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Le Journal du Palais n°2. Mars - juin 2018

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N°2

MA RS

2018 UIN - J

À DÉCOUVRIR AU MUSÉE :

MONDES TSIGANES

P.4 L'AQUARIUM

PALAIS DE LA PORTE DORÉE

TROPICAL FAIT PEAU NEUVE

P.23 L'IMMIGRA-

TION EN BANDE DESSINÉE

SUPPLÉMENT GRAND FESTIVAL 2018


LE JOURNAL DU PALAIS 2

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C’EST AU PALAIS QUE ÇA SE PASSE !

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PHOTO : CYRIL ZANNETTACCI © PALAIS DE LA PORTE DORÉE

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L'envers du décor, quand les artistes revisitent le Palais, weekend des 2, 3 et 4 février 2018. — 01 Soirée d'ouverture au Palais 02 Métoïkos, plateformes permettant aux visiteurs d'accéder aux salons historiques. — 03 Floé, performance de Jean-Baptiste André et Vincent Lamouroux. — 04 I wonder what a body would look like, performance d'Amélie Haller et Herbert Graf. 05 Zombie Zombie en concert pour la soirée d'ouverture. 06 AccompagnéparMotelOne, installation vidéo de Niels Wehr.

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ÇA GAZOUILLE

Vos meilleures photos du Palais sur les réseaux sociaux

@balkisok

@emmapia

@mitchtornade

@richardying


3 LE JOURNAL DU PALAIS

Bonne visite !

LES ACTUS DU PALAIS

MARIAGE DE CHELE ET LORENZA, BARCELONE, 1960 © JACQUES LÉONARD, ARCHIVES FAMILLE J. LÉONARD

PHOTO : CYRIL ZANNETTACCI © PALAIS DE LA PORTE DORÉE

Le Palais continue sa mue ! Fort d’une fréquentation record en 2017 (vous étiez plus de 420 000 !) nous avons mis les bouchées doubles pour améliorer encore et toujours votre confort de visite. Tout beau, tout neuf, le hall d’honneur a retrouvé ses volumes, avec un seul espace d’accueil et de billetterie et un nouveau café. L’Aquarium tropical a fait peau neuve avec cartels plus lisibles, parcours thématiques renouvelés et bornes multimédia pour tout connaitre des 15 000 animaux que nous abritons. Côté Musée, allez à la rencontre des « Mondes tsiganes » pour découvrir une histoire méconnue, des trajectoires étonnantes et questionner nos représentations. Le printemps, c’est aussi l’occasion de se mobiliser avec la 3e édition du Grand Festival contre le racisme et l’antisémitisme que vous retrouverez en supplément. Enfin, n’oubliez pas vos pages agenda : conférences, ateliers, visites guidées, etc., au Palais, il y en a pour tous les goûts.

SOMMAIRE

DU NOUVEAU AU PALAIS !

MONDES TSIGANES

4 LES ACTUS DU PALAIS

L'Aquarium fait peau neuve

6 DOSSIER

Mondes tsiganes, une exposition à découvrir au Musée

10 PORTRAIT

La Fête de l'océan, rencontre avec Fred Courant

12 AGENDA

Tous les événements et les ateliers du printemps

22 PORTRAIT & COULISSE

Le Palais vu par Abdel en Vrai Responsable de la communication :

Mercedes Erra

Thibaud Giraudeau

L'immigration en bande dessinée

Président du conseil d’orientation :

Rédacteur : Elodie de Vreyer

24 VU & ENTENDU AU PALAIS

Benjamin Stora

Direction artistique :

Directrice générale :

Sara Campo

Hélène Orain

Maquette :

OURS

Présidente du conseil d’administration :

Directeur du développement,

Sandy Chamaillard

des publics et de la communication:

Illustration 4e de couv :

Benjamin Béchaux

Laurence Le Chau

23 DU CÔTÉ DES LIVRES

Le Palais croqué par Laurence Le Chau

EN COUVERTURE : LES SAINTES MARIES DE LA MER, VERS 1938 © PHOTO ROGER SCHALL © COLLECTION SCHALL IMPRIMÉ SUR PAPIER 100% RECYCLÉ PAR L'IMPRIMERIE MERICO


ACTU DU PALAIS

LE JOURNAL DU PALAIS 4

AU MUSÉE

Le 9e prix littéraire de la Porte Dorée, qui récompense une fiction traitant de l’exil ou de l’immigration, sera décerné le 12 avril.

PHOTO : CYRIL ZANNETTACCI © PALAIS DE LA PORTE DORÉE

PRIX LITTÉRAIRE

L'AQUARIUM TROPICAL

AU MUSÉE

© PINACOTECA TOSIO MARTINENGO

LES MOTS DE L’EXIL AU XIXE SIÈCLE

C’est le sujet central du dernier numéro d’Hommes et migrations, la revue du Musée. Au sommaire aussi, l’exposition Mondes tsiganes et des entretiens avec Benjamin Stora et Françoise Blum sur mai 68 et l’immigration. www.hommeset-migrations.fr

L’AQUARIUM FAIT PEAU NEUVE Peintures, nouveaux outils pédagogiques, mise en valeur du lieu et confort de visite : l’Aquarium tropical se modernise. Il reste ouvert pendant les travaux, qui s’achèveront fin mars. Collés sur les murs de l’Aquarium tropical, les deux planisphères de 1931 avaient triste allure. Encrassés, mouchetés de coulures, usés parfois, ils ont été livrés en janvier à quatre restaurateurs diplômés. Après un nettoyage, le bouchage des parties usées et quelques retouches de couleur, ces toiles de Danis ont retrouvé leur lustre d’antan. Il était temps ! Sous la houlette de son directeur, Dominique

Duché, le lieu subit depuis l’automne une bonne cure de jouvence. La dernière datait de 1985. « Il nous fallait valoriser l’entrée et la sortie, actualiser les cartels de présentation et améliorer l’accueil de nos visiteurs. Nous en avons profité pour mener d’autres travaux », résume Gabriel Picot, en charge du développement culturel. Désormais, des fresques murales dessinées par un ancien étudiant de la célèbre école Estienne invitent donc le visiteur à plonger dans l’Aquarium tropical. Deuxième chantier et pas des moindres, la réécriture des 350 cartels, ces fiches de présentation des animaux. La réglementation impose une fiche par espèce présentée, avec le nom latin, la carte de répartition et le statut de protection (espèce menacée, en danger…). Les petits textes d’accompagnement apportent une information signifiante pour l’espèce, ou une anecdote particulière. En deux phrases maximum, cela n’a pas été simple !

D’ici la fin mars, le reste des travaux sera achevé, comme l’installation de confortables rehausseurs pour les enfants évoquant les bancs de sable et de six bornes interactives, pleines d’informations complémentaires. Des posters rétroéclairés rappelleront les grands enjeux des océans et les missions de l’Aquarium. Quid des animaux ? Les crocodiles ont désormais une fosse replantée, repeinte et équipée d’un nouvel éclairage. Les poissons ne seront pas oubliés puisque débutera dans les prochains mois un ambitieux programme de rénovation des aquariums eux-mêmes. Bref, toujours le même Aquarium, mais bientôt tout neuf !

EN SAVOIR PLUS Retrouvez toute l’actualité de l’Aquarium tropical ainsi que des contenus pédagogiques sur les différentes espèces présentées et la protection du milieu marin sur www.aquarium-tropical.fr


ZOOM

ACTU DU PALAIS

© ANNE VOLERY © PALAIS DE LA PORTE DORÉE

LE CHIFFRE CLÉ

LE PLAN GOOR Il orientait les visiteurs dans l’Exposition coloniale de 1931. Restauré, l’immense tableau de l’artiste Goor est désormais installé dans le hall d’honneur du Palais. Il a fallu décrocher de son châssis la toile longue de huit mètres et la rouler. Sinon, elle ne passait pas les portes du Palais ! Quatre personnes ont été mobilisées pour déplacer la vue générale de l’Exposition coloniale internationale peinte par Gaston Goor (1902-1977). Autrefois visible uniquement aux Journées du patrimoine, le plan, après quelques retouches picturales, a pris place dans le hall d’accueil rénové du Palais. Il était exposé en 1931 à la Cité des informations, à l’emplacement de l’actuelle station de métro « Porte dorée ». « C’est une vue peu réaliste, un plan fantasmé, destiné à raconter la grandeur coloniale », commente Fanny Servole, cheffe du service des publics. Des figures représentant la ville de Paris, Athéna déesse de la paix et Apollon dieu des arts encadrent le plan. Sur la toile on relève plusieurs entorses à la réalité, comme ce sous-marin dans le modeste lac Daumesnil et ces animaux exotiques déambulant librement dans les allées.

