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RE T S E M I R T 3 /   7 2 ° N E

29 rue E 9 2 2 3 0 Gd m o n d d a r ∫ o i s e n n e v il lie r s T 0 1 47 9 0 49 0 3 F 0 1 47 m s o lg e n 3 3 6 0 9 3 n @ fr e e. fr

AGRÉÉE PAR LA FONDATION ABBÉ PIERRE

LES GENS DE L’OUBLI

maison de la solidarité

IR A M M O S 2008 /

uei l lis des acc s e g a n Témoig e p. 2 /3 éc r itur  Atelier  » e y a i è re p « Prem rc h o n s p. 4  ous che v s u o N e m e nt s Financ

du ∫onheur quand même !

ET POURTANT !!! par Régis Toulemonde, président

On pourrait craindre qu’il ne se passe jamais rien à la Maison de la Solidarité ou tout au moins jamais d’évènements positifs, dignes de réjouir les cœurs des personnes accueillies et des équipes accueillantes. ET POURTANT, détrompez-vous ! Ces moments de bonheur existent et notre journal veut vous les faire connaître. Notre Maison est effectivement un centre d’accueil de jour pour des personnes en grande difficulté et victimes d’exclusion et de solitude. Alors, chaque jour amène son lot de souffrances, de misères, de déceptions, d’échecs. Chaque jour, il faut chercher d’urgence des hébergements de nuit, renouer les contacts, poursuivre les accompagnements individuels, et encore accomplir mille choses. Chaque jour, il faut accueillir, écouter, réconforter, soigner. C’est vrai ! On pourrait donc se demander ce qu’il en sort et si les rayons du soleil arrivent parfois à percer ces sombres nuages.

Une histoire vraie Nous nous sommes rencontrés devant le magasin Carrefour, l’endroit où, comme vous le savez, beaucoup de gens se croisent, s’arrêtent, se saluent et racontent leurs petites et grandes histoires… Il vint au devant de moi, je savais que je le connaissais, mais ma mémoire vieillissante (comme moi d’ailleurs), ne me permit pas tout de suite de l’identifier. « Bonjour » me dit-il avec gentillesse et chaleur « comment vas-tu ? comment va la Maison de la Solidarité ? »

Et pourtant oui. Parce que chaque jour, les équipes des salariés professionnels et des bénévoles sont là, présentes, pour accueillir. Et cet accueil donne des résultats, certes parfois lentement. Pour cela, il faut être disponible, assurément positiver, à l’écoute de l’autre, mais aussi accepter l’autre, tel qu’il est, avec ses différences et faire preuve de compréhension quant au désordre que peut engendrer la misère. Et pourtant, là encore. Le ciel n’est-il pas couvert d’étoiles qui brillent et scintillent ? Certaines sont plus lumineuses que d’autres, certaines s’allument le temps d’un instant puis disparaissent aussitôt, mais toutes illuminent, rendant la nuit moins austère et plus humaine. À la M.S., ces étoiles sont les bonnes nouvelles, les grandes et les petites, qui procurent toujours autant de joie et d’espérance dans les cœurs. Chacun se sent concerné, accueillis et accueillants.

Voilà ! bien évidemment, c’est dans ce lieu que nous nous sommes connus… mais il y a déjà un certain temps. À mon tour, je lui ai demandé de ses nouvelles, comment il allait ? quelles étaient ses occupations ? pourquoi je ne le voyais plus dans notre maison d’accueil ? Il m’a regardé toujours gentiment et il m’a dit avec une certaine assurance, presque avec fierté : « Non, je n’y vais plus désormais car je travaille ! ». Il a dit cela d’une telle façon qu’on sentait bien qu’il ne s’agissait pas d’un emploi précaire, mais d’un vrai travail. Je lui ai serré la main fortement et lui ai souhaité bonne chance.

