© AFD – Guillaume Josse
L’AFD, PARTENAIRE DES VILLES D’AFRIQUE
Agir pour un avenir urbain durable
FACE À DES ENJEUX GRANDISSANTS, L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT (AFD) S’ENGAGE AUX CÔTÉS DES VILLES D’AFRIQUE. EN APPUYANT LA CONSTRUCTION D’UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT LOCAL ET EN OFFRANT DES MODES DE FINANCEMENT DIVERSIFIÉS, L’AFD PROPOSE UN PARTENARIAT ADAPTÉ AUX RÉALITÉS DE CHAQUE VILLE.
LES ENJEUX DES VILLES AFRICAINES D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN
GHANA URBAN MANAGEMENT PILOT PROJECT (GUMPP)
Un processus d’urbanisation
© AFD – Fabien Mainguy
particulièrement intense en Afrique
Le marché de Ho sera réhabilité dans le cadre du GUMPP
Confronté à un phénomène d’urbanisation rapide, le Ghana est engagé depuis une dizaine d’années dans un processus de décentralisation ambitieux et dynamique dont l’objectif est d’équilibrer le développement sur l’ensemble du territoire national, aujourd’hui polarisé autour de la capitale, Accra. L’AFD soutient ce processus en finançant le Ghana Urban Management Pilot Project, programme urbain pilote qui vise à améliorer les conditions de vie des habitants de quatre villes secondaires du Ghana : Kumasi, Tamale, Sekondi-Takoradi et Ho. La finalité est de promouvoir une meilleure gestion urbaine, tant en matière de planification stratégique, d’organisation interne de l’administration locale que de programmation, de réalisation et d’entretien des investissements publics locaux. Le programme, d’un montant de 40 M€, est conçu sur la base de la demande des villes qui en assurent la maîtrise d’ouvrage. Il permettra la réhabilitation de marchés et la construction d’abattoirs ou de centres d’enfouissement technique des déchets. Un financement complémentaire de 0,5 M€ est associé pour le renforcement des capacités des quatre villes : planification stratégique, gestion financière, conduite de projets.
Si le continent africain est encore le moins urbanisé du monde, il connaît un rythme de croissance des villes et de création de nouvelles agglomérations urbaines bien supérieur à celui de la croissance démographique. Ainsi, selon les Nations Unies, l’Afrique comptera en 2050 1,2 milliard d’urbains, contre 450 millions aujourd’hui. Le défi urbain en Afrique est double : parer aux difficultés actuelles de la croissance urbaine, mais aussi et surtout préparer un avenir urbain durable dans les nouvelles villes et métropoles à venir. Des politiques de décentralisation
qui doivent répondre au défi des nouveaux territoires urbains à équiper et gérer Au cours des deux dernières décennies, les politiques de décentralisation se sont généralisées en Afrique. Les transferts de compétences et de responsabilités politiques sont aujourd’hui en cours de stabilisation et d’approfondissement. Le défi de ces politiques consiste maintenant à assurer une allocation équilibrée et efficace des ressources pour répondre aux immenses besoins, tant en termes d’investissement que de renforcement de la gestion de territoires urbains en expansion. En effet, si une urbanisation bien accompagnée représente un formidable vecteur de développement et de croissance économique, à l’opposé, son insuffisante maîtrise peut avoir des conséquences dramatiques (pauvreté, criminalité, pollution). De la même manière, une politique de décentralisation bien menée ouvre la voie à une gestion publique de qualité à même de répondre aux besoins des populations.
UNE PRISE EN COMPTE GLOBALE DES ENJEUX URBAINS
BURKINA FASO – DES PROJETS ET DES FINANCEMENTS ADAPTÉS POUR LA MUNICIPALITÉ DE OUAGADOUGOU
L’AFD promeut une vision stratégique et organique de la ville, basée sur la prise en compte de toutes les fonctions urbaines : habiter, circuler, travailler et consommer. Cette vision supplante des approches sectorielles traditionnelles, plus restrictives, qui ne permettent pas d’assurer une véritable cohérence territoriale et une allocation équilibrée et efficace des ressources.
Depuis 1997, l’AFD accompagne la Municipalité de Ouagadougou dans ses nouvelles fonctions décentralisées de responsable de l’aménagement de la ville dans un contexte de croissance urbaine fortement consommatrice d’espace.