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C’est le nombre de piliers qui constituent la colonnade de la façade du Palais et qui supportent la large corniche. Fins, élancés, un peu sévères, ils rythment la façade. L’architecte Albert Laprade a créé ici une forme de temple grec sans fronton, composé d’un péristyle reposant sur un soubassement rustique. Tel un peintre qui varie les couleurs, Laprade a réalisé ces piliers dans un béton gris bleu qui met en valeur le caractère chaud et vibrant du relief d’Alfred Janniot.

CONFÉRENCES

DEMANDEZ LE PROGRAMME MAI 68 ET LES ÉTRANGERS Le Musée accueille le 8 mars Ludivine Bantigny, auteure de 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil), le militant associatif ex-membre des Cahiers de mai Tewfik Allal et Benjamin Stora. L’historien et président du conseil d’orientation du Palais vient de publier 68 et après. Les héritages égarés (Stock).

5 LE JOURNAL DU PALAIS

L'ANIMAL VEDETTE

L'ALLIGATOR ALBINOS INSOLITE ! Avec leur peau ivoire et leurs yeux rouges, les alligators albinos Laury et Dundy sont les stars de l’Aquarium tropical. Ces jeunes femelles alligators du Mississippi (Alligator mississippiensis) souffrent d’albinisme. Cette anomalie génétique est due à l’absence de mélanine, le pigment qui colore la peau et la rétine. Pour que le bébé soit albinos, il faut qu'il ait reçu de chaque parent la version « albinos » du gène de la mélanine. Ces alligators sont très rares (moins de 100 dans le monde) et sont nés en captivité. Dans la nature, ils ne peuvent survivre longtemps : leur couleur les rend trop visibles des prédateurs. Ils sont aussi très sensibles aux rayons UV du soleil. Carnivores et ovipares, les alligators, originaires d'Amérique du Nord, appartiennent comme les crocodiles qui vivent en Afrique, Asie et Australie, à la famille des crocodiliens.

Le Musée propose jusqu’au 13 juin cinq nouveaux rendez-vous, dont une rencontre autour des réfugiés climatiques. Le nouveau cycle de conférences démarre, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès et le CNAM. Cinquantenaire oblige, la prochaine rencontre, le 8 mars, sera consacrée au rôle des étrangers dans Mai 68. Rendez-vous ensuite le 24 avril, autour des historiens Pierre Nora et Benjamin Stora, pour évoquer les liens entre mémoire coloniale et mémoire de l’immigration. Le 22 mai, le Musée rend hommage à l’artiste Leila Alaoui en diffusant les extraits, suivis d’une table ronde, d’une œuvre inédite réalisée avec des ex-ouvriers de Renault à BoulogneBillancourt. « Les réfugiés climatiques, la nouvelle priorité ? », seront au centre des débats le 5 juin. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, sera l’un des invités. Dernier rendez-vous le 13 juin, autour des récits de vie des migrants, avec notamment le lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2018. À 19h dans l’auditorium du Palais. Renseignements : palais-portedoree.fr


DOSSIER

LE JOURNAL DU PALAIS 6

MONDES TSIGANES AU-DELÀ DES CLiCHÉS VISITER L'EXPOSITION Mondes tsiganes, jusqu’au 26 août 2018 Tarif : 6 €, gratuit pour les moins de 26 ans. Du mardi au vendredi de 10h à 17h30, le samedi et le dimanche de 10h à 19h. Suivez les pages Facebook et Youtube de Mondes tsiganes pour accéder à toutes les vidéos de l’exposition et à de nombreux documents.

DÉCOUVREZ LE CATALOGUE

Mondes tsiganes, coédition Musée national de l'histoire de l'immigration/Éd. Actes Sud. Tarif : 29 €.

D’une ampleur inédite, cette exposition explore la multitude des regards photographiques sur les « mondes tsiganes », et invite à découvrir une diversité immense et méconnue.

A

u départ, il y eut les Gorgan. Ninaï, la matriarche bien connue des Arlésiens, son mari Johny, leurs enfants que le photographe Mathieu Pernot, encore étudiant, a rencontré dans la rue en 1995. Plus de 20 ans après, Les Gorgan, fruit de 21 ans de rencontres entre le photographe et cette famille, a ému le public des Rencontres photographiques d’Arles 2017. Coproducteur des Gorgan, le Musée national de l’histoire de l’immigration a souhaité aller plus loin. « La découverte du travail de Mathieu Pernot est un choc ! Dès les premières photos, on est aspiré dans les personnages, leur présence physique presque brutale, leurs regards » commente Hélène Orain, directrice générale du Palais de la Porte Dorée. « La présentation des Gorgan au Musée imposait cependant d’ajouter un propos plus historique, centré sur la représentation photographique des mondes tsiganes ».


PHOTO : JAN YOORS. FEMMES DU KUMPANIA DE PULIKA, 1930 © YOORS FAMILY PARTNERSHIP, COURTESY L. PARKER STEPHENSON PHOTOGRAPHS, NYC AND GALLERY FIFTY ONE, ANTWERP

7 LE JOURNAL DU PALAIS

FEMMES DU KUMPANIA DE PULIKA, 1930


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01 Mariage de Chele et Lorenza, Montjuïc, Barcelone, 1960 © Jacques Léonard, archives de la famille Léonard 02 Django Reinhardt et son fils Babik à l’âge de huit mois, Émile Savitry, Paris, 1945 © Courtesy Sophie Malexis 03 Portrait de Zanko en pied, Boulevard de ceinture, Villeurbanne, Tsiganes chaudronniers, Marcelle Vallet, années 1960 © Fonds Marcelle Vallet, Bibliothèque municipales de Lyon 04 Mickaël, Arles, 2013 © Mathieu Pernot, Galerie Éric Dupont.

Mathieu Pernot est le commissaire de cette exposition en deux volets, ainsi que les historiens Ilsen About et Adèle Sutre. « Notre ambition était de déconstruire les idées reçues, de surprendre, résume l’historienne. En montrant à la fois la diversité des regards photographiques possibles, leur évolution et la diversité même des communautés dans le monde entier ». Les commissaires ont retenu plus de 800 images, stéréotypées ou surprenantes, inédites en grande partie. C’est la première exposition d’une telle ampleur sur le sujet. Longtemps, il n’intéressa pas les historiens de la photographie, en France du moins. C’est que « l’histoire collective a exclu formellement ces minorités du récit national », explique Ilsen About. « On connaît les Bouglione, Django Reinhardt. Mais au-delà de quelques destins individuels, il y a toujours une difficulté à concevoir cette présence forte et ancienne, le fait aussi que ces minorités sont des Français comme les autres ». « Mondes tsiganes » : le titre même de l’exposition a fait l’objet d’un débat. « Tsiganes est un mot générique forgé par les savants mais dans lequel les intéressés ne se reconnaissent pas », explique Ilsen About. « C’est, comme toujours, une tentative

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des sociétés majoritaires pour chapeauter un ensemble de communautés, malgré leurs différences », poursuit l’historien.

XIXe siècle aux images d’un peuple incontrôlable, de la fascination au rejet raciste, la première partie permet de comprendre les origines d’une discrimination qui perdure encore, comme en témoignent, de nos jours, les aires d’accueil situées aux marges des villes. Dès le début du XXe siècle, fascinés par le nomadisme et l’exotisme de ces populations arrivées d’Europe de l’Est, artistes et éditeurs de

Les commissaires préfèrent donc parler des mondes romanès, ceux qui parlent le romani. Cette langue est commune, avec de nombreuses variations, aux quatre groupes principaux : les Gitans (qui se prénomment eux-mêmes Caló) d’Espagne, du

« Il y a toujours difficulté à concevoir cette présence ancienne, le fait aussi que ces minorités sont des Français comme les autres ». —Ilsen About Portugal et de France ; les Manouches (Sinti), établis dans les régions germanophones mais aussi en France et en Italie ; les Roms d'Europe orientale et centrale et enfin les Anglo-Romani, établis sur les îles britanniques et en Amérique du Nord. « Même cela est réducteur, poursuit Ilsen About. Il y a des Gitans lusophones au Brésil, des Roms en Suède ou en Turquie. » De la vision romantique du

cartes postales figent des stéréotypes : le montreur d’ours, les musiciens… Du côté des savants, on étudie avec passion les traits des « Tsiganes », pour mieux les classifier. Se diffuse déjà, dans la presse, l’image d’un « peuple de la frontière », impossible à circonscrire et donc à contrôler. Pourtant, « si les nomades sont des sujets photographiques fascinants, tous ne le sont pas », explique Mathieu