Bien sur, il y a l’étoile du berger, la plus grosse, la plus étincelante, celle que l’on repère tout de suite, comme la signature d’un contrat de travail, la régularisation des papiers ou l’obtention d’un logement. Elle confirme une étape très positive. Mais il y a aussi la multitude des étoiles filantes qui brillent le temps d’un éclair, celles qui laissent des traces sans, pour autant, qu’on en parle. Comme pour cette dame, épuisée, qui entre pour la première fois dans notre centre et qui apprend qu’il n’y a pas d’hébergement de nuit ici. Elle en est effondrée et exprime alors sa grande déception en insistant sur le fait d’être renvoyée de foyer en foyer. Puis Stéphane, le responsable d’accueil, lui ayant pris ses bagages, elle remercie pour l’accueil chaleureux. Elle était alors souriante et soulagée. Une étoile filante. Pour elle aussi : Et pourtant ! Alors, lisez-vite ce journal qui raconte, parmi tant d’autres, quelques joies partagées. Et pour la première fois, notre journal sera imprimé en quatre couleurs grâce à un prix intéressant de l’imprimeur LNI à Gennevillers.


rine 008 Victo En mars 2 CI » dire « MER eillis pour u c ans c d a e x é u n a mpag repas o n c u c r a ri t ff n o o t vien x qui l’ n et à ceu à la Maiso les. sur ses batail de 8 mois é b é b n o s s voir tin, ée un ma Victorine vient nou iv rr a t s e SAMU ns. Elle ri par le Agnès 2 a ns b t a a l’ e d e à , tr e e n c is e .M le v s deux n Fran ne lessive 1 avec se    u le e u « Je vis e . Je suis avec ir rm fa o r F nnée pou tel e abando as ris à l’hô nt, ois ans m a r e P t m e m fe is d e s e l u d u p ia ,p soc nne, de alheure s ire banale e, pas de papiers n parisie deux enfants. M jour n’étant pa tes. Histo vie, ru ti io e e la g p d , é e n r o in la pagn t ple nt s re sé a m mes e t t o t o c s e e e n n m i r , o r i e s m a r il r à ses fic par ma ne fe mon m n va fonce n est dif ravail de mon Cette jeu o .. io t. r. t e lo a c u n u o b it fo t de de petites notre s risé et le ies... envie eillera les v u la n c c u ’e a d g s e é r ré in rches. ple in G encore ses déma est ciation Ple e o s ir ss e a s fa L’ o . . a s h e ir c tre de e côté es précair rine : un ti e Victorin indre d nfants qui u to o q ic V t m r n a u la o d p n pe se hie vers qui que ent, me tine. J’étais Intervalle tape franc e cadre s é n c é o r re s ti p iè a n ci a m ’à o d n Pre ass qu r C.D.D., C’est ble. Jus pas droit à la ca des ois mois. L’ i offre son premie r, ia tr c e e é d n r r u p u p je jo lu sé nt fecture dé très a e la s orientée aine. Retour à la Pré , n’avaie r, à l’heure du d n le o n v o a c l’ io é t s l’ n u e no ve em vont à apport ’un an. à l’inter nt comme ures par s de leur e séjour d elques he t, grâce d e u n e v q e tr u ti e m n obligée p le u oche : enfants au tarif hs ! Fina C.D.D. en p pliqué. sandwic de l’école, mes de la cantine c’est com t la t, n r e e ie ic m c r t m fi c’es ide né Direc repas év er. Donc tres, bé u in s a is le u c s e r le n u e o d qui va P nts tous impossible on de la Solidarité es enfa l, m te l. ô e t e h n u l’ u e q is À uv on Abbé Ma oi habit . Entre la pour m nt plus qu’ils pe la Fondati le e t il d n u s e ro n b o m é b d ux ourses, et uta ulage ir grâce a ront de faire des c inés, d’a tres de loisirs ! n Quel so te im u r o c s is la ett durant la cen lus d hez nous i lui perm c u soient p admis dans les q re , . d e e n rr ic re ie r P nt p ect Populaire re qu’elle vie bricole. Le Secours i à la dir t à la s aussi êt c a r p e re s M . le n ée en é du Cœur ivernale, o amélior idée, notamm ation Béb h ci t o e s d ss ’e o a s ri L’ . é n p s du Cœur. nt a utio a vie . Les Resto sa contrib s Ainsi, m us ceux qui m’o e e h rt c o u p o p c a to é!!!» annage en Merci à Solidarit our le dép ciatif est mobilisé. p la e d n asso Maiso s Le réseau on d’Agnè l’inscripti r, d e n n a e u m q sà urs simple ie de s bataille pas toujo Il reste de , sort e ll e rn mate l, et puis la te ô H n u à l’école ns micilié da soi... on est do table chez ri é v n u rs e v l’ hôtel,