Aux côtés des collectivités locales africaines et de leurs partenaires publics et privés, les actions de l’AFD visent à promouvoir un modèle de ville durable, tenant compte des enjeux économiques, sociaux, climatiques, environnementaux, patrimoniaux, mais aussi de protection des biens publics mondiaux. Les financements de l’AFD ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie et la productivité urbaine autour des quatre grandes fonctions essentielles de la ville :
Le Projet de désenclavement des quartiers périphériques (PADQP) a bénéficié d’une subvention de 15 M€ et a permis la construction de nouvelles routes et de nombreux équipements de proximité, ainsi que la consolidation des compétences municipales de planification, de programmation et de gestion urbaine, entre 2006 et 2011. L’AFD a également accompagné une étude PEFA et le renforcement des capacités de gestion financière et budgétaire de la Municipalité, qui a ainsi été la première ville d’Afrique subsaharienne à bénéficier d’un prêt direct, d’un montant de 2 M€, associé à une subvention de 3 M€, pour la reconstruction du marché central Rood Woko et l’aménagement des marchés secondaires.
− fournir un accès généralisé aux services essentiels : eau, assainissement, gestion des déchets et éclairage ; − promouvoir des conditions décentes de logement, en réduisant l’habitat insalubre ; − favoriser la mobilité urbaine ; − soutenir les activités économiques et l’emploi local.
SÉNÉGAL – DÉVELOPPEMENT TOURISTIQUE DE LA VILLE DE SAINT-LOUIS ET SA RÉGION
© AFD – Eloïse Pelaud
L’AFD accompagne l’État du Sénégal dans le développement touristique de la ville de Saint Louis et sa région, axé sur la valorisation de ses patrimoines historique, culturel et naturel. Le Programme de développement touristique de Saint-Louis et sa région doit permettre aux acteurs institutionnels locaux de développer l’attractivité économique de la ville et de préserver le patrimoine architectural et écologique de Saint-Louis, afin d’améliorer le cadre de vie de ses habitants.
Pont Malick Gaye, Saint-Louis
Un prêt à l’État de 22,5 M€, rétrocédé en partie à la commune de Saint-Louis qui en sera le principal maître d’ouvrage, accompagné d’une subvention de 2 M€, permettront la réhabilitation du patrimoine bâti privé et public, l’amélioration de l’accueil touristique, la requalification d’espaces publics, l’amélioration des conditions de débarquement des produits de la pêche et de la gestion des déchets solides.
CEFEB – UN PARCOURS DÉDIÉ AUX COLLECTIVITÉS LOCALES Depuis 2009, le CEFEB, université d’entreprise de l’AFD, organise annuellement un cycle de formation dédié aux élus et cadres des collectivités locales africaines. Cette formation structurée en 3 modules (instruments de stratégie financière, outils de planification urbaine et gestion des services) a d’ores et déjà accueilli plus de 200 participants issus de 21 pays africains. L’objectif de ces formations est de renforcer les compétences mana gériales des collectivités partenaires de l’AFD en proposant des outils adaptés et en valorisant le partage d’expériences.
© CEFEB
Pour en savoir plus : www.cefeb.org
Cycle de formation du parcours collectivités locales du CEFEB
L’APPUI À LA CONSTRUCTION D’UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT LOCAL Construire un diagnostic partagé avec
les collectivités locales et leurs partenaires Afin d’appréhender les enjeux urbains dans toute leur complexité, les projets de développement supposent qu’un diagnostic complet des enjeux urbains, financiers, institutionnels et juridiques de la ville et de la collectivité soit réalisé. Ce diagnostic s’effectue selon trois axes principaux : − une analyse du contexte national, afin d’appréhender le cadre général d’intervention de la collectivité et de ses partenaires sur son territoire, sur un plan institutionnel, politique et financier ; − une analyse du territoire, au regard des différentes fonctions urbaines et du potentiel économique existant. Des études socio-économiques, démographiques et techniques peuvent être menées dans un cadre de concertation approprié. L’AFD peut financer l’intervention d’experts locaux ou internationaux, à la demande de la collectivité, de l’État ou de l’établissement public porteur du projet, pour les appuyer dans cette démarche ; − une analyse de la stratégie financière locale : l’AFD réalise systématiquement une analyse financière rétrospective et prospective permettant d’apprécier la soutenabilité des politiques publiques locales et les marges de manœuvre de la collectivité. L’AFD accompagne les acteurs locaux et leurs partenaires sur le long terme, pour construire des projets de territoire adaptés aux besoins des populations, fondés sur une vision globale, intégrée et multisectorielle de la ville, et qui s’appuient sur une stratégie financière adaptée.