Pernot. Nombre d’entre eux sont sédentaires ou se cantonnent à une itinérance locale. À l’image de la Zone autour de Paris, le long des fortifications démolies en 1919, prisée des photographes comme Eugène Atget (série « Les Zoniers») ou André Kertész. En 1912, c’est l’obligation du carnet anthropométrique : fichées, photographiées, les familles dites alors « nomades » doivent justifier de leurs déplacements dans chaque commune. Avec la Guerre, 160 adultes et enfants « Romanichels alsaciens-lorrains », doublement suspects donc, sont arbitrairement enfermés dès 1914 au camp de Crest (Drôme). L’exposition retrace cette histoire peu documentée, occultée du récit national, comme celle des 6.500 nomades internés dans des camps français lors de la Seconde Guerre mondiale. Changement de perspective ensuite dans la rotonde du musée, avec une profusion d’images et autant de regards photographiques sur les groupes romani du monde entier. « C’est une réhabilitation par l’image de populations souvent cantonnées à des espaces dégradés », insiste Ilsen About. Des chaudronniers


9 LE JOURNAL DU PALAIS

LES GORGAN DE MATHIEU PERNOT LE PHOTOGRAPHE ET COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION RÉPOND À NOS QUESTIONS Encore étudiant en photographie, vous décidez en 1995 de travailler sur les Gorgan, cette famille d’Arles. Qu’est-ce qui vous motive alors ?

itinérants dans la Roumanie des années 30. Des familles de cinéma ambulant au Mexique dans les années 1950. Un entrepreneur Gipsy de New-York. Ou encore cette femme de la noblesse commerçante rom à Constantinople (Istanbul), à la fin du XIXe siècle. Une troisième partie expose le travail de quatre photographes qui ont vécu en grande proximité, des années durant, avec leurs modèles. « De cette intimité naît un regard forcément différent, loin des clichés et des stéréotypes », commente Adèle Sutre. Ainsi Matéo Maximoff, né d’une mère manouche et d’un père rom, documenta toute sa vie son histoire familiale et celles de nombreux groupes tsiganes du monde entier. On découvre les clichés et l’histoire peu commune de Jan Yoors, qui a photographié des Roms en Belgique et aux États-Unis, après avoir décidé, à 12 ans, de suivre plusieurs familles spécialisées dans le commerce des chevaux. La proximité du photographe et de ses modèles irradie enfin, dans Les Gorgan, de Mathieu Pernot (lire ci-contre). « L’exposition s’appelle ainsi car elle veut montrer la singularité d’une famille et, dans celle-ci, la singularité de destins. Avec peut-être

M.P. : Je les croisais souvent, comme beaucoup d’Arlésiens, sans vraiment les connaître. J’étais curieux. J’avais au début une approche documentaire, posant la question de savoir ce que ça pouvait vouloir dire de les photographier. Ainsi, mes photomatons des enfants renvoyaient aux photos d’identité et au fichage dont les « Tsiganes » ont été victimes par le passé. D’autres photos, plus lyriques, s’inscrivaient dans la tradition du photoreportage, courante sur le sujet. Assez vite, une autre nécessité est apparue : montrer que la vie l’emportait, malgré les épreuves qui n’ont pas épargné cette famille. Ainsi le premier livre sur les Gorgan, qui évoque notamment le grand-père, seul survivant d’un camp de déportation, se clôt par des images de mères avec leurs bébés. Vous avez au fil du temps noué des liens très forts, été présent aux naissances, aux deuils. Pourquoi les Gorgan ont-ils accepté de vous livrer tant d’intimité ? M.P. : Il faudrait le leur demander mais je pense qu’ils ont compris que je le faisais pour et avec eux. Le temps consacré à les photographier n’est d’ailleurs qu’une petite partie du temps total passé ensemble… Bien sûr j’ai toujours demandé leur

comme point commun une forme de précarité et de marge », explique le photographe. « Je ne voulais pas les réduire à une communauté tsigane dans laquelle ils ne se retrouvent pas ». Chacun des 10 membres de la famille

autorisation et montré les photos, expliqué pourquoi je choisissais celle-ci ou celle-là. L’exposition d’Arles, l’an dernier, était une forme d’hommage rendu aux Gorgan et ils l’ont perçu. Vous mêlez dans les Gorgan vos photos et celles de la famille. M.P. : Pendant 10 ans, nous ne nous sommes plus vus régulièrement. Quand nous avons repris contact, il semblait évident que les photos familiales prises pendant cette période, le regard des Gorgan sur eux-mêmes, devaient figurer dans l’exposition. Elles sont mêlées aux miennes, pour raconter la pluralité des destins de cette famille. A rebours d’un regard photographique qui souvent réduit les mondes romanès à une communauté, un folklore, un nomadisme. Dans Mondes tsiganes, on ne voit pas les travaux les plus connus, la vision tragique de Josef Koudelka sur les Roms, celle de Lucien Clergue sur les traditions gitanes. Pourquoi ? M.P. : L’idée n’était pas de faire une exposition d’histoire de la photographie mais de surprendre et de montrer la diversité des regards, ceux de scientifiques, éditeurs de cartes postales, photographes amateurs ou professionnels, amenés, pour des raisons différentes, à s’intéresser aux mondes romanès. La diversité des regards illustre finalement la diversité de ces communautés.

est présenté séparément, avec son histoire. Les photographies sont de Mathieu Pernot mais aussi des Gorgan eux-mêmes, exposées sans hiérarchie ni distinction de leurs auteurs. Ils vivent en caravane ou en ap-

partement. Certains se sont mariés au sein de la communauté, d’autres à l’extérieur. Moments de fêtes, naissances deuil ont marqué ces vingt années. Pour les Gorgan comme pour tout le monde.


PORTRAIT

11 LE JOURNAL DU PALAIS

© SCIENCE & VIE TV - AB GROUPE

FRED COURANT SENSIBILISER TOUJOURS Le plus populaire des journalistes scientifiques animera du 7 au 10 juin la deuxième édition de la Fête de l’océan à l’Aquarium tropical.

© ANNE VOLERY © PALAIS DE LA PORTE DORÉE

Les baleineaux à bosse de plusieurs tonnes venus faire connaissance en République dominicaine. Les requins qui évoluent au milieu des petits cultivateurs d’huîtres en Polynésie. « La gigantesque masse noire des cachalots surgissant de failles profondes » au large de la Guadeloupe. En 20 ans de tournages pour « C’est pas sorcier », Frédéric Courant (Fred à la télé), a bien rempli sa boîte à souvenirs. Il y a ceux-là, il y en a d’autres. Le journaliste et animateur reconnaît que l’océan lui a offert beaucoup de moments inoubliables. Comme l’an dernier, l’ancien acolyte de Jamy Gourmaud sur France 3 viendra animer la Fête de l’océan à l’Aquarium tropical. Pour y avoir baladé souvent ses enfants et ses caméras, Fred Courant connaît bien le lieu. Outre les classiques et populaires poissons de récifs, « il a la particularité de présenter aussi, souligne-t-il, des poissons d'eau douce moins connus et pourtant fascinants ». Lancé sur le sujet, le journaliste est intarissable, cite le poisson archer, qui crache un jet d’eau sur les insectes pour les faire tomber dans l’eau, évoque le dipneuste, qui cumule branchies et poumons, assurant sa survie quand les rivières s’assèchent. « J’aime la façon dont l’Aquarium met en scène ces histoires pour faire comprendre les grands phénomènes de l'évolution, de l’adaptation ou de la symbiose », poursuit ce champion de la

vulgarisation scientifique. Montrer et expliquer pour faire aimer et respecter, c’est son credo. Face au déferlement de mauvaises nouvelles sur la dégradation des mers, il insiste sur la nécessité de nuancer. Il pointe les mobilisations efficaces de l’opinion publique et les avancées dans certaines régions du monde et certains domaines, comme la limitation de la surpêche. « Ce qui est encourageant, c’est de voir que les espèces autrefois surpê-

chées comme le thon rouge se régénèrent assez vite ». Sur la montée des eaux ou l’acidification des océans en revanche, il reconnaît : « ce sera extrêmement dur de renverser le mouvement. » Etudiant, il a convoyé des voiliers sur la Méditerranée. Amoureux de l’océan « parce qu'on s’y sent en liberté », il voyait déjà les côtes dévastées par les déchets. « On met les décharges en bord de mer comme pour mieux les oublier… Et ça

finit dans l'eau », dit-il, amer. « Pourtant, contre la pollution on peut agir. C’est une question d’éducation ». Alors, deux ans après avoir arrêté « C’est pas sorcier », Fred Courant a lancé en 2015 « L’esprit sorcier ». Cette plate-forme gratuite diffuse des programmes éducatifs scientifiques. Pour la financer (il n’y a pas de publicité), il a noué des partenariats avec des organismes de recherche dont il réalise, avec son équipe, les vidéos pédagogiques. Pour rencontrer le journaliste animateur, rendez-vous à l’Aquarium tropical du 7 au 10 juin. Le programme de la deuxième Fête de l'océan reprend la formule gagnante de l’année dernière : des expériences, spectacles, conférences, films, avec de nombreux partenaires. Les jeudi et vendredi seront réservés aux scolaires, le week-end au grand public. « Ce qu'on veut, résume Fred Courant, c’est raconter de belles histoires pour faire aimer et respecter les océans. »

SON ACTU Fred Courant pilote depuis 2015 « L’esprit sorcier », plate-forme internet et chaîne YouTube de programmes éducatifs scientifiques. Il lance cette année une structure d’apprentissage des techniques multimédia et de vulgarisation scientifique. Objectif : former une dizaine de jeunes par an.


