VISITE PRIVÉE Un air de Toscane en terres vaudoises dans le jardin luxuriant de Margot et Philippe page 12
DÉCRYPTAGE De l’utilité des pergolas ou l’allié indispensable de nos futurs étés caniculaires page 20
Impressum
Le Temps Immobilier est un magazine réalisé par l‘équipe «Le Temps Content Creation», en partenariat avec «NZZ Residence». Il paraît quatre fois par an en tant que supplément commercial du «Temps». Numéro 2/2026, 19 juin 2026
Gestion de projet «Le Temps»: Julia Chivet (responsable «Le Temps Immobilier»), Clémence Lamirand (che e d’édition), Célia Héron (rédactrice en chef adjointe Le Temps), Philippe Simon (chef d‘édition), Nicolas Gressot (conception et graphisme), Samira Payot (responsable correction), Gian Pozzy (traduction), Olivia Wermus Genevay (iconographie).
Le Temps Publicité: Marché régional
Sébastien Cretton (Head of Regional Sales), Stéphane Visinand (Senior Account Manager), Maria Agramunt (Conseillère à la clientèle), Camille Monteiro (coordination).
NZZ Residence: Beat Balzli (rédacteur en chef), Christina Hubbeling (responsable éditorial), Kim Dang (rédaction), Claudio Gmür (conception et graphisme), Sonja Favre (iconographie), Daniela Salm (che e de projets).
NZZone: Marché national Anne-Sandrine Backes (Head of Business Unit Romandie), Denise Morach (Product Manager) et Irene Giordanelli (Account Manager).
Impression: Stämp i AG, Berne Contact: publicite@letemps.ch
Editeur: Le Temps SA, avenue du Bouchet 2, 1209 Genève, +41 22 575 80 50.
ISSN: 3042-4615
(PHOTO DE COUVERTURE: CATHERINE GAILLOUD)
Voir notre charte des partenariats
La piscine
Vous aussi vous avez cette image culte en tête? Romy Schneider au bord de cette fameuse piscine. Accompagnée d’Alain Delon, bien sûr, leurs deux corps baignés de soleil. Et un lm marquant, qui reste gravé dans la mémoire collective. A la seule évocation du nom de ce lm, quelle que soit la piscine au bord de laquelle vous vous trouvez, vous voilà projeté auprès de ces deux icônes du cinéma français.
Alors oui, il sera question de piscine dans ce nouveau numéro du Temps Immobilier. Mais il serait bien réducteur de résumer à cela nos deux magni ques visites privées. Certes, elles se déroulent autour d’une piscine mais ce n’est que le début de l’histoire, l’introduction si vous préférez. Deux lieux, deux ambiances totalement différentes. A Grandcour, chez Philippe et Margot, c’est une plongée dans le style boho, une bouffée de fraîcheur au milieu de ce jardin luxuriant, dans lequel on rêve de s’allonger. Il a été façonné par le propriétaire des lieux, Philippe, lui-même paysagiste, CQFD. Mais Grandcour c’est aussi le projet d’une vie de deux Vaudois amoureux, qui avaient en tête de créer un lieu ouvert, avec atelier, boutique, le tout agrémenté d’une piscine.
Pour notre deuxième visite privée, nous vous emmenons près de Saint-Gall chez Camilla et Michael Fischbacher, au cœur de la maison familiale et dont le patronyme résonne pour tous comme un synonyme de savoir-faire suisse. Les textiles s’invitent bien sûr subtilement dans cet intérieur mais cette demeure raconte bien plus: des voyages, des histoires de famille, une époque aussi: la Californie des années 1950. Camilla et Michael nous ont fait l’honneur de nous ouvrir leurs portes et nous sommes ravis de vous y emmener.
Et s’il fait trop chaud pour aller au bout de ces lignes, sachez tout de même que vous pourrez aussi trouver dans ce numéro des inspirations pour votre intérieur avec du mobilier à la forme libre, surprenante, et que nous distillons également quelques conseils en matière de pergolas – ou comment faire de son jardin un havre de repos, à l’ombre.
