT #2

PAR LE COLLECTIF MELANGE FORUM 16H30 TOUT PUBLIC Le collectif MELANGE propose un grand bal de clôture du Grand Festival aux sons de l’afro-house avec les crews de danseurs Afronovo et Afronovo Kids, ambiancés par un duo de DJ. Plusieurs styles de danse se répondent : afro-trap, new style, électro style, baile funk, kuduro… En famille ou entre amis, découvrez ces danses urbaines et conviviales témoignant de la diversité des danses africaines arrivées en France avec les vagues d’immigration. MELANGE est un collectif de création hybride qui réunit des artistes autour de la musique, la danse, la mode écoresponsable et les arts visuels.

© ANNE VOLERY

Gratuit sur réservation

RENCONTRES PERFORMANCES FORUM 19H TOUT PUBLIC Le journaliste et animateur Raphäl Yem, engagé dans plusieurs associations contre les discriminations au sein des quartiers populaires, revient au Palais pour animer et mettre en scène une grande soirée de rencontres sur la question des préjugés. Pour le Grand Festival, il invite des figures artistiques issues de tous les horizons à s’exprimer à leur manière et à travers leurs disciplines sur les stéréotypes et les inégalités. Les discriminations, dont la liste est encore bien trop longue, sont ainsi abordées à travers le dessin, l’humour ou bien encore l’éloquence. Une grande soirée pluridisciplinaire mêlant humour, projections et discussions pour participer ensemble à la déconstruction des préjugés par la parole. Soirée animée par Raphäl Yem. Avec le duo d’humoristes Odah & Dako, les illustrateurs Blachette et Rakidd et l’artiste vidéaste Irvin Anneix.

DJ SET PARVIS DU PALAIS 21H TOUT PUBLIC DJ, beatmakeuse, organisatrice d’événements, Marina Wilson alias DJ Cheetah prend d’assaut le Palais pour mixer le meilleur des sons urbains du continent africain. Elle mixe principalement du hip-hop et des classiques de la musique africaine (coupé décalé, afrobeat). Ses sets sont nourris notamment de hip-hop ghanéen, ivoirien, gabonais, sud-africain et camerounais. Elle s’intéresse avant tout à la dynamique de la musique urbaine africaine pour ce qu’elle apporte de différent. Gratuit

© YANN MÉNEC

Gratuit sur réservation


FESTIV VISIONS D’EXIL « D’un confinement à l’autre » Du 30 octobre au 1er novembre 2020 Le Festival pluridisciplinaire de l’atelier des artistes en exil prend ses quartiers au Palais de la Porte Dorée pour sa 4e édition ! Cette année, les artistes reviennent sur la période récente du confinement pour la mettre en relation avec les problématiques de l’exil. D’où que nous soyons, quelles que soit notre histoire, de quoi sommes-nous faits ? La crise sanitaire a imposé un temps suspendu au monde entier, rendant commune une expérience familière aux personnes contraintes à l’exil. S’arrêter, se retrouver, se laisser aller à penser, et à travers le regard d'artistes traversés par l’exil, explorer et mesurer les enjeux politiques de ce qui nous constitue.

SO IRÉE D'O MUSIQUE

AFFRANCHIES VENDREDI 30 OCTOBRE HALL MARIE CURIE 19H Quatre chanteuses et une musicienne livrent leur histoire en textes et en chansons, chacune puis ensemble pour raconter l'exil et leur quête de liberté. Ouïghoure, Iranienne, Sahraouie, Congolaise, Vénézuélienne, elles ont quitté leur pays et mènent un double combat : celui de l'émancipation de leur peuple et celui de leur genre. Loin des interdits, elles peuvent à présent chanter leur droit à exister. Avec : Diana La Fraise (République démocratique du Congo), Aida Nosrat (Iran), Dighya Mohammed Salem (Sahara Occidental), Nassima Shavaeva (Kazaksthan), Angerlin Urbina (Venezuela). Direction artistique : Judith Depaule (France) Scénographie : Maral Bolouri (Iran) Costumes : Abdou Khadr Faye (Sénégal) Coordination musicale : Daniel Blanco (Venezuela) Compositions pour la flûte : Juvenal Balestrini (Venezuela) Production : atelier des artistes en exil avec le soutien de la Ville de Paris et le Fonds de dotation Porosus.

PERFORMANCE

THROUGH REPROACH VALLEY VENDREDI 30 OCTOBRE FORUM 20H Pour sa première performance collective, Kubra Khademi s’interroge sur l’expérience de la famine, de la maladie, des catastrophes écologiques, de la guerre et sur l’injonction qui nous est faite à rester calmes, patients et positifs. Mais que s’est-il vraiment passé ? Comment aurions-nous dû réagir ? Et quel est le rôle de l’art dans pareille situation ? Un remède contre la pression sociale ? « Le reflet de la société » ? Performance collective de Kubra Khademi (Afghanistan) Production : atelier des artistes en exil, Les SUBS – Lieu vivant d’expériences artistiques, Lyon

INFOS PRATIQUES

Gratuit une seule réservation pour tous les évenements de la soirée : www.histoire-immigration.fr