LE JOURNAL DU PALAIS 12

MARS

AGENDA

MONDES TSIGANES

LE PALAIS DE LA PORTE DORÉE AU PALAIS SAMEDIS 3 ET 10 MARS, 7 ET 21 AVR, 19 MAI, 2 JUIN 11H Découvrez l’histoire du Palais, depuis l’exposition coloniale de 1931, jusqu’à aujourd’hui. Du bas-relief de la façade d’Alfred Janniot, aux fresques du Forum peintes par Pierre-Henri Ducos de la Haille, en passant par les salons ovales de Paul Reynaud et du maréchal Lyautey, le Palais vous dévoile ses trésors.

© COLLECTION SCHALL

JAN YOORS © YOORS FAMILY PARTNERSHIP

MONDES TSIGANES

AU MUSÉE SAMEDIS 17 ET 31 MARS, 28 AVR, 5 ET 26 MAI 11H Découvrez avec les commissaires de l’exposition ou une conférencière, l’exposition Mondes tsiganes.

AU MUSÉE JUSQU'AU 26 AOÛT À travers près de 800 photographies, Mondes tsiganes dresse le panorama de l’évolution des regards portés sur les populations tsiganes depuis la fin du XIXe siècle. En contrepoint, la série Les Gorgan présente le travail photographique que Mathieu Pernot a réalisé pendant vingt ans avec une famille arlésienne.

VISITES RENCONTRES

© ANNE VOLERY

AU MUSÉE SAMEDIS 14 AVR, 12 MAI ET 9 JUIN 11H Partez à la découverte de l’exposition Mondes tsiganes avec des acteurs associatifs, poètes, historiens ou philosophes : chacun apporte son point de vue, unique et pertinent, pour éclairer votre visite. A L’AQUARIUM JUSQU’AU 2 SEPT Petit crustacé le plus abondant de notre planète, Cyclops emmène vos enfants en voyage à travers sept explorations sensorielles et interactives de la vie marine des océans. mardi > vendredi de 10h à 17h30 samedi et dimanche de 10h à 19h Plein tarif : 7 €/ Tarif réduit : 5,5 € de 4 ans : gratuit (inclus le billet d'entrée à l'Aquarium)

VISITE DEGUIDÉE

DE BERTRAND BOSSARD

© ANNE VOLERY

CYCLOPS

MONDES TSIGANES © MUSÉE D’ETHNOGRAPHIE DE GENÈVE

mardi > vendredi de 10h à 17h30 samedi et dimanche de 10h à 19h Tarif unique : 6€ ~ de 26 ans : gratuit (inclus le billet d’entrée au Musée et à sa collection permanente)

Durée : 1h30 ~ Tarif : 10 €/7 € Réservation conseillée : reservation@palais-portedoree.fr

Durée : 1h30 ~ Tarif : 10 €/7 € Réservation obligatoire : reservation@palais-portedoree.fr

Durée : 1h30 ~ Tarif : 10 €/7 € Réservation obligatoire : reservation@palais-portedoree.fr

LA BLIND TEST VISITE DIMANCHE 1ER AVR 15H POUR LES GRANDS DIMANCHE 6 MAI 10H30 À PARTIR DE 6 ANS DIMANCHE 3 JUIN 15H POUR TOUS Tous les premiers dimanches du mois, le Palais de la Porte Dorée convie les visiteurs, petits et grands, à découvrir gratuitement une visite mystère, la blind test visite. Vous nous direz si vous avez aimé ! Durée : 30 mn ~ Gratuit Inscription sur place le jour de la visite

AU PALAIS DIM 4 MARS, 15 AVR, 13 MAI 15H Laissez-vous entraîner par votre « guide », Bertrand Bossard, dans l’histoire, les coulisses et les mystères du Palais. Avec Bertrand, tout devient possible. Dépaysement garanti. Durée : 1h30 ~ Tarif : 10 €/7 € Réservation conseillée : reservation@palais-portedoree.fr

POINTS PAROLES TOUS LES SAMEDIS ET DIMANCHES 17H ET TOUS LES JOURS PENDANT LES VACANCES D’AVRIL 15H30 La photographie construit-elle des représentations figées de populations ou, au contraire, montret-elle la diversité, la complexité du réel ? En se concentrant sur le parcours d’une personnalité, sur l’usage judicaire de la photographie ou sur un autre thème, nos médiateurs interrogent la représentation des Tsiganes, par les tsiganes euxmêmes, par ceux qui les regardent, et in fine, par vous-même. Durée : 20 mn Gratuit, avec le billet de l’exposition


TOUS LES DIMANCHES À 15H30

>JUIN

13 LE JOURNAL DU PALAIS

AUTOUR DES CARTES

LES RÉFUGIÉS CLIMATIQUES

MÉMOIRE COLONIALE, MÉMOIRE DE L’IMMIGRATION

Les migrations internationales : enjeu

contemporain fort, les migrations internationales n'ont jamais autant été évoquées et, paradoxalement, jamais aussi peu expliquées. Les étrangers en France : Qui sont les migrants en France depuis 150 ans ? D’où viennent-ils, pourquoi partent-ils ? Pourquoi s’installent-ils en France ?

MARDI 24 AVRIL 19H Comment se croisent et se décroisent les mémoires liées à l’immigration et à la colonisation ? Quel est l’impact de l’approche postcoloniale sur les questions migratoires ? En quoi la mémoire de la colonisation, et de la guerre d'Algérie en particulier, a-t-elle pu impacter l'histoire générale de l'immigration en France ? En quoi ces mémoires traduisent-elles les fractures et les impensés de la société française ? Comment faire en sorte que la crise migratoire depuis 2015 ne recouvre pas ces problématiques ? Comment traiter ces questions dans un contexte post attentat ? Avec Pierre Nora et Benjamin Stora. Conférence animée par Alexis Lacroix, directeur délégué de la rédaction de L’Express.

TOUS LES DIMANCHES 15H30 Les « Tsiganes », des européens comme les autres : en étudiant la répartition spatiale de ces populations au niveau européen et en s’interrogeant sur la supposée unité linguistique et culturelle du monde tsigane, un médiateur explique les similitudes et les différences entre ces populations. Durée : 30 mn Gratuit, avec le billet de l’exposition

Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

MAI 68 ET LES ÉTRANGERS

HOMMAGE À LEILA ALAOUI

LA NOUVELLE PRIORITÉ ?

© ADJIM DANNGAR

TOUS LES SAMEDIS 15H30

MARDI 5 JUIN 19H La crise des migrants depuis 2015 n’est pas seulement le fait d’une instabilité politique, économique et sociale dans les pays d’émigration. Les effets du réchauffement climatique jettent sur les routes de plus en plus de populations fuyant le dérèglement climatique. Ces nouveaux migrants posent question pour les pays qui les accueillent : statut de leur présence ? Absence de perspectives de retour ? Avec Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, Catherine Wihtol de Wenden, politologue, directrice de recherche CNRS, Sylvie Bukhari de Pontual, présidente de CCFD-Terre solidaire. En partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

© DÉBORAH LESAGE

LES RÉCITS DE VIE DES MIGRANTS JEUDI 8 MARS 19H Quels rôles ont-ils joué ? En quoi ces événements ont-ils révélé leur présence ? En quoi ces événements ont-ils favorisé leur engagement dans la vie associative, syndicale et politique ? A l’occasion du 50e anniversaire des évènements de mai 68 et de la sortie de l’ouvrage de Benjamin Stora, cette conférence-débat sera l’occasion de revisiter ces événements sous le prisme de l’immigration et des étrangers. Avec Ludivine Bantigny, Benjamin Stora, Tewfik Allal. Conférence animée par Alexis Lacroix, directeur délégué de la rédaction de L’Express. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

