Le magazine de la mécanisation pour les entrepreneurs, éleveurs, les grandes cultures et les agents belges. Magazine trimestriel | 4ème année n° 10 | mars 2015 | € 8,75
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Technique
Les 4 atouts de Zuidberg Ne pas vouloir se concentrer sur un seul produit et donc chercher à se diversifier prudemment est le credo de Jeroen Zuidberg, de la société du même nom. Cette dernière se lance dans la fabrication de relevages avants pour tracteurs agricoles et horticoles en 1982, et est entretemps devenu un acteur innovant dans le secteur de la mécanisation agricole. A l’heure actuelle, la société mise sur quatre atouts: les relevages et prises de force avant, le travail du métal, le développement et la construction de transmissions, ainsi que le développement et la construction de chenilles, en ce compris les chenilles en caoutchouc. Il faut oser se diversifier dans ce dernier domaine. L’histoire de Zuidberg est d’ailleurs rythmée par les défis et les opportunités. Texte: Peter Menten | Photos: Peter Menten et Zuidberg Davantage de concurrence de la part des constructeurs de tracteurs ‘A l’heure actuelle, nos plus grands concurrents pour les relevages avants sont les constructeurs eux-mêmes’, nous indique Gerben Klungel, le responsable des exportations, lors de notre visite de l’usine de Zuidberg à Ens, aux Pays-Bas. ‘En Europe de l’Ouest, la majorité des tracteurs équipés d’un relevage avant sont équipés d’usine d’un tel relevage. En tout cas en ce qui concerne les versions simples, sans trop de technicité.’ C’est à ce niveau que Zuidberg entend faire la différence. Chez Zuidberg, le client dispose d’un plus large choix de relevages avant, de prise de force avant à plusieurs régimes d’entraînement ou même à sens d’entraînement opposé, d’une commande par smartphone, etc… il existe donc davantage d’accessoires permettant de personnaliser son relevage avant en fonction de ses besoins.
Le coeur de nos chenilles est l’ingénieux système de suspension qui nous permet d’atteindre des vitesses beaucoup plus rapides que les autres. C’est un système de suspension active.
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‘Près de 40% des relevages avants que nous produisons partent à destination des constructeurs de tracteurs, les 60% restants étant livrés à nos agents et importateurs. Pour certains modèles de relevage avant, nous disposons d’une version forgée pour plus de 20 marques différentes de tracteurs, et nous proposons également une version soudée pour plus de 30 marques,’ nous indique encore Gerben Klungel. ‘Notre atout est le relevage avant combiné à la prise de force avant. Ce produit nous permet de nous différencier. La qualité du service des importateurs Zuidberg est assez élevée. Les constructeurs de tracteurs ne sont par contre pas équipés pour proposer des relevages avants et des entraînements sur mesure.’ Dernièrement, une implantation a été ouverte aux Etats-Unis et dans le courant de l’année 2016, le nouveau bâtiment pour la construction des chenilles en caoutchouc devrait être prêt. Un signe que Zuidberg croit en l’avenir du monde agricole.
Le travail sur mesure cotoie la production de masse Dans le hall de production des relevages avants, on retrouve différents types et différentes couleurs de relevages avants d’une capacité allant de 600 à 6.000 kg. Zuidberg propose deux types de relevage: ceux pour le montage d’origine et qui partent directement à destination des constructeurs, ainsi que ceux qui sont soudés et qui sont destinés à équiper les tracteurs ultérieurement. Lorsque les constructeurs de tracteurs développent un nouveau modèle, il est possible qu’ils demandent prix chez un ou plusieurs fournisseurs de relevage avant. De même, les constructeurs de relevages avants peuvent très bien aller démarcher les constructeurs de tracteurs. Sur base annuelle,le site de Ens produit près de 17.500 petits et grands relevages avants. Ce chiffre dépend bien entendu de la conjoncture et des ventes de tracteurs. Le deuxième hall abrite le département Zuidberg staalservice, qui a vu le jour suite à la reprise d’une entreprise de 20 travailleurs de Lelystad en 2004, et qui était auparavant un fournisseur de Zuidberg. La société Staalservice s’est spécialisée dans le travail du métal pour des tiers. Cette entité est entièrement indépendante et fait office de fournisseur pour Zuidberg Frontline Systems. Le troisième hall est celui de Zuidberg Transmissions. C’est ici que les transmissions pour les prises de force avant et les projets spéciaux des clients sont développées et construites. La majeure partie du chiffre d’affaires de ce département est réalisée dans l’industrie et en dehors du secteur agricole. Depuis 2011, Zuidberg Tracks s’est lancé dans le développement et la construction de chenilles. Le dernier hall sera construit en 2016 et devra abriter le dernier pilier de l’entreprise: Zuidberg Tracks. C’est ici que les chenilles seront produites et assemblées. Ce département va nécessiter dans un premier temps d’engager 35 personnes. Grâce à cette structure particulière, Zuidberg est à même de réaliser du travail sur mesure à un prix acceptable, mais également de produire en série et suivant des délais raisonnables. TractorPower s’est entretenu avec Jeroen Zuidberg de technique, de technique et encore de technique. Mais également un peu de gestion d’entreprise. TractorPower: ‘pourquoi voulez-vous construire vous-même des chenilles en caoutchouc alors que plusieurs constructeurs en proposent? Maitrisez-vous cette technique?’ Jeroen Zuidberg: ‘Camso (Camoplast et Solideal), Soucy et Continental sont les trois principaux fournisseurs de chenilles en caoutchouc. Entretemps, deux de ces fournisseurs développent également leur propre châssis. Pour continuer à pouvoir proposer un produit concurrentiel, nous avons décidé de produire nos chenilles en main propre. Nous avons par ailleurs peaufiné notre châssis là où les autres fournisseurs font des erreurs ou ne veulent pas tenir compte des
Jeroen: ‘il y a quelque temps, j’ai donné une voiture à un stagiaire et je lui ai demandé de rendre visite à des agriculteurs et des entrepreneurs afin de cerner leurs besoins.’
besoins des clients d’Europe de l’Ouest. D’un point de vue stratégique, il n’aurait pas été intelligent de faire dépendre l’avenir de nos produits à chenilles, dans lesquels nous croyons, du prix que nos anciens fournisseurs et actuels ‘concurrents’ veulent bien nous proposer. De plus, cela nous permet alors de proposer des chenilles en différentes largeurs et longueurs, et donc de mieux adapter la chenille aux conditions rencontrées. Il en va de même pour la robustesse de la chenille en caoutchouc. Pour le moment, les chenilles disponibles sur le marché conviennent bien aux applications haut de gamme, mais sont moins bien adaptées au segment plus léger. Nous voulons miser sur le confort et la vitesse, grâce à un système de suspension ingénieux, ainsi qu’une transmission spéciale combinée à des chenilles spécifiques. Grâce à notre savoir-faire au niveau du caoutchouc, nous devenons également un partenaire de choix pour les grands constructeurs de machines. Nous sommes entourés de personnes compétentes qui disposent d’un certain savoir-faire, de ce côté-là, nous sommes donc tranquilles.’ TP: ‘A quoi ressemble la chenille idéale?’ Jeroen: ‘En construisant nos propres chenilles, nous pouvons entièrement les adapter à nos normes. Nous achetons par exemple le caoutchouc sur base des exigences auxquelles nos chenilles doivent répondre. De même, la structure métallique et la technique qui y est liée fait appel à un système que nous avons nous-mêmes développé. Nous avons déjà testé les chenilles à des vitesses beaucoup plus élevées que celles de la pratique. Il est clair que nous voulons investir dans des chenilles proposant des caractéristiques beaucoup plus intéressantes.’ ‘L’entraînement a été conçu afin de pouvoir être glissé sur un essieu ‘américain’, et nous avons breveté ce système. Il reste cependant possible de monter les chenilles sur les axes classiques des tracteurs et des machines. Nous optons pour des chenilles de forme triangulaire, car cela permet d’obtenir la meilleure garde au sol en combinaison avec une grande surface de contact et le plus petit espace de montage.’ ‘Le coeur de nos chenilles est l’ingénieux système de suspension qui nous permet d’atteindre des vitesses beaucoup plus rapides que les autres. C’est un système de suspension active. Lors des tests que nous avons effectués, nous avons prouvé que nos chenilles permettent de rouler avec davantage de confort que des pneus conventionnels de type basse pression. De plus, l’entièreté du châssis ne demande que peu d’entretien. Les quelques graisseurs ont été centralisés, tandis que sur les nouvelles chenilles, tous les niveaux d’huile sont visibles grâce à un hublot.’ TP: ‘Vous développez différentes sortes de produits qui, à première vue, doivent être distribués via des canaux différents?’ Jeroen: ‘les relevages avants de notre marque sont distribués via les agents et les constructeurs de machines et de tracteurs. Pour les chenilles, nous allons utiliser les mêmes canaux de distribution, donc pour nous, c’est un produit complémentaire.’ TP: ‘Vous accordez la préférence à des ‘halftracks’ (uniquement sur l’axe d’entraînement principal), en combinaison avec des roues sur l’autre essieu.’ Jeroen: ‘oui, d’un point de vue technique, monter des chenilles sur l’essieu avant peut poser des problèmes. Il faut en effet limiter tant que possible l’avance. De même, la suspension de l’essieu avant peut
