ĂŠtudiant 2 mai 2019 Volume 2 NumĂŠro 7
La voix des Êtudiants francophones d’OrlÊans
Prochaine ĂŠdition 30 mai
Un militantisme pacifique par et pour les jeunes
Des Êtudiants manifestent contre les changements en Êducation mis de l’avant PHOTO : ÉTIENNE RANGER - LE DROIT
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2 mai, 2019 • Volume 2, NumÊro 7 • A1
par le gouvernement Ford devant l'École publique De Le Salle le 4 avril.
Yasmine Zemni, 11e annÊe École publique Gisèle-Lalonde À 13 h15 exactement, le jeudi 4 avril, des Êlèves frÊquentant des Êcoles secondaires en Ontario ont manifestÊ contre les coupures en Êducation imposÊes par le gouvernement provincial. Parmi ces coupures, on dÊplore l’augmentation de la moyenne du nombre d’Êlèves par classe, l’obligation pour chaque Êlève de prendre quatre cours en ligne, la rÊforme du curriculum de santÊ sexuelle, l’abolition du tÊlÊphone cellulaire en salle de classe et plus encore. Le walk-out fut organisÊ par les Êlèves pour dÊfendre leurs intÊrêts. Les membres du personnel et de la direction des Êcoles n’avaient pas le droit de soutenir ni d’encourager ces initiatives collectives. Les Êtudiants ont donc dÝ organiser ces manifestations pacifiques en comptant sur leurs pairs pour assurer le bon dÊroulement du walk-out. La mission première de ces manifestations fut de demander aux politiciens de l’Ontario d’être à l’Êcoute de leurs besoins et de s’assurer de placer la jeunesse et le système de l’Êducation au coeur de leurs prioritÊs. Sans vouloir remettre en question les intentions du gouvernement progressiste-conservateur, les Êlèves ont manifestÊ leur dÊsaccord par rapport aux coupures qui influenceront pÊjorativement leur quotidien à titre d’Êlève. Par exemple, l’un des objets des manifestations fut le nombre d’Êlèves moyen en salle de classe qui passera de 22 à 28. Ce nouveau modèle pÊdagogique indique que moins d’attention sera accordÊe aux Êlèves ayant des besoins particuliers et que la majoritÊ des Êlèves ontariens n’aura plus accès à un enseignement individualisÊ et personnalisÊ. Suite à ces manifestations, plusieurs Êlèves ont pu tÊmoigner de leurs inquiÊtudes au gouvernement par rapport à leur avenir en Ontario suite aux rÊformes. Radio-Canada rapporte même que plus de 700 Êcoles ont pris part à ce mouvement provincial dirigÊ par la jeunesse qui prend en
Une foule record pour le Centre des Arts Shenkman Amélie Trottier, 12e année École catholique Garneau Le 28 mars dernier, de jeunes artistes de 7e et 8e année ont foulé les planches de la salle Harold-Shenkman à Orléans, dans une mise en scène signée Pierre Labelle. L’enseignant de Garneau qui prendra sa retraite cette année, souhaitait depuis longtemps monter un spectacle de cette envergure: « Les étoiles étaient alignées, et avec mes amis dans d’autres écoles, M. Blais (Mer Bleue), M. Bilodeau (Béatrice-Desloges) et M. Gagnon (SamuelGenest), l’occasion s’est présentée. Je me suis dit que c’était le temps de partager ce que je faisais avec la GANG et de donner l’occasion aux élèves d’outrepasser les murs de l’école. » Le groupe d’acteurs novices de Garneau (la GANG) est la troupe de théâtre 7-8. Pierre Labelle a toujours tenté de mettre en scène des pièces du répertoire franco-ontarien pour faire découvrir aux élèves la diversité des textes. Dans le spectacle Théâtre Franco 11/17, les spectateurs ont eu la chance de voir 14 extraits de pièces maintenant considérées comme les « classiques » franco-ontariens.