© LEILA ALAOUI

ENTRE TÉMOIGNAGES ET FICTION

MARDI 22 MAI 19H Soirée en hommage à l’artiste Leila Alaoui, décédée en janvier 2016 à Ouagadougou au cours d’un attentat. À travers la diffusion d’extraits d’une œuvre inédite réalisée avec des anciens travailleurs de l’usine Renault de BoulogneBillancourt (thème qui s’inscrit dans les commémorations de mai 1968). Table ronde avec Christine Alaoui, Jean-Luc Monterosso, Mounir Fatmi et Benjamin Stora. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

MERCREDI 13 JUIN 19H De quelles ressources disposerait le romancier par rapport au chercheur pour rendre compte de la réalité vécue par les migrants ? Comment répondre à l'enjeu crucial que posent les récits des migrants ? Si leurs récits représentent parfois le dernier bagage emporté avec soi, la seule trace de leur passage, comment la préserver de l'oubli ?Avec un spécialiste de l'accompagnement social des migrants du CNAM, le lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2018, Marie-Caroline Saglio –Yatzimirsky, auteure de La voix de ceux qui crient Rencontre avec des demandeurs d’asile (Albin Michel, 2018). En partenariat avec le CNAM. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr


LE JOURNAL DU PALAIS 14

MONDES TSIGANES UNE HISTOIRE PHOTOGRAPHIQUE

MARS

AGENDA

L’INTERNEMENT DES NOMADES EN FRANCE

CLICK HERE

01

SAMEDI 7 AVRIL 16H La fabrique des stéréotypes montre le rôle central de la photographie dans la construction d’une identité tsigane, présentée depuis toujours comme différente et étrangère. Mais au-delà de l’exposé des clichés, le fil des images compose des récits inédits qui imposent et révèlent, à travers la photographie, une autre présence sociale et historique. Avec l’équipe des commissaires de l’exposition : Ilsen About, Mathieu Pernot et Adèle Sutre. Table ronde animée par Marianne Amar. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

01 Sans titre (Ana), 2012 © Mathieu Pernot, Galerie Éric Dupont.

© CLICK HERE

1939-1946 SAMEDI 28 AVRIL 17H Entre 1939 et 1946, près de 6 500 Nomades sont internés dans plusieurs dizaines de camps en France, en zone occupée et en zone Sud. Les derniers internés ne sont libérés qu’en 1946 à la cessation officielle des hostilités. Cette conférence propose de retracer les principales étapes de cet internement largement méconnu, à travers l’histoire des camps et des itinéraires familiaux. Elle rappellera également le cadre général des persécutions des Roms, Sinti, Caló et Yéniches en Europe dans les années 1930 et 1940. Avec Emmanuel Filhol, Marie-Christine Hubert, Alexandre Doulut et Gigi Bonin. Table ronde animée par Ilsen About, commissaire de l’exposition.

JEUDI 15 MARS 20H Pas besoin de visa ou de passeport pour voyager dans la Tsiganie de Click Here ! Avec leurs morceaux qui revisitent et modernisent la culture tsigane, ils donnent à entendre un monde haut en sons et en couleurs. Tarif : 11 € Mise en vente par le Festival Paris Music : digitick

Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

JE RÊVE QUE JE VIS ?

HÉRITAGES ET MÉMOIRE DU GÉNOCIDE DES ROMS ET SINTI EN EUROPE

LIBÉRÉE DE BERGEN-BELSEN

ROMS ET GENS DU VOYAGE UNE HISTOIRE FRANÇAISE ET EUROPÉENNE

SAMEDI 12 MAI 16H La conférence propose de retracer l’histoire des mondes tsiganes en France et dans le monde depuis l’époque moderne. Il s’agira de présenter la continuité des ancrages territoriaux, l’histoire des circulations et la diversité des trajectoires économiques et sociales des Tsiganes, en dépit des répressions et des diverses formes de discrimination. Avec Henriette Asséo, Jean-Luc Poueyto, Gaëlla Loiseau et Adèle Sutre. Table ronde animée par Ilsen About, commissaire de l’exposition. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

AU PALAIS JEUDI 17 MAI DE 14H À 18H À LA MAISON ROUGE VENDREDI 18 MAI DE 9H30 À 16H30 Ce colloque explore les héritages et la mémoire du génocide des Roms et Sinti après 1945, dans une perspective transnationale, en privilégiant trois axes : la production et la circulation des savoirs autour du génocide ; les effets de ces savoirs sur les pratiques juridiques et institutionnelles ; l’histoire des individus et des groupements (Roms ou non) dans les processus de connaissance et de reconnaissance, notamment juridique. Colloque organisé en partenariat avec le Arts and Humanities Research Council, l’Université de Liverpool, le Centre Georg Simmel (CNRS-EHESS) et La Maison Rouge. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

© CIE LANICOLACHEUR

PERSPECTIVES TRANSNATIONALES ET COMPARÉES

MARDI 3 AVRIL 20H Ceija Stojka est encore une enfant lorsqu’elle est déportée au camp de Bergen-Belsen. Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen Belsen est un document exceptionnel, rare témoin du sort réservé aux Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale. La lecture épurée de ce texte puissant le fait résonner avec d’autant plus de force. Texte de Ceija Stojka. Mise en scène de Xavier Marchand. Avec Camille Grandville, comédienne. Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr


>JUIN ÊTRE TSIGANE

© CATHERINE DENTE

PALAZZO © CYRIL ZANNETTACCI

© ROBERT BENSIMON / ÊTRE TZIGANE

TU NE M’AVAIS JAMAIS CHANTÉ ÇA

15 LE JOURNAL DU PALAIS

AU PALAIS Palazzo revient ! À la mi-mai, la terrasse éphémère reprend ses quartiers d’été sur le parvis du Palais. En famille ou entre amis, pour boire un verre, écouter de la musique ou danser, il y aura toujours de quoi s’occuper avec Palazzo ! Cette année, en écho à l’exposition du Musée, la programmation et la scène musicale vivront au rythme des cultures tsiganes.

DIMANCHE 20 MAI 18H Depuis sa création, la compagnie « Théâtre de l’Impossible » interroge et s’interroge : comment faire du théâtre, cette fête, dans un monde de moins en moins humain ? Être tsigane est un portrait scénique sous forme d’interrogation à partir de textes de Baudelaire, George Sand, Apollinaire, Char, Jan Yoors et Alexandre Romanès.

SAMEDI 28 AVRIL 15H30 Hélios Azoulay compose une œuvre bouleversante à partir d’une mélodie tsigane des camps de la mort que lui a « confiée » Raymond Gurême, un des derniers survivants du génocide des Tsiganes. Un Kaddish à un holocauste oublié. Création musicale d’Hélios Azoulay & l’Ensemble de Musique Incidentale

Entrée libre et gratuite

FÊTE DE LA MUSIQUE

Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

KÉSAJ TCHAVÉ

SAMEDI 19 MAI 19H Le Palais se met aux couleurs tsiganes à l’occasion de la Nuit Européenne des Musées 2018 ! Venez (re)découvrir les acrobates, danseuses et musiciens du Cirque Romanès lors d'une soirée sous le signe de la bonne humeur et de la poésie ! Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

© THOMAS BERARD

© CATHERINE GAUDIN

© ŽIVELIORKESTAR

CIRQUE ROMANÈS

SAMEDI 2 JUIN 19H « Késaj Tchavé », ou les « enfants de la fée », en langue romani, est une plongée dans la culture tsigane offerte par de jeunes artistes rom, réunis par la musique au-delà de leurs difficultés sociales. Selon le poète tsigane Alexandre Romanès : « tout le monde devrait les voir, le monde irait mieux » ! Gratuit Réservation conseillée : www.histoire-immigration.fr

JEUDI 21 JUIN 18H L’explosif Živeli Orkestar et son envoûtante chanteuse Suzana Djordjevic nous plongent au cœur des fêtes balkaniques. Au programme, des compositions originales de musiques slaves aux influences tziganes et orientales, de la Mer Egée jusqu’aux confins de l’Inde. L’orchestre fait résonner des hymnes à la joie de vivre (en serbe « Živeli » - prononcé [Jiveli] – signifie littéralement « à la vie »), une musique entre tradition et modernité, transcendée par une voix sensuelle et de puissantes mélodies cuivrées sur fond de guitare saturée, une fête chantée jusqu’au bout de la nuit sur les rythmes chauds et sauvages de cette fanfare inclassable. Gratuit


AGENDA

LE JOURNAL DU PALAIS 16

CAFÉS LITTERAIRES

AVEC FAWAZ HUSSAIN

MARS CINÉ MÔMES

© BRUNO KLEIN

Un dimanche par mois le Palais vous propose une séance cinéma en famille et pour les plus petits. SAMEDI 10 MARS Fawaz Hussain viendra présenter Le rêveur des bords du Tigre, son dernier roman. Farzand quitte Paris pour sa ville natale Amoudé, au nord-est de la Syrie. La guerre le retient à la frontière turque, à Diayrbakir où il rencontre Mirza, un garçon porteur d'espoir et d'optimisme. Entre sa quête initiale et la re-découverte d'un pays différent de celui de son enfance, Farzand nous raconte le drame du peuple kurde et de sa langue.