Vous hésitez encore? Sautez, plongez, dans ce nouveau magazine désaltérant. ■
Julia Chivet
Responsable «Le Temps Immobilier»
La CAMABOXest bien plus qu’un simplestore –c’est une véritable signaturearchitecturale En tantque storeàcaisson haut de gamme, elle protège efcacementlatoile et le mécanisme, et s’intègreharmonieusementdans des espaces extérieurs modernes grâce àson design cubique.Même fermée, elle séduit par son esthétique épurée. Design suisse. Depuis
À L’AFFICHE
Des formes libres, vibrantes, pour notre sélection de mobilier design page 6
VISITE PRIVÉE
A Grandcour, ambiance provençale et boho chez Margot et Philippe Marcuard page 12
DÉCRYPTAGE
Terrasse couverte ou pergola: comment aménager son jardin avec un peu d’ombre page 20
VISITE PRIVÉE
Dans la maison mid-century de Camilla et Michael Fischbacher à Saint-Gall page 25
BÂTIMENT D’EXCEPTION
La Volcano House, incroyable bizarrerie architecturale aux airs d’ovni page 42
Débridé
Du mobilier design déchaîné créant des ambiances «free form», très éloignées de toute espèce d’organisation raisonnable
Textes: NZZ Residence
Coup de pinceau
Voilà bien des années que l’entreprise milanaise CC-Tapis prouve qu’un tapis ne doit pas forcément se présenter sous la forme d’un rectangle parfait. Sa marque de fabrique: des pièces sculpturales faites à la main, arborant des allures d’art et de design contemporains. La ligne «Stroke» de Sabine Marcelis en est une illustration poétique qui évoque en grand format la texture de vigoureux coups de pinceau.
cc-tapis.com
Petit mais joli
C’est fou, l’effet qu’une petite table d’appoint peut produire. Semblables à une touche de couleur finale qui servirait de signature à une œuvre d’art, de petits meubles comme la «Plyo Accent Table» s’y entendent à enrichir une pièce d’habitation. Avec son format pratique, elle se laisse facilement ranger dans un coin et évoque, avec son plateau de travertin de forme organique, l’harmonie naturelle d’un galet trouvé sur le rivage du lac.
fermliving.com
Jeux d’eau
Une nature morte d’eau et de lumière: le vase «Aether» de 33 centimètres de haut créé par Christian Metzner est fait de trois tubes de verre. Ils laissent le liquide circuler tout doucement dans une paisible dynamique. L’objet en verre borosilicate réalisé à la main en République tchèque allie la précision technique et la légèreté poétique.
christian-metzner.com
Assise iconique
Ce pouf, icône du design radical italien des années 1960, célèbre son retour. Il est fait d’un tissu plus robuste et de teintes plus éclatantes. Le «Sacco» culte imaginé en 1968 par Piero Gatti, Cesare Paolini et Franco Teodoro incarne aujourd’hui encore une assise décontractée, multitâche mais aussi ergonomique.
zanotta.com
Miroir,
mon beau miroir
Avec son nouveau label Kaynd, la designer de Cham (ZG) Andrea Seiler se positionne sur le marché des accessoires d’intérieur. Produite en Suisse, sa première gamme est une série de miroirs sculpturaux qui contribuent à mieux structurer visuellement un intérieur. Leurs formes concises sont réalisées en fibre MDF laquée dans des combinaisons de couleurs attrayantes.
kaynd.com
Bloc de chêne
En lieu et place des matériaux classiques, le système J*GAST mise sur l’idée d’un châssis de bois flexible qui allie individualité et précision industrielle. On trouve derrière cette initiative un collectif, le studio de design d’intérieur munichois Holzrausch, qui possède ses propres ateliers, ses artisans et de quoi produire des séries. C’est simple, massif et l’on dirait presque du mobilier. Beaucoup de matériaux de haute qualité pour peu de composants.
jgast.com
La cuisine au centre
Avec la cuisine «Physis» de Molteni&C, le directeur de la création Vincent Van Duysen célèbre le cœur de la maison dans un langage formel organique. Les arêtes «bullnose» arrondies soulignent des lignes fluides. Les portes transparentes et les casiers ouverts permettent d’avoir l’œil sur tout. L’ensemble repose sur le recours à du contreplaqué Hinoki antibactérien et résistant à l’humidité, souligné par des éléments de zinc et de bronze.
molteni.it
Facile à porter
Avec sa collection «Fumi», la marque Eldvarm a rajeuni ses gammes de plateaux avec talent. Les nouveaux «Fumi Trays» dessinés par Guillaume Delvigne allient des poignées de bois et un acier délicatement laqué. Même quand ils ne servent pas, ils affirment leur présence: ils mettent en scène toute sorte de récipients et de supports.
eldvarm.com
Dé couv rezQ uo oker su rquo oker.c h
Néo-rétro
Des lavabos historiques réinterprétés sur le mode moderne. Le spécialiste italien des salles de bains Azzurra Ceramica présente «Iride», une collection de lavabos dessinés par Alessio Casciano. Les possibilités d’installation de ce design sculptural sont multiples, puisqu’il est proposé sous forme d’élégant monolithe autonome avec socle de bois ou perché sur une fine structure métallique.
