étudiant 15 octobre 2020 Volume 3 Numéro 1
La voix des étudiants francophones d’Orléans
Prochaine édition 11 novembre
La rentrée masquée à l’École élémentaire publique Le Prélude
Les élèves de la classe 6B de Mme Valérie Lee ont eu l’occasion de se représenter à l’aide d’illustrations, en cette période de pandémie, qui a marqué la rentrée scolaire.
Par la classe de 6B de Mme Valérie Lee École publique Le Prélude Le 3 septembre, par un beau matin ensoleillé, la rentrée échelonnée de l’école Le Prélude débute. Plusieurs Préludiens et Préludiennes masqués attendent avec leurs parents le long du débarcadère d’autobus pour avancer. Après six mois à la maison, une timidité s’est installée entre les élèves et l’école. La COVID, cinq lettres qui ont un GRAND impact sur un moment aussi important que la rentrée scolaire. Au son de la musique, on se réjouit de retrouver nos ami(e)s et les structures de jeux. Les parents jasent, les enfants bien mis courent et brûlent d’envie de connaître leur enseignant(e) et les noms des autres élèves de leur classe. Les décorations créent une atmosphère de fête et un mélange de joie, de nervosité et d’agitation règne. Le tout se termine avec un rassemblement animé par la directrice, madame Chanda Hutt, suivi de l’entrée de chaque groupe à la queue leu leu. Voilà une rentrée « habituelle ». Cette foisci, même si chaque classe était représentée par un ballon de couleur, le déroulement de la matinée s’est fait dans le calme et les
parents devaient rester éloignés. Sûrement que plusieurs élèves souriaient derrière leur masque à l’idée de retourner en classe et de revoir des visages familiers, même s’ils étaient à moitié cachés! On a peut-être l’impression que l’arrivée de la COVID-19 a tout changé l’école, mais son squelette est le même. On y étudie du français, des mathématiques, des sciences, de la musique et plus encore. Nous avons des enseignant(e)s qui s’occupent de nous et des récréations pour jaser avec nos ami(e)s. Les petits changements, tels que prendre son rang sur une pastille au sol, garder une distance ou porter un masque à l’intérieur, un peu bizarre au départ, sont maintenant une habitude. En fait, la seule chose à laquelle il est difficile de s’habituer : certains de nos ami(e)s font l’école à la maison. Ces derniers nous manquent beaucoup. À l’École élémentaire publique Le Prélude, nous sommes une famille. Après tous ces mois séparés les uns des autres, il était grand temps que la famille se rassemble. Même si nos journées sont différentes, nous sommes ensemble pour le meilleur ou pour le pire. Bonne année scolaire à tous !
COR-20-063
C’EST LE BON TEMPS POUR DEVENIR
INDISPENSABLE
Conseil des écoles publiques de l'Est de Ontario
Un oubli trop commun: la santé mentale des jeunes Jamie Chamberlain, 12e année École catholique Garneau Un des premiers voeux d’un futur parent est que son enfant soit en santé. Personne ne souhaite que l’être le plus cher à ses yeux doive faire face à d’énormes obstacles physiques. Non seulement cela est-il déchirant, mais ce sont des problèmes qui peuvent suivre une personne tout au long de sa vie. Cela dit, plusieurs ont cette idée qu’il est facile de différencier une personne malade d’une personne en santé parce qu’on a souvent tendance à oublier que la maladie n’affecte pas toujours ou seulement l’apparence physique. La santé mentale, pourtant un aspect fondamental de l’humain, est souvent ignorée et vue comme un sujet banal ou inconfortable. Cependant, avec l’aide des réseaux sociaux, de plus en plus de personnes
partagent leurs expériences et batailles à l’égard de leur santé mentale et/ou de leur maladie mentale. En tenant compte de cela, j’ai obtenu des témoignages de jeunes de mon âge pour la raison principale que cette année est l’une des plus stressantes de notre vie. Ce n’est pas un secret que la douzième année est une année primordiale avec les inscriptions au postsecondaire qui approchent à grands pas. Cela pèse sur le dos des élèves et n’aide certainement pas ceux avec une santé mentale précaire. Le coronavirus et la rentrée scolaire peuvent également avoir une influence nocive sur le bien-être de plusieurs élèves. Par exemple, une élève m’a dit qu’elle trouve qu’il est difficile de s’ajuster à un nouveau système scolaire. Elle trouve qu’en plus des inscriptions à l’université, le tout est extrêmement bouleversant. Une autre élève