VAL VISIONS D'EXIL

OUVERTURE DANSE

UNE PARTIE DE MOI… UNE PARTIE DE TOI VENDREDI 30 OCTOBRE HALL MARIE CURIE 20H30 Railleries, insultes, humiliations et menaces de mort ont été le quotidien de Cleve Nitoumbi, nés de parents congolais en Ukraine, avant qu’il ne décide de fuir. C’est avec ce corps maltraité qu’il s’est mis à danser, pour braver les regards, pour les forcer à le regarder. Chorégraphie (Street-jazz, dance hall, hip-hop, afro, voguing, waacking) de Cleve Nitoumbi (Ukraine) et Ivo Billy (Italie) Avec : Suzanne Degennaro (Italie), Alex Grammont (France), Vanessa Kouassi (Italie), Vicky Mondor (France), Cleve Nitoumbi, Mathieu Toussaint (France). Musique : Beidy Dia (Mali) Production : atelier des artistes en exil Avec le soutien de la SACD

CONCERT

TAXI KEBAB VENDREDI 30 OCTOBRE AUDITORIUM 21H Le duo imprégné de chaâbi maghrébin emprunte au gnawa, à la aïta et au raï, qu’il mêle à de la musique aussi bien analogique qu’électronique un son brut, psyché, désorienté et désoriental. Taxi Kebab est la rencontre entre synthétiseurs (Romain Henry) et boîte à rythme, guitare modulée, buzuq amplifié (Lea Jiqqir) et chants scandés en darija. Influencée par un héritage culturel et familial (chaâbi, transe gnawa, musiques moyen-orientales...), la musique du duo sillonne de nuit les routes marocaines et parcourt ses paysages à travers un son éclectique et biculturel.

DJ SET

DJ CHEETAH VENDREDI 30 OCTOBRE HALL D’HONNEUR 19H DJ, beatmakeuse, organisatrice d'événements, Marina Wilson alias DJ Cheetah revient au Palais pour mixer le meilleur des sons urbains du continent africain, notamment ghanéens, ivoiriens, gabonais, sud-africains et camerounais. Elle mixe principalement du hip-hop, du rap, du dancehall et les classiques de la musique africaine (coupé décalé, afrobeat).

SPECTACLE

THÉÂTRE

RUPTURE

JE PASSE 4

SAMEDI 31 OCTOBRE AUDITORIUM 15H DIMANCHE 1ER NOVEMBRE AUDITORIUM 15H Contraint de quitter son pays ravagé par les luttes de pouvoir et la guerre, l’enfant venu d’ailleurs explore de nouveaux paysages et dialogue avec ses souvenirs. Habité par un sentiment d’étrangeté, happé par le passé, il essaie d’apprivoiser ses peurs pour apprendre à vivre après.

DIMANCHE 1 NOVEMBRE FORUM 17H Passés de l’autre côté pour fuir la guerre, les conflits ethniques, la répression politique, les discriminations sexuelles, les ségrégations … Arrivés en France avec un visa, par la route ou la Méditerranée ou contraints d'y rester, sept artistes livrent leur portrait en vidéo ainsi que leur récit d’exil, transmis par des acteurs et des actrices. Après Je passe 1, 2 et 3, ce dernier volet met en lumière les parcours de sept nouveaux membres de l’atelier des artistes en exil pour sept groupes de spectateurs.

Un théâtre d’ombre, d’objets et de marionnettes mis en scène et scénographié par Maryam Samaan (Syrie). Scénographie et installation vidéo : Khaled Alwarea (Syrie) Performance et danse : Mams (Guinée) Violoncelle : Louise Debaecker Performance ombres et lumières : Fadi Idriss. Production : atelier des artistes en exil Avec le soutien de la SACD.

Tout public à partir de 7 ans. Gratuit sur réservation.

ER

D’après les récits de sept artistes en exil. Conception : Judith Depaule (France) Images : Samer Salameh (Palestine/ Syrie). Nino Djerbir (France), Pablo Jupin (France), Mouradi M’Chinda (Comores /France), Morgane Peters (France), Angelica Kiyomi Tisseyre-Sekine (France), Clémentine Vignais (France), en cours Une coproduction de Mabel Octobre, L’atelier des artistes en exil et l’ERACM. Avec le soutien du Fijad

CINÉMA

SOIRÉE LES EMMURÉS SAMEDI 31 OCTOBRE AUDITORIUM 19H Cette soirée de cinéma interroge l’enfermement, la contrainte et la liberté à travers trois courts-métrages palestiniens racontant, à leur manière, le confinement et un long métrage japonais La femme des sables réalisé par Hiroshi Teshigahara. Primé au festival de Cannes en 1964, La femme des sables réactualise le mythe de Sisyphe : un homme se rend en bord de mer pour chercher des insectes. Piégé par des villageois parmi les dunes, il est retenu en compagnie d’une inconnue au fond d’un fossé de sable. • Ambience de Wisam Al Jafari, Palestine, 2018, 15 min • I signed the petition de Mahdi Fleifel, Palestine, 2018, 11 min • La veine de la vie de Fadi Idrees, Palestine, 2019, 12 min • La femme des sables de Hiroshi Teshigahara, Japon, 1964, 2h27 Débat à l’issue de la projection Gratuit sur réservation.

