GUIDE Notions de gestion de classe : CRÉER L A DYNAMIQUE DE GROUPE 1
F O R M AT I O N D E S A R T I S T E S - M É D I AT E U R S D E L’ O P É R A D E M O N T R É A L
Autrefois appelée « discipline ». On dit maintenant « gestion de classe ». Applicable même au sein de groupes non scolaires.
OBJECTIFS •
Conserver un niveau d’engagement optimal de la part de l’ensemble des participants.
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Canaliser l’énergie créée au sein du groupe, dans un contexte où l’expressivité et la spontanéité sont encouragées.
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Réduire le besoin d’intervention par le ou la titulaire en augmentant l’autonomie de l’artiste-médiateur.
QUELQUES PRINCIPES DE BASE •
La constance dans l’application des règles et des procédures
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La sensibilité à ce qui se produit dans la classe
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Le maintien du rythme des activités et leur chevauchement
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L’intervention discrète
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L’utilisation de l’humour
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La tolérance
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Le respect des élèves
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L’intervention en fonction des causes du comportement perturbateur
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La compréhension et l’application des principes du conditionnement opérant
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PRINCIPES EXPLICITÉS •
LA CONSTANCE. « Faire respecter les règles et les procédures chaque fois que cela est nécessaire, en intervenant rapidement lorsqu’une règle ou une procédure est transgressée. Elle suppose également de ne pas accepter ni tolérer un tel comportement de transgression. 2 »
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LA SENSIBILITÉ. « [L’enseignant] est “hyperperceptif” […]. Non seulement [il] peut détecter l’intérêt de ses élèves pour l’activité, mais il évalue régulièrement leur niveau d’engagement cognitif. En effet, des élèves qui ne sont pas engagés sur le plan cognitif ne sont pas en train d’apprendre et ils risquent de perturber le groupe. 3 » Exemple fréquent : au préscolaire et au primaire, il arrive qu’un enfant accapare l’attention de l’éducateur ou de l’éducatrice par un récit personnel qui n’intéresse pas les autres. Il faut alors modifier l’activité pour la rendre de nouveau engageante pour le groupe. D’autres trucs peuvent être utiles : - balayer fréquemment et régulièrement la classe du regard ; - ne pas tourner le dos aux élèves lorsqu’on en aide un en particulier ; - éviter de se concentrer sur une activité, en particulier lorsque plusieurs activités sont en cours (ne pas aider un seul élève pendant trop longtemps, ne pas s’attarder auprès d’une équipe au détriment des autres, etc.) ; - ne pas hésiter à interroger les élèves pour vérifier leur niveau d’engagement cognitif.
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LE RYTHME DES ACTIVITÉS. « [L’enseignant] agit pour que les événements se succèdent en douceur, de façon continue et selon un ordre logique, plutôt que de suivre un rythme trop rapide et de terminer les activités abruptement. 4 » Les transitions doivent être prévues.
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L’INTERVENTION DISCRÈTE. Les interventions sont plus efficaces lorsqu’elles se déroulent en privé (s’adresser seulement à l’élève visé), car - elles n’interrompent pas l’activité ; - une remarque devant la classe focalise trop l’attention sur un ou une élève en particulier, ce qui peut renforcer son comportement perturbateur à moyen terme ; - une remarque devant la classe peut provoquer le rejet de l’élève par ses pairs.
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L’UTILISATION DE L’HUMOUR. Toujours un « must » !
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LA TOLÉRANCE. Malgré la constance dans l’application des consignes, on évitera d’avoir de trop grandes exigeances, puisque la plupart des petits débordements ne causent pas d’inconvénients. Ce principe est valide surtout pour les écoles en milieux défavorisés, où plusieurs groupes ethniques se côtoient : là, ouverture et écoute sont nécessaires pour comprendre les coutumes et les comportements des élèves, qui peuvent être tout à fait acceptables.