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Technique également poser des problèmes en termes de dégagement lors des virages, sans oublier que le tracteur est moins maniable, certainement si un outil est monté sur le relevage avant. Sur un tracteur conventionnel, la majorité du poids est située sur les roues arrières et c’est donc là que les chenilles ont le plus de raison d’être. Le peu d’effet suplémentaire que l’on obtient en montant des chenilles à l’avant sera vite reperdu en termes de maniabilité. Il est par contre possible d’utiliser les quatre roues motrices en combinaison avec quatre chenilles sur un tracteur.’ TP: ‘Vous avez également développé une prise de force avant équipée d’une transmission à variation continue. Un tel développement est-il rentable?’ Jeroen: ‘cela fait des années que nous sommes occupés avec un embrayage vario pour une remorque mélangeuse, ce qui permettrait de la faire démarrer à pleine charge sans pour autant surcharger l’embrayage du tracteur. Pour la transmission CVT, nous nous sommes en partie inspirés de notre collaboration avec la société canadienne CVT Corporation, qui disposait d’un module mécanique complet. Nous
avons développé le reste chez nous. Les premiers modules ont été développés pour de fortes puissances, mais nous voyons cependant un potentiel important pour cette transmission en combinaison avec un tracteur d’une puissance comprise entre 150 et 200 ch.’ TP: ‘Etes-vous également occupés avec d’autres nouveaux produits?’ Jeroen: ‘il y a quelque temps, j’ai donné une voiture à un stagiaire et je lui ai demandé de rendre visite à des agriculteurs et des entrepreneurs afin de cerner leurs besoins. Soit, en d’autres termes, aller écouter les clients. Cela s’est traduit par un certain nombre de concepts de machines et d’applications. Nous en avons présenté une lors du dernier Agritechnica. Il s’agissait du relevage avant à commande électronique et la prise de force avant à variation continue. Un second projet est encore en développement.’ TP: ‘En quoi vous différenciez-vous sur le marché?’ Jeroen: ‘nous sommes créatifs, mais ce n’est pas tout. D’après moi, notre plus grand atout est de pouvoir construire la même chose que
Les nouveautés de Zuidberg La prise de force avant à transmission à variation continue La prise de force avant avec CVT, qui a été développée avec la société canadienne CVT Corporation, est utilisée pour les tracteurs et permet d’entraîner des outils à un régime défini préalablement, et qui sera indépendant du régime moteur du tracteur; Ce système automatique permet donc d’assurer en continu un régime d’entraînement constant. Voici les principaux avantages: + Un travail de meilleure qualité, car la prise de force tourne toujours au même régime défini au préalable. + Des économies de carburant, car le moteur diesel du tracteur tourne toujours suivant une plage de régime plus intéressante. + Un régime de prise de force à réglage en continu permet de mieux utiliser la puissance disponible du tracteur. + Un meilleur confort de travail car le tracteur tourne à régime réduit et fait donc moins de bruit. Il y a deux ans, Zuidberg avait déjà présenté une transmission à deux vitesses destinée à entraîner le treuil de tracteurs forestiers. Cette transmission était une variante de l’ECO-Twin PTO, qui est entretemps utilisée avec succès dans diverses applications agricoles.
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Le système High Speed Track Sur les systèmes conventionnels de chenilles livrées ultérieurement, la vitesse d’avancement de la machine est en général réduite de 40%. Lorsque des chenilles sont utilisées uniquement à l’arrière, il n’est pas possible d’enclencher la traction avant. Le nouveau système Zuidberg High Speed Track remplace uniquement les roues arrières par des chenilles, tandis que les roues avant restent en place. Voici les principaux avantages: + Grâce à ce concept de chenilles, le tracteur peut à nouveau être utilisé avec ses roues d’origine en peu de temps, contrairement aux autres solutions du marché. + Grâce à la solution unique avec transmission intégrée brevetée, le ratio mécanique du tracteur reste intact, ce qui fait qu’on n’observe pas de réduction de la vitesse d’avancement et que les quatre roues motrices peuvent donc être utilisées sans problèmes. + Le système High Speed Track est doté d’un tout nouveau concept de suspension. Le système assure non seulement la suspension des galets, comme c’est le cas sur les autres systèmes à chenilles, mais également les roues d’entrainement. Cette suspension est rendue possible en montant un châssis d’attelage fixe sur le tracteur et en l’équipant de charnières, ainsi que d’un vérin hydraulique avec un accumulateur. + Le système de suspension dispose d’une grande amplitude de débattement. De plus, les galets peuvent encore pivoter latéralement afin de suivre les inégalités de la route.
