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L'AFD et le Maroc

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© AFD – Emmanuel Baudran

l’afd et le maroc

Un partenariat diversifié


L’AFD et le Maroc, vingt ans de partenariat L’AFD a démarré son activité au Maroc en 1992 : plus de 2,7 milliards d’euros ont été engagés depuis cette date. Le volume de ses concours s’est fortement accru ces dernières années avec un pic en 2011 : le Maroc est ainsi devenu le premier bénéficiaire des financements de l’AFD dans le monde. L’activité de l’AFD s’est progressivement diversifiée (eau, énergie, développement rural, transport, industries et mines, éducation et formation professionnelle, santé, habitat social) et s’est ouverte à de nombreux opérateurs publics.

Évolution des financements du Groupe AFD 2006-2011

© AFD – Anaïs Voron

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(en millions d’euros)

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Au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, le Royaume du Maroc bénéficie d’une situation stratégique. Il aspire à être un acteur majeur en Méditerranée et en Afrique. Engagé dans la voie de l’ouverture internationale et de l’intégration euro-méditerranéenne, il est le seul pays à bénéficier du « statut avancé » avec l’Union européenne. Le Maroc poursuit depuis une vingtaine d’années un processus de modernisation politique, économique et sociale. En dépit des réformes accomplies, de nombreuses inégalités sociales et territoriales perdurent. Le « Printemps arabe » a révélé dans toute l’Afrique du Nord une demande de changement forte de la part des populations. Au Maroc, le Roi Mohammed VI y a répondu par une série de mesures sociales et politiques : il a notamment fait adopter une importante révision de la Constitution en juillet 2011. Les élections législatives anticipées de novembre 2011 ont mené au pouvoir, en janvier 2012, un gouvernement d’alternance conduit par le Parti de la Justice et du Développement. La croissance économique a connu une nette accélération durant la décennie 2000-2010 avec un taux de croissance moyen du PIB de 5 %. Malgré une amélioration de ses indicateurs sociaux, le Maroc doit faire face à de nombreux défis structurels : taux de chômage élevé, enclavement du monde rural, ressources naturelles fragiles et limitées. Pour y répondre, le Maroc s’est doté d’ambitieux plans sectoriels à l’horizon 2020.

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Le Maroc, un développement accéléré mais des inégalités sociales et territoriales

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2008

2009

2010

2011

Autorisations d’engagements AFD

Autorisations d’engagements du Groupe AFD

Autorisations d’engagements Proparco

Versements AFD

La stratégie de l’AFD au Maroc pour la période 2011-2013 Au Maroc, l’AFD accompagne les politiques publiques par un appui aux plans sectoriels. Son soutien se manifeste par sa capacité à financer des programmes tout autant que des projets spécifiques. Les objectifs de l’AFD pour la période 2011-2013 sont de : r enforcer la compétitivité économique du pays et consolider son ouverture régionale et internationale ; a méliorer le contenu en emploi de la croissance économique ; r éduire les inégalités sociales et territoriales ; f avoriser une croissance durable et contribuer à la préservation de l’environnement. En complément de concours à l’État ou avec sa garantie, l’AFD développe une activité directe (c’est-à-dire sans la garantie de l’État) de prêts à des opérateurs mettant en œuvre des politiques publiques lorsque leur situation financière le permet.


© GIMAS

Le développement humain, une réponse aux attentes de la population L’AFD contribue à la réduction des inégalités sociales au Maroc grâce à :

Institut des métiers de l’aéronautique (IMA)

L’AFD et la formation professionnelle : améliorer l’employabilité des apprenants

u n soutien au secteur de l’éducation par le financement (50 millions d’euros) d’un programme d’investissements et de réformes, qui vise à améliorer l’accès à l’éducation, en particulier en milieu rural et pour les filles, ainsi que la qualité des enseignements ;

L’AFD favorise l’amélioration de l’adéquation entre l’offre de formation disponible et les besoins de l’économie marocaine. Ses financements ont bénéficié à douze secteurs économiques, proposés par le gouvernement marocain, et concernent vingtdeux centres sectoriels de formation professionnelle. La stratégie des autorités, partagée par l’AFD, repose sur trois principes : l ’approche par les compétences ; l a formation par l’alternance et/ou l’apprentissage ;

©AFD – Karine de Fremont

l a délégation aux branches professionnelles de la gestion des centres de formation.