Gratuit sur réservation.

PARTENAIRES DU FESTIVAL Carré Baudoin Bibliothèque Forney Villa Arson, Université Côte d’Azur, Centre dramatique national Nice Côte d’Azur Musée national Eugène Delecroix […] Ville de Paris Ministère de la Culture Onda, SACD, Fonds de dotation Porosus ADAGP Fonds de dotation Marie-Thérèse Allier pour l’art contemporain


AGEN

LE JOURNAL DU PALAIS 22

HORS LES MURS

CIRQUE CHORÉGRAPHIQUE D'INVESTIGATION VENDREDI 11 SEPTEMBRE PELOUSE DE REUILLY 19H SAMEDI 12 SEPTEMBRE PELOUSE DE REUILLY 18H TOUT PUBLIC En ce monde où tout s’accélère, se condense, se confond, le collectif G. Bistaki propose de s’extraire physiquement et mentalement vers un Bel Horizon. Prenez place dans un spectacle hors du temps. Suivez les artistes et déplacez-vous vers un autre espace, loin des villes bondées. Dans ce paysage, découvrez un nouveau peuple. Un peuple costumé avec ses récits, ses habitudes et ses combats. Le collectif vous invite à observer, à ressentir, à vivre une expérience inédite dans un autre réel. Un spectacle déambulatoire en trois tableaux, qui prend pour décor le lac Daumesnil et son île centrale. Bienvenue dans ce Bel horizon. Le G. Bistaki est un collectif de jongleurs et de danseurs réunis pour bouleverser le quotidien artistique en innovant dans la manière de rechercher et de représenter. Se démarquant par leur rapport à l’espace, les artistes créent des représentations in situ qui s’épanouissent selon les caractéristiques d’un lieu. L’environnement, qu’il soit urbain ou rural, à ciel ouvert ou fermé, est le théâtre de leurs créations. Création collective de et avec Katja Andersen, Florent Bergal, Sylvain Cousin, Nicanor de Elia, Florencia Demestri, Natalia Fandino, Julie Garnier et François Juliot. En partenariat avec la Maison des jonglages, scène conventionnée La Courneuve dans le cadre du festival Rencontres des Jonglages et avec la Coopérative De Rue et De Cirque (2r2c) dans le cadre du festival Village de cirque #16.

Gratuit sur réservation auprès de la Coopérative De Rue et De Cirque : www.2r2c.coop / Tél. : 01 46 22 33 71. Rendez-vous au Village de cirque, Pelouse de Reuilly, Paris 12 (métro Porte Dorée, sortie 6 + 10 min à pied) Durée 1h30

© D.R.

PARCOURS SPECTACLE BEL HORIZON

HORS LES MURS

BAL BEL HORIZON SAMEDI 12 SEPTEMBRE VILLAGE DE CIRQUE À PARTIR DE 22H30 Le public est invité à rejoindre les artistes, à danser, à se costumer, à devenir protagoniste de Bel Horizon pour un moment festif et convivial dans l’univers singulier du G. Bistaki. Rendez-vous sous le chapiteau pour un bal pas comme les autres. Gratuit. Accès libre dans la limite des places disponibles.

URBAN FILMS FESTIVAL JEUDI 8 OCTOBRE  AIUDITORIUM  À PARTIR DE 19H30 Premier festival du film consacré à la ville, aux pratiques urbaines et aux modes de vie qui en émanent, l’Urban Films Festival est de retour au Palais pour une nouvelle édition. Cette année, il met sur le devant de la scène la jeune création avec une soirée exceptionnelle qui accueille la finale de la compétition de danse Battle.mov en live. Séance de projections « Best-of » En première partie de soirée, une compilation d’épisodes de web-séries d’ARTE revient sur des moments phares de l’histoire du hip-hop et sur plusieurs courants de la culture urbaine. Finale de la compétition Battle.mov Lancé à l’initiative de Rstyle et Formless, Battle.mov est un concours hybride invitant tous les danseurs de France à envoyer via Instagram leurs vidéos de danse. Un sélection des meilleurs vidéos sera diffusée au Palais au cours de la soirée qui se clôturera avec un battle live des quatre finalistes comptant parmi eux des Espoirs Olympiques. Soutenu par la Mission Cinéma et initié par RStyle.