À partir de 2 ans, entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

DIMANCHE 18 MARS À 16H

EN ROUTE

POUR LES 5-7 ANS Que la route peut être longue pour nos héros ! A pieds, dans les airs ou même en roulé-boulé, pas facile d'arriver à bon port.... Une sélection de films d’animation dans le cadre de la Fête du court métrage - 44 min DIMANCHE 15 AVRIL À 16H

QUEL CIRQUE !

16h30-18h ~ Médiathèque Abdelmalek Sayad ~ Entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

AVEC RAYMOND GURÊME CAFÉS ET ANINA LITTERAIRES BERNAY SAMEDI 26 MAI À 85 ans, Raymond Gurême est l'un des rares survivants des camps d'internement français de familles nomades, entre 1940 à 1946. Avec Interdit aux nomades, il livre un témoignage exceptionnel sur les persécutions de Vichy à l'égard des Tsiganes et sur la souffrance des siens. Anina Bernay, 22 ans, est Rom. Je suis Tsigane et je le reste : des camps de réfugiés Roms aux bancs de la Sorbonne est son histoire : celle des squats et camps en Roumanie puis en Italie avant d'arriver en France. Elle décrit sa communauté, sa culture et son histoire et le dépassement de soi qui la mènera à passer son bac et suivre des cours de droit à la Sorbonne. 16h30 - 18h ~ Médiathèque Abdelmalek Sayad ~ Entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

À PARTIR DE 3 ANS Un lutin descend du ciel étoilé à l’aide de son petit parapluie, un clown est amoureux d’une jolie acrobate, un lion qui avale un chapeau… Poésie et légèreté assumées pour cette sélection de trois des plus beaux films d’animation tchèque. Un programme de trois courts métrages.


>JUIN DIMANCHE 20 MAI À 16H

LA RONDE DES COULEURS

Au fil des saisons, sur le pelage des animaux, ou encore dans une boite de crayons, les couleurs sont partout ! Même la musique a ses couleurs ! Un programme de courts-métrages qui fera découvrir aux plus petits un univers bariolé et bigarré. Un programme de cinq courts métrages - 38 min.

DIMANCHE 10 JUIN À 16H

AU BORD DE L’EAU

À PARTIR DE 3 ANS La plage comme espace de liberté où une vie secrète bat son plein lorsque la nuit tombe… Des dessins animés allemand, anglais, français, russe et australien. En partenariat avec le Festival Ciné Junior en Val-de-Marne – 35 min.

CINÉ MIDI Un jeudi par mois, à l’heure de la pause déjeuner, le Palais vous propose une séance de un ou plusieurs courts métrages pour prendre le temps de s’évader. Entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

17 LE JOURNAL DU PALAIS

JEUDI 5 AVR À 12H30

L’HIVER EST PROCHE

Louise, la trentaine, travaille comme agent des espaces verts, dans une forêt qui borde la ville. Son travail : faire de la médiation, empêcher les jeunes de faire du scooter dans les bois, et les familles, des barbecues. Un camp de Roms chassé d’une ville voisine s’est installé dans cette forêt. Elle et ses collègues circulent à cheval. La présence d’un animal calme les mœurs et facilite le contact. Un film d’Hugo Chesnard - France, 2015, fiction, 14 min

+

JEUDI 3 MAI À 12H30

RUE GARIBALDI En France depuis un an, Inès et Rafik, frère et sœur de 19 et 20 ans, à la fois siciliens, italiens, tunisiens, s’interrogent sur le sens de leur identité. Lui est chauffeur Uber la nuit et elle travaille à domicile le jour. Leur rapport au monde passe à travers les écrans : les appels vidéo avec leurs parents restés en Sicile et avec le reste de la famille en Tunisie, mais aussi sous forme de journal intime enregistré. Ils habitent à 30 minutes de Paris, à Villeneuve-Saint-Georges, vers Orly. Dans le ciel, les avions passent. À mon arrivée, ils me montrent fièrement le nom de leur rue, rue Garibaldi. Dans le cadre de la résidence Frontières. Présentation du film en cours de réalisation, en présence de Federico Francioni. JEUDI 14 JUIN À 12H30

L’ABÉCÉDAIRE

LISIERES

Tchavo vit avec sa grand-mère et sa tante dans un camp situé sur un terrain vague proche d'une forêt. Sa famille travaille à dépiauter du cuivre pour le vendre. Un soir, alors que la chasse vient d'ouvrir, quand Tchavo rentre du camp, sa tante et sa grand-mère ont disparu. Un film de Grégoire Colin - France, 2013, fiction, 25 min Séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur (sous réserve).

Dans cet abécédaire cinématographique, à chaque lettre de l’alphabet est associé un mot français et sa définition, intime et poétique, par l’un des membres d’un groupe d’adolescents habitant un bidonville de Montreuil. Au fil des mots, L’Abécédaire témoigne des aspirations et des difficultés de cette jeunesse confrontée au racisme et à l’exclusion. Un film de Benoît Peytavin et Simon Desjobert - France, 2018, atelier, 40 min Séance suivie d’une rencontre avec les réalisateurs.


MARS

AGENDA

LE JOURNAL DU PALAIS 18

CINÉ MARDI

CINÉ SAMEDI

Entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

Un samedi par mois, le Palais vous invite à questionner votre regard sur les migrations.

MARDI 17 AVRIL À 19H30

LES ROMS DES CITOYENS COMME LES AUTRES

SAMEDI 14 AVR À 16H

HISTOIRES DU CARNET ANTHROPOMÉTRIQUE

Entrée libre et gratuite sans réservation, dans la limite des places disponibles.

SAMEDI 31 MARS À 16H

KRISS ROMANI Peuple rom, migrations, transition économique, discrimination positive, racialisation des discours politiques, droits de l’homme, délinquance… À l’Ouest comme à l’Est, cette enquête part à la rencontre de politiques, d’historiens, de sociologues et de Roms pour démêler le vrai du faux, les clichés de la réalité. Sans tabou. Un film documentaire de Marion Lièvre, Olivia Barlier et Samuel Lajus - France, 2017, documentaire, 1h37 min La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Ilsen About, commissaire de l’exposition Mondes tsiganes, Samuel Lajus, réalisateur, Marion Lièvre chercheure postdoctorat, projet ANR Marg-In CITERES, Université François-Rabelais, Tours, Tommaso Vitale, Associate Professor Sociologie, Sciences Po, et directeur scientifique du master Governing the Large Metropolis à l'École Urbaine.

Une jeune gitane quitte avec précipitation sa tribu car certains veulent la forcer à épouser un homme contre sa volonté, en échange d'une somme d'argent importante ! Dans sa fuite, elle entraîne une petite fille. Sur leur route, le duo est victime des préjugés et parfois du racisme de la société à l'égard de leur communauté... Un film de Jean Schmidt - France, 1963, fiction, 1h28. La projection sera suivie d’un échange avec le public.

Les carnets anthropométriques d’identité institués en 1912, devenus carnets de circulation en 1969, sont imposés aux populations dites "nomades" puis "gens du voyage". A travers ce documentaire sensible, Raphael Pillosio lève le voile sur les différentes implications de ce statut particulier et les effets qu’il eut et a encore sur cette population et sur sa marginalisation. En interrogeant la permanence d’une exception juridique au cœur de la République Française, ce film propose de réfléchir à la situation passée et actuelle des Gens du voyage. Un film documentaire de Raphaël Pillosio - France, 2012, 1h10. La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Ilsen About, commissaire de l’exposition Mondes tsiganes et Raphaël Pillosio.


>JUIN

19 LE JOURNAL DU PALAIS

SAMEDI 5 MAI À 16H

SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 MAI

RENCONTRE EN NOMADIE

WEEKEND TERRAINS ET TERRITOIRES SAMEDI 26 MAI À 16H

TRAPPED BY LAW

Arrivés en Europe vers la fin du Moyen Âge, ceux qu’on appelait «gitans» (ou roms, romanichels, tsiganes, bohémiens, manouches, senti, yéniches) ont incarné dans le discours culturel et littéraire, l’image de l’Autre... fascinant par sa liberté et menaçant par son étrangeté. Les « Gens du voyage » ont toujours alimenté les fantasmes, parce qu’ils avaient leur propre mode de vie. Un film documentaire de Frantz Glowacki - France, 2017, 1h20. Séance proposée par la Commission consultative des Gens du voyage. La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Frantz Glowacki.