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é… Solidarit on de la is a … M s ü la Merci, n Emma Fondatio Merci, la re … e que bbé Pier e pensé m ê m Merci, l’A la oins avaient isère, m s m e e u d iq t s li des in o Si les p re, y’aurait mo pas que a ’ y , r F ie e SD de jour l’Abbé P moins d ent les accueils , s r u e n suis de chôm s qui fréquent , moi j’e n o N r . ie e rr malgré sans-pap Abbé Pie dix ans, n e io d t r a u d n jo é e à la de la Fo titre de s ais grâc n m u i r e a J’ is . il Pierre s t ab l’exemple ion Abbé s à me t a a p d n is o a F ieu t la ça j’arriv ça va m lidarité e t o n S a n la e e t d in Maison a r re , m a sse la b t . e r d e r je en b e a u co u moralem donnez , sur tout s n e y o m er d’aut ez des pour aid n n r, o ie d c n , s a galère fin Alor rtir de la sur tout o t s e l e d ie r é ie mat nt env es qui o personn è re . é. de la mis Solidarit la e d n o Mais aü s . Merci, la ion Emm t a d n o F Merci, re . bbé Pier Merci, l’A

se sont sagement limi tés àc e qui leur paraissait possi∫le p a s. d ’ u n n’ont é c n a v a l u e s s i a m a j

»

e Mikhaïl Bakounin

CELIA :

Elle avait pou maison en oc ssé la porte de la tobre 2007. parisienne ac Un retour ap longue abse compagne 25 rès une nce. Elle lan femmes ; héb su ivi psycholog ça it la galère, l’a ergement, d es S. ique, ateliers O .S . La rue, lcool, la cure , insertion pro nelle, vie colle de sevrage d établissemen fessionct iv e sont les outils ans un t du nord, la p sition. mis à leur dis erte de tous se son fils qu’elle pos papiers, ne voit pas, l’é chec de la cu n’allait pas re. Elle bien physiqu Célia viendra ement et m Cela dure dep y poser son sa oralement. uis plusieurs c fin novembr y vivre, se recon an n ées. Elle parla une grande lu e, pour struire, physi it avec cidité, de son qu qu ement, psych em en en t, cette dépend vi so e ci d ologial ’ em EN ent, professio sortir, de ance, de son accepté les co nnellement. El auto destruct plusieurs entr n tr le a ai n io tes liées à son n. Après etiens, elle dit structure d’acc entrée dans ce « être prête ». à la rue a été u ei tte l, où la durée d Le retour le coup de sem limitée dans le u séjour n’est once. Un ren en urgence à te p m as ps. dez-vous l’Hôpital Beau jon auprès d des maladies u service addictives, où Fin mars 200 le docteur Ba son équipe vo 8, un jour de lester et nt l’engager su beau soleil Cé la Maison de r un nouveau lia arrive à la Solidarité, rayo chemin. nnante, pomp elle est transf Ce sera vers l’H onnée, or m ée physiquemen ôpital Goüin regarder pour t. Il suffit de où elle va fair Elle y passera sa vo la ir e qu’elle va bien sa cure. trois semaines vous dire mer mieux. « Je vien , appelant d en temps pou ci , et s pr e temps endre mon sa r donner de se Je vais bien. Je c en bagageri s nouvelles. Il penser à l’aprè su is e. vr fa aiment heure ut déjà s et à l’espace réinsertion pr use, j’entame capable de l’a pour ne pas la ofessionnelle. la ccueillir laisser retourn Je sais que to pas réglé enco er là d’où elle ru e. Ce sera u t re n’ , es qu t e vient, la je suis encore Cœur de fem me sens bien mes une asso fragile, mais accueille des là -b as ci je , at et puis... J’ai re ion qui femmes au p vois une fois pa vu mon fils, je arcours semé ches, de galè r semaine, et je le d’embûres, de souffra suis fière qu’il comme ça et je nces. Cette as me voit sais qu’il est fi sociation er de moi ». « Se reconstru ire, c’est un parcours diffi il suffit parfoi cile, mais s de prendre tous les chem possibles ». ins des

Aj’aSvaisSuOn UtraAvaDi

ma bien… Puis ita sp o h j’ai été n ce li  : e it très v at… galères, squ d Pourtant, je l à corporelle à e Le bouch la Maison de l’ t n concerna

s Depuis, tou , e tt e il ma to à tout le mo e de nouvell u e li ce que surtout pas à petit. »