Salle de classe d’une école primaire dans la région de Meknès-Tafilalet

d es appuis au secteur de la santé, avec un premier prêt de 25 millions d’euros pour le programme d’appui à la régionalisation, à la déconcentration et au renforcement des soins de santé de base (REDRESS), et un second de 35 millions d’euros – complété par une subvention de 200 000 euros – pour la réforme du système de santé primaire sous forme d’aide programme (REDRESS-P) ; u n engagement en faveur de l’habitat social à travers trois concours successifs, d’un montant cumulé de 115 millions d’euros, en faveur du Holding d’Aménagement Al Omrane (HAO), chargé de la mise en œuvre de la politique du gouvernement : résorption de l’habitat insalubre dans le cadre du programme « Villes sans bidonvilles » et développement de l’offre de logements sociaux afin de répondre à une demande croissante des populations ;

Le transport, désenclavement rural et mobilité urbaine Au Maroc, la route demeure le vecteur essentiel de mobilité. Or, le pays connaît de fortes inégalités territoriales liées en particulier à l’enclavement des zones rurales et à l’existence de pistes en terre soumises aux aléas climatiques. L’AFD s’est engagée, depuis 1997, dans le financement du Programme national des routes rurales (194 millions d’euros), dont l’objectif final est de porter à 80 % le taux d’accessibilité des zones rurales du Maroc. L’offre de transport urbain est aujourd’hui inadaptée et sous‑dimensionnée pour faire face à l’urbanisation croissante. L’AFD est le chef de file des bailleurs européens (prêt AFD de 45 millions d’euros) pour le financement du tramway de Rabat-Salé, la première agglomération du Maroc à être dotée d’un système de transport collectif moderne. Outre son impact environnemental, le projet constitue un vecteur d’intégration et de cohésion sociale.

© STRS

l ’accompagnement – à hauteur de 52,2 millions d’euros – de partenariats entre l’État et les branches professionnelles en matière de formation, afin de répondre notamment aux difficultés d’insertion rencontrées par les jeunes sur le marché du travail. Le tramway de l’agglomération de Rabat-Salé


Le transport ferroviaire est un outil essentiel de l’aménagement du territoire et présente des avantages en matière d’économie d’énergie, de protection de l’environnement et de sécurité. Après avoir financé la desserte ferroviaire du port de TangerMed, l’AFD contribue au financement de la première ligne à grande vitesse au Maroc, reliant les centres politique (Rabat) et économiques (Casablanca et Tanger) du pays.

L’énergie, renforcement des réseaux et production d’énergies renouvelables Le secteur de l’énergie au Maroc est caractérisé par une très forte dépendance aux énergies fossiles importées (de l’ordre de 95 %) et une croissance rapide de la consommation (7 % par an). Présent de longue date dans ce secteur, au moyen de financements en faveur de l’Office National d’Électricité (ONE), le groupe AFD apporte son appui à la stratégie énergétique du Royaume à travers :

L’agriculture et la pêche, piliers de l’économie marocaine L’agriculture joue un rôle essentiel au Maroc. Elle contribue à la sécurité alimentaire de 32 millions d’habitants, participe à la création de richesse nationale à hauteur de 15 % du PIB et reste le premier employeur du Royaume, en procurant un revenu à 4 millions de personnes, soit 45 % de la population active. La pêche participe, quant à elle, pour 16 % aux exportations du pays et concerne 600 000 emplois directs. Au cours des quinze dernières années, l’AFD a contribué au financement des infrastructures rurales de base du Maroc : irrigation, routes, électrification et eau potable. Depuis 2008, l’AFD soutient les efforts du pays en faveur du développement de l’agriculture familiale et de la pêche artisanale par la mise en œuvre des plans sectoriels de relance de l’agriculture et de la pêche.

l e Programme d’Électrification Rurale Globale (PERG) : l’AFD, qui accompagne le PERG depuis son lancement, a accordé six concours entre 1996 et 2009 pour un total de 240 millions d’euros ; l e Programme de renforcement du réseau de transport d’électricité ; © AFD – Emmanuel Baudran

l e renforcement des interconnexions électriques entre le Maroc et l’Espagne ; l e Plan solaire marocain (première phase de la centrale solaire de Ouarzazate).