Définir et mettre en œuvre le projet Dans nombre de villes africaines, les ressources humaines parfois inadaptées et la fragilité des finances locales rendent difficile la mise en œuvre de projets de territoires. L’intervention de l’AFD vise à appuyer les élus locaux dans leur prise de décision et le pilotage de ce projet de territoire, dans une logique de dialogue et de partenariat avec les collectivités, leurs partenaires et leurs tutelles. Dans ce cadre, des actions de renforcement des capacités de gestion et de pilotage des politiques publiques urbaines peuvent être financées, parfois en collaboration avec les coopérations décentralisées des collectivités locales françaises.
L’INITIATIVE PEFA – UN OUTIL D’ANALYSE DES FINANCES PUBLIQUES POUR LES VILLES D’AFRIQUE L’initiative PEFA (Public Expenditure and Financial Accountability – Dépense publique et responsabilité financière, en français), lancée en décembre 2001 par la communauté des bailleurs et soutenu par la France, permet, au travers de 31 indicateurs, de construire un cadre de mesure de la performance et de définir des programmes de réforme de la gestion des finances publiques. Initialement appliquée aux États, cette démarche d’auto-évaluation a été étendue à partir de 2007 à des collectivités locales. L’AFD est reconnue comme un pionnier dans l’utilisation de cette méthode en faveur des villes africaines dans une logique d’appui au renforcement des capacités. Aux côtés du Trust Fund PPIAF de la Banque mondiale, elle a ainsi participé aux évaluations PEFA de Dakar en 2009, Ouagadougou en 2010, Cotonou en 2011 et Nouakchott en 2012.
© AFHCO – Angela Louise Rivers
AFRIQUE DU SUD – L’ACCÈS AU LOGEMENT POUR TOUS AFHCO (Affordable Housing Company) est un des pionniers des opérations de régénération du centre-ville de Johannesburg. Cet opérateur réhabilite d’anciens immeubles commerciaux désaffectés pour y créer des logements locatifs sociaux de qualité, proches des bassins d’emploi, en alternative à des immeubles squattés dans des conditions d’insalubrité et de sécurité désastreuses ou à des logements en lointaine périphérie. La démarche adoptée vise une revitalisation de quartiers entiers. L’AFD a octroyé à AFHCO un prêt en Rands pour la contre valeur de 15 millions d’euros destiné à soutenir le développement de projets de Communal Housing, offre locative innovante à destination de populations précarisées de petit salariat, aux revenus mensuels inférieurs à 350 Euros (85 % de la population sud-africaine). Le financement permettra la production d’environ 1 500 logements bénéficiant à 3 000 personnes.
Logement sociaux locatifs Lustre House, Johannesburg
DES MODES DE FINANCEMENT DIVERSIFIÉS ET ADAPTÉS AUX RÉALITÉS DE CHAQUE VILLE
− financement à un État rétrocédé à une ou des collectivité(s) locale(s), dans le cadre de contrats de ville, par exemple ;
Le montant engagé par l’AFD en faveur du développement urbain en outre-mer et dans les pays étrangers, et notamment en Afrique, est en constante augmentation depuis 2000.
− financement d’une banque commerciale ou publique, d’un fonds municipal ou d’une institution financière spécialisée rétrocédé à une ou des collectivité(s) locale(s) ;
L’AFD mobilise plusieurs outils de financement, adaptés aux spécificités et besoins locaux, et au contexte de décentralisation de chacun des pays :
− subvention d’appui au renforcement des capacités des collectivités locales.