DI :« Je séjourne en France depuis 2003…

eureusement, ma situa tion n’est pas encore arisée et mes condition s de vie sont difficiles. alité, sans l’Abbé Pie rre, c’est-à-dire sans la n de la Solidarité, et les Restos du Cœur, elle encore plus intolérable. urs du mois de févrie r 2007, j’ai séjourné nt un certain temps da ns un foyer Emmaüs. occasion, j’ai découvert l’existence d’Ateliers au Pré-St-Gervais. On y apprend différentes és culturelles et artisan ales. J’ai tout de suite ré par tout ce qui a été proposé. J’ai fait de la e, de la gravure sur bois et sur lino, participé fection d’objets en cuir et fait également de ueterie.

venu pour moi une ac tivité très importante journalière, elle est so urce de bonheur, de ement… en réalité ell e m’aide à vivre ! »

s é a e, u x,

Rachida :

NATHALIE

 :

de la Soli « En arr darité, c ivant ’était le sur un p calme pla à la Maison aquebot t. … y’avait fenêtres des chais Je me croyais et es blanc des chais des portes. Les c hes, des haises b es longu lanches, es. Les fe les cabin c’était n ê t re s e e s . Le s p t po ots s a u ve t a g e. Le hau de fleurs, c’était rtes, c’était t de la M le c’était le aison de s canots de h au t d u la Solida paquebo c’était p our rité, t . Le t uy au d’arr chat de la laver le pont . Y osage, ’avait un cuisinièr chat, c’é e. tait le Le capita ine du pa quebot, c Stéphan ’était Cla e, udine ; l’ stewart, l’ hôtesse de bo amiral r c’é d, Il y avait tait Fatima, et H c’était Chantal ; la au achoum a, et des fo ssi des passage rs pas to l’infirmière. is c’était ujo la y’avait to ujours le tempête mais h urs faciles ; e capitain l’ hôtesse e Claudin ureusement, pour que e et l’am le paque iral bot ne ch avire pas et Mais en . réalité c d e s t ab ’était ju les et d ste une es chais maison chaleure es. C avec us hiver po e… c’est pour acc ’est une maiso n si ur donn ueillir en er de la journée, hommes chaleur et en et des fe dans le mmes qu cette ma cœ u r d e i n’ont rie ison n’ex s n à man isterait s Pierre, n ger. Et ûrement i sans s p as, sans l’ es béné accueilla voles et ab b é nt . » son per sonnel

up, t re s e et

ment, tre en bâti in e p is ta é « J’ plutôt a vie allait m t, n e m e g lèmes, il, un, lo e gros prob d sé o p ’a tout va santé m mps. Et là, te in a rt ce ement, alisé un e mon log d e rt e p t, nciemen

Cerise sur le gâteau : l’associa tion Intervalle, contactée par la directrice de la Maison de la Solidarité, lui signe une promesse d’embauche. Avec ce document, elle peut espérer accé der à un emploi et régulariser sa situation adminis trative. Rachida a déployé ses ailes avec la forc e d’une maman portée par son enfant et grâce au réseau qu’elle a su mobiliser avec le désespoir d’une mère … Sur le chemin de la vie, à n’en pas dou ter, demain leur appartient… »

e une hygièn ent garder . m té lu n so sa b a es de dois es problèm m la e d r ri e v it la su décou permet de es attentes oreille me m à répond e ll e  ; té ri a Solid ’hygiène. on faire e à la Mais ss a p je s, n njour s les mati éjeuner, bo d tti e p n o hes vers prendre m mes démarc e ir fa rs a p science onde, et je ai bien con j’ is a M s. ne faut es aventure ge et qu’il a ss a p n u r ant petit u doit reste n s’y install e té li ci fa s céder à la

en France st arrivé e n h Jo « 65 ans.Ils ait alors v a Il . 0 0 20 enfants mme en leurs trois s déjà. e d x u avec sa fe e d quinze an nt ainsi retrouvaie s notre pays depuis les Chinois, la ur an installés d t les peinait car po riorités. n e e m d e n ante s p L’éloig lus import p la t ur des s e famille urope po E n e é g rendre voya ire comp eaucoup fa b e a S n . s h Jo arrive. elle mais on y rofessionn s p é lt s u n c o fi is if ra e pose es d tre pays, s u toujours d a te n n u e s s n ré p da . Alors pour vivre tégration , in e l’ tr n e o d c r Pa donne stion t la que rquoi il se tout n u e o p m e n ll h e ré à Jo , il répond demande le français re quand on d n e et que, re p al à ap e en Franc it m b e a d h t j’ n e ta urant e qu être au co nt : « Parc ir e o v m u le o p p x im s il. Pour veu s d’accue quent, je y é a s p n o c u d r a s p ucoup, me parler bea dre, ds problè , p n u ra o g c u s a e e d rb pren t bavarde coup. Ap cela, il fau p et écrire beau st tout. » cou encore. C’e lire beau re d n re p p et a ucoup avec bea apprendre te o d c e t il a e an douche e nter cett a o c m ra s n e a d resté Et ssé d : « J’ai gli clinique où je suis uer r u o m u d’h la xpliq mener à is-je pu e fallu m’em rs. Comment aura e rnell ? » jou gue mate n la plusieurs a m s urs dan mes doule