L’AFD et le Plan solaire marocain

Vallée du Sebou et terrasses alluviales

L’AFD finance ainsi la mise en œuvre du Plan Maroc Vert à travers :

Le Plan solaire marocain s’appuie sur le potentiel solaire considérable du Maroc évalué à plus de 20 000 GW et vise la mise en place, entre 2015 et 2019, d’une capacité de production électrique à partir de l’énergie solaire de 2 000 MW, dont 500 MW à Ouarzazate.

l e Projet d’aménagement de la seconde tranche du périmètre irrigué du Moyen Sebou et de l’Inaouen aval dans la région de Fès-Boulemane : prêt de 40 millions d’euros à l’État et subvention de 300 000 euros à l’Union des fédérations d’usagers de l’eau agricole ;

Il s’inscrit dans la nouvelle stratégie énergétique du Royaume : 42 % d’énergies renouvelables, réparties par tiers entre hydraulique, éolien et solaire, à l’horizon 2020.

l e Programme d’appui au pilier II du Plan Maroc Vert pour le développement des filières agricoles dans les régions de Tanger-Tétouan, Fès-Boulemane et Taza-Al HoceimaTaounate : prêt de 50 millions d’euros et subvention de 300 000 euros à l’État.

L’AFD a accordé un prêt de 100 millions d’euros ainsi qu’une subvention de 300 000 euros à la Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN) en faveur de la première phase du projet de centrale thermo-solaire de Ouarzazate (CSP), d’une puissance de 120 à 160 MW.

L’AFD accompagne également le Plan Halieutis en faveur du secteur de la pêche par le canal du Projet de mise à niveau des infrastructures et équipements du secteur, avec un prêt de 27 millions d’euros et une subvention d’un million d’euros à l’Office National des Pêches (ONP).


L’AFD et le pilier II du Plan Maroc Vert L’AFD finance le Programme d’appui au pilier II du Plan Maroc Vert (PAPMV), qui permettra l’amélioration du revenu des exploitations familiales des zones défavorisées des régions de Tanger-Tétouan, Fès-Boulemane et Taza-Al Hoceima-Taounate. Le programme comprend pour l’essentiel : l es projets productifs proposés par les groupements d’agriculteurs en cohérence avec les filières prioritaires de chaque région (olive, amande, prune, lait, miel…) ; d es actions pilotes en faveur de la commercialisation des produits des principales filières agricoles, du développement des produits de terroirs, de l’accès au crédit agricole et de l’expérimentation de pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ; l e renforcement des capacités des promoteurs de projets agricoles et des services en charge de les conseiller.

Le secteur privé, un appui multiforme de Proparco Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé, a pour objectif d’accompagner les opérateurs économiques privés en proposant différentes formes de concours. R efinancement de banques locales : lignes de crédit en devises à long terme, qui permettent à ces établissements de disposer de ressources adaptées pour financer les grands projets d’infrastructure et les investissements en zones franches (ligne de 50 millions d’euros accordée en 2011 à la Banque Centrale Populaire). F inancement des entreprises marocaines en direct ou au travers de fonds d’investissement : Proparco est présente au capital de six fonds d’investissement (en direct ou par le canal du fonds Averroès, cogéré avec la Caisse de Dépôt de Gestion) et peut également participer directement au capital de sociétés en phase de croissance. S outien des entrepreneurs par le canal d’institutions de microfinance, notamment au travers du renforcement de leurs fonds propres (prêt subordonné de 10 millions d’euros en 2011 à la Fondation Banque populaire pour le microcrédit). A pport de prêts longs et/ou structurés ou de quasi-fonds propres dans le cadre de grands projets d’infrastructures ou industriels, impliquant des structures financières particulières et nécessitant des ressources à long terme en devises.