a déclaré que les travaux scolaires doivent être remis très rapidement avec le système des quadrimestres. Elle trouve aussi qu’il est dur de choisir quoi prioriser entre les travaux scolaires, l’emploi à temps partiel, la vie sociale, etc. Par la suite, une troisième élève admet qu’elle n’aime pas que ses résultats scolaires soient traités comme s’ils déterminent son avenir au complet. Selon elle, la plupart des élèves stressent tellement à propos de leurs notes qu’elles finissent par baisser. L’impact de ce stress est différent chez chaque élève. Certains élèves doivent partager leur temps entre l’école et le travail pour aider leurs parents financièrement. Certains élèves n’ont pas la motivation de sortir de leur lit le matin. Certains élèves vont à l’école en sachant qu’ils n’auront personne avec qui parler. Chaque individu
est particulier. Par conséquent, chaque élève a une différente façon de gérer le stress, la peine ou la douleur. Certains élèves pratiquent un passe-temps ou passent du temps en famille. Hélas, il ne faut pas ignorer qu’il est commun pour un élève de se tourner vers les drogues, l’alcool et la violence, entre autres. Ces sujets sont tabous en société, mais il est primordial de comprendre que certains élèves se sentent comme si cela est la seule façon de se sentir mieux. Ce ne sont pas tous les élèves qui ont un cercle social ou une famille chaleureuse. Plusieurs parents ne se rendent pas compte de l’état dégringolant de leur enfant ou évitent les discussions sur la santé mentale. Il est temps de changer cela. La santé mentale n’est plus un sujet tabou quand l’éviter peut coûter la vie d’un jeune.
La rentrée scolaire 2020 : Une première journée très différente Yuman Baamar, 6e année Nicolas St-Jean, 6e année École publique L’Odyssée La première journée dans la cour de récréation de l’École élémentaire publique L’Odyssée a été très différente des autres rentrées. On marchait vers le rang, un peu gênés, et on entendait beaucoup de bonjours, mais on ne voyait pas la bouche des gens. Tout le monde avait un masque! Quand on a rencontré notre enseignante, elle portait une visière et on ne pouvait pas se saluer comme d’habitude, alors on s’est donné un coup de coude. Il y avait aussi des lignes pour identifier
les zones et des cônes pour respecter la distanciation physique. Après l’accueil, tout le monde a commencé à avancer vers l’école et un enseignant nous a demandé de mettre du gel antiseptique. Nous étions surpris, car d’habitude, on n’en mettait pas avant d’entrer dans l’école. Ce n’est pas tout! En classe, on doit laver nos mains au moins trois ou quatre fois par jour. En plus, on doit mettre du savon et frotter nos mains ensemble pendant au moins une minute. Ça dure longtemps! La première récréation est ce qui nous a choqués le plus, parce qu’on devait
rester à au moins un mètre des autres. À la longue, c’était un peu ennuyeux parce qu’on n’avait pas de ballons ou de jouets de la maison. Habituellement, on aime bien jouer au soccer. Mais cette année, on ne peut pas. On a remarqué que des adultes ont fait des lignes blanches sur l’herbe pour respecter les zones de jeux. Au moins, on peut enlever notre masque à l’extérieur pour parler avec les autres, mais il faut deux mètres de distance entre chaque personne. Mais après tout, il n’y a pas juste des changements, on peut heureusement aller dehors comme avant. On peut aussi
enlever notre masque pendant le dîner, et pendant la collation. On retrouve nos ami(e)s, et on s’en fait de nouveaux. Les qualités du profil de l’apprenant du bac international n’ont pas changé, donc on sait qu’on peut retrouver des élèves altruistes, intègres et chercheurs à L’Odyssée. Rester à la même école, c’est rassurant. Imaginez si on ne pouvait pas aller à l’école en personne, il faudrait rester la majorité de la journée sur un écran, et on ne pourrait pas voir nos amis et nos profs. On se sent bien, ici. Alors tout ça, ça en vaut la peine.
LA PANDÉMIE A MIS EN ÉVIDENCE D’IMPORTANTS DÉFIS ÉTHIQUES. À l’École d’éthique, de justice sociale et de service public, développez vos compétences en matière de prise de décision pour aborder les questions difficiles.