JohN :

D :

« Ils sont arrivés un jeudi matin du mois d’avril… Ils, une ma man courage et son adorable bébé de deux mois. Histoire d’amour ordinaire sur fond d’abandon. Rachida rencontre le futur papa alor s que ce dernier est en pleine procédure de divo rce… Les familles respectives de nos deux tourter eaux s’accordent pour qu’un mariage religieux pui sse les unir sur la terre de France… Moment furt if de bonheur et d’espoir… Un bébé viendra ciment er cette union… C’est en plein tribunal, que le mo nsieur annonce à Rachida qu’il renonce au divorce et qu’il souhaite conserver ses deux compagnes . Rachida est effondrée et refuse de se perdre dans cette histoire non exclusive. Le papa annonce alors qu’il ne peut prendre en charge les loyers des deu x couples… Rachida se retrouve à la rue ave c son fils de deux mois… Elle navigue d’hôtels en foyers d’urgence… Un aumônier de La Rampe lui indique le chemin de notre Maison. C’est dans cett e précarité qu’elle pousse la porte avec son fils blot ti dans sa force… L’équipe se mobilise pour gérer l’urgence… Petit à petit, la jeune maman et son fils pre nnent leur place dans notre structure… Le bébé sou rire passe de bras en bras et émeut jusqu’aux plus endurcis… La maman s’investit pleinement dans la vie de la Maison tout en poursuivant des dém arches ardues… La chaîne de la solidarité fonctionne à plein régime… Une poussette arrive comme un cadeau de Noël pour la jeune maman et son enf ant, bientôt suivie par un siège bébé…. Jour après jou r, à force d’envie et de volonté, le vent balaye leur ciel d’orage… Une place se libère au centre ma ternel d’urgence de Meudon ; elle constituera une étape importante pour poser leur errance et sou ffler. L’association Plein Grés se mobilise pour accueilli r en septembre ce bébé sourire.

uis, in d’enn « J’ai ple nt que uelleme t c a s lu p i pas un peu reparlera e r n o e c s n u e o v e peut-êtr ais je ne ment, m m e d é c é pr ’hui. dans aujourd va mieux is ! i u q e c t en nça ai seulem en mieux en fra des r e t n o c a prends Je vous r parle de mieux rts car je ent mais o je ff  : e ie s v e a m m de m égulière résultat te très r ée à la Maison de is s C’est le s a j’ ls donn xque cours au à l’aide qui m’est i s s u grâce a ux ! rend mie e rité ! a p d m li o o c S e la e part d x, on m ds mieu ieuse ! une petit n e r p m o Je c préc e facilité C’est un … ! » bonheur

RABAH :


NOUS VOUS CHERCHONS La Maison de la Solidarité fût créée il y a maintenant treize années par un certain nombre de personnes représentant des organisations humanitaires. Elles souhaitaient donner un lieu d’accueil, même passager, pour les personnes en grandes difficultés qui ne savaient où « se poser »… faute d’endroit pour le faire.

PREMIÈRE PAYE par Olivier Pasquiers, photographe

La Maison de la Solidarité de Gennevilliers bruisse des femmes des hommes qui la fréquentent au quotidien ; les accueillis, les salariés, les bénévoles. Hommes, femmes, certains sont jeunes, d’autres sont à la retraite. Les salariés (animateurs, travailleurs sociaux), y exercent leur métier. Mais les bénévoles ? Mais les accueillis ? La question du travail ou de l’absence de travail (volontaire ou subie) ; travail rémunéré ou non rémunéré, est au cœur même d’une telle Maison. Je viens poser la question de la première paye à ceux qui sont là, dans cette maison jour après jour. Qu’avez-vous fait avant d’être bénévole ? Quel était votre métier, quels sont vos savoir faire. Je poserai cette question à ceux qui ont quitté leur pays pour venir sans papier à Gennevilliers ; à ceux qui viennent là régulièrement pour être parmi les autres, à ceux qui ont choisi d’être au service de cette association d’aide. Par la photographie, par la question posée à chacun(e) de sa première embauche, de sa première paye, je veux tenter de rendre visibles les intelligences qui font de ce lieu d’accueil un lieu d’échanges possibles.