Gratuit sur réservation


NDA

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© PATRICK BERGER

NUIT EUROPÉENNE DES MUSÉES

SAMEDI 14 NOVEMBRE FORUM À 19H, 20H30 ET 22H Le Palais invite la chorégraphe Anne Nguyen et ses huit danseuses et danseurs à investir le forum avec des extraits de leur dernière création, À mon bel amour, inspirée de l’esthétique des défilés de mode. À mon bel amour interroge notre perception de l’individu, du couple et du collectif en déclinant différentes conceptions de l’identité et de la beauté. Ils sont huit, quatre hommes et quatre femmes, à jouer insolemment des attitudes de leurs corps et de la symbolique de leurs danses pour affirmer leur identité, et questionner les limites de notre regard. De la danse classique au voguing en passant par le krump, le popping, la danse contemporaine ou le waacking, leurs cultures de danse et leurs mouvements font référence au défilé de mode, à la représentation photographique et cinématographique, à l’univers du clubbing, à la tradition théâtrale ou à l’apparat social, seuls, en duo ou en masse, ils s’avancent vers nous, inlassablement. Dans À mon bel amour, tout est symbole : le geste dansé et la posture mais aussi l’apparence et le vêtement. Chorégraphie : Anne Nguyen Danseurs : Sonia Bel Hadj Brahim (waacking, popping), Arnaud Duprat (popping), Stéphane Gérard (voguing), Pascal Luce (popping, locking, waacking), Andréa Moufounda (danse contemporaine), Sibille Planques (danse contemporaine), Emilie Ouedraogo (krump), Tom Resseguier (danse classique)

URBAN FILMS FESTIVAL, ÉDITION 2019 © ANNE VOLERY

Musiques originales : Jack Prest Stylisme : Manon Del Colle, Arya Haliba Création lumière : Ydir Acef Coproductions : La Villette, Paris ; PACT Zollverein ; Fonds Transfabrik - Fonds franco-allemand pour le spectacle vivant ; Espace 1789 - Scène conventionnée danse. La Compagnie par Terre reçoit l’aide pluriannuelle du Ministère de la Culture / DRAC Île-de-France, l'aide de la Région Île-de-France au titre de la “Permanence Artistique et Culturelle”, ainsi que l'aide au fonctionnement du Département du Val-de-Marne.

Gratuit.


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CHRISTIAN LOUBOUTIN : L’EXHIBITION[NISTE]

INFOS PRATIQUES

AU PALAIS JUSQU’AU 3 JANVIER 2021 Conçue comme une invitation à plonger dans l’univers foisonnant de Christian Louboutin, l’exposition Christian Louboutin, L’Exhibition[niste], explore toutes les facettes d’une inspiration aux multiples références, dans un lieu qui est cher au créateur et qui a vu naître sa vocation. Plein tarif : 12 € / Tarif réduit : 9 € Achat à l’avance obligatoire sur www.palais-portedoree.fr (le billet de l’exposition inclus l’accès au Musée).

MUSÉE

L'EXPOSITION PERMANENTE REPERES

INFOS PRATIQUES

© DENIS HURTAUD

Mardi > vendredi de 10h à 17h30 > Samedi et dimanche de 10h à 19h

Au total près de 300 documents d’archives, des photographies, des planches de bande-dessinée, des œuvres d’art et autres témoignages se répondent le long d’un parcours thématique qui forme un panorama vivant de deux siècles d’histoire de l’immigration en France. À la croisée des regards et des disciplines, l’exposition permanente Repères témoigne de la richesse et de la diversité des parcours migratoires ainsi que de l’apport des immigrés dans le développement économique, les évolutions sociales et la vie culturelle du pays. Plein tarif : 6 € / Tarif réduit : 4 €

L'AQUARIUM TROPICAL L'Aquarium tropical est actuellement fermé pour travaux. Réouverture le 9 mars 2021.

Réservation obligatoire : reservation@ palaisportedoree.fr


NDA

25 LE JOURNAL DU PALAIS

MICRO-VISITES

© ANNE VOLERY

CHRISTIAN LOUBOUTIN : L’EXHIBITION[NISTE]

© ANNE VOLERY

TOUS LES WEEKENDS DE 14H À 18H Toutes les heures, un médiateur propose de décrypter une œuvre, une date ou un ensemble d’objets des collections du Musée sous un angle particulier. Micro-visites de l’exposition permanente Repères Objets-témoins, œuvres d’arts et documents d’archives… Par le bais des thématiques du parcours permanent, découvrez comment l’histoire de l’immigration s’inscrit dans l’histoire de France.

AU PALAIS TOUS LES WEEKENDS EN FRANÇAIS TOUS LES SAMEDIS ET DIMANCHES À 11H (SAUF LE 19 ET 20 SEPTEMBRE) EN ANGLAIS LES DIMANCHES 13 ET 27 SEPTEMBRE, 11 ET 25 OCTOBRE, 8 ET 22 NOVEMBRE À 10H30 Au côté d’un conférencier, explorez l’univers foisonnant de Christian Louboutin et toutes les facettes de son imaginaire. Dévoilant ses inspirations et ses processus créatifs, l’exposition met en scène la vision de Christian Louboutin à travers quelques-unes de ses œuvres les plus précieuses issues de sa collection personnelle ainsi que des prêts de collections publiques.

Durée : 20 mn Gratuit avec un billet Musée ou jumelé.

AUTOUR DES CARTES

© ANNE VOLERY

Durée : 1h30 Plein tarif : 16 € / Tarif réduit : 13 €

TOUS LES WEEKENDS 15H30 Les migrations internationales :

© PASCAL LEMAÎTRE

enjeu contemporain fort, les migrations internationales n'ont jamais autant été évoquées et, paradoxalement, jamais aussi peu expliquées. Les étrangers en France : qui sont les migrants en France depuis 150 ans ? D’où viennent-ils, pourquoi partent-ils ? Pourquoi s’installent-ils en France ? Durée : 40 mn Gratuit avec un billet Musée ou jumelé.