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LE RESPECT. Respecter l’élève signifie lui montrer qu’on l’accepte quoi qu’il fasse. C’est lui faire sentir qu’on lui accorde de la valeur en tant que personne, même si on désapprouve son comportement et qu’on lui demande de le changer. C’est comprendre que l’élève fait un apprentissage et lui exprimer son soutien. La désapprobation vise le comportement et non la personne. (Par exemple, dire : « Ton comportement est dérangeant », et non « Tu déranges ».) Sarcasmes ou dénigrement sont à proscrire. On souhaite valoriser et encourager, non dévaloriser et inhiber.
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LES CAUSES DU COMPORTEMENT PERTURBATEUR. L’élève connaîtil mes attentes ? Les comprend-il ? Sait-il comment s’y conformer ? Est-il intéressé par l’activité ?
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LE CONDITIONNEMENT OPÉRANT. Utiliser abondamment le renforcement positif.
LES MOYENS D’INTERVENTION •
Présence physique (se déplacer dans la classe) ;
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Indices non verbaux (garder le rythme de l’activité, mais signifier qu’on a vu et qu’on désapprouve) ;
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Rappel verbal discret (dans un moment où on peut s’adresser seulement à l’élève qui dérange) ou direct (à haute voix devant la classe) ;
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Intérêt pour les comportements adaptés chez les élèves (sans faire de favoritisme, mais plutôt en valorisant un comportement positif que tous peuvent reproduire) ;
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Distribution sélective de l’attention.
NOTE : L’attention de l’adulte est primordiale pour les tout-petits ; une intervention très efficace consiste à moduler le niveau d’attention donnée à un enfant selon qu’on approuve ou non son comportement. Cependant, plus les enfants avancent en âge, plus cette attention perd de son importance au profit de celle provenant des pairs (dès la fin du 2e cycle du primaire).
NON À L A PUNITION, OUI À L A « CONSÉQUENCE LOGIQUE » ! L ES I NC ONVÉNI ENTS D E L A PUN IT IO N
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Risque de renforcer un comportement fautif en y accordant trop d’attention, alors qu’il serait plus constructif d’enseigner un comportement de substitution ;
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Crée un climat hostile, malsain (effet propagateur) ;
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Entraîne dépendance et déresponsabilisation (à titre de preuve, la classe se désorganisera dès que l’enseignant s’absentera, preuve que les comportements appropriés n’ont pas été intégrés) ;
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Compromet la relation avec l’enseignant (provoque ressentiment, désir de vengeance) ;
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Punition = agression. Vise la personne et non le geste, ce qui a un effet dévalorisant.
P RÉFÉRER L A « C ONSÉQ UE N C E LO G IQ UE » Il s’agit d’une conséquence qui va dans le sens de l’apprentissage du bon comportement : on peut proposer à l’élève un « comportement incompatible avec le comportement fautif » (par exemple, lui donner une responsabilité durant la période où il chahuterait normalement).
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Dans l’impossibilité de trouver une conséquence logique, demander des suggestions aux élèves eux-mêmes ! Cette attitude favorise la complicité entre enseignant et élèves tout en responsabilisant ces derniers.
INEFFICACITÉ DES SYSTÈMES D’ÉMUL ATION (RÉCOMPENSES) De tels systèmes sont souvent inefficaces et parfois contre-productifs si ceux qui n’y ont pas accès sont toujours les mêmes (dévalorisation). Souvent, les renforçateurs (récompenses) sont trop peu fréquents et trop éloignés des comportements visés pour avoir un effet quelconque. De plus, trop souvent, les récompenses ne présentent aucun lien avec les comportements à adopter.
GESTION DÉMOCRATIQUE DE L A CL ASSE Il s’agit d’une pratique qui se rapproche beaucoup de celle de la médiation de nos jours : la cocréation. Cette gestion remet du pouvoir entre les mains des participants et des participantes.
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Les enseignants qui permettent à leurs élèves de participer aux décisions les touchant, qui posent davantage de questions en classe, qui suscitent les débats et les échanges, qui favorisent la coopération entre les élèves et qui installent un climat de respect, ont des effets positifs sur l’acquisition des valeurs démocratiques chez leurs élèves. 5
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D’après Jean Archambault et Roch Chouinard, Vers une gestion éducative de la classe , Chenelière Éducation, 3 e édition (2009). Ibid., p. 103. Ibid., p. 104. Ibid., p. 106. Ibid., p. 148-149.
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