GUIDE Guide général (pour tous les publics)
F O R M AT I O N D E S A R T I S T E S - M É D I AT E U R S D E L’ O P É R A D E M O N T R É A L
CONTENU DES ATELIERS ET OBJECTIFS ÉDUCATIFS Q U ELS SONT NOS GUI D ES DA N S L’É L A BO R AT IO N D U C ON T ENU ÉD UCAT I F?
√ Activités qui vont dans le sens du programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) ou d’un autre programme éducatif édicté par le Gouvernement du Québec, lorsqu’applicable.
√ Activités qui s’appuient sur les meilleures pratiques en médiation culturelle, pour chaque public.
√ Activités qui représentent qui nous sommes à l’OdM : une compagnie créative, engagée envers les artistes locaux, pionnière en action sociale, engagement citoyen et renouvellement des publics.
√ Activités qui mettent en valeur notre matière première : l’opéra !
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L’opéra est musique, mais aussi chant, poésie, théâtre, danse, beaux-arts. Sa nature intrinsèquement multidisciplinaire invite ainsi à une expérience multidimensionnelle, tour à tour esthétique, humaine et sociale. Esthétique par la beauté de la musique et de la voix chantée ; humaine par ses histoires qui émeuvent au plus profond de nos âmes ; sociale par les frontières culturelles que l’opéra contribue à éradiquer par l’universalité du propos chanté. 1
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Pour nous, à l’OdM, l’opéra est vraiment défini comme « art total ». Cette définition ouvre la possibilité d’aborder toutes les expressions artistiques qui y convergent, multipliant ainsi les possibilités éducatives.
Impact opéra : Programme d’action éducative et sociale, Opéra de Montréal, 2019.
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QUE DEVRAIT CONTENIR UN ATELIER? P O U R TO US LES PUB LI CS, P O UR TO U T E FO RM E D ’AT E LIE R :
√ Faire vivre une expérience esthétique à partir de la VOIX CHANTÉE Interpréter des pièces musicales ou des extraits, donner des exemples musicaux, etc. C’est ce qui nous distingue ! Si le contexte le permet, cette voix chantée sera lyrique/opératique. Cependant, en fonction des publics et des projets, elle sera modulée pour s’approcher d’un style musical permettant d’intéresser davantage les participants : par exemple, au secondaire, on utilisera parfois une technique de chant plus pop, pour faire le lien avec les références culturelles des jeunes ; au préscolaire, chanter des comptines avec une voix opératique n’est pas toujours approprié ; ou avec des autistes ayant des sensibilités auditives ou émotionnelles exacerbées, une voix douce ou demi-voix sera parfois de mise.
√ Faire vivre une expérience esthétique à partir de l’ART DRAMATIQUE Il est aussi obligatoire que chaque atelier laisse de la place à l’art dramatique, autre composante essentielle de l’opéra. Cette expérience se vit par l’intermédiaire de personnages, d’émotions, de mises en contexte et d’histoires (racontées, écrites…). Des exercices ou liens avec le jeu théâtral seront intégrés aux ateliers.
√ Créer un espace de valorisation de la subjectivité Dans le contexte d’un groupe (en milieu académique ou ailleurs), il arrive que certains participants ou participantes aient inhibé l’expression de leurs émotions et de leur subjectivité pour se conformer aux exigences disciplinaires ou à la dynamique du groupe (regard de l’autre). L’atelier devrait tendre à créer un espace où l’expression des émotions, des imaginaires, des jugements et des critiques est permise et valorisée, à l’intérieur d’un cadre sécurisant, en dosant spontanéité individuelle et coopération/conscience du groupe.
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√ Proposer des exercices participatifs Proposer des activités participatives facilite l’acquisition de compétences spécifiques à l’opéra, adaptées aux besoins et aux intérêts des membres du groupe et transférables à d’autres domaines de leur vie. Notre objectif est que tous les moments d’un atelier soient « participatifs », dans le sens où jamais on ne peut se passer de l’engagement des participants. Lors d’un extrait chanté par l’artiste-médiateur, par exemple, l’attention du groupe est une forme de participation ; une consigne d’écoute peut renouveler cette attention et transformer un moment passif en activité orientée vers l’action.