Youssef 

« Je suis né au Maroc. À 19 ans, je préparais une licence de philosophie et sociologie à l’université Mohamed V de Casa-blanca : j’ai trouvé une place comme livreur ; coursier, vaguemestre plutôt. J’étais chargé d’aller porter le courrier pour une société qui vendait des pièces détachées automobiles, la société Doukhali. J’ai fait cela pendant une année. Je gagnais 800 dirhams par mois. C’était de l’argent en plus de la bourse d’étude à laquelle j’avais droit, mon père étant un ancien combattant de l’armée française et ayant combattu pour la libération de la France. J’ai eu ma licence mais je n’ai pas pu avoir de poste comme enseignant… alors je suis entré dans la société de mon beau frère : King Ascenseur. Nous installions et réparions des ascenseurs. J’ai travaillé là pendant dix ans, jusqu’à la mort de mon père. Après je suis parti, j’avais envie de faire quelque chose de plus en rapport avec mes études, d’être avec d’autres gens plus ouverts, plus cultivés. Je suis venu en France en 2002 ; mais c’est difficile. Ici je n’ai rien. Sur les 800 dirhams de ma première paye, j’en ai donné 200 à ma petite sœur Nadia. »

Fathia 

« J’ai commencé à 18 ans, dans une ferme de Beni Mellal, je triais les olives, je devais séparer celles qui étaient mûres de celles qui ne l’étaient pas. J’ai travaillé là pendant deux saisons, c’est à dire deux fois trois mois. Je gagnais 80 dirhams par jour, payés tous les quinze jours. Cette première paye… J’ai vraiment ressenti que j’avais travaillé dur pour avoir cet argent. J’ai donné la moitié de mon salaire à mes parents et, avec le reste, je suis allée m’acheter des affaires. Je me souviens : des souliers, une jupe et des gants pour travailler sans m’abîmer les mains. Après je suis allée travailler à Agadir dans une usine espagnole. Nous mettions en caissettes des légumes. J’ai commencé par couper les queues des haricots verts et à les ranger dans des boîtes pour les envoyer à l’étranger. Là, j’étais payée 150 dirhams par jour et je travaillais toute l’année. Après les haricots, les tomates, les aubergines; quand il n’y avait plus de légumes, on s’occupait des bananes. Je suis restée un an et demi. Il fallait mettre des masques et des gants à cause des produits chimiques qu’il y avait sur les légumes. C’était un travail fatiguant mais j’étais heureuse au début. Nous avions loué une maison à plusieurs ouvrières, nous étions six filles dans la même chambre. Et puis j’ai dû arrêter, je devenais allergique à ces produits chimiques, je ne pouvais plus continuer. Je suis partie en France. Et depuis 2002 je travaille comme femme de ménage. Je regrette Agadir, c’était mieux. Je reçois encore des nouvelles des copines, des lettres de celles qui sont restées là-bas. L’une est gravement malade des yeux, à cause des produits. »

Mohamed 

« J’avais presque 17 ans quand j’ai travaillé pour la première fois. C’était dans l’agriculture, en Corse, pour ramasser les pêches, les cerises… C’était en mai 1968, juste après les grèves. Je venais du Maroc pour travailler. Nous étions nombreux. Nous avions pris le bateau de Mélillia à Malaga puis le train jusqu’à Madrid. Là, nous sommes restés bloqués à cause des grèves, il n’y avait plus de train pour la France. Un car est venu nous chercher parce que, dans notre contrat de travail, c’était prévu : le patron organisait le voyage. J’avais signé mon contrat de travail, après avoir passé la visite médicale imposée par la France, à Casablanca. Enfin arrivé, j’ai commencé par cueillir les pêches, puis les abricots, et après les vendanges, les pommes, les poires… Je gagnais 2 francs de l’heure ; mais avant les grèves les ouvriers agricoles étaient payés 1,50 ou 1,80 francs de l’heure. Avec cet argent je me rappelle bien, j’ai acheté un beau pantalon pour sortir, et une chemise de marque : une chemise rouge. Je suis resté deux ans et demi en Corse, j’ai travaillé sur une plage de nudistes comme cuisinier, c’était ouvert toute l’année, c’était bien payé, il y avait pas mal de pourboires. Et en 1971 je suis venu à Paris, là, j’ai fait 36 métiers : manutentionnaire, aide- serrurier, serrurier P2, carrossier chez Dassault… Et puis, en 1983, j’ai eu un grave accident du travail ; la tête n’allait plus, je suis allé en clinique psychiatrique. Je suis invalide depuis 1987. »