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DÉCOLONISATIONS : DES HEROS MECONNUS ? BENJAMIN STORA, L’ALGERIE, L’IMMIGRATION

© DÉBORAH LESAGE

UN ITINERAIRE ENTRE HISTOIRE ET MÉMOIRE

INFOS PRATIQUES Gratuit

Réservation obligatoire :

www.histoireimmigration.fr

À L'AUDITORIUM MERCREDI 14 OCTOBRE 19H Comment écrire une histoire des décolonisations prenant le contre-pied de l’histoire dominante, officielle, émanant des anciens pays colonisateurs ? Telle est la question à laquelle Karim Miské, Pierre Singaravélou et Marc Ball ont répondu dans une série documentaire et un livre éponyme paru en septembre en coédition entre Arte éditions et le Seuil : Décolonisations. De l’Inde au Congo, en passant par le Vietnam ou le Sénégal, l'histoire écrite du point de vue des colonisés est traversée de nombreuses figures connues ou méconnues qui ont incarné la résistance de leurs peuples et porté leurs combats pour la libération. Cette rencontre permet d’interroger la nature même des décolonisations. Se limitent-elles à une période historique marquant la fin des empires européens ? N’ont-elles pas commencé au premier jour de la colonisation ? En finit-on jamais de décoloniser l’histoire ? Que partageonsnous aujourd’hui de cet héritage ? En partenariat avec Arte. Avec Karim Miské, écrivain et Pierre Singaravélou, historien, co-auteurs de Décolonisations, Paris, Arte éditions, 2020.

À L'AUDITORIUM MERCREDI 9 SEPTEMBRE 19H À l’occasion de la sortie d’Une mémoire algérienne (éd. Robert Laffont) rassemblant six ouvrages de Benjamin Stora, l’historien revient sur la généalogie intime de son travail : l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie. Ayant consacré la grande majorité de ses recherches à offrir une meilleure compréhension de cette guerre, ses prises de parole mêlent expérience personnelle et savoir historique. À l’heure de la résurgence de vifs débats autour du souvenir de la guerre, Benjamin Stora revient sur cette période complexe et montre l’importance du travail de mémoire mais aussi d’un regard critique sur notre histoire. Avec Benjamin Stora, historien, ancien président du conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée. Rencontre animée par Alexis Lacroix.

BANLIEUES : UN ART DE COMBAT ? À L'AUDITORIUM MARDI 10 NOVEMBRE 19H Territoires qui cristallisent les préjugés de tous ordres, les banlieues sont davantage le laboratoire d’une vitalité artistique qui repose sur l’invention permanente de leurs propres modèles de création et de diffusion, là où les pouvoirs publics tardent à soutenir les créateurs. L’art en banlieue comme enjeu de démocratisation culturelle et de reconnaissance officielle questionne la nature des politiques qui tentent de répondre à ses multiples défis. Longtemps relevant de réponses sociales et non d’une véritable politique culturelle, l’art produit par et inspiré de la banlieue conduit à dépasser les clivages entre le centre et la périphérie, entre l’ailleurs et l’ici, entre la rue et le musée, à l’image de cette jeunesse créative et libre dont il constitue l’un des langages. En partenariat avec le magazine Fumigène.


NDA RENCONTRE AVEC MEHDI CHAREF À LA MÉDIATHÈQUE SAMEDI 26 SEPTEMBRE 16H30 Né en Algérie en 1952, le romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l’usine avant de publier quatre romans, tous aux éditions du Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d’Archimède (1984) et Graziella (2005). Son roman Rue des Pâquerettes (Éditions Hors d’Atteinte, 2019) qui évoque l’enfance de l’auteur à Nanterre a été récompensé du Prix littéraire de la Porte Dorée en 2020. Avec Mehdi Charef, lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2020. Lire son portrait p. 15

LECTURE PERFORMEE DE MOUNSI

INFOS PRATIQUES Entrée libre et gratuite. Sur réservation dans la limite des places disponibles : www.histoireimmigration.fr

À LA MÉDIATHÈQUE SAMEDI 17 OCTOBRE 16H30 Chanteur et romancier né en Kabylie, Mounsi arrive en France en 1957 dans les bidonvilles de Nanterre. Dans ses chansons, il questionne l’altérité, le déracinement et l’identité nationale. Avec son phrasé poétique et militant, Mounsi souligne notamment les réalités des enfants d’immigrés sur le sol français. À l’occasion de la commémoration du 17 octobre 1961, date d'une manifestation d'Algériens à Paris réprimée dans le sang par la police française, le chanteur honore, en musique, la mémoire des victimes. Avec ses invités, il se livre à une lecture-performance en hommage aux manifestants pour l’égalité et l’indépendance tués il y a 59 ans. « Sous les ponts de Paris, j’ai divagué sur des bateaux ivres remontant les eaux noires du fleuve amer. Les noyés du 17 octobre m’appelaient des rives. Ils se souvenaient de la mer » (Mounsi, extrait de la chanson Outre-Seine). Avec Mounsi, auteur-compositeur, chanteur et romancier.