√ Aménager au moins un moment pour la création Suite et couronnement des exercices participatifs, les espaces de création permettent la mise en commun, le partage des savoirs et leur mise en dialogue ; ils sont l’application du principe d’égalité des intelligences, partant de la prémisse que tous peuvent apporter quelque chose de valable à la construction. Un segment de l’atelier devrait donc toujours être aménagé pour permettre aux participants d’en contrôler un aspect. Dans le cas des processus de cocréation, ce segment occupera sûrement une grande part du temps alloué.
√ Faire des liens À la première rencontre surtout, demander aux membres du groupe ce qu’ils connaissent déjà de l’opéra et bâtir sur leurs réponses. À la fin de l’atelier, proposer des pistes pour aller plus loin. Se référer à la trousse pédagogique, si disponible. D’habitude, la trousse pédagogique présente des activités préparatoires à réaliser avant l’atelier, et des activités pour aller plus loin, à réaliser après la visite de l’artiste.
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√ Tenter de partager un minimum de connaissances théoriques : les « connaissances théoriques typiques de l’opéra » Bien sûr, il n’est pas utile de tout aborder : une sélection peut être faite par l’artiste-médiateur selon les intérêts du groupe, le but n’étant pas de bombarder les participants de connaissances, mais plutôt de leur donner des outils, des clés qui leur permettront de mieux apprécier le genre opératique, d’enrichir leurs jugements et leurs goûts. Ces connaissances n’auront de sens (et ne seront intégrées) que si elles sont mises en application immédiatement par une activité. Par exemple, si on parle des langues chantées, on s’attardera à voir comment la langue influence la prosodie, le phrasé, etc.
• Ce qu’est un opéra (théâtre chanté, histoire mise en scène et chantée) ; • Où et quand l’opéra a été inventé, dans quelles circonstances ; • Les langues le plus souvent entendues à l’opéra ; • Les types de voix ; • Les termes spécifiques (libretto, diaphragme, coulisses, fosse d’orchestre, etc.)
• Les métiers à l’opéra 2 • Les éléments de la technique vocale (cordes vocales, voix de tête, appui, résonateurs, etc.)
• Les fondements de l’interprétation théâtrale (émotions, construction du personnage, etc.)
√ Autres principes généraux • Planifier son atelier le mieux possible, mais savoir que l’imprévu est le propre de la médiation. Nous avons l’avantage (malgré l’insécurité qui en découle !) de bâtir sur les réactions des participants et leur apport à l’activité. Prévoir du temps pour les questions et les commentaires, qu’on essaiera de considérer au moment de leur émergence. Cette liberté de suivre le groupe dans d’éventuelles digressions est une distinction majeure entre médiation et enseignement.
• Avant une première visite, contacter le ou la responsable du groupe pour savoir à quoi s’attendre et avoir une idée plus précise du public à rencontrer. Ce contact est l’occasion de rappeler qu’une médiation réussie se base sur un partenariat entre le médiateur et la personne responsable, qui a un rôle majeur à jouer (avant, pendant et après l’activité) pour favoriser l’implication de chacun et chacune dans l’activité.
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2 Voir https://www.operademontreal.com/des-metiers-passionnants et la vidéo « Visite à l’opéra », https://www.youtube.com/watch?v=8-IzHd7L0HY&t=640s.
√ Autres principes généraux • Dresser une liste des choses à vérifier en arrivant sur place (ex. : projecteur, système de son, aménagement de la salle, etc.)
• Alterner entre activités stimulantes et apaisantes. Par exemple, à la suite d’une présentation à l’écran, on peut passer à des exercices d’échauffement physique ; inversement, après une activité d’improvisation théâtrale, on peut proposer une activité de métacognition, d’objectivation du vécu.
• Planifier des changements d’activités (cassure de rythme) à intervalles réguliers pour renouveler l’attention. Voici un repère utile en ce qui concerne les enfants : le nombre de minutes d’attention consécutives dont ils sont capables pour une même activité équivaut environ à leur âge (par exemple, un enfant de 5 ans pourra probablement rester attentif durant 5 minutes avant qu’un changement d’activité ne soit nécessaire).