− financement à un État pour la mise en œuvre d’un programme d’équipement et de renforcement des capacités d’une ou de plusieurs collectivités ;
− financement direct à une collectivité locale, avec ou sans garantie de l’État ;
TUNISIE – LE PROGRAMME NATIONAL DE REQUALIFICATION URBAINE
Le sujet du financement de l’investissement local s’inscrit dans les vastes ensembles des systèmes financiers nationaux et des finances des collectivités territoriales. Ce dernier renvoie lui-même à une série de thèmes, comme la décentralisation, la fiscalité locale, l’encadrement de l’endettement sous-souverain, la gouvernance urbaine, ainsi qu’à des politiques sectorielles, en particulier celles du foncier, de l’aménagement et de l’habitat. En s’appuyant sur une série d’études de cas africains et sur un grand nombre d’exemples dans d’autres parties du monde, Thierry Paulais propose dans ce livre des pistes concrètes pour moderniser les systèmes de financement de l’investissement, promouvoir l’implication du secteur privé, le recours à des solutions endogènes et mobiliser de nouvelles sources de financement. Financer les villes d’Afrique. L’enjeu de l’investissement local. Thierry Paulais 399 pages Collection l’Afrique en développement, publiée par la Banque mondiale et AFD Éditions Pearson (www.pearson.fr)
© AFD – Mai Linh Cam
UN OUVRAGE DE RÉFÉRENCE SUR LE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS LOCAUX
Réhabilitation de quartier populaire dans la banlieue de Sfax
Les villes tunisiennes font face à la multiplication de quartiers d’habitat spontané, qui génèrent un fort étalement urbain tandis que les centres historiques connaissent un processus de dégradation et de paupérisation avancé. Afin de mieux répondre aux enjeux posés par ces dynamiques urbaines, l’État tunisien a mis en place le Programme national de requalification urbaine (PNRU), auquel l’AFD participe par un prêt de 50 M€ et une subvention d’appui de 0,7 M€. Outre la réalisation d’infrastructures de base dans les quartiers défavorisés, des opérations-pilotes visent à redynamiser les centres anciens de Tunis, Sfax, Kairouan et Sousse. Une opération d’aménagement d’une nouvelle extension urbaine est par ailleurs en cours pour favoriser une gestion de la ville fondée sur l’anticipation plutôt que sur une régularisation des quartiers a posteriori.
Vue aérienne © AFD – Agence Libreville
Établissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique définie par le Gouvernement français. Présente sur quatre continents où elle dispose d’un réseau de 70 agences et bureaux de représentation dans le monde, dont 9 dans l’Outre-mer et 1 à Bruxelles, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation, santé maternelle, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique…
AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT (AFD) 5 rue Roland Barthes 75598 Paris Cedex 12 – France Tél. : +33 1 53 44 31 31 Fax : +33 1 44 87 99 39 www.afd.fr DIVISION COLLECTIVITÉS LOCALES ET DÉVELOPPEMENT URBAIN (CLD) DÉPARTEMENT AFRIQUE (AFR)
En 2011, l’AFD a consacré plus de 6,8 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays en développement et en faveur de l’Outre-mer. Ils contribueront notamment à la scolarisation de 4 millions d’enfants au niveau primaire et de 2 millions au niveau collège, et à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable pour 1,53 million de personnes. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 3,8 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an.
Filiale de l’AFD, Proparco a pour mission de favoriser les investissements privés en faveur de la croissance, du développement durable et de l’atteinte des objectifs du millénaire, dans les pays émergents et en développement. Elle propose desfinancements permettant de répondre aux besoins spécifiques des investisseurs dans le secteur productif, les systèmes financiers, les infrastructures et le capital-investissement.
FFEM
www.ffem.fr
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial est un fonds public bilatéral qui a été créé en 1994 par le Gouvernement français à la suite du Sommet de Rio. Il a pour objectif de favoriser la protection de l’environnement mondial dans des projets de développement durable dans les pays en développement. Le FFEM intervient en appui à des réalisations concrètes dans les pays bénéficiaires, avec une démarche d’apprentissage et en testant des approches novatrices ou exemplaires.
Cette publication a été imprimée dans le respect de l’environnement avec des encres végétales et sur du papier PEFC™ (gestion durable des forêts).
Exécution : Planet 7 – Novembre 2012
www.proparco.fr