PALAIS

CAFÉ DES IDÉES

SOULIER AU FIL

CORPS MIGRANTS À LA MÉDIATHÈQUE SAMEDI 21 NOVEMBRE 16H30 Au XXIe siècle, on meurt de migration. Depuis vingt ans, les obstacles et les dangers, qui transforment la Méditerranée en cimetière se sont multipliés. Que deviennent les corps retrouvés ? Où sont ceux des disparus ? Comment leur redonner un nom et faire récit de leur vie ? Cette rencontre propose de questionner les pratiques, les mobilisations et les symboles produits autour de ces corps. Mais elle entend aussi réfléchir aux morts en migration. À travers les corps migrants et leur inhumation, se disent les conflits entre ici et là-bas, les liens maintenus avec la terre natale, l’installation parfois définitive « ailleurs » et loin des siens. Mourir en migration ou de migration : l’un et l’autre révèlent la crainte et le risque de ne pas trouver une terre où reposer. Avec Marie Bassi (Université Nice Sophia Antipolis), Farida Souiah (LAMES), Mathieu Grenet (INU Champollion, IUF). Une rencontre en partenariat avec les revues Critique internationale et Diasporas, animée par Marianne Amar, historienne, responsable du département de la recherche au Musée nationale de l’histoire de l’immigration.

© PIXABAY

CAFÉ LITTÉRAIRE

27 LE JOURNAL DU PALAIS

INFOS PRATIQUES TARIFS ATELIERS : Adulte plein tarif : 10 € Tarif réduit et abonné : 6 € Enfant : 6 € 1 adulte obligatoire pour les ateliers 3/5 ans Réservation obligatoire : reservation@ palaisportedoree.fr

SAMEDIS 5 SEPTEMBRE ET 3 OCTOBRE, DIMANCHES 6 SEPTEMBRE ET 4 OCTOBRE, MARDIS 20 ET 27 OCTOBRE, JEUDIS 22 ET 29 OCTOBRE, SAMEDIS 14 ET 28 NOVEMBRE, DIMANCHES 15 ET 29 NOVEMBRE 10H30 6-15 ANS Le soulier, toute une histoire ! En découvrant l’œuvre du créateur français Christian Louboutin, l’enfant s’amuse à inventer, tout comme lui, un soulier un peu spécial. Il customise ensuite avec fils et tissus la chaussure de ses rêves ! Durée : 2h

PALAIS

MOSAÏQUE DE PAPIER SAMEDIS 17, 24 ET 31 OCTOBRE ET LES DIMANCHES 18 ET 25 OCOTBRE, 1ER NOVEMBRE, MERCREDIS 21 ET 28 OCTOBRE, VENDREDIS 23 ET 30 OCTOBRE 10H30 3-5 ANS Le Palais de la Porte Dorée cache sous nos pieds de magnifiques mosaïques datant de la construction de l’édifice. Il est temps de les découvrir et de les observer d’un peu plus près. Cet atelier propose aux enfants, avec de chutes de papier coloré, de découvrir la technique de la mosaïque et les différentes influences mythologiques qui ont influencé les artistes du Palais. Durée : 1h


AGEN

LE JOURNAL DU PALAIS 28

RÉVISONS NOS CLASSIQUES

© D.R.

DUPONT LAJOIE

CHEZ JOLIE COIFFURE

FILMER LES MIGRATIONS

LES FILMS D’ÉCOLE

INFOS PRATIQUES Auditorium Gratuit Réservation obligatoire : histoireimmigration.fr

MERCREDI 23 SEPTEMBRE 19H Un cafetier parisien passe ses vacances dans un camping du Midi, à proximité d'un chantier où travaillent des immigrés. Crime, enquête et préjugés, des années après sa sortie, ce film reste un classique sur le sujet des discriminations, une violente dénonciation cinématographique du racisme. Un film d’Yves Boisset, France, 1973, fiction. Avec : Isabelle Huppert, Jean Carmet, Mohamed Zinet. Séance suivie d’une rencontre avec Yvan Gastaut, historien. Durée : 1h41min.

MERCREDI 7 OCTOBRE 19H Filmer les migrations est un enjeu pour les chercheurs mais aussi pour les étudiants en cinéma qui, nombreux, se saisissent du sujet. De nouveaux films sont ainsi produits chaque année, hors des circuits traditionnels, qui interrogent ou revisitent l’actualité par l’image. Au cours d’une soirée placée sous le signe de l’échange, découvrez les réalisations des futurs cinéastes et le regard d’une génération contemporaine de la crise de l'accueil des migrants ou de la nouvelle vigueur des réflexions postcoloniales. Un dialogue entre les réalisateurs, des chercheurs et le public questionnera les enjeux du cinéma de demain et son impact en matière de débat public. Projections de films réalisés au sein d’Écoles de cinéma ou d’art telles que La Fémis, Le Fresnoy et l'INSAS suivies de rencontres avec les réalisateurs. En partenariat avec l'Institut Convergences Migrations dans le cadre du Festival Images de migrations : des films et des chercheurs.