Ce fut donc une expérience hors de l’ordinaire pour la soixantaine d’élèves participants. « Quand M. Labelle parlait gros, je pensais pas gros de même! C’était beaucoup plus gros que ce que je pouvais m’imaginer », dit Hugo Brisson, un élève de Garneau. Celui-ci, qui jouait dans l’extrait de La machine à beauté de Robert Bellefeuille, partage que c’était une chance de montrer qu’il était Franco-Ontarien. Son ami, Alexi Denis, qui lui, était dans l’extrait de Hawkesbury Blues de Jean-Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, dit qu’il a beaucoup aimé que tout était en français et que tout le monde s’y donnait à fond. En plus, un record fut établi grâce aux 3500 spectateurs en trois jours. Du jamais vu pour le Shenkman, autant pour les évènements francophones qu’anglophones. C’est donc une grande fierté pour M. Pierre Labelle, et une merveilleuse façon de terminer sa carrière dans le milieu de l’enseignement. Cependant, ce n’est pas la retraite qui l’empêchera de faire du théâtre puisqu’il envisage déjà un retour sur les planches. Il confie aussi ne pas avoir fait son dernier show avec les élèves. Pour lui, le spectacle Théâtre Franco 11/17 n’était pas un rêve de fin de carrière, c’était
Emma Bastien, Alexi Denis et Benoît Ménard dans La machine à beauté de Robert Bellefeuille au Centre des Arts Shenkman, le 28 mars dernier. PHOTO : MANON une question de cheminement. Alors, peut-être que sa carrière d’enseignant tire à sa fin, mais son cheminement dans le milieu artistique est loin d'être terminé.
Roxanne Boucher, 11e année École catholique Béatrice-Desloges Je suis certaine que je ne suis pas la seule personne qui est au bout de sa patience quant à recevoir la réponse : « Ça va dépendre du nouveau gouvernement », chaque fois que je pose une question concernant mon avenir. Tout le brouhaha a commencé lorsque le Parti conservateur de monsieur Doug Ford a remporté les élections provinciales en juin 2018. Pour moi, une élève francophone étudiant le théâtre au secondaire, les alarmes ont commencé à sonner au moment où le gouvernement a retiré son soutien financier de l’Université de l’Ontario français et a aboli le Commissariat aux services en français, tout ceci, selon monsieur Ford, au nom des « défis financiers » de la province. Je ne peux prétendre être experte de la situation économique de l’Ontario, mais mon intuition me dit de me mettre sur mes gardes. Quand le ministère de l’Éducation annonce une réforme et que le gouvernement enlève 25 millions de dollars en éducation, je me dis qu’il vaut mieux appeler Marty McFly puisque nous semblons reculer dans le temps.
À vrai dire, les coupures imposées s’appliquent aux programmes « non-essentiels », ce qui ne spécifie personne en particulier, mais je ne peux imaginer un politicien se dire : « Oh, le théâtre, la musique, on ne peut pas couper là-dedans! » Allons-nous devoir retourner à jouer de la flûte à bec, peindre à l’eau et faire de petites saynètes jusqu’à la fin de notre secondaire? De plus, il semble que les élèves ont trop d’espace et d’attention à l’école, et devraient, par conséquent, être répartis plutôt comme des sardines. Et oui, nous allons passer d’une moyenne de 22 élèves par classe à un beau gros 28. Ceci, encore une fois, joue un rôle dangereux dans la survie des arts au secondaire. Dans les programmes spécialisés en arts, les classes deviennent plus petites et cela nous donne la chance de recevoir de l’enseignement personnalisé. En revanche, si les classes augmentent à presque 30 élèves, ce ne seront plus des cours spécialisés, ce seront des cours de gardiennage avec les seules consignes étant « touche pas », « tais-toi » et « fais attention ». Bon, si nous regardons la situation d’un point de vue
objectif, on peut comprendre que pour un bureaucrate qui tente de régler les dettes d’une province, les cours « non-essentiels », tels que les arts, semblent être l’endroit le plus évident pour effectuer des coupures. Ceci dit, je crois qu’il faut démontrer qu’avec la voie dans laquelle se dirige notre société, les arts enseignent aux élèves des compétences qui sont de plus en plus recherchées dans le marché du travail. En d’autres mots, il faut montrer l’innovation des élèves artistiques et le potentiel qu’ils présentent à long terme. Selon l’Analyse de l’écosystème culturel de l’Ontario, « Quarante-trois pour cent des artistes du Canada vivent en Ontario. » Il faut alors souligner le fait que des programmes « non-essentiels » sont, en effet, une composante essentielle de l’attraction de notre province, et que cette attraction a le pouvoir d’attirer les touristes et d’améliorer la situation économique de l’Ontario. Bref, je sais que les artistes n’ont pas été spécifiquement visés et que j’anticipe carrément la fin du monde, mais si nous ne prenons pas garde, les arts pourraient aller en voie de disparition aussi vite que le Commissariat a été aboli.
LA OÙ LES ÉTUDIANTS DEVIENNENT
COR-18-075
A2 • 2 mai, 2019 • Volume 2, Numéro 7
Les arts « non essentiels » en voie de disparition?