azzurraceramica.it
Toucher délicat
Geberit étend sa palette de couleurs et adopte une tendance aux teintes métalliques chaudes. Les plaques de commande «Sigma40» et «Sigma70» seront disponibles dès juillet en «nickel brossé». Ce matériau fait d’acier inaltérable se caractérise par un aspect chaud et sa surface est enduite d’une couche «easy clean» robuste, facile à entretenir et au toucher agréable.
geberit.com
Sacrée icône
«Isn’t She Lovely?» On pense forcément à la chanson de Stevie Wonder en contemplant cette image. N’est-elle pas chou comme tout, Martha Stewart, dans sa baignoire installée dans une écurie? A 84 ans, elle est la première ambassadrice de la baignoire en fonte émaillée de Kohler, un fabricant du Wisconsin qui s’était mis dès 1883 à transformer un abreuvoir à chevaux en baignoire.
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L’esprit du Sud, côté Vaud
Depuis l'ancien couvert agricole, le regard traverse la propriété jusqu'à la piscine imaginée et réalisée par Philippe, le propriétaire. Entourée de végétation généreuse, elle apporte à cette ancienne ferme un inattendu parfum de vacances.
A Grandcour, une ferme centenaire renaît sous l’impulsion de Margot et Philippe Marcuard. Entre rénovation instinctive et influences méditerranéennes, le lieu devient une maison vivante, ouverte, où se mêlent art de vivre, création et sens du détail
Texte et photos: Catherine Gailloud
La Provence ou la Toscane? Ni l’une ni l’autre. C’est à Grandcour, dans le canton de Vaud, que Margot et Philippe Marcuard ont façonné leur paysage intérieur. Derrière la façade discrète d’une ferme centenaire, rien ne laisse deviner l’univers qui s’y déploie, comme un secret bien gardé au bord de la route d’Estavayer.
Lorsque la porte s’ouvre, le contraste est immédiat. Accueillis par Margot, suivie de ses quatre chiens, deux jack russell et deux teckels, on bascule dans une atmosphère douce et lumineuse. Dans la cuisine immaculée, des suspensions en osier frémissent à peine, portées par l’air d’été. Une grande table en bois
Une piscine aux reflets azur s’inscrit dans un décor de pins, d’oliviers et de figuiers
brut, presque sculpturale, structure l’espace et l’ancre dans une simplicité assumée. Le regard glisse naturellement vers le salon, où une balancelle suspendue, des canapés profonds et une profusion de textiles invitent à s’abandonner. Ici, chaque objet semble posé avec évidence, comme s’il avait toujours été là. L’ensemble compose une sensation diffuse, celle d’être ailleurs, loin, en vacances peut-être, certainement pas au cœur de la Broye.
Lavande, roses blanches et hortensias
Ce décalage devient encore plus troublant lorsqu’on découvre le jardin. «Mon mari est passionné par l’Italie, surtout la Toscane», glisse Margot en avançant d’un pas léger. Une piscine aux re ets azur s’inscrit dans un décor de pins, d’oliviers et de guiers. La lavande, les roses blanches et les hortensias ponctuent
cette végétation dense, presque indomptée. Le lieu semble s’étirer à l’in ni, ponctué de coins ombragés où l’on s’attarde sans raison. Pensé par Philippe, paysagiste, ce jardin a d’abord été conçu dans un esprit anglais avant de basculer, au l des transformations, vers un paysage aux accents méditerranéens.
Car ici, rien n’a été gé, la maison évolue, se transforme, se réinvente. Lorsque le couple reprend la propriété en 2008, la ferme familiale construite en 1898 est à l’abandon. Tout est à refaire, ou presque, avec peu de moyens mais une détermination sans faille et l’urgence de créer un foyer pour leur jeune famille. «Nous avons tout fait nous-mêmes, étape par étape», raconte Margot. Les premières pièces rénovées sont la cuisine et la salle à manger, autrefois posées sur un simple sol en terre battue. Puis vient le travail d’isolation, révélant au passage les murs en molasse, longtemps dissimulés sous le crépi. La façade, elle, restera intacte, d’abord par nécessité, aujourd’hui par attachement.
Des traces du passé remises en beauté
Au l des travaux, un langage esthétique s’impose, presque naturellement. Les matériaux bruts et les éléments existants deviennent les fondations du projet. Rien n’est jeté: la porte d’une ancienne étable, une étagère fragile, une échelle oubliée trouvent leur place dans cette nouvelle écriture. Tout se transforme, tout se réinvente, sans jamais perdre son âme. Cette sensibilité, Margot la cultive depuis toujours. Formée en droguerie et naturopathie, elle entretient un lien instinctif avec la nature et les matières. Il y a 8 ans, elle ouvre une petite boutique dans l’ancien garage. Le succès est immédiat, presque évident. Très vite, l’envie d’aller plus loin s’impose: faire de toute la maison et du jardin un lieu de vie et de partage. Le projet, baptisé «Côté Cœur Côté Jardin», prend forme avec le soutien discret mais déterminant de son beau-père. A sa disparition, le doute s’installe, vite balayé par Phi-
En haut: Flamants, cactus géants et objets chinés participent à l'univers éclectique imaginé par Margot Marcuard. Un décor qui prolonge l'esprit de sa boutique jusque dans le jardin.
