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PLAN-2025-01

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DÉVELOPPEMENT DURABLE

Low-tech et ingénierie durable Philippe Terrier, ing., Ph. D.

Philippe Terrier, ing., est professeur enseignant à l’École de technologie supérieure et responsable du Laboratoire d’ingénierie pour le développement durable. Ses activités d’enseignement et de recherche portent sur la conception biomimétique, la low-tech et les outils d’ingénierie durable. Il a participé à plusieurs missions de soutien technique aux activités scientifiques en Antarctique.

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ne des grandes questions à laquelle la low-tech essaye de répondre pourrait être la suivante1 : « Qu’est-ce qui nous suffit pour nous épanouir collectivement dans un monde écologiquement contraint ? » POURQUOI SE POSER CETTE QUESTION ? Parce qu’un nouveau constat s’impose. Notre dépendance aux ressources fossiles, aux minerais critiques et à la haute technologie nous conduit dans une impasse tant en ce qui concerne les ressources2 nécessaires pour continuer sur la même trajectoire qu’en raison des dommages irréversibles causés aux écosystèmes fondamentaux pour notre survie3.

et l’aube des années 2000. La croyance voulant que la hightech réglerait presque tous nos problèmes s’est ancrée solidement dans les esprits, mais des brèches apparaissent. La matérialisation des aléas climatiques apporte son lot de catastrophes qui frappent toujours plus durement les plus vulnérables. L’habitabilité de la Terre pour notre espèce apparaît de plus en plus menacée. Les dernières décennies ont donc conduit à l’émergence d’une prise de conscience que « le Monde » est trop étroit pour accueillir un développement sans limites, et où nous dépassons déjà plusieurs frontières planétaires4 qui, inévitablement, freineront nos envies de consommer toujours plus.

QUE FAIRE ALORS ? Demander aux ingénieures et aux ingénieurs de développer des solutions technologiques aux problèmes ? En effet, le développement technologique porté par elles et eux a souvent été synonyme de progrès, de mieux-être, de sécurité, d’amélioration globale de la qualité de vie, et c’est ce constat que l’on peut globalement dresser entre le début de l’ère industrielle

Pour faire face aux impératifs environnementaux qui imposent une diminution de l’empreinte carbone, écologique ou de matières premières, plusieurs avenues sont proposées, dont la croissance verte qui devait fournir un découplage entre croissance économique et impacts environnementaux. Cette démarche mobilise la contribution des ingénieures et des ingénieurs pour concevoir les technologies salvatrices

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sans que nous ayons à bousculer notre mode de vie non soutenable. Le technosolutionnisme est devenu un réflexe de base, une croyance voulant que l’avènement de la haute technologie apporterait des solutions universelles. C’est confortable, et globalement, cela ne prend pas de courage politique. Mais c’est faire fi des effets rebond qui, très souvent, résultent des améliorations technologiques, comme l’avait pourtant mis en lumière dès 1865 Williams Stanley Jevons5. C’est aussi refuser de voir que les technologies nécessaires à la production d’énergie renouvelable dans un contexte de transition vont se heurter au mur de la disponibilité des métaux critiques6 requis pour la fabrication de ce nouveau parc intensif de machines. Les scénarios analysés par l’Agence internationale de l’énergie7 montrent que l’objectif de carboneutralité pour 2050 requiert bien plus de métaux critiques de transition (MCT) — graphite, nickel, lithium, cobalt, cuivre — que ce que la production minière pourra fournir. Et c’est sans compter que l’extraction et la purification de ces MCT est hautement intensive sur le plan des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces trajectoires de croissance verte et de transition énergétique parsemées de nombreux obstacles illustrent comment il est nécessaire de trouver d’autres approches pour que l’ingénierie ne soit plus le lubrifiant de l’Anthropocène, mais qu’elle soit mise au service du maintien de l’habitabilité de la planète. CONNAISSEZ-VOUS LA DÉMARCHE LOW-TECH ? Encore un anglicisme ! Mais pourquoi ne pas dire basses technologies ? Parce que cela ne ferait pas exactement référence au même concept. Examinons tout cela et découvrons ce qu’est vraiment la low-tech.


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