CHEZ JOLIE COIFFURE MERCREDI 21 OCTOBRE 19H Le parcours migratoire de Sabine commence au Cameroun dans les agences de recrutement pour femmes de ménage au Liban. Sabine séjourne au Liban où elle est réduite en quasi esclavage. Elle part pour la Belgique et arrive au quartier Matongé à Bruxelles où elle est gérante d’un salon de coiffure en attendant que sa situation se régularise. Dans ce salon de 8m², Sabine et les autres coiffeuses s’organisent et s’entraident pour faire face à la clandestinité. Elles travaillent 13 à 14 heures par jour sous la menace de la police qui patrouille et le regard des touristes de tout âge qui les regardent et les photographient comme des objets en vitrine. Un film de Rosine Mbakam, France, 2018, documentaire. En partenariat avec le GREC, dans le cadre de la Résidence Frontières. Durée : 1h10 min.


NDA

29 LE JOURNAL DU PALAIS

MIGRATIONS EN SÉRIES MERCREDI 25 NOVEMBRE 19H En 2019 et 2020, deux séries télévisées sur le thème des migrants ont été coproduites et diffusées par Arte. Le Musée national de l’histoire immigration interroge le phénomène, le temps d’une soirée entre projections et temps d’échange.

© D.R.

Eden La série Eden aborde la crise migratoire européenne par le prisme de l’intime, à travers le destin de personnages issus des deux côtés de la Méditerranée : en France, en Allemagne, en Grèce, en Syrie ou au Nigéria.

EDEN

Escale fatale Du centre d'accueil pour réfugiés à l'allure carcérale à la pénombre d’un bordel étouffant, cette série, créée par l'auteure de best-sellers Jo Spain, entend montrer « le monde crépusculaire de la nouvelle Irlande ». Elle explore un pan peu reluisant de la mondialisation : un réseau de prostitution irlandonigérian qui s'emmaille dans un écheveau de trafics, de traite d'êtres humains, de sociétés louches ou offshore. Dans cette zone de non-droit, les migrants deviennent la proie de malfrats, de manipulateurs en tout genre et d'auxiliaires violents. Images à l’appui, le Musée met en débat la question du traitement des réalités migratoires à travers le medium de la série télévisée. Une rencontre avec les producteurs permettra de questionner les possibilités de la série télévisées pour donner à voir les migrations.

© D.R.

En partenariat avec Arte.

ESCALE FATALE


VU PAR

LE JOURNAL DU PALAIS 30

LE PALAIS VU PAR KASBAH « Je suis entré au Palais en 2019 quand j’y ai été invité par le réalisateur Nabil Djedouani, qui s’y trouvait en résidence. Évoquant l’histoire et les combats des deux premières vagues d’immigration maghrébine, notre ciné-concert, Menfi, continue de tourner avec succès. La hauteur des plafonds du bâtiment me fascine, de même que le Forum et son immense fresque. Il s’en dégage je ne sais quoi et l’écho y est extraordinaire : j’aimerais bien y enregistrer quelque chose. Depuis, je viens régulièrement. Paris-Londres m’a tellement inspiré que j’ai organisé la venue de sa version itinérante dans un centre socio-culturel. L'exposition Frontières m’a permis d’aborder avec mes parents et grands-parents notre histoire familiale. L’histoire de ce bâtiment, son rôle aujourd’hui, la façon dont il raconte, dont les artistes peuvent évoquer aussi les migrations, nous interroge tous. Je tire mon chapeau au travail engagé. »

dj producteur

SON ACTU

® CLAIRE LELIÈVRE

Nadir Moussaoui, alias KasbaH, dj producteur, parcourt le monde pour enregistrer des sons et des musiques traditionnelles qu’il associe à des musiques électroniques. Il prépare un nouvel album. Jusqu’en décembre, il est en tournée dans toute la France où il jouera aussi avec Nabil Djedouani leur performance Menfi (le 16 octobre au Fort d’Aubervilliers et le 24 octobre au Tropic’Atrium festival de Fort-de-France). Dates et infos : @kasbak-officiel (Facebook, Insta, Youtube).

24H CHRONO À chaque numéro du Journal, un membre de l'équipe nous emmène dans les coulisses du Palais 9 h30

FABRICE COLONNA-CESARI Il est l’un des six aquariologistes de l’Aquarium tropical chargés du bien-être des pensionnaires. Diplômé en aquaculture, Fabrice Colonna-Cesari a rejoint l’Aquarium il y a dix ans, après avoir exercé en animalerie. Chez lui aussi, il collectionne les poissons et administre un forum internet spécialisé sur des espèces américaines d’eau douce.

Tournée d’inspection afin de s’assurer que la nuit a été calme pour les animaux. Fabrice Colonna-Cesari veille à la santé de ses pensionnaires. Il les nourrit, vérifie l’éclairage, nettoie les vitres… Tout doit être parfait pour les pensionnaires de l’Aquarium.

10 h40

Fabrice prépare de l’eau de mer : de l’eau, du sel et des éléments minéraux variables selon le milieu marin reconstitué. Elle est régulièrement testée : un déséquilibre peut

nuire au bien-être des espèces. Puis il bouture les coraux pour regarnir les bacs et prélève des échantillons qui sont transmis aux chercheurs avec lesquels l’Aquarium collabore.