Bordée de rosiers, d'hortensias et de plantes méditerranéennes, la cour intérieure constitue le cœur vivant de la propriété. L'ancienne ferme s'ouvre sur le jardin.
En bas: Au rez-de-chaussée, l'ancienne écurie a été transformée en espace d'exposition. Mobilier, luminaires et objets chinés y composent des mises en scène renouvelées au fil des saisons.
Margot et Philipp avec leur fille Xenia. Ils ont transformé cette ancienne ferme en un lieu de vie et de création unique.
«Le blanc laisse respirer les émotions»
MARGOT, PROPRIÉTAIRE
Ci-contre à gauche: Taillée dans un impressionnant tronc de teck, la table monumentale donne le ton de la pièce. Véritable cœur de la maison, elle accueille aussi bien les repas de famille que les longues discussions entre amis.
En haut à droite: Murs en grès d'origine, poutres blanchies et sol en travertin composent une atmosphère douce et lumineuse. Réalisée à partir d'une ancienne porte d'écurie, la table basse rappelle le passé agricole de la bâtisse.
lippe, pour qui cette aventure est également devenue une évidence.
Un atelier-boutique in situ
Dans l’ancienne écurie transformée en boutique, l’univers de Margot se déploie avec générosité. Objets en porcelaine, bijoux faits main, robes bohèmes, pièces décoratives aux accents méditerranéens ou nordiques. Le regard circule, s’attarde, revient. Plus loin, un salon rustique invite à la pause, dans une am-
Chaque été, le jardin accueille une parenthèse dédiée au bien-être féminin avec yoga, méditation et nutrition
biance feutrée qui évoque ce fameux art de vivre scandinave où le confort devient essentiel. «Je veux que les gens prennent le temps, qu’ils vivent un moment», explique-t-elle. Ici, on ne vient pas seulement acheter, mais aussi ressentir. L’atelier attenant prolonge cette démarche sensible, bouquets de eurs séchées, objets lumineux, créations textiles. Autour de la jeune femme, une petite équipe, qui l’accompagne, sans volonté d’expansion démesurée. L’équilibre prime. «Plus j’avais besoin d’espace, moins Philippe en avait pour son entreprise», dit-elle en souriant.
A la belle saison, les frontières entre intérieur et extérieur s’effacent presque totalement. Les plantes se mêlent aux objets à vendre, que les visiteurs cueillent comme dans un jardin vivant. Dans le hangar transformé en espace d’exposition, le sable au sol et la présence d’un bar évoquent une parenthèse balnéaire inattendue. Le temps s’étire, les gestes ralentissent. Le mobilier, laissé dehors toute l’année, se patine au l des saisons. «Je veux que tout reste vrai», insiste Margot. A l’intérieur, une constante structure
l’ensemble, le blanc. Omniprésent, il dessine un cadre apaisé où les matières et les formes prennent toute leur place. «Le blanc laisse respirer les émotions», con e-t-elle. Quelques nuances de gris et de beige viennent réchauffer cette palette, toujours associées à des matériaux naturels. Même le jardin s’inscrit dans cette recherche d’harmonie. Impossible pour elle d’imaginer vivre dans un univers dominé par la couleur.
Un lieu ouvert et une philosophie de vie
Au cœur de la cuisine, une longue table en teck incarne à elle seule l’esprit du lieu. Taillée dans un tronc et intégrée malgré les contraintes techniques, elle s’impose comme un point de rassemblement évident. On y mange, on y travaille, on s’y retrouve. La vie s’y déploie simplement, au rythme des jours. Candice, Calista et Xenia, les trois lles du couple, participent naturellement à cette dynamique dès qu’elles le peuvent. Philippe passe du jardin au feu de cheminée avec la même aisance, prolongeant à l’intérieur le lien qu’il entretient avec la nature. Chacun trouve sa place: lui cultive le jardin, Margot compose les espaces. Deux univers qui dialoguent et s’équilibrent, réunis dans le nom même de leur projet. En ouvrant une partie de leur maison, ils partagent bien plus qu’un lieu, une manière de vivre, presque une philosophie. A la n de la journée, vers 17h, la porte se referme et la maison retrouve son intimité. Les horaires s’adaptent à la vie familiale, jamais l’inverse. «Ici, nous sommes libres», résume Margot.