• Chanter le moins possible avec les partitions pour favoriser le contact avec le public. Donc, utiliser du répertoire déjà appris et maîtrisé.
• Au chapitre de l’habillement, garder en tête qu’une tenue propre mais décontractée facilite le contact et contribue à donner l’image d’un art accessible. Se sentir bien soi-même dans ses vêtements, en fonction du contexte de l’atelier, permet de dégager bien-être et confiance, ce qui est immédiatement perçu par les participants et les met à l’aise à leur tour. On peut aussi arriver costumé, pour stimuler leur intérêt et leur donner un avant-goût de ce qu’est l’expérience complète de l’opéra. Avec les tout-petits en particulier, revêtir un costume est un atout, compte tenu de l’importance que revêtent chez eux l’aspect visuel et l’imaginaire.
• Tenter d’apprendre rapidement le nom des participants, surtout si on pense les revoir souvent. Pour se faciliter la tâche, dans certains milieux, on peut demander une feuille de noms des participants et participantes avec leur photo.
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√ Autres principes généraux • Pour toutes sortes de raisons, des personnes ayant des limitations fonctionnelles peuvent être présentes dans le groupe sans s’afficher comme telles (exemples de limitations fonctionnelles difficilement perceptibles : troubles du langage, handicaps visuels et auditifs, etc.). On peut s’en enquérir à l’avance auprès de la personne responsable. Malgré tout, il importe de créer au sein du groupe une attitude d’écoute constante de façon que tous les membres aient les moyens de participer activement aux ateliers. Quelques pratiques d’accessibilité sont donc à encourager :
¤ Si on présente des documents à l’écran ou au TBI/TNI 3, choisir une grosseur de la police d’affichage adaptée à la taille de la salle et/ ou distribuer un document imprimé qui reprend les informations projetées.
¤ Si on présente des extraits audios, s’assurer auparavant que le réglage du volume est adéquat : ni trop fort (sensibilités auditives), ni trop faible (handicap auditif).
¤ Éviter de se placer à contre-jour ou devant une fenêtre pour faire une présentation (sensibilités visuelles).
¤ Trouver une alternative aux jeux dans lesquels on demande aux participants et participantes de discerner une couleur (daltonisme, ≈8 % des hommes et <1 % des femmes).
• Dans le groupe, il peut aussi se trouver des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale et qu’une activité stimulante émotionnellement peut déstabiliser. Dans le cas très peu probable où une personne manifesterait une détresse psychologique en cours d’activité, il est normalement de la responsabilité de la personne chargée du groupe (enseignant, accompagnateur, membre de l’équipe de soins ou autre) de redresser la situation pour que l’activité se poursuive normalement. En l’absence de responsable, le médiateur ou la médiatrice doit écouter, se fier à son intuition et tenter de parler à la personne – autant que possible à la pause ou à la fin de l’activité –, lui demander si elle va bien, si elle souhaite en parler. Il convient également de se poser la question : « Est-ce que je me sens à l’aise en la laissant partir seule ? » Si ce n’est pas le cas, lui demander si quelqu’un vient la chercher et tenter de la mettre en contact avec cette autre personne. En dernier recours, appeler le 911.
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3 Sigle très utile à connaître, utilisé dans les milieux d’enseignement pour désigner le « tableau blanc interactif » (TBI) ou « tableau numérique interactif » (TNI).
• En contexte éducatif, toujours garder un moment à la fin pour la déclencher la métacognition (activités de retour sur l’atelier pour favoriser l’intégration et la mémorisation). Pour ce faire, utiliser des questions ouvertes : « Raconte-moi ce que tu as appris, retenu ? Des choses que tu as aimées, ou pas aimées ? Pourquoi ? Quelle a été ton activité préférée ? » Etc. 4
• Une fois l’atelier terminé, les élèves qui viennent voir l’artiste-médiateur sont souvent ceux et celles qui ont le plus aimé l’atelier et qui ont le plus de mal à exprimer leur appréciation en public. Il faut avoir le temps de les écouter ! Ce moment fait encore partie de leur expérience de l’atelier.
4 Pour la distinction entre questions ouvertes, semi-fermées ou fermées, voir le guide « Questions ouvertes » dans le Padlet.
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