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PLAN-2025-02

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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

IA agentique et délestage cognitif Dave Anctil, Ph. D.

Dave Anctil enseigne la philosophie et l’intelligence artificielle (IA) au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal. Il est également conseiller-expert en IA auprès de la Faculté des arts et sciences de l’Université de Montréal et chercheur affilié à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA).

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Mon rôle de conseiller à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal consiste à essayer d’aider les communautés d’enseignement et de recherche scientifique à s’adapter à la progression rapide de l’intelligence artificielle générative (IAgen). C’est plus important que jamais dans le contexte de l’IA « agentique » (de l’anglais agentic AI). En effet, les systèmes d’IAgen, tels que ChatGPT (OpenAI) ou Gemini (Google), deviennent graduellement des assistants plus autonomes, capables de gérer des tâches intellectuelles plus complexes. Mais que nous dit la recherche scientifique sur le sujet ? Elle démontre pourquoi il est essentiel de bien comprendre les limites de l’IA pour en faire un usage responsable. Mais elle nous prévient aussi contre le délestage cognitif, qui pourrait se

traduire par une perte de compétences et d’esprit critique. DES ASSISTANTS DE RECHERCHE ? Les principaux services d’IAgen peuvent utiliser un navigateur et des moteurs de recherche en ligne, ce qui augmente considérablement leur utilité théorique pour les professionnels. Mais leurs limites pratiques ont rapidement été mises en évidence, notamment leur manque de fiabilité. Cependant, certains services d’IAgen offrent, depuis la fin de 2024, des capacités de recherche supérieures ; elles sont intrinsèquement liées aux modèles de « raisonnement », comme Gemini 2.0 (Google) et les modèles o1 et o3 (OpenAI). En divisant la tâche et en supervisant leur processus, ces modèles « raisonneurs » commettent

En effectuant de nouvelles tâches techniques et intellectuelles à notre place, l’IA réduit souvent l’effort mental requis, ce qui peut conduire à une perte progressive des compétences essentielles et nuire à notre pensée critique. oiq.qc.ca

beaucoup moins d’erreurs et de confabulations. Et ils peuvent effectuer une « recherche approfondie » (deep research), c’est-à-dire fouiller dans des centaines de documents pour récupérer des informations pertinentes et de qualité, notamment dans certaines bases de données scientifiques et techniques (arXiv, PubMed, Semantic Scholar, etc.). Le coût informatique de ces capacités supérieures est cependant beaucoup plus élevé, et donc conditionnel au type d’abonnement. Les nouvelles capacités agentiques augmentent toutefois la pertinence et la fiabilité de l’IAgen en science et en génie. Même si la performance en recherche de l’IA n’est pas encore d’un niveau expert (professionnel ou scientifique), cette assistance peut réellement soutenir et augmenter les activités de recherche des organisations1. Ces systèmes peuvent notamment intervenir dans la gestion et le développement de nouveaux projets, ou en conception technique, afin de soutenir les processus de décision en ingénierie. Toutefois, l’IAgen nécessite toujours une supervision humaine rigoureuse. Une supervision que les mêmes capacités accrues de l’IA menacent… LE DÉLESTAGE COGNITIF Dans la formation universitaire comme dans le travail professionnel, la progression de l’IAgen soulève le défi du délestage cognitif : en effectuant de nouvelles tâches techniques et intellectuelles à notre place, l’IA réduit souvent l’effort mental requis, ce qui peut conduire à une perte progressive des compétences essentielles et nuire à notre pensée critique. C’est du moins ce que révèle la recherche dans le contexte universitaire. Une méta-analyse récente des meilleures études quantitatives publiées entre 2022


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