Aujourd’hui, les visiteurs viennent de loin pour découvrir ce refuge singulier. Et chaque été, le jardin accueille une parenthèse dédiée au bien-être féminin, yoga, méditation, nutrition, comme une extension naturelle de leur art de vivre. En redonnant vie à cette ferme, Margot et Philippe Marcuard ont inventé bien plus qu’une maison. Un lieu où le temps ralentit, où l’on respire autrement, et d’où l’on repart avec l’envie de réinventer le sien. ■
A gauche: Comme un air de maison de vacances. La terrasse prolonge naturellement les espaces de réception de la boutique « Côté Cœur Côté Jardin ».
Ci-dessous:
A la tombée du jour, les lumières s'allument autour de la piscine et transforment le jardin en un véritable lieu d'évasion. Difficile de croire que l'on se trouve au cœur de la Broye vaudoise.
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En vacances dans son propre jardin
Lorsque les journées s’allongent et que le soleil se fait généreux, il fait bon être dehors. Avec une terrasse couverte ou une pergola, le jardin devient un espace habitable protégé, offrant ombre, lumière et confort par tous les temps
Texte: Gerald Brandstätter
Quand les températures grimpent, l’envie d’être à l’extérieur se fait sentir. Le déjeuner se prend sur le balcon, la terrasse devient une extension du salon et le jardin accueille de longues soirées avec des amis. Dans la fraîcheur de l’ombre, on rit, on savoure un verre de vin blanc bien frais et on oublie les tracas du quotidien. Après un long hiver maussade, ce moment est comme une renaissance. L’été est à notre porte – et avec lui l’envie de soleil, d’air frais et d’une certaine insouciance. Celui ou celle qui souhaite aménager son espace extérieur non seulement de manière esthétique, mais aussi de manière confortable offrira une couverture à sa terrasse. Et en y mettant un peu d’émotion – et une pincée d’italianité – on pourra aussi l’appeler «pergola». Celle-ci transforme un espace ouvert en un havre protégé et crée un
Dans l’Antiquité déjà, la pergola reliait harmonieusement maison et jardin
cadre accueillant pour d’agréables moments de détente à l’extérieur. Une telle couverture est particulièrement appréciée en plein été: lorsque le soleil se fait brûlant à midi, que ses rayons nous aveuglent le soir ou qu’un orage d’été menace, elle offre de l’ombre et une protection bienvenues.
Un concept venu de loin
Ce qui est aujourd’hui apprécié comme élément architectural à part entière repose sur une longue tradition. Dans l’Antiquité déjà, la pergola reliait harmonieusement maison et jardin. Des poteaux ou des colonnes portaient une structure à claire-voie, qui laissait passer l’air et la lumière. Des plantes grimpantes offraient une ombre appréciée, tandis que ses éléments porteurs structuraient l’espace extérieur et lui conféraient son élégance. A la Renaissance, la pergola a connu une nouvelle
jeunesse en tant qu’élément décoratif classique du jardin d’agrément, et son concept a évolué. Elle ne servait plus simplement de support aux plantes grimpantes, mais devenait un élément structurant, à la manière d’une interface entre les espaces intérieurs et extérieurs, entre le bâti et la nature. Ce principe est resté jusqu’à nos jours: une pergola offre un espace abrité, tout en préservant l’esprit ouvert du jardin. Elle ltre la lumière, cadre le regard et permet une circulation d’air agréable – une ambiance estivale rappelant les pays du sud: détendue, agréable et pleine de charme. Des pergolas et des couvertures de terrasse modernes sont bien plus que de grandes ombrelles romantiques. En tant que structures xes robustes, elles offrent à la fois une protection contre les intempéries et une grande liberté de conception. Dimensions, matériaux et couleurs permettent d’innombrables combinaisons, allant de structuresligranes minimalistes à des éléments architecturaux af rmés.
Une protection avec du style
Les toits à lamelles orientables sont particulièrement durables et polyvalents. Un tel toit permet de réguler précisément la lumière: lamelles ouvertes pour laisser entrer le soleil du matin, inclinées pour se protéger de la chaleur de midi et complètement fermées en cas
On pourra même savourer une fondue en hiver sur la terrasse: il suffit de fermer les éléments latéraux
Les constructions avec des lamelles orientables sont particulièrement pratiques car elles permettent de réguler précisément l’entrée de lumière. (DR)
d’orage ou d’averse. Un toit vitré offre, quant à lui, une transparence maximale et une protection élevée contre les intempéries. Un cadre en pro lés minces et une grande surface vitrée lui confèrent une impression de légèreté et établissent un lien harmonieux entre l’espace habitable et la nature. En même temps, une telle structure offre une protection ef cace contre la pluie et le vent, tout en laissant entrer beaucoup de lumière du jour.