11h 15 L’aquariologiste a détecté des points blancs sur les écailles et identifie un parasite. Isolé dans un bac, le poisson est soigné selon les instructions du vétérinaire. 15 h

Récolte et isolement d’alevins de cichlidés. Pour éviter les prélèvements

dans la nature, les aquariums s’échangent des espèces.

16 h 30

Fabrice imagine les bacs de la section « Petite marine » qui seront refaits pour la réouverture de l’Aquarium, le 9 mars prochain. Son objectif ? Recréer des écosystèmes fidèles. C’est un long travail de recherches, de discussions avec les autres aquariums puis d’identification des fournisseurs. Il faut un an pour obtenir une plante ou un poisson rare, qui parfois n’existe plus dans le milieu naturel.


DU CÔTÉ DES FILMS

31 LE JOURNAL DU PALAIS

® JOSÉPHINE JOUNNAIS

DEUX JEUNES ET UN SAINT NOIR

L’amitié de deux migrants arrivés par hasard à Palerme est le sujet du court-métrage de Joséphine Jouannais, lauréate de la résidence « Frontières ». Sur les murs du Vieux-Palerme, une fresque haute de plusieurs mètres représente San Benedetto Il Moro. Ce saint du XVe siècle est représenté chaussures de foot au pied. Un hommage de l’artiste Igor Scalisi Palminteri à celui

qui est devenu, ces dernières années, le deuxième saint patron de la capitale sicilienne. Sous l’impulsion de Leoluca Orlando, maire de la ville et ardent défenseur de l’accueil des migrants, Palerme a réhabilité ce saint oublié, noir

comme les milliers d’Africains qui arrivent chaque année sur l’île. Joséphine Jouannais a découvert San Benedetto lors d’un voyage à Palerme, où elle a tourné en 2018 un premier court-métrage, Elezioni (Elections)*. Elle y termine en septembre le tournage d’un autre, Continuité des îles. Le projet a séduit le jury de la septième résidence de réalisation Frontières, présidé cette année par la réalisatrice Dyana Gaye. Joséphine Jouannais, diplômée de l’INSAS (Institut supérieur national des arts du spectacle), s’intéresse depuis 2016 à l’immigration africaine en Europe. Elle réalise des films qui interrogent la question des frontières en se situant à la lisière des genres, entre fiction et documentaire. « Je veux déplacer le regard sur cette immigration en la traitant de biais, en me basant sur des détails signifiants plutôt que sur des histoires spectaculaires », explique-t-elle. Elle a trouvé ses acteurs à Palerme. Dennis vient du Ghana. Son ami Ibra, qui se rêve acteur professionnel, est né en Côte d’Ivoire. Ils vivent là depuis deux ans. « Je voulais savoir ce que représentait pour eux la vie à Palerme, ils m’ont dit qu’ils rêvaient de faire un film de super-héros, raconte Joséphine Jouannais. Je leur ai proposé cette évocation d’un saint faiseur de miracles, mais l’essentiel du film est l’histoire de leur amitié ». Palerme, dont l’architecture raconte le métissage avec l’Afrique, continue de fasciner

la réalisatrice. « C’est une ville où les jeunes africains arrivent sans l’avoir choisi, où ils doivent s’établir dans l’attente de papiers, de départ vers un ailleurs, commente Joséphine Jouannais. Elle souligne « la beauté et la fragilité » de cette vie d’entre-deux : « ces gens sont bien accueillis dans une ville dont ils ne savent pas s’ils y resteront ». Pour découvrir le film, produit par le GREC (Groupe de recherches et d’essais cinématographiques), rendez-vous début 2021. La résidence Frontières proposée par celui-ci et par le Musée national de l’histoire de l’immigration soutient des projets consacrés aux migrations. La réalisatrice a bénéficié d’une bourse de six mois pour réaliser son court-métrage.

*disponible en libre accès sur le site du Palais : www.histoire-immigration.fr/ l-espace-audiovisuel/la-residencefrontieres/residence-frontieres-2020


VU & ENTENDU AU PALAIS

PRÉPAREZ VOTRE PROCHAINE VISITE ! Nous vous accueillons du mardi au vendredi de 10h à 17h30 et du samedi au dimanche de 10h à 19h.

Dernier accès 1 heure avant la fermeture (pour pouvoir vraiment en profiter !). Pour venir jusqu’à nous, les transports en commun ou le vélo, c’est bien ! Métro 8 – Tramway 3a – Bus 46 et 201 – Vélib – station Porte Dorée. Nos (petits) prix : Musée - 6 € (gratuit pour les moins de 26 ans et tous les 1ers dimanches du mois) / Christian Louboutin : l’Exhibition[niste] - 12 € ! Pour toute information : 01.53.59.58.60 ~ 293, avenue Daumesnil – Paris 12e – Pour les personnes à mobilité réduite : accès par une rampe puis elevator disponible à l’entrée administrative. Nos actus, les bons plans, vos avis ! palais-portedoree.fr palaisdelaportedoree @PPDoree


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Le Journal du Palais n°12. Septembre - novembre 2020 by Palais de la Porte Dorée - Issuu