Et c’est ainsi que ce projet prit corps. Tout de suite, se posèrent les conditions du fonctionnement. Celles-ci furent résolues pas à pas par la présence de nombreuses personnes bénévoles aux côtés de permanents dont le nombre a augmenté progressivement selon les besoins. Disons-le franchement, et même avec fierté : sans les bénévoles, il n’est pas du tout certain que la Maison de la Solidarité eût pu exister. Qu’en est-il présentement ? La situation n’est plus tout à fait la même car la nécessité d’un fonctionnement stable, constant et régulier, a renforcé le rôle des permanents, mais pour autant les bénévoles continuent à jouer un rôle nécessaire et irremplaçable. Ils participent à la fonction d’accueil, chacun à sa façon, selon sa préférence, son goût particulier et sa compétence instinctive enrichie progressivement par l’expérience. Ils sont ainsi source de diversité augmentant du même coup le potentiel d’efficacité de tout ce qui est entrepris et vécu dans notre Maison. Amis lecteurs, nous pensons que vous avez maintenant compris pourquoi nous vous racontons tout cela. C’est un appel que nous vous lançons. Un peu, même un tout petit peu de temps que vous passeriez avec nous serait plus qu’utile, disons précieux donc : à bientôt ! Le conseil d’administration

IL NOUS A QUITTÉS Christian Rat fréquentait la Maison de la Solidarité depuis trois ans, en compagnie de son frère Michel. Il nous a quittés aussi discrètement que ses venues dans notre maison. Régis, Michèle, Claudine et Ghislaine l’ont accompagné le 17 Juin, aux cotés de sa famille pour son dernier voyage. Il a été été enterré au Cimetière de Gennevilliers.

HORAIRES D’ACCUEIL lundi - vendredi : 8 h - 12 h après-midis : rendez-vous et ateliers culturels.

SOURCES DE FINANCEMENT ET MÉCÉNAT Fondation Abbé Pierre, Conseil général des Hauts-de-Seine : P.D.I., Politique de la ville, Mairie de Gennevilliers, D.D.A.S.S., Conseil régional Ile de France., F.N.A.R.S. « actions innovantes », BUT International, Fondation de France, IKEA, DRAC ministère de la Culture et de la Communication, Fondation COLAM, Fondation ANBER, fondation «Education pour la Santé des Jeunes», Association APPOS. Merci à notre réseau de partenaires : Ateliers «Santé Ville», Bébés du cœur d’Asnières, Centre 72, Centre Israélite de Montmartre, Croix Rouge, Fondation PSG, Intervalle, Le H.a.v.r.e., Plein Grés, Réseau ARèS 92, Restos du cœur, Secours Populaire Français, Secours Catholique, Sida Paroles, Ville Univers.

Nous remercions tout particulièrement pour leur fidélité tous nos adhérents et donateurs.

LES GENS DE L’OUBLI - n°27 Directeur de publication et président de l’Association Régis Toulemonde Comité de rédaction du n° 27  : Stéphane Barbanchon, Jeanine Boisard, Bernard Legrand, Benjamin Steinberg. Notre joyeuse frappeuse de textes  : Michèle Maffre Notre fidèle correctrice  : Jeanine Boisard Pour toute remarque, contactez-nous au 01 47 90 49 03. Directrice de la Maison : Claudine Muller Crédits photos : © Olivir pasquiers · le bar Floréal, D.R. Conception graphique : Olaf Mühlmann http://design.lgr.free.fr Impression : LNI Imprimé sur Cyclus print 115g/m2, merci à DALUM pour leur soutien. http://www.dalumpapir.dk

Les gens de l'oubli #27  

La Maison de la Solidarité est un accueil de jour de la Fondation Abbé Pierre à Gennevilliers. Ce journal informe donateurs, amis, accueilli...

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