Espace habitable en plein air
Dans les solutions haut de gamme, des cadres novateurs supportent les éléments en verre sans pente apparente. Ils résistent à des charges élevées de neige et de vent, et évacuent discrètement l’eau de pluie et de fonte. Tous les éléments d’ombrage et de protection sont parfaitement intégrés: si le soleil de midi se fait trop brûlant, une simple pression de touche suf t pour déployer la toile d’ombrage, disponible en option, au-dessus du toit en verre. Sur demande, il est aussi possible d’intégrer des éléments d’ombrage verticaux, protégeant contre les regards indiscrets ou le soleil bas sur l’horizon. Des vitrages latéraux –xes ou coulissants – sont également disponibles à la demande. De cette manière, on pourra même savourer une fondue en hiver sur la terrasse: il suf t de fermer les éléments latéraux et de pro ter de la terrasse protégée. Un
éclairage intégré, avec LED dimmables, assure une ambiance agréable.
Une pergola bien conçue permet de transformer l’espace extérieur en véritable extension du logement. On obtient ainsi un espace protégé, utilisable du printemps à la n de l’automne, et même durant les journées tempérées d’hiver. Alain Michel, directeur général de Stobag AG (troisième génération), le formule ainsi: «Une couverture de terrasse de qualité est un investissement à long terme dans le confort, le design et la qualité de vie. Tous nos projets sont des pièces uniques taillées sur mesure, répondant aux besoins individuels en matière d’esthétique et adaptées aux contraintes structurales.» Les pergolas et couvertures de terrasse créent un havre protégé, tout en restant ouvertes à la lumière et à l’air. Terre cuite, rotin et oléandres en eurs offrent une ambiance méditerranéenne – la dolce vita dans toute sa splendeur. Et c’est justement cette combinaison de soleil et d’ombre, d’ouverture et de protection qui fait leur charme particulier. Elles deviennent ainsi un lieu de détente, de délassement et de farniente. De quoi accueillir l’été dans les meilleures conditions.
En tant que constructions fixes et robustes, les pergolas et les couvertures de terrasse modernes offrent une protection efficace contre le soleil, le vent et les intempéries. (DR)
UNE AUTORISATION DE CONSTRUIRE EST-ELLE NÉCESSAIRE?
En Suisse, une autorisation de construire est en principe nécessaire pour les pergolas et les couvertures de terrasse, dès le moment où il s’agit de constructions xes – par exemple en raison de fondations, de poteaux ancrés, de couvertures en verre, de lamelles ou d’autres éléments permanents. Comme il n’y a pas de règles uni ées à l’échelle de la Suisse, ce sont les dispositions des cantons et des communes concernés qui s’appliquent. Les règlements de construction, les distances par rapport aux limites de propriété, le type de construction (ouverte ou fermée), ainsi que les dimensions du projet sont notamment déterminants. Concrètement, les pergolas indépendantes sont pratiquement toujours soumises à une autorisation de construire, dans la mesure où elles modient l’aspect du site et l’utilisation du terrain. De solides fondations sont généralement indispensables pour ces ouvrages – notamment pour les couvertures indépendantes. Selon le type de construction, des gouttières ou une inclinaison du toit sont nécessaires, a n d’évacuer l’eau de pluie de manière contrôlée et discrète. (Source: Stobag)
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Entourée par la nature, non loin de Saint-Gall, la maison moderniste de Camilla et Michael Fischbacher s’ouvre naturellement sur l’extérieur. Le couple y compose un lieu vivant, nourri de voyages, d’héritage et de matières, où chaque objet raconte une histoire
Texte et photos: Catherine Gailloud
Ci-contre:
Dans cette maison pensée comme une succession d'espaces ouverts, les frontières entre les pièces s'effacent. Dominée par un spectaculaire volume en double hauteur, la salle à manger occupe une position centrale et dialogue naturellement avec le reste de la maison.
A gauche:
Au bord de la piscine, les transats habillés de tissu en chanvre invitent à la détente. En arrière-plan, la forêt renforce l'impression d'être loin de tout.
Nichée à l’écart, presque dissimulée dans un parc de 40 000 m² bordé d’un ruisseau, au milieu de vergers et de grands arbres, la maison de Camilla et Michael Fischbacher se fond dans le paysage de la campagne saint-galloise. Longue, basse, étirée, elle épouse le terrain plutôt qu’elle ne s’y impose. Depuis la pelouse, son architecture horizontale, prolongée par la ligne calme de la piscine, semble glisser vers le jardin.