2 • 15 octobre, 2020 • Volume 3, Numéro 1
ustpaul.ca
Conseil des écoles publiques de l'Est de Ontario
La COVID-19 vue par 2 jeunes adolescentes de 8e année Élodie Ah-Wong, 8e année Dominique Yates, 8e année Collège catholique Mer Bleue Qu’est-ce que le coronavirus, comment se propage-t-il et d’où vient-il? Le coronavirus est une famille de virus à ARN mortels qui se propagent à travers les gouttelettes respiratoires expulsées du nez ou de la bouche (lorsqu’on tousse, parle ou éternue). Ce vilain virus a été découvert pour la première fois le 17 novembre 2019 en Chine, plus précisément, à Wuhan par un pêcheur qui avait des symptômes qui ne ressemblaient pas à la grippe ni à un petit rhume. Comment pouvons-nous nous protéger
et arrêter la propagation? La meilleure façon d’arrêter la propagation est de rester chez soi et d’éviter le contact avec les gens (surtout ceux avec une condition médicale). Alors, ne sortez qu’en cas de nécessité (prescriptions médicales, nourriture et rendez-vous médicaux). De plus, lorsque vous sortez, restez au moins à deux mètres de distance des autres et portez un masque, puisque le nombre de cas ne cesse d’augmenter. Si vous avez des symptômes, allez vous faire tester et restez chez vous. L’école en ligne Dans ces temps inhabituels, nous
avons la chance de pouvoir faire l’école en ligne pour continuer notre éducation. Il y a des avantages et des inconvénients à faire l’école en ligne. Avantages : on peut se réveiller plus tard, faire nos devoirs à notre propre rythme et manger pendant nos « classes ». Inconvénients : On passe plus de temps sur nos appareils électroniques, on ne peut pas voir ses amis à moins d’une rencontre virtuelle, on ne peut pas faire de vraies évaluations scolaires et, parfois, il y a des problèmes techniques. Que pouvons-nous faire pour nous tenir occupés? Voici quelques suggestions de choses
à faire: des bricolages, regarder des films, parler à des amis (par téléphone ou SMS), cuisiner, faire du rangement et lire. Ceux-ci ne sont que quelques options d’activités que nous pouvons faire pour nous distraire et nous occuper pendant ces temps difficiles. Il existe plein d’autres façons de se divertir. Utilisez votre imagination! S’il vous plaît, gardez vos distances pour que tout puisse revenir à la normale. Cette pandémie prend la vie de gens innocents, alors, il faut faire sa part pour l’arrêter. Il peut prendre jusqu’à deux ans pour trouver un vaccin, alors il faut rester calme et être prudent. Ça va bien aller!
Le nouveau coronavirus oblige une rentrée scolaire branchée Manuella Sawaya, 10e année École publique Gisèle-Lalonde La rentrée scolaire en ligne a débuté le 8 septembre 2020. Chaque élève a démarré son ordinateur et a commencé l’école de sa propre maison. Cette rentrée virtuelle n’a aucun précédent. Il y a eu une semaine d’orientation, permettant aux élèves de s’habituer à la nouvelle routine, tout en revoyant des visages familiers. Lorsque les cours ont commencé, c’était super de rencontrer différents élèves de partout dans le CEPEO. Au secondaire, l’enseignement virtuel garde les élèves au travail pendant 300 minutes par jour. Chaque période dure 75 minutes: 60 minutes à temps synchrone et 25 minutes à temps asynchrone. Lors du
temps synchrone, les élèves joignent leurs enseignants et camarades de classe dans une rencontre virtuelle, et durant le temps asynchrone, ils travaillent sur des travaux assignés. Les activités changent et varient gardant ainsi la motivation des élèves. Les familles avaient un choix pour le mode d’enseignement : en virtuel ou en présentiel. Le choix n’a pas été facile, et pour chacun, la raison diffère. Certaines familles ont choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Ils l’ont fait par précaution, n’ayant pas envie d’avoir des contacts avec des cas possibles de la COVID-19 et pour garantir une stabilité dans l’enseignement. « Ma famille et moi ne sommes pas à l’aise de prendre des risques non nécessaires », dit Maxime Wong-Fortin, une élève de dixième année
à l’École secondaire publique GisèleLalonde. D’une autre part, les raisons pour lesquelles les élèves ont choisi l’alternative varient. Certains préféraient retourner en classe, craignant qu’ils soient affectés académiquement et qu’ils aient une baisse de motivation. « J’ai choisi de retourner à l’école, car ma motivation à la maison est beaucoup plus basse. L’environnement est parfait pour travailler et se concentrer à l’école, tandis qu’à la maison il y a beaucoup plus de distractions et mon environnement de travail est ma chambre à coucher », a raconté une élève à l’école Gisèle-Lalonde, Mia Ouellette, dixième année. D’autres, comme Skylar Templeton, une camarade de Mia, ont choisi de retourner pour « revoir des amis
et pour un changement d’entourage ». Malgré le choix de retourner virtuellement ou en présentiel, les élèves doivent aussi travailler à la maison, puisqu’ils se présentent à l’école qu’un jour sur deux. Ils ont plus de liberté pendant ces jours-là. « Quand je suis à la maison, les enseignants m’envoient des devoirs à compléter au courant de la semaine. » Peu importe le choix, la plupart des élèves ont été satisfaits avec la rentrée scolaire. « Les professeurs rendent l’apprentissage agréable même si nous ne sommes pas ensemble en personne », a expliqué une autre élève fréquentant l’école virtuelle. Cette rentrée, pour plusieurs, est parvenue à commencer le nouveau normal; l’école en ces temps de pandémie.