les autres, mais avec moins de pièces. Cela réduit le risque de casse et le service après-vente est également un atout en termes de stock de pièces.’ TP: ‘Vous avez pris la succession de votre père et vous avez continué à développer l’activité. En principe, vous décidez de ce qui arrive. Qui vous empêche de prendre de mauvaises décisions?’ Jeroen: ‘je suis en fait facilitateur dans notre entreprise. Je m’assure que les hommes et les moyens soient dirigés dans un certain sens et que les idées soient communiquées le plus rapidement possible au groupe. L’innovation est en effet notre force.’ ‘La technique est ma passion et je peux compter sur une équipe de management qui compte 8 personnes. J’ai très peu de contacts avec les clients, car je m’occupe beaucoup du développement. Pour la commercialisation, nous disposons d’une équipe de vente qui travaille de manière très autonome. Toutes les idées et initiatives sont analysées par cette équipe de 8 personnes avant d’être approuvées. Le résultat est une décision équilibrée, qui allie l’aspect technique, commercial et financier et qui a de plus l’aval de toute la société.’
TP: ‘Comment voyez-vous la croissance de votre entreprise?’ Jeroen: ‘nous sommes une société familiale, et nous pensons à long terme. A l’heure actuelle, les quatres entreprises emploient près de 260 personnes. Si le groupe devait encore grandir, ce serait un défi de tout mener à bien. Cependant, une société de plus grande taille nous permettrait d’agir encore plus vite. Une bonne communication est de plus en plus importante. D’un autre côté, si tout est clair, la communication ne doit pas être un problème.’
Jeroen Zuidberg: ‘je suis en fait facilitateur dans notre entreprise. Je m’assure que les hommes et les moyens soient dirigés dans un certain sens et que les idées soient communiquées le plus rapidement possible au groupe. L’innovation est en effet notre force.’
La transmission CVT
La prise de force High Efficiency
La société Vredo Dodewaard B.V. a développé une toute nouvelle transmission CVT en étroite collaboration avec Zuidberg Transmissions. Cette transmission est produite et assemblée dans les installations Zuidberg Transmissions.
La transmission se différencie des systèmes de prise de force actuels par la position de l’embrayage sur l’axe entrant. De ce fait, la partie intérieure de la transmission n’est en mouvement que si l’embrayage est activé.
Entretemps, plusieurs véhicules équipés de cette transmission roulent dans les champs, et des milliers d’heures de tests ont déjà été effectuées. Cette transmission est unique. Il s’agit d’une variation continue Hydro-mécanique à deux groupes, qui convient pour une puissance de 440 kW et qui permet au VT5518 de Vredo d’atteindre une vitesse de 50 km/h. Le régime moteur est indépendant de la vitesse d’avancement. Il faut également remarquer que la partie hydraulique se trouve du côté extérieur de la transmission. L’entraînement développe une puissance de traction de 280 kN, et le moteur ne tourne qu’à un régime de 1.350 t/min pour atteindre une vitesse de 50 km/h. Cette transmission peut être complétée en option par un différentiel blocable, ainsi qu’une prise de force mécanique. La totalité de la puissance peut être non seulement transmise via l’avancement, mais également hydrauliquement, grâce aux différentes connexions de pompes intégrées pour les applications externes.
Voici les principaux avantages: + Les pertes sont réduites au minimum. De plus, l’embrayage et l’entièreté de la transmission peuvent être construits de manière beaucoup plus compacte. + Cette prise de force High Efficiency est dotée d’un capteur de charge qui renseigne la puissance demandée par la prise de force afin de prévenir une surcharge ou une casse. Ce signal (digital ou analogique) peut faire office de signal d’entrée pour l’ECU du tracteur afin d’activer un avertissement ou une limitation de la puissance moteur maximale, etc… + La contenance interne d’huile est optimisée afin de limiter tant que possible les pertes par friction, sans pour autant risquer que les composants internes ne soient pas suffisamment lubrifiés. La transmission peut faire passer des puissances jusque 150 kW à 1.000 t/min à l’axe de sortie. L’huile est de plus filtrée. ■
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