Camilla, directrice artistique, et Michael Fischbacher, PDG de l’entreprise du même nom qui conçoit et produit depuis plus de 200 ans de magni ques textiles, tissus, papiers peints et tapis de grande qualité, habitent cette maison ayant appartenu au grand-père de Michael, Christian Fischbacher IV. Construite en 1959 par l’architecte suisse Hermann Gug-
Construite en 1959 par l’architecte suisse
Hermann Guggenbühl, la bâtisse s’inspire du style mid-century californien
genbühl, la bâtisse s’inspire directement du style mid-century californien de Richard Neutra. Elle dégage une sérénité presque magique et une présence imposante. On y retrouve une conception très maîtrisée, des lignes tendues, des volumes ouverts, des transparences soigneusement cadrées.
Une architecture qui respire
Lorsque Camilla et Michael s’y installent avec leurs trois enfants, en 2008, après plusieurs années passées à Tokyo, le contraste est saisissant. «Nous vivions à cinq dans un espace minuscule… Ici, nous avions l’impression de nous perdre», sourit Camilla. Les premiers temps, la famille se retrouve presque instinctivement dans la grande pièce centrale, utilisée comme salle à manger, comme pour recréer un point de repère. Aujourd’hui encore, l’immense table, baignée de lumière, demeure le
Ci-contre:
Ouvert sur le jardin grâce à de larges baies vitrées, ce second salon prolonge les espaces de vie vers l'extérieur. Les textiles et tapis signés Fischbacher 1819 témoignent de l'engagement de la maison pour des matériaux durables et de haute qualité.
A droite:
Le couple devant la grande cheminée, ornée de deux poissons, réalisée par l’artiste suisse Max Oertli. Chaise vintage années 1950, en osier avec coussin, Margherita par Franco Albini pour Bonacina.
point d’ancrage de la bâtisse. Autour d’elle, la maison se déploie librement, sur deux niveaux, dans une circulation douce, sans rupture, et les pièces séduisent par leurs grands volumes et leurs géométries épurées. A la question de savoir combien de chambres compte la maison, Michael répond: «Beaucoup!»
Le mobilier vintage provient de designers scandinaves tels qu’Alvar Aalto et Arne Jacobsen, tandis que d’autres pièces ont été réalisées sur mesure. Aujourd’hui, elles semblent plus contemporaines que jamais. Le bois, omniprésent, enveloppe l’espace et lui donne sa chaleur. Les plafonds, légèrement inclinés, accompagnent naturellement le regard vers l’extérieur. D’un espace à l’autre, les seuils s’effacent, les perspectives s’ouvrent. Les tapis centenaires provenant de l’ancienne Perse, le pays d’origine de Camilla, structurent les es-
Sur les étagères, les albums photos de la famille racontent des voyages remontant jusqu’aux années 1930, des souvenirs de Chine, d’Afrique, d’Inde
paces et absorbent la lumière, donnant une profondeur presque tactile aux pièces. Les meubles modernistes dialoguent avec des objets rapportés du monde entier, sans hiérarchie ni mise en scène.
Une maison, pas un showroom
Dans la maison, le textile est présent partout, mais toujours en !ligrane. Il se devine dans la qualité des rideaux, dans la densité des tapis, dans la manière dont la lumière est absorbée par les matières. «Nous ne voulions pas d’un showroom.» Et de fait, rien ici n’est démonstratif.
La présence du grand-père se lit dans chaque recoin. C’est lui qui a imaginé cette maison, inspiré par ses années passées aux Etats-Unis. Il voulait un lieu ouvert, moderne, ancré dans son époque, mais capable de traverser le temps. Voyageur infatigable, il a aus-
Ci-contre:
Véritable cœur de la maison, la cuisine s'ouvre généreusement sur le jardin grâce à ses larges surfaces vitrées. La famille aime s'y retrouver pour cuisiner, partager les repas et profiter de la vue sur la végétation environnante.
A droite: Artiste et photographe, Camilla Fischbacher ponctue les espaces de ses propres œuvres, créant un dialogue subtil entre art contemporain et objets anciens.
Ci-contre: Une chambre à coucher qui se transforme souvent en studio photo pour Camilla. A côté du lit, des petits fauteuils élégants avec des coussins et des plaids moelleux. La longue baie vitrée ouvre sur la verdure et la cime des arbres.
si constitué une collection d’objets et de souvenirs qui continue aujourd’hui d’habiter tous les espaces. Sur les étagères se trouvent les albums photos de la famille, racontant des voyages qui remontent jusqu’aux années 1930, des souvenirs de Chine, d’Afrique, du Maroc, d’Inde, du Japon, d’Indonésie et de nombreux autres pays et continents. Dans le salon, les bibliothèques mêlent livres, céramiques, sculptures et photographies. Chaque étagère, chaque meuble fonctionne comme un fragment de récit, mais rien n’est gé, tout est accessible, à portée de main, parfois dans une joyeuse pagaille, un enchevêtrement qui appelle à être découvert.