15 octobre, 2020 • Volume 3, Numéro 1 • 3
Conseil des écoles publiques de l'Est de Ontario
L’intimidation : Le silence de nos proches Maxime Bélanger-Vaillancourt, 8e année École catholique Béatrice-Desloges Le 23 novembre 2017 aux alentours de 6 h 15, Simon Dufour, un garçon de 15 ans, s’est enlevé la vie. Comme tous les jeunes, Simon avait des aspirations, des objectifs et des rêves, mais des fois l’attente d’une vie meilleure devient trop longue, trop pénible. Je me sens un peu brisé en parlant de ceci, mais je m’y oblige, car derrière ma chronique, il y a un message important dont j’aimerais discuter : l’intimidation. Simon Dufour se faisait intimider sévèrement depuis des années et cela a été la cause de son suicide. La famille de Simon, autant que de nombreuses autres familles dans la même situation, s’est posé les questions suivantes : « Pourquoi le système n’est-il pas intervenu, pourquoi personne n’a été là pour l’aider? » De plus en plus, on blâme le système de santé, les listes d’attente pour l’aide
psychologique, les établissements de réhabilitation mentale, etc. À quoi servent les ressources gouvernementales dans une société ou un grand nombre de personnes sont négligentes, cruelles et sous éduquées? Absolument à rien, mais il est plus facile de blâmer ce qu’on ne peut pas contrôler. Je crois fortement que les vrais criminels sont les amis, les enseignants, les témoins et tous les gens qui sont présents dans le cadre de l’intimidation verbale et physique. Quand quelqu’un se fait intimider, les gens autour de lui ont tendance à s’arrêter, à évaluer la situation, à réfléchir un peu et, ensuite, instinctivement à ne pas s’en mêler ou juger que ce n’est pas grave. Cela me fait penser à l’œuvre Cyrano de Bergerac. Non dans un contexte de suicide, mais dans un contexte de négligence à grande échelle. Je vais m’en servir comme court exemple pour expliquer davantage ce phénomène social immoral. Dans la première scène, Cyrano capte
l’attention d’une grande foule. Il crée alors un discours ridiculisant un acteur sur scène et plusieurs membres de la haute classe. L’acteur victime de ses paroles subit une attaque d’anxiété et un membre de la haute classe s’est retrouvé mort d’une épée au cœur. Tout au long de la scène, la foule a simplement observé. Les rares personnes qui ont osé le contredire se sont fait taire très vite, et n’ont pas essayé davantage. Cyrano a fondamentalement ruiné la carrière et la réputation sociale de l’acteur et a verbalement provoqué un jeune homme jusqu’à sa mort. C’est étrange qu’un scénario inspiré d’un événement du XVIIe siècle ressemble beaucoup aux situations d’intimidation qui ne cessent de causer des suicides partout à travers le monde. Ceci appuie grandement mes croyances. Le problème a toujours été l’incompétence de la société, non l’incompétence des ressources disponibles. Regardez les
statistiques. Les élèves victimes d’intimidation courent un plus grand risque de songer au suicide et les ados intimidés considèrent le suicide deux à neuf fois de plus (Hinduja & Patchin, 2018). Ceci dit, il faut sortir de notre petit cocon et dénoncer les intimidateurs. C’est inadéquat de blâmer le système de santé, c’est à nous la responsabilité. « À la fin, nous ne nous souviendrons pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis. » – Martin Luther King Jr Tout compte fait, la citation traduite cidessus termine ma chronique. J’aimerais par souci de bienveillance offrir trois numéros de téléphone que vous pouvez utiliser et partager au besoin. Ne restez pas silencieux, vos paroles sauvent des vies. - Assistance téléphonique nationale pour la prévention du suicide : 1-800-668-6868 - Assistance téléphonique nationale pour les jeunes en cas de crise : 1-800-999-9999 - Ligne d’assistance contre l’intimidation au Canada : 1-877- 352-4497.
Prix Fondation Desjardins
Aide financière pour réaliser des projets avec des jeunes de la maternelle, du primaire et du secondaire. Soumettez votre projet entre le 5 et le 26 octobre 2020. fondationdesjardins.com/prix
4 • 15 octobre, 2020 • Volume 3, Numéro 1