DES EXPERTS
Des élèves participent aux mini-cours d’enrichissement Noémie Fortin, 9e année Collège catholique Mer Bleue L’année scolaire 2018-2019 tire bientôt à sa fin, ce qui annonce l’arrivée de plusieurs activités et, parmi celles-ci, se retrouvent les mini-cours d’enrichissement. Pendant les mini-cours, les élèves passeront une semaine (du 6 au 10 mai) à l’Université d’Ottawa ou au collège La Cité afin d’apprendre à propos d’un sujet de leur choix. Ce programme, qui est offert chaque année aux jeunes de la 8e à la 11e année depuis 1981, est toujours une expérience très enrichissante pour ceux qui ont la chance d’y participer. Cette année, plusieurs élèves du Collège catholique Mer Bleue y participeront et, pour plusieurs, cela ne sera pas la première fois. Grâce à la panoplie d’ateliers offerts en français comme en anglais tels que Environnement protéger la nature en la comprenant mieux, Les drones : bien plus que des jouets entre les mains de géographes! ou Devenir premier ministre du Canada en cinq jours!, les élèves sont presque garantis d’y trouver un sujet qui pique leur curiosité. « C’est une expérience mémorable! On apprend beau-
coup de choses très intéressantes pendant les ateliers », affirme Marie-Eve Aubin, une élève de 9e année qui participera à l’activité pour la deuxième fois cette année. Afin de prendre part à la 39e édition des cours, le élèves intéressés se rendront à l’un des deux établissements pour participer au programme de leur choix. Les jeunes profiteront de cette expérience afin d’enrichir leurs connaissances ainsi que de clarifier leurs intérêts quant à leurs études postsecondaires. En effet, les mini-cours pourraient bien les aider à cibler un domaine dans lequel ils voudraient poursuivre leurs études. Alexann Boutin, qui a participé au cours Violence, pauvreté et services sociaux, en 2018, nous a dit que les mini-cours d’enrichissement ont été un merveilleux moment pour apprendre de nouvelles choses et lui ont permis de créer de bons souvenirs. Le 4 mai 2019, l’établissement offre une journée d'accueil où chaque participant et parent accompagnateur aura la chance de recevoir un guide de l’élève, une courte présentation de son cours ainsi qu’une visite guidée de sa classe par son enseignant assigné. Ceci permettra aux participants, comme aux parents, de se familiariser avec
le déroulement de la semaine. Vers la fin de l’expérience, chaque élcve recevra un certificat de participation, ce qui conclut sa semaine. Il est certain que les mini-cours cette année seront aussi mémorables que l’an dernier.
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se rencontrent à l’heure du midi une fois par mois. Les différents mois de l’année scolaire ont plusieurs thèmes pour les photos. Par exemple, les thèmes de décembre 2018 étaient les lumières de Noël, les photos culinaires et la nature morte. Durant le mois, les élèves et les enseignants prennent des photos en lien
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2 mai, 2019 • Volume 2, Numéro 7 • A3
Emmanuelle Guyot, 10e année École publique L’Académie de la Seigneurie Prenez votre appareil photo ou votre téléphone, et préparez-vous! Un moment photo pourrait survenir à tout moment. À l’Académie de la Seigneurie de Casselman, nous avons plusieurs clubs pour appuyer et dccvelopper les intérêts des élèves. L’un de ces clubs est le club de photographie, un club permettant la rencontre d’enseignants et d’élèves partageant des intércts similaires. Ceuxci aimant saisir un moment dans le temps. Le club de photographie à l’Académie de la Seigneurie ne compte que quelques membres, car il s’agit de sa première année d’existence. Ce groupe d’individus
Le festival Quand ça nous chante, et les Rebelles 7 Elisabeth Olangi, 11e année Glory Djouaka,11e année Schalom Lokanga,10e année École publique Louis-Riel Le festival Quand ça nous chante vise à rassembler les jeunes des écoles secondaires francophones de l’Ontario afin de leur offrir l’espace et les outils nécessaires pour se plonger dans l’univers musical et pour vivre une expérience unique et transformatrice entourée de professionnels de la musique et d’autres mélomanes. Cette année, des élèves de l'École secondaire publique Louis-Riel y ont participé, et cela semble être le déclenchement d'un nouveau départ pour la musique dans leur vie ainsi que dans leur école. C’est le lundi 1er avril 2019 que sept élèves, représentant Louis-Riel, se sont mis en route vers l’École secondaire publique L’Équinoxe, à Pembroke, pour la 18e édition du festival Quand ça nous chante. Le trajet pour s’y rendre aurait pu être long et déplaisant, mais en fait, il y avait de la musique tout au long du voyage et diverses discussions étaient au rendez-vous. À leur arrivée, tout était mis en place pour maximiser l’acquisition de connaissances et leur appropriation par l’entremise d’expériences authentiques. D’après Glory Djouka, élève de 11e année de Louis-Riel : « On a eu deux formations qui ont marqué ma façon de m’exprimer en tant qu’artiste. Avec celle de Marie Clô, nous avons appris l’importance de la perception, de l’image qu’on donne aux