LE TERRAIN

DIMANCHE 27 MAI À 16H

Un film documentaire de Sami Mustafa - Grande-Bretagne, Allemagne, 2015, 1h30. Une carte blanche à l’association Somany - www.so-many.eu La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Sami Mustafa et Charlotte Bohl (Somany).

LA PLACE

Un film documentaire de Bijan Anquetil - France, 2013, documentaire, 40 min.

Bordée par une ligne ferroviaire et jouxtant une base militaire dont les hélicoptères décollent à toute heure, sans eau potable et loin des commerces de la ville de Colmar… Certains appellent cela un camp, les manouches l'appellent la place, leur place. Au pied des Vosges, dans les vignes, on y vit hors de la frénésie de notre monde. On y bichonne des mobylettes comme les Indiens du Grand Ouest soignaient leurs chevaux, on s'époumone sur des cantiques, on écoute le vent qui passe dans l'herbe, les coquelicots et les parasols en raphia rose. Ensemble. Même si, comme le paradis, cela ne durera pas forcément toujours.

La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Bijan Anquetil.

Un film documentaire de Marie Dumora - France, 2013, documentaire, 1h40 min.

Un « terrain » à Saint-Denis. Pendant un an, entre deux expulsions, une caméra suit la vie quotidienne de quelques familles roms. Peu à peu un monde se recrée, un chez-soi, une intimité, et la vie reprend son cours… loin du tumulte de la grande ville.

«Trapped by law» (Piégés par la loi) est une odyssée du fond des âges, l’histoire de la séparation familiale de deux frères filmée pendant cinq années, depuis la publication des accords de «réintégration forcée» entre l’Allemagne et le Kosovo. Les deux jeunes frères, Kefaet et Selami, chanteurs de Hip Hop, ont grandi dans la street culture à Essen (Allemagne). Kefaet est né au Kosovo qu’il a quitté avec ses parents à l’âge de quatre ans. Il est marié et a deux enfants. Selami est né à Essen et n’a jamais été au Kosovo. Au cours d’une nuit dramatique de mars 2010, ils sont déportés au Kosovo, un pays inconnu. Séparés de leurs proches, ils essaient de faire face à la situation et de retourner par tous les moyens en Allemagne. Mais l’administration et les lois de l’asile sont inflexibles.

+

La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec Marie Dumora et Evelyne Pommerat, responsable de la médiathèque Mateo Maximoff.


MARS

Infos pratiques Tarif ateliers : 6 € ( de 18 ans), 10 € ( de 18 ans) Ateliers 3 - 5 ans : 1 adulte accompagnateur obligatoire. Tarif 1 adulte et 1 enfant 6 € Tarif visite contée : 10€/7€ Tarif chasse au trésor : 7,5€ / 9€ / 2+2 = 20€ Réservation obligatoire : reservation@palais-portedoree.fr

MON ATELIER DE PHOTOMONTAGE SAMEDI 31 MARS, DIMANCHE 8, JEUDIS 19 ET 26 AVR, SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 JUIN 15H À PARTIR DE 6 ANS On pense souvent que le trucage des photos est né avec le numérique : que nenni ! Depuis toujours les images sont montées, découpées, remontées, maquillées. Les participants de cet atelier fabriquent des photomontages en jouant du crayon, du ciseau et de la colle et apprennent à ne pas forcément croire tout ce que nous disent les images. Durée : 2h

TOI, MOI, NOUS : ENTREZ DANS LA DANSE DIMANCHES 22 ET 29 AVR, SAMEDIS 12 ET 26 MAI, DIMANCHES 13 ET 27 MAI 15H À PARTIR DE 6 ANS Un moment de partage pour s’amuser, se questionner et se découvrir autour de la danse et de l’improvisation. Après avoir observé des photographies de l’exposition Mondes tsiganes les participants, accompagnés de la chorégraphe Baya Noun, expérimentent ensemble autour des thématiques du voyageur. Durée : 2h

UNE PHOTO PEINTE AU CISEAU SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVR 15H À PARTIR DE 6 ANS Les photographies de l'exposition Monde tsiganes sont un étonnant répertoire de mise en scènes et de postures. La plasticienne Claire Glorieux propose de s’en inspirer pour créer des panoramas dans lesquels les personnages imaginaires découpés à même les paysages déambulent, partagent l'espace et se croisent jusqu'à former une œuvre en soi entre photographie, dessin et peinture. Durée : 2h

LE CARNET DU VISITEUR VOYAGEUR MARDIS 17 ET 24 AVR, DIMANCHES 6 MAI ET 3 JUIN 15H À PARTIR DE 6 ANS La photographie dans un passeport, une carte de transport ou un carnet scolaire, c’est du sérieux. Mais pourquoi ne pas colorier, décorer son carnet et détourner les codes, pour en faire un objet unique qui ne ressemble à celui de personne d’autre ? Le participant pourra venir compléter son carnet personnel dans les ateliers, à chaque nouvelle exposition du Musée.

PETITE HISTOIRE DANSÉE

© PHOTO VÉRONIQUE BESNARD

AGENDA

LE JOURNAL DU PALAIS 20

JEUDI 1ER MARS 15H À PARTIR DE 6 ANS Être assis, se saluer, courir l’un vers l’autres… Il y a mille façons d’évoquer l’attente et les retrouvailles par le geste et la danse. La chorégraphe Anne Guillemin invite les participants à raconter par la danse une histoire de l’hospitalité : recevoir chez soi un invité. Durée : 2h

JE SUIS DEMASQUÉ

Durée : 2h

VISITE CONTÉE DIMANCHES 1ER AVRIL, 20 MAI 15H À PARTIR DE 6 ANS Une visite contée musicale, en compagnie de la conteuse Laure Urgin et de l'accordéoniste Alexis Kune. Des histoires en musique pour raconter la liberté, la sagesse, et la poésie des mondes tsiganes. Durée : 1h

SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MARS 15H À PARTIR DE 6 ANS L’autre n’est jamais vraiment ce que l’on pense ! Pour changer de regard sur les apparences et jouer un « double je », les enfants fabriqueront des masques en carton et autres matériaux de récupération, avec Claire Dupoizat. Durée : 2h


>JUIN

21 LE JOURNAL DU PALAIS

A CROCS

CHASSE AU TRESOR EN FAMILLE

POSE TON BALUCHON VENDREDI 2, SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 15H À PARTIR DE 7 ANS Un baluchon pour partir en voyage, ça ressemblerait à quoi ? L’intervenante Michèle Obriot invite chaque participant de l’atelier textile à customiser son propre sac (dessin au fil, collage), inspiré par une petite visite du musée.

SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MARS ET PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES 10H30 3-5 ANS Avec l'aide d'un adulte, les plus jeunes explorateurs du Palais fabriquent un poisson mobile à partir de matériaux de récupération ! Durée : 1h

1,2,3… CLOWN !

SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 15H À PARTIR DE 6 ANS Guidés par l’intervenant, les jeunes visiteurs créeront une Marianne, celle des timbres Poste, de la tête aux pieds, avant de l’habiller de mots et d’accessoires glanés dans les allées du musée. Un palier pour les poètes et créatifs. Durée : 2h

Durée : 1h

À PAS DE TORTUE

Durée : 2h

JE T’ÉCRIS DU MUSEE

LES SAMEDIS 5 ET 19 MAI, DIMANCHE 20 MAI ET PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES 10H30 3-5 ANS Partez à la rencontre de Laury et Dundy, les stars de l’Aquarium tropical ! Ces deux jeunes alligators albinos sont tout blancs. Les petits visiteurs découvrent la vie des alligators et autres crocodiliens, puis fabriquent en fin d’atelier leur propre saurien à l'aide de carton, de pastels et d’attaches parisiennes. Attention les doigts, ça va croquer !