Dans la vaste salle à manger, une longue en lade de marbre et de palissandre, faite sur mesure, est d’une beauté à couper le souf e. Contre le mur qui la surplombe, un paravent chinois du XVIIe siècle accroche la lumière.
L’en lade accueille une constellation d’objets: un bouddha majestueux, des pièces asiatiques, des souvenirs de voyages, des formes anciennes et contemporaines qui coexistent naturellement.
Du salon au jardin, une continuité naturelle
L’un des salons – car la maison en compte plusieurs – rassemble tableaux, objets d’art et souvenirs de voyages, re et d’une famille résolument cosmopolite. Au-dessus de la cheminée, un grand relief en bronze représente la troisième épouse de Christian Fischbacher IV, qui en a eu cinq au total. «En hiver, nous aimons nous asseoir face à face près de la cheminée», raconte Camilla.
A l’étage, dans la chambre à coucher du couple, le bois de style lambris, typique des années 1950 et 1960, fait tout. Il court du pla-
fond aux encadrements avec une vraie continuité et transforme la pièce en cocon sans jamais l’alourdir. On sent une approche moderne, presque minimaliste, qui tient encore parfaitement aujourd’hui.
A l’extérieur, la maison s’ouvre et prolonge naturellement les espaces de vie. Depuis le salon, on accède à la terrasse couverte, une pièce à part entière. La cheminée donne le ton et structure l’espace: typique des années 1950, en pierre claire, elle mêle lignes simples et présence forte. Le bas-relief sculpté, un poisson, apporte juste ce qu’il faut de caractère, entre art et architecture. Un espace qui accueille famille et amis pour de nombreux repas en été.
Le regard se perd ensuite dans le jardin; deux autres terrasses mènent à la piscine bordée de grands arbres. On sent la passion de Michael et Camilla pour la nature: certaines
parties ont été volontairement laissées à l’état sauvage, a!n de favoriser la biodiversité et de laisser cette dernière reprendre sa place.
Deux regards, une même vision
Camilla et Michael Fischbacher incarnent aujourd’hui une nouvelle génération de cette histoire. A la tête de Fischbacher 1819, ils prolongent un héritage tout en le faisant évoluer avec une liberté assumée. Leur parcours est profondément international. Michael a long-
Certaines parties du jardin ont été volontairement laissées à l’état sauvage pour favoriser la biodiversité
temps vécu en Asie, où il a développé un regard attentif aux cultures et aux usages. Camilla, d’origine irano-américaine, a étudié la photographie avant de rejoindre l’entreprise. Elle aborde le textile comme une matière visuelle, presque narrative. Camilla développe depuis plusieurs années une ré exion autour des matériaux recyclés, transformant des plastiques récupérés dans les océans en !bres textiles de grande qualité. Une démarche engagée, en résonance avec leur manière de vivre et d’habiter. Leur rencontre à Oxford, lors d’une soirée étudiante, marque le début d’un dialogue entre deux sensibilités. Elle est intuitive, spontanée, indépendante. Lui est plus structuré, attentif aux équilibres. Ensemble, ils construisent une manière d’habiter et de créer nourrie par leurs différences. «Nous sommes très complémentaires!» La maison re ète ce dialogue. ■
Ci-dessus:
Fenêtres à trame boisée, géométrie rigoureuse et généreux espaces ouverts : tous les codes du modernisme californien sont réunis dans cette architecture qui traverse les décennies sans prendre une ride.
A gauche:
Les claustras en bois filtrent la lumière et structurent les perspectives sans interrompre les vues à travers la maison.
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La Volcano House, naguère propriété de l’ex-présentateur vedette de la TV Huell Howser au sommet d’un volcan à Newberry Springs, en Californie, ressemble à un ovni qui viendrait d’atterrir. On dirait presque que l’équipage extraterrestre se serait assuré la meilleure vue panoramique possible. Située sur une vaste parcelle, l’habitation faite de deux chambres et deux salles de bains domine le désert de 45 mètres de haut. Dessinée en 1968 par l’architecte Harold J. Bisner Jr., elle allie une sorte de coupole digne d’un roman de science- ction et une excentricité toute californienne. Ceux qui vivent ici ne se contentent pas d’habiter en hauteur mais sont aussi prêts à accueillir à tout instant des visiteurs venus de l’espace. Ou pour le moins des couchers de soleil spectaculaires. ■ Christina Hubbeling
Le prochain numéro du magazine «Le Temps Immobilier» paraîtra le 30 octobre.