gens de nous-mêmes. Elle a aussi discuté de la question de s’adapter aux opportunités qui s’offrent à nous. » La seule élève de 10e année du groupe de Louis-Riel, Schalom Lokanga, ajoute : « Je me souviens de notre deuxième atelier avec Joanne Morra, une artiste, non seulement en chant, mais aussi diplômée en arts visuels et en photographie, qui nous a parlé de son parcours en musique, qui ne s'avérait pas très prometteur pour elle, sachant qu’elle est une personne assez timide. Sa sensibilité m’a paru aussi magnifique que remarquable. À travers cela, ce qui m'a semblé le plus important à retenir est de ne jamais se limiter, même si c'est dur, toujours tenter, mais surtout prendre le temps qu'il faut, faire les choses étape par étape afin d’aboutir à de bons résultats qui nous seront bénéfiques dans l’avenir. » Comme il est dit, le festival Quand ça nous chante permet aux divers élèves de s'exprimer, alors quoi de mieux qu’une scène permettant à chacun de présenter son incroyable talent. Dans une première partie de l'après-midi, le spectacle fut ouvert et la salle de spectacle s’est remplie d’acclamations. Quand fut arrivé le tour des Rebelles 7, c’est un rythme bien déterminé qui menait la cadence. Il passa de classiques légers, à très rapides et entraînants. À la fin, ce sont des félicitations ainsi que plein de mots d'admiration et d'encouragements qui sortirent de la bouche de leurs petits admirateurs.
Elisabeth Olangi, Schalom Lokanga et Glory Djouaka Un événement inoubliable, ceci dit, elles l'affirment : « Cette expérience a été le déclenchement d’une belle grande histoire d'amitié. Nous nous sommes non seulement découvertes, mais aussi on a su faire beaucoup mieux : devenir une famille. » Bref, cette fusion si forte saura surprendre plusieurs dans le futur. Tout est possible pour ceux qui sont unis et qui ne baissent pas les bras. La preuve est que la chorale de Louis-Riel en sera la prochaine étape pour elles et tous ceux qui voudront s’y joindre.
Un militantisme pacifique par les jeunes Suite de la page A1 main sa responsabilité civique et politique. En conclusion, ces manifestations ont certainement eu un pouvoir d’influence sur le caucus d’autant plus qu’elles ont été suivies par la manifestation du personnel enseignant à Queen’s Park.
La jeunesse revendique ses droits à une éducation de qualité et elle a opté pour cette approche mobilisatrice pour faire parvenir ses besoins au gouvernement ontarien. Comme l’ont répété en choeur les élèves de l’École secondaire publique Gisèle-Lalonde, « Sauvons notre futur, cessez les coupures! »
Saisir le moment : la photo, c’est un envol ! A4 • 2 mai, 2019 • Volume 2, Numéro 7
Suite de la page A3 avec les thèmes, et les insèrent dans un dossier Google partagé à tous les membres du club. De ces clichés, quelques-uns sont sélectionnés par les membres du club et seront exposés sur la page Facebook de l’école : https:// www.facebook.com/EESPLAcademieDeLaSeigneurie/ Ce club compte des photographes en 9e et 10e année, ainsi que trois enseignants passionnés de la photographie. Ces photographes amateurs veulent mettre en valeur les objets, les animaux, la nourriture et les paysages. Ils photographient selon ces thèmes afin de mettre en valeur les éléments naturellement jolis ainsi que les éléments artificiels de la vie quotidienne. « J’adore la photographie puisque c’est un passe-temps
qui me relaxe et qui m’amuse beaucoup », dit MarieClaude MacGregor, élève de 10e année à l’Académie de la Seigneurie, et membre du club de photographie. Les élèves peuvent se servir d’un téléphone cellulaire ou d’un appareil photo pour prendre les photographies selon les thèmes et les intérêts. Durant la prise de photos, certaines photos sont embrouillées ou trop sombres alors les membres du club se servent de l’éditeur LUMINR. Ce logiciel est beaucoup plus simple à utiliser et comprend moins d’étapes pour embellir et retoucher les photos que d’autres logiciels. Cet éditeur est disponible à l’école pour contribuer au développement créatif de tous ceux et celles impliqués dans le club.
www.orleansonline.ca/orleanais
PHOTO CRÉDIT : FABRICE NONEZ
Félicitations ! C'est grâce à la gentillesse de monsieur Louis V. Patry, que j'ai l'occasion de lire L'Orléanais étudiant. C'est toujours avec un intérêt grandissant que je lis vos textes qui sont la voix des étudiants et (étudiantes) francophones d'Orléans. Félicitations et continuez, vous êtes bientôt professionnels. Bravo ! – Huguette Parent, sco