L’eau, une ressource rare dans un contexte de stress hydrique Les ressources en eau du Maroc sont parmi les plus faibles au monde (730 m³ par habitant et par an). Leur gestion est de plus en plus sensible du fait de la croissance démographique et du développement économique.

L’AFD et l’Office Chérifien des Phosphates : une stratégie eau emblématique

L’eau est l’un des secteurs d’activité traditionnels de l’AFD au Maroc, avec, au total, plus de 400 millions d’euros de financements accordés aux principaux opérateurs (offices publics, régies municipales).

L’AFD a accordé en 2011 un prêt de 237 millions de dollars à l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) pour accompagner sa stratégie dans le domaine de l’eau, qui vise à développer sa production tout en préservant les ressources en eau du Maroc. L’OCP s’est engagé à l’horizon 2020 à ne plus prélever dans les nappes souterraines en recourant pour l’essentiel à des ressources non conventionnelles (dessalement d’eau de mer, réutilisation des eaux usées). En ajoutant le concours de 240 millions d’euros accordé en 2009 pour financer un premier « minéroduc » de 187 km, destiné à assurer le transport de phosphate, l’OCP est devenu, en dehors des États, le premier bénéficiaire des concours de l’AFD (cumul de 420 millions d’euros).

L’AFD intervient en faveur de l’irrigation (134 millions d’euros), qui consomme plus de 80 % des ressources en eau, ainsi qu’en faveur de l’alimentation en eau potable (128 millions d’euros) et de l’assainissement liquide (184 millions d’euros). Les interventions de l’AFD s’articulent autour des axes suivants : a ccompagner la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, notamment par une meilleure gestion de la demande et la réalisation d’économies d’eau ; p romouvoir les ressources non conventionnelles (dessalement d’eau de mer, réutilisation des eaux usées) ;

Station d’épuration de Khourigba

a ppuyer les efforts pour rattraper les retards en matière de dépollution et d’assainissement liquide.

© OCP

d évelopper l’accès des populations défavorisées aux services d’eau potable en milieu rural ;


© AFD – Emmanuel Baudran

Établissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique définie par le Gouvernement français. Présente sur quatre continents où elle dispose d’un réseau de 70 agences et bureaux de représentation dans le monde, dont 9 dans l’Outre-mer et 1 à Bruxelles, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation, santé maternelle, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique… En 2011, l’AFD a consacré près de 6,9 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays en développement et en faveur de l’Outre-mer. Ils contribueront notamment à la scolarisation de 4 millions d’enfants au niveau primaire et de 2 millions au niveau collège, et à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable pour 1,53 million de personnes. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 3,8 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an.

5 rue Roland Barthes 75598 Paris Cedex 12 – France Tél. : +33 1 53 44 31 31 Fax : +33 1 44 87 99 39 www.afd.fr Agence de RABAT 162 Avenue Mohammed VI Souissi 10170 Rabat – Maroc Tél. : 05 37 63 23 94/95/96 AFDRabat@afd.fr

Filiale de l’AFD, Proparco a pour mission de favoriser les investissements privés en faveur de la croissance, du développement durable et de l’atteinte des objectifs du millénaire, dans les pays émergents et en développement. Elle propose des financements permettant de répondre aux besoins spécifiques des investisseurs dans le secteur productif, les systèmes financiers, les infrastructures et le capital-investissement.

www.ffem.fr

Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial est un fonds public bilatéral qui a été créé en 1994 par le Gouvernement français à la suite du Sommet de Rio. Il a pour objectif de favoriser la protection de l’environnement mondial dans des projets de développement durable dans les pays en développement. Le FFEM intervient en appui à des réalisations concrètes dans les pays bénéficiaires, avec une démarche d’apprentissage et en testant des approches novatrices ou exemplaires.

Cette publication a été imprimée dans le respect de l’environnement avec des encres végétales et sur du papier PEFC™ (gestion durable des forêts).

Exécution : Planet 7 – Juin 2012

www.proparco.fr

FFEM

AGENCE FRANçAISE DE DéVELOPPEMENT (AFD)


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