SAMEDIS 7 ET 21 AVRIL, DIMANCHES 8 ET 22 AVRIL ET PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES 10H30 6-8 ANS Vous connaissez le poisson clown ? Pourquoi porte-t-il ce nom ? Découvrez ce célèbre poisson et ses congénères aux noms bigarrés : poisson éléphant, poisson couteau, Tilapia zèbre... Puis en atelier, place à la création avec des matériaux inspirés de ces noms inattendus. Durée : 1h

SAMEDI 2 JUIN ET PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES 10H30 3-5 ANS Connaissez-vous Matamata, Nez de Cochon et Tempes rouges ? De drôles de noms pour des tortues, vous ne trouvez pas ? Cet atelier à 4, 6 voire 8 mains propose aux enfants de créer, à l’aide de ciseaux, de peintures et de collage une tortue en 3 dimensions. Durée : 1h

© PHOTO JULIEN FALSIMAGNE

© PHOTO VÉRONIQUE BESNARD

© PHOTO JCHRISTINE DESTOURS

POISSON MOBILE

JEUDI 1ER MARS, SAMEDIS 31 MARS ET 14 AVRIL, MERCREDIS 18 ET 25 AVRIL, SAMEDI 28 AVRIL, DIMANCHE 29 AVRIL, SAMEDI 12 ET 26 MAI, SAMEDI 9 JUIN 10H30 ENFANT À PARTIR DE 6 ANS ET SURTOUT EN FAMILLE Enigmes, jeux d’observation ou de rapidité, création plastique farfelue... Participez à la chasse au trésor de l'Aquarium tropical du Palais ! Durée : 2h


PORTRAIT

LE JOURNAL DU PALAIS 22

LE PALAIS VU PAR ABDEL EN VRAI Pour préparer mon intervention le 20 mars au Grand Festival, mobilisation collective contre le racisme et l’antisémitisme, j’ai découvert pour la première fois le Palais. Je connais le Paris classique, mais je n'avais jamais entendu parler du Palais ! La statue dorée d’Athéna donne le ton dès la sortie du métro. Le grand escalier de l’entrée, les statues, la grandeur, les dorures, le design, l'architecture... ça m'a beaucoup impressionné. Surtout le gigantesque hall d’honneur, qui m’a fait penser au film « Rocky ». On a des lieux intéressants : l’aquarium, le Musée où les gens déposent des souvenirs… J’espère que tous ceux qui viendront au Grand Festival prendront le temps de découvrir cet endroit méconnu. Il faut connaître l’histoire difficile de nos parents et grands-parents. Elle a engendré des Français aux visages différents. Et ça, c’est beau !

Abdel en vrai, youtubeur

PHOTO : ABDEL EN VRAI - © D.R.

SON ACTU Avec plus de 204 000 abonnés Youtube, le belge Abdel en Vrai traite de l'actualité en vidéo et avec humour. Il a également créé l’association Dream, « pour aider des jeunes à réaliser leurs projets ». Pour le Grand Festival, il présentera une conférence humoristique sur la façon de faire du buzz sur internet et des vidéos contre la discrimination.

24H CHRONO À chaque numéro du Journal, un membre de l'équipe nous emmène dans les coulisses du Palais 9H10 RASSEMBLEMENT

GHISLAINE BONALAIR Ghislaine Bonalair encadre depuis 10 ans les agents d’accueil et de surveillance. Elle a débuté comme eux au château de Versailles avant d’arriver au Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie, installé jusqu’en 2001 au Palais.

Ghislaine Bonalair réunit ses 10 agents et leur remet les clés des salles. En prenant son service, chacun des binômes inspecte la salle. Il faut vérifier la présence des œuvres, celle des extincteurs, s’assurer que les issues de secours sont déverrouillées.

10h OUVERTURE Premiers visiteurs. Repérables à leur uniforme et à leur badge, les agents les guident. Dans son bureau, Ghislaine Bonalair fait le bilan de la veille. Elle établit les plannings : pour

éviter la baisse d’attention, chaque agent doit changer de salle après sa pause.

11h15 ATELIERS Cet après-midi, c’est l’atelier gravure ! Pour le confort des visiteurs les agents aménagent les salles qui accueillent chaque semaine ateliers et conférences.

14h30 TOURNÉE Ghislaine Bonalair parcourt les salles, renseigne un visiteur perdu. Elle rappelle qu’on ne peut ni manger ni courir : les agents protègent les œuvres

mais aussi la sécurité des visiteurs. Un petit photographe a activé son flash. Ghislaine Bonalair explique pourquoi c’est interdit. « Les poissons n’ont pas de paupière. Tu imagines si tu recevais toute cette lumière dans les yeux ? ».

17h20 FERMETURE Ses agents dirigent les visiteurs vers la sortie. Ghislaine Bonalair raccompagne dans l’ascenseur une femme en fauteuil roulant. Sa satisfaction ? Le contact avec les visiteurs et la diversité de ses missions.


DU CÔTÉ DES LIVRES

23 LE JOURNAL DU PALAIS

L'IMMIGRATION

EN BANDE DESSINÉE

L'ÉTRANGE

Jérôme Ruillier – Éditions L'Agrume

LA FISSURE

Carlos Spottorno et Guillermo Abril - Gallimard

TSIGANES

LE PARADIS DES YEUX

Johann Le Berre – Éditions Goater, L'Oeuf

La médiathèque Abdelmalek Sayad propose 570 titres de bandes dessinées francophones. Un fonds diversifié à découvrir et emprunter. Connaissez-vous Spaghetti ? Bien moins célèbre qu’Astérix, cet immigré italien venu conquérir Paris est pourtant sorti de l’imagination du même homme : le scénariste René Goscinny, associé au dessinateur Dino Attanasio. C’est l’une des nombreuses découvertes à faire dans le fonds BD de la médiathèque Abdelmalek Sayad. Comme le reste de la médiathèque, il présente l’histoire, la mémoire et les cultures de l’immigration. Ses 570 BD francophones sont très largement destinées aux adultes mais une vingtaine de titres jeune public

est présentée dans l’espace jeunesse. Sur le fond (histoires de guerre, d’exil, d’installation) comme sur la forme, de la ligne claire au roman graphique, le panel des œuvres présentées offre une remarquable diversité. Le fonds a d’ailleurs été valorisé en 2013 dans une exposition temporaire. Albums circule désormais un peu partout en France. Ce thème de l’immigration, quasi inexistant dans la BD francophone jusqu’aux années 1980, connaît depuis un vrai succès éditorial. Le prolifique Farid Boudjellal qui explore son histoire fami-

liale « entre la France, l'Algérie et l'Arménie fut l’un des premiers », explique Charlotte Perdriau, bibliothécaire. De grands auteurs comme Baru, Loustal, Bilal ou Stassen sont représentés. Aux côtés des BD d’une Marjane Satrapi et d’un Riad Sattouf, gros succès de librairie, le visiteur pourra découvrir des œuvres plus confidentielles. A l’image du très graphique et poétique Les Exilées, histoires, de Kamel Khélif et Nabile Farès. Deux de ces BD feront d’ailleurs l’objet de lectures musicales, le nouveau format lancé par la médiathèque.

LE LAIT NOIR

Fanny Michaëlis – Éditions Cornélius

Rendez-vous le 24 mars à 16h avec Fanny Michaëlis, auteur du Lait noir, l’histoire d’un jeune homme contraint de fuir les siens pour échapper au nazisme. Le 23 juin à 16h, venez rencontrer Johann Le Berre (Tsiganes, le paradis des yeux) accompagné du manager et du groupe musical d’enfants tsiganes Kesaj Tchavé, dont il raconte l’histoire. Des planches de cette BD seront exposées à la médiathèque de mai à juillet.

PRATIQUE Du mardi au vendredi de 14h à 17h30 et le samedi de 14h à 19h. Le prêt à domicile est gratuit pour tous, à partir de 14 ans. Information : mediatheque. sayad@palais-portedoree.fr. Tél. 01 53 59 15 92.


VU / ENTENDU AU PALAIS

PRÉPAREZ VOTRE PROCHAINE VISITE ! Nous vous accueillons du mardi au vendredi de 10h à 17h30 et du samedi au dimanche de 10h à 19h.

Dernier accès 45 min avant la fermeture (pour pouvoir vraiment en profiter !). Pour venir jusqu’à nous, les transports en commun ou le vélo, c’est bien ! Métro 8 – Tramway 3a – Bus 46 – Vélib – station Porte Dorée. Nos (petits) prix : Musée (expo inclus) - 6€ (gratuit pour les moins de 26 ans et tous les 1er dimanche du mois) / Aquarium (expo inclus) - 7€ (gratuit pour les moins de 4 ans) / Palais (Musée + Aquarium + expos) - 10€! Pour toutes les informations et réservations :01.53.59.64.30 / reservation@palais-portedoree.fr ~ 293, avenue Daumesnil – Paris 12e – Accès par l’entrée administrative pour les personnes à mobilité réduite. Nos actus, les bons plans, vos avis ! palais-portedoree.fr palaisdelaportedoree @PPDoree PALAIS DE LA PORTE DORÉE


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Le Journal du Palais n°2. Mars - juin 2018 by Palais de la Porte Dorée - Issuu